La Nature
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- LA NATURE
- REVUE DES SCIENCES
- ET DE LEURS APPLICATIONS A L'ART ET A L'INDUSTRIE
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- LA NATURE
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- SOIXANTE-TROISIÈME ANNÉE 1935 — PREMIER SEMESTRE
- MASSON ET C, ÉDITEURS
- LIBRAIRES DE L'ACADÉMIE DE MÉDECINE
- PARIS, 120, BOULEVARD SAINT-GERMAIN
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- gérant
- SUPPLÉMENT AU N" 2955 (15 Juin 1935).
- : G. Maçson, — Imprimerie Lahpre, rue de Fleurus, 9, à Paris.
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- LA NATURE " 1,35
- SIGNALISATION INTERPLANÉTAIRE
- Le désir de savoir si les astres voisins sont habités par des êtres vivants inspira aux hommes l’idée d’entrer en communication avec eux par voie de signalisation. Aussi était-on à l’alTût de tout signe pouvant parvenir des astres.
- Au début du xvme siècle, Derham, en Angleterre, observa des taches lumineuses sur la partie obscure de Vénus. L’opinion publique s’inquiéta de ces lumières mystérieuses. Ces apparitions se répétaient tous les demi-siècles environ. En 1759 c’est Meyer qui en fut témoin ; en 1806 Harding en Allemagne ; au milieu du xixe siècle l’astronome muni-chois, Gruithui-sen. Celui-ci répandit l’idée que ces lumières provenaient d’illuminations allumées par les habitants de Vénus pour fêter, chaque demi-siècle, quelque grand événement.
- A la fin du xixe siècle, Antoniadi et d’autres astronomes affirmèrent avoir aperçu sur Mars, à plusieurs reprises, des points lumineux de durée variable.
- Au seuil de notre siècle, Tesla apporta d’autres hypothèses. Le savant inventeur américain faisait alors des expériences sur la T. S. F. dans un laboratoire situé assez haut au-dessus du niveau de la mer. Il observa des ondes électriques de provenance mystérieuse. <Ne pouvant trouver de cause terrestre à ces phénomènes, il supposa que c’étaient des messages des habitants d’autres planètes.
- Mais tous ces beaux rêves des révélateurs de signaux mystérieux s’effondrèrent bien vite devant des observations plus précises. Les « Villes Lumières » de l’étoile du berger n’étaient que des aurores boréales, ou australes, encore plus fortes sur Vénus à cause de sa proximité du Soleil et dont on constata le synchronisme avec les aurores terrestres. Campbell trouva la cause naturelle des
- « signaux envoyés par les Martiens »; Stoermer et d’autres, l’explication des ondes mystérieuses de la T. S. F.
- Nous n’imaginerions guère d’arguments pour contredire ceux qui affirment que des signaux nous étaient envoyés de Mars bien avant que nous sachions observer le ciel et que ces messages sont passés inaperçus de nos ancêtres, encore sans culture. Mais ces hypothèses n’ont pas d’appui
- scientifique.
- A l’heure ac -tuelle, il est peu probable qu’on nous envoie des signaux auxquels nous resterions sourds. L’étude astrophysique des corps du système solaire nous laisse très peu d’espoir d’y trouver des êtres organiques à un haut degré de développement.
- Pour l’étude de la signalisation interplanétaire, supposons pourtant ces astres peuplés d’êtres vivants aussi intelligents que nous, disposant d’une technique comparable à la nôtre, et examinons les possibilités de communication à distance.
- L’inexistence éventuelle de destinataires n’amoindrirait en rien l’importance de la question. Car nous pensons que le plus grand intérêt de la signalisation interplanétaire réside dans les possiblités qu’elle présente pour une liaison constante, soit entre des cosmonautes et leur patrie, la Terre, soit entre des cosmonautes eux-mêmes dispersés dans l’espace.
- La liaison peut se faire directement par des rayons lumineux, solaires, réfléchis, ou artificiels, ainsi que par la T. S. F.
- Le premier moyen de communication exige de fortes sources de lumière et, éventuellement aussi, des télescopes assez puissants pour aller à la rencontre des rayons messagers; le second, des appareils émetteurs et récepteurs très puissants.
- Fig. I. — Image comparative de la grandeur apparente des détails tels que nous pouvons les apercevoir sur la Lune et [en cartouche) des dimensions qu’il suffirait de donner sur la Terre à des figures géométriques lumineuses, par exemple, pour être bien aperçues dans les mêmes conditions.
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- I. — SOLUTIONS ENVISAGÉES Les hommes ne se sont pas contentés d’attendre passivement les signes de vie provenant d’autres mondes, ils ont également cherché à envoyer eux-mêmes des messages aux habitants présumés des astres avoisinants.
- a. Signalisation lumineuse. — Fixer un langage universel qui serait compris par un être intelligent n’ayant jamais eu de contact avec la culture terrestre, voilà une des questions primordiales de la signalisation destinée aux habitants d’autres mondes. Le moyen d’expression par figures s’impose. Ces figures doivent encore avoir des particularités telles que les destinataires ne puissent avoir de doute qu’il s’agit d’un phénomène artificiel causé par une volonté intelligente.
- Le grand mathématicien Charles-Frédéric Gauss émit vers 1820, le premier, l’idée d’utiliser des tracés de théorèmes géométriques comme messages à nos « frères » dans l’univers. Le théorème de Pythagorè conviendrait bien par sa simplicité. Pour la transmission de cette gigantesque figure géométrique, Gauss, croyant à l’existence des Sélénites, proposa le moyen suivant : on la tracerait à l’aide de forêts sombres sur fond de champs de blé.
- Outre cette télégraphie « statique », il prévoyait également une télégraphie « dynamique ». Il proposa notamment la transmission de chiffres au moyen de miroirs réfléchissant les rayons solaires par intermittence. Il estimait que si l’on choisissait un moment opportun où les habitants de la Lune observeraient certainement
- Fig. 2. — Faisceau lumineux provenant des différents points de la surface solaire et réfléchis par un miroir sur la terre.
- ôo/ei/
- Terré
- Réflecteur
- notre globe à cause d’un événement astronomique lié à la Terre, un certain nombre de réflecteurs manœuvrés chacun par un homme suffiraient. Il est évident qu’il faudrait en outre choisir un temps très beau.
- Gauss croyait fermement à la réalisation de ses idées dans l’avenir.
- Vers le milieu du dernier siècle, au début de l’électrotechnique, l’astronome viennois C. L. Littrow pensa à utiliser l’électricité pour le tracé lumineux des figures géométriques qui serviraient de signaux. Il proposa de transmettre des figures géométriques équilatérales, en commençant par un triangle et en finissant par un cercle. Les dimensions devraient atteindre des dizaines de kilomètres pour un message aux Sélénites et des centaines de kilomètres pour des signaux destinés aux télescopes des Martiens. Ces projets n’eurent pas de suite.
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- * %
- Dans le cas où nous aurions la preuve d’être compris, • il ne faudrait plus nous borner aux messages mathématiques. Toutes les choses vues peuvent être transmises par figures et même tout le savoir humain se laisse traduire en images.
- La transmission des pensées par points lumineux ou par T. S. F. est beaucoup plus facile à réaliser du point de vue technique.
- Charles Cros, savant et poète à la fois, publia à ce sujet en 1869 une étude intéressante. Il plaida la cause de la signalisation interplanétaire par projecteurs :
- « L’étrangeté de ce projet n’est qu’apparente, car les éléments en sont absolument scientifiques. »
- Cros indiqua la possibilité d’employer différentes couleurs de lumière, la lumière polarisée suivant différents angles, ainsi que des rayons lumineux traversant des vapeurs de différents éléments; l’analyse spectrale permettrait aux destinataires d’établir le caractère de ces rayons. Afin de souligner l’origine artificielle de ces signaux, il préconisa de les émettre par intermittence et de les répéter souvent. Les mathématiques étant universelles, il serait logique de commencer par l’arithmétique. On peut, par exemple, compter jusqu’à un certain chiffre, puis répéter l’opération dans le même sens ou dans le sens inverse. On peut même établir une loi de numération (pas nécessairement décimale, vu la complication), ainsi que des signaux conventionnels pour les quatre opérations fondamentales et autres.
- Certaines suites de chiffres pourraient suggérer les propriétés des figures géométriques. Hans Dominik, par exemple, propose de transmettre les chiffres 3, 4, 5, représentant les longueurs respectives des côtés d’un rectangle. Si les êtres hors-terrestres sont assez intelligents, ils devineront qu’il s’agit du théorème de Pytha-gore, puisque 32 + 42 = 52, et nous répondrons par des chiffres 5, 12, 13 représentant le triangle pythagoréen suivant, dont les côtés sont commensurables. Il considère que cette suite de chiffres peut servir de moyen pour établir différents signes conventionnels. Les durées d’intervalles entre les signaux doivent être convenablement proportionnées.
- Mais comment transmettre une image à l’aide d’une
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- Lune
- Rayons
- Terne
- \ Mars
- Fig. 3. — Pour qu'un miroir soit du comme un point lumineux sur la partie non éclairée de la Terre, il doit réfléchir un faisceau envoyé vers lui par un deuxième miroir situé à la limile d'éclairement et recevant directement les rayons solaires. Cette combinaison, appliquée à la Lune (dont la distance reste pratiquement la même quelle que soit sa position aux différents points de son orbite), permettrait de lui envoyer un signal dans la disposition AA' grâce à quoi le point lumineux se verrait nettement écarté de la limite d’éclairement.
- Pour Mars, vers l’opposition, les miroirs seraient presque parallèles B B' à la direction des rayons solaires, et la perspective amènerait le point lumineux à se confondre presque avec la limite d’éclairement.
- suite de chiffres ? C’est un procédé couramment employé en tissage et broderie : le dessin en points.
- Cros eut le premier l’idée de l’appliquer à la signalisation interplanétaire. C’est d’ailleurs la même méthode qui est aujourd’hui employée dans la téléphotographie et consiste dans la transmission de l’image point par point.
- C. E. Ziolkowski propose ensuite, en 1896, d’appliquer aux mêmes fins les principes de la géométrie analytique. Il eut en outre l’idée de faire varier la durée des éclairs, ce qui permettrait de transmettre même des nombres fractionnaires.
- M. Charles Kuepper, préoccupé par la question du contenu des messages, nous a dotés d’un code perfectionné d’échange télégraphique de pensée avec les Martiens. Reste la difficulté de faire comprendre à distance la méthode employée...
- Afin de transmettre à Mars en opposition des signaux empruntant de l’énergie lumineuse au Soleil, M. Vinot proposa à la fin du siècle dernier de se servir de la partie non éclairée de la Lune, comme de miroir pour refléter sur Mars un faisceau lumineux très intense.
- M. A. Mercier, convaincu de l’existence des Martiens, tâche ensuite (1899) de trouver les ressources nécessaires à la réalisation d’une communication lumineuse avec eux, par la voie d’une souscription. Son « étude scientifique » du problème est pourtant trop plaisante pour être prise au sérieux.
- Le Pr Goddard préconise l’emploi de la poudre comme moyen de signalisation cosmique.
- Signalons une idée intéressante de signalisation par éclairs produits par l’explosion d’une poudre. Pour que leur intensité ne soit pas affaiblie par les couches denses de l’atmosphère, la poudre serait emmagasinée dans des ballons captifs auxquels le feu serait mis simultanément par la manœuvre d’un contact placé sur terre et déclenchant une étincelle électrique.
- Après la grande guerre, l’astronome Pickering, de la lamaïque, a soulevé le problème de signalisation par réflecteurs.
- En 1933, M. Harry Price aurait entrepris la construction du plus puissant projecteur, en vue d’entrer en relation avec les Martiens.
- b. Signalisation radio=électrique. — L’idée d’utiliser la T. S. F. pour la signalisation interplanétaire ne tarda pas à surgir après la publication des premiers travaux de Hertz sur les ondes électro-magnétiques. L’astronome américain Todd fut le premier à la suggérer vers la fin du siècle écoulé. Le projet de Tesla de transmettre des signaux aux planètes (1900-1901) n’a pas abouti.
- En 1920, Marconi entreprit une expédition en Méditerranée pour recevoir des messages présumés d’autres mondes. Il installa en outre une station réceptrice ultrasensible dans les Andes, pour attendre des messages de Mars, lors de son opposition. Le résultat fut négatif. Marconi ne s’est pourtant pas découragé et, pendant
- l’opposition de Mars en 1924, la plus favorable de toutes celles des xixe et xxe siècles, un récepteur à 24 lampes installé par la Compagnie Marconi, attendit les signes mystérieux. Mais les Martiens n’ont pas daigné nous honorer d’un télégramme. Marconi n’a pas abandonné le projet d’un poste de T. S. F. qui nous relierait aux planètes.
- Mentionnons le Dr M. Robinson (Londres 1926) et l’ingénieur J. Sedler (Amérique) qui essayèrent de faire croire qu’ils étaient en communication par T. S. F. avec Mars.
- Nous ne pouvons évidemment pas prendre en considération les « expériences » télépathiques, même lorsqu’elles sont faites par des savants qualifiés comme ce fut le cas du Pr Th. Flournoy de l’Université de Genève (1900).
- En résumé, bien que l’histoire de la théorie de la signalisation interplanétaire soit déjà assez riche, les bases scientifiques de la technique de transmission des signaux n’ont pas encore été posées.
- II. — COMMENT LE PROBLÈME PEUT ÊTRE POSÉ
- a. Signalisation lumineuse. — La rétine perçoit les images lumineuses. Elle est formée par une couche de cônes et de bâtonnets nerveux, espacés d’environ 4 u,. Deux points lumineux ne peuvent être distingués que s’ils sont interceptés par deux bâtonnets. Il en résulte pour la distance moyenne du cristallin à la rétine la valeur du pouvoir séparateur de l’œil normal, établie encore par Foucault : une minute.
- La partie la plus sensible de l’œil, la fovea centralis, est située presque dans son axe optique (5 à 7° au-dessus et vers le milieu).
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- L’énergie lumineuse incidente est proportionnelle à la surface de la pupille dont la grandeur est réglée par une cloison contractile, l’iris. Celle-ci présente néanmoins une cei'taine inertie au changement d’ouverture avec l’intensité de la lumière. Le diamètre moyen de la prunelle pour un œil normal dans l’obscurité est de 6,5 mm (diamètre maximum — 8,5 mm).
- La vue est celui de nos sens qui possède le plus de sensibilité. Des travaux de H. Buisson, P. Drude et d’autres, il résulte qu’une bougie décimale est visible à 11 km comme étoile de 6e magnitude. La couche d’air séparant l’œil de la source lumineuse est alors même plus importante que la masse de l’atmosphère au-dessus du sol.
- Remarquons que IL D. Curtis, protégeant l’œil de
- Fig. 4. — Signalisation lumineuse sur le côté non éclairé cle la Terre.
- Un miroir, grâce à une double réflexion des rayons solaires, se verrait seulement, dans la direction de Mars vers l’opposition, comme un point accolé à la limite de la phase d’éclairement. Des signaux électriques auraient au contraire l’avantage de se distribuer au mieux, en n’importe quel point du globe, c’est-à-dire dans les plus favorables conditions de visibilité.
- l’éclat du ciel, est arrivé à déceler même les étoiles de magnitude 8,5. Nous adopterons cependant la valeur de Buisson, une étoile de 6e magnitude pouvant facilement être aperçue par tout sujet.
- Ainsi le nombre minimum de bougies décimales nécessaire pour qu’un signal transmis de l’espace puisse être aperçu de tout point sur Terre n’est-il, d’après l’éclairement exigé, que de 84 058. '
- Des miroirs réfléchissant la lumière solaire peuvent servir à la signalisation.
- L’éclairement solaire à la surface terrestre a, d’après II. N. Russel, si l’on prend en considération l’absorption
- de l’atmosphère pour le Soleil au zénith, la valeur de 0,82 bd/cm2. Pour qu’un miroir de forme convenable, placé loin de la Terre — dans les limites définies par la suite — et réfléchissant la lumière solaire, fût perceptible de tout point sur notre globe, il suffirait donc que son diamètre atteignît 3 m 71.
- Les rayons solaires ne peuvent pas être réfléchis rigoureusement dans une direction voulue. En ce qui concerne le poli du projecteur, il peut atteindre le degré de perfection nécessaire. Mais, tout point du miroir recevant les rayons provenant des différents points de la surface du Soleil, le faisceau de lumière réfléchi a la forme d’un cône, dont l’angle au sommet est égal à celui sous lequel on voit les bords extrêmes du Soleil (fig. 2).
- Le miroir étant placé à la distance de la Lune, le rayon de base de ce cône lumineux passant par le contre terrestre, et par suite, la largeur de l’anneau éventuel de lumière dispersée sont tout au plus égaux à 1,28 fois le rayon de notre globe. Le diamètre du miroir, réfléchissant une quantité de lumière perceptible de tout point de ce cercle élargi, doit donc être agrandi dans cette proportion, soit 3 m 71 V 1,28 = 4 m 75.
- Des télescopes peuvent évidemment rendre de grands services. Rappelons que la lentille du télescope réfracteur de l’observatoire de Yerkes est de 1 m de diamètre et que l’observatoire du Mont-Wilson dispose de deux télescopes, à miroirs de 2 m 54 et 5 m 08 de diamètre (le premier installé en 1908, le deuxième prochainement ; constructeur : Ritchey). Si, pour ce dernier instrument, nous adoptons comme rapport de l’énergie lumineuse reçue à celle qu’il transmet le nombre 0,9, l’intensité de l’éclairage perçu est d’environ 7003 fois supérieure à celle que reçoit l’œil nu.
- Ainsi un faisceau de rayons solaires de section inférieure à 1 cm2 (!), judicieusement réfléchi vers la Terre, pourrait être perçu par ce télescope.
- A partir d’une distance de notre globe égale à la hauteur du cône formé par son ombre complète, soit de 1 383 500 km, toute la Terre peut se trouver dans le faisceau de rayons solaires réfléchis par un miroir plan. Cette distance diminue avec l’angle formé par les droites miroir-Terre et Terre-Soleil, et passe par un minimum de 1 358 600 km lorsque celui-ci tend vers zéro.
- Nous supposerons que la lumière réfléchie est uniformément répartie sur la section du cône perpendiculaire à son axe.
- L’hémisphère terrestre recevant le rayonnement de signalisation trouvera l’intensité d’éclairage maximum dans son milieu et l’intensité minima sur ses bords. Il est pourtant évident que l’observateur placé en un point quelconque sur Terre percevra l’éclairage d’intensité maxima dès qu’il dirigera son regard vers le signal émis.
- Le calcul montre qu’avec le grand télescope Ritchey, un miroir de 30 cm (!) de diamètre peut être aperçu de la Terre, lorsque la cosmonef signalisant est en opposition avec l’orbite de Mars.
- Quand l’angle moyen d’incidence des rayons solaires sur le miroir se rapproche de 90°, le diamètre du miroir qui doit intercepter un certain faisceau de rayons solaires augmente démesurément. Il est alors préférable d’em-
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- ployer un jeu de deux miroirs qui permettent de viser le but, tout en conservant l’angle cité assez petit.
- Si l’axe du miroir était tout simplement dirigé du bord
- du cosmonef vers la Terre même avec toute l’exactitude possible, il est peu probable que la Terre se trouverait réellement dans son faisceau. Il serait alors intéressant de
- Fig.' 5. — Un homme placé dans une région non. éclairée delà Lune pourrait, grâce à un jeu de miroirs permettant d'utiliser les rayons du Soleil à l’horizon, envoyer à l’aide d’un simple miroir de poche des éclairs visibles de la Terre.
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- faire balayer le faisceau lumineux dans tout l’espace du cône où le point de réception doit nécessairement se trouver.
- Supposons que le demi-angle au sommet de ce cône soit égal à 1°; et qu’en outre le balayage se fasse par anneaux concentriques se recouvrant partiellement afin de ne pas manquer le but visé; supposons que le rapport de la largeur de l’anneau non recouvert à la largeur totale de l’anneau soit égal à 0,87. La durée totale du balayage serait alors pour l’orbite de Mars de 0,16 sec. en tout, pour celle de Pluton de 102 sec. (C’est assez long, mais n’oublions pas qu’un message de Pluton ne nous parvient qu’au bout de 5 heures.)
- Il faut prendre en considération que l’œil garde l’impression lumineuse pendant 1/16 de sec. environ après sa cessation.
- Dans les régions assez rapprochées de la Terre, on peut, au lieu du système de balayage, se servir d’un miroir convexe fixe qui éclaire plus ou moins uniformément l’étendue d’un cône d’ouverture suffisante pour rencontrer la Terre, sans craindre d’arriver à des dimensions démesurées du réflecteur.
- La direction principale de l’axe du miroir devra être maintenue en compensant l’effet des mouvements des corps entrant en jeu (Terre et cosmonef, par exemple).
- Les mêmes difficultés que présente l’observation des planètes inférieures se produiront à la réception des signaux transmis d’un cosmonef situé du côté du Soleil.
- Une convention concernant le temps de l’émission des signaux faciliterait leur interception.
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- * *
- Avec toutes ces méthodes, on peut songer à combiner la signalisation par couleurs.
- Dans ce cas, il faut encore prendre en considération certains facteurs. En général, la même quantité d’énergie
- Fig. 6. — Valeurs de la visibilité en' onction de la longueur d’onds pour un œil moyen.
- Visibilité
- A travers /‘atmosphère
- d'onde
- q y en microns
- produit sur l’œil des sensations extrêmement différentes, selon la couleur du rayonnement. La figure 6 traduit les valeurs de Coblentz et d’Emerson de la visibilité pour un œil moyen, en fonction de la longueur d’onde (Cf. tableau ci-dessous). Elles concernent les intensités de rayonnement minima perceptibles qui nous intéressent. Pour des intensités plus fortes, la courbe aurait un aspect différent. Ainsi savons-nous qu’un rayonnement bleu paraît à Tœil tantôt plus intense, tantôt moins intense qu’un rayonnement rouge de même intensité absolue, suivant que celle-ci est faible ou forte (phénomène de Purlcinje).
- Longueur d’onde en micron. Visibilité moyenne dans le vide en pour 100. Visibilité moyenne à travers l’atmosphère en pour 100.
- 0,40 1,0 0,7
- 0,42 2,4 1,8
- 0,44 3,3 2,6
- 0,46 5,6 4,6
- 0,48 12,5 10,6
- 0,50 31,6 27,3
- 0,52 71,0 62,1
- 0,54 95,4 84,2
- 0,556 100,0 88,5
- 0,566 99,8 88,3
- 0,58 89,8 79,7
- 0,60 68,7 61,1
- 0,62 42,7 38,4
- •0,64 19,4 17,7
- 0,66 6,45 5,94
- 0,68 1,78 1,66
- 0,70 0,40 0,38
- Il faut encore tenir compte du fait que l’absorption de la lumière par l’air varie suivant la couleur. Il en résulte que la visibilité moyenne à travers l’atmosphère, la seule qui nous intéresse du point de vue de la signalisation par couleurs, s’exprime par une série de valeurs bien différentes (fig. 6). Nous l’avons établi en nous basant sur les mesures de l’absorption de l’atmosphère effectuées par Abbot, Fowle et Aldrich (fig. 7).
- Nous voyons que les couleurs violettes (0,400-0,420 p.), indigo (0,436 p. env.), bleu-vert (0,486 a env.) d’un côté, et les différents couleurs rouges (à partir de 0,638 pi) de l’autre, sont très dispendieuses pour la signalisation. En plus, les verres rouges absorbent presque 80 pour 100 du flux total et les verts 90 pour 100 environ. Il faut donc abandonner les projets de signalisation par couleurs.
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- La méthode de calcul de l’émission des signaux de la Terre vers le cosmonef est la même que celle qui vient d’être exposée.
- "jUn réflecteur plan de 1 m, 19 de diamètre peut ainsi être aperçu à l’œil nu de l’orbite de la Lune. Pour transmettre des signaux aux cosmonefs allant aux planètes,
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- les réflecteurs devraient pourtant être de grandeurs irréalisables si l’on n’emmenait pas de lunettes astronomiques.
- Avec les valeurs adoptées plus haut, la durée de l’émission d’un signal n’est que de 0,12 sec.
- Il est évident que les réflecteurs ne peuvent pas être placés en plein jour. Les signaux passeraient ainsi inaperçus vu l’éblouissement causé par la partie éclairée de la Terre.
- Au coucher, ou bien au lever du Soleil, on peut cependant à l’aide d’un double réflecteur envoyer des signaux vers les planètes supérieures, de façon que le point lumineux vu du cosmonef soit formé par un point isolé sur le bord non éclairé de la Terre. Le faisceau de signalisation ne peut dans ces conditions faire avec les rayons solaires qu’un angle de quelque 3°, même s’il est transmis d’une des plus hautes montagnes.
- Sur Terre, la lumière artificielle est plus commode : une grande partie de la surface terrestre plongée dans la nuit peut alors servir de base de signalisation; la direction des rayons émis peut être quelconque et l’envoi des signaux peut durer assez longtemps.
- L’établissement d’un faisceau lumineux à petite ouverture du cône dans les projecteurs présente de grandes difficultés. Néanmoins les projecteurs géants de l’aviation de quelque 2 milliards de bougies décimales peuvent déjà être aperçus de la Lune à l’œil nu.
- Remarquons que dans des lampes spéciales (tungstène à atmosphère gazeuse) on arrive pour des unités de 10 à 30 kw à produire 31 lumens par watt.
- Généralement, une partie éclairée de la Terre sera visible du cosmonef. Un point brillant sur la surface de notre planète peut donc être visible comme source individuelle, d’après la valeur citée plus haut du pouvoir séparateur, jusqu’à une distance de 43 854 000 km. Le demi-grand axe de l’orbite lunaire étant plus de cent fois inférieur à cette longueur, l’émission des signaux vers un cosmonef dans son voisinage peut s’effectuer presque toute la nuit. Pour des distances supérieures il faudrait évidemment se servir des lunettes.
- L’envoi de signaux au cosmonef peut aussi s’effectuer à l’aide d’un faisceau lumineux produisant un renforcement intermittent de l’éclat de la Terre. Il peut provenir des rayons solaires réfléchis ou d’une source artificielle. Il faudrait recourir alors à des appareils de réception spéciaux pour déceler les petites différences d’intensité de la lumière provenant de notre globe (photomètres par exemple).
- Si la base de signalisation se trouvait au bord d’un satellite artificiel, on aurait plus de facilité à se servir des rayons solaires, et la source d’émission individuelle serait plus facilement distinguable.
- La signalisation par figures constitue une complication très importante et tellement évidente que toute critique est superflue. (Rappelons que le pouvoir séparateur de l’œil est de 1 minute.)
- b. Signalisation radio=électrique. — La supériorité de la signalisation par T. S. F. sur la signalisation lumineuse réside dans le fait qu’elle peut s’effectuer toujours, même par temps couvert.
- Il est néanmoins évident qu’on ne peut pas songer à la
- Coefficient de transmission de l'atmosphère
- Long."
- d'onde
- en microns
- 0,5 '
- Fig. 7. — Coefficient de transmission de l’atmosphère pour les radiations lumineuses en fonction de la longueur d’onde.
- transmission des ondes à des distances interastrales avant d’avoir résolu avec succès le problème des ondes dirigées.
- En outre, les couches supérieures de l’atmosphère absorbent et réfléchissent plus ou moins les rayons électro-magnétiques de la T.S.F. Ainsi la couche de Heaviside qui est bonne conductrice de l’électricité constitue-t-elle un écran infranchissable pour les ondes dépassant 500 m. Des travaux de Meisner, il résulte que même les ondes de 150 à 45 m ne sauraient traverser l’atmosphère qu’en fraction tout à fait infime.
- Les ondes hertziennes très courtes, de 5 à 0,1 m, ne sont pas réfléchies par les hautes couches stratosphériques. Malheureusement, on ne sait pas pour le moment produire de rayonnements d’ondes courtes assez puissants.
- La couche de Heaviside change d’altitude suivant le moment du jour et de la saison. Les aurores boréales diminuent plus ou moins son efficacité. Elle subsiste néanmoins toujours.
- Heureusement il existe, d’après le Pr C. Stoermer, des « trous » par lesquels les rayonnements électro-magnétiques peuvent fuir dans l’espace. Mais Stoermer soutient aussi qu’il y aurait encore d’autres couches réfléchissant les rayons électro-magnétiques. Elles seraient formées par des électrons, émis par le Soleil, qui grâce au magnétisme terrestre se seraient rassemblés autour de la Terre et d’autres planètes dans des couches situées à quelque 100 000 km d’altitude. Des ondes messagères qui seraient déjà parvenues à s’échapper par un de ces « trous » risqueraient de se heurter contre de nouveaux obstacles.
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- Somme toute, nos connaissances sur la propagation des signaux radioélectriques à travers l’atmosphère sont encore trop restreintes pour pouvoir envisager dès aujourd’hui ce système de signalisation interplanétaire.
- Ary J. Sternfeld.
- Prix international d'Astronautique.
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- PALEOETHNOLOGIE DU SAHARA TRIPOLITAIN
- Le Sahara touche à la mer vers le Nord en Tripolitaine et vers l’Ouest depuis le Maroc méridional jusqu’à la Mauritanie. En ces régions côtières le Grand Désert semble avoir encore aujourd’hui un caractère moins inhospitalier que dans ses zones centrale et orientale. Certainement. au Quaternaire, la vie était là plus favorisée que dans les autres parties du Sahara : aussi les confins du littoral atlantique servirent-ils de voie de passage aux faunes et aux flores soudanaises venues en Berbérie; de même certains éléments orientaux purent alors arriver au Moghreb par la Libye.
- Au point de vue humain, ces contrées ont aussi joué un rôle important dans le peuplement de l’Afrique du Nord. Il suffit d’en citer comme preuve le fait que le Sous et le Draa, de même que la Tripolitaine du Nord et le Fezzan sont les points du continent noir où les manifestations artistiques rupestres apparaissent le plus fréquemment; les grandes nécropoles sont nombreuses ici et là.
- Le Maroc méridional français est occupé depuis peu et le Maroc méridional espagnol vient de l’être partiellement ; il faut néanmoins espérer que l’étude des monuments archéologiques si importants de ces domaines sera entreprise sans tarder. Par contre, la Tripolitaine et la Cyrénaïque méridionales, où l’Italie est maintenant complètement installée, ont fait dans ces dernières années l’objet d’une exploration méthodique rationnelle organisée par la Société de Géographie de Rome; les résultats obtenus par nos confrères italiens viennent d’être fort heureusement présentés à l’Exposition du Sahara organisée à Paris au Musée d’Ethnographie du Trocadéro, sous la direction du Dr Rivet et de G.-H. Rivière. A cette occasion fut présentée par le Comité italien une remarquable mise au point des connaissances acquises sur la Libye
- du Sud : le petit volume intitulé « Le Sahara italien », publié comme « Guide officiel de la Section italienne » de l’Exposition, comprend une série d’articles géographiques, historiques, archéologiques, biologiques, ethnographiques, etc. Ce sont surtout les documents concernant la préhistoire et l’histoire romaine qui ont retenu l’attention des visiteurs des superbes collections réunies par le Ministère des Colonies italien au Trocadéro.
- Les plus anciennes stations préhistoriques de la Libye se trouvent dans des régions désertiques, tandis que les plus récentes sont concentrées en des lieux encore aujourd’hui relativement riches en eau.
- Dans le Fezzan, la plus vieille civilisation Ethique, selon P. Graziosi, affecte le faciès de bifaces acheuléens (Paléolithique ancien). Des éclats levalloisiens s’observent en de nombreux points, ainsi que des flèches pédon-culées atériennes (Paléolithique moyen). Enfin se trouvent souvent côte à côte des feuilles de laurier sbaï-kiennes (Paléolithique récent) et des flèches à base droite ou à ailerons du Néolithique et de l’Enéolithique, accompagnées de céramiques et de fragments d’œufs d’autruche; celles-ci ont été exhumées d’abris, où elles sé lient chronologiquement aux œuvres d’art sur rochers.
- Le Sahara italien est en effet extrêmement riche en peintures et gravures rupestres.
- LES PEINTURES RUPESTRES D’AÏN DOUA
- A Aïn Doua, dans le Djebel el Aouenat, aux confins de la Cyrénaïque, de l’Egypte, du Soudan anglo-égyptien et de l’A. E. F., L. di Caporiacco a découvert un important ensemble de peintures qu’il a fait connaître, en collaboration avec P. Graziosi, dans une luxueuse publication :
- « Le piture rupestri di Aïn Doua » (1934). Les 12 planches en couleurs qui accompagnent le texte reproduisent principalement des Vaches, dont les pis ont été intentionnellement mis en évidence par l’artiste : souvent des Veaux sont figurés s’allaitant. D’autres bêtes sont représentées couchées, sans doute en train de ruminer. Plusieurs animaux portent un collier.
- Il y a un certain nombre d’images de Bœufs à grandes cornes (Bos macroceros ou africanus), mais il semble que soient figurés également à Aïn Doua des Bœufs à courtes cornes (Bos brachyceros ou ibericus) ou même sans cornes (Bos akeratos). A côté d’une forte prédominance de Bovins, les représentations de Caprins, Ovins, Gazelles et Asiniens ne sont pas rares.
- La comparaison s’impose, à mon avis, entre ces peintures rupestres et celles récemment relevées par l’abbé H. Breuil (1933) à Sourré dans le Har-rar en Abyssinie. Nous ne voyons pas à Aïn Doua les gardiens des trou-
- Fig. 1. — Graffiti rupestres au Fezzan.
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- peaux portant des outres, mais la curieuse mise en évidence des pis des Vaches suggère le rôle important joué par le lait dans l’alimentation de ces pasteurs. Au djebel Aoue-nat comme au Harrar, les hommes sont représentés armés d’arcs rappelant ceux figurés sur la palette des chasseurs égyptiens du Louvre et du British Muséum (Enéoiithique protohistorique).
- Sur plusieurs des peintures d’Ain Doua sont tracés des cercles ou des segments de cercles avec figuration d’objets et des hommes à l’intérieur des circonférences : il s’agit très vraisemblablement là de tentes, de huttes ou de cases circulaires.
- Les scènes évoquées par les peintures du djebel Aouenat diffèrent fondamentalement de celles de la plupart des gravures rupestres nord-africaines par la fréquence des dessins de femelles et la rareté d’images de mâles; loin de s’inspirer de la chasse, elles se réfèrent avant tout à l’élevage.
- Ces tableaux de la vie pastorale d’Aïn Doua ne sont pas sans rappeler les peintures des parois de la tombe rupestre de Kom el Ahmar à 100 km au sud de Thèbes, où se voient notamment des ruminants couchés dans la campagne : cette sépulture remonte à l’aurore des temps énéolithiques (3500). De la même période date d’ailleurs une palette du Musée du Caire, qui représente la capture de troupeaux de Bœufs, de Moutons et d’Anes-aux Tehenou de Libye.
- LA CHRONOLOGIE DES PEINTURES RUPESTRES DE LIBYE
- De nombreuses localités du Fezzan et de la Tripoli-taine du Nord ont livré des gravures rupestres à C. Zoli, P. Graziosi et L. Frdbenius : ces localités se groupent autour de Gatroun, Mourzouk, Oubari, Brach, Glieriat.
- Chronologiquement il est possible de distinguer parmi les gravures rupestres de Libye : 1° un groupe très ancien à affinités boschimanes, de caractère naturiste comme les graffiti du Sud Oranais, représentant une faune sauvage (Éléphant, Rhinocéros, Girafe, Buffle, Mouflon, Autruche); 2° un groupe moins ancien, mais encore très naturiste, comprenant des images d’Autruches, d’Anti-lopes et de Bovidés figurés avec leurs cornes vues d’en dessus, ainsi qu’un tableau de massacres de Moutons surmontés d’un sphéroïde (Oued Zigza) ; 3° un groupe moyen où se trahit une facture égyptienne dans des images évoquant les dieux Seth et Bes selon L. Frobe-nius; les troupeaux d’animaux domestiques, qui comprennent surtout des Bovins, représentés souvent avec un sphéroïde entre les cornes (Oued Marsit, In Habeter), voisinent avec des Rhinocéros, des Outardes et des hommes; 4° un groupe récent remarquable par ses chars à Chevaux (chars Garamantes), dont les figurations sont tout à fait comparables à celles tout dernièrement découvertes par E.-F. Gautier et M. Reygasse au Tas-sili des Azdjer; 5° un groupe très récent caractérisé par la présence du Chameau.
- Comparé à la chronologie des gravures rupestres du Nord-Ouest africain, telle que j’ai récemment tenté de l’établir, la succession des tableaux sur roches de la Libye s’établit ainsi : 1° groupe très ancien remontant au Capsien (14 000-9500) (manifestations artistiques de chasseurs) ; 2° groupe moins ancien datant du Néolithique (9500-7500) (pasteurs adorant un dieu Bélier); 3° groupe moyen s’étageant depuis l’Enéolithique ancien d’Égypte jusqu’au Nouvel Empire Thébain (7500-1500) (pasteurs ayant le culte du Bœuf); 4° groupe récent (1500-300) (transporteurs utilisant le Cheval); 5° groupe très récent (300 à nos jours) (caravaniers se servant exclusivement du Chameau).
- Parmi les gravures libyques du groupe moyen se font particulièrement remarquer les images de la région de Mourzouk attribuables au dieu égyptien Seth. Cette divinité est représentée sur les rochers du Fezzan sous la forme hybride d’un corps humain portant une tête d’animal : un tel mode de figuration se voit en Égypte sur des cylindres de l’époque thinite (3315—2895).
- Seth, dont l’animal typique, appelé primitivement Ash ou Sha, paraît avoir été le Lévrier, compte déjà parmi les enseignes de clans (totems) préhistoriques. Le qualificatif noubti, que lui attribuent de vieux textes égyptiens, implique, comme lieu d’origine de son culte ou peut-être plutôt comme dernier lieu de fixation de son clan, la ville d’Ombos, près de Ballas et de Négadah, sur la rive gauche du Nil, en face de Ivoptos : « Seth, celui qui réside dans Noubt, est le seigneur de la Haute Égypte», nous apprennent les livres des Pyramides. D’autre part, sous la Ve dynastie, le dieu Ash est dit « seigneur de la Libye (Tehenou) ». Enfin la légende traditionnelle s’est faite l’écho de combats des temps prédynastiques mettant aux prises Seth, personnification de la Haute Égypte et Horus aux deux yeux (de Létopolis), concrétisation de la Basse Egypte.
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- Fig. 3. — Buffle antique.
- Dessin rupestre relevé par L. Frôbenius à Tel Issaghen I au Fezzan.
- Les querelles, auxquelles fait ainsi allusion la mythologie égyptienne, étaient elles-mêmes antérieures à l’établissement dans le Delta des deux groupes de nomes de l’Occident et de l’Orient, réunis plus tard en un seul royaume par des Sémites venus de l’Est avec Osiris, Horus fds d’Isis et les Shemsou Hor. Les Shemsou Hor ou serviteurs d’Idorus régnèrent d’abord sur le Delta tandis qu’en Haute Egypte gouvernaient les Imoukhet Seth, les suivants de Seth; puis les Shemsou Hor, ayant conquis la Thébaïde vers 4200, divisèrent la vallée du Nil en royaume du Nord et royaume du Sud, respectant sans doute ainsi l’ancien particularisme; enfin Ménès réunit les Deux Terres et fonda la première dynastie en 3197.
- Seth « Seigneur de la Terre du Sud » nous reporte évidemment à la première civilisation énéolithique, qui avait son centre ethnique dans la région de Négadah (7500-5000). Les animaux personnifiant Seth, dits bêtes thypho-niennes, sont essentiellement des types africains et particulièrement nilotiques : Oryx, Hippopotame, Crocodile, Poisson oxyrhynque. Osiris et Isis, son fils Horus le Faucon et sa femme Hathor la Vache, qui établirent plus tard l’unité politique du Delta, évoquent au contraire la
- Fig. 4. — Un taureau casqué.
- Dessin rupestre relevé par L. Frôbenius à In Habeter III au Fezzan.
- deuxième civilisation énéolithique (5000-3500), qui marque le triomphe de l’inüuence sémitique orientale en Égypte. Enfin la lutte entre Seth et Osiris-Horus ou plutôt entre les suivants de Seth et les serviteurs d’Horus, en fait entre les llamites africains et les Sémites orientaux, date de l’époque énéolithique protohistorique (3500-3200) : la mythologie égyptienne nous apprend que finalement Seth dut se réfugier au désert et à l’étranger. Je pense que les gens de Seth s’établirent alors au Fezzan : les images qu’ils y vénéraient de Seth, homme à tête d’animal, seraient donc bien contemporaines des cylindres thinites, où nous voyons ce dieu ainsi représenté en Égypte.
- Il y a évidemment une grande lacune chronologique entre les gravures et peintures rupestres de Seth et des Bovins domestiques trahissant des influences égyptiennes énéolithiques ou thinites et les images de chars à chevaux du début du 1er millénaire avant J.-C. E.-F. Gautier et M. Reygasse voient dans les figures sur rochers de ce type, relevées dans le Tassili des Azdjers, le témoignage d’une organisation aristocratique, sacerdotale et militaire des Garamantes, ancêtres des Touareg.
- Au 1er siècle avant J.-C., les Romains pénétrèrent dans la Phasiana (Fezzan) par trois voies convergeant à Garama (Gherma); toutefois la ligne des postes avancés de Rome demeura toujours au nord de cette localité, à Cydamus (Ghadamès), à Ghériat el Garbia et à Bon Ndjem. Néanmoins au ier siècle après J.-C., Suellius Flaccus, traversant le pays des Garamantes, arriva aux terres des Éthiopiens.
- Les fouilles de l’expédition de la Société Royale Italienne de Géographie ont permis de relever, dans une vaste nécropole de quelquë'“45 000 tombes, la trace, dans la Phezania, d’une civilisation préhistorique florissant surtout aux ne et nie siècles après J.-C.
- Des mercatores furent alors enterrés à Garama, dont une acropole dominait la cité. Dans les tombes indigènes du cimetière, les morts étaient enterrés accroupis; à l’est de la sépulture se dressaient des stèles en forme d’obélisques ou de cornes. Un tombeau comprenant une chambre et un atrium a fourni une très grande quantité de restes d’animaux. Le matériel funèbre comportait des amphores à vin et d’autres à huile, avec signes latins, néopuniques et tifinars (touareg).
- LE TRÉSOR D'OUEDDAN
- Enfin un grand intérêt archéologique s’attache à une dernière trouvaille récemment faite en Libye, la découverte d’un trésor, d’ancienneté malheureusement inconnue, à Oueddan, dans l’oasis El Djofra : le trésor consistait en menus objets d’or d’un poids total de 3 kg parmi lesquels figuraient dix petites idoles isolées ou groupées par deux.
- Les plus remarquables de ces statuettes représentent une divinité avec cornes et barbe, qui, selon moi, fait songer au Gurzil de la Johannide de Corippus, dieu adoré au vie siècle de notre ère par les Ilasgues des déserts de la Tripolitaine : né d’Ammon (à la double corne) et d’une Vache (au regard farouche), Gurzil était représenté,
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- suivant le poète latin, par des images en bois ou en métal.
- Gurzil joua sûrement aussi un rôle dans le Sud tunisien, car le frère d’un roi des Frexes s’appelait, selon Corippus,
- Guerzila : une statuette de pierre, le représentant peut-être, a été autrefois découverte près de Sousse par le Dr Carton : elle nous fait voir un dieu orné de deux paires de cornes, comme certaines statuettes en or d’Oueddan.
- Il faut sans doute rapprocher aussi de cet ensemble de documents archéologiques les hommes à tête de Taureau des gravures rupestres découvertes par H. Barth et retrouvées par L. Frbbenius au Fezzan. Enfin El Bekri nous apprend qu’à son époque (xie siècle) subsistait une idole de pierre dressée sur une colline et appelée Guerza : sans doute le texte de l’auteur arabe vise-t-il la ville actuelle de Ghirza; cette dernière cité se trouve sur la route directe de Tripoli à Oueddan, à peu près à mi-distance entre ces deux points.
- Je pense qu’il convient aussi de rapprocher des idoles d’Oueddan un personnage légendaire du Fezzan, connu encore à l’heure actuelle, « Dhou 1 Kornin », l’homme aux deux cornes, patron des gens au teint foncé des oasis, grand maître de l’irrigation au désert. J’ai montré qu’Ammon, Gurzil, Dou 1 Kornin, etc., étaient en quelque sorte des formules providentielles d’invocation de l’eau en Afrique du Nord, source de vie essentielle en pays steppo-désertique. La Tripolitaine, qui marque l’avancée maxima du désert au contact de la Méditerranée, était toute désignée pour demeurer un lieu de vénération traditionnel des divinités de l’eau en pays berbère.
- L. Joleaud.
- Professeur à la Sorbonne. Fig. 5. — Les idoles du Trésor d’Oueddan.
- LA CINEMATOGRAPHIE ULTRA-RAPIDE
- Le cinématographe ne permet pas seulement d’enregistrer les images animées que notre œil permet d’apercevoir; il rend possible l’examen des mouvements trop rapides pour être discernés par l’œil. C’est là le principe bien connu de la prise de vues au ralenti. L’enregistrement des images est obtenu à une cadence très supérieure à celle normale de 16 ou de 24 images à la seconde.
- Lorsque les mouvements du sujet étudié sont assez lents, on peut se contenter de vues prises suivant les procédés usuels, mais, lorsqu’il s’agit de mouvements très rapides, tels que ceux d’un oiseau ou d’un insecte en vol, ou du déplacement d’un projectile, les images ne sont plus nettes, et la fréquence des prises de vues devient trop faible pour que le nombre des images suffise à l’analyse précise du mouvement.
- Suivant un phénomène stroboscopique bien connu, il peut aussi se produire des effets optiques très gênants lorsque la fréquence de la prise de vues reste fixe et que les mouvements deviennent plus rapides. C’est ainsi
- ...... j uuicuu ot/tcf/tuuyuc inuiijuutu — ......__....________^______
- l’on peut obtenir avec les différents systèmes de prises de vues, ainsi que
- la variation du rapport — du temps d’exposition de l’image au temps le
- d’espacement des images entre elles. Ces données sont indiquées pour une hauteur d’image de 20 mm. (D’après von Schardin.)
- 10,000 100.000 10 e
- Entraînement
- intermittent
- Compensation
- optique
- Obturateur à fente
- Cinèmatograph à étincelles
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- LES CINÉMATOGRAPHES VRAIS ET LES CHRONOPHOTOGRAPHES
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- O O O
- Fig. 2. — Principe initial de l'appareil Magnan-Huguenard.
- A gauche, schéma de montage du système à lentilles; P, pellicule; 1, 2, 3, 4 objectifs; a b, c, d, images; O, obturateur tournant; I, objet à cinématographier.
- A droite, le premier disque obturateur à quatre trons.
- qu’on croira apercevoir sur l’écran les rayons des roues d’une automobile arrêtée, ou même tournant en sens inverse du mouvement normal.
- Pour obtenir un enregistrement correct de l’analyse du mouvement, et une projection donnant l’illusion du mouvement dans des conditions précises, il faut que la fréquence d’enregistrement des appareils cinématographiques soit très supérieure à celle des phénomènes à étudier.
- Fig. 3. — La réalisation pratique de l’appareil ultra-rapide : A, blocs à quatre et trois objectifs; B, obturateurs à 6 séries de 4 fentes et à 7 séries de 3 fentes ; C, plaques à 4 trous placés obliquement et à 3 trous placés horizontalement.
- Les appareils à vues ultra-rapides ont été étudiés dès le début du xxe siècle. On peut, d’ailleurs, les distinguer en deux classes, comme l’a fait remarquer le professeur Magnan, du Collège de France, spécialiste éminent de la question : d’une part les dispositifs capables de prendre les images en nombre illimité, tant que leur magasin contient du fdm sensible; ces appareils sont de vrais cinématographes; d’autre part, les dispositifs qui permettent de prendre des vues à cadence élevée, mais seulement pendant un laps de temps très court; ces derniers sont seulement, en réalité, des chronophotographes, parce qu’ils ne per mettent pas de reconstituer ensuite une véritable projection cinématographique.
- Les chronophotographes sont très précieux pour l’analyse des phénomènes très rapides, le passage d’une balle de fusil à travers un blindage par exemple, mais ils ne permettent pas d’enregistrer un phénomène de quelque durée, comme le battement d’une aile d’oiseau ou d’insecte.
- Un appareil qui ne peut fournir que 200 images à la fréquence de 10 000 par seconde, ne travaille, en réalité, que pendant 2 centièmes de seconde.
- Un phénomène qui dure plusieurs secondes, ou même une fraction de seconde, ne pourra être étudié qu’en faible partie. Le battement de l’aile d’un petit oiseau dure environ l/25e de seconde, l’appareil ne permettra donc que d’en saisir la moitié au plus.
- Les fréquences à considérer sont généralement plus élevées encore, et de l’ordre du 1/50 000e. La longueur des fdms correspondant à un phénomène complet peut ainsi devenir considérable, même si la hauteur des images est assez faible. C’est ainsi que pour enregistrer le battement d’aile d’un vautour, il faut 500 m de pellicule.
- LES DIFFÉRENTS APPAREILS EMPLOYÉS ET LA LIMITE DES VITESSES POSSIBLES
- Avec des appareils de prise de vues du système ordinaire à entraînement intermittent, on ne peut guère dépasser la fréquence de 250 à 300 images par seconde. C’est ainsi que l’appareil G.V. Debrie, établi en 1920 d’après les brevets Labrely, permet d’enregistrer jusqu’à 240 images en une seconde, normalement et sans éclairage spécial.
- Le magasin de cet appareil contient 120 m de pellicule normale; l’entraînement s’effectue par griffe double et la durée d’enregistrement est de l’ordre de 30 secondes.
- Les appareils de ce genre sont employés pour étudier les mouvements mécaniques ou les phénomènes biologiques, mais ils peuvent servir pour les mouvements très rapides. L’ultra - cinéma du docteur Noguès ne dépasse pas non plus des fréquences de 300 images par seconde.
- Cette limite, qui est vite atteinte, est due à la résistance du film et au débit saccadé de l’appareil. Si on veut l’élever, dans de grandes proportions, et on y est parvenu d’une manière très satisfaisante, il faut avoir recours à l’entraînement continu.
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- Fig. 4. — Disposition de l’obturateur 0 avec ses séries de fentes, de la fenêtre F avec ses trous et des bandes d'images sur le film; position des images avec les objectifs placés horizontalement.
- Pour obtenir alors des images nettes, il faut faire suivre le film par l’image, ou éclairer l’objet à cinématographier pendant un temps assez court pour qu’il ne résulte pas du mouvement du film un manque de netteté de l’image.
- C’est le système à étincelles qui permet, en principe, par éclairement intermittent de l’objet, d’obtenir les enregistrements aux cadences les plus rapides. La fréquence maxima que l’on peut obtenir n’est limitée que par deux facteurs. La durée d’étincelle servant à éclairer l’objet peut être de l’ordre de 10 secondes, et, d’autre part, la fréquence maxima de succession des étincelles n’est déterminée que par l’importance des condensateurs, la disposition des fils de connexion, etc... On a pu obtenir ainsi des fréquences de 3 millions par seconde, et il serait sans doute possible de pousser encore plus loin cette limite.
- On peut, d’autre part, utiliser des appareils à fentes à compensation optique, dans lesquels la cadence d’enregistrement est limitée par la vitesse de déroulement du film. La fréquence limite paraît être alors de l’ordre de 15 000 par seconde pour une hauteur d’image de 2 cm.
- Enfin, dans les appareils à obturateur tournant, la fréquence limite semble du même ordre de grandeur, et de l’ordre de 15 000 images par seconde, également pour les mêmes dimensions d’image.
- Il ne faut pas considérer seulement la cadence d’enregistrement, mais le rapport entre la durée d’exposition ti de chaque image à celle de chaque changement d’image te. On ne peut faire une exacte discrimination d’une image à l’autre que dans le cas où la première valeur est suffisamment petite par rapport à la deuxième, et ce rapport doit être petit.
- Le tableau de la figure 1 résume graphiquement d’après un travail allemand paru dans la revue Kinotechnik les principaux résultats qu’on peut obtenir à l’heure actuelle, avec les systèmes de différentes catégories, en supposant la hauteur des images égale à 2 cm.
- Pour les très hautes fréquences, au delà de 15 000 par seconde, le cinématographe à étincelles est donc recommandable en général.
- Pour les fréquences comprises entre 250 et 15 000 environ, on peut employer des dispositifs à compensateur optique à obturateur à fente. Enfin, en dessous de 250 images par seconde, les cinématographes spéciaux, mais établis suivant le principe ordinaire, peuvent être employés avec succès.
- LES APPAREILS CINÉMATOGRAPHIQUES DU PROFESSEUR MAGNAN
- Nous ne pouvons étudier ici les dispositifs cinématographiques tels que ceux de Guillet
- ou de Noguès, ni les appareils à étincelles de Bull, d’Oemichen, ou de Crantz, qui permettent l’étude des mouvements très rapides, tels que ceux d’un projectile, mais pendant un temps très court; ces appareils ont déjà été signalés dans La Nature. Nous nous bornerons à décrire les réalisations plus récentes dues au professeur Magnan, dont les recherches, commencées en 1930, visent un appareil de prise de vues très rapide donnant un nombre considérable d’images.
- LE PREMIER DISPOSITIF MAGNAN-HUGUENARD
- Le premier dispositif imaginé par ce savant, et réalisé avec la collaboration de M. Huguenard, devait lui permettre d’obtenir 3000 vues par seconde.
- La méthode initiale consistait à utiliser un film de
- Fig. 5.— Le cinématographe ultra-rapide Magnan-ILuguenard.
- On voit l’obturateur à fentes multiples, la plaque avec ses quatre bras obliques et le bloc d’objectifs.
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- dimension standard, c’est-à-dire de 35 mm de largeur, mais à séparer longitudinalement ce film en un certain nombre de bandes impressionnées chacune par un objectif spécial. Chaque objectif servait à tour de rôle et à des intervalles de temps égaux.
- Comme le montre la figure 2, quatre objectifs de petite dimension étaient disposés côte à côte, et couvraient donc, chacun, un quart de la largeur du lilm, en produisant des images ayant chacune 6 mm de large et 5 mm de hauteur.
- La bande de film se déroulait d’une manière continue à une vitesse constante de l’ordre de 3 m par seconde. Sur la surface occupée par une image ordinaire, il était possible de placer une douzaine de vues et, sur la longueur de 3 m, on pouvait disposer 2400 vues.
- L’obturateur était formé d’un disque tournant percé d’une série de trous fonctionnant comme la fente d’un obturateur de plaque, et disposés de telle façon que les quatre trous d’un même groupe découvraient successivement les quatre objectifs. Lorsque le dernier trou découvrait ainsi le quatrième objectif, le premier trou d’une autre série venait à son tour découvrir le premier objectif.
- Ce dispositif a été ensuite modifié et légèrement simplifié par l’emploi d’un seul objectif normal remplaçant les quatre objectifs, mais dont le champ était réduit transversalement par des prismes à arêtes parallèles au plan du film. Chaque partie de l’objectif avec un prisme impressionne donc seulement une bande partielle de film (fig. 4).
- Cet appareil avait été réalisé avec de
- Fig. 6. — Enregistrement clés oscillations d’un diapason donnant 48 vibrations doubles à la seconde, avec une fréquence d’images de 5000 par sec.
- (Extrait du Vol des Insectes, du L)r A. Magnan).
- Fig. 7.
- simples lentilles achromatiques de 50 mm de foyer chacune ouvert à F11. L’obturateur normal d’un cinématographe rapide avait été remplacé par un obturateur à séries de trous ou de fentes pouvant tourner à plus de 100 tours par seconde, et, en pratique, pour limiter les images sur le film, une plaque spéciale à trous ronds avait été placée devant la pellicule.
- Ce premier appareil présentait des inconvénients mécaniques et optiques considérables et M. Magnan l’a tout d’abord perfectionné en employant des plaques percées de 4 fentes rectangulaires égales et réglables, utilisées avec de nouveaux; obturateurs comportant 7 séries de 4 fentes percées avec une grande précision. Les objectifs, toujours des lentilles achromatiques, ont été disposés sur une monture réglable (fig. 4, 7 et 9).
- Cet appareil primitif fonctionnait déjà parfaitement et permettait d’enregistrer facilement 5000 images par seconde, comme le montre l’enregistrement des oscillations d’un diapason (fig. 6). Les images sont bien centrées, nettes et uniformes.
- LE CINÉMATOGRAPHE MAGNAN ULTRA-RAPIDE DE 12 000 A 25 000 VUES PAR SECONDE
- En s’appuyant toujours sur le même principe de construction, et en employant la pellicule standard de 35 mm de largeur, mais en adoptant un obturateur comportant 20 séries de 4 fentes, l’inventeur est parvenu à étendre beaiicoup la fréquence d’enregistrement jusqu’à 10 500 et 12 G00 vues par seconde. Avec une vitesse de déroulement de film de l’ordre de 15 m par seconde, on pourrait obtenir une fréquence de 15 000 vues différentes de
- 6.5 X 4,5 ou de 6,5 X 2 (fig. 7).
- Enfin, en employant un bloc de 8 objectifs avec une plaque à 8 fenêtres réglables et un obturateur de 20 séries de 8 fentes, il lui aurait été possible d’obtenir 25 000 à 30 000 vues par seconde. Pour avoir davantage, il faudrait augmenter le diamètre du disque, ce qui pourrait déterminer, d’après M. Magnan, des enregistrements de l’ordre d’au moins 80 000 vues par seconde, d’une hauteur de
- 4.5 mm. seulement il est vrai.
- LES AVANTAGES DES APPAREILS CINÉMATOGRAPHIQUES ULTRA-RAPIDES
- Ces appareils ultra-rapides sont, comme nous l’avons
- Obturateurs perfectionnés pour enregistrement à 12 000 e à 25 000 vues par seconde et pour cinématographie en plein jour.
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- Fig. 8. — Enregistrement simultané du mouvement vibratoire d'un diapason (48 vibrations d./sec.) et du vol libre d’un bourdon
- (1000 à 1200 vues par sec.).
- (Extrait du Vol des Insectes, du ll'A. Magnan).
- noter de véritables cinématographes, c’est-à-dire qu’ils peuvent enregistrer un très grand nombre d’images pendant un temps appréciable, de l’ordre de plusieurs dizaines de secondes, alors que le chronophotographe ne permet que d’enregistrer une série d’images limitée.
- Les expériences du début ayaient été effectuées au moyen de la lumière d’un petit arc.
- L’inventeur a, par la suite, essayé d’obtenir des enregistrements en plein jour.
- Bien entendu, dans ce cas, il a fallu réduire la cadence d’enregistrement parce qu’il était nécessaire de diminuer le nombre des fentes de l’obturateur, et d’employer des bandes de film plus larges.
- Les images obtenues ont eu 8 mm de largeur sur 6 mm de hauteur avec une cadence de l’ordre de 2000 par seconde. Il a été possible dans ces conditions de photographier
- les oiseaux en vol, en plein ciel et les résultats ont été encore améliorés, en employant deux objectifs et un
- — Obturateurs pour la cinématographie ultra-rapide en plein jour.
- A gauche, fentes radiales ; à droite, 2 séries de 8 fentes.
- On peut obtenir jusqu’à 2400 images par seconde.
- Fig.
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- Fig. 10. •— Attitudes différentes d’insectes avec les ailes au repos avant l’envol, d’après Magnan. A gauche, Libellule; au milieu, Sympetlirum; à droite, Calopteryx.
- obturateur à 8 séries de deux l'entes. La projection de ces films a permis d’étudier, d’une manière précise, le vol des insectes et des oiseaux, mais M. Magnan a été également obligé d’imaginer un dispositif spécial de projection.
- Le film positif est découpé au bord des vues, et on
- obtient une pellicule analogue à celle du film de 9,5 mm Pathé-Baby que l’on perfore ainsi entre deux images. On peut donc le projeter directement. Il est également possible d’employer un obturateur spécial à fentes radiales.
- Ces dispositifs de cinématographie ultra-rapides sont des instruments scientifiques précis qui permettront aux biologistes et aux physiciens d’étendre la connaissance des phénomènes qui échappent à notre vue bornée (1). P. Hémardinquer.
- 1. Les premiers résultats ont été publiés dans un magnifique ouvrage édité sous les auspices de la fondation Singer-Polignac : Le vol des insectes. Hermann et Cie, éditeurs, Paris, 1934.
- LES INDUSTRIES LAITIERES AU DANEMARK
- C’était auprès de Silkeborg, en Jutland, dans cette région d’une harmonie mesurée où se dresse la plus haute montagne du Danemark, le Himmelbjerget, le « Mont du Ciel », qui ne mesure pas moins de 162 m d’altitude. J’y avais vu, dans une campagne verdoyante, un bétail de ferme-modèle ; parmi les cultures homogènes et drues, point de mauvaise herbe. Les villages respiraient la paix et un ordre bourgeois; et sur le lac, entre les « îles de Paradis » habillées de bois sombres, circulait un bon vieux bateau à aubes style 1860.
- Tout était donc rustique à souhait. Mais le directeur d’un quotidien de Silkeborg — le Silkeborg Avis -— M. Sophus Sorensen, grand ami de la France, m’ayant
- fait faire le tour de sa maison de campagne et montré des étables où l’on aurait mangé par terre, m’emmena dans la grande laiterie coopérative nommée la Meieri Linaa qui groupe les produits de deux cents fermiers, et reçoit quelque 16 000 kg de lait par jour.
- Il suffisait d’un regard pour comprendre que le paisible Danemark a dès longtemps cessé de se laisser aller à la routine campagnarde; le modernisme de l’installation et des machines, la précision simple du travail, la tenue presque médicale des employés — tout cela parlait éloquemment.
- J’avais sous les yeux un exemple de ce qui a pu devenir une grande industrie nationale, grâce à la volonté de travail et à la discipline d’association des producteurs : un grand exemple qu’on ne saurait trop méditer en France où les associations tendent à faire monter les prix plutôt qu’à améliorer la qualité.
- LA PRODUCTION DU LAIT
- ^ C’est en 1882 qu’a été fondée la première laiterie coopérative danoise, exemple qui fut bientôt suivi. Il en existait 338 en 1887 et un millier en 1900; le chiffre actuel est de l’ordre de 1400. On peut dire que pratiquement ces coopératives groupent tous les producteurs du royaume.
- Bien entendu, on commença petitement, d’autant que le Danemark n’était pas très riche ; mais devant le succès, le progrès se fit très vite, vers 1890 on estimait qu’à chaque vache vivant sur les pâturages danois correspondaient des
- Fig. 1. — Une vache laitière danoise.
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- installations valant 30 couronnes (42 francs-or); en 1932, le chiffre avait triplé.
- L’invention de l’éerémeuse à marche continue, par L. C. Nielsen en 1878, avait rendu possible la formation de •ces coopératives; depuis lors, le matériel s’est sans cesse perfectionné : à la baratte et au malaxeur a succédé la baratte-malaxeur combinée; la pasteurisation est pratiquée dans des appareils spéciaux, ainsi que la stassani-sation, opération analogue inventée •en 1925 par le professeur Stassano de Strasbourg.
- D’autre part, les réfrigérateurs, d’emploi assez récent, se sont généralisés au point qu’on en trouve aujourd’hui dans 80 pour 100 des laiteries.
- Si nous avons commencé par les laiteries, c’est qu’elles constituent en quelque sorte le pivot sur lequel tourne toute l’industrie laitière danoise que nous allons maintenant •étudier en détail.
- On sait que le climat du Danemark est propice à l’élevage : une température douce, des pluies fréquentes •entretenant les pâturages, un sol fertile où les pierres sont inconnues, offrent autant de caractéristiques qui rapprochent le Danemark de la Hollande. Pourtant c’est seulement vers le milieu du siècle dernier que l’on s’avisa d’intensifier la production, inquiet comme on l’était au Danemark de la densité de la population par rapport à ce que la terre fournissait.
- Les chiffres indiquent les résultats : le cheptel a doublé par rapport à la superficie et par rapport à la population; on y est arrivé à 115 têtes de bétail — dont plus de la moitié de vaches laitières — par 100 hectares de terres cultivées et 89 par 100 habitants.
- D’autre part, la production moyenne par vache est passée de 1600 kg à 3400 kg par an : soit plus, du double. Et la quantité de beurre •obtenue par vache a presque triplé, grâce au plus fort pourcentage de matières grasses contenues dans le lait. Si tout le lait du Danemark était transformé en beurre, la production annuelle aurait atteint 220 000 t en 1933 contre 49 en 1881. Dans la réalité, la fabrication du beurre n’absorbe que 82 pour 100 de la production laitière.
- C’est par la sélection des espèces, par l’emploi des engrais appropriés et par une alimentation rationnelle du bétail que les fermiers danois sont arrivés à ces résultats extraordinaires. L’action directrice intelligente du Ministère de l’Agriculture et en même temps la bonne volonté et la persévérance des éleveurs ont produit leurs effets.
- Fig. 2. •— Intérieur d’une laiterie danoise. Centrifugeuse et appareil de refroidissement.
- Les efforts faits en vue d’assurer à la production du lait des conditions d’hygiène aussi parfaites que possible, notamment en ce qui concerne la tuberculose du bétail, méritent également d’être mentionnés; dans ces dernières années surtout, cette œuvre a été poursuivie avec beaucoup d’énergie et de succès. Bien que la loi prescrive aux laiteries de pasteuriser la crème destinée à la fabrication du beurre, on a pris des mesures plus effectives encore contre le fléau. Une campagne continue, au moyen de conférences, brochures, etc., et surtout
- Fig. 3. — Intérieur de la laiterie coopérative de Funder ( Julland). Pasteurisation et barattage.
- La laiterie est électrifiée; le courant est fourni par un groupe Diesel-électrique.
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- Fig. 4. — Laiterie Enigheden à Copenhague. Installation de stassanisation, capacité 8000 1. à l’heure.
- Hillerod et l’existence de cinq Conseillers de Laiterie répartis dans le pays et dont le rôle est de guider techniquement les laiteries.
- Les producteurs reçoivent de la coopérative — lorsque vient l’échéance — une somme proportionnelle à la quantité de lait qu’ils ont remise, et aussi, à la qualité. Selon les prescriptions du Ministère de l’Agriculture, il doit être prélevé chaque semaine, sur tout le lait fourni à la laiterie, des échantillons qui sont soumis à l’épreuve dite de la réductase inventée par les prof. Christian Barthel et Orla-Jensen. Selon les résultats, les quantités de lait fournies par les divers agriculteurs sont rangées dans quatre classes, et le cours pratiqué est réduit d’une quantité proportionnée à la quantité de bactéries trouvée dans le lait. La' réduction va de 1/4 à 1/2 ore (1 à 2 centimes) par kilogramme.
- Mais le lait étant aussi payé selon la quantité de matières grasses qu’il contient, les agriculteurs ont toujours tenté d’améliorer cette teneur; si en 1880 il fallait 30 kg de lait par kilogramme de beurre, la proportion s’est réduite en 1932 à 23,6 kg.
- par l’intermédiaire des laiteries, puis la distribution de primes pour le lait de vaches ayant subi l’épreuve de la tuberculine, ont amené la disparition presque totale de la tuberculose du bétail. L’État a d’ailleurs contribué à cette lutte par des subventions, pour encourager encore les épreuves par la tuberculine, ou pour dédommager les fermiers qui doivent faire abattre des animaux malades.
- Par le fait de la centralisation du lait dans les coopératives, la fabrication des produits laitiers et la vente du lait échappent aux producteurs et par conséquent l’industrie laitière spécialisée demande des fonctionnaires compétents. Leur enseignement se fait dans deux écoles de laiterie et dans l’Institut vétérinaire et agronomique de Copenhague. Il faut citer encore la Laiterie d’essai de
- Fig. 5. — Laboratoire de contrôle.
- LE BEURRE 1
- Le Danemark avait à résoudre deux problèmes : la production et la vente. On pourrait dire, synthétiquement : la quantité, et la qualité. Il fallait, pour envisager une exportation massive, assurer la constance du produit. Pour cela, les producteurs, en l’espèce les laiteries, devaient se soumettre au contrôle rigoureux de l’État. Moyennant quoi celui-ci permettait l’emploi de la marque dite des Lurs Z1), qui est la garantie de qualité du produit.
- Voici, entre autres, quelques-unes des conditions imposées :
- 1° Le beurre doit être de première qualité;
- 2° il doit provenir de laiteries organisées selon les règles de l’hygiène et les exigences modernes;
- 3° il doit être fabriqué avec de la crème pasteurisée;
- 4° il ne doit pas contenir d’autre matière de conservation que du sel;
- 5° il ne doit pas contenir plus de 16 pour 100 d’eau;
- 6° il ne doit pas être coloré à l’aniline ;
- 7° barils et bulletins de contrôle munis de la marque des Lurs doivent porter la date de fabrication;
- 8° le poids net doit être indiqué sur le baril.
- Ces dispositions remontent à 1906 et le Danemark se flatte d’être le premier pays qui ait employé une marque collective nationale de qualité.
- Le Laboratoire d'Essai de l’État procède régulièrement à des analyses qui donnent aux laiteries le droit de bénéficier de la marque des Lurs, et en outre les laiteries elles-mêmes vérifient le beurre destiné à l’exportation. Ajoutons à cela, en passant, les expositions de beurres et produits laitiers en Jutland, en Fionie et en Seeland,. les concours nationaux, etc. et nous aurons énuméré
- 1. Les Lurs étaient les trompettes danoises au temps de la préhistoire.
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- quelques-uns des principaux encouragements donnés aux cultivateurs danois.
- Mais les groupements de laiterie ont organisé en outre un contrôle et une surveillance systématiques et volontaires de l’ensemble du beurre envoyé par les laiteries aux entrepôts des exportateurs. Chaque semaine, le beurre des diverses laiteries est soumis à l’examen d’un comité d’experts composé, en dehors des représentants de la maison en question, de délégués des régisseurs et des directions de laiteries. Les résultats sont consignés et soumis au contrôle officiel de l’État, qui peut ainsi se tenir au courant de la qualité de production dans chaque laiterie.
- Notons que dans certains pays, toutes ces dispositions de contrôle pourraient aboutir à des brimades, à des frictions, à une perte de liberté. Ce qui est intéressant au Danemark, c’est que toutes les mesures sont issues, non pas de décisions gouvernementales, mais d’une action directe de spécialistes, qui est ensuite devenue légale. Ainsi la loi vient, après l’expérience, s’appliquer aux nécessités de l’industrie laitière, l’État ne faisant qu’unifier les modalités pour l’ensemble du pays.
- Grâce à cet ensemble de mesures, la production danoise a atteint une uniformité absolue; cette constance dans la qualité est un des facteurs essentiels du succès de l’exportation. Tant que le rythme des échanges commerciaux du monde s’est poursuivi normalement, il a été possible au Danemark de conquérir les marchés et en particulier de supplanter tous ses concurrents — y compris, hélas, la France — sur tel grand marché comme le Royaume-Uni.
- L’inconvénient de ce succès même éclate aujourd’hui; en période de crise un pays spécialisé souffre plus qu’aucun autre, et les Danois sont très éprouvés par la mévente de leurs produits de laiterie, que le marché intérieur ne saurait absorber, à beaucoup près. Cependant, la baisse de l’exportation est plus sensible que la baisse de la production, en raison de la plus grande consommation intérieure. Une campagne a été menée pour convaincre les Danois de manger leur propre beurre, au lieu de se servir de produits de remplacement, comme ils le faisaient aux années de prospérité.
- Production et exportation danoise de beurre
- en milliers de tonnes.
- 1913 1925 1927 1929 1930 1931 1932 1933
- Production totale.
- — 141 162 179 190 195 188 184
- 91 112,8 Exportation totale. 143,2 159 169 171,7 157,8 152,4
- 82,5 83,3 Exportation en Grande-Bretagne. 101,1 108 115,5 123,3 129 127,7
- 1,6 33,6 Exportation en Allemagne 35,1 43 41,6 30,3 13,2 16,6
- Nous n’avons pu entrer ici dans le détail des machines que les laiteries danoises ont perfectionnées sans cesse depuis cinquante années; il n’y a pas de jour que l’on
- Fig. 6. — Bidon de laiterie en aluminium d’une seule pièce utilisé dans les laiteries danoises.
- ne travaille à améliorer les conditions de traitement des produits aussi bien que les conditions de production : mais nous ne voulons pas nous arrêter à ces détails
- Fig. 7. — Matériel danois de laiterie. Appareil de pasteurisation avec plaques spéciales.
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- Fig. 8. — Matériel danois de laiterie.
- Appareil pour la pasteurisation et le refroidissement du lait.
- techniques. Ce qui compte surtout, semble-t-il, c’est la leçon que l’on peut tirer de l’organisation d’ensemble.
- Elle n’est pas seulement d’ordre agricole, mais national. Les résultats prodigieux atteints en un demi-siècle dans
- un petit pays montrent ce que peuvent faire la volonté, la persévérance, et surtout la discipline et la soumission à l’intérêt collectif. Quand les producteurs danois se sont associés, ils ont eu pour but de s’entraider ; non pas par philanthropie, certes : le paysan de là-has n’est pas meilleur que celui de chez nous. Mais ils ont tous compris que cette entr’aide servait leurs intérêts. Ils ont résolument rompu avec les vieilles routines, avec l’individualisme, avec cette idée si fausse : « Cela marchait comme ça avant nous ». Ils ont fait, non de la politique de syndicat, mais de l’économie d’association. Et ils ont réussi à donner à leurs produits une valeur nouvelle, parce que l’acheteur étranger fait confiance à la marque de garantie, accordée sous des réserves si strictes.
- On peut bien me dire qu’en l’an de disgrâce 1934, la puissance de production du Danemark s’est retournée contre lui; il n’en reste pas moins que durant des dizaines d’années le pays a vécu, et largement vécu. Et quand je pense à ces pâturages et à ces champs du Jutland et des îles, au bétail florissant, et aux jolies maisons de briques, si nettes et si pimpantes, de la campagne danoise, je me dis que peut-être la France a besoin de jeter les yeux autour d’elle, de comparer, et d’apprendre.
- Christian de Caters.
- UN NOUVEAU PROCEDE INDUSTRIEL i DE COMBUSTION - LE FOYER STOUFF
- Le problème vital pour notre industrie houillère consiste en la valorisation maxima des fines. Or les fines inférieures à 20 mm représentent 60 à 75 pour 100 de la production totale. Ces fines comprennent 20 à 40 pour 100 de pulvérulent de 0 à 1 mm, 25 à 30 pour 100 de poussier de 1 à 3 mm. Il faut dépoussiérer les fines pour qu’elles soient utilisables. D’autre part, il existe plus de 5 millions de tonnes de poussier de 0 à 1 mm par an dans les houillères du Pas-de-Calais. Comment utiliser pareilles masses de pulvérulent ?
- Fig. 1. — Principe de la combustion dans le procédé Stouff.
- Les grains, en suspension, sont répartis de façon homogène dans chaque tranche horizontale.
- Il existe de nombreux foyers pour charbon pulvérisé où le combustible est réduit en farine. Mais cette pulvérisation cause des frais d’autant plus grands qu’elle est poussée plus loin, c’est-à-dire que le charbon est plus difficile à enflammer. On a de nombreuses difficultés de manutention, de pulvérisation, de dépoussiérage des fumées.
- Il a fallu chercher un foyer permettant de brûler les charbons fins sans autre préparation. Tel est le but que se propose le foyer Stouff.
- Principe du foyer Stouff. — Le charbon en grains de 0 à 5 mm par exemple est porté dans un courant d’air ascendant rapide : il reste en suspension pneumatique stable et permanente dans une chambre de combustion en forme de cône diffuseur de proportions et de profil bien définis. Ce cône, placé la pointe en bas, est tronqué vers son sommet laissant un orifice nécessaire à l’évacuation des mâchefers. Par cet orifice est insufflé l’air de la combustion (fig. 1).
- Le cône est traversé par le courant ascendant gazeux, dont la force portante décroît progressivement de bas en haut, dans une grande proportion, à cause de la pente très forte de la paroi.
- Si l’on met dans cette chambre un grain de combustible de 3 à 4 mm, il ne peut s’échapper par le bas à cause de la vitesse de l’air excessive à l’entrée, ni pâr le haut, le
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- courant gazeux étant trop ralenti pour le porter. Ce grain reste en suspension, en un niveau moyen d’équilibre où la poussée du gaz équilibre son poids. En fait il oscille autour de ce niveau moyen et visite le foyer dans toute sa section.
- Si l’on introduit une grande quantité de grains, ils se mettront également en suspension et se répartiront de manière homogène.
- Si l’on porte ce « brouillard » de grains à l’incandescence, les grains brûlent et l’on réalise une combustion continue en introduisant un débit régulier de grains combustibles et proportionné au débit d’air.
- La durée de séjour d’un grain combustible sera sa durée de combustion même; elle est absolument indépendante du temps de parcours du courant gazeux à travers le cône. Le nombre des grains simultanément mis en suspension s’établira de lui-même en conséquence. L’air de combustion suffit et bien au delà à porter le combustible en suspension; d’autant plus que le charbon est plus fin et plus léger.
- Combustible. — Le combustible employé dans le foyer Stoufï est un poussier qui contient à la fois des grains aussi fins que ceux employés dans les foyers à charbon pulvérisé et des grains de plusieurs millimètres.
- Malgré la différence de dimensions entre ces extrêmes (un grain de 2 mm a un poids 8 millions de fois plus grand qu’un grain de 1/100 de mm de poussière), il y a une homogénéité remarquable dans une section horizontale grâce à la tendance naturelle des grains à se disperser et le rapport des durées de combustion entre des grains extrêmes n’est pas celui des surfaces exposées à l’air comburant. Il y a compensation due au renouvellement intense de l’air à la surface des grains les plus gros.
- La pression de l’air soufflé sous le col varie avec le calibre du combustible, sa densité et l’allure. Elle varie aussi suivant que le charbon est gras ou anthraciteux. Pour des grains de 1 à 2 mm le tirage naturel suffit; pour des grains de 10 mm il faut une pression de soufflage de 100 m. A toutes allures, la suspension des grains incandescents descend dans le cône jusqu’au voisinage du col.
- Dans ce but, deux sections horizontales inférieures délimitent le tronc de cône; l’une est le col « matériel » du foyer, dont la section est réduite à celle nécessaire pour l’évacuation des mâchefers, l’autre est le col « d’air » qui délimite le niveau au-dessous duquel est insufflé l’air. Ainsi une partie de l’air est insufflée à travers la paroi du cône matériel à partir du col, sur une longueur réglable.
- Combustion. -— Ce foyer permet d’obtenir des températures de combustion élevées et il présente une grande aptitude à l’allumage pour les combustibles les plus anthraciteux (même le coke) et cendreux. Il présente une grande aptitude aux teneurs en CO2 élevées avec une fumivorité parfaite : ces résultats sont dus, d’une part, à l’homogénéité de la répartition des grains, d’autre part, au renouvellement intensif de l’air à la surface d’un grain, accentué par les mouvements de ce grain. Il y a transport matériel de chaleur d’un point à un autre et enfin par l’énorme surface incandescente contenue dans ce foyer.
- Un grain noir entrant dans le foyer est enveloppé
- LO 0 O O 0 0;
- n o
- Fig. 2. — Coupe d’un foyer Stouff.
- aussitôt sur toute sa périphérie d’une voûte de grains incandescents qui rayonnent sur lui.
- Température. — La température de l’air augmente de bas en haut progressivement de 50° à 1300° par exemple. La température des grains, caractérisée par leur incandescence et leur rayonnement, s’élève très vite dès le bas du foyer et passe par un maximum à mi-hauteur.
- Évacuation des mâchefers. — Ils peuvent être évacués soit à l’état granuleux, soit à l’état pâteux ou liquide..
- Fig. 3. — Paroi froide pour abaisser la température de combustion et obtenir des mâchefers granuleux.
- Paroi froide
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- Fig. 4. — Evacuation des \ mâchefers par paroi disloquante.
- On obtient l’état granuleux si les mâchefers sont peu fusibles et si l’on abaisse la température de combustion au moyen de parois froides (fig. 3).
- L’évacuation à l’état pâteux est celle qui est la plus fréquente.
- Au moment où le grain ne contient plus de charbon, il devient pâteux ou liquide. Les grains s’agglutinent entre eux, s’alourdissent et descendent vers le
- col qu’ils franchissent quand leur poids est suffisant.
- Les mâchefers pour une part se collent à la paroi où ils descendent sous forme d’un enduit uniforme, mince et poreux, se déroulant comme un tapis. Au voisinage du col où le feu est raréfié, le mâchefer refroidi par le courant ascendant a tendance à ne plus avancer et à se figer. Pour réduire l’adhérence et assurer l’évacuation on emploie une paroi disloquante dont les éléments animés de mouvements relatifs refoulent le mâchefer vers le centre, le cisaillent, le disloquent : ou une paroi évacuante qui formée d’un tapis-transporteur qui accompagne le mâchefer sur 50 cm à 1 m (fig. 5) ; ou encore un water-jac-ket combiné avec racleur tournant et soufflage d’air latéral (fig. 6).
- Description d’un foyer Stouff. — En résumé le foyer
- Stouff comporte
- Fig. 6. — Evacuation des mâchefers par racleur tournant.
- (Les parois de l’enceinte sont à water-jacket combiné avec soufflage d’air latéral.)
- essentiellement : une charpente métallique à laquelle est suspendu le foyer. Un cône en tôle avec un mince revêtement réfractaire intérieur délimite la chambre de combustion. Des dispositions propres au procédé favorisent la formation d’un dépôt uniforme de mâchefer, provenant de la combustion. Ce dépôt se maintient automatiquement à une épaisseur cons-
- tante. On supprime ainsi pratiquement le réfractaire et son entretien. A ces organes sont associés un distributeur automatique de charbon à réglage progressif et un broyeur dans le cas où l’on envisage d’utiliser du combustible de gros calibre. Celui-ci est ramené à 4 mm environ.
- Le charbon arrive au foyer par gravité, au moyen d’une goulotte d’amenée à un ou plusieurs niveaux avec bec réglable et insufflation d’air pour la projection et l’épanouissement du combustible en nappe.
- Si le charbon est pulvérulent, il est transporté pneumatiquement et distribué de manière homogène à la périphérie du cône par un orifice annulaire.
- Le cône principal est entouré par une chemise de tôle sous laquelle l’air pénètre tangentiellement, soufflé par un ventilateur. Il est guidé dans son mouvement tournant par des ailettes hélicoïdales.
- Après avoir récupéré la chaleur rayonnée par le foyer, l’air pénètre radialement dans la chambre de combustion par des orifices annulaires disposés à deux ou trois niveaux différents ; une partie de l’air de combustion est également
- Paroi descendante
- Fig. 5. — Evacuation des mâchefers par paroi descendante.
- insufflée par l’orifice inférieur et sert à porter les grains les plus lourds au voisinage du col. Les mâchefers sont évacués au moyen d’un racleur tournant, refroidi à l’eau, et en fonte spéciale, au voisinage du col. L’allumage se fait par brûleurs à mazout placés sous l’orifice inférieur et qu’un levier permet de retirer pour la marche normale.
- Avantages du foyer Stouff. — Il y a très peu d’imbrûlés, 1 pour 100 seulement, et les mâchefers sont d’une pureté impeccable. Le gaz sort à la cheminée transparent et limpide, et sans le concours de dépoussiéreurs. Le rendement est très élevé grâce à l’homogénéité remarquable de la . répartition des grains et des filets gazeux.
- Le foyer Stouff a une grande souplesse d’allure et d’adaptation aux charbons les plus divers. Sa conduite est très simple : on règle la vaporisation en agissant sur deux volants : un de charbon et un d’air. Tel est ce foyer qui se passe de pulvérisation, de grilles et de paroi réfractaire. La Compagnie des Mines de Bruay brûle avec un foyer Stouff un charbon considéré comme sans valeur.
- Jean Hesse.
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- = LA LUTTE CONTRE LA FIÈVRE JAUNE (SuUel)
- Quel agent inocule la piqûre de Stegomyia ? Plusieurs savants, comme Sanarelli et Noguchi notamment, crurent maintes fois repérer un micro-organisme, mais des expériences ultérieures ont prouvé que toutes les bactéries visibles au microscope qu’on a pu incriminer ne sont que secondaires et ne jouent aucun rôle dans la pathogénie de la fièvre jaune. W. Reed, J. Carroll, A. Agramonte et Lazear, en 1899, établirent définitivement que le facteur pathogène de la fièvre jaune appartient à la catégorie des inframicrobes c’est-à-dire des virus filtrants invisibles.
- Les recherches expérimentales furent longtemps d’autant plus difficiles que la fièvre jaune n’était transmissible qu’à l’homme. Tous les animaux de laboratoire se montraient réfractaires. On avait, en vain, cherché un animal réceptif, même parmi les singes africains et américains, qui se rapprochent le plus de l’espèce humaine.
- Ce fut le Dr Adrian Stockes (fig. 1) qui eut l’heureuse idée d’inoculer le virus amaril au singe Macacus rhésus (fig. 2) provenant de l’Asie, région non contaminée par la fièvre jaune. Cet animal est inoculable aussi bien par injection intraveineuse ou sous-cutanée, que par la piqûre de Stegomyia (fig. 3). Une fois inoculé, le Macaque fait, après 2 à 6 jours d’incubation, une poussée thermique durant de 1 à 5 jours à 40°-41° (fig. 4), et meurt dans le collapsus, après avoir présenté des hémorragies spontanées des gencives, de l’infiltration biliaire, de l’albumine, ainsi que des lésions rappelant exactement celles qu’on observe chez l’homme.
- En trouvant dans le Macaque un animal sensible au virus amaril, A. Stockes et ses collaborateurs, J. H. Bauer et H. P. Hudson ont rendu possible l’étude au laboratoire de la fièvre jaune, et dès lors commence une ère féconde en enseignements (fig. 11). N’oublions pas d’ajouter que jusqu à la fin de sa pie consciente, le DT Stockes a dirigé sur lui-même les expériences relatives à la fièvre faune qui le terrassait. Il est mort à Lagos en septembre 1927, donnant l’exemple d’un admirable stoïcisme et du plus bel esprit de sacrifice.
- Les recherches sur les Macaques contaminés ont été
- 1. Voir La Nature, n° 2943.
- continuées à Lagos par les collaborateurs survivants du Dr Stockes, ainsi qu’à Accra par le docteur japonais Noguchi qui, à son tour, fut rapidement emporté par la fièvre jaune. Ces deux morts, si déplorables, firent ressortir le danger de poursuivre les recherches sur les Macaques contaminés, véritables réservoirs du virus, dans les pays où le Ste gomyia pullule. Pour évi ter les contaminations ultérieures, les Américains brûlèrent leurs installations et sacrifièrent tous les singes en expérience. Ils décidèrent de poursuivre leurs expériences dans des pays plus froids où le moustique vecteur ne prospère pas. Dans ces laboratoires, à l’Institut Pasteur de Paris, par exemple, les Stegomyia sont élevés en cages dans un bâtiment spécial, et les singes sont logés dans un autre; les deux bâtiments sont séparés par deux jardins et une rue; de cette façon tout contact fortuit est évité entre les singes et les moustiques, ainsi qu’entre les moustiques et l’homme.
- Le virus nécessaire pour le début des recherches à l’Institut Pasteur de Paris fut remis par le Dr A. W. Sel-lards en 1928, au professeur A. Pettit dans une bouteille thermos contenant du sang et des fragments de foie prélevés sur un Macacus rhésus infecté de typhus amaril. Sur la proposition du Dr Sellards, ce virus est désigné sous le nom de souche française; c’est une de celles qui sont utilisées aujourd’hui dans différents laboratoires; d’autres souches ont été isolées ailleurs.
- Fig. 1. — Le DT Adrian Stockes qui réussit à inoculer la fièvre jaune à Macacus rhésus. Il est mort le 19 septembre 1927 à Lagos, en Afrique, à l’âge de 40 ans, de cette maladie contractée au cours de ses expériences.
- Fig. 2. — Macaque de l’Asie. Macacus rhésus.
- Fig. 3. — Macaque infecté malade de la fièvre jaune.
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- En 1930, Max Theiler, se fondant sur la réussite d’inoculation du virus rabique, qui est également un virus filtrant, par voie cérébrale au lapin (méthode Pasteur) a réussi à inoculer la fièvre jaune par la même voie aux souris blanches, considérées jusqu’alors comme réfractaires. La souris inoculée présente en général des signes d’encéphalite vers le quatrième jour après l’inoculation. Son poil se hérisse, sa démarche devient lente et incoordonnée, elle présente ensuite de la paralysie (fig. 7) et la mort survient vers le cinquième ou sixième jour. L’amaigrissement et une perte de poids sont de règle.
- Fig. 5. — Cage permettant de manipuler les singes injectés sans s'exposer à être mordu ou griffé par eux. Modèle du Pr A. Pettit et de l’ingénieur
- Hocquart.
- Fig. 4. — Courbe des températures d'un Macaque atteint de fièvre jaune expérimentale mortelle.
- Plus tard on réussit à inoculer le cobaye (fig. 9). Nous ne nous arrêterons pas sur les symptômes cliniques qui varient selon le mode de l’inoculation.
- Disons seulement que le cobaye inoculé, avant de mourir maigrit plus que d’autres animaux ; il perd parfois plus du tiers de son poids (fig. 10).
- Transport des moustiques par les aéroplanes. — Une série d’expériences a été récemment entreprise par le Dr T. IL D. Griffits du Public Health Service des
- Etats-Unis en vue de déterminer les points suivants :
- a) Quelle est la durée maxima pendant laquelle le moustique vecteur peut subsister à bord d’un aéroplane, au cours de vols effectués d’un endroit à un autre ?
- b) Quelle est l’influence de la hauteur du vol ?
- c) La femelle âgée, devenue infectieuse, présente-t-elle la même tendance que les moustiques récemment formés (imagos) à rester sur les aéroplanes au cours de vols de longue durée ?
- Les expériences furent pratiquées -sur des aéroplanes avec cabines de passagers, dans lesquelles on avait lâché des moustiques Stegomyia, adultes et jeunes, âgés de 5 à 17 jours. Certains avaient été gorgés de sang (non infectieux, bien entendu) ; tous étaient marqués de taches de couleur et comptés avant le départ. On employa des aéroplanes suivant des itinéraires différents, faisant des voyages de 1 à 4 jours, avec plusieurs atterrissages en cours de route, parmi lesquels figuraient même des arrêts d’une nuit.
- Quand les moteurs furent mis en marche, les mous-
- Fig. 6. — Petite cage en tulle pour les moustiques, qu’on applique sur le corps d’un malade pour gorger les moustiques du sang infecté et ensuite sur le corps sain pour transmettre par les piqûres des moustiques la fièvre jaune.
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- tiques se tinrent tranquilles au plafond de la cabine, et ne bougèrent pas pendant le vol. Plusieurs fois, à l’atterrissage, les moustiques se mirent à voler quand les moteurs furent arrêtés. Pendant les pauses, on procéda, comme de coutume, aux chargements et déchargements, au ravitaillement en combustible et à la remise en état de l’aéroplane. De plus, les panneaux restèrent ouverts toute la nuit.
- Ces expériences ont montré que :
- 1° Les moustiques marqués ont subsisté à bord d’aéroplanes pendant des voyages de 1 à 4 jours. A l’arrivée à destination, on a recapturé jusqu’à 50 pour 100 des moustiques marqués. Ce nombre varie selon la durée du voyage et le nombre d’atterrissages. Sur 70 moustiques marqués au départ, 4 seulement ont été recapturés après 79 h 45 m de vol. Ce qui prouve que les moustiques s’enfuient au cours des atterrissages successifs.
- 2° Les vols jusqu’à 4000 m d’altitude n’ont pas tué les moustiques.
- 3° Les moustiques âgés, et ayant déjà pris un ou plu-
- Fig. 8. — Bocaux contenant des souris blanches inoculées de fièvre jaune. Laboratoire du Pr A. Pettit, Institut Pasteur de Paris.
- sieurs repas de sang avant d’être placés dans les aéroplanes, ont survécu aux expéditions aériennes au moins aussi bien que les moustiques d’évolution plus récente.
- 4° Il y a lieu de penser que les pulvérisations insecticides habituelles (avec l’extrait huileux de pyrèthre), si elles sont pratiquées rigoureusement, peuvent débarrasser les aéroplanes, d’une façon pratiquement complète, des moustiques se trouvant à bord.
- Notons que des moustiques vecteurs vivants peuvent être aussi transportés dans des marchandises, des régimes de bananes par exemple.
- Procédés offensifs de lutte. — Pour combattre la maladie infectieuse, le moyen le plus, sûr est de prévenir l’épidémie, non de chercher des remèdes à l’infection déclarée; on déracine le mal en détruisant ses foyers.
- La plus grande de ces épurations a été effectuée à Rio-de-Janeiro par Oswaldo Cruz. Pour se rendre compte de l’énormité de cette tâche, rappelons que la capitale du Brésil compte plus d’un million d’habitants et s’étend sur 62 km en longueur pour 1 de largeur environ. La
- Fig. 7. — Fièvre jaune expérimentale de la souris blanche.
- A gauche, stade préparalytique (remarquer le poil hérissé); à droite paralysie complète du train postérieur.
- Laboratoire du Pr A. Pettit, Institut Pasteur de Paris.
- ville fut partagée en secteurs, dont chacun surveillé par deux équipes. La première comprenait des agents chargés de dépister les malades : dès qu’un cas suspect était signalé, ces agents se rendaient au domicile du malade et procédaient à son isolement, soit dans sa propre maison, soit à l’hôpital. Puis ils détruisaient les moustiques dans la maison et dans les immeubles environnants. La deuxième équipe visitait tous les immeubles du secteur une lois par semaine pour y rechercher les gîtes à Stegomyia et les détruire. Pour faciliter cette tâche on maintint dans chaque quartier des récipients bien exposés qui servaient de gîtes-pièges. Deux mille agents ont été affectés à cette tâche, et on y a dépensé plus de cent millions de francs; il a fallu quatre ans pour éteindre le fléau qui paralysait l’essor de la capitale. La fièvre jaune parut enrayée; mais on ne tarda pas à s’apercevoir que dès qu’on relâchait les mesures prises, l’épidémie reparaissait.
- Cette expérience a prouvé que des mesures sanitaires seules ne peuvent éteindre définitivement la fièvre jaune dans une grande agglomération. Notons cependant que Cuba a réussi à se débarrasser du fléau depuis 1908, en appliquant strictement la même méthode.
- Procédé défensif de lutte. — Il ne restait donc qu’à se mettre à la recherche d’un vaccin, moyen plus efficace et beaucoup moins coûteux qui a donné de si heureux résultats dans bien d’autres affections microbiennes. Cette voie n’est devenue accessible que grâce aux travaux du Dr Stockes et de Max Theiler ensuite (fig. 12).
- De 1928 à 1930, plusieurs vaccins préconisés par divers
- Fig. 9. — Paralysie flasque du train postérieur d'un cobaye, le dixième-jour après inoculation de fièvre jaune.
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- 500, 40°'
- 400 38°
- 350 37° -
- 300 36° -
- O ! 2 3 4 5 6 7 8 9 10 II 12 ü 14 15 16 17 18 19 20 il Jours d’incubation
- Fig. 10. — Variations de la température, et du poids chez un cobaye, dans un cas de fièvre jaune mortelle.
- savants ont donné des résultats très encourageants, mais difficilement applicables en pratique. C’est qu’une vaccination contre le typhus amaril pose un grave problème : outre que l’inoculation du virus, même atténué, ne doit présenter aucun danger pour l’individu vacciné, il ne faut pas qu’il le rende un porteur de germes, contagieux pour la collectivité. On sait que les individus piqués par le moustique infecté, notamment les enfants, représentent de véritables réservoirs de virus dans lesquels se gorgent les Stegomyia qui transmettent ensuite le virus aux personnes saines.
- En 1931, les Drs W. Sawyer, S. F. Kitchen et W. Lloyd, du Yellow Fever Laboratory de la Fondation Rockefeller ont mis au point une immunisation mixte par le virus provenant de cerveaux broyés et desséchés de souris et par le sérum antiamaril provenant de convalescent (l’homme) neutralisant le virus dans le sang circulant. Ces résultats ont été encourageants, mais son application sur une grande échelle ne semble pas être facile, étant donnée la difficulté de se procurer le sérum humain de convalescent en quantités suffisantes.
- C’est pourquoi le professeur A. Pettit et le Dr G. Ste-fanopoulo ont proposé de remplacer le sérum humain de convalescent par le sérum équin qu’ils préparent depuis 1928 et qui est doué d’un pouvoir curatif et préventif
- manifeste. Leur sé-
- Fig. 11 .-Les recherches sur le virus rum eSSayé au Yel‘ amaril dans un laboratoire moderne. low Fever Laboratory of the International Health: Division of the Rockefeller Foundation à New York, sur le Macaque, s’est montré efficace à dose cinq fois plus faible que le sérum de convalescent.
- Les résultats de la vaccination sur des hommes effectuée tant à l’Institut Pasteur à Paris qu’à Londres et en Amérique montrent que le sérum antiamaril d’origine équine remplace avantageuse-
- ment le sérum de convalescent dans la méthode établie par les DrB Sawyer, Kitchen et Lloyd.
- En raison de sa sécurité, de Vefficacité de la protection quil confère et de la durée (au moins deux ans) de celle-ci, ce procédé est actuellement le plus recommandable.
- Toutefois, la plupart de spécialistes en la matière conseillent de ne pratiquer les vaccinations que loin des pays où le Stegomyia pullule. En outre, bien qu’aucun incident ne soit survenu jusqu’ici à l’Institut Pasteur de Paris, cette institution ne se départ pas de la règle stricte adoptée : les personnes désireuses de se faire vacciner avant leur départ pour les colonies sont d’abord soumises à un examen médical. Celles dont l’état de santé ferait redouter qu’elles ne supportent mal l’immunisation sont éliminées. Quant aux vaccinés ils doivent rester pendant trois jours à l’hôpital de l’Institut Pasteur en quarantaine et s’engager à ne quitter la France que vingt jours au plus tôt après la vaccination.
- En 1931, le Dr A. W. Sellards, qui travaillait dans le laboratoire du professeur A. Pettit à l’Institut Pasteur de Paris, désira se faire vacciner au moyen du virus vivant seul afin d’essayer ce procédé sur l’homme. Le Dr E. Roux, consulté, l’interdit, à l’Institut Pasteur, en raison des dangers éventuels. A la suite de ce refus, le Dr Sellards quitta Paris pour la Tunisie où avec le Dr J. Laigret il a préparé un vaccin antiamaril à l’aide du virus de Max Theiler de cerveaux de souris. Cette vaccination se fait en trois injections, à 20 jours d’intervalle, du virus seul, atténué aux différents degrés selon le nombre de passages par des souris. Le professeur Nicolle directeur de l’Institut Pasteur de Tunis, a présenté au sujet de cette vaccination une communication à l’Académie des Sciences le 24 septembre dernier. Selon le professeur Nicolle, le Dr Laigret et ses collaborateurs, C. Durieux et C. Mathis, ont effectué pendant l’été dernier avec succès plus de 3000 vaccinations au Sénégal, au Soudan, au Niger et en Côte d’ivoire. Les membres de la Commission de la Fièvre Jaune de l’Office international d’Hygiène consultés par nous au sujet de ce vaccin, lors de leur dernière réunion du 8 octobre 1934, se sont abstenus prudemment de nous donner leur avis. Ils nous ont communiqué toutefois la conclusion suivante de leur procès-verbal du 14 octobre 1934 : « La commission fait toutefois la remarque que l’emploi d’un vaccin constitué par du virus vivant, sans immun-sérum, semble comporter certains risques qui incitent à la prudence ». Pour cette raison les Anglais, les Américains et les Portugais n’autorisent pas dans leurs possessions la vaccination par la méthode Laigret-Sel-lards. Ils considèrent, tout au moins pour le moment, la méthode de Sawyer, Kitchen, Lloyd, avec les modifications de Findlay et de Pettit-Stefanopoulo comme présentant plus de sécurité (fig. 13).
- D’après une communication ultérieure des Drs Mathis, Durieux et Advier à l’Académie de Médecine, les moustiques gorgés du sang des vaccinés par la méthode Lai-gret-Sellards (de 1 à 6 jours après la vaccination) ne transmettent pas la fièvre jaune.
- Cependant tout récemment le Dr G. M. Findlay de Londres vient de publier les résultats de ses recherches sur la présence de virus vivant dans le sang des singes
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- vaccinés par cette méthode et voici le tableau dé ses expériences :
- Singes n° Présence de virus Jours après la vaccination Immunité 20 jours après la vaccination
- 2 4 6 8 10 12 14 16 18
- 1 + + + — — — — H—I-
- 2 Q — + + — — •— — — _1_ _|_
- O 4 + + — — — — — + +
- 5 — + + — — — — — — H—H
- G — — — — — — — — —
- Or on sait par les expériences plus anciennes des
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- Fig. 12. — A gauche -.Max Theiler\ au milieu : W. Sawyer; à droite:
- G. Stefanopoulo.
- Pasteur de Paris na contracté ensuite la fièvre jaune. C’est une grande victoire de la bactériologie, chèrement acquise au prix de tant de vies de savants. Elle met les coloniaux à l’abri d’un danger qui était naguère trop souvent mortel. Nous ne pouvons donc que recommander vivement à toutes les personnes désireuses de se rendre aux pays où la fièvre jaune sévit de se faire vacciner à l’Institut Pasteur de Paris avant leur départ. Une fois vaccinées, elles seront immunisées contre cette maladie. Si, par hasard, quelques-unes d’entre elles, après examen médical préalable, se voient refuser la vaccination, la sagesse sera pour elles d’ajourner leur voyage, ou de choisir une autre région du globe moins dangereuse. Et la fièvre jaune limitera de plus en plus ses ravages, comme tant d’autres maladies déjà vaincues.
- W. N. Kazeeff.
- Fig. 14. — Monument à la mémoire des médecins, victimes de leur devoir, morts de la fièvre jaune, élevé à l’île de Gorée, en face de Dakar, Sénégal, A. O. F.
- Fig. 13. — Le Dr Findlay prélève pour la préparation du sérum de convalescent le sang d’un confrère guéri de la fièvre jaune. Photo du Dr Stefanopoulo.
- auteurs français et américains que quand le virus qui sert actuellement à vacciner l’homme est présent dans le sang du Macaque, le Stegomyia peut le transmettre à des animaux neufs. D’autre part Findlay a constaté des accidents mortels chez les Macaques vaccinés par la méthode Laigret-Sellards.
- Conclusion. — N’allons pas jusqu’à triompher trop haut et à penser que la fièvre jaune est définitivement vaincue. Elle ne peut l’être que si le virus existant dans la nature est exterminé définitivement ainsi que tous les Stegomyia. Cette éventualité nous semble tout à fait irréalisable. Toutefois on peut dire, sans exagération, que les personnes qui le désirent peuvent actuellement se protéger d'une façon efficace contre ce mal. Aucune des personnes vaccinées à Londres, en Amérique ou à VInstitut
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- DÉCOUVERTE D’UNE ÉTOILE NOUVELLE
- M. F. Baldet, le savant astronome de l’Observatoire de Meudon, vient de communiquer à la Société Astronomique de France un télégramme de M. Spencer Jones annonçant la découverte d’une Nova assez brillante faite par M. Prentice dans la constellation d’Hercule.
- Les coordonnées célestes de cette Nova sont :
- Ascension droite = 18h 5m48s ;
- Déclinaison = -f- 54° 13'.
- La nouvelle étoile est de magnitude 3,0 : elle est donc bien visible à l’œil nu. Comme la plupart des novæ, elle est
- apparue au voisinage de la Voie Lactée. Son spectre présente des bandes brillantes. Cette Nova est visible au Nord-Ouest, au début de la nuit. Elle est circompolaire, mais ne passe, à Paris, qu’à 3° 1/2 de hauteur au-dessus de l’horizon à son passage inférieur au méridien. On peut aussi l’observer le matin, au Nord-Est. (Renseignements fournis par la Circulaire n° 10 G. du Service d’informations rapides de la Société Astronomique de France.) Nous ajouterons qu’il y a grand intérêt à la suivre et à noter chaque jour son éclat par comparaison avec les étoiles voisines.
- “ RECADES ” DU DAHOMEY AU MUSEE D’ETHNOGRAPHIE DU TROCADÉRO
- Le Musée d’Ethnographie du Trocadéro expose depuis peu, dans sa section du Dahomey récemment installée, une importante série de bâtons de commandement, ou « récades » (recados, mot d’origine portugaise; le terme indigène est kpo, bâton). La récade, en effet, est avec le parasol l’insigne du commandement.; Elle porte les armoiries de son propriétaire, armoiries qui sont une allusion à la devise du possesseur, parfois un objet ou un animal, parfois aussi un véritable rébus.
- L’abbé P. Bouche (x) qui vécut plus de sept ans au Dahomey entre 1866 et 1875, écrit au sujet des récades : « Le noir de la côte des Esclaves emploie le bâton comme carte de visite, pour saluer ses amis; il en fait une lettre de créance pour recommander ses délégués, le remet à son fondé de pouvoir comme titre authentique de sa procuration; au voyageur comme sauf-conduit et garantie. Le bâton vaut plus qu’une signature; il en tient lieu, et, de plus, il est la personnification de celui qui l’a remis. A la signature, on accorde une autorité morale que l’on peut souvent contester; au bâton, on est obligé en tout cas d’accorder les marques extérieures de respect que l’on doit à la personne du maître ».
- La série très complète de récades des rois du Dahomey que le Musée d’Ethnographie du Trocadéro doit à la générosité de M. A. Le Hérissé forme à elle seule un résumé de l’histoire du royaume, de son premier souverain (Dakodônou, 1625) à son dernier (Ago-li-Agbo, 1898); les armoiries de chaque roi, en effet, sont une allusion à son désir d’accroître la puissance que lui transmirent ses prédécesseurs, et aux guerres entreprises dans ce but, pour montrer qu’il n’a pas failli à la devise de sa race, « toujours plus grand », ou, pour reprendre l’image indigène, « le foyer sur lequel on cuit les jarres croît sans cesse en hauteur ».
- 1. Bouche (Abbé Pierre). La côte des Esclaves et le Dahomey. Paris, Plon, 1885.
- Le Hérissé (A.). L’ancien royaume du Dahomey, Paris, Larose, 1911.
- Waterlot (Em.-G.). Les bas-reliefs du palais d’Abomey, Dahomey. Paris, Institut d’Ethnologie, 1926.
- A côté de ces récades d’usage courant à lame de métal ou de bois, il en existait une autre catégorie, d’une valeur infiniment plus précieuse; le Musée d’Ethnographie du Trocadéro possède l’une de ces récades véritablement royales, sorte de sceptre dont le roi seul pouvait faire usage dans les cérémonies d’apparat. La tête en ivoire découpé, d’un travail précieux, figure un lion, symbole du roi Glélé (fig. 13).
- Le dernier spécimen figuré ici est une récade de prêtre du tonnerre, récemment offerte au Musée par M. Moris. D’après la croyance dahoméenne, le tonnerre est un bélier qui promène sa fureur dans les nuages. Sur cette récade on distingue les cornes du bélier, qui tient dans sa gueule une hachette en forme de croissant aux extrémités de laquelle sillonnent deux éclairs (fig. 14).
- Denise Paulme.
- Attachée au Musée d’Ethnographie du Trocadéro.
- Fig. 1 à 14. — Quelques récades actuellement exposées au Musée d’Ethnographie du Trocadéro.
- 1. Dakodônou. Rébus inexpliqué : da, une pierre à briquet; ko, la terre; dônou, un trou dans la terre.— 2. Akaba. Clochettes jumelles. Allusion au fait qu’Akaba dut partager le trône avec sa sœur jumelle Ahangbé. — 3. Akaba (deuxième récade). Un sabre. Akaba entreprit les premières grandes conquêtes des Dahoméens, qui le menèrent jusqu’à l’Ouèmé. — 4. Ouêgbadja. Une nasse : « Ouê gb’adja, ma i adja; ouê ma gni aghe, ouè to ouè ouè », « poisson qui s’est échappé de la nasse n’y rentre plus; le poisson appartient à la rivière et non à la terre. — 5. Agadja. Un bateau. En souvenir du surnom : Dossou houn yito, Dossou le preneur de bateau. Dossou est le nom que portent les frères puînés des jumeaux, et Agadja était le frère d’Akaba et d’Ahangbé.— 6. Tègbèssou. Un tromblon. Hommage rendu aux guerriers de Tègbèssou. — 7. Kpêngla. Un canon. Souvenir des exploits de ce roi. — 8. Agonglo. Un ananas : Agondè glo s i nou, « je suis l’ananas contre lequel la foudre ne peut rien ». —9. Ghèzî. Un marteau de forgeron, en souvenir de la devise de Ghèzô : « le marteau a son poids, et l’enclume a le sien. » — 10. Glélé. Un lion. Allusion à la phrase prononcée par ce roi : je suis le lionceau qui sème partout la terreur aussitôt que ses dents ont poussé. — 11. Gbéhanzin. Un requin. « Le requin audacieux a troublé la barre »; paroles que prononça le roi pour annoncer son intention de faire la guerre aux
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- Français qui, journellement, traversaient la barre â Cotonou pour se rendre à terre. — 12. Ago-li-Agbo. Une jambe. « Ago-li-agbo, Allada klen afo, ma dja i o, français ouè gni mon », «prends garde, Daho-
- mey, Allada a trébuché, mais n’est pas tombé, grâce aux Français. » Le roi avait pris pour emblème une jambe qui trébuche sur un caillou. — 13. Sceptre du roi Glélé. — 14. Réeade de prêtre du tonnerre.
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- = ESSAIS DE PRODUCTION DE SOIE =
- A L’AIDE DES PAPILLONS SERICIGÈNES SAUVAGES
- DU CONGO BELGE
- L’inventaire entomologique du Congo Belge, loin d’être complet à l’heure actuelle, nous a révélé que certains papillons produisent des cocons dont la soie serait utilisable industriellement. Parmi les nombreux vers à soie sauvages, deux genres, les « Anaphe » et les « Epanaphes » paraissent présenter les caractères les plus intéressants.
- Ces papillons sont surtout répandus dans l’immense forêt équatoriale, bien qu’on en trouve des représentants, mais en faible quantité, dans les zones de brousses, notamment au Katanga et plus loin dans l’Uganda et au Ruanda (zone du lac Tanganyka). Les deux variétés les plus répandues, celles qui ont donné lieu à des essais sont : Anaphe Panda Bdv. et l’Epanaphe Moleneyi. ainsi qu’un assez grand nombre de sous-variétés. Les papillons de ces espèces sont tellement abondants dans certains districts que les indigènes, cependant très négligents, sous ce rapport, les considèrent comme nuisibles et ramassent les nids pour les brûler.
- Les plantes parasitées par les chenilles de ces Lépidoptères sont pour les Anaphes les différents Bridelia, plantes arbus-tives de la famille des Euphorbiacées, tandis que les Epanaphes préfèrent les Albizzia fastigixta.
- Les femelles pondent leurs œufs à la partie inférieure des feuilles par paquets de 100 à 300 œufs. Peu capables de voler, les papillons ne vivent que cinq à six jours au début de la saison des pluies. Il y a ordinairement deux générations dans l’année avec des périodes variables d’éclosion suivant les régions.
- L’accouplement se fait au voisinage des nids vers le crépuscule, ordinairement peu après la sortie des imagos.
- L’éclosion des œufs demande environ 6 à 7 semaines. Les chenilles vivent en colonies à la façon des processionnaires, subissent plusieurs mues avec des comportements variables entre chaque mue sur le détail desquels nous ne pouvons insister. Au moment de la nymphose, des groupes variant de quelques individus à plusieurs centaines parfois, se réunissent pour filer le nid. Ce dernier est constitué d’une enveloppe extérieure, résultant du travail en commun, dans laquelle chaque chenille se confectionnera un cocon individuel. Le poids de la bourse commune pourra varier, dans ces conditions, de 100 gr environ à plusieurs kilogrammes. La structure du nid présente des différences assez sensibles d’une variété à l’autre. Cependant, d’une façon générale, il est constitué de trois enveloppes de consistances différentes, la plus interne étant à texture serrée. Les cocons intérieurs, contenant chacun une larve, sont de soie de teintes variables, parfois blanche avec une manche de sortie pour le futur papillon. Ces manches sont orientées vers la périphérie, souvent vers
- FILMS D’ACÉTOCELLULOSE
- Jusqu’ici, il a été impossible, en photographie aérienne, d’utiliser des fdms pour les relevés cartographiques de précision. En effet, un fdm cellulosique, plongé dans l’eau, puis séché, subit des contractions qui altèrent ses dimensions linéaires.
- le haut. Ces cocons, avec l’enveloppe extérieure, donnent une soie dont les qualités sont comparables à celle du Bombyx. Les nids d’Anaphes sont fixés souvent dans la fourche des branches de l’arbre support. Pour les Epanaphes, selon Pomeroy, ils sont ou bien collés au tronc principal, ou entourent les branches; ils mesurent parfois 1 m de longueur sur 40 à 50 cm de largeur. La vie des chenilles porte sur plusieurs mois, de trois à cinq, la chrysalidation demande de 40 à 90 jours en moyenne.
- Bien que les nids sauvages soient très abondants dans certaines régions, leur récolte présente de sérieux inconvénients : difficulté de la capture, parfois à plusieurs mètres de hauteur, insuffisance des moyens de communication pour la concentration des produits, etc... De plus, l’enlèvement des nids frais, souvent pratiqué par les indigènes, oblige à un transport de poids inutile par suite de la présence des chrysalides. Il faut aussi tenir compte dans cette façon de procéder de la raréfaction des papillons plus ou moins rapide dans leur habitat naturel.
- Tenant compte de ces inconvénients, on a pensé tout de suite à une semi-domestication comme devant donner des résultats heureux.
- La culture des arbres utiles en buissons, pour faciliter la cueillette des nids, ne présente pas de difficultés particulières.
- Ces arbres viennent bien en terrains humides comme dans les régions relativement sèches.
- La plantation une fois effectuée, son garnissage se fait à l’aide de nids récoltés en forêt, enlevés avec leurs branches supports et placés sur les arbres dans leur position primitive On attend l’envol des papillons pour utiliser les nids. Les femelles, trouvant des végétaux favorables à leur ponte, déposent leurs œufs sur les feuilles des arbres voisins et l’élevage est ainsi préparé pour des récoltes futures. Les dispositifs tels que mise des nids sauvages dans des cages avec feuilles pour la ponte des femelles ont été imaginés pour éviter les pertes que le vagabondage des insectes ne peut empêcher dans le procédé précédent. Déjà avant 1914, l’Afrilcan Silk Corporation Ltd de Londres constituée au capital de 54 000 £ avait fait des essais intéressants dans le district du Lac Léopold II sur une superficie d’environ 20 000 hectares. La désastreuse guerre de 1914 vint malheureusement mettre fin aux expériences en cours. Les recherches dans ce domaine, exécutées par la Société des Textiles africains (Texaf), n’ont pas non plus donné des résultats appréciables au point de vue commercial. D’autres expériences entreprises par certaines sociétés et par des particuliers permettront peut-être un jour de résoudre ce problème intéressant. G. Remacle.
- INDÉFORMABLES PAR L’EAU
- M. André Charrion et Mlle S. Valette ont étudié ce phénomène et trouvé des moyens pour y remédier.
- Ils ont fait connaître les résultats de leurs recherches dans une communication récente à l’Académie des Sciences.
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- Ils ont constaté qu’après action de l’eau et séchage, les films d’acétocellulose se déforment d’autant moins que leur titre en acide acétique est plus élevé et que leur teneur en plastifiant est plus importante.
- Pour un titre en acide acétique de 59,5 pour 100, et pour une teneur en plastifiant de 25 pour 100, la déformation est extrêmement faible, elle atteint pourtant une valeur de 0,055 pour 100, 90 jours après le trempage. M. Charrion et Mlle Valette ont réussi à rendre les films de composition ci-dessus strictement indéformables en les soumettant soit
- v:.. „ ' ......... 1 '= 31 =====
- à une surchauffe pendant quatre heures à 100°, soit à une succession de trempages dans de l’eau, suivis de séchages, soit encore à un traitement de 15 minutes dans de l’eau bouillante. Toutefois, ce dernier procédé est pratiquement inemployable en raison de la diminution de l’élasticité des films.
- Au cours de ces traitements, les films subissent une forte contraction et leur structure est amenée dans un état d’équilibre stable, si bien que de nouvelles actions de l’eau ne déterminent aucune déformation.
- = LE RÉSEAU DE T. S. F. = DE LA POLICE PARISIENNE
- Pour obtenir une action efficace de la police, toutes les fois où une action générale est nécessaire dans le cas de manifestations ou de troubles quelconques, ou même s’il s’agit seulement d’effectuer une opération en un point déterminé, il est indispensable d’établir une liaison à la fois sûre et souple entre la direction de la police municipale et les groupes mobiles. Bien souvent, ces groupes se déplacent dans des régions de la capitale ou de la banlieue dépourvues de moyens de communication rapides et il faut d’ailleurs prévoir le cas où les liaisons par fil seraient coupées à la suite d’accident ou de sabotage. Il peut être également utile d’assurer une liaison permanente avec les avions ou les ballons employés à la surveillance des mouvements de la foule ou à l’observation de phénomènes quelconques.
- Il y a donc déjà longtemps qu’on a eu l’idée de recourir à la T.S.F. pour assurer cette liaison à la fois sûre et idéalement mobile. L’exécution du réseau de T.S.F. de police parisienne a ainsi été projetée dès les débuts de la radiophonie, en avril 1922. C’est à M. de Courval, directeur-adjoint de la police municipale, auquel on doit déjà de belles réalisations techniques, que revient le mérite d’avoir peu à peu, en suivant les progrès de la radio-technique, perfectionné et transformé le projet primitif, pour l’amener à l’heure actuelle à un stade d’exploitation vraiment pratique.
- Il s’agissait essentiellement, en cas d’interruption du réseau téléphonique normal, de maintenir d’abord une liaison permanente entre la Préfecture de Police et les postes centraux d’arrondissements ou commissariats de banlieue, ainsi qu’avec les postes de commandement de la garde républicaine ou de la garde mobile.
- Il s’agissait aussi, ainsi que nous l’avons noté plus haut, d’assurer la liaison des postes de commandement avec les groupes mobiles et les avions.
- L’emploi des ondes courtes paraît a priori très séduisant. Il permet d’adopter de faibles puissances pour l’émission, d’éviter l’influence d’une grande partie des parasites industriels, et d’utiliser des systèmes aériens émetteurs et récepteurs de dimensions réduites. Malheureusement, jusqu’à présent la propagation des ondes
- Fig. 1. — Un poste émetteur mobile sur camion avec son antenne en position de fonctionnement.
- courtes dans les grandes agglomérations et à faible distance est parfois encore assez irrégulière, surtout lorsqu’on ne peut pas évidemment employer une puissance d’émission considérable. On s’est donc borné à adopter une gamme de longueurs d’onde de 650 à 800 mètres.
- Le réseau complet comprendra sans doute 53 postes émetteurs-récepteurs, soit :
- 1 poste central à la Préfecture de Police.
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- Fig. 2. •— Vue intérieure d’un camion émetteur.
- A gauche : un des meubles de l’émetteur; au centre, sur le pupitre, le récepteur.
- 1 poste de secours et d’entraînement au service technique.
- 5 postes mobiles sur automobile.
- 20 postes centraux d’arrondissement.
- 26 postes pour la banlieue.
- La plupart de ces postes sont entrés ou entreront pro--chainement en essai.
- On sait, de plus, que la Police municipale est pourvue d’un certain nombre de petites voiturettes de ronde -qui rendent les plus grand services et circulent de jour et de nuit. Ces voiturettes seront munies de postes récepteurs valises, de maniement très simple, fonctionnant
- Fig. 3. — Voiturette de ronde munie d’un poste récepteur valise
- même à l’aide d’un simple cadre, sans antenne extérieure, et qui seront accordés, sans l’aide d’aucune connaissance technique, sur la longueur d’onde des émetteurs. Ainsi, les gardiens faisant leur ronde pourront recevoir en tous points les ordres provenant des postes émetteurs.
- Toutes les voiturettes peuvent être alertées par le poste central, on peut les diriger aux endroits nécessaires et les grouper rapidement en un point déterminé.
- Les postes fixes équipant les 20 arrondissements auront soit une puissance de 200 watts, soit une puissance de 100 watts.
- Ils seront alimentés par le courant du secteur et un groupe électrogène autonome, tenu constamment en état de fonctionnement, pourra remplacer s’il est besoin le secteur défaillant.
- Les stations mobiles sur camions sont pourvues d’un émetteur de 100 watts et peuvent fonctionner pendant 6 heures de suite à l’aide de batteries d’accumulateurs. Toutes les stations émettrices-réceptrices peuvent émettre et recevoir sur 3 longueurs d’onde de travail différentes.
- Grâce à ce système, les postes récepteurs des voitures de ronde ne comportent qu’un bouton de commande permettant d’accorder le poste à volonté sur une des 3 longueurs d’onde, ce qui facilite encore les manœuvres de réglage.
- Il faut noter, enfin, le système d’antenne repliable ingénieux dont sont pourvues les stations émettrices sur camions dues à l’initiative de M. de Courval.
- Ces systèmes comportent deux cadres supportant l’antenne horizontale, comme le montre la figure 1.
- La mise en position verticale de ces cadres est commandée en une dizaine de secondes par un moteur, ou même par une manivelle à main pour parer aux cas d’avarie.
- *
- * *
- L’organisation paraît donc bien répondre aux conditions exigées, puisqu’elle assure la liaison des postes fixes entre eux, et même avec les postes mobiles avec le maximum de simplicité. L’emploi des ondes moyennes donne, d’autre part, des garanties précieuses par la régularité des résultats obtenus.
- Ce nouveau réseau de police muni d’appareils construits par la Société française radioélectrique, semble tout au moins un des plus perfectionnés d’Europe; il paraît capable d’augmenter encore la rapidité et l’unité d’action de la police municipale, et par là de mieux assurer l’ordre public, s’il était menacé.
- P. Hémardinquer.
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- A PROPOS DU MIRAGE
- Qu’il me soit permis de rappeler la controverse qui s’était élevée entre deux lecteurs de La Nature, M. Paumier et M. Languepin, au sujet du mirage observé sur la route.
- M. Paumier soutenait (numéros du 15 octobre 1932 et du 15 janvier 1933) que ce phénomène est dû à la réfraction de la lumière, alors que pour M. Languepin (n° du 1er décembre 1932) la vieille explication de Monge en Egypte, reproduite dans les livres de physique, est fausse.
- Ayant habité pendant de longues années Arles-sur-Rhône, j’ai été témoin bien souvent, en Camargue et en Crau, surtout en Crau, du phénomène en question.
- En août dernier j’ai encore parcouru un peu dans tous les sens l’immense plaine de cailloux roulés et j’ai vu à nouveau se refléter, comme dans une nappe d’eau, avec moins de netteté évidemment, les arbres, la tête en bas, des rares oasis que l’on rencontre dans le Campus lapideus sive Herculeus.
- Mais j’ai été étonné de faire cette constatation même lorsque soufflait le mistral (le melamboreus de Strabon).
- Or on sait que d’après la théorie de Monge, ou tout au moins d’après ce qu’en disent les traités de physique, pour qu’il y ait réfraction des rayons lumineux, ou plus exactement réflexion totale produisant le mirage, il faut que l’air soit très calme. Il s’établit alors, au-dessus de la terre surchauffée, des couches d’air chaud dont la densité va en croissant à mesure qu’on s’élève, c’est-à-dire un ordre de densité inverse de celui qui résulte d’un équilibre normal.
- Mais le mirage se produit encore dans d’autres conditions. Voici en effet ce que nous avons pu lire dans divers ouvrages.
- De A. Ganot, dans « Traité élémentaire de Physique » : « Il arrive aussi que les navigateurs observent dans l’atmosphère l’image renversée des côtes ou des navires éloignés. C’est encore un effet de mirage, mais qui se produit en sens contraire du premier, c’est-à-dire lorsque la mer est plus froide que l’air : ce sont alors les couches inférieures de l’atmosphère qui sont les plus denses, à cause de leur contact avec la surface des eaux. »
- De Angot, « Traité de physique » : « Le phénomène du mirage se produit souvent aussi en mer; le mélange à l’air de la vapeur d’eau provenant de l’évaporation doit, dans ce cas, jouer un rôle important et produire en grande partie les différences de densité nécessaires pour le mirage. »
- Du Dr Safïray, « La physique des champs » : « Il arrive parfois en mer, par un temps calme, que les couches d’air, jusqu’à une certaine hauteur, se superposent par ordre de densité décroissante de bas en haut, et l’on peut alors voir dans l’air, par un effet de mirage inverse de celui que nous venons d’expliquer, l’image renversée de navires. Plus rarement ce sont des couches d’air verticales et parallèles qui donnent lieu à des images latérales qui se meuvent et se déforment au moindre vent. »
- De Jules Gros, « Les voyages et découvertes de Paul Soleillet dans le Sahara et le Soudan » : « Une autre preuve de son entrée au Sahara ne tarda pas à se produire; c’était la série des effets de mirage. M. Soleillet affirme que dans l’un d’eux il a certainement vu Saint-Louis.
- « Selon l’explorateur il y a deux sortes de mirages. Dans l’une on voit devant soi un lac avec de l’eau, au-dessus duquel s’entassent d’épaisses forêts. Sous cette forme du phénomène les objets se présentent absolument comme s’ils existaient. Ces objets, en effet, existent réellement devant les yeux des spectateurs, mais ils sont déformés par la raréfaction de l’air qui grandit un fétu de façon à le montrer comme un arbre géant : des herbes prennent ainsi la dimension de palmiers et le sable brillant se transforme en une nappe d’eau.
- « L’autre effet de mirage est le résultat d’un phénomène
- physique de réfraction qui fait voir des objets existant réellement, mais dans un milieu plus ou moins éloigné du lieu où ils se trouvent et dans ce cas ces objets apparaissent toujours renversés, comme l’image qu’on regarde dans une chambre noire. »
- De Brau de Saint-Pol Lias. « De France à Sumatra.»: «Nous passons toute l’après-midi sur la dunette à contempler de merveilleux effets de mirage. Sur toute la ligne de l’horizon, à l’avant du navire, nous apercevons, au delà des sables du premier plan, de vastes étendues d’eau, mer ou lac, avec des rives riantes ou escarpées. Sur quelques points ce sont des îlots de tons foncés, qu’on ne peut prendre pour des nuages, mais qui se montrent tout à fait détachés du sol, au-dessus de l’horizon, et plutôt dans le ciel que sur la terre. Sur un autre point nous voyons comme des remparts élevés, couverts de verdure, les murs d’une ville à jardins suspendus dont les touffes d’arbres, qui dominent le faîte des constructions, se réfléchissent dans l’eau : cette image est la plus fréquente et la plus accentuée. On voit ces remparts courant sur une longue ligne droite horizontale puis s’enfonçant en courbes, en zigzag, et dessinant des baies profondes et bizarres au milieu desquelles se dressent des formes noires ou blanches, comme des navires au mouillage. En arrière de ces grands rivages on aperçoit, éclairée par le soleil, une montagne jaune rougeâtre, d’un sol sablonneux, semblable d’aspect à celui que nous traversons; en avant, les vagues constamment mouvantes de l’eau qui réfléchit les images. A un moment ces vagues nous entourent sur tout le tour de l’horizon... A droite nous voyons se dessiner une rive tantôt basse, tantôt plus élevée, couverte d’arbres et de verdure, que nous savons bien être l’effet du mirage puisque nous sommes loin encore du lac Tymsah.
- « En avançant nous avons eu l’explication de quelques-uns de ces merveilleux effets. Les remparts de la ville aux jardins suspendus que nous apercevions très loin au delà de la mer se sont tout à coup rapprochés de nous, la mer qui nous séparait d’eux s’étant évanouie, et nous avons été alors en présence de simples petites dunes de sable, couvertes de maigres touffes d’une végétation chétive, noirâtre. La vaste étendue de sables humides qui miroitait par places au soleil, lisse et brillante comme un satin blanc, avait fait des couches basses de l’atmosphère, humides et denses, comme une buée tremblotante, de couleur indécise qui, vue en profondeur, représentait bien à l’œil une mer éloignée, aux vagues mouvantes. Au-dessus, les cimes de ces petites dunes dont nous percevions la double image droite et renversée, transportées par l’imagination au delà de la mer, à une distance très grande, prenaient dans leurs moindres détails, dans un grain de sable, dans un brin d’herbe, des proportions gigantesques. De là des ports et des villes babyloniennes. Quant à la montagne rouge, elle était bien réèlle, et elle continuait à se dresser par delà les dunes et les sables à l’horizon, mais sans qu’une mer fût entre nous. »
- Enfin, Louis Rousset donne dans son ouvrage « Les royaumes de l’Inde » la relation suivante :
- « Deux jours avant notre arrivée à Jeypore nous eûmes le spectacle d’un merveilleux effet de mirage. L’illusion était tellement complète que nous nous crûmes au terme de notre voyage, et c’est avec difficulté que nos gens parvinrent à nous convaincre que ce que nous avions devant les yeux n’était qu’un nuage de vapeur.
- « De toute antiquité, les habitants des plaines et des déserts ont remarqué l’étonnant phénomène du mirage, et tous, en le décrivant, ont comparé ses effets à la vue d’une nappe d’eau dont; les bords seraient garnis d’arbres et d’édifices fantastiques.
- « Dans l’Inde, où il est très fréquent, le mirage présente
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- rarement cet effet; il ne se produit généralement que par une matinée froide ou brumeuse. L’horizon apparaît d’abord chargé d’une haute barrière de vapeurs, imitant à s’y méprendre une chaîne de montagnes. Sitôt que les rayons du soleil frappent cette masse, elle devient de plus en plus transparente et acquiert un pouvoir réfringent étonnant. Produisant l’effet d’une lentille grossissante, elle augmente le volume des objets rapprochés du spectateur, transformant les arbrisseaux en arbres gigantesques et les rochers en monuments eyclopéens.
- « Tout d’un coup le sommet de la nue se frange de couleurs irisées, et la base prenant de la consistance apparaît comme une montagne réelle; ses flancs se couvrent d’arbres et la cime est couronnée de palais, de minarets, de palmiers.
- « Pendant un instant le phénomène s’arrête et alors les
- objets paraissent si clairement définis qu’à moins d’une grande habitude il est impossible de savoir si c’est une ville réelle ou fantastique que l’on contemple. Peu à peu le soleil s’élève et la vision s’évanouit.
- « Quelles que soient les causes de ce merveilleux phénomène de la nature, il en est peu de plus admirables, surtout dans les conditions où je le contemplai cette première fois. Placés sur une colline de sable, nous voyions se dérouler à nos pieds une belle rivière, le Bandi Nadi, et à l’extrémité d’une vaste plaine se dressaient les châteaux fantastiques du mirage. Quelques paysans qui s’étaient arrêtés pour regarder notre caravane m’assurèrent que, pendant les premiers mois de l’année, ce phénomène se produit presque chaque matin. Il est plus rare en avril. » Antonin Rolet.
- Ingénieur agronome.
- DECHIRURES ET DECHIQUETURES DE PAPIER
- J’ai déjà eu l’occasion de signaler les découpures de papier
- et surtout des décliique-tures présentées au Music-Hall. Je dois y revenir aujourd’hui. Ce genre de distraction a eu du succès et les opérateurs se sont ingéniés à faire du nouveau. Après les rosaces variées, et toujours en déchirant le papier avec les mains, ils ont présenté des dé-chiquetures nouvelles. D’abord la roue de gou-
- vernail; pour cette roue le papier est plié en pointe suivant la ligure 2. Pour que les plis soient bien réguliers, ils sont faits d’avance, à plat sur une table.
- Ce pli est simple : la feuille pliée en deux sur la ligne AB est encore pliée en deux sur CD, puis en pointe sur CE, de façon que la ligne DC vienne se poser sur CA. Ce Fig. 2. — Pliages en pointe. pliage donne 8 fois le même
- dessin, mais si l’on replie encore une fois suivant FC, on a seize répétitions. Pour la roue, 8 répétitions sont suffisantes. La ronde enfantine peut se faire sur 16, avec une grande feuille, ce qui produit un plus grand effet.
- Le sujet n’est pas nouveau, mais l’idée est nouvelle de le présenter en déchiquetures faites avec les mains, sans employer les ciseaux.
- La roue de gouvernail a donné l’idée de présenter des sujets déchirés non plus dans un pliage en pointe, mais dans un papier plié simplement en éventail (fig. 1). Le premier sujet a été l’ancre de marine, répétée une douzaine de fois à la suite les unes des autres et se tenant. Vinrent ensuite les
- Fig. 3. — Ronde des petites filles.
- Fig. 1. — Pliage en éventail.
- marins. Pour cela le pliage est le même, mais l’artiste se fait
- faire un papier spécial c o1o r i é dans le sens de la longueur comme il est indiqué sur la figure 6. Lorsque la déchiqueture est terminée, les petits personnages semblent avoir été peints un par un et l’effet de tous ces personnages qui apparaissent au déplié de la bande est très grand.
- Ce genre de travail exige une certaine force et les pouces sont obli-
- Fig. 4. — La roue de gouvernail.
- Fig. 5. Les ancres.
- gés à un travail fatigant. On dira que seize épaisseurs à déchiqueter sont peu de chose à côté d’un jeu de cartes ou d’un
- livre de cent pages que certains hommes forts arrivent à déchirer en deux, mais il faut remarquer que la déchiqueture doit produire un contour alors que la déchirure en deux est directe et aussi que, le plus souvent, cette déchirure est amorcée par un léger cran invisible pour le public mais qui facilite grandement l’opération.
- Or dans le travail des rosaces ou des bandes, aucun cran ne peut être préparé d’avance; tout au plus, un trait de crayon peut-il être donné comme aide-mémoire.
- Il est à remarquer que plus le papier est grand et plus le travail de déchirure est facile et, aussi, que plus les figures sont grandes et plus l’effet produit est considérable sur les spectateurs.
- Alber.
- Fig. 6.
- Rangée de marins.
- blanc et
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- LA VOÛTE CÉLESTE EN FÉVRIER 1935 (l)
- O mois-ci, on observera une éclipse partielle de Soleil, invisible en France; la visibilité de la lumière zodiacale; et de la lumière cendrée de la Lune; une occultation — encore — des Pléiades, de nombreuses conjonctions de planètes, puis la visibilité de plus en plus facile de Vénus, de Mars et de Jupiter, etc. Voici d’ailleurs la description des divers phénomènes célestes du mois de février
- crépuscule. Intéressante observation à faire par les nuits sans Lune et loin des lumières d’une ville.
- La meilleure période pour l’observer sera celle du 1er au 5 février, puis du 22 février à la fin du mois.
- On pourra essayer de voir la lueur anti-solaire, à peu près aux mêmes époques, juste à l’opposé du Soleil (fig. 1). Il faut, pour cela un temps 1rès pur et l’absence de toute lumière artificielle.
- I. Soleil. — Le Soleil, en février, remonte fortement vers le Nord.Sa déclinaison, de -— 17° 17' le lor, sera de •—8° 12' le 28. La durée du jour croît : elle sera de 911 21m le 1er et de 10“ 52“ Je 28.
- Voici le temps moyen à midi vrai ou si l’on préfère, l’heure du passage du centre du Soleil au méridien de Paris :
- Dates. Février
- Heure du passage
- D
- 3
- 5
- 7
- 9
- 11
- 13
- 15
- 17
- 19
- 21
- 23
- 25
- 27
- 12h 4 12 4 12 4 12 4 12 4 12 5 12 5 12 12 12 12 12 12 12
- 17s
- 32
- 44
- 53
- 59
- 2
- 1
- 57
- 51
- 41
- 29
- 14
- 57
- 37
- • LION i
- Eclipse partielle de Soleil. — Une éclipse partielle de Soleil se produira le 3 février. File sera invisible à Paris.
- Le début de cette éclipse aura lieu à 14h 30m (T. LL); la plus grande phase à 16h 1 6m ; la fin à 18“ 1“. La plus grande phase atteindra 0,740, le diamètre du Soleil étant égal à 1.
- Cette éclipse sera visible dans l’Amérique du Nord, dans la partie Nord-Ouest de l’Océan Atlantique et au Nord-Ouest de l’Océan Pacifique.
- SEXTANT
- HYDRE • ^ e
- IL Lune. — Voici les phases de la Lune qui se produiront en février :
- N. L. le 3, à 1611 27m P. Q. le 10, à 9» 25“
- P. L. le 18, à 111- 17“
- D. Q. le 26, à 10“ 14“
- Fig. 1. — Région du ciel où l'on pourra essayer d’observer, en Février, la lueur anti-solaire.
- Age
- vrier.
- de la Lune à 0“ (T. U.)
- La connaissance du temps moyen à midi vrai et de l’heure exacte permet le tracé de la méridienne par l’ombre d’un fil
- à plomb sur le sol. Tenir compte, dans ce cas, de la longitude du lieu où l’on se trouve. En France, il suffira de diminuer I heure du passage de la longitude en temps si le lieu est à 1 Est du méridien de Paris; au contraire, de l’augmenter si ce lieu est à l’Ouest. Pour des lieux situés loin du méridien de Paris, tenir compte de la variation de l’ascension droite du Soleil.
- Observations physiques. — Voir ce que nous avons dit à ce sujet au précédent « Bulletin astronomique » (n° 2942).
- Voici le tableau des éléments permettant d’orienter les dessins et les photographies du Soleil :
- Cette observation est très difficile à réaliser. Il faut un ciel bien pur, l’absence de la Lune et de toute lumière artificielle fi). Les quatre petits cercles donnent là position de la lueur anti-solaire les 1er, 10, 20 et 28 février.
- février = 0j,3.
- e 1er fé-= 26J,8; le Pour avoir
- l’âge de la Lune à une autre date du mois, ajouter 1 jour par jour écoulé depuis le 1er ou le 4.
- Plus grandes déclinaisons de la Lune en février 1935 : le 12, à 18“ = + 26“ 32'; le 27 à 12“ = — 26“ 27'. On remarquera la grande hauteur de la Lune dans le ciel le 12 février, vers 20“, ou le 13, vers 20“ 30“, au moment de son passage au méridien.
- Périgée de la Lune (plus petite distance à la Terre), le 3 février, à 23“. Parallaxe = 61' 26". Distance = 356 940 km. Apogée de la Lune (plus grande distance à la Terre), le 17 février, à 23“. Parallaxe = 53' 58". Distance = 406 320 km.
- Occultations d'étoiles par la Lune. — Le il, occultation des Pléiades. Cette fois, seule l’étoile 17 Taureau (Electre) sera occultée : immersion à 0“ 44“,5. La Lune sera au lendemain du premier quartier. L’étoile disparaîtra au bord obscur
- Dates. P Pc Lu
- Février 5 — 13°,53 — 6°, 30 59°,64
- 9 — 15,07 — 6,54 6,97
- — 10 — 15,44 — 6,59 353,80
- — 15 — 17,22 — 6,83 287,97
- — 20 — 18,85 — 7,02 222,12
- — 25 — 20,34 — 7,15 156,27
- Lumière zodiacale-, lueur anti-solaire. — La lumière zodiacale devient de mieux en mieux visible, le soir, aussitôt après le
- 1. Toutes les heures mentionnées ici sont, sauf exception, exprimées en temps universel (T. U.), compté de 0 lia 24 h, à partir de Oh (minuit). C’est le temps légal en France.
- éclairé par la lumière cendrée. Remarquer le bel aspect offert dans une jumelle ou une lunette à grand champ par la Lune, entourée des étoiles du groupe des Pléiades (Annuaire astronomique Flammarion).
- Le 13, occultation de 125 Taureau (5“,0) : immers, à 2“ 24“,5.
- Le 20, occultation de P5 Lion (5“,4) : émersion à 3“ 38“,0.
- Le 21, occultation de q Vierge (5“,4) : émersion à 22“ 2m,0.
- Le 26, occultation de 65 B. Scorpion (5“,6) : émers. à 5“ 16“,5.
- Croissant lunaire-, lumière cendrée. — Chercher à voir le croissant lunaire, très mince, le soir du 4 février, dans le crépuscule. La nouvelle Lune aura lieu le 3, à 16“ 27m. Le 4, le Soleil se couche à 16“ 50“. Il s’agit donc de voir le crois-
- I. Nous recevrons avec intérêt les observations que l’on voudra bien nous communiquer. Les accompagner, si possible, de dessins.
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- sant de la Lune un peu plus de 24 heures après la conjonction. Si l’on réussit cette observation assez difficile, mesurer l’angle sélénocentrique embrassé par le croissant. Cet angle devrait être de 180° si la Lune était une sphère parfaite. Les irrégularités de sa surface réduisent toujours cet angle.
- La lumière cendrée de la Lune sera bien visible les 6 et 7 février.
- Marées. — Les plus fortes marées du mois se produiront à l’époque de la nouvelle Lune du 3 février. Voici quelques-unes de ces marées, pour Le Havre :
- Marée du matin. Marée du soir.
- Dates. Heure. Coefficient. Heure. Coefficient.
- Février 3 8“ 41» 0,89 21h 9 m 0,97
- — 4 9 24 1,03 21 44 1,08
- — 5 10 7 1,11 22 29 1,13
- — 6 10 50 1,12 23 13 1,10
- — 7 11 38 1,06 )> 1,01
- - 8 0 1 0,94 12 24 0,86
- III. Planètes. — Le tableau ci-après, que nous avons dressé à l’aide des chiffres de l’Annuaire astronomique Flammarion, contientles donnéesles plus importantes pour rechercher et observer les planètes principales pendant le mois de février 1935.
- La phase est le rapport de la partie éclairée du diamètre au diamètre entier.
- Mercure sera visible pendant quelques jours au début du mois. Puis il se rapprochera du Soleil et se trouvera en conjonction inférieure avec lui, le 17 février, à 6h.
- Vénus est passée en conjonction supérieure avec le Soleil en novembre 1934. Depuis, elle s’écarte peu à peu du Soleil, et atteindra sa plus grande élongation en juin prochain. Elle devient visible dans d’excellentes conditions d’observation et, à la fin du mois, se couchera plus de deux heures après le Soleil.
- Voici le tableau de la phase et de la magnitude stellaire de
- Dates. Phases. Diamètre. Magnitude stellaire.
- Février 5 0,950 10",6 — 3,3
- — 10 0,944 10,7 — 3,3
- — 15 0,937 10,8 — 3,3
- — 20 0,929 11,0 — 3,3
- — 25 0,921 11,1 - - 3,4
- Les observations de Vénus avec une lunette un peu puissante sont généralement effectuées en plein jour. A la nuit tombée, la planète est peu élevée sur l’horizon et son image est généralement troublée par les irrégularités de la densité atmosphérique.
- ASTRES
- Dates : Février.
- 6
- Soleil . . . < 16
- ( 26
- Mercure . . 00 o*
- Vénus . . . 6 i
- 18
- Mars. . . . 6
- 18
- Jupiter. . . 6 18
- Saturne . . 6 18
- Uranus. . . 16
- Neptune . . 16
- Lever à Paris. Passage au méridien de Paris. Coucher à Paris, Ascen- sion droite. Déclinai- son. Diamètre apparent. i Constellation et étoile voisine.
- 7* 17m 12 b Zj_m 498 16f 54“ 21» 17“ 15» 49 32'29",2 Capricorne
- 7 0 12 4 54 17 10 21 56 •— 12 33' 32 25,6 Capricorne
- 6 42 12 3 47 17 26 22 35 — 8 57 32 21,2 Verseau
- 7 45 13 7 18 31 22 19 — 8 54 8,0 Verseau
- 6 30 11 49 17 8 21 51 — 9 4 10,4 Capricorne
- 8 7 13 20 18 35 22 30 — 11 2 10,6 , Verseau
- 7 47 13 28 19 10 23 26 — 5 9 11,0 ? Verseau
- 22 37 4 15 9 50 13 26 — 6 7 9,4 a Vierge
- 22 0 3 35 9 7 13 33 — 6 43 10,6 7. Vierge
- 1 26 6 7 10 48 15 18 — 17 8 33,8 Balance
- 0 44 5 24 10 4 15 22 __ 17 20 34,2 Balance
- 7 53 12 54 17 56 22 6 — 13 7 13,8 '0 Verseau
- 7 9 12 13 17 17 22 12 — 12 37 13,8 6 Verseau
- 9 3 15 53 22 44 1 45 + 10 21 3,4 0 Poissons
- 17 35 1 12 7 48 11 1 + 7 19 2,4 59 Lion
- VISIBILITÉ.
- > »
- 'Le soir, au début du mois, | pl. gr. élongation le 1er.
- Le soir, dans le crépuscule.
- Seconde partie de la nuit.
- Le matin.
- Inobservable.
- Dès l’arrivée de la nuit. Presque toute la nuit.
- Mercure arrivera à sa plus grande élongation le 1er février, à 19h, à 18° 19' à l’Est du Soleil. Il sera donc visible le soir, dans d’assez bonnes conditions d’observation, sa déclinaison n’étant pas trop australe. Voici la phase et la magnitude stellaire de Mercure en février :
- Dates. Phases. Diamètre. Magnitude. stellaire.
- Février 5 0,387 7",7 + 0,1
- — 10 0,160 9,0 + 1,1
- — 15 0,024 10,1 + 2,4
- — 20 0,027 10,5 + 2,4
- — 25 0,130 10,1 + 1,5
- Mars est maintenant bien visible, se levant vers 10h du soir. Son diamètre augmente et l’on peut diriger sur lui les instruments moyens. Il sera stationnaire le 27 février, à 12». Voici quelques renseignements, extraits de Y Annuaire astronomique Flammarion, sur la présentation du globe de Mars
- Angle Angle de
- Date déposition Latitude position de Magn.
- 0h (T. U.) de l’axe, du centre. Diam. Phase, la phase. stell.
- Févr. 10 33°,7 + 19°,8 9",8 0",7 290», 2 + 0,2
- — 20 34,1 + 19,4 10,8 0,7 289,3 — 0,1
- Le solstice d’été boréal de Mars se produira le 22 février.
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- Nous assisterons donc à la disparition assez rapide des neiges polaires boréales de cette planète. Le pôle nord de Mars étant tourné vers la Terre, nous ne pourrons voir l’accroissement d’étendue de la calotte polaire australe, plongée en plein hiver.
- Cérès, la petite planète n° 1, est encore bien placée pour être observée. Elle passera très près, au Nord, de a Gémeaux (Castor) le 15 février : Voir la carte (fig. 1) publiée au précédent « Bulletin astronomique », n° 2942, page 515.
- La petite planète Cérès subit des variations d’éclat assez rapides. On devra — recommande VAnnuaire astronomique — essayer de les évaluer par comparaison avec les étoiles voisines.
- Eunomia, la petite planète n° 15, pourra être recherchée en lévrier (voir la carte fig. 2, même numéro).
- Jupiter est maintenant visible après minuit, bien avant l’arrivée du jour. Il sera en quadrature occidentale avec le Soleil le 11 février, à 21h. Cette planète, la plus grande du système solaire, est une des plus faciles et des plus pittoresques à étudier. Les bandes nuageuses qui traversent son disque aplati par la rotation très rapide sont visibles dans les petits instruments. Il en est de même des quatre principaux satellites, qui, dans leur révolution autour de la planète centrale, donnent lieu à de curieux phénomènes dont nous donnons ci-après la nomenclature :
- P. c. et P. f., commencement et fin du passage d’un satellite sur le disque de la planète.
- O. c. ou O. i'., commencement ou fin du passage de l’ombre d’un satellite sur le disque de la planète.
- E. c. ou E. f., commencement ou fin de l’éclipse d’un satellite dans l’ombre que Jupiter projette derrière lui.
- Im. ou Em., disparition ou réapparition d’un satellite l>assant derrière le globe de Jupiter.
- Phénomènes du système des satellites de Jupiter.
- Dates : Février Heure. Satel- lite. Phéno- mène. Dates : Février Heure. Satel- lite. Phéno- mène.
- 2 2“ 57m II O. c. .18 2» 13“ II E. c.
- 2 5 20 II O. f. 18 4 38 II E. f.
- 2 5 23 II P. c. 18 4 44 II Im.
- 4 6 37 I E. c. 19 6 1 III O. C.
- 5 3 10 III P. c. 20 2 9 II P. f.
- 5 3 46 I O. c. 20 4 51 I E. c.
- 5 4 50 III P. f. 21 2 0 I O. c.
- 5 4 59 I P. c. 21 3 14 I P. c.
- 5 5 55 I O. f. 21 4 9 I O. f.
- 6 4 28 I Em. 21 5 22 I P. f.
- 9 5 31 II O. c. 22 2 42 I Em.
- 11 2 3 II E. f. 23 1 8 III Im.
- 11 2 9 II Im. 23 2 43 III Em.
- 11 4 33 II Em. 25 4 48 II E. c.
- 12 2 4 III O. c. 27 2 18 II O. f.
- 12 3 55 III O. f. 27 2 18 II P. c.
- 12 5 39 I O. c. 27 4 38 II P. f.
- 13 2 58 I E. c. 28 3 54 I O. c.
- 13 6 22 I Em. 28 5 5 I P. c.
- 14 2 16 I O. f. 28 6 3 I O. f.
- 14 3 29 I P. f.
- Saturne est inobservable. Il va se trouver en conjonction avec le Soleil le 20 février, à 6\
- 37
- Voici les éléments de l’anneau pour le 13 février :
- Grand axe extérieur............................... 34",87
- Petit axe extérieur............................... + 6",02
- Hauteur de la Terre au-dessus du plan de l’anneau. + 9°,94 Hauteur du Soleil au-dessus du plan de l’anneau. . -j- 9°,77
- Nous voyons actuellement la face boréale de l’anneau, ce qui est figuré par le signe + des trois valeurs ci-dessus.
- Uranus est encore un peu visible, dès l’arrivée de la nuit. La petite carte publiée au « Bulletin astronomique » du n° 2930, sur laquelle on reportera sa position donnée au tableau des planètes, permettra de le trouver. Une jumelle suffit pour voir Uranus.
- Neptune va se trouver en opposition le 4 du mois prochain. 11 est donc visible presque toute la nuit.
- Pour trouver Neptune, on utilisera la petite carte publiée au « Bulletin astronomique » du n° 2922, sur laquelle on reportera les positions ci-après de cette planète :
- Diamètre
- Dates. Ascension droite. Déclinaison. apparent.
- Février 6 1111 2 m + 7°13' 2",4
- — 16 n i + 7 19 2,4
- 26 Il 0 + 7 26 2,4
- IV. Phénomènes divers. — Conjonctions :
- Le 4, à 18*‘, Saturne en conjonction avec la Lune, à 4° 13' S
- Le 4, à 23\ Mercure Le 5, à 3\ Vénus Le 9, à 21“, Uranus Le 13, à 9\ Mercure Le 19, à 21“, Neptune Le 23, à 9h, Mars Le 25, à 12h, Jupiter
- à 1» 47' S à 4» 51' S à 6° 12' S Saturne, à 5° 0' N
- la Lune, à 4° 48' N
- — à 8° 40' N
- — à 6» 7' N
- Temps sidéral. •— Voici quelques valeurs du temps sidéral, à 0h, pour le méridien de Greenwich (pour le méridien de Paris, ajouter 9“ 21s) :
- Temps sidéral.
- Dates. à 01' (T. U.)
- Février 1er — 10 — 20 — 28
- 8h 41m 61 9 16 35 9 56 0
- 10 27 33
- Étoiles variables. — Minima d’éclat de l’étoile Algol (^ Per-sée), variable de 2m,2 à 3m,5 en 2],2011 48“ : le 1er février, à 22h 50“ ; le 22, à 0h 36“ ; le 24, à 21“ 25».
- Ces minima peuvent être facilement observés à l’œil nu.
- Étoiles filantes. -— Le 16 février, étoiles filantes provenant de la région de a Cocher. Le radiant indiqué par M.W.-F. Den-ning a pour position : Ascension droite = 74°; déclinaison = + 48».
- V. Constellations. •—- La voûte céleste présente en février l’aspect suivant (le 1er, à 21h, ou le 15 à 20h) :
- Au Zénith : le Cocher; Persée.
- Au Nord : la Petite Ourse; le Dragon.
- A l’Est : la Vierge; le Lion; le Cancer.
- Au, Nord-Est : la Grande Ourse.
- Au Sud : le Grand Chien; Orion; le Petit Chien; la Licoxme; le Navire.
- A l’Ouest : Andromède; le Bélier; les Poissons; la Baleine.
- L’aspect du ciel, au Sud, est éclatant avec les brillantes étoiles Capella (presque au zénith); Castor et Pollux; Procyon; Aldébaran; Bételgeuse; Rigel et Sirius.
- Em. Touchet.
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- = L’AUTOMOBILE PRATIQUE ==
- CONSEILS PRATIQUES - NOUVEAUTÉS TECHNIQUES
- L’AUGMENTATION DE LA SÉCURITÉ ET LES NOUVEAUX MODÈLES D’AUTOMOBILES
- Beaucoup d’accidents d’automobile sont dus aux conducteurs, ou même malheureusement à un seul des conducteurs des voitures accidentées.
- Un bon conducteur, surtout lorsque sa voiture est rapide, doit avoir des réflexes parfaits. Un réflexe est un acte que l’on exécute d’une façon instinctive et immédiate; c’est ainsi qu’on lève instinctivement les bras pour se protéger d’un choc. Mais, pour que l’acte réflexe s’effectue normalement, il faut une parfaite intégrité du système nerveux.
- Il n’y a pas que des conducteurs maladroits et imprudents; il y a malheureusement des conducteurs anormaux. En France, la question de l’examen médical des conducteurs d’automobiles n’a jamais reçu de solution efficace. En 1922, l’Académie de Médecine avait bien émis un vœu tendant à refuser le permis de conduire à tout candidat atteint de troubles mentaux, de lésions organiques du cœur, des vaisseaux, du système nerveux, d’insuffisance de la vue ou de l’ouïe... Ce vœu n’a jamais été pris en considération.
- Il n’en est pas de même à l’étranger. La loi belge interdit la délivrance du permis de conduire aux sujets privés de la vision d’un œil, ou dont la vision fonctionnelle totale est inférieure à un tiers de la normale. En Roumanie, au Portugal, en Italie on exige également une acuité visuelle suffisante pour accorder le permis de conduire.
- Il paraît sans doute difficile de faire passer un examen médical complet à tout candidat au permis de conduire, et il faudrait, au surplus, que cet examen fût renouvelé assez fréquemment. Les conducteurs des voitures de certains services publics sont seuls soumis désormais à toute une série d’expériences rationnelles, non seulement médicales, mais psychophysiologiques, qui permettent de déterminer la valeur de leurs réflexes professionnels.
- A côté des causes pathologiques qui peuvent amener une diminution des facultés des conducteurs, il y a encore des causes accidentelles qui ne sont pas moins dangereuses. Il faut citer, en premier lieu, la fatigue, puis les intoxications de toutes sortes : nourriture trop abondante, bons vins, liqueurs généreuses... Beaucoup d’accidents ont lieu après un trop bon repas. Un bon conducteur doit être sobre, surtout s’il n’est pas d’une santé extrêmement robuste.
- Il y a enfin une cause qui n’est pas physiologique, mais uniquement psychologique, mais peut-être encore plus grave, c’est l’amour-propre mal placé de certains « chauffards », qui
- Fig. 1. — Courbe de freinage d’une bonne voiture sur un terrain sec.
- 10 20 30 40 50
- Distances d’arrêt en métrés
- n’ont nullement l’étoffe d’un grand coureur. C’est parfois à cette ridicule vanité qu’est due leur perte, et aussi malheureusement celle d’autres automobilistes plus sages.
- Il y a, en réalité, peu d’accidents dus uniquement à des causes mécaniques. Cela ne veut pas dire que tous les modèles de voitures présentent le même coefficient de sécurité. Pour diminuer les risques d’accidents, il ne faudrait pas seulement considérer la vitesse possible, l’élégance et le confort d’un modèle, il faudrait également examiner avant tout les questions de sécurité.
- C’est un fait bien acquis que les modèles actuels, même de puissance nominale réduite, permettent d’obtenir une vitesse moyenne très élevée. Il est rare désormais que les constructeurs de voitures de 8 ou 10 ch ne proclament pas leur voiture capable du 100 à l’heure. Cette vitesse élevée est souvent-dangereuse.
- Une autre cause de danger est bien souvent le manque de visibilité. Les carrosseries et les châssis sont de plus en plus bas; les pare-brise de plus en plus réduits; le champ de visibilité est limité d’une part par le toit très abaissé, d’autre part par les montants avant de carrosserie ayant souvent de grande surface, on ne sait pourquoi ; la pluie et le brouillard le réduisent encore.
- Enfin, la disposition des organes de commande a été modifiée sur de nombreux modèles récents; la direction est à gauche, le levier de changement de vitesses est disposé sur le volant ou sur le tablier de bord, le levier de frein est dissimulé quelquefois sous le tablier. Il peut en résulter quelque gêne pour l’automobiliste éprouvé qui a l’habitude de conduire d’autres voitures plus anciennes.
- Fort heureusement, si les modifications récentes des automobiles ont provoqué des causes nouvelles d’insécurité, elles ont amené aussi de grandes améliorations. La résistance des pièces mécaniques est beaucoup plus grande, la rupture d’une fusée, d’une pièce de direction est devenue un accident extrêmement rare, l’emploi des verres de sécurité s’est généralisé; les pneumatiques à basse pression n’éclatent plus que rarement, les carrosseries en tôle monobloc sont extrêmement résistantes; la tenue de route, la maniabilité et la stabilité de la voiture sont accrues, grâce à l’abaissement du centre de gravité, grâce aussi à des solutions telles que la suspension avant à roues indépendantes, ou même la traction avant.
- Avec ces voitures rapides, il est plus que jamais indispensable d’avoir des systèmes de freins efficaces et de savoir s’en servir.
- Les distances nécessaires pour l’arrêt total des voitures suivant les vitesses ont fait souvent l’objet de discussions très vives. Pour éliminer tout risque d’erreur, il faudrait faire des essais extrêmement sévères sur un terrain très connu, avec des points de repère très nets.
- Les facteurs qui entrent en jeu dans ces expériences sont, en réalité, extrêmement complexes, parce qu’il faudrait tenir compte également du poids des automobiles, de l’adhérence des pneumatiques et de l’état du terrain. Des essais de freinage très sérieux ont montré qu’une voiture lourde à 60 km-heure pouvait s’arrêter en 10 à 12 mètres, à 80 km-heure en 28 m, etc., mais ce ne sont pas là des résultats courants. Ils font honneur à la fois aux automobiles, aux conducteurs, au terrain sur lequel les essais ont été faits (lîg. 1).
- En général, quelles que soient les voitures, avec un bon système de freins bien réglé, on devrait pouvoir s’arrêter en
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- moins de 10 m entre 35 et 40 km à l’heure; la distance d’arrêt serait de 22 à 23 m, à 60 km à l’heure.
- Avant d’acheter une nouvelle voiture, l’automobiliste ne doit donc pas examiner seulement sa vitesse, mais sa facilité d’arrêt, s’il tient à assurer sa sécurité. 11 ne devra jamais oublier que l’entretien et le réglage des freins sont au moins aussi indispensables que l’entretien du moteur. Par définition, tout frein, si perfectionné soit-il, s’use en service normal. L’épaisseur des patins diminue, les tringleries prennent du jeu, les tambours s’ovalisent; il ne peut y avoir de sécurité sans entretien et révision périodiques.
- Les constructeurs annoncent dans leurs publicités : « 110 km à l’heure » ; demandons-leur aussi d’annoncer : « Arrêt en 15 m à 60 km à l’heure ».
- UNE MODIFICATION DISCUTÉE :
- LA DIRECTION A GAUCHE
- Les modifications apportées à la construction des automobiles n’ont pas toutes des raisons techniques. Il y a des modes en automobile.
- La très grande majorité des nouveaux modèles ont la direction à gauche, alors qu’il y a quelques années, en France, la direction était à droite, ce qui semble logique a priori, puisque, d’après le Code de la Route français, le conducteur doit tenir sa droite.
- S’agit-il là d’une de ces modifications décrétées uniquement par la mode ? Il serait sans doute exagéré de le prétendre, mais il y a peut-être beaucoup de raisons qui militeraient encore pour le maintien de la direction à droite, sans cette manifestation trop exclusive de l’opinion des constructeurs, quelquefois en désaccord avec les désirs de la clientèle.
- Les avantages de la direction à gauche sont sensibles, surtout dans les villes, car la facilité de dépassement des autres
- voitures est alors augmentée. Le conducteur peut estimer plus sûrement s’il a la possibilité de doubler la voiture qu’il suit, et, comme c’est là une manœuvre qui se représente constamment, cette qualité est importante (fig. 2).
- Les croisements sont également facilités, parce que le conducteur aperçoit plus nettement le côté gauche de la voiture croisée, et même l’extrémité gauche des ailes de sa voiture.
- Les leviers de changement de vitesses et du frein à main sont disposés dans l’axe de la voiture, et, d’ailleurs, ils sont quelquefois remplacés par de simples manettes disposées sur le tablier ou sur le volant. Le conducteur placé à gauche les manœuvre ainsi avec sa main droite, tandis que le conducteur placé à droite les manœuvre avec sa main gauche, mais ce désavantage apparent de la conduite à droite est, en Fig. 2.— Les avantages réalité, minime, parce que la manœu-de la conduite à gauche. vre (}es leviers est à l’heure actuelle
- très facile.
- Les stationnements dans les villes sont désormais généra-ement unilatéraux, et s’effectuent soit à droite, soit à gauche, suivant les dates; les virages s’effectuent de même, soit à droite, soit à gauche, et il est nécessaire, en conséquence, de faire des signaux à droite ou à gauche. A ce point de vue, la direction à droite et la direction à gauche sont donc équivalentes.
- . ...........-—....... = 39 =
- La direction à gauche ne permet pas pourtant d’apercevoir le bord du trottoir ou le bord de la route à droite, et le conducteur peut être ainsi entraîné plus ou moins inconsciemment à suivre le milieu de la route, d’où un inconvénient assez grave lorsque la visibilité est mauvaise, par temps de brouillard ou de pluie, ou la nuit.
- En réalité, la direction à gauche est surtout agréable pour-la conduite en ville et sur les routes très fréquentées. Pour les longs trajets, les inconvénients semblent l’emporter sur les avantages. L’automobiliste qui veut une voiture de grand tourisme devrait donc préférer la conduite à droite. Ce serait là, peut-être, un désir tout platonique, puisque les constructeurs semblent avoir décidé d’adopter uniquement la direction à gauche.
- LA MODE DE L’AÉRODYNAMISME
- La vogue de la carrosserie aérodynamique est, en grande partie, sans aucun doute, un caprice de la mode.
- Nous pouvons noter, d’ailleurs, que les constructeurs français ont su, en majorité, rester à cet égard dans une juste
- Fig. 3. — Un exemple de carrosserie américaine profilée.
- mesure. Il y a à l'étranger, et particulièrement aux Etats: Unis, des modèles aux lignes profilées peut-être plus étudiés au point de vue technique, mais vraisemblablement plus inconfortables encore et moins esthétiques (fig. 3).
- Il y a peu de temps encore, une carrosserie était constituée, en réalité, par un parallélépipède rectangle avec des creux et des saillies. Elle attaquait donc l’air par un plan vertical et les creux et les saillies créaient des remous et des trous d’air.
- On a donc eu raison, en tout cas, d’incliner les deux plans frappant le plus directement la masse d’air, c’est-à-dire l’avant du radiateur et le pare-brise. La forme des ailes et des phares a été heureusement modifiée, tandis que la malle et même la roue de secours venaient se « noyer » dans l’arrière de la carrosserie. Sur quelques modèles de voitures à traction avant, les aspérités de la partie inférieure du châssis ont été supprimées; une plaque de tôle forme une surface horizontale presque lisse.
- Ainsi que nous l’avons dit, cette modification plus ou moins complète de la forme de carrosserie, qui se traduit trop souvent par une diminution du confort, ne correspond pas toujours à une augmentation très réelle du rendement par diminution de la résistance à l’avancement dans l’air.
- Un technicien étudiait récemment trois maquettes de carrosserie : la première d’ancien modèle, la deuxième avec pare-brise incliné et arrière demi-profilé, la troisième avec pare-brise fortement incliné et caisse entièrement profilée.
- Il a trouvé que les deux premières carrosseries pouvaient être considérées comme à peu près identiques, en ce qui concerne la résistance de l’air à vitesse moyenne; seule la troisième présente un léger avantage.
- Par contre, l’emploi d’ailes enveloppantes, et surtout la suppression des ailes, donnent un avantage beaucpup plus sérieux; quant aux phares de forme dite aérodynamique,
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- leur intérêt est purement esthétique, et seule l’adoption d’un capotage sous le châssis présente un avantage.
- UN SYSTÈME DE STARTER AUTOMATIQUE, L’AUTO-STARTER
- Le problème du départ à froid des moteurs à explosion a paru toujours difficile à résoudre, malgré l’adoption de dispositifs d’allumage de plus en plus perfectionnés.
- La solution la plus simple, connue depuis longtemps, consiste à utiliser un volet commandé par une manette et permettant d’empêcher l’arrivée de l’air au carburateur au moment du départ, de manière à obtenir un mélange carburant très riche en essence. Ce procédé brutal est cependant efficace, mais il a l’inconvénient d’amener une assez forte consommation d’essence; s’il est utilisé sans discernement, il produit, en
- Fig. 4. — Vue extérieure de l’auto starter Zénith.
- quelque sorte, un lavage des parois du cylindre par les vapeurs d’essence condensée, ce qui empêche une lubrification normale.
- Depuis quelques années, on utilise sur la plupart des voitures un dispositif plus perfectionné : le starter, dont quelques modèles ont déjà été déci’its dans nos chroniques. C’est en réalité un carburateur supplémentaire, adjoint au carburateur normal, et qui fournit au moment du départ une émulsion très chargée en essence. Ce système est pratique, mais il présente l’inconvénient d’entraîner une consommation assez élevée.
- Examinons, par exemple, ce qui se passe dans la tubulure d’admission du moteur, au moment du départ par temps froid, souvent au-dessous de 0°.
- Le mélange très riche en essence sortant du starter ou du carburateur frappe la paroi froide de la tubulure d’admission, ce qui détermine une première condensation; une partie de
- l’essence se dépose alors, et c’est un mélange privé d’une partie de son essence initiale qui arrive aux soupapes. C’est pourquoi le mélange sortant du starter ou du carburateur doit être suffisamment riche en essence pour que, même après avoir subi cette première perte, il puisse provoquer immédiatement une explosion dans les conditions du départ.
- Pendant les premières minutes de marche, lorsque le moteur est encore froid, il s’accumule ainsi dans la tubulure d’admission une quantité d’essence variable suivant la longueur et la forme de cette tubulure, mais qui peut atteindre jusqu’à 1/4 de litre.
- Puis le moteur se réchauffe peu à peu; il serait donc logique de réduire à ce moment la proportion d’essence. 11 n’en est pas ainsi, et, bien au contraire, il se produit un afflux d’essence important provenant de la vaporisation de celle qui était accumulée dans la tuyauterie. Il y a alors excès d’essence non vaporisée dans les cylindres; ces gouttelettes liquides lavent le film d’huile qui s’y trouvait et préservait les parois de l’usure. C’est ainsi surtout pendant la période de ralenti à froid que les cylindres peuvent s’user rapidement.
- Les systèmes ordinaires peuvent donc provoquer, s’ils sont mal appliqués, une consommation exagérée d’essence et une usure plus ou moins rapide des pistons et des cylindres.
- Un constructeur de carburateurs a eu récemment l’idée de remédier à ces inconvénients, d’une part en amenant au moment du départ le mélange riche en essence le plus près possible des soupapes, sans le faire passer par la tubulure d’admission; d’autre part, en réglant progressivement la richesse en essence du mélange, d’une manière automatique, au moyen d’une commande thermostatique, constituée par une lame bimétallique placée sur l’échappement. La tirette à main que devait actionner le conducteur est alors supprimée et l’action de la température du moteur suffit pour régler le dispositif, sans que le conducteur ait à intervenir (fig. 4).
- Ce dispositif dit « Auto-starter » se compose d’un corps C dans lequel peut tourillonner un distributeur D en exécutant un déplacement angulaire d’environ 45° (fig. 5).
- Le corps du distributeur comporte une arrivée du mélange carburé A venant du carburateur; une arrivée d’air principale B, une arrivée d’air secondaire /, et un départ du mélange vers le moteur L.
- Un ressort r, relié à l’extrémité de l’axe du distributeur, rappelle celui-ci dans la position indiquée par la figure 5 jusqu’à ce qu’il s’applique contre la butée b.
- L’autre extrémité a' de l’axe est solidaire de la spire intérieure d’un ressort bimétallique t, dont la spire extérieure s’appuie sur un taquet de réglage m.
- Ce taquet, qui peut être déplacé suivant un angle de 90°, pei’met de déterminer la position correcte du distributeur, pour que celui-ci fonctionne entre deux températures extrêmes convenablement choisies.
- Le ressort bimétallique est enroulé dans un sens tel qu’au refroidissement il provoque la rotation du distributeur D dans le sens indiqué par la flèche sur la figure, c’est-à-dire dans le sens de l’ouverture au départ du mélange L. Le distributeur s’appuie alors sur la butée b'.
- Ainsi que le montre l’exemple de la figure 6, le système est placé sur le tuyau d’échappement à l’endroit le plus accessible, le ressort bimétallique étant tourné du côté de la paroi du tube d’échappement.
- Lorsque le moteur est froid et au repos, le distributeur est alors disposé dans la position de la figure 5 (I). L’arrivée du mélange carburant A est ouverte, l’arrivée d’air principale B est fermée, l’arrivée d’air secondaire / est fermée, et le départ du mélange L vers les soupapes est ouvert. Si on appuie alors sur le démarreur, le moteur tourne très lentement et un
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- Fig. 5. — Couf.es montrant le fonctionnement de Vauto-starter Zénith.
- I, l’appareil ouvert; position de départ, moteur froid; II, l’appareil fermé partiellement;
- III, l’appareil fermé; moteur chaud.
- C. Corps de l’auto-starter; A. Arrivée d’émulsion venant du carburateur; B. Entrée d’air primaire s’ouvrant après la première explosion; D. Distributeur; f. Entrée d’air secondaire; b b’. Butée d’ouverture et de fermeture du distributeur; r’. Ressort de la soupape d’air primaire; s. Soupape d’arrivée d’.air primaire; a a'. Extrémités de l’axe du distributeur; l. Ressort bimétallique en spirale; m. Taquet de réglage.
- mélange très riche en essence est envoyé dans le moteur par le canal L.
- Dès que la première explosion a lieu, le mélange de départ doit être appauvri et arriver en plus grande quantité pour entretenir la rotation du moteur. Sous l’action de la dépression, la soupape se soulève, en comprimant le ressort r', et laisse entrer l’air par la tubulure B.
- Puis, sous l’action de la chaleur dégagée parle tuyau d’échappement, le ressort bimétallique s’échauffe et fait tourner le distributeur dans le sens inverse de la flèche, en fermant le conduit L.
- L’orifice / d’air secondaire se découvre alors progressivement, tandis que l’ouverture L se ferme de plus en plus. La quantité d’air dans l’émulsion augmente, et la quantité du mélange absorbé est limitée au fur et à mesure que le moteur s’échauffe.
- La fermeture complète de la tubulure L est obtenue au moment où la température du moteur est telle que le fonctionnement du moteur puisse être assuré sans difficulté par le carburateur normal sans intervention du starter.
- Ce dernier reste fermé jusqu’à ce que le refroidissement du moteur détermine l’action du ressort bimétallique rappelant le distributeur dans sa position d’ouverture.
- Nous remarquerons que le ressort bimétallique qui continue à s’échauffer pendant la marche du moteur s’enroule sur lui-même sans avoir aucune résistance à vaincre.
- Cette particularité permet d’obtenir un fonctionnement plus régulier, les lames du ressort bimétallique devant être complètement libres à partir d’une certaine température.
- UN SYSTÈME DE CONTACT A FONCTIONNEMENT AUTOMATIQUE
- Presque tous les modèles d’automobiles sont équipés à l’heure actuelle avec des dispositifs d’allumage par batterie à bobine d’induction, du type dit « Delco ». Ces dispositifs, de prix de revient réduit, permettent cependant, en principe, d’assurer un allumage plus constant, quelle que soit la vitesse de rotation du moteur, puisque l’énergie nécessaire n’est plus fournie par un générateur rotatif solidaire du moteur, mais par une source de courant indépendante constituée par la batterie d’accumulateurs.
- Le bon fonctionnement de l’appareil d’allumage dépend ainsi essentiellement de l’état de la batterie et de celui des enroulements de la bobine. Il importe donc d’éviter de laisser fermé le circuit primaire de cette bobine d’induction, lorsque le moteur est arrêté. Si l’on oublie de retirer la clef de contact, ou de manœuvrer la manette correspondante, on risque, en effet, non seulement de décharger la batterie, mais encore d’échauffer l’enroulement primaire de la bobine, ce qui peut déterminer sa mise hors service.
- Un constructeur a donc eu l’idée, pour éviter cet inconvénient, d’établir un système de relais
- avec contact intercalé dans le circuit primaire de la bobine d’induction et commandé par la dynamo.
- Dès que le moteur s’ai'rête, et, quelle que soit la cause de cet arrêt, le dispositif permet ainsi de mettre la batterie hors circuit; dès que le moteur est de nouveau lancé, le circuit est fermé.
- Au moment du lancement, le moteur tourne au ralenti et la dynamo ne fournit qu’un faible courant. Ce courant suffit néanmoins à actionner le relais d’une sensibilité suffisante;
- Fig. 6. — Montage d'un auto-starter sur le tuyau d’échappement à gauche avec carburateur vertical, à droite avec carburateur inversé.
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- Appareils Ampèremètre ǰnJoncteur dutilisation disjoncteur
- Batterie
- Au distri buteur
- Bob. Cl
- ef Dyi
- Bobine §>
- Fig. 7. — Schéma du système de contact automatique du circuit de batterie dit « Servo-Contact ».
- si la dynamo s’arrête, le relais décolle immédiatement et coupe le circuit d’allumage (fig. 7).
- Ce dispositif peu coûteux et facile à installer peut donc rendre de grands services.
- UN BOUTON AVERTISSEUR ORIGINAL
- Les boutons de contact des avertisseurs sonores ou lumineux sont disposés sur le volant ou sur le tablier; ils sont actionnés ainsi généralement par pression du doigt. On peut pourtant constituer un dispositif facile à établir et permettant de mettre en marche l’avertisseur à l’aide du genou.
- Etincelle
- Plaque de mica
- Fig. 9. — Essai d'une bougie.
- Pour faciliter l’opération on pose la bougie sur un petit aimant en'fer
- à cheval.
- Ce système est constitué, comme le montre la figure 8, par une petite pièce en caoutchouc de forme quelconque, mais comportant une partie plane. Au centre dë cette partie plane, on fixe un petit boulon en cuivre relié au système avertisseur électrique à l’aide d’un conducteur. La pièce en caoutchouc
- est disposée, par exemple, sur le tablier et, en face de l’extrémité du bouton, en laissant un jeu de quelques millimètres, on monte une petite masse métallique quelconque reliée à la masse.
- Lorsque l’extrémité de la vis du boulon vient appuyer sur le métal, l’avertisseur entre en action, et on conçoit ainsi qu’il soit facile de disposer le système à une hauteur telle qu’une pression très faible du genou permette de déplacer la paroi de caoutchouc, et d’amenér en contact l’extrémité du bouton et le « grain » métallique actionnant l’avertisseur.
- POUR ESSAYER DES BOUGIES D‘AUTOMOBILES
- Pour essayer des bougies d’automobile, on se contente bien souvent de les démonter et de vérifier si l’étincelle éclate normalement entre les pointes. Cette étude n’est pas suffisante;
- Fig. 8. — Contact d’avertisseur improvisé pour obéir à la pression
- du genou.
- le fonctionnement peut paraître normal de cette manière, lorsque l’étincelle éclate dans l’air à la pression atmosphérique, et le résultat peut être différent lorsque la bougie est montée sur le moteur, parce que la pression à l’intérieur des cylindres est beaucoup plus élevée.
- Si l’on craint cet inconvénient, on ne se contentera pas d’observer l’étincelle qui jaillit entre les pointes de la bougie à écartement normal lorsqu’elle est démontée. On placera entre ses pointes, comme le montre la figure 9, une petite lame de mica, de manière à déterminer la formation forcée d’une étincelle plus longue. Dans ces conditions, si l’isolement interne de la bougie est défectueux, on verra se produire des étincelles internes qui n’auraient pas éclaté sans cet artifice.
- L. Picard.
- Adresses relatives aux appareils décrits.
- Auto-starter Zénith, 26, rue de Villiers, Levallois-Perret et 39, ch. Feuillat, à Lyon.
- Servo-Contact, 9, rue Rollin, Paris (5e).
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- ACCU S A LIQUIDE IMMOBILISÉ
- On peut effectivement immobiliser le liquide des accumulateurs par une gelée de silice en opérant ainsi :
- Dans 1 kg 350 de silicate de soude du commerce à 38° B, on verse peu à peu en remuant 7 kg 300 d’acide sulfurique au soufre à 66°B; comme il résulte du mélange une forte élévation de température, il est utile de placer le récipient (vase en grès) dans de l’eau froide et, au besoin, d’attendre quelque peu entre les additions successives d’acide.
- On obtient ainsi une gelée blanche dont on remplit chaque accumulateur à hauteur normale, c’est-à-dire en dépassant légèrement les plaques, puis on attend jusqu’au lendemain avant de donner la charge, celle-ci devra commencer par un faible régime d’un demi-ampère environ, et ce n’est que progressivement que l’on atteindra la tension normale de 2,5 volts.
- N. B. — L’opération ne doit pas être effectuée sur des accumulateurs neufs, mais sur des accus déjà imprégnés d’acide et exempts de toute charge.
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- LIVRES NOUVEAUX
- Topographie. Levés ruraux. Remembrement, par
- Ch. Muret, 3° édition refondue, par L. Patrix (tome I). 1 vol., 294 p., 176 fig. J.-B. Baillière et fils. Paris, 1934. Prix broché : 18 fr.
- Ce livre est la refonte d’un excellent ouvrage de M. Muret, consacré à la topographie rurale, et remontant à 25 ans ; il est mis aujourd’hui au courant de méthodes alors peu connues, mais entrées depuis dans la pratique courante. Dans ce premier volume, l’auteur explique d’abord très clairement le but et les méthodes de la topographie; puis il décrit les instruments, leur réglage et leur mode d’emploi : instruments de mesure des longueurs, des angles horizontaux, des hauteurs, instruments mixtes et notamment les tachéomètres; instruments graphiques ; il indique la précision sur laquelle on peut compter pour chacun d’eux. Ce premier tome se termine par un chapitre consacré aux méthodes générales de levé de la planimétrie.
- Mécanique quantique et chimie, par G. Allard, 1 brochure, 32 p., 4 fig. Hermann et Cie. Paris, 1934. Prix : 8 fr.
- La chimie peut-elle tirer parti des théories physiques modernes, créées pour expliquer les phénomènes de rayonnement ? A cette question M. Allard donne ici une réponse éloquente en montrant comment elles permettent d’aborder certains problèmes chimiques qui n’avaient pas reçu de solution jusqu’alors.
- Le problème de l'alimentation par le secteur,
- par P. Hémardinquer, 36 édition, 1934, 1 vol. de 150 pages avec 152 fig. (E. Cliiron, éditeur). Paris, 1934. Prix : 15 fr.
- Depuis 1928, date de la première édition de cet ouvrage, l’alimentation des appareils de T. S. F. par le courant d’un secteur a été profondément transformée grâce aux lampes â chauffage indirect.
- L’auteur a conservé dans cette nouvelle édition la description des redresseurs de courant qui restent utilisés dans les postes-secteur actuels pour l’alimentation-plaque, mais peuvent être employés pour l’alimentation totale en courant redressé et filtré.
- Après avoir montré les difficultés de l’alimentation par le secteur continu ou alternatif, M. Hémardinquer montre en détail comment on peut établir une boîte d’alimentation complète à courant redressé. 11 étudie ensuite l’alimentation par un secteur continu.
- Dans un chapitre nouveau, l’auteur étudie en détail les solutions modernes des postes-secteurs.
- Recherche et étude économique des gîtes métallifères, par L. Thiébaut, 1 vol., 617 pages, 141 fig., 2 tableaux. Ch. Béranger, Paris. 1934. Prix relié : 155 fr.
- Ce livre a été écrit à l’intention des prospecteurs inexpérimentés chargés de missions en terres lointaines. Son but est donc éminemment pratique. L’auteur, lui-même, géologue et prospecteur expérimenté, décrit une à une toutes les opérations à effectuer pour mener à bien une mission d’étude : organisation du voyage, emploi de la main-d’œuvre indigène, étude des différents types de gîtes, diagnostic immédiat des matériaux recueillis, conditions économiques de la mise en valeur. Cet utile ouvrage est complété par une note due au médecin colonel Martin qui expose les notions pratiques d’hygiène aux pays chauds, indispensables aux prospecteurs.
- Contribution à la connaissance delà faune subfossile de Madagascar, Lémuriens et Ratites, par
- C. Lamberton. 2 vol. in-4 171 p. 44 pl. Mémoires de l’Académie malgache, Tananarive, 1934.
- Madagascar a une faune, tant actuelle que subfossile, très particulière, qui se rapproche bien moins de celle de l’Afrique proche que de celle de l’Inde et de l’Australie. L’Académie malgache a trouvé des gisements d’ossements subfossiles dont ce mémoire décrit divers groupes au point de vue anatomique. La première partie est consacrée aux Lémuriens et spécialement à trois genres éteints, dont les omoplates sont soigneusement étudiées parce qu’on a basé sur les caractères de cet os la classification. La seconde décrit le squelette d’un Ratite éteint qui paraît intermédiaire entre les Autruches actuelles et VÆpy-omis et pose le problème du lieu d’origine et de la répartition géographique du groupe. Ce beau mémoire fait honneur à son auteur et montre l’activité de l’Académie malgache, créée par Gallieni quand il était gouverneur général de l’île.
- Pathologie der Mitose, par Georg Politzer. 1 vol. in-8, 238 p., 113 fig. Collection Protoplasma-Monographien. Gebrüder Borntraeger, Berlin. Prix : cartonné toile, 16,20 marks.
- A côté des divisions cellulaires normales, on connaît un grand nombre de caryocinèses atypiques, anormales, pathologiques. L’auteur les décrit point par point chez les diverses espèces où on les a observées et il étudie aussi le rythme des divisions cellulaires qu’il a particuliè-
- rement mesuré chez les plantes. Cela le conduit à l’examen particulier de la cellule cancéreuse, puisque les tumeurs abondent en cellules se divisant activement et anormalement.. 11 passe également en revue les observations sur les hybrides et termine par l’analyse des facteurs externes agissant sur la division : la chaleur, les radiations, les narcotiques, les colorants vitaux, les substances chimiques, le courant électrique. En conclusion, il discute le problème de la spécificité cellulaire.
- Ce 7e volume de la série des monographies sur le protoplasma ne le cède en rien aux précédents ni comme intérêt documentaire pour les biologistes de la cellule, ni comme présentation.
- James Johnstone Memorial volume. 1 vol.in-8,348 p., fig. et planches. University Press of Liverpool, 1934. Prix : relié, 21 sh.
- Johnstone, mort en 1932, fut professeur d’océanographie à l’université de Liverpool. Écossais d’origine, esprit original, il consacra sa vie à l’étude et à l’enseignement, tantôt des faits qu’on peut recueillir en mer, tantôt des idées philosophiques que suggère la biologie. En souvenir de lui, ce mémorial réunit 23 études consacrées à des exposés originaux des recherches les plus récentes sur l’océanographie physique et biologique, écrites par des savants de divers pays. On y trouve nombre de données nouvelles, notamment sur la marée interne (Pet-terson et Defant), les variations observées dans le détroit de Gibraltar (Jacobsen et Thomsen), les températures du fond des océans (Wüst), les variations des salinités en surface (Schott) et de l’oxygène dissous dans le Pacifique (Thompson, Thomas et Barnes), les enzymes de l’eau de mer (Kreps), ainsi que de bonnes études biologiques sur les changements de couleurs des poissons (Summer), le hareng (Huntsman) la bionomie du Cardium (Orton), le plancton en Australie (Dakin), les nitrates et les phosphates de l’eau de mer en rapport avec le plancton (Redfield), etc. C'est un bel hommage que ce recueil de documents de grande valeur et d’un haut intérêt de nouveauté.
- L'économie humaine par la médecine sociale, par
- le Dr René Sand. 1vol. in-8, 305 p. Éditions Rieder. Paris, 1934. Prix : 30 fr.
- Envahisseurs du dedans, la maladie et la misère sont plus cruelles encore que les ennemis du dehors, car leur action est permanente : en quatre années, la guerre a dévoré un million et demi de Français, mais six ans de paix font un carnage égal d’existences qui auraient pu être sauvées. L’armée des invalides civils n’est pas moins nombreuse que celle des infirmes de guerre. Le taudis, la misère continuent à broyer les corps et les âmes. Une protection mieux ordonnée de la santé et de la personnalité humaine mettraient fin à ces souffrances et à ce gaspillage de forces vives. Les charges seraient rapidement compensées par un surcroît de richesses matérielles et spirituelles.
- Élargissant la médecine sociale à la mesure de cette « économie humaine », formulant sa définition, son cadre et son programme, le Dr Sand dégage ici la conclusion des études qu’il a poursuivies pour la Société des Nations dans la plupart des pays du monde.
- Son ouvrage est un appel aux hommes d’État, aux hommes de science, à l’opinion publique. « Puisse, comme le dit en conclusion de sa préface le Président Herriot, cet appel être entendu ! »
- Les origines de l’homme, par R. Broom. 1 vol. in-8, 242 p., 35 fig., 1 pl. Bibliothèque scientifique. Payot et Cie, Paris, 1934. Prix : 20 fr.
- L’auteur, ancien professeur à l’université de Stellenbosch, en Afrique du Sud, a étudié sur place les reptiles fossiles les plus proches des mammifères et le crâne de l’Australopithèque qui lui a fourni les éléments de cet essai de synthèse. Il voit l’évolution progresser du poisson à l’homme et les ancêtres de ce dernier apparaître au pliocène antérieur sous forme de singes analogues à l’Australopithèque; la force qui les transforme est une puissance spirituelle intelligente.
- L’illustration du livre français. 1 vol. in-4, 80 hors-texte en noir et en couleurs par les divers procédés de reproduction. Bulletin officiel des Maîtres-Imprimeurs de France, 7, rue Suger, Paris. Prix : 70 fr.
- Chaque année, les Maîtres-Imprimeurs de France publient pour la Noël un volume somptueux montrant par des exemples tous les procédés graphiques en usage et ce qu’on en peut obtenir. Ce luxueux album encadre une étude documentée relative à l’art du livre. Cette année, le sujet traité est l’illustration du livre français depuis 1478 jusqu’aujourd’hui. Depuis l’incunable xylographique-primitif historié jusqu’aux éditions de bibliophiles actuelles en passant par les livres d’heures à figures, les ouvrages à gravures sur bois, en taille-douce, au burin, à l’eau-forte, sur acier, en lithographie, on suit l’évolution des techniques qui ont abouti de nos jours aux effets de plus en plus nombreux du gillottage, de la taille d’épargne, de la similigravure et de la trichromie, du similicreux, de l’héliographie, de la phototypie, de l'offset.
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- NOTES ET INFORMATIONS
- AVIATION
- Le pilote automatique allemand au Bourget.
- La Société Siemens a fait procéder récemment, au Bourget, à des démonstrations de pilotage automatique sur un avion Junkers W 34. Ces démonstrations ont admirablement réussi : une fois décollé, et jusqu’au moment où le pilote en chair et en os a repris les commandes pour l’atterrissage, l’avion, automatiquement et sur des ordres transmis par de simples manettes, a gagné l’altitude fixée, a évolué à droite et à gauche, en montant et en descendant, a suivi rigidement un cap déterminé, est descendu en vol plané, etc., a exécuté en somme, correctement, les principales manœuvres normales de vol.
- Et toutes les personnes qui ont pris part aux démonstrations, parmi elles de très grands pilotes, se sont retirées émerveillées.
- Fig. 1. — L’avion Siemens à pilotage automatique récemment expérimenté au Bourget. (Ph.N. Y. T.)
- Il faut admirer sans réserve •—• outre leur chance, car le temps était idéal pour le but à atteindre — le génie d’adaptation et d’organisation des Allemands : ils ont su en effet combiner, en des mécanismes délicats et harmonieux, l’action de divers organes, pendule, anémomètre, compas, à l’action de gyroscopes correspondants commandant des servo-moteurs; ils ont obtenu ainsi un ensemble fonctionnant de façon remarquable, au moins par temps calme; ils ont su enfin choisir judicieusement leur avion et organiser leur présentation d’une manière parfaite.
- Notre admiration cependant ne doit pas être aveugle. Il ne faudrait pas croire, en effet, que les avions vont tous être pilotés prochainement, par tous les temps, par un pilote automatique Siemens aux réflexes impeccables. Le calme de l’atmosphère durant les expériences du Bourget a pu faire naître légitimement certains enthousiasmes, mais qu’arriverait-il par temps très agité ?
- Nous avons connu déjà de pareils engouements et on a, il y a peu de temps encore, attribué au pilote automatique Sperry des qualités de fonctionnement à peu près aussi infaillibles. Or les techniciens qui sont allés ces jours derniers à Amsterdam voir expérimenter ce dispositif sur un avion Douglas très rapide sont revenus désenchantés. Nul n’ignore, d’autre part,
- que nos amis les Italiens, qui ont cru un moment pouvoir conlier au gyroscope la mission d’améliorer l’équilibre longitudinal et transversal du plus beau de leurs transatlantiques, n’ont abouti qu’à une déception douloureuse. Enfin, le pilote automatique à gyroscopes pour navires est, on le sait, considéré comme dangereux par mauvais temps et doit être déconnecté.
- Tous ces précédents commandent la prudence quand il s’agit de confier à un automate des vies et un matériel précieux.
- Nous n’insisterons pas sur l’infinie complexité du mécanisme, qui en rend l’emploi à peu près inimaginable sur les avions de guerre; nous n’insisterons pas non plus sur le poids, le prix et l’encombrement d’un pareil ensemble. Ce sont là défauts considérables, non vices rédhibitoires. Par contre, ce qui ne saurait être accepté, c’est la faute de pilotage grave et fréquente, lorsqu’il s’agit non d’expériences par beau temps, sur un avion bien choisi, mais de service régulier sur un avion très rapide destiné à voler même dans la tempête.
- Nous n’allons pas passer en revue ici les fréquentes fausses manœuvres qu’exécutera forcément, par temps agité, un ensemble pareil à celui présenté. Ce serait très long. Nous nous contenterons de signaler l’une des plus dangereuses, capable à elle seule de provoquer de terribles accidents.
- Lorsqu’un avion passe, un jour de grand vent, au-dessus d’une falaise ou d’une ondulation de terrain, lorsqu’il vole au-dessous d’un cumulus, lorsqu’il aborde un front orageux, il peut entrer en un temps très court dans une zone de vent ascendant. L’angle d’attaque de vol augmente alors de façon très rapide de trois, quatre, six degrés et plus encore. Et, si l’avion vole à un faible coefficient de sustentation, l’effort sur la voilure est tout d’un coup porté à deux ou trois fois sa valeur primitive. D’où un choc violent et des effets locaux d’inertie si dangereux qu’aucun appareil à grande vitesse ne saurait les supporter longtemps sans se rompre. Si par contre l’avion vole à un très grand coefficient de sustentation, près de la limite de charge, il pourra être mis, suivant l’expression déplorable encore usitée en France, «en perte de vitesse » (la vitesse, qui dans ce cas a plutôt augmenté, n’a rien à faire ici) et ce pourra être la chute effroyable dont nous connaissons malheureusement tant d’exemples.
- Un bon pilote, guidé par son instinct et son expérience, piquera légèrement, et la correction, même un peu tardive, atténuera le choc. Mais l’anémomètre et le gyroscope combinés tendront tout simplement à faire cabrer l’avion, accentuant ainsi la fausse manœuvre et précipitant la catastrophe. L’altimètre empêchant la diminution cinétique d’incidence due à l’augmentation d’altitude, agira également dans un sens défavorable. Ainsi, pour un seul et même cas, alors que le pilotage doit être particulièrement précis sous peine d’être dangereux, voilà donc trois fausses indications accumulées dans le sens d’une manœuvre parfaitement incorrecte. Les lois de la matière sont inéluctables, on ne peut les asservir qu’en leur obéissant et personne au monde ne pourra faire qu’un tel dispositif, qui tend à les violenter, se comporte bien dans une région d’ascendances (au-dessus d’un terrain à ondulations ou au-dessous d’un ciel orageux).
- Quand plusieurs ingénieurs spécialisés, et non des moindres, songent à diminuer les effets des cahots de l’air aux grandes vitesses en suspendant élastiquement les voilures au prix de difficultés et d’incertitudes sans nombre, allons-nous adopter un dispositif qui augmentera certainement leur violence et leurs effets destructeurs ? (*).
- 1. Il est bien curieux, et inattendu, de constater que la notice remise aux personnes présentes au Bourget le jour de l’expérience se rapporte
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- Eh bien! on fera comme sur les navires, dira-t-on, on déconnectera par mauvais temps, et si c’est la nuit, le pilote pilotera aux instruments. Evidemment il faudrait bien se résoudre à adopter cette solution bâtarde si elle était la seule possible et renoncer par suite à utiliser le pilote automatique juste au moment où on en a le plus besoin. Mais tous les techniciens savent parfaitement que nous en possédons une autre en France qui ne demande pas un toi renoncement, une solution tout à fait correcte parce qu’elle est fondée sur le maintien d’un angle d’attaque constant. Avec la solution française, infiniment plus souple et qui a fait ses preuves, tous les techniciens savent qu’il n’y a plus de faute de pilotage, même dans la plus violente tempête. Les accélérations et les cahots sont sensiblement diminués, toutes les manœuvres automatiques qu’exécute le dispositif Siemens peuvent être assurées par des moyens notablement plus simples, la charge marchande peut être augmentée, le prix, le poids, l’encombrement sont bien moindres. Et le dispositif n’est pas applicable seulement aux grands avions, les plus petits peuvent aussi l’utiliser avec avantage.
- Certes on n’a pu en faire jusqu’à ce jour que des présentations plus modestes — nous sommes en France — mais les nombreuses expériences qui ont été eil’ectuées par très mauvais temps ont été, pensons-nous, parfaitement convaincantes pour tous les spécialistes.
- Donc, tout en rendant hommage au très réel génie allemand, tout en mettant à profit les utiles leçons qu’il nous donne chaque jour, nous pouvons cette fois encore nous en tenir aux idées et aux applications qui nous appartiennent en propre. Que ne savons-nous les exploiter comme lui !
- L. Constantin.
- CONSTRUCTIONS NAVALES
- La stabilisation automatique des navires.
- Dans le n° du 15 juillet 1933 de La Nature, on décrivait l’appareil stabilisateur inventé par M. Sperry, pour réduire, sinon supprimer les mouvements de roulis des navires, et on annonçait l’installation d’un de ces appareils à bord du paquebot italien « Conte di Savoia ».
- Les résultats de cette expérience faite pour la première fois à bord d’un grand navire (« Le Conte di Savoia » jauge 45 000 t) étaient attendus avec grand intérêt. Ils viennent d’être publiés dans le journal de la firme Sperry, par M. Hodgkinson, et la Revue de la Marine de Commerce (') nous les fait connaître.
- « Les stabilisateurs ont été utilisés chaque fois que le roulis dépassait 12° d’amplitude totale, soit 6° de chaque bord, si bien qu’à la fin d’avril dernier le mécanisme avait fonctionné pendant 650 heures, soit environ 15 pour 100 du temps passé par le paquebot sur l’Atlantique Nord.
- Il ressort de cet emploi que le stabilisateur s’est révélé très efficace par tous les temps, le roulis moyen résiduel s’établis-
- uniquement à la stabilisation de cap et contient simplement, à propos de ces si importants problèmes, la phrase suivante : c On ne parle « généralement, au sujet du problème de la stabilisation des avions, « que de la stabilisation par rapport à l’axe vertical de l’appareil car <c on peut, par construction, obtenir une stabilisation relativement « grande par rapport à l’axe longitudinal et à l’axe transversal, mais « il n’en est pas de même par rapport à l’axe vertical ». La Société Siemens n’aurait-elle elle-même qu’une foi médiocre en trois (sur quatre) des dispositifs présentés au Bourget et qui lui valent encore dans la presse des éloges dithyrambiques ?
- 1. N° de décembre 1934. La Stabilisation des navires, par J. Marsouin.
- ..................... 1.... = 45 =
- sant aux environs de 5° d’amplitude totale, soit 2° 1/2 de chaque bord.
- Une des conséquences les plus directes et les plus intéressantes de ce résultat est l’accroissement notable de la stabilité de route. Les embardées sont réduites en effet de 50 pour 100 environ, et de ce fait on réalise une augmentation sensible de la vitesse moyenne et une notable économie de combustible.
- Aux points de vue mécanique et électrique, l’ensemble a donné toute satisfaction. Toutefois on a constaté une usure assez rapide des dents du pignon de l’engrenage de précession. Il y a été remédié par l’emploi de lubrifiants spéciaux.
- Il est apparu néanmoins que si le roulis normal et régulier est à peu près supprimé, le navire subit encore quelquefois un mouvement de gîte causé par les embardées, avec certaines directions et intensités de houles se produisant en synchronisme avec le roulis résiduel.
- Ces roulis anormaux sont dus à des efforts considérables causés par l’action des embardées rapides provoquées par la houle venant frapper le navire par la hanche, c’est-à-dire par l’arrière et dans un angle d’environ 45° de l’axe.
- De pareils mouvements sont totalement différents de ceux qu’admet la théorie du roulis ordinaire; ils sont bien connus des marins, et la gîte appréciable qui les caractérise peut être observée principalement sur les navires à grande vitesse. »
- Cl Sauvaire-Jourdan.
- GÉOGRAPHIE
- La découverte de l’Australie.
- La Revue hydrographique publie divers documents sur ce point d’histoire
- D’abord, le Dr Wieder, bibliothécaire de l’Université de Leyde, a publié en 1933 des cartes et plans de l’atlas secret de la Compagnie des Indes orientales, datant de l’année 1670 environ. Il s’y trouve une carte indiquant le trajet suivi par le yacht Het Duyfien, en 1606, au cours d’un voyage vers la Nouvelle Guinée. On y voit un tracé de côte aisément identifiable avec celle à l’ouest du Cap York, telle qu’elle figure sur les cartes actuelles de l’Amirauté britannique. On peut donc dire que le Duyfien, ayant pour maître d’équipage Willem Jansz et pour subrécargue Jan Rosengein, a le premier reconnu et porté sur une carte un point du littoral australien. Il essaya même de mettre quelques hommes à terre, mais ceux-ci, attaqués par des indigènes, durent rembarquer sans avoir exploré le pays.
- D’autre part, Mme Ida Lee vient d’examiner dans The Geographical Journal les premiers débarquements de navires anglais en Australie. Longtemps, on a admis que William Dampier, le premier, doubla le cap Lévêque, en janvier 1688, à bord du Cygnet, de Londres, mais bien d’autres navires anglais avaient déjà parcouru les eaux australiennes et relevé des îles toutes proches des côtes. John Daniel, parti sur le New London, en 1681, à destination de Bantam. avait noté sur son journal de bord la présence de brisants sur la côte ouest. Avant lui, le Trial, capitaine John Brooke, ayant quitté Plymouth le 4 septembre 1621, avec 143 hommes d’équipage, à destination de Java, doubla le cap de Bonne-Espérance le 19 mars 1622 et alla faire naufrage sur la côte nord-ouest. Trente-six marins passèrent sept jours aux « Tryal Rocks », presque en vue de la côte, puis finirent par atteindre l’extrémité est de Java, le 8 juin 1622, Bantam le 21 et Batavia le 25, sur le grand canot qu’ils avaient sauvé.
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- INVENTIONS ET NOUVEAUTÉS
- ELECTRICITE
- Les postes téléphoniques à amplification.
- Les circuits téléphoniques à longue distance sont désormais munis, pour la plupart, de dispositifs d’amplification à lampes à vide, grâce auxquels l’audition est améliorée dans des conditions remarquables. Bien souvent, on entend donç beaucoup mieux à Paris des communications de province dV m$me de l’étranger que les communications urbaines elles-mêmes.
- Malgré tout, l’intensité de l’audition est fonction d’un grand nombre de facteurs. De plus, beaucoup d’abonnés ont une ouïe plus ou moins déficiente, de telle sorte que nombre de communications leur semblent d’une netteté insuffisante.
- En principe, on devrait entendre mieux les communications téléphoniques que les conversations directes. Les paroles sont transmises à notre oreille uniquement par la voix ordinaire aérotympanique; au contraire, lorsqu’on applique le récepteur
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- j Equilibreur rz |Jj' c
- s
- Fig. 1. — Schéma de principe du poste à amplification.
- téléphonique contre le pavillon de l’oreille, les vibrations du diaphragme se transmettent directement à la petite masse d’air enfermée dans le conduit auditif, mais il se produit en même temps une transmission des vibrations sonores par la voie osseuse; l’action acoustique s’exerce par deux voies différentes.
- Malgré tout, il serait souvent utile d’augmenter l’amplification des auditions téléphoniques. Il n’y a rien, en principe, de plus facile, car il suffit d’avoir recours à la lampe de T. S. F. amplificatrice déjà utilisée normalement sur les réseaux.
- On peut ainsi employer un appareil téléphonique combiné avec un système d’amplification contenu simplement dans le socle de l’appareil; un appareil de ce genre n’est guère plus encombrant qu’un poste téléphonique ordinaire. Le système amplificateur est composé simplement d’un étage à lampe de T. S. F. à trois électrodes alimentée par deux petites batteries de piles.
- Cet appareil permet à volonté, soit la réception non amplifiée dans le cas ordinaire, soit la réception amplifiée.
- Dans le premier cas, lorsque l’opérateur décroche le récepteur RI, le circuit téléphonique est fermé par le contact du crochet commutateur Cl. Ce circuit comprend alors la borne Ll, le crochet commutateur, le microphone M, l’enroulement 1 du transformateur T et la borne f,.
- L’enroulement 3 du secondaire de ce transformateur T étant alors connecté au récepteur RI, l’opérateur peut entendre
- normalement la voix de son correspondant, et, pour répondre, il parle de la manière habituelle devant le microphone M.
- Récepteur
- téléphonique
- Vers le récepteur téléphonique
- Atténuateur
- Fig. 2. — Petit amplificateur de fortune pour poste téléphonique.
- Ces courants microphoniques traversent également l’enroulement 2 du primaire du transformateur T, et l’équilibreur S. Les caractéristiques de cet équilibreur sont déterminées de telle sorte que le courant passant dans l’enroulement 2 du transformateur soit égal à celui qui passe dans l’enroulement 1. Ainsi, le flux qui résulte de l’action de ces deux éléments bobinés dans le même sens est nul, et aucune action n’est produite dans le circuit du récepteur RI.
- Lorsque l’opérateur veut obtenir une audition amplifiée, il manœuvre alors le commutateur. Le jeu du ressort 3 ferme les circuits des piles d’alimentation Fl et P2 de la lampe à vide et l’action des ressorts 1 et 2 supprime la liaison directe de l’enroulement 3 du transformateur T avec le récepteur RI; elle connecte ce récepteur dans le circuit de plaque de la lampe amplificatrice.
- Les variations de tension provenant du circuit téléphonique recueillies par le secondaire du transformateur sont appliquées sur la grille de la lampe, et elles agissent après amplification dans le circuit de plaque, et sur le récepteur. On peut faire varier cette amplification en faisant varier la valeur de la résistance variable r3.
- Grâce à un effet analogue à celui que nous avons indiqué précédemment à propos de l’audition directe, il n’y a pas de risques d’amorçage, ni d’entretien d’oscillations, grâce aux caractéristiques de l’équilibreur supprimant le flux résultant dans le fer du transformateur T. Le courant passant dans l’enroulement 2 est égal en valeur absolue au courant passant dans l’enroulement 1, et le flux résultant dans le secondaire est nul.
- Fig. 3. — Poste téléphonique à réception amplifiée pour réseau automatique.
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- L’ensemble du système est très facile à installer, au même titre qu’un poste téléphonique ordinaire; son entretien est limité au remplacement des piles d’alimentation et de la lampe, à intervalles très éloignés.
- Au lieu d’utiliser un poste téléphonique comportant un dispositif amplificateur incorporé à l’appareil, on peut également se contenter d’adapter un amplificateur à lampes à fréquence musicale à un poste téléphonique ordinaire.
- Une seule lampe d’amplification suffit généralement, et il n’est pas nécessaire d’utiliser dans un montage de fortune un schéma bien compliqué. Un transformateur de liaison et une résistance permettant de faire varier l’intensité d’audition constituent les pièces essentielles du dispositif. Un rhéostat commutateur permet l’allumage de la lampe et le réglage du chauffage du filament. En employant un filament à faible consommation, les piles sèches peuvent être adoptées pour l’alimentation. Un amateur de T. S. F. un peu bricoleur peut, d’ailleurs, réaliser très facilement à titre d’essai un système de ce genre. Il semble, cependant, que son adoption normale soit soumise à l’approbation de l’Administration des P. T. T.
- Il existe, enfin, des dispositifs d’amplification alimentés par le courant d’un secteur continu ou alternatif, et réalisés industriellement, qu’on peut adapter au poste téléphonique ordinaire pour obtenir une audition amplifiée.
- Ces appareils sont contenus très simplement, par exemple dans des boîtiers métalliques muraux. Leur manipulation est extrêmement simple, puisqu’il suffit d’abaisser un petit levier pour obtenir la mise en circuit de l’amplificateur, l’intensité de l’amplification elle-même étant réglable à volonté.
- Les postes téléphoniques à amplification, encore trop peu connus du public, et pourtant d’un usage facile, sont ainsi susceptibles de rendre les plus grands services, non seulement aux déficients de l’ouïe, mais encore à tous les abonnés qui ont à établir de nombreuses communications à grande distance.
- P. Hémardinqcer.
- Ichimie;;
- Comparateurs pour analyses colorimétriques des eaux, des sels, des liquides organiques, etc.
- La mesure colorimétrique du pH a conduit à la réalisation de nouveaux types de colorimètres. L’un des plus ingénieux est celui imaginé par la maison Hellige.
- C’est, comme le montre la figure 6, une petite caisse en tôle, qu’on peut tenir dans la main ou poser sur un support. Elle est compartimentée en longueur et en largeur. Elle présente sur la face avant un système optique et un viseur; sur la face arrière une rainure tenant un verre dépoli, blanc ou bleu. La face avant peut s’ouvrir au moyen d’un bouton placé en haut à droite, on peut ainsi mettre en place un disque à 9 trous munis de verres de couleur. En faisant tourner ce disque qui dépasse à droite, on amène un des verres teintés devant une des moitiés de l’appareil de visée.
- On comprend maintenant le fonctionnement de l’appareil. Soit à chercher le pH d’une solution. On verse celle-ci dans un tube à essai calibré ou dans une cuve à faces parallèles jusqu’à un trait marqué. On y ajoute au moyen d’une pipette jaugée une dose connue d’indicateur coloré. On remplit un second tube ou une seconde cuve avec de l’eau pure ou avec la même solution si elle a une couleur propre. On choisit le disque de teintes correspondant à l’indicateur employé et on le met en place. Il suffit alors de faire tourner ce disque jusqu’à ce qu’on voie dans le viseur les deux champs colorés de même teinte et de même intensité. Le pH correspondant apparaît en chiffres dans une petite fenêtre au haut de l’appareil.
- Après rinçage soigneux des cuves, l’appareil est prêt à resservir, pour une nouvelle mesure.
- Fig. 6. — Comparateur pour analyses colorimétriques.
- Depuis peu, la maison Hellige a étendu les usages de ce procédé rapide aux titrages colorimétriques. Elle a créé de nouveaux disques colorés qui permettent le dosage du fer, du plomb, du cuivre, du titane, du manganèse, de l’ammoniaque, des acides nitrique et nitreux, de l’acide sulphy-drique, des phosphates de l’eau des chaudières, de l’oxygène dissous dans l’eau, du chlore des lessives de blanchiment, etc.
- On imagine la commodité obtenue pour tous ces dosages.
- Les comparateurs Hellige et les disques colorés ionimé-triques et titrimétriques sont en vente aux établissements Cogit, 36, boulevard Saint-Michel, Paris, et chez M. Jules Peter, 11, rue de la République, Lyon.
- OBJETS UTILES [La Louche « Antigras ».
- C’est un petit problème qui se pose fréquemment que celui de dégraisser un bouillon. La louche « Antigras » permet de le résoudre aisément. Elle est conçue sur le même principe que certaines saucières, qui séparent automatiquement les portions grasses et maigres du liquide, en puisant les premières au niveau supérieur, les secondes au niveau inférieur du récipient.
- De même, le bec de la louche « Antigras » est le débouché d’un canal dont l’entrée se trouve à la partie inférieure de la louche ; grâce à cette disposition le gras et le maigre se séparent automatiquement quand on fait écouler le contenu de la louche en inclinant celle-ci progressivement.
- L’instrument peut servir aussi à écrémer le lait.
- Ajoutons que le constructeur a eu l’heureuse idée de donner à la louè|ie une capacité exacte d’un quart de litre, ce qui en fait un instrument de mesure commode.
- En vente chez M. P. Genest, 9, Cité Trévise, Paris.
- Fig. 7. — La louche « Anligras ».
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- BOITE AUX LETTRES
- COMMUNICATIONS
- L’or dans le Cantal.
- Nous recevons d’un de nos lecteurs : M. Maranne à Périgueux, l’intéressante lettre qui suit :
- « LaNature a publié récemment (n°des 15 novembre et lerdécembre) une étude très détaillée sur les gisements aurifères de France. Je dois toutefois signaler une lacune en ce qui concerne les gisements dans le Cantal, dont il n’a pas été question. En effet, le Cantal a été considéré depuis plusieurs siècles comme un des premiers départements où fut signalée la présence de l’or. La rivière de la Jordanne qui traverse Aurillac a, selon la tradition, roulé des paillettes d’or. D’ailleurs, Aurillac est bâti sur des alluvions aurifères, et son nom vient même de cette situation, Auri lacus, lac d’or.
- Quelques années avant la guerre, certains gisements furent même exploités, en particulier à Saint-Mary-le-Plein (canton de Massiac); l’or s’y trouvait associé à du mispickel. On signala la présence de l’or en plusieurs autres régions, mais en trop faible quantité pour être exploité et, à un certain moment, la fièvre de l’or avait gagné la population à tel point que de tous côtés on se mettait à la recherche du précieux métal. Moi-même, je fus chargé d’étudier certains gisements longtemps exploités de stibine et de mispickel, en particulier à Couches et à Auriac (canton de Massiac), mais sans résultat. Je recevais souvent des échantillons où l’on prétendait en avoir vu briller; mais malheureusement tout ce qui brille n’est pas or, et ce n’était souvent que de la vulgaire pyrite dans une gangue quartzeuse.
- Cependant ces recherches eurent un résultat inattendu. Ayant appris qu’on avait trouvé de l’or à Leucamp (canton de Montsalvy). je me fis
- envoyer des échantillons de la roche aux fins d’analyse. Le maire de la localité m’en expédia avec empressement une assez grande quantité, tout heureux de la perspective qui s’offrait pour la prospérité de la région. Malheureusement il fallut déchanter : l’analyse ne décela aucune trace d’or. Ce que l’on avait pris à première vue pour des paillettes d’or n’était que du mica, un beau mica doré certes, mais n’ayant de commun avec l’or que l’apparence extérieure. Mais par contre, je fis une autre constatation, plus intéressante celle-là. Ces roches renfer-maiènt une grande quantité d’un minerai assez rare, le wolfram, minerai de tungstène, métal très recherché alors pour la préparation de certains alliages, et qui a depuis reçu d’autres applications. Le gisement de Leucamp fut d’ailleurs exploité, avant la guerre, par une société américaine, je crois, mais je n’ai su depuis si cette exploitation avait été continuée.
- Pour une fois, les chercheurs d’or avaient été utiles à quelque chose ».
- A propos des Mines d’Or. — Vous nous dites que l’auteur de l’article sur les Mines d’Or de France n’a pas parlé de la Mine du Bourg d’Oisans ni de celle de Bonnac. Pour la première vous commettez une erreur, car dans le n° du 15 novembre, page 443, nous consacrons 18 lignes à cette concession administrativement connue sous le nom de « Le Pontet-la-Gardette ». Pour la concession de Bonnac (Cantal), nous n’avons pas cru devoir en parler, car elle a été l’objet d’un décret de renonciation en date du 8 janvier 1927, renonciation parfaitement justifiée.
- Réponse à M. J. M., ingénieur à Paris.
- QUESTIONS ET RÉPONSES
- De tout un peu.
- M. Morin, à Château-Gontier. — Comme suite à notre réponse parue dans le n° 2932, du 1er juillet 1934, page 48, M. Kaeppelin, du Poiré-sur-Velluire, abonné de La Nature, a bien voulu nous signaler que l’acide é.thijlorlhopliosphorique entrait dans la préparation de la spécialité pharmaceutique « Phosoforme ». Ses indications thérapeutiques sont les états dyspeptiques, les neurasthénies, le rhumatisme chronique, les lithiases, la phosphaturie, l’asthénie, l’azotémie, les dermatoses, la dénutrition des tuberculeux et prédisposés, etc.
- La solution qui contient également de l’arsenic est administrée à la dose de deux cuillerées à soupe par jour, dans un grand verre d’eau, de cidre, de vin blanc ou rouge sucré, pris au cours du repas.
- Pour la bibliographie on peut se référer aux travaux des professeurs Gérard, de Lille, Rémond, de Toulouse, Spillmann, doyen de la Faculté de Nancy.
- M. Remy, à Paris. -— 1° Pour imperméabiliser votre cuve en bois devant servir aux développements photographiques, il faut opérer ainsi :
- Prendre :
- Gutta-percha............................100 grammes.
- Pierre ponce en poudre fine............ 300 —
- Poix de Bourgogne...................... 600 —•
- Amener à fusion lente la gutta, puis y incorporer en remuant la pierre ponce, enfin la poix de Bourgogne en continuant à chauffer doucement, sans enflammer le mélange.
- Ce dernier étant maintenu fluide au bain-marie, enduire au moyen d’un pinceau l’intérieur de la cuve, de façon que toutes les parties soient bien imprégnées sans en négliger aucune.
- L’attention doit particulièrement porter sur les joints et les coins; pour garnir ceux-ci, on coulera avec une cuiller un peu de la composition et lissera avec un 1er à souder suffisamment chauffé.
- Pour terminer, on enduira l'extérieur de la cuve avec un bois verni à la gomme laque ou un vernis gras.
- 2° Lorsqu’un pinceau ayant servi au vernissage ou à la peinture à l’huile se sera desséché et que les poils adhéreront les uns aux autres, on peut, même après une année, rendre ce pinceau comme neuf, en quelques minutes, en le plongeant entièrement dans l’ammoniaque
- liquide (alcali volatil) et le travaillant pour séparer et assouplir les poils. Finalement on rince à l’eau pure.
- M. Dauplay, à St-Maurice-en-Trières (Isère). — Effectivement, la rédaction de la formule qui vous a été adressée, s’est trouvée tronquée à la copie. Elle doit être rétablie ainsi :
- Prendre :
- Savon mou.............................100 grammes.
- Noir d’ivoire ou bleu de Prusse .... 100 —
- Broyer au mortier, étendre régulièrement sur le papier, avec un tampon, puis laisser sécher à l’air.
- M. le D1 Br..., à Paris. — On utilise actuellement pour la préparation du linge lavable (faux cols, manchettes, etc.), une solution d’acétate de cellulose dans l’acétone, à la concentration de 3 à 4 pour 100.
- Le tissu est imprégné à trois ou quatre reprises de la dissolution, en laissant bien sécher entre chaque application.
- Le linge ainsi obtenu n’a pas l’inconvénient de jaunir, ainsi que cela se produit avec la nitrocellulose dont la dénitration s’amorce sous l’influence de la sueur, ce qui rend au bout de peu de temps l’objet inutilisable.
- Si on veut conserver au linge une certaine souplesse, on ajoute au liquide un plastifiant, par exemple, la triacétine, à la dose de 5 à 10 pour 100.
- M. Audibert, à Toulon. — La préparation suivante réussit généralement très bien pour la destruction des cafards :
- Sucre en poudre..........................100 grammes.
- Acide borique pulvérisé.................. 80 —
- Farine...................................100
- Après avoir mélangé intimement, on sème la poudre dans les endroits où passent les cafards, ceux-ci qui en sont très avides la consomment, et bientôt on n’en trouve plus que les cadavres.
- M. Daubriac, à Boghar (Alger). — Les indications que vous nous donnez sont tout à fait insuffisantes pour que nous puissions, à distance, préjuger de l’origine des taches que vous noùs signalez sur votre stylo; de toute évidence, il faudrait que nous ayons l’objet en main pour nous l'aire une opinion.
- Le Gerant : G. Masson.
- 6248. — lmp. Lahure, 9, rue de Fleurus, Paris.— 1-1-1935
- Published in France.
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- Adresser ce qui concerne la rédactions. MM les rédacteurs en chef de La Sature, 120, boulevard Saint-Uermam. Pans VP. Les abonnements et les ordres de Publicité sont reçus à la Librairie MASSON et O, 120, boulevard Saint-Oermain, Puris-VI*
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- N° 2945
- LA NATURE
- 15 Janvier 1935
- ÉTAT EN 1934 DES PRINCIPALES MARINES
- DE GUERRE
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- Les décisions de la Conférence du désarmement, si elles doivent aboutir un jour, porteront sur les forces navales des différentes puissances tout comme sur leurs forces terrestres et aériennes.
- < )r, en matière navale, des limitations importantes ont déjà été effectuées tout d’abord par un souci d’économie cpii s’est imposé à toutes les nations, dès la fin de la guerre, puis en exécution des accords intervenus à Washington en 1922, enfin à Londres en 1930.
- 11 peut donc être intéressant de montrer la situation actuelle des principales Hottes de combat, et les conditions dans lesquelles elles se présentent aujourd’hui.
- Mais avant de dresser ce tableau, nous croyons devoir rappeler en quelques lignes les diverses' mesures déjà prises et les
- ententes qui les ont motivées. C’est à l’article 8 du pacte de la Société des Nations qu’on en trouve la première indication, ainsi définie : « La réduction des armements au minimum compatible avec la sécurité nationale et avec l’exécution des obligations internationales imposées par une action commune ». A Washington, en février 1922, a été établi entre les 5 principales puissances navales : Angleterre, Etats-Unis, Japon, France, Italie, un accord ou mieux un ensemble d’accords, dont voici les principales dispositions.
- Art. IV. — Le tonnage global des navires de ligne et des navires porte-aéronefs est limité aux chiffres fixés dans le tableau suivant :
- Fig. 1. — Le croiseur Houston 9000 tonneaux; vitesse 33 n.; 9 pièces de 203
- Angleterre Etats-Unis Japon. . France . Italie 1 .
- Capital ships.
- 525 000 tx 525 000 tx 315 000 tx 175 000 tx 175 000 tx
- Porte-aéronefs.
- 136 000 136 000 81 000 60 000 60 000
- Ces chiffres correspondent aux coefficients 5, 5, 3, 1,75 1,75.
- Art. V. — Le déplacement maximum du navire de ligne est fixé à 35 000 tonnes, celui du porte-aéronefs à 27 000 tonnes.
- 11 ressort de ces deux articles que chacune des nations peut posséder en tonnage unitaire (maximum 35000 et
- 27 000 tonnes) :
- Angleterre :
- 13 navires de ligne,
- 5 porte-aéronefs ; Etats-Unis :
- 13 navires de ligne.
- 5 porte-aéronefs ; Japon :
- 9 navires de ligne,
- 3 porte-aéronefs ; France :
- 5 navires de ligne.
- 2 porte-aéronefs; Italie :
- 5 navires de ligne;
- 2 porte-aéronefs. Art. VI. — Le calibre maximum des canons des navires de ligne est fixé à 406 mm (16 pouces), celui des canons des porte-aéronefs à 203 mm.
- Le remplacement des grosses unités ne peut se faire qu’au bout de 20 ans.
- Le traité de Washington laisse facultatif le nombre des croiseurs, torpilleurs et sous-marins.
- En avril-juin 1927, une tentative d’accord complémentaire proposé par les Etats-Unis pour la limitation du tonnage global des 3 catégories de navires légers ne put aboutir.
- Il en fut de même d’un essai d’entente pour fixer le nombre maximum des croiseurs de 10 000 tx et des sous-marins offensifs amorcé à Londres en octobre 1928.
- Enfin en octobre 1929 la Grande-Bretagne invitait Etats-Unis, Japon, France et Italie à se réunir à Londres en vue d’étudier et d’élaborer un texte destiné à faciliter la tâche de la Commission préparatoire de la Société des Nations chargée de réaliser la réduction des armements.
- Cette conférence navale de Londres ouverte le 21 janvier et close le 15 avril 1930 aboutissait à un traité dont les clauses resteront en vigueur jusqu’au 31 décembre 1936.
- de la flotte des Etats-Unis.
- m/m ; 4 pièces de 127 m/m ; 2 catapultes.
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- Fig. 2. — Le cuirassé anglais Rodney.
- Déplacement : 34 000 tx ; vitesse 24 n. — Armement : 9 pièces de 40G mm; 12 pièces de 152 mm; G pièces de 120 mm;
- 2 tubes lance-torpilles.
- Il y est dit notamment:
- Que les puissances contractantes conviennent de ne pas exercer, de 1931 à 1936 inclusivement, leur droit de mettre sur cale des bâtiments de ligne de remplacement prévu au traité de Washington ;
- France et Italie peuvent cependant construire le tonnage de remplacement qu’elles étaient autorisées à mettre sur cale en 1927 et 1929;
- Qu’un certain nombre de bâtiments de ligne, 5 pour l’Angleterre, 4 pour les Etats-Unis, 1 pour le Japon, seront déclassés ou détruits ;
- Qu’aucun sous-marin ne devra dépasser le tonnage de 2000 tonnes ni porter plus d’un canon, du calibre de 130 mm au maximum. Cependant chacune des puissances •contractantes pourra posséder 3 sous-marins d’un type n’excédant pas 2800 tonnes, portant une artillerie de •«calibre ne dépassant pas 155 mm;
- Que le nombre des bâtiments combattants de surface d’un déplacement égal ou inférieur à 600 tonnes reste sans limitation ;
- Qu’un bâtiment ne peut être remplacé avant qu’il devienne hors d’âge, ce hors d’âge variant de 12 à 20 ans
- (suivant la date de mise en chantier) pour les navires de surface, et restant fixé à 13 ans pour les sous-marins.
- Ces indications d’ordre général étant données, nous allons passer en revue la situation actuelle des marines des 5 grandes puissances ayant souscrit à ces divers accords et traités.
- ÉTATS-UNIS
- La flotte militaire des Etats-Unis comprend en 1931 : 15 bâtiments de ligne pour 453 900 tonnes, 6 porte-aéronefs pour 131300 tonnes, 21 croiseurs de lre classe pour 202 900 tonnes, 10 croiseurs de 2e classe pour 70 500 t;
- Environ 200 000 tonnes de torpilleurs entrés en. service avant 1920 et qui sont ou seront tous prochainement hors d’usage. Par ailleurs, il existe 32 bâtiments de celte classe, modernes, pour un tonnage de 49 400 tonnes Q);
- 88 sous-marins pour 75700 tonnes, sur lesquels 64 entres en service avant 1923 n’ont plus grande valeur militaire*.
- Pour illustrer cette nomenclature un peu sèche, il nous faut étudier les efforts faits ou envisagés par- le Gouvernement des Etats-Unis pour maintenir ou renforcer cette flotte.
- En ce qui concerne les bâtiments de ligne (15), les stipulations du traité de Londres ne permettent pas qu’il en soit mis d’autres en chantier avant 1936.
- Sur les 18 croiseurs de lre classe flO 000 tonnes) que ce même traité permet d’achever avant 1936 sur un tonnage global de 180 000 tonnes, 15 sont à flot ou en construction. Il ne peut donc plus en être construit que 3.
- De plus, les États-Unis ont encore le droit de mettre à la mer avant 1936 : des porte-avions pour 56 000 tonnes, 77 500 tonnes de croiseurs de 2e classe, 150000 tonnes de destroyers, et 25 000 tonnes de sous-marins. Il ne paraît pas douteux qu’ils useront de ce droit. On peut même penser qu’ils se préparent à l’outrepasser, à en juger par les ouvertures de crédits extra-
- 1. Renseignements fournis par le Moniteur de la Flotte, d’avril -et mai 1934, sous la signature de P. Plotin.
- Fig. 3. — une. relique japonaise. Le vieux cuirassé Mikasa qui portait le pavillon de l’amiral Togo à la bataille de Tsushima est conservé en rade de Yokosuka.
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- budgétaires que la loi de redressement économique, votée le 15 juin 1933, alloue à la Marine et qui se montent à environ 4 milliards de francs. D’autres projets indiquent d’ailleurs que les Etats-Unis vont adopter une politique navale entièrement nouvelle. 11 faudrait évidemment en chercher les causes du côté du Pacifique où, en dépit de l’énormité des distances qui les séparent (3300 milles ou près de 0000 km), les Etats-Unis et le Japon ont toujours les yeux fixés l’un sur l’autre.
- Voici enfin comment sont répartis les divers groupements de la flotte américaine :
- La Baille Force composée de 13 cuirassés, 10 croiseurs de 7050 tonnes, 39 torpilleurs de 1500 tonnes, 2 porle-aéronofs.
- Cette force navale a ses bases à San Pedro et San Diego, sur les côtes de Californie, et à Pearl Ilarbour, aux îles I lawaï.
- La Scouling Force séjourne d’habitude dans l’Atlantique, mais toutes les manœuvres navales démontrent que son transport dans le Pacifique, par le Canal de Panama serait alfaire de quelques heures seulement. Elle comprend 7 croiseurs de 10 000 tonnes et 26 torpilleurs.
- Fi g. 4. — Le cuirassé japonais Nogato.
- Déplacement : 32 700 tx; vitesse 24 n. •— Armement : 8 pièces de 406 mm; 20 pièces de 140 mm; 8 tubes lance-torpilles; 3 avions.>;
- Fig. 5. — Le croiseur de bataille japonais Kongo.
- Déplacement : 29 300 t\ ; vitesse 26 n. —• Armement : S pièces de 355 mm; 16 pièces de 152 mm; 3 avions.
- 4000 en plongée, avec un énorme rayon d’action de 18 à 20 000 milles à la vitesse de Il nœuds.
- De plus, d’importantes forces aériennes sont groupées à San Diego (Californie), Coco-Solo (Panama) et Pearl-Ilarbour (Hawaï).
- Toute cette flotte dispose d’un immense train de navires auxiliaires que nécessitent son ravitaillement et son entretien en mer (*), notamment 20 navires-ateliers, bases flottantes pour sous-marins, navires-hôpitaux, transports de vivres, pétroliers, etc.
- En navires combattants seulement, la Marine des Etats-Unis totalise 1 183 700 tonnes avec 108 unités.
- 1. Lu question du Pacifique. Les forces navales en présence, par le Commandant Somborn. Écho de Paris du 7 juin 1933.
- La flotte d’Asie est basée sur les Philippines. Elle se compose de : 1 croiseur de 10 000 tonnes, 12 torpilleurs, 12 sous-marins avec leurs navires annexes et 2 escadrilles d’aviation.
- Les sous-marins constituent la Submarine Force, divisée en 3 groupesl dont le premier reste dans l’Atlantique, un second à Panama, le troisième aux Hawaï. Ce dernier, de beaucoup le plus important, comprend 25 unités des types les plus récents, dont 3 que les Etats-Unis ont été autorisés à conserver (traité de Londres) déplacent 2700 tonnés en surface,
- Fig. G. — Le porlc-aèronefs japonais Kaga.
- Déplacement: 26 900 tx; vitesse : 25 n. — Armement: 10 pièces de 303 mm; 12 pièces de 120 mm; 80 avions.
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- JAPON
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- -F/ÿ.. 7. — Le cuirassé français Lorraine.
- Déplacement : 22 000 tx; vitesse 21 n. — Armement : 10 pièces de 340 mm; 1S pièces de 13S mm. (Ph. Ganda. Toulon).
- ANGLETERRE
- Le Japon ou Empire du Nippon se présente avec :
- 9 bâtiments de ligne pour 272 000 tonnes;
- 5 porte-aéronefs pour 76 800 tonnes;
- 13 croiseurs de lre classe pour 115 400 tonnes ;
- 23 croiseurs de 2e classe pour 102 400 tonnes;
- 107 torpilleurs ou contre-torpilleurs pour 135 300 tonnes ;
- 71 sous-marins pour 87 600 tonnes.
- Ce qui donne un total de 789 800 tonnes pour 228 unités combattantes.
- La totalité de ces forces est groupée dans la partie septentrionale et occidentale du Pacifique qui s’étend des côtes de Chine au méridien de l’ile Guam.
- Comme les Etats-Unis, le Japon possède une série de sous-marins de gros tonnage (2000 tonnes en surface) ayant un rayon d’action de 11000 milles
- La flotte anglaise comprend actuellement :
- 15 bâtiments de ligne pour 473 600 tonnes;
- 6 porte-aéronefs pour 115 300 tonnes;
- 17 croiseurs de lre classe pour 163600 tonnes;
- 34 croiseurs de 2e classe pour 184800 tonnes.
- 110 000 tonnes de contre-torpilleurs et torpilleurs entrés en service avant 1924 et pour la plupart hors d’âge, et 61 unités entrées en service depuis 1927 et représentant un tonnage de 86 600 tonnes;
- Environ 17 000 tonnes de sous-marins anciens, plus 356 bâtiments modernes entrés en service depuis 1927 pour un tonnage total de 45 300 tonnes.
- Ce qui donne pour la marine britannique un total de 1 million 193 100 tonnes, avec 168 unités combattantes.
- Fig. S. — Le croiseur français Foch. (Ph. Henri Manuel).
- Fig. 9. — Le croiseur français Colbert.
- Déplacement ; 10 000 tx; vitesse 32 n. — Armement : S pièces de 203 mm; 8 pièces de 75 mm; 2 avions; 1 catapulte.
- (20 000 km), leur permettant de couvrir, aller et retour, la distance entre le Japon et les îles Hawaï.
- Et il faut également noter à l’actif du Japon une puissante aéronautique maritime, groupant 6 centres, un transport d’hydravions et les 5 porte-aéronefs.
- FRANCE
- La situation pour la France se présente comme suit :
- 10 bâtiments de ligne (dont 3 hors d’âgej, pour un total de 212 400 tonnes.
- 1 porte-aéronefs, pour 22 100 tonnes ;
- 12 croiseurs de lre classe pour 124 400 tonnes ;
- 17 croiseurs de 2e classe pour 110 100 tonnes ;
- 60 contre-torpilleurs et torpilleurs pour 113 400 tonnes ;
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- 76 sous-marins modernes pour 71 700 tonnes et 7 anciens pour 4700 tonnes.
- Donc, pour la flotte française combattante 659 000 tonnes avec 183 unités.
- Il est inutile de redire que sur les 9 navires de ligne qui figurent dans l’énumération ci-dessus (le 10e « Dunkerque » à part), 3 unités (type Condorcet), âgés de plus de 20 ans, n’ont plus de valeur militaire.
- Les 6 autres (types Courbet et Bretagne), datant de 1913 et 1916, ont été refondus et mis autant que possible en état de faire figure honorable, mais il serait injustifié de les considérer comme des navires modernes.
- ITALIE
- En Italie nous trouvons 4 bâtiments de ligne pour un total de 86 500 tonnes, 11 eroi-
- Fig. 10. — Le porte-hgdravions français Commandant-Teste. Déplacement: 10 000 tx; vitesse 22 n. — Armement : 12 pièces de 100 mm; 4 catapultes; 26 hydravions. (Ph. Ganda).
- Fig. 11. — Le conlre-lorpilleur français Guépard.
- Déplacement : 2400 tx; vitesse 35,7 n. — Armement : 5 pièces de 138 mm; 4 pièces de 37 mm; 6 tubes lance-torpilles. (Ph. Ganda).
- seurs de lre classe pour 103 600 tonnes, 19 de 2e classe pour 91 700 tonnes, 86 contre-torpilleurs et torpilleurs pour 90 300 tonnes, et en fait de sous-marins, 21 anciens pour 8 200 tx et 54 modernes pour 44 600 tonnes.
- Ce qui donne pour la Marine italienne un tonnage total de 438 900 tonnes avec 195 unités.
- Ce que nous avons dit au sujet des cuirassés français s’applique à peu près exactement à la valeur des bâtiments similaires italiens.
- d’un programme comportant 32 unités nouvelles, dont le coût est évalué à 55 millions de livres, et qui sera réalisé en 1937. En fait le tonnage en construction aux Etats-Unis à la date du 1er janvier 1934 comprend : 3 porte-avions, 11 croiseurs de 10 000 tonnes, 8 conducteurs de flottilles, 24 destroyers et 6 sous-marins.
- L’x4ngleterre a mis ou va mettre en chantier 2 croiseurs de 9000 tonnes, 8 de 7100 tonnes et 1 de 5200 tonnes, 2 conducteurs de flottilles, 16 destroyers, 13 sous-marins, 8 sloops.
- Le Japon construit 2 croiseurs de 8500 tonnes, 24 destroyers, 4 torpilleurs, 11 sous-marins.
- En France, l’intérêt se porte sur la construction du cuirassé Dunkerque, riposte au Deutsch-land allemand de 10 000 tonnes. On sait que notre champion déplacera 26 800 tonnes, avec une vitesse de 29 nœuds 5, une grosse artillerie composée de 8 pièces de 330 mm groupées à l’avant en 2 tourelles quadruples, et 16 pièces de 130 mm.
- Un second navire du même type sera mis très prochainement en chantier.
- L’exécution du programme naval en ce qui concerne nos
- Fig. 12. —• Le sous-marin de croisière français Surcouf. Déplacement : 2880 tx en surface, 4300 en plongée. Vitesse : 18 n. en surface, 10 n. en plongée. — Armement : 2 pièces de 203 mm; 14 tubes lance-torpilles. —— 1 hydravion. (Ph. H. Manuel).
- *
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- Cet exposé purement statistique nécessite, pour que la situation navale des diverses puissances apparaisse dans la vérité, une courte énumération des efforts entrepris par chacune d’elles pour compléter et perfectionner le tonnage qui lui est alloué, ou remplacer les unités vieillies.
- Aux Etats-Unis on poursuit la réalisation
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- .. Fig. 13. —• Le cuirassé italien Andrea-Doria.
- Déplacement : 21 500 tx. — Vitesse : 22 n. — Armement : 13 pièces de 305 mm; 16 de 152 mm; 1 avion; 1 catapulte.
- En Allemagne on a lancé le second cuirassé dit de poche. Il porte le nom d’Amiral Scheer. Le même jour, le prototype de cette classe, le Deutschland, est entré en service.
- Il semble que l’enthousiasme provoqué au début par ce type nouveau s’est un peu calmé, et que les bâtiments de ligne allemands sont actuellement considérés comme ils doivent l’être, c’est-à-dire comme des expériences audacieuses dont le succès reste à démontrer (').
- Des chiffres et des considérations qui précèdent, il ressort que les Etats-Unis, l’Angleterre et le Japon possèdent des bâtiments de combat modernes, et que chez ces puissances les contre-torpilleurs, torpilleurs et sous-marins sont plus anciens, ou démodés.
- En France et en Italie, au contraire, c’est dans les bâtiments de ligne qu’on rencontre un
- croiseurs, torpilleurs et contre-torpilleurs se poursuit normalement.
- Nos croiseurs, ceux de 10 000 tonnes comme ceux de 7600 tonnes, seront munis d’une ceinture cuirassée qui constituera une protection très efficace.
- Il faut signaler encore la mise en service du croiseur mouilleur de mines Emile Bertin, de 5800 tonnes, parfaitement conçu et qui promet d’être le plus remarquable bâtiment de l’époque actuelle.
- Le Pluton, également mouilleur de mines, est en service depuis 1931.
- L’Italie construit à force des croiseurs dans lesquels il semble qu’on a sacrifié beaucoup de choses pour réaliser des vitesses impressionnantes. Plusieurs de ces unités ont atteint aux essais 39 à 40 nœuds.
- Fig. 14. — Le croiseur italien Fiume.
- Déplacement: 10 000 tx. — Vitesse : 32 n. —• Armement : S pièces de 203 mm;
- 2 avions; 1 catapulte.
- Fig. 15. — Le croiseur italien Alberto di Giussano. (Série des condottieri). Déplacement : 5000 tx. — Vitesse : 41 n. —Armement : 8 pièces de 152 mm; 6 de 100 mm; 4 tubes lance-torpilles, 2 avions.
- bon nombre d’unités vieillies (Dunkerque à part pour la France) mais que des refontes profondes ont mis à même de rendre des services importants.
- Pour les croiseurs et les autres unités légères, ils constituent en général une flotte très moderne.
- La récente dénonciation du traité de Washing'on par le Japon va, évidemment, créer une situation nouvelle dont il est prématuré d’essayer de prévoir le développement. Une nouvelle ère de course aux armements semble s’ouvrir, résultat paradoxal des conférences de désarmement. Cl Sauvaire-Jourdan.
- 1. Revue Maritime, avril 1934. Opinion du critique maritime anglais II. C. Bywater.
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- PROCÉDÉ DE PROSPECTION GÉOPHYSIQUE LA MÉTHODE THERMIQUE
- L’étude parue ici il y a trois ans sur les méthodes géophysiques de prospection du sous-sol (-1) n’avait fait que citer l’action thermique parmi les propriétés étudiées, sans y voir d’applications proprement dites aux recherches pratiques.
- Depuis lors une méthode nouvelle de prospection a été étudiée, dont l’application va mettre aux mains des géologues et des mineurs un instrument nouveau, simple et rapide. Cette méthode repose sur les considérations suivantes (2).
- La chaleur reçue à la surface du globe émane de deux sources : d’une part l’ensemble des radiations envoyées par le soleil et les différents astres, de l’autre la chaleur interne se transmettant par conductibilité à travers l’écorce terrestre.
- Les rayons solaires arrivent à la surface de la terre qui absorbe la chaleur dont une partie est ensuite dispersée par rayonnement. Mais cette chaleur se concentre, en raison de la mauvaise conductibilité des roches, dans les couches immédiatement voisines de la surface. A Paris, la chaleur met trente jours à traverser une tranche du sol d’un mètre d’épaisseur. « La portion de l’écorce qui est accessible aux actions calorifiques extérieures est donc très faible et ne peut par conséquent jouer un rôle de régulateur bien accentué. » (A. de Lapparent).
- Les observations du thermomètre ne décèlent pas, en France du moins, — au delà de 10 m de profondeur, — de variations annuelles. Mais les variations journalières n’existent plus à la profondeur maximum de 1 m. Or à partir et au delà de cette profondeur, la température croît d’une façon constante et on appelle degré géothermique la hauteur dont il faut descendre verticalement pour constater une augmentation de 1° C. Les mesures faites en tous lieux et dans toutes les mines ont donné pour ce chiffre des valeurs très variables allant d’un minimum de 16 m au maximum de 46 m 50. C’est que la conductibilité des roches est elle-même très variable : mais c’est grâce à cette propriété que la méthode que nous allons maintenant décrire a donné des résultats intéressants à son inventeur, un géophysicien hollandais, M. J. N. A. Van den Bouwhuijsen. Celui-ci a pensé qu’en prenant la températui'e en divers points d’une assise, le gradient observé pourrait donner quelques indications en ce qui concerne la structure géologique du sous-sol, ceci à condition que les différences de température observées soient supérieures aux erreurs possibles dans les mesures. De ce côté, la méthode employée a donné toute satisfaction. Tout d’abord la pratique a montré que la mesure des températures à une profondeur de 1 m 50 était suffisante, sous réserve que toutes ces
- 1. La Nature, 15 octobre 1931, p. 341.
- 2. Engineering and Mining Journal, août 1934.
- mesures soient faites au centième de degré près (1).
- Si le travail de prospection doit s’étendre sur une période de longue durée, il sera bon de revenir de loin en loin reprendre la température aux premiers trous, afin d’opérer le contrôle nécessaire.
- Les températures sont prises avec des thermocouples reliés à un galvanomètre de très grande sensibilité et d’une robustesse permettant le transport en campagne. L’ins-
- Fig. 1. — Le galvanomètre de Moll.
- trument employé est un galvanomètre portatif de Moll, ayant une inertie de 2 secondes, et une sensibilité de 2,7 x 10~7 volts (2).
- 1. Les trous, d’un diamètre de 40 mm environ (un pouce et demi), sont faits par un seul homme avec une petite foreuse à main. Aussitôt terminé, ce trou est couvert et laissé en repos pendant au moins deux heures afin qu’il n’y ait pas de modifications de température par convection au fond du trou.
- 2. Il est indispensable d’utiliser des appareils de mesure de tout premier ordre répondant aux conditions suivantes : galvanomètre ayant un zéro rigoureusement stable, une résistance intérieure voisine de 50 ohms, une très grande sensibilité, une faible inertie et qui, malgré ces exigences, soit un appareil très robuste et portatif. D’après l’auteur, le galvanomètre de Moll est le seul qui réunisse ces exigences, en apparence contradictoires; il a une inertie de 2 secondes, une résistance intérieure de 55 ohms et sa sensibilité est de 2,7 X 10"1 v. Sa robustesse est extraordinaire.
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- Fig. 2. — Installation du thermocouple.
- 1. Couple thermoélectrique; 2. Galvanomètre Moll; 3. Thermostat.
- Le thermocouple doit avoir une stabilité parfaite, il donne une force électro-motrice de 4 x 10-s v pour une variation de température de 1° G. Son inertie est la même que celle du galvanomètre. Le thermocouple a été construit de telle façon que la soudure froide peut être maintenue à une température constante contrôlée par un thermomètre étalon donnant le l/100e de degré, tandis que la soudure chaude peut être descendue dans le trou et mise en parfait contact avec le sol. La façon dont le galvanomètre se comporte donne déjà une bonne’ indication sur la valeur ou la qualité du contact, ainsi d’ailleurs que le fait que l’équilibre de température est atteint dans le temps nécessaire à la
- lecture. Pour assurer la parfaite valeur de ces lectures, elles doivent être répétées trois fois à chaque station.
- Pour contrôler la valeur de ce nouveau procédé thermique de prospection géophysique, des essais furent faits sur deux champs d’opération situés près de Winters-wijk, en Hollande, où une prospection gravimétrique avait été faite auparavant avec une balance d’Eotvos. 11 est remarquable que la prospection thermique a donné des résultats tels que la carte établie à l’aide des températures peut être superposée, si on petit dire, à la carte gravimétrique, permettant ainsi la même interprétation.
- En outre la méthode employée par M. Van clen Bouw-huijsen a permis de localiser avec une grande précision une faille ainsi que quelques autres anomalies dans les couches existant entre la surface et un gisement de charbon. Il est facile de comprendre combien seront aisément décelés les dykes, les failles, les resserrements ou les élargissements des filons.
- Il est prématuré de vouloir prédire ce que donnera cette nouvelle méthode de prospection, mais on peut fonder sur elle de grandes espérances.
- Il est un fait certain, c’est que la méthode est tout à fait économique : tout l’appareillage est de l’ordre de grandeur de 10 000 fr au maximum. Quant au personnel, un homme préposé au forage et au transport des instruments et un homme à la lecture du galvanomètre constituent toute l’équipe. Le facteur temps dépend uniquement de l’habileté de l’opérateur chargé du forage des trous d’observations.
- Quant à l’interprétation des résultats, elle est œuvre de géologue, lequel saura tirer des conclusions utiles aux mineurs, étant donnée la conductibilité des filons métalliques, aux prospecteurs de pétroles ou de schistes, grâce à la très faible conductibilité de ces matières, aux constructeurs de barrages ou aux architectes, etc... Cette méthode donnerait encore assurément de bons résultats dans la recherche des eaux souterraines.'
- Quelles perspectives ne peut-on entrevoir en fait d’applications nouvelles ?... Un très prochain avenir nous le dira.
- UNE ÉCREVISSE AMÉRICAINE AUX PORTES DE PARIS
- Vers la mi-août dernière, la presse quotidienne a signalé qu’au pont de Charenton, à l’endroit où la Seine reçoit la Marne, il y avait, sur les bords de cette dernière rivière et sur ceux du canal de Saint-Maurice, des Écrevisses qui pullulaient en telle quantité que les Parisiens pouvaient les pêcher à la ligne.
- Si, à première vue, ces Crustacés ressemblaient beaucoup à l’Écrevisse à pattes blanches (Astacus pallipes
- Lereboullet) (1), en réalité ils n’appartenaient pas au genre Astacus Fabricius, mais devaient être classés dans le genre américain Cambarus Erichson et spécifiquement se rapportaient au C. affinis Say.
- 1. L’A. pallipes est l’espèce prépondérante en France dans les ruisseaux et les petites rivières. Celle que l’on rencontre dans les mares et les étangs est l’Écrevisse à pattes rouges (A. astacus L. = fluvialilis Fabr.).
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- Cette espèce, qui mesure ordinairement 110 à 120 mm de long et peut même atteindre 140 mm, se distingue de VA. pallipes surtout par les caractères sexuels.
- Chez la femelle, le sternum, entre l’avant-dernier et le dernier segment thoracique, présente une disposition décrite sous le nom d’ « anneau ventral » et formant une poche copulatrice où le sperme est déposé lors de l'accouplement.
- Chez le mâle, le troisième article des troisièmes pattes ambulatoires est pourvu d’un crochet et, aux premier et deuxième somites abdominaux, les appendices modifiés en organes copulateurs offrent certaines particularités différentes de celles que l’on observe dans le genre Astacus.
- La face dorsale de l’animal est verdâtre; la face ventrale est de teinte plus claire.
- Par la cuisson il prend une couleur rougeâtre peu intense et sa chair est moins appréciée que celle de nos Écrevisses indigènes.
- Cette espèce des États-Unis a été importée en Europe d’abord par un pisciculteur réputé, Max von dem Borne, en 1890, dans des étangs de la Mietzel, affluent de l’Oder (dans le Brandebourg) et de là elle a peuplé tous les cours d’eau allemands en communication avec cette rivière ; en 1927 elle s’était avancée vers l’Est en Pologne et vers l’Ouest au Sud de Berlin; plus récemment elle a pénétré dans la Havel. Au mois de juillet de l’année dernière elle pullulait dans les cours d’eau au milieu même de la ville de Berlin.
- En France, des essais d’acclimatation avaient été tentés en 1896 par Raveret Wattell à la station aquicole du Nid-de-Verdier, près Fécamp, mais sans résultats concluants.
- En 1924, M. le professeur L. Léger, de l’Université de Grenoble, a signalé qu’au voisinage de Vierzon, dans le Cher, on trouvait une quantité considérable de C. affinis et en 1925 il a pu obtenir la reproduction de cette espèce en captivité dans des bassins d’élevage.
- Ces Crustacés exotiques avaient été introduits dans le Cher par un Allemand, M. Lesaule, qui, de 1911 à 1913, en avait déversé, près de Saint-Florent, 2000 importés d’Allemagne. Il se sont parfaitement acclimatés et rapidement multipliés dans cette rivière, car en 1925 ils s’y étaient répandus sur une longueur de 42 km depuis le barrage de Massœuvres (en aval de Saint-Florent), jusqu’à la réserve de la Beuvrière (en aval de Vierzon).
- En novembre 1931. la Société de pêche de Thénioux (en aval de la Beuvrière) se plaignait de l’envahissement progressif des eaux du Cher par ces Crustacés.
- En septembre 1934 ils occupaient également le canal du Berry, où ils sont descendus à une quarantaine de kilomètres en aval jusqu’à Selles-sur-Cher (Loir-et-Cher).
- Sans que la chose soit certaine, il est possible que le Cambarus se soit propagé aussi en amont dans le canal du Berry : on y a capturé, à plusieurs reprises, aux environs de Nassigny (Allier) de superbes Écrevisses qui n’étaient probablement pas des A. astacus.
- Il y aurait quatre ans que les Cambarus ont fait leur
- ----..................= 57 ==
- apparition dans la Marne (*) et depuis leur nombre a passé du simple au double chaque année ; mais ils ne sont devenus réellement abondants qu’en 1933 dans cette rivière.
- En 1932 on en a recueilli dans la Seine à Juvisy et en 1933 dans la Marne à Créteil.
- En août 1934 on en pêchait, tant sur les bords du canal de Saint-Maurice que sur ceux de la Marne, d’Alfort à Charentonneau, et également tout le long de la boucle de cette rivière jusqu’au Perreux, puis en amont, à Ville-Évrard et à Gournay (dans le canal de Chelles), voire même jusqu’à Chalifert. Mais dans la région de Meaux, d’Esbly en aval à Trilport en amont, aucune capture n’a été signalée.
- Le problème de la présence de ces Écrevisses américaines dans la Marne reste en suspens ; mais on peut penser qu’il s’agit d’une migration : les Cambarus, qui sont des animaux fouisseurs, possèdent, comme d’ailleurs nos Écrevisses indigènes, un instinct qui les pousse à voyager et qui est si fort que ces Crustacés, capables de vivre un certain temps hors de l’eau, peuvent abandonner un habitat qui cesse de leur convenir et prendre au besoin la voie de terre pour aller à la recherche de berges plus hospitalières.
- Il est possible que l’on soit en face d’un fait analogue à ce qui se passe actuellement en Allemagne et dans les paays circumvoisins, où un Crabe chinois, VEriocheir sinensis M.-Edw., pour pénétrer d’une rivière dans une autre, utilise les canaux de navigation par lesquels l’Homme a réuni artificiellement les divers bassins fluviaux.
- Nous avons signalé l’extension de ce Crabe dans les eaux européennes dans un récent numéro (ne 2942) de La Nature.
- Marc André.
- Assistant au Muséum.
- 1. Il ne l'aut confondre cette espèce américaine ni avec l'A. pallipes qui se rencontre dans l’Essonne et l’Yères, ni avec VA. astacus qui fréquentait autrefois la Marne et qui habite actuellement certaines mares aux environs de Boissy-Saint-Léger et Brie-Comte-Robert, ainsi que dans la région de la Ferté-sous-Jouarre.
- Fig. 1.-—• L’Écrevisse américaine, Cambarus affinis.
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- Fig. 1 ei 2. — Maquette de l’avion Gérin.
- A gauche : vue arrière, surface réduite. — A droite : même vue, surface déployée.
- Remarquer la faible profondeur des ailes, le train d’atterrissage spécial, les ailerons flottants aux extrémités du plan supérieur, les fentes des deux plans et les nervures d’appui sur les longerons profilés de la surface réduite.
- L’AVION A SURFACE VARIABLE GERIN
- Dans une étude générale parue dans cette revue le 15 juin 1932 (x) sur les avions à surface variable, nous avons signalé les intéressants travaux de M. Jacques Gérin. Depuis cette date ce persévérant inventeur a résolument abordé et effectué la réalisation pratique d’un appareil qui doit prochainement commencer ses essais en vol et dont nous sommes heureux de donner une description complète.
- L’AILE ÉLASTIQUE A FENTES, COURBURES ET SURFACES VARIABLES
- On ne peut reprocher à M. Gérin de craindre les solutions nouvelles. Afin d’augmenter au maximum l’écart entre la plus grande vitesse et la vitesse d’atterrissage, presque tous les procédés enseignés par l’aérodynamique expérimentale moderne sont appliqués à son avion.
- 1. Voir La Nature, n" 2.883.
- Fig. 3. — Coupe d’une nervure du plan supérieur, montrant le détail des fentes, des charnières et des ressorts de rappel.
- En rappelant que la vitesse d’atterrissage est exprimée par :
- Va
- V
- P 16
- S Cz max
- nous voyons que pour la réduire autant que possible, il
- /P
- faut rechercher uneMaible charge au m2 ( - ) et un grand
- coefficient de portance maxima (Cz max).
- Ces deux conditions exigent, pour que l’emploi de la surface variable soit vraiment profitable, une grande valeur du rapport de la surface déployée à la surface réduite, d’une part, et l’utilisation de profils hypersusten-tateurs à fentes et à grande courbure, d’autre part.
- Pour répondre à la double exigence de solidité dans la construction et de la sécurité dans la mise au point, la formule biplane a été préférée au monoplan. L’appareil comporte donc un plan supérieur d’une surface de 7 m2,43 lorsque la voilure est déployée et de 2 m2, 66 surface réduite, et un plan inférieur dont le rapport de variation de surface est de 20 m2, 5 à 4 m2,14, soit de près de 5 à 1. Pour passer de la surface déployée à la surface réduite, on fait coulisser la partie mobile de la voilure sur un longeron très rigide formant le profil de la surface réduite. Cette partie mobile est constituée par un ensemble de nervures reliées par des entretoises élastiques et recouvertes de toile caoutchoutée. Mais ces ailes ne sont pas seulement élastiques dans le sens de l’envergure, elles sont aussi articulées en profondeur de façon que la courbure du profil puisse changer pour passer de double courbure en simple^courbure, commandée automa-
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- Polaires
- Moments
- 7gi
- 65 100 C„
- Fig. 4. — Polaires et moments aérodynamiques du profil du plan inférieur de l'avion Gérin dans trois positions possibles : double courbure, courbure moyenne, grande courbure. (Essai sur une aile de faible allongement.)
- CARACTÉRISTIQUES DE L’APPAREIL
- liquement par la décroissance de la vitesse à l’atterrissage.
- Cette disposition vise le but suivant : au moment du déploiement de la surface mobile, la vitesse est très grande et, pour ne pas faire trop travailler la cellule en torsion, la variation de courbure doit être progressive. Cet effet, vérifié au tunnel aérodynamique, est obtenu par l’action de ressorts dont la tension équilibre le moment de charnière aux diverses articulations. Le croquis de la figure 3, représentant une coupe du profil de l’aile supérieure lorsque la surface est déployée, montre quelles sont les deux positions extrêmes possibles à grande et faible vitesse. On remarque également comment sont ménagées les trois fentes destinées à combattre par un passage d’air sur l’extrados les décollements et tourbillons qui détruisent la portance aux grands angles d’attaque. 11 est intéressant de noter que l’équilib 'e entre les actions aérodynamiques et les réactions mécaniques des ressorts est tel que la déformation du bord de fuite est presque uniquement fonction de la vitesse, les variations d’incidence de — 4° à 1G° n’interviennent pas d’une façon appré-
- 10 12 14- 16 18 20 22 24 26 28 3 0 32 36 36 38 W « W C./Cx
- Fig. 5.
- Polaire et courbe de finesse du longeron, surface réduite d’allongement 33.
- ciable. Le profil de l’aile inférieure, d’une profondeur de Ira, 80, comporte quatre fentes et des articulations dont le fonctionnement est analogue à celui de l’aile supérieure.
- Les schémas de la figure 4 indiquent trois positions de ce profil déformable, la première correspond à un profil à double courbure dont le bord de fuite relevé garantit un faible couple aérodynamique sur le longeron profilé; pour les deux autres la courbure de la ligne moyenne va en s’accentuant de la seconde à la troisième en vue d’obtenir de très fortes portances. Les polaires figurées permettent de se rendre compte du mécanisme de cette augmentation de portance en remarquant que la portance maxima (Cz max) est atteinte pour une faible incidence de l’axe du longeron profilé, lorsque le fuselage se trouve donc très légèrement cabré.
- Lorsque la surface est réduite aux longerons profilés, l’allongement (rapport de l’envergure à la profondeur de la corde) est de l’ordre de 33, ce qui confère aux ailesune finesse remarquable (Cz/Cx max) de 40 environ. Pour sa part, le faible Cx min du profil (0,01) contribue à permettre une vitesse maxima particulièrement élevée (fig. 5).
- Après avoir montré le rôle de la surface variable au point de vue aérodynamique, examinons quelques détails constructifs de l’appareil et en particulier comment M. Gérin a résolu le délicat problème du déploiement et de l’escamotage de la partie mobile. Dans ce système de
- Fig. 6. — Le « Yariuol », avion à surface variable Gérin.
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- Feuille de caoutchouc
- Toile caoutchoutée
- Sandow
- Cosse bois
- Entretoise bois
- Fig. 7. — Détail de construction, de l’armature des[ bords d’attaque.
- En haut : coupe suivant une parallèle à l’envergure, profil déployé. Au-dessous : la même armature déformée lors de l’enroulement sur un des tambours.
- variation de surface, lorsque l’appareil est en vol de croisière (surface réduite), cette voilure est enroulée sur quatre tambours logés dans le fuselage et dont les axes sont sensiblement parallèles à celui de l’avion (fig. 6).
- Lors du déploiement et de l’enroulement, la voulure doit posséder une grande souplesse dans le sens de l’envergure pour venir se placer sur les tambours sans occuper trop de place. D’autre part, quand la surface est déployée, seule la partie coulissant sur le longeron est appuyée; il faut donc qu’elle soit rendue rigide longitudinalement pour que les nervures soient bien parallèles et que la toile soit bien tendue.
- Pour remplir ces deux conditions, les bords d’attaque de tous les éléments du profd sont constitués par une [série d’entretoises et de cosses en bois traversées en leur milieu par un
- sandow. Les entretoises sont maintenues deux à deux à leur partie supérieure par de la toile caoutchoutée tandis que l’ensemble est recouvert de feuilles de caoutchouc pur (lîg. 7). En outre sur la ligne du bord d’attaque de la seconde fente courent deux bandes d’acier à ressort perpendiculaires l’une à l’autre, reliées par une charnière de façon à former les deux ailes d’une cornière. Par un mécanisme ingénieux, au moment du repliage de la voilure mobile, l’aile verticale de cette cornière vient se placer dans le prolongement de l’autre afin de rendre possible l’enroulement sur les tambours. Pour compléter ces dispositifs indispensables, les parties en contact avec les longerons profilés de la surface réduite sont munies de galets pour assurer un parfait coulissement.
- La variation de surface est commandée par deux moteurs électriques, un au plan supérieur et un autre au plan inférieur, alimentés chacun par une batterie d’accu-
- Fig. S. — Vue de l’un des tambours sur lequel s’enroule la surface mobile du demi-plan infè ieur gauche.
- (Notez en bas et à gauche le cylindre commandant le câble de traction.)
- mulateurs. Lors du déploiement (fig. 8) le moteur attaque, par l’intermédiaire d’un démultiplicateur à vis sans fin, un cylindre sur lequel s’enroule un câble; — ce câble passant sur une poulie située à l’extrémité de l’enveroure
- O
- tire sur la voilure mobile jusqu’à ce que chaque demi-plan soit déployé. Pour le repliage de la surface, un inverseur vient engrener les tambours qui, montés sur roues libres, tournaient fous à l’opération précédente.
- Fig. 9. — Vue latérale de l'appareil Gérin, surface réduite.
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- Il va sans dire que l’on peut faire tourner séparément les deux moteurs si l’on ne veut faire varier la surface que sur l’un des plans, ou au contraire les enclencher simultanément.
- Le temps de déploiement ou de repliage est d’environ 30 secondes au sol. Il nous a été donné d’assister plusieurs fois à des expériences de ce genre et de vérifier que le fonctionnement mécanique au point fixe était satisfaisant.
- Les croquis et photos jointes donnent une idée suffisante de l’appareil : nous noterons cependant que la charge au m2, au poids total de 1150 kg, est de 183 kg surface réduite et de 44 kg surface déployée et que d’autre part la puissance du moteur Salmson est de 135 ch à
- 18001 : mn.
- Le train d’atterrissage à trois roues a été très largement calculé pour permettre des atterrissages très cabrés, et, à la suite d’essais en soufflerie, la surface de l’empennage horizontal a été déterminée pour obtenir une bonne stabilité tant en surface réduite qu’en
- 10. — Vue latérale de l'appareil Gérin, surface déployée.
- (On aperçoit l’ensemble des nervures et des lentes).
- UN PROJET SENSATIONNEL Appliquant le principe de la surface variable à un appareil de 16 tonnes pour 20 passagers, 5 hommes d’équipage et 500 kg de fret, M. Gérin a esquissé les grandes lignes d’un avion de transport de conception très originale. La cellule biplane, au lieu de posséder un seul longeron profilé par aile, en comporte deux, disposés parallèlement et légèrement décalés en hauteur; cette solution pour laquelle nous avons plaidé présente le grand avantage d’offrir un solide appui au déploiement de la surface mobile (fig. 12).
- Fig. 12. — Projet d'avion de transport à surface variable, pour 20 passagers, vitesse 500 km/h, sur 4000 km.
- La disposition de la chambre des moteurs et des hélices concentriques à l’arrière s’explique par le souci d’augmenter le confort des usagers.
- Détail de la voilure
- mobile
- ::tz:ï n::
- Fig. 11. — Détail du capot moteur et de l’alterrisseur avant.
- surface déployée. De plus, la stabilité transversale est assurée par des ailerons flottants placés en bout du plan supérieur.
- Il y a lieu d’insister sur le fait que cet appareil a été conçu comme appareil d’étude destiné à la mise au point de la surface variable et qu’il ne faut pas en attendre des performances par trop remarquables. Cependant cette réalisation et les études que M. Gérin a effectuées depuis 1928 lui permettent de penser aux liaisons transcontinentales et transocéaniques de demain.
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- Fig. 13. — Aspect qu’aurait un avion Gérin en vol de vitesse, surface réduite et train d’atterrissage escamoté.
- Le fuselage est aménagé d’une façon confortable : passagers à l’avant, mécanismes des tambours d’enroulement au centre, chambre des moteurs et hélices à l’arrière commandées par des arbres de transmission et renvois d’angle. Cette disposition a l’avantage d’éloigner les organes générateurs de bruits, moteurs et hélices, de l’oreille des passagers et de faciliter la surveillance en vol. Avec quatre moteurs de 860 ch à 2000 m, soit
- 3440 ch de puissance nominale, la vitesse maxima serait de 504 km-li, la vitesse d’atterrissage en fin de vol n’étant seulement que de 40 km-h pour un rayon d’action de 4000 km.
- Dans ces conditions la surface réduite serait de 26 m2, 6, soit une charge de 600 kg au m2 et la surface déployée de 327 m2, soit environ 30 kg au m2 en fin de parcours.
- Pour l’utilisation militaire, on pourrait prévoir une vitesse de 600 km-h à 6000 m avec 5500 kg de bombes pour un rayon d’action de 2000 km.
- Ce ne sont là que des prévisions, mais ces aperçus sont étayés sur l’étude du premier « Varivol » de M. Gérin qui constitue une base sérieuse. Cet appareil doit être transporté incessamment sur un terrain d’aviation pour effectuer ses vols d’essai au début de l’année. Souhaitons que M. Gérin qui a construit cette machine entièrement à ses frais remporte un plein succès et soit récompensé de ses persévérants efforts par autre chose que l’indifférence dont les travaux des inventeurs français sont le plus souvent gratifiés.
- En ce qui nous concerne, nous sommes persuadé que la surface variable constitue une solution économique du problème de l’augmentation de la vitesse de transport.
- Si certains trouvent audacieux le déploiement et le repliage de la surface, rappelons-leur quelles critiques ont accueilli en Europe, il y a quatre ans, l’idée lancée par les Américains d’escamoter le train d’atterrissage, et cependant la plupart des avions modernes exposés au dernier Salon de l’Aéronautique étaient munis de ce dispositif. Sous peine de rester éternellement en retard sur l’étranger, pensons en 1935 aux avions qui devront relier en 1940 Paris à New-York en douze heures de vol...
- Jean Lacaine.
- LE VENIN DE COBRA CONTRE LE CANCER
- Le hasard, ce grand dieu de nombreuses découvertes, a permis récemment de trouver un soulagement aux souffrances des cancéreux et même plus, peut-être. Voici l’historique pittoresque de cette découverte.
- Un lépreux de l’île de Cuba, qui souffrait de troubles névritiques très intenses, fut piqué au début de 1929 par une tarentule. Dans les jours qui suivirent, on put constater que les douleurs avaient été fort apaisées. Cette observation fut rapportée au Dr Monaelesser, de New-York, qui songea à essayer l’effet de la toxine venimeuse sur la douleur, quelle qu’en soit la cause. Il vint trouver à l’Institut Pasteur de Paris M. le professeur A. Calmette dont les travaux sur le venin de Cobra sont mondialement connus; ce savant lui conseilla de s’en tenir au venin de Cobra parce que ce poison contient une proportion importante de neurotoxine, qu’on pouvait supposer être, en la circonstance, l’élément actif.
- Les serpents Cobra appartiennent à la famille des Colu-bridés et, dans cette famille, au groupe des Protéro-
- glyphes. Ils ont la tête petite et ovale comme les couleuvres et les crochets venimeux situés en avant de la bouche, pourvus sur leur face convexe d’une rainure servant au passage du venin. Ce sont des serpents terrestres, totalement inconnus en Europe, en Océanie et dans les deux Amériques. Très abondants en Asie, dans l’Inde surtout, dans l’Indo-Chine, à Cëylan, en Birmanie, dans les Indes Néerlandaises, aux Philippines, moins abondants en Afrique sauf en Égypte où ils furent autrefois l’objet d’un culte, les Cobras ou les Najas se rangent dans une dizaine d’espèces dont l’une nous intéresse particulièrement : le Naja tripudians ou Cobra Capel, dont il existe, d’ailleurs, au moins une demi-douzaine de variétés. Leur longueur moyenne est comprise entre 1 m 50 et 2 m.
- Le Cobra Capel est ainsi nommé parce que, quand il entre en colère, il étale latéralement son cou, en forme de chapeau (fig. 1), par écartement et soulèvement des côtes cervicales. Comme tous les serpents, les Cobras sont carni-
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- vores. En captivité, ils refusent toute nourriture, et pour les conserver vivants, on est obligé de les gaver périodiquement, à l’aide d’un entonnoir introduit dans la gorge, d’un mélange de lait, d’œuf et d’eau. Malgré cela ils maigrissent et meurent assez rapidement.
- Les crochets venimeux des Cobras présentent à leur base l’orifice du canal qui livrera passage au venin et conduira celui-ci dans les tissus mordus. Les glandes venimeuses, chez tous les Cobras, sont particulièrement volumineuses, de la taille d’une grosse amande (fig. 2), et elles occupent l’espace compris, en arrière des yeux, de chaque côté entre la commissure labiale de la lèvre supérieure et la face dorsale du crâne. Un Cobra Capel adulte peut fournir, en cent jours, 0 gr 650 de venin liquide contenant 0 gr 200 environ d’extrait sec. La proportion de résidu sec est d’autant plus forte que l’animal n’a pas mordu ou qu’il jeûne depuis plus longtemps. Ce poison est extrêmement toxique puisqu’un gramme de venin sec suffit pour donner la mort à 165 personnes d’une corpulence moyenne ou bien à 80 000 souris d’un poids moyen de 25 grammes.
- L’extraction du venin chez les Cobras vivants s’effectue de la façon suivante. Le serpent étant solidement maintenu par le cou, le plus près possible de la tête afin qu’il ne puisse pas se retourner pour mordre, on l’oblige à cracher dans un récipient la plus grande partie du liquide contenu dans ses deux glandes, en comprimant celles-ci d’arrière en avant. Dans certains serpentoriums on a l’habitude de chloroformer les serpents pour faciliter leur manipulation et éviter l’éventualité d’être mordu par un reptile.
- On peut extraire le venin des glandes environ toutes les deux semaines, sauf au moment de la mue. Toutefois il faut s’abstenir d’effectuer cette extraction en même temps que le gavage parce que, le venin servant de suc digestif à l’animal, celui-ci ne tarde pas à dépérir si on le prive des moyens de digérer les aliments qu’on l’oblige à recevoir. Le mieux est donc de choisir un jour d’une semaine pour le gavage et le jour correspondant de la semaine suivante pour l’extraction du venin.
- Le venin fraîchement recueilli de Cobra est un liquide sirupeux, jaune citrin. Lorsqu’on le dessèche rapidement dans le vide ou dans un exsiccateur à chlorure de calcium-, il se concrète en paillettes de couleur jaune citrin, plus ou moins foncée suivant la concentration du liquide et il prend ainsi un aspect cristalloïde. En cet état sec, placé dans des flacons bien bouchés, il se conserve indéfiniment à l’abri de la lumière, de l’air et de l’humidité. Il se redissout dans l’eau avec la même facilité que l’albumine ou les sérums secs. Par contre, le venin mal desséché perd ses pouvoirs toxiques et même ne se redissout plus.
- Les connaissances scientifiques relatives à la composition chimique du venin de Cobra sont encore incomplètes. On le range dans la catégorie des poisons de composition inconnue qu’on a dénommés toxalbumines, et qu’on rencontre aussi chez d’autres animaux : Scorpion, Tarentule, Abeille ; dans quelques toxines microbiennes : de la diphtérie, du tétanos ; chez quelques végétaux : J equirity, Ricin, et qu’on n’a, jamais pu isoler à l’état pur. Les
- .. = 63 =
- recherches poursuivies sur la ricine ou toxalbumine des graines de ricin permettent de supposer que cette toxine est un complexe lipo-protéique ou lié à un support lipo-protéique. Les essais tentés pour isoler la ricine ont permis de concentrer le pouvoir toxique qui s’est révélé vingt fois plus grand que celui de l’aconitine, mais fragile et éphémère, comme celui de Cobra.
- Les analyses physiologiques les plus récentes du venin de Cobra permettent toutefois de déceler diverses substances ou propriétés préexistantes désignées d’après leur mode d’action sous les noms suivants :
- Neurotoxine, spécifiquement sélective de la cellule nerveuse ;
- Phosphodiastase, ferment jouant un rôle dans la lyse tumorale;
- Bactériolysine, tendant à détruire certains germes microbiens;
- Diastase protéolytique, ferment pi’enant part à la lyse tumorale ;
- Kinase, ferment nécessaire à la digestion du serpent;
- Cytolysine, Hémolysine, Hémorragine et Thrombose en faible quantité, ainsi que le zinc catalyseur.
- Il faut noter que parmi les divers échantillons de venin de Cobra, les uns sont riches en neurotoxines, les autres assez pauvres, mais tous sont abondamment pourvus en germes microbiens. Avant d’aborder les essais cliniques, il fallait préparer une solution de venin de titre connu, susceptible de conserver ce titre assez longtemps, aseptique et qui ait perdu toute action hémolytique et hémor-ragipare.
- En raison de la variabilité du pouvoir neurotoxique des divers échantillons de venin de Cobra, le Dr Ch.Taguet de Paris et ses collaborateurs ont abandonné le titrage pondéral pour n’utiliser que le titrage biologique (R. Du-matras). Après essais sur divers animaux, ils ont choisi comme animal-réactif la souris blanche, parce que particulièrement sensible à l’action du venin et aussi parce
- Fig. 1. — Le Cobra Capel (Naja tripudians) irrité et dressé. (D’après Mme Phisalix. Animaux venimeux et venins).
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- que sa sensibilité est très constante. Ils ont appelé unité souris (U. S.) la quantité minima toxique de toxine de Cobra nécessaire et suffisante pour tuer une souris de 25 grammes.
- Et ils ont appelé Cobra-toxine la suspension colloïdale de venin purifié telle qu’ils la préparent aujourd’hui, c’est-à-dire privée de son hémorragine, de son hémolysine et de ses microbes. La Cobra-toxine des Drs Taguet et Monaelesser est préparée en ampoules de verre jaune enveloppées de papier noir (fig. 3); elle conserve son titre biologique 120 jours au minimum, à la température ordinaire, et plus de six mois au frigorifique.
- L’établissement d’une unité de titrage biologique est une opération très laborieuse et délicate. L’étalon de cette unité, qui est dans ce cas un animal, doit être non seulement déterminé strictement par son poids, mais il y a aussi à tenir compte d’autres considérations telles que l’état biologique de l’animal, son voisinage avec ses congénères, la technique de l’injection, etc. Mais une fois cette unité établie, elle est suffisamment constante. Notons que le mode de titrage biologique établi pour le venin de Cobra par M. Dumatras a été considéré comme indispensable à la mesure de l’activité physiologique de drogues particulièrement actives, mais d’activité inconstante suivant les années et les lieux de récolte, comme la digitale, l’aconit, la colchique, le strophantus, etc.
- Après entente avec le Dr Monaelesser, le Dr Ch. Taguet commença, en 1930, à la Salpêtrière, dans le service du professeur A. Gosset, des essais cliniques, en particulier contre les douleurs atroces dues au cancer.
- Les résultats de ces essais sont résumés dans la communication du professeur Gosset du 14 mars 1933 à l’Académie de Médecine. Depuis 1930 jusqu’au jour de la communication, ces essais portèrent sur 115 malades cancéreux, sans aucune sélection. Le traitement consiste en injections dans le tissu cellulaire de quantités progressivement croissantes de venin de Cobra, titré biologiquement.
- Fig. 3. — Les ampoules de cobra-loxine.
- Ces essais ont fait constater le pouvoir analgésique très manifeste du venin de Cobra. Son application permet de diminuer assez rapidement la dose quotidienne de morphine, et même d’aller jusqu’à sa suppression complète, car si le venin de Cobra agit plus lentement que la morphine, son action, par contre, est autrement plus persistante. Ce pouvoir constitue déjà un événement des plus importants dans la thérapeutique anticancéreuse.
- En outre, des stabilisations et même des régressions ont été aussi enregistrées. Deux obsei'vations sont particulièrement intéressantes : la première d’un cancer de la langue, non opéré, et l’autre d’une récidive de cancer du sein, où la disparition et l’assèchement des foyers cancéreux ont été constatés. Obéissant aux règles élémentaires de la prudence scientifique, MM. Monaelesser et Taguet n’ont pas voulu insister sur ce côté de la question.
- Cependant l’espoir dans les effets thérapeutiques du venin de Cobra non seulement persiste mais est accentué avec les essais expérimentaux effectués depuis par le professeur Calmette sur les souris cancéreuses. La communication qu’il a présentée le 17 juillet 1933 à l’Académie des Sciences, en son nom et au nom de ses collaborateurs, MM. Saenz et Costil, relate des cas très nets où il a pu constater que, lorsqu’on injecte du venin de Cobra à dose infra-mortelle dans la tumeur même, il se produit une véritable fonte de celle-ci; elle se résorbe en totalité après dix ou douze injections. Donc, au point de vue pratique, on constate que le venin de Cobra exerce, sur le cancer de la souris, tout au moins, lequel est de nature différente de celui de Vhomme, un effet curatif indéniable (A. Calmette). Ces essais ont été interrompus par la mort soudaine du professeur Calmette. C’est dix jours avant sa mort qu’il avait bien voulu envoyer à l’auteur de ces lignes la photographie de deux souris cancéreuses qui lui ont servi pour ses expériences, et que nous reproduisons ici (fig. 4).
- Le Dr Taguet et ses collaborateurs ont peu à peu fixé la posologie du venin de Cobra. Il convient de débuter par la dose très faible de 2 1/2 U. S. (deux ampoules) afin de tenir compte de la sensibilité particulière de certains malades; on augmente la dose jusqu’à l’obtention du seuil d’action (diminution ou suppression des douleurs, ou au contraire activation). Il importe de ne pas augmenter la dose après que le seuil est atteint et de maintenir le titrage minimum tant qu’il se montre efficace. Les injections doivent être pratiquées tous les trois jours et jamais plus souvent. Enfin, quand la sédation est obtenue, il faut espacer l’intervalle entre les piqûres : 5 jours, 8 jours et même davantage.
- Précautions indispensables : supprimer l’iode comme désinfectant et surtout par la voie interne. De même il y a incompatibilité avec les sels d’or et d’argent.
- L’injection doit se faire par voie hypodermique; la voie intramusculaire n’est pas recommandable par suite du peu de diffusibilité du venin de Cobra.
- Quel que soit leur siège, quelle que soit la période de l’évolution cancéreuse, on arrive avec la Cobra-toxine à atténuer, voire même à supprimer les grands paroxysmes douloureux. Cependant le Dr Taguet signale une particulière résistance des algies provoquées par le carcinome.
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- Fig, 2. — Glande à venin el crochets d'un Cobra Capel adulte.
- (2/3 d,ela grandeur naturelle.)
- L, Lobes de la glande; D, Canal vecteur du venin; F, Crochet soudé à l’os maxillaire; G, G, Glande ;M, Capsule muqueuse des crochets; R, Crochets de remplace-
- monf* A À MucMa nmivrant. 1a crlAnrlp-
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- Le professeur A. Cahnette a expliqué cette action si curieuse du venin de Cobra sur les algies. « Nous ne pouvons faire, à ce sujet, que des hypothèses », dit-il, « mais il en est une qui, au moins, est basée sur notre connaissance de l’affinité très particulière que possède ce venin pour certains phosphatides qui entrent dans la constitution de la cellule nerveuse, en particulier pour la lécithine. Alors, on peut supposer que le venin de Cobra au contact de la cellule nerveuse, et à dose infra-mortelle, entre en combinaison avec les phosphatides (lécithine) de cette cellule et produit un complexe (venin-lysocithine) qui supprime la sensibilité à la douleur sans nuire à la conductibilité motrice. »
- D’autre part, Warburg et son école ont montré que le tissu cancéreux se comporte non comme le muscle ou le Mucor mucedo, aérobies stricts, mais comme la levure, anaérobie facultatif. Cela a conduit les Dre Taguet, E. Rousseau et R. Dumatras à instituer quelques recherches sur la levure mise en contact avec le venin de Cobra à 1/20 000. Le venin paralyse la fermentation et le développement cellulaire. Des examens en goutte pendante leur montrèrent que les cellules de levure sont altérées, leur cytoplasma plissé.
- On peut donc supposer que les deux éléments du venin de Cobra qui interviennent surtout sont la neurotoxine et la phosphodiastase. Si on l’injecte loin de la tumeur, la neurotoxine se fixe sélectivement sur l’élément nerveux dès qu’elle est à son contact. Son action est anesthésiante et l’effet se localise, notamment, aux fibres sensitivo-trophiques. Toutes les fois que le venin agit, cette localisation engendre la disparition ou tout au moins une diminution progressive de la douleur. Cette action anti-algique est de durée bien plus longue que celle obtenue par les sédatifs nervi ns : la morphine ou les opiacés.
- Si l’on injecte le venin près de la tumeur, la neurotoxine et la phosphodiastase interviennent simultanément, la première par son pouvoir anesthésiant des ramifications nerveuses, la seconde par sa propriété fermentaire.
- L’action sur les fibres sensitivo-trophiques engendre des modifications du néoplasme qui se traduisent par sa stabilisation, ou, dans certains cas, par sa régression et aussi par un état général très amélioré (reprise de l’appétit, augmentation de poids). Certes l’action sur la douleur est le facteur principal des améliorations de l’état général.
- Notons que les effets pathologiques des venins d’animaux et leur application (avec des résultats bien dou-
- Fig. 4. — Action du venin de Cobra sur le Cancer de la Souris. (Photographie et autographe du Pr A. Calmette.)
- teux) ont été connus depuis l’antiquité. En Égypte, au temps des Pharaons, on avait coutume d’employer le bouillon et la chair du Cobra (Naja hâve) pour combattre la lèpre. Toutefois l’application efficace de ces venins n’est devenue possible qu’avec la connaissance des analyses (pour séparer du venin les substances nuisibles), l’invention de la seringue de Pravaz (pour pouvoir faire les piqûres hypodermiques) et le dosage biologique.
- La cobrathérapie a déjà dépassé le cadre de l’algie cancéreuse et a fait l’objet de nombreuses observations dans d’autres affections douloureuses les plus diverses : névrites, râdiculites, épilepsie, contractures, spasmes, troubles vasculaires, sciatiques, zonas, etc.
- Les propriétés multiples et prodigieusement actives des sécrétions venimeuses, qui font de quelques-unes d’entre elles de puissants catalyseurs, font espérer une nouvelle et puissante ressource thérapeutique à laquelle le Dr Taguet et ses collaborateurs consacrent actuellement leurs recherches. W. N, Kazeeff.
- E LE BLOC DE VERRE LE PLUS GRAND E
- ET LA LUNETTE LA PLUS PUISSANTE DU MONDE
- L’Observatoire du Mont Wilson, près de Pasadena, en Californie méridionale, prépare actuellement la construction d’un télescope vraiment gigantesque, qui, avec son miroir concave de 5 m de diamètre, sera de beaucoup le plus puissant du monde, dépassant de quatre fois la puissance de son devancier.
- Le moulage du disque de verre, destiné à fournir ce miroir, constituait un problème hérissé de difficultés extraordinaires. Le verre qui le constitue est un verre au boro-silicate; étant donné son faible coefficient de dilatation thermique, le risque de formation de bulles d’air dans sa masse était très grand; c’est pourquoi l’on ne
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- Fig. 1. — Ce bloc de verre, de 5 m de diamètre, de 0 m 70 d’épaisseur, pesant 20 tonnes, constitue un record en matière de moulage de verre;
- il servira à fabriquer le miroir du plus grand télescope du monde.
- Il comporte au centre une ouverture circulaire de 1 m de diamètre pour le passage des rayons lumineux.
- pouvait guère recourir à l’ancienne méthode, c’est-à-dire couler le verre dans un moule en matière céramique, par fractions à température relativement liasse; il fallut fondre toute la masse à la fois dans un four, puis la transporter, à l’état liquide, du four au moule.
- Un moule destiné à un moulage de verre doit présenter des propriétés spéciales : il doit, en premier lieu, être assez résistant pour supporter le poids du verre. D’autre part, il doit être assez réfractaire pour résister, sans fuites, à la température du verre fondu. Il faut en outre qu’il assure une isolation calorifique suffisante pour éviter, pendant le moulage, un refroidissement trop rapide — et, par conséquent, une tension excessive dans les parties de la masse vitreuse en contact avec le moule. Enfin, il est, comme dans toute coulée, essentiel que la matière dont est fait le moule soit poreuse ; ceci, dans le cas du verre, substance visqueuse, est particulièrement important, pour donner à l’air inclus la possibilité de s’échapper.
- Lors des expériences préliminaires, on a décidé d’adopter certaines briques isolantes, qu’on trouve dans le commerce et qui, au point de vue résistance, porosité et isolation calorifique, satisfont à toutes les exigences, tout en pouvant être sciées dans tous les formats. En y
- Fig. 2. — Tableau comparatif des miroirs de divers télescopes existants (0 m 75, 1 m 50 et 3 m). Au fond le cadre du miroir de 5 m destiné au nouveau télescope du Mont Wilson.
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- Fig. 3. — Le verre fondu esl transporté du four de fusion au moule dans des poches suspendues à des trolleys.
- Fig. 4. — Dans l’intervalle des coulées, on refroidit les poches en les transportant dans l’eau froide.
- appliquant une couche mince de farine de silice, on a pu surface assez friable pour pouvoir retirer le verre facile-en augmenter la résistance au feu, tout en rendant leur ment du moule.
- Fig. 5. — Vue prise pendant la construction du gigantesque four à recuire.
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- Fig. 6. — Partie supérieure du four à recuire le bloc de verre de 5 m de diamètre.
- On aperçoit les sorties des différents rhéostats de chauffage et la suspension
- du refroidisseur.
- Fig. 7. — Une batterie de régulateurs automatiques de température, grâce auxquels le refroidissement du bloc de verre peut être conduit progressivement en 18 mois.
- Si Ton avait donné au grand disque de verre, comme à l’ordinaire, une épaisseur égale au sixième de son diamètre, on aurait eu un bloc d’environ 85 cm d’épaisseur et d’un poids de plus de 40 tonnes. Grâce à l’emploi de nervures radiales, on a pu le renforcer suffisamment pour réduire de moitié son épaisseur et son poids.
- Comme, en transportant le verre fondu du four au moule, on ne saurait éviter complètement la formation de bulles d’air, il a fallu faire en sorte que ces bulles, pendant et après la coulée, puissent être chassées facilement. Dans ce but, on a disposé, au-dessus du moule, un couvercle dont le bord inférieur était en contact avec le bord supérieur du moule, de façon à constituer un four fermé, chauffé par de nombreux becs de gaz à la température de 1350 degrés. C’est ainsi que, grâce à un chauffage approprié, on a pu, pendant (et après) le chargement, éliminer toutes les bulles d’air.
- Pour transporter le verre fondu, du four de fusion au moule, on se sert de poches de coulée en fer d’une capacité, chacune, d’environ 350 kg; fixées dans des appareils de renversement, elles courent sur des chemins de roulement aériens. Pour remplir une de ces poches d’un seul mouvement d’immersion, on l’introduit (après l’avoir refroidie à l’eau en position renversée) dans le réservoir renfermant le verre liquide, on l’y plonge et on la tourne lentement autour de son axe : une des arêtes du bord de la poche tranche le verre et y découpe la quantité exactement nécessaire pour remplir la poche. Après avoir ensuite ramené celle-ci dans sa position horizontale, on la retire du réservoir et on enlève l’excès de verre restant sur l’arête.
- Afin d’empêcher, autant que possible, la production de bulles d’air et la création de tensions internes pendant le refroidissement du disque de verre, il convient de rendre ce refroidissement suffisamment lent et de le faire durer 18 mois. A cet effet, on a construit un four à recuire, constituant un « corps noir » dont les parois, par un système de radiateurs électriques uniformément distribués, sont maintenues à une température uniforme; des couples thermiques combinés à des régulateurs automatiques servent à la régler. Un simple calcul mathématique permet d’établir l’apport de chaleur voulu et, par conséquent, les dimensions des rhéostats nécessaires pour maintenir, avec une isolation déterminée, une température intérieure donnée. Afin de réduire, autant que possible, la consommation d’énergie, on a donné une attention particulière à l’isolement de ce four à recuire, qui ne comporte aucune pièce métallique conti-
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- Fig. 8. — Le bloc de verre à sa sortie du refroidisseur est chargé sur un monte-charge
- de 60 tonnes.
- Au-dessus de lui, au premier plan, on aperçoit une partie du four à recuire garni de rhéostats électriques au chromo-nickel.
- nue allant de l’intérieur à l’extérieur; toutes les barres métalliques de suspension comportent une solution de continuité constituée par une substance isolatrice comprimée.
- Dix régulateurs de chaleur maintiennent la température constante, en dix points répartis sur la surface intérieure du four à recuire. Afin d’empêcher la production de tensions internes, on maintient, pendant 50 jours, une température de 500 degrés C, après quoi l’aiguille de chacun de ees instruments est, successivement — à trois heures d’intervalle — ramenée en arrière d’un degré centigrade, de façon à réduire en 30 heures, d’un degré, la température du four tout entier. C’est ainsi qu’on ramènera la masse tout entière du disque de verre, au bout de 18 mois, à la température ordinaire. On vient, au cours de son refroidissement, de présenter ce disque de veiTe à un comité de savants, qui l’ont examiné avec soin. Comme, en dépit de tous les soins apportés au moulage, il faut compter avec de petits défauts de coulée, on procède actuellement au moulage d’un second disque de verre de dimensions égales. On choisira, de ces deux disques, celui qui se trouvera être le plus parfait et on le transportera, avec des appareils de transport spéciaux, à l’Observatoire californien, où se fera le polissage de ce miroir concave gigantesque.
- Le Dr Georges V. Mc Cauley, physicien des usines de verre de Corning (Corning Glass Works), à qui nous devons notre documentation, ne doute point de la réussite de ces opérations; il est même convaincu que le même procédé permettrait le moulage de miroirs concaves de dimensions bien plus grandes encore. Dr Alkhed Gkadenwitz.
- = NOUVELLE TECHNIQUE DE L’INDUSTRIE = SUCRIÈRE : LE PROCÉDÉ TEATINI
- La fabrication du sucre cristallisé dit, en France, type commercial n° 3, à 99,5 pour 100 de saccharose, peut se résumer dans les trois séries d’opérations fondamentales :
- a) Découpage des racines en « cossettes » et diffusion ;
- b) Purification du jus sucré (défécation, carbonatation et sulfitation) ;
- c) Concentration, cuite et cristallisation.
- Sous cette forme, une industrie agricole s’est concentrée, sur notre sol, à l’intérieur d’un quadrilatère qui a pour sommets : Guignicourt (Aisne), Pithiviers-le-Vieil (Loiret), Fontaine-le-Dun (Seine-Inférieure) et Sainte-Marie-Kerque (P.-de-C.). Quelques unités, comme celles de Thumeries, de Corbehem et d’Escaudœuvres, traitent plus de 2500 tonnes de racines par journée de travail, dans le. dernier trimestre de l’année, et la « campagne » de 1934 a fourni 1 050 000 t de sucre, ce qui ramène la production nationale au chiffre qu’elle avak atteint vers 1900. Au cours du dernier siècle, Dumas, Payen, Dubrunfaut, Pelouze, Aimé Girard, Lindet, Dehérain,
- G. Ville, Pellet... ont apporté leur concours aux agriculteurs et aux fabricants de Flandre et de Picardie, et quand on joint à ces noms ceux de Liebig, de Coren-winder, de Michaelis, d’Urban, d’Herzfeld... on peut croire que, dans l’ordre chimique du moins, il ne reste à accomplir que de très légers progrès. Ce serait ignorer les ressources qu’offre « la chimie physique », surtout depuis une vingtaine d’années.
- Or, le problème de l’épuration du jus sucré relève, au premier chef, de cette branche récente des sciences expérimentales qui a compté, parmi ses premières conquêtes, nos connaissances actuelles sur les colloïdes, cependant étudiés par Graham dès 1860.
- Les racines mises en œuvre contiennent, en effet, de 1,2 à 1,8 d’azote pour 100 de sucre et, dans les « jus » de diffusion, l’analyse décèle des matières organiques, à partager en deux catégories : les protéines (comme l’albumine, les peptones, la nucléine) et les composés amidés auxquels se rattachent l’asparagine (dérivé amidé de
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- l’acide aspartique), la glutamine et ce dérivé tri méthylé du glycocolle qu’est la bétaïne, tous produits dénommés « non sucres » avec les gommes et principes pectiques, le sucre interverti, les graisses et cires, une troisième catégorie d’impuretés comprenant les sels minéraux. A la suite des nombreuses recherches de Deyeux, Derosne, Payen, Kuhlmann, Ragot, Naudet... l’épuration carbo-calcique a été adoptée dans la grande majorité des usines, à quelques variantes près. On admet ainsi que le chauffage et l’addition de 2,2 à 2,6 kg de chaux (à l’état CaO), par hectolitre de jus, aboutissent à la «neutralisation » de l’acidité (ce qui évite toute inversion du saccharose en cours de travail), à la stérilisation (qui arrête l’action des ferments), à la précipitation des acides (sous la forme de sels de calcium insolubles), à la décomposition des substances amidées (de là un dégagement d’ammoniac), à la « précipitation », enfin, de la plus grande partie des gommes et des pectides. La chaux est employée en grand excès et il importe de décomposer, par l’acide carbonique, les saccharates formés. La «pureté» des jus s’élève ainsi et on admet même que la formation du carbonate C03Ca contribue à la séparation des colloïdes, les parties en facettes des cristaux se prêtant à certains phénomènes d’adsorption. Etudiée notamment par Weis-berg, Claassen et Andrlick, cette technique était restée classique jusqu’en 1929, avec ses fours à chaux, ses «préparateurs de lait», ses chauleurs et ses pompes à gaz.
- Or, reprenant les mesures du Professeur D. Teatini, que l’on considère un jus sucré, tel qu’il sort des batteries de diffusion, pour le traiter par des quantités croissantes de chaux vive, pure, et que, après chaque addition et filtra-
- tion, on détermine l’alcalinité, en grammes par litre, pour évaluer la « concentration en ions H — soit le PH correspondant —, par exemple au comparateur de Hellige (x). Le PH augmente rapidement et passe de 6,4 à 10,6, valeur qui correspond à une addition de 2,5 gr au litre ; qu’on dépasse ce dernier chiffre — 10,6 — l’indice de Sarensen varie alors insensiblement, la concentration en ions (011)“ qui viendraient de la dissociation de la chaux hydratée — considérée comme électrolyte — étant « freinée » par la libération d’autres ions (Olï) issus de sels alcalins :
- S04Na2 + Ca(OH)2 S04Ca + 2 Na OH.
- 2 Na OH 2Na++2(OLl)-
- 2 PO4 K3 + 3Ca(OH2) -> (P04)2Ca3 + 6 KO H 6 KO H 6 I« + 6(OH)“
- La courbe conserve, à très peu près, l’allure d’une horizontale (2). Ce point est capital : il indique que le PH du jus initial peut varier dans des limites assez larges — de 5,9 à 6,3 par exemple —, sans compromettre le résultat. En fait, pour reprendre les termes mêmes de D. Teatini, on ne court aucun risque de dépasser la concentration ionique correspondant à un certain « point isoélecirique optimum », que marque à la « neutralité » des micelles colloïdales, en donnant à cette expression un sens très particulier : en un tel point, les micelles sont « électriquement » neutres ; leur charge a diminué au fur et à mesure qu’on ajoutait l’électrolyte Ca(OH)2; elles ne se déplacent plus dans un champ électrique, en se repoussant mutuellement. Elles s’agglutinent, se précipitent, «floculent» enfin. Le mot « point isoélectrique optimum » a soulevé quelques discussions mais, pour lui donner toute sa valeur en technique sucrière, il convient de lier les
- 1. Nous prions le lecteur de bien vouloir se reporter à l’article du Pr. Boutaric, paru dans les colonnes de La Nature (n° 2773). Nous en résumons ici les données essentielles.
- Par application de la loi de Guldberg et Waage à la dissociation électrique, on peut écrire, pour l’eau pure :
- Cil X Coll „ vr
- —------- = K, ou C:i x Cou = K x Cu»o = K„
- C'I^O
- en notant que K. = 10“34 à 23°. Ce qui indique que 10 millions de litres d’eau (107) comprennent seulement 18 gr d’eau, une molécule dissociés, soit : 1 gr d’ions H+ et 17 gr d’ions (OH)-.
- La dissociation d’un acide, en solution aqueuse, libérant des ions H+ qui s’ajoutent à ceux de l’eau, on a C(on-) 10 ~7 ; dans le cas d’une base, au contraire, C-oii)- > 10“7.
- tMais la notion de « concentration » ne se prête pas à l’établissement de graphiques et Sôrensen a proposé de substituer â la « concentration » la valeur, changée de signe, du logarithme vulgaire, et d’écrire :
- ce qui permet la classification, si commode :
- Liqueur acide Cn+ )> 10~7 soit 1 < P“ < 7.
- Liqueur neutre Cu+ = Cou- = 10“7 P“ = 7.
- Liqueur alcaline Ch+ -< 10“7 7 < P11 <<14.
- 2. Pour D. Teatini, c’est là un fait comparable à celui qui caractérise certains phénomènes ferro-magnétiques : quelle que soit la valeur du champ inducteur, la variation d’intensité d’aimantation se traduit, au début, par une courbe d’allure parabolique que continue une droite indiquant la saturation.
- Fig. 1. — Varialions du PH et de « l'olcalinitê soluble » du ius de diffusion en fonction des quantités de chaux ajoutées.
- -13 13
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- Chaux(CaO) ajoutée aujus en or. par litre (65°)
- —(---1_i__i ^ I_i_i r \ i i i i
- 4 5 6 7 8 9 10 11 1213 14-15161716 19 20
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- trois notions : action d’un électrolyte, point isoélectrique, et floculation, et d’admettre que ledit apoint» se rapporte au plus grand nombre des colloïdes du milieu de « dispersion » (1).
- Or, si le jus de diffusion contient des acides, apportant des ions H+, il présente aussi, nous l’avons signalé, de ces électrolytes amphotères dont la molécule renferme, à la fois, des groupes acides et des groupes basiques : la dissociation des protéines libère, en même temps, des ions H *' et des ions (OH)~. Considérons ainsi l’un des plus simples parmi les acides aminés, l’acide p-aminobenzoïque, C6N4NH2 — CO O H dont la dissociation, en solution aqueuse, peut s’exprimer par les deux équations qui mettent en évidence les ions de signes contraires :
- [H’
- CODNH2—COOH + H2 O '
- COO — CcHlNH3OH]~
- (diss. acide)
- ^ (OH)" + [COOH —C6HiNH5]+
- (diss. bisique)
- De là, deux constantes : l’une Ka relative à la dissociation acide, l’autre KA relative à la dissociation basique. Si a est le coefficient d’ionisation, on peut écrire:
- (1) PH = log ~ + log YZZy
- (2) P11 = log log (avec Iv, = 10~14).
- Portant en abscisses les valeurs de oc et, en ordonnées, celles de PH, on obtient deux courbes A (éq. 1) et B (éq. 2) qui se coupent en un point I, pour lequel l’acide aminobenzoïque présente « en quantités égales » les deux types de dissociation ; en ce point la « neutralité électrique » est atteinte et il correspond à une valeur bien déterminée de PH (fig. 2). D. Teatini a mesuré les constantes K, et K-, et trouvé :
- K(( = 6,8 x 10 -<1 K. = 2,3 x 10-12
- d’où
- PH = 3,76.
- Il y a alors « équilibre entre l’amphotère et ses sels » (2).
- Pour tout colloïde, il existe ainsi — rappelons-le — un point où les micelles, «électriquement neutres», floculent. Ce que nous avons dit de l’acide CH2NH2 — COOII peut se répéter pour chacun des amino-acides, pour chacun des amphotères qui se rencontrent dans le jus sucré et qui dépendent non seulement de la variété des racines, mais encore de la durée de la diffusion, de sa température et de la rapidité du travail qui limite les phénomènes d’oxydation (3). Et le problème de la «neutralisation»
- 1. En suivant de près les mesures, on remarque que, dans le voisinage de P1J = 9,4, la courbe présente un point d’inflexion, soit un début de floculation, la précipitation étant, dans tous les cas, fonction de deux facteurs : valeur de et concentration moléculaire de l’électrolyte (fig. 1).
- 2. Dans le cas de constantes égales (Ki = Kb) on aurait PH = 7.
- 3. La betterave contient notamment un hydrate d’ammonium
- quaternaire, la bétaïne (CH3)3 (GH2 — COOH) NOH, acide dérivant
- de la choiine (amino-alcool) par oxydation de la fonction CI-POH.
- Fig. 2. — Diagramme de dissociation d'un ampholyte (acide p-aminobenzoïque)
- paraîtrait insoluble si l’expérience n'avait pas montré que la composition chimique des jus à « chauler » n’a pas l’importance qu’on pourrait lui attribuer : en fait, le point isoélectrique (de floculation) optimum correspond toujours à un PH voisin de 10,6 qu’on atteint avec 150-250 gr CaO, par hectolitre, la seconde phase du procédé Teatini étant favorisée cependant par un léger excès d’alcali.
- Dans la pratique courante de la méthode carbo-calcique, la consommation de chaux monte à 40 kg par tonne de racines, donnant de 108 à 110 litres de jus, dont le PH s’élève à 13,5. Au poste défécation, il convient de faire figurer 72 kg de calcaire et 6,5 kg de coke. Une usine traitant 600 t doit ainsi recevoir, par journée de travail, 48 t de produits : la mise en application du « Teatini » réduit cet apport à moins de 2 tonnes, le fabricant s’approvisionnant en chaux vive et non en carbonate.
- Les opérations qui suivent, habituellement, la carbonatation présentent une série de variantes : quelques industriels procèdent à un second chaulage et à un second traitement par le gaz carbonique, celui-là à 90 ou 95°; certains même conseillent une troisième opération; d’autres accordent leur préférence au procédé de sulfi-carbonatation Weisberg : les jus clairs de première carbonatation sont soumis à l’anhydride SO2 (jusqu’à l’alcalinité correspondant à 0,6-0,7 gr CaO, par litre), puis ils reçoivent 2 pour 100 d’un lait de chaux (ou de la poudre) avant de passer à la seconde carbonatation.
- En règle générale, qu’elle se pratique sur des jus « déféqués », des sirops (jus concentrés) ou des « égouts » (eaux mères de premier ou de second jet), la « sulfitation » demande des gaz sortant des fours à soufre, type Quarez, Lacouture, etc., et tenant environ 10 pour 100 SO2.
- Or, maintenant le jus sucré dans la région « isoélectrique » (10,5 <7 PH <0 1.0,8), D. Teatini fait agir l’anhy dride liquide : une dose de 0,16 à 0,26 gr au litre
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- Procédé Teatim-(intégral)
- anhyd.SO2 filbrabndirecbe
- F dUS ,
- i epure
- neutralité
- §zone d acidité | naturelle du . Jus de dirlussion
- Fig. 3. — Mécanique de la floculation colloïdale (action de la chaux hydratée, de l’anhydride SOi et du sulfite de calcimj.
- correspondant à une nouvelle floculation, car son action est avant tout électrolytique et la « concentration brusque » qu’elle produit donne, pour les deux réactions
- a) I120 + SO2 = S03H2 2 H2^ + (SO7')-
- b) Ca (OH)2 + SO2 ^ Ca+ + 2(OH)- + (SO7’)"
- = SO'Ca + 2(OH)“
- des vitesses telles que leur somme l’emporte sur la vitesse de la réaction classique :
- c) Ca (OH)2 + SO2 = S07Ca + H20.
- Les colloïdes à charge négative, non touchés par l’ion Ca+T, sont floculés par les ions EL', les colloïdes à charge positive donnant des ions complexes avec les ions (SO") Q). En môme temps se forment des cristaux
- 1. C’est là une conséquence de la loi de Billiter et l’on sait, d’autre part que le pouvoir précipitant d’un ion est généralement d’autant plus fort que sa valence est plus élevée. La floculation doit donc s’attribuer aux ions Ca et SCP — divalents — plutôt qu’aux ions H et OH — monovalents.
- Fig. 4. — V arialions du P" dans l’ancien (calco-carbonique) d dans le nouveau procédé (Teatini intégral).
- Colloïdès — Floculablespar les ions
- Colloïdes -|— Floculables parles ions OH~
- Colloïdes —j— floculables parles ions type SO3
- CafOHr
- de sulfite SO’Ca qui, adsorbés par les colloïdes ou les adsorhant, prennent une densité suffisante pour se séparer brusquement du liquide, dont le PH, après filtration reste voisin de 10,8. Une nouvelle addition de chaux permet une seconde et complète épuration.
- En résumé, trois opérations caractérisent la méthode sous sa première forme le « Teatini classique » :
- a) Alcalinisation du jus brut jusqu’à une « concentration » déterminée (2 grCaO par litre de jus).
- b) Addition d’anhydride sulfureux liquide (0,1 gr).
- c) Addition de chaux (8 gr CaO).
- Mais, depuis 1932, l’inventeur a simplifié à l’extrême sa technique et, dans le « Teatini intégral », la purification des jus se ramène à une addition de chaux vive (2 gr/1), puis d’anhydride SO2 liquide (0,1 gr/1). La floculation terminée, on procède à la filtration et la neutralisation s’obtient; avec du gaz SO2 (ou un mélange SO8 + CO2), les dernières quantités de chaux retenues s’éliminant, avant cuisson, par addition de carbonate CO3Na2 (5 gr/1).
- On peut en résumer les avantages dans le court tableau ci-après qui offre des points de comparaison avec la méthode tenue pour la meilleure jusqu’en ces dernières
- années. Les chiffres se rapportent à la tonne de racines
- soit 110 1 de jus de diffusion :
- Procédé Procédé
- carbo-calcique Teatini
- (avec sulfitation intégral
- Weisberg) (ou rationnel).
- Calcaire 72 kg 0
- Coke 6,5 0
- Chaux vive 0 3
- Soufre 0,230 0,680
- Anhydride SO2 liquide Soude (pour le travail 0 0,150
- des jus) 0,250 0,5
- On sait combien sont élevés, en sucrerie, les frais de transport et les frais de « manutention ». Que l’on mette en parallèle les résultats acquis lors de la camjDagne 1929-1930, tandis que, s’adaptant à un matériel déjà ancien, la méthode Teatini n’en était qu’à ses premiers essais.
- Procédé cakbo-calcique
- Volume des jus
- ( après première carbonatation : 125,19 1. ) après seconde carbonatation : 128,30.
- Calcaire consommé : 71,36 kg.
- Ecumes produites : 136 kg.
- Excédent de « petit jus » (lavage des écumes) : 6,44.
- A la seconde carbonatation, les 110 1 sortis des diffuseurs s’élevaient à 134,74 1 (soit une dilution de 22,49 pour 100).
- Procédé « classique » Teatini
- ( après premier chaulage, 114,44 1. Volume des jus 1 après second chaulage et carbonata-( tion 115,98.
- Calcaire consommé : 21,6 kg.
- Ecumes produites : 41 kg.
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- A la dernière carbonatation, le volume du jus, au départ de 110 litres, atteignait 117,382 litres, soit une dilution de 6,7 pour 100 seulement.
- En appliquant judicieusement le « Teatini intégral » à l’heure présente, on supprime les fours à chaux, avec leurs accessoires (serubber pour lavage des gaz, monte-eharges pour le calcaire et le coke), la faible quantité de chaux demandée par la « floculation » ne dépassant pas 3 kg par tonne de racines et pouvant s’employer sèche, ce qui entraîne encore la disparition des élévateurs, tamiseurs, malaxeurs, employés à la fabrication du « lait ». 11 n’est plus question de première et de seconde défécation, de première et de seconde carbonatation. Le « bouillissage » est devenu opération inutile, et la réduction de main-d’œuvre s’accompagne d’une économie importante de charbon, provenant de la moindre dilution des jus à cuire. On pourrait encore indiquer à l’actif du « Teatini » la suppression
- '....= 73 =
- des cristallisoirs pour masses cuites (premier et secor jet) et celle des turbines d’affinage des arrière-produit;: avant refonte. En même temps enfin que s’accroît la « puissance » de l’usine, diminuent les pertes « par stockage » des racines.
- De la batterie de dilfusion, les jus arrivent aux bacs de floculation — action de la chaux et de l’anhydride liquide —, puis ils traversent les appareils de réchauffage et de filtration. A la « neutralisation », à la « séparation des écumes et à « l’addition de carbonate », font suite les batteries de concentration, et le travail se termine par les opérations bien connues : cuissons en premier, en second et en troisième jet, séparées par le passage aux turbines.
- Pour modifier la technique sucrière qu’on tenait poulie parfaitement au point », il a suffi ainsi de faire appel à quelques mesures d’ordre physico-chimique.
- PAU!. B AUD.
- LES ILES MONASTIQUES DU LAC TANA
- EN ÉTHIOPIE
- Du lac Tana, situé à 1900 m d’altitude au nord-ouest de l’Ethiopie, sort l’Abbaï ou Nil bleu, lequel à Khartoum s’unit au Nil blanc, issu lui-même des grands lacs Victoria, Edouard et Albert Nyanza. Le lac Tana joue donc dans l’hydrographie nilotique, on le sait depuis longtemps, un rôle capital. Mais une exploration récente nous a révélé l’intérêt qu’il offre pour l’histoire de l’Ethiopie. De ce lac émergent un certain nombre d’îles, dans lesquelles s’élèvent des églises et des monastères, qui possèdent des collections de manuscrits.
- L’Ethiopie chrétienne a subi deux grandes invasions musulmanes. Au xvie siècle, un conquérant, Mohammed Gragne, sorti des contrées du sud-est, du pays d’Adal, escalada le plateau éthiopien, l’occupa pendant trente ans et le ravagea. A la fin du xixe siècle, les Mahdistes, qui, après la prise de Khartoum et le massacre du général Gordon, fondèrent un état théocratique sur le Nil moyen, gravirent les pentes occidentales du plateau et à leur tour vinrent piller l’Éthiopie. Mais ces envahisseurs ne disposant pas de batellerie, les îles du lac Tana demeurèrent à l’abri de leurs déprédations.
- Instruit de cette circonstance, le major Robert Cheesman, consul britannique en Ethiopie occidentale, qui s’était déjà signalé par une expédition fructueuse en Arabie, présuma que leur exploration procurerait des découvertes. Son voyage fut favorisé par S. M. l’Empereur Ilailé Salasie.
- Parti de Dangila le 19 novembre 1932, Cheesman descendit la vallée du petit Abbaï, principal tributaire du lac Tana et, chemin faisant, il découvrit un lac volcanique, qui ne figurait sur aucune carte, le Tingiti Barakat. Il atteignit la rive sud du Tana à Lijomé, où il trouva exacte
- au rendez-vous une équipe de Waitos avec trois tanqouas. Les Waitos, qui habitent la presqu’île de Zegi, sont des bateliers spécialisés dans la conduite des tanqouas, nacelles qu’ils font avancer à la gaffe o\i avec des rames rondes de bambou. Ces esquifs, relevés aux deux extré-
- Fig. 1. — Le lac Tana, en Abyssinie et ses îles.
- \ °Samara ’Kouerata
- Bahr-Dai
- s r{ n i
- Ë7 Kouerata Atir.
- I •“11?3
- T T.MemaDçbir4M’Marmersa: Y 2507 * 2583
- [Bahr-Oahr Veana
- Echoie
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- ités, ont une longueur de 5 à 6 m et une largeur de m 50 à 1 m 80. Leur coque est formée de fagots de ones, serrés par des cordages. Ces petits bâtiments sont xragiles, les jones s’imbibent d’eau, s’alourdissent et s’enfoncent. Aussi le service de chaque tanqoua ne dépasse-t-il guère quarante à cinquante heures de navigation. Pendant sa circumnavigation du lac Tana, Cheesman dut se procurer trois fois de nouveaux tanqouas.
- De Lijomé il commença par visiter le groupe des trois îles Dak, Narga Silesi et Daga. Dak est la plus grande du lac. Elle a près de cinq kilomètres de diamètre. De surface plate, elle est habitée par une population agricole, qui cultive surtout le millet. Elle possède cinq églises. Dans la petite île de Narga Silesi s’élève un monastère construit par l’impératrice Mentewab (dont le nom signifie : comme tu es belle !) qui tint quelque temps cachée la mort de son mari, l’empereur Beccafîa (1721-1730), pour assurer le trône à son fils Yassou II et à elle-même la régence. Sur le sommet volcanique de l’île Daga s’élève un monastère
- Fig. 2. — Tanqouas (esquifs éthiopiens sur le lac Tana) d’après Jean Duchesne-Fournet.
- qui est l’un des plus célèbres de l’Ethiopie. On y observe une règle fort stricte. Aucune femme et même aucune femelle d’une espèce animale n’y est admise. Antoine d’Abbadie y aborda en 1842. Mais en 1881 il fut interdit au voyageur Steclcer d’y descendre. Cette rigueur s’atténua pour Cheesman. Les moines le reçurent courtoisement, mais toutefois le prièrent de s’abstenir de les photographier. Ils vivent confinés sur leur étroit domaine, et Cheesman en vit qui depuis un demi-siècle n’en étaient pas sortis. Cette île Daga fut le lieu de sépulture d’un certain nombre d’empereurs 'd’Ethiopie. Cheesman y vit les tombes de Ykouna Amlak (1268-1283), de David Ier (1381-1410), de Zerea Yacob (1431-1468), de Sertsé Den-gel (1564-1597), qui combattit les Gallas et les Turcs de Massaouah, celle enfin du célèbre Fasilidès (1632-1667), le fondateur de Gondar, qui s’y fit construire un palais-forteresse, et qui lança un pont sur le Nil bleu pour faire communiquer le Godjam et l’Amhara. On montra à Cheesman la momie de Fasilidès.
- Se dirigeant ensuite vers le sud du lac, Cheesman
- descendit dans l’île Kebran Gabriel. L’église de son monastère, dédiée à l’archange Gabriel, contient la tombe de l’empereur Tecla Haïmanot. Il se trouvait alors à proximité du déversoir du lac dans le Nil bleu. Le lac est fermé par une coulée de lave, que les eaux franchissent pour former le fleuve.
- Une dizaine d’îles s’échelonnent le long de la rive orientale du lac. Cheesman en visita quelques-unes : Riema, dont l’église Modhani Allam contient de jolis tableaux de sainteté; Tana Christos, dont l’église aurait, selon la légende, été fondée par les rois Abraha et Atsbaha, sous le règne desquels l’évangile pénétra en Ethiopie; Tchekla-menso, où l’on voit les ruines du palais de l’empereur Yassou (1682-1706), et Mitraha, qui renferme le tombeau de ce même empereur.
- Au nord du lac, la péninsule Gorgora dessine sur la rive une saillie massive. Cheesman y étudia les ruines du palais de l’empereur Socinios (1607-1632), construit sur les plans du jésuite portugais Pedro Paez. Il visita le petit monastère de Debra Sina et le très grand monastère de Mandaba, peuplé de cent cinquante moines. Vivant dans de petites cellules, ces cénobites parurent au voyageur absorbés dans des méditations qu’il eut la discrétion de ne pas troubler.
- Cheesman termina sa circumnavigation du lac en longeant la rive occidentale. Il constata qu’elle était inhabitée. En 1902, les membres de la mission Duchesne-Fournet avaient en parcourant le Tacoussa vu les traces de l’invasion mahdiste de 1888 : squelettes et crânes blanchis épars sur le sol, ruines d’églises incendiées. Trente ans plus tard, Cheesman constata la même désolation; le pays n’a pas été repeuplé.
- Le voyage de Cheesman a eu d’intéressants résultats au point de vue littéraire. Toute église de monastère éthiopien comporte un local appelé Ikrbel où l’on conserve les vêtements sacerdotaux et les livres. Cheesman ne manqua pas de visiter les bibliothèques des monastères où il fut admis". Les collections se composent principalement d’ouvrages théologiques, écrits les uns en geez (ancienne langue liturgique), les autres en amharique (langue commune). A Narga Silesi, il parcourut « Les miracles du Christ », ouvrage joliment illustré, à Tana Kirkos, « Le livre des mystères », dont l’auteur est vraisemblablement un certain Gabriel Walda Batrik.
- Ces bibliothèques possèdent aussi un certain nombre d’ouvrages d’histoire. Dans celle de Daga, Cheesman copia une liste de rois et d’empereurs commençant à David et à Salomon.
- La visite des bibliothèques par Cheesman fut nécessairement fort brève. Mais il estime qu’un orientaliste français, anglais ou italien, qui, continuant la tradition des grands éthiopisants, Antoine d’Abbadie, Wallis Budge et Ignazio Guidi, étudierait à loisir les manuscrits des bibliothèques monastiques du lac Tana, y ferait des découvertes pour l’histoire sacrée et profane de l’Ethiopie. Esprit très ouvert et ami des lettres, S. M. Hailé Salasie favoriserait certainement une entreprise de ce genre (*).
- Henri Dehérain.
- 1. D’après deux lettres du Major Cheesman, publiées dans les numéros du Times des 10 et 11 septembre 1934.
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- = GENÈSE ET ÉVOLUTION DES BASSINS
- HOUILLERS
- LEUR DÉDUCTION DE NOS CONNAISSANCES SUR LA STRUCTURE DES HOUILLES
- Par quel processus les plantes de la forêt houillère se sont-elles transformées en charbon ? Comment expliquer la diminution générale de la teneur en matières volatiles vers le bas de la série stratigraphique d’une région houillère déterminée ?
- Nous allons nous efforcer d’élucider ces questions en nous basant sur les travaux des professeurs Paul Bertrand,
- manière plus ou moins fidèle à celles que la houille contient à l’état originel.
- Il est possible que les recherches radiogrammétriques nous aident un jour à lever un coin du voile qui nous dissimule presque toutes les données relatives à la constitution des houilles.
- La technique suivie dans cette voie mérite d’être
- Clarain-Vïtram
- Houille brillante
- Spore Coaf-Duram n , _
- ... ... . bayets D
- (Hou'He ma te ) ifQinnel Coals) j Bogheads *
- T' Zone de dispersion M aquatique
- _Mi j Zones de dispersion
- rrt_____^____ÿi'f mixtes
- N___ÏZi'iuaériennes et aquatiques
- oc-y Surface de la lagune houillère oc-x. Sol doucement incliné de cette lagune
- Y
- “Y”
- CharbonS\ humiques
- k----------
- Charbons sapropé/iens
- Charbons sporo -potliniques
- Fig. 1. — Schéma de la genèse des gisements liouillers. (D’après Duparque).
- et Duparque, de Lille, Paul Lecomte, de Paris, et Legraye, de Liège.
- Afin de mieux expliquer les théories de ces savants appliquées à la genèse et à l’évolution des bassins houil-lers, précisons l’état de nos connaissances sur la houille.
- I. — LA CONSTITUTION DE LA HOUILLE
- Notre ignorance de la structure chimique de la houille provient de ce que ce corps résiste à peu près à tous les agents chimiques et que ceux d’entre eux qui en permettent une attaque partielle, par exemple la pyridine, les phénols, le chloroforme, etc... sont des agents tellement brutaux qu’ils ne laissent probablement pas subsister, dans la solution, grand’chose de la constitution des éléments initiaux.
- Autrement dit, la houille constitue un édifice compliqué d’atomes. Les substances que l’on en détache, à l’aide de dissolvants par exemple, ne ressemblent que d’une
- mentionnée. Une plaque mince, taillée dans la partie homogène d’une houille, soumise à l’impact des rayons X, donne deux anneaux concentriques de diffraction, à contours flous et estompement de la plage interannulaire.
- Or, si l’on dessèche l’échantillon, le brouillard interannulaire s’éclaircit et si l’on expulse les matières volatiles, les contours des anneaux deviennent nets, mais leur position ne change pas comme si la structure de la masse n’était pas, essentiellement modifiée.
- Comment interpréter ces variations peu importantes dans les radiogrammes ? Il faut admettre que l’édifice (x) atomique du charbon comprend des parties thermiquement fragiles et d’autres nettement plus résistantes, « sans intermédiaire ».
- Ces parties résistantes sont probablement constituées
- 1. L. Crussard. La constitution des houilles. Sens du problème et modes de recherches. Chaleur et Industrie, Mars 1934, pages 17-23.
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- non par des noyaux benzéniques, puisqu’il en passe dans les produits de la distillation du charbon, mais par des parties plus grosses : humiques ou au delà de l’hu-xnique.
- Cette méthode d’investigation en est encore à ses débuts. Elle fournit déjà un moyen de déterminer le degré de graphitisation d’une masse de houille soumise à la carbonisation en vue de la production soit de coke métallurgique, soit d’électrodes. Dans le premier cas, le graphite devra être en quantité aussi réduite que possible, car cet élément diminue la combustibilité du coke et, par suite, nuit à ses conditions d’utilisation. Il devra l’être, au contraire, en quantité maximum au cas de préparation d’électrodes, car cet élément leur conférera la conductibilité électrique et en réduira l’usure sous l’action de l’oxygène (1).
- Les procédés qui, jusqu’à ce jour, nous ont le mieux renseignés sur la structure de la houille consistent en son examen suivant les mêmes méthodes qu’en métallographie, à savoir dans l’examen au microscope et en lumière réfléchie de sections polies. Cette méthode a été mise au point par M. Duparque, pro-
- 1. lt. Leflbvhe. Sur l’examen du coke par les rayons X. Chaleur cl Industrie. Mars 1934, pages 63-69.
- Fig. 2. — Structure d'un charbon de Beeringen (Campine). Charbon à 28 p. 100 de matières volatiles. Coupe perpendiculaire au plan des stratilications. Grossissement 100. Enchevêtrement de tissus ligneux et de spores. (Cliché Legraye.)
- fesseur de géologie à la Faculté des Sciences de Lille Q).
- On ne pourrait, par contre, procéder à l’étude de lames minces de charbon, car celles-ci ne seraient pas suffisamment transparentes. D’autre part, il serait évidemment difficile de tailler des lames de charbon dont l’épaisseur ne dût être comprise qu’entre 1 et 1,5 centième de millimètre. Comme la houille est très friable, les échantillons se briseraient avant d’atteindre la minceur nécessaire.
- Les travaux de M. Duparque font ressortir que la houille est essentiellement constituée par une pulpe bien macérée et de nature homogène enrobant des éléments divers ayant résisté à la macération. Suivant l’image du professeur Paul Lecomte, la houille, vue au microscope, fait figure d’une confiture de mirabelles.
- Autrement dit, on y trouve une masse homogène formée par la pulpe bien macérée et des éléments divers-ayant résisté à la macération pour diverses raisons :
- 1° Des morceaux de pulpe qui auraient disparu si on avait poussé la cuisson plus longtemps ;
- 2° Des éléments présentant une résistance particulière à la macération : la peau et les noyaux.
- La pâte, sans éléments végétaux distincts, correspond au vitrain ou charbon brillant; définie, pour la première-fois, en 1929, par Marie Stopes. Cette savante britannique déclarait alors que la houille devait être considérée comme la résultante de la juxtajDOsition de quatre constituants auxquels elle donnait les noms de : vitrain, durain, clarain et fusain.
- Le vitrain, comme nous venons de le voir, est un charbon brillant constitué uniquement par une pâte amorphe ou ciment exempt de débris végétaux. Le durain est un charbon mat, lequel est très riche en débris végétaux que cimente une pâte abondante. Le clarain est un produit bâtard du vitrain et du durain. Quant au fusain, il cori'espond au bois mort précipité dans la lagune houillère.
- M. Duparque distingue également le xylain et le xylovitrain. Ce savant désigne sous le vocable de xylain une houille brillante où la structure cellulaire est apparente, et par celui de xylovitrain une houille brillante où toute structure cellulaire a disparu en raison de la gélification complète des tissus.
- On trouve également dans la pâte amorphe des corps étrangers tels que des gouttes de résine au miliexi d’un amas de tissus ligneux.
- Jusqu’à ces dernières années, on n’envisageait que d’une manière distraite ces connaissances nouvelles relatives à la structure des houilles, d’une part, et, d’autre part, aux teneurs et à la répartition des constituants dont nous venons de rappeler la nature.
- Aujourd’hui, ces notions commencent à prendre un sens véritable. Elles aident, nous le montrerons au chapitre suivant, à remonter aux phénomènes suivant lesquels les gisements houillers ont pu se former. En outre, elles ont permis, au cours de ces derniers mois, de concevoir et même de mettre déjà au point des procédés permettant la séparation de charbons purs. Ceux-ci contiennent un
- 1. Les principales études de M. Duparque ont paru dans le6 Annales de la Société de Géologie du Nord.
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- maximum de 2 pour 100 de cendres, voire même 0,5 pour 100 seulement, pour répondre aux emplois nouveaux des charbons : préparation de carburants par hydrogénation catalytique sous pression, fabrication d’électrodes, alimentation de gazogènes pour camions automobiles,etc...
- Pour obtenir des charbons purs, on part de ce principe que les trois constituants fondamentaux du charbon : le vitrain, le durain et le fusain, ont des teneurs en cendres très différentes. Elle est fréquemment inférieure à 1 pour 10.0 dans le vitrain, lequel est le résultat de la solidification d’un gel ayant pour origine les débris de végétaux houillers transformés et liquéfiés par l’action des bactéries. Pendant sa phase liquide, cette pseudo-solution a pu se débarrasser de la majeure partie de ses constituants minéraux soit par décantation, soit par dissolution dans les acides humiques.
- Au contraire, le durain et le clarain. séparés du vitrain par « synérèse » (J) conservent leurs minéraux originels, retenus à l’intérieur des spores et cuticules inaltérés. Quant au fusain, en raison de sa texture poreuse, il a fixé des minéraux étrangers circulant en solution réelle ou colloïdale dans le gisement et ces apports sont venus s’ajouter à ses cendres propres. On constate, par exemple, que le fusain est parfois très riche en pyrites.
- En termes plus concrets, la teneur en cendres du vitrain est le plus souvent inférieure à \ pour 100, elle atteint fréquemment 7 à 8 pour 100 pour le durain et il n’est pas rare qu’elle dépasse 15 pour 100 pour le fusain.
- On a utilisé ces observations pour préparer le charbon pur précédemment défini. Celui-ci se caractérise, en particulier, par sa concentration en vitrain et par sa pauvreté en fusain. On élimine fréquemment ce dernier en mettant à profit sa friabilité de sorte qu’il tend à s’accumuler dans les particules les plus ténues de la houille mise en œuvre.
- Dans une étude ultérieure, nous indiquerons en quoi consistent ces nouveaux procédés industriels de purification du charbon.
- Revenons-en maintenant à la genèse et à l’évolution des gisements houillers.
- II. — GENÈSE DES GISEMENTS HOUILLERS
- Pour expliquer la genèse des gisements houillers, deux thèses sont restées longtemps en présence.
- Il y a d’abord les partisans de l’allochtonie, c’est-à-dire de la formation de la houille en dehors des forêts où se sont
- 1. Il est établi par de nombreux travaux, ceux de M. Crussard en particulier, que, comme les poix, les gommes ou les gélatines, la houille est un corps colloïdal.
- Ceci signifie que, pour tout un groupe de propriétés : consistance, solubilité, fusibilité, mouillage, etc..., la plus petite particule qui les possède n’est pas une molécule, mais le groupement d’un grand nombre de molécules voisines.
- Par suite, un liquide capable de mouiller une pareille substance est susceptible de pénétrer dans cet agrégat et de la désorganisor en agrégats plus petits. Ce résultat correspond à la « peptisation ».
- Si les agrégats sont petits et forment dans ce liquide une suspension stable, on réalise une « dispersion ». Si, au contraire, ils se regroupent sous la forme d’agrégats dispersés, on obtient une « synérèse ». Au terme extrême, la masse d’agrégats se séparant du liquide, on aboutit à la « coagulation ».
- Fig. 3. — Slruclure d’un charbon de Beeringen (Campine).
- Charbon à 28 p. 100 de matières volatiles. Tissus ligneux, coupe suivant le plan stratif. Grossissement 100. (Cliché Legraye.)
- développés les végétaux houillers. Viennent ensuite les partisans de l’autochtonie, c’est-à-dire de la formation de la houille sur place. Autrement dit, les premiers considéraient la houille comme formée dans un delta par l’accumulation des arbres entraînés par les torrents, tandis que les seconds affirmaient que la houille a pris naissance à l’endroit même où la forêt avait poussé.
- Un fait est certain. On ne peut retenir la seconde hypothèse en raison de l’absence constante de radicelles dans la masse de houille. Il n’y a pas eu non plus accumulation de végétaux houillers dans un delta, eu égard à la constance, sous les couches de houille, des sols de végétation que les mineurs appellent le « mur ».
- Arrivons-en à l’examen de la théorie qui nous explique le mieux les conditions de formation de la houille.
- Suivant elle, la houille ne s’est pas formée sur place, mais à quelque distance de la forêt initiale et sous une couche d’eau d’épaisseur relativement faible.
- Arrivés dans la lagune houillère, les débris végétaux s’y sont d’abord classés par ordre de densité, comme l’a démontré M. Duparque.
- 1° Les bois et les écorces se déposèrent les premiers à proximité des bords de la lagune;
- 2° Les feuilles et les cuticules furent entraînées plus loin et les macrospores encore plus loin;
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- 3° Les microspores, entraînées aussi bien par les vents que par les courants, allèrent se précipiter le plus loin du rivage.
- Cette conception schématisée par la figure 1, due à M. Duparque, est extraite des Annales de la Société géologique du Nord.
- Mais intervint aussi, comme l’a fait remarquer M. Ch. Barrois, une sélection due aux macérations, c’est-à-dire aux fermentations bactériennes.
- La nature des produits résultant de celte fermentation s’est trouvée sous la dépendance de l’épaisseur de la couche d’eau recouvrant les débris végétaux précipités dans la lagune houillère. Afin de le comprendre, il convient de se rappeler comment les débris végétaux se décomposent sous l’action de l’oxygène et de l’eau.
- Si l’oxygène est en grand excès, la putréfaction ne donne comme produit que de l’eau et de l’acide carbonique ; aux cendres près, les débris végétaux disparaissent complètement.
- Si la décomposition a lieu en présence d’une quantité réduite d’oxygène, ce qui correspond aux entassements de débris végétaux sur le sol en grande épaisseur ou alors sous une faible profondeur d’eau, il y a formation d’acides humiques, dont la composition dénote un enrichissement en carbone par rapport aux substances initiales.
- Enfin, s’il n’intervient qu’une quantité d’oxygène
- Fig. 4. — Charbon des Liégeois en Campine. Grossissement 100. Macrospores et microspores. (Cliché Legraye.)
- restreinte, ainsi qu’il arrive pour les végétaux immergés sous une couche d’eau profonde, les produits initiaux s’enrichissent en carbone et surtout en hydrogène.
- Viennent aussi s’y ajouter les débris d’animaux et de plantes aquatiques. Toute cette masse de détritus forme alors une boue organique que Potonié a dénommée « sapropèle ».
- Les acides humiques ont engendré la plupart des roches charbonneuses : tourbe, lignite, houille brillante. Quand ces acides humiques forment corps avec des débris minéraux, ils constituent des schistes charbonneux.
- On remarquera sur la ligure 1 que, dans la zone la plus éloignée du rivage, des débris d’animaux sont venus s’ajouter aux débris végétaux. La vie était, en effet, possible dans les couches supérieures de la nappe d’eau. C’est ainsi que le « sapropèle » a pu se former et donner naissance à la houille mate, aux eannel coals et aux bogheads. Quand il a été mélangé aux stériles, il a engendré les schistes bitumineux, lesquels représentent la roche mère des pétroles.
- Evidemment, il n’exisle pas de démarcations nettement tranchées entre les diverses qualités des charbons aux différentes zones et aux divers étages de la lagune houillère. Ceci se conçoit aisément, car les couches de débris végétaux n’ont pas également subi les influences bactériennes. L’épaisseur de la lame d’eau, la toxicité de l’eau, etc..., ont plus ou moins troublé la formation d’acides humiques et certains éléments, spécialement ceux qui sont cutinisés, ont pu résister à l’action microbienne.
- En conséquence, les cavités des cellules ont pu être remplies par les humines provenant soit de la décomposition des végétaux eux-mêmes, soit des végétaux qui les surmontaient et qui ont subi une macération plus prononcée. C’est ainsi qu’ont pris naissance les charbons brillants correspondant au xylovitrain de M. Duparque précédemment défini et qu’on dénomme « anthraxylon » aux Etats-Unis.
- Iden tiquement, le charbon ordinaire est le plus souvent formé par des alternances de charbon brillant et de charbon mat. Pour cette raison, il a été dénommé « charbon zoné » par M. Legraye.
- Les figures 2, 3, 4 et 5 dues à M. Legi'aye donnent une idée de la structure des houilles de Beeringen, lesquelles renferment de 28 à 32 p. 100 de matières volatiles.
- Au total, les houilles résultent d’une double sélection. Il y a eu, d’abord, un classement par ordre de densité, comme le montre le schéma de la figure 1, ensuite une sélection due aux macérations, c’est-à-dire aux fermentations bactériennes. Les débris végétaux flottés et transportés le plus loin ont subi une macération tellement accentuée que, seules, les parties les plus résistantes (résines et cutines) furent conservées. Vraisemblablement, suivant M. Paul Bertrand, l’action des macérations a été prépondérante.
- En tout cas, cette sélection par l’effet des macérations explique :
- 1° La différence entre les houilles maigres et anthra-citeuses et les houilles grasses à coke.
- 2° La différence entre les houilles de cutines échelonnées de 28 à 44 pour 100 de matières volatiles.
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- En dernière analyse, comme l’a fait remarquer M. Paul Bertrand, tous les combustibles fossiles doivent leur origine à des phénomènes biologiques : ce sont des êtres vivants qui en ont fourni les substances mères, et celles-ci, elles-mêmes, ont subi une sélection, sous l’action des fermentations bactériennes, sélection qui a eu pour effet d’éliminer successivement les substances les plus fragiles : protoplasmes et chlorophylle, ensuite hydrates de carbone, etc...
- bit les différences que nous constatons entre des combustibles non métamorphisés sont dues en première ligne aux substances organiques entrant dans leur composition initiale.
- III. - ÉVOLUTION DES GISEMENTS HOUILLERS
- Une fois constitués, de nombreux gisements houillers ont subi d’importantes modifications de composition dues aux effets tectoniques. Le plus souvent, les efforts dynamiques correspondants se sont fait sentir graduellement. Leur intensité s’est accrue progressivement jusqu’à atteindre un maximum. Elle s’est ensuite atténuée lentement, puis s’est annulée.
- Les efforts de poussées qui se sont exercés sur les gisements en place ont pu se traduire par des déformations (plis et failles), soit par une augmentation de pression et de température (une partie du travail de la poussée étant convertie en chaleur), sans déformation de couches. Dans le premier cas, suivant la remarque de M. Legraye (]) la bouille n’a pas changé de nature chimique. Au contraire, dans le second, elle a été exposée à une compression et à une élévation de température qui ont vraisemblablement modifié sa composition chimique.
- On doit aussi mentionner le métamorphisme dû au poids des sédiments accumulés sur une couche de houille puisque la teneur en carbone fixe de cette dernière s’élève d’autant plus qu’elle est plus j>rofondément située. Toutefois, selon D. White, ce métamorphisme est beaucoup moins important que celui qui résulte des pressions de poussées.
- Comme l’a exposé M. Paul Bertrand, les poussées horizontales dues au déplacement tangentiel de l’écorce terrestre ont produit des pressions énormes. Ce sont elles qui ont déterminé une évolution des houilles de toutes catégories, depuis les houilles bitumineuses (grasses et llambantes), vers les houilles maigres et anthraciteuses, puis finalement vers les anthracites.
- Pour que la pression, engendrée par une poussée horizontale, ait pu produire tout son effet métamorphosant, il a fallu qu’elle fût maintenue pendant un temps énorme tandis que, d’après D. White, la température n’a jamais probablement atteint 100°.
- Cette question de température est fortement controversée. A l’encontre de D. White, un géologue anglais, J. Roberts, a exposé, en 1926, au XVIe Congrès international de Géologie qui s’était tenu à Madrid, que les anthracites gallois résultaient de réchauffement des gisements en place jusqu’à la température de 600°, sous
- 1. M. Legraye, professeur à l’Université de Liège : « Les constituants des charbons ». Dunod, 1933, p. 100-126.
- Fig. 5. — Vilrain après allaque.
- (Charbon de Beeringen). — Grossissement 100. (Cliché Legraye).
- l’action d’effets dynamiques. 11 en est résulté la carbonisation partielle de charbons moins évolués.
- Cette observation est fort plausible. Les vrais anthracites gallois ne contiennent que 7 à 8 pour 100 de matières volatiles et ne cèdent par tonne carbonisée à 1000°, que 120 à 150 ni” de gaz. Celui-ci est constitué en quasitotalité par de l’hydrogène. Tout se passe ainsi comme si les anthracites gallois constituaient le semi-coke d’un charbon anthraciteux à 12 pour 100. En effet, on sait que, par tonne mise en œuvre, cette qualité de charbon donne par carbonisation en vase clos un volume de gaz qui est compris entre 120 et 180 m” pour un traitement thermique compris entre 400 et 600°. Si l’on prolonge la carbonisation entre 600 et 1000°, on obtient à nouveau de 120 à 180 m'f. Cette récupération de gaz est ainsi la même que pour les anthracites gallois quand ils ont à franchir ce stade thermique de 600° à 1000°. Ce rapprochement est certainement curieux. Il montre le bien-fondé de la thèse de D. White.
