La Nature
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- LA NATURE
- REVUE DES SCIENCES
- ET DE LEURS APPLICATIONS A L’ART ET A L’INDUSTRIE
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- LA NATURE
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- ETE® J&E/œ,¥
- SOIXANTE-QUATRIÈME ANNÉE
- 1936 — premier semestre
- MASSON ET Cie, ÉDITEURS
- LIBRAIRES DE L'ACADÉMIE DE MÉDECINE
- PARIS* J 20* BOULEVARD SAINT-GERMAIN
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- SUPPLÉMENT AU N” 2979 (15 JUIN 1936).
- Le Gérant : G. Masson. — Imprimerie Lahure, rue de Fleurus, 9, à Paris. — Published in France.
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- N° 2968
- Ier Janvier 1936,
- LA NATURE
- = LA TÉLÉVISION
- PREMIÈRES RÉALISATIONS DU RÉSEAU D’ÉTAT FRANÇAIS
- Le 18 novembre 1935 restera une date importante dans l’histoire de la télévision. A cette date ont été inaugurés à Paris le premier poste, émetteur d’Etat à haute définition et le studio correspondant.
- Nous avons déjà indiqué (n° 2954) les caractéristiques des systèmes de télévision à haute définition permettant d’obtenir des images suffisamment nettes et détaillées, grâce à la transmission d’un nombre d’éléments qui dépasse normalement plusieurs dizaines de mille par image. Nous avons également montré quelles sont les difficultés immenses des transmissions et des réceptions des images qui tiennent à l’analyse, à l’émission, à l’intégration, à la réception et la transmission par ondes hertziennes entre le poste émetteur et les récepteurs.
- Pour tenter de résoudre ces difficultés, on utilise désormais des caméras d’émission perfectionnées, électromécaniques ou électroniques, des studios de télécinématographie ou de télévision directe établis sur des bases nouvelles, et enfin, des récepteurs comportant généralement un oscillographe cathodique, surtout lorsqu’il s’agit de réception d’amateur.
- Pour des raisons d’exploitation, il est impossible d’avoir recours à des ondes moyennes ou courtes, de longueur supérieure à 10 m; on ne dispose que d’ondes très courtes de l’ordre de 7 à 8 m.
- LES PREMIERS ESSAIS DE TÉLÉVISION D’ÉTAT
- Au début de 1935, des essais de télévision à haute définition avaient commencé à l’étranger, en particulier en Angleterre et en Allemagne. Nous avons signalé récemment dans la revue (n° 2961) les travaux de M.von Ardenne en Allemagne et ceux de M. J. L. Baird en Angleterre. En France, des recherches et des mises au point étaient poursuivies dans certains laboratoires privés.
- M. G. Mandel, Ministre des P. T. T., décida l’organisation d’émissions expérimentales au poste des P. T. T. ; les premiers essais officiels eurent lieu le 27 avril 1935,
- dans un studio et par un poste émetteur spécialement aménagés. Jusque-là, les rares expériences de télévision avaient été faites à faible définition, avec une analyse à 30 lignes seulement, et une cadence de 16 images 2/3 à la seconde, exploration horizontale et images standard. Les transmissions étaient effectuées sur la longueur d’onde du poste radiophonique des P. T. T., soit 431,7 m. En raison de ces caractéristiques, elles étaient très faciles
- à recevoir même par des postes de T. S. F. ordinaires, mais les images étaient très grossières.
- Les émissions • dites à moyenne définition, qui commencèrent en avril 1935, étaient effectuées sur 60 lignes avec une cadence de transmission de 25 images par seconde, et sur une longueur d’onde de 180 m. Elles avaient lieu tous les jours, dans l’après-midi et quelquefois le soir; on n’y voyait de personnages que deux fois par semaine.
- La longueur de 180 m rendait possibles des réceptions régulières à des distances relativement grandes, supérieures à 100 km; par contre les récepteurs peu sélectifs utilisés en radiovision n’évitaient pas les brouillages. D’autre part, sur les images à 60 lignes, les détails laissent encore beaucoup à désirer lorsqu’il ne s’agit pas de premiers plans.
- Malgré tout, peut-être continuera-t-on dans l’avenir des transmissions de ce genre pour les grandes distances. Afin d’éviter les brouillages, il faudra seulement choisir au mieux la longueur d’onde, supprimer les émissions radiophoniques de fréquence trop voisine, et augmenter la puissance du poste.
- LES POSTES A HAUTE DÉFINITION DE LA. TOUR EIFFEL
- Bientôt le ministre des P. T. T. décida la création d’un poste à grande puissance, à haute définition et à ondes très courtes, muni d’un studio perfectionné. En quelques mois, se trouva ainsi réalisée une installation égale aux organisations étrangères.
- Fig. 1. — Le studio du poste émetteur de télévision des P. T. T., rue de Grenelle.
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- Fig. 2. — Le poste émetteur de télévision.
- A droite, la caméra et le poste récepteur de contrôle.
- Le poste émetteur, inauguré le 18 novembre dernier, émet sur une longueur d’onde de 8 m, avec une puissance de 2,5 kw. Au mois d’avril prochain, sa puissance sera portée à 20 kw; il est installé dans le pilier nord de la Tour Eiffel et fonctionne avec des lampes émettrices alimentées sous une tension de 6000 v par des redresseurs. Le courant alternatif, d’une longueur d’onde de 7 m, c’est-à-dire d’une fréquence de 42 900 kilocycles, est transmis à une antenne située au sommet de la Tour. Le rayon de réception régulière est de l’ordre de 20 km; il atteindra 50 à 60 km quand le poste de 20 kw fonctionnera.
- La transmission du courant haute fréquence jusqu’au sommet de la Tour par un câble de liaison d’une longueur d’environ 330 m a posé un problème difficile. On utilise un « feeder » à circuit concentrique constitué par un tube rigide en cuivre d’environ 10 cm de diamètre. Au centre de ce tube de cuivre, se trouve un deuxième tube, également en cuivre d’un diamètre de 1 cm; ce deuxième tube est isolé du premier tous les mètres par un isolateur.
- Fig. 3. — L'émetteur du poste de télévision du pilier nord de la Tour Eiffel.
- Le feeder monte jusqu’au deuxième étage de la tour par la cage d’un des ascenseurs, puis longe un escalier. Au sommet, il est réuni à l’antenne par l’intermédiaire d’un transformateur. L’antenne est constituée par 4 fils de 7 m placés deux à deux symétriquement par rapport à la Tour et dans deux plans rectangulaires.
- Le studio d’émission est situé au Ministère des P. T. T. rue de Grenelle, à une distance de 2,5 km de la Tour. Le courant électrique amplifié provenant de la caméra de télévision est transmis par fil au poste émetteur. Cette transmission est obtenue par un câble de modulation, composé de nombreux fils de cuivre. Une série de fils de cuivre réunis entre eux et placés au centre du câble constitue un des conducteurs; le deuxième conducteur est formé par d’autres fils de cuivre réunis entre eux également et réalisant une espèce 4e cylindre séparé du conducteur central par un isolant. La transmission de la modulation n’est pas directe, mais s’effectue suivant le procédé dit à courant porteur. La modulation est portée par une émission haute fréquence de 150 m de longueur d’onde, soit une fréquence de 2 millions de périodes-seconde.
- Rue de Grenelle, un oscillateur à lampe produit ce courant haute fréquence lui-même modulé par le courant amplifié provenant de la caméra de télévision. Au poste récepteur, à la Tour Efiffel, ce courant haute fréquence est détecté et amplifié de nouveau avant d’être transmis au poste émetteur.
- Par ce moyen on évite les déformations. Un récepteur de télévision cathodique de contrôle permet de juger des qualités de l’image à la sortie du câble de liaison et un autre récepteur combiné avec un appareil radioélectrique permet de s’assurer de la qualité des émissions transmises par ondes hertziennes.
- LE STUDIO DES P. T. T. A HAUTE DÉFINITION
- Un studio de conception entièrement nouvelle a été réalisé au Poste des P. T. T. pour ces émissions à haute définition. Il a été étudié pour permettre la télévision directe et les transmissions télécinématographiques, qui seront organisées par la suite.
- La caméra de transmission à 180 lignes par image à la cadence de 25 images par seconde est du type électromécanique. Elle comporte un système d’analyse avec disque à double spirale de 90 trous chacune. La caméra est placée dans une salle voisine du studio; elle est séparée de ce dernier par une grande glace qui joue le rôle d’isolateur phonique, puisque les émissions de télévision seront sonores. Dans la salle de la caméra se trouvent les appareils amplificateurs, les récepteurs de télévision de contrôle ainsi que les tableaux d’allumage des projecteurs et de démarrage des différents moteurs.
- La caméra est à fonctionnement direct, c’est-à-dire que l’image du sujet à téléviser produite par l’intermédiaire d’un objectif à très grande ouverture vient se former sur le disque analyseur. Le faisceau lumineux d’exploration agit sur une cellule photoélectrique sensible.
- Etant donné le nombre relativement grand de lignes d’analyse, il devient nécessaire, malgré la sensibilité de la cellule à vide employée, de réaliser un éclairage très
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- intense de la scène. Cet éclairage comprend 6 projecteurs de 5 kw chacun, dont deux sont affectés à l’éclairage de premier plan et quatre à l’éclairage de second plan. Un pont roulant supportant deux projecteurs de î kw permet en outre d’éclairer les artistes, quel que soit leur éloignement de la caméra de prises de vues, jusqu’à une profondeur de 9 m. Des projecteurs au sol, enfin, permettent, de plus, l’éclairage par le bas. La puissance totale est de l’ordre de 48 kw.
- Cet éclairage intense ne va pas sans un fort échaufîe-ment, et la température à l’intérieur du studio deviendrait rapidement insupportable, supérieure même à 60° ! On a donc prévu un appareil réfrigérateur puissant
- Fig. 4. — Pose de l'anlenne de télévision au sommet de la Tour Eiffel.
- installé dans le sous-sol, qui abaisse la température à 25° au maximum.
- L’appareil réfrigérateur comprend une machine frigorifique agissant sur une circulation d’eau et une soufflerie envoyant un courant d’air frais dans la salle; ce courant d’air traverse un rideau d’eau en pluie. L’air conditionné est insufflé par des canalisations qui débouchent sur le plancher du studio par 8 bouches d’aération qu’on aperçoit sur la figure 1; quatre de ces bouches jalonnent la petite scène, les quatre autres la grande scène.
- LA RÉCEPTION DES ÉMISSIONS
- L’idée de M. Mandel est de permettre la réception des émissions de télévision à domicile par les sans-filistes dans l’avenir le plus proche. C’est pourquoi, la finesse d’analyse est encore relativement faible, de façon que, tout en assurant une qualité d’images satisfaisante, elle ne crée pas trop de difficultés à la réception, au moins en ce qui concerne les amplificateurs.
- Le récepteur de télévision sera indépendant du récepteur radiophonique normal. Ce dernier recevra les sons accompagnant les images. La musique ou les paroles seront transmises par les postes de Radio-Paris, des P. T. T. ou de la Tour Eiffel sur leurs longueurs d’onde normales.
- Les récepteurs de télévision comporteront tous des oscillographes cathodiques. La synchronisation de ligne
- sera obtenue par un « top » court à la fin de chaque ligne, et la synchronisation d’image par la suppression du « top » de l’avant-dernière ligne. Le sens du signal de synchronisation est inverse du sens des signaux brillants de l’image, et le « top » de la dernière ligne est notablement supérieur à l’amplitude des « tops » des autres lignes. La durée de ces « tops » de synchronisation est, d’ailleurs, de 1 à 2/100 de la durée de transmission.
- Pour simplifier, il sera, d’ailleurs, possible de synchroniser l’image par le courant d’un secteur interconnecté à celui du poste émetteur, ce qui sera souvent le cas dans les conditions actuelles des émissions. L’analyse est effectuée horizontalement, et l’image est à peu près carrée.
- Elle mesure 21 cm de largeur et 18 cm de hau- Leur dans les modèles actuels. Ces dimensions sont encore restreintes, mais l’expérience montre qu’elles sont suffisantes pour assurer une vision agréable d’une image à plusieurs personnages
- Fig. 5. —• L’antenne de télévision au sommet de la Tour Eiffel.
- D’ici peu, plusieurs constructeurs français offriront au public des récepteurs de télévision cathodique complets, de fonctionnement pratique. Le prix de ces récepteurs, construits au début en nombre relativement restreint, sera beaucoup plus élevé que celui des récepteurs radiophoniques. On peut espérer qu’il diminuera, à mesure que se multiplieront les amateurs de télévision.
- En attendant, le ministre des P. T. T. a voulu que le grand public se rende compte directement, et non plus par ouï-dire, des possibilités et de l’intérêt de la télé\ision. Il a pris l’initiative d’installer prochainement dans les mairies, les expositions, les centres d’organisations touristiques, d’autres endroits publics, des récepteurs cathodiques. L’intérêt que leur portera le public encouragera les efforts de l’administration et les recherches des constructeurs. P. Hémardinquer.
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- UN PROGRES IMPORTANT DANS L’INDUSTRIE
- DE L’ALUMINE
- LES PROCÉDÉS SÉAILLES
- Les procédés dont M. Séailles vient d’achever la mise au point avec l’aide de l’Office national des Recherches et Inventions apportent une véritable révolution dans l’industrie de l’alumine, non seulement parce qu’ils améliorent les prix de revient dans une proportion
- Dans cette technique, le minerai de bauxite, préalablement broyé, est attaqué par la soude dans des autoclaves à haute pression munis d’agitateurs. L’alumine se dissout et donne un aluminate de soude riche en alumine tandis que la silice forme un silico-aluminate de soude insoluble.
- La liqueur d’aluminate riche, séparée des boues résiduaires volumineuses par filtration (avec ou sans décantation préalable) est envoyée dans de grandes cuves munies d’agitateurs où elle est diluée par addition d’eau. La cristallisation, amorcée par les cristaux d’alumine d’une opération précédente, se poursuit automatiquement, mais très lentement, et l’on obtient un précipité grenu d’alumine hydratée APO’ 3 H20 qui est ensuite calcinée s’il y a lieu.
- La liqueur d’aluminate de soude, diluée et appauvrie en alumine par la cristallisation, est envoyée avec les eaux de lavage dans des évaporateurs appropriés qui reconstituent la liqueur d’attaque initiale en la reconcentrant en vue d’une nouvelle opération. Accessoirement on recaustifie par la chaux la soude qui s’est carbona-tée au cours du travail.
- Malheureusement ce cycle (voir schéma ûg. 1) présente de nombreux inconvénients. La silice consomme de la soude en formant le silico-aluminate, ce qui oblige à n’utiliser que des bauxites triées et relativement coûteuses, alors qu’il existe des quantités énormes de bauxites siliceuses actuellement sans emploi et sans valeur (1).
- Les autoclaves et la nécessité de diluer et de reconcentrer par évaporation les lessives d’aluminate entraînent une consommation très importante de vapeur et par conséquent de combustible.
- L’appareillage représente des volumes
- Fig. 1. —• Schéma du procédé Bayer pour la fabrication de l’alumine à partir de la bauxite.
- On consomme par tonne d’alumine 60 à 70 kg de soude, 2000 kg de bauxite peu siliceuse et 1250 kg de combustible.
- extrêmement importante, mais encore parce qu’ils permettent d’obtenir directement, par voie humide, une alumine anhydre douée de propriétés extrêmement intéressantes et toute une série de nouveaux produits alumineux de valeur.
- Jusqu’à présent le procédé le plus généralement employé pour la fabrication de l’alumine était le procédé Bayer (1).
- 1. Le procédé Sainte-Claire-Deville par frittage d'un mélange de carbonate de soude et de bauxite est encore employé en Allemagne, grâce à l’utilisation du résidu d’extraction comme masse épurante. Le procédé Haglund (par l’attaque de la bauxite par le sulfure de fer au four électrique et décomposition par l’eau du sulfure d’aluminium
- formé) ne paraît pas avoir donné un prix de revient suffisamment bas dans l’usine de la Société Italiana Allumina.
- Les procédés à l’aluminate de chaux (obtenu par fusion au four électrique) avec attaque ultérieure à la soude sont utilisés dans une usine norvégienne (procédés Pedersen) et seraient également employés en Russie. Il semble bien établi qu’aucun de ces procédés ne donne un prix de revient meilleur que le Bayer.
- 1. Les bauxites rouges pauvres en silice à 3 pour 100 SiO2 utilisées par le Bayer cotent de 50 à 60 fr la tonne. Les bauxites rouges plus siliceuses jusqu’à un maximum de 6 pour 100 SiO2 sont utilisées pour les ciments alumineux du genre ciment fondu et cotent 30 fr la tonne. Les bauxites rouges à plus de 6 pour 100 SiO2 n’ont pratiquement aucun débouché, le fer qu’elles contiennent ne permettant de les utiliser ni à la fabrication des abrasifs ni à celle des réfractaires qui emploient les bauxites blanches.
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- considérables d’instruments coûteux puisqu’ils doivent résister à des pressions élevées et à des liqueurs caustiques.
- La récupération par lavage de la soude qui imprègne les boues caustiques volumineuses implique des volumes importants et des concentrations onéreuses.
- Les procédés Séailles évitent tous ces inconvénients et témoignent d’une grande originalité car le procédé consiste essentiellement à mettre en solution dans l’eau des produits réputés pratiquement insolubles, c’est-à-dire à tirer parti d’une solubilité très faible : moins de 2 gr au litre, pour extraire des tonnes de matière sans qu’il soit besoin d’autre chose que d’un appareillage simple et de volume relativement réduit.
- La fabrication comporte quatre opérations essentielles :
- 1° Fabrication d’un aluminate de chaux brut, par cuisson d’un mélange de bauxite et de calcaire;
- 2° Mise en solution de l’aluminate de chaux dans l’eau;
- 3° Précipitation de l’alumine et de la chaux par l’acide carbonique ;
- 4° Séparation de l’alumine et du carbonate de chaux pour obtenir l’alumine pure.
- Mais pour aboutir il a fallu trouver pour chacune de ces opérations des modalités opératoires simples et économiques et déployer une persévérance et une ingéniosité remarquables pour résoudre les problèmes qui se posaient.
- Ce résultat a été obtenu au cours de plusieurs années de travail et grâce au concours de l’Olïice national des Recherches scientifiques et industrielles et des Inventions qui a efficacement soutenu les efforts de l’inventeur en mettant à la disposition de Séailles les moyens de tous ordres centralisés dans les belles installations de Bellevue.
- A. - FABRICATION DE L’ALUMINATE DE CHAUX
- Les aluminates de chaux bruts ont, suivant leur composition et leur mode de cuisson, des propriétés et un prix de revient très variables.
- Jusqu’à présent on n’avait réussi à les obtenir d’une façon industrielle et pratique que par fusion ou par clinkérisation. Ces modes de préparation présentent des difficultés sérieuses qui se traduisent par un prix de revient relativement élevé parce que la fabrication consomme une quantité importante de combustible et donne un produit abrasif dont le broyage est très onéreux. M. Séailles a réussi à rendre pratique un procédé qui consiste à cuire l’aluminate à basse température sans fusion ni clinkérisation (1).
- 1. Le procédé de cuisson à basse température connu en théorie n’avait pas pu entrer dans la pratique industrielle en raison de l’irrégularité des propriétés des produits obtenus. C’est cette difficulté qu’a résolue l’inventeur après des centaines d’essais.
- La fabrication est obtenue dans des conditions telles que ;
- 1° La température de cuisson est inférieure à 1100° centigrades avec une consommation de charbon inférieure à 100 kg par tonne ;
- 2° La matière cuite, friable, se broie avec une extrême facilité et à peu de frais;
- 3° La solubilité dans l’eau est maxima ;
- 4° L’utilisation des bauxites siliceuses est sans aucun inconvénient.
- Le produit obtenu tel quel a des débouchés, car il constitue un ciment alumineux de valeur.
- L’aluminate de chaux brut, broyé, est traité par l’eau dans un appareil de dissolution qui consiste en une simple tour de décantation en béton.
- L’aluminate brut, préalablement floculé, est envoyé au sommet de la tour et sort à la base à l’état de boue épuisée, l’eau entre à la base et sort au sommet à l’état de solution pratiquement limpide et saturée.
- Ce résultat a pu être obtenu grâce à la découverte et à l’utilisation de la propriété que possèdent les aluminates de chaux bruts de former des précipités floculants dans des conditions appropriées d’agitation et de concentration.
- Calcaire
- Matières ] premières 1 Bauxite (siliceuse)
- Cuisson à basse tempe/ \(d50°àll00°i
- Alumim te brut
- Eau
- Acide
- dure
- Colonne depuis contir u par I
- carbonique
- 'ment
- eau
- Résidu d'extraction
- Eau Récipitatio,
- Précipité d'alumine et . carbonate de chaux,------,
- Séchage et pu! vêrisation
- Soude caustique
- Bicarbom tation Iraitem t par la soude
- (v. Fig3)
- Produits Fabriqués vendables
- Ciment alumineux à prise lente et
- durcissement
- rapide
- Matière épurante et
- pigment ferrugineux
- Produits isolants légers
- produits de
- charge catalyseurs Blanc satin pour
- papeterie Alumine hydratée
- 1 Alumine calcinée pure
- Carbonate de chaux pur
- Carbonate de chaux pur~
- Alumjne anhydre
- Fig. 2. — Schéma du procédé Séailles.
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- = 6 ==-..............— ---------—=...........——
- B. - MISE EN SOLUTION DE L’ALUMINATE DE CHAUX
- L’aluminate floculé forme en effet automatiquement, au sommet de la tour, un véritable filtre; d’autre part, la vitesse de chute de l’aluminate floculé est beaucoup plus grande que celle de l’aluminate broyé et ce fait a permis d’adopter une vitesse relativement élevée pour le passage de l’eau, ce qui réduit d’autant les volumes d’appareillage.
- A cette phase de la fabrication une autre difficulté se présentait qui a nécessité de longues recherches avant d’arriver à la solution très élégante qui a été finalement adoptée.
- Les solutions d’aluminate de chaux dans l’eau sont instables et il s’y produit des cristallisations spontanées qui correspondraient à une perte importante par formation d’alumine insoluble et d’aluminate de chaux hydraté également insoluble dans la solution d’aluminate anhydre qui lui donne naissance, la réaction s’écrit en effet :
- 3 Al2 O3 Ca O = Al2 O3 3 CaO, H2 O + 2 Al2 O5 3 H2 O
- en solution insoluble insoluble
- dans l’eau. dans l’eau mère. dans l’eau.
- Si elle se produisait, une partie du produit à extraire resterait inévitablement dans les boues.
- L’inventeur a heureusement trouvé qu’il existe aux environs de 28° centigrades une zone de stabilité permettant d’opérer en toute sécurité. Le phénomène est extrêmement curieux et d’autant plus remarquable qu’il est en apparence paradoxal. En effet, la vitesse des réactions chimiques croît en général rapidement avec la température, or ici la réaction rapide à 16° devient presque nulle à 29° pour s’accélérer à nouveau aux températures plus élevées.
- En réalité la solubilité de l’aluminate anhydre croît régulièrement avec la température, mais les aluminates hydratés qui se forment en dessous et au-dessus de 28/30° n’ont ni la même forme cristalline ni la même forme d’hydratation. Il en résulte que, entre 28 et 30°, les solutions quoique sursaturées ne cristallisent ni dans l’une ni dans l’autre forme, grâce à quoi la solution s’effectue sans difficulté et sans pertes! On opère de préférence à l’abri de l’acide carbonique parce que ce corps, en décomposant l’aluminate anhydre en solution, amorcerait la cristallisation des aluminates hydratés.
- C. — PRÉCIPITATION DE L’ALUMINATE DE CHAUX
- La solution limpide et stable provenant de la tour de dissolution est filtrée par mesure de sécurité et immédiatement traitée dans un appareil carbonateur par les gaz provenant du four à aluminate, préalablement dépoussiérés et lavés.
- On obtient un précipité d’alumine pure et de chaux pure dont on peut régler à volonté les propriétés physiques suivant les emplois auxquels il est destiné, en modifiant d’une façon convenable les conditions physicochimiques dans lesquelles la précipitation s’opère. Ce
- précipité a des propriétés extrêmement intéressantes à plusieurs points de vue.
- Chimiquement, il contient l’alumine à l'état anhydre au lieu de l’hydrate Al2 O3 H2 O habituel.
- Physiquement on peut régler la finesse du précipité depuis des grains de l’ordre du micron jusqu’à des précipités grenus et denses. Ces deux derniers points sont d’une extrême importance et c’est là un des résultats les plus intéressants des travaux de M. Séailles, aussi bien au point de vue scientifique qu’au point de vue pratique.
- Le précipité obtenu au cours de l’opération que nous venons de décrire est en lui-même et tel quel un produit industriel d’un grand intérêt.
- 11 se prête en effet, par des moyens simples, à l’obtention d’un isolant thermique minéral de premier ordre, dont la densité est inférieure à celle du liège.
- Il permet aussi d’obtenir un produit pulvérulent dont la densité apparente est de l’ordre de 0,055 non tassé et de 0,130 tassé, alors que le carbonate de chaux extra-léger donne 0,160 non tassé et 0,450 tassé, c’est-à-dire trois fois plus. Le carbonate de magnésie lui-même a une densité apparente plus élevée.
- Ces propriétés ouvrent à la nouvelle matière des débouchés très importants, notamment comme calorifuge et comme produit de charge (industrie du papier, du caoutchouc, des couleurs et vernis, etc., etc.).
- Le fait que, dans le précipité obtenu, l’alumine est à l’état anhydre, présente de son côté un grand intérêt.
- D’abord parce que c’est un produit qui n’existait pas jusqu’à présent sur le marché où l’on ne trouve que trois qualités commerciales :
- L’alumine hydratée,
- L’alumine calcinée,
- L’alumine cristallisée type corindon.
- Or l’alumine anhydre Séailles a des propriétés chimiques différentes de celles des autres alumines déshydratées : alors que celles-ci sont pratiquement inattaquables aux acides et aux alcalis, l’alumine Séailles est douée d’une réactivité remarquable aux agents chimiques, ce qui permet d’envisager sa substitution à l’alumine hydratée pour toutes les utilisations chimiques, avec un avantage considérable au point de vue des transports et de l’exportation, puisqu’une tonne d’alumine anhydre Séailles pourra remplacer 1539 kgs d’alumine hydratée.
- D. — ÉPURATION FINALE
- Etant donné que le précipité obtenu dans l’opération précédente n’est composé que d’alumine pure et de carbonate de chaux pur, l’épuration peut être obtenue en séparant d’une façon quelconque ces deux éléments.
- On peut naturellement envisager trois procédés :
- 1° Séparation physique par les moyens de séparation habituels ;
- 2° Séparation chimique par dissolution du carbonate de chaux;
- 3° Séparation chimique par dissolution de l’alumine.
- En réalité, suivant la pureté cherchée et les emplois auxquels est destinée l’alumine, on combine ces différents
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- moyens, la séparation physique n’étant généralement qu’une opération préparatoire destinée à donner un produit demi-brut en vue de l’épuration finale.
- Dans ce domaine les recherches de l’inventeur ont été particulièrement ardues pour arriver à déterminer les conditions à réunir pour obtenir que l’un des deux éléments : le carbonate de chaux, soit obtenu en cristaux d’un développement suffisant pour rendre la séparation pratique.
- L’épuration chimique par élimination du carbonate de chaux est obtenue en faisant passer le carbonate en solution à l’état de bicarbonate dans l’eau chargée d’acide carbonique. L’opération se fait sans difficulté en circuit fermé avec récupération de l’eau et de l’acide carbonique. Le précipité de carbonate de chaux pur obtenu au cours de la récupération de l’acide carbonique par dégazage des solutions est un produit de valeur ayant de larges débouchés.
- L’alumine obtenue est de l’alumine anhydre contenant moins de 1 pour 100 de carbonate de chaux résiduaire qui convient parfaitement telle quelle pour la plupart des utilisations chimiques et notamment pour le débouché très important que représente la fabrication du sulfate d’alumine. A ce point de vue on remarquera que le transport de Marseille à Paris d’une tonne d’alumine anhydre Séailles coûtera 130 fr de moins que le transport de la quantité équivalente d’alumine hydratée. Pour une matière dont la valeur commerciale ne dépasse pas 900 fr la tonne, la prime d’économie due à ce seul fait est donc de près de 15 pour 100 !
- L’épuration par séparation de l’alumine est obtenue en attaquant le précipité par la soude, le carbonate de chaux reste comme résidu et l’alumine est récupérée par les moyens habituels. On obtient aussi des alumines hydratées ou calcinées conformes aux normes commerciales actuelles mais encore un peu plus pures.
- En pratique, dans le cas où l’on dispose déjà d’une usine fonctionnant par le procédé Bayer, il y a intérêt à utiliser les installations existantes car dans ce cas on en améliore le cycle d’une façon considérable.
- En effet, l’alumine anhydre Séailles est facilement soluble à l’ébullition dans les solutions étendues de soude et comme d’autre part elle ne contient aucune autre impureté qu’un carbonate de chaux grenu et insoluble, on supprime en comparaison avec le Bayer ancien :
- 1° Toutes les pertes en soude dues à la silice;
- 2° Les autoclaves ;
- 3° Les dilutions et les reconcentrations des liqueurs;
- 4° Le lavage difficile des boues rouges;
- 5° L’obligation d’utiliser des bauxites triées et coûteuses.
- RÉSULTATS ÉCONOMIQUES
- En fait, les procédés Séailles suppriment les causes essentielles de la cherté de l’alumine; ces causes sont les suivantes :
- A) Utilisation de bauxites de qualité spéciale relativement très coûteuses puisque leur valeur est au moins deux fois plus grande que celle des bauxites qui conviennent au procédé Séailles;
- B) Disparition des pertes en soude dues à la formation du silico-aluminate de soude; en effet, ces pertes sont
- importantes même en employant des bauxites coûteuses, pauvres en silice;
- C) Suppression de la perte en soude dans les boues rouges ;
- D) Diminution considérable de la consommation de combustible.
- Le prix de revient de l’alumine peut dans ces conditions, et sur la base des résultats contrôlés à l’échelle semi-industrielle, être abaissé dès à présent de 25 à 30 pour 100, mais il faut encore tenir compLe du fait que, dans les procédés Séailles, on obtient comme résidu de fabrication des sous-produits de valeur au lieu
- Précipité d'alumine et carbonate
- de chaux (v. fig. 2) Soude caustique
- Soude récupérée
- Cuisson à lebullition
- Aluminate de soude et carbonate de chaux
- Recaustification
- Carbona te de cha^jx Eau
- Décantai0:
- Aluminate de
- soude 1
- Précipitation de
- ec/pit
- l’Alu
- Carbc de et
- sodique
- Eau Alu mine
- sodique
- nate RornnrontnatA Solution de soude, de l’eau reconcentrée
- de lavage
- Ffodufts
- fabriqués
- vendables
- Alumine
- hydratée
- Alumine
- calcinée
- Carbonate
- de chaux pur
- Fig. 3. — Schéma du procédé Baijer-Séailles.
- On consomme (y compris la préparation de l’aluminate brut et du précipité) par tonne d’alumine : 1800 kg de calcaire, 2310 kg de bauxite siliceuse, 631 kg de combustible, 5 kg de soude caustique. Dans ce procédé on soumet au traitement par la soude caustique le précipité d’alumine et de carbonate de chaux obtenu par traitement d’alu-minates de chaux bruts (v. fig. 2).
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- d’une boue cautisque encombrante et inutilisable.
- Si l’on tient compte des sous-produits, la différence dépasse largement 50 pour 100.
- Enfin, l’obtention de produits intermédiaires de grande valeur commerciale donne aux procédés Séailles une base économique considérablement élargie parce que l’organisme de production, au lieu d’une seule matière commerciale, fournira toute une gamme de produits à larges débouchés qui comprend notamment :
- Les ciments;
- Les produits isolants;
- Les produits de charge;
- Les alumines anhydres;
- Les alumines extra-légères pour adsorbants et catalyses ;
- Les carbonates de chaux purs;
- Les masses épurantes pour usines à gaz.
- L’inventeur poursuit d’ailleurs ses travaux dans deux directions essentielles : l’amélioration du prix de revient pour lequel des progrès importants sont encore possibles et la recherche des produits nouveaux et des utilisations nouvelles que permet la technique qu’il a mise au point.
- Il ne faut pas oublier en effet que le Bayer, après 40 ans de perfectionnements, tend vers sa limite de progrès tandis que les procédés Séailles peuvent légitimement espérer réaliser les améliorations de rendement dont les données techniques déjà acquises démontrent la possibilité. Ces progrès permettraient d’envisager un abaissement du prix de revient de l’ordre de 50 pour 100 par rapport au prix de fabrication actuel du Bayer, toujours sans faire état des sous-produits récupérés.
- La répercussion de la nouvelle technique sur le prix de revient de l’alumine est d’un intérêt économique considérable, non seulement au point de vue général, mais encore au point de vue de l’économie française, puisque dans beaucoup d’emplois l’aluminium, produit essentiellement national, peut se substituer technique-
- ment au cuivre d’importation à la condition que le prix rende l’opération possible.
- On ne saurait trop féliciter l’Office des Inventions d’avoir compris toute l’importance du problème et d’avoir contribué efficacement à atteindre les résultats que nous venons d’exposer.
- Les techniques mises au point par M. Séailles sont d’ailleurs susceptibles de développements importants dans une autre direction. En effet, nous avons supposé dans l’étude que nous venons de faire que l’alumiriate de chaux serait fabriqué spécialement en vue d’en extraire l’alumine, mais il existe des techniques qui produisent l’aluminate de chaux comme sous-produit de très faible valeur d’une autre fabrication.
- Par exemple, il est dès à présent certain que l’on peut obtenir l’aluminate de chaux comme laitier résiduaire de certaines opérations sidérurgiques.
- On a également envisagé l’obtention de laitiers d’alu-minate de chaux comme résidu de la fabrication du phosphore (procédés Ed. Urbain, E. Collet, Farben Industrie, etc...)
- L’utilisation de ces laitiers résiduaires permettrait d’abaisser encore le prix de revient des procédés Séailles.
- L’industrie de l’aluminium pourrait ainsi achever l’évolution qui, depuis sa découverte, a tendu à en faire un métal d’un usage de plus en plus universel par la réduction continue des prix de vente.
- De métal rare, l’aluminium est devenu depuis longtemps déjà un métal courant, on peut espérer que les progrès prochains de la technique en feront définitivement un métal commun.
- Cette évolution est d’autant plus souhaitable que les emplois de l’aluminium bon marché seraient considérables et permettraient, par les allégements possibles, des progrès techniques importants dans de nombreuses directions. A. Troller.
- LE GYROPLANE BREGUET-DORAND
- Le gyroplane Breguet-Dorand, dont les derniers vols ont défrayé la chronique, est une machine remarquable dont l’avenir s’annonce magnifique.
- Tout d’abord, qu’est-ce exactement qu’un gyroplane? C’est un appareil d’aviation du type hélicoptère, dont les deux voilures tournantes coaxiales, à sens de rotation opposé, assurent simultanément la sustentation, la propulsion et le pilotage.
- LA GENÈSE DE L’APPAREIL
- Ceci posé, il convient de rappeler qu’il y a plus de vingt-six ans que M. Louis Breguet travaille la question du gyroplane et qu’il réalisa déjà aux temps héroïques de l’aviation une machine qui quitta le sol quelques instants à faible hauteur. Elle était'encore embryonnaire et personne, à l’époque, n’y attacha l’importance qu’elle méritait. Les années passèrent. De son côté, le colonel Dorand, en 1907, avait réalisé des hélices articulées —
- dont le principe est appliqué sur le moderne gyroplane — à seule fin de vérifier à Chalais-Meudon les lois des hélices propulsives, lois fondamentales dont il est l’auteur. Il laissa à son fils ses importants travaux et ce dernier y puisa certainement des indications de base précieuses pour les recherches si passionnantes qu’il devait de nos jours entreprendre avec Louis Breguet. Une collaboration Louis Breguet-René Dorand ne pouvait que donner les résultats remarquables dont nous allons parler.
- Enfin, avant d’entrer dans le vif du sujet, il convient de rappeler que le principe des pales d’hélices articulées est une invention française, datant du début du siècle et faisant l’objet d’une communication présentée en 1904 à l’Académie des Sciences par le colonel Renard. Il est toujours du devoir d’un journaliste français de rappeler les grandes inventions dont l’origine nationale peut être oubliée ou contestée; voilà pourquoi j’ai rappelé l’invention de Renard.
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- Cette parenthèse nécessaire étant refermée, venons au cœur du sujet et décrivons le gyroplane.
- Le-gyroplane Breguet-Dorand 1935 est un « laboratoire volant », appareil de recherches scientifiques, conçu pour étudier systématiquement, avant toute réalisation pratique, tous les problèmes soulevés par un système d’hélices sustentatrices-propulsives, permettant de réaliser des hélicoptères destinés à rivaliser, au point de vue vitesse et poids utile, avec les aéroplanes de même puissance. Ces hélicoptères doivent pouvoir au besoin s’arrêter en l’air et planer en cas de panne de moteur, verticalement ou obliquement, sans qu’il soit nécessaire de régler le pas des pales. Ils doivent être capables d’amortir la vitesse verticale au moment de toucher le sol par augmentation de l’incidence des voilures. Ils doivent être enfin capables d’ascensions verticales rapides et d’évolutions précises.
- Il n’est pas nécessaire d’être un technicien averti pour comprendre que tout le problème du gyroplane réside dans la conception et la construction des pales susten-tatrices et propulsives.
- LE RÉGULATEUR DU PAS DES HÉLICES
- Le fonctionnement des voilures est basé sur une invention de MM. Louis Breguet et René Dorand, consistant principalement en un régulateur automatique de pas.
- Les pales de chaque voilure sont constituées par des surfaces portantes, très fines et très longues, convenablement gauchies, fixées par cardan à l’extrémité de bras carènes, lesquels sont eux-mêmes attachés au moyeu par une liaison matérialisant une rotule. Cette liaison-rotule est comparable à l’attache des pales d’une hélice à pas variable qui serait attachée à son moyeu par des articulations.
- Le pas des ailes rotatives est périodiquement et automatiquement adapté aux nécessités du vol par un mécanisme simple, qui le fait diminuer ou augmenter selon que se lève ou s’abaisse le bras portant la pale.
- Les voilures sont disposées l’une au-dessus de l’autre : elles comportent chacune deux pales. A la base de leur grand axe commun est suspendu un fuselage empenné comportant le moteur, la place du pilote et les commandes.
- LES CARACTÉRISTIQUES DE L’APPAREIL
- Voici maintenant les caractéristiques de la machine, indispensables à connaître, pour s’en faire une idée exacte.
- Doté de deux voilures bipales de 16 m de diamètre, l’appareil calculé pour recevoir un moteur de 600 ch,
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- est provisoirement animé par la moitié d’un bimoteur Breguet-Bugatti qui, tournant à 2000 t-mn à pleine admission, en fournissant 225 ch, entraîne les voilures à 133 t-mn et développe une poussée au point fixe de 1450 kg, le coefficient de sécurité étant de 15.
- Le poids mort de l’appareil est de 1430 kg. Le poids total, avec dispositifs d’expériences, le pilote et une heure d’essence, est de 1950 kg.
- L’appareil tel qu’il est en ce moment n’est pas caréné. Son poids au cheval est de 10 kg, ce qui est énorme. Il vole cependant avec 225 ch seulement à 40 km-h à gaz demi-ouverts et à 85 km-h à gaz trois quarts ouverts. A pleins gaz il doit atteindre, sinon dépasser les 100km-h.
- L’extrapolation de ces résultats expérimentaux montre que la finesse de ce gyroplane, qui s’améliore avec la vitesse, doit, à partir de 200 km-h, lorsque le moteur sera remplacé par un moteur plus puissant, dépasser celle de
- Fig. 1. — Vues du gyroplane Breguet-Dorand.
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- l’avion de même poids, de même puissance et de même envergure.
- Relativement à la transformation prévue de cet appareil-laboratoire en appareil de performances, on peut dire ^ue les engrenages étant éprouvés à 500 ch, chaque voilure isolée ayant soulevé 1950 kg et ayant déjà tourné à 1800 t-mn, la poussée totale fournie par les deux voilures atteindra 3900 kg avec 500 ch à 170 t-mn avec un mefficient de sécurité supérieur à celui des hélices propulsives d’avion.
- Transformé en biplace de 500 ch, le gyroplane actuel oèsera 2000 kg. Sa force ascensionnelle permettra une montée verticale rapide. Sa vitesse dépassera, avec un Carénage soigné, celle des avions de même poids et de pême puissance.
- A l’heure actuelle on est en train d’adapter à la machine ‘f: moteur de 500 ch prévu. Il faudra plusieurs mois avant l’effectuer de nouveaux vols libres. Des transformations nombreuses et délicates vont être apportées au gyro-nlane, leur valeur sera appréciée au cours de nombreuses iscensions semi-captives qui constitueront pour les nventeurs autant de vérifications. Tout cela nous amène i dire que ce n’est pas avant le printemps 1936 qu’il faut îous attendre à voir évoluer à nouveau, la machine dans e ciel de Villacoublay. Elle y accomplira certainement les Performances sensationnelles qui donneront à la ?rancd, dans le problème du gyroplane-hélicoptère, une ivahce' considérable.
- ! LES AVANTAGES DU GYROPLANE
- Il nous faut maintenant décrire les avantages du gyro-fiane sur l’avion : sans cette description cette étude le serait pas complète.
- Les avantages de l’invention de MM. Louis Breguet
- r Fig. 2. — Le gyroplane en vol rectiligne.
- et René Dorand se résument en trois mots : sécurité, rendement, confort.
- Par temps de brume le fait de pouvoir voler à faible vitesse et même de voler immobile pour rechercher un terrain possible élimine déjà la cause de la majorité des accidents : obstacles heurtés en plein vol, à toute \ i par l’avion.
- De plus, en vol normal si l’on coupe le moteui régulateur de voilure amorce et entretient l’autorotai±o.n à l’insu du pilote et malgré toutes les fautes possible* de sa part.
- La meurtrière perte de vitesse n’est plus à redouter avec le gyroplane.
- Abandonné à lui-même dans l’espace avec un pilote inerte à bord, l’appareil, moteur coupé, il descend à la façon d’un parachute qui serait dirigeable.
- Veut-on allonger la descente tangentiellement au sol, on pousse le manche dans la direction voulue.
- Veut-on effectuer une descente verticale ? On ramène le manche à zéro. Atterrit-on sur un terrain encaissé ? Le freinage vertical du gyroplane se commande par un levier spécial qui augmente le pas des voilures.
- En ce qui concerne la translation horizontale, on doit dire qu’elle est d’un très haut rendement. La suppressior de l’hélice propulsive élimine la perte de puissance de 25 pour 100 gaspillée par cette hélice sur un avion ou un autogyre.
- La propulsion est produite par la variation de pas de la voilure : l’aile qui avance dans le vent perd du pas, celle qui recule en gagne. Nous voici amenés au vol ramé du pigeon. Solution remarquable.
- Notons enfin deux particularités frappantes : l’écart de vitesse en plein vol est actuellement de 0 à 100 km-h et la machine est latéralement stable, qualité que ne possédait aucun des hélicoptères purs jusqu’ici réalisés.
- LE PILOTAGE
- En ce qui concerne le vol de l’appareil il est du plus haut confort : en effet il ne comporte aucune vibration. De plus, les effets des perturbations atmosphériques sont pratiquement détruits : d’où plus de mal de l’air pour les passagers.
- M. Dorand s’exprime ainsi en parlant du pilotage de l’appareil dont nous entretenons aujourd’hui nos lecteurs.
- « Le pilotage latéral et longitudinal de l’appareil est obtenu en provoquant, par l’intermédiaire du régulateur de pas qui de plus joue le rôle de servo-moteur, un mouvement de battement et d’ondulation des pales de la voilure supérieure. Ce mouvement donne aux spectateurs l’apparence d’un basculement de la surface balayée par les pales par rapport à l’axe de rotation des voilures. Ce basculement modifie, à la volonté du pilote et dans la direction voulue, le « moment » des résultantes par rapport au centre de gravité de l’appareil. Un manche à balai commande ainsi le contrôle
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- Fig. 3. — Le gyroplane amorce un virage à gauche.
- latéral et longitudinal. Le pilotage en vol immobile est rendu possible par l'amortissement considérable des mouvements d’inclinaison accidentels de l’appareil dus à l’action combinée des forces centrifuges composées bien corïhfitéfc des mathématiciens. Il est également rendu possible par l’action du régulateur et de& articulations.
- Là1 direction de l’appareil au point fixe s’obtient en modifiant le pas d’une voilure pai rapport à celui de l’autre voilure.
- Pour faire avancer l’appareil, il suffit de pousser et maintenir le manche à balai vers l’avant.
- Les évolutions verticales rapides de l’appareil, rappelant celles de l’épervier, intéressant l’aviation militaire, sont commandées par un levier. Ce dernier modifie le pas général qu’on ne touche pas en vol normal; il permet également de freiner la vitesse verticale à l’atterrissage ou d’obtenir un essor extra-rapide.
- En translation, la stabilité rappelle celle de l’autogyre ou de l’avion, la cabine du gyroplane étant empennée dans le but principalement d’améliorer la stabilité de route.
- En vol stationnaire, le glissement de l’appareil dans la direction d’inclinaison accidentelle provoque un effet redresseur contribuant à la stabilité dynamique. »
- Tels sont les renseignements que donne M. Dorand sur le pilotage de la machine.
- MM. Louis Breguet et René Dorand ont confié les essais en vol à un homme d’un grand sang-froid, le pilote-aviateur Claisse. Il a tiré de la machine le maximum ; il a toujours piloté avec le plus grand sang-froid et il est certainement appelé au printemps prochain à réaliser de très grandes choses sur le gyroplane. Claisse a la foi dans sa machine, il est à quelques mois d’inscrire en lettres d’or sur les annales de l’Aéronautique le commencement réel de la conquête de l’air par l’hélicoptère. C’est toute une école nouvelle de navigation aérienne qui va s’ouvrir, c’est un bouleversement total des modalités de vol actuelles qui va apparaître. C’est là l’œuvre colossale de Louis Breguet et René Dorand : œuvre accomplie sans bluff, dans le silence du laboratoire et de l’aérodrome, loin des foules et de leurs acclamations.
- LES ESSAIS
- Grâce à l’amabilité de M. René Dorand nous avons la possibilité de donner aujourd’hui aux lecteurs de La Nature le détail des vols d’essais accomplis pour la mise au point de l’appareil, tant comme vols semi-captifs que comme vols libres.
- On remarquera que deux aviateurs célèbres, Bossoutrot et Costes, ont pris part à ces essais ainsi que M. René Dorand lui-même lors des expériences semi-captives.
- Les vols libres furent tous exécutés par Claisse avec une extraordinaire maîtrise.
- Voici maintenant le « processus » des essais tel qu’il nous a été communiqué par M. René Dorand.
- « Les essais libres ont été précédés d’essais semi-captifs, destinés à l’entraînement des pilotes. Ces essais ont été faits par ordre chronologique successivement par Dorand, Costes, Dorand, Claisse, Bossoutrot, Claisse.
- L’essai semi-captif consistait à maintenir l’appareil en vol immobile à 1 m 20 du sol sans tendre les cordes de sécurité présentant un mou de 0 m 50. Cet essai prouvait la maniabilité latérale et longitudinale, la stabilité en vol immobile et l’amortissement par les voilures des remous créés par le vent de l’appareil sur le sol. Ces essais ont été exécutés avec et sans vent, afin de simuler sans danger le vol en translation et immobile.
- Essais du 26 juin 1935.
- (Essai en rouleur : temps 20 mn).
- L’appareil en équilibre sur ses deux roues latérales commence à rouler vers 1400-1500 tours-minute au moteur. Quand on pousse sur le manche, queue haute en piqué d’environ 2 à 3°, vitesse d’environ 4 km-h, très bonne défense au palonnier, l’appareil obéit aussi bien à gauche qu’à droite. Le contrôle de la vitesse de l’appareil et de son incidence s’obtient très facilement au manche. A 1700-1800 t-mn, moteur 10 km-h. Les virages à 180° se font aisément à 1500-1600 t-mn en poussant le palonnier à fond d’un côté et en diminuant son action dès que le virage est suffisamment amorcé. En combinant l’action du palonnier et du manche, on peut tourner autour de tel centre de virage que l’on veut.
- 26 juin 1935.
- (Temps : 15 mn).
- Mêmes essais que précédemment mais en forçant la vitesse à 20 km-h (1900 t-mn).
- 26 juin 1935.
- (Essais en vol : temps 20 mn).
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- Fig. 4. — Claisse, le pilote du ggroplane {en combinaison) conversant avec Bossoutrot.
- Une ligne droite en rouleur à 30 km-h, puis deux lignes droites en faisant des bonds d’environ 30 m à 0 m 50 du sol, dans des conditions satisfaisantes (régime 1900 t-mn).
- (Essais en vol : 20 mn).
- Deux vols à lm du sol à 1900t-mn à 10km-h environ en ligne droite — un vol à 2 m du sol à 2100 t-mn, à 25 à 30 km-h.
- Atterrissage par réduction des gaz.
- Tous ces essais ont été faits sur le terrain de sports Breguet. Les essais ayant été satisfaisants et le terrain ayant été jugé trop exigu, on transporta l’appareil sur le terrain d’aviation de Villacoublay.
- Essais du 3 juillet 1935.
- (Essai sur le terrain militaire, 25 mn).
- Trois lignes droites en vol à 1 m du sol, deux lignes droites face au vent, une ligne droite vent légèrement à gauche. Essais arrêtés par la pluie.
- Essais du 6 juillet 1935 (20 mn).
- Reprise de l’essai précédent : décollage à 1900 t-mn. Vol de 500 m environ à 25 à 50 km-h.
- Essais du 8 juillet 1935 (15 mn).
- Décollage très aisé, bonne stabilité latérale. Badin, 45 à 50 km-h, 2000 t-mn. Deux lignes droites avec amorces de virages prudentes pleines de succès.
- Essai suivant (20 mn).
- Un vol aller dans le plus grand sens du terrain de Villacoublay. Un vol aller et retour avec un grand virage. Altitude de 1 à 6 m — vitesse 40 à 65 km-h, 2000 t-mn et 2100 t-mn. Il semble qu’on vire mieux , en s’aidant au gauchissement. Bonne stabilité longitudinale à toutes altitudes. Stabilité latérale bonne au delà de 1 m 50 d’altitude. Atterrissage en réduisant les gaz.
- Essais du 10 juillet 1935.
- Vols devant le cinéma (Pathé et Paramount). Lignes
- droites, virages de grand rayon. Décollages plus francs. Bonne stabilité latérale au décollage. En vol l’appareil augmente très rapidement de vitesse; pour garder une vitesse à peu près constante (50 km-h) il faut réduire les gaz (demi-admission).
- A la suite de ces différents essais les observations se résument ainsi : stabilité longitudinale très bonne, stabilité latérale très bonne dès que l’appareil vole à 4 ou 5 m d’altitude.
- Essais de variation de vitesse : vols variant entre 15 et 80 km-h. Nombre de tours variant entre 1700 et 2100 t-mn. Admission variant entre gaz 1/2 et gaz 8/10.
- Stabilité latérale bonne à toutes vitesses. Améliorations demandées par le pilote : pare-brise, planche de bord, pot d’échappement. Essais du 24 juillet 1935.
- Reprise des essais avec les améliorations demandées par le pilote. Vent 20 km-h N. N. O. Durée 22 mn —. Une ligne droite de contrôle de vol et reprise en main. 2e vol : décollage rapide. Essai de virage court autour de Dorand (rayon 20 m) ; fdm et photo Breguet. Sur sollicitation au pied l’appareil amorce un virage, facilement soutenu au gauchissement. Bonne impression. Altitude 4 à 5 m. Gêné par les spectateurs se promenant sur la piste, l’appareil atterrit par vent 3/4 arrière sans ennui. 3e vol : avec évolutions à différentes altitudes variant entre 3 et 20 m. L’appareil étant au point, d’autres essais ont été repris sans en faire de compterendu.
- Changement de moteur : remplacement du 200 ch par un 500 ch en cours; début de l’opération, octobre 1935.
- Tels sont les comptes rendus des essais réussis par l’aviateur Claisse sur l’hélicoptère-gyroplane Breguet-Dorand. Je ne connais rien de plus émouvant que ces deux lignes du compte rendu du 8 juillet 1935 : « Un vol aller dans le plus grand sens du terrain de Villacoublay; un vol aller et retour avec un grand virage ».
- Pour la hauteur, le 24 juillet, Claisse et Dorand disent simplement:«3evol avec évolutions à différentes altitudes variant entre 3 et 20 m ». 20 m ! je ne connais pas d’hélicoptère pur, facilement maniable, sans tangage ni roulis, sans appareillage stabilisateur indépendant de sa mécanique, qui se soit à ce jour élevé à pareille hauteur.
- Et pour Ja vitesse, quel est l’hélicoptère qui ait volé à ce jour à 80 km-h, à part le Breguet-Dorand ?
- Quel triomphe pour Louis Breguet qui depuis 26 ans travaillait la question; quel succès pour René Dorand qui depuis moins longtemps, certes, s’était attaché au problème mais s’y était donné tout entier avec sa brillante intelligence et avec toute sa foi ; quelle fierté, enfin, pour Claisse dont la confiance raisonnée et l’habileté de pilote avaient réussi à conduire en vol libre la nouvelle machine vers laquelle s’ouvre un bel avenir !
- Je ne voudrais pas finir cet article sans dire la reconnaissance que nous devons tous à ces hommes qui, d’une part grâce à leur génie et de l’autre grâce à leur goût du risque, préparent les voies d’une navigation aérienne sûre et exempte d’aléas. Raymond Saladin.
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- UN NOUVEAU CAOUTCHOUC SYNTHÉTIQUE
- Les laboratoires de la Société Dupont de Nemours ont mis récemment au point la fabrication d’un nouveau caoutchouc synthétique en partant des travaux du Révérend Père J. A. Nieuwland, professeur à l’université Notre-Dame de Washington, Ce savant donne lui-même, dans Scientific American, quelques indications sur cette nouvelle fabrication et ses origines.
- Au cours d’études des réactions de l’acétylène entreprises voici déjà de longues années, il constata que l’acétylène est fortement absorbé par une solution aqueuse de chlorure cuivreux et de chlorure d’ammonium, et cela dans un temps très court. Il se forme une huile qu’il identifia en 1921 avec le divinylacétylène; c’est un composé formé par la combinaison chimique de trois molécules d’acétylène. En même temps une odeur spéciale révélait la formation d’un gaz que le R. P. Nieuwland ne put à l’époque isoler ni caractériser. Le divinylacétylène, substance chimiquement très active, donne quand il est traité par le bichlorure de soufre, une substance élastique ressemblant au caoutchouc, mais trop plastique pour trouver un emploi industriel.
- Les chimistes de la Société Dupont de Nemours, en reprenant la question, ont porté leurs efforts sur la production et l’étude du gaz entrevu par le R. P. Nieuwland. Ils ont découvert que ce gaz pouvait être produit en grande quantité, et ils l’ont identifié avec le monovinylacétylène, composé formé
- de l’union de deux molécules d’acétylène. C’est ce gaz qui est à la base de la fabrication du nouveau caoutchouc synthétique. On l’obtient par la réaction signalée ci-dessus; en réglant certains facteurs physiques et en employant un catalyseur approprié, on peut réduire la production du divinylacétylène et faire prédominer celle du monovinylacétylène. Ce gaz réagit avec l’acide chlorhydrique pour donner du chlorobuta-diène, liquide volatil qui en quelques jours se polymérise pour donner naissance à une substance plastique. Celle-ci vulcanisable à chaud fournit un caoutchouc synthétique d’excellente qualité. C’est le Duprène.
- Le Duprène actuellement est plus coûteux que le caoutchouc naturel; il en était de même, on s’en souvient, du caoutchouc synthétique fabriqué en Allemagne pendant la guerre, également à partir de l’acétylène, et dont la production a été arrêtée après la fin des hostilités en raison de son prix élevé.
- Le Duprène toutefois possède par rapport au caoutchouc naturel certains avantages qui doivent, semble-t-il, lui assurer dès maintenant certains débouchés : il est en effet remarquablement résistant à l’essence, au pétrole, aux huiles, à l’ozone, à l’air et aux acides. On remarquera que sa fabrication n’exige comme matières premières que du charbon et de la chaux pour fabriquer l’acétylène et du sel marin pour fabriquer l’acide chlorhydrique.
- LES “ MOUVEMENTS LOUVOYANTS ”
- Le « principe » et les propriétés des mouvements louvoyants constituent un de ces chapitres de la mécanique classique que les professeurs ont coutume de liquider en quelques lignes et qui sont finalement très mal connus et interprétés par de nombreux esprits de bonne culture scientifique.
- Ce curieux ostracisme s’étend, disons-le tout de suite, à la quasi-totalité des chapitres de frottement dont les mouvements louvoyants représentent une partie spécialement délicate. Tout bachelier ès sciences doit raisonner impeccablement sur la machine d’At-wod, sur la proportionnalité des forces et des accélérations, mais les connaissances exigées sur le frottement (coefficient, angle de glissement) sont rudimentaires. Et combien de mathématiciens plus avancés ignorent que les mouvements louvoyants procurent une autre proportionnalité infiniment plus rare, celle des forces et des vitesses !
- Frottements,louvoiement, dérapage, de même que certaines élasticités, sont trop souvent envisagés comme
- 1. Dans cette brève étude où nous avons eu l’occasion d’aborder différents chapitres du frottement, nous avons tenu à nous cantonner sur le terrain de la mécanique. Il nous sera permis, pour ce qui concerne l’aspect physique des phénomènes, de renvoyer le lecteur aux travaux de mon père, le professeur Henri Devaux, sur la physique moléculaire.
- des forces parasites, des « erreurs » regrettables de la matière. On est ainsi conduit à des études vraisemblablement incomplètes qui se traduisent par des anomalies de fonctionnement bien réelles; nous rappellerons seulement certains enroulements inopinés dont se plaignent les contremaîtres, dans les moutons à courroie, et qui semblent révéler une insuffisance de la loi exponentielle des frottements du type cabestan.
- Fig. I. — Turbine auto-régulatrice à mouvement louvoyant système Crozet-Fourneyron.
- (Voir la coupe fig. 8.)
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- = 14
- Fig. 2. — Navire louvoyant par bordées transversales pour remonter
- contre le vent.
- Nous voudrions présenter à nos lecteurs, avec un bref aperçu sans prétentions sur la théorie de ces mouvements composites, un certain nombre d’applications industrielles (fig. 1) des mouvements louvoyants.
- DÉFINITION DU MOUVEMENT LOUVOYANT
- « Louvoyer », au sens propre, se dit d’un bateau voilier qui remonte contre le vent en tirant des bordées, c’est-
- Fig. 3. — Principe du louvoiement mécanique.
- M
- ZV77777777777777777777Z
- F
- à-dire par une route en zigzag, de façon à avoir toujours le vent de côté, tantôt à droite, tantôt à gauche (fig. 2).
- Notons tout d’abord, d’un point de vue théorique, qu’une telle opération, qui permet de soutirer aux forces du vent des quantités indéfinies d’énergie, serait impossible dans un champ de forces telles que la pesanteur, les forces magnétiques ou électrostatiques (x). Il faut que la force qui
- s’exerce sur le mobile dépende d’un facteur auxiliaire disponible, ici l’orientation de la voile. Nous retrouverons dans le mouvement louvoyant ce caractère qu’il faut au moins une source d’énergie extérieure, ce qui le différencie des autres mouvements, avec ou sans frottement, où l’inertie peut suffire comme moteur temporaire.
- Voici maintenant comment on se représente généralement un mouvement louvoyant (fig. 3). Un corps pesant étant posé sur un plan rugueux P, il faut pour le faire glisser lui appliquer une certaine force F. Si maintenant nous communiquons au corps M une vitesse auxiliaire U (que nous supposons rectangulaire pour simplifier), on constate qu’il suffit, pour obtenir le glissement dans le sens F, d’une force sensiblement plus faible F'. Ainsi présenté, le phénomène paraît qssez mystérieux et son interprétation reste purement qualitative, puisqu’on ne fait pas intervenir la grandeur de la vitesse U. On dit, d’une façon incorrecte mais expressive, que « la vitesse transversale U produit une diminution apparente
- Fig. 4. — Tire-bouchon à lames souples utilisant le principe des mouvements louvoyants.
- Cet ingénieux instrument où se trouve condensée beaucoup d’expérience en peu de matière, se compose d’une poignée P portant deux lames minces en acier très souple L et L', larges d’environ 4 mm. On commence par introduire une des lames entre le bouchon B et le goulot G puis on insère la seconde en faisant basculer la poignée (rotation R,) de telle façon que l’entraînement descendant produit par l’une des lames sur le bouchon soit compensé par l’entraînement ascendant produit par l’autre. Les deux lames étant bien engagées, on retire l’instrument en tournant, soit d’un mouvement continu, soit alternativement dans un sens et dans l’autre (rotation horizontale Ra). Le bouchon suit, car il est fortement entraîné dans le sens rotatif par les lames encastrées et, dans le sens vertical, où l’entraînement serait minime, le frottement du goulot est pratiquement annulé par le louvoiement.
- 1. Champ dérivant d'un potentiel.
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- du coefficient de frottement dans la direction F ».
- Citons quelques exemples empruntés à la vie courante. Quand une automobile roule sur le côté d’une route bombée et glissante, le dérapage ne se produit pas tant que les différents points du pneu viennent s’appliquer sur le sol sans glissement longitudinal; mais si un coup de frein ou d’accélérateur l’oblige à patiner longitudinalement, le dérapage transversal apparaît aussitôt. Pour enfoncer un poinçon lisse dans une substance résistante, on a avantage à faire tourner ce poinçon comme si on le vissait ou, ce qui revient au même, à le faire pivoter alternativement vers la droite et vers la gauche sans cesser d’appuyer.
- Le tire-bouchon à deux lames que représente notre fig. 4 constitue une application extrêmement remarquable des mouvements louvoyants et de plusieurs principes de la théorie du frottement. Le terme de louvoiement est ici parfaitement juste et fait image.
- ÉLIMINONS UNE ERREUR CLASSIQUE
- Faisons justice tout d’abord d’une erreur courante qui vient fausser la notion de mouvement louvoyant.
- On sait que le frottement, qu’il s’agisse de glissement, de roulement ou de pivotement, est plus considérable au repos qu’en mouvement. Ainsi, cinq hommes seront nécessaires pour « décoller » un wagon de marchandises alors que quatre hommes ou même trois suffiront pour le maintenir en marche. De là tout l’intérêt qu’il y a à ne pas laisser s’arrêter une charge que l’on pousse ou à conserver une vitesse, même très réduite, quand on conduit une automobile au milieu des encombrements, pour faciliter les reprises.
- Il est certain que le bénéfice provenant d’un mouvement louvoyant peut se superposer à ce bénéfice du « coefficient de frottement plus faible en marche ». Il importe donc de les séparer, c’est-à-dire de convenir une fois pour toutes que le mobile ne sera jamais au repos.
- Ainsi, en se reportant à la figure 3, nous dirons que F, force initiale de comparaison, est celle qui maintient en marche le corps M : force parfaitement définie, remar-quons-le, car si elle était plus faible, le corps s’arrêterait et si elle était plus considérable, il prendrait un mouvement uniformément accéléré.
- ' MANOMÈTRE A ULTRA-PRESSIONS.
- COMPAS BROWN
- Envisageons maintenant quelques applications mécaniques du louvoiement.
- Pour mesurer les ultra-pressions qu’il est arrivé à réaliser dans son laboratoire et qui peuvent atteindre 28 000 atm ('), M. James Basset a construit un manomètre à mesure directe dont la tige-piston peut être rendue très libre, dans son alésage, cependant extrêmement serré, grâce à un mouvement d’oscillation circulaire (fig. 5).
- La disposition inverse est utilisée dans le compas gyro-scopique Brown pour supprimer le frottement de rotation de l’axe P du cadre dans sa crapaudine fixe C (fig. 6) ;
- 1. Voir La Nature, n° du 15 juillet 1934.
- Fig. 5. — Manomètre pour ultra-pressions, système James Basset.
- A, tige-piston; B, blocjformant cylindre; C, arrivée du fluide; D, fléau; E, poids. La tige peut recevoir un mouvement d’oscillatîôn circulaire grâce à un bras latéral visible au-dessous du fléau.
- à cet effet, une petite pompe injecte de l’huile sous une pression rythmée dans la crapaudine, faisant monter et descendre l’axe P et l’ensemble du gyroscope à une cadence relativement rapide.
- TURBINE AUTORÉGULATRICE
- Les établisse -ments Crozet-Fourneyron ont mis au point des turbines auto-régulatrices qui constituent la plus belle application que nous connaissions du mouvement louvoyant xpur (nous précisons cette notion plus loin). Les fig. 1, 7 et 8 montrent la présentation et les dispositions intérieures de ces remarquables turbines. Fonctionnant par mouvement centripète de l’eau et sans la moindre poussée axiale, le rotor forme lui-même obturateur (fig. 1 et 8).
- En le déplaçant longitudinalement, on peut donc obtenir la régulation; cette fonction est confiée à un régulateur à masselottes centrifuges, comme le montre la figure 8.
- Il est essentiel de remarquer que la faible poussée du régulateur serait totalement insuffisante pour produire d’une façon correcte le coulissement de l’arbre et durotor.Nous trouvons ici, pleinement utilisé, cet effet d’« aide mécanique » c’est-à-dire de servo-moteur qui fait que le mouvement longitudinal est rendu facile tout en restant sous le contrôle strict de la force directement appliquée (voir aussi fig. 14).
- Ce principe est appliqué sous une forme analogue dans un certain nombre de régulateurs.
- Fig. 6. — « Axe libre » à mouvement danseur du compas gyroscopique Brown. Une pompe envoie de l’huile sous un rythme alternatif dans la crapaudine C, forçant l’axe P à monter et descendre continuellement; le frottement de rotation est ainsi supprimé.
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- Fig. 7. — Usine hydroélectrique auto-régulatrice composée de deux turbines Crozet-Fourneyron à mouvement louvoyant unique, entraînant une dynamo.
- Dans le fond, un groupe analogue, à une seule turbine.
- d’une locomotive mais non pour transmettre à l’essieu l’effort moteur du piston.
- Dans Y excentrique oscillant, système Myard (fig. 9), le pourtour du plateau est une zone sphérique en sorte qu’il est possible de faire pivoter alternativement la bielle et le collier autour de l’axe de figure de la bielle. Le contact devient alors louvoyant et on constate que l’excentrique est réversible comme s’il était monté sur billes.
- Un modèle de démonstration existe actuellement à l’Ecole Centrale; il semble que le principe pourrait être appliqué dans certaines machines où l’on éviterait ainsi de couder l’arbre à entraîner. On peut toutefois se demander s’il ne se produirait pas des blocages à chaque demi-oscillation, au moment où le collier s’arrête pour s’incliner en sens inverse.
- EXCENTRIQUE A MOUVEMENTS LOUVOYANTS
- M. Myard, le distingué professeur de l’Ecole Centrale, qui a créé de nombreux mécanismes nouveaux et curieux (1), a construit un excentrique réversible à mouvements louvoyants.
- On sait que la liaison par excentrique ne fonctionne dans le sens bielle-arbre que moyennant certaines conditions de frottement du disque dans son collier. Dans le cas général, avec un graissage normal et un rayon de disque très supérieur à l’excentricité (l’excentricité est le rayon du cercle décrit par le centre du disque), l’appareil est irréversible ; il peut être utilisé, par exemple, pour la distribution
- 1. Voir un certain nombre de communications de M. Myard, dans le Génie C ivil, notamment sur les « couples d’emboîtement » pour la transmission des rotations.
- 0 u ve rt
- Fig. 8. — Coupe d'une turbine louvoyante Crozet-Fourneyron montrant le fonctionnement du régulateur.
- B, buse annulaire d’arrivée d’eau; A, aubages du rotor; E, tuyau d’évacuation; a, prolongement cylindrique du rotor formant obturateur longitudinal; b b', paliers lisses permettant le coulissement longitudinal; V, volant-poulie; R, ressort antagoniste du régulateur, fixé à une chape D tournante mais non coulissante, montée sur billes; e, masselotte centrifuge agissant par le renvoi d’équerre ec pour faire coulisser l’arbre. Ce mouvement s’effectue avec facilité du fait de la rotation rapide et l’obturateur cylindrique a vient obturer plus ou moins l’arrivée de l’eau. Le volant à vis M permet de limiter la course de l’arbre et d’obtenir l’arrêt.
- PROPORTIONNALITÉ DES FORCES AUX VITESSES
- Nous pouvons maintenant nous représenter d’une façon quantitative, ce qui est fort important, le mouve-
- Fig. 9. — Excentrique à louvoiement sphérique.
- Cet excentrique, où l’excentricité est faible par rapport au rayon R n’est pas réversible; en taillant le bord du plateau en forme de sphère, M. Myard a donné la possibilité de le faire osciller par pivotement de torsion de la bielle. La bielle peut alors provoquer la rotation du plateau.
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- Fig. 10.— Diagrammes fondamentaux du louvoiement.
- Fig. 11. — Forces et vitesses dans la turbine coulissante Crozet-Fourneyron, représentée fig. 1 et 8.
- Le couple de rotation du rotor R se traduit, dans le palier, par une force horizontale <!>; en ce point, la vitesse linéaire des surfaces en contact est U. La force longitudinale exercée par le régulateur étant F, il en résultera (en faisant abstraction de l’inertie de la pièce dans le sens longitudinal) une vitesse V telle que V et U soient proportionnelles à F et <1>. Comme U est très grand, on pourra obtenir une vitesse V suffisante avec un effort F très faible.
- ment louvoyant le plus général. Reprenons notre corps pesant M posé sur un plan rugueux horizontal P (fig. 3) et soumis à une force F exactement suffisante pour le maintenir en mouvement. Pour faire apparaître une vitesse transversale U (supposée rectangulaire pour simplifier) nous appliquons une force <£> (fig. 10, n° I). La résultante est alors R, plus grande que F et par conséquent le corps M prendrait un mouvement, accéléré. Pour l’en empêcher, nous sommes conduits à diminuer F, qui devient F' (fig. 10, n° II) : c’est ce que nous exprimons sommairement en disant que le coefficient de frottement a décru dans la proportion de F' à F. La construction précise l’importance de cette réduction qu’elle permet de calculer très simplement.
- Passons aux vitesses. La seule force active appliquée étant la résultante R, le déplacement se produira dans cette direction-, nous voyons ainsi apparaître cette loi fondamentale mais bien rarement soulignée, des mouvements louvoyants, que les forces sont proportionnelles aux vitesses. C’est ce que concrétise le diagramme n° III.
- Reprenons comme exemple la turbine coulissante (fig. 11). Sous l’action de la faible poussée longitudinale produite par le régulateur, l’axe prendra une vitesse longitudinale V égale au produit de F par la vitesse périphérique U de l’arbre dans ses coussinets, divisé par l’effort tangentiel <ï> que doit vaincre cet arbre pour tourner dans ses coussinets. U étant très grand (diagramme n° IV de la fig. 10), un faible effort du régulateur suffit pour faire coulisser l’arbre d’un mouvement uniforme.
- En général, dans les cas de mouvements louvoyants, la force « auxiliaire » est inconnue; ce qu’on connaît, c’est la force F qu’il faudrait appliquer pour obtenir le glissement sans Vaide du louvoiement c’est-à-dire avec U = O (par exemple pour faire coulisser la turbine quand elle ne tourne pas). Les constructions de la fig. 10 indiquent immédiatement la vitesse V que procurera une force réduite F'.
- Les deux épures très simples nos II et III permettent, sauf erreur, de résoudre tous les problèmes quantitatifs de mouvements louvoyants.
- PROBLÈMES PRATIQUES :
- LA <c TRÉMIE A SECOUSSES «
- Un remarquable mécanisme industriel, la trémie à secousses, utilisé dans les exploitations minières, les
- Fig. 12. — Trémie à secousses montrant une auto-régulation de la vitesse due au louvoiement.
- Suspendue à des bandes d’acier BB', cette trémie inclinée est secouée dans le sens transversal par une bielle actionnée par un excentrique ou une came. La matière contenue dans la trémie se déplace de droite et de gauche par inertie et vers le bas par gravité; tous ces déplacements se font à des vitesses proportionnelles à la fréquence et à l’amplitude des secousses. A, arbre d’entraînement; B, bielle; T, trémie
- peu inclinée.
- Axe
- d os cil! a.t ion
- Bandes de sus pension
- k irk
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- Roulement oscillant
- i3-Palette
- Ë:
- E/ectno
- Bâti
- Roulement
- fixe
- Fig. 13. — Projet d’appareil de mesures pour l'étude des mouvements louvoyants.
- Le disque D repose en croix sur le disque D' qui est entraîné par un moteur; un fil, enroulé sur une poulie, permet de faire tourner le tambour D au moyen d’un faible poids P. On constate que la vitesse obtenue est proportionnelle au poids.
- carrières, les machines agricoles et de meunerie, va nous fournir une application quantitative des mouvements louvoyants (fig. 12).
- Le problème consiste, étant donnée une trémie inclinée T alimentée dans le haut d’une façon quelconque en matières granuleuses (grains, minerais, gravier), à obtenir dans le bas un écoulement régulier.
- Si la trémie est utilisée sans secousses latérales, deux cas, pratiquement, pourront se présenter; ou bien la pente sera insuffisante et la matière restera immobile, ou bien la pente dépassera la valeur limite et la matière descendra au fur et à mesure de son arrivée, sans la moindre régularisation. Au voisinage de l’angle critique, on aura des glissades par masses analogues aux paquets de neige qui tombent des toits.
- Donnons maintenant à la trémie une inclinaison modérée, inférieure à la pente de glissement en marche,
- c’est-à-dire que la matière poussée vers le bas, puis abandonnée à elle-même, s’arrêtera ; ensuite, au moyen d’une transmission à bielle, imprimons à la trémie des secousses transversales. On constate alors qu’en vertu de leur inertie, les particules glissent transversalement de droite et de gauche et, simultanément, dans le sens axial, en sorte qu’elles descendent par un chemin ondulé. A l’inverse de ce qui se présente dans la plupart des applications des mouvements louvoyants, le fait de cette descente ne présente aucun intérêt, puisqu’il suffirait d’incliner davantage la trémie, mais cette descente s’effectue à une vitesse constante et proportionnelle à la vitesse de rotation de l’arbre secoueur A, ce qui est caractéristique.
- Soulignons la différence de cet appareil avec un autre dispositif industriel, le transporteur à secousses basé, non sur les mouvements louvoyants, mais sur l’inégalité des coefficients de frottement en marche et au repos. Ce transporteur est formé d’une simple gouttière horizontale ou peu inclinée (montée ou descente) animée d’oscillations longitudinales relativement lentes à l’aller mais à retour rapide; les objets déposés dans la gouttière sont entraînés à l’aller et glissent sur place au retour. Ce principe se retrouve dans l’entraînement des cordes de violon par un archet et la plupart des vibrations entretenues par frottement.
- TRIPLE ACTION DES VIBRATIONS
- Les vibrations produisent une disparition quasi totale des frottements, comme il est visible dans les méthodes de « vibration » et de « pervibration » du béton, ainsi que dans les assemblages mécaniques (écrous, clavettes, coins) où leur rôle néfaste est bien connu.
- Le rôle des vibrations est complexe, notamment parce qu’elles font intervenir, à une échelle comparable à celle des déplacements, les déformations élastiques; il se produit également des arc-boutements, des altérations de surfaces, voire des transformations moléculaires.
- Cinématiquement, on peut distinguer trois actions suivant les trois directions de l’espace. Dans le sens longitudinal (sens du mouvement rendu possible par la vibration), on note un effet analogue à celui du transporteur à secousses; dans le sens de la force coercitive (serrage d’un écrou, pesanteur) une libération périodique; dans le sens transversal, un effet de louvoiement.
- Pour reprendre l’exemple de la trémie, on peut la secouer longitudinalement comme un transporteur à secousses, faire vibrer le fond par percussion comme une peau de tambour ou la secouer transversalement comme dans le fonctionnement normal. Dans les trois cas, la matière contenue dans la trémie s’écoulera peu à peu.
- MOUVEMENTS LOUVOYANTS COMPARÉS AU GYROSCOPE
- Avant de passer aux réalisations industrielles du professeur Myard, il nous reste à décrire un projet d’appareil
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- Fig. 14. — Vitesses proportionnelles aux forces.
- Cette loi assez rare s’applique aux mouvements louvoyants (à gauche et fig. 13) à la rotation d’un disque métallique C freiné par des champs d’aimants (freinage par courants de Foucault), au déplacement du bouton d’axe d’un gyroscope sous l’action d’une force extérieure directement appliquée.
- qui permet dè mettre en évidence les propriétés caractéristiques du mouvement louvoyant pur; propriétés singulières qui s’apparentent à celles du gyroscope et du frein magnétique.
- L’appareil peut être réalisé très simplement (fig. 13) au moyen de deux disques D et D' en acier ou en matière quelconque à coefficient de frottement régulier; ces disques possèdent des axes orthogonaux A et A' montés sur pointes ou sur billes; ils se touchent en croix à leur périphérie et l’axe supérieur est porté par un fléau mobile permettant au disque D d’appuyer sur le disque inférieur D'.
- Ce disque D7 étant entraîné à vitesse constante parun petit moteur ou un rouage à moulinet, on constate que le disque D peut être mis en rotation au moyen d’une petite surcharge P dont le fil est enroulé sur l’axe A ou sur une poulie. Cette surcharge étant choisie suffisamment petite pour que le mouvement de D ne puisse se produire quand D7 est au repos, on a l’équivalent d’un engrenage hyperbo-loïde ; mais le rapport de cet engrenage n’est pas constant ; il est proportionnel à l’effort P, autrement dit la vitesse de D est proportionnelle à l’effort exercé pour la produire, ce qui constitue la grande originalité des mouvements louvoyants.
- Une telle proportionnalité est assez exceptionnelle en mécanique; on la trouve, sous une forme plus ou moins rigoureuse, dans certains mouvements au sein des fluides visqueux ainsi que dans les freinages magnétiques parcourants de Foucault (fig. 14). Enfin la vitesse préces-sionnelle de l’axe d’un gyroscope est proportionnelle au couple de renversement appliqué à cet axe ainsi qu’à la vitesse de rotation du volant (fig. 14) ; l’analogie arithmétique avec les mouvements louvoyants est ici complète, mais il faut noter que le déplacement précessionnel est perpendiculaire à la force appliquée, au lieu que dans le louvoiement le corps sollicité se déplace partiellement dans le sens de la force.
- LOUVOIEMENT DE ROTATION
- Le louvoiement n’est pas spécial au frottement de glissement, puisque son essence est simplement que le corps sollicité se déplace suivant la résultante en présence d’une résistance passive approximativement isotrope. Il s’applique donc au roulement orientable, c’est-à-dire aux billes; toutefois, nous n’en avons rencontré jusqu’ici aucun exemple.
- Nous donnons figure 15 deux exemples de « libération » ou « activation » de roulements à billes qui ne sont pas de véritables mouvements louvoyants.
- COMPRESSEUR LOUVOYANT MYARD
- La nécessité, d’ordre purement utilitaire, d’obtenir de l’air comprimé rigoureusement exempt d’huile, a conduit M. Myard à étudier un compresseur à piston ne comportant presque aucun graissage du cylindre (un graisseur Staufîer à graisse consistante). Le principe du louvoiement, si toutefois ce terme est ici justifié, a permis d’établir un compresseur avec un jeu tellement
- Fig. 15. — Principes de libération pour axes de cadres de gyro-compas.
- Ces curieux systèmes méritent d’être cités en marge des mouvements louvoyants, car ils permettent également de libérer un mouvement faible moyennant une dépense accessoire d’énergie. En haut, brevet Schneider-Fieux; le rotor entraîne par des renvois à friction 11; 9, 10 et 4 les cuvettes extérieures des roulements à billes des tourillons du cadre; les deux cuvettes tournent en sens inverse, les tourillons devenant ainsi parfaitement libres. En bas, roulement double à bague intermédiaire oscillante du compas Béghin-Monfraix-Carpen-tier (çf. système analogue dans Sperry et dans Rossiter).
- Roulement
- fixe
- Roulement
- oscillant
- Electro
- Palette
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- Fig. 16. — Compresseur à piston « louvoyant »
- (2° espèce, système Myard).
- Le piston A est excentré par rapport à l’arbre et connecté par une bielle C, présentant deux joints de cardan, au volant B; la distribution est assurée par deux rainures hélicoïdales D'et E' du piston qui se déplacent devant les lumières D et E du cylindre. (D’après le Génie Civil, SAMOA constructeur.)
- La figure 16 montre une coupe schématique de cette curieuse machine. Le piston A est relié au volant B par une bielle C articulée à cardan à ses deux extrémités; l’arbre du volant est déporté par rapport à l’axe. Il en résulte pour le piston un double mouvement de rotation continue et de translation alternative. Deux cannelures hélicoïdales D' et E', creusées dans le piston, assurent la distribution en se déplaçant devant les orifices D et E du cylindre, en sorte que ce compresseur paradoxal n’a ni segments, ni tiroir, ni soupapes !
- Sur un modèle d’études, le piston avait été ajusté à dessein très serré dans le cylindre; coulissement longitudinal et rotation étaient également fort durs à obtenir à la main et il est incontestable qu’avec un pareil serrage, un compresseur ordinaire aurait infailliblement grippé. Par contre, le fonctionnement fut'excellent et, au démontage, on trouva que les deux pièces avaient acquis un poli parfait.
- MOUVEMENTS HÉLICOÏDAUX
- faible du piston dans le cylindre qu’il fonctionne sans segments pour une pression de refoulement de 10 atmosphères (fi g. 16).
- Fig. 17. — Piston autodistribuleur
- à mouvement « louvoyant » (2° espèce) pour moteur Diesel ou à explosion (Myard).
- A' B' rainures hélicoïdales creusées dans le piston et venant en regard des lumières A et B du cylindre pour produire l’aspiration et l’échappement; C, bielle rotative entraînée par les engrenages 1, 2, 3, 4, ce dernier étant taillé dans la soie du vilebrequin. I, coupe;
- II, vilebrequin avec les dents d’engrenage hélicoïdales;
- III, coupe horizontale par leplan XX. (D’aprèsle Génie
- Civil.)
- Ici, une observation s’impose; un mouvement hélicoïdal n’est pas forcément un mouvement louvoyant pas plus, sur un plan, qu’un mouvement oblique.
- Reprenons le cas simple et général du corps pesant posé sur un plan (fig. 3). L’essence du mouvement louvoyant est l’indépendance complète des deux déplacements, la proportionnalité des vitesses aux efforts s’établissant d’elle-même. Si les deux déplacements sont liés d’une façon rigide, on peut les remplacer par un déplacement unique, imposé et dirigé suivant la résultante. Il manque alors ce fait capital que, grâce au déplacement auxiliaire, le déplacement principal peut s’effectuer avec une dépense d’énergie très faible. De même, le mouvement d’un obus dans un canon rayé ou d’une vis dans son écrou n’est pas louvoyant mais hélicoïdal; ils n’ont qu’un degré de liberté.
- Cependant, les mouvement^ dont le compresseur Myard fournit un exemple (voir aussQe Diesel fig. 17) présentent des avantages pratiques indéniables ; M. Myard a pu montrer les modifications favorables qu’ils permettent d’apporter à la théorie gériérale des jeux, si importante dans la construction mécanique. Il y a là une catégorie spéciale de mouvements que l’on peut appeler « louvoiement avec liaisons rigides » (desmodromiques) ou « mouvements louvoyants de deuxième espèce ».
- MOTEURS DIESEL A PISTONS LOUVOYANTS
- M. Myard vient de breveter un système de pistons louvoyants pour moteur Diesel ou à explosion, fonctionnant à quatre temps sans soupapes et avec un nombre quelconque de cylindres (fig. 17).
- La caractéristique de ce moteur est que les pistons, outre leur mouvement alternatif ordinaire, possèdent un mouvement de rotation continue emprunté, grâce à des engrenages, à la soie du vilebrequin qui tourne dans la tête de bielle : la rotation est de 1/2 tour seulement pour une double course (aller et retour) du piston, ce qui permet d’obtenir, ici encore, la distribution par des rai-
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- nures hélicoïdales. Ce mode de distribution présente des avantages techniques incontestables, notamment celui de dégager la culasse qui peut être rendue hémisphérique.
- On peut escompter, dans ce type de moteur, des possibilités d’ajustage extrêmement serré, permettant la marche sans segments avec un graissage minime.
- POMPE A JOINT DE KCENIGS
- Nous avons gardé pour la fin une très curieuse machine, la pompe à blocs louvoyants formant joint de Kœnigs (brevet Guinard-Myard), destinée à pomper sans graissage les liquides tels que l’essence, qui dissolvent l’huile et la graisse.
- On sait que le joint de Koenigs, beaucoup moins connu que le classique joint de Cardan, permet des renvois de mouvement à angle droit et même à angle aigu et cela avec une parfaite régularité, comme un engrenage (fig. 18).
- M. Myard a remarqué que les blocs coudés ou « cavaliers » qui assurent la jonction des deux tambours mobiles montent et descendent dans leurs logements avec un véritable mouvement de louvoiement. Il devait donc être possible de les employer comme pistons sans graissage.
- La figure 19 montre comment cette conception a pu être réalisée pratiquement.
- Les deux axes OX et OX' des arbres a et a' sont concourants mais obliques ; l’arbre a est entraîné par le moteur tandis que a' tourne fou.
- Ces arbres portent deux barillets b et b' percés de trous cylindriques disposés en couronne, dans lesquels plongent les blocs coudés tels que d d! ; ces blocs coudés assurent la liaison rotative entre les deux barillets tout en engendrant de petits volumes d’aspiration à la partie supérieure de leur course circulaire.
- Cette aspiration suivie de refoulement se produit simultanément aux deux extrémités des blocs-pistons en sorte que l’on a en réalité deux pompes.
- On a donc prévu dans chaque flasque une lumière d’aspiration et une lumière de refoulement.
- A l’inverse du classique joint de Cardan, ce joint permet le renvoi à angle droit ou même aigu et avec une régularité parfaite (homo-cinétisme). La liaison est produite par des pièces coudées ou « cavaliers » C plongeant dans des trous cylindriques disposés en couronnes dans deux tambours T et T'. Le mouvement des cavaliers dans ces alésages est louvoyant (cf. fig. 19).
- au moins sous la forme d’une application voulue. Nous serons reconnaissants aux lecteurs qui voudraient bien nous en signaler de nouveaux exemples.
- Pierre Devaux,
- Ancien élève de l’École Polytechnique.
- Fig. 19. — Pompe à axes obliques et à mouvements « louvoyants », système Guinard-Myard.
- Les arbres a et a' sont concourants; l’arbre a' tourne fou, il est entraîné par les pistons plongeurs coudés (au nombre de huit dans ce modèle) tels que d d', qui plongent dans des alésages cylindriques percés en couronne dans deux barillets portés par les deux axes. Les pistons possèdent ainsi dans ces alésages un mouvement « louvoyant » (2° espèce) qui permet de fonctionner sans graissage; l’aspiration et le refoulement se produisent par les lumières en demi-lunes A et A' (IV). — I, coupe longitudinale; II, coupe d’un barillet; III, coupe du carter en plan, montrant la circulation du liquide; IV, coupe transversale du carter montrant les lumières. (D’après le Génie Civil.)
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- Nous arrêtons ici cet aperçu sur une question délicate mais curieuse et qui mérite d’être étudiée plus attentivement.
- Les mouvements louvoyants sont assez rares dans la mécanique, tout
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- LES PROTECTIONS CONTRE LA CORROSION
- La résistance à la corrosion des métaux a été améliorée, en ces dernières années, d’une façon très notable par les progrès de la métallurgie. Mais il reste encore nombre de conditions d’emploi où les qualités mécaniques, les facilités de travail, les prix ne s’accordent pas avec la résistance parfaite à la corrosion. C’est pourquoi on se préoccupe depuis longtemps de protéger, par des procédés très divers, les alliages et notamment ceux d’usage courant et de qualité moyenne contre les attaques des milieux avec lesquels on les met en contact. La protection, comme la corrosion, varie selon les métaux et les services auxquels on les destine. Un tuyau immergé en mer, d’autres soumis aux vapeurs acides ou aux solutions alcalines ou aux solvants des matières grasses ne peuvent être choisis ni traités de la même façon.
- Cependant, les principaux modes de protection se ramènent en gros, à trois catégories : protection électrolytique, protection chimique, protection par vernis et peintures.
- Nous donnerons un aperçu de ces trois modes de protection et nous nous arrêterons particulièrement sur les nouvelles formules de peintures au goudron et à l’aluminium qui marquent un très grand progrès, tout au moins en ce qui concerne les corrosions naturelles par l’air, l’eau douce et l’eau de mer.
- PROTECTION ÉLECTROLYTIQUE
- Ce procédé consiste en principe à recouvrir par élec-trolyse la pièce à protéger d’un métal peu attaquable. La pièce métallique qu’on désire recouvrir d’un dépôt électrolytique e.st plongée dans un bain constitué par une solution d’un sel du métal qu’on veut utiliser comme protection. On fait passer le courant, le sel se décompose et le métal de l’électrolyte se dépose sur la pièce qui joue le rôle de cathode.
- Il est évident qu’une technique particulière doit être observée pour chaque cas, mais nous ne nous étendrons pas ici sur les détails de l’étamage, du nickelage, du chromage, du cuivrage, du zingage, etc.
- Un des inconvénients de cette méthode consiste dans le fait que, pour les objets anguleux, le dépôt se forme d’une façon irrégulière. Les parties concaves sont susceptibles d’être privées du dépôt, alors que c’est justement dans les anfractuosités qu’il serait le plus nécessaire. Cependant on a remarqué qu’en prenant des solutions formées de sels spéciaux, les dépôts se forment, au moins dans une certaine mesure, non seulement sur les parties en saillie de la surface mais aussi dans les creux. Par exemple, le bain galvanoplastique de zinc formé en ajoutant de l’oxyde de zinc à une solution de cyanure de sodium et d’hydroxyde de sodium est bien supérieur à ce point de vue au bain constitué seulement de sulfate de zinc. Il en est de même pour le fer quand la solution électrolytique est formée par un cyanure au lieu de l’être par un sulfate neutre.
- Un facteur important intervient dans le choix du métal de recouvrement. Il faut connaître d’avance les
- places respectives dans la série des tensions électriques (x) du métal de base et de celui qui sert à le protéger car dès que les deux métaux sont mis en contact humide, par suite d’un accident d’emploi ou d’un défaut de recouvrement, une pile prend naissance qui entraîne la destruction du métal le moins noble et si c’est le métal de base qui a un potentiel inférieur à celui du métal de recouvrement la destruction grâce à la grandeur de l’anode (métal de recouvrement) pourra entraîner des destructions extrêmement graves et très rapides. Ainsi, par exemple, quand on recouvre du fer par du zinc, une pile prend naissance dès que les deux métaux sont en contact humide, c’est-à-dire dès qu’il apparaît une porosité ou un défaut de recouvrement. Ceci n’amène pas la destruction du fer, car il se trouve au-dessus du zinc dans la série des tensions et c’est ce dernier qui va être détruit, le fer restant intact. L’effet inverse aura lieu si l’on utilise le nickel ou l’étain, métaux plus nobles que le fer; l’attaque du fer sera accélérée par la mise à nu du métal sous-jacent; dans ce cas il faut éviter toute discontinuité de la couche protectrice, tandis que dans le premier cas les conséquences d’une telle discontinuité ne présentent pas d’inconvénients immédiats.
- Parmi les dépôts électrolytiques les plus usités se trouvent le cuivre, le laiton, le cadmium, le zinc, le nickel et le chrome.
- Le cuivrage joue rarement, à proprement parler, le rôle d’une protection; il n’est jamais employé seul mais on utilise des dépôts de cuivre pour former des sous-couches nécessaires à d’autres recouvrements, notamment au chromage.
- Le laitonnage n’intervient pas, pour ainsi dire, dans la protection des métaux contre la corrosion, c’est un recouvrement utilisé en général dans les buts décoratifs.
- Le cadmiumage semble appelé à jouer un rôh dans la protection des métaux; c’est un procédé relativement nouveau qui ne date que de dix ans environ. Le défaut de cette proteclion provient de ce que le dépôt de cadmium est très mou et peut se rayer à l’ongle; cet inconvénient limite l’emploi du cadmiumage aux objets qui ne subissent aucun frottement.
- La technique du zingage, malgré les grands progrès faits par l’industrie dans ces dernières années, est encore assez mal connue; comme nous l’avons signalé en passant, il est nécessaire d’opérer avec des bains électrolytiques basiques, car les bains acides possèdent un pouvoir pénétrant très faible et ne peuvent être appliqués qu’aux objets lisses et polis.
- Le nickelage est un des procédés de protection les mieux connus et les plus utilisés. Il suffit de signaler que 6 pour 100 de la consommation totale du nickel sont employés pour la galvanoplastie. L’obtention d’un bon dépôt nécessite quelques précautions indispensables; ainsi le métal avant le recouvrement doit être parfaitement propre et débarrassé de toute trace d’oxyde ; si l’on n’effectue pas un bon nettoyage, la couche de nickel déposée par électrolyse s’en va par morceaux à l’usage.
- 1. Voir La Nature, 15 juin et 15 juillet 1935.
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- Une autre condition indispensable pour l’obtention d’une bonne couche protectrice est le pH du bain d’électrolyse; ce n’est qu’aux pH compris entre 5, 7 et 6, 8 que le dépôt se forme régulièrement et adhère; en dehors de ces limites l’électrolyse s’effectue mal et on observe des défauts de recouvrement.
- Le chromage constitue une parfaite protection contre la corrosion en général et surtout contre l’attaque marine. Le chromage malgré ses qualités n’est pas encore très répandu car il reste assez coûteux. Ceci provient du fait que le chrome ne se dépose pas directement sur les aciers et qu’il faut réaliser auparavant une sous-couche de cuivre ou de nickel. D’autre part, l’électrolyse du chrome est une opération très délicate, des montages spéciaux sont nécessaires pour chaque forme d’objet, ce qui entraîne une augmentation du prix de revient. Il est probable que dans peu de temps, la technique opératoire une fois bien mise au point, le chromage deviendra un rival sérieux du nickelage, car sa protection est encore meilleure.
- PROTECTION CHIMIQUE
- Parmi les différents moyens de protection chimique, on peut noter surtout quatre groupes différents dont le principe est nettement distinct. Ces quatre groupes sont : la protection par les métaux fondus, la protection par les métaux en poudre, la protection par oxydation superficielle et enfin la protection par pulvérisation métallique.
- Protection par les métaux fondus. — Les objets sont plongés dans un bain de métal fondu qui les recouvre d’une mince couche adhérente. Parmi les métaux qui sont destinés à former une couche protectrice, on emploie le plus souvent le zinc, le plomb et l’étain. L’étamage bien que donnant de bons résultats est très coûteux; il est réservé aux ustensiles de cuisine. Le plombage est assez répandu; toutefois il faut éviter de l’effectuer sur du fer, car le plomb accélère la corrosion du fer lors d’un contact électrolytique. Le zingage, par contre, est très employé et le fer se recouvre rapidement d’une couche de zinc adhérente et homogène très bonne protectrice.
- Protection par les métaux en poudre. — Ce
- deuxième procédé de protection comprend plusieurs modes différents.
- La shérardisation consiste à recouvrir le fer de zinc (c’est un procédé qui utilise surtout le zinc comme métal de protection) en enrobant les objets d’une poudre de zinc fortement tassée dans des cylindres que l’on chauffe à 250° ou 400°.
- La calorisation consiste à recouvrir les objets de fer d’une couche d’aluminium. Les objets enrobés dans un mélange de poudre d’aluminium et d’alumine en quantités approximativement égales sont chauffés à 800°-1000°, pendant plusieurs heures. Il arrive que la pellicule d’aluminium ainsi formée tend à se détacher par les chocs et le fer s’attaque alors violemment.
- La chromisation consiste à chauffer les objets en fer dans un mélange de chrome en poudre et d’alumine, dans l’hydrogène sec, à 1300-1400°. La couche d’alliage
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- de fer et de chrome à la surface procure une très bonne résistance à l’attaque marine. Une variante de cette méthode est le remplacement du mélange indiqué par une poudre de ferro-chrome additionné de chrome.
- Protection par pulvérisation métallique ou schoopage. — La pulvérisation métallique ou schoopage réalise une pulvérisation du métal à l’état fondu sur la surface à protéger. Cette pulvérisation s’effectue à l’aide d’un pistolet comme pour la peinture. Cette façon d’opérer a l’avantage de couvrir commodément des pièces de grandes dimensions et de forme quelconque. Ce procédé permet même de métalliser n’importe quelle substance, même combustible. On pulvérise surtout du zinc et l’on réalise ainsi de très bons revêtements; malheureusement son prix quelque peu élevé en limite l’emploi.
- Protection par oxydation superficielle. — L’oxydation superficielle est appliquée de deux façons.
- Dans la passivation anodique, on dépose par électrolyse une couche d’oxyde très adhérente qui protège le métal superficiellement. Malheureusement cette couche n’a aucune résistance mécanique et peut être facilement abîmée, ce qui ne permet pas son emploi dans le cas de pièces destinées à subir des frottements ou des déformations. Par contre, cette couche constitue une excellente base d’accrochage pour les peintures.
- Dans la protalisation, utilisable uniquement pour l’aluminium, on dépose sur la surface à protéger des oxydes métalliques de métaux lourds tels que vanadium, molybdène, tungstène, titane, uranium, chrome. Ces couches protectrices sont, comme dans le premier cas, surtout utilisées comme bases d’accrochage des peintures.
- Cet aperçu rapide des modes de protection chimique les plus employés montre la diversité des méthodes dont on dispose aujourd’hui. Leur variété tient à la multiplicité des conditions dans lesquelles les métaux seront mis en œuvre. Tel procédé remarquablement efficace dans un cas ne l’est plus du tout dans un autre et l’on commence seulement à fixer par expérience les choix à faire dans chaque cas. On verra plus loin qu’il en est de même pour les peintures.
- PROTECTION PAR LES PEINTURES
- Dans le cas d’une couche protectrice déposée par un moyen électrolytique ou chimique, celle-ci risque d’être discontinue, notamment dans les fentes et les anfractuosités, justement là où le métal a le plus besoin d’être protégé. Si l’on emploie un liquide plus ou moins visqueux, il pénétrera mieux dans les crevasses et les fissures. Les peintures et les vernis présentent à cet égard des avantages considérables, mais il faut qu’ils soient durables, qu’ils ne s’altèrent pas et ne craquellent pas. Leur pellicule doit sécher rapidement, être adhérente, rester souple et élastique. Tous ne répondent pas également à ces desiderata. Ainsi les peintures à l’huile de lin ne sont pas imperméables à l’humidité et sont fortement attaquées par l’eau chaude, les acides et les alcalis; les peintures cellulosiques sont facilement inflammables, ce qui conduit à réduire au minimum leur emploi à bord
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- des navires et des avions ; les peintures à base de gommes synthétiques augmentent le poids des pièces protégées, etc.
- Aux peintures anti-rouille classiques, à base de minium de plomb ou de fer, broyé dans l’huile de lin, sont venues s’ajouter d’innombrables compositions dont la liste s’accroît tous les jours avec les progrès de la chimie industrielle. Nous ne lés énumérerons ni ne les classerons ici, et nous dirons seulement quelques mots des produits qui, à l’expérience et à l’usage, se sont révélés comme plus particulièrement intéressants.
- L’antique coaltar, les goudrons épais qui ne séchaient jamais mais protégeaient fort bien, ont trouvé une nouvelle faveur sous forme de peintures aux brais d’usines à gaz ou de cokeries. Les nouvelles formules ont été d’abord mises au point par MM. Aubert et Pignot; assez fluides pour être appliqués au pistolet, assez rectifiés pour sécher rapidement, ils sont de mieux en mieux appréciés pour les usages industriels.
- L’emploi du goudron comme moyen de protection des bois est connu, à la vérité, depuis l’arche de Noé et on l’emploie sur le fer depuis le début du xixe siècle, exactement depuis que les usines à gaz rejettent le goudron comme un sous-produit de leur fabrication. La marine emploie le goudron en grosses quantités pour la protection des coques en bois et en métal; on utilise aussi le goudron pour la protection des poteaux, des palissades, etc., mais jusqu’à présent l’emploi du goudron n’avait jamais été envisagé en dehors des matériaux assez grossiers, malgré ses qualités protectrices très appréciables. Ceci tient essentiellement à ce que le goudron brut craquelle au séchage ou, ce qui arrive le plus souvent, ne sèche pas du tout et reste poisseux.
- En se basant sur les qualités de protection exceptionnelles du goudron, des recherches furent entreprises pour réaliser un vernis à base de brai, répondant aux exigences suivantes :
- Être peu coûteux;
- Sécher rapidement et n’émettre en séchant aucune vapeur toxique;
- Conserver après le séchage une élasticité suffisante pour suivre les légères déformations des pièces sans craqueler ;
- Rester adhérent aux pièces, ne pas couler, ne pas devenir cassant, même sous l’action prolongée d’une élévation de température pouvant atteindre 70°;
- Etre imperméable à l’eau;
- Ne pas se dissoudre rapidement dans les essences et les huiles de graissage;
- Remplir son rôle protecteur sous faible épaisseur.
- Trois sortes de vernis répondant à ces exigences ont été élaborées par MM. Aubert et Pignot qui en donnent les formules suivantes :
- I II III
- Brai 65 % Brai 65 % , Brai 55 %
- Phénol 5 % Pyridine 5 % , Huile d’an-
- thracène 10 %
- Benzine 30 % Benzine 30 % , Benzine 25 %
- De nombreuses autres variantes ont vu depuis le jour. Ces vernis n’attaquent ni le fer ni les alliages légers.
- Leur pouvoir couvrant, leur pouvoir de protection les rendent de beaucoup supérieurs aux peintures communément employées jusqu’ici.
- Les essais de ces nouvelles matières répétés pendant plusieurs années en comparaison avec différentes sortes de peintures aussi bien à la mer qu’en eau douce et à l’air ont donné des résultats concordants et satisfaisants.
- Une restriction doit être faite : ces vernis ne peuvent être employés tel quels pour la protection du plomb qui est attaqué par le phénol. Dans ce cas, il faut utiliser des vernis à base de pyridine ou d’huile d’anthracène en ayant soin de déphénoler totalement les produits qui entrent dans la composition de la peinture.
- Le seul reproche qu’on puisse faire à ces vernis est leur couleur noire qui limite, dans certains cas, leur emploi. Cette dernière difficulté a été vaincue par un artifice dont l’initiative revient aux mêmes auteurs. Ils ont proposé de recouvrir la peinture noire au brai, avant son séchage complet, par une poudre d’aluminium.
- La technique de cette opération a été mise définitivement au point à l’Office national des Recherches et Inventions sous la direction de M. Vila qui a pu obtenir une pellicule d’aspect métallique blanc d’argent. Cette pellicule durcit très rapidement, ne poudre pas au frottement de la main et rien ne laisse supposer la présence sous-jacente du brai si ce n’est une légère odeur qui s’en va avec le temps.
- Cette peinture peut se préparer au moment de l’emploi en mélangeant pendant quelques minutes la poudre d’aluminium dans le diluant et en ajoutant le tout au goudron. Après homogénéisation, la préparation est prête et on l’applique de préférence au pistolet. Ou encore on peut recouvrir la première couche au brai d’une deuxième à l’aluminium. On cherche même en ce moment à varier la gamme des couleurs par incorporation d’autres pigments.
- Il est à remarquer que l’addition de poudre d’aluminium augmente encore le pouvoir protecteur, contre la corrosion, des peintures au brai, ce qui les rend en même temps plus précieuses.
- La caractéristique de ces peintures est une grande résistance aux agents corrosifs et un haut pouvoir couvrant. Les peintures anti-rouille ordinaires ne possèdent pas cette couleur agréable de blanc métallique qui permet d’en étendre l’emploi aux usages interdits aux peintures noires et en particulier au goudron. Enfin cette peinture sèche très vite (deux ou trois heures) et elle peut revêtir les supports les plus variés : métaux, bois, plâtre, pierre, etc. Avec une simple couche au pistolet on obtient des protections très résistantes. En plus le prix relativement faible de ces peintures est à signaler.
- Si nous avons parlé de ces nouvelles peintures avec quelques détails c’est que les essais comparatifs effectués au Service des Recherches de l’Aéronautique et à l’Office national des Recherches et Inventions ont permis de constater qu’elles offrent une résistance remarquable à l’action des agents atmosphériques et de l’eau de mer et que leur emploi commence à se généraliser.
- Nathalie Goldowski, Docteur de l’Université de Paris.
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- L’ÉQUIPEMENT RADIOÉLECTRIQUE DU PAQUEBOT “ NORMANDIE ”
- Le paquebot « Normandie », si remarquable par sa construction, ses machines motrices et son aménagement, ne l’est pas moins par les installations radioélectriques dont il est muni.
- Ses passagers disposent de communications téléphoniques directes avec la France, ces communications passent par les bureaux téléphoniques ordinaires. Notons, d’ailleurs, que la taxe varie de 225 à 450 francs.
- Le premier voyage du plus grand et plus rapide paquebot du monde a été marqué par un véritable record du trafic radio-télégraphique, qui a dépassé 120 000 mots !
- D’autre part, des émissions de radio-reportage ont eu lieu quotidiennement à l’intention des auditeurs français; ces émissions étaient envoyées sur diverses ondes courtes comprises entre 22 et 68 m; elles étaient reçues à Coi-gnières (Seine-et-Oise), d’où elles étaient relayées par fil jusqu’aux services de la radiodiffusion d’Etat, par l’intermédiaire du centre répartiteur. Ce dernier en assurait la distribution aux diverses stations émettrices du réseau d’État qui en effectuaient, enfin, la radiodiffusion.
- L’INSTALLATION RADIO-ÉLECTRIQUE DU PAQUEBOT « NORMANDIE »
- L’équipement radio-électrique de la Normandie comporte des ensembles radio-télégraphiques et radio-téléphoniques destinés à l’écoulement du trafic commercial, et des ensembles radio-télégraphiques destinés aux communications d’ordre plus spécialement maritime.
- Les installations commerciales sont réunies dans une cabine dite cabine commerciale. Pour les émissions radio-télégraphiques elles disposent tout d’abord d’un émetteur d'ondes courtes à ondes entretenues pures et modulées, d’une puissance de 2 à 2,5 kw pouvant émettre de 15 à 120 m de longueur d’onde, avec 10 longueurs d’onde différentes (fig. 1 et 2).
- Un deuxième émetteur d'ondes longues a une puissance de 1 kw antenne, et six longueurs d’onde sont disponibles dans la gamme de 2000 à 2400 m.
- Enfin, un émetteur d'ondes moyennes, d’une puissance de 600 w antenne, permet l’émission sur 7 longueurs d’onde différentes entre 600 et 800 m. Ce dernier appareil peut fonctionner sur accumulateur de secours, dans le cas de panne du courant du bord.
- La table de manipulation supporte un récepteur radio-télégraphique sur ondes courtes de 13 à 250 m, un récepteur sur ondes moyennes de 350 à 5000 m pouvant fonctionner sur accumulateurs, et, enfin, un ensemble de récep-
- Fig. 2. — On
- Fig. 1. — La cabine radiotélégraphique de la Normandie.
- tion de presse duplex travaillant sur des ondes très longues. En dehors !de ces installations télégraphiques, un ensemble d’appareils complets est réservé aux communications radio-téléphoniques sur ondes courtes et permet les conversations téléphoniques entre passagers et abonnés des réseaux téléphoniques français, anglais et américains.
- L’émetteur a une puissance-antenne de 1 kw à 1,5 kw et peut émettre sur 8 ondes différentes dans la gamme de 17 à 70 m. Un récepteur spécial pour la gamme de 14 à 80 m, réservé à ce trafic, est placé dans une cabine
- L’ensemble émetteur radiotélégraphique principal de la cabine commerciale, se rend compte de son importance. (Sté française radioélectrique.)
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- faradisée indépendante de la cabine commerciale, et, enfin, un dispositif d’exploitation permet à l’opérateur de donner les communications aux passagers.
- La cabine de passerelle contient les appareils destinés plus spécialement au trafic maritime. Elle dispose d’un poste émetteur de 500 w sur la gamme de 600 à 2400 m, d’un récepteur d’ondes courtes, d’un récepteur d’ondes longues, d’un radio-goniomètre à grande sélectivité et d’un sondeur par ultra-sons dans la chambre des cartes. Il faut signaler, en outre, l’équipement radio-électrique de deux embarcations de sauvetage, à moteur, avec un ensemble émetteur-récepteur de 150 w à ondes amorties de secours, alimenté par batterie d’accumulateurs.
- Pour juger de l’importance de cette installation, il suffit de préciser que le poids total des appareils est de l’ordre de 16 tonnes et que l’alimentation totale de l’ensemble des émetteurs absorbe une énergie supérieure à 25 kw.
- Fig. 3. — L'équipement sonore de la Normandie. Haut-parleurs sur le sundeck (appareils Philips).
- L’ÉQUIPEMENT SONORE DE LA « NORMANDIE »
- L’équipement émetteur et récepteur d’ondes hertziennes radio-télégraphiques et radio-téléphoniques du paquebot est complété par tout un réseau de sonorisation qui permet de distribuer les communications microphoniques ou radiophoniques et les reproductions phonographiques dans toutes les parties du navire. Cette installation comporte 7 microphones et 74 haut-parleurs. Ces derniers sont dissimulés dans les différentes parois, tandis que les haut-parleurs extérieurs et ceux des différentes promenades sont placés dans des boîtiers métalliques les protégeant contre toutes les intempéries (fig. 3).
- Le système comporte ainsi deux parties distinctes : une première installation amplificatrice pour modulation locale et une deuxième pour diffuser les émissions extérieures.
- La première comprend 5 microphones servant à la retransmission des offices célébrés dans la chapelle du navire, ainsi que des pièces de théâtre qui sont jouées dans la salle de spectacle et assurant la diffusion des
- concerts et des discours depuis le grand salon des l‘es classes. Des installations analogues existent dans la salle à manger principale, et dans la salle à manger auxiliaire; on peut également transmettre la musique de danse jouée dans le café grill-room.
- D’autre part, un microphone placé au poste central peut donner immédiatement les indications de service utiles aux passagers ; un autre est placé dans la timonerie et peut être directement commandé de la passerelle par le commandant ou l’officier du bord.
- Un tourne-disques à deux plateaux montés sur une suspension à la cardan, peut être relié immédiatement à l’amplificateur de puissance.
- Les haut-parleurs sont généralement munis de potentiomètres disposés à proximité. Ces potentiomètres servent à régler l’intensité sonore suivant le désir des passagers.
- Un jeu de clefs permet d’obtenir de nombreuses combinaisons microphoniques des haut-parleurs. On peut ainsi assurer la retransmission dans les salons et fumoirs de la classe touriste et des 3e8 classes, des concerts, discours ou pièces de théâtre émis dans les autres parties du navire tout en continuant, dans le reste du paquebot, la diffusion de musique enregistrée. La longueur totale des canalisations électriques de l’installation amplificatrice est de 10 000 m environ.
- L’installation de diffusion pour la transmission extérieure par T. S. F. des concerts, conférences et représentations donnés à bord de la « Normandie » comporte, d’autre part, 5 microphones agissant sur les appareils d’émission du paquebot; ces microphones sont reliés à l’étage basse fréquence par l’intermédiaire d’un petit amplificateur à consommation minime.
- La salle de spectacles, enfin, est équipée au moyen d’un projecteur cinématographique sonore fonctionnant par transparence derrière l’écran. Ajoutons que le navire possède un réseau téléphonique ordinaire et un réseau de sécurité extrêmement important (fig. 4).
- Le standard téléphonique de sécurité ne comprend pas moins de 120 lignes ordinaires d’abonnés et de
- 10 lignes reliées au standard d’état-major et des passagers; 15 postes muraux ordinaires avec timbres et 87 avec signal d’appel lumineux sont employés pour ce réseau.
- Le système de détection contre l’incendie fournit automatiquement des indications sur la naissance ou l’existence d’un incendie dans toutes les parties du navire. Il comporte des détecteurs dans chaque cabine, des tableaux de signalisation locaux et un panneau général de signalisation ou « central » de sécurité. Il n’y a pas moins de 1077 circuits de détecteurs de cabines.
- UNE NOUVELLE STATION RADIO-MARITIME FRANÇAISE
- Pour assurer les communications dans de bonnes conditions-entre les navires en mer et le réseau terrestre,
- 11 est nécessaire d’établir des stations terrestres spécialisées consacrées aux communications à grande portée avec les navires en mer.
- Ces stations doivent posséder une puissance suffisante
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- du côté émission et une grande sensibilité du côté réception; elles doivent, de plus, pour éviter la congestion du trafic, assurer plusieurs communications simultanées. On est donc obligé d’effectuer un « multiplage » tant à la réception qu’à l’émission.
- La France possédait depuis longtemps plusieurs stations côtières radio-télégraphiques telles que Boulogne, Dunkerque, Ouessant, Bordeaux, Ste-Marie-de-la-Mer, etc. Cependant la nouvelle station radio-maritime de St-Nazaire, ouverte récemment par l’Administration française des P. T. T., permettra des liaisons à grande portée plus faciles.
- Son trafic est très intéressant, en ce sens que les conditions d’exploitation sont très variables; il faut tenir compte du changement de correspondant, des variations de propagation, des brouillages, etc.
- La station, dite aussi « Station de l’Ouest », comporte actuellement un centre d’émission à Sévérac, dans la Loire-Inférieure, à 10 km au sud de Redon; le centre de réception est organisé à Donges à 25 km environ du centre émetteur et à 13 km au nord-est de St-Nazaire.
- Le poste émetteur est contrôlé à distance depuis le « central » de Donges, au moyen d’un câble souterrain et d’installations télémécaniques.
- Actuellement, les émissions sont effectuées uniquement sur ondes longues et en télégraphie, sur la gamme de 1900 à 3000 m; la station reçoit, d’autre part, les appels sur ondes longues ou sur ondes courtes; on a même pu réaliser les liaisons duplex sur la même longueur d’onde,
- Fig. 4. — Le central de sécurité sur la Normandie.
- On voit en avant, à gauche, le central téléphonique de sécurité. (Matériel L. M. T.)
- ce qui assure l’émission et la réception sur 2100 m.
- Cette nouvelle station, très moderne, et qui est encore en voie de perfectionnement, fait honneur aux techniciens des P. T. T. et donne à la France une place honorable dans le monde pour les communications radio-télégraphiques à grande distance avec les navires en mer.
- P. H.
- LES ALCOOLS SUPERIEURS
- Sous le nom d’alcool, le profane comprend généralement des composés chimiques, plus ou moins purs, obtenus par la distillation de liquides fermentés. Le chimiste, lui, désigne sous ce vocable, d’une manière plus générale, une série de composés organiques, dérivés des hydrocarbures par substitution à un atome d’hydrogène d’un groupe oxhydryle composé d’un atome d’oxy-' gène joint à un atome d’hydrogène. Parmi ces corps, les premiers termes de la série, de poids moléculaire relativement faible, les alcools méthylique, éthylique, propylique, butylique et amylique sont à peu près les seuls connus qui aient trouvé une utilisation industrielle. Au delà d’une teneur de six atomes de carbone, les alcools, jusqu’à présent, n’avaient pu que très rarement servir de matières premières pour l’industrie chimique.
- Ce fait est dû vraisemblablement à l’inexistence d’une méthode permettant de produire ces alcools à haute molécule, en quantités suffisantes, à des prix qui en permettent l’emploi.
- Les termes immédiatement supérieurs contenant respectivement sept, huit, neuf, dix et onze atomes de carbone existent, il est vrai, sous forme d’éthers-sels dans les huiles essentielles employées en parfumerie. On n’a pu pratiquement les isoler de manière à les utiliser industriellement.
- L’alcool à seize atomes de carbone se trouve à l’état d’éther-sel de l’acide palmitique dans le blanc de baleine. On a pu le séparer par des procédés compliqués, mais avec un rendement très faible, pour servir à la fabrication de produits cosmétiques.
- La plupart des cires, à points de fusion élevés, contiennent également des alcools d’une structure moléculaire de plus en plus compliquée, en combinaison avec des acides gras supérieurs. Mais les termes intermédiaires de la série, l’alcool laurique ou dodécylique, l’alcool myristique ou tétradécylique notamment, restaient pratiquement ignorés de la technologie.
- Les procédés de préparation de ces alcools supérieurs, à partir des produits naturels, notamment par fractionnement sous vide, après saponification sous pression, sont encore de rendement insuffisant, surtout au point de vue de la pureté, encore que ces méthodes aient été très perfectionnées. La méthode de Bouveault et Bjlanc qui consiste dans la réduction des éthers-sels ou des acides gras au moyen de sodium et d’alcool éthylique, n’a guère dépassé les limites du laboratoire.
- Cependant, on pouvait penser que l’augtnentation de poids moléculaire des alcools devait modifier les caractères physiques et chimiques de ces corps dans le sens d’une augmentation de la densité, du point d’ébullition, du
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- point de fusion, de la consistance et d’une diminution de la solubilité dans l’eau. Comme à chaque terme de la série des hydrocarbures devait correspondre théoriquement un terme hydroxylé, intermédiaire entre l’hydrocarbure et l’acide gras, c’est-à-dire un alcool, on pouvait concevoir une série de corps allant progressivement de l’état fluide à l’état visqueux et à l’état solide. De même que les hydrocarbures, au fur et à mesure qu’ils s’élèvent dans la complication moléculaire, se présentent sous forme de fluides très mobiles comme l’essence, d’huiles visqueuses, et de cires paraffineuses solides et même très dures, les alcools gras doivent donner des graduations parallèles.
- La présence dans la molécule du groupe oxhydryle confère aux alcools la faculté de se dissoudre ou de se disperser facilement dans les milieux fluides. Par l’allongement de la chaîne carbonique, les termes supérieurs se rapprochent de plus en plus du caractère des corps gras, si bien que les dissolutions prendront la forme de dispersions colloïdales typiques ou d’émulsions qui doit les désigner pour de nombreuses applications industrielles. On utilisera cette propriété dans tous les cas où l’on recherche l’état colloïdal de combinaisons complexes à haute molécule, comme dans l’industrie des lubrifiants, des textiles, du caoutchouc, des savons, du cuir, etc.
- La production industrielle de ces alcools supérieurs est la réalisation d’une découverte d’inspiration française, basée en première ligne sur-les travaux de Sabatier relatifs à la catalyse. A la suite de longues recherches, le Dr Schrauth, de Berlin, est parvenu à mettre au point la réduction catalytique industrielle des acides gras et des huiles qui les contiennent, dans des conditions très avantageuses de rendement et de prix. La réduction s’opère au-dessus de 300°, sous une pression d’au moins 250 atmosphères. On rie connaît pas les détails techniques de cette fabrication, mais déjà un certain nombre d’alcools supérieurs ainsi obtenus sont sur le marché et ont donné lieu à des applications industrielles très intéressantes. La réduction catalytique ou le passage de la fonction acide à la fonction alcool a été réalisée surtout sur les esters naturels glycériques des huiles animales ou végétales, des cires naturelles ou des acides gras qu’on en retire. On a obtenu de cette manière, à des prix relativement peu élevés, toute une série de matières premières nouvelles dont l’introduction dans la technologie chimique va permettre de résoudre un certain nombre de problèmes intéressants.
- Le premier problème posé était le remplacement des savons. On sait que les savons, constitués chimiquement par des sels sodiques ou potassiques d’acides gras, jouent, depuis des siècles, le principal rôle dans toutes les opérations, ménagères ou industrielles, de lavage, de nettoyage, de dégraissage. Leur action est due à leurs excellentes qualités de mouillage, d’émulsification et d’adoucissage. Cependant, à côté de ces avantages incontestables, se trouvent des inconvénients assez graves. C’est principalement la résistance insuffisante aux acides, aux sels, et aux agents de calcification. Dans les eaux dures ou salines, les savons forment, avec la chaux ou la magnésie, des sels d’acides gras, insolubles, visqueux, susceptibles
- d’encrasser au lieu de nettoyer. D’autre part, en solution dans l’eau, les savons sont partiellement décomposés par suite du phénomène d’hydrolyse et mettent en liberté des alcalis caustiques dont l’action, en certains cas, peut être néfaste.
- En traitant les alcools gras supérieurs de poids moléculaire moyen par l’acide sulfurique concentré ou l’acide chlorosulfonique, dans diverses conditions, on obtient des éthers sulfuriques dont les sels sodiques possèdent de précieuses qualités détergentes, émulsifiantes et mouillantes. Par suite de la liaison directe du soufre du groupe sulfonique au carbone de la chaîne principale, ces composés résistent à tous les agents d’hydrolyse, de sorte qu’ils peuvent être employés sans risque de décomposition, même en bains fortement acides. Ne possédant plus, dans la molécule, de groupe carboxylique, ils forment des sels solubles de chaux et de magnésie, ce qui en recommande l’emploi en remplacement des savons avec les eaux les plus dures, même avec l’eau de mer.
- Les propriétés de ces sulfonates d’alcools gras varient avec la longueur de la chaîne de carbone, si bien qu’il est possible, par un choix judicieux et des mélanges appropriés, de former des combinaisons qui répondent aux exigences les plus diverses. Cette qualité a donné lieu à la préparation de nombreux produits qui trouvent leurs applications dans toutes les branches de l’industrie textile.
- Une propriété essentielle des alcools gras supérieurs synthétiques est la facilité qu’ils présentent de former des émulsions stables ou des dispersions quand on les chauffe avec de l’eau en présence de savons ou de sulfosels, ou qu’on les dissout dans des solvants solubles dans l’eau. On obtient des pâtes plus ou moins consistantes qui peuvent absorber de grandes quantités d’eau, pour former des émulsions utilisables en tannerie, en parfumerie ou dans l’industrie textile. ^
- Ces mélanges d’alcools gras supérieurs et de savons ou de sulfosels absorbent également de grandes quantités d’hydrocarbures et les émulsifient pour donner des produits qui joignent aux qualités de détergents les propriétés de solvants; ils trouvent leur emploi dans toutes les opérations de dégraissage.
- En combinant ces alcools, notamment l’alcool correspondant à la stéarine, avec des hydrocarbures solides comme les paraffines, on obtient, par suspension dans l’eau, des émulsions utilisables dans les opérations d’imperméabilisation, d’adoucissage ou d’apprêt.
- Si on applique la méthode aux huiles minérales lubrifiantes, on peut résoudre une quantité de problèmes relatifs aux huiles dites solubles employées dans la métallurgie, pour le travail des machines-outils, le décolletage, le forage, etc.
- En traitant les huiles de poissons, on obtient des dégras, des émulsions grasses pour la nourriture et l’assouplissage des cuirs.
- En raison de leur caractère basique, les alcools supérieurs peuvent se combiner avec tous les acides organiques pour donner des éthers-sels de propriétés et d’applications très variées.
- Ainsi, à partir du sulfure de carbone, on peut préparer
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- des xanthogénates d’alcools supérieurs dont le mélange à la viscose ou xanthogénate de cellulose peut donner, après décomposition, des filaments qui se rapprochent fortement de la soie naturelle.
- Les éthers-sels d’acides organiques inférieurs, acétique, propionique, butyrique, peuvent servir de plastifiants dans les vernis nitro-cellulosiques et acéto-cellulosiques.
- En combinant les alcools supérieurs à grandes chaînes carboniques avec les acides gras correspondants, on arrive à reconstituer à volonté, par synthèse, des cires de points de fusion très élevés, susceptibles de se substituer aux cires de carnauba, de lignite et même d’abeilles.
- Par action de l’acide chlorhydrique, en présence de catalyseurs, on peut obtenir des chlorures d’alcools gras, servant de solvants, dépourvus d’odeur et d’un pouvoir détergent considérable.
- Par déshydrogénation catalytique, il est possible de passer des alcools aux aldéhydes, ce qui permet d’entrevoir la création d’une série de produits peu coûteux pour la parfumerie.
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- Enfin, la science thérapeutique est susceptible d’utiliser les propriétés de ces nouveaux produits. En pratiquant l’estérification des alcools supérieurs par des acides ou oxyacides à effets thérapeutiques, tels que l’acide salicylique, on obtiendra des composés dont l’usage peut être très intéressant dans le domaine pharmaceutique.
- Le champ ouvert à la sagacité des chercheurs par la création de ces alcools supérieurs de synthèse, semble illimité.
- Un certain nombre d’industries y ont trouvé déjà d’importantes applications. Il est permis d’entrevoir pour beaucoup d’autres, des développements techniques dont la méthode est à peine esquissée à l’heure actuelle. C’est ainsi que d’une conception ou d’une découverte paraissant à première vue purement théorique, peuvent découler des conséquences pratiques dont la portée ou l’ampleur semblent incalculables.
- Ern. Schmidt, Docteur ès sciences.
- LA DENTURE DES INDIGENES DE L AFRIQUE CENTRALE
- Bien des personnes affirment que la denture des populations primitives du globe est supérieure à la nôtre. Mais le fait a-t-il été contrôlé ? N’obéit-on pas en cela comme en beaucoup d’autres choses à un vague sentimentalisme à la J.-J. Rousseau ?
- Faisons remarquer tout de suite que l’on possède bien peu de renseignements exacts à ce propos, les statistiques sérieuses faisant défaut jusqu’à ce jour. Aussi, suivant les uns, la denture des indigènes est-elle nettement supérieure à celle des Européens, tandis que d’autres soutiennent, non sans raison, qu’il existe chez le Noir comme chez nous de nombreux cas de caries et que les vieillards ont également de larges surfaces de mastication complètement dépourvues de la moindre dent.
- Dans une conférence donnée en juin 1935 à l’Institut de médecine tropicale d’Anvers, le Dr Jadin constatait que les Pygmées, dans l’Ituri notamment, ont une fort mauvaise denture, les caries étant fréquentes et souvent nombreuses chez un même individu.
- Pour les autres Noirs, ce praticien est cependant d’avis que la denture, en règle générale, est meilleure que chez bon nombre d’Européens.
- Et, cherchant la raison de cet état sanitaire buccal avantageux, il émet les considérations suivantes :
- a) Le nègre ayant une alimentation plus frugale que nous, mangeant beaucoup moins de sucre, ayant une ration riche en féculents et pauvre en matières albuminoïdes, se trouve ainsi de par son régime dans d’excellentes conditions au point de vue dentaire. En outre, la consommation de boissons et d’aliments chauds étant moins fréquente que chez
- le blanc, facilite grandement la conservation de l’appareil masticateur dans son intégrité primitive.
- b) Laissant de côté les pratiques étranges du limage des dents, etc..., le Dr Jadin constate que beaucoup de Noirs pratiquent une hygiène dentaire rationnelle : rinçage de la bouche à l’eau fraîche avant et surtout après les repas, polissage des dents au moyen de petits bâtonnets de bois fibreux, légèrement dilacérés à une extrémité, et même un simple frottage de la denture à l’aide de l’index.
- c) Enfin, il y aurait aussi l’influence du calcaire dans la conservation des dents en rapport avec l’action catalytique de la vitamine D. On sait qu’il existe une relation étroite entre cette vitamine et la fixation dans les tissus osseux et dentaires du calcaire provenant des aliments.
- Le Dr Jadin constate que d’une façon générale les sols africains, et par conséquent les végétaux, sont pauvres en calcaire, ce qui aurait pour résultat de nuire beaucoup à la conservation intégrale des dents. Mais l’irradiation profonde de la peau par les rayons ultra-violets du soleil entraînerait une formation exceptionnellement forte de vitamines D, ce qui aurait pour conséquence de fixer intensément les faibles doses de calcaire alimentaire, compensant ainsi la carence partielle de ce minéral.
- Telles sont les conclusions du Dr Jadin, comme l’on voit très favorables à la supériorité dentaire du Noir. Il serait cependant fort intéressant de voir des chercheurs recueillir sur ce sujet des données statistiques précises, afin d’en faire un travail d’ensemble qui ne manquerait pas d’être intéressant.
- G. Remacle.
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- LES CHEMINEES SARRASINES DE LA BRESSE
- La maison rurale française présente un intérêt ethnographique et pittoresque considérable que le grand public commence à découvrir, grâce au tourisme automobile. Bien plus, certains types comme le mas provençal, l’etche basque, la ferme normande, ont servi aux architectes de motifs d’inspiration pour la construction d’habitations modernes et de maisons de campagne.
- Mais il y a des types moins connus, davantage éloignés des lieux de passage et des centres de villégiatures, qui sont restés dans l’ombre et qui, cependant, ont un intérêt pittoresque aussi considérable.
- Parmi ceux-ci, nous citerons particulièrement les fermes de Bresse avec leurs cheminées sarrasines.
- La ferme bressane, par ses matériaux de construction (*) s’apparente aux maisons normandes ou alsaciennes.
- C’est une carcasse de bois, garnie de torchis, de clayonnage ou de briques; mais ce qui complète cet ensemble, c’est le mode archaïque et très original du système de chauffage consistant dans toutes les anciennes fermes en ce qu’on est convenu d’appeler la cheminée sarrasine, dénommée encore cheminée savoyarde, grande cheminée, et, nous verrons bientôt pourquoi, cheminée qui chauffe au large.
- La cheminée sarrasine se caractérise par deux éléments, tous deux fort originaux, le foyer chauffant au large, unique pour toute la maison, et la mitre décorée en forme de clocher ou de coupole qui donne à certaines fermes bressanes l’aspect d’une véritable chapelle.
- Le foyer chauffant au large tire son originalité du fait qu’au lieu d’être adossé au mur comme dans nos cheminées modernes, il est, comme chez les peuples primitifs.
- 1. C’est en somipe le type de constructions de tous les pays où le bois est en abondance et la pierre rare.
- placé au milieu de la pièce et qu’on peut en faire complètement le tour comme on le fait d’un feu de bivouac ou de camp.
- Aux veillées d’hiver, les bancs placés en carré autour de l’âtre, qui mesurait souvent 3 m 50 à 4 m de côté, l’entouraient entièrement et le feu était au milieu des veilleurs.
- Cette disposition constitue une très archaïque tradition de l’Europe primitive et probablement même de toute l’humanité. Les auteurs anciens nous apprennent que les Pélasges, auxquels on attribue les ouvrages cyclo-péens de l’antiquité grecque, avaient leurs foyers placés au centre de la maison. Les fouilles de Bulliot, qui découvrit les vestiges de Bibracte, nous signalent que le foyer central était aussi d’un usage général chez les Gaulois.
- Mais ce qui est plus curieux, c’est que ce type archaïque de chauffage s’est maintenu jusqu’à nous. L’éminent ethnographe suisse, M. Hoffmann Krayer, pensait, il y a dix ans, que le foyer central avait persisté seulement dans les pays de l’Europe méridionale, où le climat était doux et tempéré.
- Depuis ma première étude sur les cheminées sarrasines, qui date de 1924 (x), le problème posé a éveillé de nombreuses curiosités et, outre les cheminées de ce type, qu’on peut voir en Italie, en Suisse, en Serbie, en France et en Espagne, voire dans le Sud de l’Angleterre, déjà mentionnées par M. Hoffmann Krayer ou le Dr Schwab, on m’en signale en pleins pays nordiques, en Écosse, en Suède et en Norvège. Le Musée de Folklore d’Oslo en possède une reconstitution sous le nom de cheminée des Vikings (2).
- En France, le foyer central est encore en usage dans les hautes montagnes du Jura et des Alpes; des érudits en ont signalé quelques spécimens existant au xixe siècle dans le Morvan (3). M. Chapoy en a vu des traces dans le Barrois lorrain, Viollet-le-Duc, qui n’en connaît pas dans les habitations particulières, en mentionne des exemples dans des cuisines d’abbayes ou de châteaux, notamment à Fontevrault où une cheminée de ce type existe encore; un de mes correspondants alsaciens en a trouvé un magnifique spécimen dans un château d’Alsace (4), mais nul pays n’en possède une série semblable à celle de la Bresse, où il en subsiste encore plusieurs centaines et où, à la fin du xixe siècle, on pouvait encore les compter par milliers. On peut dire que, jusqu’au
- 1. Les cheminées sarrasines; étude d’ethnographie et d'archéologie bressane. Mâcon. Protat, 1924, in-8, 96 pages, 40 planches hors texte, et aussi du même auteur : L’habitation rustique au pays mâconnais, 1932, in-8°, ou L’Habitation paysanne en Bresse, Renaudier à Mâcon, 1935, in-8°.
- 2. Je dois ce document photographique, non reproduit ici, à M. Parmentier, professeur honoraire au Lycée de Mâcon, connu pour ses croisières dans les pays nordiques.
- 3. Notamment à Cronat (Saône-et-Loire).
- 4. Il s’agit du château de Dachstein près Molsheim (Bas-Rhin) : communication du Dr Dollinger, de Strasbourg.
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- xvixe siècle, il n’en existait pas d’autres dans ce pays où l’on semble en avoir bâti jusqu’à la Révolution, peut-être après.
- Nous avons trouvé des marchés pour la construction de ces curieux édifices aux xvne et xvme siècles, notamment dans la région de Romenay où l’on peut en voir encore quelques beaux spécimens.
- Cependant ce foyer central, quelle que soit son originalité, n’est pas ce qui est le plus frappant, voire même le plus pittoresque dans les cheminées sarrasines de la Bresse, car, pour nous, la particularité ethnique la plus curieuse des cheminées sarrasines, c’est la mitre extérieure qui surmontait toujours autrefois le foyer central et constituait l’aspect monumental et pittoresque tout particulier de la ferme bressane.
- Ces mitres ne sont pas du reste toutes semblables; il en existe une assez grande variété, depuis le type à
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- un nom populaire, mais plutôt un nom savant, surtout en usage dans la bourgeoisie, où il était, il est vrai, déjà courant au xvme siècle.
- Dans le langage paysan, on appelle maintenant ces cheminées des « cheminées qui chauffent au large », ou plus exactement des « cheminées chauffant à large » ou grandes cheminées.
- Dans l’ancienne Bresse savoyarde, on les dénomme quelquefois « cheminées savoyardes », parce qu’on les croit antérieures à l’annexion de la Bresse à la France, en 1601; cela veut dire qu’elles passent pour contemporaines de l’occupation savoyarde; c’est le cas de celle de Mont, à Chevroux, sur laquelle on peut voir gravée la croix de Savoie.
- Le mot sarrasin, dans la pensée des bourgeois bressans qui l’employaient au xvme siècle, voulait dire que ces cheminées passaient pour avoir été édifiées par les
- Fig. 2 à 5 (de gauche à droite). — Cheminée sarrasine de la ferme du Pelit-Mepillat, à Saint-Nizier-le-Bouchoux {Ain). — Cheminée sarrasine de la ferme du Petii-Broguel, à Sàint-Sulpice-en-Bresse {Ain). — Cheminée sarrasine de la ferme du Grand-Colombier, à Vernoux
- {Ain). — Ferme de Molardourg d St-Trivier-de-Courles {Ain).
- coupole qui rappelle l’Orient et les pays mauresques, jusqu’aux types à clocheton imités des clochers romans du Maçonnais ou des clochers rococo de la Franche-Comté espagnole, en passant par des formes médiévales, parmi lesquelles il faut citer la curieuse forme en reliquaire de la ferme de Mont, à Chevroux.
- Les formes les plus anciennes nous paraissent celles à coupole; leur aire s’étend particulièrement dans la partie centrale de la Bresse, celle qui a subi le moins les influences étrangères bourguignonnes ou comtoises.
- Nous estimons que si les cheminées sarrasines méritent leur nom, c’est à la mitre qu’elles le doivent, beaucoup plus qu’au foyer chauffant au large, c’est-à-dire central, qui, lui, n’est pas oriental, mais vieil européen.
- Du reste, que signifie ce terme évocateur de sarrasin appliqué à ces cheminées ?
- R est à noter que le nom ne paraît pas aujourd’hui
- Arabes d’Abdérame, battus à Poitiers par Charles Martel en 732.
- C’était là cependant une simple interprétation du terme sarrasin que l’on appliquait avant eux à ces cheminées, mais qui, dans les patois bressans, avait un sens bien plus large que le terme français correspondant, puisqu’il signifiait, et signifie encore, tout ce qui est étranger à la chrétienté, dans l’espace et dans le temps, à telle enseigne que l’expression « sarrasin » désigne aussi bien les Romains que les gens de l’Islam, les préhistoriques que les simples Bohémiens cependant chrétiens, mais d’une orthodoxie douteuse, tout ce qui, en un mot, paraissait incompatible avec la civilisation chrétienne ou se perdait dans la nuit des temps (1). Cheminée sarra-
- 1. Sur cette question, la meilleure monographie est celle de feu Louis Davillé, professeur au lycée de Bar-le-Duc, membre non résidant du Comité des Travaux historiques : Emploi du mot Sarrasin
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- sine, pour le paysan bressan du xvme siècle, signifiait un type de cheminée à la mode antique et que l’on attribuait à des populations si anciennes qu’elles paraissent n’avoir plus rien de commun avec les mœurs et la culture de ce temps.
- Les bourgeois du xvme siècle, tous férus d’érudition, tous plus ou moins encyclopédistes, créèrent la thèse islamique de l’origine arabe des populations prétendues sarrasines des bords de la Saône entre Mâcon et Tournus, qui fit couler tant d’encre pendant près de deux siècles et en fait couler encore (x).
- Frappés de voir certains villages des bords de la Saône, tels qu’Uchizy, Boz, Feillens, Sermoyer, etc... qualifiés de Sarrasins, ils rapprochèrent ce fait de l’existence des cheminées sarrasines et pensèrent que les constructeurs de ces curieux édifices étaient ces Sarrasins des bords de la Saône, qu’ils supposaient être les descendants des Arabes d’Abdérame vaincus à Poitiers en
- Et de fait ces Sarrasins, ou prétendus tels, étaient qualifiés encore de Gésitains au xvme siècle ; or Gési-tain veut dire originaire de Gaza, l’épithète ayant pris toutefois au moyen âge un sens dérivé qui désignait plus spécialement les Mudjares, artisans d’origine mauresque et arabe, venus d’Espagne en France, pour y exercer certaines professions artisanales où ils étaient passés maîtres.
- Dans un article du Mercure de France, l’éminent ethnographe et folkloriste M. Arnold Van Gennep, sans connaître tous ces détails ethniques, a émis l’avis que ces étonnantes cheminées sarrasines pourraient bien être l’ouvrage de certains artisans ambulants spécialisés, d’origine mauresque ou espagnole. Des cheminées un peu du même type sont en effet signalées par les érudits du xvme siècle dans les régions jadis occupées par les Maures (x). '
- Le rapprochement de l’opinion de M. Arnold Van
- Fig. 6 à 9 (de gauche à droite). — Cheminées sarrasines de la Bourlière à Chevroux {Ain). —• De Reyssouze. —De Perignat, à St-Etienne-
- sur-Reyssouze. — De Mont à Chevroux.
- 732 et qui envahirent à la même époque la Bourgogne jusqu’à Auxerre.
- Rien n’est moins certain que la prétendue origine arabe ou berbère de ces prétendus Sarrasins des bords de la Saône.
- Tout au plus est-ort à peu près d’accord pour leur reconnaître une origine hétérogène qui justifie l’épithète de Sarrasin qui leur est donnée. Lamartine, qui s’intéressait à la question et qui était fier de s’en dire issu, attribuant à son ascendance orientale et la cambrure particulière de sa jambe et le sentiment poétique de son génie, affirmait que ces Sarrasins, venus de Gaza au moyen âge, auraient été amenés comme prisonniers de guerre par les Croisés (2).
- dans les lieuxdits, surtout à l’est de la France, dans « Bulletin archéologique », 1930-1931.
- 1. J’ai, dans un article récent publié dans les « Annales de Bourgogne », 1934, Une thèse nouvelle sur les Sarrasins des bords de la Saône, résumé cette question à la suite d’une polémique entre MM. Cl. Le Herpeur et C. Brun.
- 2. Sur la question, voir, du même auteur : Les prétendues origines
- Gennep et de l’existence des Gésitains ou Mudjares des bords de la Saône expliquerait peut-être la présence en Bresse de ces cheminées sarrasines, dont au moins les types les plus anciens semblent issus de l’art de l’Orient répandu à travers le monde par les gens de l’Islam.
- G. Jeanton,
- Président de l’Académie de Mâcon, lauréat de l’Institut.
- sarrasines de Lamartine, 1921, et Lamartine et les Gésitains des bords de la Saône, 1932 (« Revue du Folklore français »).
- 1. Sur cette question des Mudjares, il y a lieu de se reporter à un article de M. Probst-Biraben, professeur à la Medersa de Constan-tine : Cagots des Pyrénées et Mudjares d’Espagne, dans « Revue du Folklore français », 1931, t. 3, 10, ainsi qu’à de Secqueville, au xvme siècle : Mémoire sur les villages de Boz et de Sermoyer en Basse-Bresse (vers 1774), et plus récemment à Albert Tissandier : Excursions dans les montagnes de l’Aragon et de la Catalogne (1889); Raymond Lautier, conservateur du Musée de Saint-Germain, dans L'Illustration du 29 avril 1933 et, dans le même ordre d’idées, aux reconstitutions de maisons aragonaises par M. Le Bondidier, au Musée Pyrénéen, à Lourdes.
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- PASSAGE ET BAGUAGE DES CHAUVES-SOURIS
- Sous ce titre, la revue allemande Ornithologische Monats-bcrichte a publié dans son numéro de janvier-février 1935, un article de M. M. Eisentrant, sur cette question des migrations des Chiroptères, dont l’étude a été jusqu’à nos jours fort négligée par les zoologistes.
- Déjà dans la même revue, Geyr von Schweppenburg, dans une courte note parue en 1923, signalait qu’il avait vu deux Noctules, Nyctolus noctula Scliereber, qui volaient un jour d’automne dans une direction déterminée, et qui manifestement à son avis se trouvaient de passage.
- A cette observation, s’en ajoutent deux autres prises dans la littérature allemande, qui ne laissent aucun doute sur l’existence de passages de Chauves-souris.
- D’après Stadler, qui s’en porte garant, Otto liepp observa par une belle après-midi de l’automne 1890, de nombreuses Chauves-souris mêlées à des Hirondelles de cheminée, Deli-chon urbica urbica (L.) traversant le Main de l’Est à l’Ouest, à environ 60 à 70 m d’altitude. Finck von Finckenstein et Schàfer ont signalé un passage de Chauves-souris dans la région de l’étang de Ullersdorf (Oberlausitz), le 25 septembre 1933, où dans l’après-midi, pendant une heure et demie, ils purent compter parmi les Hirondelles de fenêtre Delichon urbica urbica (L.), environ 500 Chiroptères qui volaient avec elles vers le Sud.
- L’auteur allemand fait remarquer que ces observations seraient favorables à l’hypothèse émise par les vieux auteurs Koch, Blasins, Beclistein, qui pensaient que les Chauves-souris de nos pays entreprenaient chaque année des migrations.
- La rencontre de ces animaux en pleine mer, sur des îles éloignées des continents, comme les Bermudes, leur disparition d’une contrée en automne et leur réapparition au printemps constituent un faisceau de preuves de leurs déplacements.
- Mon fds a pu voir en octobre 1935, à Romans (Drôme), par un ciel sombre, des Chauves-souris volant avec des Hirondelles alors en migration.
- Dans une étude : « Sur les migrations des Chiroptères » que nous avons publiée dans le volume des Comptes rendus de la 41e Session, Nîmes 1912, du Congrès de l’Association française pour VAvancement des Sciences, page 411 à 413, nous avons signalé que le Dr Trouessart avait fait remarquer dans les Annales des Sciences naturelles, t. VIII, 1879, que les Chauves-souris exotiques à régime frugivore, se déplacent pour suivre dans diverses régions les époques favorables à la maturité des fruits dont elles se nourrissent.
- M. Eisentrant, a pensé que la méthode de baguage devrait être tentée, ce que nous avions reconnu nécessaire dès 1908. Nous avions été arrêté dans nos projets par l’impossibilité de fixer la bague en raison de la petitesse de la patte des Chauves-souris. L’auteur allemand a victorieusement tourné la difficulté — ce dont nous le félicitops chaleureusement — en se servant d’une, agrafe e,ri aluminium, posée à la main antérieure de l’aile au voisinage de l’arrièré-bras qui fait une forte saillie, sans pour cela blesser l’animal ni le gêner dans son vol. Nous avions dû renoncer à marquer ces animaux avec une goutte de peinture sur un point du corps.
- Ce judicieux baguage ou agrafage des Chauves-souris, a été pratiqué en hiver, époque où leur réunion en groupes compacts dans les grottes, les souterrains, les lieux obscurs et retirés, joints à l’état de semi-léthargie dans lequel elles se trouvent plongées, permettent de les capturer en nombre sans grande peine. Béveillées après un long moment elles s’envolent et se remettent au repos.
- Les Murins, Myotis myotis Berkhausen, qui hivernent en grand nombre dans la région de Berlin, ont servi à l’expérimentation.
- Trois mille huit cents Murins ont été munis d’agrafes, dont 912 au cours de l’hiver 1932, un petit nombre pendant l’été, et le reste au cours de l’hiver 1933-1934. Ces baguages ont été effectués en trois lieux différents de la Marche de Brandebourg. Sur ce nombre, trois sujets portant l’agrafe furent repris pendant l’été 1933 et quarante-deux en 1934. La plus grande distance entre le lieu de capture et celui de reprise a atteint 100 km, les autres varient entre 25 à 75 km.
- Des 45 avis de reprises connus jusqu’ici, il semble se dégager une direction précise pour la migration. Les animaux capturés l’ont été dans les contrées qui se trouvent au nord et à l’est du lieu de baguage, très peu indiquent un déplacement vers le sud-est et le nord-ouest. Aucune Chauve-souris baguée n’a été trouvée dans une direction occidentale ou méridionale.
- Le plus grand nombre paraît n’avoir effectué aucun déplacement. Des 912 sujets bagués au cours de l’hiver 1932-1933, 360 furent retrouvés l’hiver suivant sur les points de baguage. Ce chiffre atteint les 2/5 environ des sujets touchés par l’expérience. Il faut défalquer du total primitif les sujets disparus par mort naturelle et tous ceux qui n’ont pu être repris.
- 11 convient de remarquer que, sauf trois exceptions, les mêmes régions d’hivernage ont été occupées par les animaux qui s’y trouvaient déjà l’année précédente, et que même à l’intérieur de ces régions, les sujets étaient revenus aux mêmes emplacements, quoique des lieux d’hivernage différents fussent à leur disposition.
- Le pourcentage des Chauves-souris retournées dans leur lieu d’hivernage a été de 77,5 pour 100, et même exceptionnellement de 92,2 pour 100, ce qui paraît démontrer que ces animaux sont le plus souvent extraordinairement fidèles et jouissent d’un sens d’orientation très sûr.
- Vingt-trois Murins capturés à leur quartier d’hiver furent transportés à 43 kilomètres, cinq revinrent à leur ancien emplacement.
- M. Eisentrant adresse un appel aux ornithologues de la campagne et leur demande de tourner leur attention sur les Chauves-souris, dont les migrations pourraient être étudiées en liaison étroite avec celles des oiseaux. Il est indispensable de multiplier les expériences, et comme pour le baguage des oiseaux un groupe assez grand de collaborateurs est nécessaire.
- Nous applaudissons d’autant plus aux suggestions du zoologiste allemand, que nous avions en 1912 adressé un appel identique aux spéléologues et aux archéologues et préhistoriens fouilleurs de grottes, appel qui n’a pas été entendu.
- Les grottes si nombreuses dans notre région méridionale sont habitées par une faune de Chiroptères nombreux et variés, une seule grotte nous ayant permis d’y découvrir en même temps : Rhinolophus ferrum-equinium, Rhinolophus euryale, Rhinolophus hyposideros, Rhinolophus mehalyi, Mi-niopterus schreibersii, Myotis capaccini, Myotis myotis. Les falaises de rocher des canons des rivières du pays en hébergent d’autres espèces dans les fentes. Les remparts moyenâgeux d’Aiguesmortes abritent une population extrêmement compacte de Murins, aujourd’hui fort inquiétée par les nombreux touristes. Nous y avons trouvé l’Oreillard Pleactus auritus L., mais en petit nombre.
- L’étude des Chauves-souris a été particulièrement négligée dans notre pays. Nous nous permettrons d’ajouter quelques observations recueillies au cours de près de trente années de recherches, peu ou prou actives, de ces insectivores.
- A de lointains intervalles, certaines grottes du Gard, de l’Hérault, des Bouches-du-Rhône, nous ont montré leur sol littéralement jonché de cadavres de Chauves-souris ; l’action
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- de l’homme devait être écartée de ces hécatombes, nous étions le seul explorateur de ces grottes qui n’avaient pas reçu de visiteur depuis des mois. Quelques années plus tard, M. Robert de Joly, président de la Société de Spéléologie, nous faisait part de pareilles trouvailles, dans quelques-unes des splendides cavernes entièrement vierges où il était le premier intrépide explorateur humain à pénétrer.
- La présence de gaz délétère ne pouvant être envisagée, ces grottes et avens ne contenant que de l’air en tous temps respirable, à quelle cause attribuer cette mortalité ? Bataille et tuerie entre congénères ?
- Les grands Rhinolophes, Rhinoloplius ferrum-equinum sont de féroces batailleurs, leur arrivée dans les grottes paraît écarter en peu de jours les autres espèces; les petits Rhinolophes Rhinolophus hipposideros hipposideros Bechstein, peu nombreux dans ma région, se maintiennent cependant à côté de ces sauvages et gigantesques cousins. Placés ensemble dans un petit sac, les grands Rhinolophes se battent avec acharnement jusqu’à la mort de leur voisin. Très souvent ils s’agrippent les mâchoires et meurent étroitement crochetés sans avoir desserré les dents. En hiver, au cours des recherches, si l’on met un individu endormi dans la poche du pantalon, il est promptement réveillé par la chaleur du corps, et se hâte de mordre avec rage la cuisse du chasseur, à travers l’étoffe du vêtement; on ne peut lui faire lâcher prise qu’en lui broyant le crâne. Tenu à la main il se brise les os de l’aile d’un coup de dent, et la deuxième aile s’il peut encore l’atteindre ou toute autre partie du corps.
- C’est généralement à très faible hauteur que les petits Rhinolophes s’établissent dans les grottes de ma région, parfois à l’orifice des terriers de Renards, de Blaireaux, ou autres bêtes puantes et à la portée de ces bien dangereux voisins.
- En plein jour, les rapaces diurnes n’hésitent pas à fondre sur les Chiroptères imprudemment sortis de leur retraite, et nous avons vu l’épervier, Accipiter nisus nisus (L.) enlever les imprudents jusque dans les promenades des grandes villes
- et non loin des passants. On trouve de loin en loin des ossements de Chauves-souris dans les pelotes de régestion des rapaces nocturnes.
- La grotte de la Citerne, dans le canon du Gardon, sur le territoire de la commune de Ste-Anastasie (Gard), que nous avons visitée des centaines de fois, nous a fourni une consta-
- U
- talion particulièrement déroutante. De grandes plaques de guano décèlent une population nombreuse, ces amoncellements fouillés pour la chasse des insectes cavernicoles, ou exploités par l’enlèvement de petits sacs d’excréments pour des recherches à domicile, se trouvaient promptement uniformisés par une couche régulière de nouveaux résidus de la digestion. Nous n’avons cependant jamais trouvé, de jour, qu’un nombre infime de visiteuses hors de proportion avec le guano produit. La grotte de la Citerne ne serait-elle qu’un habitat nocturne et de passage? Comme son nom l’indique, cette caverne contient une citerne naturelle à la voûte de laquelle viennent se pendre les groupes d’hivernants.
- Dès la fin mai, en juin, juillet, août, la plupart des Séro-tines Eptesicus serotinus Schreber, qui gîtent sous la toiture des bâtiments des écoles communales, de la mairie, et des bâtiments ruraux de ma localité, ne quittent leur demeure qu’assez tard après le coucher du soleil, et s’élevant assez haut s’éloignent d’un vol soutenu dans la direction du sud. Ce manège se renouvelle chaque soir et semble adopté par le plus grand nombre. Posté à un kilomètre et même un kilomètre et demi dans la direction supposée, j’ai pu contrôler le passage des Sérotines continuant leur route à bonne hauteur, d’un vol puissant. Où vont-elles ? Leur rentrée doit s’effectuer avant le jour car je n’ai pu la constater aux premières heures du jour, alors que la Pipistrelle Pipistrellus pipistrellus Schreber évoluait encore autour des maisons, où la. plus étroite fissure lui fournit une retraite confortable et plus sûre.
- La biologie des Chiroptères nous présente bien des énigmes. Puissent-elles tenter la perspicacité des zoologistes observateurs. Albert Hugues.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- UN MOYEN TRÈS SIMPLE ET INOFFENSIF DE GUÉRIR LA DERMITE PHOTOGRAPHIQUE
- On sait que l’immersion prolongée des doigts dans les bains révélateurs au métol-hydroquinone provoque parfois, chez des sujets prédisposés, une irritation de la peau qui se crevasse, s’ulcère et présente bientôt des plaies suintantes, gênantes et déplaisantes à voir, dont la guérison est rebelle à l’emploi de la plupart des remèdes qui ont été préconisés.
- Nous pensons être utiles à nos lecteurs en portant à leur connaissance un remède simple et inoffensif qui nous est signalé par la Photo-Revue, toujours si intéressante, dans son n° 18 du 15 septembre 1935, remède qui consiste uniquement à tenir les mains pendant deux heures au moins dans de l’eau aussi chaude qu’il est possible de la supporter.
- La chaleur, surtout sous forme d’eau chaude, provoque une violente circulation sanguine qui débarrasse rapidement les tissus des produits nocifs en même temps que la distension de l’épiderme facilite le détergeage des plaies. Rapidement toute inflammation disparaît, les plaies se referment, une peau fine et saine se reforme et tout mal prend fin.
- II est donc à conseiller à tous les photographes faisant usage de bains au métol, de faire un traitement de ce genre, aussitôt qu’ils constateront les débuts d’accidents dermiques, ainsi ils éviteront toute complication qui pourrait aller jusqu’à l’engorgement des ganglions de l’aisselle.
- Nous compléterons ces indications en ajoutant que pour arriver à supporter un bain très chaud il faut commencer par un bain tiède en plaçant à côté de soi une bouillotte contenant de l’eau bouillante et ce n’est que par des additions successives que l’on échauffera le bain en maintenant sa température au maximum pendant un temps prolongé.
- Bien entendu, si la dermite était passée à l’état aigu, il faudrait répéter le traitement plusieurs jours de suite, mais cela est peu de chose quand la guérison parfaite est assurée.
- Pour terminer, disons enfin que le Gouvernement des États-Unis a fait récemment une enquête sur les dermites photographiques; de celle-ci il résulte que l’alcalinité des bains de métol favorise leur production; il sera donc avantageux de faire suivre le bain d’une immersion des mains dans de l’eau légèrement vinaigrée saturant, au moins superficiellement, dans les plaies, les fâcheux alcalis qui les imprègnent.
- POUR EMPÊCHER LES MOUCHES DE SE POSER SUR LES PLAIES DES ANIMAUX
- Au cours de l’été et particulièrement vers la fin, quand les mouches assaillent davantage les animaux domestiques, il faut éviter qu’elles ne viennent souiller et envenimer les plaies même légères dont ils sont souvent atteints à cette époque de l’année.
- Beaucoup de substances, très variées, ont été recommandées à cet effet, mais la meilleure préparation est certainement celle mise au point par M. A. Gauch, vétérinaire à Caux (Hérault) dont voici la
- formule :
- Vaseline blonde.............................30 gr
- Lanoline....................................30 —
- Huile de cade vraie......................... 5 —
- Essence de mirbane....................... 1,5.—•
- Formol (aldéhyde formique)..................VI gouttes.
- Après la première application, aucune mouche ne tente plus de s’approcher de la région enduite, les animaux ne sont plus tracassés et leurs plaies guérissent rapidement; il coûtera fort peu d’essayer, ce qui sera l’adopter.
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- LA VOUTE CÉLESTE EN FÉVRIER 1936 (l)
- Il nous faut revenir sur la belle éclipse totale de Lune du 8 janvier dont nous avons déjà entretenu les lecteurs (voir le dernier « Bulletin astronomique », p. 515).
- Nous avons reçu, en effet, depuis le mois dernier, un schéma très exact de cette belle éclipse, extrait de Y Annuaire astronomique Flammarion. De ce schéma, M. Lucien Rudaux a tiré la figure 1 ci-après. Comme le montre ce dessin, la totalité sera de courte durée, la Lune pénétrant peu à l’intérieur du cône d’ombre.
- Nos lecteurs ont donc à présent tous les éléments utiles pour suivre cette belle éclipse et nous devons espérer que le beau temps favorisera les observateurs.
- I. Soleil. — Le Soleil, en février, s’élève très sensiblement dans le ciel; sa déclinaison, de — 17° 21' le 1er février, sera de — 7° 55' le 29. La durée du jour augmente fortement en ce mois, et alors qu’elle aura pour valeur 9" 21“ le 1er, elle atteindra 10“ 54“ à la fin du mois.
- Voici le temps moyen à midi vrai-, ou, si l’on préfère, l’heure exacte du passage du centre du Soleil au méridien de Paris, de deux en deux jours (une interpolation simple donnera les passages pour les jours intermédiaires) :
- Date. Heure du passage.
- Février
- 1 12“ 4' n 16!
- 3 12 4 32
- 5 12 4 44
- 7 12 4 53
- 9 12 4 59
- 11 12 5 2
- 13 12 5 2
- 15 12 4 58
- 17 12 4 52
- 19 12 4 43
- 21 12 4 32
- 23 12 4 18
- 25 12 4 1
- 27 12 3 42
- 29 12 3 20
- Observations physiques. —
- Ne pas manquer d’observer chaque jour de beau temps la surface solaire. Pour orienter les dessins et les photographies, on utilisera les données du tableau suivant :
- Lumière zodiacale ; lueur anti-solaire. — La lumière zodiacale devient bien visible, le soir, après la disparition du crépuscule. L’observation de cette lueur est très facile à condition d’être loin des lumières d’une grande ville et que la Lune soit sous l’horizon. La période la plus favorable pour cette observation sera celle du 12 au 23 février, pendant laquelle la Lune ne gênera pas.
- La lueur anti-solaire, dont l’observation est bien plus difficile que celle de la Lumière zodiacale, pourra être recherchée du 21 au 25 février, dans la constellation du Lion, juste à l’opposé du Soleil. Le 21, elle sera voisine de Régulus.
- IL ty/ne. —• Les phases de la Lune, pendant le mois de février 1936, se produiront comme suit :
- P. L. le 7, à 11“ 19“ Il N. L. le 22, à 18“ 42“
- D. Q. le 15, à 15“ 45“ |j P. Q. le 29, à 9“ 28“
- Age de la Lune, le 1er février, à 0“ (T. U.) = 7J 7 ; le
- 23 février, même heure = 0*2.
- Pour avoir l’âge de la Lune NORD à une autre date du mois,
- ajouter aux nombres ci-dessus, 1 jour par jour écoulé depuis le 1er ou le 23.
- Plus grandes déclinaisons de la Lune en février : le 2, à 21“ = + 25° 5'; le 17, à 12“ — —24° 52'. On remarquera la grande hauteur de la Lune dans le ciel le 2 février, vers 20“, lors de son passage au méridien.
- Apogée de la Lune (plus grande distance à la Terre), le 11 février, à 18“. Parallaxe = 54'4". Distance=405570km.
- Périgée de la Lune (plus petite distance à la T erre, le 23 février, à 22“. Parallaxe = 61'3". Distance = 359 180 km.
- Occultations d’étoiles par la Lune. — Le 2 février, occultation de 62 Taureau (6“ 1); immersion à 0“36“,8.
- Le 3, occultation de 8 Gémeaux (6“,1); immersion à 22“ 0“,5.-— Occult. de 9 Gémeaux (6“,3) ; immersion à 22“ 26“,0.
- Le 4, occultation de 36 B Gémeaux (6“,0) ; immersion à 2“ 49“,0.
- Sud
- Fig. 1. — Schéma de l'éclipse lolale de Lune du 8 janvier 1936 (dressé d’après une figure de l’Annuaire astronomique Flammarion).
- E, entrée de la lune dans le Cône d’ombre, à 16“27m,9; C, commencement de la totalité, à 17“57“,9; M, milieu de l’éclipse, à 18“9“,8; F, fin de la totalité, à 18“21m,2; S, sortie de la Lune de l’ombre, à 19“51“,0.
- Date. Février 4 P — 13°, 04 B0 •— 6»,22 L0 295°,29
- — 9 — 14»,98 — 6°,52 229°,41
- — 14 — 16»,79 — 6°,78 163°,57
- .— 19 — 18°,46 — 6»,98 97°,73
- — 24 — 19»,99 — 7°, 12 31°,88
- — 26 — 20°,56 — 7»,17 5°,54
- P est l’angle de position de l’axe de rotation du Soleil, compté vers l’Est, à partir du point nord du disque; B0 et L0 sont respectivement la latitude et la longitude héliographiques du centre du disque solaire, ou si l’on préfère, du centre de la Terre vu du centre du Soleil.
- 1. Toutes ies heures données dans ce « Bulletin astronomique » sont exprimées en « Temps universel » (T.U.), compté de 0“ à 24\ à partir de 0“ (minuit).
- Le 6, occultation de Ç1 Cancer (5“,1); immersion à 2“ 31“.
- Le 7, occultation de o Lion (3“,8) ; immersion à 21“ 0“,5 ; émersion à 22“ 15“,5.
- Le 16, occultation de 50 B. Scorpion (6“,4) ; émersion à 5“ 13“,0.
- Le 27, occultation de 47 Bélier (5“,8) ; immersion à 18“ 58“,5.
- Le 28, occultation de 33 Taureau (6“,0) ; immersion, à 18“ 37“,0. — Occultation de 161 B Taureau (6“,5), immersion à 20“ 50“,0.
- Lumière cendrée de la Lune. — A observer, le soir, à la fin du crépuscule, les 24,25,26 et 27 février, utiliser une bonne jumelle.
- Marées. -— Les plus grandes marées du monde se produiront à l’époque de la Pleine Lune du 7 et surtout à celle de la Nouvelle Lune du 22. Ces dernières seront très fortes.
- Voici quelques-unes de ces plus fortes marées (heure de la pleine mer à Brest).
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- Date. Marée du matin. Marée du soir.
- Heure. Coefficient. Heure. Coefficient.
- Février 22 3“ 35“ 0,93 15» 57“ 1,00
- — 23 4 17 1,06 16 37 1,12
- — 24 4 58 1,15 17 18 1,16
- — 25 5 39 1,15 17 59 1,12
- — 26 6 20 1,08 18 40 1,02
- — 27 7 0 0,94 19 23 0,85
- III. Planètes. — Le tableau suivant a été dressé à l’aide des données contenues dans Y Annuaire astronomique Flammarion. Il renferme les renseignements les plus utiles pour rechercher et observer les planètes principales peîfdant le mois de février 1936.
- sa conjonction supérieure, qui aura lieu fin juin prochain. Elle est visible le matin, dans l’aurore, en de mauvaises conditions d’observation.
- Voici, comme pour Mercure, la valeur de la phase et de la
- magnitude de Date. Vénus. Phase. Diamètre. Magnitude stellaire.
- F évrier 5 0,799 13”,7 — 3,5
- — 10 0,812 13, 3 — 3,5
- — 15 0,825 13, 0 — 3,4
- — 20 0,837 12, 7 — 3,4
- — 25 0,849 12, 5 — 3,4
- Mars est encore un peu visible le soir, à la fin du crépuscule. Son diamètre ne sera plus que de 4”,2 le 18; il est trop réduit pour permettre à présent aucune observation utile.
- Les petites planètes Hébé (6) et Massalia (20) seront encore visibles ce mois-ci. Les observateurs sont priés de se reporter
- ASTRE.
- Soleil . .
- Mercure . Vénus . . Mars. . . Jupiter. .
- Saturne .
- Uranus. . Neptune .
- Dates : Février. Lever à Paris. Passage au méridien de Paris. Coucher à Paris. Ascen- sion droite. Déclinai- son. Diamètre apparent. Constellation et étoile voisine. VISIBILITÉ.
- 1 7» 24“ 12 i 4m 16° 16» 45“ 20» 56“ 17° 21' 32'30”9 Capricorne
- 1 6 7 17 12 4 49 16 53 21 16 — 15 53 32 29 ,5 Capricorne i ))
- ') 18 6 57 12 4 48 17 13 22 3 — 11 56 32 24 ,9 Verseau
- f 29 6 37 12 3 20 17 31 22 45 — 7 55 32 20 ,0 Verseau
- \ 6 6 26 11 14 16 1 20 26 — 15 32 10,0 p Capricorne Le matin, à la fin du mois.
- •/ 18 5 47 10 23 14 59 20 21 — 18 3 8,0 P Capricorne
- ! 6 5 21 9 36 13 50 18 44 22 6 13,6 Sagittaire '
- • ( 18 5 30 9 51 14 13 19 47 — 20 51 12,8 Sagittaire ( Le matin dans 1 aurore.
- S 6 8 27 14 5 19 44 23 15 5 39 4,4 Poissons
- ' { 18 7 57 13 52 19 48 23 49 — 1 52 4,2 Poissons A peine visible le soir.
- ( 6 3 48 8 0 12 12 17 10 — 22 21 31,8 y 'î Scorpion
- ) 18 3 10 7 21 11 32 17 18 — 22 30 32,6 S Scorpion Le matin, avant l’aurore.
- ( 6 8 17 13 36 18 55 22 47 9 33 14,2 A Verseau ^
- • 18 7 33 12 54 18 16 22 53 — 9 1 14,0 X Verseau Inobservable.
- 1 10 9 17 7 0 8 1 59 + 11 38 3,4 Bélier Première partie de la nuit.
- 1 19 45 2 21 8 53 11 11 + 6 21 2,4 Lion Toute la nuit.
- Mercure s’est trouvé en conjonction inférieure avec le Soleil le 31 janvier. Il est ensuite passé à l’ouest de cet astre et s’en est écarté chaque jour un peu plus pour atteindre sa plus grande élongation, qui se produira le 26 février à 5», à 26° 51' à l’Ouest du Soleil. Mercure sera ainsi visible à la fin du mois, le matin et on pourra le rechercher à partir du 18 février. Cette élongation sera, avec celle du 4 septembre 1936, la plus grande de l’année. Toutefois, en raison de la forte inclinaison australe de Mercure, les observations pour cette élongation seront assez difficiles.
- Voici le tableau de la phase et de la magnitude stellaire de
- Mercure : Date. Phase. Diamètre. Magnitude stellaire.
- Février 5 0,058 10”,1 + 1,9
- — 10 0,196 9, 4 + 1,1
- — 15 0,343 8, 6 + 0,7
- — 20 0,467 7, 8 + 0,5
- — 25 0,564 7, 1 + 0,3
- Mercure sera stationnaire le 13 février à 2».
- Vénus se rapproche peu à peu du Soleil, s’acheminant vers
- aux deux petites cartes de leur mouvement sur le ciel, données au précédent « Bulletin astronomique » (n° 2966, du 1er décembre 1935, p. 515).
- Voici quelques positions calculées pour la petite planète Massalia (20), dont l’opposition se produira le 5 février :
- Date. Ascension droite. Déclinaison.
- F évrier 2 9» 14“,0 + 14“ 45'
- — 10 8 58, 8 + 15 56
- — 26 8 52, 6 + 16 24
- Au moment de l’opposition, Massalia atteindra la magnitude 8,4. Elle sera donc visible dans une petite lunette.
- Jupiter est visible le matin, avant l’aurore. Une petite lunette suffit pour voir les bandes nuageuses qui traversent son disque et pour suivre les curieux phénomènes produits par ses quatre principaux satellites. Voir, à la page suivante, ceux que l’on pourra observer ce mois-ci.
- Saturne est inobservable; il sera en conjonction avec le Soleil, le 3 mars prochain.
- Voici toutefois les éléments de l’anneau, à la date du 16 février.
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- IV.
- Phénomènes du système des satellites de Jupiter.
- Date : Février Heure. Satel- lite. Phéno- mène. Date : Février Heure. Satel- lite. Phéno- mène.
- 1 4“ 50“ I O. c. 17 4 12m I P. c.
- 1 5 49 I P. c. 17 5 14 I O. f.
- 1 6 59 I O. f. 17 6 23 I P. f.
- 2 5 20 I Em. 18 3 44 I Em.
- 3 6 7 H P. f. 24 4 57 I O. c.
- 3 6 38 II O. f. 24 6 8 I P. c.
- 8 6 43 I O. c. 25 5 41 I Em.
- 9 5 29 III Em. 26 6 2 II E. c.
- 10 4 26 I P. f. 27 3 48 III P. f.
- 10 6 39 II O. c. 28 3 34 II P. f.
- 12 5 44 II Em. 28 3 42 II O. c.
- 16 4 58 III E. f. 28 6 11 II P. f.
- 16 5 54 I E. c.
- Grand axe extérieur............................. 35",28
- Petit axe extérieur.............................-f 3", 19
- Hauteur de la Terre au-dessus du plan de l’anneau -f 5o,19 Hauteur du Soleil au-dessus du plan de l’anneau . + 4°, 64
- Uranus se couche vers minuit. Pour le trouver, utiliser la carte de son mouvement sur le ciel, publiée au n° 2958 du 1er août 1935, sur laquelle on pointera sa position donnée au tableau des Planètes. Uranus est visible dans une bonne jumelle.
- Neptune est visible toute la nuit, son opposition avec le Soleil se produira le 6 mars prochain. Voir au « Bulletin astronomique » paru au n° 2946 du 1er février 1935 une carte de son mouvement sur le ciel : pour le trouver, on reportera sur cette carte sa position donnée, également, au tableau des Planètes.