- Dans d’autres régions que le pays de Galles, l’abaissement de la teneur en matières volatiles, ou amaigrissement des charbons, n’a été possible que si les terrains ont été assez résistants (« competent ») pour résister à la pression sans casser. Là, où il y a eu failles, des charriages, des plis avec renversement, etc..., les effets mécaniques ont absorbé et diminué d’autant l’énergie due à la pression de poussée. Toutes les fois donc qu’il y a des failles, des
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- cassures, des charriages, le métamorphisme des houilles fut beaucoup moins marqué, et même fortement diminué.
- M. D. White cite des exemples typiques, pris dans les bassins houillers américains, prouvant :
- i° Que le métamorphisme des houilles, c’est-à-dire la teneur en carbone fixe (cendres déduites), augmente toutes les fois que l’on se dirige vers l’origine de la poussée et, à condition, bien entendu, que les terrains aient résisté sans faiblir;
- 2° Que le métamorphisme des houilles régresse dès que l’on rencontre des cassures ou des charriages.
- D. White a étendu ses théories aux gisements pétrolifères. Il a constaté que des huiles de plus en plus légères et d’une valeur commerciale plus grande se rencontrent dans les couches de sables au fur et à mesure que les gisements pétrolifères gagnent en profondeur. Il y aurait ainsi parallélisme avec la carbonisation des charbons qui croît en profondeur, suivant la loi de Hilt.
- D. White a également fait remarquer que les formations
- Fig. 6. — Distribution du houiller et des formations anléhouillères dans le bassin de Liège, en Campine, dans le Limbourg hollandais et dans l’ouest de VAllemagne avec allure d'ensemble des lignes isoanthra-citiques pour un faisceau déterminé de couches.
- les plus récentes et les moins métamorphosées sont celles qui donnent les huiles brutes les plus lourdes.
- IV. — EXEMPLE DE L’ÉVOLUTION D’UN BASSIN HOUILLER.
- LA RÉPARTITION DES COMBUSTIBLES DANS
- LE BASSIN DE LIÈGE, DE LA CAMPINE ET DU LIMBOURG HOLLANDAIS
- La figure 6, due à M. Legraye, représente la distribution des houilles dans le vaste bassin de la Campine (Beeringen, André Dumont, Werister-Cheratte, etc...); du Limbourg hollandais (Mines de l’Etat Néerlandais, Orange, Nassau, etc...) ; et d’Aix-la-Chapelle (Eggelho-ven, Karl Alexander, Eischweiler, etc...).
- Cette figure 6 est intéressante à examiner parce qu’elle indique la position des lignes isoanthracitiques dans le bassin considéré et le sens de variation de la teneur en matières volatiles des houilles qu’il renferme. Elle fait ressortir que l’intervention de la charge des sédiments n’a pas pu suffire, à elle seule, à déterminer l’évolution des combustibles de cette région vers une réduction de leur teneur en matières volatiles.
- Cette observation présente un caractère général. Comme l’a fait remarquer le professeur Legraye, géologue averti, si l’on examine l’ensemble des gisements houillers à la surface de la terre, on constate que les charbons à haute teneur en matières volatiles, les lignites et les charbons bitumineux, se trouvent toujours dans les zones où les terrains ont été peu ou pas plissés ou enfouis sous une épaisseur relativement faible de sédiments. Les charbons très évolués, anthraciteux et anthracites, se trouvent, au contraire, dans les régions qui ont subi des efforts dynamiques intenses.
- Or le Westphalien, pour ne prendre que cet exemple, peut, dans certaines régions, n’avoir subi aucun effort dynamique. Dans ce cas, on y trouve des combustibles peu évolués. Dans d’autres régions, telles que le Nord de lu France et de la Belgique, il a été, au contraire, fortement plissé et les charbons y sont très évolués. Les charbons d’un même âge géologique peuvent donc se présenter sous un aspect très différent.
- Un autre exemple est celui des charbons crétacés que l’on trouve à l’état de lignite ou de charbon sub-bitumineux dans les grandes plaines du Canada, et, situés à ce même niveau (Crétacé), à l’état de charbon bitumineux et même anthraciteux dans la zone plissée de la bordure Est des Montagnes Rocheuses.
- Citons encore l’exemple de la Campine où les combustibles les moins évolués se trouvent précisément à la plus grande profondeur.
- Au total, il est permis de penser que les efforts orogéniques hercyniens, de direction sud-ouest, sont allés en s’atténuant vers le nord, si bien que les formations du bassin houiller de la Campine n’en ont que peu ou pas ressenti le contre-coup.
- CONCLUSIONS
- Telles sont, dans leur ensemble, les théories qui nous expliquent le mieux, et à la lumière des faits, la genèse et l’histoire des gisements houillers. Elles sont la résultante des travaux de F Institut de Géologie de la Faculté des Sciences de Lille qui fut longtemps dirigée par M. Ch. Barois, l’éminent géologue et membre de l’Institut. Depuis peu, M. Pierre Pruvost, spécialisé dans l’étude des animaux fossiles, lui a succédé et a, aujourd’hui, comme principaux collaborateurs, M. Paul Bertrand qui a consacré ses travaux aux plantes fossiles du terrain houiller, et M. Duparque, plusieurs fois cité ici.
- Aujourd’hui, les travaux de l’Institut de Géologie de la Faculté des Sciences de Lille, d’une part, et, d’autre part, ceux de l’Université de Liège, laquelle évoque tout de suite le nom du très bienveillant M. Fourmarier, le savant géologue, ont acquis une telle réputation que leurs avis font autorité dans le monde entier.
- Il faut souhaiter que ces méthodes d’études des houilles s’étendent à tous les bassins houillers du globe. Elles nous aideront ainsi à mieux comprendre ce qu’est le charbon. Par une voie naturelle, nous en arriverons à mieux traiter et à mieux utiliser la pierre noire. C’est alors que nous entrerons de plain-pied dans les temps nouveaux de l’industrie houillère.
- Ch. Berthelot.
- Ingénieur-Conseil.
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- PHOTOGRAPHIE STÉRÉOSCOPIQUE DES PLANTES
- DANS LA NATUEE
- Plus favorisé que ses collègues des siècles passés, le bolaniste moderne possède de multiples moyens de documentation. Indépendamment de la formai ion d’un herbier, il a à sa dispo-
- scientiliques ou amateurs - • qui se servent de ce procédé au cours de leurs travaux. Me livrant depuis plus de dix ans à la stéréoseopie botanique, je voudrais expliquer combien il
- Quelques belles photographies documentaires :
- 1. Peiasiles officinalis au bord d’un canal.
- 2. Colchicum autumnale.
- 3. Convolvulus sepium.
- 4. Asplénium trichomanes.
- 5 et 6. Lycoperdon.
- 1. Coprinus comalus.
- 8. Polyporus versicolor.
- 9. Ityphallus impudicus.
- 10. Clilocybe gymnopodia. 11. Scleroderma verrucosum.
- 12. Peziiia eximia.
- 13. Geaster hygromelricus. 14. Jeunes Âmanita muscaria. (Photos René Brossard.)
- sition toutes les ressources apportées par cet art nouveau qu’est la photographie. Cette faculté de reproduction comporte elle-même plusieurs branches dont la plus intéressante est sans contredit la stéréoseopie. C’est le seul procédé capable de rendre avec fidélité la forme et le port des plantes et de donner par le relief une impression de réalité vraiment remarquable. Or il est surprenant de constater le nombre infime de naturalistes —
- est aisé, pour tout amateur sérieux, de s’y adonner et quelle documentation de premier ordre elle permet de réaliser.
- LA PHOTOGRAPHIE INTÉGRALE DES PLANTES
- Les progrès actuels de la photographie permettent d’obtenir ce que l’on peut appeler la « figuration intégrale » des plantes.
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- Deux éléments sont nécessaires et suffisants pour obtenir cet idéal : le relief d’abord, qui situe nettement le sujet dans l’espace et le sépare des objets voisins; la couleur ensuite. Le végétal, étant un être essentiellement immobile, n’exige pas, comme les être animés, un appareil analysant le mouvement. Si l’on songe à l’habileté nécessaire au dessinateur ou au peintre pour rendre exactement la forme et le coloris d’une fleur ou d'un champignon, on comprendra ce que la photographie stéréoscopique en couleurs apporte de puissamment intéressant.
- LES PLANTES DANS LA NATURE
- Le botaniste qui parcourt la campagne rencontre, à chaque pas et en toutes saisons, de nombreuses plantes aussi variées de forme que de coloris. Qu’il s’agisse de phanérogames fleuris, de champignons curieux, de mousses fines et gracieuses, ou même d’humbles lichens, tout est matière à observation pour celui qui sait voir et comprendre.
- C’est surtout entre avril et octobre que le stéréo-botaniste exercera ses talents photographiques. Au cours des autres mois, il pourra s’attacher plus particulièrement aux cryptogames, de sorte que son activité trouvera toujours à s’employer.
- Je me souviens d’avoir rencontre, il y a quelques années, en plein mois de janvier et par une gelée de 10 degrés au-dessous de zéro, de nombreux groupes de Collybia velutipes qui végétaient quand même par ce froid rigoureux. Ces champignons, décorant un tronc d’acacia, offraient, sous le pâle soleil d’hiver, un ensemble digne de donner une très jolie stéréo en couleurs. Il est évident qu’il est préférable de ne pas risquer une bronchite en cherchant par un froid intense des plantes n’existant qu’en nombre très restreint; mais j’ai voulu montrer par cet exemple que, dans des conditions nettement défavorables, on peut encore trouver des sujets d’observation.
- Janvier et février sont, dans la plupart des régions de la France, les deux seuls mois pendant lesquels il est préférable de rester au coin du feu. On profilera de ce repos forcé en mettant ses notes à jour, en tirant des positifs et en songeant aux futures excursions. Mars donne le signal de la nouvelle végétation et dès lors le botaniste doit charger ses châssis et se mettre en campagne.
- Où faut-il photographier les plantes? Faut-il opérer sur des échantillons rapportés à la maison, ou bien vaut-il mieux aller sur le terrain, dans l’habitat propre à chaque espèce ? Cette dernière méthode me semble infiniment plus attrayante que la première, surtout au point de vue stéréoscopique. Tandis que le premier moyen ne donne que des épreuves assez banales, le second permet d’obtenir de véritables petits tableaux très rustiques, avec l’ambiance qui caractérise chaque sujet. Je ne parlerai donc ici que de cette méthode originale qui est, sinon inédite, du moins presque inutilisée par les botanistes. Je ne traiterai pas non plus de la stéréoscopie des plantes minuscules, demandant l’emploi d’un banc stéréophotographique, instrument trop difficile à utiliser en plein air. En nous limitant aux sujets placés à une distance minimum de 0 m 50, notre champ d’exploration sera encore suffisamment vaste pour ne nous laisser aucun répit et nous amener à constater philosophiquement combien la vie est courte ! Tous ces travaux suffiraient à emplir utilement toute une existence.
- CHOIX DE L’APPAREIL
- On peut dire que toutes les marques d’appareils stéréoscopiques sont sérieuses, car un tel genre de photographie ne souffre pas de pacotille.
- Les formats les plus usités sont le 45 X 107 et le 6 X 13. Quoique ce dernier soit le plus en vogue, je demeure fermement
- attaché au petit format, car il a pour lui un minimum de dépenses et d’encombrement.
- Beaucoup de personnes se détournent de la stéréoscopie parce qu’elles s’imaginent que pour réussir il est indispensable de travailler avec un appareil très coûteux. Le prix élevé d’une jumelle de grande marque réside dans le fait qu’elle comporte des objectifs très lumineux, avec lesquels il est possible de faire de grands instantanés sous une lumière très faible. Or dans la majorité des cas nous n’aurons à faire que des clichés largement posés, puisque, comme nous le verrons plus loin, la lumière diffuse et l’ombre nous donneront de meilleurs résultats que le soleil direct. Un bon appareil élémentaire, dont on connaît parfaitement le maniement, donnera donc des résultats inespérés. Avec un simple glyphoscope Richard, j’ai obtenu des clichés remarquables. Les photos qui illustrent cet article ont été prises avec un de ces appareils et montreront ce qu’un amateur un peu exercé peut réaliser. Mais ces gravures ne peuvent évidemment se comparer avec ce que l’on voit au stéréoscope. Il faut recourir à cet instrument pour éprouver le charme du relief, admirer la finesse des détails et la vérité qui s’en dégage. Que sera-ce si les couleurs viennent encore y ajouter leurs nuances délicates !
- On prendra un appareil à châssis ou à magasin ou encore mixte. Le premier est le moins coûteux, il est aussi le plus pratique quand dans la même excursion on fait de la stéréoscopie en noir et en couleurs. On veillera à l’étanchéité absolue de l’instrument et au bon état du velours garnissant la rainure où glisseront les châssis.
- LES ACCESSOIRES INDISPENSABLES
- Indépendamment des accessoires communs à tous les genres d’appareils (verre dépoli, déclencheur automatique, voile noir pour la mise au point, pied solide pliant avec tête à rotule) il est nécessaire de se procurer :
- 1° Un jeu de bonnettes permettant de photographier à 0 m 50, 1 m et 2 m (l’appareil étant supposé — comme pour le vérascope — donner des images nettes de 3 m à l’infini). Ces bonnettes se placent sans aucune difficulté sur le parasoleil des objectifs. On trouve dans le commerce les trois couples de bonnettes utiles, placées ensemble dans un petit écrin se mettant dans la poche.
- 2° Une paire d’écrans colorés pour la photo en couleurs. On les construit de deux façons, soit carrés pour les introduire à l’intérieur des chambres noires, sur une monture spéciale; soit sous forme de bonnettes se plaçant à l’avant des objectifs, sur le parasoleil. Ce dernier système est préférable, car il ne nécessite pas comme le premier une modification de la rainure où glissent les châssis. En cas de photo en couleurs d’une plante située très près, il suffira de placer d’abord les bonnettes de rapprochement, puis sur celles-ci, à frottement doux, les écrans ronds colorés.
- CHOIX DES PLAQUES SENSIBLES
- La photographie des plantes nécessite l’emploi de plaques panchromatiques ou tout au moins orthochromatiques. En dehors de cette condition essentielle, on poura utiliser une marque quelconque. J’emploie avec toute satisfaction les plaques négatives Lumière S.E. ortho-anti-halo, qui donnent avec le révélateur « glyconiol » d’excellents clichés, vigoureux, bien fouillés et de grain fin. Je déconseille l’emploi des plaques ultra-rapides, toujours très délicates à manier et qui ne nous sont nullement indispensables. En posant une seconde avec une plaque rapide on obtiendra plus sûrement un bon cliché
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- qu’en employant une émulsion ultra-rapide avec pose de l/10e.
- Pour la photo en couleurs je conseille l’emploi du « fîlmcolor Lumière » plus pratique que les plaques autochromes. Si l’on a eu soin de bien suivre toutes les prescriptions indiquées, une boîte de 4 filmeolor 45 X 107, du prix de 9 francs, donnera quatre stéréo-botaniques de toute beauté.
- En ce qui concerne les plaques positives, on prendra de préférence des « tons chauds ». La marque importe peu, pourvu qu’on utilise un révélateur convenable et qu’on observe bien le temps d’exposition à la lumière, lors du tirage. Sur tous les mémentos photographiques et sur les notices contenues dans les boîtes de plaques on trouvera la façon de procéder pour obtenir les meilleurs résultats.
- EN CAMPAGNE LE CHOIX DU SUJET
- Les opérations sur le terrain se divisent en trois parties : le choix du sujet, sa présentation et enfin la pose.
- Sollicité par mille choses dignes d’intérêt, le stéréo-botaniste devra posséder à un degré assez élevé le don d’observation, qui lui fera discerner d’un coup d’œil dans la foule des plantes le sujet intéressant sur lequel il convient de s’arrêter. Il devra « se bâter lentement », car s’il est trop pressé il pourra éprouver etc vifs regrets s’il se trouve par la suite en face d’un groupe de plantes plus parfait ou mieux situé que celui déjà photographié. D’une façon générale il vaut mieux revenir d’excursion avec quelques beaux sujets, pris dans d’excellentes conditions, cjue de rapporter une quantité de clichés médiocres et pris au petit bonheur. Savoir résister à la tentation de photographier à tort et à travers est un point capital, surtout pour l’amateur au budget modeste.
- Il faut tenir compte de deux facteurs dans le choix du sujet : l’objet à photographier et les conditions photogéniques. On devra toujours s’attacher à réunir ces facteurs pour réussir et c’est quelquefois bien délicat. Le lieu, le temps, la saison et l’heure sont loin de toujours s’accorder. Tôt ou tard on trouvera de beaux sujets d’une plante recherchée, mais il sera souvent malaisé de les photographier exactement là où ils ont pris racine. Nous verrons plus loin que, par un léger artifice, on pourra, sans nuire à la réalité, modifier quelque peu la présentation du sujet en le transférant dans un habitat semblable, mais plus photogénique.
- Les plantes se présentent sous trois aspects differents : les individus isolés, les groupes et les colonies. Sauf dans des cas particuliers, les deux dernières catégories fourniront les clichés les plus intéressants. Si l’on réunit des plantes isolées, on obtiendra un groupe, mais il conviendra d’éviter cette disposition si l’on a affaire à un végétal poussant toujours isolément.
- Si l’on rencontre un sujet remarquable, situé moitié à l’ombre, moitié au soleil, on attendra que l’astre soit caché derrière un nuage, car on n’obtiendrait rien de bon. Les feuilles des arbres tamisant en partie la lumière du soleil, il faudra éviter également les taches lumineuses qui donneraient un cliché satisfaisant pour les parties ombrées, mais surexposé ailleurs. Le temps le plus photogénique n’est jamais celui qui est le plus lumineux; il faut lui préférer un ciel nuageux, car la lumière diffuse est mieux répartie. Les détails seront toujours plus fins et les contrastes mieux accusés si le soleil ne donne pas directement sur le sujet.
- La diversité des plantes offre un champ immense au botaniste photographe. Les mois de mars à septembre présentent la gamme infinie des végétaux fleuris. L’automne ramène les curieux champignons, susceptibles de donner des clichés remarquables et fort originaux. L’hiver enfin, on pourra recueillir quelques stéréos sur les mousses et les lichens les plus jolis. .'Chaque fois que l’on rencontrera une plante remarquable,
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- il sera bon d’en prendre un cliché. Il faut toujours admettre, en effet, qu’une plaque peut être, au cours de manipulations successives, soit brisée accidentellement, soit détériorée par l’humidité ou par certaines réactions chimiques. Dans ces conditions il sera très utile d’avoir plusieurs bonnes vues d’un même sujet, celui-ci étant, bien entendu, peu commun.
- PRÉSENTATION DU SUJET
- C’est d’une bonne présentation du sujet que dépendent la beauté et l’intérêt d’une vue stéréo-botanique. C’est aussi un des points les plus délicats du problème, car c’est quelquefois tout un problème que de mener à bien notre genre de photographie.
- A part certains sujets bien dégagés, comme par exemple des champignons sous une sapinière ou sur un tronc d’arbre, il faudra procéder à un élagage soigné afin de mieux faire ressortir l’objet considéré. C’est parfois un travail peu agréable et assez fastidieux, mais il est indispensable. Des herbes, des ronces, des brindilles viennent souvent cacher plus ou moins le sujet et même peuvent l’englober entièrement. Il faut enlever ces parasites et procéder à cette opération d’une façon délicate pour ne pas blesser la plante à photographier. On ne fera pourtant pas table rase et on laissera quelques végétaux accessoires, un tapis de feuilles mortes, une herbe courte, ou toute autre chose qui donneront de l’ambiance et un cachet de réalité au sujet.
- Dans la photo d’objets très rapprochés au moyen de bonnettes, le fond du tableau est flou et fait très bien ressortir le sujet. On appréciera surtout ce fait lors de l’examen au stéréoscope. Là où une épreuve ordinaire, sur papier, ne donnera qu’une image sans profondeur, une vue stéréoscopique offrira dans un relief impressionnant un tableau bien vivant, où les objets seront à leurs places respectives et se situeront nettement au premier coup d’œil.
- 11 y a beaucoup de groupes de plantes qui ont été disposés par la nature avec un goût et un art merveilleux. Il suffira dans ce cas de se placer à bonne distance et sous un angle favorable pour obtenir une vue excellente.
- Quand on aura affaire à des plantes isolées et disséminées, il sera intéressant d’en réunir quelques-unes dans le champ photographique. Pour cela on déplantera délicatement des exemplaires typiques et on les repiquera non moins soigneusement. On évitera cette opération pour les plantes fragiles, ayant des tiges grêles et élancées.
- Il ne faudra pas repiquer les végétaux à photographier d’une façon trop symétrique, comme des soldats à l’exercice... Avec un peu de goût on arrivera à les placer de façon à donner l’illusion d’un groupe naturel. On veillera à ce que les plus beaux spécimens soient en avant et bien au point.
- Pour les champignons, l’intérêt scientifique sera augmenté si l’on place à droite ou à gauche du sujet principal quelques types de la même espèce dont le chapeau aura été retourné ou renversé. De cette façon on apercevra la disposition des lamelles chez les Agaricinées, des tubes chez les Polyporées, des aiguillons chez les Hydnées, etc...
- L’éclairage devra être de préférence oblique, afin que les ombres, sans être trop accusées, amplifient le relief. En tournant autour du sujet, on discernera avec un peu d’habitude la position qui donnera le meilleur tableau.
- Pour la mise au point avec les bonnettes à 0 m 50 et 1 m on bénéficie d’une marge assez intéressante. Les objets sont généralement nets à 10 ou 15 cm en deçà et au delà de la valeur de rapprochement.
- Pour terminer ce paragraphe, disons que l’on gagnera toujours à prendre tout le temps nécessaire à la présentation du
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- sujet. Si tous ces préparatifs sont parfois longs et fastidieux, le stéréo-botaniste en sera amplement récompensé en admirant par la suite les merveilleux positifs dont il aura été l’artisan.
- LA POSE
- Après avoir mis tout en oeuvre pour présenter un sujet impeccable, il s’agit ensuite de prendre le cliché. Le botaniste devra se doubler à cette occasion d’un photographe expert en matière de pose.
- Installer l’appareil en batterie sur son pied et mettre au point sur le verre dépoli sont des opérations qui n’olïrent pas de difficultés. Les bonnettes étant préalablement placées sur le parasoleil des objectifs, il suffira de se couvrir la tête d’un voile noir pour apercevoir nettement le sujet sur le verre dépoli. On centrera le mieux possible l’objet à photographier. Les deux images seront toujours plus ou moins décentrées pour des sujets très rapprochés, mais on fera en sorte que l’objet entier se trouve sur chaque vue du couple stéréoscopique. L’obturateur étant refermé, on l’armera de nouveau et ayant enlevé le verre dépoli on glissera à sa place le châssis contenant la plaque sensible. L’essentiel pendant ces opérations est de ne pas remuer l’appareil, car cela se traduirait sur le cliché par un déplacement et un décentrement absolu des images.
- Il ne reste plus qu’à procéder à la pose. C’est comme toujours l’instant critique, qui inquiète bien souvent le débutant; moment psychologique d’où dépendront la valeur et la réussite du cliché. On emploiera un photomètre ou plus simplement une table de temps de pose modifiée en conséquence. Le plus intéressant des photomètres à utiliser pour nos travaux est celui dit « à lecture directe ». On place l’appareil contre l’œil et au bout de quelques secondes on lit le dernier chiffre visible. Selon le diaphragme et la rapidité de l’émulsion employés, on arrive à déterminer très rapidement le temps de pose exact. Je me sers aussi du petit tableau de MM. Buillard et Cousin, édité par la maison Lumière ('). Comme on ne mentionne les plantes que par des termes très généraux et vagues, tels que « verdure rapprochée, sous-bois clairs, sous-bois touffus », j’ai établi moi-même un petit additif, basé sur mon expérience personnelle.
- Les parties 1, 3 et 4 restant immuables sur le tableau désigné ci-dcssus, voici la petite annexe à l’usage du stéréo-botaniste :
- Plantes situées à découvert, dans les prés, friches, carrières, sur les talus, rochers, etc., etc., et bien dégagées. 14 Plantes situées au pied de buissons, au bord de ruisseaux peu ombragés, au pied de murs, etc., et à l’ombre. . . 17
- Plantes sous bois à couvert très léger ou dans un verger. 18
- Plantes sous un taillis léger, au printemps.........20
- Plantes sous bois assez touffu........................... 22
- Plantes sous bois touffu............................25
- Plantes sous bois très touffu, dans un ravin peu éclairé ou sous une sapinière......................................28
- Tous ces chiffres, sauf le premier, s’entendent pour des plantes situées à l’ombre et à une distance de 0 m 50 à 1 m.
- Le grand ennemi du stéréo-botaniste est le vent, qui fait souvent des siennes au moment de la pose. J’ai attendu quelquefois dix bonnes minutes, le doigt sur le déclencheur, avant de pouvoir poser. Et comme par un malin plaisir, lèvent semble s’arrêter complètement dès que la pose est terminée. Cet inconvénient, fort désagréable pour les phanérogames, n’existe pas pour la grande majorité des champignons, sur lesquels les mouvements de l’air n’ont presque aucune prise. Le véritable ennui de l’oscillation des plantes se fait principalement sentir dans la photo en couleurs, qui exige de longues poses. Il sera donc préférable de ne pas opérer quand l’air sera trop agité.
- 1. Le petit tableau est adressé gratuitement.
- Le stéréo-botaniste doit tenir un carnet d’excursions, sur lequel il notera le numéro des châssis utilisés, le sujet, le lieu, la date, l’heure solaire, la lumière, les bonnettes employées, le diaphragme, le temps de jjose, les incidents survenus. Ces renseignements lui permettront par la suite de se composer une table de temps de pose personnelle extrêmement utile, qui lui donnera à coup sûr les résultats escomptés, dans le cas de vues prises dans des conditions identiques.
- TRAVAUX DE LABORATOIRE
- Je n’insisterai pas ici sur les détails techniques et pratiques du développement des clichés et du tirage des positifs stéréoscopiques. On trouvera tous les conseils nécessaires dans l’excellent ouvrage de M. Coustet : « La photographie stéréoscopique en noir et en couleurs j1) ». On suivra aussi avec profit ce qui est indiqué sur les notices incluses dans les boîtes de plaques sensibles.
- Qu’il s’agisse de paysages, de monuments ou de sujets botaniques, le travail au laboratoire est identique et conduira toujours, s’il est bien exécuté et si la pose a été correcte, à des résultats satisfaisants.
- Les clichés seront placés dans des enveloppes transparentes afin qu’ils ne subissent pas de détérioration. On tiendra à jour un répertoire qui renfermera tous les renseignements utiles au tirage (vues un peu surexposées, normales, sous-exposées légèrement, etc...). On adoptera un classement méthodique : phanérogames, arbres, champignons, mousses, lichens, et chaque négatif aura un numéro d’ordre auquel on se reportera en cas de besoin.
- Avec beaucoup d’ordre et de soins, on arrivera ainsi à recueillir un nombre important de documents précieux au point de vue scientifique et, ce qui ne gâte rien, possédant un caractère artistique incontestable.
- QUELQUES MOTS SUR LA PHOTO STÉRÉOSCOPIQUE EN COULEURS DES PLANTES
- Malgré tout l’intérêt présenté par la photo en noir, à l’aide de positifs sur verre à tons chauds, il est certain que l’obtention d’épreuves en couleurs naturelles constitue l’idéal. Par exemple je possède deux positifs en noir et en couleurs d’un même sujet : Colchicum aulumnale. Ils sont parfaits tous deux, mais tandis que la vue des tons chauds, malgré l’orthochromatisme poussé du cliché, montre des fleurs aux pétales blancs, la vue en couleurs présente des fleurs d’un beau violet, émergeant d’un tapis de verdure, joli tableau vivant et brillant tel qu’on peut l’admirer dans les prés, en septembre.
- Si les positifs en noir ont une finesse de détails que ne peuvent donner les plaques autochromes, il n’en est pas moins vrai que celles-ci sont, dans l’ensemble, très supérieures aux autres. Chaque fois que je montre mes stéréo-botaniques sur filmcolor à un profane, l’impression de relief jointe à celle des couleurs fait passer mon visiteur par toute la gamme des expressions admiratives.
- Pour des sujets de teinte blanche ou blanchâtre, on pourra se dispenser de prendre une vue en couleurs, car le blanc laisse trop apparaître les grains de fécule.
- Pour les sujets remarquables, on devra sans hésiter faire un cliché ordinaire et plusieurs vues en couleurs. On conservera la meilleure de celles-ci et on réservera les autres en vue d’échanges ultérieurs.
- Parmi tous les procédés actuellement en usage, c’est le filmcolor « Lumière » qui tient la première place au point de vue facilité du traitement. La notice spéciale fournie gratuite-
- 1. Librairie de «Photo Revue », 118 bis, r. d’Assas, Paris, d».
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- ment parla maison Lumière donne tous les renseignements utiles pour mener à bien l’obtention des stéréo-botaniques en couleurs.
- CONCLUSION
- Sans méconnaître l’intérêt et la valeur des ouvrages de reproduction des plantes par la photogravure en couleurs, il i'aut bien reconnaître que les stéréogrammes botaniques peuvent compter parmi les procédés les plus intéressants au point de vue documentaire.
- Le proi'esseur d’histoire naturelle au lycée, l’instituteur dans son école, illustreraient magistralement leur cours de botanique en faisant circuler parmi leurs élèves des vues stéréoscopiques de plantes. La détermination des espèces et des genres serait grandement facilitée, et ce moyen très original de présenter les familles végétales jmusserait nombre d’élèves vers cette science si aimable qu’est la botanique.
- D’autre part, il ne manque pas de botanistes, ni même de simples curieux des choses de la nature, possédant un appareil stéréoscopique. Si ces amateurs pouvaient arriver à photographier les plantes les plus remarquables de leur résidence, puis à s’unir et à coordonner leurs efforts, quelle large contribution n’apporteraient-ils pas à l’étude de la flore française ! La mycologie en particulier n’aurait qu’à gagner à ces travaux et une collection de vues stéréoscopiques en couleurs des champignons les plus curieux serait extrêmement intéressante.
- Je serais heureux que cet article pût inciter aussi de simples stéréoscopistes à réaliser, sans aucune prétention scientifique,, de très jolies vues, car il y a dans la llore si riche et si variée de notre beau pays une foule de sujets artistiques très susceptibles de tenter ceux qui désirent sortir des sentiers battus et créer des œuvres originales.
- René Brossahd.
- LE MOIS MÉTÉOROLOGIQUE
- NOVEMBRE 1934, A PARIS
- Mois pluvieux, anormalement brumeux, avec peu de vent et température sensiblement normale.
- La moyenne mensuelle de la pression barométrique, au Parc Saint-Maur, ramenée au niveau de la mer, 763 mm 0, est supérieure de 0 mm 8 à la normale; celle de la température, à0,90, est très légèrement inférieure à la normale (écart — 0°,1). ha moyenne des minirna, 3°,06, est sensiblement égale à celle déduite des 60 années d’observations (1874-1933), 3°,09, et celle des maxima, 8°,59, est en déficit de 0°,8, ce qui fait que l’amplitude moyenne mensuelle, 5°,53, est exceptionnellement faible. Le minimum absolu — 1°,7 a été noté le 22 et il est supérieur de 2°,1 au minimum absolu moyen; le maximum absolu, 12°,1, enregistré le 10, est anormalement bas, il est inférieur de 4°,1 au maximum absolu moyen; depuis 1874, on n’a observé que trois fois en novembre un maximum absolu un peu moins élevé.
- Le thermomètre sous abri est descendu à 0Ü ou au-dessous à 6 dates différentes mais aucune»des gelées correspondantes n’a été intense.
- Les extrêmes de la température pour la région ont été de — 4°,8 à Montesson (le 23) et de 13°,1 à Montesson également (le 10).
- On a compté 14 jours sans soleil et 23 jours de brouillard, ce dernier nombre, très élevé, avait cependant déjà été constaté également en novembre 1933.
- Le total mensuel pluviométrique, 76 mm 6 (le plus élevé des douze mois de l’année) est en excédent de 52 pour 100 et a été recueilli en 18 jours de chute au lieu de 15, nombre moyen. La journée la plus pluvieuse a été celle du 5 où l’on a mesuré 22 mm 7 d’eau au cours des 24 heures. La première chute de neiffe de la saison froide 1934-1935 a eu lieu le 1er novembre au
- O
- matin, elle était accompagnée de pluie.
- A l’observatoire de Montsouris, la pluie a fourni 76 mm 8 d’eau comme hauteur totale mensuelle, supérieure de 54 pour 100 à la moyenne des 50 années 1873-1922; le nombre de jours de pluie est également de 18. La durée totale de chute, 68 h 50 m, est supérieure de 10 pour 100 à la moyenne des 25 années 1898-1922. Les hauteurs maxima en 24 heures ont été : pour Paris, 30 mm 1 à Charonne, du 5 au 6, et pour les environs, 38 mm 0 à Choisy-le-Roi à la même date. La neige est tombée le 1er, sur de nombreux points, le matin; le 2 et le 11, neige fondante à Bry-sur-Marne et le 17, flocons par places, entre 5 h 30 et 9 h. La pluie était mêlée de grêle le
- 1er et le 2, sur divers points; le 12, averse de grêle à Versailles à 16 h.
- Les brouillards ont été quotidiens et souvent épais et généraux; ils ont persisté toute la journée, sur quelques points, 8 jours et se sont reformés dans l’après-midi ou la soirée,
- 5 jours; ceux du 20 et du 26 ont persisté sur toute la région. Des obscurcissements se sont produits, les 6, 7, 12, 26 et 30 sur plusieurs points.
- Le vent a soufflé du N.-E., plus souvent que de coutume.
- On a enregistré à l’Observatoire de la Tour Saint-Jacques, 57 h 25 m de soleil, durée inférieure de 8 pour 100 à la moyenne des 40 années 1894-1933.
- A l’Observatoire du Parc Saint-Maur, la moyenne mensuelle de l’humidité relative a été 90,2 pour 100 et celle de la nébulosité 75 pour 100. On y a relevé : 1 jour de neige, 1 jour de grésil,
- 6 jours de gelée blanche, 9 jours de rosée, 4 jours de brume.
- RÉSUMÉ DE L’ANNÉE MÉTÉOROLOGIQUE 1934
- Année plutôt chaude, moyenne température : 10°,8, sèche, hauteur totale de pluie recueillie : 525 mm 7 et légèrement plus nébuleuse que de coutume. Décembre 1933 a été le mois le plus froid avec une température moyenne de •— 2°,0, inférieure de 5°,4 à la normale et juillet fut celui le plus chaud, moyenne 21°,1, supérieure de 2°,9 à la normale. Les extrêmes absolus de la température ont été : —11°,4 le 12 décembre 1933 et 34°,0, le 18 juin.
- Le mois le plus sec a été celui de février avec 5 jours de pluie et une hauteur d’eau de 6 mm 5 seulement et le plus pluvieux, novembre avec 76 mm 6 d’eau; octobre a accusé le plus grand nombre de jours de pluie, 22. Le nombre total de jours de pluie appréciable pour toute l’année a été 156 contre 165, nombre moyen.
- La moyenne barométrique de l’année, réduite au niveau de la mer, a été 763 mm 4.
- Les moyennes de l’humidité relative et de la nébulosité ont été respectivement : 75,9 pour 100 et 62,7 pour 100.
- On a observé : 66 jours de gelée dont 12 de gelée totale, 61 jours de gelée blanche, 9 jours de neige, 8 jours de grêle, 2 jours de verglas, 3 jours de givre, 31 jours d’orage, plus-1 jour d’éclairs seuls, et 101 jours de brouillard.
- Em. Roger.
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- NOUVEL APPAREIL DÉTECTEUR A CELLULE
- AU SÉLÉNIUM
- LE PHOTO-DÉTECTEUR HURLEUR
- Source —
- wwvwww
- Fig. 1. — Montage en pont d’une cellule photoélectrique au sélénium.
- 3St
- a, b, c, potentiomètre; C, cellule photoélectrique; d, lampe à 3 électrodes;
- c, résistance.
- La cellule photo-résistante au sélénium n’est plus guère utilisée pour traduire les variations rapides de lumière en oscillations électriques correspondantes, mais elle peut encore rendre des services remarquables en télémécanique et en pho-tométrie. Ses avantages résident surtout dans sa sensibilité, qui peut être relativement très grande, et dans sa solidité, dans sa facilité d’emploi.
- Plusieurs techniciens ont étudié depuis longtemps en France les perfectionnements de ces cellules, et, en particulier, M. André Rio a réussi à établir différents modèles particulièrement satisfaisants, dont nous avons étudié les caractéristiques dans La Nature, et spécialement dans le numéro du 15 octobre 1931.
- Avec une cellule suffisamment sensible dite « molle », on peut actionner directement un relais primaire, par exemple un relais à cadre mobile, et si l’on veut obtenir une sensibilité plus grande ou utiliser un relais moins sensible, on peut associer la cellule à une lampe amplificatrice de T.S.F.
- M. André Rio a eu l’idée d’employer un montage spécial d’amplificateur en pont de Wheatstone qui a l’avantage d’être très sensible et permet d’obtenir au repos une annulation du courant d’utilisation (fig. 1). Dans ce montage, deux éléments de pile et deux résistances, dont l’une est constituée par la cellule au sélénium elle-même, sont montés dans les branches du pont.
- La branche diagonale est constituée entre un point d’équilibre réunissant les deux batteries et le point de liaison commun à la résistance et à la cellule.
- L’espace grilie-filament d’une lampe triode est connecté d’une part au point d’équilibre par l’intermédiaire du curseur d’un potentiomètre et, d’autre part, au point commun. Ainsi, dans les conditions d’équilibre, le courant est nul dans la
- branche diagonale et lo'potentiol de la grille de la lampe est égal à zéro. A cet état d’équilibre, correspond un certain courant plaque-filament, fonction des caractéristiques de la lampe.
- Lorsque la résistance de la cellule varie sous l’action de la lumière, il en résulLe une variation de potentiel entre la grille et le filament de la lampe. A cette variation de potentiel correspond donc une variation de courant plaque que l’on peut déceler par exemple à l’aide d’un milliampèremètre, et à de faibles variations de tension grille correspondent d’assez grandes variations de courant plaque.
- En faisant varier la résistance de compensation, on peut toujours équilibrer le pont par un certain état électrique de la cellule. On pourrait même utiliser plusieurs de ces montages en cascade.
- De tels systèmes détecteurs peuvent être alimentés par Je courant d’un secteur continu ou alternatif. Dans le cas du courant alternatif, un transformateur assure l’alimentation totale du système, et dans le cas du courant continu, les résistances potentiométriques remplacent le transformateur. La consommation de ce bloc photo-détecteur est d’environ 20 watts.
- Ce système peut être utilisé toutes les fois qu'il faut agir sur un relais pour produire à distance une action électrique, mécanique, ou électro-mécanique. R en est ainsi, par exemple, pour la surveillance des flammes dans les foyers à mazout. Dans ce cas, le relais doit actionner la vanne d’arrivée du
- Fig. 2.—- Montage du photo-détecteur hurleur à cellule au sélénium.
- a, b,c, potentiomètre; C, cellule photoélectrique ; d, lampe à 3 électrodes; e, résistance; s, s’, selfs; HP, haut-parleur.
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- combustible. Il en est de même pour le dosage automatique des poids, le comptage des objets, ou la commande de l'éclairage public à une heure déterminée.
- Parmi les applications de ce genre, très récentes, signalons l’enregistrement continu du diagramme des pesées d’une trémie recevant des copeaux de savon d’un broyeur pour les envoyer après pesage dans la machine à pâte : le dispositif photo-électrique permet de connaître la valeur de la pesée, Je temps de cette pesée, et le temps mort entre chaque opération.
- On a pu obtenir de meme la détection précise d’une température de recuit d’une tige en acier destinée à la fabrication de poussoir de soupape. Une cellule permet d’apprécier la couleur d’ignition de la tige à une température de 950°, et de provoquer à ce moment la coupure du courant employé par eifet Joule pour l’échaulïement.
- 11 est cependant des cas également très nombreux où le rôle que doit jouer la cellule consiste uniquement en une surveillance ou un contrôle. Un signal sonore ou lumineux doit donc seulement être mis en action à un moment déterminé.
- On employait, jusqu’à présent, pour obtenir ce résultat, un dispositif avec relais du genre de celui que nous avons décrit précédemment, mais M. André Rio, dont nous avons cité plus haut les travaux, a réussi à construire récemment un appareil fort original présentant la particularité intéressante de pouvoir produire directement un signal sonore sous l’action du phénomène lumineux à contrôler, et sans qu’il soit besoin d’un relais ou d’un organe électro-mécanique quelconque pouvant se dérégler ou se détériorer.
- Le principe de montage de cet appareil se déduit de celui de l’amplificateur équilibré en pont de Wheatslone que nous avons décrit précédemment. Comme le montre la figure 2, sous l’action du déséquilibre produit par la variation de résistance de la cellule, des oscillations à fréquence musicale peuvent prendre naissance dans le circuit plaque de la lampe et mettre en action un haut-parleur. On a inséré à cet effet dans le circuit de grille de la triode un système de self-inductance couplée ou non à une autre inductance insérée dans le circuit plaque de la lampe amplificatrice. Pour des caractéristiques déterminées de l’ensemble, toute variation lumineuse reçue par la cellule se traduira par la production d’un courant audible intense dans le circuit plaque.
- Cet appareil est, d’autre part, susceptible de se prêter à deux modes de fonctionnement. Dans le premier cas, il émet un son tant que persiste la variation lumineuse à contrôler, et la hauteur du son émis dépend uniquement de la variation de l’intensité lumineuse reçue sur la cellule. Dans le deuxième cas, le son est émis sur une note aiguë au moment de la variation lumineuse, et persiste même si la variation de lumière initiale a cessé. On peut obtenir à volonté l’un ou l’autre de ces modes de fonctionnement à l’aide d’un simple interrupteur extérieur à l’appareil.
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- Le dispositif se branche, d’ailleurs, directement sur Je réseau 110 ou 220 v continu ou alternatif et sa consommation est très réduite, de l’ordre de 0,15 ampère sous 110 v. La sensibilité de ce nouvel appareil est 5 fois supérieure à celle du modèle courant à relais.
- La cellule au sélénium est contenue dans le boîtier qui peut être reporté à distance. Le haut-parleur utilisé généralement est du type électro-magnétique puissant; il peut être également monté sur le boîtier ou reporté à n’importe quelle distance de l’appareil. Il est, d’ailleurs, facile d’employer une petite boîte d'amplification pour augmente)' l’intensité du son produit (fig. 3).
- Ce nouvel appareil se prête à des applications extrêmement nombreuses toutes les fois que le contrôle a pour objet de provoquer un signal sonore détectant une action déterminée. Nous pouvons signaler ainsi la sécurité contre le vol avi'C barrage lumineux, le contrôle d’incendie, la détection d*‘S fumées, des brouillards et des vapeurs, la détection ou contrôle de la coloration ou de l’opacité, la détection de la température de recuit dans les fours, les appels à distance, sélectifs ou non, par rayons lumineux, etc., etc...
- Fig. 3.— Le pholo-déiecleur dans son boîtier.
- Il s’agit donc là d’un appareil 1res simple, d'entretien facile et de fonctionnement sûr, qui semble appelé à rendre de nombreux services à mesure qu’on se rend de mieux en mieux compte des avantages des dispositifs photosensibles.
- P. IL
- UN NOUVEAU VOLCAN
- La Revue hydrographique signale une étude de MM. Akitune Imamura et Zirô Kavase, parue dans le Japanese Journal o/ Astronomy and Geophysics, sur un nouveau volcan apparu récemment près des îles Kouriles, entre le Japon et le Ivamchatka. L’île la plus septentrionale de l’archipel des Kouriles est l’île Alaid, de forme circulaire, ayant environ 15 km de diamètre et portant en son centre la montagne conique d’Oyakoba, qui atteint 2334 m d’altitude. Le vapeur Ilakuhô-maru, du Service des pêches, croisant en ces parages, aperçut à l’est de l’île Alaid un îlot volcanique d’environ
- 200 m de large, situé par 155° 40' 10" E et 50° 50'30" N qu’il put photographier. L’îlot émettait des nuages blanchâtres et l’on entendait quelques détonations. Tout à coup, une violente explosion lança des nuages noirs jusqu’à 3000 m de hauteur, puis les nuées blanches reparurent et les explosions se suivirent toutes les une ou deux heures.
- Le nouvel îlot est en forme de fer à cheval et continue de croître.
- Or des sondages effectués en ce point en 1932 indiquaient une profondeur d’eau de 20 m.
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- LIVRES NOUVEAUX
- Arithmétique de Vinfini, par M. Frechet (Collection dos exposés d’analyse générale). 1 brochure, 42 p. Hermann et Cie, 1934. Prix : 10 fr.
- Cette savante brochure inaugure une nouvelle collection d’actualités mathématiques. L’arithmétique de l’infini se rattache à une branche nouvelle des mathématiques que son créateur, M. Frêchet, a dénommée analyse générale. On trouvera ici l’explication très claire de l’objet de cette arithmétique, des définitions qui sont à sa base et un aperçu des développements auxquels celles-ci conduisent.
- Les principes de la mécanique générale, par J.-L. Destouches. 1 brochure, 54 p. Hermann et Cio, Paris, 1934. Prix : 15 i'r.
- Essai de systématique sur les théories de la mécanique ondulatoire.
- Guide pour l’exécution des dessins de machines.
- 1 vol., 96 p. 112 fig. Ch. Béranger. Paris, 1934. Prix relié : 1S ir.
- L’auteur a réuni ici les règles et les conventions essentielles que la pratique a imposées aux dessinateurs de machines, pour la représentation des organes sur les dessins que le bureau d’études envoie à l’atelier pour exécution.
- La planète Mercure et la rotation des satellites,
- par E.-M. Antoniadi. 1 vol., 84 p., 36 fig. Gauthier-Villars, éditeurs. Paris, 1934. Prix : 18 fr.
- L’auteur groupe ici tout ce que nous savons de la planète Mercure, notamment sur sa géographie, son atmosphère, ses aspects vus de la Terre, ses conditions physiques. 11 tient compte notamment des plus récents résultats d’observation obtenus à l’Observatoire de Meudon. Ce petit livre riche de laits est d’une lecture fort attrayante.
- L’obtention du négatif photographique, pur M. Le-
- belle, 1 vol., 146 p., 15 fig., Gauthier-Villars, éditeurs, Paris, 1934. Prix : 25 fr.
- Après avoir exposé le mécanisme du noircissement de la plaque, l'auteur examine successivement les diverses opérations photographiques, depuis la prise de vue jusqu’à l’achèvement du cliché; il explique d’une façon à la fois claire et scientifique les diverses façons pratiques de procéder et il donne d’utiles conseils. II montre qu’il n'y a pas de règles définies pour aboutir à un négatif parfait; cependant la compréhension des phénomènes, facilitée par la lecture de ce petit livre, permettra à l’amateur .d’opérer avec le minimum d’incertitude et le guidera, au cours de son apprentissage, vers une perfection relative.
- Atlas de l'humidité relative en Chine, par le P. Ernest Gherzi, 1 brochure avec cartes. Imprimerie de T’ou-Sé-Wé, près Zi-ICa-Wei. Shangaï, 1934.
- Le directeur de l’observatoire météorologique de Zi-Ka-Wei continue ici le travail de synthèse climatérique de la Chine commencé avec l’Atlas de la température. Les données météorologiques relatives à la Chine sont encore très éparses en raison du nombre restreint des stations; mais les observations, poursuivies régulièrement depuis plus de 15 ans, permettent à l’auteur de dégager au moins le caractère général du pays au point de vue humidité. L’œuvre si utile des savants religieux de Zi-Ka-Wei s’enrichit ainsi d’un nouveau travail, précieux à tous égards.
- Einführung in die Lehre von den Kolloiden, par
- IL Bechhold. 1 vol. in-8, 160 p., 86 fig. Steinkopf, Dresde et Leipzig, 1934. Prix : broché, 9 marks; relié, 10 marks.
- L’institut de recherches sur les colloïdes, de Francfort, a organisé un cours élémentaire comportant des notions générales, des applications à l’industrie et des travaux pratiques. Ce volume reproduit les leçons préliminaires. Il commence par une définition des colloïdes, puis rappelle leurs principales propriétés : mouvement brownien, diffusion, pression osmotique, sédimentation, adsorption, solvation, gélification, charge électrique, dialyse, électrodialyse, ultra-filtration, propriétés optiques, examen aux rayons X. Parfaitement au point et à jour, cet exposé est une utile initiation pour tous ceux qui ont besoin de connaître ces récentes notions : chimistes, médecins, ingénieurs, etc.
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- Equilibre de membrane, par N. Marinesco. 1 vol. in-8, 69 p., 5 fig. Actualités scientifiques et industrielles. Hermann et Cie, Paris, 1934. Prix : 15 fr.
- Donnan a montré qu’un équilibre ionique s’établit entre les deux faces d’une membrane hémiperméable et qu’il conditionne les échanges entre la cellule et le milieu. L auteur rappelle les nombreux travaux existant sur la question et souligne son importance en physiologie.
- Les colloïdes et la couche de passage, par A. Gillet. et N. Andrault de Langeron. 1 broch. in-8, 44 pages, 4 fig.
- Actualités scientifiques et industrielles. Hermann, Paris, 1934. Prix : 10 fr.
- Exposé des travaux récents sur les actions de surface des colloïdes et leurs interprétations possibles.
- Le zinc, par R. Vanderschueren, 1 vol. 397 pages, 125 fig. J.-B. Baillière et fils. Paris 1934, prix broché : 24 fr.
- Dans cette monographie, l’auteur étudie !e métal depuis l’extraction du minerai jusqu’à sa sortie de l’usine à l’état de produits finis. Il examine notamment les nouveaux procédés de fabrication par électrolyse. -Après avoir examiné les principaux emplois du métal, il donne des indications sur le marché du zinc et la production des différents centres.
- Principes de la teinture par les pigmen ts végétaux naturels, par Émile Blondel. 1 vol. in-8, 168 p., Baillière et fils, Paris, 1933. Prix : 22 ir.
- L’auteur, praticien expérimenté, traite des colorants d’origine végétale, des mordants, des teintures, des couleurs d’oxydation, du noir au campèche, des couleurs minérales, puis décrit les apprêts et les encollages, et termine par des renseignements sur les expertises chimiques, en cas de conflits.
- La détermination rapide des variétés de fruits,
- par J. Vercier. Tome IL Cerises, fraises. 1 vol. in-16, 196 pages, fig. Baillière et fils, Paris, 1934. Prix : 18 1T.
- Pour mettre de l’ordre dans les innombrables variétés de fruits, l’auteur a imaginé une méthode chiffrée personnelle qu’il a déjà appliquée aux poires et aux pommes. Il s’attaque maintenant aux cerises et aux fraises dont il classe les très nombreuses formes et qualités. Cet inventaire est fort utile au moment où la production tend à s’organiser, à choisir quelques types seulement et à abandonner tous les autres qui disparaîtront peu à peu.
- Les orchidées, leurs cultures, par le Dr Jean Gratiot, 1 vol. in-16, 170 p., 49 fig. en 2 couleurs. Broché. Librairie agricole de la Maison rustique. Paris, 1934. Prix : 11 fr.
- L’auteur ayant étudié les champignons associés et pratiqué de nombreuses années a abouti à des notions précises qui montrent que la réussite est aisée, à condition d’observer des règles exactes, différentes de celles habituelles pour les autres plantes. Il insiste sur la composition des composts et leur degré d’acidité. Il décrit la multiplication par semis, la fécondation, la récolte des graines, leur germination spéciale associée au développement de champignons spéciaux. C’est ainsi un précieux guide à la fois scientifique et pratique.
- Une relique de la sapinière méditerranéenne. Le mont Babor, par A. Barbey. 1 vol. in-8, 83 p., 33 pl. Librairie agricole de la M üson rustique, Paris, et Duculot, Gembloux (Belgique), 1934.
- L’auteur est bien connu, notamment par son traité d’entomologie forestière. Forestier et entomologiste, il s’intéresse aux conifères du bassin méditerranéen et a déjà donné une monographie remarquable des forêts de pin sapo d’Andalousie. Cette fois-ci, il explore une autre relique, 1 ’Abies numidici qui est localisé étroitement au mont Babor, en Algérie, dans la région de Sétif. Ces espèces méditerranéennes, plus ou moins étroitement liées entre elles et au Sapin d’Europe, posent de multiples problèmes biologiques : variations, isolement géographique et aussi, quand on examine les insectes vivant sur ces arbres, biocœnoses. L’auteur est maître en ces questions et son étude est un modèle du genre.
- Bibliographie des ouvrages français sur la chasse, par J. Thiébaud. 1 vol. X + 520 pp. avec 40 fac-similés de titres et de gravures, tiré à 1000 ex. numérotés sur papier alfa satiné. E. Nourry, Paris, 1934. Prix : 150 fr.
- Ce beau volume fait honneur à Fauteur et à l’éditeur.
- La bibliographie de M. Thiébaud embrasse tous les livres sur la chasse écrits ou traduits en français depuis le xv« siècle jusqu’à nos jours. Elle admet aussi les auteurs grecs et latins de l'antiquité et du moyen âge, de même que les recueils d’estampes publiés avec titres ou légendes en latin et en français. Classée par ordre alphabétique, elle est complétée par une table des titres et par un index des matières. Elle contient la description d’environ 5000 ouvrages dont toutes les éditions sont soigneusement cataloguées et collationnées. Des notices très détaillées sont consacrées aux livres anciens les plus rares et les plus précieux, dont tous les exemplaires connus sont signalés avec l’indication des prix qu’ils ont atteints dans les ventes publiques.
- Associations fonctionnelles et milieu intérieur,
- par Georges Bohn. 1 vol. in-8, 89 p., 25 fig. Actualités scientifiques et industrielles. Hermann et Cle. Paris, 1934. Prix : 15 fr.
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- Voici le 5° fascicule des leçons professées par l’auteur à la Faculté des Sciences de Paris devant les étudiants du P. C. B. On sait tout )'intérêt qu’il sait susciter pour les sciences naturelles et l’on en retrouve ici les raisons dans la simplicité, la clarté et l’esprit de synthèse qui animent ses exposés. Son cours est une remarquable introduction à la zoologie, à la biologie et à la physiologie. Cette partie consacrée aux associations fonctionnelles et au milieu intérieur est une initiation physiologique. Après avoir expliqué la polarité, la régénération et les tropismes, il passe en revue les grandes fonctions de régulation : le sang, le foie, le cœur, les hormones des glandes à sécrétion interne, le système nerveux, le rein.
- Darwin \the evil genius of science and his nor-dic religion, paru. Reiniifimer 1 broch. in-16, 16 p. Gre-vett and Co, Surbiton, 1934. Prix : 1 sh.
- Pamphlet contre Darwin que l’auteur accuse d’avoir opposé science et religion et d’avoir créé une fausse croyance en la puissance de la science.
- Sha II cancer conquer unopposed, par H. Reiniieimer. 1 broch. in-16, 44 p. Grevett and Co, Surbiton, 1934, Prix : 2 sh.
- Autre pamphlet contre les théories du cancer. L’auteur en voit la couse dans notre alimentation défectueuse.
- Pasteur, sa vie, sa foi, son œuvre (documents inédits), par le l)r C. d’EsciiEVANNES. 1 vol. in-16, 236 p., 8 fig. hors texte. Téqui. Paris, 1934. Prix : 10 fr.
- L’auteur rassemble un grand nombre de documents, dont certains peu connus, pour montrer que Pasteur fut aussi chrétien que savant et que la science n’est donc pas en opposition avec la loi. Écrit avec une ardente conviction, ce livre est un nouveau témoignage de la grandeur, de la puissance d’esprit du maître.
- Effets physiologiques des rayons solaires, par
- Auguste Lumière:. 1 vol. in-8, 79 p. Imprimerie Sézanne, Lyon, 1934.
- La lumière solaire agit sur les corps bruts, les bactéries, la germination, les synthèses cellulaires, notamment chez les plantes vertes, les mouvements et la nutrition des animaux, sans parler de la vision. Chez l’homme, l’insolation a des effets marqués qu’on commence à utiliser en thérapeutique. Ces actions complexes n’ont guère été jusqu’ici signalées dans les traités de physiologie et c’est pourquoi l’auteur en rassemble l’exposé suivi d’une bibliographie.
- Hygiène de la peau, par Paul Chevallier et Marcel Colin. 1 vol. in-8, 96 p. Collection Hygiène et Diététique. Doin et Cie, Paris, 1934. Prix : 12 fr.
- Après avoir rappelé le rôle important des téguments, les auteurs étudient d’abord les soins de propreté et les moyens de protection de la peau normale, chez l’adulte et l’enfant. Ils précisent de quels soins particuliers les différentes parties du corps doivent être l’objet et comment on peut éviter un certain nombre de dermatoses d’origine interne ou externe. Ils indiquent ensuite de quelle façon doit être comprise l’hygiène des peaux sèches et des peaux grasses, comment on peut modilier heureusement ces anomalies des téguments et lutter contre les petites dermatoses inesthétiques qui souvent les accompagnent. Ils terminent en abordant le problème du vieillissement et montrent dans quelle mesure on peut, à l’heure actuelle, retarder ou masquer les altérations de la peau sénile. De nombreuses recettes complètent les sages conseils réunis ici.
- Hygiène et régimes des obèses, par Gilbert-Dreyfus, 1 vol. in-16, 88 p. Collection Hygiène et Diététique. Doin et Cie. Paris, 1934. Prix : 12 fr.
- Outre différents martyres, l’obèse augmente ses chances de mortalité. Pour se guérir, il lui faut un régime alimentaire strict, une hygiène générale, des exercices, et accessoirement un traitement médicamenteux, des cures hydrominérales. Les règles en sont prescrites dans ce petit livre destiné au malade comme au médecin.
- Hygiène de la grossesse, par L. Cleisz. i vol. in-16, 135 p. Collection Hygiène et Diététique. Doin et Cie, Paris, 1934. Prix : 12 fr.
- Livre de la future mère, celui-ci répond à toutes les questions qu’elle peut se poser concernant son hygiène, son alimentation, son habillement, son mode de vie, les incidents qui peuvent apparaître, les secours sociaux qu’elle peut demander; il la conduit ainsi jusqu’au dernier jour et aux préparatifs qu’il nécessite.
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- La guérison delà tuberculose basée sur l’étude de cas de guérison spontanée, par le Dr Paul Ferrier. 2e édition augmentée. 1 vol. in-16, 127 p. Thoreau, La Charité-sur-Loire, 1934.
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- Traitement fort simple consistant à régler l’horaire et la composition des repas pour que l’estomac se vide bien chaque fois et ne développe pas de fermentations acides. Une eau alcaline, au besoin une addition de phosphate de chaux, évite la décalcification et la phosphaturie. Ce traitement physiologique est également applicable à la lèpre.
- Les intoxications par les somnifères (intoxication barb itu rique ), par Charles Flandin, Jean Bernard et François Joly. 1 vol. in-8, 116 p., 6 fig. Doin et Clc, Paris, 1934. Prix : 20 fr.
- Ce genre d’intoxications, devenant assez fréquent, a permis en ces dernières années dé préciser le diagnostic, le pronostic et le traitement (notamment par la strychnine). 11 a donné lieu également à des travaux de toxicologie et d’anatomie pathologique. Cette monographie expose parfaitement l’état actuel de la question et rendra service aux médecins non encore prévenus de ce nouveau groupe d’intoxications difficiles à reconnaître.
- Vie et rajeunissement, par le Dr Francesco'CAVAzzi. 1 vol. in-8, 73 p., 17 planches. Gaston Doin et Cle, Paris, 1934. Prix : 22 fr.
- Le problème du rajeunissement continue de tenter des chercheurs, et c’est tout naturel. L’auteur, reprenant les idées de Brown-Sequard, a utilisé les injections sous-cutanées de sérum du sang, sortant de la glande à sécrétion interne et il présente les résultats obtenus sur des vieillards, à Bologne et à l’hospice d’Ivry. Ces résultats, dûment contrôlés, paraissent favorables et justifient la nouvelle méthode générale de traitement due à l’auteur.
- L’Afrique centrale, par Maurice Robert, 1 vol. in-16, 215 p., 8 cartes et graphiques. Collection Armand Colin, Paris, 1934. Prix : 10 fr 50.
- Professeur de géographie à l’Université de Bruxelles, l’auteur a passé de nombreuses années en Afrique où il a dirigé d’importantes et fécondes missions de recherches minières. Directeur du Service géographique et géologique du Katanga, c’est lui qui a réalisé le levé de la plus grande partie du territoire. Son ouvrage est un exposé synthétique, clair, précis et à jour, non seulement des connaissances au sujet de l’Afrique centrale et particulièrement du Congo belge, au point de vue géographique et géologique, mais encore des ressources si précieuses qu’offre l’exploitation de ses richesses naturelles : mines et cultures.
- L'abri d’Alain, près d’Oran (Algérie), par Paul Pallary, 1 vol. in-4, 51 p., 22 fig., 5 pl. Arcîfives de l’Institut de paléontologie humaine. Mémoire 12. Masson et Cie, Paris, 1934. Prix : 35 fr.
- Cet abri, situé aux portes d’Oran, a été découvert par l’auteur et fouillé grâce au concours de l’Institut de paléontologie humaine. Il a fourni des ossements, des coquilles de mollusques, des charbons de bois, des pierres taillées et polies de diverses formes. Ce mémoire donne la description des fouilles et la figuration des nombreux objets recueillis.
- Three essays on sex and marriage, par Edward Westermarck. 1 vol. in-8, 353 pages. Macmillan, London, 1934, Prix : cartonné toile, 12 sh. 6 d.
- L’auteur qui est déjà connu par une histoire du mariage humain a réuni ici trois essais de sociologie sur la même question. Dans le premier il examine les conceptions psycho-analytiques de Freud et les -rapproche des faits ethnographiques connus. Le deuxième est consacré aux théories récentes de l’exogamie. Le troisième est une discussion avec le Dr Briffault sur la fondation biologique du mariage, les interdictions qu’on observe dans diverses civilisations, etc.
- Introduction à la psychologie. L'instinct et l'émotion, par J. Larguier des Bancels, 2e édition, revue et augmentée. 1 vol. in-8, 291 p. Bibliothèque scientifique. Payot, Paris, 1934. Prix : 20 fr.
- La psychologie s’est dégagée peu à peu de la philosophie et de la physiologie. Pour en comprendre l’esprit, il est nécessaire de se rappeler ce qu’elle doit à ses devancières. Les cinq premiers chapitres fournissent les renseignements indispensables à cet égard. Ils portent sur l’objet et les méthodes de la psychologie, l’âme et le corps, la conscience et le système nerveux, la moelle et le cerveau, l’activité réflexe et l’activité cérébrale. Dans la seconde moitié de l’ouvrage, Faute indiscuté les grands problèmes que soulèvent l’instinct et l’émotion. Les hommes savent, depuis qu’ils s’observent, qu’ils sont menés par leurs appétits et qu’ils vivent de leurs passions. Reconnaître les tendances fondamentales auxquelles ils obéissent, c’est découvrir les ressorts mêmes de l’activité sociale. Le professeur de l’université de Lausanne a su exposer avec beaucoup de clarté le point de vue fonctionnel des phénomènes psychiques.
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- NOTES ET INFORMATIONS
- NÉCROLOGIE
- M. W. de Sitter (1872=1934)
- L’astronome hollandais qui vient de mourir s’était acquis une célébrité mondiale par ses travaux sur les théories relativistes et leurs conséquences astronomiques. Ce sont, en ell'et, ses théories qui les premières ont attiré l’attention des astronomes sur la signification des vitesses radiales des nébuleuses spirales, et qui ont entraîné la pensée humaine vers de nouvelles conceptions de l’univers.
- De Sitter a été professeur d’astronomie à Leyde, de 1908 à 1918, date à laquelle il prit la direction de l’observatoire de Leyde; il consacra depuis lors la majeure partie de ses efforts à la réorganisation et à l’équipement de cet observatoire qui sous sa direction est devenu un des plus importants de l’Europe.
- De Sitter a été surtout un spécialiste de la mécanique céleste et en dehors de ses travaux sur la relativité, on lui doit un important mémoire théorique sur les orbites des satellites de Jupiter.
- RADIOÉLECTRICITÉ
- Venregistrement des images radiodiffusées par des procédés électro=acoustiques.
- La transmission des signaux phototélégraphiques sert généralement, à l’heure actuelle, à la diffusion des cartes météorologiques par T.S.F., de même que les transmissions de radiovision effectuées sur la gamme des ondes moyennes se manifestent pour les auditeurs de T.S.F. d’une manière acoustique particulière. Ces derniers perçoivent, en effet, des sons musicaux de tonalité relativement constante, auxquels se superposent des bruits périodiques.
- On sait, en effet, que les courants électriques devant permettre la reproduction des différentes tonalités de l’image enregistrée ou examinée directement déterminent la modulation de l’onde porteuse sur une bande de fréquences comprise dans la gamme musicale, du moins si l’on considère les émissions de radiovision effectuées avec un détail relativement réduit de l’image, de l’ordre d’une trentaine de lignes seulement. Dans ces conditions, la bande des fréquences transmises ne dépasse guère 4500 périodes-seconde environ, et correspond à celle qui est adoptée normalement en radiodiffusion pour la transmission des paroles et de la musique.
- Si l’on peut ainsi entendre les signaux modulés de phototélégraphie ou de radiovision, on conçoit qu’il soit possible de les enregistrer, comme on enregistre une réception radiophonique quelconque.
- Il suffit, en principe, de relier les bornes de sortie du récepteur de T.S.F. à un outil électromécanique d’enregistrement,
- Mécanisme tourne disque
- Disque en métal ou en matière plastiqua
- Récepteur de T.S. F
- Pick-up
- Vis sans fin d'entrainement
- Fig. 1. — Disposition schématique d'un système d'enregistrement da images sur disque phonographique.
- portant un burin en diamant ou même en acier et qui vient inscrire des sillons spiraloïdes à variations transversales sur un disque en matière plastique quelconque, comme s’il s’agissait d’un dispositif d’enregistrement phonographique ordinaire (% !)•
- En pratique, pour obtenir un enregistrement satisfaisant, il est indispensable d’enregistrer les notes aiguës, qui seules assurent les qualités de l’image radiovisée. D’autre part, les systèmes d’enregistrement phonographique individuels sont encore d’un emploi assez délicat, si l’on ne veut pas se résoudre à utiliser un enregistrement sur disque de cire, qui comporte des opérations électrolytiques ultérieures fort complexes.
- En tout cas, il est certain qu’on réalise, de cette manière, un enregistrement de l’image animée par un procédé uniquement électro-acoustique, et la reproduction de cette image peut s’opérer suivant un dispositif relativement simple. Le pick-up reproducteur est connecté à un amplif'cateur de puissance et, à la sortie de cet amplificateur de puissance, on connecte la lampe au néon d’un récepteur de télévision habituel, soit à vision directe, soit à projection sur écran. Le synchronisme est assuré par les « signaux d’images » enregistrées sur le disque en même temps que les signaux modulés de radiovision, et en utilisant la régulation par le secteur de distribution alternatif, dans le cas de secteurs interconnectés (fig. 2).
- Bien entendu, au lieu d’enregistrer les signaux de radiovision sur un disque phonographique, on pourrait adopter un procédé d’enregistrement photographique et les inscrire par une méthode électro-optique sur un film sensible. On obtiendrait des « images sonores » correspondant à la modulation, et on reproduirait les sons ainsi enregistrés par un procédé photoélectrique bien connu.
- On remarquera que ce procédé d’enregistrement et de reproduction des images est tout à fait analogue au système original de cinématographie électrique que nous avons décrit dans La Nature et qui avait été indiqué par M. Dussaud, après, d’ailleurs, semble-t-il, les travaux de l’inventeur anglais Baird sur la phonovision, c’est-à-dire la vision des images par des procédés électro-acoustiques. P. Hémardinquer.
- * ASTRONOMIE
- L'étoile nouvelle d'Hercule.
- Nous complétons l’information publiée sur cette Nova dans notre n° 2944, du 1cr janvier 1935.
- Fig. 2. — Disposition schématique d'un système simplifié permettant de reproduire l'image enregistrée sur disque.
- Amplificateur
- n- , , , de puissance
- rick-up reproducteur \_______
- Disque enregistré
- Lampe à cratère
- Image
- Bobine de choc
- Alimentation"" auxiliaire delà lampe à luminescence
- Disque à
- lentilles Ecran entraîné par moteur ( synchronisé
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- Une faute d’impression s’est glissée dans la valeur de la déclinaison, donnée pour 54° au lieu de 45°. Voici les coordonnées célestes exactes de cette étoile, d’après une détermination faite à l’Observatoire de Greenwich :
- Ascension droite...................18h5m38s,3
- Déclinaison........................+ 45°50'52,',9
- Cette Nova est apparue du 12 au 13 décembre dernier et on doit sa dévouverte à M. J.-P. M. Prentice, de Stowmarket, Suiïolk (Angleterre), qui, le premier, l’a signalée.
- Elle était alors de 3 e magnitude. Le 18 décembre, M. F. Qué-nisset, astronome à l’Observatoire Flammarion, de Juvisy, l’a notée de 2m 6. Sa couleur était alors verdâtre.
- CONSTRUCTIONS NAVALES
- Les aménagements de la « Normandie » et la protection contre le feu.
- On a déjà beaucoup parlé de notre grand paquebot, qui est assurément « the greatest in the world », mais on a peu parlé encore de l’ingéniosité qu’ont déployée les architectes et les décorateurs pour concilier à son bord le luxe et la sécurité.
- La Compagnie Générale Transatlantique vient de présenter les plans et maquettes de ses aménagements. Bien que nous comptions revenir sur ce sujet, l’exposition à laquelle nous venons d’être convié permet déjà de souligner les points suivants.
- Les premières s’étendent sur deux étages dans le corps du navire et forment deux longues coursives superposées.
- Au degré supérieur, on trouve de la proue à la poupe : le grand salon, le fumoir, le théâtre, le jardin d’hiver et quelques salons, le tout relié soit directement soit par des halls; au pont inférieur, le grand hall de réception, la salle à manger d’une centaine de mètres, la chapelle et la piscine.
- La décoration, partout très moderne, n’en est pas moins de fort bon goût. Elle a été confiée à nos meilleurs artistes. Sans entrer dans les détails, signalons quelques points particulièrement dignes d’attention.
- La salle à manger, située au centre du navire, n’a aucune ouverture à l’air libre. Il s’agissait d’obtenir une lumière quasi naturelle tout en donnant par deux grands lustres l’illusion d’un éclairage ordinaire. A cet effet les murs sont recouverts de verre dépoli. De grandes plaques, sillonnées de diagonales unies sur la face visible, et de lignes de verre éclaté sur la face interne, devront produire effet de tenture, grâce à une lumière frisante, cependant que des verres à motifs géométriques les encadrant donneront l’effet de colonne. Les quelques mètres déjà établis sur le paquebot en achèvement laissent entrevoir que la réussite de ce procédé nouveau et hardi sera complète.
- Mentionnons encore le théâtre où 380 spectateurs trouvent place, sa scène sera enviée de beaucoup de salles parisiennes.
- Enfin nous n’aurions garde d’omettre le jardin d’hiver avec terre-pleins, pelouses, volières et aquarium. Du jardin on passe sur le spardeck où un dispositif ingénieux de glaces permet de se tenir à l’abri par les plus mauvais temps tout en étant en plein air. A une des extrémités de cette splendide (errasse se dresse une énorme statue stylisée symbolisant l’Océan Atlantique.
- Tout ce luxe n’a pas empêché de faire prédominer avant tout l’élément sécurité.
- De grands sinistres ont frappé nos navires. Il s’agit de rassurer la clientèle internationale. On n’a sacrifié pour ce faire ni les questions de prix ni les questions de poids. On peut dire que la Normandie est pratiquement incombustible.
- Les causes des sinistres peuvent être: ou bien des causes
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- externes (cigarette, lampe à alcool), ou bien des causes internes (court-circuit). Contre les premières, on a employé les procédés d’ignifugation les plus modernes et les plus efficaces. Contre les secondes, on a isolé les canalisations électriques de la façon suivante : tous les fils sont recouverts de matière isolante très épaisse. Les fils transportant des courants différant par le sens, le voltage ou la puissance sont à quelque distance les uns des autres, enfin tous sont enclos dans un châssis métallique (fig. 1) qui tout en étant étanche est facilement démontable; toutes les canalisations peuvent ainsi être mises à nu très rapidement.
- Le navire est divisé en 12 compartiments par 11 cloisons verticales absolument étanches au feu.
- Dans chacun de ces caissons nous trouvons :
- 1° Des cloisons principales d’incendies, qui résistent pendant deux heures à 815°;
- 2° Dans les compartiments formés par ces cloisons, les coursives forment encore d’autres cloisons coupe-feu résistant à la même température;
- 3° Enfin les cloisons d’incendie d’cchappée, résistant pendant 53 minutes à 815°, forment les compartiments à l’intérieur desquels sont situées les cabines. Si bien que l’incendie aurait quatre barrages à franchir avant d’enflammer tout le navire.
- On sait que lors des grandes catastrophes qui frappèrent
- Fig. 3. — Les canalisations électriques de la «Normandie ».
- A. Cornière formant baguette. B. Couvercle métallique. C. Câbles.
- nos paquebots ces temps derniers, la fumée envahissait les coursives. Pour atteindre les cabines, foyers d’incendie, on dut passer par les hublots, puis faire sauter des tôles des ponts.
- Ceci çt frappé un des architectes de la Norm ndie. Des ouvertures sont pratiquées dans tous les plafonds de sorte qu’en les dégageant on peut lancer sur le foyer tous les produits extinctifs dont on dispose.
- C’est très facile, car tous les ponts sont isolés à 815° pendant deux heures. On a reproché aux cages d’ascenseur d’être un moyen puissant de propagation du feu.
- Aussi à la première alerte toutes les cages sont-elles closes hermétiquement et automatiquement.
- On ne peut qu’admirer le dispositif et l’ingéniosité déployée.
- Les systèmes avertisseurs enfin ont été multipliés. Un poste central constamment sur le qui-vive dispose d’une équipe professionnelle de sapeurs-pompiers d’élite, très entraînée.
- Tout cela a obligé la Compagnie à sacrifier du poids au luxe et a entraîné un prix de revient sensiblement plus élevé qu’à l’habitude.
- Espérons que les habitués de la ligne apprécieront ces dispositions nouvelles qui leur permettront de goûter plus librement les joies du confort français en mer.
- J. P. K.
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- INVENTIONS ET NOUVEAUTÉS
- Savon
- liquide
- Ventilateur
- Moteur
- électrique
- „Résistance chauffante
- mobile
- interrupteur automatique à mercure
- du savon
- l’air chaud
- Fig. 1. — Coupe de l'appareil « Lavomatic ».
- HYGIÈNE
- Lavage et séchage automatique des mains.
- Quel est celui d’entre nous qui faisant usage de lavabos publics, à l’exception de ceux qui sont l’objet d’une surveillance incessante, n’a pas eu l’occasion d’exercer ses critiques sur les moyens mis à sa disposition pour effectuer une opération, qui, au point de vue de l’hygiène générale, est plus importante qu’on ne le suppose.
- Des robinets débitant trop ou pas assez d’eau, des savonnettes souillées, parfois inexistantes, ou bien des distributeurs de savon obstrués, et, enfin, des essuie-mains souvent humides et malpropres : voilà encore, dans beaucoup d’endroits, ce que nous trouvons pour nous laver les mains.
- Un appareil ingénieux : le Lavomatic, groupant en lui les divers éléments nécessaires pour assurer le lavage et le séchage des mains, d’une façon complètement automatique, constitue donc un remarquable progrès au point de vue de l’utilisation hygiénique des lavabos publics.
- Il se compose, essentiellement, d’un petit moteur électrique dont le rotor entraîne, d’un côté, un ventilateur soufflant de l’air sur une résistance chauffante et, de l’autre côté, un arbre à cames, par l’intermédiaire d’un réducteur de vitesse. Les cames agissent sur des poussoirs commandant, successivement, et à une cadence déterminée, les organes de distribution d’eau, de savon liquide et d’air chaud. Il suffit donc de placer les mains sous l’appareil, installé lui-même au-dessus d’un lavabo,
- et relié aux canalisations d’eau et d’électricité, pour que 90 secondes après sa mise en route, par simple pression sur un bouton, on puisse les retirer sans qu’elles aient eu à manipuler quoi que ce soit.
- L’opération s’effectue donc dans des conditions d’hygiène absolument parfaites, el, à ce point de vue, on ne saurait trop préconiser l’emploi du Lavomatic dans les établissements hospitaliers. Des dispositifs ingénieux sont prévus pour augmenter le rendement et la sécurité de fonctionnement de l’appareil :
- L’air est échaulfé pendant la durée du lavage des mains; à la fin de cette opération le basculement d’un volet permet de recevoir, immédiatement, sur les mains, un courant d’air déjà chaud, qui les sèche rapidement.
- La distribution du savon liquide est assurée au moyen d’une aiguille pointeau, qui empêche toute formation de pellicules de savôli coagulé, obstruant l’orifice de distribution.
- En fin d’opération, l’appareil, par le jeu du basculement d’un interrupteur à mercure, s’arrête automatiquement.
- Le Lavomatic présente un encombrement de 58 X 21 X 25 cm et pèse 13 kg. Il ne consomme que 30 watts-heure, par opération.
- Avec son emploi, les consommations d’eau et de savon se trouvent réduites au minimum, celle du linge devient nulle.
- Concessionnaire exclusif : Jean Lapointe, 130, avenue de Versailles, Paris (16°).
- Fig. 2. —• Aspect extérieur de l'appareil Lavomatic.
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- ZOOTECHNIE
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- Abreuvoir automatique.
- Les animaux doivent avoir à leur disposition constamment de l’eau propre et en quantité voulue, c’est là un des facteurs les plus importants pour le rendement de l’élevage.
- Il est donc nécessaire, qviand les animaux sont en pâture, d'approvisionner les abreuvoirs fréquemment, de les nettoyer, cl il n’est pas possible d’avoir une réserve d’eau importante, si celle-ci se trouve exposée à toutes les souillures possibles.
- Avec l’abreuvoir intermittent, l’eau reste constamment propre, elle est à l’abri de toutes les souillures et elle alimente constamment les abreuvoirs, car elle se met à couler automatiquement dès qu’il n’y en a plus qu’une quantité déterminée dans le fond de l’abreuvoir. L’approvisionnement se fait une fois pour toutes, il suffit de prévoir la capacité du réservoir en conséquence.
- Pour les pâtures, les modèles se font dans les capacités suivantes : 500 1, 1000 1, 1500 1, 20001, et plus.
- Cet appareil est basé sur le principe de l’abreuvoir d'oiseaux, c’est-à-dire qu’à la surface libre du liquide, l’air est emprisonné, de sorte que la colonne de liquide avec la
- Fig. — L'abreuvoir automatique pour garderie de moulons.
- pression de cet air doit faire équilibre à la pression atmosphérique si l’abreuvoir est rempli d’eau.
- Au fur et à mesure que les animaux s’abreuvent, le niveau de l’eau baisse dans l’abreuvoir et il arrive un moment où un orifice est découvert par cette eau. Cet orifice est l’entrée d’un tube, qui débouche dans le haut du réservoir, et qui permet ainsi à une certaine quantité d’air de pénétrer et de provoquer l’abaissement du niveau du liquide du réservoir et le nouveau remplissage de l’abreuvoir.
- L’appareil est indéréglable, ne nécessite aucun entretien et peut être mis entre toutes les mains. Cet appareil s’applique également à la ferme, dans les garderies de moutons, pour les basses-cours, faisanderies, etc... Naturellement la capacité du réservoir est prévue en conséquence. i
- Pour les étables, on peut grâce à ce même dispositif desservir loute une série d’auges, le réservoir pouvant se trouver à un niveau supérieur d’ailleurs quelconque; un système spécial de tube de remplissage est prévu si l’on veut placer par exemple, le réservoir à l’étage supérieur, mais il est à recommander de le placer de préférence dans l’étable où il ne tiendra aucune place, étant placé très haut sur deux consoles et où la chaleur des animaux tiendra constamment leur boisson à température convenable, ce qui est évidemment préférable pour leur santé.
- Fig. 4. — Abreuvoir automatique extérieur.
- Les animaux ont alors leur auge individuelle où l’eau se déverse; aussitôt qu’il n’y a plus la quantité suffisante pour l’animal, le fonctionnement est automatique, il ne demande aucune surveillance, aucune manœuvre de robinet et la distribution est intermittente et périodique au fur et à mesure des besoins, tant qu’il y en aura une goutte dans le réservoir général.
- Ce réservoir général peut être prévu d’une capacité suffisante pour l’alimentation des animaux pendant huit à dix jours, une simple manœuvre permettant à ce moment-là de le remplir, et il n’est pour cela aucunement besoin d’avoir l’eau sous pression. L’eau reste constamment propre et elle a l’avantage d’être à la même température que l’étable, de sorte que les bestiaux ne risquent pas de boire froid, source de malaises fréquents, quelquefois mortels, parfois de coliques (particulièrement pour les chevaux qui rentrent du travail).
- On sait aussi que les vaches à l'étable qui ne boivent pas froid, mais à une température tempérée et en quantité, ont une meilleure production en lait.
- Constructeur : Gaudel-Hérion, rue Saint-Ladre, à Ribémont (Aisne).
- Fig. 5. — Abreuvoir automatique pour étable avec auge individuelle.
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- BOITE AUX LETTRES
- COMMUNICATIONS
- Contre l'empoisonnement par les champignons
- (n» 2939).
- Un de nos abonnés, M. A. D. de Beaumont ajoute l’utile indication suivante :
- « On se trouvera bien d’ingérer de la poudre de charbon de bois, de la simple braise de boulanger bien pilée, par exemple, qui permettra de se procurer le lapin ou d’attendre l’arrivée du médecin. La poudre de charbon de bois, par ses propriétés absorbantes bien connues, sinon désinfectantes, est du reste indiquée dans tous les cas d’empoisonnement. Vous n’ignorez point qu’au Japon les familles se jugeraient imprudentes et critiquables par le voisin, si elles n’avaient pas leur approvisionnement de poudre de charbon de bois. Les cas d’empoisonnement mortel y sont, peut-on dire, inconnus ».
- L’ancêtre des hors-bord (nos 2940 et 2942).
- Nous recevons de M. J. Bethenod, l’éminent ingénieur, l'intéressante lettre qui suit :
- • A propos de la recherche du véritable ancêt e des « hors-bord » je crois utile de signaler qu’en 1881, un inventeur français G. Trouvé, bien connu à l’époque par diverses créations fort ingénieuses, présenta à l’Exposition d’Electricité un propulseur amovible avec hélice et moteur électrique portés par le gouvernail i1).
- D’après les journaux de l’époque, ce propulseur, monté sur un canot de plaisance, fonctionnait parfaitement.
- Ceci n’enlève rien au mérite de M. Trouclie, dont la mologodille a été sans doute le premier propulseur amovible réellement commercial.
- En tout cas, il s’agit bien d’une initiative française.
- J. Buthenod.
- Superstitions médicales.
- Un de nos lecteurs de Nancy a recueilli dans la région lorraine, en six semaines de vacances, quelques faits qui font suite à l’article du Dr Félix Begnault paru dans le n° 2856 de La Nature, du 1er mai 1934.
- « A la base de toutes les pratiques, il y a la superstition. Je ne m’occuperai ici que des remèdes et non des moyens propres à reconnaître et empêcher les maléfices des « sorciers » (ceci pourra être l’objet d’un 2e article).
- Il y a d'abord la connaissance des herbes, ce qui est déjà presque de la vraie médecine. Il ne faudrait toutefois pas agir comme certaine bonne femme d’Amance — il y a très longtemps — qui s’en allait aux champs avec une feuille sur laquelle « estoient dépeintes force herbes ou plantes » et qui se mettant en prière recevait du ciel la connaissance de ce « qui était utile à la chose demandée ».
- Ensuite tous les saints du Paradis furent mis à contribution. Pour certaines maladies, le saint à invoquer était facile à découvrir : St Languit pour les maladies de langueur —- Ste Claire et Ste Odile (recouvrant la vue au baptême) pour les maux d’yeux — St Hubert (à Autrev) en sa qualité de chasseur, pour les maladies des chiens, la rage — St Aignan, pour la teigne — St Quentin, pour les quintes de toux, St Claude, St Guérin, pour les animaux malades — St Nicolas (Nancy), St Christophe (Vie) pour les maladies infantiles.
- D’autre fois, le supplice du saint désigne le mal auquel il apporte le remède : à Bobache (près St-Dié), une « mâmiche » m’a conté que, dans sa jeunesse, il y avait une chapelle où St Florentin (dont on enroula les entrailles sur un treuil) était invoqué pour les coliques. Mais comme les gens de l’endroit taillaient dans l’attribut de son supplice de quoi faire des pommades ou des breuvages, le curé fit raboter ce qui restait d’entrailles — et la coutume disparut. St Laurent (brûlé sur un gril) est invoqué pour les brûlures; St Sébastien (criblé de flèches)
- 1. Voir mon rapport au Congrès international de l’Electricité, Paris 1932, 13e Section, page 342.
- pour les blessures d’armes blanches ; St Roch (mort de la peste contractée en soignant ceux qui en étaient atteints) pour la peste.
- Pour certaines maladies indéterminées on avait recours à certains procédés pour découvrir le saint compétent : pierres suant dans la main, cierges s’éteignant lorsque le nom du saint à invoquer était prononcé.
- 11 fallait ensuite se rendre le saint favorable; pour cela, il suffisait de faire un pèlerinage ou encore d’offrir certains présents à la statue : fusées de fil et 2 œufs à St Maur pour la guérison d’un enfant; 1 œuf, 1 oignon, de la cire et du chènevis (Blâmont) à St Languit; un pèlerinage à St-Nicolas de Port, effectué par des femmes veuves, ne devant pas parler pendant le parcours (St-Dié) pour guérison des maladies « féminines-i .
- Il y avait aussi certaines prières qui, parait-il étaient fort efficaces.
- Enfin, pour aider le saint, il était possible d’user de remèdes empruntés aux règnes animal et végétal — le règne minéral étant discrédité, à part quelques exceptions que voici : les pierres précieuses (émeraude) préservent des venins — l’ambre guérit les angines — le silex (surtout les rognons taillés) était souverain contre la gravelle. Il est tout naturel de supposer que ces différents minéraux étaient destinés à être portés sous forme de colliers ou ceintures et non à être ingurgités? (Voir au Musée Lorrain à Nancy une hache de pierre qui aurait servi à guérir un duc de Lorraine vers 1600).
- Les plantes mises ù contribution ne présentent rien de remarquable, puisque la médecine actuelle en tire encore des principes actifs. 11 y aurait simplement lieu de faire remarquer que leur action bienfaisante était censée se faire sentir aussi bien en les portant sur soi, en sachets, qu’en en usant sous forme de tisanes (sceau de salomon pour les cors aux pieds). D’ailleurs il était utile de faire la récolte, soit la nuit de la St-Jean ou celle de Noël.
- Les extraits animaux ont eu beaucoup de succès : urine pour les engelures, essence d’urine en usage interne pour les étourdissements, les excès de boissons (il s’agissait probablement d’ammoniaque).
- Le crottin de cheval pris à jeun dans du vin blanc guérit des maux de poitrine (Baccarat, Raon-l’Etape).
- Les poux, surtout ceux vivant sur la tête d’un enfant blond étaient souverains contre les coliques hépatiques. La dose varie suivant les régions : à Sarrebourg il en faut 15, à Vallerysthal, 5 suffisent; à Wis-sembacli, les accès de fièvre étaient coupés si l’on prenait 5 araignées dans de la confiture. Il n’y a pas bien longtemps, à Nancy, un vieil antiquaire soignait sa bronchite en avalant de temps à autre une visqueuse limace qu’il choisissait dans un pot placé sur son comptoir et roulait dans du sucre. Le sirop d’escargots a d’ailleurs fait fureur en Lorraine au siècle dernier, pour la guérison des rhumes, bronchites, etc.
- La fricassée de souris guérit le « pipi au lit » et les tripes fraîches de lapin combattent les empoisonnements par les champignons (ce remède qui a fait l’objet d’une communication à l’Académie de médecine est appliqué depuis des générations par des chasseurs de vipères des environs de Nancy, Toul, etc...)
- Enfin pour terminer, je vous donne une recette contre engelures, brûlures, coupures, etc. et toutes dermatoses :
- « Prends un vase de terre cuite neuf, mets-y une once de chacun de ce qui suit : saindoux de pur porc — miel d’avettes vierge ainsi que cire de même —• huile de pure olive — laisse mijoter le temps qu’il faut pour consistance de pommade; verse en pot de faïence blanche et brise le vase et sois asseuré de la bonté du remède » (St-Maurice-sur-Mortagne, Rambervillers).
- De tout ceci, il est facile de conclure que. bien souvent, le moral agissant avec une force incroyable sur le physique, des remèdes de bonnes femmes peuvent produire des guérisons presque miraculeuses ».
- QUESTIONS ET RÉPONSES
- Détérioration d'un récepteur superhétérodyne.
- Votre appareil récepteur superhétérodyne permettant d’obtenir une audition, et seule la qualité de cette audition étant momentanément défectueuse, il est probable que la détérioration n’est pas grave. Les vibrations que vous entendez peuvent être dues à un déréglage
- de la bobine mobile du haut-parleur électrodynamique qui vient alors frapper les parois de l’entre-fer. On peut essayer de se rendre compte de ce défaut en approchant l’oreille du haut-parleur, ou même en appuyant l’extrémité du doigt sur le diffuseur. Ces vibrations se manifestent évidemment surtout pour les notes aiguës.
- Si ce défaut n’existe pas, la perte de musicalité peut être due à une
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- lampe défectueuse, à la lampe de sortie basse fréquence, par exemple, ou môme à la première lampe oscillatrice-modulatrice. La valve de redressement ne paraît pas Être en cause, puisque l’audition a lieu.
- Les éléments chauffants de toutes les lampes et les filaments ne sont sans doute pas brûlés, mais ce sont les caractéristiques qui ont varié, ou les électrodes qui ont changé de position à l’intérieur de l’ampoule. La seule vérification qui puisse être faite dans ces conditions par un usager ignorant de toute connaissance technique consiste à avoir à sa disposition un deuxième jeu de lampes et à les placer une à une sur l’appareil, en remplacement de celles qui sont employées actuellement.
- S’il ne vous est pas possible d'avoir un deuxième jeu de lampes, il faudrait vous adresser à un revendeur suffisamment technicien, ou bien emballer les lampes et les envoyer au constructeur pour vérification.
- Ce défaut peut enfin provenir d’une résistance dont la valeur a varié ou môme du « claquage » d’un condensateur, mais il est absolument impossible d’indiquer « a priori » une telle détérioration sans examiner le poste. Réponse à M. O., à Vitré (I.-et-V.).
- Emploi du camphre contre la calamine des moteurs d’automobile.
- Ainsi que vous nous l’indiquez, il semble que le camphre végétal naturel donne de bons résultats dans le décalaminage des moteurs d’automobile, tout au moins à titre préventif. La proportion varie de 1 à 5 gr par litre d’essence, suivant que l’on veut obtenir une action plus ou moins énergique.
- Le camphre se dissout rapidement dans l’essence. On fait dissoudre dans un bidon la quantité, correspondant à la contenance totale du réservoir, et on vide la solution concentrée dans ce dernier.
- On trouve également quelquefois un peu de camphre mélangé aussi à du graphite colloïdal dans certaines huiles très légères destinées au super-huilage des cylindres. Ces huiles sont vendues par petites doses, convenant généralement pour 25 litres d’essence environ. Elles contiennent du camphre en quantité très réduite, et dans une proportion moindre encore que celle que nous vous indiquons plus haut.
- Réponse à la Librairie L. B..., à Rochefort (Charente).
- Antigel pour radiateur d’automobile.
- Il ne semble pas qu’en dehors de l’alcool et de la glycérine, il existe des composés pouvant jouer un rôle efficace et être mélangés à l’eau du radiateur sans danger pour le métal des chemises et de la tuyauterie et surtout pour les joints. La plupart des composés vendus dans le commerce contiennent également de la glycérine.
- Cette dernière peut être employée dans la proportion de 30 pour 100 ou davantage ou même 40 pour 100 au maximum. Elle a l’avantage d’être peu volatile et de resservir indéfiniment, car, une fois introduite, il suffit, pour la conserver, de ne jamais vidanger complètement et on peut même recueillir le liquide vidangé si le radiateur ne fuit pas.
- Cependant, ainsi que vous nous l’indiquez d’ailleurs, la glycérine du commerce est presque toujours acide. Elle peut donc attaquer les métaux, et surtout les joints en caoutchouc et les raccords qu’il est alors nécessaire de vérifier fréquemment. Nous avons indiqué dans des Chroniques d’automobile des variétés de glycérine très pure chimiquement. On peut, d’ailleurs, essayer de neutraliser une glycérine avec une solution de bicarbonate de soude qui ne semble pas présenter grand inconvénient.
- En général, l’alcool dénaturé qui est bon marché et facile à utiliser semble d’un emploi encore plus pratique. On peut, par exemple, utiliser 2 litres 1/4 d’alcool pour 5 litres d’eau, pour obtenir une protection sûre jusqu’à — 12°, 3 litres 1/2 jusqu’à — 18°. L’alcool n’attaque pas les joints et présente comme seul inconvénient de s’évaporer facilement.
- 11 est vrai qu’il suffit d’en remettre de temps en temps dans le radia-ieur, et comme c’est un liquide relativement bon marché, la dépense totale n’est pas encore exagérée, et la proportion n’a pas besoin d’être strictement observée. Si la dose d’alcool est un peu plus forte qu’il n’est nécessaire, il ne semble pas que cela puisse présenter un inconvénient grave. Réponse à M. Demolon, à Genève (Suisse).
- De tout un peu.
- M. Sangy, à Rougemont.-— La crèmed'raîclie et le beurre provenant de laits de vaches tuberculeuse^ peuvent être dangereux au point dé vue de la propagation de la maladie. En effet, la crème fraîche *
- et le beurre fabriqués avec des laits contenant des bacilles de Koch, peuvent eux-mêmes en contenir. Leur conscmmation présente donc un danger surtout si elle est répétée, les bacilles tuberculeux n’y étant généralement pas très nombreux.
- M. Thorin, à Cherbourg. — Les algues sont, en général, très sensibles aux sels de cuivre. Nous pensons que vous pourrez facilement détruire celles qui ont envahi votre piscine en jetant à la volée dans l’eau quelques poignées de sulfate de cuivre pulvérisé (vitriol bleu), que vous trouverez chez tous les marchands de couleurs.
- Rien entendu, il ne s’agit que d’une eau réservée aux bains, ce qui ne présentera aucun inconvénient, et non d’une eau de consommation.
- IV!. Tersen, à Paris. — Le moulage au plâtre est en principe, très simple et ne demande qu’un peu de soin; il consiste à enduire préalablement d’huile, avec un pinceau, l’objet à mouler, puis à disposer sur celui-ci des fils huilés, fins et résistants, en lin de préférence, de telle manière qu’ils permettent ultérieurement de séparer le moule encore frais, en fragments convenables à la façon du « fil à couper le beurre ».
- Autour de l’objet ainsi préparé, on constitue une « garde » en carton, puis on coule dans l’espace ainsi limité du plâtre fin ou plâtre à modeler, un tube d'évent également en carton étant ménagé pour assurer l’évacuation de l’air.
- Aussitôt que le plâtre a fait prise, on relève les fils, dont les extrémités étaient débordantes, les fragments du moule sont mis de côté pour sécher d’abord à l’air, puis à l'étuve.
- 11 suffit de les réunir par une fic.ffle pour reconstituer le moule entier, que l’on huile à son tour et dans lequel la matière de moulage coulée redonne le relief initial de l’objet.
- Généralement, pour la reproduction des médailles, on se sert du soufre, mais on peut également employer un alliage très fusible, du type d£s suivant^, qui conviennent mieux que l’étain seul.
- N» 1 N° 2
- Plomb. ...................... 300 gr. 200 gr.
- Bismuth. . ..........* . . . S00 •— 300 —
- Étain......................... 300 — 100 —
- Pour plus de détails, consulter l’ouvrage : L'Art du mouleur, par Lebrun, Magnier et Valicourt. Éditeur: Mulo, 12, rue Hautefeuille.
- M. Roehrichjà Autun. —Bien qu’en principe la fabrication des savons mous, tels que les donnent les huiles végétales, paraisse une opération simple par cuisson de ces huiles avec une lessive caustique, dans la pratique, il est indispensable de connaître Certains tours de main pour savoir employer à propos, au cours de la même opération, de la lessive faible à 10°-15°B, de la moyenne à 18°-20°, delà doucette (solution de carbonate de potasse), ou de la lessive forte à 30° B, c’est-à-dire pendant l’empâtage, la clarification, la cuisson et le « tirage au point », qui doivent se succéder.
- Les proportions relatives des [éléments à employer étant très variables, suivant la nature des huiles, on ne peut les déterminer que par expérience.
- Pour vous familiariser avec ces opérations, consulter le petit ouvrage : Corps gras industriels, par Aug. Perret. Éditeur : Desforges, 29, quai des Grands-Augustins.
- M. Peugeot, à Montbéliard. — Une colle à la caséine silicatée vous donnera très probablement satisfaction pour le collage que vous avez en vue. Prendre :
- Caséine sèche ....
- Lessive de soude à 36° B . . . . . . 35 —
- Silicate de soude à 40° B. . . . . . 15 —
- Alcool à brûler . . . . . . 5 —
- Eau ordinaire. . . . . . . 110 —
- Faire gonfler la caséine dans l’eau tiède pendant quelques heures, ajouter peu à peu la soude caustique, puis chauffer au bain-marie vers 50°-60° en remuant jusqu’à formation d’une masse homogène semi-fluide, finalement incorporer le silicate de soude et, après refroidissement, l’alcool qui doit en assurer la conservation.
- M. IVIalpas, à Toulouse. — L'humidité que vous constatez dans vos murs provient effectivement des produits ammoniacaux apportés par les débordements de la fosse d’aisances, la nitrification de ces .produits donnant naissance à des sels très hygrométriques.
- A notre avis, les procédés de la'Société Sisma,71, rue Chauveau, à Neuilly-sur-Seine, seraient seuls,susceptibles d’apporter une amé-horation. —...... - - ~—-
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- DOCUMENTS PHOTOGRAPHIQUES
- Fig. 1.
- Nouvelle locomotive américaine Commodore Vanderbilt, de 4075 ch. (Photo Wide World.)
- Fig. 2.— Nouvelle locomotive Allemande «4-6-4» qui doit atteindre 175 km à l’heure.
- (Photo Wide World.)
- Fig. 3. — Nouvelle voilure SITA à ordures ménagères, de la Ville de Paris.
- La vidange au dépôt. (Photo Roi.)
- Fig. 4. — La plus grande voiture de transport d’Europe, pesant 25 t, et portant 75 t, longue de 12 m, soulevant sa charge à 1 m 20 de haut. (Photo N. Y. T.)
- Fig. 6.— L’auloggre de La Cierva atterrissant devant le Grand Palais. (Photo Roi.)
- Fig. 5. — La malle belge Prince Baudouin, du service Ostende-Douvres, arrivant à Bruxelles.
- (Photo N. Y. T.)
- Fig. 7. —- La nouvelle bibliothèque de South Hall, à V Université de Columbia. (Photo Wide World.)
- Le Gérant : Ci. Masson.
- 6276. — lmp. Laiiure, 9, rue de Fleurus, Paris. — 15-1-1935. — Pnbiished in France.
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- LA NATURE
- Ai* 2946. — Ier Février 1935. y Prix du Numéro : 4 franc
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- Paraît le 1er et le 15 de chaque mois (48 pages par numéro)
- LA NATURE
- MASSON et Cle, Editeurs, 120, Boulevard Saint-Germain, PARIS, VI' (T{. C. Seine : j5.234) Tel. Danton 56.11.
- PRIX DE L’ABONNEMENT
- Tarif intérieur, France et Colonies , 12 mois (24 n0'), 90 fr. ; — 6 mois (1 2 n"), 45 fr.
- Prix du numéro vendu en France : 4 fr.
- Tarif spécial pour la Belgique et le Luxembourg : 12 mois (24 n°‘), 105 fr. ; — 6 mois (12 n°‘) 53 fr.
- Tarif pour l’étranger : Tarif rr-i j ^
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- N" 2946
- I" Février 1935
- LA NATURE
- CHEZ LES PÊCHEURS DU KURISCHES HAFF
- Qu’on imagine, tout là-bas, sur la Baltique, dans une Europe déjà septentrionale, une curieuse région demeurée à l’écart des courants de la circulation humaine. C’est une étroite bande de terre, directement orientée Sud-Nord, large en moyenne de 2 km, longue de 97 km. Elle sépare, de la Baltique aux promptes colères, la lagune, vaste de 1500 km2, où se déverse le Niémen, et que la géographie d’Occident appelle le Kurisches Haff. La mer et la lagune communiquent par un goulet large de 400 m, au bord duquel s’alignent les quais du port de Memel, devenu, par un transfert de territoire que justifient des raisons ethniques, la lithuanienne Klaipéda.
- Ce fut par un beau matin d’été que j’arrivai dans cette presqu’île : le port de Klaipéda traversé sans encombre, j’avais gagné la route nationale de Riga-Kœnigsberg, épine dorsale de cette péninsule étirée, sur la voiture dont l’usage avait été permis au voyageur français, par faveur insigne ! Car la circulation automobile est interdite dans la Nehrung (l’isthme), pour des raisons auxquelles le voisinage de l’Allemagne n’est peut-être pas tout à fait étranger. A droite moutonnaient des pins, adultes quoique buisson-nants, et gantés de velours gris par les lichens maritimes; à gauche, entre des haies de roseaux à longues feuilles, apparaissait en échappées lumineuses la nappe gris-bleu du Haff, où flânait une gabare de Kœnigsberg. Tableau riche de paix, que la vaine agitation des hommes ne troublait point.
- Et voici qu’ils apparaissent, aux abords des rares agglomérations que traverse la route, ces pêcheurs dont je viens étudier la vie et le travail. Vigoureux, bâtis en force, ils se distinguent peu, au premier abord, des robustes marins que l’on rencontre sur les autres rivages nordiques. La réflexion m’en échappe. Mon compagnon la relève :
- — Ne vous y trompez pas. Les Lithuaniens, habitants millénaires de cette région, forment un groupe tout particulier, auprès de qui leurs cousins les Lettons composent quelques îlots ethniques. Les Lithuaniens constituent l’élément autochtone de la population. Admirez ces superbes gaillards : grands et souples, bien musclés, ils ont un visage honnête qu’éclairent des yeux francs, un peu naïfs. Ils se montrent hospitaliers et confiants et
- accueillent aimablement l’étranger. Paisibles par tempérament, ils savent être, à l’occasion, d’une bravoure à toute épreuve.
- — Il ne me semble pas qu’ils aient conservé beaucoup de leurs usages traditionnels, observai-je avec quelque dépit.
- — Vous n’avez encore rien vu ! Ce n’est pas ici le lieu de rencontrer des femmes en costume national. Dans les villages, vous en verrez, jupe bariolée, corselet noir, chemise à manches. Les plus élégantes porteront, le dimanche, deux ou trois colliers d’ambre, bijoux nationaux. Quant aux hommes, ils ont longtemps conservé
- la houppelande en laine, tissée au foyer. Quelques vieux y demeurent fidèles... Voyez plutôt.
- Il me désignait un vieillard qui entrait dans une de ces maisonnettes lithuaniennes, généralement couvertes en lamelles de bois, et si caractéristiques avec leurs murailles de troncs noircis, leurs petites fenêtres et les planchettes sculptées en têtes de chevaux stylisées, survivance d’un paganisme ancestral et formant un V au faîte d’un pignon.
- De brefs pourparlers dans la langue hermétique, d’ailleurs harmonieuse, qui s’apparente assez au sanscrit pour permettre aux matelots lithuaniens, égarés d’aventure aux rivages hindous, de se faire comprendre, dit-on, par les sectateurs de Brahma, et nous voilà entrés dans cet humble logis.
- Comme certains d’entre ceux que j’ai vus depuis à Juodkranté, Preil ou Nida, celui-ci n’a pas de cheminée : la fumée du foyer s’engouffre librement dans le grenier, par un simple trou, pour sécher les filets de pêche qui y sont suspendus, pour fumer aussi les quartiers de viande qui forment la réserve d’hiver. Au mur, pas de papier : sur le bois cru s’étalent des couvertures brodées avec un art primitif mais certain, ou des tapis tissés à la maison et présentant des dessins d’une ingéniosité infinie.D’autres garnissent des coffres sans couvercle, qui sont évidemment des lits. Un vieil homme nous déclare avec fierté :
- — Le grand-père de mon père n’avait pas mieux; moi, je n’ai pas besoin de plus. Comme on dit chez nous : la virilité, le courage et la vertu sont les piliers qui supportent le bonheur du ciel et de la terre.
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- Mon compagnon intervient :
- — Ce vieux proverbe lithuanien, qu’il vous cite, est, en grande partie, cause de l’indifférence que ces braves gens apportent à améliorer leur sort matériel.
- — Et dans leur métier, sont-ils aussi dédaigneux du progrès ?
- — A peu près... pour le plus grand plaisir des amateurs de pittoresque. Descendons au port.
- Le port de Nida, sur le Haff, est une crique bordée de roseaux. Une quinzaine de barques y rêvent, noires sur l’eau claire. Avec leur beaupré court ou absent, avec l’étambot relevé du même mouvement que l’étrave, c’est
- Fig. 2 à 6. — En haut, à gauche : Le port de Nida, crique bordée de roseaux, à 45 km au sud de Memel. — Au centre : La côte de la Baltique sans marées. — En bas : Pêcheurs halant leur bateau sur le sable près de Klaipéda (Memel). — En haut, à droite : La girouette découpée au haut du mât. — En bas, à droite : La dune bordant le Ilaff, sur le territoire de Memel.
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- une vision médiévale. Je m’écrie, tant l’analogie est saisissante :
- — Les drakkars des Vikings !
- — Oui. Et voyez les girouettes : elles n’ont pas varié depuis mille ans !
- Très curieuses, ces planchettes découpées au couteau par les pêcheurs, durant les loisirs de l’hiver, lorsque le Haff dort sous sa carapace de glace. Elles atteignent près de 1 m de long, sur une largeur de 20 à 25 cm. Un quart de leur surface est occupé par un rectangle écartelé blanc et noir, ou rouge et blanc, ou jaune et noir, suivant le port auquel appartient la barque : Nida, Preil ou Perwzelk. Le reste est sculpté d’emblèmes assez hiéroglyphiques, parmi lesquels domine le cheval au trot.
- Un bateau me tente : c’est la Nid. 59. J’embarque : ne suis-je pas venu pour voir à leur travail les pêcheurs du Haff ?
- En route ! L’établissement de la voilure se fait d’une façon particulière. La grand’voile, vaste rectangle de toile grisâtre, se déploie sur le mât oblique de la livarde, supprimant la corne et le gui. La mâture, réduite au minimum, comprend ainsi deux mâts, au lieu de trois chez nous. Un foc de grande dimension se grée aussi sur la proue au nez retroussé. Mais de quoi sert, au tiers avant, cette petite voile à livarde, dont l’aile carrée donne une silhouette si bizarre aux chaloupes en pêche ossaimées sur l’eau sans marées du Haff ?
- — Elle aide à gouverner, déclare patron Jurvidis.
- Nous voici au large, sur cette mer intérieure dont la
- profondeur ne dépasse nulle part 7 m. C’est l’instant de lancer le blet.
- C’est une sorte d’épervier dont les branches robustes maintiennent ouverte la poche carrée. Quand celle-ci remonte, petitement chargée de corps argentés qui tressautent, je m’informe :
- — Cela donne bien ?
- — Euh ! pas trop... Sans doute, il y a de tout : de l’éperlan et de la carpe, de la lotte et du brochet; mais dans le Haff, aucun ne se plaît : l’eau est trop douce pour
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- les poissons de mer — la faute au Niémen, monsieur : il se jette dans le Haff — et elle est trop salée pour les espèces de rivière — la faute à la Baltique, qui entre comme elle veut par le goulet. Alors, si l’on n’avait pas un petit bout de champ au pied des dunes...
- Son geste montrait la côte... Je me retournai. Derrière la nappe du Haff, irisé de soleil, piqueté de balises traçant la route des paquebots quotidiens de Kœnigsberg, la terre apparaissait. C’étaient de maigres bois de bouleaux, hérissant de leurs panaches les marécages où j’avais vu, la veille, rôder les hardes d’élans qui, protégés par la loi, demeurent sur cette langue de terre, comme les témoins d’un âge révolu. Plus au sud s’arrondissaient les dômes blonds et lisses des dunes les plus hautes de l’Europe (63 m à la ligne de faîte) qui s’écroulent vers le rivage en pentes impraticables.
- — Vous regardez la Dune-Voyageuse ? me dit le pêcheur. Elle en a sur la conscience, celle-là !
- Et sur mon regard interrogateur :
- — Depuis que, pendant la guerre de Sept Ans, les envahisseurs russes, en détruisant les forêts, ont ouvert le chemin aux sables, les dunes, poussées par le vent du large, s’avancent dans la presqu’île à la vitesse d’une dizaine de mètres par an. C’est énorme, monsieur, pour de telles masses de sable, qui détruisent tout sur leur passage ! Des villages entiers ont disparu, engloutis sous des montagnes hautes de plus de 50 m ! Que de tristesses, que de ruines...
- — Ne fait-on rien contre ce fléau ?
- — Depuis un siècle on plante parmi les dunes des graminées qui végètent et préparent la voie aux pins rampants... travail de patience, travail de géants...
- Le soir tombait. Versant au faîte des dunes, le soleil allait s’endormir. Un reflet rose s’élargissait sur le Haff, tournant, près de la barque, au gris moiré de mauve — prestigieux tapis sous lequel dorment, comme dans les vieux contes, les forêts antiques, dispensatrices de l’ambre aux reflets d’or.
- Jean Mauclère.
- LES APPARITIONS D’ETOILES TEMPORAIRES
- On sait qu’une étoile temporaire est apparue dans les derniers jours de 1934, non loin de la brillante Véga de la Lyre et aux confins de la constellation d'Hercule : elle a été désignée sous le nom de « Nova Herculis ». Quel sera son sort ?... Il est encore un peu tôt pour le savoir. Certains de ces astres, qui se montrent presque subitement, n’ont parfois qu’une vie très éphémère; d’autres au contraire se sont laissé longuement contempler. Mais en attendant des précisions sur la Nova actuelle, il apparaît intéressant* de mentionner et d’énumérer celles dont les plus lointaines annales ou documents anciens nous ont conservé le souvenir.
- Sans être fréquentes les étoiles temporaires ne sont pas non plus d’une rareté exceptionnelle. Considérés jadis
- — et peut-être même de nos jours encore ! — comme des prodiges ou des présages, ces phénomènes célestes intriguent au plus haut point l’astronomie moderne. Comment expliquer, en effet, que là où auparavant on ne voyait rien, c’est-à-dire où aucun corps ou matière n’était assez lumineux pour être visible, une étoile se montre tout à coup avec un éclat qui augmente très rapidement et devient aussi intense que celui des plus brillantes ou le surpasse même parfois ; puis qu’après avoir persisté quelque temps en cet état, elle pâlisse progressivement pour disparaître à nouveau à nos yeux ? L’évolution de tels paroxysmes, les courbes photométriques, quelques particularités révélées par l’analyse spectrale, sont les principales données que jusqu’à
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- présent on a pu recueillir en nombre restreint, et elles ne paraissent pas suffisantes pour résoudre le problème. Aucune des hypothèses ayant été formulées : explosion calorifique et lumineuse, choc de deux astres ou passage à travers une matière nébuleuse, etc.., ne peut s’affirmer encore. Il faut donc attendre, ou de rassembler plus de documents de plus en plus précis, ou de pouvoir constater un fait nouveau mieux caractérisé, pour espérer obtenir quelque certitude. C’est que ces observations sont encore peu nombreuses depuis l’époque où, grâce à la puissance instrumentale et aux méthodes de la physique moderne, il fut possible d’entreprendre des investigations de quelque importance.
- En tout cas, d’après les simples observations rassemblées et s’étendant fort loin dans le passé, un fait est bien évident : tel que nous voyons le ciel, les apparitions d’étoiles temporaires se montrent en général suivant le tracé de la Voie Lactée ou dans son voisinage plus ou moins immédiat; ce qui n’a rien de très surprenant puisque dans cette direction les étoiles s’accumulent innombrables, et qu’un phénomène exceptionnel a plus de chance d’être constaté là où la perspective nous fait découvrir des astres en plus grand nombre. Cette distribution apparente est mise en évidence par les cartes ci-contre, montrant sur les deux hémisphères célestes les lieux d’apparition des étoiles temporaires depuis les premières dont les annales du passé relatent l’apparition.
- La plus ancienne, portée à notre connaissance, mais sans autre indication il est vrai, est une Nova qui s’est montrée en l’an 2679 av. J.-C.; ensuite une autre est notée en — 2255 dans le Scorpion, puis d’autres en — 2238 (sans indication de position), en — 532 dans le Verseau et en — 134 dans le Scorpion encoi'e. Cette dernière mérite une mention particulière, car on rapporte que son apparition soudaine, avec un éclat de première magnitude, incita Hipparque à compter les étoiles visibles à l’œil nu et à composer le premier catalogue d’étoiles.
- Par la suite, après le début de l’ère chrétienne, une Nova se montra en 107 dans les Gémeaux et successivement on en signale en 123 (Ophiuchus), 173 [Centaure), 304 [Taureau], 369 (Cassiopée), 386 (Sagittaire), 393 [Scorpion), 827 [Scorpion), 945 [Cassiopée), 1011 [Sagittaire), 1012 [Bélier), 1054 [Taureau), 1202 [Scorpion), 1230 [Ophiuchus), 1264 (Cassiopée) ; on constate que ces différentes constellations correspondent presque toujours au tracé de la Voie Lactée et surtout qu’une prédilection se manifeste pour le Sagittaire et le Scorpion. Sur les astres qui viennent d’être énumérés les précisions font quelque défaut et la position de certains d’entre eux, non indiquée, n’a pas permis de les faire figurer sur notre carte. La plupart ont dû offrir un éclat magnifique, comme par exemple ceux de 386, 389, 945, qualifiés de « très brillants », et celui de 1012 désigné comme « considérable ». Sans doute à ce point de vue s’apparentent-ils avec la Nova de 1572, la plus célèbre de toutes, et qui a été décrite par Tycho Brahé : apparue le 11 novembre de cette année, elle devint assez éclatante pour être visible en plein jour, et semble de ce fait avoir été la plus
- magnifique qui se soit jamais montrée; sa diminution fut très lente et elle ne disparut qu’en février 1574. On sait qu’elle frappa de terreur une partie de l’humanité, car succédant en apparence aux massacres de la Saint-Barthélemy, elle fut interprétée comme un prélude aux signes de la fin du Monde... Notons en tout cas ce fait remarquable que la portion de la constellation de Cassiopée où elle se montra est toute voisine des points où l’on vit briller ses semblables de 945 et de 1264.
- Depuis lors on vit celle de 1578 .(« considérable » encore mais sans indication de position), puis celles de 1584 [Scorpion), 1600 [Cygne), 1604 [Serpent), 1609 (« considérable », « vue au Sud-Ouest »), 1670 [Petit Renard), qui offrit cette particularité de s’éteindre et de se rallumer plusieurs fois, 1690 [Sagittaire), 1848 [Serpent). Ensuite la Nova de 1866, dans la Couronne (et il faut remarquer cette position très excentrique par rapport à la Voie Lactée) est la première à laquelle l’analyse spectrale ait pu être appliquée. Et c’est grâce seulement à cette méthode que, par la suite, des notions de quelque importance ont été acquises lors des apparitions successives de 1876 [Cygne), 1892 [Cocher), 1898 (Sagittaire), 1901 [Persée), 1903 [Gémeaux), 1912 [Gémeaux), 1918 [Aigle), 1920 [Cygne), 1925 [Chevalet du Peintre).
- Indépendamment des renseignements fournis par l’analyse spectrale dans l’étude de ces astres mystérieux la photographie a apporté un concours précieux : par exemple, elle a décelé la présence d’une nébulosité qui s’étendit progressivement autour de la Nova Persei de 1901.
- La documentation que permet la photographie a permis également de constater qu’en réalité ces étranges apparitions sont plus fréquentes qu’on ne pouvait le supposer tout d’abord. A cela rien d’étonnant, car le passé ne nous fournit que la nomenclature de ceux de ces phénomènes dont l’éclat a été suffisant pour attirer l’attention des peuples, ou des rares astronomes longtemps privés d’instruments. En outre, les portions du ciel avoisinant le pôle austral se découvrent très peu ou même restent invisibles pour les contrées européennes et méditerranéennes dont les habitants ont laissé des Annales parvenues à notre connaissance ; ce qui, dans une certaine mesure, peut fausser la statistique. Il importe cependant de remarquer que si l’on considère toutes les brillantes étoiles temporaires observées, elles ne se répartissent pas non plus sur le périple complet de la Voie Lactée : une lacune importante se dessine dans la portion comprise entre le Navire et les Gémeaux. De toutes façons, à l’égard des astres éclatants le présent ne s’avère pas plus riche que le passé; mais les travaux systématiques des nombreux observatoires modernes et le zèle des chercheurs, officiels ou non, ne laissent maintenant passer inaperçu, pour ainsi dire, aucun événement dans les profondeurs célestes. Et finalement, dans le domaine des faibles étoiles, une Nova est signalée presque chaque année, quand ce n’est pas plusieurs — 4 en 1919 par exemple —. Phénomènes moins importants ou beaucoup plus lointains ? Eux aussi, de toutes façons, se montrent avec prédilection suivant le plan général de la Voie Lactée.
- Lucien Rüdaux.
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- Carte générale des deux hémisphères célestes, avec les lieux d’apparition des étoiles temporaires
- qui ont été visibles à l’œil nu.
- Les emplacements de ces astres sont représentés ici par de gros points noirs destinés à faire ressortir avec évidence leur distribution généralement voisine du tracé de la Voie Lactée. L’absence d’indications relatives aux positions des étoiles de — 2679, — 22?8, 304, 369, 1012, 1054, 1578, 1609, n’a pas permis de les faire figurer.
- Hémisphère boréal. Hémisphère austral.
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- LA LOCOMOTIVE A VAPEUR
- SON NOUVEL AVENIR
- Le vaste et remarquable développement de la traction électrique masque un peu, aux yeux du grand public, une autre évolution très importante, qui est la complète rénovation, actuellement en cours, de la classique traction à vapeur.
- Maîtresse incontestée du rail depuis la création des chemins de fer, la locomotive à vapeur « jouait sur le velours » dans les périodes d’aisance économique qui ont précédé la guerre; sans concurrence appréciable, ni de la traction électrique ni des transports routiers, elle seule était capable de remorquer à vitesse élevée des trains lourds, autrement dit de débiter économiquement de la « tonne-kilométrique ».
- Sa consommation, assez considérable, n’était du reste qu’un inconvénient relatif, étant donné que le combustible ne représente qu’une portion, 30 pour 100 environ, des frais totaux occasionnés par une locomotive thermique. Aussi les constructeurs avaient-ils porté leur effort sur des points d’un intérêt plus immédiat, tels que la recherche de la stabilité, de la vitesse et de la puissance. Ainsi s’explique que des machines types 1909 à 1913, il est vrai remarquablement modernes pour l’époque, fassent encore aujourd’hui un très bon service sur des grandes lignes.
- La situation s’est transformée, après la guerre, avec les conditions économiques nouvelles, telles que le coût élevé du charbon et le prix prohibitif de la main-d’œuvre, qui rend l’entretien de certaines machines à démontage difficile particulièrement onéreux. Parallèlement, les exigences du trafic s’accroissaient : des trains de voyageurs plus lourds et plus rapides devaient être remorqués avec des horaires plus stricts, tandis que les trains de marchandises, progressivement équipés avec le frein à air, recevaient des graphiques de marche comparables à ceux des trains de voyageurs.
- Vitesses élevées, exigeant une puissance soutenue, accélérations foudroyantes, permettant aux omnibus un véritable « service de métro », enfin réduction de la consommation nationale de charbon, tous ces avantages sont apportés immédiatement par la locomotive électrique... Entre les deux modes de traction, la lutte s’annonçait donc sévère.
- C’est alors que se produisit cette véritable « résurrection » de la locomotive à vapeur qui forme le sujet de cet article.
- OÙ LA VAPEUR PRIME L’ÉLECTRICITE
- Avant d’aller plus loin, nous croyons nécessaire de rappeler quelques vérités élémentaires dont l’oubli rendrait incompréhensible le « redressement » actuel de la vieille traction autonome.
- Les avantages de la traction électrique sont si nombreux et si évidents, l’électrification des chemins de fer a si rapidement progressé depuis quelques années et elle se marie si heureusement avec l’électrification générale du territoire, que la victoire de l’électricité semblerait devoir être aujourd’hui complète. Si la traction autonome « se défend », c’est qu’il existe en sa faveur de puissantes raisons techniques et pécuniaires. Nous les résumerons impartialement tout en nous interdisant de prendre parti dans ces questions extrêmement délicates (x).
- Tout d’abord, l’électrification exige des investissements très considérables, les charges du capital ainsi engagé étant destinées à peser sur les générations à venir pendant une cinquantaine d’années. Ce capital à investir est approximativement de l’ordre de celui que représentent les voies déjà existantes (1 million par km) et cela à un
- I. Cf. Pierre Lavarde : » Les éléments d’une traction autonome moderne », dans le Bulletin de la Société industrielle du Nord de la France.
- Fig. 1. — Voici l’une des plus puissantes et des plus lourdes locomotives françaises: machine « Mountain », de l’Est, type 241, en ordre
- de marche avec son tender.
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- Fig. 2. — Type nouveau de locomotive à grande puissance mis en service par le P.-L.-M.
- Symbole 151; 4 cylindres extérieurs attaquant respectivement le 3e et le 6e essieu; des bielles intérieures relient le 3e essieu au 4e; timbre de chaudière 20 atm ; puissance au crochet de traction 3000 ch. La distribution, à soupapes, est commandée par des arbres tournants, visibles au premier plan, et qui reçoivent leur mouvement d’un engrenage calé sur une contre-manivelle revenant au centre
- du 3e essieu.
- moment où l’avenir des chemins de fer est un peu incertain.
- D’autre part, il n’est pas absolument certain que cet investissement serait « rentable », toujours dans l’hypothèse d’une électrification massive; les charges du capital arrivent à représenter 50 pour 100 des frais fixes, en sorte qu’une diminution assez faible du trafic suffit pour rendre l’exploitation déficitaire.
- En face de ce « suréquipement » quelque peu rigide, la traction à vapeur présente, tout au moins actuellement, une extrême souplesse d’adaptation. Les investissements nouveaux ne dépendent que du nombre de locomotives que l’on décide de remplacer; la rentabilité ne présente aucun aléa et l’effort peut porter uniquement sur les lignes où il est le plus intéressant.
- De plus — et ceci est un avantage purement momentané mais très important — il existe aujourd’hui en France un « parc » considérable de bonnes locomotives anciennes qui peuvent être transformées à frais réduits en machines ultra-modernes ; nous en étudions ci-dessous plusieurs cas remarquables.
- Ajoutons que cette même situation se retrouve aux États-Unis, pays ferroviaire par excellence, où la locomotive « rénovée » se défend durement contre sa rivale électrique.
- Entrons maintenant dans le vif de nôtre sujet, qui pourrait s’intituler : Anatomie et physiologie des toutes récentes locomotives à vapeur type 1935.
- COMMENT SE PRÉSENTE UNE « LOCOMOTIVE 1935 »
- Buffon, dans son Histoire naturelle, a tracé un tableau célèbre du « cheval idéal », dont tous les caractères seraient impeccables. Nous pouvons également, en nous référant aux plus récents travaux en la matière, définir rapidement la locomotive à vapeur parfaite, telle que les spécialistes la conçoivent actuellement.
- Avant tout, cette machine est puissante, disons plutôt qu’elle possède une large réserve de puissance, ce qui lui permet de fonctionner normalement dans des conditions économiques et avec un entretien faible tout en conservant la possibilité d’un énergique « coup de collier » pour les cas critiques.
- Le timbre de sa chaudière est élevé sans excès : 20 atm ou un peu plus. Il semble du reste possible de pousser ce timbre jusqu’à 35 atm sans modifier les « normes », autrement dit les principes de construction de la machine; le rendement en serait augmenté.
- La surchauffe, par contre, est poussée jusqu’à 400°; le foyer est à haute température et à circulation accélérée des gaz. h’échappement, c’est-à-dire la tuyère d’évacuation de la vapeur dans la cheminée, est étudié de façon à provoquer un tirage extrêmement vif, pouvant atteindre une dépression de 4 centièmes d’atmosphère. Nous avons affaire à une bête de race : il s’agit de développer beaucoup d’énergie dans un volume réduit.
- Pour utiliser au maximum le flux de vapeur ainsi produit, une distribution spéciale à tiroirs cylindriques ou à soupapes est nécessaire, ainsi qu’un calorifugeage très soigné des tuyauteries et des cylindres. Le graissage des essieux est amélioré dans la même proportion qu’il l’a été sur les locomotives électriques; partout où cela est possible — ici nous anticipons sur l’avenir — les coussinets lisses sont remplacés par des roulements à billes, à rouleaux ou à aiguilles. Enfin l’emploi des aciers spéciaux permet de diminuer l’inertie des pièces en mouvement alternatif.
- L’eau d’alimentation est réchauffée, dans un but d’économie, par la vapeur d’échappement ou même — mais le problème présente quelques difficultés — par les gaz de combustion.
- Le puissant effort de démarrage, qui rend une machine capable d’« arracher » les trains les plus lourds, est un des traits distinctifs de la locomotive à vapeur et son énorme
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- supériorité naturelle sur sa rivale électrique. Cette qualité a pu être très augmentée par la création des « boosters » ou moteurs à vapeur auxiliaires qui attaquent un essieu, normalement porteur, par engrenages. Crabotê, ou si l’on préfère «embrayé », seulement au moment du démarrage, le booster fournit un « coup d’épaule » moyennant un supplément de vapeur insignifiant (x).
- SIPHONS NICHOLSON ET SURCHAUFFEURS
- Reprenons maintenant en détail chacune des parties de la locomotive moderne et commençons par la pièce maîtresse : la chaudière (1 2).
- 1. Pour ces vues d’ensemble, voyez notamment les Bulletins de l’O.P.T.A., Office de perfectionnement pour la traction autonome sur les chemins de fer.
- 2. Nous suivons plus particulièrement une conférence de M. Henri Gilliot, Ingénieur en chef de la Sté alsacienne à Graffenstaden; cf. aussi différentes études que nous citons en notes.
- La surchauffe reste le perfectionnement le plus important apporté à la classique locomotive de Marc Séguin à chaudière tubulaire. On sait que la vapeur émise par une masse d’eau en ébullition est saturée, c’est-à-dire que sa température est exactement suffisante, sans plus, pour la maintenir à l’état gazeux. Par suite, le moindre refroidissement par les parois ou encore une légère détente, se traduisent par de fâcheuses condensations.
- En « surchauffant » la vapeur, on l’amène à une température notablement supérieure, en sorte qu’elle possède une marge appréciable de non-condensation : il devient ainsi possible de pousser la détente, ce qui procure un accroissement de rendement. Ceci peut du reste être prévu a priori en s’appuyant sur le célèbre principe de Carnot, qui exprime que le rendement global d’un moteur thermique idéal est proportionnel à l’écart des températures initiale et finale du fluide moteur.
- Les premiers surchauffeurs, constitués par de petits tubes à vapeur logés dans de gros tubes à feu de la chaudière, sont dus à Iiirn, de Colmar, et apparaissent aux environs de 1900. Le problème technique est très ardu; les sections de passage des gaz de combustion et l’orientation des éléments de surface ont une grande importance. Il est nécessaire d’égaliser soigneusement les résistances opposées au passage des gaz dans les différentes bifurcations du surchauffeur et de réaliser de fortes allures de combustion.
- Pour augmenter les surfaces de contact, la Compagnie de l’Est a utilisé des tubes aplatis; dans le surchaufîeur Houlet, la vapeur s’épanouit dans un tuyau circulaire baigné par la flamme. Aux États-Unis, on utilise le surchauffeur Schmidt à petits tubes qui a donné lieu, dans notre pays, à des difficultés de nettoyage; rappelons que ce nettoyage des tubes à feu s’effectue aujourd’hui par des injections de vapeur.
- Introduire l’eau jusque dans le foyer, en vue d’une vaporisation ultra-rapide, tel est le problème que les ingénieurs ont résolu de diverses façons des deux côtés de l’Atlantique. C’est ainsi qu’on munit généralement les foyers de voûtes en briques réfractaires soutenues par des tubes d’eau, où la vaporisation est intense ; citons également les siphons Nicholson, où la partie supérieure du tube s’évase en formant une chambre de grande surface. Rendement et vaporisation se trouvent ainsi augmentés de 8 pour 100 environ.
- Autre gain, cette fois, à l’extrémité avant de la chaudière, par l’introduction de la tuyère d'échappement quadruple, système Kylchapp. Divisée en quatre jets, la vapeur détendue provenant des cylindres présente une surface de contact accrue avec les gaz et la fumée à évacuer (fig. 3).
- On réalise ainsi un tirage plus intense, donc une combustion plus vive et plus parfaite sans demander aux cylindres une « contre-pression » excessive, qui se traduirait par un effort négatif sur le piston.
- Ci, de 5 à 15 pour 100 d’accroissement du rendement.
- Fig. 4. — Machine « Decapod », du Nord, à grande adhérence, pour la remorque des trains de marchandises accélérés et des express lourds.
- Poids total 1041, dont 90 sur les essieux moteurs; 2 cylindres HP extérieurs et 2 cylindres BP intérieurs; timbre 18 atm, puissance 2260 ch.
- Fig. 3. — Coupe d’un échappement système Kylchapp, qui a permis d'accroître largement la puissance de vaporisation des locomotives modernes.
- La vapeur provenant des cylindres s’échappe par la tuyère inférieure dans des trompes intermédiaires, puis dans la tubulure supérieure et s’épanouit dans la cheminée en entraînant les gaz de combustion. La puissance atteint plusieurs centaines de chevaux (Document Science et Industrie).
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- VERRONS-NOUS
- DES « CHAUDIÈRES A EXPLOSIONS » ?
- Ouvrons ici une parenthèse pour rappeler l’extraordinaire importance, encore insoupçonnée voici quelques années, de la vitesse des gaz de combustion pour l’accélération des échanges de chaleur à travers les parois métalliques. La société Brown-Boveri a construit des modèles extrêmement intéressants de chaudières à explosion et de chaudières à foyer sous pression qui présentent ce caractère commun que les gaz en feu circulent dans les tuyaux baignés par l’eau à des vitesses énormes, atteignant plusieurs centaines de mètres par seconde.
- Dans ces conditions, les puissances de vaporisation réalisées sont hors de toute proportion avec les chiffres communément admis pour les chaudières ordinaires; une pompe de circulation devient du reste nécessaire pour refouler cette véritable émulsion d’eau instantanément transformée en vapeur. On envisage pour les machines
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- cylindres. Pour monter jusqu’à 20 atm, il faut recourir à des aciers spéciaux au nickel; on peut alors conserver les mêmes épaisseurs de viroles ou tôles. Les Allemands et les Américains ont construit tout récemment des chaudières de type normal timbrées à 25 atm, construites en acier au nickel-chrome ou au cupro-manganèse.
- Au delà de cette pression, le problème change; on est conduit à employer des chaudières d’un seul bloc, obtenues par forgeages dans une masse d’acier, comme un tube de canon. Notons que de très grands progrès pratiques ont été effectués pour la fabrication des grands « corps » creux par laminage annulaire; il n’y a de ce côté aucun empêchement technique à ce que des locomotives à 50 ou 100 atm soient progressivement adoptées sur les réseaux.
- Enfin une économie très importante, se chiffrant par 10 pour 100 environ, a été apportée par les réchauffeurs d’eau de divers types ; en Allemagne on utilise le réchauffeur Knorr, fonctionnant par condensation de la vapeur d’échappement (on sait que la condensation, à l’inverse
- Fig. 5. — L’une des célèbres « Pacific transformées » du P.-O., série 3700, qui ont révélé aux ingénieurs les vastes possibilités techniques
- du « rajeunissement » de notre parc de locomotives de vitesse.
- Par un aménagement rationnel de l’appareil évaporatoire et des circuits de vapeur, l’élévation du timbre et l’application d’une distribution à soupapes, ces locomotives d’avant-guerre sont devenues des machines ultra-modernes, rapides et économiques, et dont la
- puissance a passé de 2000 à 3000 chevaux.
- à vapeur des transformations incroyables : des croiseurs de 80 000 ch dont les chaudières tiendraient dans quelques dizaines de mètres cubes, des centrales électriques où les chaudières seraient à peine plus encombrantes que les turbines qu’elles alimentent et mises en route instantanément comme des moteurs Diesel !
- De telles réalisations exigent assurément de longues et minutieuses mises au point ; dans le domaine de la locomotive, la prudence est particulièrement de rigueur Il reste néanmoins très intéressant de voir les ingénieurs s’orienter vers l’accélération des gaz en feu, qui nous conduira peut-être, avec une extrême diminution du volume de la chaudière, vers de bien curieuses silhouettes de locomotives.
- ÉLÉVATION DU « TIMBRE »
- Le timbre courant des chaudières oscille actuellement entre 12 et 14 atm pour les machines à simple expansion et 15 et 17 atm p«ur les machines compound, c’est-à-dire où la vapeur se détend dans deux étages successifs de
- de la vaporisation, fournit de la chaleur); en France, les réchaufîeurs par mélange, telles les « bouteilles » ACF juchées sur la chaudière des locomotives d’Alsace-et-Lorraine ou les « Dabeg» sur le côté des Mikado du P.-L.-M. L’économie procurée par un réchauffeur est de l’ordre de 10 pour 100, mais la Dabeg a pu augmenter ce chiffre sur le P.-L.-M., en faisant intervenir la chaleur perdue disponible à l’extrémité avant des tubes à feu, à leur débouché dans la boîte à fumée. L’eau est ainsi portée à 140°; il va sans dire qu’elle est alors sous pression, sans quoi elle ne resterait pas à l’état liquide.
- LA « PACIFIC » ET SES RIVALES MODERNES
- Descendons maintenant des hauteurs de la chaudière au niveau du moteur à vapeur proprement dit, qui comprend cylindres, bielles, « coulisses » de distribution et tiroir. Ici, nous allons rencontrer de nombreuses nouveautés.
- Rappelons tout d’abord qu’on a l’habitude de représenter la « composition » des locomotives par un « chiffre »
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- ou symbole, indiquant le nombre d’essieux porteurs (ou porteurs-directeurs) et moteurs. Ainsi, une Pacific, comportant un bogie à deux essieux, suivi de trois essieux moteurs couplés et d’un « bissel » porteur à l’arrière, possédera le symbole 231.
- La formule à laquelle nous sommes particulièrement habitués en France, pour les locomotives rapides, est la Pacific compound à 4 cylindres : deux cylindres haute pression (H.P.), placés à l’extérieur et en avant, attaquent les manivelles du deuxième essieu moteur, tandis que les cylindres basse pression (B.P.) logés à l’intérieur du châssis, attaquent le premier essieu moteur, qui présente deux coudes à angle droit (fig. 5, 6 et 15).
- La Pacific compound reste aujourd’hui encore la meilleure locomotive de rapides et nous dirons plus loin les remarquables résultats obtenus par le P.-O. et le P.-L.-M. en rajeunissant des machines de ce type. Néanmoins, l’essieu coudé constitue une pièce délicate (x) à laquelle il semble difficile de faire recevoir plus de 2000 ch; d’autres combinaisons, rejetant tous les cylindres à l’extérieur, deviennent par conséquent nécessaires potir les
- élevées à très grande vitesse ; limitée administrativement à 105 km à l’heure, cette vitesse peut, en réalité, dépasser 120 (fig. 1 et 9).
- Dans la catégorie des locomotives de banlieue, où le service, très spécial, comporte des accélérations fréquentes et très élevées, citons la locomotive-tender type Mikado, du Nord, formule 141 (fig. 10), la locomotive-tender type 141, la locomotive-tender de manœuvre, type 151, toutes deux à l’Est (fig. 11 et 12), les 242 à soupapes du P.-L.-M.
- TIROIRS OU SOUPAPES ?
- Nous sortirions du cadre de cette étude en décrivant les perfectionnements considérables apportés aux épures de régulation, autrement dit à la distribution de la vapeur envoyée aux cylindres.
- Rappelons simplement, pour faire sentir la complexité du problème, que la « vapeur vive » n’est pas admise pendant la totalité de la course du piston, ce qui conduirait à une consommation excessive, mais pendant une période plus ou moins brève qui est suivie de la détente
- Fig. 6. —• « Pacific transformée » du P.-L.-M.
- Timbre de la chaudière, 20 atm, vitesse maxima 120 km à l’heure, puissance effective au crochet du tender à 100 km / heure, 2400 ch.
- machines à grande puissance (voir notamment les figures 2 et 13).
- Parmi les locomotives récemment mises en service et autres que des Pacific, citons les compositions suivantes : les 240 du P .-O., locomotives d’express à grande adhérence, les Decapod 150 du Nord (fig. 4), capables de remorquer à grande vitesse des trains de marchandises lourds ou des express, les 241 du P.-L.-M. à 20 atm (fig. 7), les 151 du P.-L.-M. à 20 atm et à 4 cylindres extérieurs (fig. 2); les célèbres 241 de l’État et de l’Est (Mountain), machines formidables, qui peuvent traîner des charges extrêmement
- 1. Dans les courbes très accentuées, il peut arriver, par suite du jëu latéral in lispensable de l’articulation de la locomotive avec son bogie, que les premières roues motrices aient à exercer un effort directeur-, or ces roues sont très mal placées pour cela, étant trop près du milieu de la locomotive; il pourrait en résulter des ruptures de l’essieu coudé. Aussi a-t-on soin de « dégraisser » le mentonnet (ou « boudin ») de ces roues, qui présentent par suite un jeu plus considérable entre les rails; pour certaines machines de marchandises très longues, les Américains sont même allés jusqu’à supprimer complètement le mentonnet de ces roues, que l’on prendrait pour des roues de charrette !
- motrice; suivant le «cran de marche», autrement dit suivant la position de la coulisse de Stephenson, que le mécanicien règle au moyen d’un volant à vis, on peut avoir une admission variant de 5 à 60 pour 100.
- Si la locomotive est du type compound, il existe un second volant de détente pour la basse pression et il est très important que ce second volant soit parfaitement réglé sous peine de produire des à-coups de pression dans le volume intermédiaire qui conduit la vapeur du cylindre H. P. au cylindre B. P; dans ce cas, le rendement de la machine baisse rapidement.
- Ainsi, une même locomotive, roulant sur une voie déterminée, avec une vitesse et une charge remorquée également déterminées, peut être conduite de façon extrêmement différente selon que le mécanicien sait se servir plus ou moins parfaitement du régulateur principal (ou robinet de vapeur) et des crans de marche. La consommation en combustible s’en ressent, inutile de le souligner, dans une large proportion.
- Du point de vue des constructeurs, la redoutable difficulté des épures de régulation provient de ce que, avec
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- Fig. 7.— Plus longues et plus « adhérentes » que les « Pacific », les machines type 241 sont de plus en plus employées pour les rapides
- lourds (P.-L.-M.)
- les distributions classiques, les divers éléments ne sont pas indépendants-, dès que l’on change l’avance à l’admission, par exemple, on agit par là même sur l’instant de l’échappement ou le degré de la détente. De là l’utilité de ces embiellages articulés complexes, tels que la coulisse YValschaerts, qui substitue au simple mouvement sinusoïdal du tiroir un mouvement composite (fig. 12).
- La grande supériorité de cette récente et remarquable réalisation technique : les soupapes de distribution pour locomotives, réside principalement dans ce fait qu’elles permettent, grâce aux profils des cames de commande, de « séparer les variables », autrement dit d’obtenir exactement la régulation désirée. Leur second avantage, évident même pour le profane, est qu’elles réduisent pratiquement à zéro le néfaste laminage de la vapeur, grâce à leurs larges sections et à leurs mouvements de levée et de chute rapides.
- Larges sections, donc soupapes de très grand diamètre (le maximum est de très loin en France avec 275 mm de diamètre), chutes rapides, surchauffe élevée de la vapeur... ces conditions sévères permettent de prévoir la difficulté des problèmes posés aux métallurgistes pour la fabrication des soupapes et de leurs sièges. L’acier utilisé pour les soupapes de la « Pacific transformée » du P.-O. (voyez ci-après) comporte 20 à 25 pour 100 de nickel et 10 pour 100 de chrome; il se rompt sous une charge de 80 kg par mm2, après s’être allongé du quart de sa longueur.
- Pour la commande des soupapes, le P.-O. et la plupart des autres compagnies ont adopté des cames oscillantes Dabeg; l’Etat, sur sa nouvelle Mountain à 3 cylindres et simple expansion, a employé la distribution Renaud avec cames à saillie variable suivant le crair de marche. Le réseau d’Alsace-Lorraine a installé sur ses nouvelles Pacific 2 cylindres (Graffenstaden) une distribution Caprotti permettant de descendre à 4 pour 100 d’admission au lieu de 20 à 25 pour 100 avec des tiroirs ; on escompte une
- économie radicale, rendant désormais inutile le com-poundage (?).
- Le P.-L.-M. pour ses 151 A à marchandises utilise les cames rotatives Dabeg.
- Une curieuse conséquence de l’introduction des soupapes est que les locomotives font désormais « de la roue libre » en descente, en gardant leurs soupapes ouvertes; les locomotives à tiroirs se trouvent, au contraire, fortement « bridées » quand elles marchent à grande vitesse avec de faibles admissions.
- UNE RÉSURRECTION TECHNIQUE
- Examinons maintenant quelques réalisations concrètes, à commencer par la célèbre « Pacific transformée » du
- Fig. 8. — Foyer et panneau de conduite d’une « Mountain » de l’Etat.
- On remarquera le groupement des organes de commande aux deux postes, droit
- et gauche.
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- Fig. 9. — Locomotive géante, type « Mountain », de l’Etat.
- On distingue au centre le triangle de biellettes qui entraîne la distribution à soupapes.
- P.-O., qui a été une révélation dans le inonde des chemins de fer;1).
- Cette locomotive, qui portait le n° 3566, était une très bonne machine d’avant guerre, mise en service en 1913. Son défaut principal, commun avec les machines de la même série, était qu’elle développait très peu de puissance aux cylindres B.P. : 60 ch seulement à 26 pour 100 d’admission, au moment où les cylindres II.P. en donnaient 930. La puissance maxima totale était de 2000 ch.
- La transformation consista dans un meilleur aménagement des circuits de vapeur, destiné à diminuer les laminages et les variations parasites de pression; les tiroirs furent remplacés par des soupapes Dabeg à double siège et de grandes dimensions ; la surchauffe fut accrue, on plaça des siphons Nicholson dans le foyer et on installa un réchauffeur d’eau d’alimentation.
- Une influence prédominante fut celle du nouvel échappement Kylchapp installé dans la boîte à fumée, et dont notre figure 3 donne une coupe. Le travail d’échappe-ment-tirage représente, à bord des grandes locomotives, une puissance de plusieurs centaines de chevaux, à cause
- 1. Gilliot, conférence citée ; Chapelon, tiré à part d’une remarquable série d’études sur « la locomotive compound, son état actuel, son avenir », dans Science et Industrie.
- de l’allure poussée du feu (400 à 700 kg de charbon par m2 de grille et par heure) e t de la grande résistance de leur faisceau tubulaire qui assure un rendement thermique élevé (60 à 75 pour 100) mais nécessite un déplacement gazeux considérable : 10 kg d’air par kg de charbon brûlé.
- Le « Kylchapp » réduit au minimum les frottements internes des fluides en présence en supprimant les tourbillons que tend à produire l’opération du mélange de la vapeur et des gaz de combustion; de là ces tuyères qui donnent une forme rigoureusement déterminée aux jets de vapeur et ces trompes de sections croissantes qui conduisent le mélange, en l’épanonissant, vers l’ouverture de la cheminée.
- Essayée successivement en palier et sur des rampes très dures, avec des charges remorquées variables, la « 3566 » ainsi transformée accomplit des performances remarquables. Sa puissance vraie, ou puissance au crochet de traction (produit de l’effort par la vitesse), passa de 2000 à 3000 ch ; on atteignit la vitesse de 120 km à l’heure et on diminua la consommation d’eau (ceci est important pour les longs parcours) et de combustible.
- Cette transformation a été suivie de celle des autres machines de la série, la pression étant d’autre part portée à 17 atm; la puissance a été ainsi élevée à 3300 ch et le rendement encore amélioré (locomotives de la série 3700, fig. 5).
- C’est grâce à ces machines «t rajeunies », plus parfaites que bien des modèles entièrement nouveaux, que le P.-O. a reconquis le record du monde avec son Sud-Express.
- Tout récemment, de nouvelles transformations (« Pacific » anciennes à roues de 1 m 850 transformées en machines 240) ont permis d’améliorer d’autres records : 565 t remorquées à 135 km à l’heure en parcours facile et à 80/85 km à l’heure en rampe de 10 pour 100 (ligne de Toulouse); la « puissance indiquée » de la chaudière s’éleva à 4000 ch. Ces machines comptent actuellement parmi les plus économiques et elles détiennent le record de la puissance massique (nombre de ch par kg de poids total).
- Au P.-L.-M.,un accroissement de puissance considérable a été obtenu en transformant la «Pacific» 231 F 141 de la façon suivante : élévation du timbre de la chaudière de 16 à 20 atm; application d’un échappement double, type P.-L.-M. ; sections de passages agrandies, pour la vapeur; perfectionnement à la surchauffe; installation d’un réchauffeur mixte Dabeg.
- Cette machine a atteint des pointes de 3000 ch; elle a remorqué des trains de 430 tonnes sur le dur parcours Paris-Dijon-Lyon à la vitesse commer-
- Fig. 10. — Locomotive-tendcr 141, type « Mikado » du Nord, pour service de banlieue. Timbre 18 atm, puissance 2170 ch ; on remarquera les embiellages très spéciaux de la
- distribution à soupapes.
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- ciale de 100 km à l’heure, avec une consommation nettement améliorée (fig. 6).
- Une très intéressante série de locomotives, type 151 à double moteur extérieur (4 cylindres extérieurs) a été mise en service, également sur le P.-L.-M., pour le service des trains de marchandises (fig. 2) (1). _
- Cette disposition, qui présente de grands avantages pour la construction et l’entretien, semble appelée à un certain avenir (comparer les fig. 2,13 et 14).
- lhn’est pas exagéré de dire que, dans ces dernières années, la France (avec des dispositifs étudiés et construits entièrement en France) a pris sur l’étranger une avance de plusieurs années dans la technique de la locomotive à vapeur.
- LES COLOSSALES LOCOMOTIVES AMÉRICAINES
- Arrêtons ici cette liste de nouvelles locomotives françaises en nous excusant auprès des compagnies de ne pouvoir faire à tous les modèles intéressants leur place légitime.
- Jetons maintenant un coup d’œil au delà de l’Atlantique. Ici, nous entrons dans le domaine du gigantesque.
- Les grilles de foyer, tout d’abord, dépassent toujours les 5 m2 qui représentent le maximum de ce qu’un chauffeur peut charger à la main (plus de 2500 kg par heure) ; toutes les fortes machines sont pourvues de stokers ou chargeurs automatiques, qui amènent le charbon jusqu’à la porte du foyer; là, il est broyé mécaniquement et projeté par un jet d’air comprimé, au gré du chauffeur, vers les divers points de la grille.
- Bien que des appareils de ce genre aient été montés récemment, à l’essai, sur une Pacific du Nord et une Mountain de l’Etat, ils paraissent appelés à peu d’avenir en France, où nous brûlons des charbons en couches épaisses et à forte allure sur des grilles plus petites et mieux couvertes par le combustible.
- Autre dispostif spécifiquement américain, le booster de démarrage (voir ci-dessus p. 104). Ces moteurs auxiliaires ne doivent être mis en action que jusqu’à 30 km à l’heure, au moment où la chaudière peut fournir un volume de vapeur que le manque d’adhérence ne permet pas d’utiliser pour les essieux moteurs principaux. Le booster comporte deux cylindres attaquant l’essieu par engrenages; le crabotage est automatique et asservi à l’admission de vapeur, de façon à éviter des fausses manœuvres.
- Et voici le « beau monstre », le record actuel des locomotives américaines : c’est la célèbre « 240 » (Twelve wheels) L. F.
- Loree, du Delaware Hudson Railroad qui figura à l’exposition de Chicago (fig. 13).
- 35 atm de timbre de chaudière, 173 t de poids total pour la machine seule,
- 1. Cf. l’étude de M. Parmantier dans la Revue générale des chemins de fer.
- dont 142 t sur les roues motrices et 31 t sur le bogie; 124 t pour le tender qui peut emporter 53 t d’eau et 13 t de charbon; 310 m2 de surface de chauffe et 100 m2 de surface de surchauffe, tels sont les chiffres qui fixent immédiatement l’échelle du géant.
- L’expansion est triple et tous les cylindres sont extérieurs. À l’avant, deux cylindres B.P. attaquent par bielles le deuxième essieu moteur; à l’arrière, au-dessous de la cabine du mécanicien, un cylindre II. P. à droite, et un cylindre M. P. (moyenne pression) à gauche, attaquent également le deuxième essieu moteur. Des dispositifs automatiques très ingénieux permettent à la locomotive de démarrer en simple expansion, avec interposition de soupapes spéciales de réduction de pression. Cette alimentation peut être conservée en pleine marche à la volonté du mécanicien qui dispose aussi d’un booster Bethleem à six roues accouplées placé sous le tender.
- L’essieu moteur principal est monté sur rouleaux et ses têtes de bielles sur aiguilles. La distribution du type Dabeg RC, a été construite en France; c’est une distribution à très larges soupapes, commandées par des arbres à cames rotatifs, entraînés eux-mêmes par engrenages. La manœuvre de renversement de marche et de réglage du « cran » d’admission se fait par servo-moteur.
- L’effort maximum, en simple expansion et booster en action, doit s’élever au chiffre formidable de 49 000 t, dont 8000 pour le booster seul. Bien que les essais ne soient pas actuellement terminés, on peut escompter que les efforts réels seront environ les 93 centièmes des
- Fig. 12. — Machine-iender de manœuvres, à forle traction, type 151 de l'Esl.
- Cette photographie montre nettement le fonctionnement de la coulisse genre Walschaerts.
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- Cylindre
- Fig. 13. — Schéma général de la grande locomotive à Iriple expansion du « Delaware and Hudson Railroad »
- Machine à 12 roues ;
- Chaudière timbrée à 33 atmosphères ; Poids : 173 tonnes.
- Tender de 124 tonnes ;
- 53 tonnes d’eau et 13 tonnes de charbon; 310 m2 de surface de chauffe.
- chiffres ci-dessus. « L. F. Loree » est ainsi la plus forte locomotive du monde et sans doute la plus économique.
- QUE SERA LA LOCOMOTIVE DE L’AVENIR?
- Grâce aux perfectionnements que nous venons de passer en revue, la locomotive à vapeur moderne est devenue un engin économique. Les Pacific transformées du P.-O., soutenant 2140 ch au crochet du tender, à 80 km à l’heure, n’ont dépensé que 1,04 kg de charbon (x)
- 1. Charbon à 8000 calories.
- par cheval-heure ; la nouvelle 2-4-0 du P.-O., roulant à 100 km à l’heure et développant 2500 ch a consommé 1 kg de charbon par ch-h effectif. Ceci constitue un magnifique résultat, fort éloigné des chiffres de 2 à 4 kg par chevaux parfois utilisés dans certaines statistiques trop favorables à la traction électrique.
- Si nous rappelons que la consommation de combustible représente à peine le tiers des frais totaux occasionnés par une locomotive, on pourra penser qu’il n’est pas très utile de poursuivre à tout prix cette course au rendement, les postes amortissement et entretien pouvant se trouver sérieusement aggravés d’autre part. Par suite, il se peut que les « constantes » de la locomotive moderne varient peu. le timbre, en particulier, ne s’élevant guère au-dessus de 30 ou 35 atm, au lieu que les formes et les dispositions générales peuvent évoluer fortement.
- Cette évolution des formes n’est elle-même pas très aisée à prévoir. Nous donnons, figure 14, un schéma dû à M. Chapelon et qui pourrait représenter l’avenir immédiat de la locomotive compound; la répartition des efforts directs des bielles sur différents essieux permettrait de porter la puissance à 4000 ou 5000 ch. Ensuite, on arriverait à la notion d’un moteur rapide à engrenage et arbre longitudinal de transmission, disposition rappelant un peu celle des automobiles classiques. Win-terthur a étudié un projet de ce type dont la réalisation en France est retardée par des questions administratives. La Société Dabeg a également à l’étude un modèle extrême-
- Fig. 14. —- Comment un éminent spécialiste conçoit la locomotive compound à très grande
- puissance de l’avenir.
- Machine 242, timbre de la chaudière 22 atm, surchauffe 450°, expansion double (compound) avec 4, 5, ou 6 cylindres, vitesse maxima 170 km à l’heure, vitesse de service 150 km à l'heure, puissance 0000 ch (d’après A. Chapelon, document Science et Industrie).
- Réchauffeur
- Supçha uffeur_
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- Fig. 15. -—- Nouvelle « Pacific » transformée à soupapes du P.-O. série 4701 à roues de 1 m 85. C’est avec les machines de cette série que le Sud-Express a reconquis le record duTnonde de vitesse.
- ment nouveau. Dans un avenir plus lointain, on pourrait envisager la chauffe au charbon pulvérisé ou au mazout (des essais sont en cours actuellement), enfin l’application de la condensation. L’horizon semble incertain du côté des locomotives à turbines-, des essais très sérieux ont été faits, mais les inconvénients semblent pour l’instant primer les avantages.
- Une question d’intérêt immédiat est celle des « longs parcours » de locomotives ; il est extrêmement avantageux, quand une locomotive est allumée, de la faire travailler le plus longtemps possible sans l’éteindre. Les Américains tentent actuellement de laisser les machines en feu pendant 30 jours consécutifs.
- Tous comptes faits, s’il fallait résumer en quelques lignes l’avenir immédiat de la « traction autonome », on pourrait dire ceci. Il existe actuellement sur parc un très grand nombre de locomotives telles que la 3566 P.-O., qui peuvent être modernisées à frais relativement réduits et faire un excellent service avec des trains lourds et rapides; l’exploitation de cette véritable « mine » reste aujourd’hui une opération financière payante et sûre, qui prime la mise en sei'vice massive de modèles nouveaux.
- Il va sans dire que le trafic des lignes secondaires peut être confié avec avantage à des « autorails », l’usage des « tracteurs automoteurs » se trouvant d’autre part généralisé pour les manœuvres de gare.
- Dans un avenir plus lointain, où la traction électrique occupera une place très grande, diverses raisons, notamment militaires, conduiront certainement à conserver un nombre important de fortes locomotives à vapeur!1).
- 1. Est-il besoin de souligner ce lait très important que ces locomotives de réserve doivent être conservées en service et non dans des dépôts, ce qui créerait une dangereuse solution de continuité dans la conduite et l’entretien ?
- La silhouette et les dispositions générales de ces machines seront sans doute assez différentes de ce que nous voyons aujourd’hui, la technique de la vapeur étant très loin d’avoir dit son dernier mot.
- Nous sera-t-il permis de terminer sur une note sentimentale ? C’est avec plaisir que l’on constate que ces fiers animaux d’acier, de cuivre et de feu continueront de sillonner les voies de France, sous le formidable jet de leur cheminée, aussitôt rabattu par la vitesse en une mobile crinière de vapeur blanche. Devant tant de grâce dans la force, de puissance et d’équilibre, quelque chose s’impose à nous de mieux qu’intellectuel : le sentiment vif et saisissant de la beauté vivante. On peut r prendre ici la parole du vieux Bacon : c’est en obéissant à la matière que nous l’avons si magnifiquement asservie.
- Pierre Devaux,
- Ancien élève de l’École Polytechnique.
- Fig. 16. — Machine à grande vitesse du type 241 C. 7., du P.-L.-M.
- Remarquer la disposition aujourd’hui classique des plaques verticales, à l'avant, qui refoulent vers le haut les filets d’air séparés par le poitrail de la machine et forcent la fumée à s'élever au-dessus de la cabine du mécanicien.
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- L’INFLUENCE DE L’ULTRA-VIOLET SUR LES INSECTES
- Un expérimentateur allemand a constaté, il y a plus de vingt ans, l’action attractive intense exercée sur les insectes par les brûleurs en quartz à vapeur de mercure. Mais l’attention du public n’a été attirée que récemment sur ce phénomène, par des articles de journaux émanant, le plus souvent, de constructeurs de pièges à insectes. Quant au monde scientifique, il s’est peu attaché à l’examen profond de la question, si l’on excepte un éminent entomologiste français, qui semble être, à l’heure actuelle, le savant le plus qualifié pour tenter une analyse de l’action physiologique subie par les insectes soumis au rayonnement ultra-violet.
- Des expériences méthodiques, faites au commencement de l’an dernier, à l’île Maurice, sous les auspices du Sugar Industry Reserve Fund, ont permis de constater certains faits nouveaux qui ont motivé l’étude d’un capteur d’insectes différent de ceux qui ont été employés jusqu’ici. Mais, si des applications pratiques intéressantes peuvent être réalisées maintenant, on continue, néanmoins, à ignorer complètement le mécanisme intime du phénomène. Pour l’expliquer, d’aucuns ont péremptoirement attribué des vertus excitatrices spéciales aux radiations vertes et jaunes émises par les brûleurs en quartz; d’autres ont prétendu que les organes récepteurs de chaque espèce d’insectes entrent en vibration sous l’action d’une longueur d’onde donnée, sans pouvoir spécifier s’il s’agit de la longueur d’onde moyenne d’une des quelque cinquante radiations qui forment le spectre discontinu des brûleurs à mercure, ou de la longueur d’onde moyenne de l’ensemble, et sans penser que la conception de longueur d’onde n’est que l’interprétation très discutable d’une réalité inaccessible à nos sens.
- Il semble plus sage de grouper les données expérimentales bien positives qui ont pu être acquises au cours des expériences faites jusqu’ici et d’en tirer avec prudence quelques conclusions utiles. Quant aux hypothèses qu’on est enclin à aventurer, pour expliquer l’attraction exercée sur les insectes, on ne doit les considérer que comme de simples invitations à étudier le phénomène sous un angle déterminé.
- LES DONNÉES EXPÉRIMENTALES
- Quand on allume côte à côte ou successivement à la même place un brûleur en quartz à vapeur de mercure et une lampe électrique à filament consommant la même énergie, on constate ceci :
- Effet 1 : de nombreux insectes, que la lampe à filament laisse indifférents, affluent autour du brûleur.
- Effet 2 : divers insectes, attirés par les deux sources de radiations, éprouvent une excitation beaucoup plus intense en présence du brûleur.
- Effet 3 : quelques espèces d’insectes, attirées par la lampe à filament, s’écartent du brûleur, fonctionnant à son régime normal.
- Effet 4 : une lampe à filament ayant un spectre plus
- prolongé dans l’ultra-violet que celui d’une autre lampe à filament possède, en général, un pouvoir attractif plus grand que la seconde.
- Quand on augmente progressivement la tension aux électrodes d’un brûleur, on observe les effets suivants :
- Effet 5 : une faible tension (25 à 50 v) aux électrodes d’un brûleur allumé (dont le régime normal est de 130 v) provoque la venue, en grande abondance, des moustiques, des chironomes, de certaines mouches et de divers petits coléoptères, tandis que l’arrivée des lépidoptères est peu nombreuse. Pour une tension élevée (proche de la tension-limite) ori voit accourir un grand nombre de lépidoptères, tandis que les moustiques, les chironomes et les mouches disparaissent.
- Si l’on fait l’expérience inverse, c’est-à-dire si l’on projette d’abord, sur le terrain, le rayonnement émis par un brûleur alimenté à la tension maxima et si l’on fait décroître ensuite cette tension, le résultat est complètement différent.
- Effet 6 : pour une tension initiale élevée, les lépidoptères et certains gros coléoptères affluent autour du brûleur. Pour une faible tension, ces mêmes insectes continuent d’accourir autour du brûleur mais les moustiques, chironomes, mouches, ne viennent qu’en petit nombre ou n’apparaissent pas, contrairement à ce qui se produit dans le cas précédent.
- Des graphiques, dressés au cours d’une série d’expériences faites à l’île Maurice (fig. 1 et 2), donnent une idée de cette variation de l’intensité de l’attraction sur divers insectes. En ordonnées, est portée la tension aux bornes du brûleur, et en abscisses, le coefficient d’attraction mesuré par le nombre moyen d’insectes venant se poser sur l’unité de surface d’un écran disposé à proximité du brûleur.
- La courbe A concerne les moustiques et les chironomes ; la courbe B, diverses mouches ayant les mêmes réactions (stomoxys, ortalides, mouches de la viande) ; la courbe 3, de nombreuses espèces de lépidoptères. La figure 1 indique l’affluence de ces insectes lorsque la tension est croissante à partir de la tension minima; la figure 2, lorsque la tension est décroissante à partir de la tension maxima.
- En restreignant l’étendue du spectre d’émission des brûleurs au moyen de filtres absorbant certaines radiations, on a pu faire les constatations suivantes :
- Effet 7 : la plupart des insectes sont influencés par des radiations courtes inférieures à 4000 angstroms, que notre rétine ne perçoit pas.
- Effet 8 : la portion du spectre, comprenant les radiations qui provoquent l’attraction sur les insectes phototropiques observés, s’étend de l’indigo ou du bleu aux rayons de 3000 angstroms. Mais chaque espèce est particulièrement influencée par un faisceau de radiations (faisceau tropique) constituant une portion beaucoup
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- plus étroite du spectre, laquelle, dans la plupart des cas, se situe dans l’ultra-violct proche du violet.
- Effet 9 : beaucoup d’insectes nocturnes sont insensibles aux radiations plus longues que l’indigo. D’autres fuient nettement ces radiations, notamment le rouge.
- (L’indigo ne peut être, bien entendu, considéré comme une limite absolue. Cette indication ne s’applique d’ailleurs qu’aux insectes sur lesquels on a fait des expériences et dont le nombre est infime par rapport à celui des insectes existants. Nous ne parlons que des insectes nocturnes.)
- L’action provoquée par les brûleurs à mercure est variable pour les individus de la même espèce. On a pu faire, à ce sujet, de curieuses constatations :
- Effet 10 : certaines circonstances mal déterminées font parfois dépendre du sexe l’action phototropique provoquée par l’émission du brûleur en quartz.
- Ainsi, on a observé, en Europe, l’attraction exclusive
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- pisme tient aux causes capables de déterminer chez l’insecte des états physiologiques différents.
- Parmi ces causes, on peut mentionner la température, probablement la pression barométrique, l’âge des sujets, la saison, l’heure de la nuit, etc.
- L’efficacité des radiations phototropiques semble nulle, le jour, sur les insectes nocturnes, soit que l’émission du brûleur soit modifiée par le rayonnement solaire, soit que les insectes cessent d’être en état de réceptivité.
- Effet 13 : les insectes diurnes sont généralement indifférents, le jour comme la nuit, à l’émission ultra-violette. Cependant quelques espèces diurnes sont attirées la nuit par le brûleur.
- On constate cette attraction sur certaines mouches diurnes, parmi lesquelles il convient de citer le Stomoxys nigra, diptère africain dangereux.
- L’œil de l’insecte semble être le seul organe récepteur de la radiation tropique.
- to 20 do 4o 5o 6o 7o 8o go loo no i2o
- îo 20 50 Ao 5o 6o To So 90 100 no no
- Fig. 1 el 2. — Variation du nombre des insectes attirés par une lampe à vapeur de mercure en fonction de la tension aux bornes. A. Moustiques et Chironom.es. B. Diptères, C. Lépidoptères. A gauche, lorsque la tension croît. A droite, lorsqu’elle décroît.
- des mâles chez une certaine espèce de moustiques. En revanche, il semble que chez quelques lépidoptères tropicaux l’action s’exerce seulement sur les femelles. A Maurice, on a observé que les chironomes mâles sont phototropiques certaines nuits, à l’exclusion des femelles, alors que, d’autres nuits, les individus des deux sexes accourent en nombre égal.
- Effet 11 : les conditions de l’habitat modifient le phototropisme.
- Une espèce d’insectes peut être très phototropique dans un pays et ne l’être que très peu dans un autre. On n’a pas fait suffisamment d’expériences, jusqu’à présent, pour savoir si le phototropisme observé dans un pays, chez un insecte, disparaît parfois complètement, dans d’autres climats, ou s’il peut être provoqué par un faisceau de radiations tropiques différent obtenu par filtrage.
- Effet 12 : en un lieu donné, la variation du phototro-
- L’ORGANE RÉCEPTEUR CHEZ L’INSECTE
- Les effets 2 et 4 établissent la continuité du phénomène rétinien, les différences d’intensité étant subordonnées à la composition des spectres influençants. L’effet 3 n’indique pas la discontinuité du phénomène rétinien, quand on remplace une lampe à filament par un brûleur. Il dépend de la coexistence d’une action secondaire qui provoque la fuite de l’insecte et que l’on peut facilement expliquer. Lorsqu’un brûleur à mercure du type médical fonctionne à son régime normal, il émet des ondes courtes qui brûlent certains insectes (moustiques, chironomes, mouches), comme elles brûlent notre peau, mais qui n’incommodent pas d’autres insectes, protégés par des écailles, comme les lépidoptères. Pour en établir la preuve, il suffit de disposer, à 2 m du brûleur, un grand écran en toile et de faire absorber par un filtre les radiations inférieures à 3000 angstroms. On constate
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- que les insectes posés sur l’écran ne sont plus incommodés et ne prennent pas la fuite, lorsque la tension aux électrodes augmente (comme ils le font dès qu’on supprime le filtre).
- L’ignorance de ce fait avait laissé supposer que la venue d’insectes différents autour des brûleurs était due à l’influence d’une longueur d’onde donnée sur chaque espèce, théorie fort stimulante pour l’imagination des usagers éventuels des capteurs.
- Quant à l’anomalie révélée par l’effet 6, on peut tenter de l’expliquer par la persistance, pendant quelque temps, de l’impression initiale ressentie par les insectes placés dans le champ du rayonnement, mais cette explication reste très hypothétique et discutable.
- LA NATURE DES RÉACTIONS PRODUITES CHEZ L’INSECTE
- L’excitation produite par la source de radiation semble être la conséquence de l’action rétinienne, mais on ne peut affirmer qu’elle en dépend exclusivement. Quelle est la nature de cette excitation ? Quel est l’irrésistible besoin, brusquement exacerbé, qui précipite de nombreux insectes vers des sources de lumière artificielle, même quand celles-ci émettent un spectre analogue au spectre du soleil ? Est-ce seulement l’amour de la lumière pour la lumière ? Cet amour ne se conçoit pas. S’il était la conséquence d’un besoin, ce besoin serait chaque jour assouvi par la lumière du soleil, identique à celle des sources lumineuses dont nous venons de parler. Il faut admettre que l’agitation de l’insecte est produite par un autre stimulant. L’élimination de diverses hypothèses inacceptables ne laisse subsister que la cause génésique, que ne contredit, a priori, aucun raisonnement. De plus, l’effet 10 indique qu’il existe parfois un lien très net entre l’influence phototropique et le sexe.
- L’énervement de l’insecte résulterait-il d’un réflexe génésique provoqué par la réaction rétinienne ? Dans cet ordre d’idées, on est enclin à croire que certains insectes émettent, la nuit, des radiations analogues à celles que l’on trouve dans le spectre des lampes et que leur excitation amoureuse vient d’une confusion. De plus, il semble probable que les ommatidies de l’œil composé des insectes nocturnes jouissent, en ce qui con-
- cerne certaines radiations, d’un pouvoir de séparation ou d’absorption qui favorise cette méprise. Quant à l’émission des radiations à ondes courtes par la matière vivante, elle a été maintes fois constatée. Il est possible que cette émission soit perçue par les organes de vision des insectes et qu’elle favorise leurs conjonctions sexuelles. En d’autres circonstances, elle leur permet certainement de se diriger. Si nous nous enfermons avec des moustiques dans une chambre noire, où ne pénètre aucune lumière extérieure, nous constatons qu’ils évoluent autour de nous sans nous heurter et nous attaquent avec un discernement qui implique une parfaite appréciation des distances.
- Quoi qu’il en soit, nous restons dans le domaine de l’hypothèse (et, même, de l’hypothèse très discutable) et il faut se dire que le seul intérêt de l’hypothèse est de suggérer un programme expérimental. L’ignorance actuelle des chercheurs en matière de phototropisme est complète. Cependant, l’emploi de lampes émettrices de rayons ultra-violets peut, dès maintenant, rendre les plus grands services.
- Les récentes études qui ont été faites ont permis de combiner un ensemble de dispositifs, dont le principal est basé sur l’idée d’attirer les insectes par une radiation filtrée.
- Mais l’action de l’ultra-violet n’a été essayée que sur-un nombre d’insectes restreint par rapport aux innombrables espèces qui causent tant de mal à la santé de l’homme et à l’agriculture. Il faut souhaiter que de nombreux habitants des colonies, aimant l’étude et désirant faire le bien autour d’eux, s’intéressent à la découverte du faisceau de radiations capable d’influencer les espèces nuisibles de leurs régions qui n’ont pas encore été soumises au rayonnement ultra-violet.
- Quant à la recherche plus aride des causes biologiques du phototropisme, nous pensons qu’elle devrait s’orienter, d’abord, vers l’étude comparative des effets exercés sur certains insectes nocturnes par des lampes émettant un spectre analogue à celui du soleil et par le soleil lui-même. On s’appliquerait à opérer une discrimination minutieuse des causes de l’excitation des insectes, dans un cas, et de leur inertie, dans l’autre.
- N.-M. d’Unienville.
- LA PHOTOGRAPHIE INTÉGRALE
- Créer directement la sensation du relief par le seul aspect de l’image photographique, sans l’intervention des appareils stéréoscopiques ordinaires, tel est le but de la photographie dite « intégrale ». L’idée et le mot sont dus au grand physicien Gabriel Lippmann, qui aborda ce problème dès 1907.
- LA VISION DU RELIEF
- Pour déterminer les facteurs qui doivent permettre, en théorie, la réalisation de la photographie intégrale, il est d’abord utile de connaître les conditions psycho-
- physiologiques dans lesquelles s’effectue la vision du relief. C’est essentiellement la méconnaissance de ces notions élémentaires qui amène tant d’inventeurs à concevoir des dispositifs inapplicables.
- La sensation de ce que nous appelons le relief, du contraste des saillies et des creux est, avant tout, le résultat de la vision binoculaire. Mais les effets de perspective, le travail d’accommodation de l’œil, les oppositions d’ombre et de lumière, les contrastes de couleurs contribuent aussi à provoquer la sensation de relief et expliquent que celui-ci puisse encore être perçu avec un seul
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- œil. Il faut faire entrer en ligne de compte également un travail inconscient de notre mémoire, et même de notre raisonnement.
- Lorsque nous regardons un objet avec les deux yeux, nous n’éprouvons g é n é r a 1 e m e n t qu’une impression unique. Ce fait peut être expliqué en admettant que des filets nerveux correspondant aux éléments analogues des deux rétines se réunissent par paires, et que les images se forment dans chaque œil sur les éléments photosensibles correspondants. L’impression transmise au cerveau est alors unique.
- Pour des objets éloignés, les axes oculaires sont parallèles et les images produites sur les deux rétines sont tout à fait identiques (fig. 1). Lorsque nous regardons au contraire un objet plus ou moins rapproché, et que nous en fixons un détail, les globes oculaires se placent alors instinctivement de façon à amener les images sur les portions de la rétine les plus favorables pour la vision (taches jaunes).
- Les axes des yeux convergent vers le détail observé, et les images formées ne sont plus rigoureusement identiques. L’œil droit aperçoit la face de l’objet la plus rapprochée, plus une partie du côté droit, l’œil gauche la même face plus une partie du côté gauche. Si l’on examine ainsi un petit cube, chacun des yeux peut, découvrir la face latérale située du côté correspondant sans voir l’autre (fig- 2)-
- Helmholtz a donné le nom de parallaxe à cette différence des images rétiniennes. Elle s’atténue quand l’objet s’éloigne et la sensation du relief s’amoindrit en même temps. Cette sensation est d’ailleurs acquise et résulte de rapports instinctivement établis entre les données des sens du toucher et de la vue.
- Pour faire coïncider les points homologues des images et confondre les deux images en une seule, les yeux font tout un travail de convergence et de divergence. De cet effort se dégage pour nous la sensation de relief binoculaire, qui nous permet d’apprécier la distance relative des plans entre eux, et de les situer dans l’espace.
- Fig. 2. — En regardant un objet rapproché, les axes oculaires convergent et les images rétiniennes ne sont plus identiques.
- Le relief stéréoscopique est basé sur ce phénomène. On photo g r a p h i e un même objet de deux points de vue différents et les photographies obtenues présentent entre elles de légères différences, surtout pour les plans antérieurs.
- Ces différences sont analogues à celles que présenteraient les images rétiniennes correspondantes dans les deux yeux. On place alors des photographies côte à côte et on les examine chacune avec un œil avec deux lentilles d’axes écartés de quelque 65 mm, de façon que les images obtenues viennent se superposer à la distance de vision distincte (fig. 3). Le relief apparaît alors.
- Pour obtenir la sensation exacte du relief par la vision binoculaire il faut, d’ailleurs, que les dispositifs employés remplissent des conditions précises.
- Lorsque nous regardons un objet, avec un seul œil, en fermant l’œil droit, par exemple, nous continuons à voir cet objet avec l’œil gauche, et, inversement; ainsi, nous voyons deux fois l’objet, une fois avec chaque œil. Le système doit donc permettre d’observer deux images et les contours observés doivent se produire au même endroit de l’espace. Chacune des perspectives doit être vue exclusivement par l’œil correspondant, l’une avec l’œil droit, l’autre avec l’œil gauche.
- Fig. 4. — Appareil de prise de vues de M. L. Lumière pour la pholosléréosynilièse.
- Œil gauche
- Œil droit
- Œil droit
- Œil gauche
- Fig. 1. — Lorsqu'on regarde un objet à grande distance, les axes oculaires sont parallèles et les images rétiniennes identiques.
- Œil
- droit
- Œil
- gauche
- Oculaire
- Photographie
- gauche
- Photographie
- droite
- Image virtuelle unique en relief
- Fig. 3. — Principe de la vision stéréoscopique.
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- Fig. 5. — Les six vues distinctes d'une prise de vues par l’appareil de photoslêréosijnthèse
- de Lumière.
- Dans le stéréoscope, l’oculaire de gauche donne de la vue gauche une image déviée vers la droite et l’oculaire de droite de la vue droite une image déviée vers la gauche, de manière à superposer les images au même endroit.
- En principe, un système ne comportant qu’une seule série d’images prises d’un seul point de vue ne peut
- Fig. 0. — Principe du siéréogramme à parallaxe.
- remplir la première condition, et un système qui ne permet pas de distribuer les vues entre les deux yeux ne peut remplir la deuxième. Il est pourtant, comme nous le verrons plus loin, quelques accommodements à ces conditions précises, tout au moins pour la photographie.
- Il faut faire entrer en ligne de compte, en effet, la perspective géométrique d’après laquelle le diamètre apparent décroît avec la distance, et même quelquefois la perspective aérienne, d’après laquelle les objets éloignés sont, plus ou moins voilés par une brume atmosphérique. Le diamètre apparent des objets éloignés, lorsque nous connaissons par avance leurs dimensions réelles, nous fournit ainsi des appréciations immédiates et subconscientes sur leur distance.
- Nous nous rendons compte, d’autre part, de l’éloignement plus ou moins grand des objets, non seulement par les variations de convergence de nos axes oculaires, mais encore par les efforts d’accommodation des cristallins, constamment nécessaires pour que les images se forment toujours exactement sur la rétine. Ce travail d’accommodation que fait notre œil, successivement pour tous les plans inégalement distants, nous renseigne sur la situation relative de ces plans.
- C’est là le phénomène du relief perspectif. Il peut être obtenu en vision monoculaire. Il permet la séparation des plans, mais ne nous indique pas la distance réelle existant entre chaque plan, ni la position exacte de ceux-ci dans l’espace.
- Enfin, on a souvent voulu faire entrer en ligne de compte des sensations de pseudo-relief obtenues en vision monoculaire, et purement psychologiques. Par suite de sensations acquises, les images simples, très contrastées et éclairées violemment, donnent parfois une impression de relief plus ou moins approximative et, d’ailleurs, variable suivant les sujets. Cette impression est obtenue en principe, au moyen d’une image plane fortement éclairée. Il est assez facile de da faire naître en cinématographie, mais la chose est beaucoup plus dillieile eu photographie.
- Certains expérimentateurs ont objecté que l’observation d’images au moyen du stéréoscope est beaucoup plus fatigante que la vision normale, et que le relief stéréoscopique n’est pas le même que celui qui est perçu dans la vie courante.
- On ne peut nier que la vision stéréoscopique ne soit à la longue assez fatigante, mais cela provient peut-être de ce qu’il est impossible de disposer exactement les objectifs des appareils de prise de vues et les oculaires des appareils d’observation exactement en rapport avec les caractéristiques de la vue de l’opérateur. D’autre part, les positifs stéréoscopiques ne peuvent reproduire exactement les valeurs lumineuses des différentes parties du
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- sujet photographié. Malgré tout, la vision binoculaire paraît bien le facteur principal de la perception du relief.
- LA PHOTOSTÉRÉOSYNTHÈSE
- De nombreux inventeurs ont proposé des dispositifs photographiques permettant, selon eux, d’obtenir la sensation du relief, en employant des procédés photographiques ordinaires, mais en examinant l’épreuve positive à l’aide d’un dispositif spécial.
- On peut ainsi examiner la photographie, une carte postale, par exemple, dans un miroir concave, de préférence parabolique, d’une distance focale de l’ordre de 1 rn On trouve dans le commerce de petits appareils de prix modique, servant à cet examen amusant.
- On peut de même examiner les épreuves à travers une forte lentille biconvexe ou plan convexe dont les aberrations de sphéricité ne sont pas corrigées. La sensation plus ou moins nette de relief ainsi provoquée serait due à des distorsions marginales de l’image rétinienne, mais ces moyens très simples semblent malheureusement être assez illusoires; ils produisent en tout cas une déformation de l’image généralement inadmissible.
- M. Louis Lumière a proposé, au contraire, un procédé photographique de principe simple, bien que de réalisation un peu complexe, et qui a permis d’obtenir des résultats réels entièrement satisfaisants.
- Le système consiste à prendre à une échelle fixe des négatifs photographiques d’une série de plans parallèles, équidistants ou non, d’un objet, en réalisant cette condition que chaque image ne représente que l’intersection de l’objet par le plan correspondant. On peut ensuite, en superposant les positifs tirés des négatifs obtenus, reconstituer dans l’espace l’apparence même de l’objet photographié, à condition que les distances des images positives soient égales à celles des plans photographiés, affectés d’un coefficient correspondant à l’échelle adoptée.
- Pour que la reconstitution obtenue soit théoriquement parfaite, il serait nécessaire de superposer un nombre infini d’images infiniment rapprochées, mais l’expérience montre que cette condition n’est pas nécessaire pour donner à l’œil l’impression de la continuité. Un petit nombre d’éléments suffit si, dans une certaine limite, chaque image correspond non pas à un plan, mais à un volume focal déterminé. Ce volume focal doit cependant rester dans certaines limites si l’on veut éviter les effets de parallaxe lors de la vision.
- Il est donc nécessaire d’avoir un objectif possédant une profondeur de champ très réduite, et les objectifs ordinaires, même à très grande ouverture, ne suffisent pas. M. Lumière avait imaginé pour réduire le volume focal de munir l’objectif de deux prismes inverseurs dont les sections principales sont à 90° l’une de l’autre, et de déplacer l’axe de l’objectif parallèlement à lui-même, en prenant la précaution de maintenir également parallèles à elles-mêmes les sections principales pendant le déplacement.
- M. Lumière avait également construit une caméra de prises de vues établie de telle sorte qu’on pouvait, pendant l’exposition, imprimer à tout le système objectif et porte-plaque un mouvement circulaire, grâce à quatre
- Fig. 7. — Principe du panoramagramme à parallaxe.
- axes AB CD munis à chacune de leurs extrémités d’un bras de maniyelle M (fig. 4).
- Il est facile de démontrer, dans ces conditions, que tout point situé en dehors du plan objet conjugué du plan image donne alors sur la plaque sensible une trace circulaire d’un diamètre d’autant plus grand que le point considéré est plus éloigné du plan objet. Seuls les points situés dans le plan image conjugué du plan objet sont définis avec netteté.
- Dans ces conditions, avec un anastigmat / 4,5 dont le foyer est de 21 cm, les rayons des manivelles commandant le déplacement des platines avant et arrière étaient respectivement de 4 et 6 cm, et, en choisissant des valeurs convenables pour les autres éléments, l’effet de relief était saisissant, notamment dans le cas de photographie de personnages (fig. 5).
- On prenait six photographies élémentaires destinées à être superposées pour constituer l’ensemble final, les trois premières prises avec un espace en profondeur de 1 cm, et les trois autres avec un espacement double. L’appareil tout entier était déplacé de ces quantités par glissement sur ses rails à chaque prise d’image nouvelle, la mise au point restant invariable.
- Les images élémentaires obtenues doivent avoir une opacité déterminée, et celle-ci varie avec les conditions de fonctionnement.
- Fig. 8. — Emploi d’un système optique à miroir concave pour obtenir un panoramagramme à parallaxe.
- Miroir j plan
- Miroir
- concave
- Panoramagramme
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- Par ce premier moyen, on a pu réaliser la vision directe du relief photographique, sans l’aide d’aucun appareil spécial d’observation.
- LE STÉRÉO-GRAMME DE FRÉDÉRIC IYES.
- LE PANORAMA GRAMME DE HERBERT IVES
- Le physicien américain Frédéric E. Ives, père, d’ailleurs, croyons-nous, de l’ingénieur Herbert F. Ives, des laboratoires téléphoniques Bell, dont nous aurons l’occasion de décrire les travaux sur la projection en relief, avait présenté, il y a une trentaine d’années déjà, le système basé sur la vision binoculaire et, semble-t-il, assez mal connu en France, du stéréo gramme à parallaxe.
- Dans le cas de la photographie stéréoscopique obtenue à l’aide d’une paire de chambres noires similaires, dont les objectifs sont séparés par la distance optima entre les deux yeux, on examine, comme nous l’avons dit, les positifs à l’aide d’un stéréoscope. Le moyen le plus simple consisterait cependant à ne se servir d’aucun appareil, mais à réaliser seulement une orientation convenable des deux yeux; ce résultat est difficile à obtenir en pratique, bien qu’on puisse faire converger les axes optiques en un point situé entre l’œil et l’image.
- On peut également utiliser le procédé des ana glyphes.
- Fig. 10. — Principe de la méthode de photographie intégrale de Lippmann et la plaque d'Estanave.
- Position d’un œil de l’observateur (gauche)
- droit
- Couche
- sensible
- Image virtuelle de l'objet
- Les deux positifs d’une même paire sont alors teintés en couleurs complémentaires : l’observateur porte des lunettes spéciales avec un filtre d’une couleur différente pour chaque œil, de manière que chaque œil ne voie qu’une image. Si les images et les filtres des lunettes sont colorés en vert et en rouge, par exemple, l'observateur ne voit à travers le filtre vert que l’image colorée en rouge, et à travers le filtre rouge, seulement l’image colorée en vert.
- Frédéric E. Ives a montré qu’on pouvait se passer de tout dispositif interposé entre l’image et les yeux, à condition que cette image double soit constituée de façon spéciale.
- Les deux images sont prises toujours de deux points de vue différents, mais, au lieu d’être montées côte à côte, elles sont divisées en bandes très étroites. Ces bandes sont accolées de manière que la bande d’une paire faisant partie de la vue destinée à l’œil droit soit placée à gauche, et la bande faisant partie de la vue destinée à l’œil gauche soit placée à droite.
- Devant, et à proximité immédiate de cette image, on monte un écran en forme de grille, dans lequel la largeur des espaces vides est à peu près égale à la moitié de la largeur des bandes opaques. Cette grille est placée en face de l’image double précédente à une distance et dans une position telles, que les bandes correspondant à l’œil droit sont cachées pour l’œil gauche et que les bandes correspondant à l’œil gauche sont cachées pour l’œil droit (fig. 6).
- Chaque œil voit ainsi une seule image composée d’une série de bandes assez fines pour ne pas être gênantes à la distance à laquelle se fait l’observation. On obtient donc la sensation du relief, mais à condition d’observer l’image suivant une direction et à une distance données.
- Pour obtenir une image en relief, visible à une distance quelconque, et dans une direction d’observation quelconque, il ne faut plus considérer seulement deux images comme dans le procédé stéréoscopique ordinaire.
- Si nous considérons, en effet, plusieurs observateurs, chacun de ces observateurs n’a besoin que de deux images, mais le nombre total des images nécessaires peut devenir grand. La photographie doit alors être réalisée au moyen d’appareils prenant les images à partir d’un très grand nombre de points de vue, et l’observation doit être faite à travers une grille à vides extrêmement étroits
- Au lieu de deux bandes placées derrière la grille du stéréogramme, il doit alors y avoir un très grand nombre de bandes infinitésimales derrière chaque vide de la grille. Herbert F. Ives a donné le nom de panoramagramme à parallaxe à ce genre d’images, qui permet la ois ion du relief avec un angle d’obseroaiion quelconque (fig. 7).
- La réalisation d’un tel cliché composite est évidemment compliquée. Celle qui paraît la plus simple consisterait à disposer une batterie d’appareils photographiques suivant un arc autour de l’objet. Les mêmes appareils sont ensuite utilisés pour projeter les images obtenues sur une plaque sensible disposée derrière une grille à vides très étroits. Pour éviter d’utiliser un système aussi compliqué, on a proposé d’adopter un appareil cinématographique déplacé lentement autour de l’objet. On
- Fig. 9. — Section d’un panoramagramme à parallaxe avec son système de grille à côtes.
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- projetterait le film développé avec un projecteur animé d’un mouvement analogue sur une plaque sensible disposée comme précédemment derrière une grille.
- On pourrait également employer un appareil photographique mobile, en disposant une grille devant la plaque sensible, et déplacer la grille d’une quantité égale à son pas au cours de l’exposition, ou utiliser le balayage de la plaque par le pinceau lumineux qui traverse les fentes de la grille, lorsque les positions relatives de l’objectif de la grille de la plaque varient au cours de la pose.
- Une ti'oisième méthode consiste à se servir d’une seule lentille ou d’un seul miroir concave, de très grand diamètre, pour obtenir les différents points de vue (fig. 8).
- On peut utiliser ainsi, en pratique, une bande découpée dans un miroir concave, en face duquel on a placé sous une inclinaison de 45° un miroir plan semi-argenté. La lumière venant de l’objet frappe le miroir concave, et elle est renvoyée sur le miroir plan, puis vers le bas sur la plaque sensible recouverte d’une grille. Chaque élément du miroir concave permet de voir l’objet d’un point de vue différent et réfléchit une image à travers les fentes de la grille. Le panoramagramme est ainsi obtenu en une seule pose.
- A la grille ordinaire, on substitue en pratique un système composé de sortes de côtes convexes, dont la courbure est telle que les rayons parallèles convergent sur les bandes panoramiques. L’image est alors formée sur une surface ondulée, dont la concavité est tournée vers l’avant, et le système est constitué par une plaque présentant à l’avant et à barrière des côtes de courbures différentes (fig. 9).
- Il faut d’ailleurs remarquer qu’on peut constater des inversions comme dans les procédés stéréoscopiques ordinaires et qu’au moyen de systèmes optiques il convient de rétablir le relief stéréoscopique si l’on trouve des effets pseudoscopiques.
- LA PHOTOGRAPHIE INTÉGRALE DE LIPPMANN ET D’ESTANAVE
- Lippmann a proposé, en 1908, d’établir une photographie contenant une multitude d’images microscopiques d’un même sujet. L’observation, à travers les très petits objectifs ayant servi à les enregistrer, de ces images élémentaires, reproduirait une image unique du sujet en grandeur naturelle, avec une sensation de relief. Il y aurait, de plus, variation du champ, et l’observateur se déplaçant devant l’épreuve verrait des parties nouvelles du sujet, comme s’il se déplaçait réellement autour du sujet lui-même.
- Le problème ainsi posé est fort difficile à résoudre: la première réalisation pratique de l’idée de Lippmann n’a pu être effectuée que bien longtemps après par le professeur Estanave, qui avait, d’ailleurs, déjà réalisé en 1908 une plaque à réseau, dite auto-stéréoscopique, dont le principe se rapprochait de celui du stéréo gramme d’Ives.
- Le procédé Estanave, qui a été décrit d’ailleurs déjà dans La Nature, et qui découle directement du principe de Lippmann, consiste, en réalité, à utiliser une plaque photographique dont les faces présentent côte à côte de
- Face lenticulaire du bloc des loupes diaphragmées.
- Fig. 11.
- Loupe de Sianhope, assemblage de loupes et appareil à plaque intégrale d'Estanave.
- nombreuses convexités identiques disposées régulièrement. La courbure de ces convexités est plus accentuée du côté transparent; l’autre face est opaque et recouverte d’une couche sensible de gélatino-bromure.
- La plaque forme ainsi une série de cellules séparées par des cloisons opaques et constitue, en quelque sorte, un ensemble de très nombreux appareils photographiques minuscules (fig. 10).
- Avec cette plaque d’un genre tout particulier, il n’est pas besoin d’appareil photographique compliqué; il suffit en principe de la placer dans un châssis et de l’exposer le temps nécessaire devant l’objet qu’on veut photographier. Chaque point d’un objet éloigné donne ainsi sur chacun des éléments élémentaires une image négative. On développe ensuite la plaque de manière à obtenir directement un cliché positif, puis on l’éclaire par derrière.
- Chaque point du diapositif ainsi éclairé donne à l’observateur l’impression que le faisceau lumineux émergent provient d’un point situé en arrière dans la direction A A' par exemple. Toutes les autres images des points de l’objet étant enregistrées sur une cellule élémentaire, il y a toujours un faisceau correspondant à ce point, et qui parvient à l’œil de l’observateur. L’objet tout entier semble ainsi reproduit dans Vespace, sous forme « d’image aérienne ».
- En regardant le système avec les deux yeux, on aura
- Fig. 12. — Procédé en sténopé de M. Estanave pour la photographie
- intégrale.
- (i—i ) Objet lumineux
- H \ ' * i i \ /
- \ /
- » /
- \! Ecran percé de
- _______________^------------------petits trous
- i\
- ----------------Ü----------------- Plaque sensible
- rrr7-/////////r>-n7-n-rrn77Tnr/////>rrrm Ecran diffusant
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- Fig. 13.— Coupe de l’appareil à photographie intégrale J. de Lassus.
- la sensation du relief, parce que chaque œil voit également une image, mais à un point de vue différent, et à chaque position différente de l’observateur correspondra un champ de vision different.
- Pour réaliser un système de ce genre, M. Estanave avait employé des blocs de petites loupes Stanhope qui sont de petits prismes ou cylindres de verre arrondis à
- Fig. 14. — Appareil J. de Lassus pour la photographie intégrale.
- un bout et formant lentilles. La première plaque comportait 95 loupes de 2 mm de côté, noircies sur les côtés, et disposées au-dessus d’une plaque photographique. Chacune des loupes est convenablement diaphragmée. M. Estanave a employé ensuite des blocs contenant jusqu’à plus de 400 loupes.
- M. Estanave a eu également recours au procédé du sténopé qui lui a permis d’obtenir des éléments multiples de photographie sans dispositif optique particulier, et sans lentille. Il employait alors entre l’objet et une plaque photographique un écran percé de plusieurs centaines de petits trous identiques régulièrement espacés. On observe ensuite la plaque positive du côté verre à travers l’écran perforé en l’éclairant par derrière au moyen d’un écran diffusant.
- Ces procédés de laboratoire, particulièrement intéressants, ne sont pas encore, évidemment, d’application vraiment pratique, en raison de la difficulté d’obtenir des émulsions à grain assez fin et des optiques parfaits. En dehors des travaux d’Estanave, il faut citer cependant les résultats plus récents obtenus par M. Bessières qui a eu également recours à des trames lignées.
- Très récemment, M. J. de Lassus Saint Geniès a imaginé une solution partielle qui semble plus simple, obtenue à l’aide de trames très fines, et qui se rapproche donc du panorama gramme d’Ives. La trame est placée au contact rigoureux de l’émulsion, et pendant l’enregistrement subit un déplacement égal à la largeur d’un trait opaque de sa linéature.
- Le système de M. de Lassus réalisé, d’ailleurs, pratiquement par un constructeur français, permet d’obtenir plus simplement, bien que d’une façon moins complète, des photographies en relief qu’on peut observer directement.
- L’examen d’une photographie de ce genre est extrêmement curieux et saisissant pour l’observateur non averti. Le seul inconvénient réside dans la vision de la trame, et dans la nécessité d’employer un positif sur verre, et non une épreuve sur papier. Il est vrai qu’on utilise également bien rarement des épreuves stéréoscopiques sur papier.
- La suppression du stéréoscope constitue évidemment un très grand avantage, et, s’il était possible d’obtenir aisément des photographies en relief, même uniquement d’après un procédé simplifié, il est certain qu’elles pourraient déjà avoir un certain succès auprès des amateurs.
- Les procédés proposés sont d’un emploi assez délicat, mais les recherches que nous avons décrites paraissent susceptibles d’amener, dans un avenir assez prochain, la réalisation industrielle d’appareils simplifiés, utilisables sans connaissances spéciales.
- Le problème de la photographie intégrale a ainsi été posé très nettement depuis les débuts du xxe siècle, et il a reçu des solutions qui ont déjà permis d’obtenir des résultats vraiment remarquables, mais qui ont encore des applications restreintes. Le résultat le plus important des efforts déployés par les chercheurs a, sans doute, été de préparer le terrain à la projection en relief, dont nous parlerons dans un prochain article.
- P. Hémardinquer.
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- LE PARC NATIONAL ALBERT
- AU CONGO BELGE
- HISTORIQUE
- L’Afrique centrale, naguère encore inconnue, devait, au cours de ces dernières années, connaître une ère de mise en valeur tellement rapide que, devant la sape du colon, la flore et la faune si riches et si intéressantes menaçaient de disparaître rapidement.
- Les explorations systématiques organisées en 1921. par le naturaliste Cari Akeley de l’« American Muséum of Natural llistory » devaient attirer l’attention du monde savant sur les richesses géologiques, géographiques, zoologiques, botaniques et anthropologiques de la région du massif volcanique de la frontière est du Congo belge. S. M. Albert 1er comprit, l’un des premiers, l’importance scientifique de ces territoires et accorda son précieux appui à l’explorateur qui nous révélait la splendeur et l’incomparable richesse de notre domaine africain. Un décret royal du 21 avril 1925 créa au Kivu, sous le nom de « Parc National Albert », une réserve de faune et de llore englobant un certain nombre de massifs montagneux.
- En 192G, une nouvelle expédition Akeley, avec comme adjoint un jeune naturaliste belge, M. Jean Derscheid, prit le chemin du centre africain. A peine arrivée à pied d’œuvre, l’entreprise eut la douleur de perdre son chef, emporté brusquement par une dysenterie amibienne contractée au milieu de cette nature exubérante qu’il avait contribué à révéler au monde civilisé. Force fut au Dr Derscheid de continuer seul l’entreprise qui débutait si malheureusement.
- Après un labeur surhumain, le jeune explorateur put mener à bonne fin son immense travail de levers topographiques sans compter une ample moisson de documents qui permirent d’établir définitivement le statut du « Parc ».
- Ce n’est qu’en 1929 que l’œuvre put recevoir la constitution que nous lui connaissons aujourd’hui.
- Le Parc National (fig. 1) comporte une étendue de 220 000 ha, y compris 100 000 ha de territoires annexes, le tout divisé en quatre secteurs :
- 1° Le secteur occidental (57 500 ha) au nord du lac Kivu, qui renferme deux volcans en activité, le Nyam-baguira (3056 m) et le Nyvragongo (3482 m) ;
- 2° Le secteur cenlral (51 400 ha) à cheval sur le Congo Belge et le Ruanda, territoire sous mandat (ancienne Afrique équatoriale allemande). Cette zone contient 4 pics élevés, anciens volcans aujourd’hui éteints : le Karissimbi (4506 m), le Mikeno (4427 m), le Sabyinio et le Vikosi, de moindre importance;
- 3° Le secteur oriental qui ne comporte que 8400 ha, situé dans le Ruanda. au voisinage de la réserve anglaise. On n’y trouve qu’un seul volcan éteint;
- 4° Le secteur septentrional et le plus étendu de tous avec ses 84 200 ha. Il comprend une partie du lac Edouard (fig. 2 et 3).
- LA FLORE ET LA FAUNE
- Chacun des secteurs présente un intérêt tout particulier. Le premier a surtout pour but de protéger la zone des volcans en activité (fig. 4), avec les caractéristiques de sa géologie. Le second secteur présente une llore et une faune de haute montagne tout à fait typiques. Le troisième constitue un ensemble botanique du plus haut intérêt par l’étude du massif du Muhavura. Quant au quatrième secteur, il est surtout aménagé pour conserver la flore et la faune de plaine et de marécage.
- a) La Flore. — Le secteur septentrional possède, comme le secteur occidental, des forêts de plaine de caractères très primitifs. Cependant les feux de brousse doivent y avoir provoqué la création de forêts secondaires.
- Beaucoup d’inconnues, véritables énigmes à résoudre, se posent ici aux naturalistes, et ce n’est que par une étude minutieuse de la région que l’on dégagera les lois de l’évolution de cette flore.
- Les hautes montagnes du secteur central surtout ouvrent aux chercheurs un vaste champ de recherches dont on commence seulement à entrevoir la richesse.
- Malgré l’altitude élevée (plus de 4000 m), la végétation forestière s’étend jusqu’au sommet, faisant en cela contraste avec les forêts alpines de l’Europe. L’ensemble de la montagne est baigné dans une atmosphère chaude, très humide et nuageuse. La nuit, cependant, le thermomètre y descend parfois jusqu’à zéro.
- Une des caractéristiques des végétaux est sans conteste leur gigantisme. Bon nombre de plantes, qui en Europe sont annuelles, deviennent ici vivaces. On s’est demandé si ce n’était pas là chez les végétaux un caractère primitif. Citons des Millepertuis (Htjpericum) de 20 m de hauteur, des bruyères (Philippin) dépassant 4 m sans compter les séneçons arborescents. Les étages de végétation sont existants ici comme partout dans les montagnes.
- La base est souvent occupée par la brousse; puis vient la forêt de plaine. La forêt de haute altitude ne débute guère qu’aux environs de 2000 m. Elle est
- DOUA R,
- CONGO
- BELGE
- UGANDA
- Nyamlagira
- 3056 m.
- Mikeno
- Karissimbi 4506 m
- «A---. RUANDA
- Nyragongo (Territoire sous mandat) 3482m. ,------------------------
- * + *.+ Frontières
- Limite des secteurs ..... Limite des annexes
- Fig. 1. •— Le pure national Albert.
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- Fig. 2. — Hippopotames allant à l’eau dans le secteur septentrional. (Photo Lt-Colonel Hoier).
- caractérisée par des arbres toujours verts (Hagenia abyssinea, etc.) et sous le couvert par de grandes ombel-lifères (Peucedanum atteignant 1 m 50, Arilhriscus dont raffolent les gorilles, etc.). Entre 2600 et 3000 m s’étend la couverture de bruyères arborescentes (Erica, Philippin, etc.).
- Ce n’est qu’après 3500 m, au-dessus des nuages, que commence le véritable étage alpin se prolongeant jusqu’à 4500 m avec une diminution progressive dans la taille des végétaux. Ici nous trouvons les séneçons, les lobelias, les alchemilles, etc.
- b) La Faune. — Si la flore est fort intéressante, la faune ne le lui cède en rien au point de vue de son importance scientifique. Le Parc National est la région de prédilection du grand gorille (Gorilla Beringei), surtout la zone centrale. La chasse en est complètement interdite, sauf sur autorisation spéciale et dans un but scientifique. C’est aussi l’habitat d’un buffle noir spécial que l’on rencontre même au-dessus de 3000 m d’altitude. Le lion s’élève également à peu près au même niveau. Dans la
- Fig. 3. — Groupe d’éléphants dans le secteur septentrional. (Photo Lt-Colonel Hoier),
- zone des bambous se rencontrent le beau singe doré (Cerco-pithecus leucampyx Kandti) et le Cercopithecus leucampyx Schoutedeni, dédié à M. Schouteden, directeur du célèbre Musée colonial de Tervueren (Bruxelles).
- Signalons aussi, en passant, le caméléon à trois cornes (Chameleo Johnstoni).
- Le secteur méridional est peuplé d’éléphants, de sangliers noirs, et dans les montagnes, de l’antilope de forêt (Cephalophus).
- Les oiseaux sont bien représentés par deux Francolins caractéristiques, le Touraco de la forêt clairsemée, au voisinage des acanthacées, et le Nectariana Dartmonthi, au plumage merveilleux, uniquement cantonné au voisinage des lobelias et des séneçons. ^
- Le secteur du lac possède des éléphants, des hippopotames, le Reedbuok (Cervicapra), de nombreux oiseaux de rivage, et plus au sud, dans la savane, le buffle noir, le buffle rouge, le Waterbuck (Kabus), le Topi (Dama-liscus), le Ph^eoehère, teylion, l’Uganda-Kob, etc.
- /^LAr-POPULATION HUMAINE
- Dans les différentes régions que nous venons d’examiner la population est partout clairsemée. Quelques petites tribus de Pygmées habitent les secteurs^ sous protection. Ils ne font qu’ajouter un intérêt d^ plus aux réserves créées par le gouvernement de la colonie.
- LA LÉGISLATION PROTECTRICE
- Toute une législation, élaborée avec le plus grand soin, assure aux differentes régions du Parc une protection des plus efficaces.
- Résumons-en rapidement les notions essentielles :
- 1° Toutes les terres non concédées restent propriétés de la colonie qui s’interdit de les céder ou concéder et il reste entendu qu’elles ne pourront recevoir d’affectation contraire au but de l’institution ;
- 2° Dans les réserves naturelles intégrales, il est interdit :
- a) De chasser, capturer, détruire, effrayer ou troubler de quelque façon que ce soit, toute espèce d’animal sauvage et même, sauf le cas de légitime défense, les animaux réputés nuisibles. Preuve doit être fournie, par les personnes qui auraient été victimes d’agression, de la nécessité où elles se sont trouvées de faire usage de leurs armes. Des peines sévères pouvant aller jusqu’à l’emprisonnement sont édictées contre les contrevenants;
- b) De prendre ou détruire les œufs et les nids;
- c) D’abattre ou détruire les plantes spontanées;
- d) De faire des fouilles, terrassements, etc., de nature à modifier l’aspect du terrain et de la flore.
- Pour les territoires annexes, le règlement est moins sévère tout en veillant à sauvegarder la faune et la flore.
- Ces dispositions n’ont pu être appliquées aux populations indigènes, il est vrai très clairsemées. Cependant, en cas de nécessité, leur transfert est prévu vers d’autres régions, moyennant de justes compensations.
- ORGANISATION ADMINISTRATIVE
- L’Institution a été dotée de la personnalité civile pour lui faciliter les initiatives et lui permettre d’accepter les dons qui pourraient lui être faits.
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- Une Commission et un Comité de direction constituent la direction suprême de l’œuvre. La Commission comporte 20 membres choisis par tiers, respectivement par le roi, les institutions scientifiques belges, les établissements scientifiques étrangers. L’ensemble de ces nominations est soumis à la signature du souverain.
- Le Comité de direction constitué de six membres élus pour six ans est chargé d’exécuter les décisions des assemblées de la Commission, dirige le personnel d’Afrique, s’occupe de la situation financière, etc.
- Comme on le voit parle rapide exposé que nous venons de faire, tout a été mis en œuvre pour sauvegarder un des coins les plus représentatifs de la nature tropicale. Les savants et les amis de la nature reconnaîtront avec nous la grande clairvoyance du monde scientifique belge et tout particulièrement de son grand roi Albert, dont le dévouement aux œuvres de progrès était sans bornes.
- G. Remacle.
- Nous devons les photographies qui illustrent cet article
- Fig. 4. — Aspect de la région volcanique.
- à l’obligeance de M. Jean van Peborgh, directeur de l’œuvre « Parc National Albert », à qui nous tenons à exprimer ici nos vifs remerciements.
- L’ORCHESTRE ÉLECTRIQUE DU SACRÉ-CŒUR
- DE MONTMARTRE
- J’aime le Carillon dans tes cités antiques,
- O vieux pays, gardien de tes mœurs domestiques, Noble Flandre, où le Nord se récliaulle engourdi,
- Au soleil de Castille et s’accouple au Midi!
- Ces vers de Victor Hugo ne pourraient trouver de répondant chez les poètes antiques qui ignoraient le charme de la musique campanaire. Le carillon est un art moderne et pourtant l’emploi des clochettes remonte aux temps les plus anciens. Moïse les connaissait; les « chambres à trésor » de l’île de Chypre, les sépultures préhistoriques de Samthavro, de Kasbek et de Koban en contenaient plusieurs. Elles abondent en Asie. Sous la dynastie des Tchéou, de 1123 à 217 avant J.-C. les Chinois fondaient des cloches où l’étain entrait pour un sixième. La Phénicie, l’Égyple, la Macédoine en faisaient beaucoup usage.
- En Grèce, à Rome, les cloches annoncent l’heure de l’ouverture et de la fermeture des bains publics, du marché au poisson; et dans la vie privée, des clochettes munies d’un ressort précèdent l’entrée des appartements.
- Succédant à la civilisation antique, les chrétiens qui prenaient part aux usages de la vie commune utilisèrent la clochette que les anciens nommaient tintinnabula, pour appeler les fidèles aux offices divins.
- Une récolte abondante de ces pièces en fer, en bronze, argent ou or, a été faite dans les cimetières romains; mais la porcelaine, la terre cuite et le verre blanc n’étaient pas exclus. Or souvent ces tintinnabula avaient reçu une destination sacrée, chez les anciens peuples.
- A Rome, les fêtes de Mai célébrées par les Frères Arvales comportaient des appels à sons de cloches. Et lorsqu’on sacrifiait aux Lémures on faisait résonner du
- bronze ou du fer pour mettre en fuite les spectres malfaisants. Les Grecs attachaient des sonnettes et des grelots au cou des chevaux, pour chasser les mauvais esprits. Ce fut dans les monastères que se fit l’adaptation. Les appels sonores des cloches réglaient les exercices des religieux et pressaient les retardataires. Une assertion de Grégoire de Tours mentionne qu’en 576 on réveillait les moines en tirant la cloche avec une corde.
- Qu’était, au juste, la forme de ces timbres primitifs ? D’après un spécimen de Cologne et d’après les nombreuses pièces celtiques retrouvées, il semble bien qu’elles étaient fabriquées au ve et au vie siècle au moyen d’une ou plusieurs lames de fer façonnées au marteau, de manière à former un tronc de pyramide quadrilatéral et ajustées par des rivets. Pour souder les jointures on trempait la cloche dans un bain de bronze. Leur grandeur variait entre 30 cm (Écosse) de haut et 18 cm de large el 6 à 10 cm. Celle de Cologne, trouvée dans un marais en 616, a 0 m 42 de haut. Leur battant était en fer, l’anneau de sustentation pris dans la masse et quelquefois des inscriptions et des dessins rustiques les ornaient.
- Les églises des campagnes empruntèrent l’habitude des couvents, surtout au ixe siècle, lorsqu’on coula des cloches entièrement en bronze. Leur sonorité fui aussitôt accrue et dans les pays celtes la cloche portative fut très à la mode. Elle devint même un instrument de. malédiction. C’est ainsi que Columcile frappa trente-neuf fois sa cloche contre Conall Mac Aed pour maudire ce méchant personnage; d’où la maxime irlandaise trouvée dans un missel de Drummond : « La malédiction sort de la cloche ».
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- Fig. 1. — Le campanile du Sacré-Cœur.
- La puissante cloche, la Savoyarde, qui y est installée, pour avoir sonné pendant un quart d’heure en 1918, à l’occasion de l’armistice, a provoqué des lézardes dans les fondations.
- Le carillon naquit de cette pratique. Beaucoup de cloches ont été trouvées sans battant; on les frappait extérieurement du bout d’un bâton. De là, à réunir sur une même tringle quelques clochettes à dominante différente et à les frapper avec un maillet de bois, comme on le voit sur un bas-relief de Chartres et de Bâle, du xie siècle, il n’y avait qu’un pas. La mélodie du carillon était trouvée.
- Aussi le progrès est-il rapide. En 1100 le moine Théo-philus décrit correctement l’art de la fonte des cloches de bronze. Au xive siècle, les fondeurs ambulants sont nombreux. De grandes voitures contiennent personnel et matériaux. Les contrats d’achat et de fabrication sont dressés dans des réunions solennelles des Conseils communaux.
- Au jour convenu le fondeur transporte son matériel sur la place publique, et selon la loi il enfourne le métal devant les autorités. Les accords, les tons, le poids des cloches, la composition de l’alliage, tout avait été discuté
- auparavant, avec la lenteur et la gravité qu’apportent les paysans à leurs marchés personnels.
- La construction du four à fusion et le moulage des formes duraient un mois ou plus, selon l’importance de la commande.
- C’est suivant cette méthode que furent coulés les premiers carillons d’Espagne, au xive siècle, et celui de Strasbourg, en 1354. Celui-ci se composait de neuf cloches qui furent mises au creuset durant la grande Révolution.
- Depuis cette époque jusqu’au début de notre siècle, le carillon automatique se composait essentiellement d’un grand tambour creux sur la surface duquel se trouvaient rangées convenablement des chevilles qui produisent les notes. Ces « étoquiaux » en passant devant une série de leviers, soulevaient à tour de rôle les marteaux et les laissaient tomber sur le rebord des cloches, comme on peut le voir encore dans de nombreux beffrois du Nord.
- Comme l’a fort bien expliqué M. Reverchon (La Nature, n° 2681, 22 août 1925), il faut être un acrobate pour frapper des mains et des pieds ces touches gigantesques.
- Aussi le xixe siècle substitua-t-il le carillon pneumatique au système mécanique et le xxe siècle produit le carillon électrique à bande perforée dont le plus récent modèle est celui qui vient d’être inauguré le 24 novembre dernier au Sacré-Cœur de Montmartre.
- Fig. 2. — Schéma de l’orchestre électrique du Sacré-Cœur.
- A gauche : le piano électrique comprenant le clavier à main et les rouleaux de films perforés jouant automatiquement; à droite : l’ancien clavier à coups de poing formé de leviers tirant directement le battant
- de la cloche.
- Clavier
- Bande perforée
- Relais.
- Redresseir
- Ressort
- Courant
- alternatif
- ^—Aimant
- Clavier à main
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- 1357 KILOS DE BRONZE SUSPENDUS AU POINT LE P LUS HAUT DE PARIS
- 125
- Ce carillon est l'ornement nécessaire du campanile de la basilique, et en voici la preuve. On sait que la colline de Montmartre, constituée par des sables de peu de résistance, ne pouvait supporter l’énorme charge de la basilique et qu’il a fallu la poser sur 80 puits bétonnés, reliés entre eux par un réseau de travées et allant chercher leur support sur la couche géologique consistante.
- Le campanile qui est adjoint au choeur repose également sur des pilotis de béton et contient la « Savoyarde », gros bourdon de 18 000 kg, hommage pieux, mais de poids irraisonnable, que supporte à peine la fondation
- («g- 4)’
- Les Parisiens se souviennent bien qu’elle était restée longtemps posée à terre à côté du campanile; et quand enfin on se décida à la hisser, on ne put prudemment l’installer qu’à mi-hauteur.
- Malgré cette précaution, lorsqu’elle fut sonnée pendant un quart d’heure, à la victoire, en 1918, des fissures inquiétantes se produisirent aussitôt dans les fondations. Pour éviter une catastrophe, on se contente, depuis, de frapper le bronze avec un lourd marteau mû électriquement.
- Le son est malheureusement détestable, au dire des experts, d’autant plus qu’une petite fêlure contribue à la faire « aboyer », comme disent les fondeurs.
- Le Sacré-Cœur était de ce fait, malgré ses 18 000 kg de bronze, condamné au mutisme, dépourvu de sonnerie de cloche, apanage de la plus humble église de village.
- Et pourtant il reste au-dessus de la « Savoyarde » un vaste espace inoccupé que l’on songeait à combler en installant des cloches de moindre importance (1000 à 5000 kg); mais la peur de provoquer des vibrations dans la substructure, par leur mise en volée, fit ajourner jusqu’ici ce projet.
- C’est alors que M. Dutey-Harispe, l’architecte en chef, tourna très adroitement la difficulté en faisant appel à la Maison Un gerer, de Strasbourg, célèbre dans le monde entier depuis la construction de l’Horloge astronomique de Messine, dont La Nature a rendu compte en son temps.
- Un carillon d’une trentaine de cloches pouvait faire revivre ce clocher quelque peu désaffecté, et sans aucun danger, puisque chacun sait que ses timbres restent immobilisés par leur cerveau fixé solidement à la poutre de sustentation.
- Dès le mois de juin commencèrent les travaux. Comme ce sont les mêmes ingénieurs, les frères Ungerer, qui ont monté le mécanisme moteur, en tout semblable à celui du Mont Sainte-Odile, signalé par La Nature du 15 décembre 1933, nous renvoyons nos lecteurs à l’examen du principe ingénieux qui permet à un film de carton, comportant 3000 notes, de jouer automatiquement, cinq fois par jour, la ritournelle de ses dix mélodies.
- Fig. 3. — M. Lannoy, le maître carillonneur réputé, fait chanter un
- carillon.
- Deux autres rouleaux contiennent les airs correspondant aux différents temps de l’année. On compte six Noëls anciens et modernes, plusieurs hymnes et mélodies grégoriennes : Minuit, chrétiens... ; Nuit heureuse; Douce nuit; Bergers, écoutez...; Noël du XVIIe siècle;
- Fig. 4. — Les trente cloches du carillon du Sacré-Cœur.
- Alignées sur leur tréteau de 1er, elles sont munies chacune d’un électro-aimant dont on voit les câbles d’amenée de courant.
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- ===== 126 = := :"= ..............'==
- Vieux Noël, de Franck; 0 Filii...-, Adeste fideles..., etc.
- Cependant, nous devons indiquer comment, par une idée ingénieuse, les célèbres constructeurs d’horloges d’édifices et de carillons monumentaux, ont combiné le jeu électrique du clavier de piano avec le jeu à la main ou « à coups de poing », comme disent les carillonneurs.
- Oh ! comme le montre le schéma de la figure 2, l’appareil en est simple ! Sur un bâti de bois épais sont disposés les leviers qui tirent au moyen d’un fil d’acier le battant de chaque cloche. C’est un vrai pugilat qu’engage le maître carillonneur, les poings recouverts d’un ceste de cuir, avec ‘son clavier mécanique. U se débat en tous
- Fig. 5. — Le piano électrique du carillon du Sacré-Cœur.
- Au mur, le pendule commandant le déclenchement du mécanisme dans la sacristie de la Basilique.
- sens, distribuant force coups de poing et coups de pied, pour produire la magnifique mélodie de bronze.
- Malgré cette acrobatie épuisante qui peut durer trois heures consécutives et plus, tous les carillonneurs contemporains préfèrent jouer leur création musicale sur le clavier mécanique. Ils peuvent lui faire rendre les modulations du doux et du velouté que lui refuse une frappe automatique électrique.
- Il fallait donc installer un dispositif mécanique pour donner des concerts de carillon, exécutés par des maîtres carillonneurs réputés, comme d’ailleurs la chose a eu lieu le jour de l’inauguration.
- M. Maurice Lannoy, premier carillonneur de France, expert au ministère des Beaux-Arts, fut un virtuose en
- exécutant en l’honneur de la reine Amélie de Portugal des vieux airs populaires portugais (fig. 3).
- Le carillon électrique, qui imite fidèlement le jeu du maître carillonneur, utilise aussi, comme ce dernier, les battants intérieurs des cloches.
- Sur la figure 2, on se rend compte comment cette triple possibilité de jeu a été obtenue : 1° jeu mécanique à coups de poing; 2° jeu électrique sur clavier à main; 3° jeu automatique électrique par rouleau à bandes perforées (fig. 4).
- Car la production d’un carillon exige le concours de trois techniciens : les ingénieurs qui régentent le courant et le mécanisme; le musicien carillonneur qui harmonise et adapte au bronze les airs connus, et le fondeur de cloche.
- Or ce dernier doit être un artiste au plein sens du mot, car la cloche n’est pas un produit industriel, mais un instrument de musique qu’il faut perfectionner suivant certaines lois artistiques, trouvées par les anciennes Ecoles. Il y en a eu autrefois quatre célèbres : l’École italienne de la Renaissance, l’École brugeoise qui a formé tous les fondeurs du Nord du xme et du xvme siècle, l’École française qui a eu sa plus belle efflorescence au xvme siècle et l’École allemande enfin, de qui se réclament les fondeurs russes, polonais et autrichiens. Chacune a sa doctrine propre de la cloche et lui réserve une forme et une épaisseur qui lui donnent pour la même note un timbre très particulier. Ce secret, fruit d’études et d’expériences, est jalousement gardé dans leurs archives.
- Or si la formule ordinaire de l’alliage de l’airain est de 78 parties de cuivre pour 22 d’étain, elle sera augmentée en étain pour un carillon qui comme celui du Sacré-Cœur a de petites cloches dont le son très pur doit porter loin. Autre difficulté, il faut accorder toutes les harmoniques de tous les timbres d’un même carillon.
- On sait, en effet, que toute cloche donne en plus de la dominante les harmoniques de tierce, de quinte et de septième et les deux octaves, supérieure et inférieure. Il faut, de plus, que la note fondamentale ne soit pas noyée dans les harmoniques mais domine, pour satisfaire l’oreille. La fonte d’une cloche n’est qu’une première ébauche qui doit, au sortir du moule, être toujours retouchée pour obtenir une pureté de son très juste s’harmonisant dans tous les accords.
- On comprendra alors la valeur inestimable qu’une ville peut attacher à un carillon bien fondu, dont le maître fondeur peut s’égaler avec fierté au talent d’un maître peintre.
- Le carillon de Montmartre comprend trente cloches d’un poids total de 1357 kg de bronze, suspendu dans la partie supérieure du campanile (fig. 5).
- Leur tracé calqué sur le profil du xne siècle des fondeurs brugeois, l’épaisseur et la composition du métal, soigneusement étudiées, produisent un son très pur, un timbre moelleux faisant jaillir des harmoniques très justes.
- Cet orchestre manquait au campanile de Montmartre ; il augmente d’une unité la trentaine de carillons qui existent dans notre pays, dont une bonne vingtaine dans le Nord.
- Trois carillons nouveaux ont été inaugurés en 1933 dans
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- le département du Nord : celui de Seclin, 42 cloches fondues par Gillet et Johnston d’Angleterre, le carillon de Bailleul, 35 cloches, de M. Michiels de Tournai, et le carillon électrique du Cateau, de 27 cloches, fondues par Causard, de Colmar.
- Les Américains en venant en France, durant la grande guerre, emportèrent dans leur pays la nostalgie de ces mélodies de bronze. En dix ans, ils en ont édifié 38 et naturellement ce sont les plus puissants du monde : celui de New-York, 72 cloches avec un bourdon pesant à lui seul 18 600 kg ; à Chicago, 72 cloches et un bourdon de 17 300 kg.
- La Hollande compte maintenant une soixantaine de carillons et la Belgique plus de 50. Les Pays-Bas, qui en avaient plus de 300 au xvme siècle, la plupart disparus au siècle dernier, les reconstruisent actuellement.
- En Europe, les plus beaux et les plus considérables sont ceux de Mafra (Portugal), de Malines, animé par le maître Jef Denyn, le créateur de l’Ecole du carillon.
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- A Jérusalem (Palestine), on a inauguré, le dimanche des Rameaux, 9 avril 1933, à l’aube, un ensemble de 35 cloches.
- On trouve encore une dizaine de carillons en Angleterre, dont quelques-uns très beaux, deux en Irlande, et une dizaine sans importance en Allemagne. D’autres sont éparpillés sur le globe, en Afrique, en Australie, en Suède, en Norvège, en Hongrie, à Prague, Dantzig, Rome...
- Il nous a été permis d’entendre plusieurs concerts de ce carillon de Montmartre, d’abord en Alsace, son pays natal, puis à Paris où il a figuré en mai dernier à l’Exposition de l’Art chrétien. Par ses chanterelles si limpides, d’une si grande plénitude de sons, il occupe un haut rang musical dans la série des 250 carillons qui existent actuellement dans le monde entier.
- Que dire alors de l’audition complète de ce carillon, lorsque les sept grosses cloches qui doivent lui être ajoutées feront descendre, du point le plus élevé de Paris, un flot d’harmonie qui sera entendu de tout le quartier de la montagne ! André Gi.ory.
- L’INVASION DES BECS-CROISÉS DE 1930
- Le 28 janvier 1931, à Paris, j’étais frappé par le passage d’une troupe d’une dizaine de ces oiseaux, au-dessus du Jardin d’Acclimatation. Leur cri, que j’avais entendu dans le Perche, toute la fin de 1930, depuis juillet, me fit penser que peut-être ils nicheraient au Bois de Boulogne, comme à une autre de leurs invasions accidentelles ils l’avaient fait, quelques années auparavant, en Vendée. Mais je n’ai pu m’en assurer moi-même, ni l’apprendre de collègues informés. C’eût été d’un grand intérêt pour compléter mes observations de 1930, que je consigne d’après mes notes de Sargé (L.-et-Ch.).
- Les troupes arrivées au début de juillet restèrent peu nombreuses durant tout le séjour de ces oiseaux que je vis jusqu’à mon départ en novembre. De 8 à 15 individus, elles se déplaçaient d’un bord à l’autre de la vallée avec une grande mobilité. Fort affairés, les Becs-croisés avaient comme premiers objectifs les épicéas et se rabattirent d’abord sur les thuyas, alors en fruit.
- Les espèces de nos pays sont à des degrés différents douées de cette humeur remuante, liée sans doute à la difficulté de se procurer leur provende préférée : les Mésanges tournent dans un cercle restreint quand les Granivores les plus exclusifs sont obligés de circuler sur des étendues plus grandes; si elles se contentent d’un résultat obtenu par des recherches collectives, passant tous les jours en rev.ue le même canton, d’autres petits oiseaux mieux doués au vol, moins exclusivement arboricoles aussi se déplacent plus volontiers. Les Bruants seraient les plus casaniers tandis que les Moineaux, au moment des blés, les Linottes et les Verdiers après leurs couvées également, les Bouvreuils et les Gros-becs sont en mouvement continuel et font des déplacements plus sensibles, traversant leur contrée sur plusieurs kilomètres, sans hésiter.
- En juillet donc, j’avais le fréquent spectacle de petits vols de Becs-croisés visitant les thuyas de mon jardin,
- les ifs du voisinage, ceux du cimetière. Puis ils repartaient vers les épicéas des châteaux voisins et revenaient, après quelques heures.
- Je ne les entendais guère crier qu’en l’air, silencieux dès que posés. Alors je les découvrais inopinément, installés sur les thuyas ou les ifs et c’était, à faible hauteur, une source d’informations excellentes.
- Ce n’est qu’à la jumelle que je pouvais examiner leur comportement sur les épicéas où ils procédaient avec des mouvements de Mésanges à l’épluchage des cônes. Mâles rouge feu, quelquefois rose cendré; jeunes sujets de l’année verts rayés de gris; femelles à croupion nettement vert-jaune doré, se suspendaient aux trochées de pommes de pin pendant librement dans le vide; la petite serre de l’oiseau est solide, les ongles forts. Le bec travaille bien et adroitement, et n’était la chute assez fréquente des écailles extraites par les travailleurs, on passerait insouciant sous leur arbre, où tout va son train sans batailles, sans rappels de ces vrais maraudeurs. Si une aile prompte apparaît, vous découvrez la troupe dont les couleurs brillent sur les franges plus sombres du conifère, comme dans un arbre de Noël les objets suspendus se révèlent par éclats furtifs, par aperçus suggestifs.
- A un signal, les oiseaux quittent leur travail avec un rappel bien fringille : tuik, tuik, tuilk... J’ai noté aussi pip, pip, plip, plip... et quid, quid, quid..., toujours en l’air ou lorsque, encore inquiets, ils s’agitent à la tête de leur arbre d’élection. La sonorité en est cliquetante, forte avec une attaque vive, une terminaison souvent dure. Le timbre en est clair, bref, permettant de fixer vite la place où l’oiseau pose ou se déplace.
- Le bec croisé offre un schéma court de forme, grosse tête au bec assez important, queue courte échancrée.
- Sa taille est plus forte que celle du Bouvreuil ordinaire, plus faible que celle du Gros-bec.
- Sur les arbres, j’ai quelquefois entendu ces oiseaux
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- émettre un gurr, gurr moins vif que l’appel un peu long et doux, évoquant le kurr, kurr du Moineau signalant l’oiseau de proie, rapace ou corvidé insolite survenant dans le voisinage. Cri de crainte du Bec-croisé aussi, ce gurr, note d’étonnement du fond d’une touffe de thuya, lorsque l’observateur le surprend.
- Ici se place le principal intérêt de ce sujet : voici nos oiseaux à 3 m du sol et rassurés, nullement troublés par votre présence et cela, vrai pour le Bec-croisé, l’est poulie Casse-noix erratique, pour le petit fringille du Nord qu’est le Sizerain cabaret tombé là un jour en une migration tout accidentelle qui vous laissera ravi de tant de confiance étourdie. Ainsi de certains oiseaux migrateurs qui venus de Laponie sont exceptionnellement confiants (Barges, Corlieus, Bécasseaux et autres petits échassiers). Tel jour vous ne pouviez les aborder, tel autre il est pénible de les tirer si près, si peu fuyards.
- Aubaine inopinée pour un observateur qui ne veut pas enregistrer une rareté, sans l’avoir du moins observée de façon détaillée.
- Avec ce corps courtaud et arrondi, sa queue brève et bifurquée, sa grosse tête et, spécialement, son bec et ses pieds, le genre de vie du Bec-croisé apparaît très logiquement.
- Les muscles de la tête sont évidemment forts, les masses de plumes qui les couvrent faisant saillie séparément sur ce faciès. Le bec bien fendu forme une pince croisant à droite ou à gauche suivant les individus, mais exclusivement d’un côté pour tel individu et c’est la mandibule inférieure seide qui est déviée de l’axe longitudinal. Les deux pointes, quand l’oiseau les écarte largement pour saisir un fruit, se fichent donc sur des points différemment situés par rapport à la ligne médiane du crâne de l’oiseau, la pointe inférieure du moins. Or, comme l’oiseau après avoir enfoncé ses deux mandibules dans une baie de thuya, par exemple, serre de la mandibule inférieure par le jeu du masseter et du temporal, ce mouvement aidé d’une brusque torsion a une force d’arrachement accrue par la promptitude de l’effort. Pièce très robuste que cette mandibule, ses branches largement appuyées sur leurs condyles se réunissent à la naissance du bec en formant un plein cintre. La mandibule supérieure, moins large à sa base, plus longue dans sa courbure effilée solidaire du crâne, sur le même axe que lui, assure la prise tandis que le levier inférieur agit et attaque, mord, en un mot.
- La mandibule inférieure a, de plus, dans sa partie basale, du côté opposé à la déviation et sur son tranchant, une dent formant cran d’arrêt tandis que le tranchant
- opposé est continu. De face, ce bec doublement crochu, surmonté du hérissement assez étoffé du vertex sous lequel se lisent les impressions des deux petits yeux vifs, suggère le type d’un petit rapace. Cette même pince, dans le cas de l’épicea, l’aide à extraire le feuillet du cône à la base duquel est la graine dont il est friand : sa petite langue charnue a vite fait de l’expédier vers le gosier.
- Le pied à tarse court (0 m 017) a deux ongles forts : celui du pouce surtout et celui du médian situés sur le même axe. Pince simple et précise évoquant en action l’adresse des perroquets. Par un piétinement de côté sur la branche, mouvement connu également chez le Bouvreuil, le Bec-croisé se rapproche de l’emplacement où il va opérer, accoste le fruit de thuya qui pend et le cueille en allongeant le col comme ferait le Bouvreuil, lentement le ramène le plus souvent jusqu’à'la branche qu’il n’a pas quittée, parfois même sans en rompre le pétiole; un pied retient la capture, puis le bec entre en
- jeu. Le bec peut coupelle pétiole comme le laisser coincé entre les bords croisés du bec, sans encore le cisailler ; il tire et l’assujettit sous sa patte sans risque de chute pour le fruit. Le pied qui tient la branche reste ferme quand l’autre tourne à sa guise le fruit vert.
- Le dépeçage commence et les graines sont extraites avec adresse, une aile seule bien souvent rétablissant l’équilibre à la façon du Pic ou de la Sittelle.
- Lorsque les fruits de conifères viennent à manquer, surtout si la migration fortuite est abondante en une année où les épicéas sont peu prolifères, le Bec-croisé change son régime qui paraissait de prime abord exclusif. Il se rabat sur les pommiers.
- Ce fut, en 1930, un désastre en Normandie; dans le Perche, le fléau fut moins considérable, les pommiers de notre région ayant peu produit.
- Dans mon verger, le résultat fut clairement flagrant et lisible; si je ne n’ai pu observer longuement les maraudeurs à l’œuvre, les visites étaient méthodiques, mais toujours très furtives. C’est le seul moment où j’ai trouvé ces oiseaux méfiants et inabordables.
- Les fruits étaient restés suspendus, attaqués d’en dessus, et décharnés jusqu’aux pépins, puis laissés éventrés. Tous y passèrent. L’ensemble d’un arbre ainsi exploité donne l’impression nette du fléau qui, fort heureusement, dans nos pays, riches en pommiers et en poiriers, ne se produit qu’à de longues années d’intervalle.
- Roger Reboussin.
- Fig. 1.
- Quelques altitudes de Becs-croisés.
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- LES VIEUX SAVANTS QUAND ILS ETAIENT JEUNES
- XVII. — LE RÔLE DES EXAMENS
- Les examens, dont on médit quelquefois (surtout les candidats... ajournés), sont très loin d’avoir de la valeur pour discerner les véritables élites, mais ont, par contre, cet avantage de forcer les jeunes gens qui s’y préparent à étudier un grand nombre de sujets variés, voire même ceux qui ne répondent pas à leur naturelle tournure d’esprit, et à s’instruire inconsciemment en toutes choses. Plus tard, les candidats reçus cherchent à se débrouiller dans ce fatras de connaissances et, se localisant dans certaines d’entre elles qui les séduisent plus que les autres, et dont ils ont reconnu l’insuffisance, cherchent à les perfectionner, et ceux auxquels leux-esprit le permet (ils sont en nombre infime) y acquièrent une maîtrise qui, dans quelques cas favorisés, en fait d’éminents savants. Les exemples de ce que je viens de dire abondent et, pour nous limiter, nous ne citerons, un peu au hasard, que ceux étagés sur un siècle, de Poncelet, Cauchy, Elie de Beaumont, Pâris, Belgrand, Le Verrier, de la Gournerie, Fouqué, Mallard, Maurice Lévy, Michel-Lévy, Colonel Renard, Gaston Bonnier, pour ne nous en tenir qu’aux disparus, alors que, parmi nos contemporains, ils sont légion. (Qui, de nos jours, n’est pas amené à passer des examens ? Et combien d’établissements scientifiques offrent des ressoui-ces à ceux qui se sentent la vocation de faire des travaux originaux, source de véritables progrès ?)
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- Né à Metz, Jean=Victor Poncelet (1788-1867), géomètre et général français, fut iixstruit à l’école primaire, où ses parents le placèrent comme s’ils l’eussent fait de n’importe quel autre enfant. Il se montra, cependant, si supérieur à ses condisciples que son père, conseillé par son premier maître, lui fit suivre, comme externe, les cours du lycée de Metz. Ses progrès y furent rapides et, à dix-neuf ans, il entrait, huitième, à l’Ecole Polytechnique, où il tomba malade pendant une année. En 1812, il fut attaché à la grande armée que l’on dirigeait vers la Russie.
- Prisonnier de guerre, dès le lendemain il commençait à pied un terrible voyage de quatre mois. Epuisé de forces, malade, dépourvu de tout, mais endurci aux privations et libre par l’esprit, il ti-ouva à Saratof, sur les bords de la Volga, deux années de studieux loisii-s et de fi'uctueuses méditations. La révision de ses études élémentaix-es fut son premier exercice. Sans conseils et sans livres, mais appuyé sur des principes solides, il travailla sur son propre fonds. Préoccupés d’examens décisifs pour son avenir et sans prévenir à contre-temps des difficultés trop subtiles, ses maîtres, jusque-là, pour x-etenir ses études dans les limites prescrites, avaient imposé silence à ses empressements; sans déprimer son esprit d’invention, ils en avaient arrêté l’essor. Plus d’une rêverie, repoussée au lycée de Metz, comme une dangei-euse intempérance d’esprit, plus d’une cui-iosité, tenue alors pour vaine et indiscrète, furent avidement rappelées et diligemment suivies, consolatrices bienfaisantes cette fois, précieux divei-tissements parmi tant de tristesses (J. Bei-trand) (2).
- De x-etour en France, il jugea son oeuvre imparfaite, et, au lieu de la retoucher, la refit entièrement. Il devint ainsi un célèbre mathématicien dont on î-econnut la maîtrise, en donnant, plus tard, son nom à l’unité de puissance valant 100 kilo-grammètres par seconde.
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- 1. Voir La Nature depuis le n° 2S08.
- ‘2. Mém. de l’Acad. des Sciences, t. 42, 1879.
- Cauchy Augustin=Louis (1789-1857), un des plus grands mathématiciens français, avait pour père un avocat au Parlement de Rouen qui, sur le tard, se retira à Arcueil, où il vécut d’une si modeste fortune qu’elle confinait à la pauvreté. Celui-ci s’occupa, particulièrement, de l’instruction de ses enfants et, sans négliger les études mathématiques, les laissa grandir à l’ombre des études classiques. Il soigna, en particulier, les connaissances littéraires d’Augustin et ce, sur les conseils de Lagrange qui lui avait dit : « Ne lui laissez pas ouvrir un livi-e de mathématiques ni écrire un cliilîre avant qu’il ait achevé ses études littéraires », conseil qui peut passer pour assez singulier, venant d’un pur mathématicien.
- L’enfant apprenait ce qu’au même âge son grand-père avait enseigné à son père. En toutes choses, la famille Cauchy aimait la tradition et respectait la coutume. Entouré de ses jeunes enfants, quatre garçons et deux filles, tous aimables, bien nés pour l’étude et dociles aux leçons paternelles, M. Cauchy père suffisait à tout. A ses heures de loisii-, pour donner le bon exemple, lui-même s’appliquait aux vers latins (J. Bertrand).
- La famille revint à Paris et l’Ecole centrale du Panthéon termina l’éducation classique d’Augustin Cauchy, lequel dépassait ses camarades dans tous les genres d’études, aussi bien les vers latins et la version grecque que les mathématiques spéciales. Il sortit élève-ingénieur des Ponts et Chaussées, mais, comme le dit Biot j1), ce n’était pas là que son génie l’appelait; n’étant encore qu’aspirant-ingénieur, le 6 mai 1811, à l’âge de 22 ans, il présenta à la Classe des sciences mathématiques de l’Institut un mémoire sur les polyèdres géométriques qui fut extrêmement remarqué. Legendre, le plus austère de nos géomètres, remarqua ce mémoire « comme la production d’un talent déjà exercé et qui devait, par la suite, obtenir le plus grand succès », ce en quoi il ne se trompait pas.
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- Parmi les ancêtres du géologue Léonce=Elie de Beaumont (1798-1874), il n’y a guère à citer que son grand-père paternel qui se signala comme ayant sauvé un accusé faussement condamné, Calas (à cette occasion, il abandonna la robe de président pour celle d’avocat), et sa mère, fille du président Dupaty, une des gloires du Parlement de Bordeaux, généalogie qui, comme on le voit, n’avait rien de scientifique. Lui-même naquit à Canon, près de Caen, dans le château seigneurial de sa famille, laquelle était célèbre par la fondation qu’elle avait faite de deux médailles d’honneur pour récompenser, chaque année, les plus méritants du village, lequel, de ce fait, était appelé « Canon-les-Bonnes-Gens ».
- Le père d’Elie de Beaumont étant trop malade pour diriger l’instruction de ses fils — Elie avait un frère prénommé Eugène, — sa mère les confia à un excellent maître, don Raphaël de Herino, qui sut les instruire dans les sciences et les lettres et, en même temps, leur donna le goût de l’étude.
- Amenés à Paris par leur précepteur, les deux frères se présentèrent au Concours général en 1817 : Eugène remporta le pi’ix d’honneur de philosophie et Léonce le premier prix de mathématiques spéciales et celui de physique. La même année, ce dernier fut reçu à Polytechnique, dont, deux ans après, il sortait premier, comme élève-ingénieur des mines. C’est en cette qualité que, selon l’usage, il entreprit, à sa sortie, divers voyages, notamment en Suisse et en Auvergne, pour s’initier à la Géologie. Un de ses protecteurs, Brochant de Villiers, fi-appé de ses qualités, le fit attacher à la Carte géologique de France, dont il était chargé. C’est ainsi que, plus tard, Elie de Beaumont fut amené à faire des recherches origi-
- 1. Mélanges scientifiques et littéraires, t. 3, 1858.
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- nales sur l’âge des montagnes, sujet auquel il a attaché son nom (1).
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- Pâris François=Edmond (1806-1893), qui a surtout laissé un nom célèbre comme amiral, était né à Paris. Son père, d’abord vérificateur de l’enregistrement, était devenu, en 1809, secrétaire de l’Intendant général de la Carniole, puis Chef des octrois de la ville de Brest. Edmond Pâris alla d’abord à l’école, puis fut envoyé à Pontivy, où il commença, sans grand enthousiasme, l’éttide du latin. A 11 ans, revenu à Brest passer ses vacances, il prit la résolution de faire sa carrière sur la mer, qu’il avait appris à aimer. Lorsqu’il fut en 5°, son père obtint pour lui une place au collège d’Angoulême, où l’on enseignait toutes sortes de matières... sauf la navigation.
- Les états de service de Pâris datent du 1er mars 1822. Pour se récréer de la théorie docilement effleurée à Angoulême, il abordait gaiement la pratique. On avait arrêté et réglé un système d’apprentissage à la mer, transition nécessaire de l’abstraction à la réalité. L’élève Pâris reçut à Angotdême l’ordre de rallier Brest, où il trouva celui d’embarquer à Toulon sur la corvette 1 ’Ariège. En mer, à cette époque, on partait quand on pouvait, pour arriver quand il plairait à Dieu. Pâris, embarqué sur la corvette la Gazelle, arriva trop tard à Toulon. Heureux contretemps ! En continuant sa route, il profita, pendant un mois encore, des leçons et des sages conseils d’un jeune officier cité parmi les meilleurs de la marine. Chef sévère, maître patient, marin habile, homme de cœur surtout, Lalande aimait à instruire les jeunes camarades, il y excellait. Pâris lui fournissait une excellente occasion; il lui montra sur place l’utilité et l’usage des principes, en lui faisant une de ces impressions premières que rien n’efface. Pâris rejoignit 1 ’Ariège à Milo; il commença son service, bien préparé à continuer ses études, en comprenant l’importance et, avant tout, bien soumis au devoir (J. Bertrand).
- Grâce à ses connaissances, Pâris put, dès lors, étudier scientifiquement la navigation et publier des travaux variés qui, en 1863, le firent élire à l’Académie des Sciences.
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- Eugène Belgrand (1810-1878) fut un ingénieur éminent qui se cantonna presque exclusivement dans l’adduction des eaux et l’améliora dans des proportions considérables. Il fit de bonnes études, d’abord au collège de Chaumont, puis à Paris, où il les acheva pour entrer à l’Ecole Polytechnique. Les questions scientifiques n’étaient pas seules à l’intéresser; il poussa fort loin la culture des lettres et composa même des vers agréables; il aimait aussi beaucoup la musique et le dessin. Il eût été désireux de se consacrer à l’art de la peinture, mais sa mère, craignant pour son avenir, l’en dissuada.
- Entré dans le corps des Ponts et Chaussées, il fut chargé de divers travaux qui lui montrèrent ce que l’on n’avait pas encore deviné, que la marche des eaux est liée à la structure géologique de la région, car, si certains terrains sont imperméables, il y en a d’autres qui sont perméables, c’est-à-dire que les eaux peuvent les traverser et s’écouler, ainsi, au travers d’eux (-’).'
- &
- Le Verrier Urbain=Jean=Joseph (1811-1877), le « géant de l’astronomie moderne », comme l’appelait un des illustres directeurs de l’Observatoire de Greenwich, offre ceci de particulier que, dans sa jeunesse, il ne semblait pas plus qu’un autre
- 1. Mém. de l’Acad. des Sciences, t. XXXIX, Paris, 1877.
- 2. Pour plus de détails sur ce savant peu connu du public, voir les Mém. de l’Acad. des Sciences, t. 42, où a paru son Éloge.
- destiné à illustrer la science des astres et que, d’abord orienté vers la chimie, il ne devint que par hasard astronome, pour, d’ailleurs, le plus grand bien de l’astronomie.
- Né à Saint-Lô, Le Verrier fit au collège de sa ville natale de bonnes études littéraires, complétées par deux années de mathématiques au collège de Caen. Il était à la tête de sa classe. Son échec au concours de l’Ecole Polytechnique, en 1830, trompa l’espérance de ses maîtres et l’attente de ses condisciples. L’impression fut pour lui douloureuse et durable; elle redoubla son ardeur. Redoutant un nouveau mécompte, son père, dont la position était modeste et la fortune étroite, s’imposa un grand sacrifice pour l’envoyer perfectionner à Paris une instruction déjà très solide. Le succès, cette fois, fut complet. LeVerrier obtint un des premiers rangs au concours de 1831. Appliqué à toutes les études, il réussissait dans toutes les épreuves; mais, dans son assiduité au travail, ses camarades voyaient plus de volonté tenace que d’inclination pour la science. Dans le jugement qu’on portait de lui, on ne signalait aucune aptitude dominante, aucune vocation expresse et certaine. Si un esprit pénétrant et solide, quelquefois brillant, toujours prêt à la controverse, promettait une carrière honorable et sûre, nul n’en pouvait alors prédire le prochain éclat. Entre les services publics ouverts aux élèves de l’Ecole Polytechnique, Le Verrier, libre de choisir, préféra l’administration des tabacs; la manufacture de Paris servait d’école d’application; sans négliger l’étude des machines, il prit d’abord parti pour la chimie et y fit de grands progrès. Une étude importante sur les combinaisons du phosphore et de l'hydrogène réalisa bientôt, en les dépassant, les espérances de son maître Gay-Lussac. Ses deux mémoires, jugés excellents, renferment des expériences précises curieusement poursuivies malgré tout le danger qui en accroît l’intérêt et le mérite. Un tel début nous permettrait, en imitant une ingénieuse appréciation de Fontenelle, de voir en lui un chimiste éminent, par la facilité qu’il aurait eue à le devenir. La place de répétiteur de Gay-Lussac devint vacante à l’Ecole Polytechnique. Le Verrier et Victor Régnault la demandèrent en même temps; l’appui presque décisif de l’illustre professeur semblait acquis à son jeune et brillant élève. Il connaissait cependant les premiers succès de Régnault et savait la haute eslime inspirée par lui au sévère et judicieux Berthier, il hésitait entre de telles espérances. Par une heureuse rencontre, la place de répétiteur d’astronomie devint vacante en même temps; on l’offrit à Le Verrier et l’Ecole Polytechnique put accueillir, le même jour, les deux savants illustres qui, presque le même jouraussi, devaient laisser dans la science un si grand vide (J. Bertrand) (1).
- Le Verrier, des lors, se consacra à l’astronomie, science qu’il cultiva avec passion et avec le succès que l’on sait, jusqu’à sa célèbre découverte de Neptune.
- * *
- Jules de La Gournerie (né en 1814), connu comme ingénieur, fut admis, au titre d’académicien libre, à l’Académie des Sciences, ce qui montre l’estime qu’à cette époque on avait pour l’élévation de son caractère, la noblesse de ses sentiments et la généreuse ardeur de son esprit, sans parler, bien entendu, de sa valeur technique. Dans l’Eloge qu’en a prononcé J. Bertrand à l’Académie (2) nous trouvons sur son origine de curieux détails que nous allons reproduire en en respectant le style, parfois assez singulier, et où on assistera, pour se divertir — si l’on peut dire •— à un pugilat inattendu à coups de ... lunette d’approche.
- Son père, Jacques-Hilaire de La Gournerie, fut tenu sur les fonts baptismaux par deux indigents de la paroisse de Donges. Cette vieille et pieuse famille savait fouler aux pieds les vanités
- 1. Mém. de l’Acid, des Sciences, t. 41, Paris, 1879.
- 2. Mém. de l’Acad. des Sciences, t. 44, 2° série, Paris, 1888.
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- de ce monde, s’humilier sans s’amoindrir, user d’une fortune médiocre pour faire autour d’elle beaucoup de bien, prendre plaisir à relever les pauvres et se faire bénir en les honorant. Le filleul des pauvres, en 1749, terminait ses études au collège de Juilly. La tendresse inquiète de sa mère voulut l’éloigner de France. Après un long séjour à Venise d’abord, puis à Vienne, inquiet pour elle à son tour, il revint quand tant d’autres partaient. Trop clairvoyant pour ne pas voir le danger, trop aimé à Donges pour l’y craindre, trop docile au devoir pour résister, la réquisition le fit soldat. Le bruit du canon le rendit sourd; il fut réformé. Maître de lui-même, il se maria et se consacra, sous le toit de ses pères, à l’éducation de ses cinq enfants.
- La mère de Jules de La Gournerie, Julie de Talliouet, mise en péril par son nom d’abord, puis par ses sentiments, qu’elle ne cachait pas, et par ses actes, dont elle était fière, osa s’emparer, à l’âge de 19 ans, dans des jours d’angoisse et de deuil, du rôle de chef de famille. M. de Talhouet avait émigré; Mme de Talhouet vivait à Auray dans les alarmes. Les nouvelles étaient rares et tristes; elles devinrent terribles. M. de Talhouet était mort à Quiberon, les armes à la main; son jeune fils traduit devant le conseil de guerre. Mme de Talhouet vit son cher prisonnier, le quitta sans espoir et s’enferma pour pleurer. Sa fille, sans consulter personne, courut résolument à Vannes chez le représentant du peuple. On annonça la citoyenne Talhouet; elle apportait, sans supplications inutiles, pour défendre la vie de son frère, un argument décisif : un enfant de seize ans est-il responsable ? Malgré ses pleins pouvoirs, le représentant Blad n’osait répondre. Louis de Talhouet fut provisoirement rendu à sa mère, après avoir promis de ne pas fuir. On consulta la Convention: deux gendarmes vinrent lui signifier sa réponse, en le portant malade au « champ des martyrs ». C’est le nom dont la piété des habitants d’Auray honore encore l’enceinte où dans cette sombre lutte du passé contre l’avenir, sont tombées tant de victimes qui, fidèles à l’honneur, mouraient sans se plaindre sous le drapeau de leur roi quand ceux qui les frappaient, tranquilles devant leur conscience, les déclaraient traîtres à la patrie. La famille de Talhouet était ruinée. Courageuse contre l’adversité, dévouée à la défense d’une fortune renversée, Mlle Julie entra comme clerc chez un notaire d’Auray. Assidue et appli-
- ............— .-.131 =
- quée, elle devint la plus habile de l’étude, la plus instruite, la plus intelligente des affaires. Devenue Mme de La Gournerie, elle fut la meilleure des mères et la plus dévouée des épouses.
- Jules Maillard de La Gournerie, le dernier de ses cinq enfants, naquit à Nantes, en 1814; il fit ses premières classes au petit séminaire, où l’on enseignait peu de mathématiques; le jeune Jules, cependant, vit des figures géométriques, en comprit l’attrait et désira suivre les leçons du Collège. Par un libre choix, où l’amour de la science eut une grande part, il se prépara à l’Ecole navale et fut admis, avant la fin de sa seizième année, chef de la promotion de 1830. Ce premier succès ne fut dans sa carrière que le présage heureux de beaucoup d’autres : de La Gournerie ne fit dans la marine qu’un rapide passage. Ses brillants examens de sortie l’avaient élevé au grade d’aspirant; attentif à tous les devoirs, soumis à toutes les règles, on le citait comme un modèle. La malveillance et l’importun caprice d’un chef multipliaient, cependant, pour lui, les ordres inutiles, le querellaient sur chaque détail et mettaient sa patience à de rudes épreuves. Un geste menaçant combla la mesure; l’explosion d’une colère fortuite vint briser sur l’épaule de son supérieur la lunette d’approche que l’aspirant tenait à la main. La punition méritée était la mort. Le conseil de guerre, pesant les circonstances et instruit du passé, éluda la rigueur de la loi. A son grand étonnement, de La Gournerie fut acquitté et maintenu dans son grade. Rebuté, cependant, par une si rude épreuve, sachant que tout éclat est lent à s’effacer, il porta ses regards vers l’Ecole Polytechnique. Agé de 18 ans seulement, il pouvait, sans presser les chances, s’y préparer pendant des années. Mais un concours allait s’ouvrir; impatient de tout délai, il accepta l’épreuve. Les mathématiques étudiées sans dessein et sans maître pendant les ennuis du bord, effleurées par divertissement plutôt que creusées par l’étude, avaient rempli son temps, exercé son esprit. Sans repasser sur les détails, sans les connaître tous, moins exercé que ses concurrents, mais plus instruit, plus mûr et tiré du pair par les habitudes d’un esprit qui, déjà, ne souffrait rien de médiocre, il se présenta à l’examen en uniforme d’officier de marine et fut reçu quatrième sur la liste. Quatre ans après, devenu ingénieur, il édifia la phare des Heaux de Bréhat, puis, plus tard, la digue du Croisic.
- (A suivre). Henri Coupin.
- LE RAFFINAGE AU PHENOL
- Le raffinage des huiles lubrifiantes au phénol est une méthode relativement récente.
- Ce procédé est fondé sur les propriétés dissolvantes du phénol pour les produits nuisibles à la bonne qualité d’une huile.
- On met en contact l’huile à raffiner avec du phénol, en agitant vivement pendant un certain temps, et on laisse décanter.
- La couche inférieure est une solution d’huile dans le phénol, c’est dans cette couche que l’on retrouve tous les produits nuisibles.
- La couche supérieure, constituée par une solution de phénol dans l’huile, contient le produit raffiné. Il suffit alors de distiller séparément ces deux couches pour obtenir, d’une part le produit désiré, et d’autre part les impuretés de l’huile. Il faut remarquer à ce sujet que le raffinage à l’acide sulfurique détruit les matières indésirables, tandis que, dans le procédé au phénol, celles-ci sont récupérées, et constituent un sous-produit.
- Dans cet ordre d’idées, on peut rapprocher le procédé au phénol du procédé Edeleanu, dans lequel les impuretés sont dissoutes dans de l’anhydride sulfureux liquide.
- L’installation comprend un appareil destiné à réaliser le contact entre le phénol et l’huile à traiter qui circulent à contre-courant dans toute une série de mélangeurs et de décan-teurs où s’effectue la séparation des deux couches.
- L’installation de distillation est constituée par deux tours.
- Le phénol récupéré est remis en service. Les sous-produits sont craqués pour donner de l’essence.
- Les huiles de graissage obtenues par ce procédé sont d’excellentes qualités et conservent leur fluidité à des températures très basses tout en ayant une bonne viscosité aux températures élevées.
- Le traitement, étant en outre essentiellement physique, ne peut amener aucune altération des produits finis.
- Rappelons, pour terminer, que ce procédé breveté est employé par la Standard Franco-Américaine de Raffinage à Port-Jérôme. H. Soyer.
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- LA VOÛTE CÉLESTE EN MARS 1935 (»)
- Voici le programme du spectacle offert par le ciel pendant le mois de mars. Il est fort riche. Nous recommandons, ce mois-ci, l'observation" de la lumière zodiacale et des planètes Jupiter, Mars et Vénus. Mars se trouvera en opposition le 6 avril prochain et Jupiter le 10 mai. Ils sont donc maintenant très favorablement situés pour être étudiés.^
- I. Soleil. — Le Soleil, enjjmars,ft;s’élève rapidement "dans l’hémisphère nord du ciel. Sa déclinaison, de —<ǰ 50' le l<jr mars, atteindra + 3° 54' le 31. La durée du jour sera de 10“ 55m le 1er et de 12“ 43m le 31.
- On sait que cette lueur est une sorte de fuseau nébuleux, dont l’axe coïncide à peu près avec l’écliptique, et qui s’étend de part et d’autre du Soleil. A l’horizon, sa hase a une largeur de 20 à 30 degrés. Le fuseau s’élève, en se rétrécissant et finit en pointe à plus de 45 degrés du Soleil. On l’explique actuellement par le rayonnement cathodique du Soleil. L’observation de la lumière zodiacale est particulièrement intéressante à faire. Elle consiste à tracer sur une carte céleste la limite de la lueur, repérée par rapport aux étoiles. Si on le peut, à l’aide d’un photomètre, tracer les lignes isophotes. Noter la couleur de la lueur, son intensité et ses variations d’un jour
- Le centre du Soleil traversera l’équateur céleste le 21 mars, à 13“.
- Ce moment sera celui de Véquinoxe de printemps. A cette époque, les jours et les nuits auront la meme durée.
- Voici le temps moyen à midi vrai ou, si l’on préfère, l’heure exacte du passage du centre du Soleil au méridien de Paris (de deux en deux jours) :
- Dates. Heure du passage.
- Mars 1 12“ 3“ 15*
- — 3 12 2 52
- — 5 12 2 26
- — 7 12 1 59
- — 9 12 1 30
- — 11 12 0 59
- — 13 12 0 27
- — 15 11 59 54
- — 17 11 59 20
- — 19 11 58 44
- — 21 11 58 9
- — 23 11 57 32
- — 25 11 56 56
- — 27 11 56 19
- — 29 11 55 43
- — 31 11 55 6
- Voir au précédent « Bulle-
- tin», n° 2944, la manière d’utiliser ce petit Tableau pour le tracé de la méridienne du lieu.
- Fig. 1.— Marche de la planète Neptune sur le ciel pendant l’année 1935. (D’après l’Annuaire astronomique Flammarion).
- Les chiffres 1, 2, ..., 13, sur la trajectoire de Neptune indiquent la position de cette planète le 1er de chaque mois.
- à l’autre.
- Les observations doivent être faites par ciel pur, en l’absence du clair de Lune et loin de toute lumière artificielle.
- Les périodes les plus favorables pour ces observations seront celles du l°r au 6 mars, puis du 26 mars à la fin du mois, pendant lesquelles la Lune ne gênera pas.
- On pourra rechercher la lueur anti-solaire du 1er au 8 mars,
- vers minuit, dans la constellation du Lion.
- IL Lune. -— Les phases de la Lune, pendant le mois de mars, se produiront comme il suit :
- N. L. le 5, à 2“ 40“
- P. Q. le 12, à 0“ 30“
- P. L. le 20, à 5» 31“
- D. Q. le 27, à 20“ 51“
- Age de la Lune, le 1er mars, à 0“ (T. U.) =25J3; le 6 mars, même heure = 0)9. Pour trouver l’âge de la Lune à une autre date du mois, ajouter 1. jour par jour écoulé depuis le 1er ou le 6.
- Plus grandes déclinaisons de la Lune, en mars: le 12 mars, à 0U = + 26° 22'; le 26 mars, à 18“ = — 26° 14'.
- Observations physiques. — Observer chaque jour la surface solaire (voir à ce propos le n° 2942).
- Voici le Tableau des éléments permettant d’orienter les
- dessins ou les photographies du Soleil :
- Dates. P B. L»
- Mars 2 — 21»,68 — 7°,23 90°,41
- — 7 — 22»,86 — 7°,25 24°,54
- — 8 — 23°, 08 — 7°,25 11°,36
- — 12 — 23°,88 — 7°,22 318°,65
- — 17 — 24°,73 — 7°,12 252°,75
- . 22 — 25°,41 — 6°,98 186°,84
- — 27 — 25°,91 — 6°,79 120°,90
- Lumière zodiacale; lueur anti-solaire. — Mois particulièrement favorable pour l’observation de la lumière zodiacale.
- 1. Nous rappelons que toutes les heures figurant au présent « Bulletin astronomique » sont indiquées en temps universel (T. U.), compté de 0“ à 24" à partir de 0“ (minuit). Le temps universel coïncide avec le temps légal en France.
- On remarquera la grande hauteur de la Lune dans le ciel le 12 mars, vers 18“ 30“ et le 13 mars vers 19“ 30m. Par contre, cette hauteur sera bien faible les 26 et 27 mars, entre 4“ 30“ et 5“ du matin.
- Périgée de la Lune (plus petite distance à la Terre, le 4 mars, à 12“. Parallaxe = 61' 20". Distance = 357 520 km.
- Apogée de la Lune (plus grande distance à la Terre), le 17 mars, à 5“. Parallaxe = 54' 1". Distance = 405 945 km.
- Occultations d’étoiles par la Lune. — Le 15 mars, occultation de 217 B. Gémeaux (6m 3) ; immersion à 2“ 2“,5.
- Le 27 mars, occultation de 4 G. Sagittaire (6m 2) ; émersion à 3“ 32“,0.
- Croissant lunaire; lumière cendrée de la Lune. — L’Annuaire astronomique Flammarion recommande d’observer le croissant lunaire, très mince, le 6 mars au soir, vers 19“ 15“. La Lune se couchera ce soir-là, à Paris, à 19“ 59“. La Lune sera âgée de 40h environ. Observation à faire à la jumelle.
- La lumière cendrée de la Lune sera très belle du 7 au 10 mars. A observer également à l’aide d’une jumelle.
- Marées. — Les plus grandes marées du mois se produiront
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- à l’époque de la nouvelle Lune du 5. Ces marées seront très importantes comme on le voit par le petit tableau ci-après qui donne, du 4 au 9 mars, les marées pour Le Havre :
- Marée du matin. Marée du soir.
- Dates. - — -— — —— —
- Heure. Coefficient. Heure. Coefficient.
- Mars 4 8» 27“ 0,95 20»47“ 1,03
- - - 5 9 6 1,08 21 28 1,03
- - 6 9 45 1,17 22 6 1,17
- — 7 10 26 1,15 22 47 1,12
- — 8 11 8 1,08 23 29 1,01
- — 9 11 50 0,93 0 13 0,85
- III. Planètes. — Le Tableau ci-dessous, que nous avons dressé à l’aide des données de VAnnuaire astronomique Flammarion, contient les renseignements les plus importants pour rechercher et observer les principales planètes pendant le mois de mars 1935.
- , = 133 =
- Vénus devient de mieux en mieux visible et se couche maintenant plus de deux heures après le Soleil.
- Voici, comme pour Mercure, la phase et la magnitude stellaire de cette brillante planète.
- Magnitude
- Dates. Phase. Diamètre. stellaire.
- Mars 2 0,916 11",2 — 3,4
- — 7 0,902 11, 4 —3,4
- — 12 0,893 11, 6 —3,4
- — 17 0,882 11, 8 — 3,4
- 22 0,871 12, 0 — 3,4
- —- 27 0,859 12, 2 —3,4
- Les observations de Vénus se font, de préférence, en plein jour, comme celles de Mercure, d’ailleurs.
- L’emploi de bonnettes colorées en jaune ou en rouge est utile, ces couleurs accentuant le contraste et assombrissant le fond du ciel.
- Mars devient maintenant visible la plus grande partie de
- ASTRLS Dates : Mars. Lever à Paris. Passage au méridien de Paris. Coucher à Paris. Ascen- sion droite. Déclinai- son. Diamètre apparent. Constellation et étoile voisine. VISIBILITÉ.
- 2 6“ 34“ 12l 3“ 43 17“ 33“ 22jl 50“ _ 7“ 27’ 32' 19"4 Verseau
- Soleil . . . 14 6 10 12 0 11 17 52 23 34 •— 2 47 32 13, 2 Poissons »
- ( 26 5 45 11 56 38 18 10 0 18 + 2 57 32 6, 8 Poissons \
- 9 5 36 10 36 15 35 21 22 13 25 9,2 y Capricorne
- Mercure . . ’ 14 5 18 10 18 15 17 21 50 — 13 45 7,4 Ô Capricorne Le matin, plus grande
- 26 5 9 10 26 15 44 22 45 — 10 10 6,2 •h Verseau élongation le 15.
- 2 7 26 13 35 19 46 0 20 + 1 3 11,2 Poissons
- Vénus. . . . ^ 14 7 4 13 42 20 21 1 13 ~r 7 14 11,6 Poissons ( Le soir, magnifique
- / 26 6 43 13 49 20 57 2 8 + 13 2 12,2 £1 Baleine \ dès le coucher du soleil.
- 2 21 14 2 50 8 22 13 35 6 17 11,8 m Vierge
- Mars. . . . S 14 20 19 1 58 7 32 13 31 — 5 14 13,2 l Vierge Une grande partie de la
- ) 26 19 15 0 59 6 38 13 19 — 3 50 14,4 6 Vierge \ nuit.
- Jupiter. . . 14 23 9 3 52 8 31 15 25 — 17 26 37,8 ç Balance Seconde partie de la nuit.
- Saturne . . 14 5 40 10 49 15 58 22 23 — 11 37 14,0 a Verseau Inobservable.
- Uranus. . . 16 7 15 14 8 21 0 1 50 + 10 47 3,4 Bélier Dès l’arrivée de la nuit.
- Neptune. . . 16 16 37 23 15 5 52 10 58 + 7 37 2,4 /. Lion Toute la nuit. *
- Mercure sera visible comme étoile du matin au milieu du mois. Il arrivera à sa plus grande élongation le 15 mars, à 27° 36' à l’Ouest du Soleil. Cette élongation sera la plus grande de l’année, mais malgré cela les observations seront très difficiles, la planète se levant peu de temps avant le Soleil.
- Voici la phase et la magnitude stellaire de Mercure :
- Dates. Phase1, Diamètre. Magnitude stellaire.
- Mars 2 0,262 9",3 + 1,0
- — 7 0,382 8, 4 + 0,7
- — 12 0,482 7, 7 + 0,5
- — 17 0,564 7, 1 + 0,4
- — 22 0,632 6, 6 + 0,3
- — 27 0,693 6, 2 + 0,2
- 1. Rapport de la partie éclairée du diamètre au diamètre entier.
- la nuit. Son diamètre, à la fin du mois, atteindra presque 15".
- Voici, d’après VAnnuaire astronomique Flammarion quelques données sur la présentation du globe de Mars pendant ce mois.
- Date 0“ (T. U.) Angle de position de l’axe. Latitude du rentre. Diamètre. Phase. Magnitude stellaire.
- Mars 2 34°,1 + 19°,2 11",9 0",5 — 0,4
- — 12 33, 9 + 19,4 13, 0 0, 4 — 0,6
- — 22 33, 3 + 19, 9 14, 0 0, 2 — 0,9
- A partir de ce mois, on peut diriger sur Mars les petits instruments. Pour effectuer des travaux d’aréographie utiles, il faut cependant des instruments assez puissants.
- Cérès, la petite planète n° 1, pourra encore être observée, en mars, aux positions suivantes :
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- = 134
- Dates.
- Mars 3 — 11 — 19
- Ascension droite. Déclinaison.
- 7" 25“ 7 7 26 3 7 28 9
- + 32041' + 32 31 + 32 16
- On reportera ces positions sur notre petite carte, figure 1, du « Bulletin astronomique » du n° 2942. Cérès se trouvera très près, au Nord, de j. Gémeaux (Castor), le 19 mars.
- Jupiter devient de mieux en mieux visible, se levant, à présent, avant minuit.
- Il sera stationnaire le 10 mars, à 2".
- Voir au n° 2944 l’explication des phénomènes produits par les satellites dans leur révolution autour de la planète. En voici la liste pour ce mois-ci.
- Phénomènes du système des satellites de Jupiter.
- Dates : Mars. Heure. Satel- lite. Phéno- mène. Dates : Mars. Heure. Satel- lite. Phéno- mène.
- 1 I1 12m I E. c. 16 51 21™ I P. f.
- 1 4 33 I Em. 17 2 39 I Em.
- 2 0 31 I O. f. 17 23 48 I P. f.
- 2 1 41 I P. f. 19 23 43 III O. f.
- 2 1 52 III E. f. 20 2 11 III P. c.
- 2 4 59 III Im. 20 3 35 III P. f.
- 6 2 28 II O. c. 20 7 34 II O. c.
- 6 4 46 II P. c. ; 22 1 51 II E. c.
- 6 4 51 II O. f. 23 4 2 I O. c.
- 7 5 45 I O. c. 23 5 1 I P. c.
- 8 1 24 II Em. 23 23 14 II O. f.
- 8 3 5 I E. c. 24 1 6 II P. f.
- 9 0 15 I O. c. 24 1 20 I E. c.
- 9 1 23 I P. c. 24 4 26 I Em.
- 9 2 24 I O. f. 24 23 28 I P. c.
- 9 3 31 I P. f. 25 0 40 I O. f.
- 9 3 56 III E. c. 25 1 36 I P. f.
- 9 5 50 III E. f. 27 1 48 III O. c.
- 10 0 50 I Em. 27 3 40 III O. f.
- 12 23 58 III P. f. 29 4 27 II E. c.
- 13 5 1 II O. c. 30 23 23 II O. c.
- 15 3 51 II ‘ Em. 31 1 7 II P. c.
- 15 4 58 1 E. c. 21 1 47 II O. f.
- 16 2 9 I O. c. 31 3 13 I E. c.
- 16 3 13 I P. c. 31 3 26 II P. f.
- 16 4 18 I O. f.
- Saturne est inobservable. Voici toutefois les éléments de l’anneau, au 13 mars (si l’on compare ces données mensuelles, on verra que, maintenant, peu à peu, les anneaux se referment) :
- Grand axe extérieur............................... 35”,03
- Petit axe extérieur............................... 5”,13
- Hauteur de la Terre au-dessus du plan de l’anneau + 8°, 43 Hauteur du Soleil au-dessus du plan de l’anneau + 9°, 39
- Uranus est encore un peu visible. Pour le trouver, utiliser une jumelle et reporter sa position donnée au Tableau des
- planètes sur ta carte publiée au « Bulletin astronomique » du n° 2930.
- Neptune va se trouver en opposition avec le Soleil le 4 mars, à 17". *
- La petite carte de la figure 1 donne sa position sur le ciel, pendant l’année 1935. Pour le trouver, se servir d’une petite lunette.
- IV. Phénomènes divers. — Conjonctions :
- Le 3, à 12", Mercure en conjonction avec la Lune, à 0° 6' S.
- Le 4, à 11", Saturne — .— à 4»32' S.
- Le 7, à 3", Vénus à 6»13' S.
- Le 8, à 8", Uranus — — à 6° 36' S.
- Le 19, à 2", Neptune — à 4°58' N.
- Le 22, à 7", Vénus —- Uranus, à0° 42'N.
- Le 22, à 8", Mars — la Lune, à 8° 35' N.
- Le 22, à 9", Mercure Saturne, à 0° 20' S.
- Le 24, à 17", Jupiter la Lune, à 5° 59' N.
- Temps sidéral. -— Voici quelques valeurs du temps sidéral, à 0", pour le méridien de Greenwich (pour le méridien de Paris,
- ajouter 9m 21a)
- Temps sidéral
- Dates. à 0" (T. ü.)
- Mars 1 10" 31“ 29’ I
- — 11 11 10 55
- — 21 11 50 20
- — 31 12 29 46
- Etoiles variables. — Minima de l’étoile Algol ([3 Persée), variable de 2m,2 à 3m,5 en 21 20h 48m : le 16 mars, à 23“ llm; le 19, à 20h 0m.
- Le 14 mars, maximum d’éclat de R Verseau, variable de 5“,8 à 10m,8 en 358 jours.
- Le 23 mars, maximum d’éclat de R Cygne, variable de 5m,6 à 14m,4 en 428 jours.
- Etoiles filantes. — Voici, d’après Y Annuaire du Bureau des Longitudes, la position des centres d’émission des essaims d’étoiles filantes actifs en mars.
- Le 7 mars : Ascension droite — 233°; Déclinaison =—18°, vers p Scorpion.
- Le 7 mars : Ascension droite = 244°; déclinaison = -f- 15°, vers y Hercule.
- V. Constellations. — Voici l’aspect de la voûte céleste le 1er mars, à 21“ ou le 15, à 20h.
- Au Zénith : La Grande Ourse; les Gémeaux; le Cocher.
- Au Nord : La Petite Ourse; Céphée; Cassiopée; le Dragon; le Cygne.
- A l’Est : Le Bouvier; la Vierge; la Chevelure de Bérénice.
- Au Sud : L’Hydre; le Corbeau; la Coupe; le Petit Chien; le Navire.
- A l’Ouest : Le Taureau; le Bélier; Orion; la Baleine; l’Eridan.
- Em. Touciiet.
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- = LE FILM. PARLANT D’AMATEUR = EST-IL ACTUELLEMENT POSSIBLE ?
- On peut tout d’abord se demander s il y a un réel intérêt à rendre sonore et parlant le film d’amateur. Considère comme simple source do souvenirs, il rendrait ceux-ci plus vivants puisque les personnages seraient doués de la parole. Mais il ouvrirait surtout des possibilités nouvelles •— et que personnellement je crois indispensables — aux réalisations artistiques des amateurs. Ces cinéastes deviennent de plus en plus exigeants et n’hésitent pas à aborder des films à scénarios où de puissants moyens techniques et artistiques sont mis en œuvre. Nous nous interdisons de pénétrer dans le domaine artistique de cette question, mais nous avons voulu montrer que le problème du film parlant d’amateur vaut la peine d être étudié, puisque, dès qu’un matériel d’enregistrement sur film étroit sera réalisé, il trouvera son utilisation immédiate. On peut même ajouter qu’il est impatiemment attendu.
- C’est maintenant le côté technique que nous alloirs envisager.
- Il ne s’agit pas, bien entendu, de se borner à la construction d’un projecteur sonore susceptible d’assurer la projection de bandes qui sont des réductions des films d’exploitation de 35 mm. La question est déjà résolue grâce aux études et aux réalisations de deux maisons. La première, Pathé, qui a lancé il y a quelques mois le Pathé-Nathan 175, qui utilise le film sous-standard Pathé-Rui’al de 17,5 mm perforé unilatéralement; et plus récemment le projecteur Debrie qui est conçu pour le film de 16 mm également avec une seule rangée de perforations.
- L’ENREGISTREMENT DU SON SUR DISQUE
- Le point névralgique du problème reste donc la réalisation d’un enregistreur de qualité suffisante et de prix abordable. Les solutions provisoires dont on s’est contenté jusqu ici utilisaient toutes le disque comme support des sons. Nous ne croyons pas à la persistance de son emploi, car il présente de nombreux inconvénients. La qualité sonore obtenue est très insuffisante, tout au moins avec les pick-up graveurs mis à la disposition des amateurs. Les voix sont rauques et les instruments sans timbre. Ces défauts sont dus à ce que les circuits présentent de nombreux points de résonance qui amorcent des vibrations parasites. De plus, la fréquence la plus élevée gravée dans les sillons est très restreinte, ne dépassant pas 2000 à 2500 périodes par seconde. Les disques du commerce, tournant à 78 tours, garantissent théoriquement la possibilité de graver une fréquence maximum de 5214 périodes par seconde, et de la reproduire quand l’aiguille est neuve, c’est-à-dire quand sa pointe ne mesure pas plus del/10ede mm de diamètre. On voit déjà la grande différence qui existe entre le disque industriel et le disque d’amateur. Il faut également signaler que le disque industriel est enregistré avec une cire préalablement ramollie, qui n’oppose que peu de résistance au travail du burin d’enregistrement. Par la suite, on en tire des moulages en matière dure qui permettent d’assurer un nombre considérable de reproductions. Au contraire, le disque d amateur étant unique, il lui faudrait être d’une matière relativement tendre lors de l’enregistrement et aussi dur que possible au moment des reproductions, pour résister à l’usure. Il y a là deux propositions contradictoires. On a essayé de tourner la difficulté en enregistrant sur des disques assez malléables qu’on raffermit par la suite en les soumettant à l’action d’un produit tannant ou à une forte température. Mais en réalité, la matière du disque n’est ni assez molle pour laisser la pointe de l’enregistreur graver une sinusoïde conforme aux courants
- modulés qui lui sont transmis, ni assez dure, même après traitement chimique ou calorifique, pour résister à un long usage.
- En dehors de ces inconvénients majeurs, le disque a d’autres défauts qui semblent devoir précipiter son abandon. Il ne permet que difficilement la prise de clichés sonores, tels que : bruit de foule, roulement d’un train, conversation ou exécution
- Fig. 1.'— On voit qu'une des rangées de perforations a été remplacée par la bande sonore.
- Celle-ci, avec sa marge, n’occupe en effet qu’une largeur de 2,79 mm. La marge intérieure, marquée MI, mesure 0,492 mm. La marge extérieure, marquée ME, est plus large (0,648 mm) car c’est sur elle que le film prend appui du côté gauche. Les images ont exactement les mêmes dimensions que dans le lilm muet.
- musicale dans une salle à écho très prononcé. Tous ces documents auditifs sont en général très courts. On peut les fixer dans les sillons d’un disque en les séparant par des espaces vides pour les différencier, mais la difficulté devient très grande quand il s’agit d’en effectuer le report sur un disque final, et ce, en synchronisme avec les images du film. Il faut également tenir compte de la déformation supplémentaire qui résulte de ce réenregistrement, puisque le point de départ est déjà un
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- cliché sonore de qualité douteuse. Il est inutile de préciser comment peut s’exécuter ce report de plusieurs clichés sonores sur un disque final, puisque le procédé manque totalement d’intérêt.
- Signalons enfin que le disque est à exemplaire unique et qu’un accident fâcheux peut lui arriver chaque fois qu’on le manipule. Il est délicat de maintenir le synchronisme avec le déroulement du film, puisque la suppression de quelques images dans la bande visuelle (en cas d’accident à celle-ci) n’entraîne aucune modification dans les sillons sonores. Il faut alors remplacer par du film noir la longueur supprimée dans le film image.
- On voit combien d’ennuis et de manipulations délicates viennent entraver la marche de ces opérations. C’est pourquoi nous croyons que la solution qui s’impose pour réaliser le cinéma d’amateur est la suivante : il faut adopter l’enregistrement du son sur film. Et nous ajouterons, à titre de preuve, que le cinéma professionnel, qui pourtant avait à sa disposition de puissants moyens techniques pour réaliser des disques, a dû abandonner ce procédé peu après son lancement et se résoudre à travailler définitivement avec la bande sonore photographique.
- L’ENREGISTREMENT DU SON SUR FILM
- C’est pourquoi nous allons maintenant étudier ce procédé d’enregistrement, sans toutefois nous dissimuler les difficultés qu’il comporte.
- Fig. 2. — A part ses dimensions un peu supérieures, le film sonore de 17,5 mm est conçu comme celui de 16 mm.
- On voit nettement l’arrondi des angles des images, pour éviter la projection d’une partie des perforations. La piste sonore mesure 1,8 mm de large. A l’extérieur, il y a 2 marges de protection : l’une, noire, de 0,5 mm, l’autre de 1 mm qui sert à l’appui du film sur les organes du
- projecteur.
- Supposons l’enregistrement réalisé et doué d’une qualité suffisante. Déjà, du fait qu’il s’agit d’un enregistrement optique, il est paré de nombreuses qualités séduisantes. A l’encontre du disque, la prise de « clichés » sonores devient très aisée. On branche les appareils et, par le simple jeu d’un déclic, on déroule la longueur de pellicule nécessaire avec la même facilité qu’on prend 50 cm ou 1 m d’images animées avec une caméra à moteur. Après développement, ces documents sont séparés, puis recollés dans l’ordre exigé par le scénario. Le synchronisme est très facile à maintenir grâce aux perforations du film qui servent de repères. On peut également, avec de l’entraînement, reconnaître certains sons rien qu’en examinant à l’œil le diagramme tracé sur le film. Ainsi, en deux coups de ciseaux, on assure le début et la fin d’une scène au moment précis de l’émission de tel son ou parole. Ce travail de montage est pratiquement impossible à réaliser avec le disque.
- Signalons enfin les autres avantages du procédé : facilité de tirer des copies du son par voie photographique ; synchronisme automatiquement assuré puisque les images et les sons sont accolés sur la même bande ; silence maximum dans les passages muets du film, car à ce moment la bande est noire, d’où suppression du bruit de fond ; obligation d’adopter la vitesse de déroulement standard (24 images seconde), ce qui permet l’échange des films.
- DIMENSIONS STANDARD DU FILM PARLANT D’AMATEUR
- La première question à laquelle il faut répondre quand on cherche à entrer dans la voie des réalisations est le choix du format à adopter.
- Par ordre de grandeur croissante, il en existe 3 qui sont couramment utilisés en France : le 9,5 mm; le 16 mm et le 17,5 mm. Le premier, plus connu sous le nom de format Pathé-Baby, est trop étroit. Il ne resterait en effet qu’une bande de 6,5 mm après prélèvement des 3 mm indispensables pour la bande des sons. De plus, le système d’entraînement par perforations centrales ne permet pas de bénéficier des marges de frottement, comme dans les autres formats. De ce fait, ce type de film se trouve plus que les autres exposé aux rayures, quels que soient les soins apportés à sa manipulation. Le 16 mm, qui lui est immédiatement supérieur (en grandeur) paraît plus apte à la transformation. La bande sonore prend la place d’une rangée de perforations (fig. 1). Le film est alors entraîné unilatéralement, mais avec un projecteur muni d’une griffe triple, la fixité est excellente et les perforations ne subissent pas un effort exagéré, puisque la pression se trouve divisée par 3. De plus, la largeur des images n’est pas diminuée. Le film de 17,5 mm est un peu plus coûteux, la surface de son image est légèrement supérieure à celle du format précédent. Mais son principal avantage est de dérouler une plus grande longueur de film (à la vitesse standard de 24 images par seconde), ce qui permet de reproduire des sons de fréquence plus élevée. Toutefois, la plupart des amateurs opèrent aujourd’hui avec l’appareillage 16 mm. Ils chercheront donc à utiliser leur ancien matériel dans la mesure du possible. Par la force des choses, il semble donc que c’est ce format que la majorité adoptera. ^
- CARACTÉRISTIQUES DES FILMS DE 17,5'"“
- ET 16“"' SONORES
- Il n’y a actuellement en France que le film de 17,5 mm qui soit exploité commercialement. Pour juger des résultats obtenus, on ne peut donc se baser que sur lui. Une des auditions auxquelles nous avons assisté reproduisait un passage de : « Accusée, levez-vous » et des « Croix de bois ». En format
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- standard de 35 mm, la qualité sonore est, — à notre avis — moyenne pour le premier, un peu supérieure pour le second. Après réduction en 17,5 mm, la perte de qualité est peu sensible et il faut une oreille assez exercée pour la déceler. Le rendu sonore nous paraît équivalent à celui d’une bonne audition de T. S. F. Ajoutons que le bruit de fond, quand la copie est en bon état, est très faible. Les résultats sont donc suffisamment encourageants pour justifier l’étude d’un matériel d’enregistrement et de reproduction adapté aux besoins de l’amateur.
- La figure 2 schématise un film de 17,5 mm avec bande sonore latérale. Pour augmenter la surface des images, on utilise toute la place disponible, à tel point que les deux angles de droite, en haut et en bas, sont superposés aux perforations. Pour masquer ce défaut, le projecteur est muni d’une fenêtre à coins très arrondis, qui nuisent un peu à l’esthétique de l’image. La bande sonore comprend 3 parties. De gauche à droite (sur la figure 2) ; ce sont : une marge de frottement de 1 mm, une bande de garde limitant la piste sonore, de 0,5 mm et noire; la piste sonore proprement dite, de 1 mm 8, et une seconde bande de garde formant séparation entre les sons et les images, de 0,7 mm. L’ensemble occupe donc une largeur de 4 mm. Il reste pour l’image une largeur de 11, 3 mm.
- Les ingénieurs de certains laboratoires américains ont établi un standard de 16 mm représenté par la figure 1 et dont nous allons commenter les dimensions. La piste sonore avec les marges n’occupe que 2,79 mm, c’est-à-dire simplement la largeur d’une chaîne de perforations. La marge de gauche mesure 0,648 mm; celle de droite 0,492 mm. La piste sonore est réduite à 1,65 mm, c’est-à-dire inférieure de 0,15 mm à celle du film Pathé-Rural. L’inconvénient qui pourrait en résulter serait une légère augmentation du bruit de fond, mais, ce film étant destiné à l’amateur, on le projette le plus souvent dans un salon. L’amplification nécessaire est peu considérable et cet inconvénient n’est guère à redouter. Signalons que la place réservée aux images demeure intacte et conserve le rectangle du film muet dans ses proportions primitives, c’est-à-dire 7,5 X 10.
- — —'•ÿ».
- BANDE DE FRÉQUENCES SUSCEPTIBLE D’ÊTRE REPRODUITE
- Nous rappelons très brièvement (ce sujet ayant déjà été traité dans cette revue) qu’une reproduction sonore est d’autant meilleure qu’elle présente une gamme de vibrations étendue, des plus graves aux plus aiguës. Le timbre des voix et des instruments est d’autant plus naturel que l’enregistrement est capable de fixer des fréquences très élevées, appelées harmoniques.
- Voyons quelle fréquence maximum on peut espérer enregistrer sur le film de 16 mm dans ses conditions normales d’emploi. En 1 seconde, il passe 24 images, soit 7,62 mm X 24 = 182,88 mm de pellicule (en effet, on voit sur la figure 1 que le pas des perforations est égal à 7,62 mm). Supposons qu’on enregistre un son de 5000 périodes par seconde. Ces 5000 périodes doivent tenir sur une bande de 182,88 mm. La place
- t , , 182,88 3,6
- disponible pour une période est donc de --=-----de mm.
- F 1 * 5000 100
- Un trait de cette dimension est peut-être difficile à dessiner, en l’état actuel de la finesse des émulsions. Mais sans être aussi exigeants, contentons-nous de 4000 périodes. Le pouvoir résolvant de l’émulsion permet de définir un tel trait, puisque certains papiers photographiques définissent le 1/40® de mm. D’ailleurs, des progrès peuvent être réalisés dans la finesse des émulsions et on peut espérer définir le l/60e de mm. Ce chiffre correspond à un enregistrement de 10 000 périodes par seconde. La qualité sonore serait alors de premier ordre.
- Fig. 3. — On a ajouté une chaîne de perforations au film de 16 mm
- ordinaire.
- Chaque bande sonore mesure 2,54 mm et se décompose comme suit : — piste sonore proprement dite : 1,65 mm de large— mirge de frottement du côté des perforations : 0,29 mm — marge de frottement du côté opposé : 0,60 mm. Cette marge est plus large, car c’est sur elle que le film prend appui du côté gauche. Après développement, fixage et séchage, le film de 16 mm est sectionné suivant les lignes AA1 et BB’. On obtient ainsi 3 bandes sonores séparées dont on tirera copie sur le positif de projection.
- L’ENREGISTREMENT SUR DEUX FILMS
- Admettons que l’enregistreur soit réalisé. Quelle place lui réservera-t-on ? Doit-il faire corps avec la caméra ? Nous n’en sommes pas partisan. Il y a grand intérêt à fixer les images et les sons sur 2 bandes séparées. Cette disposition permet d’utiliser pour la bande sonore une émulsion spéciale dont la finesse de grain est poussée au maximum compatible avec sa rapidité. Il est également loisible de la développer dans des conditions particulières (bain à grain fin), de façon à utiliser au mieux son pouvoir résolvant. Quant à la bande qui porte les images, elle est développée comme s’il s’agissait d’un film muet ordinaire. On reporte ensuite par tirage sur une bande unique à perforation unilatérale les images et les sons. C’est cette bande qui est utilisée sur l’appareil de projection.
- L’usage de 3 films peut ne pas sembler économique. Remarquons cependant que si l’amateur fait usage du procédé négatif-positif, il lui faut 2 films. S’il travaille par inversion directe et
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- Fig. 4.
- - On voit ici un enregistrement symétrique R. C. A.
- — 2,54 mm.
- que son film vaille la peine d’être conservé, il faut en faire tirer une copie qui sert de document de réserve. Là encore la dépense d’un métrage double s’impose. Pour jouir des avantages du parlant, la dépense supplémentaire est simplement représentée par la bande du son. Elle peut être beaucoup moins coûteuse que celle des images. Considérons la bande de 16 mm (fig. 3). Chaque chaîne de perforations nécessite une largeur de 2,79 mm. Ajoutons u n e 3e chaîne de perforations aux 2/3 à partir du bord gauche. L’espace libre qui reste est donc de :
- 16— (2,79 X 3) = 7,63 mm. Nous y inscrivons 3 bandes sonores. Chacune occupe le 1/3 de l’espace libre, soit
- 7,63
- “T
- La piste sonore ne mesurant que 1,6 5 mm, nous disposons de 2 marges , l’une de 0,29 mm (côté des perforations), l’autre de 0,60 mm. Ce film est utilisé à l’état de 16 mm, en le retournant 3 fois dans l’enregistreur comme on le retourne 2 fois dans les caméras 8 mm. Il est développé, fixé, lavé, etc..., dans l’outillage 16 mm. On voit qu’aucune modification de matériel n’est nécessaire. Ce n’est qu’après séchage qu’il est sectionné en 3 dans le sens de la longueur, suivant les lignes AA'et BBC Etant donné que le prix moyen d’un film de 30 m est 100 f (tous frais com-
- En A, il s’agit d’un son de faible intensité. La p artie tr ansp aren te du diagra mine est très étroite. Les rayures du film ne troublent l’audition que dans la partie transparente. Celle-ci étant très réduite, il y a peu de bruit de fond. Donc : à son faible, bruit de fond faible. En B, le bruit de fond est plus important puisque la partie transparente est plus large; mais les sons musicaux sont plus intenses également et ils couvrent le bruit de fond.
- pris), on obtient ainsi 30 m soit 1 fr 10 le m environ.
- X 3 = 90 m de son pour 100 f,
- TYPE DE L’ENREGISTREMENT A ADOPTER
- Les professionnels n’utilisent que deux types d’enregistrement : le système à densité fixe (ou en dents de scie) et le système à densité variable. Les caractéristiques et la technique
- de ces procédés ont déjà été exposées dans cette revue. Nous n’y reviendrons pas.
- Il semble, en l’état actuel de la technique de l’enregistrement graphique, que le procédé à densité variable est le plus adapté aux caractéristiques du film étroit. Ce sera sans doute le premier employé. Le procédé à densité fixe n’est cependant pas à dédaigner. Examinons donc les avantages et les inconvénients de l’un' et de l’autre système.
- A. Procédé à densité fixe. — Ce procédé a deux avantages très nets. Le premier est facile à concevoir : la fidélité de la reproduction dépend uniquement de la finesse des dents du diagramme. Il suffit d’obtenir un dessin noir sur blanc. De cette caractéristique, il résulte que : il n’y a pas de problème sensitométrique à résoudre lors de la prise de son, l’intensité de la lampe traceuse étant réglée par le constructeur.
- Pour la même raison, il est facile de tirer des copies de l’original par voie photographique puisqu’il n’y a pas de demi-teintes à respecter.
- L’autre avantage consiste en la possibilité de réduire le bruit de fond. Examinons la figure 4 qui schématise une bande sonore enregistrée par le procédé symétrique R. C. A. à haute fidélité. Ce diagramme est obtenu par la projection sur une fente d’un faisceau prismatique (dont la section droite est un triangle équilatéral. En A se trouve l’enregistrement d’un son d’intensité faible. Du fait que la partie transparente est très étroite, les rayures qui peuvent se trouver sur le film n’engendrent qu’un faible bruit de fond. S’il s’agit d’un son très fort, comme en B, la partie transparente devient plus large, mais le bruit de fond est couvert par l’intensité sonore de l’enregistrement. Les bruits parasites demeurent donc toujours proportionnels à l’intensité des sons musicaux ou de la parole.
- Mais ces qualités très séduisantes ont leur contre-partie. De nombreux inconvénients surgissent. L’oscillographe qui anime le spot lumineux est un instrument très coûteux. Sa manipulation nécessite de nombreux réglages : tension du ressort tendant les fils porte-miroir, contrôle de la viscosité de l’huile (car l’équipage mobile et le miroir sont plongés dans un bain d’huile pour éviter toute oscillation parasite),etc.
- Il existe cependant un oscillographe qui ne nécessite aucun réglage mécanique : c’est l’oscillographe cathodique. Jusqu’à l’heure actuelle, cet appareil demeure assez encombrant, et nécessite, pour projeter une trace lumineuse d’une intensité suffisant à impressionner la pellicule, une source de courant à haute tension (600 volts pour certains modèles). Cette difficulté pourrait être tournée en utilisant un élévateur de tension analogue à ceux qui équipent les postes de T. S. F.-auto, récemment lancés sur le marché. On voit que l’utilisation du procédé à densité fixe soulève des problèmes délicats à résoudre.
- B. Procédé à densité variable. — Par contre, le procédé à densité variable paraît plus souple.
- Il existe de nombreux dispositifs susceptibles de moduler l’intensité d’un faisceau lumineux. Citons parmi ceux-ci la cellule de Kerr. Ce qui caractérise ce procédé, c’est que la fidélité de la modulation dépend uniquement d’une mise au point d’ordre électrique. Il incombe au constructeur d’établir les circuits de l’amplificateur d’enregistrement en fonction des caractéristiques de la cellule modulatrice. Ceci étant, on a la certitude de l’utiliser au point optimum de son fonctionnement. On peut, à la rigueur, prévoir 1 ou 2 appareils de mesure destinés à ajuster les tensions d’alimentation aux valeurs prévues. Mais ces réglages très simples sont à la portée de tout opérateur. Ce qui importe, c’est de supprimer tout réglage mécanique, point délicat du système précédent. On peut objecter que de sérieuses difficultés surgissent pour le développement, puisqu’il faut respecter les moindres demi-
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- teintes; mais depuis que l’amateur a pris l’habitude d’acheter son lilm-image « développement compris », il est tout naturel de penser que le développement des bandes sonores ou le tirage des copies sera effectué par le laboratoire qui a vendu l’émulsion appropriée, lequel possède tout l’outillage de sensito-métrie nécessaire pour effectuer au mieux: le développement des pistes sonores à densité variable.
- Il semble que c’est ce procédé qui sera le premier utilisé. Néanmoins, le système à densité fixe ne doit pas être abandonné. Il faudrait, pour le rendre pratique, un oscillographe ne nécessitant aucun réglage mécanique. Il est souhaitable de pouvoir utiliser ce système, car certains clichés sonores, pour des raisons de réalisation ou de scénario, ne peuvent pas être donnés à développer ou à copier au laboratoire spécialiste. Or, seul, ce procédé permet à l’amateur d’effectuer les travaux en question.
- LES APPAREILS D’UTILISATION
- Qualités et caractéristiques de l’enregistreur. — Tout en étant doué des mêmes qualités, sa réalisation pratique peut se concevoir de bien des façons. L’ensemble peut comprendre 2 valises : dans l’une les sources d’alimentation, dans l’autre l’amplificateur et l’enregistreur. Un amplificateur à deux étages suffit, car la puissance modulée nécessaire pour faire vibrer un oscillographe à miroir ou moduler une cellule de Iverr n’est pas considérable. Au contraire, il faut au moins 1 watt modulé pour graver un disque avec un pick-up enregistreur. L’alimentation de l’enregistreur pourrait être assurée par un accumulateur pour le chauffage des filaments et par une pile sèche pour la haute tension. La courbe de réponse aux différentes fréquences doit exagérer le rendement des aiguës, pour compenser dans la mesure du possible l’atténuation qu’elles subissent par la suite. Le moteur qui entraîne la pellicule aurait avantage à être du type à ressort. Ce genre de moteur a aujourd’hui atteint une grande perfection, les phonographes actuels appuient cette affirmation. L’utilisation d’un tel moteur offrirait la possibilité de prendre des clichés sonores loin de toute source d’énergie, en pleine campagne, par exemple. Comme, en général, ce sont des scènes très courtes, on remonte le moteur entre chaque prise de son si besoin est. Cependant, un des axes du mécanisme doit être facilement accessible, soit pour établir une liaison de synchronisme avec la caméra de prise de vues, soit pour entraîner l’enregistreur
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- avec un moteur électrique quand on dispose du secteur, pour prendre des scènes de longue durée.
- Signalons, d’autre part, que les pièces en mouvement ne doivent pas être influencées par la pesanteur, ce qui signifie que l’enregistreur doit pouvoir fonctionner dans toutes les positions : qualité primordiale quand on opère en plein air. Enfin, dernier détail, l’appareil doit être pourvu d’un numéroteur de scènes (à 3 signes : 2 chiffres et 1 lettre). Ces signes peuvent être dessinés sur des celluloïdes transparents dont l’image s’impressionne sur la pellicule par voie photographique. On compose le numéro d’ordre en manipulant les signes par 3 boutons extérieurs.
- Le microphone. •— Cet accessoire doit être de haute qualité. Les meilleurs sont actuellement ceux du type électrostatique indéréglable, d’un type analogue à la capsule micro-phonique Gautrat. Ces micros sont obligatoirement munis d’un préamplificateur à 1 étage.
- Qualités et caractéristiques de l’appareil reproduc= teur. — Le mécanisme qui assure le déroulement des images doit être très silencieux pour ne pas troubler l’audition du haut-parleur. Il y aurait intérêt à établir un projecteur à déroulement continu comme il en existe déjà. La cellule couplée au lecteur de sons peut seulement être suivie d’un étage préamplificateur. On dispose alors d’un courant modulé dont la différence de potentiel est comprise entre 1 et 2 volts. Il suffit alors de brancher la sortie de ce préampli sur la prise pick-up d’un poste de T. S. F. On fait ainsi l’économie d’un amplificateur de puissance et d’un haut-parleur. Ce qui ne devra pas empêcher le constructeur d’établir ces deux accessoires qui seront acquis par les usagers ne disposant pas d’un récepteur de T. S. F.
- CONCLUSION
- La réalisation de l’appareillage nécessaire au film parlant d’amateur est chose possible. Sans trahir les secrets de certaines maisons, disons que le début de 1935 verra sortir les premiers enregistreurs. Ce sont de nouvelles possibilités qui s’ouvrent pour le cinéma artistique et scientifique. Car s’il est des artistes, il est aussi des chercheurs dans le monde des cinéastes amateurs. Et les manifestations de leur activité sont — chose rare aujourd’hui •— des travaux désintéressés. Ce n’est pas là le moindre argument en leur faveur.
- Jacques Normand.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- QU'EST-CE QUE L'HERBE AUX FEMMES BATTUES?
- Le Tamier (Tamus commuais) de la famille des Asparaginées, qui porte également les noms de Sceau de la Vierge, Sceau de Notre-Dame, Taminier, Bigno blanco en Gascogne, est une plante grimpante indigène qui croît dans les bois, les haies et fleurit en août, elle est pourvue d’une racine très développée, chargée de suc, qui était très employée autrefois pour panser les contusions, avec quelque succès, d’où le nom d’Herbe aux femmes battues, sous lequel elle était connue dans le peuple; la pulpe de cette racine râpée au moyen d’un couteau constituait en effet un cataplasme résolutif, provoquant une sensation de chaleur assez intense par activation de la circulation.
- Mais là ne se bornait pas son emploi : avait-on un mal de tête, un torticolis, voire même un rhumatisme, il suffisait de frotter la partie malade avec un peu de râpure, jusqu’à ce que la peau devînt sèche, pour qu’au bout de quelques minutes la douleur disparût.
- Sans exagérer l’efficacité du remède, on peut toutefois retenir cette pratique très ancienne pour obtenir souvent un soulagement bienfaisant, d’autant plus que si la sensation de chaleur est trop forte, il suffit, pour la calmer, d’appliquer un peu d’huile de table ou du lait.
- La récolte de la racine se fait en toutes saisons; pour la conserver
- on la place dans un peu de terre ou de sable humide et voilà un petit remède, en tout cas inoffensif, que l’on peut avoir facilement sous la main.
- UN GARGARISME DE PRÉPARATION FACILE
- Avec la mauvaise saison, nous voyons se manifester rhumes et maux de gorge qui révèlent l’installation sur notre muqueuse pharyngienne de fâcheux microbes, qui bientôt gagneront les bronches à notre grand détriment; c’est pourquoi il convient dès le début d’une gêne constatée d’empêcher leur développement par un nettoyage sérieux de l’arrière-gorge.
- A cet effet, la formule suivante de gargarisme donne d’excellents
- résultats :
- Biborate de soude........................ 5 grammes
- Chlorate de potasse...................... 5 •—
- Eau bouillie............................. 300 —
- A titre préventif un tel gargarisme pratiqué matin et soir, même et surtout si on est en état normal, assurera une immunité presque complète pendant tout l’hiver.
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- LIVRES NOUVEAUX
- La grande loi, par Maurice Maeterlinck, 1 vol., in-16, 219 p. Fasquelle, Paris, 1933.
- La grande loi, c’est l’attraction universelle, la force centripète, laquelle se complète par son contraire la force centrifuge due à la rotation. La magie de sa découverte par Newton est ici rappelée avec la magie des mots d’un grand écrivain. Et non seulement il sait montrer la clarté et la grandeur des idées classiques, mais il entreprend d’y intégrer les idées nouvelles sur l’éther, la relativité, la dilatation de l’univers et il aboutit à un tableau de la grandeur de l’esprit qui sait concevoir l’univers et de sa misère qui l’oblige à s’y arrêter.
- L'allumage des moteurs à explosion parbobine d’induction, par A. Boury et A.-M. Touvy. 1 vol., 276 p., 166 fig. J.-B. Baillière et fils. Paris, 1934. Prix : 35 l'r.
- L’allumage par bobine d’induction, le plus ancien en date des modes d’allumage pour moteurs, a aujourd’hui supplanté presque complètement l’allumage par magnéto. Les raisons d’économie ont provoqué cette transformation. Dans l’étude qu’ils consacrent à cet intéressant accessoire de l’automobile, les auteurs ne se bornent pas à décrire complètement et clairement les divers dispositifs aujourd’hui en usage. Ils font un substantiel historique de la question, et après un rappel du mécanisme de l’explosion des mélanges combustibles, ils donnent une excellente étude des propriétés de l’étincelle ainsi qu’une très claire théorie générale de la bobine d’induction. Leur livre répond bien au titre de la collection à laquelle il appartient : c’est une excellente mise au point qui rendra service aux techniciens et aux praticiens.
- Pour se chauffer et faire sa cuisine à l’électricité, par P. Maurer. 1 vol., 154 pages, 48 fig. Dunod éditeur, Paris 1934, Prix broché : 14 fr.
- Malgré le grand développement du chauffage et de la cuisine électriques observé depuis quelques années, il n’existait pas encore, sur cette question, d’ouvrage pratique à la portée du grand public. Ce petit livre, écrit par un spécialiste, comble cette lacune. Il décrit les appareils électriques domestiques et indique leurs propriétés, leurs avantages et la façon dont ils doivent être employés; sans aucune, prétention technique, il peut être lu partout usager; il guidera utilement ses lecteurs pour le choix de leur chauffage et du type d’appareil répondant le mieux au but visé.
- Cours de cinéma et de radioélectricité (tome I) : Précis d'électricité, par A.-M. Touvy. 1 broch. de 104 p., 91 fig. Éditions Film et Technique, 17, rue des Acacias, Paris, 1934. Prix : 12 fr.
- Dans ce petit volume d’initiation à l'électricité, ont été habilement condensées toutes les lois fondamentales qui régissent les phénomènes électriques.
- La première partie traite du courant continu et de ses caractéristiques; les divers appareils de mesure existants y sont en outre décrits; les phénomènes du magnétisme, de l’électro-magnétisme, de l’induction y sont expliqués.
- La seconde partie se rapporte au courant alternatif, on y trouve en particulier l’essentiel des lois générales concernant les circuits à courant alternatif.
- La troisième partie se rapporte aux applications principales courantes de l’électricité : moteurs à courant continu, à courant alternatif, transformateurs, piles et accumulateurs et, enfin, redresseurs pour la charge des accumulateurs.
- Les phénomènes périodiques de la chimie. — IL Les périodicités cinétiques, par Suzanne Veil. Broch. in-8, 31 p., 11 fig. Actualités scientifiques et industrielles. Hermann et Cie, Paris, 1934. Prix : 10 fr.
- Enumération de nombreux phénomènes cmmiques présentant des variations périodiques régulières même en milieu homogène, dont l’explication n’apparaît pas, malgré diverses tentatives.
- World Weather Records (1921-1930), bv H. Helm Clayton, publié par The Smithsonian Institution, Washington, 1934.
- Cette publication fait une synthèse des observations météorologiques accumulées en dix ans par les principaux observatoires météorologiques du monde. Ces observations sont groupées suivant les divisions suivantes : 1° Valeurs moyennes mensuelles des pressions, température et précipitation, groupées dans chaque continent par ordre alphabétique de pays; 2° moyennes mensuelles des mêmes éléments par grandes régions géographiques. On a ainsi une figure d’ensemble de la situation météorologique du monde. L’ouvrage contient aussi un état des taches solaires et de la radiation solaire de 1921 à 1930.
- Roses et rosiers, par Rivoire et Marcel Ebel. 1 vol. in-16, 386 p., 98 fig. Baillière et fils, Paris, 1933. Prix : 24 fr.
- La rose se plaît particulièrement en France et sa culture compte dans notre économie nationale. C’est par millions que sont vendus les sujets produits par les centres de Paris, Lyon, Angers, Orléans, Thois-sey et d’autres de moindre importance. Les cultures du Midi et de la Côte d’Azur, celles des environs de Lyon et surtout de la Brie, avec ses immenses surfaces vitrées, permettent de fantastiques cueillettes journalières.
- Les auteurs décrivent avec compétence et amour son histoire et sa légende, les divers caractères botaniques de la tribu, la multiplication, l’éducation des jeunes sujets en pépinière, la culture commerciale, les meilleures variétés actuelles pour l’approvisionnement du marché et la vente, les nouvelles cultures et méthodes employées dans la Brie, les cultures du Midi de la France, les soins généraux et la taille, la fécondation artificielle, les roseraies, les insectes et les maladies cryptogamiques, les travaux des mois, l’emballage, tout ce qu’il faut savoir de la plus belle des lleurs.
- Biochimie de la contraction musculaire, par Théophile Cai-in et Jacques Houguet. 1 broch. in-8, 43 p. Actualités scientifiques et industrielles. Hermann et Cie, Paris, 1934. Prix : 12 fr. Les travaux récents, notamment ceux de Meyerhof, ont permis de se faire une idée approchée de la contraction muscula're. Tant sur l’extrait de muscle que sur le muscle isolé et chez l’animal on trouve les glucides comme source principale d’énergie, leur destruction a lieu grâce à l’acide phosphorique et aboutit à l’acide lactique. Cet exposé groupe les faits actuellement connus.
- Hormones et vitamines. Un aspect du problème des quantités infinitésimales en biologie, par
- Z. M. Bac.q. 1 broch. in-8, 29 p., 5 fig. Actualités scientifiques et industrielles. Hermann et Cie, Paris, 1934. Prix : 8 fr.
- Exposé des acquisitions les plus récentes dans le domaine des actions biologiques de corps à doses infimes, les hormones et les vitamines. Les premières semblent sous la dépendance du système nerveux et agissent rapidement; les secondes existent en permanence et agissent lentement; elles semblent toutes deux pouvoir être produites par l’organisme à partir de substances apportées par l’alimentation. Elles influent sur les cellules à concentrations infiniment petites sans qu’on sache rien de leur formation ni de leur régulation et de leur mode d’action.
- Les oiseaux de France, par A. Menegaux. Tome II. Oiseaux d’eau et espèces voisines. 1 vol. in-16, 450 p., 148 fig.,80 pl. dont 64 en couleurs. Encyclopédie pratique du naturaliste. Leche-valier, Paris, 1934. Prix : cartonné toile, 50 fr.
- L’auteur est un des meilleurs spécialistes de l’ornithologie; il a eu à sa disposition la magnifique collection Marmottan du Muséum. Son œuvre est donc de première main et de premier ordre. Des clés dichotomiques guident les déterminations, des familles aux genres et aux espèces. Chaque oiseau est décrit dans sa forme adulte d’abord, puis aux stades juvéniles; sa biologie, ses mœurs, son habitat, sa répartition géographique sont rappelés. De nombreuses figures, d’excellentes planches précisent les données du texte; les œufs sont représentés. Ce livre sera le guide des naturalistes et des chasseurs.
- Les Aryens. Étude linguistique, ethnologique et préhistorique, par Georges Poisson. 1 vol. in-S, 272 p., 3 cartes, 5 pl. Bibliothèque scientifique. Payot, Paris, 1934. Prix : 20 fr.
- Ce nom, longtemps scientifique, est maintenant revendiqué comme un drapeau de race. Mais de quoi s’agit-il ? Les Aryens forment un groupe ethnique qui s’étend sur l’Europe et une partie de l’Asie. Il a en commun des caractères ethnologiques et linguistiques; il a une préhistoire et une histoire de la civilisation complexe, mêlée par les mouvements de peuples. L’auteur, s’appuyant surtout sur la préhistoire, trace l’évolution de ce groupe, montre ses expansions, les influences qu’il a subies et aboutit à une véritable histoire synthétique de l’Europe qui, est-il besoin de le dire, ne montre nulle supériorité constante d’une région ou d’une race, justifiant des désirs d’hégémonie.
- Les secrets des sorciers noirs, par Dim Delobsom. 1 vol. in-S, 298 p., fig., 7 pl. Collection Science et Magie. Émile Nourry, Paris, 1934. Prix : 30 fr.
- L’auteur est un noir, de caste noble, instruit, qui occupe à Ouagadougou un poste important dans l'administration française. Il connaît admirablement les coutumes, les croyances et les pratiques du pays Mossi et il en donne ici un témoignage direct, sincère, sans souci des théories des savants européens. Son livre est donc un document de première main et de premier ordre sur la pensée et la magie des noirs africains.
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- NOTES ET INFORMATIONS
- Fig. 1. — L'installation d’embarquement des phosphates à Vile Nauru {Océanie). Les chargements se font à 225 in du rivage dont l’accès est interdit par un atoll.
- TRAVAUX PUBLICS
- Remarquable installation mécanique pour l’embarquement des phosphates à l’ile Nauru (Océanie).
- Comme tous les récifs coralliens, dus à l’activité des polypiers vivant dans les mers tropicales, l’île Nauru, qui fait partie d’un archipel de la Micronésie (Océanie), se compose d’une plate-forme étroite ne se découvrant entièrement qu’à marée basse. Cet atoll descend en pente douce vers l’intérieur mais se termine, au contraire, vers le large par un talus très raide et d’accès difficile aux navires. Aussi pour faciliter l’embarquement des phosphates de chaux, dont cette île renferme d’imporlants gisements, on a imaginé les dispositifs suivants.
- Sur le rivage, se trouve un entrepôt d’une capacité de 12 000 tonnes. Deux convoyeurs à tablier se faisant suite et couvrant une distance globale de 225 m de longueur alimentent l’entrepôt en phosphate, séché au préalable, à partir d’une trémie d’attente de 80 tonnes. La vidange s’effectue par gravité au moyen de 24 orifices de décharge, qui surplombent un convoyeur à tablier avec rouleaux et tambours.
- Ce dernier règne au-dessus d’une passerelle inclinée longue de 80 m et peut transporter 550 tonnes par heure hors du magasin; il déverse les matériaux dans une tourelle cylindrique d’une capacité de 250 tonnes, jouant le rôle d’intermédiaire de stockage. Cette sorte de trémie possède deux orifices de décharge à chacun desquels correspond un convoyeur à tablier, capable de manutentionner 300 tonnes par heure. Chacun de ceux-ci emprunte des passerelles d’abord inclinées, puis horizontales et disposées en éventail de façon qu’à l’extrémité de la bifurcation leur écartement atteigne 45 m, — distance séparant les dispositifs terminaux d’embarquement. Ces derniers appareils comprennent chacun une volée pivotante portée par 48 galets coniques, dont les chemins de roulement reposent eux-mêmes sur des maçonneries quadrangulaires indépendantes ancrées sur le roc corallien.
- Grâce à cette originale installation, le cycle des opérations d’embarquement s’opère de la sorte. Le phosphate repris d’abord par un convoyeur qui l’achemine vers l’extrémité de la volée passe dans un second appareil similaire disposé dans une charpente mobile dont le porte-à-faux s’adapte parfaitement aux difficultés de la manutention maritime, tandis qu’une manche métallique achemine le phosphate dans la cale du cargo.
- D’autre part, une culasse de 20 m, 70 de longueur abrite un moteur de 30 ch et la cabine de commande du système; elle sert à équilibrer la volée qui peut tourner à la vitesse de 1 tour en 12 minutes.
- La maison anglaise Henry Simon, qui a réalisé cette originale installation, a construit récemment dans l’île Océan, sise à 250 km de Nauru, un équipement à peu près similaire, mais ici l’embarquement s’opère par l’intermédiaire d’allèges qui viennent se ranger à l’extrémité d’une volée fixe de 38 m, 50 qu’équilibre une culasse de 89 m, rivée à l’atoll. Enfin dans la charpente se trouvent, côte à côte, un convoyeur d’une capacité de transport de 180 tonnes-heure et une voie étroite pour wagonnets à benne basculante de 750 litres, destinés à faciliter les manœuvres. Jacques Boyer.
- AVIATION
- Le record de vitesse des avions terrestres.
- Ce record vient d’être conquis le 26 décembre dernier par le pilote français R. Delmotte, qui, à Istres, sur un avion Caudron, moteur Renault, a dépassé la vitesse de 505 1cm à l’heure (505,848 km/h).
- Cette vitesse a été mesurée sur une base de 3 1cm parcourue quatre fois.
- Le précédent record, 490,8 km/h, appartenait depuis septembre 1933 à l’Américain James Wedell.
- L’avion de Delmotte est un monoplan à train escamotable, avec volets hypersustentateurs d’intrados.
- Le moteur est un moteur Renault de 9,5 litres de cylindrée, développant 366 ch.
- Le moteur de l’avion de Wedell était un moteur de 23 1 de cylindrée développant 800 ch.
- La comparaison de ces deux chiffres met en évidence les progrès accomplis dans le dessin de l’avion.
- L’hélice utilisée au cours de l’épreuve était une hélice Ratier à pas réglable, en alliage ultra-léger « Durai ».
- Fig. 2. —- Cargo chargeant des phosphates à Vlie Nauru.
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- INVENTIONS ET NOUVEAUTÉS
- HYGIÈNE
- Les Filtres rapides « Neptune » à la station élévatoire des eaux de la Ville de Paris à Saint=Maur (Seine).
- La Ville de Paris, pour l’agrandissement de son usine des eaux de Saint-Maur, vient de commander une station de fdtres rapides « Neptune » pour traiter 12 500 m3 par jour.
- Jusqu’ici, la Ville de Paris filtrait ses eaux dans des fdtres lents en ciment, à ciel ouvert, dont la matière filtrante était simplement constituée par du sable de rivière.
- A la suite de nombreux essais, elle a fixé son choix sur les filtres rapides « Neptune » dont le prototype, en essai depuis janvier 1929, a été classé premier par la Commission scientifique d’étude et de surveillance des eaux d’alimentation de la Ville de Paris, présidée par le regretté professeur Roux,
- Entrée de l'eau de nettoyage à contre- courant
- Arrivée de l'eau à épurer
- Sortie de l'eau épurée
- Wmm
- Y/Az^A/z/Z/zé t//////// A'/' ///z. //z /z^/t/z//// Z//Z//t 'ZzAzz/z/i/ZZ,///,//// Z/ /,/ .
- ; '/zz/z /Y zZ/Z.'/Z/z/z///, 'Z. 'z/Z
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- Rampe d’air comprimé
- Entrée de l’air
- comprimé
- Vidange de l’eau
- Egout des boues
- Ftg. 1__Coupe d’un filtre rapide « Neptune ».
- directeur de l’Institut Pasteur, dans sa séance du 21 février 1933. Ce prototype d’essai a continué à donner une eau d’une transparence cristalline, même pendant la crue de 4 m de la Marne au printemps 1932.
- Ces filtres rapides offrent de nombreux avantages sur les anciens filtres lents.
- Leur encombrement est très réduit. Ils nécessitent onze fois moins de terrain que les filtres lents, ce qui est très appréciable pour les agglomérations urbaines où le terrain est maintenant fort cher.
- La vitesse de filtration est beaucoup plus grande par mètre carré.
- Les filtres rapides ne sont pas à ciel ouvert. Ils sont constitués par des réservoirs verticaux en tôle, fermés aux deux bouts.
- La matière filtrante n’est plus du sable, mais un quartz spécial.
- Comme le montre la ligure 1, l’eau entre dans le filtre par la partie supérieure, traverse toute la couche de quartz et ressort par la partie inférieure.
- L’eau, dans le filtre, est à la pression de 3 kg.
- Sa vitesse de filtration est de 10 m3 par mètre carré de surface filtrante et par heure.
- Les filtres lents nécessitaient une nombreuse main-d’œuvre pour le nettoyage du sable.
- Dans les filtres rapides, le nettoyage du quartz se fait automatiquement par renversement du courant. Par le simple jeu de A^annes, le quartz est nettoyé par contre-courant d’eau, c’est-à-dire que l’eau filtrée de nettoyage arrive par le bas, traverse toute la couche filtrante de bas en haut, où les boues sont recueillies et envoyées à l’égout. En même temps que l’on fait arriver l’eau de nettoyage par contre-courant, de l’air comprimé est distribué, à la partie inférieure du filtre, par un dispositif approprié, de façon à secouer, dans l’eau de nettoyage, toutes les particules de quartz de la couche filtrante. A la partie supérieure du filtre, une rampe extérieure d’air comprimé vient renforcer le nettoyage de la partie supérieure du quartz dans l’eau de nettoyage. En effet, les 30 premiers centimètres d’épaisseur de la couche filtrante sont ceux qui retiennent le plus d’impuretés. Il fallait donc un moyen plus particulièrement énergique pour nettoyer cette couche supérieure qui reçoit et retient plus directement toutes les matières en suspension dans l’eau.
- Le nettoyage ne prend que 15 minutes environ par jour pour une turbidité moyenne de l’eau brute.
- Il ne nécessite qu’une consommation d’eau d’environ 1 pour 100 de l’eau produite entre deux nettoyages.
- Avec un tel nettoyage, le quartz est maintenu continuellement en parfait état de propreté et sa durée est ainsi quasi illimitée.
- L’installation des filtres est faite sur la conduite de refoulement des pompes amenant l’eau brute.
- La perte de charge à travers le filtre n’est que de 200 gr lorsque le quartz est propre. Elle monte à 800 gr lorsqu’il est sale.
- Après le nettoyage, la perte de charge retombe à 200 gr.
- Deux manomètres jumelés, l’un branché sur l’eau brute, l’autre sur l’eau filtrée, indiquent la différence de pression des deux eaux.
- On peut ainsi contrôler à tout moment l’état du filtre et faire le nettoyage en temps voulu.
- La construction des filtres permet un groupement facile par rue, ce qui simplifie beaucoup le service.
- Pour l’usine élévatoire de Saint-Maur, il a été prévu cinq rues de filtres.
- Au total 20 filtres.
- Trois hommes et un chef d’équipe sont seulement nécessaires pour la surveillance et les nettoyages.
- L’eau filtrée est envoyée directement par gravité dans le réservoir général de Saint-Maur, d’où elle est reprise par des pompes qui l’envoient au réservoir de Ménilmontant ou d’autres quartiers, selon les besoins du service.
- Les eaux de nettoyage et les boues s’écoulent directement, par gravité, dans la Marne.
- L’air comprimé est fourni par la station de compresseurs de l’usine de Saint-Maur.
- Le tableau ci-après montre, par quelques relevés de procès-verbaux, l’efficacité quasi immédiate des filtres rapides.
- Quatre bulletins quotidiens de contrôle des eaux de Marne filtrées par le filtre « Neptune » à l’usine élévatoire des eaux de la Ville de Paris à Saint-Maur (Seine) ont donné :
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- Eau brute de Marne contenant Temps de marche Baclerium coli par litre. du ültre « Neptune »
- Bulletin N° 5 du 14 Mars 1932.
- non seulement par le peu de terrain employé, mais encore parle prix des filtres rapides, qui est bien moins élevé que celui des
- filtres lents, ainsi que par
- Fig.’
- .— Mode d'emploi de l'appareil à air chaud.
- les frais d’exploitation résultant de la réduction du nombre des ouvriers nécessaires.
- Cette nouvelle station sera en route au printemps prochain et sa construction a été confiée aux établissements Thurneyssen, rue Monsieur-le-Prince, 38, à Paris.
- Appareil électrique à air chaud.
- Le traitement par l’air chaud est préventif et curatif dans nombre de cas de maladies, comme les affections pulmonaires, les rhumatismes, lumbagos, etc...
- On peut appliquer la chaleur sur l’endroit malade, soit au moyen de douches à air chaud, soit au moyen de coussins chauffants, mais ces appareils sont ou fragiles, ou dangereux, et le courant électrique dépensé est mal utilisé, en raison des pertes de chaleur qui se produisent par rayonnement.
- L’appareil électrique dont il est question ici est un appareil robuste qui utilise directement le rayonnement calorifique d’une lampe, laquelle est placée au foyer d’un réflecteur complètement enfermé dans une enveloppe qui s’applique sur la partie malade d’une façon hermétique.
- Toute la chaleur produite est donc utilisée et l’application est localisée à l’endroit précis, sans crainte de brûlures et sans aucune surveillance de l’appareil.
- L’appareil est constitué par une source de chauffage électrique qui n’est autre qu’une lampe à filament qui émet des rayons chauffants et qui, pour plus d’efficacité, a une ampoule rouge.
- Elle est placée au centre d’un réflecteur qui dirige les rayons suivant une direction sensiblement parallèle, le tout étant renfermé dans un carter calorifugé, dont la forme est en rapport avec les services qu’on demande à l’appareil et qui peut s’adapter, si on le veut, à la partie du corps où l’on veut
- appliquer le traitement.
- Un bourrelet protecteur au
- IG 000 début. bord du carter
- 500 après 10 minutes. évite le contact
- 350 après 30 minutes. avec la peau et
- Bulletin N° 10 du 21 Mars 1932. assure une cer-
- taine étanchéité
- 10 000 temps non inscrit. favorable à la
- 250 production d’une
- Bulletin N° 35 du 25 Avril 1932. température con-
- 16 000 début. venable sans dé-
- 400 après 30 minutes. perdition de ca-
- 50 après 26 heures. lories.
- La dépense de
- Bulletin iV0 52 du 1er juin 1932. courant est mi-
- 25 500 début. nime, car toute
- 380 après 5 minutes. la chaleur four-
- nie par la lampe
- e réalisée par la Ville de Paris est très import ante, est utilisée, et il
- faut ajouter à la résistance de l’appareil la grande sécurité qu’il comporte pour éviter toute brûlure ou autre action trop énergique.
- Constructeur :
- V. Mendel, 35, allée J.-J. Rousseau, Pavillons-sous-Bois.
- Calorifuge
- Bourrelet
- Fig. 3. — Coupe de l'appareil électrique à air chaud.
- Fig. 4. — Table pour projection.
- CINÉMATOGRAPHIE Table pour projection.
- Les amateurs, les semi-professionnels ont besoin d’un support simple pour leur appareil de projection.
- Voici, pour obtenir une projection commode à hauteur convenable, une table pratique et bien étudiée, de faible encombrement.
- Exécutée en forte tôle d’acier, elle est extrêmement rigide et parfaitement stable, car l’un des pieds peut être allongé ou raccourci afin d’avoir un aplomb exact, même sur un sol non rigoureusement plat.
- Des équerres formant rebords rendent impossible tout déplacement anormal ou toute chute de l’appareil.
- Des trous prévus sur les montants permettent la pose immédiate d’un plateau supplémentaire.
- De construction très finie (bords des plateaux doublement repliés), de lignes modernes, simples, cette table est très élégante.
- Vernie noir au four, elle s’assortit très bien au projecteur. Elle est aisément démontable et se transporte facilement.
- En vente à la Société Azurea, à Feins (Loire).
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- BOITE AUX LETTRES
- COMMUNICATIONS
- A propos des lampes « monowa tt » et « demi-watt »
- Nous recevons d’un de nos lecteurs la lettre suivante. La question posée s’adresse aux constructeurs de lampes à qui il appartient de répondre.
- « Me sera-t-il permis d’élever la protestation d’un consommateur, contre la fabrication exclusive des lampes « demi-watt ». Cette protestation n’est pas celle du premier venu, puisque son auteur a fait de longues et solides études scientifiques, est licencié ès sciences, a été élève-ingénieur et ne se laisse pas prendre par un préjugé, un jugement « a priori », une apparence prise naïvement pour une réalité. Voici donc ce que j’ai constaté, contrairement aux conclusions des industriels et techniciens, au moins pour les lampes employées couramment dans les usages domestiques, c’est-à-dire de puissance lumineuse faible et moyenne :
- 1° Les demi-watt sont achetées plus cher que les mono watt.
- 2° Elles grillent plus facilement, donc ont la vie notablement moins longue. Quand une monowatt est brûlée ou cassée par suite d'un choc, un consommateur quelconque sans connaissances ni outils spéciaux, peut généralement prolonger encore la vie de la lampe en ressoudant les fils, ce qui est impossible avec une demi-watt.
- 3° Une demi-watt, à égalité d’éclairement, ne consomme en réalité guère moins d’électricité qu’une monowatt. En tout cas, le gain est très loin de compenser la perte venant du prix d’achat et de la plus grande brièveté de vie de la lampe.
- 4° La lumière demi-watt est moins douce et plus fatigante pour la vue que la monowatt, à moins que l’on n’emploie des procédés (abat-jour spécial, verre dépoli, etc.), qui augmentent encore le prix de la lampe.
- 5° De l’avis de beaucoup de consommateurs avertis, la monowatt
- éclaire mieux que la demi-watt. Je m’explique. Si l’on compare2 lampes l’une monowatt, l’autre demi-watt, dont l’intensité lumineuse a été mesurée égale en bougies par des procédés scientifiques, ou soi-disant tels, — et même pour 2 lampes de même consommation en watts (au moins pour les petites intensités lumineuses) —- la monowatt éclaire mieux que la demi-watt, c’est-à-dire que sa lumière est plus agréable, rend les objets plus lumineux, et, en tout cas, permet de lire ou de travailler plus facilement. Pour avoir même facilité de travail, il faut employer une demi-watt d’intensité lumineuse ou de consommation plus forte, que si on emploie une monowatt.
- 0° La demi-watt chauffe énormément, au point que l’isolant du fil amenant le courant se ramollit et peut se détériorer.
- Conclusion. — Il y a tout avantage, pour les usages domestiques, à se servir de monowatt, et beaucoup de consommateurs regrettent de ne plus trouver ces lampes dans le commerce. On les trouve très difficilement, et dans certaines localités il n’y en a plus du tout.
- Je laisse à d’autres le soin d’expliquer le pourquoi de mes constatations qui semblent contraires aux conclusions scientifiques des techniciens ». Un lecteur de La Nature.
- Adresses relatives aux appareils décrits :
- Dans le n° 2901, du 15 mars 1933, nous avions décrit un procédé du Dr Spangenberg pour obtenir des « herbages sans sol ». Beaucoup de lecteurs nous avaient ensuite demandé des renseignements complémentaires que nous n’avions pu donner. Nous apprenons qu’une société anglaise s’est constituée pour l’exploitation de ce procédé : Sprout Lted, Kimberley House, Holborn Viaduct, London, E. G. 1.
- QUESTIONS ET RÉPONSES
- De tout un peu.
- M. Guichard,à Paris. — Le collodion proprement dit étant à base de nitro-cellulose, présente l’inconvénient d’être très inflammable, c’est pourquoi nous vous conseillons plutôt de recourir à l’acétate de cellulose pour la confection de vos membranes souples.
- Nous pensons qu’une solution d’acétate de cellulose, à la concentration de 10 pour 100, dans ses solvants habituels, acétone, acétate de méthyle, ou le mélange alcool-benzine, pourra servir de départ à vos essais, en vous fournissant un liquide visqueux, de parfaite limpidité qui, par évaporation donnera une pellicule, polie, souple, transparente et non explosive.
- Les données suivantes peuvent servir de base :
- Acétate de cellulose............. 100 grammes.
- Alcool éthylique........................ 50 cent, cubes.
- Benzine................................. 50 —
- Plastifiant............................. 20 à 25 grammes.
- Ignifugeant............................. 10 à 15 —
- En général, on emploie comme plastifiant, la triacétine et comme ignifugeant, le triphényl ou tricrésylphosphate.
- Si vous ne voulez pas entreprendre une fabrication, nous vous signalons qu’il existe actuellement dans le commerce des pellicules d’acétate de cellulose, fabriquées par les maisons suivantes : Rhodolde (Société des Usines du Rhône); — Sicoïd (Société industrielle de celluloïd); — Plastine (Société des matières plastiques); — Oyocéthyle (Société l’Oyonnaxienne); — Cellulite (Convert et Cie); — Acéloïd (Petitcollin); — Novolithe (Sté la Bellignite); — Cellon (Rheinish-Westfalisch Sprengstof (A. G.).
- M. Vialar, à Bois-Colombes. — Votre alcaraza est devenue inutilisable par suite du développement d’algues sulfuraires visqueuses de la famille des Beggiatoacées ; pour les détruire, il suffira de laisser pendant quelques jours de l’eau chaude additionnée de un gramme par litre environ de permanganate de potasse.
- Passer ensuite à l’intérieur un goupillon un peu rude, puis rincer à l’eau claire; le récipient retrouvera ainsi ses qualités premières et sera désodorisé.
- M. Golas, à Patras. — Nous avons répondu à vos questions 1°, 30 et 50 dans un de nos derniers numéros, veuillez bien vous y reporter.
- 2° Les antiseptiques phénoliques sont prohibés pour la conservation des produits alimentaires.
- 4° Pour protéger vos cannelles en bois de toute altération d’origine extérieure, il vous suffira de les recouvrir d’un vernis à la gomme laque dans l’alcool à brûler à la concentration de 10 pour 100. (Ne pas filtrer pour conserver dans la préparation les cires résines dont l’effet est utile au point de vue brillantage).
- M. Mathiei^, au Havre. — Les encres destinées à obtenir des dessins décalcables ultérieurement au fer chaud, sont simplement des dissolutions de colophane dans l’alcool ou la benzine, tenant en suspension un pigment tel que le bleu de Prusse ou le noir d’ivoire ou colorés par une couleur au stéarate.
- Vous trouverez des produits de ce genre tout préparés pour décal-cage de broderies dans les grands magasins : Samaritaine, Printemps, etc., au rayon travaux de dames.
- M. Bézard, à Clichy. — 1° Vous ne pourrez vous procurer de la poudre de scille qu’en pharmacie, cette poudre étant utilisée comme diurétique puissant et pour produire une hypersécrétion des muqueuses bronchiques et intestinales, mais il est probable que vous éprouverez quelques difficultés pour vous la faire délivrer.
- 2° Nous avons publié récemment une formule pour la destruction des cafards, veuillez bien vous y reporter.
- 3° L'acide cyanhydrique est un poison trop violent, même à faible dose, pour que l’on puisse conseiller son emploi pour la destruction des insectes; de graves accidents seraient inévitables.
- M. Ferry, à Paris. — 1° La préparation des produits fluorescents ou phosphorescents est toujours aléatoire; température de chauffe, matières premières employées, etc.; même en partant d’éléments que l’on croit identiques, les impuretés parfois à dose infime, ont une action déterminante; nous ne pouvons donc préjuger des résultats; seuls des essais systématiques sont susceptibles de vous fixer.
- 2° Le produit de fixage sur le carton des écrans radiographiques est une colle cellulosique, généralement de la nitrocellulose en solution, acétone-acétate d’amyle.
- Le Gérant : G. Masson.
- 6334. — lmp. Lahüre, 9, rue de Fleurus, Paris. — 1-2-1935. — Published in France.
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- Paraît le 1er et le 15 de chaque mois (48 pages par numéro)
- LA NATURE
- MASSON et Cle, Editeurs, 120, Boulevard Saint-Germain, PARIS, VT (7{. C. Seine : /5.a3^ Tel. Danton 56.1t.
- PRIX DE L’ABONNEMENT
- Tarif intérieur, France et Colonies : 12 moi» (24 n"), 90 fr. ; — 6 mois (12 n®’), 45 fr.
- Prix du numéro vendu en France : 4 fr.
- Tarif spécial pour la Belgique et le Luxembourg : 12 mois (24 n*‘), 105 fr. ; — 6 mois (12 n**) 53 fr.
- Tarif pour l’étranger : Tarif n’ 1 j ^
- Tarif extérieur n" 1 valable pour tous les pays ayant accepté une réduction de 50 pour 100 sur les affranchissements des périodiques: Albanie, Allemagne, Argentine, Autriche, Brésil, Bulgarie, Canada, Chili, Colombie, Congo belge, Costa-Rica, Cuba, Egypte, Equateur, Espagne, Esthonie, Ethiopie, Finlande, Grèce, Guatemala, Haïti, Hedjaz, Honduras, Hongrie, Irak, Lettonie, Liberia, Lilhuanie, Mexique, Nicaragua, Panama, Paraguay, Pays-Bas, Perse, Pologne, Portugal et ses Colonies, République Dominicaine, Roumanie, Russie (U. R.S. S.), San Salvador, Serbie, Suisse, Tchécoslovaquie, Turquie, Union d’Afrique du Sud, Uruguay, Venezuela. Tarif extérieur n° 2 valable pour les autres pays.
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- N° 2947
- LA NATURE
- 15 Février 1935.
- FLÂNERIES ARCHÉOLOGIQUES EN LIBYE
- Cyrène, cité fameuse du monde hellénique, la plus riche et la plus peuplée de la Pentapole de Libye, colonie grecque, ainsi que ia Sicile et le Sud de T Italie, fut fondée
- au vne siècle avant notre ère. Elle passa, avec l’Égypte, sous la domination des Ptolémées, puis sous celle des Romains. Antoine la donna aux fils qu’il eut de la belle
- Fig. 1 à 6. — Cyrène. — 1. La tombe circulaire de Batto, fondateur de Cyrène. — 2. L’Agora. — 3. La trirème et le portique nord de l’Agora. 4. Les grands Thermes; à gauche, les Propylées. — 5. Le temple d’Apollon. — 6. Le Capitole.
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- Fig. 7 et 8. — Deux statues trouvées à Cyrène.
- A gauche, Eros tendant son arc\ à droite, statuette d’Isis.
- Cléopâtre mais ils dépendaient eux-mêmes de l’empereur Auguste.
- Deux révoltes juives, l’une sous Titus à l’occasion de la prise de Jérusalem, l’autre sous Trajan, en 116, amenèrent, dit-on, une hécatombe de 240 000 personnes dans toute la province.
- Déjà dévastée par ces tragiques événements, envahie par les Arabes en 643, elle fut abandonnée des derniers habitants à la suite de tremblements de terre et peu à peu le sable recouvrit ses splendeurs.
- Seuls, quelques Bédouins y vivaient, réfugiés dans ses grottes et tombes, ou des nomades dressaient leur tente près de l’eau bienfaisante qui y coule.
- Les premiers qui s’intéressèrent à ses antiquités furent en 1861 les Anglais Porcher et Smith qui en empor-
- Fig. 9. — La basilique byzantine d’Apollonia.
- tèrent quelques statues pour le British Muséum.
- Enfin, depuis leur arrivée dans la colonie, les Italiens, si experts en matière de fouilles, s’occupent activement de mettre au jour les merveilles ensevelies.
- L’année de leur arrivée, 1913, amena une sensationnelle et encourageante découverte : la splendide Vénus de Cyrène dont j’ai dévotement salué la venue au Musée des Thermes de Rome, où ses amoureux persistent nombreux et.fidèles.
- Une pluie diluvienne, ayant provoqué un glissement de terrain, une nuit d’orage, découvrit sa troublante nudité.
- Vous pensez la joyeuse surprise que suscita cette blanche apparition ! La déesse daignait sortir de terre pour apporter aux nouveaux occupants ses souhaits de bienvenue, heureux présage qui décupla l’ardeur des archéologues.
- Dès qu’il eut pacifié la région, en 1931, le général Graziani, gouverneur de Cyrénaïque, décréta Cyrène zone archéologique ; il en interdit l’accès aux nomades, ce qui permit, évitant les déprédations, d’y travailler en paix.
- Par ailleurs, il fit construire, couronnant la ville morte, un hôtel moderne et luxueux dont l’intérieur, revêtu de marbres somptueux, offre une préciosité dépassant certainement celle de l’antique Cyrène d’après les restes que nous en voyons.
- Les touristes, soucieux de leur confort, auront ici toute satisfaction; c’est, avant la capitale, Bengasi, le premier Palace construit en Cyrénaïque, signalant assez par là l’intérêt que l’Italie accorde à ses fouilles.
- Et, à présent, que nous montre Cyrène ?
- Avant tout un splendide panorama, ses 621 m d’altitude dominant la plaine et la mer, et sur cette belle toile de fond se détachent colonnes et portiques, gradins et statues.
- Serait-on cuirassé d’indifférrnee vis-à-vis de l’archéologie qu’on ne pourrait demeurer insensible en présence de toute cette beauté.