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- — Phénomènes divers. — Conjonctions :
- Le 10, à 1“, Neptune en conjonction avec la Lune, à 6° 15' N.
- Le 17, à 15h, Jupiter Le 19, à 20“, Mercure Le 20, à 10“, Vénus Le 20, à 22\ Mercure Le 23, à 13“, Saturne Le 24, à 21“, Mars Le 26, à 21“, Uranus
- — à 2° 29' N. p Capricorne (4m8) à 0° 8' S.
- la Lune, à 1° 18' S.
- — à 1°13' S.
- — à 6° 46'
- —- à 6“ 8'
- S.
- S.
- à 5“ 29' S.
- o Petite Ourse; Temps sidéral. — Voici quelques passages de l’étoile o Petite Ourse au méridien de Paris :
- Février 10 Inférieur 20“ 24m 8“ 9“ 15m 378
- — 20 — 19 44 52 9 55 3
- Etoiles variables. — Minima d’éclat, visibles à l’œil nu, de l’étoile Algol (jï Persée), variable de 2m 2 à 3m 5 en 2* 20u 48“; le 1er, à 2“ 28m; le 3, à 23h 17”; le 7, à 20“ 6m; le 24, à 1“ 3m; le 26, à 21“ 52“; le 29, à 18“ 41“
- Le 5 février, maximum d’éclat de R Corbeau, variable de 5m 9 à 14m 0 en 323 jours.
- Le 23 février, maximum d’éclat de R Bouvier, variable de 5m 9 à 12m 8 en 225 jours.
- Etoiles filantes. — Le 16 février, un essaim météorique dont le radiant est situé près de a Cocher (ascension droite = 74°; déclinaison = + 48°) a été reconnu par M. W.-F. Denning. A surveiller.
- V. — Constellations. — L’aspect de la Voûte céleste, le 1er février, à 21“, ou le 15 février, à 20“, est celui-ci :
- Au Zénith, presque exactement : p Cocher. Autour du Zénith : le Cocher; Persée; les Gémeaux; le Taureau.
- Au Nord : la Petite Ourse; la Polaire.
- A l’Est : La Vierge; le Lion; le Cancer.
- Au Nord-Est : La Grande Ourse.
- Au Sud : Le Grand Chien; Orion; le Petit Chien; la Licorne; le Navire.
- A l’Ouest : Andromède; le Bélier; les Poissons; la Baleine.
- Em. Touchet.
- LA FABRICATION DE LA RAYONNE
- VISCOSE A HAUTE TÉNACITÉ
- Le procédé que nous allons décrire est américain.
- La pâte de bois utilisée est une pâte très riche en alpha-cellulose; on sait que la rayonne obtenue à partir d’une telle pâte possède, pour un même étirage pendant la filature, une ténacité et surtout un allongement supérieur au fil produit dans les mêmes conditions avec une pâte plus pauvre en alpha-cellulose ; c’est d’ailleurs pour cette raison que les fabricants de rayonne demandent de plus en plus des pâtes très riches en cellulose non dégradée.
- Pendant toute la fabrication de la viscose, on cherche à dégrader le moins possible la cellulose, c’est pourquoi la température de trempage a été dans ce procédé abaissée à 18° C, le mûrissement réduit à 48 h à 19° C, et la quantité de sulfure de carbone réduite à 45 pour 100 du poids de la cellulose contenue dans l’alcali-cellulose.
- La maturation de la viscose est conduite de telle sorte que l’indice au chlorure d’ammonium est de 10 en filature. Le fil subit une tension pendant sa filature. La tension donnée par un barbin est appliquée après un long parcours dans le bain.
- Le fil sortant de la filière parcourt 50 cm avant de s’enrouler sur la gorge d’une poulie; de là il frotte contre un barbin après un nouveau parcours de 25 cm, et monte s’enrouler sur la bobine.
- Le bain de coagulation est un bain à l’acide sulfurique contenant du sulfate de soude, de zinc et du glucose.
- Les bobines sont ensuite lavées, séchées, dévidées, moulinées, puis les flottes obtenues désulfurées par passages successifs dans des bains de soude, de sulfure de sodium, d’hypo-chlorite de sodium, d’acide chlorhydrique, et enfin de savon.
- Entre chacun de ces bains la soie reçoit un lavage à l’eau douce. Après séchage la soie obtenue possède une ténacité de 2,2 pour un allongement de 12.
- Lorsque l’on veut obtenir une soie mate, on incorpore à la viscose une émulsion de tétraline.
- L’effet de matité n’est en effet obtenu qu’avec des corps bouillant au-dessus de 110° C et ayant une tension superficielle supérieure à 25 dynes : benzène, toluène, xylène, tétraline; sinon l’effet de matité ne serait qu’interne et la surface du fil lisse. H. Soyer. ,
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- L’ELECTRICITE DANS L’AUTOMOBILE MODERNE'
- ÉCLAIRAGE ET DÉMARRAGE ( Suite )
- LE PROBLÈME DU DÉMARRAGE
- Pour obtenir la mise en marche d’un moteur à explosion ou à combustion, des procédés non électriques peuvent être employés; tels sont le démarrage à l’air comprimé, qui a l’inconvénient d’exiger une modification temporaire de la distribution, et le démarrage à cartouche, dérivé du précédent, et que l’on emploie pour certains moteurs Diesel. Une mention spéciale doit être faite pour les démarreurs à inertie, dont le type est le Bendix-Eclipse; dans ce système, un volant auxiliaire est lancé progressivement, soit à la main, par un train d’engrenages, soit à l’aide d’un moteur électrique de faible puissance; on relie alors ce volant au vilebrequin du moteur par un embrayage spécial et le lancement se produit.
- Mors avait créé un « démarreur au contact », auquel il faut bien donner le nom d’électrique et qui fonctionnait en envoyant une forte étincelle dans un des cylindres du moteur préalablement rempli de gaz tonnant, le piston se trouvant un peu après le point mort. Nous avons déjà indiqué dans La Nature du 1er avril 1935, p. 328, comment ce mode de mise en marche se trouvait actuellement appliqué aux avions à
- Fig, 17. — Démarreur à « bendix » sortant et contacteur de démarrage sur la machine. (Paris-Rhône).
- l’aide d’une magnéto de lancement et à l’automobile au moyen d’un vibreur de départ.
- Les démarreurs électriques proprement dits, sont des moteurs électriques à couple très élevé, capables d’entraîner le moteur thermique à une vitesse suffisante pour amorcer le fonctionnement régulier de ce dernier.
- CARACTÉRISTIQUES ÉLECTRIQUES DES DÉMARREURS
- On estime que pour lancer un moteur d’automobile, il faut développer un couple égal au quart ou au tiers du couple normal de ce moteur. Ainsi, un moteur de 100 ch effectifs, tournant à 3000 tours, développe un couple d’environ 25 m-kg; il lui faudra donc un démarreur développant 8 m-kg. Quant à la vitesse procurée au moteur, elle doit être d’environ 120 tours à la minute.
- Pour obtenir le couple maximum, il serait nécessaire de saturer les inducteurs; pratiquement, on utilise un moteur série dans lequel cette saturation n’est pas loin d’être atteinte au départ, quand l’induit est immobile. On obtient ainsi un elîort d’arrachement considérable, très favorable au « décollage » du moteur thermique. Le couple diminue ensuite rapi-
- Voir La Nature, n08 des Lcr et 15 avril et du 15 décembre 1935.
- dement à mesure que la vitesse augmente, ce qui n’est pas un inconvénient.
- ün démontre aisément que le couple d’un tel moteur électrique est maximum quand le moteur est bloqué et que sa puissance est maxima quand le courant est la moitié du courant dans le cas du moteur bloqué. Cette dernière condition, inapplicable dans les moteurs industriels, se trouve presque réalisée dans les démarreurs, ceux-ci ne se trouvant pas plus mal de cette intensité énorme, qui peut dépasser 150 ampères sur
- une voiture de tourisme, grâce au temps très court de leur fonctionnement.
- 11 en est de même des batteries, tout au moins des batteries de bonne qualité, qui s’accommodent assez bien de cette « décharge en coup de poing » du démarrage.
- Fig. 18. — Principe des démarreurs à fourchette.
- Le pignon coulissant est amené en prise par le conducteur au moyen d'une commande à fourchette; ce pignon est de plus monté « à roue libre » pour éviter un choc à la première explosion.
- DISPOSITIONS MÉCANIQUES DES DÉMARREURS
- Dès les débuts du démarrage électrique, on utilisa des démarreurs attaquant par engrenage le volant du moteur, ce dernier étant pourvu d’une couronne dentée. Une telle démultiplication peut atteindre 12. Le pignon du démarreur était « baladeur » sur son axe : on l’amenait en prise par la manœuvre préalable d’une fourchette (fig. 18) ; de plus ce pignon était monté à cliquet, autrement dit à « roue libre » pour éviter 1 entraînement à une énorme vitesse du démarreur au moment de la première explosion. Tout cela était assez compliqué.
- Bosch a mis au point un très intéressant démarreur à induit coulissant dans lequel la résultante des attractions électromagnétiques « aspire » l’induit entre les inducteurs, comme un piston plongeur (fig. 19).
- Fig. 19. — Démarreur à induit coulissant, système Bosch.
- L’induit est normalement poussé à droite par le ressort R; il se trouve « aspiré » vers la gauche par les inducteurs au moment du
- démarrage.
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- LIVRES NOUVEAUX
- Stéréophysique. Nouvelles théories sur la constitution de la matière et l'origine des rayonnements. Structure dans l’espace des édifices atomiques et moléculaires. Processus physiques à l’origine des spectres de raies, par R. Weckering. 1 vol. 662 p., 16 X 25, 1070 lig. et 43 tableaux. Dunod Paris, 1935. Prix, br, : 140 fr.
- En dehors de l’étlier homogène remplissant l’espace, l’auteur admet l’existence de deux particules élémentaires, de charge électrique positive pour l’une, négative pour l’autre, pouvant se pénétrer et s’assembler pour former 5 espèces de particules composées qui seraient les constituants de tout édifice atomique. Partant de là il conçoit un nouveau modèle d’atome qu’il appelle « atome nodique à champ électromagnétique ondulatoire stationnaire » et il reconstruit toute la physique atomique et la chimie physique ; il y a là un effort de synthèse très curieux et qui représente un grand travail. Il n’est pas aisé d’en prévoir dès maintenant la fécondité, seul critérium de la valeur des pures théories scientifiques.
- Tableau dyidentification des stations de radiodiffusion, 1 brochure, 20 p., éditée par Radio-Magazine, 61, rue Beaubourg, Paris. Prix : 5 fr.
- Ce répertoire permet à chaque auditeur de T. S. F. d’identifier facilement les stations qu’il entend et de rechercher sans peine les émissions qu’il désire écouter. 11 donne pour chaque station la longueur d’onde, la fréquence, la puissance, la nationalité, les indicatifs d’identification musicaux et parlés, l’indication des relais et autres particularités de l’émission.
- Le pétrole et son économie, 1 vol. illustré, 224 p., 132 graphiques, cartes et tableaux. Librairie technique et économique, 17, rue de Constantine, Paris, 1935. Prix broché : 30 fr.
- Cet ouvrage réunit plusieurs études dues chacune à des spécialistes fort compétents; l’ensemble en constitue un vivant et instructif exposé des conditions économiques qui régissent aujourd’hui l’exploitation, le commerce et les applications du pétrole. Dans cette question si importante, il apporte une documentation étudiée et complète du plus haut intérêt pour les économistes, les hommes d’affaires, les techniciens et aussi pour le grand public. Résumons-en rapidement le contenu : une vue d’ensemble de M. Peyret sur la production et la consommation mondiales, sur les groupes qui se partagent le marché; une étude technique de M. Bihoreau sur le pétrole brut et ses gisements; un tableau de l’industrie mondiale du raffinage par M. Erma-koff, du commerce des produits finis par M. Filhol, du trafic maritime par M. Julien; une note de M. Filhol sur les grands trusts pétroliers, puisl 'étude des différents marchés : États-Unis par M. de Miramon-Pesteils; U. R. S. S. par M. Peyret; Grande-Bretagne par M. Wood ; Allemagne par M. Peyret; Roumanie par Pizanty; Italie par M. Bosco; Espagne par M. Alvarez; France par M. Peyret. M. M. Mercier résume le rôle de la Compagnie française des Pétroles exploitant la part française des pétroles de l’Irak. M. Brunschwig donne au livre sa conclusion, en évaluant les réserves connues de pétrole dans le monde, elles sont faibles; l’avenir du pétrole est donc incertain et la recherche des carburants de remplacement est un devoir pour les pays soucieux de l’avenir.
- Les roches sédimentaires de France. Roches carbo-natées (calcaires et dolomies), par Lucien Cayeux. 1 vol. in-4, 463 p., 9 fig., 26 pl. Masson et Cie, Paris, 1935. Prix : 200 fr.
- L’étude des roches sédimentaires n’a pas eu de plus grand animateur que le professeur du Collège de France qui expose ici ses résultats. On est même étonné qu’en dehors de lui si peu d’attention ait été porté à ce problème fondamental de l’océanographie et de la géologie. Les rivières déversent chaque année dans la mer 925 millions de tonnes de calcium qui sont précipités par une multitude de réactions presque toutes biologiques, peut-être surtout bactériennes. Les dépôts, très divers, sont ensuite remaniés de multiples façons. D’autre part, les roches calcaires et magnésiennes anciennes présentent une extraordinaire variété de composition chimique, minéralogique, de structure et de grosseur des particules : craies, calcaires à végétaux, à rhizopodes, à débris d’invertébrés; calcaires à structure cristalline, grenue, lithographique, noduleuse, conglomérée, etc.; calcaires argileux, siliceux, ferrugineux, phosphatés, magnésiens, etc. Les mêmes questions se posent pour les dolomies, avec moins d’éléments de réponse encore. Cet ouvrage magistral, basé sur les recherches et l’enseignement de l’auteur, rassemble tout ce qu’on sait actuellement de ces aspects de la géologie sédimentaire. Il ouvre une voie riche et neuve à de futurs travaux.
- Die Binnengewâsser, par August Thienemann. Band xv.
- Das Zooplankton der Binnengewâsser. par W. M.
- Rylov. 1 vol. in-8, 272 p., 329 fig. 30 pl. Schweizerbart’sche Ver-lagsbuchliandlung, Suttgart, 1935. Prix : 30 M.; relié, 31 M, 50. Les recherches de limnologie ont pris aujourd’hui un développement égal à celles d’océanographie; elles traitent d’ailleurs les mêmes problèmes et le grand traité de Thienemann est l’utile inventaire de toutes les études éparses à leur sujet. Voici le 15° volume consacré au zooplancton des eaux douces et plus spécialement à la systématique et à l’écologie des animaux aquatiques de l’Europe centrale. L’auteur, professeur à l’université de Leningrad, définit les divers types de plancton, leurs variations, leur distribution géographique, puis étudie en détail les espèces caractéristiques de protozoaires, rotifères, cladocères, copépodes, etc. L’ouvrage se termine par une abondante bibliographie qui lui donne le caractère d’une parfaite mise au point et d’un utile instrument de travail.
- Recherches anthropométriques sur la croissance des diverses parties du corps, par le
- Dr Paul Godix, 2e édition. 1 vol. in-8, 268 p., 29 fig. 6 pl. Amédée Legrand, Paris, 1935.
- L’auteur, médecin d’une école d’enfants de troupe, a pu pratiquer un grand nombre de mensurations sur des adolescents qu’il a suivis de 13 ans à 18 ans. Il a ainsi recueilli de très précieuses données sur la croissance pendant la puberté. Son œuvre patiente et précise est un document unique d’où se dégagent de nombreuses conclusions anthropologiques et physiologiques. Elle est à lire et à méditer par tous ceux qui s’occupent de l’enfant et de sa transformation en homme.
- Leçons de physiologie médico-chirurgicale, par
- Léon Binet. 1 vol. in-8, 245 p., fig. Masson et Cie, Paris, 1935. Prix : 40 fr.
- A côté de son enseignement magistral, le professeur de physiologie de la Faculté de Médecine a organisé à l’hôpital des conférences d’application. En voici la première série qui traite des questions à l’ordre du jour : la réanimation, les embolies, l’athérome, le pneumothorax, les ulcères, le colibacille, l’occlusion intestinale, la pancréatite, la néphrite, la rate, les douleurs faciales, le rachitisme, le thymus et les glandes sexuelles, le diagnostic de la grossesse, les venins, les injections d’huile. On y voit la part importante qui revient aujourd’hui à la physiologie dans la connaissance et l’explication des états pathologiques.
- Précis de thérapeutique et de pharmacologie,
- par A. Richaud et R. Hazard. 7e édition entièrement refondue par R. Hazard. 1 vol. in-16, 1257 p., 34 fig. Collection des précis médicaux. Masson et Cie, Paris, 1935. Prix : 100 fr.
- Des générations de médecins ont appris la pharmacologie et la thérapeutique dans le précis du professeur Richaud. Mais tant de progrès sont survenus en ces dernières années, notamment en ce qui concerne les composés synthétiques, la séro- et la vaccinothérapie, les produits opothérapiques, les vitamines, le dosage des drogues, qu’il fallait remanier l’ouvrage. Il faut féliciter le professeur Hazard de l’avoir fait avec tant de science qu’il nous offre un livre nouveau. La première partie, consacrée à la pharmacologie générale, traite de l’absorption des médicaments, des rapports entre leur action et leur constitution, des variations de leurs effets; la deuxième est l’étude systématique des médicaments d’origine minérale, organique, biologique; la troisième précise l’art de formuler, la rédaction des ordonnances, les formes pharmaceutiques, la posologie, etc. L’ensemble, tout à l'ait à jour, est la documentation indispensable aux médecins et aux pharmaciens.
- La mythologie primitive, par Lucien Lévy-Bruhl. 2<= édition. 1 vol. in-8, 335 p., 4 pl. Alcan, Paris, 1935. Prix : 40 fr.
- En se basant principalement sur les faits les mieux observés chez les Australiens et les Papous et en y ajoutant beaucoup d’autres d’origines très diverses, l’auteur montre combien les croyances illogiques, fragmentaires, incoordonnées, parfois contradictoires, et le manque de synthèse sont fréquents. L’homme participe de l’animal et l’animal de l’homme; ils se transforment l’un dans l’autre, magiquement. On retrouve ce thème dans les vieux mythes, les légendes, les contes, jusque dans ceux très modifiés, très arrangés, qui enchantèrent notre jeunesse.
- Annuaire statistique de la France. 50e vol., 1934. 1 vol., 512 p. Imprimerie Nationale, Paris, 1935.
- Cette précieuse publication statistique contient comme chaque année des tableaux statistiques annuels qui résument les traits essentiels de la vie du pays. Ils sont établis d’après les statistiques de 1932 ou de 1933. Des tableaux rétrospectifs dont certains, pour la France ou pour l’étranger, remontent au début du xix° siècle, permettent de suivre l’évolution de la population et de l’activité économique pendant une longue période.
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- NOTES ET INFORMATIONS
- NÉCROLOGIE Charles Richet.
- Quand le professeur Charles Richet avait obtenu le prix Nohel, en 1913, La Nature avait consacré un article (n° 2111) au rappel de ses multiples et importants travaux. Sa mort est un deuil national et M. Dangeard, président de l’Académie des Sciences, vient de rappeler sa grande figure dans les termes suivants :
- « Bien qu’il eût atteint un âge avancé, rien ne laissait prévoir une fin aussi proche : jusqu’au dernier moment il est resté sur la brèche, continuant de se passionner pour toutes les causes qui lui semblaient justes et pour toutes les idées généreuses ; il les défendait avec une éloquence persuasive, un charme particulier et une autorité sans égale : sa disparition laisse un grand vide dans notre Compagnie.
- « Charles Richet, à la différence de plusieurs d’entre nous, n’a pas connu les débuts difficiles et l’incertitude du lendemain; fils d’un grand chirurgien des hôpitaux de Paris, il a vécu dans un milieu où la science était en honneur; il a choisi sa voie en toute liberté et l’a orientée à son gré.
- « De bonne heure notre Confrère s’est trouvé en contact avec les maîtres incontestés de la science, les Verneuil, les Vulpian, les Wurtz, les Berthelot, les Marey, les Claude Bernard; entouré dans son laboratoire d’un cercle d’amis et de savants collaborateurs, il a pu donner dans une atmosphère favorable, un libre essor à ses dons naturels, à sa belle intelligence et à ses facultés admirables d’observation.
- « Trois faits essentiels se dégagent, au dire même de notre Confrère, de l’ensemble de ses nombreux travaux.
- « L’un est l’explication du mécanisme de la régulation thermique chez les animaux dépourvus de respiration cutanée. Charles Richet, de 1885 à 1895, a montré sur des chiens exposés à une température élevée, qu’ils se refroidissent par l’évaporation de l’eau à la surface du poumon et par une respiration fréquente : c’est la polypnée thermique. On ignorait d’autre part complètement comment se réchauffaient les animaux refroidis : notre savant physiologiste démontre que le réchauffement est dû à une contraction générale de tous les muscles : c’est le frisson thermique.
- « Mais les deux découvertes qui ont rendu le nom de Charles Richet justement célèbre dans le domaine de la thérapeutique expérimentale et celui de la pathologie générale sont liées, l’une à l’origine de la sérothérapie, et l’autre au phénomène connu sous le nom d’anaphylaxie.
- « Au cours de nombreuses expériences, notre confrère remarqua, en collaboration avec son ami Héricourt, qu’en injectant à un lapin le sang d’un chien contaminé par un bacille et guéri, le lapin était immunisé et vivait : le sang d’un animal immunisé transmet donc à un second animal l’immunité du premier. Les beaux travaux de Behring et de Roux sur le traitement de la diphtérie par la sérothérapie ont permis d’employer cette méthode pour diverses autres maladies : on ne saurait guère fournir de chiffres sur le nombre considérable d’existences humaines sauvées dans le monde entier par cette méthode qui s’ajoute à celle des vaccinations.
- « En pathologie générale, les expériences qui devaient conduire Charles Richet à la découverte de l’anaphylaxie furent commencées en collaboration avec Portier : celle-ci consiste dans le fait que l’introduction de certains poisons albuminoïdes dans le sang détermine un état d’hyper-sensibilité de l’organisme telle qu’une nouvelle injection, même à doses infinitésimales, provoque parfois des accidents graves :
- c’est une notion dont il y a lieu maintenant de tenir un grand compte dans les vaccinations et les intoxications.
- « Les grandes découvertes, réalisées par notre Confrère au cours de sa longue carrière, ont rendu son nom illustre et lui ont valu les plus hautes distinctions : membre de l’Académie de Médecine en 1898, prix Nohel de Physiologie en 1913; en 1914 membre de l’Académie des Sciences qu’il présida en 1933; grand officier de la Légion d’honneur en 1926.
- « Je m’excuse de n’avoir donné ici qu’une analyse très incomplète de l’œuvre scientifique de notre Confrère : j’aurais aimé également à vous parler de son activité dans tous les domaines de la pensée et de l’expérimentation. Poète et fabuliste à ses heures, il s’était intéressé non sans succès aux débuts de l’aviation : pacifiste dans le meilleur sens du mot, il n’a cessé de combattre l’idée de guerre par ses écrits et ses conférences. En précurseur que rien n’arrête, Charles Richet n’a pas craint d’aborder les délicats problèmes du spiritisme et de ce qu’il a désigné sous le nom de Métapsychologie ; ses conceptions hardies sur ce sujet délicat entre tous font partie de ces questions auxquelles l’avenir seul peut fournir une solution acceptable, sinon définitive. »
- ÉLECTRICITÉ
- Le cinquantenaire des expériences de Marcel Deprez et des travaux de Lucien Gaulard, sur la transmission de la force par l’électricité.
- La Société française des Electriciens a commémoré avec éclat en décembre dernier le cinquantenaire d’une date qui marque le début d’une ère nouvelle en électricité. En 1885, en effet, Marcel Deprez réalisait les célèbres expériences de Creil, au cours desquelles il démontrait d’une façon éclatante la possibilité de transmettre à distance la force motrice par l’intermédiaire de l’électricité. Il s’agissait de transmettre de Creil à Paris, soit à 57 km de distance, le courant continu engendré par une génératrice électrique de 60 ch, et de l’employer à faire tourner un moteur électrique monté à la gare du Nord à Paris. Ces expériences réussirent parfaitement et accusèrent un rendement électrique de 78 pour 100. Le courant était transmis sous une tension de plus de 5000 volts au départ.
- A peu près à la même époque, Lucien Gaulard créait le transformateur et l’appliquait à la transmission de l’électricité par le courant alternatif.
- A l’époque, les expériences de Marcel Deprez eurent un retentissement beaucoup plus grand que celles de Gaulard; ce dernier était un petit électricien assez obscur; Marcel Deprez était un savant et un inventeur déjà illustre par la création d’un grand nombre d’appareils mécaniques et électriques des plus remarquables. Malgré son grand renom, ses idées sur le transport de force par l’électricité, exposées depuis 1880 dans diverses notes à l’Académie des Sciences, avaient soulevé parmi les techniciens de l’époque les plus vives discussions et se heurtaient à l’incrédulité générale.
- Marcel Deprez avait déclaré, d’une part, que le rendement d’un transport d’électricité est indépendant de la distance et, d’autre part, que plus la distance est grande, plus la tension à employer doit être élevée.
- La pi’emière de ces propositions est évidemment inexacte si l’on prend le mot rendement au sens où nous l’entendons aujourd’hui. Mais il faut se souvenir qu’en 1880 la terminologie électrique était des plus vagues ; ce que Marcel Deprez voulait dire était, en réalité, parfaitement exact, comme l’a
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- montré M. Chaumat dans le discours qu’il a prononcé au cours des cérémonies du cinquantenaire. Le rendement qu’envisageait Marcel Deprez était le rapport entre la force contre-électro-motrice du moteur et la force électro-motrice de la génératrice, dans un transport à intensité constante. Nous l’appellerions aujourd’hui le rendement économique.
- A cette époque, des électriciens éminents comme MM. Thomson et Houston avaient cru pouvoir affirmer que le rendement d’un transport de force électrique ne pouvait dépasser la limite de 50 pour 100.
- Quant à la seconde des propositions de Marcel Deprez, il suffit de rappeler les transports actuels à 100000 et à 200000 v pour montrer combien elle était fondée.
- Pour prouver, d’une façon irréfutable, le bien-fondé de ses vues, Marcel Deprez ne se contenta pas de batailler sur le papier; il entreprit une succession d’expériences à grande échelle, bien faites pour convaincre les sceptiques. La première de ces expériences eut lieu entre Grenoble et Vizille; en 1882, il en réalisait une seconde entre Miesbach et Munich, (57 km) devant une commission d’électro-techniciens allemands. La génératrice développait un peu plus de 1 cheval-vapeur; le circuit de transport était formé de fds télégraphiques en fer.
- Les conclusions favorables de la Commission allemande furent, âprement discutées en France.
- Marcel Deprez trouva fort heureusement le concours clairvoyant de puissants banquiers, les Rothschild, d’industriels comme le Creusot et la Société de Fives-Lille et il put organiser, sous le contrôle de l’Académie des Sciences, les expériences de Creil. La mise au point dura deux ans environ. Les résultats nous en paraissent aujourd’hui si probants que l’on a peine à comprendre l’accueil qu’ils reçurent de techniciens fort autorisés.
- Marcel Deprez avait pleinement aperçu les conséquences de ses premières réalisations : il voyait dans le transport de la force par l’électricité le moyen de capter la puissance des chutes d’eau et de la mettre au service des agglomérations éloignées, pour y distribuer l’éclairage et la force motrice.
- Un électricien célèbre à juste titre, E. Hospitalier, un des premiers collaborateurs de La Nature, dans un article publié en 1887, exposait avec complaisance les vues d’un autre grand électricien, Hippolyte Fontaine. Celui-ci, dès 1873, avait réalisé à l’exposition de Vienne l’alimentation d’un moteur électrique par le courant d’une dynamo placée à grande distance (cette distance était représentée par la résistance d’une ligne artificielle). Mais H. Fontaine, à qui l’on ne peut refuser le titre de grand précurseur, croyait aussi à la limite fatidique de 50 pour 100 pour le rendement. Et en 1887, il émit un avis nettement défavorable aux transmissions à grande distance et haute tension, pour l’utilisation au loin des chutes d’eau. Hospitalier insista dans le même sens; pour lui c’est le transport du charbon qui « pendant de longues années encore réalisera le plus simplement et le plus économiquement le transport et la distribution de la force motrice à grandes distances ».
- Gaston Tissandier, rédacteur en chef de La Nature, plus clairvoyant que son éminent collaborateur, faisait, du reste, dans une note éditoriale les plus expresses réserves sur cette conclusion. L’avenir ne tardait pas à luidonner raison ainsi qu’à Marcel Deprez.
- Il faut se replacer dans cette atmosphère du temps pour comprendre les obstacles et les résistances que ceux qu’alors on taxait de visionnaires ont dû vaincre pour doter l’humanité du bienfait de la distribution de l’électricité à grande distance. Celui-ci nous paraît aujourd’hui si naturel et nous est si familier que nous pourrions oublier aisément le tribut de
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- reconnaissance dû au génie, à la foi et à l’énergie de ses premiers pionniers.
- Parmi ceux-ci notre compatriote Gaulard a droit à une place d’honneur. Si Deprez peut être rangé dans la catégorie, assez peu nombreuse, des inventeurs heureux, Gaulard appartient à la légion des grands inventeurs méconnus. Sa vie, fort courte, fut dramatique et son nom est presque tombé dans l’oubli. Et pourtant c’est lui qui créa le transport de l’électricité par courant alternatif à haute tension. Il est l’inventeur indiscuté du transformateur, organe qui élève ou abaisse la tension d’un courant alternatif, en utilisant les phénomènes d’induction entre deux enroulements voisins. Le transformateur est un élément essentiel de toutes nos distributions actuelles d’électricité.
- Gaulard l’inventa en 1883, il était alors électricien et exécutait à Londres une installation d’éclairage électrique par lampes à incandescence. A ce moment il conçut aussi un système complet de transport de l’énergie par courants alternatifs. Ses idées parurent plus utopiques encore que celles de Deprez et il trouva peu d’encouragement dans son propre pays. Quand il annonçait que ses transformateurs avaient un rendement de 90 pour 100, il ne rencontrait que scepticisme.
- Il faut ajouter qu’à cette époque, si les génératrices à courant alternatif étaient connues, la théorie des courants alternatifs ne l’était guère. Seuls un petit nombre de savants comprenait l’essence des phénomènes mis en jeu par ces courants; la grande masse des techniciens ne connaissait que le courant continu et ne pouvait concevoir, pour des applications pratiques, une autre forme de courant. Il est véritablement étonnant, comme le dit M. Bethenod, que « le premier transformateur statique ait été construit par un homme dont les connaissances théoriques étaient très limitées et que celui-ci ait immédiatement compris tout l’intérêt de cet appareil ».
- En 1884, à l’occasion d’une exposition d’électricité à Turin, la reine d’Italie avait créé un concours pour le meilleur procédé de transmission de l’énergie à distance. Pour en conquérir le prix, Gaulard entreprend l’installation d’un transport de force à 40 km, sous 2000 v suivant son système.
- A la cérémonie du cinquantenaire, M. Bethenod, dans un éloquent et touchant discours, a relaté les romanesques péripéties de cette entreprise : difficultés de transport et de douane, manque d’argent, tout jusqu’au choléra semble se liguer contre l’inventeur. A la toute dernière heure, enfin, l’installation fonctionne et la lumière électrique, à la station réceptrice, vient remplacer les luminaires qui éclairaient la salle du banquet de clôture. Gaulard se vit décerner le prix.
- Son succès n’eut d’abord que peu d’écho en France. Les esprits n’y étaient pas mûrs pour l’emploi du courant alternatif. Et l’on a la surprise de voir Marcel Deprez lui-même combattre et déprécier son jeune rival. Celui-ci trouva, heureusement, en Italie l’appui effectif du grand savant Ferraris, le créateur des moteurs à champ tournant..
- En 1886, Gaulard obtenait la concession de l’éclairage électrique de Tours où il réalisait avec succès une distribution par courant alternatif à voltage constant.
- Mais il se vit intenter un procès en contrefaçon par Ziper-nonski, Deri et Blathy et sa raison ne résista pas à cette nouvelle épreuve. Interné à Saint-Anne, il y mourait la même année à 35 ans, et fut enterré au cimetière Montmartre. La Société française des Electriciens, avisée par hasard, voici quelques mois, que sa dépouille mortelle allait être jetée à la fosse publique a eu la pieuse pensée de lui acquérir une concession perpétuelle et de lui élever un modeste monument.
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- INVENTIONS ET NOUVEAUTÉS
- CINÉMATOGRAPHE
- Un nouveau système d’enregistrement sonore cinématographique.
- De très grands progrès ont été réalisés depuis quelques années en électro - acoustique, particulièrement en ce qui concerne l’enregistrement des sons musicaux; mais c’est surtout, on le sait, en cinématographie sonore que les résultats les plus satisfaisants ont pu être obtenus, grâce à l’emploi des procédés photographiques. On a pu étendre la gamme des fréquences musicales enregistrées, tant du côté des notes graves que des notes aiguës, augmenter l’intervalle possible de puissance sonore et diminuer les bruits parasites, en particulier les bruits de souffle, qui autrefois empêchaient la reproduction intégrale des notes aiguës (fig. 1).
- On est revenu au disque, voici quelques semaines, pour obtenir, aux Etats-Unis, dans les laboratoires de la Western Electric, un enregistrement sonore, d’une qualité encore inconnue jusqu’à ce jour.
- Il s’agissait d’enregistrer pour le film One Night of Love, un accompagnement sonore d’une rare qualité, exécuté par une grande cantatrice américaine, Miss Grâce Moore. On sait
- Em Phon Phonopr. Phonograph e acoustique ne >
- igr. électr. or dinarne et radiophc
- é/ectr. à h lute fidélité
- •egistremt ohotoqraphi que à haute fidêfit
- En régi st 'errent Hill and Dale //
- Frëgue, ? ce p:s
- 20 50 100 500 5000 10.000
- Fig. 1. — Etendue de la gamme musicale enregistrable par différents
- procédés.
- que les voix de femmes, et surtout les voix de soprani, sont particulièrement délicates à enregistrer par les procédés ordinaires, en raison de la hauteur des notes prédominantes; tous ceux qui ont assisté, à Paris, à la projection de ce film ont pu se rendre compte de la qualité vraiment extraordinaire de l’audition.
- Le procédé d’enregistrement employé utilise le disque, non pas pour réaliser l’accompagnement sonore de la projection, mais pour un enregistrement initial retraduit ensuite sur « piste sonore » photographique ordinaire. Pour que ce système puisse être apprécié avec toutes ses qualités, il est d’ailleurs indispensable que les appareils de reproduction : amplificateurs, haut-parleurs, soient aptes à reproduire des notes aiguës jusqu’à 8000 ou 9000 périodes-seconde.
- Nous avons déjà signalé, en son temps, dans La Nature, le principe du nouveau système d’enregistrement phonographique à variations de profondeur des laboratoires Western, dit Hill and Date, ce qui se traduit à peu près par « monts et par vaux ».
- Les disques ordinaires de phonographe sont à sillons à variations transversales, mais de profondeur constante.
- 5000 10.000
- 30 50
- Fréquence en périodes-seconde
- Fig. 2. — Courbe de réponse d'un ensemble enregistreur, reproducteur, correcteur et amplificateur Hill and Dale.
- Le nouveau procédé a permis de mettre à nouveau en relief les avantages de l’enregistrement en profondeur, en employant des disques-épreuves en matière cellulosique, à grain très fin, de manière à réduire le bruit d’aiguille dans des proportions considérables.
- En dehors des particularités techniques du système de gravure, la principale originalité de ce nouveau dispositif réside dans le fait qu’après l’obtention de l’enregistrement initial sur disque à base de cire, on'ne recouvre plus directement ce dernier d’une couche de poudre de graphite avant de le soumettre aux opérations électrolytiques. On projette directement sur lui, par pulvérisation cathodique, une feuille métallique très mince, uniforme et tenace, qui se moule étroitement sur toutes les finesses du sillon, grâce à un système de refroidissement spécial très ingénieux. Une fois cette couche obtenue en quelques minutes, on peut la renforcer par les procédés électrolytiques ordinaires.
- Les sillons peuvent être très serrés, 60 à 80 par cm; rappelons que le nombre des sillons pour disques à aiguilles est seulement d’une trentaine par centimètre. La durée d’audition est donc ici doublée.
- Grâce à la réduction du bruit de surface, on peut étendre la gamme des fréquences enregistrées jusque vers 10 000 périodes-seconde; d’autre part, avec les disques ordinaires, l’intervalle de volume sonore est de 25 à 30 décibels en moyenne; dans ce système en profondeur, cet intervalle est porté à 45 ou 50 décibels (fig. 2).
- Le système traducteur de son est électrodynamique; la pression de la pointe de l’aiguille reproductrice reliée à une bobine,mobile légère, et qui se meut verticalement dans un champ magnétique constant, est très faible; l’usure du sillon est donc très réduite (fig. 3).
- Fig. 3. — Le pick up magnélodynamique utilisé dans Venregistrement Hill and Dale.
- Aimant
- permanent
- Ressorts
- Pièce polaire, centrale
- Pièce polaire extérieure
- Diamant
- J,, 'Bobine
- 1A mobile
- reproducteur* | Mouvement de ta pointe
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- APPAREILS DE SÉCURITÉ
- Protection des camions=citernes et des wagons=citernes contre Vincendie.
- Des incendies sont particulièrement à redouter pendant le transvasement des liquides inflammables des camions ou wagons-citernes dans les fosses destinées à les recevoir. Les incendies de ce genre se produisent toujours dans les systèmes de raccordement établis entre le véhicule et la citerne, par suite d’une fuite dans le tuyau, par manque d’étanchéité des raccordements, ou par le rassemblement des vapeurs inflammables se dégageant de l’orifice de remplissage de la fosse. L’extension de l’incendie risque d’être accrue du fait que le liquide inflammable continue de s’écouler, et les flammes interdisent la fermeture du robinet d’écoulement. L’incendie persiste tant qu’il demeure du liquide inflammable.
- Pour remédier à cet inconvénient grave, deux inventeurs, MM. Barbezat et Rancoule, ont réalisé un système de clapet ou de valve obturateur formant organe de sécurité. Ce clapet reste normalement fermé par un ressort et ne peut rester ouvert pendant l’opération du transvasement que par une action manuelle pei'manente d’un opérateur. Il se ferme de lui-même dès que cette action cesse pour une cause quelconque.
- On voit sur la figure 4 la disposition du plus simple des systèmes de ce genre. Le camion-citerne comporte en plus de son robinet habituel un organe d’obturation qui peut être formé par un opercule ou plaque pleine mobile dans un carter. L’opercule est solidaire d’un axe et peut être manoeuvré par une poignée ou un levier. Il est soumis à. la traction d’un ressort qui le maintient normalement dans la position fermée. Le levier doit ainsi être maintenu abaissé par l’opérateur pendant l’opération du transvasement.
- Dans une variante du système, le maintien du clapet dans la position d’ouverture est assuré par traction sur une cordelette en tissu ou en matière très inflammable tel qu’un tissu cellulosique. Si le liquide prend feu, la cordelette brûle et l’obturateur de sécurité est fermé immédiatement.
- Dans une autre variante, le système de manœuvre du clapet est verrouillé par un dispositif mécanique comportant un
- Fig. 4. — Clapet de sécurité Barbezal-Rancoule.
- A, son emplacement sur un camion-citerne; B, coupe du clapet; C, clapet à fermeture automatique.
- Camion citerne
- Clapet de sûreté
- Robinet
- Citerne
- Levier de
- Clapet j d'obturation !|
- Ressort de rappel
- fusible. Dès que la température s’élève, le fusible fond; le clapet est libéré et se referme aussitôt.
- On peut enfin prévoir deux clapets de sécurité, l’un à la sortie du camion-citerne, et l’autre à l’extrémité du tuyau.
- Ces divers dispositifs, dont l’emploi pourra varier suivant les besoins, paraissent, en tout cas, de nature à augmenter la sécurité de manipulation des liquides inflammables dans un grand nombre de cas.
- Constructeur : Rancoule, 17, rue de Sévigné, Paris (4e).
- HYGIÈNE
- Ampoules compte=gouttes d’électrargol
- L’argent colloïdal ou électrargol est un très puissant désinfectant des muqueuses, qu’on emploie de plus en plus, soit à titre préventif, pour empêcher les rhumes et leurs complications : sinusites, otites, etc., soit à titre curatif quand l’infection des voies respiratoires supérieures est déjà accomplie. Non toxique, il a sa place dans la pharmacie de famille et peut être employé par tous sans danger; très efficace, il est particulièrement précieux pendant l’hiver, parles temps froids ou humides.
- Les laboratoires Clin qui les premiers ont préparé un électrargol stable et bien défini ont en outre réalisé une ampoule compte-gouttes qui en facilite l’emploi et évite tous les risques de pollution qui détruiraient le colloïde et le rendraient inopérant.
- Cette ampoule (fig. 5), d’une capacité de 25 cm3, a la forme d’un vase conique à large base qui lui donne toute stabilité quand on veut la poser sur une table. Elle présente deux pointes scellées à la flamme, qu’on peut briser facilement en un point précis préparé à l’avance. Sur une des pointes renflées en olive on place un doigtier de caoutchouc semblable à celui de tous les compte-gouttes ; sur l’autre se fixe un ajutage en caoutchouc qu’on peut introduire dans une fosse nasale, sans risque de blesser au cas où le traité, un enfant par exemple, se débattrait.
- La quantité d’électrargol contenue dans le flacon suffit pour de nombreuses instillations. Après chaque usage, on peut recouvrir le capuchon de caoutchouc par un tube de verre rodé qui préserve l’orifice de toute souillure.
- L’ampoule compte-gouttes d’électrargol est vraiment un des meilleurs préservatifs contre les infections du nez si fréquentes en hiver.
- Laboratoires Clin-Comar et Cle, 20, rue des Fossés-Saint-Jacques, Paris (5e).
- Fig. 5. — L’ampoule compte-gouttes d’électrargol.
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- BOITE AUX LETTRES
- COMMUNICATIONS
- Sur la propagation du gui par les corbeaux
- n° 2966).
- M. G. Remacle nous écrit :
- « L’article de M. Antonin Rollet me rappelle de nombreuses observations faites un peu partout en Belgique, en régions calcaires, le carbonate de chaux étant indispensable au développement de la Loranthacée. Dans ce pays, les touffes de gui sont surtout abondantes sur les peupliers occupés par des nids de'corneilles ou de freux.
- Il m’a été possible de compter dans une « corbeautière » occupée par une quarantaine de nids, jusqu’à 25 touffes de gui alors que sur des peupliers se trouvant non loin de là, mais non habités par les oiseaux, aucune branche de gui n’était visible. On est généralement d’accord pour admettre que les corbeaux ne mangent pas les baies de cette plante, mais les emportent collées à leurs pattes.
- Un vieux paysan m’a aifirmé que la pulpe grasse du gui était « souveraine » contre les engelures et que les corbeaux s’en enduisaient les pattes pour se défendre contre les morsures du froid ! »
- QUESTIONS ET RÉPONSES
- M. Boulogne. — Pour vous documenter sur la fabrication du beurre, vous pouvez consulter les ouvrages les plus récents :
- Pouriau et Ammann, La Laiterie, l’art de traiter le lait, de fabriquer le beurre et les principaux fromages, à la Librairie Agricole, 26, rue Jacob, 1935. Prix : 24 fr.-—'Martin, La Laiterie, à la librairie Baillière, 19, rue Hautefeuille, 1934. Prix : 18 fr. 11 existe d’autres ouvrages sur ce sujet dans ces deux librairies, mais d’édition moins récente.
- En ce qui concerne les procédés de fabrication du beurre, il s’agit d’ailleurs moins de technique que d’appareillage.
- M. K., Paris. — Nous vous conseillons de vous reporter à l’article que nous avons publié sur les Serpents venimeux et le traitement de leurs morsures, dans notre numéro 2911, du 15 août 1933, page 150. Le sérum antivenimeux est préparé par l’Institut Pasteur de Paris, 25, rue du Dr Roux, et toutes indications utiles sont données pour son emploi. Effectivement, on peut, pour les cas traités tardivement, multiplier les doses, mais un traitement de ce genre ne peut être confié qu’à un médecin.
- M. B. Agia, Beyrouth. —• Nous vous rappelons une recette que nous avons déjà publiée pour rendre les tissus incombustibles :
- On trempe les tissus dans le bain suivant :
- Acide borique..............................50 gr
- Borax (borate de soude cristallisé)........60 gr
- Eau ordinaire................’............. 1000 cent cubes
- On égoutte sans tordre, on suspend et laisse à l’air jusqu’à dessiccation complète.
- Ce mélange ne compromet en aucune façon la solidité des fibres textiles, il est sans action sensible sur la plupart des couleurs.
- De tout un peu.
- M. Rigaud, à Marseille. — Le produit dont vous parlez doit effectivement être à base d’anis pulvérisé additionné de poudre de réglisse et autres éléments aromatiques. Seule une analyse permettrait d’être fixé exactement; toutefois nous croyons que sa composition doit être voisine de la suivante :
- Badiane................................30 grammes
- Anis vert..............................15 —
- Semences d’angélique................... 2,5 —
- — de fenouil...................... 2,5 —
- — de coriandre.'................... 2
- — d’ambrette...................... 2,5
- — de genièvre.................... 2 —
- Menthe poivrée......................... 2 —
- Thé vert............................... 2,5 —
- Faire macérer huit jours dans 1 1 d’alcool à 90° en agitant fréquemment, puis filtrer sur papier.
- M. Blancher, à Clermont-Ferrand. — 1° Étant bien entendu que le produit n’entrera pas dans l’usage alimentaire, vous pourrez facilement conserver de la crème ou des extraits végétaux en y ajoutant une trace de formol.
- 2° Lessive sans feu. — Faire dissoudre 1 kg de savon dans une quantité d’eau suffisante pour obtenir une sorte de bouillie que l’on verse dans un cuvier contenant 40 à 50 1 d’eau froide, ajouter une cuillerée à bouche d’essence de térébenthine et deux cuillerées d’ammoniaque^ (alcali volatil), puis fouetter le tout avec un petit balai.
- Introduire le linge à laver dans cette lessive, laisser macérer de 3 à 5 h, savonner ensuite le linge dans les conditions habituelles, en le frottant entre les mains, rincer et passer au bleu.
- Ce mode de blanchissage est peu coûteux, il rend le linge parfaitement blanc, dispense d’employer la brosse et économise le charbon.
- M. Clerck, à Schaerbeck. —• 1° Nous avons répondu à vos deux premières questions dans le n° 2960, p. 240.
- 2° Pour enlever les taches d’acide picrique, il suffit de tremper les mains dans une solution à 5 grammes par litre de sulfure de potassium (sel de Barèges) qui agit comme réducteur, puis de rincer à l’eau pure, tiède de préférence.
- N. B. — La solution d’acide picrique est inaltérable et se conserve indéfiniment.
- M. D., à St-Germain-en-Laye. — A notre avis le meilleur insecticide pour la destruction des punaises est le gaz sulfureux, mais il faut l’employer dans des conditions bien déterminées qui sont les suivantes :
- 1° Graisser soigneusement de vaseline les objets métalliques (or des cadres, ferrures, etc.)afin qu’ils ne soient pas attaqués par l’acide;
- 2° Fermer les joints des fenêtres avec des bandes de papier collé;
- 3° Faire préalablement bouillir pendant une demi-heure dans la pièce où l’on aura laissé tous les meubles et les tentures, une marmite d’eau, afin que l’air soit saturé d’humidité ;
- 4° Ensuite placer du soufre en petits morceaux dans un ou plusieurs vases en terre peu profonds et largement ouverts, que l’on a soin de mettre eux-mêmes afin d’éviter la possibilité d’incendie, sur une couche de sable épaisse de plusieurs centimètres, qui déborde tout autour d’une largeur suffisante pour recevoir les flammèches.
- La quantité de soufre sera de 40 à 50 gr par mètre cube, on l’enflamme en versant sur les morceaux un peu d’alcool à brûler auquel on met le feu avec précaution.
- On sort alors rapidement de la pièce, dont on obture la porte également avec des bandes de papier collé, y compris la serrure, avec une boule d’ouate ce qui permet de suivre la combustion du soufre, il ne reste plus qu’à attendre un jour ou deux avant d’ouvrir et d’aérer.
- F. V. IV, à St-Nicolas, Belgique. — Pour peindre sur étoffes, on peut se servir simplement des couleurs à l’huile broyées que l’on utilise habituellement dans la peinture des tableaux; mais il faut préalablement les dégorger de l’excès d’huile en les déversant sur plusieurs doubles de papier buvard.
- Lorsqu’elles ne cèdent plus d’huile, on les délaye dans quelques gouttes d’essence de térébenthine et elles sont ainsi prêtes pour l’emploi.
- N. B. — Seule une teinture par immersion après démontage des éléments de votre drapeau permettrait de conserver à l’étoffe sa souplesse ;dans ce cas les couleurs dites diamines,genre kabyline, que l’on trouve couramment chez les marchands de couleurs, sont à conseiller.
- P. M., à Vence (Alpes-Maritimes). — L’impureté grise qui se rencontre à la surface du mercure est de l’oxyde mercureux Hg20, on peut le préparer en grande quantité .en précipitant par la potasse du nitrate mercureux, lequel s’obtient lui-même sans difficultés en dissolvant du mercure dans l’acide nitrique froid, mais en ayant grand soin de laisser un excès de mercure non attaqué.
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- N* 2969
- LA NATURE
- 15 Janvier 1936
- LA SEBIBA NTILILIN DE DJANET 1
- CHORÉGRAPHIE TARGUIE
- Une chance particulière m’amena cette année à Djanet juste à point pour assister à un spectacle inouï. Cette fête qui n’a lieu qu’une fois l’an se donne en l’honneur de l’Achoura, renouvellement de l’année, qui tombe le 10e jour du mois de Moharem. Suivant l’antique tradition orale, elle célébrerait la mort de l’inique Pharaon poursuivant à travers la mer Rouge Sidi Moussa (Moïse) et les Hébreux; elle est par conséquent d’origine hébraïque, mais elle s’est islamisée. Les Touareg, devenus musulmans, l’ont adoptée avec d’autant plus d’aisance qu’ils sont à la fois tièdes dans leurs convictions et chauds pour toute occasion de se divertir. Elle est donc célébrée dans tout pays targui ; cependant, l’oasis de Djanet comprend trois villages, et, celui d’Adjahil (le plus curieux des trois) ne participe pas à ces réjouissances que ses habitants, de principes fanatiques, considèrent comme juives. Soit dit en passant, je ne sais si leurs sentiments religieux influent sur leurs talents agricoles, mais les cultures de ce village sont nettement supérieures à celles des voisins, sans doute sont-ils surtout moins paresseux.
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- Chez les Touareg, peuple éminemment superstitieux, à l’origine, cette fête du printemps avait, dans un caractère magique, le but de rendre les esprits favorables aux moissons. Aujourd’hui, seuls les vieux peuvent encore donner ces explications, les jeunes savent qu’il est convenable de s’amuser ce jour-là, mais en ignorent les raisons et ne s’en préoccupent pas.
- Les « Djenouns », diables, tiennent une place considé-
- 1. Djanet est une oasis située au sud du Tassili des Ajjers, à l’est du Hoggar.
- rable au Sahara; ainsi, un Targui ne se couchera pas à côté d’une outre, ni près des braises mortes, à cause des « Alhinems », gens du vide, qui y demeurent. Ils ne veulent pas loger dans des constructions possédant un toit qui enferme les Esprits; ils ne se reposent à l’ombre d’arbres hantés, comme le « teborah » qu’après en avoir cassé sept épines, ou sous le « talha » que l’ayant au préalable
- écorché d’une pierre, si bien qu’on trouve touj ours une provision de celles-ci au pied de ces épineux ; leurs montagnes, surtout quand elles sont de formes tourmentées, sont le domaine des Génies. Il en est dont on n’ose entreprendre l’ascension qu’en vue d’obtenir d’eux une faveur et, dans ce cas, on réalise parfois de véritables tours de force, comme par exemple, au Pic de Tididitin, dont le Génie des amoureux est le souverain : un jeune Targui, voulant être aimé de celle qu’il désire, tentera d’escalader ces rochers, s’étant lié une jambe repliée sous la cuisse; s’il accomplit cet exploit, le couronnement de sa flamme ne peut manquer de venir sous peu.
- Tous portent des amulettes et en font porter non seulement à leurs enfants mais au méhari préféré. Le métier de sorcier fournisseur d’amulettes n’est pas à dédaigner, ne connaissant jamais le chômage.
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- L’Achoura correspond à notre Jour de l’An, ce qui explique ces costumes neufs, mais, si une Sébiba se célèbre en tout territoire targui pour un mariage ou une fête quelconque, aucune n’atteint une splendeur comparable à la Sébiba N’Tililin de Djanet dont la renommée s’étend à travers le Sahara.
- Les villages d’Azelouaze et d’El-Mihan participent en
- Fig. 1. — L’oasis de Djanet et sa palmeraie au pied du Tassili des Ajjers.
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- masse à la fête pour laquelle leurs habitants font de grands frais vestimentaires. Il est visible que cette étoffe d’indigo soyeux flamboyant dont se revêtent la plupart des gens est neuve ; on avait dû en cette circonstance en employer des pièces entières dont l’apprêt avait gardé les plis du neuf, ceci, parce que l’usage en ce pays permet, un jour de fête, de se faire donner tout bêtement où l’on remarque une déchirure. Cette singulière coutume contribua naturellement à rehausser l’éclat des parures.
- La rareté des oasis dans l’immense désert fait que c’est une réjouissance toute locale qui n’amène pas d’étrangers, forains, bateleurs ou vendeurs comme en un pardon ou une ducasse chez nous; et cela consiste uniquement en danses, musique, chants, exécutés par la population du cru.
- Dès la veille, les tobols s’appellent et se répondent des deux localités qu’une demi-lieue sépare. Les tobols sont des sortes de tambours dont la peau de chèvre ou de mouton est tendue sur une citrouille ou un cylindre de tronc de palmier; une baguette courbe appelée Takourbat ou une corne servent à en tirer les sons. L’orchestre est entièrement féminin, les femmes touareg ayant une énorme importance en leur tribu; c’est une survivance du matriarcat d’après lequel la mère donne à ses rejetons sa propre nationalité : « le ventre teint l’enfant », dit-on là-bas, il est donc naturel qu’elles règlent ces divertissements. Musiciennes, elles ont aussi l’habitude de jouer de 1’ « Imzad », vague violon monocorde avec lequel les bonnes exécutantes se taillent des succès aux réunions d’ «Ahal », cour d’amour de notre moyen âge, qui réunit la jeunesse targuie des deux sexes.
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- Vers dix heures, de chacun des villages arrivent les indigènes qui commencent par former deux cercles distincts avant de se fondre en un seul, énorme, dans le centre de l’oasis, sur une vaste partie de sable dénudée. Une grande rivalité existe entre les deux bourgs, cause probable de la somptueuse fantaisie qui préside à cette rpascarade.
- Bien entendu, pour cette solennité, les hommes sont plus voilés que jamais, seul le regard sombre filtre entre les tissus qui couvrent leur visage. Souvenez-vous que le Targui ne se dévoile en aucun cas, même pour manger et dormir; lorsqu’on aperçoit quelque chose de sa face, c’est un laisser aller de mauvaise éducation; plus il veut honorer un interlocuteur, plus il est impénétrable.
- Ces voiles de figure font parfois émettre sur l’origine des Touareg l’opinion qu’ils seraient venus de Perse où cette mode était adoptée dans l’antiquité à des fins rituelles par les Mobed, prêtres du feu. Cette compression de la tête, qui leur donne une forme ovoïde, viendrait aussi de la Perse.
- La mèche d’Allah, formant chignon au sommet du crâne, les grandit encore, et, dans leurs longues robes, ils représentent assez bien les Mages tels que je les imaginais.
- En la Sébiba, les Touareg arborent deux types de
- costumes : celui de Mage et celui de guerrier; les premiers, longs et élancés, le voile les casquant d’une sorte de heaume, sont vêtus de gandourahs gaufrées de grandes rosaces bleuâtres sur fond blanc ou le contraire; ou bien l’étoffe est de cet indigo étincelant d’un éclat métallique sous la brûlante lumière du soleil. Ces vêtements s’appellent alors Tchoqqits. Ceux qui les portent sont voués à toujours exécuter la figure de danse dite « la Chauve-Souris », étendant les bras pour figurer l’oiseau nocturne, parfaite adaptation à ces sombres draperies.
- Les guerriers, d’un aspect tout différent, ont de telles superpositions de vêtements qu’ils en paraissent courts et trapus. Leur habillement comporte d’abord une coiffure monumentale, le Takambout, sur lequel retombent des flots d’effilés bleus et des cascades de lourds bijoux d’argent triangulaires (Tera). Un pantalon foncé de ton leur descend jusqu’aux pieds et la robe de dessus, de brillant indigo, est maintenue par de larges bretelles croisées sur la poitrine. Pour quiconque a chevauché un chameau, l’utilité s’en impose, cet animal ayant un trot si dur que les méharistes ont coutume de se serrer l’estomac ; la large ceinture enroulée autour du corps remplit le même but hygiénique. Des plaques d’argent ou des pièces de monnaies décorent cette ceinture et ce fastueux attirail forme un ensemble à la fois cossu et coûteux.
- Tous manient des armes, depuis la lance de bois., à la pointe durcie au feu, jusqu’à la Takouba, le sabre targui dont la lame en bon acier du Fezzan vaut quatre méhara : ils parodient ainsi la guerre.
- Comme de juste, ces farouches guerriers montrent dans leurs pas une ardeur toute belliqueuse. Ils font parfois des figures d’ensemble, avançant par quatre en un moulinet d’un grand effet. Bon nombre d’entre eux agitent un mouchoir ou une écharpe soyeuse ainsi que je l’ai vu faire dans des danses masculines de Syrie à plusieurs milliers de kilomètres de ce pays targui.
- Passons à présent au vêtement féminin. Mises de façon un peu uniforme, les femmes sont engoncées dans des draperies qui rappellent les stores dits à « l’italienne » dont les tapissiers imposèrent la mode voici près d’un demi-siècle. Couvrant le haut du corps, de la tête tombe un voile indigo et parfois un foulard de soie, de tons chantants, terminé d’effilés ; j’ai même vu des châles espagnols égarés chez ces sombres beautés sahariennes. Un disque frontal orne la plupart des têtes et des dégringolades de massifs joyaux d’argent ronds ou triangulaires descendent sur le sein. Les lourdes étoffes présentent souvent des plis d’une majesté antique.
- Leur figure est fardée d’étrange façon, le fond de teint est d’ocre jaune, et une large croix vermillon, la croix targuie sans doute, qu’on retrouve en tous leurs ornements, s’étale au milieu du visage, lui donnant l’aspect singulier que vous pouvez imaginer. Elles chantent, battent des mains ou jouent de leurs instruments, im-zads et tobols, mais dansent peu, ou de façon rituelle, d’un mouvement de pieds imperceptible.
- Un accessoire très prisé dont se parent les privilégiés qui en . possèdent, c’est un parapluie, drapé le plus souvent d’un fichu multicolore. J’ai même remarqué une
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- Fig. 2 à 5. — (En haut à gauche.) Les femmes couvertes de bijoux jouant du lobol. (A droite.) Le chœur des chanteuses ballant des mains. (En bas, à gauche.) Danseurs touareg vêtus de somptueux vêtements brodés. (A droite.) Un guerrier brandissant sa lame du Fezzan.
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- charmante ombrelle pliante à manche d’ivoire, relique du Second Empire, venue, Dieu sait comment, échouer ici. Contrairement à ce qui se passe dans les pays de mœurs
- européennes où seuls les enfants se costument au Carnaval, chez ces peuplades non encore évoluées, cette mascarade est un plaisir d’adultes auquel les petits ne
- Fig. 6 à 9. — (En haut, à gauche.) Guerriers avec leurs hautes coiffures garnies de bijoux d’argent. (Adroite.) Une danse guerrière. (En bas, à gauche.) La danse de la Chauve-Souris. (A droite.) Les méharistes regardant les danseurs.
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- prennent part qu’en tant que spectateurs. Ils conservent leur habituelle tenue qui est le plus simple appareil, agrémenté d’amulettes porte-bonheur.
- Dominant le publie qui entoure musiciennes et danseurs, haut perchés sur leurs méhara, altiers et somptueux, figurent les nobles Touareg qui condescendent à présider aux distractions des Kel Djanet leurs vassaux; il faut bien que le peuple s’amuse !
- Cette foule bariolée s’ébat devant le formidable décor des rochers du Tassili des Ajjers, tour à tour pourpres ou lie de vin, magnifique toile de fond.
- Vers midi, chacun gagne l’ombre apaisante de l’oasis, on fait la sieste et répare ses forces en causant par petits groupes et, lorsque le soleil modère son ardeur, on remet les épais vêtements, les vieilles servant d’habilleuses aux plus jeunes, et ces dames s’efforcent de refaire le maquil-
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- lage endommagé, sans aucun mystère, devant tous. Puis le divertissement reprend jusqu’à la nuit avec un entrain toujours croissant. C’est un tourbillon, dans les nuages de sable d’or que soulèvent les pieds des danseurs, ivres de bruit et de mouvement; ces extraordinaires figurants, peu à peu, en une sorte d’extase ignorent ce qui les entoure et laissent la profane que je suis se glisser parmi eux et prendre ces documents photographiques que la distance de Djanet et la rareté de cette Sébiba rendent précieux.
- Le rideau est tiré, et quand je repense à cette manifestation chorégraphique, moi qui ai vu les plus beaux ballets des civilisés, je crois que cette fête de barbares dansant, non sur commande en un but de lucre, mais avec conviction, pour eux-mêmes, dans ce paysage admirable des Ajjers, mériterait la palme si un concours pouvait s’établir entre eux. Mme de Lyée de Bedleau.
- AU DELA DE L’ELECTRON
- Primitivement, particule insécable, que les agents physiques ne paraissaient pouvoir dissocier, l’atome était devenu un monde sidéral formé de protons et d’électrons, un système solaire en miniature. Sa nature même restait hypothétique. Avec sa masse infinitésimale chargée négativement, on l’assimilait à une charge ponctuelle entourée d’un milieu dépourvu de structure ou à un centre de divergence de lignes de forces.
- Les travaux du professeur G. P. Thomson sur la diffraction des rayons cathodiques, venus après ceux de Dymond, de Davisson et Kunsman, de Davisson et Germer, etc., projettent un jour nouveau sur la structure de l’électron et en ont fait mieux pénétrer la réalité.
- Ces travaux semblent confirmer la théorie de la mécanique ondulatoire de L. de Broglie d’après laquelle l’électron comporte un groupe d’ondes associées dont le mouvement à travers la matière est déterminé par des considérations de diffraction et de dispersion. Dans cette théorie, la vitesse u de fonde et celle v de la particule en mouvement sont liées par la relation :
- v u — c2
- où c représente la vitesse de la lumière.
- La relation vu — c2 montre qu’il peut exister une différence de vitesse considérable entre l’électron et les ondes électroniques associées. Les discriminer devient donc possible. C’est, ainsi que pour des électrons ayant une énergie de 25 000 v, la longueur d’onde est de l’ordre de grandeur des rayons X durs. Ils présenteront, traversant un cristal, des phénomènes analogues à ceux observés avec des rayons X de même ordre de longueur d’onde, mais on sait que les électrons diffèrent des rayons X en ce qu’ils sont déviés par les champs électrique et magnétique.
- En ce qu’il a d’essentiel, le dispositif G. P. Thomson est le suivant (fig. 1).
- Ses rayons cathodiques produits en A passent par un tube étroit B et vont frapper un film monté en C. B est protégé par un tube de fer contre les actions magnétiques. Une plaque D peut être abaissée en deux fois, grâce à un dispositif magnétique. En E est un écran recouvert de willemite dont on se sert quand la plaque est relevée.
- La préparation la plus délicate est celle du film car il doit être assez mince pour que les électrons ne subissent, en le traversant, qu’une seule dispersion. Autrement l’image rendue floue par la superposition des déviations n’apparaîtrait sur la plaque que sous la forme d’un noircissement uniforme, à l’exception des points correspondant à la direction du faisceau initial où l’intensité serait maxima.
- Dès le début, les films étaient constitués par de minces feuilles métalliques dont l’épaisseur était de l’ordre de 10 microns. Pour l’or on attaque une feuille très mince par l’eau régale, pour l’aluminium l’attaque se fait par une solution de potasse caustique.
- De tels films présentent peu de cohérence, aussi G. P. Thomson a-t-il préféré les obtenir ultérieurement
- Fig. 1. — Schéma du dispositif de G. P. Thomson.
- —Suspension
- Jauge de Mac Leod et pompe
- --Plaque
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- par pulvérisation cathodique en utilisant comme support l’acétate de cellulose qu’on dissout ensuite dans un bain d’acétone.
- La théorie peut être brièvement exposée. Suivant la formule de Bragg, chaque espacement d de deux plans parallèles du cristal donnera une réflexion, pourvu que 2 d 1 s in G = n A
- \ étant donné par la formule de de Broglie :
- /' ^
- \ = b 1 — -
- m v
- c étant la vitesse de l’électron de masse m, h la constante de Planck; a la longueur d’onde.
- Sur un écran placé à une distance L (fig. 2), on obtiendra un anneau de diamètre :
- a
- en supposant G petit.
- En conséquence un mince pinceau d’électrons donnera après passage à travers le fdm, autour de la tache centrale que donne le faisceau direct, toute une série d’anneaux dont on pourra mesurer le diamètre et en déduire la longueur des ondes difîractées.
- Ces anneaux manifestent bien la trajectoire des électrons, car si on approche un aimant de la plaque photographique, ils subissent une déviation comme si la trajectoire des électrons était déviée. Le noircissement de la
- plaque est dû à des électrons et non à des ondes lumineuses, car l’aimant n’influencerait pas ces dernières. Il faut conclure que l’électron est accompagné d’un train d’ondes qui le guide.
- Les résultats obtenus montrent que ces ondes électroniques ont une fréquence extrêmement élevée, un million de fois plus grande que celle de la lumière visible.
- Interprétant les expériences de son fils, le physicien Sir J. J. Thomson propose une conception nouvelle de l’électron. 11 lui suppose une double structure: une partie, celle où l’énergie est localisée serait formée d’un certain nombre de lignes de force électriques, tandis que l’autre serait constituée par un train d’ondes en résonance avec l’électron.
- Comme pour la lumière, théorie ondulatoire et théorie corpusculaire se complètent.
- D’ailleurs la façon dont se comporte l’électron impose non seulement des hypothèses sur sa structure, mais aussi l’étude du milieu dans lequel il se meut.
- Il apparaît bien des expériences que ce milieu est supra-dispersif. Ce milieu est-il limité à son voisinage immédiat, constitué de charges électriques plus petites, ou est-ce l’éther, qui présente cette structure ? On peut, en effet, admettre pour l’éther une période de vibration beaucoup plus courte que celle de la lumière visible, mais plus grande que celle des ondes électroniques, il serait dispersif pour celles-ci et non pour la lumière. Sans résoudre cette question si discutée de l’éther, Thomson admet que l’électron est constitué de parties plus petites, de sub-électrons, pouvant vibrer suivant un grand nombre de périodes différentes.
- Fréquences et longueurs ne sont point quelconques, mais la variation d’énergie est toute quantique.
- G. Verdier.
- Fig. 2. — Formation d’un anneau de diffraction à travers un cristal.
- = L’ELARGISSEMENT SOUTERRAIN [)U CANAL DE LA MARNE A L’AISNE
- Le canal de l’Aisne à la'Marne passe non loin de Reims, sur une longueur de 2801 m 57, sous le Mont de Billy, par un tunnel exécuté en pierres meulières de Vitry (fig. 1).
- L’augmentation du tonnage des péniches réclamait depuis longtemps non seulement l’élargissement des berges, mais aussi l’abaissement du fond du lit qui n’avait été creusé que jusqu’à 2 m 60. La quille des bateaux n’était même pas à 0 m 30 du fond, puisque les trains de 5 péniches à la file amoncelaient vers le milieu du tunnel une énorme quantité de vase blanche qui retardait leur passage. Il fallait leur laisser une marge de 1 m 65 (fig. 2).
- En raison du trafic intense de la batellerie, cet approfondissement indispensable s’exécute actuellement sans interrompre la navigation; celle-ci se fait de jour seulement.
- On aurait pu se servir de bateaux munis de chaînes à godets raclant le fond sans relâche; mais l’exiguité du tunnel et surtout le souci d’un tracé parfait du nouveau lit imposaient une autre solution : celle des bateaux-barrage.
- La maison Fougerolle, qui inventa le système, vide tous les soirs à 6 heures la partie à creuser sur une longueur de 380 m et le lendemain, à 7 heures, l’eau envahit à nouveau le chantier pour rétablir la circulation.
- LES BATEAUX-BARRAGE
- Que sont donc ces bateaux-barrage.
- Ce sont des caissons en fer de forme hexagonale, et de gabarit exactement calculé pour épouser le lit du canal lorsqu’ils sont échoués. Tous les soirs à 5 heures, le convoi de sept à huit péniches pénètre dans le tunnel et s’arrime sur le chantier recouvert par l’eau. On place
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- les bateaux-barrage en travers du canal de manière que leur proue et leur poupe, en saillie de l'orme quadrangulaire, s’encastrent dans les rainures latérales des deux berges, aussi parfaitement qu’un tenon dans sa mortaise. L’étanchéité est assurée par des lattes de bois qui se coincent entre le fer et la maçonnerie.
- Les vannes de 200 mm sont alors ouvertes ; l’eau pénétrant à l’intérieur de la carène fait peu à peu enfoncer le bateau jusqu’au moment où sa quille touche un seuil métallique préparé à l’avance et dans lequel il s’emboîte. La pose de ce seuil est des plus pénible. Des scaphandriers travaillant sous l’eau pendant une huitaine de jours ancrent solidement la base, tandis que des pompes spéciales aspirent sans relâche les déchets, la terre et la vase accumulés et qui sont évacués par la pression de l’air comprimé à 7 kg.
- LA VIDANGE DU CHANTIER
- Deux barrages formés par ces bateaux coupent donc le canal en deux points, distants de 380 m, entre lesquels on va vidanger l’eau. A cet effet, trois monorails fixés à la voûte supérieure du tunnel soutiennent, par des treuils, les trois tubes aspirateurs terminés par des crépines, l’une de 50 cm de diamètre et les deux autres de 35 cm. Chaque ouverture est munie d’une grille-filtre empêchant les pierres d’accéder à la pompe centrifuge (fig. 3).
- Doucement les crépines sont immergées; le tube se dresse le long de la paroi du bateau de manière que sa sortie coïncide avec l’embouchure du tube des turbines, et l’on boulonne.
- L’opération de vidange doit commencer simultanément aux deux barrages ; un son de trompe envoyé dans la nuit en donne le signal. Une petite pompe chargée de l’amorçage des tubes entre en action et après la fermeture des robinets purgeurs, les deux moteurs électriques de 35 ch pour les tubes de 35 cm et celui de 70 ch pour le tube de 50 cm sont mis en marche. Le bateau-barrage est transformé en bateau-pompe.
- Les pompes, fonctionnant à plein rendement, aspirent d’un côté l’eau du bief, tandis que de l’autre elles la crachent sous forme de trois colonnes liquides compactes et puissantes à débit de 7000 m3 à l’heure (fig. 4).
- De larges remous se produisent au bord des péniches ; une fine poussière de gouttelettes tombe en rosée tandis que peu à peu le niveau du bassin central s’abaisse, laissant finalement apparaître la surface boueuse et gluante du chantier de la veille. Une rigole de drainage creusée au centre canalise les eaux d’infiltration; celles-ci,recueillies dans un petit bassin collecteur, sont évacuées tous les quarts d’heure par une pompe de 150 mm de diamètre (fig. 5).
- Il est 6 heures. Deux autocars déversent les 80 terrassiers recrutés parmi les chômeurs de la ville de Reims. Ils s’engouffrent dans le tunnel et gagnent les vestiaires aménagés sur les pontons.
- L’entreprise emploie 160 ouvriers divisés en deux
- groupes travaillant alternativement chacun trois jours par semaine. Ils travaillent 10 heures, depuis le soir 6 h 30 jusqu’au matin du lendemain 5 h avec une pause de 11 h. 30 à 0 h. 15. D’après les expériences faites, à
- Fig. 2. — Coupe schématique du canal souterrain.
- Fils déc!a ira 220 volts
- Fi! de trolley
- Rails du tracteur
- Fond dui. bateau
- Ancien lit du canal
- Rigole de drainage
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- Fig. 3. — Le bateau-barrage en travers du canal s’encastre dans les rainures latérales de la berge. La manœuvre des palans fait immerger la crépine de 500 mm alors que les deux autres sont déjà posées.
- partir de minuit le rendement du travail baisse environ de 50 pour 100.
- LE CREUSEMENT DU CANAL
- Visitons maintenant le chantier au travail.
- Chaussés de bottes en caoutchouc et revêtus d’une
- combinaison bleue, nous descendons les échelles aux barreaux glissants; quatre péniches amenées là, avant la vidange, sont échouées. Deux d’entre elles, sur lesquelles a été aménagée une voie unique supportant deux wagonnets, se remplissent de blocs de craie brute que des manœuvres lancent à la pelle.
- On élargit les berges et une équipe munie de 8 marteaux pneumatiques perfore la paroi de craie pâteuse, qui se fendille. On achève la dislocation à la pioche. C’est de la craie absolument pure sans traces de silex ou même de minuscules fossiles.
- Le bief élargi à 6 m 70 reçoit, par place, sa maçonnerie de pied-droit en ciment armé. Des équipes préparent, sur le sol, le quadrillage de l’armature en fer qui va être dressé contre la paroi de craie (fig. 6) ; d’autres disposent les couchis et les cerces distants de 30 cm.
- Enfin, dans le coffrage une fois façonné, on coule le ciment apporté de l’une des deux autres péniches qui renferme l’eau, le sable, le gravier et le ciment. L’armature se compose de barres verticales de 10 mm de diamètre, croisées tous les 20 cm par des tiges horizontales (fig. 6).
- Pour éviter l’effondrement de la voûte du tunnel, on maçonne les pieds-droits par longueurs de 4 m 20, laissant un espace de 7 m 40 sur la longueur duquel des
- Fig. 4. —
- Les turbines fonctionnant à plein rendement crachent sous forme de trois colonnes liquides compactes et puissantes les 7000 m3
- d’eau que contient le bief central.
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- Fig. 5. — Le lit du canal vide laisse apercevoir les travaux de maçonnerie des pieds-droits. Au centre la tranchée de drainage et au fond les péniches échouées chargées d'évacuer les déblais de craie.
- chevalets sont disposés pour supporter la base de la voûte qui pend dans le vide. Ce système de sécurité oblige les équipes à repasser deux fois de suite au même endroit.
- Les deux côtés cimentés sont alors raccordés à la base par le radier.
- Ce fond a un gabarit dont la courbure est exactement calculée sur les points extrêmes de la berge unique qui court tout le long du tunnel.
- Comme on prévoit l’établissement d’une voie ferrée avec une pente de 2 cm par m, destinée à la circulation d’un tracteur électrique, on a jugé plus sûr de maçonner le bord.
- Et pour éviter toute fissure provoquée par les vibrations du véhicule, le pied-droit se rattachant au trottoir bétonné est accroché à la base de la maçonnerie de la voûte.
- Cette pierre meulière de Verzy est si dure qu’elle use six têtes de fleurets dans le forage d’un trou de mine de 25 cm de profondeur.
- Le matin à 5 h on fait exploser les charges de cheddite ; ces charges sont faibles, pour ne point ébranler la voûte supérieure.
- La brèche est agrandie au marteau pneumatique, et en dernière opération, on scelle la berge munie d’un garde-ballast.
- Au-dessus un fil de trolley conduit le courant de force et trois fils électriques de 220 v assurent l’éclairage.
- Pour alimenter les moteurs des pompes et les réflecteurs du chantier, on a creusé dans la paroi du tunnel une cabine de transformation de courant.
- Les transformateurs abaissent de 5000 volts à 220 volts le courant amené au chantier; ce courant provient lui-même d’une distribution à 32 500 volts et sa tension a été abaissée une première fois à l’extérieur du tunnel.
- Actuellement 1140 m de radier sont complètement terminés; 16 000 m3 de craie ont été évacués par péniches et déversés par grue électrique dans des marais voisins et l’on compte en extraire en tout près de 33000 m3.
- Mais 1161 m restent encore à approfondir et à élargir.
- Le matin à 5 heures, l’appel de la sirène ordonne l’évacuation du chantier.
- Les ouvriers regagnent le vestiaire, les outils sont minutieusement rangés.
- L’air comprimé chasse l’eau des réservoirs des bateaux-barrage ; ces derniers se décollent de leur seuil et l’eau envahit à nouveau pour 12 heures le lit du canal, faisant flotter les péniches remplies de déblais et de matériaux divers qu’un remorqueur va emmener.
- Le convoi remorqué par un câble d’acier sans fin, s’enroulant autour de tambours de fonte mus par des moteurs électriques, mode de traction ordinaire pour ce passage souterrain, quitte le tunnel, et la navigation normale reprend sans apparence de discontinuité.
- André Glory.
- Fig. 6. •— Une équipe pose l'armature de fer des pieds-droits. En haut court la berge où circulera la voie ferrée supportant le tracteur électrique.
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- = L’HISTOIRE D’UNE ÉTOILE NOUVELLE
- COMMENT LES ASTRONOMES DE MEUDON ONT ÉTUDIÉ “ LA NOVA HERCULIS ”
- LA LYRE
- *\ -4) lYega
- LE DRAGON A s \
- Nova
- HERCULE
- Fig. 1. — Emplacement de la Nova lierculis.
- Le ciel étoilé, par la régularité de ses mouvements et la fixité des étoiles, observées depuis les temps les plus reculés, a semblé longtemps l’image même de l’éternel et de l’immuable. Il a fallu les appareils et les méthodes infiniment précis de l’astronomie moderne pour déceler des transformations, des déplacements qui, pour être prodigieusement lents, pour n’avoir aucune commune mesure avec l’échelle ridiculement courte de la vie humaine, n’en sont pas moins, à la longue, nettement perceptibles. Il existe cependant certains phénomènes célestes dont l’évolution tout entière peut être observée dans un temps restreint. La naissance et la phase active des étoiles nouvelles ou nouæ présentent, par exemple, à l’astronome, en même temps qu’un événement qui s’encadre dans une durée de quelques mois, l’explication, d’un intérêt capital, du renouvellement progressif des astres, du rajeunissement incessant de l’univers.
- On se souvient qu’une telle noua est apparue en
- Fig. 2. — Courbe de lumière de la Nova Herculis.
- Déc.193b| danv. \ Fév.
- Mars | Avril
- Mai | Juin
- duil. | Août
- décembre dernier dans la constellation d’Hercule, tout près de la belle étoile Véga (fig. 1). Quoique rare, ce phénomène n’est pas exceptionnel. Une nom visible à l’œil nu apparaît en moyenne tous les vingt ans, et sans parler de l’éclatante Pèlerine, remarquée par Tycho-Brahé en 1572, nous gardons* le souvenir des étoiles nouvelles de la Licorne et de l’Aigle en 1918, cette dernière dépassant la première grandeur, et du Cygne, en 1920, qui atteignit la troisième. La Noua Herculis aurait donc ofîeit, pour les non-spécialistes, un intérêt assez restreint, si elle avait suivi l’évolution commune à tous les astres analogues. Ces nouveau-nés du firmament parcourent, en effet, une même voie : après une brutale augmentation d’éclat qui multiplie en quelques jours, voire en quelques heures, leur intensité lumineuse par
- 10 000, 50 000 ou même 90 000, ils déclinent lentement; et cette décroissance les fait passer, au cours de plusieurs mois, du stade éclatant du début à celui des étoiles télescopiques, invisibles à l’œil nu. Or, la Noua Herculis ne se conforma pas à la tradition. Au cours de son déclin, elle montra des fluctuations d’éclat tout à fait extraordinaires. En outre, chose encore plus étrange, elle se dédoubla, donnant ainsi naissance à une étoile double de 7e grandeur. Découvert en Amérique, ce dédoublement ne put être constaté en Europe que par la grande lunette de l’Observatoire de Meudon, qui est l’instrument le plus puissant du Vieux Monde. Par ailleurs, c’est aussi à Meudon que furent poursuivies le plus activement les recherches photométriques et spectroscopiques sur cette curieuse étoile. C’est pourquoi, comme il nous a été donné de recueillir, dans notre grand établissement d’astro-phy-sique, des renseignements particulièrement intéressants, grâce à l’éminent et savant astronome qu’est M. F. Baldet,
- 11 nous a paru opportun de donner aux lecteurs de La Nature une idée de l’étonnant événement céleste étudié, et des méthodes qui en ont permis l’observation.
- PRÈS DE DISPARAÎTRE, L’ÉTOILE RESSUSCITE
- Une noua n’est pas, bien entendu, une création ex nihilo. C’est une minuscule étoile dont un processus uniforme fait brusquement croître l’intensité lumineuse. Ainsi l’astre nouveau a-t-il été retrouvé sur des clichés de Franklin-Adams, sous forme d’une petite étoile de 15e grandeur. Sur la nature de ce processus, qui la fit sauter de la 15e à la 2e grandeur, on est réduit à l’hypothèse. Il y a quelques années, on admettait la possibilité d’un choc entre deux étoiles éteintes. Puis, devant les objections suscitées par le calcul des probabilités et l’observation spectroscopique, on se rabattit sur la théorie de Seeliger, pour qui une petite étoile, pénétrant dans une nébuleuse obscure, voyait son éclat augmenter par la chaleur due au frottement. Actuellement on a tendance à expliquer ce phénomène par de formidables
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- Fig.
- éruptions de gaz, analogues aux protubérances solaires, qui en feraient ainsi une étape normale de l’évolution stellaire.
- Donc, lorsque M. Prentice, amateur anglais, ayant découvert sa nom, en téléphona joyeusement la nouvelle à l’Observatoire de Greenwich, le 13 décembre 1934, à 5 h du matin, elle était encore de 3e grandeur. Le lendemain, elle déclina et M. Müller la nota, à Potsdam, de grandeur 3,7. Puis son éclat varia en sens contraire, atteignant le 22 décembre son maximum, lequel était, suivant le professeur Grafï, à Majorque, de 1,3. La nom subit encore une série de fluctuations qui l’amenèrent à deux maxima secondaires, le 19 janvier (gr. : 1,8, d’après Lundmark à Lund), et le 22 janvier (gr. : 1,5, d’après l’Observatoire américain de Harvard). Enfin, déclinant continuellement tout en passant par d’innombrables oscillations d’amplitude variable, elle tomba, dans le courant d’avril, au rang des étoiles télescopiques : le Dr Fresa, de Turin, l’enregistra en effet, le 3 mai, comme de grandeur 13,7. Jusque-là, en somme, elle avait été fidèle à la route habituelle des novæ. Après une phase éphémère d’activité, après avoir remué le monde savant, elle était retournée à son obscurité originelle. Les astronomes se disposaient donc à l’abandonner à son destin lorsque parvint de Moscou un télégramme surprenant : les savants soviétiques annonçaient que la nom était remontée d’un coup, le 23 mai, à la 9e grandeur. Cette ascension inattendue se confirma peu après car, par une montée en dents de scie, elle arriva à la 8e, puis à la 7e. Elle la dépassa même, atteignant la grandeur 6,4, vers le 1er septembre. C’est l’éclat qu’elle conserve actuellement, oscillant autour de la 7e grandeur, visible par conséquent dans une petite lunette, et montrant, avec un faible grossissement, une magnifique couleur verte (fig. 2).
- COMMENT LES ASTRO-PHYSICIENS ÉTUDIENT LES ETOILES
- Mais ces notations de la variation d’éclat, si elles indiquent les changements d’activité de la nom, ne sauraient en donner les causes. Pour suivre de plus près l’évolution, pour en connaître les différentes phases, il faut employer, concurremment avec le procédé photométrique, le procédé spectroscopique. Ainsi put-on enregistrer, à Meudon, les périodes successives de l’étoile nouvelle, les caractéristiques qu’en présentaient les spectres et en tirer de fort précieuses conclusions. D’ailleurs, dans un but de contrôle et de comparaison, on opéra simultanément avec plusieurs instruments. M. Bal-det travailla à la table équatoriale avec un prisme objectif permettant la reconnaissance du spectre complet. M. Camichel, à la grande lunette, avec un spectrographe à forte dispersion, étudia seulement la partie visible du spectre. M. Bertaud, enfin, à l’équatorial Eichens, avec deux prismes objectifs à forte dispersion, se borna à la partie photographique — bleu et violet —.
- Éclairons ces termes, peut-être un peu arides.
- 3. — Un astronome règle le spectroscope de la table équatoriale à l’observaloire de Meudon.
- La table équatoriale n’est autre qu’un plateau métallique supporté par une monture équatoriale, c’est-à-dire qu’entraîné par un mouvement d’horlogerie et tournant en sens inverse du mouvement de la Terre, il conserve, par rapport aux étoiles, une direction invariable (fig. 3, 4, 5). Tous les appareils des observatoires sont montés ainsi, de façon que l’astre visé reste dans le champ pendant toute la durée de sa visibilité. On peut donc installer sur cette table des instruments divers, une lunette photographique et un spectrographe, par exemple, ce dernier différant du spectroscope simplement en ce que l’oculaire visuel est remplacé par une plaque photographique. Tandis qu’à cet instrument M. Baldet étendait ses recherches au spectre complet — on sait que la sensibilité de la plaque photographique déborde les frontières du spectre visible — M. Camichel, à la grande lunette, se limitait à cette partie visible (fig. 6 et 7), négligée au contraire par M. Bertaud, qui s’attachait à la partie invisible à l’œil, mais perceptible pour l’objectif. De plus, sur chaque cliché, à côté du spectre de la nova, on enregistrait celui, bien connu, d’une étoile voisine, Véga par exemple, afin de pouvoir comparer et identifier les raies. On obtint ainsi plus de 300 spectrogrammes, dont les
- Fig. 4. •— Le spectrographe monté sur la table équatoriale.
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- Fig. 5. — Le bâtiment de Vobservatoire de Meudon qui abrite la table équatoriale.
- dates s’échelonnent depuis le lendemain de la découverte jusqu’à ces dernières semaines. Il faut ajouter que ces 300 clichés ne représentent pas un mince labeur, si l’on songe que les astronomes opérèrent à toutes les heures de la nuit, et que les nuits claires chères aux astronomes sont les plus froides, surtout sur le plateau élevé où s’éparpillent les bâtiments d’observation. De nombreux établissements d’astro-physique coopérèrent du reste à l’œuvre commune. Une mission française à Abisko (Suède), à 68° de latitude, dirigée par M. Chalonge, qui se proposait d’étudier l’ozone atmosphérique, profita même de son séjour sous le ciel pur de Laponie pour prendre, de la Nova Iierculis, des spectres embrassant une portion considérable de l’ultra-violet.
- Fig. 7. — M. Camichel au spectrographe de la grande lunette de Meudon.
- UNE VIE CÉLESTE ÉPHÉMÈRE, MAIS BIEN REMPLIE
- Dès le 15 décembre , M. Bertaud put avoir un bon spectre. A cette époque, l’étoile ne jouissait pas encore de son éclat maximum. Des raies brillantes permirent d’y déceler notamment l’hydrogène, le calcium et le fer. A partir du 20, alors qu’elle dépassait la 2 grandeur, des raies noires apparurent, caractérisant ainsi l’existence, autour du foyer stellaire, d’une couche de gaz plus froids, fait
- qui s’expliquait également par l’hypothèse de Seeliger et par celle des gaz éruptifs. Puis, en même temps que les raies noires persistaient, les raies brillantes s’avivèrent et s’élargirent. Le 6 janvier 1935, M. Baldet obtint le beau spectre que nous reproduisons figure 8; deux spectres sont superposés; le spectre inférieur est celui de la nova, l’autre est celui de Véga. Celui-ci montre la série des raies noires de l’hydrogène, auxquelles correspondent des raies brillantes du spectre de la nova.
- Les autres raies permettent d’y noter la présence de l’oxygène, de l’azote, du sodium, du fer. On remarque encore le décalage des raies noires vers la droite, dû à l’effet Doppler. Il indique, comme on le sait, le déplacement du gaz générateur de ces raies. C’est ce léger écart qui permet de calculer la vitesse de l’étoile. Il donna lieu, d’ailleurs, à une remarque suggestive de M. Belorizky : ayant cherché cette vitesse, il trouva qu’elle était passée, entre le 17 et le 27 janvier, de 640 à 870 km par seconde!
- Comme on ne peut guère imaginer l’astre lui-même doué d’une pareille rapidité, le plus logique est de l’attribuer à la couche de gaz plus froids.
- Ainsi se confirme l’hypothèse de jets gazeux éruptifs, dont le Soleil présente des exemples, animés de vitesses de l’ordre de centaines de kilomètres à la seconde.
- Le deuxième spectre (fig. 9) fut obtenu par M Ca- 6. •— Le piédestal de la grande lunette
- • i i i oa de l’observatoire de Meudon.
- michel, le 30 mars.
- Les raies brillantes
- transversales,au milieu desquelles est placé le spectre de la nova, sont celles du spectre de comparaison. Déjà le fond lumineux s’atténue, mais les raies brillantes persistent.
- Le troisième spectre (fig. 10), dû à M. Baldet, le 29 juin, montre la dernière période de la crise stellaire. II n’est constitué que par quelques raies brillantes placées au-dessus du spectre de Véga. Le fond continu a disparu.
- La phase dite nébulaire a commencé. En même temps qu’elle diminuait d’éclat, l’étoile devenait un simple globe lumineux entouré d’une nébulosité diffuse. Les raies les plus apparentes sont celles de l’hydrogène et le décalage indique, calculé par M. Baldet, une vitesse de 300 km à la seconde.
- ET SI LE SOLEIL...?
- C’est le 4 juillet que l’on s’aperçut, à la lunette de
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- Fig. 8. — Spectre de la Nova Ilerculis pris le G janvier 1935 à 4 h 57. En haut, spectre de comparaison (étoile Véga). En dessous, le spectre de la Nova mordre le décalage des raies vers la droite, dû au déplacement des gaz.
- Fig. 9. — Spectre de la Nova Ilerculis pris le 30 mars 1935 à 0 h 40. (Il s'étend entre les raies brillantes transversales du spectre de comparaison.
- Les raies H a et H [1 sont caractéristiques de Vhydrogène).
- Fig. 10. —• Spectre de la Nova Hcrculis, le 29 juin 1935 à 23 h 13. Le spectre inférieur est celui de Véga. Les raies brillantes placées au-dessus sont celles de la Nova. On remarque que le fond lumineux a disparu.
- 91 cm de l’Observatoire Lick (États-Unis), du dédoublement de la nova. Comme, à ce moment, se tenait à Paris le Congrès de l’Union astronomique internationale, M. Shapley, directeur de l’Observatoire de Harvard, l’annonça, le 17, à ses collègues réunis. Tout aussitôt M. Baldet se mit à l’oculaire de la grande lunette de Meudon. Répétons que celle-ci, avec sa lentille de 83 cm et son tube de 16 m, est le plus grand instrument d’Europe et qu’elle seule put déceler ce dédoublement. Une telle observation n’alla pas sans peine. Les deux astres frères étant extrêmement rapprochés, il fallut, pour les séparer, employer un grossissement extrêmement puissant, ce que l’on ne pouvait faire qu’en des conditions atmosphériques exceptionnelles. En fait, elle apparut double à M. Baldet à trois reprises, le 23 et le 24 juillet et le 12 octobre, avec des grossissements de 1600 et 2300. Aux deux premières observations, les composantes parurent écartées d’environ un quart de seconde d’arc (x). A la dernière, elles étaient un peu plus écartées. Ces mesures ont permis à l’éminent savant de calculer quelle distance nous sépare de cette nouvelle étoile. Il l’a trouvée égale à 1600 années-lumière, en accord sensible avec la distance des novae de la même région céleste.
- Dans l’histoire de l’astronomie, une seule nova s’est comportée d’une manière semblable : c’est dans la constellation des Poissons, celle découverte le 25 mai 1925 par
- 1. 1/4 de seconde d’arc, c’est l’angle sous lequel on voit 1 mm à 825 m. Que les Parisiens imaginent qu’ils regardent, du centre du Rond-Point des Champs-Élysées, la tranche d’une pièce de monnaie placée sur l’obélisque!
- un employé des Postes du Cap, dont la courbe de lumière présenta le même aspect et les mêmes soubresauts, qui se dédoubla en 1928 et même se détripla ! Le nouvel astre est-il destiné à connaître de telles tribulations ? La parole est aux astronomes, dont les appareils gigantesques et délicats sont seuls capables de faire parler la lumière des étoiles. Tout ce que les profanes peuvent faire, c’est d’espérer que le Soleil n’aura pas, un jour, la fantaisie d’augmenter quelques dizaines de milliers de fois sa puissance calorifique et lumineuse, auquel cas nul astronome terrestre n’en apporterait l’impressionnant témoignage... Pierre Rousseau.
- Fig. 11. — M. Baldet, astronome, à l'observatoire de Meudon.
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- 62 LES MINES D’OR DE L’AFRIQUE DU SUD
- En 1934, la production mondiale d’or s’est élevée à 843 680 kg, dépassant, de loin, celle de 1932 qui, en atteignant 752 985 kg, constituait, déjà, une année record.
- Dans la hiérarchie des pays producteurs d’or, les mines du Rand, en Afrique du Sud, ont occupé, en 1934, le premier rang avec 342 t. L’U. R. S. S. s’est placée d’emblée au second rang avec 130 t (contre 40 en 1929 et 61 t en 1930). Vinrent ensuite le Canada, les États-Unis, etc...
- Après avoir noté l’ascension rapide de l’U. R. S. S. pour l’extraction du métal jaune, laquelle semble même appelée à se prolonger notablement, nous indiquerons les particularités de l’industrie de l’or dans le Rand. C’est une question d’actualité puisque, à tort ou à raison, on considère les actions des mines du Rand comme des valeurs refuge.
- L’importance des mines d’or du Rand ressort clairement du chiffre actuel de leur extraction : 35 millions de
- Du mur au toit, les couches exploitées sont le Main Reef, massif de 1 m 20 à 2 m 40 d’épaisseur, c’est-à-dire de puissance, le Main Reef Leader, son voisin, le plus caractéristique, de 0 m 60 à 2 m avec intercalation de quartzites et le South Reef, en plusieurs bancs, d’une puissance susceptible d’atteindre 3 m, séparé du précédent par 20 à 30 m de quartzites.
- Dans l’ensemble du Rand, la puissance moyenne exploitable est de 1 m 25.
- Le minerai aurifère du Transvaal est constitué par un conglomérat qu’en raison de son aspect, les mineurs appellent « banket », ce qui signifie,« gâteau d’amandes ».
- A titre indicatif, on exploite aujourd’hui des minerais donnant en moyenne 10 gr d’or par tonne. Nous reviendrons plus loin sur cette importante question.
- L’origine de l’or dans ces conglomérats reste très discutée. On admet généralement que, dans ces gisements d’allure sédimentaire, il se serait produit dans les inter-
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- Fig. 1. — Les gisements de Wilwalersrand.
- tonnes métriques de minerai par an et de l’effectif de leur personnel : 270 000 ouvriers.
- Depuis 30 ans, les mines du Rand ont fourni environ 9200 t d’or représentant une valeur voisine de 154 milliards de fr pour une extraction s’élevant approximativement à 700 millions de t de minerai.
- I. - CARACTÈRES ESSENTIELS DES GISEMENTS AURIFÈRES DANS LE RAND
- Ces gisements s’étendent sur environ 100- km2 e* se développent dans une grande cuvette dont les bords s’appuient sur deux môles de granit, distants de 85 km, au nord de Johannesburg, d’un côté, et de l’autre à Vredefort, au sud-sud-ouest, où les couches sont renversées (fig. 1).
- Plus les travaux se rapprochent du centre de la cuvette plus leur profondeur est grande. On s’arrête actuellement à la profondeur de 2300 m. La température de la roche y atteint 37 degrés.
- stices du conglomérat encore meuble, soit par en haut, soit par en bas, une sorte d’imprégnation hydrothermale de pyrites aurifères, en relation avec les roches éruptives. Ces venues seraient solidaires du métamorphisme. On peut, dans une certaine mesure, les comparer à celles qui donnent naissance aux gisements filo-niens.
- Dans les minerais aurifères du Transvaal, les galets quartzeux qui s’y trouvent ont généralement la grosseur d’une noix. Quand ils sont plus gros, l’or est disséminé en paquets d’une manière irrégulière; quand, au contraire, le grain devient plus fin et que le conglomérat devient un grès, la teneur en or du ciment diminue ; souvent, même, elle ne permet plus l’exploitation. Quant aux galets, ils sont à peu près stériles.
- On retiendra qu’il existe une relation très nette entre la teneur en or du minerai et la grosseur de ses galets.
- L’or se trouve dans le « banket » sous deux formes : d’abord sous celle de grains fins dont les dimensions
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- Fig. 2. — Soutènement par piliers de bois en quadrillages à la « Nourse Mine ».
- varient entre 1 et 7 centièmes de mm, mais la majeure partie de l’or se trouve occluse dans des pyrites de fer et de cuivre.
- II. — PARTICULARITÉS D’EXPLOITATION DES MINES D’OR DU RAND
- Il convient de ne pas perdre de vue que la profondeur moyenne d’extraction est de 1400 m. On n’est pas descendu plus loin que 2300 m. Il en résulte des difficultés spéciales d’exploitation à cause, d’une part, de l’aérage qui doit être intensif — la température de la roche s’élevant à 37° en moyenne (x) au fond des mines du Rand — puis, d’autre part, de la pression des terrains, ce qui correspond à des phénomènes géologiques encore peu connus malgré l’efï'ort persévérant de nombreux ingénieurs. C’est ce que montre l’importance des travaux correspondants présentés, en octobre 1935, au Congrès international des Mines, de la Métallurgie et de la Géologie.
- Dans les mines profondes, la température de l’atmosphère s’élève jusqu’à 40° à cause de la température de la roche et de l’oxydation des pyrites, lesquelles forment 3 pour 100 de la masse exploitée. D’autre part, l’air est saturé d’humidité en raison de la nécessité fréquente d’employer des marteaux d’abatage à injection d’eau.
- Par suite, le volume d’air à débiter dépasse fréquemment 400 m3 par seconde, pour un seul puits.
- La pression des terrains dans les mines du Rand est rendue évidente, tant par l’écrasement fréquent de piliers de soutènement que par des projections locales violentes provoquées par la détente des roches. Ces derniers accidents se produisent souvent, soit dans les galeries, soit dans les chantiers d’abatage ou tailles. On s’efforce d’en préserver les ouvriers par la forme et la section des galeries, le mode d’abatage du minerai, la pose d’étais ou de toiles de protection, etc...
- 1. Dans le Rand. le degré géothermique correspond à une profondeur de descente égale à 106 m.
- Fig. 3. —Soutènement dénommé pack ou pigstye (parc à cochons) à la « Crown Mine ».
- Le problème du soutènement dans les galeries et tailles a donné lieu à de grandes difficultés, par suite de l’absence de bois. Malgré d’importantes plantations d’eucalyptus, le bois est encore rare.
- Autrefois, l’exploitation se faisait par piliers abandonnés, mais on perdait ainsi un important tonnage de minerai, environ 20 pour 100 de l’extraction, et ce qui est encore plus grave, ces piliers s’effondraient sous la pression des terrains en causant la mort de nombreux ouvriers et en jetant une grave perturbation dans le travail. Aujourd’hui, on recourt au soutènement formé par des piles de bois en quadrillage, comme le montre la figure 2, se rapportant à la « Nourse Mine ». Fréquemment aussi, on recourt au type de soutènement représenté par la figure 3, afférent à la Crown Mine. On le dénomme pack ou pigstye' (parc à cochons) et on le fixe au mur par des
- Fig. 4. — Soutènement par piliers circulaires en maçonnerie avec couverture de rondins.
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- Fig. 5. — Exploitation par taille chassante à la « Crown Mine ».
- crampons. Ces packs sont remplis au début de minerai mais, au moment de l’abandon du quartier, on retire le minerai et on le remplace par du stérile.
- Quelquefois, aussi, dans les chantiers peu inclinés et pas trop profonds, on établit des piliers circulaires espacés de 4 à 5 m, de 75 à 90 cm de diamètre, serrés au toit par une couverture de rondins, comme le montre la figure 4.
- La figure 5 représente un chantier à la Crown Mine. Le front est celui d’une longue taille chassante, le minerai abattu est pris à l’arrière par un racloir ou scraper, suivant la figure 6.
- L’abatage se fait soit, mais rarement, par marteaux pneumatiques, soit mieux encore, et presque toujours, par des marteaux (jack hammer) à injection d’eau (1), représentés à la figure 7. Le forage d’un trou de mine de 39 mm de diamètre et de 1 m 80 de profondeur ne
- 1. Leur principe est le suivant. Un tube de faible diamètre passe par le canal central du piston et pénètre par l’emmanchement du fleuret, lequel est creux ; la poignée du marteau reçoit de l’eau sous pression.
- Fig. 6. •— Enlèvement par scraper des minerais aurifères abattus.
- nécessite qu’une douzaine de minutes. On emploie la gélignite comme explosif.
- Quand le minerai a été complètement enlevé, c’est-à-dire « dépilé », on procède au remblayage hydraulique, comme le représente la figure 8. A cet effet, les sables quartzeux, résidus du traitement des minerais aurifères, sont transportés par leur poids d’eau, puis décantés de façon à retirer environ les deux tiers de celle-ci. On amène ensuite cette pulpe par des tuyauteries en béton (voir lîg. 8), jusqu’en arrière des fronts de taille où elle remplace les soutènements ou packs.
- On neutralise le cyanure contenu dans ces sables par une addition de permanganate de potassium.
- Le recours aux marteaux d’abatage à injection d’eau s’explique par la nécessité de ne pas dépasser dans l’atmosphère des chantiers une teneur en poussières supérieure à 5 mgr seulement par mètre cube d’air, afin de soustraire les mineurs à une phtisie spéciale, dénommée silicose.
- Le minerai est ensuite monté au jour au moyen de « skips » représentés à la figure 9, puis classé à la main (fig. 10).
- La venue d’eau dans les mines du Rand peut représenter trois fois le tonnage de minerai extrait.
- Le rendement ouvrier est de 560 kg pour le fond, 1700 kg pour le jour, y compris les usines de traitement; de 425 kg pour l’ensemble. Ces chiffres vont en croissant; ils étaient respectivement de 550 kg, 1680 kg et 415 kg en 1913, avec un nombre de postes moindre.
- III. — NATURE ET TENEUR DU MINERAI AURIFÈRE DU RAND
- Nous avons défini au chapitre I le « banket » ou minerai aurifère du Transvaal.
- L’or se trouve dans le « banket » sous deux formes : d’abord, sous celle de grains fins dont les dimensions varient entre un et sept centièmes de mm, mais la majeure partie de l’or se trouve occluse dans des pyrites de fer et de cuivre. D’où la nécessité de broyer très fin (fig. 11), en pratique, jusqu’au tamis n° 200, pour établir une solution de continuité nettement tranchée entre l’or et sa roche mère.
- Néanmoins, il convient défaire débuter le traitement par un bocardage poussé jusqu’à 40 mailles que suit l’amalgamation. On termine par un broyage à 200 mailles suivi de la cyanuration.
- Le rendement moyen en or dans les parties en exploitation est de : 6 1/2 dwt (1 pennyweight = 1 gr 55 par short ton : 980 kg), soit 11 gr par tonne métrique ou 1/90 000e du poids abattu ; il s’élève à 18 gr dans les mines les plus riches et descend à 7 gr dans les plus pauvres.
- Le tableau suivant montre la teneur en dwt puis en grammes par tonne métrique ainsi que la valeur de l’indice inch-dwt ou poids troy-pouces des mines les plus connues du Rand et produisant plus d’un million de minerai par an.
- La valeur la plus élevée de cet indice est atteinte avec 679 unités à Moder Deep, mine qui extrait à cette époque-ci quelque 550 000 t de minerai par an. Le minerai le plus riche est celui du Sub-Nigel, mine qui traite près de 400 000 t par an, avec 17,865 dwt, c’est-à-dire à 31,7 gr par tonne métrique.
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- Grammes
- Indice inch dwt. Dwt. par tonne métrique.
- Crown Mine. . . . 321 6,273 10,78
- Randfontein. . . . 260 5,684 9,76
- Government Areas . 534 9,357 16,05
- New-Modder . . . 375 7,340 12,61
- Robinson Deep . . 342 5,725 9,84
- Brakpan .... 402 6,906 11,87
- West Rand .... 252 5,302 8,11
- Ce tableau nous montre que la plupart de ces mines ne disposent pas d’un minerai très riche, mais elles compensent cette infériorité relative par la puissance et la modernisation de leurs installations.
- IV. — TRAITEMENT DES MINERAIS DU RAND
- Dans le Rand, on recourt d’abord à une amalgamation que précède un broyage grossier sous des bocards, puis à une cynanuration effectuée avec le minerai normalement pulvérisé.
- Rappelons qu’en thèse générale, il vaut mieux recourir à l’amalgamation quand l’or se trouve dans un minerai en particules relativement grosses. En revanche, lorsque l’or est à l’état de fines particules, sa récupération par cyanuration assure une récolte plus rapide et plus efficace. Par ailleurs, quand il s’agit d’or à l’état d’extrême division, il convient d’employer des solutions diluées de cyanure de potassium. La dissolution de l’or ne s’y effectue, d’ailleurs, qu’au bout de plusieurs heures.
- La tendance courante, spécialement en Afrique du Sud, consiste à combiner ces deux méthodes et à laisser un rôle prépondérant à la cyanuration. On retiendra encore que la cyanuration met mieux à l’abri des vols, car il est relativement facile de dérober de l’amalgame.
- Dans les mines à faible teneur, par exemple, le pourcentage de l’or récupéré s’élève à 38 pour 100 environ par amalgamation, et à 62 pour 100 par cyanuration. Quelques années auparavant, l’amalgamation fournissait un peu plus de la moitié de la production d’or.
- Les figures 12 et 13 représentent les tables d’amalgama tion à New-Modder. En tête de ces tables se trouvent les bocards servant à ramener le minerai au calibre voulu.
- La figure 14 représente les pachucas servant à la cyanuration à la Nourse Mine, en marche discontinue.
- Quelques données pratiques aideront à fixer les idées sur l’extraction de l’or par cyanuration.
- A la Crown Mine, par exemple, qui traite environ 2,5 millions de t de minerai par an, les pachucas sont de grands récipients cylindriques ayant 9 m 40 de diamètre et 3 m 70 de profondeur. La pulpe y séjourne six jours. Au bout de ce temps, on l’envoie dans des réservoirs similaires dans lesquels on la met en contact avec une solution de plus faible concentration en cyanure; ce qui permet un épuisement pratiquement complet; on ne laisse dans les stériles que 0 gr 77 d’or par tonne
- Fig. 7. — Marteaux pneumatiques à injection d’eau pour l'abatage des minerais aurifères.
- pour les sables, et 0 gr 33 pour les boues ou slimes. Cela ne correspond qu’à une perte moyenne de 0 gr 54 par tonne de minerai, ou 5 pour 100 environ de la teneur initiale. Quant à la dépense de cyanure, elle représente 185 gr par tonne de minerai.
- A la West Springs, on traite 700 000 t de minerai par an. Après amalgamation et broyage, on met en contact la pulpe avec la solution de cyanure dans des pachucas de 21 m de diamètre. Finalement, la liqueur contenant l’or en dissolution est envoyée dans des filtres rotatifs Oliver, appareils bien connus, dont le modèle le plus perfectionné est représenté sur la figure 15. Ici, on laisse dans les stériles 3 à 5 pour 100 de l’or contenu dans le minerai.
- De la liqueur claire séparée par le filtre, on précipite l’or par du zinc pulvérulent, suivant le procédé Merrill. Après fusion, en présence du borax, l’or est envoyé à l’atelier de raffinage.
- Fig. 8. — Remblayage hydraulique dans les mines du Rand au moyen d’une pulpe formée de stériles et d'eau.
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- La figure 17 représente la réception des lingots d’or pur à la Banque de la Chambre des Mines du Transvaal.
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- Fig. 9. —• Skips à la « Robinson Deep », pour la montée au jour des minerais aurifères.
- Y. — RAFFINAGE DE L’OR
- L’or produit par les mines titre en moyenne 880 millièmes. On le raffine dans une usine centrale pour l’amener à 995 millièmes. Cet établissement dépend de la « Chambre des Mines du Transvaal ».
- Après une analyse contradictoire des lingots, ceux-ci sont fondus dans des creusets de graphite à courant de chlore, comme le montre la figure 16. Sous l’action du chlore, une partie des impuretés est éliminée sous la forme de chlorures. Les poussières, scories et déchets qui surnagent sont traités par les sels marins. On recueille de l’argent aurifère d’où l’on extrait l’or par fusion. Il subsiste des produits solubles, d’où l’on précipite le cuivre par le fer.
- Fig. 10. — Triage à la main ou « Hand-Picking » des minerais aurifères après culbutage des skips.
- VI. — ORGANISATION DE L’INDUSTRIE DES MINES D’OR DU RAND
- Deux questions méritent un examen spécial : la production de la force motrice et le problème de la main-d’œuvre.
- L’exploitation des mines d’or du Transvaal a posé un important problème de production de force motrice. Il faut satisfaire:
- 1° à tous les travaux mécaniques du fond;
- 2° à l’aérage qui doit être intensif, comme nous l’avons vu;
- 3° au service d’exhaure, c’est-à-dire de la reprise des infiltrations d’eau dans les puits ;
- 4° à toutes les opérations de concassage, broyage et traitement des minerais pour en extraire l’or.
- Primitivement, la « Victoria Falls and Transvaal Power Co » visait à l’utilisation des chutes du Zambèze mais, en raison du bas prix des fines de houille : environ 10 fr la tonne, on a préféré recourir uniquement à l’énergie électrique provenant des centrales thermiques. Celles-ci sont au nombre de cinq et leur puissance totale atteint 265 000 kw. Comme elles travaillent avec un facteur de charge élevé, plus de 90 pour 100, donc dans des conditions très économiques, l’énergie électrique revient à 10 centimes seulement le kilowatt-heure aux exploitations aurifères.
- Le problème de la main-d’œuvre soulève de nombreuses difficultés qui ne sont que partiellement résolues.
- Il faudrait 250 000 ouvriers indigènes. On ne disposait, fin décembre 1933, que de 235 739. La Chambre des Mines a intensifié son effort de recrutement dans l’Union Sud-Africaine et obtenu de faire venir quelques milliers de noirs des régions tropicales et du Mozambique.
- Elle est aidée par les conditions météorologiques caractérisées par une période de sécheresse intense qui ruine l’agriculture et incite les ouvriers agricoles à venir s’embaucher à la mine.
- Les prétentions excessives des ouvriers blancs, l’insuffisance de la main-d’œuvre noire qu’il faut aller recruter jusqu’au Mozambique,, représentent deux graves menaces pour la situation économique du Rand.
- Dans les mines d’or du Rand, le prix de la journée de travail monte à 20 fr, dont 6 fr de nourriture et d’entretien pour un ouvrier noir, mais à 150 ou 122 fr pour un ouvrier blanc, suivant qu’il est occupé au fond ou au jour. Cette différence de traitement s’amplifie dans les exploitations aurifères rhodésiennes. Un blanc y reçoit 150 à 200 fr par jour, au lieu de 10 à 11 fr seulement pour un ouvrier noir.
- Dans l’Afrique du sud anglaise, toutes les
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- Fig. 11. — Broyeurs ou lube-mills pour la pulvérisation des minerais aurifères
- avant cyanuration.
- compagnies minières parquent la main-d’œuvre de couleur dans des « compounds », enceintes où les ouvriers reçoivent leur nourriture et la préparent en commun, font leur lessive, etc.
- Ces compounds possèdent des distributions d’eau, des salles de pansement, des économats. La raison d’être de ces établissements tient à la nécessité de transplanter la main-d’œuvre pour l’agglomérer dans les centres miniers, dépourvus de ressources agricoles.
- Elle relève aussi d’une politique qui a poux-principe de maintenir une séparation nette entre les Européens et les indigènes, en maintenant ceux-ci en état d’infériorité.
- Un tel régime, s’il est favorable à la continuité du travail, à la tempérance et à la tranquillité publique, présente de graves inconvénients, au point de vue de l’accroissement de la population.
- Les statistiques établissent que la mortalité est importante (11 à 12 pour 100) ; elle dépasse pour la main-d’œuvre noire des Mines du Transvaal le double de ce qu’elle est pour la population blanche de même âge dans le pays ; e recrutement de la main-d’œuvre indigène lenAfrique du Sud devient donc de plus en plus difficile.
- VII, — QUELQUES NOTIONS SUR LES LIMITES D’EXPLOITABILITÉ DES MINERAIS AURIFÈRES
- DU RAND
- En 1929, avant la dévaluation de la livre sud-africaine, le prix de revient moyen de l’extraction et du traitement des minerais aurifères ressortait à 128 fr par tonne, ce qui équivaut à 7 gr 62 d’or fin, dépense qui définit la teneur limite d’exploitabilité des minerais du Rand, sans tenir compte de l’amortissement du capital. Nous y reviendrons un peu plus loin.
- Par tonne broyée, le prix de revient se décompose ainsi :
- Pour 100
- Salaire des blancs....................... 25
- Salaire des noirs........................ 20
- Matières, force motrice, matériel. . . 45
- Divers.................................. 10
- 100
- Les salaires absorbent donc 45 pour 100 des dépenses d’exploitation.
- On estime, d’autre part, que les achats, en Union Sud-Africaine, de matières premières et de matériel utiles à l’exploitation entrent dans la proportion de 25 pour 100 du prix de revient. Au total, par conséquent, 70 pour 100 des frais de traitement profitent direc-
- Fig. 12 (à gauche). — Table d’amalgamation. Fig. 13 (à droite). — Vue deé bocards et des tables d’amalgamation à la New Modderfontein.
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- Fig. 14. •—• Pachucas ou cuves de cyanuration à la Nourse Mine.
- tement à la population et au commerce de T Union Sud-Africaine.
- Par le fait même, la dévaluation de près de 30 pour 100 de la valeur de la livre sud-africaine a entraîné automatiquement une réduction de 22 pour 100 dans la valeur-or du prix de revient.
- Cette dévaluation réalisée, comme on le sait, vers la fin de l’année 1932, a eu comme conséquence une prime importante sur l’or. A cause de cette prime, la limite
- Fig. 15. — Filtres Oliver pour la clarification de la solution aurifère de cyanure.
- d’exploitabilité des minerais du Rand a été notablement reculée.
- La limite d’exploitabilité se définit d’elle-même. Elle correspond à la teneur en or du minerai pour laquelle les recettes suffisent à couvrir les charges fixes et variables d’exploitation, y compris la rémunération normale du capital investi.
- Dans le Rand, avant l’abandon de l’étalon-or par l’Union Sud-Africaine, on se basait généralement sur une teneur limite de 5 dwt par short-ton, c’est-à-dire 8 gr 5 par tonne métrique.
- Avant l’abandon de l’étalon-or par l’Angleterre, en ' 1931, le prix de l’or sur le marché de Londres, évalué naturellement en monnaie anglaise, était à peu près fixé aux environs immédiats de 84 sh. 11 d, prix standard. En 1932, et pendant les premiers mois de 1933, le prix de l’or en monnaie anglaise dépendait exclusivement des fluctuations de celle-ci par rapport au dollar qui constituait encore un étalon fixe.
- Dès le mois de mars 1933, le prix de l’or a abandonné le dollar pour se rattacher au franc, et ses fluctuations dépendirent alors principalement du rapport entre les monnaies anglaise £t française, c’est-à-dire du cours de la livre (ou du cours du franc à Londres, ce qui revient au même).
- La prime de l’or représente la différence de valeur entre le prix de l’or, décompté en livres sterling-or légales (prix standard de 84 sh, 11 pence) et le prix réel du marché fixé en livres-papier, environ 120 sh au début de jan-
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- Fig. 16. — Creuset en graphite à courant de chlore pour l’épuration de l’or.
- vier 1933, 126 sh. 2 d, le 29 décembre de la même année. En décembre 1935, il se tint aux abords de 141 sh.
- Durant l’année 1933, le cours de l’or s’est avancé jusqu’aux environs de 132 sh. Il a même atteint 140 sh au début du mois de février 1934, pour monter à 141 sh.
- La prime de l’or a représenté, en 1933, pour l’Union Sud-Africaine, une somme globale évaluée à 19,7 millions de livres ou 1576 millions de francs.
- Cependant, il ne faut pas perdre de vue que la prime sur l’or est une manifestation accidentelle de la dévaluation de la livre sud-africaine et du maintien d’un niveau des prix en Afrique très au-dessous de la parité du prix du métal coté à Londres.
- Si une stabilisation générale des monnaies se produisait, stabilisation par rapport à l’or, la prime sur l’or serait une chose du passé.
- Les déductions que l’on peut tirer de cette observation sortent du cadre de cette étude.
- 11 résulte de ces données que l’industrie aurifère constitue pour l’Union Sud-Africaine une source d’énormes revenus. En 1932, les salaires payés par les mines d’or se sont élevés à 15,9 millions de livres, soit approximativement 1300 millions de fr. En outre, 15,4 millions de livres ou 1250 millions de fr ont été dépensés en approvisionnements. Sur cette dépense, 10,7 millions de livres, soit 860 millions de fr ont été fournis par le pays lui-même.
- Fin 1929, l’industrie aurifère du Rand représentait une mise de fonds de 8 milliards de fr, dont 120 millions sous forme d’obligations. En y ajoutant les affaires disparues, on atteint environ 12 milliards. Les dividendes distribués jusqu’en 1929 s’élevaient à 26 milliards 700 millions pour une production représentant une valeur de 117 milliards.
- VIII. — AVENIR MINIER DU RAND
- A quelle époque les mines d’or du Rand arriveront-elles à épuisement ?
- Les prédictions faites à ce sujet sont demeurées vaines.
- On ne peut vraiment pas prévoir l’épuisement des mines du Rand.
- Des causes majeures permettent de reculer à une époque lointaine l’épuisement des champs aurifères : la prime sur l’or, les progrès techniques dans la prospection et dans le traitement des minerais aurifères.
- Ces progrès techniques sont tels que l’on peut traiter avec profit haldes ou stériles provenant d’anciennes laveries lorsqu’ils renferment de 2,5 à 3 gr par tonne, ce qui est fréquent.
- Le danger n’est pas là. Il tient à la lutte des races, née de ce mépris profond des blancs pour les noirs, traduit par le « Colour Bar Bill », c’est-à-dire la « loi de la barrière ». A cause d’elle, le Gouvernement peut exclure les noirs de toute activité, simplement parce qu’ils sont noirs. Cette loi a pour expression « Keep them down », « maintenez-les en bas ».
- De là, d’injustifiables abus. L’ouvrier mineur blanc gagne de 120 à 150 fr par jour, alors que le salaire des noirs ne dépasse pas 20 fr y compris 6 fr de nourriture et autres frais.
- On ne sera pas étonné d’apprendre que les noirs, poussés à bout, commencent à s’affilier à des syndicats, lesquels grouperaient déjà plus de 50 000 noirs. La population noire de l’Union Sud-Africaine comprendrait 5 500 000 individus en face de 1 700 000 blancs. Ainsi surgit peu à peu et s’organise une armée en lutte contre la civilisation, représentée par la race blanche.
- Ch. Berthelot, Ingénieur-conseil.
- Fig. 17. — Réception des lingots à la Banque de la Chambre des Mines du Transvaal.
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- 70 = FRÉDÉRIC ET IRÈNE JO LIOT-CURIE =
- ET LA DÉCOUVERTE DE LA RADIOACTIVITÉ ARTIFICIELLE
- Le prix Nobel de Chimie, cette suprême distinction scientifique, vient récompenser une longue suite de travaux d’une importance exceptionnelle, poursuivis depuis plusieurs années par M. et Mme Joliot-Curie à l’Institut du Radium de Paris. A ceux qui pourraient s’étonner qu’un prix de Chimie échût à des physiciens, il suffit de rappeler que la physique nucléaire, de création récente, domaine où les époux Joliot-Curie se sont si brillamment illustrés, se situe à la frontière même de ces deux sciences sœurs que l’on appelle conventionnellement Physique et Chimie.
- La découverte de la radioactivité artificielle, qui a valu le Prix Nobel aux époux Joliot-Curie, n’est pas leur seul titre de gloire. Les jeunes lauréats sont, en effet, auteurs d’un très grand nombre de travaux fondamentaux dans le domaine de la radioactivité et des transmutations nucléaires artificielles.
- Parmi ces travaux les plus remarquables sont les expériences qui ont abouti à la découverte du neutron, puis les expériences très importantes sur la matérialisation des photons et la dématérialisation des électrons et enfin la belle et récente découverte de la radioactivité artificielle.
- Nous allons, dans ce qui suit, retracer brièvement l’œuvre scientifique de M. et Mme Joliot-Curie, en insistant surtout sur la radioactivité artificielle et les travaux que M. Frédéric Joliot poursuit actuellement au Laboratoire Ampère. Les travaux des illutres lauréats se rapportant tous aux transmutations des éléments chimiques, nous commencerons par rappeler les faits essentiels de ces phénomènes.
- LES TRANSMUTATIONS ARTIFICIELLES DES ÉLÉMENTS CHIMIQUES
- Les transmutations radioactives naturelles ont révélé l’existence dans la nature de certains noyaux atomiques fragiles, d’où jaillissent spontanément des particules, — rayons alpha, rayons bêta, souvent accompagnés d’un rayonnement gamma —, à la suite de véritables cataclysmes intra-nucléaires, dont le mécanisme nous échappe encore entièrement. De ces cataclysmes résultent de
- véritables transmutations des noyaux radioactifs qui donnent naissance à de nouveaux noyaux correspondant à des corps simples totalement différents.
- Ces désintégrations sont spontanées et indépendantes de l’intervention du physicien. Mais tous les atomes, jusqu’à l’atome de numéro atomique 80, se trouvent, par contre, dans un état stable et les recherches les plus minutieuses n’ont pu y révéler la moindre radioactivité (sauf toutefois quelques exceptions : le potassium, le rubidium et le samarium sont faiblement radioactifs).
- En 1919, Lord Rutherford a montré, pour la première fois, qu’il est possible de désintégrer certains atomes légers en les soumettant à un bombardement intense à l’aide des corpuscules appropriés, suffisamment puissants pour franchir les barrières de potentiel qui entourent les noyaux et provoquer ainsi la dislocation de l’édifice nucléaire.
- Ces agents de destruction nucléaire sont précisément les projectiles naturels qu’émettent, telle une artillerie minuscule, les atomes radioactifs au moment de leur explosion. L’énergie individuelle d’une particule alpha, par exemple, est prodigieusement grande, en raisom de sa masse et surtout de sa vitesse élevée, et lui permet de briser le noyau atomique rencontré sur son chemin.
- Ainsi, au lieu d’être un simple spectateur de ces convulsions profondes de la matière que nous dévoile la radioactivité naturelle, spectateur incapable d’intervenir si peu soit-il dans ces transmutations, le physicien, grâce à la voie nouvelle et magnifique ouverte par Rutherford, est aujourd’hui à même d’agir efficacement sur les noyaux atomiques, qui sont les clefs de voûte de l’univers atomique.
- Les célèbres expériences de Rutherford ont porté sur l’azote et ce génial physicien a réussi à obtenir, à partir de celui-ci, un nouveau corps simple, qui est un isotope de l’oxygène. Cette réaction nucléaire est représentée symboliquement par l’équation suivante, qui traduit l’action de la particule alpha sur le noyau d’azote :
- 14 4 17 1
- N + a = 0+ H
- 7 2 8 1
- Fig. 1. — Trajectoire trochoïdale d'un électron positif.
- 20 ci-n'
- Dans cette relation, N, a, O et H représentent respectivement : un noyau d’azote, une particule alpha, un noyau d’oxygène et un noyau d’hydrogène (ou proton). L’indice placé en bas et à gauche de chaque symbole chimique représente le nombre atomique, c’est-à-dire la charge électrique du noyau, toujours positive. L’indice placé en haut et à gauche représente le poids du noyau, égal à très peu de chose près au poids atomique de l’atome donné. Un électron négatif sera ainsi représenté
- par le symbole___. e, sa masse étant négligeable et sa charge
- 1 o
- négative. Un électron positif est représenté par _j_ ^ £*
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- Cette façon de représenter les réactions nucléaires est d’un emploi courant dans cette nouvelle chimie nucléaire, en train de s’édifier, et où les noyaux, les photons et les particules de désintégration remplacent les atomes et les molécules des réactions chimiques ordinaires.
- Tous les éléments compris dans le tableau de Mendé-léefï, entre le bore et le potassium, se sont montrés désintégrâmes par les particules alpha et ces désintégrations sont généralement accompagnées de protons animés de grandes vitesses. Ces réactions nucléaires ont fourni des renseignements très intéressants sur le contenu des noyaux atomiques.
- RAYONNEMENTS PÉNÉTRANTS DES ATOMES SOUS L’ACTION DES RAYONS ALPHA (NEUTRONS)
- Un nouveau progrès dans le domaine des transmutations artificielles a été accompli en 1931, grâce à la découverte d’un phénomène important par les époux Joliot-Curie. Ces savants ont montré que le rayonnement pénétrant excité dans le glucinium (Be) par les particules alpha (fait signalé par Bothe et Becker), possède la propriété remarquable de projeter des protons des substances hydrogénées, tels la cellophane, le papier, la paraffine, etc.
- On sait aujourd’hui, grâce aux travaux de Chadwick (Prix Nobel de Physique 1935), que le rayonnement issu du glucinium est constitué par les neutrons, particules élémentaires dont la masse est sensiblement égale à celle du proton, mais dépourvue de toute charge électrique.
- La réaction nucléaire qui conduit à l’émission d’un neutron s’écrit, dans le cas du glucinium, de la manière suivante :
- 9 412 1
- Be+ a = C+ tt + y 4 2 6 0
- 1 ~
- n représente le neutron, de masse 1 et de charge 0;
- 0
- y représente le rayon gamma émis pendant la transmutation.
- Le neutron possède des propriétés tout à fait remarquables; il traverse avec facilité des épaisseurs considérables de plomb sans être affaibli notablement, tandis que des épaisseurs relativement faibles de substances hydrogénées, tels la paraffine, le papier, etc., le ralentissent très sensiblement. Ces propriétés peuvent paraître paradoxales, à première vue, étant donné qu’en général les radiations, qu’elles soient corpusculaires ou ondulatoires, traversent beaucoup plus facilement les substances composées d’éléments chimiques légers, que les substances lourdes.
- Mais ce phénomène remarquable s’explique par le fait que les neutrons qui heurtent les noyaux lourds rebondissent sans perte d’énergie (chocs élastiques), exactement comme une balle lancée contre un mur rigide et dur. Au contraire, lorsque le neutron frappe un noyau léger, ce dernier est projeté sous l’effet du choc et emporte
- Fig. 2. — Electron positif du radiophosphore. (On distingue sa trajectoire au centre de la figure).
- ainsi une partie de l’énergie du neutron qui l’a heurté.
- L’absence de toute charge électrique confère, d’autre part, au neutron le pouvoir appréciable de se faufiler facilement à l’intérieur des noyaux atomiques. Nous reviendrons d’ailleurs plus loin sur ces propriétés exceptionnelles des neutrons.
- ÉLECTRONS, POSITONS ET MATÉRIALISATION DE L’ÉNERGIE RADIANTE
- Depuis les expériences d’Anderson, Blackett et Occhia-lini, on sait que les rayons cosmiques, ces messagers mystérieux venus des profondeurs de l’espace intersidéral, sont capables, lorsqu’ils traversent la matière, de provoquer dans celle-ci. l’émission des particules chargées positivement.
- Les effets ionisants que ces particules produisent en traversant la matière, le sens et la grandeur de leur déviation dans un champ magnétique, conduisent à admettre que celles-ci sont tout à fait analogues à des électrons, dont la charge serait positive au lieu d’être négative.
- M. et Mme Joliot-Curie ont montré que le rayonnement très pénétrant issu du glucinium bombardé par les particules alpha, provoque également l’émission d’électrons positifs, lorsqu’il frappe une cible de plomb.
- Les époux Joliot-Curie ont observé, d’autre part, sur plusieurs clichés pris avec une chambre à brouillard de Wilson, l’existence d’un phénomène extrêmement curieux : deux électrons, l’un positif et l’autre négatif, dont les trajectoires sont symétriques, jaillissent d’un même point. Ce fait important a conduit les jeunes savants
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- = 72 =: . ..........................=
- à admettre qu’un quantum de rayonnement gamma (un « photon » gamma) de grande énergie se transforme, lorsqu’il heurte un noyau lourd, en deux électrons de signes opposés, entre lesquels son énergie se partage d’une manière égale.
- Ces faits concordent d’ailleurs avec les spéculations théoriques de Dirac, qui a prévu cette transformation d’un photon en corpuscules matériels chargés. Ces transformations des rayons gamma, de nature ondulatoire, en corpuscules matériels chargés, sont aussi en parfait accord avec les vues de la théorie de la relativité et la mécanique ondulatoire, selon lesquelles l’énergie et la matière peuvent se transformer l’une en l’autre, la matière et les radiations ne constituant que deux aspects d’une même réalité plus profonde.
- Ce phénomène extrêmement important a reçu de Mme Pierre Curie le nom de « matérialisation de Vénergie radiante », en désignant par « électrons de matérialisation » les électrons de cette provenance.
- Ces phénomènes sont, répétons-le, d’une importance capitale. Nous assistons, en effet, pour la première fois, à de véritables transmutations de la lumière — toute radiation électro-magnétique étant en tout point identique aux radiations visibles — en matière. Ces phénomènes prévus par le génie d’Einstein n’étaient, jusqu’aux travaux des époux Joliot-Curie, que soupçonnés et l’on admettait que ces transmutations ne sont possibles que dans des conditions exceptionnelles de pression et de température, telles que seules certaines étoiles pouvaient y satisfaire.
- ÉLECTRONS POSITIFS DE “ TRANSMUTATION ”
- Les électrons positifs n’apparaissent pas seulement
- Fig. 3. — Electrons négatif et positif issus d’une cible de magnésium préalablement irradiée par les particules a du polonium.
- dans les processus de matérialisation ou au cours de transmutations provoquées par le rayonnement cosmique. Ils sont également engendrés au cours de certaines transmutations artificielles des noyaux, comme l’ont également montré les époux Joliot-Curie.
- Les transmutations artificielles connues jusqu’à cette découverte, qu’elles soient provoquées par les rayons alpha, les protons rapides ou les neutrons, sont accompagnées soit par une émission des protons, soit par l’émission des neutrons ou des particules alpha. On n’avait jamais observé l’émission d’électrons positifs au cours des transmutations artificielles.
- Or, dans les expériences des époux Joliot-Curie, dont nous allons parler, on a mis en évidence, pour la première fois, l’existence d’électrons positifs, lorsqu’on bombarde l’aluminium avec les rayons alpha du polonium. Le bore et le glucinium donnent également naissance, dans les mêmes conditions, à une émission d’électrons positifs.
- On explique ce fait en admettant qu’à la place de la réaction nucléaire, dont nous avons parlé plus haut :
- 27 4 30 1 /
- Al + He = Si + II
- 13 2 14 1
- on aurait quelquefois la réaction suivante :
- 27 4 30 0 1
- Al + He = Si + s + n
- 13 2 14 + 1 0
- 0
- + 1
- e est un électron positif de masse 0, de charge 1.
- Ces recherches sur les transmutations artificielles avec émission d’électrons positifs sont surtout très importantes pour cette raison qu’elles ont été le point de départ de la découverte de la radioactivité artificielle.
- Au cours de ces expériences, en effet, M. et Mme Joliot-Curie ont remarqué que l’émission des électrons positifs n’est pas instantanée. Elle se produit un certain temps après que l’irradiation par particules alpha a cessé.
- Ce retard et la subsistance de l’émission d’électrons positifs après l’irradiation sont des faits capitaux, car c’est précisément ce retard qui est à l’origine de la découverte.
- DÉMATÉRIALISATION DES ÉLECTRONS
- Une sorte de phénomène inverse de la matérialisation des photons a été découverte peu de temps après par les époux Joliot-Curie et par Jean Thibaud.
- Le processus de disparition des électrons positifs avec création de photons gamma dérive lui aussi de la belle théorie des électrons de Dirac.
- La preuve directe de cette annihilation des électrons positifs a été fournie par Frédéric Joliot et Jean Thibaud, indépendamment l’un de l’autre. Dans les expériences de Frédéric Joliot, la source d’électrons positifs est constituée par une lame d’aluminium soumise à l’action du rayonnement alpha. Les électrons
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- Fig. 4. — Compteur à électrons, avec Vêledro-aimant servant à la déviation des électrons émis par les radio-éléments synthétiques.
- positifs émis par cette source possèdent des vitesses très grandes; les électrons positifs les plus rapides de cette émission ont, en effet, une énergie correspondant à 3 millions d’électron-volts. On concentre les électrons positifs émis par la méthode de la trochoïde, qui est due à Jean Thibaud.
- Cette méthode consiste essentiellement à placer la source émettrice des particules chargées, entre les pièces polaires d’un électroaimant, dans la région marginale, où le champ magnétique n’est pas uniforme. Dans ces conditions, la particule chargée s’enroule en spirale inscrite sur un tore, exactement comme les spires enroulées sur un anneau en forme de tore. Ce procédé permet de concentrer toutes les particules issues de la source sur un point diamétralement opposé à cette source, point où l’on placera la cible à irradier.
- La source est placée entre deux pièces d’un électro-aimant de 11 000 gauss. Selon le sens du courant circulant dans les spires de l’électro-aimant, soit les électrons négatifs, soit les électrons positifs s’enrouleront suivant des cycloïdes, ayant leur cercle de base sur l’axe des pièces polaires.
- Le radiateur R en plomb, destiné à absorber les électrons positifs, est placé dans une direction diamétralement opposée à la source, pour les raisons que nous venons d’expliquer. Au-dessous du radiateur on place un compteur à fil Geiger-Muller muni d’une fenêtre perméable de 5 mm, constituée par une feuille d’aluminium de vingt centièmes de millimètre.
- Lorsque tous les électrons positifs sont arrêtés par la plaque de plomb, on observe que celle-ci émet un rayonnement gamma dont l’énergie quantique a été trouvée très voisine de 500000 électron-volts, en accord avec les prévisions de Dirac. Les époux Joliot-Curie ont également vérifié que le nombre des photons émis est double du nombre des positons disparus.
- La théorie de Dirac s’est trouvée ainsi pleinement confirmée par l’expérience.
- LA RADIOACTIVITÉ ARTIFICIELLE
- La radioactivité naturelle nous a révélé l’instabilité de certains éléments lourds; la réussite des transmutations artificielles a montré, pour la première fois, qu’il est possible, avec les armes puissantes que fournissent les atomes radioactifs et les moyens physiques modernes, de provoquer la dislocation de certains atomes légers. La découverte de la radioactivité artificielle permet aujourd’hui d’entrevoir des possibilités plus belles encore pour la maîtrise de l’homme sur la matière.
- La portée de cette découverte s’avère déjà très grande et des horizons nouveaux sont ouverts pour toutes les sciences et les techniques.
- C’est en effet la première fois qu’un physicien s’octroie le rôle prestigieux de créateur d'atomes radioactifs artificiels, qui n’existent pas dans la nature.
- Dépassant de très loin les rêves les plus hardis des alchimistes qui ne songeaient qu’à la possibilité de transformer les éléments les uns dans les autres, les physiciens d’aujourd’hui, grâce à la voie ouverte par les travaux des époux Joliot-Curie, sont à même de créer, selon leur désir, de nouveaux atomes instables n’existant pas dans la nature.
- Cette découverte, due au génie de Frédéric et Irène Joliot-Curie, ouvre une ère nouvelle dans l’histoire de la science, celle de la création d'atomes.
- C’est en janvier 1934 qu’a paru dans les Comptes rendus de l’Académie des Sciences, la communication mémorable par laquelle les époux Joliot-Curie annonçaient la découverte de la radioactivité artificielle.
- Le point de départ de la découverte sont les expériences que les époux Joliot-Curie ont menées sur les transmutations artificielles des éléments à l’aide des particules alpha.
- Au cours de ces expériences, dans lesquelles on étudie à l’aide de la méthode de la chambre de Wilson le rayonnement émis par les substances bombardées par les rayons alpha du polonium, les époux Joliot-Curie ont trouvé que l’aluminium soumis à l’action de ces rayons donne lieu à l’émission d’un rayonnement qui contient des protons de transmutation, des électrons négatifs provenant de la conversion interne du rayonnement gamma du polonium et en plus des électrons positifs de très grande énergie, pouvant atteindre 3 millions d’électron-volts. Le bore et le glucinium donnent d’ailleurs lieu à une émission de même composition.
- L’interprétation théorique de ce rayonnement complexe a soulevé certaines difficultés et les époux Joliot-Curie ont été ainsi amenés à reprendre ces expériences pour les étudier de plus près.
- Au cours de ces expériences, les savants ont remarqué un fait capital, qui est à l’origine de leur découverte.
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- = 74 ———................., • —- ;
- Voici en quoi il consiste. Le jaillissement d’électrons positifs issus de la source n’est pas simultané au bombardement par les rayons alpha. Il ne se produit qu’au bout de quelques minutes d’irradiation et, fait plus surprenant encore, il subsiste quelque temps après que l’irradiation par rayons alpha a cessé.
- Une feuille d’aluminium, soumise à Faction des rayons alpha du polonium pendant quelques minutes garde, après enlèvement de la source des particules alpha, une activité dont l’intensité, mesurée par les moyens habituels, diminue de moitié au bout de 3 minutes 15 secondes. Ce rayonnement, ainsi que le montre l’analyse à l’aide de la chambre de Wilson ou avec des compteurs à fil, est composé précisément d’électrons positifs.
- L’existence de ce rayonnement, dont l’origine nucléaire est indubitable, subsistant après la cessation de l’irradiation, et dont la diminution suit une loi exponentielle tout à fait analogue à celles qui régissent les corps radioactifs naturels, est la preuve directe de la création des noyaux instables radioactifs par des moyens artificiels.
- Le bore et le magnésium irradiés par le polonium présentent également une radioactivité durable dont les périodes ont été mesurées par les époux Joliot-Curie. La période du nouveau corps radioactif provenant du bore a été trouvée égale à 14 minutes; celle qui correspond au radioélément artificiel engendré par le magnésium est de 45 secondes. La décroissance de l’activité de ces radioéléments nouveaux suit également une loi exponentielle.
- Ces expériences importantes ont dévoilé deux; faits physiques absolument nouveaux, qu’aucune théorie n’avait jusqu’alors prévus. C’est d’abord la réussite inespérée de la création artificielle de radioéléments nouveaux. C’est ensuite le fait que le rayonnement des radioéléments artificiels constitue un type nouveau de radioactivité, avec émission d'électrons positifs.
- Les époux Joliot-Curie ont en même temps mesuré le « rendement » de ces désintégrations. Il est de 1 noyau radioactif pour 10 millions de rayons alpha, c’est-à-dire que sur 10 millions de projectiles, un seul seulement réussit à disloquer un noyau de la substance irradiée en le transformant en un noyau instable, correspondant à un autre corps simple.
- Les courbes de la répartition de l’intensité des électrons positifs émis en fonction de leurs vitesses ont été également trouvées tout à fait analogues aux courbes semblables des corps radioactifs naturels.
- Fig. 5. -— Schéma du générateur d’impulsions.
- B, boules de l’éclateur dont l’amorçage met en série les condensateurs chargés en parallèle et provoque leur décharge sur la ligne T. H. T.
- R, résistances.
- T.H.T.
- Kénatron
- Frédéric et Irène Joliot-Curie ont proposé les réactions nucléaires suivantes pour expliquer les phénomènes observés. Nous allons donner des exemples dans le cas de l’irradiation du bore, du magnésium et de l’aluminium par les rayons alpha.
- Les réactions ci-contre représentent la création des corps radioactifs.
- 10 4 13* 1
- B + He = N + n;
- 5 2 7 0
- 24 4 27*. 1
- M'g + He = Si + n;
- 12 2 . 14 0
- 27 4 30 * 1
- Al + He = = P + + n.
- 13 2 15 0
- Les lettres surmontées d’un astérisque se rapportent
- 13 *
- aux radioéléments créés (radio-azote N, radio-sili-
- 27 * 30 * 7
- cium Si, radio-phosphore P). Ces radio-éléments se
- 14 15
- désintègrent spontanément, avec émission d’électrons posi-
- tifs, selon les réactions suivantes :
- 13 * 12 0
- N-> C+ e (électron positif);
- 7 6 + 1
- 27 'i' 27 0
- Si—^ A1+ e;
- 14 13 + 1
- 30 * 30 0
- P-* Si + e.
- 15 14 + 1
- 12 27 30
- Le carbone C, l’aluminium Al et le silicium Si, 6 13 14
- sont des isotopes connus, stables du carbone, de l’alu-
- minium et du silicium.
- Un très grand nombre de corps simples peuvent d’ailleurs être transformés en radioéléments sous l’action des rayons alpha. Citons le lithium, le bore, l’azote, le fluor, le sodium, le magnésium, l’aluminium, le silicium, le phosphore, le potassium et le zinc.
- En exécutant ce travail capital, les époux Joliot-Curie ont immédiatement saisi toute la signification profonde de ces faits physiques si nouveaux. Ils ont émis l’hypothèse que d’autres particules appropriées doivent également provoquer la création de radioéléments.
- Ces prévisions ont été pleinement justifiées par les expériences qui ont été tentées, très peu de temps après, à Cambridge, par Cockroft, Gilbert et Walton. Ces physiciens ont réussi à provoquer la radioactivité artificielle, en se servant des protons rapides, obtenus en accélérant les ions d’hydrogène à l’aide de la haute tension.
- Nous verrons plus loin que l’on réussit également à provoquer la radioactivité artificielle, en se servant
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- des noyaux d’hydrogène lourd (deuterons). La désintégration du sodium, de l’azote, de l’aluminium et même du carbone a été obtenue par cette voie.
- OBTENTION DES RADIOÉLÉMENTS ARTIFICIELS PAR ACTION DES NEUTRONS : EFFET FERMI.
- A la suite des expériences des époux Joliot-Curie avec les rayons alpha, le célèbre physicien italien Fermi et ses collaborateurs ont tenté, avec succès, d’obtenir des radio-éléments à l’aide des neutrons comme projectiles de désintégration.
- Presque tous les éléments chimiques et même les éléments lourds les plus stables tels que le fer et l’or, réputés les plus réfractaires aux tentatives de transmutation, se sont montrés transformables en radioéléments sous l’action des neutrons. Les radioéléments obtenus par cette voie se distinguent par le fait qu’ils se désintègrent avec émission d'électrons négatifs, différant en cela des radioéléments obtenus à l’aide des rayons alpha, qui donnent lieu à une émission d’électrons positifs.
- Le succès de ce processus de transmutation, qui a reçu le nom d’ «effet Fermi », tient au fait que le neutron dépourvu de toute charge électrique possède à un point remarquable la faculté de pénétrer à l’intérieur des noyaux atomiques.
- Lors de la formation des radio-éléments par les neutrons, trois cas peuvent se présenter : 1° émission d’une particule alpha; 2° émission d’un proton; 3° capture pure et simple du neutron par le noyau touché.
- Nous donnons, à titre d’exemple, les réactions nucléaires correspondant à ces trois processus différents.
- 1er processus : émission d’une particule alpha.
- 19 1 16 * 4 ^
- F + n = N + a
- 9 0 7 2
- __________________________
- Le radio-azote formé se désintègre, avec émission d’un électron négatif :
- 16 *16 0 sr
- N-> O + s (électron négatif).
- 7.8—1
- 2e processus : émission d’un proton.
- 24 1 24 * 1 ^
- Mg + n - = Na + H
- 12 0 11 1
- Le radio-sodium formé se désintègre, avec émission d’un électron négatif :
- 24 * 24 0
- Na Mg-f £
- 11 12 —1
- 3e processus : capture du neutron par le noyau :
- X 1 X +1 * H Au + n = Au ;
- 79 0 . 79
- 1. Le poids atomique de l’isotope de l’or qui subit la transmutation n’étant pas connu, nous l’avons désigné par la lettre x.
- Fig. 6.— Le générateur d’impulsions à 3 millions de volts du laboratoire
- Ampère.
- On distingue à gauche les 20 étages de condensateurs. Au centre l’éclateur de mesure. La sphère inférieure est mobile et montée sur un piston hydraulique.
- Le radio-or formé se désintègre avec émission d’un électron négatif :
- X + l* X+l
- Au->
- 79 80
- IL
- (isotope de mercure, de poids atomique inconnu)
- +
- 0 ^ £
- 1
- Fermi et ses collaborateurs ont également réussi à transmuer l’uranium, l’élément le plus lourd que l’on connaisse dans la nature, en un élément instable, plus lourd que lui, dont le numéro atomique serait 93.
- Cette transmutation de l’uranium est très importante, car c’est pour la première fois que l’on assiste ainsi à la création d’un élément chimique qui n’existe pas dans la nature, même à l’état radioactif. Dans toutes les autres expériences de radioactivité artificielle, on ne fabrique que des isotopes inconnus d’éléments chimiques connus. Cela tient au fait que toutes les cases du tableau de Mendéléeff se trouvent aujourd’hui remplies et ce n’est qu’en dépassant les limites de ce tableau qu’on peut créer des éléments chimiques inexistants.
- Fermi a signalé aussi un fait extrêmement curieux. Les neutrons, lorsqu’ils sont ralentis, par la traversée des substances hydrogénées par exemple, acquièrent une très grande faculté d’action sur certains noyaux, une
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-
-
- = 76 :..........:.. . ..........................=
- efficacité surprenante. Cette action pour ainsi dire foudroyante se traduit par une augmentation énorme du rendement de transmutations et ouvre de très grandes possibilités pour l’obtention des radioéléments artificiels à l’aide des neutrons.
- Les travaux des époux Joliot-Curie, de Cockroft, Gilbert et Walton et de Fermi nous montrent donc que c’est une propriété nouvelle et très générale des noyaux atomiques qui nous a été révélée par le génie des jeunes lauréats.
- Les noyaux atomiques sont susceptibles, lorsqu’on les soumet à un bombardement approprié à leur constitution interne, de se transformer en d’autres noyaux, dont la configuration interne est instable. Ce n’est que par une nouvelle transformation interne, celle-ci spontanée et indépendante de toute intervention extérieure, que le noyau rendu instable retrouvera une nouvelle configuration stable, mais celle-ci ne correspondra plus, sauf toutefois quelques cas déjà observés (voir 2e processus de désintégration par neutrons), à celle du noyau primitif, mais à un isotope d’un élément chimique existant dans la nature.
- Jusqu’à présent on n’a pu mettre en évidence (sauf un seul cas signalé par Mme Irène Curie et ses collaborateurs) que la création de corps radioactifs qui reviennent à une forme stable après une seule transformation radioactive. Peut-être est-ce dû à l’insuffisance énergétique des projectiles utilisés et il est permis de croire que l’on réussira également à créer des corps radioactifs de vie plus longue, et qui ne reviendront à une forme stable qu’au bout de deux ou plusieurs transformations radioactives successives.
- CRÉATION DE RADIOÉLÉMENTS PAR DES PARTICULES ACCÉLÉRÉES AU MOYEN DE GÉNÉRATEURS D’IMPULSIONS DE TRÈS HAUTE TENSION
- Dans les expériences décrites plus haut, les sources des particules destinées à provoquer les transmutations étaient les corps radioactifs naturels émetteurs de
- Fig. 7. — Tube de production d’ions accélérés.
- Canaliseur
- Eau lourde
- Rondelles en aluminium
- i___Rondelles en
- bakélite
- Rondélles de caoutchouc
- Vers, Jes pompes
- à vide.
- Détail du canaliseur
- rayons alpha, soit des particules engendrées elles-mêmes par l’action de ces corps (neutrons). Ces sources que la nature met à la disposition des physiciens, échappent à nos moyens d’action et présentent encore l’inconvénient, étant très rares, d’être chères et relativement peu intenses.
- Les physiciens ont donc été, depuis longtemps d’ailleurs, amenés à envisager la possibilité d’accélérer les particules, tels les noyaux de l’hydrogène, de l’hydrogène lourd, etc., beaucoup plus facilement maniables, par des moyens physiques appropriés. C’est, en effet, le seul moyen pour avoir à sa disposition des sources de projectiles dont l’intensité et la vitesse seraient réglables à volonté. Les progrès techniques incessants légitiment d’ailleurs l’espoir de pouvoir, dans un avenir très proche, constituer des sources capables d’émettre des ions accélérés, dont l’intensité et l’énergie seront supérieures à celles des particules d’origine radioactive.
- Des expériences de ce genre ont été réussies, pour la première fois, par Cockroft et Walton, qui ont obtenu la désintégration de noyaux légers, tel le lithium, en les soumettant au bombardement des noyaux d’hydrogène produits dans un tube à décharge (rayons positifs, rayons canaux) et accélérés sous l’action d’un champ électrostatique puissant.
- On comprend par là l’intérêt scientifique qui s’attache à cette véritable course à l’obtention de très hautes tensions, qui se manifeste aussi bien dans la science que dans l’électrotechnique.
- Les premières expériences faites en France avec des générateurs d’impulsions de très haute tension sont dues à Frédéric Joliot et à ses collaborateurs André Lazard et Pierre Savel.
- Dans ces expériences, les physiciens se sont servis de l’installation, remarquable à tout point de vue, qui existe au Laboratoire Ampère de la Compagnie générale d’électro-céramique. Cette installation est destinée habituellement à l’essai des isolateurs pour les lignes à très haute tension et permet de reproduire les formes d’ondes les plus variées et en particulier de reproduire, pour ainsi dire, la foudre et d’étudier son action sur les réseaux à très haute tension.
- Le principe de ce générateur est très simple et consiste à charger des condensateurs en parallèle sous une haute tension (150 000 par exemple), et à les décharger en série, par l’amorçage d’éclateurs à boules intermédiaires convenablement réglés, réalisant ainsi de très hautes tensions.
- Ce principe a été déjà employé vers 1870 par Gaston Planté dans sa machine rhéostatique à 200 000 v.
- Le générateur d’impulsions du Laboratoire Ampère comporte 100 condensateurs de 2 microfarads, répartis en 20 étages de 0,1 microfarad chacun. La tension maximum de chaque étage est de 150000 v. et l’énergie totale emmagasinée est dans ces conditions égale à 22 500 joules. Lorsque les 20 étages sont en série, la tension maximum au moment de la décharge est de 3 millions de v. ; la capacité est alors de 4500 cms. Différents couplages sont d’ailleurs possibles entre les étages, ce qui permet d’avoir une gamme étendue de tensions et de puissances.
- La mise en série de 20 étages s’obtient par l’amor-
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- çage d’une décharge entre les éclateurs qui séparent ces étages. L’écartement de ces éclateurs intermédiaires détermine la tension d’amorçage et par conséquent la tension de décharge du générateur.
- Deux boules de 2 m de diamètre, formant éclateur, sont connectées aux bornes du générateur, à la sortie de la très haute tension, et permettent de mesurer la valeur de la tension appliquée à l’objet soumis à l’action du générateur.
- Cet éclateur de mesure est formé de deux sphères creuses en laiton embouti, dont chacune pèse une demi-tonne. L’écartement de ces sphères est de 40 cm pour la tension de 1 million de v., de 1 m 10 pour 2 millions de v., et est réglable par le déplacement, à l’aide d’un piston hydraulique, d’une des deux sphères.
- Lorsque la tension de charge est suffisante, les 20 éclateurs intermédiaires s’amorcent et les 20 étages, mis ainsi en série, se déchargent sur la ligne à très haute tension. On règle la tension de décharge en faisant varier simultanément la distance séparant les boules de ces éclateurs.
- Nous allons à présent décrire le tube employé pour l’accélération des ions sous l’effet de la très haute tension ainsi obtenue (fig. 7).
- Ce tube est constitué par un empilement alterné de rondelles de bakélite, d’aluminium et de caoutchouc. Sous l’action de l’impulsion à très haute tension, la répartition du potentiel le long du tube est déterminée par la capacité formée par les anneaux successifs et est de ce fait très uniforme. Le tube est placé dans une cuve de porcelaine remplie d’huile, ce qui permet à celui-ci de supporter 3 millions de v., pendant le temps très court (quelques millionièmes de seconde) que dure l’impulsion.
- La partie supérieure du tube porte un bouchon rodé auquel s’adaptent facilement des électrodes de formes différentes.
- Dans les expériences de MM. Joliot, Lazard et Savel, l’électrode utilisée a la forme d’un cylindre constitué par un grand nombre de canaux capillaires. Ces canaux communiquent avec un petit réservoir contenant quelques centimètres d'eau lourde. On abaisse la pression dans le tube (0 mm 001 de Hg) et on met celui-ci en communication avec le réservoir. Un jet de molécules d’eau lourde traverse alors les canaux capillaires et pénètre dans le tube d’accélération, où il est condensé par l’air liquide. Sous l’action de l’impulsion de très haute tension, des ions d’hydrogène lourd (deuterons) sont formés le long du jet d’eau lourde. Mais seule une partie des ions ainsi formés, celle qui prend naissance à la partie supérieure du tube, possède, vers la fin du trajet, une énergie correspondant à la tension totale de l’impulsion. D’autre part, il y a lieu de tenir compte également de la forme particulière de la tension impulsive en fonction du temps. Elle passe par un maximum assez aigu, et c’est pendant ce temps-là seulement que les ions ont une énergie suffisante pour provoquer les transmutations.
- La cible constituée par la substance à irradier par les deuterons (bore, carbone, etc.) se trouve à la partie inférieure du tube.
- Les résultats de ces expériences sont très encourageants
- Fig. 8. — Tube de production d’ions accélérés (vue extérieure).
- et avec le carbone, par exemple, on obtient par cette méthode des quantités de radio-azote très supérieures à celles obtenues avec le bore soumis à l’action des rayons alpha du polonium.
- Voici, à titre d’exemple, la réaction qui correspond à l’irradiation du carbone par les deuterons accélérés :
- 12 2 13 * 1
- C + H = N ~f- n 6 1 7 | 0
- radio-azote
- H — deuteron, noyau d’hydrogène lourd, de poids atomique 2 et de numéro atomique 1.
- Cette technique nouvelle de préparation des radioéléments par l’action des particules accélérées artificiellement permet d’ores et déjà de prévoir la possibilité de fabriquer des éléments radioactifs en quantités importantes et qui pourront avantageusement remplacer les radioéléments dans beaucoup de leurs applications actuelles et même de trouver des applications, techniques, médicales et autres, toutes nouvelles.
- LA RADIOACTIVITÉ ARTIFICIELLE ET LA STRUCTURE DU NOYAU
- Depuis la découverte du neutron par les époux Joliot-Curie et Chadwick, les physiciens ont été amenés à considérer le neutron comme un des constituants élémentaires de la matière. On sait qu’avant cette découverte on considérait que ce sont les électrons et les protons qui forment les véritables briques élémentaires de l’univers matériel. Or des difficultés théoriques considérables s’opposaient à loger l’électron négatif dans un espace aussi réduit que celui du noyau.
- La découverte du neutron a complètement changé la
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- = 78 .-------------------------==z=z=::=
- position du problème. D’après la conception, actuellement en faveur, d’Iwanenko et de Heisenberg, le noyau doit être considéré comme formé uniquement avec des neutrons et des protons. Suivant cette théorie, le nombre des protons détermine la charge totale du noyau et du même coup le nombre et les orbites des électrons extérieurs au noyau et les propriétés chimiques de l’atome donné. Pour un même nombre de protons, c’est-à-dire pour un même nombre atomique, on peut avoir plusieurs noyaux, plus ou moins lourds, suivant le nombre de neutrons qu’ils contiennent. Ce sont les isotopes d’un même corps simple, isotopes qui possèdent tous les mêmes propriétés chimiques et la majeure partie des propriétés physiques.
- Le nombre total des protons et des neutrons décide du poids du noyau, celui-ci différant extrêmement peu du poids atomique (poids du noyau augmenté du poids extrêmement faible des électrons planétaires).
- L’étude théorique de la stabilité des noyaux conduit à penser que le nombre des neutrons doit être égal sensiblement, dans le cas des atomes légers, au nombre des protons. Pour les atomes plus lourds, on doit avoir une prédominance de plus en plus grande des neutrons, par suite des répulsions qui interviennent lorsque le nombre des protons à l’intérieur du noyau augmente. Ces répulsions s’opposent alors à une accumulation trop grande de protons dans le noyau.
- On supposeé gaiement dans cette théorie que les neutrons et les protons sont susceptibles de se transformer, dans certains cas, les uns en les autres. Lorsqu’un neutron se transforme en proton, il y a émission d’un électron négatif, émission qui est nécessaire pour la conservation des charges. Dans la réaction inverse, il y a émission d’un électron positif.
- 1 1 0
- n—, - H + £
- 0 1 — 1
- 1 1 0
- H- > n + £
- 1 0 + 1
- Les radioactivités provoquées qui donnent naissance à une émission d’électrons négatifs ont lieu lorsque dans le noyau le nombre des neutrons est supérieur à celui qu’exige la stabilité et, dans ce cas, le neutron en excès se transforme en proton avec émission d’un électron négatif.
- Lorsque, au contraire, dans le noyau formé à la suite d’une transmutation, les protons se trouvent en excès, il y a transformation du proton en neutron avec émission d’un électron positif.
- Ce rapide exposé, nécessairement sommaire et incomplet de l’œuvre scientifique des illustres savants français, permettra peut-être d’apprécier toute la diversité, toute la richesse et en même temps l’importance extrême de ces travaux si justement couronnés par l’Académie de Stockholm.
- La découverte de la radioactivité artificielle surtout, dont la portée et la fécondité s’avèrent chaque jour plus grandes, est certainement appelée à recevoir les applications les plus variées dans différents domaines de l’activité humaine.
- Citons, en particulier, les applications très importantes de la radioactivité artificielle : en chimie organique, dans l’étude de la structure des corps complexes; en physiologie, dans l’étude de l’assimilation et de la circulation des substances absorbées par les organismes vivants,, animaux et végétaux.
- La découverte des radioélémënts artificiels va, d’autre part, renouveler la thérapeutique et surtout la curiethérapie, où les radioéléments artificiels vont certainement jouer un rôle considérable dans la lutte contre la maladie et la souffrance. Par la découverte de la radioactivité artificielle Frédéric et Irène J oliot-Curie sont devenus non seulement les premiers créateurs d'atomes nouveaux,, mais en même temps de véritables bienfaiteurs de l’humanité.
- Ainsi, à chaque progrès important de la science, s’associe toujours un accroissement de la puissance humaine dans la lutte pour la maîtrise des forces aveugles de la nature, dans la lutte aussi contre les maux de toutes sortes dont souffre l’humanité.
- Bernard Kwal et Marc Lesage.
- MOLLUSQUES PERLIERS DE FRANCE
- Un certain nombre de mollusques bivalves, hôtes des étangs, des rivières ou des torrents de France, produisent des perles d’eau douce qui, sans avoir l’éclat des perles fines marines possèdent des colorations discrètes et parfois de douces tonalités, bien que les joailliers les appellent dédaigneusement des « perles de fantaisie ».
- La plupart de ces mulettes perlières appartiennent à la famille des Unionidés qui renferme un grand nombre de genres dont les principaux sont les Unios, les Marga-ritana et les Anodontes.
- On trouvera dans le petit livre de Chemin (x) les caractères des espèces de nos régions.
- 1. E. Chemin. — Les Mollusques d’eau douce. Lechevalier, Paris, 1926.
- Le mode singulier de développement des Unionidés explique les conditions de leur dissémination. La ponte a lieu au printemps et les œufs restent entre les lames branchiales du mollusque, principalement au niveau de la branchie externe dont la partie inférieure incurvée constitue des sortes d’alvéoles propices à l’incubation. Dans une de ces cases protectrices, l’œuf poursuit son évolution et, au bout de quelque temps, il s’en échappe une petite larve bivalve nommée Glochidium qui, grâce au mouvement de ses cils vibratiles et de ses valves,, peut se déplacer rapidement dans l’eau où elle erre jusqu’à ce qu’elle rencontre quelque petit poisson. Elle pénètre dans la cavité respiratoire de celui-ci et se fixe, au moyen des crochets pointus de ses valves, sur l’une
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- des branchies. Cette blessure de fixation provoque chez son hôte la prolifération de la couche épithéliale de la lamelle branchiale, qui s’enflamme et enveloppe la petite larve. Dès lors, celle-ci se nourrit aux dépens du sang de son hôte pendant six semaines à deux mois. Après quoi, ayant formé une nouvelle coquille, des branchies et un pied, son évolution parasitaire cesse; elle abandonne le poisson et se laisse tomber sur le sable vaseux, où elle vivra désormais en mollusque libre.
- Faute de poissons, un gisement de Mulettes ne tarde pas à se dépeupler.
- Parmi les espèces d’Unios, beaucoup plus nombreuses que celles des Anodontes en France, distinguons d’abord YUnio sinuatus (Lam.), qui fournit les belles nacres de la Garonne et dont certains échantillons atteignent de 8 à 12 cm. Sa coquille lourde, épaisse, à épiderme noir, est ovale et allongée avec son bord supérieur arqué et son bord inférieur profondément sinué dans certains exemplaires caractéristiques ; son côté antérieur est court et arrondi tandis que son côté postérieur se trouve tronqué obliquement à son extrémité. D’une espèce voisine, Unio elongatus (Lam.), le conchyo-logiste Dupuis a fait le genre Margaritana margaritifera à coquille plus petite et moins épaisse avec une forme générale oblongue-ovale.
- Dans tous les cours d’eau ou étangs de France on trouve ces mollusques perliers qu’on nomme palourdes dans les Charentes, krogets ou kregets dans le Finistère, creuzes de rivière ou cafottes dans la Côte-d’Or, et mulettes dans la région vosgienne. Les pêcheurs ne s’inquiètent pas, d’ailleurs, à quelles espèces ou variétés ils appartiennent, pourvu qu’entre leurs valves brillent quelques perles d’un orient plus ou moins teinté de blanc ou de rose et même nuancées parfois de reflets gris, bronzés ou noirs.
- Dans la Seugne, petit affluent de la Charente, arrosant Jonzac et Pons, les palourdes se tiennent enfoncées dans la boue vaseuse du fond de la rivière, leurs valves souvent entr’ou-vertes. Pour s’en emparer les paysans affrètent une petite barque et l’un d’eux muni d’un bâton taillé en biseau, se tient à l’avant. Quand il aperçoit un de ces mollusques, il enfonce son engin entre les deux coquilles qui se refermant brusquement, permettent de le tirer hors de l’eau. Dans la Charente, on opérait jadis plus en grand en traînant une drague sur le lit du fleuve au moyen d’un petit bateau et on retirait, de temps en temps, les coquillages ramassés qu’on déchargeait sur le rivage. Là, on installait une grande marmite au-dessus d’un foyer et on y jetait les palourdes pêchées, puis on les faisait bouillir une heure environ. Une fois la cuisson achevée, des enfants prenaient chaque Unio, en écrasaient la chair entre leurs doigts et, sous la conduite d’un ouvrier, ils l’examinaient soigneusement pour en extraire la perle plus ou moins grosse dissimulée parfois dans sa masse.
- Aujourd’hui on recherche de moins en moins ces mollusques perliers; on les pêche cependant encore dans la région de Saint-Savinien (Charente-Inférieure). Des femmes les vident immédiatement puis mettent les valves dans des sacs qu’on expédie à des fabricants qui utilisent la nacre. Dans le Finistère, des paysans bretons recherchent également certains Unionidés dans plusieurs cours d’eau du département, entre autres dans l’Elorn et ils vendent leurs perles souvent assez jolies aux bijoutiers de Landerneau, de Brest, de Quimper, qui les écoulent surtout aux touristes pendant la saison estivale.
- Au temps des ducs de Lorraine, la plupart des rivières et torrents des Vosges produisaient des mollusques perliers en abondance. En particulier, dans la Vologne et son affluent le Neuné, près de Gérardmer, on pêchait des mulettes margaritifères par grandes quantités; leurs lits en étaient comme pavés, si l’on en croit le bénédictin
- Fig. 1. — Le lieu dit « Perles de Vologne », près de Gérardmer.
- Dom Calmette, et quand Marie Leczinska devint reine de France, elle se parait à la cour de bijoux ornés de perles de cette région. Plus tard Nancy donna à l’impératrice Joséphine de superbes perles de ces mêmes coquillages et Vichy offrit aussi à la duchesse de Berry un collier dont tous les éléments provenaient des Unios de l’Ailier.
- Dès la fin du xvne siècle, la renommée des perles d’eau douce de Lorraine s’étendait au loin et des poètes locaux en célébraient les mérites. L’un d’eux, messire Jean-Claude Sommier, curé de Champs, puis archevêque de Césarée et grand prévôt de l’église collégiale de Saint-Dié, consacrait une pièce de vers latins aux mollusques de la Vologne, pièce qu’il traduisit un peu plus tard en alexandrins français. Dans un passage de son ouvrage, il s’écriait avec plus d’enthousiasme que de talent littéraire :
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- Fig. 2. — Paysan vosgien ramassant des Mulelles dans la Vologne.
- La Vologne surtout, vray Gange de la Voge
- Attire du Prieur et la veue et l’éloge
- Il y voit se foi'mer et les Perles et l’or
- Qu’on trouve dans son sein, qui brillent sur ses bords.
- Au siècle suivant, un autre écrivain amateur, Philippe-Antoine de Chesnel, seigneur de Château-sur-Perle, composa la Centhyperleyade, poème de plus de 2000 vers, dont voici le thème : au cours d’un voyage dans la région lorraine, parmi les sommets boisés de la chaîne des Vosges, Vénus, éprise de la beauté des sites, veut laisser aux jeunes filles du pays un souvenir de son passage. Chesnel établit le lien entre les brillantes concrétions des mulettes et la blonde déesse, de la façon suivante :
- Vénus vit la Vologne, y voulut prendre un bain ;
- L’onde en était limpide et présentait son sein.
- Elle entre, et s’ébattant comme fait une anguille Elle enfante un fœtus couvert d’une coquille.
- Par les flots emporté, ce germe original Fut fixé sur la pointe au milieu du canal...
- Cependant de Vénus, ayant reçu la vie,
- Au vœu de la Nature, l’huître était asservie;
- Le long de la îûvière aussi vit-on bientôt
- De sa progéniture un très nombreux dépôt.
- Mais dans l’huître, en l’ouvrant, le pêcheur y rencontre
- Une perle à belle eau, d’une éclatante montre;
- Le galant bijoutier en forma des atours
- Dont la femme raffole en ville et dans les cours.
- Hélas, le piètre compositeur de la Centhyperleyade émigra avec sa famille lors de la Révolution, ses biens furent vendus le 26 fructidor An III au profit de la Nation et la superbe demeure du chantre des mulettes tomba en ruines. La Vologne coule toujours dans le voisinage du château disparu; elle descend en cascades bruissantes des cimes montagneuses de la Schlucht. Après le Saut-des-Cuves, elle s’engage à travers les sapins, les fougères et les rochers moussus dans un défilé où se trouve le village de Kichompré puis elle gagne les Granges en formant une vallée ravissante.
- Toutefois l’effet du bain pris par Vénus dans ses ondes limpides se fait sentir de moins en moins et les Mulettes s’y raréfient de plus en plus.
- D’ailleurs, si les perles que produisent ces gros coquillages lorrains possèdent un bel orient, elles « meurent », dit-on, assez vite et les joailliers les recherchent très peu actuellement.
- Néanmoins les paysans vosgiens qui pêchent ces mollusques les vendent encore un assez bon prix aux fabricants de bijoux de fantaisie ou aux acheteurs de la foire-exposition qui se tient chaque année, à Saint-Dié dans le courant du mois d’août.
- Ils piochent simplement le fond sablonneux de la rivière et déterrent les mollusques perliers, qu’ils emportent dans un panier pour les faire cuire à la maison afin d’en extraire aisément les perles.
- *
- * *
- Ajoutons pour terminer qu’on recherche les perles des Unionides non seulement en France, mais dans plusieurs pays d’Europe, par exemple dans le lac Tay (Ecosse) et dans les rivières du « Bayrischer Wald », séparant la Bavière de la Tchécoslovaquie.
- Jacques Boyer.
- Fig. 3 (à gauche). — Un Anodonte fixé sur un rocher bordant une rivière. Fig. 4 (à droite). — Unios ou Mulettes. La coquille du milieu,
- ouverte, laisse voir une perle en bouton sur le bord du manteau.
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- LA PHILATÉLIE ET LA NATURE
- Les timbres-poste ne servent pas qu’à aiïranchir les correspondances. La beauté et la finesse de beaucoup d’émissions récentes ont séduit nombre de collectionneurs. En elîet, les progrès de la photogravure permettent maintenant de reproduire sur les petites surfaces d’un timbre-poste de véritables tableaux en miniature.
- De nombreux collectionneurs ont choisi une spécialisation nouvelle. Il y a des philatélistes qui recherchent seulement les timbres à effigies. D’autres se contentent de recueillir toutes les figurines ayant trait à l’histoire, à la géographie ou aux sciences naturelles. Depuis quelques années je me suis attaché à réunir les timbres neufs du monde entier, les mieux gravés, représentant exclusivement dés sites pittoresques, des sujets zoologiques, botaniques, ethnologiques, bref tous les sujets se rapportant à la nature et à ses diverses manifestations. C’est une distraction agréable pour un naturaliste joignant à la passion des bêtes ou des plantes celle des timbres-poste.