- Je pense que la combinaison de l’altitude et des ruines, mises en valeur par cet excellent hôtel, amènera ici outre les savants, nombre de gens que l’air pur et l’ambiance charmeront.
- Malheureusement pour moi, l’éminent directeur des fouilles, l’érudit Prof. Gaspare Oliverio, est à Rome et au milieu de ces ruines importantes la lumière de ses explications me manque infiniment.
- Au centre de l’Agora est la partie historiquement la plus intéressante.
- C’est un tout petit monument rond fait de larges dalles cintrées aux restes peu élevés; il passe pour être la tombe de Batto, le fondateur qui régna 40 ans sur Cyrène; comme ce tombeau date d’environ 26 siècles je suis toute pétrie du respect qu’il mérite.
- L’Agora était, dans l’antiquité, le lieu favori des Grecs pour leurs réunions, c’est là que se tenaient le marché,
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- les boutiques élégantes et les principaux édifices; là, en somme, que se déroulait la vie de la Cité.
- La nécropole s’étendant sur 30 km autour de la ville, le fait d’avoir désiré leur fondateur mort auprès d’eux
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- marque suffisamment l’importance que les vivants lui accordaient.
- Sur l’Agora une trirème de marbre est l’unique exemplaire complet connu. Le temple d’Apollon, de la fin du
- Fig. 10 à 15. — Leptis Magna.
- 10. L’intérieur de la basilique de Septime-Sévère. — 11. Vue à droite. •— 12. Vue vers la gauche.
- 13. Porte d’entrée du nouveau forum de Septime-Sévère. — 14. Les thermes. — 15. Le marché romain.
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- viie siècle avant le Christ, a conservé ses deux rangées de colonnes massives en tuf, plus ou moins intactes; beaucoup ne possèdent plus que les bases, mais les chapiteaux et entraves qui devaient être de bois ou métal manquent, le marbre n’étant apparu dans la décoration qu’autour du ve siècle.
- Cyrène ne présente guère que les Thermes, du Ier siècle de notre ère, qui possèdent des colonnes de marbres précieux. Avec son bassin, où se mire une statue, c’est un des monuments les plus sympathiques.
- Ce tuf des époques archaïques est forcément une matière pauvre et, ici, le volume et l’importance des colonnes ne viennent pas racheter cette pauvreté comme à Pæstum et en Sicile.
- De nombreuses sculptures furent retrouvées, quelques-unes de beau style archaïque, et beaucoup de copies, dont plusieurs excellentes, qui ornent les salles du musée de Strategheïon de Cyrène.
- La belle Vénus y reviendra, c’est promis, quand elle aura fait un séjour à Rome, « una permanenza », comme disent les Italiens.
- Les trouvailles les plus intéressantes, tout au moins au point de vue historique, sont les inscriptions, et, en premier lieu, celle qui est à proprement parler le testament par lequel Ptolçrqée Apione lègue Cyrène aux Romains.
- LA BASILIQUE D’APOLLONIA
- A 12 km de Cyrène, baignées par les vagues, s’élèvent les ruines d’Apollonia. Les fouilles n’ont pas commencé ici, on s’est contenté de relever ces étonnantes colonnes de marbre vert du sanctuaire où Apollon fut vénéré dans l’antiquité avant que ce temple devînt basilique chrétienne. Je m’y trouve au petit matin et, dans cette solitude, ces colonnes vertes émergeant de l’onde, irradiées de soleil, composent un décor magique, merveilleuse féerie de couleurs.
- LEPTIS MAGNA, LA FOLIE DE SEPTIME-SÉVÈRE
- Tête de ligne d’une voie qui se poursuit vers le centre de l’Afrique, la situation géographique de Leptis la dési-
- gna aux Phéniciens venus de Tyr qui y fondèrent une colonie environ 1000 ans avant notre ère.
- On ignore le début de son histoire, peuples heureux donc si le dicton dit vrai ; on sait seulement qu’elle partageait avec Carthage la domination sur l’Afrique du Nord, puis fut elle-même asservie à cette rivale et enfin annexée à l’Empire Romain l’an 25 avant le Christ.
- Leptis fut florissante sous les empereurs Auguste, Tibère et Trajan jusqu’à une invasion des Garamantes nomades du Fezzan qui la dévastèrent, et l’an 146 y naquit Septime-Sévère; son heureuse étoile l’ayant amené sur le trône, il donna à sa ville natale une gloire qu’elle n’avait encore jamais connue. Son ambition fut de lui faire dépasser la splendeur de Rome et il commanda des travaux considérables dont les restes inouïs démontrent l’importance.
- Il ne jouit jamais des embellissements qu’il avait voulus, la mort l’ayant surpris en Bretagne, disent les uns, en Grande-Bretagne, disent les autres, où il guerroyait. Sa femme Giulia Donna, que l’histoire présente comme une intellectuelle raffinée, mais de mœurs légères, amplifia encore les vues de son mari, et les marbres les plus précieux affluèrent de tous pays, faisant de Leby, ainsi qu’alors elle s’appelait, une cité surprenante de richesses. Elle comptait à cette époque 100 000 habitants; ce fut son apogée.
- Le ne siècle de la Chrétienté y établit un évêché. La décadence commença à l’époque d’une invasion d’Astu-riens, barbares de l’intérieur, en 363, et se développa au ve siècle par l’occupation des Vandales venus d’Espagne.
- Sous l’Empire Byzantin, Justinien apporta une trêve à cette déchéance. Tout en réduisant les limites de la ville, il en releva les murs. Pendant une courte période, Leptis brilla d’un dernier éclat, mais ce fut le chant du cygne.
- A l’invasion arabe du vne siècle, ses dimensions la réduisirent à n’être plus qu’une citadelle fortifiée et puis les habitants peu à peu s’en sont allés, chassés tant par les inondations de l’oued Lebda que par les sables envahisseurs, et comme en tous lieux, s’étendant vers l’ouest, ils fondèrent la petite ville de IToms toujours vivante.
- Fig. 16 el 17. — Sabratha. A gauche, Théâtre romain; à droite, mosaïque de la basilique justinienne.
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- Peut-être aussi quelque tremblement de terre vint-il aider à l’abandon de cette splendeur déchue.
- Inhabitée, la ville fantôme vit avec le temps ses contours s’estomper sous l’ensevelissement des sables d’or, ses riches piliers peu à peu s’effondrer et y noyer leurs chatoyantes couleurs. Elle devint la mine où venaient s’approvisionner les amateurs de beaux marbres. Les esclaves chrétiens de Mourad Aga choisirent les 48 colonnes qui forment les quinconces de la belle Mosquée de Tadjiura. Ceci se passait vers 1550.
- Notre consul Claude Lemaire, au xvne siècle, y puisa un important chargement pour la France. Ces colonnes ornent les églises St-Germain-l’Auxerrois de Paris et St-Louis de Brest.
- Quand en 1920 les Italiens, nouveaux occupants, entreprirent des travaux méthodiques, activement poursuivis depuis lors, ce fut pour sortir Leptis de l’oubli et l’auréoler d’une célébrité nouvelle; ce sera par ses ruines qu’elle brillera de nos jours.
- Pour empêcher les déplacements des dunes vagabondes, on a essayé ici une méthode qui semble réussir; on les fixe par des plantations qui les stabilisent, lutte coûteuse mais efficace contre ces éternels ennemis des monuments : le sable et le vent son acolyte.
- Plusieurs kilomètres avant de la joindre, Leptis se signale par un parfum délicieux; il provient des genestres du désert, jolie broussaille argentée et vaporeuse, de la famille du genêt, développée autour des « scavis ». précisément dans le but de retenir le sable et de l’en préserver.
- La voie d’accès passe successivement par les arcs de triomphe de Septime-Sévère, Trajan et Tibère. Le premier, très chargé comme tout ce que produisit l’Empire, est en cours de restauration. Huit bas-reliefs, numérotés à leur création des lettres de l’alphabet, montrent, sur une frise de 8 m sur 2, le triomphe de l’Empereur. Seule manque la lettre A. Les pendentifs de la coupole supportent de beaux aigles de marbre. Parmi les principaux monuments, le plus imposant est le Forum impérial. Septime-Sévère, trouvant trop mesquin celui dont on s’était jusqu’alors satisfait, commanda celui-ci dont nous voyons les restes magnifiques, dignes de la ville fastueuse qu’il rêvait. Sur place, d’anciennes inscriptions le nomment « Foro nuovo Severiano », témoignage en accord avec la tradition. Énorme, il comprend un temple surélevé, orné de 30 pilastres de granit rouge de Syène; il était dédié à Jupiter, Minerve et Junon.
- D’élégantes petites boutiques bordent un des côtés de cet immense emplacement. Dans son enceinte non encore entièrement déblayée, s’amoncellent, en pagaie, des colonnes de marbre cipolin ; c’est parmi elles que le consul Claude Lemaire fit son choix de celles qu’il envoya à Louis XIV.
- Toute voisine, la Basilique, plus tard consacrée au culte chrétien, est la mieux conservée du monde romain. Quatre hauts piliers carrés sculptés sur toutes leurs faces et 42 colonnes de granit d’Égypte en font un magnifique monument.
- Dans ces parages, la voie des 250 colonnes, jonchée de ses fûts qu’on redresse peu à peu, mène du Port aux Thermes. Dans une description de Leptis, ce mot
- Fig. 18. — Un motif de la mosaïque.
- « colonne » est l’obsédant « leitmotiv », cette ville semble une futaie de ces colonnes des matières les plus rares; elles se dressent dans l’azur, sveltes et légères; avec les Romains, si la vogue des colonnes est plus en faveur que jamais, nous sommes loin cependant des puissantes masses égyptiennes et même grecques des époques archaïques.
- Le Port, où les vagues venaient mourir sur les marches de marbre, est maintenant absolument ensablé et la mer s’est éloignée.
- Les Thermes, commencés sous Adrien mais terminés par Sévère, offrent un faste que notre époque ne connaît plus. De vapeur, chauds, tièdes ou froids, les bains se succèdent, offrant des piscines de tailles diverses, dallées de mosaïques ou d’un adorable vert antique.
- Cette somptuosité fait rêver et je me demande, par comparaison, ce que nos actuels monuments présenteront à l’admiration des visiteurs de l’an 3576, soit dans un égal laps de temps; il est vrai qu’avec les esclaves, main-d’œuvre économique, on pouvait se permettre le luxe des beaux et solides matériaux.
- Deux petits édifices octogonaux et une colonnade de granit noir décorent l’antique marché punico-romain. Les anciens Thermes, bien modestes auprès des autres, conservent des fragments de fresques. Un théâtre et un aqueduc, éloignés du centre et à peine déblayés, sont encore à signaler.
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- Le Musée, dans le cadre sympathique d’un jardinet fleuri que reflète l’eau d’un bassin, comprend des pièces de valeur dont un très bel Apollon du début du ve siècle avant J.-C.
- Attenante au musée, une charmante maison, asile de paix, où le Directeur, le Prof. Guidi, surintendant des Beaux-Arts de Tripolitaine, échappant aux multiples soucis de Tripoli, vient souvent travailler au calme.
- Eparses à travers la Libye, émergent un peu partout d’importantes ruines romaines où on n’a pas encore entrepris de véritables fouilles : les archéologues ont en ce pays bien des joies en perspective.
- Avec Leptis c’est sur Sabrata que se concentrent actuellement tous leurs efforts.
- SABRATA AUX MERVEILLEUSES MOSAÏQUES
- Quelques rochers, formant sur cette côte plate une petit port naturel, expliquent l’origine de Sabrata que sa situation géographique place dans la perpendiculaire de Ghadamès et Ghat, les antiques Cydamus et Rhapsa.
- Ainsi que Leptis, elle aurait été fondée par des Phéniciens venus de Tyr au vne siècle avant notre ère. Une inscription, trouvée à Ostie, signale l’échange de commerce entre ces deux ports, Sabrata acheminant sur Rome les marchandises provenant du centre africain : esclaves, bêtes féroces pour les jeux de l’arène, ivoire, plumes, peaux, épices.
- Sans avoir la magnificence de Leptis, elle présente quelques très beaux édifices et ses restes indiquent une population riche. De jolies mosaïques couvrent le sol de nombreuses demeures, même modestes, et l’importance du théâtre et de l’amphithéâtre témoigne assez de la place que les distractions tenaient dans la vie de ses citoyens.
- Un temple de Giove, au centre, s’impose par sa masse puissante; brûlé et saccagé par les Austuriens au moment de leur invasion du Nord africain de 363, il fut recouvert d’habitations et abandonné.
- Deux basiliques chrétiennes. Dans celle du ne siècle,
- un pilastre carré de marbre sculpté rappelle ceux de Leptis.
- L’autre, celle de Justinien, conservait en assez bon état, enfouie dans le sable, une énorme et magnifique mosaïque aux dimensions de laquelle s’adapta le Musée qui s’achève, où elle est à présent enclose et préservée, y formant la pièce de choix. Elle représente toute la faune ailée évoluant dans une treille géante que des arabesques relient : gallinacés, échassiers, palmipèdes, rapaces et, les dominant tous, l’oiseau de Junon, le Paon, étale la roue de ses plumes chatoyantes. Cette splendeur vaudrait à elle seule le voyage en Tripolitaine.
- L’arène de l’amphithéâtre correspond aux deux tiers du Colisée de Rome. Sa construction doit remonter au 11e siècle de notre ère. On sait qu’un magnifique spectacle de gladiateurs, qui dura cinq jours, y fut oifert par Caio Flavio Pudente à cette époque. Le théâtre comprenait trois étages de colonnades et l’ambition du Prof. Guidi, qui dirige les fouilles tripolitaines, serait de les relever et de reconstituer dans ce beau ciel africain ces festons aériens dont les arceaux de marbre couronnent ce superbe monument.
- Le bas de la scène s’orne d’intéressants reliefs traitant de la tragédie et de sujets mythologiques.
- Les petites loges d’artistes, sans prétentions, m’ont paru si émouvantes, évoquant les célébrités oubliées aujourd’hui qui les occupèrent.
- La philosophie qui se dégage d’une visite de ruines n’est-elle pas d’ailleurs une rude leçon d’humilité quand on voit le peu que chacun de nos prédécesseurs a laissé de lui-même, qu’il soit puissant et magnifique, chercheur, poète ou simple jouisseur? Une même égale poussière les recouvre tous de l’oubli des générations suivantes.
- Peu de noms subsistent; seuls, architectes et sculpteurs survivent dans les marbres que le temps n’attaque pas, c’est le réconfort où les statuaires actuels puisent leur courage pour le labeur journalier dont les traces demeureront après eux.
- De Lyée de Belleau.
- A PROPOS DE LA CHUTE DES MÉTÉORITES
- Nous avons publié au cours de l’année 1932 (1), deux articles sur la chute de météorites et notamment sur le météorite tombé en Sibérie en 1908. Un de nos abonnés pose la question suivante : « Quel effet peut produire sur la position de la Terre la chute simultanée des divers aérolithes qui ont formé la région des lacs sibériens dont parle cet article ? »
- Essayons donc d’apprécier l’influence de l’arrivée sur la Terre de la masse des uranolithes, et à cet effet recherchons, pour les plus grands d’entre eux, leur masse et la vitesse avec laquelle ils parviennent à notre globe.
- Le météorite de Sibérie, tombé le 30 juin 1908, a produit, lors de son arrivée, un véritable séisme, puisque
- 1. « Le météorite tombé en Sibérie en 1908 » (n° 2881, du 15 mai 1932) et « Les cratères de météorites » (n° 2885 du 15 juillet 1932).
- l’ébranlement du sol a pu être enregistré au sismographe d’Irkoutsk et dans un rayon de 1200 à 1500 km autour du point de chute. L’onde atmosphérique a été inscrite, par les micro-barographes, jusqu’en Angleterre, à 6000 ou 7000 km de distance. Enfin les effets destructeurs résultant de la chute ont affecté une étendue de 15 000 km2, comparable à celle des départements de la Gironde et du Lot-et-Garonne réunis.
- Le professeur L. Koulik, qui a exploré en 1927 la région dévastée s’est trouvé en présence de 10 petits cratères, profonds en moyenne de 4 m, larges de 10 à 50 m, dont le fond était occupé par de la tourbe. M. Koulik a évalué le poids de cet uranolithe à 130 tonnes !
- Dans l’Adrar, on a découvert une masse météorique (Q 1. A. Lacroix. C. R. de l’Ac. des Sciences, t. 179, 1924, p. 309.
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- on forme de parallélépipède, dont les dimensions visibles sont de 100 m sur 40 m. La troisième dimension est masquée par les sables accumulés. Si on admet que celle-ci est de 40 m au moins, on arrive à un volume de 160000 m3 et à une masse de l’ordre de 1 million de tonnes (1).
- Le « Meteor Crater » qui se trouve dans le désert de l’Arizona, aux Etats-Unis, au voisinage du Canon Diablo, rappelle les cirques lunaires par sa forme et sa disposition générale. Il a 1200 m de diamètre, 170 m de profondeur et ses parois dominent la plaine de 39 à 48 m. On attribue ce formidable entonnoir à la chute d’un uranolithe gigantesque.
- Des sondages ont été effectués pour parvenir auprès de ce corps venu des espaces célestes, non par curiosité scientifique, mais par intérêt — tout court —, car les fragments trouvés à la surface du sol contiennent du fer, du nickel, du cobalt, du platine, de l’iridium, etc.
- La société qui s’est fondée pour exploiter ce météorite, après de nombreux sondages infructueux, serait parvenue jusqu’à lui, après avoir creusé un puits de 500 m de profondeur et une galerie horizontale.
- On a estimé que cet uranolithe gigantesque ne pèse pas moins de 100 millions de quintaux, soit 10 millions de tonnes. D’autres évaluations attribuent à la masse un million de tonnes.
- Tenons-nous-en à ces chiffres, en faisant remarquer leur caractère hypothétique d’ailleurs, et négligeons toutes les autres chutes météoriques dans lesquelles les masses apportées vont de quelques grammes à quelques tonnes.
- Considérons maintenant la vitesse de chute des météorites.
- Les trous creusés parles uranolithes que l'on a uns tomber ne sont jamais d’une grande profondeur. Ainsi le plus gros dont la chute ait été observée est tombé à Paragould dans l’Arkansas, le 17 février 1930. Il pèse environ 400 kg et il a pénétré dans le sol à une profondeur de 2 m, 45 seulement. Un aérolithe de 82 kg s’est enfoncé de 1 m, 20 dans de l’argile, et un autre, de 302 kg, tombé obliquement, suivant une direction faisant un angle de 27 degrés avec la verticale, a été trouvé à 3 m, 35 de profondeur (2 3). Un bloc météorique du poids de 293 kg, tombé en Tehéco-Slovaquie, à Kuyahinya, le 9 juin 1866, s’est enfoncé à 3 m, 50 dans le sol.
- Enfin, la plupart des météorites dont les chutes ont été observées n’ont creusé que des trous ne dépassant pas 30 à 60 cm de profondeur.
- Il semble ainsi qu’en général la vitesse d’arrivée au sol ne soit pas très grande. Cependant, la vitesse avec laquelle les uranolithes parviennent dans l’atmosphère est de l’ordre de celle des étoiles filantes, et elle a été trouvée comprise entre 16 et 75 km par seconde (’).
- Cette énorme vitesse des météorites par rapport à l’observateur est freinée de la manière la plus énergique par le matelas d’air que forme l’atmosphère terrestre, une grande partie de l’énergie cinétique du météore se transformant en chaleur avant son arrivée au sol.
- 1. J. Bosler. Cours ci'Astronomie : III. Astrophysique, p. 467.
- 2. La Nature, n° 2885, du 15 juillet 1932 : « Les cratères de météorites ».
- 3. J. Bosler : Cours d'Astronomie : III. Astrophysique, p. 462.
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- D’après de curieuses expériences, faites à l’Institut aérotechnique de Saint-Cyr sur des fragments d’aéro-lithés (1), on a trouvé que la vitesse limite de chute de météorites de petites dimensions est de l’ordre de 70 m par seconde, soit mille fois moins que leur vitesse astronomique avant la traversée de l’atmosphère. Pour des météorites de 1 m, 80 de longueur, ono btiendrait une vitesse limite de 420 m à la seconde.
- Naturellement, nous n’avons aucune idée de la vitesse limite de chute d’un météorite de 1 million de tonnes! Mais pour la question qui nous intéresse, cela a relativement peu d’importance, l’action totale sur la Terre comprenant l’effet produit dans l’atmosphère et le choc sur le sol.
- Demandons-nous donc, pour restreindre le problème,
- Fig. 1. — Déplacement du pôle Nord à la surface de la Terre pendant
- l’année 1908.
- Le centre de la ligure indique la position moyenne du pôle. Chaque division de 0" ,10 représente 3 m, 10. La courbe décrite par le pôle du 1er janvier 1908 (1908,0) au 1er janvier 1909 (1909,0) est divisée en dixièmes d’année. Le 30 juin, date de la chute du météorite de Sibérie, correspond au point n° 5.
- quel sera l’effet produit sur notre globe par l’arrivée d’un uranolithe de 1 million de tonnes à la vitesse maximum de 75 kilomètres à la seconde.
- La masse de la Terre, d’après les meilleures déterminations (2) est de :
- 5,974 X 10?' grammes, soit de 5,9 74 X 1021 tonnes,
- ou, si l’on préfère :
- 5 974 000 000 000 000 000 000 tonnes,
- c’est-à-dire : 5 974 quintillions de tonnes !
- Notre bolide de 1 million de tonnes fait déjà assez triste
- 1. La Nature, n° 2S85, du 15 juillet 1932 : « Les cratères de météorites ».
- 2. Annuaire astronomique Flammarion, 1934, p. 156.
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- figure à côté de cette masse imposante. De tels nombres ne disent pas grand’chose à l’esprit et il vaut mieux réduire l’échelle des dimensions. Nous trouvons ainsi qu’entre 5974 quintillions de tonnes et notre bolide existe le même rapport qu’entre
- 5 974 000 tonnes et 1 milligramme !
- La Terre, recevant un météorite de 1 million de tonnes, se trouve dans le même cas qu’une sphère de 5974000 tonnes sur laquelle tombe une masse de... 1 milligramme! Il est vrai que ce milligramme arrive à la vitesse de 75 km à la seconde.
- Si nous admettons que toute l’énergie cinétique du météore se trouve communiquée à notre planète, sans aucune déperdition (ce qui est faux puisque la quasitotalité de l’énergie est transformée en chaleur) on trouve que le choc lui communique une vitesse inférieure à un millimètre par seconde. Et encore faudrait-il que le choc se produisît juste dans la direction du centre de la Terre.
- Un météore de même masse, mais animé seulement de la vitesse de 16 km par seconde, ne communiquerait plus à notre globe qu’une vitesse de 5 centièmes de millimètre par seconde.
- Mais, répétons-le, toute l’énergie du bolide, ou presque, est transformée d’abord en chaleur. Ainsi la chute de météorites, même de 1 million de tonnes, n’a aucune influence efficace sur la position de la Terre.
- Un mathématicien célèbre, en manière de boutade, affirmait un jour qu’en crachant il déplaçait les pôles de la Terre. Notre conclusion ne va pas à l’encontre de cette affirmation : théorie et faits sont d’accord, mais tout dépend de la grandeur des phénomènes.
- Nous pouvons nous demander si la chute d’un énorme
- uranolithe n’a pas déjà déplacé les pôles terrestres. Malheureusement (ou heureusement) depuis que l’on suit minutieusement la marche du pôle à la surface du globe, nous n’avons pu profiter de la chute d’un météore de 1 million de tonnes ! Il y a eu celui du 30 juin 1908, en Sibérie, bien petit il est vrai, malgié ses effroyables ravages.
- Reportons-nous à la figure 1. Elle représente le déplacement du pôle nord de la Terre ou, si l’on préfère, le déplacement du point où l’axe de rotation terrestre perce le sol. Cette variation du pôle boréal a été déterminée par l’astronome Albrecht, de l’Observatoire de Potsdam, d’après les observations faites continuellement aux stations géodésiques spéciales de Mizusawa, Tschardjui, Carloforte, Gaithesburg, Cincinnati et Ukiah, toutes situées autour du monde et à la même latitude de + 39°8'. Sur le diagramme reproduit ici, la courbe indique le déplacement du pôle pendant l’année 1908, de dixième en dixième d’année. Le cadre du dessin est divisé en dixièmes de seconde, autour de la position moyenne du pôle, qui en occupe le centre. Une seconde d’arc vaut 31 m sur le sol; un dixième de seconde représente donc 3 m, 10 et on peut, sur le graphique, estimer les centièmes de seconde, soit 0 m, 31.
- Le 30 juin 1908, date de chute du météorite de Sibérie, correspond, sur la courbe, au point marqué 5. Après le point 5, la courbe continue très régulièrement, et rien ne décèle une action quelconque produite par le bolide de Sibérie.
- La Terre a une masse si imposante qu’elle défie le choc des uranolithes ; elle continue inexorablement sa marche autour du Soleil.
- Em. Touchet.
- L’OFFICE NATIONAL INDUSTRIEL DE L’AZOTE, A TOULOUSE
- De nombreuses études, publiées un peu partout dans la presse, ont montré l’importance des composés azotés, aussi nécessaires à l’agriculture, en raison de leur puissance fertilisante, qu’ils sont indispensables, en temps de guerre, à la défense nationale, puisqu’ils sont à la base de la plupart des explosifs.
- Chacun sait que l’air qui nous entoure contient environ les 4/5 de son volume d’azote. Cet azote, après son utilisation par les plantes, retournant un jour ou l’autre dans l’atmosphère, celle-ci constitue une réserve inépuisable de ce précieux élément de fertilisation du sol. Peu de plantes, malheureusement, si l’on en excepte les légumineuses, puisent directement dans l’air l’azote dont elles ont besoin. Aussi, de toute éternité, semble-t-il, on s’est efforcé de rendre au sol l’azote absorbé par les plantes, tout d’abord au moyen du fumier produit à la ferme, ensuite à l’aide des guanos et nitrates divers.
- Mais les guanos et nitrates ne sont pas inépuisables, et,
- en raison notamment de la motorisation des moyens de transport dans tous les pays civilisés, le fumier devient de moins en moins abondant. Or la consommation annuelle d’azote, dans le monde entier, oscille entre 1500000 et 2 000000 t. En France seulement, elle varie entre 150000 et 200000 t par an. Aussi la fixation de l’azote atmosphérique et sa combinaison avec l’hydrogène, pour donner l’ammoniaque, qui est à la base de la plupart des engrais azotés, posèrent les termes d’un problème ardu dont la solution hanta longtemps le cerveau d’obstinés chercheurs.
- C’est le chimiste français Le Châtelier qui, le premier, montra la voie à suivre en signalant la réaction permettant cette combinaison. Des chimistes allemands, poursuivant les études de Le Châtelier, et notamment Nernst, Haber et Bosch, réalisèrent enfin cette synthèse de l’ammoniaque, et leur procédé, connu sous le nom de procédé Haber, fut mis au point vers 1912, par la B.A.S.F. (Badische Anilin
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- und Soda Fabrik) qui, dès le mois d’août 1914, produisait, par hydrogénation de l’azote à haute pression, jusqu’à 25 t d’ammoniaque synthétique par jour.
- Et, malgré son isolement, malgré le blocus maritime des Alliés, privant l’Allemagne des nitrates du Chili, matière première pour la préparation de l’azote, le formidable développement donné à ce procédé lui permit d’assurer, pour elle et ses alliés, ravitaillement en explosifs et, en même temps, ravitaillement alimentaire, par l’intense fertilisation du sol, prolongeant ainsi de plusieurs années une guerre horriblement meurtrière.
- LA CRÉATION ET LES DÉBUTS DE L’OFFICE NATIONAL DE L’AZOTE
- Au lendemain des hostilités, le Gouvernement français
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- Au cours de la guerre, les conventions relatives à la propriété industrielle avaient cessé d’être appliquées entre les ressortissants des puissances belligérantes ; le traité de Versailles avait, d’autre part, réservé au Gouvernement français des droits sur les brevets pris en France par des inventeurs allemands lorsque leurs inventions paraissaient offrir un intérêt pour la défense nationale.
- Cette possibilité, toutefois, demeurait théorique, une expérience, tentée au cours de la guerre par un de nos alliés en vue d’appliquer industriellement les principes dont s’inspirait le procédé Ilaber, ayant démontré que, d’après les simples descriptions des brevets, et sans une expérience très poussée des ingénieurs, une main-d’œuvre exercée, et la connaissance des tours de main, il était
- Fig. 1. — Vue générale des Usines de 10. N. I. A. (Côté nord-ouest).
- estima indispensable d’organiser sans retard la production de l’ammoniaque synthétique. D’une part, en effet, l’agriculture, négligée pendant cinq ans, avait de ce fait un besoin urgent d’engrais azotés : or, dans une économie désorganisée, il était essentiel de réduire au minimum les importations; d’autre part, après les angoisses de la guerre (ravitaillement aléatoire en nitrate de soude), un souci élémentaire de sécurité exigeait que notre industrie fût à même de fabriquer par ses propres moyens un produit qui était à la base de la production des poudres et des explosifs. Or l’Allemagne seule alors avait, dans ce domaine, abouti à des réalisations industrielles.
- Certes les principes du procédé Haber n’étaient pas inconnus de nos savants et de nos ingénieurs. Mais si des études et essais à l’échelle du laboratoire avaient été faits, à l’échelle industrielle rien n’avait encore été réalisé.
- impossible de tenter la réalisation industrielle et à grande échelle d’un procédé mettant en œuvre un machinisme aussi formidable.
- Le Gouvernement français songea donc avec raison à s’assurer le concours volontaire de ceux qui, l’ayant mis au point, exploitaient industriellement, depuis plusieurs années, le procédé Haber, et entra en pourparlers, à cet effet, avec la « Badische Anilin und Soda Fabrik ». Les négociations, rapidement menées, aboutirent à la convention du 11 novembre 1919 qui, moyennant une redevance raisonnable, nous assurait le concours de la firme allemande pour la construction et la mise en route d’une usine susceptible de fixer et de transformer en engrais une quantité minimum de 100 t d’azote par jour. La B.A.S.F. s’engageait, en outre, à n’exploiter directement ou indirectement les procédés ou produits mentionnés à la
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- convention ni en France, ni dans les colonies ou pays de protectorat.
- Il n’était jamais entré dans les intentions de l’Etat français d’exploiter lui-même industriellement le procédé Haber. En rapport, dès avant la convention de 1919, avec les représentants les plus qualifiés de l’industrie chimique française, il comptait, ayant acquis le procédé dans l’intérêt général du pays, et pourvu que toutes les garanties visant les nécessités de défense nationale lui fussent données, en confier l’exploitation à l’industrie privée. Pour des raisons diverses, les concours se déro-
- bèrent. Aussi, après avoir envisagé plusieurs statuts juridiques (société anonyme avec capital souscrit par l’Etat et les grandes collectivités, régie intéressée ou régie directe), le Parlement s’arrêta-t-il à une formule prévoyant la mise en œuvre du procédé par un organisme de caractère nettement industriel, fonctionnant d’après les lois et usages du commerce, ne bénéficiant d’aucun privilège ou monopole, mais dont le capital serait entièrement souscrit par l’Etat.
- En raison même de ces pourparlers et négociations, la loi créant l’Office national industriel de l’Azote ne fut votée que le 21 avril 1924 et le règlement d’administration
- publique déterminant son fonctionnement ne parut que le 30 mai 1925. Au cours de ces années, passées en discussions et délibérations, où se mêlèrent par moments, sinon la passion politique, du moins des préoccupations excessives de doctrines, l’industrie privée, mettant à profit les travaux de M. Georges Claude, était enfin parvenue, elle-même, à réaliser, dans une voie différente de celle suivie par les Allemands, la synthèse de l’ammoniaque.
- Cependant, on n’avait pas attendu le règlement d’administration publique pour se mettre à l’œuvre, et dès le 1er août 1924, un Service d’Etat, le Service de l’Ammoniaque synthétique, auquel devait par la suite se substituer l’O.N.l.A. lorsque ses statuts seraient arrêtés, entreprenait la réalisation de l’œuvre décidée et commençait la construction des usines dont l’achèvement et l’exploitation allaient être confiés à l’O.N.l.A.
- Situées dans la banlieue de Toulouse, sur la rive gauche de la Garonne, et en amont de la ville, en bordure de la ligne de chemin de fer de Toulouse à Bayonne, à laquelle elles sont reliées par un important embranchement particulier, comportant près de 30 km de voies ferrées, ces usines occupent une superficie d’environ 60 hectares.
- Les travaux de construction furent poussés avec une grande activité. Cependant, dans l’espoir de réduire dans la mesure du possible les frais de production, on estima à l’origine que certains aménagements dans le cycle complexe des fabrications de l’ammoniaque pouvaient être réalisés sans inconvénient à Toulouse.
- C’est avec cette idée qu’on substitua à un chaînon de ce cycle (selon les procédés de la Badische) une variante pour l’une des opérations de purification des gaz, établie d’après des principes nouveaux. La réalisation industrielle de cette conception, techniquement exacte puisqu’elle a reçu depuis, avec, il est vrai, certaines modalités, de nombreuses applications, donna lieu à de graves difficultés qui se manifestèrent par des retards et, finalement, par la défaillance de l’entrepreneur à qui leur réalisation avait été confiée.
- Ces déboires eurent naturellement pour conséquence de sérieux embarras de trésorerie provoqués, en partie, par l’insuffisance des dotations accordées pour une installation dont on avait peut-être sous-évalué l’importance, et par l’irrégularité avec laquelle ces dotations de premier établissement furent allouées. En dépit de tous ces obstacles, la mise en route de la fabrication de l’ammoniaque put avoir lieu, à quelques semaines près, à la date prévue (avril 1927), mais avec des rendements insuffisants au début.
- Les campagnes souvent violentes et peut-être intéressées qui se produisirent alors ont leur origine dans ces difficultés initiales, parfaitement explicables cependant si l’on tient compte des efforts techniques exceptionnels qu’entraînait la mise au point d’une installation considérable
- Fig. 2. — Fabrication de l'ammoniaque. — Echangeurs de l’atelier de conversion de l’oxgde de carbone.
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- qui n’avait jamais encore été réalisée en France. A titre d’indication on peut signaler que les quantités de gaz traitées sont de l’ordre de 500 000 m3 par 24 h à des pressions allant jusqu’à 800 kg par cm2.
- C’est, on le conçoit, la préparation de l’ammoniaque qui est à la base de toutes les fabrications de cette vaste et importante usine. Si elle est moins colossale que celles qu’a édifiées le puissant groupement qui a englobé la B.A.S.F., l’I.G. (Interessen Gemeinschaft für Farben Industrie), son installation est si parfaite que le visiteur s’enorgueillit de penser qu’elle est une œuvre française.
- L’ammoniaque obtenue, la fabrication se divise en trois branches principales puisque l’azote, dans les engrais, se présente également sous trois formes que nous étudierons le moment venu.
- FABRICATION DE L’AMMONIAQUE
- L’ammoniaque, comme chacun le sait, étant une combinaison de 1 partie d’azote pour 3 parties d’hydrogène, il convient tout d’abord de préparer ces deux constituants. Le premier est produit en majeure partie par combustion de l’air, dans une opération accessoire de la fabrication de l’hydrogène. Le complément est fabriqué par liquéfaction de l’air, puis rectification de cet air liquide. La liquéfaction de l’air est obtenue dans des appareils du type Messer, au nombre de trois, pouvant donner chacun 500 nT d’azote par heure.
- Comprimé, puis détendu à plusieurs reprises, cette détente étant génératrice de froid, l’air est d’abord amené à l’état liquide. Au cours de sa rectification, l’azote, plus volatil, se dégage le premier à l’état de pureté, et est recueilli dans un gazomètre pour être combiné ultérieurement avec l’hydrogène. L’oxygène et les gaz rares qui entrent dans la composition de l’air en sont ainsi séparés de la façon la plus simple.
- L’hydrogène, le plus cher et le plus difficile à obtenir des deux composants de l’ammoniaque, est, dans certaines usines situées près des houillères, extrait des gaz d^s fours à coke, qui en contiennent environ la moitié de leur volume. A condition de disposer d’une énergie électrique suffisamment abondante et bon marché, on peut encore l’obtenir par électrolyse de l’eau. Tel n’est pas cependant le cas à Toulouse, où l’hydrogène nécessaire, suivant un procédé indiqué par M. Matignon, développé et mis au point par la B.A.S.F.,
- Fig. 3. — Fabrication de l’ammoniaque. — Colonnes de lavage à 250 kg des ateliers de purification du mélange gazeux.
- Fig. 4. — Fabrication de l’ammoniaque. —• Groupe de trois gazomètres de 25 000 mA dans lesquels sont emmagasinés de l’azote, du gaz à l'eau et de l’hydrogène.
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- est préparé au moyen du gaz à l’eau. Celui-ei, en principe, est lui-même obtenu de laçon fort simple, puisqu’il suffît de décomposer la vapeur d’eau en lui faisant traverser une masse de coke en ignition. La réaction étant endothermique, il est cependant nécessaire, de temps en temps, d’arrêter l’injection de vapeur d’eau pour insuffler de l’air destiné à réchauffer la masse de coke, dont la température ne saurait descendre trop bas. C’est cette opération, dite de « souillage », qui permet d’introduire, dans le gaz à l’eau, une certaine proportion d’azote.
- doutes ces opérations s’elîectuent dans un atelier spécial qui comporte six groupes d’appareils du type « llum-phreys », dont quatre sont à commande et chargement automatiques, et cinq groupes du type « Pintsch ».
- Chacun de ces groupes peut produire de 1500 à 1800 nr'
- Fig. 5. — Fabrication de Vammoniaque. — Vue d'ensemble de de compression du mélange gazeux.
- de gaz à l’heure. Un groupe « Humphreys » plus moderne peut donner 4000 mri à l’heure.
- La réaction fort simple :
- C + H20 = CO + H2
- donne un gaz qui contient approximativement 40 pour 100 d’hydrogène et 40 pour 100 d’oxyde de carbone, le reste étant composé, pour la plus grande partie, d’azote, d’acide carbonique, et d’un peu d’hydrogène sulfuré, en quantité très petite, il est vrai, mais fort nuisible parce qu’il est susceptible de provoquer des corrosions, et qu’il ralentit certaines réactions ultérieures.
- Du gazomètre, où il a été recueilli, le gaz à l’eau passe dans un atelier de désulfuration où, par oxydation catalytique partielle, l’hydrogène sulfuré est éliminé en abandonnant son soufre qui est récupéré.
- Il reste en présence de l’hydrogène, de l’azote et de l’oxyde de carbone, qu’il s’agit de convertir. Cette opéra-
- tion s’effectue, en présence d’un catalyseur convenable, par action réductrice de cet oxyde de carbone sur de la vapeur d’eau. La libération de l’hydrogène enrichit le gaz à l’eau et l’oxygène transforme l’oxyde de carbone en gaz carbonique,
- CO + I120 = CO2 + IP
- C’est encore la B.A.S.F. qui mit au point les appareils destinés à la conversion en gaz carbonique de l’oxyde de carbone. A l’O.N.I.A., l’atelier de conversion comporte 12 systèmes de fours de contact pourvus chacun des installations annexes, échangeurs de température, réfrigérants et évaporateurs. Chacun de ces systèmes pouvant traiter 3500 mJ de gaz à l’heure, on peut se rendre compte de l’importance de cette production.
- L’hydrogène sortant des ateliers de conversion est envoyé dans un gazomètre. 11 n’est cependant pas débarrassé entièrement de l’oxyde de carbone, car la réaction précédente en laisse toujours subsister une petite quantité. Il contient également beaucoup d’anhydride carbonique, et la présence de ces deux gaz empêcherait la synthèse de l’ammoniaque.
- Il faut donc encore le purifier. On lui ajoute, à ce moment, la quantité d’azote nécessaire pour que cette synthèse soit possible dès que le mélange sera purifié.
- Cette purification s’effectue, en deux temps, dans un vaste atelier où le mélange, tout d’abord, est débarrassé par lavage de. son acide carbonique qui est dissous par l’eau.
- Ce lavage s’opère à la pression de 25 kg/cm2, dans six colonnes verticales, de chacune 11 m de hauteur, dans lesquelles le gaz est introduit à la partie inférieure.
- A la partie supérieure tombe, en pluie, de l’eau comprimée à 30 kg par 4 turbo-pompes de 500 ch débitant chacune 500 m'1 d’eau à l’atelier l’heure. Le gaz circule donc dans ees colonnes
- en sens inverse de l’eau qui, à sa sortie, est détendue dans des turbines « Pelton » montées sur le même arbre que les pompes. Ces turbines récupèrent ainsi une partie de l’énergie dépensée par les pompes pour la compression de l’eau.
- Au cours de cette détente, l’eau abandonne le gaz carbonique qu’elle a absorbé, et c’est à ce moment qu’il est récupéré et envoyé aux ateliers de fabrication du sulfate d’ammoniaque où nous le retrouverons tout à l’heure.
- Le mélange, cependant, contient encore quelques traces d’acide carbonique, et un peu d’oxyde de carbone. Ce dernier va être enlevé par lavage à l’aide d’une solution cuivreuse qui forme avec l’oxyde de carbone des complexes dont on peut l’extraire par la chaleur et le vide.
- Ce lavage s’effectue également dans des colonnes où la solution cuivreuse est utilisée à la pression de 250 kg. Chauffée sous vide, la lessive cuivreuse est récupérée, et l’oxyde de carbone libéré est ramené en amont, dans le gazomètre recevant le gaz à l’eau.
- Un lavage final à la soude, ayant lieu à la même pression, débarrasse le mélange des dernières traces d’acide
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- Fig. 6. —- Fabrication de Vammoniaque. — Vue générale de l'atelier de synthèse par le procédé « llaber ». Au second plan,
- tours d’absorption de l’usine de fabrication d’acide nitrique.
- carbonique. Entre les stades successifs de leur purification, les gaz sont comprimés en trois temps. Tout d’abord, trois turbocompresseurs à vapeur de 1200 ch, munis de turbines motrices à contre-pression, les compriment de 1 à 3 kg, et envoient la vapeur détendue dans un réseau à basse pression qui dessert divers ateliers de fabrication.
- D’autres compresseurs, bi-étagés, à piston et à commande par moteurs électriques de chacun 1200 ch, les compriment de 3 à 30 kg, puis de 30 à 230 kg.
- Les gaz étant maintenant épurés, le moment est venu d’en opérer la synthèse. Celle-ci, à l’O.N.I.A., est obtenue par deux procédés : Haber et Casale.
- L’atelier de synthèse par le procédé Haber, comprenant six unités de synthèse d’une capacité de production de 20 tonnes d’ammoniaque par jour pour chacune d’elles, reçoit directement les gaz venant des ateliers de purification, et fonctionne à une pression de 230 kg.
- Cette synthèse peut être opérée égale-
- Fig. 7. — Fabrication de l'acide nitrique. — Vue des tours d'absorption d’acide nitrique, hautes de 30 ni., en granit de Norvège.
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- Fig. 8. — Fabrication de l’ammonitre granulé. —• Vue générale de l'atelier de fabrication. — A droite, galerie inclinée abritant te transporteur allant de l’atelier au magasin.
- ment par le procédé Casale, où les gaz, soumis à une pression de 600 à 750 kg par cinq hypercompresseurs de 550 ch, sont ensuite envoyés aux appareils de synthèse, au nombre de neuf, pouvant donner chacun 20 t par jour (sous 600 kg).
- L’ammoniaque ainsi obtenue, NH1, peut être produite sous forme de gaz ou sous forme liquide. Dans le premier cas, elle est emmagasinée dans un gazomètre du type sec d’une capacité de 10 000 m'\
- Mais elle est produite généralement sous forme liquide, et, dans ce cas, emmagasinée sous pression dans des réservoirs dont la contenance totale atteint 120 t.
- FABRICATION DU SULFATE D’AMMONIAQUE
- Cette ammoniaque, qui est à la base des engrais azotés, peut servir tout d’abord à la fabrication du sulfate d’ammoniaque par combinaison avec l’acide sulfurique.
- Pour assurer la production de l’acide sulfurique nécessaire à cette fabrication, l’O.N.I.A. a loué au Service des Poudres une usine qu’il a remise en état et complétée et qui, comprenant 16 fours Bracq-Laurent, pouvant griller chacun 8 t de pyrites par 24 heures, permet de produire 200 t d’acide sulfurique par jour.
- On obtient suivant la réaction :
- 2 Fe S2 -f 11 O — Fe203 + 4 SO2
- Le gaz sulfureux est transformé ensuite en acide sulfurique par le procédé des chambres de plomb.
- Dans un atelier spécial, cet acide sulfurique est combiné directement avec l’ammoniaque de synthèse pour l’obtention du sulfate d’ammoniaque. L’atelier affecté à cette fabrication comprend 8 saturateurs donnant chacun 25 t de sulfate par jour, et 4 essoreuses qui peuvent en essorer chacune de 50 à 60 t dans le même temps.
- L’O.N.I.A. pourrait ainsi, par ce seul procédé, produire environ 60000 t de sulfate par an. Mais il en produit également à l’aide du gypse, et, le total du sulfate qu’il serait possible d’obtenir par ces deux procédés étant de beaucoup supérieur aux 80 000 t annuelles auxquelles des mesures de contingentement avaient, ces dernières années, limité la production de l’Ofïice, et plus encore à ce que, aux termes d’accords récents, il peut pratiquement livrer à l’agriculture, cette production, actuellement, est entièrement fournie par l’atelier de sulfate par le gypse.
- Le gypse, ou plus exactement l’anhydrite, plus riche en sulfate de chaux, provient de très importantes carrières aménagées par l’Office à une centaine de kilomètres de Toulouse, dans l’Ariège, à Bedeilhac-Aynat. Ces carrières expédient chaque jour, à Toulouse, 400 tonnes de gypse qu’un transporteur aérien de 4 km amène à un embranchement particulier raccordé à la gare de Tarascon-sur-Ariège.
- L’acide carbonique provenant du lavage à l’eau des deux gaz, azote et hydrogène, combiné avec 1 ammoniaque venant du gazomètre et préalablement dissous dans l’eau, sert à la préparation du carbonate d’ammoniaque, suivant la Réaction :
- 2 NH3 + CO2 + H20 = CO3 (NH4)2.
- Celui-ci, mélangé avec du gypse de l’Ariège, donne une bouillie qui se transforme, par double décomposition, en une solution de sulfate d’ammoniaque qui est tout d’abord débarrassée, par filtration, du carbonate de chaux en suspension. Concentrée et essorée, elle fournit un sel parfaitement cristallisé et d’une irréprochable siccité :
- CO3 (NH1)2 + SOvCa = SO4 (NH4)2 + CCF’Ca.
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- Les boues de carbonate de chaux provenant de la filtration du sulfate, filtrées et séchées à nouveau, seront utilisées ultérieurement, ainsi que nous le verrons par la suite, pour la préparation d’un autre engrais.
- Les installations pour la fabrication du sulfate par le gypse permettent une production quotidienne de 300 t de cet engrais.
- La siccité de ce sel, déjà très grande, peut être augmentée encore dans un dernier atelier, desservant à volonté l’un quelconque des deux ateliers de sulfatation, et qui comporte des fours sécheurs à la sortie desquels le sulfate extra-sec présente une teneur en azote évidemment plus considérable.
- Ce sulfate est alors emmagasiné dans un vaste silo en ciment armé d’une longueur de 130 m pour une largeur de 30. Le sulfate y est amené et déversé par une bande transporteuse longitudinale circulant à la partie supérieure du silo. Une seconde bande transporteuse, circulant dans une galerie centrale établie en sous-sol, permet la reprise du sulfate déversé dans ce silo, d’une contenance, en vrac, de 30 000 t, et son transport automatique à l’atelier d’ensachage où mise en sacs, pesage, chargement dans les vagons se font, là encore, presque automatiquement.
- FABRICATION DE L’ACIDE NITRIQUE
- Mais le sulfate d’ammoniaque n’est pas le seul engrais azoté, et on sait l’importance, notamment, des nitrates employés également comme fertilisants du sol. A la base est l’acide nitrique que l’on obtient, à l’OlTice, par le procédé moderne d’oxydation catalytique de l’ammoniaque, au moyen de l’oxygène de l’air et au contact de toiles de platine, à laquelle succède l’absorption par l’eau des gaz nitreux :
- 2 NH3 + 50 = 2 NO + 3 H20 2 NO + 30 + H20 = 2 N03H.
- Cette usine comporte en service 16 fours d’oxydation, munis de toiles de platine de 2 m de diamètre, où se produit la première réaction. La peroxydation et l’absorption des oxydes d’azote s’effectuent dans 7 tours colossales, en granit de Norvège, le plus résistant à l’acide, mesurant 30 m de hauteur et comportant les installations correspondantes de réfrigération, ainsi que des cuves également en granit où peuvent être stockés 600 m3 d’acide.
- Les quelques traces de gaz nitreux existant encore à la sortie des tours en granit sont envoyées dans une solution de carbonate de soude d’où elles sont finalement récupérées sous forme de nitrate de soude.
- FABRICATION DE L’AMMONITRE GRANULÉ
- En plus du nitrate récupéré en queue de la fabrication de l’acide nitrique, il en est produit de grandes quantités dans un atelier spécial qui utilise l’attaque du carbonate de soude par l’acide nitrique. La solution est ensuite concentrée, le nitrate de soude est cristallisé lentement, puis essoré et séché.
- L’atelier destiné à cette fabrication, et qui permet de
- Magasin à engrais des Aubrais, près d’Orléans, pour Valimentation rapide de la vallée de la Loire.
- préparer 200 t de nitrate de soude par jour, comprend, en premier lieu, une installation pour manutention pneumatique du carbonate de soude. Viennent ensuite deux cuves pour la nitration, des évaporateurs à double effet, treize cristallisons, trois essoreuses, et deux fours de séchage, après quoi le nitrate de soude obtenu suivant la réaction ci-dessous est emmagasiné dans des silos d’une contenance totale de 30 000 t.
- 2 NO5H + CO3 Na2 = 2 NO3 Na -f CO2 + H20 Le sulfate d’ammoniaque contient l’azote sous forme ammoniacale ; le nitrate de soude le contient sous forme nitrique. Ces deux états de l’azote qui répondent à des besoins différents de l’agronomie se trouvent réunis dans un troisième engrais auquel l’Office a donné le nom d’« Ammonitre granulé » et qui est à base de nitrate d’ammoniaque.
- La combinaison directe de l’ammoniaque et de l’acide nitrique :
- NO3 H + NH3 = NO3 (NH*)
- Fig. 11. •— Alimentation en énergie électrique. — Pupitres de commande du poste central de transformation 60 000 v/13 000 v/6000 v.
- Fig. 10.
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- == 160 —-----------=======
- donne une solution de nitrate d’ammoniaque qui est ensuite concentrée par évaporation.
- On introduit alors dans cette solution concentrée, maintenue à haute température, du carbonate de chaux provenant de la filtration après fabrication du sulfate d’ammoniaque par le gypse, et l’on en fait une pâte. Celle-ci, après avoir été légèrement colorée en vert, teinte choisie par l’Office pour distinguer cet engrais des autres, est granulée par un procédé spécial. Puis, par bande transporteuse, il est amené dans un silo de 40 000 t qui, comme les précédents, est pourvu de 1’appareillage le plus perfectionné pour la reprise, l’ensachage, le pesage et le chargement automatiques.
- Un second magasin, d’une contenance de 20 000 t, a été créé à la gare des Aubrais, près d’Orléans, pour l’approvisionnement rapide du Centre de la France et de la vallée de la Loire.
- Nous ne parlerons que pour mémoire d’autres engrais à base également de nitrate d’ammoniaque fabriqués par l’O.N.I.A. Nous citerons seulement l’engrais composé à deux éléments, azote et potasse, connu sous le nom de « Nitropotasse », et un engrais triple, à base, comme le précédent, de nitrate d’ammoniaque et de chlorure de potasse, auquel on ajoute du phosphate bicalcique. La fabrication de ce dernier engrais, introduisant à la fois
- dans le sol, comme le précédent, et l’azote et la potasse, dont l’utilité apparaît de plus en plus grande, mais encore l’acide phosphorique dont on connaît les merveilleux effets sur la végétation, semble appelée à un certain développement.
- Indépendamment des ateliers proprement dits, des immenses silos, et des bureaux de la direction, d’une importance proportionnée à celle de ce vaste établissement, il nous faut signaler encore les ateliers d’entretien, où l’appareillage est constamment maintenu en état, et les laboratoires, où sont analysés les produits fabriqués, et où il est fait nombre d’essais en vue d’améliorer les conditions de fabrication.
- Une centrale à vapeur (G0 tonnes/heure) une ligne de transport d’énergie électrique, à G0 000 v, et un poste de transformation (200 000 k. v. a.) donnent la vie à ce grandiose organisme qui, de 3000 t d’engrais produits en 1927, a atteint, en 1933, une production de 175 000 t, représentant 33 000 t d’azote. Ces chiffres, suffisamment éloquents par eux-mêmes, nous dispensent d’insister sur les heureux résultats obtenus dès le temps de paix, et sur ceux que nous pourrions obtenir en temps de guerre, grâce à cet Office national industriel de l’Azote dont la réalisation s’imposait dans un grand pays comme le nôt re.
- G. Lanorville.
- LE CINÉMATOGRAPHE INTÉGRAL
- ET LES PROCÉDÉS DE PROJECTION EN RELIEE
- On va fêter, dans quelques mois, le quarantenaire de la naissance du cinématographe en France. C’est, en effet, en décembre 1895 qu’eurent lieu les premières projections cinématographiques des frères Lumière dans le sous-sol du Grand Café, établissement aujourd’hui disparu, sur les grands boulevards de Paris. Un art nouveau faisait son apparition. Ses progrès furent rapides; il tient aujourd’hui une place immense dans la vie civilisée. Un pas considérable a été fait lorsqu’on a su associer
- le son à l’image. A l’image cinématographique actuelle, il manque encore cependant la couleur et le relief, et, au son, il manque en partie la direction, l’audition étant obtenue à l’aide de haut-parleurs fixes disposés généralement derrière l’écran.
- Nous sommes actuellement habitués aux images planes et sans couleurs, dont les spécialistes savent tirer des effets réellement artistiques; ce n’est pas une raison pour renoncer à la recherche de la projection intégrale, c’est-à-dire sonore, en couleurs et en relief.
- Pendant bien longtemps, le cinématographe est resté muet, les esprits conservateurs manifestaient alors leur scepticisme devant les efforts des inventeurs acharnés à réaliser le cinéma parlant. « Rêve sans avenir », proclamaient-ils volontiers. Le film sonore et parlant a fait son apparition et immédiatement a supplanté le film muet.
- Il en sera sans doute de même pour la projection en couleurs, et surtout en relief, le jour où se révéleront des solutions satisfaisantes et pratiques.
- On peut classer les procédés très divers, bien souvent fort ingénieux, mais malheureusement quelquefois peu pratiques qui ont été proposés, en deux catégories bien distinctes. Dans les premiers, on fait uniquement appel à
- Fig. 1. •— Deux formes simples d'écrans multiples.
- A. Avec cadre noir antérieur. — B. Avec écran auxiliaire transparent.
- Ecran de projection translucide
- -Cadre hoir placé en avant
- Systèmes d'éclairage Nalternatifs
- Lanterne de projection
- Ecran transparent -Ecran deprqjectPen avant
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- catégorie qui paraissent
- la vision monoculaire et au relief perspectif, ou même quelquefois au pseudo-relief. Dans les seconds, on recourt à la vision stéréoscopique binoculaire.
- Malgré l’ingéniosité de certains des procédés de la première catégorie et les quelques résultats fragmentaires qu’ils ont permis d’obtenir, il semble malheureusement que leur avenir soit assez limité. La sensation du relief peut être considérée, en effet, comme due essentiellement à la vision binoculaire.
- Ce sont donc les procédés stéréoscopiques de la deuxième
- devoir mener au but. Ils offrent seulement, en général, l’inconvénient d’exiger l’emploi de systèmes optiques placés devant les yeux du spectateur; nous verrons que dans les derniers dispositifs étudiés l’usage de ces systèmes optiques est très peu gênant.
- LES ÉCRANS DE PROJECTION SPÉCIAUX
- Dans la projection ordinaire, comme, d’ailleurs, dans la photographie, le seul effet de relief obtenu est réalisé grâce à la perspective aérienne. Nous éprouvons souvent une sensation de relief devant des vues bien contrastées, présentant au premier plan des objets mobiles bien éclairés, tels qu’un arbre, un rocher, un mur, avec des lointains convenablement dégradés.
- Pour augmenter cet effet de relief perspectif, un grand nombre d’inventeurs ont cherché à remplacer l’écran ordinaire plan par des écrans spéciaux, soit uniques, soit multiples, destinés à augmenter le contraste, ou même le relief, principalement sur les bords de l’image, même au prix d’un léger effet de distorsion. L’effet est, en somme, à peu près comparable à celui qu’on obtient en examinant une carte postale par réflexion dans un miroir concave.
- L’image ressort ainsi beaucoup mieux en la projetant sur un écran translucide, devant lequel on place à certaine distance un cadre noir (fig. 1 A).
- Dès 1858, un inventeur nommé Claudet avait proposé de faire des projections (fixes, évidemment) sur du verre dépoli, de manière à obtenir un certain modelé. Sur le même principe, on a proposé récemment d’employer un écran de fond, et un écran de tulle disposé devant lui, alternativement rendu opaque ou transparent, de manière que la projection semble frapper simultanément les deux écrans (fig. 1 B). D’autres inventeurs ont employé, dans des cas particuliers, des écrans multiples plus ou moins compliqués basés sur un principe analogue, par exemple pour la projection de silhouettes animées. Ils ont obtenu des effets parfois assez curieux, mais, semble-t-il, sans grand intérêt pratique.
- Dans une autre voie, les inventeurs ont cherché à modifier la forme de l’écran. C’est ainsi que vers 1920 le Dr Pech imagina des écrans dits glypho graphes, obtenus en tendant une toile sur un cadre dont les bords sont hyperboliques, dans un plan perpendiculaire à la surface de l’écran.
- Déjà, avant lui, un grand nombre de chercheurs avaient fait breveter des écrans sphériques, cylindriques, ou
- A gauche : le glyphograplie du Dr Pech, écran à courbure hyperbolique.
- A droite : écran courbe à facettes.
- même prismatiques. Leurs formes semblaient, d’ailleurs, quelquefois déterminées un peu au hasard.
- M. Pech se basait sur le fait que la courbure de l’écran devait être calculée en tenant compte de la courbure de la rétine de l’œil humain. Il semble malheureusement que cette idée soit assez discutable, et il faudrait, en tout cas, admettre, pour que l’effet obtenu soit bien marqué, que les premiers plans de la projection sont situés sur ses bords.
- Se basant sur le fait que la perception du relief paraît exiger la vision de deux images différentes par les deux yeux, certains inventeurs ont même essayé d’établir des écrans permettant d’obtenir ce résultat.
- Signalons aussi un écran courbe proposé par un Américain et formé, comme le montre la fig. 2 B, d’une série de facettes parallèles se recouvrant en partie. Comme toutes ces lamelles se recouvrent en partie, un observateur situé à un endroit déterminé ne voit évidemment pas la partie des lamelles qui est cachée par celle qui se trouve devant. Ainsi, suivant la position de l’observateur, et même suivant la position de l’œil, l’observateur ne devrait pas voir les mêmes parties de l’image.
- Fig. 3. —- Principe optique du théâtre miniature.
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- * it if.
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- Haut - parleur
- Spectateur
- Fig. 4. — Principe du cinéma sans écran.
- Pour éviter les déformations produites par la projection sur un écran courbe, l’image subit une anamorphose dans le sens de la largeur avant sa projection, de manière à obtenir, en quelque sorte, un effet compensateur.
- L’idée est curieuse, mais, en réalité, comme dans tous les systèmes du genre, l’effet pratique n’a pas été très satisfaisant.
- ^L’insuccès de ces systèmes n’a pas interrompu les recherches dans ce sens. Il y a peu de temps, nous avons vu encore tenter des projections sur écran parabolique. Nous lisons presque chaque jour, dans des revues cinématographiques, ou même dans des journaux quotidiens, l’annonce d’une découverte merveilleuse, réalisée bien entendu à l’étranger, et qui permettrait la solution complète du problème du cinématographe en relief, grâce à un écran, naturellement spécial, et sur lequel on ne nous donne généralement que des indications très fantaisistes!
- En réalité, il semble impossible, quel que soit l’écran adopté, d’obtenir une vision en relief réelle sans modifier en même temps la nature de la projection. Ainsi que nous l’avons noté, si les spectateurs néophytes ont pu apprécier l’impression de relief supplémentaire procurée par certains écrans, par exemple les écrans paraboliques, ce fait est dû seulement à la projection sur ces écrans
- Fig. 5. — Principe de la projection stéréoscopique à images juxtaposées.
- Ecran
- Image droite
- A Image gauche
- luche________| droit
- Stêréoscope spécial
- V.e projection
- 2 f projection
- d’images présentant des lointains au centre, et des premiers plans sur les bords, qui deviennent ainsi les plus rapprochés de l’observateur. Il ne se produit jamais de vraies séparations de plans comme dans la vision stéréoscopique, et, si l’image présente ses premiers plans au centre, tout effet spécial disparaît.
- La vision de plusieurs images placées l’une derrière l’autre, correspondant chacune à des vues prises dans des plans différents, peut procurer, par contre, une véritable impression de relief. L’espace photographié est donc ainsi divisé en zones de profondeur.
- Peut-on appliquer ce principe à la projection ? Il faudrait que les fractions d’images fussent projetées par un projecteur spécial sur des plans de projection échelonnés en profondeur, et visibles simultanément.
- Un inventeur italien, Guido Jellinek, a tenté, tout au moins à titre d’essai de laboratoire, de réaliser un appareil de ce genre.
- Il employait une caméra cinématographique avec objectif à grande longueur focale, et à grande ouverture. L’objectif était placé sur un chariot mobile animé d’un mouvement de translation régulier et saccadé, de manière à se déplacer après chaque prise de vue, et à obtenir des prises de vues de différents plans.
- L’appareil de projection avait un objectif animé d’un mouvement synchrone, et l’écran de projection lui-même était animé d’un mouvement correspondant oscillatoire. Il s’agit, comme on le voit, d’un essai curieux, mais qui ne paraît pas devoir aboutir à des résultats industriels, étant donnée la complication des appareils utilisés.
- Enfin, certains inventeurs, et en particulier des Américains, ont eu l’idée de supprimer l’écran, et d’obtenir des images, en quelque sorte aériennes, à l’aide d’un système de miroirs réfléchissants doubles (fig. 4).
- On connaît depuis longtemps cette attraction fort curieuse qui consiste à faire apparaître devant les spectateurs l’image minuscule et aérienne d’acteurs invisibles.
- Cet effet, qui semble merveilleux aux profanes, est obtenu à l’aide d’un jeu de miroirs.
- On sait qu’un miroir concave donne d’un objet situé entre l’observateur et le foyer principal, une image réelle, renversée, et réduite, que l’œil peut percevoir aussi sous forme d’image dite « aérienne ». Comme il s’agit dans le cas de l’acteur d’obtenir évidemment une image droite, on emploie deux miroirs concaves.
- L’acteur est placé en A B. Son image est reçue par un premier miroir qui donne en A' B' une image réduite et renversée. Cette image est reprise par le miroir M , qui donne une deuxième image droite aérienne, et encore réduite (fig. 3).
- C’est sur un principe analogue qu’ont été basés certains procédés proposés en Amérique. Il ne s’agit plus alors d’obtenir une image réduite, et il n’est plus nécessaire d’utiliser deux miroirs pour redresser l’image. Il suffit donc, en principe, d’employer un miroir plan et un miroir concave (fig. 4).
- Il est fort possible, au point de vue optique, qu’un tel système mis convenablement au point permette quelque jour d’obtenir des résultats assez curieux, bien qu’évidemment d’applications restreintes. Les revues améri-
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- caines nous annonçaient déjà, d’ailleurs, l’avènement prochain des salles sans écran, et elles gardent depuis plusieurs mois un silence absolu sur cet événement. Nous pouvons donc rester sceptiques à cet égard !
- LA PROJECTION STÉRÉOSCOPIQUE EN RELIEF
- La véritable sensation du relief ne peut être obtenue, dans le cas général, qu’à l’aide du procédé stéréoscopique, en utilisant au moins deux vues distinctes. Le principe des appareils employés pour obtenir ce résultat est déjà très ancien.
- C’est, en effet, en 1850 qu’Almeida a fait connaître dans un mémoire à l’Académie des Sciences, qui fut alors l’objet d’une réclamation de priorité de Hollmann (il l’aurait même imaginé 5 ans avant), le dispositif qui consiste à faire usage de radiations rouges et vertes respectivement pour la projection et la perception par chacun des yeux des deux images d’un couple stéréoscopique. Cette solution présente, d’ailleurs, le grave inconvénient, comme nous le verrons plus loin, de provoquer une fatigue oculaire assez considérable, par le fait de l’action sur chacun des yeux de radiations exerçant sur l’œil des effets très différents. D’ailleurs, le résultat n’est pas satisfaisant, les images sont peu éclairées, et demeurent colorées.
- Les images projetées servant à la vision stéréoscopique peuvent être projetées simultanément ou alternativement; dans le deuxième cas, il suffit d’avoir à sa disposition, en principe, un système placé devant les yeux, et qui empêche la vision de l'œil droit au moment où la vue gauche est projetée, et inversement.
- Dans une autre catégorie de procédés toute différente (fig. 5), enfin, on cherche à supprimer complètement l’emploi d’un système optique placé devant les yeux, tout en ayant recours à la vision stéréoscopique obtenue à l’aide de deux ou plusieurs images.
- LA PROJECTION EN RELIEF SANS LUNETTES
- La distribution des images entre les différents spectateurs, au moyen d’un écran spécial, constituerait évidemment la solution idéale; elle semble malheureusement irréalisable dans les conditions actuelles de la technique.
- De fort intéressants essais de laboratoire ont cependant été entrepris à ce sujet par Herbert E. Ives, ingénieur des laboratoires téléphoniques Bell.
- Son panoramagramme à parallaxe permet, à l’aide d’une grille, d’obtenir la vision en relief des photographies sans emploi de stéréoscope, et quelle que soit la position de l’observateur. Il paraît possible, en principe, de projeter sur un écran le positif sur verre d’un panoramagramme à parallaxe au moyen d’une lanterne à projection. En plaçant une grille devant l’écran, on aurait ainsi une image en relief, visible quelle que soit la position du spectateur.
- Pour avoir une image suffisamment éclairée, il est cependant utile de substituer à la grille ordinaire à bandes opaques une sorte de grille à côtes, comportant, par exemple, deux ou trois cents côtes d’un diamètre de l’ordre de 6 mm. L’écran est ainsi formé au moyen de tiges en matière transparente, telle que le verre ou le
- Fig. 6. — Tige en matière transparente formant l'écran employé par H. E. lues.
- celluloïd, et on projette le positif sur leurs faces arrière
- (fig. 6).
- Les tiges employées ont une section droite comportant deux côtés plats, une face avant avec un rayon de courbure assez accentué et une face arrière dépolie avec un rayon de courbure moins accentué. Tous les points de)]la surface arrière sont au foyer de la lentille formée par la surface avant et la masse de la tige.
- Le nombre de bandes panoramiques par centimètre devient ainsi élevé, et chacune des bandes élémentaires doit constituer une sorte de petit panorama complet contenant assez d’éléments définis pour fournir des images distinctes pour chacun des yeux des observateurs répartis dans un angle suffisamment grand, de l’ordre de 60° devant l’écran. On peut voir ainsi facilement que le pouvoir séparateur devrait être de l’ordre du millième de millimètre !
- L’objectif de projection employé doit fournir une image rigoureusement rectiligne et suffisamment fine pour reproduire exactement les bandes panoramiques sur la face arrière des tiges d’écran. Chaque tige doit, d’autre
- Fig. 7. — Comment on obtient les panorama grammes pour projection.
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- Ecran
- Méthode à projection multiple et à deux grilles.
- Fig. S.
- part, être établie avec une précision comparable à celle d’un bon objectif.
- Pour obtenir les positifs sur verre, on peut employer une des méthodes décrites pour la réalisation de photographies intégrales, mais, si l’on a en vue la projection cinématographique, il faut utiliser un procédé permettant d’obtenir une image au moyen d’une seule pose, et sur une plaque unique.
- La méthode du miroir courbe conjugué avec un miroir plan, que nous avons exposée à propos de la photographie intégrale, ne convient que pour l’obtention d’images de mêmes dimensions que l’objet. Il faut donc réduire les dimensions du panoramagramme à parallaxe négatif par un procédé photographique, et l’on rephotographie les images formées derrière la grille sur un verre dépoli, au cours de la première pose, comme il est indiqué sur la figure 7.
- On peut, d’ailleurs, remplacer la grille et le verre dépoli par un écran à côtes transparent. Le sens de la courbure des côtes dépend du type d’écran de projection employé. Pour le type décrit, on utilise un écran à côtes concaves donnant de petites images panoramiques virtuelles. Un objectif photographique est placé derrière cet écran, comme le montre la figure 7, et donne une deuxième image réduite à la dimension désirée.
- Au point de vue scientifique, ce procédé donne une solution complète de la projection en relief des images fixes, mais, au point de vue pratique, on ne peut encore obtenir que des résultats grossiers, en raison des conditions très précises d’application que nous avons indiquées
- Fig. 9. — Méthode de projection à grille mobile.
- plus haut, et, en particulier, de la nécessité d’adopter des émulsions photographiques à pouvoir séparateur très élevé, et de projeter les bandes panoramiques exactement sur les côtes de l’écran.
- On peut simplifier le procédé, en utilisant plusieurs lanternes de projection. Un écran translucide comporte une grille opaque antérieure et une grille opaque postérieure. Plusieurs images sont projetées à travers la grille arrière suivant des directions différentes; l’observateur voit alors une image en relief (fîg. 8).
- On peut également employer un écran réfléchissant en enduisant la surface arrière des tiges d’une surface diffusante blanche, telle que la peinture d’aluminium. Ces tiges renvoient la lumière exactement dans la direction d’où elle vient. Un tel écran n’envoie donc dans chaque œil de chaque spectateur que l’image engendrée par la lanterne de projection située en arrière avec le même alignement. Avec une batterie de lanternes disposées en avant de l’écran, les observateurs placés entre les lanternes et l’écran voient les images en relief.
- Au lieu d’une batterie de lanternes, on peut, avec une lanterne unique, projeter une succession rapide d’images, en déplaçant rapidement cette lanterne de manière à balayer complètement l’angle d’observation.
- On peut également utiliser un seul projecteur cinématographique et placer immédiatement derrière l’écran translucide une grille à fentes étroites déplacée latéralement de droite à gauche et de gauche à droite. Si les images sont projetées avec une rapidité suffisante, et que la grille oscille en phase, on a encore, par suite de la persistance des impressions lumineuses sur la rétine, une projection en relief (fig. 9).
- En théorie il suffirait de porter la vitesse de projection dès panorainagrammes à 16 ou 20 par seconde pour réaliser le cinéma en relief.
- Mais on se rend bien compte que d’immenses difficultés s’opposent à la réalisation d’appareils de projection capables d’assurer la perfection à un tel système (-1).
- M. Ives a réalisé cependant d’une manière démonstrative, bien que relativement grossière, de saisissantes projections animées en relief.
- Il emploie un disque de 90 cm de diamètre portant 32 positifs, dont le centrage peut être obtenu d’une manière très précise, et tournant à la vitesse de 1/2 tour par seconde. L’éclairage intermittent est obtenu au moyen d’un arc à vapeur de mercure qui se décharge dans un système à condensateur. La projection s’effectue sur un écran à côtes à 180 éléments de 36 cm sur 27 cm, et du type que nous avons indiqué (fig. 10, 11 et 12).
- LE CINÉMA EN RELIEF A PROJECTIONS JUXTAPOSÉES
- Dans les premiers systèmes de cinéma stéréoscopique proposés, on avait eu l’idée d’utiliser deux vues projetées côte à côte, et analogues aux vues stéréoscopiques ordinaires. Citons ainsi les stéréoscopes à miroirs ou à prismes de Knight, de Bellini, de Demaria, de Mœssard, proposés de 1895 à 1903.
- 1. On peut consulter, par exemple, à ce sujet : La Technique Cinématographique.
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- En théorie, on a ainsi la vision exacte du relief, mais l’écran est réduit au quart de sa surface normale; les spectateurs sont obligés de placer devant leurs yeux des appareils lourds et fragiles, et, de plus, l’angle d’observation est très réduit.
- LES PROJECTIONS ALTERNATIVES
- On a proposé de nombreux dispositifs de projection alternative d’images prises sous des angles différents.
- Mais pour créer, par ce moyen, la sensation du relief, il faut un système sélecteur réservant à chacun des yeux de l’observateur l’image qui lui est destinée.
- Un procédé plus scientifique consiste à projeter alternativement l’image droite et l’image gauche disposées sur le film à la suite l’une de l’autre, et à placer devant les yeux de l’observateur un système mobile obturant la vision de chaque œil au moment opportun.
- Déjà, en 1903, MM. Léon Gaumont et de Lostalot avaient fait breveter un système de ce genre avec lequel on produisait environ 20 obturations et 20 ouvertures par seconde; l’image paraissait pratiquement continue et en relief.
- Ce dispositif comportait un poste projecteur et des postes viseurs; un demi-disque opaque sur le projecteur à deux objectifs, et un autre demi-disque opaque sur le viseur permettaient de n’envoyer sur l’écran qu’une image à la fois, et de voir avec chaque œil l’image correspondante. Le synchronisme était obtenu d’une manière pneumatique.
- Chaque spectateur peut être également muni d’une lunette à écran déplacé au moyen d’électro-aimants, ou au moyen d’un moteur électrique synchronisé avec le mouvement du film. Le problème semble assez facile à résoudre, mais, en réalité, aucune des solutions envisagées jusqu’ici n’a paru réellement satisfaisante.
- LE CINÉMA EN RELIEF PAR LES ANAGLYPHES
- L'idée des anaglyphes semble due, ainsi que nous l’avons indiqué plus haut, à Hoffmann (1853) ; elle a été reprise en 1858 par Almeida, et par Molteni en 1890.
- L’emploi des lunettes vertes et rouges qui permettent à chaque œil d’examiner les images stéréoscopiques projetées au même emplacement sur l’écran, et teintes des couleurs correspondantes présente, ainsi que nous l’avons déjà noté, différents inconvénients.
- L’absorption de la lumière par les verres colorés est considérable; les contours des objets situés au premier plan paraissent colorés; la fatigue visuelle est rapide et les parties qui devraient être blanches conservent presque toujours une légère teinte, rouge ou verte.
- Enfin, il faut rappeler l’inconvénient déjà signalé, celui de la fatigue intolérable due à l’action sur chacun des yeux de radiations exerçant sur la vision des effets très différents. Pour éviter ces inconvénients, on a proposé à partir de 1908 (Boris Weinberg) de différencier les deux images en se servant de la lumière polarisée.
- — Ecran pour projection en relief dans le procédé lues à panoramagramme à parallaxe.
- A l’aide d’un appareil de projection double, on projette au même emplacement sur l’écran les deux images des clichés stéréoscopiques en employant une source de lumière polarisée.
- Le cliché qui est destiné à être perçu par l’œil droit est éclairé avec de la lumière polarisée verticalement, tandis que le cliché destiné à l’œil gauche est éclairé avec de la lumière polarisée horizontalement. Le spectateur est muni de lunettes constituées avec des polariseurs, l’un vertical, l’autre horizontal.
- En vertu de la propriété des polariseurs croisés,
- Fig. 11. — Un panoramagramme à parallaxe.
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- Fig. 12. — Vue d’ensemble des appareils de IL E. lues pour projections en relief. (On voit le disque portant 32 panoramagrammes à parallaxe).
- l’observateur ne perçoit avec son œil droit dont le plan de polarisation est vertical que l’image destinée à son œil droit, et celle-ci seulement. Avec son œil gauche, dont le plan de polarisation est horizontal, il voit l’image destinée à son œil gauche, et celle-là seulement. Le relief est alors perçu de la même manière que dans un stéréoscope.
- La lumière polarisée à la sortie des objectifs doit rester polarisée après avoir frappé l’écran. Un écran blanc ordinaire diffusant la lumière détruit la polarisation, mais il existe depuis plusieurs années des écrans métallisés produisant des effets satisfaisants. Ces écrans sont recouverts, par exemple, par un enduit constitué par une peinture d’aluminium en poudre très fine, dont les grains constituent des surfaces réfléchissantes très petites, sans effet dépolarisant. Pour le cinématographe sonore, ces écrans doivent cependant laisser le passage aux sons, et leur réalisation est ainsi plus délicate.
- Fig. 13. — Types de lunettes polarisantes simples et en V employées dans le procédé Toulon.
- Glissière
- i,Feutre
- La construction des systèmes polariseurs d’objectifs, et plus encore des lunettes destinées aux spectateurs, soulève cependant des problèmes très complexes.
- Les niçois utilisés dans les laboratoires peuvent être difficilement employés pour obtenir des faisceaux lumineux de grande surface; pour établir les lunettes des spectateurs, il faut se contenter de polariser la lumière à l’aide de piles de glaces (fig. 13).
- On sait, en effet, que, lorsqu’un faisceau lumineux agit sur une lame transparente sous une incidence telle que le rayon réfléchi et le rayon réfracté fassent entre eux un angle de 90°, le rayon réfléchi est totalement polarisé. Ce fait a lieu pour le verre avec un angle d’incidence de 50°. Le rayon réfracté plus intense que le rayon réfléchi est, en même temps, partiellement polarisé en sens contraire.
- 11 suffit de disposer parallèlement l’une à l’autre un nombre suffisant de lamelles de verre, de 18 à 20 par exemple, pour obtenir un faisceau lumineux réfléchi ou réfracté presque totalement polarisé.
- M. Pierre Toulon a étudié particulièrement les problèmes du cinéma en relief à lumière polarisée. Il a imaginé, entre autres, un système de polariseurs, dans lequel les lamelles obliques qui servent à assurer la polarisation sont disposées en forme de V. L’œil est placé dans la concavité du V, de sorte que la ligne de séparation des deux paquets de lamelles est presque totalement invisible avec des lamelles suffisamment minces. L’angle d’ouverture est un peu inférieur à deux fois 3G° (complément de l’angle de 54°).
- Le cinématographe en relief à lumière polarisée est donc, en principe, très séduisant. Il ne paraît pas malheureusement que les résultats pratiques obtenus aient encore répondu aux espoirs des inventeurs.
- LE PROCÉDÉ DE M. LOUIS LUMIÈRE
- Dans l’état actuel de nos connaissances, la cinématographie en relief par les anaglyphes semble être le procédé qui doive donner les résultats les plus satisfaisants, et aussi celui dont l’application est le plus immédiatement réalisable. Nous avons cependant expliqué plus haut ses défauts qui, jusqu’à présent, paraissaient fort graves.
- On employait des écrans verts et rouges, ou bleus et rouges, au début de l’application des anaglyphes. D’autres expérimentateurs, Ducos du Hauron, Ives, Luther, Leh-mann, par exemple, ont proposé d’autres groupes d’écrans colorés complémentaires, dont il existe un grand nombre de combinaisons, en dehors du rouge et du vert bleuâtre. On pourrait ainsi employer l’orangé et le bleu, le jaune et le bleu d’outremer, le jaune verdâtre et le violet, etc... Aucune de ces solutions n’admet pourtant l’égalité des quantités d’énergie lumineuse reçues par chacun des yeux, qui doivent seules permettre la perception correcte
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- des images en relief, en noir et blanc, avec le minimum de fatigue oculaire.
- M. Louis Lumière, l’inventeur du cinématographe, a repris, d’une manière entièrement originale, l’établissement des écrans et des lunettes destinés à la projection des anaglyphes cinématographiques. Les résultats sont tels que le problème du cinématographe stéréoscopique par les anaglyphes peut être considéré comme pratiquement résolu.
- Considérons les courbes représentant l’effet visuel des différentes radiations en fonction de leur longueur d’onde. On voit sur une courbe de ce genre que la gamme des radiations visibles ne s’étend guère qu’entre 3800 et 7500 angstroms. Le maximum de sensibilité est atteint pour le jaune verdâtre, correspondant à une longueur d’onde voisine de 5550 angstroms, et le facteur de visibilité relative diminue rapidement de part et d’autre, vers le rouge et le violet (fig. 14).
- M. Lumière a trouvé que pour supprimer la fatigue résultant de la perception des radiations colorées des couleurs complémentaires, les écrans placés devant les yeux du spectateur, et qui sont les mêmes respectivement que ceux qui sont utilisés sur le trajet des l’ayons lumineux projetant les deux images du couple stéréoscopique, doivent obéir à des conditions optiques précises.
- Ils doivent laisser passer tous deux du rouge et du vert, mais de longueurs d’onde differentes, afin de transmettre des énergies lumineuses égales, ou du moins peu différentes. Les régions de transparence de chacun d’eux doivent correspondre à des portions égales de l’aire limitée par la courbe des sensations, telle qu’elle se déduit des mesures effectuées par Gibson et Tyndall.
- L’un des écrans doit, par exemple, présenter une transparence aussi grande que possible pour une région comprise entre 5500 et 6400 angstroms, et l’autre laisser passer à la fois des radiations correspondant à la région allant de 6400 angstroms à l’extrême rouge visible, d’une part, et celle qui va de 5500 angstroms à l’extrémité du violet visible, d’autre part (fig. 15).
- Ainsi l’énergie lumineuse totale reçue sera la même pour chacun des yeux, et les écrans de couleurs apparentes différentes laisseront passer tous deux les radiations rouges et vertes ayant sur les yeux l’action la plus différente et la plus marquée.
- On emploie, par exemple, pour obtenir les écrans destinés à l’image et à l’œil gauches, un verre gélatiné teint avec un mélange de vert naphtol, d’éosine, et de tartra-zine, la concentration des solutions et la durée de leur action étant l’églées de manière à obtenir le spectre d’absorption indiqué plus haut. Les écrans destinés à l’image et à l’œil droits sont obtenus de la même manière, en superposant, par exemple, un verre gélatiné teint avec une solution de bleu cyanol, un deuxième verre coloré teint avec une solution de saccharéine du diéthylméta-midophénol. L’absorption optique de l’ensemble des deux verres doit être complémentaire de celle des écrans correspondants de l’œil gauche.
- Grâce à la constitution rigoureusement rationnelle des lunettes, on peut ainsi obtenir la vision d’images parfaitement blanches, et sans aucune fatigue oculaire.
- W00 5000 6000 7000
- Violet Bleu Vert Jaune Orange Rouge
- Longueurs d'onde en Angstroms
- Fig. 14. — Variation du {acleur de visibilité relative des radiations lumineuses en fonction de la longueur d'onde.
- M. Louis Lumière a, d’ailleurs, construit des appareils de projection relativement très simples permettant la projection d’images en relief très lumineuses.
- Nous nous sommes borné à exposer les principes initiaux du dispositif indiqués dans le brevet du 22 novembre 1932 ; nous en ferons connaître les détails pratiques lorsque M. Lumière aura lui-même présenté son invention à l’Académie des Sciences dans une séance prochaine.
- Que le cinématographe en relief se généralise, ou reste cantonné dans des applications particulières, telles que projections documentaires ou scientifiques, films de voyage par exemple, il n’en est pas moins certain que l’avènement du premier procédé de projection en relief vraiment pratique constitue une date dans l’histoire du cinématographe.
- Magnifique couronnement de la belle carrière cinématographique que Louis Lumière inaugurait voici 40 ans par la projection des premières images animées.
- P. Hémardinquer.
- Fig. 15. — Détermination de la couleur des écrans utilisés par les spectateurs dans le procédé cinématographique par anaglyphes de L. Lumière.
- (Un écran laisse passer les radiations indiquées par les hachures, l’autre les radiations indiquées par le quadrillage.)
- Courbe
- .chromatique de l'œil
- 4000 Angstroms 5000 5500 6000 6400 7000
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- L’ÉVACUATION DES EAUX USÉES
- DANS LES VILLES
- La cause première qui a amené l’homme à étudier le problème de l’évacuation des eaux a été, de toute évidence, la création des cités, où une partie plus ou moins importante de la surface du sol était rendue imperméable par suite des constructions. En empêchant le sol d’accomplir ses fonctions d’absorbant, de régulateur et de cana-
- d’étudier d’une façon très poussée la science de l’hydraulique sans laquelle il n’aurait pu s’établir et vivre dans un pays qui sans eau est désertique. Le réseau de canaux qu’ils avaient établi et qui était destiné à l’irrigation des vastes plaines de l’actuelle Mésopotamie force encore de nos jours l’admiration des ingénieurs. Ne nous
- de Clichy
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- Fig. 1. — Le réseau actuel des collecteurs de Paris.
- lisant, il fallait créer un système de canaux ou de drains pour recueillir et évacuer les eaux pluviales.
- HISTORIQUE
- Le problème ainsi posé était un problème d’hydraulique et la première solution que nous lui connaissons date des Chaldéens. Ce peuple, en effet, avait été obligé
- étonnons donc pas de trouver dans les ruines de Ninive et dans celles de Babylone des éléments d’égouts qui nous laissent supposer que l’eau était déjà utilisée pour le nettoyage des canalisations.
- Les Romains qui, les premiers, firent d’importants travaux pour l’adduction d’eau dans les villes, durent parallèlement, étudier l’évacuation des eaux usées,
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- notamment des établissements de bains publics. Aux eaux pluviales s’ajoutent maintenant les eaux usées, les égouts sont plus importants ; cinq siècles avant notre ère, on construit le « Cloaca Maxima » qui débouche dans le Tibre et dont une partie subsiste encore de nos jours, le diamètre de cet égout dépasse par endroits 4 m 70.
- Avec la chute de l’Empire romain, tous les bienfaits
- ....169 =
- Lorsqu’il pleuvait, le ruisseau s’enflait et la rue devenait impraticable.
- La première législation relative à l’évacuation des eaux usées date, en France, du xvie siècle; elle rend obligatoire l’existence de fosses pour les eaux vannes; un siècle plus tard, la ventilation de ces fosses était rendue obligatoire. Il ne faut pas en conclure que cette ordonnance ait été
- Fig. 2. — Le projet d’extension du réseau de collecteurs du département de la Seine.
- résultant de la continuité des civilisations méditerranéennes disparurent; on constate entre autres unerégres-tion de l’hygiène, et pendant une dizaine de siècles les populations seront la proie d’épidémies périodiques.
- Il faut attendre le règne de Philippe Auguste pour voir apparaître vers 1180 les premiers pavages dans les rues de Paris; dans l’axe des rues s'écoulait à l’air libre le ruisseau, qui était un véritable égout à ciel ouvert.
- suivie d’une façon rigoureuse; il suffit de lire les conteurs de cette époque pour s’apercevoir que l’amélioration de l’hygiène qui aurait dû en résulter était bien modeste.
- Remarquons, en passant, qu’un assez grand nombre d’agglomérations urbaines sont restées, en France, à ce stade primitif de l’hygiène publique : fosses pour les eaux vannes, les eaux ménagères et pluviales s’écoulant en un ruisseau à l’air libre jusqu’à un égout parfois lointain.
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- Les premiers égouts pluviaux apparurent à Paris vers la fin du xvne siècle; ils se développèrent lentement et sans plan d’ensemble; ils étaient construits au début en maçonnerie de pierre de taille, puis, en raison du coût trop élevé de ce mode de construction, on remplaça la pierre de taille par la meulière. Leur longueur atteignait 100 km au milieu du siècle passé.
- C’est alors qu’on s’est demandé s’il ne serait pas possible d’utiliser les égouts pluviaux pour y rejeter les eaux usées des habitations, et bien que la Commission chargée de donner son avis sur le rejet des eaux usées provenant des habitations dans les égouts pluviaux ait déconseillé, en raison de l’impossibilité de conserver les eaux dans des conduites n’ayant aucune communication avec l’atmosphère, de polluer les eaux pluviales par l’adjonction d’éléments essentiellement fermentescibles, il fut décidé que le réseau de Paris serait du type : tout-à-l’égout, tous les ouvrages devant avoir des dimensions suffisantes pour être visitables.
- LES ÉGOUTS DE PARIS PROJET D’EXTENSION
- C’est à Belgrand que devait revenir l’honneur de définir les principes du programme d’assainissement de Paris : ces principes qui prévalent encore aujourd’hui avaient pour objet de supprimer tout déversement d’eau dans la Seine à l’intérieur de la ville, et de reporter toutes les eaux vers l’aval, en direction d’Asnières et de Saint-Denis par un système de collecteurs.
- Ayant défini les grandes lignes du réseau, Belgrand détermina également les données du calcul des ouvrages ainsi que leurs tracés.
- Le collecteur d’Asnières partirait de la Concorde en direction de Clichy qu’il traverserait, alors que le collecteur Nord traverserait Belleville et Ménilmontant avant de se diriger sur Saint-Denis. Enfin les eaux de la rive gauche seraient déversées dans le collecteur d’Asnières après avoir franchi la Seine par un siphon situé près du pont de l’Alma.
- Une remarquable continuité d’efforts a permis à notre
- capitale d’être dotée, en un demi-siècle, d’un réseau d’égouts dont le développement total atteint actuellement près de 1800 km répartis entre les collecteurs principaux au nombre de cinq, les égouts secondaires des voies publiques qui débouchent dans les collecteurs et les branchements particuliers qui relient les maisons aux égouts secondaires.
- Les égouts servent également de galeries visitables où sont logés les conduites de distribution des eaux, les fils téléphoniques et télégraphiques, les tubes pneumatiques et les canalisations d’air comprimé.
- Or, au fur et à mesure que s’étend la banlieue de Paris, le volume des eaux augmente, et les collecteurs deviennent insuffisants; c’est pourquoi le projet d’assainissement général du département de la Seine, qui est actuellement à l’étude, prévoit l’établissement d’un nouveau réseau de collecteurs faisant converger vers Achères et La Frette toutes les eaux du département, ainsi que les ouvrages d’épuration de ces eaux.
- L’ossature de ce projet comporte la construction :
- 1° D’un double collecteur allant de Clichy à La Frette;
- 2° D’un collecteur allant de Pantin à Achères en partant de la Porte de Pantin, contournant le Fort de l’Est, puis, après avoir passé par La Briche, qui est à la pointe du méandre de la Seine près de Saint-Denis, longe au Nord ce méandre pour se diriger vers Achères. Le débit prévu de ce collecteur sera de 15 m3 par seconde, sa longueur de 24 km, sa section circulaire aura 3 m 60 de diamètre.
- 3° D’un collecteur allant de Clichy à Achères, de même diamètre que le précédent et débitant 20 m3.
- 4° D’un collecteur allant du pont de Charenton à Clichy en contournant Paris par le Nord suivant les anciennes fortifications.
- 5° D’un collecteur allant de Sèvres à Achères et recueillant les eaux de Boulogne, sur lequel viendra se raccorder un égout de forme ovoïde qui, partant du pont de l’Alma, passant par le pont Mirabeau et le Bas-Meudon, débouchera au pont de Sèvres.
- Ce projet s’inspire donc des mêmes principes qui ont
- Fig. 3. — Schéma du fonctionnement d’un réseau d’évacuation système Gandillon.
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- Fig. 4. -— Vue intérieure de l’usine [municipale d'assainissement de Rouen système à chasse d’air Gandillon).
- guidé Belgrand, tuais il se heurte à des difficultés d’ordre financier, administratif et technique qui sont loin d’être toutes résolues.
- Le montant des travaux est estimé à trois milliards; même échelonné dans le temps, le financement ne sera pas aisé.
- Au point de vue administratif, le département de la Seine se compose de 79 communes qui sont plus ou moins bien assainies et souvent indépendamment les unes des autres; de plus, le tracé des nouveaux collecteurs empruntera le département de Seine-et-Oise. On ne sait encore comment les communes de la Seine et celles de Seine-et-Oise qui sont limitrophes, seront appelées à collaborer au projet d’ensemble.
- Enfin, au point de vue technique, le projet comporte à Achères le rassemblement d’un volume d’eau quotidien considérable, évalué à 2 700 000 m'1 par temps sec, à épurer.
- LES DIFFÉRENTS SYSTÈMES D’ÉGOUTS
- Le problème de l’évacuation des eaux dans une agglomération se pose de nos jours différemment. En effet, les eaux à évacuer sont de deux sortes :
- 1° L es eaux de pluies et de lavage des rues contenant des gaz dissous, des poussières et qui se chargent d’impuretés provenant des chaussées, sont, surtout depuis la régression de la traction animale, relativement peu polluées; il n’y a aucun inconvénient à les rejeter, telles quelles, dans le cours d’eau le plus voisin, en évitant ainsi toutes les dépenses qui résultent d’un transport à grande distance, d’une épuration et d’un relèvement d’une masse d’eau peu polluée mais relativement importante;
- 2° Les eaux vannes et ménagères très polluées et essentiellement putrescibles qu’il faut conserver dans un circuit clos et qu’il est indispensable d’épurer avant de les rendre à l’atmosphère libre.
- Il est évident que l’adjonction des eaux vannes et ménagères aux eaux pluviales contamine celles-ci et les rend aussi suspectes que celles-là.
- Un système d’égouts est dit séparé lorsque ces deux sortes d’eaux sont évacuées séparément dans deux réseaux distincts de canalisations ; il est dit unitaire lorsqu’un seul réseau évacue toutes les eaux.
- Les avantages et les inconvénients de ces deux systèmes ont fait couler beaucoup d’encre. Il est maintenant certain que le système séparé présente beaucoup plus d’avantages que d’inconvénients, entre autres : le réseau pluvial est plus court, les ouvrages moins importants, car l’eau, s’écoulant naturellement suivant la ligne de plus grande pente du terrain, rejoint le plus vite possible le cours d’eau; on évite ainsi un transport à distance onéreux et des relèvements intermédiaires des eaux de pluies. Le réseau d’égouts vannes a une section très réduite, car
- le débit de ces eaux est relativement faible; par suite de la constance du débit qui est prévisible et de la constance de la composition, l’épuration en est simplifiée. Le système séparé est donc pour les grandes villes d’un prix d’établissement, et d’entretien plus économique. Enfin, comme il est plus aisé d’obtenir une bonne étanchéité avec de petits ouvrages, il répondra mieux aux exigences de l’hygiène.
- Lorsqu’on calcule les ouvrages d’évacuation des eaux, on remarque que le volume des eaux vannes et ménagères est un infiniment petit par rapport au volume des eaux pluviales. Belgrand avait admis pour celles-ci le chiffre de 50 litres-hectare-seconde, alors que pour les eaux vannes et ménagères on admet en moyenne : 100 1 par habitant et par jour, ce qui fait pour une densité de population de 400 habitants par hectare (qui est celle de Paris) : 1 1-ha-sec.
- En raison des grandes surfaces occupées par les villes, il n’est pas possible dans le système unitaire d’établir des ouvrages permettant l’évacuation de toutes les eaux; on établit alors un certain nombre de déversoirs que les eaux franchiront pour tomber directement dans le cours d’eau; la hauteur de ces déversoirs est calculée de façon à assurer une dilution jugée suffisante aux eaux déversées.
- Les sables et autres corps qui sont projetés depuis les chaussées s’opposent au libre écoulement des eaux dans les égouts; il faut, pour obvier à cet inconvénient, faire intervenir la main-d’œuvre pour soumettre les égouts à des curages réguliers;le but de ces curages est d’augmenter la vitesse de l’eau pour permettre l’entraînement des corps lourds jusqu’à des chambres de dessablement. On crée dans ce but une retenue d’eau par le moyen de bateau-vanne ou de wagon-vanne; la vanne descendue dans la cunette retient l’eau et ne la laisse s’écouler qu’à sa partie inférieure par un orifice de dimension variable. Ce service qui impose un travail insalubre à des ouvriers (près de 800 à Paris, presque autant pour les collecteurs seuls de
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- Londres) n’est pas sans danger, car lez gaz qui se dégagent sont délétères.
- Mais il n’est pas possible aux villes qui se sont déjà engagées dans une voie de revenir en arrière.
- LE SYSTÈME GANDILLON
- Depuis quelque vingt ans, d’autres théories se font jour. La plus intéressante est certainement due à M. Gandillon.
- Ayant étudié les divers procédés d’évacuation des eaux, cet ingénieur est arrivé à la conclusion que s’il n’était pas possible de conserver les eaux usées dans un circuit hermétiquement clos en appliquant le système unitaire, cela devenait possible dans le système séparé, ce qui entraînerait de surcroît l’économie inhérente à ce système.
- Recherchant, d’une part, cette condition d’étanchéité sans laquelle il n’y a pas de véritable hygiène, et, d’autre part, l’automaticité des manœuvres de curage afin d’éviter l’emploi de la main-d’œuvre, il est arrivé à imaginer de toutes pièces un réseau de canalisations et de machineries permettant de remplir ce programme initial qui depuis a été élargi. Cet ingénieur a, en effet, mis en relief que si les eaux usées étaient dangereuses, les corps solides susceptibles d’entrer en fermentation, les ordures ménagères par exemple, ne l’étaient pas moins. Il a donc cherché à obtenir l’évacuation de toutes les matières suspectes, liquides et solides, depuis les appartements jusqu’au lieu de leur traitement, dans les mêmes canalisations, strictement en vase clos.
- Les installations faites ont donné des résultats qui répondaient entièrement à ce programme, et ont constitué un très grand progrès dans l’hygiène urbaine.
- Le réseau comporte (fig. 3) :
- 1° Des postes récepteurs E, répartis sur la voie publique,
- destinés à recevoir par gravité tous les déchets provenant des appareils sanitaires; ces postes récepteurs sont disposés sur :
- 2° Des conduites de rue F, qui sont des canalisations de faible diamètre, en général 0 m 20;
- 3° Des postes d’auto-curage G qui relient les conduites de rue à :
- 4° Des collecteurs H, qui sont des canalisations de 0 m 50 de diamètre environ et qui débouchent eux-mêmes à :
- 5° Une usine où sont établies les machines destinées à provoquer, par dépression atmosphérique, les chasses d’air nécessaires pour opérer le curage du réseau, le ventiler et assurer éventuellement le refoulement des produits ainsi entraînés vers les installations de traitement.
- Le fonctionnement du réseau comprend deux périodes :
- 1° Période dite gravitaire : les liquides s’écoulent continuellement par gravité sans aucune intervention mécanique ; les eaux vannes et ordures ménagères sont évacuées par les cuvettes des appareils sanitaires A dans les tuyaux de chute B, dont le haut forme cheminée de ventilation C, et dont le bas débouche dans les drains d’immeubles D aboutissant au récepteur E. Les matières solides se rassemblent et se maintiennent dans le récepteur jusqu’à la période de curage automatique, tandis que les liquides s’en échappent, par trop-plein, et s’écoulent dans la canalisation de rue F ; les liquides gagnent le collecteur U pour aboutir à une batterie d’éjecteurs à air comprimé J qui les refoulent par pulsation jusqu’à la station de traitement.
- 2° Période dite de curage automatique : l’entraînement des matières a lieu par chasse d’air réalisant un curage énergique de tout le réseau. La pompe à air K fait le vide exclusivement dans le collecteur H sans interrompre l’écoulement des liquides. Les gaz d’échappement sont refoulés dans une conduite L, les amenant dans un épurateur de gaz. A intervalles convenables, automatiquement et successivement, les appareils de curage automatique G mettent les conduites de rue F en communication avec le collecteur H sous dépression ; les ordures contenues dans le récepteur se précipitent dans la conduite de rue en la hérissonnant violemment, tronçon par tronçon entre chaque récepteur, avec accompagnement de chasses d’air; les produits arrivent dans le collecteur qu’ils hérissonnent à son tour jusqu’à l’extrémité. Ils sont repris par l’éjecteur J et refoulés dans une conduite N jusqu’à la station de traitement.
- L’exploitation de ce réseau se résume donc en manœuvres de robinets et de moteurs électriques.
- CONCLUSION
- Si maintenant on jette un coup d’œil sur ce qui, en France, a été fait dans le
- Fig. 5. —- Vue du tableau électrique de l’usine d'assainissement de Rouen.
- Les manœuvres de cette usine se réduisent à des arrêts et démarrages de moteurs électriques,
- et à des manœuvres de vannes.
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- Fig. G. — Autre vue de l'usine d’assainissement de Rouen, système Gandillon, montrant les vannes à manœuvrer.
- domaine de l’hygiène urbaine, on est; bien obligé de reconnaître qu’à part quelques villes qui ont fait un réel effort d’adaptation aux nouvelles exigences de notre vie, tout reste à faire encore, et c’est pourquoi nous insisterons sur la nécessité et l’urgence qu’il y a en France à faire pénétrer dans la masse de la population l’intérêt des problèmes d’assainissement que trop de gens ignorent encore.
- Qu’est-ce qui peut arrêter une municipalité dans l’exécution de ses travaux d’assainissement ?
- Dans un certain nombre de cas, ce peut être des difficultés techniques provenant du terrain même sur lequel est construite l’agglomération : existence de points bas, proximité de la nappe d’eau, absence de cours d’eau d’importance suffisante pour le rejet des eaux; manque de place pour l’épuration des eaux; crainte qu’une solution n’apporterait pas une amélioration suffisante eu égard à l’importance des sommes engagées.
- 11 faut répondre à cela que nous avons en France des techniciens qui n’ont rien à envier à la science de l’étran-trer, où les mêmes difficultés se retrouvent et sont résolues.
- Ce peut être également des difficultés d’ordre financier et électoral qui favorisent l’inertie des pouvoirs publics; comment justifier l’enfouissement sous terre d’importantes sommes d’argent ? Ici il faudrait eomrhen-cer par éduquer l’électeur moyen pour lui faire éprouver le besoin d’une hygiène meilleure.
- Non seulement l’assainissement parfait d’une agglomération immunise celle-ci contre tous les risques des maladies épidémiques, mais encore il fait reculer la mortalité dans des proportions importantes; les statistiques ont montré que le taux de la mortalité décroissait de 17 à 11 pour 1000 dans une ville avant et après que les travaux d’assainissement y ont été effectués; ces chiffres ont leur éloquence. Féux Zagdoun.
- Ingénieur E. C. P.
- L’ÉVOLUTION DES MICROSCOPES
- 11 y a cent ans, Dujardin, ayant examiné au microscope des protozoaires, des œufs, des vers et divers animaux, émit pour la première fois l’idée que les êtres vivants sont tous constitués par une gelée « glutineuse, diaphane, homogène, élastique et contractile » à laquelle il donna le nom de sarcode. Peu après, en 1840, Purkinje y substituait le mot de protoplasma qui a fait fortune. Le noyau avait été vu par Robert Brown en 1831 ; le nucléole allait l’être par Valentin. La théorie cellulaire naissait.
- 11 nous a paru curieux de revoir, à l’occasion de ce centenaire, les progrès des microscopes.
- La loupe ou microscope simple était certainement connue des anciens. On la trouve vaguement indiquée dans Sénèque et Pline l’Ancien; on a découvert une lentille en cristal de roche dans les fouilles de Ninive et une autre en verre dans un tombeau romain.
- Le microscope composé, à objectif et oculaire, est d’invention bien plus moderne. On l’attribue généralement
- à Hans et Zacharias Janssen, vers 1590. D’autres en font honneur à Cornélius Drebbel, vers 1610. 1 1
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- scopes furent si défectueux qu’on leur préféra les loupes montées et c’est encore une de celles-ci qui servit à Leeuwenhoek (fig. 1).
- Cependant, dès 1665, le physicien anglais Robert Idooke avait grandement amélioré le microscope et avait ainsi vu dans le liège des. cavités qu’il dénomma cellules.
- Ce n’est que dans la seconde moitié du xixe siècle que le microscope devint un instrument de physique précis et commode. Depuis, il a atteint un degré de perfection tel qu’aujourd’hui on le trouve dans tous les laboratoires et qu’il est bien près d’avoir montré tout ce qu’on peut voir, jusqu’à l’extrême limite de petitesse : 0,25 y. environ.
- Nous n’entrerons pas dans le détail de la théorie, de la construction et de l’emploi des appareils actuels. Le sujet est parfaitement traité dans le Précis de microscopie de Langeron, ouvrage classique qu’on trouve aujourd’hui sur toutes les tables de laboratoire.
- Nous préférons fêter le centenaire du protoplasma, en montrant quelques instruments d’époques diverses depuis la loupe de Leeuwenhoek (fig. 1).
- Entre deux minces plaques de cuivre une petite lentille était enchâssée. Derrière celle-ci, on aperçoit une pointe mobile sur laquelle on fixait une lamelle de mica portant l’objet qu’on déplaçait au moyen d’une vis pour mettre au point. C’est avec cet instrument que Leeuwenhoek (1632-1723) regarda tout ce qui lui tomba sous la main, sans grand souci d’expérimenter. C’était, a dit Carus, « le premier de ces amateurs qui ne demandent au microscope qu’un tranquille amusement». Seulement, tout était à découvrir. Leeuwenhoek, examinant des matières
- fécales, y trouva les premiers parasites intestinaux. Il construisit un grand nombre d’appareils en cuivre, en argent, et acquit un renom tel que Pierre le Grand, passant à Delft, vint le voir.
- La figure 2 représente un joli microscope du xvme siècle, à pied rond gravé et colonnette d’argent. La lentille est montée dans des cercles d’ébène maintenus par une bague d’argent gravé. Le porte-objet, en ébène, est vissé sur une bague d’argent; il est tenu par une tige tournant et glissant sur la colonnette; l’autre extrémité de la tige porte une pince à insectes.
- La figure 3 est celle d’un petit microscope composé, en ivoire et cuivre doré, construit en Italie vers 1689 et signé Gioseppe Campana in Roma. Pour observer, on dévissait le capuchon d’ivoire et on tirait plus ou moins le tube. Les objets étaient posés sur la table.
- Le microscope de la figure 4, de la forme dite chapelle, date de la fin du xvme siècle; il porte gravé sous sa base de bois un cœur dans lequel on lit J.F. F. Nürnberg. Le tube optique est en bois recouvert de papier. Un miroir plan inclinable est tenu par le bâti, en dessous de l’objectif.
- Celui de la figure 5 est une construction hollandaise du xvme siècle. Le socle et la platine sont deux cercles de bois tourné, incrustés d’étoiles en ivoire et en ébène serties dans un cercle de cuivre. La platine et le tube sont portés chacun par trois colonnes d’argent en forme de balustre. L’optique comprend 3 lentilles.
- A côté (fig. 6) est un microscope composé, plus petit, signé Tiedemann, Stuttgart, datant de la fin du xvme siècle.
- Voici (fig. 7) le microscope de Ruffon à qui on en avait
- Fig. 5 à 8. — Quatre microscopes du xvine siècle. Au milieu, celui de Buffon.
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- Fig. 9 à 11. —- Trois microscopes modernes. (De gauche à droite : Nachet, Stiassnie, Zeiss.)
- fait cadeau. Il ressemble à d’autres modèles ayant appartenu au duc de Chaulnes et à Stanislas Leczinsky.
- Il est signé : Chapotot, Paris. Le socle porte : Cabinet de Mr de Bufïon, et le tube une dédicace : A notre maître.
- La figure 8 reproduit un modèle fort rare, binoculaire construit d’après les données du Père Cherubini, d’Orléans, Il porte l’inscription : Mediolani 1722.
- *
- * *
- On aurait peine à retrouver ces précurseurs dans la silhouette des microscopes modernes.
- Voici trois types choisis parmi les plus récents (fig. 9 à 11) : le microscope binoculaire monobjectif de Nachet, modèle 1934; le microscope binoculaire à 4 objectifs et à platine rectangulaire de Stiassnie; le microscope monoculaire à 4 objectifs et 4 oculaires de Zeiss. Puis (fig. 12) un appareil microphotographique de Leitz dénommé Panphot, avec son appareil d’éclairage.
- La figure 13 représente l’appareil ayant actuellement le plus grand pouvoir de résolution. Il comprend une optique tout en quartz et on l’éclaire par un arc à 20 000 volts donnant une lumière d’onde très courte correspondant à la raie 273 du spectre d’étincelle du cadmium (275 À).
- Enfin, pour donner une idée de ce qu’est actuellement un banc d’optique micrographique, voici (fig. 14) celui de l’Institut de microscopie de Paris. On voit à droite les appareils d’éclairage : lampes ponctuelles, arcs au tungstène; puis, derrière les cuves d’absorption, le microscope
- Fig• 12. — Le « Panphol » de Leitz.
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- Fig. 13. — Microscope à lentilles en quartz cl à éclairage ullra-violei.
- dont le tube est placé horizontalement; à gauche, enfin, la chambre photographique. On obtient avec cet appareil des images grossies 3000 fois.
- *
- * *
- Un tel appareillage permet d’aller infiniment plus loin qu’il y a un siècle. On n’en est plus à découvrir la cellule et son noyau; grâce à toutes sortes d’artifices de fixation, de coloration, d’imprégnation métallique, on a réussi à révéler les structures, les hétérogénéités protoplasmiques, les grains, les filaments, les réseaux qui apparaissent dans le vieux « sareode » et en sont peut-être les éléments fondamentaux ; on est parvenu à compter dans les noyaux les chromosomes qui sont, croit-on aujourd’hui, les porteurs des caractères spécifiques et héréditaires.
- Mais la limite de visibilité ne semble pas pouvoir être dépassée. Et tout ce qu’on voit est énorme par rapport aux micelles colloïdales, aux molécules, aux atomes, aux ions, aux électrons, si bien que certains se demandent si tous les progrès de l’optique microscopique et ceux de la technique cytologique ne se heurtent pas à un mur, s’ils aident à comprendre le réel, si la chimie de la vie ne se passe pas à une échelle où il est toujours interdit aux \eux de voir l’infîniment petit dans le ciron de Pascal.
- A. B.
- Fig. 14. — Un banc micropholographique moderne.
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- LES VIEUX SAVANTS QUAND ILS ÉTAIENT JEUNES
- XVII. — LE RÔLE DES EXAMENS (Suite)
- Ferdinand Fouqué (1828-1904), qui fut professeur au Collège de France et dont les recherches en minéralogie sont devenues rapidement classiques, était né à Mortain (Manche) et appartenait à une vieille famille normande originaire de Saint-Hilaire-du-Harcouët.
- Son aïeul Julien Fouqué fut, d’abord, instituteur, puis géomètre au début de la Révolution. Son père, installé à Mortain, d’abord horloger, devint agriculteur. Sa mère, très intelligente, eut une grande influence sur son travail intellectuel et moral (-). F. Fouqué fit ses études au collège de Mortain. Reçu bachelier à Caen, il vint à Paris se préparer aux grandes Ecoles, en suivant les cours du collège Henri IV, où il se montra élève intelligent et sérieux, déjà animé de cette curiosité des phénomènes physiques et naturels qui devait le pousser si loin. Pour faire sa carrière, Fouqué eut, d’abord, quelques hésitations et tenta de s’ouvrir, successivement, plusieurs voies. A 18 ans, il se proposait d’entrer à l’Ecole militaire de Saint-Cyr; il fut reçu en 1847. Mais, peu satisfait de son rang dans le classement, il démissionna et préféra redevenir élève de Mathématiques spéciales. En 1848, il passa l’examen d’entrée à l’Ecole d’Administration (depuis, l’Ecole des sciences politiques). Cependant, au milieu des troubles de cette année révolutionnaire, l’avenir parut si incertain à la famille de Fouqué, qu’elle le rappela à Mortain, où il revint vivre, seul avec ses livres et le regret d’une carrière qui semblait manquée. Mais Fouqué avait une volonté trop forte pour ne pas se ressaisir. Travaillant dès lors seul et sans maître, chez son père, il ne tarda guère à se présenter à l’Ecole normale supérieure, sans autre appui que son originalité personnelle et l’amour de l’indépendance d’un jeune homme de vingt ans, qui compte sur son travail et sa capacité. Il y fut reçu en 1849 et y resta trois ans, puis, ses grades conquis au concours, cinq ans comme préparateur, pour s’y perfectionner. Entre temps, il suivait les cours de la Faculté de médecine et s’ouvrait une carrière nouvelle en acquérant le titre de docteur en médecine par une thèse sur la température du corps humain. Son stage d’élève et de préparateur à l’Ecole Normale étant jugé suffisant et, sans passer par la province, il fut nommé suppléant de physique et de chimie au lycée Condorcet : c’était son cinquième essai de carrière et ce ne fut pas le dernier. En effet, le poste étant maigre et provisoire, Fouqué fut sur le point d’abandonner l’enseignement. Il tenta alors l’industrie des produits chimiques; un négociant anglais lui offrait même une situation avantageuse dans ses usines de Birmingham. Mais ce nouvel avatar ne fut pas long et il entra presque aussitôt dans la voie définitive de ses recherches personnelles, en géologie et en minéralogie. L’étude des volcans et de leurs roches allait, en effet, lui permettre de marquer son originalité et de tracer son sillon dans le développement de la science (3).
- Au Collège de France, où ses cours étaient particulièrement suivis par les candidats à l’agrégation des sciences naturelles, il fut, pour les travaux pratiques relatifs à l’examen optique des minéraux en coupes minces et vus à la lumière polarisée, secondé par M. Alfred Lacroix, son gendre, actuellement professeur au Muséum et un des deux Secrétaires perpétuels de l’Académie des Sciences.
- 1. Voir La Nature, depuis le n° 2808.
- 2. Son oncle maternel, Millet, parti du pays en sabots, en 1792, y revint général.
- 3. Notice sur la vie et les travaux de Ferdinand Fouqué, par M. M. Berthelot. (Mém. de l'Ac. des sciences, t. 50, Paris, 1908).
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- La vie d’Ernest=François Mallard (1833-1894), illustre minéralogiste, comme l’a dit Berthelot dans l’Eloge (*) qu’il lui a consacré, peut être regardée comme type de l’existence moyenne d’un savant français, sans aventures extrêmes, fidèle à ses devoirs, et tout entière consacrée aux études idéales et aux plus nobles occupations. Il était né à Châteauneuf-sur-Cher, dans le Berry, en 1833. Son père était percepteur des contributions directes et devint avoué deux ans après la naissance de son fils. L’éducation de celui-ci débuta au collège de Saint-Amand, où l’enseignement se faisait presque par leçons particulières; le docteur Robin Massé, père de l’un de ses camarades, l’emmenait en excursion chercher des fossiles et des minéraux, ce qui constitua peut-être l’origine de son goût pour la minéralogie, goût qui, cependant, ne devait se dessiner que beaucoup plus tard. Il alla ensuite au lycée de Bourges, où son goût pour les mathématiques se développa, puis suivit les cours du lycée Charlemagne, où, en 1851, il fut reçu à l’Ecole Polytechnique. Il entra à l’Ecole des Mines en 1855 et eut pour maître un minéralogiste aussi savant que sympathique, de Sénarmont, dont il garda l’empreinte pour ainsi dire toute sa vie et qui fut l’initiateur de sa haute destinée.
- Connu, surtout, comme un savant ingénieur, Maurice Lévy (1838-1910) eut une jeunesse calme et propice aux recherches scientifiques. Ainsi que l’a fait connaître M. Alfred Lacroix (1 2), il était né à Ribauvillé,le dernier d’une famille de neuf enfants. Il connut peu son père, mort assez jeune. Sa mère, femme d’une grande énergie et d’une haute intelligence, exerça sur sa formation morale et intellectuelle une influence considérable. Il commença ses études classiques au collège tenu par des prêtres dans sa ville natale et conserva toujours un bon souvenir de ses premiers éducateurs. Il entra ensuite au collège de Colmar. Plus tard, sa mère, qui le destinait à devenir ingénieur-chimiste dans l’une des usines de la région, le plaça à l’Ecole industrielle de Mulhouse. Là, ses professeurs, frappés de ses aptitudes mathématiques, conseillèrent de le diriger vers l’Ecole Polytechnique. Mme Lévy prit l’avis de son frère, le Dr Germain Sée, et, d’accord avec lui, envoya le jeune homme à Sainte-Barbe. Entré septième, en 1856, à Polytechnique, il en sortit, en 1858, avec le titre d’élève ingénieur des Ponts et Chaussées. A partir de ce moment, il ne cessa, tout en poursuivant sa carrière administrative qui devait le mener aux plus hauts grades, de cultiver avec passion les mathématiques pures et appliquées, ce qui ne l’empêchait pas de s’intéresser à la sociologie, à l’histoire et aux manifestations artistiques.
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- La jeunesse (3) d’Aug.=Michel=Lévy (1844-1911) n’offre aucune péripétie digne d’être signalée; comme toute sa vie, elle s’est écoulée harmonieuse et belle. II naquit, à Paris, d’une mère lorraine et d’un père né à Strasbourg. Celui-ci qui, en 1844, professait au Val-de-Grâce, se distingua, plus tard, pendant la guerre de Crimée, dans les fonctions d’inspecteur général du service sanitaire de l’armée d’Orient ; il joua un rôle prépondérant dans la médecine militaire du Second Empire. Elevé par ce père, très bon, mais d’une sévérité
- 1. Mém. de l’Ac. des sciences, t. 47.
- 2. Mém. de l’Ac. des sciences, t. 53, Paris 1915.
- 3. Mém. de l’Ac. des sciences, t. 45, Paris, 1915.
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- inflexible, Auguste se signala, dès le début de ses études, par l’égalité, dans toutes les directions, de ses succès qui semblaient devoir le destiner plus particulièrement pour les lettres. Il suivit, cependant, la voie scientifique et, après avoir passé les baccalauréats ès lettres et ès sciences, se présenta à l’Ecole Polytechnique, où il fut reçu premier, pour, en 1867, passer, dans la même place, à l’Ecole des Mines, qui devait le guider vers les études géologiques, science à laquelle il consacra de nombreux et importants travaux, seul ou en collaboration avec Fouqué, dont nous avons parlé plus haut.
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- Charles Renard (1847-1905), que l’on peut considérer comme le véritable inventeur des ballons dirigeables, était un Lorrain, né à Damblain.
- D’après les renseignements que M. Norbert Lallié (x) a publiés sur lui et que nous résumerons dans ce qui suit, son père avait été juge de paix de Clefmont (Haute-Marne). Il fit ses premières études d’enseignement secondaire à l’Institution de la Trinité, à Lamarche (Vosges) ; ses camarades s’en souviennent comme d’un élève diligent, appliqué, très sympathique à tous malgré son évidente supériorité. Grand lecteur, il dévora la bibliothèque du collège.
- Il marquait, en outre, un goût très vif pour les manipulations chimiques. « Il le révéla, une fois, écrit M. Lallié, de façon plaisante à l’Institution de la Trinité. Le cabinet de physique et de chimie, bien installé, était laissé à la disposition des élèves. Le professeur de sciences était ravi quand un élève lui demandait à y aller; il n’avait pas l’idée que ce pût être pour s’y amuser. Certain jour, Renard et deux joyeux compagnons eurent l’idée de fabriquer de l’acide sulfhydrique, puis de porter et de déboucher les ballons contenant ce gaz fétide aux bons endroits du collège. La chose faite, le cabinet de chimie leur servit d’observatoire pour constater les résultats. Quelques minutes à peine s’écoulent, déjà les fenêtres s’ouvrent, des élèves se montrent en éclatant de rire. Bientôt après, grand brouhaha, les études et les classes se vident. Professeurs et élèves sont dans la cour, commentant, gesticulant, s’exclamant. Les coupables, l’air piteux et inquiets d’un pareil succès, attendent les événements, quand apparaît à son tour, fuyant la pestilence, le préfet de discipline. Mais c’est l’abbé Angeval —. le professeur de sciences — qui, radieux, s’avance vers les coupables, les mains tendues : « Eh bien, mes petits amis, vous avez réussi l’acide sulfhydrique, j’ai senti cela, je vous en félicite ».
- Une autre anecdote montra encore sa gaieté et, en même temps, son bon cœur : « Au mois de septembre 1860, il était en vacances dans les Vosges, à Monthureux-sur-Saône, chez un de ses oncles. La fête de Saint-Michel, patron du village, y avait attiré des forains. Lejeune Charles avait quelque peu lié connaissance avec les jeunes saltimbanques qui habitaient la maison roulante établie sur la grande place; il avait réussi à décider ses parents à assister à l’une de leurs représentations. Mais les artistes ne s’étaient guère distingués dans leurs exercices et les spectateurs murmuraient. Charles quitte tout à coup sa tunique de collégien, d’un bond s’élance dans l’arène, s’accroche au trapèze, fait mille tours plus drôles que classiques. L’assistance passe de la surprise à l’enthousiasme et ne ménage pas les applaudissements. Lui, tout à son rôle, n’a garde d’ouhlier les traditions et, tandis que durent encore les bravos, il fait le « tour de la société » et remet au père de ses jeunes amis saltimbanques le contenu de son képi débordant de gros sous égayés de quelques pièces blanches. Le pauvre homme, reconnaissant, complimenta notre jeune héros : « Mais
- 1. Revue scientifique, 11 mars 1911.
- restez donc avec nous. Leste comme vous l’êtes, ce serait la gloire... »
- Ln gloire, le futur colonel Renard la désirait probablement déjà, mais pas de cette façon. Pour forcer le destin, il quitta Lamarche en 1864 et alla au lycée de Nancy, où il resta jusqu’en 1866| année où il remporta le prix de mathématiques spéciales et où il fut reçu, à la fois, à l’Ecole Normale et à l’Ecole Polytechnique. Ayant opté pour cette dernière, il en sortit, en 1868, dans le génie. Après avoir pris part à la guerre de 1870, il commença à manifester cet esprit inventif; il devait aboutir, en 1884, à la sortie de son ballon dirigeable, La France, construit par lui et son frère, et qui, en 23 minutes, parcourut 7 km et revint à son point de départ, à Chalais-Meudon.
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- J’ai beaucoup connu Gaston Bonnier {1853-1922), pendant plus de trente ans, et je puis affirmer qu’il était botaniste « dans le sang » et, en écrivant ces petites biographies, je pensais trouver à son sujet la preuve qu’il était « né botaniste » et qu’il ne me serait pas difficile de rencontrer dans ses ascendants la trace de cet amour de la botanique, mais en lisant la notice (*) de M. M. Molliard, son successeur à la Sorbonne et à l’Institut, j’ai dû déchanter, car ni du côté paternel, ni du côté maternel, on ne peut découvrir une personne dont le genre de vie ou la tournure d’esprit ait quelque rapport avec les sciences biologiques ou, simplement, avec la botanique.
- Voici, en elfet, les renseignements que M. Molliard a donnés sur les ascendants et la jeunesse du botaniste si connu qui, outre ses travaux originaux, fut un « animateur » de premier ordre.
- Les Bonnier de Layens, d’où descendait Gaston Bonnier, constituaient avec leurs cousins, Bonnier d’Hennequin, une des plus vieilles familles lilloises de manufacturiers en tissage; longtemps, le « fil Bonnier » fut parmi les plus estimés. Le grand-père de Gaston Bonnier, qui avait épousé sa cousine Félicité de Fauconprêt, sœur du traducteur de Walter Scott, était adjoint au maire de Lille en 1792 et c’est alors qu’il démocratisa son nom, en le réduisant en celui de Bonnier; il eut de nombreux enfants, dont le dernier, Edouard, naquit en 1811 dans la séculaire maison de famille de la rue des Canonniers; il s’agit du père de Gaston Bonnier. Edouard Bonnier se consacra aux études juridiques et, jeune encore, fut nommé professeur à la Faculté de Droit de Paris; il vint alors habiter avec sa vieille mère rue Lhomond, au coin de la rue Rataud, près de son beau-frère, Defauconprêt, proviseur au collège Rollin. Il s’occupa surtout de droit criminel et se maria avec la fille d’un de ses collègues de la Faculté de Droit, Ortolan,dont la famille était d’origine italienne. De ce mariage naquirent deux enfants, Elzéar Bonnier, qui devait devenir docteur en droit et homme de lettres, et Gaston Bonnier ; entre parenthèses, ils se ressemblaient tellement que c’est à peine que, souvent, je pouvais les distinguer.
- C’est à l’Ecole de Droit que s’écoulèrent toute l’enfance et la jeunesse de ces derniers en compagnie de leur ami Pellat, petit-fils du doyen de l’Ecole, qui devint professeur de physique à la Sorbonne. Gaston Bonnier aimait à évoquer ces premières années et à parler des promenades faites en compagnie de son camarade Pellat aux environs immédiats de Paris (à cette époque, on y pouvait encore herboriser), dans l’ancien port de Bercy, au fort de Clamart. M. Molliard remarque à ce propos que c’est là peut-être l’origine du goût qu’il devait prendre pour l’étude de la nature et, en particulier, de la botanique, alors que tous les exemples qu’il avait autour de lui semblaient le préparer à suivre la carrière juridique, ou, tout
- 1. Académie des sciences, 12 novembre 1923.
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- au moins, celle des lettres; mais il est plus logique d’admettre qu’il avait déjà du goût pour la botanique, car son ami Pellat, placé dans les mêmes conditions, ne fut pas atteint si complètement de la même passion (bien qu’il devait toujours s’intéresser aux herborisations, où je l’ai souvent rencontré) puisqu’il devint physicien.
- A l’Ecole de Droit, ce n’étaient qu’expériences de physique et de chimie, plus ou moins dangereuses, car les jeunes néophytes n’étaient pas très avertis sur les conditions dans lesquelles ils organisaient ces essais un peu prématurés. Gaston Bonnier lit ses premières études au collège Rollin, situé rue Lhomond, sous la direction de son oncle Defauconprêt, puis devint élève au lycée Henri-IV ; c’est dans cette maison qu’en 1870 il se préparait à l’Ecole normale supérieure; la guerre le surprit chez son oncle à Toulon; il se rendit à Grenoble et s’enrôla comme artilleur. Après la guerre, Gaston Bonnier passa une année presque entière dans un chalet des Alpes dauphinoises, à 1750 m d’altitude, avec son cousin Georges de Layens, l’un des maîtres de l’apiculture française qui y expérimentait la ruche à cadres de son invention, si répandue aujourd’hui. Comme le dit, avec raison, M. Molliard, ce séjour a eu certainement sur l’orientation définitive de Gaston Bon-
- nier une influence marquée; le sujet de son premier travail sur les nectaires (organes végétaux qui sécrètent le nectar dont les abeilles font le miel), l’étude qu’il devait faire plus tard de l’influence du climat des montagnes sur la structure des plantes trouvent de toute évidence leur point de départ dans cette longue contemplation de la nature alpine en compagnie de celui qui devait devenir son collaborateur pour la publication de « Flores élémentaires» qui ont fait la réputation populaire de Gaston Bonnier. C’est ainsi qu’au milieu de la flore des Alpes, au pied des glaciers des Grands Ravins, Gaston Bonnier se prépara à la fois à l’Ecole Polytechnique et à l’Ecole Normale supérieure ; il entra dans cette dernière en 1873, choisit la seule section de sciences expérimentales qui fût alors établie et se prépara au concours de l’agrégation des sciences physiques et naturelles, où il fut reçu premier en 1876. 11 fut ensuite nommé agrégé-préparateur, puis maître de conférences à l’Ecole Normale, enfin professeur de botanique à la Sorbonne, où il succédait à Duchartre et où il eut de nombreux élèves qui surent apprécier sa bonté et son indulgence, parfois, cependant, peut-être, un peu excessives.
- 11e NUI Cou PI N.
- LE MOIS METEOROLOGIQUE
- DÉCEMBRE 1934, A PARIS
- Mois très pluvieux, très peu ensoleillé et remarquable surtout par la douceur de la température et la faiblesse de la pression barométrique.
- Au Parc Saint-Maur, la moyenne mensuelle de la pression barométrique, ramenée au niveau de la mer, 756 mm, 7, est déficitaire de 6 mm, 0 à la normale et elle vient au deuxième rang parmi les plus basses observées en décembre depuis 1874; seule celle de décembre 1916 lui est inférieure de 2 mm, 2.
- La moyenne mensuelle de la température, 8°24, est en excédent de 4°,88, et elle correspond à peu près à la température normale des premiers jours d’avril. Elle dépasse de 0°,55 celle du mois de décembre 1915, le plus chaud de la série du Parc (7°,69). Mais depuis 1757, d’après les nombres publiés par M. Renou dans ses études sur le climat de Paris, les mois de décembre 1806 et 1868, dont les moyennes respectives ont atteint 8°,6 et 8°,7 restent vraisemblablement plus doux encore.
- A partir du 2, toutes les températures journalières ont été supérieures à leurs normales correspondantes avec des écarts fréquemment supérieurs à 5° et atteignant même 8°,4 le 4 et le 6, journées les plus chaudes du mois.
- Le maximum absolu, 14°,4, le 6, n’a rien d’excessif : son excédent sur le maximum absolu moyen n’est que de 1°,4 et on a observé fréquemment en décembre des maxima plus élevés. Le minimum absolu, 0°,0, noté le 2, est beaucoup plus remarquable ; c’est le plus élevé qui se soit produit en décembre depuis 1868 dans la région de Paris. Il correspond à l’unique jour de gelée sous abri.
- A Montsouris, le minimum absolu a été de 0°,4 et c’est la première fois qu’en décembre il ne gèle ni sous l’abri, ni même sur le gazon. Durant les mois de décembre des années 1806, 1821, 1852, 1863 et 1868 il n’avait pas gelé à l’Observatoire de Paris. Les extrêmes de la température pour la région parisienne ont été de : -—• 1°,0 à Joinville et 15°,2 à Vaucluse.
- Aussi cette douceur exceptionnelle de la température a-t-elle provoqué quelques anomalies dans la floraison de
- certaines plantes et à la fin du mois quelques rosiers portaient encore des fleurs et de nombreuses pâquerettes émaillaient les gazons des jardins et des parcs.
- Le total pluviométrique mensuel au Parc Saint-Maur, 88 mm, 8, recueilli en 20 jours de pluie appréciable au lieu de 16, nombre normal, classe le mois qui vient de s’écouler au 5e rang parmi les mois de décembre les plus pluvieux observés depuis 61 ans. Le rapport de ce total à la normale dépasse légèrement 1,75. La journée du 26, qui a été la plus pluvieuse du mois a fourni à elle seule 22 mm 7 d’eau. Il n’y a eu aucune chute de neige.
- A Montsouris, la hauteur totale de pluie, 93 mm, 7, est supérieure de 77 pour 100 à la moyenne des 50 années 1873-1922 et la durée totale de chute, 68 h 50 m, est supérieure de 5 pour 100 à la moyenne des 25 années 1898-1922. Hauteurs maxima en 24 heures : pour Paris, 20 mm, 9, à l’Hôpital Saint-Antoine et, pour les environs, 23 mm, 2, à Villejuif, du 26 au 27.
- Quelques flocons de neige fondante sont tombés le 12 à Sevran avant 9 heures et le 26 à Auteuil, le matin. La pluie de la journée du 15 était mêlée de grêle, vers 14 heures, sur de nombreux points.
- Les brouillards ont été assez nombreux; seul celui du 30 a été général; ceux du 24 et du 26 ont persisté toute la journée sur quelques points. Un obscurcissement s’est produit le 10, à Igny, vers 9 heures. On a enregistré à l’Observatoire de la Tour Saint-Jacques, 33 h 55 m de soleil, durée inférieure de 21 pour 100 à la moyenne de 40 années. Il y a eu 12 jours sans soleil (normale 16).
- Les vents du S. et du S.-S.-O. ont été très dominants.
- A l’Observatoire du Parc Saint-Maur, la moyenne de l’humidité relative a été 86, 8 pour 100 et celle de la nébulosité 90 pour 100. On y a constaté 8 jours de brouillard, 13 jours de brume lointaine, 7 jours de rosée, 1 jour de gelée blanche.
- Em. Roger.
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- 180 = CONTRE LE GEL DES RADIATEURS
- DAUTOMOBILES
- Les froids de l’hiver mettent en danger tous les réservoirs contenant de l’eau, au premier chef les radiateurs et les chemises de cylindres d’automobiles. Qu’une voiture passe la nuit sans abri ou dans un garage non chauffé, ou encore qu’elle reste longtemps en stationnement dans la rue par des températures inférieures à 0°, et on risque fort de la retrouver avariée, immobilisée pour de longs jours, exigeant des réparations coûteuses quand le bloc moteur est fêlé.
- C’est pourquoi l’automobiliste prudent défend sa voiture contre le refroidissement. Les couvre-capots et les couvertures sont efficaces pendant un arrêt de courte durée; ils ralentissent les pertes de chaleur et diminuent les difficultés de remise en marche; mais ils ne suffisent pas à préserver du gel pendant un temps très long. On ne peut songer à vider chaque soir le radiateur et à le remplir chaque matin; c’est une opération trop lente qui deviendrait une sujétion.
- Le mieux est donc de rendre l’eau de circulation inconge-lable en l’additionnant d’un corps qui s’v mélange ou s’y dissout et qui abaisse le point de solidification. Bien des corps peuvent servir dans ce but, mais encore doivent-ils satisfaire à un certain nombre de conditions qui en limitent beaucoup le nombre. Ils doivent d’abord maintenir l’eau liquide aux plus basses températures qu’on puisse craindre, de façon à ne pas donner de désagréables surprises quand, par une nuit claire, le froid augmente plus qu’on ne l’avait prévu; ils ne doivent corroder les métaux en contact, et notamment les soudures, ni par eux-mêmes, ni par leurs produits de décomposition, même quand l’eau des radiateurs approche de la température d’ébullition après une marche très prolongée du
- moteur; ils ne doivent pas être volatils pour que leur concentration ne diminue pas, nécessitant leur remplacement ou laissant reparaître les risques; ils ne doivent pas dissoudre et attaquer les peintures grasses ou cellulosiques, au cas où on en laisserait tomber sur le capot.
- La glycérine répond parfaitement à tous ces desiderata. Elle est elle-même incongelable. Mélangée à l’eau, elle abaisse le point de congélation à :
- Eau pure 0°
- + 15 % glvcérine — 3°
- — 20 % - — 40
- — 25 % - - - 6°
- — 30 % - — 8°
- — 35 % - - -10°5
- — 40 % - —13°
- — « % - — 17°
- -- 50 % - - - 20°
- — 60 % - - 26°
- 70 % - - - 48°
- Si elle augmente la viscosité du liquide, par contre elle a des qualités désincrustantes et dissout les dépôts calcaires, si bien qu’elle permet une circulation suffisante.
- La seule précaution est d’employer une glycérine très pure, parce que beaucoup de produits industriels sont acides et attaquent les métaux. La Société française des glycérines, 67, boulevard Haussmann, Paris, fournit sous le nom de « Glycautol », des bidons de cinq litres de glycérine raffinée neutre, donnant toute sécurité au point de vue pureté.
- A PROPOS DU TABAC DÉNICOTINISÉ
- Un de nos lecteurs nous avait posé la question suivante :
- « Si j’achète un paquet de caporal doux dénicotinisé et qu’avec ce tabac je confectionne moi-même des cigarettes, je remarque qu’en projetant de la fumée sur un linge il ne se produit, en effet, qu’une faible trace de nicotine.
- Si j’achète des cigarettes toutes faites de ce même tabac, par exemple des Gitanes caporal doux dénicotinisé et que je fasse la même expérience, la trace de nicotine sur le linge sera considérablement plus importante. 11 y a déjà là un fait que je ne m’explique pas. D’autre part, les cigarettes achetées toutes faites sont nettement plus âcres, elles se consument plus facilement et presque toutes seules, quand, au contraire, celles que je fais s’éteignent plus vite quand on ne les active pas. Je me demande si la régie ne met pas un produit quelconque dans le tabac destiné à la confection des cigarettes vendues par elle, soit pour en favoriser la combustion, soit pour mieux agglomérer le tabac, car il est à remarquer encore que l’aspect du tabac des cigarettes toutes faites n’est pas le même que celui du tabac en paquet. »
- M. le Directeur général du Service d’exploitation industrielle des tabacs, à qui nous avions soumis cette lettre, a bien voulu nous adresser la réponse suivante, contenant les remarques de ses services techniques :
- « Tout d’abord, en ce qui concerne les qualités respectives du tabac « caporal doux » mis en vente soit en paquets verts de 50 gr, soit sous forme de cigarettes Gitanes ou Celtiques,
- il n’y a aucune raison pour qu’elles dilfèrent, étant données la similitude de composition des mélanges originaux de feuilles de tabac et la similitude des traitements subis par ces tabacs pour la dénicotinisation.
- Les seules différences perceptibles à un fumeur peuvent tenir à un écart entre les degrés respectifs d’humidité des tabacs livrés soit en paquets, soit sous forme de cigarettes : la Régie estime, en effet, qu’il y a avantage, pour les manipulations que subissent entre les mains du fumeur les scaferlatis en paquets et pour la consommation dans la pipe, à livrer le tabac en paquets un peu plus humide que le tabac sous forme de cigarettes, et précisément dans ce but une amélioration a été apportée, il y a quelques mois, à la présentation du scaferlati dénicotinisé en paquets, par la substitution, à l’ancien papier couché vert, d’un papier vert imperméable qui conserve mieux au tabac ses qualités de souplesse et d’arome. Pour la consommation sous forme de cigarettes (Celtiques et Gitanes caporal doux, etc.), il paraît au contraire préférable de livrer à la vente des produits relativement secs.
- En tout cas, il n’est pas possible de comparer rationnellement deux tabacs par l’examen des projections sur un linge de la fumée produite par la combustion de ces tabacs, dans les conditions où un fumeur peut normalement l’effectuer. Le manque de rigueur scientifique et de précision d’une telle méthode suffit d’ailleurs à la condamner, et toutes les études méthodiques qui ont pu être faites sur la fumée de tabac
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- l’ont été soit au moyen de fil 1 res d’ouate soigneusement tarés, soit au moyen de liquides divers dans lesquels on lait barboter la fumée de tabae.
- J’attire par ailleurs votre attention sur le fait que voire correspondant appelle fort improprement « traces de nicotine » le dépôt coloré laissé sur le linge par la projection de la fumée de tabae. En elïet, la nicotine pure est à peu près incolore et la quantité contenue dans la fumée de tabac est trop faible de toute façon pour qu’il puisse en demeurer sur un linge une quantité notable. Les traces colorées proviennent surtout de la condensation de résines et de produits de décomposition pyrogénée des matières contenues dans le tabac et autres que la nicotine.
- En ce tpii concerne par ailleurs la question de combustibilité des cigarettes en caporal doux qui se trouve plus spécialement visée dans la seconde partie de la lettre de votre correspondant, je vous indique qu’elle dépend essentiellement de la combustibilité propre du papier servant à envelopper le tabac.
- Suivant le goût du plus grand nombre de consommateurs,
- .......... .......' . = 181 =
- le S. E. I. T. a été amené, au cours des dernières années, à accroître sensiblement la combustibilité des papiers blancs utilisés pour la confection des cigarettes Gauloises, Gitanes et Celtiques. Il n’est donc pas étonnant que celles de ces cigarettes qui sont en papier blanc se consument facilement, le S. E. J. T. désirant : 1° éviter aux consommateurs le geste fastidieux qui consiste à rallumer une cigarette qui s’est éteinte; 2° supprimer l’aspect noirâtre peu esthétique du papier qui charbonne par suite de sa trop faible combustibilité.
- Par contre, comme un certain nombre de fumeurs tiennent à avoir des cigarettes brûlant lentement, quitte à les rallumer plusieurs fois le cas échéant, la Régie a mis en circulation à une date récente et pour certaines cigarettes (pour les Gitanes en particulier) un nouveau papier maïs de faible combustibilité qui semble devoir convenir particulièrement au goût de votre correspondant.
- En tout état de cause, vous pouvez garantir à ce dernier que le S. E. I. T. n’incorpore au caporal doux de ses cigarettes aucun produit spécial destiné « soit à en favoriser la combustion, soit à mieux agglomérer le tabac. »
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- LA PRODUCTION DE BEAUX FRUITS
- L’invasion des marciïes français par les fruits étrangers a pris un tel développement, en même temps que les producteurs français perdaient des points sur les marchés extérieurs, que l’inquiétude a gagné les arboriculteurs de notre pays.
- Cette inquiétude a donné naissance à un désir de trouver des remèdes à ce mal.
- La première constatation à faire concerne le format et la présentation des fruits. Les arboriculteurs français peuvent faire leur mea culpa de laisser trop facilement leurs arbres à l’abandon, croyant qu’ils ont tout fait pour le succès lorsqu’ils ont planté un sujet et assuré sa reprise. Les fumures rationnelles leur assureraient des résultats au moins équivalents à ceux que nous constatons sur les fruits importés, car le terroir jouerait son rôle, même sur un fruit de volume augmenté et régularisé.
- Sur la présentation des fruits aussi il y aurait beaucoup à dire. Le Français a sur les marchés du pays ou de l’étranger une réputation bien établie de « fardage », procédé qui consiste à réunir sur la couche supérieure les plus beaux spécimens qui dissimulent les couches inférieures formées de produits tout-venant. L’acheteur se laisse prendre une fois, mais passe ailleurs ses commandes suivantes.
- Une fois ces progrès réalisés, il restera encore toute une technique à faire adopter aux arboriculteurs, si l’individualisme français ne rendait difficile l’application de règlements qui sont obligatoires à l’étranger. Il s’agit des traitements contre les ennemis animaux ou végétaux des arbres fruitiers.
- Combien d’arboriculteurs ignorent encore les causes de certaines gerçures, taches, piqûres, etc. ? Combien savent que le ver dont ils constatent la présence dans le fruit lors de la cueillette est l’aboutissement de la piqûre d’une mouche ou d’un papillon, où fut déposé un œuf ? Et combien songent que le ver habitant à l’automne un fruit laissé par terre, va sortir du fruit, se transformer pour hiverner et redonner au printemps naissance à la mouche ou au papillon qui piquera et pondra à nouveau et ainsi de suite ?
- Un des plus importants traitements à entreprendre pour la sauvegarde des fruits est le traitement d’hiver auquel le repos de la végétation permet d’être plus agressif et de toucher un plus grand nombre d’individus qui sont moins mobiles dans leurs formes hivernales.
- Ce traitement d’hiver d’abord fera tomber les vieilles écorces, exterminera les lichens et les mousses, et donnera, si ce n’est dès le premier traitement, du moins par la continuité de la méthode, des écorces rénovées, lisses et dont l’aspect dira lui-même la santé et le bien-être de l’arbre et des fruits.
- En supprimant ces éléments inutiles, nuisibles même, le traitement d’hiver supprimera les abris utilisés par les insectes et les champignons, pour attendre dans leurs formes hivernales le retour de la saison propice à leurs déprédations. Dès la première année, si le traitement est fait avec un soin et une abondance suffisante, de nombreuses larves
- et de nombreuses spores seront détruites, réduisant ainsi le nombre des assaillants du printemps suivant et économisant une partie de l’argent et de la peine qu’entraîneront les traitements de printemps et d’été.
- La Compagnie des mines de Béthune a mis au point un produit à base de formol, le « Tingyl », qui a l’avantage d’être mouillant et adhérent; il est en outre coloré, ce qui permet la vérification de l’application intégrale sur les arbres à traiter.
- Le Tingyl détruit les tissus cryptogamiques; il tue les insectes, les larves et les œufs grâce à son pouvoir de pénétration très élevé, qui lui permet de tanner leurs tissus, qu’il imbibe par contact; il ne cause pas de brûlures aux cultures intercalaires; il n’est pas corrosif pour les appareils, ni toxique pour l’homme et les animaux aux doses d’emploi. Enfin, il est d’un prix peu élevé.
- On peut se procurer le Tingyl horticole, chez MM. Guichard Cha-tenay et C°, 26, rue Vavin, Paris, VI8.
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- POUR REDONNER AUX NOIX SÈCHES LES QUALITÉS DES NOIX FRAICHES
- Pendant la période d’hiver, on peut désirer redonner aux noix sèches la fraîcheur des noix de récolte récente; il suffit pour cela de faire tremper les noix pendant vingt-quatre heures dans de l’eau contenant environ 10 grammes de sel de cuisine par litre; une fois essuyées dans un torchon, elles feront excellente figure sur la table, s’éplucheront facilement et auront acquis plus de saveur.
- La seule précaution à prendre est de ne préparer, la veille, que la seule quantité prévue pour la consommation du lendemain, car les noix ainsi revivifiées mais humides ne se conserveraient plus longtemps intactes.
- RÉVÉLATEURS POUR CLICHES SOUS-EXPOSÉS
- On sait que dans le cas d’une sous-exposition, soit par pose trop courte, soit par insuffisance de lumière, le développement doit être effectué par un révélateur énergique : pour des cas de ce genre, les établissements Kodak recommandent un bain établi ainsi :
- Eau distillée....................... 1000 cm:i
- Alcool méthylique................... 48 —
- Métol............................... 14 grammes
- Sulfite de soude anhydre............ 52,5 —
- Hydroquinone........................ 14 •—
- Soude caustique..................... 8,8 —
- Bromure de potassium................ 8,8 —
- Cette formule permet d’obtenir le maximum de contrastes et de détails, ce que ne permettrait pas l’emploi d’un révélateur habituel.
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- L’EMPLOI DES DISJONCTEURS
- DANS LES INSTALLATIONS D'ÉCLAIRAGE DOMESTIQUE
- Fig.
- Les installations électriques de faible puissance chez les particuliers sont presque toujours protégées uniquement par des coupe-circuits à fusibles.
- Ceux-ci se trouvent, par exemple, sur la colonne montante qui relie l’installation au secteur, sur le tableau du compteur, et, enfin, sur chacune des canalisations qui partent du compteur pour desservir l’appartement.
- Le coupe-circuit à fusibles comporte simplement, on le sait, un mince fil d’alliage calibré de plomb qui fond si l’intensité du courant dépasse une certaine valeur. Comme les fils employés peuvent présenter des différences de diamètre assez importantes, il a fallu admettre de larges limites de tolérance pour le fonctionnement des fusibles, et l’on ne peut dire que ceux-ci limitent
- avec précision le maximum de courant admis dans une installation.
- Depuis 1929, un système moins barbare tend à se substituer aux fusibles, pour assurer la protection des installations domestiques. Le coupe-circuit et l’interrupteur généraux de l’installation sont remplacés par un disjoncteur automatique, qui peut être réarmé à volonté par l’abonné à l’aide de la simple manoeuvre d’un bouton.
- Ce disjoncteur se place sur le tableau d’abonné qui porte, en outre, le compteur, et remplace à la fois l’interrupteur et les anciens fusibles. Il protège contre les courts-circuits, et limite en même temps, avec une précision suffisante, la puissance absorbée (fig. 1).
- Chez un grand nombre d’abonnés la puissance totale exigée par l’allumage des lampes et le fonctionnement des appareils ménagers dépasse souvent à un moment donné la puissance maxima admise par le compteur, de sorte que les coupe-circuits de branchement sautent fréquemment. L’adoption du disjoncteur évite cet inconvénient, mais, bien entendu, et il faut insister sur ce point, ne supprime pas systématiquement tous les coupe-circuits de dérivation. Elle est seulement utile dans les lignes de dérivation, dans le cas d’emploi de prises de courant servant à l’alimentation d’appareils domestiques.
- En général, pour qu’un disjoncteur assure une sécurité parfaite, il faut que ses caractéristiques répondent à des prescriptions bien déterminées.
- Il doit être d’un système dit à déclenchement libre
- Fig. 1. — Disjoncteur automatique Alslhom sur tableau métallique.
- Le compteur doit être monté sur le même tableau au-dessus du disjoncteur.
- Oscillogramme montrant la pointe d’intensité à l'allumage d’une lampe à incandescence.
- temporisé. Il est impossible alors de maintenir le disjoncteur dans la position de fermeture, tant que le circuit se trouve dans l’état qui a déterminé l’ouverture automatique.
- L’ouverture du disjoncteur a lieu automatiquement, lorsque le courant dépasse une valeur déterminée, et au bout d’un temps d’autant plus court que la surcharge est plus grande. C’est ce qu’on appelle le. déclenchement à maximum d’intensité.
- Le déclenchement libre empêche de réarmer, tant que l’anomalie ayant provoqué l’ouverture n’a pas disparu.
- Le déclenchement temporisé à maximum d’intensité évite l’ouverture inopportune du circuit lors de la mise en marche d’appareils ménagers ou de l’allumage des lampes.
- Des pointes d’intensité atteignant jusqu’à 10 et 12 fois l’intensité normale se produisent, en effet, lors de l’allumage des lampes à filament métallique à atmosphère gazeuse par suite de la résistance moins élevée de ces filaments à froid. Le même fait se produit au moment du démarrage des moteurs des appareils ménagers, tels qu’aspirateurs de poussière, ventilateurs, etc... Dans ces deux cas, et lors de ces surcharges importantes, mais très courtes, le disjoncteur ne doit évidemment pas se déclencher (fig. 2 et 3).
- Des règles précises interviennent également pour le temps maximum dans lequel doit avoir lieu le déclenchement, et la valeur de la surcharge. Il est, d’autre part, nécessaire que les fusibles de branchement ne fondent pas avant le temps de déclenchement normal du disjoncteur; on peut, d’ailleurs, les conserver pour le cas où le fonctionnement du disjoncteur se trouverait entravé.
- Enfin, les disjoncteurs des tableaux d’abonnés sont fixés à l’aide d’un socle plombé, de manière à éviter toute responsabilité à l’abonné en cas de mauvais fonctionnement des appareils.
- Le fontionnement des disjoncteurs est basé sur des principes en général très simples. Examinons, par exemple, le disjoncteur Alsthom (fig. 4 et 5).
- Il comporte un ressort bilamc parcouru par le courant total et qui se déforme sous l’action de la chaleur quand l’intensité devient anormale : il pousse alors une palette mobile dite grande palette devant la pièce polaire d’un bobinage parcouru par le courant total de l’installation. Cette bobine
- Fig.
- 3. — Oscillogramme montrant la pointe d’intensité au démarrage d’un aspirateur à eau.
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- Bornes
- c/Arrivée
- Boite de
- ôouff/ape
- Petite
- Pa/ette
- Grande
- Palette
- ôi/ame
- Bornes
- de
- Départ
- Bornes
- {/Arrivée
- Boite
- de-
- Sauf étape
- Gronde
- Palette
- Bi/ame
- Bornes
- de
- Départ
- Fig. 5. — Déclenchement du disjoncteur Alslhom sous l'action de la bilame.
- A gauche, la bilame est froide; à droite, elle est chaude et agit sur la grande palette de déclenchement.
- joue le rôle de bobine de soufflage et d’attraction.
- Lorsque la grande palette est suffisamment attirée, elle a brisé une genouillère provoquant le déclenchement.
- Une palette plus petite, dite « palette instantanée », est placée près des pôles d’attraction. Elle agit instantanément en cas de forte surcharge ou de court-circuit, avec un temps de déclenchement très faible, car un faible déplacementsuffit alors pour briser la genouillère de déclenchement.
- Le système comporte donc un interrupteur mécanique indépendant dont la manœuvre est réalisée à l’aide d’une poignée isolante servant également pour le réarmement du mécanisme, avec rupture brusque et soufflage mécanique de l’étincelle.
- La bilame thermique à action différée permet de couper le circuit en cas de surcharge faible de certaine durée. Enfin, un dispositif électromagnétique détermine l’ouverture de l’interrupteur en cas de court-circuit ou de forte surcharge par l’action de la petite palette.
- Le disjoncteur est bipolaire, et comporte sur chaque pôle un système bilame, deux palettes, et un bobinage. Les palettes instantanées sont solidaires l’une de l’autre, tandis que les grandes palettes sont indépendantes. L’action de la manette arme la genouillère, par pression au point A, et ferme les contacts mettant l’appareil en service. Une action inverse brise la genouillère et libère les ressorts de contact, en provoquant la rupture brusque du circuit. L’action des palettes a le même effet, en agissant en un autre point B du système (fig. 6).
- Grâce à la forme particulière de la came C, tout réenclenchement est impossible tant que l’une des palettes est attirée, c’est-à-dire tant que le court-circuit ou la surtension subsiste.
- Il peut être également utile d’obtenir la coupure automatique du circuit en cas de panne du secteur. Dans ce but, le même constructeur a étudié une série de « disjoncteurs à manque de tension » produisant le déclenchement lorsque la tension aux bornes tombe au-dessous de 15 volts.
- L’emploi de tels appareils n’est pas limité aux installations domestiques. II est encore plus utile dans les salles de spectacle, les hôtels, les établissements scolaires, les cafés, les hôpitaux, et aussi évidemment dans les usines et ateliers, en particulier, pour la protection des moteurs. L. P.
- Fig. 6. — Dispositif de déclenchement à genouillère du disjoncteur
- Alslhom.
- LIAISON PAP ORGANE
- MÉCANIQUE
- PETITE
- CRANDE PALETTE
- CONTACT
- BILAME /
- Fig. 4. — Principe du fonctionnement d’un disjoncteur Alslhom.
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- LIVRES NOUVEAUX
- Statistique et applications, par Georges Darmois, 1vol. in-16, 32 fig. Armand Colin, Paris, 1934. Prix : broché, 10 i'r 50.
- La statistique est un élément «important de culture générale, tant dans ses principes que dans ses applications. L’excellent livre de M. Georges Darmois l'ait comprendre l’esprit de cette science, les méthodes qu’elle emploie, les applications qu’elle peut recevoir.
- Il étudie un problème caractéristique : celui de l’hybridation mendélienne; il signale des représentations de temps de réaction, de résultats biométriques, de mesures sur une fabrication en série. II illustre, par l’étude de l’hérédité, la notion de liaison entre variables aléatoires, et il signale les résultats de Galton et Pearson. 11 indique comment se posait le problème des corrélations en psychologie, expose la célèbre théorie de Spearman, qui se présente comme un schéma explicatif emprunté à la théorie des probabilités.
- Dans un chapitre spécial, il fait ressortir les diflicultés particulières des problèmes où les phénomènes à mettre en relation se présentent dans le temps, les belles recherches de Hooker, de H. A. Fisher sur la relation entre les récoltes et les conditions météorologiques, qui montrent bien quelle force nouvelle donnent les méthodes statistiques bien maniées dans l’étude de ces questions complexes. Il termine par quelques réflexions générales sur la prévision et l’explication.
- Dix leçons d'astronomie, par E. Esclangox, 2e édition revue et corrigée. 1 vol., 118 pages, 21 planches. Gauthier-Villars. Paris, 1934. Prix : 25 fr.
- Les claires et attachantes leçons d’astronomie vulgarisée du Directeur de l’Observatoire de Paris ont eu un succès mérité. En voici une troisième édition qui ne peut manquer de trouver à son tour de nombreux lecteurs parmi le public cultivé. Accessibles à tous, ces pages résument les étonnantes découvertes de l’astronomie moderne, qui nous ont révélé un univers prodigieusement vaste et peuplé; elles pourraient être une leçon de légitime orgueil; mais l’auteur sait faire entrevoir qu’en dépit du progrès de nos connaissances, à chaque page du livre de la science se posent des énigmes sans doute à jamais insolubles.
- Pendules électriques, par J. granier. l vol. IV-172 p., 105 fîg. Dunod. Paris 1934. Prix broché 37 fr.
- L’horlogerie électrique est aujourd’hui une branche importante de l’horlogerie proprement dite, et elle se développe chaque jour. L’auteur, professeur à la Faculté des Sciences de Besançon, capitale de l’horlogerie française, nous apporte ici un aperçu clair sur les principales familles d’appareils qui relèvent de cette industrie nouvelle : horloges à balancier pendulaire ou spiral, horloges utilisant les propriétés des diapasons électriquement entretenus ou les effets piézoélectriques des cristaux de quartz; horloges synchronisées répétitrices d’une horloge mère, systèmes de distribution d’heure par lil ou par T. S. F. Il donne les grandes lignes de la théorie de ces appareils, en explique le fonctionnement et le réglage.
- Thermionic ' Emission, par A.-L. Reimann. 1 vol., 324p., 64 fig. — Chapman et Hall, éditeurs. Londres, 11, Ilenrietta Street, 1934. Prix : 21 sh.
- L’ouvrage de M. Reimann résume très clairement l’ensemble des travaux effectués jusqu’ici sur le phénomène de l’émission thermionique dont on sait l'importance aussi bien pratique que théorique. Les ouvrages français sur la question sont tous déjà anciens, et par suite incomplets, le livre de M. Reimann pourra donc être d’une grande utilité pour les savants et techniciens français. Il débute par un exposé général qui montre comment les lois de l’émission thermionique peuvent se prévoir théoriquement, et qui confronte les conclusions théoriques avec les résultats de l’expérience. Il étudie ensuite l’émission par les métaux à surface propre, décrit la technique expérimentale et indique les résultats numériques obtenus; il étudie ensuite les métaux à surface contaminée, et plus particulièrement les couches mono moléculaires de thorium, de cæsium, de baryum sur tungstène pur ou oxydé. Il passe ensuite aux cathodes à oxyde dont il donne une étude très précise. Puis il revient à la théorie, en montrant les résultats que donnent les théories modernes de la mécanique quantique appliquées à l’émission électronique. Il termine en résumant ce que l’on sait aujourd’hui du phénomène de l’émission d'ions positifs par des substances chauffées : électrolytes ou métaux.
- L'auto sans chauffeur, par L. Picard. 1 vol., 196 p., avec 62 fig. Chiron, éditeur. Paris, 1934. Prix : 12 fr.
- Il est à l’heure actuelle bien peu d’automobiles qui soient conduites par des professionnels. Leurs conducteurs propriétaires sont essentiellement des usagers, et n’ont pas de notions techniques très approfondies. La connaissance de notions pratiques est pourtant indispensable si l’on veut augmenter la sécurité de fonctionnement, dimi-
- nuer les dépenses de toutes sortes, augmenter la durée de service efficace de l’automobile.
- Il est toujours utile également de connaître des tours de main faciles à réaliser qui rendent plus aisée la conduite, augmentent le confort pendant la route, diminuent l’usure des organes. Ces notions diverses, d'un intérêt essentiel, ne sont souvent pas mentionnées dans les livres techniques, ou même pratiques, qui ont paru Jusqu’ici.
- L’auteur de ce livre, dont nos lecteurs ont pu apprécier les qualités d’exposition dans les chroniques d'Automobile pratique de La Nature, a voulu faire bénéficier les usagers de l’automobile des leçons suggérées par son expérience personnelle. Les usagers de l’automobile pourront tirer grand profit de la lecture de cet ouvrage de grande vulgarisation.
- Protection des métaux contre la corrosion, par
- A. Guérillot. 1 vol. ii,-8, 254 p., 51 fig. Actualités scientifiques et industrielles. Baillière, Paris, 1935. Prix : 25 fr.
- La rouille détruit chaque année le cinquième de la production de fer et d’acier. On s’en occupe beaucoup depuis quelques années et l’on s’aperçoit qu’elle est un phénomène complexe.
- Le cuivre, l’aluminium et leurs alliages, sont de plus en plus utilisés, les premiers dans les industries électriques, les autres en particulier par l’aviation. Leur attaque par l’air et l’eau reste un sujet d’inquiétude pour les constructeurs et les utilisateurs. Des méthodes récentes sont venues s’ajouter aux procédés anciens pour protéger de la corrosion les divers métaux. L’auteur passe en revue la question et insiste sur les protections électrolytiques et chimiques maintenant précisées et sur les progrès des peintures et vernis.;
- Matières grasses et industries dérivées, par
- P. Rivals et L. Margaillan, avec la collaboration de R. Pa-dova. 1 vol., 494 p., 80 fig. J.-B. Baillière et fils. Paris, 1934. Prix : 80 fr.
- Après des généralités sur les corps gras, suivies de l’énumération des acides gras aujourd’hui connus et d’un rapide aperçu sur la glycérine, l’ouvrage étudie les propriétés des glycérides, et notamment des triglycérides qui sont les vrais constituants des corps gras naturels; il explique l’acidification et le rancissement des matières grasses, il étudie brièvement diverses substances qui accompagnent fréquemment les matières grasses sans toutefois appartenir à cette famille : lipoehromes, carbures d’hydrogène, lécithides, stérols, résines, et enfin les cires. Puis il donne la technique de l’analyse des matières grasses, il expose comment s’obtiennent ou se fabriquent les différentes matières grasses et les cires.
- Leçons de chimie physique appliquée à la biologie, par J. Duclaux, t. 1, en 6 fascicules, 1 vol. in-8, 331 p., 77 fig. Actualités scientifiques et industrielles, Hermann et Cle, Paris, 1934. Prix : 75 fr.
- Le professeur du Collège de France reproduit ici ses substantielles leçons, fortement nourries, puissamment critiques, qui font le point de bien des données récentes de chimie physique et posent souvent les problèmes biologiques sous un jour nouveau, L’introduction précise l’esprit de ces leçons où diverses théories sont accusées « du peu de progrès de nos connaissances depuis vingt ans ». L’auteur passe ensuite en revue l’eau et les solutions (cohésion et dispersion, association, structure des liquides, polarité des molécules, azéotropisme et démixtion), les viscosités, la rigidité, la thixotropie, la coacervation, la tension superficielle et la capillarité, les caractères des suspensions et des émulsions. Signalant partout les anomalies, les exceptions qui empêchent de répéter sans plus les hypothèses actuelles, l’auteur soulève, chemin faisant, maints problèmes non seulement biologiques mais chimiques dont la solution importe non seulement à la science pure, mais à toutes les industries.
- Zoologie biologique, par Étienne Rabaud. 3e fascicule : Les phénomènes de reproduction. 1 vol. in-8, 308 p., 157 fig. Gauthier-Villars, Paris, 1934. Prix : 55 fr.
- Voici le 3e et dernier fascicule du cours de zoologie biologique du professeur de la Sorbonne. Il traite des phénomènes de reproduction et de la genèse du monde vivant. L’auteur examine les processus généraux : schizogonie, bourgeonnement, parthénogénèse, conjugaison, puis il envisage les caractères sexuels, la ponte, les rapports de l’œuf avec les parents, le développement embryonnaire et les métamorphoses. Une dernière partie est consacrée au grand problème de la genèse et des transformations des êtres vivants. On y retrouve l’esprit qui a conduit toute l’œuvre : la zoologie ne peut se borner à être morphologique; elle n’est complète et compréhensible qu’en devenant biologique qu’en étudiant :e milieu, les actions et les réactions, en usant largement aussi de la méthode comparative.
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- NOTES ET INFORMATIONS
- PHYSIQUE
- Production de neutrons par irradiation du glucinium au moyen de rayons X.
- Jusqu’ici les neutrons, ces particules élémentaires sans charge électrique, récemment découvertes, n’avaient pu être obtenus que par action de rayonnements de corps radioactifs sur certaines substances.
- Un groupe de sept savants, travaillant en collaboration les uns à Berlin, les autres à Londres, annonce dans la revue anglaise Nature, qu’ils viennent de libérer des neutrons en irradiant du glucinium au moyen de rayons X très durs, produits artificiellement.
- L’appareil à rayons X utilisé était un tube à électrons, récemment construit et mis en service au Laboratoire de la Société d’ElectricitéA.E.Gà Berlin; du glucinium illuminé par des rayons engendrés sous 1 million et demi de volts dans cet appareil, émet des neutrons capables de provoquer des synthèses de substances radioactives; on a pu obtenir ainsi à partir de bromoforme ou d’iodoforme, du brome et de l’iode radioactifs.
- RADIODIFFUSION
- Les projets de la radiodiffusion française pour 1935.
- Nous avons indiqué dans le numéro spécial de La Nature du 1er septembre 1934 les transformations techniques qui doivent être apportées au réseau français de radiodiffusion dans le cours de l’année 1935. Ainsi que nous l’avons noté à ce moment, les dates fixées pour la mise en service des nouvelles stations régionales n’étaient qu’approximatives, et il est malheureusement à prévoir des retards assez considérables pour l’achèvement complet de cette première partie du réseau national. M. Mandel, le nouveau et actif ministre des P. T. T., a donné des ordres rigoureux pour l’accélération des travaux des différentes stations. Une grande partie des retards semble, d’ailleurs, due à des défauts de coordination des différents services. C’est ainsi que, pour certaines stations, le matériel d’émission commandé à l’industrie privée était déjà terminé, alors que les bâtiments devant l’abriter s’élevaient à peine de terre.
- Un fait important pour les auditeurs, et surtout pour les auditeurs pai'isiens, sera, en 1935, le changement de longueur d’onde de la station nationale de la Tour Eiffel. Le poste actuel, quelle que soit, d’ailleurs, la qualité artistique de ses programmes, constitue une gêne pour les auditeurs de Paris et même de sa banlieue, par suite de la grande longueur d’onde utilisée. Il est dès à présent décidé que la longueur d’onde de la Tour Eiffel sera ramenée à 206 m seulement. Il n’est donc pas question de supprimer cette station intéressante, et même bien connue à l’étranger, mais de lui apporter des améliorations techniques telles que ses émissions ne constituent plus une gêne pour les émissions normales. Ainsi transformée, elle pourra servir spécialement de station d’essais, tant au point de vue technique qu’artistique.
- Malgré l’intérêt du problème, il faut constater, d’autre part, que jusqu’à présent l’Administration française des P. T. T. avait mis très peu d’empressement à favoriser les émissions expérimentales de radiovision. Les constructeurs intéressés n’avaient pu réussir à obtenir l’organisation d’émissions régulières à des heures commodes de la journée.
- Dès à présent, deux solutions pratiques semblent cependant possibles pour effectuer des émissions de radio-vision pouvant être captées par des techniciens, ou même par des amateurs. La première consiste à transmettre sur une longueur d’onde
- moyenne des images peu détaillées pouvant être reçues à l’aide d’un appareil récepteur à dispositif de synthèse électromécanique. C’est ce procédé qui est utilisé uniquement jusqu’à présent en France.
- La deuxième, plus perfectionnée, mais plus complexe, est déjà en application en Angleterre et en Allemagne. Elle consiste à transmettre des images de bonne qualité, à 180 lignes par exemple au lieu de 30 ou de 60, mais à utiliser comme ondes de support des ondes d’une longueur de l’ordre d’une dizaine de mètres seulement. La réception est obtenue avec un poste spécial pour ondes très courtes et au moyen d’un oscillographe cathodique.
- Le service de la radiodiffusion prépare en ce moment l’installation, dans un étage élevé du ministère des P. T. T., d’un poste émetteur expérimental de radiovision à ondes très courtes de 7 à 11 m, et d’une puissance modulée de 300 \v.
- Aucun studio correspondant n’est prévu encore, et, en principe, cet appareil est destiné à transmettre des films. Les constructeurs d’appareils de radiovision pourront l’utiliser pour leurs émissions, mais ils devront adopter un système d’émission normalisé, afin de permettre une réception plus facile des images transmises, sans nécessiter la transformation du récepteur pour recevoir l’une ou l’autre des émissions.
- Le système d’émission comprendra 180 lignes par image, avec 24 images par seconde, comme dans le cinématographe sonore; l’exploration sera horizontale et la synchronisation obtenue à l’aide d’un courant spécial de « tops » transmis en même temps que l’image.
- Du côté technique, donc, l’auditeur de T. S. F. peut considérer favorablement l’avenir. Il n’en est peut-être pas malheureusement de même au point de vue financier et fiscal. Le budget de la radiodiffusion ne connaît certes pas la crise, et il a atteint même un degré de prospérité inattendu. La taxe sur les récepteurs et sur les lampes a rapporté 65 millions la première année; ce chiffre s’élèverait à 88 millions pour la deuxième. Il serait bon que ces sommes importantes soient exclusivement affectées à la radiodiffusion d’après les termes mêmes de la loi de 1933, mais le budget de la radiodiffusion n’est malheureusement pas, jusqu’à présent, semble-t-il, publié en détail.
- Une menace assez grave a été formulée, il y a peu de temps, au coui’s de la discussion récente de la loi des finances. Il a été admis que les spectacles : cinématographes, théâtres et music-halls, particulièrement touchés par la crise, et, d’autre part, indispensables à la vie des grandes villes, supportaient désormais des charges inadmissibles. Pour compenser les dégrèvements proposés sur les charges municipales frappant les spectacles, il a été malheureusement question d’augmenter la taxe perçue sur les récepteurs de radiodiffusion, le montant de cette surtaxe devant être fixé d’ailleurs non pas par l’Etat, mais par les municipalités.
- Ainsi, en principe, le taux de la taxe radiophonique varierait suivant les villes, et à la campagne il serait beaucoup moins élevé qu’à Paris.
- Les auditeurs français se sont résignés à payer la taxe actuelle, du même ordre, d’ailleurs, que celle qui est imposée dans les autres pays d’Europe, mais il est bien probable que la majorité d’entre eux trouveraient prohibitive une augmentation, même relativement faible. Le seul résultat qu’on obtiendrait en augmentant la taxe serait donc de provoquer une crise plus accentuée, de l’industrie radio-électrique et une diminution du revenu global des taxes de radiodiffusion.
- Nous ne dirons rien ici de l’organisation artistique des programmes et des transformations complexes des associa-
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- lions d’auditeurs qui doivent gérer les différents postes. Ce sqnt là des questions délieales et dont, d’ailleurs, la majorité des auditeurs semble se désintéresser avec raison. Ce qu’ils voudraient, avant tout, c’est un peu plus de discipline et d’ordre, une séparation nette des services techniques et des services artistiques et la nomination à la tête de chaque service stable de personnalités qualifiées pour tenir cet emploi.
- La suppression des émissions publicitaires dans les postes d’Etat, l’organisation d’échanges artistiques internationaux sont déjà des mesures heureuses.
- Reste enfin la question essentielle de la lutte contre les parasites. L’application des décrets devait commencer dès le 1er octobre 1934; il ne semble pas, malheureusement, que les enquêtes prescrites par les décrets, et les essais qui devaient être entrepris sur place par les agents spécialisés de l’Administration soient effectués avec la célérité qu’on espérait. Il semble bien que l’organisation spécialisée qui devait être constituée soit encore embryonnaire. Pourtant les perturbations causées par les parasites industriels entravent le développement de la radiodiffusion. Il est simplement de l’intérêt, même purement financier, de l’Administration, d’appliquer les règlements qu’elle a conçus.
- Verrons-nous enfin en 1935 une Maison de la Radio digne de la France ? Sans doute faudra-t-il encore attendre jusqu’en 1937, date de l’Exposition d’Arl et Technique, et encore s’agit-il là toujours d’un simple projet. L. P.
- CHIMIE
- L’eau lourde comme indicateur de la durée de séjour de l’eau dans le corps humain.
- Peu de temps avant la guerre, deux jeunes physiciens, l’un anglais, le célèbre Moseley tué plus tard aux Dardanelles, l’autre allemand, G. Hevesy, aujourd’hui professeur à Fribourg-en-Brisgau, prenaient ensemble le thé traditionnel au Laboratoire de physique de Manchester. On venait d’utiliser pour la première fois les isotopes radioactifs comme indicateurs, et la conversation portait sur ce sujet. « Si l’on pouvait, s’écria Hevesy, trouver un moyen de suivre le sort d’une molécule d’eau déterminée de cette tasse de thé ! —- Utopie, répondit Moseley ! »
- G. Hevesy, en collaboration avec Ilofer, vient pourtant, plus de vingt ans après cette conversation, de réaliser lui même le vœu qu’il émettait alors.
- C’est la découverte de l’eau lourde qui le lui a permis. On sait qu’il existe deux isotopes de l’hydrogène, le poids atomique de l’un est très sensiblement le double de celui de l’autre. C’est dire que l’on peut, par combinaison avec l’oxygène, obtenir deux types d’eau, de densité différente.
- On a constaté que l’eau lourde se comporte dans le corps humain comme l’eau ordinaire. Par conséquent, on peut l’utiliser comme indicateur en la mélangeant en proportion déterminée avec l’eau ou les liquides introduits dans l'organisme; il suffira d’extraire de l’eau pure des liquides sécrétés par celui-ci, de déterminer la densité de cette eau, pour savoir la proportion d’eau lourde qui s’y trouve comprise; et l’on aura pu suivre ainsi le sort de l’eau à laquelle l’eau lourde a été mélangée.
- MM. Hevesy et Hofer viennent de faire connaître dans une lettre à la revue anglaise Nature le résultat de leurs expériences.
- L’un des savants absorba deux litres d’eau contenant 0,46 pour 100 d’eau lourde et présentant avec l’eau ordinaire une différence de densité de 480 X 10-r>. Après quoi, il recueillit à intervalles réguliers ses urines et les soumit à l’analyse. On a ainsi constaté qu’un peu de l’eau lourde apparaît dans l’urine au bout d’une demi-heure; mais la majeure partie ne quitte le
- corps que lentement; la moitié de l’eau demandant de 8 à 10 jours pour s’éliminer.
- Les deux savants ont, en outre, constaté que pendant la durée de l’expérience, l’organisme étudié avait perdu 60 pour 100 de son eau par transpiration et évaporation, et que la teneur de la sueur en eau lourde était la même que celle de l’urine recueillie au même moment.
- Partant de là, ils aboutissent à la conclusion suivante : une molécule d’eau séjourne, en moyenne, dans le corps environ 13 jours (à un jour et demi près). Pour expliquer ce long séjour, il faut supposer que la majeure partie de l’eau ingérée se mélange complètement avec l’ensemble de l’eau contenue dans le corps.
- PRODUCTION MINÉRALE
- La production de l’or dans le monde.
- M. Signer, dans Mines Magazine, étudie les statistiques mondiales de la production de l’or.
- De ses calculs il résulte que depuis 1492, date de la découverte de l’Amérique, jusqu’en 1933, il a été extrait au total, dans le monde entier, environ 32 176 tonnes du précieux métal. Tout cet or rassemblé tiendrait dans un cube qui aurait environ 25 m 60 de côté. Sur ce total 13 pour 100 seulement ont été produits entre 1493 et 1850; 50 pour 100 entre 1851 et 1900 et 33 pour 100 entre 1901 et 1933.
- D’autre part, si l'on cherche la répartition de la production par continent, on constate que l’Afrique s’attribue le plus fort contingent, avec 30 pour 100 de la production; le contingent de l’Amérique du Nord est de 27 pour 100; celui de l’Australie 15 pour 100; de l’Amérique du Sud 11 pour 100; de l’Asie 10 pour 100; et de l’Europe 5 pour 100.
- Les centres principaux de production se sont déplacés depuis l’origine ; de 1493 à 1850 c’est l’Amérique du Sud qui est la principale source d’or dans le monde; au xvne siècle elle fournit plus de 61 pour 100 de la production mondiale, au xvme siècle 80 pour 100 ; dans la première moitié du xixe siècle, elle fournit encore 38,3 pour 100; mais, dès lors sa production décline rapidement; aujourd’hui elle est tombée au-dessous de 3 pour 100.
- Pendant la deuxième moitié du xix° siècle, c’est l’Amérique du Nord et l’Australie qui prennent la tête, avec respectivement 36 et 31 pour 100 de la production mondiale; mais dès le début du xxe siècle, elles sont supplantées par l’Afrique qui entre 1901 et 1925 a fourni 42 pour 100 de la production mondiale, l’Amérique du Nord ne produisant plus que 28 pour 100 et l’Australie 13 pour 100. De 1925 à 1933 l’Afrique a encore accentué sa prépondérance : dans la période de 1928 à 1933 sa production représente 54 pour 100 du total, celle de l’Amérique du Nord 25 pour 100 ; celle de l’Europe 8,63 pour 100, celle de l’Asie 5,5 pour 100 et l’on enregistre le recul de l’Australie à 3,63 pour 100.
- La production annuelle de l’or est, d’une façon générale, en progression constante depuis 1885; sauf une chute brusque en 1899, une autre chute peu importante entre 1912 et 1914, et une chute importante dans la période 1916-1922, due manifestement à la guerre et à ses conséquences; depuis lors la production n’a pas cessé de croître.
- Notons encore qu’en 1932 les pays grands producteurs d’or sont par ordre :
- Le Transvaal (48 pour 100), le Canada (12 pour 100), les Etats-Unis (10 pour 100), la Russie (8 pour 100), l’Australie (4 pour 100), le Mexique (2 pour 100) et la Rhodésie (2 pour 100). Depuis lors, il y aurait une retouche à apporter à ce tableau : la Russie semble en 1933 avoir conquis la 2e place, le Transvaal ayant fourni 340 t, la Russie 88,5, le Canada 84 et les Etats-Unis 78.
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- INVENTIONS ET NOUVEAUTÉS
- MÉCANIQUE
- Une pompe qui « aspire » à 35 mètres.
- Le pompage de l’eau des puits profonds reste un de ces problèmes techniques simples qui sont particulièrement ardus à résoudre d’une façon pratique.
- Rappelons qu’on donne le nom de « puits profonds » à ceux dans lesquels la distance verticale séparant l’embouchure du puits de la surface de l’eau dépasse la possibilité d'aspiration d’une pompe. Or l’on sait que si la hauteur d’aspiration théorique est de 10 m, cette hauteur se trouve réduite dans la pratique à 8 m environ pour des pompes de bonne construction. Au delà, pour employer l’expression célèbre, « la nature n’a plus horreur du vide » et il faut s’adresser à d’autres moyens physiques que l’aspiration directe.
- La solution classique, encore à l’honneur dans les traités
- de physique, consiste à placer dans le puits à peu de distance de la surface ou meme complètement immergée, une pompe foulante mue par une tige. Onéreux et encombrant, ce système a été grandement perfectionné par l’emploi d’une transmission hydraulique à haute pression. A la surface du sol, une presse hydraulique, mue par un moteur, envoie des pulsations par l’intermédiaire d’un liquide incongelable circulant en tubes fermés à un piston qui entraîne le piston de la pompe. Ce procédé donne des résultats remarquables pour les puits très profonds et pour le pompage du mazout.
- La pompe rotative monobloc , généralement avec moteur immergé, constitue la solution la plus répandue; elle présente une souplesse d’adaptation indéniable mais elle n’évite pas cet inconvénient capital qu’il faut descendre dans le puits pour l’entretien et les réparations.
- Le dispositif que nous décrivons aujourd’hui et qui a été breveté sous le nom d’hydro-éjecteur présente ce grand avantage commun avec les élévateurs à mousse, type Mammouth, qu’il n’existe au fond du puits qu’un simple jeu d’ajutage sans aucun organe mobile. On sait que dans les élévateurs Mammouth, le tube d’évacuation plonge assez profondément dans le liquide et reçoit une injection abondante d’air comprimé : la densité hydrostatique de la colonne d’émulsion qui se forme dans le tube étant plus faible que celle de l’eau extérieure, cette émulsion s’élève d’une façon continue et se déverse dans un réservoir supérieur.
- L’hydro-éjecteur Guinard utilise, au lieu d’air comprimé, de l’eau sous pression. Ainsi, on évite la sujétion de faire plonger la tubulure à une certaine profondeur au-dessous de
- Fig. 1. •— Moto-pompe électrique avec dérivation sur le refoulement pour fonctionnement avec hydro-éjecleur.
- la surface. De plus, l’eau sous pression peut être prélevée sur le tuyau de refoulement de la pompe au moyen d’une simple dérivation en sorte qu’on arrive à ce résultat paradoxal que ce système très particulier de pompage ne tiécessite aucune machine spéciale (lig. 1).
- Voici comment fonctionne l’hydro-éjecteur. Supposons (fig. 2 à gauche) que nous disposions une pompe à l’entrée d’un puits, à 35 m au-dessus de la surface; l’eau s’élèvera dans le tube d’aspiration jusqu’à une hauteur de 8 m environ.
- Prenons maintenant une dérivation à la sortie de la pompe, sur le tuyau de refoulement et amenons cette eau à l’entrée du tube d’aspiration, sous la forme d’un jet ascendant (fig. 2 à droite). Grâce à une forme de tubulures convenables (fig. 3), l’eau extérieure sera entraînée et envoyée vers le haut; dès l’instant que la surpression ainsi établie atteindra 27 m d’eau (35 m moins 8 m) l’alimentation de la pompe sera assurée et le fonctionnement pourra continuer indéfiniment.
- Cet appareil rappelle par sa disposition l’injecteur de chaudière Gifïard mais son principe est plus simple; ici, il n’y a pas de contraction du fluide actif, l’énergie n’est pas empruntée à une condensation locale mais à la pompe. Etranglé par une tuyère conique T (fig. 3), le jet acquiert une vitesse considérable avec une section mini-ma extérieure à la tuyère-, c’est là que se produit l’entraînement. Dans le diffuseur évasé supérieur D, la vitesse du mélange des deux eaux diminue en même temps que sa pression augmente.
- Les services de l’hydro-éjecteur ne sont pas rigoureusement gratuits, ce que l’on gagne en hauteur, on le perd en débit, conformément aux plus purs principes de la conservation de l’énergie. Le débit utile est égal au débit réel de la pompe diminuée de la dérivation.
- Par contre, ses avantages sont considérables :
- •— Il est inutile de descendre dans le puits pour placer l’éjecteur.
- — L’éjecteur ne comporte aucune pièce mobile; il est construit en bronze et aspire l’eau à travers une crépine pourvue d’une soupape de retenue destinée à empêcher
- (Gauche)
- Fig. 2. — Principe de l’éjecteur hydrodynamique.
- Une pompe quelconque P ne peut aspirer au-dessus de 8 à 9 m; grâce à un liydro-éjecteur H alimenté par une dérivation du refoulement, l’eau peut être puisée à 35 m.
- Fig. 3. — Coupe de l’hydro-éjecteur.
- T, tuyère; D, diffuseur; C, crépine contenant une sou-pape de retenue.
- (Haut)
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- Fig. 4. — Installation d’une pompe avec hydro-éjecteur.
- P, pompe; D, dérivation; R, refoulement H, hydro-éjecteur.
- fournit une solution complète pour campagne.
- le désamorçage au cours des arrêts (fig. 3).
- •— La pompe peut être placée à une grande distance du puits, dans un bâtiment quelconque.
- •— Le prix et l’entretien sont réduits, du fait de la simplicité des organes.
- Notre figure 4 montre le schéma d’une installation complète avec hydro-éjecteur.
- On remarque sur la pompe : un indicateur de vide, un entonnoir d’amorçage, un graisseur, un manomètre de pression, unevanne formant soupape de retenue sur le refoulement.
- Combinée avec un réservoir à pression d’air et à commande électrique automatique, une telle pompe peut s’installer dans une cave ou un appentis et l’alimentation en eau à la Pierre Devaux.
- CHAUFFAGE
- Le brûleur Flamout.
- Le mazout est aujourd’hui un combustible facile à se procurer en France. Le chauffage par combustible liquide offre de grands avantages au point de vue commodité, propreté et économie.
- Aussi voit-on se répandre aujourd’hui le chauffage central au
- Fig. 5. —- Coupe d’un brûleur Flamout.
- e Couvercle de la chambre
- Diffuseur de flamme de gazéification
- Pa villon
- / Chambre de gazéification \ Coupelle en bronze Boulon d'assemblage
- mazout. Mais ce n’est là qu’une partie du chauffage domestique.
- Il est un autre foyer qui joue un rôle essentiel dans tout ménage, c’est la cuisinière. L’emploi du charbon pour la cuisinière présente bien des inconvénients; aussi a-t-on vu en ces dernières années se développer les cuisinières au gaz et les cuisinières électriques.
- Mais l’agent chauffant dans ce cas est toujours onéreux, et pour le ménage moyen ce genre de cuisinières reste un article de luxe inabordable.
- Le brûleur Flamout qui permet d’adapter le chauffage au mazout à toute cuisinière, fourneau ou poêle au charbon de dimensions moyennes apporte une solution fort intéressante au problème; il fait bénéficier cette catégorie d’appareils de chauffage des facilités de manutention et du bon rendement de
- Fig. 6. — Vue d’un brûleur Flamout.
- combustion du mazout, combustible économique et non dangereux.
- Le brûleur Flamout se compose essentiellement du brûleur proprement dit, d’un réservoir de mazout de 8 litres sur lequel est vissé le robinet de réglage et d’un collier de fixation avec son raccord.
- Le brûleur proprement dit comporte une chambre de gazéification, en bronze, de forme tronconique en escalier, complétée par un diffuseur et un couvercle, une coupelle en bronze, une grille circulaire d’admission d’air, un bec en bronze pour l’amenée du combustible, dont l’extrémité débouche au centre d’un pavillon circulaire et incurvé en laiton.
- Un anneau circulaire en fonte sert de diffuseur de flamme.
- Le tout s’assemble par des boulons dans un pot en fonte; puis on le monte dans une plaque de tôle convenablement
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- Fig. 7. — La tablette humidificatrice D. P. couvercle relevé.
- découpée que l’on place sur le dessus du four et sur le foyer, et que l’on mastique ensuite d’une façon étanche sur celui-ci à l’aide de terre réfractaire ou de mastic.
- La pose est faite de telle sorte que le tirage de la cuisinière se fasse exclusivement par la grille du brûleur. Il suffit alors de poser le réservoir à mazout en un endroit quelconque convenable, en surélévation sur le fourneau et d’en raccorder la tuyauterie au bec du brûleur.
- Ce montage est très simple et le prix de l’appareil est très modique.
- Constructeur : Le brûleur Flamout, 38, r. du Plat, Lyon.
- Tablette humidificatrice pour radiateur
- Les radiateurs à eau chaude ou à vapeur provoquent dans les appartements une dessiccation rapide de l’air.L’atmosphère desséchée et chaude devient désagréable et même malsaine; les personnes ne sont pas seules à en souffrir : les peintures les meubles, les tapisseries se détériorent et les plantes s’étiolent.
- Pour remédier à ces inconvénients, on place souvent entre les éléments du radiateur des récipients en terre poreuse remplis d’eau qui s’évapore progressivement, et restitue plus ou moins à l’atmosphère l’humidité dont elle manque. L’air chaud produit par le radiateur entraîne, d’autre part, les poussières et en se refroidissant les dépose le long des murs et sur le plafond, en y laissant des traînées noires d’aspect peu plaisant. Pour éviter ces dépôts, on place quelquefois au-dessus du radiateur une tablette horizontale accolée au mur et qui a pour but d’éviter le passage direct de l’air chaud.
- Les récipients en terre sont généralement assez inesthétiques, et leur Remplissage répété est peu agréable. Un constructeur a eu récemment l’idée de combiner à la fois un humidificateur et une tablette de radiateur, en réalisant un ensemble pratique et suffisamment élégant.
- Cet appareil en tôle, peint en teinte unie ou en imitation de marbre, a la forme d’une tablette supportée par deux consoles, et se place au-dessus du radiateur. Au-dessous de la partie supérieure horizontale formant cou-
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- vercle à charnières est disposée une cuve à eau. Comme le montre la ligure 8, Pair chaud provenant du radiateur passe au-dessus de cette surface d’eau, parfumée ou non, se débarrasse en partie de ses poussières et se répand dans la pièce après humidification. Cet appareil simple paraît donc susceptible de rendre des services pratiques certains dans tout appar • tement muni du chauffage central.
- HYGIÈNE
- Contrôle de la mort.
- Bien des personnes ont la terreur d’être ensevelies vivantes et de se réveiller dans la tombe. Quelques histoires rarissimes et extraordinaires de léthargie entretiennent cette crainte.
- En réalité, elle est tout à fait excessive puisque l’inhumation n’est possible qu’après constatation et certification du décès par le médecin de l’état civil et qu’elle a lieu généralement plus de deux jours après la mort, alors que la rigidité cadavérique est depuis longtemps apparue et que la décomposition est même commencée.
- Fig. 9. — Trousse Pax-Icard pour le contrôle de la mort.
- Cela n’a pas empêché les chercheurs, physiologistes et médecins légistes, de s’appliquer à définir des signes certains de la mort et d’imaginer des moyens de contrôle donnant une certitude absolue. L’un des plus sûrs a été proposé par notre collaborateur le DrIcard, de Marseille, et décrit dans La Nature. Il consiste à injecter sous la peau, ou mieux dans une veine, une solution colorée fluorescente. Le moindre reste de vie, la circulation du sang la plus ralentie, suffisent à entraîner le colorant loin du lieu d’injection et l’on voit la peau se colorer en jaune, puis les yeux devenir verts et luminescents. C’est la preuve que la mort n’est qu’apparente. Si la mort est réelle, la circulation totalement arrêtée, le colorant reste au point d’injection. Bien entendu, le colorant employé n’est pas toxique.
- Il y a là, pour les personnes inquiètes, le moyen le plus sur et le plus simple de se tranquilliser.
- Le procédé du Dr Icard est maintenant réalisé sous forme d’une trousse à injection qu’on trouve à la fondation Pax-Icard, 63, rue de La Boétie, Paris, 8e.
- Fig. 8. — Coupe de la tablette et circulation de l'air chaud autour d'elle.
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- BOITE AUX LETTRES
- COMMUNICATIONS
- A propos des explosifs au service de l’agriculture (n° 2923).
- Le compte rendu des expériences du pharmacien colonel Piedallu sur le défrichement et l’amélioration des terrains de culture par les explosifs nous a valu nombre de demandes de renseignements. Nous sommes heureux de faire connaître que c’est la maison J. Kinsmen, à Seyssel (Ain) qui prépare l’explosif agricole dont il a été question.
- A propos de la potion de Rivière. (Voir « Boîte aux Lettres ». n° 2939, p. 370 et 2943, p. 574.)
- Le rédacteur de la « Boite aux Lettres » qui a donné dans le n° 2939 la formule de Rivière nous communique les intéressantes observations qui suivent :
- « Deux de nos lecteurs se sont scandalisés de ce que j’ai donné dans le n° 2939, p. 370. une formule de la potion de Rivière, qui n’est pas celle du Codex, en deux flacons.
- La formule qui a paru dans La Nature es! la formule originale de Rivière, telle qu’on peut la retrouver dans le Dorvault, vade-mecum des pharmaciens à la page 752 de l’Edition 1S98, elle n’est donc nullement erronée et comporte en particulier l’emploi du bicarbonate de polasse, non du bicarbonate de soude ainsi que l’un des dits lecteurs croit l’avoir lu.
- Ce n’est que plus tard que cette formule a été introduite au Codex avec un ajustement qui fait dégager de l’acide carbonique dans l’estomac, par l’emploi de deux flacons séparés; cette forme d’administration est signalée au même Dorvault à la suite de la formule originale, c’est-dire que je ne l’ignorais pas.
- Si j’ai fait suivre la mention « Potion de Rivière » de la formule authentique, c’est que, d’une part, il faut conserver à l’auteur l’intégrité de sa formule et que, d’autre part la formule arrangée ne me paraît pas entièrement justifiée, attendu que le citrate alcalin peut être administré seul, par exemple contre les vomissements des nourrissons, sous la forme préconisée par Roger et Variot.
- Citrate de soude....................... 5 grammes
- Eau.................................... 300 —
- En admettant l’utilité de l'intervention de l’acide carbonique, on remarquera que la formule originale donne une solution déjà chargée en acide carbonique; ce gaz étant très soluble dans l’eau y reste assez longtemps; la présence d'un excès d’acide carbonique dans l’estomac peut être discutable, car il produit un ballonnement du tube digestif, plutôt pénible chez un malade déjà fort mal en point par son empoisonnement.
- Enfin, il n’est peut-être pas négligeable de considérer que la formule originale comporte l’emploi de suc de citron ; celui-ci apporte une quantité importante de vitamines qui, dans ce cas, ne sont peut-être pas inutiles, leur action étant aujourd’hui indiscutée.
- Pour conclure, je dirai que le retour aux anciennes formules peut avoir sa raison d’être, le mieux étant parfois l’ennemi du bien ; si elles sont archaïques on y trouve souvent un utile enseignement, surtout quand elles ont fait leurs preuves. » E. L.
- Ancien inspecteur des pharmacies.
- A propos des récades du Dahomey (n° 2944).
- M. E. Voulgaris, directeur du lycée de Rethymno (île de Crète), propose l’interprétation suivante de la récade de la ligure 1 (Dako-donoul que Mlle Pauline déclarait inexpliquée :
- « Nous savons ce que les mots qui constituent le nom Dakodonou signifient dans la langue dahoméenne : da, une pierre à briquet; ko, la terre; donou, un trou dans la terre. Il s’agit de pénétrer le symbolisme que ces mots recèlent. J’explique donc : da = pierre à briquet = corps étincelant — soleil; — ko-donou = un trou dans la terre = horizon, étant donné que le soleil qui se lève donne l’impression de sortir d’un trou de la terre. Il est d’ailleurs clair que le bas de la figure représente un segment de soleil au moment où celui-ci commence à se lever.
- « Le sens allégorique serait donc soit la naissance de la dynastie avec allusion aux conquêtes toujours plus étendues qu’elle ferait, étant donné qu’au cours de son lever phénoménal le soleil illumine une partie de plus en plus croissante de la terre, soit que le premier roi de la dynastie a eu un règne brillant et glorieux. »
- QUESTIONS ET RÉPONSES
- Livres de T. S. F.
- Il y a deux catégories de livres destinés aux amateurs de T. S. F. Les premiers sont plutôt des ouvrages donnant des notions sur les phénomènes constatés et des indications générales sur la pratique de la réception. Les autres sont plus spécialement des ouvrages destinés aux amateurs constructeurs et contiennent des schémas de postes récepteurs et des indications détaillées de montages. Il y a, bien entendu, d’autre part, des manuels plus ou moins techniques, suivant la catégorie de lecteurs pour laquelle ils sont écrits.
- Parmi les manuels donnant des indications générales sur tous les problèmes de T. S. F., nous pouvons citer, par exemple « Le Poste de l’Amateur de T. S. F. », par Hémardinquer (Cliiron, éditeur); « Pratique et Théorie de la T. S. F. » par Paul Berché; « La I-’ratique radioélectrique » par P. Hémardinquer (Chiron, éditeur) ; « La T. S. F. expliquée » par Vallier et Maurice (Chiron, éditeur).
- Parmi les livres de montages, nous pouvons indiquer, par exemple « Les récepteurs modernes de T. S. F. » par P. Hémardinquer (Chiron, éditeur); « Les récepteurs radiophoniques modernes » par Duroquier (Masson, éditeur). Réponse à M. Pons, à Alger (Algérie).
- Posomètre à cellule photoélectrique.
- Le grand avantage des systèmes de posomètres à cellule réside dans la facilité de leur emploi. Il existe même maintenant des dispositifs avec galvanomètre, dont l’aiguille indique directement le temps de pose en fonction du diaphragme et de la sensibilité de l’émulsion adoptée. Différents modèles de ce type ont été décrits dans la revue.
- Les systèmes à étalon lumineux conservent pourtant toutes leurs qualités de précision qui les font toujours adopter par les techniciens ou, en tout cas, les amateurs avertis. Différents constructeurs fabriquent, d’ailleurs, à la fois des posomètres à cellule et à étalon
- lumineux. Nous pourrions donc vous indiquer exactement le modèle à choisir suivant le résultat que vous voulez obtenir. Nous vous indiquons ainsi, en particulier, les établissements Filmographe, 47, rue de Bagneux, à Montrouge (Seine).
- Réponse à M. Caouot, à Vouziers.
- Choix d’une machine à dicter.
- Les principes des machines à dicter n’ont guère varié depuis quelques années. On emploie toujours des systèmes comportant un dispositif d’enregistrement des sons sur disques ou même sur cylindres en composition à base de cire. Les seuls systèmes originaux sont les appareils à enregistrement sur fil d’acier aimanté, suivant le principe inventé par Poulsen et perfectionné par le docteur Stille, comme il a été indiqué dans la revue.
- Parmi les constructeurs de machines à dicter, à enregistrement phonographique, sur matière malléable, nous pouvons vous signaler ;
- Le Dietaphone, 94, rue St-Lazare, à Paris.
- La société Ediphone, 26, rue de la Pépinière, à Paris.
- Parmi les constructeurs d’appareils à enregistrement sur fil aimanté, nous pouvons vous signaler la Société des machines de bureaux, 24, rue de l’Arcade, à Paris. Réponse à M. P. D... à Paris.
- De tout un peu.
- M. Lelandais, à Dol-de-Bretagne. — Vous pourrez préparer un enduit pour seaux de toile, ne cassant pas au pliage, en opérant ainsi :
- Faire dissoudre dans de l’eau chaude, d’une part, 50 gr de savon noir et, d’autre part, même poids de sulfate de 1er, chacun dans une quantité de solvant suffisante.
- Mélanger les deux solutions, ce qui donne naissance à un savon
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- de fer, qui se précipite; on le lave à plusieurs reprises par décantation el dessèche parfaitement.
- Puis on dissout le savon anhydre dans 1000 gr d’huile de lin, préalablement mélangés à 100 gr de dissolution commerciale de caoutchouc.
- Ce mélange permet d’imperméabiliser la toile sans qu’elle s'altère au pliage.
- IVI. Pelossier, à Lyon. — 1° La formule type de préparation de l'extrait de Chypre est la suivante :
- Teinture de Cassie.................... 4600 cent, cubes
- Extrait de musc triple................ 4600 —
- Extrait de verveine triple............ 3000 —
- Sai'rol................................... 40 grammes
- Essence de santal......................... 40 —
- Teinture de musc artificiel............... 20 —
- 2° Ainsi que l’indique Durvelle dans son formulaire des parfums et cosmétiques, Legrand, éditeur, 93, boulevard Saint-Germain, le produit connu sous le nom de mousse de chêne, employé comme fixateur des parfums, ne provient pas toujours, ni même le plus souvent, de la mousse du chêne, mais de la mousse d’une sorte de prunier (Evernia prunasti, Parmelia prunasli), de sorte que les produits du commerce sont d’origine très variable et fournissent des extraits odorants divers, sous le nom général d’essence concrète de mousse de chêne ou d’essence absolue-, cet extrait obtenu par macération directe est vert ou brun foncé; afin de ne pas teinter les préparations parfumées ultérieures, on le décolore au préalable par le noir animal pulvérisé.
- Bien que la composition réelle du principe odorant de la mousse de chêne soit imparfaitement connue, on admet, en général, qu’il provient d’un phénol isomère du carvacrol, le lichenol.
- N. B. —- Vous trouverez toutes matières premières, parfums synthétiques ou huiles essentielles naturelles, pour préparations de parfumerie, aux établissements Gattel'ossé, 110, route de Crémieu, à Villeurbanne près Lyon.
- 3° La glace qui fume. — La buée que l’on observe le matin au-dessus de la glace à rafraîchir, ce qui indique la pluie dans la journée, ne provient pas de la glace elle-même, mais de l’atmosphère; au contact, l’air se refroidit et sa température descend jusqu’au point de saturation, de sorte que l’excès d’eau qu’il contient à ce moment, apparaît sous forme de brouillard.
- En fait cette expérience n’est autre que celle de la production du point de rosée telle qu’elle se fait dans les hygromètres de Daniel, Régnault, Alluard, pour déterminer l’état hygrométrique de l’air et par suite les probabilités de pluie quand il se rapproche de son point de saturation.
- G. B., à Lyon. — 1° Pour répondre utilement à votre demande, jl serait nécessaire de connaître la coloration que vous désirez redonner aux cheveux.
- D’une manière générale, nous ne sommes pas partisans de l’emploi des teintures qui exposent, sinon à des accidents dermiques, tout au moins à des troubles physiologiques.
- 2° Le camphre est soluble en toutes proportions dans le solvant que vous indiquez, nous pensons qu’une solution à 5 pour 100 devra vous donner satisfaction.
- 3° Pour éloigner les insectes, il suffit généralement de suspendre dans la pièce quelques branches feuillues de laurier commun, du laurier sauce (Laurus nobilis) ou d’imbiber quelques feuilles de papier à filtrer d’huile de laurier extraite des baies, que l’on trouve couramment en pharmacie, puis de suspendre ces feuilles en différents endroits de l’appartement.
- M. Deslande, à Fère-en-Tardenois. — Encre pour pochoirs.
- Broyer finement :
- Noir de fumée.......................... 15 grammes
- Huile de lin cuite..................... 85 —
- Suivant l’emploi que l’on a en vue, faire varier la quantité d’huile pour donner la fluidité désirée.
- N. B. — Il est essentiel d’employer de l’huile cuite, c’est-à-dire siccativée. Pour les encres bleue ou rouge, remplacer le noir de fumée par de l’indigo ou du vermillon.
- M. Lubrano, à Aiguillon. — Une bonne formule de poudre pour la destruction des cafards est la suivante :
- Tartre stibié.......................... 10 grammes
- Farine.................................100 —-
- Sucre en poudre........................200
- 191 =
- Répandre le soir ce mélange bien homogène dans les endroits où circulent les cafards pendant leurs promenades nocturnes.
- Agricola, à Marseille.— 1° Nous ne connaissons pas la composition exacte de cette spécialité et ne pouvons vous fixer sur les éléments qui entrent dans sa composition.
- 2° A notre avis le chromage par frottis ne peut présenter qu’une solidité très précaire, il est de beaucoup préférable d’opérer par électrolyse comme nous l’avons indiqué dans le n° 2831, page 359.
- 3° On peut effectivement se servir pour argenter superficiellement, d’une pâte sans cyanure en remplaçant ce sel par la crème de tartre, mais avec des résultats moins parfaits; la formule suivante vous servira de base à une préparation de ce genre.
- Nitrate d’argent....................... 60 grammes
- Sel de table............................. 250 —
- Crème de tartre........................150
- Broyer finement et mettre la poudre en flacon bien bouché; au moment de l’emploi, délayer dans très peu d’eau et appliquer avec un tampon de flanelle sur l’objet parfaitement décapé.
- M. Montain, à Oyonnax.— Le sel dont vous parlez est le sulfate double d’alumine el de potasse Al2 (SO1) K2 SO\ 24 1I-” autrement dit l’alunde potasse qui fond facilement dans son eau de cristallisation par chauffage au bain-marie; il peut alors être coulé et reprend sa forme solide par refroidissement.
- N. B. — Dans ces conditions il n’y a pas attaque du moule si celui-ci est métallique.
- M. Ghyoot, à Bruxelles. — Pour supprimer la poussière que produit votre sol cimenté, il vous suffira de faire deux applications à un jour d’intervalle d’une solution de chlorure de magnésium à 200 grammes par litre.
- Après ce traitement, la poussière ne vole plus et s’enlève sans difficulté par balayage; l’action persiste plusieurs mois, sans nouvelle application.
- N. B. •— Le chlorure de magnésium solide vaut environ 1 fr le kg, un litre de la solution ci-dessus permet d’imprégner environ 6 m2.
- M.le Dr Mathis.à Dakar. — Nous avons répondu à votre demande dans le n° 2935, page 191 ; veuillez bien vous y reporter.
- C. B., à Paris. — 1° Les savons marbrés sont de même composition que les savons blancs; pour produire la marbrure il a suffi d’employer une lessive contenant du sulfure de sodium, puis d’ajouter à la fin des opérations, un sel de fer à la pâte, généralement du sulfate ferreux à la dose de 1 à 2 pour 100; il se forme ainsi du sulfure de fer donnant lieu aux marbrures bleutées.
- Pour que ces marbrures restent sans mélange avec la pâte, il faut que celle-ci soit riche en savon, c’est pourquoi les ménagères ont longtemps préféré les savons marbrés, ce qui indiquait leur haute teneur en produits utiles.
- 2° Le larlrale de calcium C4H40,i Ca + 4 1120 existe tout formé dans le tartre brut qui se dépose au fond et sur les parois des tonneaux ayant contenu du vin. Il constitue la majeure partie des matières insolubles, celles solubles étant essentiellement du bitartrate de potasse; par un lavage à l’eau tiède du tartre, on peut donc facilement isoler le tartrate de chaux.
- Si on désire obtenir tout l’acide tartrique du tartre à l’état de tartrate de chaux, on sature celui-ci par de l’eau de chaux jusqu’à réaction légèrement alcaline, puis on lessive le dépôt à l’eau tiède comme il est indiqué ci-dessus.
- M. Nicolas, à Lillebonne. — Voici une manière de procéder à la destruction des cafards, qui nous a été communiquée par un de nos lecteurs après en avoir constaté toute l’efficacité.
- Faire dissoudre dans un quart de litre d’eau chaude de l’acide borique jusqu’à saturation.
- Retirer la casserole du feu et ajouter de la mie de pain. Diviser la pâte obtenue et la placer sur des assiettes ou des morceaux de carton que l’on dispose aux endroits convenables.
- Dès le lendemain on aperçoit à terre quelques bestioles qui n’ont pu se rendre dans leur trou, elles sont sur le dos et éclatent avec un bruit sec lorsqu’on les écrase.
- M. Berthet, à Péage-de-Roussillon. — A notre avis, le moyen le plus pratique pour redonner à votre plancher de classe une surface unie, serait d’y appliquer une ou deux couches de coaltar ou goudron de houille, sur le bois bien sec, de façon que celui-ci soit bien imprégné et que les interstices soient également bouchés.
- Lorsque la pénétration sera obtenue, un excès de coaltar ayant été évité, et que la surface commencera à être sèche, répandre du sable
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- = 192 —..................--.....-= :::: =
- fin sec aussi et attendre quelques jours avant de mettre en service.
- M. Jouis, à Rouen. — 1° Les ciments magnésiens ou ciments Sorel sont constitués essentiellement par une formation d’oxyclilorure de magnésium s’établissant sur les données suivantes :
- La magnésie calcinée est mélangée avec de la sciure de bois dur dans la proportion de une partie de magnésie pour 3 1/2 de sciure, en volumes.
- Ce mélange est arrosé peu à peu avec une solution de chlorure de magnésium à 22° Baumé jusqu’à ce qu’une poignée serrée dans la main reste assemblée, sans cependant laisser suinter de liquide.
- La matière humectée est étendue aussi régulièrement que possible sur l’aire à l’aide d’un outil en bois léger, puis la surface est finalement travaillée avec une truelle en fer et la masse est abandonnée au durcissement, ce qui demande deux à trois jours.
- Si on désire une masse colorée, on ajoute du rouge indien, de la tex-re de Sienne ou de l’ocre, à la magnésie, avant de commencer l’opération.
- N. B. — La qualité de la magnésie dépend de la calcination dans un four spécial entre 750° et 950° C d’un minerai très pur.
- Le chlorure de magnésium provient généralement de Stassfurt ou d’Alsace à l’état solide sous forme de sel avec 6 molécules d’eau, il est donc facile de préparer la solution au titre voulu, car la concentration à 22° B doit être observée avec soin, par exemple dès 24° B il y aurait une dilatation fâcheuse de la couche et un bombage qui compromettraient le résultat.
- Si on veut remplacer la sciure par du sable, on a constaté que le maximum de résistance était obtenu avec, en volumes :
- Magnésie.................. 12,5
- Sable..................... 87,5
- 100,0
- Le mélange silice-magnésie est plus solide que la magnésie employée seule.
- 2° Fournisseurs de produits magnésiens. — Blanc, 88, boulevard Magenta — Etablissements Tencé, 34, rue de la Justice, à Auber-villiers— Iven, 22, rue des Acacias, à Villemomble (Seine).— Société française des produits magnésiens, 20, rue Baudin (9e) — Produits magnésiens de Villeneuve d’Aveyron, 136, rue de Vaugirard.
- Mlle Démelin, à Bienvillers-au-Bois. — 1° Un des lecteurs de La Nature a bien voulu nous signaler qu’il a radicalement détruit les vrillelles du bois d’un meuble en injectant dans les galeries creusées par elles du sulfure de carbone. — Le procédé est d’une application facile en se servant d’une petite seringue à injections hypodermiques, la seule précaution à observer est d’opérer de jour et de n’avoir à proximité aucun foyer, le sulfure de carbone étant très inflammable.
- 2° Le liquide de Goodby employé avec succès au Muséum de Londres pour la conservation des préparations, vous donnera très probablement satisfaction, il est ainsi constitué :
- Eau ordinaire............................. 1000 cm:!
- Alun pulvérisé............................... 5 grammes
- Bichlorure de mercure........................ 1 •—
- Sel de table............................... 125 —
- Après dissolution filtrer et immerger complètement dans ce liquide les petits animaux ou les préparations à conserver.
- M. Jacol-Des Combes, à Sienne (Suisse). — 1° En principe les appareils d'agrandissement doivent permettre de placer le cliché et l’objectif à une distance variable avec l’échelle de l’amplification, mais dans tous les cas supérieure au foyer apparent de l’objectif.
- Si cette condition ne peut être remplie, on a la ressource de tourner la difficulté en plaçant le négatif à agrandir non plus dans la position où se met la plaque sensible pour obtenir le cliché, mais en dehors de l’appareil, en arrière, ce n’est donc plus l’objectif qui est mobile, mais le négatif lui-même qui est disposé et mis en place convenable au moyen d’un support approprié que chacun construira à sa guise.
- D’autre part l’image agrandie sera reçue sur un écran portant le papier sensible dont on pourra également faire varier la distance à l’objectif pour obtenir une mise au point correcte.
- La source lumineuse peut être une lampe à pétrole à bec rond de 7 lignes enfermée dans une lanterne en tôle confectionnée par le plus modeste ferblantier, un condensateur double de 15 cm de diamètre est placé à une distance de la flamme égale à son foyer; les rayons lumineux ainsi rendus parallèles traversent d’abord un verre dépoli placé en avant du négatif, puis celui-ci, et l’image agrandie va se projeter sur l’écran.
- Pour un agrandissement donné, les distances relatives peuvent se déterminer ainsi :
- Si par exemple on veut obtenir une épreuve 18 X 24 d’un cliché 9 X 12, soit une amplification linéaire de deux fois, l’objectif ayant par exemple un foyer de 12 cm on aura :
- P = 12 x 2 1 - = 18 et p' = 12 X (2 + 1) = 36.
- La distance de l’objectif au négatif sera donc de 18 cm et l’image se formera à 36 cm de l’objectif.
- 2° Le rodage des bords d’un verre à boire ne présente aucune difficulté, il suffit de mettre sur un morceau de vitre du sable blanc, d’imbiber ce dernier d’eau, puis de déplacer à la surface, en décrivant des cercles, le verre dont on veut régulariser les bords. De temps à autre, on remet un peu de sable et d’eau jusqu’à ce que tout ébrèchement ait disparu.
- Si on désire un travail parfait, on passe finalement, à cheval, un morceau de toile émeri, ce qui arrondit les bords.
- M. Le St rat, à Provins. — Nous ne connaissons pas la spécialité dont vous parlez, mais si d’après vos suppositions le solvant est ininflammable et qu’il contienne un produit dégraissant, il est à supposer qu’il s’agit tout simplement d’une encaustique à l'eau; vous devez obtenir quelque chose d’analogue en prenant :
- Eau non calcaire ......................... 5 litres
- Savon en copeaux.......................... 125 grammes
- Cire d’abeilles vraie..................... 500 •—
- Carbonate de potasse...................... 20 —
- Faire dissoudre dans l’eau bouillante le savon et le carbonate de potasse, ajouter peu à peu la cire, chauffer jusqu’à obtention d’un lait homogène.
- Appliquer chaud au pinceau, laisser sécher, puis brosser énergiquement.
- Pour l’entretien des parquets cirés, frotter avec un chiflon de laine ayant reçu quelques jours auparavant une légère aspersion de pétrole.
- Frotter toujours dans le sens des fibres du bois.
- N. B. — Si vous voulez rendre l’encaustique antiseptique ajouter à la préparation ci-dessus un gramme de sublimé (bichlorure de mercure).
- M. Roland, à Chaumont. — Pour nettoyer le mercure dont la surface est encrassée, il suffit de le faire écouler lentement d’un cornet de papier un peu rugueux dont l’enroulement est fixé par un peu de cire à cacheter, la pointe étant coupée pour laisser un orifice de deux à trois dixièmes de mm.
- Dans ces conditions, les souillures se fixent sur le papier et le mercure qui s’écoule (sans secousses) est parfaitement net et brillant.
- M. Gilon, à Paris. — L’enlèvement des taches de goudron sur les carrosseries d’automobiles ne présente aucune difficulté : prendre pour cela une flanelle propre, l’imbiber de benzine, frotter très légèrement et c’est tout, essuyer avec une autre flanelle et bientôt la souillure disparaîtra, sans que le vernis soit altéré.
- M. X. — Nous pensons/que vous pourrez trouver la laque japonaise i Urushi » provenant du Bhus vernicifera à la Maison Pelliot, 24, place des Vosges, à Paris ou à défaut chez Geo Robinson, 16, rue de Ram-buteau.
- M. Augée, à Oyonnax.— L’opération de métallisation du celluloïd, à laquelle^vous faites allusion, repose sur la réduction de la solution alcaline de protoxyde 'd’argent Ag20 dans l’ammoniaque, par le tartrate de potasse, cette réduction est plus ou moins rapide suivant la température, il suffit donc pour l’activer de placer le récipient sur un bol contenant de l’eau tiède, ce qui permet d obtenir plus rapidement un résultat.
- Le mélange ne doit se faire qu’au moment de l’emploi car il ne se conserve pas; avec le temps, il se dépose un azoture d argent, qui a été observé depuis longtemps par Berthollet (1748-1822) sous le nom d’argent fulminant: c’est le produit explosif qui a attiré votre attention.
- M. Schang-Ml, à Hankéou (Chine). — 1° La préparation d’un miel artificiel, par interversion du sucre au moyen d’un acide minéral ou organique, est connue depuis fort longtemps et de pratique courante; vous ne pouvez envisager la vente d’un procédé aussi simple qui est en fait dans le domaine public.
- 2° L’huile de noix est de consommation trop restreinte en France, pour présenter quelque intérêt commercial, la production française suffit largement à la consommation, qui est presque uniquement celle de bouche, une très faible partie seulement étant utilisée pour le broyage des couleurs fines.
- Le Gérant : G. Masson.
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- LA NATURE
- N° 2948. — 1" Man 1935. F
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- N' 2948
- LA NATURE
- "Mars 1935,
- LA FLOTTE COLONIALE DE LA FRANCE
- Jusqu’à ces dernières années, la marine française ne pouvait envoyer dans les mers lointaines où elle possède des colonies et des intérêts, et où une action militaire navale pouvait être requise, que des navires dont l’armement était certes sullisant, mais dont le tonnage et par conséquent le tirant d’eau trop élevés leur interdisaient souvent l’accès de parages où leur présence eût été fort utile.
- De plus, aucune de ces unités n’était spécialement conçue pour le rôle qu’elles pouvaient être appelées à jouer, ni pour les climats, généralement tropicaux, où leurs équipages devaient vivre. Tant que le bois, mauvais Conducteur de la chaleur, fut seul employé dans la construction navale, les inconvénients de ce système n’apparurent pas assez fortement pour qu’on jugeât utile d’y renoncer.
- Mais lorsque l’acier remplaça le bois, les navires appelés à stationner et à naviguer sous les cieux brûlants devinrent intolérables et dans les fours qu’ils constituaient, les équipages ne trouvant plus de repos, vivaient dans des conditions hygiéniques et matérielles qu’il fallut bien vite reconnaître impossibles.
- C’est encore M. Georges Leygues qui obtint du Parlement l’autorisation de construire enfin des navires spécialement étudiés en vue de la navigation aux eaux équatoriales et munis d’installations susceptibles de donner aux marins qui les montaient le minimum de confort nécessaire.
- C’est ainsi que fut décidée en 1931 la mise en chantier d’une série d’avisos dits coloniaux dont 6 unités sont actuellement en service.
- Ces bâtiments présentent les caractéristiques suivantes :
- ,—^Déplacement : 200 tonnes; 2 moteurs Diesel-Sultzer de 1600 ch; 2 hélices; vitesse: 17 nœuds; rayon d’action : 15 000 milles à 10 nœuds.
- Armement : 3 canons de 138 mm, 4 de 37 mm antiaériens; 1 hydravion.
- Effectif : 13 officiers, 121 marins. L’état-major comporte 1 capitaine de frégate-commandant, 1 capitaine
- Fig. 1. — Lue en profil el en plan des avisos coloniaux.
- de corvette, 1 lieutenant de vaisseau, 7 enseignes de vaisseau, 1 ingénieur mécanicien de lre classe, 1 commissaire, 1 médecin.
- Le chiffre de 7 enseignes de vaisseau peut paraître élevé, mais il faut penser que ces bâtiments doivent être considérés comme de véritables écoles de navigation à bord desquelles il est excellent d’embarquer le plus grand nombre possible de jeunes officiers.
- La coque de ces navires est doublée intérieurement d’une épaisse couche de terre isolante et d’une lame d’air. Le po|nt supérieur est en bois comme dans
- les navires du vieux temps et on a supprimé en revenant à cette disposition la principale cause de surchaufîage du navire.
- Il n’y a plus à leur bord ni chaudière, ni charbon. Les moteurs Diesel fonctionnent au gaz-oil et sont constamment refroidis par une abondante circulation d’eau.
- Les batteries, les chambres des officiers, celles des maîtres, les carrés et les postes d’équipage sont vastes et très aérés. Les hublots, le plus grand possible, sont munis de manches à vent débordant à l’extérieur de la coque et de persiennes contre l’invasion du soleil. Tous ces locaux sont encore protégés contre la chaleur de la coque par un isolement thermique.
- Deux tentes superposées séparées par une lame d’air couvrent le pont du navire de bout en bout.
- Tous les aménagements sont dotés de l’eau courante, de lavabos spacieux et de douches.
- La ventilation y est très développée, jusque dans les fonds. Des appareils silencieux renouvellent l’air des postes d’équipage toutes les 6 minutes, celui c^es lavabos et salles de bains toutes les 3 minutes. L’air circule en outre à l’intérieur des lambrissages.
- Dans les aménagements figurent une buanderie, un local de coiffure, un autre pour le repassage.
- Enfin la conservation des denrées alimentaires, le refroidissement des liquides sont assurés par des machines frigorifiques à évaporation d’eau genre Westinghouse-Leblanc, et à gaz carbonique.
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- Fig. 2. — Modèle d'aviso colonial.
- Grâce à cette Houille de bâtiments légers et mobiles, à navigation économique, très élégants de forme, robustes à la mer, le pavillon français se montre désormais dans des conditions excellentes sur toutes les mers du globe et autour de nos possessions, bien plus fréquemment qu’il n’était possible de le faire jusqu’à présent, avec des navires, plus puissants sans doute, mais dont la navigation coûtait très cher et auxquels leur gros tonnage interdisait l’accès de certains parages.
- \oici quelques extraits du rapport de mer, établi par le commandant d’un de ces avisos, b; Savorgnan-de-Brazza, qui a quitté Lorient le 10 février 1934 pour l'allier les forces navales françaises des mers de Chine, en passant par Panama et nos îles du Pacifique. Arrivé à Panama le 21 mars, après avoir touché à Casablanca, Fort-de-France et Colon, le Savorgnan-de-Brazza mouillait le 5 avril à Miva-Noa, ayant franchi en 14 jours les 4000 milles qui séparent l’Amérique de l’archipel polynésien. Les îles de la Société et celles de Sous-le-Vent, l’archipel de Samoa, la Nouvelle-Zélande, les Nouvelles-Hébrides, la Nouvelle-Guinée, les Célèbes ont été visités par l’aviso, avant son arrivée à Saigon.
- Ce beau voyage, totalisant 20 000 milles, s’est effectué en 170 jours, sans aucun incident. A plusieurs reprises le bâtiment a rencontré une grosse mer dans laquelle il s’est admirablement comporté. La dépense de combustible n’a pas dépassé 5 tonnes par jour, soit IG kg par mille parcouru; pour les 20000 milles il a été dépensé 357 t de gaz-oil pour les moteurs principaux, 90 t de ce même gaz-oil pour le groupes électrogènes, 93 t de mazout pour les chaudières auxiliaires.
- Ces chiffres sont une illustration saisissante du régime économique de nos avisos coloniaux. Les résultats obtenus dans les communications par T.S.F. ne sont pas moins brillants.
- La liaison avec le poste de Casablanca a été maintenue sur ondes courtes sans interruption jusqu’à Tahiti, c’est-à-dire jusqu’à 8500 milles, par la station de Shangaï-Zikawai et la communication a pu être établie avec les Marquises, à 7000 milles de ces îles. Le passage de notre aviso à l’étranger et dans nos colonies, ajoute le commandant du Savorgnan-de-Brazza, a été une chose heureuse pour le prestige de la France, car il est indéniable qu’il a produit partout une excellente impression.
- Il ajoute ceci, qui est particulièrement intéressant : Le commodore Burges Watson, commandant la division navale néo-zélandaise me disait, après avoir visité en détail le Savorgnan-de-Brazza : « Je félicite la Marine Française d’avoir des avisos comme celui-ci. Nos nouveaux sloops sont loin de les valoir. L’Amirauté anglaise aurait bien fait d’envoyer nos ingénieurs en France pour apprendre à connaître ce qu’est un aviso moderne ». En faisant la part de la politesse britannique, le fond d’une opinion si flatteuse reste vrai.
- Il y a actuellement 7 avisos coloniaux en service. Ils portent les noms de : Bougainville, Dumont-d’ Urville, Savorgnan-de-Brazza, d’ Entrecastcaux, Rigault-de-Genouilly, Amiral-Charner, d I ber ville.
- Aucun autre bâtiment de ce type n’est prévu. Les Dumont-d Urville, Savorgnan-de-Brazza, Rigault-de-Genouilly naviguent dans les mers d’Extrême-Orient, le Bougainville est actuellement en route pour le Pacifique.
- Ainsi se trouve comblée, dans des conditions excellentes, une lacune trop sensible dans les éléments de notre flotte. Nos avisos coloniaux présentent en effet une série d’avantages bien sérieux. Ils assurent dans des conditions économiques et très flatteuses pour l’amour-propre national la présence du pavillon français sur toutes les mers du globe : ils donnent encore la possibilité de faire acte de puissance très efficace sur les côtes de nos colonies et dans les fleuves de la plupart d’entre elles, de maintenir dans nos équipages le goût de la mer et du voyage sur des bâtiments où le séjour a été rendu agréable, et enfin de fournir à nos jeunes officiers des moyens de voir du pays et de naviguer pour le plus grand bien de leur formation professionnelle. Commandant Sauvatre-Jourdan.
- Fig.\3. — L’aviso colonial Rigault-de-Genouilly à son départ de Lorient.
- (Pli. Ilarlingue.)^
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- UNE NOUVELLE MÉTHODE D’OBSERVATION DE LA COURONNE SOLAIRE *
- Plusieurs auteurs se sont, pendant ces dernières üO années, attachés à étudier, en dehors des éclipses solaires, la couronne entourant la chromosphère du soleil. L’impossibilité où l’on était de séparer l’image de la couronne de l’éclat diffus la masquant a été cause de l'insuccès de la plupart de ces tentatives. Cet éclat diffus, dû à la dispersion de la lumière du soleil dans l’atmosphère terrestre et dans le télescope, peut, en effet, atteindre mille fois l’intensité lumineuse de la couronne.
- Il semble exister une corrélation entre les phénomènes ayant leur siège dans la couronne solaire et les orages magnétiques, les perturbations des transmissions télégraphiques et radiophoniques et d’autres phénomènes terrestres d’un ordre analogue. D’où l’intérêt qui s’attache à des investigations continues de la couronne.
- L’image de la couronne est complexe; elle est constituée par des flammes, des arcs et d’autres éléments lumineux distribués autour du soleil, tandis que l’image de l’éclat diffus est simple, ne présentant qu’une légère variation rayonnante, décroissant d’intensité du bord du disque solaire vers le dehors.
- M. A. M. Skellett, physicien de la section de T. S. F. des Laboratoires Bell, a trouvé dans les méthodes-d’explora-lion de la télévision le moyen d’utiliser cette différence intrinsèque des deux images, pour les séparer l’une de l'autre. En télévision, on convertit, en effet, les images en une suite de phénomènes électriques, reconvertis, à leur tour, en images optiques. Or il paraît légitime de supposer que la traduction électrique présentera, d’une catégorie d’images à l’autre, des différences qui, lors de la reconversion, permettront parfaitement de distinguer les deux images.
- Si l’image du ciel aux alentours du disque solaire était explorée suivant une ligne spirale, à partir de la périphérie du soleil,et,de cette façon, traduite électriquement, les courants photo-électriques ainsi obtenus présenteraient differentes composantes. Il y aurait un courant continu intense dû à l’éclat diffus, une composante moindre de basse fréquence correspondant aux variations d’intensité lumineuse de ce même éclat et due à la distance croissante de la tache exploratrice et, enfin, un spectre de composantes de haute fréquence, mais d’intensité relativement basse, dû au passage de la tache exploratrice au-dessus des calottes, arcs et flammes de la couronne. On n’aurait donc qu’à faire passer ce courant composé à travers des filtres électriques appropriés pour séparer les composantes de haute fréquence, dues à la couronne, de celles de basse fréquence et des composantes continues dues- à l’éclat diffus. Les courants correspondant à la couronne, dûment amplifiés et reconvertis en image optique, présenteraient la couronne sur fond noir avec suppression totale de l’éclat diffus. Si des étoiles brillantes se trouvaient dans le champ de vision, elles seraient également visibles dans l’image finale, car leur lumière donnerait lieu à des composantes à haute fréquence du courant
- photo-électrique. On serait donc on présence de phénomènes analogues à ceux qui se présentent lors d’une éclipse du soleil.
- Avant de tenter l’épreuve finale, M. Skellett a soumis cette méthode à un essai de laboratoire, en mettant à profit l’appareillage de télévision dont la Société Bell s’est servie lors de ses expériences et qui comporte des disques d’exploration (disques Nipkow) à 72 trous. Une
- Fig. 1. — Image photographique de la couronne prise lors d'une éclipse
- de soleil.
- diapositive d’un cliché photographique pris lors de l’éclipse de JS08 donne l’image de la couronne. L’éclairage suffisait précisément à fournir une intensité d’image correspondant à celle que donnerait un télescope de taille moyenne. Le champ exploré était un carré d’environ 1-1/2 degré de côté; les dimensions des trous explorateurs correspondaient à un cane d’environ une minute. Dans ces conditions, on obtenait d’excellentes images du disque de la lune et de la couronne, au récepteur de l’installation de télévision.
- Afin de réaliser, dans l’expérience, quelque chose d’analogue à l’éclat diffus, M. Skellett a inondé la cellule photoélectrique de lumière, derrière le disque explorateur,
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- de façon à obtenir un rapport fort élevé entre les signaux photo-électriques intermittents et ceux d’intensité continue. L’auteur a ensuite augmenté l’intensité de la lumière diffuse jusqu’à ce qu’il devînt difficile de la différencier de l’image de la couronne; il a pu pousser cette intensité jusqu’à environ 10 000 fois l’intensité télévisuelle normale, sans nuire d’une façon appréciable; à la différentiation. Cette expérience préliminaire a parfaitement confirmé les prévisions de l’auteur, en montrant que les télescopes de dimensions usuelles, tels qu’on les trouve dans les observatoires, permettent bien l’application de sa méthode; ils fournissent, en effet, des courants d’intensité convenable jusqu’à des distances approximativement égales au rayon du soleil.
- La figure 2 fait voir un dessin de la couronne fait de négatifs provenant de l’éclipse du 28 mai 1900; les négatifs permettent de distinguer tous les détails de ce dessin, mais avec un contraste moins marqué. Or, comme la nouvelle méthode tend précisément à accentuer les contrastes, il est légitime d’attendre d’elle des images plus claires même que celles obtenues par photographie directe lors d’une éclipse.
- Alfred Gradekwitz.
- Fig. 2. — En partant de la photographie de la fi g. 1, et d’autres photographies analogues de Véclipse du 28 mai 1900, M. H. R. Morgan a dessiné L’image ci--ontre de la partie inférieure de la couronne.
- LE ZINC ÉLECTROLYTIQUE
- Ainsi que La Nature le rappelait dans une étude publiée voici quelques années, les besoins en zinc pur allant en s’accroissant d’année en année, et les procédés thermiques ne pouvant donner que des zincs impurs, on cherchait depuis fort longtemps à obtenir ce métal par extraction électrolytique.
- HISTORIQUE
- M. l’ingénieur Van Oirbeek, dans une étude publiée par le Journal du Four électrique et des Industries élec-trolytiques, rappelait à son tour que, bien avant 1900, et indépendamment de l’électrolyse du sulfate de zinc pratiquée dès 1882 à Saint-Denis par Létrange, on obtenait du zinc par électrolyse à Winnington (Angleterre) et à Bruschau (Autriche), au moyen du procédé Hœpfner au chlorure de zinc.
- Dans des cellules à diaphragme de mousseline sili-catée, avec cathodes en zinc de forme cylindrique, auxquelles on imprimait un mouvement de rotation, et anodes en charbon, on introduisait, après purification, un mélange fait à l’aide de minerai grillé, soumis à l’action de l’anhydride carbonique et de chlorure de calcium en solution, résidu de fabrication de la soude Solvay. Ce procédé prit fin en 1924.
- On n’obtenait autrefois aux cathodes qu’un zinc spongieux, de fort volume, mais extrêmement léger, qu’on en
- pouvait refondre sans le brûler, alors que l’idéal était de recueillir à la cathode un dépôt dense, compact et adhérent, quoique facile à détacher.
- A la suite de nombreux essais, on constata que la principale cause des insuccès provenait de la présence, dans l’électrolyte, de métaux étrangers électronégatifs, et qu’il fallait, pour obtenir de bons dépôts cathodiques, régler la densité empirique en conformité avec la concentration de l’électrolyte.
- Le remède était facilement applicable, et il ne manquait plus, pour l’utilisation en grand de ce procédé, qu’une suffisante mise en valeur de nos ressources hydro-électriques. Le prodigieux développement de ces ressources, dès après la guerre, fournit bientôt l’énergie électrique à des conditions permettant son emploi économique, et la Société « La Vieille Montagne », après avoir procédé à de nombreux essais dans ses usines de Viviez (Aveyron), livrait en 1921 son premier zinc obtenu électrolytiquement. C’est dans cette usine même que nous assisterons à cette fabrication, avec la bienveillante autorisation de la direction.
- PRINCIPE DU PROCÉDÉ ÉLECTROLYTIQUE
- Le procédé par électrolyse est en principe des plus simples. Il faut tout d’abord, partant de la blende ou sulfure de zinc (ZnS), la transformer en oxyde (ZnO),
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- Fig. 1. — La source d'énergie électrique de l’usine de Viviez. Sous-slalion où uboulisscnl les lignes de transport d’énergie du Rouergue
- et de la Cère. Au second plan, centrale thermique de secours.
- dissoudre cet oxyde de zinc dans l’acide sulfurique dilué (IPSO4), afin d’obtenir du sulfate de zinc (ZnSO4), purifier cette solution et enfin, dans les bacs, la soumettre à l’électrolyse qui donnera le zinc pur.
- Mais cette fabrication, apparemment si simple, est au contraire fort complexe, ainsi qu’on va le voir.
- TRAITEMENT DU MINERAI
- Tout d’abord, et avant tout, le minerai, qui est ici la blende ou sulfure de zinc, doit être pulvérisé et flotté. Autrefois pulvérisé en grains plus gros, le minerai enrichi par lavage arrivait à l’usine, contenant de 40 à 45 pour 100 de zinc et de 12 à 15 pour 100 de plomb, et il était grillé en 3 ou 4 jours. Les nouveaux procédés de pulvérisation, le flottage différentiel et l’emploi d’agents chimiques permettent l’obtention d’un minerai en grains plus fins, plus riche en zinc (55 pour 100), pauvre en plomb (là 2 pour 100) qui peut être grillé en 8 à 10 heures, ce qui constitue un grand progrès.
- Les minerais que traite l’usine de Viviez lui parviennent, soit à l’état grillé de son usine de grillage de Port-de-Bouc, soit directement à l’état pulvérisé et flotté, cru, destinés à être grillés à Viviez même. Ces minerais contiennent accessoirement des sulfures de fer, cuivre, plomb, cadmium, argent et or. Le minerai, grillé à Port-de-Bouc, alimente directement une installation de stockage, comportant 20 trémies de chacune 150 t. Le minerai cru est déchargé,
- séché et envoyé aux fours à griller mécaniques, d’un diamètre* de 7 in G0, à 7 ou 9 soles superposées, comportant à l'intérieur un cylindre tournant, avec bras destinés à remuer le minerai, et amenant en même temps l’air nécessaire à la désulfuration.
- Ces fours, au démarrage, sont chauffés au mazout.
- Fig. 2. — Silos de mise en stock des blendes grillées, d'une contenance totale de 3000 tonnes.
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- Fig. 3. — L’un des fours à grilles mécaniques, d’un diamètre de 7 m 60,
- à 7 ou 9 soles.
- Mais la réaction étant fortement exothermique, la température est maintenue ensuite par combustion du sulfure et du zinc suivant la formule :
- 2 ZnS + 3 O2 = 2 ZnO + 2 SO2
- Fig. 4. — Atelier d’acide sulfurique par conlacl.
- Engrenage: 5 tours à l'heure Rigole circulaire
- Ecoulement du drop plein clarifié
- Arrivée de la pulpe
- Bras rac/eurs portant des palettes gui raclent „ vers le centre d'évacuation
- <jj -6
- Tuyau d'évacuation des boues épaissies
- Boue épaisse
- — Dans les « épaississeurs Dorr », la pulpe se décanle, donnant une solution claire de sulfate de zinc.
- Fig. 5.
- Les gaz des fours, riches en SO2, dépoussiérés électriquement dans des appareils Cottrell, servent à la fabrication d’acide sulfurique par contact, dans des caisses avec masses au vanadium, suivant la réaction :
- 2 SO2 + O2 = 2 SO3
- L’anhydride sulfurique ainsi obtenu, est transformé en acide sulfurique par absorption d’eau :
- SO3 + II20 = HaS04
- La blende grillée sortant des fours est d’abord refroidie dans une trémie collectrice. Cette dernière alimente un transporteur aérien, qui reprend la blende grillée et la dirige vers l’installation de stockage précédemment mentionnée. Avant d’être mise en solution, la blende grillée est tamisée. Le refus est envoyé dans trois broyeurs à boulets. Un système de ventilation entraîne la matière
- Fig. 6. — Point de départ du chemin de fer aérien pour transport de la blende grillée.
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- finement broyée dans un cyclone, et de là dans deux grandes trémies d’alimentation, qui reçoivent également le fin provenant du tamisage.
- MISE EN SOLUTION DE LA BLENDE
- La blende tamisée et broyée, reprise dans les silos de stockage, est mise en solution, par contact avec l’électrolyte acide de retour, à 100 gr par litre d’fPSO4, conservé dans quatre cuves en bois doublées de plomb, contenant chacune 90 m3.
- Ce mélange d’acide dilué et de blende est brassé au moyen d’air comprimé dans des « Pachucas » ou hautes tours comportant à l’intérieur un tube de bois, qui entoure lui-même un tube en plomb amenant l’air. La solution de sulfate de zinc, qui contient encore un grand nombre d’impuretés, est' additionnée d’un oxydant qui est généralement le bioxyde de manganèse, et d’un excès de blende
- Fig. 8. — Cuves de décantation et filtres-presses de l'atelier d’électrolyse.
- Cette solution est ensuite dirigée sur les filtres-presses. Il importe en effet,pour obtenir un bon rendement ampérique, c’est-à-dire pour éviter dans les bacs la redissolution du zinc dans l’acide sulfurique, de purifier au maximum cette solution. Cette opération terminée, et à la sortie des filtres-presses, la solution enfin pure passe sur des réfrigérants et est stockée en charge pour être distribuée aux bacs.
- On a fait évidemment à Viviez nombre d’essais, pour déterminer les conditions les plus favorables pour l’obtention de dépôts denses, lisses, pouvant être facilement refondus, et l’on a constaté que les meilleurs résultats étaient obtenus avec un électrolyte à faible acidité, contenant, ainsi que nous l’avons déjà dit, 100 gr d’IP SO4 par litre, et avec une densité de 3 ampères par décimètre carré de cathode.
- Fig. 7. — Le mélange d’acide dilué et de blende ou pulpe, est brassé dans de hautes tours appelées « Pachucas ».
- L’ÉLECTROLYSE
- L’atelier d’électrolyse, immense et infiniment imposant, renferme les bacs au nombre de 1008, divisés en 9 batteries
- Fig. 9. — Hall de'purification de la liqueur zincique.
- qui a pour fonction de précipiter les impuretés : fer, arsenic, antimoine, etc.
- Le mélange ainsi obtenu ou pulpe est transporté dans les décanteurs ou épais-sisseurs Dorr, où cette pulpe se décante, donnant à la partie supérieure une solution claire de sulfate de zinc, et à la partie inférieure, une boue ou résidu principal contenant encore : zinc, plomb, cuivre, argent, or, qui est envoyé dans une autre partie de l’usine, où nous le retrouverons tout à l’heure pour récupération de ces métaux.
- La solution claire de la partie supérieure n’est pas encore du sulfate de zinc pur, mais contient un peu de cuivre et de cadmium. Dans un atelier de purification, cette solution est mise en contact dans une cuve à agitateur mécanique, avec du zinc électrolytique pulvérisé, qui déplace de la solution une éponge de cuivre et de cadmium.
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- Fig. 10. — Hall des
- de chacune 112 bacs. Chaque batterie disposant d’une commutatrice, celles-ci sont réunies dans une vaste salle, attenant à l’atelier d’électrolyse.
- Le courant alternatif, reçu à GO 000 et 150 000 v, est transformé dans une sous-station, à 5500 v, et envoyé ainsi à l’usine où les 9 commutatrices le transforment en courant continu à 400-460 v, pour l’alimentation des bacs.
- Fig. 11. —Salle des commutatrices attenante au hall des bacs d’électrolyse.
- bacs d’électrolyse du zinc.
- Les 112 bacs de chaque batterie sont disposés en 16 cascades de chacune 7 bacs, avec une dénivellation de 10 à 15 cm d’un bac à l’autre. L’alimentation pouvant se faire individuellement pour chaque cuve, ou au contraire par la cuve supérieure, il est possible de faire varier, suivant les besoins, l’acidité de l’électrolyte.
- Chacun de ces bacs reposant sur isolateurs, pourvu d’un
- Fig. 12. — Au centre de la photo, une batterie avec ses 112 bacs.
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- réfrigérant à circulation d’eau, et d’une enveloppe intérieure résistant à l’acide, comporte 17 anodes en plomb, et 16 cathodes en aluminium laminé, toutes ces électrodes, connectées en parallèle dans chacun des bacs, reposant sur les barres d'amenée du courant, positif pour les anodes, négatif pour les cathodes. Les bacs eux-mêmes sont reliés en série.
- Théoriquement, un ampère-heure dépose 1 gr 219 de zinc, sous une tension de 2 v, 35. Il faudrait par conséquent, 1927 watt-heure pour produire 1 gr de zinc, soit dépenser une énergie d’environ 2000 kw-h par t de zinc. Pratiquement, la consommation d’énergie pour toutes les opérations nécessaires varie entre 4000 et 4500 kw-h par t, chaque bac produisant environ 100 kg de zinc en 24 heures.
- Les plaques de zinc qui se déposent sur les cathodes ni sont détachées à l’aide d’un ciseau sur lequel l’ouvrier
- J'i;/. 13. — Huilerie de fours pour la refoule des plaques de zinc venant
- de rélectrolijse.
- mêlai en lusion, le zinc élecl.rolytique pulvérisé, tous deux d’une teneur qui varie de 99,95 pour 100 à 99,99 pour 100, alors que la teneur du zinc obtenu par procédé thermique varie entre 98 et 98,5 pour 100 de zinc pur.
- Les crasses d’oxyde de zinc, provenant de la refonte, dans les fours, du zinc en cathodes, sont envoyées à l’atelier de fabrication du sullfate de zinc, où clics sont mises en solution avec l’acide sulfurique et l’eau. Filtrée, cristallisée; et essorée, cette solution donne le sulfate de zinc, ZnSO4, 71 PO.
- Le zinc pulvérisé est dirigé sur les ateliers de purification, pour déplacer, de la solution, le cuivre et le cadmium.
- Fnfin le zinc obtenu en lingots est cédé sous cette forme aux usines de transformation. Il est encore, à l'usine même, employé pour la fabrication de tubes sans soudure à la , . . presse à hier, merveilleuse machine qui livre
- Fig. 14. — Presse à filer pour la fabrication des lubes en zinc sans soudure.
- donne un léger coup de marteau. Leur teneur, aujourd’hui, grâce aux perfectionnements successifs apportés dans cette, fabrication, peut atteindre 99,99 pour 100 de zinc pur.
- L’opération dans les bacs peut être représentée par la formule suivante :
- ZnSO4 + 1 PO + Courant = Zn + I P SO4 -f O qui se dégage.
- EMPLOIS DU ZINC ÉLECTROLYTIQUE
- Le zinc obtenu aux cathodes peut être vendu sous cette forme ou, dans des fours Cornillat, transformé en blanc de zinc livré au commerce en poudre ou en pâte après broyage à l’huile de lin. Le plus souvent, le zinc en cathodes est envoyé aux fours pour la refonte. Il donne alors, soit le zinc électro-lytique en lingots, soit, par pulvérisation du
- Juy. 15. — Emballage des lubes eu zinc filés.
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- avec iinc rapidité prodigieuse ees tubes, donI l'emploi se répand de plus en plus, eu raison de leur ineontestable supériorité sur les tubes en fer soudés.
- 11 est enfui envoyé aux laminoirs de Penchot, qui le livrent au commerce sous la forme la plus habituelle.
- Les emplois du zinc éleetrolytique étant extrêmement nombreux, nous ne citerons que les principaux, pour lesquels les acheteurs acceptent volontiers de le payer plus cher que le zinc obtenu par voie sèche.
- 11 sert notamment pour la fabrication îles laitons,
- Fig. 17. •— Cubilot pour le traitement des résidus.
- à plus de 90 pour 1.00 de zinc, et pour la galvanisation des fils qui doivent rester souples. Laminé, il est malléable, très ductile, s’allonge sans rupture et, pouvant être obtenu d’épaisseur très régulière, est embouti, repoussé, estampé, découpé avec autant de facilité et pour les mêmes usages que d’autres métaux plus coûteux.
- Très employé par les fondeurs d’art, il peut également être poli, nickelé, cadmiumé, chromé, et est utilisé ainsi pour la quincaillerie d’automobile et de bâtiment. Il sert enfin dans de nombreuses applications électriques.
- TRAITEMENT DES RÉSIDUS
- Nous avons vu, au cours de cette étude, que les blendes grillées, broyées et tamisées, mises en solution, contiennent encore nombre de corps étrangers, dont la plupart se déposent dans les épaississeurs Doit.
- Le résidu principal, qui contient du zinc non dissous, du plomb, du cuivre, de l’argent et de l’or, est envoyé après liltration et lavage dans une autre partie de l’usine.
- La purification de la liqueur avec du zinc pulvérisé, suivie d’une filtration sur filtres-presses, laisse un autre résidu, contenant du cadmium et du cuivre. Ce rés.idu, traité par l’acide sulfurique dilué, donne une solution de sulfate de cadmium qui, par éleetrolyse, donne du cadmium en cathodes. Celui-ci, refondu, peut être livré en lingots et en baguettes à 99,95 pour 100. A. la suite de diverses fabrications qu’il serait trop long de décrire, l’usine l’obtient également sous forme d’oxyde de cadmium (CdO), d’oxyde de cadmium hydraté Cd(OlI)2, de carbonate de cadmium (Cd CO3), et de sulfate de cadmium ^CdSO4 - H2ü)
- Le traitement du résidu eadmi-cuprifère laisse le cuivre non dissous, sous forme de cément de cuivre; ce produit est vendu, ou ajouté au résidu principal.
- Le résidu principal, séché au four rotatif, après adjonction de jooussier de coke donne un mélange qui est mis en briquettes. Celles-ci, auxquelles sont ajoutés coke et fondant, subissent une fusion réductrice au four à cuve du type Philipon, soufflé au vent chaud à 400°. Le zinc et le plomb y sont complètement volatilisés, et l’opération est conduite de façon à obtenir une mat te ferreuse et cuivreuse, riche en argent et en or.
- Les gaz du gueulard, d’autre part, après séparation du zinc et du plomb volatilisés au cubilot, donnent un gaz combustible épuré à 800-900 calories, qui est employé pour divers chauffages. Le zinc et le plomb volatilisés sont récupérés, séchés et calcinés ; ces oxydes sont renvoyés à l’atelier de la mise en solution. Le zinc retourne à l’élec-trolyse et il reste un résidu riche en sulfate de plomb (PbSO4), qui est vendu aux usines à plomb.
- Les mattes sont expédiées aux usines qui, par concen-
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- l’ig. JiS. •—* Habitations ouvrières des usines de. Viviez /jour la fabrication du zinc élcclrulijliqur.
- Irai ion, convertissage (‘I. coupellation, en extraient le enivre et les métaux précieux : argent et or.
- Telle est cette, fabrication complexe, que nous n’avons fait qu’esquisser à grands traits, et qui nous donne un
- métal d’une pureté quasi absolue, ce qui justifie le nombre et la diversité (le ses emplois.
- (J ko au ks Lan o e. v i u.k.
- UN POISSON RARISSIME
- ANOTOPTERUS PHARAO
- La photographie reproduite ci-après (fig. 1) est celle d’un poisson rarissime dont on ne connaissait que deux individus jusqu’à ces derniers temps.
- Le premier avait été recueilli par le Prince Albert de Monaco le 4 septembre 1910, sur son yacht Princesse Alice, au large du Portugal, par 36°54'30" N. et 11°49' W., dans un large lilet Bourée remonté ouvert depuis 5100 m de profondeur jusqu’à à la surface. Le Dr Erieh Zug-mayer qui le reçut pour étude en fit une espèce et un genre nouveaux : Anolopterus pharao, et créa même pour lui une famille, celle des Anolopteridæ. Long de 165 mm, il ligure maintenant dans les collections du Musée de Monaco.
- Un deuxième exemplaire, beaucoup plus long, mesurant 291 mm, fut pris à Madère en 1926, lors d’une pêche à la ligne de fond. Il fut envoyé aussi au Musée de Monaco et étudié par le professeur Roule.
- C’était tout.
- Et voilà qu’en très peu de temps cinq nouveaux individus viennent d’être rassemblés à Concarneau, par M. R. Legendre, directeur du Laboratoire maritime du Collège de Fi’ance en ce port de Bretagne.
- Le moyen de capture employé est des plus simples
- et ingénieux. Il a consisté tout bonnement, pour M. Legendre, à s’entendre avec des patrons thoniers dont Concarneau est le port d’attache. Ceux-ci vont très loin au large du golfe de Gascogne, depuis le cap Finistère en Espagne jusqu’au sud de l’Irlande. Ils pêchent le Germon ou thon blanc en surface, à la ligne traînante et vident le poisson dès qu’il est halé sur le pont. Un coup de couteau de plus dans l’estomac, le vidage du contenu dans des bocaux pleins d’eau de mer formolée, qu’on rapporte; à terre et cela a suffi pour fournir en quelques étés des récoltes inattendues de toutes sortes d’animaux de haute mer, dont beaucoup rarissimes et connus seulement par les grandes expéditions océanographiques (1). C’est ainsi qu’on eut entre autres 5 nouveaux Anolopterus pharao. Tous ont été pris au mois de juillet, dans le sud-ouest de, Concarneau, à 200 ou 250 milles de terre: Leurs longueurs s’échelonnent de 137 à 158 mm.
- On jugera de l’étrangeté de leurs formes par la ligure 1.
- 1. On trouvera l’étude des poissons ainsi recueillis dans R. Lc-gendre. La l'aune pélagique de l’Atlantique au large du Golfe de Gascogne, recueillie dans des estomacs de Germons. Première partie : Poissons. Annales de l'Institut Océanographique, t. XIV, 1934, p. 247-418.
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- De telles rencontres montrent une lois de plus que les espèces considérées comme rarissimes ne le sont peut-être que par suite de notre incapacité à les capturer. Qu’une nouvelle région soit explorée, qu’un nouvel engin voie le jour, ou qu’on utilise comme moyen de pêche un animal vorace et agile, aussitôt les exemplaires connus se .multiplient.
- On peut ainsi enrichir les collections publiques et M. Legendre n’a pas manqué d’offrir ses prises au Muséum national qui est mieux pourvu maintenant qu’aucune autre collection en poissons de cette espèce.
- En outre, on n’avait pas osé ouvrir les deux premiers spécimens du Musée de Monaco et l’on ne sait rien encore de l’anatomie interne de VAnotopterus. Mais devant la subite abondance du poisson et la certitude d’en obtenir d’autres par le même moyen si peu coûteux et laborieux, M. le Professeur Roüle vient d’entreprendre cette étude. Elle est fort nécessaire pour préciser la position systématique de la famille des Anotopteridæ que l’on ne savait
- Fig. 1. —• Quatre des cinq Anotopterus pliarao recueillis par M. Legendre, à Concarneau, dans des estomacs de Germons.
- jusqu’ici où placer exactement. M. Roule avait .même considéré ce poisson comme aberrant, tératologique,, comme un monstre par arrêt de développement dans certaines de ses parties. L’appétit du Lennon va aider à y voir clair.
- Les deux premiers individus avaient été pris entre le Portugal et Madère; les suivants proviennent du large du golfe de Gascogne, et voilà la distribution géographique de l’espèce singulièrement étendue en latitude.
- D’ailleurs, toutes les récoltes faites dans des estomacs de Germons sont celles d’animaux connus d’une région assez définie de l’Atlantique qui semble former une province biogéographique : elle s’étend du Maroc au sud au golfe de Gascogne, à la pointe de la Cornouaille anglaise et au sud-ouest de l’Irlande au nord en latitude et, en longitude, de la Méditerranée on de sa sortie par le détroit de Gibraltar dans la baie de Cadix jusqu’à Madère et aux Açores.
- Le premier Anotopterus avait été trouvé dans un filet remonté d’un très grand fond et l’on pouvait lui sup-
- poser un habitat bathypélagique dans les profondeurs de la mer; mais les derniers trouvés intacts dans des estomacs de Germons pêchés à la ligne en surface plaident contre une telle interprétation, surtout l’un d’eux qui n’avait pas été avalé et qui tomba de la gueule du Germon comme on l’amenait sur le pont.
- Cela pose, comme beaucoup d’autres observation j de M. Legendre, une question biologique qui n’est pas sans intérêt.
- Le Prince de Monaco s est ingénié, toute sa vie, à descendre des engins de pêche aux plus grandes profondeurs, mais ces engins remontaient ouverts. A quelle profondeur avaient donc été pris les animaux qu’on y trouvait après la remontée ?
- D’autre part, un désir de logique, peut-être excessif, a fait considérer comme une adaptation bathypélagique la couleur noire en dessus, bleu acier sur les flancs, argentée eu dessous, de beaucoup de poissons du large et leurs appareils lumineux, souvent extraordinairement nombreux et complexes, comme une faculté d’éclairement dans des abîmes éternellement obscurs pour faciliter la chasse aussi bien que la pariade.
- Que penser alors de tous ces phares vivants que sont de nombreux poissons, les Argi/ropelecus, les Sternotpi/x, les Aîaurolicus, les Myctophidés, couverts d’organes luminescents, qu’on trouve en quantité dans les estomacs des Germons pris à la ligne en surface ?
- Faut-il supposer que le Germon venait de remonter brusquement des profondeurs quand il a mordu à l’hameçon ?
- Faut-il admettre que tous ces poissons lumineux Vivaient en surface quand ils ont été happés ?
- 11 subit de songer à la mer phosphorescente, aux milliards de noetiluques qui s’allument en une belle nuit d’été dès que les vagues se brisent sur le rivage ou que des avirons agitent la surface; il subit d’avoir vu tous ces points lumineux que tracent des animaux de la côte : annélides, crustacés, etc., pour penser que la luminescence n’a pas été spécialement créée, développée, adaptée pour éclairer les profondeurs de la mer et qu’elle existe aussi bien, et plus encore peut-être, en surface, près de terre.
- On se demande alors si la finalité rationnelle qu’on s’est tant plu à considérer à propos des organismes lumineux n’est pas toujours la même erreur provenant de notre besoin de comprendre et d’expliquer les phénomènes naturels.
- Peut-être les animaux marins qui ont des appareils lumineux pour éclairer les abîmes sont-ils à rapprocher de la girafe qui a un long cou pour manger aux branches des arbres et même du célèbre melon qui a des côtes pour être mangé en famille.
- Mais alors la couleur noire et argent, la multiplicité des organes phosphorescents qu’on observe chez nombre d’animaux du grand large resteraient une énigme pour notre esprit.
- Comme on le voit, la rencontre de poissons rarissimes ou soi-disant tels peut être un objet de méditation.
- René Merle.
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- == L’INERTIE DE L’ÉNERGIE E=
- VÉRIFICATIONS EXPÉRIMENTALES RÉCENTES
- Il est une conséquence des doctrines relativistes qui établit un lien important entre la matière et le rayonnement et qui, à ce titre, a joué un rôle essentiel dans le développement des théories physiques les plus récentes : c'est celle qui concerne l'inertie de l’énergie, bille indique que tout accroissement d’énergie d’un système entraîne un accroissement de sa masse et inversement, le lien qui unit ces deux variations étant très simple. Si on désigne par K la variation d’énergie d’un système, la variation /// de sa masse est donnée par la relation :
- c désignant la vitesse de la lumière dans le vide, égale à 300000 km par seconde (soit 3 X 10"1 cm par sec.).
- Ainsi, d’après cette conséquence des théories de la relativité, toute réaction chimique accomplie avec dégagement de chaleur devrait s’accompagner d’une diminution de la masse totale des corps, en contradiction avec la loi célèbre de Lavoisier d’après laquelle au cours de toute transformation chimique la masse doit demeurer invariable. On conçoit tout l’intérêt que présenterait la vérification directe d’une telle prévision. Malheureusement, même pour les réactions les plus violentes de la chimie, comme la combinaison explosive de l’oxygène et do l’hydrogène, la diminution de masse qu’indique la théorie, est beaucoup trop faible pour être accessible à l’expérience. Ainsi lorsque l(j g d’oxygène se combinent à 2 g d’hydrogène pour donner 18 g d’eau avec dégagement de 69000 calories, la diminution de masse est seulement :
- 69 000 X 4,18 X 107 9 X 102«
- = 3 x 10-9 g.
- soit 3 millionièmes de milligramme, quantité inaccessible aux mesures actuelles.
- Mais si les transformations réciproques de la masse et de l’énergie semblent pour le moment échapper à nos méthodes d’investigation, il n’est pas impossible qu’elles interviennent dans un grand nombre de processus atomiques et cosmiques.
- ÉNERGIE DE CONDENSATION DES ATOMES
- Les théories actuelles sur la matière conduisent à considérer chaque atome comme formé par l’assemblage d’un nombre égal d’électrons et de protons. L’atome d’hydrogène comportant un électron et un proton, tout atome apparaît comme constitué par la juxtaposition d’un nombre entier d’atomes d’hydrogène. Si dans les condensations atomiques qui donnent naissance aux divers éléments, la loi de la conservation des masses était applicable, les masses atomiques de tous les éléments, à condition, bien entendu, de considérer séparément les divers isotopes dont le mélange peut constituer un élément, devraient être des multiples entiers de la masse atomique de l’hydrogène. Or les mesures précises d’Aston établissent
- que les masses atomiques sont toujours légèrement inférieures à un multiple entier de la masse atomique de l’hydrogène.
- Ces écarts ont été considérés comme traduisant l’énergie dégagéi* au cours des condensations aloiniques qui donnent naissance aux divers atomes, le dégagement d’énergie E pouvant se déduire de l’écart m entre la valeur de la masse atomique observée et d’un multiple entier de la masse atomique de l’hydrogène par application de la formule (1). Ainsi, au cours de la condensation de quatre atomes d’hydrogène de masse atomique 1,0078 (dans le système où l’on prend pour masse atomique de l’oxygène O = 16) pour former un atome d’hélium de masse atomique égale à 4, il se produit une perte de masse m égale à : 0,0078 X 4, soit 0,0078 g par gramme de matière, ce qui correspond à un dégagement d’énergie dont la valeur en ergs est :
- E = c°->n = 9. 1020 x 0,0078 = 7,02. 10IS
- et en joules :
- 7,02. 10u
- équivalents à :
- 1,07. 10n calories-grammes.
- L’énergie ainsi libérée est énorme. Elle fournit une mesure de la stabilité des atomes; d’où l’intérêt que présente la détermination extrêmement précise des masses atomiques. Les plus récentes mesures d’Aston ont confirmé que les écarts entre les masses des divers atomes et les multiples entiers de la masse atomique de l’hydrogène sont, en valeur relative, de l’ordre de huit millièmes, mais elles ont montré que ces valeurs ne sont pas exactement les mêmes pour tous les éléments.
- Le tableau suivant donne les valeurs de ces écarts exprimés en dix-millièmes. Ils correspondent à peu près à ce que Aston appelle packing fraction, (fraction de paquetage) et nous les désignerons, avec M. Berthoud, sous le nom d’indices de condensation (x).
- Atome. Indice de condensation. Atome. Indice de condensation. Atome. Indice de condensation.
- Me (4) 72,4 Ne (20) 77,6 Kr (80) 86,9
- Li (fi) 57,8 P (31) 83,4 Kr (81) 86,4
- Li (7) 60,0 Cl (35) 82,6 Kr (82) 86,6
- B (10) 64,2 A (36) 84,4 Kr (83) 86,5
- B (11) 67,8 Cl (37) 82,8 Kr (84) 86,3
- C (12) 64,8 A (40) 85,0 Kr (86) 86
- N (14) 72,1 As (75) 86,6 Sn (120) 85,1
- O (16) 72,8 Kr (78) 87,2 I (127) 83,1 .
- F (19) 77,8 Br (79) 86,8 lïg (200) 78,6
- 1. Berthoud, Matière et atomes, p. 168. Loin, Paris. Le nombre qui, dans le tableau, accompagne chaque symbole indique le poids arrondi de l’atome.
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- L’indice de condensation augmente depuis les éléments légers jusqu’aux éléments du milieu du système périodique, puis diminue dans la deuxième moitié de la table périodique. La stabilité des éléments augmente donc depuis l’hélium et le lithium, passe par un maximum vers l’étain et diminue ensuite de plus en plus, ce qui permet de comprendre que les éléments radioactifs, peu stables, puissent se désintégrer spontanément.
- ORIGINE DU RAYONNEMENT SOLAIRE ET DES RAYONNEMENTS STELLAIRES
- Les conceptions sur l’inertie de l’énergie fournissent une interprétation plausible d’une énigme qui avait longtemps défié la perspicacité des astronomes et des physiciens : celle de l’origine du rayonnement solaire et des rayonnements stellaires.
- On a d’abord pensé que l’énergie rayonnée par le soleil provient de sa contraction progressive sous l’influence des forces de gravitation, ce qui était considéré pendant longtemps comme la source la plus importante d’énergie susceptible d’intervenir. Mais le calcul montre que la contraction du soleil, à partir du moment où il avait un diamètre égal à celui de l’orbite terrestre, jusqu’à celui qu’il possède aujourd’hui, conduirait à une durée du rayonnement au taux actuel ne dépassant pas 20 millions d’années, très inférieure à celle qu’admettent les géologues pour la formation de la croûte terrestre.
- Les autres hypothèses auxquelles on a songé (réactions chimiques, chutes de météorites...) n’ont pas fourni une interprétation meilleure. Mais si, comme l’ont fait MM .Jean Perrin et, Eddington, on suppose le rayonnement, solaire alimenté par l’énergie qu’a dégagée la formation des divers atomes dans le soleil, à partir des atomes d’hydrogène constituant la matière primordiale, condensation qui s’opère avec diminution de masse, on trouve que le soleil aurait pu rayonner au taux actuel pendant 80 mil] iards d’années. Enfin si, allant plus loin, on admet, comme cela est suggéré par l’étude de l’évolution des étoiles, qu’il peut y avoir, non seulement condensation atomique, mais encore disparition de la matière par destruction des électrons et des protons et transformation intégrale de celle-ci en énergie rayonnante, on calcule que' la masse du soleil lui permettrait, de rayonner encore au taux actuel pendant 1500 milliards d’années. Les mêmes considérations peuvent servir à interpréter le rayonnement des étoiles.
- LES PROPRIÉTÉS MÉCANIQUES DES PHOTONS
- Pour rendre compte de la répartition du rayonnement qui s’établit dans une enceinte close dont tous les points sont à la même température, le physicien allemand Max Planck fut conduit, vers 1900, à l’idée que l'énergie lumineuse est émise et se propage par multiples d’une quantité élémentaire ou quantum, dont la valeur est proportionnelle à la fréquence et donnée par la relation
- q = h /,
- où h désigne une constante universelle, dite constante de Planck. Dans un grand nombre de phénomènes, et notamment dans l’effet photoélectrique, l’effet Compton,
- etc..., tout se passe comme si la lumière se propageait par unités discrètes, comparables à de véritables corpuscules ou grains de lumière, pour lesquels on a créé le nom de photon, et dont chacun transporte une énergie égale au quantum h f.
- Les conséquences des théories de la relativité généralisée concernant l’inertie de l’énergie ont permis de préciser les propriétés mécaniques de ces photons. A un photon de fréquence / transportant une énergie hf, cette relation conduit à associer une masse ni ayant pour valeur :
- et une quantité de mouvement égale au produit de sa masse par sa vitesse, soit :
- 'il c = 'il
- cl C
- Cette inertie des photons a permis d’expliquer très simplement toutes les particularités du phénomène important connu sous le nom d’effet Compton, par application des lois ordinaires du choc élastique aux rencontres entre photons et électrons.
- MATÉRIALISATION DES PHOTONS
- Au cours de recherches effectuées à l’institut du Radium de Paris, Mme Irène Curie et M. Frédéric Joliot ont constaté que, lorsque des rayons y de fréquence très élevée, transportant des photons d’une énergie nettement supérieure à un million . d’éleot.rons-volts (x), frappent le noyau d’un atome lourd, ils peuvent disparaître ou se transformer en photons d’énergie moindre en donnant simultanément naissance à un électron positif et à un électron négatif. On assiste, dans ces expériences, à une véritable matérialisation de l’énergie rayonnante, conforme aux prévisions des théories de la relativité concernant, l’inertie de l’énergie. Un calcul simple montre que l’énergie équivalente à la masse d’un électron positif et. d’un électron négatif au repos et d’environ un million d’électrons-volts (10° e—-v) (-). On s’explique ainsi que la création d’un électron positif et d’un électron négatif ne puisse être obtenue qu’aux dépens d’un photon dont, l’énergie soit au moins égale à un million d’éleetrons-volls. Si l’énergie du photon dépasse cette valeur, le surplus de. l’énergie apportée par le photon incident se retrouve, dans les deux électrons produits, sous forme d’énergie cinétique.
- Inversement, au cours de recherches effectuées séparément, Jean Thibaud, d’une part, et Frédéric Joliot, d’autre part, ont constaté que l’absorption d’électrons positifs par la matière donne naissance à l’émission par celle-ci de pilotons ayant une énergie voisine de 0,5 X 10u électrons-volts en nombre approximativement égal au double du nombre des électrons positifs incidents.
- 1. L’électron-volt est, une unité d’énergie représentant le travail effectué par un électron se déplaçant entre deux points dont les potentiels électriques diffèrent d’un volt. C’est une unité extrêmement faible équivalant à : 1,592 X 10_l2erg.
- 2. Pour effectuer ce calcul, il suffit dans la formule E = m c- de remplacer m par la somme des masses d’un électron positif et d’un électron négatif au repos, égale à deux fois la masse d’un électron.
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- Ainsi, à la différence de l’électron ordinaire, l’électron positif ou positon s’annihilerait en traversant la matière, avec transformation totale de sa masse en énergie rayonnante. La rareté des électrons positifs et les difficultés qu’on a rencontrées pour constater leur existence tiennent, précisément, à la facilité avec laquelle ils disparaissent pour se transformer en énergie rayonnante c’est à dire en photons. La vie moyenne d’un positon, dans l’air normal, serait voisine, d’après Jean Thibaud, de 1,2 X 10-8 seconde, c’est-à-dire de l’ordre du cent-millionième de seconde. On conçoit qu’ayant une vie aussi brève, les positons, lorsqu’on n’en soupçonnait pas l’existence, aient pu échapper si longtemps à l’observation. Le positon, très voisin par ailleurs de l’électron ordinaire, s’en distinguerait donc par une vie brève se terminant par
- une destruction qui le transforme en énergie rayonnante, au cours sans doute d’une rencontre avec un électron négatif.
- Kn résumé, en rencontrant un atome lourd, des photons d’énergie suffisante peuvent se matérialiser en donnant un électron positif et un électron négatif, tandis que, par absorption dans la matière, des électrons positifs se dématérialisent en donnant naissance à des photons. Les recherches que nous venons de rapporter sont les premières qui aiejit permis de constater la matérialisation de l’énergie rayonnante et la dématérialisation de la matière, si souvent admises comme possibles dans le monde sidéral, mais qu’aucune expérience directe n’avait jusqu’alors confirmées. A. Boutaric,
- Professeur à la Faculté des Sciences de Dijon.
- = LA DISTRIBUTION PAR “ DISPATCHER " =
- DE L’ÉLECTRICITÉ DANS TOUTE LA RÉGION PARISIENNE
- Huit centrales thermiques (Gennevilliers, Vitry-nord et Yitry-sud (Arrighi) exploitées par l’Union d’Électricité;
- Yitry et Saint-Denis 1 que double la supercentrale Saint-Denis JJ accolée depuis peu à la précédente; Saint-Ouen
- Fig. I. — Bureau du « Dispatching » principal, rue de Messine à Paris. —• Les deux ingénieurs, assis devant des meubles téléphoniques qui les relient aux centrales thermiques, aperçoivent devant eux le schéma complet du réseau électrique de la région parisienne.
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- et Issy-Les Moulineaùx que la S. 0. G. E. L. E. C. gère actuellement) satisfont aux besoins électriques de Paris et de sa banlieue. Ces differents établissements, interconnectés par une vaste boucle de câbles souterrains d’un développement d’environ 250 k, représentent aujourd’hui .une puissance de plus d’un million de kw. Sur ladite boucle, pouvant se diviser en 3 sections afin de limiter les dégâts en cas d’accidents, se greffent 2 grandes artères raccordant les 8 centrales parisiennes au vaste réseau électrique dont on achève de (‘ouvrir la France. L’une de ces lignes à 90 000 v et l’autre à 220 000 v amènent jusque dans la Ville-Lumière le courant des principales usines hydroélectriques du Massif Central : Coindre et Eguzon, exploitées par l’Union hydroélectrique;
- Sarrans et Brommat, appartenant à la Société des forces motrices de la Truyère. En cours de route, ces tronçons alimentent les sous-stations du chemin de fer d’Orléans et aboutissent au poste de transformation de Chevilly où la tension s’abaisse à 60 000 v avant couplage avec le réseau parisien au poste de Villejuif. Ultérieurement deux autres canalisations à 220 000 v permettront l’utilisation dans la Capitale de la houille blanche des Alpes et de la houillle verte du Rhin.
- Grâce à ces colossales réserves et aux possibilités de secours immédiat en cas de pannes, la fourniture de l’électricité se trouve parfaitement assurée dans toute la région parisienne non seulement à de gros consommateurs comme les chemins de fer de l’Etat, le Métropolitain ou la Société des 'transports en commun mais aux plus modestes usagers.
- Malheureusement le réseau souterrain de distribution dans Paris est fort hétérogène. Sur toute la rive gauche et l’ouest de la rive droite de la Seine, les abonnés disposent de courant alternatif monophasé à 3 000 v avec transformateur abaisseur à 115 v dans les immeubles; les quartiers du nord et de l’est ont du courant alternatif diphasé à 5 fils et, pour les clients importants, du courant alternatif diphasé à 12 000 v avec cabines haute tension. Dans la région des grands boulevards, on rencontre, au contraire, du courant continu à 3 fils; dans le centre et le nord-ouest de la ville, du courant continu à 5 fils. D’ailleurs la C. P. 1). E. est en train de poser un réseau à courant diphasé à 5 fils dit « réseau alternatif complémentaire » qui se superpose au réseau à courant continu afin d’alimenter les nouveaux abonnés et d’assurer toute la fourniture urbaine en courant d’éclairage.
- LA RÉPARTITION DE L’ÉNERGIE ÉLECTRIQUE COMMANDÉE A PARTIR D’UN SEUL BUREAU
- Mais indépendamment de la production et de la distribution de l’électricité, il faut encore résoudre, dans la région parisienne, le difficile problème de sa répartition, de façon à exploiter rationnellement et économiquement cette formidable énergie électrique. L’électricité, en effet, possède une valeur très variable selon les heures de son utilisation, dont les sociétés distributrices tiennent compte dans leurs' barèmes. On doit donc ajuster, à tout moment, la puissance des machines à la consommation de la clientèle.
- Alors entre en scène le Dispatching. Grâce à cet organisme venu d’Amérique mais francisé et remarquablement perfectionné par nos techniciens, V Union d’électricité se trouve très bien renseignée, à tout instant, sur les desiderata du réseau parisien, sur les disponibilités et Ja vie des centrales qui l’alimentent, sur la marche des postes et des sous-stations intermédiaires, sur le fonctionnement des appareils de distribution et de consommation. En un mot c’est le « cerveau » qui commande au gigantesque ensemble distributeur du courant électrique dans toute l’agglomération parisienne.
- Montons maintenant jusqu’au cinquième étage du siège social de l’Union d’électricité sise rue de Messine afin de voir les Dispatchers parisiens à l’œuvre, confortablement installés devant des meubles standards téléphoniques, destinés à les relier avec les usines génératrices et les divers endroits de distribution. Ces liaisons centrales comportent deux installations distinctes. La plus importante sert à établir la communication permanente avec tous les centres de l’agglomération parisienne et la seconde permet de communiqùer avec les usines hydroélectriques du Massif Central, les sous-stations du chemin de fer de Paris à Orléans et les postes qu’alimentent les lignes à haute tension (90 000 v et 220 000 v). Dans le premier local où se tiennent en permanence deux ingénieurs de quart, arrive la ligne téléphonique en liaison avec
- Fig. 2.-—Le bureau du « Dispatcher » hydraulique, de la rue de Messine. Cet ingénieur contrôle les centrales hydroélectriques reliées au réseau parisien.
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- Fig. 3. — Le « dispalcher en chef »
- Auprès de lui : les téléwattmètres, qui le renseignent à tout moment sur la marche et les disponibilités des usines génératrices.
- chaque usine ou chacune des sous-stations du réseau; elle passe en coupure dans un standard manuel par une clef à inversion et aboutit finalement à un commutateur automatique de 40 fiches. Grâce à cette ingénieuse disposition, les centrales comme les postes se téléphonent sans avoir besoin de l’intervention du dispat-cher de garde. Mais des lampes de supervision contrôlent les communications échangées et l’un des deux opérateurs de service rue de Messine appelle, au besoin, un poste quelconque même si celui-ci se trouve en communication, car la clef d’inversion coupe automatiquement la ligne correspondante avant son arrivée au standard. D’autre part, à l’aide d’un appareillage spécial, les dispatchers peuvent procéder à des essais rapides d’isolement et de continuité, s’ils constatent quelques défectuosités dans un des circuits téléphoniques, tandis que des liaisons souterraines directes entre chaque sous-station leur permettent de remplacer une ligne momentanément dérangée.
- Ces mêmes agents aperçoivent, dessiné sur le mur en face d’eux, le schéma complet du réseau de la région parisienne. Là, se trouvent figurés les tableaux de haute tension de toutes les usines et postes intermédiaires avec leurs interrupteurs et leurs sectionneurs. De petites lampes allumées ou éteintes représentent les interrupteui’s fermés ou ouverts et des barrettes mobiles indiquent les sectionneurs. Les ingénieurs de quart tiennent ce schéma à jour, au fur et à mesure des manœuvres, incidents ou accidents. Le dispatcher chef de service, installé dans une salle voisine et que ses téléwattmètres renseignent à tout moment, donne les ordres à un de ses subordonnés, qui les exécute immédiatement.
- Dans un autre bureau, sis au même étage de la rue de Messine, se trouve la seconde installation de dispatching, équipée de façon à peu près similaire mais d’importance moindre puisqu’elle contrôle seulement les centrales hydroélectriques et leurs annexes. Un circuit téléphonique relie le standard du dispatcher avec l’usine du barrage d’Eguzon; toutes les stations et les postes de coupure sont dérivés sur cette ligne et munis de l’appel sélectif Western. Un deuxième circuit établit, de proche en proche, les communications entre les sous-stations et permet à celles-ci de s’appeler en cas de dérangement dans l’appareillage principal. En outre, un branchement téléphonique spécial relie la centrale hydroélectrique d’Eguzon avec celle de Coindre et une installation radiotéléphonique par ondes dirigées à haute fréquence établit d’un côté la liaison entre le poste de Chaingy (Orléans) et l’usine d’Eguzon; d’autre part entre les stations centrales d’Eguzon et de Coindre. Enfin, à l’instar de ses collègues du premier bureau, le dispatcher de ce service voit figurer sur le mur le schéma du réseau dont il commande la marche journalière. Toutefois ce tableau est naturellement plus simplifié que le précédent; il comporte moins de lampes et moins de barrettes mobiles figurant les interrupteurs ou les sectionneurs.
- Fig. 4. — Récepteurs téléwaltmétriques Installés dans le bureau du « dispatcher » pour contrôler les usines hydroélectriques.
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- COMMENT LE DISPATCHER RÈGLE SON PROGRAMME
- Toutefois le rôle des dispatchers parisiens ne se borne pas à celui de simples téléphonistes. Connaissant, au moyen de l’établissement de statistiques relatives aux machines des difîéi'entes usines, les besoins du service d’une manière assez précise, ils peuvent tracer à l’avance la courbe de la charge totale journalière, se rendre compte des disponibilités des centrales thermiques ou hydroélectriques ainsi que des cables de transport à haute tension (60 000 v, 150 000 v et 220 000 v). A l’aide de tous ces renseignements, le chef dispatcher fixe, à l’avance, le programme de la marche quotidienne des usines, de façon à tirer le meilleur parti possible de l’ensemble des moyens de production existants en répartissant la charge quotidienne probable, en tenant compte des heures de pointe et autres aléas prévus. Par exemple, on cherche à faire appel le plus possible aux stations centrales thermiques de construction récente, dans lesquelles, grâce au rendement élevé des gros turboalternateurs et des chaudières à haute pression, on produit le courant à meilleur compte. Au contraire, les usines anciennes servent à compléter l’énergie électrique
- Fig. 5. — Cadrans du mécanisme enregistreur de fréquence Brillié. Les deux cadrans supérieurs donnent l’un l’heure de l’Observatoire, l'autre l’heure du réseau. Sur le cadran inférieur, la petite aiguille différentielle enregistre l’écart entre les deux heures et le sens de sa variation.
- de pointe, dont la vente rémunératrice permet une production plus coûteuse. De même, afin d’utiliser au mieux les lignes de transport à grande distance, on cherche à les faire travailler à charge constante et pour cette raison l’énergie du Massif Central éclaire la Capitale pendant les heures creuses. Pour atteindre ces buts, indépendamment des standards téléphoniques et des schémas muraux, les dispatchers doivent disposer d’un certain nombre d’instruments de mesures électriques ou chronométriques, que nous allons successivement passer en revue.
- Voici d’abord une série de téléwattmètres qui, accrochés au mur, près de la table du chef dispatcher, renseignent celui-ci, à tout moment. Ces appareils indiquent, à chaque instant, la puissance totale de chacune des fisines thermiques de la région parisienne (Saint-Denis, Ivry, Saint-Ouen, Issy, etc.), l’énergie hydroélectrique arrivant au poste de Villejuif ainsi que le total de ces diverses sources. Dans le bureau du dispatcher hydraulique, se voient également deux récepteurs télewattrné-triques fonctionnant de façon à peu près identique niais établis pour les lignes à 90 000 v et à 220 000 v.
- LE RÉGLAGE DE LA FRÉQUENCE
- Cependant une des plus importantes fonctions des dispatchers est le réglage de la fréquence. Au début, un fréquencemètre enregistreur Leeds et Northrup gradué en vingtièmes de période permettait déjà, d’après M. l’ingénieur P. Nimier, un réglage approximatif de la fréquence du courant mais insuffisant pour la distribution do l’heure par le réseau, car l’erreur journalière correspondait à plusieurs minutes. Aussi l’Union d’électricité adopta-t-elle par la suite Venregistreur d'écarts de fréquence Brillié qui fournit des indications plus précises. Cet appareil se compose, en principe, de deux petits moteurs : le premier, synchrone, qu’actionne le réseau, et le second, à courant continu, alimenté par une batterie d’accumulateurs en charge constante sur le courant du secteur et synchronisé par un régulateur électrique. Ces moteurs commandent respectivement les trois aiguilles de deux cadrans indiquant l’heure du. réseau et celle de l’Observatoire ainsi qu’un différentiel dont l’aiguille enregistre, à chaque instant, l’écart entre les deux heures et le sens de sa variation. Comme l’aiguille différentielle fait un tour entier pour un écart de 4 secondes devant un cadran divisé en 200, chacune des divisions de celui-ci correspond à un écart d’un cinquantième de seconde, soit une période. Le dispatcher peut donc se rendre compte si la fréquence est trop élevée ou trop faible et évaluer rigoureusement la fréquence moyenne. Ce mécanisme se trouve, en outre, complété par un enregistreur à coordonnées rectilignes qu’entraîne un prolongement de son arbre intermédiaire. Il comprend une aiguille mobile devant un limbe et une plume inscrivant les écarts sur une feuille de papier à déroulement continu. L’enregistrement se présente sous l’aspect d’une ligne sinueuse, oscillant de part et d’autre du zéro. L’examen de cette courbe permet de contrôler l’écart en secondes et même le soin qu’apportent les électriciens à la manœuvre de régulation.
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- Ces dispositifs facilitent la tâche des dispatchers de la rue de Messine, niais on a également reconnu la nécessité d’installer des indicateurs Brillié dans les principales centrales de la région parisienne (Arrighi, Gennevilliers et Saint-Denis II) et du Massif Central (Brommat et Sarrans) qui, vu leur puissance, sont parfois désignées comme régulatrices à certaines heures de la journée. Le personnel chargé de la fréquence dans ces usines n’a qu’à s’efforcer de maintenir la courbe des écarts au voisinage du zéro du graphique. Dans plusieurs de ces centrales, on a remplacé même les électriciens par des contacts que ferme automatiquement la plume de l’enregistreur quand l’écart dépasse une limite fixée. Ces contacts agissent par l’intermédiaire de servo-moteurs sur les régulateurs des turbines et permettent un réglage automatique de la fréquence. Cependant en cas d’accident grave sur le réseau, on a souvent intérêt à mettre hors d’action le dispositif automatique et à laisser tomber la fréquence. Puis une fois le calme revenu, le dispatcher juge s’il doit ou non essayer de regagner les secondes ou les minutes perdues.
- Enfin on rencontre encore au dispatching général de l’Union d’électricité, un autre modèle à'indicateur d'écarts imaginé par M. le professeur Abraham et basé à peu près sur les mêmes principes que le précédent mais dont le différentiel est plus simple; synchronisé sur une pendule régulatrice de l’Observatoire, il conserve constamment l’heure exacte à un ou deux dixièmes de seconde près, à moins bien entendu d’accident sur la ligne téléphonique.
- D’autre part, les dispatchers de la rue de Messine corrigent périodiquement la fréquence du réseau de façon que la pendule différentielle ne s’écarte jamais de l’heure exacte de plus d’une minute de temps et ils la remettent sensiblement à zéro tous les jours à midi. Quant aux variations de fréquence supérieures à deux dixièmes de période en plus ou en moins par rapport à la fréquence 50, des contacts, disposés sur le fréquencemètre enregistreur et qui déclenchent le tintement d’une sonnette d’alarme, les signalent à l’ingénieur de quart.
- CE SYSTÈME DÉTERMINERA, EN OUTRE,
- L’UNIFICATION DE L’HEURE EN FRANCE
- En définitive, cette remarquable installation de dispatching permet à l’Union d’électricité d’exercer une surveillance continuelle sur toutes ses usines génératrices et hydrauliques, qui marchent en parallèle. Elle fournit, de la sorte, à ses nombreux abonnés un courant d’une régularité presque absolue. Si, à un moment donné, n centrales fonctionnent, n — 1 d’entre elles assurent la charge, qu’une courbe établie par le chef dispatcher leur fixe d’avance; alors la ne agit sur les régulateurs de ses machines afin que la fréquence du réseau demeure toujours égale à 50 périodes par seconde. Ainsi se trouvent assurés le rendement maximum de l’ensemble du réseau et une constance parfaite dans la fréquence d’alimentation. Bientôt d’ailleurs, grâce aux délicats appareils de contrôle technique mis entre les mains des dispatchers, les secteurs ne seront plus seulement des marchands d’énergie électrique mais des horlogers très habiles distribuant, sans
- Fig. 6. — Enregistreur à coordonnées rectilignes système Brillié.
- L’aiguille mobile devant un limbe porte une plume qui inscrit les écarts de fréquence sur une feuille de papier à déroulement continu.
- qu’on s’en doute, l’heure avec une précision bien supérieure à celle des meilleurs régulateurs, car leurs instruments chronométriques n’accumulent pas les erreurs.
- Dans toute l’agglomération parisienne, en effet, les horloges synchrones, actionnées par de minuscules moteurs branchés directement sur le réseau, conservent indéfiniment l’heure exacte, à quelques secondes près.
- Depuis l’adoption du dispatching, on n’a constaté, qu’à deux ou trois reprises, des erreurs non corrigées. Celles-ci ne dépassaient pas d’ailleurs, 2 minutes au maximum ; elles provenaient soit de graves accidents dans les stations ou les lignes, soit de brèves interruptions de courant nécessitées par des modifications à apporter aux installations existantes.
- Donc, au fur et à mesure de l’extension du système d’interconnexion des centrales françaises, toutes les régions de notre pays bénéficieront de cette application imprévue de la fréquence contrôlée.
- Alors la Ville-Lumière, grâce à l’importance de ses usines électriques, imposera son régime à tous les petits réseaux de province et réalisera, d’une façon originale et économique, Y unification de l'heure dans toute la France.
- Jacques Boyer.
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- LES CULTURES ET LA RÉACTION IONIQUE
- DU SOL
- Jadis les botanistes et les agronomes distinguaient les plantes dites calcicoles des calcifuges, les unes aimant, les autres fuyant les sols calcaires.
- Il fut démontré ensuite que les plantes calcifuges sont en réalité calciphiles. Elles aiment tellement la chaux qu’elles s’en gorgent jusqu’à en mourir, quand elles sont dans une terre calcaire. En fait, ces plantes caractérisent les sols acides.
- Les acidités faibles du monde vivant sont aujourd’hui estimées par la concentration en ions hydrogène (pH) au moyen de méthodes électrométriques ou colorimétriques.
- La réaction d’un sol se mesure en mettant un échantillon en suspension dans l’eau. On y ajoute un indicateur coloré : rouge du phénol ou bleu de bromothymol pour les terres neutres ou alcalines, rouge de méthyle pour les terres acides, ou encore un indicateur composite dont on observe les changements de couleur.
- Dans le domaine agronomique, les sols se classent selon des pH variant de 5 à 8 environ.
- Sols très acides (pLI 4 à 5). — Ce sont les terres dites de bruyère. Elles sont préférées seulement par quelques plantes ornementales dont l’acidité favorise l’éclat floral, tels les cyclamens, les camélias, les azalées, les rhododendrons, la digitale. La digitale caractérise la richesse en fer autant que l’acidité du sol, acidité dont les effets sont également exagérés par les sels non saturés d’alumine et de manganèse.
- Dans ces terres, on ne peut guère tenter économiquement que la culture de l’airelle myrtille, du framboisier, plantes de sous-bois, puis les lupins, la spergule, la serra-delle, plantes apportant de l’humus acide, mais que peut « réduire » l’amendement calcaire.
- Avec des soins, des fumiers résiduaires de l’alimentation humaine, des apports de chaux et autres amendements, on peut cultiver sur ces terres acides la pomme de terre et l’avoine. C’est ce qu’on observe en pays de landes étendues, soit sur sols dérivés de la granulite, soit sur les dérivés de grès purs ou de grès ferrugineux, soit sur les sables purs en région humide. Le perfectionnement des moyens de transport a dépeuplé ces régions peu fertiles où le travail de l’homme est mal rémunéré.
- Mais parfois des industries y ont permis le maintien de la population en même temps que l’apport d’amendements. Il arrive même que la culture maraîchère ait rendu très « rentables », des terres acides, chimiquement pauvres, grâce à l’abondance des fumiers.
- Mais la plus grande surface reste vouée à la lande de bruyère ou à la forêt de pins. C’est la zone « rouge » du réactif au rouge de méthyle et de l’agriculture.
- Sols acides cultivables (pH 5 à 6). — Ce sont des terres dont il importe surtout de stimuler la vie microbienne. Dans les terres cultivées, les mauvaises herbes caractéristiques sont la prèle queue de cheval, la linai-grette, la moutarde ravenelle, le genêt à balais, la matri-caire, la patience (grande oseille), la renouée traînasse, le jonc, les graminées de prairie.
- En culture, c’est le domaine préféré de la pomme de terre, de l’avoine, du maïs, du sarrazin, des vesces, du chanvre, du tabac, de la carotte, du millet.
- Non seulement ces plantes y croissent bien, mais elles y sont plus saines que dans les sols neutres. Et des plantes ayant leur optimum en sol neutre viennent y faire des cures de régénération en altitude.
- Sols faiblement acides (pH 6 à 7). — Ils ne constituent qu’une « nuance » servant de transition. S’y trouvent à leur aise : les pois, les rutabagas et autres raves ou navets, le seigle, le mélilot, le fraisier, le trèfle incarnat et aussi le maïs, le sarrazin et toutes les plantes de la classe précédente dont la pomme de terre.
- Sols neutres (pH 7). — La neutralité correspond au pH 7. Le rouge de phénol y prend une couleur saumon et le bleu de bromothymol une teinte bleu verdâtre.
- Toutes les plantes supportent la neutralité; la plupart des plantes cultivées y présentent leur optimum de végétation.
- C’est dans cette zone que se placent surtout la moutarde, le haricot, le trèfle blanc et violet, la lentille, le lotier et le blé.
- C’est le blé qui est la culture caractéristique des terres neutres, lesquelles ont reçu le nom de « fromentales » en certains pays.
- Grâce aux drainages, aux amendements calcaires, aux engrais phosphatés et potassiques, la majorité des terres faiblement acides sont devenues « fromentales » depuis un siècle et c’est une des causes de la surproduction actuelle de blé.
- On peut dire que le progrès agricole a consisté à ajuster à la neutralité le pH des sols cultivés de l’Europe occidentale, centrale et septentrionale.
- Un des progrès les plus considérables a été l’emploi des nitrates qui ont fait rétrograder, peut-être trop, les marnages et les chaulages favorisant la nitrification de l’humus du sol et du fumier. Mais en critiquant l’abandon des amendements calcaires, peut-être n’a-t-on pas assez observé que, s’ils ont rendu les nitrates indispensables pour obtenir de fortes récoltes de blé et de betterave, ces dernières cultures peuvent être suivies dans l’assolement par des plantes ne fuyant pas l’acidité du sol comme la pomme de terre, l’avoine, le maïs, le seigle et la plupart des graminées de prairies.
- Sols légèrement alcalins (pH 7 à 8). — Dans cette série figurent surtout des plantes de culture intensive : le blé, la betterave à sucre et la luzerne, puis l’orge, ce qui explique sa réussite en Afrique du Nord où la sécheresse du climat maintient l’alcalinité du sol.
- En terre très calcaire et moins riche que les terres à luzerne, on cultive le sainfoin et l’anthyblide, plante fourragère velue appelée à tort trèfle jaune des sables.
- Presque toutes les légumineuses de prairies donnent leur récolte maxima dans des sols neutres ou légèrement alcalins. C’est pourquoi on les cultive comme prairies artificielles et c’est pourquoi elles prennent le dessus
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- parmi les graminées lorsque la prairie naturelle reçoit des engrais calcaires ou potassiques.
- La luzerne, l’orge et la betterave sont les seules plantes de culture intensive ayant leur optimum de développement dans cette zone. Elles sont, avec le blé, les seules qui supportent un pH supérieur à 8.
- Le lin est la seule plante cultivée d’Europe qui ne supporte pas l’acidité du sol. C’est pourquoi il est à sa place dans la zone des terres noires (tchernoziome) au nord de la Mer Noire.
- Sols alcalins (pH8à8,5). -— Au pli — 8,5 cesse toute culture. En sols alcalins salés aucune plante cultivée ne résiste, mais seulement quelques espèces spontanées qualifiées de « soudes », qui entourent notamment les lacs intérieurs des pays secs comme les « chotts » de l’Afrique du Nord.
- Ce n’est que par l’irrigation et le plâtrage qu’on arrive à y cultiver l’orge, la luzerne, puis la betterave, le blé et la vigne, plante « ubiquiste » résistant à l’acidité comme le seigle, l’avoine et la pomme de terre, mais résistant mieux à l’alcalinité.
- Nous avons visé surtout les optima de réaction permettant la culture économique.
- En horticulture, milieu artificiel où la plante jouit en abondance de tous les aliments, en sol profond et arrosé, où elle est défendue contre toute concurrence, on arrive à faire voisiner les plantes les plus opposées comme tempérament, mais on ne saurait en exporter tous les produits,, car on serait concurrencé par ceux de la culture pratiquée en milieu naturellement favorable. Les sols légèrement alcalins offrent à l’horticulture des corrections plus faciles que les sols acides.
- Appelons maintenant l’attention sur le graphique ci-contre montrant que les plantes ayant le domaine réactif le plus étendu (sur 3 ou 4 unités de pH) sont : la pomme
- de terre, l’avoine, le maïs, le sarrazin, le seigle, le blé et la luzerne.
- Les premiers forment en effet la base de l’agriculture des régions humides aux sols délavés, les derniers,
- dans l’eau p H
- Luzerne
- Betterave
- Haricot
- Moutarde
- Rutabaga
- Sarrazin
- Neutre Alcalin
- Sol acide
- Fig. 1. — Limites de pli des cultures.
- la base de l’agriculture des pays tempérés relativement secs. Ainsi, par une notion physico-chimique, on arrive à expliquer en grande partie la géographie agricole. C’est encore une preuve de son importance et de son utilité. Pierre Larue.
- SUR CERTAINES REACTIONS PARADOXALES
- EN BIOLOGIE
- En réfléchissant aux phénomènes physiques dont les corps inertes sont le siège, on peut arriver à les relier à d’autres phénomènes qui s’observent en biologie.
- Le point de départ des observations que je vais tâcher d’exposer aussi simplement que possible, c’est un phénomène de l’électrodynamique : je veux parler de la loi de Lenz qu’on peut énoncer ainsi: Toute variation brusque dans l’équilibre électronique d’un circuit fermé est immédiatement suivie de la production d’un courant électrique de sens tel qu’il tend à s’opposer à cette variation. Autrement dit : quand on approche brusquement un circuit fermé d’un autre circuit parcouru par un courant, il se manifeste dans le premier un courant induit dont le sens est tel que les deux courants en présence se repoussent (fig. 1).
- On retrouve des phénomènes de même ordre dans les
- autres domaines de la physique, et l’on est autorisé, me semble-t-il, à formuler la proposition suivante : chaque fois que par une cause brusque quelconque, l’équilibre moléculaire d’un corps — solide, liquide ou gazeux — est troublé, il se produit dans ce corps une réaction de sens inverse qui tend à s’opposer au dérangement de cet équilibre.
- Voici un fil métallique fin fixé à ses deux extrémités à deux bornes et tendu horizontalement. Faisons passer dans ce fil un courant d’intensité convenable; nous le voyons s’incurver par suite de l’augmentation de sa longueur. Or on sait que la résistance électrique d’un conducteur devient plus grande quand sa longueur augmente. Le courant lancé dans ce fil éprouvera donc une plus grande résistance à mesure que le fil deviendra plus long; il y a eu dans ce cas une réaction tendant nette-
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- ment à s’opposer au passage du courant (fig. 2).
- Je citerai encore l’expérience du briquet à air : dans un tube en verre à parois très épaisses se déplace un piston au bout duquel on fixe un morceau d’amadou. Enfonçons brusquement et énergiquement ce piston dans le corps de pompe. L’air comprimé au-dessous s’échauffe, et cet échauffement est assez grand pour provoquer l’ignition de l’amadou. Or qu’a fait le gaz comprimé parle piston ? Il a augmenté de volume et ce faisant, il s’est opposé au rapprochement de ses molécules qu’on a voulu lui imposer !
- On pourrait, en cherchant bien, trouver d’autres exemples de ces réactions dans les corps inertes; mais arrivons aux phénomènes biologiques qui vont nous faire apparaître des faits, sinon de même nature, du moins de même ordre.
- Ces phénomènes obéissent, semble-t-il, à la loi que voici :
- Toute perturbation brusque, dans les conditions habituelles du fonctionnement, est immédiatement suivie d'une réaction qui tend ci s'opposer à cette perturbation.
- Je vais donner plusieurs preuves de ces réactions que j’appellerai paradoxales. Voyons d’abord celles que l’on peut observer dans la température du coi*ps humain. Si l’on prend la température centrale d’un sujet qu’on va immerger dans un bain dont la température est inférieure à celle du corps, on constate qu’un peu après l’immersion cette température centrale, au lieu de s’abaisser, s’élève au contraire (Sigalas).
- Ainsi le dérangement brusque qu’on a imposé à l’organisme a provoqué une réaction qu’on est bien en droit d’appeler paradoxale, puisque la température du corps auquel de la chaleur allait être soustraite commence par augmenter !
- Il est facile de comprendre, par ce premier exemple, combien ce phénomène biologique diffère des phénomènes physiques proprement dits. La réaction paradoxale que
- Fig. 2. — Un fil fin tendu entre deux bornes B et B' s'incurve quand le courant passe.
- Gros fit
- Fil fin - avant te passage du courante
- n>e ^ quand le courant p3'
- je viens de décrire ne s’observe jamais dans un corps inerte : un tel corps plongé dans de l’eau d’une température inférieure à la sienne subira tout de suite un abaissement de température jusqu’à ce que l’équilibre thermique soit établi. Il n’y a donc ici aucune réaction. Celle que nous avons constatée sur l’organisme est due au système nerveux qui a sous sa dépendance la régulation thermique chez l’homme et les grands animaux et qui constitue la « thermogénèse animale ».
- Je profiterai de la remarque que suggère le phénomène biologique auquel est due la réaction paradoxale, que je viens de signaler, pour montrer que la physique pure diffère de la physique biologique, et aussi pour dire combien l’enseignement des sciences médicales a été heureusement transformé par l’initiative de mon vénéré maître, le professeur d’Arsonval. C’est à lui, en effet, qu’on doit l’introduction dans les Facultés de Médecine de l’enseignement de la physique biologique.
- Mais revenons aux réactions paradoxales en biologie. Nous allons examiner le phénomène inverse du précédent. Tout le monde sait que dans les rayons solaires il y a, en plus des rayons lumineux proprement dits, d’autres rayons, les uns calorifiques, les autres photo-chimiques. Eh bien ! si l’on vient à exposer au soleil toute la surface du corps d’un sujet dont on aura pris soigneusement la température centrale, on constatera, peu de temps après le commencement de l’action des rayons solaires, que le thermomètre, au lieu de monter, commence au contraire, malgré réchauffement du corps insolé, par descendre. Un moment après, la température centrale s’élève pour atteindre un équilibi'e constant.
- Voilà donc encore un bel exemple de réaction paradoxale : le dérangement provoqué dans l’équilibre physiologique du sujet irradié par les radiations calorifiques solaires a déterminé une réaction de sens inverse tendant à s’opposer à l’échauffement provenant de ces radiations.
- Maintenant nous allons examiner un autre cas de réaction paradoxale, se rapportant aux phénomènes qui président aux combustions interstitielles des tissus. Je rappelle en deux mots que l’oxygène nécessaire à ces combustions est apporté dans la profondeur de nos tissus par l’intermédiaire de l’hémoglobine : c’est au niveau de la surface pulmonaire que cette hémoglobine se charge d’oxygène après s’être débarrassée du gaz carbonique résultant et résidu de ces combustions.
- Voyons ce qui se passe, lorsqu’un sujet est soumis à l’action d’un courant de diathermie : deux électrodes en étain sont appliquées sur la peau en avant et en arrière du corps, et un courant de 2000 à 3000 milliampères va traverser l’organisme. Or, si l’on dose la quantité d’oxygène absorbé par ce sujet avant l’application du courant, on constate après un temps déterminé, 30 minutes, par exemple, que la quantité d’oxygène absorbé a diminué : de 2 litres, 950 cm3, elle est passée à 2 litres, 40 cm3 (Récheu).
- Mais — et c’est là le point qui nous intéresse — avant de diminuer, cette quantité d’oxygène a commencé par augmenter quelques minutes après la fermeture du courant. C’est là encore une réaction paradoxale.
- Circuit
- inducteur
- Circuit G, induit /
- Fig. 1.— Le circuit fermé C étant approché du courant C, il y apparaît un courant en sens inverse. Les deux 'courants, inducteur et induit, se repoussent.
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- L’explication de la diminution constatée dans la quantité d’oxygène absorbé pendant qu’agissent les courants de haute fréquence, se trouve dans la remarque suivante : l’oxygène employé pour assurer les combustions interstitielles des tissus est, comme on sait, une des causes de la thermogénèse animale. Or le passage du courant de diathermie détermine dans les tissus un dégagement de chaleur important; c’est une sorte de chaleur d’appoint que reçoivent ces tissus. Pour lutter contre l’hyperthermie qui en résulterait, la quantité d’oxygène absorbé diminue et modère, pour ainsi dire automatiquement, la production de chaleur, provenant des combustions interstitielles. Cet oxygène absorbé joue donc ici un peu le rôle d’un thermostat physiologique pour l’organisme qu’on soumet à un courant de diathermie.
- Mais au début cet organisme, dont le fonctionnement normal a été dérangé, réagit paradoxalement en augmentant ses combustions, c’est-à-dire en absorbant une quantité d’oxygène plus grande !
- En ce qui concerne l’acide carbonique exhalé, il doit y avoir conséquemment une réaction de même ordre : et en effet, si l’on dose le gaz carbonique provenant des combustions interstitielles, on constate les mêmes variations que pour l’oxygène absorbé; 'après que le
- courant de diathermie a passé pendant 30 minutes, le gaz carbonique exhalé qui était de 2 litres 020 cm3 avant, n’est plus que de 1 litre 960 cm3 après (Réchou).
- Mais là encore — comme il était facile de le prévoir — au début du passage du courant, la quantité de gaz carbonique exhalé commence par augmenter, tout comme l’avait fait l’oxygène absorbé.
- Les quelques exemples que je viens de rapporter suffisent pour faire comprendre et pour confirmer la loi que j’ai énoncée plus haut.
- Pour me résumer, je dirai que l’organisme réagit en exploitant l’énergie — calorifique, mécanique, électrique — quand elle lui est communiquée brusquement, d’abord par une phase d’hyperactivité fonctionnelle, puis, la cause continuant à agir, en réduisant de lui-même, automatiquement, sa dépense d’énergie proportionnellement à celle qui lui est fournie artificiellement. Dr H. Bordieh.
- Fig. 3. •—- Briquet à air. Un morceau d’amadou A fixé sous le piston P s’en flamme quand on comprime brusquement l'air.
- LES NOUVELLES APPLICATIONS DU QUARTZ
- PIÉZOÉLECTRIQUE
- LA PIÉZO-ÉLECTRICITE
- Coulomb, en 1780, découvrit que certaines substances soumises à une pression sur une face acquièrent une charge électrique sur la surface opposée. Becquerel, en 1833, étudia le phénomène d’une façon plus complète. A la fin du xixe siècle, on reconnut que les phénomènes de pyroélectricité, c’est-à-dire d’électrisation de certains cristaux sous l’influence de la chaleur sont, en réalité, reliés à des élongations ou à des contractions de ces cristaux.
- En 1881, les frères Curie après avoir étudié la relation existant entre la piézo-électricité et la pyroélectricité publièrent les résultats de leurs études sur le quartz et d’autres substances cristallines; ils formulèrent la loi fondamentale de la proportionnalité entre la pression exercée sur le cristal et le potentiel engendré. Ils déterminèrent la constante piézo-électrique d’un grand nombre de cristaux.
- En concordance avec la loi de la conservation de l’énergie, ces savants purent vérifier, quelques années plus tard, la réversibilité de ces phénomènes, prévue théoriquement par Lippmann. Ils montrèrent qu’en appliquant un potentiel électrique sur un cristal, on détermine une déformation de ce cristal, contraction ou dilatation suivant le sens de la tension électrique appliquée.
- Fig. 1. — Caractéristiques d'une lampe électromètre.
- (Courbes du courant plaque en fonction du voltage de grille pour différents potentiels de plaque).
- Tension de chauffage : 3 à 3,5 volts. — Courant de chauffage : 0,080 amp. environ. — Tensions normales d’emploi : grille accélératrice : 4 à 10 v.; grille de contrôle : 4 v. ; plaque : 6 à 20 v.; courant plaque : 40 à 300 microamp; coefficient d'amplification : 1 à 2,5; pente : 12,5 à30 microamp.; résistance interne: 30à 40000 mégohms.
- VG accélè
- rat ri ce -6V
- Voltage gril/e
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- Fig. 2. — Ensemble d'un appareil à quartz piézo-électrique pour la mesure des variations rapides de forces (accélérographe C..G.G. Beaudoin).
- c’est-à-dire aux efforts appliqués.
- Ces propriétés fondamentales des cristaux piézoélectriques ont déjà reçu un certain nombre d’applications entrées dans le domaine industriel. Rappelons tout d’abord la production et la détection des ultra-sons, employés pour les sondages en mer et pour la recherche des obstacles sous-marins, notamment en temps de guerre pour le repérage des navires sous-marins. Les ultra-sons s’obtiennent en faisant vibrer électriquement une mosaïque de cristaux de quartz emprisonnés entre des lames d’acier.
- On a également en ces dernières années expérimenté des haut-parleurs, pick-up et microphones à cristaux piézo-électriques, réalisés notamment au moyen de cristaux de sels de Seignette.
- Ils fonctionnent suivant le même principe que les appareils à ultra-sons : transformation d’oscillations électriques en vibrations mécaniques du cristal ou inversement.
- Rappelons encore que les cristaux de quai’tz permettent d’établir des dispositifs régulateurs de fréquence très précieux dans la construction des postes émetteurs de T.S.F., et plus spécialement des postes sur ondes courtes, dont la longueur d’onde doit être parfaitement constante.
- En dehors de ces applications très récentes, les cristaux piézo-électriques étaient déjà employés depuis longtemps en physique pour des mesures électriques délicates. Ils viennent depuis peu de recevoir de nouvelles applications d’un caractère très différent; nous nous proposons de les exposer ici avec quelques détails.
- L’EMPLOI DES PROPRIÉTÉS PIÉZO-ÉLECTRIQUES DU QUARTZ POUR L’ÉTUDE DES FORCES RAPIDEMENT VARIABLES
- Lorsque les cristaux piézoélectriques sont soumis à des forces orientées d’une manière particulière par rapport aux axes de cris-
- tallisation, il apparaît instantanément sur certaines faces des charges électriques proportionnelles aux déformations subies par le cristal,
- En mesurant
- ces charges, on peut connaître les forces initiales à l’aide d’un étalonnage préalable. On a ainsi un moyen précieux pour mesurer des forces faibles et très rapidement variables, difficiles ou impossibles à déceler par les méthodes ordinaires.
- Pour obtenir un résultat précis, il est indispensable de mesurer avec exactitude les charges produites, cette opération offre quelques difficultés. On a d’abord employé des électromètres, mais ces appareils ont une période propre assez longue, de sorte qu’on ne pouvait étudier que des phénomènes relativement lents. Lorsqu’on veut étudier des phénomènes variant rapidement, il est indispensable d’employer des oscillographes,appareils ayant une période propre très courte, mais exigeant la mise en jeu d’une énergie relativement grande. Il devenait donc nécessaire d’intercaler entre le quartz piézo-électrique et l’oscillographe un dispositif amplificateur.
- Les lampes à vide deT.S.F., si employées à l’habitude, ne pouvaient être adoptées dans ce but, car elles présentent pour les modèles courants une résistance grille-filament de l’ordre du mégohm, tout à fait insuffisante pour conserver les charges apparues sur le quartz. On a donc cherché à utiliser les lampes bigrilles qui, dans certains montages, peuvent présenter des résistances grille-filament de l’ordre de 1012 ohms. La régularité de fonctionnement de ces lampes n’était cependant pas très satisfaisante, et c’est surtout l’apparition des lampes spéciales dites électromètres, à grande résistance de grille, qui a permis d’employer commodément le quartz pour l’étude des phénomènes ultra-rapides.
- LES LAMPES ÉLECTROMÈTRES ET LES DISFOSlTirS ENFICHÉS FCUR L’ÉTUDE DES PHÉNOMÈNES RAPIDES
- Les lampes électromètres sont établies pour amplifier des courants inférieurs à 10-<J ampères et elles peuvent agir sur des courants extrêmement faibles de l’ordre de 10~18 ampères. Il en existe différents modèles dont les caractéristiques varient suivant les constructeurs. En général, la grille est reliée à une borne fixe à l’extrémité d’une corne de verre à grande résistance électrique. Deux anneaux de garde, l’un extérieur, l’autre intérieur, sont
- Fig. 4. — Application du piézographe sur une artère.
- Artère
- 'ig.3. — Coupe schématique du iêzographe Gomez-Langevin.
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- connectés à une broche du culot, et peuvent être reliés à l’extrémité négative du fdament ou portés au potentiel négatif nécessaire.
- Les principaux avantages de cette lampe consistent, ainsi que nous l’avons dit, dans une résistance élevée du circuit grille-filament de l’ordre de 1016 ohms, au lieu de 108 ou 109 dans les lampes normales. D’autre part, l’alimentation de grille et de plaque s'effectue à l’aide de tensions très basses.
- On voit par exemple, sur la figure 1, les caractéristiques d’une lampe de ce genre du type Mazda.
- Un dispositif d’étude complet établi à l’aide d’une lampe de ce type comprend d’abord un système détecteur. Ce dernier comporte un cristal de quartz taillé convenablement par rapport aux axes cristallographiques, et dont les dimensions sont déterminées par les forces à étudier. Un dispositif mécanique très soigné est nécessaire pour répartir uniformément la pression, car la moindre irrégularité provoque des efforts anormaux qui peuvent briser le quartz.
- Un condensateur, dont une armature est à la masse et l’autre soigneusement isolée et reliée d’une part au quartz et d’autre part à la grille de la lampe électromètre, constitue le deuxième élément. De cette manière, en agissant sur la valeur du condensateur, on peut régler la sensibilité dans de très grandes limites.
- L’ensemble constitué par le quartz, le condensateur et la lampe électromètre forment en quelque sorte la partie électrostatique de l’appareil, où toute fuite électrique doit être soigneusement évitée. Les différentes parties du système sont donc assemblées le plus près possible les unes des autres et dans une enceinte soigneusement desséchée (fig. 3).
- Le courant plaque de la lampe électromètre est amplifié dans un amplificateur à lampes à vide, d’un montage un peu particulier, dit à courant continu, l’alimentation étant effectuée soit à l’aide du courant du secteur, soit par fil et accumulateurs.
- L’oscillographe actionné par l’amplificateur, enfin, est généralement du modèle de Dubois dont l’inscription peut être soit optique, soit graphique. Dans le modèle à miroir, l’appareil permet de suivre des phénomènes dont la durée peut atteindre un millième de seconde. L’oscillographe est disposé alors dans un enregistreur, dont la vitesse de déroulement est déterminée d’après la période des mouvements étudiés.
- Ce genre d’appareil donne la possibilité d’étudier des forces sur une échelle très étendue, depuis le centigramme jusqu’à plusieurs dizaines de tonnes, sans que le point d’application de la force se déplace d’une quantité appréciable, et quelle que soit la brièveté de son apparition.
- L’ÉTUDE DE LA PRESSION SANGUINE PAR LE PIÉZOGRAPHE GOMEZ-LANGEVIN
- Différentes méthodes ont été présentées pour permettre l’étude et l’enregistrement des variations de la pression du sang dans l’appareil circulatoire, et notamment dans les artères. Cette étude, présentant un si grand intérêt au point de vue médical, suscite de grandes difficultés par suite de la rapidité de certains accidents de pression,
- Fig. 5. — Le piézographe Gomez-Langevin monté. A. piézographe; B. amplificateur.
- et, d’autre part, de la fragilité physiologique des arlères, dans lesquelles on ne peut introduire de corps étrangers.
- Pour obtenir des résultats sûrs, il faut pouvoir suivre fidèlement les variations de pression les plus rapides, c’est-à-dire avoir un appareil recevant directement l’action du sang, sans interposition d’un fluide intermédiaire susceptible de déformer notablement la courbe d’enregistrement, surtout si ce fluide circule dans des canalisations longues et de petit diamètre.
- Un bon système doit permettre d’effectuer les mesures à travers la peau et la paroi artérielle. Le dispositif sensible ne doit donc pas avoir de déplacements appréciables pour que la surface intéressée et les forces élastiques des tissus restent absolument constantes.
- Il faut enfin que les organes de l’appareil offrent le
- Fig. G. •— Enregistrements obtenus avec le piézographe Gomez-Langevin.
- A) Pouls huméral normal. — B) Pouls radial pathologique.
- C) Choc de la pointe du cœur.
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- Fig. 7. — Ensemble d'un uccélérographe Gomez-Langeuin.
- A. sismographe. —B. accélérographe. — C. amplificateur. — 1). alimentation.
- E. enregistreur.
- minimum d’inertie mécanique ou électrique. Le quartz piézoélectrique* a permis de résoudre le problème.
- Un patin monté directement en bout d’une lame de quartz est appuyé sur l’artère, et il se trouve soumis à chaque instant à des forces proportionnelles à la pression artérielle. Il apparaît comme d’habitude, sur les faces du
- quartz auxquelles cet effet est directement transmis, des graphe à quartz piézoélectrique charges proportionnelles aux Beaudoin. pressions.
- Le patin étant amené au-dessus du vaisseau, il suffit de l’appliquer légèrement pour obtenir une transmission convenable, à condition que les vibrations latérales du patin soient inférieures au diamètre du vaisseau. Les tissus interposés entre ce dernier et le patin n’introduisent aucune déformation visible, étant donné la faiblesse du déplacement nécessaire pour réaliser la transmission. On ne modifie que de façon négligeable le régime d’écoulement du sang et ainsi on ne change pas le régime de pression variable que l’on veut étudier (fîg. 4). Pour éviter les réactions élastiques des tissus en-
- vironnants, on emploie un anneau de garde de grande surface, solidaire de la masse le l’appareil, et complètement indépendant du patin de mesure. Le quartz reçoit ainsi intégralement les variations de pression.
- Les charges produites sont collectées par deux armatures métalliques collées au quartz, l’une des armatures étant à la masse et l’autre reliée à la grille de la lampe électromètre, suivant le principe indiqué plus haut. Un condensateur variable branché en parallèle sur le quartz permet de régler la sensibilité de l’appareil.
- Les variations du courant de plaque de la lampe électromètre sont transmises à un amplificateur à deux lampes pour courant continu commandant un oscillographe modèle Dubois, dont la fréquence supérieure à 1000 par seconde et l’amortissement soigné permettent de suivre toutes les sinuosités de la courbe.
- Le quartz, le condensateur variable et la lampe électromètre sont réunis dans un seul appareil constituant le piézographe proprement dit, monté sur un support orientable qui permet son application facile sur toutes les par-lies du corps. Un câble protégé réunit cet ensemble à l’amplificateur qui se présente sous la forme d’un coffret muni d’un seul bouton de réglage (lîg. 5).
- Enfin, l’oscillographe est disposé dans un enregistreur photographique dans lequel un compte-temps règle le papier sensible sur toute la hauteur, de 5e en 5e de seconde. La vitesse de déroulement est, d’ailleurs, réglable facilement grâce au moteur à vitesse variable.
- On peut ainsi obtenir des tracés donnant les variations en valeur exacte de la pression. Il y a seulement nécessité de déterminer le coefficient de proportionnalité entre les déviations et la variation de pression correspondante, mais ce coefficient peut être mesuré une fois pour toutes, à condition qu’aucune des constantes de l’appareil ne varie, au moyen d’un dispositif permettant de fournir des pressions statiques connues.
- On peut ainsi obtenir la mesure et l’inscription de la pression artérielle dans les points les plus divers du réseau circulatoire, artère radiale, fémorale, carotide, etc... Grâce à la sensibilité réglable à volonté, on peut également utiliser le système pour réaliser des tracés des variations de pression beaucoup plus faibles de la pression veineuse, de la pression oculaire, du pouls digital, du pouls hépatique, ou même enregistrer fidèlement la courbe du choc du cœur (fîg. 6).
- Le dispositif permet également l’étude fidèle d'un grand nombre de phénomènes pathologiques très faibles et très rapides, tels que tremblements musculaires, secousses nerveuses, puisqu’il constitue un dynamomètre sensible au centigramme et fidèle pour tous les phénomènes dont la durée est comprise entre plusieurs secondes, et l/500e de seconde environ.
- l'grs l’amplificateur
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- Fig. 9. — Enregistrement obtenu avec un vibrographe C. G. C. Vibrations d’une aile d’avion, sur un appareil dont le moteur tourne à 800 tours-minute. (L’écartement de deux verticales représente 1/5 sec.).
- Fig. 10. —• Enregistrement obtenu avec un vibrographe C. G. C. Vibrations d’un bâti de moteur électrique (1 mm de hauteur représente 1 unité C. G S. d’accélération. Les traits verticaux sont espacés de longueurs représentant 1/5 de seconde).
- QUELQUES AUTRES APPLICATIONS DE L’APPAREIL ENREGISTREUR A QUARTZ
- Sur un principe analogue, on peut établir •des appareils destinés à étudier les pressions, les accélérations et les vibrations dans un grand nombre de phénomènes mécaniques.
- Lorsqu’une masse d’inertie assez considérable est liée à un dispositif solidaire d’un organe en mouvement, les accélérations de ce mouvement font apparaître des forces de pression proportionnelles à la masse et à l’accélération. Si l’organe de liaison est un quartz piézoélectrique, il peut résulter de ce phénomène l’apparition de charges proportionnelles à l’accélération.
- Ces charges électriques sont ensuite amplifiées et enregistrées suivant la méthode indiquée plus haut, et on peut étalonner l’appareil, par exemple à l’aide d’un mouvement pendulaire, dont on connaît la période et l’amplitude. Dans une réalisation pratique, la masse inerte est constituée par un cylindre maintenu co-axial par une enveloppe tubulaire à deux diaphragmes minces. Elle pourrait ainsi se déplacer suivant l’axe de l’ensemble si elle n’était rendue solidaire de l’enveloppe par des quartz sur lesquels elle est appliquée à l’aide d’un ressort très fort. On obtient ainsi un effet sélectif, et on n’enregistre que les accélérations dirigées suivant l’axe du cylindre (fig. 8).
- Dans ces conditions, l’ensemble de la masse inerte et du quartz constitue un système pouvant osciller par suite de l’élasticité du quartz. La masse étant importante, ces oscillations propres ont une fréquence peu élevée de l’ordre de 1500 par seconde qui pourraient gêner l’enregistrement des phénomènes de fréquence voisine. Pour amortir ces vibrations propres d’amplitude très réduite de l’ordre du l/1000e de mm, on interpose une pellicule d’huile très mince de l’ordre de quelques centièmes de millimètre entre la masse inerte et son enveloppe, et, dans ces conditions, on obtient une courbe correcte des accélérations, quelle que soit leur fréquence.
- Comme précédemment, l’ensemble constitué par le quartz et la lampe électromètre est réuni à l’amplificateur par un câble d’une longueur quelconque.
- Un premier appareil sensible comporte une masse inerte d’un poids de 4 kg environ et permet d’obtenir une déviation d’environ 1 mm par unité CGS d’accélération (fig. 7). Un modèle réduit comportant une masse inerte d’un poids de 1 kg environ a une sensibilité environ 4 fois plus faible que celle du modèle précédent.
- Le premier appareil peut être utilisé, par exemple, pour la prospection minière par la méthode sismique, l’étude des vibrations des digues, l’étude des vibrations des ponts, du béton armé, etc... Le deuxième, plus réduit, est plus spécialement adapté à l’étude des vibrations mécaniques. On l’a déjà utilisé pour étudier les vibrations des machines électriques, des automobiles, des avions, etc... (fig. 9 et 10).
- Notons enfin qu’à l’aide d’appareils établis toujours sur le même principe, on peut enregistrer la pression dans
- les cylindres de moteurs à explosion (fig. 11) tournant à grande vitesse, de même qu’on peut enregistrer les coups de bélier dans les conduites d’eau.
- Ainsi l’emploi des appareils enregistreurs piézoélectriques nous offre, dès à présent, des moyens précieux pour l’étude des phénomènes physiques èt physiologiques les plus variés et le nombre de ces applications s’étendra encore sans doute prochainement.
- P. IlÉMARDINQUER.
- Fig. 11. — Courbes des pressions à l’intérieur d'un cylindre de moteur, développées en fonction du temps et enregistrées avec un appareil à quartz.
- 2500 t/m
- Pression dans un cylindre de moteur
- mmmm
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- LES DRAGÉES DE VERDUN
- Les bonbons connus sous le nom de dragées étaient une friandise fort recherchée de nos pères. Dès le xvie siècle, il s’en faisait une grande consommation, surtout de celles de Verdun qu’il était d’usage de mettre dans des vases d’or ou d’argent appelés drageoirs. Dans leurs visites, les gens de qualité s’offraient des dragées dans de petits drageoirs de poche.
- Le drageoir du duc de Guise est resté célèbre et Richelieu ne dédaignait pas les dragées. Au passage des rois et des reines dans la cité lorraine, on leur offrait une certaine quantité de dragées.
- La vente des sucreries chez l’apothicaire était réglementée, elle n’était permise, par exemple, qu’aux malades. Or les jeunes mères étaient comptées au nombre des malades ayant droit aux sucreries et elles ne s’en privaient pas, si bien que le drageoir était toujours garni et elles offraient des dragées aux commères qui venaient leur rendre visite.
- L’usage d’offrir des dragées, si goûtées dans les visites aux jeunes mères, donna l’idée de distribuer, pour le baptême, des boîtes garnies à tous les parents et amis, quand la liberté de la vente fut établie.
- On fabriquait les dragées à la main jusqu’en 1842, époque à laquelle un confiseur de la ville, M. Lizer Mayeur, employa un manège à cheval pour faire mouvoir ses bassines. Quelques années plus tard, M. Baudot-Mabille remplaça le cheval par la vapeur et créa la fabrication actuelle telle que nous l’exposons ci-dessous.
- INTÉRIEURS
- La véritable dragée de Verdun est la dragée à intérieur amande. Ces amandes proviennent, soit de Provence (allongées et peu rondes), soit d’Avola en Sicile (longues
- et plates), soit d’Alicante en Espagne (courtes et plates).
- Les amandes reçues, dépouillées de leurs coques, en balles ou caisses de 100 kg chacune, sont déjà calibrées par le producteur, mais elles subissent, à leur arrivée, un triage soigné destiné à éliminer les cassées et à obtenir une régularité de taille la plus parfaite possible. Un étuvage de plusieurs jours élimine ensuite l’humidité et les rend aptes à l’enrobage. Certaines sortes sont ébouillantées et passent entre deux cylindres de caoutchouc-tournant à des vitesses différentes, qui les dépouillent de leur peau. Ces amandes « émondées » servent à la fabrication des dragées de toute première qualité.
- Si la préparation des amandes est relativement simple, il n’en est pas de même des intérieurs divers, chocolat, sucre fondant, liqueur, nougat, etc., qui constituent une partie importante et délicate de la fabrication.
- Un atelier appelé « laboratoire » y est affecté. Dans des coffrets plats, remplis d’amidon en poudre impalpable, sont imprimées, au moyen de baguettes portant des moules en relief, des formes en creux (carrées, rectangulaires, formes amandes, etc.) ; des poêlons dont les becs ont le même écartement que les moules sont remplis de la composition à couler (sucre fondant, chocolat, sirop, auxquels on a incorporé la liqueur).
- Au moyen de ces poêlons, les moules creusés dans l’amidon sont garnis, puis, après passage à l’étuve, les coffrets sont vidés dans la machine à dépoussiérer qui rend les « intérieurs » complètement époussetés et prêts à être passés aux bassines de fabrication.
- Les intérieurs liqueurs sont coulés de la même façon, mais le sirop est cuit, de telle sorte qu’au refroidissement le pourtour de la goutte versée dans le moule cristallise et que son intérieur reste liquide. On obtient donc une petite poche de sucre cristallisé remplie de liqueur qu’il ne reste plus qu’à passer aux bassines comme n’importe quelle amande, en prenant toutefois quelques précautions, car cette enveloppe est très fragile. Les intérieurs nougat se font au cylindre, de la même façon que les bonbons dits « anglais » : le sucre cuit, mélangé d’amandes broyées, est passé dans un laminoir composé de deux cylindres gravés en creux à la forme qu’on veut donner aux intérieurs.
- LA DRAGÉIFICATION
- La dragéification consiste à enrober un intérieur (amande, nougat, chocolat, liqueur, sucre fondant, sucre dur, etc.), d’une couche de sucre d’apparence extérieure lisse et d’épaisseur variable, selon la qualité que l’on désire obtenir. Une dragée peu chargée en sucre est supérieure à une dragée fortement chargée.
- Pour obtenir cette couche de sucre régulière, il convient de procéder, tout d’abord, à l’opération appelée gommage. Les intérieurs sont placés dans une sorte de grand panier à salade tournant sur un axe incliné. On verse dessus
- Fig. 1. — La préparation des amandes. (Pli. Baudot, Léger et Cle).
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- Fig. 2. — Les turbines. (Ph. Baudot, Léger et Cle).
- un sirop de sucre amalgamé d’un peu de gélatine alimentaire qui, en séchant, constitue une mince pellicule isolante entre le noyau et l’enrobage; ceci pour permettre l’adhérence parfaite du sucre au noyau et éviter qu’à la longue l’huile de l’amande ou l’humidité du noyau ne vienne à traverser l’enrobage et y faire des taches.
- Le gommage fait, les intérieurs passent dans des bassines plates. Celles-ci fixées, à l’extrémité d’un axe tournant inclinable à volonté, ont la forme d’une grande assiette aux bords fortement relevés, de 1 m 50 environ de diamètre. Ces bassines en cuivre comportent un double fond dans lequel la vapeur est admise par l’axe au moyen d’une pipe et d’un presse-étoupe; le chauffage se règle à volonté par un robinet.
- Sur les amandes et les autres « intérieurs » placés dans ces bassines, on verse un sirop de sucre qui, la bassine tournant, et les amandes retombant sans cesse les unes sur les autres, les couvre toutes d’une fine pellicule régulière.
- Celle - ci, l’air extérieur et le chauffage aidant, sèche et forme une mince couche de sucre.
- U ne reste plus qu’à recommencer l’opération de dix en dix minutes environ, jusqu’à l’obtention de l’épaisseur de sucre voulue.
- Aux premières couches est mêlé le parfum (café en poudre ou en décoction, ou vanille broyée), afin que tout le sucre en soit bien imprégné.
- Ce grossissage dans les bassines plates, qui a l’inconvénient d’être plus long que lorsqu’il est pratiqué dans des bassines rondes, a l’avantage de rendre les dragées tendres, car le sucre sèche lentement à l’air et se trouve comme « soufflé », moins dense et plus friable.
- De là, les amandes déjà partiellement enrobées passent aux bassines rondes ou turbines, de forme sphérique, également fixées sur un axe incliné tournant et chauffées à la vapeur.
- Là, toujours par le même procédé, elles sont « remplies » au sirop de sucre raffiné qui fait disparaître les inégalités de' l’enrobage et le porte à une blancheur parfaite.
- Puis, au moyen de sirop coloré par des produits végétaux spéciaux, elles sont finies. Du parfum est encore incorporé à ces dernières couches de sucre, afin que le délicat arôme de la dragée se dégage dès l’ouverture de la boîte et le début de la dégustation.
- Les dragées terminées sont portées à l’atelier de vérification, où des équipes d’ouvrières les examinent et retirent celles qui sont fêlées ou épointées. Ces bonbons étant très fragiles, il arrive, suivant les qualités, que la proportion de difformes et d’épointées est assez élevée. Ces dragées sont vendues sous le nom de dragées « manquées et épointées ».
- Notons enfin que l’on fabrique également des dragées argentées. Ce sont de petites boules grossies dans les bassins comme les dragées ordinaires, en partant d’un
- grain de sucre comme noyau. Lorsqu’elles sont terminées, on les mouille et on les jette dans une cloche de verre animée d’un mouvement rotatif, avec des feuilles d’argent battu, excessivement fines. En tournant, chaque dragée s’empare d’une petite feuille d’argent qui vient adhérer complètement à sa surface. Au bout de quatre heures environ l’opération est terminée.
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- Ainsi qu’il ressort de nos explications, la fabrication des dragées est assez complexe, étant donné que l’usine dont nous parlons prépare 84 sortes différentes de dragées, chaque sorte se faisant en quatre et quelquefois cinq couleurs diverses.
- Or une bassinée ne se compose obligatoirement que d’une sorte, dans une seule couleur. Pour produire 1 kg de mélange, composé par exemple de cinq sortes de dragées, il faut sortir de la fabrication (chaque bassinée est d’environ 70 kg) : 5 sortes de 4 couleurs de 70 kg chacune, soit 1400 kg de dragées.
- Pour une fabrication de 1000 à 1200 kg par jour, il faut en magasin une réserve de 20 à 30 tonnes de matières premières diverses.
- Ajoutons que les fabricants de Verdun ont su moderniser leur fabrication sans porter atteinte à la qualité de leurs produits.
- Leur fabrication, bien plus lente que celle de leurs concurrents du dehors, donne à leurs dragées une tendreté et un parfum que n’ont pas les autres dragées fabriquées très rapidement.
- L’amateur tant soit peu averti distinguera facilement les dragées de Verdun des autres, surtout celles des qualités fines qui sont inimitables !
- L. Kuentz.
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- RITES PAÏENS DANS UNE EXPLOITATION
- MINIÈRE
- Bien que convertis au christianisme depuis la conquête espagnole, les Indiens de Bolivie continuent à observer d’étranges coutumes qu’il est intéressant d’étudier, car elles datent de nombreux siècles et sont de nature à nous éclairer sur la civilisation fort peu connue des Aymaras, race qui fut subjuguée par les Incas, et dont la langue est encore parlée dans toute l’étendue de la république, parmi les autochtones et les cholos (ou métis).
- Le récit, que nous empruntons au National Géographie Magazine, nous transporte au cœur de la chaîne la plus orientale des Andes, appelée Cordillera de Quimsa Cruz : elle est hérissée de pics dont l’altitude atteint ou dépasse 6000 m., Au creux d’une vallée, à près de 5000 m au-dessus du niveau de la mer, une compagnie anglaise exploite de riches gisements d’étain. Pongo, le camp où vivent ingénieurs et mineurs, est situé un peu plus bas, à 3700 m. C’est là qu’une usine concentre, à 60 pour 100 d’étain, le minerai que lui apporte un téléfé-rique long de plus de 8 km et qu’achèvera de traiter une usine de Liverpool. Les ouvriers empruntent les baquets du trolley aérien pour franchir cette distance, les câbles sont dans une position qui se rapproche de la verticale.
- L’auteur, Mme Alicia O’Reardon Overbeck, nous décrit plusieurs des fêtes chômées que célèbre la population, notamment les trois journées de carnaval. La compagnie s’y associe en distribuant aux mineurs de l’argent, des boissons... et de la dynamite ! Il n’est point de réjouissances populaires qui puissent se passer de pétards, en Amérique comme ailleurs, et le redoutable explosif en tient lieu à Pongo !
- Pour la circonstance, la compagnie autorise la vente de liqueurs fortes. Des boutiques se dressent dans la grande rue, qui n’est qu’un chemin muletier : les mercantis y débitent du pisco (tafia), de la chicha (bière de maïs fermentée) et autres breuvages nationaux. Ils vendent aussi de la viande de mouton, séchée au soleil, cuite avec des oignons et des piments rouges; des pâtés, des gâteaux; du chuno, mets tiré des petites pommes de terre indigènes, que l’on a laissées geler avant de les écraser.
- La fête commence le dimanche matin qui précède le mercredi des Cendres. Vêtus de leurs plus beaux habits, six mineurs, montés sur des ânes caparaçonnés de brillantes étoffes et de papiers de couleur, se rendent aux bureaux de la Compagnie pour offrir au directeur Yachura : c’est le nom antique du présent que l’on apportait jadis, une fois l’an, à l’on ne sait quelle divinité pour qu’elle couvrît de sa protection tous les guerriers de la tribu. Aujourd’hui, Yachura se compose de morceaux de minerai de haute teneur, que les ouvriers ont grapillés pendant les douze mois écoulés. Chacun, en déposant son sac d’étain presque pur, fait un discours approprié, et le directeur répond avec autant d’enthousiasme qu’il lui est possible — sans laisser soupçonner qu’il connaît la provenance du cadeau !
- Après la messe, les mineurs défilent par sections, chacune étant précédée par une bande qui tire de ses tambourins et de ses flûtes tout le bruit plus ou moins musical que leurs primitifs instruments peuvent émettre. Les pétarades de cartouches de dynamite ajoutent leur fracas aü vacarme. La
- figure cachée sous des masques grotesques, la tête ornée de bouquets de plumes, et vêtus de costumes qui s’inspirent manifestement de très anciennes traditions, les Indiens exécutent des danses auxquelles les femmes ne participent pas. L’auteur note que ces vêtements de gala sont souvent brodés de motifs évoquant quelque culte du dieu Soleil.
- A la fin de cette première journée, les ouvriers, leurs femmes et leurs enfants se x*endent en procession aux bureaux de la Compagnie, où chacun reçoit un présent : c’est un grand mouchoir de cotonnade où sont enveloppés des bonbons, un paquet de confetti, plusieurs rouleaux de serpentins et un flacon d’eau de la Floride ( Florida Waler), qui remplace notre eau de Cologne dans toute l’Amérique latine.
- La deuxième journée est marquée d’incidents divers. En bons chrétiens, les mineurs ont fait venir de la ville la plus proche un prêtre qui baptise tous les enfants venus au monde pendant l’année et marie tous les jeunes gens qui se sont fiancés durant le même temps. Mais, en bons païens (qu’ils sont aussi !) ils ne négligent pas d’honorer Pacha-Mama, la déesse Terre, et de lui offrir des sacrifices, afin qu’elle ne s’irrite pas de l’impudence humaine qui arrache de son sein le minerai d’étain.
- Les victimes sont fournies par la Compagnie : autant de taureaux noirs qu’il y a de mines, soit une demi-douzaine. Les animaux sont conduits solennellement devant chacune des galeries, où ils sont immolés d’un coup de marteau entre les yeux. Le cœur est aussitôt arraché et Ton asperge, du sang qui en découle, les roches entourant l’entrée du tunnel, ainsi que l’intérieur, sur une longueur d’une trentaine de pas. Puis la carcasse est dépouillée; et chacun emporte un morceau de viande.
- Si des accidents de mine se produisent pendant les mois suivants, c’est la preuve que Pacha-Mama n’a pas été satisfaite par l’offrande des taureaux; son courroux peut aussi se manifester par la basse teneur de la roche extraite. De toutes façons, il importe de la calmer, et une délégation d’ouvriers sollicite de la direction le don de lamas blancs qui sont à leur tour sacrifiés à l’exigeante déesse.
- Une autre coutume, répandue chez les Aymaras, nous est exposée par l’auteur. Mme Overbeck avait accepté d’être la marraine d’un nouveau-né. La mère, accompagnée d’amies et de servantes, lui posa gravement dans les bras un gros paquet de lingerie et de dentelles qu’elle trouva bien léger. Mais, soulevant un coin du voile, elle découvrit, non sans stupéfaction, qu’il recouvrait un pain, boulangé en forme de créature humaine ! Rien n’y manquait : les mains, fort bien modelées, étaient de pâte cuite; et des bonbons étaient incrustés dans le corps ! Comme l’événement se passa le jour de Todos los Santos (la Toussaint), il se peut que cette étrange coutume, observée par les autochtones de l’Ecuador, comme par ceux de la Bolivie, ait pour lointaine origine un rite que. les ancêtres des Aymaras observaient en l’honneur des défunts.
- Durant cette même journée de la Toussaint, les Aymaras célèbrent une fête à la mémoire des morts de Tannée, et ce sont leurs fils qui l’organisent au cimetière du village. Vêtus
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- de noir, ils président à la distribution de vivres, entassés sur des tréteaux : pommes de terre enfdées sur des cordes, petits fromages de chèvre, carrés de viande boucanée, noix de coca, tronçons de canne à sucre, petits pains dessinant divers animaux. Des jarres de chicha et autres boissons complètent l’étalage.
- Toute personne qui se présente reçoit une portion à son choix, et peut, en outre, vider une petite coupe d’argent, remplie de l’un de ces breuvages; mais elle est tenue, en échange, de se signer et de réciter une prière à haute voix.
- :.. .’ ---------— 223 =
- D’un ton monotone, les (ils et les petits-fils des défunts énumèrent sans arrêt les articles qu’ils tiennent à la disposition des amateurs; certains ne se privent pas de repasser plusieurs fois, non sans prendre la précaution de cacher sous leur poncho les rations déjà reçues.
- Puis les assistants dansent en rond autour des tombes, exécutant une sorte de farandole, d’un rythme grave et lent. Des Indiennes se mêlent aux hommes, aussi solennelles et silencieuses qu’eux. Et cela dure jusqu’à ce que la fatigue ou la nuit disperse les danseurs. V. Forbin.
- PROTECTION DES VOIES FERRÉES
- CONTRE LES CHUTES DE ROCHERS
- Que d’aspects intéressants offrent les chemins de fer en montagne, alors que la voie serpente entre de hauts contreforts boisés, côtoie route et torrent qu’elle franchit à chaque instant et se fraie, par des tunnels répétés, un passage sous les croupes rocheuses qui retombent jusque dans la rivière.
- Malheureusement, ce pittoresque ne va pas sans de nombreuses difficultés, et pour l’établissement, et pour le bon entretien de la voie, car, si toute ligne de chemin de fer, et dans toute sa longueur, demande une surveillance continuelle, cette surveillance doit être plus attentive, plus minutieuse encore, dans les parcours en montagne, en raison des incidents qui peuvent se produire à chaque instant.
- En voici un exemple :
- Une ligne importante du Réseau P.-L.-M., par Dijon et Bourg, met Turin à 15 ou 16 heures de Paris. Elle comporte un dernier tronçon qui, de Culoz, aboutit à Modane, où commence le tunnel auquel le mont Cenis tout proche a donné son nom et qui se termine en Italie, à Bardonnèche, après un parcours souterrain de 12 849 m. Sur ce tronçon, des éboulements se sont produits, à plusieurs reprises, entre les gares de Saint-Michel-de-Maurienne et de La Praz, dans cette vallée resserrée, dominée au nord par le massif de la Vanoise, où se frayent péniblement un passage, en même temps que cette ligne, la route de Turin par Lanslebourg et Susa, et l’impétueux torrent de l’Arc.