- *
- 1: *
- Avant 1914, les vignettes représentant des paysages et des
- L’impression des timbres dits « à images » se fait actuellement par deux procédés différents.
- 1° L’héliogravure donne des épreuves déjà très fines et séduisantes. C’est elle qui a servi pour les séries de la Sarre (1927) et du Maroc (1928 avion) ; 2° La taille-douce, mode de gravure se reconnaissant par une grande finesse des traits et au toucher par un léger relief accusé par l’encre sur le papier, fournit les plus beaux timbres à nos albums. On pourra la reconnaître sur les séries d’Andorre (1932) et de la Réunion (1933).
- Autrefois à part quelques séries gravées comme celles des anciennes colonies allemandes (type vaisseau) ou de Tasmanie déjà citée, on n’utilisait que la lithographie ou la typographie qui ne donnent que des images plates et sans contraste. L’extension des procédés modernes a donc fourni aux moindres nations la possibilité d’émettre des séries de timbres artistiques.
- * H:
- Il y a deux façons de collectionner les timbres « à images ». La première, qui est la moins onéreuse, consiste dans la recherche d’un seul timbre du même type, choisi parmi les
- Fig. 1 à 10. — Quelques timbres-poste à sujets géographiques.
- sujets d’histoire naturelle étaient assez rares. Certains pays comme la Bosnie, Bornéo, le Libéria, les îles Tonga, la Tasmanie avaient déjà émis de très jolies séries pittoresques. Celle de 1900 de Tasmanie et celle de 1897 du Tonga sont superbes et, quoique déjà anciennes, sont encore accessibles aux petites bourses.
- Depuis la dernière guerre, la plupart des Etats se sont attachés à faire connaître sur leurs timbres-poste les plus beaux sites de leur pays et souvent aussi les ressources et les curiosités de leur faune et de leur flore.
- La France est un des pays qui a le plus tardivement émis des timbres pittoresques. Jusqu’en 1929, les figurines se bornaient à présenter des sujets allégoriques. Pourtant, que de sujets attrayants pourrait-on choisir ? Le Touring Club de France n’a cessé de proposer des modèles jusqu’à ce que le Ministère des Postes et Télégraphes se décide, et c’est ainsi que l’on a vu apparaître en ces dernières années de très jolis timbres représentant le Mont-Saint-Michel, le port de La Rochelle, le pont du Gard, etc... Ce n’est là encore qu’un timide essai et il faut espérer que cette tendance prévaudra et s’amplifiera.
- *
- * #
- teintes les plus agréables. Si une série contient 6 timbres de types différents il est évident que l’achat de la série entière s’impose. Si par contre une série possède. 15 timbres en 3 types différents, il suffira de conserver 3 timbres correspondant aux 3 types.
- Le 2e mode de collection est celui qui donnera l’occasion de monter de superbes pages d’album. Il demande l’acquisition de séries entières mais on demeure libre de négliger les trop hautes valeurs. Dans une même série il convient aussi de rejeter les pièces n’ayant pas un rapport avec la collection que l’on a envisagée, comme aussi (cela arrive) de négliger les vignettes trop peu esthétiques ou trop futuristes. C’est une affaire de goût et chacun est libre en cette matière d’agir comme bon lui semble. Si toute idée de spéculation doit être bannie, il n’en demeure pas moins vrai que l’utile est joint à l’agréable et qu’une telle collection aura toujours une certaine valeur et pourra être, en cas de nécessité, l’objet d’une transaction avantageuse.
- Tous les timbres devront être neufs car l’oblitération, même légère, gâte les images. Ce n’est qu’en cas de pièces rarissimes à l’état neuf ou de prix trop élevé, que l’on pourra garder une pièce oblitérée, avec l’espoir d’acheter ou d’échanger par la suite un timbre neuf.
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- Il est à peine besoin de dire qu’il faut s’attacher à ne conserver que des timbres en parfait état, dont l’image est bien centrée et sans aucun défaut.
- Les figurines seront fixées en album selon la méthode moderne, c’est-à-dire à l’aide de charnières ou petits carrés de papier gommé transparent. Autrefois les collectionneurs plaçaient leurs timbres en les collant entièrement au dos. C’était désastreux, surtout quand il s’agissait de timbres neufs, si l’on voulait par la suite les déplacer. Avec les petites charnières actuelles il est très facile de fixer les timbres et on peut les enlever sans nuire à leur aspect et sans diminuer leur valeur. Quand il s’agit de beaux timbres à images, ce fait a une grande importance.
- L’acquisition d’un catalogue de timbres-poste comme celui édité chaque année par la maison Yvert et Tellier s’impose au philatéliste soucieux de classer ses timbres avec ordre et méthode. En parcourant ce document le naturaliste philatéliste trouvera aisément les timbres qu’il doit rechercher car tous les types de figurines sont représentés aussi exactement que possible. Les reproductions des plus beaux paysages du monde entier défilent devant ses yeux. Les diverses races qui habitent la surface du globe figurent sur de nombreuses vignettes. Des spécimens de la faune et de la flore exotiques sont richement représentés par beaucoup de pays d’outre-mer. Il n’est pas jusqu’aux collectionneurs épris de poésie qui ne puissent trouver dans une foule de timbres pittoresques des
- sujets particulièrement suggestifs. Et quelle leçon pour les jeunes que ce merveilleux voyage autour du monde! C’est une façon bien agréable d’apprendre la géographie etl’histoire naturelle et il n’est pas douteux que la curiosité des jeunes collectionneurs ne doive être éveillée dans ce sens.
- Les figurines illustrant cet article, quoique reproduites avec grand soin, ne peuvent donner qu’une idée imparfaite de la beauté des timbres cités. Il faut voir sur les originaux la richesse des teintes délicates pour juger pleinement de l’intérêt de ces charmantes vignettes. On comprend l’engouement et même la passion du philatéliste, passion des recherches et des trouvailles, jointe au plaisir de mettre de belles pièces dans son album. Sur ce point, le collectionneur de timbres éprouve les mêmes jouissances intellectuelles que le naturaliste qui s’efforce de réunir les plus curieux insectes ou les plus belles plantes de sa région.
- René Brossard.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- ENTRETIEN ET NETTOYAGE DES OBJETS EN ALUMINIUM
- La Revue de l’Aluminium donne les utiles conseils suivants :
- Comme les autres métaux, l’aluminium doit être entretenu, car il est beaucoup plus facile de remettre en état un objet légèrement terni qu’un autre fortement oxydé.
- Il peut se déposer sur l’aluminium des impuretés pouvant donner lieu à la longue à une attaque ; un nettoyage fait en temps voulu évitera cet inconvénient.
- On doit éviter l’emploi d’outils ou de produits pouvant détériorer le métal; les brosses métalliques en fils de laiton doivent être proscrites. Certains produits de nettoyage attaquent vivement l’aluminium; dans le cas de l’entretien où les ingrédients en question restent peu de temps en contact avec le métal, il n’y a guère à craindre d’attaque, mais lorsqu’il s’agit du nettoyage, en particulier de celui des appareils utilisés dans l’industrie alimentaire : brasserie, laiterie, on emploie des produits ayant une réaction alcaline ou acide qui doivent être choisis avec soin. On peut citer comme produits pouvant être employés sans inconvénient le carbonate de soude en solution de 1 à 4 pour 100 additionné de 0,5 à 1 pour 100 de silicate de soude, le savon noir en solution à 10 pour 100 avec addition de silicate de soude, le formol en solution à 10 pour 100, certains produits spéciaux tels que le Néomoscan en solution de 1 à 3 pour 100, les produits Persil, P 3, P 3 S, P 3 K, etc...
- Entretien. —• Il y a lieu, en général, de distinguer le cas des pièces
- polies et celui des pièces mates. Voici néanmoins deux traitements convenant également bien aux pièces polies ou aux pièces mates :
- 1° Lavage à l’eau savonneuse chaude, rinçage à l’eau claire, essuyage avec un chiffon sec;
- 2° Lavage avec un chiffon imbibé d’essence ou de pétrole, puis séchage avec un linge sec; il y a avantage à commencer avec du pétrole et à terminer avec de l’essence.
- Bien que l’aluminium et surtout les alliages spéciaux pour décoration conservent longtemps leur poli, il faut, comme pour le laiton, l’entretenir de temps en temps sans attendre le ternissement complet. On peut employer pour cela les différents produits servant pour l’astiquage des casseroles (Miror, Silvo, etc.). Quand le ternissage est déjà très avancé, on peut utiliser les tampons en laine d’acier très fine (tampons Jex).
- Les carrosseries d’aluminium polies doivent être traitées comme si elles étaient peintes, c’est-à-dire qu’on doit les laver à l’eau claire, les sécher ensuite avec une peau de chamois et enfin les aviver avec un chiffon sec. En général, il est inutile de recourir à un produit à polir; si la chose était nécessaire, on pourrait utiliser un mélange de paraffine et de blanc d’Espagne.
- Dans le cas des pièces polies mat, qui sont d’ailleurs moins délicates et plus faciles à entretenir que les pièces polies proprement dites, on utilise.les tampons Jex ou la ponce pilée mélangée à l’essence de térébenthine pour rafraîchir les surfaces ternies par une longue exposition à l’air.
- Si l’objet n’est terni que d’une façon assez légère, un procédé simple
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- dormant de bons résultats pour de petites surfaces consiste à le frotter avec une gomme tendre et à brosser ensuite avec une brosse douce pour enlever les déchets de gomme.
- Les surfaces sablées ou satinées se salissent facilement et les taches d’huile ou de graisse sont particulièrement à redouter. Aussi pour les objets satinés y a-t-il intérêt, si l’on veut conserver leur bel aspect, à les recouvrir d’un vernis transparent.
- On peut faire disparaître les traces de saletés déposées à la surface en lavant les objets avec de l’eau et du savon, en choisissant de préférence des savons ne contenant pas d’alcalis libres; le rinçage doit être fait avec un soin tout particulier.
- Il est possible de redonner un certain lustre aux objets après un long service en les frottant à la main avec une brosse métallique ou avec de la ponce pilée, humectée d’eau.
- Nettoyage. — Pour l’intérieur des ustensiles de ménage, on peut employer le savon minéral; il vaut mieux éviter le carbonate de soude, qui peut donner lieu à des attaques s’il n’est pas utilisé avec précaution.
- —............... = 83 =
- En laiterie on nettoie d’une façon courante le matériel en aluminium avec une solution de carbonate de soude à 2 pour 100 additionnée de 0,5 pour 100 à 1 pour 100 de silicate de soude; on rince soigneusement une fois l’opération terminée.
- Certaines eaux donnent lieu par ébullition prolongée au contact de l’aluminium à la formation d’une pellicule noirâtre très adhérente, dont la nature n’a pas été expliquée jusqu’ici d’une façon certaine. Ce revêtement n’a d’autre inconvénient que son aspect peu esthétique; il exerce, en effet, plutôt un effet protecteur.
- Il est possible d’éviter cet inconvénient de la façon suivante. Si le récipient d’aluminium destiné à faire bouillir de l’eau n’a pas encore servi, il suffit d’y faire bouillir de l’eau distillée pour empêcher le noircissement de se produire; si celui-ci a déjà eu lieu, le même traitement le fait disparaître. L’effet se maintient à condition de ne pas frotter l’intérieur avec une brosse dure; d’ailleurs, dans ce dernier cas, il est toujours possible de renouveler l’opération avec succès autant de fois que la chose est nécessaire.
- LE MOIS METEOROLOGIQUE
- NOVEMBRE 1935, A PARIS
- Mois doux avec pluviosité en léger excédent et insolation déficitaire; beaucoup de brouillards.
- La pression barométrique moyenne, 758 mm 2, au niveau de la mer, à l’Observatoire du Parc Saint-Maur, est inférieure de 3 mm 9 à la normale. La moyenne mensuelle de la température, 7°,3, est supérieure de 1°,2 à la normale. Les moyennes journalières de la température n’ont été inférieures à leurs normales respectives que pendant 6 jours, du 22 au 27. Le minimum absolu mensuel, — 2°,2, le 24, est supérieur de 1°,6 au minimum absolu moyen. Le maximum absolu, 19°,0, le 2, est en excès de 2°,8. On a compté 5 jours de gelée dont 1 de gelée totale, le 26, au lieu de 8, nombre moyen, et 5 jours de gelée blanche (normale 9).
- Les extrêmes absolus de la température ont été compris, pour la région, entre — 4°,6 à Brévannes, le 24, et 20°,3 à Vaucluse, le 2.
- Malgré leur fréquence (18 jours de pluie appréciable au lieu de 15), les précipitations n’ont pas fourni un total pluvio-métrique notablement plus élevé que la moyenne. Ce total, qui se monte à 53 mm 8 ne dépasse la normale que de 7 pour 100. Du 12 au 21, il a plu tous les jours (sauf le 14), et le 17 la hauteur de pluie a atteint 10 mm 5 d’eau. C’est la plus forte chute constatée en 24 heures pendant le mois.
- A Montsouris, la hauteur totale de pluie recueillie, 47 mm 2, est sensiblement normale, mais la durée totale de chute, 46 h 35, est inférieure de 25 pour 100 à la moyenne des 25 années 1898-1922. Hauteur maxima en 24 heures : pour Paris, 12 mm 7 à Passy et, pour les environs, 20 mm 0, à Epinay du 30 novembre au 1er décembre.
- On a signalé tous les jours du mois des brouillards souvent très épais. Ceux des 22, 24, 25 et 26 ont affecté toute la région et les 24, 25 et 26 ils ont été persistants. La visibilité a souvent été abaissée à moins de 50 m. Des obscurcissements ont été constatés le 13 à Montsouris et à Saint-Ouen et le 21 à l’Observatoire du Mont-Valérien dans l’après-midi.
- Le 13, entre 16 h et 17 h, il a tonné à Brévannes, au Parc Saint-Maur et à Sevran. La grêle est tombée le 13 et le 17 sur quelques points. Le 13, quelques grains de neige, accompagnant la pluie, ont été notés au square Saint-Jacques, vers 9 heures.
- On a enregistré à l’observatoire de la tour Saint-Jacques 66 h 30 mn de soleil, durée très légèrement supérieure à la normale. Il y a eu 8 jours saris soleil (normale 12).
- Les vents du S. et du S.-E. ont été plus fréquents que d’ordi-
- naire. A l’Observatoire du Parc Saint-Maur la moyenne mensuelle de l’humidité relative a été de 87,2 pour 100 et celle de la nébulosité de 78 pour 100; on a observé : 1 jour de grêle, 13 jours de bi’ouillard, 1 jour d’orage, 1 jour de tempête.
- RÉSUMÉ DE L’ANNÉE MÉTÉOROLOGIQUE 1935 (Observations du Parc Saint-Maur.)
- Année chaude, même très chaude, avec une moyenne de température de 11°,3 et extrêmes absolus de : — 7°,9 le 10 février et 32°,9 le 12 juillet. Le mois le plus froid a été janvier avec une moyenne de 3°,3 et celui le plus chaud, juillet avec une moyenne de 20,°1. Sauf le mois de mai qui donna une moyenne de température déficitaire et ceux de mars, avril et octobre dont les moyennes furent sensiblement normales, tous les autres offrirent des moyennes supérieures à leurs normales respectives et principalement décembre 1934 avec un excédent de près de 5°.
- La hauteur totale de pluie tombée s’est élevée à 615 mm 5, répartie sur 175 jours de chutes appréciables, contre 165 chiffre normal. Décembre 1934 avec 88 mm 8 d’eau a été le plus pluvieux et juillet, avec 5 mm 4 seulement, le plus sec. L’été 1935 a été très chaud, sec et orageux avec une moyenne de température de 18°,94 contre 19°,07 pour celui de 1933 et, 19°,08 pour celui de 1934; il fut aussi très sec en grande partie, car du 29 juin jusqu’au 22 août, soit pendant 55 jours, il n’a été recueilli que 10 mm 5 d’eau seulement pour dix jours de précipitations.
- La moyenne barométrique de l’année, ramenée au niveau de la mer, a été 761 mm 9. En février il s’est produit une pression exceptionnellement basse, qui n’avait pas encore été observée jusqu’ici, dans ce mois, depuis 1873 : 724 mm 9 (altitude 50 m) soit 729 mm 4 au niveau de la mer.
- Les moyennes annuelles de l’humidité relative et de la nébulosité ont été respectivement de : 76,6 pour 100 et 67,5 pour 100.
- On a observé : 45 jours de gelée dont 2 de gelée totale, 44 jours de gelée blanche, 15 jours de neige, 5 jours de grêle, 10 jours de grésil, 2 jours de verglas, 24 jours d’orage, plus 3 jours d’éclairs seuls et 116 jours de brouillard.
- Em. Roger,
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- 1 — LA RADIOPHONIE PRATIQUE
- CONSEILS PRATIQUES - NOUVEAUTÉS RADIOTECHNIQUES CONSTRUCTION D’APPAREILS SIMPLES
- LA STABILISATION DE LA CONSTRUCTION RADIO-ÉLECTRIQUE
- Le Salon de la T. S. F. de 1935 a révélé une stabilisation très visible de la technique.
- L’industrie de la T. S. F., en effet, se normalise peu à peu sous l’influence de la construction en série et sous la poussée des exigences du public qui réclame des appareils sûrs, à des prix abordables.
- Pas d’innovations révolutionnaires dans le radio-récepteur de 1935-36, mais progrès dans les détails d’exécution, la précision de la mise au point, les organes de manœuvre et de repère, les accessoires et aussi la présentation.
- LA PRATIQUE DE LA SÉLECTIVITÉ VARIABLE
- Dans un récent numéro de La Nature, nous avons indiqué les caractéristiques et les avantages des dispositifs de sélectivité variable très employés dans les récepteurs de qualité de la saison 1935-36. L’idée, du reste, n’est pas nouvelle, et seule l’application pratique en est originale. Le système n’a pris d’intérêt, d’ailleurs, que depuis le moment où la qualité musicale de l’amplification basse fréquence et les perfectionnements des haut-parleurs ont permis de mettre en relief toutes les améliorations de l’audition rendues possibles parles modifications des étages d’amplification haute fréquence ou moyenne fréquence.
- L’augmentation du nombre et de la puissance des émissions oblige, en général, à employer des appareils sélectifs.
- Dans bien des cas pourtant une sélectivité trop accentuée est nuisible, parce qu’elle ne permet plus de recevoir intégralement toutes les fréquences musicales d’une émission radiophonique donnée. On mutile ainsi la bande musicale, et en particulier, on supprime les notes aiguës dont la présence est indispensable pour donner à l’audition son caractère naturel. Dans les appareils de haute qualité, dits à haute fidélité, dans lesquels les systèmes d’amplification basse fréquence bien étudiés, les haut-parleurs perfectionnés permettent de déceler tous les défauts possibles de l’amplification haute fréquence ou moyenne fréquence, ces inconvénients d’une sélectivité trop accentuée sont particulièrement regrettables.
- Une sélectivité poussée n’est pourtant pas toujours nécessaire. Elle devient inutile en particulier lorsqu’il s’agit de recevoir une émission locale très puissante, et qu’aucun trouble n’est à craindre sous l’influence d’une autre émission de lon-o-ueur d’onde voisine et de puissance analogue. L’idéal est donc d’avoir une sélectivité très accentuée, lorsqu’il s’agit de recevoir une émission faible ou lointaine qui peut être troublée par une autre émission de longueur d’onde voisine, et une sélectivité beaucoup moins poussée lorsqu’il s’agit de recevoir une émission puissante ou locale, sans risque de brouillage. De là, l’idée très simple de la sélectivité variable.
- La variation de sélectivité peut, d’ailleurs, s’effectuer sous le contrôle de l’opérateur, ou auto/natiquement suivant les caractéristiques mêmes des signaux qui viennent agir sur le poste. La variation de sélectivité peut, d’autre part, être progressive ou réalisée par bonds.
- A première vue, le système de variation automatique paraît plus séduisant; son principe est plus ou moins analogue à celui des appareils antifading. La largeur de la bande de fréquence passante est d’autant plus réduite que l’intensité d’émission agissant sur le poste est plus faible, de même que
- dans un appareil muni d’un système antifading la sensibilité est d’autant plus grande que l’intensité du signal reçu est plus faible.
- Ce système de variation automatique évite un système de réglage additionnel sur le récepteur et toute manœuvre supplémentaire de la part de l’opérateur. En pratique, il présente quelques inconvénients; en particulier, si plusieurs émissions puissantes de fréquences porteuses voisines agissent en même temps sur le récepteur, la sélectivité est automatiquement réduite, d’après le principe même du système, et pourtant les brouillages sont alors spécialement à craindre.
- Cet inconvénient n’existe pas dans les systèmes à commande manuelle extérieure qui sont les plus répandus. Le système de sélectivité variable provoque évidemment une modification de la tonalité générale de l’audition, puisqu’elle augmente ou diminue l’étendue de la gamme musicale reçue. On peut ainsi, s’il y a lieu, réduire l’importance trop grande des bruits parasites aigus, et il serait également préférable pour cette raison de laisser le contrôle auditif sous l’action de l’auditeur lui-même. Ce réglage est tellement simple qu’aucune connaissance nouvelle n’est utile pour l’effectuer dans les meilleures conditions; il est presque instinctif, puisqu’il est déterminé par la qualité même de l’audition.
- En théorie, pour réaliser la sélectivité variable, il faudrait agir à la fois sur les organes d’accord et sur les systèmes de liaison haute fréquence ou moyenne fréquence du poste. Certains constructeurs, qui ont réalisé des appareils de très haute qualité, ont eu recours à cette disposition très complète mais compliquée et coûteuse. On en peut trouver des exemples, sur les appareils anglais en particulier, mais relativement rares. En pratique, les postes à considérer sont uniquement des superhétérodynes et, dans ces appareils, la sélectivité dépend relativement peu des systèmes d’accord et beaucoup plus des dispositifs de liaison moyenne fréquence.
- La plupart des appareils actuels à sélectivité variable comportent donc essentiellement un ou deux transformateurs moyenne fréquence à résonance variable. Ces systèmes doivent présenter une courbe de résonance modifiable sous l’action du dispositif de réglage; cette courbe doit demeurer symétrique au cours de ces modifications pour éviter l’inconvénient qui résulterait du déréglage du système d’accord lorsqu’on ferait varier la sélectivité (fig. 1).
- On sait que les transformateurs de liaison moyenne fréquence les plus employés comportent simplement deux enroulements, l’un primaire, l’autre secondaire, couplés par induction, avec ou sans noyau de fer divisé.
- Dans ces conditions, on obtient aisément une variation de la courbe de résonance du système en faisant varier le couplage de ces bobinages, et en les déplaçant très simplement parallèlement l’un à l’autre. On peut obtenir ces résultats par un système mécanique avec des vis sans fin et des bobinages montés sur écrou à glissière, des systèmes à simple glissière avec commande directe ou par câble flexible Bowden ; la variation de distance des bobinages ne doit pas être trop importante pour éviter un rapprochement trop grand de la bobine du blindage protecteur, ce qui déterminerait des pertes haute fréquence. Les résultats sont, d’ailleurs, beaucoup plus nets avec des transformateurs moyenne fréquence accordés sur 135 kilocycles que sur 450. La sélectivité est d’autant meilleure que la fréquence choisie est plus basse (fig. 2).
- Lorsque le couplage entre les bobines est très lâche, la courbe de résonance correspondante est très aiguë et la sélectivité
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- Couplage idéal
- Courbe en dos de chameau
- Couplage
- lâche
- Fréquences
- Fig. 1. — Variation de la courbe de résonance d’un système à deux circuits couplés par induction.
- En tout cas la courbe doit demeurer symétrique et non présenter le défaut indiqué en B, ce qui amènerait des déréglages de l’accord.
- accentuée. Lorsque le couplage diminue, la courbe s’aplatit, elle prend peu à peu une forme à deux bosses bien connue dite « en dos de chameau ». Il est bon qu’elle se rapproche le plus possible de la courbe idéale rectangulaire permettant la réception complète de la bande radiophonique, et ainsi l’audition idéale.
- En principe, bien d’autres systèmes pourraient être employés. C’est ainsi qu’on pourrait placer un écran métallique mobile entre les deux bobinages de manière à déterminer un amortissement variable, système simple mais déterminant des pertes haute fréquence importantes. On peut également utiliser des transformateurs moyenne fréquence en plaçant en parallèle sur le primaire du premier, et sur le secondaire du deuxième, des condensateurs variables accouplés de très faible capacité. La manœuvre de ces deux condensateurs détermine la variation de la sélectivité du système, mais la mise au point de l’ensemble est délicate.
- En pratique, on emploie donc surtout encore des systèmes à amortissement variable, avec un circuit auxiliaire tertiaire à amortissement variable. Cet amortissement est obtenu en montant en série dans le circuit une résistance variable d’une valeur de 50 000 ohms, ou en plaçant en parallèle une résistance variable de l’ordre de 10 000 ohms. L’amortissement est proportionnel à la valeur de la résistance dans le premier cas, et inversement proportionnel dans le deuxième (fig. 3).
- Le circuit auxiliaire peut ainsi jouer le rôle d’écran, comme nous l’avons déjà noté dans une chronique. Le circuit intermédiaire est monté avec une résistance variable en série, et à la masse. Quand l’amortissement est faible, l’amortissement est réduit et la sélectivité accentuée; quand la valeur de la
- Fig. 2. — Les transformateurs à captage variable. Disposition schématique d’un modèle à captage variable; exemple de courbes obtenues; système mécanique adopté dans les postes
- Philips.
- Bobine \ coulissante
- Î0à30mm.
- Bobine
- fixe
- 10 kifocyclà.
- 2? trans form f
- i M. F.
- îe.r transformé M. F.
- ----------jl Capacité
- addition'.10 ac couplée avec O celle du ♦HT ~ îe.rtransfo
- Fig.S. — Système de sélectivité variable à deux transformateurs moyenne fréquence comportant une capacité additionnelle.
- résistance est élevée, l’amortissement est important, et la sélectivité plus faible.
- Un circuit auxiliaire analogue peut encore jouer le rôle de circuit d’absorption. Lorsqu’on réduit la valeur de la résistance, l’énergie absorbée est importante, l’amortissement est élevé, la sélectivité réduite, la musicalité maxima. Au contraire, quand la valeur de la résistance est importante, l’énergie absorbée est faible, la sélectivité élevée, la musicalité réduite.
- Dans tous ces systèmes, on obtient donc une variation progressive de la sélectivité, du moins, si l’on a un contrôle progressif du couplage ou de la valeur de l’amortissement. Si l’on veut se contenter d’une variation obtenue par bonds, on peut appliquer le principe déjà ancien consistant à mettre en circuit à volonté, soit le système de liaison à résonance accentuée, soit un système plus ou moins apériodique. C’est là un procédé qui a été employé, en particulier, sur les premiers appareils à résonance pour la simplification de la manœuvre de réglage, d’ailleurs.
- On peut ainsi utiliser des combinateurs mettant en circuit à volonté soit les bobinages des transformateurs à moyenne fréquence, soit des systèmes de liaison à résistance-capacité. On peut également employer des transformateurs moyenne fréquence ordinaires, mais comportant un ou deux bobinages supplémentaires apériodiques mis en circuit par un inverseur (fig. 4).
- La sélectivité à commande manuelle est donc en réalité relativement simple à réaliser, bien qu’elle ne puisse avoir d’intérêt que dans des appareils de haute qualité. Le principe des systèmes variables automatiques n’est pas beaucoup plus difficile à comprendre, bien que leur réalisation soit plus complexe.
- Le procédé consiste également à amortir un ou deux cir-
- Fig. 4. — Montage de transformateurs à circuit auxiliaire à amortissement variable jouant le rôle d’écran ou de circuit d’absorption.
- 'Second ?
- ' Circuit auxiliaire
- Çircuit
- Second, r.‘
- auxiliaire
- fîésistance va-riable de réglage.
- Primaire
- Primaire
- ♦ HT
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- Lampe auxil r.e
- e» Circuit moyenne {SJ ** fréquence ' e - (- regianr ta cdbïV sélectivité. -—J > Polarisation J variable déter- minée par des courants deT.S.F. détectés.
- i+HT
- Fig. 5. —• Un principe de système à sélectivité variable automatique.
- cuits de liaison moyenne fréquence dans des conditions variables, en plaçant en parallèle une résistance variable, mais cette résistance variable n’est plus constituée par une résistance ordinaire, dont on commande les variations à la main; elle est formée par une lampe spéciale dont la résistance interne varie sous l’action des signaux qui viennent agir sur le poste. La résistance interne de cette lampe dépend, en effet, de la polarisation négative appliquée sur sa grille.
- Pour les signaux puissants, la résistance doit diminuer, et la grille de la lampe de réglage doit devenir plus positive. Il suffit d’employer à cet effet les variations de tension des signaux détectés, en les faisant agir convenablement sur cette grille. Les montages correspondants sont plus ou moins complexes, mais les systèmes récents sont cependant relativement simples, et ont permis d’obtenir des résultats satisfaisants. Il est, d’ailleurs des dispositifs simplifiés, mais aussi moins complets, à lampes pentodes haute fréquence (fig. 5).
- LES SYSTÈMES DE BOBINAGES DANS LE VIDE
- Le nombre de bobinages d’accord ou de liaison qui entrent dans la construction des radio-récepteurs est très élevé; aussi le bon fonctionnement et le rendement des appareils dépendent-ils essentiellement de la qualité de ces bobinages, et, par conséquent, des pertes haute fréquence qui peuvent être déterminées par leurs caractéristiques mal étudiées.
- Ces pertes varient suivant la nature, le diamètre et l’isolement du fil d’enroulement, mais, quelquefois aussi suivant les conditions atmosphériques, et particulièrement l’humidité, qui peut déterminer une augmentation de la capacité propre des bobinages et une conductibilité superficielle. Ces inconvénients sont particulièrement à redouter aux colonies; la chaleur et l’humidité peuvent alors faire varier les constantes des bobinages et même parfois déterminer une véritable altération
- des enroulements.
- Pour éviter ces inconvénients, on a depuis longtemps proposé d’employer des bobinages paraffinés dans les meilleures conditions possibles, c’est-à-dire très profondément, « à cœur », de manière à constituer un enduit parfaitement protecteur. L’opération est assez délicate, parce qu’il faut éviter d’emprisonner au moment du paraffinage toute trace
- d’humidité; la dessiccation au four doit donc être complète. De plus, la paraffine fond très facilement à une température relativement basse; c’est là un inconvénient grave, spécialement dans les pays chauds, et avec les postes secteur dont la température interne est normalement déjà élevée.
- Dans un but de simplification, et pour augmenter la solidité des montages, on a déjà eu, il y a quelques années, et particulièrement en Allemagne, l’idée de placer les ensembles d’électrodes de plusieurs lampes, et même leurs éléments de liaison, en particulier résistances et capacités, dans une ampoule de verre vide d’air. Les lampes à électrodes multiples qu’on utilise aujourd’hui, dont les qualités sont nouvelles, avaient donc été prévues il y a déjà longtemps !
- Les avantages d’une protection plus complète des bobinages contre les agents atmosphériques ont amené récemment un constructeur français à reprendre la même idée, mais sous une forme plus simple et, en quelque sorte, modernisée.
- Ce constructeur a établi, en effet, des bobinages d’accord, et spécialement des transformateurs moyenne fréquence, dont les enroulements sont montés dans une ampoule de verre vide d’air. L’ampoule a exactement la même forme que celle d’une lampe américaine, et le culot à broches de connexion est identique, ce qui facilite beaucoup le montage (fig. 6).
- NOUVELLE ANTENNE ANTIPARASITES
- Les mesures faites sur la propagation des parasites ont montré que la composante verticale du champ était, en général, assez faible; dans ces conditions, il suffit de disposer l’antenne à 5 ou 6 m au-dessus des immeubles, et d’établir une liaison de l’antenne avec le poste qui ne soit pas soumise à l’action des perturbations.
- Le moyen le plus simple, en principe, consiste à employer un fil avec blindage concentrique mis à la terre. Nous avons déjà signaél les inconvénients possibles de cette solution simple; lorsque la longueur de la descente est relativement importante, et même en utilisant des câbles spéciaux bien étudiés, la capacité de la descente devient vite élevée. La puissance d’énergie utile transmise au récepteur est ainsi diminuée, spécialement pour la réception des ondes courtes correspondant à des fréquences élevées. Les câbles blindés volumineux nécessitent, d’autre part, des systèmes de fixation assez encombrants et leur diamètre les rend très visibles dans l’immeuble.
- Pour éviter ces inconvénients, on a eu, en particulier, l’idée de remplacer la liaison directe entre l’antenne et le récepteur par une liaison à transformateurs, dite à basse tension. Dans ce système classique, un premier transformateur abaisseur de tension est disposé très près de l’antenne; les courants haute fréquence recueillis sont transmis à basse tension le long de la descente. Cette tension est ramenée à peu près à la valeur primitive à l’aide d’un deuxième transformateur identique, mais employé de façon inverse, disposé près du récepteur.
- Les résultats obtenus sont déjà meilleurs et le câble double employé a un diamètre plus réduit. La longueur de la descente peut être notablement augmentée sans graves inconvénients.
- Les résultats obtenus ne sont pourtant très satisfaisants, en général, que sur une bande de fréquences relativement étroite correspondant à une gamme de longueurs d’onde restreinte.
- La raison de ce phénomène est facile à comprendre; le but du transformateur d’antenne consiste à adapter l’impédance de l’antenne à celle de la ligne de transmission, de même que le but du transformateur du récepteur est d’adapter l’impédance de la ligne de transmission à celle de l’entrée du récepteur. Pour assurer un maximum de transfert d’énergie d’un circuit à un autre, il faut que les deux circuits aient la même
- Fig. G.— Bobinages dans le vide, type Stabila.
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- impédance. Mais, en réalité, l’impédance des circuits varie avec la fréquence; si l’on utilise donc un transformateur de rapport déterminé, on peut obtenir un bon rendement pour les petites ondes, et, au contraire, désastreux pour les grandes ondes, ou inversement.
- Les premiers modèles de transformateurs d’antenne et de récepteurs utilisés étaient à rapport fixe. On s’était efforcé d’obtenir un rendement à peu près égal sur les deux gammes de longueur d’ondes de broadcasting, et on calculait donc le transformateur de manière que son utilisation optima corresponde à la zone médiane de la gamme des longueurs d’onde considérées. Cette gamme s’étendant normalement de 200 à 2000 m, les résultats obtenus étaient généralement très satisfaisants vers 800 ou 1000 m, mais c’est justement sur ces longueurs d’onde que le nombre des émissions est excessivement réduit !
- Les résultats constatés étaient de plus en plus mauvais à mesure qu’on s’écartait de cette gamme médiane, et ils devenaient généralement très inférieurs vers les deux extrémités de la bande couverte, c’est-à-dire vers 200 m et 1800 m.
- Suivant ces données trop élémentaires, il était donc impossible de songer à obtenir des résultats réellement satisfaisants; c’est pourquoi il est devenu nécessaire de modifier le système primitif.
- Le principe de cette modification est, d’ailleurs, extrêmement simple. On ne peut songer dans le système d’accord d’un récepteur qui doit permettre la réception d’une gamme étendue de longueurs d’onde à utiliser un seul bobinage non fractionné. De même, il était paradoxal de songer à utiliser des transformateurs non fractionnés dans le circuit d’une antenne destinée à recueillir des signaux de fréquence très différents (ûg. 7).
- Pour obtenir un rendement élevé sur plusieurs points de la gamme de fréquence, on emploie donc des transformateurs d’entrée de poste comportant un certain nombre de prises, et permettant, en particulier, une meilleure adaptation suivant les différents modèles de postes actuellement sur le marché.
- Dans le système réalisé par un constructeur français spécialisé, le collecteur d’ondes très léger, facile à installer, et offrant une faible résistance au vent, est constitué par un panier métallique rigide de poids très peu élevé, de l’ordre de-1500 gr. La résistance offerte au vent étant minime, il est facile de l’élever à une distance importante du toit (fig. 8).
- Deux colliers de serrage permettent la fixation facile sur le bambou de support, et deux écrous de réglage permettent de régler la tension des tiges liant l’antenne au collier-support; une patte est d’ailleurs prévue pour la fixation du transformateur d’antenne. En pratique, il est bon d’élever l’antenne à environ 8 m au-dessus du toit, en employant des haubans, s’il y a lieu, pour maintenir le bambou dans la position verticale.
- Le câble de liaison est très léger, très souple et de faible diamètre; il est constitué par un conducteur central souple, à
- plusieurs brins, entouré d’une gaine en caoutchouc d’une faible épaisseur, et l’ensemble est contenu dans une enveloppe métallique tressée formant blindage.
- En raison de sa légèreté et de sa souplesse, le câble peut être fixé à l’antenne sans précaution préalable.
- Son diamètre très faible permet de le dissimuler facilement à l’intérieur des immeubles, tandis que le blindage métallique extérieur est utilisé comme conducteur de retour.
- L’auto - transformateur d’antenne se présente sous la forme d’une poire métallique comportant à sa partie supérieure une borne destinée à être reliée à l’antenne à la partie inférieure ; une vis de serrage sert de borne pour le conducteur central de descente de l’antenne, et une autre borne est destinée à fixer l’armature du câble de descente (fig. 9).
- L’auto-transformateur destiné à être placé sur le récepteur a la forme d’une boîte cylindrique blindée, munie d’une patte de fixation qui permet sa fixation facile à l’intérieur de l’ébénisterie du récepteur. Une première borne fixe est destinée à amarrer l’extérieur du câble de descente; une deuxième borne reçoit le conducteur extérieur de descente.
- Une borne sert à la connexion avec la borne antenne du poste qui doit être elle-même connectée, comme à l’habitude, avec une bonne prise de terre; enfin, au moyen d’un conducteur blindé, on connecte une douille à choisir dans une série de 4 à la borne « antenne » du poste, suivant les caractéristiques du récepteur considéré, et en faisant, bien entendu, des essais en « petites ondes » et en « grandes ondes ».
- Le système est donc plus « souple » que les modèles employés jusqu’ici, et paraît ainsi permettre, avec moins d’inconvénients, d’utiliser les avantages des antennes à descente protégée. . P. Hémardinquer.
- ADRESSES RELATIVES AUX APPAREILS DÉCRITS :
- Bobinages dans le vide (Stabila) : Etablissements Ariane, 119, rue de Montreuil (11e .
- Dispositifs fillre-anlenne : Pival, 26, rue Arthur Rozier, Paris.
- Fig. 9. — Détails du câble de descente, du transformateur d’antenne cl du transformateur du récepteur.
- Gaine métallique
- Gaine de caoutchouc
- Pattes de fixation
- Conducteur
- central
- Borne de fixation à / 'antenne
- Descente
- blindée
- Fiche
- antenne
- t/is de serrage "'de la gaine extérieure.
- 'Vis de serrage du conducteur central.
- Gam ne PO.
- Gamme
- Fig. 7.-— Résultats obtenus avec une antenih Pival à transformateur et une antenne ordinale mal étudiée (Traits pleins et traits pointillés)
- Fig. 8. — Disposition générale de l’antenne «corbeille » et du câble de descente.
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- LIVRES NOUVEAUX
- Dénombrements d’étoiles, par II. Mineur, 1 broch.
- 56 p., 8 fig. Hermann et Cie, Paris, 1935. Prix : 15 fr.
- L’auteur expose et discute les résultats donnés par les dénombrements d’étoiles en l’onction de l’éclat et de la latitude galactique. Il montre par quelles techniques s’effectuent ces dénombrements et il en évalue la précision.
- Stereoscopic photography, by A. w. Judge, 1 vol.,
- 340 p., 231 fig., Chapman et Hall, 11, Henrietta Street, London,
- W. C. 2, 1935. Prix : 21 sh.
- Cet ouvrage constitue un traité pratique de photostéréoscopie. Après avoir rappelé les causes de la vision en relief, l’auteur passe en revue les différentes méthodes qui permettent d’obtenir des photographies donnant l’impression du relief; il décrit les divers appareils qui mettent celles-ci en œuvre, il donne en même temps d’utiles conseils pratiques. Puis il montre Iss nombreuses applications auxquelles se prêtent les instruments stéréoscopiques : télémètres, lunettes binoculaires, stéréogrammes scientifiques, photographie des nuages; emploi de la stéréoscopie dans l’enseignement (géométrie, optique, anatomie, etc.); applications médicales (endoscopie, ophtalmologie, etc.); microscopie binoculaire; stéréophotomicrographie, applications astronomiques, stéréoradiographie, photographie aérienne et levés de terrains par la photographie. Quelques mots sur le cinéma en relief terminent cet ouvrage qui donne un excellent aperçu de l’état actuel de la technique stéréoscopique.
- Structure nucléaire, par B. Buciien. 1 brochure, 36 p.
- Hermann et Cie, Paris, 1935.
- L’auteur esquisse un modèle de structure du noyau de l’atome synthétisant la plupart des résultats acquis par les récentes investigations sur les transmutations atomiques.
- Rayons cosmiques, par B. Rossi. 1 broch., 48 p., 12 fig.
- Hermann et Cie, Paris, 1935. Prix : 12 fr.
- Le rayonnement que nous observons sur la terre sous le nom de rayonnement cosmique est reconnu aujourd’hui comme complexe. Le professeur à l’Université de Padoue montre ici les différentes composantes qui le constituent et cherche à en déterminer l’origine. Bien des incertitudes subsistent à cet égard; l’auteur les met clairement en évidence.
- Radio-Service, par E.-J.-G. Lewis, traduit de l’anglais, adapté
- et complété par J. de Chateaurenard. 1 vol. de 267 p. et
- 122 fig. Pathé frères. Prix : 25 fr.
- L’expression américaine « radio-service » s’applique aux organisations professionnelles chargées de l’entretien et de la réparation du matériel. Le présent ouvrage justifie son titre en donnant des notions utiles sur l’entretien, le réglage, et la réparation des appareils radio-électriques.
- La première partie rappelle sous une forme très élémentaire des notions pratiques d’électricité, ainsi que les caractéristiques de fonctionnement et de montage des différents organes d’une installation réceptrice de T. S. F. Elle est rédigée sous la forme d’un manuel, dont le texte est complété par un grand nombre de photographies démonstratives.
- La deuxième partie est plus spécialement consacrée aux vérifications élémentaires qu’on peut effectuer avec des appareils de mesure simples sur les différents organes des récepteurs, des phonographes électriques et des radio-phonographes.
- Cet ouvrage simple, à la fois manuel et mémento de dépannage, peut donc rendre de grands services.
- Principes de géologie du pétrole, par J. Jung, i vol.,
- 184 p., 50 fig. Béranger et Cie, Paris, 1935. Prix broché : 34 fr.
- La recherche du pétrole sur le territoire national ou dans les colonies est à l’ordre du jour en France. Le succès de ces investigations est subordonné, avant tout, à des études géologiques préliminaires judicieusement conduites. L’ouvrage de M. Jung, professeur de géologie à la Faculté de Clermont-Ferrand, est à cet égard une mise au point fort utile. Après avoir discuté les hypothèses en présence pour expliquer l’origine du pétrole et s’être rallié à celle qui l’attribue aux dépôts d’algues unicellulaires dans les lagunes littorales marines, i résume les caractères du faciès des terrains pétrolifères, examine les relations géologiques des hydrocarbures liquides avec les gaz, les schistes bitumineux et les charbons; puis il analyse le mécanisme de la concentration et de la dispersion de l’huile dans les roches; il étudie et classe les gisements suivant leurs caractères géologiques; il montre ensuite comment la géologie s’utilise pour la prospection et l’exploitation. Il termine en passant rapidement en revue, les divers gisements pétrolifères en activité dans le monde.
- Les conceptions modernes de l’hérédité, par Maurice Caullery. 1 vol. in-1.6, 312 p., 49 fig. Bibliothèque de philosophie scientifique. Flammarion, Paris, 1935. Prix : 15 fr.
- L’hérédité, longtemps restée mystérieuse, a donné lieu depuis le début de ce siècle à une niasse de travaux d’où s’est dégagée peu à peu une nouvelle doctrine, la génétique. Les transformations lentes et continues du monde vivant ont été niées au profit des changements brusques, les mutations, qu’on explique par des caractères, les gènes fixés sur les chromosomes des noyaux sexuels. Toute une science est ainsi née et un langage spécial difficile à suivre pour les profanes. Avec sa clarté habituelle et sa documentation impeccable, le professeur de la Sorbonne conduit le lecteur dans ces arcanes, en extrait ce qui est acquis, met au point les données nouvelles, indique ce qu’elles apportent et ce qu’on en peut attendre.
- Manuel d’archéologie préhistorique, celtique et gallo-romaine, de Joseph Déchelette. Tome VI, Archéologie gallo-romaine, par Albert Grenier. 2e partie, l’Archéologie du sol. Vol. 1 : Les Routes, et vol. 2 : Navigation, Occupation du sol. Édit. A. Picard, Paris, 1934, 2 vol. in-8, 1096 p., 368 fig. et 5 pl. hors texte.
- L’œuvre magistrale de Déchelette reste l’ouvrage fondamental pour toutes les études d’archéologie préhistorique, protohistorique et historique ancienne de la France et des pays voisins de l’Occident européen. Si malheureusement le premier volume de ce véritable traité n’est plus aujourd’hui au courant des découvertes importantes récemment faites sur les civilisations paléolithiques ou néolithiques et demanderait une nouvelle édition plus développée, la partie traitant de l’époque gallo-romaine a trouvé dans Albert Grenier un digne continuateur de Déchelette.
- Le livre consacré aux Voies romaines de la Gaule donne une vue synthétique du réseau routier ancien de notre pays, qui montre l’importance prise depuis longtemps par la circulation humaine sur le territoire s’étendant de la Manche à la Méditerranée. Les Romains n’ont fait en somme qu’organiser plus méthodiquement une partie du système routier gaulois, lui-même héritier direct des voies du commerce préhistorique : ces vieux chemins sont en général à la limite des anciennes propriétés et liés à l’arpentage des terres. D’ailleurs, à l’époque du développement maximum des voies romaines, la plupart d’entre elles n’étaient point recouvertes de dallages ou de pavés, mais simplement de terre ou de gravier. Lorsqu’elles entaillaient le roc ou lorsque le pavage se poursuivait longuement, il y était pratiqué des ornières artificielles, véritable « chemin de pierre » guidant les voitures et empêchant la dérapage, précurseur en quelque sorte du « chemin de fer » moderne.
- Comme la circulation commerciale sur terre, la navigation sur les fleuves de la Gaule remonte aux temps préhistoriques; elle se continua traditionnellement jusqu’à l’époque de l’occupation romaine; mais alors son organisation se développa rationnellement ainsi que celle des ports accessibles aux navires de haute mer, parmi lesquels Arles et Narbonne prennent la place jadis monopolisée par la calanque de Massilia et par son annexe, l’estuaire du Lacydon.
- Les villes et les bourgades romaines ont aussi pris simplement la place en Gaule des cités et des villages déjà constitués, mais avec un nouveau développement lié à la civilisation latine : une hiérarchie a été établie parmi les unes et les autres, que complète la subordination de la campagne aux centres urbains; certes les domaines ruraux existaient auparavant, mais leur fixation date de l’organisation romaine.
- Enfin l’exploitation du sous-sol, déjà bien mise en œuvre par les Gaulois, a reçu une nouvelle impulsion après la conquête de César : à la petite industrie familiale vient d’ailleurs se juxtaposer la grande industrie, dont l’étatisation progressive, pour les mines par exemple, ne permettra pourtant pas de triompher du manque de bras, dès que commencera à se manifester l’incertitude du monde civilisé devant les premières invasions des Barbares.
- Chronologie des arts graphiques, par René Billoux.
- 1 vol. in-4., 150 p., 90 hors-texte en couleur. Bulletin officiel des Maîtres Imprimeurs de France, 7, rue Suger, Paris. Prix : 70 fr.
- Chaque année, le Bulletin officiel des Maîtres Imprimeurs de France édite un volume qui est le chef-d’œuvre de l’impression. Notamment ses planches en couleurs révèlent toutes les possibilités de l’art de l’imprimerie, les plus rares, les plus difficiles, les dernières parues. A cet album est joint un texte non moins précieux. Cette fois-ci, c’est une encyclopédie des dates, des faits, des créations, des célébrités des arts graphiques. Les professionnels rafraîchiront leur mémoire et les non-initiés apprendront en quelques lignes ce qui est utile sur les papiers, photogravure, typographie, lithographie, clichés, caractères, héliogravure, impression, galvanoplastie, musique, imprimerie ancienne, etc., etc. 120 gravures inédites, dessinées spécialement, représentent tous les détails des métiers utilisés dans les ateliers d’imprimerie. C’est un régal pour les bibliophiles.
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- COMMUNICATIONS a l ACADÉMIE DES SCIENCES
- SÉANCES DU 25 NOVEMBRE ET DES 2 ET 9 DÉCEMBRE 1935
- Ralentissement de l’attaque du fer par les acides. —
- L’attaque d’une lame d’acier extra-doux par une solution déci-normale d’acide chlorhydrique est fortement ralentie si on ajoute au liquide certaines substances inhibitrices, la rhodamine et la tliiourée par exemple. MM. Bancelin et Crimail remarquent qu’alors que des doses croissantes de rhodamine ralentissent de plus en plus l'attaque, le minimum de celle-ci correspond à une concentration en thiourée voisine de 50 mg par litre, la perte de poids de la lame devenant plus rapide pour des concentrations plus élevées. En mesurant la force électromotrice d’une pile constituée par la lame d’acier, la solution étudiée et une électrode au calomel, les auteurs ont vérifié qu’elle suit les mêmes variations que la vitesse d’attaque. Il est donc fort probable que les substances inhibitrices agissent en modifiant les forces électi-omotrices de contact.
- Vaccination contre le choléra des poules. — M. Trillat montre que les poules peuvent être immunisées contre le choléra par inhalation de virus atténué mis en suspension dans l’air, tout comme elles peuvent être infectées si elles absorbent par la même voie des gerriies virulents. Les animaux enfermés pendant un temps variant de 10 minutes à 1 heure dans un récipient de 50 litres dont l’air tient en sus-pexrsion 2 à 3 cm3 de vaccin y gagnent l’immunité contre les germes virulents, soit qu’ils proviennent d’un air infecté, soit qu’ils soient directement injectés. Cette immunité persiste pendant une période qui dépasse 2 mois et peut atteindre 6 mois.
- Maladies à virus de la pomme de terre. — Les pommes de terre sont sujettes à plusieurs maladies de dégénérescence (enroulement, mosaïque, frisolée) dues à des virus. A propos d’une étude faite dans les Pyrénées à 2 stations d’altitudes très différentes : Peyras (1400 m) et Bagnères-de-Bigorre (560 m),sur l’enroulement de la variété « Belle de Juillet », contaminée en général à 100 pour 100, M. Costantin a remarqué que la maladie disparaît à partir de la seconde récolte en haute altitude. Une seule année de culture à 1 400 m ne fait disparaître que l’enroulement en laissant subsister la mosaïque et la frisolée. Les maladies de dégénérescence influent fortement sur le rendement, il est très important de noter avec l’auteur que :
- 1° Il ne faut pas confondre la virulence de la maladie avec le pourcentage de pieds contaminés. Le facteur pratique à considérer est le rendement qui peut n’être que peu affecté par un virus très généralisé mais faible.
- 2° Les virus des maladies de dégénérescence sont détruits rapidement par la culture en altitude. Il est d’ailleurs certain, par la comparaison des résultats obtenus sur le continent américain, que la latitude a la même influence bienfaisante qui, en fin de compte, est le privilège des climats froids.
- Ces remarques dotent l’agriculture d’un moyen pratique de débai-rasser les pommes de terre de plusieurs maladies héréditaires et graves.
- Durée des étincelles. — En mesurant l’élargissement de l’image d’une fente étroite dans un miroir concave tournant, M. Laporte a calculé la durée de l’étincelle dans un tube argon-vapeur de mercure relié à un condensateur par un circuit de faible self. Cette durée est de l’ordre de 10~s s. La période brillante est suivie d’une luminescence d’une durée plus variable de l’ordre de 10'Hs.; cette luminescence présente parfois des oscillations périodiques d’intensité.
- Pression de l’air pendant le vol des oiseaux. — MM. A.
- Magnan et Girerd ont réussi à placer sur le corps et même sur l’aile d’un pigeon un orifice relié par un tube long et souple
- à un manomètre de très faible inertie, sans pour cela gêner sensiblement le vol. Autour de l’oiseau les variations de la pression sont toujours des dépressions dont la valeur maxima est de 2 mm d’eau. Sur les ailes on constate au contraire des surpressions, bien plus élevées sur l’extrados que sur l’intrados en vol libre, et devenant à peu près égales si on retient l’oiseau par les pattes. Elles atteignent 8 mm d’eau.
- Déflagration des explosifs par les ultrasons. — Si
- l’on plonge une particule solide dans un liquide non mouillant où se propagent des ultrasons, les bulles de gaz adhérant au solide sont soumises à des variation adiabatiques de pression pouvant atteindre 8 atm. ; si la température du liquide est de 20°, celle de la bulle peut atteindre 234°. Or certains explosifs détonent à une température moins élevée.
- M. Marinesco a constaté la possibilité de provoquer la déflagration du fulminate d’argent par ce procédé; avec les explosifs très sensibles (triiodure d’azote, poudres Berthollet), il n’est même besoin que de les disposer dans un sachet touchant la surface du liquide pour les faire détoner sous l’action des ultrasons. Par contre, les dérivés nitrés résistent, même si on les immei'ge dans un liquide propageant des ultrasons de fréquence et amplitude élevées.
- Influence de l’oxygène sur le développement des plantes. — M. Molliard a étudié l’influence de la teneur en oxygène de l’atmosphère sur le développement des végétaux en opérant dans des tubes aseptiques parcourus par un mélange azote-oxygène contenant de 20 à 80 pour 100 de ce dernier gaz et 1 pour 100 de gaz carbonique. Avec le radis, plante à chlorophylle, le développement, exprimé par le poids de la matière sèche, est maximum pour une teneur en oxygène de 20 pour 100. A la teneur de 40 pour 100 le développement atteint à peine le tiers de la normale et s’arrête au bout d’une cinquantaine de jours. Avec des teneurs de 60 ou 80 pour 100 la végétation reste très chétive, les plantes se dessèchent rapidement. La présence de sucre dans le milieu de culture a toujours une influence favorable sur le développement, sans modifier cependant le sens de sa variation avec la teneur en oxygène.
- Avec un champignon, le Sterigmaiocystis nigra, l’augmentation de la teneur en oxygène a une action moins importante sur le développement, elle le retarde et le diminue néanmoins légèrement. La couleur des conidies, noire en culture normale, passe au rouge brique brunâtre dans un courant d’oxygène pur. L’excès d’oxygène intervient donc sans doute surtout par l’abaissement et même l’arrêt de la fonction chlorophyllienne.
- Le rayonnement cosmique uîtra=pénétrant. — On-
- classe dans le rayonnement cosmique ultrapénétrant les radiations capables de traverser 7 cm de plomb. En étudiant les trajectoires des particules traversant une grande chambre de Wilson placée dans un champ de 13 000 gauss et accouplée à trois compteui-s à électrons entourant un bloc de plomb épais de 7 cm, M. Leprince-Ringuet a trouvé qu’un tiers de ces particules possèdent une telle énergie que la courbure de leur trajectoire n’est par déterminable; parmi les autres, les particules positives sont les plus abondantes et ceci d’autant plus que l’énergie corpusculaire est plus grande. Celle-ci varie de 700 millions d’électrons-volts à plusieurs milliards. Ce résultat peut être expliqué, soit par la complexité du rayonnement cosmique (électrons et protons), soit par l’inégale absorption des électrons des deux signes.
- L. Bertrand.
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- NOTES ET INFORMATIONS
- NÉCROLOGIE Victor Grignard.
- Quelques jours après la mort de Charles Richet, prix Nobel de médecine en 1913, dispai-aît un des plus grands chimistes français, Victor Grignard, prix Nobel de chimie en 1912.
- M. Dangeard, président de l’Académie des Sciences, a rappelé dans l’allocution suivante la place qu’il occupe dans la chimie moderne :
- « La découverte des composés organomagnésiens mixtes, celle qui lui a valu le prix Nobel en 1912, a mis eixtre les mains des chimistes une technique nouvelle et féconde en résultats; elle a permis à son auteur d’enrichir la science d’une trentaine de méthodes pratiques qui ont fourni le moyen d’obtenir la synthèse des hydrocarbures complets ou non, des alcools primaires, secondaires et tertiaires saturés et non saturés, des glycols, des cétones, des acides, des acides-alcools, des nitriles, des sulfoxydes, etc.
- « On aura une idée de l’importance de cette découverte, lorsqu’on saura qu’elle a pi'ovoqué la publication de plusieurs milliers de Notes ou Mémoires en France et à l’étranger.
- « Lorsque Grignard, après suppression, en 1891, de l’Ecole normale spéciale de Cluny où il était entré par concours, fut obligé de poursuivre à la Faculté des Sciences de Lyon la troisième année d’études à laquelle il avait droit, rien alors ne pouvait laisser prévoir la billlante cari’ière de chimiste à laquelle notre confrère était appelé; il avait, a-t-il dit lui-même, une fort mauvaise opinion de la chimie, qui lui apparaissait comme purement empirique et exigeant un effort de mémoire au-dessus de ses aptitudes.
- « Mais c’est là qu’apparaît l’influence irrésistible de certains hoxnmes sur ceux qui les eixtourent : Grignai-d eut la bonne fortune d’être admis dans le service du professeur Philippe Barbier, qui a rendu célèbre l’École de Chimie de la Faculté des Sciences de Lyon.
- « Dans ce milieu, notre Coixfrère abandonna bien vite ses préventions à l’égard de la chimie dont il devait devenir, comme nous venons de le voir, un des plus illustres représentants.
- « Les recherches de Grignard n’ont pas eu seulement pour objet les composés organomagnésiens; elles se sont étendues à la synthèse d’une foule de corps nouveaux ayant des propriétés intéressantes et présentant de nombreuses applica-cations.
- « Rappelons les services importants rendus par notre Confrère au cours de la dernière guerre comme directeur d’un laboratoire de recherches des gaz de guerre. C’est à la demande de l’Académie des Sciences qu’il fut chargé du contrôle analytique des gaz asphyxiants allemands.
- » « Victor Grignard était commandeur de la Légion d’hon-
- neur; il faisait partie d’un grand nombre de Sociétés françaises et étrangères qui avaient tenu à se l’attacher comme membre d’honneur ou président.
- « Notre savant Confrère laisse de nombreux disciples et collaborateurs qui sauront conserver à l’École de Chimie lyonnaise sa brillante réputation et son éclat ».
- AÉRONAUTIQUE
- Pour lutter contre le givrage des carburateurs.
- La formation de glace dans les carburateurs est un accident dont les conséquences peuvent être très graves sur un avion en vol. Cette question fait depuis longtemps l’objet des recherches des services techniques de l’aviation dans tous les pays. Elle a été étudiée en particulier en Angletex’re. D’après le
- dernier rapport publié par F « Aeronautical Research Com-mittee » dont notre confrère Nature, de Londres, publie un résumé, la formation de la glace peut être empêchée par l’addition d’alcool à l’essence. Les services techniques anglais ont mis au point un dispositif automatique qui décèle le moment où il faut agir contre le givre et introduit alors dans l’essence la quantité d’alcool nécessaire.
- ART VÉTÉRINAIRE Nouveaux vaccins pour les chiens.
- Parmi les maladies canines les plus dangereuses, la pasteu-rellose en est une qui sévit parmi les jeunes chiens surtout. Son agent, la Pasteurella canis, appartient à la même famille de bacilles que celui du choléra des poules, Pasteurulose aviaire, l’un des premiers microbes découverts par Pasteur. Diverses expériences permettent aussi de supposer que ce bacille est accompagné d’un virus filtrant dont Faction pathogène domine celle du bacille.
- L’inoculation expérimentale d’un virus très actif détermine chez le chien la diarrhée sanguinolente, la fièvre et l’évolution rapide du typhus des chiens. L’inoculation expérimentale d’un virus moins actif provoque la pleuro-péricardite, la chorée, l’anémie, les paralysies, les pustules cutanées, des troubles nerveux et des troubles de nutrition, c’est-à-dire des symptômes sévères de la maladie dite « du jeune âge ». La Pasteurella canis, qui détermine le plus grand nombre de ces symptômes, est donc le microbe le plus redoutable pour les jeunes chiens. Il s’y joint parfois le bacille de Perez; la mort survient dans un grand nombre de cas, décimant des élevages entiers, surtout chez les races sélectionnées.
- Notons que l’homme jouit d’une immunité naturelle contre toutes les pasteuruloses ; aucune de ces infections ne lui est transmissible.
- Pasteur est amvé à vacciner les poules contre la pasteurulose aviaire par deux inoculations successives d’un virus d’abord très atténué, et douze jours plus tard d’un vii*us un peu moins atténué. En appliquant un procédé analogue au bacille de la Pasteurulose canine, le Dr C. Phisalix, en collaboration avec sa femme, a réussi depuis 1902 à vacciner les chiens contre cette infection.
- Mme la Dse M. Phisalix, dont les ti’avaux sur les animaux venimeux et leurs venins ont acquis un renom mondial, a poursuivi ses recherches et vient d’aboutir à une élégante solution.
- En poursuivant ses recherches, elle vient de trouver que certains microbes très virulents, tels que Pasteurella canis, le paratyphique B, le streptocoque, le staphylocoque, le bacille du charbon, sont capables de px'oliférer dans un bouillon fortement envenimé. Dans le bouillon envenimé, qu’on ensemence avec Pasteurella canis, ce microbe garde sa virulence et le venin conserve ses antigènes, ce qui est fort important pour la vaccinatioix.
- Elle a pu, de cette façon, mettre au point récemment un vaccin multivalent qui confère aux chiens sumultanément trois immunités différentes : 1° contre la pasteunrlose canine, 2° contre les morsures de Vipère et 3° contre les piqûres d’Abeilles — éventualités qui constituent les principaux risques que courent les chiens de chasse, surtout au début de leur vie.
- Ajoutons que cette vaccination se réalise par deux inoculations, faites à huit jours d’intervalle, de deux vaccins, où la teneur en venin de Vipère est la même, mais où la virulence de la Pasteurella est plus grande dans la seconde que dans la première. W. N. Kazeeff.
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- RADIOPHONIE
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- La nouvelle station radiophonique de Nice=Côte d’Azur.
- Nous avons indiqué à plusieurs reprises dans la revue, et en particulier, dans le numéro spécial du 1er septembre 1935, les progrès du réseau d’État français de radiodiffusion.
- Les grandes stations régionales, dont l’installation était décidée depuis longtemps, entrent ainsi peu à peu en fonctionnement régulier. Le poste de Nice-Côte d’Azur, dont les installations techniques ont été établies par la Société indépendante de T. S. F., a commencé ses essais le 13 août dernier et fonctionne régulièrement depuis le 8 septembre, chaque soir entre 18 h 30 et 23 heures. 11 ne reste plus qu’à terminer l’installation de l’auditorium; la qualité musicale de l’émission paraît dès à présent très satisfaisante.
- Cette émission est, d’ailleurs, elïectuée sur une longueur d’onde de 253,20 m, avec une puissance antenne de 60 k\v.
- Le centre de transmission de la station est situé près de l’agglomération de Biot, en bordure de la fameuse « Route Bleue » Paris-Côte d’Azur.
- Le pylône-antenne, d’un modèle antifading déjà décrit dans la revue, a 120 m. de hauteur, et sa structure est en treillis d’acier. Il est coiiï'é d’un chapeau hexagonal, agissant comme une capacité terminale.
- Les bâtiments sont à deux étages, et renferment au rez-de-chaussée les machines d’alimentation, au-dessus le poste émetteur proprement dit.
- L’alimentation est assurée par le courant triphasé du réseau transformé par des machines tournantes et des redresseurs à vapeur de mercure.
- Le montage émetteur comporte un oscillateur pilote à quartz piézo-électrique agissant sur une chaîne de 7 étages amplificateurs à haute fréquence, de puissances croissantes. Le premier étage a une puissance de quelques watts, alors que le dernier, équipé avec de grosses lampes à circulation d’eau, peut débiter plus de 60 kw, puissance qui peut être augmentée jusqu’à 200 kw au moment des « pointes de modulation ». Le circuit plaque de ce dernier étage à grande puissance est relié à la ligne de transmission conduisant l’énergie haute fréquence à l’antenne.
- Les courants téléphoniques amenés par la ligne de l’auditorium sont amplifiés par un ensemble à basse fréquence avant d’être appliqués au transmetteur pour moduler l’onde porteuse.
- Le procédé de modulation utilisé est du système dit « à modulations multiples ». Il consiste à appliquer les courants modulateurs à basse fréquence sur la grille des lampes amplificatrices de la chaîne haute fréquence simultanément. Le système permet les modulations les plus profondes sans déformation, presque jusqu’au maximum de 100 pour 100.
- La mise en route des machines et les connexions des circuits sont réalisées automatiquement, et sans fausse manœuvre possible, à partir d’un pupitre de commande. L’opérateur a sous les yeux les signaux de contrôle et les appareils de mesure indiquant à tout instant l’état électi'ique des différentes parties de l’installation.
- L’ensemble constitue une des nouvelles stations françaises les plus remarquables du réseau d’Etat.
- ZOOLOGIE
- Le Takang du « Zoo » de Londres
- Jennie, le takin (comme l’appelaient les Anglais), vient de mourir de vieillesse au « Zoo » de Londres. Il y avait été apporté en 1923 et c’était le seul de son espèce en captivité.
- Fig. 1. •—• Les bâtiments de la station « Nice-Côte d'Azur P.T.T. ».
- Cet animal vit dans les parties les plus difficiles d’accès du Bhutan et du Tibet oriental. Une autre espèce, d’un pelage plus clair, se trouve en Chine. Il est très rarement visible et n’est pas pourchassé, car il est considéré par les Tibétains comme une bête sacrée et quiconque s’avise de le maltraiter ou même de l’approcher, court le risque de se voir couper — en matière de punition — mains et pieds.
- Lors de la capture de Jennie, alors qu’il avait environ 15 mois — un chasseur fut tué et d’autres furent blessés.
- Le Takin, massif et lourd, est un ruminant. 11 a un poil grossier et très épais; ses cornes rappellent celles du bœuf musqué et sa queue courte est comparable à celle d’une chèvre.
- Au début de sa captivité, Jennie était soumis et tout à fait domestiqué. Mais ensuite il devint capricieux et méchant au point qu’il fut délaissé par les visiteurs et vécut ses dernières années dans une solitude grandissante.
- En tant qu’annonciateur des changements de temps, aucun autre animal ne peut lui être comparé : dès que l’air se chargeait d’humidité, l’odeur musquée de sa peau épaisse devenait de plus en plus forte.
- Jennie prendra place, empaillé, parmi les trésors du monde animal du Muséum d’histoire naturelle de Londres.
- Ali Héritier.
- Fig. 2. — Le Takang dans son enclos, au « Zoo ».
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- INVENTIONS ET NOUVEAUTÉS
- ÉLECTRICITÉ
- Disjoncteur simplifié pour usages domestiques et
- industriels.
- L’emploi des disjoncteurs dans les installations industrielles et même domestiques se répand de plus en plus, associé, d’ailleurs, avec celui des coupe-circuit à fusibles pour les dérivations secondaires.
- Le coupe-circuit à fusibles ordinaire a toujours, on le sait, de nombreux inconvénients. Les fils de plomb présentant des différences de diamètres importantes, les limites de tolérance admises ne permettent pas, en correspondance, de limiter avec précision le maximum de courant admis dans une installation.
- On remplace donc souvent désormais le coupe-circuit et l’interrupteur général par un disjoncteur automatique pouvant être réarmé à volonté par l’abonné. Ce système protège contre les courts-circuits et limite, en même temps, la puissance absorbée. Le procédé évite la fusion des coupe-circuit de branchement en cas de dépassement accidentel de la puissance maxima admise par le compteur. Les coupe-circuit de dérivation ne doivent pas être supprimés cependant, et ils demeurent utiles, malgré l’adoption du disjoncteur. Sur les
- Lame
- bimétallique
- Roulette
- d'accrochagt
- Crochet et ^ roulette pi d’accrochage
- Entrée du courant
- Sortie du courant
- Fig. 1. — Principe de fonctionnement du disjoncteur Securex. a) Appareil déclenché; — b) appareil enclenché.
- lignes de dérivation, il y a simplement intérêt à employer également des disjoncteurs dans le cas où l’on utilise sur des prises de courant des appareils domestiques à forte consommation.
- Nous avons déjà décrit différents modèles de disjoncteurs perfectionnés, et indiqué leur principe général. Tous ces disjoncteurs comportent des systèmes bilames parcourus par le courant total, et qui se déforment sous l’action de la chaleur, quand l’intensité devient anormale.
- On trouve maintenant des appareils simplifiés pouvant servir pour les installations domestiques de faible puissance, et dont l’application est particulièrement facile.
- On voit sur la figure 1, le principe initial de fonctionnement d’un appareil de ce genre. Deux tiges parallèles en liaison avec les bornes de connexion portent des contacts souples.
- Un équipage mobile sur lequel la lame bimétallique est montée de manière à être traversée par le coqrant, coulisse sur les tiges et réalise la connexion entre les contacts souples.
- Deux ressorts de rappel, dont un sur chaque tige, tendent normalement à écarter l’équipage mobile des contacts souples, en maintenant ainsi le circuit ouvert.
- La lame bimétallique porte un crochet. Lorsqu’on pousse du doigt l’équipage mobile en comprimant les deux ressorts, ce ci'ochet vient à fin de course s’accrocher à une roulette dont l’axe est fixe. L’équipage mobile est ainsi maintenu au contact, comme le montre la figure là, et le courant passe
- Roulette a accrochage
- Lame bimétallique -Ind/çat C de dêclan -chement
- Contacts mobiles
- Fig.
- Disposition d’ensemble de l’appareil.
- d’une borne à l’autre en traversant la lame bimétallique.
- Lorsqu’un courant trop intense traverse l’appareil, la lame bi-métallique s’échauffe. Elle s’incurve, et cette déformation est calculée de telle sorte qu’elle provoque le dégagement du crochet, dès que l’intensité du courant atteint la valeur de calibrage. L’équipage mobile est alors rappelé violemment en arrière par les deux ressorts à boudin et provoque brusquement la coupure du circuit.
- Il s’agit donc d’un appareil extrêmement simplifié, ne comportant aucun mécanisme intermédiaire entre l’organe de déclenchement et les contacts mobiles, la lame bimétallique étant fixée directement sur ces contacts (fig. 2).
- Malgré cette simplicité, l’appareil offre des garanties de sécurité, puisqu’on ne peut l’empêcher de fonctionner en immobilisant le bouton de manœuvre, ni rétablir le courant sans que la cause qui a provoqué le déclenchement persiste. Le bouton d’enclenchement n’est, en effet, accessible qu’en dégageant complètement l’appareil de son socle. En position de service, il est impossible d’empêcher le déclenchement, et il est impossible aussi d’empêcher l’appareil de déclencher à nouveau instantanément si le court-circuit persiste.
- D’un autre côté, l’accrochage par roulette diminue les frottements. L’effort demandé à la lame bimétallique diminue; les risques d’usure et de grippage sont également atténués. Les coupures sont montées en série, et un pare-étincelles est disposé à chaque coupure.
- Le dispositif comporte, en outre, une petite fenêtre aménagée à la partie supérieure du capot et servant de témoin. Lorsque l’appareil est enclenché, un repère rouge est visible à cette ouverture, le repère rouge disparaît lorsque l’appareil a déclenché.
- Tout le système n’est guère plus gros qu’un bouchon de fusible et sa largeur n’est que 14,5 mm. Devant se substituer aux fusibles d’appartement, tout au moins en partie, les réglages sont déterminés de manière à correspondre aux conditions habituelles de fonctionnement des fusibles.
- En surcharge permanente, ces appareils déclenchent avant que fondent des fusibles de même intensité nominale en alliage de plomb. Ils peuvent couper tous les courants de court-circuit jusqu’à une intensité égale à 50 fois l’intensité nominale.
- Le temps de coupure décroît très rapidement, lorsque l’intensité s’accroît. Pour 125 pour 100 de surcharge, le déclenchement se produit en quelques secondes. Pour un courant correspondant à 50 fois son intensité nominale, le temps de coupure est inférieur à 1 /100e de seconde.
- Pour permettre une application facile, l’appareil est présenté sous la forme tabatière permettant son adaptation en remplacement des
- Fig. 3. — Disjoncteur monté sur une base tabatière bipolaire.
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- couvercles porte-fusibles. L’appareil calibré se monte sur les bases calibrées courantes en remplacement des bouchons fusibles à broches.
- Des systèmes de ce genre servent également pour la protection des moteurs, et , en particulier, pour la protection des moteurs triphasés. Dans le cas de fonctionnement accidentel en monophasé, il les protège contre la surintensité résultant du manque de courant sur une phase. L’appareil est alors réalisé sous forme de cartouche.
- Coupe-circuit Securex : Savan, 17, rue d’Astorg, Paris (8e).
- MÉCANIQUE
- La pompe Henry et Jouveïet, cœur mécanique.
- On connaît les récentes expériences de Carrel et Lindbergli qui sont parvenus à faire survivre et prospérer pendant plusieurs semaines des organes entiers : cœur, ovaire, reins, plongés dans une solution nutritive et alimentés de sang frais par un cœur électrique mécanique.
- Depuis plus d’un an, un « cœur » du même genre a été imaginé en France par M. L. Henry et le Dr P. Jouveïet. Ils ont mis au point un appareil qui peut remplir les mêmes fonctions et qui olïre en outre l’avantage d’avoir de nombreuses autres applications, grâce aux fortes pressions qu’il permet d’atteindre, à son réglage précis et son extrême simplicité. C’est, à ce titre qu’il mérite une courte description.
- Cet appareil a été réalisé sous deux formes : appareil à main et appareil électrique.
- Dans sa première forme, il est aujourd’hui employé par de nombreux médecins; on le trouve en service dans divers hôpitaux et il a déjà servi pour des milliers de transfusions de sang humain dont certaines ont atteint 700 cm3.
- Actionné par un moteur électrique à régulateur de haute précision, muni d’un changement de vitesse, le même appareil peut fonctionner sans arrêt pendant des heures consécutives et fournir avec une parfaite régularité, sous une pression définie, un débit quelconque, variable et contrôlable à volonté, depuis 0,15 jusqu’à 300 cm3 par minute.
- La possibilité de connaître et de contrôler à tout instant le débit de l’appareil, tant pour les gaz que pour les liquides; l’absence absolue de toute possibilité de fuite ainsi que de toute rentrée d’air ; la faculté d’atteindre des pressions extrêmement faibles (15 mm de mercure), ou élevées (2 atmosphères en service courant), font de cet appareil un instrument précieux pour toutes les applications cliniques ou de laboratoire : oxygénothérapie, pneumothorax naturel et artificiel, injections (lentes ou rapides), hypodermiques, intramusculaires, etc., anesthésie continue, mesure de la pression de retour, thoracentèse, exploration d’abcès du foie, etc.
- L’appareil est constitué par une cuve métallique au centre de laquelle est disposé un axe supportant un rotor muni d’un galet réglable.
- Ce galet appuie sur un tube élastique disposé en boucle dans la cuve et dont les extrémités sortent en deux points opposés. Le fonctionnement se conçoit aisément : si l’on fait tourner le rotor, le galet agit par pression et d’une façon uniforme, successivement sur toutes les parties du tube contenues dans la cuve; en se déplaçant, il crée derrière lui une aspiration et devant lui une compression, ce qui assure la progression du liquide ou du gaz traversant le tube.
- Le mouvement est rigoureusement réversible, l’appareil nec omportant ni clapet ni soupapes.
- Un tel dispositif est forcément étanche, et le fluide circulant n’est en contact qu’avec la paroi de caoutchouc.
- Deux manomètres intérieurs au tube, dont les index apparaissent dans un viseur, renseignent sur la pression et la dépression développées; ils signalent tout incident résultant
- Fig. 4. — La pompe Henry et Jouveïet actionnée à main.
- d’un excès ou d’une insuffisance de pression du fluide utilisé.
- Un compteur de tours indique à tout moment les volumes passés dans l’appareil, 1 cm3 par tour quand on emploie le tube normal. D’autres tubes permettent d’obtenir des débits variables jusqu’à 2 cm3 par tour.
- Le moteur électrique universel est réversible; il entraîne le rotor de l’appareil par l’intermédiaire d’un changement de vitesse à trois vitesses silencieuses, de sorte qu’en adoptant le rapport de vitesse convenable, et en agissant sur le régulateur, il est possible d’obtenir une vitesse quelconque comprise entre un demi-tour et 150 tours par minute à la pleine puissance du moteur.
- Un contact spécial permet d’enregistrer électriquement sur un graphique le nombre de tours à la minute.
- Cette pompe de haute précision, à débit et à pression variables, à contrôles constants pouvant être enregistrés, est un remarquable instrument dont les applications se révéleront multiples.
- Constructeurs établissements Gazel, Noisy-le-Grand (Seine-et-Oise).
- Fig. 5. — Modèle à moteur électrique.
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- BOITE AUX LETTRES
- COMMUNICATIONS
- A propos des anatoxines (n° 2963).
- M. R. Richard, docteur vétérinaire à Saint-Pierre-le-Moutier (Nièvre) nous signale, à la page 343, une phrase à laquelle il oppose, avec raison, que les vétérinaires connaissent et emploient depuis longtemps le sérum antitétanique au cours de leurs opérations sur les
- animaux domestiques. « Au cours de dix ans de pratique chevaline dit-il, je suis encore à attendre le premier cas de tétanos opératoire; l’usage systématique que nous taisons de l’asepsie et l’emploi continuel du sérum antitétanique ont rendu le tétanos aussi rare chez les animaux que chez l’homme. »
- QUESTIONS ET RÉPONSES
- Les futures éclipses de Soleil et de Lune.
- On trouve les dates et les phases détaillées de toutes les éclipses de Soleil ou de Lune pour les 2 ou 3 années à venir dans La Connaissance des Temps (Gauthier-Villars, éditeur, Paris).
- Le Bulletin de la Société astronomique de France a publié, dans son numéro de novembre 1899, p. 457 à 468, une étude de Camille Flammarion sur « Les éclipses de Soleil du XX0 siècle, visibles à Paris ».
- L'Annuaire astronomique Flammarion publie, depuis quelques années, un tableau et un planisphère des éclipses totales de Soleil visibles jusqu’en 1950. On peut se procurer cet Annuaire en écrivant à la Société astronomique de France, 28, rue Serpente, Paris.
- D’autre part, on consultera avec intérêt le chapitre IX, p. 223 à 266 de VAstronomie populaire de Camille Flammarion. Ce chapitre contient deux tableaux qui permettent de prévoir la date- du retour des éclipses. Le premier donne le « Cycle complet des éclipses de Lune », le second le « Cycle complet des éclipses de Soleil ». Une table (p. 259) indique les éclipses futures de Soleil, totales ou annulaires, jusqu’en l’an 2200. Ouatre planisphères terrestres montrent les trajectoires de la ligne centrale de ces éclipses (un planisphère par siècle, du xixe au xxiic).
- Enfin, on trouve l’indication des éclipses de Soleil futures dans le Canon der Finsternisse, de d’Oppolzer. Cet ouvrage a sa place dans la bibliothèque des grands observatoires astronomiques.
- Réponse à M. J. M., Kontum (Annam).
- De tout un peu.
- M. J. M., Kontum. — La quinine à fortes doses paralyse le cerveau, le centre respiratoire et le cœur. La quinine est un inhibiteur du parasympathique. A doses thérapeutiques, la quinine entraîne parfois des troubles de l’audition et, plus rarement, de la vue. On a attribué ces symptômes à de la congestion et des hémorragies dans le tympan et le labyrinthe. En réalité, la quinine détermine une dégénérescence du ganglion spinal cochléaire de même nature que les altérations rétiniennes. On peut admettre, en outre, une action de la quinine sur les centres cérébraux.
- Les sels de quinine sont contre-indiqués chez les personnes présentant des troubles de l’audition et de la vue. On peut empêcher les troubles de l’audition par les ions brome. On conseille dans ce cas de choisir le bromhydrate de quinine.
- IVI. Balquet, à Airvault (Deux-Sèvres). — Nous avons donné dans le numéro 2802, page 144, tous les renseignements utiles pour la confection des peintures à l’huile, veuillez bien vous y reporter.
- M. Brémond, à Lorient. — 1° Vous trouverez dans le n° 2902, p. 336, une formule de préparation de colle moite pour le bureau;
- 2° Les vernis noirs pour châssis sont généralement des vernis dits « au four » qui nécessitent d’être portés aux environs de 120° après application, ils sont constitués par :
- Brai stéarique........................................ 340 gr
- Bitume ordinaire.......................................110 —
- Huile de lin cuite.................................... 220 —
- Essence de térébenthine................................130 —
- White spirit.......................................... 200 —
- 3° Les encres pour stylos s’obtiennent très simplement en dissolvant 8 gr de matière colorante par litre d’eau. Sans addition d’aucune autre substance. Toutes les matières colorantes retirées de la houille, dont on dispose actuellement peuvent ainsi être utilisées.
- IVI. Jeannin, à Bar-Ie-Duc. — Nous avons publié dans le n° 2831 du 15 avril 1930, p. 359, un article très complet sur le chromage électro-
- lytique, auquel vous pourrez vous reporter. Voir également les études récentes sur la galvanoplastie industrielle parues dans la Revue de Chimie industrielle, n° 484,1932, p. 105 à 112; n° 485, 1932, p. 139 à 144 et n° 486, juin 1932, p. 176.
- M. Laigre, à Berck-Plage. — Le produit qui fixe partiellement le plâtre sur la tarlatane préparée pour appareils plâtrés (réduction de fractures, immobilisations osseuses, etc.) est simplement de la gélatine, environ 1 à 2 pour 100 du poids total.
- M. Royer, à Plessis-Trévise. — 1° La fixation des lames de couteaux dans leurs manches se fait avec le mélange suivant pulvérisé :
- Colophane...................................... 90 gr
- Fleur de soufre................................ 30 —
- Sable fin...................................... 80 —
- On introduit la poudre dans la cavité du manche, puis on y enfonce
- la soie de la lame préalablement chauffée assez fortement sans toutefois la faire rougir.
- Après refroidissement complet il ne reste plus qu’à enlever les bavures, en les chauffant légèrement pour les rendre molles.
- 2° Les taches d’humidité sur les vêtements conservés en lieu frais sont dues au développement de moisissures, principalement du Stachy-botris lobulata; pour les faire disparaître il suffit de passer sur l’étoffe une petite éponge imbibée d’une solution tiède contenant 5 pour 100 de sulfate de cuivre (vitriol bleu).
- M. Moulin, à Châteauroux. — Nous avons précisé dans le n° 2847, p. 575, quelle était la variété de pyrèthre que l’on devait employer.
- Pour l’usage, la pulvérisation de la poudre au moyen d’un soufflet dans les endroits infestés par les mouches est la façon la plus pratique d’obtenir leur destruction; peu de temps après il suffit de les recueillir sur le sol par balayage et de les brûler.
- M. Duncombe, à Lisieux. — Pour colorer des ampoules électriques destinées à être immergées dans un aquarium, il vous suffira de les plonger dans un vernis cellulosique coloré par une couleur dite d’aniline.
- Vous pourrez vous procurer un vernis de ce genre chez Soehnée, frères, 58, rue de St-Mandé à Montreuil-sous-Bois (Seine).
- M. Lehr à Digne. — L’ébonite qui constitue les porte-plume réservoirs est colorée dans la masse par du noir de carbone sur les bases
- suivantes de fabrication.
- Caoutchouc gomme Para...........................75 %
- Soufre..........................................23 %
- Noir de carbone..................................2 %
- On cuit 5 heures sous 4 atmosphères, puis réduit en poudre que l’on incorpore dans la proportion de 1/3 à 2/3 du même mélange frais, après moulage on soumet de nouveau à une cuisson de 4 atmosphères pendant 4 h 1/2.
- Ainsi que vous le voyez, une nouvelle introduction de noir serait impossible, toutefois on pourrait essayer une immersion de l’objet dans une solution de sous-acétate de plomb concentrée, pendant un temps assez prolongé, le soufre serait alors susceptible de se combiner au plomb pour donner du sulfure de plomb noir. L’expérience est tout au moins à tenter.
- M. J. Gaudard, à Paris. — Le trichloréthylène employé par les teinturiers-dégraisseurs est utilisé tel quel, sans addition d’autres produits. Sa formule est C2RC13, c’est un liquide incolore, non toxique incombustible, bouillant à 88° C, de densité 1,470. Il constitue un très bon solvant des matières grasses, parfois on le désigne sous les noms de irichlorure d’éthyle ou triéline.
- Industriellement on l’emploie également comme solvant dès vaselines, paraffines, cérésines et glycérides divers.
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- M. Claeys, à Cauterets. — Le mastic employé pour boucheries fissures des meubles se prépare ainsi :
- Faire fondre ensemble :
- Cire jaune..................................... 350 gr
- Suif............................................ 50 —
- Blanc d’Espagne................................ 200 —
- Ocre rouge....................................... 7 —
- Ocre jaune...................................... 15 —
- Ce mastic s’applique de préférence à chaud, au moyen d’un couteau à mastic. On laisse durcir quelques heures, puis on racle l’excédent avec un morceau de verre cassé de forme arrondie.
- On peut approprier la teinte à la tonalité du meuble en faisant varier les proportions d’ocre jaune ou rouge et en ajoutant une pointe de noir de fumée.
- M. H. Bodin, à Cholet. — Nous avons déjà attiré l’attention de nos lecteurs (n° 2703, p. 573) sur le très ingénieux appareil de M. San-nins, pour la revivification et l’épuration des huiles de graissage récupérées.
- Vous aurez tous renseignements sur cet appareil à l'Office des Inventions 1, avenue Gallieni, à Beilevue, qui le préconise, après l’avoir soumis à une étude très sérieuse.
- M. le Dr Gannat, à Vichy. — Un de nos lecteurs nous a signalé qu’il avait obtenu une destruction radicale des vrillettes qui s’étaient logées dans les meubles et les planchers en injectant, dans les trous, quelques gouttes de sulfure de carbone au moyen d’une seringue à injections hypodermiques; nous pensons que vous obtiendrez les mêmes résultats.
- M. Pradet, à Vichy. — Pour fixer la mousse de platine sur la toile de platine des formolateurs, il suffit de déposer une goutte d’une solution de chlorure d’or concentrée, puis de donner un coup de chalumeau; le chlorure d’or se décompose en mettant l’or en liberté par sa fusion, qui a lieu à 1250°, bien avant celle du platine (1775°) ; la fixation se trouve ainsi assurée.
- M. Aubry, à Amiens. — D'après la vulgarisation qui a été faite de sa formule, le savon en question aurait pour composition :
- Carbonate de soude cristallisé ................. 63 %
- Silicate de soude............................... 7 —
- Perborate de soude.............................. 10 —
- Savon blanc sec................................. 20 •—
- 100
- M. Guichard, à Paris. — Comme colle inaltérable par l’alcool et les hydrocarbures, nous pensons qu’une colle à l’albumine serait ce
- qui conviendrait le mieux.
- Albumine du sang..................................120 gr
- Alcali volatil..................................... 5 —
- Poudre de chaux éteinte........................ 2,5 —
- Eau ordinaire.................................... 250 —
- Faire gonfler l’albumine dans l’eau froide pendant quelques heures, puis ajouter l’alcali et enfin la chaux délayée dans un peu d’eau.
- Cette colle ne reste fluide que quelques heures, elle doit être employée tout de suite.
- Une fois les pièces réunies on soumet à la pression, de préférence entre plaques chauffées ou en mettant à l’étuve pour les porter à 105°-110° ce qui coagule l’albumine.
- M. Robinet, à Châteauroux. — La préparation suivante vous permettra de brillanter facilement les pièces chromées de votre auto :
- Savon de Marseille en copeaux....................100 gr
- Eau non calcaire................................ 500 —
- Faire dissoudre, au bain-marie, le savon dans l’eau ; laisser refroidir et ajouter en remuant :
- Alcali volatil................................... 50 cm3
- Tripoli très fin................................ 250 gr
- M. Moyse, à Alger. — Pour faire disparaître les rayures sur votre glace, il vous suffira de frotter avec un tampon de flanelle imbibé d’un mélange d’huile et de rouge d’Angleterre; l’opération ne présente aucune difficulté, mais demande seulement un peu de persévérance suivant la profondeur des stries.
- M. Violet, à Hurigny. — La réimperméabilisation de votre capote d’auto pourra être réalisée facilement en passant une ou deux couches
- de la mixture suivante :
- Vaseline........................................ 10 gr
- Lanoline anhydre................................ 10 —
- Essence pour autos............................. 500 —
- Tétrachlorure de carbone...................... 500 —
- N. B. — La toile doit être parfaitement sèche pour cette application.
- M. Mal pas, à Toulouse. — Le colmatage de vos toiles employées à la filtration des vins, est dû au dépôt des matières albuminoïdés; pour les faire disparaître, le mieux est de retourner la chausse, puis de la faire tremper dans de l’eau tiède additionnée de 5 pour 100 environ de carbonate de soude, après quoi un bon brossage également dans l’eau tiède remettra le tout en bon état.
- Finalement bien rincer à l’eau pure.
- M. Charpentier, à Lyon. — 1° Les vernis cellulosiques dont nous avons indiqué la composition pour colorer les lampes à incandescence, n’ont évidemment qu’une durée limitée surtout à cause de la différence des coefficients de dilatation, mais en général la durée correspond à lieu près à la vie pratique de la lampe; en tout cas une nouvelle immersion dans le vernis permet de réparer le mal lorsque le vernis a tendance à se séparer de son support.
- 2° Pour le dépolissage du verre, préparer les deux solutions
- A. Fluorure de sodium...........................50 gr
- Sulfate de potasse...........................10 —
- Eau ordinaire................................50 —
- B. Chlorure de zinc..............................20 gr
- Acide chlorhydrique...........................35 —
- Eau ordinaire................................45 —
- Mélanger les deux solutions pour l’emploi.
- 13. — La Maison Teisset-Kessler, à Clermont-Ferrand, vend en petits flacons de gutta des mélanges de ce genre, tout prêts à l’usage.
- M. Léandre, à Colombes. — A notre avis l’eau épurée par la permutite ne vous donnerait que des mécomptes dans la préparation des solutions photographiques, le mieux est de s’en tenir à l’eau distillée, qui donne la sécurité.
- Vous trouverez de la permutite chez Phillips et Pain, 1, rue Taitbout, ou Egrot, 19, rue Mathis.
- M. Rondineau, au Neubourg. — Vous trouverez tous renseignements sur la préparation des peintures à l’aluminium dans l’opuscule qui vous sera envoyé gracieusement sur demande, par la Société Studal, 23 bis, rue Balzac, à Paris.
- M. L. Houben, à Ottomont (Belgique). — B vous sera certainement facile de masquer les coulures de rouille sur votre mur cimenté, en appliquant une ou deux couches d’une peinture obtenue en délayant du rouge d’Angleterre dans du silicate de soude à 36° B du commerce, puis en étendant d’une quantité suffisante d’eau pour amener à consistance convenable.
- M. F. de B., à Paris. — Etant donné que les vitres de votre verrière sont déjà posées nous pensons que le mastic suivant vous permettra de redonner de l’adhérence à l’ancien mastic et de combler les fissures.
- Prendre :
- Colophane pulvérisée........................... 700 gr
- Poudre de mica................................. 600 •—
- — d’ardoise.................................. 600 —
- Mélanger intimement et ajouter une quantité de goudron de houille suffisante pour obtenir une masse un peu liquide; mettre sur le feu en évitant l’inflammation, concentrer jusqu’à consistance pâteuse et mettre en boîtes.
- Au moment de l’emploi réchauffer légèrement pour en rendre l’application plus facile.
- H. D., à St-Claude. — Si votre fosse septique dégage de mauvaises odeurs dans l’habitation c’est que le tuyau de descente ne plonge pas dans le liquide du premier compartiment de la caisse, autrement dit ne fait pas joint hydraulique.
- Cela est très probablement dû à l’abaissement du niveau des matières par fissurage de la fosse ; il conviendra donc d’en faire un examen attentif qui permettra d’apporter remède au mal.
- Il est tout à fait contre-indiqué d’employer dans la fosse un antiseptique quelconque qui, tuant les bactéries, supprimerait toute destruction biologique des matières.
- Mme Laplace-Dumollard, à Challes-les-Eaux. •— La matière la plus pratique.pour remplacer les vitres, ayant les qualités requises de transparence, rigidité en même temps que souplesse, est la cellophane-, vous pourrez vous en procurer en toutes quantités au magasin de vente de cet article, 58 bis, rue de la Chaussée-d’Antin, à Paris.
- M. de Meaux, à Chatenay. — La composition de la spécialité destinée à enlever la rouille et dont nous avons parlé dans le n° 2960 du 1er septembre 1935, p. 237, ne nous ayant pas été communiquée, nous regrettons de ne pouvoir vous fixer à ce sujet.
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- M. Hervochon, à Nantes. — L’amorçage des réactions chimiques par le platine métallique, est d’autant plus facile que la division du métal est plus grande, c’est sous la forme de noir de platine que l’effet est maximum, ce qui s’explique par son grand pouvoir de condensation, des gaz et vapeurs, avec dégagement de chaleur.
- D’après Liebig, le meilleur résultat est obtenu en dissolvant à chaud du chlorure platineux dans une lessive de potasse concentrée et en versant peu à peu de l’alcool dans la liqueur maintenue chaude.
- Lorsque l’on remue le mélange, il se produit une vive effervescence due à. un dégagement d’acide carbonique abondant;, le platine se dépose sous forme d’une poudre noire très tenue.
- On décante le liquide, puis on fait successivement bouillir la poudre avec de l’alcool, de la potasse, de l’acide chlorhydrique, finalement avec beaucoup d’eau, pour la débarrasser de tout corps étranger.
- Séché, le noir de platine ressemble à du noir de fumée et tache les doigts comme cette substance; on peut le porter au rouge sombre sans lui faire perdre sa propriété absorbante, mais il ne faut pas aller jusqu’au rouge vif qui lui rendrait son aspect métallique.
- Pour activer de la mousse de platine, il convient donc d’y incorporer avant sa mise en forme définitive ou son inclusion dans une toile de platine, une dose suffisante de noir préparée comme il est dit ci-dessus.
- M. Godefroy, à Paris. — La préparation des toiles huilées ne présente aucune difficulté, car il suffit d’enduire les toiles d’huile de lin siccativée, c’est-à-dire bouillie préalablement avec de la litharge ou du résinate de manganèse.
- Ces applications doivent être répétées un certain nombre de fois, en laissant entre chacune d’elles un temps suffisant pour que l’huile sèche, comme cela se produit dans la peinture (oxydation de l’acide linoléique, qui se transforme en acide linolénique.
- Le même résultat serait obtenu avec de l’hile de lin crue mais demanderait alors de deux à trois semaines.
- Pour obtenir la teinte noire, le mieux serait de teindre d’abord le tissu en noir avant application, mais on peut aussi se contenter d’incorporer à l’huile du noir de fumée.
- M. L., à Chaumont. — La formule suivante vous donnera très probablement satisfaction pour le nettoyage et l’entretien de votre baignoire en zinc :
- Oléine du commerce........................... 220 gr
- Ammoniaque liquide............................ 55 —
- Essence minérale............................. 525 —
- Kaolin pulvérisé............................. 200 —•
- Verser peu à peu en remuant l’ammoniaque (alcali volatil) dans l’oléine, incorporer le kaolin, finalement amener à consistance convenable par l’essence dont la quantité peut varier sans inconvénient et„sans modifier sensiblement l’aptitude au brillantage,
- M. Breton, au Mans.—'L’apprêtage des cols souples se fait de la même manière que celui des cols durs, avec cette seule différence que l’apprêt en dur se fait sur le linge sec, alors que l’apprêt souple s’effectue sur du linge mouillé.
- Comme type d’empois normal, vous pouvez prendre :
- Eau non calcaire............................ 1000 gr
- Amidon.........................................185 —
- Poudre de savon............................. 2,5 —
- Borax pulvérisé................................ 25 —
- Cire blanche.................................... 1 —
- Faire la préparation comme d’habitude.
- Le savon et la cire ont pour effet de faciliter le glissement du fer, leur présence donne déjà, d’autre part, un apprêt plus doux.
- M. Fourneau, à Courbevoie. — La gomme Dammar entre couramment dans la confection des peintures cellulosiques; généralement on lui associe une résine synthétique qui est l’Albertol, le type d’une fabrication de ce genre est le suivant :
- Nitro à 25 pour 100......................... 120 gr
- Gomme Albertol 78/82........................... 13 —
- — Dammar...................................... 7 —
- — Pigment........................... . . . 33 —•
- Huile de Chine ou ricin..................... 5 —-
- Le nitro à 25 pour 100 se compose lui-même de :
- Nitro-cellulose sèche 100 pour 100 ......... 25 gr
- Acétate d’éthyle............................... 30 —
- — de butyle.................................. 30 —
- Alcool butylique............................ 15 —
- Mlle R., à Paris. — A notre avis le moyen le plus pratique pour conserver votre préparation végétale est de la soumettre à la « Tynda-
- lisation », c’est-à-dire à une stérilisation à basse température 60° à 80° C, répétée trois jours de suite, en opérant de la façon habituelle, c’est-à-dire en flacons préalablement bien bouchés.
- M. Secret, à Bergerac. •— L’instrument dont vous nous avez soumis le croquis est un calibre d’artillerie au Pied de Roi, sur lequel nous avons déjà donné tous renseignements dans le n° 2891, p. 384, réponse à M. de Greling, à St-Etienne ; veuillez bien vous y reporter.
- M. Pradet, à Vichy. — Les pastilles pour formolateurs sont habituellement constituées par une substance poreuse en porcelaine dégourdie, que l’on imprègne de chlorure platineux (non platinique). On laisse sécher, puis on imbibe d’alcool absolu, ce qui donne naissance dans la masse à du noir de platine extrêmement divisé. Après réduction on lave à l’alcool, à l’eau acidulée par l’acide chlorhydrique, enfin à l’eau pure et on fait sécher.
- N. B. — Ne jamais porter au rouge vif, lors du chauffage, n’atteindre que le rouge sombre par la flamme d’alcool.
- M. K., à Paris. — Pour enlever les taches d’encre de Chine, il suffit de les imbiber préalablement d’un corps gras tel que beurre ou huile à manger, qui mobilise les parcelles de carbone.
- Ensuite on savonne à l’eau tiède, comme d’habitude.
- M. Servier, à Orléans. — Si certaines parties de votre tapis ont été décolorées par la lumière, c’est qu’il s’agit d’une couleur fugace. Vous pourrez très probablement abaisser facilement la teinte des régions non altérées en y passant, avec une petite brosse, une solution d’hydrosulfite de soude tiède, puis rinçant à l’eau claire.
- N. B. — Afin de ne pas dépasser la mesure, agir avec une solution faible et répéter l’opération jusqu’à obtention du résultat.
- M. Aefeli, à La Chaux-de-Fonds. — Les professionnels opèrent de la façon suivante pour noircir les clichés destinés à l’impression typographique :
- Le cliché est trempé d’abord dans un bain de sulfate de fer ou de cuivre ayant une concentration d’environ 50 gr par litre.
- Après rinçage à l’eau, on passe à la surface du cliché du charbon à polir.
- M. Desbrière, à Paris. — La mixture dont on enduit les bandes de papier destinées à piéger les mouches se prépare ainsi :
- Chauffer assez longuement de l’huile de lin, jusqu’à ce qu’elle prenne une consistance sirupeuse, puis y incorporer à chaud son poids de résine en poudre et ensuite un cinquième du poids dont on dispose alors de miel.
- Enduire des bandes de papier fort de la mixture tiède et les laisser refroidir en les suspendant par une extrémité.
- En résumé la préparation comporte l’emploi de :
- Huile de lin épaissie................................... 500 gr
- Résine pulvérisée....................................... 500 gr
- Miel.................................................... 200 gr
- Si le produit était trop épais, il pourrait être légèrement fluidifié par addition d’un peu d’huile de lin non cuite.
- N. B. —- Prendre toutes précautions utiles pour éviter l’inflammation de l’huile pendant la cuisson.
- M. Cruchou, à Rochefort. — l°Le chlorure de calcium anhydre absorbe au maximum la quantité d’eau correspondant à six molécules, pour donner CaCl2 6H20 : par conséquent 111 gr de CaCl2 anhydre fixent 108 gr d’eau.
- On peut régénérer le chlorure anhydre par simple chauffage au rouge naissant.
- 2° La chaux anhydre CaO est susceptible de fixer une molécule d’eau pour donner la chaux éteinte CaO, H8O ou Ca (OH)2, d’où il résulte que 56 gr de chaux vive fixent 18 gr d’eau.
- M. Fontaine, à Sennecé-les-Mâcon. — Pour distinguer l’or blanc du chromé, il suffit de rechercher l’argent que contient l’or blanc, en déposant à la surface de l’objet une goutte d’acide nitrique. On chauffe légèrement pour chasser l’acide, puis on dépose une goutte d’une solution de chromate neutre de potasse à 5 pour 100 environ.
- S’il s’agit d’argent, il se produit une coloration rouge brique de chromate d’argent. Dans le cas de chrome il ne se produit rien.
- M. M. Randon, à Paris. La lessive dont vous parlez aune
- composition voisine de la suivante :
- Carbonate de soude cristallisé........................ 63
- Silicate de soude...................................... 7
- Perborate de soude.................................... 10
- Savon en poudre....................................... 20
- 100
- Le Gérant : G. Masssn.
- 7697. — lmp. Lahure, 9, rue de Fleurus, Paris. — 15-1-1936. — Published in France.
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- N° 2970
- LA NATURE
- er Février 1936*
- LES “ ŒUVRES DE MER ”
- L’ASSISTANCE AUX PÊCHEURS DE TERRE-NEUVE
- On ne connaît pas assez en France l’admirable travail accompli par la Société des Œuvres de mer depuis l’an 1894 où elle fut fondée par le Vice-Amiral Lafond avec l’objet défini par l’article 1 de ses statuts : Porter des secours, matériels médicaux, moraux et religieux aux marins français et des autres nationalités.
- Ce but, dont on reconnaîtra la beauté et la grandeur, est poursuivi et atteint au moyen de deux organismes :
- 1° L’assistance aux Terre-neuvas ;
- 2° La création de Maisons de refuge ou Maisons du Marin. Nous ne nous étendrons pas ici, malgré tout l’intérêt qu’elles présentent, sur les Maisons du Marin, autrement que pour citer en exemple celle qui a été ouverte en 1931 au Havre et qui connaît le plus grand et le plus légitime succès, ayant offert depuis 1931 un lit à 26892 marins et des repas au nombre de 75 355.
- L’assistance aux marins à la mer s’est pratiquée depuis la fondation de la Société jusqu’en 1933 sur les bancs de pêche de Terre-Neuve, d’Islande, du Groenland au moyen de six navires étudiés et armés dans ce but et qui s’y sont succédé pendant 38 campagnes. Voici quelques chiffres sur les services rendus par ces 6 navires pendant 39 ans.
- Ils ont communiqué en mer avec 22 830 bâtiments de pêche et autres, hospitalisé à leur bord 2226 malades ou blessés, donné en mer 30 296 consultations, auxquelles peuvent s’ajouter 12 411 opérations dentaires, remis aux équipages des navires pêcheurs ou reçu d’eux près de 1 128 900 lettres ou colis, fait parvenir à leurs destinataires 21 586 télégrammes. Enfin ils ont recueilli en mer 426 naufragés dont la plupart, sans doute aucun, auraient péri sans leur intervention.
- « Songeons un moment à ces hommes, s’en allant pendant que leur goélette est à l’ancre, deux par deux, dans de légères embarcations à fond plat, nommées doris, tendre, en luttant contre la brume glaciale, la mer qui les couvre d’embruns, les 1500 ou 1800 m de lignes, munies de 500 hameçons qu’il a fallu préalablement
- boétler, c’est -à-dire garnir d’escargots de mer nommés bulots que l’on a soigneusement laissé faisander sur le pont du navire, afin qu’ils atteignent ce degré de pourriture fétide qui est la qualité essentielle d’une amorce efficace1. Ce que peut être ce travail de développer puis mettre à la mer correctement une telle longueur de corde, mouillée et dure, au milieu des mouvements désordonnés du doris, on l’imagine aisémepJ«~Ce n’est
- qu’à la nuitÿ^ScfôJïS fe^O^Qris rallient le
- A 3 h dAjf^mati^,
- Fig. 1. •—• Le Saint-Yves sous voiles. (Photo Cotteret, Saint-Malo.)
- aller relevei pied, d’uneys 70 à 100 m ef elle le poisson qüT et qui pèse.
- Mais si la brume, l’éternelle et impitoyable ennemie des Terreneuvas, qui persiste pendant des semaines sur l’Atlantique Nord, s’est abattue sur les flots, alors en dépit des signaux du voilier, cornes de brume, aboiement du petit canon qui tonne tous les quarts d’heure, il arrive que des doris sont entraînés par les courants, et se perdent dans l’ouate glacée. »
- On en a compté jusqu’à 82 dans,une seule campagne dont 17 avec leurs 34 marins ne furent jamais retrouvés.
- Puis surgit pour les navires eux-mêmes le danger des icebergs qui en grand nombre errent sur les bancs. Le cas du naufrage du voilier « Lydie » y est resté célèbre. Egarée dans la tempête en avril, la « Lydie » est allée se fracasser contre une de ces montagnes de glace. Deux hommes de l’équipage, Charles Koet et son fils seuls purent s’accrocher à la masse de glace qui, avec son chargement, continua son aveugle dérive.
- « L’année suivante, dit M. R. Vercel, un morutier de Terre-Neuve doubla d’assez près un iceberg et l’équipage fut stupéfait de voir, sur le flanc de la montagne transparente, comme un noyau noir .
- « C’était un bloc formé de deux corps humains, étroi-
- 1. Conférence de M. Roger Vercel (Prix Goncourt 1934) : « Lueurs dans la brume », juin 1935.
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- Le Saint Yves
- Echelle___
- Fig. 2. — Plan d coupe du Saint-Yves.
- 1. Soute à pommes de terre; — 2. Soute à voiles; — 3. Logements des officiers; — 4. Soute à biscuits; — 5. Soute à conserves; — 6. Chambre du capitaine; — 7. Bureau; — 8. Armoires; — 9. Gas-oil;— 10. Moteur principal; — 11. Groupe électromoteur; —- 12. Chambre de l’aumônier; — 13. Carré; — 14. Chambre du médecin; — 15. Buffet; — 16. Chambre d’isolé; — 17. Lavabos; — 18. Hôpital; — 19. Filtre à eau potable; — 20. Courrier; — 21. Infirmerie; — 22. Couchettes fixes; — 23. Divan; — 24. Chapelle; —• 25. Cambuse; —- 26. Poste d’équipage; — 27. Soute à charbon.
- tentent enlacés; il fallut deux jours de travail au pic et à la barre de mine pour atteindre les cadavres de Charles
- Fig. 3. — La campagne du Saint-Yves en 1935, sur les bancs de Terre-Neuve ei à Vouesi du Groenland.
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- Koet et de son fds miraculeusement conservés, pendant plus d’un an, dans leur gaine de cristal glacé. Le capitaine garda les bérets des pauvres marins pour authentifier sa déclaration, puis il fit attacher des gueuses de fonte aux pieds des morts et les immergea suivant les rites maritimes ». En 1934 l’assistance assurée par la « Sainte-Jeanne d’Arc » a dû être suspendue. L’effectif des marins de la grande pêche qui était de 8000 hommes lors de sa mise en service (1914) est tombé à 3000 en raison de l’extension de la pêche au chalut et de la diminution de la main-d’œuvre qui en est la conséquence. Dans ces conditions l’emploi d’un navire de l’importance de la « Sainte-Jeanne d’Arc » ne se justifiait plus : les services rendus n’étaient plus en rapport avec les frais d’exploitation et la contribution des armateurs à l’armement du navire-hôpital, proportionnelle au nombre des marins employés, était devenue nettement insuffisante.
- Pendant la campagne de pêche 1934, il n’y a donc plus eu de navire-hôpital sur les bancs. Son absence y a été durement ressentie ; plusieurs blessés et malades graves sont restés sans soins, les courriers remis au seul navire de la station navale ont éprouvé de grands retards, etc...
- Si bien qu’un vœu unanime des armateurs et des marins est venu réclamer la reprise du service d’assistance. A ce vœu, la Société des Œuvres de mer a décidé de répondre en 1935, en dépit des difficultés financières.
- Pour réduire les frais d’armement, elle a porté son choix sur un ex-navire pêcheur, dundee à moteur de 27 m de long, déplaçant 216 t, muni d’un moteur Bolin-der de 90 ch, vitesse au moteur seul 6 nœuds, forte voilure en ketch, "vitesse sous voile et vapeur 9 nœuds.
- Malgré ses petites dimensions, le « Saint-Yves », nom donné au remplaçant de la « Sainte-Jeanne-d’Arc » permettait l’installation des aménagements rigoureusement requis pour un service d’assistance dans les meilleures conditions possibles. C’est ainsi que le « Saint-Yves » a reçu une infirmerie très complète, pourvue et outillée selon les leçons d’une longue expérience, avec tous les moyens permettant une intervention chirurgicale en cas d’urgence. Elle est complétée par un hôpital muni de 8 couchettes permanentes dont 2 en chambres isolées, 6 hommes peuvent en plus être couchés dans des hamacs.
- Contiguës à l’hôpital se trouvent les chambres de l’aumônier et du médecin, de part et d’autre du carré des officiers.
- Les logements du commandant et des officiers sont à l’arrière, ceux de l’équipage à l’avant.
- Tous les locaux sont chauffés par chauffage central à eau chaude. L’installation électrique est très complète et conçue dans les conditions les plus modernes. Elle comporte un éclairage renforcé en vue des besoins de l’infirmerie et des projecteurs extérieurs pour la navigation dans les glaces.
- Le « Saint-Yves » possède un poste de T. S. F., émis-
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- sion-réception de 500 w, permettant la communication directe avec la France par ondes courtes. Un radiogo-niomètre sera mis à bord pour la campagne 1936.
- N’oublions pas de mentionner la présence dans les locaux de l’hôpital d’une armoire-autel. Son desservant est le R. P. Yvon, capucin, aumônier de la « Sainte-Jeanne-d’Arc » pendant la campagne de 1933, et désigné par ses supérieurs hiérarchiques comme aumônier des Bancs. Seul et grâce à son initiative courageuse et hardie, il a assuré pendant la campagne 1934 la continuité de l’assistance spirituelle et morale aux Terreneuvas, en obtenant son embarquement sur l’aviso « Ville-d’Ys » de la station navale de Terre-Neuve.
- En plus de son service particulier, à bord du navire-
- .......................................... = 99 =
- avec 141 navires, hospitalisé 13 malades, pendant 232 journées, donné 90 consultations en mer, reçu ou remis 13 891 lettres, transité 302 télégrammes et enfin recueilli en mer 2 marins perdus.
- Le « Saint-Yves » a suivi les bâtiments pêcheurs, particulièrement les voiliers qui eux-mêmes suivent la morue et gagnent les parages où, sur la foi des renseignements qu’ils recueillent, ils espèrent la trouver. Cette année, les voiliers ont abandonné très vite les Bancs de Terre-Neuve, sur lesquels ils atterrissent tout d’abord en venant de leurs ports et sont remontés au Groenland. Certains sont même allés au delà du cercle polaire; le « Saint-Yves » les y a escortés. Le petit navire a fait ses preuves de solidité et de tenue à la mer. Au cours de
- Fig. 4 à 7. •— En haut, à gauche, la manœuvre des voiles à bord du Saint-Y.ves ; à droite, icebergs au large du Groenland. En bas, à gauche, paysage groenlandais ; à droite, un aspect fantomatique d'icebergs. (Photos E. Jousset.)
- hôpital, l’aumônier a la charge du service du courrier, dont la distribution aux bâtiments épars sur les lieux de pêche constitue une des branches importantes de la mission du navire-hôpital. Ce service comporte également la distribution des colis envoyés aux marins par leurs familles.
- Ainsi équipé, le « Saint-Yves » a pu se rendre aux Bancs pour la campagne de 1935. Parti de Saint-Malo au début d’avril, il y est rentré le 6 septembre, revenant directement du Groenland et rapatriant l’équipage d’un navire naufragé.
- Pendant ces 4 mois, le navire-hôpital a communiqué
- deux longues périodes de très mauvais temps, il a parfaitement tenu la cape, sans avaries alors qu’un trois-mâts, « Saint-Coulomb », s’y est perdu.
- Malgré son faible tonnage, le « Saint-Yves » a rempli au mieux sa mission d’assistance. En particulier, 3 interventions chirurgicales urgentes, nécessitant l’anesthésie, ont pu être pratiquées à bord, à la mer, dans de bonnes conditions.
- Quant à l’assistance spirituelle et morale, que la Société des Œuvres de mer considère comme d’importance primordiale, son rendement, si le terme peut être employé en pareille matière, a été ce qu’on pouvait attendre, en
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- Fig. S et 9. — Immersion d’un Terreneuvas au large du Groenland. A droite, le Guri llerria immerge le corps d’un matelot mort à bord. A sauehe, le Père Yvon donne l’absoute et dit les dernières prières à bord du Saint-Yves, l'étal de la mer ne permettant pas de communiquer.
- (Photos E. Jousset.)
- raison de la haute personnalité de l’aumônier qui en a la charge, devenu marin pour les besoins de la cause à la-
- Fig. 10. •— Le H. P. Yvon et le mécanicien du bord accostant un morutier. (Photo E. Jousset.)
- quelle il s’est entièrement consacré. Sa connaissance des Terreneuvas et de leurs besoins, le dévouement qu’il apporte à les soulager, son intrépidité lorsqu’il va, à la barre de son canot à moteur, les visiter à bord de tous les navires rencontrés, lui ont valu une grande popularité auprès des marins des Bancs, armateurs et matelots de la grande pêche.
- Le « Saint-Yves » est commandé par le capitaine Ger-vin, de la marine marchande. L’état-major et l’équipage comprennent un second, capitaine au long cours, un lieutenant au long cours officier T. S. F., un mécanicien, un maître d’équipage, 6 marins, 1 mousse, 1 cuisinier.
- Le service médical est assuré par le Dr Emile Jousset, médecin de la Faculté de Paris, et un infirmier-aumônier, le R. P. Yvon.
- Telle est, succinctement exposée, l’œuvre que la Société des Œuvres de mer a reprise et entend continuer. L’importance à tous points de vue en est évidente, et il faut grandement souhaiter que les moyens lui en soient donnés. ;
- Ct Sauvaire-Jourdan.
- L’OBSERVATION DE LA LUMIERE ZODIACALE
- A cette époque de l’année, le Bulletin astronomique publié ici chaque mois recommande d’observer le soir la lumière zodiacale-, puis vers les mois d’automne, il conseille de l’observer le matin avant l’aurore. Ce sont effectivement les deux périodes qui, sous nos latitudes boréales, permettent d’apercevoir cette pâle lueur dans les conditions les plus favorables, grâce à son orientation sur la voûte céleste.
- A la; vérité, la lumière zodiacale est peut-être plus connue de. nom que d’aspect. Mais elle semble avoir le privilège d’intriguer vivement; j’ai connu nombre de personnes ne s’occupant nullement d’astronomie et dont cette appellation— à caractère poétique d’ailleurs — forçait la curiosité à la manière d’un mystère ! En tout cas l’observation de la lumière zodiacale est assez peu
- courante dans nos climats, par suite de multiples circonstances que l’on verra plus loin. Un très grand intérêt s’y attache, car cette lueur reste énigmatique à beaucoup d’égards : il est donc à souhaiter qu’elle continue à provoquer de nombreuses recherches effectuées aussi systématiquement que les conditions le permettent. C’est là un sujet ressortissant d’autant plus au domaine des amateurs d’astronomie qu’il ne requiert, en principe, aucun instrument. Sans doute faut-il faire le plus grand cas des études spectroscopiques, photométriques, pola-rimétriques, etc. ; mais il est d’importance également d’apprécier l’extension, les limites en largeur, ainsi que certaines variations de forme et d’apparence; dans cet ordre d’idées c’est alors à la vision simple qu’il faut avoir recours. Cependant l’obtention d’images photo-
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- graphiques doit être également recherchée; elle constitue par ailleurs un sujet capable de tenter tous ceux qui s’intéressent à cès sortes d’essais, de pratique non encore courante. C’est là une question sur laquelle nous nous proposons d’insister ici.
- COMMENT ON VOIT LA. LUMIÈRE ZODIACALE
- De ce phénorpène céleste on ne trouve nulle trace positive dans les anciennes annales astronomiques, bien que l’on puisse supposer que les Egyptiens l’aient remarqué d’une manière ou d’une autre. Cassini paraît être le premier à l’avoir décrit de façon précise, à la suite de l’observation qu’il en lit le 18 mars 1683; mais dans son mémoire intitulé « Découverte de la Lumière qui paraît dans le Zodiaque » il rapporte cependant qu’elle avait été vue antérieurement par un écrivain anglais, Childrey, vers 1660. Parmi les observateurs qui, par la suite, s’occupèrent de cette curieuse lueur, il faut citer notamment le Dr Ideis, de Munster, qui en fit une étude prolongée de 1847 à 1875, et le R. G. Jones dont les travaux effectués au Japon de 1853 à 1855 ont fait l’objet d’un très important ouvrage. Dès ces premières recherches, continuées par nombre d’autres plus ou moins récentes (que nous ne pouvons détailler dans ces lignes plus spécialement consacrées aux conditions d’observation), on a noté diverses particularités et variations sur lesquelles, concurremment avec les résultats que les méthodes modernes permettent d’obtenir, il est toujours opportun de porter l’attention.
- D’une manière générale, et c’est la raison de son appellation, la lumière zodiacale se développe suivant la direction du plan de l’écliptique : ce qui détermine des conditions de visibilité très différentes, non seulement selon les saisons, mais aussi d’après le lieu occupé par l’observateur à la surface du globe terrestre.
- A ce sujet il faut tout d’abord bien se rappeler l’inclinaison du plan de l’écliptique sur celui de l’équateur (fig. 1). Puis, comment la sphère céleste se présente à nos yeux. Pour un lieu quelconque, l’équateur et les parallèles suivant lesquels nous voyons s’accomplir le mouvement diurne des astres conservent une direction immuable par rapport au plan de l’horizon. Aux pôles mêmes le plan équatorial coïncidant avec l’horizon, les étoiles paraissent tourner parallèlement à ce dernier. A l’équateur terrestre, le plan qui lui correspond dans le ciel passe par le zénith et les astres sont entraînés à s’élever verticalement au-dessus de l’horizon pour y redescendre de même à leur coucher. Aux latitudes intermédiaires les trajectoires s’effectuent suivant des directions plus ou moins obliques (entre les deux conditions extrêmes précitées) et qui, en fonction de leurs latitudes célestes, déterminent de grandes inégalités, dans le développement de la course apparente des divers astres.
- Appliquons maintenant ces principes aux conditions de visibilité de la trace de l’écliptique, inclinée de 23° 27' sur l’équateur. Par rapport à ce dernier, sa direction va se présenter sous des perspectives angulaires différentes suivant que l’on êst. amené à voir les différentes portions de l’étendue du ciel sur lequel ces plans se
- .................101 =
- recoupent en deux points seulement. Les schémas ci-après font ressortir cette variété de conditions. Pratiquement, aux équinoxes, le point d’intersection où passe alors le Soleil se trouve à l’horizon à l’instant du coucher de l’astre du jour; de même, et inversement, il s’y trouve au moment du lever à l’équinoxe d’automne. En conséquence l’équateur et Fecliptique occupent sur le ciel les directions angulaires que représentent les schémas. La comparaison des figures permet de concevoir les différences, relativement à l’horizon, pour tel ou tel lieu du globe. De nos latitudes moyennes boréales, la trace de l’écliptique est vue, le soir au printemps et le matin à l’automne dans une direction plus redressée que celle de l’équateur (fig. 2) ; inversement elle est plus couchée, le matin au printemps et le soir en automne. Eu égard à une bonne observation, tant du fait de l’atmosphère que de la durée de visibilité, qui réclame la nuit complète, ces conditions sont nettement favorables et défavorables, alternativement.
- Rapportées toujours au plan équatorial, de part et d’autre duquel elles divergent, ces orientations différentes n’ont plus les mêmes conséquences pratiques pour l’observation effectuée d’un lieu situé vers l’équateur terrestre (ou même dans la zone tropicale); de là, en effet, l’écliptique se voit alors suivant une direction qui reste toujours très relevée (fig. 3).
- Considérons maintenant les époques des solstices. Telle que l’écliptique se développe par rapport aux cercles de latitude, dans cette partie du ciel que l’on voit au voisinage du Soleil, elle est tangente aux cercles qui correspondent aux limites de ses écarts extrême^, au-dessus ou au-dessous de l’équateur (fig. 1). La lumière
- Fig. 1. — Vinclinaison du plan de l’écliptique sur celui de l'Équateur.
- P, équinoxe de printemps et A, équinoxe d’automne, points d’intersection des deux plans (matérialisés ici par des hachures); E, solstice d’été et H, solstice d’hiver, points où l’écliptique est tangente aux cercles de latitude qui marquent son écart extrême de part et d’autrte de l’équateur.
- Pôle i boréal
- Déclinaison boréale 23°27’
- Déclinaison aushra/e 23°27' _—
- Pôle 'sus irai
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- zodiacale se voit donc suivant vm plan parallèle au sens du mouvement diurne. D’après la perspective que, pour nos latitudes moyennes, la situation géographique impose à la sphère céleste, ces conditions sont toujours moins favorables que celles du soir au printemps ou du matin à l’automne. Au solstice d’hiver la traînée zodiacale est, de même que la course du Soleil en cette saison, très
- se dresse comme eux verticalement au-dessus de l’horizon, au nord ou au sud de l’équateur. A ces conditions qui restent toujours favorables s’ajoute encore la courte durée de l’aurore ou du crépuscule pour ces régions. Finalement, les régions équatoriale et tropicale sont donc les lieux privilégiés pour l’examen de la lumière zodiacale ; elle peut y être pratiquement observée toute l’année; elle est mieux visible aussi que de nos contrées puisqu’elle se dégage plus complètement de l’absorption atmosphérique et des brumes qui, sous nos climats surtout, encombrent si souvent l’horizon. On apprécie toute l’importance des faits en cause lorsque l’on cherche à distinguer cette douce lueur; et l’on s’explique ainsi que dans certaines circonstances, trop fréquentes malheureusement, elle puisse passer à peu près inaperçue.
- Pig. 2. — Comment l'écliptique et la lumière zodiacale se présentent le soir, à l’horizon à l'équinoxe de printemps (1) el à l'équinoxe d’automne (2) pour un lieu situé A une latitude voisine de celle de Paris.
- Kq, équateur; E, écliptique; C, et CE, parallèles correspondant aux latitudes extrêmes atteintes par le cercle de l’écliptique sur la sphère céleste. Le mouvement diurne s’effectuant suivant le sens des flèches, la lumière zodiacale, très redressée sur l’horizon à l’équinoxe de printemps, reste visible longtemps après le coucher du Soleil et au contraire disparaît peu après, à l’équinoxe d’automne, sa position étant très oblique. Pour l’observation du matin, les conditions sont exactement contraires. Au solstice d'été l’orientation de l’écliptique est pratiquement parallèle à Ci, et à CE au solstice d’hiver.
- J'ig. d. Comment l’écliptique el la lumière zodiacale se présentent le soir à l’horizon à l’équinoxe de printemps (1) et à l’équinoxe d’automne (2) pour un lieu situé
- dans la région équatoriale.
- Mêmes désignations que sur la figure précédente pour les cercles et le mouvement de la sphère céleste. La lumière zodiacale, toujours très redressée sur l’horizon mais avec des inclinaisons opposées, reste longuement visible après le coucher du Soleil soit le soir, soit le matin. Aux solstices d’été et d’hiver, d’après son orientation apparente, suivant les cercles C, et C.,, la
- presque perpendiculairement à l’horizon.
- surbaissée, se développant à peu de hauteur au-dessus de l’horizon. Et toujours de même orientation que la trajectoire parcourue par le Soleil, elle reste peu visible au solstice d’été, orientée obliquement et noyée dans l’étendue de l’interminable lueur crépusculaire. Là encore a tous points de vue ces différences d’époque sont sans importance dans la zone équatoriale puisque, se présentant suivant les cercles de latitude, la bande zodiacale
- L’ASPECT DE LA LUMIERE ZODIACALE
- En plus des positions apparentes précitées, déterminant une visibilité plus ou moins aisée, il faut tenir compte d’autres obstacles, qui sont : le clair de lune si faible soit-il, et la présence de lumières artificielles susceptibles soit d’éblouir directement l’œil, soit de diffuser par leur qualité et leur quantité (cas de grands centres habités) une clarté suffisante dans l’atmosphère. Chacune de ces causes est suffisante pour s’opposer à la vision du phénomène qui, en fin de compte, ne peut être correctement aperçu que dans un ciel très pur, la nuit étant complète.
- Dans les explications schématiques précédentes, la lumière zodiacale a été assimilée à un long fuseau dont l’axe s’étendrait suivant l’écliptique ; les apparences réelles sont moins nettes et moins simplistes. En vérité elle paraît bien se rapporter à une illumination se développant dans l’espace de part et d’autre du Soleil, avec une intensité décroissante (fig. 4) ; et l’aspect fusiforme semble procéder surtout d’une telle dégradation lumineuse latérale et surtout longitudinale que les limites de cette apparence sont presque indiscernables; le plus souvent l’observation se rapporte à la partie la plus intense, susceptible de montrer d’ailleurs des sortes de zones plus ou moins accusées. A ce sujet et d’après ses observations, Jones considérait la lumière zodiacale comme montrant une distribution d’enveloppes autour d’une lumière brillante (un peu semblable à un noyau sur ses dessins) et qu’il désignait par les termes de : cône central, lumière diffuse et luce pallida. En réalité lorsque l’observation est effectuée dans des conditions de pureté exceptionnelle du ciel on reconnaît que l’extension de la lueur zodiacale se développe en traversant le ciel entier comme si elle encerclait la Terre. Dans tous les cas, si on assimile cette lueur, surtout d’après la vision de sa partie la plus intense, à l’aspect d’un ellip-
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- soïde lenticulaire très aplati et vu par la tranche, cette formation n’est pas absolument régulière par rapport au Soleil sur lequel on l’a supposé centré. Les premières observations ont tout de suite mis en évidence une irrégularité générale (fig. 5) qui se manifeste volontiers par une limite plus nette au sud qu’au nord, direction dans laquelle l’extension est parfois très grande. Cet article ne pouvant comporter le développement d’une étude complète sur les aspects de la lumière zodiacale, la discussion des résultats obtenus par les différents auteurs et les hypothèses formulées au sujet de sa nature, nous nous bornerons, comme nous l’avons dit plus haut, à insister seulement sur l’intérêt que présente son observation aussi fréquente que possible, en continuation ou complément de celles qui ont été effectuées, et qui décèlent des variations de forme ou d’intensité lumineuse. Si l’on essaie de la reproduire fidèlement par un dessin, la ténuité de cette lueur à peine perceptible parfois, et dont l’œil s’évertue à apprécier les limites incertaines, nécessite une longue et délicate exécution; il semble préférable de se borner, pour des notations courantes destinées surtout à enregistrer des limites et des irré-
- Lumure
- Fig. 4. — Aspect général de la lumière zodiacale, vue le soir au printemps (Dessin de L. Rudaux, Observatoire de Donviile, Manche.)
- Fig. 5. — Schéma de l'extension de la lumière zodiacale autour du Soleil, d'après les observations du Dr Iieis (23-24 décembre 1851).
- gularités, à des tracés schématiques sur des cartes célestes, avec mention de l’intensité relative, de la visibilité plus ou moins facile et des zones qui peuvent se discerner.
- Concurremment avec de telles observations, nous pouvons essayer de demander à la photographie son concours précieux.
- Quelques essais pratiques dans ce sens seront exposés ici.
- PHOTOGRAPHIE DE LA LUMIÈRE ZODIACALE
- La faible intensité et l’étendue angulaire de la lumière zodiacale réclament l’emploi d’un objectif de grande luminosité, embrassant en même temps un très large champ : deux qualités réunies qui, sauf dans le cas de systèmes optiques spéciaux et onéreux, sont volontiers hors de l’usage courant.
- Une solution à la portée de tous consiste à utiliser des moyens dont la perfection laisse peut-être à désirer,, mais qui cependant. semblent devoir être pris en considé-
- ration : il s’agit par exemple de simples combinaisons optiques comme les condensateurs de lanternes de projection, de large ouverture^et de faible longueur focale, et qui donnent de passables résultats; un meilleur rendement m’a paru être fourni par un oculaire de stéréoscope à court foyer dont le rapport d’ouverture est aussi très grand, puisque pour 3 cm de jiarpèt.re la
- janvier 1901 ;
- Fig. 6. — Deux aspects variés de la lumière zodiacale vue le soir : (1)^ (2) 29 avril 1913. (Obs. L. Rudaux.)
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- Fig. 7. — Principe de l’appareil photographique avec pellicule sensible maintenue courbée dans le châssis, grâce à une glissière appropriée.
- longueur focale est d’environ 6 cm, et dont la qualité est suffisante pour former une image assez nette sur un champ étendu. Cet objectif improvisé a été monté sur un appareil disposé comme le montre la figure 7, afin d’atténuer les déformations au moins dans un sens, de part et d’autre d’un axe déterminé : à cet effet l’image se forme sur un film épousant, grâce à des glissières établies ad hoc, une courbure accentuée (déterminée par tâtonnement d’après la qualité de l’objectif). Par suite, les situations respectives des objets célestes sont mieux conservées perpendiculairement à l’axe choisi, en l’espèce celui de la lumière zodiacale; si bien que sur les clichés les étoiles (leurs images restant cependant de plus en plus déformées par des aberrations marginales) conservent assez correctement leurs dispositions réciproques et par cela même restent facilement identifiables, ce qui a son importance pour y rapporter les limites de la lueur enregistrée. Mais, pour un tel résultat final et satisfaisant, l’on se heurte alors à un obstacle : la limitation obligée du temps de pose.
- En effet la partie la plus intense de la lueur est au voisinage de l’horizon et le mouvement diurne l’entraîne bien vite à se trouver atténuée par l’absorption atmosphérique, ou même à être oblitérée par la brume. Pour
- un ciel de pureté moyenne, on ne peut guère se flatter de pouvoir prolonger l’exposition au delà de 35 à 40 minutes; c’est peu pour un objectif d’assez faible diamètre, malgré son court foyer qui lui confère une grande luminosité relative. Puis la lumière zodiacale paraît peu photogénique, brillant d’une nuance jaune ou verdâtre, ainsi qu’il ressort de la comparaison qu’on en peut faire facilement avec la blancheur de la Voie Lactée; aussi, quoique supérieure en éclat à cette dernière, elle impressionne moins qu’elle la plaque sensible.
- Il va de soi que pour ces photographies l’appareil doit être entraîné par une lunette-guide montée équatoriale-ment, au besoin aussi élémentairement que possible1 ; car, en raison des dimensions linéaires réduites de l’image;
- Fig. S. — L’appareil photographique disposé sur un support orientable à l’extrémité de la lunette-guide montée sur un pied équatorial portatif. Grâce à un abri démontable, cette installation en plein air (Obs. de Donville) permet d’embrasser sans obstacle tout le champ nécessaire.
- Fig. 9. — Photographie de la lumière zodiacale, obtenue le 3 mars 1935; Fig. 10. — Photographie de la lumière zodiacale obtenue le 6 mars 1935; pose : 35 mn. (Obs. de Donville.) pose : 45 mn. (Obs. de Donville.)
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- enregistrée par l’objectif en question, on peut se contenter de suivre assez grossièrement le mouvement apparent du ciel, sans que les petits écarts d’orientation ou les irrégularités de conduite de l’instrument se traduisent de façon appréciable. Au mieux, l’appareil est adapté (fig. 8) sur un support pouvant tourner autour du tube de la lunette, afin d’orienter l’axe de la lueur perpendiculairement à la courbure de la pellicule, ou dans le même sens si l’on veut essayer de l’obtenir assez nettement sur une plus grande extension en longueur.
- Les figures 9 et 10 montrent quelques résultats obtenus grâce aux moyens ci-dessus ; il faut les considérer seulement comme des essais susceptibles d’être perfectionnés (surtout si l’on est à même d’opérer sous un ciel plus favorable que le nôtre). Mais déjà ils fournissent certaines indications utiles, quoique se rapportant seulement à la partie la plus intense de la lueur zodiacale. Notons à ce sujet que les présentes vues sont des épreuves dont les contrastes ont été exagérés par la méthode du contretypage-, car les négatifs originaux, bien que montrant nettement la lueur, sont trop faibles pour qu’on en puisse tirer une simple image susceptible de reproduction typographique. Une remarque s’impose maintenant, relativement à l’aspect enregistré que l’on voit ici. Tout en se montrant allongée dans le sens où elle se développe sur le ciel, et avec la différence de netteté des deux bords, comme pour la vision simple, la lueur offre dans son ensemble, et surtout vers la base, une forme arrondie. Dans cette apparence une légèré part peut être attribuée aux caractéristiques de l’objectif utilisé; mais surtout un effet réel entre grandement en ligne de compte et dont la figure 11 fait comprendre la raison : ce schéma montre comment, à mesure que l’on considère des limites de plus en plus écartées de la partie lumineuse centrale, l’influence de l’absorption augmente vers la base pour en atténuer l’action photogénique.
- B
- Fig. 11. — Explication schématique de la forme arrondie présentée par la base de l’image photographique de la lumière zodiacale.
- De A en B courbes concentriques traduisant la dégradation d’intensité lumineuse. Les lignes horizontales qui les recoupent se rapportent à l’absorption croissante à travers la couche atmosphérique, annulant la luminosité à partir d’une hauteur d’autant plus grande au-dessus de l’horizon que cette luminosité est plus faible. Ainsi la limite apparente inférieure de la lueur correspondra, par exemple, à une composante b, a, a, b, résultant de l’action photogénique en fonction de l’absorption ou de la brume.
- Venant s’ajouter, comme contrôle, aux observations visuelles, de telles photographies peuvent néanmoins apporter quelque appoint à l’étude des diverses variations de la lumière zodiacale, dont l’étude systématique, répétons-le, mérite d’être longuement poursuivie.
- Lucien Rudaux.
- Observatoire de Donville.
- = LA TÉLÉVISION CATHODIQUE ==
- ET LES PROGRÈS DE L’OSCILLOGRAPHE CATHODIQUE
- La télévision des images à trame fine, dite « à haute définition », exige des appareils fort compliqués, pour l’analyse, la transmission et la réception,
- C’est par elle seule, cependant, que la transmission des images animées prendra un intérêt pratique, et même artistique, tarit pour les usages d’amateurs que pour les projections dans les salles publiques.
- La qualité de la réception dépend, du reste, non seulement de la trame des images, mais aussi de la cadence de leur transmission. Il y a une limite inférieure de durée pour la persistance de l’impression rétinienne, mais cette cadence de transmission peut varier dans d’assez larges limites.
- En théorie, avec une cadence de transmission de 12 images seulement par seconde, on aura encore une
- Fig. 1. — En haut : La forme primitive de l’oscillographe de Braun. En bas : L’oscillographe de Wehnelt.
- Ecran
- Diaphragme
- Cathode
- Anode
- Anode diaphragme
- Filament' recouvert de chaux
- Plaques de déviation
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- Plaques de modulation
- Bobines de / déviation
- Anode
- Cathode
- Ecrad
- fluorescent
- Diaphragme de modulation
- Fig. 2. — L’oscillographe récepteur de Campbell-Swinlon.
- sensation suffisamment nette du mouvement. Dans le cinématographe muet, d’ailleurs, la cadence de projection était de 16 images par seconde, chiffre suffisant au point de vue optique. Mais le phénomène est tout à fait différent dans les deux cas, tant en ce qui concerne la vision de l’image proprement dite que le système de projection. En télévision, la vision est successive et s’opère par surfaces élémentaires. Dans le cinématographe, tous les éléments de l’image projetée sont vus en même temps, et l’image est remplacée brusquement par une autre.
- En télévision à haute définition, les émissions télécinématographiques sont plus particulièrement faciles. Pour permettre la radiodiffusion des films sonores, on a été amené à adopter une cadence de transmission plus élevée, de 24 à 25 images-seconde. Cette vitesse semble même insuffisante pour éviter complètement le phénomène de scintillement, et de nombreux techniciens
- préconisent une cadence de l’ordre de 50 images-seconde.
- Le nombre d’éléments d’images à transmettre par seconde, et, par conséquent, la fréquence de modulation de l’émetteur radioélectrique augmentent en même temps que la finesse de trame de l’image, et la cadence de transmission.
- Les pinceaux lumineux qui assurent l’exploration de l’objet à l’émission et la reconstitution de l’image à la réception doivent donc être animés de mouvements extrêmement rapides, mais néanmoins d’une absolue régularité et en synchronisme parfait. Pour obtenir ce résultat on ne peut guère compter sur des dispositifs mécaniques ou électro-mécaniques, en raison de l’inertie des pièces en mouvement.
- D’où l’intérêt évident qui s’attache à employer, comme organes d’analyse ou de synthèse, un rayon électronique qui peut être commandé par des moyens électriques dépourvus d’inertie.
- L’oscillographe cathodique met à notre disposition ces rayons d’électrons. Aussi a-t-on vu en lui, dès le début, l’outil de prédilection appelé à jouer en télévision un rôle analogue à celui des tubes thermioniques en radioélectricité. Mais son application en télévision, tant pour la réception que pour l’émission, ne date que de l’époque très récente où l’on a su construire des tubes à vide poussé, à la fois fidèles, sensibles et robustes.
- LES PROGRÈS DE L’OSCILLOGRAPHE RÉCEPTEUR
- On connaît le principe de l’oscillographe cathodique. Le tube de Braun initial contenait de l’air raréfié à une pression intérieure de l’ordre de 0,006 mm de mercure (fig. 1) ; il se terminait par une calotte évasée recouverte intérieurement d’un enduit fluorescent de sulfure de zinc. La cathode était formée par un disque plat, et l’anode par un fil métallique monté sur un côté de l’ampoule à une dizaine de centimètres de la cathode. On appliquait entre les deux électrodes une tension de l’ordre de 15 000 v, et un diaphragme métallique porté à la tension positive réduisait le rayonnement cathodique à un faisceau étroit qui venait dessiner une tache luminescente sur l’écran.
- Wehnelt apportait dès 1905 un perfectionnement capital à la technique de l’oscillographe, en employant comme cathode émettrice d’électrons un filament chauffé recouvert de chaux afin d’augmenter l’intensité de l’émission. Il fallut pourtant attendre près de vingt ans pour avoir des appareils à filament chauffé de fonctionnement régulier et de manœuvre aisée. Les progrès accomplis dans les cathodes thermioniques, pour les lampes de T. S. F., ont ici réagi heureusement sur la technique des tubes cathodiques, et ont rendu possible, en particulier, leur emploi en télévision.
- Le physicien russe Rosing proposa dès 1907 l’emploi du tube à rayons cathodiques pour la télévision, mais en réalité, le premier des appareils destinés à cet usage est celui de l’Anglais
- Fig. 3. — Balayage d'un écran par le spot cathodique. Formation d’images, par lignes parallèles accolées, sur l’écran d’un oscillographe cathodique. (Phot. von Ardenne.)
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- Cathode et canon à électrons
- + + + + + + + + ++++]
- Anode
- Pinceau / électronique
- Anode
- Cathode
- Bobine de concentration
- Cathode
- Anode
- Anode
- Cathode /
- 'Batterie auxiliaire
- Fig. 4. — Comment on remédie à la dispersion du pinceau cathodique.
- A. Dispersion dans un tube ordinaire; — B. Concentration du pinceau par un bobinage axial (lentille électromagnétique); — C. Concentration du pinceau par ionisation d’un gaz inerte et formation d’une gaine positive; — D. Disposition du « canon à électrons » dans un tube moderne à vide imparfait.
- Campbell-Swinton dont la réalisation remonte
- à 1911 (fig. 2).
- C’était un tube relativement court, à cathode froide; l’anode était une plaque de métal percée d’un trou central. Deux plaques de modulation associées à un diaphragme perforé d’un trou central permettaient de faire varier l’intensité du pinceau électronique en fonction d’un champ électrostatique; celui-ci, appliqué sur les deux plaques formant condensateur à l’intérieur du tube et placées de part et d’autre du trajet électronique, provoque une déviation variable des rayons dans un plan horizontal ; une fraction variable de ceux-ci peut donc passer à travers l’orifice du diaphragme, le reste étant intercepté par la partie pleine de celui-ci. Le pinceau issu du diaphragme était ensuite dévié verticalement par un champ magnétique créé dans des bobines extérieures alimentées par des oscillateurs spéciaux. Aujourd’hui on dispose de tubes à cathode chaude, pouvant vivre plus de 2 000 h.
- On a réussi à réduire la tension appliquée sur les électrodes, à diminuer la surface du spot luminescent, à augmenter sa régularité et sa brillance, à obtenir enfin des variations de cette brillance proportionnelles aux tensions appliquées.
- Parmi les travaux qui ont donné naissance aux oscillographes modernes, on peut citer ceux de Van Den Bijl et de J. B. Jonhson à qui l’on doit l’emploi d’un gaz à basse pression pour réduire la surface du spot lumineux. Johnson créa en outre le premier modèle de l’oscillographe Western Electric muni à la cathode du dispositif connu sous le nom de «canon à électrons» pour projeter un pinceau cathodique bien défini.
- Von Ardenne, à partir de 1930, introduit, spécialement dans les tubes à vide poussé, d’importants perfectionnements. Il entoure la cathode d’un cylindre dit de Wehnelt auquel est appliqué un potentiel négatif par rapport à la cathode et réglable. 11 obtint ainsi un contrôle plus souple du faisceau, tout en augmentant la durée de vie de la cathode et réalisa un oscillographe de fonctionnement régulier sous une basse tension de l’ordre de 300 v.
- Il faudrait citer aussi les travaux des Établissements Cossor en Angleterre, de la Société Philips en Hollande, de la Western Electric et de la General Electric C° aux Etats-Unis.
- LE PROBLÈME DE LA MODULATION DANS L’OSCILLOGRAPHE MODERNE
- LES TUBES CATHODIQUES A VIDE POUSSÉ
- L’oscillographe cathodique donne un spot brillant sur son écran fluorescent. On règle la brillance au moyen des tensions provenant du récepteur de télévision, et on commande la déviation du pinceau électronique, de manière a balayer toute la surface de l’écran au moyen de ce spot, comme on le ferait à l’aide d’un système optique-électromécanique.
- L’analyse, et surtout la synthèse, peuvent s’effectuer,
- d’ailleurs, de diverses manières. Le procédé classique est celui à lignes parallèles accolées, que nous avons déjà expliqué dans des articles précédents, mais on pourrait fort bien adopter le système à lignes entrelacées, avantageux pour éviter le scintillement (fig. 3).
- Pour la reconstitution de l’image, il n’est pas indispensable, en principe, d’employer un modulateur de lumière, car on pourrait utiliser le système de modulation ci vitesse variable, en donnant au déplacement du spot lumineux d’intensité constante des vitesses plus ou moins grandes suivant la teinte lumineuse de l’élément de l’image à former. Ce procédé ingénieux a été appliqué par des techniciens anglais, mais il est très compliqué, et nous ne le mentionnerons ici qu’à titre documentaire. Le tube cathodique peut servir de modulateur de lumière, c’est-à-dire reconstituer les variations de lumière qui, pour la transmission, ont été traduites en courants électriques. Pour qu’il puisse jouer ce rôle, il faut que le spot luminescent ait une surface nette, et très brillante, et qu’on puisse faire varier sa brillance à volonté en fonction de l’intensité des signaux de télévi-
- Fig. 5. — Concentration du pinceau cathodique dans le tube Zworgkin, au moyen de champs électrostatiques convenablement répartis.
- Deuxième anode
- Cylindre de commande \ Première anode
- CathodAmX~ I H
- Analogie optique
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- Fig. 6. — Coupe longitudinale des électrodes dans un tube cathodique à vide poussé. (Modèle Philips.)
- A gauche : cathode entourée d’un cylindre de Wehnelt.
- Au milieu : la première anode et ses deux diaphragmes.
- A droite : la deuxième anode.
- sion. Voyons d’abord comment ce résultat est obtenu.
- Quand un tube cathodique à vide poussé ne comporte qu’un simple diaphragme porté à un potentiel positif, on constate qu’on n’obtient pas un spot lumineux très net. C’est que dans le faisceau d’électrons, composé uniquement de particules d’électricité toutes chargées négativement, celles-ci se repoussent mutuellement. Le faisceau a donc toujours tendance à s’épanouir.
- Pour combattre cette tendance, on a d’abord eu recours à un bobinage intérieur ou extérieur orienté dans la direction même du faisceau, de manière à renforcer le rayonnement obtenu. Ce bobinage réalisait une sorte de « lentille magnétique » convergente pour les rayons cathodiques (fîg. 4).
- Les électrons non absorbés par l’anode dans le système ordinaire créent, d’ailleurs, une sorte de « nuage électronique » qui tend à augmenter la dispersion du faisceau.
- Les premiers tubes cathodiques, à vide imparfait, évitaient ces inconvénients, par la présenoe d’une atmosphère de gaz inerte, sous une pression d’environ 0,005 mm de mercure. L’ionisation créée par le passage des projectiles électroniques dans le gaz raréfié permet de réduire la tension appliquée sur les électrodes, et de concentrer le pinceau électronique. En effet, l’ionisation est ici due au choc des électrons contre les molécules gazeuses; celles-ci se disloquent en libérant des électrons négatifs qui sont légers et des ions positifs qui sont lourds. Les électrons, en raison de leur faible masse, sont projetés loin du faisceau, les ions positifs plus lourds demeurent dans le voisinage, et forment une sorte de gaine positive protectrice qui absorbe les électrons divergents et concentre le pinceau électronique.
- Fig. 7. — Tube cathodique moderne pour télévision. (Von Ardenne.)
- Mais les tubes à vide imparfait ne conviennent pas à la télévision. Lorsque le pinceau cathodique est animé d’un mouvement assez rapide, l’ionisation ne suffit plus à assurer la concentration d\i faisceau.
- La netteté de la tache lumineuse dépend de l’intensité de l’ionisation et celle-ci dépend à son tour de l’intensité de l’émission électronique. Lorsqu’on fait varier la brillance du spot, on fait donc varier la concentration du faisceau, et, par suite, la netteté du spot. Il y a interaction entre les phénomènes de modulation et ceux de balayage de l’image.
- Dans le tube à vide poussé dit également tube dur, on réalise la concentration du faisceau cathodique, au moyen de dispositifs électrostatiques agissant comme des lentilles convergentes ou divergentes sur un faisceau lumineux. Lorsque les électrons traversent un champ électrique, ils subissent une déviation comparable à la réfraction des rayons lumineux dans un milieu transparent. En donnant au champ électrostatique une forme symétrique, en disposant convenablement les.électrodes, en étageant les tensions on peut ainsi obtenir une bonne concentration des faisceaux. On voit sur la figure 5 la concentration obtenue dans des tubes récents. Une première anode antérieure est portée à une tension plus faible que celle de la deuxième; les lignes de force élec triques sont représentées par des traits pleins. Les paires de surface équipotentielles agissent comme des surfaces de réfraction, et les réfractions successives assurent finalement la concentration du faisceau.
- La première anode comporte un premier diaphragme destiné à limiter l’émission initiale ; la cathode est entourée d’un tube qui permet de régler l’intensité du pinceau électronique, c’est-à-dire de réaliser la modulation (fig. 6). Nous avons rappelé plus haut le système de modulation indirect employé à l’origine par Campbell Swinton. Les appareils modernes recourent au système de modulation directe dont le principe a été indiqué pour la première fois par le savant français P. Villard. Celui-ci réglait le débit de l’émission électronique au moyen d’une grille métallique interposée entre anode et cathode et agissant à la manière de la grille de la lampe de T. S. F.
- Cette grille est remplacée aujourd’hui par un cylindre de Wehnelt, soumis à une tension négative variable.
- Quand ce cylindre devient plus négatif le nombre d’électrons émis diminue. Lorsque au contraire, il devient moins négatif, le courant électronique augmente. On peut ainsi moduler réellement le flux électronique.
- L’ÉCRAN
- Suivant la nature de l’enduit fluorescent, la brillance et la couleur de l’image varient. La nature de l’enduit a donc une très grande importance.
- La surface se prépare en enduisant d’abord le verre avec une solution de silicate de soude; après séchage complet, on applique le mélange fluorescent.
- Au moyen de mélanges convenables, il est possible d’obtenir presque toutes les couleurs désirées. Le tungs-tate de cadmium produit une fluorescence bleu clair sous des tensions anodiques relativement faibles, le phosphate de zinc donne une coloration rougeâtre. Un
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- mélange des deux corps dans les proportions de trois à un donne une fluorescence pratiquement blanche. La brillance de la lumière varie en même temps que la couleur. Voici, par exemple, quelques données indiquées par M. von Ardenne à ce propos, en bougies Hefner par
- watt :
- Sulfure de zinc et de cadmium (jaune). 1,60.
- Sulfate de zinc (vert)...................0,86.
- Silicate de manganèse (rouge)............0,15.
- Sulfure de zinc (jaune)..................1,54.
- Tungstate de calcium (bleu)...........0,3.
- Chaque constructeur de tube présente maintenant une composition particulière suivant le but à atteindre.
- Pour beaucoup de ces enduits, le phénomène de fluorescence se complique d’un phénomène de phosphorescence, et le spot lumineux ne disparaît pas immédiatement lorsque le faisceau cathodique cesse d’agir.
- Le phénomène est assez accentué avec le sulfate de zinc additionné de sulfate de manganèse; il est nul avec le sulfate de calcium. La phosphorescence n’a pas d’inconvénient, si sa durée n’est pas supérieure à la durée de transmission d’une image. Elle peut même être utile et utilisée volontairement comme nous l’avons signalé à propos des travaux de M. G. Valensi décrits dans le numéro de La Nature du 15 septembre dernier.
- L'EMPLOI DE L’OSCILLOGRAPHE EN TÉLÉVISION
- L’oscillographe classique peut servir théoriquement aussi bien pour la réception que pour l’émission, mais la brillance du spot lumineux sur l’écran est encore en réalité relativement faible. 11 est donc difficile d’utiliser uniquement la lumière produite pour assurer l’analyse de l’objet à téléviser. On a pu seulement tenter des essais de télécinématographie par ce procédé simple. Pour la télévision proprement dite, il a fallu recourir en conséquence à divers artifices sur lesquels nous nous étendrons un peu plus loin.
- Pour la réception, l’oscillographe est employé sous la forme classique ; il est généralement muni de plaques déviatrices recevant des tensions périodiquement variables qui impriment deux mouvements distincts au faisceau, d’abord un mouvement rapide dit de ligne, qui lui fait parcourir horizontalement l’écran un nombre de fois égal au nombre de lignes (180 fois par exemple par seconde).
- Un mouvement vertical plus lent, dit d’’image, déplace légèrement le faisceau après chaque balaydge horizontal. Le spot passe ainsi successivement sur tous les points de l’écran. Après chaque balayage horizontal dans un sens, il doit être ramené rapidement au point de départ, et, lorsque toute l’image a été transmise, il doit revenir rapidement à sa position initiale. Ce déplacement doit s’effectuer, bien entendu, en parfait synchronisme avec celui du faisceau analyseur à la station d’émission. C’est là le procédé classique adopté en particulier en France; mais il en existe d’autres, comme nous l’avons noté
- (% 7).
- Bobinages de déviation
- Treillis
- métallique
- 10 périodes seconde
- Objet à téléviser
- Objectif
- Paroi transparente ^
- Ecran photoélectrique
- tpfr /1000périodes Anode
- / seconde
- Fig. 8. — La caméra électronique de Campbell-Swinlon.
- LES CAMÉRAS ÉLECTRONIQUES
- Pour effectuer par des pinceaux cathodiques l’analyse de l’image à l’émission, il a fallu modifier le tube cathodique ordinaire. Les appareils créés dans ce but ont reçu le nom de caméras électroniques, par analogie, avec les « caméras » de prises de vues cinématographiques, et parce qu’elles permettent l’analyse sans l’intervention d’organes mécaniques.
- Les caméras électroniques permettent des transmissions à très haute définition, de l’ordre, dès à présent, de 300 à 500 lignes; résultat impossible à obtenir avec les anciens dispositifs à analyseur électro-mécanique.
- Dans ces appareils, on ne cherche plus à utiliser le « spot » fluorescent pour l’analyse; mais on projette l’image de l’objet à téléviser sur un écran photosensible disposé dans l’ampoule elle-même, puis on balaye cette image à l’aide d’un pinceau électronique.
- Dès 1908 Campbell Swinton avait eu l’idée d’employer un oscillographe à l’émission et un autre à la réception en synchronisant les mouvements des deux faisceaux cathodiques au moyen de paires de bobines rectangulaires parcourues deux à deux par les mêmes courants alternatifs de synchronisation.
- Dans ce système, on aurait projeté l’image réelle de l’objet à téléviser sur un écran placé dans le tube transmetteur, et formé par les alvéoles remplis d’un métal alcalin. Le spot cathodique analyseur aurait successivement chargé négativement chacune des cellules élé-
- Fig. 9. — Montage de VIconoscope de Zworykin.
- Mosaïque Plaque collectrice
- Faisceau cathodique explorateur
- Objet ' à — téléviser
- -Anode
- Cathode
- Canon à électrons Bobine de balayage
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- Fig. 10. — La « caméra électronique » ou Iconoscope de Zworykin.
- mentaires de l’écran, en l’introduisant dans le circuit. La réalisation de ce « panneau d’analyse » aurait été évidemment extrêmement délicate.
- Plus tard, le même inventeur préconisait une grille métallique en forme de treillis et un grand nombre de cellules photo-électriques dans une atmosphère d’argon (%. 8).
- Campbell Swinton avait même songé à utiliser des écrans comportant des mosaïques de trois couleurs différentes, de manière à pouvoir obtenir la transmission de l’image en couleurs, comme dans la photographie tri-chrome.
- Parmi les inventeurs de caméras électroniques, on peut également citer l’Américain Clarkson en 1928.
- Dans son système, l’image serait venue se former sur une plaque transparente en quartz, par exemple, appliquée sur une plaque mosaïque comportant un grand nombre d’éléments conducteurs isolés les uns des autres. Devant cette plaque se trouvait une grille métallique, et le tout était enfermé dans une chambre remplie de vapeur de sodium, dont la température était maintenue constante au moyen d’une bobine de chauffage. La vapeur de sodium présente, d’ailleurs, la particularité d’être plus conductrice à la lumière qu’à l’obscurité.
- A l’autre extrémité du système, une cathode émettrice
- Fig. 11. •— A gauche : principe du fonctionnement d'un élément de l’écran photoélectrique de /’Iconoscope. — A droite : disposition schématique de cet écran.
- A C'A Faisceau de lumière \\W'>
- \\\ \W
- Anode
- Cathode / Faisceau électro-^ ïAy'nique explorâtf
- Anode
- Vers
- l'amplificateur
- Ecran photo sensible multice IIul r.e
- d’électrons et une anode permettaient la projection d’un pinceau électronique vers l’écran, et constituaient ainsi un véritable conducteur de courant mobile sous l’action de deux paires de bobines déviatrices.
- De cette manière, on obtenait par l’intermédiaire de la chambre conductrice des courants variant suivant les tonalités lumineuses des éléments de l’image. On appliquait, d’ailleurs, un potentiel positif sur l’écran métallique pour faciliter le fonctionnement du système.
- L’ICONOSCOPE DE ZWORYKIN
- U iconoscope de l’Américain Zworykin est sans doute la première caméra électronique qui ait pu être réalisée pratiquement. Elle est aussi maniable qu’une caméra cinématographique, peut même fonctionner à la lumière du jour, et permet une analyse très fine, avec une trame de l’ordre de 500 lignes.
- L’iconoscope, dont on a déjà brièvement indiqué les propriétés dans cette revue, a approximativement la forme d’un tube cathodique ordinaire; dans sa partie renflée, il est muni non pas d’un écran fluorescent, mais d’un écran photo-sensible jouant en quelque sorte le rôle du film sensible dans la caméra cinématographique, ou plutôt de la rétine de l’œil humain.
- Cette plaque est constituée, en fait, par un écran métallique recouvert d’un grand nombre de cellules photoélectriques extrêmement petites, disposées en mosaïque. Cette couche photo-sensible est séparée de la plaque métallique par une feuille de mica isolante. Tout le système forme donc, en quelque sorte, une cellule photoélectrique de grande dimension, la plaque métallique est l’anode; la couche photo-sensible forme la cathode.
- La couche photo-sensible n’est pas continue. Elle est constituée par des éléments en forme de gouttelettes séparées, de surface tellement faible que sur un écran de 14 sur 17 cm on peut en disposer trois millions ! Ces éléments sont formés d’un alliage d’argent et de césium.
- A l’aide d’un objectif à grande ouverture, on projette l’image de l’objet qu’on veut téléviser sur cette plaque. Chaque élément s’illumine et donne naissance à une tension électrique dont la valeur est proportionnelle à l’intensité de la lumière qui le frappe. En déchargeant les différents éléments les uns après les autres, on obtiendi’a des courants modulés pouvant servir pour une émission de télévision (fig. 9 et 11).
- La décharge successive de ces cellules élémentaires est assurée par un faisceau électronique qui explore la plaque par lignes parallèles et joue le rôle d’un conducteur mobile.
- En reliant à l’amplificateur la plaque métallique d’une part, et, d’autre part, la cathode émettrice du système, on peut utiliser successivement les tensions des cellules photo-électriques élémentaires.
- Pour obtenir un résultat parfait, il faudrait que le diamètre du spot d’exploration ne fût pas plus grand que celui de chaque élément. En réalité, ce diamètre semble être encore pour le moment de l’ordre de 0,2 à 0,4 mm, de sorte qu’on décharge simultanément plusieurs éléments de l’écran mosaïque. On peut cependant obtenir facilement un nombre d’éléments distincts de Tordre de
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- 70 000, ce qui correspond à une analyse à 240 lignes au minimum.
- La déviation du pinceau électronique qui produit le balayage est obtenue au moyen de deux systèmes de bobines parcourues par des courants en forme de dents de scie créés au moyen d’oscillateurs à relaxation.
- Le faisceau électronique, produit par une cathode chauffée indirectement et entouré par une grille de contrôle, est envoyé vers la plaque par un canon à électrons, placé à l’extrémité d’un long tube et incliné à 30° par rapport à la plaque.
- Un système de concentration électrostatique, établi suivant le principe indiqué plus haut, permet de concentrer le pinceau et d’obtenir les résultats que nous venons d’indiquer.
- Le rôle de ce concentrateur électronique est très important, puisque le degré de netteté de l’image dépend de la petitesse du diamètre du « spot » explorateur.
- Ce système fort intéressant est très sensible par suite de l’exploration successive des différents éléments photo-électriques. Pendant les intervalles de l’exploration, ces éléments peuvent prendre une certaine charge sous l’action de la atterie auxiliaire, ce qui n’existe pas avec la cellule photo-électrique unique classique.
- Le télépantoscope de l’ingénieur italien A. Castellani, dont nous avons donné une description sommaire dans le n° du 15 septembre 1935 constitue une caméra électronique du même genre, mais simplifiée (fig. 12).
- Le faisceau des rayons cathodiques est concentré par le cylindre classique et par une lentille électronique permettant la mise au point de l’image de la cathode sur un petit écran, constitué suivant une méthode analogue à celle de Zworykin.
- La plaque photo-sensible est reliée à une borne placée au sommet de l’ampoule et elle est balayée par un pinceau électronique animé d’un mouvement oscillant, sous l’action de deux plaques de déviation.
- Ce système est surtout utilisé pour l’analyse en télécinématographie, mais, il est également adopté pour la télévision directe en employant alors un petit système auxiliaire extérieur de tambour à miroir.
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- de l’objet à téléviser sur une plaque photo-sensible. Un pinceau électronique balaye cette image, et, enfin, un système auxiliaire amplifie le courant ainsi obtenu. La caméra a reçu le nom de Dissector parce qu’elle permet d’analyser, de « disséquer », en quelque sorte, l’image.
- La plaque photo-sensible sur laquelle on projette l’image de l’objet à téléviser n’est pas constituée, comme dans l’appareil de Zworykin, par un grand nombre d’éléments photo-électriques distincts. Elle est transparente et formée par une couche sensible plane recouverte d’une couche continue de matière photo-électrique au césium comme s’il s’agissait d’une cellule ordinaire.
- Cette couche sensible transparente est disposée en face de l’anode principale constituée par une petite surface métallique, placée au centre au fond opposé d’un tube cylindrique en verre (fig. 15). La surface cylindrique intérieure du système est, d’ailleurs, recouverte par une couche métallique très résistante, connectée, d’un côté, à la pellicule sensible formant cathode et, de l’autre, à l’anode principale. Cette sorte d’anode auxiliaire, de
- Fig. 12. — Caméras électroniques en action dans le studio Castellani, à Milan.
- LE DISSECTOR DE FARNSWORTH
- La « caméra » électronique de l’ingénieur américain Farnsworth, employée, en particulier, en Angleterre, dans les studios Baird, constitue également un ingénieux et remarquable système d’analyse pour le télécinématographe et la télévision directe; il a déjà permis d’obtenir des résultats pratiques fort satisfaisants et des analyses avec une trame qui peut théoriquement atteindre 500 lignes.
- Dans ce système, comme dans celui de Zworykin, un dispositif optique forme l’image
- Fig. 13. — Aspect extérieur du tube du « Dissector » de Farnsworth et de la caméra
- électronique.
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- Cathode transparente sur laquelle se J forme l'image
- Diaphragme / d'analyse
- Ecran
- Rayons
- cathodiquei
- Fig. 14. —• Principes de fonctionnement du « Dissector
- Sur la cathode transparente se l'orme une image de l’objet télévisé. Chaque point illuminé émet un rayon cathodique, perpendiculaire à la cathode; un seul pinceau peut être intercepté par le diaphragme d’analyse; par déviation de l’ensemble du ici sceau de rayons cathodiques parallèles, chaque pinceau pénètre tour à tour dans le diaphragme et agit sur l’écran anodique.
- forme circulaire, est portée à un potentiel de 300 v.
- L’image de l’objet projetée sur la couche photo-sensible provoque la libération d’électrons; le nombre d’électrons libérés est plus grand aux endroits éclairés qu’aux endroits sombres. Ces électrons quittent la surface sensible, suivant une direction perpendiculaire à celle-ci, sous l’action de l’anode auxiliaire et d’un champ magnétique développé par un bobinage cylindrique. Il sort de la surface photo-sensible un flux de rayons cathodiques, tous parallèles, qui forment sur le plan de l’anode une sorte « d’image électronique » correspondant point par point à l’image optique projetée sur la couche transparente.
- Devant l’anode, on dispose un écran percé d’un trou d’un diamètre correspondant à la surface élémentaire d’analyse de l’image, de manière à ne recueillir sur cette anode que les électrons émis par un seul point de l’image. Ce système permet d’analyser l’image d’une façon fort originale : on déplace en bloc, en quelque sorte, toute V image électronique elle-même, en déplaçant tout l’ensemble du
- Fig. 15. — Disposition des éléments du « Dissecior » Farnsworlh.
- Bobine de déviation
- * Bobine de concentration
- Anode plaque Trou
- d analyse
- Otyet
- à
- téléviser
- Plaque/ cathodique
- Faisceau cathodique
- faisceau de rayons électroniques parallèles émis par la surface photo-sensible.
- On emploie, dans ce but, deux paires de bobines dévia-trices, assurant un déplacement horizontal de l’ordre de 270 lignes, et un déplacement vertical d’une cadence de 25 par seconde. Sous l’action de ce double déplacement, tous les rayons du faisceau électronique sont successivement interceptés par l’orifice du diaphragme et viennent frapper tour à tour l’écran anodique.
- Les variations de charge obtenues sont extrêmement faibles, et, pour les rendre sensibles, l’inventeur adjoint un dispositif additionnel remarquable dit multiplicateur électronique, utilisant le phénomène de Vémission électronique secondaire. Lorsqu’un électron frappe des surfaces sensibles avec une vitesse suffisante, il peut en faire jaillir des électrons secondaires. Les électrons secondaires peuvent être accélérés par un champ électrique, et, venant frapper à leur tour une nouvelle surface émet-trice analogue, provoquer une nouvelle émission électronique. Ce phénomène en cascade peut donc être dirigé en disposant convenablement des surfaces photo-sensibles et des potentiels accélérateurs.
- Le système d’amplificateur électronique du tube de Farnsworth comporte deux surfaces métalliques disposées l’une en face de l’autre et recouvertes d’oxyde de cæsium. On applique entre ces deux surfaces une différence de potentiel alternative à haute fréquence de 50 000 millions de périodes par seconde, et le système est entouré par un cylindre métallique porté à une tension positive continue (fig. 16).
- Lorsqu’un électron pénètre dans le système, il se dirige vers le disque qui se trouve chargé positivement, et provoque une émission secondaire. Si l’on règle la déviation de l’électron de telle sorte qu’à ce moment il soit chargé négativement par rapport au disque enveloppe, le flux se dirige vers ce dernier, et provoque une émission tertiaire, et ainsi de suite. Finalement, on obtiendra sur l’anode un courant électronique d’autant plus intense que le nombre de réflexions aura été plus grand.
- Pour que le système puisse bien fonctionner, il faut donc que la durée du trajet des électrons entre les deux disques soit égale au temps nécessaire pour le changement des signes de leur charge, ce qu’on peut régler en faisant varier la tension et le champ d’une bobine cylindrique qui commande la déviation. On obtient ainsi une amplification de l’ordre de 5000 en théorie, et, en tout cas, de l’ordre de 1000 en pratique.
- LE MULTIPLICATEUR ÉLECTRIQUE
- Ce principe de multiplication électronique paraît applicable dans d’autres cas, C’est ainsi que très récemment le Dr Zworykin et d’autres ingénieurs des laboratoires de recherches de la Compagnie R. C. A. Victor ont présenté à l’Institut des Ingénieurs radio-électriciens d’Amérique un système d’amplification électronique à émission secondaire particulièrement remarquable, utilisable spécialement pour la télévision et qui pourra servir, par la suite, sans doute dans le cas général de l’amplification (fig. 17).
- Le système n’est guère plus encombrant qu’une lampe
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- de réception ordinaire, et il permet pourtant d’obtenir une amplification bien supérieure à tout ce qu’on a réalisé jusqu’ici, sans effet parasite d’aucune sorte.
- La démonstration a été très réussie. On a fait agir sur le système un faisceau de lumière modulée par un courant musical provenant d’un phonographe électrique. Le projecteur était placé à 6 m de la lentille concentrant le faisceau sur le nouveau système photoélectrique. On put alors obtenir avec le dispositif combiné de cellule photoélectrique et amplificateur, et un haut-parleur relié directement à ce dispositif, une audition d’intensité assez puissante pour être entendue dans le grand amphithéâtre de la Société. Le courant de sortie du dispositif photoélectrique était de l’ordre de 10“‘J ampères, et le courant de sortie de la lampe de 8 milliampères.
- Malgré le gain de tension de l’ordre de i 000 000, on n’a pu constater l’apparition d’aucun bruit de fond, qualité remarquable et que ne possède aucune autre lampe à vide.
- Dans ce dispositif, la cathode émet des électrons qui provoquent une émission secondaire en frappant l’anode.
- Une deuxième anode avec un potentiel un peu plus élevé que la première est recouverte d’une couche à grand pouvoir émissif. On obtient donc une émission électronique très puissante, et, en multipliant le nombre des électrodes, on obtiendrait, en principe, finalement une multiplication des électrons en progression géométrique.
- Le problème n’est pas si facile à résoudre qu’il peut le sembler à première vue. Les plaques sont recouvertes d’un alliage d’argent et de cæsium; avec une tension de l’ordre de 400 à 600 v, on obtient une proportion de 8 à 10 émissions secondaires pour chaque émission primaire.
- Pour diriger le faisceau on se sert de combinaisons optico-électroniques, et notamment de systèmes électrostatiques. Un exemple est indiqué sur la figure 17.
- Dans le système de Zworykin, on trouve deux rangées de surfaces parallèles, les unes jouent le rôle de surfaces émettrices et les autres de réflecteurs. Au moyen de champs électro-magnétiques, les électrons sont obligés de suivre un trajet permettant l’amplification; le gain obtenu est de plusieurs millions, comme nous l’avons indiqué.
- Avec un système photo-électrique de ce genre, la sen-
- Oscillatrices
- Oimégaçycles
- 'Cathode (oxyde de caesium)
- Diaphragme
- Cathode
- d'analyse
- 'S Anode annulaire
- Bobinage de/
- concentration dechamp
- F;g. 16. — Principe du multiplicateur électronique Farnsworth, associé au « Dissecior ».
- Les lignes avec flèches indiquent des trajets d’électrons.
- sibilité est de 10 ampères par lumen, alors qu’elle est de 10 micro-ampères seulement par lumen, dans les bons modèles de cellules photoélectriques à vide.
- On voit ainsi que les progrès de la télévision ont amené la création de dispositifs qui pourront rendre des services dans d’autres domaines.
- En tout cas, la réalisation des caméras électroniques peut être considérée comme un grand progrès qui rendra possibles les transmissions de télévision à très haute définition. P. IIémardinquer.
- Fig. 17. — Principe d’un multiplicateur d’électrons et d’un système de direction des faisceaux électroniques au moyen de lentilles électroniques.
- Réflecteurs par émissions / secondaires
- Cathode
- Anode finale
- Système____3
- d’optique électronique
- PROGRES RÉCENTS DU POELE ÉLECTRIQUE A ACCUMULATION : LE VIVATHERM
- On sait que les poêles à accumulation sont des appareils de chauffage électrique qui ont pour objet essentiel de chauffer une pièce à peu de frais, en profitant des larifs spéciaux dits tarifs de nuit.