- Des vérifications sans cesse renouvelées et des opérations de purgement permettaient, fort heureusement, d’éviter tout accident et assuraient aux trains le libre parcours. Le 3 septembre 1922, cependant, au droit du km 225,190, un éboulement plus important se produisit, et la circulation dut être interrompue.
- Une paroi rocheuse, presque verticale, et, par suite, à peu près inaccessible, haute d’environ 75 m, s’élève en ce lieu, à 500 m environ à droite de la voie ferrée, et à 430 m au-dessus.
- Cette masse rocheuse est formée de grès schisteux que séparent des veines argileuses. Les érosions, les infiltrations, attaquent ces veines d’argile, et la masse se désagrège, se divise peu à peu en blocs que rien ne retient
- Ligne de Culo^ à Modane
- /enéej reç/ec/ J dj
- Jî Arrondissement .
- . Section c/e S-tiejo c/e-Ûht/n/emi
- tarfils en travers schématique/-au droit du Kilom .225, I90 .
- "i Vi/e c/'ensemê/e c/e/ venjan/ oj&fose . Usine de
- Z . PnoZ/Z c/e Z<3 moû/ayne aran/ /eu /raeae/jc e/e fir-o/ecéeon .
- <3 . Même pnoP/Zpue cz-c/essoj mau dprê/ neaZwZ/'o// c/e/ /rtfnoe/jc .
- Fig. 1. — Protection de la ligne Culoz-Modane centre les chutes de rochers.
- plus et qui finalement glissent et se détachent de la paroi vei’ticale.
- Lors de l’éboulement du 3 septembre, la plupart des blocs se trouvèrent arrêtés, au pied de la falaise, sur une pente boisée. Quelques-uns, cependant, suivant une sorte de couloir entre deux croupes, roulèrent jusque sur les voies.
- Les opérations de purgement effectuées jusque-là devenaient insuffisantes. Pour assurer la protection de la
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- voie, on décida la construction d’un bassin destiné à recevoir ces blocs. On détermina, pour cela, leurs points de chute, au pied de la falaise d’où ils se détachent, et, en arrière de ces points, et de façon à couvrir la voie, on éleva un mur d’enceinte, extrêmement robuste, qui constitua avec le pied de la falaise ce bassin de réception.
- Afin d’empêcher les rebondissements qui auraient peut-être pu se produire encore, et pour éviter la dégradation de la face du mur tournée vers la paroi rocheuse, cette face fut protégée par un matelas de broussailles. De plus, un aqueduc voûté fut ménagé dans le mur, à sa base, afin de permettre aux eaux de s’écouler, comme autrefois, dans les creux du vallonnement ou thalweg.
- Tous les ans, il est procédé à quelques travaux d’entretien : nettoyage de l’aqueduc, qui doit assurer en tout temps l’évacuation des eaux; enlèvement des blocs tombés dans le bassin, afin de lui conserver une capacité suffisante pour recevoir ceux qui pourraient se détacher encore, et remise en état du matelas de branchages amortisseurs.
- La protection de la voie est ainsi assurée de façon si satisfaisante qu’aucun bloc de rocher ne vint y rouler depuis l’établissement de ce mur.
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- Fig. 2. — Bassin de réception des blocs au droit du km 225,190. Élévation du mur-barrage avec la paroi rocheuse d’où partent les blocs-
- Fig. 3. — Bassin de réception des blocs au droit du km 222,700 St-Michel. Vue arrière du mur-barrage montrant le matelas de broussailles.
- Aussi fut-il décidé de procéder à un travail semblable, non loin de là, au 1cm 222,700. A cet endroit, une autre paroi verticale rocheuse s’élève à 500 m au-dessus de la voie, du côté droit, et à 600 m environ de cette voie, et, le 14 mai 1927, des blocs de rocher, d’un volume total supérieur à 2000 m3, s’étaient détachés de cette paroi.
- Fort heureusement, l’un de ces blocs, mesurant environ 250 m3, s’arrêta au creux du couloir central, presque à son sommet, et, formant barrage, endigua la chute de la plupart des blocs moins importants. Cependant, cette situation restait précaire, et ce bloc, un jour, pouvait continuer sa descente vers la voie.
- On décida donc de le consolider à l’aide d’un contrefort en maçonnerie sous lequel fut élevé un mur-barrage formant bassm-destiné à le recevoir, avec tous les tddes qu’il retient, s’il venait à se détacher, et de construire, en amont de ce bloc et de la masse d’éboulis qu’il arrête, un bassin de réception établi sur le même principe que celui du km 225,190 et susceptible de recueillir les roches qui, se détachant encore de la paroi verticale, pourraient ébranler l’amas de débris retenus par le gros bloc, ou en augmenter le volume.
- Depuis ces travaux, et sous aucun de ces deux bassins de réception, nul éboulement nouveau n’est venu obstruer la voie; les trains ont pu circuler régulièrement et sans encombre ; cela montre bien la pleine efficacité de ce mode de protection.
- G. L.
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- HEIZ..I.,, RÉCRÉATIONS MATHÉMATIQUES = 225
- SOLUTION DES PROBLÈMES PROPOSÉS DANS “LA NATURE”
- DU 15 DÉCEMBRE 1934 (No 2943)
- Rappelons les données du problème :
- Problème A. — Deux échelles sont placées de la façon
- indiquée entre deux murs ; le point de croisement est à 3 m de la terre; les échelles sont longues de 5 et 4 m respectivement. Quelle est la distance entre les deux, murs?
- Problème B. — Remplacer les lettres et les croix par des chilïres, afin que l’addition suivante soit possible :
- a b c d e + e d c b a
- = 8 X 6 X X
- Sachant qu’on a : a +- b b +> c c^> d d +> e et que
- a2 + d2 = Ir + c"' + e2 Problème C. — Cinq rentiers : MM. Dupont, Toutain, Broute, Jacob et Chapelle habitent; 5 maisons numérotées 1 à 5.
- lis ont comme fournisseurs 5 commerçants dont les noms sont également : Dupont, Toutain, Broute, Jacob et Chapelle et qui sont, fruitier, laitier, charbonnier, épicier et boucher.
- Sur les rentiers et leurs familles on sait que :
- 1° Mme Toutain et Mme Chapelle sont sœurs.
- 2° M. Dupont habite à 2 maisons de l’homonyme du laitier.
- 3° M. Broute a un beau-frère qui habite au n° 5.
- 4° M.: Toutain se rend parfois chez l’homonyme de 1 ’épiciej*.
- 5° M. Toutain habite à 2 maisons de M. Chapelle.
- 6° L’homonyme du charbonnier n’a pas de parents (les autres en ont).
- 7° M. Broute et l’homonyme du boucher sont voisins.
- $4 L’homonyme de l’épicier habite au n° 3.
- 9° L’homonyme du charbonnier et l’homonyme de l’épicier sont voisins.
- 10° La somme des numéros des maisons de MM. Dupont et Toutain égale 5.
- D’après cela, trouver les noms du fruitier, celui de l’épicier, celui du charbonnier, celui du laitier, et celui du boucher.
- Problème D. — La 11° puissance d’un nombre a 22 chiffres, la 12e puissance de ce même nombre en a 23. Trouver ce nombre.
- Solutions.
- Problème A. — Le problème dans les conditions de l’énoncé ne comporte aucune solution; en effet 2 échelles de 5 m ne peuvent se couper qu’en leur milieu, c’est-à-dire à une distance du sol inférieure à 2 m 50; l’échelle de 4 m ne pouvant couper l’échelle de 5 m qu’en un point encore moins élevé, les 2 échelles de 5 et 4 m ne pourront jamais se couper en un point éloigné en verticale du sol de 3 m.
- Problème B. 7 5 3 2 1
- + 1 2 3 5 7
- = 8 7 6 7 8
- L’examen des 2 chiffres 8 et 6, ainsi que la condition «+> à+>c+> d~^>e, nous montre tout de suite qu’il s’agit d’une addition sans retenues, nous aurons donc c — 3; il s’en-
- suit nécessairement d = 2 et e — 1, ce qui implique a = 7.
- La condition a2 + d2 — à2 + c5 + e2 donne b2 = 49 + 4 — 27 — 1 = 25 d’où b == 5.
- Problème C. -— le fruitier . s'appelle Jacob
- l’épicier » Chapelle
- le charbonnier » Dupont
- le laitier » Broute
- Le boucher » Toutain
- En effet, si nous situons les 5 maisons, numérotées 1 à 5 :
- 1 Toutain homonyme du boucher
- 2 Broute » du laitier
- 3 Chapelle » de l’épicier
- 4 Dupont » du charbonnier
- 5 Jacob « du fruitier
- nous remarquons que si (4°) M. Toutain se rend parfois chez l’homonyme de l’épicier, il se rend probablement chez son beau-frère (1°) qui habite au n° 3 (8°) et qui s’appelle Chapelle.
- La somme des numéros des maisons de M. Toutain et Dupont égale 5, ce sont donc les numéros 1 et 4, puisque 3 est déjà pris. Mais comme M. Toutain habite à deux maisons de M. Chapelle (5°), il habite nécessairement au n° 1 et M. Dupont au n° 4.
- M. Broute ayant un beau-frère habitant au n° 5, il ne lui l'este que le n° 2, et le n° 5 échoit au restant, M. Jacob.
- A 2 maisons de M. Dupont, donc au n° 2, nous trouvons l’homonyme du laitier (2°), à côté au n° 1 (7°), l’homonyme du boucher.
- L’homonyme du charbonnier habite à côté de l’homonyme de l’épicier (9°) donc, au n° 4. Il ne reste plus que le n° 5 pour l’homonyme du fruitier.
- Problème D. — Ce nombre est 82.
- La 11e puissance du nombre cherché ayant 22 chiffres, son logarithme sera au moins égal à 21,00000, celui du nombre cherché sera donc au moins égal à la 11e partie de ce logarithme, c’est-à-dire à 1,90909, qui est le logarithme de 81,11.
- La 12e puissance du nombre cherché ayant, 23 chiffres, son logarithme sera égal au plus à 22, 99999, celui du nombre cherché étant au plus égal à la 12e partie de ce logarithme, c’est-à-dire à 1,91667, qui est le logarithme de 82,54.
- Le nombre cherché sera donc un nombre entier compris entre 81,11 et 82,54, soit 82.
- Ont trouvé les solutions justes :
- Problème A. — MM. Chalamon à Avignon; Vigoureux, Maison Dupont des Loges, Morhange (Moselle); P. Petit, École Normale de Melun.
- Problèmes A et C. — M. Guichard, 3, rue des Jardins à Issy (Seine).
- Problèmes B et C. — M. Duret, 40, rue Raulin, Lyon; M. Bloch-Lafon, pharmacien à Paris.
- Problèmes A, B, C. — M. Antoine Joufîray, à Montallot, Côtes-du-Nord.
- Problèmes A, B, D. — M. Eugène Krempfî. E. P. S., Saint-Avold (Moselle).
- Problèmes A, C, D. — M. Port, ingénieur mécanicien, Brest.
- Problèmes B, C, D. — Dr Monthelie à Paris. D. Kakra, à Djebourat (Maroc).
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- == 226 ...............
- Les 4 problèmes A, B, C, D. — MM. Charles Dael, à Ledeberg-lez-Gand ; Madame Béguin, Neuchâtel (Suisse) ; M. Rambal, à Mulhouse; Mlle Jeanne Brilïaut, de la Faculté îles Sciences, Nancy; MM. Croguennee, au Fort de Sucy-en-Brie (Seine-et-Oise) ; Guet, Virollay (Seine-et-Oise) ; Caslel-lani Charles, répétiteur au Collège d’Issoire; Eugénie de Echarne, Capitaine d’infanterie, Burgos (Espagne); Georges Nicolas, Ingénieur E. C: P., Lillers (Nord); Villers, Ingénieur, ixelles, Belgique ; Bouzerand, Chambéry (Savoie) ; Barnier Marcel, à Chauriat, Puy-de-Dôme; llémard, instituteur, à Saint-Denis; José Ayxnal, École supérieure de guerre, Madrid; Abbé Lapied, curé, Magny (Moselle); Abbé Vermeylen, Bon-secours (Belgique); M. Masson, rue Campagne - Première, Paris; Ducoté, à Lyon (Rhône); Pierre Aussems, Ingénieur des mines, Woluwe, Bruxelles; Alex de Leudeville, Bourg (Ain) ; Iluyghebaert, Anvers (Belgique) ; Chagnaud, Ingénieur des Arts et Manufactures, Thiais (Seine); Yène, Élève de Math. Élém., Châlons-sur-Marne; Docteur Saint-Étienne, vétérinaire, Vaugirard; Léon Jeannin, Ingénieur A. et M. Paris; M. A. Santini, ingénieur à Marseille, M. E. Prangé, à Asnières; M. Odico, à Bellevue par Genève; M. Houliez, à Paris; G. Eleftheroudakis, élève de 6e classe au Gymnase, à Athènes (Grèce), 16 ans. Vives félicitations au jeune mathématicien.
- Nouveaux problèmes proposés.
- Deux charades mathématiques.
- Problème A. Mon premier a un chiffre, mon second est un carré, le troisième est lu correctement par mon vis-à-vis,
- la racine de mon tout a deux chilïres. Problème B. —• Mon premier multiplié par mon second donne mon dernier.
- La racine de mon tout est formée de deux chilïres pairs.
- (M. Ch. Dael, à Ledeberg-le/.-Gand.) Problème C. —- D’un Académicien on dit que :
- Les années :
- 1° de sa naissance;
- 2° de son entrée à l’Académie française;
- 3° de sa mort;
- ont pour millésimes 3 nombres ne différant que par les chilïres occupant le rang des dizaines.
- Si on fait pour chacun de ces nombres le produit de ses chiffres, le premier produit est nul.
- Le deuxième est inférieur à l’âge de l’académicien lors de son élection, le troisième est un cube parfait.
- De quel « immortel » est-il question ?
- (M. Cornet, Amiens, directeur du Bureau d’hygiène.) Problème D. — Trouver un nombre de 5 chilïres qui soit égal à 45 fois le produit de ses chilïres.
- (M. l’Abbé Houelle, aumônier du Lycée d’Amiens).
- VÎKCILE BltANOlCOUllT.
- LES MIROIRS D’ALUMINIUM
- ET LEURS APPLICATIONS A L’ASTRONOMIE
- Les résultats scientifiques très encourageants obtenus récemment à l’aide de miroirs recouverts d’une couche d’aluminium permettent de présager que prochainement ceux-ci détrôneront complètement les miroirs argentés classiques dans les applications astronomiques en général et surtout dans l’étude de l’ultra-violet des spectres solaire ou autres.
- Le procédé d’évaporation est déjà ancien et date des travaux d’Edison qui a pris les brevets en 1890. Mais c’est seulement en 1928 que les avantages appréciables que présente la méthode d’évaporation ont commencé à attirer l’attention du monde scienti liq lie.
- C’est à cette époque, en elïe.t, que lloehheim a réussi à évaporer un alliage composé de 88 pour 100 d’Al. et de 12 pour 100 d’Ag.
- Cet alliage possède un pouvoir réfléchissant remarquable dans la région de l’ultra-violet.
- Ce procédé a été perfectionné par B. Ritschel, particulièrement en vue de revêtir simultanément 2 interféromètres d’une manière homogène et identique afin d’obtenir le même pouvoir réfléchissant.
- Ce procédé a été utilisé aux Etats-Unis pour la construction de petits interféromètres et de filtres.
- L’aluminium pur a été évaporé pour la première fois, par Kungler.
- Williams a suggéré, en 1931, l’application de la méthode de Kungler à la construction des grands miroirs astronomiques et a également expérimenté, à cette date, l’emploi du chrome, qui présente l’avantage de fournir une pellicule dure, non ternissable et donnant une réflexion excellente dans l’ultraviolet.
- La première application astronomique de ces procédés a eu
- lieu lors de l’éclipse totale du 31 août 1931. On a utilisé, à cette occasion, un miroir de 15 pouces recouvert de chrome (Lowell Observatory).
- Le procédé d’évaporation s’applique d’ailleurs (Cartwright et Strong) avec succès à d’autres métaux, tels le bismuth, h* cobalt, le cuivre, l’or, le fer, le plomb, le nickel, l’argent, le zinc, l’étain, le fer, le magnésium, le sélénium, et même aux substances comme le quartz et la fluorine.
- 'Un perfectionnement appréciable de ces procédés a été obtenu par Cart.wrighl et Strong, qui uni eu l'idée de protéger une surface argentée à l’aide d’uni' line pellicule de quartz d’une épaisseur inférieure à une longueur d’onde : le miroir ainsi protégé est exempt de terne, même après avoir été exposé à l’action de l’acide sulfhydrique.
- Le revêtement des miroirs astronomiques avec de l’aluminium a été entrepris simultanément et indépendamment l’un de l’autre, par Strong et Williams, en 1932.
- Le grand miroir de 15 pouces de l’Observatoire Lowell a été recouvert d’une couche d’aluminium en août 1933 par Williams et Sabir et grâce à ce ^nouveau procédé on a pu étudier le spectre ultra-violet de 97 étoiles jusqu’à la limite de l’ultra-violet transmis par l’atmosphère. (Station de montagne de l’Observatoire de San-Francisco.)
- Avec un réflecteur du type Grossley de 35 pouces, également recouvert d’aluminium, l’astronome Wright: a pu explorer le spectre ultra-violet de certaines nébuleuses planétaires.
- Ces quelques exemples montrent éloquemment l’intérêt scientifique inconstestable des miroirs recouverts d’aluminium et expliquent leur utilisation de plus en plus répandue.
- M. L.
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- PRESTIDIGITATION
- LE COFFRE DE CRISTAL
- Voici un nouveau truc d’évasion. Il est un perfectionnement de la fameuse Malle des Indes qui eut un grand succès il y a quelques dizaines d’années.
- L’opérateur annonce qu’il va rendre les spectateurs témoins d’un phénomène qu’on ne peut classer ni dans l’hypnotisme ni dans le spiritisme, ni dans aucune des sciences occultes, actuellement étudiées. C’est le déplacement d’un être vivant, au travers des corps solides, et cela sans cause apparente autre que sa seule volonté.
- On apporte alors un coffre en cristal absolument transparent. Les 6 plaques de cristal qui forment cette caisse cubique mesurent environ 0 m 80 de côté et sont réunies par des cornières de cuivre. Sur un des côtés est ménagée une porte.
- Des spectateurs sont invités à monter sur la scène et à examiner le coffre avec attention. Ce coffre est alors placé au .milieu de la scène sur un tapis et un journal de façon à éviter toute idée de trappe. Un homme entre en scène. Les spectateurs lui attachent les mains den'ière le dos; il se glisse dans le coffre et avant qu’il soit entièrement entré, on lui lie les pieds. Il finit par s’introduire dans le coffre où il est à peu près dans la situation d’une momie péruvienne dans sa jarre de terre.
- On appose des scellés sur la porte et au moyen d’un large ruban d’abord glissé sous le coffre on entoure celui-ci sur toutes les faces comme un |>aquet, puis un cachet est placé sur le
- /'ïf/. 2. — Le mrranisiiw <lll ro/fir.
- ruban. Toutes les précautions sont donc prises (tour empêcher toute fraude ou truquage (fig. 1).
- Un paravent très léger est alors apporté; il dérobe le coffre aux yeux des spectateurs.
- Messieurs, je vais compter jusqu’à dix et par sa seule force
- Fig. 1. — Présentation du coffre.
- de volonté, le sujet va se trouver transporté hors du coffre fermé, scellé, cacheté. te ^ 1 tjf N :
- En effet, aussitôt le mot 10 prononcé, le paravent est retiré et l’on aperçoit le sujet hors du coffre, toujours attaché de la même façon, mais il a changé de côté, ses pieds touchent le coffre. On vient constater que les liens et les cachets sont intacts.
- Le truc est simple, mais ce qui le rend invisible c’est la perfection de l’ajustage du cadre de cuivre. Aussitôt que le paravent est posé, le sujet qui a su garder une assez grande liberté de ses mains, en écartant légèrement les poignets au moment où un spectateur les attachait, appuie sur un point convenu du cadre qui est derrière lui. Cette pression actionne un déclic qui libère le cadre placé aux pieds du sujet. Ce cadre monté sur pivots bascule en dedans par 1e haut (fig. 2) laissant en bas un espace vide. Aussitôt, par reptation, le sujet se glisse hors du coffre jusqu’à ce qu’il en soit éloigné «le quelques centimètres seulement. A ce moment., il pivote sur son séant, et avec ses pieds repousse le cadre par le bas et. lui fait reprendre sa position verticale en l’engageant à nouveau dans le déclic. L’appareil peut alors être examiné minutieusement comme avant l’opération.
- Le prestidigitateur Alber.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- QUELLE EST LA DOSE DE CHLORE NÉCESSAIRE POUR STÉRILISER UNE EAU?
- On croit, généralement, que (jour stériliser une eau, la quantité de chlore à y ajouter doit être importante; en réalité des essais systématiques récents viennent de montrer qu’une dose de 0 gr 1 à 0 gr 3 de chlore par mètre cube est parfaitement suffisante pour débarrasser une eau des germes pathogènes vivants qu’elle peut contenir, et la rendre potable.
- Il est facile d’apprécier si cette dose est atteinte, sans excès, à ce que l’eau doit se colorer par une solution de benzidine ou d’orthotoluidine à 0 mgr 3 par litre, limite supérieure, et ne pas se colorer par le réactif de Tromsdorff, à l’iodure de zinc et amidon, limite inférieure de 0 mgr 1 par litre.
- Ajoutons que si l’on craignait qu’un peu de chlore libre ne soit introduit dans l’estomac lors de la consommation, il serait facile de détruire ce chlore au moyen du procédé très simple indiqué par MM. Violle et Rosé (communication à l’Académie de Médecine, mai 1934) qui consiste à ajouter à l’eau deux ou trois cuillerées de vin, l’alcool de celui-ci transforme le chlore de l’hypochlorite employé en chlorure inolïensif d’après la réaction :
- 2 JClONaj + C-t UÙ ) = C- HH)2 + 2 Na Cl + H-<)
- » *hypochlorite alcool ac. acétique de soude
- Les traces d’acide acétique ne sont même pas perceptibles et se confondent avec l’acidité naturelle du vin.
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- LA VOÛTE CÉLESTE EN AVRIL 1935 (*)
- Mois particulièrement riche, au point de vue des phénomènes célestes : occultation des Pléiades par la Lune le 6 avril; occultation par la Lune de la belle étoile double colorée Antarès, le 22. Opposition de la planète Mars, le 6. Magnifique visibilité de Vénus, le soir. Jupiter presque en opposition, etc. Puis la visibilité de la lumière zodiacale, de la lumière cendrée de la Lune, etc. Voici d’ailleurs la description de tous les phénomènes visibles ce mois-ci.
- 1. — Soleil. — Le Soleil, pendant ce mois, s’élève beaucoup dans l’hémisphère nord du ciel, sa déclinaison passant de + 4°17' le 1er avril et atteignant +14°34-/ le 30. La durée du jour croît très vite. Elle sera de 12“ 47m le 1er et de 14“ 25“ le 30.
- Le tableau suivant donne de 2 en 2 jours le temps moyen à midi vrai ou, si l’on préfère, l’heure du passage du centre du Soleil au méridien de Paris.
- Dates. Heures du passage.
- Avril 1er 11“ 54“ . 48s
- — 3 11 54 12
- — 5 11 53 37
- — 7 11 53 2
- — 9 11 52 29
- — 11 11 51 56
- — 13 11 51 24
- — 15 11 50 53
- — 17 11 50 24
- — 19 11 49 56
- — 21 11 49 30
- — 23 11 49 5
- — 25 11 48 42
- — 27 11 48 22
- — 29 11 48 3
- Fig. 1.
- Observations physi -(pies.— Il convient d’observer, chaque jour de beau temps, la surface solaire (voir à ce sujet, le n° 2942).
- Le Tableau suivant
- contient les éléments permettant d’orientor les dessins cl les photographies du Soleil :
- La période la plus favorable sera celle du 1er au 4 avril, puis celle du 20 au-30, pendant lesquelles la Lune ne gênera pas.
- On pourra essayer d’obtenir de bonnes photographies de la Lumière zodiacale, en plaçant une petite chambre noire sur une monture équatoriale. Utiliser un objectif aussi lumineux que possible, et les plaques les plus rapides.
- 11 ne sera guère utile de rechercher en ce mois la lueur anti-solaire, qui, maintenant, s’élève assez peu au-dessus de l’horizon.
- IL — Lune. — 1 >es phases de la Lune pendant le mois d’avril seront les suivantes :
- N. L. le 3, à 12“ 11™ I P. L. le 18, à 21“ 10“
- P. Q. le 10, à 17“ 42“ ! D. Q. le 26, à 4“ 21“
- Age de la Lune le 1er avril, à 0“ = 26J,9; le 4 avril, à 0“ =
- 01,5. Pour avoir l’Age de la Lune à une autre date du mois, ajouter 1 jour par jour écoulé depuis le 1er ou le 4 aux nombres ci-dessus.
- Plus grandes déclinaisons de la Lune en avril : le 8, à 9“ = + 26° 8'; le 23, à 0“ = — 26" ()'.
- Périgée de la Lune (plus petite distance à la Terre),le 1 "avril, a 20". Parallaxe = 60'43". Distance = 361 153 km.
- Apogée de la Lune (plus grande distance à la Terre), le 13 avril, à 20“. Parallaxe = 54/9". Distance = 404 945 km. Périgée de la Lune, le
- Aspect et grandeur relative des phases de la planète Vénus pendant l’année 1935.
- Images renversées, telles qu’on les voit dans une lunette astronomique.
- 10. — 13 Octobre.
- 11. —17 Novembre
- 12. — 17 Décembre.
- 1. — 16 Janvier. 4. — 21 Avril, 7. — .15 Juillet.
- 2. — 1 5 Février. 5. — 26 Mai. S. — 9 Août.
- :î. — 1.7 Mars. 6. — 30 Juin. 9. — 8 Septembre.
- Dates. P B o 1.0
- Avril 1er — 26»,24 — 6»,54 54»,95
- — 5 — 26»,38 — 6»,31 2»,17
- — 6 — 26»,39 —- 6»,25 34 8»,98
- — 10 — 26»,38 — 5»,98 296»,19
- — 15 — 26»,20 — 5», 61 230»,18
- — 20 — 2 5», 84 O C<l c LO 1 164»,15
- — 25 — 25»,29 — 4»,75 98»,09
- Lumière zodiacale; lueur anti-solaire. — Avril est particulièrement favorable pour l’observation de la lumière zodiacale. Elle s’élève haut dans le ciel, par suite de l’angle, très grand, que fait l’écliptique avec l’horizon. Observer dès la fin du crépuscule, à l’Ouest, dans les nuits sans Lune et loin des lumières d’une ville.
- 1. Toutes les heures figurant dans le « Bulletin Astronomique » sont exprimées en temps universel (T. U.), compté de 0“ à 24“ à partir de 0“ (minuit). Pendant la période d’application de l’heure d’été, ajouler 1 heure à toutes les heures mentionnées ici.
- 29 avril, à 16“. Parallaxe = 59,52". Distance = 366 286 km.
- Occultations d’étoiles par la Lune.—Le 6 avril, occultation des Pléiades. Cette nouvelle occultation sera la troisième de l’année : cette fois le phénomène sera bien fait pour plaire aux amis des beaux spectacles célestes. La Lune étant à son 3e jour, le croissant lunaire sera très fin et délié. La lumière cendrée, très brillante, permettra de voir la sortie des étoiles occultées, puisque le bord obscur de notre satellite sera visible. Enfin, la Lune, dont la déclinaison sera très grande (environ +23°), sera élevée dans le ciel, au-dessus de l’horizon.
- Voici les heures des occultations :
- q Taureau (Alcyone) (3m,0) : immersion à 18“ 50“ 0; émersion à 19“ 28“ 5.
- 27 Taureau (Atlas) (3“,8) : immersion à 19“ 27“ 0.
- 28 Taureau (Pléione) (5“,2) : immersion à 19“ 37“ 5.
- On pourra suivre ce beau passage de la Lune devant le groupe des Pléiades jusqu’au coucher de notre satellite qui aura lieu, pour Paris, à 22“ 53“.
- Utiliser pour ces observations une bonne jumelle fixée sur un bâti stable, ou mieux une petite lunette astronomique munie d’un oculaire à grand champ. En outre, avoir soin de placer devant soi la carte des Pléiades parue au n° 2932, du 1er juillet 1934. Cette carte permettra de suivre les occulta-
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- lions des petites étoiles qui ne sont pas indiquées dans la liste ci-dessus.
- Le 11 avril, occultation de dl Cancer (51,1,9) : immersion à 19"2m5.
- Le 15 avril, occultation de 388 B. Lion (6-,3) : immersion à 23“ 26-“ 0.
- Le 21 avril, occultation de 153 B. Balance (6m,3) : émersion à 1" 56“ 5.
- Le 22 avril, occultation d’Antarès (y. Scorpion) ( 11,1,2) : émersion à 1" 7m 5. Cette belle étoile colorée, dont le diamètre réel est 330 lois plus grand que celui de notre propre Soleil, sera occultée par notre satellite qui, à ce moment, présentera une phase intermédiaire entre le plein et le dernier quartier. L’étoile réapparaîtra au limbe obscur. Cette réapparition sera particulièrement intéressante à suivre avec un puissant instrument, car Antarès, de couleur rouge orangé, a un petit compagnon, d’un beau vert émeraude, de 7e magnitude et à 3;/3 de distance, situé à l’Ouest de l’étoile principale. C’est donc ce compagnon vert qui apparaîtra le premier.
- Le 22 avril,'occultation de 11G B. Scorpion (ü1,1,2) : émersion à 2" 16m 0. Le 28 avril, occultation de p Verseau (5‘",4) : émersion à 31' 39"' 0.
- Croissant lunaire, lumière cendrée de la Lune. — On pourra rechercher le soir du 4 avril, dans le crépuscule, le croissant lunaire, très mince, une trentaine d’heures après la nouvelle Lune. Observation à faire avec une jumelle.
- La lumière cendrée sera très belle les soirs des 5, G, 7 et 8 avril. Employer une jumelle pour l’observer.
- Le soir du 5 avril, remarquer le beau tableau céleste forme dans le ciel par le rapprochement de la Lune et de Vénus.
- Marées, Mascaret. — Les plus grandes marées du mois se produiront du 1er au G avril, au moment de la nouvelle Lune.
- Voici quelques-unes de ces plus grandes marées, pour Brest :
- Dates.
- Avril lur ____ o
- 3
- Marée du matin. Marée du soir.
- 1 leure. Coefficient. 1 leuie. Coefficient.
- 2il 5m 0,80 14" 29m 0,89
- 2 53 0,96 15 15 1,03
- 3 3G 1,08 15 57 1,11
- 4 17 1,12 IG 37 1,12
- 4 58 1,10 17 18 1,05
- 5 37 1,00 17 57 0,94
- Voici les heures d’arrivée probable du Mascaret :
- Dates. Coefficient de la marée. Arrivée du mascaret à :
- Quillebeuf. Villequier. Caudebee.
- Avril 2 1,03 18" 56-“ 19" 33-“ 19" 42“
- — 3 1,08 7 14 7 51 8 0
- — 3 1,11 19 33 20 10 20 19
- — 4 1,12 7 51 8 28 8 37
- — 4 1,12 20 10 20 47 20 56
- — 5 1,01 8 30 9 7 9 16
- — 5 1,05 20 50 21 27 21 36
- 111. — Planètes.— Le Tableau ci-dessous, qui est établi à l’aide des renseignements contenus dans Y Annuaire astronomique Flammarion, renferme les données les plus importantes pour rechercher et observer les planètes principales pendant le mois d’avril 1935.
- Mercure sera inobservable ce mois-ci ; il se trouvera en conjonction supérieure avec le Soleil le 27 avril, à 12".
- Vénus brille magnifiquement, le soir, dans le crépuscule. Elle attire tous les regards. (Gageons que de divers côtés, on nous annoncera la visibilité d’un avion ou d’un dirigeable dardant, chaque soir, son phare vers la Terre !).
- Voici la phase et la magnitude stellaire de Vénus :
- Dates. Phase. Diamètre. Magnitude stellaire.
- — — — —
- Avril 1er 0,847 12",5 — 3,4
- — G 0,834 12", 7 — 3,4
- — 11 0,820 13", 1 — 3,4
- — IG 0,805 13",4 — 3,5
- — 21 0,790 13",7 3,o
- — 26 0,774 14",1 3,o
- Les observations de Vénus se font, de préférence, en plein jour. La nuit, la planète est à peu de hauteur au-dessus de l’horizon, et les images sont presque toujours instables.
- Mars va se trouver, le 6 avril, en opposition avec le Soleil. Ce mois-ci est donc celui qui convient le mieux pour les observations. Malheureusement, au moment de l’opposition, Mars sera loin de la Terre et ne sous-tendra qu’un diamètre de 15",ü. (Dans les oppositions très favorables, son diamètre peut dépasser un peu 25").
- ASTRE. Dates : Avril. Lever à Paris. Passage au méridien de Paris. Coucher à Paris. Ascen- sion droite. Déclii son. ai- Diamètre apparent. Constellation et étoile voisine. VISIBILITÉ.
- 5 5' 24m 11 ‘ 53- 378 18" 25'" 0" 54"' + 5" 50' 32 T', 2 Poissons \
- Soleil . . . 15 O 3 11 50 53 18 40 1 31 + 9 32 31 55,8 Poissons >
- 25 4 44 11 48 42 18 54 2 8 + 12 59 31 50,6 Bélier
- 7 4 58 10 47 16 38 23 53 — 3 24 5,6 Poissons I
- Mercure . . S ) 19 4 47 11 10 17 54 1 12 + 5 53 5,0 Poissons Inobservable. '
- l 7 6 26 13 59 21 33 3 5 + 18 5 12,8 Taureau .Magnifique le soir, dès le
- V énus. . . 19 6 15 14 10 22 7 4 4 + 22 3 13,6 Taureau ^ coucher du Soleil.
- 7 18 5 23 50 5 41 13 3 — 3 50 14,8 Vierge )Toute la nuit. Opposition
- Mars . . . « 16 55 22 46 4: 43 12 45 — 2 30 15,0 y Vierge avec le Sôleil le 6.
- , 7 21 28 2 13 6 54 15 20 17 6 40,2 £ Balance
- Jupiter. . , 19 20 34 1 21 6 4 15 16 •— 16 47 41,0 Ç Balance Presque toute la nuit.
- c . (7 4 12 9 25 14 38 22, 33 10 41 14,2 a Verseau Inobservable au début
- Saturne . . j .„ ) 19 3 27 8 42 13 57 22 38 — 10 17 14,4 a Verseau du mois.
- Uranus. . . 15 5 20 12 16 19 12 1 56 + 11 22 3,2 Bélier Inobservable.
- Neptune. . 15 14 35 21 14 3 53 10 56 + 7 54 2,4 y Lion Presque toute la nuit.
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- Voici, d’après V Annuaire astronomique Flammarion, quelques données sur la présentation du globe de Mars pendant le mois d’avril 1935.
- Angle
- Dates. de position Latitude Magnitude
- U" (T. LJ.) de l’axe. du centre. Diamètre. Phase. stellaire.
- Avril 1er 32°,4 + 20»,6 14”,8 O 1 O — 1,1
- — 11 31», 3 + 2lo,5 15”,1 0",ü — 1,2
- — 21 30»,0 + 22»,4 14”,9 0”,2 — 1,1
- Les lunettes de moyenne puissance permettent de l'aire de bonnes observations de Mars. Les petits instruments montreront la calotte polaire boréale, peu étendue du l'ait que le solstice d’été boréal de Mars est arrivé le 22 lévrier dernier. La calotte polaire australe, très étendue en ce moment puisque l’hiver martien y règne, ue sera guère visible par suite de l’inclinaison vers nous de l'hémisphère boréal de la planète.
- Jupiter va se trouver en opposition avec le Soleil le 10 du mois prochain. H reste visible à présent presque toute la nuit.
- On suivra avec intérêt les curieux phénomènes auxquels donnent lieu les quatre principaux satellites et dont voici la liste pour avril. Lue petite lunette suffit pour voir tous ces phénomènes.
- Phénomènes du système des satellites de Jupiter.
- Dates : Avril. i leure. Satel- lite. Phéno- mène. Dates : Avril. 1 leure. Satel- lite. Phéno- mène.
- 1 01'2 4111 I O. e. 15 22"56m Il E. e.
- 1 i 15 1 P. e. 16 1 28 I E. c.
- 1 2 33 I 0. f. 16 2 28 H Em.
- 1 3 23 1 P. f. 16 4 9 I Em.
- Q 0 39 I Em. 16 22 40 I O. c.
- 6 0 23 11J Im. 16 23 12 I P. e.
- 7 0 22 III Em. 17 0 50 I O. f.
- 7 ' 1 36 II O. c. 17 1 21 I p. r.
- 7 3 25 II P. c. 17 22 35 I Em.
- 7 4 21 II O. f. 21 3 41 III E. c.
- 8 2 17 1 O. c. 23 1 32 II E. e.
- 8 3 1 I P. e. 23 3 21 I E. e.
- 8 4 27 I O. f. 24 0 34 I 0. c.
- 8 23 34 1 E. c. 24 0 57 1 P. c.
- 9 0 10 II Em. 24 2 ' 44 I O. f.
- 9 2 25 1 Em. 24 3 6 I P. f.
- 9 22 56 1 P. f. 24 21 4 11 P. e.
- 9 23 36 1 O. f. 24 21 49 I E. e.
- 13 23 43 III E. c. 24 22 44 II O. f.
- 14 1 37 III E. f. 24 23 23 II P. f.
- 14 2 24 111 Im. 25 0 19 I Em.
- 14 3 45 J J1 Em. 25 21 12 I O. f.
- 14 4 30 I O. e. 25 21 32 1 p. r.
- 15 4 11 I O. c, 30 4 9 II E. e.
- 15 4 46 I P. e.
- Saturne sera inobservable au début du mois, un peu visible à la fin. Voici les éléments de l’anneau à la date du 14 avril :
- Grand axe extérieur............................... 35”,98
- Petit axe extérieur............................... -j- 4”,32
- Hauteur de la Terre au-dessus du plan de Panneau. -|- 6°,90 Hauteur de Soleil au-dessus du plan de l’anneau. . + 8°,96
- Uranus sera inobservable. Il se trouvera en conjonction avec le Soleil le 22 avril, à 12".
- Neptune est encore bien placé pour être observé. La petite carte de son mouvement, publiée le mois dernier (n° 2946, du 1er février 1935, p. 132), permettra assez facilement de le trouver. Une petite lunette sur pied stable est nécessaire pour cette recherche.
- IV. — Phénomènes divers. — Conjonctions :
- Le 1er, à 3", Saturne en conjonction avec la Lune, à 4"57' S.
- Le 2 , à 3", Mercure —. à 7» 2' S.
- Le 6 , à 0", Vénus — à 4» 14' S.
- Le 15, à 7", Neptune — à 5» 2' N.
- Le 17, à 20", Mars — à 7o 45' S.
- Le 20, à 19", Jupiter — à 5» 58' N.
- Le 25, à 6", Mercure 1 ranus à 0» 14' S.
- Le 28, à 15", Saturne la Lune, à 5”27' S.
- Etoile Polaire ; Temps sidéral. Voici quel»pies passages
- de l’Etoile Polaire au méridien de l’aris : Temps,sidéral àt»" pour le méridien
- Date. Passage. 1 leure. de tircemvirh.
- Avril ll'r Inférieur 0" 55'" 23“ 12" 33'» 42“
- — Il 0 16 3 13 13 8
- — 15 0 0 19
- — 15 23 56 24 —
- — 21 — 23 32 49 13 52 33
- Etoiles variables. — Minimum d'éclat de l’étoile Algol
- (B Pcrsée), variable de 2“,2 à 3m,5 en 2J20"49"1 : le 8 avril, à 21" 45“' (observation à faire à l’œil nu).
- Le 16 avril, maximum d’éclat de T dépliée, variable de 5m,2 à 10m,8 en 396 jours.
- Le 24 avril, maximum d’éclat de T. Grande Ourse, variable de 5m,5 à 13m,5 en 255 jours.
- Etoiles filantes. — Quelques radiants donnent des météores en avril. En voici la liste, d’après VAnnuaire, du Bureau des
- Longitudes. Ascension Etoile
- Epoque. droite. Déclinaison. voisine
- Avril 9 255» + 36» - Hercule
- -—16 au 30 206° + 13» Bouvier
- — 19 au 22 271» + 33» 104 Hercule
- — 29 et 30 326» — 2° a Verseau
- L’essaim des Lyrides (r; adiant 104 Hercule) d onne du
- au 22 avril des météores rapides.
- V. — Constellations. — Voici l’aspect de la Voûte céleste, le 1er avril, à 21" 30,u, ou le 15 avril, à 20" 3Üm.
- Au Zénith: La Grande Ourse; le Petit Lion; le Lynx.
- Au. Nord: La Petite Ourse; dépliée ; dassiopée; le Dragon; le Lézard; le Gygne (à l’horizon).
- A. l'Est : Le Bouvier ; la douronne boréale ; Hercule; le Serpent; la Vierge.
- Au Sud: Le Lion; l’Hydre; le Corbeau; la do upc; la Machine pneumatique.
- A l’Ouest : le Cocher; le Taureau; les Gémeaux; Orion; la Licorne; le Grand Chien; le Lièvre.
- Au Nord-Est, Véga se lève; au Sud-Ouest, Sirius et Rigel vont disparaître.
- Em. Touchet.
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- = LA RADIOPHONIE PRATIQUE
- NOUVEAUTÉS TECHNIQUES - CONSEILS PRATIQUES CONSTRUCTION D’APPAREILS SIMPLES
- LES ANTENNES ANTI-PARASITES PRATIQUES
- Malgré les progrès de la construction des dispositifs anti-perturbateurs destinés aux appareils générateurs de courants parasites à haute fréquence, et la mise en application du décret contre les parasites depuis le 1er octobre 1934, la lutte contre les perturbations industrielles demeure bien souvent difficile.
- 11 faut se rendre compte, d’ailleurs, que les effets du décret sont encore malheureusement bien restreints à l’heure actuelle. L'administration des I*. T. T. devait mettre à la disposition des auditeurs des questionnaires détaillés dans tous les bureaux de poste; les sans-lilisles auraient trouvé ainsi des listes complètes de questions techniques auxquelles il leur aurait sufli de répondre pour pouvoir renseigner utilement les spécialistes de l'administration chargés de la lutte antiparasite, (les renseignements préliminaires auraient servi à déterminer il priori, dans bien des cas, la cause probable des perturbations, de manière à permet t ri1 à l’administration d’agir contre les possesseurs des dispositifs perturbateurs.
- Malheureusement, à l'heure actuelle, du moins à Paris, il est impossible d’obtenir ces questionnaires dans les bureaux de poste, et il semble bien que l’administration des P. T. T. ne soit pas encore en mesure d’agir efficacement. Ce fait est regrettable, car les sans-lilistes perdent peu à peu confiance et l’accroissement du nombre des auditeurs, jusqu’à présent; si satisfaisant, peut s’en trouver ralenti «pour le plus grand dommage du budget de la radiodiffusion lui-mcme.
- Soit pour des raisons administratives et juridiques, soit pour des raisons techniques encore plus graves, le sans-liliste est encore souvent désarmé lorsqu'il s’agit d’éviter les troubles parasites, parce qu'il ne connaît pas exactement la nature et l’emplacement des appareils perturbateurs, quelquefois divers et nombreux, ou bien parce qu’il ne peut obliger les possesseurs de ces appareils à obéir aux prescriptions du décret.
- Dans ces conditions, le seul remède efficace demeure encore la plupart du temps, l'adoption d’une antenne anti-parasites. Nous avons décrit, dans le numéro spécial dulerdéeembrel934 de La Nature, les différents systèmes qu’on peut utiliser; les plus simples sont formés par des antennes verticales courtes, aussi hautes que possible, reliées à des descentes protégées, constituées par des câbles blindés uniques ou compensés. La liaison avec le récepteur est obtenue directement ou au moyen de transformateurs abaisseurs et élévateurs de tension, ce qui permet de faire parcourir le câble de descente par des courants basse tension et, par conséquent, d’éviter les pertes haute fréquence par capacité.
- Comment constituer cette antenne verticale ? On peut adopter, comme nous l’avons montré à ce moment, des modèles un peu spéciaux, tels que l’antenne-eadre ou l’antenne sphérique. Les antennes horizontales classiques ont le défaut de couvrir une trop grande surface; elles sont, par conséquent, assez encombrantes, et sont; soumises beaucoup plus aux inductions que les antennes verticales.
- Une des modèles qui paraît ainsi le plus favorable est le type vertical extérieur, formé par un tube de cuivre isolé de 2 à 3 m de long, fixé à l’extrémité d’une perche en bambou île 3 à 4 m de hauteur, et relié à la descente anti-parasites.
- Le système est simple, mais il doit, cependant, être bien étudié au point de vue mécanique. Le mât-support doit être
- assez résistant aux agents atmosphériques, et particulièrement au vent, et son haubanage doit être soigneusement exécuté. Le système constitue, de plus, une masse métallique verticale, de diamètre assez réduit. Il forme donc, en quelque sorte, un paratonnerre de fortune, exigeant l’adoption d’un parafoudre efficace afin d’éviter tout danger en cas d’orage.
- Un constructeur français a eu récemment l’idée de présenter un modèle d’antenne de ce genre, également très simple et très robuste, mais d’une installation mécanique beaucoup plus facile-, et d'un encombrement moindre.
- Le système comporte un tube de cuivre vertical, qui se place, non pas à l’extrémité d'une perche en bambou, mais simplement dans une cheminée inutilisée. La descente d'antenne blindée s’effectue par la cheminée, comme cela a lieu, d'ailleurs, également; pour beaucoup de modèles classiques.
- Il n’y a plus ainsi de haubanage à effectuer, et il suffit de déposer l’antenne toute montée dans la cheminée. L’encombrement est évidemment à peu près nul, puisque le système dépasse de très peu le niveau du tube extérieur.
- Il suf fi t de trouve]' une cheminée inutilisée, ce qui est facile; un allume rarement du l'eu dans toutes les chambres et, dans les villes, le chauffage central est très répandu.
- Le dispositif comprend essentielle m e n t u n tube de laiton de 10/10es de mm d’épaisseur, de 1 m 50 de long, et de 28 mm de diamètre (lig. 1). Une ou plusieurs feuilles de laiton écroui de 10/10es de mm d’épaisseur également, et de 350 mm de côté, peuvent être superposées, elles sont percées d’une ouverture de 28 mm au centre dans laquelle s’engage le tube vertical; elles dépassent le niveau de la cheminée, et permettent d’augmenter l’efficacité du collecteur d’ondes. Un support métallique à trois branches sert à fixer l’ensemble sur une cheminée d’ouverture quelconque. Enfin, à l’extrémité inférieure du tube, un porte-câble permet la fixation du câble anti-parasites de descente blindée.
- L’installation d’une telle antenne n’exige pas l’intervention d’un spécialiste. Il suffit de se rendre compte au préalable de la correspondance entre la cheminée et le tuyau de sortie du toit. Dans les immeubles, on peut brûler du papier dans la cheminée considérée et déterminer par l’examen de la fumée obtenue le tuyau de sortie correspondant. L’opérateur descend ensuite dans la cheminée une corde lestée d’un poids; dès que la corde est arrivée dans l’âtre, on en relie l’extrémité à la prise d’antenne du poste. A ce moment, on peut couper la corde au ras de l’orifice extérieur de la cheminée, et, en la laissant tomber à l’intérieur, on en déduit la longueur exacte du câble de descente anti-parasites nécessaire.
- Feuille de laiton
- Support à trois branches
- Tube de laiton , .servant d'antenne\
- .Câble blindé
- de descente
- Fig. 1. —• Antenne antiparasites verticale et sa pose dans une cheminée. (Système Gullivan-Delval.)
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- = 232 , .t :
- Ce dispositif très simple permet bien souvent d’obtenir des résultats satisfaisants; il est cependant indispensable que, par son principe même, le collecteur d’ondes vertical soit situé assez haut pour être placé en dehors du champ des parasites. 11 doit donc être toujours au moins à 6 m au-dessus du sol. Pour des raisons évidentes, on ne peut pas non plus le disposer dans une cheminée en zinc ou en tôle, puisque le conduit formerait cage de Faraday, et empêcherait la réception des ondes utiles.
- Enfin, lorsque la distance en ligne droite depuis l’orifice extérieur de la cheminée jusqu’à un coude de la maçonnerie est trop réduite, et ne dépasse pas 0 m 50 par exemple, il est impossible de disposer le tube vertical dans de bonnes conditions, et l’installation n’est pas non plus à conseiller.
- Fiy. 2. — Récepteur superhélérodyne Marconi 8 à détection par élément uxymétal el système de réylaye visuel.
- UN POSTE A CHANGEMENT DE FRÉQUENCE A DÉTECTION LINÉAIRE
- La recherche d’appareils à amplification haute fréquence, ou plutôt à changement de fréquence, de plus en plus sensibles a attiré l’attention des constructeurs sur l’intérêt des systèmes de détection linéaire par diode, moins sensibles mais plus fidèles que les triodes, lorsque les tensions appliquées sur la grille deviennent importantes. Pour compenser en partie la diminution d’amplification, on emploie, comme nous l’avons montré, des lampes combinées à multiples électrodes, comportant dans une même ampoule un élément diode de détection, et au moins un élément triode ou tétraode d’amplification basse fréquence. C’est ainsi qu’on utilise des binodes, des duo-diodes-penthodes, etc...
- On peut également employer, comme nous l’avons noté,
- des éléments de redressement oxymétal assurant une détection linéaire et permettant d’obtenir un elïet anti-fading efficace. C’est ce procédé qui a été utilisé dans un modèle récent de superhétérodyne à 8 lampes très sensible représenté sur la figure 2.
- Ce poste comprend, en elïet, 6 lampes à électrodes multiples, un élément oxymétal assurant la détection et le système anti-fading, et une valve. L’amplification basse fréquence de sortie est obtenue par un montage push-pull actionnant un haut-parleur électrodynamique de grandes dimensions.
- Un des inconvénients des systèmes anti-fading ordinaires réside dans l’augmentation des bruits de fond au moment du réglage entre les accords qui correspondent à chaque station, parce que la sensibilité du récepteur est alors poussée au maximum. Cet appareil est muni d’un dispositif d’accord silencieux, bloquant, en quelque sorte, l’amplification lorsque le récepteur n’est pas accordé sur une émission, et évitant ainsi cet inconvénient.
- Un autre inconvénient des systèmes anti-fading ordinaires est la déformation musicale plus ou moins accentuée qui se produit lorsque l’appareil n’est pas accordé exactement sur l’émission à recevoir. On peut remédier à cet inconvénient en manœuvrant avec précision le système d’accord suivant les indications obtenues « au son ». La manœuvre est facilitée par l’emploi d’un dispositif de réglage visuel, dont nous avons expliqué les principes dans une récente chronique.
- Cet appareil superhétérodyne comporte également un dispositif de réglage visuel électromagnétique, dont on aperçoit l’écran translucide au-dessus du tableau de repère horizontal portant les noms des stations. Lorsque l'appareil n’est accordé sur aucune émission, on voit se former sur ce petit écran de réglage visuel éclairé par derrière, une bande obscure assez large. Au moment où une émission agit sur le poste, la largeur de cette bande diminue. On observe simplement l’instant où la largeur de la bande est minima, et ainsi on est sûr d’avoir obtenu l’accord optimum, et d’éviter par conséquent toute déformation.
- Un appareil de ce genre contenu, par ailleurs, dans une ébénisterie esthétique de forme moderne, possède donc un ensemble de perfectionnements précieux, tant au point de vue technique que pratique.
- UN POSTE DE RÉCEPTION PRATIQUE POUR AUTOMOBILE
- Ainsi que nous l’avons montré dans une récente chronique, il est désormais possible d’installer sur une automobile des récepteurs sensibles et sélectifs, robustes, et même de bonne qualité musicale, fonctionnant pendant la marche de la voiture, et alimentés uniquement par la batterie d’accumulateurs qui sert à l’allumage, à l’éclairage, et au démarrage.
- Les lampes utilisées sont du même type que celles qu’on emploie dans les appareils récepteurs « tous courants », et, d’ailleurs, ces postes pour automobiles peuvent être également, en général, alimentés par le courant alternatif ou continu d’un secteur. Pour l’alimentation sur une automobile, les éléments chauffants des lampes sont cependant montés en parallèle; l’alimentation des plaques est obtenue au moyen d’un vibrateur actionné par la batterie, ce qui permet d’obtenir du courant alternatif à haute tension qui est ensuite redressé et filtré.
- 11 ne semble pas, jusqu’à présent, que l’emploi des postes pour automobiles puisse se généraliser de la même manière en France qu’aux Etats-Unis. Dans les villes, et surtout à Paris, l’écoute des radio-concerts peut constituer une gêne plus ou moins grave pour le conducteur, et même un danger,
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- Fig. 3. — Poste récepteur pour automobile. (Modèle Radiofirm-Auto.)
- A gauche : le poste dans son boîtier métallique et au-dessus le bloc de commande relié par câbles souples. A droite : le châssis.
- car une inattention de quelques instants peut avoir des conséquences graves.
- Mais, à la campagne, pour les grandes randonnées, et surtout pour le tourisme, l’adoption d’un poste sur automobile fonctionnant pendant la marche, ou même simplement au moment des arrêts, ne peut avoir que des avantages, et constituera un agrément supplémentaire pour les voyageurs.
- Il faut simplement choisir un appareil robuste, facile à installer, tenant peu de place, et pouvant être aisément réglé sans gêner en quoi que ce soit la manœuvre de la voiture, même pendant la marche.
- Les Américains, qui construisent depuis longtemps des appareils de ce genre, ont apporté de nombreux perfectionnements aux premiers modèles établis. On voit ainsi, sur la figure 3, un modèle récent très robuste, et complètement enfermé dans une boîte métallique. Le montage est du type à changement de fréquence, par lampe oscillatrice-modulatrice 6B7. Les moyennes fréquences sont du type 6D6, ainsi que la détectrice ; la lampe de sortie est une pentode du type 41, et la valve de redressement est du type 6Z4. Un anti-fading efficace, un dispositif de contrôle de la tonalité et de réglage d’intensité de l’audi-îion constituent des perfectionnements qui font de cet appareil un récepteur analogue aux appareils ordinaires modernes. Le haut-parleur électrodynamique a, d’ailleurs, un diamètre de 16 cm, ce qui permet déjà d’obtenir une audition satisfaisante.
- Le réglage est obtenu au moyen d’une boîte séparée, avec cadran « type aviation » qui se fixe à portée de la main du conducteur, et près du volant. Ce tableau porte également un bouton permettant la mise en marche et le réglage de l’intensité d’audition. Des câbles de commande souples le relient au récepteur et une clef de contact le bloque pendant l’absence du conducteur.
- Cet appareil ne consomme que 4 ampères 5 sous une tension de 6 v, de sorte qu’il ne risque pas de décharger la batterie d’accumulateurs et sa pose très rapide n’exige que l’emploi de dispositifs anti-parasites faciles à appliquer sur le circuit d’allumage, lorsqu’on veut écouter les radio-concerts, même pendant la marche.
- Le collecteur d’ondes peut être constitué de diverses façons. On pourrait, en particulier, adopter le système souvent recommandé consistant à placer un réseau métallique sur le toit de la voiture entre la garniture intérieure et la carrosserie, mais il est plus simple de tendre simplement quelques fils sur un longeron du châssis, comme le montre la figure 4.
- Fig. 4. — Support isolant pour montage d’une petite antenne isolée sur un châssis d’automobile.
- A droite : aspect général de l’antenne ainsi montée.
- -Pince en acier se fixant au châssis
- vers le poste
- Tube de caoutchouc
- d'antenne
- Des supports spéciaux se fixant sur les longerons de châssis facilitent le montage. Le fil d’antenne passe dans les supports sans coupure, et vient aboutir au poste. Afin d’éviter les perturbations, la prise d’antenne doit d’ailleurs être blindée avec blindage l’elié à la masse de la voiture. Si l’on veut obtenir une sensibilité encore plus grande, on peut monter deux autres supports sur un autre longeron du châssis, et relier les deux arrivées d’antenne.
- UN CONVERTISSEUR A ONDES COURTES TOUS COURANTS
- Les auditeurs de T. S. F. s’intéressent de plus en plus à la réception des émissions sur ondes courtes, et, d’ailleurs, parmi les postes de réception de qualité de construction française ou étrangère qui sont présentés au public à l’heure actuelle, il y a une proportion de plus en plus grande de modèles dits « toutes ondes » permettant la réception des émissions depuis 15 m 'jusqu’à 2000 m de longueur d’onde.
- Il y a pourtant encore beaucoup d’auditeurs possédant déjà un récepteur ne permettant que l’audition des émissions depuis 200 m de longueur d’onde, et qui désireraient recevoir également les émissions sur ondes courtes. Il y en a d’autres qui se contentent de choisir un récepteur simple et de prix réduit, n’assurant que la réception des émissions de radiodiffusion ordinaires et voudraient par la suite le perfectionner. Il y a enfin, des postes toutes ondes qui demeurent malgré tout assez peu sensibles pour la réception des émissions sur ondes courtes, et exigent tout au moins l’emploi d’une antenne spéciale, difficile à installer dans une ville.
- Le problème de la construction d’un dispositif distinct se plaçant en avant d’un poste-récepteur quelconque pour permettre la réception des émissions sur la gamme de 12 à 80 m conserve donc tout son intérêt, et nous avons déjà eu l’occasion d’en indiquer les données. Lorsque le système est alimenté par les mêmes sources que le poste ordinaire, il prend le nom d’adaptateur et, s’il est complètement distinct, c’est un convertisseur. En principe, un convertisseur est généralement supérieur à un adaptateur, bien qu’il soit plus complexe, et d’un prix de revient plus élevé.
- La construction d’un bon convèrtisseur est assez délicate, parce que cet appareil doit permettre l’emploi d’un poste récepteur de montage quelconque dans de bonnes conditions,
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- "j
- | Récepteur ordinaire Redresseur 380
- Gamme ordinaire
- Ondes courtes
- 60.000 770s c.
- 77 Mod.
- HOY 220y
- SOMFOJHf ca
- HMH"
- a . Ose '
- IL Mod A
- \0cll0c2,
- 60/1000
- 7' OSMI
- Fig. 5. — Schéma d’un convertisseur ondes courtes à deux lampes et redresseur oxijmétal, alimentation
- tous courants. (Modèle Ergos-305.)
- et sans exiger aucune modification du montage. Les convertisseurs les plus pratiques et les plus sensibles sont, d’ailleurs, du type à changement de fréquence, et ils sont reliés directement au circuit d’entrée du récepteur ordinaire. Ainsi, lorsque le récepteur ordinaire est du type à amplification haute fréquence, l'ensemble du convertisseur et du poste fonctionne comme un poste à changement de fréquence pour ondes courtes, les étages haute fréquence de l’appareil jouant alors le rôle d’étages moyenne fréquence.
- Lorsque le poste est du type à changement de fréquence, le convertisseur produit une première transformation des ondes courtes incidentes en ondes moyennes, qui sont transmises par l’intermédiaire du système d’accord jouant le rôle de tesla de liaison au dispositif de changement de fréquence du récepteur. L’ensemble du convertisseur et du poste fonctionne alors comme un appareil pour ondes courtes à double changement de fréquence.
- Les convertisseurs réalisés jusqu’à présent étaient alimentés par des batteries ou par du courant redressé, ou encore par le courant alternatif. L’adoption des lampes à chauffage indirect avec éléments chauffants montés en série permet désormais d’établir des dispositifs fonctionnant indifféremment sur le courant continu ou alternatif d’un secteur, et alimentés d’une manière absolument autonome.
- Un constructeur français bien connu a ainsi réalisé un convertisseur pour ondes courtes, du type « tous courants » qui paraît présenter des qualités remarquables, et a déjà permis d’obtenir des résultats satisfaisants.
- Ainsi qu’il est indiqué sur le schéma de la figure 5, cet appareil comporte deux lampes penthodes américaines du
- Fig. 6. — Vue extérieure et châssis du convertisseur Ergos-305.
- type 77, dont l’une constitue l’os-eillatrice, et l’autre la modulatrice.
- La fréquence moyenne obtenue est de l’ordre de 517 kilo-cycles correspondant à une longueur d’onde de 580 m.
- C’est sur cette longueur d’onde que doit être accordé le poste récepteur ordinaire.
- La grille de contrôle de la première lampe modulatrice est couplée à la plaque de la lampe oscil-latrice par un système à capacité très souple qui permet un fonctionnement très stable de l’oscillateur, les variations de charge sur la plaque n’ayant que très peu d’effet sur la fréquence de l’oscillation.
- Au moyen d’un bouton de combinateur à trois positions, on peut, sans avoir à démonter l’appareil, soit transmettre directement les courants provenant de l’antenne au récepteur ordinaire, soit choisir entre l’une des deux gammes de 18 m 50 à 30 m et de 27 m à 57 m de longueur d’onde.
- Le dispositif est, d’ailleurs, muni d’un cadran lumineux de grande surface, gradué en longueurs d’onde, et comportant des lampes témoins colorées qui indiquent si le système est réglé pour la réception d’une gamme ou de l’autre (fig. 6).
- L’alimentation plaque sur le courant alternatif est obtenue à l’aide d’un redresseur oxymétal, ce qui évite l’emploi d’une valve électronique.
- Un blindage très complet concourt à la stabilité et à l’absence de bruit de fond, et le bloc des condensateurs de réglage.unique est spécialement étudié. Il est monté sur isolants spéciaux pour ondes courtes assurant le minimum de pertes en haute fréquence, et équipé avec un démultiplicateur très doux, à grand rapport.
- Un tel dispositif, d’adaptation immédiate presque universelle, permet donc de constituer rapidement un ensemble permettant aisément la réception des émissions sur ondes courtes.
- Il est particulièrement précieux pour les coloniaux, pour lesquels la réception de ces émissions est bien souvent la seule possible, par suite des troubles apportés par les parasites atmosphériques.
- L’emploi des ondes courtes sur la gamme de 12 à 80 m de longueur d’onde ne peut éviter sans doute l’influence de tous les parasites, et, en particulier, des parasites industriels. On constate souvent, en particulier, l’apparition de véritables vagues de parasites, dont l’intensité varie en même temps que celle de la réception.
- A très grande distance, la réception des ondes courtes demeure pourtant la seule possible. Elle offre un intérêt essentiel pour un pays comme la France, possédant un vaste empire colonial ; grâce à elle aussi, les auditeurs français peuvent désormais recevoir régulièrement les radio-concerts provenant de stations lointaines, comme les stations russes, ou même les postes d’outre-Atlantique, sinon d’outie-Pacifique. P. Hémakdinquer.
- Adresses relatives aux appareils décrits :
- Antenne anti-parasites : Etablissements Delval, 19, rue Albouy, Paris (10e).
- Poste superhélérodyne à détecteur oxymétal : Compagnie française du Gramophone, 9, boulevard Haussmaun, Paris (9e).
- Poste-récepteur pour automobiles : Etabl. Radio-Firm, 14, rue Drouot, Paris (9 e).
- Convertisseur pour ondes courtes : Etabl. Solor-Ferrix, 5, rue Mazet, Paris (6 e).
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- LIVRES NOUVEAUX
- La manutention mécanique, par Marcel Legras. 1 vol. in-16, 95 fig. Armand Colin, Paris, 1934. Prix : broché 10 fr 50.
- Cet ouvrage a été écrit pour les innombrables exploitants qui ont à installer et à faire fonctionner des appareils de manutention et qui ont besoin de connaître les caractères essentiels et les limites d’emplois des nombreux systèmes que l'industrie met à leur disposition.
- L’auteur examine successivement : la nature des problèmes de manutention, leurs facteurs, les difficultés que l’on l'encontre; les principaux appareils couramment employés; la résolution de certains problèmes quasi classiques, c’est-à-dire communs à beaucoup des Cas et dont les solutions sont toujours les mêmes.
- Il a préféré employer la méthode analytique, plus vivante que la synthèse, et qui suit de plus près le travail de l’esprit. Ne pouvant résoudre tous les problèmes, il s’attache à faire ressortir le sens dans lequel on doit les aborder. Toutes les idées qu’il exprime étant le fruit de l’expérience, son livre précis et clair sera utile à tous ceux qui ont à manier et à utiliser des appaieils mécaniques.
- Comme nt acheter, comment vendre une automobile neuve ou d’occasion, par A.-M. Touvy. 1 vol., 175 pages avec 20 fig. Dunod éditeurs. Paris, 1934. Prix : 15 fr.
- Pour acheter rationnellement une voiture, il faut être guidé par des notions simples et précises, et dont l’utilité devient de plus en plus indiscutable, à mesure que le non bre des voitures de série augmente. L’acheteur éventuel est souvent embarrassé, en effet, pour effectuer un choix rationnel entre les différents types.
- Les services rendus par une bonne voiture d’occasion peuvent, d’autre part, être aussi efficaces que ceux remplis par une voiture neuve et la crise économique attire de plus en plus l’attention sur l’intérêt que peut présenter l’achat rationnel d’une voiture d’occasion en bon état pour un prix relativement réduit.
- Notre collaborateur A. Touvy indique avec clarté dans cet ouvrage les facteurs à examiner avant de se décider à l’achat d’une voiture neuve. Il montre également à tous ceux qui veulent acheter une voi-tuie d’occasion la meilleure manière de procéder. Il termine en donnant quelques notions sur la façon dont il faut procéder lorsqu’on veut vendre ou échanger une voiture.
- Solénoides, écrans et transform ateurs puissance dépensée dans les enroulements et écrans), par P. Bunet. 1 vol., 209 p., 91 fig. J.-B. Baillière et Clc, 1934. Prix : cartonné, 30 fr.
- L’auteur établit ici des formules pratiques pour calculer l’énergie dissipée en chaleur, par courants de Foucault, dans les solinoïdes, dans les bobines, dans les écrans massifs, dans les transformateurs dont les conducteurs sont coupés par le flux de dispersion. Ce clair travail, Iruit d’une longue expérience, sera fort utile aux techniciens.
- Guide de l'électric ien pour l’élimination des parasites industriels. Ouvrage suivi des textes officiels des décrets et arrêtés, par Paul Baize. 1 vol., 76 p., Chiron, éditeur, Paris. Prix : 5 fr.
- L’auteur, ingénieur en chef des P. T. T., président de la Section technique de la Commission contre les perturbations radiophoniques, indique ici les moyens d’éliminer les parasites susceptibles de gêner les réceptions radioélectriques chez les yoisins.
- On sait que la nouvelle réglementation en la matière impose une responsabilité aux perturbateurs : les utiles conseils de M. Baize permettront, dans un grand nombre de cas, de satisfaire sans difficulté aux exigences des décrets.
- Annuaire de la houille blanche (1934-1935), lvol. 156 p. Éditeur : Revue générale d’Electricité, 12, place de Laborde, Paris. Prix : 30 francs.
- Cette édition comporte, outre ses notices industrielles et financières, des cartes, des renseignements administratifs et le tableau des concessions accordées au cours de l’année 1934, les études suivantes :
- Les entreprises de production, de transport et de distribution d’énergie hydraulique en 1933 (G. Tochon). Les études sur modèles réduits appliqués aux grands travaux hydrauliques (C. Camichel et L. Escande); L’industrie électrique et la crise (P. Chapouthier); La signalisation lumineuse sur le réseau de l’État français (A. Lemon-nier); Les qualités des poteaux en béton armé (R. Polack); Le développement de l’emploi des câbles aluminium-acier dans les lignes électriques aériennes (G. Baudoux).
- Les ordures ménagères de la région parisienne, par René Humery. 1 vol. in-8, 103 p., 46 fig. Dunod, Paris, 1935. Prix : broché, 20 fr; relié, 30 fr.
- Qu’il s’agisse de leur transport, de leur collecte, de leur vente, de leur utilisation comme engrais ou de leur combustion, de la protection de la population contre les odeurs ou les fumées provenant de leur
- dépôt ou de leur traitement, de l’emplacement de l’usine de transformation, les administrateurs municipaux se heurtent à des intérêts opposés. L’auteur étudie ce problème dans les différentes villes de la région parisienne. L’ouvrage dépasse d’ailleurs ce cadre et s’adresse aux agglomérations urbaines de toutes catégories. Abondamment illustré, rempli de renseignements inédits ou épars dans des publications difficilement accessibles, il rendra des services précieux aux rn°mbres des conseils généraux el municipaux, aux fonctionnaires de l’administration préfectorale et municipale, à tous ceux que préoccupe la salubrité publique.
- Aménagement des fumiers et purins, par Max Rin-gelmann. 2e édition, revue et mise au point, par M. Verchère.
- I vol. in-16, 227 p., 110 fig. Librairie agricole de la Maison rustique. Paris, 1934. Prix : 7 fr.
- II est à peine besoin de rappeler l’importance du fumier dans l’économie agricole; sa confection rationnelle est capitale, si l’on veut éviter des pertes parfois considérables de matières fertilisantes. L’auteur traite magistralement la question et donne toutes les indications pratiques utiles.
- La chasse des animaux à Fourrure au Canada,
- par Benoît Brouillette. 1 vol. in-8,205 p., fig. et cartes hors texte. Collection de géographie humaine. Gallimard. Paris, 1934. Prix : 30 fr.
- Écrite par un Canadien français, voici une excellente monographie, remarquablement documentée. Après un bref rappel du passé, l’auteur décrit les régions de chasse, les modes de vie des animaux, les routes que suivent les chasseurs, la vie qu’ils mènent, les pièges qu’ils emploient. Le commerce des fourrures est ensuite examiné, jusque et y compris la crise qu’il traverse. L’ouvrage se termine par l’étude de la législation de la chasse et de l’organisation des parcs nationaux, de plus en plus nombreux et étendus au Canada.
- Faune de France. 28. Diptères (Brachycères) (Muscidae Acalypterae et Scalophagidae), par E. Séguy. 1 vol. in-8, 832 p., 903 fig., 27 pi. Lechevalier, Paris, 1934. Prix : 300 fr.
- La Faune de France, publiée par l’Office central de Faunistique de la Fédération française des Sociétés de Sciences naturelles vient de s’enrichir d’un 28e volume particulièrement gros qui traite d’un des groupes les plus abondants d’insectes et des plus difficiles à reconnaître, celui des Mouches. Rien que les Muscides acalyptères, formes inférieures, comptent 40 familles. L’auteur qui est le grand spécialiste français de ce groupe étudie d’abord leurs caractères généraux, et notamment les formes des ailes qui servent à la classification, puis il trace les divers groupements qu’on observe dans chaque région de France. 11 aborde alors la classification décrit et figure chaque espèce, rappelle son mode de vie, sa distribution géographique et termine par une liste abondante des hôtes animaux et végétaux des espèces parasites et commensales.
- Faune ornithologique du départ ement des Vosges, par A. Claudon. 1 vol. in-8, 111 p., 1 carte, 14 fig. Iiaegeli, Rambervilliers (Vosges) et chez l’auteur, Ménil-sur-Bel-vitte (Vosges). Prix : 35 fr.
- Cette monographie excellente montre ce qu’un observateur consciencieux peut apporter de données intéressantes et utiles sur la région qu’il habite et parcourt. L’auteur a trouvé dans les Vosges 116 espèces d’oiseaux qui y nichent, dont 52 sédentaires et 64 migrât i es; il a noté leurs noms locaux, regardé leurs nids et leurs œufs, daté les passages, signalé maints traits de mœurs dont certains mal connus encore ou discutés. Il est ainsi un exemple et un guide pour les amateurs d’histoire naturelle qui veulent eux-mêmes regarder la nature.
- Annuaire statistioue. 49° volume, 1933. 1 vol. in-4, 889 p. Imprimerie nationale, Paris, 1934. Prix : cartonné, 90 fr.
- Chaque année, le service de la Statistique générale de la France rassemble en un volume toutes les données intéressant notre pays. Il est impossible de raisonner utilement, et aussi de légiférer, sur les questions démographiques et économiques sans avoir constamment recours à ce recueil. On y trouve, recueillis avec soin et méthodiquement classés, tous les renseignements relatifs aux récentes années : climatologie, territoire, population, production, mouvement économique, revenus et consommations, gouvernement et administration, colonies et pays de protectorat. Une deuxième partie rétrospective assure d’utiles comparaisons, ainsi qu’une troisième consacrée, dans le même ordre, aux pays étrangers.
- Théorie analytique des associations biologiques, par Alfred J. Lotka. lre partie : Principes. 1 broch. in-8, 45 p., 3 fig. Actualités scientifiques et industrielles. Hermann et Cl®, Paris, 1934. Prix : 14 fr.
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- NOTES ET INFORMATIONS
- PRIX NOBEL
- Les prix Nobel en 1934.
- Le prix Nobel pour la médecine a été partagé entre trois praticiens américains : le Dr Whipple qui a déterminé les causes physiologiques de l’anémie, les Drs Minot et Murphy, qui, en s’inspirant des directives de leur confrère, ont institué le traitement de l’anémie pernicieuse.
- Né à Ashland (New-Hampshire), le 28 août 1878, George Hoyt Whipple obtint son doctorat en médecine en 1905, puis devint assistant de pathologie à la « John Hopkins Medical School » trois ans plus tard. Dès cette époque, il commença ses études expérimentales sur les maladies du foie, recherches qu’il continua ultérieurement à l’Universiîé de
- Dr Whipple, traitèrent dès 1924, des personnes atteintes d’anémie pernicieuse au moyen de préparations diverses tirées du foie des animaux et prises en injections ou par la voie buccale.
- Ils purent, grâce à cette « liver diet », soit guérir complètement leurs malades, soit améliorer suilisamment leur état pour leur permettre une existence quasi normale, alors qu’auparavant l’anémie pernicieuse avait toujours une issue fatale, moins de deux ans après la première crise.
- C’est encore à un savant américain qu’échoit le prix Nobel de Chimie pour 1934. Le professeur llarold C. Urey, de l’Université Columbia de New-York, a découvert le deutérium ou hydrogène lourd en janvier 1932. Ce deutérium a, comme beaucoup d’autres isotopes, un atome de plus que l’hydro-
- Fig. 1 à 3. — Trois nouveaux lauréats des prix Nobel.
- De gauche à droite : le Professeur Whipple, le DT Minot, le Professeur Urey.
- Californie où il devint professeur de matière médicale (1914) et à l’Université de Rochester où il occupe la chaire de pathologie depuis 1921. Il démontra, en particulier, que dans la jaunisse, les substances colorantes sont des pigments de la bile et que leur accroissement dans le sang active la destruction des globules rouges. Il considère, en outre, l’hémoglobine comme la source des pigments et la jaunisse suffisamment intense comme la cause primordiale de l’anémie. Que faut-il donc, se demanda le Dr Whipple, pour que de nouvelles hématies viennent remplacer celles que l’infection a détruites ?
- Pour résoudre ce problème il rendit des chiens anémiques au moyen de saignées successives, puis il varia leur nourriture journalière de toutes façons et après 7 ans d’observations il put avancer que, dans l’anémie, le foie est le facteur de régénération le plus énergique des globules rouges du sang.
- De leur côté, les Drs George Richards Minot et William Parry Murphy de Boston, s’autorisant des travaux du
- gène. Cet atome qui double sa masse atomique lui confère des propriétés chimiques nouvelles et, chose digne de remarque, lui assigne la place 2, inoccupée jusqu’ici dans la classification de Mendéléef. La découverte d’Urey et de ses collaborateurs, entre autres Briclcwedde, Murphy et Washburn pose de nouveaux problèmes physico-chimiques h Le deutérium, combiné à l’oxygène, donne une « eau lourde » de densité 1,000034, fondant à 3°8 (au lieu de 0°), bouillant seulement à 101°,4 (au lieu de 100) et dont le maximum de densité se trouve aux environs de 11°6 (au lieu de 4°). Les propriétés biologiques de 1’ « eau lourde » se révèlent très différentes de celles de l’eau ordinaire. En particulier, le nouveau composé paralyse les muscles et possède un pouvoir bactéricide puissant.
- On le voit, l’œuvre du professeur Urey ouvre de vastes horizons.
- Jacques Boyer.
- 1. Voir dans La Nature, n° 2925 (15 mars 1934) l’article de M. E. Dar-mois sur L’hydrogène lourd, pour de plus amples détails.
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- INVENTIONS ET NOUVEAUTÉS
- ÉLECTRICITÉ
- Générateur électrique éoliens.
- Bien avant que l’on n’utilisât la force des cours d’eaux et des marées, les navires à voiles sillonnaient les mers et les moulins à vent ronronnaient sur tous les plateaux du littoral.
- De nos jours, caraques et frégates laissent le vent aux yachts, les moulins amputés de leurs ailes servent de logis de plaisance et, sur les plateaux du littoral, les vols silencieux des planeurs occupent seuls l’horizon.
- Le A^ent, comme force motrice, n’est pratiquement plus employé que pour faire fonctionner des éoliennes, actionnant directement des pompes.
- Des inventeui'S, des ingénieurs de tous les pays se sont efforcés de créer des moteurs aériens transformant le vent en énergie électrique. De nombreuses sociétés se formèrent afin de fabriquer industriellement ces appareils.
- Jusqu’ici, malgré le mérite de beaucoup de solutions, aucune n’a encore reçu de consécration industrielle, peut-être parce qu’elles furent trop ambitieuses.
- L’appareil Aéro-Force-Lumière ne Aise pas à alimenter de véritables usines éoliennes. Il a été conçu pour assurer à une maison, à une ferme l’énergie électrique domestique.
- Problème déjà fort difficile et qui a exigé, outre la collaboration de nombreux spécialistes, sept années d’efforts et de perfectionnements successifs.
- L’Aéro-Lumière se compose des parties suwantes :
- 1° Un organe transformant l’énergie du vent en énergie mécanique. C’est une hélice multipale en bois très dur ayant subi un traitement spécial lui permettant de supporter, sans déformation, des variations importantes de température;
- 2° Un transformateur d’énergie mécanique en énergie éiec-
- Fig. 2. — La batterie recevant le courant.
- trique (dynamo) ;
- 3° Un gou\rernail de direction et de stabilisation;
- ‘ 4° Une batterie
- d’accumulateurs destinée à recevoir le courant de la dynamo et à le rendre utilisable d’une façon continue.
- Seule, une hélice multipale, aux courbes dessinées selon des lois nouvelles, a permis d’utiliser le vent à partir de la vitesse de 2 m-sec ; mais, au préalable, que d’essais de turbines, de moulinets, de roues à aubes, de tambours, etc...
- Il fallait que la dynamo produisît un courant, l’hélice tournant par vent de 2 m, mais il fallait encore que toute l’énergie du vent fût utilisée. Malgré les différences de puissances, le rapport entre le minimum et le maximum transformable est de l’ordre
- Fig. 1.— L’Aéro-Force-Lumière.
- de 8 w à près d’un Iyav. Les ingénieurs créèrent de toutes pièces une dynamo hermétique, spéciale, à basse tension; l’hélice tourne directement sur l’arbre du moteur sans démultiplication d’aucune sorte ; la marche est donc absolument silencieuse.
- Il fallait un gouvernail stabilisateur chargé d’orienter le système dans le vent et de corriger l’effet gyroscopique de l’hélice. Par les plus grandes tempêtes, l’appareil résiste et charge jusqu’à la AÙtesse de 1300 tours-minute.
- Mais l’Aéro-Force-Lumière se devait de posséder d’autres qualités : s’arrêter à la commande, résister impeccablement aux intempéries, supporter les bourrasques et marcher par la plus faible brise. Il est extrêmement robuste; destiné à tous les climats, à tous les régimes de vents. Tout acquéreur doit pouA^oir le faire poser et le mettre en marche sans la moindre difficulté.
- Placé une fois pour toutes, il ne donne aucun souci et doit fournir journellement, selon les Agents et pendant un temps illimité, la quantité d’électricité nécessaire à la vie d’une maison.
- ftablis1* Biégeaut et Burg, 55, rue de Turbigo, Paris (3e).
- U électricité mesure l’humidité du bois.
- L’industrie a grand intérêt à connaître l’humidité du bois qu’elle utilise, car ses produits : constructions, meubles, boîtes d’appareils, etc., faits avec du bois trop humide ou trop sec l’isquent de jouer.
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- On vient de mettre au point un procédé électrique qui permet de déterminer l’humidité des bois avec une grande précision. Basé sur le fait que la résistance ohmique du bois dépend du degré d'humidité, il est d’une grande simplicité. Un courant engendré par une magnéto à manivelle passe à travers un échantillon du bois à examiner, jusqu’à ce qu’un condensateur faisant partie du circuit se charge, ce qu’une lampe à gaz luminescent signale en s’éclairant. Plus la résistance de l’échantillon est grande et plus le condensateur mettra de temps à se charger.
- L’appareil basé sur ce procédé comporte essentiellement une magnéto à manivelle, un petit compteur, 5 condensateurs, une lampe à gaz luminescent, le porte-électrodes et les électrodes. La magnéto a été construite pour 500 v de tension continue. Le nombre de tours de la manivelle de la magnéto est totalisé par le compteur, sur le cadran duquel on le lit directement. C’est ce nombre de tours qui mesure le temps de charge du condensateur. Afin d’abréger ce temps, on a prévu 5 condensateurs correspondant aux taux d’humidité courants; une fiche permet de choisir celui qu’on désire utiliser. Le couvercle à charnières comporte cinq échelles différentes, sur chacune desquelles on lit immédiatement l’humidité correspondante en tant pour 100.
- On monte l’échantillon à examiner dans le porte-électrodes, entre les deux électrodes, dont la disposition, étant donnée leur importance pour la précision des mesures, est particulièrement soignée. Ce sont des tampons en caoutchouc de 3 cm de diamètre, garnis de feuille d’étain. Sous cette forme, les électrodes donnent une résistance minima de passage, c’est-à-dire le meilleur contact possible.
- Cet appareil mesure les humidités comprises entre 5 et 22 pour 100, avec une précision qui, jusqu’à 12 pour 100, est de db 1 pour 100 et, pour les humidités supérieures, de rt 2 pour 100.
- Cet appareil permet d’examiner, en un minimum de temps toute une série d’échantillons de bois.
- • k
- Constructeurs : Siemens et Halske A. G., à Berlm-Siemenstadt.
- ÉCLAIRAGE
- Lampe de travail « Electra ».
- L’éclairage n’a cessé de progresser, depuis que l’ampoule
- électrique a permis de renouveler les formes des lampes et a libéré de la sujétion des cheminées nécessaires pour évacuer les gaz brûlés.
- Longtemps cependant, l’éclairage électrique a copié les formes anciennes, comme l’automobile du début répétait les voitures à chevaux.
- Peu à peu, on s’en est libéré et notamment on a considéré qu’il était inutile de conserver l’éclairage direct, la lampe visible, et qu’il valait mieux, puisqu’on le pouvait maintenant, créer une nappe de lumière à partir d’un foyer caché. Les yeux s’en trouvent fort bien qui ne craignent plus l’éblouissement.
- Voici le dernier cri, si l’on peut dire, de cette
- « Electra » est une somptueuse lampe de bureau, toute vernie et nickelée. Le socle, parfaitement stable reçoit les fils et présente le bou.-ton d’allumage. La colonne porte un champignon opaque sous lequel est l’ampoule.
- Une coupe opaque empêche la vue des filaments incandescents.
- Toute la lumière émise est renvoyée par la coupe inférieure blanche vers le champignon supérieur dont la face du dessous, également blanche et lisse, d’une courbe soigneusement étudiée, diffuse la lumière vers le bas, tout autour, également. On utilise donc au mieux la lampe électrique, on réalise sur la table une nappe très éclairée, tandis que les yeux restent dans l’ombre, parfaitement protégés.
- La lampe de travail « Electra » est en vente chez Kirby, Beard et Cie, 5, rue Auber, Paris.
- Fig. 4.— Lampe de travail « Électra ».
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- BOITE AUX LETTRES
- COMMUNICATIONS
- A propos des hmpes « monowatt » et * demi-watt »
- (n° du lor février 1935, p. 144.)
- La protestation d’un de nos lecteurs au sujet de la disparition des lampes monowatt nous a valu quelques lettres de lecteurs s’associant au désir de notre correspondant. Elle n’a suscité jusqu’ici aucune réponse des constructeurs.
- Voici en tout cas, l’intéressant avis d’un ingénieur électricien : M. J. Kaeppelin, ingénieur E. S. E., à Poiré par Velluire (Vendée).
- « Lorsqu’on emploie des ampoules nues et en verre clair, il est certain que les lampes à filament en zigzag donnent une meilleure lumière, moins éblouissante et avec des ombres moins brutales, que les lampes à filament spiralé, type « demi-watt ». Mais il est non moins sûr que pour obtenir réellement une bonne lumière qui ménage les yeux, il faut toujours habiller l’ampoule d’un appareil, diffuseur ou réflecteur, dont on trouve d’ailleurs de nombreux modèles appropriés à tous les cas, ou au moins employer des ampoules en verre dépoli.
- La différence de consommation entre les ampoules à filament dans le vide (monowatt) et celles à atmosphère gazeuse (demi-watt) est assez faible en effet pour les modèles courants; les fabricants le savent si bien que les types de faible puissance, 15 w et parfois 25 w, que les commerçants baptisent « demi-watt >», sont ordinairement des ampoules à vide, mais dont le filament est spiralé pour rappeler l’aspect des lampes à atmosphère gazeuse : dans ce cas, on ne peut évidemment constater aucune différence de consommation; et les écarts de prix ne peuvent s’expliquer que par des différences de qualité, ou par de mystérieuses raisons commerciales...
- Mais le point le plus important, qu’il semblerait utile de répandre dans le public, c’est que dans les dépenses d'éclairage, le prix d’achat de l’ampoule ne représente qu’une faible part. Au cours de sa vie moyenne, une ampoule consomme une quantité d’énergie électrique dont la valeur est environ 9 ou 1 ) fois le prix d’achat de l’ampoule : si donc on peut réaliser une économie de 13 pour 100 sur ce prix d’achat, et encore 10 pour 100 en prolongeant la durée de l’ampoule,
- cela ne fera guère qu’un bénéfice de 2 pour 100 sur le total des dépenses d’éclairage, si l’on suppose que la consommation ne varie pas (et en fait le rendement lumineux d’une ampoule diminue toujours un peu à l’usage). Or, dès qu’on emploie des ampoules d’au moins 40 w, l’économie de consommation, sans atteindre les 50 pour 100 que pourraient laisser supposer les expressions « monowatt » et « demi-watt », est réellement bien supérieure à 2 pour 100, même en tenant compte de l’absorption du diffuseur ou du verre dépoli. De même, le prix d’achat de l’appareil d’éclairage, diffuseur ou autre, pouvant s’amortir sur une durée qui représente la vie d’un grand nombre d’ampoules, n’augmente pas beaucoup en réalité le total des dépenses d'éclairage pour cette période qui peut atteindre plusieurs années.
- Cette observation s’applique à presque tous les appareils électrodomestiques, et aux installations elles-mêmes : le prix d’achat ou la dépense de premier établissement restent très faibles vis-à-vis des dépenses de consommation réalisée pendant la vie utile des appareils ou de l’installation. Cependant, c’est souvent cette première dépense qui, par son aspect massif, fait hésiter l’acquéreur éventuel. Cette question mériterait peut-être d’être étudiée de près, en cette période de crise, où les producteurs d’énergie électrique, devant les menaces de surproduction potentielle, cherchent à développer la consommation domestique, en accordant des réductions de tarif, parfois considérables pour certains usages; il serait peut-être nécessaire d’accroître l’attrait de ces tarifs réduits par des facilités pour l’achat à crédit ou en location-vente des appareils d’utilisation, et au besoin par des ristournes accordées aux installateurs pour les installations nouvelles.
- En ce qui concerne réchauffement des culots d'ampoules et des douilles-supports, il est certainement beaucoup plus considérable avec les lampes à atmosphère gazeuse, et encore un peu plus avec les derniers modèles à filament en double spirale. Là, c’est sans doute aux fabricants de douilles qu’il faudrait demander un petit effort : quoique les isolants des fils de bonne qualité ne semblent pas en souffrir tellement... »
- QUESTIONS ET RÉPONSES
- De tout un peu.
- M. Bardol, à Paris. — Le procédé le plus simple pour conserver les jus de pommes ou de raisins est la stérilisation par la chaleur comportant une mise en bouteilles solides (bouteilles à champagne), un bouchage soigné, avec bouchons de choix que l’on a soin de ficeler, puis un chauffage progressif dans une bassine, par exemple une lessiveuse, du foin étant placé autour des bouteilles pour amortir les chocs.
- Lorsque l’ébullition est atteinte, on laisse refroidir naturellement sans retirer les bouteilles.
- Industriellement, on opérerait de la même façon mais le chauffage se ferait en autoclaves, c’est-à-dire par la vapeur d’eau sous pression.
- Ouvrage à consulter : Les conserves de fruits par A. Rolet, éditeur Baillière, 19, rue Hautefeuille.
- I. M. P. 26-0 T.— 1° D’après un lecteur de La Nature, qui a eu toute satisfaction, voici comment on peut établir soi-même un écran de cinéma.
- Construire un châssis aux dimensions voulues, par exemple 75 cm X 100 cm, en bois blanc bien rigide; une traverse centrale est nécessaire pour assurer une tenue convenable. Il est bon de peindre ce châssis avec une peinture à l’huile quelconque, afin que l’humidité ire le fasse pas travailler.
- Tendre avec soin un calicot que Ton cloue sur les côtés à l’aide de semences en intercalant entre le châssis et la toile, un carton blanc mat.
- On peut cacher, en clouant sur la bordure une baguette demi-ronde à l’aide de « finette » d’ébéniste, l’écran est alors prêt à recevoir l’enduit, dont voici la composition pour 1 m2.
- Collodion à 5 pour 100..................... 250 grammes
- Carbonate de chaux précipité............ 15 —
- Poudre d’aluminium fine................. 25 —
- Alcool à brûler q. s.................... 500 cm3
- On broie au mortier le carbonate de chaux et la poudre d’aluminium, on ajoute le collodion en agitant bien, on met en flacon à col large et on dilue de la quantité nécessaire d’alcool pour obtenir la fluidité.
- Enduire la boîte avec une queue de morue large en employant la moitié de la préparation. Veiller à la régularité d’application, bien imbiber la toile et finir, en passant régulièrement dans le même sens.
- Laisser bien sécher et passer une seconde couche avec l’autre moitié de la préparation, toujours bien mélangée.
- Eviter soigneusement la proximité de toute flamme. Après séchage complet, la toile se trouve parfaitement tendue.
- 2° A notre avis, les cuvettes en tôle enduites de vernis ne sont pas à recommander pour les travaux photographiques, elles donnent lieu à des insuccès, qui coûtent beaucoup plus cher que l’acquisition de cuvettes en verre ou en porcelaine.
- 3° Pour désinfecter les boues qui se trouvent sur votre terrain ayant reçu des eaux ménagères, le mieux est de répandre à la surface, un mélange à parties égales de sulfate de fer (vitriol vert) et de plâtre bien pulvérisés.
- M. Chardin, à Pantin. — Il vous sera facile de rendre insolubles dans l’eau toutes les colles à la gélatine en ajoutant à celles-ci 1 à 2 pour 100 de bichromate de potasse, après séchage et exposition suffisante à la lumière, l’insolubilité sera acquise.
- M. Kolarovitch, à Casablanca. — A notre avis, il est inutile de compliquer la question, la solution la plus simple serait de couler le ciment sur une plaque de verre mince, puis d’argenter l’autre face ainsi que cela s’effectue couramment pour l’obtention des miroirs; cette argenture donnerait même de meilleurs résultats, si elle précédait le coulage du ciment qui aurait alors lieu sur la face argentée.
- M. Mignon, à Paris.— 1° Vous trouverez de l’or mussif (bisulfure d’étain), chez Neveu, 20, rue Gay-Lussac, Paris.
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- DOCUMENTS PHOTOGRAPHIQUES
- Fig. 1. — Le collecteur de chaleur solaire d’Abbott, pouvant dépasser 200°.
- Fig. 2. — La maison de la Broadcasting Corporation, à Londres.
- Fig. 3. — Projection de métal par étincelle à plusieurs millions de volts, au laboratoire de Pillsfield (photos Wide World).
- Fig. 4.— Campbell et son automobile pour records de vitesse (photo Roi)-Fig. 5. — Un nouveau sport d’hiver : li « schlitte » à hélice aérienne
- (photo Nyt).
- Fig. 6. — Inauguration des «pipe-lines » dans le port de Ilaiffa ( Turquie)
- (photo Nyt).
- Fig. 7. — Expérience de télévision sur le Brocken (Ilarz)
- (photo Wide W'orld).
- Le Gérant : G. Masson.
- 644.4. — lmp. Lahure, 9, rue de Fleurus, Paris. — i-3-iç.?5. — Published in France.
- Ssf§*j
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- N° 2949
- LA NATURE
- 15 Mars 1935.
- LE MOUFLON A MANCHETTES
- DU MAROC A L'ÉGYPTE
- Animal essentiellement confiné dans les rochers, le Mouflon à manchettes est un curieux type zoologique
- communs, au voisinage des crêtes, dans tout le Moyen et le Haut Atlas. Dans ce dernier relief, vers l’Ouest, ils descendent jusqu’à la mer chez les Haha.
- Les limites du pays des Mouflons à manchettes s’étendent du Sud de Mogador, de la chaîne des coteaux de
- Gafsa, des Syrtes et des terres de parcours des Biscliari vers le littoral de la mer Rouge, au Nord du Tagant en Mauritanie et au Sud de Khar-toum jusqu’au delà du 16e parallèle.
- A l’intérieur de cet immense périmètre, il n’est pas de sommet rocheux qui ne serve de refuge à des Mouflons. L’indépendance de cet animal vis-à-vis du milieu climatique est en tout cas très nette. Les seuls traits positifs de son éthologie sont, d’une part, son caractère sylvifuge et rupicole, d’autre part, son indifférence, en face de l’extrême rareté, ou même de l’absence de points d’eau dans la région qu’il habite.
- Il y a cinquante ans à peine, le Mouflon à manchettes subsistait encore dans la boucle du Niger, sur le plateau gréseux de Bandiagara. Il a pi'esque disparu aujourd’hui de la Tunisie et de l’Aurès, mais se maintient assez heureusement dans le Sud oranais et au Maroc. Au Néolithique, il était largement répandu dans tout le Tell algérien, notamment aux alentours de Constantine, Bougie, Alger et Oran. Dans le Djurdjura, où il abondait alors, les indigènes auraient même conservé le souvenir de sa
- intermédiaire entre les Moutons et les Chèvres. Classé . habituellement p armi les premiers, il offre cependant de bien plus étroites affinités par son ostéologie avec les secondes; d’autre part, par le développement d e s. méats des noyaux^' osseux de ses cornes, il rappelle plutôt Ips q Bœufs ou les Buffles. S?/
- 11 doit sop nQip^au^.v’' longs poils
- son cou et tombent de sa poitrine sur ses pieds.
- Le Mouflon à manchettes est remarquable par son aptitude à vivre sous les climats les plus variés : c’est ainsi qu’il se reproduit parfaitement dans les jardins zoologiques de l’Allemagne du Nord et de la Belgique, bien que son aire d’expansion actuelle soit strictement saharienne et circasaharienne.
- Sa zone de dispersion est largement discontinue. Elle atteint au Maroc les sommets de plus de 4000 m, comme l’Aya-chi, où les Mouflons se trouvent au contact
- de neiges presque éternelles. Ces Ruminants sont assez
- Fig. 1. — La porte d'Erfoud, Tafilalet [Maroc). (Photo Jean Gattefossé.) On voit au sommet un crâne de mouflon à manchettes.
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- présence dans leurs montagnes, fait qui s’accorde avec l’indifférence de cet animal vis-à-vis du climat.
- Le Mouflon à manchettes a été de tous temps élevé en semi-domesticité par les indigènes de l’Égypte, de la Tripolitaine, de la Tunisie, de l’Algérie et du Maroc. Les individus ainsi privés de liberté vivent habituellement au milieu des troupeaux de Chèvres ou de Moutons sur les terres de pâture des tribus de leurs propriétaires.
- J’ai été frappé notamment jadis des mœurs d’un jeune Mouflon captif à la mine de Redeyef (Sud tunisien) : cet animal affectionnait spécialement le foyer des cheminées de l’habitation du directeur, comme s’il eût souffert particulièrement du froid dans eel le région (hiver de 1905).
- Au Maroc, il existe actuellement un couple de ces Ruminants parfaitement apprivoisé, dans le Haut Atlas central, à Asni.
- En cette région, les Mouflons vivent, dans les solitudes qui avoisinent les cimes de 3000 m, groupés en petits troupeaux, rarement de plus d’une douzaine d’individus, pâturant la nuit, se reposant le jour. Seules les périodes de fortes chutes de neige entraînent ces Ongulés à descendre momentanément vers les plaines ; en thèse générale, un tel gibier ne se laisse pas approcher à moins de 200-300 m.
- Le mâle du couple apprivoisé d’Asni a été capturé à 3800 m, entre les cols de Tachdirt et de Taehdert en 1927. Sa mère l’avait, comme le fait se produit assez fréquemment. amené tout nouveau-né, au milieu d’un troupeau de Chèvres domestiques, en vue de le faire allaiter par une de celles-ci. Un jeune pâtre s’empara du petit Mouflon, après avoir écarté les parents.
- La femelle du couple actuellement élevé à Asni fut capturée un mois plus tard dans les mêmes circonstances.
- Nourris d’orge, de sucre, de pain grillé, l’un et l’autre prospérèrent rapidement. Aujourd’hui le mâle pèse 130 kg ; chacune de ses cornes mesure 70 cm de long sur 27 de diamètre.
- De ce couple sont nés, à Asni, un jeune mâle le 27 avril 1923 et une petite Mou-flonne le 11 septembre 1934.
- Les indigènes arabophones d’Algérie et de Mauritanie nomment le Mouflon Aroui, mot qui a été considéré comme analogue au latin Aries. Le mâle et plus spécialement le vieux mâle sont appelés Fechtal (comme d’ailleurs le Cerf mâle) ; la femelle est dite Maza « la Chèvre », et le petit Kharouf « l’Agneau ». En berbère du Maroc, de Tunisie (Kalaat es Sened, Nefzaoua) et de Rhat (Tripolitaine), le Mouflon est nommé Oudad, désignation encore employée chez les arabophones de Tunisie et toujours d’un usage courant chez les Touareg du Sahara; ceux-ci qualifient la femelle de Toudat et le jeune de Abouledj. Au Fezzan, le même mot est
- vocalisé Ouadan. Pour les Arabes d’Algérie, c’est encore le Tis el djebel « le Bouc de montagne »; pour ceux d’Orient, c’est le Kechb el djebel « Le Bélier de montagne » ou le Kharouf el hhela « l’Agneau du désert ». De même, chez les Berbères de Rhadamès (Tripolitaine). cet animal est, qualifié d, Azoumer n tamesna « Mouton du désert » et chez les Touareg Aouellimmiden de Eh are n oudrar « Mouton de la montagne ».
- Ces locutions évoquent celles jadis employées, pour le Mouflon à manchettes, par les auteurs de l’antiquité, « Bélier ou Mo.uton sauvage», d’Hérodote, de Columelle, de Timothée de Gaza, « Chèvre sauvage » d’Aristote, d’Elien, de Virgile, « Tragélaphe » de Pline.
- Hérodote spécifie déjà que cet animal est propre aux contrées du Sud de la Libye et Élien dit qu’il aff ectionne les sommets des montagnes.
- Columelle nous informe que son père en acheta à Gadès (Cadix) des individus qui avaient été transportés d’Afrique en Espagne pour être exhibés dans les spectacles : l’agronome romain ajoute qu’il les croisa avec des Brebis de son domaine. Peut-être le Mouflon joua-t-il et joue-t-il même encore, dans une certaine mesure, un rôle totémique au Maroc et au Sahara occidental.
- .3. Gattefossé m’a signalé le fait que toutes les portes de la ville nouvelle d’Erfoud, à l’orée du Tafilalet, sont ornées d’un massacre (ossature du crâne et cornes) de Mouflon. Or les constructions de cette cité ont été édifiées récemment : elles étaient destinées initialement à servir de refuge aux Israélites chassés par les Filaliens, lors de l’évacuation du Tafilalet par nos troupes, après la première occupation de cette oasis par les Français
- (f*g- *)
- D’autre part, E. Doutté nous apprend que, dans le Goundala (Haut Atlas occidental), si des chasseurs, qui sont toujours organisés en bandes, ont tué un Mouflon, ils en portent une épaule à la zaouia de Sidi Ahmed ou Mohammed de Tassafet, dans la vallée de l’Agoundiz.
- Deux tribus berbères du Maroc, l’une ».u Tadla, l’autre de l’Ouergha, portent encore le nom du Mouflon : ce sont des Fechtala, dont l’appellation, comme me l’a fait remarquer G. Colin, est mentionnée dans la chronique d’Ali Baïdaq, au nombre des Senhadja de l’ombre et du soleil; ceux-ci vivaient sur les deux pentes des montagnes de la zone de contact du Moyen et du Haut Atlas, de Demnat au Dadès. Non loin des Fechtala de l’Ouergha, un autre groupe ethnique porte la dénomination de l’Oryx : les Lemta ont pour origine des Senhadja au litham, venus jadis du Lamtouna, des confins du Maroc et du Sahara, comme nous l’apprend Ibn Khal-doun. 11 existe d’ailleurs, dans le djebel Amergou, au centre du territoire des Fechtala de l’Ouergha, une forteresse almoravide; les Almoravides étaient des Senhadja au litham, comme les Touareg actuels.
- Or la trace d’un totémisme originel, lié au matriarcat, se retrouve dans les plus vieilles traditions touareg, telles que les a rapportées M. Benhazera. Tin Hinane, l’aïeule des lvel Rhela, le clan des nobles qui domine la confédération du Hoggar, eut selon la légende trois filles : Tinirt « la Gazelle mohor », qui fut la mère des Inemba ; Tahenhaü « la Gazelle dorcade », qui fut l’ancêtre des
- Fig. 2. — Figurine d’argile de Toukh {Haute Égypte). On voit sur la poitrine l’image d’un Mouflon à manchettes ( d’après Jacques de Morgan).
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- Ivel Rhela proprement dits; Tamerouelt « la Hase », qui fut la génératrice des Iboglane.
- Ainsi apparaît, dans le folklore saharien, une réminiscence du vieux totémisme berbère, dont les gens de l’Oryx, Lemta, Lemtouna, et les gens du Mouflon, Fechtala, ont, par leurs appellations, conservé jusqu’à nous, au Maroc notamment, des témoignages irrécusables.
- Nous ne possédons pas de données très précises sur le rôle qu’a dû jouer le Mouflon à manchettes dans le totémisme primitif de l’Egypte. Nous savons seulement d’une façon formelle que des momies de ces animaux ont été découvertes par G. Schweinfurth en 1882 dans une des chambres du petit temple de Kôm Méreh (Komir) à 13 km au Sud-Est d’Esneh, entre Thèbes et Hiéra-konpolis; elles étaient associées à de nombreuses momies de Gazelles, dorcades et isabelles entassées en ce lieu à l’époque romaine, vers la lin du ier siècle après Jésus-Christ, selon G. Maspéro. D’autres Mouflons momifiés, décrits par Lortet et Gaillard, furent découverts dans les hypogées des environs de Gizeh. C’est dire que le cidte du Mouflon était commun aux pays de Thèbes et de Memphis, à la Haute et à la Basse Egypte, où, dans les enceintes de divers temples, étaient sans doute alors élevés des représentants de cette espèce d’Ovicapridés.
- Une statuette féminine en argile, découverte par J. de Morgan à Toukh (30 kilomètres au Nord de Louxor), porte, peints sur son corps, des motifs correspondant à des tatouages, parmi lesquels figure l’image du Mouflon à manchettes parfaitement reconnaissable (fig. 2).
- Enfin sur le manche en ivoire du poignard de silex trouvé par H. de Morgan à Hassaya, près d’Edfou, également en Haute Egypte, manche où sont figurés sur dix rangées de chaque face des animaux de la faune égyptienne, une ligne entière, la ligne 4 est occupée des deux côtés par des images de Mouflons à manchettes : dans un seul cas, le dernier des animaux d’une série est représenté mordu par derrière par un Chien de chasse qui le suit. J’ai émis l’hypothèse que les Eléphants, dont le dessin surmonte celui de Serpents, Eléphants qui occupent le premier rang des bêtes dessinées sur l’une des faces de ce manche de couteau, évoquent la figuration d’un ancien clan égyptien. Il est bien possible qu’il en soit de même des images de la rangée des Mouflons à manchettes, dont le clan offrirait certains rapports avec des rites de chasse,
- Fig. 3. — Manche en ivoire du poignard en silex, découvert par Henri de Morgan à Hassaga, près d'Edfou. La 4« ligne de chaque côté représente des Mouflons à manchettes' (d’après Jacques de Morgan).
- comme l’indiquerait la figure du Chien venant à la suite d’une des rangées d’Ovicapridés du manche de couteau.
- Ainsi du Maroc et de la Mauritanie à l’Égypte, le Mouflon à manchettes, animal sauvage, indifférent aux variations du milieu physique, cependant en régression géographique manifeste depuis le Quaternaire, apparaît comme un Ruminant de domestication facile et de multiplication relativement aisée. Ce Mammifère a, d’autre part, joué un rôle important en Afrique du Nord, des temps préhistoriques à l’époque actuelle, dans l’ethnographie traditionnelle, où il figura peut-être tour à tour comme enseigne de clan, comme protecteur d’individualités ou de collectivités, parfois sans doute aussi lié à des rites de chasse, enfin localement animal sacré, au même titre que des Gazelles et d’autres Mammifères indigènes.
- L. Joleaud,
- Professeur à la Sorbonne.
- UNE ŒUVRE HUMANITAIRE AU CONGO BELGE
- Dans l’immense Congo Belge, grand comme cinq fois la France, la population fort clairsemée ne dépasse guère deux millions d’indigènes. Sous l’action de différents facteurs que nous n’examinerons pas, cette faible occupation humaine a une tendance à diminuer rapidement, surtout depuis l’occupation européenne. Comme le problème de la main-d’œuvre et par conséquent de la vitalité de la colonie est une question primordiale, celui-ci a préoccupé depuis longtemps les pouvoirs compétents. Le Roi Albert avait déjà attiré, il y a une quinzaine
- d’années, l’attention des autorités sur le délicat problème de la population noire, montrant dans plusieurs discours qu’il fallait, si l’on voulait « assurer à la colonie le bien-être et la richesse », s’attacher en tout premier lieu à sauvegarder son capital humain. Pour lui les œuvres d’hygiène devaient primer tout le reste de l’organisation du Congo. Revenant sur le même sujet, en 1926, au Congrès colonial, le souverain terminait son exposé en disant : « Nous avons une responsabilité vis-à-vis des populations dont nous avons assumé le gouvernement.
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- Nous devons défendre leur vie et préserver leur santé ».
- Les sages paroles d’un Roi, dont l’Europe entière pleure la disparition tragique, devaient être entendues, et en 1930 M. Henri Jaspar, ministre des Colonies, par un vibrant appel au Parlement et à la Nation, obtenait une dotation de 50 millions pour l’œuvre humanitaire à entreprendre. En même temps 100 millions furent versés par le ministère des Colonies sur son budget extraordinaire. Sans perdre de temps, l’organisme fut fondé avec comme but l’assistance médicale intégrale aux indigènes, en vue non seulement d’accroître quantitativement le capital humain, mais aussi d’augmenter en qualité le capital santé, très précaire comme l’on sait sous les tropiques.
- Ne pouvant embrasser d’un seul coup l’ensemble du territoire, le Fonds, placé sous la protection delà Reine Elisabeth, dont on connaît le dévouement pour les œuvres humanitaires, s’attacha tout d’abord à secourir la région du Bas-Congo où un long contact avec les Européens et les tristes pratiques de l’esclavage avaient particulièrement exercé leurs ravages, décimant complètement la population. Ce secteur auquel sont venues s’adjoindre par la suite trois autres zones le long du lac Tanganyika fut divisé en huit sous-secteurs, eux-mêmes divisés en cercles comprenant des groupes de chefferies. Dans chaque sous-secteur sont installés des médecins assistés d’agents sanitaires. Leur nombre varie avec la densité de la population et les indices endémiologiques des affections principales fixées par la prospection médicale.
- L’équipement comporte des hôpitaux de l’Etat, des hôpitaux et des dispensaires de sociétés, de missions, sans compter un réseau à mailles serrées de dispensaires de chefferies. De la sorte, aucun malade ne doit effectuer, pour venir se faire soigner, des déplacements supérieurs à 20 km. Là où les communications sont pénibles par suite de la nature du sol — marécages ou montagnes — des centres médicaux secondaires sont installés.
- Les lazarets-caravansérails construits au voisinage des dispensaires permettent d’héberger momentanément les malades qui doivent recevoir des soins plusieurs jours de suite, sans nécessiter un séjour prolongé dans un hôpital.
- Le sous-secteur possède, en outre, un groupe prophylactique composé d’un médecin et d’un agent sanitaire avec un personnel indigène plus ou moins nombreux. Le rôle de cet organisme est de visiter les villages case par
- Fig. 1. — Un hôpital.
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- case pour recenser les indigènes et déterminer les maladies individuelles afin de les soigner. En même temps les agents établissent des « cahiers sanitaires » des différentes régions examinées.
- Pour l’ensëmble de l’œuvre le nombre d’agents en 1933 était le suivant : 22 médecins; 60 agents sanitaires; 200 aides-infirmiers indigènes, etc... Une trentaine d’hôpitaux sont en pleine activité, et il existe en outre 120 dispensaires construits, les uns en matériaux durables, les autres en matériaux semi-définitifs.
- En 1931 et 1932, plus de 500 000 indigènes ont été examinés sur un chiffre global de population d’environ 650 000 noirs.
- Plus de 260000 consultants sont traités chaque année dans les dispensaires, ce qui représente bien près de 50 pour 100 de la population totale. Plus de 21 000 malades reçoivent les soins que nécessite leur santé dans les hôpitaux, où la mortalité est faible, environ 2 pour 100.
- En dehors des maladies ordinaires : grippes, varioles, typhoïdes, rougeoles, etc..., les médecins se sont attaqués aux affections endémiques comme la maladie du sommeil, le pian, la tuberculose, la lèpre, la syphilis, les helminthiases, la malaria et les ulcères phagédéniques dont les ravages sont particulièrement importants.
- Voici à ce propos quelques chilîres. Sur la population totale de 600 000 individus, on a recensé et soigné pour
- 1932:
- 2181 personnes atteintes de la maladie du sommeil;
- 10 851 personnes atteintes de pian;
- 900 personnes atteintes de la lèpre;
- 52 personnes atteintes de la tuberculose ;
- 216 personnes atteintes de syphilis;
- 45 142 personnes atteintes d’helminthiase;
- 15 473 personnes atteintes de malaria;
- 12 607 personnes atteintes d’ulcères phagédéniques.
- Comme l’on voit, l’état sanitaire du Bas-Congo est loin d’être favorable. Une bonne partie de ces malheureux, avant l’intervention de l’œuvre, étaient condamnés à une mort certaine.
- Ne pouvant entrer dans le détail de la lutte contre chacune de ces maladies, exposons rapidement la technique générale de la façon de traiter la plus connue d’entre elles : la maladie du sommeil. Cette triste affection sévit un peu partout au Congo dans les régions humides et tout particulièrement sur les rives du Tanganyika. Les services médicaux ont procédé dans cette région au recensement et au dépistage de l’affection. Les résultats furent les suivants pour 1932 : 58 683 habitants dont 1054 malades (2,5 pour 100).
- On procède ensuite au traitement rationnel des malades qui subissent à la fin de la cure une ponction lombaire et ganglionnaire. Le résultat de cette dernière étant favorable, les traités sont présumés convalescents et mis en congé pour six mois après quoi ils subissent un second examen. Si ce dernier est favorable le malade est considéré comme guéri; dans le cas contraire, la reprise de la médication s’impose. Les résultats, très encourageants, donnent en moyenne 50 pour 100 de guérisons et 11 pour 100 de mortalité.
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- Les incurables sont hospitalisés dans des lazarets spéciaux et reçoivent des soins en rapport avec leur situation. En outre, les zones à mouches tsé-tsé vecteurs du mal sont interdites aux populations.
- Ces mesures, si faibles et si incomplètes quJelles soient, donnent d’excellents résultats. Partout où l’assistance médicale étend son action, ce lamentable fléau qui menaçait de tuer des tribus entières est en sérieuse régression.
- Veillant à la santé de la population, l’œuvre étend ses bienfaits à la femme enceinte et à l’enfance noire. L’indigène, considérant l’accouchement comme un acte toujours normal, ne s’inquiète guère de la naissance. Ce n’est que dans les cas extrêmes qu’il est fait appel à une matrone dont les pratiques empiriques n’apportent en général qu’une aide bien illusoire. L’enfant, élevé un peu à la façon d’un petit animal, paie un large tribut à la mort. On estime que dans beaucoup de régions les décès au cours de la première année de l’existence s’élèvent à 30 pour 100 des naissances et qu’à l’âge de 3 ans, à peine 50 pour 100 des êtres humains sont encore en vie. A cela il faut joindre le faible taux de la natalité et une hygiène déplorable donnant un chiffre élevé de décès des adultes. Tous ces facteurs conjugués ont amené une régression rapide de la densité des populations.
- Depuis l’intervention des médecins et de leurs auxiliaires, la situation est redevenue normale, partout on constate une augmentation des populations, le taux d’accroissement de négatif qu’il était est redevenu positif et s’élève à 18,8 pour 100 actuellement. On estime même que ce chiffre intéressant pourrait être largement dépassé en beaucoup d’endroits, à la condition de pouvoir réagir vigoureusement contre la désagrégation
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- Fig. 2. — Un dispensaire.
- de la famille par des recrutements excessifs, contre le relâchement, des mœurs, les avortements provoqués, etc...
- Si imparfaite que soit l’œuvre de l’assistance médicale aux indigènes, elle a déjà rendu, là où elle fonctionne normalement, de précieux services à la population noire et il serait souhaitable que dans un avenir rapproché elle puisse étendre le réseau de ses dispensaires sur le Congo entier.
- C’est à cette seule condition que nous sauverons de l’extinction totale ces populations qui sont nécessaires à la vitalité de nos entreprises africaines et qui en outre sont les vrais artisans de la mise en valeur des sols agricoles. 11 y a là pour nous une œuvre humanitaire de grande portée morale à réaliser en même temps qu’une dette de reconnaissance à acquitter vis-à-vis de ceux qui nous aidèrent à conquérir ce pays au climat jadis si meurtrier pour les Européens. G. Remaci.e.
- L’ACTION DES ANIONS SUR LES FERMENTS
- L’importance des acides dans l’activité des divers ferments est bien connue; des industries nombreuses en tiennent maintenant compte (boulangerie, brasserie, vinification, etc.). Tantôt on cherche à utiliser l’optimum d’acidité (pH) pour obtenir un effet rapide; tantôt, au contraire, on s’en éloigne systématiquement pour éviter les fermentations, comme Legendre Ta fait pour conserver les céréales. Mais les ions d’hydrogène n’interviennent pas seuls; les anions ont aussi un rôle que bien des expériences ont mis en évidence.
- On sait depuis les travaux de Davidsohn (1860), de Dumas (1872), et, surtout, depuis les recherches systématiques de Kjeldahl (1881), que divers acides, selon les concentrations employées, peuvent, soit annuler l’action des ferments, soit la favoriser dans des proportions accentuées. En utilisant les méthodes analytiques modernes, ces observations anciennes ont été confirmées par Abder-lialden, Bertrand et bien d’autres.
- En 1884, W. Ostwald a tenté d’expliquer cette action des acides par leur concentration en ions d’hydrogène. Cette hypothèse, valable, à l’époque, pour certaines
- catalyses inorganiques, a été reprise par Soerensen, en 1909, et étayée par des mesures directes des concentrations en ions H+, devenues aujourd’hui classiques.
- Mais, les recherches récentes, concernant notamment l’état colloïdal de la matière, tendent à démontrer que l'optimum de l’activité des ferments en fonction du pH apparaît comme une constante... en partie variable et capricieuse.
- Dès 1910, dans notre thèse de doctorat ès sciences, nous avions tiré la conclusion que l’action des divers acides, et nous en avons étudié une cinquantaine sur l’hydrolyse du maltose par la maltase ne peut pas s’expliquer uniquement par la concentration en ions Ii+. Mais, à cette époque, nous ne pouvions baser notre conclusion* que sur les calculs du degré de dissociation électrolytique des acides utilisés (tableau I).
- Evidemment ces calculs n’avaient point la valeur d’une mesure directe du pH. Ces mesures, introduites ultérieurement, et généralisées surtout depuis l’élaboration des méthodes colorimétriques de Clark, en 1920, ont-elles confirmé le dogme du rôle exclusif des ions d’hydrogène?
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- Tableau 1. — Degré de dissociation et l’action des acides sur le pouvoir hydrolysant de la maltase (Kopaczewski, 1910).
- Concentrations
- Degré de dissociation optimales Acides. MCI = 100 pour maltase.
- eide chlorhydriquè 100.0 M/160
- » azotique 99.6 M/160
- » sulfurique 65.1 M/340
- » phosphorique 7.3 M/75
- » arsénique 5.4 M/52
- » acétique 1.4 M/35
- » oxalique 19.7 M/300
- » malique 3.1 M/160
- » tartrique 0.58 M/50
- Tout d’abord, ainsi que nous l’avons montré dans notre monographie sur les ions d’hydrogène en 1926, les bases théoriques de la mesure du pli sont encore fragiles, elles apparaissent plus fragiles encore depuis que la conception de dissociation électrolytique d’Arrfienius tend à être remplacée par les nouyelles hypothèses de Debye, Hueckel, Bohr et autres sur la dissociation des solutions concentrées.
- Au point de vue pratique, l’évaluation de la concentration en ions H+ n’apparaît pas aussi facile que certains se l’imaginent par une simplification arbitraire. Le nombre des divers appareils proposés : électrodes, potentiomètres, instruments de zéro, etc. en témoigne.
- Mais, admettons un instant que les méthodes sont correctes, que les techniques des auteurs ont été sévèrement triées, que les mains qui les ont utilisées ont été expertes... Que résulte-t-il de toutes ces mesures ?
- En premier lieu, la conclusion nette que nous ne connaissons pas une seule valeur fixe permettant de choisir les
- 1. W. Kopaczsws'.u, Les ions d’hy Irogène. Paru, 192(3, Gauthier-Villars, éditeurs.
- Fig. 1. — Action de l’acide sulfurique sur la mallase brûle ou éleclrodialysée (Kopaczewski).
- Augmentations au-dessus et diminutions au-dessous, en pourcentage de l’action diastasique.
- Vtoa V200 ’Aoo Vrn Vsoa Vboo V700 Veoo Vsoo Viooo
- conditions optima pour l’action d’un ferment. Et voici pourquoi : cette valeur optima de la concentration en ions 11+ dépend, ainsi que l’a démontré, dès le début de ses recherches, Soerensen, et ce qui a été, par la suite, confirmé par d’autres, de la température à laquelle on opère, de la concentration du substratum, ce qui a été vu également par Soerensen et retrouvé par Barendrecht, Fleury et autres, de l’âge du ferment, comme l’a signalé Compton. Mais, de plus, l’origine du ferment joue un rôle primordial (tableau 2).
- Tableau 2. — pli optimum et origine des ferments (confrontation).
- Ferments. Origine. pM Auteurs.
- Amylase malt 4.9 Adler
- pommes de terre 6.0-7.0 Falk
- salive 6.7 Michaelis
- pancréas 7.1 1 lahn
- Lipase foie 8.8 Knalïl-Lenz
- intestin 8.5 Davidsohn
- ricin 5.0 llaley
- estomac 4.5 Oppenheimer
- streptocoques 9.0 Stevens
- Saecharase pommes de terre 4.0 Falk
- levure 4.6 Soerensen
- bactéries 7.0 Avery
- tissus 8.0 Euler
- Tryptase levure 7.0 Dernby
- pancréas 9.7 Palitsch
- Enfin, le degré de sa pureté est susceptible d’inlluencer le pH+ optimum. Nous avons souligné ce fait dès 1914, en étudiant la maltase de taka-diastase, brute ou purifiée par la dialyse et par l’électrodialyse, selon la technique de Dhéré.
- Willstaetter récemment, a confirmé ce fait, sans citer notre travail, en purifiant les ferments par la technique d’adsorption (tableau 3).
- Tableau 3. pH optimum des ferments purifiés par adsorption (Willstaetter).
- Ferments Degré de pureté pH optima
- Lipase brute 5.0
- purifiée par adsorption 8.0
- Lactase brute 7.0
- purifiée par adsorption 4.4
- Depuis quelque temps nous connaissons déjà deux ferments à l’état cristallisé : uréase et peptase; pour cette dernière, Northrop a fixé l'optimum de la concentration des ions d’hydrogène (tableau 4.)
- Tableau 4. — pH optimum et état du ferment (confrontation).
- Ferment État physique pH optima Auteurs
- Peptase (estomac) brut 1.5-1.6 Euler
- cristallisé 2.8 Northrop
- La composition chimique du substratum modifie la concentration en ions H+ nécessaire à l’activité optima
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- d’un ferment donné (tableau 5). Ce fait résulte des recherches de Paies et Nelson, Michaelis et Pechstein, llahn, Frankel, Fleury et autres.
- La nature chimique du substratum se répercute également sur le p 11+ optimum (tableau 6). Non seulement sa nature chimique, mais aussi son état physique présente une importance capitale, ainsi que cela résulte des récentes recherches non terminées du regretté Effront (tableau 7).
- Tableau 5. —pli optimum et composition du substratum (Fleury).
- p 11 +
- Ferments. Composition du milieu. optirna. Auteurs
- Laccase gaïaeol pur (17 Fleury
- gaïacol additionné de NaCl 7.1
- Amylase Amidon pur (17 Michaeli
- (salive) Amidon additionné de nitrates 0.9 Amidon additionné d’acétates, phosphates ou sulfates. G.l
- Tableau 6. — pli optimum et nature du substratum
- (confrontation).
- pll +
- Ferments. Substratum. o pli me i. Auteurs.
- Papaïne gélatine 4.8 Willstaetter
- peptone-albumine 5.0 »
- fibrine 7.2 »
- b-Glucosidase salicine 6.8 Josephson
- arbutine 6.4 »
- Emulsine amygdaline 6.0 Willstaetter
- lactose 4.4 »
- ralfinose 4.1 »
- Tryptase glycyl-l-leucine 8.7 Abderhalden
- 1-leucyl-glycine 7.6 et Fodor
- 1-leucyl-penta-glu-
- cyl-glycine 6.2
- Tableau 7. - pli optimum et étal physique du substratum
- (Effront).
- Ferments. État physique. pli optimum.
- Amylase amidon cru 5.1
- empois 4.5
- Et même, en tenant compte de toutes ces précautions,
- on ne peut pas donner un seul chiffre pour fixer immuable-
- ment l’activité optimale d’un acide (tableau 8).
- Tableau 8. — Incertitude des valeurs du pli optimum malgré V identité des conditions expérimentales
- '( confrontations).
- pli
- 'Ferments. Origine. Substratum. optimal. Auteurs
- Amylase malt amidon 4.0 Dawidsohn
- 4.5-5.2 Oshima
- 6.2-7.2 Nishikawa
- Saccharase levure saccharose 4.2 Michaelis
- 4.6 Soerensen
- 5.2 Euler
- Maltase taka- maltose 6. 1 Michaelis
- diastase 7.3 Willstaetter
- Catalase sang eau oxygénée 5.6 Stern
- 7.0 Soerensen
- Fig. 2. — Action au pli — 4,0 de divers acides sur la pénétration des matières colorantes dans des bandes de papier-filtre.
- Peut-on donc, en résumé, parler de l’existence d’un point isoélectrique du ferment, correspondant à un optimum de son action Ne faudrait-il pas remplacer cette notion par celle de l’importance d’une certaine zone de concentration en ions d’hydrogène, zone correspondant à l’activité favorable d’un processus fermentatif ? Cette zone d’activité optimum n’est, du reste, pas unique : on sait, depuis les recherches récentes de Groll, que l’action de l’uréase est périodique,en fonction de son âge; il en est de même pour la lipase, selon Groll et Sluiter, pour les ferments lactiques, d’après les travaux de Ch. Richet, Cardot et autres, pour l’amylase comme l’a montré de Bruijne, pour la catalase, d’après Prawdicz-Neminski, pour les ferments secrétés par les moisissures (Aspergillus niger), ainsi que cela résulte des expériences de Went et pour d’autres ferments encore, comme l’a signalé Koehler.
- Il semble donc que, d’une façon générale, l’activité des ferments revêt une allure périodique, sans que nous sachions par quel facteur cette périodicité est causée. Cette opinion fut exprimée, déjà en 1905, par Stéphane Leduc.
- Cette périodicité d’action des ferments est corroborée par l’existence d’un rythme catalytique des hydrosols métalliques, ainsi que cela a été démontré par Bredig, Rocasolano, Idedges, Myers et autres. Et, en général, il semble bien que tout phénomène physique ou physico-chimique peut, dans certaines conditions, acquérir un rythme périodique, ainsi que nous l’avons soutenu en 1928 (1.
- Cette périodicité d’action des ions H a été retrouvée par divers auteurs, tels que Lloyd, Webb, Salter, Mc. 11-vaine, Ebeling, Fischer, Mlle Mendeleeff, Cole, Clark, Robbins, Loot, Hopkins, Pétri et Brinks,ainsi que dans la germination des diverses graines, dans la croissance des microorganismes, des moisissures et des tissus.
- Il se peut donc, qu’en variant, dans de larges proportions, les concentrations des ions H+ on trouverait également cette périodicité des zones optimales d’action fermentative. Mais en dehors de cette correction quantitative, la notion de la concentration optimale en ions
- 1. W. KApaczewski, La Nature, n° 2792, 192S, p. 201.
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- = 248 ==rrrrr^^==r.:::"-;:-.................=:::::::=
- d’hydrogène doit en subir une autre due à Y intervention des unions congénères.
- Cette action fut observée par G. Bertrand et Mlle Rosen-band, en 1909, au cours de leurs études concernant l’influence des divers acides sur la peroxydiastase. Ces auteurs ont tiré la conclusion suivante, basée sur l’examen d’action de 23 acides organiques et inorganiques : « L’activité paralysante des divers acides ne semble plus liée seulement au degré de dissociation électrolytique, par exemple, mais dépendre de la molécule tout entière ».
- (p. 320).
- A la même époque nous poursuivions des recherches sur l’hydrolyse du maltose par la maltase, et notamment sur la concentration des 48 acides inorganiques et organiques, la plus favorable à cette hydrolyse, et nous avons conclu dans notre thèse parue au début de 1911 : « Il existe un décalage quantitatif important entre le degré de dissociation et l’influence des acides sur l’action du ferment... il est dû à la constitution des acides » (p. 58).
- L’année suivante, Bertrand, avec Rosenblatt, a élargi les résultats obtenus avec la peroxydiastase sur les sucrases de la levure et de YAspergillus niger, et ils ont retrouvé les mêmes discordances entre la dissociation électrolytique et l’activité des acides.
- Ces conclusions pouvaient paraître prématurées, étant donné qu’elles ont été obtenues à l’aide de ferments de composition inconnue et variable, de sorte que les effets perturbateurs pourraient être attribués à la présence des impuretés diverses. Pour résoudre ce problème, nous nous sommes attachés à purifier la maltase étudiée; après avoir construit un dialyseur spécial (x) permettant d’effectuer cette opération aussi rapidement que possible et dans des conditions d’asepsie parfaite, nous avons dialysé la maltase, et, chemin faisant, nous avons constaté que l’on peut éliminer par la dialyse et par l’électro-dialyse environ 95 pour 100 des diverses matières solides sans affaiblir son activité (1 2). Nous avons repris, en 1914, l’étude de l’effet d’une addition des acides sur cette maltase dialysée. Voici la comparaison des résultats entre les produits, purifié et brut, en ce qui concerne l’effet acide (tableau 9).
- Tableau 9. —pli et activité de la maltase brute et purifiée (Kopaczewski).
- Acides brute. pll + optimal pour maltase purifiée par dialyse
- Acide formique 3.6 3.9
- » acétique 3.9 4.1
- » monochloracétique 3.6 3.8
- » dichloré » 3.0 3.4
- » trichloré » 2.4 2.8
- » propionique 3.7 3.8
- » butyrique normal 3.4 3.4
- » oxalique 2.6 3.3
- Cette fois-ci la démonstration a été donnée que la concentration en ions H+ n’est pas le seul facteur suscep-
- 1. W. Kopaczewski, C. B. Acad. Sc., t. 116, 1913, p. 1853.
- 2. W. Kopaczewski, C. B. Acad. Sc., t. 156, 1913, p. 918.
- tible d’expliquer l’action des acides sur diverses fermentations et que les aidons doivent y participer.
- Nous sommes revenu sur ce point, en 1914, en essayant d’étayer notre hypothèse par les résultats analogues, signalés de divers côtés au sujet de l’effet anionique dans d’autres processus physico-chimiques, rappelés par Bredig, Goldschmidt, Acree, Taylor, Snethlage Szyszkowski et autres, selon lesquels la concentration seule en ions H+ n’explique ni les catalyses par les métaux colloïdaux, ni le virage de certains indicateurs.
- Nous avons, de plus, rappelé les effets des anions que l’on a observés dans d’autres processus physico-chimiques ou biologiques. Ainsi, d’après Pauli, la labilisation des hydrosols d’albumine par les acides ne suit pas le degré de dissociation; pour Fouard, le gonflement de l’amidon dépend de la concentration en anions; selon Traube, la floculation de certains colorants par les acides n’est pas parallèle à leur dissociation, et, de plus, l’action des divers sels de potassium, par exemple, sur l’activité des catalyseurs en concentrations ioniques équivalentes n’est pas la même. En ce qui concerne les processus biologiques, en 1896 déjà, Pauli et Kroenig ont constaté des activités « spéciales » des acides sur la sporulation des bactéries; Prigeant, en 1910, a étudié cette action sur l’excitation des nerfs et,une fois de plus, il a noté l’absence de parallélisme entre la concentration ionique et le phénomène biologique en question. De cette mise au point, nous avons conclu de la façon suivante (+« Il est aujourd’hui démontré que l’action des divers acides sur divers processus biologiques ne peut s’expliquer uniquement par la concentration en ions H+; la molécule tout entière et, en particulier, les anions doivent y jouer un rôle non négligeable » (p. 432).
- Nous sommes, une fois encore, revenu à l’attaque de l’unilatéralité des hypothèses concernant l’action des ions 11+ à propos des généralisations intempestives de J. Loeb, en 1922. Mais, notre point de vue n’a pas trouvé d’écho.
- Nous avons essayé, en 1923, de mettre directement en évidence l’existence de cet effet anionique, notamment en étudiant le gonflement des divers gels. Voici ce que nous avons constaté (tableau 10).
- Tableau 10. —- Effet anionique dans le gonflement [Kopaczewski.)
- Electrolyse. Concentrations. Variations pour 100 du volume de la gélatine.
- — — —
- Nal 0.45 M + 198.0
- NaBr 0.57 M + 9.7
- Kl 0.60 M + 169.5
- KBr 0.84 M + 9.7
- MgCl2 0.5 M + 83.5
- MgSOv 0.4 M + 7.9
- Ces résultats, publiés à propos de l’action des diverses substances narcotiques sur le gonflement des gels, ne sont pas parvenus aux chercheurs qui s’occupaient des phénomènes des fermentations.
- 1. W. Kopaczewski, Internat. Zeit. physik-chem. Biologie, t. 1, 1911, p. 420.
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-
-
- Enfin, en 1924, dans une remarquable mise au point, Fleury conclut que les ions H+ ne sont pas les seuls pour régler l’activité des acides dans les fermentations diverses. Dans une monographie sur les ferments, Fodor, en 1926, commence à partager nos idées. Boas, en 1927, met en évidence l’activité propre des ions (SCN en particulier) dans la multiplication des champignons et des bactéries, ce qui est confirmé ensuite par Lasseur et ses collaborateurs, en 1933. Par ailleurs, Martin Fischer confirme l’action très énergique des anions sur le gonflement des gels, que nous avons signalée en 1923.
- On voit, par conséquent, qu’un courant d’opinion se fait jour en faveur de la réalité de cet effet anionique. On peut, du reste, le mettre en évidence avec la plus grande facilité en utilisant l’analyse électrocapillaire, ce que nous avons fait en 1928 (fig. 2). On voit que malgré la stricte équivalence des concentrations en ions H+ l’action des acides H2S04, H8P04, H.COOII, CJFCOOH et autres n’est pas superposable à celles des acides HCl ou UNO3, par ailleurs identiques entre elles (1).
- Conclusions. — Cette étude d’ensemble, résumé de nos recherches personnelles entreprises en 1909 et poursuivies systématiquement depuis, permet de tirer les conclusions suivantes :
- 1° 11 n’existe point une concentration déterminée, fixe,en ions d’hydrogène, susceptible, soit d’entraver l’action d’un ferment, soit de la favoriser d’une façon toute particulière.
- 2° On peut parler, tout au plus, de l’existence d’une
- 1. W. Kopaczenvski, La Nature, n° 2923, 1934, p. 155.
- ............. .........== 249 ==
- zone de concentration hydrogénique qui est capable d’influencer les processus fermentatifs variés; cette zone se déplace, selon l’âge du ferment, la concentration et l’état physique du substratum, le degré de pureté du ferment, les conditions expérimentales, etc...
- 3° En dehors de cet effet hydrogénique, il convient de signaler que d’autres cations peuvent influencer l’activité des ferments d’une manière toute particulière, souvent même d’une façon plus énergique que le cation d’hydrogène : il suffit de rappeler à ce sujet l’action des cations métalliques (Ag, Cu, Hg, Zn, etc.); toutes ces actions dites « oligométalliques » sont susceptibles de fausser les résultats obtenus avec des ions H+.
- 4° Bien plus, les anions, congénères aux ions H+ dans les molécules acides, interviennent à coup sûr dans l’activité des acides : cet effet anionique, que nous avons démontré en 1914 d’une manière correcte sur des ferments purifiés par l’électrodialyse et en nous appuyant sur une large hase expérimentale, est actuellement corroboré par divers travaux expérimentaux.
- 5° Toutes ces conclusions sont valables pour les phénomènes s’accomplissant dans les conditions habituelles d’expérimentation, c’est-à-dire sans éliminer au fur et à mesure les produits de fermentation, lesquels peuvent exercer une action collatérale perturbatrice; dans des milieux « constamment renouvelés », selon la technique d’Efîront, ces conclusions peuvent subir des corrections, et il serait important de les soumettre à cette épreuve.
- Dr W. Kopaczewski.
- = LES PROGRES TECHNIQUES DES AVIONS
- COMMERCIAUX
- L’AVIATION COMMERCIALE FRANÇAISE EN 1935
- Avant d’indiquer ce qu’est, du point de vue du matériel, l’aviation commerciale française d’aujourd’hui, il est indispensable de rappeler la place que s’est taillée l’aéronautique parmi les autres modes de transport.
- Il y a encore quelques années, l’aviation commerciale était dans l’enfance. Les lignes étaient peu nombreuses, pas très rapides, les avions manquaient de confort. On les utilisait si l’on aimait voler. Mais pour un déplacement d’affaires il valait mieux prendre le train.
- Aujourd’hui la situation a complètement changé. Aux cinq sociétés auxquelles une existence financière toujours précaire interdisait toute politique d’exploitation et de matériel aux vues larges, s’est substituée une compagnie unique : Air-France.
- Celle-ci étend son réseau sur quatre parties du monde; vers l’Extrême-Orient elle dessert jusqu’à Saigon et Hanoï; en Amérique du Sud, les avions d’Air-France franchissant la Cordillère des Andes, atteignent Santiago du Chili. A travers l’Europe les lignes aériennes s’étendent jusqu’à Istanbul, Moscou, Oslo. Voilà pour aujour-
- d’hui. Demain — ou presque — la liaison Paris-New-York deviendra une réalité commerciale, soit avec des avions stratosphériques très rapides, soit grâce aux îles flottantes préconisées par Blériot, l’homme de la traversée de la Manche, le pionnier qui seul, sans appui, malgré les sarcasmes de ses contemporains, construisit 25 types d’avions avant d’accomplir son immortel exploit.
- Nos lignes s’étendent sur 40 000 km, juste le tour de la Terre; en un an, 32 millions de lettres, 1 million et demi de kg de fret ont été transportés, 52 000 passagers ont emprunté nos lignes.
- L’Amérique, l’Angleterre, l’Allemagne, l’Italie, bien d’autres encore — il faudrait citer tous les grands pays — ont leurs lignes nationales.
- L’importance, déjà si grande de l’aviation commerciale, doit s’accroître encore. Mais comme dans tout mode de transport très neuf, l’essor plus ou moins rapide est conditionné avant tout par des questions techniques.
- Le matériel et l’infrastructure se perfectionnent tous les jours. Nous examinerons dans cet article les princi-
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- == 250 ...... .................- . =
- paux progrès réalisés par le matériel actuel, ou plutôt par les prototypes, dont les uns achèvent leur montage en usine, et les autres accomplissent leurs vols d’essai avant les commandes de série.
- LE MATÉRIEL
- Sécurité, vitesse, confort, telles sont les qualités exigées d’un matériel aéronautique commercial.
- Certains voudraient faire passer la vitesse avant la sécurité. Erreur qui risquerait de coûter cher à l’aviation commerciale !
- La sécurité. — Un avion de ligne ne doit pas avoir à se poser en dehors de ses escales prévues. La panne de
- 11 est à prévoir que, très prochainement, au moins l’un des systèmes proposés sera appliqué couramment sur les appareils de lignes.
- Le givre constituait pour l’aviation, en pays froid, un terrible ennemi. Le dispositif dégivreur Goodrich est un revêtement en caoutchouc épousant le contour du bord d’attaque de l’aile et dans l’intérieur duquel sont ménagées des chambres à air. Celles-ci se déforment périodiquement sous l’influence d’air comprimé. La glace se trouve ainsi brisée au fur et à mesure de sa formation et est entraînée par le courant d’air. Ce système monté sur les avions d’Air-France a donné toute satisfaction (fig. 3).
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- Paris
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- Fig. 1. — Le réseau mondial de la Compagnie Air-France.
- moteur est aujourd’hui fort rare. Il faut cependant, si elle survient, qu’elle n’entrave pas la marche de l’avion. Aussi tous les ^appareils sont-ils multimoteurs. Bi- ou trimoteur ? Les deux formules sont utilisées et ont chacune leurs partisans. Quoi qu’il en soit, tous ces avions peuvent, avec un moteur stoppé, conserver leur altitude et gagner leur point d’arrivée sans encombre, à vitesse légèrement réduite.
- La sécurité sera encore accrue par les dispositifs de stabilisation et de pilotage automatique qui faciliteront considérablement la tâche du pilote. Ces dispositifs devant être étudiés en détail ici-même, nous nous bornerons à rappeler leur existence, sans les décrire.
- La construction métallique, duralumin ou acier, la seule employée sur les gros appareils, constitue un apport très notable à la sécurité. Citons à ce propos un accident très caractéristique survenu à un avion d’Air-France dans le dernier trimestre de 1934.
- Le pilote d’un Wibault, gêné par la brume, dépassa le terrain, à Croydon et entra percutant dans le mur d’une maison. Le mur est démoli, et l’un des moteurs vient s’abattre dans la cuisine d’une brave Anglaise qui certes ne s’attendait pas à une visite aussi inattendue. Les ailes cassent, l’avant du fuselage se plie en accordéon. Mais l’appareil est en métal, il ne se fait pas d’éclats. Les deux occupants de l’avion s’en tirent sans une égra-
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- tignure ! La brume reste toujours l’une des grandes difficultés. Mais il existe maintenant de nombreux dispositifs, radiophare, systèmes divers de signalisation qui augmentent considérablement la sécurité de l’atterrissage par temps bouché.
- Tout est-il fait en matière de sécurité ? Non pas. Les méthodes de lutte contre l’incendie restent extrêmement précaires, les extincteurs automatiques de bord fonctionnant généralement mal. Les parachutes, bouée de sauvetage du navigateur aérien, sont encore inemployés à bord des avions commerciaux pour des raisons psychologiques.
- A quand l’avion parachute ?
- —........ := 251 =====
- ment le Dewoitine 620 trimoteur qui atteindra 350 km-h et qui, un moteur stoppé, pourra encore soutenir le 300 km-h.
- Le Breguet-Wibault 670 (2 Gnome-Rhône K 14) appartenant à un autre programme pourrait atteindre 350 à 360 km-h, le Breguet 46 T (2 Gnome-Rhône K 14), 350 km-li.
- A l’étranger nous voyons le Fiat G 18, bimoteur de 8 tonnes et demie, prévu pour 330 km-h, le bimoteur américain Burnelli (2 Pratt et Withney de 725 ch, 6350 kg), qui a réalisé 338 km-h, le trimoteur italien Savoïa S 79, atteignant 380 km à 4000m; le bimoteur américain Boeing, 247, 322 km-h.
- Fig. 2. — Les lignes Air- France en Europe.
- La vitesse. — La vitesse des avions commerciaux est devenue positivement effarante. Le 300 à l’heure, et même le 350, est atteint ou dépassé (nous parlons des prototypes), ces vitesses ne sont pas réalisées en France avec les avions actuellement en service. Tout le monde connaît l’exploit du Douglas américain, second de la course Londres-Melbourne. Dans un concours ouvert par la Compagnie Air-France pour la réalisation d’un appareil de 30 places, les clauses du contrat imposent un poids en ox-dre de vol d’environ 12 000 kg et une vitesse de 330 km-h. Le Bloch 300 à trois moteurs Gnome-Rhône K 14, 800 ch, dépassera largement cette vitesse. Pour répondre au même programme nous trouvons égale-
- Nous avons cité quelques avions au hasard, il faudrait une page entièi’e pour les mentionner tous.
- A quoi sont dues ces très grandes vitesses ? 11 y a d’abord la ligne générale. Ces appareils sont, en majorité, des monoplans eantilever, à aile basse, extrêmement lins. Tout est étudié, dans les moindres détails, pour supprimer toute résistance aérodynamique inutile. Plus de haubans, d’aspéi’ités : l’ensemble, selon l’expi?ession anglaise, est extrêmement pi'opre, « very clean ». Mais ceci ne suffirait pas encore à expliquer de pareilles vitesses.
- Trois faits nouveaux autoi'isent de semblables performances.
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-
- 252
- Partie collée sur l'aile
- Fkrtie élastique mise en tension au montage ( par laçage > 'v.
- Givre en ~ formation
- Chambres d’air
- Dêgivreur au repos
- Partie élastique mise
- en tension au montage Laçaoe'
- (par laçage ) par{je ^ surpaile
- Pellicule dégivré brisée parle
- gonflage de la chambre centrale
- Filets dain tendants—*F à déco! 1er la pellicule de givre brisé ——
- Uecjivreuren font' lonnement
- Pellicule dégivré brisé et soulevée parle gonflage de chambres et \ découpé nar Tantinn de Pair
- Filets dair décollants la pellicule de givre
- Uegivreur en fontionnement
- Système dêgivreur Goodrich et son fonctionnement.
- Fig. 3,
- Pour voler vite il faut des avions très peu chargés au cheval, de 3 à 5 kg (les nouveaux moteurs de près de 900 ch, légers et robustes, donnent pour cela toute facilité à l'ingénieur), mais ayant un grand poids par mètre carré. On n’est pas loin des 100 kg au mètre ! Dans ces conditions, il fallait trouver des moyens pour réduire à une valeur raisonnable la vitesse d’atterrissage.
- Ces moyens, ce sont les dispositifs hypersustentateurs. Ceux-ci sont nombreux : volets d’intrados, volets de courbure, volets Zap, etc. Ils procèdent à peu près tous du même principe. Sous l’aile, soit sur toute l’envergure, soit sur une partie seulement, se trouve un volet qui en vol normal est plaqué contre la partie inférieure de celle-ci : l’intrados. Par un dispositif de commande le pilote peut abaisser ses volets. Ceux-ci modifient alors le profil de la voilure et constituent un freinage énergique.
- Si les deux ailerons, faisant alors fonction de volets, s’abaissent en même temps (alors que dans leur utilisation normale, contrôle latéral, l’un s’abaisse quand l’autre s’élève), nous aurons affaire à des volets de courbure. Si au contraire nous avons deux surfaces supplémentaires
- Volet d'intrados
- Volet Zap
- (La charnière recule)
- Fig. 4. — Schémas de dispositifs hypersustentateurs.
- Montée
- Descente
- .Aspiration pompe
- en plus des ailerons, ce sera le cas du volet d’intrados. L’ensemble, ouvert, vu de profd, présente alors l’aspect d’une « gueule de crocodile ».
- Dans le système Zap la charnière est mobile et se déplace vers l’arrière quand le volet s’abaisse. Chaque système a ses avantages, ses partisans et ses détracteurs. Quoi qu’il en soit, ce sont les dispositifs hypersustentateurs qui permettent les écarts de vitesse rendant possibles les hautes performances.
- Un deuxième fait est l’apparition du train escamotable
- Fig. 5. — Schéma de relevage du train d'atterrissage sur avion laboratoire Messier.
- A et B. Clapets commandés.
- C. Clapet automatique.
- D. Bouteille d’huile.
- E. Bouteille d’air.
- F. Clapets de vérins.
- G. Vérins des trappes.
- M. Manette de commandes. P. Pompe sur moteur.
- R. Réservoir d’huile.
- V. Vérins de relevage.
- X. Cloche pneumatique.
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-
-
-
- 253
- en vol. Le train d’atterrissage offre en effet, aux grandes vitesses, une résistance considérable à l’avancement.
- Pour fixer les idées, indiquons que dans les Caudron de la Coupe Deutsch de la Meurthe 1934, l’utilisation du train escamotable se traduit par un gain de vitesse de 70 km-h.
- Le problème, pour des avions de plusieurs tonnes, quelquefois dix, n’est pas facile à résoudre. Il faut que le relevage du train et son abaissement soient automatiques. Le relevage doit être très rapide, pour favoriser le départ de l’avion en s’escamotant dès les premières secondes de l’envol; .pour que le pilote puisse ne l’abaisser, lors de l’atterrissage, qu’au dernier moment, sans risquer pour cela de se poser « sur le ventre ».
- Le fonctionnement doit être particulièrement sûr. J’ai connu un petit amphibie dont le train d’atterrissage
- Tuyauteries
- _____ Montée
- ----Descente
- -il-, m Aspiration —=— Refoulement
- la pompe
- Fig.
- 6. — Schéma du relevage du train Messier du Farman 420.
- P. Pompe à huile sur le moteur. V. Vérin.
- P. Pompe de secours à main. M. Manette de commande. R. Réservoir à l’air libre. C. Contreüclie.
- 1). Tableau distributeur.
- gement ou raccourcissement d’une tige, avec emploi de vérin hydraulique à attaque directe.
- Les engrenages, les axes parallèles demandent une trop grande précision et risquent de se dérégler. Le système par vis sans fin et moteur électrique présente le grave inconvénient d’exiger pour la manœuvre un temps très long.
- La mise au point de ces trains d’atterrissage exige de nombreux essais. Ceux-ci sont faits en usine, au moyen de machines spéciales. Il en existe une, chez Messier, permettant d’essayer les trains d’avions de 7 t en faisant tomber ces derniers à une vitesse verticale constante de 4 m par seconde.
- Le troisième fait i'éside dans l’apparition de l’hélice à pas variable en vol. A l’origine, Fig. 7. — La cabine de pilotage de ce. trimoteur Breguel comporte l’hélice à pas variable ne pouvait prendre que
- de nombreux cadrans cl manettes.
- se baissait invariablement lorsque l’on voulait se poser sur l’eau. Et alors on capotait. Par contré, lorsqu’on voulait atterrir, il se relevait brusquement dès que les roues touchaient le sol : c’était alors une belle glissade sur la coque.
- On dut d’ailleurs éviter de se servir de l’appareil en amphibie; il fallut le transformer en hydravion pur. Aujourd’hui nous n’en sommes plus là. Les trains relevables fonctionnent, et fonctionnent bien, grâce à quelques spécialistes, très peu nombreux en France, et parmi lesquels nous devons citer M. René Levy, ingénieur .des Arts et Manufactures, et administrateur de la Société Messier.
- En général, le train se relève d’avant en arrière et va s’escamoter dans les fuseaux moteurs, une trappe à mise en place automatique venant recouvrir le tout. Les meilleurs systèmes sont ceux qui procèdent par allon-
- Fig. 8. — Le Breguet Saigon des lignes de la Méditerranée.
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- deux positions correspondant à deux régimes de vol.
- On fait maintenant des hélices à pas entièrement automatiques qui se mettent d’elles-mêmes dans la position optimum.
- Les systèmes utilisés sont nombreux : hélices Hamilton, Ratier, Levasseur, Chauvière, Charles.
- Nous n’entreprendrons pas de les décrire aujourd’hui.
- Mentionnons seulement l’appoint considérable qu’elles apportent à l’amélioration des performances.
- Le confort. — Les avions commerciaux sont de plus en plus grands : 10, 20, 30 passagers.
- Ils deviennent de plus en plus confortables.
- Lavabos, cabinets de toilette, large couloir dans lequel on peut aisément circuler.
- Les avions les plus modernes possèdent même un bar à leur bord.
- Un bar ! C’est là un confort spécialement apprécié par beaucoup de voyageurs qui aiment à se réconforter souvent, très souvent même, grâce à quelques larges rasades de wisky ou de gin.
- Mais le principal progrès en matière de confort viendra de la suppression des bruits.
- Dans l’avion américain Douglas, les bruits qui pénètrent à l’intérieur de la cabine ne sont pas plus intenses que dans un wagon pullmann de deuxième classe.
- On a pu, à bord de cet avion, entendre en plein vol, un concert radiodiffusé !
- Cette suppression des bruits est due aux études systématiques d’un ingénieur américain. Stephen J. Zand, de la Sperry Corporation, est parvenu à ce résultat en déterminant les causes de chaque composante des bruits et en s’appliquant à les réduire chacune séparément.
- Celles-ci sont nombreuses : bruit du moteur, de l’échappement, des hélices, bruits aérodynamiques, bruits dus aux vibrations.
- Zand réduit le bruit de l’hélice en diminuant la vitesse périphérique des pales, celui de l’échappement par l’emploi de silencieux.
- Mais il préconise surtout de rendre la cabine des passagers indépendante de la structure de l’avion par un isolement acoustique.
- Fig. 10. •— Le fuselage métallique d'un trimoteur Breguel.
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- Pour cela la cabine sera complètement étanche, la ventilation étant artificielle.
- Au voisinage de chaque panneau de la paroi d’une cabine on a déterminé la fréquence des vibrations régnantes et on traite ce panneau par une combinaison appropriée de matière poreuse de façon à absorber la vibration qui s’y manifeste.
- Et ceci est fait d’un bout à l’autre du fuselage.
- Zand est actuellement en France, et va appliquer ses méthodes aux avions destinés à Air-France.
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- * *
- C’est à l’ensemble de ces progrès que nous venons brièvëment de mentionner, à d’autres encore que nous avons passés sous silence, tels que tous les dispositifs de radiophare, radiogoniométrie, tels que les freins sur roues, etc., que l’aviation commerciale doit le haut degré de perfectionnement qu’elle a atteint aujourd’hui.
- En appliquant ces principes on a réalisé des chines dont le poids atteint couramment 8 à 10 t pour les terrestres, 15, 20 et même 30 t pour les hydravions.
- Nous sommes loin de la Demoiselle de Santos-Dumont.
- Ces géants qui très prochainement constitueront, notre
- flotte aérienne commerciale, méritent une description détaillée.
- Nous en parlerons plus longuement dans un prochain article.
- Jacques Desgranges,
- Ingénieur des Arts et Manufactures.
- Fig. 12. — Le Trimoteur Dewoitine D. 338 en plein vol.
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- LE PORT DE LA ROCHELLE
- Fig. 1. — Plan des ports de La Rochelle :
- 1. Bassin d’échouage; 2. Bassin intérieur; 3. Bassin extérieur;
- 4. Bassin de La Pallice; 5. Avant-port; 6. Viaduc d’accès; 7. Môle d’escale.
- Peu de villes maritimes témoignent, autant que La Rochelle, de cette hantise du large, de ce désir de pousser toujours plus loin l’organe commercial vers.de plus grandes profondeurs. Voici d’abord, au fond d’une haie qui s’envase, blotti contre l’ancienne ville fortifiée qui a gardé tant de pittoresque, l’ancien port avec la digitation de ses bassins peu profonds, où s’entassent les bateaux de faible tonnage. A 5 km à l’ouest,tendue vers l’Océan, La Rochelle-Pallice avec son bassin à Ilot et son avant-port où se rangent les grands navires, ses terre-pleins bordés de hangars et d’usines. Gagnons l’extrémité de son quai de marée ; vers le nord, au ras des eaux clapotantes, court une immense ligne grise, c’est le viaduc d’accès au môle d’escale en construction, le port de demain. Cette fois, le continent est dépassé, le port est jeté en pleine mer au devant des paquebots et n’est plus rattaché à la terre ferme que par quelques piles de ciment.
- Ces étapes du développement, si nettement inscrites dans le paysage, traduisent à leur manière l’évolution qui s’est produite dans la navigation depuis un siècle et demi. A mesure que le tonnage et le tirant d’eau des bateaux augmentaient, les ports ont dû approfondir leurs bassins s’ils ne voulaient pas être frappés de déchéance.
- Mais alors que Bordeaux et Nantes, par exemple, ont été obligés d’abandonner à des avant-ports lointains le trafic d’escale, La Rochelle est parvenue à résoudre le problème sur place et par ses propres moyens, maintenant ainsi l’unité d’un organe commercial désormais assez complexe.
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- Dès le moyen âge, il y eut là un port, simple chenal élargi dans les prairies qui bordaient le château, mais il fut abandonné au xne siècle parce qu’il s’envasait. Sous le nom de Port d’Aliénor d’Aquitaine, on créa le Havre <T échouage actuel, bientôt défendu par les deux tours massives qui donnent aujourd’hui encore tant de cachet à cette partie de la ville. Les relations avec l’Italie, puis avec le Nouveau Monde furent une cause de grande prospérité qu’interrompit quelque temps le siège célèbre conduit par Richelieu. Au xvme siècle, La Rochelle devient, grâce à la sécurité de sa baie, une des têtes de navigation pour les Antilles. Nouvelle alerte : le port d’Aliénor s’envase à son tour; il faut creuser, en 1818, un bassin à flot, c’est le Bassin intérieur qui, bientôt insuffisant, est doublé, en 1862, par le Bassin extérieur.
- Mais leur profondeur n’est plus en rapport avec l’augmentation du tonnage, les grosses unités désertent, il faut se résoudre à abandonner le voisinage immédiat de la ville pour porter son effort vers La Pallice : c’est ainsi que de 1880 à 1890 fut créé le Bassin à flot de La Rochelle-Pallice, creusé afin d’avoir, à marée haute, un mouillage de 9 m 50 à 10 m 60 et capable, avec ses 1600 m de pourtour utilisable, de recevoir à la fois douze navires de fort tonnage. Une écluse à sas de 235 m de long sur 22 m de large le fait communiquer avec son Avant-port qui offre des mouillages allant de 9 m 50 à 11 m suivant le régime des marées.
- L’outillage s’est modernisé sans cesse. Plus de 4 km de quais bordent les bassins. Aux 26 grues à vapeur s’ajoutent une vingtaine de grues électriques dont l’une, forte de 20 t, dessert les deux formes de radoub et dont une autre atteint une puissance de 40 t. 30 km de voies ferrées facilitent les opérations de chargement et de déchargement. Rien de gigantesque, comme on le voit, mais rien de désuet.
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- Le trafic, en année normale, place La Rochelle du 8e au 10e rang parmi les ports français.
- Le tonnage de jauge est passé de 580 000 tonneaux en 1890 à 2 millions et demi en 1910, pour s’élever à 3 millions en 1924. La crise de notre armement l’a ramené en 1933 à 2173 000 tonneaux. De son côté, le tonnage
- Fig. 2. — Le bassin intérieur du port de la Rochelle.
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- de marchandises, après avoir brusquement grandi au début du siècle, se maintient un peu au-dessous d’un million de tonnes (863000 t en 1933). Le déséquilibre qu’on observe dans presque tous nos ports entre les entrées et les sorties est ici particulièrement sensible puisque, pour 912 000 t importées l’an dernier, on ne trouve que 50 000 t exportées. Il est vrai que les arrivages sont faits surtout de produits bon marché : 500 000 t de houille venue de Cardiff; 100 000 t de pétrole américain; des bois; des engrais. Au contraire des produits chers sont expédiés : plus de 6000 t d’eaux-de-vie et de cognacs, des tissus de Lyon, des pièces d’hprlogei'ie et des machines venues de Suisse.
- Ce trafic est réparti très judicieusement entre les ports de La Rochelle. Sans qu’il y ait eu besoin comme ailleurs de règlements rigoureux, chaque bassin s’est spécialisé dans le genre d’activité qui lui convenait le mieux : d’un mot, on peut dire que La Rochelle-Ville a conservé tout ce qui est compatible avec un faible tirant d’eau, la pêche par exemple, tandis que La Rochelle-Pallice est naturellement devenue un port d’escale et de grosse industrie.
- L’ancien port comprend le havre d’échouage où repo sent les barques à voile et les courriers des îles voisines, de Ré, d’Aix et d’Oléron, puis le petit bassin intérieur où s’attardent les bateaux désarmés, enfin le vaste bassin extérieur où se font face, en files impressionnantes, les chalutiers ventrus et les noirs colliers qui déchargent les charbons anglais.
- La grande pêche est pratiquée depuis longtemps. Lorsqu’en 1534, Jacques Cartier reconnut le Canada, il rencontra dans les eaux du Saint-Laurent « ung grant navire qui estoit de La Rochelle » et qui se livrait à la pêche.
- Celle-ci est devenue un élément de prospérité de premier ordre. C’est en 1898 qu’apparurent les chalutiers à vapeur. Ils étaient 27 en 1914, 80 en 1927, 91 en
- Fig. 3. — Le bassin à flot de La Rochelle-Pallice.
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- 1931. Aujourd’hui deux chalutiers à moteur sont en service, un troisième va venir les renforcer. Le nombre des barques à voiles n’a pas fléchi pour autant : 317 en 1920 et 605 en 1931. Le tonnage de cette flotte de pêche a presque quadruplé depuis dix ans, passant de 11 000 à près de 40 000 tonneaux. La Rochelle est devenue le deuxième port de pêche français, laissant loin derrière Lorient et Arcachon. Elle dispute à Boulogne la première place pour la valeur des produits pêchés : en 1931, elle a vendu pour 134 millions de francs de poissons, contre 164 millions à Boulogne. C’est qu’elle fournit des produits fins : peu de sardines, de harengs et de maquereaux, mais des colins, des soles, des turbots, des homards. A eux seuls, les colins font la moitié des ventes.
- Les lieux de pêche varient avec le tonnage des bateaux. Pinasses, dundees, petits chalutiers ne s’éloignent guère du littoral aux pertuis poissonneux. Les 65 chalutiers hauturiers qui tiennent la mer 10 à 12 jours vont au sud de l’Irlande ou dans le golfe de Gascogne. Mais ces bancs ne donnent plus autant de poissons chers qu’autrefois.
- Fig. 4. — Vue d'ensemble du viaduc d'accès au môle‘ d’escale, prise de la Rade de La Pallice.
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- Fig. 5. — Le viaduc d’accès au môle d’escale.
- Vue montrant les petites travées de la partie courbe et les grandes travées de la partie rectiligne. Au tond l’lie de Ré.
- C’est pourquoi ou construit des chalutiers au mazout, plus rapides (ils filent jusqu’à 14 nœuds) et montés par dix ou douze hommes. Capables de tenir la mer plusieurs semaines sans se ravitailler, ils peuvent aller sur les côtes du Maroc et de Mauritanie où la pêche est très fructueuse, puisqu’un bateau a pu prendre jusqu’à 10 t de poissons en une journée.
- L’organisation du marché présente un contraste analogue. Les barques apportent chaque jour leur pêche au marché à la criée de la rue Saint-Jean. Mais celui-ci est devenu trop petit depuis que les chalutiers de faible tonnage ajoutent leurs produits à ceux des voiliers. La matinée ne suffit plus à la vente qu’il faut prolonger jusqu’au milieu de l’après-midi. Aussi a-t-on mis à l’étude la construction d’un nouveau marché aux poissons. Les chalutiers de haute mer, au contraire, apportent directement leur pêche aux magasins de leurs compagnies. Moins de 50 m séparent le bateau du wagon d’expédition et cela suffit pour que, dans les hangars bien aménagés,
- le poisson soit trié, préparé, mis en caisse, couvert de glace et que les colis basculent dans les trains de marée qui viennent frôler le sol du hall. De 25 000 à 35000 t de poissons partent ainsi chaque année de la gare de La Rochelle et s’en vont dans le centre de la France, en Suisse et en Italie.
- On avait projeté, il y a quelques années, de créer un grand port de pêche à Vaugouin, pourvu d’un marché moderne et d’installations perfectionnées, mais on y a renoncé pour l’instant par suite de la crise qui atteint les pêcheries et des dépenses considérables qu’il aurait fallu consentir.
- La Rochelle-Pallice est surtout un port industriel et en second lieu un port d’escale.
- On disposait là de vastes terrains plats, la liaison entre la mer, le rail et la route était facile. Aussi les sociétés industrielles ont-elles établi leurs ateliers non loin du bassin où arrivent les matières premières, tandis que l’arrière-pays assure les débouchés nécessaires. Elles fournissent des éléments de trafic stables, qui deviennent précieux en temps de crise. La Pallice compte d’importantes usines d’agglomérés de houille, d’engrais et de produits chimiques, ainsi que plusieurs entreprises métallurgiques et de constructions mécaniques. Deux pipe-lines souterrains relient les bateaux-citernes (qui mouillent au quai nord de l’avant-port) aux réservoirs à pétrole d’où le liquide déjà raffiné sort pour être mis en fûts et en bidons. Enfin la compagnie de navigation Delmas-Vieljeux a là son point d’attache et ses ateliers.
- Le trafic des passagers reste faible, surtout en raison de la dépression économique que subissent les pays neufs et qui a réduit le nombre des passagers transatlantiques
- Fig. 6. — Le havre d’échouage de La Rochelle (ph. Bonnot).
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- Fig. 7. — Construction du môle d’escale.
- Transport d’un caisson destiné à l’une des piles de la partie courbe du viaduc. Le caisson flottant pèse 1350 tonnes et a 19 m de hauteur totale dont 9 m environ de tirant d’eau.
- Ph. Entreprise Fougerolle.
- de 8000 en 1927 à 2500 l’an dernier.
- Pourtant, située à un rentrant du continent, La Rochelle-Pallice offre le plus court trajet pour se rendre dans la région lyonnaise, en Suisse et dans les pays danubiens. Mais les relations ferroviaires avec les régions du 45e parallèle demeurent, îci comme ailleurs, très défectueuses et les voyageurs préfèrent se rendre dans les ports de la Manche, mieux desservis.
- Seules les relations avec Paris sont vraiment très rapides : journellement, deux automotrices franchissent la distance en 5 h 41.
- D’excellents express assurent la liaison avec Nantes et Saint-Malo d’une part,
- Bordeaux et l’Espagne d’autre part, mais cette ligne intéresse assez peu le mouvement des passagers.
- *
- * *
- C’est justement en vue de faciliter le trafic d’escale des cargos et des paquebots, que d’importants travaux sont en cours d’exécution. Dans la rade de La Pallice abritée des vents du large par l’Ile de Ré et qui présente des profondeurs suffisantes, on est en train de construire un môle d’escale à peu près unique en son genre, tant est long son viaduc d’accès.
- Le môle aura deux fronts d’accostage, chacun d’une longueur de 300 m, et d'une largeur de 60 m(x). Une souille sera creusée sur le front est à une profondeur de —10 m 50.
- Les parois seront continues et faites de blocs de béton d’environ 250 t; l’intérieur sera ensuite remblayé. Sa construction, commencée au début de 1935, demandera environ deux ans.
- Le viaduc d’accès est presque terminé. C’est un ouvrage de 1120 m de long, reposant sur des piles assez espacées afin de modifier le moins possible le jeu des courants dans la rade. Il s’enracine au nord de l’avant-port par un terre-plein de 100 000 m3 et se dirige vers l’ouest, avant de se recourber vers le sud. Ces piles sont fondées sur le rocher que l’on atteint à des profondeurs variant de — 1 à —12 m, grâce à des caissons à air comprimé.
- Dans les chambres de travail, des équipes d’ouvriers creusent le sol sous-marin, et les déblais remontés à la surface sont emmenés par des wagonnets roulant sur une passerelle provisoire.
- Lorsque le caisson s’est enfoncé à une profondeur suffisante, on coule entre ses parois déjà bétonnées de 1200 à 2000 m3 de béton, puis on lui enlève la carcasse mobile de sa partie supérieure et la pile est terminée.
- Il faut alors poser les travées métalliques du viaduc.
- Dans la partie rectiligne où les piles sont distantes de 70 m, chacune d’elles pèse 450 t. Là, on a pu les monter à terre et les lancer en les poussant bout à bout, à mesure
- 1. Par mesure d’économie, le môle ne sera complètement construit que sur 150 m au lieu de 300, et 36 m au lieu de 60, mais tout a été prévu pour qu’on puisse, le moment venu, lui donner ses dimensions normales.
- qu’une nouvelle pile était construite. Mais dans la partie courbe, leur pose a été très difficile : il a fallu les embarquer sur deux chalands à compartiments d’eau qu’on pouvait immerger, les amener en place et par la manœuvre des vannes des chalands et l’utilisation du jeu des marées, leur permettre de reposer enfin sur leurs piles.
- Le viaduc est assez large pour porter côte à côte une voie ferrée normale et une route. Deux trottoirs pour les piétons sont établis en encorbellement. Un hourdis de béton armé servira de tablier et les travées métalliques seront protégées des effets de l’eau salée et des intempéries par un zingage spécial.
- Une fois terminé, cet ouvrage considérable sera relié au réseau routier et aux voies ferrées, en même temps qu’il sera aménagé et outillé afin d’assurer le transport des marchandises et des passagers.
- Fig. 8. — Construction du môle d'escale.
- Caisson de l’une des piles de la partie droite du viaduc avant son fonçage. Les passerelles métalliques de service sont posées près de lui sur un caisson auxiliaire. Vue prise à marée basse.
- Ph. Entreprise Fougerolle.
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- Fig. 9. — Construction du môle d’escale.
- On amène par flottaison, sur chalands accouplés, une travée de la partie courbe du viaduc, pesant 180 t. Elle peut s’adapter au bout de la travée précédente en place.
- * Ph. Entreprise Fougerolle.
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- * &
- Quand ce bel ouvrage d’art, digne émule de celui du Verdon,sera terminé, le môle rendra possibles les escales très rapides des gros navires : ceux-ci, en effet, n’auront plus besoin d’entrer dans le bassin : avantage important'pour un port de vitesse, et bien fait pour stimuler l’activité, si la situation économique du monde s’améliore.
- Ainsi, aujourd’hui comme hier, les Rochellois s ’efforcent d’attirer le trafic. Us témoignent d’un esprit d’initiative qui ne recule pas devant les solutions audacieuses.
- Nul doute que le vieille cité si riche de souvenirs et de pittoresque ne connaisse dans dans l’avenir une large prospérité.
- Maurice Debesse.
- = UN NOUVEAU PROCÉDÉ DE CHAUFFAGE = CENTRAL DES IMMEUBLES
- LE CHAUFFAGE SOUS VIDE A TEMPÉRATURE DE VAPEUR VARIABLE1
- Il existe de nombreux systèmes pour le chauffage central des immeubles : chauffage à air chaud, chauffage à eau chaude, chauffage à vapeur.
- Le chauffage à air chaud, le plus ancien, puisqu’il était déjà en faveur chez les Romains, consiste à chauffer l’air dans un calorifère, sorte de poêle à double enveloppe; les gaz chauds passent dans des tuyaux en fonte ou en tôle avec ou sans ailettes, disposés verticalement ou horizontalement; l’air qui les entoure circule en sens dontraire et se réchauffe. L’air froid est prélevé à l’extérieur par une prise disposée horizontalement; il est filtré et débouche à la base du calorifère. L’air chaud s’échappe par le sommet en autant de conduits qu’il y a de locaux à chauffer. Ce procédé n’est plus en faveur en raison de sia complication, de son entretien difficile et onéreux.
- : Conditionnement de l’air. — On a repris dernièrement sous une forme un peu différente, en le généralisant, le vieux procédé du chauffage à air chaud : c’est le conditionnement de l’air.
- Il consiste à introduire dans chaque pièce un air filtré ou lavé, humidifié ou séché, chauffé ou refroidi. Ce système idéal s’applique donc toute l’année, malheureusement il est encore peu répandu pour les habitations, à cause de la cherté et de la complication de l’installation.
- Chauffage à eau chaude. — C’est le procédé le plus employé en France.
- L’eau réchauffée dans la chaudière est envoyée dans des radiateurs, où elle cède sa chaleur à l’air; elle circule dans l’installation suivant le principe du thermosiphon : l’eau chaude devient moins dense et monte, pendant que l’eau froide redescend; la vitesse de circulation est d’autant plus forte que la hauteur entre la chaudière et les corps de chauffe augmente et que la différence entre les densités de l’eau chaude et de l’eau froide est plus grande.
- Un vase d’expansion établi en haut du circuit permet la dilatation de l’eau.
- Les systèmes de chauffage se différencient, soit par la température de l’eau chaude (basse ou haute pression), soit par le mode de distribution de l’eau (un ou deux tuyaux par le haut ou par le bas). Le chauffage à haute tension est peu employé pour les immeubles parce qu’il présente des dangers d’explosion. Au contraire, le chauffage à basse pression, peu coûteux, d’un montage aisé, silencieux et sans danger, est très répandu. Mais il manque de souplesse et de puissance; on y remédie par une accélération de circulation : en augmentant la vitesse de l’eau du thermosiphon, ou bien en diminuant la densité de l’eau au départ (émulsion) et en lui communiquant une force vive (pulsion).
- Dans le cas de l’émulsion (peu employée actuellement), on introduit dans l’eau de la colonne de départ de la vapeur, ce qui triple la vitesse du fluide.
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- Dans le cas de la pulsion, on accélère la vitesse de l’eau, soit par à-coups, par introduction de vapeur, ou par création d’un vide, soit d’une façon continue au moyen d’une pompe centrifuge.
- C’est le dernier procédé qui est le plus employé.
- Un procédé récent de chauffage à eau chaude est le chauffage par panneaux. Il consiste à disposer dans le plafond ou les murs un serpentin plat en tube d’acier, recouvert d’un enduit spécial semblable au plâtre. L’eau y circule à 50°.
- On économise le combustible, la température est uniforme. Plus de tuyaux, ni d’appareils visibles. Mais le chauffage à eau chaude ne convient que pour des habitations de hauteur moyenne. Dès que cette hauteur augmente, la pression de l’eau à la partie inférieure des installations peut atteindre des valeurs considérables, qui nécessitent l’emploi d’appareils spéciaux, à cause de la fatigue imposée aux éléments constitutifs du chauffage. L’inertie opposée par la masse d’eau à des modifications rapides de sa température et les variations de température extérieure entraînent inévitablement la surchauffe des locaux.
- Pour le chauffage d’immeubles à usages commerciaux, utilisé une partie de la journée seulement, un fonctionnement continu par temps doux, même en régime réduit pendant la nuit, entraîne une consommation de combustible hors de proportion avec la durée d’occupation du bâtiment. Dans le cas d’un chauffage intermittent, la nécessité de réchauffer journellement une grande masse d’eau augmente la durée de la mise en régime et entraîne également une perte de combustible.
- Pour ces immeubles on a eu recours pendant assez longtemps au chauffage à la vapeur à moyenne et à basse pression.
- Chauffage central à vapeur. — On sait que dans le chauffage central par la vapeur, les corps de chauffe reçoivent la vapeur qui s’y condense en abandonnant sa chaleur; l’eau condensée s’écoule par des purgeurs; 1 kg de vapeur cédant 530 à 580 calories, suivant la pression, l’augmentation du timbre présente de l’intérêt pour l’extension de la portée de chauffage et l’accélération de la circulation.
- Malheureusement le chauffage à haute pression (4 à 10 kg), chauffage de grande puissance, est bruyant, difficilement réglable ; il exige des tuyaux en acier et des joints très soignés. Les systèmes à moyenne (0,5 à 3 kg) et à basse pression (moins de 0 kg 300), sont d’un emploi plus facile. Le système à basse pression en France est à circuit ouvert, à deux tuyaux; la chaudière communique avec l’atmosphère par un siphon et un vase de sécurité (dans le système américain, également à circuit ouvert, la chaudière est simplement munie de soupapes de sûreté).
- Ce mode de chauffage utilisé sur une très grande échelle, il y a quelques dizaines d’années, a été aban-
- Fig. 2. — Schéma d'une installation de chauffage sous vide avec contrôle par température moyenne.
- —[] Thermostat
- , Thermostat I de nuit
- Thermostat
- Thermostat
- Canalisations électriques basse -tension
- Boite de connections
- Relais
- ifs de vapeur Vanne de détente
- vers
- m 1 Conduit Conduit de vapeur deretour Contrôleur différentiel
- {Alimentai
- Moteur^ électrique
- Conduits
- électriques
- Tableau de — contrôle
- Interrupteur Alimentation r\—i courant
- Retour
- d’eau
- Pompe à vide
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- Radiateur !
- Radiateur
- Robinet
- Radiateur
- Vanne de détente à
- commande motorisée
- Controleur
- différentiel
- Chaudière vapeur B.P.
- Bâche de retour d’eau de condensation
- Fbmpeà vide
- Fig. 3. — Schéma des canalisations d'un chauffage sous vide.
- Nord, le chauffage sous vide, sous sa première forme : température de vapeur constante, présentait entre autres avantages, celui d’assurer mécaniquement la purge d’air de l’installation et de ramener la température des corps de chauffe à une valeur suffisamment éloignée du point de carbonisation partielle des poussières.
- Ce système comprend une pompe à vide, qui crée une dépression fixe dans l’installation : d’où une circulation du fluide comparable à celle d’un système de vapeur à haute pression, tout en gardant la simplicité du système à basse pression.
- CHAUFFAGE SOUS VIDE A TEMPÉRATURE DE VAPEUR VARIABLE
- donné pour le chauffage des habitations, parce qu’il présente un défaut important au point de vue de l’hygiène; il se produit une carbonisation partielle des poussières en contact avec les parois à haute température des corps de chauffe. De plus, ses possibilités de réglage sont nettement insuffisantes et les périodes de surchauffe inévitables par temps doux entraînent une aufomentation sensible de la consommation du combustible.
- C’est pourquoi l’utilisation du chauffage à vapeur est actuellement limitée à des locaux commerciaux où le fonctionnement du chauffage est intermittent et pour lesquels la suppression du danger de gel est à considérer.
- NAISSANCE DU CHAUFFACE SOUS VIDE
- La construction des premiers gratte-ciel en Amérique compliqua encore le problème du chauffage.
- Si l’on emploie l’eau chaude, il faut fractionner les installations de chauffage en plusieurs zones, pour fractionner la pression de l’eau en valeurs suffisamment faibles. La vapeur à moyenne ou à basse pression ne
- donne pas satisfaction : les Fig. 4. — Purgeur à résistance.
- —Rondelles placées
- en chicane
- -Ressort Diamètre fileté conique
- développements de canalisation sont trop importants, la circulation de la vapeur est difficile ainsi que l’évacuation de l’air.
- On a eu alors l’idée de placer dans le circuit un aspirateur d’air : la vapeur était aspirée et non poussée ; la vitesse est très grande; le réglage s’opère facilement en faisant varier le degré de vide. L’air n’est plus entraîné, la condensation s’opère mieux.
- C’est le chauffage sous vide. Créé d’abord pour le chauffage des bâtiments élevés, en Amérique du
- On a eu ensuite l’idée de régler l’émission de chaleur des corps de chauffe en fonction de la température extérieure. La pompe à vide est commandée par un régleur différentiel, ce qui permet d’obtenir un vide variable. Différents dispositifs permettent de déterminer la quantité de vapeur admise dans les canalisations et les radiateurs.
- Un nouveau perfectionnement tout récent (1932) permet de faire varier automatiquement le débit et la température de la vapeur, grâce à une vanne de. détente, commandée par un équipement thermostatique, qui enregistre la température moyenne des locaux.
- L’émission de chaleur des corps de chauffe s’adapte ainsi d’une façon continue aux variations des pertes calorifiques du bâtiment, si rapides soient-elles et la variation de la température moyenne des locaux n’est que d’un demi-degré au-dessus ou au-dessous de celle choisie comme base des calculs.
- Les limites du fonctionnement sont d’une part, un vide à 80 pour 100 (le plus élevé que l’on puisse obtenir), correspondant à une température de 56° 4 et à une pression de 200 gr-cm2; d’autre part, la basse ou moyenne pression, ce qui permet de parer au cas où la température extérieure s’abaisse exceptionnellement au-dessous de celle pour laquelle l’installation est construite.
- Si le chauffage à conditionnement d’air apparaît comme trop coûteux, si le chauffage à eau chaude a un emploi limité aux immeubles habités de hauteur moyenne, à fonctionnement continu, le chauffage sous vide à température de vapeur variable s’applique indifféremment à tout immeuble habité ou commercial, à chauffage continu ou intermittent.
- Description de Vinstallation. — Le chauffage sous vide à température de vapeur variable utilise, comme le chauffage à vapeur basse pression, des chaudières, radiateurs, raccords et tuyauteries de fabrication absolument courante. Chaque radiateur comprend, à l’admission de vapeur, un robinet d’une étanchéité parfaite, pourvu d’un diaphragme de réglage, et, à la sortie de l’eau de condensation, un purgeur d’eau.
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- Purgeurs. — Le purgeur a pour but d’assurer l’écoulement de l’eau de condensation et de s’opposer à l’entrée de la vapeur dans les tuyauteries de retour. On distingue les purgeurs à résistance et les purgeurs à membrane dilatable.
- Les purgeurs à résistance sont composés d’un corps en bronze raccordé d’un côté au radiateur et de l’autre à la canalisation de retour. Ce corps est pourvu, à l’intérieur, d’une garniture amovible en laiton écroui, composé d’une lamelle plate sur laquelle viennent s’assembler une série de rondelles calibrées et une entretoise destinée à séparer les rondelles.
- Le tout est assemblé et maintenu fixe par un ressort et une clavette.
- Cet assemblage forme une série de chambres de détente, de volume très grand par rapport à l’orifice calibré qui les met en communication. Les trous de chaque rondelle sont placés en chicane, c’est-à-dire que leurs positions alternent successivement d’un côté et de l’autre. La dimension des trous calibrés détermine la capacité de purge de l’appareil et les limites entre lesquelles on peut l’utiliser. Pour une différence de pression de marche donnée, la vapeur rencontrant le purgeur se condense et l’eau de condensation empêche la vapeur de passer. Si malheureusement cette dilférence de pression augmente la vapeur passe; c’est pourquoi les purgeurs à membrane dilatable semblent préférables.
- Purgeurs à membrane dilatable (Dunham). — Dans ces purgeurs une membrane en forme de capsule contient un mélange de liquides, dont le point d’ébullition suit le point d’ébullition de l’eau aux différentes pressions, en restant légèrement inférieur. Ainsi le radiateur étant plein de vapeur, le purgeur forme une barrière infranchissable à c<itte dernière, qui ne peut pénétrer dans les canalisations de retour et ceci quelle que soit la différence de pression régnant entre les canalisations d’aller et de retour.
- Ce point est particulièrement intéressant dans le cas du chauffage intermittent, où l’ori pourra envoyer une très grande quantité de vapeur à pression élevée, lors de la mise en route.
- Pompe à vide. — Les pompes à vide sont des pompes centrifuges accouplées directement à un moteur électrique. La pompe centrifuge aspire l’eau d’un réservoir et la refoule dans un ajutage de Venturi, lequel produit le vide dans la canalisation de retour.
- La même eau fonctionne en court-circuit. Lorsque les eaux de condensation sont aspirées également par le Venturi, il en résulte un accroissement de volume de l’eau du bac sur lequel aspire la pompe. Un dispositif à flotteur, placé dans ce bac, permet à la pompe de refouler directement cet excès d’eau dans les chaudières.
- La pompe ne travaille, en moyenne, que quelques heures par jour. La durée de son fonctionnement varie de 10 se-
- Fig. 5. — Purgeur à membrane dilatable.
- coudes à quelques minutes, avec des arrêts de quelques minutes à une heure. Cette cadence de fonctionnement dépend de la température de la vapeur distribuée.
- Régleur de d fférence de pression. — 11 en existe différents systèmes. De toute façon, c’est un contacteur à différence de pression, relié, d’une part, au conduit principal de vapeur et, d’autre part, à celui des eaux de retour. Ce régleur permet de maintenir une différence de pression motrice constante entre les deux réseaux.
- Régulation automatique. — Les appareillages classiques de régulation automatique, utilisés jusqu’à ce jour pour les différents systèmes de chauffage, comprennent des thermostats à coupure, comportant un organe dilatable et des contacts platinés. L’appareil agit par tout ou rien sur l’organe de commande: vanne, papillon, détendeur.
- Dans les appareils de réglage automatique des chauffages sous vide à température de vapeur variable, la manœuvre de la vanne est effectuée par l’intermédiaire d’un ou plusieurs thermostats à potentiomètre (Dunham).
- Les variations de température des locaux agissent sur un organe dilatable, qui modifie la résistance des potentiomètres et, par conséquent, le degré d’ouverture ou de
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- important que celui qui découle de l’emploi de la vapeur basse pression.
- CONCLUSION
- En résumé, le chauffage sous vide à température de vapeur variable est un système très souple, possédant une faible inertie, comme tout système à vapeur. Il unit les avantages de la basse pression (rapidité de mise en route, absence de gel), à ceux de la haute pression (bonne circulation) et à ceux de l’eau chaude (température à fluide variable suivant la température extérieure).
- Les nombreux essais effectués sur des installations de ce type ont révélé un rendement particulièrement élevé et une exploitation économique. Vis-à-vis de la vapeur basse pression, les économies de combustible obtenues sont de l’ordre de 35 à 45 pour 100; par rapport à l’eau chaude, elles sont évidemment fonction des intermittences de chauffe, de l’importance et de l’inertie de l’installation. On peut les évaluer en moyenne de 15 à 25 pour 100 suivant les cas. Ces chiffres tiennent compte de la dépense de courant électrique nécessaire au fonctionnement intermittent du groupe producteur de vide.
- Jean Hesse.
- .......= LUMIÈRE ET VISION
- L’éclairage s’est considérablement simplifié par l’adoption presque générale et progressive de l’électricité comme mode de production de la lumière artificielle. Il ne sera donc plus question, comme dans les anciens traités classiques, de considérer les incommodités de la chaleur ou la nocivité des émanations dans les locaux où se consumaient les résines, cires, stéarines, paraffines, huiles et graisses végétales et minérales, alcools, essences ou gaz.
- Les appareils qui servaient à utiliser ces substances avaient donné lieu à de nombreuses et ingénieuses conceptions de la part des constructeurs. Et cependant la bougie oubliée sur la poutre du grenier, en se consumant tout entière, l’essence enflammée près d’un foyer, allumaient des incendies et souvent des torches humaines.
- A ses débuts, l’arc électrique posait encore des problèmes analogues, soit par les produits de combustion de l’arc du charbon, l’étincelle inflammable, les ultraviolets de l’éclair jaillissant, la chaleur émise auprès du travail dont l’exécution nécessitait une vision rapprochée, délicate et distincte. L’ampoule électrique dont l’invention aura bientôt son centenaire a remplacé tous ces moyens. Son emploi n’entraînera plus de ces accidents redoutables. Quant au danger des courts-circuits et des secousses électriques, quelques précautions et un peu d’attention permettront aisément de se prémunir contre eux et de les éviter.
- Sur 34 000 communes en France, il n’en reste plus guère qu’un dixième qui n’ait encore la faculté de pouvoir s’éclairer par cet incomparable procédé. Ce sujet est donc important et tout à fait d’actualité. Il comprendra la connaissance de l’organe récepteur, l’œil; de la lampe
- productrice de la lumière; des appareils émetteurs et réflecteurs; de leurs dispositions; de l’intensité de l’éclairement, de sa répartition dans l’espace et sur les surfaces.
- L’ŒIL HUMAIN
- L’examen des yeux s’impose de plus en plus chez l’enfant dès qu’il commence à prendre conscience du monde extérieur, et notamment au début de sa scolarité. Bien des jeunes gens ont été considérés à l’école comme des déficients intellectuels, qui n’avaient qu’une vision défectueuse, pour la lecture soit du tableau, soit des livres et éprouvaient ainsi de grandes difficultés à s’instruire. Il en est d’autres qui, par un effort constant, arrivent à une certaine adaptation fort nuisible par l’accroissement d’une lésion oculaire existante ou à laquelle ils étaient prédisposés. C’est le cas le plus fréquent de la myopie. Une telle responsabilité incombe aux parents et à l’oculiste. Cette étude intéresse aussi le professeur, l’industriel et l’administrateur ainsi qu’en témoigne le tableau suivant. Sur 7000 conscrits danois examinés, on a relevé un pourcentage professionnel
- impressionnant de myopes :
- Étudiants......................32 pour 100
- Employés de bureau...............16 —
- Artistes..........................13 —
- Tailleurs, cordonniers...........12 —
- Ouvriers de gros travaux. ... 5 —
- Agriculteurs...................... 2 —
- Les troubles de la vue s’accentuent avec l’âge. Ce sont presque toujours des myopies de travail dues à un
- fermeture de la vanne. L’organe de détente agit de façon à suivre au fur et à mesure de leurs variations, les pertes de chaleur du bâtiment.
- L’utilisation de plusieurs thermostats supprime l’inconvénient de la pièce témoin unique, en assurant le réglage du chauffage d’après la moyenne des indications des différents appareils.
- Ce dispositif permet un dosage extrêmement précis du débit et de la température de la vapeur dans les corps de chauffe. Il s’ensuit que les possibilités de surchauffe ou d’insuffisance de chauffage sont rigoureusement écartées.
- Rapidité de mise en route. — Par suite de l’extraction mécanique de l’air, les démarrages du système' sont extrêmement rapides. L’échauffement des radiateurs s’effectue dans un laps de temps environ cinq fois moins
- , ’ - Couvercle^
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- Fig. 7. — Thermostat Dunham.
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- éclairage insuffisant. Rare chez les tout jeunes enfants, cette affection apparaît vers huit à dix ans au moment où ils commencent à étudier, temps évidemment aussi le plus favorable à s’en apercevoir.
- Sans doute, avec de bonnes lunettes, on s’adapte à des lumières insuffisantes ou excessives. Cette capacité d’adaptation si étonnante dans son ampleur est momentanée et faiblit peu à peu à chacun de ses abus. L’œil est un organe d’une sensibilité extrême. Qu’on songe qu’une bougie par une grande limpidité de l’atmosphère est aperçue de nuit à une distance de 27 km. S’il fallait chiffrer l’énergie mise en jeu et qui influe à un tel éloignement sur la rétine, elle serait évaluée à 16~2U w, ce que l’on traduit en disant qu’une telle force employée à chauffer une goutte d’eau mettrait un milliard d’années pour la porter à 100° et la faire bouillir. Par contre, il peut supporter l’éclat d’intensités lumineuses considérables. Entre ces extrêmes limites il faut observer une juste moyenne. Tous les enseignements que comporteraient ces connaissances si spéciales ne peuvent s’acquérir que. par une sérieuse préparation scientifique. Elles ne seront donc qu’indiquées mais toutefois d’une façon suffisamment explicite. Ces notions sont indispensables pour tout projet et vérification d’une installation d’éclairage parfait.
- CONDITIONS FAVORABLES D’ÉCLAIREMENT
- On considérait autrefois que, pour la lecture normale d’une écriture diamant du type le plus fin de 0,5 de l’échelle de Snellen, la source lumineuse devait être égale à six bougies normales, placées à 50 cm des lettres ainsi définies. Actuellement l’unité d’éclairement qui correspond à un lux est égale au rayonnement d’une bougie décimale sur une surface de 1 m2 placée à 1 m de distance. Si l’on tient compte, en outre, que la lumière augmente ou diminue comme le carré de la distance qui la sépare de l’objet qu’elle illumine, la quantité ainsi évaluée serait à peu près égale à 24 lux. Les intensités anciennes ne représentent qu’une proportion deux à trois fois inférieure à celle que l’on exige actuellement. Une autre comparaison donne mieux encore un terme d’évaluation entre 24 bougies et l’égalité d’une lampe de 25 w. La puissance ou le nombre des lampes est ainsi évalué en fonction des surfaces et de l’éclairement utile.
- Puissances de lampes en watts Éclairement 30 lux 110 v 220 v m2 Éclairement 60 lux 110 v 220 v m2 Éclairement 100 lux 110 v 220 v m2 Éclairement 200 lux 110 v 220 v m2
- 75 13 10,75 6,5 5,4
- 100 18 15 9 7,7 5,4 4,6
- 150 28 25 14 12 8,5 7,5 4,2
- 200 40 36 20 18 12 11 6 5,4
- 300 64 57 32 29 19 17 9,5 8,5
- 500 112 101 56 50 33 30 17 15
- 750 178 159 86 79 53 47 27 24
- 1000 240 221 120 110 72 66 36 33
- 1500 365 336 183 168 113 100 55 50
- En divisant la surface à éclairer par le nombre de lampes, on obtient en mètres carrés le plan d’irradiation.
- . ====== ....' —265 ==
- Sous la quantité de lux qui sont jugés nécessaires soit avec le courant de 110 ou de 220 v se trouve, en descendant la colonne correspondante, le chiffre le plus voisin du quotient donné. En se reportant à gauche, sur la même ligne, est indiquée, dans la première colonne, la puissance en watts indispensable pour chaque foyer.
- LES LAMPES
- Remarquons que l’efficacité des lampes augmente avec leur puissance. C’est ainsi qu’une ampoule à gaz inerte de 200 w équivaut à 13 lampes à vide de 25 w, élevant le rendement de 62,5 pour 100.
- Ces mesures s’effectuent à l’aide de photomètres. Le plus simple et le plus pratique, robuste, parfaitement étalonné sur un cadran, constant, ne nécessitant ni entretien, ni comparaison, ni préparation, ni manipulation, ni calcul, est composé d’une cellule photo-électrique voltaïque combinée à un galvanomètre sensible. Dans le commerce, parmi les cinéastes, pour les prises de vues et chez les amateurs de bonne photographie, il est connu le plus communément sous le nom de photomètre électrique et se place horizontalement sur la surface même dont il faut apprécier l’éclairement. On sera vite surpris, après quelques mesures, de la supériorité de la valeur lumineuse de la radiation solaire, comparée à celle de nos lampes. Tandis que nous demandons à celles-ci habituellement de 30 à 200 lux, la clarté du soleil au dehors est de 100 000, à l’ombre de 10 000 et donne parfaitement encore 1000 lux dans de bonnes conditions à l’intérieur des appartements.
- Cette différence démontre bien que, malgré tous les progrès de l’éclairage artificiel, il existe encore de nombreux perfectionnements à réaliser. C’est au jour naturel qu’il faut demander la répartition des radiations, leur intensité et leurs teintes. On sait, en effet, qu’il existe des couleurs chaudes composées du rouge et du jaune, très favorables à la visibilité, et des couleurs froides telles que le bleu et le violet, beaucoup moins éclatantes. Toutes doivent s’accorder avec les propriétés fondamentales de l’œil humain.
- Déjà, grâce au génie de Georges Claude, les tubes éclairants lumineux aux gaz rares se substitueront sans doute eux-mêmes bientôt à nos procédés modernes. Ils donnent des gammes infinies de tonalité que l’on peut qualifier déjà de lumière froide et se prêtent à toutes les dispositions de l’éclairage, s’accommodent à sa concentration ou à sa diffusion à travers l’espace. En associant en moyenne un tube à néon à quatre tubes à mercure, la lumière est satisfaisante, surtout quand ils sont dissimulés derrière un verre dépoli. Mais avec un gaz encore plus rare, appelé xénon et que son usine de Boulogne produit déjà en quantité industrielle, on obtient une lumière-blanc verdâtre intense et très voisine de la clarté du jour. Il fallait sans doute l’incomparable maîtrise de cet ingénieur pour retirer ce gaz aux lourds atomes de l’air où il n’existe que dans les proportions d’une partie pour dix millions et dont il produit déjà quotidiennement à la consommation plusieurs litres extraits des 75 000 m3 d’air liquéfiés.
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- LA DISTRIBUTION RATIONNELLE DE LA LUMIÈRE
- En se rapportant à des tableaux, l’ingénieur, le chef d’atelier ou de bureau, l’institutrice, le bibliothécaire, le médecin, le chirurgien, détermineront la clarté sulïisante ou insuffisante de la lumière dont ils ont besoin suivant la nature du travail qu’ils doivent accomplir. D’une manière générale, l’acuité visuelle augmente plus vite, en proportion arithmétique, quand l’intensité croît en proportion géométrique, c’est-à-dire en proportion constante, la première par différence, l’autre par quotient.
- D’après Javal, il n’y aurait jamais trop, jamais assez de lumière artificielle. Ce principe pouvait être admis autrefois. Les procédés dont on disposait ne permettaient guère d’excès, ni ces féeries de lumières auxquelles on atteint aujourd’hui. Il présente toutefois encore à notre époque une part de vérité, car on peut toujours en atténuer l’éclat.
- Voici quelques-unes de ces valeurs les plus importantes, communiquées dans les conférences faites par la'Société pour le perfectionnement de l’éclairage. Je les ai groupées
- lumière qui, d’autre part, évite les accidents. Cet éclairage est fonction aussi de la réflexion des parois des salles et de l’absorption par les objets. En conséquence, il devra être d’autant plus intense qu’ils seront plus sombres. Inversement la brillance sur des plages polies provoque l’éblouissement et une diminution de la sensibilité de la rétine. L’œil s’en défend et se protège en fermant plus ou moins l’iris, son diaphragme pupillaire. Une opposition violente encore se produit en passant soit d’une grande clarté à l’ombre, de celle-ci au jour, ou plus encore, par la vue directe de la source lumineuse elle-même. Entre les parties éclairées directement et les parties voisines, de teintes trop heurtées, il conviendra d’adoucir les ombres cependant indispensables à la sensation du relief, d’éviter à l’œil des transitions pénibles en lui ménageant au contraire, dès qu’il ne regarde plus, un repos réparateur qui ne nécessite pas chaque fois une nouvelle adaptation visuelle. On saura qu’il est plus long de s’habituer de la clarté à l’obscurité, que de la nuit à la lumière.
- FACTEURS DE RÉFLEXION DIFFUSE DE DIVERSES COULEURS
- afin d’en avoir une idée générale : Pour 100 Pour 100
- Locaux ou espaces, où aucun travail — —
- n’est effectué : Blanc.... . 05 à 80 Rose clair. . 55 à 05
- Routes d’accès, traversées de cours. . 10 à 5 lux Crème . . . . 55 à 70 Rose .... 45 à 55
- Emplacements de magasinage, corri- Jaune paille. . 55 à 70 Rouge clair . . 25 à 40
- dors, passages, vestibules. Salles de Jaune. . . . . 45 à 60 Rouge foncé. . 10 à 25
- chaudières, stations génératrices et Vieil or. . . . 35 à 40 Beige. . . . . 40 à 45
- installations similaires, escaliers, sor- Vert clair . . . 35 à 55 Havane clair. . 35 "à 40
- ties, ascenseurs, lavabos, toilettes, Vert foncé. . . 10 à 30 Bois .... . 25 à 30
- penderies, vestiaires, salles de confé- Bleu clair . . . 30 à 50 Brun .... 25 à 35
- rences 30 à 10 — Bleu .... . 10 à 25 Gris clair . . . 40 à 50
- Visibilité sans détails non indispen- Bleu foncé. . 5 à 15 Gris pigeon . . 25 à 35
- sables : Noir .... . 5 à 10 Gris foncé. . . 15 à 25
- 50 à 30
- 80 à 50
- Cours de récréations utilisées la nuit.
- Salons, salles à manger, chambres, bureaux, cabinets de toilette, salles
- de bain.............................
- Vision avec légère distinction des détails :
- Salles de récréation, gyrnnases, piscines.
- Amphithéâtres, salles de lecture . .
- Bonne vision des détails :
- Cours de récréation extérieure pour mouvements rapides (tennis, billard).
- Bibliothèques (tables de lecture, catalogues), laboratoires (salles d’appareils), ateliers, musées, boutiques .
- Vision précise :
- Salle de dessin, couture............
- Imprimeries, composition, gravure mécanique de précision, taille et vérification de petites pièces............ 100 à
- Vision très précise :
- Tables d’opérations chirurgicales. . 1000 à 1500 —
- Cette documentation bien qu’approximative est juste dans ces limites. L’expérience apprend que le rendement, la valeur et la perfection du travail dépendent de la
- 120 à 80 —
- 180 à 120 —
- 120
- La répartition de la lumière sur une surface dépend de la couleur et du poli de celle-ci, du nombre, de l’éloignement respectif de chacune des sources éclairantes, de leur disposition, de leur dimension, forme, puissance et de leur réflexion suivant le mode adopté d’éclairage direct, indirect, mixte et semi-direct.
- Ces qualificatifs s’expliquent d’eux-mêmes. La solution la plus satisfaisante joindra à ces divers facteurs le point de vue économique. En conséquence, l’adoption de la méthode semi-directe remplira parfaitement ce double rôle en salle fermée. Dans ces conditions, la plus grande partie du flux lumineux tombe directement sur le travail qu’il faut éclairer tandis qu’en beaucoup plus faible proportion il se dirige vers le plafond, se diffuse ensuite, atténue les ombres, les rendant plus douces au regard, diminue les contrastes désagréables à la vision des objets alternativement clairs et obscurs.
- Quand il s’agit de champs d’aviation, de routes, de places, il est bien certain que, seuls, des projecteurs peuvent être employés, en évitant tout particulièrement l’éblouissement. A chaque cas particulier correspondent des appareils spéciaux dont le nombre est assez impressionnant pour permettre un choix judicieux.
- Quelques conseils mettront l’esprit en éveil sur le soin
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- qu’il faut apporter à l’installation électrique, à l’isolement des fils. Vers 50° le caoutchouc s’amollit, se durcit, se fendille, et doit être remplacé par un isolant moins altérable.
- Dans un milieu humide, caves, souterrains, proximité de la mer, les fils, doivent parfois être placés à l’air libre et les deux fils, aller et retour, assez distants l’un de l’autre, ou mis sous câble hermétique. Sur le courant continu, de moins en moins utilisé, on veillera à mettre un interrupteur bipolaire ou, du moins, s’il est unipolaire, à le placer sur le pôle positif, afin que par la mise à la terre du négatif l’appareil d’utilisation ne reste pas, sans le savoir, constamment sous tension. Enfin, il serait désirable que tout appareil eût sa masse susceptible d’être à la terre pour prévenir toute erreur et contact imprévu, accidentel. Ces conseils sont particulièrement utiles à suivre pour tous les appareils électriques des cuisines, sous-sols, buanderies, poissonneries et ceux qui sont destinés à l’éclairage dans les jardins et sous les vérandas.
- Les notions acquises sur les coefficients et facteurs de visibilité des objets, la sensibilité de l’œil à leur perception, son acuité, son champ d’exploration et ses réactions aux différentes couleurs suivant leur teinte, leur brillance, et leur intensité sont les mêmes pour le rayonnement de l’astre du jour, mais il faut le suivre dans les meilleures conditions au cours de son périple quotidien.
- Des règles spéciales ont été émises au sujet de l’orientation des locaux. La préférence est accordée en général à la direction nord-est et nord-ouest ou même sud-cuest afin de favoriser, sans l’exagérer, l’afllux des rayons solaires. La largeur des baies et des fenêtres par rapport à la surface des murs, à la profondeur des chambres, à la hauteur des plafonds, doit être ménagée et calculée en proportion de leur pénétration. On estime que, en général, une pièce de 25 cm3 de capacité a besoin de fenêtres d’une surface de 2 m2 et qu’il faut ajouter 1 m2 en plus par augmentation de 30 m3.
- Il est non moins indispensable que les constructions situées en face ne soient pas trop élevées et la loi de 1902 exige qu’elles soient éloignées d’une distance égale à une fois et demie la hauteur de ces constructions. On dispo-
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- sera enfin de la lumière non de face mais de gauche à droite, en évitant toute portée d’ombre, ou mieux de chaque côté. Elle sera directe" ou diffuse, non à l’état de reflet de lumière morte et sera soumise aux mêmes lois qui ont été édictées au sujet de la lumière artificielle.
- Divers moyens l’augmenteront o.u l’atténueront, qui sont du domaine des connaissances de l’art du home plus que de cette étude. Il n’est pas indifférent de procéder au choix des verres en évaluant leur transparence à l’ultra-violet. Le luxmètre donnera toujours des indications très précises. En dehors de la vision, il s’y ajoute en outre une exigence biologique importante.
- En plein été, il sera toutefois nécessaire de préserver les locaux de réchauffement pénible qui résulte de la pénétration des rayons solaires et de leur action calorifique débilitante sur les jeunes enfants. Certains ateliers s’éclairent par en haut avec profusion, mais ont besoin de voies d’aération latérales. En tout cas, persiennes, jalousies seront mieux placées suivant la disposition et suivant la latitude de l’habitation, c’est-à-dire en tenant compte du climat, de la contrée, du pays de plaine, de montagne ou du voisinage de la mer. On ne peut passer sous silence une création vraiment ingénieuse dénommée héliostat Arlhel. Cet appareil qui se déplace automatiquement en suivant le mouvement diurne du globe terrestre projette dans les intérieurs des habitations les plus obscures, locaux commerciaux ou industriels, appartements ou ateliers, les rayons captés du soleil, comme en plein jour.
- Le problème si complexe de l’éclairage mérite d’attirer l’attention à cause de son grand intérêt.
- Toutes ces notions doivent être présentes à l’esprit de l’architecte, du médecin, de l’ingénieur, de l’industriel, du professeur et de tous les ai’tisans qui s’intéressent à la santé, à l’éducation physique et intellectuelle, en un mot, à l’hygiène sociale.
- Protégeons la vue. C’est par ce merveilleux organe, l'œil, que s’acquiert la plus grande partie des connaissances humaines et c’est par la lumière que la vision de la nature nous découvre et nous dévoile ses plus admirables splendeurs.
- Médecin-Colonel Pasteur.
- == L’UTILISATION DE L’ALUMINIUM
- POUR L’ISOLATION DES INSTALLATIONS THERMIQUES
- ET FRIGORIFIQUES
- Parmi les divers procédés imaginés pour assurer l’isolation thermique des installations industrielles ou domestiques, l’Alfol mérite une mention particulière non seulement à cause de ses qualités propres, mais, aussi en raison de l’originalité du principe qui préside à sa conception.
- En effet, au lieu d’entourer les objets à isoler d’un revêtement de matière minérale, végétale ou animale, caractérisée par une forte résistance à la transmission de
- la chaleur, comme dans les systèmes de calorifugeage usuels,le procédé à l’Alfol emploie uniquement des feuilles d’aluminium très minces qui sont disposées en couches plus ou moins épaisses après avoir été froissées d’une certaine manière préalablement à leur mise en place.
- Il peut paraître, a priori, étrange d’employer comme isolant thermique une matière métallique telle que l’aluminium qui possède un coefficient de conductibilité
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- Fig. 1. — Isolation à l’Alfol d’une remorque citerne.
- élevé, mais nous verrons que cette contradiction n’est qu’apparente et que le système d’isolation à l’Alfol procède d’une étude raisonnée du problème du calori-fugeage. Si l’on recherche les causes de déperdition de la chaleur ou du froid dans une installation thermique ou frigorifique quelconque, on constate qu’on peut les ranger en trois catégories :
- Pertes par rayonnement;
- Pertes par convection;
- Pertes par conductibilité;
- mais il est établi que dans la plupart des installations le plus important facteur de déperdition est la transmission par rayonnement. C’est donc ces pertes par rayonnement qu’il convient de réduire au minimum et, comme elles
- Fig. 2. — Isolation à l’Alfol d'un wagon isotherme.
- sont essentiellement en fonction du pouvoir émissif de la surface du corps à protéger, une bonne isolation devra comprendre un revêtement composé de matières ayant un pouvoir de rayonnement thermique aussi faible que possible. C’est le cas des matières métalliques polies dont le pouvoir émissif est très bas, particulièrement lorsque le métal se présente sous forme de feuilles très minces.
- Dans le procédé Alfol, on a utilisé ces propriétés des feuilles métalliques extrêmement minces et douées d’une surface miroitante pour capter et réfléchir les rayons thermiques. Déjà, des premiers essais d’isolation de conduites de vapeur avaient été faits en entourant les surfaces à protéger de feuilles d’aluminium brillant très minces, maintenues à une faible distance les unes des autres par un artifice quelconque. Les résultats obtenus étaient intéressants. Les ondes calorifiques réfléchies d’une surface à l’autre étaient amorties, en quelque sorte, par une série de cascades. Ce système dit « Isolation par feuilles lisses » est d’ailleurs encore employé dans certains cas comme on le verra plus loin.
- De plus, et ceci n’est pas négligeable, la couche d’air immobilisée entre les surfaces métalliques formait un matelas isolant et réduisait considérablement les pertes par convection, deuxième facteur de déperdition. Toutefois, le procédé Alfol constitue une amélioration très sensible de ce système d’isolation. Par l’utilisation de feuilles d’aluminium froissées à la main, on augmente notablement les surfaces miroitantes en même temps que l’on crée un nombre considérable de petits alvéoles dans lesquels l’air est emprisonné. De plus, la pose du calorifuge est plus facile qu’avec le procédé d’isolation à feuilles lisses.
- Il reste à voir ce qu’il advient des perte^ par conductibilité. Ici, et malgré le pouvoir conducteur de la chaleur que possède l’aluminium, on peut les considérer comme faibles, sinon négligeables, en raison de l’épaisseur extrêmement faible des feuilles d’Alfol employées. Cette épaisseur est de l’ordre de 7 millièmes de millimètre et, par conséquent, lors de la mise en place, les feuilles d’Alfol froissées peuvent se toucher sans qu’il en résulte une déperdition de calories ou de frigo-ries pratiquement appréciable.
- Le pouvoir calorifuge de l’Alfol a été mis en valeur par les expériences effectuées dans divers laboratoires officiels. Elles ont démontré qu’à égalité d’épaisseur une isolation à l’Alfol était sensiblement équivalente à celle d’un liège de bonne qualité et deux fois supérieure à celle du kieselguhr pur.
- Voici d’ailleurs les résultats obtenus en ce qui concerne le coefficient de transmission calorique du produit comparé à celui d’autres isolants :
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- Feuilles (TAlfol froissées Résultats
- Températures du Laboratoire
- moyennes d'État de Munich
- 60° c = 0.048 K.cal/m.h.°C 100° c = 0.053 K.cal/m.li.°C 200° c = 0.066 K.cal/m.li.°C 300° c = 0,078 K.caI/m.h.°C
- Autres matériaux.
- Kieselguhr pur (à 50°) .
- — (à 200°) .
- Air sec au repos ....
- Liège a Expansit » . . . .
- Il convient toutefois de remarquer que la caractéristique principale de l’isolation à l’Alfol se trouve dans l’extrême légèreté du produit et c’est à cette propriété qu’il doit la plus grande partie de son succès. En effet, chaque feuille froissée ne pèse que 30 gr au m2 et l’on considère que les meilleures conditions d’isolation se trouvent remplies lorsque l’on met en œuvre 3 kg d’Alfol par mètre cube d’isolant, ce qui représente une économie de poids de plus de 95 pour 100 sur les autres matières, telles que le kieselguhr, la magnésie, la laine de verre, le liège aggloméré, etc. On comprend que cette extrême légèreté ait retenu l’attention des utilisateurs dans tous les cas où, selon la formule bien connue, « le poids c’est l’ennemi », l’Alfol a trouvé tout naturellement son emploi dans l’isolation des installations mobiles, telles que le matériel roulant routier ou ferroviaire, la marine et l’aéronautique.
- L’isolation à l’Alfol possède d’autres avantages et nous les exposerons brièvement.
- Étant une matière métallique, elle présente une propreté et une absence d’odeur absolues.
- Elle ne peut ni salir, ni empoussiérer les locaux.
- Elle ne craint pas la moisissure et ne peut constituer ni un habitat pour les bactéries, ni un refuge pour les parasites. D’autre part, et pour les mêmes raisons, elle résiste à l’humidité, aux vapeurs et aux gaz industriels.
- L’extrême légèreté du produit lui assure une inertie mécanique complète et lui permet de résister sans déplacement et sans tassement aux vibrations, même violentes ou à cadence accélérée. Cette résistance a été mise en évidence par une expérience au cours de laquelle quatre panneaux isolés à l’Alfol ont été soumis pendant 50 heures à l’action d’une machine qui leur imprimait 4000 secousses à l’heure sans que l’on ait remarqué un tassement ou un changement quelconque. Cette propriété est appréciable pour l’isolation des machines terrestres ou marines susceptibles de produire ou de supporter des chocs et des vibrations, tels que marteaux-pilons, locomotives et wagons, turbines, machines marines alternatives ou Diesel.
- Puisque nous parlons des applications de l’Alfol dans le domaine maritime, il faut signaler qu’en raison de son incombustibilité on l’utilise de plus en plus pour l’isolation des installations de bord à la place d’autres produits tels que le liège.
- D’autre part, le coefficient d’accumulation calorique est presque nul. En d’autres termes, l’isolant ne conserve pas de chaleur et ceci a une grande importance pour les installations à marche discontinue, en évitant les pertes
- de calories qui se produisent avec certains revêtements calorifuges à chaque arrêt et mise en route.
- Enfin, sa pose est facile et peut se faire sans arrêt du travail. Elle ne nécessite ni séchage, ni réchauffage. Les réparations sont aisées. L’isolant ne s’use pas et ne perd aucune de ses propriétés à l’usage. La durée est donc pratiquement illimitée.
- L’Alfol se trouve dans le commerce sous forme de rouleaux de papier d’aluminium d’une largeur de 40 cm.
- Résultats du National Physieal Laboratory of Teddington Angleterre
- 0.041 K.cal/m.h.°C 0.047 K.cal/m.h.°C 0.064 K.cal/m.h.°C 0.082 K.cal/m.h.°C
- 0.08
- 0.12
- 0,02
- 0.032
- K.cal/m.h.°C.
- Fig. 3. — Isolation à l’Alfol d’une automotrice pour voie ferrée.
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- Le type le plus employé a une épaisseur de 7 millièmes de millimètre. Son poids s’élève à 18 gr au m2. En vue de garantir l’application des brevets, ce papier porte sur toute sa surface un gaufrage spécial en losanges ainsi qu’un emblème dont le modèle est déposé.
- La mise en place se fait par le personnel de l’utilisateur lui-même, sur les conseils des services techniques du fabricant. 11 est, en effet, indispensable que le froissage des feuilles, leur pose, leur espacement répondent à certaines rèoles afin d’arriver à la confection d’un revê-
- Feuitles lisses tendues vertical t
- „ „ ,, horizontal
- Coupe AB
- ^Revêtement isolant
- Ecartemt entre /es feuilles
- Chambre frigorifique pour denrées aliment”5
- que citernes, corps de chaudières, tuyauteries, etc., l’isolant est maintenu en place à l’aide d’un revêtement généralement en tôle d’aluminium de telle sorte que l’installation ainsi réalisée est entièrement métallique.
- Les photographies ci-jointes P) montrent quelques-unes des applications les plus typiques de l’Alfol : isolation de citernes, de voitures de chemins de fer, de wagons isothermes, de chambres frigorifiques et d’aéronefs.
- On peut indiquer toutefois que c’est la construction navale qui est le principal utilisateur de l’isolation à l’Alfol.
- La marine de guerre française l’a employé pour l’isolation des réservoirs à combustible, des soutes à munitions et des turbines, ainsi que pour le revêtement des plafonds des chaufferies, des appartements d’officiers et des postes d’équipage, dans les unités qui ont été construites au cours des dernières années.
- La marine marchande l’utilise également, pour l’isolation des turbines et cheminées de paquebots, des tambours de moteurs et des collecteurs d’échappement des nautonaphtes, ainsi que pour les installations frigorifiques, et il n’y a guère d’unités importantes parmi celles mises à flot ces dernières années pour lesquelles on n’ait utilisé le procédé Alfol comme isolant.
- Dans le matériel roulant, pour les raisons déjà expliquées, l’isolation à l’Alfol a été appliquée dans la construction des automotrices, des voitures de luxe et des wagons frigorifiques.
- Un grand nombre de véhicules ainsi équipés circulent aujourd’hui sur tous les réseaux européens.
- C’est une des plus heureuses solutions proposées pour le confort dans les wagons mé-liques.
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- Fig. 4. — Isolation d'une chambre frigorifique. Procédé Alfol avec emploi de feuilles lisses. Plan et coupe de l’installation.
- tement, régulier pesant, comme déjà dit, 3 kg par mètre carré.
- Toutefois, dans certains cas, et en particulier dans l’isolation des chambres frigorifiques, on emploie parfois des feuilles lisses de grande surface et de 15 millièmes de millimètre d’épaisseur qui sont tendues parallèlement et à égale distance les unes des autres, l’écartement étant assuré par des réglettes en bois, fixées à des pièces de bois assujetties aux membrures existantes (fig. 4).
- Dans le cas d’isolation de pièces cylindriques telles
- L’Alfol apparaît ainsi comme un calorifuge de choix protégeant tant contre la transmission de la chaleur que celle du froid.
- Léger, peu altérable, il a l’avantage de ne pas se déplacer, ni se taser sous les chocs et les vibrations et de n’être attaqué ni par les moisissures ni par les insectes.
- En résumé, l’isolation à l’Alfol qui se différencie nettement des procédés de calorifugeage utilisés jusqu’ici présente des avantages remarquables dans ses diverses applications et, en particulier, toutes les fois que le facteur poids entre en ligne de compte.
- A.-F. Pellat.
- 1. Nous devons ces photographies à l’obligeance de la Société 1-Iervngfet et Cie, à Nancy, concessionnaire pour la France des procédés Alfol.
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- UN EXCAVATEUR DE SOUS-SOL
- On s’ingénie, à notre époque, à améliorer le rendement de la terre; les méthodes les plus diverses sont mises en œuvre. Par un abondant apport de phosphore, de potasse et de composés azotés naturels ou synthétiques, on s'efforce de fournir les matières indispensables à la croissance de la plante. On a même, dans cet ordre d’idées, donné à respirer aux jeunes plantes une atmosphère enrichie en anhydride carbonique.
- D’autre part, a lin gelées nocturnes, on triques et, en on accélère la croissance.
- résultats encore incertains, d’imiter l’exemple des Chinois qui, en transplantant et en approfondissant les jeunes pousses, savent activer le développement des racines et la croissance des plantes.
- Voici une machine nouvelle qui emprunte au sol lui-même tous les éléments dont il a besoin pour son amélioration. Cette machine va puiser un sol précieux à la profondeur voulue, sans enlever les couches de terre supérieures, et, de cette manière, non seulement elle augmente le rendement, mais, d’une façon générale, elle améliore le sol, affermit une terre trop meuble et ameublit celle qui oppose à la charrue une résistance excessive.
- Les inventions entièrement neuves sont rares; celle-ci n’échappe pas à la règle. La nouvelle machine s’inspire de modestes devancières. Dans les marches allemandes bordées par la mer du Nord, les fermiers ont depuis bien longtemps la coutume d’aller chercher en toutes petites quantités le précieux terreau des couches profondes et de le répandre à la surface. Cette extraction faite à la main est fort laborieuse.
- Le sol de ces marches, soit dit en passant, est le produit d’alluvions apportées par la mer; d’une consistance particulièrement fine, il aspire l’eau, telle une éponge, et se convertit en une masse terreuse tenace, gluante, bien trop lourde. C’est ainsi, en raison aussi des influences atmosphériques, qu’il perd beaucoup de sa grande fertilité initiale ; la chaux et les matières alimentaires descendent vers les couches profondes et le sol a un besoin urgent de renouvellement.
- C’est ce renouvellement qu’opère la machine inventée par M. Max Jaeger et le I.)r J. Rathjens, à Naumbourg, machine portant, entre deux chaînes à chenilles (organes de propulsion), un tube tournant et ajustable de G-10 m de long. Ce tube, d’une construction fort ingénieuse, pièce vitale de la machine, pénètre dans le sol, à une profondeur plus ou moins grande, y fouille à la manière d’une trompe d’éléphant, ramène le terreau précieux à la surface et l’y répand en couche uniforme.
- L’extrémité inférieure, environ un tiers de la longueur totale de ce tube, est garnie de fentes surmontées de
- couteaux. Pendant que le tube tourne autour de son axe, le sol ameubli par les couteaux tombe à travers les fentes à l’intérieur, où le saisit une hélice tournant en sens inverse, qui l’élève vers la surface. L’extrémité supérieure du tube porte des couteaux fouilleurs disposés en serpentin, et ceux-ci, pendant que la machine se déplacé, fouillent la terre et la refoulent en arrière, sans toutefois la monter vers la surface. Seule la terre marneuse vierge qui tombe à l’intérieur dii tube est ramenée à la surface, où une espèce de catapulte la projette, en un large jet,
- à droite et à gauche, à 5 m de distance, de façon à recouvrir, en une seule opération, une bande de 10 m de largeur. La seule trace que la machine laisse derrière elle est un sillon étroit, qui disparaît au moment même où la charrue passe par-dessus. Le labourage mélange le sol original intimement avec le terreau vierge soulevé par la machine; c’est ainsi que sa contexture se trouve améliorée ; le sol trop lourd est allégé, tandis que le sol trop léger prend le liant voulu. L’oxygène pourra désormais entrer librement dans les interstices et remplir dans le sol ses fonctions si importantes. Le sol marneux remonté par le tube de la machine renferme de la chaux en quan-
- de protéger les cultures contre les chauffe le sol par des câbles élee-électrisant le sol, on stimule et On tâche, avec des
- Fig. 1. — Vues schèmat ques montrant le fonctionnement de Vexcavuleur.
- Fig. 2. — Vue d’ensemble de l'excavateur.
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- Fig. 3. — Le tube foreur de l’excavateur.
- tité suffisante pour que même les plantes les plus exigeantes puissent y prospérer et donner des récoltes abondantes. Ajoutons que la fouille profonde du terrain en améliore le drainage; aussi, le printemps venu, ces terres s’échaufferont-elles plus vite et pourront-elles se labourer longtemps avant l’époque habituelle. C’est ainsi que, pour les céréales, on augmente la récolte de 30 pour 100 ou plus et, pour les légumes, bien davantage.
- Une autre application, non moins importante, de cette machine est la mise en valeur des tourbières. Au-dessous de la tourbe, il y a, en effet, un sol sablonneux, qu’on n’aura qu’à soulever et à répandre sur la tourbe, pour convertir celle-ci en terre arable. Le tube foreur dont on se sert dans ce cas est d’une construction identique à celle du tube employé dans les sols marneux et sablonneux ; la chaîne à chenille, pour travailler dans les tourbières, doit, par contre, être plus large, garnie de planchettes. Les dimensions de cette machine : 5 m de hauteur, 24 m de longueur totale, 10 m de largeur, sont vraiment imposantes. Lors du travail dans les tourbières, la machine, autre avantage, creuse en même temps un canal d’écoulement.
- Lorsqu’il s’agit non pas de mettre en valeur un terrain tourbeux, mais d’y créer des routes, la construction de la machine doit être quelque peu modifiée; dans ce cas elle refoule la tourbe vers le bas, en même temps qu’elle répand en surface le sol sablonneux des couches profondes.
- Cette double opération est effectuée par les couteaux foreurs disposés dans la partie supérieure du tube, ceux-ci broient la tourbe fibreuse et en font une bouillie qu’ils refoulent vers le bas, en même temps que l’eau dégagée s’écoule vers les tourbières intactes environnantes.
- Dans ce cas, il ne faut pas amasser immédiatement toute la masse sablonneuse sur la tourbe broyée, car l’excédent de pression qui en résulterait entraverait fortement le travail du tube foreur.
- C’est pourquoi l’on a disposé à l’extrémité postérieure de la machine une bande de transport qui répand une partie de ces masses à une distance considérable en arrière sur le sillon qu’on vient de creuser.
- On emploie actuellement cette machine pour la construction des autostrades des chemins de fer allemands, dans les tourbières de Brême, à Oslebshausen, en appliquant une couverture en béton sur la base solide ainsi créée, et en creusant un canal d’écoulement tous les 10 m de distance.
- Dr A. Gbadenwitz.
- Fig. 4. — L’excavateur construisant une route en terrain tourbeux.
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- L’AMÉNAGEMENT DU JARDIN
- ET SES RESSOURCES MÉDICINALES
- Le plus invétéré des citadins se découvre, quand viennent les beaux jours, une âme de rural. Incontestablement, l’éveil de la nature olïre toujours pour lui un charme renouvelé. Ce besoin d’air pur, de. verdure, apparaît inné dans le cœur de l’homme, à moins qu’il ne provienne des longues stations que nous ont fait faire jadis nos mamans, quand nous étions bébés, dans des squares plus ou moins veidoyants et ombragés ! Une preuve indiscutable de ce besoin nous est fournie, spécialement depuis une cinquantaine d’années, par la fondation heureuse de multiples associations de jardins ouvriers. Qui ne rêve aujourd’hui de posséder bien à soi un coin de terre, pour y construire une maison peut-être, mais surtout pour y planter « un jardin » afin que l’esprit; trouve, dans la fatigue du corps, un délassement particulièrement sain et agréable ?
- 11 existe de copieux traités d’horticulture qui indiquent, mieux que nous ne saurions le faire, comment on édifie, selon toutes les règles de l’art, la rectitude d’un jardin à la Le Nôtre ou le laisser aller d’un jardin anglais. Sans viser aussi haut, oxr peut se contenter sans doute d’un jardin moins rigoureusement ordonné, d’un cadre plus restreint ne dépassant pas, par exemple, quelques centaines de mètres carrés. C’est aux propriétaires de ces jardinets que nous entendons donner quelques conseils avec l’arrière-pensée de les amener à y intercaler,de-ci de-là, quelques plantes ou arbustes à propriétés médicinales qui leur permettront, dans bien des cas, de prévenir la maladie ou de recouvrer la santé à peu de frais.
- Quelle que soit la culture entreprise dans le jardin, il est très important de ne pas oublier que c’est dans le sol qu’arbres et plantes puisent les substances organiques et minérales qui leur sont nécessaires; ce sont les phosphates, le calcaire, la potasse, les sels ammoniacaux, l’humus de la terre qui se transforment, grâce à l’intervention du carbone de l’air, en fruits, légumes et fleurs. Mais ces fleurs une fois cueillies, ces légumes et ces fruits récoltés, il faut restituer au sol les substances qui y ont été puisées sous peine de l’appauvrir rapidement et de le rendre vite improductif. Des fumures appropriées permettent de pallier à ces inconvénients : les engrais azotés agissent surtout sur le développement herbacé des plantes; les engrais phosphatés favorisent plutôt la fructification et, de ce fait, sont particulièrement recommandés pour les légumes cultivés pour leurs fruits (haricots, tomates) ; les engrais potassiques sont plus spécialement utiles aux racines. Du reste, la plupart du temps, il y a intérêt à s’adresser à des engrais composés où les divers éléments seront associés en tenant compte des multiples besoins des plantes cultivées. Le fumier est le plus anciennement employé et reste le meilleur des engrais composés parce que, en dehors des éléments fertilisants qu’il apporte, il améliore la nature physique du sol, produit de l’humus, donne du corps aux terres légères et allège les terres fortes.
- Tout naturellement, le jardin se subdivisera en trois parties, qui peuvent être ou parfaitement distinctes ou agréablement incorporées l’une à l’autre, et constituent ce qu’on appelle : le potager, le fruitier et le jardin floral.
- Il est rare que le jardin fruitier soit assez important pour nécessiter un emplacement propre. Chaque fois que ce sera possible, et si la place le permet, il y aura cependant avantage à constituer un véritable verger où pommiers, poiriers, pêchers et pruniers se développeront, sans nuire aux cultures potagères qu’on a trop souvent tendance à y intercaler. Quand on ne dispose pas d’une étendue de terrain suffisante, on pourra tourner la difficulté en plantant tout autour de l’enclos des arbres en espaliers. Pour le reste on se contentera de disséminer
- Fig. 1. — Corbeille sur parterre de gazon avec fond de parc.
- çà et là un cerisier « Reine Hortense », un prunier « Reine-Claude », un pommier « Reinette du Canada » ou « Calville », un poirier « William » ou « Louise-Eonne », un cognassier « Champion », et tant d’autres excellentes variétés que nous ne pouvons toutes citer ici.
- Le cas échéant, on se rappellera utilement que les fleurs de pêcher donnent une infusion laxative agréable, particulièrement recommandable aux jeunes enfants; les coings au contraire fournissent une gelée douée de propriétés antidiarrhéiques justement appréciées. Les queues de cerises, mises de côté à la belle saison et séchées à l’ombre, constitueront un diurétique précieux auquel les personnes âgées feront bien d’avoir recours. Le néflier, trop peu connu, fournit cependant des fruits dont la pulpe sucrée, quand elle est bien mûre, est un excellent régulateur des fonctions intestinales.
- D’autres arbres orneront utilement nos bosquets et nos parcs tout en fournissant également feuilles, fleurs ou écorces d’applications médicinales. La bourdaine, petit arbuste épineux, donne une écorce laxative recommandable et le sureau fournit des fleurs sudorifiques d’activité toute particulière; quant aux propriétés calmantes et antispasmodiques du tilleul elles sont connues de tous. Les feuilles du cassissier ou
- Fig. 2.— Planches séparées de culture potagère (aménagements divers).
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- groseillier noir sont antirhumatismales; celles du bouleau, diurétiques, et celles du noyer astringentes, et toniques; les diabétiques les utilisent aussi le plus souvent avec avantage. Signalons enfin que les sapins au port majestueux donnent des bourgeons recommandés dans les affections pulmonaires; de même que les feuilles du frêne sont à la base d’une foule de boissons économiques et hygiéniques dont l’emploi paraît plus spécialement à conseiller aux arthritiques. L’orme, le platane, le chêne, le châtaignier, le charme, etc., sans avoir des applications aussi immédiates, sont d’un effet ornemental
- Fig. 3. — Aménagement d’un jardin mixte moyen.
- A. Jardin floral ; B. Jardin potager; C. Jardin fruitier; D. Arbustes d'ornement; E. Avenue bordée d’arbres; P. Puits avec pompe;
- T. Tonnelle.
- incontestable; lorsque l’emplacement le permet, ils peuvent constituer un fond de parc ombragé très apprécié (fig. 1).
- Le jardin potager est, d’ordinaire, le plus développé; il offre l’avantage d’être d’un x-endement à peu près certain. On le divisera, très simplement, en plates-bandes parallèles séparées entre elles par des sentiers en facilitant l’arrosage (fig. 2).
- Chacune de ces plates-bandes sera ensemencée, suivant la saison avec des légumes appropiûés à la consommation familiale : haricots, pois, pommes de terre, salades, tomates, épinards, carottes, navets, poireaux, oignons, potirons, etc. (fig. 3). On trouvera du reste d’utiles indications sur ces diverses cul-
- Fig. 4. — Corbeilles ornementales.
- turcs dans un ouvrage récent à la portée de tous publié par l’un de nous^).
- Tous les fermiers savent qu’un même sol ne doit pas être épuisé plusieurs années de suite par une même culture, et très opportunément font alterner blé, avoine, betterave. De même, l’amateur n’oubliera pas de pratiquer un assolement raisonné pour obtenir avec économie les plus abondantes récoltes; il choisira à cet effet une succession de végétaux se comportant différemment vis-à-vis de la couche arable; chacune des plantes a sa dominante propre, leur alternance permet de ne pas appauvrir le sol et d’en tirer le meilleur rendement. L’assolement général suivant est le plus simple et le plus recommandable :
- lro année : légumes foliacés (épinards, choux, laitues).
- 2e année : légumes cultivés pour leurs racines (carottes, navels, pommes de terre).
- 3° année : légumes cultivés pour leurs fruits (pois, haricots, tomates).
- Cei'taines cultures comme celle de l’asperge nécessitent par contre un développement prolongé sur le même terrain, car la récolte ne devient véritablement abondante qu’à partir de la quatrième année.
- Sans vouloir insister sur les propriétés antilaiteuses du cerfeuil, antiscorbutiques et dépuratives du cresson, nous rappellerons l’action diurétique de l’asperge, du poireau et surtout de l’oignon ; le Liiym est un stomachique antiseptique et stimulant; l’ail favorise l’évacuation des ascarides, et les
- 1. M. Lecoq et H. Lec.ourt. Mon Jardin. Orléans, 2, rue St-Martin-du-Mail, 1929.
- Fig. 5. — Fer à cheval stylisé : fusain en bordure : Bégonia graeilis en second et intérieur de gazon ; au centre, Gynérium argenteum.
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- Fig. Ü. — Plate-bande de fleurs avec fond de feuillage.
- semences de citrouille, consommées crues, ont une efficacité incontestable contre le ver solitaire. Les pétioles des grandes feuilles de rhubarbe, accommodés en confiture, permettent de combattre utilement la constipation. Ajoutons que les rhumatisants bénéficient de la petite quantité d’acide salicylique que renferment les fraises ; la pulpe sucrée de ce fruit (qui, plus exactement, n’est autre qu’un réceptacle charnu) riche en lévulose peut être consommée sans inconvénient par les diabétiques.
- Le jardin d’agrément ou jardin floral sera constitué, suivant l’emplacement dont on dispose, par des plates-bandes, des corbeilles simples ou entourées de gazon, des massifs floraux de formes diverses : ronds ou ovales, étoiles, fers à cheval ou fleurs de lis, etc... (fig. 4 et 5).
- Si Jes plates-bandes sont disposées le long d’un mur ou d’une haie, elles comporteront avec avantage un dernier plan de feuillage vert, panaché ou coloré (fig. 6). Parmi ces derniers nous conseillerons : les fusains, les aucubas, les troènes et érables à feuilles panachées, les pruniers (Pissardi) à feuilles pourpres; on pourra aussi leur substituer parfois le lilas et les
- Fig. 7. — Exemples de mosaïcullure.
- Schéma supérieur : a) Bourrache; b) Coléus rouge; c) Camomille double. — Schéma inférieur : a) Agératum bleu; b) Œillet d’Inde; c) Géranium; d) Canna; e) Dahlia.
- boules-de-neige dont les fleurs sont très appréciées au printemps, les seringas aromatiques, les cytises aux gracieuses grappes jaunes, etc...
- Disposées elles-mêmes avec art, les simples fleurs constitueront d’agréables ensembles, grâce aux ressources de la mosaïculture; les schémas que nous reproduisons (fig. 7) donnent un aperçu de ce qui peut être fait dans cet ordre d’idées.
- Les plantes utilisées à cet effet peuvent être annuelles, bisannuelles ou vivaces. Il est préférable, autant que possible, d’associer entre elles des plantes appartenant au même groupe. Citons parmi les plantes annuelles : les reines-marguerites aux innombrables variétés dont certaines rappellent les chrysanthèmes, les balsamines proches parentes des camélias, les cosmos au feuillage léger, les eschscholtzies aux coloris vifs,
- Fig. 8. — Bosier grimpant sur pylône en fer.
- les œillets d’Inde et de Chine, les héliotropes, les zinnias monstrueux; et parmi les plantes bisannuelles : les pensées, les giroflées, les mufliers, les campanules, les myosotis, les pâquerettes. Certaines associations de plantes vivaces, plus rustiques et de culture facile, sont également recommandables; nous retiendrons : les élégantes anémones du Japon, les asters aux nuances variées, les campanules aux clochettes d’azur, les échinops ou chardons bleus, les phlox, les pieds-d’alouette, les pyrèthres, les iris et tant d’autres.
- Il ne faudra pas oublier d’utiliser également diverses plantes bulbeuses : jacinthes odorantes, brillants bégonias, lis rouges et tigrés, renoncules, montbretias, cannas et surtout dahlias dont les variétés infinies jettent une note particulièrement chatoyante dans les massifs. Elles ne présentent qu’un seul inconvénient, c’est de nécessiter des soins particuliers pour les mettre à l’abri pendant leur vie ralentie.
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- Volontairement nous avons passé sous silence un certain nombre de plantes d’aspect non moins agréable, mais de propriétés médicinales bien connues; nous conseillerons donc de les faire alterner çà et là dans les corbeilles et d’en faire la récolte en temps utile. La bourrache aux propriétés sudori-pares, la camomille et la verveine stomachiques voisineront avec la mauve et la guimauve aux propriétés émollientes, la pensée sauvage et la centaurée dépuratives, la violette et le tussilage béehiques, la tanaisie vermifuge, le petit houx diurétique, la pervenche antilaiteuse, le bleuet et le mélilot ophtalmiques précieux.
- Le buis, dont la racine paraît avoir une heureuse influence dans les maladies du foie, fournit une bordure résistante d’un beau vert sombre.
- Une place à part, et la meilleure, doit être réservée à la plus belle des fleurs : la rose. II ne nous appartient pas d’en vanter la diversité des variétés et des coloris, nous nous
- contenterons de signaler que la chute harmonieuse d’un rpsier grimpant sur pylône de fer ou de bois est du plus gracieux effet (fig. 8). Dans les tonnelles, ces mêmes rosiers se prêtent à toutes les combinaisons; on pourra leur adjoindre, dans ce cas, les glycines, les chèvrefeuilles, les. clématites, etc.
- Bien d’autres plantes à applications médicinales pourraient être encore utilisées, mais pour éviter au lecteur une énumération fastidieuse, nous préférons le renvoyer pour tous renseignements complémentaires à l’ouvrage très documenté de H. Leclerc (x).
- Puisse cet exposé, trop schématique peut-être, donner aux amateurs plus d’intérêt encore dans l’ornementation de leur jardin et leur permettre de joindre plus qu’ils ne le font actuellement, sous la forme de plantes médicinales, l’utile à l’agréable. Raoul et Maurice Lecoq.
- 1. II. Leclerc. Précis de Phytothérapie. Paris, 1922, Masson, éditeur.
- PRESTIDIGITATION
- LE DÉCAPITÉ PARLANT
- Le Sphinx du Dr Lynn.
- Fig. 1.
- Un abonné de La Nature m’écrit qu’il vient de voir, présenté dans une baraque de foire, le décapité parlant, qu’il a été étonné de la perfection de l’illusion produite, et me demande si je pourrais donner quelques précisions sur ce truc très réussi et qu’il croit ancien.
- Comme j’ai connu personnellement l’inventeur, M. Talrich, je suis à même de donner des renseignements précis sur ce truc qui a une place spéciale dans l’histoire de l’illusion, car il est le plus ancien, l’ancêtre des trucs à glace j1). Sa création remonte à 1855. M. Talrich avait installé, boulevard des
- 1. Il faut en excepter le truc des spectres inventé en 1847 mais présenté seulement en 1863 par le célèbre Robin.
- Capucines, dans la maison où se trouve le théâtre des Capucines, le premier théâtre des frères Isola, un musée de cire sortant des banalités de l’époque. Les groupes étaient artistiques et présentés chacun dans un décor approprié. Mais M. Talrich cherchait un « clou » pour attirer le public dans le nouvel établissement : juste à ce moment un prestidigitateur ventriloque anglais, le docteur Lynn, proposait à M. Dejean alors directeur de cirque, le truc du Sphinx (inventé par le colonel Stodoare) (fig. l).Le docteur entrait en scène, portant sous le bras une petite cassette qu’il ouvrait et dans laquelle se trouvait une tête coiffée de l’étoffe rayée des sphinx égyptiens. Le prestidigitateur affirmait que cette tête était vivante; en effet, elle semblait dire quelques mots alors qu’ils étaient
- Fig. 2. — Le décapité parlant : aspect général du caveau.
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- prononcés par le montreur lui-même, grâce à son talent de ventriloque. Il déposait ensuite le coffre sur la table et la tête, alors, parlait, chantait et répondait.
- Dans le coffre était une tête de cire. Lorsque le docteur Lynn se disposait à poser le coffre sur la table, le couvercle était refermé pendant quelques secondes. Ce court instant était mis à prolit par l’aide caché dans la laide; celui-ci ouvrait une trappe pratiquée dans la table et correspondant au fond du coffret; il retirait la tête de cire et passait la sienne à la place, puis parlait et répondait aux questions, la cassette étant rouverte.
- Le truc consistait dans l’emploi de deux glaces placées entre les pieds de la table et qui avaient pour mission de refléter les côtés de la salle pour donner l’illusion du fond qu’on ne voyait pas.
- 11 était impossible de présenter celte illusion dans un cirque, car il était nécessaire d’avoir un entourage très rapproché et de maintenir les spectateurs de face. Talrich vit tout de suite le parti qu’il pouvait tirer du truc, en le simplifiant; il s’arrangea avec le docteur Lynn et créa le décapité parlant dans son salon de cire qu’il appela le Musée français.
- Pour voir le décapité, il fallait descendre dans les caves : au fond d’un couloir éclairé par quelques lanternes, on arrivait à un caveau fermé par une grille. Au delà de cette grille, on apercevait tout près, à 1 m 50 au plus, une table grossière, de la paille répandue sur le sol.
- Sur un des côtés une large épée à deux mains tachée de sang, une torche fixée au mur de l’autre côté, un corps sans tête couché par terre et sur la table une tête de vieillard barbu qui sommeillait. On voit que la mise en scène était bien faite et que Talrich en véritable artiste avait su tirer tout le parti possible d’une ancienne cave à charbon d’aspect vétuste et « créer l’atmosphère ».
- On interrogeait la tête : elle semblait s’éveiller et répondait à peu près dans toutes les langues connues. Un jour, une dame l’interrogea en patois catalan, et elle répondit comme elle avait répondu en anglais, en allemand, en italien, en grec, en espagnol et en russe. La dame déjà fortement impressionnée par ce spectacle se trouva mal. Le succès fut énorme et les journaux de l’époque le mentionnent. On demandait 5 fr. d’entrée, ce qui était cher à ce moment-là. Plusieurs personnes vinrent plusieurs fois pour voir si c’était une illusion et essayer de se rendre compte. Le prince impérial y vint avec son précepteur. Mais assez de souvenirs anecdotiques. Venons au truc lui-même. La figure représentant le truc du sphinx explique que l’homme dont la tête est visible est caché par deux glaces
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- étamées fixées dans des feuillures derrière trois pieds de la table. Le pied central est face au public et les glaces rejoignant les deux autres pieds reflètent les côtés du caveau, donnant aux spectateurs l’illusion qu’ils voient le mur du fond. La grille les empêche de s’approcher trop près des glaces et de voir le reflet de leurs pieds. De la paille répandue dissimule les
- contacts des glaces avec le sol par l’irrégularité de ses reflets. Quant au mystère des nombreuses langues parlées par la tête, il est facile à expliquer : M. Talrich avait eu la bonne fortune de rencontrer comme figurant un ancien cuisinier à bord des paquebots qui avait voyagé un peu de tous les côtés et qui avait retenu des bribes de toutes les langues, ce qui lui permettait non pas de tenir une conversation mais de dire
- Fig. 3. — L'affiche de l’époque annonçant le spectacle 'du « Décapité parlant »
- créé par M. Talrich en 1855.
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- quelques mots. Quant au patois catalan, il n’eut pas de peine à répondre car il était né dans cette région.
- La figure 3 est la reproduction de la lithographie qui illustrait l’affiche spéciale annonçant le décapité parlant. Le dessinateur ayant fait sa pierre sans avoir vu la présentation du ti'uc a représenté une hache et une table à quatre pieds.
- M. Talrich, d’abord contrarié de cette erreur, en fut ensuite content, car elle détournait les soupçons qu’auraient pu concevoir des personnes trop perspicaces.
- Voilà dans leurs grandes lignes la description et l’historique de ce truc si intéressant qui a servi de modèle à de nombreuses illusions. Le prestidigitateur Alber.
- LE MOIS MÉTÉOROLOGIQUE
- JANVIER 1935, A PARIS
- Mois à périodes chaudes et froides alternées, s’écartant peu, dans son ensemble, des conditions normales.
- La moyenne mensuelle de la pression barométrique, au Parc Saint-Maur, ramenée au niveau de la mer, 768 mm 2, est supérieure de 3 mm 2 à la normale. Celle de la température, 3° 3, présente un excédent de 0° 4, sur la normale. Trois périodes froides se sont produites : du 7 au 13, les 19 et 20 et du 27 au 31. C’est au cours de la dernière qu’a été noté le minimum absolu, •—- 6° 1, le 30. Le maximum absolu, 11° 4, avait été relevé le 2. On a noté 14 jours de gelée (dont un de gelée totale) : ce nombre est exactement égal à la normale.
- En banlieue on releva jusqu’à — 9° 1 à Saint-Cloud et — 8° 8 à Brévannes. La hauteur totale d’eau de pluie tombée, pour le Parc Saint-Maur, a été de 35 mm 0 au lieu de 39 mm 2 (nombre moyen) en 16 jours (normale 15) dont 6 de neige.
- A l’Observatoire de Montsouris, la durée totale de chute, 41 h 40 m, est inférieure de 29 pour 100 à la moyenne des 25 années 1898-1922. Hauteurs maxima en 24 heures : pour Paris, 10 mm 8 à l’Hôpital Laënnec du 26 au 27 et, pour les environs, 16 mm 4 à Trappes du 7 au 8 (chute de neige qui
- n’a affecté que la grande banlieue Ouest). La neige, observée assez fréquemment, n’a été générale et importante qu’une seule fois, le 27. Un orage, consistant en un ou deux éclairs suivis de tonnerre, un coup de vent, une giboulée de grésil ou de grêle et de neige, ensuite, s’est produit le 12, vers 10 h 30.
- On a signalé du brouillard tous les jours dans la région. La visibilité minima a été 23 fois comprise entre 400 m et 100 m et six fois inférieure à 100 m. Le brouillard a persisté toute la journée sur certains points, 9 jours.
- Les obscurcissements ont été fréquents, quelques-uns même ont été intenses, sur le Sud de la ville.
- On a enregistré à l’Observatoire de la Tour Saint-Jacques 50 h 30 m de soleil, durée inférieure de 6 pour 100 à la moyenne des 40 années 1894-1933. Les vents ont été très prédominants du Nord.
- A l’Observatoire du Parc Saint-Maur, la moyenne mensuelle de l’humidité relative a été de 85,4 pour 100 et celle de la nébulosité de 78 pour 100. On y a relevé : 3 jours de grésil, 16 jours de brouillard, 13 jours de brume, 8 jours de gelée blanche, 2 jours de verglas. E. Roger.
- = L’AUTOMOBILE PRATIQUE ~........
- CONSEILS PRATIQUES - NOUVEAUTÉS TECHNIQUES
- LE SYSTÈME D’ALLUMAGE A INDUCTION.
- SES AVANTAGES ET SON ENTRETIEN
- La magnéto si longtemps utilisée sur les automobiles était sans doute un appareil robuste, de dimensions réduites, ne demandant qu’un entretien infime, et d’apparence très simple. On pomrait, au contraire, reprocher à priori, ausystème à induction dit « Delco », de comporter plusieurs organes séparés : batterie d’accumulateurs avec sa dynamo de recharge correspondante, bobine d’induction, et, enfin, réseau distributeur, avec ses câbles conducteurs isolés, reliés d’une part aux bougies, d’autre part à la bobine, avec système d’avance automatique et contrôlée, et ses accessoires de sécurité : résistance de sécurité, parafoudre, etc. (fig. 1).
- La technique automobile est coutumière des retours en arrière. Les premières voitures étaient équipées avec un système d’allumage à brûleurs qui fut remplacé par le premier système électrique à bobine d’induction et à bougies. La magnéto vint ensuite, et nous voici revenus, avec le Delco, au procédé ancien de la bobine d’induction.
- Au point de vue pratique, ces deux derniers procédés sont cependant très différents. Les premiers allumages à batteries comportaient, en effet, un accumulateur ou une batterie de piles qu’on ne pouvait recharger; les systèmes actuels sont alimentés par un accumulateur, dont la charge est entretenue
- automatiquement par une dynamo entraînée par le moteur.
- La bobine actuelle et le système de distribution ne ressemblent plus guère aux modèles primitifs.
- Le dispositif actuel d’allumage est remarquable par sa simplicité.
- Le courant électrique continu et à basse tension utilisé est produit par la batterie d’accumulateurs de la voiture servant en même temps au démarrage et à l’éclairage et maintenue constamment en charge par une dynamo génératrice. La tension de cette batterie est de 6 ou de 12 volts.
- Ce courant basse tension est envoyé dans le primaire d’une bobine d’induction constituant un transformateur-élévateur de tension, avec un premier enroulement en gros fil à petit nombre de spii'es et un enroulement secondaire haute tension en fil fin à très grand nombre de spires, bobiné sur le premier. Au centre de la bobine, on place un noyau magnétique en fer divisé pour améliorer le rendement.
- Le courant primaire traversant l’enroulement en gros fil de la bobine ne le parcourt pas continuellement. Un interrupteur d’allumage placé sur le tablier permet la mise en action du dispositif pour la marche et pour l’arrêt. Un ampèremètre contrôle de même l’intensité générale du courant. Et enfin ce courant est périodiquement rompu par un rupteur, disposé dans un appareil tournant actionné par le moteur, et auquel on donne le nom de distributeur d’allumage.
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- Dans ces conditions, le courant basse tension traversant le primaire crée par son passage dans le transformateur un flux magnétique.
- Ce courant est coupé brusquement par le rupteur que commande une came tournante entraînée par le moteur.
- Le flux magnétique primaire est ainsi interrompu brusquement, et ce phénomène entraîne dans l’enroulement secondaire la production d’un courant électrique à haute tension.
- Ce dernier est transmis à l’aide d’un câble très bien isolé au plot central d’un distributeur d’étincelles monté sur le système rotatif « tête d’allumage », cet organe le distribue aux bougies des cylindres et l’étincelle jaillit à tour de rôle entre les électrodes de ces bougies. Dès que l’étincelle a éclaté, la came do l’interrupteur primaire permet au rupteur de revenir dans la position de fermeture, le même arbre actionné par le moteur commande à la fois le mouvement de cette came et celui de l’organe frotteur, assurant ainsi la distribution du courant d’allumage aux bougies.
- A ce moment, le courant à basse tension est de nouveau envoyé dans le primaire, et le même phénomène se reproduit pour toutes les étincelles successives assurant l’allumage dans les différents cylindres.
- Le système est le même, quelque soit le nombre des cylindres. 11 suffit de modifier le nombre et la disposition des plots de la tête d’allumage du distributeur ainsi que la forme de la came commandant le rupteur du primaire (fig. 2).
- Le circuit primaire et le circuit secondaire se ferment, d’autre part, sur une partie commune constituant la masse générale de l’installation, et foimée par toutes les pièces métalliques du châssis.
- Quels sont les avantages techniques de ce système, en dehors de sa simplicité ? L’allumage par magnéto était sans doute fort satisfaisant pour les grandes vitesses de rotation du moteur, mais, comme il comportait en réalité une véritable génératrice de courant primaire à basse tension, on pouvait lui reprocher de fournir des étincelles d’une chaleur insuffisante au moment du démarrage et au ralenti, lorsque le courant primaire était faible.
- Dans l’allumage par batterie, le courant primaire fourni par la batterie est, en principe, à tension constante, du moins si l’état de la batterie est satisfaisant. L’étincelle a donc la même chaleur au ralenti et au moment du démarrage. Le départ en est facilité.
- On a soutenu, par contre, que la. puissance des étincelles pouvait diminuer lorsque la vitesse de rotation du moteur devenait très grande, les contacts de rupteur ne restant l’un sur l’autre que pendant un temps trop court pour que le courant atteigne son intensité maxima. Il serait possible de remédier à ce défaut en donnant à la came qui provoque l’écartement des vis platinées un profil variable suivant la vitesse de rotation. Mais en réalité l’inconvénient est peu grave pour les moteurs des voitures de tourisme d’autant plus qu'on semble être revenu aujourd’hui à des moteurs à vitesse de régime modérée.
- La simplicité des organes mécaniques et électriques assure une grande régularité de fonctionnement et une grande facilité pour la surveillance des appareils et la recherche des « pannes ». Les différents organes séparés les uns des autres peuvent être remplacés facilement. L’ensemble de l’installation est, d’ailleurs, peu coûteux, ce qui constitue un avantage à la fois pour le constructeur et pour l’automobiliste, puisque le prix de revient, et, par conséquent, le prix de vente des voitures peut être abaissé.
- L’intensité du courant nécessaire à l’alimentation de la bobine d’allumage est assez faible, de sorte qu’une batterie d’accumulateurs, même incapable d’actionner un appareil de
- Batterie
- (/accumulateurs
- Interrupteur
- Bobine dînduction
- û o 6
- Dynamo
- OO û
- Distri buteur
- O O O
- Rupteur ^SfCo„Jensatr/J J
- Came Câbles Xi isolés ~ ~
- Bougies
- Fig. 1. — Schéma d’un allumage par induction.
- démarrage, peut encore servir pour l’allumage. Mais il ne faut rien exagérer sous ce rapport.
- Le courant primaire qui traverse une bobine d’induction est encore de l’ordre de l’ampère, de sorte qu’une batterie complètement déchargée ne peut permettre la mise en marche du moteur. Nous avons déjà signalé comment, en mettant en série avec la batterie d’accumulateurs, au moment de la mise en marche, une petite battei'ie de piles, on pouvait encore obtenir des résultats satisfaisants, même dans ce cas, lorsque la dynamo de recharge fonctionne normalement.
- Une sage précaution est de couper l’allumage dès que le moteur est arrêté pour une raison quelconque, volontaire ou accidentelle. Si l’on n’effectue pas cette manœuvre, le courant de la batterie traverse encore l’enroulement primaire de la bobine ; la batterie se décharge, l’enroulement s’échauffe, l’isolant peut fondre, et la bobine est mise hors d’usage plus ou moins rapidement, ce qui constitue une panne irrémédiable, si l’on n’a pas une bobine de rechange.
- On doit également vérifier de temps en temps l’état des canalisations et des connexions. Un mauvais contact causé par une vis desserrée ou une surface oxydée suffit pour pro-
- Fig. 2. — Distributeur Delco.
- Tête de distribution
- .Came de rupture
- Born e primaire'
- Con de nsa teur
- Linguet
- rupteur
- Pignon
- d’entrainement
- Boîtier avant-automatique
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- Aluminium
- A froid
- dupe en aluminiui
- r Bagues d’acier
- Ancrages
- Fente-
- Fig. 3. — Piston en aluminium à dilatation commandée système Floquet. A. Effet de la dilatation. B. Les bagues d'acier.
- voquer une interruption ou une variation de l’intensité du courant secondaire. Il faut également vérifier l’écartement des vis de rupture de la « tête d’allumage » et les nettoyer, s’il y a lieu, à l’aide de toile émeri très fine. On vérifiera aussi la liberté de mouvement du linguet sur son axe, l’état du ressort de l’appel, et de tous les autres contacts du rupteur.
- Le seul organe tournant du système est le distributeur. Il est heureusement facile à examiner et à démonter, pour toutes les marques de voitures. On vérifiera que le couvercle en matière bakélisée, dans lequel sont « noyés », en quelque sorte, les plots de distribution, conserve bien son pouvoir isolant. Nous avons remarqué, plusieurs fois, des pièces de ce genre présentant, au bout d’un usage plus ou moins long, un isolement défectueux. L’étincelle éclatait alors entre les plots sans que le linguet vînt s’appuyer sur eux, et, bien entendu, l’ordre d’allumage n’était pas observé, d’où irrégularités de marche du moteur.
- Les pannes d’allumage sont heureusement assez rares aujourd’hui. La plupart sont dues à de mauvais contacts, à la rupture d’une pièce ou d’un ressort dans le distributeur, ou encore au « claquage » du condensateur. La bobine d’induction est, d’autre part, un organe électrique toujours délicat. Il convient ainsi d’avoir toujours sous la main une bobine de rechange.
- Il peut arriver quelquefois que la bobine ne soit pas complètement détériorée et assure encore une mise en marche presque normale, mais le fonctionnement du moteur est irrégulier, parce que l’isolement est défectueux, et, par suite, l’intensité des étincelles est insuffisante.
- Il est assez facile de localiser les pannes. On examine, d’abord, si le courant passe bien dans le circuit primaire après avoir vérifié le bon état de la batterie d’accumulateurs. On débranche ensuite le câble haute tension qui vient de la bobine et aboutit au plot central du distributeur. En approchant l’extrémité du câble de la masse, on doit obtenir une étincelle correcte en faisant tourner le moteur, soit à l’aide du démarreur, soit à la manivelle.
- Si cette étincelle est obtenue, le circuit de la bobine est normal. Ce sont donc uniquement les organes de distribution
- du courant haute tension qui sont défectueux. Il reste à vérifier le condensateur, le distributeur, le rupteur, les câbles et évidemment les bougies.
- LE DÉVELOPPEMENT DE LA MOTOCYCLETTE
- Les motocyclettes sont peu employées dans les villes : aussi ne se rend-on pas compte, la plupart du temps, de l’importance de leur nombre tant en France qu’à l’étranger.
- Il y a pourtant en Allemagne 880 000 motocyclettes ; il y en a 568 000 en Grande-Bretagne. La France vient au troisième rang avec 558 721. L’Italie n’en a que 160 000, et les Etats-Unis restent bien en arrière avec 98 883. Ce faible chiffre des motocyclettes aux Etats-Unis provient peut-être de ce que le prix d’achat des automobiles y est très réduit et les frais d’entretien peu élevés.
- UN PISTON THERMOSTATIQUE A DILATATION COMMANDÉE
- La construction des pistons d’automobile soulève des problèmes extrêmement complexes. L’objectif visé est d’alléger le piston au maximum; c’est pourquoi on recourt depuis longtemps déjà, à l’aluminium ou aux alliages légers. Il faut, pour le minimum de poids, assurer l’évacuation de la chaleur et la résistance du fond de piston, ce qui soulève de délicats problèmes de construction. Les pistons en aluminium possèdent, d’autre part, un coefficient de dilatation supérieur à celui du métal des cylindres. On est donc obligé de prévoir à froid un jeu trop grand entre le piston et le cylindre, d’où des bruits de claquement à froid au moment de la mise en marche du moteur, bruits gênants pour le conducteur et symptômes d’un fonctionnement mécanique anormal.
- Pour éviter cet inconvénient, on a eu recours à la solution déjà ancienne des pistons à jupe élastique. Un moyen simple d’assurer cette élasticité est de ménager une l'ente dans la jupe. A froid, l’élasticité ainsi obtenue est suffisante pour appliquer la jupe contre les parois du cylindre, et éviter le claquement. A chaud, il y a dilatation, mais grâce à la fente l’élasticité suffit encore pour éviter une pression trop grande contre les parois. Malgré tout, il est certain que les pistons de ce genre présentent à chaud un frottement plus important qu’un piston ordinaire, ce qui peut déterminer une perte de puissance pouvant atteindre 15 pour 100 de la puissance totale.
- Un constructeur a proposé, pour remédier à cet inconvénient d’employer une «jupe », de piston en alliage d’aluminium et fendue, comportant des anneaux d’acier ancrés dans l’alliage. A chaud, l’aluminium se dilate deux fois plus que l’acier et exerce entre les points d’assemblage un effort provoquant la courbure du système bi-métallique. Plus il devient chaud, plus la courbure augmente. L’excès de dilatation de la jupe en alliage d’aluminium fait donc naître des efforts entre les différents points d’ancrage des bagues. L’effet de courbure ferme l’ensemble bague-jupe et limite, en quelque sorte, la dilatation propre à l’aluminium. Le calcul permet de déterminer la disposition des anneaux d’acier pour laquelle la dilatation des pistons reste du même ordre que celle des cylindres. La dila-
- 7ig.4.— Coupe du piston Diatherm Floquet.
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- talion réduite penne! donc de mieux adapter les pistons aux cylindres et de diminuer la perte de puissance à chaud (fig. 3).
- L’alliage léger au silicium employé par le même constructeur pour ses pistons monoblocs présente, d’autre part, les particularités suivantes :
- Densité. Coefficient de dilatation.
- Alliage spécial F. L . . 2.G 18x10“°
- Alliages traités........ 2.8 à 2.9 22 à 23x10“°
- Alliages au cuivre . . . 2.9 à 3 24 à 25 X 10~6
- L’économie de poids est donc de l’ordre de 10 pour 100 et, d'autre part, la l'orme du piston dite « Diatherm » permet d’obtenir une meilleure évacuation de la chaleur, et le refroidissement du fond des pistons, en diminuant le calaminage et le gommage des segments (lig. 4).
- UN SYSTÈME DE NIVEAU D’HUILE POUR LECTURE A DISTANCE
- Toutes les voitures sont munies aujourd’hui d’un indicateur de niveau d’essence, généralement suffisamment précis et fixé sur le tableau de bord, mais elles n’ont pas d’indicateur de niveau d’huile; pourtant un dispositif de ce genre serait souvent utile. 11 existe, il est vrai, des jauges de niveau d’huile permettant de se rendre compte rapidement du niveau de l’huile
- dans le carier; mais pour effectuer ce contrôle il faut soulever le capot, et, généralement , manœuvrer une manette permettant la lecture de la jauge. Cette opération est assez désagréable; on l’effectue donc plus ou moins rarement, et le niveau d’huile dans le carter peut baisser tout à coup pour une cause accidentelle sans que le conducteur s’en aperçoive. Ainsi le danger est assez grand, puisqu’on risque à tout instant un « grippage ».
- En principe, cependant, un indicateur de niveau d’huile peut être constitué d’une manière assez simple. Un constructeur a, par exemple, proposé d’employer un dispositif basé sur un principe bien connu pour l’évaluation du niveau d’essence.
- On mesure, au moyen d’un manomètre, la pression correspondant à la hauteur d’huile enregistrée par un tube plongeur, en envoyant un jet d’air dans le carter cà l’aide d’une pompe. Un dispositif spécial de l’embout de pompe élimine les effets de la viscosité de l’huile (fig. 5).
- Un système de ce genre se compose donc d’un plongeur en tube d’acier, d’un diamètre approprié au trou existant pour la jauge normale, d’un manomètre de précision, d’une pompe a piston, d’une tubulure de liaison de la pompe au manomètre, et d’une canalisation.
- Pour faire fonctionner un tel système, il suffit de tirer à
- eun
- Fig. 5. — Indicateur de, niveau d’huile (système Nivex).
- fond le bouton de la pompe, et de le laisser revenir de lui-même, sans l’aider en le poussant. L’aiguille du manomètre monte lentement, et indique la division correspondant à la quantité d’huile. Pendant la marche de la voiture, la lecture persiste sans nouveau coup de pompe. Il faut seulement donner un coup de pompe après un long arrêt, et le matin au départ
- (fig- 6).
- Par suite du refroidissement de l’huile, des accélérations ou coups de frein brusques, la position de l’aiguille peut varier, mais un coup de pompe permet de rétablir la lecture exacte. Pendant la marche, d’ailleurs, une quantité notable de l’huile du carter se trouve dans la distribution, et le niveau de l’huile baisse normalement.
- Il convient d’ailleurs que le bouchon du « reniflard » de remplissage et son filtre ne soient pas bouchés et laissent passer librement Pair et les gaz d’huile pour éviter une compression dans le carter entraînant une montée anormale de l’aiguille du manomètre.
- Ce système simple et de prix réduit peut donc rendre des services à tous les automobilistes, en leur évitant une manœuvre désagréable et tous risques de détérioration du moteur.
- UN SYSTÈME DE SUSPENSION ÉLASTIQUE POUR BICYCLETTE
- Un constructeur français, qui s’est consacré depuis plus de trente ans aux perfectionnements des amortisseurs pour automobiles, a réalisé un dispositif de suspension élastique pour fourche avant de bicyclette, très simple et de prix très modique. Il semble de nature à augmenter dans de grandes proportions le confort de la « petite reine » d’antan, en évitant aux cyclistes la transmission des vibrations produites sur les roues avant par le passage sur les pavés, par exemple.
- Ce système de suspension est constitué essentiellement par deux petites articulations dont le tube central est serré à l’extrémité de la fourche, tandis que le tube extérieur présente une patte échancrée qui reçoit l’axe de la roue avant. On
- Fig. 7. — Suspension élastique IIL pour bicucletle.
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- obtient ainsi un ensemble élastique entièrement supporté par du caoutchouc, et dans lequel ce dernier travaille uniquement «à l’arc-boutement. Les résultats sont remarquables, l’entretien nul , et la résistance très grande (fig. 7 et 8).
- UN SYSTÈME D’ENJOLIVEUR PRATIQUE
- Les enjoliveurs adaptés sur les roues à ül et à disques à Fig. 8. — Montage de la suspension HL fixation centrale par
- sur la fourche avant d’une hicijcletle. écrous leur donnent
- une apparence esthétique et jouent môme un rôle protecteur assez utile. Ils offrent seulement quelquefois l’inconvénient d’être difficilement démontables, lorsqu’ils sont demeurés longtemps sur la roue, par suite de la rouille impossible à éviter après des lavages multiples, et une exposition aux intempéries.
- Pour démonter alors les enjoliveurs, on est obligé d’employer des outils et d’appliquer des lames de tournevis, par exemple, entre la plaque d’enjoliveur et le support, ce qui détériore l’émail et exige des efforts souvent importants. Le système peut également devenir bruyant ; comme on hésite à le démonter, on vérifie rarement les écrous de fixation.
- Voici un système d’enjoliveur en cuivre chromé, qui ne présente pas ce défaut : il s’adapte sur toutes les roues à disque ou à fil, et; se fixe par un système commandé au moyen d’un levier extérieur, de sorte que le montage et le démontage sont possibles sans l’aide d’outils (fig. 9).
- Comme on le voit, ce système E comporte deux ou trois ressorts de pression à lames R et R avec cône de clavetage T, mais au moins un des ressorts de pression est commandé par un levier extérieur L.
- Pour monter le système, il suffit de lever à fond le levier L et d’engager dans le boîtier R la partie de l’enjoliveur corres-
- Fig. 9. — Enjoliveur à moulage el démontage faciles.
- A. Coupe schématique de l’enjoliveur vu de face. B. L’enjoliveur vu de profil, levier relevé. C. Enjoliveur levier abaissé.
- pondant au levier L. On donne un léger clxoc à la pai tie extérieure de l’enjoliveur pour l’engager entièrement dans le boîtier B; une fois ce résultat obtenu, on rabat à fond le levier L. Pour le démontage, on lève le levier Là fond en engageant l’index sous la petite oreille du levier. A ce moment, l’enjoliveur est dé-claveté, et, en le tirant légèrement à soi au moyen du levier, on le dégage île son boîtier.
- Tous les automobilistes qui ont vainement essayé, quelquefois sous la pluie, de démonter un enjoliveur récalcitrant, lorsqu’ils ont à changer une roue ou à la vérifier, seront heureux d’utiliser un tel système.
- POUR NETTOYER FACILEMENT UNE VOITURE
- Pour laver une voilure, ou même simplement pour l'entretenir, l’automobiliste soigneux chausse souvent des gants eu caoutchouc qui protègent parfaitement contre l’humidité. Ces gants ont seulement l’inconvénient d’être assez fragiles, et peuvent être déchirés par des pièces métalliques.
- Une revue américaine indique, à ce propos, un tour de main qui semble assez utile. Il consiste à recouvrir une première paire de gants île caoutchouc par une seconde paire de gants de fil, par exemple. Cette deuxième paire de gants extérieure joue un rôle protecteur pour les gants de caoutchouc, qui conservent évidemment toute leur étanchéité (fig. 10).
- POUR ÉVITER LE GIVRE SUR LES GLACES
- L’hiver est rarement très froid dans nos régions, la format ion de givre sur les pare-brise est cependant possible, même lorsque la température n’est pas anormalement basse, et, dans ce cas, l’action des palettes essuie-glace ne suffit pas à enlever la couche gênante. On peut atténuer cet inconvénient en disposant au-dessus du balai de l’essuie-glace, et, de manière qu’il appuie sur le pare-brise, un petit sac en linon ou en gaze rempli de sel. Sous l’action de l’eau glacé y le sel fond, et la solution saline est étendue par le balai sur la surface de la glace, ce qui amène la fusion du givre (fig. 11).
- L. PlCAllI).
- Adresses relatives aux
- appareils décrits :
- Pistons Floquet, 20, avenue de la Défense,
- Courbevoie (Seine).
- Indicateur de niveau d’huile. Sté E. A. A.
- 22, rue Jules-Guesde,
- Levallois-Perret (Seine).
- Suspension élastique pour bicyclette. Etablissements Maurice Houdaille,
- 50, rue Raspail, Levallois-Perret (Seine).
- Enjoliveur pratique.
- Etablissent. Robergel,
- 81, rue Marceau, Mon-treuil-sous-Bois (Seine).
- Gants en caoutchouc
- Gant de
- Bandes de caoutchouc
- Fig. 10. — Emploi de deux paires de gants superposés.
- Fig. 11. — Dispositif pour éviter le givre sur le pare-brise.
- Essuie g U
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- LIVRES NOUVEAUX
- Hydrodynamique physique avec applications à la météorologie dynamique, par V. Bjerknes, J. Bjerknes, H. Solberg et T. Bergeron, 3 vol. illustrés. Les Presses universitaires de France. Paris, 19f.4. Prix: 80 fr. le vol.
- L’hydrodynamique physique se distingue de l’hydrodynamique classique parce qu’elle tient compte de ce l'acteur essentiel qu’est la température. Au grand savant norvégien C. A. Bjerknes, on doit d’avoir créé, voici près de trois quarts de siècle, et d’avoir mis au point par un travail de 20 années, une théorie de l’hydrodynamique se rattachant à l’hydrodynamique classique, mais mettant en évidence les analogies des phénomènes étudiés avec les phénomènes électriques et magnétiques. Son üls, V. Bjerknes, en reprenant ses travaux, les a étendus, il a créé le domaine nouveau de l’hydrodynamique physique et il a trouvé à cette théorie d’importantes applications météorologiques. C’est cette théorie et ses applications aux circulations atmosphériques dont on trouvera le clair et complet exposé dans ce bel ouvrage.
- Les électrons dans les métaux du point de vue Ondulatoire, par L. Brillouin, 1 brochure, 38 p. Hermann et Cie, Paris, 1934. Prix : 9 fr.
- L’ancienne théorie électronique des métaux, qui expliquait leur conductibilité électrique par la présence d’électrons libres, aboutit à des résultats en contradiction avec l’expérience. La mécanique ondulatoire a permis, au contraire, à l’hypothèse électronique de serrer de plus près la réalité. L’auteur montre comment on met en œuvre cette théorie et indique les conclusions qu’elle fournit.
- L’effet Vol ta, par E. Dubois. 1 brochure, 30 pages. Hermann et C10. Paris, 1934. Prix : 5 fr.
- La différence de potentiel entre deux métaux différents au contact, découverte par Volta, il y a plus d’un siècle, n’a pas encore reçu d’explication satisfaisante. L’auteur résume ici les expériences qu’il a entreprises pour distinguer si l’effet Volta est une propriété intrinsèque des conducteurs ou s’il est dû à des impuretés de surface : jusqu’ici aucune conclusion catégorique ne peut en être dégagée.
- L’inflammation et la combustion explosive en milieu gazeux (les hydrocarbures),par m.Prettre. 1 brochure, 56 pages, 7 fîg. Hermann et Clc. Paris, 1934. Prix : 15 fr.
- L’auteur, résumant sur cette question les travaux modernes auxquels il a lui-même apporté une importante contribution, examine successivement les conditions de température nécessaires à l’inflammation spontanée d’un mélange d’air et de vapeur d’hydrocarbure, le développement de l’explosion provoquée par voie thermique ou électrique et les produits des réactions très complexes d’oxydation observées aux diverses températures tant dans la flamme qu’au cours de la combustion lente; il termine en résumant ce que l’on sait actuellement du phénomène de choc dans les moteurs.
- Les matières colorantes. Les indigoi'des, par
- J. Martinet. 1 vol., 834 p. 127 fîg., et 1 planche. J.-B. Baillière et fils. Paris, 1934. Prix broché : 100 fr.
- Ce volume fait suite à l’important ouvrage du même auteur sur l’indigo et ses dérivés. Il étudie les thioindigos, puis les colorants intermédiaires entre les précédents et les indigos vrais c’est-à-dire ceux dans lesquels un seul des groupes NH de l’indigo se trouve remplacé par un atome de soufre. Il passe ensuite en revue ceux qui correspondent aux types indirubine et isoindigo et n’en diffèrent que par le remplacement partiel ou total de NH par du soufre. L’ouvrage rassemble une documentation encyclopédique sur un sujet de grande importance industrielle.
- La prospection au Canada, par le personnel technique de la Commission géologique. 1 vol.,
- 314 p., 25 11g. Ottawa, J. O. Patenaude, imprimeur, 1934. Prix : 50 cents.
- Cet excellent travail de géologie appliquée rédigé par des spécialistes résume tout d’abord les notions fondamentales de géologie et de minéralogie nécessaires au prospecteur; il explique comment sont constitués, comment sont formés et ont évolué les gites minéraux, explications appuyées.par des exemples canadiens. Ces généralités sont suivies d’une esquisse de la géologie canadienne, et par l’exposé des méthodes modernes de prospection géophysique.
- Cours de cinéma et de radio-électricité (t. Il) : Précis d’acoustique, par P. Hémardinquer. 1 brochure de 64 p., 23 fig. Éditions Film et Technique, 17, rue des Acacias, Paris, 1934. Prix : 10 fr.
- La première partie de ce petit livre est consacrée à des notions élémen-
- taires sur les sons musicaux et l’étendue de la gamine musicale. Puis l’auteur montre comment fonctionne l’oreille normale, comment se propagent les ondes sonores, et comment elles se réfléchissent. Il donne des notions utiles sur l’isolement phonique, la mesure de l’intensité des sons et les caractéristiques acoustiques des matériaux ; il termine par un exposé des problèmes de l’acoustique des salles.
- La T. S- F. expliquée par questions et réponses,
- par Vallier et Maurice. 1 vol., 150 p., 69 fig. Chiron, Paris,
- 1934. Prix : 8 fr.
- Après une première partie qui expose clairement et simplement les principes essentiels de la radiophonie, les auteurs abordent un grand nombre de questions pratiques, qui se posent à tout propriétaire de poste récepteur et ils en donnent les réponses.
- Manuel n ratique du radio-monteur, par E. Michel.
- 1 vol. de 96 p., 80 fig. Étienne Chiron, Paris, 1934. Prix : 6 fr.
- L’auteur examine les différents matériaux qui entrent dans la construction des postes, des pièces détachées, le montage proprement dit des récepteurs, ou même des émetteurs, avec des exemples pratiques. Ce petit livre s’adresse à tout constructeur de postes, qu’il s’agisse d’un amateur-constructeur, ou même d’un professionnel.
- Manuel de la scierie, par A. Steghens. 1 vol., 270 p.,
- 169 fig. J.-B. Baillière et fils. Paris, 1934. Prix cartonné : 24 fr.
- Dans ce résumé des connaissances indispensables à l’exploitation d’une scierie, on trouvera l’exposé des caractères et des défauts des bois usuels, des procédés de cubage, l’étude des diverses opérations qui se pratiquent en scierie, avec la description des machines propices à ces travaux, l’indication des dimensions commerciales normales des pièces de bois débitées, une étude du séchage des bois et des notions d’exploitation forestière.
- L’auto sans chauffeur, parL. Picard. 1 vol., 196 p., 57 fig.
- Chiron, éd., Paris. 1934. Prix : 12 fr.
- L’automobiliste trouvera, dans ce nouveau livre de notre collaborateur, des explications, des conseils pratiques et des tours de main qui l’aideront à devenir un bon conducteur, sachant mettre au point et entretenir sa voiture, en diagnostiquer les pannes, faire les réparations urgentes et simples, et en outre sachant l’utiliser avec le maximum d’économie.
- Le moteur, par Henri Petit et Georges Mohr (7e édition).
- T. I, 254 p., 128 fig. Broché : 28 fr. — T. IL 256 p., 103 fig., Broché :
- 28 fr. Dunod, éditeur, Paris, 1935.
- Voici la 7° édition d’un ouvrage qui, depuis son apparition, a rendu par sa clarté et son plan intelligent, d’éminents services à tous ceux qui ont eu à s’initier à la pratique du moteur.
- S’appuyant sur des données expérimentales, les auteurs y précisent les notions de mécanique nécessaires pour comprendre le mécanisme du moteur et pour décrire ses organes et son fonctionnement, ils font appel beaucoup plus aux indications des sens qu’aux connaissances mathématiques abstraites. Plusieurs chapitres de cette édition sont entièrement nouveaux, tels que ceux sur les antidétonants, sur la suralimentation des moteurs. Les autres ont été refondus pour tenir compte des dernières études théoriques et des plus récentes réalisations.
- La renaissance de la médecine humorale, par
- Auguste Lumière. 1 vol.in-8,204p. Imprimerie Sézanne, Lyon, 1935.
- Longtemps, beaucoup de maladies furent attribuées aux altérations des humeurs, d’une manière assez théorique et confuse. Puis vinrent les recherches expérimentales précises et les humeurs disparurent totalement des traités de médecine. Mais les notions récentes sur les colloïdes ont ramené l’attent>on sur les milieux intérieurs et de nouveau on doit songer à leur instabilité, à leur déséquilibre comme causes des manifestations morbides. Cette fois, ce ne sont plus des hypothèses a priori mais des observations précises auxquelles l’auteur a déjà largement participé. On sait l’importance qu’il attache à juste titre à la floculation, cause d’un grand nombre d’états pathologiques, explication aisée de multiples intoxications, infections, accidents anaphylactiques, troubles endocriniens, etc. A côté de la médecine « soli-diste » basée sur l’anatomie et l’histologie, il faut donc faire maintenant une large place à la médecine humorale, physico-chimique, colloïdale et considérer les nouvelles thérapeutiques qu’elle implique.
- Analyse des mécanismes chimiques chez les
- êtres vivants, par Théophile Cahn. 1 broch. in-8, 26 p. Actualités scientifiques et industrielles. Hermann et Cie, Paris, 1934.
- Prix : 8 fr.
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- NOTES ET INFORMATIONS
- ASTRONOMIE
- AGRONOMIE
- Une nouvelle comète.
- Influences sur la composition de la Pomme de terre.
- La première comète de l’année (1935a), la comète Johnson, du nom de l’observateur qui l’a signalée, est accessible aux instruments de moyenne puissance. Le 7 février, Kaiser, à Wicsbaden, l’a estimée de la magnitude 9,0. D’après une orbite calculée par le Rév. M. Davidson, le passage au périhélie aurait eu lieu le 26 février.
- La comète, dans la seconde quinzaine de mars, sera visible toute la nuit, étant circompolaire, M. A.-G.-D. Crommelin a calculé, en effet, l’éphéméride approchée suivante :
- Dates. Ascension droite. Déclinaison.
- Mars 15
- — 19
- — 23
- — 27
- — 31
- 0fc59“12s 0 54 21 0 48 47 0 42 34 0 35 42
- + 44 o/ + 49 1 + '52 44 + 56 14 + 59 29
- La comète se trouvera, le 15 mars, dans la constellation d’Andromède, elle se dirige vers celle de Cassiopée (d’après la circulaire n° 2 II du Service des Informations rapides de la Société astronomique de France).
- MINES
- Le sondage le plus profond du monde.
- Le sondage le plus profond du monde est aujourd’hui celui que la General Petroleum C° vient d’achever à South Bebridge en Californie. Il a atteint en effet la profondeur de 3463 m avec un diamètre final de 0 m 14 environ. Le record précédent en cette matière appartenait depuis mai 1933 au sondage pétrolifère de Kettleman Hills, également en Californie, avec la profondeur de 3335 m. Celui-ci succédait; au record de 3226 m, provisoirement conquis en 1931 par le sondage d’Alamo au Mexique.
- M. T ouvaide dans la Revue universelle des Mines donne d’intéressants détails sur la technique de ces sondages exécutés par le système dit « rotary ».
- CHIMIE INDUSTRIELLE Alliages d’argent internissables.
- On sait que l’argent est très sensible aux émanations sulfureuses qui le font noircir; il se teint également sous l’action du vinaigre et de l’acide des fruits.
- On a constaté que le glucinium, allié à l’argent dans certaines proportions, confère à l’alliage résultant une plus grande résistance contre ces agents d’altération.
- M. IL A. Homan dans le Journal oflnstitute of Metals rend compte des études systématiques qu’il a poursuivies pour préciser le rôle du glucinium.
- Un alliage contenant en poids 92,5 pour 100 d’argent, 6,5 pour 100 de cuivre et 1 pour 100 de glucinium n’a pas changé de couleur en présence de composés sulfurés. M. Homan estime que pour tous les alliages argent-cuivre contenant de 90 à 100 pour 100 d’argent, la proportion de glucinium ne doit pas dépasser 1,2 pour 100, la teneur optima au point de vue de l’inertie vis-à-vis de l’hydrogène sulfuré se plaçant à 0,4 pour 100. On réalise l’alliage en incorporant à l’argent un maître alliage de glucinium et de cuivre, ayant les proportions voulues pour réaliser un alliage final ayant approximativement la composition suivante : 92,5 pour 100 d’argent, 7,1 pour 100 de cuivre, 0,4 pour 100 de glucinium.
- Il ne s’agit pas ici de la différence entre les variétés. On sait que les pommes de terre potagères sont plus riches en eau et en albumine, les pommes de terre « industrielles » plus sèches, plus riches en fécule et de meilleure conservation.
- II ne s’agit pas non plus de la variation de composition suivant les années, mais seulement de l’influence du milieu sous le même climat d’après les conclusions de l’expérimenta tour Paul Tuorila dans les publications scientifiques de l’Association des tourbières de Finlande (1929).
- La teneur varie de II à 17 pour 100 en fécule, moyenne 14 pour 100.
- Sur les tourbières hautes, la richesse en fécule fui de 11 pour 100, l’extrait sec de 15,8 pour 100.
- Sur les tourbières basses : 11,5 de fécule, 16,7 d’extrait.
- Sur les sols sableux 13,6 de fécule, 18,5 d’extrait. Les sols sableux sont donc plus favorables que les tourbières. Nous pensons que les sols limoneux donneraient encore des tubercules plus riches.
- QuanL aux sols calcaires, il en serait de môme, seulement les rendements seraient moins considérables parce que la pomme de terre est plus saine en sol légèrement acide qu’en sol légèrement alcalin.
- Le teneur en azote sous forme d’amines ou d’albuminoïdes fut de 0,24 pour 100 pour les tubercules accrus en tourbière haute, de 0,38 pour ceux de la tourbière basse, de 0,32 pour ceux du sol sableux. La tourbière basse se montre plus « potagère ».
- La teneur en matières minérales (cendres) a été maxima sur la tourbière haute, minima sur la tourbière basse.
- M. P. Tuorila a étudié aussi l’action des engrais chimiques. Elle fut assez faible sur la composition du tubercule et surtout inexplicable dans ses variations.
- La teneur en acide phosphorique fut de 0,13 pour 100 en tourbière haute, 0,1 pour 100 en tourbière basse, 0,08 pour 100 en terrain sableux.
- Ainsi la teneur en potasse fut maxima : 0,50 pour 100 avec l’engrais phosphaté-potassique, minima : 0,43 avec l’engrais a zo té-potassique.
- La teneur en acide phosphorique fut maxima : 0,12 pour 100 avec l’engrais phospho-azoté, minima : 0,11 avec l’engrais azoté-potassique.
- La richesse des tubercules en matière minérale n’aurait du reste d’importance que pour les personnes qui ne consommeraient ni produits animaux, ni graines de céréales ou légumineuses sous forme de pain ou autre, en dehors des pommes de terre. Or il n’existe nulle part pareilles populations. 'Pierre Lahue.
- AVIATION
- Les avions=canons modifieraient=ils la tactique de la chasse ?
- L’idée d’armer les avions avec un ou plusieurs canons n’est pas nouvelle. En pleine guerre, Guynemer, puis Fonde demandèrent que leurs appareils de chasse fussent munis de canons. Cette demande reçut un commencement d’exécution, mais par suite de diverses difficultés techniques ne put être généralisée.
- Depuis cette époque, le poids, l’armement, la vitesse des avions de bombardement n’ont cessé d’augmenter. Muni seulement de mitrailleuses, l’avion de chasse devient contre
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- eux pratiquement impuissant. Pour rendre à la chasse toute son efficacité il lui faut une arme nouvelle : l’obus explosif.
- Au récent Salon de l’aéronautique, quelques avions de chasse exposés étaient munis de canons.
- A l’heure actuelle, des avions-canons, présentés par 7 ou 8 constructeurs, commencent ou poursuivent leurs essais. L’un d’eux est déjà commandé en série.
- Il est à prévoir que d’ici peu de temps tous les appareils de chasse seront équipés de canons.
- Jusqu’à présent tous les canons utilisés sont fixes par rapport à l’appareil, le pilote pointant en manœuvrant son avion. On n’a pas encore réalisé de canons montés sur tourelle. Ceci exigerait en effet au moins 2 hommes à bord (aiin de réaliser les performances niaxima, les avions de chasse sont monoplaces), entraînerait de grosses difficultés techniques, et étant données les vitesses de plus de 400 à l’heure qui sont atteintes par les nouveaux prototypes, il est à prévoir que la résistance de l’air dévierait l’obus au sortir du canon et retirerait au tir toute précision.
- Moteur canon ou avion mullicanon ? — Deux théories sont actuellement en présence. Dans le premier cas le canon est unique, se trouve placé dans l’axe du moteur et est lié à celui-ci. Ceci exige un moteur à cylindres en ligne disposés en Y, et puisqu’il s’agit de moteurs de 800 à 1000 ch, à refroidissement par l’eau. En effet, à l’heure actuelle, les moteurs en ligne, à refroidissement par l’air, ne dépassent guère 300 à 400 ch (nous voulons parler des moteurs français).
- Le poids du moteur, 500 ou 600 kg, absorbe le recul du canon. Ainsi la vitesse initiale du projectile peut être élevée, ce qui permettra d’assurer au tir une meilleure précision. Dans le canon llispano-Suiza, monté sur le moteur Hispano 124 de 880 ch, l’obus a une vitesse initiale de 830 m : sec.
- Les caractéristiques principales de ce canon sont d’ailleurs les suivantes : calibre 20 mm, portée horizontale 5000 m, portée ascensionnelle 3500 m, cadence de tir 400 coups par minute, poids du canon sans chargeur 48 kg, poids avec chargeur contenant 60 cartouches, 73 kg.
- Ce moteur canon est monté sur plusieurs types d’appareils, notamment sur le Dewoitine 510 commandé en série, sur
- Morane, Blériot, Nieuport. Techniquement cette solution semble bien au point.
- La deuxième méthode, celle du multicanon, fait ressortir ses avantages de considérations tactiques. La partie décisive du combat aérien n’ayant qu’une durée extrêmement faible — à peine quelques secondes — la densité de tir de l’avion de chasse devra être considérable. Celle-ci sera évidemment proportionnelle au nombre des armes utilisées. Les canons au nombre de deux, ou même de quatre, seront placés dans les ailes, par exemple au point d’attache des mâts. Ceci exige que la réaction de recul ne soit pas trop forte, que le canon soit aussi léger que possible et que l’ensemble n’entraîne pas une altération importante de la forme du profil d’aile.
- Disposés dans l’aile, les canons n’interdisent plus l’emploi de moteur en étoile, à refroidissement à air.
- Le canon Œrlikon, monté sur différents avions de chasse, Loire, Dewoitine, P. Z. 4, etc..., muni du moteur Gnome-Rhône lv. K, a un calibre de 20 mm. Son poids total n’est que de 25 kg, il imprime à l’obus une vitesse initiale de 600 m : sec avec une cadence de 550 coups à la minute.
- L’épreuve de la pratique. — L’état-major n’a pas encore pris parti pour l’une ou l’autre solution. Différents problèmes techniques, qui conditionneront la tactique, restent encore à résoudre. L’un d’eux est celui du viseur. Un viseur qui permettrait d’introduire en un temps très court (2 ou 3 secondes) toutes les corrections de tir rendrait possible le combat à une grande distance. De tels viseurs sont en cours de réalisation dans différentes maisons. Etant données la complexité du problème et la fragilité de quelques hypothèses que pourtant l’on est bien obligé de prendre pour point de départ, seule l’épreuve de la pratique permettra de se faire une opinion.
- Et ceci s’applique aussi bien à l’avion tout entier. Un appareil militaire n’est pas une machine à battre des records. Sa valeur dépend non seulement de ses performances, mais encore d’une foule de facteurs qu’il est impossible de chiffrer.
- L’état-major ne pourra se faire une opinion valable que lorsqu’il aura procédé à de très nombreux essais, aussi voisins que possible des conditions de la guerre.
- Monocanon ou multicanons ? Seules des épreuves réelles pourraient permettre de se faire une opinion certaine. Espérons donc que c’est une question qui pendant des années — et peut-être toujours — restera sans réponse.
- Jacques Desgranges.
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- INVENTIONS ET NOUVEAUTÉS
- PHOTOGRAPHIE
- Nouveaux supports d’appareils cinématographiques et de microphones.
- La cinématographie d’amateur sur lilm de format réduit de 9,5 mm, 16,8 mm ou même 17,5 mm a pris depuis quelque temps un grand développement, comme l’ont montré des articles parus dans la revue.
- Les « caméras » d’amateurs sont munies, la plupart du temps, d’un moteur à ressort qui entraîne automatiquement le film à la vitesse voulue au moment de la prise de vue. 11 devient donc possible, en principe, d’utiliser ces caméras en les tenant simplement à la main et sans les placer sur un pied support.
- En pratique, il n’en est généra-ig. i. ne piea « cane». ]ement pas ainsi, et, de même qu’en
- photographie un pied rigide demeure souvent indispensable pour la prise de clichés de qualité, un support est nécessaire en cinématographie pour obtenir des images nettes, et surtout lorsqu’on veut filmer sous tous les angles et dans toutes les positions.
- Pour obtenir des résultats complets, il faut ainsi avoir à sa disposition un support facilement transportable, pourvu d’une tête orientable à volonté, permettant l’orientation facile de la caméra, quel que soit son poids, sans avoir à redouter de vibrations.
- Le nouveau modèle représenté par la figure 1 est de construction entièrement métallique. La tête orientable est munie d’un système de mouvement panoramique et l’inclinaison verticale est commandée par une tige avec poignée.
- En tournant cette tige, on bloque instantanément le mouvement d’inclinaison et, pour le transport, la tige de guidage se dévisse et se fixe sous la clef centrale de serrage.
- Les extrémités du trépied sont réversibles. Un côté se termine par une pointe et l’autre par une boule de caoutchouc, ce qui permet l’emploi en plein air ou dans un appartement.
- Le même constructeur a réalisé un support de microphone pliant, facilement transportable, constituant un système utile au point de vue pratique et technique.
- De plus en plus, en effet, on utilise des microphones trans-
- portables dans les studios d’émission, les radio-reportages, les conférences, la prise de sons des actualités cinématographiques parlantes, etc... Il faut, alors, avoir à sa disposition un support de microphone stable, orientable et évitant les vibrations.
- Le modèle représenté par la figure 2 est entièrement métallique et les extrémités des pieds reposent sur des boules de caoutchouc de manière à obtenir une bonne adhérence et à éviter la transmission des vibrations parasites.
- La tête du pied est mobile autour de son axe vertical, ce qui permet l’orientation du microphone dans toutes les directions. La hauteur est variable et la fixation obtenue par une vis de blocage. Une chaînette maintient l’écartement des pieds. Le cadre supportant le microphone comporte enfin une série de crochets permettant la fixation facile et rapide du système,
- Fig. 3. — Exposemèlre photographique et cinématographique.
- généralement par l’intermédiaire de ressorts amortissant les vibrations.
- Constructeur : Pied « Ciné » et Support de microphone Union, 26, rue du Renard, Paris (IVe;.
- Un exposemètre photographique et cinématographique à lecture directe.
- La détermination du temps de pose est toujours essentielle pour obtenir de bons clichés, aussi bien en photographie qu’en cinématographie. Le problème est délicat, car il faut tenir compte d’un grand nombre de facteurs : sensibilité de l’émulsion, ouverture du diaphragme de l’objectif, saison, heure, latitude, et enfin conditions atmosphériques.
- De nombreux dispositifs optiques ou sensitométriques ont été imaginés pour permettre automatiquement la détermination de ce temps de pose en fonction des données initiales connues par l’opérateur. Depuis quelque temps, on emploie beaucoup des systèmes qui comportent une cellule photoélectrique sensible produisant un courant électrique assez intense pour actionner directement l’aiguille d’un galvanomètre.
- Il importe cependant que ce système permette d’obtenir
- Fig. 2. — Le pied de microphone.
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- une approximation suffisante, et soit d’un emploi facile, en permettant une lecture rapide, sans nécessité d’un calcul supplémentaire complexe.
- Le petit appareil représenté sur la figure 3, imaginé récemment par un constructeur bien connu, permet de mesurer rapidement les temps de pose, depuis 28 minutes jusqu’à 1/2000° de seconde, avec des ouvertures de, diaphragme allant de F/1,3 à F/22. Il peut être utilisé directement pour les cadences de prises de vues cinématographiques, de 8, 16, 24, 32 et 64 images par seconde, et peut ainsi être utilisé à la fois pour la photographie et le cinématographe.
- Le système est présenté dans un boîtier en matière moulée de petites dimensions. Sur la paroi antérieure se trouve un diaphragme à volet dont le support comporte 3 échelles d’ou-
- Fig. 4. — La ceinture de sécurité présentée par l’inventeur avant le fonctionnement. (Ph. N. Y. 1\).
- verture de diaphragme pour les sensibilités d’émulsion les plus courantes. Derrière le diaphragme se trouve une cellule photoélectrique, robuste, sensible aux radiations, allant de l’orangé au violet, c’est-à-dire correspondant à la sensibilité des émulsions panchromatiques et orthochromatiques, et munis d’un parasoleil empêchant les rayons qui n’émanent pas du sujet d’avoir une action sur le système de lecture.
- Le cadran se trouvant sur le dessus du boîtier comporte deux graduations, l’une en noir destinée aux prises de vues instantanées, l’autre aux prises de vues plus lentes ou à la pose.
- On voit ainsi en même temps la sensibilité de l’émulsion, l’ouverture du diaphragme, et le temps de pose indiqués directement par la position, de l’aiguille du galvanomètre, il suffit de diriger l’appareil vers l’objet à photographier.
- ::.•'- ----—-......... ............ = 287 =====
- La graduation pour cinématographe indique non le temps de pose, mais la cadence de prises de vues, de 8 à 64 images par seconde pour chacune des sensibilités des émulsions, et le cadran est gradué en ouvertures de diaphragme.
- Cet appareil simple et de prix raisonnable permet ainsi d’obtenir immédiatement la durée du temps de pose optimum et, par conséquent, de supprimer une des grandes difficultés de la prise de vues photographique ou cinématographique pour l’amateur. D’ailleurs, en se donnant le temps de pose, on peut également, à l’aide de cet appareil, déterminer le diaphragme correspondant et la profondeur de champ obtenue. L. P.
- Constructeur : Etablissements Chauvin et Arnoux, 186, rue Cham-pionnet, Paris (18e).
- Fig. 5. — Aspect de la ceinture gonflée. (Ph. N. Y. T.).
- NATATION
- Une curieuse ceinture de sécurité.
- Un jeune Strasbourgeois, M. Hupfer, vient d’imaginer une ceinture de sécurité pour baigneurs, dont Mlle Lucette Joussy a fait une présentation à la piscine Molitor.
- Cette ceinture se porte sous le maillot et en fonctionnement normal ne gêne nullement les mouvements de.la nage; ce n’est en effet qu’une vessie de caoutchouc à peu près plate; mais en cas de danger le nageur presse une capsule fixée à la ceinture et qui contient un produit chimique; celui-ci, libéré, dégage un gaz qui gonfle la ceinture. Notre figure 5 montre l’aspect pris alors par celle-ci.
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- BOITE AUX LETTRES
- COMMUNICATIONS
- A propos de la conservation du caoutchouc
- n° 2943).
- M. J. P., d’Arcachon, nous écrit :
- « Les différents procédés que vous indiquez sont d’ordre général et peuvent être utilisés dans la généralité des cas.
- Permette/.-moi cependant de vous en signaler un, que j’ai trouvé par l’effet du hasard et qui, étant très simple, peut rendre service, quoique n’étant possible que pour certains objets en caoutchouc.
- Il suffit simplement de porter sur soi, en contact avec le corps pour le soumettre à l’influence de la chaleur animale, l’objet en caoutchouc durci que l’on veut assouplir.
- Je possédais un bonnet de bain de mer en caoutchouc ordinaire (non une bonne feuille anglaise). Après l’avoir laissé deux ou trois ans sans l’utiliser, dans une armoire, plié en deux, je voulus, un été, le prendre et je constatai qu’il était dur comme du bois.
- Pour m’en défaire en le jetant dehors, je le mis dans la poche de mon pantalon et le hasard voulut qu’il lut appliqué contre la peau de la cuisse. Quelques heures après, étant sorti, je pensais à mon bonnet et le prenant pour le jeter, je constatais, à ma grande surprise, qu’il était redevenu souple et élastique.
- Depuis, pendant plusieurs années, au moins quatre ou cinq ans, au commencement de chaque été, j’assouplissais mon bonnet en le gardant sur moi pendant quelques heures.
- Je n’ai jamais expérimenté ce procédé avec d'autres objets en caoutchouc. »
- A propos de la conduite à gauche.
- Nous avions indiqué dans une récente chronique d’Automobile pratique les avantages et les inconvénients de la direction à gauche. Nous avons reçu à ce propos de nombreuses lettres de nos lecteurs.
- Presque tous nos correspondants se déclarent partisans de la direction à droite, et nous indiquent les avantages supplémentaires, à leur avis, qui s’attacheraient au maintien de ce système. Ce fait confirmerait donc les termes de notre article, et le désir d’une grande partie de la clientèle, de conserver la direction à droite. Certes, les constructeurs n’ont pas jugé bon de demander l’avis du public automobiliste avant de faire cette modification; un referendum général sur ce point serait fort intéressant.
- Parmi les lettres les plus intéressantes en faveur de la direction à droite, nous pouvons citer, par exemple, celle de M. E. Boyer.
- Il estime que toutes les voitures employées en France devraient avoir obligatoirement leur direction à droite, étant donné le grand nombre de conducteurs débutants, inexpérimentés, maladroits ou imprudents. L’emploi de la direction à gauche ne permet pas de situer avec autant de précision la position de la roue droite, d’où une tendance pour le conducteur malhabile à tenir en général le milieu de la route, si ce n’est la gauche. Il laisse ainsi le minimum de place entre les voitures au croisement, de crainte d’engager les roues droites dans le bas-côté, et peut amorcer bien souvent un accrochage si, en particulier, un léger dérapage se produit à ce moment.
- Les dépassements sont sans doute facilités par la direction à gauche, mais il en résulte peut-être une trop grande confiance pour le conducteur, d’où plus de difficultés pour reprendre sa place au dernier moment lorsqu’un véhicule survient en sens contraire, et rend le dépassement téméraire. Dans un cas semblable, le conducteur avec volant à droite aurait dû « déboîter » plus tôt, mais aurait pu également, dans la généralité des cas, mieux évaluer les vitesses relatives des trois véhicules, et reprendre sa place avec facilité, le cas échéant, derrière celui qui le précédait. De toutes les manœuvres sur route, le dépassement est sans doute l’une des plus dangereuses. S’il y a donc avantage technique du côté de la direction à gauche, on pourrait dire qu’il y a des avantages psychologiques du côté de la direction à droite.
- En théorie, le maniement des leviers est, d’autre part, plus facile avec la main droite, c’est-à-dire avec la direction à gauche; en pratique, cette manœuvre est devenue très aisée, sur les voitures modernes, et il peut être, d’autre part, préférable que la main droite tienne toujours le volant. Dans un tournant à gauche, les conducteurs ayant une voiture avec la direction à gauche, ont tendance à garder imprudemment leur gauche, parce qu’ils sont déportés sur leur droite, tandis que le conducteur avec volant à droite reste confortablement assis, et tient bien sa droite.
- Ainsi d’après ce lecteur, automobiliste de longue date, il est regrettable que les véhicules devant tenir leur droite d’après le Code de la Route français aient été munis de la direction à gauche, d’autant plus que la visibilité aux abords immédiats des voitures diminue de plus en plus par suite de l’abaissement de leur centre de gravité, et de la forme des carrosseries, dites aérodynamiques.
- Un autre de nos lecteurs, M. Delangre, nous signale que dans la conduite à droite, lors d’un virage à gauche, on voit plus loin devant soi; cela permet d’appuyer vers la gauche en se rapprochant de la corde; en augmentant le rayon de la courbe décrite par la voiturç. Peut-être cette manœuvre n’est-elle nullement à recommander, car elle constitue une infraction aux règles du Code de la Route, mais, grâce au supplément de visibilité vers l’avant que procure la position du conducteur à l’extérieur de la courbe, cette infraction ne constitue pas, en réalité, une grave imprudence.
- Le même avantage existe sans doute pour la conduite à gauche dans les virages à droite, mais dans ce cas il est inutile, puisque la voiture se trouve à sa place normale sur la route.
- Parmi les arguments supplémentaires que nous indiquent' ces lecteurs en faveur de la direction à droite, il en est sans doute de plus ou moins discutables; il paraît bien certain, en tout cas, que l’opinion moyenne de la grande majorité des automobilistes avertis reste en faveur de la direction à droite. Un de nos grands confrères de la presse automobile spécialisée avait d’ailleurs organisé, il y a quelque temps, croyons-nous, sur ce sujet un referendum qui a donné les mêmes résultats.
- Pourquoi les constructeurs ont-ils cependant adopté, et continuent-ils à préconiser la direction à gauche ? On ne le comprend pas très bien, en réalité. D’ailleurs, ainsi que nous l’avons noté dans nos chroniques, et nous reviendrons sur ce sujet, ils ont égalenient adopté les formes de carrosseries assez inconfortables que la clientèle n’avait nullement réclamées. Les Américains eux-mêmes l’ont bien compris, puisque, au dernier Salon de New-York, on constate déjà des modifications sous ce rapport. L. P.
- A propos de la chute des météorites (n° 2947).
- M. R.-M. Gattefossé, de Lyon, nous écrit :
- « L’étude de M Touchet m’a infiniment intéressé et je vous sais gré d’avoir provoqué cette première investigation sur un point de cosmographie négligé. Il y a quinze ans, dans mon ouvrage « Adam homme tertiaire », j’ai ébauché pour la première fois une théorie sur l’origine des périodes glaciaires, basée sur la rupture brusque de l’équilibre de la terre sur l’écliptique. J’ai supposé que la Terre, à l’époque tertiaire, tournait autour d’une ligne des pôles presque normale à l’écliptique. C’était le printemps perpétuel pour les régions polaires. La chute d’une météorite énorme aurait imprimé à la Terre un balancement périodique, d’abord considérable (45° environ) puis plus faible. Aux points extrêmes c’étaient les-périodes glaciaires; aux points intermédiaires, les périodes interglaciaires. Puis la Terre s’est fixée à sa position actuelle, l’oscillation n’étant plus que de 6 à 8° en 30 000 ans environ (le freinage de la Lune pouvant être invoqué pour cette stabilisation).
- Bien entendu j’ai dû subir les observations les plus virulentes et cependant aucune hypothèse solide ne m’a été opposée. Il faut, pour obtenir les glaciers, une évaporation intense à l’équateur, le refroidissement du Soleil aurait eu de tout autres conséquences.
- On m’a opposé aussi la nature gazeuse des comètes, il n'en est plus question aujourd’hui.
- Seule la masse éventuelle des météorites reste donc en jeu.
- Si les cratères lunaires peuvent s’expliquer par des chutes de météorites (et pour un observateur en avion pendant la guerre, l’étude des récentes photographies de notre satellite ne laisse aucun doute) nous possédons peut-être un moyen d’évaluer leur masse possible dans les temps passés.
- Dans ces conditions, ma théorie se confirme de plus en plus et vous comprenez sans peine l’intérêt que j’attache à l’étude de cette passionnante question.
- Je vous remercie très sincèrement de votre concours et de la publicité que vous donnez à cette question. Sa solution, même controversée, permettra d’établir des théories nouvelles (officiellement) sur les migrations des peuples et sur l’éventualité d’une civilisation édénique antérieure à ce que j’appelle le « Grand changement ».
- Le Gérant : G. Masson.
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- 1er Avril 1935*
- LE TRICENTENAIRE DU MUSEUM (1635-1935)
- LES ORIGINES ET LES DÉBUTS DU «c JARDIN DU ROI »
- Diverses tentatives avaient été faites en France vers la lin du xvie siècle pour créer des jardins botaniques, entre autres à Montpellier et à Paris. Dans cette dernière ville, un savant apothicaire,
- Nicolas lïouel, après avoir acquis dans sa profession une très confortable aisance, résolut d’appliquer sa fortune à l’édification d’une « Maison de la Charité chrestienne ».
- Indépendamment d’un hôpital, d’une pharmacie, d’une chapelle et d’une école des jeunes orphelins, la fondation comprenait un Jardin des simples. Cet e-nclos, « rempli de beaux arbres fruitiers et plantes odoriférantes, rares et exquises », fait encore partie aujourd’hui de la Faculté de Pharmacie de Paris.
- Puis au xvne siècle trois médecins de la Cour, Jean Ilé-roard,CharlesBouvard et surtout Guy de la Brosse obtinrent, par lettres patentes de 1626, l’autorisation d’acheter, au nom du roi, une maison avec 18 arpents de terrain « situés dans le faubourg Saint-Victor, non loin de la rivière », afin d’y établir un « Jardin de plantes médicinales tant pour l’instruction
- des écoliers en médecine que pour l’utilité publique » comme le spécifie l’édit du 15 mai 1635, qui régla l’organisation provisoire du nouvel établissement nommant liéroard surintendant et Guy de la Brosse intendant de ce Jardin du Roi. Mais, peu après, Héroard mourut au siège de La Rochelle en 1627 et son successeur, Charles Bouvard, très âgé, se déchargea sur son collaborateur du soin de mettre l’affaire sur pied. Guy de la Brosse s’acquitta très bien de sa mission et on le considère comme le véritable fondateur du Muséum. Après avoir obtenu les fonds nécessaires, il élut domicile dans la maison principale, traça un parterre de 45 toises de longueur sur 35 de largeur et le garnit d’environ 1800 espèces de plantes que lui fournit Jean Robin, horticulteur parisien fort instruit,
- Fig. 1. — Guy de la Brosse, premier intendant du Jardin du Roi (1635).
- établi à la pointe de l’île Notre-Dame. Le Jardin du Roi fut ouvert solennellement en 1640 et, dès l’année suivante, 2360 exemplaires divers d’espèces végétales françaises ou exotiques s’y trouvaient rassemblés.
- On y enseigna d’abord la botanique et la chimie pharmaceutiques, mais en 1643 on y adjoignit une chaire d’anatomie. Malheureusement Guy de la Brosse était mort deux ans plus tôt et son successeur Bouvard de Four-queux, conseiller au Parlement, n’ayant que de vagues connaissances scientifiques, s’adjoignit comme professeur, chef de culture, Vespasien Robin, qui occupait déjà le poste de démonstrateur. Celui-ci fit construire la première serre et creusa le grand bassin qu’on voit encore en face des bâtiments.
- Après la mort de Louis XIII, le gendre de Bouvard père, Jacques Cousinot, le remplaça dans sa charge de premier médecin qui comportait la surintendance du Jardin du Roi, mais il mourut en 1646 et la place fut donnée à Vautier, connu par ses intrigues avec Marie de Médicis et ses démêlés avec le célèbre Gui Patin, qui l’appelle dans une de ses lettres le « dernier médecin du Royaume ». C’était, d’ailleurs, un très injuste surnom, car Vautier orienta l’établissement qu’il dirigeait dans une voie féconde en y faisant créer trois chaires principales, qui embrassaient les trois branches de l’histoire naturelle d’alors : les végétaux, la chimie qui préparait à l’étude des substances minérales et l’anatomie dans laquelle on comprenait à cette époque tout le règne animal. Aussi, quand Vautier mourut en 1652, le Jardin du Roi jouissait-t-il dans le monde scientifique d’un incontestable crédit que son successeur Vallot ne fit qu’accroître, grâce aux savants professeurs qu’il y fit nommer : Denis Joncquetet surtout Fagon,né en 1638 au Jardin du Roi dans la maison même de son grand-oncle Guy de la Brosse.
- Ce jeune neveu avait, du reste, reçu une éducation
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- Fig. 2. — Fagon, petil-neueu de Guy de la Brosse et intendant du Jardin du Roi, mort en 1718.
- soignée, que des naturalistes et des médecins éminents comme Germain Gillot, ainsi que divers voyages d’où il avait rapporté un grand nombre de plantes rares, parachevèrent. Indépendamment de ses attaches familiales, il était donc qualifié pour occuper la chaire de chimie, puis celle de botanique en 1671. Quoique de santé assez débile, il déploya une grande activité et eut surtout comme mérite de choisir d’éminents collaborateurs pour le seconder. Il appela, de Provence, le jeune Joseph Pitton de Tournefort et ne tarda pas à lui remettre sa chaire de botanique.
- Quelques années plus tard, ce dernier reçut une mission pour aller rechercher des plantes utiles ou curieuses en Asie et en Grèce, tandis qu’il décidait Louis XIV à envoyer dans le même but Plumier en Amérique, Feuillée au Pérou et Lippi en Égypte. Pendant l’absence de Tourne-
- Fig. 3. —- Le Jardin du Roi vers 1640, d’après une gravure de l’époque.
- fort, Fagon demanda à Louis Morin de le remplacer. Ce savant est une curieuse figure. Médecin de l’Hôtel-Dieu, charitable, laborieux et d’une sobriété légendaire, il vécut jusqu’à 80 ans comme un anachorète, ne sortant guère de chez lui que pour visiter ses malades, faire son cours au Jardin du Roi ou assister aux séances de l’Académie des Sciences. Aussi, comme le l'apporte Fontenelle dans son éloge, Morin ne recherchait-il guère les relations et il avait l’habitude de dire parfois à ses visiteurs cette phrase, si souvent répétée depuis par certains misanthropes désabusés : « Ceux qui viennent me voir me font honneur; ceux qui ne viennent pas me font plaisir ».
- Fagon eut encore la main heureuse quand il découvrit à Lyon les frères de Jussieu qui devaient non seulement illustrer l’histoire du Muséum, mais faire progresser la botanique, quand il choisit comme chef de culture Sébastien Vaillant, qui enseigna avec succès pendant plus de trente années, quand il proposa l’illustre Duver-ney pour professeur d’anatomie et Louis Lémery, fils de Nicolas pour donner des leçons de chimie auxquelles les contemporains assistaient en grand nombre, charmés par l’élégante exposition et l’érudition sûre du savant médecin de cour que son Traité des aliments avait mis à la mode.
- Signalons pour mémoire les passages plutôt malheureux de Pierre Chirac et de François Chicoisneau à la tête du Jardin de Roi. Anatomiste distingué, le premier retira le soin des cultures à Bernard de Jussieu pour les confier à un chirurgien qui ignorait tout de la botanique et le second se désintéressa encore plus du développement de l’institution. Mais, par bonheur, Charles-François de Cisternay Dufay, qui leur succéda, allait réparer les erreurs de ces intendants peu capables. Il embrassa d’abord la carrière des armes, se battit comme lieutenant aux sièges de Saint-Sébastien et de Fontarabie, puis accompagna le cardinal de Rohan dans son ambassade à Rome et quitta peu après le service militaire. Entre ses campagnes et ses voyages, il s’intéressait aux questions scientifiques, si bien que ses travaux le firent admettre à l’Académie des Sciences de Paris en 1733 et nommer à trente-cinq ans directeur du Jardin du Roi.
- Sous son impulsion, l’établissement reprit sa marche ascendante. Dufay rétablit Bernard de Jussieu dans les fonctions de démonstrateur de botanique et de directeur de culture, répara les bâtiments délabrés, renouvela les plantations, alla lui-même en Hollande et en Angleterre pour se procurer des végétaux rares ou de précieux objets d’histoire naturelle et installa son neveu Duverney comme démonstrateur d’anatomie. Malheureusement son administration dura peu. Il succomba, en effet, à la petite vérole en 1739, léguant au cabinet du Roi sa riche collection de pierres précieuses et désignant au ministre Maurepas, comme le plus digne de recueillir sa succession, son ami Buffon, qui appartenait depuis 6 ans à l’Académie des Sciences de Paris.
- BUFFON, DIRECTEUR DU JARDIN DU ROI (1739)
- Dès sa nomination, Buffon s’appliqua à développer le Jardin du Roi qui se trouvait alors borné au nord par les serres, à l’est par des pépinières, à l’ouest par les
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- galeries et que beaucoup de terrains vagues entouraient. Dès 1740, il fit abattre plusieurs rangées d’arbres sans ordonnances symétriques et planter les deux superbes alignements de tilleuls, qui encadrent encore les bâtiments actuels. Primitivement ces allées se terminaient à la pépinière, que bordait la Bièvre; mais peu après on détourna le cours de cette petite rivière et BufTon, après avoir fait acquérir par son établissement les terrains qui s’étendaient jusqu’à la Seine, put prolonger les dites allées jusqu’à la grille du quai.
- D’autre part, la première serre chaude de Bouvard, l’Orangerie et les deux serres de Vaillant, adossées contre la butte, recevaient diverses améliorations. Dans le local, agrandi par Bernard de Jussieu pour abriter les collections, s’entassaient de nouveaux matériaux que BufTon et son collaborateur Daubenton s’occupaient de choisir et .de classer en vue de leur utilisation dans la grande Histoire naturelle qu’ils se proposaient d’écrire car, avant de publier cet immense ouvrage, il leur fallait reprendre, avec l’aide des nouvelles connaissances acquises, les travaux de leurs devanciers. Les deux savants se complétaient, d’ailleurs, à merveille pour mener à bien l’entreprise qui devait les immortaliser et dont les premiers volumes ne sortirent des presses de l’Imprimerie royale qu’en 1749. BufTon traça le plan de l’ouvrage, exposa les généralités, décrivit, de main de maître, les grands cataclysmes de la Nature, mais pour peindre les portraits des Mammifères ou des Oiseaux, il dut demander à son collaborateur de lui fournir des détails précis, des descriptions anatomiques exactes et de patientes observations. Pour lui procurer de tels documents Daubenton s’enfermait des journées entières dans les galeries du Jardin du Roi afin de classer méthodiquement les richesses qu’elles abritaient, et les jours d’admission du public, il aimait à les présenter aux visiteurs.
- Quant aux autres chaires, sous l’administration de BufTon, elles changèrent plusieurs fois de titulaires. Boulduc fils mourut en 1742, Louis Lémery s’éteignit l’année suivante et Duverney neveu, en 1749. Ces pertes apportèrent d’importantes modifications à l’enseignement. Bourdelin remplaça Lémery comme professeur et Rouelle occupa le poste de démonstrateur de chimie. Le premier faisait peu d’efforts pour se tenir au courant des nouvelles théories; aussi aux séances expérimentales qui suivaient chacun de ses cours, le second se plaisait-il à les battre en brèche. Comme l’écrit P. A. Cap dans Le Muséum d'histoire naturelle (1854), « il présentait ses idées comme la Nature offre ses productions dans un désordre qui plaisait toujours et avec une abondance qui ne plaisait jamais ». Cependant les travaux personnels de Rouelle sur la théorie des sels et l’analyse végétale lui assurent un rang honorable parmi les chimistes du xvme siècle qui précédèrent Lavoisier. Ennemi acharné de la routine, il exerça surtout une heureuse influence sur la marche de la science par ses cours du Jardin du Roi, qui se distinguaient toujours par l’originalité de ses vues, par sa chaude et enthousiaste parole et par des expériences simples destinées à frapper l’imagination de ses nombreux auditeurs.
- Dans les mémoires du temps, on rencontre plusieurs traits qui peignent d’une façon piquante la pétulance et les distractions légendaires de cet original chimiste. Empruntons une anecdote typique à l’un de ces écrits contemporains. Dans ses leçons, il avait ordinairement son frère et son neveu comme préparateurs, « mais ces aides ne se trouvant pas toujours près de lui, Rouelle s’écriait: Neveu, éternel neveu! et l’éternel neveu ne venant point, il s’en allait lui-même dans les arrière-pièces de son laboratoire chercher les vases dont il avait besoin. Pendant cette opération il continuait sa leçon comme s’il était en présence de ses auditeurs. A son retour, il avait ordinairement achevé la démonstration commencée et rentrait en disant : Oui,
- Messieurs! Alors on le priait de recommencer, ce qu’il faisait volontiers, croyant seulement avoir été mal compris ».
- Mais laissons là ce badinage. L’immortel ouvrage de BufTon et de Daubenton avait puissamment contribué à rendre le Jardin du Roi célèbre dans le monde entier. De son côté, Lemonnier, qui avait succédé à Antoine de Jussieu dans sa chaire de botanique, réussit à acclimater dans notre pays de curieux végétaux exotiques. En particulier, il fit planter des Cèdres du Liban dans le Roussillon, des Pins de Wey-mouth à Fontainebleau, des Belles-de-
- Fig. 5. •— Bernard de Jussieu herborisai.i. (1699-1777.)
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- Fiy.,6- — Louis Ij’derc, comte de Buffon, intendant du Jardin du Roi, de 1739 à 1788.
- Fig. 7. — Bernardin de Saint-Pierre, successeur de Buffon. Sa statue au Muséum.
- nuit à longues fleurs, des amandiers à feuilles satinées, des rhododendrons, des acacias à fleurs roses, etc. De son côté, Jean André Thouin, nommé jardinier en chef depuis 1745, donnait tout son soin aux cultures de rétablissement tandis que de savants naturalistes voyageurs, entre autres Pierre Poivre, Bougainville et Ph. Com-merson, envoyés en mission sur les points les plus reculés du globe, enrichissaient les collections.
- TROISIÈME PÉRIODE DE L’HISTOIRE DU « JA.RDIN DU ROI » (1771-1794)
- En 1771, la santé de Buffon se trouva fort altérée et cette maladie l’éloigna de ses travaux pendant plus d’un an. Alors M. d’Angivilliers, directeur général des bâtiments du Roi, obtint sa survivance. Le grand naturaliste apprit avec peine la nouvelle de sa destitution lorsqu’il entra en convalescence et s’en montra vivement contrarié. Aussi d’Angivilliers, comprenant sa maladresse, chercha à faire oublier ses griefs en comblant Buffon de prévenances, en lui érigeant xine statue et surtout en lui rendant le poste qu’il avait occupé avec tant d’éclat.
- Remis à la tête du Jardin du Roi, Buffon redoubla d’ardeur pour en accroître la prospérité. Il fit édifier de nouvelles serres et acheter deux maisons voisines de l’établissement ainsi que les terrains qui séparaient encore ce dernier de la Seine. André Thouin sous la direction d’A.-L. de Jussieu embellissait les parterres pendant que les collections continuaient de s’accroître soit par les découvertes des voyageurs envoyés en mission, soit par les acquisitions du gouvernement, soit par les envois des missionnaires, soit par les dons de souverains étrangers. De son côté, Fourcroy illustrait par ses remarquables recherches la chaire de chimie du Jardin du Roi; il y avait succédé à Macquer en 1784 et il y propageait les idées de Lavoisier, qui venait de renouveler la science par ses mémorables découvertes. Mais hélas, Buffon ne tardait pas à succomber, s’éteignant dans la maison qu’il habitait au Jardin du Roi le 16 avril 1788 et l’orage révolutionnaire commençait à gronder. Le bon Haüy, le créateur de la minéralogie, ne dut qu’à l’intervention de son collègue Geoffroy Saint-Hilaire de ne pas monter sur l’échafaud et Daubenton, alors octogénaire, se vit forcé de demander à une section de « Sans-Culottes » un certificat de civisme en se présentant comme « berger » pour conserver la place qu’il honorait depuis plus d’un demi-siècle.
- LE JARDIN DU ROI DEVIENT LE « MUSÉUM D’HISTOIRE NATURELLE »
- Le 1er juillet 1792, Louis XVI signe, en faveur de Bernardin de Saint-Pierre, un brevet d’intendant du Jardin royal et des cabinets d’histoire naturelle en remplacement de Buffon. Mais peu après la Convention nationale décrète la suppression de la Ménagerie royale annexée au parc de Versailles. Le sentimental auteur de Paul et Virginie rédige en vain un long mémoire pour sauver les malheureuses bêtes. Toutefois une occasion fortuite allait les sauver. Le procureur général de la Commune de Pajçis, estimant que les ours ou les singes ne devaient plus s’exhiber dans les ménageries foraines,
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- prit un arrêté qui ordonnait aux officiers de police de saisir immédiatement tous les animaux stationnés sur les places publiques de la Capitale, puis de les conduire au Muséum après avoir indemnisé leurs propriétaires. L’ordre fut exécuté sans délai. Le 15 brumaire an II, Geoffroy Sainte-IIilaire travaillait tranquillement dans son laboratoire quand on vint l’avertir de l’arrivée des singuliers visiteurs conduits par leurs gardiens. Il alla consulter son maître Daubenton qui, comme lui, fut d’avis de recevoir ces hôtes inattendus. On déposa donc, dans la cour intérieure, des cages renfermant deux ours blancs, un léopard, un tigre, une civette, un raton, des singes, des agoutis, un vautour et deux aigles. Telle fut l’origine de la Ménagerie-, un décret de la Convention du 11 décembre 1794 sanctionna l’existence légale de celle-ci et la dota des ressources suffisantes pour son entretien. Le député Thibaudeau soutint le projet, s’écriant dans le style emphatique de l’époque : « En rapprochant de nous toutes les productions de la Nature, ne la rendons pas prisonnière. Un auteur a dit que nos cabinets en étaient le tombeau. Eh bien ! Que tout y prenne une nouvelle vie par vos soins et que les animaux destinés aux jouissances et à l’instruction du peuple ne portent pas sur leur front, comme dans les ménageries construites par le faste des rois, la flétrissure de l’esclavage ». Malgré ce bel élan oratoire qui auréolait leur captivité, les fauves du Muséum ne jouirent pas plus de la liberté sous la première République que sous l’Empire ou la Monarchie ! Mais, entre temps, Geoffroy Saint-Hilaire, ses successeurs, ses collaborateurs, les voyageurs envoyés en mission, les administrateurs coloniaux, des souverains et divers donateurs étrangers se chargèrent d’augmenter le nombre des pensionnaires de la Ménagerie, une des premières du monde aujourd’hui. Sa fosse aux ours, sa singerie, ses cabanes de fauves, sa magnifique volière, son pavillon pour les serpents, ses aquariums, ses enclos verdoyants pour les Equidés, les Bovidés et autres pacifiques Herbivores excitent l’admiration des spécialistes comme des profanes. Enfin son original Vivarium, créé en 1927 par le D' Jeannel à l’instigation de M. le professeur Bouvier, présente dans leur ambiance de remarquables animaux terrestres, cavernicoles ou aquatiques à sang froid.
- L’ŒUVRE SCIENTIFIQUE DES PROFESSEURS DU MUSÉUM DEPUIS LE DÉBUT DU XIXe SIÈCLE
- Le décret de réorganisation du Jardin des Plantes sous le nom de Muséum national d’Histoire naturelle, remonte au 10 juin 1793; il portait à 12 le nombre des chaires (Minéralogie, Chimie générale, Arts chimiques, Botanique, Botanique rurale, Culture, Zoologie (quadrupèdes, etc.), Zoologie (Insectes et vers), Anatomie humaine, Anatomie des animaux, Géologie et instruction des voyageurs, Iconographie). Selon les dispositions de cet acte législatif, l’assemblée des « officiers du Jardin » était chargée d’administrer l’établissement, de proposer les sujets pour les places vacantes et de nommer les aides-naturalistes. Tous les professeurs en exercice conservaient leurs chaires et seul Lacépède, ayant envoyé sa démission quelques mois auparavant, fut remplacé par Geoffroy-Saint Hilaire.
- Fig. 8. — Lamarck (1744-1829). Sa siatue au Muséum.
- Quelques noms de ces « officiers » méritent de nous retenir. Indépendamment du chimiste Fourcroy, du botaniste de Jussieu, de l’anatomiste Portai et du zoologiste Geoffroy Saint-Hilaire qui y poursuivaient le cours de leurs brillantes carrières, Faujas de Saint-Fond et Lamarck entre autres prenaient possession, l’un de la chaire de géologie, l’autre de celle de zoologie, toutes deux nouvellement créées. Le dernier surtout, qu’on a surnommé non sans raison le «père de la biologie », a laissé
- Fig. 9. — Les serres chaudes en 1823.
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- Fig. 10. — Le Cèdre du Liban, au début du XIXe siècle.
- une œuvre durable en édifiant le transformisme. Lamarck ainsi que l’écrit Félix Le Dantec, « a compris que la forme des êtres vivants est, comme toutes les manifestations de leur activité, un résultat de leur fonctionnement... Sa Philosophie zoologique (1809) et son Histoire naturelle des animaux sans vertèbres (1815-1822) marquent une date mémorable dans l’histoire du génie humain ». Cependant Lamarck ne fut pas compris de ses contemporains, ses cours du Muséum étaient peu suivis, les opinions et les hypothèses qu’il émettait furent souvent tournées en ridicule et tentèrent même parfois la verve des caricaturistes de l’époque ! On oublia la doctrine transformiste pendant de longues années jusqu’au moment où l’Anglais Darwin la remit en honneur. Mais à l’heure actuelle, développée, modifiée ou perfectionnée par les Milne-Edwards, les Giard, les Delage, les Perrier et leurs émules, elle revit : « la gloire de Lamarck, dit encore Le Dantec, égale celle de Descartes et de Lavoisier ».
- Pendant le xixe siècle, la chaire d’anatomie comparée fut occupée également par un homme de génie, Georges Cuvier, qui lui aussi fut un créateur scientifique, admirablement secondé, du reste, par Dumeril, Duvernoy,
- Fig. 11. — Un cours de Cuvier au Muséum, d’après une estampe.
- de Blainville, son frère Frédéric, Brongniart et Valenciennes.
- Anatomiste et zoologiste, fixant son regard sur la structure des êtres, Cuvier s’efforça de connaître celle-ci aussi complètement que possible. Au lieu de considérer seulement le dehors à la façon de la plupart des naturalistes de son époque, il n’hésita pas à user du scalpel et de la dissection, pour envisager le dedans et tous les détails de l’organisation intime. Ses investigations furent poussées dans tous les sens, de toutes les façons, ne portant pas seulement sur les animaux vivants, mais aussi sur les fossiles, sur les êtres qui vécurent jadis et dont les formes ont disparu. Cuvier les étudia avec un soin égal, notant leurs différences, montrant aussi leurs ressemblances, s’attachant à reconstituer les spectacles de la nature d’autrefois. Il fut, dans ces travaux des deux sortes, le puissant continuateur de Buffon. Il a vraiment dressé dans leur technique comme dans leur méthode, par l’exemple comme par le précepte, ces deux parties maîtresses des sciences naturelles contemporaines : Vanatomie comparée et la paléontologie.
- Considéré par ses contemporains comme le modèle du naturaliste, menant de front investigations et publications, il est encore modèle et continuera à le rester, tellement son œuvre et son rôle l’imposent à l’attention de tous.
- C’est sur la recommandation de l’abbé Tessier, agronome, disciple de Daubenton, qu’on lui offrit, au printemps de 1795, une chaire d’histoire naturelle à l’École centrale du Panthéon à Paris. Quelques mois plus tard, il inaugurait au Muséum le cours d’anatomie animale.
- Cuvier avait alors vingt-sept ans, et ses remarquables travaux allaient favoriser sa rapide ascension scientifique. Dès 1796, il devint membre de la section de zoologie de l’Académie des Sciences de Paris, fut nommé secrétaire perpétuel en 1803, poste qu’il occupa avec éclat jusqu’à sa mort. Ses Leçons d'anatomie comparée, recueillies par ses élèves Constant Duméril et Georges Duvernoy, constituent un très original ouvrage. Pour la première fois, l’auteur, s’appuyant sur l’observation, étudie chaque sorte d’organes prise dans la série animale, avec ses modifications et ses transformations. Il y relève les ressemblances et les différences, qu’il reprend ultérieurement pour les comparer, fait ressortir leur généralité ou leur permanence afin de pouvoir formuler des conclusions logiques.
- Cerveau puissamment outillé, travailleur infatigable, professeur disert, baron de l’Empire, puis pair de France, Cuvier remplit ces charges avec éclat, et dans les postes qu’il occupa tour à tour, il laissa des traces de son passage. Toutefois, la postérité a surtout retenu ses recherches sur les Ossements fossiles qu’il publia séparément dès 1796 et qui groupés ultérieurement en volumes eurent plusieurs éditions dont la troisième parut en 1825. Dans ce monumental chef-d’œuvre se trouvent décrites et figurées 168 espèces de vertébrés fossiles.
- Doué d’une prodigieuse mémoire, travailleur acharné et méthodique, causeur intime fort agréable, Cuvier émerveilla souvent ses contemporains tant par la précision de ses idées que de ses souvenirs. Ses cours tant du
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- Muséum que du Collège de France étaient suivis non seulement par de jeunes étudiants, mais par des hommes d’âge mûr. Il retenait et classait dans son admirable cerveau tout ce qu’il entendait, voyait, lisait ou observait. Aussi quand il succomba, le 13 mai 1832, emporté en quelques jours, probablement par une myélite (maladie de la moelle épinière connue aussi sous le nom de syndrome de Landry), sa mort fut-elle considérée comme un deuil national. Au cours de ses pompeuses funérailles, les étudiants et les élèves des grandes Ecoles de Paris firent arrêter le char mortuaire et voulurent transporter sur leurs épaules, jusqu’au cimetière du Père-Lachaise, le cercueil du grand zoologiste qui, avec une intuition vraiment géniale, avait su reconstituer tant d’êtres étranges à jamais disparus.
- L’enseignement de la chimie ne périclita pas non plus au Muséum , quand après avoir été donné par les Vau-quelin et les Gay-Lussac, il le fut par les Chevreul et les Fremy. La zoologie y compta également d’éminents
- Fig. 13. — Le bâtiment de la direction du Muséum.
- représentants avec P.-A. Latreille, très savant entomologiste, M. de Blainville qui recueillit la succession de Cuvier et ne s’en montra pas indigne en entreprenant la publication d’un grand travail sur les animaux vertébrés, destiné à servir de complément à l’immortel ouvrage de son maître sur les ossements fossiles. Edmond Perrier y enseigna la zoologie générale avec un rare succès dont son grand Traité de zoologie garde le souvenir. Nommé administrateur du Muséum (1898), il obtint, soit des Pouvoirs Publics, soit de généreux mécènes, les fonds suffisants pour reconstruire en partie la ménagerie qui tombait en ruines et les galeries devenues trop étroites, pour abriter les collections sans cesse accrues.
- Parmi les physiciens qui professèrent au Muséum, distinguons la savante lignée des Becquerel, entre autres Antoine César Becquerel (1788-1878) qui fit d’importants travaux sur les piles et sur l’électricité atmosphérique; son fils, Alexandre-Edmond Becquerel dont le Traité de Vélectricité et du magnétisme, en 7 volumes, est une mine précieuse de renseignements qu’on consulte
- Fig. 12. — Vue actuelle de la galerie de zoologie.
- encore et son petit-fils Henri Becquerel qui partagea, en 1903, le prix Nobel pour la physique avec P. Curie et Mme Curie comme récompense de ses travaux sur l’uranium et les corps radioactifs.
- Enfin actuellement le Muséum reste entre bonnes mains avec le géologue Paul Lemoine que l’assemblée des professeurs a désigné, depuis 1931, pour remplir les fonctions de directeur de cet établissement en remplacement du botaniste L. Mangin atteint par la limite d’âge. Avant de devenir directeur, M. Paul Lemoine, tout en admirant l’œuvre des savants qui le précédèrent dans sa chaire, entre autres Daubrée, créateur de la Géologie expérimentale et Stanislas Meunier, fondateur de la Géologie comparée, s’attacha dans son enseignement plutôt à la stratigraphie générale et en partie à son application générale la plus immédiate, la géologie du bassin de Paris.
- Fig. 14. — Le directeur actuel du Muséum, le professeur Paul Lemoine dans son laboratoire.
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- Dans le domaine administratif, l’activité de M. Paul Lemoine se signale surtout par la création du Parc zoologique de Vincennes, annexe récente du Muséum national d’histoire naturelle, qui s’étend sur 14 hectares de superficie et qui fut inauguré en 1934.
- Dans ce vaste jardin boisé, les animaux ne sont plus enfermés dans des geôles comme jadis, mais vivent en semi-liberté. Les enclos extérieurs où se trouvent les Éléphants d’Asie, les Lions, les Macaques, les Geladas et autres Singes, les Emeus et les Nandous blancs, les Lamas ou les Damalisques, par exemple, ne sont plus
- séparés du public par des grilles gênant le champ visuel. De simples fossés suffisent à isoler toutes les bêtes, groupées autant que possible par habitats géographiques et qui peuvent s’abriter dans des cavernes dissimulées à l’intérieur de rochers artistement dessinés. Tressaillez donc de joie dans vos tombes, cendres des trop sensibles députés de la Convention Nationale : votre vœu est exaucé, vos mânes sont satisfaits ! Les fauves ne connaissent plus « l’esclavage » comme au temps des Rois !
- Jacques Boyer.
- DES METHODES NOUVELLES D’ETUDE DES RAYONS COSMIQUES
- Pendant vingt ans l’étude du rayonnement cosmique n’a fait que de lents progrès. En 1914, on ne connaissait
- Gaz sous pression
- Fig. 1. — Schéma d’une chambre d'ionisation.
- A paroi métallique de la chambre; D : bouchon isolant;
- G : anneau de garde; B : collecteur d’ions.
- avec certitude que deux données importantes ; l’existence d’un rayonnement très pénétrant produisant à la surface du sol dans une chambre d’ionisation un petit nombre de paires d’ions, de l’ordre d’une à deux par centimètre cube de gaz et par seconde, et le fait que l’intensité d’ionisation croissait avec l’altitude.
- Jusqu’en 1930, on croyait l’intensité de ce rayonnement indépendante de la latitude du lieu d’observation, de la position du Soleil, des étoiles, de la Voie Lactée.
- Ces résultats étaient à la base de la théorie de Milli-kan (1931-1932) qui donnait pour origine aux rayons cosmiques l’espace interstellaire. L’intensité du rayonnement trouvée indépendante de la latitude le faisait croire non constitué d’électrons ou de protons qui chargés électriquement eussent subi l’action du champ magné-
- tique terrestre. Le rayonnement incident devait être formé de photons d’un très grand quantum. La formation d’atomes à partir d’éléments simples était le mode principal de production des rayons cosmiques et expliquait leur formidable énergie, car alors que les rayons a, [3, y, des corps radioactifs n’atteignent pas dix millions d’électrons-volts (*), c’est par centaines de millions et même par milliards d’électrons-volts qu’on chiffre l’énergie individuelle des radiations cosmiques.
- Depuis 1932, des faits nouveaux sont intervenus. L’intensité du rayonnement a montré une variation notable avec la latitude. Clay et Berlage, par des mesures faites d’Amsterdam à Java, Leprince-Ringuet et Auger par des expériences effectuées sur le trajet Le Havre-Buenos Ayres ont établi une variation de l’ordre de 15 pour 100. On a mis en évidence la présence de corpuscules d’énergie supérieure au milliard d’électrons-volts, donc aux énergies de constitution des noyaux atomiques à partir des protons élémentaires. Des théories nouvelles se sont fait jour.
- C’est le perfectionnement des méthodes de sélection qui a modifié l’aspect du problème.
- Jusqu’en 1929 la chambre d’ionisation était à peu près exclusivement l’unique méthode de mesure. Pour augmenter l’effet d’ionisation, on remplissait la chambre de gaz sous pression : gaz carbonique par exemple).
- Le collecteur d’ions B était relié à l’électromètre. En transportant ce dispositif on mesurait l’intensité d’ionisation du rayonnement ultra-pénétrant,
- Mais il faut noter que les phénomènes les plus accessibles à l’expérience sont ou les plus intenses ou les plus faciles à détecter. Or dans une chambre d’ionisation ce sont les rayons les plus absorbables qui donnent l’effet le plus considérable. Les radiations secondaires l’emporteront donc sur la radiation primaire. Et puis
- 1. Electron-volt : énergie acquise par un électron sous un potentie de 1 v. On sait que la charge de l’électron est e = 4,774 x 10-lü U. E. S., ce qui donne pour l’énergie
- W = 4,774 X 10-10 i x 10-2 = 1,6 x 10 12 ergs.
- U
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- les ions produits peuvent avoir des origines fort diverses, il y a en effet parfois libération de grandes quantités d’ions dont la cause serait l’éclatement d’un noyau atomique lourd avec projection d’un autre noyau très ionisant.
- L’étude du rayonnement pénétrant est plus sûrement réalisée par la méthode des coïncidences qui utilise les compteurs à électrons.
- Un compteur à électrons (Geiger-Müller) a la forme suivante (fig. 2). Un fil métallique fin d’acier oxydé est disposé selon l’axe d’un tube rempli d’un gaz sous quelques centimètres de mercure de pression ; un champ électrique de l’ordre de 1000 à 2000 volts est établi entre le fil et le cylindre. L’axe est relié à un électromètre ou à un amplificateur à lampes. Lorsqu’un électron traverse le gaz du compteur, les ions produits servent d’amorce à un début de phénomène disruptif, une impulsion est recueillie sur l’électromètre ou à la sortie de l’amplificateur.
- Évidemment, tout ce qui libère des particules ioni-
- g
- «
- a
- m
- Tube compteur
- m
- m
- Amplificateur
- R = 4.000 Mégohms
- Fig. 2. — Compteur à électrons (Geiger-Müller). Le compteur esl rempli d’un gaz sous faible pression. Une tension élevée est établie entre le cylindre de métal et un fil fin axial d'acier oxydé.
- Fig. 3. — Compteurs disposés pour l'enregistrement sélectif des corpuscules de grande énergie les traversant tous trois.