- Ils fournissent de la chaleur à toute heure du jour ou de la nuit, mais ne consomment du courant que pendant certaines heures dites heures de nuit, où le courant est beaucoup moins cher. A Paris, par exemple, le courant
- de nuit ne coûte qu’environ 23 centimes le kw-h depuis 18 h jusqu’à 7 h du matin. En principe, le poêle à accumulation se compose de résistances électriques noyées dans une masse accumulante constituée par des blocs de fonte, de la pierre volcanique ou du béton. Cette masse s’échauffe pendant la nuit et restitue la chaleur pendant le jour.
- L’idée du poêle à accumulation est excellente mais sa
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- /J/R FROID
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- CALORIFUGE
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- Fig. 1. — Schéma du fontionnement du poêle électrique à accumulation Vivatherm.
- Fig. 2. •— Vue intérieure du poêle Vivatherm, sa cloche calorifuge enlevée.
- réalisation s’est heurtée, au début, à des difficultés que nous indiquerons ci-après et qui n’ont été vaincues que récemment ; elles le sont de la manière la plus complète par l’appareil que nous nous proposons précisément de décrire aujourd’hui et qui s’appelle le « Vivatherm ».
- LES PREMIERS POÊLES A ACCUMULATION
- A l’origine, un poêle à accumulation était généralement construit de la façon suivante. Il se composait d’un certain volume de masse accumulante dans lequel on noyait, en les disposant régulièrement, des résistances électriques. Comme la masse accumulante est assez lourde et encombrante, les bons constructeurs eurent à cette époque le souci de l’utiliser au mieux et, à cet effet, d’obtenir qu’elle fût portée dans toute sa masse à la même température grâce à une répartition convenable des corps de chauffe dans la masse accumulante. Par exemple, dans une matière accumulante peu conductrice de la chaleur, il faut les rapprocher beaucoup plus que dans une matière bonne conductrice.
- Sous cet aspect primitif, le poêle à accumulation utilisait bien la masse accumulante, mais manquait de certaines autres qualités :
- 1° Grande inertie. — Le poêle à accumulation ne chauffait pas instantanément quand on avait besoin de chaleur. Il fallait, en effet, attendre que la chaleur développée dans les résistances eût traversé les masses accumulantes et fût parvenue à la surface extérieure du poêle.
- 2° Absence de régulation. — Le poêle à accumulation d’autrefois ne pouvait être arrêté à volonté quand on n’avait plus besoin de chaleur. Il restituait, en effet, sa chaleur par sa surface externe. Celle-ci ne pouvait donc pas être fortement calorifugée et transmettait la chaleur des blocs à la pièce, même aux heures où il ne fallait plus la chauffer.
- LES PERFECTIONNEMENTS DU POÊLE A ACCUMULATION
- a) Emploi de l’air comme fluide intermédiaire.
- — Un premier progrès consista à calorifuger assez fortement la surface extérieure du poêle et à chauffer la pièce, non plus par contact avec cette surface, mais par de l’air qui traversait les blocs accumulants dans une cheminée verticale. En fait, dans les modèles anciens, le calorifuge n’était pas très épais et le poêle chauffait à la fois par sa cheminée et par la surface externe. A la sortie de la cheminée on plaçait des volets simples, manœuvrés à la main, analogues à ceux des bouches d’air chaud et qui modéraient le débit d’air chaud.
- Ces poêles continuaient à avoir une sensible inertie. En outre, la régulation par volets s’effectuait à la main et les volets type bouche d’air étaient plus ou moins étanches.
- b) Chauffage direct. — Pour remédier à l’inertie, on eut l’idée de placer les résistances non plus au sein même de la masse accumulante, mais dans l’axe de la cheminée d’air chaud. L’air traversant celle-ci pouvait alors être chauffé par contact direct et il suffisait de
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- mettre les résistances sous tension en ouvrant les volets de la cheminée pour chauffer la pièce instantanément. La nuit, on fermait les volets et les résistances chauffaient les blocs accumulants par rayonnement.
- c) Volets étanches. — Régulation. — Ce système obligea d’ailleurs à transformer complètement les volets de fermeture. La température dans la cheminée pourvue de résistances était sensiblement plus élevée que dans les cheminées ordinaires et les volets ordinaires devenaient incapables de régler le débit d’air chaud et même d’assurer une étanchéité suffisante. Le poêle « fuyait » par la cheminée. On remplaça donc les volets par de fortes plaques de fonte qui en glissant horizontalement obturaient le haut de la cheminée. En même temps, on renforçait le calorifuge.
- Les poêles de ce modèle furent mis sur le marché vers 1933 et représentaient déjà un stade de perfectionnement remarquable; ils chauffaient instantanément, avaient un rendement élevé et leur débit était réglable avec précision.
- d) Automatisme. — On les rendit en outre automatiques. C’était là un progrès capital qui apportait non seulement beaucoup de commodité, mais une grande économie de consommation. L’automatisme porta principalement sur la commande de débit de chaleur et aussi, pour des raisons d’économie, sur la durée de charge.
- Le débit de chaleur est réglé par un thermostat placé dans la pièce à chauffer. Le thermostat agit sur une vanne qui ouvre ou ferme le sommet de la cheminée. La vanne est actionnée par un moteur électrique, elle opère par tout ou rien. Quand la température voulue est atteinte dans la pièce, le thermostat ferme la vanne.
- Durée de charge du poêle. — Par temps doux, il n’est pas utile de charger complètement le poêle. On peut donc se contenter de porter les masses accumulantes à une température relativement faible, ce qui a l’avantage de réduire les pertes de chaleur par conductibilité à travers le calorifuge.
- On peut à cet effet opérer de trois façons :
- 1° Employer suivant l’intensité du froid des allures de charge différentes. On se contente généralement de trois allures et on les règle au moyen d’un combinateur inséré dans le circuit d’alimentation. Les trois allures correspondent l’une à la pleine puissance, la seconde aux deux tiers de celle-ci, la dernière et la plus faible, au tiers seulement ;
- 2° Commencer la charge le soir à la même heure, par temps doux comme par temps froid, et couper le courant plus tôt ;
- 3° Finir la charge à la fin des heures dites « de nuit », c’est-à-dire en fait vers 7 h du matin et la commencer plus tard, par temps doux que par temps froid, par exemple à 2 h du matin.
- Cette dernière méthode ne charge le poêle qu’à la fin de la nuit et évite les pertes de chaleur par sa surface externe (faibles à la vérité mais néanmoins inévitables)
- Fig. 3. — Les résistances chauffantes placées dans la cheminée centrale du poêle Vivaiherm.
- qui chauffent la pièce pendant les heures de nuit où il n’est précisément pas nécessaire de le faire.
- Il existe plusieurs dispositifs employant des horloges qui font commencer la charge au moment voulu.
- Le poêle peut comporter en outre un thermostat intérieur qui coupe le courant dès que les blocs accumulants ont atteint la température maxima correspondant à leur fonctionnement normal.
- Fig. 4. — Vue extérieure du poêle Vivatherm.
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- Fig. 5. — Horloge de contact coupant le courant en dehors des heures de nuit.
- LE POÊLE A AIR PULSÉ : LE MODÈLE VIVATHERM
- Le dernier stade de perfectionnement du poêle à accumulation est représenté par le poêle à air pulsé qui vient d’être présenté sous le nom de « Vivatherm ». L’originalité de cet appareil réside dans le système de transmission de la chaleur accumulée. Dans les poêles
- Fig. 6. — Thermostat d'appartement.
- décrits précédemment les cheminées d’air sont disposées pour que le poêle tende naturellement à se décharger aussi longtemps que les blocs accumulants demeurent chauds. La cheminée fonctionne comme une cheminée d’usine et tend naturellement à « tirer », c’est-à-dire à décharger le poêle. Dans le modèle Vivatherm, c’est l’inverse. Aucun effet de cheminée ne s’y exerce. L’air chaud ne sort pas à la partie supérieure comme dans tous les autres poêles, mais à la partie inférieure. Les blocs accumulants sont bien percés d’une cheminée verticale mais celle-ci n’agit aucunement à la manière d’une cheminée. Les blocs sont placés sous une véritable cloche calorifuge rigoureusement étanche et, en particulier, complètement fermée à la partie supérieure. La seule ouverture qu’elle porte est à sa base.
- Veut-on utiliser les calories emmagasinées : il faut, non plus les laisser filer par la cheminée comme dans les autres poêles, mais les extraire pour ainsi dire de force, puisqu’une cloche chaude percée seulement à sa base n’a aucune tendance à perdre de l’air chaud par cette ouverture, pas plus qu’une cheminée n’a de tendance à « tirer à l’envers », c’est-à-dire du haut vers le bas.
- On emploie, à cet effet, un petit groupe moteur-ventilateur disposé dans le socle, et voici l’effet produit :
- Le ventilateur aspire l’air ambiant, par les côtés et à l’arrière, au niveau du sol. Il le force d’abord à monter au centre des blocs chauds qui lui cèdent leurs calories, puis à redescendre à l’extérieur de ces mêmes blocs où il continue de s’échauffer pour finalement être projeté horizontalement et au ras du sol dans le local.
- Toute la nouveauté et toute la qualité du Vivatherm découlent de ce dispositif de décharge par air pulsé.
- En effet, la pulsation de l’air est commandée, nous l’avons dit, par un groupe moteur-ventilateur de très faible puissance. Lorsque le ventilateur tourne, le thermoaccumulateur chauffe le local. Lorsque le ventilateur ne tourne pas, les calories restent accumulées et disponibles. Ces résultats sont obtenus à l’aide d’un courant de quelques watts, facile à commander directement par un petit thermostat d’appartement.
- La qualité du poêle Vivatherm réside surtout dans le groupe moteur-ventilateur qui, tout en assurant un service assez intensif, doit rester absolument silencieux.
- L’hélice, en particulier, est à pales profilées, qui assurent une pulsation de l’air sans remous et sans vibration.
- Des dispositifs originaux « étouffent » les bruits déjà imperceptibles dus à la rotation des organes : moteur monté sur amortisseurs, axe de l’hélice monté sur « silent-bloc ». En fait, il est impossible de distinguer, dans une pièce où il est installé, si le ventilateur tourne ou ne tourne pas...
- Le circuit d’air a été étudié pour fonctionner, en fait, d’une manière plus complexe que celle décrite schématiquement plus haut. Il peut aussi puiser l’air froid en partie dans la pièce, en partie à l’extérieur, assurant ainsi une excellente ventilation du local chauffé. En outre, il rend cet air chauffé à température constante et basse (moins de 80° C).
- Cette constance de la température de l’air chaud, quel que soit l’état de charge de l’appareil, est obtenue
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- par un mélangeur automatique très simple fondé sur le principe des thermostats à bilame.
- On sait par ailleurs combien il est avantageux de projeter l’air chaud au ras du sol, là où la température est normalement le plus basse.
- On évite ainsi les surchauffes, près du plafond, et, pour un confort égal, on diminue la consommation de 10 à 15 pour 100.
- Citons encore :
- La possibilité d’adjoindre au poêle chauffant un réservoir humidificateur, qui assure un conditionnement simplifié de l’atmosphère.
- CONCLUSION
- Le poêle à accumulation doit remplir, comme son nom l’indique, deux fonctions très différentes et opposées :
- Accumuler la chaleur sans la laisser échapper;
- Répandre la chaleur à l’extérieur, quand besoin est.
- Dans les poêles primitifs, les organes remplissant ces deux fonctions contradictoires n’étaient pas différenciés, la même enveloppe calorifuge retenait la chaleur pendant
- ... ........ ...........= 117 =
- la nuit et la transmettait pendant le jour par conductibilité.
- Dans le modèle Vivatherm, la différenciation a été poussée à son degré extrême. L’enveloppe extérieure est dans toutes ses dispositions (calorifuge, forme de cloche, emplacement des ouvertures) destinée à empêcher la chaleur de sortir des blocs. Le rôle de distribuer la chaleur à l’extérieur est dévolu à un organe spécialisé : le moto-ventilateur électrique qui n’extrait; la chaleur des blocs qu’à la demande expresse du thermostat placé dans la pièce à chauffer.
- Contrairement à ce qu’on pouvait croire, le poêle à air pulsé n’est pas plus cher que le poêle à cheminée et à vanne motorisée. Celles-ci demandent, en effet, un moteur plus puissant. Dans le Vivatherm quelques watts suffisent pour actionner le ventilateur (30 à 50 w), ce qui permet d’employer sans relais un thermostat de faible puissance, donc peu coûteux.
- La puissance normale des nouveaux poêles à accumulation va de 1,5 kw à 6 kw, et ce qui les caractérise bien mieux encore, la chaleur accumulée varie de 7500 à 33 000 calories. Pu. Schereschewsky.
- LA FIN DU PLUS BEAU CEDRE DE FRANCE
- « La tempête a renversé, le dimanche 1er décembre, un des plus beaux arbres de France, l’un des deux célèbres cèdres de Jussieu, planté en 1734 à Montigny-Lencoup, en Seine-et-Marne, mesurant 32 m de haut. La circonférence du tronc dépassait 10 m ». Tel était le fait divers rapporté par la plupart des journaux le 2 décembre dernier.
- Avant de retracer l’histoire de ce cèdre magnifique, disons un mot du genre Cèdre et de ses plus beaux représentants.
- Le Cèdre, qui appartient comme le Pin, le Sapin, le Mélèze à la famille des Abiétinées, comprend trois espèces : le Cèdre du Liban, le Cèdre de l’Atlas, en Afrique, et le Cèdre Déodar, de l’Himalaya et du Thibet. Le cèdre ne commence à fructifier que vers 45 ans. Ses cônes contiennent une centaine de graines.
- Les cèdres les plus célèbres sont ceux du Liban. Diodore de Sicile, historien du siècle d’Auguste, rapporte, dans sa Bibliothèque historique (XIX-58), qu’il existait alors au Liban de vastes forêts de cèdres. Ces forêts ne sont plus de nos jours que quelques bois dont le plus renommé se trouve au pied du Dhar el Khodib, non loin de la source du Nahr Kadicha (le fleuve des Saints), à 1921 m d’altitude. Ce bois comprend environ 400 cèdres. Rauwolf, qui leur rendit visite en 1575, y compta 26 cèdres très anciens. Chevenot, en 1653, n’en vit plus que 23. Laroque, en 1688, en compte 20 seulement. En 1787, Labillardière n’en trouva plus que sept au milieu d’autres petits, en tout une centaine. Parmi ces cèdres anciens, deux des plus gros furent mesurés, l’un, en 1682, par Corneille Lebrun, qui lui trouva 12 m. 34 de circonférence, et un autre de 10 m 95 mesuré par Maundrel en 1697. Ces vété-
- Fig. 1. — Les cèdres du Liban, près de la source du Nahr-Kadicha. Le mur délimite l'enclos où se trouvent la chapelle des Maronites elles cèdres chantés par Lamartine.
- rans du règne végétal sont actuellement sous la garde des Maronites, qui possèdent dans ce bois une chapelle où, chaque année, pour la fête de la Transfiguration (6 août), le Patriarche, ou un évêque maronite, célèbre la Messe au milieu d’uri grand concours de fidèles (fîg. 1).
- Le cèdre est le roi des arbres de l’Orient biblique. En hébreu on l’appelle ’érez dont la racine signifie fermeté. Les habitants du Liban le nomment encore arz, mot arabe dérivé de l’hébreu. Les anciens considéraient le bois de cèdre comme impérissable. Pline rapporte dans son Histoire Naturelle que le toit du Temple de Diane à Ephèse était en bois de cèdre. Il fut détruit accidentellement, et non de vétusté, après 400 ans d’existence. Le
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- Fig. 2. — Le cèdre du Muséum.
- Fig. 3. — Le cèdre de Montigny-Lencoup.
- British Muséum, dans la vitrine A de la galerie de Nim-roud, possède un morceau de cèdre provenant des fouilles d’Assurnasirliabal, à Nimroud. Ce morceau qui a au moins 2700 ans d’existence est si bien conservé qu’on a pu le polir à nouveau. David et Salomon s’adressèrent à Hiram, Roi de Tyr, qui lit couper à profusion les cèdres du Liban. Transportés par radeaux jusqu’au port de Joppé, aujourd’hui Jaffa (III Reg. V. 6-9), ils servirent aux boiseries et aux colonnes du Temple et des palais royaux. Les rois d’Assyrie demandèrent souvent comme tribut de guerre des cèdres du Liban.
- En Egypte, le cèdre était aussi connu et employé à la construction des temples, des palais, des navires. Sa résine servait à la momification. Horace indique que l’huile de cèdre conserve les parchemins : « Pouvons-nous espérer, écrit-il dans Y Art poétique, au vers 333, qu’un esprit intéressé à l’argent soit capable de modeler des vers dignes d’être parfumés avec l’huile de cèdre et conservés dans du hois de cyprès bien poli ?
- ... speramus carmina fingi Posse linenda cedro et lewi servanda cupresso ?
- Comment le cèdre a=t=il été introduit du Liban en France? — Au tome IV des Annales du Muséum dlHistoire Naturelle, publié en 1804, dans la notice historique, composée par A.-L. de Jussieu, qui commence le volume, on lit : « Ami des deux frères de Jussieu qui avaient gémi sur les désordres passés, Dufay (Charles François de Cisternai, né à Paris en 1698, directeur du Jardin des Plantes), profita de leurs avis pour remettre tout dans un meilleur ordre. Cette bonne intelligence entre eux fut avantageuse pour le Jardin. Il alla en Angleterre en 1734, accompagné par Bernard de Jussieu qui rapporta dans un pot deux petits cèdres du Liban et les planta, l’un dans l’ancienne école des arbres, alors située au côté méridional du parterre où il a subsisté longtemps, l’autre sur la pente de la grande butte où il domine maintenant tous les arbres verts qui l’entourent ».
- Ce serait donc Bernard de Jussieu qui, le premier, aurait introduit le Cèdre du Liban en France.
- On lit cependant dans le Dictionnaire pittoresque d,'Histoire naturelle, édité sous la direction de F. Guérin, t. II (1885), p. 36, à l’article Cèdre : « Son introduction en France est d’une date fort reculée. J’en connais deux tiges plantées, en 1469, par Eberard de Wurtemberg, dans la cour du vieux château de Montbeillard (sic), où je les ai vues plus de trois siècles après, en 1792, entourées par d’antiques tilleuls; elles avaient alors acquis une hauteur considérable, et rien, m’écrit-on, rien n’annonce encore, en 1884, qu’elles doivent périr de longtemps. Ce n’est que depuis 1727, époque à laquelle Bernard de Jussieu rapporta celui que l’on admire au labyrinthe du Jardin des Plantes de Paris, que le Cèdre du Liban s’est répandu dans presque tous nos départements... » (Thiébaut de Berneaud.)
- L’auteur de cet article reconnaît, malgré l’erreur de date, que c’est bien B. de Jussieu qui a été le véritable introducteur et propagateur en France des cèdres du Liban.
- Mouillefert dans son Traité des arbres donne comme
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- première date certaine de l’introduction du Cèdre en Angleterre, l’année 1676 pendant laquelle un cèdre fut planté dans le Derbyshire à Bretby Parle. D’autres furent plantés en 1683 dans le Jardin de Chelsea près de Londres. En 1766, l’un d’eux mesurait déjà 4 m de circonférence à 0 m 66 du sol. Le même auteur déclare qu’en France le plus ancien est celui du Muséum qui a perdu sa flèche, mais qui, par contre, s’est étendu en surface. Il signale aussi celui de Montigny-Lencoup qui mesurait, en 1866, 6 m de circonférence à 1 m du sol. Un autre cèdre, planté au Trianon de Versailles entre 1770 et 1775, mesure
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- Muséum de Paris. Or, d’après M. Catel, auteur d’une notice sur le Cèdre de Montigny-Lencoup, ces plants étaient au nombre de trois. Deux, dit-il, furent plantés au Jardin du Roi, le premier dans le terrain de l’école de botanique où il végéta et finit par mourir, le deuxième, au labyrinthe où il est encore; le troisième fut planté à Montigny-Lencoup dans le parc de M. de Trudaine. Les jeunes cèdres du Muséum furent mis en terre par de Jussieu lui-même, ou sous sa surveillance, celui de Montigny-Lencoup fut planté en présence de M. de Trudaine par son jardinier Aubé. Sur la plaque attachée
- Fig. 4 à 6. — Le cèdre de Montigny-Lencoup. Ci-dessus : Le tronc du côté nord.
- En haut : Le tronc du côté sud et le village en arrière-plan.
- En bas : Le jardin public au haut duquel s'élevait le cèdre ( x ).
- 5 m de tour et 27 m de hauteur. Quatre beaux cèdres furent aussi plantés à la faïencerie de Gien (Loiret). Us mesuraient en 1891, 23 à
- 30 m de hauteur.
- Carrière, dans son Traité des Conifères (1867) ajoute à cette liste des cèdres les plus remarquables de France, celui de Vrigny qui, planté par Duhamel, mesurait, en 1844, 1 m 53 de circonférence à 1 m du sol.
- D’après Deleuze, les cèdres importés d’Angleterre par B. de Jussieu proviendraient d’un cône de cèdre du Liban dont les graines auraient été plantées (Deleuze. Histoire et description du Muséum, royal d'histoire naturelle, 1823).
- Nous avons vu plus haut que Bernard de Jussieu apporta d’Angleterre deux petits cèdres qu’il planta au
- à la grille qui entoure le cèdre de Montigny-Lencoup, on lit en effet : « Le cèdre de Montigny-Lencoup a été importé par B. de Jussieu en 1734 en même temps que celui du Jardin des Plantes de Paris. A 2 m du sol, le cèdre du Jardin des Plantes mesure 3 m 70 de circonférence, celui de Montigny-Lencoup 7 m 90. A 3 m 20 de hauteur, il atteint 8 m 95 de circonférence. Les branches principales formant la tête de l’arbre ont 6 m 35, 5 m 05 et 4 m 85 de circonférence. La hauteur de cet arbre est de 32 m. La surface couverte par les branches est de 1000 m2 ».
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- Comment ce cèdre parvint=il à Montigny=Len= coup? — La chose est simple, B. de Jussieu l’avait donné à son ami Charles Trudaine qui le planta dans la propriété qu’il avait dans cette petite localité. Les Trudaine, originaires d’Amiens, descendaient d’un marchand tanneur qui avait pour enseigne une truie mangeant dans un plat « A la truie qui dîne », ce qui, en picard, se prononçait « A la truie qui daine ». De là au nom de Trudaine, il n’y avait qu’un 1our... de langue et cette abréviation ne demanda pas probablement de longs siècles pour s’établir (x). Un Trudaine, prévôt de Paris, défendit les finances de la cité contre les agissements de Law. Le Régent le fit appeler et lui dit tout simplement : « Nous vous avons ôté de votre place parce que vous étiez trop honnête homme ». La Ville de P.aris, en souvenir de ce magistrat intègre, a donné son nom à l’une de ses avenues. Son fils, Daniel, né en 1703, fut successivement conseiller d’Etat, intendant de l’Auvergne, directeur des Ponts et Chaussées, intendant général des Finances. Il fonda, en
- Fig. 7. — La fontaine du village, portant l’inscription : « A la famille
- Trudaine, les habitants de Montigmj-Lcncoup reconnaissants ».
- 1747, l’École des Ponts et Chaussées et fit construire les ponts de Moulins, Tours, Saumur. Il fut membre de l’Académie des Sciences et par conséquent collègue de Bernard de Jussieu. Le fils de Daniel, Jean Philibert, connu sous le nom de Trudaine de Montigny, naquit en 1733. Il fut aussi admis à l’Académie des Sciences comme membre honoraire. Il eut deux fils, amis du peintre David qui fit pour l’aîné le tableau «La mort de Socrate». Ils avaient aussi connu André Chénier au Collège de Navarre. Chénier allait souvent dans la propriété de Montigny. C’est là qu’il chanta :
- «... Ces bords heureux, opulents avec choix « Où Montigny s’enfonce en ses antiques bois ».
- Malgré leurs idées libérales, ils ne purent donner leur confiance à la Révolution sanglante et furent arrêtés. Deux jours après la mort d’André Chénier, les deux frères
- 1. Cité par Maurice Honoré, dans : « Les Trudaine financiers, et pourtant gens honnêtes ». Gazette des Messageries maritimes, 21° année, nouvelle série.
- furent conduits à l’échafaud, le 8 Thermidor. Ils s’aimaient tendrement. Lorsque leur condamnation à mort fut prononcée par le tribunal révolutionnaire, le plus âgé demanda la parole pour solliciter la grâce de son frère, déclarant que lui seul devait périr.
- En 1851, on vendit le domaine de Trudaine. Le parc devait être morcelé, le château détruit et le cèdre abattu. La commune de Montigny s’inquiéta. Elle organisa une souscription publique à laquelle prit part tout le dépar:c-ment de Seine-et-Marne dans le but de conserver le Cèdre historique avec le terrain qui lui était nécessaire.
- Une circulaire lithographiée fut répandue. On y lisait les passages suivants : « Le château de Montigny-Len-coup, un des plus beaux du département de Seine-et-Marne, va disparaître d’ici à quelques mois sous le marteau de la démolition; en même temps que le château, le superbe parc qui l’entoure sera coupé à blanc et vendu en détail. Dans ce parc se trouve un des arbres les plus rares de France et qui constitue à coup sûr une des curiosités de notre département. C’est un cèdre du Liban, frère jumeau de celui du Jardin des Plantes de Paris, mais qu’il a laissé bien loin derrière lui... L’origine de ces deux arbres est historique. B. de Jussieu rapporta en France les deux futurs géants. Il planta lui-même l’un des deux à la place où les promeneurs du Jardin des Plantes l’admirent aujourd’hui; le second devint la propriété de M. Trudaine, intendant général des Finances, directeur des Ponts et Chaussées, qui le planta dans un des points les plus pittoresques du parc de Montigny à la création duquel il travaillait alors. Cet, arbre historique par son origine, colossal par son développement, est devenu dans le pays l’objet d’une sorte de respect populaire; on le montre avec orgueil aux étrangers, les vieillards en racontent l’histoire, et les souvenirs qui s’y rattachent, mêlés à la mémoire vénérée de M. de Trudaine, s’embellissent et se multiplient, comme toujours, dans la bouche des conteurs. Aussi le pays a-t-il été tristement impressionné en apprenant que cet arbre si beau, si jeune malgré ses cent; vingt ans, ayant encore devant lui des siècles d’existence, était menacé de la cognée comme tous les autres arbres du parc de Montigny et que l’on cubait déjà dans la pensée combien il pourrait donner de stères de bois de commerce... »
- La circulaire fit impression sur le bon esprit et la bourse généreuse des habitants de Seine-et-Marne. Ils conservèrent à Montigny-Lencoup son cèdre historique que l’on pouvait admirer au centre d’un modeste jardin public.
- Ce cèdre fut déjà endommagé en février 1860 par un orage. Une de ses grosses branches brisée fournit alors le bois dont on fit plusieurs meubles de la préfecture de Melun. Que deviendra le bois de cet arbre majestueux, le plus beau cèdre de France, que la tempête vient d’abattre ? Souhaitons que cet illustre rejeton des cèdres qui firent appeler le Liban la « montagne des parfums » et qui fournirent à Salomon le bois de son palais et du Temple de Jérusalem, ait encore une destination digne de son origine, et qu’après avoir déjà servi à meubler la préfecture de Melun, il soit maintenant utilisé dans un but de pure bienfaisance à une époque difficile où la charité a tant de motifs de s’exercer. Abbé L. Parcot.
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- LA SÉCURITÉ DU TRAVAIL AU HAUT FOURNEAU
- Fig. 1. — Une machine à boucher les trous de coulée, vue au repos.
- La tendance actuelle dans le travail au haut fourneau est d’utiliser des appareils de plus en plus puissants. Par le fait même, on a été amené à rendre mécaniques la plupart des opérations, comme le chargement par exemple, et des appareils de manutention très perfectionnés ont été mis au point.
- 11 reste malgré tout certaines manipulations qui sont plus ou moins tributaires de l’intervention de l’ouvrier. Les plus délicates et les plus dangereuses sont l’ouverture du trou de coulée et sa fermeture, lorsque la coulée doit être arrêtée.
- Le creuset qui contient les matières fondues est ouvert par intermittences et on perce, à des moments déterminés, le trou de coulée qui pendant la marche du four est fermé par de la terre réfractaire.
- L’enlèvement, du tampon d’argile se faisait autrefois au pic et l’opération était assez dangereuse. On a imaginé alors d’utiliser un marteau pneumatique que l’on déplace à distance pour l’amener devant le trou de coulée.
- Pour cela, on commande le déplacement au moyen de treuils, d’abord pour approcher le marteau à bonne distance et ensuite pour le placer à l’aplomb du trou.
- Le marteau agit au moyen d’une tige assez longue et il frappe le tampon qu’il défonce, de sorte que la fonte liquide peut couler dans la rigole sans que l’ouvrier coure le risque d’être atteint par le jet ou les éclaboussures du liquide incandescent.
- Si le problème de l’ouverture du trou de coulée est ainsi résolu simplement, il est beaiicoup plus difficile de refermer le trou quand la coulée est suffisante, car il faut placer de la terre réfractaire et la tamponner dans le trou jusqu’à obturation absolument parfaite.
- On a donc imaginé des machines à boucher les trous de coulée, elles comportent , en principe : un cylindre à air comprimé avec un piston tamponneur, qui enfonce des tampons dans le trou ouvert.
- Cette machine doit être amenée devant le trou de coulée par trois hommes qui l’orientent en position voulue.
- Pour éviter les accidents, on dispose sur la machine un bouclier formant écran, muni de fenêtres garnies d’une toile métallique fine permettant aux hommes d’observer le trou de coulée pour diriger l’appareil; à la partie inférieure du bouclier est prévue une pièce en forme de chaîne très forte, qui permet à l’écran d’épouser les inégalités du sol.
- De cette manière, on peut diminuer le pourcentage d’accidents dans une certaine mesure, mais l’obturation n’est pas toujours satisfaisante ni complète. Cette difficulté a provoqué la création de la machine Brosius double ; celle-ci possède un cylindre débitant de la terre réfractaire; il amène devant le piston tamponneur des boulettes d’argile jusqu’à ce que le trou soit parfaitement obturé.
- Fig. 2. — Une machine en position de travail.
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- Enfin, une machine la plus récente de ce genre, a été créée par Vereinigte fStahlwerke, machine qui permet des manœuvres entièrement automatiques et assure toute sécurité aux ouvriers.
- Le guidage à la main, en effet, exige que la machine soit amenée devant le trou de coulée, puis suspendue à un bras pivotant. Quand la machine est au-dessus de la fosse de coulée, on lui donne finclinaison nécessaire par rapport au trou et dans cette position on la presse contre le trou jusqu’à ce qu’elle soit maintenue contre lui au moyen de deux griffes. Pendant l’exécution de ce travail, la coulée de métal ou de scorie liquide ne peut être interrompue.
- La machine est d’un poids assez élevé qui en rend le maniement possible et la chaleur rayonnée par les matières en fusion, qui continuent à être évacuées du haut fourneau, ne permet pas d’amener l’appareil facilement dant la position exacte convenant au travail qu’elle doit assurer. Il en résulte des perturbations souvent graves dans la production et souvent aussi des acci-
- 20 m.
- Tige d'acit
- Marteau
- ! / Galet
- Fig. 3. — Schéma montrant en élévation et en plan le principe de la machine à boucher les trous de coulée.
- dents, toujours très sérieux, étant donné le danger du flot de fonte liquide, qui coule à proximité des hommes de manœuvre.
- On peut concevoir aisément des machines qui évitent ces inconvénients. Ce sera toujours un cylindre tamponneur qui enfoncera la terre réfractaire dans le trou de coulée, mais la machine ne sera plus amenée à la main devant le four; par des manœuvres à distance, elle sera mise et maintenue exactement dans la position requise.
- Diverses combinaisons de mouvements ont d’ailleurs été imaginées pour déplacer le bras support de la machine à boucher et pour incliner ensuite la machine dans la position voulue. Il est assez facile de concevoir des commandes mécaniques de ces mouvements qui se font par moteur hydraulique, à air comprimé, ou électrique.
- Un bras pivotant, en principe, écarte la machine de l’avant du four et la ramène au moment voulu, puis un mécanisme d’inclinaison présente le piston boucheur devant le trou.
- La machine très perfectionnée créée par « Vereinigte Stahlwerke » est conçue suivant ces principes.
- Elle est supportée par un bras pivotant, mais indirectement par un arbre fixé au bras. Un parallélogramme de guidage est prévu sur le bras dans un plan horizontal. Les côtés du parallélogramme sont fixés à une traverse, en principe parallèle à la fosse de coulée, mais dont on peut aussi changer l’orientation avec une manivelle.
- L’autre traverse opposée du parallélogramme comporte deux fentes de guidage qui sont traversées par deux bras d’un parallélogramme vertical, formant la suspension réelle de la machine à boucher.
- Pour mettre la machine en service, on la fait pivoter autour de son pivot au moyen d’un dispositif moteur pneumatique ou électrique. La traverse du parallélogramme de guidage se déplace parallèlement au côté opposé fixe. Elle entraîne dans son mouvement les deux bras ou tringles du parallélogramme vertical de suspension.
- Le côté bas de ce parallélogramme vertical est la machine elle-même et le côté opposé à la machine est une traverse, qui porte au milieu une boutonnière allongée, au moyen de laquelle elle est enfilée sur l’arbre. Elle peut donc suivre les mouvements latéraux déterminés par les changements de position de la traverse de guidage ci-dessus.
- L’inclinaison de la machine à obturer par rapport au trou de coulée est provoquée par le guidage du bouton de la manivelle dans la fente de guidage d’une tôle cintrée.
- On règle à l’avance la fente de guidage pour une inclinaison déterminée et son angle d’inclinaison dépend de celui que devra avoir la machine par rapport au trou de coulée.
- Ainsi, quand on fait pivoter le bras avec l’arbre qu’il comporte, le maneton de la manivelle de l’arbre doit suivre la trajectoire tracée par la fente de guidage. La manivelle tourne donc en suivant l’inclinaison de la fente et elle fait tourner la traverse supérieure horizontale du parallélogramme vertical et par conséquent également la traverse opposée du dit parallélogramme, traverse qui, on le sait, est constituée par la machine elle-même.
- Les résultats obtenus au point de vue de la sécurité de la main-d’œuvre ont été des plus probants. Avant l’emploi de ces machines à boucher, les accidents constatés au trou de coulée des hauts fourneaux de Vereinigte Stahlwerke étaient de neuf en 1927, de dix en 1928 et de treize en 1929. A partir de l’apparition des dites machines, en 1930, les accidents de ce genre tombèrent immédiatement à trois, et les années suivantes, l’adaptation à ces machines étant faite, on ne constata aucun accident.
- C’est un résultat à retenir avant tous autres, cependant non négligeables, comme par exemple la rapidité et la perfection du bouchage, caractéristiques également précieuses des machines à boucher les trous de coulée.
- E. Weiss.
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- LES MOTEURS POUR AVIONS LÉGERS
- 11 est inutile de prouver que les problèmes soulevés par l’aviation légère sont parmi les plus passionnants qui se posent au monde aéronautique. Le succès considérable du « pou-du-ciel » montre bien que toute la France sportive, et derrière elle le grand public, sont prêts à acquérir ou utiliser des avions dont le budget soit accessible à la bourse un peu plate du Français moyen.
- Parmi tous les éléments de ce problème commercial — mettre l’avion léger à la portée du Français moyen — il en est un que je veux étudier ici parce qu’il présente une importance énorme, c’est le problème du moteur léger.
- Son importance est énorme parce qu’il se pose non seulement au sujet de l’aviation, mais aussi dans l’industrie automobile : le moteur de la voiture doit devenir plus léger et celui de l’avion léger doit devenir moins coûteux et peut-être aussi plus robuste.
- Si l’on en juge d’après les enseignements du Salon de l’aviation légère, on constate que les moteurs employés doivent fournir environ 25 ch, que ceci est réalisé pour des poids qui sont encore de l’ordre de 2 kg par cheval et que le prix de vente est de l’ordre de 5000 fr.
- Ces chiffres méritent de nous arrêter un peu, afin de fixer le chemin qui reste à parcourir.
- Si nous considérons l’automobile, nous voyons que, en moyenne, le moteur qui donne 25 ch est un quatre temps, quatre cylindres, d’une cylindrée de 1100 à 1200 cm3. Certes, on sait tirer beaucoup plus de 25 ch d’une telle cylindrée, mais si l’on prend des chiffres vrais, puissances réellement fournies en régime stable, avec les réglages normaux et non avec des réglages spéciaux, sur des moteurs construits et montés en série, il est prudent et sage, dans l’état actuel de la technique, de ne compter que sur 20 à 23 ch au litre de cylindrée.
- Et nous pensons qu’il vaut mieux conserver le chiffre de 20 ch pour garder le coefficient de sécurité nécessaire afin de prévoir les pertes de puissance qui peuvent affecter des moteurs usagés.
- En restant toujours dans l’industrie automobile, nous savons que ce moteur de 25 ch pèse 80 à 100 kg et qu’il est possible de l’acheter au voisinage de 2500 fr, prix client, soit à peine 2000 fr prix agent.
- Revenons maintenant aux moteurs actuellement construits pour l’aviation légère : la première constatation à faire, c’est que la technique de ce moteur est loin d’être définie, puisqu’on est loin de l’uniformité apparente des moteurs d’automobile.
- Certains constructeurs (A. V. A., Aubier et Dunne) font du moteur à deux temps; les autres font du quatre temps (Train, Poinsard,
- Saroléa). Le quatre temps permet évidemment un rendement plus élevé : s’il est un peu plus lourd, il permet de consommer moins d’essence, c’est-à-dire que le résultat final, pour l’usager, est du même ordre. Il me paraît toutefois que, grâce à l’industrie automobile,
- Fig. 1. — Le moteur Ava, type 44, 25 à 27 ch.
- la technique du quatre temps est mieux connue, plus parfaite, et qu’elle s’imposera aussi en aviation légère. Il est juste cependant de reconnaître que, actuellement, le quatre temps ne marque aucune supériorité pratique sur le deux temps, en aviation légère bien entendu.
- Tous les moteurs atteignent des vitesses de rotation comprises entre 3000 et 4000 tours. Ils exigent donc, pour commander l’hélice, l’emploi d’un réducteur qui augmente sensiblement le prix de revient du groupe moteur. Il ne peut être question, actuellement, de supprimer le réducteur, mais il est certainement possible d’en réduire le prix de revient.
- Tous les moteurs présentés sont à refroidissement par l’air, c’est-à-dire que les cylindres sont munis d’ailettes
- Fig. 2. — Moteur Aubier-Dunne, de 810 cm3, à réducteur.
- (3 cylindres en ligne, inversés; 27 ch sur l’arbre d’hélice; 1600-1700 t-mn; régime du moteur, 3200-3400 t-mn; poids complet, 53 kg).
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- Fig. 3. — Moteur Aubier-Dunne, de 540 cm3, à réducteur.
- (2 cylindres en ligne, inversés; puissance, 20 ch sur l’arbre d’hélice à 1600 t-mn; régime du moteur, 4000 t-mn; poids complet, 38 kg 500.)
- Fig. 4. —• Moteur Train, à 2 cylindres, 20-25 ch, pour Motoplaneur ou Pou-du-Ciel.
- refroidies par le courant d’air. Cette technique est en opposition avec la technique automobile et ceci s’explique facilement. D’abord le refroidissement par l’air permet un allégement sensible du moteur, par rapport à la circulation d’eau. Ensuite l’avion a toujours, par rapport à l’air, une vitesse suffisante pour qu’une ventilation efficace soit possible par inertie. Ceci est impossible en automobile, puisque la voiture est souvent utilisée à vitesse faible, et que même le moteur doit pouvoir tourner lorsque le véhicule est arrêté, condition à peu près irréalisable avec un système de refroidissement par air non forcé.
- Ce système de refroidissement présente, à notre avis, un léger inconvénient : il est difficile d’obtenir ainsi un refroidissement aussi efficace que par une circulation d’eau. Certes, au point de vue thermodynamique, ceci n’a pas d’inconvénient, mais il n’en va pas de même au point de vue mécanique. En effet, les températures atteintes par les parois sont plus élevées, c’est-à-dire qu’il est plus difficile d’assurer une compatibilité parfaite des pistons et des cylindres, d’autant plus que les inégalités de dilatation sont plus fréquentes, avec les déformations qu’elles entraînent.
- La mise au point d’un cylindre à refroidissement par air dont les dilatations soient parfaitement réparties est donc chose délicate. La technique des chemises rapportées, souvent employée, ne simplifie pas le problème, bien que la conductibilité élevée de l’aluminium, qui constitue le bloc avec ses ailettes, soit favorable.
- Le coefficient de dilatation de l’aluminium reste toujours à peu près double de celui de l’acier ou de la fonte qui constitue la chemise.
- Presque tous les moteurs présentés ont des culasses en alliage léger : il ne paraît guère discutable qu’elles soient avantageuses mais probablement davantage pour réduire le poids total que pour permettre une amélioration du rendement du moteur.
- Les bielles sont fréquemment montées sur roulements : technique assez chère et dont la mise au point n’est peut-être pas terminée, surtout en ce qui concerne le graissage. Car les projections d’huile sont facilement trop abondantes et tendent à envahir les cylindres : il reste difficile d’avoir une segmentation efficace à haut régime et à chaud tout en permettant un graissage effectif à froid.
- L’allumage se fait encore par magnéto : plusieurs moteurs utilisent un double allumage, soit qu’ils aient deux magnétos, soit qu’ils aient deux bougies par cylindre. Il semble que ce soit un luxe inutile : avec des soupapes en dessus et des petits cylindres, le double allumage peut être évité, les combustions étant assez rapides et les appareils d’allumage modernes présentant une grosse sécurité.
- Dans cet ordre d’idées, il ne me paraît pas nécessaire que le moteur pour avion léger ou planeur ait une forte compression, correspondant par exemple à l’emploi de combustibles fortement antidétonants : un moteur comprimé exige l’emploi de bougies froides qui s’encrassent facilement. Or le moteur léger est si tangent, comme puissance, qu’il ne peut pas se permettre d’avoir une bougie encrassée.
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- En somme il doit donc avoir une sécurité de fonctionnement comparable à celle du moteur d’automobile moderne, auquel on ne demande pas de battre des records, mais seulement de satisfaire constamment, au commandement, à des exigences modestes.
- L’aviation légère semble manifester jusqu’ici sa préférence pour les moteurs à cylindres opposés : il n’existe pas de raison pour la critiquer. En ceci, l’expérience de l’automobile ne peut intervenir, car ce type de moteur n’a été employé que de façon exceptionnelle. 11 est donc possible que l’aviation devance l’automobile.
- Le prix de vente des moteurs de l’aviation légère est évidemment beaucoup trop élevé ; mais il est élevé surtout
- parce que les constructeurs n’ont pas de série possible. Cercle vicieux : les acheteurs ne viendront que si les prix baissent, et réciproquement les prix ne peuvent baisser que si les acheteurs viennent. Il faut cependant que quelqu’un commence...
- Il me paraît donc nécessaire que soit créé, un jour prochain, un moteur assez puissant, assez léger, assez économique pour être à la fois un moteur d’automobile et un moteur d’avion. Ce jour-là, la voiture à bon marché et l’aviation légère auront fait un pas considérable, puisque celle-ci disposera d’un moteur robuste et économique, tandis que l’automobile aura, enfin, un moteur léger. Pierre Prévost.
- Fig. 5. — Moteur Poinsard, à 2 cylindres. (Constructeur : établissements Pierre Mengin.)
- Fig. 6. •— Moteur Poinsard, à 3 cylindres. Constructeur : établissements Pierre Mengin.)
- L’ELECTROPHORESE DU LATEX DE CAOUTCHOUC
- Le latex de caoutchouc est le suc laiteux qui s’écoule des arbres à caoutchouc, ou hévéas, lorsqu’on les incise.
- Si on fait passer un courant électrique continu dans une solution de latex de caoutchouc, on constate que les particules de caoutchouc, contenues en suspension dans ce latex, se déplacent vers l’électrode positive, ou anode. Le caoutchouc se dépose sur cette électrode où on le recueille. Ce déplacement des particules, sous l’action du courant électrique, vers l’anode, est désigné sous le nom d’ « électrophorèse ».
- L’électrophorèse se manifeste d’une façon générale sur les suspensions colloïdales; le sens de déplacement des particules dépend du liquide dans lequel est faite la suspension, par exemple si on fait passer un courant électrique dans une solution aqueuse, .contenant du graphite, ou du kaolin, ou une autre poudre fine, introduite dans un tube en U dont chaque branche porte une électrode. Ces particules en suspension se déplacent vers l’anode comme dans le cas du latex.
- Si l’on remplace l’eau par l’essence de térébenthine comme
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- milieu de suspension, le déplacement se produit vers la cathode;il en est de même si, tout en conservant l’eau comme milieu de suspension, on y ajoute une certaine quantité d’acide.
- Suivant le sens du déplacement des particules, on donne au phénomène d’électrophorèse le nom d’anaphorèse (cas du déplacement vers l’anode), ou de cataphorèse (cas du déplacement vers la cathode).
- L’électrophorèse se distingue de l’électrolyse par le fait que, dans cette dernière, il y a décomposition de l’électrolyte en solution. Mais on admet aujourd’hui que cette décomposition de l’électrolyte en ions est due à la dissolution et non au courant électrique qui ne sert que d’agent de transport des ions; dans ces conditions la différence essentielle entre électrophorèse et électrolyse réside dans la complexité des ions formés par les colloïdes, mais la loi de Faraday reste applicable (la quantité de matière déposée est proportionnelle à l’intensité du courant électrique et au temps, donc à la quantité d’électricité exprimée en coulombs).
- En raison de leur masse plus grande et de leur nombre beaucoup plus faible pour une même concentration en poids, les particules colloïdales en suspension se déplacent beaucoup plus lentement que les ions. On peut cependant observer ce déplacement, soit à l’aide d’un microscope, soit en notant les changements de coloration des différentes zones du tube en U, si les produits en suspension sont colorés.
- L’électrophorèse du latex de caoutchouc est entrée, depuis quelques années, dans la pratique industrielle. En principe, on utilise des dissolutions de latex alcalinisées par une base. Cette base est, le plus souvent, l’ammoniaque, mais on utilise quelquefois la soude, la potasse ou des amines. D’ailleurs, en règle générale, le latex que l’on reçoit en Europe est alcalin, car il est additionné d’ammoniaque pour assurer sa conservation. Une solution normale, à 35 pour 100 de latex, contient 20 gr d’ammoniaque par litre et 30 gr par litre de sels d’ammonium, de potassium et de sodium.
- Dans une dissolution pour électrophorèse, on incorpore les corps nécessaires à la vulcanisation du caoutchouc, et on ajoute d’autres corps désignés sous le nom de « charges utiles », « charges simples » et « pigments ». Ces corps sont réduits en poudre et on en forme une émulsion à l’aide d’huiles.
- Les « charges utiles » sont des quantités de matières ajoutées en vue d’obtenir, pour le caoutchouc, une qualité spéciale : le carbonate de magnésie augmente la résistance du caoutchouc à la traction; l’oxyde de zinc augmente la souplesse du caoutchouc; le graphite et l’amiante permettent la résistance aux acides.
- Les « charges simples » permettent d’obtenir la densité désirée. Ces corps sont : le sulfate de baryum, le carbonate de chaux, le talc, etc.
- Enfin, les « pigments » servent à obtenir la couleur voulue : on utilise le lithopone pour le blanc; on emploie le sulfure d’antimoine ou l’oxyde de fer pour le rouge.
- Pour accélérer la vulcanisation du caoutchouc, on peut utiliser des corps dénommés « accélérateurs », que l’on admet également dans le mélange. Ces accélérateurs peuvent être minéraux ou organiques.
- Toutes les pai’ticules des corps additionnels introduits dans la suspension que l’on soumet à l’électrophorèse doivent avoir
- une charge électrique de même signe que celle des particules de latex, sinon on aurait une précipitation mutuelle ou une coagulation prématurée du latex. Une dissolution à 35 pour 100 de latex contient environ 200 millions de particules de latex par centimètre cube. La densité propre du latex varie de 0,92 à 1,02.
- Sous l’action du courant électrique, les particules de latex, associées aux particules des « charges », se déplacent vers l’anode et donnent un solide coagulé. La durée du dépôt de latex sur l’anode est quelquefois limitée et la qualité de ce dépôt varie suivant la nature de l’anode. Il est nécessaire de prendre des précautions pour éviter un dégagement d’oxygène susceptible de provoquer des oxydations nuisibles au caoutchouc. Dans ce but, on peut adopter une électrode poreuse et extraire l’oxygène à l’aide d’une pompe. On peut également choisir des anodes constituées par des métaux dont les oxydes ne sont pas nuisibles, mais utiles au caoutchouc. Ces métaux sont le magnésium, le cadmium et le zinc. On utilise, de préférence, le zinc, car l’oxyde de zinc augmente la souplesse du caoutchouc.
- Au cours des expériences que M. Sheppard a effectuées en 1927 pour étudier l’électrophorèse du latex de caoutchouc, le courant électrique était fourni par des piles, sous une tension totale de 16 v, sur une solution d’environ 30 pour 100 de latex. L’anode était en zinc; la cathode était en plomb. Les deux électrodes étaient situées à une distance comprise entre 7,6 cm et 10,1 cm.
- Dans l’industrie, on utilise des tensions comprises entre 10 v et 100 v, que l’on règle à l’aide d’un rhéostat. On peut admettre une densité de courant comprise entre 0,154 et 2,54 ampères par décimètre carré. Dans la pratique, on peut se limiter à une valeur comprise entre 0,395 et 0,513 ampère par décimètre carré.
- En effectuant une comparaison entre les dépôts de caoutchouc par électrophorèse et des dépôts de métaux, par exemple de nickel, par électrolyse, M. Sheppard a constaté que, pour une même densité de courant, le dépôt de caoutchouc est 68 fois plus élevé que le dépôt de nickel.
- Pour les fortes concentrations en latex, la quantité de caoutchouc déposée est de 100 à 300 fois plus grande que la quantité de zinc transportée par le même courant. Ainsi que nous l’avons vu plus haut, la concentration la plus convenable est d’environ 30 pour 100 à 35 pour 100 de latex.
- La limite élastique du caoutchouc obtenu par électrophorèse est supérieure à 350 kg par centimètre carré et sa limite d’allongement atteint 900 pour 100.
- Applications industrielles. — Les principales applications industrielles de l’électrophorèse du latex de caoutchouc sont les suivantes :
- 1° Le revêtement de pièces quelconques, métalliques ou poreuses;
- 2° La fabrication de feuilles de caoutchouc prêtes à être vulcanisées;
- 3° La fabrication d’objets moulés prêts à être vulcanisés.
- Le revêtement de caoutchouc sur des pièces métalliques sert à éviter les corrosions, à assurer l’isolement électrique des pièces, ou encore à protéger des pièces contre les vibrations, le caoutchouc servant d’amortisseur, par exemple pour les tubes de cycles ou pour les avions.
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- Une application intéressante est celle relative aux pompes à acides. En efïet, grâce à certaines « charges » incorporées au caoutchouc, par exemple le graphite ou l’amiante, le caoutchouc peut résister à l’acide chlorhydrique pur et impur jusqu’à 20 pour 100 et à l’acide sulfurique jusqu’à 60 pour 100. Le revêtement en caoutchouc des pompes à acides présente donc un grand intérêt dans les usines de produits chimiques.
- On obtient sans difficulté le dépôt de caoutchouc, par électrophorèse, sur le zinc, le plomb, le cadmium et l’antimoine. Par contre, si on veut déposer le caoutchouc sur une anode en fer ou en acier, il est nécessaire de prendre des précautions spéciales. Par exemple, on peut recouvrir d’une légère couche de zinc les pièces de fer ou d’acier; on peut alors pratiquer l’électrophorèse sans difficulté. Le cuivre donne lieu à des difficultés qui ne paraissent pas encore surmontées.
- On a recours au revêtement électrophorétique, lorsque les procédés habituels de revêtement, tels que le collage des feuilles de caoutchouc ou d’ébonite, ne conviennent pas. En modifiant la composition des bains d’électrophorèse, on peut obtenir des dépôts dont la teneur en soufre soit telle qu’après vulcanisation, on obtiendra soit un revêtement d’ébonite, soit un revêtement de caoutchouc souple. Le revêtement d’ébonite est particulièrement recommandé pour la protection d’un
- ........... — .........................127 =====
- récipient contre les réactifs chimiques. Par contre, les revêtements en caoutchouc souple conviennent pour protéger des objets, tels que des broyeurs ou des tamis, contre une usure excessive.
- Le dépôt de caoutchouc par voie électrophorétique sur des pièces poreuses, telles que le plâtre, le carbone, etc., ne présente aucune difficulté.
- On peut aussi, suivant un brevet récent, fabriquer du caoutchouc en feuille, en faisant tourner un cylindre poreux dans le bain d’électrophorèse, la feuille se formant à l’intérieur du cylindre.
- Pour la fabrication d’objets moulés, il suffit de déposer des formes en matières poreuses autour de l’anode pour obtenir des objets moulés prêts à être vulcanisés.
- Le dépôt électrophorétique du caoutchouc semble appelé à un développement industriel important. De nombreux brevets ont été pris au cours de ces dernières années, notamment en Angleterre, où l’on applique des procédés mis au point par la « Anode Rubber C° Ltd », de Londres.
- Un des principaux avantages de cette méthode est la suppression du coûteux malaxage, les pièces obtenues étant prêtes à être vulcanisées. Le caoutchouc obtenu est d’excellente qualité. G. Calmette.
- LA SAUVEGARDE DU BISON D’EUROPE
- Dans l’article publié ici en 1930 (x), nous avons rappelé que la dernière guerre et la révolution russe avaient causé l’extinction presque complète du Bison d’Europe (Bison bonasus Linn.). Nous avons dit aussi que le gouvernement de l’U. R. S. S. entreprenait dans sa réserve nationale d’Askania Nova, en Tauride, près de la péninsule de Crimée, la sauvegarde de ce ruminant.
- Des renseignements récents sur les résultats de cet essai d’élevage dans une steppe nous manquent malheureusement. Nous les savons cependant assez encourageants.
- *
- Par contre, nous possédons des renseignements récents sur deux autres essais analogues, entrepris depuis en Pologne et en Allemagne : la restauration du Bison d’Europe s’y poursuit dans des forêts, c’est-à-dire dans les conditions naturelles où se trouvèrent les derniers survivants de la race avant leur extermination en 1918.
- D’ailleurs, en Pologne, cet élevage fut engagé dans la forêt de Bialowieza qui était le dernier refuge de ces animaux. Depuis l’indépendance reconquise de Pologne, cette forêt est devenue domaniale. Avec les deux forêts attenantes, appartenant également à l’État polonais, elle couvre une surface de 142 000 ha. Une zone de 5000 y constitue un Parc national. Bien entendu, non seulement , la chasse est strictement défendue dans cette zone et on
- Fig. 1. -— Bisons d’Europe à Bialowieza. Un mâle adulte suivi de deux jeunes mâles.
- 1. La Nature, n° 2842, lor octobre 1930.
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- = 128 ................................................ :
- n’y abat pas d’arbres, mais on laisse par terre les arbres morts et on ne fauche pas non plus l’herbe des prairies qui bordent la rivière Narew, à la limite de cette réserve où elle présente un aspect de savane. Les chênes y atteignent jusqu’à 35 m de hauteur, les pins et les sapins dépassent parfois 45 m.
- Le Ministère polonais de l’Agriculture, désireux de faire revivre la race des Bisons, a racheté, en 1929, quelques-uns des descendants de ceux, donnés jadis par les tzars à différents jardins zoologiques, et les a transportés dans la forêt de Bialowieza, où un enclos de 60 ha
- Mâle, pur sang, adulte................... 1
- Femelles, pur sang, adultes.............. 3
- Femelles, croisées (avec le Bison d’Amérique ou le Bison du Caucase) adultes. 8
- Mâles jeunes............................. 3
- Nouveau-né............................... 1
- Soit en tout . . 16 bisons.
- Le Comte W. d’Adix, actif secrétaire du Conseil international de la Chasse à Paris, a assisté récemment à la mise bas du dernier Bison. La photographie que nous
- Fig. 2 (en haut, à gauche). — Bisons d'Europe à Bialowieza. Fig. 3 (en haut, à droite). —- Un jeune de 4 mois tétant sa mère.
- Fig. 4 (en bas, à gauche;. —• Bisons d’Europe au Saupark de Springe. Fig. 5 (en bas, à droite). —-Un nouveau-né, âgé de 4 heures, suivant sa mère.
- environ a été aménagé à cet effet. Ces animaux se sont reproduits depuis leur introduction et, à l’heure actuelle, on peut en compter une douzaine environ (fig. 1, 2 et 3).
- L’Allemagne s’intéresse aussi à la restauration du Bison d’Europe. Près de Hanovre, dans le « Saupark » de Springe, d’une surface de 13 000 ha environ, entouré d’un mur de 16 km de longueur, un enclos spécial de 360 ha a été affecté à l’élevage des Bisons et se trouve sous la direction du D* Lutz Heck (fig. 4).
- Actuellement les hôtes de cet enclos se dénombrent de la façon suivante :
- reproduisons (fig. 5) et que nous devons à l’aimable obligeance de M. d’Adix représente le nouveau-né âgé de quatre heures.
- Pour conclure, nous dirons que les trois expériences : de l’U. R. S. S., de la Pologne et de l’Allemagne démontrent que la restauration du Bison d’Europe peut être menée assez aisément jusqu’à de bons résultats. On peut donc espérer que le Bison d’Europe ne disparaîtra pas comme cet autre ruminant sauvage : l’aurochs ou le tour (Bos primigenius) dont la race est éteinte depuis 1627.
- W.-N. Kazeeff.
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- JOUETS SCIENTIFIQUES ET MECANIQUES
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- L’industrie du jouet scientifique présente un double intérêt, psychologique et technique, qui en fait un domaine unique au monde. Psychologiquement, le jouet doit plaire, soit par sa beauté de maquette ou «modèle réduit », reproduisant fidèlement les détails de l’original (fig. 1), soit par les possibilités de jeu qu il présente : les trains électriques, par exemple, olïrent simultanément les deux genres d’intérêt et c’est ce qui explique leur succès durable.
- Techniquement, c’est-à-dire du point de vue de l’ingénieur ou du simple amateur éclairé, les jouets scientifiques apportent des applications très ingénieuses des lois physiques, principalement de la mécanique et de l’électricité. Un dispositif comme le nouveau renversement de marche à relais polarisé du train Flèche d’Or (fig. 8) ou le moteur lent à « roue phonique » Mico-Trix (üg. 5) dépassent largement le cadre des jouets. Il en est de même de nombreux mécanismes utilisés dans les petits automates de bazar, où l’inertie, les échappements, les mouvements
- Fig. 1. — Modèle réduit de locomotive Pacific P. O. avec tender à quatre essieux
- sur voie à l'échelle.
- Par la beauté du travail et la fidélité de la reproduction, certaines maquettes dépassent le domaine du jouet et sont vouées à la vitrine du collectionneur.
- ( Fournereau. )
- de boî-
- Trip/e ancre du moteur n"1
- Moteurs 2
- Moteur n°3
- Fig. 2.—• Grue électrique à trois moteurs électro-magnétiques (voir fig. 6) construite à l’aide d’un jeu de construction à bandes perforées (Trix).
- tement, les vibrations, le frottement, en un mot les combinaisons les plus rares dans la mécanique classique sont utilisées pour des imitations réalistes (fig. 15 à 18).
- Les jeux de constructions métalliques mériteraient une étude spéciale (fig. 2). Au célèbre et utile Meccano sont venus s’adjoindre le Trix dont les perforations multiples permettent des montages rapides, notamment en oblique, le Constructor, etc. Dans le Forgeacier, les bandes et tiges sont pleines et de longueur standard, mais le jeune ingénieur dispose d’une cisaille, d’un emporte-pièce et d’une machine à cambrer, tous trois sans danger, qui lui permettent de façonner rapidement ses pièces au gabarit.
- Il est également un point sur lequel nous ne pouvons qu’attirer brièvement l’attention des connaisseurs : c’est l’extrême sobriété des moyens de fabrication, tendant à restreindre le prix de revient. La pièce découpée, emboutie, triomphe; l’agrafe suffit pour les assemblages, souvent remplacée par la soudure électrique par points. La conséquence est un abaissement considérable du prix de vente du jouet de série : 2 fr un rail, 10 fr un moteur électrique à collecteur ! C’est là une circonstance fort heureuse et qui tend à développer le goût des jouets scientifiques.
- MOTEURS A PALETTES
- Le moteur électrique tient une place considérable dans le domaine du jouet, mais il nous faut distinguer ici deux catégories.
- Le modèle esthétique ou moteur de démonstration, avec bobinages apparents somptueusement guipés de soie verte, bornes de cuivre et socle verni, constitue une pièce de musée ou plutôt de « cabinet de physique », pour parler comme nos pères du xvme siècle (fig. 3 et 7). Il s’oppose au robuste moteur utile que l’on branche sur le secteur ou sur des accus sans lui accorder plus d’attention qu’à un moteur à ressort (fig. 6). Les réalisations sont très différentes.
- Parmi les moteurs de démonstration, nous trouvons de nombreux triple-ancre (fig. 7), que nous examinons plus loin, des moteurs à noyaux plongeurs (fig. 4) et des moteurs à palettes (fig. 3).
- Le noyau plongeur est bien connu de tous depuis qu’il a été vulgarisé (avec noyau polarisé) pour l’entretien du mouvement pendulaire dans l’horlogerie électrique. On peut l’employer sous toutes les formes qui conviennent aux machines à vapeur à pistons : machine de Watt, cylindres oscillants, à tiroir.
- Nous en citons des applications dans les moteurs démontables.
- Fig. 3. •— Moteur à palettes utilisé pour faire tourner un tube de Gessler (Bazar d’Électricité).
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- Deux maquettes de moteurs Diesel, l’une à cylindre horizontal (fig. 4), l’autre à quatre cylindres verticaux, fonctionnant dur le secteur continu ou alternatif, ont été présentées par la maison Fradet. Les cylindres contiennent des enroulements dissimulés qui aspirent les pistons formant noyaux plongeurs. La distribution est assurée par des lames de contact à grains d’argent, genre téléphone, enfermés dans le socle et que viennent pousser des doigts en verre manœuvrés par un excentrique ou par la bielle.
- Un autre moteur de démonstration, qui se fait de plus en plus rare, est le touchant et mémorable moteur à palettes (fig. 3) qui nous reporte aux temps héroïques du Second Empire, où Froment réussit à construire un moteur de ce type, développant 1 ch, pour ses ateliers. La roue motrice porte des palettes en fer doux attirées tangentiellement par un ou plusieurs électro-aimants fixes; le courant est établi et coupé par un distributeur en étoile calé sur l’arbre.
- UNE CHIMÈRE SCIENTIFIQUE
- Ouvrons ici une parenthèse philosophique sur un bien curieux épisode de l’histoire scientifique. On sait que durant les trois quarts du siècle dernier, l’utilisation de l’électricité comme force motrice resta une grande chimère, à peu près comme actuellement l’astronautique ou, naguère encore, la télévision. Tous les inventeurs recouraient à l’attraction d’électro-aimants, à l’aide de palettes ou de noyaux plongeurs, avec des rendements déplorables et d’énormes étincelles de self qui détruisaient rapidement les distributeurs.
- Les vulgarisateurs de l’époque ne manquaient point de mettre les chercheurs en garde contre une poursuite aussi vaine; Louis Figuier écrivait en 1868 dans ses célèbres Merveilles de la Science :
- te L’électricité est-elle en état de remplacer la vapeur comme force motrice? Le moteur électromagnétique pourra-t-il se substituer un jour à la machine à vapeur? On s'est quelque temps flatté de cet espoir mais Vexpérience et la théorie (!) sont venues le renverser. Ecarter les inventeurs et les praticiens d’une entreprise chimérique, c’est souvent leur rendre un signalé service, etc.-»
- Passant à la démonstration, Figuier soulignait l’effet destructif de l’étincelle de rupture (ce défaut n’était pas irrémédiable : Froment employait des distributeurs multiples en
- parallèle, nous utiliserions des condensateurs) et surtout la rapide décroissance de l’attraction avec la distance, qui fait que dans les gros moteurs le couple devient dérisoire.
- Tout ceci était vrai... mais, pareil à Diogène qui se mettait à marcher pour démontrer le mou-
- vement, l’ouvrier belge Zénobe Gramme, deux ans plus tard, inventa sa célèbre machine à circuits mobiles qui réduisait à néant tous ces obstacles : suppression de la décroissance d’action produite par de grands vides d’air, puisque le circuit magnétique est invariable et coupé par un entrefer très faible; efforts extrêmement accrus, du fait que l’attraction s’exerce entre des pôles réels et non entre un pôle et du fer doux; suppression des étincelles par l’apparition d’une force électromotrice de commutation qui intervient pour empêcher le crachement des balais sur le collecteur...
- Dès 1873, à l’Exposition de Vienne, Hippolyte Fontaine démontra la possibilité de transmettre l’énergie motrice au moyen de deux machines de Gramme réunies par des fils... L’industrie électrique était née et rien n’est plus amusant que les explications pénibles par lesquelles Figuier, dans ses éditions ultérieures, 'tâcha de « x-epêcher » sa condamnation du moteur électrique !
- Actuellement, le moteur à palettes est surtout utilisé pour faire tourner des tubes de Gessler, alimentés par une bobine de Rhumkorff et qui produisent des rosaces lumineuses décoratives. Siemens l’a appliqué tout récemment dans un excellent rasoir à lame vibrante où le moteur est dissimulé dans le manche.
- Alimenté en courant alternatif, sans distributeur, le moteur à palettes ou à roue dentée devient une roue phonique à marche rigoureusement synchrone. Trix, pour l’entraînement de ses moteurs mécaniques, vend un moteur à roue dentée, alimenté par le secteur (Mico-Trix) et qui tourne à 210 tours/min avec un couple très élevé : on a peine à bloquer la poulie avec la main (fig. 5). Les moteurs de ce type doivent être lancés d’un coup de pouce et tournent indifféremment dans les deux sens.
- MOTEURS TRIPLE-ANCRE
- Dans la catégorie des moteurs utiles, destinés à accomplir un travail réel, le rotor presque universellement employé est formé de trois bobines à extrémités épanouies ou « ancres » disposées en étoile; les enroulements sont reliés à un collecteur à trois lames (fig. 6).
- Placé entre les mâchoires d’un aimant permanent formant inducteur, ce rotor fournit un excellent moteur à courant continu fonctionnant sans point mort et réversible à distance par changement de sens du courant. Il convient donc tout particulièrement aux trains électriques mais ne fonctionne pas sur l’alternatif.
- Substituons à l’aimant un inducteur bobiné, et nous aurons un mo- Fig. 7. — Moteur triple-
- teur universel, fonctionnant égale- ancre non réversible à in-
- ment sur le continu et l’alternatif. ducteur bobiné.
- -r, , i , . j (Bazar d’Eectricité).
- Par contre, le changement de marche ne pourra être obtenu que par des « astuces » spéciales dont nous citons plus loin deux exemples.
- Qu’il se classe dans les catégories « démonstration » ou « utilité », le moteur triple-ancre est construit suivant une technique très étudiée ; les balais sont en cuivre léger et très souple pour les collecteurs cy-
- Fig. 4. — Pseudo-moteur Diesel horizontal fonctionnant sur le secteur grâce à un nouveau plongeur aspiré par un solénoïde.
- La bielle repousse une tige de verro logée dans le guide et qui agit sur une lame de contact placée dans le socle pour couper et rétablir le courant (Fradet).
- Fig. 5. — Moteur lent, tournant à 120 l-mn, sur le principe de la « roue phonique » (Mico-Trix).
- Fig. 6. — Moteur électromagnétique réversible triple-ancre.
- Le doigt tournant forme cardan pour l’entraînement des arbres d’hélice des bateaux (Trix).
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- lindriques, en charbon et poussés par de minuscules ressorts à boudin pour les collecteurs plats utilisés sur les locomotives et automotrices à cause de leur faible encombrement. Le rotor est grossièrement feuilleté, étant formé d’étoiles à trois branches découpées dans de la tôle d’un bon millimètre d’épaisseur et séparées par de minces feuilles de carton; cette construction est du reste très économique.
- L’inducteur est feuilleté dans le cas du courant alternatif.
- L’extrême amélioration des « piles pour lampes de poche » permet actuellement de faire fonctionner dans de bonnes conditions ces petits moteurs; déchargeant sur 15 ohms, ces piles maintiennent 3 volts pendant 2 b, contre 40 mn seulement pour les modèles d’il y a vingt ans. On peut ainsi constituer un groupe moteur ultra-léger pour un véhicule ou un bateau. Dans ce dernier cas, l’arbre d’hélice porte un doigt coudé qui est attaqué par un doigt de l’arbre moteur (fig. 6) ; ce « cardan » rudimentaire évite les difficultés d’alignement.
- Pour les puissances plus élevées, 10, 20... 50 watts, le nombre des ancres passe à 5, puis s’accroît encore, les enroulements se compliquent et nous arrivons à de petits moteurs dynamos dont le type connu est le moteur de klaxon (fig. 9).
- TRAINS ÉLECTRIQUES RÉVERSIBLES
- Nous citerons deux artifices de changement de marche, brevetés par le Jouet de Paris pour ses trains « Flèche d’Or ».
- Le moteur de la locomotive possède un inducteur bobiné; la voie est alimentée par un transformateur à prises multiples permettant, au moyen d’une manette à curseur placée sur ce transformateur de faire varier la tension dans de larges proportions, 17 v à 23 v par exemple.
- Le problème consiste à agir à distance sur un commutateur placé sur la locomotive pour permuter les connexions des balais et de l’inducteur. Pratiquement, cet inducteur porte deux enroulements inversés, en sorte que le commutateur se réduit à un contact à deux directions alimentant l’un ou l’autre de ces enroulements. 11 peut donc être formé d’un organe fort léger.
- Une première solution consiste à agir par la tension. La loco porte un électro-aimant attirant une palette retenue par un ressort taré; la palette cède pour la tension précise de 20 v entraînant une lame souple qui glisse sur deux plots de contact. Ainsi, lorsqu’on envoie 17 ou 19 v, le train recule lentement et si l’on passe à 21 ou 23 v, il part en avant à grande vitesse.
- Ce système n’est pas irréprochable. D’une part, il peut se produire des inversions au passage des interruptions du rail de courant aux aiguilles et croisements; d’autre part, les variations de tension très importantes des secteurs, dont les sans-filistes ne sont pas seuls à se plaindre, provoquent des renversements de marche inopinées d’où insultent des « catastrophes » !
- Un nouveau brevet a apporté au problème une solution de tous points remarquables, la même que nous avons décrite pour le phare à télécommande de Nividic (*) : courant continu de commande circulant en superposition avec le courant alternatif de puissance, mais sépai’é par des selfs et des redresseurs oxy-cuivre.
- La sobriété des dispositifs est des plus intéressantes (fig. 8). Le transformateur alimente la voie directement avec des tensions variables de 17 à 23 v sous le contrôle de la manette de marche de plus, on peut envoyer un courant continu sous -f- 12 v ou — 12 v à l’aide de la manette de renversement M2 qui ne reste pas à fond de course mais n’intervient que pour des contacts de faible durée.
- Suivons la voie et arrivons à la locomotive. Le courant alternatif suit le circuit en traits pleins et fait tourner le moteur; il ne peut traverser l’électro-aimant E dont l’impédance est considérable. Le courant continu, au contraire, se
- 1. Voir la Nature, n" 2959, du 15 août 1935.
- Inducteur double
- L Lamelle
- Moteur
- Balais
- Masse
- E l.----> E SjTO7to7777
- ------ ] Masse
- Frotteur
- Fusible
- Prise secteur
- cuivre
- Transforma* ?ur
- Poste de commande
- Fig. 8. — Schéma de principe du nouvel inverseur de marche du train
- « Flèche d'Or ».
- La manette M, sert à faire varier la vitesse en alimentant la voie sous une tension variable de 17 v à 23 v. La manette M2 permet d’envoyer pendant quelques instants dans cette même voie un courant redressé par oxy-cuivre, qui l'ait basculer un inverseur polarisé placé sur la locomotive; l’ogive O se déplace alors sous la lamelle L qui envoie le courant dans l’un ou l’autre des enroulements inversés de l’inducteur (J. E. P.)
- bifurque; une partie traverse le moteur, ce qui est sans inconvénient, l’autre passe par l’électro et fait basculer l’armature polarisée; la lamelle de contact L passe alors sur l’autre côté de l’ogive isolante O, le second enroulement inducteur sc trouve excité et la rotation s’inverse.
- Le fonctionnement, qui est excellent, est lié à des conditions théoriques fort compliquées dont la principale est que le faible courant alternatif qui traverse l’électro ne fasse pas vibrer exagérément la palette. L’oxy-cuivre, fabriqué chez Thomson-Houston, peut supporter 0,25 A en charge ininterrompue et beaucoup plus en service normal.
- MOTEURS DÉMONTABLES
- Ils sont de deux sortes.
- L'Eleclro-constructeur vend un moteur-dynamo (moteur « universel ») en pièces détachées sur panoplie : induit complet
- Fig. 9. — Deux pièces d’un moteur démontable.
- Grâce à son inducteur en une seule pièce et à ses coussinets montés à demeure sur l’arbre, ce moteur peut être monté en quelques instants sans erreur de centrage (Électro-Construction).
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- avec coussinet, couronne polaire avec ses inducteurs, flas-ques, balais et prise de courant avec douille pour lampe-résistance (fig. 9). Aucune erreur de connexions ou de centrage n’est possible. Ce modèle présente un certain intérêt éducatif.
- Tout autre est la conception de Trix; ici l’unique organe moteur est formé de petites bobines soit creuses, soit munies d’un noyau et qui se fixent sur les pièces standard du jeu de constructions métalliques Trix. Grâce à-«cette innovation, à laquelle il était bien difficile de suppléer par des moyens de fortune (nous en appelons à ceux qui ont essayé !) il est possible de construire une multitude de modèles électromécaniques (fig. 10 et 11). Citons d’après l’album : moteurs à palettes (fig. 10), à pistons plongeurs, à attraction alternative sans plongée, interrupteurs Morse, vibrateurs, sonneries, pendules entretenues, marteaux-pilons, machine de Watt, récepteur Morse imprimant, etc.
- Les dispositifs de contact et de distribution, les bornes, remplacées ici par des pinces, les dispositifs de liaison mécanique ont pu être simplifiés à l’extrême. On juge des ressources que présentent de pareils assortiments électrotechniques, complétés par un ou plusieurs moteurs triple-ancre (fig. 3 et 6), des renvois de chaînes et des engrenages! C’est toute la technique électromécanique, avec ses contacteurs, ses disjoncteurs et ses cycles d’automaticité innombrables qui s’introduit dans le domaine du jouet.
- Fig. 10. — Moteur à palettes construit à l’aide d'un jeu de construc-
- tions mécaniques complété par des pièces électriques.
- Les organes électriques utilisés sont : un électro-aimant avec noyau à vis, un ressort de contact à support isolant, une croix tournante de distribution, les fds, les pinces formant bornes. v (Trix-Électro).
- MACHINES A VAPEUR
- Les machines à vapeur restent, avec les trains, le jouet
- scientifique classique. Leurs
- Fig. 11. —-Sémaphore de chemin de fer actionné par une bobine à noyau plongeur (Construit avec Trix-Électro).
- Bobine
- formes ont peu évolué; la locomotive à « vraie » vapeur (car il existe beaucoup de locomotives Pacific qui recèlent un moteur électrique dans leur chaudière !) a presque disparu ; la chaudière verticale triomphe dans les modèles bon marché, la chaudière horizontale étant réservée aux modèles de prix (fig. 12 et 14). Signalons l’emploi des chaudières embouties, ne présentant que le minimum de soudures et offrant par suite une sécurité accrue.
- Le cylindre oscillant reste le plus répandu à cause de son prix de revient avantageux (fig. 12) ; la distribution est opérée par un petit trou percé dans le flasque du cylindre et qui vient se placer alternativement devant un trou communiquant avec la chaudière et un trou d’échappement. La consomma-
- Fig. 12. oscillants
- — Machine à vapeur à deux cylindres opposés entraînant par courroie un alternateur (Fradet).
- tion de vapeur est élevée à cause de l’épure de régulation qui est défectueuse et aussi parce qu’il est rare que le jeune propriétaire sache régler au mieux la vis du ressort qui applique le cylindre sur la glace du flasque; il faut éviter également le frottement et les fuites.
- Pour les groupes électrogènes et les bateaux, on utilise parfois deux cylindres oscillants (fig. 12).
- Les cylindres fixes,
- avec distribution par tiroir sont en honneur pour les beaux modèles et les maquettes ; le tiroir est commandé par un excentrique; le piston fonctionne généralement à double effet (fig. 14).
- Un modèle de tiroir spécial, le tiroir - plaque à 3 rainures dont 2 « en haricot » est utilisé pour les machines bon marché (fig. 13) ; il fonctionne appliqué contre sa glace par un léger ressort en arc. Pour
- les modèles de luxe, le tiroir circulaire, enfermé dans une boîte à vapeur, est aujourd’huila règle : c’est la réduction des modèles indu s-
- Fig. 13. •— Tiroir plat à trois rainures pour la distribution d’un cylindre à vapeur à double effet.
- A gauche, le bloc fixe formant glace, contre lequel est appliqué le tiroir en service normal (D. R. G. M.).
- t'riels. On construit même des machines à s oup apes, commandées par cames,ce qui constitue bien le dernier mot du progrès !
- L’industrie de la machine à vapeur-jouet est du reste une industrie de précision; pistons et tiroirs fonctionnent sans segments , avec des jeux très faibles qui n’ont pu être réalisés que grâce à une étude minutieuse des dilatations.
- Fig. 14. '—• Groupe électrogène à vapeur : cylindre fixe, distribution par tiroir circulaire, alternateur entraîné par courroie (Fradet).
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- Fig. 15. — Mécanisme d'échappemenl à roue de rencontre, des pattes d'une grenouille sauteuse.
- Dans les groupes électrogènes, la génératrice est généralement un alternateur dont l’inducteur est un aimant, ce qui représente le maximum de simplicité; on trouve aussi de petites dynamos excitées en dérivation. L’entraînement est fait par engrenages ou par courroie en cuir refendu très souple.
- Nous avons cherché en vain des moteurs à air chaud; on peut le regretter, c’étaient de jolis modèles de démonstration.
- Fig. 16.
- Canard titubant monté sur roues excentrées.
- ANIMAUX MÉCANIQUES
- Groupons sous cette rubrique les innombrables modèles de petits automates de bazar allant de la grenouille sauteuse à l’auto incapotable, du poulet picoreur au danseur à vibrations, domaine où il se dépense des trésors d’ingéniosité.
- Ces petits modèles présentent ce dispositif fondamental d’un moteur minuscule mû par un ressort à lame en acier de très bonne qualité; le ressort à fil d’acier est réservé aux grands modèles, où la place ne manque pas et où une qualité supérieure de l’acier n’est pas requise.
- La grenouille sauteuse (fig.15) comporte un minuscule échappement à roue de rencontre, analogue à celui des horloges campagnardes, qui agit sur deux palettes portées par l’axe des pattes; celles-ci sont, d’autre part, sollicitées par un ressort à boudin qui équilibre approximativement le poids du corps. Une
- tape sur la tête suffit pour amorcer le fonctionnement d e l’échappement et la grenouille saute jusqu’à détente complète du ressort moteur.
- Si Véchappement est rare, Vexcentrique est plus fréquent. Monté sur deux roues excentrées, ce canard (fig.16) oscille bord sur bord avec réalisme. Les pattes sont entraînées par des biellettes et, par suite de ce balan-cement, viennent prendre appui alternativement, propulsant le titubant volatile.
- Ce principe de l’os-
- Par suite du balancement d’ensemble, les pattes oscillantes décrivent une courbe fermée et font avancer l’animal.
- Ressort moteur
- Fig. 17. — Mickey valseur à trépidation.
- Les pattes sont fixes mais un « quart de volant », tournant à grande vitesse autour d’un axe vertical, produit une trépidation qui se traduit par un mouvement de valse.
- cillation, que l’on peut obtenir chez les quadrupèdes par le fonctionnement des pattes arrière et qui produit alors le soulèvement des pattes avant, fournit des effets saisissants. Un constructeur français, Decamps, a construit dans cette catégorie des modèles de chameaux et d’éléphants qui ont été admis au Conservatoire des Arts et Métiers.
- La vibration d’inertie, due à l’emploi d’un « quart de volant » intérieur tournant à grande vitesse actionne le moineau picoreur, piqué bec au sol et animé d’une vive trémulation sur place, le Mickey valseur où la vibration, produite par la rotation d’un flan autour d’un axe vertical, se traduit paradoxalement par une rotation de l’ensemble du modèle (fig. 17) ; enfin la guêpe bourdonnante, chef-d’œuvre de simplicité et de réalisme.
- Dévoilons en terminant — car il faut nous borner •— le secret de cette automobile mystérieuse, longue comme le doigt, qui parcourt en tous sens un plateau ou une table, s’arrête net en arri-
- vant au bord, se redresse d’un « coup de volant » et repart de plus belle
- (fig. 18).
- Le même principe a été appliqué à une souris coureuse; la roue auxiliaire est remplacée par une pastille en caoutchouc strié à forte adhérence formant frein et butée de pivotement. Le mouvement obtenu est doux et hésitant comme celui d’une souris véritable.
- Pierre Devaux,
- Ancien élève de l’École Polytechnique.
- Fig. 18. — Voici le secret de l’ « auto qui ne tombe jamais de la table » !
- L’auto est propulsée par la roue arrière droite qui est seule motrice et glisse sur son avant-train bombé; quand ce «gésier «dépasse le bord de là table, la voiture s’abaisse et vient poser sur une roue transversale tournant à grande vitesse qui la fait pivoter brusquement vers la gauche.
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- LA VOUTE CELESTE EN MARS 1936 (x)
- Les planètes Mercure, Vénus, Mars, Saturne et Uranus sont inobservables ce mois-ci. Jupiter sera un peu visible à la fin de la nuit. Seule, la planète Neptune sera bien placée pour être recherchée, son opposition avec le Soleil se produisant le 6 mars.
- On peut dire que les études planétaires chômeront sérieusement ce mois-ci. Nous recommandons l’observation de la lumière zodiacale, le soir, à l’Ouest (voir plus loin).
- I. Soleil. — tin mars, le Soleil s’élève de plus en plus dans le ciel. Son centre traversera l’équateur céleste le 20 mars, à 19'1 : ce sera le début du printemps astronomique. La déclinaison . du Soleil variera de — 7°32’ le 1er à + 4°12' le 31 mars, et la durée du jour augmentera beaucoup en ce mois : elle passera de 10"58m le 1er à 12h46m le 31, soit une augmentation totale de 1" 48m. Le tableau ci-après, donne de deux en deux jours, le temps moyen à midi vrai, c’est-à-dire l’heure moyenne exacte lorsqu’il est vraiment midi à Paris, ou, si l’on préfère, lorsque le centre du Soleil passe au méridien de Paris :
- l’observation de la lumière zodiacale. Cette observation doit être faite, en dehors des périodes ou la Lune brille, loin des lumières artificielles.
- La lumière zodiacale pourra être recherchée, le soir, à l’Ouest, du 13 au 25 mars. Pendant cette période, la Lune ne gênera pas, ou gênera très peu les observations.
- La lueur anti-solaire, par suite de l’ascension du Soleil dans l’hémisphère nord, s’abaisse de plus en plus sur l’horizon. On pourra encore essayer de la rechercher vers minuit, les 18 et 19 mars, autour de fi Vierge.
- IL Lune.
- de mars 1936 :
- Voici les phases de la Lune pour le
- P. L. le 8 à 5“ 14» D. Q. le 16, à 8" 35m
- N. L. P. Q.
- le 23, le 29,
- à 4" 14,u à 2111 22m
- Age de la Lune, le 1er mars 1936, à 0“ (T. L
- 24
- a mars, a
- 0»
- 0i,8. Pour avoir l’âge de la Lune à une autre
- Date.
- Heure de passage.
- Mars
- 1 12" 3m 9
- 3 12 2 44
- 5 12 2 17
- 7 12 1 49
- 9 12 1 19
- 11 12 0 48
- 13 12 0 15
- 15 11 59 42
- 17 11 59 7
- 19 11 58 32
- 21 11 57 56
- 23 11 57 20
- 25 11 56 44
- 27 11 56 7
- 29 11 55 31
- 31 11 54 54
- par
- grande ciel le
- grande
- Observations physiques. — Ne pas manquer d’oberver la surface solaire — ou de la photographier — chaque
- jour de beau temps. L’annuaire astronomique Flammarion donne des instructions très complètes pourles observations physiques du Soleil. Le manque de place nous interdit d’en donner ici un aperçu même succinct. Pour orienter les dessins ou photographies, on utilisera les données du tableau suivant :
- Fig. 1. — Marche de la planète Neptune sur le ciel pendant l’année 1936.