- santés peut provoquer de telles impulsions. Restent à sélectionner les particules douées d’un grand pouvoir deTpénétration.
- Ôn associe trois compteurs A, B, C, de façon qu’un même corpuscule puisse les pénétrer (fig. 3). Si l’épaisseur des compteurs est suffisante, aucun électron de provenance radioactive ne pourra en traverser plus d’un.
- Un rayon très pénétrant pourra seul les traverser. Les impressions correspondantes seront simultanées et si on les fait arriver dans un appareil sélecteur qui laisse seulement passer les impulsions simultanées des trois compteurs, on détectera seulement les rayons cosmiques.
- Blaclcett et Occhialini ont d’ailleurs associé les compteurs à électrons à la chambre de Wilson. On connaît le principe de cellc-ci, on sait que les ions provoquent la condensation de la vapeur sursaturante, chacun d’eux devenant le centre d’une goutte d’eau.
- Si on laisse se détendre adiabatiquement de l’air saturé de vapeur d’eau, on n’observe de condensation que si le rapport de détente est supérieur à 1,38, alors
- que si l’on ionise le gaz, le brouillard apparaît dès que le rapport atteint 1,25.
- Le corpuscule pénétrant RD traverse les 2 compteurs G, et C, et la chambre de Wilson W (fig. 4).
- Les impulsions de coïncidences sont reçues dans des relais qui provoquent le fonctionnement de la chambre de Wilson.
- L’inertie de l’ensemble étant très faible, le brouillard se forme un centième de seconde après le passage de la particule dans les compteurs.
- Le passage du rayon déclenche la photographie de sa trajectoire.
- Cette méthode d’une élégance extrême a donné de précieuses indications.
- C’est ainsi que si l’on interpose au milieu de la chambre une lame de plomb de quelques-millimètres d’épaisseur, et que l’on fasse agir un champ magnétique, la partie de la trajectoire après la traversée, sera plus déviée qu’avant, ce qui se comprend puisqu’il y a eu perte d’énergie.
- La direction de la trajectoire jointe à celle de la
- Fig. 4. — C'est Vimpulsion reçue par les compteurs C, et C.,qui provoque le déclenchement de la chambre à détente W.
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- Lames de Pb
- Fig. 5. — Dispositif faisant connaître le sens de parcours de la trajectoire d’une particule ionisante dans la chambre à détente.
- direction du champ donnera le signe de la charge électrique de la particule (fig. 5). De la variation du rayon de courbure on pourra déduire la perte d’énergie,l’observation du brouillard renseignera sur l’ionisation. Ces calculs combinés renseigneront sur la masse et la vitesse.
- Ces nouvelles méthodes d’investigation ont donné les résultats suivants :
- Rossi a montré qu’il existe des corpuscules d’un pouvoir de pénétration dépassant 1 m de plomb et dont l’énergie ne peut être inférieure au milliard d’électrons-volts.
- En disposant 3 compteurs dans un même plan vertical, et dont la distance séparant les extrêmes est de 1 m, il a obtenu les résultats suivants :
- sans écran : 100 coïncidences avec écran : 46 coïncidences.
- La diminution du nombre des coïncidences est due à l’arrêt de la partie molle, secondaire, accompagnant la partie corpusculaire de grande énergie. Cette énergie de pénétration peut être évaluée d’une façon encore grossière d’ailleurs à 2 à 3 milliards d’électrons-volts sans tenir compte de la perte d’énergie due à d’autres phénomènes que la simple ionisation.
- Les expériences de Mott Smith confirment la réalité de cette énergie. Entre les compteurs B et C du précé-
- dent dispositif, on interpose une masse de fer de 15 cm d’épaisseur qui permet l’établissement d’un champ magnétique intense. Le nombre des coïncidences triples n’est pas modifié, ce qui prouve que les corpuscules n’ont pas été déviés entre B et C.
- Cette grille à rayons cosmiques formée par les compteurs renseigne aussi sur la répartition de l’énergie. C’est suivant la verticale que la proportion des rayons pénétrants est considérable. Par contre, la proportion des éléments de faible énergie augmente quand les compteurs sont orientés suivant une direction faiblement inclinée sur l’horizon.
- On a même trouvé que les rayons venant de l’ouest sont en nombre plus grand que ceux venant de l’est, au voisinage de l’équateur géométrique.
- Enfin l’étude de l’interaction des rayons cosmiques avec la matière a progressé par l’emploi des nouveaux appareils de détection. On emploie à cet effet un appareil de Wilson déclenché par les coïncidences entre deux compteurs.
- Leur action est du domaine de transmutations, plus complexes dans la plupart des cas qu’un simple phénomène de choc nucléaire.
- Ces recherches ont eu pour conséquence de rendre moins acceptable l’hypothèse d’un rayonnement électromagnétique formulée par Millikan. On en vient aux théories corpusculaires. Pour C. T. B. Wilson, l’origine de la radiation cosmique pourrait être cherchée dans les champs électriques des orages. Cette hyqothèse ne conviendrait qu’à la partie molle de la radiation.
- Pour Dauvillier, il existerait autour de notre globe, à une distance de l’ordre du rayon terrestre, une orbite d’électrons d’origine solaire. A l’heure présente, le problème de l'origine des rayons cosmiques n’est pas résolu.
- Georges Verdier.
- N. B. — Les schémas qui figurent dans cette étude sont empruntés à l’étude de M. Louis Leprince-Ringuet,
- « Bayons Cosmiques ».
- LE CINEMATOGRAPHE EN RELIEF LOUIS LUMIÈRE
- Fig. 1. — Disposition des objectifs de l’appareil Louis Lumière. Dans son numéro du 15 février 1935, La
- Nature a donné, la première des revues françaises de vulgarisation scientifique, un exposé complet des procédés de cinématographie en relief proposés jusqu’ici, et particulièrement du dispositif très récent inventé parM. Louis Lumière, le créateur de l’industrie cinématographique.
- Le grand savant a exposé les principes de sa méthode dans une communication à l’Académie des Sciences, le 25 février 1935. Cette communication a été accueillie avec une
- Prisme 3
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- grande faveur par les membres de l’Académie, et a suscité aussitôt un intérêt immense dans le monde entier. Des articles d’ordre élémentaire ont été publiés dans toute la presse d’information; certains d’entre eux, malheureusement, contenaient des erreurs qu’il importe de rectifier, et nous pensons donc être utiles à nos lecteurs en donnant sur cette question quelques nouvelles précisions.
- Quelques journalistes, peu au courant des questions scientifiques, ont annoncé qu’il s’agissait là de projections en relief et en couleurs. Bien entendu, c’est une erreur. Peut-être quelque jour le cinématographe sera-t-il intégral, c’est-à-dire à la fois en couleur et en relief; pour le moment, il n’est pas question d’un perfectionnement aussi absolu.
- Les films employés sont en noir et blanc, et les rayons lumineux utilisés pour la projection traversent des verres colorés de façon à former sur l’écran de projection des images de couleurs complémentaires, et superposées. Mais le spectateur place devant ses yeux un lorgnon avec des verres de couleurs identiques à celles des écrans, de sorte que le procédé, ainsi que nous l’avons longuement expliqué, a simplement pour but de permettre la sélection des images, et la vision par chacun des yeux du spectateur de l’image correspondante : ainsi ce spectateur, grâce à ce lorgnon, voit les images avec une sensation de relief en noir et blanc, et non en couleurs. L’absence de coloration parasite gênante est même l’avantage essentiel de la découverte, comme nous l’avons également expliqué.
- L’inventeur employait d’abord pour la projection deux appareils de prises de vue conjugués. Les axes des objectifs étaient écartés de 70 mm pour obtenir la parallaxe nécessaire. Mais il était difficile, en appliquant ce principe, de maintenir aussi bien à l’enregistrement qu’à la projection l’égalité de densité optique des images et celle des éelairements à l’aide de deux sources différentes.
- M. Louis Lumière a donc réalisé un appareil de prises de vue spécial, dans lequel on obtient les images du couple stéréoscopique au moyen d’objectifs décalés et placés transversalement. Les axes de ces objectifs sont parallèles, mais non en coïncidence. Au moyen de deux groupes de prismes, on ramène les deux images stéréoscopiques placées l’une au-dessus de l’autre sur la surface du film occupée normalement par une seule image de format standard (fig. 1).
- Les images droites et gauches sont ainsi placées en deux rangées distinctes superposées. Le film se déplace horizontalement, et la parallaxe verticale est supprimée
- (Kg- 2).
- De la même manière, le système de projection est horizontal, et une paire d’objectifs sectionnés suivant une corde permet d’amener la coïncidence des centres homologues des deux images sur l’écran.
- Pour rétablir la position verticale habituelle de l’appareil, on peut munir le double objectif d’un dispositif inverseur.
- Dans ce but, M. Louis Lumière a imaginé un dispositif très intéressant, dont il a présenté le principe à l’Académie des Sciences à la séance du 14 janvier 1935.
- Pour changer l’orientation d’une image et pour faire
- Image droite
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- Image gauche
- Fig, 2. — Comment sont placées les images sur le film pour la projection en relief.
- tourner de 90° ou 180° un faisceau lumineux, on fait généralement usage d’un prisme de Wollaston, comportant des faces d’entrée et de sortie perpendiculaires l’une à l’autre, et à 45° sur la face réfléchissante constituée par l’hypoténuse d’un prisme rectangle. Ce dernier est tronqué parallèlement à cette face à une hauteur qui varie avec l’indice de réfraction du verre employé, et qui
- Fig. 3. —- M. L. Lumière présentant son appareil à i Académie, des Sciences (ph. N. Y. T.).
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- -------------1- - 4 4
- Fig. 4. — Dispositifs optiques de M. L. Lumière pour l'inversion des flux lumineux, dans la projection en relief.
- correspond pour les verres courants au milieu de celle hauteur.
- Ce dispositif rend difficile l’inversion d’un faisceau de grande section, par suite de ses dimensions correspondantes trop grandes à ce moment, la longueur de la face hypoténuse atteignant 4 fois la largeur de la section du faisceau.
- De plus, l’incidence sur les faces d’entrée et de sortie détermine une perte voisine de 20 %, même sans comprendre celle qui résulte de l’épaisseur de verre traversé, d'où un anastigmatisme important dans le cas où les éléments de faisceau ne sont pas parallèles.
- M. Louis Lumière a eu l’idée d’établir un dispositif réalisé, comme le montre la figure 4, par l’adjonction à un prisme pentagonal d’un prisme à réflexion totale collé sur la face d’entrée ou de sortie du faisceau. Dans ces conditions, on voit qu’un faisceau entrant par la face AB sort inversé en B' A', et les faces d’entrée et de sortie parallèles entre elles sont normales à la direction du faisceau. On peut encore diminuer le volume des blocs de verre nécessaires en constituant le système par le collage d’un parallélipipède oblique à 45°, et d’un prisme tétragonal, comme le montre la figure B.
- Ce système très simple présente donc de grands avantages sur les dispositifs habituellement utilisés, et constitue un procédé pratique pour la réalisation de projections stéréoscopiques.
- P. II.
- LA “ NORMANDIE "
- LE PLUS GRAND PAQUEBOT DU MONDE
- I. — LES CARACTÉRISTIQUES DU PAQUEBOT Le paquebot Normandie, actuellement en cale sèche aux Chantiers Penhoët à Saint-Nazaire, sera bientôt prêt
- à prendre la mer. On pense procéder à des essais au mois de mai 1935 et on espère qu’il pourra être mis en service dans le courant du mois de juin. L’intérêt que l’opinion porte à cette nouvelle unité de notre flotte commerciale vient de ce qu’elle est non seulement le plus grand paquebot français, mais aussi le plus grand paquebot du monde.
- On sait en effet que sa longueur totale est de 313 m 75, sa largeur de 35 m 90 et que sa hauteur, du dessous de quille au plafond de timonerie, atteint 39m. Son tonnage brut est de 79 000 tx et ses moteurs développeront une puissance de 160,000 ch. On espère que sa
- vitesse dépassera 29 nœuds, soit environ 54 km à l’heure.
- Ces données générales sont moins saisissantes peut-être que certains chilfres intéressant le poids du navire. Lors de son lancement en septembre 1932, la Normandie pesait 30 000 t ; complètement terminée, elle atteindra le poids formidable de 75 000 t, soit 7 fois et demie celui de la Tour Eiffel. Pourtant, on a largement utilisé des aciers à haute résistance qui ont permis de sérieux allégements. A lui seul, le gouvernail que manœuvrent des presses hydrauliques actionnées par
- Fig. 2. — Accroissement des navires de la Compagnie générale transatlantique pour la ligne de New-York, depuis la création de celle société
- (1862).
- Washington 108? — 3300 cv à roues -Transformé en 1867à 2 hélices
- 1866-
- Péraire-----105?.
- '-5200 e.v_l hélice
- La Touraine
- 164 1200 c.v— 2 hélices
- France------217T1— 40.000 c.v turbines_4hélices
- Ile-de-France _ 242?_48.000c.v-turbines_4hélû
- 313 160.000 cX-tucbo -électriques__4hélices
- Fig. 1. — La Tour Eiffel (300 m), la « Normandie » (313 m) et le « Washington (108 m), premier navire construit en 1863 par la Compagnie générale transatlantique pour la ligne de New-York.
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- des moteurs électriques, est haut de 18 m, épais de 1 m 36; il pèse avec sa mèche 130 000 kg. Chacune des quatre hélices, d’un diamètre de 4 m 70, est une pièce de 28 000 kg. Les ancres, qui sont nécessaires à New-York, sont des masses de 17 t et leurs chaînes pèsent 1511 : la plus grosse a des maillons pesant chacun 100 kg.
- Malgré un emploi assez étendu de la soudure électrique, le rivetage des tôles a nécessité 11 millions de rivets qui, mis bout à bout, couvriraient une distance de 650 km, correspondant à celle de Paris à Montélimar.
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- long de 108 m et d’une puissance modeste de 450 ch, à propulsion mixte, puisqu’il portait à la fois voiles et cheminées, et filant ses dix nœuds en moyenne. La plus grosse unité de notre flotte jusqu’ici, VIle-de-France, ne mesure que 242 m de longueur, n’a qu’un tonnage de 43000 tx et une puissance de 48000 ch. La Normandie est donc bien un super-Ile-de-France comme on l’appelait avant que le bateau fût officiellement baptisé du nom de la province française qui lui servira de point d’attache.
- Son tonnage dépasse également celui des récents
- Fig. 3. — La « Normandie », en juillet 1934, aux chantiers de Saint-Nazaire. On pose les cheminées. (Cliché « Transatlantique »).
- Pour peindre le navire, on n’utilise pas moins de 6100 kg de peinture, dont 1300 pour la coque seulement.
- Si le nom de Géant des mers a gardé quelque sens, c’est à la Normandie qu’il faqt l’appliquer.
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- Comparées à celles des autres unités de la Compagnie Générale Transatlantique, ces dimensions permettent de mesurer le chemin parcouru depuis la construction du premier paquebot de cette entreprise, le Washington,
- flag-ships du monde : le Leviathan (Allemagne) n’avait lui-même que 60 000 tx et les deux récents courriers allemands, le Bremen et YEuropa, mis en service en 1929, n’atteignent que 51 000 et 50 000 tx. De même, les deux paquebots italiens qui relient l’Italie à New-York ont 47 000 et 43 000 tx.
- La Grande-Bretagne paraissait disposée à ne pas construire d’unités dépassant 45 000 tx (YEmpress of Britain, mis en service en 1930, jauge 42 000 tx), mais l’entrée en ligne des deux nouvelles unités allemandes a poussé à mettre sur chantier le Super-Cunarder lancé
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- en septembre dernier et qui portera le nom de la souveraine d’Angleterre, Queen-Mary. Mis sur cale, comme notre Normandie à une époque d’euphorie commerciale, il a des dimensions du même ordre, mais légèrement inférieures : sa longueur est de 310 ni et il jauge
- 73 000 tx.
- La Normandie demeure donc bien le plus grand paquebot du monde et ses dimensions ont nécessité des travaux importants dans les ports qui l’abritent ou l’abriteront. A St-Nazaire, il a fallu construire une nouvelle entrée (la troisième), afin que le navire, lancé en Loire, puisse facilement venir se ranger le long du quai du Bassin de Penhoët. Cette forme-entrée, longue de G00 m
- prendra la mer, les dragues ont régularisé le chenal de Bonne-Anse, car il y a, à cet endroit, depuis 1899, un vapeur coulé par 4 m 20 de fond aux basses marées, et la rectification des fonds à la cote — 7 s’imposait.
- De son côté, le port du Havre devait élargir la passe d’accès de son avant-port et aménager sa nouvelle gare maritime pour satisfaire aux exigences du paquebot, tandis que New-York organisait un quai en rapport avec ces dimensions colossales.
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- Avec la Normandie, la Compagnie Transatlantique peut espérer, si les prévisions ne sont pas démenties,
- Fig. 4. — La « Normandie » en octobre 1934. On a commencé d'allumer des chaudières. (Cliché « Transatlantique. »)
- dont 350 m de longueur utile, large de 50 m, avec une hauteur d’eau de 15 m 25 a été inaugurée en 1932. Non seulement elle permet de donner accès au port, mais grâce à ses écluses elle peut être utilisée comme forme de çadoub pour la mise à sec des plus grands navires. On a dû également approfondir le quai de Penhoët afin que la Normandie, qui calera à l’arrière, au moment de son départ, près de 11 m, puisse évoluer à l’aise : d’où le creusement d’une souille de 450 m de longueur et d’une zone d’évolution ayant une hauteur d’eau de 11 m et de 10 m 50. Enfin, pour faciliter son passage lorsqu’elle
- avoir le navire le plus rapide du monde, mettant le Havre à quatre jours et demi de New-York avec escale à Plymouth. Jusqu’ici, la France, préoccupée surtout de l’élégance et du luxe discret des aménagements, n’avait pas participé à cette compétition internationale qui depuis la fin du xixe siècle oppose navires anglais et allemands pour la possession du « ruban bleu » de l’Atlantique. Jusqu’en 1897, la Grande-Bretagne détenait le record de vitesse avec le Campania qui filait 22nœuds,23. Les Allemands l’emportèrent jusqu’en 1907 avec le courrier brémois Kaiser Wilhelm der Grosse (22 nœuds, 8), puis
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- Fig. 5. —• Les hauts du navire. (Cliché « Transatlantique. »)
- avec le transatlantique de la Hainburg, Deutschland (23 nœuds, 5). A ce moment, le Mauretania redonnait la première place à l’Angleterre, atteignant aux essais 27 nœuds et demi, et jusqu’à nos jours, malgré tous les perfectionnements techniques de ses nouveaux rivaux, le ruban bleu demeura au glorieux vétéran à qui une transformation au mazout avait redonné une seconde jeunesse.
- Pour obtenir une augmentation de vitesse de l’ordre de deux nœuds, les ingénieurs français (ils étaient, nous dit-on, 25 et n’ont pas couvert moins de 50 000 m2 de plans) ont été obligés d’augmenter dans de fortes proportions la puissance de l’appareil moteur qui atteindra le chiffre de 160 000 ch, c’est-à-dire double de celle de l’Ile-de-France ou du Mauretania.
- La grande nouveauté réside dans l’adoption de la propulsion électrique. Les quatre turbines, alimentées par 29 chaudières d’une surface utile de 1000 m2 et chauffées au mazout, donneront de la vapeur à la pression de 28 kg et à une température de 350°. Elles actionneront quatre alternateurs et le courant produit, courant triphasé de 5500 à 6000 v, mettra en branle quatre moteurs électriques, marchant à la vitesse de 240 coups-minute, attelés aux quatre hélices et pouvant développer chacun
- une puissance de 40 000 ch. Solution coûteuse, il est vrai, mais qui, on l’espère, permettra une manœuvre plus facile et un mouvement plus doux.
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- Malgré ses proportions gigantesques, la Normandie ne manque pas de ligne. La forme a été très étudiée.
- Fig. 6. — La « Normandie », le 24 octobre 1934, dans le bassin de Penhoët.
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- Nord
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- Pen h o ët
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- 500 M.
- Fig. 7. — Le port de Saint-Nazaire, montrant la cale de lancement et le bassin'd’achèvement de la « Normandie ». On voit la forme d'entrée en construction de 350 m de long, 50 m de large et 15 m 25 de hauteur d’eau.
- Toutes les tôles de la coque sont formées, c’est-à-dire qu’au lieu d’être soigneusement dressées, elles présentent une ligne courbe, ce qui donne à l’ensemble du bâtiment un profd élégant.
- Ses trois cheminées aux formes aérodynamiques auront une circonférence de 49 m. La première, à l’avant, a son sommet à 44 m 25 au-dessus de la mer. Deux d’entre elles serviront effectivement à l’évacuation des gaz et des poussières, celle de l’arrière sera utilisée pour l’aération.
- Enfin, ce premier contact avec l’extérieur du navire révèle le soin des constructeurs de dégager la passerelle dans toute la mesure du possible. Celle-ci abritée dans sa partie centrale tandis que les ailes demeurent à l’air libre, sera en outre très débordante, ce qui permettra au commandement de surveiller facilement les manœuvres d’accostage; enfin sa forme incurvée donnera une visibilité continue de tout l’horizon avant, en même temps que celle d’une partie notable de l’horizon latéral.
- (A suivre.) Maukice Debesse.
- LA RÉGÉNÉRATION DES ARBRES FRUITIERS
- PAR LA NUTRITION ARTIFICIELLE
- Les arbres fruitiers, au tronc couvert de mousse, et qui sont devenus languissants, maladifs, improductifs, peuvent être régénérés par un procédé qui consiste à introduire dans les canaux séveux, pour remplacer la sève manquante, un liquide contenant les éléments nutritifs utiles à la végétation et à la fructification.
- L’application de ce procédé aux arbres affaiblis ou privés de radicelles peut s’étendre au traitement des arbres malades, auxquels on injecte un liquide contenant des substances curatives appropriées.
- L’idée d’introduire artificiellement certains éléments curatifs dans la sève a été mise en pratique par le Dr Mokrzecki.
- On perce, dans le tronc des arbres atteints de chlorose, des trous dans lesquels on introduit des morceaux de sulfate de fer. Dans le traitement de la vigne contre les maladies parasitaires, les ceps^ reçoivent une injection de matières préservatrices, qui jouent en même temps, pour la précieuse ampélidée, le i’ôle de reconstituant.
- I.—Mode opératoire.— Le procédé de régénération comporte les dispositions suivantes :
- Au collet de l’arbre, c’est-à-dire à la base, percer, à l’aide d’une tarière, un trou, dans lequel on enfonce un bouchon de liège ou un petit morceau de bois creux destiné à recevoir un petit tube de verre (fig. 1).
- A ce tube s’adapte un tuyau de caoutchouc, par lequel s’écoulera le liquide nutritif contenu dans un vase. Ce système d’injection est basé sur le principe des vases communicants, d’après lequel si on relie un vase contenant un liquide à un autre vase — ici le vaisseau ligneux — le liquide tend à s’élever dans le second vase jusqu’à ce que l’équilibre s’établisse entre les deux.
- Le vase contenant le liquide étant placé à une certaine hauteur, le liquide exerce une pression dans les canaux séveux et s’y introduit avec plus ou moins de force, selon la hauteur à laquelle le vase est maintenu.
- Pour mieux assurer la diffusion du liquide dans les canaux de l’aubier, il faut que le manchon de verre ou
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- de bois ne soit pas enfoncé jusqu’au fond de la cavité percée par la tarière. On a donc la précaution de ménager, au fond de cette cavité, une petite chambre dans laquelle le liquide stationne et d’où il se répand, par la force ascensionnelle, peu à peu, dans les vaisseaux du bois, jouant ainsi le même rôle que celui de la sève ascendante.
- Le petit appareillage que comporte cette méthode de régénération est très simple et facile à installer.
- Le vase contenant le liquide nutritif peut être, par exemple, un pot à fleurs ordinaire; par l’orifice inférieur de ce pot passe le tuyau de caoutchouc, le reliant au trou pratiqué à la base de l’arbre.
- On peut, tout aussi bien installer un support constitué par un pieu enfoncé en terre, et fixer sur ce pieu, à une hauteur assurant la pression nécessaire, une planchette destinée à recevoir le récipient contenant le liquide nutritif.
- II. — Les . liquides nutritifs. — Dans l’application de cette méthode thérapeutique aux arbres fruitiers, on a employé, aux premiers essais, de l’eau pure, puis de l’eau additionnée de purin, et dans d’autres essais, de l’eau additionnée de divers sels : nitrate de potasse, sulfate de potasse précipité, chlorure de sodium, etc.
- Par expérience, on arrive à déterminer, avec précision, les conditions à observer relativement aux sels nutritifs les plus efficaces et aux doses à employer.
- III. — Aperçu de quelques résultats. — En Bretagne et dans la région du Sud-ouest, cette méthode de régénération, pratiquée dans des plantations fruitières, sur des arbres isolés, ou dans des vergers, a permis de traiter avec succès des arbres malades, languissants, plus ou moins épuisés ou chlorotiques et ne donnant plus de fruits.
- Voici quelques résultats, parmi les plus remarquables :
- Un pommier âgé de 25 à 30 ans, en mauvais état, ayant de nombreuses branches mortes, fut traité au commencement de mars. Au collet, on perça un trou de 2 cm, environ, de profondeur.
- Le vase contenant le liquide nutritif avait une capacité de 3 litres 5. Avec le tuyau de caoutchouc, on avait une pression de 1 m. Ce vase était rempli d’eau pure. Après quelques jours, la pression commença à agir et, la colonne de liquide baissant dans le vase, l’arbre avait absorbé environ 75 centilitres. On remplaça alors l’eau par du purin, avec 50 gr de sulfate de potasse, opération effectuée le matin, à 10 h. Le lendemain, on constatait une absorption régulière, qui continua ainsi durant quatorze jours. A ce moment, les trois quarts du liquide étaient absorbés.
- Le quinzième jour, le vase fut rempli de purin dilué, avec nitrate de potasse.
- Les expériences furent continuées, en ayant soin de remplir toujours le vase.
- En vingt jours, ce vieux pommier absorba 3 lit., 50.
- Les bourgeons apparurent, les feuilles se développèrent et, au bout de six mois, les branches présentèrent un accroissement de 20 à 25 cm.
- Un pommier, encore plus malade que le précédent, présentant une végétation chétive, principales branches mortes, écorce manquant en grande partie, fut traité par ce même procédé.
- Dispositif introduit dans l'arbre.
- Fig. 1.
- a, tuyau de caoutchouc; b, petit tube de verre; c, bouchon de liège; d, petite chambre recevant le liquide nutritif; c, écorce.
- La pression du liquide était de 1 m 50. Deux jours après l’installation, les 3 lit., 50 d’eau étaient complètement absorbés. En quarante-deux heures, cet arbre qui était considéré comme mort, avait absorbé toute l’eau du vase. Deux jours après, le vase fut rempli de purin dilué, avec nitrate de soude. Le lendemain et les
- Fig. 2. — Injection du liquide nutritif, a, vase contenant le liquide; b, tuyau de caoutchouc.
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- jours suivants, on constatait une absorption régulière. Au bout de douze jours, tout le liquide était absorbé. On versa un peu d’eau dans le vase, puis le surlendemain on ajouta du purin, avec un mélange de nitrate de potasse et de phosphate précipité.
- Sur ce pommier, les branches mortes étaient, bien entendu, restées telles qu’elles étaient avant le traitement, mais les plus petites branches où le liquide nourricier put pénétrer présentaient une végétation normale. Les feuilles étaient de couleur vert sombre, signe certain
- d’une bonne santé chez ce pommier, ainsi complètement régénéré.
- Des pêchers furent traités semblablement. Alors que tous les fruits d’un pêcher non traité tombaient avant maturité complète, les fruits de pêchers traités se maintenaient sur leurs branches et grossissaient jusqu’à maturité. Ces résultats, très démonstratifs, consacrent donc la réelle valeur pratique de la méthode de régénération des arbres fruitiers par la nutrition artificielle.
- Henri B LIN.
- L’AUTOMATISME DANS L’AUTOMOBILE
- Nous voudrions apporter aujourd’hui une brève contribution au volumineux dossier des curiosités mécaniques et électro-mécaniques, en signalant quelques nouveautés intéressantes présentées au dernier Salon de l’Automobile.
- RÉGRESSION DES SERVO-DÉBRAYAGES
- Notons d’abord ce fait digne de remarque que l’automobile, actuellement, ne va pas aveuglément vers une « automatisation » intégrale; bien loin de là. Les précieux servo-débrayages, qui consistent en un asservissement de la pédale de débrayage à la pédale d’accélérateur (la dépression intervenant comme agent moteur), sont nettement en régression; il en est de même de la roue libre qui, pour constituer un automatisme réduit, n’en procurait pas moins une conduite fort agréable.
- On constate ici, une fois de plus, que dans le domaine du semi-automatisme, qui est celui de toutes les
- Fig. 1. — Vue extérieure du « Thermostarter » automatique à bilame de Solex.
- En haut, le boîtier du bilame, monté contre le collecteur d’échappement et relié par un tuyau au clapet du starter, sur le côté du carburateur (Document Solex).
- machines perfectionnées conduites par l’homme, il ne faut pas sous-estimer Yautomatisme humain. L’histoire des machines-outils nous en fournirait de nombreux exemples; dans le domaine de l’automobile, on se souvient que certains constructeurs, dont Renault, avaient tenté de lancer un changement de vitesse dont le levier se déplaçait sur un secteur unique, comme un levier de frein. Cette disposition, qui exigeait des cames intérieures complexes, n’eut pas de succès et le levier à rotules, à 4 ou 5 positions « en quatre coins », est aujourd’hui d’un emploi universel.
- Notons aussi la disparition quasi totale du servo-frein à dépression, que l’invention du « pot à dépression » ou réserve de vide avait pourtant mis au-dessus de toute critique; on utilise aujourd’hui des freins autoserreurs dont le fonctionnement s’apparente au serrage spontané des câbles de cabestans.
- En ce qui concerne la conduite proprement dite, avec ses trois pédales et ses deux leviers, il y a donc fort peu de changement; nous citerons néanmoins quelques systèmes de « boîtes » nouvelles, électriques ou à câble.
- C’est dans les fonctions accessoires du lancement du moteur, de la surveillance du ralenti et de la consommation que les inventeurs, cette année, se sont donné libre carrière.
- SERVO-STARTER THERMIQUE A « BILAME »
- Le départ à froid, cette bête noire des automobilistes, a été extrêmement facilité, depuis environ trois ans, par une remarquable invention qui est le starter de carburateur. Nous avons signalé en son temps ce petit appareil, qui consiste en un simple tube relié à l’aspiration et qui descend affleurer le niveau de l’essence dans une cheminée latérale à la cuve; au moment du lancement, ce tube aspire une véritable émulsion d’air et d’essence qui favorise les premiers allumages.
- Quand le moteur commence à tourner « bien rond », il ne reste plus qu’à fermer le starter, au moyen d’un flexible à bouton... mais c’est ici que les ennuis commencent. Il paraîtrait que nombre de conducteurs omettraient cette manœuvre si simple, en sorte qu’ils « lavent » leurs cylindres, encore mal huilés par projection, et calaminent leurs soupapes, toutes choses nuisibles à la conservation du moteur.
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- Pour rendre la fermeture du starter automatique, Solex, dans son thermostarter a eu recours à un bilame (fig. 1), chauffé par le collecteur d’échappement et qui agit sur le clapet de fermeture du starter par un véritable effet de servo-moteur à dépression. Voici quelques détails sur cet ingénieux appareil (fig. 1, 2, 3 et 4).
- Le carburateur du type classique Solex à chapeau de gicleur perforé, est complété par un tube de starter R, visible à droite et qui plonge légèrement dans l’essence. Ce tube se rend dans une cavité close qui communique en permanence avec l’atmosphère par une fuite calibrée ou « gicleur d’air », G a, et peut communiquer avec la tubulure d’aspiration du moteur quand le clapet C est ouvert. La tige du clapet est elle-même fixée à une membrane souple derrière laquelle viennent s’ouvrir un petit tube d (fig. 2 et 3) communiquant avec l’aspiration et un gros tube O ouvert à l’air libre.
- Si ce tube O restait constamment ouvert, la membrane qui est soumise à l’aspiration du moteur sur sa face gauche, à cause du jeu de la tige, se porterait dans cette direction et le clapet du starter resterait également ouvert. Mais dès que la paroi du collecteur d’échappement commence à s’échauffer, le bilame B s’incurve et vient boucher le tube O. La membrane se trouve alors attirée vers la droite par la succion du petit tube d et ferme le clapet C. La figure 1 montre la présentation pratique extrêmement simple de l’ensemble.
- Le principe de la fuite d'énergie, agissant d’une façon différentielle, se retrouve ici avec tous ses avantages; nous en avons cité de nombreuses applications, avec les régulateurs à fuite d’eau système Area (1), 1’ « eupa-théostat » de l’Alsthom, à fuite de chaleur (-1), le pont de Wheatstone à fuite d’électricité. Signalons également que Solex vient d’appliquer le principe de la fuite d'air à la mesure rigoureusement instantanée et très précise des dimensions industrielles et notamment des alésages.
- Zénith, sous le nom d’ « Auto-starter » a créé un appareil analogue à celui que nous venons de décrire mais où la dépression n’intervient plus comme agent moteur. Le bilame est enroulé en spirale, disposition très ingénieuse qui permet d’obtenir une rotation et qui est utilisée pour faire pivoter un robinet à plusieurs voies (fig. 6); ici, le déplacement est progressif, ce qui permet de prévoir plusieurs régimes successifs pour le moteur à mesure qu’il s’échauffe.
- L‘AUTO -DÉMARRAGE
- Supprimer le bouton de stai'ter est bien; mais il reste au conducteur à poser le pied sur la pédale de démarrage ; les constructeurs ont voulu lui ôter ce dernier souci en conjuguant le fonctionnement du démarreur avec celui de la pédale d’accélérateur : la rupture du courant de démarrage doit donc être automatique.
- Renault, par exemple, installe désormais sur toutes ses voitures un dispositif « auto-démarreur » à membrane qui fonctionne de la façon suivante. Le moteur étant
- 1. Voir La Nature, n® 2911, 15 août 1933. Les mécanismes automatiques, par Pierre Devaux, p. 158.
- Fig. 2 et 3. — Coupes du Thermoslarter en positions « départ à froid » et » pleine marche ».
- B, bilame ; C, clapet de bilame; d, petit canal de dépression; G a, gicleur d’air du starter; H, vis butée de bilame; O, orifice; R, tube d’émulsion du starter.
- arrêté, quand vous posez le pied sur la pédale d’accélérateur, la tige-poussoir du démarreur agit sur le contact et lance le moteur; dès que l’aspiration devient suffisamment énergique, la membrane se déprime et décroche la tige poussoir, qui revient au zéro bien que vous continuiez à appuyer sur l’accéléi’ateur. La liaison ne sera rétablie, et par conséquent vous ne pourrez envoyer à nouveau le courant dans le démarreur, que si la dépression a disparu par suite de l’arrêt du moteur.
- Chausson a utilisé un dispositif thermostatique basé sur la température de l’eau de circulation pour ouvrir ou fermer les lamelles mobiles du couvre-radiateur et les volets de capot; on obtient ainsi un échauffement rapide de l’ensemble moteur dès le lancement, l’aération s’établissant en grand lors de la pleine marche.
- DISPOSITIFS ÉCONOMISEURS
- C’est un axiome d’économie politique que les meilleurs impôts sont ceux qu’on paye sans y penser : à ce titre, la nouvelle taxe sur l’essence, destinée à remplacer l’ancien impôt trimestriel, a été assez bien accueillie;
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- Fig. 4. — Vue en coupe mixte du carburateur Solex destiné à être commandé par Thermostarier.
- mais elle a eu pour conséquence technique immédiate une recherche de l’économie à la consommation.
- La « chasse aux gaspillages » revêt ici plusieurs formes ; les constructeurs se sont plus spécialement attaqués à l’aspiration violente et inutile d’essence qui se produit lorsqu’on relève la pédale d'accélérateur en pleine marche, laissant le moteur faire office de frein; la « dépression » devient alors excessive, pouvant atteindre 0,9 atmosphère, soit 9 m d’eau !
- Zénith a créé un économiseur basé précisément sur l’intensité de cette dépression; dès qu’elle atteint 7 m d’eau, un petit piston vient obturer le canal de ralenti tout en permettant une entrée d’air frais. Un autre économiseur, comportant un clapet à électro-aimant, est basé sur le fonctionnement du conjoncteur-disjoncteur, un second interrupteur étant manœuvré par la pédale d’accélérateur; finalement, l’appareil intervient pour arrêter le gaspillage d’essence quand le moteur tourne plus vite que ne le comporte la position de la pédale.
- Autre nouveauté, source d’économie : on introduit une nouvelle « variable » dans le réglage automatique de l’avance à l’allumage. Depuis de nombreuses années,
- Fig. 6. — Types de « bilames » de dilatation.
- Formés de deux lames en métaux différents accolés sur leur longueur, les bilames s’incurvent fortement par élévation de température. A bilame droit, B, le même incurvé par la chaleur;
- C, bilame en spirale adopté par Zénith pour son « Autostarter ».
- cette avance était réglée uniquement par un dispositif à force centrifuge, donc basé sur la vitesse de rotation du moteur. On fait intervenir maintenant la dépression, au moyen d’une membrane agissant sur un petit frein (RB, SEV). Très faible quand la dépression est faible et la vitesse peu élevée, c’est-à-dire que le moteur « tire », l’avance augmente quand le moteur va plus vite et que la pédale referme le papillon de carburateur; à l’aide de ces deux indications : dépression, vitesse, l’appareil « tâte le pouls » du moteur continuellement et intervient, mieux que ne pourrait le faire un bon conducteur moyen, pour améliorer le rendement.
- BOITES ÉLECTRIQUES ET « SURMULTIPLIÉES »
- Nous avons étudié suffisamment en détail les boîtes de vitesses (voir La Nature, n° 2398, 1er février 1933) pour
- Fig. 5. — Tête d'allumage « avec avance automatique contrôlée par la dépression ».
- On distingue sur le côté et en haut un petit cylindre mis en communication avec la tubulure d’aspiration du moteur et qui contient un piston à ressort. Sollicité en arrière par la dépression, ce piston freine sur la partie tournante, dont l’entraînement, est élastique, d’autant plus énergiquement que la dépression est plus faible.
- ne pas reprendre ici la description des récents modèles : synchro-mesh (ou synchronisées à pignons hélicoïdaux), planétaires du type à rubans de frein, planétaires électriques, planétaires à présélection (Delahaye, Talbot).
- En ce qui concerne les « boîtes à baladeurs », presque toutes synchronisées sur la «seconde», on réclame de divers côtés l’augmentation du nombre de vitesses, qui serait porté de trois à quatre. L’agrément de conduite, l’économie et la vitesse moyenne en seraient également augmentés.
- Les planétaires gagnent un peu de terrain. Rappelons que ces boîtes sont construites comme un différentiel; tant que la couronne reste libre, aucun mouvement ne peut être transmis d’un arbre planétaire à l’autre; mais
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- si on freine cette couronne (qui n’est pas dentée, mais lisse), on obtient un démarrage progressif. Ce système permet de supprimer l’embrayage, d’obtenir plusieurs vitesses au moyen de plusieurs différentiels « en cascade » et de passer brusquement d’une vitesse à l’autre ou même en marche arrière; mais il exige un rattrapage automatique de l’usure des rubans de frein.
- Dans les boîtes planétaires électriques, l’immobilisation est obtenue par des bobinages formant électro-aimants; d’autres combinaisons sont alors possibles, car on peut immobiliser un arbre planétaire, bloquer des satellites, etc. L’avenir, de ce côté, est très vaste. Salmson a monté une boîte Cotai à commande électrique par manette sous le volant.
- Dans le domaine purement mécanique, signalons la création des boîtes surmultipliées (Chrysler) permettant de rouler plus vite (et plus économiquement) qu’en prise directe.
- Pour des raisons techniques diverses, nos « ponts arrière » sont souvent trop démultipliés; en réduisant cette démultiplication, on a pu gagner 5 pour 100 sur la consommation tout en accroissant la vitesse maxima de 15 pour 100. Les reprises sont alors moins brillantes, d’où l’intérêt de disposer de deux démultiplications, l’une de ville, l’autre de route.
- Cette solution avait été adoptée par Voisin, grâce à une seconde boîte électromagnétique à deux combinaisons ou relais, interposée sur l’arbre de pont ; Ariès a repris la même idée sous forme mécanique avec sa double prise directe : le différentiel possède deux couronnes de diamètres différents, attaquées par deux pignons coniques que l’on peut. « claboter » à volonté au moyen d’un câble souple
- (%7).
- Une boîte ordinaire à trois vitesses, complétée par ce dispositif, fournit quatre marches avant réduites, deux prises directes et deux marches arrière !
- Pierre Devaux,
- Ancien élève de l’Ecole Polytechnique.
- Fig. 7. — Schéma montrant la possibilité d’obtenir deux « prises directes » en changeant de pignon de différentiel. Deux pignons P et P' attaquent la grande couronne qui est double; un clabot C commandé par flexible, permet de solidariser avec l’arbre d’entraînement A, soit l’arbre tubulaire B du pignon P, soit l’arbre D du pignon P'.
- = LA “ MAISON DE LA RADIO ” FRANÇAISE =
- Tous les pays s’enorgueillissent de leur Maison de la Radio. Ce nom désigne à la fois un vaste immeuble et un organisme groupant le cerveau de la radiodiffusion nationale. Un pays ne peut, en effet, prendre conscience de sa radiodiffusion que si tous ses rouages se trouvent harmonieusement concentrés dans un Office conçu et construit à cet effet. Pour le moment, la France donne l’exemple de la dispersion des efforts. Il y a des services de la radiodiffusion au ministère des Postes et Télégraphes, cité Martignac; il y a même un auditorium dans le ministère. Mais il y a aussi à Radio-Paris un centre d’émission, rue François-Ier. D’autre part, la Fédération nationale de Radiodiffusion, le Comité de coordination des émissions et le studio du Poste colonial sont installés 98 bis boulevard Haussmann.
- Enfin la Fédération nationale de la Tour Eiffel, services et auditorium, est logée au Grand Palais des Champs-Élysées. Quant au centre de distribution de la modulation, il est établi rue des Archives, dans les locaux du bureau central téléphonique interurbain.
- On conçoit que tous ces services gagneraient à plus de cohésion. L’édification d’une Maison de la radiodiffusion française est d’ailleurs prévue au budget spécial des P. T. T.
- Mais on n’est pas encore entré dans la voie des réalisations.
- Or il se trouve que la Commission de la radioélectricité à l’Exposition de 1937, commission présidée par le duc Maurice de Broglie, assisté de M. Lecornu et de M. Gaston Rageot, cherchant quelle serait la manifestation la plus
- Fig. 1. — Petit studio « dramatique » de Manchester (ph. B. B. C.).
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- Tableau synoptique des Maisons de la Radio.
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- utile à la cause de la radiophonie, n’a rien trouvé de mieux que de se rallier à l’unanimité à la suggestion qui lui a été présentée par son vice-président, M. Paul Brenot. Cette suggestion, qui fait l’objet d’un rapport très documenté, consiste à profiter de l’occasion offerte par l’Exposition de 1937 pour édifier, non pas un quelconque palais de plâtre, mais un immeuble définitif destiné à constituer une Maison de la Radio, durable. C’est évidemment l’intérêt bien compris des auditeurs que de consacrer les revenus de la taxe radiophonique à une œuvre indispensable, plutôt que de les gaspiller d’abord à une construction éphémère.
- Sans doute la France est-elle déjà en retard de plusieurs années dans ce domaine. Au moins ce retard aura-t-il l’avantage, il faut l’espérer, de nous faire bénéficier de l’expérience de l’étranger.
- Par sa nouveauté, d’autre part, la Maison de la Radio pourrait constituer pour l’Exposition de 1937 une attraction exceptionnelle. Les auditoria grands et moyens seraient aménagés en salles de spectacle. Des fêtes et des manifestations de toute nature pourraient y être données. Le service de la radiodiffusion y trouverait une source de revenus qui lui permettrait d’amortir ses frais.
- Pour comprendre ce que doit être la Maison de la Radio, il est indispensable de rappeler ce qui a été fait en ce sens à l’étranger.
- Il y a deux ans, la British Broadcasting Corporation a quitté Savoy Hill, à Londres, pour Portland Place, où elle occupe un splendide immeuble en forme de « carène de navire », forme qui lui a d’ailleurs été imposée par
- l’exiguïté du terrain de 2000 m2. La « Radio-House » a neuf étages et trois sous-sols. Elle compte vingt-deux studios. Les concerts symphoniques sont donnés dans une vaste nef de 34 m X 13 m, 5 X 9 m, 5, soit 4350 m3.
- La radiodiffusion britannique possède dix stations totalisant une puissance dans l’antenne de 575 kw, pour desservir plus de 6 millions d’auditeurs. Elle fait bien les choses et dépense plus de 90 millions de francs par an pour ses seuls programmes. Déjà, elle se sent à l’étroit dans cette maison de douze étages en service depuis deux ans.
- En Allemagne, la maison de la radio est installée à Charlottenbourg, faubourg de Berlin et cité des expositions. Cette circonstance lui a permis de bénéficier d’un vaste terrain : 10 000 m2. Elle s’est contentée de quatre étages en élévation et d’un sous-sol. Elle ne compte que quinze studios, mais le plus grand a un volume de 10 500 m3.
- Plus puissante que la radiodiffusion britannique, celle d’Allemagne compte dix-huit stations et 850 kw rayonnés. Elle a un budget annuel de plus de cent millions de francs pour ses programmes, écoutés par plus de six millions d’auditeurs.
- Les États-Unis ont vu grand, eux aussi. La Radio-City de New-York, qui groupe bureaux
- Fig. 2. — Vue à vol d'oiseau de la Maison de la Radio de Berlin. Ph. A. Koster).
- Caractéris- tiques. Grande- Bretagne. Allemagne. États-Unis France (projet).
- Surface du terrain. . 2000 m2 10 000 m2 5000 m2 8000 m2
- Nombre d’étages : Elévation. . 9 4 12 6
- Sous-sol . . 3 1 — 1
- Nombre de studios 22 15 27 30
- Plus grand studio . . 34m X13,5 m 40m X 22m 36m X 24m 50m X30m
- X 9,5m X 12m X10,5m X20m
- Dimensions : Surface. . . 460m2 880 m2 865 m2 1500 m2
- Volume 4350 m"' 10 500 nP 8700 nP 30 000 m3
- Nombre de stations. . 10 18 76 15
- Puissance globale des stations. . . 575 kw 850 kw 2000 kw 1000 kw
- Budget annuel des programmes 90 millions 100 millions 291 millions (act.200kw) 25 millions
- de francs de francs de francs de francs
- Nombre d’auditeurs 6 340 000 6130 000 17 millions 1700 000
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- et studios de la National Broadcasting Company, occupe douze étages d’un immeuble de soixante-dix étages, sur une superficie de 5000 m2, dont 4250 m2 pour les studios et dégagements et 750 m2 pour les bureaux. Au total, vingt-sept studios et un grand auditorium de 8700 m3. La National Broadcasting Company compte 76 stations totalisant 2000 kw, et un auditoire de 17 millions de sans-filistes.
- Il est difficile d’établir actuellement une comparaison entre ce qui a été fait à l’étranger et ce qui existe en France, car la radiodiffusion y est encore trop jeune. Son organisation remonte à juin 1933. Le recensement, fait depuis cette date, accuse actuellement 1 730 000 auditeurs environ, mais on estime qu’il atteindra prochainement quatre millions. Le budget des programmes est encore assez réduit : 25 millions de francs environ pour 1935. Quant à la puissance de nos stations, elle passera de 200 à 1000 kw-antenne dans un avenir que nous ne souhaitons pas trop lointain.
- L’organisation de notre radiodiffusion prévoit pour l’avenir trois programmes simultanés au moins. Et il pourra se faire que ces trois programmes soient donnés dans la Maison de la Radio. Il est donc indispensable de prévoir trois auditoria en service, trois autres pour préparer les émissions suivantes et douze auditoria pour les répétitions qui, en principe, prennent quatre fois plus de temps que les exécutions. Au total, dix-huit studios.
- Cependant il faut tenir compte du fait qu’en raison de la nature très diverse des émissions, un studio quelconque ne peut pas toujours etre substitué à un autre, et aussi que le nombre des studios en service peut être extrêmement variable en raison de l’heure de la journée. Pour n’apporter aucune perturbation aux services des émissions, M. Brenot estime qu’il serait convenable de prévoir trente studios, ce qui permettrait également d’envisager avec une certaine marge d’élasticité le développement des émissions dans l’avenir.
- Il est difficile de donner davantage de précisions dans un avant-projet qui doit tenir compte des circonstances, notamment du choix et de l’importance du terrain. Notre Maison de la Radio aura-t-elle 7 étages sur 8000 m2 ou 4 étages sur 14 000 m2, c’est le secret de l’avenir. M. Brenot préconise une solution harmonieuse : 6 étages et un sous-sol sur 8000 m2, avec 100 m de façade et 80 m de profondeur. Au centre un grand studio (50 m X 30 m X 20 m) formant salle de grand spectacle (30000 m3), et ayant trois ou quatre fois plus de volume que les auditoria déjà construits. On pourrait y donner des spectacles lyriques et chorégraphiques, et même du cinéma. Il contiendrait 4000 places et les fauteuils présenteraient cette particularité d’avoir, au point de vue acoustique, un pouvoir absorbant égal à celui des spectateurs,
- Fig. 3. •— L'auditorium pour concerts symphoniques de de la Radio de Hambourg. (Ph. Service général de la
- la Maison Presse.)
- Fig. 4.
- Un studio dans la Maison de la Radio de la National Broadcasting Company, à New-York.
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- si bien que les propriétés acoustiques de la salle resteraient constantes, quel que soit le nombre des auditeurs.
- L’immeuble serait complété par deux auditoria de 7000 m3 avec spectateurs, six de 1800 m3, et huit de 900 m3, sans compter tous les petits studios pour causeries et conférences. Dans le vaste hall de la façade, mesurant 40 m sur 15 m, aboutiraient les escaliers et les ascenseurs. Sur toute la façade seraient répartis les services administratifs, artistiques et techniques.
- L’annexion d’un terrain contigu de 2000 m2 permettrait d’adjoindre trois auditoria de 7300 m3 et six de 1800 m8.
- On peut estimer les dépenses de 40 à 50 millions. Une partie de ces frais est prévue au budget de la radiodiffusion. Pour le reste, on pourrait faire appel à un emprunt gagé sur les revenus de la taxe radiophonique.
- L’emplacement, dans le cadre de l’Exposition de 1937,
- pourrait être choisi soit à la gare du Champ-de-Mars, soit au garde-meuble national, soit au quartier des Subsistances militaires, ou même au Trocadéro, dont certains méditent la perte, soit encore au service des Phares et Balises, avenue d’Iéna. Il faudrait, dans ce dernier cas, concevoir un projet en hauteur, avec éclairage et aération artificiels, à l’instar de ce qui a été fait à Londres et à New-York.
- Le rapport de M. Brenot sur la Maison de la Radio est actuellement soumis à l’examen du Commissariat général. Souhaitons vivement qu’il soit retenu et approuvé, afin que notre radiodiffusion nationale, qui pourrait être un si admirable outil de prestige et de propagande en faveur de la civilisation française, prenne enfin conscience de sa noble mission. Michel Adam,
- Ingénieur E. S. E.
- LE PILOTAGE AUTOMATIQUE DES AVIONS
- I. — LE GOUVERNAIL DE ROUTE AUTOMATIQUE, SYSTÈME SIEMENS
- L’homme ne possédant pas de sens spécial de la direction ne peut garder, avec certitude, une direction déterminée qu’à l’aide d’instruments spéciaux. Pour l’aviateur, la situation se complique encore des nombreuses influences perturbatrices qui tendent à écarter l’avion de la route choisie, influences en partie intrinsèques, l’avion, étant donnée sa construction asymétrique, tendant à suivre une trajectoire courbe plutôt que rectiligne. D’autre part, l’hélice et le vilebrequin,
- fonctionnant comme gyroscope, tendent à écarter l’avion de sa course, le poussant vers la droite ou la gauche, suivant leur sens de rotation. D’autres perturbations, au contraire, sont d’origine extérieure, celles des rafales de vent par exemple.
- Le gouvernail de route automatique que vient de présenter la Société Siemens vise à remédier à ces défauts; il doit suppléer, par une compensation des perturbations intérieures et extérieures, au sens de la direction dont nous sommes dépourvus. Il limite toutefois sa tâche à une stabilisation autour de l’axe vertical de l’avion, c’est-à-dire au maintien d’une route une fois réglée.
- C’est, du reste, la tâche de beaucoup la plus importante du pilote; on sait que la manœuvre du gouvernail vertical, lors d’un vol de nuit ou dans le brouillard, réclame une part bien plus considérable de l’attention du pilote que le fonctionnement du gouvernail, horizontal ou transversal, tant pour stabiliser la position de vol que pour assurer l’arrivée à destination.
- Quand on pense qu’un vol « aveugle » basé sur la méthode manuelle n’est autre qu’une suite de réactions de pilotage purement mécaniques, réactions où le pilote n’est qu’un agent intermédiaire affecté de bien des défauts, on comprend aisément les avantages qui s’attachent au maintien automatique d’une route immuable. Dispensant le pilote de toute opération fatigante, purement mécanique, un tel dispositif éliminera les sources de danger les plus fréquentes : malentendus, heure incorrecte, fatigue, etc. Le pilote pourra se consa-
- Fig. 1. — Schéma de la disposition du gouvernail de route à bord de l'avion.
- a, tableau des gouvernes; b, machine commandant le gouvernail; c, vers le gouvernail vertical; d, boussole magnétique; e, transmetteur de route; f, indicateur de route; g, régulateur de sensibilité; h, arbre flexible; i, tige à surpression; k, boîte des commutateurs;
- l, batterie de 12 v.
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- Fig. 2. — Transmission des impulsions directrices de la boussole, a, boussole; b, machine commandant le gouvernail; c, transmetteur de route; d, indicateur de route; e, régulateur de sensibilité; f, arbre flexible; g, tiroir de distribution; gt, sortie de l’huile; g.,, amenée de l’huile; h, aimant tournant; i, gyroscope indicateur du nombre de tours; k, leviers différentiels; l, cylindre de travail; m, vers le gouvernail vertical; n, commutateur principal; o, source de courant.
- crer à des tâches exigeant plus de réflexion et qui, par conséquent, seraient inaccessibles à une machine.
- L’organe fondamental du gouvernail de route automatique est une boussole magnétique.
- Afin de la protéger contre les influences magnétiques perturbatrices du moteur, on lui a donné la forme d’une boussole à distance, suspendue à un endroit approprié, à l’abri des influences magnétiques, c’est-à-dire à l’extrémité postérieure du fuselage (fig. 1).
- Elle est combinée à un indicateur d’angle, un gyroscope qui, en même temps, fait fonction d’organe amortisseur, en transmettant les impulsions directrices de la boussole
- (fig; 2)- . ' . ' .
- Toute impulsion directrice de la boussole à distance est communiquée par voie électrique aux dispositifs de transmission du gouvernail mécanique. Étant trop faible pour actionner directement le gouvernail, elle doit, au préalable, être amplifiée par voie hydraulique dans la machine qui actionne le gouvernail horizontal de l’avion.
- Boussole à distance. — C’est une boussole magnétique combinée à un système électrolytique et dont les impulsions directrices se transmettent à la machine du gouvernail en même temps qu’à un indicateur fixé au tableau des instruments.
- Pour renforcer autant que possible les impulsions directrices, on a muni la boussole de deux aiguilles magnétiques, disposées l’une à côté de l’autre dans un tambour. Un flotteur mobile dans un liquide conducteur réduit leur frottement. Le tambour et le flotteur portent également les électrodes fixe et mobile du système électrolytique, électrodes connectées d’après la méthode du pont de Wheatstone. Comme les aiguilles magnétiques maintiennent invariablement leur position nord-sud, toute déviation de la route met en désaccord les résistances du pont, provoquant ainsi un courant d’intensité plus ou moins grande. Un frein à courants de Foucault, combiné au frottement du liquide, amortira les aiguilles en les ramenant à leur position de repos.
- Gyroscope. — Tandis que la boussole à distance fournit les impulsions directrices essentielles, le gyroscope indicateur d’angle compense toutes les perturbations de moindre importance; ces déviations sont proportionnelles à la vitesse angulaire de l’avion autour de son axe vertical. Le gyroscope se trouve disposé — loin de la boussole — dans la machine faisant fonctionner le gouvernail. Gyroscope et boussole agissent sur le régulateur proprement dit.
- Machine du gouvernail. —- La machine faisant fonctionner le gouvernail (fig. 4) comporte essentiellement le cylindre de travail et le piston à double effet, actionné par de l’huile sous pression, au moyen d’une distribution par tiroir. Elle comporte également le gyroscope dont il vient d’être question et un aimant tournant transmettant toute impulsion directrice de
- la boussole à un dispositif réducteur et à une soupape spéciale.
- Toutes les fois qu’il se produit une déviation de la route établie, le gyroscope et l’aimant tournant agissent, par l’intermédiaire d’un différentiel, sur le distributeur à tiroir du cylindre de travail, en déterminant le sens et la grandeur de la déviation du gouvernail, nécessaires pour stabiliser la route de l’avion.
- Comme, toutefois, tout accouplement rigide retiendrait le gouvernail dans une position de zéro donnée, il faut faire en sorte que la soupape soit ramenée par un déplacement du piston de travail. Un dispositif « iso-drome » permet de ramener la soupape et, par conséquent, de déplacer le zéro (dans le cas de plusieurs réglages successifs).
- Le dispositif de pilotage comporte encore les instruments de contrôle suivants :
- Ajusteur de route. — Cet ajusteur de route (fig. 5) est installé, dans la cabine du pilote, en une position faci-
- Fig. 3. — Boussole à distance.
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- lement accessible; il sert à établir une route quelconque, en faisant tourner une manivelle, déplaçant ainsi une échelle double (à divisions grosses et fines) et communiquant ce même réglage à la boussole au moyen d’un arbre flexible.
- Indicateur de route. —- L’aiguille de l’indicateur de route (fig. 6) dit au pilote si, oui ou non, la route prédé-
- Fig. 5. — Transmetteur de route.
- terminée est maintenue. Il se trouve sous les yeux du pilote, en sorte que toute déviation vers la droite ou la gauche est notée immédiatement.
- Appareil de contrôle de la sensibilité de la boussole. — Afin de réduire au minimum, dans l’Atlantique septentrional, les erreurs de déviation de la boussole, ses impulsions directrices peuvent se régler au moyen d’un régulateur de sensibilité, de façon à établir une sensibilité à peu près égale à celle de la route méridionale.
- Alimentation en énergie. — L’énergie électrique servant à faire fonctionner l’appareil est empruntée à une batterie d’accumulateurs alimentée par une génératrice installée à bord de l’avion. Le courant triphasé requis pour actionner le gyroscope et la boussole est fourni par un groupe moteur-générateur disposé à l’intérieur de la machine du gouvernail. Le moteur actionne en même temps une pompe à engrenage empruntant l’huile comprimée à la boîte de la machine du gouvernail (aménagée en réservoir d’huile) et l’amenant vers le cylindre de travail. Dispositifs de sûreté. — Dans le cas où il se produirait des perturbations, par exemple en présence d’obstacles ou d’autres dangers imprévus, le pilote doit être à même d’intervenir lui-même, sans tarder, dans le pilotage de l’avion. On en a prévu la possibilité grâce à un dispositif à excès de pression qu il pourra, à tout moment, actionner par un certain effort, sans mettre pour cela la direction automatique hors de fonctionnement. D’autre part, il aura naturellement la possibilité d’arrêter la conduite automatique tout entière, en actionnant le commutateur principal.
- Composé d’éléments et d’organes qui, sans presque aucune exception, sont depuis longtemps en usage courant, cet appareil tout entier assure évidemment une sécurité considérable. D’autre part, on a prévu un dispositif de contrôle signalant toute perturbation du fonctionnement de l’installation automatique et avertissant l’équipage de l’avion. Toutes les pièces intérieures se meuvent dans un bain d’huile et toutes les pièces extérieures (boussole à distance, gyroscope et aimant tournant) sont complètement renfermées, à l’abri de la poussière et de la crasse.
- II. — L’AUTO-PILOTE
- Tandis que le gouvernail de route automatique ne dirige que les mouvements autour de Taxe vertical de l’avion, actionnant le gouvernail vertical et maintenant l’avion invariablement sur une route déterminée, l’autopilote est un dispositif de pilotage intégralement automatique, agissant sur les trois organes directeurs de l’avion — gouvernails vertical, horizontal et transversal. — Il a fait ses preuves lors de vols d’essai poursuivis pendant des centaines d’heures, ainsi que dans le
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- service régulier des lignes aériennes allemandes; c’est surtout le service des lignes à grandes distances qui nous semble appelé à profiter de ce pilotage automatique.
- Un pilotage entièrement automatique devra répondre aux exigences suivantes :
- Maintenir l’avion à la position de vol que désire le idiote et que celui-ci aura réglée ;
- Rétablir cette position, toutes les fois qu’elle aura été modifiée par des rafales ou d’autres agents;
- Enfin, continuer à fonctionner dans le cas où le moteur cesserait de fonctionner; il doit mettre alors l’avion en position de vol plané.
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- Voici, en peu de mots,!',les bases techniques sur lesquelles repose l’auto-pilote : c’est un ensemble de dispositifs électro-hydrauliques qui, naturellement, ne saurait supprimer les instruments normaux employés en aviation : boussole pour assurer la route, dispositif de mesure de la pression de l’air (tube de Pitot), servant à régler la vitesse, et dispositif de mesure de l’inclinaison transversale, pour assurer l’orientation transversale. Mais l’homme, comme organe intermédiaire, se trouve éliminé; les impulsions directrices données par ces dispositifs sont transmises, amplifiées hydrauliquement et converties en mouvements directeurs.
- Chacun des trois gouvernails mécaniques se compose des trois organes suivants :
- 1° D’un aimant tournant, transmettant les impulsions directrices de la boussole (comme celles du dispositif mesurant l’orientation transversale et celles du dispositif de mesure de la pression de l’air) au gouvernail proprement dit ;
- 2° D’un cylindre distributeur, fonctionnant d’après le principe bien connu de la distribution par tiroir des machines à vapeur ;
- 3° D’un gyroscope asservi, servant à amortir les mouvements.
- L’auto-pilote maintient, pendant un temps quelconque, la route choisie et la vitesse voulue en toute position de vol^ vol ascendant, vol horizontal, vol plané; la hauteur reste également constante et l’auto-pilote permet de voler automatiquement suivant l’une ou l’autre de six trajectoires différentes à droite et à gauche.
- Il faut absolument que l’ensemble des dispositifs du pilotage automatique soit d’un fonctionnement aussi sûr que possible : or, comme toutes les pièces mobiles se déplacent dans l’huile, on ne risque point de les voir s’arrêter; d’autre part, des dispositifs de surpression, des leviers et des commutateurs appropriés — comme dans le cas du gouvernail de route — permettent au pilote de l’avion à tout
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- Fig. 6. — Indicateur de roule.
- moment de mettre les dispositifs automatiques hors de fonctionnement et d’intervenir personnellement dans la direction de l’appareil.
- Cette intervention personnelle s’impose, en effet, quelle que soit la perfection d’un organe automatique, dès que les circonstances de la navigation se troublent ou se compliquent. L’homme devient alors supérieur à la machine. Mais celle-ci lui a permis d’économiser ses forces pour les moments difficiles.
- Dr Alfred Gradenwitz.
- Fig. 7. — Le tableau des instruments sur avion trimoteur équipé d'un système de pilotage
- automatique.
- Le pilote est en train d’agir sur le transmetteur de route qui lui permet d’ainener graduellement l’avion à une position inclinée pour voler en courbe.
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- LE CIRCAÈTE JEAN-LE-BLANC
- ET LE RETOUR AU NID
- Le Circaète Jean-le-Blanc est un beau rapace; s’il n’a pas la distinction, la fière allure de port des Aigles véritables, il dépasse par sa stature quelques-unes des espèces de cette famille.
- « L’histoire du Jean-le-Blanc, a dit Toussenel, est de celles qui racontent comment les aristocraties finissent. Il est la menue monnaie de l’Aigle, s’il m’est permis de m’exprimer ainsi, comme les hobereaux de nos campagnes étaient, avant 89, la menue monnaie des Bur-chard et des Coligny. On a vainement essayé de le dresser au vol et d’en faire quelque chose de bon : il appartient à ces races de noblaillons, qui sont destinées à périr pour n’avoir jamais rien pu oublier ni apprendre. »
- Pour les fauconniers, le Jean-le-Blanc ne fut jamais un oiseau noble. Peut-être cette sorte de déchéance a-t-elle permis à l’espèce de parvenir jusqu’à nos jours dans une proportion accrue. Etre utile à l’homme, ou recherché pour sa table, sont des qualités toujours préjudiciables pour la conservation de l’espèce : les Castors et les Cerfs, les Perdrix et les Cailles nous en fournissent les exemples les plus éclatants pour notre pays.
- Dans le Bas-Languedoc et une portion du littoral méditerranéen, le Jean-le-Blanc est devenu vers 1909 plus commun que par le passé. La lecture des vieux ornithologistes nous en apporte les preuves. M. Louis Lavauden, conservateur des Eaux et Forêts, professeur à l’Institut national agronomique, nous affirmait que dans le Dauphiné il pouvait constater dès 1912 l’arrivée importante de couples de ce Rapace; et son extension ne s’arrêtera pas aux deux provinces citées.
- Sur les 250 000 hectares formant un trapèze irrégulier dans le département du Gard, région où nos observations ont surtout porté, nous notons un couple de Jean-le-Blanc nicheurs par 5 à 6000 hectares : soit 50 à 42 couples ou moins pour cette partie constituant un peu moins de la moitié du département. Dans le champ le plus immédiat de nos recherches, au nord de la région de Nîmes, nous comptions en 1932 huit couples nicheurs sur un peu moins de 20 000 hectares. Ces chiffres nous éloignent des affirmations gratuites de certains naturalistes, qui ont estimé à 20 ou 30 couples seulement le cheptel de Jean-le-Blanc pour la France entière.
- Aux départements du Gard et du Dauphiné déjà cités nous ajouterons : l’Hérault, le Poitou, la Sologne, les Pyrénées, etc., etc., comme habitat du Rapace en France. De visites fréquentes chez les naturalistes préparateurs au Muséum d’Histoire naturelle de Nîmes, et de nombreuses relations cynégétiques, il nous paraît ressortir qu’une quinzaine de captures se réalisent bon an mal an dans la seule partie de garrigues du Gard. Ici, contrairement à ce qui se passe en Sologne et dans d’autres régions boisées de grands arbres, le Jean-le-Blanc place souvent son aire à faible hauteur : soit sur des Cades, sortes de Génévriers, soit sur des Chênes verts étêtés par les larves
- du Coræbus bifasciatus. La raison majeure provoquant ces emplacements réside dans ce fait qu’il y a vingt ans les grands arbres étaient très rares dans la plus grande partie des garrigues, où à l’heure actuelle, les Pins, surtout les Pins d’Alep ont été répandus; aussi les Circaètes y placent-ils aujourd’hui un certain nombre de leurs aires.
- Un léger fléchissement dans la population Jean-le-Blanc a été constaté pendant les années 1933-1934, mais en octobre de cette dernière année toute une série de captures a été effectuée pendant la première semaine du dit mois. Nous considérons donc pour l’instant cette fluctuation comme purement passagère et nous ne saurions dès aujourd’hui parler encore de régression.
- Un auteur de langue allemande, pour lequel tout ce qui est « français » est détestable, n’a pas craint d’affirmer la quasi-disparition du Jean-le-Blanc. Nous regrettons d’avouer que son œuvre a été généreusement encensée dans notre pays.
- Tout en nous référant aux meilleurs ornithologistes français, nous avons pu pendant plus d’un quart de siècle étudier l’habitat, le comportement et les mœurs de notre oiseau. Une affirmation paradoxale du chasseur-naturaliste, Henry Miégemarque, auteur des Chasses pyrénéennes, avait plus particulièrement retenu notre attention. Cet auteur écrit : Dans le bois de Labigne de cette localité, depuis de longues années, une aire de Jean-le-Blanc se trouvait construite sur un gros chêne; chaque printemps un couple de ces oiseaux venait y nicher et, chaque année aussi, le poussin venu, je le capturais après avoir abattu le père et la mère avec mon fusil. L’année suivante, j’étais certain d’y voir un autre couple réparer l’aire avant la pousse des feuilles, c’est-à-dire, dès la fin mars ».
- Les observations de Miégemarque se sont renouvelées sous mes yeux; après la capture de la femelle et l’enlèvement de l’œuf, l’aire a été réoccupée l’année suivante, le couple a été abattu et le poussin emporté par le président de la Société de chasse, la même aire fut réparée par un nouveau couple, qui ne l’abandonna que chassé par les bûcherons venus exploiter les Pins voisins de celui qui depuis trois années au moins avait vu revenir les oiseaux. Un couple hantait encore la colline au printemps 1933, soit depuis plus de 24 ans. Mais la découverte de l’aire est toujours difficile, contrairement à ce que pourraient penser les profanes, et nos recherches sont restées vaines ces dernières années.
- La ponte est généralement formée d’un seul œuf; des auteurs sérieux ont pu en trouver jusqu’à deux, les couvées contenant un chiffre supérieur d’œufs et attribuées au Jean-le-Blanc ne nous paraissent pas devoir provenir de ce Rapace. L’incubation est plus longue que celle qui a été mentionnée par divers oologistes, et le seul œuf que nous ayons prélevé, mis à incuber sous une Dinde, n’est éclos qu’après 36 jours. Des observateurs dignes de foi ont constaté jusqu’à plus de 40 jours avant
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- l’éclosion la présence dans l’aire de la ponte du Jean-le-Blanc. Nous n’avons jamais rencontré l’oiseau nichant dans les rochers, emplacement que l’Aigle Bonelli occupe d’ordinaire, dotant ces places privilégiées du nom populaire de « rocher de VAigle ».
- L’éducation du jeune Circaète est très longue, les parents sont très attentifs à leur rejeton, et l’un d’entre eux passe la plus grande partie de son temps dans la journée sur l’aire. Peut-être pour réchauffer le nouveau-né? Le jeune ne cesse de pousser de petits cris, auxquels l’adulte paraît répondre. Pendant les premiers jours et même les premières semaines, la faiblesse du poussin doit nécessiter l’aide du bec du parent pour lui fournir la nourriture suivant un mode approprié. Les pourtours du nid sont toujours copieusement fournis de proies apportées; les Reptiles, Couleuvres, Lézards, Crapauds dominent, les Lapins ne sont pas dédaignés. Tout auprès de l’arbre, sur le sol, les proies tombées pourrissent, attirant la convoitise d’une bande de Pies, qui viennent en parasites se repaître des victuailles abandonnées, et probablement commettre quelques larcins, tout cela avec pas mal de vacarme.
- Les parents arrivent sur l’aire sans souci de l’observateur placé à peu de distance de l’arbre, même lorsqu’il est vaguement caché, et que sa présence ne saurait leur échapper. J’ai vu, pendant des heures, un de ces gros oiseaux se dandiner sans arrêt en écartant légère-
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- ment les ailes au-dessus du poussin toujours criant. Mais cette attitude des parents, insoucieux de la présence de l’homme, n’est obtenue que lorsqu’il les a lassés par une longue faction. L’immobilité et le silence sont de rigueur pour inspirer confiance aux parents.
- Cette prédilection pour les Reptiles ne risque-t-elle pas d’être dangereuse pour le Jean-le-Blanc ? La vipère manque dans la partie du Gard où nous avons constaté la présence la plus abondante de ces oiseaux. Nous n’attachons qu’une importance relative à cette constatation, mais nous ne pouvions la passer sous silence. Miégemarque a cité le cas d’un Circaète de la forêt de Grésigne « étouffé par une énorme Couleuvre qui l’enserrait de ses anneaux; le rapace, dans les affres de l’agonie, avait à son tour planté ses serres dans le corps du reptile et l’avait pour ainsi dire obligé de mourir avec lui ».
- M. L. Lavauden dans son étude sur la Protection des animaux des montagnes a fait remarquer que la disparition de l’Aigle royal, constatée dans les Alpes, ne pouvait être attribuée à l’action destructrice de l’homme.
- Les fluctuations dans la faune sauvage sont dans certains cas troublantes; l’expansion du Circaète Jean-le-Blanc en est un exemple, nous le signalons sans pouvoir en déceler les causes. Le retour au nid constitue une deuxième énigme qu’il faudrait se garder de trancher à la légère. Albert Hugues.
- — ,= L’ANCHOIS .. -—==
- ET L’ASSÈCHEMENT DU ZUYDERZÉE
- La Nature a longuement décrit (n° 2852) les travaux d’assèchement entrepris dans le Zuyderzée qui ont agrandi la Hollande de 225000 hectares de terres cultivables.
- Une conséquence imprévue des endiguements réalisés vient d’être signalée par M. Louis Fage (i). Il s’agit du sort des anchois de la Mer du Nord qu’on pêchait en abondance dans le Zuyderzée où ils venaient pondre.
- La première passe entre l’île Wieringen et la côte occidentale fut fermée en 1924; en 1927, on commença la construction de la grande digue de 32 km; en 1930, le pompage des eaux intérieures put débuter et les terres apparurent.
- Or le Zuyderzée était une région de pêche intense qui rapportait annuellement de 2 à 3,5 millions de florins. On y prenait le hareng, l’anguille, le flet, l’éperlan, la crevette grise et surtout l’anchois. Du milieu de mai au milieu de juillet, ce dernier poisson y entrait et s’y rassemblait pour pondre et l’on en capturait quelque 750 000 kg. Fin juillet ou au début d’août, les anchois ressortaient et se dispersaient vers le sud, pour recom.
- 1. Louis Fage, L’Anchois de la Mer du Nord. [Engraulis encra-sichoîus (L.)|. et l'assèchement du Zuyderzée. Bulletin de l'Institut océanographique, n° 662, 16 mars 1935.
- mencer l’année suivante. Les œufs pondus en très grand nombre donnaient des larves qui, trouvant une abondante nourriture, se développaient rapidement sur place et reprenaient le large à l’automne seulement.
- Ne pouvant plus pénétrer dans leur « nursery » , les anchois se sont répandus dans toute la Mer du Nord où on ne les avait jamais vus en grandes masses. Dès 1930, on en prit 600 000 kg sur la côte hollandaise et on les vit arriver en bancs à l’embouchure de la Weser et à celle de l’Elbe. En 1931, on en observa autour d’Helgo-land. Les années suivantes, on les signala dans la Baltique, en baie de Kiel, en baie de Lübeck, sur la côte du 'Mecklembourg et jusque dans le golfe de Riga. En 1934, on en pêchait abondamment à Copenhague.
- Mais tous les individus signalés sont des adultes, tandis que les alevins sont rares en pleine mer.
- L’anchois trouvera-t-il d’autres frayères convenables et suffisantes ou bien la race de la Mer du Nord sera-t-elle décimée par les travaux du Zuyderzée ? C’est en tout cas une belle expérience biologique, comme on en réalise rarement, et qui mérite d’attirer l’attention de tous les observateurs.
- Il faut savoir gré à M. Louis Fage de l’avoir signalée.
- René Merle.
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- LE COSTUME BRESSAN
- Parmi les costumes régionaux, le costume bressan, porté jadis entre le Jura et la Saône, a bien souvent attiré l’attention des voyageurs. Il se signale en effet par un chapeau d’une très grande originalité et qui n’a pas d’analogue en France.
- Ce chapeau, du reste, n’est pas partout le même en
- Le chapeau bressan le plus ancien est représenté aujourd’hui par celui du type de Bourg. Il se compose d'une surface plane, ronde, assez large, autour de laquelle est tendu un voile de dentelle encadrant la tête. Une pointe conique, assez élevée, soutenue par des fils de laiton recouvei'ts de dentelle, surmonte la surface plane.
- Fig. 1. — Bressane portant le chapeau des environs de Bourg. Fig. 2. — Bressane avec le chapeau des environs de Saint-Trivier-Romenay.
- (photos communiquées par l’auteur).
- Bresse, mais tous les chapeaux bressans sont issus d’un même type originel. Cette coiffure tranche, en tout cas, avec celle de la Bourgogne, au Nord, Nord-Ouest et même à l’Ouest, comme avec celle de la Franche-Comté à l’Est, des Bombes et du Lyonnais au Sud, qui ne comportent pas de chapeau. Il s’agit donc bien d’une zone autonome profondément racée à tous points de vue et qui s’étend sur 60 à 70 km du Nord au Sud et sur environ 40 à 50 km de l’Est à l’Ouest.
- Ce chapeau à pointe remonte au moins, dans sa forme générale, au xvie siècle. On en voit reproduits, avec quelques variantes dans des documents de cette époque. Il est signalé au xvne siècle à Mâcon par un voyageur italien, l’abbé Locatelli, prêtre de Bologne; puis au xvxne siècle dans le Voyage liturgique du sieur Mauléon qui le reproduit du reste. Depuis les documents se font plus nombreux, voire même abondants. Il a été porté, il est vrai, de plus en plus rarement jusqu’à la grande
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- guerre. La dernière Bressane, qui lui fut fidèle jusqu’à sa mort, fut la Belle Bressane, Mme Neveu, de la Serve Cachet, près de Bagé. Elle avait été qualifiée du titre, qu’elle se faisait gloire de porter, par l’Empereur lui-même et l’Impératrice Eugénie, lors d’une réception officielle à Mâcon. Je me souviens l’avoir vue encore avec son grand costume de cérémonie, surchargé de chaînes d’or, prendre, vers 1910, le train pour Lyon, au grand ébahissement des voyageurs.
- Depuis la guerre, le costume se voit encore dans les rues de Mâcon, de Bourg, de Louhans, de Pont-de-Vaux et de Tournus, mais il n’est plus porté que par des
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- Dans la région située au Nord de Bourg, à la limite de Saône-et-Loire et de l’Ain, c’est-à-dire dans les régions de Saint-Trivier-de-Courtes et de Romenay (canton de Tournus), la pointe en forme de cône, est remplacée par une cheminée cylindrique surmontée d’un mince bouquet de fleurs artificielles noires (fig. 2).
- Plus au Nord, encore, sur les bords de la Seille, entre Tournus et Louhans, ce mince bouquet devient un large chou-fleur (fig. 3).
- Enfin sur les bords de la Saône, soit en Bresse, soit même sur la rive droite en Méconnais, ce chou prendra un développement de plus en plus grand à mesure que
- Fig. 3. — Bressane portant le chapeau de la vallée de la Basse-Seille Fig. 4. —
- (Cuiserg-Louhans). (photos G. Geo-Fourrier).
- Mâconnaise de. la vallée de la Saône
- groupes de jeunes filles organisés sous la vigilante surveillance de comités régionalistes qui veulent conserver à certaines cérémonies un caractère local : réceptions de personnages officiels, ministres ou membres de l’Académie française, comme à Mâcon; cérémonies pour les Morts de la guerre, comme à Pont-de-Vaux; reconstitutions de danses locales, fêtes champêtres, telles les fêtes des feux, par exemple. Le chapeau de Bourg, tel que nous l’avons décrit et tel que nous le reproduisons (fig. 1) constitue le type le plus ancien. Il paraît d’origine espagnole et pourrait être arrivé en Bresse par la Franche-Comté, en même temps que le prénom de Ferdinand, des plus usuels dans cette même Bresse.
- le plateau perdra de son volume et qu’il se dégarnira progressivement des dentelles et des voiles qui l’entouraient, de façon à dégager la figure des jeunes femmes et des jeunes filles qui le portent (fig. 4).
- Notons qu’en Méconnais le chapeau du type bressan évolué ne s’est introduit qu’à une époque relativement récente, c’est-à-dire vers 1820-1830, époque où il a supplanté les petits chapeaux en forme d’assiette et les loges assez inesthétiques des anciennes Mâcon-naises.
- On verra, d’après les documents reproduits, l’évolution progressive des divers types, type de Bourg (fig. 1), type de Saint-Trivier-Romenay (fig. 2), type de la
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- Basse-Seille ou de la Bresse louhannaise (fig. 3), type maçonnais (fig. 4).
- On verra aussi un type de coiffure bourguignonne du Châlonnais (environ de Brancion (fig. 5) qui montrera la différence typique des coiffures bourguignonnes ne comprenant du reste qu’une coiffe, souvent très élégante et très fine, et des coiffures bressanes ou mûconnaises, comportant un chapeau posé par-dessus la coiffe ou coifeta (fig. 6) nom franco-provençal qui indique, par parenthèse, que les patois bressans se rattachent pour la plupart aux patois méridionaux de langue d’oc. On distingue du reste plusieurs de ces coiffes, la coifeta de Bourg, Saint-Trivier, Romenay, la plus usuelle, la
- lerette ou une gorgerette de moire brodée d’or, ou d’argent, dispositions que l’on retrouve également aux manches.
- Les avant-bras sont nus, mais agrémentés de gants ou de mitaines.
- En Bresse le sabot est de rigueur, mais pas en Maçonnais.
- En somme ce qui fait la grande originalité de ce costume c’est le chapeau que l’on appelle chapeau à toque, coupé, mais aussi hrelot.
- M. Charles Brunot, l’éminent folkloriste bourguignon, depuis peu décédé, prétendait que cette expression patoise était l’ultime vestige du nom primitif tronqué
- Fig. 5. — Châlonnaise de la région de Brancion : coiffe toujours portée sans chapeau.
- Fig. 6. — Coiffelle bressane portée sous le grand chapeau bressan dans la région «de Bourg et de Sainl-Trivier-Romenag.
- (Photos G. Geo-Fourrier).
- kélire de la région de Pont-de-Vaux, la coiffe à bourrelet de la Basse-Seille, sans compter la coiffe mâconnaise d’un galbe très particulier rappelant certains types normands.
- Nous ne nous appesantirons pas sur la robe, celle-ci est généralement en soie ; les épaules sont recouvertes par un petit châle également de soie, aux couleurs changeantes d’un effet délicieux, un tablier à bavette de soie ou de dentelle complète le costume; en Bresse il y a peu de décolletage et les bras sont recouverts par des manches genre pagode.
- Au contraire, les Mâconnaises n’ont généralement pas de petits châles, ceux-ci sont remplacés par une col-
- par un long usage et qui aurait été le mot espagnol sombrero. On aurait dit son brero, puis son brelo du fait de l’existence, en cette région bourguignonne, de l’r labial des philologues, région où les autochtones confondent facilement l’r avec l’I, autrement dit le roulent. Jusqu’à preuve du contraire cette solution par trop élégante paraît relever du domaine de la fantaisie, mais l’origine espagnole du chapeau paraît en revanche indéniable, car on le trouve dans des tableaux de la péninsule ibérique des xvxe et xvne siècles.
- G. Jeanton.
- Lauréat de l’Institut.
- Conservateur du Musée de Tournus.
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- FASCINATION D’UN OISEAU PAR UNE VIPERE
- Pendant un beau mois de septembre, j’étais en villégiature, en Sologne, dans une propriété d’un de mes oncles abondamment pourvue de gibier et de... vipères.
- Après un déjeuner, avant de repartir à la chasse, j’étais seul, par hasard, au bout d’une allée couverte où, d’habitude, nous prenions le café, lorsque mon attention fut tout à coup attirée par l’attitude toute particulière d’un rouge-gorge. Celui-ci, posé à terre dans un sous-bois, à 3 ou 4 m de moi, avait toutes les plumes hérissées, « en boule »; dans une attitude figée, par tout petits bonds espacés, pépiant légèrement, il s’avançait droit devant lui, comme à regret, vers un but que je ne discernais pas. Son aspect était tellement insolite que je me levai de mon banc et, sans précautions spéciales, j’allai vers ce rouge-gorge et me plaçai derrière lui à le toucher du bout de mon soulier.
- Il ne s’envola pas, ne tourna même pas la tête au bruit que j’avai^ fait, et continua son chemin, toujours aussi lentement, secouant par moments ses plumes comme un oiseau qui se baigne. De plus en plus intrigué, je regardai attentivement dans la direction suivie, et, en me baissant, j’aperçus enfin une tête de serpent affleurant l’orifice d’un trou situé au pied d’un vieux tilleul. Bien que mal éclairée, cette tête me paraissait être celle d’une de ces vipères qui infestaient les bois. Malheureusement, dans ce trou, il m’était impossible de la déloger et de l’écraser.
- Je me dépêchai donc d’aller à la maison chercher mon
- fusil et pour ce faire il me fallut parcourir environ 60 m. A mon retour, le rouge-gorge n’était plus qu’à 1 m du tilleul. Rapidement, je chargeai mon arme et presque à bout portant, à 2 m, je tirai dans le trou du tilleul. Or, non seulement le rouge-gorge ne s’envola pas au bruit de la forte détonation que produit un fusil, calibre 16, mais je pus, avec une baguette, retirer du trou les débris du serpent dont la tête, heureusement intacte, me permit de reconnaître qu’il s’agissait bien d’une vipère, je pus revenir vers le rouge-gorge qui n’avait plus bougé de place, le prendre dans ma main sans qu’il cherchât à se défendre et à s’échapper.
- Je retournai alors à mon banc et posai l’oiseau sur la table qui était près de moi. Il y resta 5 à 6 minutes, sans bouger, plumes toujours hérissées, puis peu à peu celles-ci reprirent leur position normale : le rouge-gorge commença à tourner la tête à droite et à gauche; ensuite il alla se poser dans un bosquet tout proche où il resta encore quelques instants dans un état de semi-hébétude. Finalement, il s’envola plus loin et je le perdis de vue. 11 avait échappé à la mort de bien près, le pauvre !
- De cette histoire, absolument véridique dans tous ses détails, je conclus que les phénomènes de « fascination » ou « d’hypnotisation » causés par les Reptiles sur les proies qu’ils cherchent à atteindre existent bien, au moins en ce qui concerne certaines espèces et la Vipère commune est de celles-ci. Dr André Perrier.
- LES OISEAUX BRISEURS DE COQUILLES
- D’ESCARGOTS
- Dans les dunes du littoral français et belge, en bordure de l’Atlantique et de la mer du Nord, on trouve fréquemment des coquilles d’escargots qui visiblement ont été brisées par les oiseaux, surtout parles merles, les grives, etc... Ces oiseaux, dit-on, se saisiraient des coquilles et les briseraient sur des pierres un peu à la façon dont nous brisons la coquille d’un œuf pour en enlever l’écaille.
- M. le professeur Verlaine, de l’université de Liège, a voulu se rendre compte de la façon dont les oiseaux s’y prennent pour arriver à extraire le mollusque de sonenveloppe protectrice.
- Ayant élevé des jeunes grives, il put faire d’intéressantes constatations sur la manière de procéder de ces oiseaux. Les escargots mis dans les cages attirèrent immédiatement leur attention. Ils observaient longuement la proie mise à leur disposition, ne tardant pas à essayer de la saisir par les tentacules ou par la partie émergeant de la coquille. Aussitôt, on le conçoit, l’escargot se rétracte au grand étonnement des oiseaux un peu décontenancés. Après plusieurs expériences analogues infructueuses, la grive essaye d’introduire le bec à l’intérieur de la coquille pour y saisir la proie qui se dérobe. Elle ne tarde pas, après plusieurs tentatives infructueuses, à pincer entre ses mandibules une partie du tissu mou de l’escargot. Aussitôt la proie bien tenue, l’oiseau déambule à travers sa cage, secouant le mollusque, le frottant contre les parois de sa cage, sur les perchoirs, etc... pour essayer d’extirper le gibier récalcitrant de son habitation. Cette manœuvre peut durer longtemps, s’accompagner de tentatives infructueuses pour briser la coquille avec le bec, et enfin n’y tenant plus et fortement irritée, la grive frappe en la secouant la pauvre bestiole contre les objets durs de sa cage. Dès qu’une esquille est brisée, l’oiseau découvrant le
- tissu comestible par l’ouverture a tôt fait d’agrandir le trou à coups de bec pour en extraire bientôt la chair convoitée.
- Suivant M. le professeur Verlaine dont nous reproduisons ici les propres paroles « l’expérience ainsi acquise ne larde pas à être mise à profit. Dès ce moment mes sujets s’emparent directement de l’Hélix par le péristome et le cognent viokm-ment plusieurs fois de suite contre les parois en bois de la cage, le rebord du bas en zinc qui lui sert de fond, la perche, l’abreuvoir ou la mangeoire en terre cuite ».
- Les grives se rendent compte rapidement que tel objet est plus dur qu’un autre, et, dans ces expériences, le bac en terre cuite devenait l’enclume préférée. Toujours également l’oiseau s’ingénie à briser par ce procédé la plus grosse spire, qui est aussi la plus résistante, tandis que les petites sautent sous la poussée du bec. Et M. Verlaine de conclure que « le procédé utilisé par les oiseaux pour briser les coquilles d’Hélix et en extraire le contenu ne relève nullement d’un instinct, mais d’un apprentissage fort simple, de processus mentaux d’association. Les diverses espèces sont, à cet égard, douées de façon très inégale et les individus d’une même espèce peuvent présenter de grandes différences dans leur manière de faire et la rapidité de l’apprentissage ».
- L’examen de nombreuses coquilles brisées trouvées au bord de la mer a montré que la technique de leur rupture était identique à celle utilisée par les grives tenues en captivité.
- Quant à l’explication à donner de l’existence tle petits tas de coquilles brisées, en certains endroits des dunes littorales, il faut la trouver dans l’existence dans leur voisinage d’une pierre convenable sur laquelle viennent opérer de nombreux oiseaux. C’est ce qui a été bien observé au littoral belge.
- G. Remacle.
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- LA VOUTE CÉLESTE EN MAI 1935 (l)
- Mois planétaire, si l’on peut dire, caractérisé par l’opposition de la planète Jupiter, le 10 mai; la visibilité remarquable de Vénus; Mars, en excellente situation pour être étudié; Mercure atteignant le 27 sa plus ga*ande élongation du soir. Puis le retour de Saturne, visible de bonne heure le matin.
- A signaler un très grand nombre de phénomènes du système des satellites de Jupiter et quelques conjonctions peu importantes de planètes avec la Lune.
- I. Soleil. — La déclinaison du Soleil, pendant le mois de mai, passera de + 14° 53' le 1" à + 21° 49' le 31. A la fin du mois les jours seront très longs : le 31, la durée du jour sera de 15h 47m, alors qu’elle atteignait seulement 14“ 30“ le 1er.
- Voici le temps moyen à midi vrai, ou l’heure du passage du Soleil au méridien de Paris, de deux en deux jours :
- Date. Heure du passage.
- Mai 1er 11“ 47“ 47a
- —- 3 11 47 32
- 5 11 47 20
- — 7 11 47 10
- — 9 11 47 2
- - 11 11 46 57
- - 13 11 46 54
- - 15 11 46 52
- — 17 11 46 54
- - 19 11 46 57
- - 21 11 47 3
- - 23 11 47 10
- - 25 11 47 20
- - 27 11 47 32
- — 29 11 47 47
- — 31 11 48 3
- Observations physiques.
- bserver, chaq ue j our de b
- temps, la surface solaire (voir, à ce sujet, le n° 2942).
- Le Tableau suivant contient les données nécessaires
- Fig. 1. — La planète Jupiter qui va se trouver en opposition avec le Soleil, le 10 mai 1935.
- En haut. — Jupiter et ses quatre principaux satellites, supposés à leur élongation maximum (figure schématique).
- En bas. — Jupiter avec les détails que montre une petite lunette munie d'un objectif de 75 mm de diamètre. Remarquer l’aplatissement de la planète.
- Soleil entre les piliers de l’Arc de Triomphe. L’observation peut être faite depuis la place de la Concorde en se plaçant près de l’Obélisque. Dans ce cas le diamètre apparent du Soleil étant plus grand que l’ouverture de l’Arc, le disque éblouissant débordera le monument.
- Il faut se placer à 1500 m de l’Arc de Triomphe, à la hauteur de l’avenue Marigny, pour voir le disque solaire remplir complètement l’ouverture de l’Arc.
- En s’approchant davantage de la place de l’Etoile, le Soleil n’occupera plus qu’une partie de l’ouverture de l’Arc. Le phénomène n’en sera peut-être que plus joli.
- Nous conseillons de prendre des photographies, de préférence avec des appareils à foyer un peu long. Nous serons heureux de publier ici la meilleure. 11 sera prudent de se préparer à cette observation dès le 3 ou même le 2 mai.
- On a dit souvent que le coucher du Soleil sous l’Arc de Triomphe se produisait chaque année le jour anniversaire de la mort de Napoléon Ier. Or le phénomène se produit le 4 mai et l’Empereur est mort le 5 mai 1821 (voir l’Annuaire astronomique Flammarion).
- Lumière zodiacale. — La grande longueur des jours et du crépuscule empêche maintenant l’observation de la lumière zodiacale, surtout à la fin du mois.
- On pourra encore l’observer loin des lumières artificielles, du 1er au 4 mai.
- La lueur anti- solaire est inobservable.
- IL Lune.— Les phases de la Lune, pendant le mois de mai, se produiront comme suit :
- pour orienter les dessins et les photographies du Soleil :
- Dates. P B„ L„
- Mai 1er — 24°,39 — 4»,17 18»,81
- 2 — 2 4°, 2 2 — 4®,07 5°,59
- - - 6 — 23®,44 — 3°,65 312“,72
- - 11 -- 22°,32 3®,11 246°,61
- — 16 — 21®,02 — 2°,55 180“,49
- 21 — 19»,56 - - 1°,97 114“,35
- — 26 - 17», 95 1°,38 48°,20
- - 29 - 16», 91 — 1°,03 8°,50
- — 31 — 16®, 19 O O 342“,04
- Coucher du Soleil sous l’Arc de Triomphe. - - Voici une
- intéressante observation à faire que nous recommandons à
- nos lecteurs de Paris : c’est d’aller voir, le 4 mai, 1 !e coucher du
- N. L. le 2, à 21“ 36“ P. Q. le 10, à 11“ 54“
- P. L. le 18, à 9“ 57“ D. Q. le 25, à 9“ 44“
- Age de la Lune, le 1er mai, à 0“ = 27J,5; le 3 mai, à 0“ = 0J,1. Nous rappelons que pour avoir l’âge de la Lune à une autre date du mois, à 0“, il suffit d’ajouter aux nombres ci-dessus un jour par jour écoulé depuis le 1er ou le 3.
- Plus grandes déclinaisons de la Lune, en mai : le 5, à 18“ = + 25° 56'; le 20, à 3“ = — 25“ 52'.
- Apogée de la Lune (plus grande distance à la Terre), le
- 1. Toutes les heures indiquées ici sont données en temps universel (T. U), compté de 0“ à 24“, à partir de 0“ (minuit). Le temps universel ou temps de Greenwich est le temps légal en France. Pendant la période de mise en service de l'heure d’été, ajouter 1 heure à toutes les heures données dans le présent « Bulletin Astronomique ».
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- 11 mai, à 14h. Parallaxe = 54' 15". Distance = 404 200 km.
- Périgée de la Lune (plus petite distance à la Terre), le 25 mai, à 17“. Parallaxe = 59' 18". Distance — 369 780 km.
- Occultation d’étoile par la Lune. — Le 7 mai, occultation de o Gemeaux (3r“,5) : immersion à 22“ 4m,0.
- Croissant lunaire; lumière cendrée de la Lune. — Le 3 mai, au soir, on cherchera à voir le croissant lunaire, très lin dès le coucher du Soleil. La Lune sera âgée à peine de 24 heures. Observation assez difficile, à l'aire avec une jumelle.
- La lumière cendrée de la Lune sera bien visible, le soir, du 4 au 8 mai. Elle sera très belle le soir du 4 mai. Utiliser une jumelle.
- Marées; mascaret. — Les plus grandes marées du mois se produiront surtout à l’époque de la nouvelle Lune du 2 mai. Voici quelques-unes de ces plus grandes marées, pour Brest :
- Marée <tu malin. Marée du soir.
- Dates. — - ————— ———' - ——"— ~
- Heu j-e. G leflicienl. Heure. Coefficient.
- Mai 1" 21» 25 m 0,91 14“ 48ra 0,95
- - 2 3 10 0,97 15 32 0,99
- — 3 3 53 0,99 16 11 0,98
- —- 4 4 35 0,96 16 56 0,93
- - 5 5 17 0,89 17 37 0,85
- - 6 5 57 0,80 18 19 0,74
- Le phénomène du mascaret, en raison de la faible amplitude des marées, n’est pas annoncé en mai.
- III. Planètes. — Le Tableau ci-après, que nous avons dressé à l’aide des données contenues dans VAnnuaire astronomique Flammarion, renferme les principaux renseignements pour rechercher et observer les planètes pendant le mois de mai 1935.
- ........::............. .........'= 323 =
- l’Est du Soleil. Cette élongation sera très favorable pour observer cette petite planète, en raison de sa déclinaison élevée. Ce sera une occasion pour voir facilement Mercure à l’œil nu. Les observations pourront commencer environ 10 jours avant l’élongation pour cesser 5 ou 6 jours après. Voici la phase (largeur de la partie éclairée, le diamètre étant égal à un) et la magnitude stellaire de Mercure :
- Dates. PI a se. Diamètre. Magnitude stellaire.
- Mai 1« 0,986 5",1 — 1,7
- — 6 0,912 5",4 - 1,3
- ~- 11 0,787 5",8 — 0,8
- — 16 0,645 6",3 ~ 0,3
- - 21 0,510 7",1 + 0,2
- - 26 0,389 7",9 + 0,6
- - 31 0,281 8",9 + 1,0
- Vénus brille magnifiquement, le soir, dès le coucher du Soleil. Elle est facilement visible en plein jour, à l’œil nu. C’est, aussi en plein jour qu’il convient d’observer sa surface.
- Voici la phase et la magnitude stellaire de Vénus :
- Dates. Phase. Diamètre. Magnitude stellaire.
- — — • —
- Mai 1er 0,757 14",5 — 3,5
- • 6 0,740 14", 9 — 3,5
- 11 0,722 15",4 — 3,6
- - 16 0,703 15",9 - 3,6
- 21 0,684 16",5 — 3,6
- - 26 0,664 17",1 — 3,6
- — 31 0,642 00 — - 3,7
- Vénus, vers le 25 mai, présentera une phase analogue
- dessin n° 5 de la figure parue au « Bulletin astronomique » du n° 2948 du 1er mars 1935.
- Mars est encore bien placé pour l’observation. Voir ce que
- ASTRE Dates : Mai. Lever à Paris. Passage au méridien de Paris. Coucher à Paris. Ascension dr oite. Déclinai- son. Diamètre apparent. Constellation et étoile voisine. VlSIli 1L1TÉ
- 1 4“ 33“ Il1 47“ 47s 19“ 3“ 2“ 31“ + 14° 53' 31'47",6 Bélier
- Soleil . . . ' 13 4 15 11 46 54 19 20 3 18 + 18 13 31 42 ,2 Bélier f »
- 25 4 0 11 47 20 19 35 4 5 + 20 50 31 37 ,8 Taureau
- 1 4 42 12 6 19 33 2 45 + 16 16 5,2 a Bélier
- .Mercure . . 13 4 50 12 57 21 6 4 24 + 23 41 6,0 x Taureau 1 Le soir, à la fin du mois.
- 25 5 7 13 25 21 42 5 40 + 25 31 7,8 Taureau
- 1 6 11 14 24 22 36 5 4 + 24 39 14,4 * Taureau
- Vénus . . . 13 6 19 14 38 22 56 6 6 + 25 40 15,6 p. Gémeaux l Magnifique le soir,
- 25 6 36 14 50 22 4 7 6 + 25 2 17,0 t Gémeaux * dès le coucher du Soleil.
- 1 15 51 21 46 3 46 12 32 — 1 36 14,2 y Vierge
- Mars. . . . 13 14 56 20 52 2 53 12 25 — 1 24 13,2 y Vierge i Toute la nuit.
- } 25 14 11 20 5 2 3 12 24 — 1 55 12,2 Y Vierge
- Jupiter. . . 13 18 44 23 31 4 22 15 4 — 16 1 41,8 Balance Toute la nuit. Opp. le .10.
- Saturne . . 13 1 57 7 15 12 33 22 45 •— 9 40 15,0 Verseau Le matin, à l’aube.
- Uranus.- . . 15 3 26 10 24 17 23 2 3 + 11 57 3,4 \ Baleine Inobservable. y
- Neptune . . i 15 12 35 19 15 1 54 10 54 + 8 2 2,4 y Lion Première partie de la nuit.
- Mercure sera invisible au début du mois. Il arrivera à sa nous avons dit concernant l’étude de cette planète, le mois
- plus grande élongation du soir le 27 mai, à 1“, à 22° 46' à dernier (p. 230).
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- r—^324 I':::-.:.:;"..-":--:.....................: =
- Voici quelques données concernant la présentation du globe de Mars en mai :
- Angle
- Dates. de position Lati tude Magnitude
- 0" (T. U.) de Taxe. du centre. Diamètre. Phase. stellaire.
- Mai 1er 29»,0 + 23»,1 14",3 0",4 — 0,9
- — Il 28»,3 + 23»,7 13",4 0",7 — 0,7
- — 21 28»,3 + 24»,2 . 12",5 0",9 — 0,5*
- — 31 28»,7 -f 24»,4 11",6 1",0 — 0,3
- Jupiter va se trouver en opposition avec le Soleil le 10 mai, à 0h.
- Il est visible toute la nuit. La plus petite lunette suffit pour observer Jupiter, voir les bandes nuageuses qui traversent sa surface et suivre les phénomènes curieux auxquels donnent lieu les quatre principaux satellites dans leur révolution autour de la planète.
- Voici la liste de ces phénomènes pour mai :
- Phénomènes du système des satellites de Jupiter
- Date : Mai. Heure. Satel- lite. Phéno- mène. Date : ! Mai. Meure. i Satel- I lite. j Phéno- mène.
- 1 2" 28“ I 1 O. c. 10 20" ^.m II E. c.
- 1 2 41 I P. c. 10 20 4 II Im.
- 1 21 37 III O. c. 10 22 14 I E. f.
- ' 1 22 40 III P. c. 10 22 31 II E. f.
- 1 22 53 II O. c. 17 0 35 I P. c.
- 1 23 18 II P. c. 17 0 45 I O. c.
- 1 23 31 III O. f. 17 2 44 I P. f.
- 1 23 43 I E. c. 17 2 55 I O. f.
- 2 0 2 III P. f. 17 21 48 I Im.
- 2 1 17 II O. f. 17 22 20 II Im.
- 2 1 37 II P. f. 18 0 8 I E. f.
- 2 2 3 I Em. 18 1 8 II E. f.
- 2 20 56 I O. c. 18 21 10 I P. f.
- 2 21 7 I P. c. 18 21 24 I O. f.
- 2 23 6 I O. f. 19 21 27 III E. f.
- 2 23 16 I P. f. 24 2 20 I P. c.
- 3 20 10 II Em. 24 2 39 I O. c.
- 3 20 29 I Em. 24 23 32 I Im.
- 9 1 26 II O. c. 25 0 36 II Im.
- 9 1 31 II P. c. 25 2 2 I E. f.
- 9 1 36 III O. c. 25 20 46 I P. c.
- 9 1 37 I E. c., 25 21 8 I O. c.
- 9 1 55 III P. c. 25 22 55 I P. f.
- 9 3 20 III P. f. 25 23 18 I O. f.
- 9 3 29 III O. f. 26 20 31 I E. f.
- 9 22 50 I O. c. 26 21 26 II P. f.
- 9 22 51 I P. c. 26 22 4 III Im.
- 10 1 0 I P. f. 26 22 16 II O. f.
- 10 1 1 I O. f. 27 1 25 III E. f.
- 10 20 4 I Im.
- Observer surtout les satellites le 10 mai, entre 20“ et 22» 35».
- Voici les éléments de l’anneau pour le 12 mai :
- Grand axe extérieur ............................. 37",40
- Petit axe extérieur..............................-f- 3",86
- Hauteur de la Terre au-dessus du plan de l’anneau. -f- 5°,92
- Hauteur du Soleil au-dessus.du plan de l’anneau. . -f 8°,58
- Le signe -f indique que nous voyons actuellement la face nord de l’anneau.
- Uranus est pratiquement inobservable ce mois-ci.
- Neptune pourra être recherché, dès l’arrivée de la nuit, à l’aide de la petite carte spéciale parue au n° 2946, du 1er février 1935, p. 132.
- IV. Phénomènes divers. — Conjonctions :
- Le 2, à 9", Uranus en conjonction avec la Le 3, à 13", Mercure —
- Le 5, à 23", Vénus —
- Le 12, à 4U, Neptune •—
- Le 14, à 16", Mars —
- Le 17, à 20", Jupiter —
- Le 26, à 0h, Saturne
- Le 29, à 19", Uranus
- Lune, à 5° 49' S. à 3° 57' S. à 0° 38' S. à 5° 14' N. à 6» 30' N. à 6° 4' N. à 5° 55' S. à 5° 51' S.
- Etoile Polaire; Temps sidéral. — Voici quelques passages de l’Etoile Polaire au méridien de Paris :
- Temps sidéral à 0" pour le méridien
- Date. Passage Heure. de Greenwich.
- Mai 1er — 11 — 21 — 31
- Inférieur
- 22" 53“ 33“ 22 14 20 21 35 8
- 20 55 58
- 14" 31“ 59» 15 11 24
- 15 50 50
- 16 30 16
- Etoiles variables. — A cette époque de l’année, l’étoile Algol se trouve très près de l’horizon ou en dessous pendant la nuit. Elle est inobservable.
- Le 16 mai, maximum d’éclat de R Cancer, variable de 6m,0 à 11“,8, en 370 jours.
- Le 26 mai, maximum d’éclat de T Baleine, variable de 5m,2 à 6m,0 en 159 jours.
- Etoiles filantes. — Du 1er au 6 mai, étoiles filantesAquarides provenant de la région de rt Verseau (position du radiant : Æ = 326°; D = — 2°). Météores rapides, avec traînées.
- Le 22 mai, étoiles filantes provenant d’un radiant situé près de y. Couronne par : Æ = 232°; D = -f- 25°.
- V. Constellations. — L’aspect de la Voûte céleste le 1er mai à 23", ou le 15 mai à 22", est le suivant :
- Au Zénith : La Grande Ourse; le Bouvier; les Chiens de Chasse.
- Au Nord : La Petite Ourse; Céphée; Cassiopée.
- Au Nord-Est : Le Cygne.
- A l’Est : L’Aigle; la Lyre; Hercule; la Couronne boréale. Au Sud-Est : Le Serpent; Ophiuchus; le Scorpion.
- Au Sud : La Vierge; le Bouvier (Arcturus est au voisinage du méridien); la Balance; le Corbeau.
- A l’Ouest : Le Lion; le Cancer; les Gémeaux.
- Capella, au Nord-Est, glisse contre l’horizon.
- Saturne sera un peu visible le matin, à l’aube.
- Em. Touchet.
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- L’ELECTRICITE DANS L’AUTOMOBILE MODERNE
- I. - APPAREILS D’ALLUMAGE
- L’électricité, dans ses applications réservées à l’automobile, constitue un domaine très particulier, à cheval sur les domaines dissemblables de la mécanique industrielle et de l’électricité de laboratoire; pour cette raison il est en général fort mal connu en dehors d’un petit groupe de spécialistes.
- Dans la pratique, les mêmes cloisons étanches subsistent; autant les bons mécaniciens, capables de refaire entièrement un moteur, sont répandus dans les moindres villages, autant les bons électriciens sont rares lorsqu’il s’agit de réparer une magnéto, une « tète d’allumage », une dynamo ou un démarreur.
- Depuis quelques années, d’énormes progrès, visibles même pour le public, ont été accomplis dans l’électricité automobile; on a vu la «batterie» supplanter presque entièrement la classique magnéto, le démarreur s’installer à bord de toutes les voitures, et, tout récemment, de nouveaux appareils (Alco, Duplex, Salmson) faire leur apparition sur les moteurs, auxquels ils apportent les avantages conjugués de la magnéto et de l’allumage batterie.
- Le moment nous a donc paru favorable pour faire avec nos lecteurs une brève exploration parmi les différentes machines électriques destinées à l’automobile et à l’aviation, en commençant par les plus importantes qui sont les appareils d’allumage.
- SYSTÈMES D’ALLUMAGE NON ÉLECTRIQUES
- L’allumage des premiers moteurs à gaz s’effectuait à l’aide d’un dard de flamme devant lequel venait s’ouvrir une minuscule lumière, démasquée à l’instant voulu par le tiroir de distribution !
- A ce procédé barbare furent substitués les tubes incandescents en platine, chauffés par des brûleurs extérieurs; l’allumage se produisait au moment où les gaz frais, par suite de la compression, avaient suffisamment pénétré dans le tube pour atteindre la zone incan -descente. Sous cette forme rustique le moteur à explosion put fournir un assez bon service à bord des premières voitures; toutefois il était nécessaire d’allumer les brûleurs un quart d’heure avant la mise en marche.
- Sous une forme peu différente, le tube incandescent a reparu dans certains moteurs semi-Diesel à boule chaude où la compression peut être établie à un taux beaucoup plus bas que dans les
- Fig. 2. — Groupe d'allumage à étincelle constante (Paris-Rhône).
- Diesel proprement dits.
- ALLUMAGE A BASSE TENSION AVEC BOUGIE PIVOTANTE
- L’allumage élec -trique a universellement triomphé aujourd’hui, par suite de sa commodité, de sa rapidité et de sa souplesse d’emploi.
- Il peut être réalisé de deux façons, suivant que le courant utilisé est à basse tension ou à haute tension.
- Pour produire, avec un courant basse tension, une étincelle susceptible d’allumer un mélange gazeux il est Fig. i. — Appareil d’allumage combiné par nécessaire de créer magnéto à aimant tournant et batterie.
- mécaniquement une
- coupure dans le circuit à l’intérieur du cylindre ; le circuit étant doué d’autre part d’une forte self-induction, une étincelle chaude et nourrie, ou plutôt un véritable petit arc, peut être ainsi obtenu, assurant un allumage intense. Des bougies spéciales, comportant un axe mobile terminé, vers l’intérieur, par un doigt de contact, sont donc indispensables; l’étanchéité et l’entretien deviennent assez délicats, bien qu’on prenne la précaution de loger la bougie en un point bien refroidi de la culasse.
- Dans un des systèmes les plus répandus (Bollyncx), le courant est produit par une magnéto à déclic, dont l’induit pivote d’environ un dixième de tour, sous l’actien d’un doigt porté par l’arbre de distribution, puis revient vivement sous l’action des deux ressorts de rappel. L’axe de l’induit agit sur un petit piston qui commande à distance l’axe pivotant de la bougie par un petit tube pneumatique. Ce dernier mouvement doit se produire à l’instant où l’induit oscillant passe par le point de variation de flux maxirna (« point d’arrachage ») ou plus exactement à l’instant où ce point vient d’être dépassé pour tenir compte du retard à l’établissement du courant causé par la self-induction.
- L’allumage à basse tension avec bougies à rupture donne de très bons résultats sur les moteurs fixes à marche lente où il est extrêmement sûr. Toutefois il semble difficile de dépasser avec ce système un régime de 300 tours, soit 150 étincelles à la minute.
- APPAREILS A HAUTE TENSION ROLE DU CONDENSATEUR '
- Dans l’allumage à haute tension, le problème consiste à créer, à un instant précis, un courant de très haut voltage, suffisant pour faire passer une étincelle entre les électrodes fixes d’une bougie. L’écartement de ces électrodes varie généralement entre 4 et 6 dixièmes de millimètre, ce qui,
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- Condensateur
- Secondaire
- Primaire
- Fig. 3.— Schéma général d'un allumage à haute tension.
- étant donnée la compression des moteurs actuels, exige que l’appareil d’allumage puisse fournir une étincelle de 7 à 8 mm à l’air libre.
- De telles tensions, de l’ordre 15 000 v, ne peuvent évidemment être obtenues qu’à l’aide
- d’un transfo r m a leur ; toutefois, cet appareil sera fort différent des transformateurs proprement dits, employés pour les distributions de courant alternatif, tout l’intérêt du problème portant précisément sur ces différences.
- Dans un transformateur, le courant primaire est, autant que possible, de forme sinusoïdale, ou s’il s’en écarte, c’est par quelques harmoniques peu élevées, principalement la troisième, et assez peu importantes.
- Les harmoniques d’ordre 15 et 17, autrefois très gênantes, ont pu être diminuées par une étude rationnelle des dentures
- d’alternateurs.
- Par suite, le flux magnétique et le courant secondaire sont également des fonctions sinusoïdales, le rapport des forces électromotrices restant défini par le rapport des nombres de spires des deux enroulements.
- Un allumage peut être assurément basé sur l’emploi d’un transformateur simple ou, si l’on préfère, d’un alternateur à haute tension, dans lequel on pourra du reste faire prédominer les harmoniques élevées; des essais, exécutés à Paris, ont prouvé que l’étincelle était suffisante à partir de 100 tours-minute pour devenir à 7000 tours-minute (vitesse angulaire des moteurs de course) une véritable flamme.
- Toutefois, on perd ici le bénéfice du « point exact » d’allumage détèrminé par un rupteur mécanique.
- La solution classique consiste donc à utiliser un rupteur pour couper le courant primaire de façon à obtenir dans le noyau magnétique une variation de flux extrêmement rapide.
- L’étincelle de self qui se produit à ce rupteur devient ici un inconvénient en accroissant la durée de la rupture, donc
- en diminuant la rapidité de variation
- de flux
- } à laquelle
- la tension induite est proportionnelle. De là l’idce admirable due à Fizeau de shunter le rupteur par un condensateur qui fait disparaître l’étincelle primaire tout en décuplant la tension secondaire.
- On est ainsi conduit au schéma théorique de la figure 8 qui convient à tous les systèmes d’allumage à haute tension. La figure 4 montre les modifications ainsi apportées au courant primaire dans le cas d’une magnéto.
- Le rôle exact du condensateur est assez complexe; chargé par l’enroulement primaire, il se décharge ensuite dans cet enroulement par un courant de sens inverse qui augmente encore la variation totale de flux. Cette décharge peut, être périodique, c’est-à-dire oscillatoire, ou apériodique selon la résistance du circuit.
- Un calcul détaillé montre qu’il existe plusieurs valeurs de la capacité convenant pour shunter un appareil donné, la meilleure valeur étant la plus petite. L’expérience prouve d’autre part que le fonctionnement d’une magnéto n’est, jamais meilleur que lorsque toute étincelle primaire a dispaïu. La nature des contacts intervient du reste ici, le platine (durci par l’incorporation de 25 pour 100 d'iridium) donne de meilleurs résultats que le tungstène employé généralement pour des raisons d’économie.
- Fig. 5. —• Distribution des lignes de force magnétiques dans un induit tournant de magnéto.
- L’inversion de flux dans l’induit 1 est extrêmement brusque quand ce dernier passe par la position médiane dite « d’arrachage ». N et S pôles des aimants.
- Fig. 4. •— Courbes théoriques montrant les modifications apportées au courant primaire par l’introduction d’un rupteur et d’un condensateur.
- A gauche, en pointillé, courant sinusoïdal d’un alternateur sans harmoniques; en trait plein, courbe du courant haché par le rupteur. A droite, courbe du courant avec rupteur et condensateur. Les courbes véritables du courant obtenues expérimentalement sous forme d’oscil-logrammes (fig. 9) diffèrent sensiblement, par suite de la forme des pièces polaires (d’après l’ouvragé de MM. Courquin et Dubedat : Technique de li magnéto haute tension. (Gauthier-Villars).
- Ràtation de / tour
- Rotation de 1 tour
- Rupture
- Extra -d urant ce rupture
- supprt ssion du courant
- du courant
- Lextra-courant de fermeture retarde ferétablissement du courant
- BOBINE A « TREMBLEUR »
- Arrivons maintenant à des réalisations d’appareils d’allumage.
- Historiquement, l’histoire de l’allumage comporte quatre époques. Dans les débuts, on utilisa la bobine de Rhumkorfj à « trembleur » indépendant, semblable à celle des laboratoires; avant la guerre, la magnéto triompha sur toute la ligne pour s’effacer peu à peu, à partir de 1920 environ, devant une résurrection de la bobine dont la réalisation la plus connue est le Delco (bobine à résistance). Actuellement, une quatrième tendance se dessine, conduisant à des systèmes d’allumage mixtes (Alco, Duplex), participant de la magnéto et de 1-’allumage par bobine et batterie.
- La bobine à trembleur indépendant, construite avec soin et englobée dans un bloc de paraffine, peut fournir un bon service sur les moteurs à faible vitesse, notamment les monocylindres, qui ne nécessitent qu’un nombre d’étincelles réduit par seconde.
- Des trembleurs légers doivent être employés; on utilise des vibreurs doubles, dans lesquels une lame de fer, attirée par le noyau, vient heurter la lame de contact pour produire uire rupture très brusque.
- Dans ce type d’allumage, le doigt de contact mû par la came du moteur fonctionne en établissant le courant primaire
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- et non en le coupant comme dans les systèmes modernes qui nous restent à examiner maintenant.
- TROIS SYSTÈMES DE MAGNÉTOS
- L’emploi des machines magnéto - électriques est aujourd’hui rarissime à part les deux domaines très particuliers des appareils d’appel (téléphones) et des appareils d’allumage. Dans ce dernier cas leur emploi, en lieu et place d’une dynamo, s’explique par le fait que le courant produit est essentiellement irrégulier et de plus haché par le rupteur en sorte que l’alimentation des inducteurs serait impossible.
- Trois systèmes de magnétos peuvent être envisagés : le système à induit tournant, à aimant tournant ou à fer tournant (ûg. 5, 6 et 7). Dans les trois cas, nous trouvons pour les pièces polaires des formes spéciales destinées à provoquer dans l’induit une variation de flux ou plus exactement une inversion de flux la plus rapide possible. C’est en effet un avantage de la magnéto que de posséder un flux qui passe de + -p à — cp au lieu de tomber simplement de cp à zéro comme dans les bobines ; accessoirement, la conservation des contacts du rupteur est également meilleure dans les magnétos, le courant circulant tantôt dans un sens, tantôt dans l’autre, en sorte que les transports de métal l’équilibrent.
- La figure 8 montre sous forme schématique la réalisation classique d’un induit tournant de magnéto.
- Ce schéma convient à l’allumage d’un moteur mono-cylindrique.
- Pour un moteur à plusieurs cylindres, la magnéto est complétée par un distributeur rotatif de courant à haute tension, fonctionnant par contacts en charbon ou étincelle à distance (disrupture) et qui envoie le, courant successivement à chaque bougie.
- Cette disposition classique est incommode pour les réparations; c’est ainsi que pour atteindre le condensateur, on est obligé de démonter l’induit; dans les magnétos modernes (avec ou sans combinaison avec la batterie) des dispositions
- Fig. 6. — Schéma de la distribution du flux magnétique dans un Alco
- type V 4 donnant 8 étincelles par tour. N S aimant droit au cobalt pourvu de bossages d’extrémité; CFDetC' F D , pièces polaires conduisant le flux au noyau bobiné I (d’après « Auto-Volt »).
- Bague Enroulement
- collectrice primaire
- Condensateur
- Engrenage de commande
- Paraf'oudre 'Enroulement
- secondaire
- Charbon
- secondaire
- Dispositif de rupture
- ' Vis platinée mobile à la ''' masse
- ~~~~ Vis platinée v isolée et fixe
- Déviation du primaire pour le fi! à la masse
- V_______
- Fil secondaire
- Bougie
- Contact
- -0-
- ______J
- Fit de masse
- Fig. S. Induit tournant de magnéto de construction classique.
- Ce schéma est celui d’une magnéto sans distribution à haute tension, convenant à un monocylindre. On remarquera le « parafoudre » à pointes, véritable soupape de sûreté du secondaire qui offre un passage à l’étincelle en cas de coupure du lil de bougie (Courquin).
- plus rationnelles ont été adoptées, le rupteur, le condensateur et le distributeur devenant facilement accessibles.
- DibblCULl E DU REGLAGE DES MAGNÉTOS
- Une magnéto ne donne son plein i rudement que si elle est réglée d’une façon parfaite; ce réglage comporte trois variables : calage de la magnéto par rapport au moleur, écartement des vis de contact du rupteur, calage du plateau porte-rupteur par rapport à l’induit. Ce dernier calage, fort important pour placer la rupture à 1 instant du courant primaire maximum, est malheureusement impossible en général, le plateau étant monté par une portée conique munie d’un ergot.
- Le procédé à employer consiste à régler approximativement, le rupteur pour obtenir l’écartement maximum indiqué par la lame spéciale vendue avec la magnéto (environ 0,7 mm), puis à repérer l’instant exact de la rupture au moyen d’une feuille de papier à cigarette introduite entre les contacts; au moment où la feuille redevient libre, le rupteur est exactement à son point d’ouverture. Si, dans cette position, l’induit a légèrement dépassé la position « d’arrachage », le réglage est correct; dans le cas contraire, il faut changer ou retoucher la butée du rupteur qui vient en contact avec la came fixe; le réglage des vis est ensuite à refaire.
- Le retard angulaire que l’on est ainsi obligé de dernier à la rupture est nécessité par la réaction d’induit ou, ce qui n’est qu’une autre appel-lation du même phénomène, par la self-induction du
- F'ig. 9. •— Oscillogrammes des courants relevés expérimentalement sur une magnéto.
- A, courbe des courants primaires; B, courbe du courant secondaire, La magnéto tourne à 6000 t/m et donne 2 étincelles par tour (d’après « Auto-Volt »).
- Fig. 7. —• Principe de la magnéto à volets.
- Les volets V et V' sont en fer doux, l’induit 1 est fixe. Il se produit 4 inversions
- de flux par tour.
- V L
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- Commandet par la manette d'avance
- —Ü-Fourche limitant l’avance
- Fourche de déplacement de /engrenage de commande
- Engrenage de____________
- / commande
- i Arbre moteur S avec visa Ü1 3 filets
- Magnéto
- Socle supportant la magnéto
- Fig. 10. — Variation de l’avance à l’allumage obtenue par un dispositif hélicoïdal sur moteur Anzani (Courquin).
- ont créé des lanceurs, consistant en un accouplement élastique communiquant un mouvement saccadé à la magnéto lors de l’entraînement à faible vitesse.
- Le « lanceur » RB est constitué par un ressort spiral, possédant une assez forte bande initiale, et qui relie l’arbre d’entraînement à celui de la magnéto; ce dernier se trouve périodiquement arrêté par deux leviers basculants ou rockets qui viennent s’accrocher contre des butées fixes. L’axe d’entraînement, continuant à tourner, provoque ensuite, par un bossage spécial, le dégagement des rochets en sorte que l’arbre de la magnéto rattrape brusquement son retard. En pleine marche, les rochets s’écartent fortement sous l’action de la force centrifuge et n’accrochent plus les butées fixes.
- MAGNÉTOS DE DÉPART
- Pour le lancement des moteurs d’aviation, il est commode d’amener le moteur en position d’allumage, puis de lancer dans la bougie un flux d’étincelles produit par une petite magnéto à main dite « de départ ».
- Une bonne magnéto à main, avec un arrachement très dur, peut fournir des étincelles de 4 m, 5 dans l’air, à 50 tours-minute (Voltex type LD) ; ces magnétos ne comportent qu’un rupteur à l’exclusion de tout organe frottant et sont par suite très robustes.
- CONTACT DE MISE A L’ARRÊT
- primaire, qui retarde l’instant du maximum de courant. Par suite, cet angle augmente avec la vitesse ; on es t conduit à lui donner une valeur moyenne, plutôt faible afin de favoriser le lancement du moteur malgré l’intensité réduite du courant à ce moment.
- Cette sujétion de faire coïncider la rupture avec le maximum du courant est gênante pour les dispositifs de « réglage de l’avance » à la main. Comme il est difficile, pratiquement, de faire culbuter la magnéto entière, on agit sur le boîtier dont les bossages intérieurs forment came fixe pour le soulèvement du rupteur; on est alors conduit à élargir la « pointe » de courant, autrement dit à allonger la durée de variation du flux, par exemple en munissant de dents le bord des pièces polaires, ce qui réduit très sensiblement la tension produite par la magnéto.
- Des dispositifs hélicoïdaux, montés sur l’arbre d’entraînement, peuvent aussi être utilisés (ûg. 10) ; peu commodes pour le réglage à la main, ils conviennent au réglage automatique par masselotes à force centrifuge.
- Le calage des magnétos s’effectue en agissant sur le pignon d’entraînement, qui est monté sur une portée conique et bloqué par un écrou. Généralement, la magnéto est fixée sur un berceau circulaire par une sangle souple en acier, ce qui permet de parfaire le réglage (5° à 6°) sans démonter. Signalons aussi le remarquable accouplement à vernier, formé d’une couronne de caoutchouc durci présentant, par exemple, 27 dents sur une face et 26 dents sur l’autre; quand on fait tourner cette couronne d’une dent, la magnéto se décale d’un 7023 de tour, soit environ un demi-degré.
- LANCEURS DS MiGNSTOS
- L’inconvénient classique de la magnéto est de donner de faibles étincelles aux basses allures, ce qui rend les mises en marche pénibles si la magnéto n’est pas parfaitement réglée. Bien que ce défaut ait été très diminué dans les appareils modernes pourvus d’aimants au cobalt, certains constructeurs
- Par construction, l’origine du fil primaire d’une magnéto se trouve reliée à la masse de l’induit et par suite à la masse générale du moteur, cette communication des deux masses se faisant par les roulements à billes.
- En marche normale, cette disposition ne présente aucun inconvénient, le courant primaire se fermant sur lui-même par le rupteur monté en bout de l’induit. Il n’en est pas de même au moment où, à l’aide de la clef de bord, on met à la masse générale le plot central du rupteur qui forme l’extrémité du primaire en vue d’obtenir l’arrêt. Il pourrait arriver, à ce moment, que le contact fût imparfait dans les roulements par suite du graissage, en sorte qu’on ne pourrait arrêter le moteur. Pour remédier à cet inconvénient, un petit frotteur en charbon est généralement prévu pour relier directement la masse de l’induit à celle du châssis de la magnéto et par suite au moteur.
- Pierre Devaux.
- (A suivre.)
- Fig. 11. — Plateau d’extrémité d’une magnéto à induit tournant montrant le rupteur (Courquin).
- Pièce fibre butant sur les bossages dècartement
- Levier mobile portant la vis / platinée '
- Vis platinée fixe isolée et
- réglable
- Ressort ramenant les vis platinées au courant
- Vis platinée mobile réunie à la masse
- \Ressort empêchant le levier de sortir de son logement
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- LIVRES NOUVEAUX = ”9
- The structure of’ spectral terms, par W. M. Hicks (Structure des termes spectraux). 1 vol. in-8, VI, 209 pp., Methuen et O, Londres, 1935. — Prix relié : 10 sh. 6.
- Le Professeur Hicks, dont nous avons à déplorer la mort récente, nous donne ici sa dernière œuvre spectroscopique, qui constitue un intéressant complément à son Analises of spectra, publiée en 1922 et aujourd’hui épuisée. Le présent ouvrage, qui suppose connue la spectroscopie classique, se préoccupe surtout d’établir des lois empiriques non entre les raies, mais entre les termes du même élément ou d’éléments différents (un même élément pouvant être envisagé sous divers états d’ionisation). Les lois proposées par M. Hicks se rattachent toutes à sa conception très personnelle de l’unité de fréquence (dite « oun ») propre à chaque type d’atome. Bien que cette conception n’ait pas rencontré jusqu’ici l'adhésion unanime des spectroscopistes, il faut reconnaître qu’elle a inspiré à M. Hicks des rapprochements fort ingénieux dont quelques-uns peuvent devenir féconds. Son livre est rempli de discussions numériques extrêmement serrées et contient une documentation de grande utilité pour les spécialistes. C’est à eux surtout que s’est adressé l’auteur, et en se servant dans une large mesure de ses résultats, ils rendront un sincère hommage à la conscience, à l’originalité et à la compétence du regretté professeur W. M. Hicks.
- Les ondes courtes et ultra-courtes. Leurs applications, par P. Hémardinquer et H. Piraux. 1 vol. 323 p., 187 fig. Dunod. Paris, 1935.
- Avec des émissions de 15 à 80 m de longueur d’onde, on peut atteindre un poste en n’importe quel point de la terre; on utilise désormais normalement des émissions dirigées de l’ordre du mètre, ou même des micro-ondes de l’ordre du centimètre. On peut ainsi obtenir des radiocommunications à grande distance avec le minimum de puissance dépensée, et rendre possibles les réceptions dans les régions où sévissent particulièrement les parasites atmosphériques, aux colonies, par exemple. Ces ondes offrent le seul moyen pratique de multiplier le nombre des postes émetteurs et d’effectuer des émissions de radiovision d’images détaillées. Grâce à elles, on peut guider les navires et les avions, commander à distance des mécanismes quelconques, et enfin établir des dispositifs thérapeutiques nouveaux. Ce livre facile à lire, mais très complet, s’adresse à un public étendu de techniciens et d’amateurs. Il contient toutes les notions indispensables à l’heure actuelle sur ce problème essentiel.
- Les purasiti s en T. S. F. et leur élimination, par
- R. Singer. 1 vol.. 80 p., 71 fig. La Technique cinématographique, 14, rue de Marignan, Paris (VÏII0).
- L’élimination des parasites industriels présente un intérêt essentiel, non seulement pour les usagers de la T. S. F., mais encore pour tous les possesseurs de machines électriques.
- Ce petit ouvrage indique la propagation des parasites et l’évaluation de leur gravité, puis les moyens qu’on peut employer pour éviter, autant que possible, l’action des perturbations sur un poste-secteur. Il décrit les différents systèmes de cadres, et surtout d’antennes antiparasites et montre ensuite quels sont les principaux dispositifs antiperturbateurs à placer sur les appareils producteurs de parasites eux-mêmes, avec des exemples nombreux d’applications. L’ouvrage se termine par le rappel de la législation anti-parasites en France.
- Cimems el mortiers, par A. Mâché. 1 vol. in-16, 212 p., 51 fig. Collection Armand Colin, Paris, 1935. Prix : broché, 10 fr. 50; relié, 12 fr.
- La constitution et l’hydratation des liants hydrauliques, la prise, le durcissement et l’altération des ciments et des mortiers, sont basés sur des phénomènes physiques et chimiques qu’on commence à connaître. L’auteur les expose avec soin, puis décrit rapidement la fabrication et termine en caractérisant les divers liants qu’on emploie dans les mortiers et bétons, le choix et la granulométrie des sables, les méthodes d’essais, les défauts de conservation, de gâchage, le rôle de l’eau, les accidents de prise, etc., toutes notions pratiques indispensables aux professionnels.
- Ce qu’il faut connaître sur les pétroles, par R. Cou-rau. 1 vol., 184 p., 35 fig. J.-B. Baillière et fils. Prix : 30 fr.
- Ce livre peut jouer à la fois le rôle d’initiateur et d’aide-mémoire. Il débute par un chapitre consacré à la nomenclature et à la distinction des divers produits qui se rattachent au vocable pétrole; il indique les spécifications techniques et commerciales de ces produits; il résume à grands traits la technique de l’extraction du pétrole brut et celle de son raffinage. Il se termine par de brèves notions sur les succédanés du pétrole. Aujourd’hui où le pétrole joue un rôle économique essentiel, ce petit livre sera fort utile par sa clarté.
- L’industrie des produits photographiques, par
- L.-P. Clerc. 1 broch., 48 p. Publication de la Revue de Chimie industrielle, 55, quai des Grands-Augustins, Paris.
- Cette brochure, d’une documentation sûre et récente, résume l’état actuel de l’industrie des couches photographiques sensibles. Elle fait ressortir, en s’appuyant sur une bibliographie étendue, les progrès essentiels réalisés en ces dernières années.
- L’arme chimique et ses blessures. Étude générale sur les gaz de guerre, par le Dr Charles Hederer et Marc Istin. 1vol. in-8, 697 p., 137 fig. Baillière et fils, Paris, 1935. Prix: 125 fr.
- La guerre des gaz qui préoccupe le public a déjà toute une littérature. Mais elle n’avait encore fourni aucune étude aussi complète et aussi précise que celle-ci, publiée sous le patronage du ministère de la Marine. On y trouve un curieux historique, depuis l’antiquité, qui montre que l’esprit des hommes n’a pas changé, si leurs moyens se sont accrus. Puis vient l’énumération des gaz toxiques actuels, classés selon leurs effets tactiques et physiologiques. Après des notions générales sur les poisons et leurs actions, on trouve, en 12 chapitres substantiels, les données physiologiques, cliniques et thérapeutiques sur les divers toxiques, irritants, suffocants, vésicants, les gaz de la poudre, l’oxyde de carbone, les vapeurs nitreuses, l’acide carbonique, les méthodes spéciales et générales de secours dont la base est la respiration artificielle, l’oxygénothérapie, les toniques cardiaques en toute première urgence. La dernière partie traite de la dispersion et de la détection des gaz, des moyens de protection individuelle (masques, appareils respiratoires, vêtements) et collective (abris), de la neutralisation des atmosphères toxiques. C’est un guide précieux pour tous ceux qui ont à connaître de l’arme chimique et à prévoir la défense qu’on y peut opposer.
- L'agriculture à travers les âges, par Émile Savoy. Histoire des faits, des institutions, de la pensée et des doctrines économiques et sociales. Tome I. Quelques problèmes d’économie socio-logique. Prolégomènes. 1 vol. in-4, 667 p. E. de Boccard, Paris, 1935.
- L’agriculture qui est à la base de toute civilisation, qui fournit aux besoins les plus essentiels, les plus nombreux et les plus fréquents de l’homme, n’a jamais eu une place correspondante dans les soucis des historiens et des économistes. Même à la Société des Nations, il a fallu rappeler qu’elle est la plus grande richesse et la plus grande activité économique, qu’on considère le capital, la production, les échanges, la consommation ou le travail. Son histoire, son rôle dans les développements des civilisations et des États reste encore à étudier et à écrire. C’est ce qu’entreprend le conseiller d’État de Fribourg, membre du Comité directeur de l’Union suisse des paysans et de la Commission internationale d’agriculture. Vaste entreprise, comme le dit le marquis de Vogue dans sa préface, destinée dans bien des cas à éclairer et même reviser l’histoire.
- L’auteur joint à l’expérience de notre temps, acquise auprès des paysans suisses, une documentation, une lecture considérables et une forte culture économique. Ce premier volume de prolégomènes est un véritable traité d’économie politique ou sociologique. L’auteur dégage l’importance primordiale de l’agriculture dans la vie et la règle des États et analyse les facteurs de la production : la nature, le travail, le capital, la direction, l’organisation et le cadre social, les formes d’exploitation, l’industrialisation, l’entreprise et l’association, le rôle de l’État. Le deuxième livre est consacré à la répartition : propriété, acquisition et transmission, question agraire, valeur du sol et revenu. Le troisième traite de la circulation des richesses : moyens d’échange, crédit, marchés, prix, commerce, transports, crises. Le quatrième expose les problèmes de consommation. Enfin le volume se termine par l’examen des rapports de l’agriculture avec la question sociale et la civilisation. Nourri de faits et de citations, cet ouvrage est une œuvre magistrale dont on attend la suite impatiemment après l’avoir lue avec admiration.
- Les plantes alimentaires chez tous les peuples et à travers les âges. Histoire, utilisation, culture, par D. Bois. Volume III. Plantes à épices, à aromates, à condiments. 1 vol. in-8,289 p., 71 fig. Lechevalier, Paris, 1934. Prix : 50 fr.
- Après avoir déjà étudié les légumes et les fruits, le professeur du Muséum aborde dans ce 3e volume les épices, les aromates, les condiments. Il le fait avec une abondante et sûre documentation, mêlant les données botaniques précises aux renseignements sur les cultures et les récoltes. L’ouvrage débute par un historique sur les épices au cours duquel est évoqué le souvenir trop peu connu de Pierre Poivre qui finit intendant de l’Ile-de-France où il créa un des plus beaux jardins d’essais.
- Les constituants morphologiques du cytoplasma,
- par A. Guillermond. II. Le vacuome. III. Le système vacuolaire
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- ou vacuome. 2 vol. in-8, 128 p., 39 fig. + 108 p.. 39 fig. Actualités scientifiques et industrielles. Hermann et Cie, Paris, 1934. Prix : 38 fr.
- La connaissance de la structure cellulaire, longtemps bornée aux méthodes histologiques classiques, a progressé en ces dernières années par l’emploi des méthodes de colorations vitales et de l’ultramicroscope. Des structures nouvelles sont apparues : chondriome, vacuome, dont l’auteur a entrepris l’étude systématique sur les cellules végétales, les plus favorables. Il peut ainsi donner du protoplasma une idée morphologique beaucoup plus précise, qui fait espérer une plus ample connaissance de la matière vivante.
- Les écrevisses de France, par Marc André et Édouard Lamy. 1 vol. in-8, 89 p., 7 fig. Chez les auteurs, 61, rue de Buffon, Paris (5°).
- Les écrevisses d’Europe sont de quatre espèces différentes, sans compter les Cambarus américains récemment apparus. On trouvera leur description, les moyens de les reconnaître, leur répartition dans les diverses régions de France et aussi une mise au point des causes de leur disparition ou de leur raréfaction.
- Clinical and patholnoical applications of spec-trum an'll qsis, par Walther et Werner Gerlach. Translated by Joyce Iiilger Troyman. 1 vol. in-8, 143 p., 50 fig. Adam Hilger Lted, London.
- L’analyse spectrale, qui a donné tant de résultats en astronomie, pénètre aujourd’hui en physiologie et en pathologie. Les sources lumineuses, les méthodes photographiques ont acquis, grâce notamment à la maison Hilger, une remarquable perfection. Les auteurs, l’un physicien, l’autre pathologiste, ont associé leurs techniques et leurs connaissances et aboutissent à toute une série d’études du plus haut intérêt dans leur diversité. On y trouve la répartition des divers métaux dans le corps humain; leur recherche après électrocution, blessure par projectile, pneumoconiose; les analyses très fines que la spectro-scopie permet et les techniques de recherches les meilleures. Notamment l’indication des raies spectrales les plus sensibles et les plus caractéristiques de chaque métal rendra de grands services aux microanalystes. C’est un nouveau chapitre d’analyse qui se crée.
- Créâtine et créatinine, par le DrFernand Kayser. 1 broch. in-8, 90 p. Actualités scientifiques et industrielles. Hermann et Cie, Paris, 1934. Prix : 15 fr.
- Chimie, propriétés, répartition dans le monde vivant, rapports avec la biochimie du muscle et du nerf.
- Métabolismes des corps créât iniques, par le Dr Fernand Kayser. 1 broch. in-8, 83 p. Actualités scientifiques et industrielles. Hermann et Cie, Paris, 1934. Prix : 15 fr.
- Métabolisme et variations au cours des états pathologiques.
- Revue d’immunologie, publiée par Eobert Debré, G Ra-mon, Pasteur Vallery-Radot. Masson et Cie, Prix de l’abonnement : 80 fr par an.
- Les études relatives à l’immunité se trouvent dispersées à l’heure actuelle dans maints périodiques dont les orientations diverses ne permettent pas d’embrasser dans leur ensemble les multiples applications de cette branche de la microbiologie qui depuis l’ère pasteurienne, a pris une extension énorme.
- L’homme de laboratoire doit connaître les principes généraux de cette science; le clinicien doit être rapidement au courant de ses applications. L’immunité proprement dite, l’anaphylaxie, l’allergie fournissent constamment des procédés d’investigation et des suggestions thérapeutiques. Cette nouvelle revue suivra ce mouvement continu, ces progrès incessants dont elle informera biologistes et cliniciens.
- L’an née psitch O logique', par Henri Piéron. XXXIVe année, 1933. 2 vol. in-8, 1167 p., lig. Alcan, Paris, 1934. Prix : 120 fr.
- Ouvrage fondamental, l'Année psyrhnlogique donne chaque année le tableau le plus complet du mouvement psychologique contemporain. On trouve dans ce 34° volume, comme dans les précédents, des mémoires originaux représentant l’activité considérable du laboratoire de psychologie de la Sorbonne et des analyses — 1950 cette fois-ci — - de fous les travaux publiés en France et à l’étranger dans la même discipline. Les mémoires traitent de sujets en cours d’études : les sens vibro-tactiles et leurs rapports avec le langage parlé; les intervalles entre les lectures et leur influence sur la fixation; le temps d’action des accroissements de brillance juste perceptibles; la méthode statistique de mesure; la conduite psychologique devant l’effort mental imposé; l’effet de la récompense différée sur l’apprentissage; les sons de voyelles; l’intelligence des anormaux de caractère; le mécanisme physiologique impliqué par l’échelon différentiel de sensation; les variations des seuils auditifs en fonction de l’intensité initiale du stimulus; la perception du mouvement apparent. Suivent les
- analyses bibliographiques, concrètes, vivantes, méthodiquement classées, qui vont de la psychologie générale, de l’anatomie et de la physiologie nerveuse, jusqu’aux multiples applications à la pédagogie, à l’orientation professionnelle à la criminalité, à la publicité, à l’organisation du travail et à la sélection des travailleurs. C’est dire l’énorme champ embrassé par cette œuvre considérable qui intéresse toutes les curiosités, toutes les activités.
- La Géogra phie humaine., par Jean Brunhes, 4° édition, revue et augmentée par Mariel Jean-Brunhes, Delamarre et Pierre Deffontaines. 3 vol. in-8, Alcan, Paris. 1934.
- L’œuvre magistrale de Jean Brunhes, qui avait déjà eu trois éditions du vivant de son auteur (mort en 1930), vient d’être remise au point par la fille de l’éminent géographe et un de ses disciples les plus distingués qui avait déjà été son collaborateur. L’ouvrage est tenu au courant des transformations survenues pendant ces dix dernières années (la 3e édition datait de 1925). Divers chapitres ont été revus par des spécialistes. Enfin on a ajouté une bibliographie annexe, mentionnant les principaux ouvrages parus depuis 1925.
- La grande passion d'un petit peuple, par Victor For-bin, 1 vol., 256 pages. Éditions Baudinière, Paris, 1935.
- C’est au peuple acadien que Victor Forbin consacre son dernier ouvrage. L’histoire tragique et admirable du peuple acadien ne peut laisser insensible aucun cœur français; un petit noyau de paysans français, implantés à l'embouchure du Saint-Laurent, a prospéré au cours du xviie siècle; en 1713 le traité d’Utrecht les fait passer sous la domination anglaise; ils restent Français de cœur et de langage, tout en se pliant à la nouvelle domination, et restent neutres dans la lutte qui en 1744 s’allume au Canada entre France et Angleterre; cependant, le 31 juillet 1755, les Acadiens traîtreusement rassemblés dans leurs églises, se voient embarqués de force et dispersés au hasard dans toute l’Amérique du Nord. Cette barbare tentative de destruction d’un peuple, ce grand « dérangement », devait être suivi de la plus extraordinaire résurrection que l’histoire ait jamais enregistrée; peu à peu avec une invincible ténacité, les Acadiens ou leurs descendants se sont rassemblés au pays natal; par leur travail, ils y ont reconquis les terres qui leur lurent ravies; par leur natalité, ils y conquièrent la prédominance numérique sur la population anglaise, et aujourd’hui ils ont réussi à assurer le maintien de leur langue ainsi que le respect de leurs organisations.
- Victor Forbin nous redit, en des chapitres émouvants, cette tragique et admirable histoire; rpais il ne se contente pas de résumer les faits connus; il est allé, sur place, respirer l’atmosphère de l’Acadie contemporaine et rien n’est plus attachant que les scènes qu’il nous décrit, prises sur le vif, au milieu de ces paysans de souciie française, si touchants par leurs vertus patriarcales et leur attachement aux traditions de la mère patrie.
- La nature. Conception et morale biologiques, par Charles Nicolle. 1 vol. in-16, 131 p. Bibliothèque de philosophie contemporaine. Alcan, Paris, 1934. Prix ; 12 fr.
- Le professeur du Collège de France examine ici les conditions biologiques de la connaissance et les limites organiques de la raison. Il met en garde contre notre logique qui ne peut embrasser la vie et notre notion fallacieuse du progrès. Cette incertitude ne facilite pas l’attitude morale à choisir en face de la vie, mais deux règles s'imposent cependant : devenir meilleur et agir comme si l’on devait toujours vivre.
- Statistique de ta population aloéritn e. Tome 1. Principales agglomérations. 1 vol. in-4, 312 p. Nombreuses cartes et graphiques. Imprimerie Pfister, Alger, 1934.
- Le recensement démographique de 1931 a fourni au service central de statistique du Gouvernement général de l’Algérie les éléments de cette publication donnant les mouvements de la population, la répartition des habitants selon la nationalité, la race, le sexe, l’âge, le lieu de naissance, l’état matrimonial, le degré d’instruction, les professions.
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- Etudes docimclogiques sur le perfectionnement des examens et concours, par H. Laugier, Henri Piéron, Mme Henri Piéron, Dr E. Toulouse et Mlle Weinberg. 1 vol. in-8, 89 p. Publications du Travail humain. Conservatoire national des Arts et Métiers, Paris. Prix : 15 fr.
- Les examens et les concours sont la base de la sélection qui doit mettre chacun à sa place, fournir aux besoins de l’État, distinguer les élites. Mais ne faudrait-il pas les examiner- eux-mêmes ? C’est ce qu’ont fait en ces dernières années les auteurs dont les travaux viennent d’être rassemblés. Ils ont su doser la part d’incertitude due à la psychologie des examinateurs, la valeur et les limites du mode d’examen, les facteurs subjectifs provenant des candidats et ils aboutissent à considérer qu’une série d’épreuves constituées par des tests et des enquêtes physiologiques et psychologiques étendues auraient une tout autre précision.
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- NOTES ET INFORMATIONS
- RADIOÉLECTRICITÉ
- L’antenne antifading du poste de radiodiffusion de
- Munich.
- Les bons résultats obtenus à la station d’émission de Fribourg (Bade) ont engagé les inventeurs d’une nouvelle antenne réduisant le fading à installer ce même système à la station de grande puissance de Munich.
- En supprimant le rayonnement d’énergie à grand angle au profit du rayonnement horizontal, cette antenne obtient un double résultat : d’une part, elle augmente, en effet, la portée de l’émetteur, grâce au retard apporté à la naissance du fading-, d’autre part, elle accroît l’intensité du champ électrique dans le sol, ce qui équivaut à une augmentation de l’intensité acoustique reçue. Celle qu’elle réalise ainsi, de jour, à la station de Munich équivaut à celle que l’ancienne antenne donnerait avec une énergie d’émission double. Si les frais de construction sont légèrement supérieurs à ceux d’une antenne normale, c’est peu de chose auprès de l’excédent de coût correspondant au doublement de rendement, abstraction faite de l’avantage ultérieur que constitue la réduction du fading.
- L’antenne proprement dite se compose de deux fds verticaux tendus de côté et d’autre d’un mât en bois de 163 m de haut; allant du sommet jusqu’à 80 m au-dessus du sol, ces fds sont interrompus au milieu, à 120 m de hauteur. La capacité de l’antenne, à ses deux extrémités, se trouve aug-
- Fig. 2. — La grande bobine de syntonisation.
- mentée par des systèmes de fils en forme d’éventail, réalisant une augmentation ultérieure du rendement (porté à 90 pour 100 en comparaison de 75 à 85 pour 100 dans le cas d’une antenne normale).
- L’apport d’énergie au dipôle est assuré par une ligne d'alimentation verticale, montant au milieu du mât jusqu’à 120 m de hauteur, où une cabine, portée par une petite plateforme, renferme la bobine de syntonisation du bipôle et la bobine d’ac-couplage, ainsi que d’autres dispositifs de mise d’accord destinés à assurer la transmission du rendement. Une grande bobine de syntonisation de 3 m de haut par 1 m de diamètre, munie de céramique moderne réduisant les pertes, est particulièrement intéressante par le rendement élevé qu’elle réalise. La ligne d’alimentation verticale, interrompue à 80 m de hauteur, comporte dans la cabine y installée un dispositif de compensation de réaction d’antenne, qui, évidemment, contribue beaucoup à améliorer le diagramme de rayonnement. L’adaptation de la ligne d’alimentation verticale au conducteur apportant l’énergie de l’émetteur se fait dans la cabine de couplage installée sur le sol, immédiatement au-dessous de la tour.
- Pour des buts expérimentaux, il est quelquefois utile de convertir l’antenne à dipôle temporairement en une antenne normale; on a prévu, à cet effet, deux commutateurs, fixés respectivement à 80 et à 120 m de hauteur et actionnés au moyen de longues cordes en chanvre. Dr A. G.
- Constructeurs : C. Lorenz A. G., à Berlin-Tempelhof (Lorenzweg).
- TRAVAUX PUBLICS L’achèvement du pont du Zambèze.
- Le pont du Bas-Zambèze, dont nous avons entretenu nos lecteurs dans La Nature du 15 octobre 1933, a pu être achevé récemment, en avance sur les prévisions; mis en service dans le courant du mois de janvier, il ne sera inauguré officiellement qu’au mois d’avril ou mai, quand la saison sèche permettra d’organiser une cérémonie et d’y inviter des personnalités britanniques, sud-africaines et portugaises.
- Il n’est sans doute pas inutile de rappeler que ce pont franchit le Zambèze dans sa partie inférieure, sur le territoire
- Fig. 1. — La nouvelie antenne antifading de Munich.
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- du Mozambique; le fleuve y atteignant une largeur énorme à l’époque des hautes eaux, d’autant plus qu’il coule sur des bancs de sable, le pont a un développement qui en fait le plus grand du monde : il mesure plus de 3600 m, et compte trente-trois arches. Il a fallu chercher le bon sol à de grandes profondeurs et le pont repose sur des caissons de béton enfouis dans le sable.
- Grâce à ce pont, le port de Beira se trouve directement relié au Nyassaland et quand le chemin de fer aura été prolongé vers le Nord, il y aura une communication ferroviaire facile entre le lac Nyassa et la mer. C’est une nouvelle étape dans la pénétration du continent noir. C’est aussi l’achèvement d’un projet grandiose, né avant la guerre et retardé par elle.
- Les trois photographies que nous donnons ici marquent la rapidité extraordinaire des travaux durant la dernière période. La dernière arche fut en effet posée à la fin de novembre, alors que les vues prises en juin 1934 montrent un grand nombre de piles
- du pont de Sena à Mutarara, on jugera que c’est là un beau tour de force de la part des ingénieurs et des entrepreneurs.
- C. C.
- CHIMIE INDUSTRIELLE
- La soie artificielle s’appellera désormais « Rayonne. »
- Voici un nouveau mot qui entre dans le dictionnaire, il offre cette particularité d’être une création légale. Les noms d’unités mis à pari, c’est peut-être la première fois que la loi, en France, forge un mot nouveau et en impose l’emploi.
- En vertu de la loi du 8 juillet 1934 sur la répression des fraudes dans la vente de la soie et des tissus de soie, la déno-
- Fig. 1 (à gauche). — Les piles prêtes à recevoir le pont.
- Fig. 2 (en haut, à droite). — La fin des travaux de pose du tablier. Fig. 3 (au-dessous). —• Les arches principales. (Photos Cleveland Bridge
- and Engineering Co.)
- de maçonnerie terminées, mais ne portant pas la moindre construction métallique. Il est vrai de dire que la saison de juin à novembre est celle de la sécheresse et des basses eaux, durant laquelle le travail peut être conduit avec le moins de difficultés et le maximum de rendement, une partie des grands bancs de sable se trouvant alors à découvert.
- Voici d’ailleurs le chronologie exacte de la construction : Lesr fondations pour les 33 arches principales étaient terminées avant la crue de décembre 1933 — à l’exception de deux d’entre elles qui furent complétées après la décrue de 1934. En outre, sept fondations pour les petites arches de 165 pieds (50 m environ) avaient été commencées en 1933 et furent finies en juin 1934. Depuis le retrait des eaux en 1934, les constructeurs britanniques ont élevé 17 arches principales et les 7 petites. Si l’on considère l’éloignement et l’isolement
- mination « soie artificielle » ne peut plus être commercialement employée.
- Le décret du 10 janvier 1935 prescrit dans le tarif douanier le remplacement de la dénomination « soie artificielle » par l’appellation « Rayonne ».
- Le mot « Rayonne » est l’adaptation française du mot américain « Rayon », employé outre-Atlantique pour désigner la soie artificielle. Le nouveau mot imposé par la loi a peut-être l’avantage de la commodité, au point de vue douanier.
- Cependant ce choix ne paraît pas très heureux; en français il évoque tout autre chose que l’idée de soie artificielle. Puisqu’un mot nouveau s’imposait, pourquoi n’avoir pas adopté Chardonne, qui eût rappelé fort à propos le véritable inventeur de la soie artificielle, le français de Chardonnet.
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- INVENTIONS ET NOUVEAUTÉS
- OPTIQUE
- Un microscope binoculaire redresseur simplifié.
- Le microscope est un instrument idéal de vulgarisation scientifique, mais son emploi, même lorsqu’il s’agit de modèles simplifiés, est relativement difficile pour le non-initié, parce que les objets à examiner doivent être d’abord traités, colorés, sinon séparés en coupes difficiles à exécuter avant d’être observés dans l’appareil.
- Le microscope ordinaire ne se prête donc qu’à un champ d’études relativement restreint, si l’on n’a pas de connaissances spéciales. 11 permet assez mal l’observation des objets opaques; les images obtenues sont inversées, et, enfin, il ne peut fournir la sensation du relief, puisqu’on n’examine qu’un seul plan, avec un seul œil, au moyen d’un seul oculaire.
- Les microscopes' binoculaires à prismes, permettant le redressement de l’image et la vision du relief, sont employés depuis quelque temps déjà dans les laboratoires et permettent, dans nombre de cas, d’obtenir des observations impossibles à réaliser avec les modèles ordinaires monoculaires. Ce sont cependant des appareils de précision, très coûteux, réservés à des spécialistes.
- Un constructeur français bien connu a eu l’idée d’établir un modèle simplifié de microscope binoculaire doué cependant de qualités optiques suffisantes, et mis par sa simplicité et son prix de vente réduit à la portée des praticiens non spécialistes, et même du grand public.
- Cet appareil donne une image agrandie de l’objet lui-même, dans sa position normale et avec son relief exact. Il comporte deux objectifs achromatiques, fixés sur des boîtiers contenant les prismes redresseurs. La netteté de l’image est donc très satisfaisante jusque sur les bords, sans effet de distorsion ou d’irisation, et la sensation de relief est très précieuse.
- En surfaces le grossissement obtenu peut varier de 145 à 1600, suivant la paire d’oculaires employés, mais la sensation virtuelle du grossissement est encore améliorée par le fait que l’observation ne s’effectue pas seulement dans un plan.
- Fabriqué avec précision et très robuste, cet instrument est particulièrement précieux pour l’examen des objets opaques ; il peut être utile à tous les techniciens et praticiens pour l’étude des questions les plus variées. C’est ainsi qu’il peut servir en botanique, en zoologie, en biologie, en minéralogie, en contrôle industriel, dans les services de répression des fraudes, dans les recherches judiciaires, et toutes les fois qu’il convient de se rendre compte des modifications de formes d’une pièce mécanique de très petites dimensions.
- C’est ainsi que nous avons eu l’occasion de l’utiliser avec succès pour l’étude de l’usure produite par les sillons phonographiques sur différentes formes d’aiguilles de reproduction et la meilleure forme à adopter dans des cas déterminés.
- Il n’est même pas besoin d’avoir en vue un but d’un intérêt immédiat pour adopter un tel appareil, il peut être à portée de la main de tous ceux qui veulent simplement s’instruire.
- Constructeur : Nacliet, 17, rue Saint-Séverin, Paris (5e).
- ÉLECTRICITÉ
- Un système protecteur contre le vol et l’incendie actionné par le courant alternatif.
- Il existe un grand, nombre de dispositifs protecteurs et avertisseurs, sonores ou lumineux actionnés, par le courant électrique, et un certain nombre de ces procédés ont déjà
- MBj
- Fig. 1. — Microscope binoculaire redresseur simplifié.
- été décrits dans la revue. La plupart du temps, les fils des circuits d’alarme sont parcourus par un courant continu; leur coupure provoque la mise en action d’un relais qui, à son tour, déclenche des avertisseurs sonores ou lumineux. Il existe également des systèmes de contacts sensibles, dont la mise en action par un effort très léger détermine aussi la mise en fonctionnement des avertisseurs.
- Il est rare qu’il ne soit pas nécessaire d’utiliser des piles ou des accumulateurs, ou d’employer le courant du secteur, même au repos. Un inventeur connu a eu pourtant l’idée d’établir
- Fig. 2. — Principe du système avertisseur A. Soulier.
- Secteur
- Sonn erie
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- Distributeur 110 Y
- Cl ntact
- Porte
- Bouton
- d'appel
- Incendie
- fusiblé
- Fenêtre
- Fig. 3. — Réseau avertisseur simple établi sur le principe de M. Soulier.
- un dispositif particulièrement simple fonctionnant sur le courant alternatif, et ne consommant rien au repos.
- Ce dispositif fonctionne uniquement sur le courant alternatif d’un secteur et son schéma de principe est indiqué sur la figure 2. Il comporte un fusible bipolaire F1 F2, auquel sont branchés les fils du secteur 110 ou 220 v. A ces fusibles sont reliés deux fils aboutissant chacun à l’une des armatures d’un condensateur C1 et C2, de 1 ou 2 microfarads, suivant que la tension est de 220 ou de 110 v.
- Les autres armatures de ces condensateurs sont reliées aux bornes d’une sonnerie électrique polarisée; d’autre part, ces armatures sont mises en court-circuit par l’intermédiaire de deux fils sur lesquels on intercale des contacts coupant le courant quand on les actionne, au contraire des systèmes habituels. Ces contacts P1 et P2 sont des boutons d’appel de sûreté de modèles quelconques.
- Le fonctionnement de l’appareil est facile à comprendre. En temps normal, les deux bornes de la sonnerie sont en court-circuit. Dès que le circuit extérieur est interrompu par l’ouverture d’un contact, la sonnerie fonctionne sous l’action du courant alternatif qui lui est transmis par les condensateurs.
- Toute coupure du circuit, soit volontaire, soit involontaire, détermine donc la mise en action de la sonnerie. Il en est ainsi si l’on coupe les fils du réseau de sûreté, ou s’il est détérioré par l’humidité. En intercalant des fusibles fondant à basse température, on établit un réseau détecteur d'incendie très simple.
- On peut même faire passer le courant par les portes et les fenêtres, comme il est indiqué par la figure 3.
- La serrure de la porte ou la crémone de la fenêtre font alors office de contacts.
- Comme ils sont manœuvrés constamment, ils sont généralement bien décapés et le contact est satisfaisant. Il faut simplement se rappeler qu’on doit disposer tous les contacts en série, et non en parallèle.
- On prévoit simplement un interrupteur, isolant une partie de l’installation, s’il y a lieu, pendant le jour, afin de ne pas avoir un fonctionnement continu.
- Grâce à ce système de condensateurs, le courant est déphasé de 90° en avant, et le compteur ne tourne que lorsque la sonnerie fonctionne.
- Ce montage simple peut être évidemment réalisé rapidement avec des condensateurs, et une sonnerie polarisée. Il est donc intéressant pour tout amateur électricien.
- Constructeur : Établissements Vanet et Collot, 7, rue d’Hautpoul, Paris (19e).
- HYGIÈNE
- Pour boucher les fentes des parquets.
- Les parquets, si bien jointoyés soient-ils, ne le restent pas. Les variations de température et plus encore la sécheresse développée par le chauffage central font jouer les lattes et apparaître des fentes, qui deviennent énormes en certains points.
- La poussière y entre que le balai n’enlève pas; les épingles, les pointes y glissent qui peuvent blesser quand le balai les redresse, la tête coincée au fond. Les œufs et les larves des mites, des puces s’y réfugient.
- Il devient difficile de maintenir propre et sain un plancher disjoint.
- Divers remèdes ont été proposés : le resserrage ou rejointoyage, c’est-à-dire le remaniement de tout le parquet, impossible dans une maison habitée; le « flipotage » qui consiste à glisser des baguettes de bois calibrées dans toutes les fentes, mais c’est un travail fort long, impossible dans les fissures les plus étroites.
- Enfin, il y a le mastiquage qui est de beaucoup le plus simple et le plus économique.
- Mais le mastic à employer doit être parfaitement choisi. Il lui faut être assez souple au moment de l’emploi pour pénétrer jusqu’au fond des fentes, condition de sa durée. Il faut qu’il durcisse ensuite pour ne pas adhérer aux tapis et aux chaussures. Il faut qu’il reste en tous temps élastique, pour ne pas se craqueler quand le bois joue.
- On a donné diverses formules de mélanges répondant plus ou moins bien à toutes ces conditions.
- Ceux à base de cire ou de résine doivent être chauffés au moment de l’emploi.
- Voici une autre formule de joint s’appliquant à froid et durcissant en moins de deux jours.
- C’est un ciment à base de farine de bois qu’on prépare extemporanément, au moment de l’emploi. Il se présente sous forme d’un sac de poudre de bois clair et d’un bidon de liquide qu’on vide sur la poudre et qu’on gâche avec elle jusqu’à consistance de mastic.
- On peut teinter la poudre avec un peu de terre d’ombre ou de Sienne et ajuster ainsi sa couleur à celle du bois. L’application se fait avec une spatule, en poussant la pâte dans les fentes bien à fond.
- La maison « Blacksteel », 34, rue Guersant, Paris (17e), fournit les produits et en assure l’application, si on le désire.
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- BOITE AUX LETTRES
- COMMUNICATIONS
- A propos de la nouvelle singerie du Muséum
- (n° 2339).
- La Société des Artistes français nous signale que la nouvelle singerie du Muséum national d’Histoire naturelle est l’œuvre de M. Chausse-miche, architecte diplômé par le Gouvernement, membre de la Société des Artistes français.
- Nous regrettons d’avoir omis cette indication.
- A propos des réactions paradoxales en biologie (n° 294S).
- M. Jules Amar nous écrit:
- « Dans La Nature du lor mars 1935, p. 213. le Dr Bordier expose quelques faits intéressants concernant les réactions de la matière à tout agent qui tend à modifier son équilibre. Il rappelle la loi de Lenz en électricité, puis, passant aux organismes vivants, il montre que tout ce qui tend à abaisser les combustions cellulaires en provoque l’augmentation, et réciproquement, réflexe, ajoute-t-il, de nature nerveuse.
- Je ne veux point discuter certaines des observations physiologiques de M. Bordier; mais je pense avoir quelque droit pour signaler que ce qui semble être un « paradoxe » à votre collaborateur, que ledit mode de réaction, je l’avais, en 1919, il y a donc 16 ans, formulé et expliqué comme une grande loi.
- Voici, dans mon Éducition respiratoire (Dunod, 1919), à la page 56, la conclusion de mes expériences :
- QUESTIONS
- Emploi de cellules *' photoélectriques à contact imparfait.
- T.a cellule photoélectrique que vous nous indiquez est du type récent, dit « à contact imparfait », produisant un courant électrique directement sous l’action de la lumière. Cette cellule est assez différente des cellules au sélénium et des cellules photoémissives proprement dites, à vide et à gaz. Les premières produisent seulement des variations de résistance sous l’action de la lumière, les autres exigent l’emploi de batteries auxiliaires et sont relativement beaucoup moins sensibles.
- Ces cellules à contact imparfait, comme les cellules photovoltaïques plus anciennes, sont plus sensibles, et peuvent actionner directement un appareil de mesure ou même un relais sensible. Elles se composent simplement d’une couche très mince de métal formant cathode séparée par un semi-conducteur assez mince également d’une plaque métallique formant l’anode.
- On a réussi, semble-t-il, à fabriquer d’une manière assez régulière ces éléments pour obtenir des résultats constants et durables. Ils servent, d’ailleurs, maintenant très fréquemment pour la télémécanique ou la photométrie. Vous avez pu ainsi lire dans La Nature plusieurs descriptions de posomètres pour la photographie ou la cinématographie construits avec des cellules de ce genre, et permettant la lecture directe.
- Tout en étant relativement faible, l’inertie de ces systèmes ne permet pas jusqu’à présent leur emploi toutes les fois qu’il s’agit de traduire des variations lumineuses très rapides d’une fréquence de l’ordre musical, et, a fortiori, à haute fréquence. C’est pourquoi on ne les utilise pas encore en cinématographie sonore et en télévision.
- Réponse à M. Jojan, à Corbeil (S.-et-O.).
- Perfectionnement d’un dispositif de reproduction phonographique.
- D’après les indications que vous donnez, nous pensons que vous utilisez un phonographe électrique constitué par l’adaptation d’un pick-up électromagnétique avec moteur tourne-disques à votre récepteur de T. S. F. Le pick-up agit sans doute sur la lampe détectrice du poste, jouant le rôle de première amplificatrice basse fréquence, et la lampe de sortie de l’appareil est reliée aux deux haut-parleurs montés en dérivation.
- Dans ces conditions, il est vraisemblable, comme vous l’indiquez, que l’intensité de l’audition est insuffisante pour une salle de danse. L’étage de sortie du poste récepteur de T. S. F. n’est étudié norma-
- On peut formuler cette loi générale que nous appellerons loi de ‘ viviréaction : Tout acte pathologique ou physico-chimique qui tend à * atténuer les phénomènes d'oxydation organique provoque, par un méca-“ nisme de défense, un accroissement relatif de la respiration. Dans le « monde biologique, cette loi nous paraît équivalente à la loi de “ Newton sur « l’action et la réaction »... Qu’y a-t-il au fond de cette « constatation ? Indubitablement, la présence d’un mécanisme ner-« veux réactionnel ou réflexe. Dans le monde végétal, la réaction est « protoplasmique, à effets limités et faiblement défensifs; ils sont « encore moins sensibles dans le monde inorganique (loi de Lenz en « électricité) ».
- Toutes nos expériences, citées à l’appui, se rapportent aux combustions cellulaires dans l’état normal ou pathologique. La loi de viviréaction est simplement l’expression de la défense organique, marquée surtout chez les homéothermes. On sait, par exemple, que la vie en altitude, où l’oxygène est plus rare qu’en plaine, provoque une ventilation plus large, et à la longue un accroissement numérique des globules rouges, compensation par la surface qui véhicule l’oxygène. La loi de viviréaction a fait l’objet, de notre part, de trois communications, présentées par mon maître d’Arsonval à l’Académie des Sciences en 1923 (tomes 176, p. 921 et 1021; 177, p. 350, et aussi d’une étude plus complète, avec applications aux réactions leucocytaires (immunité, défense antitoxique et anti-infectieuse) dans notre grand Traité d'hygiène sociale (Dunod, 1927), livre III, chap. 2 en entier. »
- ' RÉPONSES
- lement, en effet, que pour obtenir une audition d’intensité moyenne dans un appartement.
- Pour augmenter l’intensité d’audition, on pourrait d’abord songer à utiliser la première lampe amplificatrice du récepteur de T. S. F. et à la faire suivre d’un étage de puissance avec lampe pentode ou triode alimentée sous forte tension plaque et permettant d’obtenir une puissance de l’ordre de 5 watts modulés, par exemple, au minimum. L’alimentation de cette lampe serait obtenue séparément avec un système de valve et de circuit-filtre.
- Il serait peut-être aussi simple d’adopter un amplificateur spécial pour la reproduction phonographique comportant, par exemple, une première lampe d’entrée, une ou deux lampes de sortie, et deux valves d’alimentation. Votre pick-up avec moteur tourne-disques serait adapté à la première lampe de cet amplificateur, et les haut-parleurs seraient connectés à l’étage de sortie.
- Le montage d’amplificateurs de ce genre n’offre pas de difficultés spéciales. Nous sommes, d’ailleurs, à votre disposition pour vous donner des indications, si vous le désirez, sur l’un ou l’autre de schémas correspondants.
- Nous vous signalons, par ailleurs, qu’on peut maintenant trouver facilement dans le commerce des amplificateurs de ce genre équipés avec des lampes européennes ou américaines, et d’un prix relativement réduit. Nous pouvons également vous donner les adresses des constructeurs spécialisés dans la fabrication de ce genre d’appareils.
- Réponse à M. Guilloteau, à Saint-Martin-les-Bois (L.-et-C.).
- Réception des émissions de radio=vision.
- A l’heure actuelle, les émissions de radio-vision françaises sont effectuées uniquement par l’intermédiaire du poste de l’Ecole supérieure des P. T. T., deux fois par semaine l’après-midi, et sur la longueur d’onde habituelle de ce poste. Ces émissions se font avec un balayage de 30 lignes seulement, et suivant le système Barthélemy, c’est-à-dire avec l’exploration horizontale et transmission de 16 images par seconde.
- Un poste à ondes très courtes, de l’ordre de 6 m, doit cependant être installé très prochainement au Ministère des P. T. T. Il servira à la transmission d’images de télécinématographie assez détaillées avec un balayage de 180 lignes. Ces images pourront être reçues au moyen d’un poste récepteur à ondes très courtes et d’un système de radiovision à oscillographe cathodique.
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- Des articles sur cette question paraîtront dans La Nature. Vous pouvez trouver des indications à ce sujet dans l’ouvrage « La télévision et ses progrès » (Dunod, éditeur).
- Réponse à M. De Le Court, à Paris.
- Perfectionnement d'un récepteur de T. S. F.
- Les bruits parasites produits par les haut-parleurs de votre récepteur peuvent être dus, soit à une défectuosité du poste, et spécialement de l’étage de sortie, soit à un défaut du haut-parleur lui-même. Comme les phénomènes constatés ne se produisent qu’au moment où l’intensité sonore est très grande, nous pensons qu’ils sont dus plutôt à ce haut-parleur. Il faudrait donc que vous vérifiiez si le centrage de la bobine mobile du haut-parleur est bien exécuté, et, si au cours de ses déplacements les plus importants, cette bobine mobile ne vient pas en contact avec les pièces polaires du haut-parleur. Peut-être également le diffuseur a-t-il subi une détérioration quelconque et sa tension n’est-elle plus suffisante. Un simple examen superficiel suffit pour s’en rendre compte.
- 2° Le bouton de tonalité de votre poste devrait vous permettre de faire varier à volonté la tonalité générale de l’audition, de manière, tout au moins, à atténuer les notes aiguës. Nous ne comprenons donc pas bien le phénomène qui se produit lorsque vous tournez le bouton de ce dispositif. Peut-être s’agit-il d’un effet Larsen déterminant la production d’un son continu dans le haut-parleur, celui-ci étant trop rapproché de la masse du châssis, insuffisamment blindé, et la lampe détectrice produisant un effet microphonique. Il serait facile de s’en rendre compte en éloignant provisoirement le haut-parleur au moyen d’un câble de connexion.
- Réponse à M. le docteur S., à Saint-Gobain (Aisne).
- Direction à droite ou à gauche.
- L’article paru dans la chronique d’Automobile pralinue au sujet de la question de la direction à droite ou à gauche a particulièrement intéressé nos lecteurs. Vous pourrez lire, d’ailleurs, une note complémentaire à ce sujet dans un prochain numéro de la revue.
- La très grande majorité de nos correspondants se déclarent partisans de la direction à droite et indiquent même des avantages supplémentaires de cette solution. Nous croyons, d’autre part, qu’une grande revue d’automobile spécialisée avait organisé, il y a quelque temps, un referendum sur cette question. Le résultat, était bien conforme aux indications données, et confirmait le désir d’une grande partie de la clientèle automobile de conserver la direction à droite.
- Parmi les marques que vous citez comme ayant conservé la solution de la direction à droite, plusieurs, malheureusement, ont été dans la nécessité de réduire leur fabrication, ou même de l’arrêter à peu près complètement; d’autres ont adopté la direction à gauche.
- Le succès des trois grandes marques françaises ayant adopté, les premières, la direction à gauche ne semble pas dû, comme vous le pensez, à cette innovation, mais plutôt au fait qu’elles fabriquent en série des modèles convenant à la clientèle moyenne et à des prix relativement réduits. A elles seules, ces trois grandes sociétés construisent, à l’heure actuelle, la plus grande proportion des voitures utilisées en France.
- D’ailleurs, la plupart des constructeurs d’automobiles de grand tourisme et de luxe établissent leurs modèles avec la conduite à droite ou à gauche à la volonté du client. Nous ne pensons pas qu’il soit difficile, en réalité, d’obtenir un châssis avec la direction à gauche, si vous préférez cette solution.
- Cette question, comme beaucoup d’autres du même genre, comporte un grand nombre d’arguments pour et contre que les partisans de l’une ou l’autre solution peuvent présenter. Nous serons toujours disposés volontiers à faire connaître les avantages que vous reconnaissez à la direction à gauche, de même que les arguments des partisans de la direction à droite. Réponse à M. le docteur R. A. S., à Paris.
- Installation publicitaire sur automobile.
- Une installation publicitaire sur automobile comporte, en principe, nn microphone, un amplificateur et un haut-parleur. Le haut-parleur est généralement placé sur le toit de la voiture, et il est bon d’éloigner autant que possible le microphone de l’amplificateur, afin d’éviter les effets de réaction basse fréquence. D’ailleurs, tous les câbles de liaison doivent, en principe, être blindés sous tube métallique relié à la masse, afin d’éviter les actions mutuelles gênantes.
- Dans une automobile, on ne peut disposer normalement d’une source
- de tension plaque élevée, puisqu’on n’a pas â sa disposition le courant d’un secteur. Il faut donc avoir recours, si l’on ne veut pas adopter des batteries d’accumulateurs haute tension d’un emploi assez désagréable, à un système convertisseur alimenté par une batterie d’accumulateurs à forte capacité, mais â faible tension; cette densité peut être celle de la voiture, et permet d’obtenir un courant alternatif à haute tension redressé ensuite à l’aide de valves, et filtré. C’est là une méthode qui est, d’ailleurs, adoptée maintenant pour l’établissement des postes-récepteurs radiophoniques pour automobiles sur lesquels des indications ont déjà été données dans la revue.
- Les amplificateurs utilisés comportent dans les modèles les plus récents, des lampes à chauffage indirect dont les éléments chauffants sont alimentés en parallèle, et sur les plaques on applique une tension relativement élevée obtenue grâce au système convertisseur indiqué. Cette tension ne peut être pourtant du même ordre que celle qu’on obtient avec le courant d’un secteur alternatif; on est donc obligé d’avoir recours à des lampes de sortie placées en parallèle, ou montées en push-pull. Le système de montage dit «classe R «qui permet de diminuer l’intensité du courant continu de plaque, tout en conservant la même puissance modulée est, en principe, particulièrement recommandable dans ce cas.
- Ainsi, grâce aux méthodes de construction récentes appliquées, en particulier, sur les postes récepteurs pour automobiles, la construction des appareils de diffusion publicitaire de puissance moyenne peut être rendue notablement plus facile.
- Parmi les constructeurs pouvant étudier spécialement la construction d’un dispositif de ce genre, nous vous indiquerons par exemple :
- Etablissements Film et Radio, 5, rue Denis-Poisson, Paris (xvn0).
- Réponse à M. Guilloteau, à Saint-Martin-des-Bois (L.-et-C.).
- De tout un peu.
- M. Nicolas Durand, Mexico. — 11 est normal que du papier pour oléobromie, vieux de cinq ans, présente des tendances à l’insolubilisation. Très probablement, ces papiers peuvent encore être utilisés en effectuant le gonflement avec de l’eau additionnée d’eàu de Javel (hypochlorite de soude), dont l’action est très énergique. Essayer d’abord avec 2 ou 3 pour 100 d’eau de Javel et augmenter au besoin la dose suivant le degré d’insolubilisation.
- M. le Dr M. K., à Paris. — Etant donné que le produit employé par votre spécialiste pour la destruction des punaises est « un remède secret », il nous est assez difficile de préjuger la nature des résidus malodorants qu’il a laissés dans la pièce; toutefois l’emploi du soufre étant le plus habituel, on peut supposer qu’il s’agit de vapeurs d’acide sulfureux et d’hydrogène sulfuré.
- Dans ce cas, le mieux serait, à notre avis, de les oxyder, ce qui, croyons-nous, pourrait être réalisé assez facilement en plaçant dans la chambre quelques soucoupes contenant de la teinture d'iode.
- Le procédé aurait l’avantage d’être tout à fait inofïensif, mais il faudra prendre soin d’enlever au préalable tous objets métalliques, pendules, flambeaux, etc., qui pourraient se mal trouver du voisinage.
- N. B. — Attendre bien entendu que l’iode ait disparu des soucoupes avant d’aérer.
- M. Charpentier, à St-Andeux (Côte-d’Or). — 1° Vous pouvez prendre comme type de peinture à la caséine la formule suivante :
- Caséine sèche.......................150 grammes
- Carbonate de soude pulvérisé........ 50 —
- Pigment............................. 800 —
- Ces peintures sont généralement livrées par le commerce à l’état de poudres que l’on délaye seulement au moment de l’emploi, avec de l’eau tiède.
- Pour les rendre lavables, on y ajoute de l’alun ou du formol, parfois une émulsion d’huile.
- 2° Ouvrage très complet pouvant être consulté :
- Couleurs et peintures, par Coffignier, éditeur Baillière, 19, rue Haute-feuille, Paris.
- M. Bruno Gaillard, à Chavagne. — Le bleu de méthylène étant une couleur dérivée de la houille, vous pourrez sans inconvénient lui substituer dans la confection de votre encre toute autre couleur dite d’aniline soluble dans l’alcool : nigrosine, noir hydra, etc., que vous trouverez chez tous les marchands de produits chimiques.
- M. Bauret, à Rochefort. — A notre connaissance le caoutchouc chloré ne se trouve pas dans le commerce. La Maison Neveu, 20, rue Gay-Lussac, pourra certainement vous fixer sur ce point.
- Le Gérant : G. Masson.
- 65gi. — lmp. Lahure, 9, rue de Fleurus, Paris. — 1-4-1930. — Published in h rance.
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- N° 2951. — 15 Avril 1935. \;
- Paraissant le i** et Je i5 de chaque mois.
- Prix du Numéro : 4 frar
- pour la vente en France.
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- Paraît le 1er et le 15 de chaque mois (48 pages par numéro)
- LA NATURE
- , MASSON et Cie, Editeurs, no, Boulevard Saint-Germain, PARIS, VI* (J{. C. Seine : i5.x34) Tel. Danton 56.JJ*
- PRIX DE L’ABONNEMENT
- Tarif intérieur, France et Colonies : 12 mois (24 n**), 90 fr. ; — 6 mois (12 n“), 45 tr.
- Prix du numéro vendu en France : 4 fr.
- Tarif spécial pour la Belgique et le Luxembourg : 12 mois (24 n*‘), 105 fr. ; — 6 mois (12 n”) 53 fr.
- Tarif pour l’étranger : Tarifai
- Tarif extérieur n° 1 valable pour tous les pays ayant accepté une réduction de 50 pour 100 sur les affranchissements des périodiques : Albanie, Allemagne, Argentine, Autriche, Brésil, Bulgarie, Canada, Chili, Colombie, Congo belge, Costa-Ilica, Cuba, Egypte, Equateur, Espagne, Esthonie, Ethiopie, Finlande, Grèce, Guatemala, Haïti, Hedjaz, Honduras, Hongrie, Irak, Lettonie, Liberia, Lilhuanie, Mexique, Nicaragua, Panama, Paraguay, Pays-Bas, Perse, Pologne, Portugal et ses Colonies, République Dominicaine, Roumanie, Russie (U.R. S. S.), San Salvador, Serbie, Suisse, Tchécoslovaquie, Turquie, Union d’Afrique du Sud, Uruguay, Venezuela. Tarif extérieur n° 2 valable pour les autres pays.
- Réglement par mandat, chèques postaux (compte n* 599, Paris) ou chèque à l’ordre de Masson et C1*, sur une banque de Paris.
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- N° 295 J
- LA NATURE
- 15 Avril 1935
- UNE RECONSTITUTION DE ROME SOUS CONSTANTIN
- Vers 1900, un jeune architecte, « Prix de Rome », terminait son séjour dans la Ville Éternelle, et, selon l’usage, avant de quitter la Villa Médecis, il devait exécuter une reconstitution de monument historique. Les fréquentes promenades qu’il avait faites le long de la dépression entre le Palatin et l’Aventin; l’évocation de ce qu’avait été le Circus Maximus à l’époque de la grandeur romaine;
- Mais pour la perspective à vol d’oiseau qu’il avait l’intention d’établir, il ne suffisait pas d’avoir une maquette du Cirque : il fallait pousser plus loin, dresser de nouveau les palais et les temples sur le sommet du Palatin, et de l’Aventin et du Cœlius. La maquette s’étendit...
- Aujourd’hui, après plus de trente années, l’architecte
- V1''
- Capitole Champ de Mars Quirinal
- : Circus I Mausolée I Mausolée I
- Avcntin Maximus Palatin I d’Hadrien | d’Auguste |
- Thermes de Caracalla ] Via Cœlius | Colisée Thermes de Titus
- 1 Appia . Forum
- Aqua Appia
- Fig. 1. — La reconstitution de Rome exposée à l’Institut d’art et d’archéologie (photo Lucien Beaugers).
- le plaisir de rendre à la vie, ne fût-ce que par un dessin, des ruines illustres mais défigurées, tout enfin poussa l’artiste vers le choix de cette reconstitution.
- Le Circo Massimo s’appuie aux flancs des deux monts et jadis il y avait une communication directe entre le Palatin et les tribunes impériales. En cherchant sur place, on arrive, malgré les routes, les murs, les accumulations de terre rapportée, malgré l’usine à gaz et le cimetière israélite, à comprendre ce qu’était l’immensité de ce Stade où tenaient, a-t-on dit, 385 000 spectateurs. Mais les perspectives sont difficiles à retrouver.
- Le jeune architecte ne voulut pas se fier à sa seule imagination, ni aux travaux déjà faits. D’après les relevés des vestiges du Cirque, il construisit une maquette en terre glaise, qui reproduisait le monument antique dans ses moindres détails connus.
- épris de beauté romaine, M. Paul Bigot, membre de l’Institut, travaille encore à perfectionner dans ses moindres détails une reconstitution de la Rome des Césars, telle qu’elle apparut à l’apogée de sa puissance, sous Constantin, au ive siècle.
- L’ébauche du grand stade est devenue un plan en relief — si toutefois on peut employer une expression aussi contradictoire — qui couvre les deux cinquièmes de la Rome antique. La superficie, à l’échelle choisie de 2 mm, 5 par mètre, n’est pas inférieure à 49 m2. Dans sa plus grande longueur, le plan mesure 11 m, représentant plus de 4 km sur le terrain. En largeur, il a plus de 6 m, soit 2 km et demi.
- Pour parvenir à ce résultat extraordinaire, M. Paul Bigot n’a pas employé des méthodes autres que celles de la science archéologique et de la patience. On sait que
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- la bibliographie romaine est immense et que les travaux de l’Ecole de Rome et de tous les archéologues du xvne au xxe siècle ont accumulé une foule de renseignements. On a publié de nombreux plans de Rome antique et il y en a jusque dans les guides de touristes. Mais le plan est mort; la reconstitution en relief vit. Elle donne aux monuments leur signification et leur visage ; elle substitue des colonnes et des murs à des ronds et des traits sur un papier; elle rétablit la Ville.
- La genèse du travail reste donc assez simple dans son principe, autant l’œuvre est considérable dans son
- se raréfient; on ne sait plus s’il y avait des maisons, des jardins; toute restitution serait entachée de fantaisie; c’est aussi que l’aspect en manquerait d’intérêt, puisque aucun monument connu, aucun vestige important de l’antiquité n’en subsiste, sauf les aqueducs. Mieux valait concentrer le travail sur la partie centrale de Rome, sur la zone où s’est joué, pendant des siècles, le destin du monde.
- Après des vicissitudes auxquelles la guerre n’est pas étrangère, la reconstitution a trouvé, l’an dernier, un local digne d’elle, en haut de l’Institut d’Art et d’Archéo-
- Temple de Jupiter Palatin
- Circus Maximus Maison I Palais I Palais
- Via Nova Aqua Claudia Septizonium | Stade d’Auguste | Flavien | de Tibère et Caligula
- Temple de Claude divinisé Colosseum Thermes de Statue Temple de Vénus
- Titus et de de et Rome
- Trajan Néron
- Fig. 2. — La région du Colisée (photo Lucien Beaugers).
- ensemble. C’est la tache d’huile qui s’étend autour du Grand Cirque. Voie par voie et puis quartier par quartier.
- Mais la première ébauche était faite de terre glaise, matière ingrate, fragile, sans relief apparent. Un moulage de plâtre s’y substitua bientôt, et toute la ville se construisit ainsi par moulages successifs. Il fallut plus de dix ans pour parvenir à une première reconstitution d’ensemble, souvent modifiée depuis.
- Si elle ne couvre pas Rome tout entière, c’est d’abord que les quartiers un peu excentriques en sont mal connus; dès que l’on s’éloigne vers la périphérie, les documents
- logie, qui est situé, comme l’on sait, derrière le Luxembourg.
- Lorsqu’on examine de près la splendide maquette, on peut voir qu’elle est formée d’un certain nombre de morceaux qui s’emboîtent exactement l’un dans l’autre; il va de soi, en effet, qu’on n’aurait jamais pu faire un moulage d’une seule pièce de près de 50 m2 de superficie. Les morceaux, qui sont au nombre de 93, ont donc environ un demi-mètre carré chacun.
- Comme en témoignent les photographies, l’aspect èst très exactement celui d’une ville vue d’avion, encore
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- que le plâtre ait une blancheur qui n’est pas la couleur romaine.
- Cette question de coloration n’a pas été sans préoccuper M. Paul Bigot au cours de ses travaux. Mais il ne saurait être question de colorier la maquette, puisque aucun document certain ne nous reste pour nous apprendre quelle était la couleur des maisons romaines; toutes les tentatives d’approximation en ce sens risqueraient trop de s’écarter de la vérité.
- Le relief a donc conservé sa blancheur de plâtre. On en voit par ailleurs les inconvénients : une reconstitution comme celle-ci est faite pour durer, et pour être exposée
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- On pourrait, semble-t-il au premier abord, couler le bronze élément par élément. Chacun étant de petite dimension, il n’y aurait plus les mêmes inconvénients. Mais il ne faut pas oublier que le bronze subit un retrait au moment de la solidification ; ce retrait aurait sûrement pour effet une déformation du contour des éléments, qui ne s’emboîteraient plus les uns dans les autres. Ce serait donc un énorme travail pour un résultat plus que médiocre, qui montrerait des failles et des fentes dans la Ville Éternelle.
- L’autre méthode, plus moderne et infiniment moins heureuse du point de vue artistique, consisterait à faire
- Forum Boarium Palais de Tibère P* Sublicius P1 I Théâtre I
- Thermes de Decius Aventin Transtibérin | Æmilius | de Marcellus | Capitole
- Thermes de Caracalla Via Nova Via Appia Aqua Appia Circus Maximus | Stade | Temple de Claude
- Septizonium Maison d’Auguste
- Fig. 3. — L’Aventin et le Circus Maximus (photo Lucien Beaugers).
- à la vue du public. Si on peut la soustraire au toucher des doigts indiscrets, on ne saurait la préserver de la poussière et il est à redouter que peu à peu les moulages ne se ternissent et ne s’altèrent.
- Dès avant la guerre, on avait envisagé, et même commencé l’exécution d’un bronze. C’est une œuvre considérable en raison de la dimension de la pièce et du fini de son détail. Car, comme on le voit, les moindres traits de la Cité sont reproduits, les plus petites colonnes, les monuments des places publiques, les arbres probables... La réalisation technique offre donc des difficultés redoutables.
- une galvanoplastie de l’ensemble. L’idée n’en est pas encore définitivement écartée.
- Admettons même qu’on y parvienne : un autre problème va se poser. Telle que nous la voyons ici, c’est-à-dire photographiée dans l’atelier d’exposition, sous une lumière assez forte, la reconstitution donne bien idée de son relief, grâce à la blancheur du plâtre et à la crudité des contours et des ombres. Si elle était en bronze, on ne verrait presque rien que les grandes lignes à moins de dorer le bronze. Mais alors, est-ce que cette œuvre si savante, si intelligente et si utile ne prendrait pas un aspect de gigantesque surtout de table ?...
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- Forum Forums Basilique Are Palatin
- Temple Horluiorum Impériaux de de danus I
- Théâtre de Marccllus de Jupiter Capitolin | Vélabrc | Constantin Quadrifrons |
- Pont Pont I Enceinte Transtibérin Pont Æmilius Temple Forum Teiiiple Pont
- Fabricius Cestius | de de Boarium Se Sublicius
- Temple d’Esculape Servius Tellius Porlunus Yesta ou d’Hercule
- Fig. 4. — La boucle du Tibre (photo Lucien Beaugers).
- Le mieux est donc encore de nous contenter de ce que nous avons. Ce document, œuvre de toute une vie, est — hors la visite à Rome même — ce qui nous permet le
- Fig. 5. — Les thermes de Caracalla (photo Lucien Beaugers).
- mieux de comprendre ce que fut la Ville Éternelle. Pendant tout le cours de mes études classiques, je ne me souviens pas que l’on ait beaucoup tenté de me faire imaginer la topographie de Rome, et les rapports entre le Palatin, le Forum, le Capitole et les Forums Impériaux. Toute cette disposition à la fois magnifique et resserrée, ordonnée et discontinue, de Rome Antique, ressort immédiatement de l’examen de la reconstitution. Une demi-heure d’explications devant ce vivant modèle en apprend plus que ne feraient de longues séances de cours abstraits. Rome sort alors de son halo poussiéreux d’érudition livresque, pour prendre à nos yeux un aspect présent et palpable.
- Il devient aisé de se représenter ce qu’était une promenade au cœur de la ville impériale ; on se voit, par exemple, suivre la Via Nova, le long des Thermes de Caracalla; on trouve la ligne puissante du grand Aqueduc, un peu avant les structures du Circus Maximus llanqué à droite par les étages superposés du Septizo-nium, bastion du Palatin.
- On longe la colline des demeures impériales, et voici que l’on arrive en plein Forum : ce Forum qui a été un marécage, qui est maintenant un dédale de monuments splendides, et qui un jour sera le Campo Vaccino, le champ des vaches, pour les paysans italiens...
- Mais à quoi bon dire tous les enseignements que l’on tire de l’examen de cette maquette ? Chacun s’y guide
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- selon sa fantaisie, son ignorance ou son érudition : elle frappe singulièrement l’esprit. Et, pour l’avoir étudiée, j’ai pu, à Rome, mieux retrouver mon chemin à travers le passé, mieux faire surgir les palais et les temples détruits.
- On ne saurait, je crois, faire plus bel éloge de cette réussite étonnante, fruit de tant d’années de labeur inlassable. Aujourd’hui encore, M. Paul Bigot modifie et rectifie selon les dernières données de l’archéologie romaine.
- Toutes les clés ne sont pas encore retrouvées ; chaque fouille, chaque découverte apporte une précision nouvelle, éclaircit une incertitude, corrige une approximation. Car il y en a nécessairement, et il y en aura toujours.
- Mais elles sont insignifiantes en face de l’ensemble : cet ensemble où l’on devrait mener en pèlerinage les lycéens, à moins que, plus simplement, on ne projette sous leurs yeux des photographies de la Rome Antique dont ils verraient enfin le visage inconnu.
- Christian de Caters.
- Fig. i>. — Rome vue de la rive valicane (photo Lucien Beaugers).
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- LES CAUSES FINALES ET LA BIOLOGIE
- TOUT SE PASSE COMME SI LA NATURE AVAIT VOULU LA VIE ET L’INTELLIGENCE.
- Quels que soient les progrès de la technique, il est nécessaire parfois au technicien de faire halte et d’envisager les questions scientifiques à un point de vue plus général, je dirais philosophique si ce mot philosophique, appliqué aux sciences, n’avait pas une fâcheuse réputation.
- Extrêmement fâcheuse quand il s’agit des causes finales, sur lesquelles tant d’erreurs, voire tant de sottises, ont paru dans maints livres. Fénelon n’a-t-il pas presque dit que la lune avait pour fonction de nous éclairer pendant la nuit? Bernardin de Saint-Pierre a sérieusement (?) prétendu que le melon avait des côtes pour que les tranches pussent être facilement coupées en famille. On a eu l’audace de soutenir que la période carbonifère, en amassant le carbone et le pétrole dans le sous-sol terrestre, avait eu pour but de servir à nos besoins industriels.
- Laissons de côté ces inepties.
- Les physiologistes sont des savants très raisonnables. Voyons ce qu’ils pensent de l’adaptation des organes à la vie. Ce sera, si vous voulez, la finalité restreinte. Nous verrons ensuite si l’on peut parler d’une finalité généralisée, plus vaste.
- I
- D’abord — croyez-en un vieux professeur de physiologie — on ne peut vraiment pas enseigner la physiologie sans parler de cette finalité restreinte, c’est-à-dire sans montrer l’utilité, à la fois anatomique et physiologique, de toutes les parties d’un être vivant pour le maintien de son existence.
- En défendant les causes finales, je suis l’exemple du plus grand des physiologistes, de Galien, qui a créé la méthode expérimentale et qui a écrit un livre admirable intitulé « De l’Utilité des Parties » De Usu Partium. Bien entendu, comme Galien écrivait il y a dix-sept cents ans, il a introduit maintes explications finalistes terriblement erronées. Mais ne soyons pas trop sévères pour lui, car peut-être nos traités de physiologie actuels contiennent-ils des erreurs énormes, et sans doute ne faudra-t-il pas attendre dix-sept cents ans pour les déceler.
- Cependant sur beaucoup de points nous pouvons connaître avec quelque certitude le rôle et l’utilité des principales parties de l’organisme.
- Et je commencerai par les êtres monocellulaires, lesquels nous donnent, par leurs mouvements, une indication très nette sur leur volonté. Le mot de volonté chez ces êtres inférieurs n’implique nullement l’intelligence, mais une fatalité organique, un tropisme irrésistible.
- Il y a des tropismes très divers, mouvements sont dus à une sorte de volition : thermo-tropismes, galvanotropismes, baro-tropismes, chimio-tropismes, etc...
- Limitons-nous aux thermo-tropismes. Les cellules
- vivantes, mises dans un liquide, se déplacent en se dirigeant, si le liquide est à des températures différentes en ses diverses parties, vers la région qui leur convient le mieux. Je suppose que l’optimum de la vie pour ces cellules soit de 35°.
- Elles s’écarteront des régions où la température est de 45° (c’est-à-dire mortelle) et des régions où la température est de 10°, température qui les mettrait dans un état d’inertie relative.
- Cela vous paraît tout à fait simple. Mais ce n est pas simple du tout. Les cellules vivantes tendent à vivre. Pourquoi? Alors, par suite de leur constitution physiologique, elles se dirigent vers les températures qui ne sont pas toxiques pour elles et qui sont le plus favorables à leur existence.
- N’est-il pas curieux de constater que les êtres supérieurs se dirigent vers le mieux, tout comme les êtres monocellulaires ? Ils émigrent vers les pays où la température leur convient davantage. On sait par exemple que les morues abondent dans les eaux où la température est de + 7°. Que la température soit plus élevée ou plus basse, on ne trouve presque plus de morues.
- Quant aux migrations humaines, elles se feraient vers les régions où la température est favorable, si d’autres conditions (culture, chasse, etc.) n’intervenaient pas.
- Laissons de côté les êtres monocellulaires et voyons comment vont se comporter d’une part par leur structure, d’autre part par leur fonctionnement, les animaux plus compliqués que les êtres simples dont je parlais tout à l’heure. Je ne pourrai ici faire qu’un abrégé vraiment douloureux de ces adaptations; car ce serait toute la physiologie que je devrais passer en revue si je voulais tout dire.
- Prenons d’abord la constitution du sang, qui chez tous les vertébrés a cette propriété étonnante, seul parmi tous les liquides de l’organisme, de se coaguler lorsqu’il est sorti des vaisseaux. Cette coagulation, dont on connaît bien le mécanisme (sécrétion d’une thrombine par les globules blancs) empêche le sang de s’écouler quand une lésion traumatique a ouvert un petit vaisseau. Ainsi la section des petits vaisseaux n’est pas mortelle, car grâce au caillot de fibrine qui se forme aussitôt, l’hémorragie s’arrête. Or certains individus sont atteints d’une affection étrange, à laquelle on a donné le nom ridicule d’hémophilie. Chez les hémophiles le sang n’est pas coagulable. Alors chez eux la moindre lésion vasculaire entraîne une hémorragie incoercible. -
- Le professeur de physiologie a-t-il le droit d’enseigner que cette coagulabilité du sang est non seulement utile, mais nécessaire à la vie?
- La respiration est une des fonctions essentielles; il importait donc de défendre le poumon contre toute oblitération, toute invasion des voies aériennes par des corps étrangers. Eh bien ! nous avons un appareil merveilleux pour cette protection, c’est le larynx. Le larynx est pourvu d’un nerf sensible qui est placé à l’orée des
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- voies respiratoires pour empêcher résolument les corps étrangers de pénétrer dans les voies aériennes. Dès qu’un objet solide quelconque arrive dans le larynx, aussitôt apparaît un réflexe impérieux auquel il est impossible de se soustraire, c’est une toux brusque et violente expulsant l’ennemi qui voulait pénétrer dans le poumon.
- Les gaz offensifs provoquent la toux par l’irritation du larynx.
- On remarquera que l’oxyde de carbone, si dangereux cependant, n’a pas d’odeur et n’irrite pas. Mais l’oxyde de carbone n’existe pas dans la Nature, et la défense contre un gaz que l’être vivant n’a jamais l’occasion de rencontrer n’a pas à s’exercer.
- Ce n’est pas seulement le larynx qui protège les voies aériennes. C’est aussi la muqueuse olfactive des fosses nasales. Qu’un corps irritant arrive dans les fosses nasales, il y a éternuement, c’est-à-dire une profonde inspiration suivie d’une brusque expiration qui se fait avec force, la bouche étant fermée, de sorte que l’air expiré passe par les fosses nasales et chasse les substances irritantes.
- Le cœur est commandé par un système d’innervation très compliqué. Il a des nerfs qui peuvent le ralentir ou l’accélérer, voire l’arrêter pendant un temps. Le nerf pneumo-gastrique, quand il est excité, suspend les mouvements du cœur. Or dans l’asphyxie le cœur se ralentit énormément, car le pneumo-gastrique reçoit alors une forte incitation bulbaire. Eh bien ! si les pneumogastriques ont été coupés, le cœur de l’animal asphyxié ne se ralentit plus.
- Ce ralentissement est donc un beau système de défense ; car un animal sans pneumo-gastrique, c’est-à-dire sans ralentisseur du cœur, meurt d’asphyxie en trois minutes. Il ne meurt qu’en dix minutes quand les deux pneumo-gastriques intacts ont ordonné au cœur de se ralentir.
- Un magnifique exemple d’adaptation nous est donné par la régulation thermique des animaux homéothermes. Dès que la température extérieure s’abaisse, comme leur température doit rester constante, il y a frisson général, c’est-à-dire contraction involontaire de tous les muscles, ce qui amène un intense échauffement. Inversement, si la température extérieure est trop élevée, il y a un réflexe qui commande le froid. Ce froid est obtenu par l’évaporation d’eau. Or il y a deux procédés pour cette évaporation. Chez les êtres à peau nue, comme l’homme, c’est la sudation. Quant aux animaux chez qui la sudation est exceptionnelle, le froid se produit par une respiration plus fréquente. Quand j’entrais avec un chien dans une étuve chauffée à 45°, nous nous refroidissions tous les deux; moi, en transpirant abondamment, lui, en respirant avec plus de fréquence. Et cette protection était préventive, alors que la température de notre corps n’avait pas été modifiée.
- Les muscles en se contractant brûlent du sucre, mais il ne faut pas que cette combustion change d’une manière sensible la teneur du sang en sucre. Alors dans le muscle qui se contracte la circulation du sang augmente.
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- Tous les organes ont leur fonction. Brown-Séquard, Claude Bernard, Gley, ont montré par de belles expériences que les glandes qui ne possèdent pas de conduits excréteurs ont cependant une fonction sécrétoire, et qu’elles déversent dans le sang des hormones utiles, et même nécessaires. On sait maintenant le rôle des capsules surrénales, de l’hypophyse, des glandes thyroïdes et para-thyroïdes.
- On disait jadis que la rate est inutile et, en effet, on peut enlever la rate à des animaux, sans les faire mourir. C’est une petite opération dont ils guérissent très bien, Huit jours après ils ne sont plus malades et peuvent vivre aussi longtemps que des animaux normaux. J’ai gardé pendant plusieurs années dans mon laboratoire des chiens et des chiennes à qui j’avait enlevé la rate. Ils ont vécu un temps normal. Leurs petits, —- est-il besoin de le dire ? — avaient une rate tout comme les chiens normaux. Mais j’ai pu prouver que ces chiens dératés, pour se maintenir à leur poids normal, avaient besoin de consommer plus d’aliments. A vrai dire, j’ignore tout à fait par quel mécanisme la rate agit ainsi, mais c’est assez pour me permettre d’affirmer qu’elle n’est pas inutile.
- L’œil, avec sa pupille contractile, ses paupières, sa situation anatomique, son iris, qui se modifie par l’accommodation, est un appareil bien surprenant. Le grand Helmholtz s’amusait à dire qu’il aurait refusé un appareil optique qu’un opticien lui aurait apporté, appareil ayant les défauts de l’œil humain ; mais c’est une boutade qu’il ne prenait pas au sérieux.
- Que doit enseigner le professeur de physiologie quand il parle de l’œil? Doit-il dire que l’œil est bien protégé? ou mal protégé? ou ne rien dire ? Dire qu’il est mal protégé serait absurde. Ne rien dire serait d’une timidité désolante. Il doit dire qu’il est bien protégé, non seulement par sa situation dans l’orbite, mais surtout par la sensibilité extrême de la conjonctive. Si l’on abolit cette sensibilité par la section du trijumeau, l’œil est perdu en quelques jours, car l’œil ne se défend plus par la sensibilité exquise de la conjonctive contre les injures extérieures.
- Si nous passons aux animaux invertébrés, nous voyons des adaptations étonnantes, qu’il est impossible d’attribuer au hasard. Je ne mentionne pas ici les recherches de Fabre sur le sphex qui paralyse avec son aiguillon planté dans le centre cérébral, les larves dont il doit faire son aliment. Les seiches, quand elles sont surprises par l’ennemi, ont une poche remplie d’encre qui les soustrait à la vue de leur agresseur. Toute la zoologie est l’histoire de ces admirables défenses ou attaques de l’animal contre les ennemis de toutes sortes qui l’entourent.
- Ainsi, de toutes parts, nous voyons l’être vivant admirablement servi par ses organes au point de vue anatomique et au point de vue physiologique.
- Ne fût-ce qu’au point de vue mnémotechnique, il faut donc, dans un cours de physiologie, toujours parler de la défense de l’individu par ses organes et les splendides et compliqués réflexes qui les protègent.
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- Que dirai-je encore d’un phénomène bien singulier d’adaptation au milieu, phénomène qu’on appelle le mimétisme.
- Il y a tous les degrés de mimétisme. Les animaux qui vivent dans les pays de neige, l’ours, le lièvre, les goélands, sont blancs pour échapper à leurs ennemis et ne pas se faire voir quand ils sont attaqués. Dans nos champs, le lièvre prend la couleur de la terre.
- Mais les insectes et les animaux inférieurs nous donnent des exemples plus extraordinaires de mimétisme, si bien que, parfois, il est sinon impossible, du moins très difficile, de les distinguer d’une feuille morte ou d’une branche. Les livres de zoologie nous en donnent des planches merveilleuses.
- Si vous avez quelque loisir, allez au Muséum, vous y verrez des exemples de mimétisme vraiment stupéfiants.
- Non seulement pour les animaux, mais encore pour les plantes. On m’a montré certaines curieuses plantes de l’Afrique australe (dont je ne me rappelle plus le nom), qui ressemblaient aux pierres parmi lesquelles elles poussaient, d’une manière tellement saisissante qu’on ne pouvait absolument pas distinguer les végétaux des pierres.
- Loin de moi l’idée bizarre, présomptueuse, de prétendre que toutes les formes, que toutes les dispositions, toutes les couleurs des organismes ont une finalité que nous pouvons expliquer.
- C’est surtout pour les colorations des plantes, des oiseaux, des insectes, voire des poissons, des batraciens, et des mammifères que nous sommes réduits à des hypothèses saugrenues.
- Par exemple, les couleurs magnifiques des oiseaux mâles, leurs plumes, leurs casques, leur crêtes, leurs aigrettes, ne reçoivent pas une explication bien satisfaisante quand on dit que c’est pour plaire à la femelle (sélection sexuelle de Darwin). Le paon et le dindon font la roue; le coq étale des plumages splendides. Est-ce pour séduire la poule, la paonne, la dindonne ?
- Les couleurs des fleurs s’expliquent tant bien que mal parce que leurs brillantes couleurs appellent les insectes qui servent à la fécondation. Mais pourquoi ces variétés extraordinaires dans toutes les fleurs ?
- Pourquoi ces couleurs mirifiques, ces dessins bizarres, des ailes de papillons ? Paul Portier a montré que certains papillons ne peuvent voler que s’ils reçoivent la lumière du soleil qui fait circuler dans les capillaires de l’aile le liquide nutritif sanguin (Comptes rendus de l'Académie des Sciences du 8 février 1932, p. 568). Soit. Mais pour obtenir une circulation plus intense de matières nutritives, pourquoi cette variété étonnante dans les formes et les couleurs ? L’explication d’une circulation plus intense ne peut pas suffire, puisque les papillons de nuit ont aussi des couleurs, moins vives certainement, mais avec dessins variés.
- Il faut admettre, encore que ce ne soit pas bien satisfaisant, que certaines dispositions anatomiques qui ont été utiles persistent quand elles cessent de l’être. De même que, lorsqu’une religion n’a plus d’adhérents, certaines formes du culte se perpétuent encore.
- Il y a des poissons très colorés, mais cependant à partir de 400 m de fond il n’y a plus de lumière. On peut expliquer la persistance de la coloration chez les poissons qui vivent dans une complète obscurité en supposant qu’ils ont conservé par hérédité les couleurs dont leurs ancêtres, vivant à de moins grandes profondeurs, étaient décorés.
- fi y a cependant des êtres qui sont presque sans défense, ils sont vraiment destinés à être dévorés par des carnassiers plus forts. Ainsi par exemple les sardines, les harengs, les maquereaux. Poursuivis par des ennemis implacables et voraces, ils seraient condamnés à ne pas durer s’ils n’avaient pas une prodigieuse fécondité. Alors leur nombre est tel qu’ils ne peuvent pas disparaître. Les pêcheurs en prennent chaque année à peu près le même nombre.
- Les sauterelles sont des êtres fragiles et incapables de se défendre. Leur vol est maladroit et leur corps sans carapace protectrice, mais cependant il y a des nuages de sauterelles qui s’abattent sur des champs en telle abondance qu’elles sont un véritable fléau. Leur fécondité fait leur force.
- II
- Pour la défense de l’individu je vais aller plus loin, et prendre les admirables instincts qui contribuent à prolonger son existence.
- Le premier de ces instincts, le plus universel, celui sans lequel il n’y aurait pas d’existence à la surface de la terre, c’est la crainte de la douleur. On ne verrait plus d’êtres vivants si tous n’avaient pas horreur de la douleur.
- On a souvent cherché à définir le mot douleur. J’en ai donné une définition que je crois assez juste. La douleur est une sensation telle qu'on fait tous ses efforts pour ne pas en subir une nouvelle atteinte.
- Cette horreur de la douleur est si puissante qu’elle commande toute notre idéation, toute notre conduite, comme l’idéation et la conduite de tous les animaux. La Nature semble s’être défiée de l’intelligence des êtres. Si l’on approche de notre main un charbon enflammé, avant même d’avoir réfléchi, nous avons retiré notre main. Si un organe est malade, on le met au repos, ce qui empêche le mal de s’aggraver, car l’activité de l’organe malade est devenue douloureuse.
- Chaque être vivant cherche toujours à éviter la douleur, c’est-à-dire à protéger sa vie. Quelquefois, il est vrai, le but est dépassé, et trop souvent la vie des pauvres hommes est empoisonnée par cette douleur, si protectrice qu’elle puisse être.
- La fatigue aussi est une forme de la douleur. Elle nous empêche d’abuser de nos organes et nous contraint à être sages.
- La douleur revêt différentes formes, par exemple celle du dégoût qui nous avertit des substances qui, étant ingérées, pourraient être toxiques. Tous les alcaloïdes sont d’une amertume insupportable, alors que tous les aliments ont une saveur agréable. Osera-t-on dire que c’est le hasard qui nous fait trouver délicieuse la saveur d’un fruit et odieuse l’amertume de la strychnine ?
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- Le dégoût ne s’exerce pas seulement contre le goût des substances nauséabondes, mais encore contre la vue de certains animaux. Ainsi les serpents, dont la morsure est venimeuse et amène une mort rapide, provoquent une aversion instinctive chez tous les hommes. Il y a des personnes qui se trouvent mal à la vue d’un serpent.
- Ce ne sont pas seulement les hommes, mais aussi les singes qui ont peur des serpents. Rien n’est plus amusant que de mettre une couleuvre dans une cage où il y a des singes. On les voit aussitôt faire des bonds prodigieux pour échapper au reptile, et, en même temps ces singes montrent un mélange de curiosité et d’effroi qui est un spectacle réjouissant.
- Les parasites, quels qu’ils soient, nous inspirent toujours Un grand dégoût. Je me souviens, pour ma part, d’avoir eu un dégoût qui est allé jusqu’au vomissement, quand, sur le yacht du Prince Albert de Monaco, ayant ouvert l’estomac d’un marsouin, j’y ai trouvé un paquet d’énormes Ascarides, une centaine à peu près, faisant un sac d’environ trois kilogs, enchevêtrés et grouillant dans cet estomac.
- Quand nous ne nous défendons pas par le dégoût, nous nous défendons par la peur. La peur est une sensation violente qui nous fait fuir à toutes jambes. Quelquefois ce sentiment est tellement fort qu’il nous paralyse au lieu de nous faire courir.
- Une forme de peur, qui nous protège contre la chute, d’ailleurs bien intéressante à analyser de près, c’est le vertige. La sensation est si puissante que ni les raisonnements, ni l’intelligence n’arrivent à la vaincre.
- En somme, tous les animaux ont horreur de la mort, horreur profonde que l’homme partage aussi. Il n’y a pas de suicide chez les animaux, et chez l’homme il faut une volonté énergique pour le suicide.
- Ainsi la vie de l’individu est protégée, d’abord par ses organes et les réflexes de ses organes, ensuite par les instincts irrésistibles de la défense : la douleur, le dégoût, la peur, le vertige. S’il n’y avait pas eu tous ces instincts (et surtout cette horreur de la douleur et de la mort), toute vie depuis longtemps aurait été anéantie.
- Il est à remarquer que la civilisation n’a rien atténué. L’homme a les mêmes instincts que l’animal (crainte de la mort, horreur de la douleur, peur, dégoût, vertige). Son intelligence lui permet même de les amplifier.
- TÏI
- Voilà pour la vie de l’individu. Nous allons passer maintenant à la vie de l’espèce pour laquelle il n’y a pas moins de protections que pour l’individu.
- Remarquons d’abord que la vie de l’espèce paraît plus intéressante à la Nature que la vie de l’individu. La Nature fait bon marché de l’individu, pourvu que l’espèce persiste.
- Le papillon meurt quand il a pondu ses œufs.
- Beaucoup de végétaux meurent quand ils ont donné leur fruit.
- La vie de l’espèce est assurée par l’union de deux
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- cellules, la cellule mâle et la cellule femelle, et c’est à cette conjonction que tendent les multiples et compliquées dispositions prises par la Nature.
- Tout d’abord il y a une affinité puissante, un chimiotactisme impérieux de la cellule mâle pour la cellule femelle. Quand des œufs d’oursins ou de mollusques acéphales sont à proximité des cellules mâles de la même espèce, la cellule mâle se précipite sur la cellule ovulaire avec une énergie chimiotropique extrême. Il en est de même chez les animaux supérieurs. Toujours la cellule mâle se hâte vers la cellule femelle pour la féconder et en faire un nouvel être. C’est là une loi absolument générale dans le règne animal comme dans le règne végétal. Qui donc oserait dire que c’est le seul effet du hasard ? Ne voit-on pas là la grande loi de la vie, et n’est-ce pas justifier ma proposition : tout se passe comme si le Destin avait voulu la vie de Vespèce.
- Or dans nombre de cas l’union des sexes est nécessaire pour la réunion des deux cellules. Alors apparaît dans tout le règne animé une ardeur farouche des deux sexes l’un pour l’autre.
- Laissons de côté les amours des abeilles et des autres hyménoptères, et prenons le singulier exemple de certaines araignées. L’araignée femelle est féroce et bien armée, beaucoup plus grosse que le mâle et aussi très vorace et affamée, de sorte que, quand le mâle s’approche de la femelle, il court risque d’être mangé. Alors il se précipite sur elle et la féconde. Mais, après cette féconda-dation, s’il ne s’échappe pas rapidement, il est dévoré.
- Que dire du prodigieux instinct qui pousse les saumons à remonter les rivières et à faire souvent des bonds extraordinaires pour arriver à un point de la rivière où les œufs pourront être fécondés et où la température des eaux sera favorable aux jeunes ?
- Chez les vertébrés supérieurs, oiseaux et mammifères, il y a une période de rut pendant laquelle toute volonté de l’animal a disparu autre que la réunion des sexes. Cette période de rut se produit au bon moment, c’est-à-dire de manière que la naissance des petits survienne aux temps les moins froids. Est-ce le hasard ?
- L’impulsion vers l’amour est irrésistible. Déjà les anciens auteurs, Lucrèce et Virgile, avaient raconté en termes imagés et poétiques cette frénésie amoureuse au moment du rut. Amor omnibus idem. Les cerfs, luttent entre eux jusqu’à la mort pour la possession de la femelle. De même les sangliers. Quant aux oiseaux ils connaissent des luttes aussi ardentes : les coqs ne supportent pas la présence ou le voisinage d’un autre coq.
- En parlant de la douleur, j’avais dit que la Nature semble s’être défiée de notre intelligence, et qu’elle nous avait inspiré une telle horreur pour la douleur et les blessures, que ce n’est pas pour protéger notre vie que nous évitons avec terreur les traumatismes, les blessures, les brûlures.
- De même pour l’union des sexes. Ce n’est pas parce que les êtres veulent la perpétuité de l’espèce qu’ils s’unissent avec cette fureur amoureuse incoercible, mais c’est
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- parce que le Destin leur a donné l’instinct d’amour, aveugle, irrésistible et si puissant qu’il leur fait tout oublier, même la mort.
- Chez les ovipares, pour le développement de l’œuf fécondé, des précautions multiples sont prises et quelques-unes sont prodigieusement curieuses; par exemple, il est un hyménoptère dont la larve a besoin, pour se nourrir, du suc de certaines plantes. Alors l’hyménop-tère femelle fait passer ses œufs dans le calice d’une plante qui servira de nourriture à la larve au moment de son éclosion.
- Mais je ne peux pas entrer dans le détail, car ce serait faire toute la physiologie de la génération.
- Les oiseaux et les mammifères, après que leurs petits sont nés, les protègent d’une manière touchante. C’est l’amour maternel, aussi puissant que l’amour de la vie et que l’amour sexuel. On sait comment la perdrix, par exemple, pour que ses petits échappent à l’ennemi, fait semblant d’être blessée. Pour défendre leurs petits, les femelles de tous les mammifères affrontent la mort sans hésiter.
- Que dirais-je aussi de l’instinct qui pousse les oiseaux, et même quelques poissons (les épinoches), à faire un nid, lequel est souvent une merveille d’architecture. J’ai beau faire, je ne puis croire que ce soit par hasard que les oiseaux aillent chercher ce qui va faire leur nid, que les eiders s’arrachent les plumes du ventre pour faire un nid bien chaud aux petits qui vont éclore.
- Quant aux jeunes mammifères, la mère leur fournit du lait. Or pour le physiologiste rien n’est plus intéressant que l’étude du lait. Le lait est un aliment admirable. C’est même le seul produit que la Nature ait destiné à être un aliment. Et elle en a fait un chef-d’œuvre. Il a des sels, du sucre, de la graisse et des matières azotées.
- Il lui manque pourtant quelque chose. C’est du fer, lequel ne passe pas dans la sécrétion lactée. Et cependant le jeune mammifère a besoin de fer pour l’hémoglobine de son sang. Or, pendant la vie intra-utérine, l’embryon a un foie qui se charge de fer, de sorte qu’après la naissance le fer du foie, qui est en très grande quantité, passe dans le sang du jeune enfant. Mais, pour que le fer puisse s’amasser chez l’embryon, comme il est fixé aux globules rouges qui ne traversent pas le placenta, il se fait de petites hémorragies interplacentaires. Le sang y est alors décomposé, et de l’hématine soluble, riche en fer, passe dans le sang du fœtus.
- N’est-ce pas une extraordinaire complication pour assurer la vie de l’espèce ?
- En définitive il n’y a pas moyen de comprendre et d’enseigner la physiologie si l’on n’admet pas quelque volonté, quelque impulsion du Destin pour assurer la sécurité des individus et de l’espèce.
- Mais c’est là ce qu’on peut appeler la finalité restreinte, c’est-à-dire l’adaptation des organismes à la vie.
- Ainsi donc, nous voyons partout apparaître cette grande loi que tout être vivant veut vivre, et que tout
- dans l’organisme concourt à assurer non seulement la vie de l’individu, mais encore la vie de l’espèce.
- IV
- L’évolution des êtres vivants a commencé par la fixation du carbone répandu dans l’atmosphère à l’état d’acide carbonique. Sous l’influence du soleil, cet acide carbonique a été décomposé par les grandes fougères des premiers âges de la terre et aujourd’hui, à mesure que le nombre des animaux s’est accru, ce carbone est brûlé par eux et revient à l’état d’acide carbonique dans l’atmosphère. Osera-t-on prétendre que depuis des millions de siècles les formes vivantes se sont multipliées avec des mécanismes défensifs prodigieusement compliqués, pour produire ces oscillations de l’acide carbonique atmosphérique ? Quoi ! la vie se serait depuis des millions de siècles intensifiée avec un tel luxe de formes merveilleuses, étonnamment adaptées, pour que le carbone de l’acide ca-rbonique de l’atmosphère ait été fixé sur les fougères d’autrefois, pour être brûlé à la période actuelle. S’il y a eu Périclès, Aristote, Léonard de Vinci, Kant et Gœthe, ce serait tout simplement pour qu’un peu plus de carbone (très peu assurément) passât à l’état d’acide carbonique.
- Ainsi, le sublime effort de la Nature, et la splendeur de sa complication, ne peuvent pas raisonnablement se ramener à une combustion, plus intense — très peu plus intense — à la surface de notre humble planète. Il y a certainement autre chose. C’est l’accroissement graduel de V intelligence.
- Et voilà ce que je me permets d’appeler « finalité généralisée.
- Alors que la terre était encore imparfaitement refroidie — il y a beaucoup de millions de siècles sans doute — quelques cellules primitives simples ont pris naissance, soit par génération spontanée, soit parce qu’elles ont été ensemencées par la chute de quelque astéroïde porteur de cellules vivantes, venant on ne sait d’où. Oui ! Peut-être, mais probablement nous n’en saurons jamais rien. En tout cas, depuis cette très lointaine époque, ces cellules simples, ayant hâte de vivre et de se multiplier (pourquoi?) ont vécu et se sont multipliées, puis, avec une ténacité imperturbable, une constance étonnante, elles ont essaimé. En même temps elles se sont transformées, comme l’indiquent les innombrables formes fossiles qu’on trouve dans les assises géologiques.
- Des êtres vivants se sont succédé, d’abord rudimentaires. Puis une lueur d’intelligence a apparu. Puis l’intelligence a grandi, des poissons aux reptiles, des reptiles aux oiseaux et aux mammifères. Enfin, des mammifères à l’homme.
- Tout se passe donc comme si le Destin, c’est-à-dire la Loi, avait voulu non seulement la vie, mais encore l’intelligence.
- Or l’intelligence est fonction du cerveau, et, comme l’homme a un cerveau plus lourd que celui de tout animal, comme en outre, l’homme est devenu un des êtres les plus répandus dans la Nature, jamais il n’y a eu
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- autant de masse cérébrale qu’aujourd’hui, c’est-à-dire d’intelligence. Non seulement en quantité, mais en qualité.
- Je prendrai un exemple curieux, qui prouve bien que le grandissement du cerveau à travers les âges est une loi naturelle et générale. Chez les grands reptiles d’autrefois, plésiosaure, dinosaure, ichtyosaure, le diamètre de la cavité crânienne est plus petit que le diamètre de la cavité vertébrale. Il n’en est pas de même chez les reptiles actuels. Le diamètre crânien est toujours plus grand.
- Toutes les sciences naturelles, zoologie, géologie, anthropologie, nous confirment dans cette conception très simple d’un monde animé qui a évolué à travers les péripéties les plus diverses vers un maximum d’intelligence. .
- Je n’oserais dire qu’il y a un but, une finalité. En tout cas, je suis forcé de dire que c’est un résultat.
- Cela ne peut être contesté.
- Supposer que ce résultat soit dû au hasard et qu’il n’y ait pas derrière toute cette tenace évolution morphologique une tendance à une plus grande somme d’intelligence, cela me paraît absurde.
- Bien entendu, je ne comprends pas pourquoi cette fatalité s’est poursuivie sans relâche, mais je ne peux pas m’empêcher de la constater. Qu’il y ait eu des ébauches innombrables, des tentatives infructueuses, multiples, des rudiments d’êtres imparfaits, qui ont répété leurs imperfections des milliers et des milliers de fois, ce n’est pas douteux un instant. Il semble bien que la Nature n’ait pas pu, sans des tâtonnements, et des essais répétés, trop hâtifs ou trop lents, presque toujours insuffisants, arriver au résultat qu’elle voulait. Mais que ce résultat : (grandissement de Vintelligence) ait été enfin obtenu, ce n’est pas douteux non plus.
- On découvre, dans ce grandissement graduel et ininterrompu de l’intelligence, comme une loi fatale dont on ne peut nier la réalité.
- Alors, quoique cette comparaison puisse choquer, je dirai que la course désordonnée des êtres vivants vers une plus grande somme d’intelligence ressemble à la marche d’un homme ivre qui veut rentrer chez lui. Il chancelle, titube, heurte les murs, se trompe sans cesse de route, mais finalement, après maints échecs, il finit par trouver sa maison et réussit à se mettre en son lit.
- Il est vrai que certains auteurs ont prétendu, envoyant toutes ces formes qui ne pouvaient pas survivre, que la Nature ne savait pas ce qu’elle faisait, ou, pour mieux dire, qu’elle n’avait rien fait du tout. Le hasard seul (osent-ils affirmer!) peut être invoqué pour expliquer toute la paléontologie. Alors, disent-ils, il y a naturellement survivance des plus aptes. Ce qui est arrivé devait donc arriver. Parmi toutes ces formes, toutes ces ébauches, tous ces rudiments dus au hasard, il y a eu des êtres mieux pourvus que les autres, et ils ont survécu.
- Évidemment oui. Or c’est précisément cela qui est une loi, une fatalité peut-être, mais cette fatalité ne veut absolument pas dire absence de finalité, absence d’une force intentionnelle.
- Au contraire.... Mais je n’ose pas en dire davantage.
- La puissance de la Nature dépasse ma compréhension, et peut-être aussi la vôtre !
- Je prendrai encore une compai'aison. Voici un individu qui chemine, éperdu, dans un désert dont il ne connaît rien. Tout d’un coup, il se trouve devant un grand monument d’une merveilleuse architecture, il entre, il voit des colonnades magnifiques, des salles admirables avec des tableaux superbes et des statues adorables. Un repas somptueux est servi avec des mets exquis, des fruits délicieux. De riches tapis aux couleurs chatoyantes sont tendus qui l’invitent à prendre quelque repos. Eh bien ! ce voyageur osera-t-il prétendre que le hasard seul a construit cet édifice, a apporté ces objets splendides, ces tableaux, ces statues, ces vins, ces tapis. Il ne pourra pas nier qu’il y ait là le fait d’une volonté.
- En effet, si magnifique que soit ce château, si splendides que soient ces œuvres d’art, si savoureux que soit ce repas, château, statues, tableaux, repas sont bien inférieurs à la construction du monde actuel, végétal et animal, qui couvre la surface terrestre, et qui, peu à peu, a fait passer la matière de l’état inerte à l’état de vie brute, et de la vie brute à la vie intellectuelle.
- Dans la structure d’un insecte, d’une petite fourmi, par exemple, il y a plus de merveilles que dans le plus sublime des châteaux.
- Nous ne pouvons, dans l’univers entier, trouver rien de comparable, même de loin, au cerveau de l’homme capable de mémoire et d’abstraction (1).
- D’abord il faut admettre qu’il y a dans le vaste univers plusieurs millions de planètes analogues à la nôtre et que pendant des quintillions de siècles ces mondes planétaires ont évolué, pour évoluer pendant des quintillions de siècles encore.
- Tous ces chiffres, quelque astronomiques qu’ils soient, sont probablement au-dessous de la réalité.
- Supposons un sac contenant cinq cents milliards de boules. J’en prends une au hasard. Elle est rouge. Est-il vraisemblable qu’il n’y a pas d’autres boules rouges dans le sac ?
- Donc, selon toute vraisemblance, de par le calcul des probabilités élémentaires, il y a, ou il y eut, ou il y aura d’autres êtres, vivant sur d’autres planètes et menant une existence non identique, mais analogue à la nôtre.
- On objectera que peut-être ces planètes sont très différentes de notre chétif habitacle. Ce n’est guère probable, car, en somme, la Nature est assez monotone. Les métaux sont les mêmes, et on trouve sur la terre tous les métaux dont l’analyse spectroscopique nous décèle l’existence dans les nébuleuses les plus lointaines.
- Je me résume. Que sur les mille milliards de millions de planètes, il n’y en ait pas une seule, depuis cent milliards de siècles passés, ou dans les cent milliards de siècles à venir, où aucune faune plus ou moins analogue
- Ayant eu l’audace d’entrer dans la biologie générale, j’irai plus loin encore dans mon audace, et je me demanderai si, puisqu’il y a une finalité aux êtres vivants terrestres, il ne faudrait pas aller au delà et savoir s’il y a dans le vaste univers d’autres êtres vivants soumis aussi à la finalité, ce qui signifierait une finalité générale dans les mondes.
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- à la nôtre n’ait existé, c’est de la plus farouche invraisemblance.
- D’ailleurs cette aüirmation est purement théorique, car nous n’en saurons et n’en verrons jamais rien.
- Touchons-nous aux bornes extrêmes du grandissement de l’intelligence et de la matière cérébrale ? Je ne le crois pas. Je m’imagine que la somme de l’intelligence va grandir encore en quantité et en qualité, que les sciences feront encore des progrès. Vraiment je ne puis supposer que nous avons atteint la limite suprême de la puissance intellectuelle de l’être vivant.
- J’ignore évidemment tout de l’évolution future de la vie, mais quant à l’évolution passée elle n’est pas douteuse vers un maximum d’intelligence.
- Autrement dit, si nous ne voulons pas faire d’hypothèse, nous pouvons aflirmer que la vie (et l’intelligence) est peut-être un but, mais qu’en tout cas c’est un résultat.
- Et ce résultat me parait impliquer un prolongé effort (x). Charles Richet,
- Membre de l’Institut.
- 1. Après que j’ai donné ee court exposé à l’Institut physicochimique Rothschild, quelques courtoises observations, que d’ailleurs j’avais demandées, m’ont été adressées.
- On m’a dit que l’idée des causes finales ne concordait guère avec le principe de Carnot sur l’entropie, mais il me semble que l’entropie n’a rien à voir avec l’évolution des êtres vivants, à plus forte raison avec la conscience et la sensation. L’entropie et la psychologie évoluent dans des plans différents et jusqu’à présent on ne voit pas le lien qui peut les réunir.
- Une autre observation, extrêmement judicieuse, m’a été adressée par Francis Perrin. Il m’a fait remarquer que, si certains groupes animaux, comme les'mammifères et les hommes, évoluaient — ce qui est incontestable — vers un maximum [d’intelligence, ce n’est pas cependant dans ce sens unique que la Nature semble se diriger; il y a par exemple les insectes dont la complication est très grande, et qui ne semblent pas près de s’éteindre. Aussi peut-on admettre qu’il existe plusieurs directions dans l’évolution des êtres. Le maximum d’intelligence est un des aboutissants (provisoires) de cette évolution, et il en est sans doute d’autres qu’on n’a pas le droit de négliger.
- Je n’en disconviens nullement, mais je n’ai jamais prétendu que le fait d’une intelligence maximale était le résultat unique de l’immense effort exercé par la Nature depuis des millions de siècles. C’est un des résultats obtenus. Et nous n’aurons pas l’audace de dire que c’est le seul.
- - LES ILES FLOTTANTES ..~.
- POUR LA TRAVERSÉE AÉRIENNE DE L’ATLANTIQUE
- Il y a quelques mois, un vapeur allemand de 5125 tonnes, le Westfalen, appareillait de la rade de Iviel, longeait les côtes occidentales de l’Afrique, touchait à Bathurst, dans la Gambie anglaise et allait mettre en panne en pleine mer par 25° de longitude ouest et aux environs du 8e parallèle nord.
- Là, conformément aux directives du contre-amiral Spiess, on descendit deux petites ancres de 100 kg fixées au bout de 2000 m de câble traînant sur le fond de la mer; ainsi fut constitué un ancrage souple d’une force de 20 t, définissant pour le Westfalen une rigoureuse position géographique.
- Quelques minutes plus tard, les émetteurs du navire crépitèrent et sur la rade de Bathurst clés gerbes blanches jaillirent sous la coque d’un puissant Dornier-Wal qui prenait son vol vers la haute mer. Cet hydravion avait parcouru l’étape Berlin-Cadix (2500 km) et Cadix-Bathurst (2900 km) ; incapable de franchir d’un seul coup d’aile, comme les énormes appareils de la ligne française, la distance qui sépare l’Afrique de l’Amérique du Sud, il attendait du Westfalen, véritable île flottante de l’Atlantique équatorial, l’indispensable ravitaillement intermédiaire.
- Guidé à la fois par la radiogoniométrie et par le contrôle astronomique de ses gyroscopes, le Dornier-Wal, se dirigea vers l’escale, suivant une ligne plus méridionale que la ligne française, donc plus longue mais mieux soustraite aux dangereux brouillards du-« pot au noir ». Le navire-station disposait, pour se faire repérer de son radiophare, d’un projecteur donnant 120 millions de bougies dans Taxe du faisceau... et de sa chaufferie qui pouvait débiter des torrents de fumée noire !
- Posé sur l’eau en arrière du Westfalen qui avançait à très petite vitesse, cap au vent, l’hydravion vint se placer d’un dernier coup de moteur, sur la voile Hein, consolidée par des lattes de bois, qui traînait dans le sillage. Hissé, non sans peine à cause du tangage, par une grue de 90 tonnes, ravitaillé en une heure, le Dornier-Wal fut « catapulté » par une machine à air comprimé capable d’une puissance instantanée de 10 000 ch, et, à la nuit tombante, il se posait à Natal, dans les eaux américaines.
- Telle fut, sous une forme encore rudimentaire, la première réalisation de ces îles flottantes qui doivent relier l’ancien et le nouveau continent comme les piles d’un gigantesque « pont » transatlantique.
- Nous n’apprendrons certainement rien à nos lecteurs en leur disant que l’affaire des « seadromes » ou îles artificielles, dont M. Blériot, dans notre pays, s’est fait Tardent propagandiste, entre actuellement dans le domaine pratique; épaulée par de puissantes organisations financières telles que la Banque Dupont et la General Motors, dotée d’une subvention gouvernementale de 128 millions de francs, dirigée par des hommes comme E. R. Armstrong, la Seadromes Océan Dock Corporation vient de mettre en construction une première « île » d’acier dans les chantiers maritimes qui se trouvent à l’embouchure du fleuve Delaware.
- ÉTAPES MAXIMA DES AVIONS TRANSATLANTIQUES
- Quelle est T utilité des îles flottantes ? Telle est la première question qui se pose en face de ce gigantesque
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- projet où le capital engagé se chiffrera vraisemblablement un jour par milliards de francs.
- M. Blériot, en France, E. R. Armstrong aux États-Unis, Henninger en Allemagne, la Rioista Aeronautica en Italie, pour nous borner à ceux-là, ont précisé clairement ce point important.
- En gros, on peut dire ceci. Le rayon d’action, autrement dit l’étape maxima possible sans ravitaillement coûte extrêmement cher pour un appareil volant au delà d’un certain parcours. Le prix, le poids, le£ dimensions de l’appareil augmentent, en même temps que le rapport
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- d’une seule traite, le tarif payant minimum est de 0 fr 70 par km et par voyageur si l’on se contente d’étapes de 500 km; il s’élève à 1 fr pour des étapes de 1000 et 1200 km et à des chiffres sans limite à mesure que l’étapà prévue s’approche de 1500 km, ce qui exprime que l’appareil vole « pour rien », pour le plaisir de transporter de l’essence !
- Réduire la longueur des étapes à 500 km peut donc être considéré non comme une mesure de sécurité (les avisos rapides qui jalonnent notre ligne St-Louis-Natal sont d’un secours plus efiicace que des îles immobiles)
- Fig. 1. — Voici le projet d'île flottante Armstrong, pour lequel la « Seadrome Océan Dock Corporation » a commencé des travaux
- très importants.
- Longue de 467 m, large de 91 ni, la plate-forme supérieure domine le niveau de la mer de 32 m; elle est supportée par 24 piliers creux formant flotteurs, la surface inférieure, sur laquelle s’exerce la poussée de flottaison se trouvant à une profondeur où la houle se fait peu sentir. Ces piliers se prolongent par des corps de moindre diamètre fixés à des lests. (Les documents d’anticipation qui illustrent cet article sont l’œuvre de Ch. Roberts et nous ont été obligeamment communiqués par M. Blériot au nom de la Seadrome
- Océan Dock Corporation.)
- de la charge utile transportée au poids total tend vers des chiffres ridiculement bas; au-dessous de 20 pour 100 de charge utile, l’exploitation n’est plus financièrement intéressante (x).
- Voici des chiffres précis (2). Pour un aéronef dont la charge utile y compris le combustible est les 67 pour 100 du poids total et qui est capable de franchir 1500 km
- 1. M. Blériot.
- 2. D. Biron, dans Le Bâtiment illustré, n° de décembre 1934.
- mais une très intéressante combinaison financière qui permet de ramener le prix d’un voyage en avion au voisinage des tarifs de chemins de fer. Par contre, abaisser ces étapes au-dessous de 1500 km est une nécessité technique absolue.
- ASPECT FINANCIER DU PROBLÈME
- Ici, une condition... économique s’impose : c’est que les droits de passage à payer par chaque aéronef sur les
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- Fig. 2. •— Halée par de puissants remorqueurs altelés à de très longs câbles, l’île flottante gagne son lieu d’ancrage, en pleine mer.
- On distingue au-dessous de la plate-forme l’étage habitable où se trouvent l’hôtel, l’infirmerie, les ateliers et les garages pour les avions.
- îles flottantes ne soient pas trop élevés. M. D. Biron, étudiant la ligne Londres-New-York par l’Irlande et Terre-Neuve, arrive au tarif de 3500 fr pour le voyage en comptant deux droits d’escale de 500 fr chacun sur des îles flottantes et trois droits d’arrêt de 100 fr chacun sur des îlots intermédiaires. En chemin de fer (lre classe) un trajet de longueur égale coûterait 2500 fr mais serait deux fois moins rapide.
- Ces droits d’escale seraient-ils suffisants pour permettre
- à la compagnie, propriétaire des îles, de prospérer ? M. Biron établit ainsi le bilan annuel d’exploitation d’une île (chiffres coïncidant approximativement avec ceux que fournissent d’autres auteurs) :
- Dépenses : amortissement de 250 millions sur 20 ans, soit 12 millions; assurance 1 million (ce chiffre paraît faible) ; entretien, réparations 6 millions; personnel (200 hommes , 4 millions; divers, 3 millions. Total 26 millions. En comptant que les recettes sont uniquement constituées par les droits d’escale, il faudrait 12 000 passagers à 600 fr et 3000 t de fret à 6 fr le kg pour couvrir les frais ci-dessus, tout le surplus constituant un bénéfice.
- Or, en 1913, époque normale pour les transports transatlantiques, il y a eu sur les navires 2 384686 passagers dans les deux sens et 5000 tonnes de lettres, non compris les imprimés et cartes postales. Il suffirait donc qu’un passager sur deux cents et les trois cinquièmes des lettres empruntent l’avion pour que l’affaire des seadromes devienne « rentable ». Ceci n’a rien d’invraisemblable si l’on songe que les lignes aériennes France-Angleterre enlèvent annuellement aux chemins de fer et navires 100 000 voyageurs pour un gain de temps bien plus modique; quant à la surtaxe des lettres, elle représenterait à peine 0 fr 12 par île pour une lettre de 20 gr et cela pour un gain de temps de quatre à cinq jours sur six (1).
- AVANTAGES DU c< PONT AÉRIEN »
- M. Blériot, avec un enthousiasme documenté, a décrit ces futures lignes aériennes transocéaniques et montré la supériorité considérable des aéronefs sur les paquebots (2).
- Premier avantage écrasant, la rapidité; dès à présent, l’avion peut voler à 250 ou 300 1cm à l’heure, donc relier l’Europe à l’Amérique en 20 heures.
- Second avantage, pécuniaire celui-là, l’économie de capital engagé, donc d’amortissement. Normandie et Queen-Mary, vont avoir coûté plus de 800 millions de francs pour 2000 places offertes, soit un capital de 400 000 fr par passager. Pour l’avion, ce capital est de l’ordre de 100 000 fr, capital à amortir évidemment sur un moindre nombre
- 1. Pour les îles type Armstrong, M. Blériot, évalue le prix de revient unitaire à 100 millions ; le revenu annuel de l’ensemble des îles serait de 170 millions en faisant payer 230 francs par kg de lettres et 5000 francs par passager.
- 2. Voir un excellent abrégé dans Le Journal du 19 décembre 1934.
- Fig. 3. — De nombreux tracés ont été proposés pour l'emplacement des îles flottantes; celui-ci, par Brest et les Açores, évite la zone des brouillards et des glaces.
- (D’après Henninger, dans La Conquête de l’Air).
- Açores
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- O C E A M
- A T L A N TIQUE
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- d’années, car l’avion s’use plus vite que le paquebot; mais le paquebot ne peut faire que deux ou trois voyages, aller et retour, par mois, tandis que l’avion peut en faire autant en une semaine.
- Au total, le budget d’amortissement de l’avion (ou de l’hydravion) est beaucoup moins lourd que celui du paquebot.
- L’aviation peut utiliser des unités suffisamment confortables de 20 à 25 places qui voyageront toujours complètes; pour les paquebots de 2000 places, au contraire, le pourcentage des places occupées sera rarement de 100 pour 100.
- Quant à la régularité et à la sécurité, elles sont essentiellement fonction de 1’ « infrastructure » ou ensemble des organisations fixes de la ligne; et ici nous retombons sur l’emploi des îles flottantes réparties à intervalles déterminés. L’éminent constructeur admet pour ces intervalles des chiffres sensiblement plus élevés que les 500 km précédemment envisagés : 1500 km lui paraissent la limite supérieure.
- Un correspondant dont l’anonymat dissimule une haute personnalité officielle a donné dans la grande presse (x) des études du plus haut intérêt sur le magnifique avenir promis à ces lignes transocéaniques au fur et à mesure des progrès techniques de l’aviation.
- Pour doubler la vitesse d’un véhicule ou d’un navire, dit X..., il faut consommer 8 fois plus de combustible à l’heure, soit 4 fois plus de combustible pour effectuer le même trajet en moitié moins de temps. C’est un progrès très onéreux.
- Tout autre est le cas de l’avion; l’augmentation des vitesses depuis vingt ans est due bien moins à l’accroissement de puissance des moteurs qu’à l’énorme réduction de la surface des ailes ; ainsi la voilure d’un avion de 1 t n’a que 7 m2 de surface contre 35 m2 pour un avion de même poids en 1914; finalement l’avion 1934 effectue en 40 minutes, avec la même puissance, un trajet qui prenait 1 heure à son prédécesseur de 1914 : il y a donc une économie d’essence d’un tiers.
- Nul doute que cette amélioration se poursuive dans l’avenir, par l’emploi d’hélices à pas variables, de trains d’atterrissage éclip-sables, de capots aérodynamiques et de compresseurs pour les moteurs. N’oublions pas non plus que le Diesel d’aviation n’est pas encore entré dans la pratique.
- Tout ceci, conclut X..., oriente l’évolution de l’avion de transport non vers des géants de l’air mais vers des fins « racers » capables d’énormes vitesses et qui, avant dix ans, auront réduit le globe terrestre aux dimensions qu’avait la France il y a dix ans.
- Telle est du moins la thèse française, car
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- les Américains et notamment la Panamerican Airways s’orientent actuellement vers l’hydravion géant de 60 t offrant le maximum de confort et pouvant emporter 100 à 200 passagers !
- Retenons, en ce qui concerne les îles flottantes, que l’intervalle de ces îles, autrement dit la longueur de l’étape moyenne, est encore assez mal déterminée et susceptible de varier avec les progrès techniques de l’aviation (x). Mais que l’on ait affaire à des aéronefs géants ou à des unités petites et rapides, le jalonnement des océans par ces seadromes est indispensable et constitue, dès à présent, une affaire « rentable ».
- LE PROBLÈME DE LA CONSTRUCTION
- Passons au problème pratique de la construction des îles flottantes. Disons tout de suite que les projets foisonnent depuis quelques années, en France et à l’étranger en sorte qu’il ne saurait être question d’un historique complet. Nous nous en tiendrons aux conceptions réellement applicables et plus particulièrement à
- 1. Une considération importante est la prévision des tempêtes. En l’état actuel de la météorologie, nous ne savons guère prédire les tempêtes plus de 10 heures à l’avance. Il est donc indispensable que les îles ne soient pas séparées par un intervalle supérieur au parcours que peut effectuer un appareil dans ce laps de temps. Des îlots de secours intermédiaire peuvent augmenter la sécurité.
- - Tracé raccourci adopté par la « Seadrome Océan Dock Corporation » pour l’emplacement de ses îles flottantes.
- Les distances sont données en milles anglais de 1600 m.
- 1. Voir notamment vembre 1934.
- Le Mali ri, nos des 27 et 28 no-
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- Fig 6. — Vue de la plate-forme d’une île flottante type Armstrong, supposée prise de la plate-forme du batiment des signaux.
- Au premier plan, mât avec « filet à papillons » et anémomètre; à droite, un avion bi-moteur s’enfonce avec la plate-forme d’ascenseur. A gauche, un monoplan à aile surbaissée; à droite un grand monoplan à aile supérieure et à deux fuselages (Blériot «350 »); en l’air,
- un bi-moteur à « aile d’insecte ».
- celles qui ont fait l’objet d’essais sur modèles réduits au bassin de carènes (1).
- L’escale flottante peut être réalisée d’une façon très différente selon qu’il s’agit de recevoir des avions ou des hydravions. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, le problème de l’hydravion est peut-être le plus épineux; on est conduit à envisager des îles en fer à cheval comportant une rade d’eau calme, mais cette rade ne peut être orientée, par rapport au vent, dans une direction convenant à la fois à l’envol et à l’amérissage; on peut aussi
- 1. Le centre de documentation aéronautique, 6, rue Galilée, à Paris, a établi un index des documents français et étrangers qu’elle possède sur la question. Voyez particulièrement : Rivista aeronaulica, 1930, p. 435, Airway Age, 1930, p. 353, La conquête de l’air, 1933, p. 219, The Aéroplane, 10 octobre 1934 et les documents cités dans nos autres notes.
- envisager de calmer la mer grâce au filage de l’huile (qui ne nécessite, comme on sait, que des quantités d’huile insignifiantes) ou à un procédé plus récent à l’air comprimé, produisant une émulsion superficielle.
- Le système du Westfalen, de son côté, avec son repêchage par grue, ne constitue qu’une solution de fortune, impraticable par gros temps.
- Un procédé d’atterrissage des hydravions a été utilisé dans la baie de San Francisco : l’hydravion amérit tout d’abord puis se lance, en naviguant, à l’assaut d’une plage artificielle peu inclinée sur laquelle il s’échoue.
- L’hydravion est du reste une machine plus lourde, à nombre de places égal, que l’avion, donc d’un rendement commercial moindre ; la tendance actuelle, pour l’appareil transatlantique, semble être à l’avion terrestre avec flottabilité réduite permettant une construction légère tout en garantissant aux passagers et à l’équipage, en cas d’amérissage forcé, quelques heures de répit à la surface de la mer pour attendre les secours (voir fig. 6 et 7, les projets d’avions transatlantiques à double fuselage de M. Blériot).
- La technique de l’atterrissage des avions sur plates formes est, au contraire, aujourd’hui bien au point, grâce à l’expérience acquise avec les navires porte-avions.
- Les conditions à réaliser sont les suivantes : il faut disposer d’une plate-forme plane, dégagée de tous obstacles, suffisamment large, suffisamment élevée au-dessus des vagues pour n’être jamais inondée, orientée au vent, présentant une ligne médiane de repère (mire) bien visible, pourvue de freins pour restreindre la longueur de roulement des avions à l’atterrissage (à moins que cette plate-forme ne soit très longue) et d’ascenseurs pour les descendre dans l’entrepont. Il n’est nullement paradoxal d’affirmer que ces diverses conditions sont plus faciles à réaliser avec une île flottante de grandes dimensions qu’avec un navire.
- La première plateforme (*) de notre navire porte-avion de 22 000 tonnes Béarn n’avait que 45 m sur 10 m ; sa longueur fut portée ensuite à 100 m toujours avec cette même largeur de 10 m; même progression sur le porte-avion britannique Furious où la longueur de piste passe de 48 m à 100 m.
- Des essais de freinage très réussis ont été effectués sur le Béarn à l’aide de cordes transversales que l’avion accroche successivement avec un crochet spécial. Ces cordes
- 1. Le Bâtiment illustré, même numéro, article de M. Biron.
- Fig. 7. — Avion Blériot 125 à deux fuselages, pouvant tenir sur mer en cas de nécessité; des avions « 350 » d’un type analogue (fig. 6) conviendraient pour un service transatlantique par « pont aérien ».
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- sont attachées à des sacs de sable qui se trouvent entraînés et qui assurent un freinage « moelleux » et efficace.
- La nécessité de s’envoler à coup sûr, même par temps difficile et avec de fortes charges, conduit, pour les îles flottantes à des dimensions très supérieures, de l’ordre de 500 m de longueur, ces dimensions étant du reste nécessaires pour assurer, avec la stabilité de l’ensemble, une période d’oscillation suffisamment longue.
- L’île doit être d’une construction facile, c’est-à-dire pouvant être calculée sans hypothèses trop différentes de celles que l’on admet ordinairement pour les corps flottants et construite par les procédés habituels aux chantiers navals et terrestres; il faut qu’on puisse effectuer cette construction par éléments séparés, de tonnage, dimensions et tirant d’eau maniables en vue d’un raccordement ultérieur. Elle doit être insubmersible, ce qui va de soi d’après ses dimensions, stable, élevée, fixe en position géographique et orientable automatiquement dans le lit du vent, ces deux conditions devant être recherchées par un ancrage spécial, malgré la profondeur énorme de la mer.
- Les Italiens avaient projeté, à ce propos, de munir les îles d’une surface verticale de dérive produisant l’orientation automatique.
- ILE PLEINE OU ILE A CLAIRE-VOIE?
- Fig. 8. — Vue en longueur d une île Armstrong montrant le profilage des piliers; un monoplan mullimoteur prend la ligne de mire pour se poser. (Dessin de Ch. Roberts.)
- Pour bâtir le corps de l’île, une première solution est possible : construire un nombre suffisant de caissons étanches que l’on réunirait à flot comme un gigantesque dallage, les parois verticales intérieures, accolées deux à deux, formant cloisons de rigidité.
- Ce système du ponton unique présente les inconvénients d’une construction surabondante, peu économique, très lourde et pose des problèmes de résistance à la houle.
- En France, il a été préconisé une disposition plus aérée, comportant des pontons isolés (deux au moins) en acier ou béton armé, reliés par des poutres triangulées et par la plateforme de roulement.
- Les Américains ont poussé à l’extrême cette idée de la division des flotteurs et sont arrivés à la notion curieuse de Y île Armstrong ainsi constituée (fig. 1) : une plate-forme élevée, supportée par une forêt de piliers prenant appui sur des flotteurs immergés à une profondeur où la houle est très atténuée; les piliers se prolongent encore au-dessous des flotteurs pour aboutir à des lests et tout cet ensemble est triangulé en tous sens comme les fils barbelés devant une tranchée.
- C’est ce système, minutieusement mis au point et étudié sur modèles réduits, que compte appliquer la Seadrome Océan Dock Corporation et que nous décrirons ici plus en détail.
- Fig. 9. — Voici la première île flottante : modèle réduit au 32% construit par la Société Armstrong. — Les piliers télescopiques, dont on remarquera la section fuselée, sont ici réduits au minimum de longueur.
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- L’ILE FLOTTANTE ARMSTRONG
- L’étude théorique et pratique de la houle pure ou grande houle du large, ne subissant aucun effort de freinage de la part du fond, a permis de préciser les mouvements des molécules d’eau aux diverses profondeurs.
- Dans l’ensemble, les trajectoires ne sont pas des droites
- verticales comme dans le ressac interférentiel observé au voisinage du rivage; ce sont des circonférences, ce mouvement élémentaire se composant toutefois avec des entraînements d’ensemble pour donner des cycloïdes et des trochoïdes. Les formes résultantes varient suivant les cas; la houle normale de beau temps comporte des « dos » successifs qui rappellent une sinusoïde tandis que ja houle violente qui suit une tempête montre des crêtes
- en rebroussement qui concrétisent pour les yeux l’aspect de la cyeloïde renversée.
- Le point important est que l’amplitude de tous ces mouvements diminue rapidement quand on s’enfonce au-dessous de la surface. Il existe, nous l’avons dit ici même à propos de récents essais de captation de l’énergie mécanique des mers, de véritables tempêtes sous-marines très violentes. Mais ceci est un phénomène de fonds et de rivages; en haute mer, la houle agit peu en profondeur; les circonférences-trajectoires diminuent rapidement de diamètre à mesure qu’on s’éloigne de la surface, ce qui signifie que les efforts horizontaux et verticaux exercés sur un flotteur immergé sont beaucoup plus faibles qu’en surface.
- C’est là un fait bien connu des équipages de sous-marins.
- L’île Armstrong (fig. 1, 2, -6, 8, 12 et 13) comportera deux étages, l’étage supérieur formant plate-forme d’atterrissage se trouvant à 32 m au-dessus du niveau de la mer; sa longueur sera de 467 m avec une largeur de 92 m. Elle sera supportée par 24 piliers creux de 7 m de diamètre espacés de 38 m d’axe en axe et fonctionnant comme flotteurs immergés, la surface qui. reçoit la poussée de flottaison étant la section inférieure.
- Ces cylindres seront prolongés vers le bas par des piliers de moindre diamètre aboutissant à des lests, les divers piliers se trouvant fortement entretoisés par des poutres obliques.
- Le poids total de l’ensemble sera de 66 000 t, dont 26000 t de poids à vide, 14000 t de ballast et 26 000 t de water-ballast.
- La hauteur totale sera de 95 m, ce qui donne 63 m de tirant d’eau puisqu’il y aura 32 m d’émergés.
- Dans un autre projet américain, il existe 42 piliers de diamètre réduit descendant s’appuyer sur des flotteurs cylin-dro-coniques et prolongés vers la profondeur jusqu’à des lests.
- La force de flottaison étant représentée par la différence des poussées hydrostatiques sur les faces inférieure et supérieure des flotteurs, il faut que les faces supérieures se trouvent déjà à une profondeur de calme. Pour les gros piliers cylindriques du projet Armstrong, c’est la base du pilier qui doit entrer en ligne de compte.
- STABILITÉ PAR GROS TEMPS
- Pour se faire une idée de la stabilité de l’île, autrement dit de sa tenue à la mer, il faut distinguer entre les impulsions verticales et horizontales.
- Fig. 10.'— Vue par dessous du modèle réduit Armstrong avec les piliers télescopiques développés. A mi-hauteur, les flotteurs; en bas, les lests.
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- Indiquons tout de suite que ces dernières seront peu importantes; les vagues, surtout (avec la solution à flotteurs immergés) dans leur partie superficielle qui est la plus violente, passant presque librement entre les piliers.
- Ceux-ci pourront du l’este être profilés avec une section en torpille, le gros bout tourné du côté de l’ancrage.
- De plus, la grande houle atlantique possédant une longueur d’onde d’environ 100 m, très inférieure à la
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- impulsions étant irrégulières dans le sens transversal, mais l’île, moins large que longue, étant plus susceptible de rouler que de tanguer.
- Ces calculs, qui relèvent de la théorie générale des constructions maritimes, n’offrent pas de difficultés spéciales et conduisent à des résultats rassurants. L’île, masse énorme et très longue, appuyée sur des surfaces de flottaison en eau presque calme, doit se jouer des vagues les plus dangereuses pour un bâtiment à coque pleine, soumis à tous les caprices de la surface. Pratique-
- Fig. 11. — Dans la baie de Chesapeake, près de Cambridge, dans le Maryland, on a procédé aux essais du modèle réduil Armstrong.
- Ce modèle au 32e mesurant 10 m 70 de longueur sur 3 m 20 de largeur a tenu avec une parfaite stabilité sur des houles de 1 ni 20 de creux.
- longueur de l’île, les poussées horizontales s’équilibreront en grande partie.
- Restent les poussées verticales. Au point de vue résistance, elles seront particulièrement dangereuses pour l’île quand celle-ci reposera sur quatre houles avec ses extrémités .en porte à faux et surtout dans les cas où il y aurait résonance entrq l’impulsion oscillatoire de la houle et l’oscillation propre de l’île. Cette coïncidence serait également une circonstance dangereuse pour la stabilité de l’île qui prendrait un mouvement de tangage de grande amplitude. Le roulis constitue un problème séparé, les
- ment l’île serait presque immobile sur des vagues de 9 m de « creux » (1).
- Une sanction décisive manquait cependant encore à ces grands projets : l’expérimentation au bassin de carènes. La société Armstrong, pour combler cette lacune, a fait construire deux modèles à l’échelle du
- 1. M. F. Biron indique comme chiffres possibles : période propre de l’île au tangage, 5 secondes; coefficient k de résistance au roulis : 7, chiffre meilleur que pour les plus grands navires. L’île envisagée mesure 300 m de longueur, 100 m de largeur et 15 m de hauteur; elle est donc bien plus petite que l’île Armstrong.
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- Fig. 12. — Profil, plan et coupe horizontale à la flottaison du projet d’île flottante Armstrong.
- Fig. 13. — Projet d’îlol-phare intermédiaire.
- cinquantième représentant l’un l’île flottante (longueur 10 m), l’autre une coque de grand paquebot (longueur 6 m); ces deux modèles ont été exposés côte à côte aux vagues et aux coups de vent d’une tempête artificielle réduite, aussi exactement que possible, dans le rapport du cinquantième par rapport à une forte tempête d’Atlantique (fig. 9, 10 et 11).
- Le film cinématographique pris lors de cet essai comparatif montre que le « seadrome » reste sensiblement immobile tandis que le paquebot roule et tangue à tel point, avec son pont couvert d’eau, « qu’à n’en pas douter, dans la réalité, tous les occupants eussent péri (1) ! »
- Pratiquement, les travaux vont être conduits sur les bases suivantes. On construit l’île au bassin (fig. 14), par travées de 125 m X 41 m avec 31 m de hauteur et 8 m 60 de tirant d’eau; on assemble ces travées par deux sur rade (fig. 15), ce qui donne un ensemble très « navigable » de 100 m X 125 m avec 10 m de tirant d’eau. L’assemblage total (4 fois 2 travées) est fait en pleine mer, et les piliers qui sont télescopiques sont amenés à leur longueur définitive (fig. 2 et 12).
- UNE ANCRE PAR 3000 M DE FOND !
- Reste le problème de l’ancrage. Les divers profils du fond de l’Atlantique montrent
- 1. The Aéroplane, 10 octobre 1934.
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- qu’il sera nécessaire d’aller chercher le point fixe, pour certaines îles, à plusieurs milliers de mètres de profondeur (fig. 4).
- Une chaîne ne saurait convenir (*) mais on peut utiliser un de ces puissants câbles de pont suspendu, en acier, capables de supporter sans se rompre, suspendus verticalement, 12 000 m de leur propre longueur. Des essais sur modèles au 300e, effectués au tunnel aérodynamique, puis sur modèles au 32e dans la baie de Chesapeake, ont prouvé que l’effort maxima sur le câble serait de l’ordre de 90 000 kg; un câble de section croissante, mesurant 75 mm de diamètre au fond et 90 mm à la surface, attaché à une ancre auto-directrice de 180 000 kg, serait donc suffisant.
- La société Armstrong a repris le problème à fond et essayé 27 types d’ancres. On s’est arrêté à un modèle en forme de plate-forme circulaire portant au centre une rotule orientable où se fixe le câble, ce dernier étant allégé sur son parcours par des ballonnets remplis d’air. La mise en place se fera d’une façon très curieuse au moyen de parachutes annulaires en toile qui freineront la descente à travers les eaux (fig. 16, 17 et 18).
- CHOIX DES POSITIONS GEOGRAPHIQUES
- Nous ne nous étendrons pas sur les organisations accessoires des îles flottantes, ren-royant nos lecteurs à l’article que nous avons consacré ici même à l’organisation des ports aériens installés à terre .
- Notons simplement qu’il y a lieu de prévoir, outre les dispositions ordinaires des aérodromes, une « habitabilité » suffisante pour héberger les passagers de plusieurs avions en panne; un hôtel, une infirmerie, les bureaux d’administration, les services de radio et de météorologie, les hangars et l’atelier de réparation, accessibles par ascenseurs pour les avions (fig. 6).
- 1. Rivista Aeronautica, 1930.
- Fig. 14 (en haut). — Construction au bassin d'un élément d’île sur 8 piliers, mesurant 125 mx 41m. Grâce à la disposition télescopique de ces piliers le tirant d’eau n’est à ce moment que de 8 m.
- Fig. 15 (au centre). — Assemblage sur rade de deux éléments au moyen de poutres réticulées horizontales.
- L’ensemble obtenu mesure 125 m x 102 m avec un tirant d’eau de 10 m 40.
- Fig. 16 (en bas).— Intercalée entre un remorqueur et un élément spécial triangulaire à piliers flottants, l’énorme ancre ou « corps mort » circulaire, est amené sur le lieu de mouillage.
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- Fig. 17. -— Ancre circulaire et disposition de l'ancrage en proportions vraies pour 4500 m de profondeur.
- trouveront place facilement à l’étage inférieur. Notons que tous ces aménagements figuraient sur le modèle réduit expérimenté par la société Armstrong.
- Une sécurité indispensable doit être donnée à l’île par des hélices de propulsion destinées à combattre la dérive en cas de rupture du câble. En service normal, ces hélices devront pouvoir jouer un rôle d’orientation car si l’île s oriente en gros sur son câble, l’évolution risquera d’être insuffisamment rapide lors des sautes de vent brusques.
- Ces hélices mues par des moteurs électriques de 500 ch seraient placées en arrière de certains piliers à section fuselée.
- L’énergie électrique nécessaire à ces moteurs et à tous les services de l’île sera fournie par des groupes Diesel ou «à turbines. Il n’est du reste nullement exclu qu’à bord des îles flottantes tropicales on installe des usines génératrices maré-thermiques, système Claude Boucherot.
- Reste, enfin, l’importante question de la position géographique des îles, autrement dit du tracé à choisir pour la traversée de l’Atlantique. Henninger fait remarquer combien la « route des paquebots », qui est la plus courte, est défavorisée au point de vue météorologique par les brouillards issus du Gulf Stream et par les dangereuses glaces errantes ; la proximité de la frontière des glaces provoque des refroidissements soudains qui chargent les ailes de verglas, tandis que l’aiguille aimantée est sujette à des troubles signalés par de nombreux aviateurs. La route sud, par les Açores, est par contre beaucoup plus sûre et les observatoires installés sur les différentes îles seront particulièrement bien placés pour la prévision des perturbations météorologiques.
- La ligne aérienne, partant de Paris, toucherait au cap Finisterre en Espagne (étape de 1000 km), puis à San-Miguel dans les Açores (1450 km), à Florès ou Florto également dans les Açores (550 km), puis à New-York (3600 km).
- Sur ce dernier tronçon, on pourrait prévoir soit 5 îles flottantes en ligne droite, tracé évitant à peu près la zone des orages d’hiver et celle des icebergs, soit 2 îles seulement pour aller rejoindre le cap Race et Terre-Neuve (1900 km).
- Nous donnons fig. 3 un autre tracé direct de Brest aux Açores et évitant mieux la zone des glaces du côté de New-York et fig. 5 le tracé de la société Armstrong.
- Il paraît vraisemblable que, dans la suite des temps, il existera deux lignes, Nord et Sud, le trafic se portant de l’une à l’autre suivant la saison.
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- Fig. 18. — Opération du mouillage de l’ancre circulaire. hreinée par des parachutes annulaires en toile et par le déroulement du câble lové dans sa cavité intérieure, l’ancre descend de 100 m environ par minute, mettant près d’une heure pour atteindre certains mouillages particulièrement profonds.
- Telle est cette remarquable conception des îles flottantes, véritable pont transatlantique, dont l’importance économique deviendra sans doute primordiale d’ici quelques années dans la vie de la planète.
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- Peut-être pourra-t-on regretter que le gouvernement français n’ait pas aperçu dans son ensemble toutes les possibilités, sur le plan international, de cette entreprise qui désormais semble bien en passe de devenir spécifiquement américaine : ce serait l’erreur que nous avons déjà commise, voici cinquante ans, pour Suez.
- Le scepticisme, en tout cas, n’est pas de mise devant un projet aussi étudié, qui a rallié l’adhésion des experts,
- ...1..........................359 =
- des financiers... et des compagnies d’assurances. Méditons ce proverbe, bien connu de l’autre côté de l’Atlantique :
- « Ne vous endormez pas en disant qu’un travail est impossible : vous seriez réveillé par le bruit que fait votre voisin en train de l’exécuter ! »
- Pierre Devaux,
- Ancien élève de l’École Polytechnique.
- LE MUSEE DE LA MER A BIARRITZ
- Le Musée de la mer, à Biarritz, doit être inauguré au mois de juillet prochain. Il s’élève au bord mime de la mer (fig. 1), tout en ciment et en verre. Dû à l’initiative du Maire et de la municipalité, il doit aider les touristes et les baigneurs à voir et à comprendre ce qu’ils ont sous les yeux : la mer, son rivage, les êtres vivants qui l’animent.
- Le Dr Paul Arné, qui préside aux destinées du nouveau Musée, a fait appel au concours technique des grands établissements scientifiques : le Muséum national d’Histoire naturelle, l’Office scientifique des pêches maritimes, etc. C’est ainsi que j’ai été amené à collaborer avec lui pour la réalisation du plan dont je voudrais indiquer ici les principes.
- Le Musée de la mer se propose avant tout d’être vivant, agréable et instructif. Il a donc comme principale attraction un aquarium, aussi bien peuplé, aussi varié que possible, dans une atmosphère fraîche et des décors adéquats. Le visiteur y pourra examiner à loisir les mœurs, les attitudes des animaux qu’il a entrevus dans la mer et y faire la connaissance de nombreuses espèces qu’il n’avait pas eu l’occasion de rencontrer.
- L’aquarium charme le visiteur, l’instruit en même temps, et lui donne le désir de s’instruire davantage; on l’a donc complété par une galerie d’échantillons immobiles, chacun entouré de tous les documents et de toutes les explications désirables, disposés pour donner une leçon d’histoire naturelle aussi attrayante que possible.
- Comment donner à cette galerie d’échantillons l’aspect de la vie ? Dans un musée, il y a deux éléments : les échantillons et le visiteur qui les regarde. Or le visiteur apporte avec lui Vidée de vie. Son imagination est tout naturellement portée à faire mouvoir en pensée les pattes articulées du défunt crabe, à voir s’ériger les tentacules flasques de la pieuvre immergée dans le formol ou, même, à transformer ce formol en un océan de flots bleus. Si nous réussissons à ne pas décourager cet effort d’imagination, nous aurons gagné la partie.
- Pour cela, nous plaçons dès l’abord le visiteur en présence d’une vaste reconstitution de la grève rocheuse et de la faune qu’on y trouve (fig. 2). C’est une sorte de diorama dont le premier plan est en vraie grandeur. Le visiteur y retrouve tous les détails qu’il a regardés sur la grève quelques moments auparavant, et il lui est facile de superposer les deux visions de manière à oublier
- Fig. 1. — L’entrée du Al usée de la Mer à Biarritz. (Photo Marius Gravot.)
- l’immobilité de la seconde. Dans un creux de rocher rempli d’eau (inutile de lui dire que cette eau est une glace, il ne le croirait pas), il revoit les Oursins colorés de violet, de rose, de vert, de blanc : il croit voir leurs piquants remuer lentement ; rampant sur le rocher ou fixés à lui, voici les Mollusques, les Anémones de mer; quelques oiseaux sont prêts à s’envoler.
- Mais en quoi ce diorama instruit-il le visiteur ? En ce que, sur le cadre, on a fixé des croquis rappelant les diverses parties du diorama, avec les noms des espèces qui s’y trouvent et quelques commentaires essentiels.
- Profitons de ce que la curiosité du visiteur est ainsi
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- Fig. 2. •—- Vue partielle du diorama. Remarquer les animaux insérés sur les rochers et dans le creux empli d’ « eau’».
- Fig. 3. — Premières vitrines (faune générale). — Fig. 4. — Une des espèces présentées dans les vitrines de la collection des- Mollusques.
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- portée sur les principaux animaux de la grève, pour compléter son instruction, en commençant par les espèces les plus frappantes, les plus attirantes : dans une vaste vitrine (fig. 3) se trouvent un certain nombre de portions de roche, provenant de la grève, et dont chacune montre encore les animaux qu’elle portait sur la grève, naturalisés et maintenus à leur place. Chaque espèce est ainsi représentée par un ensemble d’individus. Le visiteur est invité par des pancartes à examiner les documents explicatifs qui entourent l’échantillon : des photographies commentées le conduisent comme ferait un fdm de cinéma, lui indiquent ceux des rochers de Biarritz où il pourra contempler facilement l’espèce vivante; un texte illustré le renseigne sur les mœurs de l’animal, sur sa longévité, sur les traits essentiels de son organisation et de son développement; une carte fait connaître sa répartition géographique.
- En continuant, le visiteur se trouve en présence d’axitres vitrines où les espèces sont rangées par ordre zoologique (fig. 4) : c’est maintenant une leçon d’un degré
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- plus élevé, les explications scientifiques sont poussées plus loin, mais sans que soient négligées les reconstitutions du milieu de vie, les indications des mœurs de l’animal, les photographies, les cartes. Enfin, des pancartes placées sur chaque vitrine font savoir au visiteur qu’une collection plus complète des représentants de la faune de la région, enfermée dans des meubles spéciaux, lui sera ouverte s’il le désire.
- De la sorte sont graduées les difficultés, ainsi est accru l’effort d’attention demandé au visiteur. Selon leur degré d’instruction, selon leur désir de s’instruire, ceux-ci se limiteront à l’aquarium et au diorama, ou bien y ajouteront la visite de telle ou telle catégorie de vitrines. De même les directeurs d’écoles pourront développer la leçon donnée à leurs élèves.
- Telle est la formule neuve adoptée pour cette présentation. Au public de montrer, par ses réactions, si cette formule est bonne et si elle a sa préférence.
- E. Fischer-Piette.
- LE CENT-CINQUANTENAIRE DE PIERRE LE ROY
- « L’an mil sept cent quatre-vingt-cinq, le vingt-septième jour du mois d’aout a été, par nous soussigné, inhumé Pierre Le Roi, horloger du Roi, pensionné de Sa Majesté pour l’invention des montres marines, de l’Académie royale d’Angers, décédé le vingt-cinq du même mois en sa maison de Viry-sur-Orge, âgé de 68 ans, dans le cimetière de la paroisse qu’il avait choisi pour le lieu de sa sépulture, en présence de Mr Le Roi, son frère, de l’Académie Royale des sciences et garde du cabinet de physique de Sa Majesté à la Muette, de Maître Nicolas Charbonnet, ancien greffier en chef des Eaux et forêts de France au siège général du Palais à Paris, son ami, de Messire Jean Baptiste de Saineville, curé d’Orangis, de Charles Nicolas de Courcy, curé du Plessis-le-Comte, et d’Olivier Muthier, curé de la paroisse de Courcouronne, qui ont signé avec Nous, Minât, curé de Yiry-sur-Orge. »
- Ce texte est la copie exacte de l’acte de décès de Pierre Le Roy.
- R montre que le 25 août prochain il y aura cent cinquante ans que ledit Pierre Le Roy repose dans le cimetière de cette commune de Seine-et-Oise qui s’appelle aujourd’hui Viry-Châtillon.
- Quant à Pierre Le Roy, il est inconnu de beaucoup de nos compatriotes. Même de beaucoup d’horlogers. Et si l’on veut se faire une idée de ce qu’il fut réellement, il convient d’ouvrir le magnifique ouvrage écrit en 1923 par le commandant Gould, et intitulé The Marine Chronometer l1). Après avoir décrit les
- 1. Joseph Rambal, dans son Enseignement théorique de l'horlogerie, publié à Genève en 1889, avait de son côté déjà noté le rôle prépondérant de Pierre Le Roy. Voici comment il s’exprime dans cet ouvrage : « La montre marine de Pierre Le Roy contient ainsi les trois éléments naissants qui, perfectionnés par la suite, sont devenus la base de la chronométrie actuelle, savoir : l’isochronisme, la compensation, l’échappement libre. Aussi Pierre Le Roy peut-il être considéré comme le plus illustre des horlogers français ». L’opinion de Rambal est d’autant plus intéressante à noter que la Suisse est depuis longtemps le pays par excellence de l’horlogerie et que les artistes éminents n’y manquent point.
- travaux de l’Anglais Harrison et ceux de notre Français Pierre Le Roy, le commandant Rupert T. Gould conclut :
- « Si nous comparons cette merveilleuse machine (celle de Pierre Le Roy que l’on peut voir au Conservatoire national des Arts et Métiers) avec l’horloge n° 4 (d’Harrison) qui, dans son genre, est également admirable, la supériorité de Pierre Le Roy comme horloger est évidente. Hai’rison prit l’échappement, le balancier et les dispositifs généraux d’une montre ordinaire de son temps et, en y ajoutant un remontoir, un régulateur automatique, des pallettes de diamant, en s’aidant de roues fortement nombrées et d’innombrables pierres précieuses, il obligea cette montre à devenir un garde-temps sérieux. Le Roy attaqua le problème d’un point de départ tout différent et obtint ses résultats non pas en réduisant les défauts au minimum mais en les supprimant. La différence de leurs deux machines est fondamentale : Harrison construisit une magnifique maison sur le sable, mais Le Roy en fonda une sur le roc. »
- C’est donc à juste titre que Pierre Le Roy est considéré comme le fondateur, l’initiateur de la chronométrie moderne.
- Or cette chronométrie, que nous donne-t-elle aujourd’hui ?
- Pour le savoir, il suffit d’ouvrir VAnnuaire des Longitudes de 1934. R renferme une notice de M. Esclangon, directeur de l’Observatoire de Paris, après l’avoir été de celui de Strasbourg, sur la Distribution téléphonique de l’Heure, à la seconde page de laquelle on peut lire : « Les horloges en usage dans les observatoires sont devenues si parfaites que leurs variations diurnes de marche sont actuellement moindres que un centième de seconde .
- Un centième de seconde, ça ne fait pas quatre secondes par an !
- Ce qui veut dire que les erreurs chronométriques sont actuellement de l’ordre du dix-millionième, du même ordre que les plus petites de la métrologie des unités de longueur !
- Voilà ce que fut Pierre Le Roy : le père de cette précision formidable.
- Ne semble-t-il pas que cet homme admirable mérite un souvenir ?
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- Et que son cent-cinquantenaire pourrait être célébré le 25 août prochain, date à laquelle il tombera ?
- Comment pourra-t-il l’être ?
- J’ai émis il y a une dizaine d’années un projet fort modeste. Celui de placer dans l’église de Viry-Châtillon une plaque rappelant que c’est dans ce monument que furent célébrées les funérailles du plus illustre horloger de France.
- J’ai proposé cette plaque parce qu’il résulte des recherches faites dans le pays tant par M. le Maire que par M. le Curé, que la maison de Pierre Le Roy n’existe plus et que toute trace permettant de retrouver sa tombe a disparu du cimetière. D’autre part, personne jusqu’ici n’a pu trouver de dessin représentant le plus éminent des horlogers, alors que nous en possédons de nombreux de son père, déjà lui-même grand maître de la chronométrie.
- Chose curieuse, je n’ai pas constaté un grand enthousiasme des horlogers pour cette proposition !
- Et pourtant la Ville de Paris, dont Pierre Le Roy fut un enfant — il y est né le 24 mars 1717 — possède, depuis le 22 juillet 1929 une rue qui porte son nom. Toute petite, cette rue. Une vingtaine de mètres, près de la Porte Didot. Mais, tout de même, elle existe. Et il m’est permis d’en éprouver une toute petite satisfaction personnelle, puisque les deux auteurs de la proposition municipale, MM. Rebeillard et Contenot, ont eu l’amabilité de citer dans leur exposé des motifs un morceau de ma prose, le 19 mai 1927 !
- L’oubli dans lequel est resté si longtemps Pierre Le Roy
- « le plus grand génie horloger qui ait jamais existé », suivant l’expression de M. Gould, est d’autant plus frappant que son concurrent Ferdinand Berthoud, d’origine suisse, et naturalisé automatiquement par son séjour en France, a depuis longtemps sa rue près de l’Ecole Centrale, s’il vous plaît, qu’il bénéficia du titre de constructeur et contrôleur des instruments chronométriques, fut membre de la Société Royale de Londres et de notre Académie des Sciences. Le centenaire de sa mort fut célébré avec pompe en 1908. Il y eut même pour cette cérémonie deux comités différents qui se regardèrent un peu de travers !
- Il est intéressant de noter que le commandant Gould, que je viens de citer amplement, connaît merveilleusement l’œuvre de son compatriote Harrison puisqu’il a passé une dizaine d’années à remettre en état de marche ses appareils chronométriques.
- Si j’ajoute que, le 3 novembre dernier, le ministre du Commerce, M. Lamoureux, a bien voulu faire connaître à M. Contenot, président du Conseil municipal, qu’il soumettrait volontiers le projet du cent-cinquantenaire de Pierre Le Roy à la « Commission du Commerce, adjointe au Comité d’organisation des grandes fêtes de Paris », il me paraît impossible que nos organisations horlogères officielles ne prennent pas en main cette proposition.
- Pierre Le Roy est un honneur particulier pour eux, puisqu’il n’a de concurrent dans aucun pays !
- Léopold Reverchon.
- .—= LA “ NORMANDIE ”
- LE PLUS GRAND PAQUEBOT DU MONDE
- II. — LA PROTECTION CONTRE L’INCENDIE
- Des multiples problèmes qui sollicitaient l’attention des techniciens, aucun n’a été étudié avec plus de soin que celui de la sécurité. De récents sinistres, depuis l’incendie du « Paul Lecat » en 1928 jusqu’à celui de 1’ « Atlantique » en 1932, avaient attiré l’attention sur les imperfections dont souffraient des unités par ailleurs luxueuses et modernes.
- Nous vivions sur une législation désuète : le règlement de 1907 ne correspondait plus aux nouvelles techniques de la construction et ses exigences étaient insuffisantes, étant données l’importance des appareils électriques et la nature des produits employés pour la décoration. Après la catastrophe du « Titanic » en 1912, une Conférence internationale s’était réunie en 1914 en Angleterre et elle aboutit à un accord réglementant la sécurité des navires, leur construction, leurs engins de sauvetage, la radiotélégraphie et les moyens de défense contre l’incendie; elle créait des certificats de sécurité délivrés aux navires. En 1929, une nouvelle Conférence révisait à Londres la convention de 1914 et la complétait. Cette œuvre considérable s’achevait l’année suivante par un nouvel accord limitant, pour chaque navire, son enfoncement maximum dans la mer et déterminant ainsi le franc- bord.
- Conformément aux dispositions d’ordre international découlant de la ratification des Conventions londoniennes de 1929 pour la Sauvegarde des vies humaines en mer, un projet de loi fut déposé en France et, après de multiples retouches, devint la loi du 16 juin 1933 : c’était une refonte complète de la loi du 17 avril 1907. L’année suivante, fut publié le règlement d’administration publique du 1er septembre 1934, où l’on fixait les règles relatives au sauvetage des navires et des personnes embarquées, ainsi que les précautions à prendre soit contre l’incendie, soit pour l’évacuation du bateau en cas de sinistre. Ces mesures sont particulièrement rigoureuses pour les navires qui, comme la « Normandie », s’éloignent à plus de 200 milles des terres. Puis presque coup sur coup paraissaient trois arrêtés ministériels, l’un du 7 novembre 1934 sur les conditions que doivent remplir les peintures, vernis et enduits employés à bord des paquebots et susceptibles de propager facilement le feu, le second du 28 novembre sur le cloisonnement des paquebots contre la propagation de l’incendie; enfin celui du 22 décembre réglementant les installations électriques à bord des navires de passagers.
- Nous voici donc pourvus d’une législation extrêmement précise et détaillée, destinée à assurer aux bateaux et à leurs hôtes le maximum de sécurité. Et, à compulser par exemple le règlement de 1934 qui n’occupe pas moins
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- de 45 pages du Journal officiel, on se rend compte de la distance qui sépare ce contrôle minutieux de la modeste institution, soxis François 1er, des « huissiers visiteurs » nommés par l’Amiral et à qui Colbert devait donner un statut régulier !
- Cette réglementation, si elle a été publiée tout récemment, fut élaborée par diverses commissions au cours des dernières années. C’est pourquoi elle a servi de base aux installations de la « Normandie » qui répond ainsi aux exigences de la nouvelle législation. Sur bien des points, même, les installations réalisées à bord de cette splen-
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- témoignent de l’effort et de l’ingéniosité des constructeurs.
- 1° Le cloisonnement. — On a construit un réseau cohérent de cloisons ignifuges destinées à arrêter ou à retarder la propagation du feu.
- Du haut en bas, le navire est divisé naturellement en dix tranches horizontales par ses dix ponts métalliques. Chaque pont, avec son revêtement de liège comprimé, est un plan de résistance contre l’incendie et forme un cloisonnement. Les puits verticaux des ascenseurs et des monte-charges sont munis de cloisons bourrées de laine
- Fig. 1. — Le four expérimental de l’Office national des Recherches et Inventions où furent essayés les divers matériaux.
- dide unité par les Chantiers de Penhoët, qui dès le début d : 1932 avaient entrepris une vaste étude expérimentale sur l’incombustibilité des matériaux et la protection contre l’incendie, dépassent les conditions que posent les décrets ministériels.
- A. Protection dans la construction. — On a souvent rendu responsables de la propagation des sinistres maritimes les vices de construction des navires. Il ne sera pas possible d’adresser ce reproche au nouveau paquebot : cloisonnement, appareils électriques, peintures et vernis — pour s’en tenir aux choses principales — ont fait l’objet d’études approfondies et les solutions adoptées
- de scorie pour que les flammes ne puissent, le cas échéant, se propager hors du tambour.
- Dans le sens de sa largeur, le bâtiment est divisé par de fortes cloisons ignifuges transversales, celles quo la Convention de Londres de 1929 nomme cloisons d’incendie, en quatre tranches principales, à peu près verticales et absolument étanches, aussi bien pour la distribution du courant électrique que pour la ventilation. Il va de soi qu’en passant d’un entrepont à l’autre, les cloisonnements forment entre eux des décrochements que les installations intérieures ont rendu nécessaires. Entre ces tranches, les communications sont assurées par des portes massives qu’on peut fermer hermétiquement, capables
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- de résister à l’eau et au feu et munies d’un regard en verre spécial ignifuge, susceptible d’être arrosé sans se rompre. Le regard permet de surveiller ce qui se passe au delà sans avoir besoin d’ouvrir. Un emplacement pour mettre en batterie une manche de pompe à incendie est prévu afin qu’on puisse attaquer un foyer situé au delà de la porte.
- A l’intérieur de ces vastes compartiments, des cloisons ignifuges secondaires permettent de satisfaire à la prescription de la Convention de Londres qui spécifie que l’écartement des cloisons d’incendie doit être inférieur à
- cabines, des portes battantes, elles-mêmes ignifuges, sont encastrées dans la paroi en temps normal, afin de maintenir ouvertes les issues et de contribuer à l’aération.
- En cas de sinistre, ces portes, très faciles à manoeuvrer, seraient retirées de leur logement et barreraient la coursive pour supprimer le courant d’air; mais restant toujours battantes, elles laisseraient constamment le passage possible et n’empêcheraient pas l’évacuation des passagers et du personnel.
- Dans chaque cabine, les cloisons montent de pont à pont, sans aucun intervalle, de façon à ne laisser aucun
- Fig. 2. — Une porte coupe-feu, avant et après les essais au four expérimental.
- 40 m; les grands locaux font exception, à condition que leur surface ne dépasse pas 1200 m2, et que leur cloisonnement soit très robuste. Elles divisent le paquebot en 98 compartiments élémentaires, depuis les fonds jusqu’aux superstructures.
- Ces compartiments se subdivisent à leur tour grâce à d’autres cloisonnements, cloisons écrans, cloisons coupe-feu. Chaque étage est aussi divisé en îlots étanches comprenant chacun plusieurs cabines. Au total, 321 compartiments d’incendie, dont aucun, en dehors des vastes pièces de réunion, salle à manger, salon, chapelle, n’a plus de 470 m3. De groupes de cabines à groupes de
- passage à la flamme d’une pièce à une autre et surtout afin de supprimer entre le plafond de la cabine et le pont ces parties vides faisant couloir et appel d’air. Par contre, le plafond est percé d’un trou, obturé en temps normal et communiquant avec la cabine située au-dessus. C’est le trou Pugnet qui peut recevoir une manche à eau afin d’attaquer un sinistre qui se serait déclaré, et dans le cas où la porte d’entrée de la cabine serait impraticable.
- Les cloisons principales, à bord de la « Normandie », sont en métal et revêtues de panneaux de laines de scories sur une épaisseur de 50 mm, avec doubles plaques
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- d’amiante. Elles répondent ainsi aux exigences de l’arrêté du 29 novembre 1934 qui soumet les éléments constructifs utilisés pour les cloisons de ce type à l’expérience suivante. On les essaie en panneau, dans un four qui présente une ouverture de 1 m 50 X 0 m 90 qu’on obture avec le panneau. On chauffe le four à une température de 815° et pendant une heure. On s’assure qu’à l’extérieur le panneau ne présente aucun point en ignition et ne laisse passer aucune flamme. Il faut qu’à ce moment, la température au voisinage immédiat de la face externe ne dépasse pas 150°. Les portes coupe-feu de la « Normandie » ont été essayées dans un four spécial construit à l’Oflice national des Recherches et Inventions à Bellevue (fig. 1).
- Les cloisons des compartiments secondaires sont de même type, mais l’épaisseur de l’isolant, qui demeure la laine de scorie, n’est que de 25 mm. Au four expérimental chauffé à 815° et dans les mêmes conditions que les cloisons principales, la température, d’après l’arrêté du 28 novembre 1934, ne doit pas dépasser 150° au bout de 30 minutes, au voisinage immédiat de la face externe du panneau d’essai. Le même décret prévoit que pour les groupes de locaux, les cloisons plus légères ne doivent pas donner, par un incendie développant au voisinage de leur face interne une température de 550° (au lieu de 815°) pendant 30 minutes, une température supérieure à 150° au voisinage de l’autre face. A bord de la « Normandie », alors que le règlement officiel estime que les cloisons métalliques peuvent être considérées comme cloisons du type C servant à isoler les groupes de cabines, on a utilisé des cloisons métalliques habillées d’un plaquage de bois avec interposition d’amiante sur leurs deux faces.
- Les passagers, qui circuleront à bord du navire aménagé et paré, ne se rendront pas compte de tout ce dispositif de sécurité. Mais celui qui a eu l’occasion de visiter le paquebot l’été dernier, par exemple, aura pu noter, en voyant les monceaux de plaques isolantes d’amiante et de laines de scories, qui ne couvrent pas moins de 240 000 m2, quelle place a tenu dans la construction le plan de cloisonnement.
- 2° Les installations électriques. — Dans un bâtiment mû par l’électricité comme la « Normandie » et où le courant est très largement utilisé, où l’on compte 40 000 lampes et 2000 km de fils électriques, la sécurité imposait de multiples précautions.
- Un groupe électrogène de secours, installé à tribord, permet non seulement de donner de la lumière, si le circuit normal ne peut plus fonctionner, mais aussi d’assurer la manœuvre du paquebot. D’autre part, la « Normandie » a été divisée en tranches autonomes d’électricité. Les tableaux principaux de distribution sont placés aussi près que possible des génératrices et loin des matières inflammables. Enfin, comme le prescrit l’arrêté du 24 décembre 1934, on a multiplié les précautions pour éviter les courts-circuits en ne surchargeant pas les dérivations terminales aboutissant aux lampes, en installant des disjoncteurs pour les courants de forte intensité, en multipliant les fusibles (on compte 30 000 coupe-circuit) ,en employant des câbles conducteurs fortement isolés sous plomb ou même à la toile vernie,
- Fig. 3. — Bloc d'aluminium pour la détermination du point d’inflammation.
- qui présentent, aux changements de direction, des rayons de courbure suffisants et qui traversent les ponts dans des presse-étoupe.
- 3° Les produits habituellement dangereux. — Après les incendies qui émurent si fort l’opinion publique, l’attention ayant été particulièrement appelée sur les dangers qui semblaient liés à l’emploi du caoutchouc d’une part, à l’emploi de certaines peintures d’autre part, le Ministère de la Marine marchande a provoqué des recherches sur les méthodes de mesure du degré d’incombustibilité de ces matériaux.
- Ces méthodes ont été imaginées et mises au point à l’Office national des Recherches et Inventions.
- A la suite de la publication de ces méthodes, des industriels ont perfectionné leurs fabrications en vue de préparer des produits satisfaisant aux conditions imposées. De grands progrès ont ainsi été réalisés.
- Des arrêtés ont été pris par la Marine marchande, imposant les méthodes étudiées à l’Office des Inventions et approuvées par la Commission de Sécurité.
- Ces méthodes ont été publiées en détail dans Recherches et Inventions.
- A la suite de cet effort on peut penser que les peintures et vernis employés à bord, conformément aux prescriptions légales, ne constituent plus une cause d’incendie. Il convient d’ailleurs de dire en passant que l’opinion publique avait peut-être exagéré la part qui pouvait revenir aux peintures dans le développement des incendies à bord du « Georges Philippar » et de l’« Atlantique ». Quoi qu’il en soit on ne saurait trop insister sur l’importance des progrès réalisés.
- Les tapis de caoutchouc couvriront 15 000 m2, mais
- Fig. 4. — Coupe du bloc d’aluminium.
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- il faut que ce produit réponde aux conditions suivantes : un échantillon, placé dans un four électrique du modèle standard, ne doit pas s’enflammer avant 5 minutes sous l’action de la bougie placée à 20 mm du produit témoin, et la flamme ne doit pas persister plus de de 30 secondes après que le caoutchouc a été soustrait à l’action de la lampe. S’il s’agit de linoléum, l’échantillon placé dans les mêmes conditions doit donner des temps minima de 10 et de 1 minute, au lieu de 5 et d’une demi-minute.
- Les peintures, enduits et vernis subissent des essais, tout comme les matériaux de cloisonnement, et on détermine ainsi leur température d'inflammation, puis on mesure la propagation du feu.
- Sans support, ces produits doivent avoir une température d’inflammation au moins égale à 300°, dans les conditions suivantes. On prépare une pellicule du produit sur laquelle on prélève un échantillon d’un gramme qu’on découpe en fragments de 3 mm de largeur. On les dépose au centre d’une plaque d’aluminium qu’on introduit dans un bloc d’aluminium évidé. On chauffe ensuite l’échantillon au bec Bunsen placé sous le bloc et réglé
- Fig. 5. — Appareil pour la mesure du temps d’inflammation au voisinage d’un corps en ignilion.
- de façon à réaliser une élévation de température à vitesse sensiblement constante de 15 à 20° centésimaux par minute. L’inflammation de la pellicule est provoquée par une flamme veilleuse placée à 1 cm au-dessus de la substance à essayer. On note sur un pyromètre, par exemple,la température d'inflammation qui est caractérisée par l’apparition brusque d’une flamme importante et durable; elle ne doit pas être inférieure à 300°. Bien entendu, on observe également les phénomènes secondaires qui peuvent se produire avant l’inflammation : modification de la coloration ou du volume de la flamme veilleuse qui décèlerait la ormation de produits volatils.
- La même substance subit, toujours sans support, une seconde épreuve afin qu’on s’assure qu’elle ne propage pas le feu. Voici le dispositif réglementaire. On prend un tube résistant au feu de 25 mm de large et de 300 mm de long, portant deux repères également éloignés des extrémités et distants de 200 mm. Dans le tube et sur toute sa longueur, on applique une couche du produit égale à celle qu’on met dans la pratique, puis on sèche le tube par l’air chaud. On fait passer dans le tube un courant d’air d’un débit constant de 3 litres par minute. Le tube
- est chauffé au bec Bunsen entre l’une de ses extrémités et le repère voisin R. On essaie d’enflammer le produit à l’aide d’une veilleuse. Dès qu’on a réussi, on éteint les deux sources de chaleur. S’il n’y a pas inflammation ou si l’extinction suit immédiatement l’extinction du Bunsen et de la veilleuse, la vitesse de propagation est nulle. Si la flamme s’éteint avant d’arriver au deuxième repère R!, on note la distance d en centimètres qu’elle a parcourus depuis le repèreii jusqu’au point où elle a disparu et le
- temps t en secondes mis pour la parcourir. On cherche —
- et on obtient la vitesse de propagation du feu du produit sans support, en centimètres et par seconde. Si enfin la flamme atteint et dépasse R', distant du premier repère de 20 cm, on prend d = 20 et on note le temps t en secondes nécessaire à la flamme pour aller de l’un à
- r * t i 20
- 1 autre repere. La vitesse est alors — •
- Une troisième expérience permet d’établir l'indice de propagation de la substance, cette fois avec support. Pour cela, on découpe, dans un panneau de bois d’Okoumé contreplaqué et sec d’au moins 5 mm d’épaisseur, 8 éprouvettes carrées de 30 cm de côté. Quatre d’entre elles sont enduites du produit à essayer, les autres restent nues. On dispose d’autre part d’un appareil conforme à la figure 8 ci-jointe, c’est-à-dire comprenant une chambre de combustion, une cheminée d’appel des gaz chauds, une rainure inférieure où peut coulisser un carton isolant d’amiante, une rainure supérieure pour l’éprouvette à essayer. On règle le brûleur de façon à réaliser une température de 500° au niveau de la face inférieure d’une éprouvette en fibro-ciment disposée à la place de l’éprouvette à essayer. Le carton d’amiante étant dans sa rainure et le bec allumé, on introduit alors l’éprouvette enduite de la substance qu’on essaie. Puis on retire la plaque d’amiante et, dès l’apparition de la première flamme fixe sur l’éprouvette, on l’enlève, on éteint et on mesure le diamètre de la tache produite par la combustion. On répète les mêmes opérations sur une deuxième éprouvette enduite et on fait la moyenne des diamètres obtenus, soit D . L’expérience est ensuite réalisée successivement avec deux autres éprouvettes, mais sans enduit : on obtient, pour ces éprouvettes nues, un diamètre moyen dr On recommence alors l’expérience successivement avec chacune des deux éprouvettes enduites, puis des deux éprouvettes nues non encore utilisées, mais en laissant la flamme se propager pendant 10 secondes; on l’éteint alors et on mesure les diamètres des taches de combustion dont on fait la moyenne comme précédemment, soit Dt pour les éprouvettes enduites et dt pour les éprouvettes nues. La vitesse de propagation du feu du support enduit
- . D, — D d— d.
- est de —=-7--— et celle du support nu de —r— • L indice ZU ZU
- de propagation est égal au l’apport de la vitesse, de propagation du feu sur support enduit, à la vitesse de propaga-
- D,— D
- tion du feu sur le même support nu, soit —--—L’arrêté
- a, — d[
- du 7 novembre 1934 indique que cet indice ne doit pas dépasser 1,5. Si, au cours de l’expérience ci-dessus,
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- l’apparition do la première flamme a lieu plus de 30 secondes après le retrait du carton d’amiante, l’essai n’est pas poursuivi, car on considère que l’indice de propagation est alors inférieur à 0,75 : on a ce qu’on appelle un produit de sécurité.
- Lors de tous ces essais, il faut que la combustion ou la décomposition de la substance sous l’influence de la chaleur ne soient accompagnées d’aucun phénomène secondaire dangereux tel que des fumées abondantes, des gaz nocifs ou des feux follets apparaissant avant que soit atteinte la température minima d’inflammation.
- Tels sont les types d’épreuves, désormais obligatoires dans la construction des nouveaux paquebots et qui ont été appliqués aux matériaux utilisés à bord de la « Normandie ».
- B. Les moyens de lutte contre l’incendie. —
- Les précautions prises dans la construction pour offrir le moins de prise possible au feu ne seraient pas suffisantes si on ne disposait à bord, le cas échéant, d’une puissante organisation de lutte capable de combattre efficacement l’incendie qui aurait pu prendre naissance. Là encore, la « Normandie » a été pourvue des tout derniers perfectionnements et offre nombre d’innovations.
- La surveillance est confiée à un officier, le capitaine de sécurité, ainsi qu’à un personnel spécialisé, que le règlement de 1934 rend obligatoires sur les paquebots. Ltant données les dimensions du navire, l’officier de sécurité aura sous ses ordres 2 chefs veilleurs et 20 veilleurs spécialisés. Il est chargé de surveiller et d’entretenir le matériel de détection, de signalisation et d’extinction, c’est pourquoi il aura parmi ses subordonnés un nombre suffisant d’électriciens. A lui également incombera la charge de faire assurer la veille dans les secteurs de ronde, la permanence au poste central de sécurité et de diriger les exercices contre l’incendie.
- La détection ou, si l’on veut, le dépistage de l’incendie est une partie essentielle de la sécurité. De la rapidité et de la précision avec lesquelles l’équipage est averti du danger dépend en grande partie le succès de la lutte qui va s’engager. La détection commande l’extinction.
- A bord de la « Normandie », la détection varie suivant qu’il s’agit des locaux inaccessibles en temps habituel au service de ronde comme les cales, les magasins, les soutes ou de ceux que les rondiers surveilleront constamment, c’est-à-dire les cabines, les grands locaux et d’un mot ce qu’on appelle en langage de marin les emménagements.
- Partout où n’ira pas la ronde des veilleurs, chaque local déjà protégé et isolé par le cloisonnement qu’on a décrit présente un orifice d’où part un tuyau qui aboutit au poste central de sécurité. A l’aide de ventilateurs, une aspiration constante d’air a lieu par ce tuyau et la moindre trace de fumée arrivant au poste s’y trouve décelée par une cellule photo-électrique qui inspecte successivement toute la série des tuyaux. Dès que la présence de la fumée a été ainsi remarquée dans un de ces locaux, on va se rendre compte sur place de ce qui se passe et, s’il y a un foyer d’incendie, on l’attaque au gaz carbonique grâce à un procédé qui évite de perdre
- Fig. 6. — Dispositif pour ta mesure de la vitesse de propagation du feu i ar les peintures.
- du temps : le tuyautage utilisé pour la détection est relié à une batterie de bouteilles de gaz carbonique et l’extinction est obtenue par l’envoi de ce gaz dans le compartiment menacé.
- Dans la partie occupée par les passagers, la détection de l’incendie sera obtenue grâce à près d’un millier de détecteurs thermiques placés un peu partout, à fonctionnement électrique et aboutissant dans les coursives à 77 tableaux indicateurs, reliés électriquement au poste de sécurité. Ces tableaux joueront un rôle important dans la vie à bord. Ils serviront tout d’abord aux passagers qui appellent le personnel : un signal s’allumera sur le tableau et se répétera au bureau du contrôle du personnel hôtelier. Mais ils contribueront aussi à la protection du bateau. En effet, chaque détecteur est parcouru par un courant électrique qui se trouve coupé si l’appareil est porté au delà d’une certaine température (70° par exemple) ou quand il subit une brusque variation de température. La rupture du courant électrique dans l’appareil allume automatiquement au tableau indicateur un signal rouge, bien visible, en même temps que le numéro de la cabine — s’il s’agit d’une cabine — s’inscrit en chiffres lumineux et que le poste central de sécurité est averti par un signal d’alarme sonore. Le personnel ainsi alerté discrètement se rend sur les lieux et on prend les mesures nécessaires.
- A côté des détecteurs, se trouvent des avertisseurs au nombre de 231, disséminés à travers les emménagements, à la disposition du personnel et des passagers. Actionnés à la main à l’aide d’un bouton, ils avertissent le poste de
- Fig. 7. — Mesure de la vitesse de propagation du feu par la peinture sur bois, au contact d’une flamme.
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- sécurité et leur fonctionnement déclenche l’intervention immédiate de l’équipe d’incendie de premier secours.
- Dans toute cette organisation de la surveillance du paquebot, rien ne paraît plus ingénieux que celle des rondes de veilleurs elles-mêmes. A cet effet, les emménagements ont été divisés en 8 secteurs. Chacun d’eux est le domaine d’un veilleur spécialisé qui doit s’y déplacer constamment. Le contrôle des rondes qu’il effectue est assuré de la façon suivante : chaque fois qu’il passe près d’un poste téléphonique, le rondier, à l’aide d’une clef spéciale, allume une lampe au tableau du poste central de sécurité. Là, le contrôleur de ronde peut ainsi suivre en consultant son appareil enregistreur le travail des veilleurs et connaître le lieu où ils se trouvent. Il lui est possible d’entrer en conversation téléphonique avec chacun d’eux. S’il veut appeler un rondier au téléphone,
- Eprouvette à essayer
- Carton d'amiante
- Cheminée
- d'appel
- Bunsen
- Fig. 8. — Appareil pour la mesure de l’indice de propagation des produits appliqués sur support.
- un signal permet d’allumer une lampe à l’endroit où l’homme va arriver et ainsi le chef peut avoir des nouvelles de tel secteur. De son côté, le rondier peut téléphoner au contrôleur dès qu’il a quelque chose à signaler et celui-ci est aussitôt renseigné sur le lieu d’où vient l’appel grâce à la place de la lampe qui s’est allumée au tableau central.
- L’attaque du feu se fait soit à l’eau, soit à l’aide d’extincteurs, grâce à une équipe de 32 pompiers. Le matériel d’extinction est réparti dans les divers types d’armoires d’incendie peintes en rouge et facilement accessibles. On en compte 243. Dans les armoires ordinaires se trouvent deux prises d’eau sur le collecteur d’incendie et 25 m de manche sur chaque prise ainsi que deux extincteurs de 10 litres à liquide ignifuge. Les armoires principales renferment; outre les prises d’eau, deux extincteurs
- à neige carbonique et un extincteur de 25 litres à mousse. Enfin quelques armoires de réserve contiennent des extincteurs de 50 litres sur chariots et tout un matériel spécial : poste à chalumeau pour le découpage des tôles, vêtements ignifugés, casques, lanternes de sécurité. Au total, plus de 500 lances commandant à 13 km de manches d’incendie.
- Par ailleurs, l’évacuation des passagers serait rendue plus facile par la présence de panneaux d’évacuation phosphorescents, qui resteraient visibles dans les coursives même en cas de panne d’électricité. On compte 56 chaloupes de sauvetage de 88 à 46 passagers. Au lieu des grandes embarcations prévues pour le Queen Mary, on a conservé le système des chaloupes plus petites, mais plus maniables, encore que deux d’entre elles, pourvues d’une installation de T.S.F., pourront filer dix nœuds, soit la vitesse d’un cargo ordinaire.
- On se rend compte de la puissance des moyens de combattre le feu et de la méthode qui a présidé à l’élaboration du système défensif. On comprend aussi le rôle capital qu’est appelé à jouer le poste central de sécurité. C’est une véritable caserne de sapeurs-pompiers, et surtout un centre de renseignements remarquablement outillé. Tous les dispositifs de surveillance y aboutissent : on y trouve le tableau des détecteurs de fumée, celui des détecteurs thermiques, celui des avertisseurs d’incendie ainsi que le tableau central des rondes. A ces appareils dont on a indiqué le mécanisme, il convient d’ajouter un standard téléphonique : une centaine de téléphones répartis à travers le paquebot seront en effet affectés exclusivement au service de sécurité.
- Ce poste a été, à dessein, éloigné de la passerelle de commandement et installé sur le pont B, entre le mât arrière et la troisième cheminée, au milieu des locaux affectés aux passagers de lre classe. Sur la passerelle sont concentrés tous les organes qui permettent d’assurer la sécurité de la navigation, au poste central tous ceux qui assurent la protection contre le feu. C’est de ce poste que serait, le cas échéant, déclenchée l’attaque du foyer dangereux, suivant un plan réglé d’avance, une installation téléphonique permettant de suivre, sur la passerelle, la marche des événements.
- Il y a donc une sorte de dédoublement du service de sécurité qui traduit l’importance croissante du service de protection contre l’incendie.
- Tel est le dispositif réalisé à bord du plus grand paquebot du monde pour la sauvegarde des passagers. On peut dire qu’à l’heure actuelle, aucun navire ne réalise un tel système de sécurité. Certes, on n’a pas prétendu énumérer dans cette étude toutes les précautions qui ont été prises. Dans le détail, il y aurait encore beaucoup de choses à décrire depuis les meubles métalliques ou ignifugés jusqu’aux manches de ventilation qu’on peut obturer pour qu’elles ne servent pas de cheminée de tirage. Mais, en ramenant à ses éléments essentiels la protection du paquebot géant, on saisit mieux le travail d’intelligence méthodique des techniciens et l’effort admirable accompli pour réduire les risques au minimum.
- Maurice Debesse.
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- ... LE SOIXANTIÈME ANNIVERSAIRE 369
- DE LA CATASTROPHE DU BALLON “ LE ZÉNITH ”
- Pilâtre de Rozier et son compagnon Romain trouvèrent une mort glorieuse, au cours de leur tentative de traversée de la
- Fig. 1. — Crocé-Spinelli.
- Manche en «Montgolfière », le 15 juin 1785. Quelques jours plus tard, un journaliste parisien, qui relatait cette première cata-
- strophe aéronautique, terminait son article, écrit dans le style quelque peu grandiloquent et sentencieux d’alors, par la
- Fig. 2. — Sivel.
- phrase suivante : « Un tombeau vient de s’élever sur une route où jusque-là on n’avait encore ramassé que des fleurs et des couronnes ! » Hélas, depuis cette époque, le martyrologe de la navigation aérienne s’est singulièrement allongé ! Que d’hommes ont payé de leur vie leurs audacieuses envolées vers les hautes régions de l’atmosphère ! Notre intention n’est pas d’esquisser l’histoire de ces Icares scientifiques. Nous voulons simplement rappeler la tragique odyssée d’un célèbre voyage aérien dont un des héros fut précisément le fondateur de La Nature.
- Voilà soixante ans, le 15 avril 1875, à 11 h 35 m du matin, un aérostat de 3000 m3, Le Zénith partait de l’usine à gaz de la Villette en emportant trois passagers, Crocé-Spinelli, Sivel et Gaston Tis-sandier, dans le but de compléter les données recueillies au cours d’ascensions faites, l’année précédente, par les deux premiers de ces aéronautes. Ancien élève de l’Ecole centrale des Arts et Manufactures, né à Montbazillac près de Bergerac en 1843, Joseph Crocé-Spinelli se consacrait alors presque exclusivement à la science. Sivel, ancien capitaine au long coui's, venait d’atteindre sa quarantième année et avait quitté la marine pour s’occuper de navigation aérienne. Quant à Gaston Tissandier, après avoir étudié la chimie, il s’adonnait également à l’aérostation mais surtout en vue de recherches météorologiques. Par la suite, il s’attaqua au difficile problème de la direction des ballons, exécuta une quarantaine d’ascensions, poursuivant entre temps une magnifique carrière de vulgarisa-
- Fig. 3. — Gaston Tissandier dans son cabinet de travail.
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- s’arrimer
- Fig. 4. •—• La nacelle du Zénith dans les hautes régions de^j.' atmosphère.
- (Figure extraite de La Nature du 1er mai 1S75.)
- On y voit à gauche : Sivel coupant les cordelettes des sacs de lest. A droite : Crocé-Spi-nelli se préparant à respirer de l’oxygène, après avoir fait les observations spectroscopiques. Au centre : Vu de dos : Tissandier faisant des lectures.
- teur scientifique, L’équipage du Zénith était donc à la hauteur de la mission qu’il se proposait d’entreprendre sous les auspices de l’Académie des Sciences de Paris et de la Société de navigation aérienne.
- Sur les conseils de l’astronome Janssen et afin de s’élever le plus haut possible sans danger, les aéronautes avaient attaché au cercle de leur ballon, trois sacs remplis d’air à 70 pour 100 d’oxygène. A la partie inférieure de chacun de ceux-ci, un tube de caoutchouc traversait un flacon laveur plein d’un liquide aromatique. Suivant les récentes expériences du physiologiste Paul Bert, ce dispositif devait permettre aux hardis voyageurs de résister à des dépressions considérables, en leur fournissant le gaz comburant nécessaire à l’entretien de leur respiration.
- L’esquif emportait, en outre, indépendamment de jumelles, d’un sextant pour faire le point, de boussoles et autres instruments de navigation aérienne, divers appareils pour les observations météorologiques. D’abord, un aspirateur à retournement, rempli d’essence de pétrole incongelable aux basses températures et' qui, flottant en dehors de la nacelle, allait
- verticalement à 3000 m d’altitude aün de faire passer de l’air dans des tubes à potasse destinés aux dosages d’acide carbonique. Puis, à portée de sa main, Sivel avait attaché quelques sacs de sable, dont il pouvait à volonté provoquer la vidange en coupant leurs cordelettes de retenue. Sous la nacelle, un épais matelas de paille devait permettre d’amortir le choc, lors de l’atterrissage. De son côté, Crocé-Spinelli s’était muni d’un spectroscope, dont il avait déjà expérimenté la valeur dans une précédente ascension du Zénith. On voyait encore suspendus aux cordes de la nacelle, deux baromètres anéroïdes donnant le premier les pressions correspondant aux altitudes inférieures à 4000 m et le second fournissant celles comprises entre 4000 et 9000 m. A côté d’eux pendaient également : un thermomètre marquant les basses températures jusqu’à — 30°, un thermomètre à minima et à maxima, qu’une cordelette sans fin faisait monter ou descendre au gré des observateurs. Enfin au-dessus, dans une boîte scellée, se trouvaient enfermés 8 tubes barométriques témoins emballés dans de la sciure de bois et destinés à authentifier, d’une façon rigoureuse, le maximum de hauteur atteint par les aéronautes au cours de leur randonnée scientifique.
- Equipés de la sorte et pleins d’enthousiasme, Crocé-Spinelli, Sivel et Gaston Tissandier s’élevèrent à bord du Zénith par une superbe matinée de printemps, mais hélas ! trois heures après le départ, les deux premiers allaient périr asphyxiés dans la nacelle de leur ballon qui avait dépassé 8000 m. Laissons Gaston Tissandier, le seul survivant de cette terrible catastrophe, nous raconter lui-même les péripéties du voyage aérien, au cours duquel ses infortunés amis trouvèrent la mort. Transcrivons donc les passages suivants de son article publié dans La Nature du 1er mai 1875, peu de jours après le tragique événement (1).
- « A peine sommes-nous à 300 m au-dessus du sol que Sivel s’est écrié avec joie : « Nous voilà partis, mes amis ! Je suis bien content ! » Et un peu plus tard, regardant l’aérostat arrondi au-dessus de la nacelle : « Voyez Le Zénith, comme il est bien gonflé, comme il est beau ! »
- Crocé-Spinelli me disait : « Allons, Tissandier, du courage. A l’aspirateur, à l’acide carbonique! » A l’altitude de 3300 m. le gaz s’échappait avec force de l’appendice béant au-dessus de nos têtes. A 4000 m, le soleil est ardent, le ciel est resplendissant, de nombreux cirrhus s’étendent à l’horizon, dominant une buée opaline, qui forme un cercle immense autour de la nacelle...
- C’est à l’altitude de 7000 m, à 1 h 20 m, que j’ai respiré le mélange d’air et d’oxygène et que j’ai senti, en effet, tout mon être déjà oppressé, se ranimer sous l’action de ce cordial; à 7000 m, j ’ai tracé sur mon carnet de bord les lignes suivantes : Je respire oxygène. Excellent effet. A cette hauteur, Sivel qui
- 1. La Nature n° 100 (1er mai 1875). Le voyage à grande hauteur du ballon le Zénith. Voir également d’intéressants détails sur cette tragique ascension dans l’ouvrage de J. Lecornu, La navigation aérienne, Paris, 1903, p. 303 et suivantes.
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- était d’une force physique peu commune et d’un tempérament sanguin, commençait à fermer les yeux par moments, à s’assoupir même et à devenir un peu pâle. Mais cette âme vaillante ne s’abandonnait pas longtemps aux mouvements de la faiblesse....
- J’arrive à l’heure fatale où nous allons être saisis par la terrible influence de la dépression atmosphérique. A 7000 m, nous sommes tous debout dans la nacelle. Sivel, un moment engourdi, s’est ranimé; Crocé-Spinelli est immobile en face de moi... Bientôt je veux saisir le tube à oxygène, mais il m’est impossible de lever le bras. Mon esprit cependant est encore très lucide. Je considère toujours le baromètre; j’ai les yeux fixés sur l’aiguille, qui arrive bientôt au chiffre de la pression 290, puis 280 qu’elle dépasse. Je veux m’écrier :
- « Nous sommes à 8000 m ! »
- Mais ma langue est comme paralysée. Tout à coup, je ferme les yeux et je tombe inerte, perdant absolument le souvenir. 11 était environ 1 h 30 m. A 2 h 8 m, je me réveille un moment. Le ballon descendait rapidement. J’ai pu couper un sac de lest pour arrêter la vitesse et écrire sur mon registre de bord les lignes suivantes que je recopie.
- « Nous descendons. Sivel et Crocé encore évanouis au fond de la nacelle. »
- A peine ai-je écrit ces lignes qu’une sorte de tremblement me saisit et je retombe affaibli encore une fois... A 3 h 30 m environ, je rouvre les yeux, je me sens étourdi, affaissé, mais mon esprit se ranime. Le ballon descend avec une vitesse effrayante; la nacelle est balancée fortement et décrit de grandes oscillations. Je me traîne sur les genoux et je tire Sivel par le bras ainsi que Crocé.
- « Sivel! Crocé! m’écriai-je, réveillez-vous ! » Mes deux compagnons étaient accroupis dans la nacelle, la tête cachée sous leurs couvertures de voyage. Je rassemble mes forces et j’essaye de les soulever. Sivel avait la figure noire, les yeux ternes, la bouche béante et remplie de sang. Crocé avait les yeux à demi fermés et la bouche ensanglantée.
- Raconter en détail ce qui se passa alors m’est impossible. Je ressentais un vent effroyable de bas en haut. Nous étions encore à 6000 m d’altitude. Il y avait dans la nacelle deux sacs de lest que j’ai jetés. Bientôt la terre se rapproche, je veux saisir mon couteau pour couper la cordelette de l’ancre : impossible de le trouver. J’étais comme fou, je continuais à appeler : Sivel ! Sivel !
- Par bonheur, j’ai pu mettre la main sur un couteau et détacher l’ancre au moment voulu. Le choc à terre fut d’une extrême violence. Le ballon sembla s’aplatir et je crus qu’il allait rester en place, mais le vent était rapide et l’entraîna. L’ancre ne mordait pas et la nacelle glissait à plat sur les champs; les corps de mes malheureux amis étaient cahotés çà et là, et je croyais à tout moment qu’ils allaient tomber de l’esquif. Cependant j’ai pu saisir la corde de soupape et le ballon n’a pas tardé à se vider puis à s’éventrer contre un arbre. Il était 4 heures. En mettant pied à terre, j’ai été pris d’une surexcitation fébrile, et je me suis affaissé en devenant livide. J’ai cru que j’allais rejoindre mes amis dans l’autre monde ».
- La descente du Zénith s’était produite près de Ciron, petite localité du département de l’Indre. Les corps de Crocé-Spinelli et de Sivel furent transportés dans une grange tandis que des paysans conduisaient Gaston Tissandier, en proie à une fièvre ardente, dans la ferme voisine des Néreaux, qu’il quittait trois jours plus tard pour rentrer à Paris avec les restes de ses deux malheureux compagnons.
- L’annonce de cette catastrophe provoqua une énorme sensation non seulement en France mais à l’étranger et plus de vingt mille personnes suivirent les funérailles de Sivel et de
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- Crocé-Spinelli qui furent enterrés au Père-Lachaise tandis qu’une souscription publique ouverte par la Société française de navigation aérienne permettait de venir en aide aux familles de ces deux martyrs scientifiques et d’élever à Ciron même un monument pour commémorer leur souvenir.
- Chose digne de remarque, l’astronome Paye, en commentant les circonstances de la mort des deux courageux pionniers, écrivait dans les Comptes rendus des Séances de VAcadémie des Sciences : « La hauteur de 7000 m peut être prise comme limite extrême. Les observations qu’on peut faire dans ces régions répondent à tous les besoins. A quoi bon aller à 1000 m au delà ? Peut-on avoir la prétention de sonder les 28 à 30 lieues d’atmosphère qui nous entourent, comme l’indique le niveau d’apparition des étoiles filantes ?... 11 restera encore assez à découvrir dans les 7000 m où l’on restreindra l’observation, et l’on n’aura pas du moins à redouter des malheurs semblables à celui qui vient d’émouvoir le monde entier ».
- Or loin d’écouter ces directives timorées du grand astronome, Gaston Tissandier lui-même échappé par miracle à la mort et en dépit de la surdité que lui avait valu le choc d’atterrissage, reprenait, dès le 29 novembre 1875, la série de ses ascensions. Actuellement non plus, malgré les risques inhérents à de telles entreprises, de hardis savants ne craignent pas d’explorer la stratosphère en risquant leur vie. Ainsi le professeur belge Piccard et son assistant M. Kipfer purent monter à 15 871 m, le 27 mai 1931 et effectuer d’intéressantes mesures dans leur nacelle-laboratoire. Les ingénieurs russes Prokapiev, Goudenev et Birnbaum atteignirent 19 000 m, le 31 septembre 1933. Cependant leurs malheureux compatriotes Paul Fedossenko, André Wassenko et M. Illia Oussykin, qui montaient le ballon Ossoviakim construit par l’Académie des Sciences de Leningrad, périrent au cours d’une ascension stratosphérique, le 31 septembre 1933. Peu avant la cata-
- Fig. 5. — Diagramme de l’ascension du Zénith du 15 avril 1875. (Extrait de La Nature du 1er mai 1875).
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- strophe, ces aéronautes avaient envoyé un radio annonçant qu’ils se trouvaient à 20 600 m d’altitude mais le lendemain on retrouvait, près du village de Potiski-Ostroy situé à 582 km sud-est de Moscou, les débris de l’esquif avec les cadavres des trois ascensionnistes. Les barographes étant intacts, on put se rendre compte que VOssoviakim avait atteint l’altitude record de 22 000 m. Les physiciens américains Kepner, Anderson et Stevens, qui montèrent seulement à 18 200 m, le 29 juillet 1934, faillirent avoir le même sort que les aéronautes soviétiques. L’enveloppe de leur ballon s’étant
- déchirée au cours de la descente, ils ne durent leur salut qu’à l’usage de leurs parachutes.
- Aujourd’hui, le monde scientifique reconnaît unanimement l’importance des observations dans la haute atmosphère. L’héroïque ascension de Crocé-Spinelli, Sivel et Tissan-dier, précurseurs des stratonautes de nos jours, n’a pas été vaine; leur martyre a fourni de précieux enseignements qui n’ont pas été perdus pour les aéronautes contemporains.
- Jacques Boyeiî.
- LE MOIS MÉTÉOROLOGIQUE
- FÉVRIER 1935, A PARIS
- Mois chaud, très pluvieux et venteux; insolation assez satisfaisante.
- La moyenne mensuelle de la pression barométrique, ramenée au niveau de la mer, à l’Observatoire du Parc Saint-Maur, 758 mm 8, est inférieure de 4 mm 6 à la moyenne normale; le minimum absolu mensuel 724 mm 9, à l’altitude de 50 m, qui s’est produit le 23, à 4 h du matin, est exceptionnel; c’est le plus bas observé à Paris en février depuis 1874.
- La température moyenne, 5°,5, est supérieure de 1°,7 à la normale et classe le mois qui vient de s’écouler parmi les mois de février chauds. 21 moyennes journalières ont été supérieures à leurs normales respectives avec des écarts dépassant fréquemment 5°. La seule période froide du mois s’étend du 7 au 11 et c’est au cours de cette période qu’a été noté le minimum absolu mensuel — 7°,9 le 10. Le maximum absolu, 14°, 1 a été noté le 20.
- Dans la région, le minimum le plus bas a été de — 9°8 à Saint-Cloud et le maximum le plus élevé, de 14°,8 à Ville-Evrard et à Vaucluse.
- La hauteur totale de pluie recueillie, au Parc Saint-Maur a été de 76 mm 8, et n’a été dépassée que deux fois en février, en 1916 et en 1919. Le nombre de jours de précipitation appréciable a été de 17, contre 13 (nombre moyen). Il a plu tous les jours à partir du 21 et le 23 on a recueilli en 24 h., 12 mm 3 d’eau, la journée précédente en avait déjà fourni 9 mm 1.
- A Montsouris, le total mensuel de pluie, 72 mm 8, est supérieur de 105 pour 100 à la moyenne des 50 années, 1873-1922. La durée totale de chute, 65 h 10 m, surpasse de 35 pour 100
- la moyenne des 25 années 1898-1922. Hauteur maxima en 24 heuz-es : pour Paris 20 mm 6 à Passy et pour les envirozzs 21 mm 5 à Jouy-en-Josas du 22 au 23.
- Les 8, 13, 21 et 26, la neige est tombée sur quelques points, mêlée à la pluie; le 11 et le 27 elle a aiïecté l’ensemble de la région et a recouvert le sol. La grêle est tombée, généralement mêlée à la pluie, sur divers points à huit dates différentes.
- Les brouillards ozzt été quotidiens et ont abaissé par places la visibilité 5 fois au-dessous de 100 m et 19 fois entre 400 m et 100 m. Le 12, le brouillard a persisté toute la journée sur quelques points en banlieue.
- On a enregistré à l’Observatoire de la Tour Saint-Jacques, 97 h 50 m de soleil, durée supérieure de 20 pour 100 à la moyenne des 40 années 1894-1933. Il y a eu 5 jours sans soleil (normale 8).
- Les journées des 21, 22, 23 et 24 ont été caractérisées par des variations très accentuées de la pression barométrique accompagnées de vents soufflant en tempête avec pluies fréquentes causant des dégâts dans toute la région.
- A l’Observatoire du Parc Saint-Maur, la moyenne mensuelle de l’humidité relative a été de 78,7 pour 100 et celle de la nébulosité de 70 pour 100. On y a constaté : 2 jours de neige, 1 jour de grêle, 2 jours de grésil, 8 jouz-s de gelée, 8 jours de gelée blanche, 2 jours de tempête, 10 jours de brouillard, 8 jours de brume.
- Floraison le 15 du perce-neige; premier chant de la grive le 23.
- Esi. Roger.
- POURQUOI LE COLCHIQUE D’AUTOMNE FLEURIT-IL PARFOIS AU PRINTEMPS?
- Il n’est pas rare, aux premiez*s beaux jours de trouver dans certaines prairies basses des colchiques en fleurs. Le nombre de pieds présentant cette particularité est loin d’être aussi élevé que ceux qui donnent leur perianthe mauve en automne. Cependant M. de Sélys-Longchamps, qui a étudié ce phénomène, signale qu’en 1928 aux environs de Namur (Belgique), il eut l’occasion d’observer une prairie qui en mars-avril était constellée de fleurs de Colchiques. Ce fait avait déjà frappé nos anciens botanistes qui, pour ce colchique printanier, avaient créé la variété « vernum ». M. de Sélys après un examen attentif du comportement de ces plantes est arrivé à la conclusion que la distinction entre variété automnale et printanière ne se' justifie pas. Ayant suivi le développement des
- pieds à floraison printanière, il a pu constater qu’en automne de la même année les plantes donnaient de nouvelles fleurs. Dès l’année suivante le rythme nozanal s’est rétabli; selon lui, le retard dans l’épanouissement des fleurs pourrait être dû à ce que dans les prés pâturés surtout par les chevaux fei’rés — et ce fut le cas pour la prairie signalée plus haut -— nombre de plantes sont écrasées durant l’automne et ne peuvent s’épanouir à l’époque normale. Dès que cesse le pâturage automnal, la floraison hors saison ne se produit plus. Ces faits, pour être définitivement admis, demanderaient des contrôles nombreux que nos amis amateurs de botanique pourraient peut-être faire dans leur voisinage.
- G. R.
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- L’ELECTRICITE DANS L’AUTOMOBILE MODERNE
- I. — APPAREILS D’ALLUMAGE (Suite, voir n° 2950.)
- BOBINES D’ALLUMAGE
- Venons-en aux systèmes modernes d’allumage par bobine et batterie.
- Une théorie complète de la bobine d’induction ne saurait trouver place ici; rappelons, du reste, que bien des obscurités subsistent, malgré les travaux de Colley, Oberbek, Armagnat, Lord Rayleigh, Iver, Mizune, Walter, sans oublier M. Béthe-nod qui semble bien être l’inventeur authentique de l’allumage moderne par bobine tel qu’il nous est revenu, palented in U. S. A., sous le nom de Delco. Nous voudrions seulement exposer à nos lecteurs les difficultés caractéristiques de 1’ « allumage batterie » et les solutions que des techniciens de valeur y ont récemment apportées f1).
- Rappelons tout d’abord que la bobine moderne est dépourvue de trembleur électromagnétique. Le courant s’établit donc, dès que le rupteur se ferme, aussi vite que le permet la self-induction; inversement, il se produit, au moment de la rupture, les mêmes phénomènes d’extra-courant étouffé par le condensateur et d’induction dans le secondaire que nous avons examinés dans les magnétos.
- Ce retard à l'établissement du courant primaire, peu nuisible aux faibles allures, devient très gênant aux grands régimes, beaucoup plus gênant que dans une magnéto, où la force électro-motrice augmente d’autre part avec la vitesse. Dans un système bobine-batterie, à partir d’une certaine vitesse, le impteur ne reste plus fermé assez longtemps pour que le courant primaire (courant de la batterie) prenne toute sa valeur; l’intensité maxima qui traverse la bobine à chaque fermeture peut être représentée, en fonction de la vitesse du moteur, par une courbe à palier terminée par une descente. Ainsi, à l’inverse d’une magnéto, une bobine allume moins bien au-dessus d’une certaine vitesse qu’au ralenti.
- On se trouve donc devant le dilemme suivant : ou tolérer
- cette baisse de puissance Fig. 2. — Tête d’allumage contenant ^ allumage ou cons-
- rupteur et distributeur. truire le primaire en très
- gros fil de façon à admettre un courant suffisant; mais alors ce courant devient excessif aux basses allures et, en cas d’arrêt du moteur en position « rupteur fermé », la bobine se trouve «grillée » en quelques secondes !
- M. Béthenod a proposé, vers 1914, une solution approchée mais extrêmement simple et qui a été universellement adoptée; elle consiste à monter en série avec le primaire une résistance séparée, donc pouvant chauffer sans inconvénient et qui a pour effet de diminuer la constante de temps du primaire.
- 1. On trouvera une intéressante étude de M. Béthenod sur ce sujet, dans le Bulletin S. I. A., de mai 1929.
- Rupteur
- Bobine
- Condensateù/jr
- Distributeb
- Batterie
- Résistance
- Bougies (Ipôte à ta masse)
- Fig. 1. — Connexions d’un allumage par batterie (Paris-Rhô ne).
- En langage ordinaire on peut dire que la résistance intervient pour provoquer une chute de tension importante quand le courant a une valeur élevée, cette action diminuant quand le courant s’affaiblit. Il y a donc une compensation partielle.
- Pour que la compensation fût parfaite, il faudrait que cette résistance fût variable avec la vitesse, ce qui pourrait être réalisé l'igoureusement au moyen d’un rhéostat mû par un dispositif à force centrifuge; mais il est possible d’obtenir une très bonne approximation, comme l’a proposé également M. Béthenod, au moyen d’une résistance ohmique supplémentaire insérée automatiquement, quand la vitesse du moteur tombe au-dessous d’une certaine limite, grâce à un relais influencé, par exemple, par le débit de la dynamo. M. Cibié, en 1918, avait déposé un brevet analogue, où l’insertion de la résistance auxiliaire était produite par l’augmentation d’aimantation du noyau de la bobine.
- Dans un ordre de solutions purement mécaniques, on peut se proposer d’agir sur le temps de fermeture du rupteur. Atwater Kent, aux Etats-Unis, avait préconisé, il y a quelques années, un système à déclic et rebondissement permettant d’obtenir un temps de fermeture indépendant de la vitesse de rotation; l’inconvénient de ce système est que l’instant de la rupture, donc de l’étincelle, n’est plus déterminé avec une précision suffisante; aussi a-t-il été pratiquement abandonné malgré les efforts de Delco aux Etats-Unis et de von Lepel en Allemagne.
- Une solution qui paraît définitive vient d’être mise sur le marché par Paris-Rhône sur l’initiative de son directeur technique M. Levaystre. Elle consiste à utiliser, pour le soulèvement du ou des rupteurs, une came coulissant sur son axe sous l’action d’un régulateur centrifuge (fig. 4). On obtient ainsi un double réglage, le profil de la came permettant d’agir à la fois sur la durée de fermeture du rupteur et sur l’avance à l’allumage. Les oscillogrammes des courants primaire et secondaire montrent la constance de l’allumage à toutes les vitesses.
- BOBINES A NOYAU FERMÉ
- La classique bobine dite de Ruhmkorff, inventée en réalité par Masson, en 1842, comporte un noyau droit, donc ouvert; on peut se demander si l’on atteindrait une plus grande puissance avec un noyau fermé, comme celui des transformateurs ou présentant un certain entrefer.
- Lord Rayleigh, en 1902, et plus récemment, M. Béthenod,
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- ont étudié cette question en détail. Il semble aujourd’hui acquis que dans une bobine à noyau droit, la réluctance ou résistance magnétique est trop grande mais qu’elle devient optima avec un noyau à épanouissement constituant un circuit magnétique semi-fermé à très grand entrefer; il faut du reste remarquer que cette meilleure valeur de l’entrefer dépend du temps de fermeture du rupteur.
- Ce type de bobine ne prend donc tout son intérêt qu’en combinaison avec un des récents systèmes de rupteurs à durée de fermeture constante.
- R. B. a mis sur le marché une bobine à circuit magnétique fermé (type VB) avec résistance sur le primaire qui conviendrait tout particulièrement aux moteurs poussés.
- VIBREURS DE LANCEMENT
- Les vibreurs de lancement sont analogues, sous la forme « batterie », aux magnétos de départ. Comme ces dernières ils permettent d’envoyer aux bougies un flux continu d’étincelles mais sans qu’il soit nécessaire, ici, d’amener le moteur sur une position d’allumage : le moteur étant mis en rotation à l’aide de la manivelle, une étincelle ininterrompue jaillit à la bougie pendant toute la durée de soulèvement du rupteur.
- Ce procédé convient donc aux moteurs d’automobiles et il est applicable aussi bien aux bobines qu’aux magnétos.
- SECONDAIRE NOYAU
- Fig. 3. — Coupe d’une bobine à résistance (Paris-Rhône).
- MAGNÉTO OU BATTERIE?
- Des arguments nombreux ont été fournis de part et d’autre dans la rivalité qui divise actuellement les partisans de la magnéto et ceux de l’allumage par batterie.
- On reproche à l’allumage par batterie de ne donner qu’une étincelle anémique quand les accumulateurs sont déchargés; il est certain qu’étant donnée la durée réduite des batteries actuelles, beaucoup d’automobilistes roulent continuellement avec des accumulateurs presque « à plat ». Toutefois, il faut qu’une batterie soit sérieusement malade pour ne pouvoir assurer le départ ; le fonctionnement de la dynamo la recharge ensuite aussitôt. Quant à l’alîaiblissement de l’étincelle aux fortes vitesses, il n’existe plus dans les appareils à compensation que nous avons décrits.
- La magnéto est très désagréable au départ quand elle est mal réglée; les magnétos avec aimants en acier au cobalt possèdent du reste une puissance telle que les départs sont •.rendus aussi faciles qu’avec un allumage batterie. D’autre part la magnéto ne court aucun risque du fait de fausses manœuvres, au lieu qu’une batterie peut se trouver irrémédiablement déchargée si un conducteur négligent oublie de couper le courant en quittant son siège.
- Il ne faut pas oublier qu’une très bonne magnéto est un engin coûteux; dans les catégories courantes, on peut dire qu’une magnéto revient à 300 fr au constructeur contre 90 fr seulement pour un allumag'e batterie.
- Le triomphe actuel de la batterie se présente ainsi comme d’origine surtout commerciale.
- LES NOUVEAUX APPAREILS COMBINÉS
- Dans des appareils d’un type récent, qui ont été lancés sur le marché par différents constructeurs, une magnéto à aimant tournant ou fer tournant (magnéto à volets) peut recevoir le courant de la batterie pour fonctionner à volonté selon l’un ou l’autre système.
- Une remarque s’impose dans rétablissement de ce genre de machines : c’est que, par suite de la rotation, le flux fourni par le courant batterie se trouverait tantôt en concordance et tantôt en opposition avec celui de l’aimant : on risquerait ainsi, entre autres ineonvé - Fig. 4. — Coupe de la « tête d'allumage » nients, de désaimanter du groupe Paris-Rhône.
- l’aimant. La solution gé- . , ... 0 0 ,
- ® 1, boîtier en bakélite; 2, axe; 3. axe de
- néralement adoptée con- pivotement des masselotes centrifuges 4
- siste à n utiliser qu une qui par la biellette 6 font coulisser la came
- alternance sur deux, le à profilvariable7quisoulèvelerupteur9;
- rupteur restant ouvert 21, peignes tournants distribuant le cou-
- pendant l’autre alter - rant à haute tension sans contact, par
- nance sous l’action de la disrupture.
- came.
- Dans la magnéto «Duplex» de R.B, on peut passer à volonté de la marche en magnéto à la marche sur batterie ou réciproquement. L’ « Alco », de la S. E. V. comporte trois fonctionnements : magnéto, batterie ou combiné.
- Nous donnons, figure 5, le schéma de la magnéto Salmson AT 4, qui fournit automatiquement le départ sur allumage batterie et la marche normale en magnéto, grâce à un
- Fig. 5. — Schéma de la magnéto batterie combinée Salmson A T L
- (d’après Omnia).
- i 9 o T Masse Position manche
- a—, <L_ ù— A-, CommutâtP ‘
- & Êj AT à 2directe
- Vis platinées du rupteur ContacTmïïe Condensateur j y du rupteur
- O O O O O O
- + _
- 9
- Graisseur à mèche de la came
- Secondaire,
- Primaire
- Masse
- Interrupteur sur le tablier
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- commutateur conjugué avec le contacteur du démarreur.
- La substitution spontanée et progressive du fonctionnement sur batterie peut être obtenue électriquement par une juste proportion des « constantes » des différents circuits. Le Voltex de R.B. a pu être équipé ainsi au moyen d’une bobine de self auxiliaire qui modère le courant batterie aux grandes vitesses. Une mention spéciale doit être faite pour la « magnéto Phi renforcée » à volets dans laquelle l’aimantation des inducteurs se trouve renforcée, au moment du lancement, grâce à quelques spires de gros ül traversées momentanément par le courant de batterie (lig. 6).
- Si le procédé est différent, le résultat cberelié dans ces appareils combinés est toujours le même : suppléer, grâce à la batterie, à la faiblesse de la magnéto au moment du lancement, celle-ci assurant ensuite à elle seule l’allumage du moteur.
- PROBLÈMES ANNEXES
- Un problème délicat qui se pose dans tous les appareils d’allumage, mais qui a été spécialement étudié dans le cas des magnétos, est celui de la réaction du secondaire sur le primaire. L’étude des étincelles a prouvé que la décharge est généralement peu ou pas oscillante, les étincelles violettes et bruyantes oscillant plus souvent que les étincelles rouges et silencieuses; mais, dans tous les cas, l’étincelle est loin d’être un phénomène instantané, l’air ionisé restant conducteur entre les pointes de la bougie pendant un temps fort appréciable et indépendant de la vitesse du moteur.
- Par suite, il peut arriver, aux très fortes vitesses, que le courant secondaire dure encore quand le rupteur se ferme, et influe fâcheusement sur le courant primaire dont il gêne l’établissement. On est conduit à retarder la fermeture du rupteur ou à augmenter la résistance du secondaire, de façon à la rendre apériodique, ces procédés ayant tous deux l’inconvénient d’affaiblir la puissance de l’étincelle. Nous ne pouvons nous étendre plus longuement sur cette question qui a pris une grande importance avec la tendance actuelle à élever le régime des moteurs.
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- Dans les magnétos d’aviation, des fuites électriques très importantes se manifestent à grande altitude du fait de la raréfaction de l’air : fuites au parafoudre, au long des bougies ainsi qu’entre tous les points à haute tension et la masse par effluves. Pratiquement, on est obligé d’allonger toutes les lignes de fuite jusqu’à 30 mm; ces magnétos spéciales, leurs fils et leurs bougies sont essayés dans des appareils à vide.
- Les parasites de T. S. F. sont produits en abondance par les magnétos d’aviation, dont les fils de bougies forment autant de rudiments d’antennes; la réception des messages, à bord de l’avion, peut ainsi être rendue totalement impossible. On remédie à cette émission d’ondes intempestives en enfermant complètement les appareils et les conducteurs, y compris le fil de masse, sous des enveloppes métalliques.
- Signalons, en terminant, un défaut curieux des magnétos puissantes, qui est une production d’ozone d’où résulte une oxydation des métaux et des isolants. Des orifices de ventilation doivent par suite être prévus, mais on a soin de les obturer par des grilles métalliques (principe de la lampe des mineurs) pour éviter l’inflammation des vapeurs d’essence.
- Pierre Devaux,
- Ancien élève de l’Ecole polytechnique.
- y
- ^ Inducteur
- Rupteur
- l D
- g Batterie -'/ i.i.i. >
- Fig. 0. — Magnéto Phi renforcée.
- Le courant de la batterie vient renforcer, au moment du lancement, le magnétisme de l’aimant inducteur (d’après « Auto-Volt »).
- TRYPANOSOMES DES PETITS MAMMIFERES
- D’EUROPE
- Les trypanosomes qui sont, comme on le sait, les hôtes redoutables des tropiques existent également chez certains petits Mammifères d’Europe, comme les Chauves-Souris, les Taupes et les Musaraignes.
- Hâtons-nous de dire que ces trypanosomes ne sont pas pathogènes.
- C’est à Dionisi que l’on doit la découverte, en 1899, du premier trypanosome connu en Europe, sur une Chauve-Souris insectivore.
- En 1909, Battaglia décrivit un autre parasite, le Trypano-soma vespertilionis sur la Vesperugo noctula.
- On est aujourd’hui d’accord pour rapporter à ce Flagellé tous les trypanosomes découverts tant en Allemagne qu’en France, en Angleterre et au Portugal sur divers Chéiroptères.
- Le parasite existerait un peu partout dans nos régions et aurait été reconnu par les frères Sergent dans l’Afrique du Nord.
- La Musaraigne porterait assez fréquemment deux espèces
- de trypanosomes. L’un est Trypanosoma soricis, identifié au Canada, mesurant 17 microns avec membrane ondulante et une partie flagellaire réduite. Le second serait le Trypanosoma crociduræ décrit par Brumpt il y a une dizaine d’années.
- Des expériences de transmission de ces parasites au rat et à la souris se sont révélées négatives.
- Enfin la Taupe (Talpæ europæa) peut être contaminée par un trypanosome spécifique : Trypanosoma talpæ. Sa découverte serait due à Gros et remonterait à 1845. Depuis il a été revu à plusieurs reprises, notamment en 1918. par M. Delanac à Châlons-sur-Marne, en Belgique, etc...
- MM. Laveran et Franchini ont découvert chez les Puces capturées sur différents insectivores des formes diverses de trypanosomides qui doivent appartenir au cycle évolutif de Trypanosoma talpæ, ce qui semble indiquer que le parasite est transmis par les Puces. Ce fait n’est pas nouveau puisque l’on sait que 1 eTrypanosotnaleurisi, généralisé au monde entier, se transmet par ce processus.
- G. R.
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- LIVRES NOUVEAUX
- Les électrons dans les métaux, par T. Bloch. 1 brochure, 22 p. Hermann et Cie. Paris 1934. Prix : 5 fr.
- Le professeur de Zurich indique, dans cette conférence, à grands traits, comment se pose aujourd’hui le problème des électrons dans les métaux du point de vue de la mécanique quantique moderne. Il montre comment, dans cet esprit, on a essayé de créer des théories explicatives du diamagnétisme, du paramagnétisme et du ferromagnétisme.
- Sur le potentiel métal-dissolution dans les dissolvants autres que l’eau, par Paul Dutoit. 1 broch. in-8, 13 p., 10 fig. Actualités scientifiques et industrielles. Hermann et Cle, Paris, 1934. Prix : 4 fr.
- A polarographic study of the electro-kinetic phe-noma of adsorption, electro-reduction and over-potential displayed at the dropoing mercury cathode, par J. Heyrovsky. 1 broch. in-8, 52 p.,27 fig. Actualités scientifiques et industrielles. Hermann et Cie, Paris, 1934. Prix : 12 fr.
- On phase boundary potentials, par Eric Keightley Rideal. 1 broch. in-8, 17 p., 5 fig. Actualités scientifiques et industrielles. Hermann et Cie, Paris, 1934. Prix : 4 fr.
- Mémoire présenté à la réunion internationale de chimie physique sur les différences de potentiels qu’on observe au contact de surfaces : métal-métal, liquide-gaz, liquide-liquide, liquide-solide, traitées du point de vue de la chimie physique.
- Le brasage et l’étamage à portée de tous. — Collection « Les Livres de l’Artisan et du Bricoleur ». Editions E.-H. Lémonon, 27, rue d’Enghien. Paris 10e. Une plaquette de 42 pages franco contre mandat de 3 fr 60.
- Les notions élémentaires de technologie et les « tours de main » «trucs de métier », etc..., rassemblés dans cette brochure guideront le lecteur désireux de réparer une pièce mécanique, depuis l’organe de charrue, de tracteur, de voiture, jusqu’aux bijoux, lames de scie à ruban, réétamage des ustensiles de cuisine, des mors des chevaux, etc.
- Formules pour le détalonnage, par F. Fontaine, l vol., 100 pages, 70 fig. Dunod, éditeurs. Paris, 1934.
- Le détalonnage est une opération que l’on fait subir aux outils de rabotage pour les empêcher de talonner contre la pièce à travailler. Il s’applique en particulier aux fraises circulaires employées au travail des métaux, et consiste à donner à leurs dents une dépouille convenablement calculée. Ce travail s’effectue généralement sur des tours spéciaux. L’auteur étudie ici d’une façon très précise et détaillée, à l’usage des spécialistes, le mode d’exécution de ce travail.
- Les tissus classiques, par J. Danger et D. de Prat. 1 vol., 145 p., 32 fig. Ch. Béranger. Paris, 1934. Prix relié : 20 fr.
- Après les notions générales sur le tissage, on trouvera ici la définition des différentes appellations par lesquelles le commerce désigne les tissus, de coton, de laine, de poils, de soie, de lin ou de chanvre. L’ouvrage montre ensuite comment on détermine la qualité d’un tissu et décrit les essais par lesquels on peut la caractériser; il énumère les principaux défauts qui peuvent se rencontrer en pratique.
- Aide-mémoire du dessinateur, par R. Provost-Duhamel, 324 p., 1000 fig. Chez l’auteur, S, rue Renon, Vincennes.
- Cet aide-mémoire se présente sous forme de fascicules lithographiés réunis dans une reliure à feuillets mobiles. L’auteur y a réuni une foule de renseignements utiles : signés conventionnels, alphabets et signes d’écritures, formules de géométrie, d’algèbre et de trigonométrie, construction des courbes usuelles, notions de calculs graphiques et de calcul mental, conventions du dessin industriel, reproduction des dessins et modèles, notions de géométrie cotée, technique de l’outillage, etc. Chacun des fascicules peut s’acheter séparément.
- L’eau à discrétion à la ferme, par Alexandre Duval. 1 vol. in-16, 172 p., 17 fig. Petite bibliothèque agricole. Baillière et fils, Paris, 1934. Prix : 12 fr.
- Question vitale et bien souvent difficile à résoudre qui nécessite des études techniques, des prospections, de l’argent. L’auteur, maire d’une commune rurale, explique ce qu’il faut faire, les formalités à accomplir, les subventions qu’on peut espérer et il écrit un précieux guide pratique à l’usage des municipalités et des groupements d’agriculteurs. '
- Agenda aide-mémoire agricole et vinicole, par
- G. Wéry. 1 vol. in-16, 460 p. Baillière et fils, Paris, 1935. Prix : cartonné, 20 fr.
- Chaque année une édition mise à jour de cet agenda fournit au cultivateur un almanach, des tableaux de comptabilité préparés et un aide-mémoire où il trouve tous les renseignements qu’il peut désirer : quantités de semences et d’engrais, rendements, nombre de journées de travail, rationnement du bétail, travaux viticoles, constructions rurales, transport', législation, etc. C’est donc sous un faible volume un guide précieux^et indispensable/
- La détermination rapide des variétés de fruits, par
- J. Vercier. 1 vol. in-16, 330 p., fîg. Baillière et fils, Paris, 1934. Prix : 25 fr.
- Comment trouver soi-même le nom d’un fruit ? Comment se reconnaître notamment parmi toutes les variétés de pommes et de poires ? L’auteur établit par le texte et par l’image le signalement des très nombreux fruits cultivés et propose une méthode chiffrée, simple et pratique, pour s’y reconnaître.
- Le dahlia, par Louis Cayeux. 1 vol. in-16, 184 pages, 47 fig., Petite bibliothèque horticole. Baillière et fils, Paris, 1934. Prix : 12 fr.
- Belle plante ornementale que les efforts des horticulteurs ont fait considérablement varier, le dahlia présente tant de couleurs et de variétés qu’il tente les amateurs de jardinage. Sa multiplication, sa culture, son emploi en décoration florale, ses ennemis sont traités ici avec toute l’expérience d’un maître qui sait guider les amateurs.
- Symbiose parasitisme et évolution (étude mathématique), par V. A. Kostizin. 1 broch. in-8, 47 p., 1 fig. Actualités scientifiques et industrielles. Hermann et Cie, Paris, 1934. Prix : 15 fr.
- Essai de traitement mathématique, par les systèmes d’équations différentielles de premier ordre, des problèmes biologiques de symbiose, d’infection parasitaire, d’évolution. Les faits manquent malheureusement pour s’assurer de la valeur réelle de ces calculs a priori.
- L’analyse mitogénétique spectrale, par A. et L. Gur-witsch. 1 broch. in-8, 39 p., 13 fig. Actualités scientifiques et industrielles. Hermann et Cie, Paris, 1934. Prix : 12 fr.
- Les rayons mitogénétiques émis par certaines cellules vivantes ont provoqué beaucoup de discussions. On a appliqué à leur étude les plus récentes métho les physiques : comptage de quanta et analyse spectrale. Cet exposé est consacré aux premières analyses spectrales de tissus vivants : nerfs, sang.
- Essai de classification des substances sympathi-comimétiques, par Z. M. Bacq. 1 broch. in-8, 24 p., 1 pi. Actualités scientifiques et industrielles. Hermann et Cie, Paris, 1934. Prix ; 8 fr.
- Ces substances sont généralement voisines de l’adrénaline et, comme elle, excitent le système nerveux sympathique. L’auteur les classe et il indique et discute les travaux récents sur la question.
- Génétique et évolution. Analyse de quelques études mathématiques sur la sélection naturelle, par
- Ph. L’Héritier. 1 broch. in-8, 43 p. Actualités scientifiques et industrielles. Hermann et Cie, Paris, 1934. Prix : 14 fr.
- Analyse d’un ouvrage récent de R. A. Fisher qui essaie de traiter mathématiquement le mécanisme de l’évolution basé sur les mutations et la sélection naturelle.
- Life saving made easy. A new and original method, par H.-C. Hopkinson. 1 broch. in-16, 16 p., 5 fig. Hefïer and sons, Cambridge, 1934. Prix : 6 d.
- Le sauvetage des noyés n’est ni aisé ni sans danger. Trop souvent le noyé se débat, s’agrippe et entraîne son sauveteur dans le plongeon final. L’auteur propose une nouvelle méthode fort simple pour approcher l’homme en danger, le soutenir, le ramener au rivage sans grands risques. Il rappelle ensuite les manoeuvres de respiration artificielle qui sont les plus efficaces premiers secours.
- La cure d’exercice aux différents âges de la vie et pour les deux sexes, par le Dr Maurice Boigey. 1 vol. in-8, 288 p., 204 fig. Masson et Cie, Paris, 1934. Prix : 35 fr.
- L’auteur, dont la compétence et l’expérience sont bien connues, avait déjà étudié magistralement la physiologie des exercices physiques, précisé les règles et les limites qu’il faut leur imposer. Cette fois-ci
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- il décrit minutieusement les divers exercices et les jeux qui conviennent à chaque âge, ceux des petits enfants, des écoliers, des jeunes gens, des adultes, des femmes, des vieillards. C’est ainsi un recueil de mouvements bien choisis et étudiés, de sports, de jeux, qui servira de guide et de règle à tous ceux qui s’occupentd'éducation physique,qui doivent l'enseigner ou la diriger : professeurs, médecins, et aussi parents voulant former et distraire leurs enfants sans commettre d’imprudences.
- Pagan survivais in Mohammedan civilization,
- par Edward Westermarck, 1 vol. in-8, 190 p., 74 fig. Macmillan and Co, London, 1933. Prix : relié toile, 8 sh. 6 d.
- Ayant longtemps séjourné au Maroc, l’auteur a étudié sur place les coutumes et le folklore et noté de nombreuses traces des croyances et des pratiques du paganisme dans la religion populaire et la magie des Arabes actuels. C’est ainsi qu’il étudie ici les jinns, le mauvais œil, les sorts, la sainteté et maintes survivances romaines et berbères dans le rituel. Tantôt, ces croyances se sont incorporées dans la religion actuelle, tantôt elles se maintiennent à côté, parfois malgré les protestations et les efforts des orthodoxes.
- Cultes indigènes des Lingons. Essai sur les traditions religieuses d’une cité gallo-romaine avant le triomphe du Christianisme, par G. Drioux, 1 vol. in-8, 227 pages, 6 cartes, 8 pl. Auguste Picard, Paris et Imprimerie Champenoise, Lar.gres, 1934. Prix : 60 fr.
- Cette thèse de doctorat de la Faculté des Lettres de Strasbourg étudie d’une manière objective les monuments antiques de toutes sortes qui, sur le territoire des Lingons (Haute-Marne, Côte-d’Or, Aube, Yonne, Haute-Saône et Vosges) se rapportent à la religion de l’époque romaine. Toponymie, folklore, rites religieux modernes sont mis à contribution pour reconstituer dans son ampleur et sa variété les anciens cultes et leurs divinités gallo-romaines, zoomorphes, tutélaires et domestiques, topiques, si mal connues et si difficiles à retrouver.
- A descriptive and illustrated catalogue of miniature paintings of the Jaina Kalpasutra as exe-cuted in the early western indian style, par
- W. Norman Brown. I vol. in-4, 66 p., 45 pl. Freer Gallery of Art. Smithsonian Institution, Washington, 1934.
- L’auteur, professeur de sanscrit à l’Université de Pennsylvanie, avait déjà publié une précmuse et luxueuse histoire de Kalaka. Voici une nouvelle publication qui réunit tous les épisodes, tous les thèmes connus du Kalpasutra, œuvre religieuse racontant la vie des sauveurs, la succession dés pontifes, les règles des moines et illustrée de miniatures dans le style ancien de l’Inde, dont divers manuscrits sont conservés, les plus anciens remontant au xv« siècle, et peut-être même antérieurement. Chaque figure reproduite est longuement expliquée et commentée.
- Un ami de Stendhal. Victor Jacquemont, par Pierre Maes. 1 vol., in-8, 632 p., 8 fig. hors texte. Desclée, de Brouwer et Cie, Paris, 1934. Prix : 30 fr.
- La Nalure a déjà signalé la correspondance exquise de ce voyageur du Muséum, publiée par M. Bultingaire. Voici un nouvel ouvrage qui le montre ami de Stendhal et influant singulièrement sur le grand écrivain qui fut le maître de toute une génération littéraire.
- Fondamenti di merceologia generale, par Ferruccio Truffi. 1 vol. in-8, 399 p. Lîbreria Emiliana éditrice, Venise, 1934. Prix : 35 lire.
- Le professeur de l’Institut des Sciences économiques et commerciales de Venise résume ici son long enseignement de la mercéologie, c’est-à-dire de la science des produits utiles qui sont matières premières ou objets du commerce. C’est à la fois une technologie et une économie. L’auteur passe en revue les produits les plus importants, précise leurs caractères, leurs variétés, leurs qualités, leurs altérations et leurs falsifications, puis leur provenance, leurs usages, leurs applications, leur importance, leur coût de production et leur prix. Cette vue très ordonnée des productions et des échanges permet de dégager une vue d’ensemble des activités économiques, de leur intensité et de leur équilibre, à partir de données concrètes et non de théories préconçues.
- Signification de l’histoire de la pensée scientifique, par Federigo Enriques. 1 broch. in-8, 68 p. Actualités scientifiques et industrielles. Hermann et Cie, Paris, 1934. Prix : 12 fr.
- La vérité n’est qu’un acheminement vers le vrai et l’histoire de la science doit être dynamique.
- Le problème de la constitution de l'amidon, par
- R. Sutra. 1 broch. in-8, 40 p. Actualités scientifiques et industrielles. Hermann et Cie, Paris, 1934. Prix: 10 fr.
- La composition du grain d’emidon est toujours controversée. Les
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- recherches récentes sur les spectres de rayons X et les conceptions nouvelles des glucides orientent la question dans de nouvelles voies.
- Procédés électrochimiques de protection des métaux contre la corrosion, par P. Jaquet. l broch. in-8, 42 p., 8 fig. Actualités scientifiques et industrielles. Hermann et Cie, Paris, 1934. Prix ; 12 fr.
- Cellulose et bactéries. Décomposition et synthèse, par V. Khouvine. 1 broch. in-8, 45 p. Actualités scientifiques et industrielles. Hermann et Cie, Paris, 1934. Prix : 12 fr.
- L’électrolyse et la polarisation électrolytique, par
- N. Thon. 1 broch. in-8, 33 p., 8 fig. Actualités scientifiques et industrielles. Hermann et Cie, Paris, 1934. Prix : 9 fr.
- L’action de l’acide perchlorique sur les matières organiques et ses applications à la chimie analytique, par Ernest Kahane. I. Généralités. 1 broch. in-8, 48 p. Actualités scientifiques et industrielles. Hermann et Cie, 1934. Prix : 12 fr.
- Étude comparée des glandes de l’orbite des Am -phibiens. Reptiles et Oiseaux, par N. Lœwenthal. 1 broch. in-8, 39 p.,’ 1 pl. Georg et Cie, Genève, 1935.
- Essai d’enchaînement transformiste du développement des glandes de Harder et des glandes lacrymales dans les trois classes considérées.
- Philosophie des sciences sociales et la valeur de la science, par Claude Vieux. 1 vol. in-16, 109 p. Chez l’auteur à Mondragon (Vaucluse), 1934.
- L’auteur ayant beaucoup lu et retenu, s’est fait une philosophie fort sage dans laquelle il installe tout ce qu’il a appris. Comme il n’a pas été à l’école — il s’intitule autodidacte et déclare n’avoir ouvert de livres qu’à l’âge de 32 ans — sa conception du monde, pleine de bon sens, a une allure un peu savante parce qu’elle se teinte de mille souvenirs des théories à la mode en ces cinquante dernières années. C’est ainsi qu’il intitule les chapitres de ce petit livre : Psychologie de la morale, du socialisme, du communisme, la lutte universelle, la valeur de-la science, etc.
- L'idée directrice. L’évolutionnisme dans saint Augustin, par le Dr Naamé. 1 vol. in-16, 109 pages. Vigot frères, Paris, 1934. Prix 12 fr.
- Au delà du déterminisme scientifique, l’auteur médite sur la vie, son individualité, sa croissance, son adaptation et y sent une idée directrice qu’il trouve d’ailleurs dans saint Augustin et beaucoup de savants.
- Nature, origine, but de la vie, par Jean Roche, 1 vol. in-16, 109 p. Revue mondiale, Paris, 1934. Prix : 10 fr.
- Partant de la méthode de Descartes, l’auteur discute avec énergie et bon sens nombre d’idées scientifiques fréquentes concernant la biologie. Il voit dans la vie une réalité spirituelle, un principe, un but et il raille les conceptions mécanistes et matérialistes qui apparaissent ou s’étalent dans nombre d’œuvres d’hommes de science.
- Hygiène et alimentation du nourrisson, par G. Paisseau. 1 vol. in-16, 87 p. Collection Hygiène et Diététique. Doin et Cie, Paris, 1934. Prix : 12 fr.
- Ce petit livre du médecin de l’hôpital Trousseau conseille la femme, avant la naissance, avant même le mariage, puis renseigne sur le nouveau-né, son hygiène, sa nourriture et indique les secours sociaux d’hygiène et de prophylaxie.
- Guide fiscal du médecin et des personnes exer-ant d’autres professions libérales, par Henri-lément Reitlinger. 1 vol. in-16, 123 p. Doin et Cie, 1934. Prix : 15 fr.
- Dans le labyrinthe des textes fiscaux actuels, parmi les déclarations, les contrôles, et le livre-journal récemment imposé, ce petit livre est le fil d’Ariane qui évitera bien des erreurs et des ennuis. Tout s’y trouve de ce qu’il faut savoir, clairement dit et appuyé d’exemples précis.
- Voulons-nous sortir de la crise? par Raymond Pate-notre. 1 vol. in-16, 254 p. Plon, Paris, 1934.
- Bien sùr, nous le désirons tous, mais l’accord cesse sur les moyens à employer. L’auteur les voit dans une dévaluation sans inflation, dans un bi - ou un trimétallisme qui corrigerait la valorisation excessive de l’or et son immobilisation. Et il plaide avec chaleur en faveur de sa thèse économique et monétaire.
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- NOTES ET INFORMATIONS
- MÉCANIQUE
- L’emploi de l’acide carbonique solidifié dans la construction mécanique
- L’acide carbonique solidifié est aujourd’hui un produit commercial courant; sa principale application pratique est la conservation et le transport des crèmes glacées. On l’emploie aussi pour la réfrigération de certaines denrées en cours de transport.
- On sait que ce corps se sublime à — 78°9 sous la pression atmosphérique en absorbant 137 calories par kilogramme.
- Cette basse température et cette absorption relativement considérable de chaleur ont valu à l’acide carbonique solidifié une curieuse application dans le domaine de l’industrie mécanique.
- Dans la construction automobile ou aéronautique par exemple, on rencontre un grand nombre de pièces qui s’enfoncent à la presse dans des logements, aux dimensions exactes, préparés à l’avance : c’est le cas des chemises de cylindres, des sièges de soupapes dans les moteurs, etc.
- Ce montage à la presse est une opération difficile, qui fait toujours courir à la pièce des risques d’avarie et de modification de structure, surtout quand elle a subi un traitement thermique préalable.
- Très souvent aujourd’hui on procède de la façon suivante : à l’aide d’acide carbonique solide, dissous dans un liquide approprié, on prépare un bain à très basse température dans lequel on immerge les pièces pendant un certain temps. Elles y prennent un retrait, dû à la contraction par le froid, qui permet de les monter sans difficulté dans leur logement; après quoi, en revenant à la température ambiante, elles reprennent leurs dimensions normales et se trouvent assujetties solidement dans leur logement.
- TRAVAUX PUBLICS
- La « Direttissima » Bologne^ Florence et le tunnel de l’Apennin.
- De nombreuses publications italiennes, notamment les Annali dei Lavori publici (gen. 1934) et Y Ingegnere (16 août 1934) ont donné des détails sur la remarquable réalisation technique que représente la nouvelle ligne électrique Bologne-Florence avec son souterrain à double voie de 18 km de longueur; en France, la Houille Blanche (janvier 1935) a donné, d’après la presse technique italienne, un remarquable aperçu qui ne saurait malheureusement trouver place ici.Voici quelques indications sur les principales difficultés techniques que les ingénieurs italiens ont eu à surmonter.
- Les conditions imposées étaient les suivantes : aucun passage à niveau; pente inférieure à 12 pour 100 à ciel ouvert et à 8 pour 100 dans les tunnels; rayons de courbure supérieurs à 600 m et même à 800 m entre Bologne et Casti-glione dei Popoli; gares longues avec des garages de plus de 500 m, rails de 18 m sur 30 traverses; électrification sur tout le parcours.
- Les vitesses maxima envisagées étant de 120 km à l’heure sur le versant bolonais et de 100 km à l’heure sur le versant florentin, des raccordements paraboliques à rayon de courbure et dévers progressifs, on été prévus, même pour les courbes de rayon supérieur à 1000 m, ainsi que des records altimétriques entre les divers tronçons.
- La caractéristique principale de la nouvelle ligne est qu’elle franchit l’Apennin à basse altitude; son souterrain principal se trouve en effet à la cote 322 m contre 578 m pour la ligne de Faenza et 615 m pour celle de Pistoie. Les difficultés rencontrées lors -du percement des autres tunnels dans ces montagnes ayant fait prévoir un avancement pénible, le
- Bureau d’études de Bologne décida d’attaquer l’ouvrage non seulement aux deux extrémités mais aux environs du milieu au moyen de deux puits inclinés situés près de Cà di Landino ; on disposa ainsi de quatre chantiers de percement.
- L’organisation hygiénique et sociale des travaux a été particulièrement remarquable; on a construit pour les ouvriers et leurs familles de véritables villages avec eau potable, éclairage électrique et tout-à-l’égout; chaque chantier possédait un poste de secours avec table d’opérations et laboratoire de recherches bactériologiques. Deux hôpitaux stables ont été plus spécialement affectés à la lutte contre la terrible « maladie des mineurs » qui avait causé la mort de 10 000 ouvriers au St-Gothard; le microbe (ankylostomiase) a fait son apparition mais l’épidémie a pu être circonscrite et guérie sans qu’il y ait eu un seul cas mortel.
- Le percement a été effectué suivant le « système d’attaque belge », c’est-à-dire avec deux équipes travaillant l’une à la base des tunnels et l’autre au sommet; l’équipe inférieure se maintient systématiquement en avance, en sorte que les déblais du chantier supérieur peuvent être évacués par gravité dans des wagonnets circulant à l’étage inférieur. La longueur des chantiers était de 700 m en moyenne dans les graviers; cette longueur était réduite à 150 m dans les schistes argileux, en vue d’établir un revêtement rapide car l’action de l’air provoquait une altération de l’argile et des glissements. La maçonnerie est faite en blocs de béton ou briques; son épaisseur varie de 0 m, 54 à 1 m, 02 et même 1 m, 85 pour le mur vertical de la gare souterraine de garage.
- Entre les points 2310 m et 3000 m (à partir de l’entrée nord), les difficultés furent terribles. Le terrain argileux se déformait au point d’empêcher le roulement des wagonnets; des poutres en chêne de 40 cm de côté étaient écrasées, près de 8000 m3 de maçonneries durent être refaits. La classique méthode du « bouclier » en acier ayant été jugée inapplicable pour de telles dimensions, on recourut à un procédé d’armature en quinconces, au moyen de piliers en pin de 50 cm de côté, de façon à former un véritable tube en bois abritant le travail.
- Bientôt, le grisou apparut et un formidable incendie ravagea la galerie souterraine; c’est le 3 août 1928 que se produisit cette catastrophe qui arrêta les travaux pendant six mois. Une équipe de sapeurs spécialisés, montée sur une locomotive à air comprimé qui leur fournissait l’air nécessaire à la respiration s’avança le plus loin possible dans l’espoir d’éteindre les bois enflammés à l’aide de lances; mais il fallut se résoudre à murer le chantier jusqu’à une hauteur de 4 m 50.
- Une galerie latérale, longue de 200 m. fut alors percée à 15 m de distance, parallèlement à la galerie en feu, ce qui permit d’exécuter un nouveau tronçon de 100 m de la galerie principale. Le 10 décembre, le tronçon incendié était complètement éteint et récupéré et venait se raccorder au tronçon de 100 m. Les pertes occasionnées par cet incendie souterrain ont été évaluées à 3 millions de lire.
- Outre ce tunnel principal, appelé « Grande Galleria » et qui a une longueur de 18 507 m (record du monde des tunnels à double voie), la Direttissima comporte trente tunnels d’une longueur totale de 37 km, cent trente-huit ponts ou viaducs en maçonnerie et chaux hydraulique, et quelques-uns seulement en béton armé. P. D.
- AGRICULTURE
- Les noix en France : la récolte de 1934.
- On sait que la production des noix en France est en décroissance continue depuis environ un siècle; cette décroissance ressort nettement d’un graphique des productions annuelles
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- (iig. 1). On a, en effet, abattu beaucoup de noyers; un nombre considérable a été victime des parasites cryptogamiques et, tout récemment, l’hiver de 1928-1929 a détruit une forte proportion des arbres de certaines régions.
- En réalité, s’il ne faut pas s’alarmer outre mesure d’une telle situation, on doit résolument soigner les noyeraies existantes et replanter, continuer de replanter plus exactement, car depuis le début du xxe siècle on plante en France une grande quantité de noyers. Il semble même que, dans quelques années, la production s’accroîtra de façon sensible. Dans certains départements, les statistiques des dix dernières années font déjà apparaître une sérieuse augmentation, c’est le cas de l’Isère dont les « noix de Grenoble » atteignent une qualité exceptionnelle et sont recherchées sur le marché mondial. Dans la plupart, des régions productrices, on commence aussi à utiliser en grande quantité les engrais azotés, phosphatés et potassiques sans lesquels cet arbre très épuisant donnerait un rendement décroissant d’année en année. Le relèvement de la production est donc possible et probable.
- Pour donner une idée de la production en 1934, j’ai établi, à l’aide de la statistique publiée au Journal Officiel du 6 décembre 1934, une carte de France où figurent les récoltes en tonnes de chaque département (fig. 2).
- Enfin, pour préciser un coup d’œil sur les années précédentes, voici la production de quelques-unes des dernières années pour les huit départements les plus gros producteurs :
- Quintaux en : 1923 1926 1929 1932 1934
- Dordogne. . . . 143 390 55 000 95 000 90 000 81 600
- Corrèze......... 35 000 5 000 6 000 45 000 80 000
- Charente........ 40170 3 790 15 000 25 000 24 000
- Lot............. 32190 12 600 30 000 20 000 45 000
- Isère........... 16 050 20 360 45 000 35 000 63 000
- Haut-Rhin. . . . 18 290 12 960 6 400 14560 36 650
- Bas-Rhin .... 15810 12500 11 600 27260 45250
- Autrefois, on exportait la presque totalité de la récolte de noix de Grenoble aux Etats-Unis, ainsi que la plus grande
- Fig. 2. — Production des noix par département, en tonnes.
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- Fig. 1. — La production des noix en France depuis 1890.
- partie de la récolte du Périgord. Depuis une vingtaine d’années, le débouché américain s’est rétréci par suite de l’entrée en pleine production des noyeraies de Californie. Aujourd’hui, avec les difficultés de toutes catégories inventées pour restreindre les importations aux Etats-Unis, ce débouché est très réduit : les récoltes françaises sont exportées vers l’Europe du Nord et l’Europe Centrale, enfin elles sont, en partie, consommées en France même, alors qu’avant la guerre la consommation intérieure était très faible.
- Laurent Rigotard, Ingénieur agronome.
- HYGIÈNE
- Conservation de la viande par Vacide carbonique.
- Dès 1882, Kolbe observa que la viande de bœuf peut être conservée plusieurs semaines sans se putréfier, même pendant les chaleurs de l’été, quand on la met dans une atmosphère d’anhydride carbonique. Killeffer confirma le fait pour la viande et le poisson, puis Coyne montra que le poisson entier ou en filets peut être préservé très longtemps par addition de gaz carbonique à l’atmosphère où il se trouve; du poisson mis à la glace aussitôt pêché, en présence de CO2 peut supporter un grand voyage à bord d’un chalutier. Divers auteurs ont ensuite reconnu que le gaz carbonique, même à faible concentration, empêche le développement des moisissures et des bactéries sur la viande, ne change pas la couleur de celle-ci, retarde le rancissement des graisses.
- Ces résultats que rappelle le Department of scienfific and industrial Research (x) ont incité Empey et Vickery à passer du stade des études de laboratoire aux conditions de l’entreposage des viandes; ils ont gardé 53 jours intacts des quartiers de bœuf dans une atmosphère à 10 ou 12 pour 100 d’acide carbonique, à condition de préparer la viande avec une parfaite propreté. Le 18 juillet 1933, un premier envoi de viande de Nouvelle-Zélande est arrivé en parfait état à Southampton après avoir voyagé dans le gaz carbonique. On étudie maintenant l’installation de cales étanches aux gaz et l’on cherche à préciser le prix de revient exact du nouveau mode de conservation, mais le problème technique est dès maintenant considéré comme résolu et c’est là un événement considérable, comparable par certains points à la naissance du bateau frigorifique de Tellier.
- 1. Index to the littérature of food investigation. Vol. VI, n° 1, march, 1934. His Majesty’s Stationery Office, London, 1935.
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- INVENTIONS ET NOUVEAUTÉS
- CHAUDIÈRES
- La bouée électro= nique antitartre.
- Dans tous les appareils industriels ou domestiques qui utilisent de l’eau, les dépôts de tartre qui se produisent inévitablement constituent un désagrément très sérieux, car il est difficile d’empêcher la formation de ce tartre.
- Il est peut-être utile de rappeler que les eaux de provenance diverses : eaux de source, eaux de rivière, eaux de puits, contiennent, même lorsqu’elles sont potables ou encore fdtrées, divers sels minéraux en dissolution. Ce sont principalement des sels de chaux ou de magnésie que l’on rencontre en proportions plus ou moins grandes selon l’origine de l’eau.
- Plus une eau contient de tels sels, plus elle est dite « dure ». La dureté d’une eau se mesure pratiquement en degrés hydro-timëtriques qui précisent en pour 100 la quantité de sels contenus dans un volume d’eau donné.
- Lors du chauffage de l’eau, notamment dans les appareils d’utilisation, les divers sels se déposent sous la forme d’une couche très dure et très adhérente qui constitue le tartre. Ce tartre provoque en pratique de nombreux et importants ennuis. Il est mauvais conducteur de la chaleur et il diminue en conséquence le rendement des chaudières sur les parois desquelles il s’accumule. Il obstrue, et même à la longue obture les canalisations. Il engorge les robinets, empêche leur fonctionnement. Il détériore parfois gravement les machines dans lesquelles circule l’eau.
- De très nombreux procédés ont été utilisés pour combattre la formation du tartre. Celui qui paraît le plus simple, et qui est le raclage, le grattage périodique des parois internes des appareils, est en réalité peu pratique. Pour effectuer le travail il faut arrêter, démonter partiellement l’appareil ou la machine ; certaines parties restent néanmoins inaccessibles; le tartre étant très dur,l’opération est longue et coûte, en main-d’œuvre, assez cher.
- On emploie plus souvent des méthodes chimiques. La meilleure consiste à précipiter les sels indésirables par le traitement chimique de l’eau avant son utilisation. On emploie alors un épurateur; c’est un appareil dont le prix est assez élevé et dont la conduite est délicate.
- On peut encore ajouter à l'eau de circulation, périodiquement ou constamment, divers produits chimiques qui attaquent le tartre déposé. Il existe sur le marché un grand nombre de ces produits qui se recommandent par des qualités diverses. Ils ont tous le défaut grave d’attaquer en même temps les métaux; il y a donc attaque, irrégulière, en certains points, des parois internes qui quelque jour sont entièrement percées; l’accident peut être très grave et très onéreux lorsqu’il s’agit par exemple d’une chaudière.
- Le nouveau procédé, réellement remarquable, de traitement des eaux dures que nous signalons ici ne nécessite l’emploi d’aucun produit quel qu’il soit. C’est un procédé électrique qui n’entraîne cependant aucune dépense de courant; l’énergie mise en jeu est uniquement empruntée au mouvement de l’eau.
- On place simplement dans l’eau avant son utilisation des bouées dites « bouées électroniques antilartres ».
- Une bouée antitartre est une ampoule de verre de 10 cm de diamètre environ, qui est scellée, qui contient des gaz rares sous faible pression et, en plus, une grosse goutte de mercure (fig. 1).
- Lorsqu’on agite l’ampoule, le frottement du mercure sur le verre et sur les gaz inclus donne lieu à des phénomènes électriques; ces phénomènes sont mis en évidence dans l’obscurité; l’agitation de l’ampoule détermine une fluorescence verdâtre. C’est d’ailleurs en mesurant optiquement les rayons lumineux de fluorescence que l’on vérifie et que l’on classe les bouées.
- L’ampoule étant agitée dans l’eau que l’on désire traiter, l’action électrique sur les sels contenus en solution est telle que lorsqu’une cause quelconque forcera leur précipitation (la chaleur notamment) les dépôts se produiront sous forme de boues molles, non adhérentes et non pas sous forme de tartre.
- Il y a actuellement un assez grand nombre de bouées en service pour que le résultat soit incontestable; il n’est pas moins fort curieux et n’a pas encore été expliqué théoriquement. On constate, en effet, qu’après traitement, la composition chimique de l’eau est restée exactement la même, le degré hydrotimétrique n’a pas varié; il n’y a donc pas eu d’action chimique mais fort probablement une action électronique qui a changé les propriétés physiques des sels dissous.
- Le changement physique n’est d’ailleurs pas définitif, perpétuel. L’eau traitée par les bouées reprend au bout d’une vingtaine d’heures environ ses propriétés premières; elle doit donc être utilisée aussitôt après traitement.
- Il est aussi à noter que l’eau traitée agit sur le tartre préexistant et le désagrège petit à petit, sans évidemment que les parois métalliques subissent la moindre attaque.
- Une remarque est encore à faire : la bouée électronique agit surtout à froid. Au-dessus de 30 à 40 degrés son effet devient pratiquement très faible. On attribue ce fait à la dilatation et à la pression des gaz que contient l’ampoule.
- Une bouée ne traite que l’eau qui passe à sa proximité immédiate et, d’autre part, elle peut agir sur une masse d’eau d’autant plus grande que le degré hydrotimétrique de cette eau est plus faible.
- Sous ces conditions on constate qu’une bouée assure le traitement convenable de 60 litres d’eau à l’heure si le degré hydrotimétrique de l’eau n’est pas supérieur à 20. S’il est plus élevé il faut augmenter le nombre des bouées mises en usage et il est bon alors de consulter le constructeur.
- L’installation des bouées est relativement simple mais le résultat est étroitement subordonné à l’agitation constante
- Fig. 2. —- Montage de plusieurs bouées sur un même pied.
- Robinet
- Toc
- Flotteur
- Fig. 1. — Montage d’une bouée dans un réservoir à flotteur.
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- de chaque bouée. La flottabilité d’une ampoule est d’environ 200 grammes.
- On monte donc cette ampoule sur un support en fil de fer galvanisé ou parkérisé. Ce support forme deux boucles qui sont enfilées sur une tige-guide solidaire d’un pied en fonte. L’ensemble est introduit dans la cuve ou la bâche qui reçoit l’eau avant utilisation. L’eau doit arriver sur la bouée oujuste à côté et de façon aussi discontinue que possible afin de produire l’agitation désirée (fig. 1).
- Sur un même pied peuvent être montées plusieurs bouées (fig. 2). On les place dans les parties du réservoir où elles
- sont le plus agitées, où la circulation d’eau est plus active. Il ne faut j) a s évidemment que les bouées puissent, car elles sont fragiles, se toucher entre elles ou toucher la paroi de la cuve ou du réservoir.
- La figure 3 montre la photographie de l’installation de 12 bouées dans une même cuve dans une usine de la région parisienne.
- Ajoutons enfin que leur efficacité semble avoir une
- Fig. 4. Miroir à inclinaisons variables.
- durée indéfinie; il y a deux ans que les premières bouées ont été mises en service et celles-ci n’ont
- Fig, 3.— Photographie de l’installation de 12 bouées dans une même cuve.
- miroir à chevalet breveté dont les figures montrent la simplicité. Le chevalet repose sur la table par trois molettes assez larges pour adhérer au support. Un ressort compense exactement le poids de la glace qui tendrait à écarter les appuis. Et qu’on pose le miroir presque verticalement ou que d’une main on le couche presque à l’horizontale, il reste dans la position où on l’a mis, sans glisser ni choir. Il a sa place sur la coiffeuse, la table à fards, la tablette du lavabo.
- En vente chez Kirby, Beard et Cie, 5, rue Auber, Paris.
- Cendrier à pipes « Extincto ».
- Tout le monde sait que le vrai fumeur fume la pipe. Seulement, il lui faut non seulement sa bouche, sa pipe et son tabac, mais encore quelques accessoires : un débouchoir et un cendrier pour vider le culot et les cendres. La pipe sent bon quand elle est chaude, mais les résidus sont bien âcres quand ils continuent de se consumer. Alors, un inventeur ingénieux a songé à tous ces problèmes et il a abouti au cendrier « Extincto » qui les résoud parfaitement. Au centre du cendrier, on voit une boule de bois dur sur laquelle on frappe la pipe pour la vider. A gauche, on a le cure-pipe prêt à parfaire le nettoyage. Quand la pipe est remise en état, un doigt pressant sur le bouton de droite soulève la boule centrale et ouvre l’étouffoir dans lequel les cendres et les débris fumants tombent par gravité.
- En vente chez Kirby, Beard et Cie, 5, rue Auber, Paris.
- Fig. 5. — Cendrier à pipes « Extincto ».
- encore rien perdu de leur pouvoir. A.-M. Touvy. OBJETS UTILES Miroir à inclinaisons variables.
- Si les grandes glaces, où l’on se voit en pied ou tout au moins en buste, conviennent pour toutes les tailles, les petits miroirs que l’on emploie pour se raser ou se coiffer sont toujours trop petits pour être à bonne hauteur pour tous les membres d’une famille. Quand ils sont accrochés au mur, l’un n’y voit que le haut de son front, l’autre son menton, à moins que l’un et l’autre ne prennent des positions incommodes : les genoux pliés, ou bien hissé sur la pointe des pieds. Combien plus simple et plus agréable est le même miroir posé sur une table, à l’inclinaison voulue. Le tout est qu’il ne glisse pas et que sa position se règle facilement, sans qu’on ait à serrer des vis, à perdre du temps à l’ajuster. Voici le problème résolu par un nouveau
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- BOITE AUX LETTRES
- COMMUNICATIONS
- 4 propos de l’herbe aux femmes battues
- (n° 2346).
- Un de nos lecteurs, M. Gentil, nous écrit :
- « Le tamier revient en faveur.
- Un charlatan de l’Ouest le vend sur les foires sous le nom de «Tamus », la plante de feu des montagnes » et le débite aux badauds en tronçons de quelques centimètres, à raison de 5 francs le morceau.
- Un autre, du Nord-Est, l’a baptisé « Haut-liseron », à cause de sa ressemblance avec le liseron des haies.
- D’autres, des « guérisseurs » locaux, s’efforcent de donner le change sur sa provenance : mais les botanistes le reconnaissent bien.
- Ses propriétés curatives sont réelles; elles semblent varier selon les individus. Certaines personnes, les femmes surtout, ressentent une cuisson extrêmement douloureuse après son application. D’autres, au contraire, ont besoin d’une friction avec la racine même, pour éprouver un effet appréciable. La peau peut rester rouge pendant 24 heures aux endroits effleurés ou frictionnés.
- Il est assez étonnant que la chimie médicale n’ait point encore songé à isoler le principe immédiat de cette plante révulsive. »
- QUESTIONS ET REPONSES
- Postes récepteurs radiophoniques destinés aux co= lonies.
- 1° Les amateurs européens s’intéressent désormais de plus en plus à la réception des émissions sur ondes courtes, sur la gamme de 15 à SO m de longueur d’onde. La majorité des appareils récents et relativement complexes, sont ainsi des postes « toutes ondes » permettant l’audition des émissions de 15 à 2000 m de longueur d’onde.
- La réception des émissions sur ondes courtes est cependant beaucoup plus essentielle aux colonies, la violence des perturbations parasites atmosphériques rendant souvent impossible l’audition des émissions sur grandes ondes. D’ailleurs, la facilité de propagation à grande distance de ces émissions sur ondes courtes les désigne particulièrement pour ce genre de transmissions.
- Si l’on met à part l’Afrique du Nord, la réception des émissions sur grandes ondes de 1000 à 2000 m de longueur d’onde est toujours très difficile dans nos colonies, sinon complètement impossible. Même dans les cas favorables, il ne faut guère considérer la gamme au delà de 600 m de longueur d’onde.
- Un poste complet destiné aux colonies doit donc permettre la réception des émissions de 15 à 600 m de longueur d’onde, mais il n’existe guère d’appareils de ce type en France, ou même en Europe. Les postes européens « toutes ondes » sont construits en vue de la réception des émissions sur ondes courtes, et du broadcasting normal, jusqu’à 2000 m de longueur d’onde. Il existe seulement des appareils américains qui répondraient à ces desiderata, par suite de la non-existence des émissions sur des longueurs d’onde au delà de 600 m aux Etats-Unis.
- Ainsi, en principe, le poste américain d’origine qui ne permet pas d’entendre les émissions sur « grandes ondes » convient pour la réception aux colonies. Suivant l’adage « qui peut le plus peut le moins », un poste « toutes ondes », européen convient également, mais, dans ce cas, la gamme de 1000 à 2000 m est inutilisée.
- 2° Les postes les plus simples pouvant être adoptés aux colonies comportent, soit une lampe détectrice à réaction suivie d’étages basse fréquence, soit un étage haute fréquence, généralement à lampe à écran, une lampe détectrice et un ou deux étages basse fréquence. Ils sont alimentés par batteries ou par le secteur suivant les possibilités locales, soigneusement blindés et construits de façon à résister à l’action des parasites atmosphériques. En particulier, les bobinages sont complètement imprégnés.
- Comme fabricants spécialisés dans la construction des appareils de ce genre, nous pouvons vous citer en particulier les établissements Dyna, 43, rue Richer, à Paris.
- Les autres appareils plus sensibles, mais aussi plus complexes, comportant un plus grand nombre d’étages d’amplification, sont des superhétérodynes, c’est-à-dire des appareils à changement de fréquence.
- Les constructeurs français ont malheureusement peu étudié la construction d’appareils de ce genre fonctionnant à l’aide de batteries, et munis cependant des types de lampes et des perfectionnements les plus modernes. Comme constructeurs français spécialisés, nous pouvons vous indiquer cependant, par exemple, le Comptoir général de T. S. F., 11, rue Cambronne, Paris.
- Par contre, il est possible de trouver des appareils de ce genre, anglais
- et américains. Citons ainsi les postes Pliilco, de construction américaine, Cossor et Gécovalve, de construction anglaise.
- Il existe, d’autre part, de nombreux modèles d’appareils superhétérodynes-secteur toutes ondes, soit de modèles français, soit de types américains ou allemands.
- Parmi les modèles français, nous pouvons ainsi vous indiquer les appareils Lemouzy, Brunet, Mildé, Radio-LL, etc... Vous pouvez, d’ailleurs, trouver des indications à ce sujet dans nos chroniques de Radiophonie pratique.
- 3° La question de la réception des émissions sur ondes courtes, et particulièrement la réception aux colonies a été étudiée dans des ouvrages récents. Vous pouvez consulter en particulier le livre «Les ondes courtes et ultra-courtes », par P. Hémardinquer et H. Piraux (Dunod, éditeur). Réponse à M. Bessières, à Preyssac (Lot).
- Livres de montages radiophoniques.
- En dehors des manuels de vulgarisation donnant des explications générales sur le fonctionnement des postes émetteurs et récepteurs de radiophonie, il existe des livres de montage destinés spécialement aux amateurs voulant établir eux-mêmes leurs appareils, le plus souvent au moyen de pièces détachées achetées dans le commerce. La lecture de ces livres est particulièrement indiquée pour tous ceux qui veulent s’exercer à la construction des récepteurs, soit dans un but de distraction, soit même à titre plus ou moins professionnel.
- Parmi ces ouvrages, nous pouvons vous indiquer, en particulier, Les récepteurs radiophoniques, par F. Duroquier (Masson et Cie, éditeurs) et Les récepteurs modernes de T. S. F. par, P. Hémardinquer (Chiron, éditeur). Réponse à M. G. G., à Lille.
- Réception avec un poste à galène.
- Un poste à galène ne peut jamais, quel que soit son montage, posséder une sensibilité, ni une sélectivité équivalentes à celles d’un appareil récepteur à lampes.
- La sensibilité dépend uniquement, en réalité, de la qualité du cristal, généralement de galène, de la position et de la pression du « chercheur ». Le choix des écouteurs téléphoniques doit aussi être particulièrement soigné.
- Même si on utilise un cristal possédant des « plages » sensibles bien déterminées et, par exemple, un cristal sensibilisé artificiellement suivant la méthode bien connue, la recherche du point sensible est essentielle, et parfois assez difficile, surtout lorsqu’on veut entendre une émission relativement faible ou provenant d’une station lointaine. L’emploi d’un petit buzzer, ou même plus simplement d’un vibrateur avec électro-aimant de sonnerie, permet de faciliter cette opération.
- Le manque de sélectivité provient essentiellement de la résistance interne relativement faible du détecteur produisant alors un amortissement du circuit d’accord. On a proposé des montages plus ou moins complexes pour supprimer cet inconvénient, et vous pourrez trouver des renseignements à ce sujet dans différents ouvrages, en particulier dans « Les récepteurs modernes de T. S. F. » (Chiron, éditeur).
- Il faut cependant que les montages d’accord utilisés ne déterminent pas une trop grande complication des manoeuvres de réglage, ni un affaiblissement de l’audition, étant données la faiblesse de l’énergie recueillie et l’absence d’amplification. On peut donc se contenter
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- souvent d’employer un système d’accord en Oudin, ou môme simplement en dérivation, avec un petit condensateur variable en série dans le circuit d’antenne.
- L’emploi d’une antenne de fortune, antenne intérieure, fil d’un secteur de distribution, par exemple, ne permet d’obtenir que des résultats très irréguliers. Lorsqu’on veut pouvoir obtenir des auditions d’émissions provenant de stations assez lointaines, môme puissantes, il est indispensable d’avoir recours à une antenne bien isolée et de grande longueur. D’ailleurs, l’usage du poste à galène est surtout intéressant pour l’écoute des stations locales.
- Réponse à M. Recourt, à Versailles (S.-et-O.).
- Étude des vibrations d’une machine.
- L’étude des vibrations d'une machine, et en particulier d’un moteur électrique silencieux, peut être effectuée à l’aide d’un dispositif électro-acoustique. Un appareil microphonique à amplification par lampes à vide et à lecture directe construit par la Société française radio-électrique, a, d’ailleurs, déjà été décrit, il y a quelque temps dans La Nature.
- Il s’agit, en réalité, d’une application particulière des dispositifs permettant la mesure de l’intensité des bruits. Un article sur ce sujet a déjà paru dans la revue. Vous pouvez trouver également des indications dans l’ouvrage Précis d’acoustique par P. Hémardinquer, (Librairie de l’Enseignement technique, éditeur, 3, rue Thénard, Paris).
- Il n’est pas recommandé, en tout cas, d’avoir recours à un intermédiaire d’enregistrement phonographique ou même photographique. La plupart des pick-up, d’ailleurs, permettent mal d’enregistrer les sons aigus, au delà de 4500 à 5000 périodes-seconde, qui constituent, au contraire, la partie essentielle des bruits parasites du genre qu’on veut étudier.
- Un dispositif général pour la mesure de l’intensité de ces bruits pourrait comporter, suivant la règle générale, un microphone suivi d’un préamplificateur basse fréquence à deux étages. Il faudrait prévoir ensuite un filtre passe-bande laissant passage presque uniquement aux oscillations électriques de fréquence correspondant à la gamme des sons considérés. On emploierait ensuite un ou deux étages d’amplification, et enfin un détecteur à lampe agissant sur un microampèremètre, et formant ainsi, en réalité, un voltmètre à lampe. C’est un système de ce genre qui est normalement employé à l’heure actuelle pour la mesure des bruits et permet d’obtenir une lecture directe.
- Comme vous nous l’indiquez, il est nécessaire de choisir avec soin le microphone utilisé. Le modèle électrodynamique à ruban paraît, en particulier, devoir donner de bons résultats. «
- Réponse à R. V.., à Belfort.
- M. Alf. Paret, à Zurich. — Nous pensons que dans la traduction allemande de l'Astronomie populaire de Camille Flammarion que vous possédez, il existe une erreur au sujet de la masse de la Terre.
- En effet, dans l’édition originale (1879, p. 84), le grand astronome français a écrit que la Terre pèse :
- « 5875 sextillions de kg ».
- Dàns les Terres du ciel (Edition 1884, p. 399), Camille Flammarion donne également 5875 sextillions de kg.
- Mais, dans l’édition de 1908 (p. 86) de l'Astronomie populaire, il a quelque peu modifié le texte de l’édition primitive et écrit que la Terre pèse environ 6000 sextillions de kilogrammes.
- En résumé, toutes ces valeurs sont bien du même ordre de grandeur et d’accord avec le nombre de 5974 quintillions de tonnes figurant dans notre article « A propos de la chute des météorites » (n° 2947, du 15 février 1935).
- M. Polliotti, Paris. — Le coronium était un élément hypothétique dont l’existence problématique était basée sur une interprétation ancienne de spectres, probablement erronée. Le coronium n’est plus mentionné dans les traités modernes de physique.
- M. P. H. Forbach. — L’adresse de Egovox est r^Etabl. Remo, 1, rue de Lincoln, Paris. Nous vous indiquons quelques adresses de firmes cinématographiques : /
- Pathé-Nathan, 6, rue Francœur, Paris.
- Métro Goldwin Mayer, 37, rue Condorcet, Paris.
- Tobis, 44, avenue des Champs-Elysées, Paris.
- Vandal et Delac, 63, avenue des Champs-Elysées, Paris.
- Pathé-Baby, 20 bis rue La Fayette, Paris.
- Nous répondrons par la suite aux autres questions.
- De tout un peu.
- M. Lefranc, à Paris.— Nous ne connaissons pas la composition de la spécialité en question, mais il est très probable qu’il s’agit d’une
- encaustique du type suivant :
- Cire de Carnauba..................... 90 grammes
- Gomme laque............................. 10. —
- Paraffine............................... 75, —
- Cérésine................................. 45 —
- Essence de térébenthine................. 750 —
- Colorant................................. 30 —
- Amener à fusion sur feu doux la cire, la gomme laque, la paraffine et la cérésine, ajouter le colorant, laisser refroidir vers 80°, puis après avoir éloigné du foyer, incorporer peu à peu en remuant constamment l’essence de térébenthine.
- M. Le Roux, à Caen. — La formule suivante vous permettra de préparer une excellente graisse pour protéger de la rouille les objets
- en fer.
- Prendre :
- Cire de. Carnauba..................... 200 grammes
- Paraffine................................100 —
- Vaseline.................................150 —
- Essence de térébenthine..................150 —
- Benzine................................. 200 —
- Pétrole lampant......................... 200 —
- Faire fondre au bain-marie la cire, la paraffine et la vaseline, retirer du bain-marie, ajouter les produits liquides, puis en dernier lieu de la plombagine (mine de plomb) en quantité suffisante pour donner la couleur du fer).
- R. T., à Issy. — 1° Voici comment il faut procéder pour détruire les fourmis : placer un morceau de sucre sur une assiette, l’arroser goutte à goutte de liqueur de Fowler de façon à transformer sur place le sucre en sirop sans excès de liquide.*
- Mettre l’assiette sur le trajet des fourmis à l’obscurité (si le lieu n’est pas naturellement obscur recouvrir l’assiette), les fourmis très friandes de ce sirop l’absorbent très vite; au bout de peu de temps, il ne reste ni sucre, ni fourmis, celles-ci étant allées mourir dans leur demeure.
- S’il reste encore des fourmis, c’est que la provision de sucre, ainsi préparée, était insuffisante, il n’y a qu’à recommencer.
- Ce procédé nous a été communiqué par un de nos lecteurs qui s’en est déclaré très satisfait.
- N. B. — La liqueur de Fowler a pour composition :
- Acide arsénieux............................ 1 gramme
- Carbonate de potasse....................... l .—
- Eau distillée..............................95 —.
- Alcoolat de mélisse composé................ 3 —
- C’est en réalité une solution d’arsénite de potasse aromatisé ;
- 2° Les amalgames dentaires sont des mélanges d’étain et d’argent en proportions à peu près égales avec des traces probablement inutiles d’or ou de platine, fondus ensemble dans un creuset et limés grossièrement, que l’on amalgame au moment de l’emploi avec un peu de mercure dans un petit mortier.
- Us ont remplacé à peu près complètement les amalgames de cuivre, qui sont abandonnés parce qu’ils fusent à travers la dentine et donnent une coloration noire désagréable. C’est la matière d’obturation la plus durable après l’or, soit une dizaine d’années environ.
- Syndicat des Entrepreneurs, à Paris.— 1° La formule suivante d’engrais complet pour plantes d’agrément vous donnera certainement satisfaction :
- Prendre :
- Nitrate de potasse................... 500 grammes
- Sulfate d’ammoniaque................. 1000 —
- Superphosphate de chaux.............. 5000 —
- Sulfate de potasse.................... 500 —
- Mélanger intimement et conserver en boîtes ou flacons bien clos.
- Au moment de l’emploi, faire dissoudre une cuillerée à café du mélange par litre d’eau et arroser modérément de temps à autre en alternance avec les arrosages habituels à l’eau pure dégourdie et non froide; v
- 2° La mauvaise conservation de vos légumes après récolte doit tenir beaucoup plùs à l’humidité du local où ils sont entreposés qu’à l’humidité de la région forestière. Nous vous conseillons de passer au lait de chaux les murs du local et le sol pour détruire les moisissures et d’assurer dans celui-ci une légère circulation d’air par des ouvertures opposées
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- l’une à la partie inférieure, l’autre vers le plafond, des volets mobiles ou trappes à coulisses permettant d’en régler le débit suivant les circonstances atmosphériques.
- J. B., à La Plata. — l°Pour nettoyer les statuettes en plâtre souillée par les poussières ou les manipulations, il suffit de les enduire d’une bouillie faite en délayant dans l’eau froide de l’amidon de blanchisseuses.
- On laisse sécher doucement, peu à peu les écailles d’amidon se détachent et entraînent avec elles toutes les souillures qui étaient à la surface du plâtre, un léger brossage avec une brosse neuve termine l’opération.
- 2° Les ouvrages suivants répondront, pensons-nous, à votre désir : L’électricité à la portée de tout le monde, par Georges Claude; — Cours élémentaire d’électricité industrielle, par Roberjot;— Travaux pratiques d’électricité industrielle, par le même; comprenant les mesures industrielles, l’étude des machines électriques, les installations intérieures, enfin les usines génératrices, les transformateurs et les canalisations : Editeur Dunod, 92, rue Bonaparte.
- MM.' Piètrement - Bonnet, Grill, Arnaux. — Les huiles « compound » destinées au superhuilage, c’est-à-dire au graissage des parties hautes des cylindres d’autos, par addition dans la proportion d’environ un litre par 400 litres d’essence, sont constituées par un mélange d’huile minérale ne contenant que des hydrocarbures saturés C"H-’*+2 et d’une huile végétale, probablement l’huile de ricin.
- Il en résulte un appoint de graissage dans toutes les parties de la chambre de combustion, particulièrement près des soupapes, ce qui assure leur bon fonctionnement, en même temps qu’il empêche l’usure des segments supérieurs et leur ovalisation.
- Ces produits ne contiennent donc en résumé que des huiles convenablement choisies.
- N. B. — L’huile de vaseline ne conviendrait pas dans ce cas, car elle manque d’onctuosité, elle résiste bien à l’oxydation, c’est-à-dire à la formation d’asphaltes et de goudrons, mais elle adhère moins bien aux surfaces en Motion.
- M. Saclier, à Chalon-sur-Saône. — 1° En ce qui concerne le superhuilage, veuillez bien vous reporter à la réponse qui précède;
- 2° Vous obtiendrez une bonne masse de lutage pour aquarium en prenant :
- Gutta percha..........................100 grammes
- Colophane............................... 200 —
- Faire fondre à feu doux et appliquer encore tiède sur les parties à joindre parfaitement sèches, faute de quoi il n’y aurait qu’une adhérence précaire.
- M. Marcelet, à Nice. — 1° Voici deux formules de compositions brevetées employées pour le décalaminage des moteurs d’autos.
- Brevet Hochwalt.
- Furfurol...................: . . . . 700 grammes
- Naphtaline.............................. 300 —
- Benzol.................................. 800 —
- Alcool dénaturé......................... 600 —
- Brevet Midgley et Hochwalt.
- Pyridine.............................. 700 grammes
- Naphtaline.............................. 300 —
- Benzol.................................. 800 —
- Alcool dénaturé......................... 600 —
- A la place de pyridine ou furfurol on peut employer les amines aromatiques primaires, secondaires, tertiaires, ou hétérocycliques.
- Pour l’emploi, on introduit dans le cylindre du moteur, on fait tourner celui-ci à la main et laisse séjourner le liquide quelques heures. Quand on met ensuite le moteur en marche, le carbone dissous est expulsé avec les gaz d’échappement.
- 2° Les principaux antidétonants employés actuellement sont les suivants :
- Tout d’abord le plomb tétraéthyle qui permet d’élever le taux de compression de 40 pour 100, ce qui correspond à un gain de puissance de 14 pour 100; il présente les inconvénients d’être vénéneux et de laisser déposer un enduit de plomb obturant les soupapes et détériorant les bougies. On remédie quelque peu à ce dernier défaut par addition de bromure de plomb.
- Une dose de 1 pour 100 de plomb tétraéthyle correspond à l’emploi de 10 pour 100 de benzène.
- Le nickel tétracarbonyle moins antidétonant que le composé de plomb et le fer carbonyle non vénéneux, est également à la base de différents produits vendus dans le même but, tels sont
- L’éthyle contenant moitié de plomb tétraéthyle et moitié de bromure d’étliyle.
- L'éthylfluid de la Société Ethyl-gazoline Corporation qui contient 55 pour 100 de plomb tétraéthyle, 36 pour 100 de bromure d’éthyle et 9 pour 100 de monochloronaphtaline.
- Le mothyl à base de fer pentacarbonyle qui est ajouté à l’essence, à la dose de 0,20 à 0,25 pour 100; il présente également l’inconvénient de déposer du peroxyde de fer qui est légèrement abrasif des soupapes.
- Ecole des Francs-Bourgeois. — 1° Nous avons traité d’une façon très complète la question « Kephyr » dans le n° 2871, page 574, veuillez bien vous y reporter;
- 2° Vous trouverez de la graine de Kephyr sèche, c’est-à-dire à revivifier par macération dans du jus de figues, chez Canone, 88, bd de Sébastopol et du « Ferment en activité « chez Guibret, herboriste, 230, bd Voltaire.
- M. Paulet et Brunei, à Marseille. — Le velours de soie peut être sensibilisé comme le tissu uni, pour l’obtention d’épreuves photographiques en l’immergeant dans une solution composée de :
- Chlorure de cadmium.................. 15 grammes.
- Benjoin pulvérisé.................... 5 —
- Gomme mastic......................... 2,5 —
- Alcool à 95°......................... 500 cm:l
- On laisse égoutter, puis sécher à l’air, puis conserve en boîtes de fer-blanc.
- Au moment de l’emploi immerger dans la solution suivante :
- Nitrate d’argent........................ 60 grammes
- Eau distillée.......................... 500 cm3
- Sécher à nouveau à l’abri de la lumière, puis imprimer l’image soit au châssis, soit par projection comme s’il s’agissait d’un papier sensible, après quoi on lave et fixe comme d’habitude.
- M. Bezard, à Clichy. — 1° Sous la forme gazeuse, vous pouvez utiliser pour éloigner les mousligues la pulvérisation d une solution alcoolique contenant 10 pour 100 d’essence d’eucalyptus;
- 2° Les cônes combustibles employés dans le même but se préparent en délayant dans de l’eau gommée.
- Poudre de pyrèthre......................100 grammes
- Nitrate de potasse....................... 5
- 3° L’emploi de la liqueur de Fowler pour la destruction des fourmis est pratiquement sans danger pour les animaux domestiques eu égard à sa faible concentration en arsénite de potasse et à la faible quantité nécessaire pour imbiber les morceaux de sucre;
- 4° Nous ne possédons pas sur l’emploi du lluosilicate de baryum comme insecticide, d’autres renseignements que ceux qui ont été
- publiés.
- M. Augier, à Nice. — 1° D’après les indications que vous nous donnez, nous pensons que le minéral qui vous intéresse est le feldspath « Albite » qui est d’un blanc laiteux, non rayé par l’acier, mais rayant le verre, dont la densité assez variable est voisine de 2,5.
- 2° Ouvrage pouvant vous être utile i Manuel de minéralogie, pai Portes, éditeur Doin, 8, place de l’Odéon.
- C. T., à Melle-lez-Gand. — Si l’altération de votre peau de lion n’est pas trop avancée, vous pourrez enrayer l’action des dermestes en frottant le côté chair de savon de Becœur qui se prépare en prenant :
- Acide arsénieux en poudre...........150 grammes
- Carbonate de potasse.................. 60 —
- Eau ordinaire.........................150
- Chauffer dans une capsule de porcelaine jusqu’à ce que tout l’acide carbonique du carbonate soit déplacé par 1 acide aisénieux, ce qui donna de l’arsénite de potasse, puis, en cessant de chauffer, incorporer successivement :
- Savon blanc en copeaux................150 grammes.
- Poudre de chaux vive.................. 20
- Poudre de camphre...................... 5 —
- g ____ ]5u égard à la quantité importante d acide arsénieux
- employé, prendre de soigneuses précautions dans l’emploi de la mixture (lavage des mains et curage des ongles) pour éviter des intoxications possibles.
- M. Risler.à Paris. — Les charges employées pour remplir les pores du papier sont le kaolin, le talc, le sulfate de chaux. En fait c’est presque toujours le kaolin que l’on y rencontre.
- N. B. — Les papiers à cigarettes contiennent comme charge spéciale le carbonate de chaux ou le carbonate de magnésie qui sont destinés à favoriser la combustion.
- Le Géran’t : G. Masson.
- 6651. — lmp. Lahure, 9, rue de Fleurus, Paris. — 15-4-1935. Publishe.i in h tance
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- LE PETROL
- ( Raffinage en France)
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- N° 2952.
- I’r Mai 1935.
- Paraissant le î*1 et le i5 de chaque mois.
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- Tarif spécial pour la Belgique et le J.uxembourg : 12 mois (24 n®*), 105 fr. ; — 6 mois (12 n*‘) 53 fr.
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- N° 2952
- LA NATURE
- L'INDUSTRIE PETROLIERE FRANÇAISE
- Pour un trop grand nombre de nos concitoyens, Le Havre est devenu comme une enclave anglo-saxonne, depuis que de puissantes radineries de pétrole se sont édifiées autour de l’embouchure de la Seine. Les abords
- jeunesse des faits qui, retournant pour ainsi dire la situation, nous ont dotés de cette industrie : ils tiennent tous dans une période que mesurent quatre ou cinq années — les dernières ! Et il nous faut du temps pour nous habi-
- Fig. 1. — Vue aérienne de la Raffinerie de Gonfreville de la Cio Française de Raffinage (phot. Cie Aérienne Française).
- de celles de la Loire, de la Gironde et du Rhône sont en passe de subir la même réputation. Bref, l’opinion quasi générale persiste à croire que nous sommes et que nous restons sous le joug des gros « trusts » qui, sous l’angle du pétrole et de ses produits, continueraient à faire chez nous la pluie et le beau temps.
- Il importe de battre en brèche cette légende et de démontrer que la France possède enfin une industrie-pétrolière française. Mais nous reconnaissons que, sur pareil terrain, l’ignorance est excusable, en raison de la
- tuer à cette réalité : la France a pris rang parmi les puissances du pétrole.
- Elle le doit en bonne part au plus récent de ces faits : à la mise en service du pipe-line de l’Irak. Les études que La Nature a consacrées à ce gigantesque ouvrage nous dispensent de toute description. Rappelons simplement qu’il n’avait pas attendu l’inauguration officielle du 13 janvier 1935 pour remplir d’huile mésopotamienne les navires-citernes ancrés à Tripoli de Syrie, terminus de sa branche septentrionale. Une coïncidence fortuite
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- voulut que le premier flux atteignît le rivage méditerranéen le jour même de notre fête nationale : le 14 juillet dernier.
- LJn mois plus tard, dans la nuit du 14 au 15 août, le navire-citerne Henry-Desprez arrivait au Havre avec le premier chargement de pétrole brut de l’Irak : 14 596 t, destinées à la Radinerie de Normandie, appartenant à la Compagnie Française de Raffinage. Si l’on ne fêta pas cette réception, c’est sans doute parce qu’elle se produisait en pleine période de vacances, et qu’il eût été cruel d’y convier des invités, en les arrachant aux joies et au réconfort de la villégiature ! Mais l’événement méritait d’être célébré : cette cargaison était l’avant-garde du million annuel de tonnes d’huile mésopotamienne que nous allions recevoir, désormais, par l’intermédiaire de la Compagnie Française des Pétroles.
- Depuis cette date du 15 août, les expéditions de Tripoli se sont succédé régulièrement. L’achèvement, de la branche méridionale du pipe-line (x), (celle qui débouche à Caïffa), retardé par les obstacles naturels que nous avons décrits en de précédents articles, permet d’évacuer, depuis les premières semaines de décembre, toute la
- production du gisement de Kirkouk, limitée à 4 000 000 t, d’après la capacité actuelle de transport de la double conduite.
- L’autre ordre de faits qui place la France parmi les puissances pétrolières est celui qui nous intéressera tout spécialement dans cette étude : notre pays compte actuellement douze raffineries en pleine activité, dont la plupart ont été construites au cours de ces trois dernières années ; elles s’inscrivent déjà parmi nos principaux fournisseurs d’essence, de gas oïl, de mazout (fuel oïl) et autres produits pétroliers. D’ici un mois, la deuxième usine de la Compagnie Française de Raffinage, la Raffinerie de Provence, équipée spécialement, à Martigues, pour traiter l’huile de l’Irak, commencera ses opérations. Deux autres auront bientôt porté à quinze le nombre de nos raffineries.
- LA RENAISSANCE APRÈS L’AGONIE
- Nous ne pouvons brosser ici qu’à grands traits l’histo-
- 1. La première expédition par le port de Caïffa s’est passée le 13 octobre, quand le Vendémiaire, navire-citerne français, leva l’ancre avec 13 000 t de pétrole irakien, destinées à la Raffinerie de Normandie, et qu’il déchargea au Havre le 9 novembre.
- rique de notre industrie pétrolière. Ses débuts ne remontent guère au delà de 1875, et l’on doit citer parmi ses pionniers la firme « Les Fils de A. Deutsch », fondée en 1877, transformée depuis 1922 en « Société des Pétroles Jupiter ». Cette nouvelle industrie se développa rapidement. De nombreuses raffineries plus ou moins importantes s’édifièrent; traitant les « bruts » importés de différents pays producteurs, elles en arrivèrent, aux premières années de ce siècle, à répondre à nos besoins de dérivés pétroliers dans la proportion de 80 pour 100. Il faut bien dire que ces besoins étaient réduits, par comparaison avec ceux qu’allait créer le rapide essor de la locomotion automobile. Simultanément s’étaient multipliées les maisons qui importaient les produits finis.
- Notre industrie du raffinage n’avait pu se développer que grâce aux mesures douanières qui l’avantageaient. Cette protection lui fut retirée en 1903, et elle se trouva désormais incapable de lutter. Pour renaître, elle dut attendre l’année 1928 et le changement de régime qui allait redresser, en pleine agonie, une branche d’activité industrielle dont la guerre nous avait révélé l’importance vitale. A cette date décisive, nous ne produisions plus que 10 pour 100 des dérivés du pétrole consommés chez nous.
- Entre temps, depuis cette guerre que le moteur et l’huile minérale nous avaient aidés à gagner, l’idée que toute grande nation doit avoir et poursuivre une politique du pétrole s’était imposée à l’attention du pays. Ce principe une fois adopté, l’œuvre de renaissance prit son cours, marqué d’étapes qui furent autant de lois. Celle de janvier 1925 peut être considérée comme l’une des plus efficaces, car elle créa, parmi d’autres dispositions, l'Office National des Combustibles Liquides, l’organisme où allait, si je puis dire, se matérialiser et se concentrer notre volonté de devenir une puissance pétrolière.
- Bientôt confié à la direction de l’énergique animateur et du tenace diplomate qu’est M. Louis Pineau, l’Office ne tardait pas à collaborer, de la façon la plus utile et la plus constructive, avec le Parlement, dans l’adoption de nouvelles mesures et la rédaction de nouveaux textes. Et nous arrivons ainsi à la loi du 30 mars 1928, pierre angulaire de notre raffinage ressuscité, et dont elle est aussi la Charte.
- Un tableau quasi schématique peut en exprimer les principaux résultats : dotés de licences, d’une durée de vingt ans, qui les autorisent à importer et à traiter du pétrole brut en France, onze groupes industriels n’ont pas hésité à consacrer des capitaux considérables (de l’ordre de trois milliards de francs) à l’érection d’usines, distribuées d’une façon judicieuse sur notre littoral, et qui forment incontestablement le plus bel ensemble de raffineries qui soit en Europe.
- Parmi les obligations que ces onze groupes ont acceptées, l’une vaut qu’elle soit mise dès à présent en relief, car elle leur confère un caractère nettement français : chacune de leurs raffineries doit tenir, à la disposition de
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- Fig. 3. — Une pomperie à l’usine de raffinage de Gonfrevillc.
- la Défense nationale, un stock de réserve équivalant au quart de sa production d’essence et autres dérivés du pétrole.
- Or, il se trouve des gens pour dénier ce caractère à notre jeune industrie du raffinage, sous le prétexte qu’elle s’alimente presque exclusivement en pétrole étranger, ce qui était exact l’année dernière, notre production nationale ne s’élevant qu’à 85000 t d’huile brute, pour les 5 millions qu’exigent nos besoins, mais ce qui l’est moins aujourd’hui, avec le million de tonnes qui nous appartient sur la production irakienne. De toutes façons, l’argument est puéril.
- Quelle est donc celle de nos industries qui n’achète pas de la matière première hors de France ? Coton, laine, minerais métalliques, ne doivent-ils pas être importés par quantités considérables ? Nous pouvons demander un exemple au charbon étranger, dont nous avons consommé, en 1933, une quantité valant plus de deux milliards de francs (2 213 687 000 fr), alors que le pétrole brut et les produits finis que nous avons importés, pendant la même période, ne nous ont imposé qu’un tribut de 1 732 892 000 fr. L’argument choisi par les adversaires du nouveau régime nous paraît donc assis sur une base bien fragile.
- LES PRINCIPES DU NOUVEAU RÉGIME
- En vertu de la loi du 30 mars 1928, toute personne ou firme qui veut entreprendre l’importation en France de pétrole brut ou de ses dérivés, à raison de 15 t ou plus par mois, est tenue de faire une déclaration à l’Office National des Combustibles Liquides, en vue d’obtenir une autorisation d’importation, le bénéficiaire s’engageant à constituer le stock de réserve dont nous venons de parler. Pour les importations supérieures à 300 t par mois, les autorisations, dites spéciales, sont valables pour vingt ans, dans le cas des pétroles bruts, et pour trois ans, s’il s’agit de produits finis.
- Les autorisations d’importations de pétroles bruts sont celles que possèdent les onze groupes qui pratiquent le raffinage. Elles les autorisent, en bloc, à importer la quantité de « brut » pouvant fournir annuellement : près de 2 millions de t d’essence (1 923 000 t); 246 500 t d’huiles raffinées ; 384 000 t d’huiles lubrifiantes et 278 550 t de gas-oils. La production des résidus (mazout, etc.) reste libre et ne requiert aucune autorisation.
- Parmi ces onze groupes ou sociétés, la Compagnie Française de Raffinage, filiale
- de la Compagnie Française des Pétroles (l’Etat est l’un des principaux actionnaires de l’une et de l’autre), jouit d’un privilège spécial. Outre sa quote-part dans la production que nous venons d’énumérer, elle est autorisée à raffiner une quantité de « brut », sous-produits et résidus équivalant à 25 pour 100 de la quantité totale de produits finis, entreposés pour être livrés à la consommation.
- Notons encore que tout raffineur, titulaire d’une licence spéciale, peut en faire prolonger de dix ans la durée, s’il
- Fig. 4. — Installation de prédistillation à l’usine de Gonfreville.
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- crée une installation pour l’exploitation d’un procédé « entièrement nouveau », concernant le traitement des bruts. La loi prévoit, d’ailleurs, que toute licence spéciale est renouvelable. Par contre, elle peut être annulée; mais, dans ce cas, le détenteur doit en être informé dans un délai d’au .moins deux ans et demi avant l’application de la décision.
- industrie pétrolière doit son existence aux sages mesures édictées par la loi de mars 1928 : seules, elles pouvaient décider l’afflux de capitaux énormes (de l’ordre de 3 milliards de francs) en vue de l’érection de raffineries, malgré la lourde clause imposée aux détenteurs de licences spéciales de constituer, exclusivement à leurs frais (sans
- aucune contribution financière du Trésor), un stock de réserve de près de 2 millions de t pour les besoins de la Défense nationale.
- Comme nous l’indiquions plus haut, l’effet de cette loi fut immédiat. En 1928, nous n’avions plus que deux raffineries importantes : l’une située à Courchelettes, près de Douai; l’autre à Merkvillers, près de Pechelbronn, en Alsace. En juillet 1933, huit nouvelles raffineries marchaient déjà à plein rendement, et nous avons dit que le nombre total de ces établissements, tous conçus d’après les méthodes les plus modernes, s’élèvera bientôt à quinze.
- 11 nous paraît intéressant de passer en revue les onze groupes auxquels la France doit cette renaissance, aussi brillante que rapide. Nous le ferons en recourant à la documentation de notre excellent confrère, La Revue Pétrolifère.
- LES ONZE GROUPES
- Compagnie Française de Raffinage. — Fondée en 1929 par la Compagnie Française des Pétroles, avec la participation de l’Etat et de sociétés de distribution, elle est actuellement au capital de 300 000000 fr, soit 300 000 actions de 1000 fr, dont l’Etat possède une proportion de 10 pour 100. Outre la Compagnie Française des Pétroles, ses principaux associés sont : Desmarais Frères, Lille, Bonnières et Colombes, la Société pour l’Approvisionnement des Consommateurs d’Huiles Combustibles, la Société Française des Combustibles Liquides et la Société Française des Carburants. Elle exploite, à Gonfreville, près Le Havre, la Raffinerie de Normandie, qui peut traiter actuellement 800 000 t de brut par an. Elle mettra très prochainement en route, à Martigues, la Raffinerie de Provence, qui pourra traiter d’abord 400 000 t, chiffre qui s’élèvera progressivement à 800000 t.
- Standard Franco=Américaine de Raffinage. — Au capital de 165000 000 fr (330 000 actions de 500 fr), elle groupe différentes firmes, françaises en grande majorité, adonnées soit à la fabrication des lubrifiants et autres produits pétroliers, soit à l’entreposage, au transport et à la distribution de l’essence et autres dérivés. Le 5 juin 1934, elle a inauguré à Port-Jérôme (entre Le Havre et Rouen) l’une des plus puissantes raffineries qui existent en Europe; elle est outillée pour traiter annuellement 1 million de t de brut.
- Société des Pétroles Jupiter. — Son capital a été' porté successivement à 525 000 000 fr (par actions de 5000 fr). Fondée en 1922, elle prit la suite des Établis-
- II faut bien s’incliner devant ce fait que notre jeune
- Fig. 5. -— Distillation atmosphérique. Tour de fractionnement. Usine de Gonfreville (photo P. Martial).
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- sements Deutsch de la Meurthe, avant d’absorber la Société Maritime des Pétroles. Elle a inauguré, en 1932, sa Raffinerie de Pauillae (sur la rive gauche de la Gironde) et celle de Petit-Couronne (près Rouen). La première peut traiter 400 000 t de brut; elle dispose de réservoirs d’une capacité de plus de 100 000 m3; la seconde est équipée pour traiter 700 000 t, la capacité de ses réservoirs s’élevant à 212 500 m3.
- Société Générale des Huiles de Pétrole.
- — Fondée en 1921 par un groupement composé d’industriels français et de représentants de l’Anglo-Persian, elle dispose d’un capital de 240 millions de fr (par actions de 500 fr). A sa Raffinerie de Courehelettes (1), qui traite annuellement 200 000 t de brut, elle a joint, en mai 1934, la Radinerie de l’Avéra (Etang de Berre), dont la capacité de traitement annuel est de 325000 t.
- Vacuum OU Company. — Fondée en 1929 sous la forme de société anonyme française, au capital de 254000 000 fr, elle peut traiter annuellement 350 000 t de brut, à sa Raffinerie de Port-Jérôme. Conjointement avec son associée, la Compagnie Industrielle des Pétroles, elle possède aussi la Raffinerie de Frontignan (Hérault), achevée en 1933, qui peut traiter 150 000 t par an.
- Raffinerie de Pétrole du Nord. — La fondation de cette société, filiale de la «Pétrofina», remonte à 1891. Son capital est actuellement de 100 000 000 fr. Sa Raffinerie de Dunkerque, qui fonctionne depuis septembre 1932, peut traiter par an 300 000 t de brut.
- Compagnie des Produits Chimiques et Raffine= ries de Berre. — Connue autrefois sous la raison sociale « Société Franco-Égyptienne », associée avec la Société des Pétroles Toneline, cette compagnie, qui doit son existence à la grande firme de Saint-Gobain (produits chimiques et glaces), dispose d’un capital de 227 millions de fr. Elle possède, sur la rive de l’Etang de Berre, une raffinerie qui peut traiter annuellement 400 000 t de brut. La mise en route date d’août 1931.
- Société des Raffineries de Pétrole de la Gironde. —- Associée avec la Texas Company, cette société, dont le capital est de 700 000 000 fr, a édifié une raffinerie à Bec-d’Ambès, au confluent de la Garonne et de la Dordogne, soit à 30 km en aval de Bordeaux. Elle est en activité depuis le début de 1932 et peut traiter annuelle ments 250 000 t de brut.
- 1. Cette localité, voisine de Douai, mérite une place spéciale dans nos annales pétrolières. Dès 1865, on y raffinait, par des procédés très primitifs, du brut expédié des États-Unis. L’installation ne fut remplacée par une véritable usine qu’en 1883. En 1885, la Ville-de-Calais, le premier pétrolier naviguant sous pavillon français, commençait à décharger à Calais ses cargaisons de brut, que des wagons-citernes transportaient à Courehelettes. En 1915, les Allemands démontèrent tous les appareils et les transportèrent outre-Rhin, avant de détruire les bâtiments de fond en comble. La raffinerie ne fut relevée qu’en 1922.
- Pechelbronn (S. A. d'Exploitations Minières). —
- La doyenne des entreprises pétrolières dans le monde entier, et qui reste jeune, malgré son siècle et demi d’existence, de par l’activité de ses dirigeants. Dès 1780, elle distillait le pétrole qu’elle tirait de ses gisements. Sous sa forme actuelle, la société dispose d’un capital de 162 millions. Sa raffinerie de Merkwiller, située à 40 km au nord de Strasbourg, traite 130 000 t de brut par an, dont la moitié environ provient de ses propres gisements, le surplus étant d’origine sud-américaine.
- Pelchelhronn=Ouest. — Connue d’abord sous la raison sociale «Brest-Port Pétrolier», cette société, absorbée par le groupe Pechelbronn, conserve cependant son autonomie. Le projet de construire une rallinerie à Brest a été
- Fig. 7. — Le cracking, chambre de réaction en acier forgé (photo P. Martial).
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- abandonné; c’est à Donges, en aval de Nantes ou, plus exactement à 10 km en amont de Saint-Nazaire, que la société poursuit l’achèvement de sa raffinerie.
- Les Consommateurs de Pétrole. — Fondée en 1920, cette société, au capital de 40 000 000 fr, groupe toutes les grandes compagnies de chemins de fer français, les plus puissantes de nos compagnies de navigation et autres associés. Elle a édifié à Donges une raffinerie qui, fonctionnant depuis 1932, peut traiter annuellement 50 000 t de brut.
- Les raffineriès que vous venons d’énumérer ne suivent pas un programme commun, de même que les pétroles sont loin d’avoir une composition commune; pour ne donner ici qu’une idée de cette variation, les bruts provenant de telle région sont riches en essence et pauvres en produits lubrifiants, alors que ce sera l’inverse pour des bruts extraits de tel autre gisement pétrolifère. Il s’ensuit que
- Cet accord entre les onze groupes ne peut qu’assurer, à notre industrie du raffinage, un développement harmonieux, d’abord en réduisant les risques de surproduction pour chaque catégorie de dérivés, puis en assurant à l’outillage une utilisation maxima, car chaque produit exige, comme nous l’allons voir, sa propre installation.
- COMMENT FONCTIONNE UNE GRANDE RAFFINERIE
- Je m’aventurerai à décrire une de nos plus importantes raffineries, tout en renonçant à des détails trop techniques. Je suis contraint de choisir la Raffinerie de Normandie, la seule que j’aie eu le privilège de visiter; mais il se trouve que, de par ses méthodes de traitement, elle se classe parmi les usines les plus modernes, les plus perfectionnées de l’Europe, sinon du monde.
- Le lecteur sait déjà qu’elle appartient à la Compagnie
- Fig. 8. — Vue d'ensemble des installations de cracking de la raffinerie de Port Jérôme (Standard Oil) (photo Lacheroy).
- la plupart des usines s’outillent spécialement en vue de traiter un pétrole de provenance et de constitution déterminées.
- Plusieurs de nos raffineries produisent toute la gamme des dérivés du pétrole (le fly-tox y compris). D’autres se confinent aux produits dits de première nécessité : essence, lampant, gas-oil, fuel-oil. D’autres enfin réduisent étroitement leur programme, en se spécialisant dans la fabrication des huiles de graissage ou en se contentant de produire de l’essence et du mazout. Par exemple, celle de Donges, fondée, nous venons de le dire, par un groupement de compagnies de chemin de fer et de navigation, produit presque exclusivement du mazout et de l’huile noire de graissage pour essieux; et, dans ce but, elle ne traite que du pétrole lourd, qu’elle importe de certain gisement de la Louisiane, et qui est très pauvre en essence.
- Française de Raffinage, filiale de la Compagnie Française des Pétroles, qui, représentant notre pays dans l’Iraq Petroleum C°, reçoit le quart de la production des gisements pétrolifères situés entre le Tigre et la frontière persane. C’est dire que cette raffinerie a été construite en vue du traitement du « brut » mésopotamien.
- Elle est située à Gonfreville-l’Orcher, près IJarfleur, entre la Seine et le canal de Tancarville. La voie ferrée du Havre à Rouen l’avoisine; elle y est reliée par un embranchement. Elle occupe un terrain de 150 hectares, abandonné par la mer à une époque peu reculée. Si cette vaste étendue se prêtait à l’établissement d’une grande usine, en raison de son horizontalité, par contre, l’aménagement du sol, plus ou moins marécageux, a nécessité des travaux considérables. Les constructions occupent 100 ha; le surplus de 50 ha permettra les agrandissements envisagés.
- Précisons encore que la direction s’était arrêtée à ce
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- plan rationnel : poursuivre le développement de l’usine en deux étapes. Elle n’en est encore qu’à la première, qui lui permet de traiter annuellement 800 000 t de brut et d’en tirer de l’essence (350 000 t), du lampant (50 000 t), du gas-oil (70 000 t) et du mazout ou fuel-oil (280 000 t).
- La seconde étape doublera presque l’installation, puisque l’usine pourra traiter alors 1 500 000 t de brut et ajouter aux productions de la première étape celles de l’asphalte, de la paraffine et des huiles. En prévision de ce programme, le terrain, qui est rectangulaire, a été divisé en quatre bandes longitudinales : la bande sud est
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- PRÉDISTILLATION ET STABILISATION
- C’est là,, de l’avis des spécialistes, l’une des principales caractéristiques de la Raffinerie de Normandie. Généralement, le pétrole brut est stocké tel quel, sans avoir subi aucun traitement préalable, ce qui expose à des pertes et à des risques que supprime le nouveau procédé. Nous en emprunterons la description à la Revue Pétrolifère, à son magnifique numéro de Noël 1934, où elle signale toutes les récentes innovations dans une industrie dont elle est, en France, le principal organe.
- Fig. 9. — Atelier pour le raffinage des solvants et lampants par le procédé Edeleanu à la Raffinerie de Gonfreville (photo P. Martial).
- réservée au stockage; la bande nord l’est aux expéditions, aux magasins, ainsi qu’aux diverses installations (paraffi-nerie, huilerie, etc.) qu’exigera la seconde étape. Les deux bandes intermédiaires sont occupées par les appareils de distillation et de cracking.
- Le « brut » est déchargé par les navires-citernes dans un bassin spécial de l’avant-port du Havre. Par l’intermédiaire de « réservoirs-relais », d’une capacité totale de 30 000 m3, il est refoulé vers la raffinerie, sous l’action de pompes centrifuges, au moyen d’une tuyauterie large de 0 m 25 et longue de 10 km. Une conduite jumelle, large de 0 m 20, est prévue pour la seconde étape.
- A son arrivée à la Raffinerie de Normandie, le pétrole brut, au lieu d’être immédiatement stocké, est d’abord purifié et prédistillé à la température de 140°, sous une pression de 5 kg par centimètre carré. Cette pratique retire au brut ses éléments nuisibles, inutiles ou instables : hydrogène sulfuré, eau, gaz, gasoline.
- De plus, les fractions légères sont retirées du brut; elles sont simplement lavées à la soude, avant mélange avec de l’essence lourde.
- Le brut étant ainsi privé de sa gasoline, il n’y a plus à craindre les pertes par évaporation pendant le stockage du brut, d’où suppression du toit flottant des réservoirs
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- et simplification de leurs systèmes de « respiration » i1).
- On se rendra mieux compte de l’importance du procédé, quand nous aurons dit que le brut, ainsi débarrassé de ses éléments volatils, peut être stocké aussi longtemps que l’exigent les circonstances, avantage précieux pour notre pays, car il lui permet de constituer des réserves de pétrole brut, pour le cas où la régularité de notre ravitaillement se trouverait menacée. Les mêmes observations s’appliquent à l’essence, dont on sépare les parties les plus légères et pour ne les lui restituer qu’au moment de l’expédition. Les risques d’incendie sont ainsi limités, les produits gazeux se trouvant centralisés sur le même point de l’usine.
- Le bulletin de la Société des Ingénieurs civils de France, qui consacre une étude à la Raffinerie de Normandie, attire notre attention sur un autre avantage de la stabilisation de l’essence dite primaire : elle fournit des gaz
- riches en butane et en propane, produits facilement liquéfiables sous faible pression et précieux pour l’alimentation du chauffage domestique, dans les régions qui ne disposent pas du gaz de ville. Ce combustible, dont l’emploi se développe rapidement, est vendu dans des bouteilles spéciales.
- Ajoutons que les appareils de prédistillation et de stabilisation, tels qu’ils fonctionnent actuellement à la Raffinerie de Normandie, ont une production quotidienne de 2800 t. Ces installations seront doublées pour la seconde étape.
- 1. Cette expression, qui fait image, exprime une quasi-réalité. L’essence enfermée dans un réservoir se dilate en émettant des vapeurs, pendant la journée, alors qu’elle se contracte pendant la nuit. Un clapet laisse échapper les gaz, mais s’oppose à l’entrée de l’air qu’appellerait la contraction.
- DISTILLATION « ATMOSPHÉRIQUE »
- L’art de séparer des liquides les uns des autres en les faisant bouillir, puis en condensant leurs vapeurs, n’est pas d’une extrême jeunesse : on croit que l’alambic, en dépit de son nom arabe, était connu des Grecs trois siècles avant notre ère. Et c’est, en somme, le même principe qu’appliquent nos raffineries de pétrole, mais en l’entourant de perfectionnements dont les plus anciens ne remontent guère qu’au début de ce siècle. Comme on va le voir par la description des appareils de la Raffinerie de Normandie, nous sommes loin des premières raffineries américaines, telles qu’elles fonctionnèrent dès 1860 : elles savaient tout au plus tirer le kerosene et l’huile de graissage, du pétrole jaillissant du puits de Tilusville, foré par Drake, l’année précédente, alors que nous pouvons désormais extraire du brut d’innombrables produits.
- Notons, plutôt à titre de curiosité, que l’industrie qui nous occupe ici n’est pas d’origine américaine. L’un des plus vieux brevets d’invention est celui qu’obtint en Angleterre, l’année 1.694, un Écossais qui tirait d’une « espèce de pierre » (vraisemblablement un schiste bitumineux, comme on en distille encore en Ecosse), de la poix, du goudron et de l’huile. Au xvme siècle, une raffinerie de pétrole fut établie dans le Caucase : elle avait , une capacité de « quarante seaux » de brut qui, après chaulfage et condensation des vapeurs, refroidies par un tuyau immergé dans l’eau d’un baril, produisaient « seize seaux i) d’une huile légère. On comparera ce chiffre aux quelque 2200 t que traite chaque jour la Raffinerie de Normandie!
- La méthode qu’elle emploie est celle qui fonctionne sous la pression atmosphérique et par un alambic tubulaire. Préalablement réchauffé à 180°, par un échange de chaleur avec les produits sortant de la distillation, le pétrole circule à grande vitesse dans un serpentin long de 1700 m, disposé à l’intérieur d’un four chauffé au mazout. Sa température s’y élève à 400°, et il en sort pour pénétrer dans une « tour de fractionnement », où il se vaporise et se détend.
- Cette tour, haute de 30 m, comporte, disposés en étages, une série de plateaux sur lesquels les vapeurs se condensent et qui font, pour ainsi dire, le tri entre les différents liquides, produits par cette condensation : selon leur volatilité respective, ils s’accumulent, si je puis recourir à cette image, dans le compartiment de leur choix. Et c’est ainsi que l’on recueille, nettement séparés et étagés du haut en bas de la tour, les produits suivants : l’essence, le solvant, le lampant, le gas-oil, le distillât paraffineux, les résidus non volatilisés constituant le fuel-oil (!).
- 1. La terminologie pétrolière est d’autant plus compliquée pour le lecteur français qu’elle accueille des expressions américaines. Nous
- Fig. 10. — Distillation de l'essence, usine de Porl-Jérôme. (ph. Lacheroy).
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- 11 est à peine besoin de dire que cette description est purement schématique. 11 conviendrait (si cet article était écrit à l’intention des techniciens) d’ajouter à la tour toute une cohorte d’accessoires : séparateurs, échangeurs, condenseurs, pompes; et aussi de nombreux instruments de contrôle qui permettent de suivre, minute par minute, ce qui se passe à l’intérieur des appareils et de s’assurer que leur fonctionnement est parfait. Des tuyauteries acheminent vers leurs réservoirs respectifs les différents produits que nous venons d’énumérer.
- LE CRAQUAGE
- C’est là un terme emprunté aux Américains, qui ont inventé Je mot (crack in g) et la chose. L’essence (ou gaso-line) fournie par la distillation ne répond, ni en quantité, ni en qualité, à nos exigences, sans cesse accrues, sous ces deux angles, par le développement de l’automobilisme et de l’aviation. Le procédé du cracking a pour but d’augmenter le rendement du pétrole brut en essence, mais en
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- simultanément, à une forte pression. En dilatant les grosses molécules, la chaleur s’efforce de les disperser; mais la pression, elle, vise à l’effet contraire et tend à les l'approcher étroitement. Heurtées et tiraillées dans ce combat entre deux forces opposées, les molécules se désagrègent et se fractionnent : c’est le craqua ge, procréateur de celte essence idéale sans laquelle l’automobilisme et l’aviation se seraient arrêtés, en leur marche ascendante. Le procédé est d’une telle souplesse qu’il peut convertir en essence à moteur l’huile minérale à quelque « étape » qu’elle soit de son cycle : depuis le brut jusqu’au mazout.
- 11 existe différentes méthodes de eraquage, et celle qu’a choisie la Raffinerie de Normandie est, cela va sans dire, la plus perfectionnée. L’huile pénètre d’abord dans un alambic tubulaire, assez semblable à celui qu’emploie la distillation, et qu’elle parcourt à grande vitesse et sous une forte pression ; chauffé au mazout (il peut l’être aussi au gaz), il élève progressivement la température de son contenu jusqu’à 480°. Les molécules commencent à se
- une essence qui réponde exactement aux besoins du moteur à explosion.
- Le principe peut être expliqué en langue familière. Il s’agit de briser les molécules d’hydrocarbure du produit à craquer et de les fragmenter en molécules plus petites, de la nature de celles de l’essence. Cette fragmentation s’obtient en soumettant l’huile à une forte chaleur et,
- croyons donc utile de donner ici quelques explications sur les produits que nous venons d’énumérer.
- L’essence est la gasoline des anglophones. Le solvant (naphîa) est une essence lourde et non explosive qui entre dans la fabrication des laques et vernis, et sert à d’autres usages. Le lampant (le kérosène des Américains) est le combustible des lampes domestiques, des phares, des fanaux de chemin de fer. Le gas-oil peut être considéré comme un lampant lourd; il est employé par la traction routière et pourles moteurs stationnaires, tels que les Diesel; il doit son nom au fait qu’il constitue un excellent carburant pour enrichir le gaz pauvre (dit gaz à eau). Le distillât parafïineux est un produit visqueux, matière première de la fabrication des huiles de graissage et de la paraffine solide. Fuel-oil est l’équivalent anglais du russe mazout; ce combustible est de plus en plus employé dans les chaufferies des navires et dans les foyers de locomotives.
- désagréger dans l’alambic. L’opération se poursuit et se parachève, dès que l’huile pénètre dans un énorme cylindre d’acier que les raffineurs américains appellent pittoresquement the torture chamber, en leur argot. Forgé d’une seule pièce, l’appareil a 14 m 65 de longueur et 1 m 75 de diamètre extérieur; ses parois ont plus de 10 cm d’épaisseur, et son poids atteint 55 000 kg. Le sobriquet est justifié, car l’huile, soumise dans ce cachot à la double action de la grande chaleur et de la forte pression, n’en sort qu’après avoir vu un fort pourcentage de ses grosses molécules réduites aux dimensions qu’exige le moteur.
- Quittant le cylindre, l’huile « craquée » passe dans une colonne à plateaux où se séparent automatiquement, selon leur volatilité, les produits qui la composent : au sommet, des gaz incondensables; à l’étage suivant, de l’essence; puis, un gas-oil que l’on « recraquera », le raffineur moderne ne faisant point grâce aux grosses molécules sorties indemnes de la mêlée; et, à la base, un fuel-oil pâteux, résidu qui trouvera son utilité.
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- OPÉRATIONS FINALES
- L’essence issue du craquage n’a pas terminé son cycle. Après son passage par une « tour de stabilisation », on pourrait, au besoin, la livrer au consommateur ; mais elle contient encore des carbures instables dont les molécules tendraient à se regrouper, tôt ou tard ; le liquide prendrait une coloration brune et perdrait de sa qualité. Ces risques sont supprimés par une série d’opérations que nous nous contenterons de passer rapidement en revue.
- L’essence est d’abord traitée avec de l’acide sulfurique « usagé », provenant d’une opération antérieure, puis, avec de l’acide frais. Elle est ensuite lavée successivement à l’eau et à la soude. On achève de l’épurer en lui imposant une nouvelle distillation. Cette opération s’effectue d’une manière continue dans deux « tours à plateaux », l’une travaillant sous la pression atmosphérique et l’autre sous le vide. Ce dernier procédé, nouveau dans l’industrie du raffinage, a prouvé déjà sa haute efficacité. Et l’essence de cracking est désormais identique à l’essence de distilla-
- tion. Il n’y a plus d’inconvénients à les mélanger pour qu’elles achèvent leur cycle : un dernier appareil les traite au plombite de soude, qui les purifie des moindres traces de produits sulfurés.
- Il nous reste à parler du raffinage des solvants et des lampants, qui se poursuit dans une installation spéciale, aux appareils nombreux et compliqués. La Raffinerie de Normandie a fait choix, parmi tant d’autres, du procédé Edeleanu, remarquable pour le degré de perfection auquel il pousse ce raffinage et pour les produits absolument incolores qu’il fournit.
- Ce procédé se base sur l’emploi de l’anhydride sulfureux liquide qui dissout les hydrocarbures indésirables. Le lampant brut, dont la température est abaissée à—10°, est mis au contact de ce réactif dans un mélangeur. Deux couches se forment : l’une de lampant raffiné, l’autre d’anhydride sulfureux liquide, souillé d’hydrocarbures. On recueille ces couches par décantation. Chauffage et décompression nettoient l’acide, qui se trouve prêt à traiter une nouvelle quantité de lampant. Marchant d’une façon
- continue, ces diverses opérations produisent par jour 375 t de produit raffiné, rendement qui s’élèvera à 500 t, quand les circonstances le demanderont.
- L’emploi de ces procédés réduit au minimum les résidus, qui consistent surtout en goudrons acides. Une installation spéciale les neutralise : ils se trouvent ainsi transformés en un fuel-oil utilisé au chauffage des alambics. Récupéré, l’acide sulfurique faible que contenaient ces goudrons peut être réemployé par les fabriques d’acide concentré.
- Rien ne s’y perd et tout s’y crée, pourrait-on dire de ces grandes raffineries modernes, en donnant au célèbre adage la forme d’une parodie !
- AMÉNAGEMENTS
- Puisqu’il est convenu que les chiffres ont leur éloquence, nous en choisirons quelques-uns qui, sans courir le risque de lasser l’attention du lecteur, l’aideront à comprendre l’importance de l’usine que nous venons de décrire si sommairement.
- Bordée par le canal de Tancarville sur 2 km, la Raffinerie de Normandie a construit sur son bord plusieurs ouvrages (deux ports de chargement pour navires-citernes et chalands-citernes, un quai de 300 m pour le déchargement de toutes marchandises), qui ont nécessité l’enlève-ment de 800 000 m3 de déblais. Les fondations des bâtiments et des appareils (en sol marécageux) ont employé 2900 pieux en ciment armé, et 1.4 km de caniveaux assurent l’assainissement du terrain et l’écoulement des eaux. Les rues empierrées totalisent une longueur de 5800 m. auxquels s’ajoutent 4400m de pistes en mâchefer. Les voies ferrées ont un développement de
- 9500 m.
- L’usine compte actuellement 140 réservoirs, d’une capacité totale de 325 000 m3. Ces chiffres seront doublés, quand l’usine abordera sa seconde étape. Les tuyauteries principales servant à la circulation du pétrole (sans parler de celles qui existent à l’intérieur des installations) forment un ensemble de 35 km, auxquels s’ajoutent les 10 km du pipe-line qui relie l’usine à l’avant-port du Havre. 20 km de canalisations permettent, sous la menace d’un incendie, d’inonder,de « solutions à mousse » tous les réservoirs, ainsi que les installations dites pétrolifères.
- Un autre réseau de canalisations, long de 9500 m et comportant 71 bouches, peut distribuer de l’eau saumâtre dans toute l’usine, et pour cette même lutte contre l’incendie, à laquelle parent d’autres dispositifs.
- La consommation d’eau que peut faire une grande raffinerie est considérable : celle de Normandie montera, en seconde étape, à 100 m3 par minute. Un détail vaut la peine qu’on le signale tout spécialement, car il met en relief l’esprit d’économie qui domine l’industrie du raffinage. Les eaux usées par les différentes opérations entraînent toujours de petites quantités d’hydrocarbures, que l’on s’ingénie à récupérer. Elles subissent deux décantations et deux filtrations, avant d’être envoyées à l’égout
- Fig. 12. — Les réservoirs de fabrication du cracking à Gonfreville.
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- Fig. 13. — Le centrale électrique de la raffinerie de Gonfreville.
- parfaitement épurées, et les huiles recueillies retournent à la distillation.
- Les bureaux, placés à l’entrée de l’usine, occupent un bâtiment à deux étages, d’une architecture fort bien conçue. Un réfectoire l’avoisine : le personnel des services permanents peut y prendre ses repas. En dehors du quadrilatère de 150 hectares que nous venons de parcourir, la Compagnie Française de Raffinage en possède vingt-neuf qui, plus rapprochés d’Harfleur et de Gonfreville, s’étagent sur les pentes de pittoresques falaises.
- C’est là qu’elle a construit de jolis pavillons, destinés aux contremaîtres, ouvriers et employés qui ont charge de famille. Un hôtel d’une soixantaine de chambres est réservé aux célibataires : ils y trouvent, avec des salles de jeux, une bibliothèque, un café, un restaurant, des salles de bain et de douche, tout le confort enviable. Ils y trouvent d’autres satisfactions qui relèvent du domaine de la psychologie. Le style normand de l’hôtel, me faisait remarquer, lors de ma visite, M. Émile Miguet, directeur général de la Compagnie Française de Raffinage, a coûté 2 pour 100 de plus qu’une banale construction; mais sa façade dresse une note de gaieté contre l’âpre falaise, et le cadre est avenant à souhait. De ses étages comme de son seuil, la vue embrasse un immense paysage dont les lignes simples sont un repos pour l’esprit (l).
- SITUATION DE LA RAFFINERIE FRANÇAISE
- Nous avons noté, au début de cette étude, que la mise en service du pipe-line de l’Irak peut être considérée comme un fait dominant, pour nos jeunes annales pétrolières; il n’est donc pas hors de propos de rassembler ici quelques chiffres au sujet de cet événement.
- Pendant les cinq derniers mois de 1934, les deux ports jumeaux (Tripoli et Caïffa) ont expédié 600 000 t de pétrole mésopotamien, dont 520 000 t pour la France et 80 000 pour d’autres pays. La Compagnie Française de Raffinage n’en a reçu que 150 000 t, chiffre qui semblerait contredire l’un des précédents, si nous oubliions d’observer que le surplus des 520 000 t. expédiées en France a été livré aux raffineries de Port-Jérôme, de Pauillac, de Petit-Couronne et de l’Avéra que possèdent, comme nous l’avons dit, les sociétés représentant en France les trois groupes (Anglo-Persian, Royal Dutch "Shell, Near East Development C°) qui constituent, avec la Compagnie Française des Pétroles, le consortium international de l’Iraq Petroleum C°.
- L’un des principaux résultats du nouveau régime est que nos importations augmentent en pétrole brut et diminuent en produits finis, ce qui ne peut qu’avoir une
- 1. La Raffinerie de Normandie édite au polycopiste un hebdomadaire qui sert de lien entre tous les membres du personnel. Outre la chronique « mondaine » (naissances et autres événements familiaux), la chronique sportive, les communications de clubs ou groupements, Le Raffineur Normand publie des études de longue haleine, d’un réel intérêt. Nous y avons lu, notamment, une dissertation sur « l’honnêteté professionnelle » qui mériterait d’être répandue dans les milieux industriels — et ailleurs !
- heureuse influence sur notre balance commerciale. En 1934, nos raffineries ont traité 3 millions et quart de tonnes de « brut », chiffre qui sera de l’ordre de 4 millions pour 1935, et qui avait été de 1 034 819 t en 1932, de 2 739 305 t en 1933.
- Quant à l’importation de produits pétroliers, nous n’avons pu nous procurer de statistiques complètes sur 1934. Mais voici quelques chiffres convaincants :
- Nos importations de lampant sont tombées de 191.808 t en 1931 à 91 942 t en 1933 (28 647 t pour les 8 premiers mois de 1934); celles concernant l’essence supérieure tombent de 1 787 534 t en 1931 à 1 616 409 t en 1933 (682 292 t pendant les 8 premiers mois de 1934). Étudiée sous l’angle de la valeur en francs, cette décroissance parle mieux, semble-t-il, à l’imagination. En 1931, l’importation de produits finis nous avait coûté 1 796 985 000 fr et 1 158094000 fr en 1933; pour les 8 premiers mois de 1934, le débours n’a été que de 482 023 000 fr.
- Fig. 14. — Hôtel des Employés à la raffinerie de Gonfreville.
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- D’autres résultats peuvent être portés à l’actif du nouveau régime. Si nos raffineries françaises ne sont pas encore en état de satisfaire à tous nos besoins en produits pétroliers (en 1934, nous en avons consommé environ 5 000 000 t, dont 1 million pour la navigation et l’exportation), nous commençons à prendre rang parmi les pays exportateurs. La Grande-Bretagne, l’Italie, la Suisse, s’inscrivent en tête sur la liste de nos clients, qui comprend plusieurs de nos territoires d’outre-mer : l’Algérie, le Gabon, la Réunion, la Guadeloupe. Pendant les sept premiers mois de 1934, nous avons exporté 282 947 t de ces produits, soit pour une valeur de plus de 63 millions de fr.
- Ce qu’il importe aussi de mettre en relief, c’est que l’érection de ces raffineries a valu pour un milliard de francs de commandes de matériel à nos ateliers de constructions mécaniques, tandis que les ordres passés à l’industrie étrangère ne totalisaient pas 50 millions. Survenant au plus fort de la crise, l’aubaine ne pouvait qu’être hautement appréciée par nos établissements métallurgiques. Dans le même ordre d’idées, il ne nous paraît pas
- exagéré de dire que le fonctionnement de ces raffineries diminue notablement l’intensité de la crise pour les fabricants de produits chimiques, qui leur fournissent, par quantités, de l’acide sulfurique, de la soude, du plom-bite et autres marchandises.
- Enfin, par ces tristes temps où de trop nombreux élèves de nos grandes écoles techniques cherchent vainement à tirer parti d’une instruction laborieusement acquise et en sont parfois réduits, hélas ! à travailler comme chefs d’atelier, voire comme contremaîtres, il est consolant d’apprendre que nos raffineries (y comprises celles que contrôlent des compagnies étrangères) n’employent guère que du personnel français et que plus de trois cents ingénieurs y poursuivent leur carrière. Et nous ajouterons qu’elles font vivre un nombre d’ouvriers qui ne doit pas être inférieur à cinq mille.
- Dès le début, nous avions révélé l’objet de cette étude : démontrer le caractère français de notre jeune industrie du raffinage. Il appartient aux lecteurs de décider si nous avons atteint notre but.
- Victor Forbin.
- LES NOUVELLES CONCEPTIONS DES SUCRES
- ET DE LA CELLULOSE
- M. R. Legendre, directeur du Laboratoire de physiologie comparée à VEcole des Hautes-Etudes, oient de publier dans la collection Armand Colin un ouvrage : « Les céréales » où Von trouve de nombreuses données sur les problèmes techniques actuellement posés par Vabondance des récoltes et les besoins de conservation, et aussi un exposé fort clair des données récemment acquises sur les sucres et sur les fermentations. Nous sommes heureux de reproduire ici la partie relative aux sucres et à la cellulose.
- Les hydrates de carbone ou, comme on dit aujourd’hui, les glucides, cachent sous des formes globales apparemment plus simples que celles des autres composants cellulaires, une étonnante complexité qu’on commence seulement à reconnaître. De ce fait, leur étude présente un très grand intérêt, en ce qu’elle donne un aperçu des difficultés de la compréhension des édifices chimiques qui constituent la matière vivante.
- Nous essaierons de donner une idée sommaire des conceptions actuelles à leur sujet (1).
- On a donné le nom générique d’hydrates de carbone à des substances que l’analyse élémentaire montre formées d’un certain nombre d’atomes de carbone liés à de l’hydrogène et de l’oxygène dans le même rapport que dans l’eau : Cm (H20)'\ Parmi celles-ci, les plus répandues sont les sucres : glucose (C6H1206), saccharose ou sucre
- 1. On pourra consulter : Haworth (W. N.). — The constitution of sugars. Arnold and Co, London, 1929; Bridel (Marc). — La structure des oses et des diholosides. Bull. Soc. Chim. biol., XIII, 1931, p. 1015-1158. — Armstrong (E. F. et K. F.). — The glycosides. Longmans, Green and Co, London, 1931. — Mark (H.). — Physik und Chemie der Cellulose. Springer, Berlin, 1932.
- de canne (C6H10O’)2, l’amidon (C6H10O5)'', la cellulose (C8H1005)n\ On peut imaginer facilement sur le papier la transformation effectuée par la chlorophylle de l’acide carbonique de l’air en glucose, en passant par l’aldéhyde formique :
- CO" H2 = H.COH + O2 acide aldéhyde oxygène arbonique formique
- fi T* -OH = C6H1206 glucose.
- On peut non moins facilement passer du glucose au saccharose :
- 2C6H1206 = (C6H10O5)2 + H20
- La dérivation de l’amidon peut s’écrire ainsi : nC6H12 O6 =(C6H10O5)" + n H20
- Mais cette apparente simplicité cache une extrême complication. En fait, on peut bien, en hydrolysant l’amidon retrouver du glucose, mais en même temps que toute une série de corps voisins. Le saccharose se dédouble en glucose et en fructose. L’anhydride formique n’apparaît généralement pas dans la décomposition du glucose. Si, au laboratoire, les sucres donnent facilement de multiples produits de transformation, dans la nature les plantes ne révèlent guère les termes intermédiaires, et les essais de synthèse artificielle, si nombreux depuis Fischer, n’ont abouti qu’à l’obligation de concevoir un nombre de formes chimiques de plus en plus variées.
- Depuis longtemps, on sait que tous les sucres sont des corps optiquement actifs; tous dévient la lumière pola-
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- risée, les uns à droite (dextrogyres), les autres à gauche (lévogyres). Quand un sucre n’a pas de pouvoir rotatoire, c’est qu’il est formé de deux molécules en ayant chacune un d’égale valeur et de sens opposé; on dit qu’il est racémique. Certains sucres présentent des variétés de pouvoir rotatoire différent (mutarotation); on connaît ainsi trois d-glucoses, un a déviant à -j- 106°, un {Si à -f- 52°,5, un y à + 22°,5.
- La formule brute ne peut fournir aucune indication à ce sujet, mais il suffît de la développer pour y faire apparaître des fonctions alcool asymétriques :
- H—C—OH ou OH—C—H
- Comme tous les sucres contiennent plusieurs fonctions alcool, les positions de celles-ci expliqueraient leurs différences de polarisation.
- Ainsi, le d-glucose pourrait s’écrire :
- CITO H—C HO H—C HO H—C HO H—C HO H—CO H
- L’asymétrie apparaît dans le schéma de Fischer :
- OH H OH OH
- I I I I
- C H2 O H—C—C—C—C—CO H H OH H H
- On voit alors quatre carbones asymétriques dont les assemblages peuvent former seize sucres différents au point de vue optique, ayant la même formule globale. On a trouvé dans la nature douze de ces aldohexoses.
- Il existe d’autres hexoses ayant même formule C6H1206, mais dans lesquels la fonction aldéhydique est remplacée par une fonction cétonique. Le plus banal est le d-fruc-tose, dont la formule s’écrirait selon le schéma de Fischer :
- H OH OH
- I I I
- C H20 H—CO—C— C—C—C H2 O H
- I I I
- OH H H
- On connaît plusieurs cétohexoses naturelles ayant des pouvoirs rotatoires différents.
- Ces sucres ont donné lieu à une énorme masse de recherches, tant à cause de leur intérêt théorique que de leurs applications industrielles (sucrerie, industries de fermentation, amidonnerie, papeterie, industries des tissus, des poudres, des fdms, de la soie artificielle, etc.).
- On a, pour chaque variété, étudié attentivement les multiples réactions possibles : réductions, oxydations, condensations, dérivations, transformation en anhydride; on a essayé de les reproduire par synthèse, et c’est pour expliquer au mieux toutes ces conditions que Fischer a proposé la représentation schématique dont nous avons donné deux exemples pour le d-glucose et le d-fructose.
- Elle est l’aboutissement de très nombreuses observations qui la justifient. Par exemple, le d-glucose donne un hexoalcool, la sorbite, il a donc six atomes de carbone en chaîne; il donne des éthers pentasubstitués, il a donc cinq fonctions alcooliques; il donne une hydrazone, une oxime, il a donc une fonction aldéhydique, etc. Des considérations analogues ont été développées pour toutes les variétés de sucres.
- I0,3Â
- Fig. 1. — La molécule d un reste de cellobiose.
- Les cercles hachurés représentent les atomes de carbone, les cercles doubles ceux d’oxygène ; ceux d’hydrogène ne sont pas représentés.
- Les dimensions sont données en Angstroms (d’après Mark).
- Les schémas de Fischer présentaient cependant quelques points faibles. Dans la formule développée du glucose, le groupe aldéhydique reste incertain, car les sucres ne donnent pas toutes les réactions des aldéhydes; les mutarotations, par exemple celle du glucose y instable qui passe spontanément à la forme stable (3, ne sont pas expliquées; enfin, tandis qu’en réalité toutes les attaques de la molécule se font en des points privilégiés, les quatre fonctions alcooliques n’apparaissent pas différentes autrement que par leur polarisation.
- Les travaux de Purdie et Irvine (1903-1905), puis ceux de Iiaworth et de ses collaborateurs, depuis 1915, notamment sur la méthylation des glucoses, avaient conduit à distinguer des glucoses stables à noyau oxydique 1-5 et des glucoses instables à noyau oxydique 1-4 qu’on peut différencier par la représentation suivante :
- \ Hv/0H Hx /OH MX
- 2 1 H_C — OH H — C—OH 0
- 3 | HO —C —H C I ) HO — C — H
- 4 H — C —OH H — C
- 5 1 H — C | H - C - OH
- 6 | CH2OH | CIHOIl
- Glucose stable Glucose instable
- Tout récemment, Haworth (1929) a proposé un autre mode de figuration qui semble plus proche de la réalité et qui concorde mieux avec les propriétés optiques et les transformations chimiques connues. La molécule de d-glucose [3 stable, vue en perspective, est une chaîne
- Fig. 2. — La molécule de reste de glucose (G6H10O5) (d’après Mark).
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- formée de cinq atomes de carbone et d’un atome d’oxygène :
- (6) CIP O H
- OH
- :(i)
- H
- (3)
- (2;
- Le glucose instable n’aurait que quatre atomes de carbone dans la chaîne; il est représenté ainsi :
- H OH
- On sait qu’à côté des hexoses, il existe aussi des pen-toses ou sucres en C5. Celui correspondant au d-glucose, le d-xylose, pourra s’écrire simplement :
- H
- OH
- A
- i
- Cette présentation a l’avantage d’être particulièrement claire et parlante. Les propriétés optiques y apparaissent nettement, représentées par les positions des groupes H et OH au-dessus ou au-dessous du plan du noyau. Dans le d-glucose [3, on les voit alterner régulièrement (transdistribution). La photosynthèse à partir de l’aldéhyde formique H.COH s’imagine aisément en supposant une condensation de molécules d’aldéhyde alternées (Weevers). Tous les sucres stables deviennent des noyaux à 5 atomes de carbone, le sixième étant sur une chaîne latérale, ce qui expliquerait les passages des pentoses aux hexoses. Les changements de cette chaîne latérale éclairent maintes transformations naturelles des sucres.
- On aperçoit aussi les rapports étroits des hexoses avec les pigments naturels des plantes, notamment les antho-cyanes, par l’intermédiaire d’un pentose, le pyranose.
- Les sucres instables ont un noyau à quatre atomes de carbone seulement et un atome d’oxygène; le plus simple est le furanose; ils se transforment en sucres stables par déplacement de la liaison d’oxygène.
- Les sucres complexes : bioses et polyoses, dont le plus commun est le saccharose, sont formés par la réunion de plusieurs molécules. Dans la nouvelle représentation, le
- saccharose devient une association de glucopyranose stable et de fructofuranose instable, ce dernier prêt à se transformer en fructopyranose à l’instant même du dédoublement. On représente ainsi sa molécule :
- Les molécules de sucre peuvent se grouper en séries plus longues, comme dans l’amidon et les celluloses ou s’associer à d’autres noyaux, phosphorés, phénoliques ou autres : on arrive ainsi aux glucosides.
- Je n’ai pas l’intention de développer ici cette chimie des sucres, mais j’ai tenu à indiquer comment le groupe des plus simples composés organiques qu’on trouve dans les plantes s’est peu à peu révélé d’une variété, d’une complication, d’une richesse de réactions telles qu’il a fallu d’immenses efforts pour réussir à y mettre de l’ordre et à y voir clair, et que les conceptions fondamentales ont encore totalement changé il y a cinq ans seulement. Si les conceptions d’Haworth nous paraissent maintenant serrer de près la réalité, il reste d’une part à les lier, comme toute la chimie du carbone, aux nouvelles données de la physique, et, d’autre part, à les appliquer à toutes les transformations qu’on observe dans les plantes, à passer de la chimie organique à la chimie biologique, à comprendre les mises en réserve dans le grain, puis leur mobilisation sous l’action des ferments.
- Cet exemple me paraît particulièrement frappant du chemin qu’il reste à parcourir pour arriver à une exacte compréhension des phénomènes du vivant.
- Pour mettre de l’ordre dans les hydrates de carbone, on a essayé successivement de diverses classifications, mais les idées récentes d’Haworth, en particulier la considération des sucres instables, les rendent caduques.
- En attendant un nouveau classement plus satisfaisant, on peut réunir en un groupe, les oses ou monoses (C6H1206), dérivés des pentols, dans lesquels on trouve, outre cinq fonctions alcool, une fonction cétone (cétoses) ou aldéhyde (aldoses). De ce groupe dérivent des osa-mines. Chaque ose présente toute une série d’isomères optiques.
- Les autres composés forment alors le groupe des osides (Bertrand) dans lequel on sépare les holosides décompo-sables uniquement en oses et les hétérosides formés de la combinaison d’un ose avec un autre corps.
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- Les holosides renferment les anciens bioses ou disac-charides (C12H22On), donnant par dédoublement deux molécules d’oses, les trioses ou trisaccharides (C26H32016), les tétroses ou tétrasaccharides, etc.
- Ces polyoses et notamment les bioses se divisent en sucres non réducteurs, comme le sucrose (saccharose, ou sucre de canne) et le tréhalose, qui n’ont plus de groupe aldéhydique fonctionnel (la formule de Haworth pour le sucrose que nous avons donnée l’explique) ; les autres bioses, réduisant la liqueur de Fehling, sont le maltose, le gentiobiose, la cellobiose, le lactose, le méliobiose, etc. Certains, comme le maltose, donnent par dédoublement deux molécules de d-glucose; d’autres comme le lactose se décomposent en deux oses différents. Parmi les trioses, le rafïinose, dédoublable en saccharose et galactose, a été signalé dans le germe de blé par Richardson et Crampton (1886), O’Sullivan (1886), Schulze et Frankfurt (1894).
- Les hétérosides, anciens glucosides, constituent un groupe nombreux de substances très diverses ayant en commun la propriété de donner par décomposition une molécule d’ose. On y trouve des composés phénoliques, anthraquinoniques, anthoxanthiques (pigments solubles des plantes), des alcaloïdes (digitaline, strophan-tine, etc.), des saponines, bien d’autres encore. Leur inventaire est loin d’être terminé malgré de nombreux travaux, notamment ceux de Bourquelot, et Bridel en France. Quelques-uns seulement ont été étudiés en détail en raison de leur intérêt pharmacologique.
- Au delà des osides, n’ayant plus les caractères des sucres (saveur sucrée, solubilité), mais donnant aussi par hydrolyse des oses, se trouvent des corps à poids moléculaire très élevé, à l’état colloïdal, dernier résidu des anciens hydrates de carbone. Les uns forment notamment les matières de réserves des grains, ce sont les amidons; d’autres constituent l’enveloppe des cellules végétales et les tissus de soutien de la plante, ce sont les celluloses; d’autres, encore moins bien définis, se rencontrent aussi dans la nature : gommes, pentosanes, mucilages, composés pectiques, etc.
- L’importance industrielle des amidons et des celluloses leur a fait accorder un très grand intérêt. La littérature qui les concerne est abondante.
- Les amidons se présentent sous forme de grains plus ou moins gros (de 2 à 40 pi) à couches concentriques, biréfringents; insolubles dans l’eau froide, ils gonflent dans l’eau chaude et se transforment en empois; on y a distingué une enveloppe plus insoluble (amylopectine) et un contenu plus soluble (amylose). Ce sont des produits de condensation des oses et probablement des mélanges très complexes de restes de glucose (C6H10O5), de poids moléculaire élevé et mal défini. Les acides, la diastase du malt, certaines bactéries les décomposent et font apparaître des corps intermédiaires, appelés dextrines, puis finalement des oses.
- Les celluloses sont aussi difficiles à connaître que les amidons. Il en est d’assez définies et typiques, les fibres du coton par exemple, d’où l’industrie part pour la fabrication des nitrates (explosifs, collodion, etc.) et des acétates de cellulose (films, soie artificielle, etc.). Il en est d’autres moins pures qu’on trouve dans les enveloppes
- ........ .:.....:......; ...= 399 =
- des cellules, dans les fibres du bois, dans les vaisseaux des plantes, dans les enveloppes des grains, etc. On a essayé de les classer en lignocelluloses (bois), pectocellu-loses (paille), adipocelluloses (liège), etc. Par hydrolyse acide, les celluloses se détruisent et donnent nombre de produits complexes parmi lesquels un disaccharide, le cellobiose, et des oses.
- Nous voici arrivés à une vue d’ensemble des anciens hydrates de carbone qui, bien que très sommaire, a de quoi effrayer par la complication qu’elle révèle. Et cependant cette chimie élémentaire est loin d’épuiser la question. Notamment, elle n’explique ni les affinités différentes des divers atomes entrant dans chaque molécule qui font que les réactions se produisent toujours dans un sens privilégié et non au hasard, ni les multiples isomères optiques de chaque corps.
- Depuis peu, la physique a pénétré bien plus avant dans la connaissance des corps, fourni des représentations plus parfaites de leur structure, introduit de nouvelles
- Fig. 3. — Agencement en chaînes et en cristaux des restes de glucose (d’après Mark).
- précisions sur la grandeur de leurs constituants.
- Nous ne rappellerons ici que ce qui touche le plus directement à notre sujet : la conception actuelle de l’atome de carbone et celle toute récente de la cellulose.
- L’atome de carbone est le fondement de la chimie organique et celle-ci s’éclaire tout entière selon l’idée qu’on s’en fait. Il ne suffit pas d’écrire l’atome de carbone sous
- la forme —C—, ni de développer ses chaînes homopo-
- laires dans un plan pour rendre compte de toutes ses propriétés. Très tôt, on éprouva le besoin de le considérer dans les trois dimensions de l’espace, de faire de la stéréochimie. De là naquit l’hypothèse du carbone tétraédrique (Le Bel, vant’t Hofî), l’atome C occupant le centre d’un tétraèdre dont les quatre sommets marquent les valences et les points de liaison. Les quatre valences étant égales, on supposa d’abord le tétraèdre régulier et l’on s’ingénia à expliquer ainsi les liaisons simples, doubles et triples,
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- = 400 :.............................:
- les isomères géométriques et optiques, les affinités différentes des divers points de liaison, etc. Longtemps cela suffit à guider et éclairer l’immense développement de la chimie organique.
- Mais, au début de ce siècle, les progrès de la physique conduisirent J. J. Thomson, puis Rutherford à considérer l’atome comme une masse d’électricité positive, le proton, autour duquel tournent sur des orbites des charges électriques négatives, les électrons. L’atome de carbone apparut alors composé d’un proton ayant six charges positives, entouré d’une première couronne de deux électrons et d’une seconde, plus éloignée, de quatre autres électrons. Les électrons extérieurs seuls interviennent dans les combinaisons et leur nombre explique les quatre valences habituelles du carbone. En 1913, Bohr adapta à cette figure d’atome les théories quantiques et, en ces dernières années, la mécanique ondulatoire vint apporter à cette conception de nouvelles preuves en même temps que de nouvelles complications. Actuellement, on s’applique, en partant de ces théories, à définir avec précision les dimensions des molécules, leurs propriétés physiques, optiques et électriques, leur dynamique et leur énergétique pour comprendre leurs affinités et leur activité. A la théorie électronique de la valence, sont venues tout récemment s’ajouter les notions d’affinités variables (Werner) régies par les distances interatomiques, celles de capacité affinitaire, d’aptitudes migratrices, etc., qui se précisent en ce moment, sous nos yeux, tandis que de nouvelles complications ne cessent de se révéler.
- La physique a non moins bouleversé nos idées sur les plus complexes des anciens hydrates de carbone, les celluloses. Par des perfectionnements aux mesures pola-rimétriques et surtout par l’obtention des spectres de diffraction aux rayons X, on est arrivé depuis peu à obtenir des données expérimentales exactes sur la structure réelle de la cellulose et la grandeur de ses molécules. Les premiers spectres de rayons X de la cellulose ont été obtenus en 1916 par Debye et Scherrer. Depuis, les recherches d’Herzog, de Mark, et de bien d’autres avec les mêmes méthodes, puis celles de Staudinger sur les réseaux ont abouti à la détermination, par des moyens purement optiques, de la constitution intime de la cellulose, étudiée généralement sur des fibres de ramie.
- On sait qu’en soumettant des colloïdes aux rayons X, on observe des figures de diffraction dont les bandes présentent un écartement différent selon la grandeur des
- particules; on peut ainsi déterminer celle-ci. La méthode s’est montrée féconde, notamment pour l’étude du caoutchouc. Appliquée à la cellulose, elle a permis à Herzog de reconnaître des cristaux cubiques de 7,9 X 8,45 X 10,2 unités Angstrom (dix-millionième de millimètre) contenant chacun quatre restes de glucose déshydraté (C6Hl00 ). Comme, d’autre part, Bragg a fixé les longueurs des rayons des atomes de carbone à 0,77 À, d’hydrogène à 0,73, d’oxygène à 0,65, on a les éléments nécessaires pour représenter les dimensions, le volume et l’agencement d’un reste de glucose, d’un cristal, d’une file de cristaux, etc. Sponsler et Dore, Kurt Meyer, Mark s’y sont ingéniés. Voici la conception à laquelle on parvient (Mark, 1932).
- En partant de la formule du glucose établie par Haworth et en tenant compte des grandeurs atomiques, le reste de glucose apparaît comme un anneau irrégulier presque plan de 5,7 Angstroms de long (fig. 1.) Deux restes de glucose, en position inverse, sont réunis par un point d’oxygène 1-4 pour former un reste de cellobiose dont la longueur atteint 10 Angstroms (fig. 2.) Les restes de glucose alternativement inversés forment des chaînes de 50 à 100 molécules liées par des ponts d’oxygène; ces « chaînes de valences principales » atteignent de 300 à 600 Angstroms de long, 25 à 30 de ces chaînes sont disposées parallèlement en un faisceau dont la largeur atteint 20 à 25 Angstroms; ces faisceaux constituent les micelles. Les chaînes d’un faisceau sont unies latéralement par des valences secondaires en OH ou en O; celles qui lient les ponts d’oxygène de valences principales donnent la structure cristalline observée par Herzog (fig. 3).
- Qu’on essaie d’évoquer simultanément la structure des atomes avec leurs électrons tournant en traçant un sillage, l’agencement des divers atomes dans la molécule de glucose déshydraté, la suite des anneaux de restes de glucose dans la chaîne de molécules, la liaison des chaînes dans la micelle de cellulose et l’on pourra se faire une idée de la complexité et de l’ordre que présentent les corps organiques, sinon les plus simples, tout au.moins simplement ternaires. La physique actuelle atteint, ou presque, à l’infiniment petit de Pascal !
- Et quel chemin parcouru à partir du résidu, estimé seulement par différence, qu’étaient les hydrates de carbone au siècle dernier (x) ! R. Legendre.
- 1. Extrait de l’ouvrage de R. Legendre : Les céréales. Biologie el applications. Collection Armani Colin, Paris, 035.
- L’AUTOGIRE ....:: .
- PROGRÈS CONSIDERABLE DANS LA NAVIGATION AÉRIENNE
- Au cours de ces six dernières semaines un nombre important d’aviateurs se sont tués en France et en Afrique du Nord par suite de pertes de vitesse : une quinzaine d’hommes ont péri.
- Sur les avions munis de dispositifs contre la perte de vitesse on ne constate dans le même laps de temps aucune
- mort survenue en raison de ce qu’on pourrait appeler « le même défaut de vol ».
- Car la perte de vitesse est bien ce qu’on pourrait appeler un « défaut de vol » : dans certaines conditions de vitesse minima l’avion tombe et s’écrase.
- Les dispositifs contre la perte de vitesse ne l’éliminent
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- pas : ils la retardent, cela suffit pour éviter plus des trois quarts des accidents.
- Un seul appareil la supprime totalement : l’autogire. Il n’était pas au point jusqu’ici mais présentait déjà des avantages de sécurité remarquables, il est tout près de la mise au point idéale depuis peu de temps : tel qu’il est il est la moins dangereuse des machines aériennes. Voler à bord de cet appareil pouvait présenter un intérêt technique et pratique évident : j’ai donc été me promener par la voie des airs à bord de deux autogires : celui du Club de l’Autogire de France piloté par Thibaud qui voulut bien me confier un long moment les commandes, celui de Lepreux qui me fit à son bord une éclatante démonstration de sécurité.
- LES PROPRIÉTÉS DE L’AUTOGIRE
- Rappelons ici que l’autogire se différencie des avions normaux par ses voilures tournantes remplaçant les voilures fixes. Les filets d’air ne glissent plus sur une surface lisse au risque de se décoller sur l’extra-dos provoquant ainsi la perte de vitesse aux vitesses minima, ils sont brassés par les immenses pales de rotor qui constituent alors, mises en mouvement, un immense plan circulaire à surface vivante, perpétuellement en action, et s’accrochant dans l’air. Telle est la machine. Pour faciliter son départ un embrayage permet la mise en mouvement des pales de rotor par le moteur entraînant l’hélice trac-tive. Dès que le rotor tourne il est brusquement débrayé et seule la translation horizontale se charge alors d’accélérer son tournoiement qui atteint 200 tours-minute.
- A cette vitesse il constitue un soutien parfait de l’ensemble que le moteur et l’hélice tractive entraînent à une vitesse commerciale de 160 à l’heure et à une vitesse sur base de 185, ce qui est mieux que bien.
- Les pales du rotor sont d’une souplesse extrême, ce qui explique qu’elles s’effacent sous le coup de vent, pour reprendre, celui-ci passé, leur position première : ce phénomène explique que par rafales on est beaucoup moins secoué sur un autogire que sur un avion qui « fonce » rigide, dans les rafales et dont les ailes accusent le choc au lieu de plier devant lui, de le vaincre, et de revoler après dans des conditions normales.
- On peut dire que sous l’action de chaque rafale l’avion subit un déséquilibre bref et brutal qui le fatigue. L’autogire sous l’action des rafales ne se déséquilibre pas, il cède, reprend sa place, il effectue ce que j’appellerai un vol élastique.
- Alors qu’un avion par temps calme ne s’accroche pas en l’air au moment de la descente, mais glisse selon une diagonale qui l’amène au sol par rapport au plan d’horizon, l’autogire, lui, s’accroche, et moteur à l’extrême-ralenti ou même coupé, effectue une descente à la verticale pour se poser à terre sans rouler.
- Alors qu’un avion a toujours besoin d’au moins 50 m pour se poser (dans des conditions exceptionnelles) l’autogire se pose sur place : il ne roule pas 1 m, il se plaque au sol et y reste.
- Fig. 1. — L’Autogire (ph. Saladin).
- De gauche à droite : le champion du volant Dauvergne, le président de l’autogire Club de France M. Huitric, le chef pilote Thibaud, tous trois fervents de l’autogire.
- Alors enfin qu’un avion dans un virage à l’extrême ralenti et cabré se met en perte de vitesse et s’écrase, l’auto-gire se stabilise et « prend sa verticale » pour se poser.
- L’AUTOGIRE ET LE TOURISME AÉRIEN
- Devant de tels avantages, il ne faut pas s’étonner du succès qu’il a remporté en Amérique et en Angleterre, ni
- Fig. 2. — L’autogire au départ (ph. Saladin).
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- de celui qu’il est à la veille de remporter en France.
- Il faut savoir gré à M. Huitric breveté pilote de giro-plane n° 1 en France d’avoir fondé le club de l’autogire qui fait beaucoup pour l’avenir des appareils à voilures tournantes et à MM. Lioré et Olivier d’avoir au point de vue technique poussé heureusement la construction des auto-gires en France et de tenter de diffuser leur production.
- Il est inutile de dire que l’autogire par sa conformation n’est pas un appareil d’acrobatie : il est conçu pour exécuter des vols prudents et normaux empreints d’une sécurité totale. Cependant, d’après une lettre que m’écrivait le 28 février le grand pilote français E. M. Deckert qui rentre des États-Unis, un pilote américain, particulièrement audacieux, fait des loopings impressionnants à bord de son autogire. Les Américains appellent ce genre de machine aérienne « La Marguerite ». Un nombre important de touristes l’emploient et atterrissent avec leur autogire dans des endroits complètement interdits aux avions : quais de ports, jetées, places publiques, rues. Il est bien évident que ces atterrissages ne sont pas courants et ne sont le fait que de démonstrations isolées, mais cependant fort brillantes. Le dernier modèle d’auto-
- gire expérimenté en Angleterre décolle à la verticale sur une hauteur de 2 à 5 m : cela signifie déjà qu’on peut s’arracher de n’importe quel terrain, ce qu’on ne peut pas faire avec un avion. Les spécialistes de l’autogire prétendent que d’ici deux ans le décollage vertical s’effectuera jusqu’à une altitude de 50 mètres. A ce moment les dangers du décollage seront radicalement supprimés. Celui de l’atterrissage l’est déjà.
- Il faudra, d’après notre humble avis, environ deux ans également, pour que le moteur à huile lourde soit définitivement au point — surtout pour les petites puissances. Le risque d’incendie aura alors vécu.
- Tout ceci revient à dire que le touriste aérien, qui dans deux ans pilotera un autogire, aura en mains une machine à l’abri de la perte de vitesse (qui cause 90 pour 100 des accidents actuels), à l-’abri du feu, à l’abri des dangers de l’atterrissage et du décollage.
- La sécurité aérienne totale sera trouvée.
- Resteront, me direz-vous, les risques de casse en vol. Déjà, actuellement, ils sont pratiquement nuis puisque depuis plusieurs années en Angleterre la casse en vol est inconnue; dans deux ans la science de construction des rotors aura encore progressé, la casse sera devenue impossible sauf par gros temps. Mais lorsqu’on vole par la tempête on sait fort bien qu’il n’est pas une machine au monde capable de résister à certaines rafales. Au surplus, les touristes ne seront jamais obligés de voler par gros temps et lorsqu’ils verront une perturbation atmosphérique dangereuse s’annonçant à l’horizon il leur restera toujours les deux solutions bien connues des gens prudents et qu’aucun horaire ne presse, contourner la perturbation ou atterrir.
- En dehors de ses qualités de vol l’autogire possède des avantages incontestables au point de vue observation : l’absence de plans non mobiles tant au-dessous qu’au-dessus de l’équipage lui permet d’observer dans toutes les directions, car on voit aussi bien à travers les pales du rotor qu’à travers celles d’une hélice en mouvement; de plus, la faculté qu’il a de rester longtemps au-dessus d’un même point permet des observations longues et complètes. Ajoutons à ces qualités d’observation ses facilités de déplacement en tous lieux d’où sa qualité supérieure comme appareil estafette de liaison entre les premières lignes et l’état-major d’Armée, lui permettant d’atterrir n’importe où, de repartir et de n’exiger aucun terrain réellement digne de ce nom pour son utilisation. Toutes ces remarques sont d’ordre guerrier. Pour le tourisme l’autogire supprime la nécessité d’aérodromes particuliers pour atterrir et pour décoller. Un terrain quelconque suffit. Il permet une longue observation des beaux sites, au ralenti, puisqu’il permet de voler à vingt à l’heure et par une brise un peu vive de faire du sur place, enfin son pilotage est d’une extrême simplicité et sur une machine
- Fig. 4. — Photographie de Vaéro-parc de Bue prise à bord d'un autogire au ralenti.
- On remarque le champ complètement dégagé à la verticale, grand avantage pour l’observation (ph. Saladin).
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- bien réglée il n’engendre aucune fatigue. Il annihile enfin la hantise du terrain approprié à trouver en cas de panne et il supprime la hantise de la perte de vitesse. Les touristes aériens le pilotent donc avec une absolue tranquillité d’esprit.
- Sa construction est différente de celle de l’avion, sauf en ce qui concerne le fuselage. Elle est beaucoup plus mécanique. Les gouvernes sont supprimées. Toutes les manœuvres s’effectuent par l’inclinaison du rotor sur son grand axe.
- Une seule commande : le manche à balai. Le palon-nier ne sert qu’au sol à commander la roulette de queue permettant de se diriger sur le terrain. Donc aucun danger en vol de croiser les commandes, manœuvre qui engendre soit la vrille, soit la glissade sur l’aile, puisqu’il n’y a qu’une seule et unique commande.
- LES PROGRES A ATTENDRE DE L’AUTOGIRE
- J’ai écrit au début de cet article que l’autogire était tout près de la mise au point idéale : il n’est donc pas parfaitement au point ?
- Non. C’est ainsi que les pales des rotors doivent être réglées chaque jour, elles ne sont pas repliables, elles présentent au vent, sur le sol une trop grande prise et dans le hangar elles sont trop encombrantes, les commandes manquent de souplesse en vol. Tous ces inconvénients qui n’engendrent du reste aucun danger sérieux seront assez rapidement supprimés.
- Ils ont suffi cependant à écarter de l’autogire quelques touristes difficiles qui préfèrent se laisser prendre à la douceur de pilotage trompeuse de certains avions, plutôt que d’attendre la mise au point définitive d’une machine, qui telle qu’elle est, est de 100 pour 100 supérieure à l’avion au point de vue de la sécurité. La solution autogire sera-t-elle appliquée en grand aux transports commerciaux aériens ? Il n’y a pas, au point de vue technique, d’impossibilité absolue à cette application, mais elle sera très longue et très difficile. Les techniciens spécialisés dans la question de l’autogire n’en disconviennent pas. Il faudra tout d’abord que l’autogire soit beaucoup plus rapide qu’il ne l’est actuellement et qu’il ait une plus grande autonomie, il faudra prévoir plusieurs rotors sur un même fuselage et la question encombrement interviendra, il faudra enfin concevoir pour ces multiples rotors une synchronisation des commandes qui constituera un problème épineux. Mais il n’y a pas de raisons pour que nos techniciens ne viennent pas à bout de ces
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- différentes difficultés. Ce qu’on peut dire, c’est que si nous envisageons spécialement la question de sécurité, l’autogire peut être envisagé comme le plus grand progrès qui ait été réalisé depuis que la navigation aérienne existe.
- Je ne permettrais certes pas d’émettre une telle opinion si je n’avais pas volé à bord de la machine.
- Mais tant au décollage qu’à l’atterrissage, puis en plein vol, puis au cours de plusieurs descentes verticales, j’ai ressenti une telle impression de sécurité qu’il m’est permis de dire ce que je pense sans risque d’être démenti par ceux qui comme moi ont volé à bord de l’autogire.
- Et je puis bien l’écrire aussi pour cette raison que des aviateurs et des techniciens beaucoup plus qualifiés que moi ont, comme moi, une confiance justifiée, dans l’autogire et le considèrent, au point de vue de la sécurité
- Fig. 5. — L'atterrissage de l’autogire.
- La queue touche d’abord, puis les roues; l’appareil se plaqué au sol, immobile, sans avoir roulé (ph. Saladin).
- comme ayant atteint le summum de la perfection compatible avec les progrès actuels de la science.
- Raymond Saladin.
- : LE KALA-AZAR
- NOUVELLE MALADIE INFECTIEUSE EXOTIQUE EN FRANCE
- Tout dernièrement, lors d’une émission du soir, les sans-filistes ont pu entendre l’appel d’un médecin parisien demandant à travers l’espace qui pourrait lui procurer quelques doses d’uréa-stibamine pour sauver un malade.
- Sait-on que l’uréa-stibamine découverte et fabriquée
- aux Indes par les laboratoires de Brahma Chari est le médicament le plus efficace contre le kala-azar ?
- LE KALA-AZAR
- Le kala-azar, maladie complètement inconnue en France, il y a une vingtaine d’années, est aujourd’hui
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- un nouveau souci. Elle peut fort probablement être considérée comme une « maladie d’avenir », selon la fameuse expression que l’éminent professeur Ch. Nicolle, Directeur de l’Institut Pasteur de Tunisie, appliqua à la fièvre méditerranéenne, lors de sa première apparition dans le Midi de la France. Il ne s’était pas trompé, et il semble que le kala-azar suive les traces de la fièvre méditerranéenne. Les praticiens de la Côte d’Azur sont déjà familiarisés avec la nouvelle maladie et leurs confrères des territoires situés plus au nord ne doivent pas l’ignorer plus longtemps, puisqu’ils peuvent se trouver un jour en face de cette affection, comme le prouvent l’appel récemment lancé par T. S. F., quelques cas autrefois enregistrés à Paris et enfin quelques malades soignés
- 1917, Laveran a publié un ouvrage important sur les leishmanioses (1). C'est presque exclusivement la forme infantile qui fut signalée ensuite dans les contrées riveraines de la Méditerranée (Tunisie, Algérie, Maroc, Grèce, Italie et Yougoslavie). Enfin, sa première apparition en France, à Nice, fut diagnostiquée en 1918 par Marcel Labbé, Ameuille et Tarhetta.
- Dès lors, cette maladie se fixa sur le littoral, de Marseille à Menton. Dans ces limites, selon le professeur P. Giraud, de Marseille, aucune localité ne paraît avoir été épargnée. Et il note que les deux foyers principaux de l’affection correspondent aux deux grandes agglomérations urbaines de la région : Nice (étudié par d’Œlsnitz), Marseille (étudié par Giraud). L’endémie s’étend sur
- Fig. 1. —• Les zones endémiques du kala-azar dans le bassin méditerranéen.
- • Localités où la maladie fut observée, a Malades en provenance de la Méditerranée.
- tout récemment à l’hôpital de l’Institut Pasteur de Paris.
- Le kala-azar est une maladie infectieuse, qui, comme tant d’autres, fut importée des pays exotiques, probablement des Indes où elle sévit depuis longtemps; son nom, hindou, signifie fièvre noire. Tout permet de croire qu’elle ne vint pas directement, mais passa d’abord, soit par le Nord de l’Afrique, soit par la Grèce, où elle était connue depuis longtemps dans sa forme infantile, sous le nom de Ponos.
- Répandue aux Indes, en Hindoustan notamment où elle frappe surtout les adultes et les adolescents, cette maladie apparut au début de ce siècle dans le bassin méditerranéen africain d’abord, où MM. Cathoire et Laveran observèrent, en 1904, le premier cas. En
- plusieurs kilomètres vers l’intérieur des terres, mais s’arrête aux premiers contreforts des Alpes. La Corse a déjà fourni plusieurs cas. Tous les cas de kala-azar qui ont été diagnostiqués ailleurs, à Paris en particulier, provenaient du Sud-Est (fig. 1). C’est la longueur de l’incubation qui avait permis aux contaminés de se déplacer avant le début des manifestations morbides.
- Si le kala-azar frappe aux Indes surtout des adolescents et des adultes, il se manifeste en France principalement sous forme infantile. Sur 131 cas observés par le professeur Giraud, 69 touchaient des enfants de un à trois ans; 5 des nourrissons de moins d’un an (le plus jeune avait huit mois); 33 des enfants de trois à six ans;
- 1. A. Laveran, Les leishmanioses. Masson et Cie, Paris, 1917.
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- 16 des enfants de six à quinze ans; 4 des adolescents de quinze à vingt ans et 4 des adultes dont le plus âgé avait quarante-cinq ans.
- L’AGENT PATHOGÈNE
- L’agent pathogène est un protozoaire voisin des piroplasmes. Il a été découvert, en 1900, par Leishman dans la région de Calcutta et à la même époque par Donovan à Madras. Ce parasite qui a reçu le nom de Leishmania Donovani est un élément rond ou piriforme (fig. 2), constitué par une masse protoplasmique non granuleuse, entourée très vraisemblablement d’une cuticule très mince. En un point de la périphérie de l’élément, contre la membrane d’enveloppe, un noyau, placé habituellement à l’extrémité du petit diamètre, est visible; en face du noyau un centrosome se présente sous forme d’un point ou plus souvent d’un bâtonnet très mince, disposé perpendiculairement ou parallèlement au grand axe du noyau. Le parasite se colore bien par les méthodes utilisées pour l’hématozoaire du paludisme (procédés de Giemsa et Leishman dérivés de la méthode de Roma-nowski). Il se multiplie par simple scission longitudinale, précédant ou suivant la division du noyau. Cette division peut être multiple; on assiste alors à une formation de rosaces composées de plusieurs éléments (fig. 3).
- En culture, la multiplication s’effectue parfois en quarante-huit heures. Le parasite augmente de volume, puis se divise; une vacuole apparaît vers le centrosome; le corps protoplasmique s’allonge, la vacuole atteint la surface, puis éclate, et du centrosome naît un flagelle. Ce nouveau corps très allongé, parfois en forme de grain d’orge, est arrondi à l’extrémité flagellaire, pointu au contraire à l’extrémité opposée (fig. 4). Il ne possède pas de membrane ondulante. Actuellement pour le diagnostic bactériologique de la maladie, on utilise généralement le milieu NNN (Novy, Mac Neal et Nicolle).
- LA MALADIE ET SES SYMPTOMES
- Leishmania Donovani se fixe surtout dans le foie et dans la rate (fig. 5), on le trouve souvent dans la moelle osseuse et en petite quantité dans le sang. En se multipliant, le parasite provoque une hypertrophie de la rate et une anémie, qui, faute d’un juste diagnostic et d’un traitement approprié, entraînent le plus souvent la mort.
- Si le pronostic de la maladie abandonnée à elle-même est très sombre, heureusement son diagnostic est assez facile et on dispose actuellement de remèdes spécifiques pour la combattre.
- Les symptômes cliniques sont généralement si nets qu’un praticien prévenu n’a aucune difficulté pour baser son diagnostic sur l’anémie, la splénomégalie, la fièvre et la formule sanguine.
- L’anémie est si progressive que nul traitement symptomatique n’est capable de l’enrayer. Elle est d’autant plus dangereuse que l’enfant est plus jeune. Le teint devient blanchâtre, les muqueuses sont fortement décolorées; le malade est déjà asthénique, las, indifférent, incapable d’un effort, avant que l’état général paraisse compromis.
- La rate ferme, souvent dure, à bords mousses, est si grosse qu’elle envahit progressive -ment le flanc gauche, puis l’abdomen qu’elle arrive à combler de sa masse géante.
- Cette splénomégalie s’accompagne toujours d’une augmentation plus ou moins importante et progressive du volume du foie.
- La température (de 37° à 39° et même 40°) est très caractéristique , à la condition de répéter les mesures thermométriques de trois heures en trois heures au cours d’une même journée. On constate alors que les accès fébriles sont irréguliers, violents et brefs (fig. 6), sans frissons au moment de l’ascension fébrile, sans sueurs au moment de la descente et que la lassitude du malade ne coïncide pas avec les sommets de la courbe thermique. Enfin cette fièvre ne cède ni à la quinine, ni aux antithermiques habituels.
- Plus l’enfant est jeune, plus la déglobulisation est rapide et intense. Le nombre des globules rouges peut tomber au-dessous d’un million. La leucopénie, absolue ou relative, et la prédominance de la mononucléose, qui s’affirment à chaque examen, à mesure que le mal s’aggrave, complètent le diagnostic.
- Aux signes essentiels que nous venons d’énumérer s’ajoutent d’autres symptômes accessoires et inconstants, tels les œdèmes, le purpura, les hémorragies, la diarrhée parfois dysentériforme, etc...
- Ajoutons que le diagnostic basé sur les symptômes cliniques peut être aisément confirmé par un ou plusieurs procédés de réactions du sérum sanguin.
- TRAITEMENT
- Le seul médicament spécifique pour le traitement de kala-azar est Y antimoine, tout au moins pour le moment.
- Fig. 3. — Rosace de Leishmania dans une culture.
- Fig. 2. — Leishmania donovani fortement grossis, d’après Donovan.
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- Quel que soit le nom que portent les médicaments préconisés pour le traitement de cette maladie, tous ne sont que divers dérivés de l’antimoine. Ce sont : le stibényl, le stibional, le néostibosane et enfin le fameux uréa-stibamine, dernier venu des produits stibiés dont l'efficacité semble l’emporter sur tous les médicaments antérieurs.
- Nous n’insisterons pas sur la conduite de la cure qui est le domaine du médecin. Disons simplement que l’application des produits stibiés se fait par injections soit intramusculaires, soit intraveineuses, selon la gravité du cas, la tolérance du malade et le médicament employé. Il est utile de noter que presque toujours après la premire administration et souvent après les deuxième et troisième injections apparaissent divers signes d’aggravation flagrante de la maladie. Empressons-nous de calmer l’entourage du malade éventuel : cette crise présage le plus souvent un renversement de la situation; tandis que l’organisme du malade subit le choc du médicament, les parasites sont détruits en masse jusque dans leurs gîtes les moins accessibles. L’amélioration, plus ou moins précoce, se précipite bientôt, à un rythme variable suivant le cas. Toutefois ces améliorations peuvent ne se succéder qu’avec beaucoup de lenteur, quand le traitement a été tardif.
- RÉSERVOIRS DU VIRUS ET AGENTS TRANSMETTEURS
- Comment contracte-t-on le kala-azar ? Voici ce que dit à ce sujet le professeur P. Giraud, de Marseille : « La diffusion de la leishmaniose interne dans le Sud-Est de la France et la possibilité pour les enfants de s’infecter pendant un bref séjour dans notre région est un fait malheureusement trop bien établi à l’heure actuelle. Cette fâcheuse éventualité, pour si rare qu’elle soit, a soulevé de légitimes appréhensions dans le public médical et
- dans le public tout court. Il était donc utile de mettre au point cette question de la transmission du kala-azar de façon aussi nette que possible, pour préciser l’importance du danger, les modalités de la contamination et les mesures propres à l’éviter ».
- Malgré les recherches méticuleuses, on n’est arrivé jusqu’ici à identifier d’une façon tout à fait indiscu-
- table ni les réservoirs du parasite, ni le mode de contamination. Toutefois le professeur Ch. Nicolle le premier, en Tunisie, et un étudiant tunisien, Pringault, envoyé par le professeur Ch. Nicolle, à Marseille, ont pu constater la présence du parasite chez les chiens. Depuis on a observé à Marseille que la leishmaniose canine précède les cas humains. Dès lors une grave supposition, pour ne pas dire une accusation, pèse sur les chiens, si ce n’est comme transmetteurs du kala-azar, tout au moins comme principaux réservoirs du parasite en France. En effet, sur 188 chiens examinés à la fourrière de Nice MM. Falchetti etFaure-Brac en ont trouvé 37 atteints de leishmaniose. Sur 19 chiens, suspects de leishmaniose à l’examen clinique, 15 ont été trouvés parasités. Chez les chiens, les parasites existent parfois dans les lésions cutanées seulement.
- Cependant le professeur Giraud, qui ne manque jamais d’interroger l’entourage de ses malades, cite quatre d’entre eux qui n’avaient jamais été en contact avec des chiens. Et le professeur Jemma cite dans ses travaux une histoire encore plus frappante. Il s’agit d’un homme d’un rang social élevé qui, ayant perdu un enfant du kala-azar, avait pris les chiens en horreur et les éloignait systématiquement de sa demeure. Or un second enfant, né après le décès du premier, contracta lui aussi la leishmaniose. On peut donc conclure que si les chiens paraissent de dangereux porteurs du parasite, le contact direct avec ces animaux ne paraît pas absolument nécessaire. On suppose que la transmission du virus à l’homme peut être effectuée par un hôte intermédiaire tel que les phlébotomes, les tiques et même les mouches se posant sur une écorchure ou une plaie.
- La prédominance des cas de kala-azar en banlieue et dans la zone maritime où se trouvent de nombreuses villas avec jardins étant absolument établie par les observations des professeurs Giraud, Jemma et d’autres, cette constatation ne peut que renforcer l’hypothèse de la transmission du virus par des hôtes intermédiaires qui se trouvent dans la nature. Elle permet aussi d’expliquer la prédominance de la forme infantile dans le kala-azar méditerranéen : La tique inoculerait le virus plus facilement à l’enfant, plus souvent en contact avec le sol et moins protégé par des vêtements que l’adulte. Par contre,dans l’Inde, l’indigène adulte peu vêtu, couchant à même le sol, serait autant exposé aux piqûres de tiques, ce qui explique la fréquence des cas parmi les adultes.
- Pour terminer, nous ne saurions mieux faire que reproduire les conseils de prophylaxie formulés par le professeur P. Giraud, de Marseille, qui peut être considéré à l’heure actuelle comme le plus grand spécialiste en France du kala-azar :
- « Tout d’abord puisque les chiens paraissent être de dangereux porteurs de germes, il faut de toute évidence les tenir très éloignés des enfants.
- Les chiens malades et surtout ceux porteurs de lésions cutanées seront les plus suspects et abattus sans délai, si possible. Mais il est bon de se souvenir que les animaux les plus sains en apparence peuvent être porteurs de virus et que l’on doit les écarter systématiquement au même titre que les autres.
- Fig. 4. — Diverses phases de la reproduction du Leishmania donovani dans une culture.
- Fig. 5. — Coupe de la pulpe d’une rate d’enfant montrant un grand nombre de Leishmania donovani.
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- Il serait souhaitable d’ailleurs que les municipalités intensifient la capture et la destruction des chiens errants, les plus dangereux, parce que mal soignés et abondamment parasités par les tiques.
- Quant aux insectes piqueurs, il est aussi relativement facile de s’en préserver. Les phlébotomes ne peuvent éclore qu’au voisinage d’une eau stagnante. Il faudra donc faire disparaître si possible toutes ces eaux. Quant aux autres, il suffira de répandre à leur surface soit un liquide huileux (pétrole par exemple), soit une poudre larvicide. Les phlébotomes étant peu migrateurs, l’application locale de ces mesures sera très efficace. Pour les tiques qui sont des animaux très résistants, la destruction ne sera pas toujours aussi aisée. Cependant en éloignant les chiens, on évitera dans une très large mesure leur pullulation.
- En définitive, on voit que si le kala-azar est une
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- Fig. 6. — Courbe caraclérislique de la température d’un malade atteint de kala-azar.
- maladie grave qui a pris au cours de ces dernières années une extension inquiétante dans notre région, il serait bien souvent possible de l’éviter.
- Le tout est de ne pas méconnaître son existence et de mettre en œuvre les quelques mesures prophylactiques en somme assez simples qui suffiront à en arrêter la propagation. » W.-N. Kazeeff.
- CAMIONS A GAZOGENES ET A GAZ DE VILLE
- A. charbon
- I. — EXPOSE
- Malgré la crise économique qui affecte le monde, les besoins en combustibles liquides de la France, n’ont cessé de se développer comme le montre le tableau suivant établi d’après les statistiques de l’Office National des Combustibles liquides.
- Ensemble
- Essence. des produits pétroliers.
- Années. tonnes. tonnes.
- 1925 1.037.000 1.709.000
- 1929 1.638.000 2.594.000
- 1933 2.357.000 3.923.000
- En moins de dix ans, nos consommations d’essence et de produits pétrolifères ont donc plus que doublé.
- Une autre donnée intéressante correspond à l’indice de motorisation des différents pays. Il est fourni par la consommation annuelle d’essence par habitant. En 1933, cet indice ressortait aux valeurs que voici :
- Angleterre..............84 kg
- France..................48 kg
- Hollande................46 kg
- Allemagne...............24 kg
- La consommation d’essence en France a naturellement suivi le développement de la circulation automobile. Toujours en 1933, la répartition des véhicules automobiles en France s’établissait comme suit :
- Voitures de tourisme. 1.341.200 Autobus et autocars. 46.600 Camions.................. 457.600
- Total............. 1.845.400
- Ne pouvant pas satisfaire à ses besoins par
- sa seule exploitation de Pechelbron dont la production est d’environ 75 000 t par an, la France se trouve dans l’obligation d’importer des produits pétrolifères. Leurs valeurs ont grevé notre balance commerciale de 2680 millions de francs en 1929, et de 1797 millions de francs en 1932.
- Cette situation n’est point particulière à la France. L’Angleterre et l’Allemagne notamment s’y trouvent également soumises. Pour s’affranchir le plus possible de leurs importations de produits pétrolifères et redonner de l’élan à leur industrie charbonnière, affaiblie par le
- Fig. 1. — Coupe d’un gazogène Panhard. de bois. — B. diabolo. — C. épurateur en toile. — D. vers le mélangeur.
- — E. épurateur à coke. — F. refroidisseur.
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- développement du moteur à combustion interne qui détrône la machine à vapeur, ces grands pays industriels poursuivent un effort méthodique, depuis quelques années, en vue de préparer des carburants de synthèse. En 1936, l’Allemagne produira environ 600 000 t d’essence synthétique par le recours à l’hydrogénation catalytique de ses lignites saxons et dans une moindre mesure à celle de son charbon de la Ruhr. Elle produira encore quelque 60 000 à 80 000 t d’essence, suivant le procédé Fischer qui prend pour point de départ le gaz à l’eau obtenu avec le coke métallurgique dont l’Allemagne fabrique environ 20 millions de tonnes par an.
- Quant à l’Angleterre, elle préparera, dès cette année
- thèse nécessite des investissements considérables. Pour produire 500 000 t de carburants synthétiques par an, l’effort financier correspondant doit porter sur un minimum de 800 ou de 1500 millions de francs, selon que l’on choisit le procédé Fischer ou le procédé Bergius.
- Et, par-dessus tout, ces procédés ne paient pas à moins de bénéficier d’exonérations fiscales.
- Dans ces conditions, il apparaît beaucoup plus préférable d’avoir recours en France, pour l’alimentation des automobiles poids lourds, soit au gaz de gazogènes, soit au gaz de ville ou de cokeries.
- Entre temps, il est tout indiqué, comme en a sagement décidé l’Office National des Combustibles, de poursuivre
- Fig. 2. — La voiture Panhard à gazogène à charbon de bois gagnante du premier prix du Ministère de VAgriculture, inspecte les chantiers
- de carbonisation en forêt de Sénart (ph. Pierre Dubure)
- 1935, environ 100 000 t d’essence par an par l’application du procédé Bergius.
- Il ne faut pas se dissimuler que tous ces procédés sont fort loin d’être au point. On sait à peine la qualité des alliages métalliques à choisir pour la construction des tubes de catalyse. Beaucoup de progrès restent à réaliser dans l’aménagement de ces derniers. Il faut encore, ce que l’on a trop perdu de vue jusqu’ici, que les matières premières c’est-à-dire le charbon ou le gaz à l’eau ne renferment pas d’éléments susceptibles de ralentir l’activité des catalyseurs en les empoisonnant progressivement.
- Financièrement, la fabrication de carburants de syn-
- à Béthune et à Liévin, des expériences industrielles d’hydrogénation du charbon.
- D’après les informations les plus récentes, l’Allemagne envisage de recourir à ce plan général pour l’alimentation de ses moteurs.
- Déjà, l’Allemagne couvre, jusqu’à concurrence de 40 pour 100 environ, ses besoins en carburants, qui sont de l’ordre de 2,2 millions de tonnes par an, par sa production nationale d’essence synthétique, de benzol, de pétrole et d’alcool. Cette proportion sera notablement majorée dans un avenir prochain en raison de la création des nouvelles usines de carburants synthétiques. Bientôt,
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- elle fera face à la plus grande partie de ses besoins pour ses moteurs poids lourds par du gaz de ville ou du gaz de cokeries, suivant le processus que nous indiquerons plus loin.
- Il ne semble pas que l’Allemagne dispose de gazogènes pour l’alimentation de ses moteurs poids lourds. En quoi elle semble en retard sur nous.
- II. — LE DÉVELOPPEMENT EN FRANCE DES AUTOMOBILES UTILISANT DES GAZOGÈNES
- Le tableau suivant montre que le nombre des véhicules à gazogène en service, sur notre territoire, n’a jamais été bien considérable et qu’il se trouve même en état de régression marquée.
- Années, Véhicules à gazogènes en service.
- 1927 865
- 1929 986
- 1933 610
- Ce recul s’explique par le travail plus grand qui est demandé au conducteur d’un camion équipé avec un gazogène.
- Le véhicule à gazogène implique la nécessité de recharger quotidiennement l’appareil producteur des gaz de combustion et la mise en marche doit être précédée de l’allumage du foyer qui fonctionne ensuite d’une manière automatique.
- Depuis le 1er janvier 1934, les véhicules d’automobiles dont les moteurs sont alimentés par gazogènes sont exemptés de la taxe fiscale de circulation laquelle était fonction de la puissance du moteur.
- Le fisc en permettant un élargissement du champ d’action de ces véhicules spéciaux, favorisera peut-être leur développement. Le fisc répond de cette manière à la demande de l’autorité militaire qui prise ce genre de véhicules; le bois ou le charbon de bois, tout comme l’anthracite, servant à l’alimentation des gazogènes pour les automobiles poids lourds se trouvent sur notre sol en quantité considérable. Nous verrons également que l’alimentation des moteurs d’automobiles avec du gaz de ville ou de cokeries satisfait à la fois les intérêts des carbonisateurs de houille et ceux des automobilistes. Elle répond aussi aux préoccupations causées par notre défense nationale.
- Dans cet article, nous aurons à étudier les gazogènes pour véhicules automobiles alimentés au charbon de. bois ou à l’anthracite, puis les moteurs d’automobiles poids lourds employant le gaz de ville comprimé.
- III. — STRUCTURE D’UN GAZOGÈNE A CHARBON DE BOIS POUR CAMIONS AUTOMOBILES
- La figure 1 permet de comprendre la structure d’un gazogène pour voitures touristes ou pour camions automobiles. Elle se rapporte à un véhicule Panhard-Levassor
- qui a été classé premier, en 1934, au rallye des carburants nationaux.
- Ce gazogène que l’on alimente au charbon de bois est lui-même constitué par une cuve généralement garnie d’un revêtement réfractaire et surmontée d’une trémie formant réservoir de combustible.
- Cette trémie se termine en forme de diabolo, dans lequel se constitue un cône d’écoulement autour duquel se répartit l’air. Cet air, entré par l’ouie du ventilateur, est aspiré par le bas : il détermine sur son passage la transformation du combustible en oxyde de carbone.
- Toujours aspiré vers le moteur, le gaz ainsi produit quitte le gazogène pour se rendre à un refroidisseur tubulaire qui fait communiquer le gazogène avec l’épurateur.
- L’épurateur fonctionne généralement à sec lorsqu’il s’agit de charbons de bois.
- Une matière filtrante retient les poussières et les impuretés les plus concrètes.
- Un filtre en étoffe complète l’épuration. De là, le
- gaz, désormais refroidi et propre, se rend aux appareils mélangeurs.
- Beaucoup plus simple que les carburateurs à essence, les mélangeurs, sorte de robinets réglables à plusieurs voies, reçoivent d’un côté de l’air, de l’autre du gaz provenant du gazogène.
- Les gazogènes à bois sont assez peu différents dans leur principe des gazogènes à charbon de bois.
- Ils comportent un élément dans lequel se produit une sorte de carbonisation du bois et leur système épurateur est un peu plus complexe.
- Par contre, ils n’impliquent pas la présence d’un revêtement réfractaire de sorte qu’au total leur poids est du même ordre que celui des gazogènes à charbon de bois.
- Les figures 2 et 3 montrent que l’adjonction d’un gazogène à charbon de bois à une voiture touriste Panhard-Levassor lui permet de conserver son élégante ligne.
- Fig. 3. — Voiture exposition des » Eaux et Forêts » équipée avec gazogène Panhard (ph. Pierre Dubure).
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- IV. — STRUCTURE D’UN GAZOGÈNE A ANTHRACITE ET SEMI-COKE POUR
- L’ALIMENTATION DE CAMIONS AUTOMOBILES
- A la place du charbon de bois, qui est cher, on peut utiliser de menus grains de charbons anthraciteux ou de semi-coke, beaucoup meilleur marché.
- A défaut de semi-coke, le charbon qui donne le meilleur résultat, parce qu’il ne cède pas du tout de goudron, correspond à l’anthracite vrai du Pays de Galles du calibre 5-10 mm et à 7 pour 100 environ de matières volatiles. On peut obtenir un résultat équivalent en utilisant un
- mélange formé de deux parties de charbons anthraciteux du calibre 5-10 mm et d’une partie de fragments de charbon de bois. Tout cet ensemble doit correspondre au calibre 5-10 mm pour satisfaire aux conditions optima de conductibilité et de réactivité.
- Le gazogène de ce type, dû à M. Gohin-Poulenc, ne comporte pas de trémie régulatrice. On y charge, en une seule fois, le charbon ou le semi-coke nécessaire à un parcours de 200 à 250 km. L’air est insufflé violemment dans la partie axiale du gazogène et à sa base. Il se forme ainsi instantanément de l’oxyde de carbone qui n’est
- accompagné que d’une proportion très faible d’anhydride carbonique.
- En bonne moyenne, le gaz répond à la composition suivante :
- CO2 : 1,7 — O2 : 0,0 — CO : 30,4 — H2 : 7,90 —
- CH4: 0,6 — Az2 : 59,4. pouvoir calorifique inférieur : 1185 calories.
- L’air est insufflé par l’intermédiaire d’une tuyère en bronze à circulation d’eau qui localise le feu au centre de l’appareil, ce qui permet de supprimer entièrement le revêtement réfractaire intérieur. Par suite, le poids de cet appareil varie de 20 kilogrammes pour une voiture légère à 80 kilogrammes seulement pour un camion de 4 tonnes.
- La mise en train de ce gazogène se fait aisément et rapidement. Il suffit d’introduire quelques morceaux de charbon de bois dans la tuyère, d’approcher de celle-ci une torche enflammée tout en aspirant l’air dans le gazogène soit au moyen du moteur marchant à l’essence, soit à l’aide d’un ventilateur à main ou électrique. Avec un charbon convenable, on dispose, en une minute et demie, d’un gaz assez riche pour que le moteur soit correctement alimenté. On conduit ensuite comme à l’essence.
- L’épreuve de démarrage correspondant au temps pour le remplissage du gazogène, l’allumage et le démarrage doit être prise en considération sérieuse.
- Le règlement de l’Automobile Club de France, appliqué pour les rallyes des car • burants nationaux, accorde 20 mn pour cet ensemble d’opérations. C’est large. Plusieurs dispositifs (Panhard, Gohin-Poulenc) permettent de ne pas aller au delà de 5 à 6 mn.
- V. — REFROIDISSEMENT ET ÉPURATION DU GAZ DE GAZOGÈNES POUR CAMIONS AUTOMOBILES
- Ce sujet mérite une attention spéciale en raison de son influence évidente sur le degré d’usure du moteur.
- En sortant du gazogène, le gaz passe dans une boîte où il abandonne par décantation une partie de ses poussières. Il circule ensuite dans des tubes qui font le tour du camion , et où il se refroidit avant de parvenir au filtre.
- Une pratique constante en matière d’épuration du gaz consiste à faire traverser à ce dernier une couche de matières inertes : coke, copeaux ou matières de remplissage de forme calculée pour multiplier les surfaces.
- En dehors de cette pratique, qui est courante, il existe plusieurs variantes. Sur les Panhard-Levassor, on se sert d’un filtre à coke et à éléments de toile fixés sur châssis. A l’entrée du moteur, un autre filtre, dit de sécurité, forme d’un manchon en toile de fil de cuivre de 12 500 mailles au cm2 permet de constater, à tout
- epune
- 0 0 0 0
- -Filtre
- Remplissage
- Niveau
- liveau
- Fig. 4 ei 5,
- Epurateur de gaz par voie humide, système Gohin-Poulenc
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- 411
- moment par le fait état de fonctionnement de l’ensemble filtrant principal. Celui-ci n’a jamais été nettoyé en cours de route, l’accolement des poussières sur les toiles en augmentant l’efficacité. Ces toiles ont chacune 50 cm de haut et reçoivent -environ 0,5 gr de poussière au kilomètre parcouru. Un refroidisseur de la forme d’un radiateur d’appartement plat sépare le générateur de l’épurateur.
- Le filtrage des gaz des Berliet comporte une première épuration qui a lieu dans le charbon de bois provenant de la combustion du bois et qui, rassemblé au fond du diabolo, empêche que des parcelles en ignition, des goudrons, des excès d’humidité soient entraînés dans le système épurateur principal. Celui-ci est formé de quatre boîtes placées perpendiculairement à l’axe du véhicule et dont les orifices aboutissent au ras des marchepieds. En partant du générateur, nous dirigeant vers le moteur, nous trouvons une boîte cylindrique dite de détente, et trois boîtes parallélépipédiques qui sont les épurateurs proprement dits. Ces boîtes, s’ouvrant comme des tiroirs, contiennent chacune un châssis sur lequel sont disposées des plaques de tôle percées de trous dont les diamètres, égaux pour chaque boîte, vont en décroissant de la première à la dernière, les orifices les plus fuis se trouvant bien entendu le plus près du moteur. Le gaz en y circulant y dépose son carbone et, en outre, s’y refroidit.
- Le filtrage des Gohin-Poulenc comprend (fig. 4 et 5) une pièce à compartiments. Le premier compartiment, seul, ne comporte pas de double fond. Les autres ont un double fond, supportant la matière de remplissage constituée par des anneaux Raschig en porcelaine. La caisse est remplie d’eau jusqu à un certain niveau. Des injec-teurs avec bouchon de visite, donnent accès à une petite quantité d’air appelé par le vide qui existe à l’intérieur du laveur. L’air est amené par des siphons qui servent en même temps de trop-plein. L’air débouche avec force par les injecteurs et entraîne, en l’émulsionnant, l’eau de lavage qui s’élève dans des tubes. L’émulsion se brise sur le couvercle et retombe en pluie abondante sur les empilages qui sont ainsi parfaitement arrosés. Les changements de sens successifs que subit le gaz à laver rendent le lavage encore plus efficace.
- Finalement, le gaz mêlé d’eau traverse le couvercle en fonte de la caisse à travers une buse qui lui imprime un mouvement de rotation qui détermine la séparation, par effet centrifuge, des gouttelettes d’eau.
- Le gaz épuré par lavage et centrifugation contient encore des traces d’impuretés que retient le filtre.
- Un nettoyage complet de ces divers systèmes d’épuration ne s’impose qu’a-près un parcours d’environ 2500 km. La quantité de poussières retenues par les divers éléments de filtrage peut alors être à l’ordre de 1500 gr.
- Toutes ce» données acquises, nous allons examiner comment se comportent les moteurs des camions automobiles alimentés au gaz de gazogènes et à quelles valeurs ressortent, en calories et en ar-
- r- CI m j ÊilMlÉlBÉ 'Xyi 1,. 1 , J 1 O Jllixx
- Fig.Q. — Détendeur de gaz comprimé, modèle de la Société du Gaz de Paris.
- gent, les frais de transport pour un parcours déterminé d’un véhicule comportant cet équipement.
- VI. — LA CONSOMMATION DE CALORIES-GAZ DE GAZOGÈNES AUX 100 KILOMÈTRES DE PARCOURS
- Nous devons distinguer entre voitures de tourisme et camions automobiles.
- Il faut également établir une démarcation tranchée entre les gazogènes alimentés au charbon de bois et ceux qui utilisent de l’anthracite.
- Au rallye de 1934 des carburants nationaux, des résultats dignes d’attention ont été obtenus avec une conduite intérieure Panhard sur laquelle le moteur 6 cylindres 14 ch de 72 X 103 de cylindrée et de 2 1 516, a été remplacé par un moteur de 75 X 105 de cylindrée de 2 1 861. Le taux de compression fut de 8,8.
- Cette épreuve a porté sur un parcours de 3500 km comportant une expérience de vitesse et de consommation sur 500 km. On a enregistré, au cours de celui-ci, une vitesse moyenne horaire de 88 km 195 au lieu de 60 indiqués au règlement.
- Par 100 km, on a consommé 128 986 calories sous forme de charbon de bois à 7050 calories au kg.
- En pratique, il faut s’attendre à des consommations sensiblement plus fortes. Par exemple, la voiture classée seconde a consommé 150 900 calories soit 17 pour 100 en plus que pour la première.
- Il est surtout intéressant d’examiner les chiffres de consommation afférents au poids lourds.
- Fig. 7. — Montage des bouteilles de gaz comprimé du détendeur et du mélangeur d’air et de gaz, système de la Société du Gaz de Paris.
- Dispositif de réchauffage
- Bouteilles de gaz comprimé
- _ Robinet-
- _ tuyau 3 voies
- d’échauffement
- Mélangeur Hr* j|
- y. Prises _ TkïÂ
- d’air " QTPI
- Manomètre 200 Kg.
- Carburateur
- Robinet
- Gaz détendu
- Bouche de remplissage
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- Actuellement, un véhicule de 8 t, équipé avec un gazogène à charbon de bois, consomme, aux 100 km, 50 kg de charbon de bois dont le prix moyen de la tonne est à 350 fr. Le coût du transport sur 100 km, revient donc à 17 fr 50 ou 0 fr 175 par km.
- Un véhicule transportant la même charge et alimenté à l’essence dépenserait au monimum 32 1 aux 100 km, soit une dépense de 74 fr.
- L’économie du véhicule à gazogène, par rapport au véhicule à essence, est donc de 0 fr 564 au km.
- Un véhicule transportant la même charge et alimenté à l’huile lourde dépensera au minimum 25 1 de gas-oil
- à 1 fr 40, soit une dépense de 35 fr.
- L’économie du véhicule à huile lourde,par rapport au véhicule à essence n’est donc que de 0 fr 39.
- Avec les moteurs alimentés avec du gaz de gazogènes Gohin, utilisant de l’anthracite, le moteur comprimant à 7 kg, on ne dépense que 400 gr de charbon à 7500 calories par ch-h, c’est-à-dire 10 centimes, le charbon pris au détail coûtant 25 centimes le kg.
- Dans l’ensemble, une voiture Berliet
- Fig. 8.— Mélangeur détendeur de la Société de 7 t, équipée avec du Gaz de Paris, pour l’alimentation en gaz gazogène Gohm -comprimé des moteurs d'automobiles. Poulenc, ne con-1. chambre des mélanges. — 2. couvercle de somme que 40 kg fermeture de la chambre 1. — 3. tube central de charbon par d’arrivée du gaz. — 4. tube annulaire d’arrivée -j^qq ce au-
- de l’air. — 5. soupape formant fond mobile , ’ , ,
- de la chambre des mélanges. - 6. tige de ^présente une de-guidage de la soupape. — 7. cylindre à 4 ou- p'ense d environ vertures pour l’admission de l’air. — 8. papil- 10 fr, au lieu de 50 1 Ion de réglage de la richesse du mélange d’essence valant gazeux. — 9. pédale d’accélération. . Jr, - T
- 110 fr. Le rapprochement de ces
- deux chiffres permet de juger de l’économie réalisée.
- Doit-on définitivement considérer le gazogène comme une source d’économie ? Assurément oui.
- Aujourd’hui, les prix d’achat de camions 10 t à gazogène ou à essence sont à peu près équivalents. Or, le Ministère delà Guerre donne une prime à tout acquéreur de camions à gazogène pouvant être utilisés pour la défense nationale. Cette prime, qui s’élève à 7500 fr pour les voitures de 4 t, 5 et à 10 000 fr pour les camions de 10 t, reste ainsi, pour sa plus grande part, acquise à l’usager.
- Par conséquent, l’acheteur d’un camion à gazogène bénéficie d’une charge plus réduite d’amortissement. A
- l’économie sur les carburants s’ajoute l’exonération récente de toute charge fiscale. Quant à la dépense de lubrifiant, pour un camion de 8 t, elle s’élève à 12 ou 14 fr pour 100 km, selon que l’on emploie comme carburant l’essence ou un combustible solide.
- VII. — LES DÉPENSES D’ENTRETIEN DES CAMIONS A GAZOGÈNE
- Les dépenses d’entretien d’un camion à gazogène sont sensiblement les mêmes que pour un camion à essence.
- Quand le moteur n’est construit qu’avec un métal relativement mou, si les pistons sont en aluminium et si l’on se sert d’huile sans graphite, il faut revoir le moteur après un parcours maximum de 50 000 km. Si l’on se servait de fonte nitrurée, une révision du moteur ne s’imposerait qu’après un parcours de 75 000 km.
- Par ailleurs, on doit changer les filtres tous les 25000 km. Enfin, lorsque le gazogène comporte des grilles réfractaires, leur remplacement s’impose après un parcours de 50 000 km. Ces dernières dépenses sont très minimes et ne pèsent que fort peu sur le prix moyen de la tonne kilométrique.
- VIII. - LE GAZ DE VILLE ET DE COKERIES POUR L’ALIMENTATION DES MOTEURS POIDS LOURDS
- Depuis quelques années, la Société du Gaz de Paris soucieuse d’accroître ses ventes de gaz, s’est occupée de faire servir son gaz à l’alimentation des moteurs d’automobiles. P. Pignot, ingérieur en chef de ce service, a obtenu des résultats remarquables qu’il convient de résumer, d’après ses rapports les plus récents.
- Il convenait d’abord de réaliser des bouteilles capables de supporter des pressions de 200 kg/cm2 et de poids aussi faible que possible.
- Il convenait encore de disposer d’un détendeur très sensible, susceptible de fermer totalement l’arrivée du gaz dès que l’on arrête le moteur, mais de l’ouvrir rapidement au moment de la mise en marche. Le détendeur doit satisfaire à ces conditions primordiales pour des pressions comprises entre 200 et 3 à 4 kg/cm2.
- Pour établir les bouteilles, on se sert usuellement d’acier nickel-chrome lequel permet, par rapport aux bouteilles ordinaires en acier Martin qui pèsent de 9 à 11 kg au mètre cube de gaz logé, de gagner 30 pour 100 environ sur le poids qui est ainsi ramené à 5 à 6 kg au m3 de gaz logé.
- Ces bouteilles permettent de résister à un choc violent. L’essai correspondant auquel on les soumet consiste à faire tomber d’une hauteur de 4 m 55, sur une bouteille chargée d’air à 200 kg/cm2 posée sur deux rondins voisins des extrémités, un mouton de 313 kg. La force vive ainsi développée est de 14 240 kg. C’est celle d’une voiture de 1250 kg roulant à 17 km à l’heure environ.
- Aujourd’hui, on trouve dans le commerce trois modèles de détendeurs à gaz. Le plus simple et le plus sûr paraît être celui de la Société du Gaz de Paris. Il répond au principe suivant Q) (fig. 6).
- Ce détendeur, que représente la figure 6, est du type à membrane élastique sur laquelle agissent un ressort,
- 1. Équitablement, nous devons faire mention du détendeur Panhard qui jouit d’une réputation excellente.
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- susceptible d’être réglé à l’aide d’un manchon fileté et la pression par l’intermédiaire d’une tige et de leviers F, articulés sur des biellettes G mobiles. La course des biel-lettes G peut être réglée à l’aide d’une vis I et d’une butée J vissée dans la semelle E qui les empêche d’arriver au point mort.
- L’une des biellettes G est en contact avec un poussoir Iv, appuyant sur une pastille de fibre contre l’action d’un ressort, et qui, en éloignant celle-ci de son siège, permet au gaz comprimé, arrivant en H, de se détendre dans le corps de l’appareil.
- Comme on le remarquera, la pastille obturatrice est facilement remplaçable, car il suffit de dévisser le bouchon sur lequel est fixé le ressort, relié d’autre part au porte-pastille.
- En cas de non-fonctionnement du détendeur, la pression
- ==::...... 111 413 =
- Le mélangeur détendeur de la Société du Gaz de Paris mérite une description spéciale. Dans cet appareil, qui est représenté sur la figure 8, le gaz et l’air arrivent par deux tubes concentriques, le gaz au centre. Ils sont obturés tous les deux par une soupape. La quantité dp .gaz admise est réglée par la position d’un papillon et la p'ro'pôrtion d’air par une bague analogue à celle des becs Bunsen. La pédale d’accélération agit, à la fois, sur le papillon et sur la bague.
- L’adaptation des véhicules fonctionnant à l’essence pour la marche au gaz ne présente pas de difficultés techniques ou mécaniques appréciables. Le taux de compression doit être porté à 7 environ, et il importe de prévoir un détendeur, tel que celui que nous venons de décrire, qui ramène la compression du gaz de 200 kg à la pression de marche, puis enfin au mélangeur (fïg. 10).
- Fig. 9. — Arrimage sur le châssis d'un camion des bouteilles de gaz comprimé.
- du gaz comprimé arrivant en H agit sur la pastille et en l’appliquant sur son siège, s’oppose à toute perte de gaz.
- En L est indiquée la tubulure de départ du gaz détendu au moteur.
- Le détendeur est relié, comme le montre la figure 7, en amont, aux bouteilles de gaz comprimé par l’intermédiaire de tubes en cuivre rouge ou acier se terminant par un serpentin enroulé autour du pot d’échappement ou du tuyau d’échappement, tout en étant convenablement isolé de ceux-ci et de l’air ambiant par une substance appropriée, telle que la toile d’amiante. Le léger réchauffage ainsi obtenu est tel, qu’il s’oppose à toute condensation et cristallisation pendant la saison froide. Le calorifuge extérieur peut être mobile et supprimé pendant la saison chaude.
- L’équipement nécessite encore la mise en place de 6 à 8 bouteilles légères (53 kg) en acier au nickel chrome d’une contenance de 50 litres d’eau, pouvant être fixées à un endroit quelconque, sous le châssis de la voiture (fig. 9).
- A titre indicatif, une batterie de 8 bouteilles renfermant 80 m3 de gaz à 200 kg, montée sur un camion dont la consommation normale est de 35 à 40 litres d’essence aux 100 km, lui permet un trajet sans recharge de 120 à 150 km environ.
- Notons, d’ailleurs, qu’un carburateur de secours, avec nourrice au benzol ou à l’essence, permet en pleine marche, par la manœuvre d’un simple robinet, le dépannage en cas de manque de gaz.
- De son côté, la Ruhrchemie A. G. aurait mis au point, voici un peu plus de deux ans, la préparation d’un gaz
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- enrichi en méthane par distillation fractionnée de gaz de fours à coke. Elle le dénomme « Ruhrgazol ».
- La Ruhrchemie a déclaré, à l’occasion de son assemblée générale de fin 1934, qu’elle entendait développer la production de « Ruhrgazol » et qu’une usine serait construite à côté de l’installation d’épuration des gaz annexés au puits Nordstern (à la Gelsenkirchen Bergwerks A. G.). Le Benzolverband de la Ruhr a admis, depuis quelque temps, le « Ruhrgazol » et le méthane parmi les produits à distribuer aux automobilistes.
- L’emploi d’un gaz à fort pouvoir calorifique pour l’alimentation de camions automobiles est logique puisqu’il permettra d’augmenter le rayon d’action des voitures utilisant ce combustible.
- IX. — LA CONSOMMATION DE CALORIES-GAZ DE HOUILLE AUX 100 KILOMÈTRES DE PARCOURS
- D’après l’expérience acquise par M. Pignot, un litre
- d’essence, dite tourisme, est remplacée par environ 1,7 mètre cube de gaz de ville à 4500 calories. Le tableau suivant permet d’apprécier l’économie due à l’emploi du gaz de ville comme carburant à la place d’essence, en se basant sur les données suivantes :
- Avec l’essence. Avec le gaz.
- Pour 40 000 km parcourus dans l’année :
- Carburant : Carburant :
- 14 000 litres d’essence à 24 000 m3 de gaz à 0,85
- 2,20. ... 30800 fr. ........... 20400 fr.
- Droits de circulation. . 930 fr.
- 21330 fr.
- Différence en faveur du gaz : fr : 9400, soit une économie de 31 pour 100.
- Or le coût de la transformation d’un camion poids lourds en vue de son alimentation au gaz de ville est de l’ordre de 7000 à 8000 francs. Par conséquent, dès la première année, les dépenses de transformation du camion alimenté au gaz de ville se trouvent remboursées, et au delà, par l’économie réalisée sur la dépense d’essence. On pourrait objecter que le rayon d’action des camions employant du gaz est relativement réduit puisqu’il ne dépasse guère 120 à 150 km. Or on doit tenir compte que 700 usines à gaz se trouvent réparties entre des intervalles moyens de 40 km sur tout le territoire français. Le ravitaillement en gaz ne paraît donc comporter aucune difficulté vraiment majeure.
- CONCLUSION
- Récemment le colonel Lucas-Girardville, président de la Commission des Carburants Nationaux.à l’Automobile Club de France, montrait que le problème des carburants nationaux consiste notamment en ceci :
- « Il faut entretenir sur le territoire des stocks de carburants assez considérables pour que, pendant la période où on les consomme dans les véhicules automobiles, au cas d’une crise, on ait devant soi le temps nécessaire pour développer la production des carburants nationaux jusqu’au point où ils pourront, soit remplacer l’essence si elle manque absolument, soit compenser les insuffisances d’arrivages. »
- Peut-on à ce sujet faire foi sur les camions à gazogènes et sur les moteurs utilisant du gaz de houille comprimé? Nous ne pouvons donner une opinion plus qualifiée que par les conclusions que voici de l’Automobile Club de France, à propos de ses observations, faites en 1934, au huitième rallye des carburants nationaux.
- « Les résultats du concours de gazogènes légers équipant des voitures de tourisme, conduites intérieures, ont prouvé que la solution pouvait concurrencer les autres carburants dans des conditions économiques très intéressantes.
- « Les carburants gazeux ont montré que l’utilisation des gaz comprimés dans les véhicules lourds est à l’heure actuelle complètement résolue ; des résultats remarquables, au point de vue consommation et souplesse, ont été obtenus. »
- « On peut conclure que des efforts sérieux et d’appréciables progrès ont été faits pour doter le pays de carburants nationaux et le libérer de la tutelle étrangère. Les résultats sont encourageants, mais il faut persévérer dans cette voie pour que, en cas de conflit, nous ne nous trouvions pas en état d’infériorité certaine par suite du manque possible de combustibles liquides. Il est très important, à cet effet, que les résultats techniques déjà acquis soient consacrés désormais par des applications pratiques suffisamment importantes. » Ch. Berthelot.
- Fig. 10. — Disposition du détendeur et du mélangeur à gaz, à bord d’un véhicule automobile.
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- NOUVELLE LOCOMOTIVE AÉRODYNAMIQUE
- La Compagnie P.-L.-M. vient de construire et de mettre à l’essai, il y a un mois, une locomotive et des voitures constituant un train entièrement profilé afin de réduire au minimum la résistance de l’air et de réaliser ainsi des vitesses élevées. C’est la première fois qu’une pareille expérience est réalisée en France. On voit que la vieille locomotive à vapeur réagit vigoureusement contre l’offensive des automotrices à grande vitesse.
- Cette expression de vieille locomotive est d’autant plus exacte qu’en l’occurrence la locomotive profilée du P.-L.-M. n’est pas une machine nouvelle, mais un spécimen de l’ancien type Atlantic. Celui-ci est caractérisé, on le sait, par un boggie à l’avant, deux essieux moteurs accouplés et un bissel porteur. Les locomotives Atlantic assuraient le service des trains rapides jusqu’à l’apparition des locomotives Pacific, dont les premières furent mises en service un peu avant 1914.
- Elles ont toujours été particulièrement aptes aux grandes vitesses. C’est seulement la nécessité de traîner des trains de plus en plus lourds qui les a fait abandonner pour les Pacific, qui s’en distinguent par trois essieux moteurs au lieu de deux. Il n’est donc pas surprenant que revenant aujourd’hui à des trains légers, de deux ou trois voitures, destinés à concurrencer les automotrices rapides, on pense à réutiliser des locomotives Atlantic dont la Compagnie du P.-L.-M. possède encore quelques douzaines dans ses parcs.
- I. — LE PROBLÈME A RÉSOUDRE
- Le problème est de transporter avec tout le confort désirable 200 personnes environ à des vitesses commerciales de 110 km-h entre Paris et Marseille et de 100 km-h entre Marseille et Nice.
- On pourrait ainsi aller de Paris à Marseille en moins de 8 heures et de Paris à Nice en un peu plus de 10 heures. Comme solution d’avenir, la Compagnie P.-L.-M. a mis à l’étude un matériel spécial relativement léger et a même déjà commandé un train à vapeur Bugatti d’une conception entièrement nouvelle. Comme solution immédiate, la Compagnie a utilisé, avec des modifications appropriées, des locomotives à vapeur et des voitures à voyageurs existantes.
- La forme aérodynamique permet de tirer de ce matériel le meilleur parti possible. Des essais méthodiques ont été faits dans des souffleries sur des modèles réduits et ont précisé d’une manière quantitative la grandeur des améliorations qu’on pouvait logiquement escompter. Le gain procuré par le carénage d’après ces essais serait d’environ 400 ch à 140 km-h, c’est-à-dire d’environ 30 pour 100 de la puissance nécessaire. La machine Atlantic qui a été choisie pour les expériences qui ont suivi les essais sur modèles réduits pèse 75 t en ordre de marche, et ses quatre cylindres moteurs à double détente peuvent développer 1500 ch. La chaudière est timbrée à 16 kg-cm2.
- II. — LE CARÉNAGE
- La locomotive a été revêtue d’un habillage en tôle qui dissimule sous un profil continu ses parties saillantes ainsi que les bielles et les roues. On a étudié avec un soin particulier le dispositif destiné à donner au mécanicien une bonne visibilité en empêchant la fumée de frapper les deux glaces d’observations : on emploie à cet effet, depuis
- une dizaine d’années sur les machines classiques, deux tôles verticales placées à l’avant de la machine à l’aplomb des boggies et qui guident l’air dans un sens favorable. Dans la présente réalisation, ces tôles occupent toute la longueur de la machine jusqu’au bord interne des glaces d’observations. La cheminée a été profilée également. Elle ne sort pas de la silhouette comme sur les machines normales et affleure à peine la ligne supérieure de la machine.
- Fig. 1. — La nouvelle locomotive aérodynamique vue par-dessus (ph. N.Y.Ï.).
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- Le tender n’est pas celui qui accompagne d’ordinaire les locomotives Atlantic. C’est celui des Pacific qui a été choisi à cause de sa plus grande capacité en eau (30 t) et en charbon (7 t). On pourra ainsi effectuer le trajet Paris-Lyon, qui exige actuellement un changement de machine à Laroche et un à Dijon en gardant la même machine de bout en bout, sans reprendre de charbon en route et avec un seul ravitaillement intermédiaire en eau. Le carénage du tender prolonge directement celui de la locomotive.
- Les voitures sont des voitures métalliques d’un modèle récent. Leurs roues ont été dissimulées et la partie arrière de la dernière voiture a reçu une forme arrondie, facilitant la circulation de l’air. On n’a pas construit, en l’occurrence, de voitures spéciales et il subsiste sur le toit certains éléments saillants. Il y a une voiture de lre classe (48 places) et deux voitures de 2e classe (144 places), soit au total 192 places offertes.
- organe ne chauffe aux grandes vitesses réalisées. Un avantage secondaire mais non négligeable du carénage, c’est qu’il permet d’accéder, pendant la marche, aux graisseurs mécaniques placés sous l’enveloppe. A cet effet, un passage est ménagé dans la tôle avant de l’abri du mécanicien.
- Les circuits de vapeur ont été améliorés pour faire face, sans trop de chute de pression, à l’augmentation de débit nécessitée par l’augmentation de vitesse. Enfin, la machine a été munie de la surchauffe, d’un réchauffeur d’eau d’alimentation et de l’éclairage électrique.
- IV. - LES RÉSULTATS OBTENUS
- Des essais ont eu lieu sur la ligne de Paris à Laroche, aux environs du 1er avril 1935. Les résultats ont été immédiatement très satisfaisants. Dès les premières expériences, on a pu atteindre la vitesse de 150 km à l’heure, c’est-à-dire une vitesse analogue à celle des automotrices
- Fig. 2. — Vue d'ensemble du train aérodynamique (ph. Roi).
- Il n’y a pas de solution de continuité entre la locomotive, le tender et les voitures, grâce à des joints de caoutchouc. Le train constitue donc un bloc unique.
- III. — QUELQUES DISPOSITIONS PRATIQUES
- Pour rendre accessibles les parties dissimulées par l’habillage, on a établi, partout où il le fallait, des panneaux amovibles, notamment devant la boîte à fumée, les roues motrices, les roues des voitures, l’entrée du charbon et l’entrée de l’eau dans le tender.
- Les dispositions de la locomotive ont été peu modifiées. On a seulement pris quelques précautions pour diminuer la fatigue et l’usure du mécanisme aux grandes vitesses et pour améliorer le rendement thermique. Le principal perfectionnement a consisté à installer un graissage mécanique étendu amenant, en particulier, l’huile sous pression aux boîtes d’essieux, ce qui est essentiel pour qu’aucun
- les plus rapides, un matériel classique et une locomotive datant des environs de 1900.
- Une vitesse de 140 km à l’heure a pu être maintenue sans difficultés sur un long parcours. La stabilité du train sur la voie a été très bonne. Le confort des voyageurs est donc meilleur que dans les automotrices rapides. La visibilité de la cabine du mécanicien s’est révélée excellente, point important, car, aux vitesses de 140 km à l’heure le mécanicien ne peut plus sortir la tête hors de sa cabine pour mieux voir, geste non réglementaire mais fréquent sur les trains ordinaires.
- Les essais vont se poursuivre. On étudiera, en particulier, l’influence sur la vitesse du train de l’ouverture des fenêtres. Les essais initiaux ont été faits, en effet, toutes fenêtres fermées, ce qui donne à la silhouette extérieure du train une grande régularité et diminue la résistance de l’air.
- P. S.
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- GRANDEUR ET DECHEANCE DE LA BOTANIQUE
- On pourrait croire que les nombreuses chaires de l’enseignement supérieur en France suffisent à l’exposé de toutes les disciplines scientifiques. Cependant, à y regarder de près, on s’aperçoit qu’il n’en est rien. L’acoustique n’a jamais obtenu ni dans les chaires magistrales, ni dans les laboratoires de recherches une place égale à celle de l’optique, a fortiori à celle de l’électricité. La catalyse qui valut à la France, en la personne de Sabatier, un des premiers prix Nobel, s’est cependant peu accrue. Certains groupes de la chimie organique n’ont guère de représentants, etc.
- En outre, on observe de plus en plus un développement des sciences expérimentales aux dépens de celles d’observation, et les jeunes chercheurs délaissent fâcheusement les sciences naturelles descriptives d’où sortit cependant depuis un siècle le mouvement des découvertes actuelles.
- La Société botanique de France s’en est émue dans son domaine, et son conseil d’administration vient d’attirer l’attention sur ce qu’il appelle une déchéance et qui n’est qu’un fâcheux ralentissement. 11 a présenté à sa dernière séance la communication suivante que nous reproduisons bien volontiers.
- « Voici deux tableaux qui résument le pourcentage des professeurs de botanique à la Faculté des Sciences et au Muséum national d’Histoire naturelle depuis leur fondation :
- 1° FACULTÉ DES SCIENCES
- Création de la Faculté des Sciences par Napoléon Ier, en 1808.
- Ouverture des cours en 1811.
- En 1811 : 1 botaniste sur 9 professeurs, 1/9 Desfontaines.
- En 1840 : 1 — 10 — 1/10 Mirbel.
- En 1850 : 1 — 16 — 1/16 Jussieu.
- En 1860 : : 1 — 18 — 1/18 Payer.
- En 1870 : ; 1 — 18 — 1/18 Duchartre.
- En 1880 : : 1 — 19 — 1/19 Duchartre.
- En 1890 : : 1 — 20 — 1/20 Bonnier.
- En 1910 : : 1 — 33 — 1/33 —
- En 1920 : 2 •— 37 — 1/18 Bonnier et Molliard.
- En 1930 : 2 — 41 — 1/20 Molliard et Dangeard.
- En 1932 : 2 — 42 — 1/21 Molliard et Dangeard.
- En4934 : 1 — 32 — 1/42 Molliard.
- 2° MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE Création le 10 juin 1793 ; décret d’organisation le 14 juin 1793.
- En 1793 : 3 botan. sur 12 prof., 3/12 Desfontaines, de Jussieu et A. Thouin.
- En 1840 : 3 — 15 -— 3/15 Ad. Brongniart, de Jus- sieu, de Mirbel.
- En 1853 : 2 — 15 •— 2/15 Ad. Brongniart, Decaisne.
- En 1875 : 3 — 19 — 3/19 Ad. Brongniart, Bureau et Decaisne.
- En 1885 : 4 — 19 — 4/19 Bureau, Cornu, Deherain, Van Tieghem.
- En 1894 : 5 — 18 — 5/18 Bureau, Cornu, Deherain, G. Ville et Van Tieghem.
- En 1910 : 5 — 18 — 5/18 Costantin, Lecomte, Ma-quenne, Mangin et Van Tieghem.
- En 1926 : 5 — 18 — 5/18 Bois, Bridel, Costantin, Lecomte et Mangin.
- En 1931 : 6 botan. sur 20 prof. 0/20 Bois, Bridel, Costantin,
- Chevalier, Humbert et Mangin.
- En 1934 : 4 — 19 — 4/19 Allorge, Chevalier, Guil-
- laumin et Humbert.
- « En résumé, le pourcentage des professeurs de botanique est passé, pour la Faculté des Sciences de Paris, de 1/9 à sa fondation, à 1/42 aujourd’hui, et, pour le Muséum national d’Histoire naturelle (Jardin des Plantes), après avoir été d’environ 1/3 à sa création, il est réduit maintenant à 1/5.
- « Nous ne pouvons attribuer cette déchéance qu’à la timidité naturelle, sinon à l’apathie de ses adhérents français, car, au point de vue de la formation naturelle, au point de vue des satisfactions artistiques et matérielles, au point de vue des applications économiques, la botanique doit être placée au premier plan des sciences.
- « Dans tous les domaines, les botanistes ont été des précurseurs ouvrant l’essor au développement de sciences soeurs ou dérivées. Le botaniste Guettard, fils de médecin, étudia les corps granuleux des plantes et leur emploi pour la séparation des genres (1749), et presque par hasard découvrit que la répartition des espèces sur les terrains calcaires, marneux et argileux de France et d’Angleterre donne l’ébauche d’une carte géologique; il devint par la suite un minéralogiste consommé. Duhamel de Monceau, familier du Jardin du Roi, y suit les leçons de Bernard de Jussieu; par hasard il découvre que les os des animaux nourris de garance traduisent le mode de croissance, de répartition, d’où résulte, dès 1760, la connaissance parfaite des modes de réduction des fractures des membres, chez l’homme et les animaux. Bufîon lui-même, qu’on accuse volontiers d’être plus abondant que précis, est l’initiateur des tables de résistance des matériaux à la rupture, et par là, le premier des ingénieurs; de 1750 à 1770, dans son domaine de Montbard (Côte d’Or), il fait abattre des chênes de choix, les débite en poutres, en lames, en éprouvettes, et en provoque la rupture d’où résultent les données fondamentales courantes adoptées pour la résistance des fers, des aciers, des ciments armés. Buffon, enfin, découvre, en l’officier du Roi sans solde J.-B. de Lamarck, l’amateur qui donne en un an une analyse dichotomique de la distinction des espèces de plantes, méthode généralisée ensuite aux animaux, aux minéraux, aux peuples, qui en déduit la flore française (1770) devenue un modèle, qui rédige en quinze volumes in-4° la Botanique de l’Encyclopédie méthodique (1785). Chargé, pour ce succès, des herbiers du Jardin du Roi (1778), puis de l’organisation de cet établissement par la Convention (1793), le botaniste Lamarck cède les plantes à ses collègues Jussieu et Desfontaines et conserve pour lui les animaux sans vertèbres, science où tout est à créer.
- « Botanistes furent les savants qui découvrirent et imposèrent à leurs contemporains la constitution cellulaire des êtres vivants, avec noyau et éléments chromatiques définis (Mirbel, Robert Brown, Strasburger, Guignard), la généralité de la sexualité des animaux supérieurs aux êtres inférieurs cryptogames (Thuret), les règles de l’hérédité, les principes généraux de l’évolution (Darwin, Charles Naudin, Gregor Man-del, Hugo de Vries). C’est un botaniste français, Henri Dutro-chet, qui dota la physique du chapitre nouveau de l’osmose.
- « Tout ceci pour établir que la Botanique est une science éminemment favorable à la formation de l’enfant, des adultes, des savants. Au point de vue éducatif, comme au point de vue pédagogique, la botanique offre des ressources indéfinies et peu coûteuses pour l’entraînement intellectuel, pour l’éveil de la curiosité, pour la répétition graduée de l’effort, pour
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- = 418 ...... " — —= 1 .--====
- l’enchaînement des causes et des faits ; cette science offre, en outre, des délassements d’une qualité rare.
- « L’agriculture tout entière, l’économie coloniale dépendent, pour la plus grande part, de la connaissance des plantes, de leurs perfectionnements. L’agriculture scientifique a porté au maximum de prospérité et de bien-être les Indes Néerlandaises, le Japon, la Californie, l’Italie, y développant des races prolifiques et saines, à une époque où les peuples, engre-
- nés dans un régime industriel excessif, restent stationnaires ou régressent. L’histoire des premières extensions de la pomme de terre en Europe et du développement des villes industrielles qui en résultent montre bien que la botanique et ses applications doivent précéder et accompagner tous les développements de l’activité humaine parce qu’elles assurent la vie et le bien-être à moindres frais. Il faut donc laisser à cette science une place honorable dans l’enseignement. »
- THÉÂTRE DE MARIONNETTES
- ^Aujourd’hui, les marionnettes reviennent à la mode, et je précise, les marionnettes à fil et non celles à gaine dites « guignols ». Une toute récente exposition a permis de se rendre compte du grand nombre d’amateurs qui s’occupent de ce délassement artistique et qui s’y passionnent.
- Les professionnels ont certainement beaucoup perfectionné le théâtre des bonshommes de bois depuis sa création, mais entravés par bien des difficultés dont la plus importante est le transport et l’établissement d’un matériel nombreux et d’un maniement assez délicat en différents endroits, ils en sont restés à la présentation du début. L’amateur n’est pas gêné par le provisoire et le vite établi; il peut à loisir rêver à tous les perfectionnements et les réaliser au fur et à mesure des nécessités et des idées nouvelles.
- C’est dans la décoration que les plus grands progrès ont été accomplis. Les décors dits plastiques c’est-à-dire en carton-pâte ont été essayés. L’exemple venait de haut, de l’Opéra, je crois, et les expériences faites ont été loin de rendre tout l’effet qu’on en attendait : ils sont lourds, encombrants et dans le théâtre des marionnettes où la place est mesurée et limitée par le champ d’action du bras de l’opérateur, ils ne peuvent convenir ; il faut le décor en châssis très léger en bois blanc contre-plaqué, peint soit en véritable trompe-l’œil comme autrefois et comme on recommence à le faire (et c’est à mon humble avis la meilleure manière), soit en peinture moderne qui, si elle ne représente rien, prétend forcer le spectateur à se figurer qu’il voit quelque chose.
- Fig. 3.
- /SI ,a\ y
- 5 Toiles
- fond
- Coulisses f.'pU
- Pour le spectacle des marionnettes, il faut beaucoup de mise en scène et par conséquent beaucoup de décors. Dans l’installation que je vais décrire, il y a une base de vingt décors qui avec les apports de l’un à l’autre peuvent suffire à peu près dans tous les cas. Mais dans un pareil magasin de vingt fonds et cent vingt coulisses, il faut pouvoir se reconnaître et agir rapidement. Un numérotage, dont le détail nous entraînerait trop loin, classe les toiles de fond et les coulisses « cour » ou « jardin ». Mais comme pour une représentation, on n’emploie guère plus de cinq décors, le théâtre a été équipé pour ce nombre, les changements de fond avec trois plans de coulisses pouvant s’effectuer très rapidement en cinq secondes d’obscurité. Les cinq toiles de fond et un transparent blanc pour les effets supplémentaires sont chacun sur poulies fixes, avec cordon de tirage et se placent sur support à encoches logé sous le balcon dominant la scène (fig. 3) balcon où s’appuient les opérateurs et où ils accèdent par un escalier de côté.
- De chaque côté de la scène (fig. 1) au niveau du plateau se trouve une forte tige de fer ronde A sur laquelle tournent librement des bras plats B, au nombre de quinze. Ces bras maintenus à intervalles convenables les uns des autres (trois cm entre chaque coulisse, vingt-cinq cm entre chaque plan) par des rondelles de caoutchouc C sont destinés à supporter les coulisses : dans les châssis de bois de ces dernières on a ménagé des glissières et chaque coulisse est facilement placée sur un des bras à la place qu’elle doit occuper (fig. 2). Pour changer un décor, il suffit de tirer le cordon d’une toile de fond et de basculer les coulisses déjà mises en place sur les bras mobiles.
- Par ce système où rien n’est suspendu, à part les fonds et à un endroit où ils ne gênent pas, rien n’empêche le passage des marionnettes et de leurs fils d’un plan à l’autre.
- Les aides peuvent facilement circuler partout, dessous, derrière la scène entre les coulisses pour manœuvrer portes et fenêtres, trappes, etc., pour apporter aux opérateurs les marionnettes qui sont pendues au mur, au bout de leurs fils, tout autour du théâtre. Le théâtre ainsi agencé n’a que le défaut de demander de la place (fig. 3) : 2 m d’ouverture de scène; de chaque côté 1 m 80 pour les coulisses couchées et 0 m 40 de couloir circulaire pour les aides, au total 6 m 40 de façade.
- La scène ainsi disposée est complétée par un éclairage électrique perfectionné, rampe et herses aux trois couleurs, projecteurs à court foyer manœuvrés de l’emplacement où serait la boîte du souffleur, appareil de projection pour les décors, appareils divers pour les bruits de coulisse.
- Le prestidigitateur Alber.
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- 419
- LA VOUTE CELESTE EN JUIN 1935
- Le 22 juin, commencement de l’été... astronomique, bien entendu, car il n’y a aucun rapport entre ce phénomène, purement géométrique et l’été météorologique.
- La grande longueur des jours diminue beaucoup le nombre des curiosités célestes visibles ce mois-ci. A signaler la plus grande élongation de Vénus, le 30 juin, la visibilité des planètes Mars et Jupiter, puis un grand nombre de phénomènes du système des satellites de Jupiter. Et, pour mémoire, une éclipse partielle de Soleil, le 30 juin, éclipse invisible de France.
- I. Soleil. — La déclinaison du Soleil, en ce mois, va atteindre sa valeur maximum soit + 23° 27'. Elle sera de + 21° 58' le 1er, de + 23° 27' du 21 au 23 juin, de + 23° 13' le 30. Le solstice d’été se produira le 22 juin, à 9" : ce sera le commencement de l’« été astronomique ».
- En juin, les jours atteindront leur plus grande durée. Celle-ci sera de 15h 49“ le 1er juin, de 16“ 7“ du 18 au 25 et de 16“ 4m le 30. Cette durée est cdle de la présence du centre du Soleil au-dessus de l’horizon de Paris.
- Pour les régions de France au Nord de Paris, la durée du jour, à l’époque du solstice d’été, sera plus grande et atteindra 16“ 31“ pour la latitude 51°. Au contraire, pour les régions au Sud dé Paris, cette durée sera diminuée, et réduite à 15“ 11“ pour la latitude de 42°. Ainsi, à Lille, vers le 22 juin, le jour sera plus long de 24“ environ qu’à Paris, tandis qu’à Perpignan, à la même époque, il sera plus court de 56 “.
- Voici le temps moyen à midi vrai ou heure du passage du centre du Soleil au méridien de Paris.
- Juin
- Fig. 1.
- Aspects télescopiques de ta planète Vénus (dessin de M. L. Rudaux). A gauche : A l’époque de la quadrature ou élongation maximum. A droite : A l'époque du maximum d’éclat.
- (Images droites; dans les lunettes astronomiques ces images sont renversées.)
- BS. Heure du passage. Dates. Heure du passage.
- 1er 11» 48“ 11* Juin 17 11‘ 51“ 118
- 3 11 48 30 — 19 11 51 37
- 5 11 48 50 — 21 11 52 3
- 7 11 49 11 — 23 11 52 29
- 9 11 49 33 — 25 11 52 55
- 11 11 49 57 — 27 11 53 20
- 13 11 50 21 — 29 11 53 45
- 15 11 50 46
- Le Crépuscule de minuit. —- C’est un fait peu connu que dans la partie nord de la France, la nuit n’est pas complète à minuit, au moment du solstice d’été.
- Le crépuscule rejoint l’aurore, et l’on peut voir un faible crépuscule, à minuit, dans la direction de l’horizon nord. Il
- 1. Toutes les heures indiquées ici sont données en temps universel (T. U.) compté de 0“ à 24“ à partir de 0“ (minuit). Pendant la période d'application de l’heure d'été, ajouter 1 heure à toutes les heures figurant au présent « Bulletin astronomique ».
- faut, pour cela, l’absence de la Lune et de lumières artificielles. Cette année, en raison de la présence de la Lune, cette observation ne pourra se faire qu’après le 25 juin.
- On sait que le crépuscule astronomique cesse lorsque le Soleil est abaissé de 18“ sous l’horizon. Or, à l’époque du Solstice d’été, le centre du Soleil passe, à minuit, à 15° 31' sous l’horizon à Dunkerque, et à 17° 43' à Paris. Le phénomène doit cesser d’être visible un peu au Sud de Paris, vers 48° 33' de latitude (Melun, Provins, Corbeil, Rambouillet).
- En 1897, du sommet de la tour Eiffel, nous avons réussi, M. Quénisset, de l’Obseïvatoire Flammarion de Juvisy, et moi, à photographier le crépuscule de minuit et, à cette époque, l’éclairage de la capitale ne gênait pas trop pourvoir ce curieux crépuscule à l’horizon. Cette expérience ne pourrait plus être faite aujourd’hui, en raison de l’intensité de l’éclairage de Paris et de sa banlieue. Nous ne disposions alors que de
- plaques peu rapides. Mais nos lecteurs habitant la campagne pourraient facilement refaire ces expériences car de nos jours on dispose d’objectifs extra - lumineux (f/1,5) et de préparations si sensibles que nos temps de pose de 1897 pourraient être réduits au moins dans la proportion de 100 à 1 et peut-être davantage.
- Quoi qu’il en soit, il serait d’un grand intérêt de savoir à quelle latitude cesse le crépuscule de minuit. Nos lecteurs, habitant au Sud de la latitude de Paris, seraient bien inspirés, si le temps est très pur les 25, 26 et 27 juin, d’inspecter l’horizon nord autour de minuit pour voir s’il y a une trace de crépuscule. Tenir compte de la différence de longitude avec Paris pour faire l’observation à minuit local. Utiliser pour cela le tableau du temps moyen à midi vrai, donné plus haut. En ajoutant environ 12“, on aura l’heure du passage inférieur du Soleil au méridien de Paris. Pour avoir l’heure locale du passage, retrancher la longitude en temps si le lieu est à l’Est de Paris; au contraire l’ajouter si le lieu est à l’Ouest de Paris.
- Les observateurs qui, favorisés par le ciel très pur, pourront voir le crépuscule de minuit sont priés d’envoyer leurs observations à La Nature. En somme, nous ouvrons ici le concours du Crépuscule de Minuit du Solstice d’été. Ne peuvent y participer que les observateurs situés à moins de 48° 50' de latitude nord. Le gagnant sera l’observateur situé à la latitude la plus basse et le prix sera la satisfaction d’avoir collaboré à une expérience scientifique ayant pour but de vérifier ou — qui sait ? — de modifier la valeur classique de 18° donnée pour le crépuscule astronomique.
- Observations physiques. — Continuer chaque jour l’observation de la surface solaire. Voici la suite du tableau des éléments utiles pour orienter les dessins et les photographies du Soleil :
- Fig.
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- produiront du 1er au 4, à l’époque de la Nouvelle Lune, puis du 16 au 22, époque de la Pleine Lune. Elles seront peu importantes, leur coefficient maximum atteignant 87 centièmes.
- Le phénomène du Mascaret n’est pas annoncé ce mois-ci.
- III. Planètes. — Le tableau ci-dessous contient les renseignements les plus importants pour rechercher et observer les principales planètes pendant le mois de juin 1935. Il a été dressé à l’aide des données de Y Annuaire astronomique Flammarion.
- ASTRE Dates : Juin. Lever à Paris. Passage au méridien de Paris. Coucher à Paris Ascen- sion droite. Déclinai- son. Diamètre apparent. Constellation et étoile voisine. VISIBILITÉ
- 6 3“ 51 “ Ht 9“ 0S 19“ 47“ 4“ 54“ + 22° 35' 31' 34"2 Taureau .
- Soleil ... 18 3 48 11 51 24 19 55 5 44 + 23 24 31 32 0 Taureau > »
- 30 3 52 11 53 57 19 56 6 34 23 13 31 30 8 Gémeaux
- 6 5 8 13 11 21 13 6 16 + 23 35 10 2 [x Gémeaux '
- Mercure . . 18 4 30 12 13 19 55 6 6 + 20 22 10 2 ij. Gémeaux > Le soir, au début du mois.
- 30 3 27 11 1 18 36 5 42 + 00 43 11 0 Taureau ’
- 6 7 0 15 0 22 59 8 3 + 22 54 18 8 Cancer Splendide le soir.
- Vénus . . . 18 7 25 15 5 22 43 8 55 + 19 31 21 0 Cancer \ Plus grande élongation
- ) 30 7 48 15 4 22 19 9 42 + 15 14 23 8 7] Lion ' le 30.
- 6 13 36 19 25 1 17 12 31 — 3 1 11 0 y Vierge
- Mars. . . . 18 13 8 18 49 0 34 12 42 — 4 37 10 2 y Vierge Première partie de la nuit
- I 30 12 45 18 18 23 50 12 58 —- 6 34 9 4 x Vierge
- Jupiter. . . 18 16 3 20 54 1 50 14 49 — 15 2 40 0 a Balance Presque toute la nuit.
- Saturne. . . 18 23 34 4 58 10 18 22 50 — 9 19 15 8 X Verseau Seconde partie de la nuit.
- Uranus. . . 16 1 23 8 25 15 26 2 9 + 12 29 3 4 ç1 Baleine Inobservable.
- Neptune . . 16 10 30 17 9 23 49 10 55 + 7 58 2 4 y Lion Dès l’arrivée de la nuit.
- Dates. P B0 L0
- Juin 5 14°,31 — 0°,18 275°,87
- — 10 — 12», 31 — 0°,42 209»,69
- — 15 — 10°,22 + 1°,02 143»,51
- — 20 — 8°,04 + 1°,61 77°,32
- — 25 5»,82 + 2°,19 11°,14
- — 30 — 3»,56 + 2»,76 304»,96
- Lumière zodiacale ; lueur anti-solaire. — En raison de la
- longueur des jours, la lumière zodiacale et la lueur antisolaire sont invisibles en juin.
- jEclipse partielle de Soleil. — Une éclipse partielle de Soleil se produira le 30 juin. Elle sera invisible à Paris. Sa grandeur maximum sera de 0,338, le diamètre du Soleil étant pris pour unité. Cette éclipse sera visible de la région polaire arctique, du Nord de la Sibérie, du Nord de l’Europe et au Nord de l’Océan Atlantique.
- IL Lune. — Les phases de la Lune, en juin, se produiront aux dates ci-après :
- N. L. le 1% à 7“ 52“ D. Q. le 23, à 14» 21“
- P. Q. le 9, à 5“ 49“ N. L. le 30, à 19“ 45“
- P. L. le 16, à 20“ 20“
- Age de la Lune, le 1er juin, à 0“ (T. U.) = 29J, 1; le 2 juin, à 0“ = 01, 7. Pour toute autre date du mois, à 0“, on aura l’âge de la Lune en ajoutant 1 jour par jour écoulé depuis le 2 juin.
- Plus grandes déclinaisons de la Lune, en juin : le 2, à 3“ = + 25- 51'; le 16, à 12“ = — 25° 51'; le 29, à 9“ = + 25° 51'.
- On remarquera la faible élévation de la pleine Lune sur l’horizon, le 16 juin, vers minuit, lors de son passage au méridien.
- Apogée de la Lune (plus grande distance à la Terre), le 8 juin, à 9“. Parallaxe — 54' 15". Distance = 404 200 km. Périgée de la Lune (plus petite distance à la Terre), le 20 juin, à 10“. Parallaxe = 59' 47". Distance = 366 796 km.
- Occultation d’étoile par la Lune. — Le 21 juin, occultation de X Capricorne (5“,‘4) : émersion à 0“ 10“, 0.
- Marées, Mascaret. — Les plus grandes marées du mois se
- Mercure sera un peu visible, mais assez difficilement, au début du mois. Sa plus grande élongation du Soleil s’est produite le 27 mai. Le 6 juin, il se couchera 1 “ 26“après le Soleil.
- Voici la phase et la magnitude stellaire de Mercure en juin :
- Magnitude
- Dates. Phase. Diamètre. stellaire.
- Juin 5 0,185 9",9 + 1,4
- — 10 0,102 10, 9 + 1,9
- — 15 0,039 11, 7 + 2,5
- — 20 0,007 12, 1 + 3,1
- — 25 0,016 11, 8 + 2,9
- — 30 0,066 11,0 + Ù
- Mei cure i se trouvera en conjonction inférieure avec le
- Soleil le 21 juin, à 18“.
- Vénus va atteindre sa plus grande élongation du soir le
- 30 juin, à 11 + à 45° 25' à l’Est du Soleil. Elle brille d’un éclat
- éblouissant dans le crépuscule.
- Voici la phase et la magnitude stellaire de Vénus :
- Magnitude
- Dates. Phase. Diamètre. stellaire.
- Juin 5 0,620 40 I 00 — 3,7
- — 10 0,597 19, 5 — 3,8.
- — 15 0,574 20, 4 — 3,8*
- — 20 0,549 21, 5 — 3,8
- — 25 0,523 22, 7 — 3,9
- — 30 0,495 23, 0 — 3,9
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- Vers le 30 juin, Vénus présentera une phase analogue au dessin n° 6 de la figure parue au « Bulletin astronomique » du n° 2948, du 1er mars 1935. Nos dessins (lig. 1 et 2) montrent l’aspect de Vénus dans une bonne lunette astronomique (images droites).
- Mars est encore bien visible; à la fin du mois, il se couchera vers minuit. Le diamètre diminue. On pourra cependant diriger sur cette planète les instruments de moyenne puissance, et faire encore d’utiles observations des détails de sa surface.
- Jupiter est encore visible presque toute la nuit. On sait que les plus petites lunettes permettent de voir son disque, traversé de bandes nuageuses, et de suivre les quatre principaux satellites dans leur révolution autour de la planète. On pourra observer les phénomènes ci-après produits par les satellites.
- Phénomènes du système des Satellites de Jupiter.
- Dates : Juin. Heure. Satel- lite. Phéno- mène. Dates : Juin. Heure. Satel- lite. Phéno- mène.
- 1 1 16“ I Im. 13 20h9m III p. f.
- 1 22 31 I P. c. 13 21 28 III O. c.
- 1 23 3 I O. c. 13 23 23 III O. f.
- 2 0 40 I P. f. 16 23 15 I Im.
- 2 1 13 I O. f. 17 20 31 I P. c.
- 2 21 21 II P. c. 17 21 21 I O. c.
- 2 22 24 II O. c. 17 22 40 I P. f.
- 2 22 25 I E. f. 17 23 31 I O. f.
- 2 23 42 II P. f. 18 20, 42 I E. f.
- 3 0 50 II O. f. 18 20 42 II Im.
- 3 1 22 III Im. 19 0 55 II E. f.
- 9 0 17 I P. c. 20 21 55 III P. c.
- 9 0 58 I O. c. 20 23 41 III P. f.
- 9 21 28 I Im. 24 22 19 I P. c.
- 9 23 38 II P. c. 24 23 16 I O. c.
- 10 0 19 I E. f. 25 0 28 I P. f.
- 10 0 58 II O. c. 25 22 36 I E. f.
- 10 20 53 I P. f. 25 23 6 II Im.
- 10 21 36 I O. f. 27 21 50 II O. f.
- 11 22 17 II E. f.
- Saturne va se retrouver en quadrature occidentale avec le Soleil, le 1er juin, à 8h.
- Voici les éléments de l’anneau au 13 juin :
- Grand axe extérieur................................ 39",47
- Petit axe extérieur................................ +3",75
- Hauteur de la Terre au-dessus du plan de l’anneau. + 5°,45 Hauteur du Soleil au-dessus du plan de l’anneau. + 8°,14
- Voici les élongations maxima de Titan, le plus lumineux des satellites de Saturne :
- Dates. Élongation. 421 Heure.
- uin 5 Orientale 6\ 6
- — 13 Occidentale 11, 3
- — 21 Orientale 5, 5
- — 29 Occidentale 10, 0
- Uranus est pratiquement inobservable ce mois-ci.
- Neptune est encore un peu visible le soir. On le recherchera à l’aide de la petite carte donnée au n° 2946 du 1er février 1935, p. 132. Neptune sera en quadrature orientale avec le Soleil, le 3 juin, à 8h.
- IV. Phénomènes divers. — Conjonctions :
- Le 3, à 2h, Mercure en conjonction avec la Lune, à 0° 55' S.
- Le 5, à 2h, Vénus — 2° 55' N.
- Le 8, à 23h, Neptune — 5° 27' N.
- Le H, à 6“, Mars •— . 5° 40' N.
- Le 14, à 0h, Jupiter — 6° 12' N.
- Le 22, ü 1", Saturne — 6o 14' S.
- Le 23, à 0\ Vénus - avec 83 Cancer (6“,4), à 0° 10' S.
- Le 26, à 4h, Uranus — la Lune, à 5° 56' S.
- Le 29, à 21h, Mercure — 6° 59' s.
- Etoile polaire; Temps sidéral. — Voici quelques passages de l’Etoile polaire au méridien de Paris.
- Dates. Passage. Heure. Temps sidéral à 0'1 pour le méridien de Greenwich.
- Juin 10 Inférieur 20u 16“ 48” 17h 9m 41‘
- — 20 — 19 37 41 17 49 7
- — 30. —- 18 58 34 18 28 32
- — 30 Supérieur 7 0 33 —
- Etoiles var iables. — Le 9 juin, maximum de R Andromède,
- variable de 5ra, 6 à 14m, 7 en 407 jours. Remarquer l’énorme variation d’éclat de cette étoile entre le maximum et le minimum.
- Etoiles filantes. — Aucun radiant actif n’est signalé en juin. Toutefois l’observation attentive du ciel révélera un certain nombre de météores sporadiques.' ~ —
- V. — Constellations. -— L’aspect de la voûte céleste le 1er juin, à 23\ ou le 15 juin, à 22h, est le suivant :
- Au Zénith : Hercule; le Dragon.
- Au Nord : La Petite Ourse; Céphée; Cassiopée; le Cocher; Persée.
- A l’Est : Le Cygne; le Dauphin; l’Aigle; la Lyre.
- Au Sud-Est : Le Sagittaire.
- Au Sud : La Couronne boréale; le Serpent; Ophiuchus; le Scorpion; la Baleine.
- A l’Ouest : Les Gémeaux; le Lion; la Vierge; la Grande Ourse.
- Em. Touchet.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- LE MÉTASILICATE DE SOUDE AGENT DÉTERGENT
- Le métasilicate de soude Na?SiOs, 5 aq a un pouvoir mouillant et par suite détergent supérieur aux autres agents, exception faite pour la soude caustique, il convient donc très bien au nettoyage des usten-
- siles ayant contenu des corps gras ou du lait, à une concentration de 5 à 10 pour 100 suivant le cas.
- Pour le blanchissage, il convient également fort bien et donne, avec le savon, une mousse plus abondante dans l’eau tiède, ce qui permet une économie de savon; c’est pourquoi nous avons tenu à attirer l’attention de nos lecteurs, sur ses propriétés remarquables, dont l’industrie a su depuis longtemps largement profiter.
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- E:;EEE£ L’AUTOMOBILE PRATIQUE =
- CONSEILS PRATIQUES - NOUVEAUTÉS TECHNIQUES
- AÉRODYNAMISME ET CONFORT AUX ÉTATS-UNIS
- Dans de récentes chroniques, nous avons indiqué en quoi résident les avantages des carrosseries aérodynamiques. Plus ou moins marqués suivant les services auxquels est destinée la voiture, ils ne doivent pas nuire au confort. Certains constructeurs français l’ont compris, d’autres paraissent avoir sacrifié quelque peu l’aération normale de l’intérieur de la carrosserie, l’emplacement réservé à chaque passager, et la visibilité, au profit de l’élégance des lignes, et même quelquefois d’un « snobisme » de l’aérodynamisme très discutable.
- Il semble que le temps de ces exagérations soit passé, les constructeurs américains qui ont innové en la matière réagissent aujourd’hui contre les erreurs commises.
- Le but essentiel des formes carénées est de diminuer la résistance à l’avancement, et, par conséquent, la dépense d’énergie utile correspondant à la résistance de l’air. Mais cette résistance est surtout sensible aux vitesses élevées, puisqu’elle croît suivant le carré de cette vitesse. Même en employant des modèles très bien étudiés, le gain de puissance n’est donc sensible qu’au delà de 80 km à l’heure, comme le montre le tableau suivant dressé en étudiant des carrosseries parfaitement aérodynamiques :
- Vitesses Carrosseries Carrosseries
- en kms-heure ordinaires. profilées. Différences.
- 60 6 5 1
- 80 13 10 3
- 100 27 22 5
- 120 48 36 12
- On ne peut donc compter sur un avantage technique quelconque en service de ville ou même à faible vitesse sur route. Pour réaliser réellement un bénéfice, même aux grandes vitesses, la carrosserie doit être réellement aérodynamique et ne présenter aucune aspérité. C’est ainsi que les phares devraient être « noyés » dans l’épaisseur des ailes, solution adoptée récemment par un constructeur français.
- Signalons entre autres inconvénients possibles, en dehors de la diminution des dimensions intérieures de la carrosserie, et, par conséquent, du cube d’air réservé à chaque voyageur, la hauteur réduite des glaces de portières, et même des pare-brise. Bien souvent ces glaces de portières ne s’abaissent même pas complètement, par suite de l’échancrure exagérée des panneaux inférieurs . La hauteur intérieure de toutes les carrosseries a de plus tendance à diminuer. Il y a également à craindre, sous ce rapport, des inconvénients plus ou moins graves pour le confort et la visibilité, lorsqu’il y a exagération.
- L’examen des modèles présentés au dernier Salon de New York montre que les constructeurs américains reviennent désormais à des idées plus saines. L’aérodynamisme exagéré est en régression outre-Atlantique, et les voitures américaines ont repris plus ou moins leurs formes améliorées de 1933.
- Les recherches techniques semblent donc porter maintenant non pas sur l’augmentation de la vitesse moyenne, mais surtout sur le confort de la carrosserie, l’emploi de changements de vitesses électromagnétiques, de suspension stabilisée, de commandes d’embrayage plus douces, etc. L’essai des voitures est, d’autre part, souvent beaucoup plus perfectionné qu’en Europe. C’est ainsi, qu’on s’efforce de faire fonctionner la machine dans des conditions atmosphériques très différentes au moyen de chambres d’études spéciales,
- dans lesquelles on peut faire varier la température, et même la pression atmosphérique.
- Les toits des carrosseries sont, d’ailleurs, presque toujours en acier, et ne comportent plus de parties intérieures entoilées, solution adoptée encore dans la majorité des voitures françaises. La grande difficulté à surmonter est l’apparition des bruits produits par la caisse de résonance que constitue alors l’ensemble de la carrosserie entièrement métallique. Les « ingénieurs du son » américains s’efforcent de résoudre le problème et d’intéressants résultats ont, semble-t-il, déjà pu être obtenus.
- L’ENTRETIEN ET LE DÉPANNAGE DES SYSTÈMES D’ALLUMAGE A INDUCTION
- Dans nos dernières chroniques, nous avons rappelé les avantages du système d’allumage à induction, et indiqué les principes généraux de fonctionnement de ce dispositif. Les pannes dans une installation de ce genre semblent beaucoup moins à craindre qu’avec les magnétos. Il est néanmoins utile de donner quelques indications pratiques à ce sujet.
- La condition essentielle pour le bon fonctionnement du système d’allumage réside dans l’état parfait de la batterie d’accumulateurs. Ce résultat n’est obtenu que si la charge par la dynamo est toujours normale. L’intensité de cette charge doit varier évidemment suivant la capacité de la batterie. Il y a donc un minimum d’intensité; mais on oublie trop souvent qu’il y a aussi un maximum à ne pas dépasser; il est aussi regrettable pour la durée d’une batterie d’avoir une dynamo qui charge trop, qu’une dynamo ne chargeant pas assez.
- Une intensité de charge trop grande provoque réchauffement des plaques et une détérioration rapide de la matière active. Il serait donc préférable en pratique d’avoir deux régimes de charge différents, l’un pour le service de ville, l’autre pour la marche sur route. Rien de plus simple, sans doute, que d’établir un tel dispositif à l’aide d’une résistance intercalée dans le circuit, et pouvant être mise en service à l’aide d’un commutateur. Des systèmes de ce genre étaient adoptés, il y a quelque temps, sur un grand nombre de modèles, mais, l’usager exigeant toujours des simplifications, les constructeurs y ont renoncé, ce qui n’est peut-être pas un progrès.
- Il convient, en tout cas, de ne pas exiger de la batterie un effort trop considérable, surtout pendant un temps assez long. La mise en action de la batterie au moment du démarrage devrait donc être effectuée avec plus de précautions qu’on ne le fait généralement. Si l’effort est trop prolongé, les éléments sont rapidement déchargés, la matière active des plaques se désagrège, et la batterie est mise hors de service.
- Si, pour une raison ou pour une autre, et au départ, en tout cas, la mise en route ne s’effectue pas rapidement, il convient de ne pas s’obstiner à faire tourner le démarreur; il faut vérifier d’abord les différents organes du moteur, tout en utilisant la manivelle de lancement. II existe même des dispositifs automatiques récents permettant de limiter automatiquement la durée de fonctionnement continu du démarreur, et, par suite, de la batterie, en dehors de l’intervention du conducteur.
- La mise en route est désormais facilitée par les dispositifs à starter que nous avons eu l’occasion de décrire. Rappelons, à ce propos, que l’on facilite encore la mise en marche rapide
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- des moteurs à l’aide d’un petit tour de main très simple, mais souvent négligé.
- Sans mettre le contact d’allumage, et en agissant sur le système de starter ou d’arrivée d’air, on actionne le démarreur, et on fait tourner quelques secondes le moteur, de manière à remplir de gaz carburant les cylindres. A ce moment seulement, on met le contact, et on actionne normalement le démarreur, pour obtenir la mise en marche.
- La charge normale de la batterie est fonction du bon état de la dynamo. C’est là heureusement un organe dont l’usager n’a guère à se préoccuper la plupart du temps. Il est seulement nécessaire, tous les 10 000 km environ, de nettoyer les collecteurs, et de vérifier l’état des balais qui doivent glisser librement dans leur logement, et appuyer sur le collecteur par toute leur surface.
- Le nettoyage du collecteur n’est pas difficile. On peut, à la rigueur, l’effectuer sans enlever les balais, bien que cela soit préférable. Il suffit d’appuyer sur le collecteur un morceau de bois tendre taillé en biseau, et entouré d’une toile très propre imbibée d’essence. On fait alors tourner la dynamo pendant le temps nécessaire (fig. 1).
- Pour un nettoyage plus énergique, on emploie du papier de verre très fin, et non de la toile émeri. On prend évidemment la précaution de souffler fortement sur les poussières, une fois le nettoyage effectué.
- Lorsqu’on démonte les balais, il faut avoir bien soin, au moment du montage, de ne pas les intervertir, et de conserver exactement leur position initiale. La surface du balai s’est en quelque sorte « moulée » sur celle du collecteur, et une modification de sa position ferait appuyer sur le collecteur des parties aiguës, d’où des détériorations possibles de la surface. Normalement le changement des balais ne s’effectue pas avant une trentaine de mille km.
- Une usure trop rapide provient généralement de ce que les lames de mica du collecteur dépassent les lames de cuivre. La réparation peut, à la rigueur, être effectuée par un usager; mais c’est un travail minutieux, et il est préférable d’avoir recours à un spécialiste. Il en est de même pour le remplacement des balais, car il faut prévoir un rodage de leur surface, et non pas seulement une mise en place simple.
- L’entretien d’un système de distribution ne réside pourtant pas seulement dans les précautions à prendre pour maintenir le bon état de la batterie et de la dynamo de recharge. On doit vérifier aussi de temps en temps l’état des canalisations et des connexions.
- Un mauvais contact produit par une vis desserrée ou par une surface oxydée est suffisant, bien souvent, pour faire varier l’intensité du courant primaire, et même pour l’interrompre. Il faut aussi vérifier l’écartement des vis de rupture, et les nettoyer, s’il y a lieu, à l’aide de toile émeri très fine. On doit de même vérifier la liberté de mouvement du linguet sur son axe, l’état du ressort de rappel, et de tous les autres contacts du rupteur.
- Le distributeur est la seule partie du système qui s’use mécaniquement puisque c’est, nous l’avons montré, le seul organe mobile sur tous les moteurs, et son contrôle est facile. L’axe de commande, relié à l’arbre de distx-ibution, doit seulement être graissé tous les 2500 à 3000 km, si ce graissage n’est pas effectué automatiquement par la circulation d’huile du moteur.
- Ces opérations d’entretien mises à part, les causes de pannes des systèmes d’allumage à induction sont peu nombreuses, étant donné le petit nombre des organes qui le composent. La bobine d’induction, quelle que soit sa qualité de fabrication, et les perfectionnements qu’elle a reçus est cependant toujours un dispositif électrique, dont le bobinage secondaire
- Collecteur
- taillé en biseau
- Toile imbibée dessence
- papier de verre fin
- Fig. 1. — Nettoyage du collecteur d'une dynamo.
- A. Opération simplifiée avec pression du doigt. B. Emploi d’un morceau de bois taillé en biseau.
- est parcouru par des courants de haute tension. Nous avons montré qu’il fallait éviter de laisser en circuit le bobinage primaire, en cas d’arrêt du moteur. Toute autre précaution est inutile, et il convient seulement par prudence d’emporter sur la voiture une bobine de rechange, si l’on a à effectuer un trajet assez long.
- Il ne faut craindre, en dehors de ces causes essentielles, que de mauvais contacts, la rupture d’une pièce ou d’un ressort, ou le claquage du condensateur ou du distributeur.
- En cas de panne, la localisation de l’avarie est généralement facile. On examine, d’abord, si le courant passe bien dans le circuit primaire d’après les indications de l’ampèremètre du tableau, et l’on vérifie le bon état et la charge de la batterie d’accumulateurs. Si ces premières vérifications ne décèlent rien d’anormal, on débranche le câble haute tension reliant la bobine au distributeur. On vérifie la production normale d’une étincelle correcte, lorsque le moteur tourne, en approchant l’extrémité de ce câble de la masse du châssis (fig. 2).
- Si cette étincelle est normale, ce sont les organes de distribution du courant de haute tension qui sont probablement défectueux. Il faut donc vérifier le condensateur, le distributeur, le rupteur rotatif, les bougies et les câbles de liaison.
- Enfin, si la batterie est en bon état, et que le courant primaire ne traverse pas l’ampèremètre après mise en contact, il faut vérifier les contacts de rupteur, les bornes de connexion de la « tête d’allumage », et de la bobine, et l’état de l’enroulement primaire de cette bobine elle-même.
- UN PERFECTIONNEMENT PRATIQUE DU SYSTÈME DE DÉMARRAGE
- L’effort demandé à l’appareil de lancement électrique du moteur ne dure sans doute normalement qu’une dizaine de secondes, mais il correspond pour un moteur de puissance moyenne à un travail d’une dizaine de milliers de watts, et
- Fig. 2. •— Schéma d’une installation d’allumage à induction.
- Moteur
- Distributeur
- T Récepteur
- Allumeur
- Condensateur
- Primaire
- Accus
- Conjoncteur
- Secondaire
- Bobine
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- Ampèremètre de charge
- Interrupteur
- démarreur
- Batterie
- Excitation
- moteur
- Fig. 3. —- Schéma simplifié d'une installation à dynamoteurs.
- ]’intensit,é du courant nécessaire à ce moment dépasse souvent 50 a 60 A ; cette dernière varie, d’ailleurs, dans de grandes proportions suivant les caractéristiques du moteur, la viscosité de l’huile au moment du démarrage, et, évidemment la position des pistons.
- Il faut ainsi avoir un moteur de lancement alimenté par le courant de la batterie d’accumulateurs, et produisant une énergie relativement considérable. Ces systèmes sont, d’autre part, de dimensions aussi réduites que possible, afin de diminuer l’encombrement et le poids.
- On sait qu’il existe à l’heure actuelle deux solutions employées en Europe pour établir des dispositifs de démarrage : l’emploi d’un moteur de lancement et d’une dynamo de charge séparés; d’autre part l’adoption d’un système de dyriamo-démarreur combiné ou dynastart.
- Il semble, en principe, qu’il y ait intérêt à adopter la première solution, afin de pouvoir étudier séparément les deux organes pour les rôles différents qu’ils ont à remplir, mais la difficulté essentielle, dans ce cas, réside dans la mise en place plus malaisée, et surtout dans la liaison entre le démarreur et le moteur. On emploie, on le sait, des pignons Bendix qui viennent s’appliquer automatiquement sur la couronne de lancement dentée, au moment du démarrage, et reviennent
- automatiquement à leur position initiale, une fois le moteur lancé. Le système est évidemment toujours brutal, puisqu’on met en contact un pignon tournant à grande vitesse avec un volant denté immobile. Il faut ainsi redouter l’usure rapide des dents du pignon et même le coincement accidentel. Différents dispositifs accessoires ont été proposés plus ou moins récemment pour éviter ces inconvénients. Ce résultat obtenu est cependant toujours plus ou moins atteint.
- La dynastart, facile à mettre en place, et simplifiant l’ensemble du moteur par la réunion en un bloc de deux éléments distincts présente donc des avantages certains au point de vue mécanique. Elle offre surtout la particularité importante d’être constamment « en prise » elle évite par conséquent tout risque de coincement, si désagréable pour le conducteur et qui nécessite des manœuvres souvent délicates et, en tout cas, désagréables, pour la remise en marche de la voiture.
- La dynastart permet le lancement du moteur, et lorsqu’elle est entraînée par lui, produit le courant de recharge de la batterie.
- C’est une dynamo à excitation séparée. Si on la fait traverser par un courant, elle fonctionne comme un moteur. Si au contraire, on fait tourner l’induit à grande vitesse, le courant absorbé diminue, et même change de sens. Le système fonctionne alors en génératrice.
- Pour le démarrage elle tourne à vitesse réduite, et doit posséder un couple intense. L’excitation est effectuée en série. Au contraire, lorsque la machine fonctionne comme dynamo on adopte l’excitation en shunt.
- Une dynastart comporte ainsi une excitation série, avec un bobinage en fil de forte section à peu de spires traversé par le courant total de démarrage, et une excitation shunt avec un bobinage en fil de faible section à grand nombre de spires (%• 3).
- Il faut, d’ailleurs, prévoir des systèmes de régulation, et un système de réglage constitué par un balai auxiliaire d’excitation générale.
- La dynastart est un appareil peu encombrant, simple et robuste, bien étudié au point de vue électrique. La difficulté pratique réside dans sa liaison avec le moteur.
- On peut adopter une liaison en prise directe en montant l’arbre, en bout du vilebrequin. Le dispositif est robuste, mais il offre l’inconvénient d’augmenter l’encombrement du moteur, de rendre difficile la mise en marche à l’aide de la manivelle, et même de provoquer des détériorations assez graves en cas de coincement accidentel du « rotor ». D’ailleurs cette position en bout d’arbre du dynamoteur, l’expose dangereusement à tous les chocs, qui peuvent se produire sur l’avant de la voiture.
- On a proposé également une commande par chaîne, mais, si le système est robuste, il est bruyant, et sujet à une usure quelquefois rapide.
- La commande par courroie trapézoïdale est plus séduisante mais là une autre difficulté survient. La dynastart fonctionne tantôt comme moteur, tantôt comme dynamo, la tension de la courroie ne doit donc pas être la même dans les deux cas. Si l’on adoptait une tension moyenne, on risquerait d’avoir une adhérence insuffisante au moment du démarrage, et, au contraire, de provoquer une usure trop rapide et un frottement inadmissible en temps normal, lorsque la machine travaille en dynamo.
- Il convient de signaler un dispositif pratique particulièrement heureux employé sur un modèle de voiture récente (fig. 4 et 5).
- Dans ce système, le dynamoteur monté sur le
- Fig. 4. — Dynamoleur moulé sur voilure Berliel 944 el son système d’entraînemenl.
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- bloc moteur comporte une double poulie reliée par des courroies trapézoïdales en caoutchouc à deux poulies à gorges de même diamètre fixées à l’extrémité du vilebrequin.
- Le système de démarrage placé sur le tableau de bord comporte une poignée qui permet de tirer un câble de commande en acier. En agissant sur ce câble, on provoque le fonctionnement du contacteur; le courant de la batterie passe dans le démarreur; on provoque en même temps la rotation d’un support à l’extrémité duquel est fixé un galet tendeur venant s’appliquer sur la courroie. On obtient ainsi la tension nécessaire à l’adhérence de la courroie pendant tout le temps où la dynastart fonctionne en démarreur.
- Dès qu’on laisse revenir la poignée en arrière, le contacteur est mis hors circuit, le galet reprend sa position primitive, et 'la tension de la courroie est ramenée à sa valeur normale pour l’entraînement de la dynastart fonctionnant comme dynamo.
- Le démarrage du moteur est ainsi obtenu aisément, sans aucun à coup et sans bruit, ce qui constitue un avantage pratique intéressant.
- LA CENTRALISATION DES ORGANES DE COMMANDE, UN NOUVEAU DISPOSITIF
- On s’efforce, dans les nouveaux types de voitures, de simplifier au maximum les manœuvres nécessaires, et même de réduire le nombre des organes de commande. On tente, d’autre part, de les dissimuler ou, tout au moins, de diminuer leur encombrement.
- C’est ainsi qu’on adopte sur les tableaux de bord un dispositif central réunissant en un même cadran tous les appareils de contrôle, autrefois répartis sur toute la surface du tableau : tels que compteur kilométrique, indicateur de vitesse, indicateur de pression d’huile, et de niveau d’essence, ampèremètre montre, etc. Il importe, d’autre part, que le conducteur ait toujouïs à portée de sa main, et, s’il est possible, de sa main droite, les systèmes de commande des avertisseurs, des divers systèmes d’éclairage, et des accessoires auxiliaires, tels que l’essuie-glace.
- Cette disposition est d’autant plus nécessaire que des règles très sévères déterminent désormais les modalités d’éclairage au moment des croisements, dans certaines villes, en particulier, à Paris, d’autre part, les signaux sonores sont interdits la nuit, et sont remplacés par des signaux lumineux effectués au moyen des phares.
- Le groupement de ces organes de contrôle assez nombreux est donc parfois pratiquement assez difficile. Berliet a adopté récemment un dispositif nouveau qui paraît, sous ce rapport, à la fois pratique et original comme le montre la photographie de la figure 6.
- Un bras spécial de commutation en métal chromé est disposé en dessous du volant, et toujours sous la main du conducteur. 11 comporte à son extrémité une petite manette déterminant immédiatement la mise en fonction du système d’éclairage-ville, c’est-à-dire feu de position arrière, éclairage du numéro, et veilleuse lanterne avant, de l’éclairage route, ou de l’éclairage code par l’allumage de filaments distincts disposés dans les ampoules des phares.
- A son extrémité, le bras de commande comporte d’autre part : un bouton commutateur permettant la mise en marche de l’essuie-glace électrique automatique à deux palettes, et, en dessous, deux boutons à poussoirs commandant respectivement le fonctionnement des avertisseurs de ville ou de route placés à l’avant de la voiture.
- Ainsi, le conducteur a toujours à portée de sa main tous les organes de commande nécessaires, ce qui rend la conduite plus agréable et accroît la sécurité.
- Ensemble contacteur conjoncteur -disjoncteur et fusible
- Câble de ! commande de démarrage
- Arbre du dynamoteun
- Galet tendeur de courroie
- Fig. 5. — Les organes du dynamoteur Paris-Rhône monté sur les voilures Berliet 944.
- UN DISPOSITIF DE STARTER ADDITIONNEL
- Nous avons décrit déjà des systèmes de starters permettant la mise en marche facile, même au départ, lorsque le moteur est froid ; ils sont constitués, en réalité par de petits carburateurs auxiliaires assurant la production d’un mélange carburant plus riche en essence au moment de la mise en marche.
- Pour améliorer le départ dans les voitures d’ancien modèle comportant un carburateur ordinaire, il n’est cependant pas nécessaire de changer complètement ce carburateur et on peut adapter simplement au modèle existant un dispositif auxiliaire.
- Un système de ce genre tel que celui représenté par la figure 7 comporte un piston, un gicleur d’air, un gicleur d’essence, un tuyau-puits, un tuyau plongeur, et un système de commande.
- Le piston actionné par une tirette commandée de la planche de bord coulisse à l’intérieur de la bride. En tirant sur cette commande, mais sans appuyer sur l’accélérateur, on entraîne le petit piston, et on dégage l’ouverture aménagée pour mettre
- Fig. 6. — Le groupement des organes de commande de l'éclairage et des averlisseurs sur la voiture 944 Berliet.
- (On voit à gauche le cadran centralisé des appareils de contrôle).
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- Gicleur
- d’air
- ___ Piston
- -Tuyau
- plongeur
- Commande
- - Gicleur d’essence
- Fig. 7. — Coupe du dispositif auxiliaire de départ « Idéal-Starter ».
- en circuit le dispositif starter avec la tuyauterie d’admission. En faisant tourner le moteur, l’aspiration se fait ainsi uniquement par le carburateur auxiliaire. Dès que la commande est repoussée, ce dernier est mis hors circuit, et le moteur fonctionne à l’aide du carburateur normal. Comme le montre la figure 8, la pose du dispositif est, d’ailleurs, très facile, quel que soit le type de carburateur considéré.
- POUR PROTÉGER LES POIGNÉES DES PORTES
- Les poignées des portes sont souvent rapidement dété-
- Fig. 8. — Montage du starter sur un carburateur.
- Fig. 9. — Protection des poignées de portes à l’aide de tubes de caoutchouc.
- riorées l’hiver par suite des intempéries. D’autre part, une des poignées avant porte généralement un dispositif de serrure permettant la fermeture de la voiture.
- La pluie ou la neige peut amener le coincement de cette serrure.
- Pour éviter cet inconvénient gênant, il suffit, pendant le très mauvais temps, de protéger la poignée au moyen simplement d’un petit tube de caoutchouc sur lequel on pratiquera une fente de manière à laisser passage à l’axe de la poignée. On fera également une petite ouverture dans la face avant, de façon à permettre l’introduction de la clef de la serrure.
- UN SYSTÈME PRESSE-GLACE EFFICACE
- Les carrosseries modernes, soit complètement en acier, soit mixtes, sont généralement silencieuses; il est pourtant un bruit désagréable qui subsiste souvent et qui est dû à la vibration des glaces de portes et peut se produire malgré l’adoption des glissières en velours. Cet inconvénient est surtout fréquent lorsque la glace n’est pas levée, ou abaissée complètement.
- On peut le faire disparaître, cependant, à l’aide d’un système de presse-glace formé par une équerre métallique disposée entre la traverse et l’ébénisterie supérieure de la portière, et comportant sur sa face verticale un ressort à l’extrémité duquel est disposé un galet de pression en caoutchouc.
- Avec un seul galet, on obtient ainsi la suppression des vibrations pour les petites glaces et on peut en utiliser deux poulies glaces plus larges (fig. 10). L'. Picard.
- Adresses relatives aux appareils décrits :
- Dispositif idéal Starter. Établissements Chalumeau, 13, rue d’Arme-nonville, Neuilly-sur-Seine.
- Presse-glace. Quicktho, 23, rue de St-Germain, Courbevoie.
- Automobiles Berliet, Lyon-Venissieux (Rhône).
- Fig. 10.-— Système de presse-glace évitant les vibrations des glaces de portières. (Système Quicktho).
- Ebènisterie
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- LIVRES NOUVEAUX
- La philosophie de la matière chez Lavoisier, par
- Hélène Metzger. 1 brocli., 47 p. Hermann et Cie, Paris, 1935. Prix : 10 fr.
- Dans cette conférence, Mme Metzger, qui entretient en France le culte de l’histoire des sciences, s’attache à mettre en lumière les soubassements philosophiques de la pensée de Lavoisier. Suivant une sage méthode, elle replace le savant dans le milieu intellectuel et scientifique de son époque; ce qui lui permet de dégager les ressorts intimes de sa pensée. Elle montre l’influence profonde exercée par la philosophie de Condillac sur le rénovateur de la chimie.
- Une nouvelle conception de la lumière, par L. de Bro-glie, 1 brocli., 48 p. Hermann et Cie, Paris, 1934. Prix : 12 fr.
- Dans ce fascicule, le célèbre créateur de la mécanique ondulatoire montre que cette théorie, malgré ses prodigieux succès, ne réussit pas à rendre compte d’une façon parfaite des propriétés spéciales du plioton et du champ électromagnétique de la lumière. Il présente ici une tentative pour résoudre ces difficultés tout en gardant les conquêtes essentielles de l’ancienne mécanique ondulatoire. Cette théorie nouvelle s’inspire de la théorie de l’électron magnétique de Dirac dont l’auteur commence par exposer les traits essentiels.
- L’électron positif, par Irène Curie et F. Joliot. 1 brocli.. 28 p. 3 pl. hors texte. Hermann et Cie, Paris, 1934. Prix : 10 fr. Cette conférence résume la passionnante histoire de l’électron positif depuis sa découverte jusqu’à la fin de l’année 1933. On sait que les auteurs y ont apporté une contribution d’importance capitale.
- Applied acoustics, par Harry F. Olson et Frank Massa.
- I vol., 430 p., 228 fig. P. Blakiston, Philadelphie (U. S. A.).
- Les appareils électro-acoustiques et, en particulier, tous les dispositifs de musique mécanique ont pris une grande importance, à mesure qu’augmentaient les progrès de la technique correspondants.
- II devient donc désormais essentiel de déterminer avec précision les caractéristiques des appareils qui entrent dans la composition des installations de musique mécanique; tels que microphones, pick-ups, haut-parleurs, etc. Il est également utile de déterminer les propriétés acoustiques des salles destinées aux émissions ou aux reproductions sonores. C’est le rôle de « l’acoustique architecturale ».
- MM. Ilarry F. Oison et Frank Massa, qui appartiennent au laboratoire de recherches de la R. C. A. Victor Company, ont réalisé de très remarquables appareils électro-acoustiques, en particulier des liaut-parleurs; ils ont eu le grand mérite de réunir, en un livre très clair, et dont la lecture est facile pour le technicien, un grand nombre d’indications qu’il est désormais nécessaire de connaître sur les caractéristiques des microphones, et haut-parleurs, en particulier, et sur-la manière de les déterminer.
- Les auteurs donnent également des notions plus générales mais fort intéressantes sur les appareils de laboratoire électro-acoustiques et terminent enfin par des notions utiles et récentes sur l’acoustique des salles.
- Fernseh Empfang (La réception en télévision), par Manfred von Ardenne. 1 vol., 118 p., 80 fig. Weidsmannsche Buchhand-lung, éditeur, Berlin. Prix : 6,30 marks.
- M. Manfred von Ardenne s’est consacré depuis plusieurs années au perfectionnement de l’oscillographe cathodique, et de ses diverses applications dans la physique moderne, en particulier en télévision.
- Des émissions de télévision sur ondes de moins de 10 m ont déjà commencé en Allemagne depuis plusieurs mois. Elles donnent des images détaillées à 180 lignes et ne peuvent être reçues dans les conditions actuelles qu’en utilisant un récepteur à oscillographe cathodique jouant à la fois le rôle de modulateur de lumière et d’intégrateur.
- Ce petit ouvrage donne de précieuses indications sur les dispositifs utilisés pour la réception des émissions radio-électriques proprement dites, et pour l’établissement du récepteur de télévision à oscillographe.
- Les appareils décrits sont du type allemand et ont, d’ailleurs, été établis pour la plupart suivant les indications de l’auteur. L’ouvrage représente un ensemble fort instructif pour tous ceux qui s’intéressent au développement de la télévision et, en particulier de la télévision cathodique, qui paraît être pour le moment la seule forme utilisable dans des conditions satisfaisantes.
- Au pays de l’Or Noir, par Ch. Baron. 1 vol. 174 p., 19 fig., planches et cartes hors texte. Ch. Béranger. Paris, 1935. Prix : 12 fr 50.
- M. Ch. Baron, député français, a visité, en 1932, les régions pétrolifères de Russie, qu’il appelle pays de l’Or Noir. Il relate ses impressions de technicien du pétrole et ses vues d’homme politique. Les premières seules relèvent de notre appréciation, et comme elles sont
- fort intéressantes, nous regrettons qu’elles soient un peu sommaires. Elles suffisent toutefois à mettre en évidence, statistiques à l’appui, le puissant développement donné par la Russie actuelle à ses exploitations pétrolifères. On sait qu’elle a reconquis le deuxième rang parmi les producteurs de pétrole, immédiatement après les États-Unis. M. Baron montre que cette ascension est le fruit d’un puissant effort d’organisation, de recherches, d’équipement et de technique; celui-ci ne porte pas seulement sur l’extraction du produit brut, mais aussi sur le raffinage et la fabrication des produits dérivés dont la Russie fournit aujourd’hui une gamme très complète. On ignore trop volontiers en France, les développements de l’industrie russe; c’est cependant un des grands phénomènes économiques de notre temps. M. Baron a parfaitement raison de protester contre cette ignorance. Mais pourquoi lui-même a-t-il attendu trois ans pour publier ce rapide compte rendu d’un intéressant voyage ?
- Les transports à travers les âges, par Georges Brunel. 1 vol. 294 p., 100 fig. E. Strauss, 40, rue de Trévise, Paris, 1935. Prix : 25 fr.
- C’est surtout des postes, messageries, transports en commun, depuis l’antiquité jusqu’à nos jours, qu’il est question dans cet intéressant historique. Sans entrer dans des détails trop ardus, l’auteur montre comment sont nés et se sont développés, en France et en Europe notamment, les services des postes, les transports en commun par terre ou par eau et les chemins de fer. L’auteur, on le sent, s’appuie sur une documentation extrêmement étendue, dont il a retenu les traits essentiels; des anecdotes frappantes reconstituent l’atmosphère du temps, illusion que renforce une pittoresque illustration tout entière empruntée à des documents du passé.
- La menace des insectes, par L. O. Howard. Traduit par L. Berland. 1 vol. in-16, 283 p. Bibliothèque de philosophie scientifique. Flammarion, Paris, 1935. Prix : 12 fr.
- Riche de 50 années d’expérience comme chef du Bureau d’entomologie des États-Unis, l’auteur expose ses vues sur la place que tiennent les insectes dans la nature, et la lutte incessante que nous devons entreprendre contre eux.
- Certaines formules saisissantes montrent l’insecte comme l’être le plus abondant, le plus ancien occupant, la forme la plus réussie, le mieux adaptée et la plus persistante. Si l’homme a pu assurer sa prédominance sur un grand nombre de formes animales hostiles, en les supprimant ou en les soumettant, il est resté à peu près désarmé devant le pullulement des insectes, l’on sent qu’il faudrait peu de chose pour que ces derniers gagnent la partie et nous supplantent, si nous ne continuons pas une lutte sans merci.
- La faune de France en tableaux synoptiques illus très, par Rémy Perrier. Tome I B. Vers et Némathelminthes, par Jean Delpiiy. 1 vol., 179 p., 614 fig. Delagrave, Paris, 1935. Prix : cartonné, 25 fr.
- Voici le 8e volume de cette faune qui en comprendra 11. C’est dire qu’elle approche de soir achèvement. A côté des gros traités de systématique, certes plus complets, maix coûteux, et souvent laborieux à consulter, elle a le grand mérite d’être portative, de pouvoir servir sur le terrain et, grâce à sa classification par tableaux synoptiques, de conduire rapidement à la famille, au genre et souvent à l’espèce tout au moins pour les animaux qu’on rencontre le plus souvent! C’est assez dire son grand mérite et combien tous les zoologistes! professionnels et amateurs, en sont reconnaissants à M. le professeur Rémy Perrier. Ce volume, dû à M. Delphy traite d’un groupe très abondant et varié : Rotifères, Gastrotriches, Polychètes, Gépliyriens, Oligochètes, Hirudinées, Turbellariés, Némertiens, Trématodes! Cestodes, Echinodères, Acanthocéphales, Gordiacés, Nématodes! Chétognattes. On aboutit à chaque espèce par une série de clés dichotomiques rendues très simples par de nombreux dessins au trait, remarquablement clairs et l’on trouve pour chacune l’indication dé l’habitat.
- Le visage du Maroc, par P. Russo. Manuel de géographie physique. 1 vol. in-16, 238 p., cartes et planches dans le texte et hors texte. Éditions F. Moncho, rue de la Mamounia, Rabat, 1935. L’ouvrage comprend deux parties fondamentales : une partie générale et une partie régionale : à chacune correspond un type d’illustration déterminé qui permet de suivre aisément les développements de l’auteur. Les notions qui dominent les exposés contenus dans cet opuscule sont à la fois d’ordre stratigraphique, paléogéographique tectonique, météorologique, hydrogéologique et guident le lecteur dans les descriptions de détail orographiques et hydrographiques.
- Une bibliographie sommaire termine cet ouvrage, qui constitue une intéressante mise au point de la géographie physique du Maroc aujourd’hui facilement accessible aux chercheurs scientifiques sur tout l’ensemble du territoire.
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- NOTES ET INFORMATIONS
- HISTOIRE DES SCIENCES Le Palais de la Découverte à VExposition de 1937.
- Interview de son promoteur M. Jean Perrin.
- Depuis quelques mois, les chantiers de l’Exposition, qui se tiendra en 1937 à Paris, sont ouverts. On élargit le Pont d’Iéna et on construit deux Musées d’art moderne sur les terrains qu’occupait la manutention militaire entre l’avenue de Tokio et l’avenue du Président Wilson. Ces monuments subsisteront tandis que les terrasses, les voiles d’eau, les aménagements extérieurs ou intérieurs destinés à « camoufler » le Palais du Trocadéro et divers pavillons édifiés aux abords de la Tour Eiffel seront temporaires. Parmi ces bâtiments qui commencent à s’élever, nous tenons à signaler ici un des plus remarquables : le Palais de la découverte dans lequel M. Perrin, professeur de chimie physique à la Sorbonne, veut organiser la plus vivante image du progrès humain à travers les siècles.
- Nous avons donc été demander au savant scrutateur des atomes de nous préciser le but et l’intérêt de son originale conception. Voici le résumé de l’interview que M. Perrin a bien voulu nous accorder récemment. Dans son vaste bureau de la rue Pierre Curie de larges baies laissent entrer une lumière propice aux idées claires et aux enthousiastes projets. Aussi le maître de céans répond très exactement et avec une chaleur communicative à nos questions. On sent qu’il a médité et mûri son idée avant de la proposer au Commissariat général de l’Exposition.
- Je veux d’abord montrer, me dit le profond penseur, que les techniciens ne sauraient délaisser les sources des découvertes scientifiques. Pour innover dans une branche quelconque, il faut connaître le point de départ de nos devanciers dans ce domaine, la genèse de leurs travaux, que nous pouvons compléter en parachevant leur œuvre grâce aux moyens perfectionnés que nous possédons actuellement. Toutefois mes collaborateurs et moi nous ne ferons pas que de l’histoire rétrospective. Nous présenterons les choses d’une manière vivante, en répétant sous leurs formes modernes les grandes découvertes d’où jaillirent, par l’intermédiaire des inventions, toutes les conquêtes de la civilisation.
- Les différentes sections du Palais projeté embrasseront Y astronomie, la mécanique et les mathématiques, la physique, la chimie et la biologie. Voilà, en peu de mots, notre immense domaine, que le « Conseil supérieur de la recherche scientifique » organisera de façon définitive, si les crédits demandés (une trentaine de millions environ) sont accordés par le Ministre des Finânces.
- Certes, comme l’avance Tyndall, l’imagination « contenue dans de justes limites et modérée par la raison » restera toujours « le plus puissant instrument de découvertes ». Les exemples venant à l’appui de cette assertion ne manquent pas dans l’histoire scientifique. Newton ne dut-il pas posséder une admirable faculté créatrice pour tirer du fait banal de la chute d’une pomme les lois de la marche des planètes ! lvépler et Laplace n’eurent-ils pas de merveilleux dons de divination pour imaginer leurs systèmes des Mondes ! Quelle géniale intuition n’a-t-il pas fallu à Buffon pour écrire ses admirables Epoques de la Nature, à Cuvier pour esquisser les Révolutions du globe et créer la Paléontologie en reconstituant des êtres disparus depuis tant de siècles ! Enfin pour ne citer que quelques
- grands noms, Ampère n’a-t-il pas fondé l’électrodynamique, en une quinzaine de jours, grâce à la puissance d’un cerveau merveilleusement doué !
- Bien entendu, le Palais de la découverte ne suscitera pas de tels «as» scientifiques, mais son promoteur espère néanmoins qu’il contribuera à éveiller dans le public l’esprit de la recherche et qu’il révélera des vocations. N’est-ce pas jadis le hasard d’une rencontre qui décida de l’avenir du «relieur » Faraday, à qui la physique et la chimie doivent tant de progrès ? Puisse donc l’original édifice, que se propose de bâtir M. le Professeur Perrin subsister après la fermeture de l’Exposition de 1937 car selon les paroles du célèbre électricien anglais la science doit rendre « aimables et généreux » tous ses adeptes. En conséquence accueillons avec sympathie une institution capable de communiquer à quelques nouveaux savants français ces vertus si rares aujourd’hui dans le monde !
- Jacques Boyer.
- GÉOLOGIE
- Le pétrole va=t=il bientôt manquer ?
- Voici une question qui peut prêter à sourire en la période de surabondance que nous traversons. On se souvient que naguère, les géologues, en tous leurs congrès, annonçaient le prochain épuisement des gîtes pétrolifères et la consommation des réserves connues. Ces prophéties semblent avoir été cruellement démenties par les faits : en effet, les découvertes de gisements nouveaux, favorisées par des méthodes de prospection perfectionnées, ont fait couler des flots de pétrole si abondants que, malgré la baisse des prix et le développement des applications, la production s’est trouvée supérieure aux besoins.
- On aurait tort, cependant, de sourire des avertissements des géologues. Un concours heureux (ou malheureux ?) de circons
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- tances a créé un afflux anormal du précieux liquide pendant quelques années. Mais n’est-ce pas là un accident de courte durée ?
- Un j ournal technique des Etats-Unis, The OU Weehiy bien placé pour observer la situation dans le premier pays pétrolifère du monde, jette à nouveau le cri d’alarme.
- Les gisements anciens se tarissent conformément aux prévisions des géologues; et les découvertes de nouvelles réserves sont insuffisantes pour compenser l’épuisement des anciens champs.
- En ces dernières années, les Etats-Unis consomment environ 1 milliard de barils par an.
- Fi<j. 1. — Avion Farman ISO, utilisable comme avion école, avion mitrailleur, avion sanitaire, avion de bombardement et avion photographe (pli. Studio Rodriguez).
- Pour n’avoir pas à entamer les réserves connues, il faudrait pouvoir extraire cette quantité chaque année des champs connus et déjà exploités. Favorisée par la chance, l’industrie a pu satisfaire à cette condition pendant quelques années; mais la chance a tourné; depuis 3 ans on entame les réserves; celles-ci sont évaluées à 10 ou 12 milliards de barils. Elles
- La ligure 2 nous montre ouvertement que ce petit appareil n’est pas aussi pacifique qu’il le paraît de prime abord et qu’il est prêt en cas de besoin à recevoir une double mitrailleuse dont les canons sont guidés par un berceau pour protéger l’hélice.
- Fig. 2. — L’avion muni d'une double mitrailleuse (pli. Studio Rodriguez).
- S’il doit servir à des buts militaires cet avion utilisera ses possibilités avec deux lance-bombes qui paraissent bien inoffensifs et ressemblent plutôt à des caisses attendant les bagages des voyageurs.
- S’il peut être un engin de mort, cet avion est équipé aussi pour un but plus humain. Dans sa carlingue, par un panneau mobile peut être installé commodément un brancard qui le transforme en avion sanitaire (fig. 3).
- Ce n’est pas tout, remplacement prévu pour les boîtes à bombes et l’orifice ménagé dans le plancher pour l’évacuation de celles-ci peuvent être utilisés pour la photographie et la cinématographie aérienne grâce à une heureuse combinaison de berceau mobile et coulissant d’une grande facilité de manœuvre.
- Cet appareil a une surface d’environ 40 m. Il est muni d’un moteur Salmson 9 cylindres en étoile de 280/320 ch. Sa vitesse est de l’ordre de 230/240 km à l’heure. A pleine charge son rayon d’action est d’environ 600 km.
- C’est donc surtout un avion d’école et démonstration très intelligemment conçu. Roux-Baudrand.
- seront consommées en 10 ans. Sans doute, on peut espérer encore, sur le territoire des Etats-Unis, de nouvelles découvertes. Mais rien ne permet de compter sur une succession rapide de mises à jour de champs nouveaux comme celles qui ont marqué les années 1920 à 1930.
- D’ici 10 ans, l’heure de la disette du pétrole sonnera donc pour le pays qui occupe aujourd’hui le premier rang dans la liste des producteurs de pétrole.
- AVIATION
- Un petit avion à toutes fins utiles.
- «Utile dulci», telle devrait bien être la devise inscrite sur la carlingue de l’avion « Farman » livré au gouvernement turc et que présente notre photo 1.
- Rien ne le distingue à première vue des « Farman » type 190 de tourisme qui sillonnent les airs et ont déjà parcouru environ sept millions de kilomètres pour le seul plaisir de la promenade de leurs heureux propriétaires.
- Utile cet avion spécial l’est déjà par sa double commande côte à côte qui permet de l’utiliser pour l’instruction des élèves pilotes dans les meilleures conditions de confort.
- Fig. 3. — L’avion est muni d’un brancard et peut se transformer en avion sanitaire (pli. Studio Rodriguez).
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- INVENTIONS ET NOUVEAUTÉS
- PÊCHE
- La pêche électrique.
- La capture d’un poisson de fortes dimensions suscite souvent des difficultés sérieuses, même aux pêcheurs avertis. Après « ferrage » il faut vaincre en effet la résistance de l’animal, pour l’amener à portée de l’épuisette, et la manœuvre est délicate, en utilisant le matériel de pêche ordinaire. Si le pêcheur n’est pas un véritable sportif, il a donc intérêt à paralyser le poisson ferré pendant un temps suffisant pour permettre son amenée facile dans l’épuisette.
- On a eu l’idée aux Etats-Unis, il y a quelque temps déjà, d’utiliser le courant électrique pour étourdir les poissons de grande taille.
- Quelques indications ont été données à ce sujet dans le numéro du 15 juillet 1931 de La Nature.
- Borne relais
- Magnéto
- Câble de liaison
- FU de
- - Raccord de—
- Fig. 1. — L’appareil de pêche électrique Savreux.
- Après essais, on utilisait alors une batterie d’accumulateurs d’une tension de 120 volts.
- L’hameçon était relié à un conducteur en fil d’acier enfermé dans une gaine isolante, et, lorsque le poisson le saisissait, il lançait en même temps le courant dans la ligne, par l’intermédiaire d’un contact, un pôle de la batterie était relié au conducteur, et l’autre à la mer.
- L’inconvénient provenait du passage du courant continu à haute tension dans l’hameçon, ce qui déterminait une oxydation par électrolyse. De plus, l’amorce vivante fixée à l’hameçon était, bien entendu, tuée à la première décharge.
- De là, l’idée d’un perfectionnement consistant dans un interrupteur manœuvré par le pêcheur, et permettant le passage du courant seulement pendant le temps minimum utile.
- Grâce à ce système relativement simple, il fut pourtant possible d’obtenir des résultats intéressants, et, par exemple, de maîtriser rapidement des thons de 250 à 300 livres.
- Ces dispositifs originaux, nécessaires en Amérique pour la capture de thons et de requins pesant de 300 à 500 livres, sont évidemment peu adaptés à la pêche dans nos rivières,
- où le poids des poissons à capturer ne dépasse guère 2 à 20 livres !
- On peut donc d’abord songer simplement à diminuer la tension et même l’intensité du courant à employer, et se contenter alors d’une modeste pile sèche, avec des fils conducteurs de diamètre réduit, correspondant à ceux qu’on emploie pour la pêche en rivière « à la coulée ».
- En pratique, le système est cependant d’un emploi difficile, parce que « les jetés » de ligne deviennent délicats, avec des fils conducteurs libres, et s’emmêlant sur le « scion ». Le courant continu détermine toujours une électrolyse plus ou moins gênante d’autre part.
- Un de nos fidèles lecteurs, M. Louis Savreux, a eu l’ingénieuse idée de modifier ce système primitif, et d’étudier un dispositif particulier, mieux adapté à l’usage que l’on peut en faire sur nos rivières.
- L’alimentation électrique pourrait, à la rigueur, être obtenue avec une batterie de piles ou d’accumulateurs, mais elle est assurée plus pratiquement à l’aide d’une magnéto, ce qui permet d’obtenir du courant alternatif avec électrolyse presque nulle évitant la détérioration des fils conducteurs et des hameçons.
- Les magnétos à haute tension exigent des conducteurs à isolement délicat, et il a donc paru préférable d’adopter une magnéto basse tension.
- Une magnéto de téléphone d’ancien modèle produisant un courant d’une tension de 15 volts environ a été disposée dans un carter, et montée sur une canne à pêche à la place du moulinet habituel.
- Une borne-relais placée vers l’extrémité du bambou permet la liaison avec l’hameçon, dont le fil d’alimentaion est enrculé autour de la canne, tandis qu’un fil de masse trempe dans l’eau et ferme le circuit.
- Les expériences réalisées avec des grenouilles, des lézards d’eau, et des poissons de 100 à 200 grammes furent concluantes.
- Par la suite, il a été possible au moyen de ce système de prendre très rapidement une chevesne de 1 kg et « au vif » deux brochets, dont un de un kg, et l’autre de 2 kg et demi.
- La magnéto servant au début à l’expérience et assez encombrante a pu être remplacée avantageusement par un modèle à pression du genre de ceux qu’on emploie pour les lampes de poche. Elle est peu un moins puissante, mais suffisamment efficace.
- Le corps de ligne peut être constitué par un câble de cuivre rouge renforcé par un câble fin d’acier.
- Ce câble est isolé électriquement et verni, recouvert en outre d’une gaine de toile cirée. L’hameçon est soudé sur le bas de ligne.
- Le raccord du corps et du bas de ligne doit être isolé électriquement.
- Le fil de cuivre de masse se prolonge en direction de l’hameçon sur une longueur suffisante pour que les spires et la pointe non isolée constituent des électrodes efficaces.
- Ce fil de masse peut, d’ailleurs, être remplacé par une masse de cuivre rouge.
- La magnéto n’est guère plus encombrante qu’un moulinet ordinaire et sa mise en action après ferrage du poisson est immédiate.
- Ce système, breveté en novembre 1934 par notre correspondant, paraît donc devoir rendre des services pratiques aux amateurs de grosses pièces de nos rivières et étangs, et plus encore aux sportifs qui pêchent le thon en canot.
- L. P.
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- BOITE AUX LETTRES
- COMMUNICATIONS
- A propos de la fascination d’un oiseau par une vipère (n° 2950).
- M. le Dr A. Denis, de Toulon, nous écrit :
- « L’article paru dans La Nature du Ie* avril sur la fascination des petits oiseaux par les serpents me remet en mémoire une séance analogue dans laquelle je fus jadis témoin et acteur. Si le fond de l’histoire est identique, la divergence totale des détails est peut-être ce qu’il y a de plus intéressant. La voici :
- Me rendant une après-midi, vers 5 heures à la pêche aux écrevisses, j’arrivai à une barrière en planches à larges claires-voies fermant une prairie que je devais traverser. A quelques mètres j’aperçus une fauvette à tête noire qui, perchée sur l’un des montants, les pattes raidies au maximum comme l’oiseau qui veut s’envoler, poussait de petits cris plaintifs en battant des ailes, sans pouvoir quitter sa place. Songeant à quelque bête puante, fouine ou belette, j’inspectai les lieux sans rien voir. Je m’approchai davantage et j’aperçus alors à travers les écartements des claires-voies une couleuvre à collier, de taille moyenne, qui, complètement allongée sur la traverse, de l’autre côté de la barrière, avait la tête à moins de 10 cm de l’oiseau. Elle devait ramper vers lui d’une façon insensible. Si j’avais pu tourner l’obstacle j’aurais laissé se prolonger la scène, prêt à intervenir avant l'assassinat; ne le pouvant pas et ne voulant pas tuer une inoffensive couleuvre je me bornai à lancer une grosse pierre sur la barrière : la couleuvre se jeta dans l’herbe et la fauvette s’envola. »
- Dr A. Denis.
- D’autre part, un naturaliste amateur nous écrit :
- « Certaines personnes instruites doutent de la réalité de cette fascination. J’ai été toujours surpris de ce doute, car voici un fait dont j’ai été témoin et qui coniirme l’article de M. le Dr Perrier, et d’autant plus surpris qu’il me semble facile de renouveler l’expérience.
- J’assistais dans une ménagerie à un déjeuner de serpents. On lâcha dans leur cage des lapins et des pigeons. Effrayées, ces pauvres bêtes se mirent d’abord à courir ou à voler en tout sens, cherchant à s’échap-
- per. Mais bientôt, lapins et pigeons s’approchèrent des serpents trottinant en cercles de plus en plus petits autour de la tête des serpents. Je remarquai alors que ceux-ci, sans se mouvoir, fixaient du regard la victime qu’ils avaient choisie. A un certain moment, le lapin ou le pigeon se couchait devant la gueule du serpent. Un coup de dent rapide, un cri, et c’était fini,
- Je ne vois pas bien quel truquage ou quelle illusion pourrait expliquer cette scène, s’il n’y a pas fascination. »
- A propos des oiseaux briseurs de coquilles (n°2950).
- M. Georges Thiry, de Bruxelles, membre de la Société des naturalistes de Belgique, nous écrit :
- « Je lis avec intérêt un article paru dans le n° 2950. Ce que vous dites au sujet des petits escargots est bien vrai; j’ai eu l’occasion de le constater souvent;mais où vous faites erreur : c’est en terminant de dire que l’examen de nombreuses coquilles brisées, trouvées au bord de la mer prouve que la technique de rupture est la même ! Avez-vous déjà observé le truc que les mouettes emploient pour faire éclater les coquillages que ces industrieux oiseaux pêchent dans les mares peu profondes du bord ?
- Elles se promènent dans ces mares ayant de l’eau à mi-pattes; à un moment donné, par un réflexe, je pense, elles sentent qu’elles marchent sur un coquillage (toujours peu profond dans le sable) un coup de bec et la voilà s’élevant à une dizaine de mètres, elle laisse tomber le coquillage, sur le sable dur et neuf fois sur dix il éclate du premier coup. Lorsque l’opération n’a pas réussi, elle reprend le coquillage et cette fois, elle s’élève plus haut. J’observe ce manège depuis des années et jamais je n’ai vu recommencer cette opération plus de trois fois.
- Je me promène et je chasse dans les dunes du littoral à peu près six mois par an. A chaque instant je rencontre de ces petits tas de coquilles, toujours à pmximité d’une pierre. Mais pourquoi toujours la même alors que dans le voisinage, immédiat, il se trouve d’autres pierres ? Je n’ai jamais vu un oiseau au travail, mais j’ai des raisons de croire que ce sont des sansonnets qui pullulent là-bas. (Dunes de la France) ».
- QUESTIONS ET RÉPONSES
- Construction d’un amplificateur contre la surdité.
- Ainsi que vous nous l’indiquez, on peut établir assez facilement un appareil contre la surdité à amplificateur à lampes à vide fonctionnant à volonté à l’aide du courant continu ou alternatif. On ne peut prétendre ainsi réaliser un dispositif donnant les mêmes résultats qu’un modèle professionnel; la qualité de l’audition obtenue peut être cependant suffisante, lorsque la surdité n’est pas trop accentuée.
- Un article sur cette question donnant des indications complémentaires paraîtra prochainement. Le schéma que vous nous avez indiqué peut convenir avec une lampe amplificatrice basse fréquence unique, du type pentode à grand coefficient d’amplification et une valve biplaque. On peut adopter des lampes de type américain ou du type européen Philips, par exemple, tous courants, mais on pourrait également utiliser des lampes « plein courant », du type Ostar, alimentées directement sous une tension de 110 volts, ce qui offre l’avantage de maintenir le montage en parallèle des éléments chauffants.
- Le filtrage du courant d’alimentation plaque, redressé ou non suivant qu’il s’agit de courant alternatif ou continu, s’obtient au moyen d’un circuit comportant un bobinage à noyau de fer de 30 Henrys et 2 condensateurs électro-chimiques secs de 8 micro-l'arads.
- Comme vous nous l’indiquez, il faut employer un transformateur microphonique d’entrée à grand rapport, et le modèle Ferrix que vous avez acheté convient très bien.
- Comme modèle de microphone, il faut un dispositif assez sensible à grenaille réduisant le plus possible les bruits de fond. Le modèle que vous indiquez semble satisfaisant. Vous pourriez également essayer un modèle Max Braun, par exemple, 31, rue de Tlemcen à Paris.
- La résistance de polarisation dépend, bien entendu, du type de lampes employé, et elle est généralement de l’ordre de 500 à 700 ohms.
- Le vendeur de la lampe vous donnera, d’ailleurs, des indications à ce sujet, si vous ne pouvez les trouver vous-même.
- Nous vous conseillons cependant très vivement de ne pas adopter la mise en circuit direct d’un casque téléphonique ou d’un vibrateur à conduction osseuse dans le circuit plaque de la lampe. Ce dispositif exigerait l’emploi de bobinages à forte impédance, de plus, cette liaison directe pourrait être assez dangereuse.
- 11 convient donc d’adopter toujours un transformateur de sortie dont le rapport serait variable suivant l’impédance des enroulements des écouteurs téléphonique ou du vibrateur. Si vous avez un vibrateur à faible impédance, il faut employer un transformateur abaisseur de sortie à grand rapport.
- Réponse à M. P.-L., à Versailles (S.-et-O.).
- Construction d’un adaptateur pour la réception des ondes courtes.
- Un dispositif adaptateur permet la réception des émissions sur ondes courtes sur la gamme de 12 à 80 m en employant un poste récepteur ordinaire destiné normalement à la réception des émissions de broadcasting de 200 à 2000 m de longueur d’onde.
- Des détails ont été donnés sur ces appareils dans les chroniques de Radiophonie Pratique de La Nature. Vous pourriez trouver des indications plus complètes sur ce sujet dans l’ouvrage Les Ondes courtes et ultra-courtes, par P. Hémardinquer et H. Piraux (Dunod, éditeur).
- Il y a, d’une part, des adaptateurs proprement dits alimentés par les mêmes sources que le poste récepteur, et, d’autre part, des convertisseurs à alimentation autonome.
- La qualité des résultats obtenus ne dépend pas seulement du système adaptateur, mais aussi du poste récepteur ordinaire.et de la liaison établie entre les deux appareils. Des résultats satisfaisants sont quel-
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- quefois obtenus avec un dispositif très simple; on peut ainsi adopter un système constitué par une simple lampe triode à grande pente à chauffage indirect montée en autohétérodyne. Voici l’adresse d’un constructeur d’appareil de ce genre :
- Etablissements Dyna, 43, rue Richer, à Paris.
- La pentagrille 6,7 A montée en radio-modulatrice permet, sans doute, facilement la réception des ondes courtes par changement de fréquence, et on peut également adopter avec succès, comme nous l’avons montré dans une récente chronique, un dispositif à deux lampes dont la première est modulatrice et la deuxième oscillatrice. Ces deux lampes sont, par exemple, du type pentode haute fréquence 77; leurs éléments chauffants sont montés en série, de telle sorte qu’elles peuvent être alimentées par le courant continu ou par le courant alternatif d’un secteur. L’alimentation est autonome, et assurée par redressement au moyen d’éléments oxycuivre ou d’une valve dans le cas du courant alternatif. Voici l’adresse d’un constructeur d’appareils de ce type :
- Etablissements Lefébure-Solor, 5, rue Mazet, Paris (6°).
- La réception dépend, en tout cas, essentiellement des caractéristiques du récepteur ordinaire, et particulièrement de la longueur d’onde moyenne adoptée. Si l'on emploie le convertisseur pour constituer un double changeur de fréquence, le dispositif d’ensemble est nécessairement plus délicat.
- Sauf cas particuliers, et toutes les fois que cela est possible, il est préférable d’utiliser un dispositif construit spécialement pour la réception des émissions sur ondes courtes. Il n’en existe pas beaucoup en France, car on étudie surtout en Europe la construction des appareils toutes ondes. Comme constructeurs spécialisés, nous pouvons vous signaler, par exemple, les Etablissements Dyna cités plus haut.
- Avec une bonne antenne, on peut se contenter d’un poste comportant une lampe haute fréquence, une détectrice et une ou deux basses fréquences. On peut construire également des appareils plus sensibles à changement de fréquence alimentés par le secteur et comportant, par exemple, une pentagrille radio-modulatrice, une ou deux pentodes moyenne fréquence, une détectrice, par exemple, double diode triode un premier étage basse fréquence et un étage de sortie.
- Réponse n M. le Commandant M. à Mont-de-Marsan {Landes).
- Choix d’un récepteur de télévision. 1
- Il y a, à l’heure actuelle, deux sortes d’émissions de télévision; d’une part, des émissions régulières permettant de recevoir des images peu détaillées, et de surface réduite, mais au moyen d’un dispositif simple et peu coûteux. Ces émissions sont effectuées sur une longueur d’onde élevée, et occupent une bande de fréquence qui n’est pas plus large que celle d’une émission radiophonique ordinaire. Elles sont effectuées en France sur la longueur d’ondes du poste des P. T. T. de 431, 7 m et sur la bande radiophonique normale de cette station-Elles ont lieu le mardi et le vendredi à 16 h.
- La transmission s’effectue suivant le procédé Barthélémy, à 30 lignes, et à analyse horizontale, avec une cadence de 16 1/3 images par seconde.
- On peut recevoir les images à l’aide d’un bon poste de T. S. F. ordinaire, et d’un dispositif simple comportant un disque de Nipkow ordinaire ou à lentille, une lampe à luminescence ou à moteur synchronisé. La lampe à luminescence est reliée à la sortie du récepteur de T. S. F. par l’intermédiaire d’un transformateur, ou d’une bobine de choc avec alimentation séparée.
- On prévoit, d’autre part, l’établissement d’émissions d’un autre genre permettant la transmission d’images très détaillées et de qualité comparable à celle des projections cinématographiques. Ces émissions seront effectuées sur une longueur d’onde très courte de l’ordre de 6 m, et seront reçues à l’aide d’un appareil à oscillographe cathodique. La réception des émissions elles-mêmes soulève, d’ailleurs, des problèmes délicats, en raison de la longueur d’onde très courte utilisée. Parmi les constructeurs d’appareils récepteurs de télévision, nous vous signalons, par exemple :
- Etablissements Emyradio, 198, boulevard St-Germain à Paris.
- M. Chauvierre, 43, bd Exelmans, à Paris.
- Des indications sur ces problèmes seront données dans un article prochain de La Nature. Vous pouvez également trouver des indications détaillées de ees questions dans l’ouvrage La Télévision et scs Progrès, par P. Hémardinquer (Dunod, éditeur).
- Votre deuxième question n’est pas très précise. La sélectivité d’un poste consiste dans la facilité avec laquelle il permet de séparer les
- émissions de longueur d’onde voisine. Cette qualité est constante, et demeure la môme le jour et la nuit. La sensibilité d’un récepteur demeure également constante; ce qui varie, ce sont les conditions de propagation des ondes courtes. C’est pourquoi, pendant le jour, il est plus difficile de recevoir les émissions de 250 à 600 mètres de longueur d’onde provenant des stations éloignées.
- S’il est bon d’avoir un poste sélectif, il ne faut pas que cette sélectivité soit trop accentuée, car elle déterminerait une diminution des qualités musicales de l’audition, par mutilation de la bande des fréquences transmises. Pour pouvoir vous donner un conseil utile, il est donc nécessaire de connaître également vos autres desiderata, en ce qui concerne les diverses caractéristiques du récepteur que vous voulez utiliser pour les émissions radiophoniques.
- Réponse à M. le Dr Bousseau, à Vitry (Seine).
- De tout un peu.
- Dr M. A. C., à Salon. — Nous ne possédons pas de données suffisantes sur la spécialité en question, pour pouvoir préjuger de la constitution des éléments employés.
- M. Truhaut, à Villejuif. — Nous ne connaissons pas la spécialité dont vous parlez et regrettons de ne pouvoir vous renseigner exactement, mais nous pensons qu’il s’agit d’une solution concentrée de sulfate de mercure légèrement acidulée par l’acide sulfurique, ce qui facilite l’amalgamation.
- IVI. IVlignon, à Paris.— 1° Le Sparadrap simple, de sparyere étendre, est obtenu en étendant à chaud sur une toile la préparation dite diachylon gommé qui est ainsi constituée :
- Litharge pulvérisée.....................
- Axonge..................................
- Huile d’olives..........................
- Eau.....................................
- Cire jaune..............................
- Poix blanche............................
- Térébenthine de mélèze..................
- Gomme ammoniaque........................
- Galbanum................................
- Essence de térébenthine.................
- On fait fondre ensemble puis on ajoute :
- Sulfate de zinc dissous dans l’eau : 25 gr.
- Puis on continue à chauffer en remuant sans cesse jusqu’à ce que l’eau soit « dissipée ».
- 2° Pour coller le caoutchouc sur le fer : faire digérer pendant plusieurs jours en agitant fréquemment :
- Gomme laque pulvérisée............... 90 grammes
- Ammoniaque liquide................... 100 —
- Lorsque la masse est devenue pâteuse et homogène appliquer sur les parties à joindre, les réunir et serrer fortement.
- Laisser en contact jusqu’à ce que l’ammoniaque soit complètement volatilisée, ce dont on se rend compte à l’odorat.
- M. Mariait, à Vichy. — 1° L’hypochlorite de soude qui est obtenu en faisant, passer un courant de chlore dans une solution d’hydrate ou de carbonate de soude n’est jamais séparé à l’état de sel, toute tentative de concentration ou de précipitation ayant pour effet d’amener la dissociation de ses éléments; il n’y a donc pas à envisager sa dissolution dans d’autres solvants que l’eau au sein de laquelle il a pris naissance.
- 2° Les eaux de Javel du commerce sont habituellement colorées en jaune par le bichromate de potasse ou de soude.
- 3° Le papier à calquer est un papier mince et résistant, non chargé en matières minérales (kaolin), que l’on rend transparent en le badigeonnant au moyen d’un pinceau plat avec une mixture composée de
- Baume du Canada................... 20 grammes
- Essence de térébenthine...........100 —
- On laisse ensuite sécher à l’air libre.
- 4° Le vert malachite est surtout utilisé pour l’analyse microscopique des pâtes à papier, ce colorant ayant la propriété de se fixer spécialement sur la fibre de sapin écrue, alors que la même fibre blanchie ne reste pas colorée après lavage.
- M. Desbrière, à Paris. — Etant donné que le propane est un hydrocarbure, il sera certainement miscible à tous les hydrocarbures extraits du pétrole.
- Dans cet ordre d’idées, il vous suffira de préparer l’encaustique mère au moyen de cire d’abeilles dissoute dans le white-spirit commercial D = 0,780 environ.
- 620 grammes 620 —
- 620 —
- 1250
- 120 —
- 120 —
- 120 —
- 100 —
- 100 —
- 60 — .
- Le Gérant : (i. Masson.
- 6714. — lmp. Lahure, 9, rue de Fleurus, Paris. — i-^-ig35. — Pnblished in France.
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- LA NATURE
- EN ANGOLA
- N° 2953. -— 15 Mai 1935. Prix * du Numéro : 4 francs
- Paraissant le ieT et le 15 de chaque mois. ' pour la vente en France.
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- Paraît le 1er et le 15 de chaque mois (48 pages par numéro)
- LA NATURE
- MASSON et C'e, Editeurs, 120, Boulevard Saint-Germain, PARIS, VI" (T\. C. Seine : i5.234) Tel. Danton 56.11.
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- N“ 2953
- 15 Mai 1935.
- LA NATURE
- RÉCENTES SOUFFLERIES AÉRODYNAMIQUES
- LA SOUFFLERIE AÉRODYNAMIQUE DE CHALAIS-MEUDON
- A la fin de cette année 1935, l’aviation militaire française sera pourvue d’au moins 220 Dewoitine type 500 et 511, appareils de chasse équipés de moteurs de 690 ch et 860 ch, capables de tenir le 400 lcm-h à 5000 m d’altitude. Leur plafond de 11 500 m est atteint en 6 min. 38 secondes. Chaque unité revient à 500 000 fr environ dont 250 000 pour le moteur. En 1922 le record du monde de vitesse pour l’avion était de 280 km à l’heure; il y a quelques mois le lieutenant italien Agello, monté sur le Macchi-Fiat bi-moteur de 3200 ch, dépassait la vitesse de 709 km à l’heure.
- Et le dernier mot n’est pas dit ; on peut espérer pour un avenir proche, de nouvelles augmentations de vitesse : allégement des moteurs, amélioration des formes, telles sont les deux voies qui conduisent vers les grandes vitesses.
- La métallurgie nous donnera les métaux légers et résistants qui permettront d’accroître la puissance des moteurs pour un poids donné. Par contre, c’est à l’aérodynamique expérimentale ou théorique qu’il appartient de guider les constructeurs dans la recherche des formes de résistance minima à l’avancement.
- UNE PETITE SOUFFLERIE A LILLE
- Malgré les progrès récents de l’aérodynamique théorique, il est encore à peu près impossible de calculer a priori les multiples résistances que l’air exerce sur les diverses parties d’une surface courbe (corps sphérique ou ovoïde). Dans ce domaine la théorie peut guider la conception du constructeur, mais l’expérience seule décide en dernier ressort. La seule expérimentation décisive est même celle qui s’effectue sur l’avion en vol. Mais on comprend bien que le constructeur ne peut se permettre d’entreprendre la construction d’un nouvel avion, sans l’appui de données expérimentales. C’est aux essais sur maquette, en soufflerie, qu’on les demande.
- A l’heure actuelle en France, il existe quatre laboratoires spécialement équipés pour étudier la mécanique dés fluides : à Lille, à Marseille, à Toulouse, et à Paris. De ces grandes souffleries, dont le modèle fut donné par
- Gustave Eiffel, le grand constructeur de viaducs et de la tour qui porte son nom, deux genres différents de modèles ont été retenus : la soufflerie à courant d’air accéléré à tunnel étroit où l’on peut essayer des maquettes, et la soufflerie monstre à tunnel’ géant mais à débit d’air assez lent à cause de la loi de proportionnalité fies ventilateurs. La puissance de ce dernier doit augmenter proportionnellement au cube du volume d’air mis en mouvement dans l’unité de temps.
- Dans les petits tunnels dont la veine libre de la chambre à expériences est de 1 m à 2 m 50, la vitesse de l’air peut atteindre des valeurs fantastiques. Aux États-Unis on envisage pour un avenir prochain la construction d’une veine libre de 2 m 40 de diamètre où s’engouffrera un ouragan projeté à la vitesse de 800 km à l’heure. Ce tunnel de Langley Field aura 36 m de long, 7 m 50 de haut, 15 m 50 de large avec des turbo-venti-lateurs mus par des moteurs de 80001 ch. Malheureusement on ne peut soumettre à l’action du vent que les pièces détachées de l’avion ou sa maquette. C’est dans cet ordre d’idées que fut conçue la soufflerie de l’Institut de Lille, qui a été inaugurée le 7 avril 1934.
- Le plan de construction de ces souffleries est à peu près le même partout. Le tunnel comprend trois portions : «l’aspirateur», qui muni de ventilateurs à rotation accélérée, engloutit littéralement les mètres cubes d’air; le « diffuseur » qui répartit le courant aérien d’une façon uniforme, et le « collecteur » qui canalise l’air vers la chambre d’expériences située entre les deux dernières parties.
- A Lille, le courant d’air est produit par un seul aspirateur de 1 m 90 de longueur, mû par un moteur de 200 ch, ce qui est peu, mais suffisant pour obtenir un débit de 55 m3 par sec et une vitesse de 198 km-h à la sortie du collecteur en tronc de cône; une colonne d’air de 2 m 20 de diamètre jaillit dans la chambre d’expériences qui éprouve alors une dépression, de 200 kg par m2.
- C’est à la suite de tâtonnements successifs que M. A. Martinot-Lagarde, chef technique de l’Institut,
- Moteur
- Collecteur------Diffuseur
- Chambre d'expériences
- Circuit fkrmè
- Fig. 1. — Plan de la soufflerie de Lille.
- Le collecteur produit une colonne d’air de 2 m 20 de diamètre à la vitesse de 198 km à l’heure, à l’aide d’un] moteur de 200 ch placé en dehors de la bâtisse, hermétiquement close.
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- Fig. 2. •—- Ensemble de la soufflerie de Chalais-Meudon, vue prise d'avion.
- On voit nettement le bord supérieur du collecteur, la chambre d’expériences flanquée de ses magasins et ateliers, les anneaux du diffuseur central et les trois parties du bail d’aspiration soutenu par six contreforts latéraux (ph. Baranger).
- opérant sur une première maquette établie au vingtième pré cisa les courbures générales d’une deuxième maquette qu1, modifiée plusieurs fois, donna le profil définitif.
- On décida de créer un courant d’air tournant en circuit fermé, ce qui explique sur la figure 1 la disposition
- des deux cônes d’aspiration. Le pavillon intérieur qui s’engage dans le cône du diffuseur porte les pales de l'hélice que fait tourner le moteur de 200 ch situé en dehors du bâtiment hermétiquement clos.
- Les parois du tunnel sont rendues plus glissantes par un plâtrage recouvert d’une couche de ripolin et l’entrée du collecteur est cloisonnée en nid d’abeilles pour détruire les tourbillons secondaires. Le mur devant le collecteur a été façonné en fossettes jumelées destinées à incurver les filets d’air vers son embouchure.
- La chambre d’expériences comprend trois étages. C’est au milieu que les pièces détachées, hélices, capotages des moteurs, trains d’atterrissage, gouvernes sont soumises à l’assaut du vent.
- Signalons aussi à l’Institut de Lille, le bassin d’expériences hydrauliques muni de chariots qui entraînent le modèle à étudier en plongée et dont les parois, transparentes sur une longueur de 10 m, permettent de filmer les épreuves en cours.
- UNE SOUFFLERIE GÉANTE A CHALAIS-MEUDON
- On s’est longtemps contenté de souffleries, du genre de la précédente, dans lesquelles on expérimente sur des modèles réduits. Mais l’application aux appareils réels des données déduites des mesures sur modèles réduits est pleine de difficultés et d’incertitudes. L’essai au tunnel des pièces ou des appareils en vraie grandeur, donnerait au contraire des
- Fig. 3. — Coupe longitudinale de la soufflerie de Chalais-Meudon.
- Le collecteur est pourvu de deux filtres, l’un en ciment armé, l’autre métallique. Des panneaux métalliques s’enfonçant dans le plancher isolent la chambre d’expériences du dehors. Les bureaux sont comme des postes d’observations placés au sommet du hall
- (d’après le Génie Civil).
- Pont roulant
- Monorail
- Diffuseurs
- d'hélice
- Wx'' Porte coulissante Porte à panneaux ! en éventai !
- -----“—- 95,m4CT—
- Chambre d’aspiration
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- chiffres sûrs et directement utilisables; on pourrait donc en attendre de grands progrès, aussi bien pour la sécurité que pour la vitesse.
- C’est dans ce but que le Ministère de l’Air décida en 1932 d’ouvrir un concours pour une soufflerie monstre. Le projet exécuté est celui de l’entreprise Limousin, dû à M. Le Marée, directeur de cette Société.
- Les proportions de cet ouvrage sont vraiment impressionnantes et les photographies publiées ici ne donnent qu’une idée imparfaite du vertige que l’on éprouve à la pensée d’être happé comme une poussière si l’on était pris dans cet ouragan artificiel qui file à 180 km à l’heure dans un tunnel de 16 m de large, capable de laisser passer dans sa partie la plus étroite trois rapides de front qui y seraient encore très à l’aise. Le tunnel de Bussang qui traverse les Vosges n’a que 10 m de diamètre.
- Cette usine à vent (fig. 2) comprend cinq éléments principaux : le collecteur, la chambre d’expériences et ses annexes, le diffuseur central, le hall d’aspiration et les ventilateurs nichés dans les diffuseurs d’hélices (fig. 3) sans parler des salles de mesures.
- Le collecteur est un immense entonnoir (fig. 4) d’une profondeur de 15 m 36 avec une ouverture elliptique de 24 m 80 sur 16 m 80 aux axes d’entrée et de 16 m sur 8 à la sortie. Ce gouffre est entièrement constitué en béton armé revêtu d’un enduit de 0 m 07. Le col d’ouverture repose sur un large portique à deux bras prenant appui sur le bord d’une large cuvette enfoncée dans le sol et destinée à faciliter le passage de l’air. Comme à Lille, un filtre en ciment compartimenté en nid d’abeilles, d’une longueur de 1 m 50, aux cloisons profilées, oriente les filets d’air vers un second filtre disposé à la sortie, mais construit en métal. A sa sortie le fluide pénètre dans la chambre d’expériences,
- C’est là que les avions de chasse sont étudiés en entier. C’est une grande nef de 20 m de largeur et 21 m de longueur encastrée entre la base du collecteur et le col du diffuseur, couronnée à la partie supérieure d’une galerie d’observation qui en fait le tour.
- Un pont roulant, d’une force de 5000 kg, laissant prendre son crochet de préhension à 11 m du sol, amène les appareils dans l’axe du diffuseur pour les déposer sur une colonne piédestal qui se cache dans le sous-sol (fig. 3).
- A droite et à gauche, éclairés par de grandes verrières obliques ménagées dans le toit, s’étagent les bureaux d’études.
- En période de fonctionnement, la chambre possède une dépression de 164 kg par m2. Enfin, pour éviter en temps de repos les courants d’air naturels qui abaisseraient la température, le collecteur et le diffuseur peuvent se fermer par un rideau métallique qui s’enfonce dans le sol et se remonte par un système de poulies et de câbles d’acier.
- Fig. 4. — Le collecteur d'air de la soufflerie de Chalais-Meudon (ph. Baranger).
- Fig. 5. — Le diffuseur central esl un vaste tunnel de béton armé de 38 m de long dont 34 sont suspendus en l'air sans appui. Les nervures périphériques et longitudinales sont ici suffisamment visibles.
- On termine les parois de la citerne (ph. Baranger).
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- = 436 ==. ..... —................... —
- Le diffuseur central ou tunnel proprement dit est un tube monolithe en béton armé d’une portée totale de 38 m, dont 34 d’une seule portée sans appui (fig. 5). Sa section est elliptique : 22 m de grand axe; 14m de petit axe.
- L’épaisseur des parois est calculée pour empêcher cette énorme masse de 580 000 kg de se briser par le milieu. Chaque mètre carré horizontal doit en plus de la dépression intérieure de 164 kg résister à une charge de iieige de 75 kg. Une épaisseur de 0 m 07 a été jugée largement suffisante pour obtenir ce résultat. L’ensemble est du reste consolidé par huit nervures transversales.
- L’intérieur absolument lisse ne comporte aucune saillie quiaurait pour effet de créer des tourbillons parasitaires,
- de 10 000 kg. Quatre passerelles de manœuvre suspendues à la toiture donnent accès aux diffuseurs d’hélices par quatre échelles métalliques qui longent la paroi sud et peuvent d’ailleurs se déplacer selon les besoins.
- Voici maintenant la tête du monstrueux serpent d’air de 95 m 40 qui, par six tubes diffuseurs cylindro-coniques de 6 m de long en béton armé et de 0 m 09 d’épaisseur disposés en ellipse et centrés, doit déchaîner ce formidable ouragan (fig. 7).
- Chaque diffuseur est constitué par la surface latérale d’un tronc de cône raccordé à un cylindre de révolution de même axe avec un diamètre de 8 m 72. Sur une longueur de 1 m 50 au droit des hélices, la paroi cylindrique est revêtue intérieurement d’un anneau métallique scellé dans
- Fig. 6. — Vue extérieure du hall d’aspiration (pendant la construction).
- On voit par la porte de sortie de gauche les deux voiles qui soutiennent les six diffuseurs. Les châssis vitrés qui entourent la façade bouchent le vide de 1 m 80 laissé intentionnellement pour arrêter les vibrations (ph. Baranger).
- et le tout présente la forme d’un gros bras suspendu au-dessus d’un lac, vaste citerne en béton, allant en s’élargissant de plus en plus pour aboutir à la chambre d’aspiration.
- Ce vaste hangar de 29 m de long s’élargit en trois gradins successifs depuis 36 m jusqu’à 42 m 50, faisant varier la hauteur de couverture de 22 m 50 à 26 m, se superposant dans les mêmes conditions en trois sections d’anneaux successifs.
- Le volume intérieur parcouru par le courant d’air est entièrement libre. Mais pour mettre en place les turbo-ventilateurs et les hélices, et plus tard pour permettre toute réparation ou nettoyage des moteurs, on a aménagé dans la voûte quatre monorails sur lesquels circulent quatre chariots munis de palans pouvant porter une force
- le béton pour lequel une très grande précision était demandée.
- Chaque ventouse aspiratrice possède une plate-forme horizontale en béton armé sur laquelle est boulonné le moteur de 1000 ch actionnant l’hélice, et qui repose sur deux jambes de force inclinées, prenant appui en porte à faux sur ce pignon sud (fig. 8).
- Le constructeur, M. Le Marée, a trouvé une solution simple pour faire supporter à cette surface de fond de 26 m de haut sur 43 m de long les six diffuseurs dont les plates-formes subissent les efforts suivants : 34 000 kg de poids permanent, 27 000 kg poids du moteur avec l’hélice, 5700 kg venant de l’effort horizontal axial des pales, les 2500 kg du couple moteur et enfin les 75 000 kg à prévoir en cas de rupture de pale d’hélice, choc brutal
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- et subit, pouvant tout briser. L’étouffement des vibrations occasionnées par ces 6000 ch en travail n’était pas à négliger non plus.
- Après de nombreuses études, on décida d’édiûer deux murs verticaux de béton armé, parallèles entre eux et distants de 3 m l’un de l’autre sans aucune nervure.
- Les diffuseurs sont encastrés entre ces deux voiles et l’elfort des plates-formes dont la force de renversement a été estimée à 480 000 kg, est transmis par les deux jambes obliques à deux poutres-consoles situées dans leur plan.
- Ces jambes, dont l’une est dii*igée du haut vers le bas du voile ou paroi intérieure et dont l’autre est dirigée du bas vers le haut du voile extérieur, équi- Fig. 7. librent ainsi le moment de renversement et annulent leur réaction.
- Enfin, pour soustraire le plus possible l’ensemble du bâtiment aux vibrations de la cloison double, les deux voiles ont été rendus complètement indépendants de la construction.
- Le voile extérieur a été arrêté à 1 m 80 du toit, comme on peut le voir à la figure 6 et l’espace a été comblé par des châssis vitrés qui servent en même temps à l’éclairage.
- Les travaux commencés le 1er juillet 1932 ont été terminés, pour le gros œuvre, le 1er octobre 1934; lors de notre prise de contact avec cette prodigieuse soufflerie en fin janvier dernier, on procédait à la mise en place des moteurs et des hélices.
- Resteront à aménager les ateliers, les bureaux et les magasins; d’ici à quelques mois le tunnel aérodynamique le plus grand du monde sera prêt à fonctionner.
- Il aura nécessité la mise en œuvre de 7000 m3 de béton, de 700 tonnes de fer et 1100 m3 de bois.
- Les nombreuses recherches de forme et d’équilibre ont exigé l’établissement de 560 plans d’exécution.
- Naturellement bien des études aérodynamiques étrangères à l’aéronautique seront ici possibles et s’y feront d’autant plus facilement que les automobiles et les véhicules rapides, que les cheminées de navires, les appareils de ventilation ou les parois de radiateurs n’auront pas besoin d’être présentés en maquettes.
- André Glory.
- Vue intérieure de la chambre d'aspiration. Diffuseurs des hélices et supports des moteurs de celles-ci (ph. Baranger).
- Fig. 8. — Détail d'un-diffuseur d'hélice de 8 m 72 de diamètre qui déjà à lui seul constitue un tunnel. La plate-forme doit soutenir un moteur de 1000 ch (ph. Baranger).
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- L’HYDROGÉNATION DU CHARBON
- ET DU GOUDRON PRIMAIRE(1)
- I. — EXPOSE
- L’hydrogénation, qui préoccupe actuellement le monde entier, correspond à une méthode de traitement susceptible de s’appliquer aux substances organiques contenant du carbone et de l’hydrogène pour en extraire des hydrocarbures utilisables pour la combustion ou le graissage.
- Afin de comprendre le principe de l’hydrogénation du charbon, il convient de se rapporter au tableau I qui indique la teneur pondérale et centésimale en carbone, hydrogène et oxygène des produits carbonifères.
- Tableau I.
- Carbone Hydrogène Oxygène
- 0/ /o % %
- Cellulose . . . 44,4 6,2 49,4
- Bois sec. . . . 48,5 6 43,5
- Tourbe sèche. . 58 6,3 30,8
- Lignite .... 67 5,1 19,5
- Houille .... 77 5 7
- Anthracite . . 90 2,9 2 5
- Ce tableau
- nontre que le rapport
- carbone
- hydrogène
- entre 15 et lfi pour la bouille et qu’il est de 13 pour le lignite; il atteint 8 seulement pour les huiles. Il semble donc permis d’envisager la transformation de la houille en huile, sous réserve d’accroître de la proportion voulue sa teneur en hydrogène.
- Le premier effet de l’hydrogène sous pression en agissant sur les charbons non agglutinants, de quelque type qu’ils soient pratiquement, y compris la tourbe, les lignites et les anthracites, se manifeste par leur transformation en charbons agglutinants.
- Pour parvenir à ce résultat, il suffit de fixer sur le charbon une quantité modérée d’hydrogène, généralement moins de 1 pour 100. Le plus souvent, le produit résultant possède des propriétés cokéfiantes supérieures à celles de n’importe quel charbon agglutinant connu. C’est ce que montrent les figures 1,2,3 et 4, extraites d’un rapport du Fuel Research Board, consacré à l’hydrogénation du charbon (1 2).
- A l’état originel, le charbon de Poley Hall pris pour point de départ de ces expériences contient 44 pour 100 de matières volatiles et 5 pour 100 de cendres. Comme le montre l’examen de la figure 1, on voit,qu’il ne donne par carbonisation à haute température qu’un coke dépourvu de tout pouvoir agglutinant.
- Après une opération d’hydrogénation sous pression effectuée à la température de 360°, ainsi que l’indiquent
- 1. Pour tous les détails techniques relatifs à l’hydrogénation du charbon, consulter le « Génie Civil », 3 et 10 mars 1934.
- 2. The action of hydrogen upon coal. Fuel Research Board. Tech-
- nical Paper n° 29.
- les figures 2, 3 et 4. cette houille acquiert une aptitude marquée à la fabrication d’un coke de très bonne qualité.
- Parallèlement, le rendement en goudron du charbon originel, qui était égal à 13,6 pour 100, passe à 16,7 pour 100 sous l’influence de l’hydrogène fixé. De même, la qualité du gaz obtenu s’améliore notablement. Sa teneur en anhydride carbonique, qui était très élevée à cause de la forte teneur en oxygène de cette quantité de houille, a pu être réduite de 14,5 à 5,7 pour 100 sous l’influence de l’opération d’hydrogénation.
- II. — BREF HISTORIQUE ET DÉVELOPPEMENT ACTUEL DANS LE MONDE DES PROCÉDÉS D’HYDROGÉNATION DU CHARBON
- Berthelot réalisa, pour la première fois, en 1869, l’hydrogénation du charbon à la température de 270° en opérant en tube scellé. Ultérieurement, à partir de 1897, Sabatier et ses collaborateurs établirent une méthode générale d’hydrogénation des matières organiques volatiles, basée sur l’emploi comme catalyseurs de métaux divisés et particulièrement de nickel réduit.
- Bergius entreprit, en 1910, de transformer des huiles de pétrole par une hydrogénation sous pression et sans catalyseur. Un peu plus tard, il appliqua son procédé à l’hydrogénation directe de la houille et il publia ses résultats en 1925.
- A cette époque, à partir d’une tonne de houille, on obtenait par hydrogénation environ 150 kg d’essence, 25 kg d’huiles de graissage et 202 kg d’huiles diverses non visqueuses contenant leur quart environ de phénols, 200 kg de gaz et 300 kg de résidu charbonneux.
- L’interessen Gemeinschaft für Farbenindustrie ou l.G. avait, de son côté, procédé à des essais d’hydrogénation du goudron de lignite en présence de catalyseurs; cette société acquit les brevets Bergius et entreprit, en 1926, à Mersebourg, la construction d’une usine pour la liquéfaction du lignite.
- Dans le courant de 1927, une partie de cette usine était en marche et produisait 1000 t d’essence par mois. L’I. G. ne se servait pas de catalyseur mais extrayait cependant de 470 à 500 kg d’essence d’une tonne de lignite sec.
- Par la suite, l’hydrogénation fut simplement limitée au traitement des goudrons primaires de lignite. Le rendement pondéral de l’ensemble de l’opération était de 75 à 80 pour 100 d’essence en poids et on consommait de 760 à 800 m3 d’hydrogène par tonne d’essence.
- Depuis 1932, l’I. G. recourt fie nouveau au lignite comme matière première de l’hydrogénation.
- Pour préparer des carburants synthétiques, l’Allemagne dispose désormais de deux procédés qui sont entrés, depuis un certain temps, dans le domaine industriel. Ce sont le procédé Bergius auquel est consacrée cette étude et le procédé Fischer.
- Selon ce dernier, on transforme le gaz à l’eau en carbu-
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- rant en le combinant à l’hydrogène sous l’action de la température et de la pression, en présence de catalyseurs.
- En Allemagne, il y a deux grandes zones de production de carburants synthétiques. La plus importante, qui applique le procédé Bergius, est celle de l’Allemagne centrale qui, par ses disponibilités de lignite, a fourni, par an, depuis 1932, près de 1000 000 I. d’essence. On les a prépa-
- =.=-:=.....-,........= 439 =
- saxons, d’une part, puis 80 000 t d’essence dans la Ruhr en utilisant du coke.
- En Angleterre, les impérial Chemical Industries ou l.C.l. ont poursuivi pendant plusieurs années, à très grands frais, la mise au point de l’hydrogénation de la houille. A la suite de leurs travaux, une entente a été réalisée avec le groupe Standard I. G. auquel la Royal
- Fig. 1 à 4. — 1. Coke résultant de la houille de Poleg liait. — 2. Coke dérivant du charbon de Poley Hall hydrogéné à 340°. 3. Coke dérivant du charbon de Poley Hall hydrogéné à 350°. — 4. Coke dérivant du charbon de Poley Hall hydrogéné à 360°
- rées à Mersebourg, au voisinage de Halle-sur-Saale. La seconde zone est la Ruhr; en suivant le procédé Fischer, on veut utiliser une partie du coke métallurgique qui est obtenu dans cette région à raison de 20 millions de tonnes par an.
- D’ores et déjà, l’Allemagne va préparer une nouvelle quantité de 400 000 t d’essence en traitant ses lignites
- Dutch s’était elle-même associée. 11 est connu que le Gouvernement britannique a fait voter récemment un projet de loi assurant la protection de l’hydrogénation. Le système consiste à établir une relation entre le taux de la taxe douanière appliquée aux pétroles et la durée de la garantie offerte à l’industrie anglaise de l’hydrogénation b (1) Voir le « Génie Civil », du 3 mars 1934.
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- ==440 --------—....=
- Dès que les intentions du Gouvernement britannique ont été connues, l’I.C.I. a entrepris la construction d’une usine pouvant fabriquer annuellement 100 000 t d’essence par l’hydrogénation de la houille. Le coût de l’usine est estimé à 2 500 000 livres,- soit approximativement à 200 millions de francs et la quantité de houille traitée serait d’environ 350 000 t par an.
- En France, deux usines pilotes d’hydrogénation de la houille vont être édifiées. Chacune traitera 50 t de charbon par jour.
- L’une de ces usines sera construite par la Compagnie de Béthune sur sa propre concession et l’autre, près de Liévin, par la Compagnie française des essences synthétiques. Il convient de rappeler que la Compagnie française des essences synthétiques a été constituée par les sociétés suivantes :
- — Huiles, Goudrons et Dérivés.
- — Carburants et Produits de synthèse.
- — Compagnie française de Raffinage, laquelle est une filiale de la Compagnie française des Pétroles.
- A Béthune, on traitera vraisemblablement des charbons provenant de la Compagnie de Béthune mais, à Liévin, on mettra en œuvre des charbons de toutes origines.
- L’État participe pour une part notable aux frais d’établissement de ces deux usines. Cette intervention fait partie du programme des grands travaux dont la réalisation a pour but de lutter contre la crise économique et le chômage.
- Au Japon, la « Ivorea Nitrogen Co » établit actuellement une usine qui doit être mise en marche dans le courant de l’année 1935 et qui doit permettre de produire 500 000 t d’essence par an.
- Et même au Canada, la Mutual Petroleum of Canada installerait, dit-on, pour une production prochaine, une usine d’hydrogénation au voisinage de Montréal.
- Le problème de l’hydrogénation correspond ainsi à un problème d’actualité mondiale.
- III. — PRINCIPE DE LA MÉTHODE INDUSTRIELLE POUR L’HYDROGÉNATION DU CHARBON
- Comme le montrent le diagramme de la figure 5 et le schéma de la figure 6, l’opération d’hydrogénation comporte quatre étapes essentielles, savoir :
- 1° Traitement par l’hydrogène à 450° et sous la pression de 200 atmosphères, d’une pulpe formée par un mélange de charbon broyé jusqu’à 240 mailles et d'huile lourde de houille distillant au-dessus de 320°, laquelle agit comme agent de dispersion.
- Cette pulpe est additionnée d’un catalyseur constitué par l’hydrate stanneux employé dans la proportion de 0,1 pour 100. Cette première étape qui se poursuit en phase liquide donne un rendement moyen de 70 pour 100 d’une huile de charbon. Cette huile n’est qu’un produit intermédiaire, car elle renferme de 14 à 30 pour 100 seulement d’essence.
- 2° On soumet l’huile de charbon à une distillation fractionnée pour obtenir :
- a) Des essences bouillant jusqu’à 170°;
- b) Un pétrole brut distillant entre 170° et 320°;
- c) Une huile lourde passant au-dessus de 320°.
- Il subsistera comme résidu une matière organique insoluble que l’on soumettra à un essorage afin d’en retirer la majeure partie de l’huile. Le gâteau qui restera dans le panier de l’essoreuse pourra être distillé afin d’en retirer les dernières traces d’huile.
- 3° Les huiles moyennes distillant entre 170° et 320° seront dépolymérisées en phase vapeur par l’hydrogénation catalytique sous pression et en présence d’un catalyseur constitué par du sulfure de molybdène fixé sur du gel d’alumine.
- A la suite de son hydrogénation catalytique sous pression, l’huile de charbon engendre, en poids, de 80 à 93 pour 100 d’essence, de 7 à 20 pour 100 de gaz permanents et 5 pour 100 de vapeur d’eau. La dépense d’hydrogène peut varier entre 540 et 720 m3 par tonne d’huile de charbon.
- La dépense totale d’hydrogène peut varier entre 1800 et 2000 m5 par tonne de charbon.
- On réduit cette dépense d’hydrogène lorsqu’on se borne à préparer une huile paraffinique-naphténique spécialement appropriée à l’alimentation des moteurs Diesel.
- 4° On raffine les essences provenant, d’une part, de l’huile de charbon et, d’autre part, de la dépolymérisation de l’huile moyenne au cours de la troisième étape.
- Quant à l’huile lourde, séparée de l’huile de charbon, elle servira d’agent de dispersion pour le charbon à soumettre à l’hydrogénation.
- Soulignons que les opérations d’hydrogénation — la première en phase liquide et la seconde en phase vapeur :— se font toutes deux en marche continue.
- IV. — COMPOSITION DES HUILES RÉSULTANT DE L’HYDROGÉNATION DU CHARBON
- Le tableau suivant montre la différence de composition entre les essences résultant de la semi-carbonisation du charbon et celles qui résultent de l’hydrogénation cata lytique de la houille sous forte pression.
- Essences Essences
- de semi-carbonisation. du charbon hydrogéné.
- Benzène . . . 8,2 \ 3,4
- Toluène . . . 10,7 i 6,2
- Xylènes et hydrocarbures | 24,7 % > 27,6 %
- aromatiques supérieurs. . 5,8 J 18,0 ,
- Hydrocarbures non saturés. Hydrocarbures 42,0 % 10,4%
- saturés. . . 33,3 % 62,0 %
- On remarque que l’essence résultant de l’hydrogénation du charbon renferme moins d’hydrocarbures aromatiques et d’hydrocarbures non saturés que celle qui résulte de la semi-carbonisation de la houille.
- Il convient de^retenir que l’hydrogénation peut être
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- considérée comme une source appréciable de production de toluène.
- Par ailleurs, l’hydrogénation de la bouille fournit une essence dont les composés aromatiques nécessitent une épuration chimique attentive, car ils sont généralement accompagnés de composés ayant tendance à donner des gommes, après un stockage plus ou moins prolongé ou par leur exposition à la lumière.
- V. — DIFFICULTÉS TECHNIQUES DE L’APPLICATION DE L’HYDROGÉNATION DU CHARBON
- Ces difficultés sont nombreuses et plusieurs ne sont surmontées, jusqu’à ce jour, que d’une manière incertaine. Elles tiennent non seulement à la complication des opérations d’hydrogénation proprement dite ainsi qu’à la technique générale des hautes pressions : s’y ajoutent les qualités particulières que doit posséder le charbon mis en oeuvre, puis la construction des tubes servant à l’hydrogénation proprement dite.
- A. De la qualité du charbon.
- La teneur en cendres de la houille doit être
- très réduite, moins de 3 pour 100, car les substances minérales entraînent une consommation supplémentaire de catalyseurs ainsi qu’une diminution de leur activité, l’usure des appareils sous des actions de frottement, puis'une perte, correspondant à l’huile de peptisation retenue par les cendres.
- Ce sont les charbons à plus de 32 pour 100 de matières volatiles qui se prêtent le mieux à l’hydrogénation. Non seulement, ils doivent posséder la pureté précitée, mais il convient encore qu’ils soient exempts de fusain, lequel est rebelle à l’hydrogénation, puis qu’ils soient riches en vitrain et en clarain.
- La connaissance de la composition des cendres des charbons nécessite une attention spéciale. Il ne faut pas que la pulpe ou, autrement dit, le mélange d’huile et de charbon circulant dans la bombe de conversion, puisse devenir alcaline, ce qui aurait pour effet de réduire l’efficacité de la réaction d’hydrogénation. On a constaté, d’autre part, qu’il suffit de faibles proportions de métaux rares pour modifier le sens des résultats.
- Au Fuel Research Board, on a observé que des houilles contenant seulement 1,5 pour 100 de cendres peuvent avoir une teneur de 0,006 pour 100 de germanium. Pour déceler la présence de ces éléments rares, il faut recourir à l’analyse spectroscopique.
- B. La construction du tube <Lhydrogénation.
- L’aménagement du tube d’hydrogénation comporte de
- grandes difficultés en raison de la température et de la pression auxquelles il se trouve exposé, c’est-à-dire 450° et 200 atmosphères. En outre, l’hydrogène mis en oeuvre et l’hydrogène sulfuré résultant des opérations d’hydrogénation ont un caractère marqué d’agressivité vis-à-vis
- des parois du tube. Il faut encore uniformiser la chaleur dans la bombe de réaction, évitant notamment les surchauffes locales susceptibles de déterminer des polymérisations et, par conséquent, des dépôts de carbone susceptibles de causer l’obstruction du tube sans préjudice d’une réduction de l’activité du catalyseur.
- Pour ce même motif, le chauffage du tube de réaction ne peut se faire directement comme dans les appareils de synthèse de l’ammoniaque mais par une résistance électrique disposée suivant la paroi extérieure du tube de réaction proprement dit qui est placé, lui-même, dans l’axe d’un tube de force en acier spécial et dont un calorifuge approprié réduit la température à 200°
- au maximum et souvent même à moins de 100°.
- A Ludwigshafen, les tubes d’hydrogénation sont aménagés en fonction des considérations suivantes, afférentes aux installations capables de produire un minimum de 3001 d’essence par jour, ce qui suppose l’emploi de deux tubes fonctionnant en série, ayant chacun 12 m de longueur et 1100 mm d’alésage (fig. 7).
- 1° Qu’elle porte sur le charbon ou sur le goudron primaire, la réaction d’hydrogénation est exothermique. Par conséquent, il est superflu de chauffer les tubes d’hydrogénation quand les produits destinés à entrer en réaction sont portés à une température convenable, avant leur entrée dans les tubes d’hydrogénation.
- 2° Il convient de - chauffer séparément, et par des
- Palpe ou mélange t de charbon et d'huile f^Xji
- Cendres
- Hydrogène
- ,Convertisseur ou bombe de réaction
- Eau de 'formation Gaz
- Premier rectificateur
- Rectificateur final
- Gazoline rectifiée 616 tonnes
- V
- : Hydrogène
- Eau de ^-formation
- E23 Gazoline YûZd Huile lourde Sûûâ Huile moyenne SSl Charbon liliiiiJ Cendres
- Fig. 5. — Diagramme
- la nature des produits en circulation pour l’hydrogénation des charbons en deux phases.
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- = 442 ......:....... ^
- moyens différents, la pulpe de charbon et l’hydrogène à introduire dans les tubes d’hydrogénation.
- A cet effet, d’après la méthode allemande, la pulpe, au cours de son cheminement dans des serpentins, est chauffée jusqu’à 400°, au moyen de l’eau chaude sous pression. Quant à l’hydrogène, on le porte à une température notablement plus élevée que 400° en le mettant directement au contact d’une résistance électrique.
- On procède ensuite au mélange de l’hydrogène et du charbon dans une proportion correspondant à la température de l’hydrogène et en fonction de la température d’hydrogénation requise. Tout récemment, encore, les réactions d’hydrogénation avaient lieu à la température
- distribuant l’hydrogène par l’intermédiaire d’un corps poreux.
- Au total, les améliorations apportées au mode de réchauffage de la pulpe et de l’hydrogène avant leur entrée dans les tubes d’hydrogénation ont permis de simplifier énormément l’agencement' du tube d’hydrogénation et de l’utiliser dans toute sa capacité. C’est d’une grande importance pratique. En effet, dans les installations modernes, un tube d’hydrogénation pèse environ 180 t et revient à plusieurs millions de francs, en raison de l’alliage spécial employé pour sa construction.
- Il est évidemment nécessaire de pouvoir maîtriser
- Gaz
- permanent
- Pétrole . raffiné
- Traitement
- final
- Raffinage
- .Colonne rec .ific atriçe
- H remis en circuit
- tombe de
- Sèoarat sur
- réaction
- Séparateur
- remis en circuit
- Compressée
- H. P.
- fiéfri gérant • Gaz
- permanent
- Bombe
- Eau
- amoniacale
- Ce font e
- Séparai tur
- réaction
- en
- phase
- vapeur
- La veur
- .ente ir
- Huile lourde
- rectifie at’°
- H frais
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- chauffé
- LS<:pan teur
- Serpentin '~r“ de chauffage cj=a Pompe
- Extracteur de Chu de et du chirbon non transfo nmé______
- Mélangeur
- H frais
- ’seur
- Résidu solide
- Fig. 6. — Cycle des opérations d’hydrogénation letles qu’elles sont pratiquées à l’usine de Billingham
- (Impérial Chemical Industries).
- de 450°. Aujourd’hui, grâce à un choix de catalyseurs appropriés, on a pu la réduire à 425°. Il est même possible de ne pas dépasser 350° quand, au lieu d’essence, on veut obtenir soit des huiles de graissage, soit des huiles pour moteurs Diesel.
- Evidemment, cette réduction de la température d’hydrogénation se répercute favorablement sur les dépenses de force motrice puisque l’on réduit le volume d’hydrogène mis en circulation.
- Primitivement, le tube d’hydrogénation comportait un malaxeur. On l’a récemment supprimé. Le brassage de la pulpe s’effectue par le courant d’hydrogène. On en uniformise, d’ailleurs, la répartition dans la pulpe en
- la température dans le tube d’hydrogénation. A cet effet, on peut y introduire, à différentes hauteurs, soit de l’hydrogène frais, soit des catalyseurs appropriés.
- Il a fallu prendre des précautions spéciales pour prévenir les corrosions causées dans les appareils satellites, notamment dans les échangeurs de température. L’attaque du métal peut provenir soit de l’hydrogène sulfuré, soit de l’acide chlorhydrique. On prévient l’attaque des tubes du réchauffeur par l’hydrogène sulfuré en les revêtant d’une couche de zinc, suivant un procédé qui n’a pas été divulgué, lequel permettrait au zinc d’entrer en combinaison avec l’acier. En outre, on neutralise l’acide chlorhydrique par un corps basique
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- ajouté à la pulpe, après achèvement des réactions d’hydrogénation.
- C. Choix des métaux entrant dans la construction des tubes d'hydrogénation.
- Le métal employé doit posséder non seulement les caractéristiques élastiques que l’on peut qualifier de classiques, mais encore sa vitesse de fluage doit être faible, il doit encore résister à la corrosion de l’hydrogène sulfuré ainsi qu’à l’action de décarburation de l’hydrogène.
- Le phénomène du fluage ou autrement dit de viscosité n’est connu que depuis les travaux, relativement récents, de MM. Léon Guillet, Portevin et Galibourg.
- Ce phénomène qui présente un caractère permanent et progressif est attribué, non pas à une modification réversible des paramètres du réseau cristallin du métal, mais à un glissement des nœuds du réseau les uns par rapport aux autres.
- Sans qu’on puisse parler de températures limites de fluage, on constate, à partir de la zone où ce phénomène devient nettement sensible, un accroissement très rapide de son intensité avec la température. Pour les aciers ordinaires au carbone, le fluage devient nettement perceptible à partir de 250° à 300° (x).
- Actuellement, on dispose d’une grande variété d’aciers présentant, vers 400° et 450°, des résistances de fluage suffisantes. La plupart de ces aciers sont obtenus moyennant des additions d’éléments comme le chrome, le tungstène et le molybdène dont le rôle paraît être de former des carbures plus durs et plus stables que la cémentite.
- En Angleterre, on emploie souvent, dans les appareils d’hydrogénation, un acier répondant à la composition suivante :
- C = 0,4 % Ni = 2,8 % Cr = 0,8 % Mo = 0,5 %.
- Cet acier prend facilement la trempe. La charge correspondant à la vitesse de fluage de 1 pour 100 en cent mille heures peut être, pour cet acier, de l’ordre de 200 kg par mm2. Il offre donc un caractère marqué de stabilité. Cependant, ces aciers sont altérables par l’hydrogène de sorte que l’on circonscrit leur emploi aux parties de l’appareillage qui ne sont pas en contact direct avec le gaz sous pression.
- Fréquemment, on préfère chemiser intérieurement les tubes de réaction d’une tuyauterie en tôle d’acier à 18 pour 100 de chrome et 8 pour 100 de nickel. Cette chemise a l’avantage de pouvoir résister aux réactions jusqu’à 700° et de ne pas être attaquée par l’hydrogène sulfuré qui se forme par suite de la présence du soufre dans le charbon.
- Il est, en effet, connu que l’addition de chrome ralentit notablement la vitesse de corrosion de l’acier par l’hydrogène sulfuré. En prenant comme terme de comparaison l’acier extra-doux à 0,1 pour 100 de carbone, on constate que l’addition de 4 à 6 pour 100 de chrome réduit déjà de 40 à 50 pour 100 la pénétration de l’attaque observée après cent soixante-huit heures de chauffage à 450° dans l’hydrogène sulfuré. Dans les mêmes conditions, pour
- 1. L. Jacqué. Problèmes métallurgiques posés par l’hydrogénation des combustibles. XIIIe Congrès de Chimie industrielle. Lille 1933.
- .......... .. = 443 =
- un acier à 18 pour 100, la pénétration est réduite de 90 pour 100 environ.
- Pour une raison naturelle de discrétion, nous ne pouvons insister davantage sur la nature des alliages métalliques à employer dans la construction des tubes d’hydrogénation.
- Comme nous l’avons vu, lé chauffage des tubes d’hydrogénation de petites dimensions se fait au moyen d’une résistance électrique. On loge celle-ci dans une partie annulaire correspondant à l’intervalle compris entre, d’une part, un tube central, puis, d’autre part, le tube enveloppe ou tube de force qui doit résister aux conditions précitées de température et de pression. Fréquemment, on loge dans cet espace annulaire une matière isolante telle que des feuilles de carton amiante avec interposition de plaques de métal poli afin de réduire les pertes de chaleur par rayonnement, et pour abaisser jusqu’à un maximum de 200° la température de la
- Séparateur
- des gaz et vapeurs davec la pulpe
- Résistance électrique de chauffage
- Séparateur des gaz et q vapeurs -1 d’avec la pulpe
- Sortie de la pulpe
- Four de catalyse
- phase liquide
- Fig. 7. — Ensemble des tubes employés à Ludwigshafen pour l’hydrogénation du charbon.
- paroi intérieure du tube de force. On améliore ainsi ses conditions de résistance : mécanique à l’action de la pression et chimique à l’action agressive de l’hydrogène sulfuré et de l’hydrogène.
- L’agencement des connexions pour les résistances électriques servant au chauffage des tubes a soulevé de grosses difficultés.
- S’il est relativement facile de réaliser des joints étanches, assurant un bon isolement électrique des différents conducteurs par rapport à la terre, d’autres difficultés surgissent à cause de la vapeur d’eau qui se dégage pendant l’opération d’hydrogénation. Elle tend à se condenser sur la fibre isolante et autour des connexions. Il en résulte des courts-circuits. Pour y remédier, on a noyé les bornes des connexions dans' de l’huile loxirde provenant de l’hydrogénation. Le résultat aurait été satisfaisant.
- Cet ensemble de simples observations permet d’entre-
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-
-
- = 444 = =i-==::::.T===
- voir l’importance des difficultés qu’il faut vaincre dans la construction des tubes d’hydrogénation du charbon. Beaucoup ne sont pas encore résolues jusqu’à ce jour.
- VI. - PRODUCTION DE L’HYDROGÈNE ET CONSOMMATION DU CHARBON
- Jusqu’à présent, c’est à l’hydrogène du gaz à l’eau que l’on recourt pour les opérations d’hydrogénation. En 1931, il était établi que pour obtenir une tonne de pétrole, il fallait soumettre à l’hydrogénation 1,6 t de charbon exempt de cendres et d’humidité. En outre, il fallait consommer 1,55 t de houille pour la production du gaz et de l’énergie électrique.
- En d’autres termes, la production d’une tonne d’essence, suivant le procédé Bergius, le plus perfectionné, correspond à une dépense globale de 3,15 t de charbon exempt de cendres et d’humidité, soit 3,65 t de charbon de qualité normale.
- Avec du charbon à £ 0,625 correspondant à de l’essence valant £ 2,28 par tonne ou approximativement 2 d. par gallon, le prix du charbon nécessaire aux opérations d’hydrogénation représente, à lui seul, 50 pour 100 du prix de l’essence avant son entrée en douane dans un port britannique.
- VIL — LE POINT DE VUE ÉCONOMIQUE
- Nous avons vu que l’Allemagne envisage de préparer à brève échéance une nouvelle quantité de 400 000 t d’essence par an, grâce à l’hydrogénation de ses lignites saxons. Donnons une idée de l’effort financier correspondant à réaliser.
- Par une ordonnance du 28 septembre 1934, le ministre de l’Economie du Reich a institué entre producteurs de lignite une « Communauté obligatoire » pour la fabrication des carburants tirés du lignite. Un mois après, le 26 octobre 1934, s’est constituée, sous la raison sociale « Braunkohlen-Benzin A. G. » la société d’exploitation. Nous sommes là en présence d’une création-type de l’économie autoritaire — le stade de l’économie dirigée est
- dépassé — et d’une mesure décisive dans la voie de l’autarchie.
- En compensation, comme nous venons de le montrer dans le « Génie Civil », les droits d’importation ont été majorés sur les carburants, les gas oils et les paraffines.
- La « Communauté obligatoire » devait, à l’origine, réunir tous les producteurs de lignite afin de les contraindre à investir 250 millions de marks ou 1500 millions de francs dans la construction d’usines capables de fournir 400 000 t d’essence.
- CONCLUSIONS GÉNÉRALES
- Il est incontestable que la technique de l’hydrogénation du charbon est entrée définitivement dans le domaine industriel. Cependant, comme nous l’avons vu, il reste des progrès considérables à accomplir. Il importe notamment :
- 1° De ne mettre en œuvre que des charbons contenant un maximum de 2 pour 100 de cendres. On les préparera par la technique nouvelle, qui se développe actuellement en Belgique et en Allemagne, correspondant à l’épuration du charbon par l’intermédiaire de milieux denses. Ces méthodes nouvelles permettront d’éliminer de la houille non seulement les cendres, mais encore les constituants réfractaires à l’hydrogénation, tout particulièrement le fusain.
- 2° Les tubes d’hydrogénation devront encore faire l’objet de perfectionnements considérables en ce qui concerne leur aménagement, leur chauffage et la nature des alliages métalliques servant à leur construction.
- 3° Les opérations d’hydrogénation devraient pouvoir être conduites de manière à préparer des hydro-carbures aromatiques, et notamment du toluène, ou des carbures aliphatiques.
- Pour ces raisons, on ne peut recourir qu’avec prudence à la technique de l’hydrogénation de la houille. Elle progresse très rapidement, mais elle ne peut être considérée comme mise au point. En tout cas, elle nécessite des investissements énormes. Ch. Berthelot.
- Ingénieur-conseil.
- CHEZ LES INDIGENES D’ANGOLA
- LE PAYS
- L’Angola est une terre puissante, carrée, au flanc occidental de l’Afrique; la colonie portugaise couvre plus de 1200000 km2 : deux fois et demie la France, ou quatorze fois le Portugal. Si les Portugais sont établis sur le littoral depuis quatre siècles, c’est seulement à une date récente qu’ont été achevées la pénétration et la pacification de l’intérieur. Pacification si complète aujourd’hui que j’y ai parcouru sans arme des milliers de kilomètres en tous sens, depuis le Congo belge au Nord jusqu’aux zones limitrophes de l’Ouest africain ex-allemand au Sud, et depuis l’Atlantique jusqu’à la frontière belge à l’Est.
- Les voies ferrées et un réseau routier complet ne sont
- pas les moindres éléments de cette colonisation. Car les Blancs s’y sont trouvés en face dh races multiples, parfois difficiles à réduire; et plus d’un colon vous montre avec quelque fierté telle région où il a fait le coup de feu, voici vingt ans à peine.
- Il n’est pas inutile de donner un aperçu géographique de l’Angola. Situé entre 6° et 17° environ de latitude Sud, le pays serait tout entier de climat tropical si les différences d’altitudes ne jouaient pour modifier la température. En effet, la bande côtière assez étroite se soulève en un énorme rebord qui dépasse, en plusieurs points, 1800 m d’altitude. Au delà, le pays redescend un peu en cuvette, mais l’altitude y est partout, ou presque, supérieure à 1000 m.
- L’intérieur du pays se compose donc, sur la plus grande
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- partie de son étendue, de hauts plateaux herbeux ou couverts de forêts. Celles-ci sont composées surtout d’arbres de la famille des acacias; les longues sécheresses — la moitié de l’année — et les incendies périodiquement allumés par les indigènes, malgré les défenses, empêchent les arbres de grandir, et le sous-bois est toujours très dégagé, sauf dans le creux des vallées. Le val du Cazengo, par exemple, à quelques centaines de kilomètres à l’Est de Loanda, est rempli d’une végétation touffue et verdoyante, et la terre riche y favorise les cultures tropicales.
- Le sol est souvent médiocre, tout en assurant à la population des ressources suffisantes.
- LES HABITANTS
- On estime qu’il y a entre 4 et 5 millions d’indigènes sur l’étendue de la colonie. Presque tous appartiennent à la race Bantou, sauf quelques Bushmen éparpillés surtout au centre, et menant une vie assez misérable. Mais le tronc Bantou s’est divisé en un nombre extraordinaire de branches et de ramifications. Ce serait un travail énorme que d’en donner un tableau détaillé, et nous ne pouvons ici que tracer les grandes lignes de la civilisation indigène en Angola, telles qu’elles se dessinent lorsque l’on parcourt les principales voies de communication.
- Sur toute la côte, les indigènes ont perdu leurs caractères propres. Du point de vue physique, ils ne se différencient plus guère les uns des autres et l’on pourrait les englober sous le nom générique d’Angolars. Vêtus de cotonnades, les hommes sont affublés de défroques européennes, les femmes enveloppées de grands voiles bleus, un peu à la musulmane, bien qu’ils soient convertis au catholicisme ou restés fétichistes.
- LES FI O TES OU CONGO
- Un premier groupe ethnique, les Congo ou Fiotes parlant la langue quichicongo ou fiote, habitent le Nord-Ouest de la Colonie, depuis l’enclave de Cabinda jusqu’au voisinage de Loanda, la capitale, vers le Sud, et jusqu’au fleuve Couango vers l’Est.
- Ils sont plus ou moins mêlés au groupe Mboundou, dont nous aurons, l’occasion de reparler, la langue mboundou étant parlée sur une grande étendue de la colonie.
- La voie ferrée qui part de Loanda et s’enfonce vers l’Est est un tel agent de civilisation que les caractères propres aux races voisines disparaissent complètement et, pendant quelque 600 km, on ne rencontre guère au voisinage du chemin de fer que des noirs civilisés, habillés, et parlant plus ou moins portugais. Au delàMu terminus de Malange, la vie indigène recommence à s’affirmer de façon plus caractéristique. Les huttes, copiées sur les maisons européennes, ont des parois de terre glaise coiffées d’un toit de chaume plongeant soutenu en véranda par des poteaux extérieurs; et sur les parois de glaise blanchie à la chaux, les artistes locaux dessinent les souvenirs de leur contact avec la civilisation : des locomotives, des défilés de troupes, des paquebots, dans un style naïf d’image d’Épinal, qui n’est pas sans humour... Mais les vêtements ont disparu. Hommes et
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- femmes vont nus, un bout de toile ou une peau de bête autour des reins. Pour ornements les femmes se contentent de croix en fer-blanc, que vendent les trafiquants. Elles sont fort coquettes de leur chevelure ; les Bangalas, par exemple, qui vivent à l’est de Malange, se tressent les cheveux en longues nattes — par quel miracle, c’est plus qu’on ne peut comprendre — qui viennent se nouer sur la nuque.
- LES LUNDAS
- En poursuivant vers l’est, nous allons voir se préciser les particularités d’une autre race, l’une des plus intéressantes d’Angola : les Lundas, Londas, Loundas ou Baloundas.
- Les Quiôcos (ou Tshioquoués) en forment la première tribu; ils sont d’ailleurs étroitement mélangés avec les
- Nom de province
- AFRIQUE EQU“
- Chemin de fer
- Borna
- CONGO
- L 0 U N D A \
- BA-LOUNDAS
- çtàôcos
- BA-
- LOUNDAS
- a I a i
- CUANZA J SUD
- QUISSIMAS fis
- ^Ù^QUIÔCOS MO X I
- BENGUELLA
- QimLENGUES
- HUILA
- INTENDANCE
- CUBANGO
- SUD-OUEST AFRICAIN K X-A L L S
- Fig. 1. —- L'Angola.
- tribus voisines : Bangalas, Ambaquistas, Minungos ou autres. Habitant un pays où la petite forêt et la savane alternent, et où le sol est de médiocre qualité, ce sont de grands chasseurs, et l’interdiction faite par les autorités portugaises de leur vendre des armes à feu a laissé intacte chez eux l’habitude de la chasse à l’arc et à la lance. Les armes des Quiôcos, comme de tous les Loundas, d’ailleurs, sont d’une beauté extraordinaire, si l’on pense aux moyens primitifs dont ils disposent. Les flèches ont des têtes en fer de lance, en croissant, en cœur; certaines lances, forgées avec un soin particulier, présentent un évidement en forme d’anneau, à la base du fer. L’extrémité de la monture des sagaies est souvent anthropomorphe et la statuette sculptée dans la masse du bois est pourvue d’ornements tels que des bracelets de poignet et de cheville, en fil de cuivre. Enfin, soit comme arme réelle, soit comme insigne de dignité, les Quiôcos
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- sculptent des massues à tête humaine. Mais ils leur donnent presque toujours le faciès aplati et lippu qu’ils ont coutume de voir, tandis que plus à l’ouest, chez les Songos de la race Ainboundou, on trouve parfois des massues de parade terminées par une tête d’une beauté de profil qui rappelle étrangement les conceptions égyptiennes ou grecques primitives.
- Comme la plupart des nègres sauvages, ils ont le goût de la danse et la peur du fétiche. Le tam-tam commence parfois à retentir dans le courant de l’après-midi, la population du village s’assemble pour piétiner en rond autour de 1’ « orchestre » et lorsque vient le petit jour, ceux qui n’ont pas succombé aux fatigues dé la danse ou de l’orgie, continuent encore, le regard perdu, ivres de ces sonorités obsédantes et syncopées. Un des principaux instruments est le chingufo ou chicuvo, sorte de caisse en trapèze, ouverte le long de son
- sorte de narguilé où ils fument un tabac âcre qui les fait tousser. Tous les Quiôcos ont une peur égale des mauvais sorts, des présages, des sorciers. Si un homme meurt, on brûle sa maison; si la mort est par trop mystérieuse, on abandonne le village entier pour en reconstruire un autre plus loin, ce qui est d’ailleurs assez vite fait.
- Les sorciers profitent de ces .dispositions pour assurer largement leur subsistance. En effet, l’homme qui a peur des maléfices est entre les mains du féticheur, ou moukouche, comme on l’appelle dans la Lounda.
- Des entretiens que j’ai eus avec les chefs de poste portugais, presque tous officiers, et hommes de bon sens et de pondération, il résulte que les sorciers sont capables de néfastes exploits qui dépassent notre entendement, et surtout, qu’ils connaissent dans leurs moindres détails les ressources de la brousse en matière de produits
- Fig. 2. — Paysage de l'Angola.
- arête supérieure par mie longue fente ; les coups frappés sur les côtés, par dés maillets à tête de cuir, donnent des résonances sourdes et comme haletantes. Ils utilisent aussi le marimba, qui est un xylophone dont la sonorité est accrue par des calebasses fixées sous chaque lame. Enfin, ils se servént parfois d’un arc dont la corde, très tendue, vibre au moindre attouchement : une calebasse est attachée au bout de l’arc. Ou bien, quand ils circulent seuls —- naturellement à pied — pour tromper la monotonie d’étapes chiffrées par dizaines de kilomètres, ils se font un petit instrument portatif formé d’une série de lames métalliques de différentes longueurs, montées sur une caisse de résonance large d’un demi-pied, et sur lesquelles ils pianotent tout en marchant.
- Quant au fétichisme... là, le chapitre est inépuisable. Quand les hommes se réunissent le soir, sous un abri ouvert au vent, autour d’un maigre feu, ils se racontent des histoires sans fin, en tirant sur la pipe à calebasse,
- toxiques. Armés de ces poisons, ils savent faire mourir les gens à petit feu, ou amener la mort sur les habitants d’une maison, ou rendre fou : bref, une infinité de pratiques dangereuses que ne contre-balancent malheureusement pas leurs connaissances médicales.
- En effet, c’est par la guérison des maux dont sont affligés les indigènes, que les médecins et les administrateurs portugais ont pu le mieux contrebattre l’influence destructrice des moukouches.
- Dans toute la Lounda, depuis ses limites occidentales jusqu’au Congo belge, et qu’il s’agisse de Quiôcos ou de toute autre tribu, les féticheurs se vêtent à peu près de la même façon, avec une sorte de tricot végétal à cercles alternés, une jupe de paille, et un masque effrayant bariolé de noir, de blanc, de rouge, surmonté de touffes de plumes. Certains sont des danseurs hors de pair, et je me souviens d’avoir vu à Sa.urimo, aujourd’hui Vila Henrique de Carvalho, un féticheur contorsionniste
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- dont les attitudes impossibles me laissent encore, après des années, un souvenir de malaise.
- Les Quiôcos (ou Ba-Quiôcos) et les Lounda (Ba-Lounda) vont en général nus, comme les Songos ou les
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- d’une sorte de casque rouge-brique modelé selon la coquetterie individuelle. Parfois, le corps entier est poudré de terre rouge, qui adoucit la peau et la protège : il semble que ce soit surtout une recherche d’élégance.
- Fig. 3 à 8 (de gauche à droite et de haut en bas). — 3. Village Quiôco. — 4. Les familles des travailleurs employés à l'entretien du chemin de fer de Dilolo à Tshilongo. — 5. Chefs indigènes faisant leur soumission à Dilolo près de la fronlière du Congo belge. — 6. ~A Luanda, indigènes préparant du poisson près du port. Remarquer les vanneries voisinant avec les bidons d’essence utilisés dans l’Afrique entière comme récipients à tous usages. — 7. Danse indigène au village de Quiandala. Hommes et femmes piétinent en rond
- autour de l’orchestre. — 8. Policier indigène et sa monture.
- Bangalas. La plupart des femmes poissent leurs cheveux avec un mélange d’huile, d’ocre rouge et de teinture écarlate provenant du tacula, arbre assez répandu dans toute la région Nord-Est de l’Angola. Elles sont ainsi coiffées
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- Et nous arrivons maintenant aux Loundas proprement dits, avec qui Livingstone eut quelques démêlés
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- voici quatre-vingts ans. A cette époque, l’empire des II a été morcelé lors du partage du continent noir par
- Baloundas était un des plus puissants d’Afrique Centrale. les puissances européennes, et une partie devint belge
- Fig. 1 à 10. — 1 et 2. Chef et chasseur à Lubango {Huila). — 3. Chasseur Quilengue {Lubango). — 4. Femmes Lourimbe {Ouanza). — 5 et 6. Jeunes filles Quissama à Humpata {Huila). — 7. Femmes à Humpata. — 8. Femmes Bailundos à Huambo. — 9. Types Quissama. — 10. Type Humbe {Moxico).
- Photos Mission géologique d’Angola.
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- l’autre, portugaise. Le souverain s’appelait le Muata Yamvo : le contemporain de Livingstone était un personnage féroce, une sorte de Néron nègre, qui, pris de crises de folie furieuse, parcourait ses villages en tuant de sa main tout ce qui se trouvait à sa portée ; il avait été aussi, au temps où ce commerce prospérait, un grand approvisionneur d’esclaves pour les trafiquants de la côte. ...
- Les Loundas ont étendes guerriers redoutables, et c’est à une date très récente qu’on a pu les pacifier, des deux côtés de la frontière. Lors des premières expéditions vers la région des diamants, la vie des explorateurs fut maintes fois mise en danger. Le colonel Brandào de Mcllo, un des pionniers portugais, a écrit un récit très vivant de son expédition de 1915, durant laquelle il rencontra souvent une redoutable résistance de la part des indigènes et essuya plus d’un coup de fusil.
- Aujourd’hui encore, bien que la paix soit parfaitement établie, il n’est pas certain que les chefs ou sobas indigènes ne se livrent pas encore à l’anthropophagie rituelle et surtout au commerce des esclaves. On raconte l’histoire de ce chef noir qui fut poursuivi et destitué pour avoir négocié des femmes — et qui n’a pas encore compris son crime, se refusant à admettre que des êtres inférieurs comme des femmes ne puissent être classés esclaves quand ce sont à peine plus que des meubles.
- Comme les Quiôcos, les Loundas sont d’admirables forgerons, qui font en particulier des haches de parade dont le tranchant est porté par des tiges rayonnant en éventail, forgées avec une précision stupéfiante de la part d’hommes si primitifs. Flèches et lances sont en général empoisonnées avec le suc d’une sorte de digitale, qui agit de façon foudroyante, à la manière du curare des Peaux-Rouges. La trempe du métal se fait à l’huile.
- Hommes et femmes portent des tatouages en relief, par élégance, et aussi pour se frotter ces bourrelets cicatriciels.
- Les habitations sont des formes les plus diverses, depuis les huttes sur pilotis de la vallée du Kassaï ou du Chicapa, jusqu’aux misérables abris ronds comme des meules de foin, de la région Sud, en passant par toutes les variétés de huttes rondes, carrées ou rectangulaires, en bois et en terre glaise.
- LES QUISSAMAS
- Si nous redescendons maintenant vers le centre de la colonie et beaucoup plus près de la côte, nous trouverons la race des Quissamas, qui ont atteint un certain degré de civilisation personnelle, non encore détruit par l’influence européenne. Ils sont mélangés d’ailleurs à la race Mussumbé. Plus fins, moins sauvages d’aspect que les Loundas, ils ont pourtant dans leur vocabulaire un grand nombre de mots qui attestent une parenté . étroite avec les Quiôcos et par conséquent avec toutes les races loundas.
- Le soba (roitelet noir) y commande à plusieurs villages, représentés chacun par un chef de village ou sobêta. La succession se faisait jadis en ligne indirecte, de l’oncle au neveu : maintenant on est revenu au principe de pri-mogéniture.
- Fig. 20. — Féticheurs dans la Lounda.
- La justice y est gratuite : cependant, quand elle est rendue par le soba, celui-ci est nourri dans le village du procès pendant tout le temps qu’il y séjourne. Le soba a le droit au parasol, et il est salué d’applaudissements, selon une mode d’ailleurs répandue sur un immense territoire, de l’Angola au Katanga. Le soba ne peut manger qu avec un autre sôba; toutelois sa première femme mange avec lui.
- Il y a d’intéressantes coutumes autour du mariage. Jeunes gens et jeunes fdles peuvent se fréquenter et même dormir ensemble avant le mariage. Lorsque celui-ci est célébré, la jeune femme vient habiter dans une hutte construite à 1 intention du couple. Mais la jeune femme est tenue de faire la cuisine dans la case de sa belle-mère ; et c’est seulement lorsqu’elle a deux enfants qu’elle obtient son entière indépendance. .Le premier mariage est à vie et ne peut être rompu que pour des causes très graves; les autres épouses, au contraire, peuvent etre renvoyées selon le bon plaisir de leur seigneur et maître.
- Les morts sont enterrés, dans une fosse circulaire, assis sur une banquette de terre vierge, et les mains aux genoux. Si la mort est suspecte, on demande l’avis du féticheur, qui en général en rend responsable un membre
- Fig. 21. — Féticheur à Vila Henrique de Carvalho.
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- de la tribu et le condamne à payer amende d’un pore ou d’une paire de bœufs : ce qui prouve l’intérêt d’entretenir de bonnes relations avec les sorciers. La famille du mort tue le porc, vend un des bœufs pour du vin, et on festoie gaillardement. L’autre bœuf reste connue dédommagement.
- Ils ont, naturellement, une infinité de fétiches. L’un consiste en un mélange de poudre de squelette et de s dure de bois que l’on répand à la croisée de chemins où va passer un ennemi. Celui-ci, s’il franchit la ligne maudite, mourra.
- A moins toutefois qu’il ne se précautionne ainsi : il charge un vieux fusil ou fait un pétard, et se rend à une tombe, en emportant une chèvre et un poulet. 11 leur coupe le cou sur une tombe, les arrange sur la sépulture, dit : « Je ne suis pas coupable ! » tire le coup de feu ou le pétard, et s’enfuit à toutes jambes : et cet exorcisme retourne le fétiche contre son auteur.
- Les femmes mussumbé et quissamas sont extrêmement coquettes, se lavent chaque jour dans les ruisseaux et s’oignent le corps entier avec une huile mélangée de la substance rouge tirée du tacula, ce qui leur donne une coloration bronzée. Elles ne dédaignent pas les ornements de toutes sortes, qu’elles recherchent même beaucoup plus avidement que les Loundas.
- £
- Si maintenant, franchissant la voie ferrée qui coupe en doux la Colonie, c’est-à-dire le Benguela Railway, nous poursuivons jusque sur les plateaux de Huila, nous
- allons trouver une race de pasteurs beaucoup plus fins et avenants que dans tout le reste du territoire. Alors que les Angolans du Nord et du Centre ont le visage bestial et les allures assez rudes, ceux des plateaux du Bailundo (au nord de la voie ferrée) et surtout ceux du Bihé et de Huila ont des visages très fins et des silhouettes assez élégantes. Peuple répandu sur les grandes étendues planaltiques, ils semblent avoir pris un peu de la beauté qui appartient à tous les nomades. Les Portugais entretiennent depuis longtemps d’excellentes relations avec eux et les emploient également sur les exploitations agricoles et sur les élevages. Ils n’ont sans doute pas des coutumes aussi pittoresques que celles des Loundas ou des Quissamas, mais ils plaisent par leur visage ouvert, aux traits réguliers. Et la coquetterie n’est pas le moindre petit travers des femmes qui se surchargent la tête, le cou, les bras et les chevilles d’une infinité de colliers et de bracelets faits de peau, d’écorce, de métal, enchevêtrés de coquillages blancs, de boutons de culotte, de capsules d’eau minérale et de tout, enfin, ce qui brille au soleil. Ils partagent avec les Zoulous et les autres Bantous d’Afrique du Sud le goût des perles de verroterie et sont très adroits à les employer pour broder des ornements assez élégants d’ailleurs. Leur langue est étroitement apparentée au mboundou.
- On voit donc qu’en définitive la vaste étendue de l’Angola est peuplée d’un nombre infini de tribus portant des noms différents, rattachées à une même origine, et plus ou moins évoluées selon la situation géographique et l’influence de la civilisation européenne.
- Christian de Catkrs.
- LE MICROSCOPE A ÉLECTRONS
- Le microscope est un instrument d’optique utilisé dans un grand nombre de disciplines scientifiques. Il constitue le principal auxiliaire du biologiste, du microbiologiste et du cristallographe. Les constructeurs, utilisant les indications théoriques de nombreux physiciens, parmi lesquels il convient de citer tout particulièrement le physicien allemand Abbe, se sont ingéniés à en accroître la puissance de manière à le rendre propre à l’observation d’objets de plus en plus petits. Cependant cette puissance, même pour les microscopes les mieux construits, est limitée par ce qu’on appelle le pouvoir séparateur de l’instrument. Nous rappellerons tout d’abord les méthodes par lesquelles on s’est efforcé d’augmenter ce pouvoir séparateur, sans d’ailleurs beaucoup de succès, et nous exposerons ensuite le principe d’une méthode nouvelle qui semble pleine de promesses.
- POUVOIR SÉPARATEUR DU MICROSCOPE
- En se bornant à considérer la théorie élémentaire du microscope, basée sur les lois géométriques de la réfraction, on pourrait croire qu’il n’y a pas de limite à sa puissance. Si, • comme l’admet cette théorie, tous les
- rayons issus d’un point de l’objet allaient converger exactement en un même point de l’image, cette image serait exactement semblable à l’objet, et, en augmentant suffisamment le grossissement du microscope corrigé de tous ses défauts (aplanétisme, achromatisme), on pourrait espérer voir des détails de l’objet aussi petits qu’on voudrait.
- En réalité, les choses se passent tout autrement. En faisant de plus en plus croître le grossissement on n’améliore pas indéfiniment la visibilité des détails les plus fins de ces objets. Si l’on considère deux points d’un objet de plus en plus rapprochés l’un de l’autre, il arrive un moment où le microscope ne permet plus de les voir séparés. Le plus petit écartement qu’ils puissent avoir pour être vus dans l’image comme deux points distincts mesure ce qu’on appelle le pouvoir séparateur du microscope.
- L’existence d’un pouvoir séparateur, que ne fait pas prévoir la théorie géométrique ordinaire du microscope, tient aux phénomènes de diffraction qu’éprouve la lumière lorsque sa propagation est entravée par des obstacles, et en particulier lorsqu’elle traverse des diaphragmes d’ouverture limitée. A cause de ces phéno-
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- mènes, l’image d’un point fournie par l’objectif n’est pas un point, mais une petite tache lumineuse dont le diamètre est d’autant plus grand et l’éclairement d’autant plus faible que l’ouverture de l’objectif est plus étroite. Les taches constituant les images de deux points de l’objet très voisins l’un de l’autre finissent par se recouvrir partiellement, et les points ne peuvent plus être distingués l’un de l’autre. Le diamètre des deux taches variant, comme la distance de leurs centres, proportionnellement au grossissement, on conçoit qu’un accroissement de ce grossissement n’augmente pas la netteté de l’image.
- Soient A un point situé sur l’axe xy du microscope et B un point voisin (üg. 1). La théorie montre que la plus petite distance qui puisse exister entre les points A et B pour que leurs images A/ et B/ soient vues séparées, est :
- Ali
- L n sin a
- A désignant la longueur d’onde de la radiation utilisée pour l’éclairage du microscope, n l’indice de réfraction du milieu où se trouve l’objet et a l’angle OAN d’où l’on voit du point de l’objet placé sur l’axe optique le demi-diamètre de l’objectif.
- MÉTHODES UTILISÉES POUR ACCROITRE LE POUVOIR SÉPARATEUR
- Pour diminuer cette distance AB et accroître le pouvoir séparateur du microscope, on peut songer soit à accroître le dénominateur 2 n sin a de l’expression précédente, soit à diminuer son numérateur A.
- 1° On peut augmenter le dénominateur 2 n sin a en agissant sur n ou sur sin a.
- On augmente n par l’emploi de l’immersion homogène, dans laquelle on s’efforce de réaliser, entre le condensateur et l’objectif, des milieux ayant tous un indice élevé. A cet effet, la préparation est incluse dans du baume de Canada et l’on introduit une goutte d’huile de cèdre, d’une part entre le couvre-objet et l’objectif, d’autre part entre la lamelle et la face supérieure du condensateur. Le baume de Canada et l’huile de cèdre ayant un indice sensiblement égal à celui du verre, les rayons qui sortent du condensateur traversent un milieu optiquement homogène.
- Pour augmenter l’angle a sous lequel on voit, du point de l’objet placé sur l’axe optique, le demi-diamètre de l’objectif, on donne une forme particulière à la lentille frontale des objets.
- Cette lentille est fixée dans une monture peu saillante afin de pouvoir recueillir des rayons qui atteignent l’objectif en rasant presque la surface de la lentille.
- Le produit n sin a est habituellement désigné sous le nom d’ouverture numérique. Dans le cas de l’immersion homogène avec emploi d’huile de cèdre
- (n = 1,515), on peut avoir des objectifs dont l’ouverture numérique vaut 1,4; on n’est pas loin de la valeur théorique qu’on obtiendrait en recueillant des rayons tout à fait rasants (sin a = 1) pour lesquels le produit n sin a serait alors égal à 1,515. On a proposé de remplacer l’huile de cèdre par le monobromonaphta-lène dont l’indice, plus élevé que celui de l’huile de cèdre, atteint 1,66. Cela ne va pas sans complications car pour éviter les phénomènes de l’éflexion totale qui se produiraient sous de grandes incidences entre le verre de la lentille et le monobromonaphtalène, on est obligé de faire cette lentille en fiint, verre d’indice élevé, et de modifier ainsi la construction de l’objectif; on se rapproche alors pour l’ouverturè numérique de la valeur 1,66.
- Ces conditions, qui sont les plus favorables, ne sont pas toujours réalisables. On n’est pas toujours maître du milieu dans lequel se trouve l’objet.
- Dans beaucoup de cas, ce milieu est nécessairement l’eau, et alors l’indice introduit dans le calcul de l’ouverture numérique est celui de l’eau (n = 1,33) en sorte que l’ouverture
- Fig. 1.
- Pouvoir séparateur du microscope.
- Fig.
- Le microscope électronique de Marion (vue d’ensemble).
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- numérique est alors forcément inférieure à cette valeur.
- En résumé, les meilleurs microscopes ne permettent pas de séparer des points dont la distance mutuelle est
- inférieure à
- A . . ‘ 5
- si les points se trouvent dans l’eau, et à •;>
- 2,8
- s’ils sont dans l’huile de cèdre ou dans un milieu
- d’indice voisin. En prenant pour valeur de la longueur d’onde celle qui correspond à la piartie jaune verdâtre du spectre, à laquelle l’œil est le plus sensible, soit A = 0,55 u, on voit que la théorie indique, pour la plus petite distance que le microscope puisse séparer, une valeur qui ne s’écarte pas beaucoup de 0,2 y.
- L’expérience confirme très approximativement les résultats de la théorie; pratiquement lorsque les objets ont des dimensions inférieures à 0,25 y, on ne peut plus,
- même avec les meil-le urs microscopes, en connaître la forme et en distinguer les détails.
- 2° Les résultats précédents sont relatifs au cas habituel où le microscope est éclairé en lumière blanche dans laquelle la radiation la plus sensible pour l’œil est la radiation jaune-vert de longueur d’onde voisine de 0,55 y. On peut songer à améliorer le pouvoir séparateur en utilisant des radiations de longueur d’onde plus courte. On a effectivement reconnu depuis longtemps qu’il y a quelque avantage à remplacer la lumière blanche, habituellement utilisée pour l’éclairage des microscopes, par de la lumière bleue ou violette, dont la longueur d’onde est plus faible. Dès 1871, Castracane se servait des rayons violets pour étudier les fins détails de la structure des diatomées. Mais leur longueur d’onde ne s’écarte pas assez de celle des rayons visibles ordinaires pour qu’ils permettent d’améliorer la visibilité d’une manière importante.
- On a obtenu de meilleurs résultats en utilisant les rayons ultra-violets. Le verre n’étant pas transparent pour ces rayons, la partie optique du microscope doit être toute èn quartz (1). D’autre part, comme l’œil n’est
- Fig. 3. —Schéma permettant de comprendre le principe du microscope électronique.
- 1. Comme on ne peut utiliser que le quartz, il n’est pas possible d’obtenir un instrument qui soit achromatique, c’est-à-dire qui donne des images ayant, les mêmes positions pour des longueurs d’ondes différentes. Il faut donc utiliser pour l’éclairage une radiation mono-
- pas sensible aux rayons ultra-violets, il faut observer l’image par l’intermédiaire d’un écran fluorescent, en verre d’urane par exemple, qui s’illumine sous l’influence des rayons ultra-violets, ou mieux l’enregistrer sur une plaque photographique. Pour une longueur d’onde A — 0,275 y, le pouvoir séparateur sera double de celui que fournit un microscope ordinaire utilisé en lumière blanche dans laquelle la radiation la plus lumineuse du spectre a pour longueur d’onde A = 0,55 y environ. On peut obtenir ainsi des grossissements de 5000 diamètres qui présentent encore un remarquable pouvoir de définition et au moyen desquels il est possible d’observer des détails de structure inaccessibles au microscope ordinaire. On aurait sans doute de meilleurs résultats encore avec les rayons X dont la longueur d’onde est beaucoup plus courte, niais l’emploi de ces rayons dans un microscope se heurte à des difficultés techniques considérables qui n’ont pas été résolues jusqu’ici d’une manière satisfaisante. Nous n’avons pas à envisager ici les dispositifs ultra-microscopiques, sur fond noir, qui nous fournissent seulement la possibilité de constater l’existence d’objets plus petits, mais ne permettent pas d’en distinguer les détails, ni même la forme.
- PRINCIPE DU MICROSCOPE ÉLECTRONIQUE
- M. Louis de Broglie, au cours des belles recherches théoriques qui ont été le point de départ de la mécanique ondulatoire, a montré que le mouvement des électrons s’accompagne de la propagation d’ondes dites ondes électroniques dont la longueur est comparable à celle des rayons X, soit environ 1000 fois plus faible que les longueurs d’onde lumineuses. On conçoit que l’emploi de telles ondes dans un dispositif microscopique pourrait permettre d’obtenir un pouvoir de définition extrêmement élevé, très supérieur à celui que fournit le microscope ordinaire, et même le microscope à rayons ultraviolets. Il a effectivement conduit à la construction de microscopes à électrons d’un type très original.
- On sait depuis longtemps qu’un courant d’électrons est sensible à l’action d’un champ électrique et d’un champ magnétique et que les trajectoires électroniques peuvent être déviées par de tels champs. Les recherches de Busch ont établi que les champs magnétiques ou électriques de symétrie axiale se comportent à l’égard d’un faisceau d’électrons passant par leur axe tout comme le fait une lentille pour un faisceau lumineux. Les travaux ultérieurs de Knoll, Ruska, Brücheet ses collaborateurs, ont prouvé expérimentalement que cette propriété des électrons peut être utilisée au développement d’une optique géométrique des électrons ainsi qu’à la construction d’instruments donnant lieu à la formation d’images à l’aide des électrons. Ces auteurs ont été amenés à concevoir la construction de microscopes à électrons capables de fournir des images d’un grossissement et surtout d’un pouvoir de définition très élevés pour des objets émettant des électrons ou traversés par ces corpuscules. Ainsi
- chromatique; on a proposé l’emploi de la raie ultra-violette A = 274,867 ma du cadmium, produite par de? étincelles qui jaillissent entre 2 tiges de ce métal reliées au secondaire d’une bobine d’induction.
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- Ruska a montré qu’on pouvait réaliser dès maintenant un pouvoir séparateur correspondant à des grossissements d’environ 12 000 et il estime qu’on pourra atteindre des grossissements voisins de 50 000. Même pour des ouvertures numériques très faibles, le pouvoir séparateur correspond à des dimensions moléculaires.
- M. Marton, de l’Université de Bruxelles, à qui l’on doit de très belles recherches dans ce domaine, a construit un microscope électronique constitué par l’association d’une ampoule à décharge et d’une paire d’électroaimants fonctionnant l’un connue objectif, l’autre comme oculaire; l’appareil comporte également un écran fluorescent s’illuminant sous l’influence du bombardement électronique et donnant ainsi une image lumineuse de l’objet examiné, image qu’ori peut fixer par la photographie.
- La figure 2 reproduit une vue d’ensemble du microscope à électrons de M. Marton : on distingue sur la photographie le tube à décharge a (à cathode froide) utilisé comme source d’électrons, la bobine de concentration b qui joue le rôle de condenseur du microscope, la première bobine c fonctionnant comme objectif, la seconde bobine de projection d, jouant le rôle d’oculaire, et enfin l’écran fluorescent e. Devant cet écran, on voit l’appareil photographique / qui permet de fixer les images obtenues. Le vide est maintenu dans l’ampoule par une pompe moléculaire du type Holweek placée à une distance suffisante pour que le champ magnétique produit par les électroaimants du moteur actionnant la pompe n’influe pas sur les trajectoires des électrons.
- Le porte-objet est constitué par une petite plaque P. O. serrée à l’extrémité d’un tube de laiton. L’objet est fixé au centre de cette plaque, devant un petit trou, en sorte que la plaque sert en même temps de porte-objet et de diaphragme. Le tube lui-même est très bien centré par rapport à la première bobine. Sur le tube sont encore fixés des diaphragmes pei mettant d’écarter du chemin optique la plus grande partie des électrons secondaires qui pourraient troubler l’image. L’appareil est entièrement- métallique. Les deux bobines (objectif et oculaire) sont blindées de fer doux de Suède et construites de telle façon que l’entrefer soit réglable. La seconde bobine, qui n’est pas fixée sur le tube de laiton, mais que l’on peut déplacer le long de celui-ci, sans le décentrer par rapport à la première bobine, porte à l’intérieur du tube de laiton des pièces polaires en fer.
- L’écran fluorescent est constitué par un disque de verre recouvert d’une mince couche de tungstate de calcium. Pour éviter certaines perturbations dues à une accumulation de charge sur sa surface, il est très légèrement doré, la mince couche d’or communiquant avec le tube de laiton qui est mis à la terre. L’écran est tellement transparent qu’on peut photographier l’image du dehors sans perte notable d’intensité.
- EMPLOI DU MICROSCOPE A ÉLECTRONS DANS LA TECHNIQUE HISTOLOGIQUE
- Lorsque le microscope est utilisé pour l’examen d’objets susceptibles de subir, sans être altérés, l’action d’un flux intense d’électrons, son emploi ne présente pas de difficultés particulières.
- Fig. 4. — Racine d'orchidée sur grille de cuivre (grossissement200 . Microphoto obtenue avec le microscope électronique.
- 11 n’en est plus ainsi lorsqu’on désire se servir du microscope pour l’examen d’objets biologiques. Sous l’influence du bombardement électronique intense auquel elles sont soumises, toutes les matières organiques sont détruites en un temps très court et l’observation devient impossible. Pour vaincre ces difficultés, on pourrait :
- 1° Refroidir de manière intense les objets en les posant sur des feuilles métalliques extrêmement minces en contact avec des pièces métalliques refroidies ;
- 2° Les imprégner de matières assurant leur conservation ;
- 3° Réaliser une imprégnation qui permette de conserver un squelette de l’objet après destruction de celui-ci.
- Le premier moyen n’est pas d’un emploi commode à cause de l’absorption intense que les métaux, même en couche très mince, exercent sur un flux d’électrons. Les pertes d’intensité ne permettent alors d’obtenir que des images très floues.
- Le second moyen devra êti'e réservé au microscope à basse tension parce qu’il est peu probable que l’on puisse trouver un procédé de conservation permettant aux corps organisés de résister au bombardement d’un faisceau d’électrons de grande vitesse.
- C’est par la troisième méthode qu’ont été obtenus jusqu’ici les meilleurs résultats. Il faut pour cela, d’une part que le squelette de l’objet, généralement métal-
- Fig. 5. •— Racine d’orchidée sur grille de cuivre (grossissement 1000).
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- Fig. 6. — Racine d’orchidée sur feuille d'aluminium (grossissement. 200).
- lique, soit rigoureusement semblable à l’objet, d’autre part, que la matière constituant ce squelette ait un poids atomique considérable, un point de fusion élevé et une grande conductibilité thermique. Les figures 4, 5 et 6 reproduisent quelques microphotographies obtenues par M. Marton. Elles représentent des coupes de racines d’orchidée sous des grossissements de 200 et de 1000.
- On y distingue nettement les limites des cellules, et l’auteur estime que le pouvoir séparateur est de l’ordre du micron. Les coupes ont été imprégnées à l’osmium. Ces microphotographies de préparations histologiques sont les premières qui aient été obtenues avec un microscope à électrons. Nous devons à l’obligeance de M. Marton de pouvoir les reproduire ici.
- Le microscope à électrons, dont le principe est si différent de celui utilisé dans les microscopes ordinaires, semble justifier, s’il faut en croire M. Marton, les espoirs qu’on a mis en lui. « Bien qu’il y ait encore certainement des difficultés techniques à surmonter, écrit-il, il n’est plus douteux que nous nous trouvons en présence d’un instrument capable de modifier et de compléter nos connaissances dans beaucoup de domaines. Grâce à son pouvoir séparateur extrêmement élevé, de grandes découvertes pourront être faites, non seulement dans la biologie et la bactériologie, mais encore dans la plupart des domaines des autres sciences naturelles. La technique industrielle s’en sert déjà actuellement pour l’étude de certains phénomènes, tels que la désactivation des cathodes à oxyde. Il permettra aussi, sans aucun doute, d’enrichir nos connaissances sur la structure de la matière ».
- A. Boutaric,
- Professeur à la Faculté des Sciences de Dijon.
- SUPER-ROTATIVES A JOURNAUX MODERNES
- La lutte des idées, la soif de tout connaître, le désir fou d’être informé instantanément ont nécessairement obligé la grande presse à se pourvoir d’un matériel puissant, rapide et précis.
- Le « canard », la « feuille de chou », comme disent les habitués de salles de rédaction, tendent de plus en plus à disparaître, dans les grands centres, pour faire place à des quotidiens informés à souhait, illustrés abondamment et répondant aux exigences souvent fébriles d’un public insatiable.
- Mais les reporters audacieux, les rédacteurs habiles seraient peu de chose, si, au dernier moment de l’accès de fièvre quotidien, les moyens de production manquaient pour assurer aux millions et millions de lecteurs la pitance informatrice qu’ils guettent avec une énergie frisant parfois le délire.
- A ce tableau moral de l’influence de la grande presse, ajoutons la vision réelle d’un atelier d’impression d’où, à pleines rotatives, un journal est craché à raison de plusieurs dizaines d’exemplaires à la seconde.
- Le secrétaire de la rédaction est venu au marbre, en compagnie du chef metteur en pages, pour boucler le canard.
- Quelques lignes retirées ici, un articule t jeté là, une phrase tendancieuse redressée, une information modifiée en dernière heure et enfin les formes sont prêtes au cli-chage.
- De ses mille à mille cinq cents tonnes de pression, l’énorme casse-noisettes de la presse à empreintes a
- donné sur le flan une empreinte nette, bien insculpée qui est vite dirigée vers un appareil dantesque : le fourneau-moule à couler les clichés.
- Tel un vif argent, le métal ternaire (plomb, antimoine, étain) y coule à pleine goulotte. Et, à chaque poussée d’un invisible piston, 30 à 35 kg de métal fondu se moulent dans l’empreinte, s’y figent, s’y refroidissent : un jeu. Et, automatiquement, le cliché nouveau-né sort brillant, œil bien net comme disent les imprimeurs.
- Encore quelques secondes et c’est une autre, puis dix, puis cent naissances analogues. Car la rotative est vorace et il lui faut engouffrer par dizaines, sur ses divers cylindres, les clichés nécessaires à sa monstrueuse et grandiose production.
- Dans une nuit, un grand quotidien moderne nécessite la fusion, la coulée, la manutention de 20 000 à 30 000 kg du métal brillant ! Joignez à cela 100 000 à 125 000 kg de papier, d’encre et de fournitures diverses. Et pour quelques heures, six à sept environ, de travail nocturne !
- Les clichés prêts sont griffés sur les cylindres, les bobines de papier sont montées sur leurs « trèfles » d’alimentation. Quelques tours pour tout régler, puis ce sont les déclics autoritaires des contacteurs électriques et lé ronronnement du monstre rotatif devient roulement, puis en quelques secondes atteint le diapason d’un échevelé grondement. Son intensité est telle que le hurlement d’une voix, à pleins poumons, ne s’y entend même pas. On s’y comprend par gestes ou par le mouvement des lèvres, antithèse bien moderne de
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- Fig. 1. — Vue d'ensemble d'une super-rolutiue Marinoni, hjpe Ouest-Éclair, produisant par heure, 120 000 exemplaires de 4 à 24 pages. (A l’étage supérieur : les groupes imprimeurs; à l’étage inférieur, les trèfles d’alimentation continue du papier en bobine).
- 1’anéantisse.ment des sens humains par la puissance du machinisme mis en œuvre.
- Approchons-nous de l’un de ces monstres récemment construit en France et installé dans les ateliers de notre confrère VOuest-Eclair, à Rennes.
- Cette rotative, due aux établissements Marinoni, à Paris, peut pousser sa production jusqu’à 40 000 exemplaires-heure, par groupe de cylindres (Il exemplaires à la seconde), en délivrant, au total, par ses trois sorties 120 000 exemplaires-heure pouvant donner, par gradation de 2 en 2 pages, des journaux de 4 à 24 pages du format 36 X 51 cm.
- En une nuit, il faut couler 850 à 900 clichés, pesant brut : 24 kg; fini : 18 kg.
- Le problème à résoudre était celui des éditions successives que l’on rencontre dans beaucoup de grands régionaux de province.
- L’Ouest-Eclair assure en effet 12 éditions diffusées dans les 14 départements suivants de l’Ouest de la France :
- Ille-et-Vilaine, Côtes-du-Nord, Finistère, Morbihan, Loire-Inférieure, Vendée, Deux-Sèvres, Charente-Inférieure, Maine-et-Loire, Mayenne, Sarthe, Orne, Calvados et Manche.
- Et cela, dans l’ordre chronologique suivant :
- Vendée, Caen, Cherbourg, Avranches, Le Mans, Angers, Nantes, Côtes-du-Nord, Finistère, Morbihan, Saint-Malo et Rennes.
- Or, chaque édition comporte naturellement une partie régionale propre imposant un changement de 5 à 10 pages.
- Fig. 2. — Coupe schématique d'un élément imprimeur de la super-rotative Marinoni.
- Le sous-sol reçoit le trèfle A d’alimentation continue, du papier en bobine. — B. Bobines en impression. B1 Bobine en attente. B* Bobine de réserve. E, E’, encrage et rouleaux encreurs des clichés d’impression du recto R et du verso V. I. Papier imprimé dirigé vers les plieuses coupeuses.
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- Groupes
- Imprimeurs
- Groupes
- Imprimeurs
- Sous-Sol
- Sous-Sol
- Fig. 3. — Coupe schématique de l’ensemble de la super-rotalive Marinoni, type Ouest-Eclair.
- Les « trèfles » A, A d’alimentation continue du papier en bobines sont disposés dans le sous-sol et desservent les groupes imprimeurs placés à l’étage supérieur. Le papier imprimé vient se plier dans les plieuses-coupeuses P, P, P, qui délivrent les journaux pliés en deux, prêts à la vente ou aux expéditions par chemin de fer ou automobile.
- Dans une nuit, il faut assurer avec rapidité et sans aucune erreur possible environ 90 formes différentes pour ces éditions régionales qui totalisent environ 400 000 exemplaires.
- Ceux-ci sont expédiés : partie par voie ferrée et partie par voitures automobiles qui sillonnent chaque nuit la région.
- Aux vitesses mécaniques signalées ci-dessus, d’environ 11 rotations par seconde, les arbres et engrenages sont évidemment soumis à de rudes efforts. Aussi les engrenages, en particulier, sont-ils inclus dans des carters étanches à bain d’huile évitant tout grippage qui serait désastreux pour un journal aussi important.
- Les arrêts, pour le changement de papier, sont pour ainsi dire supprimés par l’emploi de « trèfles » (voir ligures 1, 2 et 3) qui assurent une alimentation continue, les bobines étant toujours :
- 1° L’une en utilisation d’impression ;
- 2° La seconde en attente d’impression ;
- 3° La troisième en réserve.
- La valeur des super-rotatives modernes est très variable suivant le nombre des éléments imprimeurs, mais elle n’est jamais inférieure à deux millions de francs et peut parfois atteindre le tripje ou le quadruple de cette valeur. Et ceci non compris la valeur de tout ce qui gravite autour de l’imprimerie : rédaction, bélino-graphie, photographie, photogravure, clicherie, force motrice, bâtiments, etc., etc., dont tout l’ensemble peut être estimé entre 75 et 100 millions de francs.
- C’est ce qui explique la création obligatoirement limitée de nouveaux quotidiens à grand tirage surtout quand, par de durs temps de crise, la contre-partie publicitaire ne vient pas compenser les frais d’amortissement et d’exploitation d’une telle « usine à pensée ».
- Georges Degaast,
- Professeur d’enseignerqent technique du Livre.
- LE GRAND BARRAGE DE BOULDER V SUR LE COLORADO (États-Unis)'
- On achève actuellement, aux États-Unis, un grand barrage, dont les dimensions dépasseront de beaucoup celles de tous les ouvrages analogues construits antérieurement. Ce gigantesque barrage, dont la hauteur dépasse 200 m, est situé sur le Colorado, en un point où ce grand fleuve Constitue la limite entre les États du Nevada et de l’Arizona.
- Avant de donner une description détaillée de cet ouvrage, il est intéressant de rappeler la situation géographique des régions traversées par le Colorado et par ses affluents.
- BASSIN DU COLORADO
- Le bassin du Colorado occupe une superficie d’environ 630 000 km2, soit une superficie supérieure à celle de la France. Ce bassin a son origine dans fÉtat du Wyoming, dans lequel se trouve la source de la Green River, principal affluent du grand fleuve. Ce dernier prend sa source
- dans l’État du Colorado et, après un cours sinueux de 2735 km, il se jette dans le golfe de Californie (Océan Pacifique).
- Le bassin traversé par le fleuve et par ses affluents s’étend sur 7 États du territoire américain, à savoir : le Wyoming, le Colorado, le New-Mexico, l’Arizona, l’Utah, le Nevada et la Californie. Le fleuve pénètre ensuite sur le territoire du Mexique, avant de parvenir à son embouchure.
- SITUATION DU BARRAGE
- Le grand barrage de Boulder, qui fut également dénommé « Barrage Hoover », est situé en un point où le Colorado coule au fond d’un canyon, ou gorge profonde, dont la rive droite appartient à l’État du Nevada et dont la rive gauche appartient à l’État de l’Arizona. A cet endroit, la profondeur du canyon est de 360 m et la largeur, au fond de la gorge, est seulement de 120 m.
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- La région est aride et montagneuse. La ville importante la plus proche est Las Vegas (Nevada), située à 40 km de l’emplacement du barrage. On a récemment construit, à 13 km dudit barrage, une ville dénommée « Boulder ». Le chemin de fer et la route ont été prolongés jusqu’au bord du canyon. Des ascenseurs, installés en ce point, assurent le transport du personnel et du matériel jusqu’au fond de la gorge.
- On prévoit que, même après l’achèvement des travaux, la ville de Boulder conservera son activité commerciale, car cette ville servira de résidence à de nombreux employés et, d’autre part, on espère qu’une grande activité régnera du fait des touristes qui visiteront la région et pourront naviguer en canot sur le lac artificiel créé par le barrage.
- UTILITÉ DU BARRAGE
- Le barrage est destiné, en premier lieu, à permettre la régularisation du débit du Colorado. En effet, en raison de la sécheresse qui règne en été, le débit du fleuve, à l’emplacement du barrage, est seulement de 34 m3 par seconde en période d’étiage, mais ce débit monte à 7000 m3 par seconde au moment de la fonte des neiges. Il en résulte que, malgré la présence de digues s’étendant sur une longueur totale d’environ 110 km, des inondations désastreuses se produisent souvent. La
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- vitesse d’écoulement du fleuve varie, à partir de 13 km à l’heure, jusqu’à environ 50 km à l’heure. En période d’inondations, le niveau du Colorado peut s’élever de 18 m en 6 heures et ce fleuve peut alors charrier environ 00 pour 100 de sable et de gravier. Le barrage permettra de ramener, en temps de crue, le débit maximum à 2100 m3 par seconde, tout en portant le débit minimum, en période d’étiage, à 280 m3 par seconde. Le lac artificiel créé par le barrage aura une longueur d’environ 185 km et une largeur qui atteindra, en certains points, 15 km. Ledit lac aura une surface d’environ 040 km2 et il permettra d’emmagasiner 37 milliards de m3 d’eau. Le volume du lac correspondra approximativement au double du débit moyen annuel du fleuve. Le remplissage de ce lac demandera environ 3 ans.
- En dehors de la régularisation du débit, le rôle du barrage consistera à permettre l’irrigation d’une zone d’environ 2 800 000 hectares, parmi lesquels on met actuellement en culture environ un million d’hectares. En outre, la question de la distribution d’eau aux agglomérations présente une grande importance. La population de la Californie méridionale dépasse maintenant 2 millions d’habitants. La ville de Los Angeles et le Service des eaux de la Californie méridionale (Metropolitan Water District of Southern California) se proposent d’absorber 4 500 000 m3 d’eau par jour.
- Enfin le barrage servira également à la production
- Fig. 1. — Un aspect des rives du Colorado au voisinage du Boulder-Dam. (Ph. N. Y. T.).
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- d’énergie électrique qui sera amenée jusqu’à Los Angeles au moyen de lignes à très haute tension dont nous parlerons plus loin.
- CARACTÉRISTIQUES DU BARRAGE
- Le grand barrage de Boulder a une hauteur totale d’environ 220 m au-dessus de la base du rocher. Ce barrage, en béton, est du type à gravité; il est implanté en arc de cercle. Le rayon de courbure de l’extrados, qui est
- d’environ 150 m au sommet du barrage, augmente progressivement vers le bas, pour atteindre 186 m à la base.
- L’épaisseur du barrage est de 195 m à la base et elle est de 13 m 50 au sommet. La longueur totale de la crête du barrage est d’environ 355 m. La grande route transcontinentale des Etats-Unis passera sur ladite crête du barrage. Le poids total du barrage est d’environ 6 500 000 t.
- Lorsque le remplissage du lac artificiel sera terminé, la surélévation du plan d’eau sera de 175 m; la tranche
- d’eau utilisable aura une hauteur moyenne de 155 m.
- L’usine électrique, dont nous parlerons plus loin, est située au fond du canyon, au pied du barrage. Lorsqu’elle sera complètement équipée, cette usine pourra fournir une puissance totale d’environ 1 200 000 ch.
- Pour fournir les 4 500 000 m3 d’eau par jour à la région de Los Angeles, on a prévu un aqueduc de 400 km de long, dont environ 135 km en tunnel. Cet aqueduc est obligé de franchir la ligne de partage des eaux, ce qui nécessite un pompage destiné à refouler l’eau à une hauteur de 450 ni. En prévoyant, dans le calcul, une marge de sécurité pour tenir compte des pertes de charge, on constate que ce pompage absorbera une puissance d’environ 400 000 ch, c’est-à-dire le tiers de la puissance totale' de l’usine électrique située au pied du barrage.
- CONSTRUCTION DU BARRAGE
- Les études relatives à la construction du barrage remontent aux premières années qui suivirent la Grande Guerre. En raison des nombreux intérêts en cause, les négociations durèrent environ 10 ans, mais elles se terminèrent par des accords conclus entre le Gouvernement fédéral américain et les États intéressés. Le contrat définitif fut conclu le 11 mars 1931. La durée d’exécution des travaux était alors fixée à 7 ans, ce délai étant compté à partir d’avril 1931. Toutefois, ainsi qu’on le verra plus loin, les travaux furent effectués beaucoup plus rapidement qu’on ne l’avait prévu.
- En outre, selon ledit contrat, la distribution d’eau et la fourniture d’énergie électrique doivent assurer, d’une part, l’amortissement complet des dépenses engagées et, d’autre part, procurer ultérieurement un bénéfice net.
- Les travaux relatifs à la construction du barrage furent adjugés à un consortium d’entrepreneurs de San Francisco. L’énergie électrique utilisée au cours des travaux de construction est amenée, à partir de la Californie, au moyen d’une ligne de 360 km de longueur. Ces travaux d’édification du barrage furent rendus particulièrement pénibles par suite de la température élevée qui règne dans la région; cette température monte parfois jusqu’à 53° C à l’ombre et elle atteint en moyenne 50° C pendant les 3 mois d’été.
- Avant de pouvoir commencer la construction du barrage, il fut nécessaire de percer, dans le roc, 4 tunnels de dérivation pour les eaux du fleuve, soit deux tunnels sur chaque rive. Chaque tunnel à un diamètre de 15 m et une longueur d’environ 1200 m. Ces tunnels sont revêtus de ciment. Après l’achèvement des travaux du barrage, les deux tunnels extérieurs (les plus éloignés des parois du canyon) serviront, sur un peu plus de la moitié aval de leur longueur, de canaux de décharge aboutissant aux deux réservoirs aménagés, l’un sur la rive droite, l’autre sur la rive gauche. Chacun de ces réservoirs a
- Fig. 2. — Aspect du barrage Boulder en janvier 1935. (Ph. N. Y. T.).
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- une longueur de 210 m ; le perluis d’entrée de chaque réservoir peut être obstrué par une vanne Stoney de 15 m X 15 m. Chaque réservoir pourrait évacuer 5500 m8 d’eau par seconde, soit au total 11 000 m8 par seconde, alors que les plus fortes crues ne dépassent pas 8500 m8 d’eau par seconde.
- En raison de l’énorme masse de béton du barrage, ce .dernier a été construit par tranches de 30 m de hauteur. Pour chaque tranche, des piliers carrés de 15 m de côté, s'emboîtant les uns dans les autres, ont été coulés à tour de rôle par couches de 1 m 50 par jour; on observa un repos de 72 heures entre le coulage de deux couches
- le béton se fendille. Pour éviter ces inconvénients, on doit maintenir à 22°C la température du béton pendant son durcissement.
- Dans le cas du barrage de Boulder, le refroidissement du béton s’est effectué en deux phases. Au cours de la première phase, on a utilisé l’eau du fleuve. Avant d’être envoyée dans les tubes précités, cette eau était d’abord conduite dans une colonne réfrigérante située sur la crête du batardeau aval. Dans cette colonne réfrigérante, située à l’air libre, l’eau était refroidie jusqu’à une température ne dépassant pas 20° C. Au cours de la seconde phase, cette eau était, en outre, réfrigérée arti-
- Fig. 3. — La face amont du barrage {on aperçoit les quatre tours de prise d’eau). (Ph. N. Y. T.).
- successives. La cadence maximum atteinte correspond à 10 m 50 de hauteur en 30 jours. Dans chaque couche, on a noyé un faisceau horizontal de tubes de 50 mm servant à la circulation de l’eau destinée à combattre réchauffement du béton pendant son durcissement. Le développement total de ces tubes est d’environ 200 km. Ainsi qu’il est bien connu, les masses de béton subissent des variations de volume après que l’on a coulé le béton. La chaleur produite pendant le durcissement du béton provoque une dilatation. Le refroidissement qui se produit ensuite étant beaucoup plus lent, il en résulte une contraction du béton. Par suite de ces mouvements,
- ficiellement jusqu’à une température comprise entre 4°C et 8°C, grâce à une installation comportant des compresseurs à ammoniaque.
- Grâce aux précautions prises pour assurer le refroidissement du béton, la contraction de ce béton n’a demandé que quelques mois, à l’issue desquels les interstices des piliers ont été jointoyés par cimentation, chaque opération concernant une tranche de 30 m.
- Sauf exceptions, les coffrages étaient métalliques, ou en bois et blindés. Le béton était mis en place au moyen de bennes de 6 m8, qui s’ouvraient par le bas; la hauteur de chute était inférieure à 1 m 50.
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- Fig. 4. — Les travaux à l'aval du barrage (Pli. N. Y. T.).
- OUVRAGES HYDRAULIQUES
- On a établi 4 tours de prise d’eau, disposées deux par deux sur chaque rive, en amont du barrage. Ces tours, en béton armé, ont une hauteur totale d’environ 115 m. Leur diamètre extérieur est d’environ 25 m à la base et d’environ 18 m au sommet. Chaque tour comporte deux vannes cylindriques d’environ 10 m de diamètre ; une vanne est située à la base de la tour et l’autre est située 45 m plus haut. Ces vannes règlent l’écoulement de l’eau allant, soit vers les tunnels aboutissant à l’usine électrique, soit vers les vannes de décharge situées en aval de l’usine. Les tours précitées sont établies pour résister aux secousses sismiques; dans ce but, chaque tour est constituée par environ 6600 tonnes de barres d’acier enfouies dans 17 600 m3 de béton.
- L’eau provenant de chaque déversoir tombe dans un canal dont la largeur est de 45 m à la partie supérieure et de 12 m au fond du canal; la profondeur moyenne est de 37 m 50. Sur la crête de chaque déversoir sont montées quatre vannes métalliques à rouleaux; chacune de ces vannes a 30 m de long et 4 m 80 de haut.
- Les conduites forcées, qui sont métalliques, ont une longueur totale d’environ 4 km.
- Leur diamètre varie de 2 m 60 à 9 m et leur épaisseur peut atteindre 73 mm. Le poids total d’acier entrant dans la construction de ces conduites dépasse 55 000 t. En raison de leurs dimensions et de leur poids, les éléments de la conduite dont le diamètre est le plus élevé ne peuvent pas être transportés par voie ferrée. On a donc construit, à proximité du barrage, des ateliers permettant de fabriquer ces conduites, en utilisant le procédé de soudure.
- USINE ÉLECTRIQUE
- L’usine génératrice, accolée au barrage:, est construite en béton armé. Elle présente la forme d’un U tourné vers l’aval et dont les branches sont parallèles aux parois du canyon.
- Ainsi qu’on l’a vu plus haut, cette usine doit pouvoir fournir, dans l’avenir, une puissance totale d’environ 1 200 000 ch. Pour le moment, on installe d’abord deux groupes turbo-alterna-teurs de 82 500 kv-A, auxquels on ajoutera ultérieurement un groupe de 40 000 kv-A,
- Dans un avenir plus éloigné, si le besoin s’en fait sentir, l’usine pourra contenir 15 groupes de 82 500 kv-A et 2 groupes de 40 000 kv-A. Il est intéressant de signaler ici que, pour les
- Fig. 5. — Vue à vol d’oiseau du barrage pendant l'édification qui s'effectue par tranches de 30 m de hauteur. (Ph. Keystone).
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- Fig. ti. •— Vue à vol d’oiseau d’une tour de prise d'eau au cours de sa construction. (Pli. N. Y. T.).
- groupes les plus puissants (82 500 kv-A), le poids de la partie tournante, comprenant la roue mobile de la turbine, le rotor de l’alternateur et l’arbre de transmission, est d’environ 567 t. L’arbre, à lui seul, pèse environ 52 t et son diamètre est de 0 m, 965. En raison des grandes dimensions de ces groupes, le transport des différentes parties démontées nécessite au minimum 40 wagons pour chaque groupe.
- Le réseau électrique, long de 360 km, qui amènera jusqu’en Californie l’énergie produite par l’usine, fonctionnera sous une tension d’environ 287 000 v; cette tension est la plus élevée que l’on ait utilisée industriellement.
- Les sept transformateurs, qui élèveront à ladite tension le courant produit par les alternateurs, auront les caractéristiques suivantes :
- Puissance : 55 000 kv-A.
- Fréquence : 60 périodes par seconde.
- Rapport des tensions : 16 320 v/287 500 v.
- Refroidissement par l’eau.
- Couplage en étoile sur le côté haute tension,
- Fig. 7. — La descente d’une section de conduite en acier.
- Cet élément mesure 9 m de diamètre, 6 m 30 de long et pèse 90 t. (Ph. N. Y. T.).
- avec point neutre mis à la terre. On installera également dans l’usine 4 transformateurs, dont la puissance unitaire sera de 13 300 kv-A; pour ces derniers transfor-
- Fig. 8. — Maquette des usines et ouvrages de Boulder Dam.
- (Ph. Keystone).
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- mateurs, qui élèveront la tension à 138 000 v, on a prévu le refroidissement par l’huile, à circulation forcée. Ces quatre transformateurs seront branchés sur le réseau de la Southern Sierras Power Company.
- ÉTAT ACTUEL DES TRAVAUX
- Ainsi qu’on l’a vu plus haut, la durée d’exécution des travaux était fixée à sept ans, lors de la conclusion des accords. Cependant l’exécution desdits travaux fut beaucoup plus rapide qu’on ne l’avait prévu. La construction du barrage se termine actuellement. Le 1er fé-
- = LES OISEAUX DE
- Les revues ont raconté comment la France a pris possession de l’île Clipperton, qui lui a été concédée par sentence arbitrale du 28 janvier 1931.
- La possession de l’îlot avait donné lieu à des contestations. Ce fut pourtant un Français, Le Coat de lverveguen, qui, en 1858, y descendit le premier. Par suite, en 1897, le Duguay-Trouin jeta l’ancre devant l’île. Mais le Mexique ayant tenlé de faire valoir ses droits, finalement la chose fut soumise à l’arbitrage du roi d’Italie.
- En fait, il s’agit d’un attoll situé dans l’Océan Pacifique, au large du Mexique. L’accès n’en est pas aisé... Une barre se forme autour de l’île, souvent infranchissable. C’est pourquoi, en décembre 1934, le croiseur-école Jeanne-d’Arc ne put effectuer une descente. Mais le 26 janvier dernier l’état de la mer fut plus favorable et nos marins hissèrent le drapeau français au sommet du rocher qui surmonte l’île.
- Ce qui nous intéresse spécialement ici, c’est que les Oiseaux sont très nombreux sur Clipperton. Du reste, on l’a appelée :
- 1 ’ Ile-aux-Oiseaux, et sur la lagune intérieure, des îlots ont justifié d’être nommés : les îles-des-æufs.
- D’après les premiers renseignements qui sont parvenus à
- vrier 1935, les vannes furent fermées et le remplissage du lac commença. Ainsi qu’on l’a vu plus haut, le délai prévu pour le remplissage de ce lae sera d’environ trois ans. On compte néanmoins mettre en marche l’usine électrique dans quelques mois, dès que la masse d’eau retenue sera suffisante.
- Le barrage de Boulder est le plus haut du monde. Celui qui vient immédiatement après, au point de vue de la hauteur, est probablement le barrage Owyee, situé aux États-Unis, dans l’État d’Orégon. Ce dernier barrage, achevé en 1932, a une hauteur d’environ 120 m.
- G. C AI. MF. TTR.
- L’ILE CLIPPERTON =
- la Ligue française pour la protection des Oiseaux, n’ayant pas été chassées depuis longtemps, les belles espèces marines se montrent très confiantes.
- Lors des essais de débarquement, en décembre, les Oiseaux sont venus au-devant des marins, ils ont volé vers les barques, cherchant à se percher sur la tête des hommes...
- Les officiers ont parlé de Plongeurs roux, de Pies-de-mer, mais des clichés communiqués à la L. P. O. ont montré des Goélands et des Fous. En Fou, posé sur son nid, répondait aux agaceries d’un marin par de simples représentations verbales — si j’ose dire... — sans même faire mine de se lever.
- Nous espérons recevoir d’autres documentations sur les Oiseaux de Clipperton.
- Il paraît que des Mexicains s’étaient installés, pendant quelque temps, sur Clipperton, afin d’y exploiter le guano, et quoique l’attoll ne soit guère habitable!...
- Un incident nous fut conté : dernièrement, un marin qui s’était écarté de ses camarades eut la surprise de se voir poursuivi par un Porc..., animal probablement abandonné par les précédents occupants de l’île, et retourné à l’état sauvage...
- A. Feuillée-Billot.
- L’ELECTRO-GERMINATION
- Fig. 1. — Le laboratoire du Dr Beck.
- Dans un article publié dans cette revue (1), nous avons exposé, en ses grandes lignes, un procédé de germination permettant la production artificielle d’herbages semblables, par leurs qualités alimentaires, au fourrage vert naturel. Or ce procédé, suppléant aux pâturages en hiver et (dans les pays chauds) pendant les périodes de sécheresse, a été entre temps l’objet de perfectionnements importants et d’une véritable transformation basée sur l’adoption d’un nouveau principe, l’électro-germination, accélérant énormément la croissance des germes et, par conséquent, évitant dans uue grande mesure les pertes de substances, les moisissures et les putréfactions.
- L’électro-germination est basée sur les travaux de M. J. Zacher, ingénieur, et du Dr H. Beck dans le domaine de l’ionisation du sol, c’est-à-dire de la stimulation de la croissance végétale par les courants galvaniques
- 1. La Nature, n° 2901, 15 mars 1933. Herbages sans sol.
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- faibles, réalisant des excédents de récolte allant jusqu’à 80 pour 100. Ces recherches, poursuivies depuis 1927, soit à l’Institut de Physiologie végétale de l’Université de Berlin, soit à l’Institut d’Etudes et de Recherches horticoles, à Grossbeeren, trouvent leur complément dans les expériences faites par le Dr Beck, en collaboration avec M. F. Paulmann, et dont voici les principaux résultats :
- 1° L’amidon du grain, grâce à la germination, se convertit, en grande partie, en sucres, c’est-à-dire que l’aliment devient presque intégralement digestible, en même temps que son goût s’améliore, que la salivation devient plus intense et que le reste du fourrage est également mieux digéré.
- 2° Les composés azotés solubles augmentent considérablement, les protéides, sous l’action des enzymes, se transformant en amides et en amido-acides.
- 3° La diastase, sous l’inlluence de la germination, augmente, par exemple, dans le cas du maïs, de 40 fois, dans celui des pois, de 10 fois.
- 4° Les vitamines A, C, D et E, présentes dans le grain, en faibles quantités, augmentent considérablement.
- D’après le procédé d’électro-germination basé sur ces recherches, on combine des stimulations électriques délicates, produites sans source de courants extérieurs, mais d’une intensité, d’une tension et d’une durée bien définies, avec une alimentation artificielle et un arrosage périodique des germes. En ajoutant à la masse en germination humide, qui constitue l’électrolyte, certaines solutions de sels minéraux, on crée un processus d’ionisation.
- La durée de croissance des jeunes pousses se trouve ainsi réduite à 8 jours.
- Les armoires d’électro-germination construites par le Dr Beck sont en tôle galvanisée; on y produit, en service continu et sans aucune trace de terre, des pousses de maïs, d’avoine, d’orge, de lupins, etc. Toute armoire, de 4 m2 de base, sur 2 m, 2 de hauteur, comporte 8 ou 10 compartiments où les grains, en couche de 2 cm, sont étendus dans des cuvettes à fond perforé, non conductrices d’électricité ; les pousses, après 8 jours de croissance, y atteignent 30 à 40 cm de hauteur. Les électrodes sont attachées aux parois des cuvettes. Dans l’alimentation de la volaille, il est préférable de retirer la masse germée après 4 à 5 jours de croissance ; on compte un jour en plus de traitement pour donner aux pousses vert-jaunâtre une couleur franchement verte, car la volaille, qui se guide par les yeux, préfère un fourrage pareil. Pour l’alimentation du bétail, on se sert, au contraire, des pousses de 8 jours de croissance, dont le poids, avec les racines, équivaut à environ 5 fois le poids des grains. Le bétail mange avidement le contenu tout entier des cuvettes : feuilles, tiges, racines, grains, etc. On constate, non seulement un engraissement plus rapide du bétail ainsi nourri, mais une immunité marquée contre les maladies. Le lait donné par les vaches nourries de maïs électro-germé est plus abondant ; sa teneur en graisse et en vitamines est la même que pour les vaches nourries d’herbages frais. Dans l’élevage de la volaille, on constate une ponte uniforme en toute saison et un engraissement plus rapide.
- Fig. 2. •— Grande armoire pour l'élevage de 15 lêtes de bétail.
- Une armoire d’électro-germination des dimensions indiquées ci-dessus subit à alimenter 15 têtes de bétail, à raison de 10 à 12 kg, soit 20 à 25 pour 100 en poids
- Fig. 3. —• Armoire pour l'élevage de la volaille
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- Fig. 4. — Petite armoire de ménage pour la culture de salades.
- de la ration totale, pour chaque bête. Pour l’élevage de la volaille, M. Beck a mis au point un type plus petit d’armoire d’environ 0,80 m2 de base, suffisant pour 300 à 500 poules, à raison de 50 à 60 gr de masse verte pour chacune. Les frais de service correspondant à la consommation de sels nutritifs nécessaires pour constituer l’électrolyte et pour entretenir l’électro-germination sont de 60 pfennigs (3 fr 60) par jour, pour la grande armoire et de 12 pfennigs (72 centimes) pour la petite armoire destinée à la volaille.
- Uélectro=germination dans Valimentation hu= maine et en médecine. — Le Dr Beck, en collaboration avec les Drs M. Winckel et F. Steinitzer, s’est également attaché à utiliser l’électro-germination pour l’alimentation humaine et la préparation de certains produits diététiques et pharmaceutiques. Ces savants ont, par exemple, réussi à produire toute une série de salades de plantes électro-germées, extrêmement savoureuses, nourrissantes
- Fig. 5. — Le Dr Beck faisant une expérience de laboratoire.
- et riches en vitamines. D’autre part, les mêmes plantes fournissent, pendant l’année tout entière, des jus de germes, riches en vitamines, ferments, lipides et autres matières biogènes et qui paraissent appelés à rendre des services appréciables en pharmacie, en diététique et pour l’alimentation normale.
- Parmi les produits mis au point au laboratoire d’élec-tro-germination, signalons, par exemple, un condiment composé d'extraits de jus de germes et de levure. Ce condiment, d’une odeur et d’une saveur aromatiques rappelant le bouillon, est fort riche en phosphates, en vitamines, en nueléo-protéides, et présente des qualités catalytiques et fermentatives frappantes. Il peut être substitué, par exemple, au sel de cuisine.
- D’autre part, on se sert des extraits de jus de germes comme levain de boulangerie. Grâce à un nouveau procédé, on sèche rapidement les pousses produites par électrogermination, après quoi on les moud, en conservant intégralement les enzymes. La poudre ainsi obtenue stimule fortement l’action de la levure.
- Signalons aussi la gélatine de jus de germes. On sait que les enzymes, à l’égal des hormones, des sécrétines, des vitamines et autres substances végétales, sont extrê-mexnent instables; la chaleur les détruit facilement, de même que l’oxygène et même les processus respiratoires de la plante. Or, d’après un nouveau procédé, mis au point au laboratoire d’électro-germination, on convertit ces matières végétales si délicates en une forme parfaitement stable, à base d’une gélatine indifférente àu point de vue chimique et physiologique. Cette gélatine enzymée est intéressante pour l’alimentation humaine et surtout pour des emplois diététiques. On peut remplacer la gélatine par des pectines, dans le cas où l’on tiendrait à n’employer que des matières végétales.
- Un extrait de germes produit au laboratoire du Dr Beck, tout en présentant l’apparence et l’odeur de l’extrait de malt, lui est supérieur au point de vue biologique. En lui ajoutant de l’extrait de levure, de la lécithine ou autres produits pharmaceutiques, on obtient des extraits d’une haute valeur thérapeutique. Additionné de glucose et de sucre, il constitue un aliment fortifiant pour enfants et malades. Le lait à base d’extrait de germes est un excellent aliment pour nourrissons; fabriqué d’après un procédé spécial, il se condense ou se pulvérise facilement. En ajoutant les jus de germes aux farines nourrissantes pour enfants, on augmente leur valeur nutritive et biologique, grâce surtout aux vitamines ainsi introduites. Ou traite d’une façon analogue les confitures faites d’après les procédés usuels, les flocons d’avoine, etc.
- La composition chimique du maïs électro-germé subit une modification profonde ; sa teneur en sucre, par exemple, augmente considérablement. Aussi, les germes de xhaïs ainsi obtenus se prêtent-ils, on ne peut mieux, à la préparation de succédanés de café, d’un goût et d’un arôme très semblables à ceux du café véritable, bien supérieurs au café de malt.
- Enfin, grâce à un procédé ad hoc, on prépare, avec les jus de germes de maïs et de blé, une liqueur aromatique et des vins toniques.
- Dr Alfred Gradenwitz.
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- - UNE DÉCOUVERTE D'OR —...-
- DANS LES TERRES DES JARDINS DE PARIS
- EN 1778 i
- Rien n’a fait plus de bruit et n’était fait pour en faire davantage, que les dernières expériences que M. Sage venait de lire à l’Académie. Le procédé par lequel ce chimiste retire une quantité d’or si considérable des terres et des cendres des végétaux, est tel qu’il n’y a point de mine qui fournisse constamment ce métal avec plus de facilité, et qu’il y en a peu qui en donnent une quantité aussi grande que celte espèce de terre qui forme la surface de nos fardins et de nos bois.
- M. Sage a retiré des cendres de sarment de l’or dans la proportion de quatre gros et douze grains par quintal. Il a répété celte expérience au moins vingt fois et sur des sarments de différentes vignes et toujours il a eu le même succès. C’est ainsi qu’il a retiré de l’or de la terre de son jardin dans la proportion de 2 onces, 3 gros et 40 grains au quintal.
- Telles sont les premières lignes d’une plaquette de 19 pages parue quelques mois après les expériences du chimiste Sage et où se trouvent les résultats des analyses faites par Rouelle et d’Arcet.
- On voit de quoi il s’agit : de la terre de son jardin, Sage a retiré, en métal précieux, 2 onces, 3 gros et 40 grains au quintal, ce qui fait 74 gr 780, cela pour un quintal, — 48 k 95 — soit plus d’un kg et demi à la tonne ! (1).
- Des cendres de sarment, Sage a retiré 4 gros et 12 grains d’or par quintal, plus de 323 gr à la tonne. Il a répété cette expérience au moins vingt fois et toujours il a eu le même succès.
- Mais quel était donc ce faiseur d’or et de quel charlatan nous parle-t-on ici ?... Faiseur d’or, non point, charlatan encore moins. Sage était membre del’A-cadémie des Sciences depuis 1771, apothicaire major à l’Hôtel des Invalides, chimiste connu et estimé, professeur de minéralogie
- à l’Hôtel des Monnaies, auteur de travaux innombrables sur la chaux, les mortiers, le zinc, les pierres précieuses... et bien d’autres. Fondateur de l’Ecole des Mines, il en^fut écarté à
- 1. Rappelons ici la valeur des mesures anciennes :
- 1 grain 0,053 gramme.
- 1 gros 3,824
- 1 once 30,594 —
- 1 livre 489,506 —
- 1 quintal 48,950 kilogrammes.
- ++♦
- EXPÉRIENCES
- celles que M. S a g e nées à l’Académie cîences, le 23 mai
- uititi (TOr quon retire de la terre végétale, entre autres , & des cendres des végétaux ;
- par MM. ROUELLE & D’ARCET.
- Ï^.IEN n’a fait plus de bruit, &n?étoit fait pour en faire davantage, que les dernières expériences que M. Sage venoit de lire à l’Académie. Le procédé par lequel ce chimifte retire une quantité d’or fi con-fidérâble des terres & des cendres des végétaux , eft tel, qu’il n’y a point de mine qui fourniffe constamment ce métal avec plus de facilité, & qiVil y en a peu qui en donnent une quantité aufii grande que
- A
- Fig. 1. — La première page du rapport"de Rouelle et d’Arcet.
- cause de ses opinions : ennemi de toute innovation, même en sciences, il refusa d’admettre les nouvelles théories d’Haüy et de Lavoisier.
- Sa communication fit grand bruit, non seulement dans le
- milieu académique, mais dans tous les salons de Paris, On s’était pris d’engouement pour les sciences, et les traités de chimie et d’histoire naturelle connaissaient de grands succès. Les Eléments de Chymie Théorique de Morveau, Maret et Durande venaient de paraître, ainsi qu’un Dictionnaire de Chymie, chez Didot. L’Atlas Minéralogique de France était en cours de publication. Le Journal de Paris consacrait une colonne entière (14 juin 1778) aux; recherches de Lavoisier sur le natrum trouvé dans le tuffeau de Touraine.
- La marquise de Nesle, la comtesse de Brancas, la comtesse de Pons, la marquise de Polignac sont chez Rouelle lorsqu’il entreprend de fondre et de volatiliser le diamant. Des sociétés de vingt et vingt-cinq personnes se forment dans les salons pour suivre un cours de physique ou de chimie appliquée, de minéralogie ou de botanique. (Taine.)
- Malgré les soucis de l’heure, les expériences tournèrent toutes les têtes. Il y eut deux, .clans, mais celui des sceptiques ne fut pas le plus nombreux. La situation de Sage paraissait ne pas permettre de doute. On le savait praticien habile, expérimentateur avisé.
- Le comte de Lauraguais, ce grand seigneur fastueux qui s’est ruiné en partie pour commanditer des récherches scientifiques, fut parmi les premiers à émettre des doutes. Les produits annoncés par M. Sage, dit la brochure que nous citons, sont si positifs et le procédé qui les a donnés si clairement énoncés que M._ de Lauraguais ne vit d’abord d’autre parti à prendre pour se décider entre les expériences des chimistes anciens, celles qu’il avait faites lui-même et celles de M. Sage, que de travailler encore d’après celles de ce dernier. .
- On ne pouvait pas renoncer ainsi aussi aisément à croire à la véracité des affirmations de Sage,.appuyées.sur des analyses qu’il répétait encore, lui donnant des teneurs en or que l’on n’avait jamais vues au monde et cela dans les terres des jardins de Paris !
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- Les chimistes de la première moitié du xvm* siècle avaient observé que la plupart des terres qui se trouvent à la surface du srlobe contiennent des traces d’or, observation exacte confirmée par les travaux des géologues et des minéralogistes contemporains. Mais il ne s’agissait plus ici d’atomes d’or répandus partout sur la terre, écrira Rouelle, phénomène qui ne prouve que la divisibilité prodigieuse et l’indestructibilité de ce métal.
- Devant l’émotion soulevée par les analyses de Sage, il ne fallait pas le heurter de front et mécontenter ses partisans à l’Académie. Le comte de Lauraguais s’adressa à Rouelle et Darcet pour faire de nouvelles analyses. Rouelle, professeur de chimie au Jardin des Plantes, auteur de travaux remarquables publiés par ses élèves, avait plus de génie que de culture. Darcet —- ou d’Areet — professeur au Collège de France, Directeur de la Manufacture de Sèvres, perfectionna l’art de la porcelaine et fit des travaux remarquables. On voit que les deux experts chimistes choisis par le comte de Lauraguais étaient de qualité. Dans leur rapport ils prennent quelques précautions oratoires. De quelle utilité ne serait pas pour les Arts, si jamais il pouvait venir très commun, un métal inaltérable, ductile, de la plus parfaite homogénéité, capable de se combiner avec les métaux plus durs, de leur communiquer une partie de ses avantages et de faire avec eux un composé solide et élastique. L’or, en cessant d’être le plus précieux des métaux, deviendrait le plus utile.
- Ces éminents chimistes firent donc de nombreux essais sur les mêmes terres que Sage, mais toutes les analyses furent négatives quant à la teneur en or. Nous avouons, déclarent-ils dans leur rapport, que ces dernières expériences n’ont pas eu plus de succès que les premières (celles faites par M. de Lauraguais). Nous en donnâmes le rapport par écrit à M. le comte de Lauraguais, qui les communiqua sur-le-champ à VAcadémie.
- Mais les partisans de Sage, dans la société intellectuelle de l’époque, ne furent pas convaincus. Que valaient, en face de Sage, ces trois personnages qui venaient détruire leur foi ? Lauraguais était bien académicien, mais il appartenait à la classe de mécanique et, des deux autres, Rouelle n’était que membre associé et Darcet n’appartenait pas encore au noble Corps.
- Par une lettre en date du 8 août 1778, le comte de Lauraguais pria l’Académie de nommer une commission pour constater un fait d’autant plus important que l’espérance de trouver de l’or pouvait frapper fortement les têtes et causer la ruine de ceux qui s’y livreraient inconsidérément.
- Les commissaires désignés se mirent à l’ouvrage immédiatement. Baumé fut chargé de préparer les terres et les cendres de sarments (ceux-ci pris dans une vigne de Belleville) : c’est dans son laboratoire que les analyses devaient avoir lieu. On convoqua Sage et toutes les personnes qualifiées que le laboratoire pouvait contenir.
- Hélas ! ce fut pour Sage un vrai désastre et les savants commissaires rédigèrent les conclusions suivantes en fin de leurs travaux (C. R. de l’Ac. des Sc. pour 1778) :
- ...1°. — Que la quantité d’or qu’on retire par la combinaison du minium avec les cendres est infiniment petite et qu’elle n’excède' pas un ou deux grains par quintal de la cendre employée, ce qui est bien différent de 4 gros 12 grains par quintal que Sage a annoncés dans le mémoire qu’il a lu à l’Académie;
- 2° — Qu’il paraît prouvé par nos expériences qu’une partie de cet or existait dans le minium, ce qui réduit à quelques fractions de grain par quintal, c’est-à-dire des quantités comme absolument insensibles, les minicules d’or qu’on peut attribuer aux cendres;
- 3° — Que nous ne faisons même aucune difficulté de conclure qu’il est très probable que cette quantité infiniment petite sur laquelle il peut rester quelque incertitude vient plutôt du minium que de la cendre ;
- 4° — Que la cendre dont M. Sage a cru avoir extrait de l’or n’est qu’un intermède à l’aide duquel il est parvenu à extraire ce qui existait dans le minium et que probablement, par un effet du hasard, il aura employé dans les expériences un minium plus riche en or que n’est communément celui du commerce ;
- 5° — Enfin qu’il est d’une grande importance dans les travaux docimastiques d’opérer sur le minium et sur le plomb destiné à servir de témoin exactement de la même manière et au même degré de feu que sur le plomb d’œuvre et que c’est faute d’avoir eu cette attention que M. Sage et beaucoup de chimistes avant lui ont cru trouver dans un grand nombre de matières des parcelles d’or qui existaient réellement dans le minium qui leur servait d’intermède.
- Et cela était signé ; Maçquer, Cadet, Lavoisier, Baumé, Bucquet et Cornette.
- Pensez-vous qu’on cessa pour cela de croire sur l’heure que la terre de l’Ile-de-France contenait de l’or en quantité industrielle? Ce serait méconnaître la puissance de l’attrait de l’or sur les foules. Mais dès qu’il est question de ce métal jaune, il n’y a pas d’hypothèse absurde ou d’affirmation invraisemblable qui ne trouve aussitôt un public prêt à y ajouter foi. Léon Laffitte.
- LE MOIS METEOROLOGIQUE
- MARS 1935, A PARIS
- Mois sensiblement normal en ce qui concerne la température et l’insolation, déficitaire au point de vue de la pluie, ave c de nombreux brouillards et une pression barométrique élevée.
- La moyenne de la pression barométrique, au Parc Saint-Maur, ramenée au niveau de la mer, 766 mml, est supérieure de 4 mm, 8 à la normale.
- Celle de la température, 6°,37, est très sensiblement égale à la normale, 6°,33. Une période froide s’étendant du 5 au 14, et pendant laquelle il a gelé presque toutes les nuits, a donné, le 9, la journée la plus froide du mois ainsi que le minimum absolu — 5°,4. Elle a été suivie d’une période chaude au cours de laquelle on a noté, le 23, le maximum absolu, 19°,5 avec une moyenne journalière de 11°,9. Le nombre de jours de gelée, 10, est en excès d’une unité sur la moyenne normale.
- Les extrêmes de la température pour la région ont été de — 6°,9 à Brévannes le 9 et 21°,0 à Ivry le 20.
- Le nombre de jours de pluie appréciable, 11, est inférieur de 3 unités à la normale et la hauteur totale de pluie recueillie pendant le mois, 29 mm, 1, est en déficit de 29 pour 100. La journée la plus pluvieuse a été celle du 2 qui a fourni 7 mm, 2 d’eau en 24 h. Le 8, le 9 et le 10 ont eu lieu des chutes de neige. Celle du 9 a couvert le sol d’une couche dont l’épaisseur a dépassé 5 cm.
- A l’Observatoire de Montsouris la durée totale de chute, 28 h 40 m, est inférieure de 49 pour 100 à la moyenne des 25 années 1898-1922. Les hauteurs maxima en 24 heures : pour Paris, 18 mm 4 à l’Hôpital Saint-Antoine et, pour les environs, 20 mm, 9 à Meudon, du 1er au 2. Le 9 et le 10 la neige a affecté l’ensemble de la région en formant une couche
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- sur le sol qui atteignait au plus 8 cm. La grêle, mêlée à la pluie, est tombée à Saint-Cloud et à Meudon, le 2.
- Les brouillards ont été quotidiens et ont abaissé par places la visibilité huit fois au-dessous de 100 m et 20 fois entre 400 m et 100 m. Le 7, le brouillard a persisté toute la journée à Auteuil.
- On a enregistré à l’Observatoire de la Tour Saint-Jacques 149 h 50 m de soleil, durée supérieure de 13 pour 100 à la
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- moyenne des 40 années 1894-1933. Il n’y a eu aucun jour sans soleil (normale 5).
- A l’Observatoire du Parc Saint-Maur la moyenne mensuelle de l’humidité relative a été de 74,6 pour 100 et celle de la nébulosité de 57 pour 100. On y a constaté : 3 jours de neige, 1 jour de grésil, 14 jours de brouillard, 13 jours de brume, 9 jours de rosée, 10 jours de gelée blanche et 2 jours de sol couvert de neige. Em. Roger.
- COMMUNICATIONS A L ACADEMIE DES SCIENCES
- SÉANCES DES 8 ET 15 AVRIL 1935
- Les sources thermales d’Aix-les-Bains. — Dans une série de notes, M. Schneider déduit de mesures de températures et de débits des deux sources d’Aix-les-Bains, «Alun» et « Soufre », les conditions de la vie souterraine des deux filons.
- Au cours des travaux récents effectués, il fut possible de faire des mesures de débits avec des déversoirs établis à des cotes différentes. De l’étude des chiffres et de leur comparaison aux données météorologiques de la région, l’auteur a pu établir que les eaux proviennent des précipitations affectant une zone commune à la plupart des sources hydrominérales de la Savoie. Les eaux d’Aix se rassemblent fort loin de leur émergence dans un réservoir unique dont la section horizontale doit s’accroître avec la profondeur; les filons se séparent peu après, celui de « Soufre » devant être plus long ou plus étroit que celui d’ « Alun ». Les eaux se minéralisent et voient leur température s’élever au cours de ce long trajet; vers leurs points d’émergence elles traversent encore d’importants réservoirs naturels (20 m3 pour « Alun », 30 m3 pour « Soufre »). Elles se mélangent dans cette dernière zone à des eaux superficielles qui provoquent des abaissements irréguliers de température.
- Si on appelle débit propre d’une source celui du filon thermal, il a été possible à M. Schneider de calculer cet élément pour « Alun » et « Soufre » en admettant, ce qui est logique, la constance de la température du filon et en déduisant les proportions du mélange aux eaux superficielles par la comparaison des degrés thermiques des griffons et d’un drain superficiel local. Non seulement ont été ainsi confirmées les conditions de parcours souterrains prévues, mais la discussion des anomalies a permis de conclure à la présence de fuites des filons à travers des masses alluvionnaires et d’expliquer des variations du débit de « Soufre » par les réactions du niveau hydrostatique d’une nappe locale communicante. Excellente confirmation de ces déductions, les travaux des nouveaux thermes ont permis de recouper une ancienne fuite d’« Alun » vers le lac du Bourget.
- Films gras mono et bimoléculaires. — MM. Trillat et Motz ont pris des feuilles d’or battu et les ont amincies dans une solution cyanurée jusqu’à épaisseur de 50 à 80 ul[a. Ils ont étendu sur une surface déterminée de ce métal une goutte d’une solution très étendue d’un corps gras dans l’éther ou la benzine, la concentration étant calculée de façon à obtenir après évaporation une couche grasse mono ou bimoléculaire.
- L’examen des diagrammes obtenus par un mince pinceau d’électrons à travers ces feuilles montre des anneaux et taches de diffraction dus à la couche grasse. Les atomes de carbone de la chaîne grasse jouent dans ce cas le principal rôle et l’analyse du phénomène montre que les molécules sont disposées perpendiculairement à la surface métallique. Dans le cas spécial de corps possédant deux groupes actifs COOH,
- les molécules se disposent à plat et la diffraction électronique n’a pas lieu.
- Les auteurs ont pu constater, grâce à l’extrême sensibilité de la méthode, qu’au bout de quelques mois les films métalliques propres se couvrent d’une couche grasse très mince dont l’origine est incertaine (contact des doigts, volatilité des matières grasses) mais dont la présence doit profondément modifier les propriétés superficielles du métal.
- Nouveau matériel pour prises d’air en haute atmosphère. — MM. Lepape et Colange, jugeant trop lourd l’ancien matériel de Teisserenc de Bort pour les prises d’air en haute atmosphère, n’en ont conservé tel quel que l’enregistreur. Ils lui adjoignent deux ballons en verre d’un litre protégés par des cylindres de carton largement aérés et placés dans un clayonnage d’osier dont le poids total, tout équipé, ne dépasse pas 600 gr.
- Les ballons sont munis de deux ajutages : l’un porte un tube de verre calibré muni d’un dispositif de cassage et de soudure déclenché par une mèche d’amadou qui allume le mélange soudant après une minute d’ouverture; l’autre est muni d’une pointe capillaire au centre d’un rodage conique mâle qui s’adapte, après l’heureux retour du matériel, à une partie femelle portée par un robinet. Un morceau d’agitateur laissé dans le tube femelle permet de briser la pointe capillaire. Le robinet est ensuite soudé à l’appareil d’analyse. Les conditions de la prise d’air sont repérées sur l’enregistreur qui note la secousse provoquée par le déclenchement du dispositif de cassage.
- Le dosage de l’oxygène est réalisé dans un circuit contenant du cuivre pur chauffé électriquement, un condenseur refroidi dans l’oxygène liquide où restent l’eau et le gaz carbonique et une jauge permettant la mesure rigoureuse de 10 cm3 des gaz dans des conditions précises de température et de pression. Après fixation de l’oxygène sur le cuivre, l’azote résiduel est mesuré par la même jauge.
- Les auteurs n’ont pas encore publié les résultats de leurs expériences.
- Phénomènes électriques dans les gels. — En disposant deux gouttes de solutions salines différant par leur nature ou seulement par leur concentration sur une couche de gel (gélatine ou agar-agar) on voit apparaître une force électromotrice si on plonge dans chaque goutte un fil de platine. Il en est de même si on plonge des fils de deux métaux différents dans deux gouttes de la même solution.
- Mlle Suzanne Yeil déduit de la naissance d’une force électromotrice par la seule dissymétrie de la chaîne, en dehors de toute possibilité de réaction, une vérification des idées de Volta sur l’électricité de contact.
- On peut cependant objecter que, même dans le cas de
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- = 468 ----------- =
- deux fils de platine plongeant dans des gouttes ne différant que par la concentration, l’inégale diffusion des ions des solutions salines dans le gel doit suffire à provoquer la formation d’une force électromotrice.
- Dissociation des solutions d'urée. — MM. Cristol, Fourcade et Seigneurin ont constaté par cryoscopie et mesures de pH que les solutions d’urée s’ionisent avec libération d’ions acides d’hydrogène.
- Cette dissociation passe par un maximum pour une concentration voisine de 2 gr d’urée par litre. D’après les auteurs les
- ions libres seraient + H et — ^HN = C
- Le régime de la combustion dans les moteurs Diesel.
- —- M. Serruys examine les conditions qui conduisent à la combustion détonante dans les moteurs type Diesel. Elles se trouvent pratiquement toujours réalisées au début de l’inflammation provoquée par la compression. Le combustible injecté après l’extinction de l’onde de choc devrait brûler sans détonation mais il peut se produire qu’une partie non touchée par la flamme donne lieu à une seconde onde de choc. Toutes les causes aboutissant à un retard d’allumage (avance ou retard d’injection, nombre d’octane trop bas, compression insuffisante) augmentent les quantités de carbures soumises à l’onde de choc et provoquent donc des détonations particulièrement puissantes ou nombreuses.
- Si l’onde détonante touche une région où le combustible est insuffisamment dilué dans l’air, il y a décomposition pyrogénée du mélange avec production de fumées noires.
- Propriétés électriques des organomagnésiens. —
- On se rappelle la très grande activité chimique des dérivés dits « Grignards » formés par la dissolution du magnésium pur dans une solution éthérée rigoureusement anhydre d’un iodure ou d’un bromure alcoolique.
- M. Brun a établi que cette dissolution s’accompagne de la formation d’un courant électrique entre le métal et la solution éthérée. L’intensité varie avec la concentration, elle passe par
- un maximum pour une solution d’une molécule de bromure dans deux d’éther.
- Si on suit de plus près les phénomènes électriques au cours de la dissolution du métal on constate que la différence de potentiel, faible au début, s’élève très vite à 2,2 v pour retomber au-dessous de 1 v. Si on se rappelle que les organomagnésiens conduisent le courant électrique et sont décomposés par lui on ne manque pas de conclure avec M. Brun à leur profonde analogie avec les solutions salines.
- La valeur anesthésique des sels de cocaïne. —
- MM. Régnier et David ont étudié la valeur anesthésique de divers sels de cocaïne par examen de leur action sur la cornée du lapin. Les solutions ont toutes été ramenées à un pH égal à 4 pour éliminer l’influence de ce facteur. Si on compare l’action des divers sels à celle du phosphate prise pour unité, celle du citrate est très faible (0,2) ; celle des sels d’acides minéraux varie de 0,8 à 1,2 tandis que les sels de certains acides de la série aromatique agissent très énergiquement (salicylate : 4, benzoate : 5, phénylacétate : 12).
- Il semble que l’acide combiné à la cocaïne agisse pour faciliter ou ralentir la pénétration de la base active dans les cellules animales.
- Radioscopie cinématographique. — Lomon et Coman-don avaient tenté en 1910 de cinématographier un écran radioscopique avec un appareil muni d’un objectif de quartz d’ouverture : 1,55. Pour obtenir un résultat il était alors nécessaire de pousser l’ampoule à rayons X sous un régime qui la mettait rapidement hors de service et qui présentait de graves dangers pour le sujet.
- M. Djian est parvenu à obtenir des films satisfaisants d’une durée d’une minute sans dépasser l’éclairement de l’écran correspondant aux intensités normales des laboratoires de radiologie. Il utilise des objectifs en quartz à très grande ouverture composés de lentilles sphériques jusqu’à l’ouverture 0,75 auxquelles il ajoute un groupe contenant une surface asphérique quand il veut atteindre l’ouverture maxima:0,53.
- L. Bertrand.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- QUELQUES PORMULES DE PRODUITS POUR BRUNIR
- J’ai réuni pour les lecteurs de La Nature quelques formules dues à des spécialistes de la parfumerie pharmaceutique (x).
- Produit activant le hale
- La plupart des huiles végétales possèdent la faculté d’activer le hàle et protègent l’épiderme contre l’irritation des rayons ultra-violets.
- Les formules de produits pour brunir sont le plus souvent à base d’huiles de sésame, d’arachide, d’olive, de coco, de noyaux d’amande, d’abricot. Les huiles d’amandes, de noyaux d’abricot ou de pêche ont la même composition chimique. Certaines formules contiennent en outre des cires. Dans le commerce, les produits fluides portent le nom d’huile à brunir.
- A. — Huiles a brunir.
- Les formules suivantes sont dues à Tede (Der Parfumeur, 1931-1933).
- Huiles à brunir teintées en vert :
- f Huile d’olive aussi neutre que possible............50 %
- S Huile d’arachide ou de bergamote...................49 —
- i Essence de bergamote . ............................ 1 —
- ( Chlorophylle....................................... —
- 1. Ces formules proviennent, en majorité, des Archives de la Droguerie pharmaceutique (avril et mai 1934).
- / Huile d’olive.........................................50 %
- \ Huile d’arachide, de sésame, d’amandes, de noyaux
- II < d’abricot ou de pêche.................................44 —
- I Huile de laurier...................................... 5 —
- l Essence de bergamote.................................. 1 —
- C’est un produit d’une belle couleur verte et d’une odeur agréable. Avec M. Huerre nous avions établi une formule analogue, que nous avions essayée dans le traitement des taches achromiques du
- vitiligo.
- Huile de coco........................................... 125 gr.
- Éther officinal..........................................100
- Essence de bergamote..................................... 15
- Cette préparation peut servir comme huile à brunir, car elle est très bien supportée par l’épiderme irrité par les rayons ultra-violets. Huiles à brunir émulsifiées :
- Ces huiles à brunir ont l’avantage de pénétrer facilement dans la
- peau sans lui donner un aspect huileux.
- / Oléine blanche distillée..............................2,8 —
- \ Huile de paraffine.....................................25 —
- I < Emulsifiant (Emulgator 157)............................ 4 —
- / Eau................................................. 64,4 —
- V Nipasol................................................ l —
- r Oléine................................................. 2 —
- jj \ Huile de paraffine.....................................57 —
- \ Emulsifiant (Emulgator 157) ......................... 4j-—
- ( Eau...................................................37* —
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-
- Ces huiles émulsifiées se distinguent par leur très grande stabilité et leur blancheur.
- ( Huile de paraffine...................................61 %
- TII \ Emulsifiant (l) (protésol)............................. 7 —
- 111 J Eau....................................................32 —
- ( Parfum (bouquet frais)...............................0,25 —
- B. — Crèmes a brunir.
- Crème à brunir exempte de graisse:
- Eucérine (a)...............................................50 %
- Eau distillée..............................................50 —
- Parfum...................................suivant convenance.
- Crème à brunir, moyennement grasse, ne graissant pas la peau :
- Huile d’amande, de noyaux d’abricot ou de pêche. . . 10 %
- Vaseline blanche (P. F. 57° c.)........................... 5 —
- Huile de paraffine blanche (densité 0,870 — 0,875). . . 5 —
- Tégine (P. F. 47» c.)......................................12 —
- Tégine (P. F. 30» c.)...................................... 2 —
- Glycérine chimique pure 28°5............................... 5 —
- Lanoline anhydre, blonde................................... 5 —
- Eau distillée..............................................56 —
- Parfum.....................................................Q. S.
- Crème à brunir grasse :
- Protégine (3)..............................................30 %
- . Lanoline.................................................. 3 —
- Huile de paraffine......................................... 5 —
- Glycérine.................................................. 5 —
- Eau........................................................57 —
- Crème à brunir blanche, genre Cold-Cream :
- Cire d’abeilles blanche....................................14 %
- Spermacéti................................................. 4 —
- Stéarine supérieure........................................10 —
- Huile de vaseline blanche cosmétique ou huile de paraffine blanche inodore.....................................44,5 —
- Borax.....................................................2,5 —
- Eau distillée..............................................19 —
- Matière colorante.......................................... 1 —
- Nous ajouterons quelques formules de crèmes ou d’huiles pour donner le hâle artificiel.
- 1° Pommade au bistre de manganèse (Tede). — Cette crème se prépare par réaction entre 1 pour 100 de permanganate de potassium, 5 pour 100 de lanoline anhydre, 94 pour 100 de vaseline jaune purin. Par réduction du permanganate, il se produit du bistre (bioxyde de manganèse). Le hâle artificiel communiqué par ce produit est très persistant, mais peut être facilement enlevé à l’aide d’une solution d’acide citrique ou par le jus de citron.
- Le produit doit être conservé dans un pot opaque, bien fermé, pour être tenu à l’abri de l’oxydation sous l’effet de l’air et de la lumière.
- ' Huile d’olive.........................................50 %
- f S Huile d’arachide raffinée............................49 —
- \ Essence de bergamote.................................. 1 —
- ( Couleur (4)...........................................Q. S.
- i Huile d’olive.........................................50 %
- \ Huile d’arachide raffinée.............................43 —
- II < Huile de sésame....................................... 5 —
- f Huile de thuya........................................ 1 —
- ( Essence de bergamote.................................. 1 —
- Les huiles sont mélangées, filtrées et additionnées d’une très petite quantité de colorant gras.
- Dans un prochain article, nous donnerons les formules de crèmes, de lotions et d’huiles atténuant le hâle et protégeant la peau contre les rayons ultra-violets solaires. E. Juster.
- 1. Les émulsifiants sont vraisemblablement des oléates de trié-thanolamine.
- 2. L’eucérine est une vaseline contenant de l’oxycholestérine et de l’isocholestérine.
- 3. Les tégines, tégines P, protégines, sont des graisses artificielles constituées par des mono et di-stéarates de glycérine. Elles sont très facilement absorbées par la peau.
- 4. On se sert de colorant au gras et de certaines drogues parmi lesquelles l’extrait de rhizomes de tormentille est particulièrement en usage.
- : 469
- COMMENT MESURER LA VITESSE DES OBTURATEURS
- La mesure de l’intervalle de temps pendant lequel un obturateur d’appareil photographique reste ouvert peut être faite dans de bonnes conditions par deux procédés consistant, l’un à photographier une lumière intermittente en faisant tourner l’appareil autour d’un axe vertical afin de séparer les unes des autres les flammes ou lueurs successives, l’autre à photographier une bille d’acier en chute libre.
- Une lumière intermittente qui convient très bien est celle d’une flamme d’acétylène vibrant à une fréquence musicale donnée dans un tube de verre. La Société française de Photographie, 51, rue de Clichy, à Paris, possède un tel appareil, établi à la suite des travaux du Professeur E. Benoist et procède aux mesures à des conditions avantageuses. Ce moyen qui utilise une propriété peu connue de l’« harmonica chimique » n’est guère pratique pour l’amateur qui, d’ordinaire, ne dispose d’aucun des objets nécessaires. Il est une lumière intermittente plus facile à obtenir : celle de la lampe au néon dite « lampe de nuit », qui, alimentée avec de l’alternatif à 50 périodes, donne 100 allumages par seconde, l’extinction étant complète dès que l’ordonnée de la courbe de tension diffère de zéro de moins de 80 volts. Si l’on photographie, sur émulsion panchromatique, une telle lampe, en ayant soin de faire tourner l’appareil autour d’un axe vertical pendant que s’ouvre l’obturateur, on obtient un nombre d’images de la lampe égal à celui des 1/100 de seconde durant lesquels la surface sensible a été impressionnée; si par exemple on distingue 4 images, on conclura que l’obturateur est resté ouvert pendant 4 fois 1/100 de seconde, soit 1/25. La fréquence de l'alternatif industriel est trop basse pour que l’on puisse, avec la lampe au néon, mesurer avec une approximation suffisante, des durées d’éclairement inférieures à 1/50 de seconde.
- La mesure de la durée d’éclairement par la méthode de la bille d’acier permet avec un peu de dextérité de mesurer des durées plus brèves. On trace à la craie, sur une bande de papier, de 6 à 8 cm de large et de 2 m de long, une échelle divisée en centimètres et numérotée de décimètre en décimètre. On place cette échelle verticalement, le zéro en haut, en plein soleil, et on met au point, de façon à embrasser nettement toute l’étendue de l’échelle, l’appareil préalablement fixé sur pied.
- Tout étant prêt, on confie la bille à un aide qui la tient à hauteur du sommet de l’échelle puis la lâche simplement, sans lui donner aucune impulsion. Il suffit de déclencher l’obturateur pendant que la bille tombe en chute libre pour obtenir, sur la surface sensible, une trace plus ou moins longue de la bille brillante. La durée de la pose est
- donnée par la formule D =
- 2 Q
- — dans laquelle e repré-g
- sente la distance du zéro de l’échelle au point le plus bas de la trace, e, la distance du zéro de l’échelle au point le plus haut de la trace et g l’accélération de la pesanteur, soit 9 m 8. La mesure est d’autant plus précise que le mouvement de la bille est plus rapide, autrement dit, que celle-ci a parcouru un chemin plus long lors du déclenchement.
- Ces procédés de mesure ne s’appliquent, bien entendu, qu’aux obturateurs fonctionnant entre les lentilles ou dans le voisinage de l’objectif, c’est-à-dire à ceux qui permettent l’éclairement simultané de toute l’étendue de la surface sensible. A. B.
- SOUDURE DE L’ALUMINIUM
- Pour souder l'aluminium, il faut employer des décapants susceptibles d’empêcher l’oxydation du métal; les mélanges employés sont presque toujours à base de chlorures ou de fluorures alcalins pouvant donner avec l’aluminium des sels doubles facilement fusibles, formant un revêtement protecteur.
- Dans cet ordre d’idées voici deux formules qui à l’usage ont donné satisfaction.
- A) Chlorure de potassium...................60 grammes
- Chlorure de calcium.....................30
- Cryolithe (Al2Fe, 6 NaF)................10 —
- Gratter légèrement les surfaces à souder, employer le décapant à la façon habituelle comme pour les brasures.
- B) Chlorure de potassium..................60 grammes
- Chlorure de lithium....................20 —
- Chlorure de sodium.....................15 —
- , Bisulfite de potasse.................... 5 —
- Après avoir mélangé, fondu au creuset, couler la masse liquide sur une plaque métallique, la broyer quand elle est refroidie.
- Pour l’emploi, délayer avec quelques gouttes d’eau, pour former une pâte que l’on applique sur les parties où doit s’effectuer la soudure.
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- LA RADIOPHONIE PRATIQUE =
- NOUVEAUTÉS TECHNIQUES - CONSEILS PRATIQUES CONSTRUCTION D’APPAREILS SIMPLES
- L’EMPLOI DES BOBINAGES A FER DANS LES RÉCEPTEURS RÉCENTS
- Lesbob inages utilisés dans les circuits à haute fréquence ou à moyenne fréquence des récepteurs comportaient rarement jusqu’à ces derniers temps des noyaux de fer. L’emploi de ces noyaux présente cependant, en principe, des avantages. Deux bobinages, l’un sans fer, et l’autre à noyau de fer, possédant le môme coefficient de self-induction, peuvent avoir des dimensions très différentes, beaucoup plus réduites pour le second; en faisant varier la position du noyau déféra l’intérieur du bobinage, on fait varier en même temps le coefficient de self-induction du système (fig. 1). On peut obtenir ainsi des effets de résonance dans un circuit oscillant, sans recourir à une capacité variable, ou sans faire varier le nombre de spires du bobinage.
- On a construit pendant la guerre des amplificateurs haute fréquence à transformateurs comportant des circuits magnétiques en tôles très fines au silicium.
- Dans les récepteurs modernes, on s’efforce de réduire au minimum l’encombrement des châssis; il faut donc des bobinages de dimensions les plus réduites, pouvant se placer les uns à côté des autres sans risque d’induction mutuelle. L’adoption des noyaux de fer peut contribuer à la solution de ce problème. Dans les récepteurs destinés à recevoir une gamme
- étendue de longueurs d’onde, l’établissement de bobinages de dimensions réduites pose des problèmes délicats.
- Pour la réception des' courtes longueurs d’onde, il suffit d’employer des bobinages ayant un nombre de spires relativement faible, et d’assez gros diamètre, pour diminuer les pertes, et augmenter la sélectivité. Pour les ondes longues, il faut, au contraire, un grand nombre de spires, et, par conséquent, du fil isolé de diamètre réduit, si l’on ne veut pas trop augmenter les dimensions des bobinages. L’emploi de fil fin présente quelquefois des inconvénients , parce qu’il augmente l’amortissement du circuit, et, par conséquent, diminue la sélectivité.
- Les noyaux de fer, séduisants en principe, créent cependant des
- difficultés pour l’amplification des courants à haute fréquence; c’est pourquoi cette solution n’avait guère été utilisée jusqu’à présent.
- Les difficultés proviennent des courants induits ou courants de Foucault qui apparaissent dans toute masse métallique soumise à des variations de flux, et sont d’autant plus intenses que la fréquence du courant est plus élevée, d’où une perte d’énergie considérable.
- Comment diminuer ces courants ? Il faut employer, en principe, une masse magnétique constituée par des feuillets complètement isolés les uns des autres. On utilise ainsi dans les transformateurs basse fréquence des tôles très fines isolées les unes des autres par du vernis ou du papier. On a essayé, il y a quelques années pour les bobinages à haute fréquence des noyaux de fer formés de fil de fer très fin, et d’excellente qualité; le résultat n’était pas encore très satisfaisant.
- La technique de la construction des noyaux de fer pour bobinages à haute fréquence a été transformée par l’emploi de matières magnéti -ques à grains pulvérulents isolés. Les ingénieurs améri -cains, les premiers, ont adopté un fer spécial fortement divisé pour constituer les noyaux des bobines de pupinisation des lignes télégraphiques sous-marines. La masse magnéti que compacte utilisée est formée de grains isolés électriquement les uns des autres; elle Fig. 3. — Courbes de résonance obtenues possède une grande pour une longueur d'onde de 250 m.
- perméabilité magné- En a, avec une bobine à noyau de fer; en b, tique, mais s’oppose avec bobine sans fer.
- à la formation de courants de Foucault.
- On emploie, de même, aujourd’hui en T. S. F. pour constituer les noyaux de fer des bobinages à haute fréquence, un corps aggloméré formé de limaille de fer noyée dans un vernis isolant. Les parcelles de fer élémentaires ne peuvent se toucher.
- La plus connue de ces matières, et la plus employée à l’heure actuelle, est le Ferrocart, dont le nom vient de ferro, fer, et cart, papier, parce qu’il est composé de poudre de fer et de papier. Les couches de fer et de papier sont superposées. Les composants isolants séparent les particules de poudre entre elles, un produit collant fixe la matière et assemble les diverses couches. Les particules sphériques sont assez petites pour éviter la formation de courants de Foucault, et de dimensions suffisantes pour ne pas trop diminuer la perméabilité; leur diamètre est de l’ordre de 5 microns (fig. 2).
- La matière est obtenue en bandes enroulées sur des mandrins; par chauffage et pression, on peut former des plaques qui se travaillent facilement.
- La perméabilité de cette matière est plus faible que celle d’un noyau plein en fer, mais elle est plusieurs fois plus
- Fig. 1. — Effet d’un noyau de fer dans un bobinage.
- A égalité de coefficient d’induction, le bobinage sans fer A sera plus encombrant que le bobinage à fer B. En faisant varier la position du noyau de fer dans la bobine C, on fait varier le coefficient do self-induction de celle-ci.
- Fig. 2. —• Structure de la matière magnétique Ferrocart.
- A, particules magnétiques;
- B, couchedepapier ; C, produit collant enrobant les particules.
- 10 864? 02468 I0xl03p.p.s
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- grande que celle de l’air. Les pertes par courants de Foucault sont inévitables, mais très réduites. Comme on peut diminuer les dimensions des bobinages, les pertes dans le fil sont également diminuées. Cet avantage compense, et, bien au delà, les pertes dans le fer.
- Les bobinages haute fréquence ou moyenne fréquence que l’on peut ainsi établir avec des noyaux de fer de ce genre permettent des dimensions plus réduites, sans augmentation des pertes en haute fréquence. Ils présentent l’avantage d’avoir un coefficient de self-induction réglable facilement par variation de l’entrefer. Comme la self de fuite est plus faible, on peut réduire beaucoup l’importance du blindage, et même parfois le suppximcr.
- En examinant les courbes de résonance obtenues avec des bobines à air ou à noyau de fer de ce genre, on constate une augmentation très nette de la sélectivité (ûg. 3).
- On a, bien entendu, réalisé des formes spéciales de bobinages pour ces noyaux ; on construit des bobines toroïdales ou cuii’assées, qui semblent donner les meilleurs résultats, pai’ce que le noyau péixètre dans l’enroulement et le ferme extérieurement autant que possible de tous côtés (fig. 4 et 5).
- Fig. 4. — Bobines à noyau de fer Ferrocart.
- a) noyau toroïdal; b) noyau en forme de pot; c) bobine cuirassée ù entrefer réglable; d) bobine demi-cuirassée à entrefer réglable.
- Les bobines à noyau de fer de ce genre ont encore des applications dans les appareils anti-parasites, par exemple les circuits filtres, et la téléphonie à haute fréquence.
- UN DISPOSITIF MÉCANIQUE POUR RÉGLAGE INTÉGRAL UNIQUE
- Les l'écepteurs radiophoniques récents comportent un seul bouton unique de commande agissant directement, ou plutôt par l’intermédiaire d’un démultiplicateur, sur le bloc des condensateurs variables d’accord. En pi'incipe, il suffit ainsi d’agir sur ce bouton et de placer l’aiguille de repère à la position voulue sur le cadran de repérage, pour obtenir l’audition de l’émission cherchée.
- Si l’on examine la question d’uni peu plus près, on constate pourtant que la dénomination de « système à réglage unique » n’est pas complètement méritée. En dehors de ce bouton de manœuvre essentiel, il faut, en effet, considérer le combina-teur assurant la mise en circuit des bobinages correspondant aux diverses gammes des longueurs d’onde à recevoir, et, en même temps, le fonctionnement des dispositifs auxiliaires
- Fig. 5. — Comment on déplace le noyau de fer d'un bobinage pour faire varier la self-induction.
- a) noyau en Ferrocart; 6) boîtier transparent; c) culasse en Ferrocart; d) support isolant; e, /) vis et écrou de réglage; g) œilleton isolant; h) clef de réglage.
- tels que les lampes d’éclairage du cadran de repère. Il faut mentionner également le dispositif de réglage de l’intensité sonore, de la tonalité générale de l’audition, parfois des systèmes anti-parasites et anti-fading, présents dans les appareils perfectionnés.
- Ce système devrait plutôt être nommé « réglage essentiel unique »; c’est là déjà un perfectionnement important; il a augmenté la diffusion des appareils de radiophonie et séduit de nombreux néophytes un peu effrayés par la complexité apparente des premiers récepteurs comportant de très nombreux boutons de commande.
- Mais une véritable commande à boutoix unique serait une simplification plus grande encore; le problème a suscité déjà bien des recherches. On a proposé, dans ce but, des procédés électro-mécaniques et des procédés radio-électriques. Les pi'emiers sont les plus simples et les moins coûteux. Les derniers seraient les plus séduisants, s’ils pouvaient être réalisés d’une manière entièrement satisfaisante. Jusqu’à présent, les sytèmes mécaniques semblent les plus sûrs.
- Un système de ce genre doit être simple, de construction mécanique précise, et assez robuste pour assurer un usage dui*able, même entre les mains d’un opérateur quelque peu malhabile. Il faut que sa manœuvre soit facile, quasi instinctive et n’exige aucun apprentissage.
- Il faut que le système soit exempt de causes de « pannes »; il faut qu’à l’usage n’apparaisse aucun jeu susceptible de nuire à la précision de la manœuvre. A ce point de vue, les dispositifs à embrayage plus ou moins brusque paraissent complètement à proscrire.
- On peut imaginer bien des systèmes différents répondant
- Fig. 6. — Dispositif mécanique de réglage intégral unique de M. Lafon.
- Cortactld allumage des lampesPQ.etG.Oy
- Potentiomètre interrupteur
- Pignon commandé le potentiomètre
- Arbre a cardan
- r
- IL
- \ L
- Tige de commande petite. ondes et grandes ondes.
- .Came
- \Crémaillère
- Cardan /
- Arbre entrain:lacommf
- démultipliée du condensé
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-
-
-
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- à ces conditions. Nous nous bornerons pour le moment à décrire un modèle intéressant présenté récemment, et qui semble offrir des avantages pratiques très nets.
- Ce système de commande ne comporte qu’un seul bouton monté à l’extrémité d’un arbre susceptible d’un pivotement indépendant dans le plan horizontal. On dispose donc de deux actions différentes : la rotation du bouton et le pivotement de l’arbre. Chacun des mouvements est utilisé pour commander un organe distinct à l’aide d’un système mécanique, ou, par fermeture d’un circuit électrique. La figure 6 représente le système. Le bouton unique permet la commande du groupe des condensateurs variables, le passage de la gamme de réception « petites ondes » à « grandes ondes » et, enfin, le réglage du potentiomètre interrupteur pour la mise en marche de l’appareil et le réglage de l’intensité sonore.
- L’arbre pivotant est relié par joint à la cardan, ou par câble souple, au groupe des condensateurs, directement ou par commande démultipliée. Quelles que soient la position de l’arbre, la rotation, le bouton permet donc d’agir sur le réglage des condensateurs d’accord (üg. 6).
- intensité
- ;intensite.
- iou milieu poste éteint'
- Fig. 7. — Aspect du panneau avant d’un poste muni de la commande unique système Lafon.
- Lorsque l’arbre est dans la position médiane, le poste n’est pas en fonctionnement; si on déplace latéralement le bouton, soit à droite, soit à gauche, on commande par entraînement
- d’une came, et au moyen d’un renvoi, le contacteur « PO-GO ». Cette même came est reliée également à deux contacteurs allumant des lampes sur le cadran de repère, s’il y a lieu.
- Une crémaillère dentée, solidaire de l’arbre, engrène avec un pignon monté sur l’axe du potentiomètre interrupteur. On obtient ainsi le réglage de l’intensité sonore, la mise en marche et l’ai*rêt.
- Le panneau antérieur du poste ne comporte donc plus qu’un seul bouton. Lorsque celui-ci est placé au centre d’une fenêtre de forme allongée, le poste ne fonctionne pas. En le poussant à droite, on obtient la mise en marche et la commutation petites ondes ; en le poussant à gauche, la mise en marche et la commutation grandes ondes (fig. 7).
- L’intensité de l’audition augmente à mesure qu’on éloigne le bouton de la position médiane, soit à droite, soit à gauche, et pour toute position, rappelons-le, la rotation du bouton permet d’agir sur les condensateurs d’accord.
- Ce dispositif, robuste et simple, est d’encombrement réduit et de prix de revient assez peu élevé pour permettre son emploi par les constructeurs, même sur des modèles relativement populaires. Il peut être adapté sans difficulté à la plupart des modèles de châssis courants. Les amateurs constructeurs peuvent également l’employer aisément pour leurs montages.
- La seule difficulté paraît se produire dans le cas où l’on envisage la construction d’appareils « toutes ondes » permettant la réception sur toute la bande de 19 à 80 m de longueur d’onde, et exigeant donc l’adoption d’un combinateur à 3 ou 4 gammes, au minimum. Mais, pour beaucoup de sans-filistes possédant des appareils toutes ondes de ce genre, la réception sur la gamme des ondes très courtes est encore auxiliaire, et non essentielle. Il suffirait donc de prévoir un combinateur supplémentaire, à tirette, par exemple, disposé derrière le poste, et assurant la mise en circuit du contacteur ordinaire commandé par le bouton pour cette gamme particulière.
- Le système semble également se prêter aux commandes à distance, au moyen de câbles souples, et constitue, en tout cas, un des premiers dispositifs pratiques dans cette catégorie d’accessoires.
- (A suivre.) P. Hémardinquer.
- Adresses relatives aux appareils décrits.
- Bobinages à noyau de fer : Établissements Dethire et Ouvry, 10, avenue des Vignes, Saint-Cloud (S.-et-O.) ; Établissements Feron-dis, 93, rue Pelleport, Paris.
- Appareil de réglage intégral unique : Établissements Lefébure Solor, 5, rue Mazet, Paris.
- LES AUTOMOBILES EN FRANCE
- Le Bulletin de la Statistique générale de la France donne les renseignements suivants sur les immatriculations de voitures neuves en 1934 :
- Construction française :
- Voitures de tourisme 142 499
- Camions 21 615
- Motocyclettes 26 790
- Construction étrangère :
- Voitures de tourisme 10 125
- Camions 2 448
- Motocyclettes 1 337
- La production de voitures de tourisme est en progression et compense la diminution du nombre des camions. Par contre, la production de motocyclettes est en nouvelle et forte régres-
- sion. sur les années précédentes. En outre, il a été immatriculé 331 865 voitures de tourisme d’occasion, dont 308 832 françaises et 23 033 étrangères, 40 526 camions d’occasion dont 32 589 français et 7937 étrangers, 75 624 motocyclettes d’occasion, dont 70 768 françaises et 4856 étrangères.
- Les mois où l’on note les chiffres les plus élevés sont mars, mai et juin, les mois les plus faibles septembre et janvier, en ce qui concerne les voitures de tourisme. L’immatriculation des camions est plus également répartie, avec un maximum en mars-avril et un plus grand nombre dans les six premiers mois de l’année. Les motocyclettes sortent surtout de mars à juillet, avec un maximum en mai. Pour 100 ventes de voitures neuves de tourisme, on a enregistré 217 ventes de seconde main, dont une proportion uii peu plus forte pour les marques étrangères que pour les françaises. A. B.
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- LIVRES NOUVEAUX
- Les logarithmes et les puissances en partant de l’hyperbole, par Henri Tripier, 1 brochure. Vuibert, éditeur, Paris, 1935. Prix : S fr.
- La surface délimitée par un arc d’hyperbole étant une fonction logarithmique, on peut paitir de l’arc d’hyperbole pour définir le logarithme d’un nombre. C’est ce que fait M. Tripier; sa brochure montre très clairement que cette méthode peut avoir dans l’enseignement de grands avantages. Elle rappelle aussi d’une façon intéressante les points essentiels de l’histoire des logarithmes.
- Grains de matière et de lumière, par Jean Perrin 4 fascicules. Hermann et Cie, Paris, 1935. 1er fasc. 12 fr.; 2e l’asc. 14 fr.; 3e fasc. 7 fr.; 4e fasc. 12 fr.
- Dans ces quatre fascicules, le célèbre savant expose, avec l’élégante clarté qui caractérise tous ses écrits, les questions qui dominent la physique contemporaine : existence des grains élémentaires de matière, d’électricité, de lumière, avec preuves expérimentales à l’appui; structure des atomes; classification des corps simples de la chimie d’après leur noyau; état actuel de nos connaissances sur le noyau des atomes et sur les phénomènes de transmutation provoquée. A quiconque veut se mettre au courant des idées dominantes de la physique moderne, sans un travail préalable trop pénible, on ne peut conseiller lecture plus attrayante et plus instructive que celle de ces remarquables petits volumes.
- Diffraction des rayons cathodiques, par G.-P. Thomson. 1 brochure illustrée, 55 p. Hermann et Cie, Paris, 1935.
- La découverte de la diffraction des rayons cathodiques, par Davisson et Germer en 1926, est restée célèbre à juste titre, comme exemple d’une découverte provoquée par une théorie purement abstraite et à beaucoup d’égards contraire aux idées reçues jusqu’alors, à savoir la théorie de la mécanique ondulatoire de L. de Broglie. Le physicien anglais G.-P. Thomson a réussi à mettre ensuite ces phénomènes en évidence par des moyens aussi ingénieux qu’élégants et sûrs. On trouvera ici la traduction de trois mémoires de ce savant exposant d’une façon extrêmement intéressante ces belles expériences et leurs résultats.
- Au delà de l'électron, par Sir J. J. Thomson; traduit de l’anglais par R. Fric. 1 broch., 30 p. Hermann et Cie, Paris, 1935. Prix : 7 fr.
- Dans kcette conférence du plus haut intérêt, l’illustre physicien anglais, l’inventeur de l’électron s’attache à prouver que les propriétés de cette particule, révélées par les recherches récentes, donnent à penser qu’elle n’est pas le dernier stade de la structure de la matière, mais qu’elle en possède une elle-même, et qu’elle est constituée de parties plus petites transportantdes charges électriques. Les conclusions de la théorie physique de sir J. J. Thomson s’accordent sur beaucoup de points avec celles que l’on déduit des théories analytiques de L. de Broglie et de Schrôdinger.
- Géologie appliquée, par E. Raguin. 1 vol. in-8, 406 p., 110 fig. Masson et Cie, Paris, 1934. Prix : 38 fr.
- M. l’Ingénieur des mines Raguin, professeur à l’École nationale des Ponts et Chaussées, vient depublier un manuel qui, en fait, est un petit ouvrage de géologie générale, d’une lecture facile et agréable, où sont envisagés surtout les points de vue de la pétrographie et de la tectonique, de l’hydrogéologie et de la géologie minière. Les questions d’actualité, comme par exemple la géophysique, sont traitées dans cet opuscule avec quelques détails. Le livre de M. Raguin est à la fois une initiation aux études géologiques et un compendium de géologie pratique, qui sera tout particulièrement apprécié, d’une part, des débutants auxquels il montre tout l’intérêt des problèmes que soulève le développement des sciences du sous-sol, d’autre part, des techniciens auxquels il expose sommairement les nombreuses applications de ce domaine scientifique dans les sens les plus variés de l’activité humaine.
- Répertoire des mines et gisements de France
- et de l’Afrique du Nord (Le sous-sol de la France) publié sous la direction de MM. Léon Laffitte et V. Charrin. 1 vol. in-8, 700 p. Mines, Carrières, Grandes Entreprises, 10, Galerie Vivienne, Paris, 1935. Prix : 100 fr.
- M. Léon Laffitte vient de donner une 3° édition de son ouvrage : Le sous-sol de la France », qui présente une documentation fort complète sur les gisements miniers de France, d’Algérie, de Tunisie et du Maroc : cette documentation à la fois scientifique et technique est rendue pratiquement très accessible par les nombreux index par communes, par matières, par sociétés, etc. Le succès qu’ont connu
- les deux premiers tirages de cette publication n’a pas fait hésiter le nouvel éditeur, M. Veneziani, à s’engager dans les dépenses que comportait la réimpression de ce travail mis à jour par MM. Laffitte et Charrin, malgré la crise qui affecte si durement les industries extractives du sous-sol en ce moment. Il faut souhaiter plein succès à cette heureuse et hardie initiative.
- Répertoire des carrières et des industries annexes (Annuaire des Carrières), publié sous la direction de M. E. Veneziani. 1 vol. in-8, 314 p. Mines, Carrières, Grandes Entreprises, 10, Galerie Vivienne, Paris, 1935. Prix : 39 fr.
- La 6e édition du « Répertoire des carrières », qui vient de voir le jour, correspond maintenant à une publication conjuguée avec le « Répertoire des mines » de M. Léon Laffitte. L’ensemble de ces deux ouvrages forme désormais un très précieux inventaire de toutes les formes d’industries du sous-sol en France continentale et en Afrique du Nord, constamment mis à jour, grâce aux heureuses initiatives de M. E. Veneziani.
- De nombreux index, où sont rangés par ordre alphabétique les exploitants, les localités, les matières extraites, etc., rendent 1’ « Annuaire des Carrières » d’une consultation très aisée : la documentation porte sur les exploitations les plus variées, des pierres lithographiques et des pierres de taille aux phosphates et au kieselguhr, de la craie et de la baryte aux bauxites et aux chaux, des terres réfractaires et des terres à foulon aux argiles plastiques, aux ardoises, aux marbres, aux plâtres, etc.
- L'évolution et l’exploitation des mines domaniales de la Sarre, par F. Leprince-Ringuet. 1 vol., 95 p., 21 fig., 10 pl. dont une en couleur. Dunod, éditeur. Paris, 1935. Prix broché : 18 fr.
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- Les mines de la Sarre, exploitées pendant quinze ans par des ingénieurs français, viennent d’être rendues, à l’Allemagne. L’auteur dresse, à grands traits, le bilan de cette exploitation française : outillage modernisé, sécurité accrue, rendement doublé; ainsi se résument les résultats acquis par nos ingénieurs; l’auteur montre comment ces progrès ont été réalisés dans des circonstances souvent difficiles; ils sont dus à la centralisation de la direction, à la concentration des chantiers, à l’organisation des transports, au rajeunissement et à l’utilisation rationnèlle de l’outillage. Cette gestion fait honneur à nos ingénieurs et il est à souhaiter que l’expérience acquise serve au progrès de l’exploitation des houillères françaises.
- L’eau, par m. P. Otto. 1 vol. (Bibliothèque des Merveilles), 190 p., 108 fig. Hachette, Paris, 1935. Prix : 15 fr.
- L’auteur expose, à l’usage du grand public, ce que tout homme cultivé doit savoir sur ce vaste sujet : composition de l’eau, propriétés physiques, ses métamorphoses et son cycle dans la nature, son rôle dans la vie de l’homme et des animaux, dans l’agriculture, dans l’industrie, les dangers de l’eau de boisson et les moyens d’y remédier par la stérilisation. Ouvrage d’une lecture agréable en même temps que fort instructif.
- Organisation et fonctionnement des véhicules automobiles, par P. Prévost (3e édit.). Tome I, Le moteur.
- 1 vol. VIII-614 p., 433 fig. Dunod, éditeur, Paris, 1935. Prix broché 97 fr.
- Ce traité réunit les excellentes leçons professées par l’auteur à l’École supérieure d’Aéronautique;' il offre toutes les qualités qui caractérisent un bon ouvrage pédagogique : choix judicieux des questions essentielles et clarté de l’exposition. Après avoir rappelé brièvement le principe du moteur à explosion à 4 temps, l’auteur étudie successivement les divers organes du moteur : piston, arbre moteur, volant, cylindre, carter, distribution, indiquant pour chacun d’eux les conditions essentielles à satisfaire et les solutions modernes consacrées par la pratique. Il analyse ensuite le mécanisme de la combustion, passe en revue les différents combustibles utilisables et étudie le problème de la carburation, puis celui de la suralimentation, l’allumage, graissage et le refroidissement. L’ouvrage contient encore un aperçu sur les moteurs à 2 temps, sur les Diesel et un excellent chapitre sur l’équilibrage.
- L’auteur n’écrit pas (pour les spécialistes, mais pour les lecteurs pourvus de connaissances théoriques élémentaires et désireux de s’initier à fond à la pratique du moteur. Aussi son ouvrage, qui abonde en enseignements pratiques : montage, entretien, réglage, dépistage des pannes, sera-t-il fort utile au public non spécialisé qui s’intéresse à l’automobile. Celui-ci y trouvera un enseignement sûr, en même temps que de précieux aperçus sur les travaux modernes auxquels le moteur d’automobile doit ses constants progrès.
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- NOTES ET INFORMATIONS
- PHYSIQUE DU GLOBE Les effets des météorites.
- L’article de M. Ein. Touchet dans le numéro du 15 février donne de fort intéressantes précisions sur les elfets éventuels des grosses météorites sur la Terre. Selon cette étude, un astéroïde de 10 millions de tonnes atteignant notre planète de plein fouet, lui communiquant une vitesse supplémentaire ou un retard de 2 m par seconde, ne saurait rien changer à sa route autour du soleil.
- Cependant si un tel projectile touchait la surface de la Terre très obliquement, en sens inverse de sa rotation, et près du pôle, cette composante nouvelle ne serait-elle pas de nature à modifier son équilibre gyroscopique et à engendrer un balancement de l’axe des pôles dans l’espace ?
- La question pourrait d’ailleurs se poser d’une autre façon, par exemple :
- Quelle devrait être la masse d’un projectile tombant tangen-tiellement sur la Terre dans une région polaire et en sens inverse de la rotation pour provoquer un balancement de x° sur l’écliptique, de façon à modifier périodiquement les climats des régions tempérées ? •
- M. Touchet exprime le regret do n’avoir pas été le témoin de la chute d’une grosse météorite; les hommes se souviennent cependant d’un accident de ce genre. Voici le texte transmis par l’histoire antique :
- Phaéton, fils d’Hélios, étant enfant, persuada son père de lui céder, pour un jour, son char. Cette concession faite, Phaéton conduisant le quadrige ne put en tenir les rênes avec assez de force. Les chevaux méprisant cette main d’enfant s’emportèrent hors de leur route accoutumée et, d’abord, errant à travers le Ciel, y mix-ent le feu, puis ayant incendié une grande partie de la Terre, détruisirent, en la brûlant, une vaste étendue de pays. • Zeus, indigné, foudroya Phaéton et remit le Soleil dans son chemin accoutumé. Phaéton tomba près des bouches du fleuve appelé Eridan. Ses sœurs pleurèrent sa mort et dans l’excès de leur douleur, changeant de nature, devinrent des peupliers. Chaque année, elles laissent couler des larmes, lesquelles en se coagulant produisent l’ambre jaune ou électre. (Diodore de Sicile, liv. V.) Quelques auteurs ajoutent que Phaéton tomba dans la Baltique.
- La ti-aduction en langage moderne pouvait être la suivante : à une époque indéterminée, un bolide flamboyant ti-aversa le Ciel en l’embrasant effroyablement. Ce météore avait le diamètre apparent du Soleil et un éclat insupportable; sa chaleur incendia toute une contrée.
- S’il tomba dans la mer, on peut imaginer le i*az de marée consécutif. Les conséquences-de la chute du bolide de Koulik multipliées par 100 000 au moins, si celui de Diodore pesait 10 millions de tonnes, doivent singulièrement ressembler à un cataclysme. L’aspect de la Nouvelle-Zemble est celui des lèvres d’un ci’atère, les plissements de la Norvège apparaissent comme la conséquence d’un refoulement brusque, l’Islande volcanique comme les vestiges des éruptions consécutives.
- La limite de 10 millions de tonnes est peut-êti’e insuffisante. La forme des cratères de météorites est analogue à celle des entonnoirs de gros projectiles pendant la guerre.
- L’examen d’un no man’s land du haut d’un avion révélait à l’observateur le calibre des projectiles tombés. Nous avons sous les yeux un no man’s land constellé de cratères. C’est la Lune. Elle a dû recevoir, autant que nous, des météorites ; ses cirques ont la forme particulière des entonnoirs de météorites plus ou moins érodés et sédimentés selon leur antiquité.
- Les plus vastes sont; les plus érodés et probablement les plus anciens. Les plus petits ont au contraire une netteté impressionnante et se trouvent souvent sur les lèvres ou daixs les plages internes des plus vieux. Les projectiles célestes semblent diminuer de calibre avec le temps.
- Mais les grands cirques ont des diamètres énormes : Clavius a 210 km de diamètre, Schickard 200, Sacrobosco 160, Petau 120, leur profondeur atteint et dépasse 3000 m, nous sommes loin des 1200 m de diamètre du Mcteor Crater de l’Arizona...
- Le poids de 10 millions de tonnes a donc dû être dépassé par les météores des âges géologiques. La météorite de Petau pesait sans doute 100 millions de tonnes, celle de Clavius bien davantage, la masse îx’étant pas proportionnelle au diamètre, mais plutôt à son cube.
- Quelle action une météorite de quelques milliards de tonnes a-t-elle pu avoir sur la Lune qui pèse 81 fois moins que la Terre, et éventuellement sur la Terre ?
- Le problème passionnant soulevé par les chutes de météorites ne me paraît pas clos par le si intéressant article de M. Touchet : tous les curieux seront iixtéressés par les recherches des savants sur ce point d’astronomie.
- R. M. Gatefossk.
- U Angleterre construit un navire non magnétique.
- On sait que la Carnegie Institution avait autrefois fait construire un naviTe non magnétique, le Carnegie; ce bâtiment, pendant plusieurs années, parcourut les Océans pour relever systématiquement 16s données concei'nant le magnétisme du globe et établir les cartes magnétiques des Océans. L’utile carrière du Carnegie a été brusquement interrompue le 29 novembre 1929, à Apia (lies Samoa) par un accident qui provoqua la destruction du bâtiment. Depuis lors, il x^’existait plus au monde de navire non magnétique; et cependant la tâche assignée au Carnegie était loin d’être te «ni née.
- Notre confrère Nature de Londres annonce que l’Amirauté britannique a décidé de combler cette lacune ; le budget de 1935 prévoit la construction d’un navire pour explorations magnétiques. Les plans du bâtiment ne sont pas encore arrêtés; mais il est probable qu’il sera plus grand que le Carnegie.
- TÉLÉPHONIE
- Le développement des relations téléphoniques internationales.
- Dans sa revue de 1934, le Journal des télécommunications cité par les Annales des P. T. T. met en relief le développement des relations' téléphoniques internationales et notamment le développement extraordinaire du service téléphonique intereuropéen depuis 1924. Ce progrès est dû aux efforts du Comité connu sous les initiales C. C. I. F. qui a réussi à fixer et à faire observer les meilleures règles techniques pour établir les grandes liaisons internationales, notamment en ce qui concerne les câbles de liaison.
- En 1924, les relations téléphoniques internationales étaient, en Europe, limitées aux communications entre pays limitrophes ou très rapprochés; elles comportaient des délais d’attente parfois très longs; l’audition était souvent défectueuse; les conversations s’échangeaient par fils nus aériens exposés aux intempéries.
- En 1935, un abonné quelconque d’Europe a pratiquement la possibilité de causer avec un autre abonné d’Europe dans
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- dos conditions d’audition généralement très satisfaisantes, et après une attente, qui, en moyenne, ne dépasse pas 15 minutes.
- En outre, il peut téléphoner avec d’autres abonnés de nombreux pays d’outremer et même à bord de paquebots en mer.
- On peut dire que, en gros, 92 pour 100 des postes téléphoniques d’abonnés du monde entier peuvent être interconnectés en 1934.
- MÉCANIQUE
- Un nouveau type de bagues et coussinets auto=lubriiiants.
- Quelques types de coussinets dits « auto-lubrifiants », en bronze poreux graphité, exécutés selon diverses méthodes et d’après des brevets américains, sont déjà connus. Leur emploi s’étend d’ailleurs déplus en plus et avec succès dans l’industrie. Le coussinet Calcar est de la même classe que les précédents; il est fabriqué en France avec application de procédés nouveaux et il vient d’apparaître il y a peu de temps sur le marché.
- Le coussinet Calcar est constitué par de la poudre de bronze de qualité toute spéciale, à laquelle est incorporé du graphite. Cette poudre est moulée par compression, sous forme de bagues rigides, obtenues aux dimensions mêmes d’usage, et qui constituent les coussinets.
- Les bagues sont imprégnées d’une huile très fluide, puis elles sont emmanchées à force aux emplacements prévus dans les appareils d’utilisation.
- La qualité d’ « auto-lubrifiants » appliquée à de tels coussinets est en réalité un peu impropre; c’est l’huile que contient la matière, et le graphite entraîné par l’huile qui assurent en réalité la lubrification de la portée.
- Le bronze réalisé absorbe près du quart de son volume d’huile. Il est poreux, en effet, malgré la très haute pression exercée au moulage ; des espaces micrométriques subsistent entre les particules qui constituaient la poudre primitive. Les difficultés et le secret de fabrication résident dans la préparation de la poudre, dans le choix de la pression selon les formes et dimensions des bagues, et selon la charge et la vitesse de l’arbre qu’elles auront à supporter.
- On arrive, d’ailleurs, à tenir avec de telles bagues mêmes charges et mêmes vitesses qu’avec des coussinets en bronze antifriction, qui eux doivent être graissés de façon continue.
- Un coussinet Calcar ne doit pas être usiné, réalésé sur sa face de travail, après fabrication; l’usinage mécanique bouche en effet les pores du métal et la lubrification automatique disparaît. Le coussinet est donc fabriqué aux cotes définitives; tout au plus peut-on augmenter légèrement si cela est nécessaire le diamètre d’une bague par tassement du métal à l’aide d’un mandrin approprié.
- Un jeu très faible ne dépassant pas en général 0,1 mm est prévu au montage entre les coussinets et l’arbre. Une pellicule extrêmement mince de graphite imprégné d'huile se forme sur la portée et dante des conditions normales il n’y a pratiquement pas d’usure ni de l’arbre, ni du coussinet.
- On peut être amené à utiliser des coussinets hissez peu épais et qui ne portent pas en eux-mêmes la réserve d’huile qui serait désirable. Dans ce cas on fait communiquer l’extérieur du coussinet avec une petite chambre, une petite cavité, dans laquelle on introduit par un graisseur ordinaire de l’huile fluide. Par capillarité et par aspiration, l’huile contenue dans la chambre pénètre dans le bronze à mesure du besoin.
- Une qualité particulière du bronze qui constitue les bagues Calcar est qu’il n’est pas cassant. Ce point est d’un gros intérêt,
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- car le montage à force des bagues dans les organes de machine est ainsi considérablement facilité. On fait l’expérience suivante : une bague cylindrique, libre, étant comprimée à la presse, s’affaisse « en accordéon » comme si elle était en métal fondu ou étiré; elle ne se casse pas.
- fjes bagues en bronze poreux voient leur domaine s’agrandir très rapidement depuis ces dernières années. Elles remplacent partout où cela est possible les roulements à billes qui ont le double défaut de coûter près de dix fois plus cher que les bagues de bronze et d’être très bruyants. On les utilise notamment dans la construction des automobiles pour supporter tous les arbres accessoires de commande ou de transmission de mouvement, dans l’industrie électrique comme paliers silencieux de machine même de forte puissance, dans les chemins de fer, dans les machines-outils, etc... A. T.
- BOTANIQUE
- Formation et réserves du Copal.
- Le copal est une résine, produite par différents arbres connus sous le nom de copaliers, qui sert à faire des vernis, etc... Le principal arbre producteur de copal, en Afrique équatoriale, serait le Copulifera Demeusi Harms, arbre géant que l’on trouve parfois en abondance au bord des rivières, des fleuves et des marécages, souvent aussi à l’état isolé.
- On admet aujourd’hui plusieurs processus de formation do la gomme copal, dont les principaux seraient les suivants :
- a) La résine exsude fréquemment à l’intersection des grosses branches de l’arbre. Il se forme alors une masse de plus en plus volumineuse s’accroissant par la partie inférieure tandis que les couches exposées à l’air se durcissent. A un moment, par son propre poids ou sous l’action mécanique dxi vent, la « boule » ainsi formée se détache, tombe sur le sol et ne tarde pas à être recouverte de limon ou de sable;
- b) Les traumatismes peuvent également jouer un rôle important dans la formation de la résine. Par les blessures, le liquide suinte peu à peu, durcit sous forme de larmes donnant naissance à des blocs plus ou moins volumineux venant s’accumuler par leur chute au pied de l’arbre. Lorsque la cicatrisation des plaies ne se fait pas, la lésion peut être la source d’une abondante sécrétion de résine ;
- c) Enfin, on admet que lorsque l’arbre meurt, est renversé par les tornades, ou déchaussé par l’action érosive des eaux, les racines, continuant à végéter pendant longtemps, peuvent produire une àbondante sécrétion de sève résineuse qui forme autour du pied une couronne de blocs de copal. C’est surtout dans ce cas que se constituent les amas les plus volumineux et par conséquent les plus intéressants. On sait aujourd’hui qu’il existe de véritables bancs de copal dont l’origine a fortement intrigué les botanistes. Ces gisements se trouvent toujours dans le fond des rivières ou des marais où les blocs de copal auraient été entraînés lors des crues des rivières et des ruisseaux.
- Les indigènes bien au courant de cette particularité dirigent leurs investigations vers le lit des ruisseaux qui se déversent dans les marais. Us ont pour ce genre de recherches un « flair » que ne possède aucun Européen, reposant sur des indices difficiles à préciser. La récolte se fait toujours aux époques des eaux de hauteur moyenne, ce qui permet une circulation plus aisée en pirogue, l’installation de camps au voisinage des marais et sans nuire aux recherches comme durant l’époque des basses eaux, quand le limon durci est difficile à remuer.
- On ne peut évaluer l’importance des gisements africains, mais vu la quantité fournie chaque année par les noirs spécialisés dans ce genre de travail, qui est voisine de 20 millions de kg, on peut la croire considérable. G. R.
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- INVENTIONS ET NOUVEAUTÉS
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- Clef pour enrouler > le hlm
- Déclencheur. Ouverture d'objectif
- Pose
- Aiguille pour indiquer pose ou instantané
- instantané
- Fig. 1. — Appareil photographique de poche à film cinématographique
- « Carmen ».
- PHOTOGRAPHIE
- Un appareil photographique de poche à film cinématographique.
- Nous avons eu l’occasion d’indiquer l’apparition, sur le marché de la photographie, d’un grand nombre de modèles, très réduits, et de prix modiques, s’adressant essentiellement à la clientèle populaire, mais présentant cependant déjà un ensemble de qualités intéressant.
- Certains de ces appareils fonctionnent au moyen de pellicules photographiques de format courant. L’adoption de films cinématographiques, au lieu des pellicules photographiques, constitue une innovation intéressante, car elle permet de diminuer encore le prix de revient de chaque épreuve et de réduire l’encombrement du système.
- Le petit modèle d’appareil photographique, de prix extrêmement modique, représenté sur la figure ci-dessus, utilise ainsi des bobines de films cinématographiques standard de 35 mm permettant d’obtenir 12 poses. Le boîtier en tôle d’acier n’a que 85 mm de hauteur, 55 mm de largeur, 27,5 mm d’épaisseur; c’est donc un véritable appareil de poche.
- L’objectif est une lentille d’une distance focale de 25 mm et l’obturateur permet la pose et l’instantané. Cet appareil populaire de poche, de prix réduit, et d’ailleurs breveté, accessible aux bourses les plus modestes, n’est pourtant pas un jouet, et semble pouvoir être apprécié en raison surtout de son volume extrêmement réduit.
- Constructeur, Carmen, 52, rue Petit, Paris (19e).
- Un nouvel appareil photographique très simple et de prix réduit.
- La photographie est désormais de plus en plus à la portée de tous, et n’est plus réservée à un public privilégié. La manœuvre des appareils de prises de vues est devenue de plus en plus simple et peut être exécutée sans aucune connaissance technique. A côté des appareils perfectionnés de précision et de grands prix, il existe maintenant toute une série d’appareils populaires, de prix extrêmement réduits, mais qui permettent pourtant déjà d’obtenir des résultats satisfaisants.
- Les grandes maisons de construction photographique ne dédaignent plus aujourd’hui d’étudier avec soin des appareils de ce genre dont la vente ne constitue pas une concurrence pour celle de leurs appareils plus perfectionnés; elle s’adresse, en effet, à une tout autre catégorie de débutants; elle augmente plutôt la diffusion du goût de la photographie, en en faisant connaître les agréments à toute une catégorie d’amateurs qui n’auraient pu faire l’acquisition d’appareils plus complexes.
- On a pu examiner ainsi, à la dernière Exposition de la Photographie et de la Cinématographie, des dispositifs fort intéressants, et méritant d’être signalés.
- Le nouvel appareil Kodak représenté sur la photographie ci-dessous est ainsi le plus petit et le meilleur marché de toute une série désormais fameuse. Entièrement en galalithe et très léger, il se charge avec des pellicules de 4 X 6 1/2 que l’on trouve facilement chez tous les revendeurs. Sa mise au point est fixe, et il est muni évidemment d’un objectif simple. L’obturateur permet des instantanés et la pose.
- Pour l’instantané, il suffit d’appuyer sur le levier inférieur; pour la pose, on tire à fond le petit bouton placé au-dessus de l’objectif, on ouvre et on ferme l’obturateur.
- Cet appareil simple est pourtant muni d’un viseur à hauteur d’œil donnant une vue exacte de l’image, et repliable. La mise au point est fixe, et on peut obtenir des photographies jusqu’à 1 m 50 de l’appareil; pour des portraits, l’emploi d’une lentille supplémentaire est même prévu. C’est un appareil idéal pour les enfants.
- Bien entendu, l’appareil se charge en plein jour avec des bobines de 8 poses. Toute la partie supérieure du système se soulève aisément, et la mise en place de la bobine est immédiate.
- Société Kodak, rue François Ier, Paris.
- ÉCLAIRAGE
- Un vase à fleurs lumineux.
- Les dispositifs modernes d’éclairage indirect sont, à l’heure actuelle, réalisés sous des formes très diverses, et souvent
- Fig. 2. — Nouvel appareil populaire Kodak-Baby-Brownie.
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- particulièrement heureuses. Sur le même principe, on peut, d’ailleurs, établir des objets d’art et de décoration qui ne jouent pas seulement le rôle de lampes, mais concourent également à l’élégance du « home ».
- On a adopté depuis déjà longtemps des vases lumineux en matière translucide, en verre moulé par exemple, et contenant une ampoule à incandescence. On peut désormais réaliser des systèmes lumineux à elïet artistique encore plus original en matière opaque, combinés avec une ampoule à incandescence pour éclairage indirect.
- L’ensemble représenté par la figure 1 paraît particulièrement heureux. Il est formé, comme on le voit, d’un vase de salon en céramique A. Au fond de ce vase est fixée une lampe C avec un réflecteur D, envoyant les rayons lumineux vers le plafond.
- Un bassin annulaire amovible B entoure ce réflecteur, et contient une couronne de fleurs baignant dans l’eau. Les rayons lumineux provenant de la lampe et renvoyés ainsi par le réflecteur central éclairent au passage les fleurs disposées concentriquement, en produisant des effets de lumière contrastés très heureux et très originaux.
- En faisant varier les teintes des fleurs, et même au besoin la couleur de l’ampoule, on peut également modifier la coloration du système et, par conséquent, le genre de décoration,
- d’où des combinaisons diverses très harmonieuses.
- En vente aux établissements Paz et Silva, 55, rue Ste-Anne, Paris. '
- PÊCHE
- Le lance=appâts Mébi.
- Tous les pêcheurs expérimentés connaissent 1 'importance de l’amorçage.
- Le succès de la pêche en dépend.
- Jusqu’ici on amorçait soit à la boulette, difficile à fabriquer, malpropre et d’efficacité problématique, soit en lançant à la main les amorces, graines ou asticots.
- Lancer à la main offre de gros inconvénients : la manipulation des amorces est malpropre, le lancement à distance exige des mouvements brusques, toujours imprécis; une grande partie des amorces n’atteint pas le point de chute désiré et est dépensé en vain; s’il y a du vent, elles s’éparpillent et la perte augmente.
- Le lance-appâts Mébi remédie à tous ces inconvénients. C’est une nouvelle arme dans l’arsenal du pêcheur, elle augmente le rendement et l’agrément de la pêche.
- Ce petit appareil est constitué par un tube d’environ 30 cm de long, fermé par un bouchon à sa partie supérieure, librement ouvert à sa partie inférieui’e.
- Il est divisé suivant sa longueur en trois chambres A, B, C, au moyen de deux petites cloisons a, b, en chicane qui obturent partiellement sa section,
- La chambre A constitue magasin à amorces, sa capacité est suffisante pour permettre une grande quantité de lancements; la chambre B forme chambre de lancement et la chambre C sert de
- Fig. 2. —• Aspect du vase lumineux.
- guide pour diriger le jet (I). Le magasin A ayant été rempli d’amorces, il suffit d’incliner obliquement le tube pour qu’une
- Fig. 3. — Le lance-appâls Mébi.
- Fig. 1.— Coupe du vase à fleurs lumineux.
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- certaine quantité d'amorces s’écoule dans la chambre B où elle est retenue par la cloison b; la quantité d’amorces ainsi rassemblée dépend manifestement de l’intervalle qui sépare les deux cloisons a, b. Ceci fait, le pêcheur n’a plus qu’à saisir l’appareil d’une main, l’ouverture vers le haut et à lui imprimer un mouvement de rotation plus ou moins brusque et de plus ou moins grande amplitude suivant la distance du point à atteindre. On obtient ainsi un jet serré d’amorces suivant une trajectoire parabolique dont on règle aisément le point de chute (fig. 3-1).
- Le mouvement qui projette les amorces recharge automatiquement l’appareil; le lancement peut donc se poursuivre d’une façon continue jusqu’à épuisement complet du magasin.
- Il peut être intéressant, spécialement pour la petite graine, de réduire la quantité d’amorce lancée dans chaque jet. A cet effet l’inventeur a prévu un dispositif d’aveuglement de l’orifice entre le magasin et la chambre de jet.
- C’est une languette m (fig. 3-II1) qui s’introduit, par une lumière ménagée dans la paroi du tube, entre les deux cloisons a et b. Cette languette est montée sur un ressort p embrassant extérieurement le tube ; ce ressort sert en outre de support à l’appareil quand le pêcheur le pose à côté de lui sur le sol.
- Le remplissage de l’appareil est très facile et très propre, comme le montre la figure IV.
- Le lance-appâts se prête au lancement des asticots aussi bien que des graines.
- Inventeur : M. E. Moreau, 38, rue Saint-Sabin, Paris.
- BOITE AUX LETTRES
- QUESTIONS ET RÉPONSES
- Adresses relatives aux appareils décrits.
- Bagues et coussinets «Calcar» fabriqués parla Société Le Carbone, à Gennevilliers (Seine).
- Erratum. — Nous avons représenté par suite d’une erreur matérielle sur la figure m 1 de la page 286 du numéro du 15 mars 1935 un pied support de projection de la marque « Union ». En réalité, suivant les indications de la légende, et comme nos lecteurs ont pu le constater d’après la lecture de l’article, la figure correspondante concernait un pied cinématographique perfectionné pour caméra à rotule orientable de la même fabrication.
- Établissement d’un auditorium d’enregistrement.
- L’installation d’un studio d’enregistrement avec appareils d’enregistrement direct sur disques en matière plastique est généralement très facile lorsqu’on considère des enregistrements de paroles ou de chants, ou, à la rigueur, d’un seul instrument de musique, et non d’un orchestre.
- Il n’y a d’ailleurs pas beaucoup d’ouvrages spécialisés donnant des indications sur l’établissement d’un auditorium.
- Vous pourriez trouver quelques indications pratiques à ce sujet dans l’ouvrage : Le cinématographe sonore, par P. Hémardinquer, et dans le Précis d’acoustique du même auteur (Librairie de l’Enseignement technique, 3, rue Thénard, Paris).
- La disposition que vous nous indiquez, avec microphone dans une pièce et amplificateur relié au tourne-disque dans une autre pièce, nous paraît satisfaisante, avec emploi d’un microphone à grenaille évidemment. Si vous vouliez employer un microphone électro-statique, il serait, en effet, presque toujours nécessaire de disposer le premier étage d’amplification à proximité du microphone.
- Pour l’enregistrement de la parole, votre pièce d’une surface de 4 m 50 x 3 m 50, et d’une hauteur de 4 m est très suffisante. Il suffit de recouvrir de tapis le plancher et de tapisser les murs, s’il se produit des réflexions nuisibles. Quant à la disposition du microphone, elle varie, bien entendu, suivant le genre d’enregistrement pour la parole; la position optima est facile à trouver rapidement suivant la profondeur de champ du modèle choisi.
- Doublage de films.
- Dans les premiers films sonores réalisés, on avait, en effet, adopté le principe du double enregistrement. On commençait par enregistrer les paroles ou les bruits sur un disque phonographique, et l’acteur s’efforçait ensuite d’adapter plus ou moins exactement ses gestes et ses jeux de physionomie à ces paroles et à ces bruits. C’était, en quelque sorte, de la cinérnalisation.
- Le doublage actuel, ou sonorisation, constitue un procédé analogue mais inverse. On commence par enregistrer les images, on projette ces images sur un écran, et on s’efforce d’adapter des enregistrements de
- paroles, de bruits ou de musique à ces images. La plupart du temps, ce procédé est employé désormais pour obtenir des versions en différentes langues d’un film enregistré primitivement avec des paroles en une seule langue. On a mis au point des dispositifs fort ingénieux, dont plusieurs ont été décrits dans la revue, et qui permettent de réaliser cette opération dans des conditions tout à fait remarquables. Malgré tout, le procédé demeure discutable au point de vue artistique comme vous nous le faites remarquer.
- Quel que soit l’art du technicien chargé de la synchronisation, et le talent des acteurs qui effectuent le doublage, il est évidemment absolument impossible de faire correspondre exactement les mouvements des lèvres des acteurs à des paroles prononcées dans les langues différentes. Ce défaut est surtout sensible dans les « gros plans » si souvent employés dans des films modernes. Réponse à M. L. à Enghien.
- Nombre d’appareils de T. S. F. vendus dans les départements.
- Il n’existe pas, à notre connaissance, de statistique indiquant le nombre des appareils récepteurs de T. S. F. vendus dans les différents départements. On ne voit pas bien, d’ailleurs, comment une telle statistique pourrait être réalisée.
- Il existe, par contre, des statistiques établies par l’Administration des P. T. T., et indiquant le nombre des radio-récepteurs déclarés dans chaque département. On peut ainsi avoir déjà des indications utiles sur la question.
- Des informations sur ce sujet ont paru dans La Nature, et vous pourriez demander des renseignements sur la question à la Revue Radio-Magazine, 61, rue Beaubourg, à Paris.
- Réponse à M. W. à Paris.
- , Lutte contre les parasites.
- Il existe, comme vous le savez, deux classes de procédés utilisés pour lutter contre les parasites industriels en T. S. F. La méthode directe permet d’agir en empêchant la naissance ou la propagation des oscillations parasites autour de la source productrice; elle consiste à placer un dispositif anti-perturbateur sur l’appareil producteur d’oscillations parasites, ou à proximité de ce dernier.
- La méthode indirecte consiste à éviter l’action des perturbations parasites sur le récepteur, et le moyen de ce genre le plus employé réside dans l’emploi d’une antenne anti-parasites, généralement avec descente blindée.
- Nous avons donné à plusieurs reprises des indications sur ces procédés dans la revue, et, en particulier, un article sur les antennes antiparasites a paru dans le numéro du 1er septembre 1934.
- Vous pouvez également consulter à ce sujet l’ouvrage -.Les parasites en T. S. F. et leur élimination par R. Singer (Librairie de l’enseignement technique, 3, rue Thénard, Paris (5e).
- Réponse à M. Piraud, à Sancellemoz (Haute-Savoie).
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- De tout un peu.
- Mission de Huila, à Angola. — Votre huile de ricin manque évidemment d’épuration; pour procéder à celle-ci, opérer de la manière suivante :
- L’huile à épurer est placée dans un tonneau ou un bac doublé de plomb, on y verse lentement et par fractions deux ou trois centièmes du poids de l’huile en acide sulfurique concentré et on brasse jusqu’à ce que toute la masse liquide ait pris une teinte verdâtre.
- A mesure que le mucilage se charbonne, l’huile devient noire; après vingt-quatre heures de repos on ajoute un volume d’eau pure à la température de 75° C égal aux deux tiers de celui de l’huile. On agite fortement jusqu’à ce que le liquide ait une apparence laiteuse, puis on fait écouler le mélange dans un grand réservoir, toujours en bois ou doublé de plomb, placé dans, une pièce à la température voisine de 25° à 30°.
- Après quelques jours de repos, ôn décante l’huile surnageante et on la filtre au travers d’une couche de coton ou de laine cardée.
- N. B. — L’ébullition que vous pratiquez ne nous paraît pas judicieuse.
- M. P., Jura.— D’après les renseignements qui nous ont été donnés, vous pourrez vous procurer de la laque du Japon chez Pelissier, 7, rue du Grenier-St-Lazare, à Paris.
- Vous trouverez tous détails sur la laque du Japon dans la bibliographie suivante : Quin, < amples Renom de. la .Société asiatique du Japon, octobre 1880, Sur la laque du Japon ou Uruschi (J u ml de Physique et hiaiie, 1884) et Juurn. of tlie chem. S c., 1883., Sur la laque du Japon (Journal ua Ph trmocie, 1, 1906, p. 106). — La laque japonaise (7 he OU and Colour T rades Jau-nul, 1908, p. 509-575-745-797).
- P.-S. — Avez-vous demandé à Geo Robinson, 16, rue de Rambuteau, que nous vous avions indiqué ?
- Les gommes acroïdes sont tout autre chose.
- N. H., à Chantilly. — L’acide carbonique peut être utilisé pour débiter la bière à la pression, champagniser les vins, gazéifier les boissons (eau de Seltz, limonade), soit directement soit emmagasiné dans de petites capsules d’acier (Sparklets).
- Dans la fabrication de produits chimiques, on s’en sert pour la préparation du bicarbonate de soude, de la soude à l’ammoniaque, de l’acide salicylique, des carbonates précipités de chaux, de baryte, de plomb, etc.
- En médecine, il sert à l’anesthésie locale et dans les laboratoires pour l’obtention du roid, en association avec l’étlier.
- Une nomenclature plus complète sur les débouchés éventuels pourra du reste vous être fournie par le Secrétariat de la Chambre syndicale des fabricants d’acide carbonique, 10, rue de Lancry, à Paris (10e).
- M. L’abbè Blancon, à St-Flour. — Pour recoller les soupapes de voire harmonium qui se décollent par suite de l’humidité, le mieux serait de vous servir d’une colle cellulosique; la formule suivante est, croyons-nous, susceptible de vous donner satisfaction :
- Acétate de cellulose.................... 75 grammes
- Acétate de méthyle....................... 300 —
- Méthyléthylacétone.........................120 —
- Acétate de phényle.......................... 5 —
- Bibliothèque de Nevers. — Le meilleur moyen d’utiliser vos copeaux et votre sciure de bois pour le chauffage est de les additionner de brai de résine, puis de les comprimer à chaud, cette dernière condition étant essentielle: nous ne pensons pas qu’une presse à bras puisse vous donner satisfaction.
- Si ces déchets sont en quantité importante, vous auriez tout avantage à installer une presse pouvant être chauffée par la vapeur provenant d’une petite chaudière auxiliaire.
- M. Herrenschmidt, à Strasbourg. — Pour débarrasser un récipient du dépôt calcaire qui l’encombre, il vous suffira très probablement d’y faire bouillir de l’eau additionnée de 5 à 10 pour 100 de phosphate de soude, puis de bien rincer à l’eaU claire.
- G. M., à V. — Les efflorescences que vous avez constatées sont dues à la carbonatation de la soude caustique que renfermait normalement le silicate de soude; pour les faire disparaître, laver à l’eau tiède, puis repasser une couche de silicate neuf.
- M. Renaud, à Rueil. — 1° Le numéro 22 de la Photo-Revue dont nous avons parlé dans 1 a Nature est celui de 1933 et non de 1934, ainsi que nous l’avons bien indiqué.
- ----- ---- :....................... = 479 =
- 2° Vous trouverez de l’encre photo typique dans les maisons suivantes : Lorilleux, 16, rue Suger; Lefranc, 12, rue de Seine.
- 3° Les communications doivent être déposées au Secrétariat de l’Académie des Sciences, 23, quai de Conti, Paris (VIe).
- M. de Choiseul-Gouffier, à Platelai. — 1° Le sel d'alumine employé pour imperméabiliser les murs est le stéarate d’alumine, mais à notre avis, il ne vous apporterait pas la solution espérée, car il s’agit très probablement d’eau de condensation, dont vous observez les gouttelettes, parce que le local n’est pas aéré; nous pensons que le remède doit consister dans l’étab'issement d’ouvertures opposées convenablement choisies comme emplacement pour permettre à l’air de circuler.
- 2° La quantité de chaleur dégagée par un courant électrique est donnée par la formule
- 0 = K R I* (
- dans laquelle Q est la quantité de calories, K l’équivalent calorifique du joule, soit 0,24; R étant exprimé en ohms, I2 en ampères et l en secondes; il vous sera facile, connaissant les caractéristiques de votre installation génératrice d’électricité, de calculer le rendement possible.
- 3° On estime que 1 kg de bois sec dégage par la combustion 3600 calories, votre consommation présente de ce combustible vous permettra de relier cette donnée au calcul précédent.
- M. Fourrier, à Troyes. — Vous trouverez toute documentation sur les fabrications que vous avez en vue dans l’ouvrage « Les pierres artificielles » par J. Fritsch, éditeur Desforg^ 29, quai des Grands-Augustins, et « Le plâtre », du même auteur, njêiïie librairie. Voir également La Nature, n° 2384, 6 décembre 1919, p. 366. •
- Bibliothèque des établissements Hoitzer, à Unieux. —: 1° Nous avons depuis longtemps répondu à votre question sur la composition du produit employé pour faciliter le glissement des skis (n° 2932, 1er juillet 1934).
- 2° Pour patiner les objets en or, il suffit de passer à la surface, au moyen d’un pinceau, une solution très étendue de sulfhydrate d’ammoniaque.
- M. Domergue, à Marseille. — Les huiles végétales et minérales se mélangent en toutes proportions; vous pouvez donc effectuer le mélange que vous avez en vue, sans précautions spéciales.
- Réunion des Officiers de Lille. — 1° Les décalcarisants du type Permutite sont effectivement régénérables un très grand nombre de fois, mais il serait abusif d’espérer que cela peut avoir lieu indéfiniment.
- 2° Pour faire disparaître les dépôts calcaires dans les bouillottes il suffit d’y verser de l’eau acidulée à 5 pour 100 par de l’acide chlorhydrique (acide muriatique du commerce), en surveillant attentivement l’opération pour rincer, avant que l’attaque, laquelle s’est d’abord portée sur le tartre, se poursuive ultérieurement sur le métal du récipient.
- 3° La spécialité de soudure liquide dont vous parlez nous est inconnue, il s’agit probablement d’un amalgame.
- 4° Vous éviterez avec facilité l’établissement des toiles d’araignées dans les encoignures, en faisant sur les murs quelques pulvérisations, au moyen de la solution de sublimé officinale.
- M. Capdevielle, à Praz-Coutant. — Les insectes qui ont envahi vos casiers dans lesquels sont entreposés des produits alimentaires, sont très probablement des Dermestes ayant environ 6 à 7 mm de long, noirs avec une large bande gris cendré sur la partie antérieure des élytres et trois points noirs de chaque côté ; la larve qui a un cm de long est brune au-dessus, blanche en dessous et hérissée de poils foncés, elle commet surtout ses dégâts de mai à septembre, époque à laquelle elle se transforme en nymphe puis insecte parfait.
- Pour lutter contre ces parasites, le mieux est de commencer par laver soigneusement vos casiers à l’eau chaude additionnée d’environ 5 pour 100 de carbonate de soude (cristaux des ménagères), ensuite badigeonner partout et en particulier dans les encoignures avec la solution de bisulfite de soude du commerce et laisser sécher tel quel.
- M. Gallois, à Lille. — Nous ne connaissons pas la composition de cette spécialité et regrettons de ne pouvoir vous renseigner.
- M. Grima, à Philippeville. •—A notre avis le mieux est de revernir votre bateau au moyen d’un vernis cellulosique; la préparation de celui-ci nécessitant l’emploi de solvants que l’on trouve difficilement dans le commerce en petite quantité, il est préférable d’en faire l’acquisition dans une maison spécialisée du vernis tout prêt pour l’emploi, par exemple Clément et Rivière, 42, rue Beaurepaire, à Pantin Seine), en faisant connaître 1 emploi prévu.
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- DOCUMENTS PHOTOGRAPHIQUES
- Fig. 1.^— Nouveau type de générateur électrostatique à haute tension du jDT Bennett de Colombus (U. S. A.) pour élude de la désintégration des atomes (Ph. N. Y. T.).
- Fig. 3. — Barrage de 300 m de haut sur le Drac pour l’électrification du P.-L.-M. (Ph. N. Y. T.).
- Fig. 5. _ La nouvelle échelle de 30 m en acier des pompien de Londres (Ph. Keystone).
- Fig. 2.
- Le vêlement stratosphérique
- du Colonel Herrera (Ph. (Keystone).
- Fig. 4. — Un véhicule amphibie construit par un inventeur allemand, M. Basilig (Ph. Keystone).
- Fig. 6. — La nouvelle pompe automobile carénée des pompiers de Londres (Ph. N. Y. T.).
- H
- Le Gérant : G. Masson.
- 6;80. — lmp. Lahure, 9, rue de Fleurus, Paris.
- iS-5-19.35. — Published in France.
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- A NATURE
- N" 2954. — r Juin 1935. |/
- Paraissant le i61 et le i5 de chaque mois.
- Prix du Numéro : 4 franc
- pour la vente en France.
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- Paraît le 1er et le 15 de chaque mois (48 pages par numéro)
- LA NATURE
- MASSON et C1*, Editeurs, 120, Boulevard Saint-Germain, PARIS, VT (T\. C. Seine ; tS.234) Té!. Danton 56.11.
- PRIX DE L’ABONNEMENT
- Tarif intérieur, France et Colonies : 12 mois (24 n**), 90 fr. ; — 6 mois (12 n“), 45 fr.
- Prix du numéro vendu en France : 4 fr.
- Tarif spécial pour la Belgique et le Luxembourg : 12 mois (24 n°*), 105 fr. ; — 6 mois (12 n“) 53 fr.
- Tarif pour l’étranger : Tarif n-1
- Tarif extérieur n" 1 valable pour tous les pays ayant accepté une réduction de 50 pour 100 sur les affranchissements des périodiques : Albanie, Allemagne, Argentine, Autriche, Brésil, Bulgarie, Canada, Chili, Colombie, Congo belge, Costa-Rica, Cuba, Egypte, Equateur, Espagne, Esthonie, Ethiopie, Finlande, Grèce, Guatemala, Haïti, Hedjaz, Honduras, Hongrie, Irak, Lettonie, Liberia, Lilhuanie, Mexique, Nicaragua, Panama, Paraguay, Pays-Bas, Perse, Pologne, Portugal et ses Colonies, République Dominicaine, Roumanie, Russie [U.R. S. S.), San Salvador, Serbie, Suisse, Tchécoslovaquie, Turquie, Union d’Afrique du Sud, Uruguay, Venezuela. Tarif extérieur n° 2 valable pour les autres pays.
- Réglement par mandat, chèques postaux (compte n° 599, Paris) ou chèque à l’ordre de Masson et C1*, sur une banque de Paris.
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- N’ 2954
- LA NATURE
- Juin 1935.
- COMMENT NOUS VOYONS LA PLANÈTE MARS
- Depuis le début du printemps la planète Mars s’offre une fois de plus à l’investigation télescopique, s’étant trouvée en opposition avec le Soleil le 6 avril. Actuellement elle tourne vers nous la calotte polaire nord de son globe qui est passé le 22 février à la pas^MWî^u solstice d’été; les particularités de rhémisH^w^^M)<éi^Stde ce monde si intéressant se découvrei^^ns|?gous perspective qui les rend plus aisérndjfii? dis^^pablas «qu’à d’autres époques (fig. 1). Mais une%«le fac&pté ^observation a contre elle les conditions de^t^âtiom^^flnieux de distance, de Mars à la Terre, qui sono^^^pgjluéfavo-rables. C’est là un élément important aveclequel ont à compter ceux qui étudient assidûment l’intéressante planète. Et pour bien apprécier ces possibilités d’examen il faut considérer comment Mars se comporte dans l’espace, par rapport à nous.
- L’ORBITE ET LE
- MOUVEMENT DE MARS
- On sait qu’en vertu des lois de Képler, les orbites que les planètes parcourent sont des ellipses, d’excentricités différentes d’ailleurs, dont le Soleil occupe l’un des foyers. L’excentricité de l’orbite de Mars est très accusée, amenant la planète à se trouver à 206 millions de km du Soleil au périhélie et l’en éloignant à 248 millions à Vaphélie. Extérieure à celle de la Terre beaucoup moins elliptique, la distance qui sépare ces deux orbites, dans leur disposition concentrique, est donc très inégale en chaque point (fig. 2). Aux réciproques positions successives où les amènent leurs courses autour de l’astre central, les deux planètes se trouvent donc éloignées l’une de l’autre de quantités très variables. A cet égard nous devons envisager surtout les écarts qui peuvent se produire du fait de deux positions extrêmes en situations opposées sur les orbites (conjonction de Mars avec le Soleil), puis ceux qui correspondent aux époques de rapprochement lorsque les deux planètes sont en situation de voisinage sur un même alignement par rapport au Soleil (opposition de Mars).
- Dans le premier cas l’éloignement à la Terre atteint son maximum, près de 398 millions de km, lorsque Mars se trouve vers l’aphélie; le diamètre apparent de son globe est réduit à des proportions minuscules (fig. 3) comparativement à celui qu’il présente lors des conditions de plus grande proximité, ce qui arrive lorsque Mars passe au périhélie à l’époque de l’opposition : alors 56 millions de km seulement nous séparent de notre voisine. Si au contraire l’opposition prend place lorsque Mars arrive vers son aphélie, l’écartement entre les deux orbites (ce qui ressort à première vue de l’examen de la fig. 2) est bien plus considérable et l’éloignement de
- la planète n’est pas moindre de 99 millions de km. Entre ces extrêmes, des conditions intermédiaires se réalisent, et les diverses oppositions se reproduisent avec une périodicité que nous devons maintenant considérer. Cette périodicité est commandée par la combinaison des mouvements respectifs de Mars et de la Terre sur leurs orbites.
- Pour parcourir le développement de son orbite Mars emploie 687 jours (exactement 686 j, 23 h, 30 m, 41 s), avec une vitesse de translation d’ailleurs variable à chaque instant donné, en vertu de l’excentricité; mais pour simplifier notre explication d’ensemble envisageons seulement d’une façon générale la marche de Mars se combinant avec celle plus rapide de la Terre. La comparaison que l’on emploie toujours est celle de deux coureurs circulant sur des pistes concentriques, leurs vitesses étant inégales; on peut aussi se rappeler le problème des deux aiguilles qui se rattrapent sur le cadran d’une montre.
- Prenons comme point de départ Mars et la Terre disposés sur un même alignement passant par le Soleil (moment d’une opposition). La Terre courant plus rapidement laissera bientôt en arrière Mars qui tourne dans le même sens, mais se déplace avec une vitesse presque moitié moindre. Le rapport des deux mouvements est tel que notre monde devra accomplir deux fois sa course
- Fig. 1. — Deux aspects de la planète Mars en 1935 (les 15 et 21 Mars), tournant vers la Terre son pôle boréal que l’on voit en bas (image renversée, comme dans la vision télescopique). Dessins de L. Rudaux, Observatoire de Donville.
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- Equinoxe de Printemps boréal
- Solstice d'Hiver boréal
- Solstice d'Ete \ ausrra/
- le Pâle S. v es! dirigé
- vers
- \ la Terre
- Aphélie____?
- Périhélie
- •oie U
- So/st/ce d'E/eJ^L)
- boréal
- Solstice d'Hiver \ austral
- le Pô/e M. esr dirigé vers /a Terre
- Equmoxe d'Automne boréal
- Fig. 2. — Relations entre les orbites de Mars et de la Terre.
- On voit les inégales distances qui, en chaque point, séparent les deux orbites et entraînent de grandes différences dans l’éloignement de Mars à la Terre. De la position de la Terre en T, jusqu’à l’aphélie de Mars, l’éloignement est maximum. De cette même position T au périhélie, au moment d’une opposition, le rapprochement de la planète est le plus grand possible; tandis que pour une opposition arrivant lorsque la Terre est en T’ et Mars à l’aphélie les deux planètes sont bien plus écartées. Cette figure montre aussi comment, en relation avec ces diverses positions, le globe de Mars se présente, par suite de
- l’inclinaison de son axe de rotation.
- annuelle, plus un trajet supplémentaire d’une durée de 49 jours, pour rattraper de nouveau Mars sur un même alignement après que cette planète aura fait elle-même un peu plus d’un tour complet. Ainsi l’intervalle (moyen) qui sépare deux oppositions est de 779 jours. D’après cela on conçoit aisément qu’elles n’ont pas lieu aux mêmes points des orbites; et en raison de l’excentricité de celle de Mars la distance qui nous sépare est différente pour chacune de ces successives situations. Il faut d’ailleurs
- Fig. 3. — Comparaison proportionnelle des dimensions que peut présenter le diamètre apparent de Mars aux époques de plus grand rapprochement et d’éloignement maximum.
- remarquer qu’en raison du non-parallélisme des orbites elliptiques, la plus courte distance n’arrive pas nécessairement juste au point géométrique d’une opposition, mais quelques jours avant ou après. Ainsi cette année l’opposition ayant eu lieu le 6 avril, la Terre et Mars sont passés au plus près (93 millions de km, dans les conditions présentes) le 12 avril seulement.
- Si maintenant nous considérons la durée de l’intervalle moyen entre deux oppositions, nous pouvons calculer qu’après une série de 7 retours Mars et la Terre se retrouvent dans une même situation relative. S’agit-il, par exemple, de la plus grande proximité, alors que Mars se trouve au périhélie, cette circonstance favorable se renouvelle donc tous les 15 ans environ; ce qui eut lieu en 1924 et ne se reproduira maintenant qu’en 1939. La même périodicité, bien entendu, commande le retour des oppositions aphéliques et des analogues situations intermédiaires. Finalement nous constatons qu’en fonction des distances qui varient régulièrement, le diamètre apparent de Mars subit de correspondantes alternatives très accusées dans sa dimension. Ces variations sont mises en évidence sur. la figure 4, qui permet d’apprécier leur importance du point de vue de la facilité des observations. Nous reviendrons un peu plus loin sur cette question.
- INCLINAISON DU GLOBE DE MARS
- En liaison avec ces mêmes situations qui commandent les variations périodiques de son diamètre apparent, on voit aussi le globe de Mars sous des perspectives différentes déterminées par l’inclinaison de son axe de rotation. Cette inclinaison, de 25° 10' par rapport à la verticale sur le plan de l’orbite (fig. 5), est seulement un peu plus accentuée que celle de notre propre monde (23° 27'). Mars se comporte donc comme la Terre vis-à-vis du Soleil, en direction duquel, aux solstices, sont largement exposés alternativement l’un et l’autre de ses pôles. Comme par rapport à Mars nous nous trouvons sensiblement situés dans le même plan que le Soleil, nous sommes donc à même de voir dirigés vers nous, tantôt le pôle nord, tantôt le pôle sud de notre voisine céleste.
- La ligne des solstices se trouve dans une direction rapprochée de celle du grand axe de l’orbite (fig. 2). D’après le sens de l’inclinaison du globe, c’est le pôle sud de Mars qui pointe vers la Terre lors des oppositions périhéliques ; toutes les régions environnantes de l’hémisphère austral se découvrent largement, tandis que l’hémisphère septentrional n’est vu alors qu’en perspective de plus en plus oblique, vers le bord du disque (fig. 6). Inversement, lors des oppositions aphéliques, c’estj le
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- Fig. 4. — Comparaison proportionnelle des variations du diamètre apparent de Mars, lors des oppositions se produisant successivement
- aux différents points des orbites.
- pôle nord, au solstice d’été, qui s’offre à nos regards, et une partie des régions australes qui se dérobe largement. Finalement, d’après ces conditions combinées de distance et de perspective du globe, les détails de l’hémisphère austral peuvent être plus facilement étudiés que ceux de l’hémisphère boréal.
- DIMENSIONS ET ROTATION DE MARS
- De toutes façons le diamètre apparent du globe martien n’est jamais très considérable. Il faut se rappeler tout d’abord que cette planète, avec ses 6800 km de diamètre, est presque moitié plus petite que la Terre qui en a 12 756 (fîg. 7). Reculé comme il l’est de nos yeux, même aux conditions de distance minimum, le disque martien n’excède pas une largeur angulaire de 25" d’arc; lors des oppositions aphéliques la dimension apparente s’abaisse au contraire à 13"8. A l’opposition actuelle, dans une situation qui redevient moins défavorable, le diamètre apparent s’est élevé à 15", et il atteindra 18",4 au cours de la prochaine opposition de 1937, se rapprochant toujours davantage du périhélie (fîg. 4). Au mieux, les dimensions apparentes de notre voisine restent donc encore assez minimes, environ 75 fois moindres que celles du disque lunaire contemplé à l’œil nu.
- Malgré cela, on le sait, le globe de Mars laisse découvrir à l’observation une grande richesse de détails, à condition d’utiliser, bien entendu, d’assez puissants instruments télescopiques. Les configurations curieuses qui s’aperçoivent ainsi sont permanentes, c’est-à-dire qu’on les revoit constamment, appartenant en propre à la diversité de nature de la surface de ce monde. Tout d’abord, ces taches ont permis de fixer avec certitude la durée de la rotation, qui s’effectue en 24 h, 37 mn, 22 s 65 : les alternatives du jour et de la nuit ont donc sur Mars et sur la Terre une durée à peu près équivalente.
- Ce mouvement de rotation explique qu’il faut un assez long temps — une quarantaine de jours — pour pouvoir effectuer « visuellement » le tour complet de la planète. Par exemple observons ce soir, à une certaine heure, un point donné de la surface, qui se distinguera juste au méridien central du disque apparent; demain, à la même heure, il n’aura pas encore atteint cette position, étant en retard de 37 minutes, soit d’un angle de 8° environ
- compté sur la circonférence équatoriale. Cette rétrogradation régulière amène successivement, mais lentement, toutes les parties du globe à se trouver devant les yeux de l’observateur, toujours pour une heure donnée. Cependant si la planète occupe dans le ciel une situation telle qu’elle puisse être suivie presque toute la nuit, il est alors possible de voir défiler une étendue plus ou moins grande en longitude. De toutes façons les observations ne peuvent être reliées, pour constituer un tour complet, qu’après une assez longue période.
- CE QU’ON VOIT SUR MARS
- Pour qui n’est pas familiarisé avec les études télescopiques une question se pose naturellement. Quel intérêt peut offrir l’examen de ces détails revus perpétuellement, et qui ont permis de préciser toutes les données précédentes. Il semble donc que la planète soit absolument bien connue. Pour vraie que soit cette supposition, en ce qui concerne la fixation générale des apparences fondamentales, il reste beaucoup à faire dans le domaine des particularités, qui permettront peut-être un jour de
- Fig. 5. — Inclinaison du globe de Mars sur le plan de son orbite. La planète est figurée ici au solstice d’été boréal ; T, T', tropiques ; C, C' cercles polaires.
- Pôle , Nord
- P!an de
- Pote Suci
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- Fig. 6.—- Comment le globe incliné de Mars présente, vers la Terre, son hémisphère austral aux époques d’oppositions pêrihéliques (1) et son hémisphère boréal aux oppositions aphéliques (2). Comparaison des diamètres apparents, lors de ces oppositions.
- pouvoir connaître la nature de ces formations. Car en réalité si nous voyons assez bien les taches qui diversifient l’aspect de la surface martienne, nous ne pouvons reconnaître encore exactement à quoi elles sont dues.
- Tout d’abord, à l’égard de leur aspect, la multiplication des observations sans cesse accumulées a permis d’en fixer le dessin d’une façon de plus en plus précise. Rien de plus suggestif que de mettre en évidence le « perfectionnement » de la cartographie martienne. Il suffit pour cela de comparer les deux figures ci-contre. L’une (fig. 8) montre le premier tracé que dessina Proctor en 1867, d’après les observations de quelque importance que l’on commençait à posséder à cette époque. Cette représentation, quelque peu grossière, traduit surtout l’idée, prévalant alors, d’une distribution de continents et de grandes îles (les régions claires, jaunâtres) et d’océans (les taches foncées, verdâtres); impression qui à première vue s’impose naturellement à l’esprit.
- Par la suite, cette conception s’est modifiée, ce qui justifie l’intérêt, ou l’importance, de l’accumulation des
- Fig. 7. — Les diamètres comparés de la Terre et de Mars.
- observations. En effet nous avons exposé déjà comment le globe martien se montre à nous; dans ces conditions variées, tels ou tels détails se laissent plus ou moins facilement apercevoir, ou bien aussi pour des causes diverses — qualité des images télescopiques influencées par l’atmosphère terrestre, phénomènes propres à la planète elle-même — peuvent être invisibles à une époque et se laisser distinguer à une autre. Répétons-le, c’est seulement grâce à une longue suite d’observations que tous les détails peuvent être finalement catalogués; à cela ajoutons aussi l’appoint apporté par le pouvoir optique grandissant, ou de plus en plus parfait, des instruments modernes.
- Ainsi toujours plus nombreux et précis, les examens attentifs de Mars ont révélé que si les taches restaient bien permanentes dans leur distribution générale, certaines subissaient d’appréciables modifications, soit dans leur étendue ou le dessin de leurs contours, soit encore dans leur tonalité ; à ce dernier point de vue, il en est qui changent de couleur (passant par exemple du vert au brun) et ces modifications paraissent en connexion avec les saisons de la planète. •
- Sans entrer dans le développement que nécessiterait une monographie complète de ce monde curieux, car en plus d’une longue description, il faudrait aussi parler des variations saisonnières et des modifications des taches polaires attribuées à des neiges, etc., etc., insistons seulement sur le caractère général maintenant reconnu. Au lieu de superficies plus ou moins uniformes, d’allure continentale ou océanique, il apparaît plutôt qu’il s’agit d’un ensemble de taches sombres, de demi-teintes, et de régions claires plus ou moins brillantes, tous ces détails se présentant avec une assez grande diversité de coloration, en même temps qu’ils paraissent sujets à diverses variations. Tout ceci n’est guère en conformité avec le caractère pratiquement invariable et quelque peu uniforme d’une simple distribution d’étendues maritimes et continentales. On incline plutôt à interpréter cette structure complexe par des apparences nées de zones humides, de surfaces couvertes d’une végétation quelconque, et de régions désertiques dont le sol serait assez diversifié.
- En opposition avec les notions premières, la figure 9 montre l’aspect général que présente maintenant une carte de Mars résumant l’ensemble des travaux modernes. La comparaison que l’on peut faire entre ces deux images est très suggestive; ajoutons cependant que les différences seraient rendues encore plus sensibles par une interprétation en couleurs, qui ferait ressortir davantage cette structure si curieusement diversifiée. Une telle remarque s’impose tout particulièrement à propos des « canaux », dont il faut souligner l’absence ici, du moins dans la fameuse régularité qui leur a été attribuée à l’origine. De ces célèbres formations on a tant parlé qu’il semble inutile d’y revenir ; elles ont fait naître maintes discussions passionnées, on ,1e sait ! En fait, le caractère si nettement géométrique qu’on leur attribua tout d’abord ne semble pas devoir être considéré comme absolu. L’examen attentif, à l’aide de puissants instruments, a révélé au contraire, que ces tracés paraissent résulter de la réunion d’une foule de menus détails à peu
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- Fig. 8. — Aspect de la carte générale de Mars dessinée par Proclor en 1867, avec les taches sombres attribuées à des océans.
- près alignés, de curieuse façon d’ailleurs : c’est leur vision confuse ou insuffisante qui donne naissance à l’aspect d’une ligne continue; en divers points aussi, de mêmes apparences correspondent aux limites de régions diversement nuancées. C’est pourquoi ces formations sont représentées sur la carte ci-dessous (fîg. 9) par des ombres légères ou irrégulières, se rap-
- portant à l’emplacement des tracés plus ou moins bien aperçus. Il est donc aisé de concevoir, finalement, que jamais trop d’observations de cette intéressante planète ne seront recueillies; car chaque nouvelle occasion de la suivre attentivement peut apporter son appoint à la somme de nos connaissances, qui s’augmente lentement.
- Lucien Rudaux.
- Fig. 9. — Aspect de la carte générale de Mars que permet de dresser l'ensemble des observations modernes.
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- LES PROGRÈS DE LA RADIOVISION EN FRANCE
- ET LES SYSTÈMES CATHODIQUES
- Système
- Emetteur
- V V
- Sujet à
- radiov'iser Cellule photoélectrique
- E metteur
- Amplificateur „ ' .
- ' Système
- _ modulateur de
- lumière
- Récepteur
- 'Ondes hertziennes de liaison
- Fig. 1. — Schéma général d’un système de radiovision.
- Dans tous les procédés de télévision, on transmet successivement tous les éléments de l’image en explorant les surfaces élémentaires de l’objet avec des dispositifs analyseurs.
- On reproduit l’image à la réception en la reconstituant au moyen des éléments correspondants, et dans le même ordre, à l’aide d’un système intégrateur en synchronisme avec le dispositif analyseur.
- La transmission et la réception exigent six opérations distinctes :
- 1° L'analyse des objets, la décomposition en un certain nombre d’éléments optiques à l’aide d’un système analyseur.
- 2° La traduction des intensités lumineuses correspondant à chaque élément en courants électriques d’intensité correspondante avec un système traducteur lumière-courant. On obtient ainsi un courant alternatif dont la fréquence dépend du nombre des éléments de l’image, et l’amplitude dépend de la teinte ou de l’intensité lumineuse des éléments.
- 3° L’amplification de ces oscillations électriques et la transmission par fil ou ondes hertziennes.
- 4° La réception et l’amplification au poste récepteur de ces oscillations, avec un système étudié suivant le mode de transmission adopté.
- 5° La retraduction des oscillations électriques en oscillations lumineuses de caractéristiques correspondantes, avec un système intégrateur distribuant le flux lumineux et fonctionnant en synchronisme avec le système analyseur de l’émetteur.
- Fig. 2. — Principe du système d’analyse à l’émission employé au poste Radio-Lyon.
- Cellules photoélectriques reliées au poste . émetteur. Ær
- Sujet à
- Système d'éclairage direct
- 6° L’opération finale doit recréer l’impression de l’image animée. Tous les éléments distincts de l’image doivent être transmis en un temps inférieur à celui de la persistance de l’impression rétinienne, soit l/12e de seconde environ.
- Les résultats seront d’autant meilleurs que l’image aura une surface plus grande, et comprendra un nombre d’éléments distincts plus élevé, c’est-à-dire qu’elle sera à trame plus fine.
- Il faut ainsi pouvoir transmettre le plus d'éléments distincts possible dans un temps limité. C’est là que réside la difficulté essentielle de la télévision.
- TRANSMISSION SIMPLIFIÉE ET TRANSMISSION A GRANDS DÉTAILS
- Des services réguliers de radiovision sont actuellement organisés dans plusieurs pays, en France notamment, ce qui atteste les progrès accomplis en ces dernières années. Mais les procédés sont restés les procédés classiques et les progrès ont porté sur les détails d’exécution, comme nous l’avons montré à plusieurs reprises dans des articles antérieurs. Toutefois l’emploi des ondes ultra-courtes comme véhicule des modulations et celui du système intégrateur idéal constitué par le tube cathodique constamment amélioré vont sans doute faire entrer sous peu la télévision dans une voie nouvelle.
- On a déjà pu à l’étranger, et le même résultat sera possible en France, recevoir des images d’une surface relativement réduite de l’ordre de 20 cm de côté, mais d’une qualité comparable à celle des projections cinématographiques d’amateur. Cette réception à haute définition exigera l’adoption de récepteurs radioélectriques spéciaux pour ondes très courtes, et d’ensembles intégrateurs simples en principe mais de réalisation complexe et coûteuse.
- On peut prévoir, dès à présent, que le prix d’un récepteur de radiovision perfectionné ne sera pas inférieur à 5000 ou 6000 fr.
- Ces constatations suffisent à montrer l’intérêt que présentent encore les émissions simplifiées de radiovision à faible définition.
- Ces émissions ont l’avantage d’utiliser la même longueur d’onde que les émissions radiophoniques. Elles peuvent être reçues avec un bon récepteur radiophonique quelconque, adapté à un appareil de télévision à intégrateur électromécanique rotatif, et lampe à luminescence à plaque pour la vision directe, ou lampe à cratère pour la projection sur écran.
- Jusqu’à présent l’administration française des P.T.T. n’avait malheureusement pas beaucoup favorisé l’organisation régulière d’émissions de radiovision; l’Allemagne et F Angleterre étaient plus favorisées à cet égard.
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- Grâce surtout à l’initiative privée, et aux efforts de R. Barthélémy et Marc Chauvierre, deux postes français, Paris P. T. T. et Radio-Lyon, faisaient donner régulièrement deux fois par semaine des émissions de radiovision sur leurs longueurs d’onde normales radiophoniques qui sont respectivement de 431 m 70 et de 215 m 40.
- Le premier poste transmet le mardi et le vendredi à partir de 16 heures ou de 16 h 30, et pendant une demi-heure environ. Les émissions lyonnaises sont effectuées régulièrement tous les mardis de 16 h 40 à 16 h 45 et de
- caméra est caractérisée par la faible quantité de lumière utilisée pour éclairer le sujet à radioviser (75 w).
- Le balayage est obtenu à l’aide d’un disque à lentilles tournant dans un carter. Toute l’installation est entièrement alimentée sur le secteur alternatif. La surface balayée utilisée normalement est de 40 X 60 cm. L’éclairage est suffisant pour qu’on puisse balayer une surface de 0 m 80 sur 1 m 20, c’est-à-dire 4 fois plus grande.
- Dans ce système, les rayons provenant d’une source lumineuse sont distribués à l’aide du disque à lentilles suivant un pinceau lumineux mobile très fin qui balaye (fig. 2 et 3) toute la surface à téléviser.
- Les rayons se réfléchissent sur le sujet, et la lumière réfléchie ainsi modulée par les différences de teintes des différentes surfaces de ces derniers vient agir sur des cellules photoélectriques disposées sur la caméra elle-même, et reliées au poste émetteur. L’ensemble est très portatif et ressemble aux caméras cinématographiques.
- L’émission s’effectue, comme à Paris, d’ailleurs, suivant l’analyse standard à 30 lignes
- Fig. 3. — A gauche : caméra à disque à lentilles système Chauvierre, employée au poste d'émission de Radio-Lyon. A droite : récepteur simple à disque à lentilles pour projection sur écran.
- 22 h 15 à 22 h 30. Tous les vendredis, l’émission a lieu de 16 h 30 à 16 h 45.
- M. Georges Mandel, ministre des P. T. T. semble désormais s’intéresser enfin à l’avenir de la radiovision en France ; il a inauguré le 26 avril dernier le studio d’émission d’Etat du poste des P. T. T., et annonce l’organisation prochaine d’une émission quotidienne d’abord à 60, puis à 90 lignes.
- A Radio-Lyon, on utilise une « caméra » très mobile à éclairage indirect, du système Chauvierre. Cette
- horizontales, de gauche à droite et de haut en bas, les rapports des dimensions de l’image étant de 3 à 4.
- La cadence de transmission est de 16 2/3 images par seconde, ce qui correspond à 1000 images à la minute, et par conséquent à 1000 tours du disque par minute.
- Le moteur d’émission est synchronisé sur le secteur alternatif de la ville, comme à Paris, de sorte qu’on peut employer à la réception également un moteur synchronisé par le secteur, lorsqu’il y a interconnexion.
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- L’INTÉRÊT DE LA TÉLÉVISION A HAUTE DÉFINITION
- Les images transmises par les procédés que nous venons de rappeler n’ont pas une grande surface. Elles sont encore généralement colorées, mais surtout elles sont très grossières, et leur aspect ne peut être comparé à celui des projections cinématographiques auxquelles nous sommes désormais habitués.
- En dehors du brillant et du contraste qui sont nécessaires pour assurer l’agrément de la vision, la qualité essentielle d’une image est la finesse du détail. Pour des dimensions données, l’image doit comporter assez d’éléments distincts de teintes et de brillances différentes pour qu’on distingue avec précision les formes des objets et les traits des personnes.
- Cette finesse nécessaire des détails n’est, d’ailleurs, pas constante, et sa valeur limite dépend beaucoup de l’objet radiovisé. Il est plus aisé de transmettre dans de bonnes conditions un buste ou un gros plan qu’une scène où figurent un grand nombre de personnages en pied. Pour les dimensions restreintes des images actuelles de télévision, on admet ainsi qu’il faut transmettre 5000 éléments distincts seulement dans le premier cas, et 40 000 dans le second.
- La qualité relative de l’image varie également suivant le mouvement plus ou moins rapide dont sont animés les objets radiovisés. Plus le mouvement est rapide, moins nous distinguons les détails, lorsque certains défauts apparaissent à un endroit déterminé de l’image et, à un moment donné, leur position varie rapidement, ce qui empêche l’œil de les distinguer nettement.
- Enfin, la qualité apparente dépend aussi de la manière dont le spectateur observe l’image; s’il est trop près,
- Fig. 4. — Pour la transmission l’image est balayée successivement par bandes ou lignes (ici parallèles et horizontales).
- Le nombre d’éléments distincts ou points transmis varie suivant la hauteur de ces bandes, la nature de l’objet télévisé et la partie explorée de cet objet.
- Fig. 5. — Les émissions radiophoniques et celles de radiovision s'étalent sur des bandes de brouillage de part et d’autre de la fréquence de l’onde porteuse. Celles-ci, d’un poste à l’autre, doivent donc différer d’une largeur égale à la bande de brouillage.
- 7ere onde porteuse
- 2 e onde porteust
- , î Bandedel fréquences commune
- il constate les défauts minimes ; s’il s’éloigne à une distance exagérée les dimensions apparentes sont trop réduites.
- On confond trop souvent dans le public la qualité de l’image avec ses dimensions. Il ne sert à rien d’avoir une image à grande surface si elle est grossière ; ce qui importe, c’est le nombre moyen d’éléments distincts par unité de surface.
- Des techniciens allemands ont établi industriellement depuis peu un système de réception télécinématographique assez curieux. L’image reçue par les procédés ordinaires est enregistrée sur un film cinématographique. Le film positif obtenu, après des opérations photographiques extrêmement rapides, est envoyé dans un projecteur cinématographique, et on obtient des projections de 3 m sur 4 m.
- En principe, le procédé est intéressant, mais, en réalité, l’avantage n’est réel que si l’image primitive contient un très grand nombre de détails. Dans le cas contraire, la projection réduit dans une trop grande mesure le nombre des éléments distincts par unité de surface, et on a le même effet que lorsqu’on regarde avec une forte loupe la photogravure d’un journal quotidien ! Les défauts peu visibles sur l’image de dimensions réduites deviennent insupportables sur l’écran.
- Ainsi, tant pour augmenter d’une manière efficace la surface de l’image transmise que pour améliorer sa qualité, le but final en télévision consiste toujours à augmenter le nombre des éléments transmis successivement dans un temps limité.
- Il ne s’agit, d’ailleurs, pas là d’éléments géométriques, et si l’on compare souvent l’image télévisée à une photogravure, c’est par simple approximation.
- Ainsi que nous l’avons rappelé plus haut, l’objet à radioviser est analysé à l’aide d’un système électromécanique ou purement électrique par bandes successives, parallèles, par exemple, auxquelles on donne le nom de lignes. Plus le nombre de ces lignes est grand, plus la finesse de l’analyse augmente (fig. 4).
- Ce balayage par lignes contiguës détermine des variations d’intensité lumineuse proportionnelles au nombre des éléments de teintes distinctes , et, d’ailleurs, variable suivant la nature de l’objet considéré, et même la partie explorée de cet objet.
- Lorsque le faisceau de balayage explore le vêtement d’un personnage de teinte uniforme, les variations sont moins nombreuses qu’au moment de l’exploration de son visage. Il n’y a donc pas de limites mathématiques bien définies pour le nombre d’éléments à transmettre; on considère surtout des moyennes.
- Le nombre des éléments distincts à transmettre pendant un temps limité, varie aussi suivant le nombre des images à transmettre pendant l’unité de temps, c’est-à-dire suivant la cadence de transmission. Il y a, en effet, une limite supérieure de durée pour la persistance de l’impression rétinienne, mais la cadence de transmission peut varier dans d’assez larges limites; à ce point de vue, des raisons étrangères à la radiovision ont augmenté les difficultés du problème.
- Pour obtenir une sensation suffisante du mouvement,' on peut transmettre 12 images par seconde ; dans le ciné-
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- matographe muet, d’ailleurs, la cadence de projection était de 16 images-seconde, chiffre satisfaisant au point de vue optique.
- Actuellement, le cinématographe est toujours sonore, et, comme la piste sonore sur laquelle sont enregistrés photographiquement les sons est accolée à la bande des images, on a été obligé pour des raisons électro-acoustiques de modifier la cadence de projection, qui est désormais de 24 images-seconde.
- En radiovision à haute définition, les émissions télécinématographiques paraissent dès à présent particulièrement indiquées, comme nous le montrerons plus loin. Pour permettre la radiodiffusion des films sonores, on a été ainsi amené à considérer des cadences de transmission beaucoup plus élevées, de 2 4 à 25 images-seconde.
- LES ÉMISSIONS A HAUTE DEFINITION PAR ONDES HERTZIENNES
- Le balayage de l’objet à radioviser par le système analyseur détermine des modulations de lumière, dont le nombre pendant l’unité de temps varie suivant la finesse de balayage, la nature de l’objet et la cadence des transmissions.
- Grâce aux traducteurs lumière-courant que constituent les cellules photo-électriques, ces variations de lumière sont transformées en oscillations électriques.
- La recherche des images de plus en plus détaillées entraîne donc une augmentation correspondante de la fréquence des oscillations électriques à amplifier et à transmettre. Le support de la transmission ne peut guère être demandé qu’aux ondes hertziennes, tout au moins pour les portées un peu élevées. Aux difficultés optiques et électro-optiques de la radiovision à haute définition s’ajoutent donc des difficultés radio-électriques.
- Avec les procédés élémentaires à basse définition indiqués plus haut, l’analyse s’effectue au moyen d’un balayage à 30 lignes, avec une cadence de transmission de 12,5 à 16 2/3 images.
- En admettant que la hauteur ou la largeur, suivant l’analyse horizontale ou verticale, de l’élément le plus réduit à transmettre soient égales à la largeur de la bande d’exploration, on transmet ainsi 30 X 30 = 900 éléments pour une image carrée.
- Il faut envoyer par seconde 16 images environ, soit 900 x 16 = 14 400 éléments. En supposant la moitié de ces éléments noirs et l’autre moitié blancs, la fréquence limite des oscillations électriques correspondantes est ainsi de 14 400 : 2 = 7200.
- En réalité, la fréquence pratique à obtenir est même plus élevée, car il existe dans certaines images des détails de dimensions moindres pouvant être déterminées par les bandes d’analyse. Il est vrai que l’image transmise n’est pas carrée mais rectangulaire, c’est pourquoi ces émissions élémentaires peuvent être effectuées, comme nous l’avons montré, sur des longueurs d’onde relativement élevées, et avec des bandes de fréquence guère plus étendues que celles des émissions radiophoniques,
- Fig. 6. — Petit poste émetteur à ondes ultra-courtes de M. Barthélémy, en service à la Compagnie des Compteurs.
- et limitées à 5000 ou 6000 périodes par seconde environ.
- Le problème se transforme lorsqu’il s’agit d’obtenir une émission d’images détaillées à haute définition, à 90, 120 ou 180 lignes au minimum, avec une cadence de 25 images par seconde pour les raisons signalées. En reprenant le raisonnement précédent, on voit, en effet, que le nombre des éléments à transmettre par seconde varie de 195 000 à 945 000, et atteint donc facilement le million ! Il faut ainsi considérer des modulations de bandes de fréquence entre 25 et 500 000 périodes-seconde.
- Cette énorme fréquence provoque des difficultés immenses d’amplification, de modulation et surtout de transmission.
- Les capacités parasites inévitables des lampes et des connexions deviennent alors relativement très grandes vis-à-vis de la fréquence limite; il devient même très difficile d’utiliser normalement les cellules. La conservation des amplitudes est malaisée, de même que le maintien de la phase. On en est réduit à utiliser beaucoup d’étages avec de faibles amplifications pour chaque étage, et des blindages soignés évitant toutes les influences extérieures.
- Fig. 7. — Le disque de Nipkow, sous sa forme la plus simple.
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- Cellule photoélectrique
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- Fig. 8. •— Système d’analyse employé à la Compagnie des Compteurs avec éclairage direct du sujet.
- LA MODULATION ET LA SELECTION DES ÉMISSIONS A HAUTE FRÉQUENCE.
- L’EMPLOI INDISPENSABLE DES ONDES ULTRA-COURTES
- Une émission radio-télégraphique est effectuée sur une seule longueur d’onde, alors qu’une émission radiophonique s’étale sur une hande plus ou moins large de part et d’autre de l’onde de support.
- De part et d’autre de la fréquence moyenne de l’onde porteuse, on trouve ainsi des fréquences variables que l’on est même obligé de limiter aux dépens quelquefois
- de la qualité musicale. Pour permettre au plus grand nombre possible des stations d’émettre simultanément et sans trouble mutuel, on ne permet à chaque émission radiophonique qu’une bande de brouillage de 8000 à 9000 périodes au maximum (8 à 9 kilocycles), et le poste le plus voisin en longueur d’onde voisine ne doit pas empiéter sur cette bande (fig. 5).
- L’importance relative de ces bandes de brouillage s’accroît, d’ailleurs, en même temps que la longueur d’onde. Pour une bande de fréquence de 8000 périodes par seconde, la largeur de cette bande est de 2666 m pour une longueur d’onde de 10 000 m. Pour une longueur d’onde de 1000 m, elle n’est plus que de 26 m 66, et pour une longueur d’onde de 100 m, elle serait de 26 cm.
- Les ondes longues ne permettent l’existence simultanée que d’un très petit nombre de postes émetteurs, et seul, on le sait, l’abaissement des longueurs d’onde a permis d’augmenter le nombre des stations de radiodiffusion. Le nombre des émissions simultanées possibles est, en effet, de 27 entre 1000 et 10 000 m, de 270 entre 100 et 1000 m, alors qu’il atteint 2700 entre 10 et 100 m.
- La nécessité d’augmenter le nombre d’émissions simultanées aurait déjà conduit, à défaut d’autres raisons, à diminuer la longueur d’onde des émissions radiophoniques. Pour les émissions de radiovision à haute définition, cette diminution de longueur d’onde est devenue une nécessité.
- On envisage alors non pas seulement des ondes courtes sur la gamme de 12 à 80 m mais des ondes très courtes de longueur inférieure à 10 m, avec des fréquences supérieures à 30 000 kilocycles, soit 3 millions de périodes par seconde (pour 10 m, 30 millions de périodes-seconde, pour 1 m, 300 millions de périodes-seconde).
- De 1 à 10 m, la bande de fréquences intercalée s’étend ainsi sur 270 millions de périodes-seconde. On peut donc placer théoriquement 270.000 postes radiophoniques avec un écart de 10 kilocycles et 270 émissions de radiovision avec un écart de 1000 kilocycles.
- La modulation des ondes porteuses à haute fréquence exige d’ailleurs! certaines précautions, si l’on veut obtenir une conservation satisfaisante des détails de l’image.
- L’onde porteuse doit avoir une fréquence de 10 à 15 fois plus élevée que la fréquence maximum de la modulation.
- Suivant les spécialistes, et, en particulier M. Barthélémy, il ne faudrait donc pas dépasser 250 m de longueur d’onde pour une image à 60 lignes, et 40 m pour une image à 180 lignes.
- La nécessité d’éviter les brouillages rend obligatoire l’utilisation d’ondes très courtes de longueur bien inférieure pour les images à grands détails.
- Fig. 9. — Caméra Barthélémy pour télévision à haute définition.
- A. gauche : l’appareil en service sur support orientable. — A droite : le châssis démonté montrant les lampes du préamplificateur de la cellule photo-électrique montées sur
- l’appareil lui-même.
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- LA RADIOVISION PAR ONDES ULTRA-COURTES
- Les transmissions à haute définition ne peuvent donc se concevoir actuellement qu’avec des ondes ultra-courtes, et les postes émetteurs radiophoniques de hroadcasting ne pourront participer à cette organisation. Il faudra recourir à des postes spéciaux à ondes très courtes émettant sur 6 à 7 m de longueur d’onde seulement, dont il existe des modèles en Allemagne et en Angleterre.
- En France, un émetteur est en construction actuellement au poste des P.T.T. à Paris et des appareils privés ont déjà permis d’obtenir d’intéressants résultats (fig. 6).
- Les ondes ultra-courtes se propagent selon des lois qui se rapprochent de celles des rayons lumineux. La distance de propagation directe ne peut être comparée à celle obtenue avec les ondes courtes de hroadcasting et même avec les ondes très courtes de l’ordre de 20 m, les obstacles et la courbure de la Terre limitant les portées.
- On peut prévoir que le poste français des P. T. T. permettra la réception dans un rayon de 40 à 50 km autour de Paris.
- La hauteur de l’antenne joue, d’ailleurs, un rôle essentiel, et, si l’on pouvait disposer l’aérien de l’émetteur sur une tour, même de hauteur inférieure à celle de la Tour Eiffel, on obtiendrait une portée beaucoup plus grande.
- Quoi qu’il en soit, les émissions de ce genre sont nécessairement locales. Pour diffuser des émissions de radiovision sur l’ensemble du territoire, il faudrait un assez grand nombre de stations relais locales, comme il est, d’ailleurs, prévu dans le projet officiel anglais qui doit être mis en application à partir de 1936.
- La réception de ces émissions au point de vue purement radioélectrique ne peut évidemment être réalisée non plus avec des appareils radiophoniques ordinaires et il faut prévoir des récepteurs spéciaux.
- L’emploi d’adapteurs se plaçant à l’avant du récepteur ordinaire pour permettre la réception des ondes ultra-courtes sans modification du montage intérieur est possible théoriquement; mais encore faut-il que l’amplificateur laisse passage à toute la large bande des fréquences de radiovision, ce qui n’est pas le cas avec un appareil ordinaire.
- L’ÉMISSION A HAUTE DÉFINITION EN FRANCE
- Nous ne décrirons pas pour le moment le poste émetteur des P. T. T., dont le montage n’est pas encore ter-
- ,-491 =
- miné, mais il est intéressant d’indiquer dès maintenant les dispositifs d’analyse employés dans les studios français, et qui ont déjà permis d’obtenir des résultats pratiques remarquables, tout à fait comparables, et même supérieurs, à ceux de l’étranger.
- Le système d’analyse employé en France est toujours du type électro-mécanique rotatif. Le système théoriquement idéal que constitue le tube cathodique présente encore en effet, du moins pour l’émission, d’assez nombreux inconvénients. Les techniciens étrangers ont dû; pour l’utiliser, imaginer des systèmes très compliqués.
- Fig. 10. — Studio de radiovision fonctionnant avec les appareils Barthélémy : gros plans et personnage en pied.
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- Au point de vue pratique, l’emploi des dispositifs électro-mécaniques, et, en particulier, du disque de Nipkow, ne présente guère d’inconvénient pour l’émission. On peut, en effet, adopter des appareils de précision construits industriellement, et tournant à une très grande vitesse absolument régulière. Il n’en serait plus de même dans les appareils récepteurs, car il faudrait alors prévoir l’emploi de moteurs puissants très ‘difficiles à synchroniser, employés en combinaison avec des sources de lumière modulée puissantes et fidèles, dont il n’existe guère de modèles.
- Le disque de Nipkow est, on le sait, un disque métallique opaque portant des ouvertures régulièrement espacées et de dimensions identiqn.es disposées généralement suivant une spirale plane. C’est, en quelque sorte, un diaphragme mobile ne transmettant qu’un faisceau très fin provenant de tous les points de l’image, et animé d’un mouvement de rotation constant assez rapide pour assurer l’exploration complète de l’objet à radioviser pendant un temps qui est ici de 1/25® de seconde.
- La largeur de l’image que l’on veut obtenir dans le cas où l’objet est exploré horizontalement est égale à l’intervalle de deux trous consécutifs, la hauteur de l’image est égale à l’intervalle existant entre le commencement et la fin de la spirale (fîg. 7).
- Un disque de Nipkow permet d’explorer par bandes successives, ou lignes, généralement horizontales, les éléments de l’objet, ou plutôt de l’image de cet objet. Lorsqu’on met le disque en mouvement, le premier tour
- de la spirale décrit sur l’image une bande circulaire dont la largeur est égale à son diamètre. Quand le premier trou a terminé l’exploration de l’image, le deuxième décrit une seconde trajectoire contiguë à la première, et ainsi de suite ; l’image entière est analysée au bout d’un tour complet du disque.
- Il y a évidemment un rapport entre le diamètre des trous et le diamètre du disque, le nombre, et la finesse des lignes d’exploration. Pour des images à haute définition, on arriverait à de très grands diamètres. C’est là une première raison qui empêche l’emploi des disques à la réception.
- Dans les studios français, et, en particulier, au studio de la Compagnie des Compteurs à Montrouge, installé sous la direction de M. Barthélémy, le sujet à radioviser est éclairé fortement, et son image réelle est projetée au moyen d’un système optique Sur le dispositif analyseur constitué par un disque de Nipkow. Ce dernier la balaye, en quelque sorte, et transmet les modulations lumineuses obtenues et correspondant à chaque instant aux différents éléments, à des cellules photo-électriques reliées au poste émetteur.
- Dans ces conditions, on a réussi à réaliser un matériel d’émission facilement transportable, et comparable aux caméras cinématographiques avec objectifs à grande ouverture.
- On voit ainsi sur les figures 9 et 10 des modèles établis par M. Barthélémy qui permettent avec des émissions à 60 ou 90 lignes d’obtenir une bonne modulation à l’intérieur d’un studio avec un éclairage moyen de 10 000 lux.
- A l’extérieur, la sensibilité est bien trop grande au soleil, et l’on peut supprimer un étage d’amplification. On a déjà pu transmettre des spectacles sportifs et des scènes de la rue avec assez de facilité.
- Le passage de l’émission à 60 lignes à l’émission à 180 pose cependant de délicats problèmes. Avec le meilleur système d’optique et de disque et le plus fort éclairement, on recueille, en effet, sur la cellule, avec l’émission à 180 lignes, 81 fois moins de lumière qu’avec l’analyse à 60 lignes. Fort heureusement, les perfectionnements des cellules photoélectriques et des systèmes optiques permettent d’espérer l’amélioration des résultats obtenus dans cette voie.
- En ce qui concerne la question de l’éclairement, l’émission par telécinématographe constitue une solution certainement plus facile.
- LE TÉLÉCINÉMATOGRAPHE ET SES AVANTAGES
- Dans cette forme particulière de la télévision, le studio spécial d’émission n’est plus nécessaire. L’éclairement et l’exploration de l’image sont beaucoup plus faciles que pour la télévision directe d’un objet.
- L’image enregistrée sur le film est de petite surface, sans profondeur et sans coloration. On peut sans inconvénient l’éclairer violemment par transparence, en envoyant sur le disque d’analyse un flux lumineux qui n’est limité que par
- Film entraîné ~^d'un mouvemt n. continu
- Fig. 11. — Exploration d’un film, pour la télécinématographie, au moyen d’un disque à trous en cercle.
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- réchauffement même du film. L’exploration peut même être obtenue plus facilement au moyen d’un disque de Nipkow simplifié, grâce au déplacement continu du film. Il devient alors possible en imprimant à la bande un mouvement de translation régulier, de recourir à un disque dont les trous sont disposés suivant un cercle et non suivant une spirale. Les trous successifs effectuent l’analyse de l’image au fur et à mesure de la translation (fig. 11).
- Avec une lampe à incandescence à forte puissance ou même avec un petit arc, on peut alors faire de l’exploration à 180 ou même 360 lignes. Au cas où l’on veut réduire le diamètre du disque, on peut, d’ailleurs, employer un nombre de trous de 90 ou de 180 seulement en faisant tourner le disque à une vitesse double.
- On voit sur la figure 12 un transmetteur de télécinéma de construction vraiment industrielle installé à la Compagnie des Compteurs.
- On distingue à l’arrière la lanterne d’éclairage, puis les tambours d’enroulement du film, le disque explorateur, le système de correction des amplificateurs qui tient compte de la transparence moyenne des films, et qui est relié à la cellule photo-électrique. Un autre système d’éclairage provoque, par effet photo-électrique, des courants de synchronisme permettant de maintenir le récepteur en accord avec l’émetteur.
- Bien entendu, on transmet généralement des films sonores et on utilise un système de transmission phonique séparé du système d’exploration ordinaire des images.
- Sur les films sonores actuels, la piste sonore sur laquelle les sons sont photographiés est accolée à la bande des images. La reproduction des sons est obtenue en faisant traverser cette bande par un pinceau très fin de lumière produit par une source auxiliaire, et qui vient frapper ensuite une cellule photo-électrique reliée au poste d’émission radiophonique. On aperçoit ce système traducteur de sons sur la photographie de la figure 12 en dessous du système projecteur de film pour l’exploration.
- La figurel3 montre avec plus de détails un émetteur de télécinématographe réalisé par la Compagnie générale de télévision suivant le système Defrance. Le film porté par un tambour dérouleur se déplace horizontalement sous l’action du tambour denté, et vient s’enrouler à droite sur un tambour enrouleur. L’image est projetée par l’objectif sur le disque de Nipkow tournant à grande vitesse que l’on aperçoit sur la figure au centre. En arrière, se trouvent la cellule photo-électrique et l’amplificateur, à droite et en avant, près du tambour enrouleur, le dispositif d’éclairage auxiliaire avec cellule photoélectrique permettant d’envoyer les signaux de synchronisme.
- Les premiers essais de télécinématographie en France ont été, réalisés par MM. Cahen et Defrance, il y a deux ans environ.
- Fig. 13. — Détail de Ventraînement du film dans un transmetteur de télécinéma,
- système Defrance.
- C’est par suite de ces avantages du télécinématographe qu’on a été amené à l’étranger, ainsi que nous avons déjà eu l’occasion de le noter, à ramener le problème de la télévision d’objets réels à celui de la transmission d’images cinématographiques. Le film impressionné est développé très rapidement et passé aussitôt au transmetteur télécinématographique.
- A la station réceptrice, on peut recevoir les images par vision directe ou par projection, ou enregistrer de nouveau les images sur film. Le film positif obtenu sert à la projection et on obtient des images de grande surface sinon de haute qualité.
- LA RÉCEPTION A HAUTE DÉFINITION ET LES TUBES CATHODIQUES
- Pour recevoir les images à faible définition, transmises avec des émissions ordinaires radiophoniques, on emploie généralement une lampe à luminescence à plaque ou à cratère associée avec un analyseur rotatif à disque simple pour la vision directe ou à disque à lentille pour la projection sur écran. L’appareil complet est simple et peu coûteux, malheu-
- reusement les résultats sont imparfaits et l’image peu éclairée. Avec un disque ordinaire pour la vision directe, on n’utilise avec 30 lignes que l/900e de la lumière totale, pour 60 lignes on n’utilise que 1/3600®.
- Lorsqu’il s’agit de transmission à haute définition, l’emploi d’un modulateur de lumière à
- Fig. 14. — Déplacements du spot lumineux explorant l’écran d’une ampoule cathodique.
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- Plaques de déviation p/ s de déviation f^c<t/e5- , , horizontales _
- ______dlçeau_èJectroniÿue_ _ __
- Ecran
- ___ fluorescent
- o-o-o-
- Fila ment ' chauffant
- Cathode
- Electrode de modulation
- Fig. 15. — Les organes d'un tube cathodique de télévision.
- luminescence et d’un intégrateur rotatif devient pratiquement impossible. Comment concevoir, par exemple, un disque à 180 lentilles ?
- La solution est actuellement fournie par l’oscillographe cathodique jouant à la fois le rôle de traducteur courant-lumière et d’intégrateur.
- Le principe de l’oscillographe cathodique est bien connu. C’est un tube de verre vide d’air et hermétiquement scellé renfermant une cathode chauffée et une anode soumises à une forte différence de potentiel; la paroi du tube opposée à la cathode est revêtue d’un enduit fluorescent.
- Quand les électrodes sont chargées, on constate l’apparition d’une lueur sur cet écran.
- De la cathode partent, en effet, les rayons cathodiques, projection d’électrons à peu près dépourvus d’inertie mécanique, et qui viennent bombarder l’écran en le rendant fluorescent.
- Ces rayons cathodiques sont déviés par le champ électrique et le champ magnétique et obéissent instantanément à toute variation du champ électrique et du champ magnétique auxquels ils sont soumis; la déviation est proportionnelle à cette variation et perpendiculaire à la direction du champ agissant. Au moyen d’un diaphragme, on isole un pinceau très fin de ces rayons.
- Le spot lumineux qui marque le point d’impact du pinceau électronique sur l’écran obéit fidèlement à toutes les variations même extrêmement rapides des champs.
- Pour reproduire l’image de radiovision, on fait varier l’intensité du faisceau électronique sous l’action des courants de T. S. F. recueillis par un récepteur, de manière
- Fig. 17. — Forme de la tension appliquée aux plaques déviatrices du tube cathodique.
- Période
- Retour du spot
- à traduire le courant en lumière; l’éclat du spot lumineux varie en correspondance avec l’amplitude des oscillations électriques reçues. De plus, le spot se déplace sur l’écran et vient, par lignes successives, généralement droites et parallèles, reconstituer l’image pendant un 1/25® de seconde, et en synchronisme avec le dispositif émetteur.
- Les premiers tubes cathodiques ne permettaient pas d’obtenir de bons résultats. L’image était de faible surface, la brillance réduite, la fidélité médiocre, et surtout la vie du tube très faible. De grands progrès ont été depuis lors réalisés.
- Les dimensions du tube et du fond de l’ampoule ont pu être notablement augmentées, de sorte qu’on peut obtenir des images directes de 30 ou même 40 cm de côté, et de couleurs verdâtre, bleuâtre, ou sépia.
- On est arrivé, de plus, à construire des tubes à vide poussé permettant cependant d’obtenir des spots très fins, et dont la durée normale dépasse un millier d’heures.
- En principe, un tube cathodique pour réception d’images de radiovision est construit suivant le schéma de la figure 15 et on en voit la réalisation sur la photographie de la figure 16.
- Une cathode chauffée indirectement envoie un faisceau électronique qui est concentré par un dispositif de concentration appelé canon de Wenhelt. Puis le faisceau concentré traverse une électrode de modulation, qui permet d’en faire varier l’intensité en fonction de l’amplitude des oscillations reçues. Après avoir traversé d’autres électrodes à polarisation positive dites d’accélération, il passe entre des plaques ou des bobines créant des champs électriques qui le dévient dans deux directions perpendiculaires et permettent de faire balayer toute la surface de l’écran par le spot lumineux.
- Les plaques déviatrices reçoivent des tensions périodiquement variables qui impriment deux mouvements distincts au faisceau : d’abord un mouvement rapide, dit de ligne, qui lui fait parcourir horizontalement l’écran 180 fois, par exemple, par image, c’est-à-dire pendant 1/25® de seconde; puis un autre mouvement vertical, plus lent, dit d'image, qui déplace légèrement
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- le faisceau après chaque balayage horizontal. De la sorte le spot passe successivement sur tous les points de l’écran. Après chaque balayage horizontal dans un sens, le spot doit être ramené rapidement au point de départ de l’horizontale suivante.
- Il est surtout difficile d’obtenir une bonne concentration du pinceau, donnant un spot de surface réduite et de position invariable. La surface de ce spot ne doit pas varier suivant l’intensité du flux électronique et il en est de même pour sa position sur l’écran. On obtient plus facilement ce résultat en employant des champs dévia-teurs magnétiques avec des bobinages au lieu de plaques agissant électrostatiquement, mais l’emploi de ces bobinages est assez délicat.
- Les anodes de concentration jouent un rôle analogue à celui des lentilles en optique, et il s’agit bien ici de résoudre, en réalité, des problèmes d’optique électronique. Il faut réaliser une mise au point sur l’écran d’une image fluorescente de la cathode ou d’un des diaphragmes.
- Fig. 19. — Schéma de montage du thyratron.
- En même temps qu’un phénomène de fluorescence, il peut se produire un effet de rémanence phosphorescente sur l’écran. Ce phénomène est plutôt utile, à condition, bien entendu que sa durée ne dépasse pas l/25e de seconde environ.
- LE PROBLÈME DU SYNCHRONISME
- Ainsi que nous l’avons indiqué plus haut, le pinceau électronique est animé sous l’action des deux paires de plaques ou de bobines du tube de deux sortes d’oscillations, l’une rapide dite de ligne, et l’autre plus lente dite d’image.
- j. Ce déplacement doit évidemment être en parfait synchronisme avec celui du faisceau lumineux du système analyseur de l’émetteur.
- Ainsi, il se déplace de gauche à droite en même temps que ce faisceau balaye une ligne horizontale, grâce à l’analyseur rotatif, puis il revient très rapidement reprendre sa position de départ pour balayer la ligne suivante, et ainsi de suite. Un déplacement perpendiculaire permet la juxtaposition des lignes successives (fig. 14).
- Fig. 18. — Le thyratron employé pour synchroniser les mouvements du pinceau cathodique.
- Les variations de tension qu’on doit ainsi appliquer aux plaques de déviation pour produire ces oscillations sont indiquées par le schéma de la figure 17 en dents de scie et on admet que la durée du retour du spot à sa position initiale ne doit pas dépasser 5/100e de la période totale. On a obtenu au début ces courbes de tension en employant des oscillateurs spéciaux à relaxation, et, en particulier, des tubes au néon. En France, M. Barthélémy emploie avec succès des thyratrons.
- Ces appareils ont la forme d’une lampe à trois électrodes mais contiennent un gaz à une certaine pression, qui est soit du néon, soit de la vapeur de mercure. Ils possèdent la propriété de fonctionner par tout ou rien, en laissant passer un courant considérable dès qu’une décharge s’amorce entre la cathode et la plaque, et présentent alors une faible résistance interne (fig. 18).
- Cette décharge se produit, pour une tension de plaque donnée, lorsque la tension de grille atteint une valeur déterminée; un très faible courant appliqué à la grille permet de déclencher instantanément de cette manière la décharge d’un condensateur.
- C’est ce dispositif qui est employé dans les appareils Barthélémy et permet d’obtenir des oscillations en « dents de scie » du spot électronique. Le schéma de la figure 19 montre le principe du système employé.
- Fig. 20. — Disposition d'un récepteur de radiovision à tube cathodique.
- Thyratron
- \/ers le récepteur
- de T.S.F.
- Conde isateir de dèclt nche vent
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- Fig. 21. — Récepteurs de télévision cathodique à vision directe ou dans un miroir, système Barthélémy.
- Le condensateur placé en shunt sur le circuit plaque du thyratron est chargé à travers une résistance de valeur élevée; la tension recueillie aux bornes est transmise aux plaques de déviation. Un signal bref transmis par l’émetteur, et recueilli par le récepteur de T. S. F., provoque l’augmentation de potentiel de la grille. La capacité se décharge alors brusquement à travers le thyratron et le phénomène de charge reprend.
- La précision du déclenchement dépendrait beaucoup de la forme du signal appliqué sur la grille, et M. Barthélémy a mis au point des dispositifs spéciaux destinés à obtenir ce résultat.
- On emploie deux thyratrons, l’un de ligne, destiné à commander le retour du spot à la fin de chaque ligne, 180 fois par image, et le thyratron d'image pour commander le retour du spot à la fin de chaque image, soit 25 fois par seconde.
- M. Barthélémy emploie à cet effet, non pas deux sortes
- de signaux différents, mais un seul type de signal envoyé en même temps que la modulation, et permettant de synchroniser à la fois le thyratron de ligne et le thyratron d’image.
- La synchronisation réalisée est automatique, tant en fréquence qu’en phase. Elle est obtenue en moins d’une demi-seconde sans intervention de l’opéra-
- Fig. 22. •— Fac-similé d'une image à 60 lignes seulement reçue avec un tube cathodique.
- teur. Il est simplement nécessaire d’utiliser à la réception une seule lampe séparatrice. Ce dispositif constitue une simplification remarquable des montages allemands ou américains exigeant un nombre de lampes extrêmement élevé (fig. 20).
- LES RÉCEPTEURS CATHODIQUES DE TÉLÉVISION
- Il est encore trop tôt, pour donner des détails pratiques et nombreux sur les récepteurs de télévision cathodiques
- Un appareil de ce genre, comme nous l’avons indiqué, comporte d’abord un dispositif récepteur de T. S. F. permettant la réception des émissions sur ondes très courtes de l’ordre de 6 m de longueur. Un système à changement de fréquence est particulièrement indiqué. Bien entendu, la longueur d’onde moyenne fréquence et la bande de fréquence passant dans les transformateurs ne peuvent être les mêmes que dans un appareil récepteur de T. S. F. La bande passante est, comme nous l’avons montré, de l’ordre de 400 à 500 kilocycles, et la longueur d’onde moyenne fréquence de 50 à 100 m.
- La détection est effectuée à l’aide d’une lampe combinée moderne, par exemple une diode-triode ou une diode-pentode. Au moyen d’un seul étage de sortie, on obtient la tension de modulation qu’on applique sur l’oscillographe ainsi que les signaux de synchronisme. Dans le système Barthélémy, on n’emploie en outre qu’une seule lampe séparatrice et deux thyratrons, l’un de ligne, l’autre d’image (fig. 20).
- Un récepteur de ce genre peut être présenté sous forme de coffret ou de meuble. L’image est aperçue directement ou au moyen d’une loupe sur l’écran fluorescent formé par la paroi antérieure de l’ampoule. On peut également examiner cette image dans un miroir appliqué sur le couvercle d’un meuble (fig. 21).
- Le récepteur cathodique peut être employé évidemment pour la réception d’images à plus faible définition à 60 lignes, par exemple, ou à 90 lignes, et sans aucune difficulté. L’image est évidemment moins parfaite, mais elle peut cependant être encore très satisfaisante comme le montre la figure 22. Rien ne s’oppose donc à ce que des émissions aient lieu sur des longueurs d’onde moyennes de l’ordre de 100 à 200 m, par exemple, et avec des définitions de 60 à 90 lignes. De telles émissions peuvent être reçues également très facilement avec un oscillographe cathodique. On obtiendrait alors des portées plus grandes, de l’ordre de 150 ou 200 km ; des émissions officielles de ce genrs sur 175 m ont déjà commencé régulièrement depuis le 26 avril 1935.
- Comme on le voit, la télévision à haute définition entre désormais dans une phase de réalisations pratiques, dont la progression dépendra tout autant de facteurs administratifs, industriels, financiers et commerciaux, que techniques. En tout cas, les techniciens français ne sont pas restés iiiactifs, et les beaux résultats obtenus méritaient d’être décrits. P. Hémardinquer.
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- LA LONGÉVITÉ HUMAINE
- A quelques exceptions près, à la naissance, les deux sexes tendent à s’équilibrer numériquement. Cependant on note une faible prévalence du sexe masculin qui diminue avec l’âge.
- La proportion des individus de différents âges établie d’après les derniers recensements se présente ainsi dans les pays indiqués :
- de 0 de 20 de 40 de 60 ans
- à 19 ans. à 39 ans. à 59 ans. et plus.
- France . . 32,60 30,20 24,50 12,70
- Belgique . . 35,57 32,19 22,87 9,37
- Angleterre . . 38,81 29,55 22,89 8,75
- Allemagne . . 41,97 28,97 21,31 7,75
- Suisse . . 40,36 29,51 18,89 11,04
- États-Unis . . 40,30 32,06 20,09 7,55
- Russie d’Europe . . . . 55,33 19,36 17,57 7,74
- Femmes.
- France . . 29,60 30,70 25,00 14,70
- Belgique . . 34,19 32,07 22,82 10,92
- Angleterre . . 35,29 31,87 22,79 10,05
- Allemagne . . 37,89 32,62 20,59 9,80
- Suisse . . 37,45 29,35 20,00 13,20
- États-Unis . . 41,90 32,19 18,48 7,43
- Russie d’Europe. . . . 48,54 27,48 16,31 7,67
- Ces statistiques permettent également d’établir le
- tableau suivant du nombre des survivants selon l’âge et
- pour les deux sexes
- Age. Hommes. Femmes.
- 10 ans 713 704
- 20 ans 682 677
- 30 ans 634 635
- 40 ans 587 589
- 50 ans 530 536
- 60 ans 439 459
- 70 ans 287 309
- 80 ans 95 103
- 90 ans 6 7
- 100 ans 1 2
- Il en résulte que de la naissance à l’âge de 19 ans le nombre des hommes dépasse celui des femmes, après quoi le rapport inverse s’établit. Cette constatation s’explique en partie par le fait que, à part la maternité, la femme est moins exposée aux dangers ; son travail est, en général, moins pénible et, de plus, sauf exceptions, elle connaît moins l’alcoolisme et les excès fréquents chez les hommes. N’oublions pas aussi que la résistance organique à certaines maladies demeure notablement plus forte dans le sexe féminin pendant toute la vie.
- Enfin selon les mêmes statistiques voici la durée de la vie moyenne pour les diverses professions (les cas de
- mort violente étant exclus) :
- Souverains et princes........................58,8 ans.
- Voyageurs et explorateurs. . '.............60 ans.
- Agriculteurs. ...............................61,6 ans.
- Classe indépendante Classe moyenne Ouvriers qualifiés Ouvriers semi-qualifiés Ouvriers non qualifiés
- Fig. 1. — Mortalité de la population mâle, en Angleterre, selon les classes sociales, la mortalité générale moyenne étant représentée par 100.
- Marchands......................................62,4 ans.
- Artistes.......................................66,2 ans.
- Littérateurs...................................66,9 ans.
- Militaires.....................................67,7 ans.
- Hommes de science..............................68,9 ans.
- Hommes d’État..................................69,1 ans.
- Ecclésiastiques................................69,1 ans.
- La longévité diffère selon les peuples. Par exemple, on trouve 13,70 pour mille habitants de 60 ans en France, 12,20 en Suisse, 9,42 en Angleterre, 9,03 en Hongrie et 8,53 en Bulgarie. Si on relève un nombre notable de centenaires en Bulgarie et en Roumanie, par contre la moyenne générale de mortalité dans ces pays est assez élevée.
- Il est aussi difficile de décider si le pauvre ou le riche vivent plus longtemps. Pour le premier la pauvreté devrait être un obstacle, mais le second souffre de la trop grande aisance avec tous les abus qui l’accompagnent !
- Si certaines statistiques notent le célibat comme favorable à la longévité, d’autres marquent la supériorité du matrimoniat.
- Si la longévité se trouve souvent associée à la vigueur physique, on a vu cependant des débiles atteindre un âge avancé.
- On pense que les bonnes conditions sociales (tranquillité morale, absence de soucis, aisance de vie) ne sont pas les seules conditions de la longévité, il faut aussi tenir compte de la sélection. D’ailleurs Legrand dit que nous vivons selon nos organes et Viale que c’est la famille qui commande la longévité. Et on note effectivement que certaines familles ont une grande longévité et d’autres une très courte.
- Karl Pearson et son école sont parvenus à la conclusion que 50 à 75 pour cent des facteurs de la mortalité sont d’origine héréditaire; le milieu, la pauvreté n’auraient qu’une action insignifiante.
- Fig. 2. — La mortalité infantile en Angleterre selon les classes sociales.
- Classe indépendante ÜHHHHHHI48
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- Bell, se basant sur l’étude de 1594 membres de la famille Hyde, a dressé le tableau suivant, qui établit une relation très nette entre la longévité des enfants et celle de leurs parents :
- Age atteint par la mère.
- Moins de de 60 Plus de
- Age atteint par le père. 60 ans. à 80 ans. 80 ans.
- Moins de 60 ans. . . . 32,8 ans 33,4 ans 36,3 ans
- De 60 à 80 ans.... 35,8 ans 35,8 ans 45,0 ans
- Plus de 80 ans.... 42,3 ans 45,5 ans 52,7 ans
- Les chiffres inscrits dans les 9 cases du tableau indiquent l’âge moyen atteint par les enfants de chaque groupe. Ils montrent que les enfants dont le père et la mère sont devenus octogénaires ont vécu en moyenne 20 ans de plus que ceux dont les parents n’ont pas atteint 60 ans. Cependant, les parents qui ont vécu vieux étaient-ils de condition plus aisée, avaient-ils une existence plus saine, plus régulière, mieux protégée que les autres ? Bell ne le dit pas et nous ne savons pas dans quelle mesure cette différence doit être attribuée à l’hérédité.
- Pour répondre à cette question, Ploetz a étudié la mortalité des enfants dans diverses familles royales. Le milieu étant uniformément favorable, nous trouvons ici l’action de l’hérédité à l’état pur, en quelque sorte, et on constate qu’ici la longévité des parents commande en général celle de leurs enfants.
- Beeton et Pearson ont comparé la longévité des parents et celle des enfants dans deux groupes sociaux assez homogènes comme genre de vie : la noblesse anglaise, d’une part, les Quakers, d’autre part. Selon leur étude, l’hérédité entre dans ces cas pour 1/4 dans la détermination de la longévité, le milieu pour les 3/4.
- Le rôle de l’hérédité serait encore plus réduit si l’on mettait en parallèle des milieux aussi différents que les diverses classes sociales. Le milieu agit par : la profession, le logement, les ressources, l’organisation médicale et sanitaire et enfin par l’éducation.
- Ces facteurs restent intimement liés entre eux. Dans la profession, ce ne sont pas seulement les conditions du travail qui agissent sur la santé, mais aussi le caractère urbain ou rural de l’entreprise, le taux et la régularité du salaire. D’autre part, le logement, l’alimentation, les soins médicaux, l’utilisation des loisirs dépendent en grande partie des ressources. Enfin l’emploi de celles-ci,
- Fig. 3. — Diminution de la mortalité générale en Angleterre de 1871 à 1931.
- An nées 21 La 20 mon 19 ta H 18 té m 17 X me \ 15 oar l 1^ OOO h 13 mbit 12 ants II 10
- 187M880 v 20.3
- 1881-1890 18.9
- 1891-1900 18.1
- 190M9I0 15,2
- 1911-1920 13.5
- 1921 -1930 A 10,6
- 1931 X 10,2
- le choix et la tenue du logement, l’observation des règles de l’hygiène, le recours opportun au médecin varient avec l’éducation reçue. La pénurie des ressources, le surpeuplement du logement et la sous-alimentation sont, indépendamment et conjointement, les facteurs sociaux néfastes de la mortalité..
- Une étude de 70 000 cas conduite par le Bureau de statistique de la Metropolitan Life Insurance Company, et une investigation portant sur 300 000 hommes assurés à 34 compagnies américaines, confirment la notion que la longévité est influencée par un facteur héréditaire. Mais « le gain que l’on peut attendre d’une hérédité favorable est inférieur à celui qui a été réalisé par l’amélioration des conditions hygiéniques et sociales, et il est de beaucoup inférieur à celui que l’on pourrait obtenir en persévérant dans la même voie ».
- Le rôle du milieu sur la longévité ressort très nettement de deux diagrammes (fig. 1 et 2), que nous avons dressés d’après la statistique du Registrar General portant sur la population entière de l’Angleterre, répartie en cinq classes sociales.
- La diffusion du bien-être, de l’hygiène et de l’instruction, les progrès de la médecine et le perfectionnement des hôpitaux abaissent considérablement la moi’talité générale. Citons l’exemple de Liverpool où l’on a construit 3000 maisons saines pour y loger 11 000 personnes recrutées dans les taudis : sans que les ressources de ces familles aient augmenté, leur mortalité générale est tombée de 40 à 28 et leur mortalité infantile de 30 à 16,7 ! Selon l’expérience de la Metropolitan Life Insurance Co qui, de 1909 à 1927, a dépensé 32 millions de dollars pour faire l’éducation hygiénique de ses assurés, la diminution de la mortalité lui a fait économiser 75 millions de dollars. Elle a donc récupéré ses dépenses, et en plus réalisé 134 pour 100 de bénéfice !
- Mais c’est surtout la réduction de la mortalité due aux maladies infectieuses qu’il faut réaliser. Elle est plus importante, du point de vue économique et social que la réduction de la mortalité causée par d’autres affections. Les maladies infectieuses atteignent surtout les jeunes, privant la société d’un producteur et lui imposant la charge de veuves et d’orphelins. Elles exercent sur la durée moyenne de l’existence une influence plus considérable que ne le ferait croire le nombre absolu des décès dont elles sont l’origine.
- Comme l’indique le diagramme de la figure 3, la mortalité moyenne, en Angleterre, s’abaisse depuis 1880 avec une rapidité croissante. Or la fin du xixe siècle fut justement le commencement de l’ère microbienne. Les travaux des bactériologistes, à la suite de Pasteur, ont réduit — et même fait disparaître — de nombreuses maladies infectieuses.
- En somme, il est indiscutable qu’à notre époque l’hygiène comprenant le choix judicieux de la profession (selon la capacité physique et le rapport du salaire), l’amélioration de la salubrité des usines et des logements, l’éducation et l’organisation médicale et sanitaire, est le facteur primordial de la longévité.
- W. N. Kazeeff.
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- E L’HÉLICOPTÈRE ŒHMICHEN E
- LE PROBLÈME DE LA STABILITÉ RÉSOLU
- Au dernier Salon de l’Aviation, dans une salle du premier étage, était exposé un modeste panneau devant lequel bien peu de visiteurs, sans doute, ont dû s’arrêter.
- Il s’agissait plutôt d’un simple jouet que d’un appareil, mais le texte explicatif était plein de promesses. On pouvait y lire ceci :
- « Ces appareils de laboratoire ont servi, en 1934, à démontrer, par l’expérience, les conclusions analytiques d’CEhmichen, sur la stabilité des appareils de vol mécanique plus lourds que l’air et dépourvus de vitesse de translation.
- • « Ces expériences, complétées par des essais sur dés modèles en translation ont conduit à la réalisation du vol vertical. — Des appareils de vol vertical mis en fabrication, grâce au concours du Ministère de l’Air, voleront en 1935.
- « Ces appareils de vol vertical devront monter et descendre à la verticale absolue, évoluer en vol horizontal, se stabiliser au point fixe dans des conditions d’équilibre ne faisant appel à aucun organe mécanique ».
- La première partie du programme que s’était tracé l’inventeur a été brillamment réalisée et du premier coup, le 2 mars dernier, dans le grand hangar d’Orly. Ceux qui eurent la bonne fortune d’assister à cette séance en emportèrent une vision inoubliable, car cette démonstration reste du domaine de l’histoire de l’Aviation. Elle montre en effet, la solution définitive du problème de la stabilité qui s’applique à tout appareil volant et marque l’aube d’une aviation nouvelle. Nous devons être fiers que cette conception soit née en France, et grâce au génie tenace et plein de foi de l’ingénieur bien français : Étienne Œhmichen.
- J’ai la grande joie d’être de ceux qu’il honore de son amitié sincère, et les entretiens que je puis avoir de temps à autre avec lui me font apprécier chaque jour davantage l’importance de ses recherches et le génie qui les anime. Je ne dois, bien entendu, parler ici que du point de vue technique, et laisser à mon grand regret, dans l’ombre, toute appréciation de personne.
- LE PROBLÈME DE LA STABILITÉ DE L’HÉLICOPTÈRE
- Mais revenons au problème de la stabilité, et voyons la solution trouvée, qui n’est que l’aboutissement de longues années d’essais et de veilles, d’expériences souvent périlleuses, que seule une foi vivace a permis de conduire pendant toute une vie.
- Le véritable appareil volant est celui qui peut s’envoler verticalement, se déplacer dans l’air dans tous les sens, et au besoin stationner au point fixe, puis redescendre verticalement ou obliquement tout en offrant une sécurité complète en cas de panne du mécanisme ou d’avarie à l’appareil.
- L’hélicoptère a toujours séduit par sa possibilité du vol vertical, et ce n’esj pas d’aujourd’hui que l’on a
- Capacités dair de positions réglablesy
- Hélices de sustentation
- Fig. 1. — Le principe de l’hélicoptère Œhmichen avec stabilisation par capacités d’air de position réglable.
- agencé des hélices sustentatrices à axe vertical sur un châssis. Des appareils jouets, d’une très grande légèreté, semblent prouver que par ce moyen on doive atteindre le résultat cherché. Or il y a loin d’un jouet extra-léger à un appareil susceptible d’enlever un poids important, moteur et mécanisme, et un passager même unique.
- Si l’on considère un hélicoptère dont le propulseur développe un effort égal au poids de l’appareil entier, et en sens opposé, l’appareil se soutiendra au point fixe, sans monter, ni descendre, à condition que l’effort des propulseurs soit bien vertical et qu’aucune action extérieure de déséquilibre n’intervienne.
- Pour une cause quelconque, l’appareil s’incline d’un petit angle. Le propulseur développe alors une composante de traction horizontale, et l’appareil entre en glissade, que nous supposerons s’effectuer dans un plan horizontal, le centre de gravité de l’appareil se déplaçant ainsi suivant une ligne horizontale.
- Le système sustentateur étant soumis à un déplacement sensiblement perpendiculaire à la direction de l’effort sustentateur, le centre de pression, c’est-à-dire de l’effort de sustentation, se déplace dans le sens même de la translation, et cherche à relever l’appareil, à l’empêcher de continuer à se déplacer dans la direction où il a été incliné.
- Il y a ainsi un couple de redressement. Or M. Œhmichen a démontré que si l’on met en équation la valeur de l’angle d’inclinaison en fonction du temps, on trouve mathématiquement, que pour un hélicoptère pur, c’est-à-dire un appareil réduit au châssis avec un moteur et
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- Fin, 2. — L’appareil d'essai d'Œhmichen : châssis et mécanisme sans capacité d’air.
- un système de sustentation équilibrant le poids de l’appareil, la valeur de l’angle d’inclinaison augmente indéfiniment avec le temps, et il n’y a pas d’équilibre possible. L’engin se renversera si aucune autre action n’intervient.
- On peut imaginer alors de surmonter l’appareil d’une
- Fig. 3. — L'appareil d’essai d’Œhmichen avec capacité stabilisatrice pleine d’air.
- surface qui, par la résistance qu’elle offre, tende à redresser l’appareil quand il est incliné. M. CEhmi-chen a encore montré, par un calcul du même ordre que le précédent, que cette résistance de la surface additionnelle, résistance aérodynamique au-dessus du centre de gravité général, ne sert qu’à provoquer des oscillations résonnantes et précipite au contraire la chute, au lieu de stabiliser l’appareil.
- LA SOLUTION ŒHMICHEN
- Surmontons maintenant l’hélicoptère d’une capacité remplie d’air, donc sans pouvoir sustentateur. Cette capacité éprouve de la part du fluide dans lequel elle est plongée une poussée en vertu du principe d’Archimède, poussée qui existe, quelle que soit la densité de la capacité en question, ét qui agit, par exemple, également sur une pierre de taille suspendue au crochet d’une grue. Cette capacité a un centre de résistance aérodynamique, et comme on vient de le voir, un centre de poussée archi-médienne. La mise en équation montre que si l’appareil hélicoptère, pourvu de cette capacité, est centré aérody-namiquement, l’équilibre est toujours réalisé.
- Ainsi l’hélicoptère pur, surmonté d’une enveloppe pleine d’air, sera par lui-même toujours en équilibre stable, s’il est bien centré d’abord, c’est-à-dire si le centre de gravité général est aussi voisin que possible du centre des pressions aérodynamiques résultant de la translation de l’appareil dans un sens ou dans l’autre. Il faut aussi que le centre de poussée statique archimédienne, qui sensiblement n’agit que sur la capacité pleine d’air, centre qui se confond sensiblement avec le centre de volume, soit aussi éloigné que possible du centre de gravité général de l’ensemble, centre de gravité dans le calcul duquel entre le poids de l’air contenu dans la capacité surmontant l’appareil.
- Les expériences faites par Œhmichen sur les modèles réduits, comme celui exposé au Salon, ont pleinement justifié ce que lui avaient indiqué sa théorie mathématique et ses calculs.
- Il faut insister sur le fait que les calculs et les théories mathématiques ont précédé l’expérience, celle-ci n’est venue que confirmer la mise en équations et les solutions qui ont été trouvées uniquement par le calcul.
- D’autre part, l’apôtre de l’hélicoptère a eu la curiosité de vérifier ce qui se passait dans la nature, et je me rappelle avoir vu chez lui des projections cinématographiques montrant le vol des insectes, vues prises suivant la méthode stroboscopique avec le stroboscope inventé également par Œhmichen. Le génial inventeur constata ainsi que les oiseaux et les insectes ne se stabilisent pas d’une autre façon, lorsqu’ils pratiquent le vol vertical, que celle qu’il applique maintenant dans ses appareils.
- Sur un simple châssis rectangulaire, on monte deux hélices sustentatrices de chaque côté de la barre inférieure, et tournant en sens inverse au moyen d’un moteur mécanique logé dans le cylindre vertical placé au centre du châssis. Le long des montants verticaux, se dépla-
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- cent à volonté de petits ballons gonflés d’air au moyen de colliers qu’on bloque en position (fig. 1).
- Si l’on centre l’appareil, c’est-à-dire si l’on déplace les ballonnets pour les amener à une position telle que le centre de résistance aérodynamique soit confondu avec le centre de gravité général, et que le centre de poussée statique soit au-dessus de ce dit centre de gravité, l’équilibre est parfait, quel que soit Vangle sous lequel est lâché Vappareil. On peut-même abandonner à lui-même l’appareil entièrement renversé, il se redresse toujours.
- LES PREMIERS ESSAIS
- La première étape pratique consistait à réaliser un petit hélicoptère présentant ces particularités, et Œhmi-chen construisit l’appareil qui a été essayé à Orly.
- Le châssis en forme de croix porte vers son milieu un moteur actionnant quatre hélices par une transmission à engrenages. Le moteur a une puissance de 40 ch et le pilote se loge comme il peut sur cet engin de démonstration. La seule commande dont il dispose est la manette des gaz, à l’exclusion de tout autre réglage.
- Quatre patins élastiques sous l’appareil le laissent reposer sur le sol (fig. 2).
- L’appareil, quoique symétrique et bien équilibré, est d’une instabilité rare. Dès que le motçur en marche actionne les hélices qui font quitter le sol à l’appareil, ce dernier se cabre, entre en glissade et atterrit brutalement sur l’un quelconque des patins, car aucun organe de redressement n’est à la disposition de celui qui le conduit ou plutôt qui le monte ; au bout de cinq secondes, il serait entraîné dans une chute fatale.
- On monte alors un ballonnet d’air de 100 m3 qui repose sur un berceau tubulaire. Il est tenu par des supports ou contreventements qui s’assemblent sur des points fixes, tiges traversant les moyeux creux des hélices, et solidaires du châssis (fig. 3).
- L’inventeur a tenu à conduire lui-même les essais et à monter dans l’appareil, seul, bien entendu. Le moteur remis en marche, l’engin décolle. Au voisinage du sol, l’air est violemment brassé par les hélices, et crée une véritable tempête, et fatalement l’appareil se met à osciller, mais il monte et à partir de 3 m, il reste stable de lui-même, sans qu’on ait besoin de manœuvrer quoi que ce soit. Toutes les oscillations sont amorties, et l’altitude de 20m est atteinte. Sous le hangar d’Orly, l’appareil reste en l’air sans que le pilote agisse, et pour cause, puisqu’il ne dispose d’aucun moyen d’action autre que la manette des gaz. S’il redescend après la performance fixée, c’est par crainte de grippage du moteur, car il ne s’agit après tout que d’une construction précaire, destinée uniquement à démontrer un principe.
- Le centre de gravité de l’ensemble se trouve à 2 m 60 environ sous le centre du ballon. La poussée archimé-
- ................—........= 501 =
- dienne appliquée au centre du ballon est de 130 kg environ (ce n’est pas une poussée créant une force ascensionnelle puisque le ballon contient de l’air). Le ballon n’agit pas par ses effets aérodynamiques transversaux qui au contraire amorcent des oscillations résonnantes, c’est uniquement la poussée statique sur la masse d’air qui stabilise l’appareil et amortit rapidement les oscillations que la machine peut prendre.
- LES APPAREILS FUTURS
- Au lieu d’un ballonnet sphérique, on peut donner à la capacité toute forme voulue et appropriée à la destination de l’engin. Dans l’appareil en construction, et dont nous aurons l’occasion de reparler peut-être très prochainement, on a prévu un corps fuselé rigide, portant au-dessous de lui deux hélices inclinées. Lorsque l’appa-
- reil sera posé sur le sol, il sera cabré d’un certain angle de manière que les hélices soient horizontales et capables, une fois en action, de réaliser le vol nettement vertical. Une fois à hauteur suffisante, l’appareil est mis en position de route, c’est-à-dire que par des moyens particuliers le braquage est supprimé, et les hélices prennent alors la position inclinée ; elles développent donc un effort sustentateur et propulseur à la fois, suivant les recherches dues encore à Œhmichen. D’autres dispositifs très originaux sont également prévus sur l’engin futur, mais il serait prématuré de les décrire, et je les réserve pour plus tard.
- L’appareil en construction est donc capable de stationner au point fixe, et d’être maître de sa vitesse dans les deux sens. Il s’envole à la verticale, atterrit de même, et cependant il peut prendre une vitesse comparable à celle de l’avion en raison de la finesse de l’enveloppe stabi-
- Fig. 4. — L’appareil d’essai d’Œhmichen en vol dans le hangar d’Orly. L’appareil est monté par M. Œhmichen qui n’a à sa disposition que la manette des gaz.
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- Capacité pleine d’air
- HéliceiTdfê sustentation et de propulsion
- Amortisseurs
- Fig. 5. — Ce que sera le nouvel appareil Œhmichen actuellement en construction.
- La stabilité sera automatique; le vol pourra être vertical,horizontal ou oblique à volonté.
- lisatrice, conçue suivant des dispositifs particuliers. Il peut réaliser le vol oblique à volonté, atterrir en vol plané si nécessaire, c’est un véritable oiseau, pourvu de toute la sécurité souhaitable et longtemps cherchée. Le moteur s’arrête-t-il, rien n’est perdu, et l’appareil
- descend comme un immense parachute, l’enveloppe supérieure freinant la descente qui est amortie au contact du sol par de puissants ahsorbeurs de choc.
- Voilà donc créé l’engin aérien idéal qui n’est que le début d’une aviation nouvelle, permettant une souplesse d’allures et de déplacements interdite à l’avion ordinaire ou même à l’avion muni de combinaisons cherchant à restreindre les exigences de l’envol et de l’atterrissage, mais ne permettant pas le vol au point fixe absolu.
- Ce résultat magnifique n’est dû qu’au génie d’un inventeur trop longtemps laissé dans l’ombre et trop longtemps méconnu. Il est vrai que l’hélicostat, avec ses résultats déjà considérables, avait toutefois remis au premier plan les travaux sur les hélicoptères qui se sont élaborés dans la retraite de Valentigney où l’on a la surprise de constater l’existence d’un laboratoire aérodynamique remarquable, agencé sans concours quelconque et par le génie d’un seul. Et depuis le début de ces patientes recherches, combien d’appareils volants, hélicoptères étrangers pour la plupart, ont été essayés avec des promesses qui sont restées sans lendemain. Il en est tout autrement des appareils conçus par l’ingénieur français, car ils sont établis sur des bases scientifiques et mathématiques certaines, et les derniers essais n’ont fait que confirmer ce que la théorie avait conçu. C’est la consécration enfin méritée du labeur et de la science de l’apôtre de l’hélicoptère, Œhmichen.
- E. Weiss.
- = UNE LAMPE A VAPEUR DE MERCURE = A PRESSION TRÈS ÉLEVÉE
- La nouvelle lampe à vapeur de mercure, mise au point dans les laboratoires Philips, par le distingué physicien, M. C. Bol, se compose essentiellement d’un tube en quartz, renfermant une certaine quantité de mercure et deux électrodes entre lesquelles on provoque une décharge électrique qui se produit en atmosphère de vapeur de mercure. Cette lampe ne pèse que quelques grammes; son diamètre extérieur est inférieur à 1 cm; le diamètre intérieur n’est que de quelques millimètres.
- Les lampes à vapeur de mercure, inventées par Cooper-Hewitt, sont connues depuis la fin du siècle dernier.
- Dans ces lampes, la pression de la vapeur de mercure n’est le plus souvent que d’une fraction d’atmosphère; dans certains cas et pour des lampes de grandes dimensions, on a porté la pression jusqu’à environ 1 atmosphère. Or, dans la nouvelle lampe, la pression dépasse 150 atmosphères et peut être portée jusqu’à 300 atmosphères.
- La nouvelle lampe a l’avantage de concentrer l’émission lumineuse dans le minimum d’espace et de réaliser une source d’un éclat exceptionnel, avec un rendement très supérieur à celui des sources connues jusqu’ici.
- Ce grand éclat lumineux sera utile, par exemple, pour les projecteurs de cinéma et autres, les bouées, les phares
- et les feux d’aérodrome, dans tous les cas où il importera de disposer d’un faisceau lumineux concentré, non diffus.
- En pareils cas, on se servait jusqu’ici de lampes à incandescence spéciales ou de lampes à arc encombrantes, dégageant beaucoup de chaleur et embarrassées de dispositifs régulateurs compliqués. Les lampes à incandescence à filament de tungstène, employées dans les cinémas, par exemple, sont capables de produire un éclat d’environ 1400 bougies Hefner par cm2, tandis qu’avec l’arc au charbon on a réussi à atteindre 19 000 bougies Hefner par cm2 au maximum.
- La nouvelle lampe est à cet égard bien supérieure. Sous une pression de 150 atmosphères, elle donne un éclat d’environ 28000 bougies Hefner, soit 50 pour 100 de plus que la lampe à arc, à électrodes de charbon. Au laboratoire, on a même pu porter l’éclat à 45 000 bougies Hefner par cm2. Celui du soleil étant de 180000 bougies Hefner par cm2, on voit qu’on réussit ainsi à réaliser, avec un tube de dimensions minimes, un quart de la luminosité superficielle du soleil. Grâce à ses faibles dimensions et à son éclat, cette nouvelle lampe résout, avec une grande supériorité sur ses devancières, le problème
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- de placer une source bien définie de lumière (punctiforme ou linéaire) au foyer d’un système optique.
- La décharge électrique entre les deux électrodes a l’apparence d’un filament à luminescence blanc bleuâtre, remplissant une partie seulement de la section transversale interne de la lampe. La température à l’intérieur de la décharge, les mesures en font foi, est d’environ 8000 degrés C, c’est-à-dire supérieure même à celle de la surface du soleil, calculée à environ 6000 degrés C. Si la substance de la paroi du tube ne fond point, c’est que cette température extrême n’existe qu’à l’intérieur de la décharge gazeuse, tandis que les parois intérieures, séparées de la décharge par une espèce de coussin gazeux, n’atteignent qu’une température de quelques centaines de degrés. Les lampes à charge particulièi’ement élevée se disposent, de préférence, dans un réservoir renfermant un liquide réfrigérant.
- Afin de donner une idée des pressions mises en jeu, nous rappellerons que les chaudières des locomotives à vapeur modernes fonctionnent sous des pressions d’environ 20-30 atmosphères, alors que dans les récipients en acier bien connus où l’on conserve les gaz, l’anhydride
- Fig. 2. — Lampe à vapeur de mercure à pression très élevée mis au point aux Laboratoires Philips ; type de 10 kilowatts produisant 55 000 bougies, longueur 0 m 15, refroidissement par eau.
- A) Entrée de l’eau; B) sortie de l’eau; C) et D) électrodes.
- carbonique par exemple, la pression est le plus souvent d’environ 100 atmosphères. Or, comme l’atmosphère normale correspond à une colonne de mercure de 760 mm de hauteur, la pression de 300 atmosphères, qu’on réalise parfaitement dans la nouvelle lampe à vapeur de mercure, correspond à une colonne de mercure de 228000 mm, soit environ 300 m, ce qui équivaut presque à la hauteur de la Tour Eiffel ou à deux fois la hauteur de la cathédrale de Cologne. C’est aussi la pression régnant à 300 m aii-dessous de la surface de la mer.
- Signalons un autre avantage non moins important, dû à cette pression élevée : les lampes à vapeur de mercure jusqu’ici connues émettaient une lumière à spectre de lignes où certains intervalles spectraux, le rouge, par exemple, faisaient absolument défaut. Les objets ainsi éclairés présentant toujours une forte déformation chromatique, les emplois possibles de ces lampes se trouvaient réduits à certains domaines étroitement délimités. On connaît, en effet, la coloration verdâtre caractéristique du rayonnement du mercure.
- La lumière de la nouvelle lampe, au contraire, présente un élargissement important du spectre de lignes, en même temps qu’un spectre continu se superposant à
- Fig. 1. — Lampe à vapeur de mercure de 600 watts à pression très élevée (Philips).
- celui-ci, spectre dû, semble-t-il, au rayonnement de température et dont l’avantage principal réside dans un rayonnement rouge grâce auquel l’effet chromatique total se rapproche bien plus de la lumière solaire que celui des lampes à vapeur de mercure jusqu’ici connues.
- Fig. 3. •— M. Bol, des Laboratoires Philips, le créateur de la nouvelle lampe.
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- = 504 = .'........ .:.: =
- Le rendement d’une lampe à environ 150 atmosphères est de plus de 6 bougies Hefner par watt consommé, tandis que celui d’une grande lampe à incandescence n’est que d’environ 2 bougies Hefner par watt. En poussant moins la lampe, on peut se passer du refroidissement par l’eau; on obtiendra alors une lampe qui, grâce à sa simplicité de construction et à la petitesse des unités réalisables, trouvera, même dans le domaine de l’éclairage général, des emplois intéressants. Il est vrai qu’on devra alors renoncer volontairement à une partie du rayonnement rouge; la coloration totale de la lumière rayonnée par une lampe pareille n’en est pas moins
- toujours bien supérieure à celle des lampes à vapeur de mercure courantes.
- Un autre phénomène frappant que présente la nouvelle lampe, c’est que le rendement élevé se conserve même pour les petites unités, tandis que celui des lampes à vapeur de mercure courantes, comme, du reste, celui des lampes à incandescence, diminue fortement à mesure qu’on en réduit la puissance lumineuse. La lampe Philips de 75 w rend, par exemple, toujours environ 300 bougies Hefner. On s’attend à voir ces nouvelles lampes jouer un rôle important pour l’éclairage des villes.
- A. Gkadenwitz.
- NOS BELLES POMMES DE FRANCE11
- REINETTIFORMES ET CALVILLIFORMES
- La systématique des fruits tourne, depuis cinquante ans, dans un cercle vicieux; on a voulu concilier trop d’éléments disparates à la fois et réduire en systèmes des caractères qui, vu leur manque de fixité, ne s’y prêtaient nullement. Là, pourtant, comme ailleurs, dans les sciences naturelles, il aurait fallu, en premier lieu, asseoir sur des bases solides les diagnoses à l’aide desquelles pouvaient être établies les grandes lignes d’une classification naturelle : sections, sous-sections, groupes, etc. Nous évitons, à dessein, d’employer les mots : tribus, familles, genres, espèces, puisque, dans la grande majorité des cas, nous n’avons à classer que des variétés (2).
- 1. Voir : La Nature, 1934, n° 2935, p. 151 et n° 2937, p. 242.
- 2. Il semble possible d’admettre, cependant, que quelques-unes parmi ces soi-disant variétés, restées identiques (?) à elles-mêmes depuis
- Fig. 1. — Type de Reinelliforme. Le pourtour de la cavité oculaire est uni, dépourvu de côtes, de bosselures ou de mamelons.
- On pensait autrefois, à tort, évidemment, que, dans les questions de classification, la raison d'utilité devait primer toutes les autres; de fait, pendant de longues années, la subdivision simpliste en fruits de table et fruits à cuire parut largement suffisante (->). Petit à petit, cependant, à mesure que les méthodistes de la fructologie devenaient plus exigeants, ce fut la nature et les caractères de la pulpe qui passèrent au premier rang. On distingua les fruits à chair ferme, sucrée, bourrée, croquante, lardée, etc. Les époques de maturité (fruits d'été, fruits d'automne, fruits d'hiver), de même que la coloration des épidermes, bien qu’utilisant des caractères plus généraux, en apparence, furent, de même, employées sans succès. Certains auteurs, considérant même qu’en aucun cas le support ne devait être séparé de son produit, invoquèrent le port de l’arbre, la vigueur et l’allure générale de la ramification ; d’autres, enfin, allèrent jusqu’à proposer la forme des feuilles pour déterminer les fruits. Inutile de dire qu’il est impossible, au naturaliste de retenir ces informes essais; tous sont d’ailleurs tombés dans l’oubli les uns après les autres (4).
- Il est regrettable néanmoins qu’au milieu de tous ces tâtonnements, relatifs aux méthodes de la Pomo-logie, on n’ait pas accordé plus d’attention, dans notre pays tout au moins, aux suggestions d’un célèbre théoricien lyonnais, Fortuné Willermoz. Dès le milieu du siècle dernier, le savant secrétaire général des premiers congrès de la Société pomologique de France eut la conception très nette que les bases rationnelles de la classification ne pouvaient se trouver que dans la forme des fruits; le dispositif qu’il proposa à cette époque est resté à la base de tout ce qui a
- des centaines d’années, peuvent être considérées comme de véritables espèces. Il y aurait là un problème de phylogénie fort intéressant à élucider.
- 3. Nous avons en vue seulement les Pommes et les Poires.
- 4. On pourra lire avec profit l’excellent historique que M. Louis Chasset, Secrétaire général de la Société pomologique de France, a consacré à ces questions dans son remarquable ouvrage: Éssai de détermination des Fruits (Poires), Villefranche 1928, pp. viii-xxii.
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- été fait de plus sérieux jusqu’ici dans cette voie (1). Malheureusement, on ne se préoccupait guère alors (1850) du côté spéculatif de ces questions; même encore aujourd’hui, de grandes Revues, très répandues et, à juste titre, universellement estimées, hésitent à entreprendre la publication de travaux considérés comme exclusivement scientifiques, sous prétexte que « l’immense majorité des amateurs et des praticiens ne sauraient en tirer parti ».
- Nous croyons cette opinion contestable; l’amateur et le praticien d’aujourd’hui ne sont plus ce qu’ils étaient il y a vingt-cinq ans; ils ont suivi le progrès; la plupart d’entre eux savent se documenter et s’instruire avec la plus louable curiosité. En tout cas, si l’on ne fait rien, la routine et la confusion sont encore assurées d’un bel avenir.
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- Pour en revenir à nos questions de systématique, il est donc à présumer que, soit par esprit d’imitation, soit par la force des choses, des groupements naturels ou pseudo-naturels de fruits ont dû se constituer de très bonne heure au cours des temps; les anciens semblent avoir attaché, beaucoup plus que nous, une grande importance à la notion des analogies.
- Au xvie siècle, le célèbre botaniste et médecin normand, Jacques Dalechamps (2), distinguait déjà, parmi les Pommes, les Tapounelles ou Taponnes qui étaient, assure-t-il, très répandues, et qui correspondaient, semble-t-il, à nos Calvilles. On trouve également mention, à la même époque, des Rambours, des Reinettes et des Pigeon-nets. Il va sans dire que ces dénominations n’avaient pas alors le sens collectif qu’elles ont fini par acquérir dans la suite (3).
- Au xvne siècle, Olivier de Serres (4) cite les Cou-chines; et ce nom paraît alors avoir été attribué à toutes les grosses pommes rouges analogues à notre actuel Cœur-de-Bœuf (5). Dans certaines régions, ces pommes portaient également les noms de Sanguinoles et de Rouveau (de rubeus, rougeâtre).
- Le nom de Calamines, à l’imitation des Italiens, fut donné pendant longtemps à un certain nombre de pommes, très abondantes aux environs de Bologne, et renommées « par leur préexcellence ». Ces sortes de pommes étaient caractérisées par leurs pédoncules, si courts qu’elles paraissaient « adhérer à l’arbre et sortir
- 1. Willermoz (F.). — Projet d'une classification des fruits. Lyon. (Bulletin de la Société d’Horticulture du Rhône, 1850, p. 135.
- 2. Dalechamps (J.). Historia generalis plantarum, Lyon, 1586. T. I. p. 182. Trad. française par Dumoulin, en 1615.
- 3. Des Folanes on ne sait rien en dehors de l’hypothèse de Dalechamps qui croyait pouvoir les assimiler aux grosses pommes à chair spongieuse que les Romains cultivaient sous le nom de Pulmones et auxquelles il ne serait peut-être pas déraisonnable de rattacher notre Orge-Pépin.
- 4. Olivier de Serres. — Le Théâtre d’agriculture et mesnage des champs. Paris, 1608, in-4°, p. 626.
- 5. Le Cœur-de-Bœuf fait encore partie aujourd’hui d’un groupe-
- ment très mal défini : les Maltranches ou Martranges, qui n’est certes pas sans avoir quelques rapports avec les anciennes Couchines d’Olivier de Serres. ,
- Fig. 2. — Première sous-section : Reineliiformes plates : à gauche, Disconne; à droite, Cgrlonne.
- directement des rameaux ». Le nom disparut vers la fin du xvie siècle et fut remplacé par celui de Court-Pendu.
- Il serait facile de multiplier ces exemples.
- Quoi qu’il en soit, si, au cours du xvne siècle, la culture et l’élevage du Pommier subissent, sous l’influence de La Quintinye et de ses élèves, une mésestime injustifiée (1), la fausse opinion propagée fut de courte durée et n’eut en somme qu’un résultat : celui de faire oublier les anciens noms. Lorsque fut publiée, en 1775, la dernière édition du fameux Catalogue de la Pépinière des Chartreux (2), nous y trouvons la plupart des noms de Pommes rectifiés ou précisés et, à peu de chose près, tels que nous les connaissons aujourd’hui.
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- Pour mettre un peu d’ordre dans la classification des Pommes, nous ne croyons pas qu’il soit nécessaire, comme on l’a dit quelquefois, de la remanier de fond en comblé Il convient seulement, à notre avis, de poser quelques principes sur la valeur desquels tous les naturalistes seront appelés à se prononcer et au sujet desquels il rie sera peut-être pas impossible de réaliser un accord.
- 1. Jean de La Quintinye, créateur des Jardins de Versailles, sous Louis XIV, n’appréciait, en fait de fruits, que les Pêches et les Poires; son élève Brocquort, surnommé Bouquet, fut plus radical encore; il « défendait aux Pommes l’entrée de son jardin; même les meilleures, disait-il, sont des espèces trop communes pour conseiller d’en planter; si on le fait, « que ce soit par curiosité seulement ».
- 2. C’est de la collection des Chartreux, menacée d’une destruction totale pendant la Révolution, que furent extraites, par André Thouin, alors directeur du Jardin des Plantes, les deux cent trois espèces ou variétés d’arbres fruitiers, qui servirent à fonder plus tard (1802) la célèbre Pépinière impériale du Luxembourg.
- Fig. 3. — Deuxième sous-section : Reinelliformes sphèroïdales : à gauche, Reinette str-s ; à droite Parmaine.
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- Dans ce but et dans la ferme intention de ne heurter en rien des traditions tant de fois séculaires, nous nous sommes appliqué à faire revivre les noms de certains groupements anciens, en les définissant d’une manière aussi précise que possible, géométrique en quelque sorte. Ces groupements, de pure convention, ne pourront certes pas prétendre à représenter les affinités réelles ou la filiation des individualités, mais ils acquerront, du fait de leur fixité, la valeur de types auxquels toutes les variétés normales de Pommes pourront être rapportées (x).
- Il est certain que, dans chacune des deux grandes sections : Reinettiformes et Calvilliformes, telles que nous les avons définies dans notre article précédent (2), il y a lieu d’admettre encore plusieurs intermédiaires. Beaucoup de Pommes ne sont ni des Reinettes franches, ni des Calvilles francs, mais peuvent presque toujours, assez facilement, avec un peu d’attention, être rattachées à l’un ou à l’autre de nos types théoriques. Ces intermédiaires présentent, à leur tour, dans leur forme et dans leur aspect,
- Fig. 4. •— Troisième sous-section : Reinettiformes allongées : à gauche, Passeronne; à droite, Lagonne.
- des variations qui les rendent susceptibles de devenir eux-mêmes les chefs de file de groupements secondaires moins étendus, quoique très représentatifs encore des diverses catégories de fruits étudiés.
- C’est en tenant compte de ces considérations et de très suggestives données historiques dont le détail serait ici sans utilité, que nous nous proposons de rattacher à la Reinette théorique, plus exactement aux Reinettiformes, les six groupes secondaires qui vont être définis ci-après. Au Calville théorique, à proprement parler aux Calvilli-formes, en s’appuyant sur les mêmes principes, seront, de même, rattachés six groupes en quelque sorte équivalents et symétriques.
- Rappelons ici les données essentielles qui ont servi de base à l’établissement de nos grandes sections, et qui justifieront aujourd’hui, pour les lecteurs qui veulent bien nous suivre, la division proposée.
- 1. Par formes normales, nous entendons les fruits bien constitués; de volume et de coloration moyens, exempts de déformations, considérés dans l’arbre à la maturité.
- 2. Cf. La Nature, n° du 15 septembre 1934, p. 242.
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- A. - SECTION DES REINETTIFORMES
- Toute Pomme, dont le pourtour de la cavité oculaire est uni, dépourvu de côtes, de bosselures ou de mamelons, appartient à la section des Reinettiformes (fig. 1).
- Ayant indiqué précédemment (Cf. La Nature, 1934, N° 2937, p. 245), les trois types de pommes : plates, sphéroïdales, allongées, qui se rencontraient dans chacune de nos grandes Sections, nous n’insistons pas, à nouveau, sur ce point.
- I. Sous=Section : Reinettiformes plates : pommes dont la silhouette est susceptible d’être inscrite dans un rectangle couché (fig. 2).
- L’axe horizontal, AH, dans cette sous-section, est toujours visiblement plus grand que l’axe vertical; l’expérience montre, en outre, qu’il ne peut occuper, par rapport à la hauteur du fruit, que deux positions bien définies; comme ces positions déterminent Y aspect général de la variété considérée, elles vont nous servir à caractériser les groupes secondaires dont il a été question plus haut; et, spécifiquement, dans le cas des Reinettiformes plates, les Disconnes et les Cyrtonnes.
- 1° Disconnes. — Appartiendront au groupe des Disconnes, toutes les Reinettiformes plates chez lesquelles le grand axe horizontal AIi (fig. 2), passant par le centre de figure (C), se trouvera, dès lors, sensiblement fixé à la moitié de la hauteur du fruit.
- Bien qu’il ne soit représenté que par un petit nombre de variétés, le groupe des Disconnes n’en est pas moins l’un des plus intéressants de la pomone européenne. On peut lui rapporter quelques-unes des meilleures formes classiques, par exemple :
- Le Court-pendu gris. Meill. Fruits, XXe siècle, 1928, p. 470.
- Ognon de Borsdorf, And. Leroy, Dictionnaire, IV, p. 407; Mas. Le Verger, N° 19.
- Barbe. Catal. descript. Soc. pomol. France, 1927, p. 524.
- Saint-Vincent, loc. cit., p. 556.
- Doux d’Argent. And. Leroy, Dictionn., III, p. 226.
- Eternelle Allen, Catal. descript., 1927, p. 392.
- 2° Cyrtonnes. — Appartiendront au groupe des Cyrtonnes, toutes les pommes chez lesquelles le grand axe horizontal du fruit A'H' (fig. 2) passe au-dessous du centre (C), à une distance que l’on peut raisonnablement fixer au tiers de la hauteur. La position de cet axe descend même quelquefois plus bas, car il est des Cyrtonnes dont le siège inférieur est presque entièrement plat. Nous citerons dans ce groupe ;
- La Reinette orange de Cox. Cat. descript. Soc. pomol. France, 1927, p. 387.
- Ménagère, loc. cit., p. 403.
- Sans Pareille de Peasgood. Fruits XXe siècle, 1928, p. 490.
- Golden noble. And. Leroy, Dictionnaire, III, p. 327.
- Teint Frais, loc. cit., IV, p. 840.
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- II. Sous^Section. Reinettiformes sphéroïdales :
- pommes dont la silhouette est susceptible d’être inscrite dans un carré (fig. 3). L’axe horizontal, dans cette sous-section, est toujours égal à l’axe vertical. Comme précédemment, nous admettons deux groupes théoriques, suivant la position du grand axe horizontal :
- 3° Reinettes (au sens strict). — Appartiendront au groupe des Reinettes, toutes les sphéroïdales chez lesquelles le grand axe principal AH (fig. 3) passe par le centre du fruit (C) (fig. 1).
- Le groupe des Reinettes est extrêmement nombreux; malheureusement, ainsi que nous l’avons rapporté d’après André Leroy, le nom a été prodigué d’une façon abusive, et, sur les 163 variétés auxquelles il est encore aujourd’hui réservé, il y en a au moins les trois quarts qui « sont indignes de le porter ». Citons néanmoins quelques-unes des variétés les plus représentatives de ce groupe.
- Châtaignier. And. Leroy, Dictionnaire, 1873,
- III, p. 212.
- Chailleux, loc. cit., p. 209;
- Reinette de jBlenheim, And. Leroy, loc. cit.,
- III, p. 139.
- Non Pareille ancienne. Catal. descript. Soc. po-mol. France, 1927, p. 404.
- Reinette de Caux. Cat. descript. Soc. pomol. France, 1927, p. 412.
- Borovitsky. Fruits XXe siècle, 1928, p. 462.
- Reinette d’Angleterre. Catal. descript., p. 425 (*)
- 4° Parmaines. — Appartiendront au groupe Parmaines, toutes les pommes chez lesquelles le grand axe horizontal A'H' (fig. 3) passe visiblement au-dessous du centre de figure (C), et, dans les formes que nous considérons comme les plus typiques, vers le tiers de la hauteur.
- L’ancienneté de ce groupe n’est pas douteuse; le nom sous lequel il est souvent cité : pearmain, semble indiquer qu’il nous est venu d’Angleterre. Toutefois, nos anciens auteurs le signalent en France sous les noms de Permaines, Parmain, Permein, dès le début du xine siècle. Parmi les Parmaines les plus caractéristiques, citons :
- Parmaine d’Hiver. And. Leroy, Dictionnaire, 1873,
- IV, p. 542.
- Pomone de Cox. And. Leroy, loc. cit., III, p. 248.
- Belle de Boskoop. Fruits XXe siècle, 1928, p. 454.
- Reine des Reinettes. Catal. descript. Soc. pomol. France, 1927, p. 409.
- Reinette grise de Saintonge. Fruits xxe siècle, 1928, p. 510.
- III. Sous=Section. Reine ttiforme s allongées :
- pommes dont la silhouette est susceptible d’être inscrite dans un rectangle dressé (fig. 4).
- Le grand axe horizontal (largeur), dans cette sous-section, est toujours visiblement inférieur à l’axe vertical (hauteur)-, mais, comme dans les cas précédents, les deux groupes secondaires : Passeronnes et Lagonnes, seront définis par la position de l’axe horizontal.
- 1. Ne pas confondre avec 'la Royale d'Angleterre A. Leroy, qui est une Dolitonne.
- des
- Fig. 5 — Type de Caluilliforme. Le pourtour de la cavité oculaire présente des côtes bien marquées, des bosselures ou des mamelons.
- 5° Passeronnes. — Appartiendront au groupe des Passeronnes, toutes les Reinettif ormes allongées chez lesquelles le grand axe horizontal AH (fig. 4), passant par le centre du fruit (C), se trouve, par conséquent vers la moitié de la hauteur. Nous pouvons citer dans ce groupe :
- Pomme d’Aunée. And. Leroy, Dictionnaire, 1873, IV, p. 83.
- Colapuy. Catal. descript. Soc. pomol. France, p. 532.
- Vérité. Meill. Fruits XXe siècle, 1928, p. 520 (x).
- Reinette Ananas. And. Leroy. Dictionnaire, 1873, IV, p. 615.
- 6° Lagonnes (pour Lagénonnes (2) par abréviation). — Appartiendront au groupe des Lagonnes, toutes les Reinetti-f ormes allongées chez lesquelles le grand axe horizontal A'IF (fig. 4) passe bien évidemment au-dessous du centre de
- 1. La Pomme Vérité du Catalogue descriptif de la Société pomolo-gique de France, 1927, p. 558, paraît différente de celle que nous indiquons ici.
- 2. Du latin : lagena, bouteille.
- Fig. 6. — Première sous-section : Calvilliformes plates : à gauche, Apionne-, à droite, Rambour.
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- figure, environ au tiers de la hauteur et même plus bas (fig.4C). Dans ce groupe, peu nombreux, nous signalerons :
- Pigeon rouge d’hiver. Cat. descript. Soc. pomol. France 1927, p. 408.
- Museau de Lièvre rouge. Mas. Le Verger, Préc. N° 28.
- Obs. — Dans les groupes ci-dessus définis, on voit que les types centrés : 1, 3, 5, affectent toujours des formes géométriques telles que : disques, sphéroïdes, ellipsoïdes-, tandis que les types : 2, 4, 6, à axe horizontal hypocentré, n’ont que des formes coniques : cône aplati, cône isocèle, cône allongé.
- B. — SECTION DES CALVILLIFORMES
- Toute pomme dont le pourtour de la cavité oculaire présente des côtes bien accentuées, des bosselures ou des mamelons, appartient à la section des Calvilliformes (fig. 5).
- Nous proposons, dans cette section, l’érection de six groupes secondaires, absolument symétriques de ceux que nous venons d’énumérer dans les Reinettiformes.
- I. Sous=Section : Calvilliformes plates. — Pommes dont la silhouette est susceptible d’être inscrite dans un rectangle couché (fig. 6). L’axe horizontal, dans cette sous-section, est toujours visiblement plus grand que l’axe vertical.
- 1° Apionnes. —- Appartiendront au groupe des Apionnes toutes les Calvilliformes chez lesquelles le grand axe horizontal AH passe sensiblement par le centre du fruit (C). Les pommes de ce groupe correspondent donc exactement à nos Disconnes; et, à part les bosselures de la cavité oculaire, possèdent les mêmes indices carpogno-moniques. Citons, parmi les Apionnes et, comme il convient, en tout honneur :
- Le Petit Api rose, avec sa variété Étoilée. And. Leroy, Dictionn., III, p. 65 et 69.
- Sainte-Barbe, Vercier : Déterminât, rapide, 1934, p. 278.
- Hoary Morning. And. Leroy, Dictionnaire, 1873, III. p. 379.
- 2° Rambours. —- Appartiendront au groupe des Ram-bours toutes les Calvilliformes à contour supérieur surbaissé et chez lesquelles le grand axe horizontal A'H' (fig. 6) passe nettement au-dessous du centre de figure (C), environ au tiers de la hauteur et même plus bas. Ce groupe est, dans les Calvilliformes, l’équivalent de nos Cyrtonnes reinettiformes (fig. 2).
- Fia. 7. — Deuxième sous-section : Calvilliformes sphéroïdales ; à gauche, Postophe; à droite, Calville.
- 1 C \( ) \\
- A i H j • \
- A'| J H'
- 1
- La forme des Rambours est, en général, très caractéristique; aussi ce nom, dès le xvie siècle, servit-il à désigner toute une catégorie de pommes côtelées, « de forme conique-raccourcie, à base très large et très plate ». Parmi les plus beaux Rambours actuellement exploités, citons :
- Le Rambour franc ou Rambour d’Eté. And. Leroy, Dictionnaire, IV, p. 598.
- Calville Duquesne. Catal. descript. Soc. pomol. France, 1927, p. 380.
- Grand Alexandre, loc. cit., p. 398; Fruits XXe siècle, p. 842.
- Belle-du-Bois. And. Leroy, loc. cit., p. 106.
- Jeanne Hardy. Fruits XVe siècle, 1928, p. 486.
- II. Sous=Section. Calvilliformes sphéroïdales. —
- Fruits dont la silhouette est susceptible d’être inscrite dans un carré-, largeur sensiblement égale à la hauteur.
- 3° Postophes. — Le grand axe horizontal ALI (fig. 7) passe par le centre du fruit (C); il en résulte que, à part les côtes, les pommes de ce groupe possèdent le même indice carpognomonique que nos Reinettes.
- Parmi les Postophes les mieux caractérisées, citons :
- La Reinette de Cuzy. Fruits XXe siècle, 1928, p. 500 Ç). _
- Ribston Pippin, loc. cit., p. 514.
- Reinette Desplanches, Cat. descr. Soc. pom. France, 1927, p. 421.
- Reinette de Dieppedale, loc. cit., p. 416.
- 4° Calvilles (au sens restreint). — Les Calvilles pourraient être définis des Parmaines à côtes; ils sont, en effet, coniques, comme ces dernières et leurs deux axes sont égaux. — Appartiendront, dès lors, au groupe des Calvilles toutes les pommes chez lesquelles le grand axe horizontal A'H' (fig. 7) passe au-dessous du centre de figure (C), vers le tiers de la hauteur ou plus bas. On a bien souvent employé le nom de Calville sans raison valable et sans méthode ; voici quelques-unes des variétés les plus authentiques et les plus estimées.
- Calville blanc d’Hiver. And. Leroy, Dictionnaire, 1873, III, p. 173.
- Calville d’Oullins, Cat. descript. Soc. pomol. France, 1927, p. 379.
- Gravenstein. And. Leroy, loc. cit., p. 338; Fruits Ile siècie, p. 480.
- Reinette de Demptézieu. Catal. descript., p. 415; Vercier, Détermin., p. 250.
- III. Sous=Section. Calvilliformes allongées. —
- Pommes dont la silhouette est susceptible d’être inscrite dans un rectangle vertical (fig. 8). La hauteur des fruits, dans cette sous-section, est toujours nettement supérieure à la largeur. Deux groupes, définis par la position de l’axe horizontal.
- 5° Dolitonnes. — A mettre en regard du groupe des Passeronnes. L’axe horizontal AH passe, sensiblement, par le centre du fruit, lequel correspond au centre de figure
- 1. Cette excellente variété, désignée dans certaines régions sous le nom de Reinette à côtes, est l’un des multiples exemples où nous trouvons le nom de reinette attribué à une véritable Calvillif orme.
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- (fig. 8). Parmi les plus estimées des Dolitonn.es on peut citer :
- Calville rose ou Anguleuse longue. And. Leroy, Dictionnaire, III, p. 188.
- Fleiner du Roi. And. Leroy, loc. cit., III, p. 308.
- Lanterne. And. Leroy, Dictionnaire, 1er type, III, p. 422.
- De Lestre. And. Leroy, loc. cit., III, p. 429 (1).
- Royale d’Angleterre. Fruits XXe siècle, 1928, p. 512.
- 6° Pigeonnets. — Les Pigeonnets, dans les Calvilli-formes, correspondent aux Lagonnes des Reinettiformes, non seulement par les dimensions relatives des axes, mais aussi par la position, généralement très hypocentrique, du plus petit (fig. 8). Citons dans ce groupe :
- Belle-Fleur jaune. Cat. descript., p. 372; Linnœus Pippin. And. Leroy, III, p. 432.
- Grosse Luisante. And. Leroy, Dictionnaire, III, p.360.
- Candile Sinope.VERCiER, Détermination rapide, 1934, p. 223 (2).
- Nous n’ignorons point que, dans la nature,, beaucoup, parmi les fruits que nous aurons à examiner, ne se présenteront pas sous l’aspect des types théoriques tels que nous venons de les définir; ils s’en rapprocheront plus ou moins et c’est là, dans les limites de ces cas litigieux, que le pomologiste averti devra surtout faire appel à son jugement, à son expérience et à sa connaissance approfondie des fruits.
- 1. La pomme De Lestre est très variable dans sa forme; néanmoins, c’est au groupe des Dolitonnes qu’on doit toujours, à notre avis, la rapporter, bien qu’elle ait parfois l’allure d’un Pigeonnet.
- 2. C’est le nom classique, adopté par la Revue horticole, qui fait autorité en la matière; Sinope est un port turc de la Mer Noire, en face de la Crimée, d’où cette belle pomme est vraisemblablement originaire.
- Fig. 8. — Troisième sous-section : Calvilliformes allongées : à gauche Dolitonne; à droite, Pigeonnet.
- Dans l’état de confusion où nous sommes aujourd’hui, aucun progrès n’est possible en Pomologie si n’est pas édifié, tout d’abord, un bon groupement méthodique des fruits. Alors seulement pourra être tentée la « Classification scientifique et pratique » que M. A. Nomblot, avec la haute autorité que tout le monde lui reconnaît, préconisait en ces termes il y a déjà quelque vingt ans (Congrès pomologique de Gand, 1913).
- « Il faudrait, disait-il, partir d’un caractère précis et en séparant les fruits par des caractères secondaires, arriver jusqu’à la variété, comme on le fait dans les flores à l’aide de clefs analytiques ».
- Nous essaierons, dans un prochain travail, d’apporter une solution à ce redoutable problème.
- C. Houlbèrt,
- Conservateur du Musée d’Histoire naturelle de la Ville de Rennes.
- LA CULTURE DU CAFE AU CONGO BELGE
- De nombreux essais de culture du café au Congo ont été faits jadis, sans grand succès semble-t-il. C’est ainsi que pendant la première décade de ce siècle, des officiers, au service de l’Etat Indépendant, avaient réussi à cultiver plus de 2000 hectares de cette plante, et des magasins avaient été construits à Léopoldville pour recevoir les récoltes. Mais l’inexpérience des personnes chargées de conduire les cultures amena rapidement l’abandon de cette tentative, cependant fort intéressante. Reprises par les services de l’Agriculture, après 1910, les études agronomiques sur champs d’expériences aux environs de Stanleyville devaient aboutir seulement après 1918.
- Deux variétés sont aujourd’hui utilisées : le robusta et l’arabica. De robusta doit son nom à la vigueur de sa végétation; son rendement, après trois ans de plantation, va jusqu’à 1500 kg à l’hectare; il est surtout cultivé dans les régions basses et humides de la cuvette congolaise. Le haut rendement est maintenu grâce à des fumures vertes qui maintiennent la fertilité du sol et de légers ombrages. Les graines ont été importées de Java où il existe des milliers d’hectares consacrés à cette culture. Plus de 35 000 hectares sont actuellement consacrés à cette variété appréciée sur les marchés belges qui recherchent les cafés fprts.
- Les plantations de café arabica (Moka) se trouvent toutes dans la région des Grands Lacs et un peu au Sud du Katanga. L’altitude de ces contrées oscillant entre 1000 et 2000 m, le climat y est plus tempéré et plus sec. L’ensemble des plantations atteint à peu près 25 000 hectares. Le rendement est plus faible que celui du robusta; il atteint en moyenne 700 kg à l’hectare. On a cependant signalé, mais à titre tout à fait exceptionnel, des récoltes auKivu qui allaient jusqu’à 1400 kg.
- Plus délicat que son congénère, le Moka semble souffrir de quelques maladies cryptogamiques, cependant sans aucun caractère de gravité dans les plantations bien conduites. Par contre, son prix de vente est supérieur de 1 fr à celui du robusta qui vaut actuellement 5 fr sur le marché d’Anvers.
- Le tonnage importé par Anvers s’est élevé en 1933 à 15 000 t, le tiers des plantations étant seulement en plein rendement. Une moitié de celles-ci fournira sa récolte fin 1935 et au début de 1936. On espère que pour 1938, les 60000 hectares actuellement repiqués produiront une quantité telle qu’elle satisfera toute la consommation métropolitaine, actuellement de 40 000 t.
- Grâce à cet effort méritoire, la Belgique pourra ainsi se libérer d’un lourd tribut qu’elle paie aujourd’hui aux pays étrangers. G. R.
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- LE KAYAK ET LE HARPON DES ESKIMOS
- Fig. 1. — Kayak portant son équipement de chasse traditionnel. Groenland oriental. (Cliché A. Leroi-Gourhan. )
- Un des traits les plus particuliers de la cultui'e des Eskimos et celui qui a le plus frappé les voyageurs, c’est l’usage du harpon et du kayak. On a pu dire les prouesses, la maniabilité et l’insubmersibilité de cet esquif, qui, pour l’Eskimo est le cheval du Kirghiz ou le chameau des Touareg; mais, ce dont on ne se rend pas absolument compte, c’est du degré auquel l’union du chasseur et de son kayak a pu être poussée : union si profonde qu’elle a influencé le caractère physique des individus de certains groupements orientaux.
- Les Eskimos du Labrador et du Groenland opposent à des membres inférieurs grêles, réduits par la position accroupie dans le kayak, une musculature du tronc et des membres supérieurs considérablement développée par l’usage de la pagaie et du harpon.
- Le kayak a beaucoup évolué sous l’influence des facteurs physiques et des contacts avec les autres populations du Grand-Nord américain. Nous nous proposons de présenter ici le plus parfait de tous les kayaks, celui du Groenland.
- La figure 1 donne un tableau exact de la disposition des armes sur le kayak et de la forme générale de ce dernier. On peut voir actuellement à l’Exposition des peuples arctiques que nous avons organisée au Musée d’Ethnographie du Trocadéro un très ancien kayak de la côte orientale équipé suivant le mode traditionnel dont nous donnerons la description au cours de cet article.
- LES DIFFÉRENTES PHASES DE LA CONFECTION
- Lorsque le chasseur a l’intention de confectionner un kayak, il rassemble tout d’abord une certaine quantité de bois. Ce sont des épaves, des troncs jetés à la côte par les
- Fig. 2. — Armement du Kayak.
- A, lance. B, crochet à phoques. C, dard pour les oiseaux. D, harpon et propulseur. E, tambour de ligne. F, flotteur.
- courants, des planches abandonnées par les marins ou échangées contre des fourrures.
- Il s’arme d’une herminette (x) faite d’un vieux ciseau à bois et d’un manche. Quelques coins de bois de renne et un galet qui servira de marteau complètent son outillage. Il se met alors en devoir de débiter et d’équarrir les lattes qui maintiendront les couples et qui constitueront le cadre horizontal. Les couples sont taillés d’une seule pièce et courbés à chaud. La quille qui est la pièce la plus forte n’excède pas pourtant un pouce d’épaisseur. Les couples sont fixés à la quille, les pièces latérales et le cadre supérieur complètent le fuselage.
- Les différentes pièces sont assemblées par des ligatures de cuir de phoque et des chevilles de bois ou d’ivoire. L’armature terminée se présente sous la forme d’un fuseau développé à section sensiblement semi-circulaire.
- Les résistances sont soigneusement calculées et en particulier la résistance à l’avancement qui est absorbée dans les meilleures conditions par le profil du fuselage (2).
- Lorsque l’armature est montée, le travail des femmes commence. Les peaux qui servent au bordé sont des peaux de phoque préalablement rasées. Elles sont humectées, assouplies avec les dents et cousues au moyen d’un fil de ligament cervical de renne (3).
- L’ouverture circulaire par laquelle s’introduit le rameur est garnie de chevilles de bois qui dépassent de un à deux centimètres et sur lesquelles viennent se fixer les œillets ouverts dans la peau. On peut ainsi, tant que la peau est fraîche corriger les défauts de tension que les coutures n’auraient pu éviter. En séchant, les peaux se tendent sur le cadre et assurent la planéité absolue des surfaces.
- Il ne reste plus qu’à fixer, avec des chevilles de bois de renne, les pommeaux d’ivoire de proue et de poupe, les semelles de bois de renne de l’étrave et de l’étambot qui protègent la quille lorsque le kayak talonne à l’atterrissage et les courroies de dessus.
- Ces courroies de cuir de phoque sont destinées à assurer la fixité des accessoires. Des boucles et différents arrêtons d’ivoire de morse ou de narval marquent l’emplacement de chacune des pièces de l’armement et leur usage individuel apparaîtra au cours de l’exposé de l’armement lui-même.
- L’ÉQUIPEMENT DU KAYAK
- Le rameur se glisse dans l’ouverture circulaire où il s’assied, les jambes repliées. Un tapis de fourrure assure son confort et réduit l’engourdissement tout en le mettant à l’abri de la petite quantité d’eau qui pourrait se rassem-
- 1. Herminette : c’est la hachette à tranchant horizontal. Les hermi-nettes anciennes étaient faites de pierre taillée, jade, quartz ou silex. A l’heure actuelle on utilise des lames de fer, vieux ciseaux à bois ou burins européens fixés dans une douille de bois de renne et, plus couramment, des haches de fabrication européenne emmanchées horizontalement au moyen d’une courroie de cuir de phoque.
- 2. Pour les détails du montage : voir A. Leroi-Gourhan « Construction du kayak de type oriental », Camping, mai 1935.
- 3. Les Eskimos emploient, pour toutes sortes d’usages, le ligament cervical du renne dont les fibres sont séparées avec un poinçon d’ivoire et utilisées brutes, tordues par deux ou trois ou tressées. La longueur moyenne du brin qui constitue une aiguillée est d’environ 1 m.
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- Premier ei deuxième temps de la propulsion : pointage, puis départ du harpon.
- bler au fond de la coque. Ce tapis est communément de peau de phoque, mais les fourrures d’ours blanc ou de bœuf musqué sont particulièrement prisées pour la profondeur de leurs poils.
- L’étanchéité de l’ouverture circulaire est assurée, par gros temps, au moyen de la blouse de cuir qu’on borde solidement sur le cercle de bois ou par un manchon de cuir qu’on peut voir sur la figure 1. Dans les deux cas, une coulisse de serrage vient s’appliquer sur le cercle. La propulsion est assurée au moyen d’une pagaie double dont les pelles sont bordées d’os de baleine. Les Eskimos orientaux se servent d’une pagaie simple inspirée des modèles propres aux Indiens de la Colombie britannique. La figure 2 donne l’emplacement des diverses pièces de l’armement.
- Derrière le rameur, à gauche : la lance (A). Elle sert pour attaquer l’ours blanc, pour achever un phoque ou un petit cétacé harponnés. Sa portée est plus grande que celle du harpon et le pointage plus précis, car sa trajectoire n’est pas alourdie par le poids de la ligne de cuir de phoque. On projette la lance au propulseur ou à la main.
- Il convient de dire ici quelques mots du propvdseur et de son emploi.
- C’est une planchette de bois dont la figure 3 fera, mieux qu’une longue description, comprendre le fonctionnement. Le propulseur est très couramment employé comme auxiliaire des armes de jet. L’extrémité distale se termine le plus couramment par un crochet. C’est le cas des propulseurs de l’Australie et de ceux qu’on relève sur de nombreux points de l’Amérique ancienne et moderne. Les Eskimos utilisent tous le propulseur à crochet, mais les Eskimos occidentaux se servent en outre d’un propulseur femelle (fig. 4, F) dont l’œillet vient s’adapter au crochet de propulsion du harpon ou de la lance.
- Derrière le chasseur et à droite est placé le crochet à phoques (fig. 2, B) dont nous verrons l’usage plus bas.
- Devant, à gauche : la lance pour les oiseaux (fig. 2, C). C’est une arme qui atteint un très haut degré de perfection dans l’Alaska, où le chasseur peut la darder avec une assez grande précision à plus de 100 m. Au Groenland, la lance pour les oiseaux est plus lourde et sa portée sensiblement raccourcie. Les barbes latérales accrochent au passage l’oiseau que la pointe aurait pu ne pas atteindre. On la dirige sur les bandes d’oiseaux qui s’élèvent en si grandes masses ou flottent en tel nombre à la surface de la mer qu’un coup de lance n’est presque jamais perdu.
- Nous allons maintenant passer à l’étude de l’organe essentiel d’appareillage : le harpon.
- Le harpon comporte trois pièces principales qui sont disposées sur le kayak de la manière suivante :
- Devant le chasseur, à droite : le harpon (fig. 2, D). Dans l’axe du kayak et immédiatement en avant de l’ouverture circulaire : le tambour de la ligne (fig. 2, E). En arrière de l’ouverture circulaire : le flotteur (% 2, F).
- La hampe du harpon se divise en deux parties : la tige basculante (fig. 4, B) et le fût qui porte le tenon d’accrochage de la ligne (fig. 4, C) le tenon de fixation du propulseur (fig. 4, D) et le crochet de propulsion (fig. 4, E). Le propulseur en position d’attente est fixé au fût par le tenon de fixation et le crochet de propulsion. On le dégage du tenon de fixation avant le lancer.
- La pièce la plus importante de l’ensemble est la tête détachable (fig. 4, A) qui est fixée à la boucle terminant la ligne de cuir de phoque. Sa partie inférieure est creusée d’une logette qui vient s’adapter à la pointe de la tige basculante de la hampe. Un anneau de bois de renne à hauteur variable (fig. 4, G), qui s’ajuste au tenon d’accrochage de la ligne permet de régler la tension de cette dernière et d’assurer ainsi l’homogénéité de l’ensemble.
- Pour placer la tête, le chasseur bascule la tige de la hampe dont il introduit la pointe dans la logette de la tête. Il ajuste l’anneau réglable au tenon d’accrochage de la ligne, et d’un mouvement sec il redresse la tige basculante. La ligne se trouve tendue et maintient solidement les différentes parties du harpon.
- La ligne de cuir de phoque est découpée d’une seule pièce, en spirale, dans une grande peau. Elle peut avoir de 7 à 15 m de long. On l’enroule sur le tambour. Un anneau de bois de renne en forme de phoque, maintient les boucles en place. Au moment du lancer, on dégage cet anneau.
- Le flotteur (fig. 4, H), est fixé au bout de la ligne. C’est une outre de peau ou de parchemin de phoque gonflée et munie de deux barrettes-patins (fig. 4, I) qui se glissent sous les courroies qui sont immédiatement derrière le chasseur.
- LE HARPON EN ACTION
- Nous allons maintenant suivre l’Eskimo sur les lieux de chasse.
- A quelques centaines
- ig. 4. — Les organes du harpon.
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- Fig. 5.— Le harpon s’est fiché dans le corps du narval; celui-ci plonge.
- de brasses, un narval isolé pêche (1). De temps à autre il monte à la surface pour souffler, son dos luisant se déroule entre deux vagues et il reprend la plongée pour réapparaître plus loin.
- Le rameur avance aussi doucement que possible : courbé en avant et le visage soigneusement dissimulé par le capuchon de sa blouse. D’un peu loin, le kayak et son occupant, balancés sur les vagues peuvent faire penser à un petit cétacé.
- Le chasseur est maintenant à une douzaine de brasses, sur la dernière plongée du narval. Il dégage le harpon des courroies, le propulseur de son tenon, la boucle du tambour de la ligne et il pointe le kayak sur la remontée présumée du narval.
- Un petit jet de vapeur, le dos tacheté de noir qui passe à quelques longueurs de kayak ; d’un mouvement large et brusque du bras droit, le harpon est parti et se fiche dans l’animal (fig. 5). Le chasseur replace le propulseur devant lui.
- Pendant ce temps la ligne se déroule, le narval qui se débat a fait basculer la tige de la hampe, la tête du harpon s’est détachée et sous l’effet de la traction s’est mise en travers dans les chairs, ce qui lui interdit tout dégagement (fig. 6).
- Les efforts de l’animal ne serviront qu’à affermir la prise et à élargir les plaies internes.
- La hampe libérée remonte à la surface et, au passage le chasseur va la récupérer.
- Lorsque la ligne est déroulée, elle prend une tension telle que le kayak risquerait de perdre la liberté de manœuvrer. C’est alors que les barrettes-patins du flotteur glissent
- 1. C’est un petit cétacé dont la longueur varie entre 2 et 5 ou 6 m. Une incisive supérieure gauche du mâle est prodigieusement développée, elle pointe en avant dans l’axe du corps et peut atteindre 2 m de long. De très rares spécimens possèdent deux défenses.
- Fig. 6.— Dans sa fuite, le narval entraîne le flotteur; la hampe part à la dérive.
- de leurs courroies et que l’outre part avec la ligne à la suite du narval. Le décrochage automatique du flotteur épargne au chasseur toute une série de mouvements et lui laisse le libre usage de la pagaie, car il lui faut immédiatement prendre le sillage de l’animal en poursuivant à vue le flotteur qui ralentit considérablement l’avancement et sert de témoin pendant les plongées.
- Lorsque le narval épuisé remonte à la surface, la lance est prête, ou, s’il s’agit d’un chasseur « up to date » le fusil est épaulé. Une ou deux balles, quelques coups de lance et la prise est définitivement assurée. Le chasseur dégage le crochet à phoques et s’en sert pour amener le narval contre le kayak. La ligne du harpon sert à fixer la bête. De petits bouchons de bois ou d’ivoire ferment les blessures. Le sang ne s’échappera plus, et il en reste encore assez pour la soupe, le boudin ou le pudding.
- Et notre Eskimo rentre triomphalement avec son butin qui permettra au village de festoyer quelques jours durant.
- La prise d’un phoque ou d’un morse n’est guère différente de celle d’un narval. La taille et la résistance du gibier, la précision des coups font seuls varier la durée de la chasse.
- Nous n’avons donné ici que les pièces essentielles de l’armement, celles qu’on est presque sûr de rencontrer partout, mais la fantaisie du chasseur fait varier à l’infini les parties accessoires. On peut trouver, en avant et à droite, à côté du harpon, une gaine de cuir qui tiendra le fusil au sec. L’intérieur du kayak peut contenir des provisions, des bottes sèches de rechange, un ou deux flotteurs qui serviraient à boucher une voie d’eau ou à soulager un kayak lourdement chargé, le grattoir taillé dans un bois de renne avec lequel on fait tomber le givre avant ou après l’expédition.
- D’étroites lattes de bois d’une trentaine de centimètres de long et garnies de boutons d’ivoire sont utilisées pour se dépousser au départ ou réunir deux ou trois kayaks qui peuvent ainsi porter une charge considérable.
- Enfin, on fait assez généralement usage d’une petite voile blanche de toile européenne ou de parchemin qui simule un glaçon flottant et permet d’approcher le gibier beaucoup plus aisément. Dans ce but, d’ailleurs, le chasseur porte assez souvent une blouse de parchemin de phoque, blanchi, qui joint l’avantage du camouflage à celui de l’imperméabilité.
- Nous avons limité le cadre de cet article au Groenland. Le kayak oriental est en effet, à la fois le plus complet et le plus navigable, son harpon est le mieux adapté.
- Mais, d’un bout à l’autre de l’habitat des Eskimos, les principes restent les mêmes, leur application est invariable et une étude détaillée des variations allongerait considérablement ce travail sans apporter de données vraiment nouvelles.
- André Leroi-Gourhan, Chargé de la Section arctique au musée d’Ethnographie du Troeadéro.
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- SOLUTION DES PROBLÈMES PROPOSÉS DANS “LA NATURE"
- DU 1er MARS 1935 (N° 2948)
- Rappelons les données des problèmes :
- Problème A.— Mon premier a un chiffre, mon second est un carré, mon troisième est lu correctement par mon vis-à-vis, la racine de mon tout a deux chiffres.
- Problème B. — Mon premier multiplié par mon second donne mon dernier. La racine carrée de mon tout est 2 chiffres pairs.
- Problème C. — D’un académicien, on dit que les années 1° de sa naissance, 2° de son entrée à l’Académie, 3° de sa mort, ont pour millésimes 3 nombres ne différant que par le chiffre des dizaines. Si on fait pour chacun de ces nombres le produit de ses chiffres, le premier produit est nul, le second est inférieur à l’age de l’Académicien, lors de son élection, le 3e est un cube parfait. De quel immortel est-il question ?
- Problème D. — Trouver un nombre de 5 chiffres qui soit égal à 45 fois le produit de ses chiffres.
- Solutions.
- Problème A. — Le nombre cherché a 3 ou 4 chiffres. Sa racine en ayant 2, mon 3e aura 1 ou 2 chiffres et sera 0,8, 00, 69 ou 88. Sa racine étant un nombre entier, les terminaisons en 8 sont éliminées.
- Essayons 69; mon second aura alors 1 chiffre et sera 4 ou 9. Par ailleurs la racine se terminera par 7 ou 3 puisque le nombre finit par 9; 7 est aisément éliminé, reste 3; la racine se représente par a.3 l’avant-dernier chiffre du carré étant 6, a sera tel que 6a = 10 n + 6; n = l ne convient pas, reste n = 3 qui donne a — 6 ; racine 63. Nombre cherché : 3969.
- De même avec la terminaison 00, on trouve 4900, 6400, 8100.
- Problème B. — Le nombre cherché est compris entre 222 = 242 et 88a = 7744, le 1er et le 2e ont donc chacun 1 chiffre, le 3e en a 2. Le 3e étant divisible par 4 et se terminant comme le nombre cherché par 4 ou 6, est l’un des nombres : 16, 24, 36, 44, 56, 64 (inutile d’aller plus loin). A chacun de ces 3 e on peut associer les nombres dont le produit donne ce 3e, en observant qu’aucun de ces nombres ne doit dépasser 8. On aura donc à essayer : 4416, 2816, 8216, 4624, 6424, 3824, 8324, 6636...
- On constate que les deux suivants répondent aux conditions posées : 4624 (racine 68) et 3824 (racine 62).
- Problème C. -— Littré, académicien, né en 1801, entré à l’Académie en 1871, mort en 1881. Le millésime de l’année de la naissance a un zéro puisque le produit est nul. Ce zéro occupe le rang des dizaines, puisque les autres chiffres sont communs aux trois millésimes et que les 2 autres produits ne sont pas nuis. Evidemment le chiffre des centaines est 6 ou 7 ou 8. Comme le 3e produit est un cube parfait on arrive par éliminations successives au nombre 1881 dont le produit des chiffres est 64 cube de 4. Un dictionnaire ou un cours de littérature aidant, on trouve que Littré est mort en 1881, a été élu académicien en 1871 et est né en 1801.
- Problème D. •— Le nombre demandé est 77 175. En effet 77 175 = 45 X 7 X 7 X 1 X 7 X 5.
- Solution : Le nombre cherché est divisible par 5, donc terminé par un zéro ou un 5, mais comme le produit de ses chiffres n’est pas nul, il est terminérpar un 5. Donc c’est un nombre
- impair, donc tous ses chiffres sont des chiffres impairs. Appelons x le chiffre des dizaines de mille, y celui des mille, z celui des centaines et t celui des dizaines, on peut écrire l’égalité : 45 X x X y X 3 X t x 5 = 10 000 x + 1000 y + 100 z +10 t + 5 ; en divisant par 5: 45 XxXyXzXt— 2000 x + 200 y + 20 z + 2 t + 1.
- Le 1er membre est encore divisible par 5; pour que le 2e le soit il faut que « 2 t » soit terminé par 4 donc i = 7 et 2 t — 14 (t ne peut être égal à 2, parce que pair) et notre égalité devient 45XæXr/Xzx7 = 2000 x + 200 y + 20 z + 15 divisant encore par 5.
- 9 XxXyXzXl = 400 x + 40 y + -42 + 3
- Le 2e membre de cette égalité doit être divisible par 9, ce qui exige que la somme x + y + z + 3 égale un multiple de 9. Ce multiple ne peut être que 18, donc x + y + z — 15. Nous avons à choisir entre les combinaisons :
- 15 = 1 + 5 + 9 15 — 1 + 7 + 9 15 — 3 + 3 + 9 15 = 3 + 5 + 7
- Quelques essais montrent vite qu’il faut prendre 1 + 7 + 7 = 15.
- Le produit suivant : 45X1X7X7X7X5 donne en effet 77 175. Ce qui détermine immédiatement nos inconnues : æ = 7, t/ = 7, z = l et le nombre cherché est : 77 175.
- Ont trouvé les solutions justes :
- Problèmes A, B, C, D. — MM. Abbé Manigne, Ecole Bossuet, Brive (Corrèze) ; Léopold Port, ingénieur mécanicien honoraire, Brest; Pol Saquin, ingénieiir, E. C. P., Paris; Ducoté, rue de Cri qui, Lyon; Mme Persing, Casablanca (Maroc); Antoine Jouffray, Montalot, par la Roche-Darrieu (Côtes-du-Nord); Pierre Nicollier, Chemin Pré Fleuri, Lausanne (Suisse) ; Santini, ingénieur à Marseille (B.-du-R.) ; Anonyme.
- Problèmes A, B, D. — M. Noriel, industriel à Barbézieux (Charente).
- Problèmes B, C, D. — MM. Maurice Lebrun, Toulon; R. Tellier, instituteur à St-Georges-s-F. (Seine-Inférieure); Bernard, ingénieur T. P. E., Laignes (Côte-d’Or) ; HenriBaro-let, à Vanves (Seine); Croguennec, Marcel, Fort de Sucy-en-Briè (S.-et-O.); Marius Houliez, 12, rue Portalis, Paris.
- Problèmes B et D. — MM. Eugenio de Eschave, capitaine d’infanterie, Burgos (Espagne); Arnaud André, Marseille; Mercx, ingénieur à Ways-le-Genappe (Belgique).
- Problèmes C et D. •— M. E. Poisson, professeur à l’Ecole pratique, Douai; Mme Alliaume, LaVarenne(Seine) ; MM. Guet, avenue Gaugé, à Viroflay (S.-et-O.) ; Aussems, ingénieur à Woluwé, Bruxelles (Belgique); Léon Jeannin, ingénieur à Paris; M. Eleftheroudakis, élève au gymnase d’Athènes.
- Problème D. •— MM. Fonvieille, instituteur, Béziers (Hérault); Jullien, Keremma, en Tréflez (Finistère).
- Nouveaux problèmes proposés.
- Problème A. — Un observateur, placé devant l’entrée d’un tunnel, voit venir un train. Il tire sa montre. Il est exactement 5 heures quand la tête du train franchit l’entrée. Il est 5 heures et 20 secondes quand la queue du train disparaît.
- A 5 heures et 6 minutes exactement, cet observateur entend
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- le claquement caractéristique que produit l’air en rentrant dans le tunnel, au moment où la queue du train en sort.
- A la même heure exactement, l’observateur sait que la tête du train entre dans une gare située à 125 mètres de la sortie du tunnel.
- Ceci posé, la vitesse du son dans le tunnel étant de 335 mètres à la seconde, on demande : 1° la longueur du tunnel; 2° la vitesse du train; 3° sa longueur.
- Problème B. — Pique-nique. — Quatre jeunes filles, Marie, Louise, Pauline, Hélène, partent le matin pour une promenade. Trois d’entre elles emportent des provisions pour la collation de midi et pour celle de 4 heures.
- Marie emporte 20 oranges et 16 pêches;
- Louise possède 12 pêches et 14 gâteaux;
- Pauline ne possède que 6 gâteaux et 12 oranges. Hélène, prévenue trop tard, invitée au dernier moment, n’a rien emporté. Mais elle a l’intention de dédommager ses compagnes.
- Quand les quatre jeunes filles se sont partagé également les friandises, elles font leur compte.
- Hélène met 21 francs sur la nappe, et Pauline en met trois. Sachant que le nombre entier qui représente le prix de chaque pêche est la moyenne géométrique du prix de chaque orange et du prix de chaque gâteau, on demande comment Marie et Louise vont se partager les 24 francs que Pauline et Hélène leur ont abandonnés. Abbé Huelle,
- Aumônier du lycée d’Amiens. Problème C. — Extraire la racine carrée suivante : a b c d da
- & d e f a a c d a
- acd 777 ooo
- sachant que d — 1,50 a. (M. Arnaud, Marseille).
- Nous souhaitons bonne chance et bon courage aux chercheurs de ces 3 curieux problèmes si différents.
- Virgile Brandicourt.
- L’ESCARGOT ALIMENT ET MEDICAMENT
- Dans quelles proportions consomme-t-on, chez nous, ce mollusque ? Je n’ai pas de statistiques à produire, mais personne n’ignore combien il s’en débite, rien qu’aux Halles Centrales. Je ms suis laissé dire que les escargotières de la Bourgogne, du Poitou et de la Champagne et aussi celles de Suisse, d’Autriche, d’Italie mêms, en expédient près de 500 000 kg, bon an, mal an.
- On ne s’en étonne plus quand on sait que l’escargot est, à la fois, un aliment et un médicament. Comme aliment, sa valeur nutritive est, cependant, très contestable; la digestion en est difficile : il ne saurait convenir à tous les estomacs, et il demande, en outre, un assaisonnement fort relevé.
- En Provence, on mange les escargots à l’ailloli, la sauce • chère aux gens du Midi. En Lorraine, on les fait cuire, généralement, avec du beurre et des herbes odoriférantes. En Bourgogne, où l’on consomme presque exclusivement les escargots de vignes, on les prépare avec du bouillon de viande, des épices et du citron; on lie la sauce avec du beurre frais, de la farine; on en fait même des pâtés.
- Les Grecs et les Romains étaient assez friands d’escargots; ils les engraissaient dans des viviers avec du blé et du vin cuit.
- Les espèces qui passaient pour être les meilleures étaient celles des îles de Sardaigne, de Sicile et de Chio. Les plus délicates provenaient des îles Baléares et de Capri.
- Aujourd’hui, on continue à manger l’escargot presque dans toute l’Europe, bien qu’il constitue un mets plutôt insipide, si on ne l’associe pas aux condiments les plus forts.
- De plus, les escargots se nourrissent de presque tous les végétaux indifféremment. D’ordinaire, ils conservent la saveur et le parfum des plantes qu’ils ont absorbées, et cela suffit, dans un grand nombre de cas, pour mettre en garde les consommateurs contre l’action toxique que peut exercer sur l’organisme humain la chair de ces animaux.
- Moquin-Tandon a cité deux exemples d’empoisonnement produit par des limaçons qui avaient été cueillis sur un pied de belladone. La Revue de littérature médicale a publié l’histoire de trois personnes empoisonnées par des escargots ramassés sur la jusquiame et le datura. Mais, je m’empresse d’ajouter que de pareils faits sont exceptionnels.
- Par contre, si la valeur alibile de l’escargot est médiocre, ses propriétés médicamenteuses paraissent moins contestées.
- Hippocrate vantait les limaçons écrasés contre les maladies de la région où le gros intestin perd son nom. Galien professait que, brûlés avec leurs coquilles et mélangés à une galle verte et une pincée de poivre blanc, ils guérissaient la dysenterie. Quant à Celse, il disait le plus grand bien des limaces vivantes appliquées sur les articulations des goutteux et sur le ventre des hydropiques.
- Dioscoride écrivait, dans son « Traité de Zoologie », que la coquille d’escargot incorporée dans du miel fortifiait la vue. Pline notait, dans son interminable Encyclopédie, qu’une pierre trouvée dans la tête d’une limace pouvait rendre de grands services aux petits enfants à l’époque de la dentition. Il fallait, pour leur faire venir les dents plus tôt et plus aisément, leur suspendre au cou cette petite masse calcaire. On n’en finirait pas, au surplus, si l’on voulait énumérer les fantaisies écloses dans le cerveau des anciens à propos des escargots.
- Sans croire avec les auteurs de l’antiquité et ceux du Moyen-Age que l’escargot fournit des remèdes à une infinité de maux, on peut avoir une confiance très grande en ses propriétés pectorales, souvent expérimentées. On fait aujourd’hui encore usage, dans les affections catarrhales chroniques et dans presque toutes les maladies des bronches, de la tisane, du sirop et de la pâte d’escargot.
- Le sirop dont la base est faite avec 1’ « hélice » vigneronne (escargot des vignes) et la pâte, dans la composition de laquelle entre 1’ « hélice chagrinée » agissent comme la tisane. Ils ont, sur le médicament aqueux, l’avantage d’être plus agréables à l’œil et au goût.
- Le docteur Chrestien,'de Montpellier, qui a publié, plusieurs observations d’affections du poumon et du larynx, guéries par l’emploi d’escargots, n’usait ni de la tisane, ni du sirop, ni de la pâte; il dépouillait simplement l’animal de sa coquille et le faisait avaler vivant au malade. Il répétait cela, trois, six, neuf, douze et même vingt-quatre fois par jour.
- D’autres médecins ont obtenu des effets aussi satisfaisants, sans condamner le client au supplice de l’escargot cru; parmi ceux-là il s’en trouve qui, n’ayant pas éprouvé la moindre difficulté à faire fondre une pâte ou glisser un sirop dans une mignonne bouche rose, se seraient vus, certes, repousser avec horreur, s’ils avaient proposé d’y introduire une bête gluante et vivante. L. Kuentz.
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- LA VOUTE CÉLESTE EN JUILLET 1935 (*)
- Deux éclipses se produiront ce mois-ci : la première de Lune, le 16 juillet; la seconde de Soleil le 30. L’éclipse du 16 sera en partie visible à Paris; celle du 30 est réservée aux rares habitants de la région antarctique.
- A signaler la visibilité de Mercure, de Vénus, de Mars, de la petite planète Vesta, de Jupiter et de Saturne, puis la série habituelle des conjonctions, occultations, etc. L’occultation de X Sagittaire du 15 juillet sera très intéressante à suivre.
- I. Soleil. — La déclinaison du Soleil, en juillet, varie de + 23o10, le 1er à + 18°,27' le 31 et la durée du jour décroît de 16h4m le 1er à 15*8“ le 31.
- Voici le temps moyen à midi vrai ou, si l’on préfère, l’heure de passage du centre du Soleil au méridien de Paris :
- Dates. Heure du passage.
- phase se produira à 9*16“ et la fin (dernier point de la Terre qui verra l’éclipse), à 10*30“.
- Cette éclipse sera visible au Sud de l’Océan Atlantique et dans l’Océan Antarctique.
- II. Lune.
- comme suit
- Les phases de la Lune, en juillet, se produiront
- P. Q. le 8, à 22» 28“ P. L. le 16, à 5h 0m
- D. Q. le 22, à 19*42“ N. L. le 30, à 9*32“
- t 1er 11* 54“ 9B
- 3 11 54 33
- 5 11 54 55
- 7 11 55 15
- 9 11 55 35
- 11 11 55 52
- 13 11 56 8
- 15 11 56 22
- 17 11 56 33
- 19 11 56 43
- 21 11 56 51
- 23 11 56 56
- 25 11 57 0
- 27 11 57 1
- 29 11 57 0
- 31 11 56 56
- Age de la Lune le 1er juillet, à 0* = 0!,2; le 31, à 0* = 0>, 6. Pour avoir l’âge de la Lune, à une autre date du mois, ajouter 1 jour par jour écoulé depuis le 1er juillet.
- Plus grandes déclinaisons de la Lune en juillet : le 13, à
- 21* = — 25°52'; le 26, à 15* = + 25°52'.
- On remarquera la faible élévation de la Lune sur l’horizon le 13 juillet, vers 22*.
- Apogée de la Lune (plus grande distance à la Terre) le 6 juillet, à 3*. Parallaxe =54'9". Distance == 404 945 km.
- Périgée de la Lune (plus petite distance à la Terre) le 18 juillet, à 3*. Parall. = 60'36". Distance = 361 850 km.
- Occultations d'étoiles par la Lune. — Le 15 juillet, occultation de X Sagittaire (2“,9) : Immersion à 0*43m,5.
- Observations physiques. —
- Nous recommandons l’observation quotidienne du Soleil car il peut s’y produire — cela s’est déjà vu — des phénomènes rapides qui, sans une observation suivie, pourraient passer inaperçus. Voici la suite des données utiles pour orienter les dessins et les photographies du Soleil.
- Dates. P B. L.
- Juillet 5 —1«,28 + 3», 30 238°, 78
- — 10 + 1*,00 + 3°,83 172°,60
- — 15 + 3°,25 + 4°, 33 106,43
- — 20 + 5»,46 -f 4°,80 40,27
- — 23 + 6*,76 + 5°, 06 0,58
- — 25 + 7*,61 + 5*,23 334,12
- — 30 + 9»,70 + 5*,63 267,98
- Lumière zodiacale; lueur anti-solaire. — Ces phénomènes célestes sont pratiquement inobservables en juillet.
- La Lune sera presque pleine (P. L. le 16, à 5*); l’étoile disparaîtra un peu à l’Est du point nord du disque. L’occultation sera de courte durée, mais la sortie de l’étoile ne sera sans doute pas visible, vu la faible hauteur de la Lune sur l’horizon (elle se couche, le 15, à 2* 44m). Très curieux phénomène, essayer de voir l’émersion.
- Le 18, occultation de p Verseau (5m,4) : émersion à 22*34m,0.
- Le 19, occultation de 170 B Verseau (6m,l) : émersion à 0* 41», 0.
- Le 25, occultation de 104 Taureau (5®,5) ; émersion à 0* 46“,0.
- Lumière cendrée de la Lune. — A observer le 27 juillet, au matin avant l’aube.
- Eclipse totale de la Lune. — Le 16 juillet, éclipse totale de Lune, en partie visible en France. Voici les heures des phases de ce phénomène :
- Fig. 1. — Déplacement sur le ciel de la petite planète n° 4 (Vesta) du 17 juillet au 29 octobre 1935. __
- Cette petite planète va se trouver en opposition avec le Soleil le 7 septembre prochain, et atteindra la magnitude 6m,4. Elle sera visible avec une petite jumelle.
- Eclipse partielle de Soleil du 30 juillet. — Voici une petite éclipse qui sera bien peu observée. Sa grandeur maximum sera de 0,231* le diamètre du Soleil étant égal à un.
- L’éclipse générale commencera à 8*2“ (T. U.) ; la plus grande
- 1. Toutes les heures figurant dans lejprésent « Bulletin astronomique » sont exprimées en temps universel (T. U.) compté de 0* à 24* à partir de 0* (minuit). Pendant la période d’application de l'heure d’été, ajouter 1* aux heures indiquées ici.
- Entrée de la Lune dans la pénombre...........2*16»
- Entrée dans l’ombre........................... 3* 12“
- Commencement de l’aube civile..................3* 23“
- Coucher de la Lune, à Paris....................4‘ 4m
- Commencement de l’éclipse totale...............4* 9®
- Milieu de l’éclipse............................5* 0“
- Fin de l’éclipse totale. . ..................5*50“
- Sortie de l’ombre..............................6* 47“
- Sortie de la pénombre..........................7* 43“
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-
-
- ===== 516 .......=
- Cette longue éclipse — elle dure 5h27“ — sera surtout intéressante pour l’Amérique du Sud, en raison de la forte déclinaison australe de notre satellite. A Paris, seule l’entrée dans l’ombre pourra être observée. L’aube gênera beaucoup les observations.
- Grandeur de l’éclipse : 1,761, le diamètre de la Lune étant un.
- Le commencement de l’éclipse sera visible de presque toute l’Afrique, du Sud-Ouest de l’Europe, dans l’Océan Atlantique, dans l’Amérique du Nord, dans l’Amérique du Sud, etc. La fin sera visible dans l’Océan Atlantique, dans l’Amérique du Nord, dans l’Amérique du Sud et à l’Est de l’Océan Pacifique.
- Marées, Mascaret. — Les plus grandes marées du mois se produiront surtout à l’époque de la pleine Lune du 16. Voici quelques heures de la pleine mer, à Brest:
- Marée du matin. Marée du soir.
- ——»_ ‘ ^*11
- Heure. Coefficient- Heure. Coefficient.
- Juillet 16 3“ 46m 0,84 16“ 10m 0,89
- — 17 4 33 0,94 16 57 0,97
- — 18 5 19 0,99 17 42 1,00
- — 19 6 4 1,00 18 27 0,99
- — 20 6 49 0,96 19 11 0,92
- — 21 7 34 0,88 19 57 0,82
- Le phénomène du mascaret n’est pas annoncé pour ce mois-ci.
- III. Planètes. — Nous avons dressé le Tableau ci-après à l’aide des données de VAnnuaire astronomique Flammarion. Ce Tableau contient les renseignements nécessaires pour rechercher et observer les principales planètes pendant le mois de juillet 1935.
- Voici la phase et la magnitude stellaire de Mercure.
- Magnitude
- Dates. Phase. Diamètre. stellaire.
- Juillet 5 0,149 9",9 + 1,6
- — 10 0,258 8,8 + 1,0
- — 15 0,390 7,8 + 0,5
- — 20 0,544 6,8 — 0,1
- — 25 0,711 6,0 — 0,6
- — 30 0,861 5,5 — 1,2
- Vénus, qui a atteint sa plus grande élongation du soir le
- 30 juin, brille encore d’un magnifique éclat au-dessus du cré-
- puscule.
- Vers le 15 juillet, Vénus présentera un aspect analogue au
- dessin n° 7 de la figure parue au «Bulletin astronomique» du
- n° 2948 du 1er mars 1935.
- Voici la phase et la magnitude stellaire de Vénus :
- Magnitude
- Dates. Phase. Diamètre. stellaire.
- Juillet 5 0,467 25”,4 — 4,0
- — 10 0,437 27,1 — 4,0
- — 15 0,405 27,1 — 4,0
- — 20 0,371 31,1 — 4,1
- — 25 0,334 33,4 — 4,2
- — 30 0,296 36,1 — 4,2
- Vénus est, en ce moment, visible à l’œil nu en plein jour.
- Mars va se trouver, le 16 juillet, à 20\ en quadrature orientale avec le Soleil. On dispose maintenant de peu de temps pour l’étudier, son diamètre diminue et bientôt les observations avec les petits instruments deviendront impos-
- ASTRES. Dates : Juillet. Lever à Paris. Passage au méridien de Paris. Coucher à Paris. Ascen- sion droite. Déclinai- son. Diamètre apparent. Constellation et étoile voisine. VISIBILITÉ.
- 12 4» 1» 11“ 56“ 08 19“ 51“ 7» 23“ + 22“ 4' 31'31",0 Gémeaux »
- Soleil . . . 24 4 14 11 56 58 19 40 8 11 + 20 1 31 32,4 Cancer > »
- 12 2 44 10 28 18 13 5 53 + 20 14 8,4 K Taureau 1 Le matin, plus grande
- Mercure . . 24 2 47 10 45 18 43 6 56 + 22 19 6,2 Gémeaux i élongation le 14.
- 12 8 5 14 57 21 47 10 23 + 10 26 27,6 0 Lion Très belle, le soir, se
- Vénus . . . 24 8 13 14 42 21 9 10 55 + 5 32 32,6 Lion couche de plus en plus
- tôt.
- 12 12 28 17 50 23 12 13 17 — 8 47 8,6 Y Vierge
- Mars. . . . 24 12 14 17 25 22 35 13 39 — 11 10 8,0 Y Vierge Dès l’arrivée de la nuit.
- 12 14 24 19 17 0 13 14 45 — 14 53 37,6 Ç Balance Première partie de la
- Jupiter. . . 24 13 39 18 30 23 22 14 46 — 15 0 36,4 ç Balance nuit.
- „ . 12 22 0 3 23 8 41 22 48 — 9 31 16,4 <7 Verseau Seconde partie de la
- S<iLulll6 • • 24 21 12 2 34 7 41 22 47 — 9 45 16,8 a Verseau nuit.
- Uranus. . . 16 23 28 6 30 13 33 2 12 + 12 48 3,4 \ Baleine Seconde partie de la nuit.
- Neptune .. . 16 8 35 15 14 21 52 10 57 + 7 44 2,4 Z. Lion Inobservable.
- Mercure arrivera à sa plus grande élongation du matin, le 14 juillet, à 16\ à 20°35' à l’Ouest du Soleil. Cette élongation, en raison de la forte déclinaison boréale de Mercure, permettra de bien l’observer pendant une quinzaine de jours, surtout après le 14 juillet. Ayant trouvé la planète, on pourra la suivre jusqu’après le lever du Soleil et l’observer en plein jour. Les images seront meilleures, la planète étant alors dégagée des brumes de l’horizon.
- sibles. Remarquer, du 10 au 20 juillet, le très grand rapprochement apparent de Mars et de a Vierge.
- Vesta, la petite planète n° 4, la plus brillante de toutes puisqu’elle atteint souvent la visibilité à l’œil nu, ari'ivera en opposition avec le Soleil le 7 septembre prochain. On pourra dès à présent la rechercher à l’aide de notre petite carte (fig. 1) et des positions que voici:
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- Dates. Ascension droite. Déclinaison.
- Juillet 17 23» 39“,2 — 10-18'
- — 25 23“ 40m,7 —10° 52
- Petite lunette ou jumelle. Au mois de septembre la magnitude atteindra la valeur 6m, 4.
- Jupiter se couche à présent vers minuit. Il faut se hâter de l’observer, car bientôt il va disparaître dans le rayonnement solaire.
- Voici quelques phénomènes présentés par les satellites dans leur mouvement autour de la planète centrale :
- Phénomènes du système des satellites de Jupiter.
- Date : Juillet. Heure. Satel- lite. Phéno- mène. Date : Juillet. Heure. Satel- lite. Phéno- mène.
- 1 21-20“ III E. f. 11 22-18“ II P. c.
- 2 21 18 I Im. 13 22 5 II E.f.
- 3 20 45 I P. f. 15 22 29 III Im.
- 3 21 50 I O. f. 17 22 18 .1 P. c.
- 4 21 59 II O. c. 18 22 49 I E. f.
- 4 22 16 II P. f. 19 20 8 I O. f.
- 8 20 42 III Em. 25 21 19 I Im.
- 8 23 22 III E. c. 26 19 54 I O. c.
- 9 23 8 I Im. 26 20 49 I P. f.
- 10 20 26 I P. c. 26 21 22 III O. c.
- 10 21 35 I O. c. 26 22 3 I O. f.
- 10 22 36 I P. f. 27 22 17 II Im.
- 11 20 54 I E. f. 29 21 28 II O. f.
- Saturne devient de mieux en mieux visible. Voici les éléments de l’anneau à la date du 11 juillet :
- Grand axe extérieur................................ 41 ',29
- Petit axe extérieur................................+ 4",07
- Hauteur de la Terre au-dessus du plan de l’anneau. + 5°,66
- Hauteur du Soleil au-dessus du plan de l’anneau. . + 7°,75
- On pourra rechercher Titan, le plus lumineux des satellites de Saturne, lors de ses élongations :
- Dates. Elongation. Heure.
- Juillet 7 Orientale 4-,0
- — 15 Occidentale 8-,3
- — 23 Orientale 2\1
- — 31 Occidentale 6-,3
- Uranus va se trouver en quadrature occidentale avec le
- Soleil le 29 juillet, à 12-. Voici quelques positions où l’on pourra
- rechercher cette planète :
- Diamètre
- Dates. Ascension droite. Déclinaison. apparent.
- Juillet 6 2-llm + 12-43' 3", 4
- — 16 2 12 + 12 48 3,4
- — 26 2 13 + 12 51 3,4
- Neptune est inobservable.
- IV
- Phénomènes divers.
- Conjonctions
- 5, à 0h, Vénus en conjonction avec la Lune,
- 6, à 7-, Neptune — —
- Le Le
- Le 9, à 10-, Mars Le 11, à 7-, Jupiter Le 14, à 7-, Vénus Le 19, à 13h, Saturne Le 23, à 10-, Uranus Le 25, à 6U, Vénus Le 26, à 17-, Mercure Le 29, à 6-, Mercure
- à 4°24' N.
- — à 5°34' N.
- — à 5°5' N.
- — à 6-12' N.
- avec p Lion (4m,0) à 0° 9' S.
- la Lune, à 6®21' S.
- — à 5»57' S. Neptune, à 2°35' S. o Gémeaux (3m,7), à 0°15' N. la Lune, à 0°36' N.
- Etoile Polaire; Temps sidéral. —Voici quelques passages de l’Etoile Polaire au méridien de Paris :
- Temps sidéral à 0h pour le méridien
- Dates. Passage. Heure. de Greenwich.
- Juillet 10 — 20 — 30
- Supérieur
- 6-21“25B 5 42 19 5 3 12
- 19- 7“58B
- 19 47 23
- 20 26 49
- Etoiles variables. — Minima d’éclat de l’étoile Algol (jü Per-sée), variable de 2“,2 à 3m, 5 en 2*20- 48“ : le 1er juillet, à lh 25m; le 21, à 3“ 6m; le 23, à 23- 55m.
- Le 11 juillet, maximum d’éclat de R Bouvier, variable de 5“,9àl2“,8en225J,5.
- Etoiles filantes. — La chute des Persëides commence vers le 7 juillet. Le radiant initial se trouve vers l’étoile o Cassiopée. Voici quelques radiants actifs en juillet :
- Epoque. Ascension droite. Etoile Déclinaison. voisine.
- Juillet 23 au 25 48» + 43» P Persée
- — 25 au 28 335» -f 26» i Pégase
- — 26 au 29 342» — 34» o Poisson Austral
- — 27 7» + 32° S Andromède
- — 27 au 20 341» — 13» o Verseau
- — 27 au 31 29» + 36» (3 Triangle
- — 31 310» + 44° a Cygne
- Le radiant des Aquarides, situé près de o Verseau, donne des météores lents, à longues trajectoires. On pourra commencer les observations le 25 et les continuer jusqu’au 30 juillet.
- V. Constellations. — L’aspect de la voûte céleste le l«r juillet à 23- ou le 15 juillet à 22“ est le suivant :
- Au Zénith : Le Dragon; la Lyre; Hercule.
- Au Nord : La Petite Ourse, Cassiopée; Andromède. Le Cocher est à l’horizon.
- A l’Est : Le Cygne; l’Aigle; le Dauphin; Pégase; le Verseau; les Poissons.
- Au Sud : Le Sagittaire; le Scorpion; Ophiuchus.
- A l’Ouest : La Couronne; le Bouvier; la Vierge.
- Au Nord-Ouest : La Grande Ourse.
- Em, Touchet.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- POUR ENLEVER LES TACHES DE VIN SUR LES TABLES DE MARBRE
- Il convient d’abord de frotter les tables de marbre avec un tampon imbibé d’eau de Javel, pour faire disparaître les taches de vin existantes ;
- bien rincer à l’eau tiède, puis laisser sécher complètement une heure ou deux. Alors seulement encaustiquer avec une solution de pétrole lampant contenant par litre 20 gr de cire blanche et 10 gr de paraffine. Finalement polir à la flanelle. Le marbre ainsi préparé ne se laissera plus que difficilement pénétrer par les liquides susceptibles de le colorer.
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- == LA RADIOPHONIE PRATIQUE =
- NOUVEAUTÉS TECHNIQUES - CONSEILS PRATIQUES CONSTRUCTION D’APPAREILS SIMPLES
- LES POSTES AMÉRICAINS DE QUALITÉ
- Les Américains ont réalisé, les premiers, des appareils de T. S. F. en grande série. L’importance du marché intérieur le leur permettait.
- Les appareils de série, fabriqués et vendus à bon marché, ont largement pénétré sur le marché européen. Aussi, pour la grande masse du public sans-filiste, un appareil américain est-il un récepteur à bas prix construit en grande série.
- Fig. 1.— Poste Américain Zénith-Radio « toutes ondes » à 10 lampes.
- Cette opinion n’est plus absolument exacte aujourd’hui. Les constructeurs américains se sont, en effet, rendu compte que, pour concurrencer les constructeurs européens, il fallait désormais présenter des ensembles très perfectionnés et de haute qualité. Le facteur qualité, et particulièrement qualité musicale, est devenu un argument de vente essentiel pour un grand nombre de constructeurs américains au cours de la saison 1935.
- De plus, ces constructeurs se sont efforcés de réaliser des appareils adaptés aussi bien que possible aux desiderata de la clientèle européenne : permettant de recevoir les émissions jusqu’à 2000 m de longueur d’onde, possédant un cadran de réglage avec indication directe des noms des stations, présentation dans une ébénisterie de forme élégante, etc.
- Les Américains, comme les Européens, emploient désormais des lampes à électrodes multiples, mais ils n’ont pas abandonné pour cela la fabrication des postes à grand nombre de lampes. Les récents appareils américains de qualité comportent ainsi un nombre de lampes encore plus grand que ceux d’il y a quelques mois. On peut y voir 10, 11, 14, ou même 16 lampes, pour des appareils de série.
- Dans ces postes, les systèmes de sortie sont formés par des lampes montées en push-pull ou en parallèle; de plus, un certain nombre de lampes à électrodes multiples ou non jouent des rôles distincts, pouvant quelquefois être remplis par les autres lampes du poste.
- On peut avoir ainsi des lampes oscillatrices séparées, de même que des lampes anti-fading. Il y a même des lampes distinctes pour commander le système de réglage silencieux et l’indicateur de réglage visuel.
- Étant donné le prix relativement peu élevé des lampes américaines, cette augmentation du nombre de lampes n’augmente guère le prix de revient. La difficulté supplémentaire de réglage est plus ou moins compensée par la spécialisation des rôles joués par chaque lampe, ce qui rend, en réalité, la mise au point moins délicate.
- On voit sur la figure 1 un modèle de poste de forme Midget, bien caractéristique des nouveaux postes américains de qualité. C’est un appareil toutes ondes permettant la réception depuis 12 jusqu’à 2000 m de longueur d’onde, et avec combinateur à 5 gammes : de 12,5 m à 33,2 m, de 28,6 m à 75 m, de 68,5 m à 200 m, de 200 à 565 m, et enfin, de 720 à 2070 m.
- Le cadran de réglage est du type Aviation; les graduations sont disposées sur 360° sur toute la surface. U y a évidemment
- 5 gammes correspondant aux 5 positions du bouton combinateur qui se trouve à droite, et elles sont indiquées par des couleurs différentes.
- Il y a deux aiguilles de repère : l’une qui se déplace d’une manière normale, l’autre tournant plus vite, et formant vernier. Cette dernière est particulièrement précieuse pour la réception d’ondes courtes. Elle se déplace en face d’une échelle graduée de 1 à 12.
- Le bouton de commande est double, avec deux boutons concentriques, en réalité. Le bouton intérieur correspond à un réglage relativement rapide pour la réception des ondes moyennes; la démultiplication est de 18 à 1. Le bouton extérieur permet un réglage minutieux pour la réception des ondes courtes; la démultiplication est alors de 99 à 1.
- Un bouton de contrôle à quatre positions permet d’augmenter à volonté la tonalité grave ou aiguë; il n’agit pas, comme les systèmes ordinaires, par suppression des notes aiguës, mais bien par addition des notes graves. Enfin, un boutQn à gauche permet la mise en marche et le réglage de l’intensité de l’audition.
- On voit, au-dessus du cadran de réglage, une petite fenêtre dans laquelle apparaît l’indicateur de réglage visuel à ombre, d’un type dont nous avons indiqué le principe, et sur lequel nous reviendrons.
- Ce poste, uniquement pour courant alternatif et du type superhétérodyne, comporte dix lampes.
- L’amplificatrice haute fréquence pentode est du type
- 6 D. 6, la radio-modulatrice est une pentagrille; elle est suivie de deux étages moyenne fréquence également à pentodes
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-
-
-
- du type 6 D. 6. La deuxième détectrice est une double diode triode du type 75 permettant un effet anti-fading. Une lampe spéciale triode 76 agit sur le système de réglage visuel électromagnétique à ombre. Enfin, la deuxième basse fréquence est une pentode du type 42 reliée par résistance à l’élément triode du système détecteur. L’étage de sortie est constitué par deux lampes pentodes du type 42 également montées en push-pull (fig. 2).
- . = 519 =
- »
- graphiques, mais permettant l’enregistrement des ’ émissions radiophoniques de la voix et de la musique.
- Le modèle de la figure 3 comporte un châssis récepteur avec une lampe haute fréquence, une radio-modulatrice, trois, étages moyenne fréquence, une lampe anti-fading, une deuxième détectrice, un premier étage basse fréquence à deux lampes, deux lampes de sortie, et une valve.
- Le système de réglage de la tonalité et de l’intensité sonore
- Radiomodulatrice
- Lampes de cadran
- lampe de
- SlI
- 42 Lampes desortie 42 Lampe BF
- 75 Dét.Antifading
- Fig. 2 — Schéma du poste de la figure 1.
- Ce système est donc particulièrement sensible et puissant. Grâce au fractionnement du combinateur à 5 gammes, il permet d’obtenir une excellente sensibilité sur toute la bande de longueurs d’onde couverte, résultat difficile à atteindre en raison de son étendue.
- Sur le même principe, les constructeurs américains établissent des appareils combinés dans des meubles, et constituant des ensembles très complets, non seulement radio-phono-
- est étudié, de façon à ne pas amener de variation de la tonalité lorsqu’on fait varier l’intensité. Des boutons séparés permettent d’augmenter l’amplificaticn sur les notes aiguës ou sur les notes graves. %
- L’appareil comporte d’abord un dispositif de reproduction des disques avec changeur de disques électromécanique pour éléments de 25 ou de 30 cm de diamètre.
- Il est également possible de jouer les disques de grande
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-
-
-
- = 520 ==:
- durée à la vitesse de 33 1/3 tours par minute seulement.
- En employant des disques spéciaux, à sillons préalables non modulés et en matière cellulosique, en utilisant une aiguille burin, on peut enregistrer directement les réceptions radiophoniques. Une lampe luminescente au néon indicatrice marque automatiquement l’intensité nécessaire pour cet enregistrement.
- On peut également adapter à l’appareil un microphone extérieur sans alimentation séparée, et obtenir ainsi sur les mêmes disques l’enregistrement de la parole et même de la musique.
- UN APPAREIL MODERNE DE MESURE ET DE DÉPANNAGE TRÈS COMPLET
- L’hétérodyne de mesure, appareil émetteur d’ondes entretenues et généralement modulées, est devenue un appareil
- Fig. 3. — Radiomeuble américain R. C. A. formant radiophonographe et enregistreur de disques.
- indispensable aux professionnels et même bien souvent aux amateurs. Elle a souvent complètement remplacé, en particulier, l’ancien ondemètre qui était un émetteur d’ondes amorties. Il y a évidemment en faveur du premier système tous les avantages des ondes entretenues sur les ondes amorties d’autrefois.
- L’hétérodyne se prête à différentes mesures. Elle rend également possible la vérification et le réglage des pièces détachées du récepteur. Grâce à elle, on peut réaliser rapidement des dépannages, des mises au point et des étalonnages.
- Il existe maintenant des modèles d’hétérodyne modulée alimentés par batteries ou par le courant du secteur; les dispositifs de la deuxième catégorie sont évidemment beaucoup plus pratiques, du moins pour les usages fixes. Il faut seulement, bien entendu, que la fréquence des oscillations produites
- soit autant que possible indépendante de la tension du secteur.
- On peut trouver aujourd’hui dans le commerce des hétérodynes de mesure très pratiques.
- Le petit appareil représenté ainsi sur la figure 4 est renfermé dans un boî-tier entièrement blindé et de dimensions réduites, de 165 X145 X145 mm.
- Il comporte simplement deux lampes F\g- 1Iél^ne f mesure simplifiée . . , , „ r alimentée par batteries (système Bouchet),
- triodes a faible consommation, et produit des oscillations en ondes entretenues pures ou modulées. Son cadran est gradué directement en longueur d’onde. Il peut être alimenté pour un usage intermittent par une simple pile de ménage de 4 v pour le chauffage, et une pile de plaque d’une vingtaine de volts; pour un usage régulier, on utilise des accumulateurs de 4 ou de 20 v.
- Un appareil beaucoup plus complet constituant un véritable laboratoire de T. S. F. est représenté sur la figure 5; il a été établi suivant les brevets de M. Lucien Chrétien.
- Ce dispositif présente la particularité intéressante d’être alimenté entièrement par le courant du secteur alternatif, et pourtant de produire une tension haute fréquence à peu près indépendante de la fréquence et des radiations locales dont la longueur d’onde est indépendante de la tension du secteur.
- Il comporte, en principe, un générateur hétérodyne de mesure à puissance rayonnée réglable,"fournissant à volonté une onde entretenue pure ou modulée sur trois gammes de longueur couvrant sensiblement de 150 à 3000 m.
- La seconde partie du système comporte un dispositif amplificateur constituant un voltmètre amplificateur, et un appareil de mesure pouvant être employé séparément. L’appareil comporte trois lampes à chauffage indirect et une valve biplaque.
- Sur la face avant inclinée sont disposés un milliampère-mètre pouvant fonctionner en voltmètre à cadre et un grand cadran à lecture directe. Ce cadran porte une graduation extérieure indiquant les longueurs d’onde en mètres entre 180 et 600 m, une autre échelle entre 500 et 1500 m, une troisième échelle entre 1200 et 3300 m. Enfin, une dernière graduation concentrique indique les étalonnages et capacités en millièmes de microfarad.
- Sur le côté, à gauche du boîtier blindé, on voit une douille pour la connexion d’un fil servant d’antenne émet-trice, à côté le bouton de commande d’un con-
- Fig. 5. — Ondemetre hétérodyne Biplex-Bouchet.
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- densateur variable auxiliaire facilitant la mesure des capacités, ainsi qu’une borne reliée à la terre.
- Sur le côté droit du boîtier, sont montés les boutons de commande du système essentiel de repère relié à la grande flèche, en dessous ceux de deux petits condensateurs ajustables.
- La face avant verticale antérieure porte, enfin, des douilles permettant les connexions pour la mesure des capacités et les différentes tensions, ainsi que des inverseurs, turnblers, assurant les mises en connexion des différents bobinages, suivant les différents usages du système.
- Avec cet appareil si complet, on peut mesurer les longueurs d’onde, étalonner un. récepteur, comparer la sensibilité de plusieurs récepteurs différents, vérifier l’alignement d’un dispositif de réglage unique, en réglant soigneusement le bloc des condensateurs variables.
- L’hétérodyne permet également de vérifier les éléments de liaison moyenne fréquence, de mesurer les capacités, de déterminer l’inductance d’un bobinage, soit pour vérifier sa similitude avec un bobinage étalon, soit pour connaître son coefficient de self-induction inconnu. On peut également déterminer de cette manière la capacité répartie d’un enroulement.
- L’appareil est assez sensible pour mettre en évidence la différence qui peut exister entre deux bobinages identiques, dont l’un est chaud et l’autre froid; on peut ainsi chercher l’amélioration d’un circuit, puisque la mesure est faite exactement dans les conditions d’emploi des bobinages.
- L’appareil permet la mesure des capacités par lecture directe entre 0 et 50/1000 de microfarad, ainsi que la détermination de la qualité d’un condensateur variable par l'examen quantitatif des pertes en haute fréquence.
- Enfin, il assure la mesure par comparaison des tensions en haute ou en basse fréquence. D’ailleurs, le milliampèremètre peut être employé comme voltmètre à cadre à grande résistance, avec déviation totale pour 5, 50 ou 500 v.
- Ce même voltmètre dont la résistance suivant la sensibilité est de 1000, 10 000 ou 100 000 ohms, et pour lequel la déviation totale s’effectue pour 5 milliampères, peut être employé comme ohmmètre. Il suffit d’intercaler en série avec la résistance à étudier une batterie de 4 v ou de 40 v suivant que la valeur de la résistance est approximativement comprise entre 0 et 7000 ohms, et 0 et 70 000 ohms. Il est facile d’établir un tableau de correspondance entre les résistances et les déviations de l’aiguille du voltmètre.
- On a ainsi un instrument de vérification qui est un des plus complets que l’on puisse établir à l’heure actuelle.
- UN MODÈLE ORIGINAL DE HAUT-PARLEUR ÉLECTRODYNAMIQUE
- La majorité des haut-parleurs utilisés actuellement sont du type électrodynamique. Le moteur, c’est-à-dire l’organe qui permet de transformer les oscillations à fréquence musicale en vibrations mécaniques, comporte alors une bobine très légère parcourue par les courants musicaux provenant de l’amplificateur, et placée dans le champ d’un électro-aimant puissant.
- Cette bobine mobile est généralement solidaire d’un diffuseur conique encastré dans un écran acoustique ou « baffle » permettant la reproduction des notes graves, en allongeant le parcours des ondes sonores entre la face antérieure et la face postérieure du diffuseur.
- Malgré ses qualités, le moteur électrodynamique est relativement imparfait. Le rendement électromécanique d’un moteur de bonne qualité ne dépasse pas 25 pour 100 pour les fréquences graves, et 5 pour 100 pour les fréquences aiguës.
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- C’est sans doute le fonctionnement lui-même du diffuseur qui détermine, en partie, cet inconvénient.
- La longueur d’onde sonore pour les notes graves est très grande pour la dimension des membranes; inversement, pour les notes aiguës, elle est faible vis-à-vis de la hauteur du diffuseur, et les différents points de ce dernier ne sont pas susceptibles de se déplacer simultanément, et en phase.
- Ainsi, pour les notes aiguës, au delà de 3000 périodes-seconde par exemple, une membrane de dimension moyenne convient mal, parce qu’elle n’est plus assez rigide, et peut produire des effets d’interférence. En toute rigueur, il faudrait alors adopter des membranes petites et rigides, de quelques centimètres de diamètre seulement, pour diminuer le décalage de phase entre les divers éléments.
- Inversement, pour la reproduction des notes graves, le diamètre est généralement trop petit, et on devrait employer des diffuseurs de grand diamètre, de l’ordre de 30 à 60 cm.
- Un haut-parleur de grand diamètre ne peut reproduire fidèlement les notes aiguës, par suite de bruits parasites, de
- Fig. 6. — Haut-parleur Voigt à deyx cônes diffuseurs concentriques (ph. Wireless-World ).
- distorsions dues à des effets de résonance et, réciproquement un haut-parleur pour notes aiguës ne peut reproduire les notes graves dans de bonnes conditions, parce que sa bobine mobile ne peut effectuer des oscillations d’assez grande amplitude.
- En général, le rendement des haut-parleurs électrodynamiques devient très faible pour les hautes fréquences musicales, parce qu’alors la masse du diaphragme et de l’équipage mobile agissant sur les couches d’air environnantes détermine un grand amortissement qui diminue la radiation sonore. Il est difficile d’établir des bobines et des diffuseurs assez légers et, en même temps, assez résistants pour supprimer cet inconvénient.
- Depuis quelque temps, un grand nombre de chercheurs, surtout anglais et américains, ont tenté de perfectionner Je haut-parleur électrodynamique. Les moyens proposés ont consisté dans l’adoption de diffuseurs particuliers comportant généralement plusieurs cônes distincts, dans l’utilisation de bobines mobiles spéciales également en plusieurs
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- avant
- avant
- Fig. 7. — A gauche : disposition ordinaire du haut-parleur électro-dynamique ;
- A droite : modèle Huguenard sans suspension centrale.
- sections, etc. Enfin, un dispositif plus simple, mais également plus rudimentaire, consiste simplement à adopter, au lieu d’un seul haut-parleur, un ensemble de haut-parleurs de caractéristiques différentes, dont chacun est adapté au mieux pour la reproduction d’une gamme musicale déterminée (fig. 6). ^
- Un ingénieur français, M. Huguenard, a eu récemment
- Fig. 8. — Aspect du haut-parleur Princeps-Huguenard.
- l’idée de modifier, non plus la forme du diffuseur ou de la bobine mobile, mais la suspension de l’équipage mobile
- (fig. 7).
- En principe, la membrane légère et rigide, en forme de tronc de cône, formant le diffuseur est maintenue sur les bords de sa grande base par un anneau souple, distinct ou non, fixé sur la partie circulaire du bâti, et une suspension formée de bras souples assure le centrage de la bobine dans l’entrefer.
- On ne porte pas assez attention, généralement, à l’établissement de cette suspension dont la réalisation est très délicate, surtout quand l’appareil est petit. Un haut-parleur électrodynamique idéal comporterait, en réalité, un équipage mobile entièrement libre, et un cône diffusant entièrement rigide. En pratique, la souplesse de la suspension laisse parfois beaucoup à désirer; ainsi, si l’on considère un haut-parleur électrodynamique de modèle courant pour radiophonie, dont la bobine se déplace d’une longueur de l’ordre de 4 mm pour la reproduction des notes très graves avec une suspension classique, cette longueur peut passer à 12 mm, par exemple, lorsque la suspension est supprimée. On conçoit dans ces conditions que la reproduction des notes graves correspondant à des déplacements lents et de grande amjditude soit rendue difficile.
- D’autre part, une partie de la suspension vibre en même temps que le cône, et elle peut avoir une fréquence de vibration propre déterminant des vibrations parasites auxquelles on donne le nom de « son de mirliton », dans le langage du praticien.
- Dans le modèle établi par cet ingénieur français, la fixation de la bobine B n’est pas centrale ; le diffuseur est inversé, comme le montre la figure 8; la petite base est donc dirigée vers l’extérieur, et un tube rigide, plus léger, en réalité, qu’une suspension ordinaire, rend la bobine solidaire du cône.
- Dans ces conditions, lorsque le cône pivote pour une raison quelconque, la bobine tourne du même angle autour de son centre, et il ne se produit pas de déplacement transversal très important.
- Le déplacement de la bobine le long de son axe peut ainsi se produire sans risquer de venir toucher les pièces polaires, et le réglage est beaucoup moins délicat que dans le cas ordinaire.
- Nous voyons, en effet, sur la figure 7, que lorsqu’il se produit un pivotement accidentel du diffuseur C, ce pivotement se produit autour d’un point O qui est le centre de sa grande base, et le déplacement correspondant de la bobine mobile sera beaucoup moins important.
- La suppression de la suspension centrale et la disposition particulière du diffuseur paraissent ainsi apporter au système des avantages remarquables, et la solution proposée semble tout au moins avoir le mérite d’être originale et d’attirer l’attention des techniciens sur un point encore négligé de la construction des haut-parleurs.
- P. H.
- Adresses relatives aux appareils décrits :
- Postes américains toutes ondes : Établissements Zénith-Radio, boulevard Pershing, Paris; Intercontinental Radio-Electrique, 16, avenue Hoche, Paris.
- Ondemètres-Hétérodynes Biplex, Établissements Bouchet, 30 bis. rue Cauchy, Paris (15e).
- Nouveaux modèles de haut-parleurs électro-dynamiques : Établissements Lepeuve, 27, rue Diderot, Issy-les-Moulineaux.
- Haut-parleur à deux cônes Voigl : Ciné-Secours, 5, rue Denis-Poisson Paris (17e).
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- LIVRES NOUVEAUX
- Théorie du circuit électrique de Heaviside, par
- L. Cohen; traduit de l’anglais par F. SARaAT. 1 vol., 186 p. Léon Eyrolles, éditeur, Paris, 1935.
- Heaviside, physicien et mathématicien anglais, intéressé aux problèmes de la propagation de l’électricité dans les conducteurs, créa, pour leur étude, des méthodes mathématiques extrêmement originales et qui se sont révélées, en même temps, d’une grande puissance et d’une grande commodité. Elles permettent, en particulier, de résoudre aisément par le calcul les problèmes très complexes relatifs aux filtres électriques, aux câbles électriques, aux lignes de transmission d’énergie. L’ouvrage du Dr Cohen permettra aux lecteurs français pourvus d'une bonne culture mathématique, de s’initier sans difficultés â la technique du calcul de Heaviside.
- Les locomotions mécaniques, Origines, dates et faits, par Louis Bonneville. 1 vol., 278 p., Dunod. Paris, 1935. Prix : broché 18 fr.
- Cet ouvrage rassemble toutes les dates intéressantes dans l’histoire de la locomotion mécanique moderne : vélo, auto, avion. 11 a cherché à fixer les priorités, à mettre chacun â la place qui lui revient et a fait revivre les heures héroïques où l’esprit inventif et le bon sens de l’artisan français produisirent des mécaniques, des moteurs, des avions qui pour leur temps furent des merveilles.
- Les filtres colorés, par A. Luzy. 1 vol. 94 p., 32 fîg. Collection Pholo-Ciné. Éditions J. de Francia. Paris, 1935. Prix : 4 fr 50.
- Il est actuellement, sur le marché, bien peu d’émulsions qui ne soient pas au moins orthochromatiques, sinon panchromatiques; les avantages indiscutables des émulsions sensibles aux couleurs les ont imposées. Mais si leur emploi ne soulève aucune difficulté sérieuse, du moins faut-il, pour en tirer tout le parti possible, savoir ce qu’on peut leur demander, et, pour cela, posséder une connaissance assez complète de l’action des lumières colorées et du rôle des filtres. Ce sont ces problèmes qu’a traités M. Luzy de façon à les rendre facilement intelligibles, même à tout photographe n’ayant que de rudimentaires notions scientifiques.
- Recherches sur les combinaisons entre les sels de calcium et les aluminates de calcium, par J. Foret. 1 broch., 67 p. Hérmann et Cie, Paris, 1935. Prix : 15 fr.
- Quels sont les corps définis qui constituent les aluminates de chaux ? Quelle est l’action des divers sels de chaux usuels sur ces corps ? Ces questions, capitales pour la connaissance des ciments et la détermination a priori de leurs résistances aux agents de corrosion, restent pleines d’obscurité. L’auteur apporte ici sa contribution en exposant le résultat de ses recherches personnelles sur les sels complexes susceptibles de se former à partir des aluminates calciques.
- La cellulose (lre partie), par M. Battegay et L. Denivelle. 1 broch., 11 fig. Hermann et Cie, Paris, 1935. Prix : 18 fr.
- Cette étude- résume nos connaissances actuelles sur l’hydrate de carbone le plus abondant dans la nature, et non moins important par ses innombrables applications industrielles : dans cette première partie on trouve d’abord, exposés à grands traits les méthodes de séparation et de purification de la cellulose, les procédés de dosage, les propriétés physiques et chimiques de ce corps; puis les auteurs montrent comment, des réactions chimiques auxquelles donne lieu la cellulose* on déduit sa constitution chimique et comment les spectres de rayons X sont venus confirmer les inductions des chimistes.
- Manuel pratique du peintre décorateur, par
- P. Hettinger. 1 vol., 192 p., 66 fig. Garnier frères, éditeurs. Paris, 1934. Prix relié : 9 fr.
- L’artisan peintre ou décorateur trouvera ici d’utiles conseils pratiques et de précieux renseignements qui lui faciliteront l’apprentissage et la pratique de son métier. Notions très simples de géométrie, indications précises pour réaliser des imitations de bois ou de marbres, décoration des frises et des trumeaux, pratique du pochoir, décoration des tentures, notions sur les styles, recettes de peintures.
- Champignons innocents (moyens de les reconnaître aisément), par H. Vittenet. 1 vol., 120 p., 149 fig. 2 planches en couleurs. Librairie agricole de la Maison-Rustique. Prix broché : 10 fr.
- Voici un précieux petit livre simple, et pratique; destiné aux mycologues néophytes, il leur apprend à distinguer les champignons dangereux des champignons comestibles, sans exiger une instruction botanique préalable trop poussée. De très clairs dessins illustrent les explications très précises et très méthodiques du texte. Une belle planche
- en couleurs groupe tous les champignons mortels ou dangereux de nos contrées, qui font l’objet d'un chapitre spécial. Ainsi guidé, le chercheur de champignons ne pourra commettre d’erreurs graves. M. Vittenet indique également la conduite à tenir en cas d’empoisonnement fongique.
- Aperçu historique des progrès de la botanique depuis cent ans (1834-1934), par J. Costantin. 1 vol. in-8, 203 p., 86 fig., 17 pl. Masson et Cie, Paris, 1934. Prix : 40 fr.
- Les Annales des sciences naturelles datent de 1824. Devant l’abondance des travaux, elles se scindèrent en 1834 en deux parties, l’une zoologique, l’autre botanique. L’actuel directeur, dont nos lecteurs connaissent le remarquable esprit d’observation et le talent d’exposition, a profité du centenaire de la publication pour passer en revue l’effort accompli, les tendances apparues depuis un siècle. Bilan glorieux pour la botanique et pour la revue qui a enregistré fidèlement toutes les nouveautés et tous les mouvements. Il résume successivement les questions primordiales (génération spontanée, caractères du règne végétal, cellule et sa division, etc.), les travaux de systématique, les données sur la reproduction et la génétique, l’étude du milieu, la physiologie, la répartition géographique, les applications agricoles. C’est un vaste tableau, une heureuse synthèse, un document historique qui marque les immenses progrès accomplis.
- Les mammifères de France, parle Dr Robert Didier et Paul Rode. Archives d’histoire naturelle de la Société nationale d’acclimatation, t. X, 1 vol. in-8, 398 p., 214 fig. 1 pl. en couleurs. Au siège de la Société, 4, rue de Tournon, Paris, 1935.
- Peu nombreux — moins d’une centaine d’espèces — les Mammifères de France sont un beau sujet d’observation pour le zoologiste et le naturaliste amateur. Ce livre les guidera sûrement tant pour la connaissance anatomique et biologique que pour la détermination. On y trouve tout ce qu’il faut savoir : les caractères distinctifs, les mœurs, la répartition géographique et même les parasites. On ne saurait trop recommander ce volume à tous ceux qui vivent à la campagne et qui veulent apprendre à observer correctement.
- Als Naturforscher in Ostafrika, parle Dr P. A. Chappuis. 1 vol. in-8, 119 p., 1 fig., 13 pl., 1 carte. Schweizerbart’sche Verlagsbuchhandlung, Stuttgart, 1935. Prix : 5 marks; relié, 6 marks.
- Le Dr Chappuis, de l’Univers’té de Cluj, fit avec les professeurs Arambourg et Jeannel, cette expédition de l’Omo, de 1932, qui parcourut l’Afrique orientale, du lac Rodolphe au lac Victoria, en naturalistes à la recherche de gisements de fossiles et aussi d’observations géologiques et zoologiques. Ce livre raconte le voyage en soulignant les paysages et les modes de vie dans cette nature tropicale et montagneuse encore peu connue.
- Les grottes paléolithiques des Beni-Segoual
- (Algérie), par C. Arambourg, M. Boule, H. Vallois, R. Ver-neau. Archives de l’Institut de paléontologie .humaine. Mémoire 13. 1 vol. in-4, 242 p., 48 fig., 22 pl. Masson et Cie, Paris, 1935. Prix : 180 fr.
- On connaît peu encore les anciens habitants des rives sud de la Méditerranée. M. Arambourg a trouvé et fouillé dans le golfe de Bougie des grottes dont certaines ont fourni de nombreux squelettes, des ossements d’animaux, des coquillages, des objets en pierre. Il décrit ses trouvailles et les situe dans les temps quaternaires, puis MM. Boule, Vallois et Verneau étudient les ossements humains, de 26 hommes et 14 femmes, qu’ils rapprochent du type de Cro-Magnon et des hommes de l’archipel canarien.
- Principes et applications de l'économétrie, par
- Paul Razous. 1 vol. in-8, 187 p., 26 fig. Dunod, Paris, 1935.
- L’économétrie, son nom l’indique, est la mesure des ressources et des besoins, des échanges et des biens qui en résultent. Influencée par les théories politiques et plus encore par les réactions psychologiques, elle a cependant ses lois mathématiques et statistiques. Ce petit livre les dégage et montre ce qu’on en peut tirer pour l’ajustement des productions, des consommations, de la circulation et de la répartition des biens. Cette économie politique et sociale quantitative apporte beaucoup de précision dans la discussion des faits.
- Le radium à faible dose et la médecine générale, par le Dr G.-H. Niewenglowski, 1 broch. in-16, 60 p. Desforges, Girardot et Cie, Paris. Prix : 6 fr.
- L’auteur, après avoir rappelé les principales propriétés du radium, passe en revue les principaux résultats obtenus, les indications et les contre-indications de çette nouvelle thérapeutique très simple, qui consiste à utiliser de très faibles dosés de radium ou d'émanation.
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- 524 : NOTES ET
- HISTOIRE DES SCIENCES La médaille Bessemer au Pr Portevin.
- La médaille d’or Bessemer, décernée par le Iron and Steel Institute, de Londres, a été accordée cette année à un ingénieur métallurgiste français, M. Portevin, professeur à l’Ecole Centrale, ancien président de la Société des Ingénieurs Civils de France.
- Cette haute distinction destinée à récompenser des services éminents rendus à la métallurgie, a été jusqu’ici décernée 67 fois, dont 25 fois à des titulaires non anglais. La France en a bénéficié 8 fois ; parmi les titulaires français on peut citer les noms célèbres de Osmond, Pourcel et Le Châtelier.
- On doit à M. Portevin de très importants travaux sur les traitements thermiques des aciers, sur la coulabilité des alliages ternaires, sur l’oxydation et la corrosion des aciers.
- BOTANIQUE
- La poire de terre Cochet.
- (.Polymnia edulis, Weddel).
- La Poire de terre de Cochet porte, dans les Andes de l’Équateur, les noms de Yacon, Aricoma, Jiquima et Jiquimilla.
- Le botaniste Weddel la trouva sur les marchés de la Paz et de Bogota. Cette poire n’est pas une poire, mais une racine, en tous points semblable à celle du Dalhia qui est de la même famille et dont la culture est aussi aisée. Elle vit très bien, et donne de fortes récoltes, dans les cordillières du Pérou, de la Colombie et de l’Équateur, à 2500 et 3000 m d’altitude. Cette racine n’est pas considérée comme un légume, mais plutôt comme une friandise que l’on consomme, sans cesse, pendant la saison. Les Indiens connaissent cette plante depuis des temps immémoriaux et, quand ils en ont trop, les animaux bénéficient du surplus, de même que, lors de la végétation en saison chaude, ils leur donnent les feuilles de ce végétal.
- Voici une description de la plante, d’après le botaniste Weddel : Racine tubéreuse; tiges robustes, rugueuses, hautes de 1 m 50 environ, hérissées de poils dès la base; feuilles ovales, amples, faiblement acuminées, sinuées, dentées; fleurs à rayons plus courts que l’involucre, d’un centimètre de diamètre, jaunes. Le Polymnia edulis appartient à la famille des Composées qui est aussi celle des laitues, artichauts, salsifis, chicorées, etc.
- En 1912, je reçus par hasard de Colombie, sous le nom de Aricoma-Yacon, des fragments vivaces de cette racine, mais dans un si mauvais état, que j’eus beaucoup de peine à les faire revivre. J’y réussis néanmoins, car ce végétal est des plus robustes. Je n’ai eu ensuite qu’à multiplier cette plante que je reconnus être le Polymnia edulis de Weddel.
- Le Y acon, après plusieurs années de culture sous le climat de Paris, prouva sa rusticité et sa facile propagation.
- Il demande un sol léger ; alors sa végétation est superbe. De telles terres ne sont pas rares en France.
- Les tubercules, nombreux autour de la souche, sont de teinte grise au dehors, blancs transparents au dedans, remplis d’une eau sucrée, à saveur de poire, un peu fade. J’ai réussi des confitures, fort agréables, en ajoutant du sucre au jus des tubercules de ce Polymnia.
- L’eau de cuisson de ce fruit souterrain, prend une couleur d’un beau vert, dont la confiserie pourrait sans doute tirer parti.
- J’ai fait analyser les tubercules par M.M. G. Rivière et
- INFORMATIONS
- Bailache, qui y trouvèrent une notable proportion de matières saccharifères.
- Les fanes de la plante, à l’état frais, sont aussi utilisables pour le bétail; bien que les feuilles soient velues, les vaches, les lapins en sont friands.
- Cette composée saccharifère est très prolifique, chaque pied peut produire de 5 à 15 et même 20 tubercules, de 6 à 8 cm de diamètre et de 0 m, 15 de longueur à peu près, plus ou moins droits, plus ou moins renflés.
- Dans son pays, cette racine se mange habituellement crue et elle y est estimée à l’égal des meilleurs fruits parles classes populaires, ce qui n’empêche nullement — comme je l’ai vu moi-même — les classes riches de s’en délecter, après l’avoir fait séjourner dans la glace et trempé dans du rhum [tafia).
- Si la saveur du Yacon ou Aricoma est fade, le goût en est assez agréable, quoique ce soit celui d’une mauvaise poire. C’est ce goût particulier, qui incita, probablement, Cochet à dénommer le Polymnia edulis, Poire de terre, nom que portent, dans plusieurs langues, bon nombre d’autres végétaux tuberculeux.
- En 1860, Weddel écrivait, dans les Annales des sciences naturelles :
- « Je ne doute pas que ce Polymnia, nouveau (pour la botanique), ne prospère sous les climats de l’Algérie et du Midi de la France. Ce ne serait pas comme produit alimentaire (légume), mais plutôt comme plante industrielle destinée, soit à la fabrication de l’alcool, soit à la nourriture des bestiaux, tant à cause de la quantité considérable de saccharine de ses tubercules, qu’à cause de son grand produit. J’ajoute que cette plante, considérée comme succédanée du Topinambour, présenterait sur ce dernier un avantage, celui de ne pas tracer, elle serait par conséquent beaucoup plus facile à extirper des terrains où on la cultiverait. Ses parties vertes sont d’ailleurs encore beaucoup plus abondantes et surtout plus tendres que celles du Topinambour et seraient sans doute, pour cette raison, plus recherchées des animaux. »
- Je considère la Poire de terre Cochet comme une plante économique, bien supérieure à la betterave; si toutes les terres ne lui conviennent pas (les sols argileux entre autres), le climat importe peu, puisque plantée sous celui de Paris, en avril, j’en récoltais en novembre des tubercules parfaitement mûrs et utilisables.
- Dans la région méridionale, la plante peut rester en terre à la même place, plusieurs années de suite, pourvu qu’en été on lui donne de l’eau.
- Avec le seul pied que j’avais sauvé, la même année j’eus 32 tubercules, pesant ensemble 3 kg (ce qui représenterait pour deux touffes au mètre carré, 60 000 kg à l’ha) et je pouvais, au printemps suivant, planter 35 touffes, issues du seul tronc produit.
- Au cours de la saison estivale, sans nuire à la production souterraine et jusqu’à fin septembre, on peut couper une bonne partie du feuillage et même quelques tiges pour les donner aux animaux, vaches, lapins, chevaux, etc. Cette suppression facilite même la maturation des racines.
- C’est donc un fourrage pour l’été par son feuillage et une nourriture de premier ordre pour l’hiver par les tubercules. La récolte se conserve très bien en cave; ce n’est qu’au moment de l’emploi qu’on doit laver les racines..
- Quoique prodigieusement féconde, la poire de terre n’épuise pas le sol.
- Certainement, lors de son introduction en 1850, ni Cochet, ni personne, ne se douta des avantages précieux qu’on pouvait
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- retirer de cette plante, riche en sucre et en alcool et de plus, propre à la nourriture du bétail.
- La plante oubliée devrait revenir à l’honneur.
- R. dE Noter.
- TÉLÉVISION
- Berlin inaugure un service de télévision journalier.
- On vient d’inaugurer à Berlin, avec une certaine solennité, un service de programmes journaliers d’émissions de télévision. Ces programmes comportent, jusqu’à nouvel ordre, des films de cinéma et des films d’actualité, constituant le « Miroir de la Semaine », coupés par des transmissions musicales.
- Les maisons s’occupant d’essais de télévision feront, sans doute, de grands efforts pour mettre sur le marché, dans un prochain avenir, des récepteurs télévisuels de prix abordable; mais on compte surtout sur l’activité des amateurs de T. S. F., qui, dans la télévision, trouvera un nouveau domaine. Et l’on s’attend à voir de nombreuses maisons mettre en vente des boîtes de constructions de télévision, avec collections de pièces détachées.
- Fig. 2. — L’émetteur de télévision sur ondes ultra-courtes de Witzleben.
- Les caractéristiques de l’émission — 180 lignes, 25 images par seconde — ne sont nullement définitives ; bien au contraire, on espère les améliorer dans un prochain avenir. Pour les films en blanc et noir, les films truqués par exemple, les copies ordinaires seront suffisantes; pour les films ordinaires, comportant toute l’échelle de tonalités intermédiaires, il faudra, au contraire, tirer des copies particulièrement floues, exemptes de contrastes.
- Les fluctuations de courants correspondant à la luminosité variable des éléments d’images explorés l’un après l’autre passent à travers un amplificateur spécial, d’où elles se rendent, à travers un câble spécial, à l’émetteur de télévision de Witzleben. Dans une salle de contrôle attenant au projecteur de cinéma, on a prévu des indicateurs et des récepteurs de télévision permettant d’examiner et de contrôler sans cesse le fonctionnement de l’émetteur.
- Le nouveau service de télévision dispose d’une voiture cinématographique comportant toutes les installations pour prendre des films d’actualité et les développer et fixer dans la journée, quitte à en faire, le soir même, l’émission télévisuelle. L’émission immédiate des événements, soit par exploration directe, soit par le procédé; du film intermédiaire, prendra
- Fig. 1. — L’étage final, refroidi par L’eau, de l'émetteur de télévision de Witzleben (système Telefunken) à ondes ultra-courtes.
- toutefois une importance de plus en plus grande, reléguant à l’arrière-plan les émissions cinématographiques ordinaires. On sait que dans le procédé du film intermédiaire, un film est développé, fixé, rincé et séché si rapidement que la pellicule, une minute environ après la prise des vues, est prête à être télévisée; c’est dire que ce procédé rend les événements visibles avec un décalage d’une minute seulement. D’autre part, on fera aussi des émissions directes à exploration par tache lumineuse.
- A. Gradenwitz.
- Fig. 3. — Montage d'un récepteur de télévision, système Telefunken.
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- INVENTIONS ET NOUVEAUTÉS
- Transformateur
- Moteur
- Faisceau infra- rouge
- 'Disque perforé
- Fig. 1. — Projecteur de lumière modulée.
- M, moteur; L, lampe à filament très court alimentée par le transformateur T, les rayons sont filtrés par un verre au manganèse placé dans le diaphragme P puis traversent le disque perforé D entraîné par le moteur; O, lentille donnant un faisceau cylindrique. (D’après
- l’Alsthom).
- SÉCURITÉ
- Relais photo=électrique à « lumière modulée ».
- A mesure que l’emploi des cellules photo-électriques se généralise dans l’industrie, des montages nouveaux sont étudiés pour répondre à des applications différentes; mais il est à remarquer que les modifications apportées par les constructeurs portent presque uniquement sur les circuits électriques contrôlés par la cellule ou sur la dispositioiT des faisceaux lumineux, mais rarement sur la nature même du rayonnement mis en jeu. L’infra-rouge, pratiquement invisible et peu coûteux à produire, est aujourd’hui le plus couramment utilisé.
- Pour des montages de surveillance policière, convenant, par exemple, à la protection des coffres-forts, vitrines de joailliers, chambres fortes de banques, une société de constructions a été conduite à étudier un dispositif inédit qui met en jeu la lumière modulée à fréquence musicale.
- Il paraîtrait, en effet, que certains malfaiteurs trop ingénieux auraient trouvé le moyen d’« aveugler » les cellules photo-électriques de protection au moyen d’une lampe électrique de poche portée au bout d’une canne. Les rayons lumineux ou infra-rouges, émis par la lampe, suffisent dans ces conditions pour neutraliser toute l’installation tandis que les cambrioleurs vaquent à leur besogne !
- Le principe consiste donc à réaliser un récepteur photoélectrique sensible uniquement à un rayonnement spécial impossible à produire sans un appareillage complexe. Le choix des constructeurs s’est porté sur la lumière (ou l’infra-rouge)
- Fig. 2. — Récepteur de lumière modulée.
- Le faisceau est concentré sur la cellule C dont le courant produit une chute de tension modulée dans la résistance R reliée à la première grille G. Le circuit plaque de cette lampe, construit comme un « filtre », ne laisse passer que les impulsions de courant de fréquence voisine de 250 par seconde. La seconde lampe fonctionne en détectrice et agit sur le relais R qui commande les appareils d’utilisation. (D’après l’Alsthom).
- Lentille
- Cellule
- Faisceau infra -rouge modulé
- Amplificateur-Sélecteur
- Relais
- hachée périodiquement suivant un rythme déterminé par la rotation d’un moteur à vitesse sensiblement constante.
- L’installation comporte un projecteur de lumière modulée, éventuellement des miroirs pour la réflexion du faisceau et un récepteur.
- Le projecteur comprend (fig. 1) : un moteur monophasé asynchrone M de 1/50 de ch, à démarrage par capacité, entraînant un disque perforé D à la vitesse de 2800 tours/min; une lampe L à filament très court qui éclaire le disque à travers un diaphragme P dont l’ouverture porte un verre spécial (verre Manganal) qui ne laisse passer que les rayons infrarouges; une lentille O destinée à rendre le faisceau parallèle; un transformateur T alimentant la lampe.
- Le disque présente 6 trous; la fréquence de la modulation lumineuse est par suite de 280 périodes par seconde.
- Le récepteur est constitué de la façon suivante (fig. 2) : une lentille O reçoit le faisceau infra-rouge et le concentre sur une cellule photo-électrique C; le courant engendré par cette cellule produit une chute de tension dans la résistance R montée entre la grille et le filament de la première lampe d’un amplificateur.
- Toute variation d’intensité du faisceau produit donc une variation du courant dans le circuit plaque de cette lampe; or ce dernier est construit sur le principe bien connu des « filtres », de telle sorte que seules les émissions de courant d’une fréquence voisine de 250 soient transmises à la deuxième lampe. Cette dernière travaille en détectrice fonctionnant par courbure de la détectrice de plaque. Elle fournit dans le circuit de sa plaque P un courant moyen qui provoque l’enclenchement du relais contacteur R commandant les appareils d’utilisation.
- Le chauffage des lampes est fait par courant alternatif et l’alimentation des plaques et de la cellule est faite par courant redressé et filtré.
- La distance de fonctionnement normal entre projecteur et récepteur est de 8 m; on peut cependant utiliser des longueurs de faisceau supérieures, dépassant 20 m, moyennant des dispositifs optiques appropriés. Pierre Devaux.
- PHOTOGRAPHIE
- Un appareil photographique perfectionné à film cinématographique standard.
- La photographie de petit format sur film cinématographique standard de 35 mm a rencontré beaucoup de faveur depuis quelque temps auprès des amateurs. Grâce aux perfectionnements constants des émulsions cinématographiques, il est en effet possible d’obtenir ainsi des prises de vues remarquables permettant la vision directe, la projection, et surtout l’agrandissement, avec des prix de revient très faibles, en utilisant des ajipareils très légers et d’encombrement extrêmement réduit.
- Si ces appareils sont munis d’obturateur et d’objectifs convenables, ils permettent la photographie d’intérieur, même le soir, les photographies de nuit, les effets de clair-obscur, les photographies de sujets en mouvement jusqu’au l/200e ou 1 /500e de seconde; de plus, ces petits appareils se chargent en plein jour, sont de manœuvre très simple, renferment une bobine permettant de prendre un grand nombre de prises de vues, et se prêtent à un très grand nombre d’applications diverses, telles que la microphotographie, la téléphotographie, etc., etc...
- Les appareils à film cinématographique que l’on peut toujours porter sur soi, comme des «bloc-notes optiques», per-
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- mettent d’obtenir rapidement une suite de vues, 24 X 36 mm, et sont en même temps, quelquefois, de remarquables appareils de précision.
- Jusqu’à présent pourtant les appareils de ce genre étaient bien souvent d’un prix très élevé et réservés à une catégorie de privilégiés. La maison Kodak, qui a su vulgariser la photographie dans le monde, vient d’établir un appareil de cette classe à la portée de l’amateur moyen, et possédant cependant tous les perfectionnements indispensables.
- L’objectif est un anastigmat à 4 lentilles d’ouverture F : 3,5 donnant unenetteté satisfaisante, même à pleine ouverture; sa faible distance focale de 5 cm permet d’approcher du sujet sans craindre les exagérations de perspective.
- La mise au point, facile et rapide, est assurée par un mouvement hélicoïdal de haute précision. L’obturateur permet des poses courtes ou longues, des temps de poses de 1, 1/2, 1/5, 1/10®, 1/50®, 1/100® etl/300e de seconde. Les ouvertures du diaphragme s’échelonnent de F : 3,5 à F : 16.
- L’appareil se charge en plein jour avec des cartouches de films perforés de 35 mm permettant d’obtenir 36 vues de 24 X 36 mm. Le chargement du fdm et son démontage, une fois les prises de vues effectuées, sont faciles et rapides.
- Le dispositif est muni d’un compteur d’images, d’un viseur précis et d’une échelle de profondeur de champ indiquant automatiquement, et avec une précision absolue, la zone déterminée en fonction du diaphragme utilisé.
- Enfin, adapté a la caméra, un télémètre spécial permet d’évaluer immédiatement la distance du sujet rapproché, et d’obtenir ainsi une mise au point parfaite.
- 527
- Fig. 3. — Appareil photographique à film cinématographique
- standard.
- Les qualités optiques et mécaniques du système, les avantages procurés par les diverses émulsions des films qu’on peut employer, son prix relativement réduit, ainsi que le prix de revient plus faiblf des prises de vues,paraissent devoir assurer à ce nouvel appareil un succès mérité auprès des amateurs de petit format.
- Etablissements Kodak-Palhé, 17, rue François Ier, Paris (8®).
- BOITE AUX LETTRES
- COMMUNICATIONS
- A propos de la conservation de la viande par Vacide carbonique (n° 2951).
- M. Dogilbert nous écrit : « Depuis 1904 j’ai eu l’occasion de conserver, sous la forme usuelle, des solutions albumineuses en vue d’usages industriels et ce pour éviter leur préparation extemporanée, en maintenant ces solutions dans des bouteilles à sparklet.
- L’altération de ces solutions est généralement complète, suivant la température et le milieu, entre 48 heures et 6 jours alors qu’avec les sparklet, le produit était utilisable durant plusieurs mois.
- J’avais ainsi, à toute réquisition, la solution préparée et filtrée et ce le plus commodément.
- Dans les revues professionnelles j’ai publié cette astuce, mais je ne sache pas qu’elle soit entrée dans les mœurs.
- J’ai d’ailleurs trouvé en bibliographie une plaquette éditée antérieurement pour la conservation des œufs en caisses plombées dans lesquelles une atmosphère de CO2 avait été créée par injection ».
- A propos de la destruction des fourmis.
- M. A. D. de Beaumont nous écrit :
- « Je veux, tout d’abord, remercier La Nature, et, par son canal, le lecteur, premier donneur du procédé, pour l’excellente recette contre les fourmis : sucre dissous dans de la liqueur de Fowler pure.
- J’ai eu toujours à me louer des recettes de La Nature : celle-ci n’échappe point à la règle.
- Gravement envahi par ces bestioles, j’ai expérimenté le sirop arseniqué et ai été débarrassé en une nuit si complètement que, depuis lors, je n’ai rien vu reparaître.
- Le poison est assez lent à opérer : trois ou quatre heures après l’ingestion, les antennes manifestent encore quelque vie.
- Premièrement, les fourmis, en foule pressée, s’attablent et consomment avec une béatitude inanifeste. Leur abdomen se gonfle
- de sirop au point de distendre et comme séparer les anneaux qui le composent.
- Brusquement, l’une après l’autre, elles partent dans toutes les directions, sans but apparent, en aveugles, comme affolées. Avec notre tendance à prêter à nos frères inférieurs nos sensations et les manifestations que nous en donnons, nous admettrons qu’elles ressentent les premières atteintes du mal.
- Elles retournent vite, vite, au sirop pernicieux, trop charmant pour être honnête, et continuent de s’en gaver, scandaleusement !
- Nouvelles courses affolées, et, enfin, fuite dans la fourmilière.
- Pour me rendre compte, j’en ai recueilli un certain nombre intoxh quées ou non, dans une boîte close, mais avec arrivage d’air.
- Vient l’instant où elles éprouvent que la gourmandise, encore plus pour elles que pour nous, est un péché capital !
- Elles commencent à se contracter, pour se détendre l’instant d’après, et, si l’on peut dire, douloureusement; elles essaient une fuite de plus en plus malaisée, se mettent en graboton, se recroquevillent par saccades, convulsent contre le thorax, adbomen, tête, pattes.
- Celles qui n’ont point participé au festin, ne se font aucun scrupule de pomper le sucre au corps des agonisantes ou des cadavres et s’empoisonnent à leur tour. Ainsi, d’une manière ou de l’autre, de proche en proche, la fourmilière est vouée à la mort !
- Ce n’était point la peine que Noé, magasinier-comptable exagérément obéissant et scrupuleux, eût fait entrer dans l’Arche un couple de tout ce qui vit, y compris fourmis, poux, puces, punaises, moustiques, trypanosomes, tréponèmes pâles, phylloxéras, et autres créatures de Dieu.
- Aussi, je ne sais si l’inventeur de la recette et ses propagateurs et ses employeurs ne devront pas, quelque jour, rendre des comptes de leur intervention assassine !
- En attendant, rendons grâce de son excellence à l’auteur de la recette. Elle est parfaite ! »
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- QUESTIONS
- ET RÉPONSES
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- Enregistrement direct de disques phonographiques.
- L’enregistrement électrique direct des disques, qui permet d’obtenir des enregistrements de musique ou de parole, pouvant être joués immédiatement sans traitement particulier de l’élément enregistré, ne permet pas, d’ailleurs, la reproduction aisée de disques épreuves à un grand nombre d’exemplaires, comme on peut le faire, avec les procédés ordinaires. Il est obtenu généralement à l’heure actuelle, à l’aide de disques à âme métallique recouverte d’une couche de nitrate de cellulose.
- La gravure des sillons est obtenue à l’aide d’un burin en acier, et la reproduction s’effectue également à l’aide d’une aiguille d’acier. Si l’on prend soin de régler la pression du burin sur le fond du sillon et l’inclinaison de son axe par rapport à la surface du disque, l’enre-gistrementj est régulier et le bruit de fond extrêmement réduit.
- Il ne suffit pas, sans doute, d’avoir un bon pick-up enregistreur placé sur un système d’entraînement transversal, bien construit mécaniquement, il faut encore que le moteur entraînant le disque, soit suffisamment puissant pour assurer une rotation parfaitement régulière et à vitesse constante bien déterminée. Ce moteur doit donc être plus puissant, en général, qu’un moteur ordinaire de phonographe électrique; il faut, en outre, employer un amplificateur à fréquence musicale bien étudié et un ou plusieurs microphones de qualité, placés dans un studio de caractéristiques acoustiques convenables.
- Il y a, bien entendu, des difficultés plus ou moins grandes à surmonter, suivant la nature et le caractère des enregistrements qu’on veut effectuer. Il est plus facile d’enregistrer des paroles ou le chant d’un soliste que les sons d’un orchestre entier, et si l’on ne dispose que d’une pièce de petites dimensions, d’un appareil enregistreur d’amateur, et d’un seul microphone, il faut limiter son ambition à l’enregistrement des paroles d’un seul orateur, d’un solo de chant ou d’un instrument de musique. Réponse à M. Félix, à Aubervilliers.
- De tout un peu.
- M. B., Vitry. — Il est toujours possible d’appliquer une peinture sur du papier peint. Toutefois, étant donné que ce papier est rarement couché, d’une application de ton et d’épaisseur uniformes, il est à craindre que les différentes surfaces du papier ne soient différemment absorbantes et qu’une couche de peinture ne suffise pas. à donner une pellicule d’aspect parfaitement régulier.
- Si le papier peint est préparé avec des couleurs à l’eau ou avec des produits gras, le résultat sera déjà différent; dans tous les cas, l’aspect final de l’application ne vaudra jamais une application de ripolin sur un fond préparé spécialement pour le recevoir, avec — en particulier— les rebouchages qu’il est toujours nécessaire d’effectuer, quelle que soit la nature de la surface à recouvrir.
- D’autre part, en général, lorsqu’on désire masquer un papier, c'est qu’il est taché ou partiellement arraché, ce qui rend l’application de la peinture plus difficile, chaque accident étant une source de taches après l’application finale.
- En résumé, rien ne s’oppose à ce que du ripolin soit appliqué directement sur le papier ; il n’est toutefois pas possible d’espérer obtenir un résultat aussi beau que celui qu’on pourrait attendre d’une application sur un fond spécialement préparé comme il est de règle, après arrachement du vieux papier et rebouchage, puis enduisage des parties les plus abîmées.
- Cercle Lo Pardal, Perpignan. — Les « Saints de glace » sont une dénomination populaire de saint Mamert, saint Pancrace, saint Servais, dont les fêtes ont lieu les 11, 12 et 13 mai, et sont généralement accompagnées de froid. Les observations météorologiques ont confirmé cette croyance. En outre, elles ont établi que, chaque mois, vers le 13 la courbe de température subit un crochet, soit en baisse lorsque la courbe tend à se relever (de décembre à juin), soit en hausse lorsqu’elle tend à s’abaisser (de juillet à décembre). Ces modifications de température sont plus particulièrement sensibles en mai (Saints de glace) et, à six mois d’intervalle, en novembre (été de la Saint-Martin). Elles sont nulles en juin et décembre. Enfin, on a remarqué que, généralement, à des Saints de glace bien marqués correspond un été chaud, et, inversement, à un été de la Saint-Martin net correspond un hiver froid.
- M. le Dr Kœnig, à Orléans.— Voici d’après le t Peintre vitrier», de Bataille, quelles sont les formules des principaux décapants sans acides ni alcalins employés pour enlever les peintures.
- 150 40
- Acétone 40 40 120 50 50
- Benzine 48 — 20 40 90
- Sulfure de carbone — 60 60 — 60 60
- Alcool méthylique — — 60 60
- Acétate d’amyle — 3 10 •— —
- Paraffine 3 3 — —
- Cire — — 2 3
- 10
- 10
- M. Mangin, à Paris. — 1° Pour réaliser de belles imitations de marbres, il faut les constituer en sluc, préparation à base de plâtre, qui est connue depuis fort longtemps et qui permet d’obtenir une surface lisse et polie du plus bel effet, surtout quand on incorpore à la masse des pigments qui reproduisent parfaitement les veinures du marbre.
- On réalise un excellent stuc en faisant dissoudre dans un litre d’eau :
- Colle forte de bonne qualité............. 20 grammes
- Alun ordinaire........................... 40 —•
- Gomme arabique........................... 280 —
- Les produits étant mis à macérer la veille pour gonfler les colles, on liquéfie au bain-marie, puis on ajoute progressivement en gâchant avec une truelle deux kg de plâtre fin.
- La masse pâteuse est alors employée comme dans la pratique courante, soit pour faire des revêtements, soit pour exécuter des moulages en moules graissés.
- Ainsi qu’il est dit plus haut, on peut réaliser des colorations en répartissant par « traînées » dans la pâte des oxydes métalliques ou couleurs minérales tels que ocre jaune ou rouge, bleu de Prusse, bleu d’outremer, vermillon, minium brun, Van Dyck, vert de Cassel, vert de chrome, violet de Mars, etc.
- 2° Dans le cas de moulages destinés à être exposés à l’extérieur, vous pourriez utiliser les ciments magnésiens, question que nous avons traitée fréquemment, en particulier dans les nos 2752, p. 6; 2850, p. 144; 2896, p. 47.
- M. Dodu, à Tourcoing. — 1° Le meilleur révélateur pour une marque de plaques donnée est celui dont la formule est donnée par le fabricant de l’émulsion, formule que l’on trouve toujours dans la boîte, sauf rares exceptions.
- 2® Vous obtiendrez facilement une masse de moulage du type carton-pierre pour exécution de modèles d’enseignement et jeux de cons-
- truction en prenant :
- Vieux papiers de journaux.............100 grammes
- Blanc d’Espagne......................... 700 —
- Plâtre à mouler......................... 200 —
- Colle forte.............................. 10 —
- Couvrir la colle forte avec un peu d’eau froide, laisser gonfler jusqu’au lendemain, puis liquéfier au bain-marie.
- Faire tremper de même les vieux papiers dans une quantité d’eau suffisante pour imbibition complète, délayer ensuite pour obtenir une pâte homogène, chauffer celle-ci et y incorporer la colle chaude.
- Enfin, en dernier lieu, introduire le blanc d’Espagne et le plâtre, préalablement mélangés, opérer assez rapidement pour pouvoir couler la masse dans les moules graissés, avant que le plâtre ait fait prise ; ne démouler qu’au bout de quelques heures.
- M. le Dr O., à Paris. —Les plaquettes utilisées pour lisser le bord des faux cols et les empêcher d’excorier la peau sont établies sur la base suivante :
- Cire blanche.............................65 grammes
- Talc pulvérisé...........................35 —
- Fondre la cire au bain-marie, y incorporer le talc, puis laisser refroidir, en remuant constamment pour empêcher le talc de sédimenter, cela jusqu’à ce que le produit ait la consistance d’une crème, couler alors dans des moules appropriés, par exemple de petites boîtes étanches, en carton mince.
- M. Pelletier, à Paris. — Ainsi que nous l’avons indiqué à maintes reprises, vous pourrez facilement nettoyer votre carrosserie d’auto avec la mixture suivante
- Huile de vaseline...................... . 150 cent cubes
- Pétrole lampant.......................... 850 —
- Le Gérant : G. Masson.
- (1857. — lmp. Lahure, 9, rue de Fleurus, Paris. — 1 6-1935. — Published in France.
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- LA NATURE
- N° 2955. — 15 Juin 1935.
- Paraissant le iM et le i5 de chaque mois.
- Prix du Numéro : 4 fran
- pour la vente en France.
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- Paraît le 1er et le 15 de chaque mois (48 pages par numéro)
- LA NATURE
- MASSON et O®, Editeurs, 120, Boulevard Saint-Germain, PARIS, V1‘ (7{. C. Seine : i5.2$4) Tel. Danton 56.11.
- PRIX DE L’ABONNEMENT
- Tarif intérieur, France et Colonies : 12 mois (24 n"), 90 fr. ; — 6 mois (12 n**), 45 fr.
- Prix du numéro vendu en France : 4 fr.
- Tarif spécial pour la Belgique et le Luxembourg : 12 mois (24 n0*), 105 fr. ; — 6 mois (12 n") 53 fr.
- Tarif pour l’étranger : Tarif n” 1
- Tarif extérieur n° 1 valable pour tous les pays ayant accepté une réduction de 50 pour 100 sur les affranchissements des périodiques • Albanie, Allemagne, Argentine, Autriche, Brésil, Bulgarie, Canada, Chili, Colombie, Congo belge, Costa-Rica, Cuba, Egypte, Equateur, Espagne, Esthonie, Ethiopie, Finlande, Grèce, Guatemala, Haïti, Hedjaz, Honduras, Hongrie, Irak, Lettonie, Liberia. Lithuanie, Mexique, Nicaragua, Panama, Paraguay, Pays-Bas, Perse, Pologne, Portugal et ses Colonies, République Dominicaine, Roumanie, Russie (U. R. S. S.), San Salvador, Serbie, Suisse, Tchécoslovaquie, Turquie, Union d’Afrique du Sud, Uruguay, Venezuela. Tarif extérieur n° 2 valable pour les autres pays.
- Réglement par mandat, chèques postaux (compte n° 599, Paris) ou chèque à l’ordre de Masson et C**, sur une banque de Paris.
- Les abonnements sont payables d’avance et partent du 1" de chaque mois.
- Pour tout changement d’adresse, joindre la bande et un franc.
- Dans le cas de majoration des tarifs postaux, la différence des frais de poste serait demandée aux abonnés.
- Adresser ce qui concerne la rédaction h MM les rédacteurs en chef de La Nature, 120, boulevard Saint-Germain. Paris VI*.
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- N* 2955
- LA NATURE
- 15 Juin 1935.
- = QUELQUES COUTUMES POPULAIRES EE
- LES FEUX DE LA SAINT-JEAN, DE LA SAINT-MARTIN, LES GRANDS FEUX — LEURS ORIGINES PAÏENNES
- Les feux de la Saint-Jean sont célèbres dans le monde entier, et puisque ces coutumes populaires chassées par la vie moderne ont tendance à disparaître de plus en plus, il y a intérêt à connaître celles qui existent encore et à percer le problème de leurs origines.
- Le résultat de notre enquête et de nos recherches prouve qu’elles sont le reliquat d’anciens rites solaires en usage chez les Grecs et chez les Romains. Le solstice d’été du 21 juin est l’époque où le soleil, parvenu à 'son point culminant dans le ciel, recommence à descendre. Les anciens peuples célébraient cette date marquante où le roi des astres arrive au plus fort de sa puissance, par des fêtes en son honneur.
- L’une d’elles était la course aux flambeaux, qui se pratiquait dans toute l’étendue de la Grèce ancienne. Cinq équipes de coureurs étaient échelonnées à raison de un tous les 25 m sur la route d’Athènes à l’Académie où se tenait l’autel de Prométhée. Ce fut ce Titan qui déroba aux dieux le feu que ceux-ci refusaient aux hommes, et qui l’apporta sur terre dans une férule creuse. La victoire appartenait à la file dont le dernier coureur réussissait à enflammer le feu préparé sur l’autel. La course aux flambeaux a bien une signification religieuse puisqu’elle consistait, à l’origine, à prendre du feu à un autel (le vol de Prométhée) pour courir allumer le feu d’un autre autel (symbole de la renaissance solaire, et donation du feu aux hommes). Cette course alla enrichir les mystères de Mithra, très en vogue dans les légions romaines, et dont le culte solaire fut très pratiqué au troisième siècle de notre ère, surtout dans les régions du Danube et du Rhin.
- C’est précisément aux alentours du 21 juin qu’avait lieu cette cérémonie, comme l’indique le calendrier
- athénien de l’église Panagia Gorgopiko du premier siècle de notre ère; elle se célébrait encore au ive siècle dans toute l’Italie, la Gaule et la colonie africaine, selon le Chronographe de 354. Cet almanach populaire présente en effet, pour le mois de juin, un homme dévêtu portant un flambeau d’une main, et montrant de l’autre, sur un cadran solaire, la place du solstice, époque où le
- soleil change de route, comme l’explique l’inscription: AcPhœbum flectere monstrat iter. Dans les bas-reliefs, Mithra est entouré de deux jeunes gens portant l’un un flambeau dressé, signe du soleil levant, et l’autre à gauche, un flambeau renversé, image du soleil couchant où tout s’éteint. Mentionnons encore que l’extinction d’un feu, suivie d’un rallumage, était une cérémonie de purification comme on la pratiquait annuellement dans l’île de Lemnos, en l’honneur d’Héphaïstos (Vulcain, le dieu du Feu). Le symbole solaire, d’après les fouilles récentes de Cnossos et de l’Acropole, était la croix gammée ou swastika et des cercles radiés ou roues à quatre rayons en forme de croix, image du disque solaire ou des roues du char solaire conduit par Apollon.
- C’est vers le ve siècle de notre ère que l’on aurait délaissé la course aux flambeaux pour fêter le solstice; on aurait gardé seulement l’autel qui se transforma en un bûcher de bois ou feu fixe. Dans la danse autour de la flamme et dans la traversée de la flamme par sauts, subsisterait l’idée ancienne de purification par le feu et de préservation des maux à craindre pour le reste de l’année. A cette idée se rattachent les bains de la Saint-Jean (purification par l’eau) et les balançoires de la cathédrale de Strasbourg (purification par l’air), coutume qui subsista jusqu’à la Révolution.
- Fig. 1. — La pittoresque vallée de la Thur, encaissée dans les Vosges, se termine par le village de Wildenstein, situé à 580 m d’altitude.
- A gauche on aperçoit la montée du col de Bramont.
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- Comme ces feux du solstice tombaient trois jours avant la fête de saint Jean, le 24 juin, ils prirent vite le nom de feux de la Saint-Jean, bien qu’ils n’eussent aucune relation directe avec cette fête religieuse. Il y a, à partir du vie siècle, époque des invasions barbares et pendant le moyen âge, une période floue, où les coutumes, tout en subsistant en partie, oublient leur origine gréco-romaine pour se christianiser sous l’influence des Ordres religieux. Les feux de la Saint-Jean sont de cette catégorie, ce qui explique d’ailleurs leur caractère populaire et superstitieux maintes fois condamné dans les Conciles ; ils ne proviennent pas, comme on l’a dit, des feux d’alarme usités chez les anciens Germains pour prévenir tout danger (Notfeuer).
- LES FEUX EN ALSACE ET EN LORRAINE
- C’est certainement dans la vallée des Vosges, de Thann à Kruth, jusqu’à Wildenstein (Haut-Rhin), que les feux de la Saint-Jean sont célébrés en France avec le plus d’enthousiasme populaire (fig. 1). La magnifique vallée de la Thur s’y prête d’ailleurs admirablement. Encaissé dans les dernières dépressions des Vosges, monts gréseux habillés de noirs sapins dont le Markstein (1272 m), le Rossberg (1191 m), le Brennwald (1017 m), le Drumont (1200 m) en sont comme l’arrière-plan, le tapis de grasses prairies que se partagent les nombreux
- Fig. 2. — Une série de monticules isolés de 500 à 600 m marquent les premiers contreforts des Vosges.
- Husseren et Wesserling se blottissent dans ces premiers replis.
- villages d’une population active et laborieuse est bordé d’un ruban de monticules isolés de 500 à 600 m, sentinelles avancées de la chaîne au pied desquelles se blottissent les habitations (fig. 2).
- Ce sont sur ces promontoires géants, arides et dénudés pour la plupart, que les conscrits vont édifier leur bûcher (fig. 3). Vers Pâques, ils fichent en terre le plus droit et le plus haut sapin qu’ils ont pu trouver (25 à 30 m) et chaque soir ces jeunes gens courent la montagne pour y couper des rondins de 2 à 3 m, qu’ils montent sur la colline bien tard dans la nuit. Là, ils les entassent en carré par alternance, les plus gros en bas en les clouant fortement. L’intérieur de ce tronc de pyramide est bourré de feuilles sèches, de paille et de brindilles. Lorsque les 150 mandrins ont été ainsi superposés, on obtient un échafaudage quadrangulaire haut de près de 20 m (fig. 4) surmonté d’un toit épais de branchages. Si le sapin central n’est pas assez élevé, on en ajoute un autre garni d’une touffe de brindilles, et sur le sommet duquel on hisse le drapeau tricolore. Souvent on dresse à son côté un autre petit bûcher de même forme et de même construction, haut seulement de quelques mètres. L’appareil sèche ainsi en plein vent jusqu’à la mi-juin.
- Pendant ce temps, les conscrits, fiers de leur œuvre, vont de porte en porte faire la tournée du village. L’un porte un sapin décoré de serpentins et de fleurs de papier, les autres des paniers et des tirelires. Dans les paniers, les gens déposent, qui des œufs ou du beurre, qui du fromage, qui du lard, qui de la saucisse, aliments qu’ils convertissent en les vendant en bel argent sonnant. Le produit de la quête servira à offrir de la bière fraîche aux habitants du village accourus en foule sur le sommet de la colline en feu.
- La Saint-Jean en effet est proche, et tous, vieux et jeunes, se préparent à la réjouissance commune. Le soir du 23, les cars et autobus de la région de Mulhouse regorgent de citadins qui veulent participer à la fête.
- A la tombée de la nuit troublée par des feux d’artifices multicolores, on allume le petit bûcher. C’est le signal du départ. Tous les villageois, rassemblés sur la place et munis de torches et de flambeaux, précédés de la musique et des pompiers, se mettent en branle pour gravir la montagne. Ce ne sont que rires, chansons tyroliennes et appels que l’écho prolonge au loin dans la nuit épaisse. Le petit bûcher se consume éclairant l’arrivée de la multitude impatiente et joyeuse. Brusquement, un jeune homme s’élance à l’assaut de la pyramide branlante, y grimpe prestement et, parvenu au faîte, il y déverse le contenu de plusieurs bidons d’essence. A peine descendu, le chef des pompiers ou le maire met le feu aux quatre coins de l’échafaudage. Notons ici le parallèle frappant avec l’ancienne course aux flambeaux du rite solaire. Les coureurs chargés de transmettre la torche sont devenus la multitude qui partant de la place du village se rend à la colline, et l’autel de Prométhée à l’Académie d’Athènes s’est changé en un bûcher gigantesque de bois que l’on enflamme seulement à l’arrivée de la foule. Le petit bûcher secondaire est le vestige de l’autel primitif qui fournissait le feu au grand autel, arrivée et but de la course. Ce protocole actuel ne
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- Fig. 3. — A gauche sur la montagne, les habitants d’Oderen ont, dès avril, dressé le Grand Bûcher, dont la hauteur ici atteint presque la cime des trois arbres.
- peut s’expliquer qu’à la lumière des rites gréco-romains.
- Ce qui se passe à Wesserling ou à Oderen se passe au meme moment sur toutes les collines qui bordent la vallée (fig. 6). La forme des bûchers peut varier mais leur volume est toujours considérable. Le spectacle est alors féerique : de lointaines lueurs rougeâtres disséminées sur 20 km surgissent un peu partout comme suspendues très haut dans la nuit noire qui confond tout, plaine et montagne. Le brasier brûlera jusqu’au petit jour, gardé par deux conscrits, tandis que, vers minuit, la foule rassasiée de rires et de chansons s’écoulera lentement des montagnes pour gagner les logis protecteurs.
- Les Alsaciens nomment ce jour de fête Kanzdi, dérivation de Sankt-Johanns-Tag, le jour de la Saint-Jean. Dans d’autres communes on le célèbre un peu autrement.
- Vers le 1er juin, quelques jeunes gens abattent le sapin le plus droit, enlèvent l’écorce et polissent le tronc. Ils lient les branches avec des fils de fer pour les empêcher de tomber, puis ils fendillent le tronc en fines lamelles qu’ils écartent avec des coins pour le faire sécher. La veille de la Saint-Jean l’arbre est dressé sur la place publique, on le bourre de copeaux et de paille, et le soir on y met le feu après la bénédiction du curé. Dans d’autres contrées du Bas-Rhin, on allume un grand feu au centre du village et les jeunes gens, obéissant à une croyance ancienne qui veut que les désirs de ceux qui osent audacieusement affronter la flamme (réminiscence de purification par le feu qui favorise ses adeptes) soient exaucés dans le cours de l’année, le traversent en tous sens en sautant le plus haut possible. Le reste de la population danse autour en rond au son du galoubet et du tambourin.
- Le saut du feu est d’origine germanique. Le 21 avril 742, Carloman convoqua le premier synode austrasien présidé par l’évsque Boniface. Les feux germains, dits Notfeuer, furent condamnés comme sacrilegi ignés. Car lorsqu’éclatait la peste les habitants allumaient de grands feux et passaient au travers pour se purifier eux-mêmes ou autrui. Lors d’épidémies de bétail on y faisait traverser les animaux.
- Dans quelques endroits on fabriquait aussi des petits cerceaux très minces de bois résineux et, après y avoir mis le feu, on les lançait en l’air adroitement au moyen de baguettes ou on les faisait rouler du haut en bas de la colline. Si la jeunesse était un peu habile et que l’air fût un peu agité, ces roues flamboyantes revenaient doucement à terre comme autant d’aérolithes lumineux. En 1408 une loi essaya d’interdire ces jeux qui pouvaient propager l’incendie^ en condamnant à une forte amende quiconque allumerait le Singistfeuer. Mais l’usage prévalut jusqu’au xvme siècle et se répandit dans toute la Lorraine. Un témoin m’a affirmé qu’encore actuellement à Sierck (Moselle), les gens du pays font dévaler du haut du Stromberg (312 m d’altitude) une grande roue de
- bois en feu, préalablement garnie de paille et de goudron. On voit là nettement la survivance du culte solaire symbolisé comme on l’a vu précédemment par un disque crucifère ou roue à quatre rayons (fouille de Schliemann). Ce symbole remonte à la plus haute antiquité puisque dès l’âge du cuivre nous en trouvons la représentation en Suède (fig. 6). La roue solaire est portée comme un oriflamme au bout d’une hampe. Les fibules mérovingiennes trouvées dans des tombes du Bas-Rhin (Alsace) figurent non seulement le disque à quatre rayons, mais des swastikas stylisés en têtes de chevaux et de dragons prouvant la survivance du rite solaire bien après le vme siècle de notre ère. La swastika ou croix gammée est d’origine préhistorique. Exportée des Indes par les invasions, il est facile de contrôler par les documents anciens que ce signe fut adopté non seulement par les tribus germaniques, mais par les Celtes et les races gréco-romaines issues d’Aryens; il n’est donc pas spécifiquement germanique comme on voudrait le faire croire, mais indo-européen (fig. 7 et 8).
- Dans cette province avait lieu la burlesque procession du maire. Durant la matinée, les conscrits apportaient au maire un tonnelet de vin vieux orné de rubans et de guirlandes de roses. Vers le soir, les mêmes garçons, précédés de la musique communale et portant le dais de drap d’or de l’église, se rendaient à la mairie. Le maire en grande tenue, ainsi que sa digne épouse au bras, se plaçait gravement sous le dais, et l’étrange procession suivie de la foule gagnait la place publique. Le curé, qui y avait déjà été conduit auparavant, bénissait le sapin et les bourrées, puis la femme du maire, munie d’une longue torche, y mettait le feu. Après la ronde la jeunesse reconduisait le maire, qui offrait alors le vin apporté le matin même en y ajoutant quelques îéserves tirées de sa cuisine et de sa cave.
- Dans d’autres contrées lorraines on élève un bûcher. Les garçons alors parcourent le village en poussant une
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- brouette et demandent aux familles leur contribution de bois en chantant une vieille romance :
- Steuer, Steuer, Steuer Für s’Sankt Johannes Feuer !
- Mer hen alte Henna Mer welle sie verbrenna,
- S’sitzt an alti Frau im Haus
- Gibt e bissel IJolz heraus ? (patois du Bas-Rhin).
- Donnez, donnez, donnez,
- Une contribution au feu de Saint-Jean
- Nous avons une vieille poule (jeu de mot au sens de
- Que nous voulons brûler. commère)
- Y a-t-il une vieille femme dans la maison
- Qui nous donne un tantinet de bois ?
- à perte de vue. On se groupe par monticule, et là, chaque foyer des villages environnants apporte son fagot pour la confection du bûcher qui est assez monumental. Il y a cinquante ans, avant d’y mettre le feu, deux hommes munis d’une cordelette formée de brins de joncs enlacés tiraient alternativement cette dernière en la frottant sur le bord d’un grand bassin de cuivre contenant un peu d’eau. Il en résultait un son, un peu lugubre et monotone. Cette musique primitive durait bien un quart d’heure, puis quelques jeunes gens mettaient le feu aux fagots, et pendant qu’ils brûlaient les assistants chantaient les vieux cantiques bretons, et le tout se terminait par des rondes où la jeunesse s’en donnait à cœur joie.
- Fig. 4 (à gauche). —• Le bûcher séculaire de Fellering forme une pyramide quadrangulaire, haute de près de 20 m.
- Le drapeau tricolore flotte à son sommet. (Photo prise en 1933.)
- Fig. 5 (à droite). — Le bûcher de 1934 de Husseren-Wesserling, construit par les chômeurs, est recouvert de la verdure des aiguilles de pins. On voit nettement à droite le deuxième petit bûcher, vestige de l’autel grec primitif.
- Pourquoi ce chaudron rempli d’un peu d’eau ? A l’âge du bronze, mais surtout à l’époque hallstattienne, c’est-à-dire entre 1300 à 1200 et entre 800 à 700 av. J.-C. on plaçait de grands chaudrons sur un train à quatre roues que l’on tirait en procession. D’après Antigone de Cariste (270) « chaque fois qu’une sécheresse se produit, ils (les habitants de Cranonn en Thessalie, dont on a retrouvé la figure du chaudron sur les monnaies) demandent de l’eau à leur dieu en secouant le char, et ils disent que cela produit la pluie » (fig. 9). Ils frappaient aussi sur le bord, comme à Milavec (Bohême) (fig. 10) pour
- Remarquez la malice de ce rapprochement de « vieille poule » et de « vieille femme ». Cette poule qui était suspendue au sommet du sapin rappelle le tonneau ou le sac dans lesquels à Paris on rôtissait des chats tout vivants.
- AUTRES PROVINCES FRANÇAISES
- En Bretagne, le pays des vieilles traditions, on peut encore voir la veille au soir de la Saint-Jean, lorsqu’on se place sur une éminence aux alentours de Vannes, des centaines de feux qui s’étendent dans le Morbihan
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- réveiller par ce bruit sonore la divinité de la pluie et chasser les démons retenant les écluses du ciel. Encore aujourd’hui les peuplades d’Afrique, en temps de sécheresse, battent sous la conduite des sorciers de grands tambours en bois en forme de chaudron. Ce culte, très répandu en Europe à l’âge du fer, se serait donc transmis jusqu’à nos époques modernes en Bretagne. Au solstice, c’est l’été brûlant; en même temps qu’on célébrait la fête du Soleil on implorait la divinité de la pluie de féconder la terre assoiffée. Le bruit lugubre produit par les vibrations du bassin de cuivre agitait la surface de l’eau, ce qui devait être d’un bon augure.
- Dans le Poitou on entoure les jant.es et rayons de roue d’une charrette d’épais bourrelets de paille. On l’allume avec un cierge béni et la charrette est promenée à travers champs que les étincelles jaillissantes doivent, dit-on, fertiliser. Ici encore c’est le rappel des légendes grecques où Hélios, le Soleil, source de lumière et de chaleur, féconde et nourrit tout sur la terre. Son rôle consiste à parcourir le ciel sur un char d’or, aux rênes d’or, traîné par quatre chevaux. La charrette du paysan figure ici toutes ces données. La récente étude de M. Forrer, le Conservateur de Strasbourg, dans Préhistoire, vient de mettre en lumière le rôle des chars cultuels dans les religions anciennes, rôle qui a été prédominant dans la liturgie solaire.
- A Paris, sous Charles IX, l’historien Dulaure nous raconte : « Au milieu de la place de Grève (aujourd’hui place de l’Hôtel-de-Ville) était placé un arbre de 60 pieds (20 mètres) de hauteur, hérissé de traverses de bois auxquelles on attachait cinq cents bourrées (fagots de petites branches) et deux cents cotrets (fagots de grosses branches) ; au pied étaient entassées dix voies de gros bois et beaucoup de paille. Cent vingt archers de la ville, cent arbalétriers, cent arquebusiers y assistaient pour contenir le peuple. Les joueurs d’instruments, notamment ceux qu’on qualifiait de « grande bande », par sept trompettes sonnantes, accrurent le bruit de la solennité. Les magistrats de la ville, prévôts des marchands et échevins portant des torches de cire jaune, s’avancèrent vers l’arbre entouré de bûches et de fagots, présentèrent au roi une torche blanche, garnie de deux poignées de velours rouge; et Sa Majesté, armée de cette torche vint gravement allumer le feu. »
- Louis XIV fut le dernier monarque qui mit de ses mains le feu à l’arbre. Dans les registres de la Ville de Paris, on lit ce rapport : « Payé à Lucas Pommereux..., cent sous parisis pour avoir fourni durant trois années finies à la Saint-Jean 1573, tous les chats qu’il fallait au dit feu, comme de coutume, et même pour avoir fourni il y a un an où le Roi y assista (Charles IX) un renard pour donner plaisir à Sa Majesté et pour avoir fourni un grand sac de toile où étaient les dits chats. » Le bûcher était en effet surmonté d’un tonneau ou d’un sac de forte toile rempli de chats. Pour donner plus d’éclat à la fête et augmenter les hurlements des animaux attaqués par le feu, on ajouta aux chats quand le roi y assistait, un animal nuisible, un renard, un loup ou même un ours.
- Pour comprendre cette coutume barbare, il faut faire
- intervenir ici la mythologie des fêtes de Vulcain. Vul-cain, symbole de la foudre, aurait construit le char du soleil et primitivement aurait été le Soleil lui-même.
- On le symbolisait par une roue (on appelait Summa-nalia des gâteaux en forme de roue; or Vulcain se nommait Summanus). Par la suite Vulcain fut associé à la déesse du feu Vesta, et fut le dieu des incendies et du feu bienfaisant. Sa fête, les Volcanalia, se célébrait le 27 août. Et comme il était aussi le dieu de l’eau, incarnation du Tibre (l’eau et le feu sont souvent associés dans la religion romaine) on organisait le 27 août un concours dé pêche dans le Tibre. Puis on allumait sur les rives un grand feu au milieu duquel on jetait les poissons pris (ainsi que d’autres animaux) pro animis humanis en substitution des sacrifices humains, dit Festus. Il faut croire que ce rite subsista à Paris sous la forme énoncée plus haut, ce qui est confirmé par la découverte en 1711 dans la crypte de la cathédrale de Paris, de plusieurs autels gaulois dont l’un représente Vulcain (fig. 11). Suivant l’inscription de l’un d’eux ils ont été érigés sous Tibère. On sait aussi par César que les Gaulois offraient à Mercure, Mars, Jupiter, Apollon... des paniers d’osier renfermant des hommes vivants qu’ils brûlaient sur un bûcher. Les dédicaces à Vulcain, le dieu du feu, trouvées
- Fig. 6. — Peinture préhistorique de l’âge du cuivre, à Backa (Suède).
- Deux barques solaires portant en oriflamme, l’une le disque sur une hampe, l’autre la roue et le cheval. (Extrait de Préhistoire, I, p. 23. Les chars cultuels R. Forrer, Paris, 1934.
- Fig. 7-8. — Petites roues solaires et fibules mérovingiennes représentant, à la figure 7, trois têtes de chevaux se poursuivant, et à la figure 8 des têtes de dragons stylisés en rotation autour du disque solaire central, toutes deux dérivation de la Swastika solaire.
- (Musée gallo-romain de Strasbourg.)
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- Fig. 9. — Le char de Crannon, d’après les plus anciennes représentions monétaires.
- Fig. 10. — Char à chaudron de Milavec (Bohême), dont on frappait le bord pour chasser les démons retenant la pluie du ciel.
- Extrait de Préhistoire, op. cit.
- toit des maisons, pour les protéger de la foudre de Wotan, dieu-soleil aryen. Enfin citons encore le passage de Xénophon, très caractéristique : « Lorsque Cyrus quittait son palais, il était précédé de chevaux destinés à être sacrifiés au Soleil et d’un char blanc orné de couronnes destinées au Soleil. Suivait un deuxième char traîné par des chevaux ornés de pourpre et des chars plus petits portant des feux allumés (pour embraser les bûchers du sacrifice). On immolait ensuite les chevaux en l’honneur du Soleil, et on sacrifiait également en l’honneur de la Terre. »
- LE FEU DE LA SAINT-THIEBAULT A THANN (30 JUIN)
- en Gaule sont nombreuses, et à Nantes les habitants du port et les bateliers de la Loire l’honoraient tout particulièrement. Son culte vécut jusqu’au ve siècle, et peu à peu, à mesure que l’origine première des bûchers à Vulcain s’effaçait, on les reporta en juin, au solstice, puis à la Saint-Jean. En Irlande, le 21 juin, on brûle encore maintenant sur des bûchers des têtes entières de chevaux, souvenir du culte antique du cheval, symbole du Soleil, de Phébus, dont le char était traîné par quatre chevaux.
- Les Germains fixaient des crânes de chevaux sur le toit de leur maison et encore actuellement dans les pays nordiques on attache en faisceau triangulaire trois têtes de chevaux sur le bout des poutres maîtresses du
- Fig. 11. — Cet autel gallo-romain porte l'effigie du dieu du Feu, Vulcain. Il fut trouvé, en 1711, dans le sous-sol de la cathédrale de Paris. D’une main, Vulcain tient un marteau brisé, de l’autre une tenaille. (Gravure extraite de VAntiquitè^expliquée. Montfaucon, Paris, 1722, p. 426.)
- A Thann, le feu de la Saint-Jean est remis au 30 juin, veille de la fête de saint Thiébault, patron de la ville, en mémoire d’un événement qui remonte à la guerre de Trente Ans. Les Suédois, à cette époque, ravageaient la contrée, réduisant les habitants à la famine, tuant les voyageurs et incendiant les récoltes. On échangeait, d’après une version de Stœber, un arpent de terre contre un morceau de pain. Le 30 décembre 1632, la ville était prise.
- Une partie de la population se réfugia à l’intérieur de l’église, adjurant le protecteur de la cité de leur venir en aide. Soudain il leur apparaît, tandis que, suivant la tradition, tous les chevaux des Suédois perdaient leurs fers, se cabraient, désarçonnaient leurs cavaliers qui s’enfuirent poursuivis par les habitants.
- Voici comment se passa cette cérémonie en l’année 1934, devant 10 000 personnes massées sur la place de la Cathédrale. Le matin, on fiche sur la place trois sapins disposés en triangle. Ce sont des fûts de 5 m de haut qui ont subi une préparation spéciale. Avec une scie on partage le tronc préalablement évidé en fines lamelles jusqu’à 3 m du pied. Un cercle de bois les écarte au sommet en un vaste entonnoir que l’on bourre de copeaux, de paille et de brindilles, le tout arrosé d’huile et d’essence. Des cartouches pleines de ces liquides y sont même cachées à dessein. On couronne le tout de quelques branchages, ce qui leur donne l’aspect d’arbres exotiques, à l’écorce blanche et pelée (fig. 12).
- Tout un protocole règle leur embrasement. Vers 9 heures du soir, après la sortie des vêpres du Saint auxquelles assistent obligatoirement un membre du gouvernement et un de la municipalité, le monde officiel se rend en cortège sur la place, précédé du corps des pompiers et de la musique municipale. Après la bénédiction d’usage, le capitaine des pompiers présente une torche au membre du gouvernement qui met le feu au premier sapin, puis l’évêque au deuxième et le préfet au troisième. En quelques minutes les trois arbres sont devenus trois brasiers ardents qui crépitent et vomissent des flammes gigantesques. Si le vent de la montagne souffle tant soit peu, les chenilles lumineuses que forment les vrilles des copeaux, tourbillonnent par centaines, en s’élevant très haut, et retombent sur la foule que les pompiers chassent vigoureusement. L’huile et l’essence s’écoulent en larmes de feu, sortes de cascades pétillantes déversant sur la
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- terre humide de larges ruisseaux lumineux et fumants
- (fig. 13).
- Au bout d’un quart d’heure, les lamelles de bois tordues par les flammes s’écroulent, précipitant au sol le brasier tout entier, au milieu d’une gerbe immense d’étincelles innombrables qui couvrent, dans la nuit, le toit de l’Hôtel de Ville et les maisons d’alentour.
- Aussitôt la foule se rue sur les débris enflammés pour ramasser et emporter les braises fumantes. Les pompiers, à la grande joie des autorités rangées dans la tribune officielle et des spectateurs, mettent leurs lances en batterie et arrosent copieusement les débris incandescents et la foule des disputeurs. J’ai vu des enfants fouiller à pleine main la boue noire et brandir triomphalement un informe charbon que les mères serraient soigneusement dans leur sac. Autrefois on disait que ces cendres absorbées dans un peu d’eau et avec piété guérissaient la fièvre et les maladies. Actuellement ces brandons préserveraient leurs détenteurs de la foudre, particulièrement redoutable à Thann (*) située au pied de hautes montagnes (fig. 14).
- LES BAINS DE LA SAINT-JEAN
- Cet usage est actuellement disparu, mais il est bon de rappeler ce qu’il était autrefois, car il était très répandu en Alsace au xvie siècle. A Niederbronn, station balnéaire, les gens de la campagne accouraient en masse pour le Kanzdi et, logés chez les citadins, leur demandaient de leur chauffer de grandes cuves d’eau; ils s’y plongeaient et n’en bougeaient plus pendant un jour et une nuit. Ce bain prolongé les préservait, paraît-il, de toute espèce de maladies pendant l’année. Assurément ces baignades, souvent mixtes, pouvaient donner lieu à quelques excès. Aussi le synode ecclésiastique de Strasbourg de 1584 interdit-il rigoureusement les bains de la Saint-Jean; mais les conseillers municipaux, convaincus de l’impuissance du décret contre un usage si en vogue, se bornèrent à édicter la décision suivante : « Après avoir pris connaissance, il vaut mieux laisser faire comme toujours. S’il se produit des actes inconvenants, on déférera les délinquants à un Conseil respectable chargé de les punir. »
- Là encore, réminiscence soit des lustrations individuelles ou collectives par l’eau admises dans le culte solaire de Mithra, soit plutôt des bains de purification que les adeptes de Vulcain prenaient dans la mer, le 13 août, quand on fêtait les Maiuma, enfants du dieu et de son épouse Maïa, incarnation de la terre nourricière. Maïa était la mère d’Hermès ou Mercure; or le culte de Mercure et de Maïa fut très populaire dans la région de la Moselle et du Rhin.
- L’air à l’instar de l’eau était aussi considéré comme élément purificateur et protecteur. Quand la « cloche d’argent » sonnait le marché de Saint-Jean, les Strasbourgeois
- 1. Thann signifie en allemand : sapin, et trois sapins héraldiques figurent dans les armes de la ville.
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- Fig. 12. — Les trois sapins sur la place de la Cathédrale de Thann (Haut-Rhin) ont le tronc découpé en fines lamelles et bourré de copeaux de bois, ce qui leur donne l’allure d'arbres exotiques à l’écorce blanche et pelée.
- se rendaient en foule sur la plate-forme de la cathédrale où jusqu’à la Révolution eurent lieu des amusements fort, joyeux. Sous la coupole surnommée « Bonnet de Calotin », les gardiens avaient dressé sept balançoires ; quiconque voulait y monter payait un sou. Comme on avait permis aux gardiens le débit de bière et de vin, les cris de joie, la musique et les chants accompagnaient ces balancements aériens au-dessus de la ville de Strasbourg (fig. 15).
- LES GRAND FEUX DE L’ÉQUINOXE DE PRINTEMPS (29 MARS)
- Beaucoup de régions ne pratiquent pas les feux de Saint-Jean, mais commémorent annuellement en mars, souvent le dimanche qui suit le Mardi-Gras, la Fête des Grands Feux. Dans les Ardennes, arrondissement de Sedan, on célèbre la fête des Bûles ou de la Saudée.
- Fig. 13. — Les trois sapins de Thann en feu sont transformés en trois brasiers ardents, vomissant des jets de flammes gigantesques.
- On remarque nettement, au pied de chacun, l’amoncellement d’huile et d’essence
- en feu.
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- Sur une hauteur dominant le village, on dresse, le samedi soir, un amas de paille et de brindilles autour d’une grande perche centrale. Le lendemain après le salut nocturne de l’après-souper, au son des cloches, la population se rend sur la place du village. Les jeunes gens allument le bûcher et munis de torches qu’ils font tourner à bout de bras, ils dévalent rapidement la pente en criant : « La Saudée de Jean avec Suzanne... de Pierre avec Jeannine... » La Saudée est la dénonciation publique de tous les couples qui dans l’année se sont courtisés ouvertement ou en cachette. Dans la vallée de la Meuse, Ardennes françaises, les enfants conduits par un des leurs, déguisé avec barbe et moustache, vont dè maison en maison récolter des friandises, du lard et du pain, en chantant à chaque fois cet amusant couplet populaire :
- D’Jean Ponsot na ne quo soupe S’il vous plait de lui en donner Taïhaut-ci, Taïhaut-là.
- Un p’tit hoquette de poin,
- Une p’tite hoquette d’chiaut,
- Pour d’Jean Ponsot Qui na né quo soupé.
- Fig. 14. — Les brandons du feu préserveraient, à Thann, de la foudre particulièrement violente par la proximité des montagnes.
- A l’arrière-plan s’élèvent le Staufïer et le Thannerhubel. (Ph. C. A. P.)
- Jean Ponsot n’a pas encore soupé Donnez-lui en, s’il vous plaît,
- Un peu ci, un peu là.
- Un petit morceau de pain,
- Un petit peu d’eau,
- Pour Jean Ponsot Qui n’a pas encore soupé.
- Le soir du grand feu, tous les enfants après avoir assisté à des rondes ou à des chants autour de la flamme, se réunissent dans une famille et ensemble ils font honneur à toutes les provisions qu’ils ont récoltées.
- Notons encore à Mâzée (Belgique) la curieuse coutume suivante. Les jeunes gens s’attellent à un chariot de paysan et font la tournée des maisons du village pour obtenir les fagots et les bottes de paille du grand feu. Le véhicule chargé est traîné sur la montagne de Vireux et au point le plus en vue on dresse un bûcher.
- Pendant ce temps, l’autre partie de la jeunesse confectionne un mannequin de paille, que l’on habille de vêtements aussi disparates que démodés donnant, à Mardi Gras l’allure la plus grotesque possible. Ce personnage symbolique devra paraître devant un tribunal composé du juge drapé d’une cape noire garnie d’hermine blanche, d’un avocat en redingote et de deux gendarmes affublés de vieilles défroques militaires. Après vêpres un cortège s’organise dans les rues, précédé de la fanfare, et suivi de Mardi Gras hissé sur les épaules d’un figurant grimé qui le mène au tribunal dressé sur la place du village.
- Le ministère public charge le mannequin dé tous les désordres moraux commis dans le village, l’avocat plaide éloquemment les circonstances atténuantes, mais le juge inexorable prononce une condamnation à mort. Malgré les gémissements des pleureurs, le mannequin est élevé au-dessus des têtes, et il reçoit en plein cœur plusieurs décharges de mousqueton. Le soir, le cadavre de Mardi Gras est porté au bûcher, hissé sur une longue perche et il disparaît bientôt dans les flammes du foyer pendant que s’organisent des rondes autour du feu, et que certains audacieux le sautent très haut pour obtenir les cris admiratifs de la jeunesse féminine.
- Il semble qu’il s’agit ici d’une ancienne fête chrétienne du moyen âge inventée pour supplanter des fêtes païennes : soit les Libérales du 17 mars, sortes de petites bacchanales où l’on priait Bacchus de fertiliser les vignes, soit les Quinquatries du 21 mars qui duraient cinq jours à partir de l’équinoxe, et dont nous parlerons plus loin.
- Ces grands feux de l’équinoxe du printemps ont lieu encore en Belgique, comme le montrent les deux photographies aimablement mises à notre disposition par M. Remouchamps, directeur du musée de Liège, à Morialmé en 1931 (fig. 16), et à Spa en 1830 (fig. 17), dans le Nord de la France et une partie de l’Allemagne.
- Ordinairement la cérémonie du bûcher se termine par un dîner de famille où l’on « sise » pour la dernière fois, ce qu’on exprime en patois : « A Grand Feu, les sises à feu ! » Il n’est plus permis désormais de veiller le soir auprès du feu. A ce rite se rattache celui de noyer les veillées par une flamme que l’on allumait sur la rivière. Voici des documents des plus suggestifs que nous empruntons aux Archives du Musée de la Vie Wallonne.
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- A lslikon (Suisse), le dimanche de Lætare, on monte avec des bâtons décorés et du papier de couleur une petite tour sur un tambour en planches. Les transparents portent des symboles de la Lune et des étoiles. Au milieu se détache l’inscription : Fort Mit Licht. Qu’elle s’en aille la lumière! (lig. 19). Et tandis que le radeau illuminé, de chandelles et orné de petits drapeaux, s’éloigne emporté par le courant, un garçon chante sur un vieil air de berceuse ce couplet que reprend la foule en chœur :
- Fuurio... le ruisseau brûle !
- C’en est d’lslikon qui l’ont allumé,
- C’en est de Cheûkon qui l’éteindront Avec leurs cent mille grenouilles.
- Dans d’autres endroits, à Winterthur (dimanche avant le Mardi Gras), des petits bateaux illuminés de teintes variées courent sur l’eau; à Zurich (mars) on porte des raves creusées garnies de lumière au bout de bâtons à travers la ville, puis on les jette dans la rivière. A Engstringen, les écoliers, munis de torches de pin, les précipitent dans l’eau avant leur extinction, du haut du Pont de la Limmat. A Hegi on fait des batelets de bardeaux avec des maisonnettes et de petites églises dans lesquelles brûlent de minuscules chandelles; dans d’autres villages ce sont des bouts de chandelles qui naviguent sur des morceaux de planche. A Lucerne et à Bilten (Glarus) un vieux dicton annonce que le jour de la Saint-Fridolin (6 mars) la lumière flotte en descendant le ruisseau : Am Sankt Friedli’s Tag schwimmt das Licht dur ch e Bach ah.
- Les enfants enduisent de goudron des auges en bois qu’ils garnissent de lumière. A Aarau, après le curage de la Sur, la population en habits de fête dépose sur l’eau des citrouilles évidées garnies d’étoupe en feu. En marchant le long des rives pour accompagner les frêles esquifs lumineux, les enfants crient : Fuerjo ! der Bach hrennt ! Au feu ! au feu ! le ruisseau brûle !
- En France, la même coutume prévaut aux environs de Metz, à Failly. Les enfants font flotter sur les ruisseaux, dans les vasques des fontaines, des coquilles de noix garnies de lumignons flambants, en chantant : « Il était un petit navire, qui n’avait jamais, jamais navigué... »
- A Aubusson, en Creuse, jusqu’en 1914, en mars, les ouvriers tapissiers jetaient les veillées à Veau en immergeant une planche de 1 m de long, garnie de chandelles allumées. On y substituait souvent un véritable petit bâteau habilement sculpté qui, après sa disparition à l’horizon, donnait le signal de la fête de la fin des veillées que l’on célébrait dans les cabarets, le verre à la main.
- Dans les Ardennes françaises, près de Rethel on brûlait le Piton en mars. C’était un vieux sabot chaussé d’une chandelle qui descendait le courant de la rivière d Retourne. Si le sabot ne coulait pas, on criait « il brûle» s’il enfonçait on criait « il nôye ! »
- Dans le canton de Gérardmer-Fraize, on disait, le jour de la Saint-Grégoire (12 mars) : « Saint Guergôle naye eune fusée », le. Saint noie une fusée. Le travail du soir diminue d’une fusée; la veille, à la fin de la dernière veillée de la saison, toutes les fontaines étaient surmon-
- Fig. 15. — La plate-forme de la cathédrale de Strasbourg recevait, avant la Révolution, le.public destiné aux sept balançoires de laSt-Jean.
- D’après une gravure ancienne. (Pli. Luib.)
- tées d’un énorme navet sculpté en tête de mort et illuminé par une mèche huilée. La grande adresse des jeunes gens consistait à enlever le lumignon et à l’éteindre sans recevoir le seau d’eau glacée que vous lançait un invisible gardien à l’affût, et qui criait de temps à autre : « i naye, i naye » (elle se noie, elle se noie) pour provoquer les passants.
- A Grenoble, le 25 mars, l’Isère « embarque les veillées pour Beaucaire » comme disent les gens, en emportant une planche garnie de chandelles aux quatre coins. A Remiremont la cérémonie se complète de chants patois :
- Hé ! nous sommes au temps où s’allongent les jours,
- Et je vois les enfants qui vont noyer les loures.
- Les voilà qui sur l’eau lancent une planchette Qui de cire allumée est toute recouverte;
- Puis, au gré du courant, ils suivent ce brûlot En criant tous ensemble : Ho ! Hé ! les champs gottot On dirait en français : les prés, les champs verdoient,
- Le soleil est à nous ! Que les lampes se noient !
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- Dans cette même ville, les enfants annonçaient le soir du Vendredi Saint en plaçant dans des couvercles de boîtes à fromage des chandelles qui flottaient sur la rivière, que le temps des loures ou veillées était fini;
- ils chantaient :
- Les loures noyot
- Les tos gottot
- Paiques revié
- C’ot in gran bié
- Po les chettes e les chiés
- Et tortos les geos
- En même to !
- Les veillées se noient Les toits gouttent Pâques revient;
- C’est un grand bien Pour les chattes et les chiens Et tous les gens En même temps !
- Fig. 16. — A Morialmè en 1931, quatre rangées de longs fagots, entassés circulairement autour d’un arbre, forment le bûcher du Grand Feu. Photo du Musée de Liège, n° 24536 b. Extraite de la Vie wallonne, n° 29, p. 142
- Pour nous résumer, nous dirons que les grands feux et la noyade des lumières se pratiquent un peu partout suivant le même rituel, à la même date, vers la mi-mars. D’un côté on fait flamber un Grand Feu (peut-être coutume terrienne où l’eau manque et où il y a des monticules) pour fêter la fin des veillées, lumière artificielle, de l’autre on noie les chandelles qui avaient servi aux veillées.
- Quelle est la signification de ce symbole ? D’abord la
- date de la mi-mars est l’époque de l’équinoxe de printemps qui a joué un rôle religieux primordial dans l’antiquité. On célébrait à cette date (Ovide, Fastes, III, 8 à 9) les Quinquatries, fête de Minerve correspondant aux Panathénées des Grecs, qui duraient cinq jours consécutifs. Pendant trois jours on se disputait des jeux, notamment la course aux flambeaux, et le dernier jour on purifiait les trompettes sacerdotales.
- On sait ^ussi par la légende de saint Patrice (ve siècle), que les Irlandais allumaient en mars de Grands Feux pour célébrer le retour du printemps et qu’ils disaient des prières pour la fécondité des récoltes. Car à l’équinoxe le printemps surgit. Au 17 mars, les Romains célébraient aussi les Liberales. De vieilles femmes couronnées de lierre, assises à côté des prêtres de Bacchus, vendaient aux passants des gâteaux de miel, dont elles détachaient un morceau qui était jeté avec une liqueur sur le feu d’un autel consacré à Bacchus, pour obtenir la fertilité de la vigne et du blé puisque le gâteau était fait de miel, de farine et d’huile. Encore actuellement en Pologne, en Roumanie, en Ukraine et en Yougoslavie, les jeunes gens couronnés de fleurs et de verdure, exécutent des danses et des rondes autour d’un grand mannequin de haute taille; puis tous vont à la rivière et le jettent à l’eau pour symboliser l’hiver qui disparaît. Ces fêtes du printemps étaient très répandues au xme siècle en France et en Europe comme l’attestent les représentations du mois de mars sur la plupart de nos cathédrales de France. Un personnage couronné de verdure, assis sur un trône et entouré de fleurs, tient un sceptre de feuillage. Le mannequin qu’on brûle dans la vallée du Viroin (Mazée) est une réminiscence de ces rites qu’on célébrait encore à Zurich il y a une cinquantaine d’années. Lors de la Fastnacht (Mardi-Gras), nous dit le Conservateur de Strasbourg, on promenait dans les rues de Zurich un char muni à l’avant d’une cloche et transportant un mannequin de grandeur naturelle en paille bourrée d’explosifs, habillé de vieux habits démodés et coiffé du chapeau haut de forme.
- Les jeunes gens, déguisés en mendiants ou en sorcières chevauchant des balais, tiraient la charrette, tandis que d’autres faisaient un grand vacarme sonore où dominait le crépitement des crécelles. Le soir, le mannequin, surnommé Beugg, était conduit sur la place publique où l’on avait dressé un bûcher surmonté d’une potence. Le Beugg était hissé à la perche et disparaissait bientôt carbonisé dans les flammes. On « brûlait l’hiver ».
- Le rapport qui existe entre les chandelles des veillées, les lampes, et les Grands Feux peut s’expliquer par le fait que les Grecs célébraient la fête des Lampes en organisant, le soir, des jeux à la lueur des lampes qu’ils donnaient à Yulcain, le dieu du feu et des bûchers par extension en Gaule. Les bûchers sont ordinairement placés sur des montagnes, car les anciens croyaient que les volcans, comme l’Etna, étaient les forges de Vulcain. Toutes ces croyances de diverses origines se sont synthétisées à travers les siècles pour symboliser finalement par les Grands Feux de mars que l’on termine ordinairement par des repas (gâteaux des Liberales), la végétation nouvelle qui renaît sous l’action de la lumière
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- naturelle du Soleil de l’équinoxe, qui féconde et donne aux hommes de longues journées de travail. Il faut donc chasser à l’équinoxe la lumière artificielle des veillées où l’homme était inactif, en la noyant dans l’eau (Vulcain était aussi le dieu de l’eau) de peur d’attirer sur les futures récoltes la colère du dieu-soleil qui se verrait mépriser.
- Toute cette théologie païenne est confirmée par le fait qu’actuellement en Esthonie, à partir du 25 mars (date de l’ancien équinoxe fixé par Sosigène, mathématicien de J. César), la croyance populaire interdit d’allumer les lampes des veillées de peur de nuire à la crois-
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- quartier fait pour son compte personnel un bûcher de 6 à 10 m de haut, de forme carrée, sur une partie des montagnes qui dominent la ville. Les jeunes gens vont quêter le bois et la paille par quartier séparé en chantant de vieux couplets en patois, se rapportant à la Saint-Martin. Chaque quartier a sa montagne et quand des groupes différents se rencontrent transportant leur bois à dos, souvent des rixes sérieuses s’ensuivent. Le 11 novembre, les bûchers sont allumés, et à leur extinction les quatre groupes, portant des flambeaux faits de chiffons enroulés au bout de longues perches et imbibés
- Fig. 17. — Le Grand Feu, à Spa, avenue du Marteau (1820).
- D’après une sépia exécutée le jour même par Joseph Body. Archives du Musée de Liège, n° 6109. Op. cit., p. 143.
- sance du blé. A ces rites païens, la liturgie chrétienne substitua le Feu Nouveau du Samedi-Saint, symbolisant le Christ rénovant le monde. Car d’après Tertullien et le Chronographe de 354 on admettait au me siècle que le monde avait été créé à l’équinoxe, et que le Christ, pour le racheter, était mort le jour même de l’équinoxe.
- LES FEUX DE LA SAINT-MARTIN
- A Ahrweiler, près de Coblence, dans l’Eiffel (Allemagne) nous avons vu fêter la Saint-Martin par quatre Grands Feux. La ville, d’aspect antique, entourée de murailles fortifiées est partagée en quatre quartiers ayant chacun une appellation propre : Oberthor, Nieder-thor, du nom de la porte de sortie de la ville. Chaque
- d’essence, descendent de la montagne à la ville en faisant plusieurs fois le tour des fossés. En raison des rixes, la municipalité a interdit ces cortèges, mais elle organise un défilé avec un concours de pièces montées lumineuses.
- Les feux de la Saint-Martin pourraient commémorer en novembre la reprise des veillées comme ont l’air de le dire ces deux vers tirés du Poème des Mois de Wandalbert (813 à 870), du ixe siècle, bénédictin à Prüm (Prusse) :
- Tum dulces ludi, tumque est gratissimus ignis,
- Atque novo oblectat somnum invitare lyaeo.
- Si les jeux sont agréables, la flamme est plus que bienfaisante; En novembre le vin nouveau récrée en invitant au sommeil.
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- On pourrait encore trouver des quantités d’exemples de ces coutumes populaires sur les Feux. Les quelques documents authentiques que nous avons rassemblés suffisent amplement à prouver que ces bûchers se rapportent tous, à l’origine, à des rites très anciens tirés de la mythologie gréco-romaine enrichie ensuite par des coutumes locales. Ces feux maintenant épurés de leur symbole solaire ne sont plus que des occasions de se réunir en famille pour rire et chanter nos vieux airs d’antan comme le dit si bien le barde breton Brizeux :
- C’est la Saint-Jean ! Des feux entourent la Bretagne, Serpent rouge qui va de montagne en montagne;
- Et de chaque hauteur qu’illuminent les feux,
- Montent avec la flamme autant de cris joyeux.
- Fig, 18.— Les chandelles illuminent la tour de papier décorée de drapeaux André GloRY,
- et l’embarcation va au gré de Veau, emportée par le courant. Sociétaire de la Conservation
- D’après la Terre helvétique. Neuchâtel, 1931. des Monuments historiques d’Alsace.
- THÉORIES DE LA CORROSION DES MÉTAUX
- 1 sT ï
- En ces dernières années, les recherches se sont multipliées sur les causes et les processus de la corrosion. On pourrait s’étonner qu’elles n’aient pas été entreprises plus tôt quand on songe que l’oxydation détruit, chaque année, la cinquième partie de la production mondiale des fontes et des aciers.
- D’autre part, les constructions marines et aéronautiques utilisent nombre d’alliages ferreux ou légers dont la corrosion peut être cause d’accidents extrêmement graves. A ce propos, on pourrait rappeler un exemple récent particulièrement frappant : en 1921, en Amérique, un yacht fut construit entièrement en métal inattaquable par l’eau de mer à l’exception du bâti et du gouvernail faits en acier. Dès sa mise à l’eau, le bateau fut rapidement détruit avant d’avoir effectué un seul voyage (on verra plus loin les causes de ce phénomène).
- Pour combattre les effets de la corrosion qui se manifestent sous diverses formes, on a cherché à en expliquer le mécanisme général.
- ÏHISTORIQUE
- Dans la première moitié du XIXe siècle on avait tendance à admettre que la corrosion est simplement un phénomène d’oxydation. Parmi de nombreux travaux exprimant cette opinion on peut citer un ouvrage datant de 1819, attribué à Thénard, dans lequel on trouve pour la première fois l’hypothèse que la formation de la rouille est un phénomène électrochimique : un peu plus tard, Davy proposa l’emploi du fer ou du zinc pour protéger le cuivre contre l’action de l’eau de mer. En 1838, Mallet essaya d’expliquer la corrosion par une action électrochimique. Faraday, en 1834, exprime l’idée que la corrosion ne peut être regardée comme un phénomène purement chimique mais qu’il y a une analogie indiscutable entre la pile de Volta et le phénomène de la corrosion des métaux contenant des impuretés. D’autres pensèrent au gaz carbonique de l’air comme acide corrodant.
- Ce n’est qu’au début du XXe siècle que Whitney et Guch-mann commencèrent à appliquer à la corrosion la théorie de Nernst.
- THÉORIE DE LA PILE
- Quand on plonge une électrode métallique dans la solution de l’un de ses sels, deux cas peuvent se présenter : le métal
- tend à passer de l’électrode dans la solution, ou à se séparer de la solution sur l’électrode.
- Prenons un barreau de zinc et immergeons-le dans une solution de sulfate de zinc, les atomes -x^e zinc passent dans la solution à l’état d’ions.
- Suivant la théorie de Nernst les ions passés en solution augmentent la pression osmotique due à la pression préalable des ions zinc dans la solution.
- Cette pression osmotique s’oppose à la pression de dissolution et c’est la différence de ces deux pressions qui détermine le sens du phénomène. Dans le cas qui nous occupe, le zinc passera en solution parce que la pression de dissolution est plus grande que la pression osmotique. L’effet inverse se produira si la pression de dissolution est inférieure à cette pression osmotique; il en est ainsi quand on plonge une électrode de cuivre dans une solution de sulfate de zinc; le zinc se déposera sur l’électrode de cuivre.
- Nernst a donné une formule qui permet de calculer le potentiel d’un métal à partir de ces deux pressions :
- T — température absolue.
- R — constante des gaz parfaits.
- n — valence.
- F — nombre de Faraday = 96 500 coulombs.
- p — pression de dissolution.
- p' — pression osmotique.
- On ne peut pas, en vérité, mesurer un potentiel absolu puisque ce ne sont que les différences de potentiel qui sont accessibles à nos mesures. Nernst proposa comme référence de considérer le potentiel de l’hydrogène comme égal à zéro et de déterminer le potentiel de chaque métal par rapport au potentiel de l’hydrogène.
- En mesurant la différence de potentiel d’une pile ainsi constituée :
- Métal/Solution normale du métal/Electrode normale d’hydrogène f), et en définissant ce potentiel comme le
- 1. On appelle potentiel normal d’hydrogène le potentiel d’une électrode formée de platine noirci, saturé d’hydrogène sous une pression d’une atmosphère.
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- potentiel du métal considéré, on peut constituer une série, dite série de tensions, dans laquelle les métaux sont classés par ordre de grandeur de ce potentiel.
- Les métaux ayant un potentiel supérieur au potentiel de l’hydrogène sont dits électropositifs et les métaux ayant un potentiel inférieur à celui de l’hydrogène sont dits électronégatifs.
- Le tableau ci-dessous donne les potentiels en volts ainsi trouvés pour les métaux les plus usuels.
- Au = + 0,99 Pt = + 0,86 Ag : + 0,798
- Hg = + 0,792 Cu = + 0,347
- II 0,00
- Pb = — 0,132 St =—0,146 Ni = —0,20 Co = — 0,23
- Fe = — 0,34 Cd = — 0,42 Zn = — 0,77 Al = — 1,33 Mg = —1,80
- Chaque fois que deux métaux ayant une place distincte dans la série des tensions sont en contact électrolytique et sont réunis électriquement par ailleurs, un courant prend naissance. Ce courant entraîne la dissolution du métal dont le potentiel est le plus bas.
- Puisque la corrosion est caractérisée par le passage du métal en solution, on peut admettre que le processus de la dissolution est la conséquence de la formation d’une pile. La corrosion se présente ainsi comme un phénomène essentiellement électrochimique et l’on peut dire, d’une façon générale, que la corrosion a lieu chaque fois qu’une différence de potentiel se produit au contact d’un électrolyte.
- Cette différence de potentiel ne doit pas être nécessairement attribuée à deux métaux distincts, elle peut avoir lieu chaque fois qu’une hétérogénéité apparaît à la surface de séparation du métal et de l’électrolyte. Ces hétérogénéités peuvent être séparées en deux catégories distinctes : hétérogénéités du métal et hétérogénéités de l’électrolyte.
- Bien que les principes de la théorie restent les mêmes, il faut distinguer nettement ces deux cas, car les facteurs intervenant dans le processus de la corrosion sont tout à fait différents.
- EXEMPLES DE CORROSION PAR FORMATION DE PILES
- 1° Contact de deux métaux. — Le contact de deux métaux peut se produire de différentes façons. Ainsi pour effectuer un assemblage on est souvent obligé d’utiliser des rivets; or si ces rivets ne sont pas de même nature que le métal de base, il se produit un courant dès que l’ensemble est mis au contact d’un électrolyte (l’eau de mer par exemple), ce qui a pour conséquence la destruction inévitable soit du rivet, soit du métal de base, suivant le potentiel respectif de ces deux métaux. Il en sera de même, pour tout assemblage hétérogène.
- En dehors de ces contacts extérieurs de deux métaux, le métal lui-même peut avoir des inclusions et contenir des impuretés qui provoquent la destruction On sait, en effet, que du fer pur se dissout difficilement dans l’acide sulfurique tandis que le fer commercial s’y détruit avec une grande rapidité.
- Dans le cas des alliages, ce sont des inclusions qui provoquent la corrosion, ainsi pour le duralumin le maximum de corrosion coïncide avec l’inclusion d’un composé défini AlCur'.
- 2° Métal ayant subi des traitements thermiques. — On peut former une pile avec deux électrodes constituées par un même métal, mais ayant subi des traitements thermiques différents. Ainsi on a pu constater une force électro-motrice de 0,1 volt dans une pile formée par du duralumin recuit et le même duralumin trempé. Il s’ensuit que, chaque fois qu’une pièce métallique aura des parties inégalement recuites ou trempées, on pourra observer la production d’un courant au contact d’un électrolyte, et par conséquent corrosion.
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- Un exemple particulièrement frappant est fourni par les soudures autogènes. En effet, quand on effectue des soudures autogènes (surtout sur les alliages légers), on chauffe le métal inégalement et il se forme une zone de recuit qui a un potentiel plus bas que celui du métal avoisinant; cette zone est le siège d’une corrosion intense.
- 3° Métal ayant subi des traitements mécaniques. — Si les traitements thermiques irréguliers sont la cause d’une corrosion intense, il peut en être de même des traitements mécaniques hétérogènes. C’est ainsi qu’on a pu constater qu’entre un métal recuit et un métal écroui, il existe une différence de potentiel appréciable. Puisqu’un courant peut naître entre deux parties d’un même métal ayant subi des déformations mécaniques inégales, ces hétérogénéités peuvent provoquer la corrosion.
- Pratiquement cela peut se traduire, par exemple, par le fait que les endroits fortements martelés (cas des alliages légers) s’attaquent avec grande facilité par l’action de l’eau de mer ou d’un électrolyte.
- THÉORIE DE L’AÉRATION DIFFÉRENTIELLE
- D’après ce que nous avons vu, la corrosion est la conséquence des hétérogénéités à la surface de séparation métal-solution. Un métal parfaitement homogène devrait donc résister à toute corrosion. Or il n’en est pas ainsi dans beaucoup de cas où le métal se trouve en présence d’un électrolyte non homogène en tous les points.
- Par exemple, si l’on plonge partiellement une plaque de métal dans un liquide, il y aura parfois une zone de corrosion intense au voisinage du plan de séparation air-solution.
- D’autre part, on ne peut pas expliquer parla théorie électrochimique le fait que c’est aux endroits les moins accessibles à l’oxygène et au liquide corrosif que l’attaque est la plus intense dans divers cas. Evans a émis une théorie, dite théorie de l’aération différentielle, dans laquelle l’oxygène joue un rôle prépondérant.
- Il avait été remarqué déjà en 1830 par Marianini qu’un courant peut s’établir entre deux électrodes parfaitement identiques mais plongées dans une eau inégalement aérée.
- Lambert beaucoup plus tard, en 1912, constata qu’un métal pur reste inattaqué par les acides étendus en couche homogène sur sa surface tandis que, plongé verticalement dans la solution, il s’attaque comme s’il était hétérogène.
- Plus récemment encore, on a démontré que, dans le cas du fer et de l’acier grossièrement polis, l’attaque par une solution de NaCl se localise dans le fond des rayures.
- Tous ces exemples ont conduit Evans à établir sa théorie de l’aération différentielle pour expliquer ce phénomène paradoxal à première vue. Une expérience fondamentale est à la base de cette théorie.
- Fig. 1. -— Pile d'aération différentielle (d’après Evans).
- L’enveloppe en parchemin P qui forme la séparation poreuse est enroulée autour de deux bobines Wf et W£, maintenues dans leur position par la tige de verre G et est fixée par les deux bandes de caoutchouc R, et Rà. Le récipient extérieur V est en verre, l’anode A et la cathode C sont en tôle de fer ; l’air est soufflé par le tube de verre T.
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- Deux bandes de fer sont découpées dans la même tôle, elles sont plongées dans deux compartiments séparés par une cloison poreuse et remplis d’une solution de chlorure de potassium demi-normale; ces deux bandes sont reliées respectivement aux deux bornes d’un milliampèremètre. De l’air débarrassé de gaz carbonique est insufflé dans le compartiment extérieur (figure- 1). Un courant s’établit entre l’électrode aérée et l’électrode non aérée, la mesure de la perte de poids montre que l’électrode non aérée est détruite tandis que l’électrode aérée reste inattaquée.
- Evans admet que les parties aérées sont à un potentiel inférieur à celui des parties où l’oxygène a le moins d’accès. Il se forme donc une pile chaque fois que deux parties du même métal sont inégalement aérées et un courant s’établit en même temps qu’une corrosion. Ici les hétérogénéités, au lieu d’être dues au métal, appartiennent à l’électrolyte.
- Nous donnerons quelques exemples de corrosion provoquée par l’aération inégale du métal.
- 1° Effet de contact. — La corrosion d’un métal homogène peut être localement augmentée dans les anfractuosités ou à l’endroit d’un contact même avec une substance non conductrice, où l’oxygène a le moins d’accès.
- Ainsi par exemple il a été signalé un cas où des tôles de fer galvanisé empilées les unes sur les autres à bord d’un navire étaient gravement détériorées aux points difficilement accessibles à l’air où elles se trouvaient en contact les unes avec les autres. Les mêmes tôles, utilisées au bord de la mer séparément, résistaient assez bien à des projections d’eau salée.
- Les substances non conductrices peuvent aussi créer des électrodes à cause de la diminution de la concentration en oxygène à leur voisinage. On a montré que la corrosion locale peut se produire en des points quelconques choisis d’avance, isolés par du coton, de la laine, des fragments de verre, cire, paraffine et beaucoup d’autres substances.
- 2° Effet de goutte. — Si l’on dépose des gouttes d’une solution saline sur le métal, on aura une répartition hétérogène de l’attaque sous cette goutte; au centre, l’oxygène n’a pas d’accès tandis que sur les bords la goutte est très aérée. Il en résulte qu’un courant va s’établir entre ces deux parties de la même goutte et c’est l’intérieur qui sera attaqué tandis que les bords resteront intacts.
- Un métal homogène et pur pourra ainsi être fortement attaqué sous les gouttes alors qu’il ne le serait pas si on le mettait entièrement dans l’eau.
- 3° Effet de Vimmersion partielle. — On sait que lorsqu’on plonge verticalement et partiellement une plaque de métal
- dans une solution saline corrosive, il se produit une zone de corrosion intense dans la partie de la plaque recouverte par la solution. La localisation de l’attaque dépend du poten-tiél du produit de la corrosion. Ainsi dans le cas du fer ou du zinc, c’est le bord inférieur de la plaque qui subit une corrosion particulièrement intense, tandis que dans le cas de l’aluminium cette zone se trouve immédiatement au-dessous de la surface de séparation des deux milieux liquide-air.
- Ceci est facile à expliquer : en effet le principe reste toujours le même, la partie du métal aérée a un potentiel supérieur à celui du métal qui se trouve plongé dans l’eau. Il se produit un courant, qu’on peut d’ailleurs facilement mettre en évidence, et par suite une corrosion.
- On pourrait multiplier les exemples, mais nous nous arrêterons à ces trois cas très frappants.
- CONCLUSION
- Ainsi la corrosion des métaux par les solutions salines peut être considéi'ée comme liée à un phénomène électro-chimique, elle a lieu chaque fois qu’un courant local prend naissance et elle entraîne la destruction de la partie qui a le potentiel le plus bas. Ce courant local est dû soit à des hétérogénéités du métal, soit à des hétérogénéités du milieu électrolytique dans lequel il est plongé.
- Parmi les hétérogénéités du métal susceptibles de provoquer la corrosion se trouvent : les impuretés ou les inclusions étrangères au métal ou des composants séparés entrant dans la composition normale de l’alliage.
- Les hétérogénéités du milieu sont souvent dues à une concentration inégale en oxygène autour du métal et alors les endroits peu oxygénés jouent le rôle de la cathode et les endroits riches en oxygène celui de l’anode.
- Cet effet peut être dû, soit à une aération inégale du liquide d’attaque, soit à la forme géométrique irrégulière du métal lui-même.
- Des exemples de cette corrosion particulière sont offerts par l’immersion partielle, par l’action de gouttes de liquide séparées et par la corrosion provoquée par le contact avec une substance conductrice ou non conductrice et par la localisation de l’attaque dans des creux et inégalités de surface, c’est-à-dire aux endroits où l’accès de la solution est le plus difficile.
- Ces théories sont-elles définitives où céderont-elles la place à d’autres plus explicatives ? C’est ce que révéleront les innombrables études actuellement en cours dans le monde
- ent*er- Nathalie Goldovski,
- Docteur de l’Université de Paris.
- UNE INVASION D ACARIENS A LA BAULE
- La Chambre syndicale des tapissiers-décorateurs s’est émue, récemment, d’un cas d’invasion d’Acariens dans une maison particulière et j’ai été consulté à ce sujet.
- A La Baule, une villa, nouvellement construite, dont l’installation avait été faite en mai-juin 1934 et qui avait été habitée de juin à août, est restée fermée depuis ce dernier mois jusqu’aux vacances de Pâques, en avril 1935; les propriétaires ont eu, à cette date, la désagréable surprise de trouver leur demeure complètement occupée par une multitude innombrable d’animalcules qui pullu-
- laient sur les sièges, les rideaux, les parquets, les armoires, etc.
- Ayant reçu en communication plusieurs individus de ces hôtes indésirables, j’ai constaté qu’il s’agissait d’un Acarien du groupe des Sarcoptides détriticoles ou Tyro-glyphides ; le Glycyphagus domesticus De Geer (= cursor Gervais).
- Peu de temps auparavant, en janvier 1935, M. G. Pra-viel m’avait communiqué également des spécimens d’Acariens ayant infesté en foule une maison de
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- La Rochelle et ici encore il s’agissait de G. domesticus.
- A Bordeaux les faits d’invasion d’appartements par ce Glycyphage sont assez communs, surtout au printemps et dans les pièces humides, peu aérées, insuffisamment éclairées; plusieurs cas ont été mentionnés, notamment en 1910, par M. J. Chaine (Bull. Soc. études et vulgarisation de Zoologie agricole, p. 3) et en 1920 par M. le Dr J. Feytaud (Actes Soc. linn. Bordeaux, LXXII, Proc.-verb., pp. 53 et 60).
- Les G. domesticus préfèrent les substances sucrées (miel, fruits confits, figues, pruneaux, biscuits, etc.), mais ils s’attaquent à toutes sortes de matières organiques (pelleteries, plumes, etc.), sur lesquelles, à la faveur de l’humidité et de l’obscurité, ils se reproduisent avec une extraordinaire rapidité en formant une sorte de poussière animée.
- Ils se rencontrent souvent par myriades dans le crin animal ou végétal et le vieux foin qui servent à garnir les fauteuils et les matelas : le foyer primitif d’où rayonnent les légions d’Acariens observées dans une maison se trouve fréquemment dans des meubles ainsi rembourrés.
- Quant à l’apparition brusque de ces Mites en quantités énormes, elle peut s’expliquer si l’on admet que dans les déchets de substances organiques il existe toujours un petit nombre de ces animaux, qui, sous certaines conditions propices, notamment d’humidité, se montrent d’une prodigieuse fécondité, amenant leur prompte pullulation.
- Ces Glycyphages, qui courent avec une extrême vélocité et des mouvements précipités, ont le corps revêtu de longs poils hérissés de barbules et l’espèce domesticus se distingue en ce qu’aux pattes les tarses sont lisses (tandis que chez le G. spinipes Koch ils sont munis d’une fine pilosité dense) et montrent seulement un petit nombre (4 à 6) d’assez longs poils sétiformes.
- Le G. domesticus n’est ordinairement pas parasite. Cependant, dans les magasins de sucre, il peut provoquer une irritation temporaire de la peau (gale des épiciers) chez les personnes qui manient cet aliment.
- Edmond Perrier a d’ailleurs fait connaître un cas où cet Acarien est devenu accidentellement et momentanément parasite. En 1896 (C. R. Acad. Sciences, t. CXXII, p.859), à Barfleur, deux maisons ont été rendues inhabitables par la multiplication inouïe de cette espèce : elles avaient été infestées par une domestique, venue de Cherbourg, dont la tête était couverte d’une quantité de Glycyphages. Les effets se bornèrent d’ailleurs à des démangeaisons assez faibles et à une sensation de fourmillement causée par le contact des pattes et des chéli-cères des Acariens.
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- Dans cette circonstance, on se débarrassa totalement de ces parasites par des vapeurs d’acide sulfureux.
- C’est en effet cet insecticide gazeux qui détruit le plus efficacement ces insupportables animalcules, mais il est parfois nécessaire de prolonger l’opération pendant 48 heures; l’emploi de l’aldéhyde formique ne donne que des résultats peu satisfaisants.
- Les causes favorables pour la multiplication de ces Acariens étant un milieu clos, humide, tiède et sombre,
- Fig. 1. — U Acarien Glycyphagus domesticus.
- il faut, pour combattre leur réapparition, aérer fréquemment les locaux précédemment infestés, afin d’assécher l’atmosphère et de faire entrer. |a lumière.
- \ Marc André,
- Assistant au Muséum.
- CARÉNAGE DE LOCOMOTIVES
- Après les constructeurs d’automobiles et d’automotrices, les Chemins de fer s’efforcent d’améliorer les performances des trains rapides en adaptant à leur matériel des formes mieux carénées. Dans notre dernier numéro ont été relatés les essais du train aérodynamique du
- P.-L.-M. Les Chemins de fer de l’État sont également* engagés dans cette voie.
- Le Service des Études des Chemins de fer de l’État en liaison avec la Société « L’Aérodynamique industrielle » a entrepris tout dernièrement à l’Institut aérotech-
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- Fig. 1.— Maquette d’une lomomotive Pacific 231-501 normale en service, avec iender montée dans une des souffleries de l’Institut aérotechnique de Sainl-Cyr.
- nique de Saint-Cyr une série d’essais en soufflerie sur une maquette de locomotive. Celle-ci figurait la reproduction fidèle d’une Pacific 231-501 et de son tender exécutée à l’échelle l/10e par les apprentis des Chemins de fer de l’État. Sur cette maquette venait s’adapter un carénage spécial conçu et dessiné par « l’Aérodynamique industrielle ».
- Les essais étaient guidés à la fois par le désir d’évaluer la résistance aérodynamique des diverses combinaisons et par le souci d’empêcher la fumée de venir se rabattre sur la cabine du mécanicien, rôle imparti actuellement aux écrans pare-fumée placés de chaque côté de l’avant de la chaudière. La maquette était montée dans la soufflerie de telle sorte que la partie inférieure des roues se trouvait à quelques millimètres du plancher du tunnel pour tenir compte dans une certaine mesure de l’interaction du sol (x).
- Dans les figures 1, 2, 3, 4, nous pouvons juger de quelques étapes des modifications subies par la machine.
- Pour évaluer le gain que l’on peut attendre du carénage, on a calculé les puissances absorbées par la résistance de l’air à des vitesses de 120 et 150 km à l’heure.
- Le tableau ci-dessous résume les principaux résultats indiqués sur les courbes de la figure 5 ; en supposant que les essais au tunnel soient exactement transposables à la vraie grandeur.
- Puissance à Puissance à Désignation. 120 km-h. 150 km-h.
- Locomotive normale avec
- écrans pare-fumée usuels. 339 ch
- Locomotive normale sans
- écrans pare-fumée. . . . 286 ch
- Locomotive carénée partiellement................... 262 ch
- Locomotive avec carénage
- complet...............231 ch
- 663 ch 560 ch 512 ch 542 ch
- Fig. 2. •— Locomotive avec carénage partiel.
- On voit que l’intérêt du carénage aérodynamique se traduit par un gain de 108 ch à 120 km-h et de 221 ch à 150 km-h par rapport à la puissance absorbée par une locomotive normale en service.
- En étudiant l’influence d’un vent dirigé en sens inverse de la marche du convoi, on s’apercevrait que la différence est encore plus grande. Enfin des essais d’émission de fumée par la cheminée montrent que les écrans supérieurs, placés sur le carénage pour chasser la fumée vers le haut, sont presque aussi efficaces, que les pare-fumée usuels. Il faut noter en
- 1. Voir La Nature, n° 2916 du 1er novembre 1933.
- Fig. 3. — Locomotive avec carénage complet.
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- Fig. 4. — Locomotive avec carénage complet, vue montrant les écrans pare-fumée supérieurs.
- outre que la maquette était munie du pare-brise aérodynamique Pottier qui permet au mécanicien une vision nette des signaux sans interposition d’aucune glace.
- Jean Lacaine.
- Puissance
- CV.
- Locomotive carénage complet-
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- /\./ /
- Locomotive avec carénage partiel
- / / /
- / / /
- / // /
- / //
- / //
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- / //
- Locomotive normale sans pare -fumée
- / f 4 / //
- / //
- ' //
- - Locomotive normale avec pare -fumée.
- Vm .sec.
- Vitesse de déplacement
- Fig. 5. — Puissance absorbée par la résistance de l’air en fonction de la vitesse pour diverses formes du carénage.
- , LA “ NORMANDIE ” ....
- LE PLUS GRAND PAQUEBOT DU MONDE111
- III. — AMÉNAGEMENTS INTÉRIEURS ET DÉCORATION
- Pour juger de l’aspect extérieur d’un transatlantique, il suffit d’un certain recul, afin que le regard ne vienne pas s’écraser sur telle ou telle partie du paquebot. Cette condition est plus impérieuse lorsqu’il s’agit de la Normandie, car notre œil n’est pas encore habitué à observer des navires « de plus de 1000 pieds », pour parler comme nos amis anglais. Mais si elle est remplie, on peut admirer sa majestueuse beauté et démêler ce qui fait l’originalité de la nouvelle unité.
- A l’arrière, c’est la succession régulière des ponts qui s’étagent jusqu’aux hauts comme les terrasses d’un palais oriental. Ces larges plates-formes, que sépare seulement la hauteur d’un entrepont, donnent à cette partie de la Normandie une ligne à la fois élégante et reposante, et surtout très architecturale. Au centre, entre les deux mâts, le bateau s’épaissit. Les superstructures, qui rappellent toujours un peu le château des nefs d’autrefois, sont dominées par les trois hautes cheminées rouges à bande noire dont la première porte,
- 1. Voir La Nature, nos 2950 et 2951.
- comme deux yeux braqués vers le large, les trous de deux puissants sifflets. Le pont-promenade y enroule sa ceinture de verre tandis qu’au-dessus de lui, les alignements d’embarcations de sauvetage dessinent, deux minces bandeaux. Mais à l’avant, la ligne redevient simple et fine, avec quelque chose d’aigu dans le profil comme sur un croiseur. Il s’agit moins ici de la quiétude des passagers que du choc de l’Océan. Au-dessus et en arrière du pont de manœuvre situé à 18 m au-dessus de la mer, mais que les vagues balaieront par gros temps, un brise-lames tend son museau trappu aux baisers de la tempête. Derrière lui, sous sa sauvegarde, le calme peut fleurir dans le Jardin d’hiver.
- Si l’on essaie, au contraire, d’avoir une idée d’ensemble des aménagements intérieurs, la tâche est plus malaisée. On sait, d’ailleurs, que pour tout passager, c’est un des plaisirs les plus goûtés que d’aller à la découverte à travers les locaux auxquels lui donne droit son billet, à travers les autres aussi, quand c’est possible, et jusqu’à ceux que normalement un passager ne devrait point voir. La Normandie est un monde dont on ne saurait apercevoir la richesse et la complication au cours d’une visite, même longue, et qui offrira à ses hôtes d’incessantes surprises. Pourtant, la répartition des salles essentielles
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- est assez simple : c’est autour du grand hall central qui traverse plusieurs ponts que sont placés la chapelle, la salle à manger principale, le grand salon, la salle de spectacles, la galerie-salon, etc. Le pont-promenade est lui aussi un des emplacements d’où l’on peut avoir une idée sommaire des principaux aménagements : de l’avant à l’arrière se succèdent le jardin d’hiver et ses salons annexes, la salle de spectacles, le grand salon, le fumoir, le grill prolongé par une terrasse ; sur plus de 150 m les salles se suivent, d’enfilade. Le pont-promenade a pour nous un autre intérêt : il limite les deux groupes de locaux qui ont eu chacun leurs architectes chargés de l’étude de la décoration : MM. Bouwens de Boijen et Expert se sont occupés du grand salon, du fumoir, du théâtre, du jardin d’hiver et du café-grill, situés au-dessus du pont-promenade. MM. Patout et Pacon ont décoré le grand hall d’entrée des passagers, la salle à manger, la chapelle et la piscine, situés au-dessous.
- Plutôt que de décrire point par point l’intérieur du navire, efforçons-nous de faire connaissance avec quelques-uns de ses aspects les plus caractéristiques, en voyant successivement ce que sont, dans la Normandie, les lieux où l’on dort et ceux aussi où l’on mange, où l’on cause, où l’on prie, où l’on se distrait, bref tâchons d’avoir une idée de ce que peut être la vie à bord du plus grand paquebot du monde.
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- Pour comprendre l’importance des emménagements réalisés, il ne faut pas perdre de vue que la Normandie peut recevoir 2070 passagers, dont 920 de première classe, 682 de classe « touriste » et 468 de troisième classe et aussi qu’elle dispose d’un personnel de plus de 1300 personnes. Sous les ordres du commandant, du commandant-adjoint et du second capitaine, 9 officiers de pont et 17 officiers mécaniciens, sans compter leurs assistants, dirigent un équipage de 292 hommes, auxquels s’ajoutent environ 800 personnes, stewards, femmes de chambre, mousses, etc., qui sont au service des passagers, sans compter les gens des cuisines et des services annexes. Au total, la population du paquebot pourra atteindre le chiffre de 3490 habitants.
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- Encore que le logement de l’équipage mérite de retenir l’attention, chaque poste ne comportant plus que cinq ou six places afin d’éviter l’entassement, bornons-nous à parcourir les cabines de passagers.
- Les cabines de première classe sont de plusieurs « types » et ont été l’objet de soins très attentifs. Dans celles dites « de la jeune fille » l’emploi de teintes légères et discrètes dans la décoration a permis d’obtenir des effets charmants. Un certain nombre de cabines de luxe, véritables appartements composés de plusieurs pièces, s’ouvrent vers l’arrière du navire sur un petit pont qui leur est réservé et où, à côté d’une partie commune, chacune d’elles dispose d’un emplacement spécial. Leur aménagement a été très étudié : c’est ainsi que les ouvertures de chacune d’entre elles
- ont été découpées très tard dans la paroi car on attendait que la place de leurs meubles ait été fixée au préalable par les décorateurs.
- La classe touriste a des cabines qui, pour être moins luxueuses que les précédentes, sont cependant spacieuses et fort coquettes : mobilier clair pour celles qui ne donnent pas sur la mer, sombre pour celles qui s’ouvrent sur l’extérieur. Au mur, revêtement de Tecco, matière imitant la toile de soie et ne donnant pas l’impression de la peinture.
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- Avant d’aborder les lieux où l’on se restaure, rendons visite à quelques-uns des services annexes dont l’importance saute aux yeux.
- Le service médical est sous la direction d’un médecin-chef, assisté de deux « docteurs ». Il comprend un hôpital d’équipage, un hôpital de passagers doté de 29 lits et une clinique médico-chirurgicale avec salle d’opérations, salle de pansements et salle de radiologie.
- Voici la lingerie qui collectionne dans ses armoires quelque 500 000 serviettes de tous genres, plus de 38 000 paires de draps et près de 6000 couvertures ! Service modeste, toutefois, si on le compare à celui des cuisines et de leurs annexes, boulangeries, boucheries, caves, chambres froides pour la conservation des denrées. Dans les offices, la statistique nous assure qu’on trouve 57 000 verres, autant d’assiettes, sans compter des milliers de carafes, des dizaines de milliers de tasses et de soucoupes. L’embarquement des vivres nécessaires à chaque traversée n’est pas une mince affaire : la consommation prévue par voyage aller et retour est évaluée à 70 000 œufs, 7000 poulets ou pièces de gibier, 16 tonnes de viande, 80 t de glace, 59001 de boissons, dont 240001 de vin ordinaire et 16 000 1 de bière. On croit évoquer les ripailles pantagruéliques à la cour des ducs de Bourgogne du xve siècle, mais non, il s’agit de l’approvisionnement régulier de la Normandie pour deux trajets en mer de quatre jours et demi. La cuisine mériterait à elle seule toute une description. Les fourneaux marchent, comme le navire, à l’électricité. Il faut souhaiter que ses menus acquièrent la réputation de ceux de son aîné, qui fait aujourd’hui figure de cadet, l'Ile-de-France.
- Laissons les cuisiniers surveiller leurs marmites, les boulangers s’affairer devant leurs fours électriques équipés pour produire 600 à 700 kg de pain par jour, et visitons les salles à manger. Chaque catégorie de passagers a, bien entendu, la sienne.
- Celle des troisièmes classes peut contenir 340 convives. Un dôme vitré sert de plafond et le lambrissage est fait de parois en marbre rose. Celle des « touristes » est prévue pour 300 places, mais elle peut s’agrandir, en cas d’affluence, de la partie postérieure de la salle des premières classes avec laquelle elle communique par des portes formant cloison. De vastes fenêtres doubles l’éclairent et un dôme monumental, avec colonnes en verre, constitue la décoration principale.
- La grande salle à manger réservée aux premières classes est l’une des « surprises » de la Normandie. D’abord par ses dimensions extraordinaires : elle s’étend sur près
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- de 90 m entre les deux cloisons et comporte 700 places ! Par sa situation aussi : elle est sans aucun contact avec les parois extérieures du navire et ne possède par conséquent aucune ouverture donnant sur la mer; on a résolu le problème délicat de l’aération par une circulation d’air conditionné qui permet de maintenir la température entre 17 et 20°. Par son organisation aussi : elle se compose d’un corps central et de deux parties restreintes; sur la pièce principale, sorte de chœur de la gastronomie, s’ouvrent, comme des absidioles, huit petites salles à manger particulières. Par sa décoration, enfin : ses murs sont constitués par des parois de verre moulé de Labouret dans lesquels se découpent des portes en bronze doré, tandis qu’au fond s’étend un vaste panneau sculpté de Jeanniot. L’éclairage est
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- tapisseries d’Aubusson; sur le sol où s’étale un vaste tapis de la Savonnerie, on a ménagé une piste pour la danse. Enfin, il est aménagé pour qu’on y puisse donner des séances cinématographiques.
- Les deux fumoirs correspondants serviront en même temps de bar et tous deux donnent accès sur une promenade vitrée et couverte.
- Les passagers de première classe ont eux aussi salon, fumoir et promenade couverte, mais ils bénéficient en outre d’un café-grill, d’une salle de spectacles, d’un jardin d’hiver, du hall, sans compter une bibliothèque et plusieurs galeries et salons annexes. Outre ces locaux couverts, ils pourront se rendre, à l’arrière, au jardin d’été, aux sundecks et à la terrasse sur laquelle s’ouvre le grill. On voit que les lieux de promenade ne manquent pas.
- Fig. 1. — La Normandie, vue d'avion, montrant les plages successives vers l'arrière.
- obtenu grâce à de multiples appliques lumineuses fixées aux cloisons, à douze pittoresques pots à feu reposant sur le sol et à deux grands lustres.
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- Les pièces d’agrément sont particulièrement nombreuses.
- Chaque classe a tout d’abord à sa disposition un salon et un fumoir.
- Le salon des troisièmes classes, prévu pour 130 places, est une vaste pièce garnie de fauteuils couverts de maroquin vert, éclairée par un plafonnier en verre pressé et par un certain nombre d’appliques lumineuses. Il s’ouvre directement sur la mer par de grandes baies. Celui des « touristes » a le même nombre de places, mais sa décoration est plus poussée : les sièges sont recouverts de
- Des dix ascenseurs réservés aux passagers, quatre desservent les divers étages du Hall qui, avec ses boutiques de libraires et de fleuristes, le magasin de vente du « Bon Marché », les succursales de banque, sera-l’un des lieux les plus fréquentés du paquebot. Sa décoration est remarquable. Les parois sont recouvertes d’onyx d’Algérie rehaussé de ferronneries en cuivre et de motifs en verre pressé. Une porte monumentale, ornée de médaillons représentant les villes normandes, donne accès à la grande salle à manger.
- Le hall supérieur s’ouvre sur le pont-promenade, autre originalité de la Normandie. Son nom lui vient de la galerie couverte qui, sur 5 m de largeur, s’allonge de chaque côté du paquebot sur 130 m de longueur. Cette promenade, très confortablement aménagée, permettra aux passagers de circuler sans crainte des intempéries avec
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- lesquelles il faut souvent compter, sur l’Atlantique nord, durant la mauvaise saison.
- C’est également près du hall que se trouve la Chapelle, prévue pour 700 fidèles, avec son autel sculpté, sa nef décorée de peintures et son balcon faisant face à l’autel et où s’installeront les musiciens.
- Le Grand salon s’étend sur toute la largeur du pont-promenade. C’est une salle superbe, longue de 30 m, large de 25 m et haute de 8 m 50. De grandes fenêtres l’éclairent qui s’ouvrent sur le pont-promenade et sur le pont des embarcations. Là encore, c’est au verre que l’on a demandé la décoration essentielle : ses parois sont faites de verre peint par Dupas, et représentent la navi-
- gation à travers les âges. En arrière se trouve le Fumoir, décoré en laque de Coromandel, avec ses parois brunes percées de niches en staff où dort la lumière des appliques en verre moulé. En continuant dans le même sens on arrive bientôt au Café-grill-room qui dessine son ovale à l’extrémité du pont des embarcations.
- Si, au contraire, on va vers l’avant, on pénètre dans la Salle de spectacles. Les soubassements sont de marbre. Parois et plafond sont de forme arrondie afin d’obtenir une acoustique excellente. Rien ne manque : vestiaires, portes de secours, scène de 7 m, parfaitement aménagée, avec loges d’artistes. 380 spectateurs, confortablement assis, peuvent venir assister aux représentations de théâtre et de cinéma sonore, tandis qu’un promenoir
- peut, en outre, recevoir des spectateurs debout.
- Plus loin, au-dessous de la passerelle, s’étendent le Jardin d'hiver et ses salons annexes. Contre ses larges baies, des serres vitrées abritent des plantes exotiques. Des plantes grimpantes tapissent la face arrière. Au centre, parmi des gazons, deux volières décorées et des vasques de bronze qui sont autant de fontaines.
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- Les sports et les jeux n’ont pas été oubliés. Les passagers de première classe disposent d’une piscine à profondeurs d’eau différentes, longue de 25 m, et d’un très bel effet décoratif. Elle est tout entière recouverte de grès émaillé bleuâtre et sur ses parois latérales court une frise de céramique peinte, œuvre de la Manufacture de Sèvres. A la partie supérieure du bateau, deux sundecks superposés sont réservés aux jeux et aux bains de soleil. C’est ainsi qu’entre les deux cheminées arrière on a prévu un court de tennis de dimensions réglementaires. Ces cheminées sont d’ailleurs de véritables nids à surprises. Vues de loin, elles ont l’air de grands corps réguliers et d’âmes sans mystère. Mais approchons-nous de la troisième, qui ne sert qu’à l’échappement des gaz et de l’air chaud : on y a ménagé un chenil et autour d’elle s’arrondit la promenade des chiens. Dame, quand on a 49 m de tour !... Quant à la première, celle de l’avant, elle abrite entre autres, dans sa partie inférieure, la salle de jeux des enfants qui comprend un théâtre Guignol (les enfants « touristes » ont aussi le leur), un manège, bref, de quoi distraire les petits — et même les grands.
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- * *
- Quel sera le rendement commercial de ce palais flottant qui est le plus grand et le plus rapide navire du monde ?
- La mise en service d’un paquebot dont le prix de revient sera de l’ordre de 800 millions de francs peut paraître paradoxale, étant données la crise actuelle des transports maritimes et surtout la diminution du trafic des passagers dans l’Atlantique. Chacun s’accorde à reconnaître qu’il y a trop de bateaux actuellement et on observe un véritable effort de démolition : durant l’année 1934, la flotte mondiale est passée de 68 millions de tonneaux à 65 millions et demi. Dans le même temps, la flotte marchande française est tombée de 3 400 000 t à 3 047 000 t, accusant une diminution de plus de 10 pour 100 et réduisant ainsi de moitié son tonnage désarmé. Le trafic de l’Atlantique nord n’a pas attendu le marasme économique actuel pour fléchir. En 1913, les mouvements d’est en ouest et d’ouest en est donnaient un total de 2 millions et demi de passagers, dont 1 850 000 s’en allaient vers l’Amérique du Nord. C’était le moment où l’immigration aux Etats-Unis battait son plein :
- Fig. 2. — La salle à manger des premières classes. (Phot. Desboutin.)
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- 12000000 immigrants pour cette même année. Depuis l’Act de restriction à l’immigration voté par le Congrès américain en 1921, les départs vers l’ouest ont beaucoup diminué, et le trafic des troisièmes classes en particulier a reçu un coup très rude. Mais l’activité des affaires
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- trafic, la concurrence est devenue pluç âpre, surtout depuis l’apparition des deux puissants jumeaux allemands Bremen et Europa, auxquels se sont joints, pour la ligne Méditerranée-Amérique du Nord, les deux lévriers italiens, Rex et Conti di Savoia (x). La mise en
- Fig. 3 à 8 (de gauche à droite et de haut en bas). — 3, L’escalier du fumoir des premières classes. — 4. Le hall des premières classes. 5. Une cabine-salon de première classe. — 6. Une cabine de première classe. — 7. Le salon des troisièmes classes. — 8. La cuisine.
- (Photos Desboutin).
- stimulait, au contraire, celui des classes plus riches. En 1929, on comptait encore 817 000 passagers. La crise mondiale a provoqué un très grave affaissement. C’est ainsi que de 180000, en 1928, le nombre des passagers de première classe passe à 60 000 en 1933.
- Entre les grands transatlantiques qui assurent ce
- 1. Ces deux belles unités ont un tonnage brut de 51 000 et 48 500 tonneaux (et non 47 000 et 43 000 t comme on l’avait dit dans le premier article sur la « Normandie »). C’est d’ailleurs le « Rex » qui, en 1933, a effectué une traversée Gibraltar-New-York à la vitesse record de 28,9 noeuds, battant ainsi le record établi par le « Bremen » la même année, entre New-York et Cherbourg, avec une vitesse de 28,5 nœuds. La a Normandie » vient de conquérir le Ruban bleu en effectuant sa première traversée à la vitesse de 29 n, 9.
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- service de deux super-transatlantiques, la Normandie et la Queen Mary, ajoutant plus de 150 000 t au tonnage existant ne va-t-elle pas exagérer le déséquilibre entre l’offre et la demande? Notons tout d’abord que la concurrence entre Normandie et Queen Mary sera adoucie par l’accord que viennent de conclure la Transatlantique et la Cunard-White Star en décidant de fixer un horaire alterné pour ces deux paquebots. En second lieu, il ne faut pas perdre de vue que depuis deux ou trois ans quelques-uns des plus grands transatlantiques, la France, la Mauretania, par exemple, ont disparu de la compétition. De sérieux éléments peuvent d’ailleurs jouer en faveur de la Normandie, même dans une période de crise : la vitesse, le confort, la tenue à la mer sont tou-
- jours recherchés par la clientèle riche surtout si le paquebot peut se parer du titre de « premier » (the First, comme disent volontiers les Américains). La Normandie a été conçue au moment où l’afflux des passagers de première classe était tel qu’à certains mois le tonnage était insuffisant pour assurer les passages, et où la ligne française Le Havre-New-York était arrivée à se tailler une belle place dans le trafic Nord-Atlantique. Elle a été réalisée durant des années profondément troublées. Il faut souhaiter qu’elle soit exploitée dans une période plus favorable que celle qui vient de s’écouler, afin que son rendement commercial soit digne de la somme de science qu’elle nous révèle et de la leçon de beauté qu’elle nous donne. Maurice Debesse.
- LA PHOTOGRAPHIE ULTRA-RAPIDE PAR ÉTINCELLES
- Depuis plus de soixante ans, l’instantané est entré dans la pratique courante de la photographie : et tout de suite, les savants ont senti le parti qu’ils en pouvaient tirer pour examiner au repos ou à l’extrême ralenti, des phénomènes dont la vitesse est telle que nous en percevons une image brouillée. En France, parmi les expériences les plus intéressantes et les plus fécondes, il faut citer celles de Marey, puis de M. L. Bull. Une quantité d’appareils ont été construits, dont la description sortirait du cadre de cette étude : en particulier, on s’est attaché à l’analyse cinématographique des mouvements très rapides.
- Partons du cinématographe ordinaire : les images se prennent à une cadence qui sera par exemple de 24 à la seconde. Le film est entraîné par un mouvement saccadé, de façon qu’il se trouve fixe à l’instant de chaque prise de vue. Cette nécessité de mouvement interrompu fixe
- Fig. 1. — Photographie d'une balle de Lebel animée d'une vitesse de 1680 m/sec.
- (Phot. du commandan Libessart.)
- une limite au nombre d’instantanés par seconde; ce sera au maximum 2 ou 300, ce qui permet ensuite d’examiner un mouvement ralenti dix fois.
- Si l’on veut augmenter cette proportion, il devient indispensable de prendre les vues sur une bande entraînée d’un mouvement continu. Dans ce cas, pour éviter de brouiller, on a recours à deux procédés :
- 1° Le champ à photographier sera illuminé par un éclairement si bref — étincelles électriques — que le mouvement du film restera négligeable;
- 2° On compensera le mouvement du film par un mouvement optique de l’image, compensation très difficile à régler de façon rigoureuse, et qui nécessite tout de même une exposition très brève.
- D’autre part, certains expérimentateurs ont tourné la difficulté — et c’est le cas pour M. Bull, à l’Institut Marey — en rassemblant cinquante petits’ objectifs montés sur un disque suivant des arcs de cercle concentriques ; ils sont démasqués successivement par un disque obturateur percé de petites fenêtres. Avec une rotation de 60 tours à la seconde, on obtient ainsi une fréquence de 50 X 60 ou 3000 images à la seconde. Le dispositif permet d’opérer en plein jour sur des objets éclairés directement, et non plus sur des silhouettes se détachant sur fond lumineux, comme avec l’étincelle électrique. Les cinquante images se trouvent réunies sur une plaque photographique 13 X 18 ; chaque image a environ 16 mm de diamètre et on obtient de bons agrandissements.
- L’étude ainsi conduite devait amener des expérimentateurs à s’attaquer à des problèmes plus redoutables encore : tels en somme que la solution en pouvait paraître impossible. La plus belle réussite dans l’ordre scientifique est sûrement celle du commandant Libessart qui a réussi à photographier une balle de Lebel à la sortie du canon, c’est-à-dire quand elle est animée d’une vitesse de 680 m à la seconde, vitesse double de celle des ondes sonores. Un calcul très simple montre que, l’image obte-
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- nue présentant un liou d’un dixième de millimètre, et la balle étant photographiée dans sa grandeur naturelle, la vitesse de l’instantané est comprise entre le cinq millionième et le millionième de seconde.
- Il n’est plus question ici de cinématographie mais de photographie statique. L’appareil et la plaque sont évidemment fixes. Il ne saurait être question de mouvement mécanique lorsque l’on veut atteindre cette instantanéité qui dépasse l'imagination. C’est par un éclairement électrique que l’on arrive à saisir le mouvement et à le fixer dans ces conditions surpi'enantes.
- L’éclatement de l’étincelle est commandé par le projectile lui-même qui rompt au passage un fil d’aluminium — plus cassant que les fils de cuivre employés tout d’abord. La rupture du fil déclenche le passage du courant.
- La source d’éclairage èst constituée par une puissante batterie de condensateurs maintenue constamment chargée, en partant du courant alternatif fourni par les secteurs électriques ordinaires, élevé à la tension d’éclatement par un transformateur et redressé par des valves. L’étincelle est intercalée dans le circuit de décharge de la batterie de condensateurs d’éclairage par l’intermédiaire d’un éclateur réglé à telle distance que la décharge ne passe pas sans amorçage, mais que cette décharge passe en illuminant le tube dès que l’amorçage est effectué.
- C’est, très perfectionné, le même dispositif que celui employé dans le stroborama des frères Seguin, qui permet l’observation stroboscopique ou la cinématographie ultra-rapide — 20 000 images à la seconde — d’objets à grande vitesse, que ce soient des organes de machine ou des cordes vocales.
- L’intérêt de la photographie d’une balle de Lebel ne réside pas dans le seul fait d’avoir pu l’immobiliser dans sa course foudroyante : ce ne serait qu’un objet de curiosité. Mais la photographie étant remarquablement nette et précise, on a pu faire de très curieuses observations sur les remous créés dans l’air par le passage de la balle.
- Ils présentent une analogie étroite avec le sillage laissé par un navire sur une eau calme. La pointe de la balle détermine une zone de compression, de formé conique, qui apparaît sur l’image comme un angle aigu (section du cône par un plan axial). Cette onde de compression se traduit par une ligne obscure, immédiatement suivie, bordée, d’un trait plus clair indiquant une dépression réactionnelle. Comme la balle a été photographiée passant au-dessus d’une surface plane, à quelque 25 mm, on observe la réflexion de l’onde de compression sur ce plan.
- Le culot dé la balle est suivi par un remous important:
- 2. — L’installation de photographie à grande vitesse de MM. Edgerlon et Germeshausen, au Massachusetts Insiiiute of Technology.
- on estime qu’il y a, juste derrière elle, une zone de vide presque absolu. Puis, toujours par réaction, une seconde et très forte onde de compression, sensiblement parallèle à la première. Enfin, toute une série de traits beaucoup moins marqués semblent indiquer des compressions faibles probablement dues à d’insignifiantes aspérités sur la paroi de la balle.
- Du point de vue aérodynamique, et pour un technicien, une photographie comme celle-ci est pleine d’enseignements précieux.
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- Et ceci nous amène à d’autres remarquables réalisations photographiques du professeur Harold E. Edgerton
- Fig. 3. — Une colombe en plein essor.
- (Ph, au 1/50000 de sec., obtenue par MM. Edgerton et Germeshausen.)
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- Fig. 4. — Instantanés au 1/5 0000 de sec. d’une balle de golf au moment où elle est frappée par le club.
- (Obtenus par MM. Edgerton et Germeshausen.)
- et de M. Kenneth J. Germeshausen, à l’Institut de Technologie du Massachusetts. Toutes les photographies dont nous avons parlé jusqu’ici, et qui étaient faites dans un dessein uniquement scientifique, se ressentent de l’austérité des laboratoires : elles sont linéaires, sans corps, presque sans vérité, parce que dépouillées de tout relief, de toute vie.
- Les photographies de MM. Edgerton et Germeshausen sont au contraire en contact direct avec la réalité ; elles nous rendent accessible l’instantanéité absolue de phénomènes quotidiens. Certaines sont, si l’on peut dire, gratuites, en ce sens qu’on ne voit pas bien les conclusions pratiques qui pourraient en être tirées; d’autres, au
- contraire, vont avoir leur utilité immédiate pour qui sait les regarder.
- Comme on le constate sur la photographie d’ensemble de l’installation, les expérimentateurs n’ont pas de volumineux instruments : l’appareil de prise de vues, et, à côté, l’appareil d’éclairage, ne dépassent pas les dimensions courantes d’un appareil photographique de laboratoire. Au reste, la rapidité est beaucoup moins grande, les opérateurs se contentant du 1/50 000e ou du 1/100 000e de seconde.
- Il n’en faut pas plus pour obtenir un aspect d’immobilité absolue dans un objet animé d’une vitesse que Ton pourrait appeler humaine. Dans l’essai de photographie d’une balle de golf, le déclenchement a été obtenu par deux fils métalliques fins qui viennent en contact à l’instant où le club touche la balle. L’ensemble, on le voit, est fort simple. -
- Mais il permet d’observer que les réactions de la balle sont très exactement celles prévues par la théorie : au moment où le fer du club vient frapper le caoutchouc de la balle, celle-ci s’aplatit, sous le choc, en raison de son inertie qui, en quelque sorte, l’empêche de partir pendant une brève fraction de seconde. Or il faut remarquer qu’une balle de golf est en caoutchouc plein, dur. Si le choc est donné à grande vitesse, comme c’est le cas ici, la balle se trouve pour ainsi dire surprise et concentre en soi de l’énergie. Au second temps, l’élasticité agissant, la balle qui était aplatie va au contraire s’allonger dans un sens perpendiculaire, parce que la réaction lui fait dépasser sa position d’équilibre qui est la forme sphérique. Enfin, au troisième temps, la balle ayant quitté le tee reprend une forme à peu près ronde, tout en présentant encore une sorte de bosse qui indique les allées et venues de la déformation selon les lois d’amortissement des réactions.
- Une autre expérience analogue a pu être faite sur le shot, le coup de pied en force d’un joueur de rugby. La photographie prise au 1/100 000e de seconde révèle que le ballon, pourtant gonflé sous une pression de 13 livres
- Fig. 5. — Le coup de pied d'un joueur de rugby.
- (Ph. au 1/100000 de sec., obtenue par MM. Edgerton et Germeshausen.)
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- au pouce carré (environ 1 atmosphère), a cédé sous le coup de pied, jusqu’à environ la moitié de son épaisseur, avant que l’élasticité entre en jeu pour vaincre l’inertie.
- Puisque nous en sommes aux sports, signalons encore cette photographie si intéressante qui surprend une colombe en plein essor, avec une instantanéité si parfaite que le moindre détail des deux sortes de plumes peut être saisi, observation pleine d’enseignements pour quiconque prétend étudier le vol des oiseaux — et en particulier, sans doute pour les amateurs de vol à voile. La colombe est saisie à l’instant où elle donne le coup d’aile vers le bas; les plumes se recouvrent partiellement pour former une surface continue, sauf à leur extrémité; au contraire, quand l’oiseau dorme le coup d’aile vers le haut, les plumes sont inclinées de manière que l’air puisse passer entre elles, offrant ainsi moins de résistance.
- Cette photographie nous ramène justement à l’aéro-dynamisme, comme aux problèmes de circulation des fluides. Liquides ou gazeux, ils offrent des images analogues qui nous en disent long sur la continuité de la matière, du liquide au gaz. Prenons, en effet, ce jet d’eau issu d’un robinet, et dont la forme a été si nettement fixée qu’il semble fait de glace ou de verre. A la sortie de l’orifice, il se présente comme un tube, mais, tout de suite, il prend une forme contournée, avec de fortes saillies.
- L’eau, même pure, nous apparaît ainsi avoir des réactions beaucoup plus complexes que nous ne l’imaginions, lorsqu’elle se trouve au contact de l’air. Elle prend un aspect de viscosité et de compacité qui nous déconcerte. Sans doute l’étude des phénomènes de capillarité aura-t-elle beaucoup à demander à cette technique si
- Fig. 7. — Rupture d’une bulle de savon par un projectile. Ph. au 1/1000000® de sec. obtenues par MM. Edgerton et Germeshausen.
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- frappante de la photographie en grand instantané. On n’en veut pour preuve qu’une autre série de photographies représentant la rupture d’une bulle de savon atteinte par un projectile. Une expérience analogue avait déjà été faite en France par M. Bull, avec des résultats analogues. Voici les conclusions que l’on peut tirer de l’examen des instants successifs de la rupture. La bulle présente des stries, dues à ses inégalités d’épaisseur, et des taches qui sont des gouttelettes. A l’instant où un projectile vient frapper la surface de la bulle, celle-ci éclate et sa tension superficielle, agissant plus vite que la pesanteur, tend à rassembler tout ce qui constitue la bulle en une seule goutte, ce qui explique l’assombrissement progressif du boi'd inférieur de la bulle. Mais en même temps, toute la masse reste suspendue à la pipe en terre, par le bord
- de la bulle, que le projectile traverse une seconde fois, avec un véritable arrachement, avant que le tout se soit détaché et tombe à son tour comme sur la dernière image.
- Autant de phénomènes instantanés que la photographie nous révèle avec sa précision et sa permanence, grâce à des inventeurs et des expérimentateurs d’une ingéniosité exceptionnelle, nous donnant ainsi des aspects précis d’une vie quotidienne où nous avons trop l’habitude de nous laisser leurrer par des sens imparfaits et lents. (x)
- Christian de Caters.
- 1. Les ligures de MM. Edgertou et Germeshausen nous ont été obligeamment communiquées par M. J. J. Rowlands, directeur du News Service de l’Institut de technologie de Cambridge, Mass.
- LA CRUELLE ARISTOLOCHE
- Fig. 1. — Un rameau d’Aristoloche, portant de haut en bas, bouton, fleur et fruit.
- L’Aristoloche (Aristolochia elegans), qui fleurit sous les tropiques, mérite bien son nom d’élégante. Grimpant en s’enroulant autour des rameaux, sa tige fine porte des feuilles alternes, entières, cordiformes, vert jaunâtre, parcourues d’un système palminerve vert bleuâtre. A l’aisselle de ces feuilles apparaissent des fleurs curieuses, longuement pédonculées. Le bouton a un périanthe soudé sur le bord, sorte de sac plié en deux, encore verdâtre. Mais lorsque la fleur s’est épanouie, quelle
- richesse, quelle palette se montre aux yeux émerveillés !
- Le périanthe encore vert dans sa partie inférieure, conique, se recourbe en tube mince qui s’étale en une coupe marbrée de rouge et de violet.
- Si l’esprit d’observation l’emporte sur le plaisir artistique, on ouvre le périanthe et on aperçoit dans le fond du tube un appareil curieux (fig. 2)
- Fig. 2. — A gauche, les étamines et l’ovaire de la fleur d’Aristoloche.
- A droite, une graine.
- formé d’un androcée de six étamines à anthères jaunes, insérées au gynécée par un filet supérieur, à l’encontre de ce qui a lieu habituellement. Ce gynécée, composé lui aussi de six parties, présente un ovaire soudé portant dans chacune de ces six loges deux groupes de trois ovules. L’ovaire est surmonté par un style charnu présentant une chambre stigmatique centrale (fig. 3 et 4).
- La morphologie de cette plante est déjà bien curieuse. Mais que de surprises ne nous réserve-t-elle pas encore !
- Si nous examinons cette fois avec attention la fleur en coupe, comme la représente la figure 5, nous observons que l’épiderme interne forme un anneau, en avant de l’appareil génital, anneau constitué de multiples proéminences visibles à la loupe. Sur toute cette zone se rencontrent des cadavres de moucherons.
- Décidément il y a là un mystère ! Pour le percer nous avons examiné cette région du périanthe au microscope, au moment même où un moucheron venait de s’empêtrer sur un suçoir.
- Voici, résumé, l’ensemble de nombreuses observations dont vous pourrez suivre les opérations sur la figure 5.
- Un moucheron est fixé sur l’extrémité en crosse d’un suçoir par un liquide visqueux. Afin de faciliter la capture, tous les orifices sont dirigés en avant. Dans le tissu palissadique, au début duparenchyme, le le suçoir s’élargit en une chambre gastrique sécrétant un liquide à réaction acide digérant le sang de l’insecte. Nous insistons bien qu’il s’agit d’un phénomène de digestion et non seulement de dilution des matières colorantes du sang. La chambre gastrique est terminée par des culs-de-sac osmotiques logés dans
- Fig. 3. — Carpelle et étamine vus de face et en coupe de profil.
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- Fig. 4. — Coupe schématique à travers la fleur.
- les vaisseaux conduisant la la sève à l’appareil génita,l. Nous avons voulu voir si cette alimentation carnée était un besoin vital, ou une condition indispensable à la préservation de l’espèce.
- Nous avons laissé faire la nature sur certains sujets (lot n° 1). Pour d’autres nous avons empêché la musciphagie par un voile de gaze (lot n° 2). Pour un troisième lot également à l’abri des intrusions, nous avons assuré la fécondation artificielle. Enfin, dans un quatrième lot dont les fleurs étaient aussi entourées de gaze, nous avons pratiqué la fécondation artificielle en même temps que le dépôt de moucherons vivants. Seuls, les lots 1 et 4 ont fourni des graines ailées, brunes, bien développées.
- En plus de cette caractéristique biologique qui rend cette plante intéressante pour le biologiste, VAristolochia elegans est très ornementale, fleurissant en saison sèche. Ses fleurs coupées garnissent très bien les coupes de cristal et constituent de belles guirlandes.
- Elle pourrait en outre inspirer les décorateurs et les artistes maniant la pâte de verre pour créer des lampadaires ou des coupes.
- Jean Schunck de Goldfiem.
- Suçoir
- Chambre gastrique
- Epiderme supérieur Tissu palissadique Parenchyme Culsdesacs osmo'
- T/ss.patiss. irtfC "" Epiderme infT
- Fig. 5. — Coupe à travers la partie digestive de la fleur, montrant un suçoir.
- LES NOUVEAUX GISEMENTS DE NICKEL
- DE L’OURAL
- Ces gisements, qui constituent la base de la production actuelle du nickel en Russie, sont situés sur la ligne du chemin de fer de Perm à Swerdlowsk, à 100 1cm environ de cette ville. Voici, à ce sujet, des renseignements extraits de Metallw irtschaft.
- Le plus ancien fut découvert en 1907, à Tscheremschanski, au voisinage des mines de fer de Karkalinslc. Il renferme divers minerais dont la' teneur moyenne en nickel est de 3 pour 100, et, en particulier, un minerai silicaté ayant la composition suivante :
- Ni : 4 pour 100 A1203 : 3,3 pour 100
- MnO : 23,9 — CaO : 2,7 —
- SiO2 : 50 — MgO : 0,5 —
- Le second gisement, celui de Tjulenjewslc, fut découvert en 1927. Il se compose de masses argileuses, avec des produits d’altération, des schistes et des calcaires, et renferme, à côté des silicates de nickel, du quartz, de la limonite, de la chro-mite et de la pyrolusite. La composition chimique du minerai est la suivante :
- Ni : 3,9 pour 100 SiO2 : 31,3 à 47,8 pour 100
- H20 : 20,7 — A1203 : 12,7 —
- Fe203 : 18,3 — MgO : 4 à 6,7 —
- CaO : 0,7 à 1,2 —
- Enfin, en 1929, on a trouvé le gisement de Krestowslc, qui contient beaucoup moins de quartz et de limonite; il est, par contre, fortement argileqx. Les indications concernant la teneur en nickel du minerai varient de 1,2 à 3,5 pour 100.
- Les réserves de l’ensemble de ces gisements ont été évaluées, en 1931, à 525 000 t de minerai, renfermant environ 15 000 t de nickel pur.
- L’exploitation a lieu à ciel ouvert, la profondeur du dépôt étant de 1 à 10 m. Le minerai, qui est réparti dans la masse
- argileuse, est trié à la main, après décapage des morts-terrains à la pelle mécanique; les proportions des quantités de minerai par rapport aux morts-terrains sont les suivantes :
- Tscheremschansk..........................1 : 10,2
- Tjulenjewsk..............................1 : 2,5
- Krestowslc............................. 1 : 3,3
- Les exploitations sont situées de 5 à 10 km de l’usine de traitement et les minerais sont acheminés vers celle-ci dans des wagons de 2,5 m3 circulant sur voie étroite.
- L’usine comporte les installations suivantes :
- 1° Séchage;
- 2° Broyage et briquetage;
- 3° Fusion au water-jaclcet et convertissage;
- 4° Grillage de la matte et réduction en nickel métal ;
- 5° Ateliers de réparations ; pompes et compresseurs ;
- 6° Gazogènes des fours de grillage.
- Le processus de traitement adopté est celui qui est pratiqué pour les minerais français. Le tout-venant des exploitations, qui contient 27 pour 100 d’eau, passe d’abord dans des séchoirs rotatifs, chauffés au lignite. Le minerai est criblé et broyé; après séchage il est mélangé à 10 ou 15 pour 100 de gypse qui fournit le soufre, et à 3 ou 5 pour 100 de menu d’anthracite, puis briqueté à la grosseur du poing. La charge est amenée à la trémie du four de fusion à water-jacket par un convoyeur à bande.
- La matte résultant de cette fusion a la composition moyenne suivante :
- Nickel.............25 à 35 pour 100
- Fer................50 à 55. —
- Soufre.............15 à 18 , —
- Les essais ont donné une scorie à 0,25-0,40 pour 100 de
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- nickel, et la pratique a montré que cette teneur pouvait être abaissée jusqu’à 0,07 pour 100.
- La matte brute est déferrée ensuite par soufflage au convertisseur, jusqu’à une teneur de 0,20 pour 100 de fer, puis coulée en lingotières de fonte. Après refroidissement les lingots sont concassés et broyés, et cette matte déferrée est grillée, en deux stades, dans des fours chauffés au gaz de gazogène. Le second stade du grillage permet d’àbaisser la teneur en soufre jusqu’à 0,01 pour 100.
- L’oxyde de nickel résultant de ce grillage est de nouveau broyé et mélangé avec 1 à 1,5 pour 100 de farine de seigle et 25 pour 100 de charbon de bois en poudre. Après humidification, le mélange est pressé en dés ou en cylindres, qui sont séchés et réduits en nickel métallique au four à moufle à 1200°-1250°. Après refroidissement, les dés de nickel sont polis par frottement au tambour.
- La force motrice nécessaire aux mines et à l’usine de traitement est fournie par une centrale de 300 lcw voisine.
- LE RELIEF DU
- GÉNÉRALITÉS
- La Perse est un vaste plateaqîlimité : au nord par la Russie et le Turkestan, à l’estv par la Turquie et l’Irak, au sud par le golfe Persique, à l’ouêst par l’Inde et l’Afghanistan. La région septentrionale est barrée par le Caucase et, au nord de Téhéran, par l’Elbourz. Ce territoire, désertique sur une notable étendue, présente des provinces fertiles : au nord, le Ghilam (capitale Recht), au sud de la Caspienne; le Mazendéran, à l’est de cette mer, et çà et là, des taches verdoyantes.
- Fig. 1. — Carte de la Perse.
- KHORASSAN
- KeVman
- Le nombre d’ouvriers est de 1500. L’usine a été prévue pour une production annuelle de 3000 t de nickel à 98,5 à 99,5 pour 100, mais le second plan quinquennal a prévu l’augmentation de cette production à 10 000 t par an. L’alimentation serait alors effectuée en minerais pauvres tels que ceux de Werch-Newjansk et de Swerdlowslc, dont les réserves sont de 2,5 millions de tonnes, renfermant environ 37 000 t de nickel.
- Les fabrications suivantes sont également prévues :
- Nickel électrolytique à 99,9 pour 100;
- Anodes pour le nickelage et différents sels de nickel;
- Atelier de fusion pour le traitement des résidus et vieux alliages de nickel.
- Les frais d’installation avaient été prévus comme suit : 1.375 millions de roubles (1 rouble or = 12 fr environ), pour les mines, 7.925 millions de roubles pour l’usine et 6.964 millions de roubles pour les cités ouvrières.
- R. Perrault.
- SOL EN PERSE
- Au cours des siècles, le pays a subi de violentes convulsions. Nous ne faisons point allusion ici aux guerres homériques, aux invasions suivies d’effroyables carnages dont les nuées croassantes attachées, dirait-on, par un instinct héréditaire à cette patrie, évoquent le passé, portent le deuil et rêvent le retour. Il s’agit de phénomènes naturels ; mouvements volcaniques dont, en particulier, le conique Demavend, campé à 120 km au nord-est de Téhéran, à 5628 m d’altitude, fit jadis largement les frais, menus séismes actuels presque ininterrompus, et de temps à autre, meurtriers tremblements de terre. Les journaux relatèrent, en leur temps, la catastrophe de 1930, qui anéantit la ville de Selmas, jonchant le sol de milliers de cadavres, se répercutant jusqu’à la capitale, dont mainte maison s’écroula, et où une vitre de mon salon fut brisée. Le Persan — avouons-le — n’a point encore, à cet inquiétant point de vue, l’expérience japonaise, si douloureusement acquise : mainte habitation — d’un étage au maximum — bâtie avec un mortier primitif où domine la terre, se désagrégeant même sous l’action érosive d’une pluie prolongée.
- CLIMAT
- L’Iran offre toutes les variétés de climats. Climat continental, certes, dans la presque totalité du pays. Le Ghilam et le Mazendéran, si richement boisés, sont chauds et humides.
- Une mention spéciale est méritée par le climat de la capitale, oasis à 1300 m d’altitude. Le ciel y est presque éternellement bleu. Une ceinture de monts protège la cité contre les assauts d’Éole, sauf au sud où parfois, en été, le simoun soulève des tourbillons de poussière brûlante. Horizon azuré dans un décor de rêve. A une quinzaine de km, le septentrion est barré de hau-
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- Rostow
- Krasnowodsk
- ANGORA
- Tabrii'
- ’Benderchah
- Nissibi.q.
- Kouchka
- AleP \
- 'ÉHERAN
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- 500 Km. =
- Les voies d'accès vers la Perse. Les services automobiles en Perse.
- Fig. 2.
- leurs s’élevant à pic jusqu’à 4000 m, où la neige, presque éternelle aux sommets, enfante, au printemps, des torrents charriant d’énormes masses pierreuses. De nombreux blocs de plusieurs tonnes ont ainsi dégringolé jusqu’à Chimeran, banlieue de la capitale.
- L’été, allumé dès avril, ne cédera que fin septembre : 40 à 50 degrés à l’ombre. Il semble que, dans ces conditions, le climat téhérannais doive être singulièrement débilitant. Il n’en est rien. Que de vieillards iraniens, à barbe immaculée ou teintée de henné, circulent avec la vigueur de la jeunesse : fraîcheur du visage, souplesse des mouvements ! Loin d’être gagné par cette langueur qui paralyse promptement toute aptitude au travail dans tant de régions tropicales, l’Européen conserve son énergie. C’est que, du jour à la nuit, on relève des différences de température singulièrement prononcées. Si le printemps et l’au tomne sont délicieux, l’hiver, sec, est salué par de copieuses chutes de neige. Le soleil et la sécheresse de l’atmosphère stimulent les réactions organiques, et les amples et brusques fluctuations de température soumettent animaux et végétaux à un régime de douche écossaise. Ainsi, en définitive, le climat s’avère tonifiant. Ces énergies secouées se retrouvent, sous forme latente, même dans les plantes. D’où la beauté, le parfum des fruits,et en particulier, les propriétés étrangement reconstituantes des vins, notamment des vins rouges saturés de tanin, de Kasvin, à 150 km de Téhéran, si capiteux et d’un bouquet si agréable, dont les plus estimés sont d’un emploi décisif dans le traitement de l’anémie.
- FAUNE
- Particulièrement émouvantes, dans le sud, la poursuite du lion et celle du tigre; et, dans les fourrés du Mazendéran, les chasses à la panthère, au léopard, au buffle et au sanglier ! Plus calme est celle du chevreuil, du chamois et de la gazelle. Beaucoup de perdreaux; le porc-épic pullule. Quant au lièvre, c’est un dévastateur enragé. La truite abonde dans les cours d’eau glacés. En hiver, le loup rôde autour des villes, notamment près d’Hamadan, et le chacal fait entendre son cri mélancolique à proximité de la capitale. La couleuvre est familière ; la vipère, plus rare que dans le Massif Central. Trop de guêpes, de moustiques anophèles générateurs de malaria, et de minuscules moucherons marquant la face (salexb
- FLORE
- La flore bacillaire n’est point pauvre : si la peste, la lèpre et le choléra respectent la Perse, grâce aux mesures prophylactiques sévères prises aux frontières, on déplore
- encore trop de cas de typhoïde, de dysenterie et de scarlatine. En ce qui concerne les plantes ordinaires, on trouve ici la plupart des espèces connues en France, et quelques-unes d’Algérie. Citons notamment le tabac, fort estimé (Mazendéran); le mûrier, cultivé à Recht (capitale du Ghilam) ; les vignes de Kasvin, Chiraz, Ispahan, dont les vins, déjà renommés à juste titre, s’amélioreraient au point de rivaliser avec les premiers crus du monde, moyennant une sélection des ceps, et une révision rationnelle des procédés de vinification.
- CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES SUR LES FORÊTS PERSANES
- La Perse présente, avec l’Arabie, un étrange phénomène : celui de la disparition des forêts, et, d’une façon plus générale, de toute végétation. Mais, alors que ce processus est, en Arabie, parvenu à son terme, la dixième partie du sol iranique est encore épargnée.
- Si, dans l’antiquité, de vastes étendues du plateau iranique étaient boisées, les seules forêts vraiment dignes de ce nom existant à l’heure actuelle, sont celles des Baghtieri, du Louristan, du Kurdistan et, surtout, celles qui font face à la Caspienne. Ces dernières, larges d’une vingtaine de km, se déroulent sur une longueur de 250 lieues, recouvrant une superficie de 20 000 km2.
- LES FORÊTS PERSANES DU NORD
- Les forêts persanes du nord longent la Caspienne, traversant les provinces du- Mazendéran, du Ghilam, et occupant une plus modeste surface dans l’Astrabad et l’Azerbadjian.
- Les boisements, débutant au niveau de la mer, persistent, sur les flancs de l’Elbourz, jusqu’à 2000 m d’altitude.
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- Plus haut sont les pâturages, visités en été par les troupeaux.
- Parmi les essences végétales, citons, en passant, les Platanoïdes; YAlnus glutinosa et YAlnus incana; le tremble ; le « bois de fer » (Parrotia persica) ; la « fausse noix du Caucase » (Pterocaria caucasia); le Baguenaudier ; le « faux houx » (Danae racemosa).
- Les habitants et des concessionnaires russes ont exploité ces bois, mais sans se préoccuper suffisamment de leur conservation. Actuellement, la fertilité même du sol est contraire au renouvellement des arbres de valeur, étouffés par une végétation luxuriante sans intérêt (aulne, etc.).
- Près de la Caspienne fourmillent des taillis; l’aulne, le figuier, le grenadier, le mimosa pullulent dans les régions inondées.
- Le Mazendéran est particulièrement riche en forêts : il n’est pas rare d’y rencontrer des futaies d’ormes, chênes, frênes, charmes, érables. Les chênes ont plus de 2 m de diamètre; il en est de même des ormes, qui dressent majestueusement leurs cimes jusqu’à 50 m de hauteur.
- Fig. 3. —-A mi-chemin entre Téhéran et Recht : le pont'de Mendjil où règne en permanence un vent local violent (province de Ghilam).
- A 1200 m d’altitude, nous relevons la présence de futaies de hêtres (diamètre, 1 m 20 à 1 m 50; hauteur, 30 à 40 m).
- Les ifs, fréquents en basse montagne, isolés ou groupés en îlots, ont 60 cm de diamètre et 25 m de hauteur.
- Insistons sur l’un des caractères les plus importants des forêts du Mazendéran et du Ghilam : c’est, dans le sous-bois, la profusion du genre buis. Le buis est ici remarquablement développé : il atteint jusqu’à 30 cm de diamètre et 8 m de hauteur. Ces masses de buis, s’étendant sur une longueur de plus de deux cents lieues, sont une vraie richesse : ils sont réfractaires à l’incendie, à la dent du bétail, et ont une faculté extraordinaire de régénération.
- Signalons enfin, dans la région de Méched, d’importants boisements de pistachiers (Pistacia vera).
- LES FORÊTS PERSANES DE L’OUEST ET DU SUD
- Les forêts de l’ouest (Kurdistan, Louristan, pays Baghtiéri) et du sud (Pars et Kermant, près du Bélout-
- chistan persan) ne présentent plus l’aspect de futaies : ce sont des boisements clairsemés ou des taillis où la hache du charbonnier et la dent du bétail ont laissé des vestiges meurtriers.
- Dans le Kurdistan, on trouve avant tout le chêne à feuille de châtaignier (Quercus castanefolia) ; dans le sud, des groupes d’amandiers et pistachiers.
- Les arbres font défaut dans toutes les autres régions de l’Iran. Seuls, quelques saules, mûriers et peupliers — ces derniers, au contact de l’eau, se développant avec une rapidité prodigieuse — apportent un peu de verdure au bord des cours d’eau.
- LES ENNEMIS DE LA FORÊT
- Nous avons fait allusion plus haut aux deux causes essentielles de disparition , des forêts : le pâturage des bestiaux et la fabrication du charbon de bois.
- Les forêts de la Perse septentrionale sont continuellement visitées par de fort nombreux troupeaux de bœufs (de taille médiocre, flanqués d’une bosse), de moutons bariolés et de chèvres au poil long et soyeux, sous la conduite de bergers et de chiens de grande taille. Si le fumier de ces animaux fertilise le sol, leur dent est redoutable; et, du fait de leur mobilité, cela est loin, certes, de compenser ceci ! Au cours de la mauvaise saison, ces troupeaux inspectent les bois frisant la Caspienne, les taillis peu intéressants sis à basse, altitude et les futaies s’étendant au pied de l’Elbourz. L’apparition de mai sonne l’assaut des régions élevées.
- L’hiver est rude en Perse : la prospection du sous-sol à peine ébauchée, a jusqu’ici, mis à jour peu de mines de charbon. Ceci laisse deviner à quel point, le chauffage au bois, et surtout au charbon de bois, est répandu en Iran septentrional. Les grandes agglomérations du nord (Tauris, Téhéran, Kasvin, Recht) sont naturellement desservies, à ce point de vue, par les forêts du Mazendéran et du Ghilam.
- La forêt a d’autres ennemis. Nous ne citerons que pour mémoire le « criquet », dont les nuées dévastatrices anéantissent plus particulièrement les récoltes, et qui sont si redoutées des Persans.
- Les orangers des provinces septentrionales ont à lutter contre une Bactérie : la Gommose; un Champignon : la Fugamine; divers Insectes, dont le plus terrible est YYceria purchasi, repéré en Australie dès 1860, puis en Californie, d’où il s’est dirigé lentement vers l’est. Parvenu récemment dans le Mazendéran, il a foncé sur les orangers et les citronniers dont la culture a lieu par centaines de mille. Son succès a été foudroyant et s’est étendu à nombre d’arbres fruitiers et aux plantes maraîchères. Une lutte efficace : taille d’arbres, insecticides, isolement sanitaire des régions contaminées, est en passe de ranger cette calamité dans le domaine du passé.
- INFLUENCE PROFONDE DU RELIEF DU SOL SUR LA PERSE
- Le fait fondamental que nous voudrions dégager de cette brève étude, c’est l’influence profonde que le relief
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- du sol a exercée, exerce et est appelé à exercer, dans un avenir prochain, sur les destinées de la Perse.
- L’insuffisance des frontières naturelles d’un pays autrefois mieux cultivé a, de tout temps, constitué un puissant appât à d’ardentes convoitises. D’où invasions du côté ouest (Grecs : Alexandre le Grand); est (Mongols); sud-ouest (Arabes).
- La conquête de la Perse par les tribus organisées de l’Arabie a laissé une empreinte profonde : la religion des adorateurs du Soleil, jadis en si grand honneur, a cédé le pas au mahométisme, dont les préceptes rigides, à travers les siècles, ont depuis toujours été scrupuleusement observés.
- L’absence totale de voies ferrées jusqu’à ces dernières années n’est pas sans frapper d’étonnement l’observateur superficiel.
- Peu d’accidents de terrain dans cet immense plateau; presque pas de tunnels à creuser, de viaducs à construire : donc dépenses relativement modérées en perspective. En réalité, cette pénurie ne s’explique que trop par la crainte — devenue héréditaire et, en dépit du mouvement actuel irrésistible vers la civilisation occidentale, se traduisant encore par la quasi-fermeture économique des frontières, où les marchandises sont étranglées de droits prohibitifs — de quelque indésirable incursion. En revanche, l’espace est sillonné d’interminables rubans blancs : une seule route a 1500 km de longueur.
- Les plaines désertiques expliquent les longues théories de chameaux allongeant le cou avec une inquiétude solennelle dans un lent tintement de clochettes — files devenues nocturnes depuis l’invasion de l’automobile, source de terreur chez ce précieux mais ombrageux animal.
- A l’heure actuelle, les chaussées, en voie d’amélioration ne sont point encore assez belles pour l’épanouissement complet du cycle et de la moto. Mais déjà règne l’automobile, élément de prodigieuse activité pour les échanges intérieurs, joie du touriste qui savoure la satisfaction intime de dévorer ces espaces solitaires, de s’enfoncer en trombe dans les flancs de ces monts surplombant de vertigineux précipices au fond desquels glisse un filet d’argent.
- L’auto accélère les correspondances postales et rapproche l’Iran des pays d’Occident. Cinq années encore et le chemin de fer transpersan, coupant la Perse du sud au nord (déjà construit, au nord de la capitale, sur une longueur de plusieurs centaines de km), achèvera de conférer à ces régions une allure vraiment moderne.
- Une sieste près de Rechl, capitale du Ghilam, une des provinces septentrionales les plus boisées de la Perse.
- Passons rapidement sur la question « sport ». Le ski fait rage en hiver. L’ascension des montagnes voisines de la capitale, chère aux familles le vendredi — jour de repos des musulmans — s’effectue, avec guides, à dos d’ânes élégamment harnachés et faisant tinter leurs grelots. Quant à la conquête du Demavend, moins meurtrière certes que celle du Cervin ou du Mont Blanc, c’est la pierre d’achoppement de l’alpiniste endurant et résolu.
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- Il est un facteur essentiel de santé pour la capitale, notamment en été : c’est la glace. Nulle agglomération
- Fig. 5. — Quelques fruits de Perse.
- ROLE BIENFAISANT DE L’ELBOURZ
- Nous ne saurions trop souligner, en terminant, l’importance exceptionnelle, pour Téhéran et le pays entier, du massif de l’Elbourz.
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- en rerse, j ai passe en entier un seul été à Téhéran : ce séjour est particulièrement pénible.
- Aussi, Persans et étrangers, dès juin, jettent-ils leur dévolu sur un logement à Chimeran, délicieux village verdoyant sis à 15 km de la capitale (1600 m d’altitude).
- Un grand nombre se risquent même à monter à 3000 m, sur les flancs du Demavend, où maint hôtel commence à dresser son hospitalière silhouette. D’autres vont se baigner dans la Caspienne.
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- Fig. 6. — Ruines de Persépolis.
- autre que Téhéran ne fait, à si bon compte, un tel usage de glace.
- Les glacières sont d’un emploi courant. Au cours de la période caniculaire, quel délice de boire glacé ! Quelle sécurité de consommer des aliments admirablement conservés, des viandes de première fraîcheur et, chaque jour, une profusion de poissons de mer ayant parcouru dans la glace des centaines de km ! Et cependant, l’industrie de la glace artificielle n’a point fait îà-bas son apparition. C’est que la glace, ici, est un présent de la montagne dressée, vertigineuse, là, à quelques pas. Force mulets, quotidiennement, vont l’arracher aux cimes. Durant les cinq années que j’ai vécues
- Fig. 7. — Un village près du Demavend.
- Les pentes de l’Elbourz (Demavend notamment) sont riches en eaux minérales, glacées ou bouillantes.
- Leur haute valeur thérapeutique a été scientifiquement reconnue.
- Un jour, elles seront exploitées; des stations thermales, dotées d’un confort moderne, surgiront pour le plus grand bien des citadins assoiffés de repos.
- Sur les flancs des montagnes fourmillent de magnifiques sources. Les énormes masses neigeuses persistantes couronnant les sommets les alimentent largement, même, en plein cœur de l’été.
- Canalisées, elles deviendront susceptibles, par un système rationnel d’irrigation, de métamorphoser le pays.
- La ville de Téhéran, pourvue d’une eau saine, verra s’évanouir les spectres des paratyphoïdes et de la dysenterie.
- La mortalité infantile, terreur des mamans iraniennes, s’atténuera considérablement, et cette nation, de race saine et vigoureuse — comptant actuellement une quinzaine de millions d’âmes pour une superficie triple de celle de la France —- se repeuplera promptement.
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- Le sol persan, d’une incomparable fertilité naturelle jusqu’en ses régions les plus désertiques (environs de la capitale par exemple), se recouvrira progressivement d’une végétation luxuriante sur une notable portion du territoire, dont les nouveaux produits nourriront avec profusion l’excédent de population assuré par une hygiène générale raisonnée.
- Louis Long,
- Agrégé de l’Université, Docteur ès sciences.
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- L’ASTRONOMIE ET VICTOR HUGO
- On célèbre cette année le cinquantenaire de la mort de Victor Hugo. À cette occasion nous voudrions étudier le grand poète à un point de vue bien spécial et montrer aujourd’hui quelle importance réelle et considérable l’astronomie et le ciel ont prise dans l’œuvre de Victor Hugo et savoir, par exemple, comment il a exprimé, rendu le ciel et ses détails et quelles pensées l’astronomie et le ciel ont suscitées en lui.
- Nous avons été grandement aidé dans notre travail par la thèse que M. Edmond Grégoire a soutenue en 1933, devant la Faculté de Philosophie et de Lettres de Liège (').
- Cherchons d’abord dans les œuvres en prose. C’est un voyageur attentif aux moindres incidents de la route. Il regarde les astres le soir : « Là, j’ai religieusement regardé le ciel qui était d’une sérénité superbe. Les trois seules planètes visibles à cette heure rayonnaient toutes les trois au sud-est, dans un espace assez restreint et comme dans le coin du ciel; Jupiter, notre beau Jupiter, vous savez, mon ami, qui exécute depuis trois mois un nœud fort compliqué, faisait avec les deux étoiles entre lesquelles il est en ce moment placé une ligne droite parfaitement géométrique. Plus à l’est, Mars, rouge comme le feu et le sang, imitait la scintillation stellaire par une sorte de flamboiement farouche; et un peu au-dessus, brillait doucement, avec son apparence de blanche et paisible étoile, cette planète monstre, ce monstre effrayant et mystérieux que nous nommons Saturne. De l’autre côté, tout au fond du paysage, un magnifique phare à feu tournant, bleu, écarlate et blanc, rayait de sa ruti-lation éblouissante lés sombres coteaux qui séparent Noyon du Soissonnais. Au moment où je me demandais ce que pouvait faire ce phare en pleine terre dans ces immenses plaines, je le vis quitter le bord des collines, franchir les brumes violettes de l’horizon et monter vers le zénith. Ce phare, c’était Aldébaran, le soleil tricolore, l’énorme étoile de pourpre, d’argent et de turquoise, qui se levait majestueusement dans la vague et sinistre blancheur du crépuscule ». (Le Rhin, 4).
- Rien de plus précis dans chacun des termes que ces quelques lignes consacrées à Mars et à Saturne. Et maintenant : « Vénus resplendissait et son rayonnement magnifique versait sur les champs et les bois confusément entrevus une sérénité, une grâce et une mélancolie inexprimables; c’était comme un œil céleste amoureusement ouvert sur le beau paysage endormi ».
- (Le Rhin, 4).
- Le voyageur est en route vers Strasbourg, passe la nuit en malle-poste, ce qui lui suggère cette pensée :
- «... et sur ma tête dans le ciel, le splendide chariot faisait son voyage au milieu des étoiles, pendant que ma pauvre patache faisait le sien à travers les cailloux ».
- « Il n’y avait plus dans toute la ville que sept fenêtres éclairées. Par un hasard étrange, ces sept fenêtres, pareilles à sept rouges étoiles, reproduisaient avec une exactitude parfaite la Grande Ourse qui étincelait en cet
- 1. Edmond Grégoire : L’Astronomie dans l’Œuvre de Victor Hugo. — 1933. Droz, édit. Paris.
- instant là même, pure et blanche au fond du ciel, si bien que la majestueuse constellation, allumée à des millions de lieues au-dessus de ma tête, semblait se refléter à mes pieds dans un miroir d’encre ».
- Venons maintenant aux œuvres poétiques dans lesquelles nous pourrons puiser à pleines mains.
- Quoi de plus évocateur que ces vers :
- A jamais dans l’azur farouche et flamboyant,
- Le Taureau, le Bélier et le Lion, fuyant Devant ce monstrueux chasseur, le Sagittaire.
- La dénomination des astres vivifie l’énumération. La personnification s’y associe. Le poète, sincèrement
- Fig. 1. — Victor Hugo.
- entraîné par l’enthousiasme, finit souvent par employer à quelques vers de distance des métaphores très opposées : ainsi la Voie Lactée devient : « la splendide forêt des constellations, le vaste archipel des splendeurs immobiles, un nuage vermeil ».
- Abîme nous a retenus, mais cette poésie s’imposait à notre attention par son importance même. N’est-ce pas au seuil de l’exil, la première fresque de grande allure inspirée à V. Hugo par le spectacle grandiose du ciel étoilé ?
- Millions, millions et millions d’étoiles.
- Je suis dans l’ombre affreuse et sous les sacrés voiles,
- La splendide forêt des constellations.
- C’est moi qui suis l’amas des yeux et des rayons.
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- Abîme date de l’année 1853. Avec 1854 s’ouvre un champ inépuisable de descriptions.
- — Andromède étincelle, Orion resplendit,
- L’essaim prodigieux des Pléiades grandit;
- Le Scorpion hideux fait cabrer au zénith Le poitrail bleu du Sagittaire ;
- Là-haut, Aldébaran, par Céphée ébloui,
- Persée, escarboucle des cimes,
- Le Chariot polaire aux flamboyants essieux,
- Et plus loin'la lueur lactée, ô sombres cieux,
- La fourmilière des abîmes.
- Plein ciel. (Légende, 58).
- Après cette énumération tout astronomique des astres visibles sur notre ciel, voici maintenant le tableau si gracieux, maintes fois cité, dans le morceau Booz endormi :
- Tout reposait dans Ur et dans Jérimadeth (1);
- Les astres émaillaient le ciel profond et sombre;
- Le croissant fin et clair parmi ces fleurs de l’ombre Brillait à l’occident, et Ruth se demandait,
- Immobile, ouvrant l’œil à moitié sous ses voiles, Quel Dieu, quel moissonneur de l’éternel été,
- Avait en s’en allant négligemment jeté Cette faucille d’or dans le champ des étoiles.
- {Booz.)
- Ruth, après une journée consacrée aux travaux des champs, dans ce pays essentiellement agricole, compare le fin croissant de la lune à l’instrument dont la forme lui vient le plus naturellement à l’esprit. « L’originalité de Booz endormi, dit M. Berret, dans son édition critique de la Légende, est avant tout dans l’harmonieux nocturne inspiré par le clair de lune oriental : les plus beaux vers sont venus à V. Hugo quand il a relu sa pièce — la plus belle partie du nocturne est une addition marginale. » Eh bien ! cette image de la faucille, il semble, constate M. Berret, qu’elle n’est pas originale au poète. Elle se trouve exprimée dans une Bucolique de Louis Bouilhet :
- La nuit se met en chemin,
- Moissonneuse à la peau brune,
- Qui, pour faucille, à la main Tient le croissant de la lune.
- Légende, (édition Berret, 1, 81.)
- L’image de la moisson des étoiles est longuement développée en six strophes. Il suffit de lire les vers de Bouilhet et de leur comparer celui de V. Hugo pour être frappé de l’immense supériorité de ce dernier poète. Le seul mérite qui revient à l’inspirateur de la faucille, si vraiment il le fut, c’est d’avoir fourni à V. Hugo l’occasion d’écrire trois des plus beaux vers qui soient.
- En résumé, la lune n’a pas laissé l’imagination de V. Hugo en défaut. La singulière vivacité de celle-ci s’est dépensée, largement à son sujet. Témoin la variété des notations que le poète emploie : une froide face de cadavre, un masque de feu,
- 1. V. H. à la recherche d’une rime riche à demandait a créé la ville de Jerimadeth qui ne figure sur aucune carte.
- un spectre dans le ciel,. un oiseau lumineux, un navire céleste,
- un jaune d’œuf dont la coquille est cassée, un astre dont les reflets à la surface de la mer sont comme des boules d’or dans les mains d’un jongleur, la moitié de l’anneau d’or de Dieu, un œil de Cyclope,
- un disque splendide poussé par des génies invisibles,
- une barque dans un petit lac,
- le fer d’or du sombre cheval de la nuit,
- le flambeau d’une île-cercueil,
- une tête coupée,
- une hostie énorme,
- une faucille d’or dans le champ des étoiles.
- Après la lune blafarde et inoffensive, voici la redoutable et énigmatique comète, qui a tant préoccupé Victor Hugo.
- Soudain, un soir, on vit la nuit noire et superbe, Blêmir confusément, puis blanchir,...
- Et la blancheur devint lumière, et dans l’azur La clarté devint pourpre et l’on vit poindre, éclore, Et croître on ne sait quelle inexprimable aurore Et soudain apparut...
- Une flamme emplissant des millions de lieues, Monstrueuse lueur des immensités bleues,
- Splendide au fond du ciel brusquement éclairci;
- Et l’astre effrayant dit aux hommes : Me voici.
- Il est curieux à propos de comètes de revoir la caricature de Daumier avec son amusante légende.
- Hélas, Les Burgraves ne faisaient pas recette... (fig. 3). Comme on le voit par la description poétique de la comète, Victor Hugo a l’enthousiasme de l’observateur inspiré qui est à l’abri des sécheresses scientifiques, et se complaît dans la simple contemplation du « ciel de Dieu ». Le 10 septembre 1839, V. Hugo admire le ciel (Alpes et Pyrénées), et particulièrement Saturne. Des étoiles brillantes l’entourent, aussi : « Saturne, avec quatre belles étoiles d’or, au milieu desquelles il est placé, dessine dans le ciel un gigantesque sablier. »
- Rien n’est plus précis que cette image, et rien n’est plus charmant. Oui, si trois quarts de siècle après, les commentateurs ne venaient pas s’emparer de cette belle image. M. Vianey, dans édition critique des Contemplations, écrit, à propos du poème Saturne, où cet astre apparaît accompagné de sept lunes colossales :
- « Le 10 septembre 1839, Hugo ne voit que quatre étoiles autour de Saturne. Mais dans Abîme, Saturne a de nouveau ses sept lunes. » Il y a dans cette remarque une confusion des sept satellites de Saturne, invisibles à l’œil nu, avec quatre étoiles qui, brillant dans le ciel à proximité de Saturne, suggèrent à la merveilleuse imagination de Hugo, liées les unes aux autres par des traits imaginaires, l’image du sablier. Poète des grandes fantaisies, V. Hugo sait être exact, lorsqu’il le veut. Ne pousse-t-il pas la minutie jusqu’à dire dans une description céleste :
- « Pollux qui vient vers nous, Castor qui s’en éloigne : » Ce vers est astronomiquement très exact. Il n’y a pas à
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- s’y tromper, un tel vers ne peut avoir été écrit qu’après consultation d’un livre d’astronomie. Hugo, sans nul doute, avait des notions d’astronomie générale. Le poème Saturne est d’une part fort fantaisiste, mais il contient en même temps des précisions très exactes. Saturne tourne devant nous avec ses anneaux, et ses satellites. Sa lumière plombée est notée, ainsi que les zones de sa surface. Enfin, observation suprême, notre soleil, vu à la distance de Saturne, n’est plus qu’une étoile qui se perd dans la nuit.
- FANTAISIE
- En regard de cette précision, et s’opposant à elle, du moins en apparence, la seconde caractéristique de V. Hugo est l’imprécision volontaire, la fantaisie. C’est le facteur primordial des descriptions de Hugo, et c’est en elle que nous touchons à l’essence même de la poésie. Les éléments astronomiques animés par l’imagination de l’écrivain prennent une vie nouvelle en marge de l’exactitude du réel. Son œuvre fournit des exemples admirables de cette liberté.
- Nous avons cité la magnifique description d’Aldé-baran. Hugo accorde à cet astre une valeur extraordinaire (1). La description en est reprise plusieurs fois. Les textes méritent d’être comparés. En 1838, dans Le Rhin, V. Hugo considère Aldébaran comme une énorme étoile tricolore, comme une phare à feux tournants, bleu, écarlate et blanc. Cela est net et précis.
- Dans l’introduction du recueil des Quatre Vents de rEsprit, pour exprimer l’idée que la poésie a quatre fronts; la satire, le drame, la poésie lyrique et la poésie épique, Hugo se sert d’une comparaison grandiloquente avec Aldébaran; cette fois, elle est une quadruple étoile.
- Tour à tour perle, onyx, saphir et diamant.
- Un effrayant éclair sur toi, sans cesse rôde,
- Et te fait de rubis devenir émeraude.
- La qualification de quadruple ne doit avoir trait qu’à la diversité des couleurs, car il l’appelle : un de ces inconnus que nous nommons soleils. De plus il s’agit d’un phare à feux tournants (au pluriel).
- Dans Abîme (Légende), Aldébaran se transforme de nouveau.
- J’ai trois soleils ; l’un blanc, l’autre vert, l’autre rouge. Dans Post-Scriptum de ma Vie, Aldébaran est une étoile triple, c’est-à-dire qu’elle forme un système de trois soleils, un vert, un jaune et un rouge. Dans le même recueil « Choses de l’infini », le système d’Aldébaran est composé de trois astres versicolores ; donc la lumière de chaque astre est changeante.
- En résumé, Aldébaran devient pour V. Hugo, suivant les poèmes :
- Une étoile tricolore : bleue, écarlate, blanche (phare à feux tournants).
- Une étoile quadruple : perle, onyx, saphir, diamant, (rouge, vert, phare à feux tournants).
- Une étoile triple = trois soleils : un blanc, un vert, un rouge.
- 1. Un jour V. H. écrit à Théodore de Banville : f Vous êtes l’Aldé-baran de la littérature ».
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- Une étoile triple = trois soleils : un vert, un jaune, un rouge.
- Une étoile triple = dont la lumière est changeante.
- Cette diversité d’opinions à propos d’un même objet est des plus intéressantes, et il ne sera pas inutile non plus d’y opposer la vérité. Aldébaran est simplement une étoile de couleur rougeâtre.
- Ajoutons enfin deux textes qui montreront combien Hugo faisait peu de cas de l’exactitude, une fois qu’il lui plaisait de se laisser aller à sa passion d’infini.
- Trois soleils tournant l’un sur l’autre et se poursuivant avec une vitesse de quatre-vingts millions de lieues par seconde, voilà Aldébaran.
- Les trois astres versicolores d’Aldébaran qui tournent
- Fig. 2.
- Dessin de Pille.
- concentriquement à raison de cent millions de lieues par minute. (Choses de Vinfini).
- La réalité cède donc chez Y. Hugo, quand il le veut, à la plus audacieuse des fantaisies. Il en a donné une preuve plus convaincante peut-être que dans la description d’Aldébaran : c’est dans le poème Saturne qui apparaît au seuil de l’exil.
- Nous avons noté précédemment les traits pleins d’exactitude qui en parsèment la description. Mais le sujet emporte toujours l’écrivain au delà des bornes du réel. Et lorsqu’au lieu d’envisager l’ensemble, on pénètre dans le détail, l’impression consciente des termes, les erreurs mêmes qu’on y découvre, contribuent à la poésie et à la beauté. Le métaphorisme entier n’en est-il pas un éclatant témoignage ? Si V. Hugo consent à décrire, à l’occasion, les comètes comme des nuages ignés de
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- matière cosmique, n’éprouve-t-il pas un enthousiasme autrement violent à faire passer devant les hommes atterrés « les grandes échevelées de l’abîme » ? L’imprécision est'constante chez Y. Hugo. Nous avons rappelé ci-dessus la valeur des principaux termes astronomiques. Il arrive à V. Hugo parfois de ne pas en tenir compte.
- C’est ainsi que constellation, groupement fictif d’étoiles, finit par équivaloir à système stellaire. Il est courant aussi de voir, principalement dans des énumérations, des noms d’étoiles étroitement associés à des constellations. Ainsi, Persée et Sirius, dans Dieu, se voient appliquer simultanément la même image.
- PRÉCISION ET FANTAISIE
- Bien que ces deux sortes de méthodes soient toujours unies, il est ici question plus spécialement de certaines réflexions exprimées par l’écrivain. On remarque dans V. Hugo une tendance à faire montre d’érudition, dont il convient de parler.
- L’ÉRUDITION
- W. Shakespeare, Post-Scriptum de ma Vie et Les Travailleurs de la Mer en sont les dépositaires. L’érudition, quand on applique ce mot à Hugo, ne peut évidemment signifier que l’étalage brillant d’une science qui n’est pas très profonde. Hugo affirme des faits qu’il est impossible au lecteur de vérifier immédiatement, et qu’il doit accepter comme vérité d’évangile.
- Y. Hugo adorait les phrases sonores et prenait un plaisir intense à ces constructions verbales. Il puisait volontiers ses renseignements dans des livres de seconde valeur. Ainsi Delisles de Sales (qu’il possédait), dans sa Philosophie de la nature (III, 328), parle de YHoméo-mérie d’Anaxagore, et Yictor Hugo de reprendre dans Shakespeare : « Qui sait maintenant ce que c’est que l’homéomérie d’Anaxagore, qui est peut-être d’Anaxi-mène ! »
- L’astronomie populaire.
- Nous avons la chance de pouvoir consulter dans un livre posthume de V. Hugo, un chapitre entier consacré au domaine du ciel. Il s’agit du chapitre « Choses de l’infini » du Post-Scriptum de maVie. On y trouve rassemblées les multiples notes tirées des tiroirs du poète, après sa mort. Leur examen est des plus instructifs. On y voit nettement le merveilleux travail de déformation préliminaire à la poésie. Nous plaçons ces • pages sous le titre d’Astronomie populaire — qui a fait la gloire de deux astronomes, — parce qu’il s’agit de notes rédigées à la manière des descriptions scientifiques de ceux-ci. C’est manifestement sous l’influence de l’un d’entre eux que V. Hugo se trouve, lorsqu’il écrit ces notes de Choses de Vinfini. En 1862, parut le premier livre d’un jeune astronome qui allait devenir l’apôtre ardent de l’astronomie. C’était « La pluralité des mondes habités » de C. Flammarion. Hugo reçut en exil cet ouvrage envoyé « en lointain hommage ». Il le lut le 17 décembre de la même rannée, il répondit au jeune astronome dans une lettre des plus enthousiastes. (C. Flammarion, Mémoires, p. 216:217). Il faut croire que ce livre fit plus qu’intéresser V. Hugo, car à la date de 1864, il écrivit des pages
- qui sont une paraphrase des descriptions de l’astronome.
- Voici quelques exemples :
- Flammarion : Pluralité des mondes habités.
- ... gravite le globe colossal de Jupiter, sur une orbite éloignée de 192 millions de lieues du soleil.
- Ainsi, lorsqu’un géomètre... nous apprend qu’il faudrait dix milliards d’attelages de chacun dix milliards de chevaux pour voiturer le globe de la terre.
- Cette vitesse a produit à ses pôles un aplatissement considérable (un dixième)... (Saturne)...
- Le système de Saturne... emporte son globe majestueux, ses anneaux immenses... et tout un monde de satellites qui embrasse dans l’espace une étendue circulaire de plus de 2600 milliards de lieues carrées.
- (Uranus).
- Ces satellites présentent une singularité dont il n’y a pas d’autre exemple dans le système solaire : c’est de se mouvoir de l’est à l’ouest.
- (Neptune). La planète... décrit une orbite dont la grandeur surpasse sept milliards de lieues...
- L’année de Neptune est égale à 164 des nôtres, les saisons y durent chacune plus de 40 ans; cette planète est accompagnée d’une lune.
- C. Flammarion, dans les dernières éditions de son livre, a reproduit en appendice une partie du chapitre Choses de Vinfini de V. Hugo. (C. Flammarion : Pluralité, appendice, p. 459). S’il ne fallait voir dans les descriptions de Hugo que des notes rédigées avec un certain soin, pourquoi Hugo aurait-il interverti l’ordre des phrases de Y Astronomie ? Nous pouvons tirer de ce parallèle la consécration de la méthode poétique de V. Hugo. Quelle audace annoncent quelques mots ! Ici Hugo arrondit les chiffres, là il brouille les données, ici il invente et déforme les faits, là où il n’y a que du
- V. Hugo : Post-Scriptum de ma Vie. Choses de l’infini.
- A deux cents millions de lieues de nous, dans cette ombre, il y a un globe.
- et pour traîner la terre, il faudrait dix milliards d’attelages chacun de dix milliards de chevaux.
- Sa vitesse de rotation est telle qu’elle a aplati ses pôles d’un dixième.
- Saturne dans l’espace livide où il roule, encombre de son globe, de ses anneaux et des huit orbites de ses huit planètes, deux mille six cents milliards de lieues carrées.
- Ces huit lunes (a), au rebours de toutes les planètes connues, se meuvent d’orient en occident.
- a) En réalité il y en a quatre.
- Il a une seule lune, son année dure cent soixante-quatre ans; ses saisons durent quarante ans. Océanus fait autour de l’étoile que nous appelons soleil un cercle de sept milliards de lieues.
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- noir, il voit du monstrueux, du prodigieux où il n’y a que du grand. Il met un carcan à Saturne, rend l’espace livide, et tout cela anime étrangement sa prose.
- LES LIVRES ASTRONOMIQUES
- Il est impossible de connaître l’étendue des lectures astronomiques de V. Hugo, et c’est le moment de parler des livres astronomiques possédés par lui.
- Grâce à l’obligeance de M. Paul Berret, nous donnons la liste de ceux qui faisaient partie de la bibliothèque de Guernesey :
- Fontenelle : Discours sur la pluralité des mondes.
- Humboldt : Recueil d'observations astronomiques, Paris, 1810.
- W. Herschel : Traité d'astronomie (traduction Cournat), Bruxelles, 1835.
- P. 188. J. Bertrand : Les fondateurs de rastronomie moderne.
- C. Flammarion : La pluralité des mondes habités, 1862.
- H. de Parville : Un habitant de Mars, 1865.
- Fontenelle est délicieux et aimable.
- Humboldt fait de la géodésie et se plonge dans les calculs ; il n’apporte aucun renseignement astronomique.
- Herschel expose l’astronomie mathématique, de façon sèche et aride.
- Bertrand fait la biographie de grands astronomes.
- Seul l’examen des livres de Flammarion et de Parville offre de l’intérêt pour nous. Il est de toute évidence que Hugo avait le livre de Flammarion sur sa table quand il a écrit toute les notes rassemblées sous le titre Choses de V infini.
- II. de Parville contient quelques pages de réflexions sur la fameuse question de l’infini-ment grand opposé à l’infiniment petit et sur celle de l’atome, système de mondes, non moins exploitée que la précédente. Hugo a certainement lu avec intérêt ces pages parues en 1865, mais il y avait déjà longtemps à cette date qu’il avait exprimé ces idées.
- En résumé, V. Hugo n’a pour ainsi dire rien demandé aux livres astronomiques. Il lui a suffi de posséder en astronomie un certain nombre de connaissances banales, pour arriver
- à une diversité étonnante des multiples applications que lui a suggérées le monde astronomique. Tableaux et comparaisons, descriptions presque techniques du ciel et des astres, images (empruntées à l’astronomie frappent surtout par l’audace, l’imagination, la richesse verbale du maître qui les a conçus.
- Virgile Brandicourt.
- Fig. 3. — « Hugo, lorgnant les voûtes bleues,
- Au Seigneur demande tout bas : Pourquoi les astres ont des queues, Quand les Burgraves n’en ont pas. » (Dessin de Daumier.)
- LE MOIS MÉTÉOROLOGIQUE
- AVRIL 1935, A PARIS
- Mois pluvieux, venteux, peu ensoleillé avec température à peu près normale.
- La moyenne mensuelle de la pression barométrique, au Parc Saint-Maur, ramenée au niveau de la mer, 759 mm 2, est inférieure de 1 mm 0 à la normale.
- Celle de la température, 9° 9, ne surpasse la normale d’avril que de 0° 3. Le début du mois a été plutôt froid et a présenté le minimum absolu mensuel — 1° 3, noté le 4. Le temps s’est ensuite réchauffé à partir du 7 et le 10 a été la journée la plus chaude du mois, avec une température moyenne de 15° 2.
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- Le maximum absolu, 21° 7, inférieur de 1° 3 au maximum absolu moyen s’est produit le 20. Les trois derniers jours ont été marqués par un refroidissement assez sensible qui a amené une gelée blanche le 30. Dans la région, le minimum le plus bas s’est produit presque partout le 4; les chiffres extrêmes ont été, pour Paris, — 0° 6 à Auteuil et, pour les environs, — 2° 3 à Trappes. Le maximum le plus élevé, enregistré partout le 20, a atteint 21° 9 en ville (square Saint-Jacques) et 23° 0 en banlieue (Ivry).
- Le total pluviométrique mensuel, au Parc Saint-Maur, 74 mm 7, en excès de 70 pour cent, classe le mois qui vient de s’écouler au sixième rang parmi les mois d’avril les plus pluvieux observés depuis 1874. Les précipitations ont été très fréquentes, le nombre de jours de pluie appréciable, 19, surpasse de 5 unités le nombre normal. Certaines chutes ont été fort abondantes : les plus remarquables sont celles du 12 (27 mm 9) et du 21 (11 mm 7). Des chutes de neige mélangée de pluie ont eu lieu le 2, le 3 et le 4.
- A l’Observatoire de Montsouris, la hauteur totale de pluie recueillie, 62 mm 3, est supérieure de 41 pour cent à la moyenne des 50 années 1873-1922. La durée totale de chute, 46 h. 50 m, est inférieure de 3 pour cent à la moyenne des 25 années 1898-1922. Hauteur maxima en 24 h. : pour Paris, 17 mm 0 à Montmartre, et, pour les environs 26 mm 7 à Marly-deux-Portes, du 12 au 13. Il a grêlé dans la région à 12 dates différentes. La seule chute importante a été celle du
- 17, qui a formé couche en quelques endroits. On a signalé tous les jours des brouillards, faibles et exclusivement matinaux et locaux.
- Des coups de tonnerre ont été entendus sur divers points le 2, le 14, le 18 et le 29; le 17, vers 14 h 30, un orage paraissant avoir débuté dans la proche banlieue Nord-Ouest, a traversé le Nord de Paris et la banlieue Est; le 20 et le 21, petits orages locaux dans l’après-midi; le 23, orage de 13 h à 14 h, dans l’Ouest de Paris et dans la banlieue avoisinante; le 26, deux faibles orages ont traversé la région.
- On a enregistré à l’Observatoire de la Tour Saint-Jacques, 139 h 40 m de soleil, durée inférieure de 19 pour 100 à la moyenne des 40 années 1894-1933. Il y a eu un seul jour sans soleil.
- La vitesse moyenne du vent à l’observatoire de la Tour Saint-Jacques a été de 5 m 6, au lieu de 4 m 4, moyenne de 16 années.
- A l’Observatoire du Parc-Saint-Maur, la moyenne mensuelle de l’humidité relative a été de 71,8 pour 100 et celle de la nébulosité, de 83 pour 100; ce mois a donc eu une très forte nébulosité et est un des mois d’avril les moins ensoleillés que l’on ait eus depuis 62 ans. On y a constaté : 3 jours de neige, 3 jours de grêle, 3 jours de grésil, 2 jours de gelée, 6 jours d’orage, 7 jours de brouillard, 15 jours de brume, 6 jours de rosée, 3 jours de gelée blanche.
- Premières hirondelles le 4; premier chant du coucou le 26.
- Em. Roger.
- = LES RETOURS DU FROID AU PRINTEMPS =
- LA PRÉVISION DU TEMPS PAR LES PÉRIODES SOLAIRES
- Un abaissement important de la température, avec chutes de neige, est survenu sur nos régions, à partir du 15 mai. Ces variations de la température, tout à fait anormales au mois de mai, ne peuvent être expliquées pàr les méthodes ordinaires de la Météorologie, c’est-à-dire par le seul déplacement des centres de hautes ou de basses pressions; ces déplacements, qui déterminent les variations du temps sur les contrées où ils s’étendent, présentent souvent des caractères analogues au point de vue de la pression ou de la direction des vents, sans être accompagnés de températures semblables.
- On est donc amené à rechercher d’autres causes que celles que fournissent les mouvements atmosphériques ; ces derniers paraissant insuffisants pour expliquer toutes les variations anormales du temps, on se trouve dans l’obligation d’orienter les recherches dans une autre voie.
- Or, les concordances entre les variations des phénomènes du Soleil, d’une part et, d’autre part, les variations de la température sur nos contrées, apparaissent de plus en plus nombreuses.
- Dans la solution du problème de la prévision du temps, il semble qu’il y a lieu de faire intervenir deux méthodes : l’une, s’appliquant à la prévision du temps à longue échéance, c'est-à-dire plusieurs mois ou plusieurs années à l’avance, et l’autre, à la prévision du temps à courte échéance : quelques jours seulement.
- La première méthode paraît devoir être basée sur la période solaire de 11 ans, 1 en moyenne, à laquelle vient se superposer une période de 100 ans comprenant 9 périodes undécennales. C’est en se basant sur cette période de 100 ans qu’il a été possible, dès 1929, de prévoir l’été chaud de 1934 correspondant à l’été chaud de 1834. Puis, l’année dernière, d’indiquer que les saisons de 1935 seraient, à très peu près, semblables à celles de 1835, c’est-à-dire : Hiver doux, Printemps frais, Eté chaud
- (voir Bulletin de l’Observatoire de Talence, 15 novembre 1934, 15 janvier et 15 mars 1935).
- L’hiver de 1935 a été doux, le printemps vient de s’annoncer frais, avec des températures d’hiver du 3 au 5 avril et du 15 au 20 mai. Cette concordance entre les variations des phénomènes solaires et les variations de la température sur nos contrées s’affirme par la comparaison avec les températures journalières; en .effet, toutes les diminutions importantes de la température, au cours du printemps actuel, ont coïncidé avec une diminution ou une absence de taches solaires, notamment :
- — Temps froid et neige en France, du 8 au 10 mars : disparition, le 9 mars, du groupe de taches solaires paru le 25 février.
- — Gelées désastreuses du 3 au 5 avril : Absence de taches solaires.
- — Diminution de la température le 17 et du 21 au 23 avril : A partir du 17 avril, diminution du grand groupe de taches formé le 12 avril; ce groupe disparaît le 22 avril.
- — Temps froid et neige en France, du 15 au 20 mai : Disparition, le 17 mai, du grand groupe de taches paru le 5 mai; Absence de taches, à partir du 18 mai.
- A signaler notamment l’arrivée des tempêtes sur l’ouest de l’Europe, lors de la disparition des taches importantes (17-18 mai).
- En résumé, l’action des phénomènes du Soleil sur nos températures se montre nettement; d’autre part, le problème de la prévision du temps ne paraît pouvoir être résolu qu’en prenant pour base : 1° une période solaire et météorologique de 100 ans pour une prévision à longue échéance; et 2° les variations journalières des phénomènes solaires pour une prévision à courte échéance.
- Henri Mémery.
- Observatoire de Talence (Gironde).
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- LES MOIS DE MAI TRÈS FROIDS
- Le mois de mai, anormal au point de vue de l’abaissement de la température que nous avons subie, m’a inspiré l’idée de rechercher les mois de mai les plus froids qui se sont présentés depuis 1760 et de mettre en corrélation en tant que températures moyennes, les trois mois qui les ont suivis et l’année dans laquelle ils se produisirent.
- Nous en donnons ci-contre le tableau.
- Sur ces neuf cas de mois de mai très froids, 5 fois les mois de juin suivants ont été plus froids que d’habitude, 6 fois les mois de juillet et 4 fois seulement les mois d’août.
- Quant aux années elles furent toutes froides à l’exception d’une seule, en 1877.
- Pour les deux mois de mai les plus froids : 1845 et 1879, dans le premier cas c’est juin qui fut le plus chaud et dans le deuxième cas ce fut août.
- Mois de Mai
- très froids
- avec leurs
- moyennes. juin
- 1782 10°,1 17°,5
- 1793 10,5 13,8
- 1803 • 10,9 15,6
- 1837 10,3 17,8
- 1845 10,0 16,6
- 1851 10,6 16,3
- 1877 10,9 18,9
- 1879 10,0 15,8
- 1902 10,3 15,5
- Normale : : 13°,5 16°,5
- Moyenne de la température des mois de
- juillet août de l’année,
- 17o,7 15o,l 8o,8
- 19,3 17,2 9,0
- 19,6 18,9 9,6
- 17,6 19,4 9,3
- 15,9 14,8 8,1
- 16,6 18,1 9,4
- 17,5 17,8 10,8
- 15,6 18,0 8,9
- 18,2 16,9 10,0
- 18o,2 17°,8 10°,1
- Em. Roger.
- RADIOÉLECTRICITÉ
- APPAREILS RADIO-ÉLECTRIQUES CONTRE LA SURDITÉ
- Contre la surdité, on utilise de plus en plus, les appareils micro-téléphoniques pour compenser, en quelque sorte, la déficience auditive, et même quelquefois, dans certains modèles perfectionnés, pour amplifier sélectivement la gamme des sons musicaux pour laquelle l’ouïe du sujet est particulièrement déficiente.
- Les dispositifs simples comportent seulement un microphone relié à un récepteur téléphonique avec une pile à faible tension permettant d’actionner le récepteur, grâce aux variations de résistance du microphone à grenaille.
- Dans quelques modèles plus puissants, on utilise cependant un amplificateur microphonique et un dispositif microphone-téléphone accouplés, constituant un relais électroacoustique. L’inconvénient du système réside dans la difficulté du réglage par lequel on doit s’efforcer d’éviter autant que possible les distorsions et l’augmentation des bruits de fond si gênants pour la plupart des sourds et, en particulier, pour les sujets nerveux spécialement sensibles à l’audition des sons aigus.
- LES AVANTAGES DES APPAREILS A LAMPES DE T. S. F.
- L'emploi des amplificateurs à lampes de T. S. F. permettant d’amplifier les courants musicaux produits par le microphone avant de les transmettre au récepteur téléphonique à conduction aérienne ou au vibrateur à transmission osseuse, constitue encore un très grand perfectionnement, toutes les fois que l’adoption de ce dispositif est possible.
- On obtient alors trois avantages essentiels par rapport aux procédés micro-téléphoniques ordinaires : d’abord, une grande profondeur de champ permet d’entendre la conversation à voix normale à une distance de plusieurs mètres, effet particulièrement précieux pour l’audition dans une salle de spectacle quelconque.
- L’intensité facilement réglable de l’amplification permet de percevoir très distinctement, et de pouvoir répondre sans difficulté à la parole même prononcée à voix basse, tout en rendant possible un réglage de l’intensité suivant le degré de surdité du sujet.
- La déficience de l’ouïe pour un même sujet n’est d’ailleurs
- i
- RHÉOSTAT
- PENTODE
- T RAMSF? oe SORTIE
- CASQUE
- VALVE
- SECTEUR
- Fig. 1. — Schéma de Vampli ficateur de M. Lauverjat.
- pas absolument constante; elle varie dans des proportions souvent assez grandes, suivant les conditions physiques, et même physiologiques du moment. Il y a donc intérêt à pouvoir disposer d’un appareil d’amplification réglable à volonté.
- Un tel appareil pourra être utilisé aussi bien pour les surdités accentuées que pour les surdités légères, d’après l’adage « qui peut le plus peut le moins ». Il importe seulement que le sujet soit lui-même assez raisonnable pour régler son appareil au minimum d’amplification compatible avec son degré de surdité, de manière à ne pas causer de fatigue de l’ouïe.
- Enfin la tonalité générale de l’audition, et, par conséquent, son caractère naturel, est beaucoup mieux conservée. Le timbre propre des voix et des instruments de musique n’est pas altéré. Le bruit de fond est diminué et peut être réduit dans de grandes proportions, surtout si on le compare avec celui constaté dans les appareils micro-téléphoniques ordinaires.
- D’ailleurs, il est bon de pouvoir adapter les caractéristiques d’amplification du système aux particularités du cas de surdité considéré, de manière à amplifier non pas uniformément tous les sons audibles, mais spécialement la gamme qui est la moins bien reçue par l’oreille.
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- Fig. 2 (à gauche). — L’appareil de M. Lauverjat se porte dans une sacoche. Fig. 3 (à droite). — L'appareil de M. Lauverjat devant sa sacoche.
- Il est assez difficile, en réalité, de faire varier avec précision la tonalité générale de l’audition obtenue avec un appareil micro-téléphonique, bien que des dispositifs récents électromécaniques permettent déjà d’obtenir d’intéressants résultats dans ce sens. On sait, au contraire, que la variation de tonalité est facile dans les amplificateurs à lampes. Il suffit, en principe, d’ailleurs, d’utiliser, sur la lampe de sortie, comme dans les récepteurs radiophoniques récents, un système comportant un condensateur et une résistance variable en série, de manière à pouvoir diminuer, s’il y a lieu, l’importance des notes aiguës.
- Si l’on n’a pas, jusqu’à présent, utilisé davantage des dispositifs à amplification par lampes, cela est dû sans doute à leur prix de revient relativement élevé, et à la difficulté plus grande de leur alimentation. Il faut avoir recours à des piles de grande capacité, sinon à des accumulateurs, ou à l’alimentation par le secteur. A ce point de vue, l’adoption des lampes récentes à chauffage indirect et à éléments montés en série permet d’établir des appareils alimentés à volonté par le courant continu ou alternatif d’un secteur et par conséquent, d’emploi beaucoup plus facile, comme nous l’avons déjà m entré dans un autre article. —
- La courbe d’amplification, dans les appareils micro-télé-phoniques simples, est cependant trop défectueuse, car l’effet d’amplification est surtout sensible pour les sons intenses, non pour les sons faibles, ce qui est l’inverse du résultat cherché. Lorsque l’amplification est insuffisante, le sourd en arrive donc à n’entendre que les éclats de voix, et la parole devient incompréhensible. Ce phénomène est encore plus net dans les salles de spectacle.
- LA CONSTRUCTION DES APPAREILS A AMPLIFICATION PAR LAMPES
- Les premiers appareils portatifs à amplification comportaient deux étages à lampes triodes, à liaison par transformateur. Le chauffage des filaments était obtenu au moyen
- d’une pile de poche à trois éléments, ou du type « ménage » et la tension plaque assurée par un bloc de piles de 40 à 120 v, suivant les types de lampes et l’amplification nécessaire. Il existe à l’heure actuelle, dans le commerce, un certain nombre de ces appareils, mais il ne semble pas que leur emploi soit très répandu.
- En fait, ces dispositifs présentent des inconvénients assez graves. Leur poids élevé rend difficile
- leur transport. Il est nécessaire de renouveler fréquemment les batteries de piles sèches, surtout celle qui est destinée au chauffage des filaments. La dépense correspondante n’est peut-être pas très élevée, eu égard à l’importance du résultat obtenu pour le sujet, mais la possibilité des « pannes » d’alimentation est fort ennuyeuse. Il faut, d’ailleurs, renouveler presque toujours ces batteries avant leur usure normale, parce que l’amplification diminue vite lorsque la tension baisse au-dessous d’une certaine limite.
- Les appareils alimentés par le secteur paraissent donc plus intéressants en général, et nous l’avons rappelé plus haut. Le type dit « tout courant » comportant des lampes à chauffage indirect, chauffées sous forte tension et à éléments montés en série paraît le plus intéressant. L’alimentation est possible sur tous les secteurs, et la suppression du transformateur d’alimentation permet de diminuer le poids de l’ensemble. On peut ainsi établir des appareils portatifs dont le poids ne dépasse pas 3 kg.
- Avec un appareil de ce genre, en utilisant deux lampes seulement, on peut entendre, avec une surdité moyenne, une dictée à voix normale lorsque l’interlocuteur est à 8 ou 10 m du microphone. La voix chuchotée à peine perceptible est audible lorsque l’interlocuteur se trouve à 0 m 30 du microphone. La conversation entre plusieurs personnes, lorsqu’elle est assez distincte, peut être suivie dans un rayon de 2 à 3 m.
- L’amplification minima n’a pas besoin évidemment d’être très grande. Avec un récepteur téléphonique ordinaire, il faudrait, d’ailleurs, craindre l’apparition de bruits parasites microphoniques dus à l’effet « Larsen » et provoqués par une sorte de réaction à basse fréquence, le récepteur téléphonique étant trop rapproché de l’amplificateur et du microphone.
- Avec un appareil à deux étages d’amplification et un écouteur ordinaire, il peut se produire des sifflements et, pour les éviter, en dehors des précautions ordinaires consistant dans l’emploi de câbles et de boîtiers blindés, il faut diminuer l’intensité du courant traversant le microphone; une dizaine de milliampères suffisent. Un seul élément de piles suffit alors pour cette alimentation, et l’on n’a même pas besoin d’avoir recours à l’emploi du courant du secteur.
- Avec un vibrateur à transmission osseuse, remplaçant désormais bien souvent le récepteur téléphonique, et d’emploi si pratique, l’effet d’amorçage Lai*sen est beaucoup moins à craindre.
- UN ENSEMBLE AMPLIFICATEUR PRATIQUE
- Comment constituer pratiquement un modèle d’amplificateur de ce genre ? Il semble, en réalité, que cette construction soit assez facile, avec un peu de soin.
- Un de nos lecteurs, M. Lauverjat, nous a transmis à ce propos des indications fort intéressantes sur un appareil de sa construction établi, d’ailleurs, également industriellement par un constructeur, et dont le schéma est indiqué par la figure 1.
- L’appareil pèse au total un peu plus de 3 kg, complet, avec un casque léger à deux écouteurs. La hauteur extérieure est de 18 cm, la largeur de 11 cm, et la longueur de 30 cm. Le châssis métallique est simplement inséré, sans fixation, dans une sacoche en cuir, de manière à rendre le système très portatif et le montage parfaitement accessible.
- Le châssis porte trois prises mobiles qui permettent le branchement du cordon d’alimentation sur le secteur, celui du groupe microphone-pile, et enfin du casque téléphonique ou d’un vibrateur à conduction osseuse.
- ^Le groupe pile-microphone, dont la disposition rappelle
- Fig. 4. — La sacoche de l’appareil Lauverjat vue de dos.
- (L’ouverture que l’on aperçoit est destinée au microphone).
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- Plus ou moins celle adoptée dans les appareils simples microtéléphoniques, peut être placé dans la sacoche, une ouverture étant prévue à cet effet. On peut également le disposer à une certaine distance de celle-ci et le poser sur un support, ou le tenir à la main. On peut, d’autre part, connecter directement ce groupe microphone-pile au récepteur téléphonique, lorsqu’il suffit d’une amplification peu importante, ou s’il se produit une panne de l’amplificateur, ou enfin si l’on n’a pas à sa disposition le courant d’un secteur.
- Dans un modèle analogue, la pile microphonique est supprimée et le circuit du microphone est alimenté par une dérivation réglable sur le circuit de plaque. On supprime ainsi la pile, mais on n’a pas, par conséquent, les avantages correspondants de ce système d’alimentation distinct.
- L’appareil peut être branché, soit sur le courant 110 v, soit sur le courant 220 v, alternatif ou continu. Un inverseur permet la mise en circuit, soit sur le 110, soit sur le 220 v, sans qu’il soit nécessaire d’effectuer un réglage spécial. Il suffit seulement évidemment, dans le cas du courant continu, d’observer le sens de polarité de la fiche d’alimentation. Dans le cas du courant alternatif, aucune précaution n’est à prendre.
- La lampe amplificatrice basse fréquence unique est, comme on le voit sur le schéma, du type pentode à grand coefficient d’amplification. Le filament de cette lampe et celui de la valve sont construits pour être alimentés sous une tension de 110 v; ils sont donc branchés en parallèle lorsque le commutateur est dans la position 110 v, et en série, quand il est dans la position 220 v. En cas de fausse manœuvre, tout danger est évité par une lampe fusible.
- Le filtrage du courant d’alimentation plaque non redressé
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- dans le cas du courant continu, et redressé dans le cas du courant alternatif, est assuré par un circuit comportant un bobinage à fer de 30 henrys et deux condensateurs électrochimiques secs de 8 microfarads.
- Le microphone agit sur la lampe d’entrée par l’intermédiaire d’un transformateur de modulation de grand rapport. La sortie est obtenue au moyen d’un transformateur abaisseur d’un rapport assez élevé, par suite de la faible résistance des écouteurs. On peut adapter un casque téléphonique à deux écouteurs de 25 ohms en série, à membrane réglable, ou un casque à vibrateur pour conduction osseuse de 35 ohms.
- Le combinateur permet de couper l’alimentation du microphone en même temps que le courant du secteur, ce qui évite toute usure possible de la pile, et la consommation sur le secteur est inférieure à 30 v.
- Grâce à l’emploi d’un transformateur de sortie, l’usage de cet appareil n’offre aucun danger pour le sujet, puisque le casque est complètement séparé du circuit de plaque et de tous circuits reliés au secteur.
- Un système de ce genre, d’emploi facile, aisément transportable, paraît donc susceptible de rendre de grands services à tous les déficients de l’ouïe et, en particulier, à tous ceux qui ont besoin d’un appareil permettant d’obtenir une assez grande profondeur de champ et une audition de qualité suffisante au point de vue musical, ou même simplement acoustique; la simple compréhension facile de la parole exige déjà un certain nombre de caractéristiques minima qui sont absentes trop souvent sur les appareils peu perfectionnés.
- P. H.
- Amplificateur pour sourds : M. Lauverjat, 23, rue de Rocroi, Paris.
- LA TOMATE EN ARBRE
- La Tomate en arbre ou Tomate de la Paz n’est autre que le Cyphomandra betacea (Solanum betaceum, Pionandra betacea), Tree Tomato et Vegetable Mercury des Anglais. Comme on peut s’en rendre compte, ce ne sont pas les noms et les dénominations qui manquent à ce végétal.
- C’est un arbrisseau ou petit arbre de 3 à 4 m de hauteur, originaire du Mexique, de l’Equateur, du Pérou et delà Colombie. Il est cultivé jusqu’à 3000 m d’altitude, dans toute l’Amérique tropicale, mais on le rencontre aussi dans les jardins des Iles Canaries, Madères, Açores, etc. Enfin il figure honorablement encore dans les cultures des Antilles, du Brésil, jusque dans la République Argentine.
- Le titre de cette note indique simplement qu’il ne s’agit pas de la tomate habituellement cultivée dans nos jardins, qui est annuelle au lieu d’être vivace.
- Le Cyphomandra betacea est une superbe Solanée arborescente au feuillage très grand, excessivement ornemental.
- Dans les pays tropicaux, cet arbuste est cultivé pour sa baie qui, crue, a une saveur sucrée assez agréable, quand elle est parfaitement mûre. Lorsqu’elle est débarrassée de sa peau épaisse et de ses graines, on l’emploie aux mêmes usages de la Tomate et, d’après le botaniste anglais Miers, on la vend pour la cuisine, sur les marchés de Lima, au Pérou. On en fait des compotes et des confitures d’un goût agréable, légèrement acides, mais très rafraîchissantes.
- A la Jamaïque, l’arbre tomate ne donne pas de fruits et a d’ailleurs une végétation précaire dans les plaines, où la température trop élevée lui est contraire, mais dans les régions montagneuses, à partir de 800 m d’altitude, jus-
- qu’à 1500 et 2000 m, elle donne d’excellents résultats.
- En 1886, le Docteur Morris, directeur du Jardin Royal de la Jamaïque, fit tous ses efforts pour répandre cette Solanée dans les colonies anglaises, et y réussit ; elle est naturalisée aujourd’hui un peu partout.
- Chez nous, sous le climat de Paris, la Tomate en arbre végète très bien en plein air, en été, donnant ses fruits à l’arrière-saison, mais il lui faut, en hiver, l’abri d’une serre tempérée froide. Semée en février-mars, sa taille, au cours de la saison, dépasse parfois 2 m. Cependant, ce n’est que la deuxième année que la floraison et la fructification ont lieu, tard en saison et la maturation en novembre-décembre, parfois janvier, mais, il faut bien l’avouer, même bien mûr, sous abri vitré, ce fruit n’est pas bien fameux. Ce n’est que dans les régions méridionales qu’il atteint toute sa perfection.
- Comme plante d’ornement, le Cyphomandra betacea est superbe; ses grandes et belles feuilles sont des plus ornementales et on peut l’utiliser pour isoler sur une pelouse ou tout autre endroit pittoresque. Ce n’est que dans le Midi, ou en Afrique du Nord qu’il donnerait des fruits qui auraient une certaine valeur.
- Ce végétal, qui est une tomate sans en être une, serait susceptible d’être amélioré par l’hybridation et réussirait partout à prendre une bonne place dans les cultures.
- Le Cyphomandra betacea fut autrefois cultivé à Hyères et sur certaines parties de la côte d’Azur, où les plantes se développaient et produisaient des fruits tout aussi bons qu’au Pérou, mais on ne l’y trouve plus aujourd’hui.
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- LIVRES NOUVEAUX
- The National Physical Laboratory, Report of the year 1933. 1 vol. 264 p., 49 fig. His Majesty’s Stationery Office. Londres, 1934. Prix : 13 sh.
- On y trouvera le résumé de l’activité du grand organe de recherches anglais pendant l’année 1933. Notons le développement des travaux dans le domaine de l’acoustique : étude de matériaux insonores, de la réverbération des salles, des bruits des avions; dans le domaine radioélectrique le laboratoire a poursuivi l’établissement d’oscillateurs standard à quartz donnant des fréquences déterminées; des études fort intéressantes ont été effectuées sur la propagation des ondes, sur la technique des ondes ultra-courtes, sur la direction des ondes et sur les parasites atmosphériques.
- L’aérodynamique est également très travaillée : le laboratoire a, entre autres, mis au point la technique des essais au tunnel à air comprimé et le rapport indique quelques-uns des résultats obtenus.
- Théorie et pratique de l’agrandissement, par
- G. Schweitzer. 1 vol. de 150 p. Éditions J. de Francia. Paris, 1935. Prix : 9 fr.
- Cet ouvrage contient une partie de théorie réduite au strict indispensable, et une étude approfondie des méthodes d’agrandissement, des précautions à prendre pour obtenir de belles épreuves, par impression directe ou en passant par un négatif agrandi, du parti que l’on peut tirer des trames, du flou net, des truquages, etc. Des indications détaillées y sont données sur la façon de rectifier les perspectives déformées. Enfin, l’amateur qui désire construire lui-même son agrandisseur y trouvera la description de plusieurs modèles plus ou moins complets, y compris le dispositif de mise au point automatique.
- Manuel pratique de serrurerie, par E. Henriet. 3» édition revue par R. Bonnetat, 1 vol., 264 p., 264 flg. Dunod, éditeur. Paris, 1935.
- Cet ouvrage pratique, fort bien conçu, aidera à la formation de tous ouvriers serruriers ; il apprend d’abord à ses lecteurs ce qu’est le fer et comment se dénomment les fers marchands. Il décrit l’outillage du serrurier, puis explique comment s’effectuent les différents travaux qui relèvent de son art : opérations élémentaires de débitage, dressage, traçage, perçage, taraudage, assemblages divers, travaux de menuiserie et de charpente métallique.
- Agenda pour verrerie, céramique, émaillerie, cimenterie, par Jacques Wolf. 1 vol. in-16, Édition universelle, Bruxelles; Baillière et fils, Paris, 1935.
- Cet agenda renferme en plus d’un almanach tous les renseignements scientifiques et techniques relatifs aux industries précitées et des barêmes et tables de calculs.
- Introduction aux diverses techniques de conservation des denrées périssables. (Technique frigorifique), par Maurice Piettre, 1 vol. in-8, 283 p., 45 fig. Eyrolles, Paris, 1934. Prix : 45 fr.
- Cours professé à l’École supérieure de froid industriel. L’auteur examine les principales denrées périssables et leurs caractéristiques; il décrit leurs altérations, leur évolution vers la putréfaction; puis il étudie leur préparation, notamment celle des viandes dans les abattoirs et aborde alors le problème de la conservation par le froid : le frigorifique, les températures à observer, les précautions à prendre, pour terminer par un aperçu de l’importance de l’industrie du froid pour la production, la distribution, le transport des denrées périssables.
- Les problèmes de la radiogéologie, par W. Ver-nadsky. 1 vol. in-8, 67 p. Actualités scientifiques et industrielles. Hermann et Cie, Paris, 1935. Prix : 15 fr.
- Exposé extrêmement intéressant de nouvelles hypothèses sur l’histoire de la terre : la chaleur interne du globe pourrait s’expliquer par la désintégration radioactive des éléments; elle aboutirait à une exhalaison d’hélium. Les problèmes pétrolifères et minéralogiques seraient à reprendre à ce point de vue. Les mesures fondamentales pour étayer cette conception sont à entreprendre.
- Vembryologie Végétale. Résumé historique, par René Souèges. 2e époque : de Hanstein (1870) à nos jours. 1 broch. in-8, 59 p. Actualités scientifiques et industrielles. Hermann et Cie, Paris, 1934. Prix : 12 francs.
- La cellule embryonnaire, par René Souèges. 1 broch., 72 p., 16 fig. Actualités scientifiques et industrielles. Hermann et Cie, Paris, 1934. Prix : 15 francs.
- Étude de l’œuf végétal selon les idées de l’embryologie animale.
- Leçons de zoologie et biologie générales, par
- Georges Bohn. VII. Vertébrés supérieurs (Oiseaux et Mammifères). 1 vol. in-8, 131 p., 57 fig. Actualités scientifiques et industrielles. Hermann et Cie, Paris, 1935.
- Professeur à la Sorbonne, l’auteur publie le cours qu’il fait avec tant de succès aux étudiants débutants, selon la nouvelle orientation du certificat d’études physiques, chimiques et biologiques (P. C. B.). La systématique zoologique s’y trouve réduite au profit de la biologie générale et les élèves acquièrent ainsi des vues plus générales avant de se spécialiser en sciences ou en médecine. Ce dernier fascieule est remarquable à ce point de vue. Les Vertébrés supérieurs y sont une occasion de faire le point de l’anatomie, de l’embryologie, de la physiologie, des théories de l’évolution. C’est une initiation qu’on ne saurait trop recommander de lire et de méditer.
- Discovery Reports. Volume IX, 1 vol. in-4, 372 p., 195 flg., 53 pl. Cambridge University Press, London, 1934. Prix : £. 3.13.9.
- Voici le 9° volume des mémoires rapportant et utilisant les importantes recherches hydrographiques et biologiques de la Discovery dans l’Atlantique Sud et les eaux adjacentes. On sait que tout en étudiant le mode de vie des baleines, cette expédition s’est livrée à bien d’autres études scientifiques dans ces parages encore assez peu explorés. Le 9e volume donne, par la variété des sujets traités, une idée juste des nombreuses questions abordées. Il débute par un mémoire de M. Clowes sur l’hydrologie du détroit de Bransfield, entre les Shetland du sud et la terre antarctique de Graham : profondeurs, températures, salinités, mouvements des eaux et des glaces. M. Mackintosh étudie la distribution du macroplancton dans l’Atlantique austral et ses variations si importantes pour la nourriture des baleines. M. Hamilton fait connaître le mode de vie d’un oiseau de l’Antarctique : Catharacla skua. M. Matthews examine les dépôts marins entre la Patagonie et les Falklands. M. Gurney donne une note sur le développement du copépode Rhincalanus. M. Wheeler décrit les Némertiens récoltés, dont plusieurs espèces sont nouvelles. M. Neaverson dégage les caractères des dépôts de fonds dont 142 échantillons furent recueillis. Enfin M. Wheeler essaie d’estimer et d’analyser la population des baleines dans les eaux de la Géorgie du Sud.
- Faune de France. 29. Myriapodes diplopodes (Chilognathes I), par H. W. Brolemann. 1 vol. in-8, 369 p., 750 fig. Office central de faunistique. Lechevalier, Paris, 1935. Prix : 100 francs.
- La précieuse œuvre collective qu’est la Faune de France, entreprise par la Fédération française des sociétés de sciences naturelles, ajoute peu à peu à son inventaire. Voici un nouveau groupe de Myriapodes qui fait suite à celui des Chilopodes, publié il y a trois ans. Entre temps, l’auteur est mort, mais son ouvrage a trouvé un éditeur en la personne d’un autre spécialiste, le professeur Ribaut. Tout s’y trouve, depuis la récolte et la conservation, en passant par l’anatomie, le développement, le mode de vie, pour arriver à la classification et à la description précise des espèces.
- Structure de la pensée et définitions expérimentales, par Paul Renaud. 1 broch. in-8, 24 p. Actualités scientifiques et industrielles. Hermann et Cie, Paris, 1934. Prix:
- 7 francs.
- Grundriss der Kurzwellentherapie, par Wolfgang Holzer et Eugen Weissenberg. 1 vol. in-8, 189 p., 53 fig. Wilhem Maudrich, Vienne, 1935. Prix : cartonné toile, 8 marks.
- Les ondes courtes, imaginées par d’Arsonval, sont aujourd’hui d’un emploi de plus en plus étendu en médecine. Ce livre rassemble tout ce que le praticien doit en savoir : leurs propriétés physiques, les modes de réalisation, les moyens de mesure, les différents montages, puis les effets physiologiques et les applications thérapeutiques connues aux divers troubles de* la peau, de la circulation, des glandes, de la respiration et surtout du système nerveux.
- Ce qu’il faut connaître sur les assurances, par G.
- et R. Courau, 1 vol., 232 pages. J.-B. Baillière et fils. Paris, 1935. Prix : 30 fr.
- Il n’est personne qui, aujourd’hui, puisse se passer d’un bagage de connaissances élémentaires sur la question des assurances. Elle intéresse le simple particulier tout comme l’homme d’affaires ou le chef d’industrie. Le lecteur apprendra ici ce qu’est un contrat d’assurance, comment fonctionnent les compagnies d’assurances et à quels contrôles elles sont soumises, quels sont les divers types d’entreprises d’assurances; il trouvera des études très claires sur les principales assurances : incendie, accidents, accidents du travail, vie, assurance, transport et maritimes, contre le vol, contre les risques agricoles, etc. Ce petit ouvrage, destiné surtout aux profanes, rendra service également aux spécialistes à titre d’aide-mémoire.
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- COMMUNICATIONS A L ACADÉMIE DES SCIENCES
- SÉANCES DES 24 ET 29 AVRIL ET DU 8 MAI 1935
- Vitesse d’autoxydation des hydrates ferreux, man= ganeux et cobalteux. — MM. Liévin et Herman produisent un hydroxyde métallique en brisant un tube scellé contenant 5 cm3 de solution normale du sulfate au sein d’une solution alcaline. Le tube à réaction est agité mécaniquement, maintenu à + 10° par une circulation d’eau et relié à une burette à gaz à pression constante. Les mesures portent sur le volume d’oxygène absorbé et sont contrôlées par analyse des produits obtenus.
- L’hydrate ferreux passe très rapidement au stade ferrique (1 minute environ). L'hydrate manganeux dépasse rapidement le stade Mn203 mais n’atteint pas la composition MnO5, même après plusieurs heures. L’hydrate cobalteux parvient au stade cobaltique mais seulement en solution alcaline concentrée et au bout de plus d’une heure. En général, la vitesse d’absorption croît avec la teneur en alcali mais dans certains cas d’oxydation complexe (manganèse) un rapport inverse a pu être observé au début de la réaction.
- Nouvelle expérience d’électrolyse. — Si on électrolyse une solution de sulfate de cuivre avec deux électrodes de platine il se forme le classique dépôt de cuivre à la cathode. M. Jolibois maintient la cathode à un millimètre au-dessus du bain et soumet l’appareil à une haute tension continue, une étincelle jaillit alors entre le bain et la cathode et on constate la formation, non de cuivre, mais d’hydroxyde de cuivre. Avec un bain de nitrate d’argent on obtient, dans les mêmes conditions, de l’oxyde d’argent. L’interprétation de ces résultats conduit à admettre que l’eau et le sel sont décomposés parallèlement au cours de l’électrolyse. Si la cathode est immergée, l’hydrogène réduit l’oxyde métallique et donne un dépôt de métal; si on opère comme l’a fait M. Jolibois, l’ion d’hydrogène est arraché par le champ cathodique et l’oxyde reste non réduit dans l’électrolyte.
- Influence de l’eau sur la sensibilité des plaques photo= graphiques. — Mlle Valette et M. Charuieu ont comparé par développement simultané la sensibilité de deux portions d’une même plaque supersensible exposées ensemble dans un sensitomètre, l’une sèche, l’autre mouillée pendant 5, 15 ou 30 minutes. La sensibilité est fortement diminuée par le mouillage; au bout de 30 minutes elle n’atteint plus que le quart de sa valeur initiale. Si on opère avec des plaques panchromatiques, la baisse de sensibilité est d’autant moins élevée que la radiation qui a produit l’impression est plus près du rouge. Les auteurs concluent à la nécessité de protéger les appareils de photographie aérienne contre les variations importantes de température pouvant provoquer des condensations.
- Variations magnétiques en Chine. — Des observations récentes qu’il a pu effectuer dans le Sud et le Sud-Ouest de la Chine, M. Burgaud déduit que, dans ces régions, l’aiguille aimantée a atteint sa plus grande élongation vers l’Ouest et qu’un renversement de la variation séculaire de la déclinaison est en train de se produire.
- Zinc pur. — M. Bouchet a comparé au point de vue de l’attaque par les acides les zincs plus ou moins purs du commerce avec un échantillon très pur, contenant moins d’un millionième de corps étrangers. Les réactifs étaient naturellement chimiquement purs et l’eau bidistillée avait un pH dé 5,9. L’acide chlorhydrique attaque à peine le zinc très pur. la rapidité de l’attaque des autres échantillons croît avec la teneur en impuretés. L’action de l’acide sulfurique est analogue
- mais moins rapide. Avec l’acide nitrique concentré à 40° B. l’attaque est d’autant plus violente que l’échantillon est plus pur. Il se produit avec les types du commerce une passivité que l’on peut attribuer soit aux impuretés, soit à des actions secondaires. Dans l’eau bidistillée le zinc très pur n’est pas attaqué, les autres échantillons sont légèrement corrodés.
- Les « rayons de décharge » de l’aigrette électrique. —
- La production d’un rayonnement par l’aigrette électrique à la pression atmosphérique ayant été niée, M. Déchène est cependant parvenu à prouver son existence. Il place une pointe fine à 2 ou 3 mm d’une grille et crée entre les deux pièces une différence de potentiel de quelques milliers de volts. Un diaphragme limite le faisceau radiant qui traverse en outre un deuxième champ de grille destiné à arrêter les ions. Le rayonnement pénètre enfin dans une chambre d’ionisation. L’étude des phénomènes d’ionisation produits et de l’absorption du rayonnement par l’air, la fluorine et le celluloïd conduit à fixer la longueur d’onde des radiations de l’aigrette autour de 0,11 p..
- Les lampes à atmosphère krypton=xénon. —M. Georges Claude a démontré l’intérêt qu’il y aurait à remplacer l’atmosphère d’argop des lampes à incandescence par des gaz monoatomiques plus lourds : krypton et xénon. M. Gomonet a réussi à extraire industriellement ces gaz de l’air. Aujourd’hui M. André Claude étudie les conditions optima de marche des nouvelles lampes. Une atmosphère de krypton contenant 5 à 20 pour 100 de xénon est à rechercher, elle correspond très heureusement à la composition du mélange extrait de l’air. Il faut éviter la présence de l’azote tout en parant à la formation d’arcs prématurés; cette difficulté a été surmontée. Dans ces conditions on peut, en raison de la faible conductibilité des gaz, diminuer de 60 pour 100 le volume des ampoules et obtenir une économie de 20 à 50 pour 100 suivant les types de lampes.
- Etude systématique des débits des cours d’eau. _________
- Les moyennes mensuelles des observations des débits et niveaux des cours d’eau relevées dans 82 stations réparties dans le monde entier ont été exprimées en graphiques que M. Frolow a soumis à l’analyse harmonique. Il a cru reconnaître des périodes de 3, 4, 6, 8, 12, 18, 30 mois et 4, 6, 11, 22, 30 et 45 ans. Il lui est nécessaire d’admettre des variations de phase et d’amplitude affectant les diverses composantes indépendamment les unes des autres. Il serait toutefois utile de démontrer qu’en usant de pareilles libertés il n’est pas possible de ramener les variations à des périodes quelconques, tout au moins pendant la durée des observations. Retenons aussi que ce travail a été effectué, non sur des valeurs observées, mais sur des moyennes calculées sur la base du mois, unité parfaitement arbitraire. ' L’analyse harmonique est destinée à débrouiller les phénomènes les plus complexes enregistrés d’une façon continue, il reste à démontrer également que son application à une courbe de valeurs moyennes est légitime.
- Rayonnement produit par l’excitation nerveuse. —
- MM. Audibert et Lévy ont excité, soit électriquement, soit mécaniquement des nerfs sciatiques de grenouille placés à proximité de cellules à l’aluminium ou au cuivre ioduré. Ils affirment qu’alors qu’un nerf mort ne donne aucun rayonnement, il est possible de percevoir des radiations émises par les nerfs vivants excités. Leur longueur d’onde serait voisine de 0,235 p..
- L. Bertrand.
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- NOTES ET INFORMATIONS
- U aventure du professeur Kapitza.
- M. Kapitza est un physicien russe, célèbre dans le monde entier par ses travaux sur le magnétisme, travaux; effectués à l’université de Cambridge en Angleterre où un laboratoire spécial a été équipé suivant les conceptions mêmes du savant. Le professeur Kapitza est venu en Angleterre en 1921, en mission d’études scientifiques. Il étudia un certain temps à Cambridge sous la direction de Lord Rutherford; puis il commença en 1925 ses travaux sur les champs magnétiques de grande intensité. On lui doit d’avoir créé dans ce but un matériel extrêmement ingénieux. Les dépenses d’équipement du laboratoire Kapitza à Cambridge ont été supportées par le Gouvernement anglais et par la Royal Society.
- Entre temps le Dr Kapitza avait été nommé directeur du Laboratoire Mond à Cambridge et avait reçu le titre de « Messel professor » de la Royal Society.
- L’été dernier, le professeur Kapitza s’est rendu en Russie comme il avait l’habitude de le faire chaque année. Quand en octobre il voulut regagner l’Angleterre, son passeport de retour lui fut refusé. Depuis cette date, le savant est retenu, malgré lui, semble-t-il, dans son pays natal, où un laboratoire à son intention a été mis immédiatement en construction.
- L’ambassade des Soviets à Londres a fait à ce sujet, dit notre confrère Nature de Londres, la déclaration suivante :
- « P. Kapitza est citoyen de l’U. R. S. S. Il a été envoyé en Angleterre pour y poursuivre ses études et des travaux de recherches... Le moment est venu où les Soviets ont un besoin urgent de tous leurs savants. C’est pourquoi lorsqu’il est venu en Russie l’été dernier, il a été nommé directeur d’un important laboratoire de recherches en construction à Moscou ».
- PHOTOGRAPHIE
- A propos de la photographie intégrale.
- Nous avons indiqué dans La Nature différents procédés qui permettent d’obtenir des photographies en relief, et, en particulier, le principe de la photographie intégrale de Lippmann.
- Dans ce dispositif optique, le système qui permet de prendre des vues et de les examiner ensuite, est constitué, en réalité, par de nombreuses lentilles juxtaposées permettant d’obtenir un grand nombre d’images élémentaires. Nous avons indiqué les méthodes de réalisation de ces lentilles proposées par M. Estanave, mais en pratique, cette réalisation a rencontré de nombreuses difficultés.
- M. Louis Lumière, qui a étudié depuis de longues années, on le sait, le problème de la photographie en relief, et présenté en particulier la photo-stéréo-synthèse, avait songé, dès 1927, à une méthode pratique qui semble très séduisante.
- M. Lumière proposait, en effet, dans un de ses brevets datant du 6 septembre 1926, d’employer comme système optique deux lames transparentes en matière plastique superposées, et ayant une des faces gaufrée, de manière à obtenir des cannelures cylindriques.
- Cette superposition est obtenue en appliquant les parties gaufrées des deux lames transparentes l’une contre l’autre, les génératrices de l’une des lames étant à angle droit avec les génératrices de l’autre (fig. 1).
- On peut constituer ainsi un grand nombre de lentilles à courbures cylindriques juxtaposées, toutes de même foyer, et couvrant une surface dont tous les éléments sont réfringents, ce qui n’a pas lieu avec les éléments sphériques, laissant entre eux des espaces nuisibles.
- Dans ces conditions, les faces des lames transparentes opposées aux cannelures sont planes, et les épaisseurs de ces pellicules sont convenablement choisies. La lame postérieure peut être assez épaisse pour constituer les dioptres. La surface sensible est coulée sur cette surface transparente ou portée par une plaque séparée appliquée sur la première avec une pression suffisante pour assurer un bon contact.
- Le rayon de courbure des cannelures cylindriques peut être de l’ordre de 1 à 2 mm, et le pas de ces cannelures est choisi de sorte que l’ouverture angulaire de chaque élément réfringent ait une valeur convenable.
- Il devient possible, en outre, d’intercaler entre les deux lames gaufrées une pellicule mince et opaque perforée de trous, et centrée par rapport à chacune des lentilles élémentaires. Ces trous jouent alors le rôle de diaphragmes.
- Une fois l’image négative obtenue, on peut retirer cette pellicule formant diaphragme, ce qui augmente la luminosité pour la vision de l’épreuve positive.
- Si l’on se contentait de tirer une épreuve positive, on obtiendrait donc non un vrai relief, mais un effet pseudo-morphe par inversion des images. Le dispositif doit donc être
- Fig. 1. — Système optique de M. L. Lumière pour la photographie intégrale à deux lames transparentes.
- A. Vue d’ensemble. B. Plaque intermédiaire perforée. C. Coupe de l’assemblage.
- muni à l’avant d’un miroir inversant les images de gauche à droite.
- Les lames et pellicules peuvent être formées de toutes matières plastiques transparentes, telles que celles employées actuellement en photographie : acétate de cellulose, celluloïd, etc. Le gaufrage est obtenu par estampage ou laminage, et l’ensemble formé est placé dans une chambre noire de forme appropriée comportant les éléments habituels des chambres servant à la prise de vues en photographie et munie d’un obturateur de plaque. P. H.
- TRAVAUX MARITIMES
- Quelques objections au sujet des îles flottantes pour avions.
- Le projet d’îles flottantes pour relâches d’avions, décrit dans le numéro du 15 avril 1935 de La Nature, respire la confiance et l’audace, et sous certains de ses aspects apparaît assurément comme fort séduisant.
- Cependant, on ne saurait apporter trop de précision dans la préparation d’une aussi gigantesque entreprise et l’exposé qui nous en est fait suscite un certain nombre d’objections sérieuses.
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- Voici celles d’ordre purement maritime.
- Nous rappellerons d’abord les caractéristiques principales de l’île en question, dite Armstrong.
- Elle comprend une plate-îorme de 467 m de longueur sur 92 m de largeur, à deux étages. L’étage supérieur est réservé à l’atterrissage des avions. Ces plates-formes sont portées par 24 piliers creux de 7 m de diamètre (ou 42 piliers de diamètre moindre) fortement entretoisés. La hauteur de l’ensemble est de 95 m, avec 63 m de tirant d’eau et 32 m au-dessus de l’eau. Le poids total (prévu) s’élève à 66 000 t dont 26 000 à vide, 14 000 de ballast, 26 000 de water-ballast.
- Souvenons-nous maintenant que l’Océan Atlantique Nord-voit passer les plus grosses tempêtes (les typhons mis à part), qu’on puisse rencontrer en mer. Ces tempêtes sont à forme cyclonique, ce qui comporte que les vagues ne viennent pas exactement de la même direction que le vent qui les a soulevées. Or l’île mouillée en plein Océan et fixée par son ancre tournera autour de celle-ci de façon à présenter toujours son avant à la direction du vent. Elle recevra par conséquent le choc des lames sur son flanc. C’est là une situation que les marins considèrent toujours comme fâcheuse.
- De plus, ces vagues de tempêtes, qu’il s’agit d’affronter dans cette position, atteignent 12 ou 13 m de hauteur et la puissance de destruction que représente le choc d’une masse liquide, haute comme une maison de trois étages, est presque illimitée.
- On voit que la structure assez compliquée qui portera la plate-forme aura à subir des attaques puissantes et répétées; elle devra donc être extrêmement robuste, par conséquent très lourde.
- L’énorme amas de ferraille qui formera le flotteur de l’appareil, piliers et entretoises, se recouvrira très rapidement, comme il arrive immanquablement à toute coque de navire ou tout corps métallique immergé, de coquillages et d’une épaisse végétation sous-marine, dont le poids diminuera très vite, et jusqu’à la compromettre, la flottabilité du système.
- Comment pourra-t-on l’en débarrasser ? Il ne peut être question de ramener l’île se nettoyer dans un bassin de 63 m de tirant d’eau; essaiera-t-on de nettoyer sur place cette forêt de piliers descendant à 63 m de profondeur, au moyen de scaphandres, ce qui paraît également impraticable ? Et alors, qu’adviendra-t-il ?
- Reste encore la question de l’ancrage, et avec elle nous entrons dans le plus redoutable inconnu. Elle est traitée assez succinctement dans la description qui a été faite de l’île projetée. En réalité, voici comment se pose le problème.
- Les fonds sur lesquels ces îlots seront mouillés atteignent et même dépassent 3000 m. Or tous les marins savent que pour assurer à peu près la tenue d’un navire sur son ancre, il faut filer à la mer une longueur de chaîne ou de câble égale à trois fois, au moins, la hauteur du fond.
- Pour un fond de 3000 m, c’est donc 9 à 10 000 m de câble qu’il faudra mettre à l’eau. De plus, il serait d’une grave imprudence de mouiller sur une seule ancre un monument comme celui dont il est question et qui offrira au vent une prise considérable, deux ancres seront à peine suffisantes et la sagesse commanderait d’en employer trois. C’est donc 27 ou 30 km de câbles qui viendront peser sur l’avant du flotteur.
- Le commandant Rondeleux, dans un article sur cette question, publié dans la Revue de la Marine de Commerce (avril 1935), rappelle l’exemple des bouées (de simples bouées) de la base de Portsall et de la Vandrée qui ont rompu leurs robustes chaînes au cours des tempêtes de cet hiver et celui aussi du bâteau-feu du Dick, qui ayant aussi cassé les siennes s’est perdu avec son équipage devant Calais, l’année dernière.
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- Ces événements montrent la puissance dont la mer dispose pour briser chaînes ou câbles.
- En réalité, cette question de l’amarrage en pleine mer est une des plus difficiles qui se posent à l’ingénieur et au marin.
- Que sera-ce pour une masse dont le poids calculé est de 66000 t, mais qui très vraisemblablement dépassera ce chiffre?
- Un grand point d’interrogation se pose donc pour l’île flottante Armstrong, telle qu’elle nous est décrite.
- Rappelons à ce sujet un autre projet de stations relais pour avions en pleine mer, établi par l’ingénieur américain M. William Hovgaard. Il a été exposé dans le numéro du 15 juin 1928 de La Nature, et paraissait offrir des possibilités de réalisation supérieures, du point de vue maritime, à celles de l’île flottante Armstrong. Cl Sauvaire-Jourdan.
- GUERRE CHIMIQUE Abri pneumatique.
- La crainte de la guerre chimique, le souci de protéger les populations civiles, suscitent de multiples projets.
- Fig. 1. — L’abri pneumatique contre les gaz.
- En voici un qui vient de naître. C’est un abri pneumatique collectif contre les gaz destiné à servir de poste de secours ou d’hôpital. Dégonflé, il tient sur un camion qui peut le transporter n’importe où, à pied d’œuvre. Le camion porte aussi un ventilateur. Aussitôt déchargé, l’abri est connecté au ventilateur qui déplie et gonfle son enveloppe double jusqu’à lui donner la forme et l’aspect de la figure 1. La tente étanche offre alors une surface utilisable de 100 m2, suffisante pour l’installation d’un abri collectif, d’un poste de secours ou d’un hôpital. Sur le côté on voit une longue manche verticale, véritable cheminée pneumatique, haute de 20 m, qui peut être amarrée au toit d’un immeuble et qui peut fournir, grâce à un ventilateur intérieur, l’air pur destiné aux occupants.
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- INVENTIONS ET NOUVEAUTÉS
- Fig. 1. — Diverses transformations du siège-classeur.
- OBJETS UTILES
- TROU
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- Un siège=classeur universel.
- Ce siège, baptisé du nom de « Troie », se transforme tour _ à tour et instantanément en siège
- confortable, escabeau, bibliothèque, classeur, table à jeu ou à thé, guéridon, et de par sa conception aussi originale qu’ingénieuse il n’y a aucun meuble à combinaisons qui puisse lui être comparé.
- Parti de cette observation rationnelle que le volume occupé par un siège ordinaire est un espace perdu dans une pièce, l’inventeur a voulu tirer un parti méthodique de cet espace, jusqu’à ce jour inutilisé et inutilisable.
- Supposez un bloc cubique, mesurant près de 50 cm dans chaque dimension et formé de six cellules en tôle d’acier, dont cinq (voir 1, 2, 4, 5 et 6 du plan de la fig. 1) sont articulées les unes sur les autres, tandis que la dernière (portant le n° 3 du plan) est mobile.
- L’ensemble replié, avec un grand couvercle sur le dessus, forme un escabeau solide et stable (fig. 2). Le couvercle enlevé (fig. 3), lequel soit dit en passant constitue un plateau de service fort pratique (fig. 4), et l’élément amovible enlevé, les cellules se déploient (fig. 5), le meuble s’ouvre comme par enchantement et tout le contenu des rayonnages des cellules vient sous les yeux de l’usager, se trouve sous sa main en une seconde :
- L’amateur de livres y classera ses bouquins préférés, le prêtre ses bulletins paroissiaux, le bricoleur y mettra son outillage, le musicien y rangera ses partitions, la femme ses ouvrages, tandis que l’intellectuel, posant la cellule mobile sur son bureau, aura un petit classeur pour les livres
- Fig. 2. — Escabeau.
- Classeur.
- TROIE
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- Fig. 4. — Plateau.
- TROIE
- S56
- ou documents dont il a besoin pour telle ou telle besogne : un simple geste : étendre le bras ; un simple mouvement : saisir n’importe quel objet de n’importe quelle cellule sans tâtonnement et sans recherches inutiles.
- Chaque cellule repose sur le sol par des têtes sphériques en bronze; la charge totale du siège « Troie » étant répartie sur un grand nombre de points en contact avec le plancher assure une mobilité extrême au meuble, même lorsqu’il est lourdement chargé, qu’il soit fermé ou déployé.
- Entièrement métalliques, les cellules sont aménagées intérieurement au goût de chacun; extérieurement laqué en couleur vert olive, il peut, si on le souhaite, recevoir un habillage en étoffe, s’harmonisant avec le décor de la pièce où l’on désire le placer.
- A cet effet, on a prévu dans les angles du couvercle des trous à l’écartement de ceux des ferrures des tringles de brise-bise, ce qui permet de monter une garniture en étoffe roncée sans aucun mal, aussi facilement que l’on pose ces petits rideaux à une fenêtre.
- Une heureuse innovation est un démontage très rapide et l’emboîtement des cellules les unes dans les autres, le volume des colis étant alors réduit .au huitième du siège monté; voilà encore un détail qui plaira à l’homme ordonné, appelé
- par son métier à se déplacer fréquemment, fonctionnaire colonial, par exemple.
- Le médecin y classera méthodiquement de 500 à 800 échantillons de ces spécialités pharmaceutiques dont la recherche est souvent pour lui un véritable problème et qu’il aura désormais sous la main par un déploiement immédiat de tout l’ensemble.
- Quesais-je encore ?
- Dans la recherche actuelle de l’utilisation maximale de la place dont on dispose, le siège - classeur universel est le meuble indiqué, bon à tout mettre en ordre, prêt à tous les usages, in-dispensable dans chaquenaaison.
- S. G. A.P.,ingénieurs-constructeurs, 34, rue du Louvre. Paris (1er).
- Troie
- Fig. 5. — Bibliothèque.
- Fig. G. — Pour tout ranger.
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- BOITE AUX LETTRES
- QUESTIONS ET RÉPONSES
- Construction d’un appareil électrique contre la sur= dité.
- Nous avons donné à différentes reprises, dans la revue, de nombreuses indications sur les caractéristiques et la construction des appareils microtéléphoniques, et à amplificateurs radio-électriques contre la surdité. Vous pouvez ti'ouver à ce sujet également quelques détails dans des ouvrages spécialisés, tels que « La surdilé et l’acoustique moderne ». (Chiron éditeur.)
- 11 existe aujourd’hui des appareils très perfectionnés, comportant un microphone et un amplificateur à lampes à vide, actionnant, soit un écouteur téléphonique de petit modèle, soit un vibrateur pour l’audition par conduction osseuse. Ces appareils peuvent être alimentés, soit par des piles contenues dans une petite valise, soit par le courant d’un secteur continu ou alternatif. Les avantages particuliers du système sont sa grande sensibilité, et la profondeur de champ élevé qu’il permet d’obtenir.
- Voici quelques adresses d’appareils de ce genre:
- Établissements Audios, 140, rue du Temple, Paris (3°).
- Étaclissements Lafont, 11, rue Vignon, Paris (8e).
- Établissements Meyrovitz, 18, boulevard Haussmann, Paris.
- Réponse à M. F. à Alger.
- Construction d’une antenne antiparasites.
- Il y a deux catégories d’antennes anti-parasites, ou plutôt à descente d’antenne anti-parasites. Les premières comportent simplement un câble de descente blindé, relié directement au récepteur; les autres sont dites à descente d’antenne « basse tension » parce qu’on ramène les courants à haute fréquence traversant cette descente, à une tension plus faible, afin d’éviter, autant que possible, les effets de capacités parasites pouvant se produire entre le conducteur et le blindage relié à la terre.
- A cet effet, on emploie deux transformateurs, l’un abaisseur de tension, disposé près de l’antenne, l’autre, élévateur de tension placé près du poste.
- Vous pouvez trouver des détails à ce sujet dans le numéro du lor septembre 1934 de La Nature, et dans l’ouvrage Les Parasites en T. S. F. et leur élimination. (Lib. Eyrolles, édit., 3, rue Thénard, Paris.)
- Comme transformateur abaisseur et élévateur de tension, d’ailleurs, identiques, évidemment, mais montés d’une manière inverse, on adopte des transformateurs sans fer, aussi [apériodiques que possible qu’on peut assez facilement réaliser soi-même; on peut aussi, très aisément, se les procurer dans le commerce. Voici une adresse de constructeur :
- Établissements Pival, 26, rue Arthur Rozier, Paris.
- Réponse à M. E. M., à Poitiers.
- Dispositif de relief sonore en radiophonie.
- Il ne suffit pas, pour obtenir une audition très musicale, ainsi que vous l’indiquez, d’étendre dans des conditions de plus en plus satisfaisantes, la gamme des notes musicales produites par le haut-parleur; il faut encore essayer d’obtenir un effet stéréophonique, ou de relief sonore.
- Dans les appareils ordinaires, la source sonore est constituée par un seul haut-parleur très directif, fixe, et de surface réduite; la sensation du relief acoustique est alors très difficile à obtenir. Il faudrait restituer aux sons et à la musique une troisième dimension, leur donner un véritable volume acoustique, une sorte de profondeur de champ acoustique.
- Il est ainsi impossible d’obtenir un effet stéréophonique avec un seul haut-parleur classique. Chaque instrument d’orchestre devrait avoir au moment de la reproduction sa valeur relative, et, en quelque sorte, sa place matérielle dans l’orchestre, pour que l’auditeur éprouve une audition analogue à celle qu’il obtient en écoutant directement l’exécution du même morceau de musique dans une salle de concert.
- Les résultats que l’on peut obtenir dans ce sens ne peuvent être dus aux perfectionnements des appareils récepteurs seuls, mais aussi à ceux des appareils émetteurs. Des travaux ont été entrepris sur la
- question, et des techniciens français ont même proposé d’ingénieuses solutions simplifiées. Il faut avouer pourtant que, jusqu’à présent, les modifications apportées aux émissions radiophoniques sont peu importantes.
- Comme vous nous l’indiquez, l’auditeur doit donc se contenter, en attendant, d’améliorer son récepteur; il peut le faire en adoptant un montage haute fréquence et détecteur bien choisi et un système d’amplification basse fréquence multiple, avec des lampes de sorties distinctes agissant directement, ou par l’intermédiaire d’un système de filtres, sur deux ou trois haut-parleurs séparés.
- En principe, il faudrait utiliser, tout au moins, trois haut-parleurs, un pour notes graves, un pour notes médium, un pour notes aiguës, mais il ne faut pas oublier que la bande des fréquences musicales, transmises par radiophonie, s’étend seulement sur 4000 à 5000 périodes seconde au maximum. Dans ces conditions, deux haut-parleurs suffisent, en principe, l’un pour notes graves et médium, l’autre pour notes aiguës.
- Le premier sera un grand haut-parleur électrodymamique, à diffuseur de grand diamètre, l’autre également électrodynamique, mais à’diffuseur de petit diamètre, ou un haut-parleur piézo-électrique.
- On obtient ainsi une extension de la gamme musicale reproduite avec une fidélité très satisfaisante. Comme les systèmes d’amplification sont distincts, on peut agir séparément sur le réglage de l’intensité des diverses bandes musicales, sans avoir à craindre les effets mutuels gênants. On peut ainsi, plus ou moins, jouer de la radiophonie, et, en mettant en valeur les timbres plus ou moins aigus des différents instruments d’orchestre, obtenir déjà un certain effet de relief sonore.
- Cet effet peut être encore amélioré, en utilisant, non plus des écrans acoustiques ordinaires, mais des systèmes diffuseurs particuliers assurant une audition de volume sonore plus ample, et de profondeur de champ plus grande. Ces systèmes à volets déflecteurs, par exemple, sont placés à l’intérieur même de l’ébénisterie du poste Midget, ou du peuple-meuble, ou bien, ce qui est encore préférable, lorsque cela est possible, dans les ébénisteries de haut-parleurs séparés.
- Réponse à M. Pothier, à Verdun (Meuse). Questions diverses sur la télémécanique et la stro= boscopie :
- 1° La télémécanique électrique permet de commander à distance des relais par l’intermédiaire de conducteurs ou d'ondes hertziennes; ces relais, à leur tour, commandent, chacun, un servo-moteur. On peut ainsi, par exemple, mettre en marche, ou arrêter à distance un moteur d’entraînement d’un véhicule, d'un navire, ou d’un avion, et contrôler la direction de cet appareil.
- Il faut, bien entendu, que les signaux transmis permettent sans erreur possible la commande des relais correspondants aux servomoteurs désirés; d’où la nécessité d’employer des signaux distincts pour chaque commande distincte, et des systèmes de sélection convenables. On peut, par exemple, utiliser des ondes hertziennes modulées à différentes fréquences musicales. Il faut également s’efforcer d’éviter l’action des perturbations atmosphériques ou industrielles qui pourraient déclencher accidentellement le fonctionnement d’un relais.
- 2° On peut, en principe, commander, au moyen de la télémécanique par ondes hertziennes, des appareils situés à une très grande distance, puisque la portée ne dépend que de la portée même des émissions radioélectriques ; c’est ainsi qu’il a été possible de commander la mise en action d’une usine, l’éclairage d’une ville ou d’une exposition, etc..., à plusieurs milliers de km de distance, simplement par un signal transmis par ondes hertziennes.
- La plupart du temps, lorsqu’il s’agit de diriger à distance un véhicule quelconque ou un navire, il est nécessaire que l’opérateur dirigeant le mouvement voie constamment l’appareil qu’il contrôle. Dans ces conditions, la portée du système est réduite, mais uniquement pour des raisons étrangères à la technique. D’autre part, pour assurer un fonctionnement sûr dans les commandes complexes il faut que le rapport entre l’intensité utile du signal reçu et l’intensité des parasites soit assez grand, ce qui exige que l’émission ne soit pas effectuée à trop grande distance.
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- Il n’y a pas en télémécanique d’invention unique, mais de nombreux brevets qui se rapportent à une infinité de solutions ayant chacune des avantages particuliers. La solution définitive n’existe pas plus pour cette question que pour d’autres problèmes techniques du même genre.
- 3° Les brevets d’invention pris pour une même invention dans différents pays ne sont valables que pour les pays où ils ont été délivrés et sont, en principe, indépendants les uns des autres. Il y a cependant des accords internationaux, de sorte que l’inventeur a généralement un délai d’un an après qu’il a déposé sa demande de brevet dans un pays européen, pour déposer une demande analogue dans les autres pays.
- 4° L’article paru dans le numéro 2930 de La Nature, du lor janvier 1934, et concernant les applications de la stroboscopie à la radiogoniométrie montre bien que le courant induit par le champ hertzien dans un cadre tournant peut allumer une lampe au néon. Le courant induit pourrait, de la même manière, déclencher une action électromagnétique.
- Cet article est, d’ailleurs, le compte rendu d’une expérience réalisée tout entière au laboratoire, et donne la description d’appareils construits industriellement. Réponse à M. Lohier, à Lille (Nord).
- Application des cellules pour rayons infra=rouges.
- Les cellules photo-électriques permettant la détection des rayons infra-rouges sont généralement des éléments photo-résistants, dont la résistance diminue sous l’action des radiations.
- Dans les cellules récentes de ce genre, la résistance interne de la cellule à l’obscurité est ainsi de plusieurs dizaines de mégohms, et la résistance sous un éclairage de 100 lux varie, suivant les types, de quelques mégohms à quelques dizaines de mégohms; l’inertie propre peut être très réduite.
- Ces cellules se prêtent à de très nombreuses applications, commandes automatiques, triages montages, et surtout protection contre le vol et signalisation secrète. Elles peuvent, d’ailleurs, fonctionner sous tension alternative, ce qui facilite leur emploi pour des usages industriels.
- Dans les modèles de cette catégorie, on peut citer les cellules Four-nier-Cema, et les cellules P. R. de la Compagnie générale de Radiologie, 34, boulevard de Vaugirard, à Paris (15°).
- Réponse à M. P. M., à Paris.
- Dispositif pour la projection en relief.
- Ainsi qu’il a été indiqué dans La Nature, il existe deux catégories de procédés imaginés pour permettre la projection cinématographique en relief. Dans les premiers, on n’a pas tenté de recourir à la vision binoculaire, et l’on s’est efforcé d’utiliser des systèmes d’écrans spéciaux, ou de projections alternatives plus ou moins efficaces.
- Les autres sont stéréoscopiques ; on projette sur l’écran soit simultanément côte à côte, ou par superposition, soit alternativement, deux vues stéréoscopiques, prises de deux points de vue différents et on place, soit devant l’écran, soit devant les yeux du spectateur, un système qui permet seulement la vision de l’image droite avec l’œil droit, et celle de l’image gauche, avec l’œil gauche. Cette vision stéréoscopique peut être obtenue par un stéréoscope spécial, par des verres colorés ou des systèmes polarisants, par des obturateurs mobiles, par pulsation, ou enfin par système à réseau placé devant l’écran.
- Vous pourriez trouver des détails à ce sujet dans l’ouvrage : Le cinématographe sonore et en relief (Lib. Eyrolles, édit.).
- Nous ne connaissons pas d’autre système présenté jusqu’à présent, et nous serions heureux de recevoir votre communication à ce sujet.
- Réponse à M. Géher, à Paris.
- De tout un peu.
- M. Schoonbroedt, à Liège. — Le meilleur produit phosphorescent utilisé aujourd’hui est le sulfure de zinc contenant une proportion déterminée d’un métal lourd, en particulier du cuivre, dans des limites assez étroites 0,00001 à 0,001 pour 100; en dessus comme en dessous, il n'y a pas phosphorescence.
- D’après l’auteur de recherches spéciales Josef Einig, la façon la plus convenable d’obtenir un sulfure de zinc phosphorescent est de préparer d’abord un sulfure de zinc pur, puis d’y ajouter la quantité exactement dosée du métal activant.
- Il conseille de préparer le sulfure de zinc par précipitation du sulfate de zinc déjà pur (solution à 7 pour 100 de Zn SO'* 7H20) bien neutre,
- par l’hydrogène sulfuré à la température de 50° C, on obtient ainsi un sulfure de zinc facile à laver.
- Le sulfure de zinc est alors calciné et on y ajoute la quantité de cuivre, sous forme de sulfure de cuivre dans les limites indiquées.
- Ce procédé très économique donne des produits d’une phosphorescence supérieure à celle des produits radio-actifs généralement utilisés pour rendre lumineux les cadrans de montres et qui sont constitués par du sulfure de zinc pur additionné de 0,4 milligrammes de bromure de radium par gramme de sulfure de zinc.
- Si vous ne tenez pas à entreprendre une préparation de ce genre, vous pourrez trouver dans le commerce les produits spécialisés qui suivent : l’irradiante des Etablissements Cohendy, 26 bis, rue Charles-Baudelaire; Radiana, Maison Sauvage, 23, boulevard des Italiens, à Paris.
- M. Bouvy, à Paris. — N’ayant pas encore eu en main la spécialité en question, nous ne pouvons avoir d’opinion valable sur les emplois dont elle est susceptible.
- Quant à sa composition qui n’a pas été publiée, vous en pourrez très probablement dégager les constituants, d’après les données que vous possédez, en consultant l’ouvrage deFritsch « Les pierres artificielles », éditeur Desforges, 20, quai des Grands-Augustins.
- Mlle Le Sénéchal, à Rennes. — Voici d’après la documentation publiée quelle est la constitution de quelques lessives commerciales.
- Carbonate Soude Silicate Savon. Eau.
- de soude. caustique, de soude. — —
- Lessive Phénix. 40 8 25 — 27
- — du Génie. 50 7 18 5 20
- — Salsonate. 50 12 20 — 18
- M. Demolon, à Genève. — Les insectes dont vous constatez la présence dans votre cave sont de petits lépidoptères appartenant à la famille des Tinéides comme ceux qui s’attaquent aux vêtements; on les désigne vulgairement sous le nom de teignes de caves, leurs larves s’attaquent surtout aux bouchons et au bois des tonneaux, en causant parfois de grands dégâts.
- Les principales variétés sont : 1 ’Œnophila flavum qui perfore les bouchons, même recouverts de cire à bouteilles, la Tinea cloacella qui vit sous une toile et la recouvre de ses excréments, ce qui lui donne l’aspect d’une mousse noirâtre, enfin l'Ephestia passulella qui parasite également les bouchons.
- Le meilleur remède que vous puissiez employer est de passer au lait de chaux cuprique les murs de la cave; pour cela faire dissoudre dans un récipient en bois 2 kg de 'sulfate de cuivre (vitriol bleu) dans 100 litres d’eau d’une part; d’autre part éteindre 1 kg de chaux grasse en pierre avec 5 litres d’eau ajoutés progressivement (peu au début pour laisser la chaux fuser).
- Verser progressivement le lait de chaux dans la solution cuivrique (ne pas faire l’inverse), en remuant énergiquement le mélange, jusqu’à ce qu’un morceau de papier de tournesol, trempé dans la mixture, vire nettement au bleu.
- N. B. — On peut également se servir comme indicateur de l’alcalinité d’un papier imprégné de phénolphtaléine qui dans ce cas d’incolore qu’il était passe au violet.
- Badigeonner de la même bouillie cuivrique toutes les pièces de bois qui séjournent dans la cave, tonneaux et chantiers, aussi bien en dessus qu’en dessous.
- Prendre enfin la précaution d’ébouillanter les bouchons avant emploi et de les faire macérer quelques heures, en attente du bouchage, dans une solution aqueuse contenant 5 pour 100 de bisulfite de soude.
- M. Biglé,à Paris.— 1° L’expérience à laquelle vous faites allusion consiste à écrire sur papier blanc au moyen d’une solution concentrée de sulfate de quinine; les caractères deviennent visibles en bleu lorsqu’on les éclaire par les rayons ultra-violets (lampe à vapeur de mercure), ce qui est une démonstration de la loi de Stokes, à savoir que les radiations, à très petite longueur d’onde invisible, sont ramenées par les corps fluorescents à des radiations de plus grande longueur d’onde du spectre visible.
- 2° Pour les encres sympathiques consulter l’ouvrage « Les Encres » par Desmarest et Lehner, éditeur Gauthier-Villars, 55, quai des Grands-Augustins.
- M. A. P., Bruxelles. —• La feuille de papier que vous nous avez soumise est constituée par deux feuilles élémentaires. A notre avis une d’elles a été filigranée par gaufrage avant réunion, ce qui explique la différence d’imbibition lors de l’immersion dans l’eau.
- Le Gérant : G. Masson.
- 6933. — lmp. Lahure, 9, rue de Fleurus, Paris. — r5-6-i935. — Published in France.
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- LA NATURE
- SOIXANTE-TROISIÈME ANNÉE — 1935
- PREMIER SEMESTRE
- j
- INDEX ALPHABÉTIQUE
- A
- Abreuvoir automatique, 92.
- Abri pneumatique, 573.
- Académie des Sciences : communications, 467, 571.
- Acariens : invasion à La Baule, 542.
- Accus à liquide immobilisé, 42.
- Acide carbonique : conservation de la viande, 379, 527.
- Acide carbonique solidifié dans la construction mécanique, 378.
- Aigrette électrique : décharge, 571.
- Air chaud : appareil électrique, 143. Aix-les-Bains : sources thermales, 467. Alliages d’argent internissables, 284. Aluminium isolant, 267.
- Aluminium : soudure, 469.
- Anchois du Zuyderzée, 317.
- Angola : indigènes, 444.
- Anions : action sur les ferments, 245. Antenne antifading de Munich, 331, 575. Antigel pour radiateur d’auto, 95.
- Arbres fruitiers : régénération, 304. Archéologie en Libye, 145.
- Aristoloche, 554.
- Astronomie : bulletin, 35, 132, 228, 322, 419, 515.
- Astronomie et Victor Hugo, 561.
- Auditorium d’enregistrement, 478.
- Australie : découverte, 45.
- Autogire, 400.
- Automobile : automatisme, 306.
- Automobiles en France, 472.
- Automobile pratique, 38, 278, 422.
- Autos : conduite à gauche, 288.
- Autos : direction, 336.
- Autos : électricité, 325, 373.
- Autoxydation des hydrates, 571.
- Avion à surface variable Gérin, 58.
- Avion à toutes fins, 429.
- Avions canons, 284.
- Avions commerciaux : progrès, 249.
- Avions : pilotage automatique, 312.
- Avions terrestres : record de vitesse, 141. Azote : office national de Toulouse, 152.
- B
- Bagues et coussinets auto-lubrifiants, 475. Ballon Le Zénith : soixantième anniversaire, 369.
- Barrage de Boulder, 456.
- Becs-croisés : invasion de 1930, 127.
- Biarritz : musée de la mer, 359.
- Biologie et causes finales, 342.
- Biologie : réactions paradoxales, 213, 335. Bloc de verre le plus grand, 65.
- Bois : mesure électrique d’humidité, 237. Botanique : grandeur et déchéançe, 417. Bouée électronique antitartre, 380. Boulder-Dam, 456.
- Bresse : costume, 318.
- Brûleur Flamout, 188.
- Brunissement : formules, 468.
- c
- Café : culture au Congo belge, 509, Camions à gazogènes et à gaz,"407.
- Camphre contre la calamine des moteurs, 95. Cancer et venin de cobra, 62.
- Cantal : or, 48.
- Caoutchouc : conservation, 288.
- Carénage de locomotives, 543.
- Causes finales et biologie, 342.
- Ceinture de sécurité, 287.
- Cellules photoélectriques à contact imparfait, 335.
- Cellulose : nouvelle conception, 396.
- Cendrier à pipes « Extincto », 381. Champignons : empoisonnement, 94.
- Charbon : hydrogénation, 438.
- Chauffage central sous vide, 260.
- Chine : variations magnétiques, 571.
- Chlore : dose stérilisant l’eau, 227. Cinématographe en relief Louis Lumière, 298.
- Cinématographe intégral, 160. Cinématographie ultra-rapide, 11.
- Circaète Jean-le-blanc, 316.
- Clipperton : oiseaux, 462.
- Cobra contre le cancer, 62.
- Cocaïne : sels anesthésiques, 468.
- Colchique d’automne : pourquoi fleurit-il parfois au printemps ? 372.
- Comète nouvelle, 284. 3
- Comparateur colorimétrique, 47.
- Congo belge : œuvre humanitaire, 243.
- Copal : formatioxr et réserves, 475.
- Coquilles : oiseaux briseurs, 321, 431. Corrosion des métaux, 540.
- Costume bressan, 318.
- Couronne solaire : nouvelle méthode d’observation, 195.
- Cours d’eau : débits, 571.
- Coussinets auto-lubrifiants, 475.
- Coutumes populaires, 529.
- Cultures et réaction ionique du sol, 212.
- Supplément au n« 2953 de La Nature du 15 Juin 1955.
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- 578
- D
- Dahomey : récades, 28, 190.
- Danemark : industries laitières, 16. Décapité parlant, 276.
- Détecteur au sélénium, 86.
- Direttissima Bologne-Florence, 378. Disjoncteurs en éclairage domestique, 182. Dispatching, 207.
- Dragées de Verdun, 220.
- E
- Eau : dose de chlore stérilisante, 227.
- Eau lourde dans le corps humain, 186.
- Eaux usées : évacuation, 168.
- Écrevisse américaine aux portes de Paris, 56. Électricité dans l’automobile moderne, 325, 373.
- Électrogermination, 462.
- Électrolyse : nouvelle expérience, 571. Électrons : microscope, 450.
- Embarquement de phosphates à l’île Nauru, 141.
- Empoisonnement par les champignons, 94.
- , Énergie : inertie, 205.
- Escargot, aliment et médicament, 514. Eskimos : kayak et harpon, 510.
- Éthiopie : îles monastiques du lac Tana, 73. Étoile nouvelle d’Hercule, 28, 90.
- Étoiles temporaires, 99.
- Excavateur de sous-sol, 271.
- Explosifs en agriculture, 190.
- Exposemètre photographique, 286.
- Exposition de 1937 : Palais de la découverte, 428.
- F
- Fascination d’un oiseau par une vipère, 321, 431.
- Ferments : action des anions, 245.
- Feux de la Saint-Jean, 529.
- Fièvre jaune : lutte, 23.
- Film parlant d’amateur, 135.
- Films d’acétoceliulose indéformables par l’eau, 30.
- Films : doublage, 478.
- Films gras mono- et bimoléculaires, 467. Filtres rapides « Neptune », 142.
- Flotte coloniale de lu France, 193.
- Fruits : production, 181.
- Fourmis : destruction, 527.
- France : flotte coloniale, 193.
- Foyer Stouff, 20.
- G
- Gargarisme facile, 139.
- Gel des radiateurs d’auto, 180.
- Gels : phénomènes électriques, 467. Générateur électrique éolien, 237. Géophysique : méthode thermique, 55. Germination électrique, 462.
- Goudron : hydrogénation, 438.
- H
- Haute atmosphère : prises d’air, 467. Flélicoptère Œhmichen, 499.
- Herbe aux femmes battues, 139, 382. Hors-bords : ancêtre, 94.
- Houille : genèse et évolution des bassins, 75. Hugo et l’astronomie, 561.
- Hydrogénation du charbon et du goudron, 438.
- I
- Iles flottantes, 348, 572. Inertie de l’énergie, 205. Infra-rouge : cellules, 576. Insectes et ultraviolet, 112.
- J
- Jardin : aménagement, 273.
- Journaux : super-rotatives modernes, 454.
- K
- Kala-azar, 403.
- Kapitza : aventure, 572.
- Kayak et harpon des Eskimos, 510. Kurisches Haff : pêcheurs, 97.
- L
- Lampe à vapeur de mercure à pression élevée, 502.
- Lampe de travail « Electra », 238.
- Lampes monowatt et demi-watt, 144, 239. Lance-appâts Mébi, 477.
- La Rochelle : port, 256.
- Le Roy : cent-cinquantenaire, 361.
- Libye : flâneries archéologiques, 145.
- Livres de T. S. F., 190.
- Livres nouveaux, 43, 88, 140, 184, 235, 283, 329, 376, 427, 473, 523, 570.
- Locomotive aérodynamique, 415.
- Locomotive à vapeur, 102.
- Locomotives : carénage, 543.
- Longévité humaine, 497.
- Louche « Antigras », 47.
- Lumière : cinématographe en relief, 298. Lumière et vision, 264.
- Lunette la plus puissante du monde, 65.
- M
- Machine à dicter : choix, 190.
- Magnétisme en Chine, 571.
- Mai : mois très froids, 567.
- Mains : lavage et séchage automatiques, 92. Marines de guerre : état en 1934, 49. Marionnettes : théâtre, 418.
- Mars, 481.
- Mathématiques : récréations; 225, 513. Métasilicate de soude détergent, 421. Météorites : chute, 150, 288.
- Météorites : effets, 474.
- Météorologie ; le mois à Paris, 85, 179, 278, 372, 466, 565.
- Microscope à électrons, 450.
- Microscope binoculaire redresseur, 333. Microscopes : évolution, 173.
- Mirage, 33.
- Miroir à inclinaisons variables, 381.
- Miroirs d’aluminium en astronomie, 226. Mort : contrôle, 189.
- Moteurs Diesel : régime de combustion, 468. Mouflon à manchettes du Maroc à l’Égypte, 241.
- Musée de la Mer, de Biarritz, 359.
- Muséum : singerie, 335.
- 'Muséum : tricentenaire, 289.
- N
- Navire non magnétique : construction en Angleterre, 474.
- Navires : stabilisation automatique, 45. Nécrologie : de Sitter, 90.
- Nerfs : rayonnement, 571.
- Neutrons à partir du glucinium, 185.
- Nickel : gisements de l’Oural, 555.
- Noix en France, 378.
- Noix : rafraîchissement, 181.
- Normandie : aménagements et protection contre le feu, 91.
- Normandie, plus grand paquebot du monde, 300, 362, 545.
- Lac Tana : îles monastiques, 73. Lait : industrie au Danemark, 16. Lampes à krypton-xénon, 571.
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- O
- Obturateurs : mesure de vitesse, 468.
- Oiseaux briseurs de coquilles, 321, 431. Oiseaux de l’île Clipperton, 462.
- Oiseau : fascination par une vipère, 321, 431. Ondes courtes : adaptateur pour réception, 431.
- Or dans le Cantal, 48.
- Or dans les jardins de Paris, en 1778, 465.
- Or : production dans le monde, 186. Orchestre électrique du Sacré-Cœur de Montmartre, 123.
- Organomagnésiens : propriétés électriques, 468.
- Oural : gisements de nickel, 558.
- P
- Paléoethnologie du Sahara tripolitain, 8. Papier : déchirures et déchiquetures, 34.
- Parc national Albert, 121.
- Parquets : bouchage des fentes, 334.
- Pêche électrique, 430.
- Perse : relief du sol, 556.
- Pétrole : industrie française, 385.
- Pétrole : va-t-il manquer ? 428.
- Phonographe : enregistrement de disques, 528.
- Phonographe : perfectionnement de reproduction, 335.
- Photographie : appareil de poche à film, 476. Photographie : appareil perfectionné, 526. Photographie : appareil simple, 476. Photographies : documents, 96, 480. Photographie intégrale, 114, 572. Photographie stéréoscopique des plantes dans la nature, 81.
- Photographies ultra-rapides par étincelles, 550.
- Pilotage automatique des avions, 312. Pilotage automatique allemand, 44.
- Planète Mars, 481.
- Planètes : signalisation, 1.
- Plantes : photographie stéréoscopique dans la nature, 81.
- Plaques photographiques : influence de l’eau, 571.
- Poire de terre Cochet, 524.
- Poisson rarissime : Anoloplerus pharao, 203. Police parisienne : réseau de T. S. F., 30. Pommes de France, 504.
- Pompe aspirant à 35 m, 187.
- Pont du Zambèze : achèvement, 331.
- Pont de La Rochelle, 256.
- Portevin : médaille Bessemer,-524.
- Posemètre à cellule photoélectrique, 190. Poste à galène, 382.
- Potion de Rivière, 190.
- Prestidigitation, 227, 276.
- Printemps froids, 566.
- Prix Nobel en 1934, 236.
- Projection en relief, 576.
- Protection contre le vol et l’incendie, 333. Publicité sur auto, 336.
- Q
- Quartz piézo-électrique : nouvelles applications, 215.
- R
- Radiateurs d’auto : contre le gel, 180.
- Radio française : maison, 309.
- Radiodiffusion: antenne antifading de Munich, 331.
- Radiodiffusion : enregistrement des images par des procédés électro-acoustiques, 90.
- Radiodiffusion française : projets, 185.
- Radiophonie : livres de montages, 382.
- Radiophonie pratique, 231, 470, 518. 1
- Radiophonie : récepteurs coloniaux, 382.
- Radioscopie cinématographique, 468, 575.
- Radiovision : progrès en France, 486.
- Radiovision : réception, 335.
- Raffinage au phénol, 131.
- Rayonne : soie artificielle, 332.
- Rayons cosmiques : méthodes nouvelles d’étude, 296.
- Récades du Dahomey, 28, 190.
- Récepteur superhétérodyne : détérioration, 94,
- Relais photoélectrique à lumière modulée, 526.
- Révélateur pour clichés sous-exposés, 181.
- Rites païens dans une exploitation minière,
- 222.
- Rome sous Constantin : reconstitution, 337.
- Rotatives à journaux modernes, 454.
- S
- Sahara tripolitain : paléoethnologie, 8. Savants quand ils étaient jeunes, 129, 177. Siège classeur universel, 574.
- Signalisation interplanétaire, 1.
- Singerie du Muséum, 335.
- Sitter (de) : nécrologie, 90.
- Soie artificielle : rayonne, 332.
- Soie de papillons du Congo belge, 30.
- Sol : réaction ionique et cultures, 212. Sondage le plus profond, 284.
- Soudure de l’aluminium, 468.
- Soufflerie aérodynamique de Chalais-Meudon, 433.
- Sources thermales d’Aix-les-Bains, 467. Stabilisation automatique des navires, 45, Stroboscopie, 575.
- Sucre : nouvelle conception, 396.
- .... 579 =
- Sucre : procédé Teatini, 69.
- Superstitions médicales, 94.
- Supports d’appareils cinématographiques, 286.
- Surdité : amplificateur, 431.
- Surdité : appareils radioélectriques, 567, 575.
- T
- Tabac dénicotinisé, 180.
- Table pour projection, 143.
- Tablette humidificatrice pour radiateur, 198. Taches de vin sur le marbre, 517.
- T. S. F. : livres, 190.
- T. S. F. : lutte contre les parasites, 478.
- T. S. F. : nombre d’appareils vendus, 478.
- T. S. F. : perfectionnement d’un récepteur, 336.
- T. S. F. : réseau de la police parisienne, 31. Télémécanique, 575.
- Téléphone à amplification, 46.
- Téléphone : développement des relations internationales, 474.
- Télévision à Berlin, 525.
- Télévision : récepteur, 432.
- Théâtre de marionnettes, 418.
- Tomate e n arbre, 569.
- Trypanosomes des petits Mammifères d’Europe, 375.
- U
- Ultraviolet et insectes, 112. Urée : dissociation, 468.
- V
- Vase à fleurs lumineux, 476.
- Venin de cobra contre le cancer, 62.
- Viande : conservation par l’acide carbonique, 379.
- Vibrations d’une machine : étude, 383. Vipère : fascination d’un oiseau, 321.
- Vision et lumière, 264.
- Voies ferrées : protection contre les chutes de rochers, 223.
- Volcan nouveau, 87.
- Z
- Zambèze : achèvement du pont, 331. Zinc électrolytique, 196.
- Zinc pur, 571.
- Zuyderzée : anchois, 317.
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- LISTE DES AUTEURS
- PAR ORDRE ALPHABÉTIQUE
- Adam (Michel). — La maison de la radio française, 309.
- Alber. — Déchirures et déchiquetures de papier, 34. — Le coffre de cristal, 227. — Le décapité parlant, 276. — Théâtre de marionnettes, 418.
- André (Marc). — Une écrevisse américaine aux portes de Paris, 56.
- — Une invasion d’acariens à La Baule, 542.
- B. (A.). — L’évolution des microscopes, 173. — Comment mesurer la vitesse des obturateurs, 469. — Les automobiles en France, 472.
- Baud (Paul). — Nouvelle technique de l’industrie sucrière: le procédé Teatirii, 69.
- Belleau (de Lyée de). — Flâneries archéologiques en Libye, 143.
- Bertiielot (Ch.). — Genèse et évolution des bassins houilliers, 75.
- — Camions à gazogènes et à gaz, 407. — L’hydrogénation du charbon, 438.
- Bertrand (L.). — Communications à l’Académie des Sciences, 437.
- Blin (Henri). — La régénération des arbres fruitiers par la nutrition artificielle, 304.
- Bordier (Dr H.). — Réactions paradoxales en biologie, 213.
- Boutaric (A.). — L’inertie de l’énergie, 205. — Le microscope à électrons, 450.
- Boyer (Jacques). — Embarquement des phosphates à File Nairu. 141. — La distribution par « dispatcher » de l’électricité, 207. — Les prix Nobel en 1934, 236. — Le tricentenaire du Muséum, 289.
- — Le soixantième anniversaire de la catastrophe du ballon Le Zénith, 369. — Le Palais de la découverte à l’Exposition de 1937, 428.
- Brandicourt (Virgile). •— Récréations mathématiques, 225, 513. — Victor Hugo et l’astronomie, 561.
- Brossard (René). — Photographie stéréoscopique des plantes dans la nature, 81.
- C. (C.). — L’achèvement du pont du Zambèze, 331.
- Calmette (G-.). — Le grand barrage de Boulder, 450.
- Caters (Christian de). — Les industries laitières au Danemark, 16. — Une reconstitution de Rome sous Constantin, 337. •— Chez les indigènes d’Angola, 444. — Photographies ultra-rapides par étincelles, 550.
- Constantin (L.). — Le pilote automatique allemand au Bourget, 44.
- Coupin (Henri). — Les vieux savants quand ils étaient jeunes, 129, 177.
- D. (P.). — Le « direttissima » Bologne-Florence et le tunnel de l’Apennin, 378.
- Debesse (Maurice). •— Le port de La Rochelle, 256. —• La Normandie, le plus grand paquebot du monde, 300, 362, 545.
- Degaast (Georges). — Super-rotatives à journaux modernes, 454.
- Dehérain (Henri). — Les îles monastiques du lac Tana, 73.
- Desgranges (Jacques). — Les progrès techniques des avions commerciaux, 249. •— Les avions-canons modifieraient-ils la tactique de la chasse ? 284.
- Devaux (Pierre). — La locomotive à vapeur, 102. — L’automatisme dans l’automobile, 306. — L’électricité dans l’automobile moderne, 325, 373. — Les îles flottantes, 348. — Relais photo-électrique à lumière modulée, 526.
- Feuillée-Billot (A.). —• Les oiseaux de l’îlc Clipperton, 462.
- Fischer-Piette (E.). •— Le musée de la mer de Biarritz, 359.
- Forbin (Victor). — Rites païens dans une exploitation minière, 222.
- •— L’industrie pétrolière française, 385.
- G. (A.). •— L’antenne antifading du poste de radiodiffusion de Munich, 331.
- Gattefossé (R.-M.). — Les effets des météorites, 474.
- Glory (André). — L’orchestre électrique du Sacré-Cœur de Montmartre, 123. •— La soufflerie aérodynamique de Chalais-Meudon, 433. — Quelques coutumes populaires, 529.
- Goldovski (N.). — Théories de la corrosion des métaux, 540.
- Gradennvitz (Dr Alfred). — Le bloc de verre le plus grand et la lunette la* plus puissante du monde, 65. — Nouvelle méthode d’observation de la couronne solaire, 195. — Excavateur de sous-sol, 271. — Le pilotage automatique des avions, 312. — L’électrogermination, 462. — Une lampe à vapeur de mercure à pression très élevée, 502. — Berlin inaugure un service de télévision, 525.
- H. (P.). — Détecteur à cellule au sélénium, 86. — Le cinématographe en relief Louis Lumière, 298. •— Appareils radioélectriques contre la surdité, 567. — A propos de la photographie intégrale, 572.
- I-Iémardinquer (P.). —• La cinématographie ultrarapide, 11.— Le réseau de T. S. F. de la police parisienne, 31. — Les postes téléphoniques à amplification, 46. — Enregistrement des images radiodiffusées par des procédés électro-acoustiques, 90. — La photographie intégrale, 114. •— Le cinématographe intégral, 160. — Nouvelles applications du quartz piézo-électrique, 215. — Radiophonie pratique, 231. 000. — Les progrès de la radiovision en France, 486.
- Hesse (Jean). — Le foyer Stouff, 20. — Chauffage central des immeubles sous vide, 260.
- Houlbert (C.). — Nos belles pommes de France, 504.
- Hugues (Albert). — Le circaète Jean-le-blanc et le retour au nid, 316.
- Jeanton (G.). — Le costume bressan, 318.
- Joleaud (L.). — Paléoethnologie du Sahara tripolitain, 8. — Le mouflon à manchettes du Maroc à l’Égypte, 241.
- K. (J.-P.). •— Les aménagements de la Normandie et la protection contre le feu, 91.
- Kazeeff (W. N.). •— La lutte contre la fièvre jaune, 23. — Le venin de cobra contre le cancer, 62. — Le kala-azar, 407. — La longévité humaine, 497.
- Kopaczewski (Dr W.). •— Action des anions sur les ferments, 245.
- Kuentz (L.). — Les dragées de Verdun, 220. •—• L’escargot aliment et médicament, 514.
- L. (G.). •— Protection des voies ferrées contre les chutes de rochers, 223.
- L. (M.). — Les miroirs d’aluminium en astronomie, 226.
- Lacaine (Jean). — L’avion à surface variable Gérin, 58. — Carénage de locomotives, 543.
- Laffitte (Léon). — Découverte d’or dans les terres des jardins de Paris en 1778, 465.
- Lanorville (G.). — L’office national industriel de l’azote à Toulouse, 152. •— Le zinc électrolytique, 196.
- Larue (Pierre). — Les cultures et la réaction ionique du sol, 212.
- Lecoq (Raoul et Maurice). — L’aménagement du jardin, 273.
- Legendre (R.). — Les nouvelles conceptions des sucres et de la cellulose, 396.
- Leroi-Gouriian (André). — Le kayak et le harpon des Eskimos, 510.
- Long (Louis). — Le relief du sol en Perse, 556.
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- Mauclère (Jean). — Chez les pêcheurs du Kurisches Haff, 97.
- Mémery (Henri). — Les retours du froid au printemps, 566.
- Merle (René). — Un poisson rarissime : Anotopterus pharao, 203. — L’anchois et l’assèchement du Zuyderzée, 317.
- Normand (Jacques). •— Le film parlant d’amateur est-il actuellement possible ? 135.
- Noter (R. de). — La poire de terre Cochet, 524. — La tomate en arbre, 569.
- P. (L.). — L’emploi des disjoncteurs en éclairage domestique, 182. — Projets de la radiodiffusion française, 185.
- Pasteur (Médecin-Colonel). — Lumière et vision, 264.
- Paulme (Denise). •— Récades du Dahomey au musée du Trocadéro, 28.
- Pellat (A.-F.). — L’aluminium isolant, 267.
- Perrault (R.). — Les nouveaux gisements de nickel de l’Oural, 555.
- Perrier (D1 André). — Fascination d’un oiseau par une vipère, 321.
- R. (G.). — Pourquoi le colchique d’automne fleurit-il parfois au printemps ? 372. — Trypanosomes des petits Mammifères d’Europe, 375. — Formation et réserves du copal, 475. — La culture du café au Congo belge, 509.
- Reboussin (Roger). — L’invasion des becs-croisés de 1930, 127.
- Remacle (G.). — Soie de papillons du Congo belge, 30. — Le parc national Albert, 121. — Une œuvre humanitaire au Congo belge, 243. — Les oiseaux briseurs de coquilles, 321.
- Reverchon (Léopold). — Le cent-cinquantenaire de Pierre Le Roy, 361.
- Richet (Charles). — Les causes finales et la biologie, 342.
- Rigotard (Laurent). — Les noix en France, 378.
- Roger (Em.). — Le mois météorologique à Paris, 85, 179, 278, 372, 466, 565. — Les mois de mai très froids, 567.
- Rolet (Antonin). — A propos du mirage, 33.
- Roux-Baudrand. — Un petit avion à toutes fins utiles, 429. Rudaux (Lucien). — Les apparitions d’étoiles temporaires, 99. — Comment nous voyons la planète Mars, 481.
- S. (P.). — Nouvelle locomotive aérodynamique, 415.
- Saladin (Raymond). — L’autogire, 400.
- Sauvaire-Jourdan (Comm1). — La stabilisation automatique des navires, 45. — État en 1934 des principales marines de guerre, 49. — La flotte coloniale de la France, 193. — Quelques objections aux îles flottantes pour avions, 572.
- Schunck de Goldfiem (Jean). — La cruelle aristoloche, 554. Soyer (H.). — Le raffinage au phénol, 131.
- Sternfeld (Ary J.). — Signalisation interplanétaire, 1.
- T. (A.). — Nouveau type de bagues et coussinets autolubrifiants, 475. Touchet (Em.). — Bulletin astronomique, 35, 132, 228, 322,419,
- 515. — A propos de la chute des météorites, 150.
- Unienville (N. M. d’). — L’influence de l’ultraviolet sur les insectes,
- 112.
- Verdier (Georges). — Méthodes nouvelles d’étude des rayons cosmiques, 296.
- Weiss (E.). — L’hélicoptère Œhmichen, 499.
- Zagdoun (Félix). — L’évacuation des eaux usées dans les villes, 168.
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- TABLE DES MATIERES
- I. — ACADÉMIE DES SCIENCES
- Résumé des communications (L. Bertrand)... 467, 571
- II. — MATHÉMATIQUES ET ASTRONOMIE
- Signalisation interplanétaire (A. J. Sternfeld)............... 1
- Découverte d’une étoile nouvelle......................28, 90
- Le bloc de verre le plus grand et la lunette la plus puissante du
- monde (A. Gradenwitz)..................................... 65
- Les apparitions d’étoiles temporaires (L. Rudaux).......... 99
- Nouvelle méthode d’observation de la couronne solaire (A. Gradenwitz) ..................................................195
- Les miroirs d’aluminium en astronomie (M. L.)................226
- Une nouvelle comète..........................................284
- Comment nous voyons la planète Mars (L. Rudaux)............481
- Victor Hugo et l’astronomie (V. Brandicourt).................561
- Récréations mathématiques (V. Brandicourt)............ 225, 513
- Bulletin astronomique (E. Touchet), 35, 132, 228, 322, 419, 515
- IU. — SCIENCES PHYSIQUES I. Physique.
- Films d’acétocellulose indéformables par l’eau.................. 30
- L’évolution des microscopes (A. B.).............................173
- Production de neutrons par irradiation du glucinium.............185
- L’inertie de l’énergie (A. Boutaric)............................205
- Nouvelles applications du quartz piézo-électrique (P. Hémar-
- dinquer)........................................................215
- Lumière et vision (Dr Pasteur).....................................264
- Le microscope à électrons (A. Boutaric).........................450
- Films gras mono- et bimoléculaires.................................467
- Phénomènes électriques dans les gels...............................467
- Lampe à vapeur de mercure à pression très élevée (A. Gradenwitz)......................................................... 502
- Théories de la corrosion des métaux (N. Goldovski).................540
- Nouvelle expérience d’électrolyse..................................571
- Les rayons de décharge de l’aigrette électrique....................571
- 2. Chimie.
- *
- Nouvelle technique de l’industrie sucrière : le procédé Teatini
- (P. Baud)................................................. 69
- Le raffinage au phénol (H. Soyer)............................131
- L’office national industriel de l’azote à Toulouse (G. Lanorville) 152
- Production de l’or dans le monde................................186
- Le zinc électrolytique (G. Lanorville)..........................196
- Action des anions sur les ferments (Dr W. Kopaczewski) . . 245
- L’aluminium isolant (A.-F. Pellat)..............................267
- Alliages d’argent internissables................................284
- La soie artificielle s’appellera désormais rayonne..............332
- Les nouvelles conceptions des sucres et de la cellulose (R. Legendre)......................................................396
- L’hydrogénation du charbon (C. Berthelot).......................438
- Découverte d’or dans les terres des jardins de Paris en 1778
- (L. Laffitte)................................................465
- Dissociation des solutions d’urée............................. 468
- Propriétés électriques des organomagnésiens.....................468
- Vitesse d’autoxydation des hydrates.............................571
- Le zinc pur.....................................................571
- IV. — SCIENCES NATURELLES I. Géologie. — Physique du Globe.
- A propos du mirage (A. Rolet).............................. 33
- Procédé de prospection géophysique : la méthode thermique 53 Genèse et évolution des bassins houillers (C. Berthelot) ... 75
- Un nouveau volcan............................................. 87
- A propos de la chute des météorites (E. Touchet)...........150
- Méthodes nouvelles d’étude des rayons cosmiques (G. Verdier) 296
- Le pétrole va-t-il bientôt manquer. ?.........................428
- Sources thermales d’Aix-les-Bains.............................467
- Effets des météorites (R.-M. Gattefossé)......................474
- Gisements de nickel de l’Oural (R. Perrault)...............555
- Variations magnétiques en Chine...............................571
- 2. Météorologie.
- Matériel pour prises d’air en haute atmosphère..............467
- Les retours du froid au printemps (H. Mémery)...............566
- Les mois de mai très froids (E. Roger)......................567
- Le mois météorologique à Paris (E. Roger), 85, 179, 278, 372,
- 466, 565
- 3. Zoologie. — Physiologie.
- Les industries laitières au Danemark (C. de Caters)............ 16
- Soie de papillons du Congo belge (G. Remacle).................. 30
- Une écrevisse américaine aux portes de Paris (M. André). . . 56
- L’influence de l’ultraviolet sur les insectes (N.-M. d’Unienville) 112 L’invasion des becs-croisés de 1930 (R. Reboussin) .... 127
- Eau lourde dans le corps humain. . ............................186
- Un poisson rarissime : Anoloplcrus pharao (R. Merle) .... 203
- Réactions paradoxales en biologie (Dr H. Bordier)..............213
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- Le mouflon à manchettes du Maroc à l’Égypte (L. Joleaud) Le circaète Jean-le-blanc et le retour au nid (A. Hugues) . . .
- L’anchois et l’assèchement du Zuyderzée (R. Merle)............
- Fascination d’un oiseau par une vipère (Dr A. Perrier) . . .
- Les oiseaux briseurs de coquilles (G. Remacle)................
- Les causes finales et la biologie (Charles Richet)............
- Trypanosomes des petits Mammifères d’Europe (G. R.)- • • •
- Les oiseaux de l’île Clipperton (A. Feuillée-Billot)..........
- L’escargot aliment et médicament (L. Kuentz)..................
- Une invasion d’acariens à La Baule (M. André).................
- Rayonnement produit par l’excitation nerveuse.................
- 241
- 316
- 317 321 321 342 375 462 514 542 571
- 4. Botanique. — Agriculture.
- Les cultures et la réaction ionique du sol (P. Larue)........212
- L’aménagement du jardin (R. et M. Lecoq).....................273
- La régénération des arbres fruitiers par la nutrition artificielle
- (I-I. Blin)..................................................304
- Pourquoi le colchique d’automne fleurit-il parfois au printemps ?
- (G. R.)..............................‘....................372
- Les noix en France (L. Rigolard).............................378
- Grandeur et déchéance de la botanique...........................417
- L’électrogermination (A. Gradenwitz)............................462
- Formation et réserves du copal (G. R.).......................475
- Nos belles pommes de France (C. Houlbert)....................504
- La culture du café au Congo belge (G. R.)....................509
- La poire de terre Cochet (R. de Noter).......................524
- La cruelle aristoloche (J. Schunck de Goldfiem)..............554
- La tomate en arbre (R. de Noter)................................569
- V. - GÉOGRAPHIE. — ETHNOGRAPHIE ARCHÉOLOGIE
- Paléoethnologie du Sahara tripolitain (L. Joleaud)........... 8
- Récades du Dahomey au musée du Trocadéro (D. Paulme). . 28
- La découverte de l’Australie................................. 45
- Les îles monastiques du lac Tana (H. Dehérain)............... 73
- Chez les pêcheurs du Kurisehes Haff (J. Mauclère)............ 97
- Le parc national Albert (G. Remacle).........................121
- Flâneries archéologiques en Libye (de Lyée de Belleau) . . 145
- Rites païens dans une exploitation minière (V. Forbin). . . . 222
- Le costume bressan (G. Jeanton)..............................318
- Une reconstitution de Rome sous Constantin (C. de Caters) 337
- Le musée de la mer de Biarritz (E. Fischer-Piette)...........359
- Chez les indigènes d’Angola (C. de Caters)...................444
- Le kayak et le harpon des Eskimos (A. Leroi-Gourhan). . . 510
- Quelques coutumes populaires (A. Glory)......................529
- Le relief du sol en Perse (L. Long)..........................556
- VI. — HYGIÈNE. — MÉDECINE
- La lutte contre la fièvre jaune (W. N. Kazeeff)............ 23
- Le venin de cobra contre le cancer (W. N. Kazeeff)......... 62
- L’évacuation des eaux usées dans les villes (F. Zagdoun). . . 168
- A propos du tabac dénicotinisé.............................181
- Une œuvre humanitaire au Congo belge (G. Remacle) .... 243
- Conservation de la viande par l’acide carbonique...........379
- Le Kala-azar (W. N. Kazeeff)...............................403
- Valeur anesthésique des sels de cocaïne....................468
- La longévité humaine (W. N. Kazeeff).......................497
- Abri pneumatique................................................
- VII. — SCIENCES APPLIQUÉES
- I. Mécanique. — Industrie. — Outillage.
- Le foyer Stouff (J. Hesse)................................... 20
- Les dragées de Verdun (L. Kuentz)............................220
- Chauffage central des immeubles sous vide (J. Hesse) .... 260
- Excavateur de sous-sol (A. Gradenwitz).......................271
- Le cent-cinquantenaire de Pierre Le Roy (L. Reverchon) . . 361
- Super-rotatives à journaux modernes (G. Degaast).............454
- Régime de combustion dans les moteurs Diesel.................468
- Nouveau type de bagues et coussinets autolubrifiants (A. T.) 475
- La médaille Ressemer au professeur Portevin..................524
- 2. Photographie.
- La cinématographie ultra-rapide (P. Hémardinquer)............ 11
- Photographie stéréoscopique des plantes dans la nature (R. Bros-
- sard)...................................................... 85
- La photographie intégrale (P. Hémardinquer)...........114, 572
- Le film parlant d’amateur est-il actuellement possible ?
- (J. Normand)...............................................135
- Le cinématographe intégral (P. Hémardinquer).................160
- Le cinématographe en relief Louis Lumière (P. H.)............298
- Photographie ultra-rapide par étincelles (C. de Caters) .... 550
- Influence de l’eau sur la sensibilité des plaques photographiques .................................................. . 571
- 3. Électricité.
- Réseau de T. S. F. de la police parisienne (P. Hémardinquer). 31
- Détecteur à cellule au sélénium (P. H.)................... . . 86
- Enregistrement des images radiodiffusées par des procédés électro-acoustiques (P. Hémardinquer) . ......................... 90
- L’orchestre électrique du Sacré-Cœur de Montmartre (A. Glory) 123 L’emploi des disjoncteurs en éclairage domestique (L. P.) . . 182
- Projets de la radiodiffusion française (L. P.)................ 185
- Distribution par « dispatcher » de l’électricité (J. Boyer) . . . 207
- La maison de la radio française (M. Adam).......................309
- L'antenne antifading du poste de radiodiffusion de Munich
- (A. G.)......................................................331
- Radioscopie cinématographique...................................468
- Développement des relations téléphoniques internationales . . 474
- Les progrès de la radiovision en France (P. Hémardinquer) . 486
- Berlin inaugure un service de télévision (A. Gradenwitz). . . 525
- Appareils radioélectriques contre la surdité (P. II.)...........567
- Lampes à krypton-xénon..........................................571
- Radiophonie pratique (P. Hémardinquer) :
- Antennes anti-parasites....................................231
- Poste à détection linéaire.................................232
- Poste de réception pour auto...............................232
- Convertisseur à ondes courtes..............................23g
- Bobinages à fer dans leo récepteurs........................470
- Réglage intégral unique....................................471
- Postes américains de qualité...............................518
- Appareil de mesure et de dépannage.........................520
- Haut-parleur électrodynamique .............................521
- 4. Travaux publics. — Art de l’ingénieur.
- Embarquement des phosphates à l’île Nauru (J. Boyer) . . . 141
- Le port de La Rochelle (M. Debesse).....................25'6
- Sondage le plus profond....................................284
- L’achèvement du pont du Zambèze (C. C.).................,331
- L’emploi de l’acide carbonique solidifié dans la construction
- mécanique.............................................. .378
- p.584 - vue 610/612
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- L’industrie pétrolière française (V. Forbin) ..............385
- Le grand barrage de Boulder (G. Calmette)..................456
- Étude systématique des débits des cours d’eau..............571
- 5. Transports.
- La locomotive à vapeur (P. Devaux)..........................102
- Contre le gel des radiateurs d’auto.........................180
- Protection des voies ferrées contre les chutes de rochers (G. L.) 223
- L’automatisme dans l’automobile (P. Devaux).................306
- L’électricité dans l’automobile moderne (P. Devaux) . 325, 373
- Le « direttissima » Bologne-Florence et le tunnel de l’Apennin
- (P. D.).....................................................378
- Camions à gazogènes et à gaz (C. Bertiielot)...................407
- Nouvelle locomotive aérodynamique (P. S.)......................415
- Les automobiles en France (A. B.)..............................472
- Carénage de locomotives (J. Lucaine)...........................543
- Automobile pratique (L. Picard) :
- Sécurité et nouveaux modèles............................... 38
- Direction à gauche......................................... 39
- Aérodynamisme.............................................. 39
- Starter automatique........................................ 40 _
- Contact automatique........................................ 41
- Avertisseur original....................................... 42
- Essai des bougies.......................................... 42
- Allumage à induction.......................................278
- Motocyclette : développement...............................280
- Piston thermostatique......................................280
- Niveau d’huile pour lecture à distance.....................281
- Suspension élastique pour bicyclette . ....................281
- Enjoliveur pratique........................................282
- Nettoyage facile d’une voiture.............................282
- Givre sur les glaces.......................................282
- Aérodynamisme et confort...................................422
- Entretien et dépannage des allumages à induction .... 422_
- Démarrage : perfectionnement...............................423
- Centralisation des organes de commande.....................425
- Poignées de portes : protection............................426
- Presse-glace...............................................426
- 6. Aviation et Aéronautique.
- Le pilote automatique allemand au Bourget (L. Constantin) . 44
- L’avion à surface variable Gérin (J. Lacaine).................. 58
- Record de vitesse des avions terrestres........................141
- Les progrès techniques des avions commerciaux (J. Desgranges) 249 Les avions-canons modifieraient-ils la tactique de la chasse ?
- (J. Desgranges).............................................284
- Le pilotage automatique des avions (A. Gradenwitz) .... 312
- Les îles flottantes (P. Devaux)................................348
- Le soixantième anniversaire de la catastrophe du ballon Le Zénith
- (J. Boyer)..................................................369
- L’autogire (R. Saladin)........................................400
- Petit avion à toutes fins utiles (Roux-Baudrand)...............429
- La soufflerie aérodynamique de Clialais-Meudon (A. Glory). . 433
- L’hélicoptère Œhmichen (E. Weiss)..............................499
- Quelques objections aux îles flottantes pour avions (C1 Sauvaire-Jourdan).......................................................572
- 7. Guerre et Marine.
- La stabilisation automatique des navires (Comm1 Sauvaire-
- Jourdan)............................................ 45
- État en 1934, des principales marines de guerre (Comm1 Sau-vaire-Jourdan)......................................... 49
- ---------- "----585 =
- Les aménagements de la Normandie et la protection contre le
- feu (J. P.-K.).......................................... 91
- La flotte coloniale de la France (Comm1 Sauvaire-Jourdan) 193 La Normandie, le plus grand paquebot du monde (M. Debesse)
- 300,362, 545
- L’Angleterre construit un navire non magnétique...........474
- VIII. - HISTOIRE DES SCIENCES
- Nécrologie :
- De Sitter.................................................... 90
- Les prix Nobel en 1934 (J. Boyer)............................... 236
- Le tricentenaire du Muséum (J. Boyer).............................289
- Le Palais de la découverte à l’Exposition de 1937 (J. Boyer) . 428
- L’aventure du professeur Kapitza..................................572
- Les vieux savants quand ils étaient jeunes (H. Coupin). 129, 177
- IX. - VARIA
- Déchirures et déchiquetures de papier (Alber)....................... 34
- Théâtre de marionnettes (Alber)..................................418
- Prestidigitation (Alber) :
- Le coffre de cristal...........................................227
- Le décapité parlant............................................276
- X. — RENSEIGNEMENTS PRATIQUES I. Inventions et Nouveautés.
- Postes téléphoniques à amplification........................ 46
- Comparateurs colorimétriques................................ 47
- Louche « antigras »......................................... 47
- Lavage et séchage automatiques des mains.................... 92
- Abreuvoir automatique....................................... 93
- Filtres rapides « Neptune ».................................142
- Appareil électrique à air chaud.............................143
- Table pour projections......................................143
- Pompe aspirant à 35 m.......................................187
- Brûleur Flamout.............................................188
- Tablette humidiflcatrice pour radiateur.....................189
- Contrôle de la mort.........................................189
- Générateur électrique éolien................................237
- Bois : mesure électrique d’humidité.........................237
- Lampe de travail « Electra »................................238
- Supports d’appareils cinématographiques.....................286
- Exposemètre photographique..................................286
- Ceinture de sécurité........................................287
- Microscope binoculaire redresseur...........................333
- Protection contre le vol et l’incendie par le courant alternatif 333
- Fentes des parquets : bouchage..............................334
- Bouée électronique antitartre...............................380
- Miroir à inclinaisons variables.............................381
- Cendrier à pipes « Extincto »...............................381
- La pêche électrique........................................ 430
- Appareil photographique de poche à film.....................476
- Appareil photographique simple..............................476
- Vase à fleurs lumineux......................................476
- Lance-appât Mébi............................................477
- Relais photoélectrique à lumière modulée....................526
- Appareil photographique perfectionné........................526
- Siège-classeur universel....................................574
- p.585 - vue 611/612
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- ===== 586
- 2. Recettes et procédés utiles.
- Accus à liquide immobilisé.................................. 42
- Herbe aux femmes battues....................................139
- Gargarisme facile...........................................139
- Fruits : amélioration.......................................181
- Noix : rafraîchissement.....................................181
- Révélateur pour clichés sous-exposés........................181
- Chlore : dose stérilisant l’eau.............................227
- Métasilicate de soude détergent.............................421
- Formules de produits pour brunir............................468
- Mesure de la vitesse des obturateurs........................469
- Soudure de l’aluminium......................................469
- Taches de vin sur le marbre.................................517
- 3. Boîte aux Lettres.
- Or dans le Cantal.....................................'. 48
- Mines d’or................................................ 48
- Empoisonnement par les champignons........................ 94
- Hors-bords : ancêtre...................................... 94
- Superstitions médicales................................... 94
- Récepteur superhétérodyne : détérioration................. 94
- Camphre contre la calamine................................ 95
- Antigel pour radiateurs................................... 95
- Lampes monowatt et demi-watt..................... 144, 239
- Explosifs en agriculture..................................190
- Potion de Rivière.........................................190
- Récades du Dahomey........................................190
- Livres de T. S. F.........................................190
- Posemètre à cellule photoélectrique.......................190
- Machine à dicter : choix................................. 190
- Caoutchouc : conservation.................................288
- Autos : conduite à gauche........................ 288, 336
- Singerie du Muséum........................................335
- Biologie : réactions paradoxales..........................335
- Cellules photoélectriques à contact imparfait..............335
- Phonographe : perfectionnement de reproduction.............335
- Radiovision : réception....................................335
- T. S. F. : perfectionnement d’un récepteur.................336
- Publicité sur auto.........................................336
- Herbe aux femmes battues...................................382
- Postes radiophoniques coloniaux............................382
- Livres de montages radiophoniques..........................382
- Poste à galène.............................................382
- Vibrations d’une machine...................................383
- Fascination d’un oiseau par une vipère.....................431
- Oiseaux briseurs de coquilles..............................431
- Ampliücateur contre la surdité..................... 431, 575
- Adaptateur à ondes courtes ................................431
- Récepteur de télévision....................................432
- Auditorium d’enregistrement................................478
- Doublage de films..........................................478
- T. S. F. : nombre d’appareils vendus...................... 478
- T. S. F. : lutte contre les parasites................... • 478
- Acide carbonique pour conserver la viande..................527
- Fourmis : destruction. . . .’..............................527
- Phonographe : enregistrement direct........................528
- Antenne anti-parasites.....................................575
- Radiophonie en relief.............................. 575, 576
- Télémécanique et stroboscopie..............................575
- Infra-rouge : cellules.....................................576
- 4. Bibliographie.
- Livres nouveaux : 43, 88, 140, 184, 235, 283, 329, 376, 427, 473,
- 523, 570
- 5. Documents photographiques.
- Pages d’actualités........................... 96, 480
- Le Gérard : G. Masson, Imprimerie Laiïure, rue de Fleurus, 9, à Paris. ^ 1935. — Published in France.
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