- Les chiffres 1, 2, 3,..13, placés sur la trajectoire
- de la planète, indiquent sa position le 1er de chaque mois.
- Date. P Bo Lo
- Mars 2 — 21°,87 — 7°,24 299o,68
- — 7 — 23°,02 — 7°,25 233°, 80
- — 12 — 24°,02 — 7°,20 167o,92
- — 17 — 24°,84 — 7°,11 102°,01
- — 22 — 25o,50 — 6°,96 36o,10
- — 24 — 25°, 71 — 6°, 88 9°, 73
- — 29 — 26°, 12 — 6°, 66 303o,78
- date du mois, à 0", ajouter aux nombres ci-dessus 1 jour jour écoulé depuis le 1er ou le 24.
- Plus grandes déclinaisons de la Lune en mars : le 1er, à 311 = -j- 24°54';le 15, à 21" = — 24°45' ; le 28, à 9" = —j— 24°38'. On remarquera la hauteur de la Lune dans le 1er mars, vers 19".
- Apogée de la Lune (plus distance à la Terre), le 10 mars, à 4". Parallaxe =53'58". Distance = 406320 km. Périgée de la Lune (plus petite distance à la Terre), le 23 mars,à 9". Parallaxe = 61'26". Distance =356 940 km.
- Occultations d’étoiles par la Lune. — Le 1er mars, occultation de 103 Taureau (5m,5) ; immersion à 0" 0m,0. Occultation de 412 B Taureau (6m,0); immersion à 19" lm,0.
- Le 3 mars, occultation de 209 B. Gémeaux (6m,l ) ; immersion à 22" 23m,5.
- Le 27 mars, occultation de 95 Taureau (6m,2); immersion à 21" 8m,5. Lumière cendrée de la Lune. — A observer les 25, 26 et 27 mars, avec une jumelle. La lumière cendrée sera très intense le 26, au soir.
- Marées. — Les plus grandes marées du mois se produiront surtout à l’époque de la nouvelle Lune du 23 mars. Voici quelques-unes de ces plus grandes mai'ées ( heure de la pleine mer à Brest) :
- Voir au Bulletin astronomique du n° 2968 la définition des termes P, Bo, Lo
- Lumière zodiacale-, lueur anti-solaire. — Mars est un mois particulièrement favorable, sous la latitude de la France, pour
- 1. Toutes les heures figurant au présent « Bulletin astronomique » sont exprimées en « temps universel » (T. U.), compté de 0" à 24", à partir de 0" (minuit).
- Date. Marée du matin. Marée du soir.
- Heure. Coefficient. Heure. Coefficient.
- Mars 21" 2» 24m 0“ , 80 14" 47m 0m, 89
- — 22 3 9 0 98 15 30 1 05
- — 23 3 51 1 11 16 12 1 15
- — 24 4 32 1 18 16 53 1 18
- — 25 5 14 1 15 ' 17 35 1 12
- — 26 5 56 1 07 18 17 0 99
- — 27 6 39 0 91 19 1 0 82
- III. Planètes. — Le tableau ci-après, que nous avons
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- dressé à l’aide des données de l’Annuaire astronomique Flammarion, contient les renseignements nécessaires pour rechercher et observer les principales planètes pendant le mois de mars 1936.
- Saturne est inobservable. Il va se trouver en conjonction avec le Soleil le 3 mars, à 13“. Nous donnons toutefois, pour la continuité, les principaux éléments de l’anneau de Saturne à la date du 11 mars :
- ASTRE Date : Mars. Lever à Paris. Passage au Méridien de Paris. Coucher à Paris. Ascen- sion droite. Déclinai- son. Diamètre apparent. Constellation et étoile voisine
- 1 6“ 35“ 12“ 3m 9“ 17“ 33“ 22“ 49“ 7° 32' 32'19”5 Verseau
- Soleil. . . . \ 13 6 10 12 0 15 17 51 23 33 — 2 53 32 13,4 Poissons
- 25 5 45 11 56 44 18 10 0 17 + 1 51 32 6,9 Poissons
- 1 5 41 10 22 15 3 21 5 — 17 5 6,6 Capricorne
- Mercure . . i 13 5 38 10 39 15 42 22 10 — 13 28 5,8 l Verseau
- 25 5 30 11 5 16 42 23 22 — 6 31 5,2 CD Verseau
- 1 5 28 10 5 14 43 20 48 — 18 8 12,2 Capricorne
- Vénus . . . 13 5 19 10 16 15 15 21 48 — 14 11 11,6 0 Verseau
- 25 5 5 10 26 15 49 22 45 — 9 18 11,2 À Verseau
- 1 7 26 13 38 19 52 23 .— 1 55 4,2 Poissons
- Mars. . . . 13 6 55 13 24 19 55 0 56 + 5 37 4,0 Poissons
- 25 6 24 13 11 19 58 1 30 + 9 9 4,0 Poissons
- Jupiter. . . 13 1 49 5 58 10 8 17 30 — 22 40 35,0 32 Ophiuchus
- Saturne .. . 13 6 4 11 31 16 57 23 4 — 7 54 14,0 E Verseau
- Uranus. . . 1 8 17 15 16 22 15 2 2 + 11 57 3,4 Verseau
- Neptune . . 1 17 47 0 24 6 58 11 8 + 6 39 2,4 (T Lion
- VISIBILITÉ
- ))
- Inobservable.
- Inobservable.
- Inobservable.
- Vers la fin de la nuit. Inobservable.
- Dès l’arrivée de la nuit. Toute la nuit. En opp. le 6.
- Mercure sera inobservable ce mois-ci. Sa plus grande élongation s’est produite, en effet, le 26 février et il se trouvera en conjonction supérieure avec le Soleil, le 10 avril prochain.
- Vénus sera peut-être un peu visible le matin, au début du mois, mais en de mauvaises conditions. Elle est pratiquement inobservable.
- Mars se couche environ deux heures après le Soleil, il s’achemine vers sa conjonction supérieure et se trouve, lui aussi, pratiquement inobservable.
- Jupiter devient visible le matin de bonne heure. Il se ti'ou-vera en quadrature occidentale avec le Soleil, le 14 mars, à 0“. Une petite lunette suffit pour bien voir Jupiter, ainsi que ses quatre principaux satellites. Ceux-ci donnent lieu à de curieux phénomènes. En voici la liste pour ce mois-ci :
- Phénomènes du système des satellites de Jupiter.
- Date : Mars. Heure. Satel- lite. Phéno- mène. Date : Mars Heure. Satel- lite. Phéno- mène.
- 3 4 1 9m I E. c. 20 2 >58“ I p. f.
- 4 3 29 I O. f. 22 2 59 II E. c.
- 4 4 43 I P. f. 23 3 29 III Im.
- 5 5 25 III P. c. 24 3 15 II P. f.
- 6 3 42 II O. c. 26 4 18 I E. c.
- 8 3 0 II Em. 27 2 40 I P. c.
- 11 3 12 I O. c. 27 3 37 I O. f.
- 11 4 26 I P. c. 27 4 50 I P. f.
- 11 5 22 I O. f. 28 2 12 I Em.
- 12 ; 3 59 I Em. 30 2 21 III E. e.
- 12 4 22 III O. c. 30 4 49 III E. f.
- 15 5 35 II Em. 31 3 9 II P. c.
- 18 '5 5 1 O. c. 31 3 19 II O. f.
- 19 2 24 I E. c.
- Grand axe extérieur................................ 35”,19
- Petit axe extérieur................................-j- 2”,35
- Hauteur de la Terre au-dessus du plan de l’anneau. + 3°,83 Hauteur du Soleil au-dessus du plan de l’anneau, -f 4°,30
- Si on compare ces chiffres à tous ceux donnés précédemment, on constatera que le petit axe extérieur de l’anneau diminue peu à peu, et il est maintenant réduit presque à une ligne fine. Nous allons assister dans les mois qui vont suivre au curieux phénomène de la disparition des anneaux de Saturne. Nous aurons l’occasion de revenir bientôt sur ce rare phénomène.
- Uranus est encore un peu visible le soir. 11 se trouvera en conjonction avec le Soleil, le 25 du mois prochain.
- Pour trouver cette planète, on reportera sa position sur la petite carte de son mouvement sur le ciel, parue au Bulletin astronomique du n° 2958, du 1er août 1935. Voici deux positions d’Uranus, en mars :
- Date. Ascension droite. Déclinaison. Diamètre.
- Mars 1« 2“ 2“ + 11° 57' 3",4
- — 31 2 8 + 12 26 3 ,4
- Neptune va se trouver en opposition le 6 mars, à 4h. Pour le trouver sur le ciel, on utilisera la carte de la figure 1 et une petite lunette.
- IV. Phénomènes divers.
- Conjonctions
- Le 8, à 6“, Neptune en conjonction avec la Lune à 6°10'N.
- Le 11, à 20“, Mercure Le 16, à 5h, Jupiter Le 21, à 12“, Vénus Le 22, à 4“, Mercure Le 22, à 5“, Saturne Le 22, à 17“, Mercure Le 24, à 17“, Mars Le 25, à 8“, Uranus Le 30, à 21“, Vénus
- i Verseau (4m,3), à 0°12' N.
- la Lune à 1°59' N.
- — à 5°46' S.
- — à 7®31' S.
- — à 6°58' S.
- — à 0°36' S.
- — à 5°23' S.
- — à 5°14' S. Saturne à 0°26' N.
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- oc et o Petite Ou"se; Temps sidéral. — Voici quelques passages au méridien de Paris, des étoiles y et 8 Petite Ourse :
- Temps sidéral à O11 (T. U.) pour le méridien
- Date. Étoile. Passage. Heure. de Greenwich.
- Mars 1 ô Petite Ourse Inférieur 19“ 5m36s 10“34m28s
- — 11 — — 18 26 20 11 13 54
- — 11 a Petite Ourse Inférieur 2 15 52 11 13 54
- — 21 •— — 1 36 28 11 53 20
- — 31 — — 0 57 6 12 32 45
- Etoiles variables. — Mini ma d’éclat de l’étoile Algol ((3 Persée), variable de 2m,2 à 3m,5 en 2J 20 48m : le 17, à 23“ 37m; le 20, à 20“ 27m. Ces minima sont bien visibles à l’œil nu.
- Le 6 mars, maximum d’éclat de R Verseau, variable de 5»,8 à 10m,8 en 358 jours.
- Etoiles filantes. — Peu de radiants sont actifs en mars.
- L’Annuaire du Bureau des Longitudes indique les deux
- suivants :
- Date. Ascension droite. Déclinaison. Étoile voisine.
- Mars 7 233° - -18° [1 Scorpion.
- — 7 244° + 15° y Hercule.
- V. Constellations. — L’aspect de la Voûte céleste le 1er mars, à 21h, ou le 15 mars à 20“, est le suivant :
- Au Zénith et l’entourant : La Grande Ourse; les Gémeaux; le Cocher. Les étoiles t et x Grande Ourse se trouvent presque exactement au Zénith de Paris.
- Au Nord : La Petite Ourse; Céphée; Cassiopée.
- A l’Est : Le Bouvier; la Vierge; la Chevelure de Bérénice.
- Au Sud : L’Hydre; le Corbeau; la Coupe; le Petit Chien.
- A l’Ouest : Le Taureau; le Bélier; Orion. La Baleine va disparaître à l’horizon.
- Em. Touchet.
- - LE SUINTEMENT DU BITUME ~=
- DANS LES GISEMENTS BITUMINEUX DE MADAGASCAR
- Dans son numéro du 1er octobre dernier, La Nature a reproduit une communication faite à l’Académie des Sciences au sujet du « ressuage » des routes, rendues glissantes par une remontée en surface du liant, goudron ou bitume, due à l’ascension capillaire de la matière liquide entre les gravillons.
- Un phénomène de ce genre se constate dans des conditions naturelles et avec une ampleur beaucoup plus grande, dans le trias de l’Ouest de Madagascar. Cette formation renferme d’énormes dépôts de bitume ou plus exactement, d’asphalte dont l’épaisseur est encore indéterminée dans la plupart des gisements. Ces dépôts, connus sous le nom de sables bitumineux ou sakopanja en dialecte sakalava, jadis protégés par une roche — couverture jurassique ou crétacée que l’érosion a fait disparaître, — se trouvent dans des grès tendres ou des sables que rien ne protège plus contre les agents atmosphériques. Le bitume lui-même provient de la destruction d’anciens champs de pétrole oxydés et polymérisés au contact de l’air (1).
- Or, dans certaines régions, notamment vers Bemolanga et dans la vallée de la Mitsiotaka où le bitume est particulièrement abondant, on voit fréquemment la matière noire et visqueuse suinter à l’extérieur des grès et former par exemple, de petites stalactites sur les parois surplombantes dans le lit des ruisseaux, ou meme s’étaler en flaques qui, sur les terrains en pente, peuvent progresser lentement au milieu des hautes herbes. Les indigènes affirment même que parfois des bœufs sont morts englués dans ce bitume; le fait, que je n’ai pas constaté personnellement, est très vraisemblable cependant, ces exsudations pouvant atteindre peu à peu une épaisseur d’une quarantaine de centimètres.
- Les suintements les plus curieux se produisent par l’intermédiaire des termitières. A Madagascar les termitières, très
- 1. Depuis une quinzaine d’années des recherches se sont poursuivies à Madagascar en vue de trouver des nappes de pétrole. Elles n’ont pas encore abouti. L’ancien gisement malgache a peut-être été un des plus riches du globe et Ton peut espérer, malgré les insuccès subis jusqu’à ce jour, la découverte de nappes liquides, soit dans les régions voisines du canal de Mozambique où les couches crétacées surmontent encore le permo-trias, soit même dans la zone triasique où les affleurements de bitume eux-mêmes auraient pu servir de couverture à des poches de pétrole qui n’auraient été qu’incomplètement détruites.
- nombreuses sur la côte ouest, ne dépassent pas 75 cm à 1 m de hauteur. Par les canaux qui criblent le sol sous leur cône sableux, et qui font office de cheminées d’ascension, le bitume remonte et coule à la base de ces cônes en une large plaque noire qui peut s’étendre sur 1 m2.
- Enfin, près de Bemolanga, d’anciens trous d’extraction, qui s’emplissent d’eau en saison des pluies, se recouvrent d’une couche de bitume suintant par les parois de la cavité. Cette exsudation a parfois 2 ou 3 cm d’épaisseur et le jet d’une pierre assez lourde est nécessaire pour la traverser. Lorsque ces pellicules bitumineuses sont encore minces, les venues de gaz, bien qu’assez peu importantes, arrivent quelquefois à les crever.
- Certains géologues considèrent qu’il existe un rapport entre les variations du niveau hydrostatique et l’importance des suintements du bitume, lequel se trouverait toujours à Madagascar au-dessus de ce niveau; les exsudations, d’autre part, seraient plus abondantes en saison des pluies qu’en période sèche. La corrélation est probable mais n’est pas encore démontrée. Je rappelle, à ce sujet, une curieuse note de M. A. Guebhard publiée en 1922 dans les Notes Provençales, et dans laquelle il propose d’utiliser l’eau comme « piston éjecteur » pour produire l’expulsion à l’air libre des nappes de pétrole fluide.
- Les gisements bitumineux de Madagascar sont connus depuis fort longtemps. Si le capitaine de vaisseau Fleuriot de Langle les a signalés avec une certaine précision en 1859, une allusion beaucoup plus ancienne a été faite dans un manuscrit de 1722 intitulé : « Lieux dans lesquels on peut faire traite en l’isle de Madagascar » et conservé à la Bibliothèque Nationale. Ce manuscrit mentionne du bray et du sel dans le petit port de Massailly ou Boina. Depuis deux cents ans donc, ces hydrocarbures sont connus; ils sont aujourd’hui complètement « reconnus » grâce à une série méthodique de prospections. Si, contre toute atteinte, les recherches actuelles ne permettaient pas de découvrir le pétrole fluide, du moins le bitume représente-t-il par lui-même une richesse considérable qui sera sans nul doute exploitée un jour.
- R. Décary,
- Administrateur des Colonies,
- Membre de la Société Géologique de France.
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- COMMUNICATIONS A L ACADÉMIE DES SCIENCES
- SÉANCES DES 23 ET 30 DÉCEMBRE 1935 ET DU 6 JANVIER 1936
- Détection des gaz de combat. — MM. Kling et Rouilly montrent la profonde ressemblance entre les gaz suffocants et vésicants ; leur action commune comporte une estérification des stérols des matières grasses de l’organisme par un halogène très mobile. La recherche des gaz agressifs dans une atmosphère peut donc être ramenée à celle de cet halogène fortement électro-négatif. En faisant barboter l’air nocif dans de l’eau distillée, le pli est rapidement et fortement abaissé et, en opérant en présence de bleu de bromophénol, la couleur passe du violet au jaune, le pH descendant au-dessous de 4,7. On peut ainsi déceler, avec une installation de fortune, les gaz agressifs à des doses inférieures ou au plus égales à celles qui présentent un danger.
- Moyen mouvement de Pluton. — En se basant sur cinq observations réparties sur un arc d’orbite de 28°, M. Roure estime que la valeur la plus probable du moyen mouvement de Pluton est de 13" 483.
- Hydrogénation par le nickel. — L’hydrogénation sous l’action catalytique du nickel est fortement accélérée en opérant en milieu alcalin. On expliquait ce phénomène, en ce qui concerne les cétones, par un passage sous une forme éno-lique. MM. Délépine et Horeau montrent que cette hypothèse est insuffisante, l’accélération étant générale pour toutes les cétones, même pour celles qui, comme la benzophénone, ne peuvent pas avoir de forme énolique. Les auteurs signalent en outre que le platinage du nickel est un autre facteur d’accélération. La fixation du platine sur le nickel peut se réaliser facilement en agitant le nickel avec' une solution d’un chloro-platinate alcalin. La vitesse d’hydrogénation peut être décuplée par la double action des alcalis et du platine.
- La valeur fertilisante des phosphates. — MM. Jolibois, Burgevin, Guyon et Boullé ont étudié la valeur fertilisante des divers sels calciques purs dériyant de P2 O5. Les expériences ont eu lieu sur l’orge et l’avoine en terre calcaire et sur l’avoine en terre acide. Le phosphate monocalcique est un fertilisant de grande valeur sur tous les sols. Le phosphate bicalcique lui est à peu près équivalent; à l’état anhydre et en sol calcaire son action est cependant nettement ralentie. Le phosphate tricalcique, très actif en sol acide, reste sans effet en sol calcaire. Les métaphosphates sont peu actifs en raison de leur très faible solubilité. Les pyrophosphates, l’apatite fluorée et l’hydroxyapatite sont inertes.
- Combustion sans flamme. — Les combustibles peu volatils exigent pour brûler une large surface de contact avec l’air; elle peut être obtenue par divers artifices (mèche, pulvérisation, etc.). M. Gault amène le combustible (huile lourde par exemple) dans le haut d’une colonne de matière inerte, divisée et peu fusible, remontée par un courant d’air. Après allumage, effectué à la partie supérieure, le contenu de la colonne ne tarde pas à rougir et on peut alors régler l’arrivée de l’air de façon à supprimer toute flamme, la combustion étant réalisée dans la colonne, sur une hauteur de 25 à 30 cm. On peut très facilement agir sur ce phénomène, soit pour obtenir un rendement thermique élevé en introduisant la quantité d’air exactement nécessaire à la combustion, soit pour produire un mélange combustible à température élevée, en réduisant l’admission de l’air. Quel que soit le régime, aucun dépôt ne se forme dans la colonne.
- Teneur en soufre et phosphore des végétaux. — Le
- phosphore est généralement classé parmi les éléments les
- plus utiles à la végétation alors que l’importance du soufre est estimée secondaire. Par des essais portant sur la mesure du rapport soufre-phosphore dans la composition de divers végétaux, choisis à dessein parmi les espèces maraîchères ou de grande culture, MM. Gabriel Bertrand et Silberstein montrent cependant que la teneur en soufre est très souvent supérieure à celle en phosphore. Le rapport S/P passe d’environ 0,4 pour l’épinard à 0,6 pour le froment, à 1 pour le trèfle incarnat; il atteint 1,1 pour la betterave, 2 pour le poireau, 3 pour le tabac et même 4 pour le chou. Le soufre se trouve probablement à l’état de combinaisons organiques. Cette étude révèle l’intérêt que peuvent présenter les engrais qui apportent du soufre dans le sol.
- Surfaces métalliques polies. -— Le polissage des surfaces métalliques par les abrasifs les plus fins laisse subsister de fines rayures visibles au microscope. M. Jacquet est parvenu, en attaquant par électrolyse, en présence de l’aci'de pliosphorique (ortho ou pyro), des plaques anodiques en cuivre, à obtenir un poli ne révélant aucun défaut au grossissement 1200. Il est nécessaire d’opérer en l’absence de toute adhérence de bulles gazeuses. L’auteur y parvient, soit avec de très hautes densités de courant (45 à 100 amp/dm2), soit, plus facilement, en évitant tout dégagement gazeux avec une densité de courant de 6 à 10 amp dm2, variable suivant la disposition des électrodes.
- Inflammation du grisou par les lampes à incandes= cence. — Depuis 1907, on sait que le grisou peut être enflammé par le filament d’une lampe à incandescence si l’ampoule vient à se briser. M. Cotté a repris l’étude de cette question en opérant avec un mélange de 20 pour 100 de gaz d’éclairage dans l’air. Il montre que le pourcentage des inflammations totales dépend du diamètre du trou pratiqué dans l’ampoule. Si ce diamètre est inférieur à 2 mm., le mélange s’enflamme à l’intérieur de l’ampoule mais l’étranglement empêche la propagation de la flamme. Si le trou devient plus large, l’explosion gagne toute la masse gazeuse dans un nombre de cas de plus en plus élevé; l’explosion totale est une certitude à partir d’un diamètre de 12 mm. Par contre le bris complet de l’ampoule amène un afflux de gaz autour du filament et celui-ci très rapidement refroidi, ne peut plus enflammer le mélange. La sécurité des mines serait donc améliorée par l’utilisation d’ampoules de grand diamètre, se brisant complètement sous l’action d’un choc extérieur.
- Température de l’ozone atmosphérique. — De l’étude spectrographique des radiations infrarouges transmises par l’atmosphère, M. Devaux déduit que la température moyenne de la couche d’ozone ne subit aucune variation diurne importante et reste très inférieure à 0°.
- Étude des qualités acoustiques d’une salle. — M. Fleurent enregistre les sons avec un appareil constitué par un microphone à quartz piézo-électrique relié à un amplificateur de tension à lampes pentodes commandant un oscillographe cathodique. L’enregistrement peut être réglé à des vitesses très différentes. L’auteur peut ainsi étudier l’acoustique d’une salle sous divers rapports (échos, réverbération des sons, netteté de l’audition). Il attire l’attention sur l’importance pratique de l’étude de l’établissement du régime sonore, résultant de la superposition des divers parcours du son ; la qualité de l’audition paraît y être particulièrement sensible.
- L. Bertrand.
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- LIVRES NOUVEAUX
- Logique, mathématiques et connaissance de la réalité, par H. Hahn, traduit par le Général Vouillemin. Préface de Marcel Boll., 1 brochure, 54 p. (Collection des actualités scientifiques et industrielles). Hermann et Cie. Paris, 1935. Prix : 10 fr.
- Photo electric and sélénium cells, par T.-J. Fielding. 1 vol. 140 p. in-8; 74 fig. Chapman et Hall, Londres. Prix : 6 shillings.
- Ce petit ouvrage de vulgarisation, complet et bien édité, est destiné à présenter au grand public sous une forme très simple les caractéristiques élémentaires des cellules photoélectriques à vide et à gaz et des éléments au sélénium. Il donne des notions pratiques sur les différents types de cellules, les diverses expériences qu’on peut réaliser grâce à elles, et leurs emplois en télévision, cinématographie sonore, télémécanique, reproduction phonographique publicité, photomé-trie, etc.
- Fluorescence analysis in ultra violet light, par
- J. A. Radley et Julius Grant. 2° édit. 1 vol.in-8, 326 p., 21 fig. 24 pl. Monographs on applied Chemistry. Chapman and Hall, London, 1935. Prix : relié toile, 21 sh.
- Voici la 2° édition de ce traité qui explique la théorie du rayonnement ultra-violet, les moyens de produire ces radiations et de les filtrer, de les mesurer, et surtout qui énumère toutes les applications qu’on en a déjà faites à l’analyse et au contrôle des substances les plus diverses. Toutes les industries y ont trouvé intérêt et s’en servent. Dans les deux années qui séparent la nouvelle édition de la première, 300 nouveaux mémoires ont paru sur la question et les utilisations des ultra-violets se sont multipliées, en microscopie, pour sensibiliser certaines réactions chimiques, pour fournir des indicateurs fluorescents, sans parler des industries du papier et de la cellulose, de la photographie, etc.
- Les applications industrielles du pH, par Maurice Déri-béré. 1 vol. in-8, 419 p., 98 fig. Dunod, Paris, 1935. Prix : 76 fr.; relié, 86 fr.
- La généralisation de la méthode scientifique dans l’industrie a donné une importance de premier plan à l’évolution de l’acidité ionique, autrement dit aux mesures du pH. Après quelques chapitres où sont clairement développés les principes fondamentaux et les procédés de mesure, la majeure partie de l’ouvrage se compose d’une suite de monographies consacrées aux multiples applications du pH dans les industries les plus diverses. L'auteur en rendant accessibles ces questions délicates sans sacrifier la rigueur scientifique fait de cet ouvrage un guide complet et sûr pour un très grand nombre d’ingénieurs et d’industriels.
- Traité de chimie organique, sous la direction de V. Grignard. Tome III, 1 vol. in-8, 784 p., fig. Masson et Cie, Paris, 1935. Prix : relié, 170 fr.
- Il est peu de sciences aussi foisonnantes, aussi dispersées que la chimie du carbone et dont il soit plus difficile d’établir un bilan exact et complet. Les manuels élémentaires sont juste bons pour l’enseignement; les encyclopédies sont des compilations impossibles à lire. Entre les deux, voici une grande œuvre didactique, la première paraissant en langue française, conçue, dirigée par le plus grand de nos organiciens, préparée et conduite par M. Paul Baud dont l’éloge n’est plus à faire après la collaboration qu’il a déjà apportée au professeur Pascal pour le « Traité de Chimie minérale » dont la publication vient de se terminer.
- L’ouvrage comprendra 15 volumes et sera le bilan de nos connaissances d’aujourd’hui, l’œuvre collective des organiciens français. Le tome I donnait toutes les notions préliminaires nécessaires. Le tome III qui paraît maintenant est consacré aux hydrocarbures, aliphatiques et cycliques. MM. Grignard et Dœuvre traitent des hydrocarbures saturés et M. Lespieau des non-saturés, M. Lichtenberger des industries dérivées de l’acétylène, M. Swarts des dérivés halogénés, M. Dœuvre des dérivés nitrés, nitrosés, etc., M. Lichtenberger de l'industrie des dérivés chlorés. M. Dupont donne les notions sur la constitution et l’enchaînement fonctionnel des hydrocarbures cycliques, M. Ruzioka la théorie des tensions et la constitùtion spatiale des groupements; M. Palfray présente les cyclanes et cyclènes, M. Dupont les terpènes monocycliques, M. Swarts les dérivés halogénés, M. Dœuvre les dérivés nitrés et nitrosés.
- Cette brève énumération montre l’ordre de ce traité, mais elle ne peut donner l’idée de la clarté et de la précision avec lesquelles chaque point est traité.
- Fundamentals of biochemistry in relation to human physiology, par T. R. Parsons. 1 vol. in-8, 453 p.,
- 26 fig., 1 pl. Heffer and Sons, Cambridge, 1935. Prix : relié toile, 10 sh. 6 d.
- La preuve de la qualité de ces « fondements » est leur succès constant. Ils le doivent aussi à leur parfaite mise à jour. La biochimie avance actuellement dans deux voies : elle découvre de nouvelles relations entre des substances déjà connues et c’est ainsi que la biochimie de la contraction musculaire et du métabolisme du muscle a dû être exposée entièrement à nouveau; elle isole de nouveaux composés ayant souvent de très grandes activités physiologiques et c’est ainsi que les flavines, les stérols et les hormones sexuelles ont dû trouver place dans cette nouvelle édition. Elle reste cependant remarquablement didactique et sera précieuse aux étudiants de physiologie et de médecine en les introduisant sans peine dans le domaine si complexe des composants et des échanges de l’organisme, tels que les conçoit la science qui se forme en ce moment.
- Physiologie du développement et génétique, par
- N. K. Koltzoff. 1 broch. in-8, 56 p., Hermann et Cie, Paris, 1935, Prix : 12 fr.
- Dans la controverse éternelle entre préformation et épigenèse, le directeur de l’Institut de biologie expérimentale de Moscou prend position contre l’irrationnel et espère qu’une explication viendra qui conciliera les deux positions opposées.
- Température and living matter, par J. Belehradek. 1 vol. in-8, 277 p., 70 fig. Protoplasmamonographien. Gebrüder Borntraeger, Berlin, 1935. Prix : cartonné toile, 18 marks.
- Les changements de température changent la vitesse des réactions des êtres vivants; ils agissent sur les propriétés physiques, chimiques et biologiques; le froid ralentit, arrête, désagrège, tue; le chaud active puis ralentit, tue, désintègre; les variations brusques stimulent; l’âge, l’adaptation, une foule de facteurs internes et externes font varier la sensibilité au chaud et au froid. Ce livre du professeur de l’Université de Prague, de l’excellente collection des Protoplasmamonographien, étudie tous ces aspects en réunissant- pour chacun d’eux une abondante bibliographie et nombre de travaux personnels, il donne ainsi une idée très complète et tout à fait à jour d’un des facteurs biologiques les plus importants et les plus aisés à étudier.
- Les Anophèles de la France et de ses colonies,
- par G. Senevet. lrepartie : France, Corse, Afrique, Madagascar, la Réunion. 1 vol. in-8, 361 p., 144 fig., 35 pl. Encyclopédie ento-mologique. Lechevalier, Paris, 1E35. Prix : 95 i'r.
- Le danger des Anophèles dans les pays chauds oblige à connaître leurs espèces, leurs gîtes, leur biologie. « Pas de paludisme sans anophèles », a dit Grassi. Ce livre sera le guide du médecin, de l’hygiéniste colonial. Il décrit les espèces à tous leurs stades : adultes, larves, œufs; il apprend à les recueillir; il montre leur distribution géographique; il indique ce qu’on sait de leur rôle dans la transmission du paludisme et d’autres maladies. L’œuvre du professeur de la Faculté de Médecine d’Alger est le précieux inventaire de nos connaissances à ce jour, indispensable à ceux qui veulent poursuivre plus avant.
- Le néolithique, par M. Louis. A. Larguier, imprimeur, Nîmes, 1933, in-8, 134 p., 31 fig.
- L’auteur rappelle tout d’abord le fait que nous connaissons moins bien aujourd’hui le néolithique que le paléolithique, en France notamment. Il donne ensuite une esquisse comparée des différentes subdivisions admises pour le néolithique.
- Après avoir caractérisé le début du néolithique d’une façon générale, par l’innovation de l’élevage des animaux, de la culture des plantes, du polissage de la pierre et de la fabrication de la poterie, le professeur de Montpellier envisage successivement l’Azilien, le Sauveterrien, le Tardenoisien, le Flénusien, l’Olandonien, le Girien, le Montmorencien, le Précampignien, cinq faciès de l’étage néolithique inférieur sans poterie ni pierre polie, puis le Campignîen, l’Ertebolien, le Jablinien, le Spiennien, quatre faciès del 'étage néolithique moyen avec poterie et parfois seulement haches polies; enfin, l’Omalien, lé Robenhausien, l’Enéolithique. Le Robenhausien et l’Enéolithique comportent un faciès palafïïtique, un faciès troglo-dytique et un faciès mégalithique.
- C’est encore là, semble-t-il une classification de l’âge de la pierre polie bien compliquée, mais il faut reconnaître que M. Louis a tenté une simplification des chronologies données récemment par ses devanciers.
- Thérapeutique O. R. L. homéopathique,par le Dr Paul Chavanon. 1 vol. in-8, 701 p., fig. Impiimerie Saint-Denis, Niort, 1935. Prix : 80 fr.
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- NOTES ET INFORMATIONS
- MATHÉMATIQUES
- Un nouveau prodige mnémonique
- Au cours d’une séance publique réussie, une nouvelle calculatrice prodige vient d’être présentée à la presse parisienne par notre confrère Je Sais Tout. Il s’agit en réalité d’un prodige de mémoire des chiffres, le sujet étant médiocre en calcul et n’ayant même pu comprendre comment on fait la division !
- Mlle Osaka, malgré ce surnom japonais, est Française, née en Bigorre, dont elle conserve l’accent; elle a vingt-six ans, mais paraît plus jeune, semble physiologiquement normale et devait se marier le lendemain. Son instruction est très faible et sa culture nulle, son état de santé lui ayant interdit la fréquentation régulière de l’école.
- Les expériences se déroulent devant un très grand tableau noir divisé en vingt casiers ; vingt spectateurs remettent sur vingt cartons autant de nombres que l’on transcrit dans les vingt casiers. Le sujet tourne le dos; on lui annonce les nombres par tranches de trois chiffres et elle répète tranche par 1 l’anche avec un effort visible d’enregistrement mental. Ces nombres sont illimités; nous avons vu opérer sur des tridé-cillions (1039) et l’on peut aller plus loin.
- Les exercices consistent pour le sujet : à répéter en entier le nombre contenu dans telle case ; à le répéter à l’envers par tranches de trois chiffres ou chiffre par chiffre; à énoncer n’importe quelle puissance d’un nombre de un ou deux chiffres jusqu’à la dixième (97 à la puissance 7 ? Réponse en trois secondes) ; à dire la racine d’ordre 2 à 10 de telle puissance exacte (racine sixième de 2;562-890-625. Réponse instantanée 45j) ; à dire le nombre de jours, heures, minutes, secondes vécus par un homme de 89 ans, etc.
- Pour les racines et puissances, les vérifications étaient faites par Mlle de Sainte-Laguë, fille du mathématicien; les opérations élémentaires furent refaites au tableau. Le sujet commit seulement deux erreurs de chiffres et les rectifia aussitôt.
- Mlle Osaka n’appartient pas au type auditif comme Inaudi ou tactile comme l’aveugle Fleury mais visuel comme de nombreux calculateurs mentaux. Elle voit les chiffres s’inscrire en traits de feu sur un fond noir. Le Dr Osty, directeur de l’Institut international de métapsychique de Paris, a personnellement étudié le sujet qui s’est révélé normal ou médiocre dans tout ce qui n’est pas strictement mémoire des nombres. P. D.
- OPTIQUE
- Expériences nouvelles sur la photographie intégrale et la cinématographie en relief.
- Nos lecteurs connaissent le principe de la photographie intégrale posé par Gabriel Lippmann en 1908. Il consiste à réaliser une photographie contenant une multitude d’images microscopiques d’un même objet. L’observation du diapositif à travers les objectifs très petits ayant servi à enregistrer le négatif, donne dans l’œil une image unique du sujet en grandeur naturelle avec sensation de relief.
- Nous avons indiqué précédemment les difficultés auxquelles s’est heurtée l’application pratique de ce procédé, et fait connaître les beaux travaux de M. Estanave à ce sujet.
- Il s’agit, lorsqu’on observe le diapositif éclairé par derrière, en intercalant des objectifs élémentaires, d’obtenir une image virtuelle unique donnant l’impression du relief.
- A cet effet, il faudrait, en théorie, réaliser une inversion, et faire tourner chacun des diapositifs élémentaires de 180°
- '/ au spectateur
- Dispositive après inversion
- virtuelle
- Fig. 1. — Effet produit par l'examen direct d'une photographie intégrale sans inversion et effet de relief correct obtenu après inversion.
- dans leur plan autour de l’axe optique de leur lentille. Cette inversion des négatifs doit être obtenue au moment même de la prise de vues à l’aide d’un système optique convenable.
- M. Lucien Dodin a eu l’idée ingénieuse pour obtenir ce résultat, de remplacer la i’otation de 180° dans le plan de l’image, par deux opérations élémentaires successives :
- 1° Une rotation de 180°, dans un plan perpendiculaire à l’image, obtenue à l’aide d’un prisme de Wollaston placé en avant des objectifs multiples pendant la prise de vues ;
- 2° Un renversement de la totalité de l’appareil au moment de l’observation. Pratiquement, le résultat obtenu est suffisant.
- Avec ce système, il est possible en principe d’obtenir des panoramas ou des vues cinématographiques. Pour les panoramas,
- M.Dodin a utilisé des papiers sensibles pour le négatif et une plaque positive qu’on projette à l’aide d’une lanterne sur un verre dépoli. Pour le cinématographe, on réalise directement sur le film les négatifs nécessaires au moyen du diapositif permettant de renvoyer les rayons sur la caméra au moyen de verre de champ indiqué sur la figure 3.
- M. Dodin a établi deux appareils d’essais de prises de vues. Le premier est constitué par une sorte de boîte qu’on peut tenir à la main comme un stéréoscope. Le système comporte 16 lentilles de 6 cm de côté, partiellement corrigées pour l’aberration de sphéricité. Les diapositifs sont placés à 5 cm des lentilles, et sont de même dimension.
- Le 2° appareil réalisé permet la projection photographique,
- Fig. 3. — Système optique proposé par M. L. Dodin pour les prises de vues cinématographiques.
- Prismes et lentilles de champ
- Objectifs multiplet
- Caméra
- Fbur la projection les prismes de Wollaston sont enlevés et un verre dépoli placé ici------—
- Prismes de Wollaston
- Fig. 2. — Emploi d'un prisme de Wollaston proposé par M. Lucien Dodin pour produire l’inversion.
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- et comporte quatre lentilles de 6 cm de côté complètement corrigées. Il semble possible de cette manière d’établir de petits appareils d’amateurs très curieux, de réaliser des panoramas partiels et des dioramas de publicité, et même, des panoramas de très grandes tailles, d’un intérêt spectaculaire évident.
- Il semble difficile, par contre, d’obtenir des images cinématographiques de surface suffisante, dans les conditions actuelles de la technique, et le problème demeure encore pour le moment du domaine du laboratoire.
- HISTOIRE DES SCIENCES
- A propos du quarantenaire du cinéma.
- Les travaux d’Émile Reynaud.
- Dans un récent numéro de la revue, à l’occasion du quarantenaire des premières projections cinématographiques et du jubilé Louis Lumière, nous avons rappelé les mérites désormais indiscutés de ce grand savant. Sans ternir en rien la gloire définitivement acquise par le créateur de l’industrie cinématographique, il est pourtant équitable de rappeler les travaux des inventeurs français précurseurs du cinématographe, et, en particulier, le nom et l’œuvre d’un des plus éminents, Émile Reynaud (1844-1918). Ce dernier serait, d’après certains, le créateur de la projection animée par compensation optique, et surtout l’inventeur de la perforation du fdm. Émile Reynaud était, en même temps, un artiste, et les « pantomimes lumineuses » qu’il réalisait lui même peuvent être considérées comme les ancêtres des « dessins animés » modernes.
- Le praxinoscope (du grec praxis, action, et scopein, examiner) breveté par lui en 1877 permettait la vision individuelle d’images animées. Les images étaient placées, comme dans le zootrope, suivant le bord intérieur d’un cylindre tournant, mais l’observateur regardait un tambour à miroirs de même axe placé à l’intérieur du cylindre; les miroirs réfléchissaient les images vers l’observateur.
- L’inventeur avait eu, d’ailleurs, l’idée d’adapter son appareil à la projection à titre de jouet ou d’appareil d’enseignement d’appartement.
- Le système comportait un praxinoscope sous la forme ordi-naire, muni non plus d’une bande de papier, mais d’un certain nombre de petites plaques de verre réunies par des entre-deux d’étoffe, et sur lesquelles étaient dessinées et coloriées les différentes poses indiquant les phases de la scène constituant les « pantomimes lumineuses ».
- Grâce à une lanterne de projection et à un système de condensateur optique, les plaques de verre étaient traversées par un faisceau lumineux qui était réfléchi sur les miroirs du tambour central, et venait enfin former sur l’écran une image réelle agrandie par l’intermédiaire d’un objectif. En même temps, on projetait sur l’écran un décor fixe formant, en quelque sorte, un fond pour l’image animée; dès ce moment, on pouvait d’ailleurs remplacer les dessins de l’appareil par une succession de photographies instantanées.
- La réalisation du praxinoscope de projection paraît dater de 1880, et, en 1888, Émile Reynaud devait présenter une invention d’importance encore plus grande, dans un brevet qui date du 1er décembre de cette année. Il revendiquait, en effet, les premiers principes des perforations devant servir à l’entraînement des bandes « au moyen de goupilles régulièrement espacées et destinées à s’engrener dans des trous correspondants pratiqués à distance convenable dans la bande flexible ».
- Les Américains attribuent à Edison l’invention de la perforation du film, les Anglais voient en Frise Greene l’inventeur de la perforation, et même du cinématographe. En réalité, et malgré l’antériorité du brevet de Le Prince en France, il
- semble bien qu’Émile Reynaud ait eu le mérite d’avoir exposé le principe de l’entraînement de la bande par perforation.
- L’inventeur devait, d’ailleurs, réaliser également des projections animées en public de 1892 à 1900, au musée Grévin, à Paris. Avec son appareil de « Théâtre optique » il effectua régulièrement des séances de projection animées chaque jour, sous le nom de « pantomimes lumineuses»; 12 000 séances eurent lieu ainsi et 500 000 spectateurs purent assister à la révélation de la magie de l’écran par le moyen de bandes dessinées à la main, qui furent remplacées à partir de 1896 par des bandes chronophotographiques.
- L’appareil était constitué, en réalité, par un praxinoscope perfectionné. Le faisceau lumineux qui traversait la bande transparente sur laquelle étaient tracés différents dessins venait se réfléchir sur les miroirs du tambour central, et ensuite par l’intermédiaire d’un objectif et d’un autre miroir à 45° projetait sur un écran les images agrandies. La projection était d’ailleurs effectuée par transparence.
- Le système permettait une vitesse de déroulement variable à volonté, et on projetait sur l’écran un décor fixe, en même temps que les images animées.
- L’inventeur était, en même temps, l’opérateur et le réalisateur des bandes artistiques projetées. La synthèse ainsi obtenue portait pour chaque bande sur des centaines d’images, l’une d’elles, «Pauvre Pierrot», contenait ainsi 500 images; d’autres telles que «Le Bon Bock», 700; « Autour d’une Cabine », 600, etc...
- Il s’agissait, d’ailleurs, de dessins coloriés, et l’exécution en exigeait à la fois une grande habileté artistique et une patience admirable, d’autant plus que les images n’étaient pas obtenues par photographies et que l’artiste exécutait complètement chaque dessin colorié l’un après l’autre.
- Grâce au talent de l’opérateur, ces_projections permettaient d’organiser des séances quotidiennes assez longues et de véritables programmes, la projection de chaque bande durant bien souvent plus de 10 minutes. Il y avait ainsi au début une véritable exploitation de salles de projections animées, bien que le principe adopté fût évidemment tout à fait différent de celui du « cinématographe » Louis Lumière.
- RADIESTHÉSIE
- Une expérience suggestive.
- Si le flot des ouvrages affirmant les merveilles de la radiesthésie va grandissant, il ne s’ensuit pas une conviction unanime. De temps à aritre, heureusement, quelques sceptiques font aussi entendre leur voix.
- C’est ainsi que la Vie catholique avait organisé, l’été dernier, un bien remarquable concours dont le Dr Robert Rendu vient de rendre compte L
- L’auteur avait réuni 56 médailles d’argent, pesant 850 gr, qu’il cacha successivement trois jours durant, dans chacune des dix pièces d’un appartement. 86 radiesthésistes répondirent à l’appel et cherchèrent le trésor; 31 autres personnes non radiesthésistes participèrent également aux recherches. Le résultat fut le même pour les deux groupes et strictement conforme aux lois du hasard. On ne saurait trop souhaiter que de telles expériences soient répétées pour supprimer l’engouement actuel, fâcheux déjà quand il se borne à des récréations innocentes, dangereux quand il va jusqu’à laisser croire qu’on peut révéler ou prévoir, ou guérir par des moyens sans aucune base raisonnable jusqu’ici.
- 1. Une expérience suggestive de radiesthésie, par le Dr Robert Rendu, 1 broch. in-8, 8 p. Imprimerie de Lyon, 2, rue Jeàn-Carriès, Lyon, 1935. Prix : 1 fr 50.
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- INVENTIONS ET NOUVEAUTÉS
- MÉCANIQUE
- Frein=moteur à obturateur d’échappement.
- Une réalisation industrielle intéressante, due aux travaux de l’ingénieur suisse Œtiker, a été présentée au salon de l’automobile par la Compagnie des freins Westinghouse. Il s’agit d’un dispositif simple permettant de transformer instantanément mais momentanément les moteurs des véhicules automobiles en compresseurs formant frein.
- Freinage « naturel ». — L’idée d’utiliser le moteur comme frein n’est pas nouvelle. Tout d’abord, les conducteurs savent qu’il suffit de « couper les gaz », avec un moteur à essence ordinaire, pour obtenir un freinage appréciable; cet effort retardateur est dû pour partie aux résistances passives de frottement et pour partie à l’aspiration pénible du mélange gazeux à travers les canaux de « ralenti » du carburateur.
- Ce type de freinage par « moteur naturel » est impossible avec les diesels; avec les moteurs à essence il procure un couple résistant au maximum égal à 20 ou 25 pour 100 du couple moteur positif fourni par le moteur en marche normale; il est par suite nécessaire, dans les fortes descentes, de laisser le levier sur une basse vitesse, seconde ou première. De plus, les cylindres se trouvent presque continuellement en dépression et il en résulte des remontées d’huile et une succion d’essence qui se traduisent par des encrassements et une consommation totalement inutile.
- Rappelons d’autre part que ce freinage naturel, pas plus que celui des dispositifs perfectionnés que nous allons décrire, ne constitue un blocage absolu susceptible de maintenir indéfiniment la voiture à l’arrêt. Tel véhicule que l’on abandonnera « bloqué en première » sur une pente pourra fort bien s’avancer par saccades au fur et à mesure des fuites d’air inévitables des cylindres.
- Principe du frein=moteur. — Certains constructeurs de camions, notamment Saurer, avaient déjà réalisé un dispositif de frein-moteur basé sur l’emploi d’un arbre à cames coulissant; cet arbre était déplacé par le conducteur, le profil des cames faisait fonctionner le moteur en compresseur-frein.
- Cette réalisation un peu coûteuse avait le défaut de ne s’appliquer qu’aux moteurs neufs mais le principe était excellent. « Les poids lourds », camions, autocars, tracteurs, ont à dissiper sur un nombre formidable de kilogrammètres dans les descentes; il leur faut donc des freins modérateurs non seulement forts mais puissants, c’est-à-dire capables de transformer rapidement en calories ces kilogrammètres sans échauffement local nuisible. Les freins ordinaires à frottement interviennent ensuite tout frais pour fournir le blocage complet.
- Le dispositif Œtiker (fig. 1) comporte un levier unique agissant sur deux organes distincts : un opercule d’entrée d’air pur placé sur la tubulure du carburateur et un obturateur étanche d’une conception fort ingénieuse interposé dans le tuyau d’échappement (fig. 2).
- Quand le conducteur abaisse le levier, le moteur aspire de l’air à travers un filtre et le refoule dans le tuyau d’échappement formant réservoir clos. La pression s’élève donc rapidement dans ce tuyau mais — c’est là un détail important du système — elle se stabilise bientôt aux environs de2,5 atm. à cause du volume propre relativement considérable du tuyau-réservoir qui forme un important « espace nuisible ».
- Il est clair, sans recourir à une étude complète qui ne pour-
- Collecteur d admission
- Câble de
- commande
- Valve
- da dn isski d'air ~
- d'aspiration
- Obturateur^ d’échappement
- Fig. 1. —- Principe du frein-moteur système Œtiker.
- tait être faite qu’à l’aide des « épures de distribution » du moteur, que les pistons auront à accomplir un effort de compression considérable à chaque course d’échappement : d’où l’effet de freinage.
- Du point de vue purement théorique de la conservation de l’énergie, on peut se demander ce que devient l’énergie mécanique absorbée par le frein-moteur, puisqu’elle ne saurait s’accumuler qu’en quantité très limitée dans le tuyau réservoir. La réponse est la suivante : quand un piston arrive à fin de course d’échappement (devenu ici course freinante), la soupape d’échappement se ferme et la soupape d’aspiration s’ouvre. Il en résulte que le cylindre « tousse » dans la tubulure d’aspiration, l’air qu’il contient se détendant avec travail contre la pression atmosphérique. D’autre part, les compressions ne sont pas adiabatiques, une partie de la chaleur dégagée
- Fig. 2. — Schéma de fonctionnement de l’obturateur auxiliaire d’équilibrage.
- I ouvert, III fermé, II position intermédiaire d’équilibre qui ne se présente que lors de la manœuvre d’ouverture. ( Journée industrielle.)
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- étant emportée par la circulation d’eau. Enfin, on a toujours le freinage par les résistances propres de frottement.
- Faire dégager au radiateur une partie de la chaleur produite par le freinage, il faut avouer que c’est là un assez joli tour de force technique et qui méritait d’être signalé.
- Avantage du frein=moteur. — Le frein-moteur est au moins trois fois plus fort que le moteur freinant « naturellement », du fait qu’il fonctionne sous une pression de 2,5 atm alors que la dépression atteint difficilement 0,8 atm de façon durable.
- Son fonctionnement est toujours progressif; il procure une économie de carburant et d’huile que le constructeur chiffre à 20 pour 100 de la consommation totale pour des parcours accidentés. Les remontées d’huile sont supprimées; les garnitures de freins durent trois ou quatre fois plus longtemps et demandent moins de réglages.
- L’appareil peut être placé sur tous moteurs existants quel qu’en soit le modèle. Il est encore plus simple pour les diesels, du fait que l’opercule d’admission n’est plus nécessaire.
- Il importe de souligner la disposition très particulière de l’obturateur d’échappement, qui doit se déplacer facilement malgré la pression et les encrassements (fig. 2). Le levier de commande A entraîne deux leviers articulés B et G qui portent eux-mêmes deux obturateurs glissants C et E. Quand on amène le levier en position de freinage (de I en III) les deux obturateurs glissent sur la glace qu’ils décrassent et viennent obstruer un grand orifice J et un plus petit K.
- Quand on ramène le levier A au zéro, le grand obturateur reste énergiquement collé par la pression; mais, grâce à l’œil allongé de A, les leviers prennent la position II, déplaçant le petit obturateur, ce qui rétablit l’équilibre des pressions et permet au grand obturateur de s’ouvrir à son tour.
- Bien que le frein moteur Œtiker puisse apporter aux voitures de tourisme une sécurité fort appréciable, son domaine privilégié sera certainement les poids-lourds. Dans ce cas, il est intéressant de le compléter par un servo-frein à basse pression alimenté par l’air comprimé existant dans le tuyau-réservoir; cette disposition fournit un freinage plus énergique que le servo-frein à dépression et s’applique très bien aux véhicules munis de remorques.
- HYGIÈNE
- Filtre adoucisseur « Esser ».
- Les eaux naturelles sont plus ou moins pures et renferment de petites quantités de sels minéraux. Les sels calcaires sont les plus fréquents et, suivant leur concentration, les eaux sont dites « douces » ou « dures ». Dans ce dernier cas, l’eau est impropre au savonnage, à la cuisson des légumes, etc. ; une forte croûte de tartre se forme dans les chaudières. Ces défauts tiennent à la formation d’oléates et de margarates insolubles de chaux et de magnésie avec le savon et à une combinaison de sels alcalino-terreux avec les matières organiques azotées, qui durcit les légumes. Si les sels sont principalement du sulfate de chaux, les eaux sont dites « séléniteuses ».
- Depuis longtemps, on avait remarqué l’action particulière des produits appelés « zéolithes » ou permutites, de composition plus ou moins définie (silicates doubles d’alumine et de soude) sur les eaux calcaires. La chaux est instantanément fixée par échange de base et le sodium prend la place du calcium. La réciprocité est totale, de sorte que, lorsque le zéo-lithe a été complètement saturé, calcifié, il suffit de le traiter par une solution de sel marin pour revenir à l’état initial. Cette opération, extrêmement simple et pratiquement instantanée, est appelée régénération.
- Les zéolithes naturels étaient peu actifs et se désagrégeaient alors que les produits de synthèse sont plus efficaces et extrêmement résistants. Leur usage, longtemps réservé à l’industrie, est maintenant devenu ménager.
- Il existe, en particulier, un petit appareil extrêmement simple, adaptable directement au robinet et pouvant adoucir de 100 à 150 1 d’eau, avant régénération, suivant le degré hydrotimétrique.
- C’est une boule en laiton étamé à l’intérieur et chromée à l’extérieur, contenant un zéolithe très actif et comportant une disposition intérieure spéciale. L’appareil se fixe au robinet par un raccord spécial très robuste, tandis que la partie inférieure forme brise-jet (fig. 1).
- 11 est facile de constater que l’appareil a besoin d’être régénéré, lorsque le savon donne une mousse aussi faible avec l’eau adoucie qu’avec l’eau brute. Pour la régénération, on emploie environ un quart de litre d’eau tiède dans lequel on a fait dissoudre 5 à 6 cuillerées à soupe de sel de cuisine;
- robmet
- douille à vts
- raccord molete
- cot de l 'adoucisseur
- Fig. 1. — Le filtre adoucisseur « Esser » sur un robinet.
- on verse doucement par le col de l’adoucisseur enlevé du robinet.
- Divers modèles sont réalisés selon la position des robinets et le débit désiré.
- Filtre Esser, 2, rue Sainte, Marseille.
- PHOTOGRAPHIE
- Adhésif pour collage à sec des épreuves p ho tograp hiques.
- Prendre :
- Gomme laque............... 30 gr.
- Gomme élémi................ 3 —
- Baume du Canada sirupeux. 4 —
- Alcool à 95°..............100 cent, cubes.
- Dissoudre dans la moitié de l’alcool la gomme élémi et le baume du Canada; dans l’autre moitié la gomme laque, mélanger ensuite les deux solutions.
- Étendre cette composition au moyen d’un pinceau large sur les deux faces d’une feuille de papier pelure, laisser sécher en suspendant par un coin.
- Ces feuilles se conservent indéfiniment. Pour l’emploi, on les coupe à la dimension voulue et on en intercale une entre l’épreuve à coller et le carton support, puis on passe sur le tout, avec un buvard propre comme intermédiaire, un fer à repasser modérément chaud (90° à 100° C environ).
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- BOITE AUX LETTRES
- COMMUNICATIONS
- Adresses relatives aux appareils décrits :
- Les moteurs pour avions légers:
- Moteur Ava, 364 bis, rue de Vaugirard, Paris.
- Moteurs Aubier et Dunne, 17, place de l’Église, Saint-Amand-les-Eaux (Nord).
- Moteur Poinsard, Établissements Pierre-Mengin, Montargis (Loiret). Moteurs Train, 9, rue Rouget-de-l’Isle, Courbevoie.
- QUESTIONS ET REPONSES
- Ouvrages de radio technique et hétérodynes de mesure.
- 1° U existe des écoles sérieuses formant des praticiens de la radioélectricité et du cinématographe sonore. S’il vous est impossible de suivre régulièrement des cours, vous pouvez étudier des précis élémentaires d'électricité et de radiotechnique, sans connaissances mathématiques spéciales; par exemple « Précis de radio-éleciricité », par Roland; Précis d’électricité par A. Touvy; Précis d’acouslique, par 1>. Hémardinquer; éditeur : La Technique cinématographique, 34, rue de Londres, Paris, et consultez Le cinématographe sonore et la projection en relief, par P. Hémardinquer (Eyrolles, éditeur).
- 2° La construction des hétérodynes de mesures modulées pour le dépannage et la mise au point des récepteurs, est assez facile; on peut les réaliser avec deux lampes, l’une oscillatrice, l’autre modu-latrice, alimentées par batteries ou par le secteur et même leur donner la forme « tous courants », alternatif ou continu.
- Vous trouverez des schémas d’hétérodynes modulées dans le livre « Entretien et dépannage des appareils radio-électriques, tome I, par P. Hémardinquer. (Eyrolles, éditeur, 3, rue Thénard, Paris).
- Réponse à M. G. K., à Bourdeilles, Dordogne.
- Système antiparasites à compensation.
- Parmi les systèmes antiparasites, les dispositifs d’antennes ou de cadres compensés méritent d’être essayés.
- Dans ces dispositifs qui guérissent le mal par le mal, on fait agir sur les parasites recueillis par l’antenne ou le cadre, les mêmes parasites, avec une intensité comparable, mais en sens inverse, de façon à les neutraliser. On peut ainsi utiliser des antennes compensées, des cadres compensés ou encore des systèmes combinés comportant une antenne et un cadre; par exemple, un cadre de réception normale et une petite antenne ayant uniquement pour rôle de recueillir les parasites.
- Consulter le petit fascicule : L’Élimination des parasites en T. S. F., par R. Singer. Eyrolles, éditeur.
- Réponse à M. R. C., à Alger (Algérie).
- Adaptation d’un pick-up.
- Les modèles de pick-up les plus employés sont électro-magnétiques; on dispose maintenant de pick-up pratiques de systèmes différents, piézo-électriques par exemple.
- La plupart du temps, on fait agir le pick-up sur la première lampe basse fréquence ou sur la lampe détectrice qui joue alors le rôle de première amplificatrice basse fréquence.
- Le système de liaison dépend de l’impédance des enroulements du pick-up et du type de la première lampe basse fréquence. Si le pick-up n’a pas une impédance suffisante et ne provoque pas des variations de tension assez importantes sur la grille de cette première lampe, il est nécessaire d’employer un transformateur de liaison élévateur de tension.
- Il existe aussi des systèmes perfectionnés dits « à impédance variable » munis d’une manette manœuvrée de l’extérieur.
- Réponse à M. Cassarp, à Nantes.
- Système de modulation par déphasage.
- Nous avons déjà indiqué les avantages comparés des différents systèmes de modulation des postes émetteurs radiophoniques, notamment, dans les numéros spéciaux de T. S. F. de septembre 1933, 1934 et 1935.
- 11 est difficile de donner une explication simple du fonctionnement d’un système de modulation par déphasage, et une description très
- sommaire d’un appareil muni d’un dispositif de ce genre. Vous trouverez une étude complète dans l’ouvrage « Vingt-cinq années de T.S.F. » publié par la Société française radio-électrique, 79, boulevard Haussmann, Paris, et dans le Bulletin édité par cette Société.
- Réponse à M. Aubertin, à Longwy.
- Conservation de films cinématographiques.
- Les films cinématographiques, particulièrement les films de format réduit en acétate de cellulose, perdent leur souplesse lorsqu’ils sont conservés dans une atmosphère chaude et sèche, ils deviennent cassants et se déchirent facilement au moment de la projection. Il est recommandé de les maintenir dans une atmosphère humide, en les plaçant dans une boîte métallique et hermétiquement fermée, contenant dans le fond une feuille de buvard imprégnée d’un mélange de 50 pour 100 d’eau et de 50 pour 100 de glycérine. Ne pas poser les films directement sur le buvard, mais placer sur le fond de la boîte, au-dessus du buvard, un disque métallique perforé, celui-ci pourra être une tôle mince ou un treillis étamé.
- Réponse à M. Alliaume, à La Varenne-Saint-Hilaire (Seine).
- Construction de lampes au néon.
- Vous trouverez des indications dans l’ouvrage « La Télévision et ses progrès », par P. Hémardinquer, Dunod, éditeur. Pour des tubes de modèle spécial, vous pouvez vous adresser aux laboratoires Abadie, 26, rue Martin-Bernard, Paris (13e).
- Réponse à M. P. B., à Paris.
- Emploi d’un milli=ampèremètre.
- Il est facile d’effectuer de très nombreuses mesures avec un milli-ampèremètre et des résistances. Voyez à ce sujet, l’ouvrage : Entretien, mise au point et dépannage des appareils radio-électriques, par P. Hémardinquer, Eyrolles, éditeur. Pour les jeux de résistances s’adaptant à un milli-ampèremètre, vous pouvez vous adresser aux établissements Da et Dutilh, 85, rue Saint-Maur, Paris, XIe.
- Réponse à M. Maurice Largier, à Lille (Nord).
- Construction d’un émetteur à ondes courtes pour usage médical.
- Les systèmes émetteurs à ondes courtes utilisés en thérapeutique produisent des ondes d’une longueur de l’ordre de 16 à 18 m au minimum pour les applications généralisées, et de 12 à 14 m pour les applications localisées, la puissance variant de 500 watts à un kw. Les schémas de montage sont relativement simples, encore faut-il qu’ils soient établis avec soin. L’émetteur du type Hartley bien connu convient très bien à l’établissement d’appareils de ce genre. On a déjà pu réaliser des appareils produisant des ondes de longueur beaucoup plus courte, de l’ordre du mètre, mais alors la puissance est beaucoup plus faible, et les effets produits sont encore mal connus.
- Voici quelques adresses de constructeurs d’appareils à ondes courtes:
- La Verrerie scientifique, 12, avenue du Maine, Paris.
- Compagnie générale de radiologie, 34, boulevard de Vaugirard, Paris.
- Etablissements Walter, 37, boulevard Saint-Michel, Paris.
- Réponse à M. le Dr Chichet, à Rouen (Seine-Inférieure)
- Choix d’un poste récepteur de T. S. F.
- Vous trouverez toutes les indications générales nécessaires pour le choix d’un poste dans l’ouvrage Comment choisir un poste de T. S. F., par P. Hémardinquer (Dunod, éditeur), et il est difficile de donner des indications plus précises d’ordre commercial.
- Parmi les fabricants français, nous pouvons citer les construc-
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- teurs bien connus fabriquant en grande série, tels que Philips, Radiola, Ducretet, Pathé, Marconi, Le Matériel téléphonique, Gramophone, et d’autres, très sérieux, tels que Gody, Lemouzy, Radio L. L., Hewittic, etc. Réponse à M. Cadoz, à Paris.
- Système d’enregistrement des images et des sons.
- Les essais exécutés en Suisse en 1932 ont été décrits dans notre numéro du 15 juin 1934; ils ne paraissent pas particulièrement originaux, et la priorité de ce genre d’expériences semble bien appartenir à l’inventeur anglais J. L. Baird, dont nous avons décrit les travaux à plusieurs reprises. Cet inventeur a réalisé un appareil appelé « Phono-visor », destiné à l’enregistrement et à la reproduction des images télévisées.
- Vous pouvez trouver des indications sur les principes de ces dispositifs dans La Télévision el ses progrès (Dunod, éditeur) ou Les effets électriques de la lumière (Baillière, éditeur).
- Nous ne pensons pas que vous puissiez vous procurer en France, ni même en Suisse, des disques enregistrés suivant cette méthode; mais Vous pouvez vous adresser utilement dans ce but, à la revue anglaise Télévision, Bernard Jones Publications Ltd, Chansitor Ilouse, 38, Chaneery Lane, London W. C. 2.
- Vous trouverez des indications sur les méthodes d’enregistrement des sons sur bande ou fil d’acier, procédé Poulsen, dans Le cinématographe sonore, par P. Hémardinquer (Librairie Eyrolles, 3, rue Thénard, Paris).
- Comme constructeurs, nous vous signalons la Société des machines de bureau, 24, rue de l’Arcade, à Paris.
- Les machines utilisées pour la radio-diffusion comportent des bandes de papier saupoudrées de poudre de limaille de fer très fine, étendue spécialement. Ces appareils, dénommés Magnétophones, sont d’un prix élevé. Vous pouvez vous adresser à la Société Siemens, 17, rue de Surène, à Paris, et à la Société Telefunken, 19, rue des Pyramides, à Paris. Réponse à M. Schonne, à Lambersart (Nord).
- Transmissions radiophoniques simultanées.
- Pour permettre les diffusions simultanées par plusieurs stations, les différentes stations françaises sont reliées entre elles par un réseau de câbles spéciaux qui constituent l’auxiliaire indispensable des services de radio-diffusion. Ce réseau assure les connexions, soit par groupes, soit par nationalité. D’autres circuits en câbles souterrains relient les postes émetteurs aux grands postes internationaux.
- Les câbles de liaison entre les studios et les émetteurs permettent la transmission sur une gamme comprise entre 25 et 12 000 périodes-seconde. Les circuits destinés à l’interconnexion des postes émetteurs sont munis d’un équipement spécial avec amplificateurs à lampe à vide; ils permettent une bonne transmission jusqu’à 8000 à 10 000 périodes-seconde. Les câbles de liaison aboutissent en France à un centre de distribution de courants modulateurs situé au bureau central téléphonique interurbain des Archives, à Paris.
- Ainsi, chaque station du réseau d’État français peut être reliée au centre modulateur, et, par son intermédiaire, aux autres stations européennes. Des circuits spéciaux vers la Belgique, l’Allemagne, la Suisse, l’Espagne et l’Angleterre assurent la liaison du centre modulateur et de toutes les stations françaises avec les autres réseaux européens. Réponse à M. H. D..., à Paris.
- De tout un peu.
- M. F. C., Lyon. — Vous trouverez le rasoir électrique Dynam, chez Meyrowitz, [18, boulevard Haussmann, Paris, et l’OCEL, boulevard Haussmann, Paris.
- M. Dr Galarza, Badules. — Nous vous conseillons de vous reporter à un article que nous avons publié sur la culture des perles, dans notre n° 2603, du 23 février 1924, page 113. Nous répondrons ultérieurement à la deuxième question.
- M. Dr Didimo, Minas Geraes. — Nous avons publié une note sur la fabrication des crins de Florence, dans notre n° 2786, du 1er juin 1928, qui vous donnera déjà quelques indications sur les procédés de fabrication. 11 a paru il y a quelque temps un article plus complet dans le Bulletin des Sciences pharmacologiques, 23, rue de l’École-de-Médecine, Paris. Nous ignorons quelle peut être la valeur du matériel nécessaire à cette industrie.
- M. Le Roux, à Caen. — Pour répondre utilement à votre question, il serait’nécessaire d'avoir l’article en mains; nous pensons qu’il
- s’agit d’un sel anhydre, peut-être le sulfate de cuivre, qui en fixant de l’eau de cristallisation dégage de la chaleur, mais comme d’autres sels peuvent être envisagés, seul un examen nous permettrait d’être plus affirmatif.
- M. Rolland, à Paris. —La parkérisation, c’est-à-dire la formation de phosphate de fer à la surface du métal, vous permettrait effectivement de le préserver de l’oxydation; mais, à notre avis, il serait beaucoup plus simple d’appliquer une couche du vernis suivant qui donne une pellicule très mince, souple et complètement invisible.
- Celluloïd transparent. ........................... 15 gr
- Acétone...........................................100 —
- Acétate d’amyle...................................100 —
- Benzine......................................... 100 -—
- Ether acétylacétique.............................. 20 —
- N. B. — L’éther acétylacétique est destiné à empêcher la formation du voile au moment de l’évaporation des solvants.
- J. M., à Kontum (Annam). — l°Nous pensons que vous pourrez facilement fixer les éléments de vos plaques de stencils en les enduisant de vernis à la gomme laque, puis en serrant fortement.
- Placer ensuite l’ensemble sur un bain-marie pour amener la fusion de la gomme laque qui a lieu vers 80°-90° C; après refroidissement la liaison sera assurée, si l’opération a été bien conduite.
- 2° La formule suivante, qui nous a été communiquée par un de nos lecteurs, vous permettra de préparer sans difficultés une encre pour recharger les tampons de machines à écrire :
- Violet de Paris.................................... 1 gr
- Alcool à 95°.......................................10 cm3
- Glycérine..........................................10 cm’1
- Faire dissoudre d’abord la couleur dans l’alcool, à froid, puis ajouter la glycérine et rendre homogène.
- M. d’Ornellas, à Talence. — Le vernis suivant vous donnera très probablement satisfaction, pour protéger vos papiers de tenture contre l’humidité :
- Acétate de cellulose.............................. 30 gr
- Tétracliloréthane................................ 360 —
- Triacétine......................................... 3 —
- Alcool à 95°...................................... 40 —
- Eu égard à la faible couche nécessaire et à la transparence du vernis, la présence de celui-ci sera pratiquement invisible.
- M. Guglielmi, à Mourmelon. — La décoloration de l’émail vert de votre salamandre est due à la réduction de l’oxyde de chrome par les gaz réducteurs (oxyde de carbone) qui résultent d’une combustion au ralenti.
- Nous pensons que, dans une certaine mesure, vous pourrez obtenir une réoxydation, en badigeonnant les parties altérées d’une solution d’acide chromique (sel pour piles type Grenet, anciennes piles à zinc plongeur); peut être simplement une solution concentrée de bichromate de potasse suffirait-elle.
- Quant au masquage des craquelures, une application de silicate de potasse à 36° B donnera, après chauffage un peu poussé, un nouvel enduit qui sera nous l’espérons satisfaisant.
- M. Rougê, à Tours. — Pour déterminer la quantité d’argile, il vous suffira de peser un poids connu, 20 gr par exemple de la terre à analyser et la délayer avec de l’eau additionnée de 5 pour 100 environ d’ammoniaque (alcali volatil);laisser reposer environ 5 minutes dans un verre et décanter le liquide trouble qui sera reçu dans un grand récipient. Redélayer à nouveau le dépôt, cette fois sans alcali, laisser reposer, décanter et réunir à la première décantation; répéter la même opération jusqu’à ce que le liquide surnageant soit limpide.
- Toutes les décantations étant réunies, rendre le liquide fortement acide par l’acide chlorhydrique; à ce moment, l'argile est coagulée, il suffit de la recevoir sur un filtre, puis de calciner le tout; le filtre disparaît et l’argile sèche est pesée. Le résultat est multiplié par 5 pour être rapporté à 100 gr.
- M. Boulinaud, à Cognac. — Le chlorure de chaux présente, en effet, l’inconvénient d’attaquer les parties métalliques des waters ainsi que les tuyaux de descente; pour l’éviter, il suffit d’employer le sulfate de fer (vitriol vert) que l’on trouve couramment chez tous les marchands de produits chimiques ou dépositaires d’engrais.
- M. Chardin, à Pantin. — Pour rendre les apprêts pour tissus imputrescibles ou plus exactement éviter le développement des moisissures, on ajoute habituellement à ceux-ci, pendant la préparation, 1 à 2 pour 100 de sulfate de zinc, produit peu coûteux et d’einploj facile. '
- Le Gérant : G. Masson.
- 77ô5. — lmp. Lahure, 9, rue de Kleurus, Paris. — i-2-iq3o. — Bublished in France.
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- N° 2971
- LA NATURE
- 15 Février 1936
- pour étudier le règlement du Concours de modèles réduits.
- Elle avait bien voulu inviter notre gérant, M. Georges Masson, et l’un de nos rédacteurs en chef, M. Troller, à prendre part à ses délibérations auxquelles assistait également M. le commandant Bureau, délégué par l’Office national météorologique, qui porte un vif intérêt à ce concours.
- La Commission d’Aviation a arrêté dans ses grandes lignes le règlement du Concours. Quelques points de détail restent toutefois à préciser. Nous publierons intégralement le règlement dès que son texte exact sera arrêté.
- Nous pouvons toutefois, dès maintenant, en faire connaître les points essentiels.
- 1° Lieu et date du Concours.
- Le Concours se déroulera le 16 août 1936, au Centre national de vol sans moteur, à La Banne d’Ordanche (Puy-de-Dôme). Il pourra être reporté aux jours suivants si les conditions atmosphériques l’exigent.
- Pourquoi La Banne d’Ordanche ?
- La Banne d’Ordanche dont le point culminant est à 1515 m est le nom d’un ancien volcan qui domine la vallée de la Dore, au-dessus de La Bourboule, et non loin du Mont-Dore; au nord de cette montagne s’étend un vaste plateau assez accidenté et sans aucune agglomération. L’Aéro-Club de France y a installé à 1450 m d’altitude un centre de vol à voile, qui jouit de conditions météorologiques excellentes, et où se trouvent rassemblés tous les moyens de contrôle nécessaires. Un centre d’observation et de sondages météorologiques, organe indispensable pour un concours aérien, y fonctionne avec des observateurs et sous la direction de l’Office national météorologique. Le centre dispose de tous les appareils nécessaires pour suivre les petits modèles d’avions en vol et mesurer les altitudes atteintes.
- Ajoutons qu’il se prête admirablement'‘au camping et qu’à proximité immédiate, La Bourboule, ou le village pittoresque de Murat-le-Quaire offrent toutes les ressources voulues pour le logement.
- 2° Conditions du Concours.
- Le Concours a pour but de récompenser le constructeur dont l’appareil réussira à s’élever le plus haut en emportant une charge utile minima qui, pour cette année, est fixée à 500 grammes.
- Chaque concurrent aura droit à deux séries de vols.
- Les modèles réduits présentés doivent satisfaire aux définitions de la F. A. I. (').
- Mais contrairement à ces définitions, pour cette année du moins, les concurrents seront autorisés à munir leurs appareils de moteurs à essence.
- En principe, les seuls moteurs admis dans les compétitions établies suivant le règlement international sont des moteurs sans combustible inflammable : moteur caoutchouc, moteur mécanique, force gyroscopique.
- Mais en raison de la difficulté de se procurer en France actuellement de petit moteurs à gaz comprimés, la Commission a admis, pour cette année, le modèle à essence.
- Pourquoi une charge utile de 500 gr?
- Il faut voir là l’idée directrice des organisateurs de notre Concours.
- Un petit modèle d’avion, capable de voler longtemps, c’est une distraction excellente, bien propre à donner à ses adeptes le goût et le sens des choses de l’air; mais ce peut être bien mieux encore : un petit appareil capable de s’élever par ses seuls moyens à une haute altitude, en emportant par exemple des appareils d’enregistrement météorologiques automatiques,doublés d’émetteur de T. S. F., comme il en existe aujourd’hui, rendrait les plus signalés services à la navigation aérienne. Les ballons-sondes employés aujourd’hui dans ce but ont l’inconvénient de se perdre presque toujours et de coûter fort cher; un petit avion pourrait revenir au point de départ. On pourrait alors multiplier les sondages en altitude; la connaissance des températures en altitude, combinée avec celle des courbes de pression au sol, permet de prédire avec sécurité le type de temps qui se rencontrera sur un parcours déterminé.
- Le programme du Concours de cette année est très modeste; on ne demandera aux concurrents qué d'atteindre 200 m d’altitude au minimum. On a tenu à ne décourager aucune bonne volonté par un programme trop difficile. Mais nous sommes persuadés que d’excellents résultats seront obtenus dès cette année et que le Concours favorisera la naissance et le développement des petits avions sans pilote, capables de remplir une mission scientifique ou toute autre.
- 3° Le Concours est international.
- Engagements.
- Le Concours est international. Les engagements devront parvenir à la Ligue Aérienne Française, 18, avenue Victor-Emmanuel III, Paris, avant le l*r juillet, accompagnés d’une somme de 15 fr pour droits d’inscription.
- 1. Nous publierons ces définitions dans notre prochain numéro.
- LE CONCOURS D’AVIONS MODELES-REDUITS
- DE “ LA NATURE ”
- La Commission ^j^AViàt^an de l’Aéro-Club de France s’est réunie le 21 janvieT 1936, au siège de l’Aéro-Club
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- LA MICROCINÉMATOGRAPHIE
- Longtemps, le microscope servit à regarder les petits animaux, les tissus, les cellules, sans préparations spéciales. Le désir de voir plus et mieux conduisit ensuite les histologistes à inventer toutes sortes de techniques de fixation et de coloration. Puis on revint à l’examen in vivo, plus sûr. Les perfectionnements des instruments d’optique (immersion homogène, fond noir, etc.), les progrès des moyens d’intervenir sur les cellules, telles la culture des tissus in vitro, la micro-manipulation, permettent aujourd’hui d’expérimenter sur des cellules en vie, d’observer directement leurs réactions,
- dernières années, le Dr Comandon a trouvé un collaborateur précieux en la personne de M. de Fonbrune, qui, parmi d’autres découvertes importantes dans le domaine de la microcinématographie, a inventé le micromanipulateur, dont il a été question dans le numéro 2967 de La Nature.
- Peu à peu, microscope et appareil de prises de vues se sont adaptés l’un à l’autre, pour aboutir à l’appareillage actuel, véritable petite usine de très haute précision (fig. 1 et 2).
- L’appareil conçu par le Dr Comandon se compose de
- Fig. 1, à gauche. — L’installation de microcinématographie du DT Comandon : 1. Table massive portant la source d’éclairage a et le banc d’optique; 2, plate-forme du microscope c; 3, bâti de l’appareil de prises de vues; 4, table d’acier portant l’obturateur d; e, moteur électrique; m, micromanipulateur de Fonbrune. — Fig. 2, à droite. — Le microscope c placé dans une chambre à température réglable n.
- leurs mouvements, leurs divisions, leurs troubles. La microcinématographie apporte à ces nouvelles études sa finesse et sa précision d’analyse et aussi la possibilité de voir tous les mouvements, qu’ils soient trop lents ou trop brefs pour nos sens. Pour tout dire, elle met à notre échelle l’espace et le temps microscopiques.
- Si la cinématographie est l’oeuvre magnifique des frères Lumière, la microcinématographie est celle d’un autre Français, le Dr J. Comandon. Les réalisations actuelles sont l’aboutissement d’études minutieuses qu’il poursuit depuis plus de vingt-cinq années ! En ces quinze
- quatre parties rendues aussi indépendantes que possible, pour empêcher que les vibrations ne se communiquent de l’une aux autres, et en particulier au microscope :
- 1° Une table massive, sur laquelle est posé le banc optique de Zeiss pour la microphotographie. Elle supporte la source d’éclairage, a,, les condensateurs et lentilles collectrices;
- 2° le microscope c placé sur un socle reposant sur une plate-forme exempte de vibrations;
- 3° Un bâti pesant, en fonte, qui soutient l’appareil cinématographique /;
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- 4° Une table en acier, latérale, sur laquelle sont fixés les parties mobiles et l’obturateur d qui coupe périodiquement le rayon lumineux entre la lampe et le microscope.
- Un moteur électrique e, placé sous cette table, sur le sol, actionne les divers mouvements.
- Ces trois parties et le moteur électrique ont leurs bases scellées dans un bloc de béton inclus dans le sol. Les trépidations produites par le fonctionnement de l’appareil sont facilement amorties par cette grosse masse, de même que les vibrations de la rue ou de la maison ; elles ne peuvent être transmises à la partie optique de l’appareil.
- On emploie généralement le grand microscope photographique de Zeiss c avec ses diverses combinaisons optiques d’objectifs et d’oculaires.
- Les sources d’éclairage diffèrent selon les prises de vues; ce sont : une lampe à arc, à courant continu de 20 amp, ou bien une lampe à incandescence (lampe de phare d’automobile de 100 bougies, 12 v), ou encore le dispositif de Koehler : étincelle entre électrodes de cadmium, prisme et optique en quartz pour la cinématographie en lumière ultra-violette.
- Le dessus de table, supportant la lampe et le banc optique, est posé sur une glissière vissée dans cette table massive. On peut donc le déplacer horizontalement, parallèlement au banc optique, notamment quand on veut photographier des préparations en position verticale; le tube du microscope est alors incliné de 90° jusqu’à l’horizontale, dans l’axe du rayon lumineux projeté par la lampe. Un prisme à réflexion totale, fixé à l’oculaire, réfléchit le rayon lumineux formant l’image, vers le haut, verticalement, jusqu’au centre de la fenêtre encadrant la pellicule.
- Généralement, les photographies sont prises à l’aide
- Chambre humide.
- Fig. 3.
- Chambre à huile.
- Fig. 4.
- du microscope vertical, comme le montrent les photographies des figures 1 et 2. Le rayon lumineux tombe alors au centre du miroir du microscope, puis est réfléchi perpendiculairement selon l’axe optique du microscope et il aboutit, comme précédemment, à la fenêtre de l’appareil.
- L’appareil de prises de vues cinématographiques / est un G. V. Debrie, modifié d’après les indications du Dr Comandon. Ce remarquable appareil de « grande vitesse » (qui a été imaginé par M. Labrély) permet de prendre plus de 250 vues par seconde. A cette cadence, le système de griffes qui entraîne le film opère la substitution d’une image à la suivante en moins de l/500e de seconde.
- On n’utilise des allures aussi rapides en microcinématographie que pour analyser des mouvements très rapides; à allures plus lentes, cet appareil garde le grand intérêt d’augmenter la longueur du temps de pose aux cadences habituelles de la cinématographie.
- Par une légère modification du G. V., on obtient une période de pose cinq fois plus longue que la période d’escamotage ou d’obturation, et cela pour une cadence
- Fig. 5 à 10. — Phases successives de la sortie d’une Amibe de son kyste.
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- Fig. 11 d 18. — Division d’un Trypanosome au milieu des hématies, dans le sang.
- pouvant dépasser 32 images par seconde (la cadence normale étant de 16 images par seconde). Ce but est atteint au moyen d’une came qui soulève les griffes et empêche la prise des perforations du film pendant une durée qui correspondrait à 3 images, si ces griffes étaient libres d’agir. Au moment qui correspondrait à la fin de la pose de la quatrième image, les griffes sont abaissées et entraînent le film de la longueur d’une image, à une vitesse trois fois plus considérable que dans un appareil normal pour la même cadence. Le temps de pose est donc deux fois plus long que dans les appareils courants. C’est un important perfectionnement dans l’utilisation photographique du temps et du flux lumineux. Il permet de cinématographier des sujets délicats supportant mal la lumière, en utilisant un éclairage moindre, tout en gardant la cadence rapide que nécessite la vitesse de leurs mouvements.
- Un dispositif accessoire permet d’inscrire sur chaque image le temps, ce qui permet de connaître l’allure exacte de la prise de vue. Cet enregistrement est obtenu à l’aide d’un très petit objectif placé sur le côté gauche de l’appareil, qui, par l’intermédiaire d’un prisme, donne dans un cercle de 3 mm de diamètre, situé dans un angle supérieur du film, l’image d’un chronomètre à cadran transparent g, placé à distance déterminée devant cet objectif et éclairé par une petite lampe à incandescence h.
- Chaque image enregistre ainsi la minute et même la fraction de seconde de la pose. En substituant au chronomètre un thermomètre ou l’aiguille d’un galvanomètre, on peut inscrire aussi la température, le sens d’un courant électrique, ou toute autre indication des phénomènes en expérience.
- L’appareil cinématographique, solidement fixé sur une glissière, peut être élevé ou ahaissé le long du bâti de fonte par un effort minime, au moyen d’un volant i. Quand il est élevé au maximum, on peut mettre l’œil au-dessus du microscope et observer directement la préparation. Au moment de la prise de vues, l’appareil est amené à la distance voulue pour un grossissement déterminé, indiquée par un index qui se déplace sur une règle métrique / fixée au bâti. Le joint de lumière entre le microscope et la pellicule est réalisé par un soufflet à tirage variable s.
- Un perfectionnement important apporté par le Dr Co-mandon est un système de téléloupe k et de prisme qui permet non seulement la mise au point directement sur la pellicule, mais aussi une surveillance constante de celle-ci pendant la prise de vues. On peut ainsi maintenir dans le champ les objets mobiles en agissant sur la vis du microscope et on observe sans arrêt les préparations microscopiques reflétées sur la pellicule \ierge de la même façon qu’un photographe voit l’objet ou le
- Fig. 19 à 21. — Une Amibe se nourrissant d'un filament d’Àlgue.
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- sujet à photographier sur un verre dépoli quand il met au point.
- L’appareil est actionné par un moteur électrique de 0,7 ch, scellé directement dans le massif de béton. Normalement, il donne 1500 t-mn, mais cette vitesse peut être réduite de moitié à l’aide d’un rhéostat.
- Le mouvement du moteur est transmis par une courroie à un arbre horizontal intermédiaire, supportant plusieurs poulies.
- Par celles-ci et une nouvelle courroie, la rotation est communiquée à un nouvel arbre horizontal, soit directement, soit par l’intermédiaire de réducteurs de vitesse. Cet arbre donne le mouvement à l’appareil de cinéma et à l’obturateur, dont le mouvement est ainsi maintenu parfaitement synchrone de celui du cinématographe. Les réducteurs de vitesse se fixent très rapidement sur la rainure de la table en acier; ils peuvent s’emboîter les uns à la suite des autres de façon que le premier, recevant le mouvement par une courroie de l’arbre intermédiaire, le transmet, réduit en vitesse, à un deuxième réducteur, puis, si cela est nécessaire, à un troisième. Chaque réducteur est caractérisé par son coefficient de démultiplication et, en les combinant, on arrive à réaliser des vitesses très variées.
- L’obturateur d est un secteur équilibré qui coupe le rayon lumineux aussi près que possible du microscope. De cette façon la préparation microscopique n’est ni éclairée ni chauffée pendant le temps d’obturation, ce qui ménage les micro-organismes délicats.
- Le microscope peut être enfermé dans une étuve à chauffage électrique n et de cette façon la préparation peut être maintenue à une température constante favorable, comme dans une étuve bactériologique. La face antérieure de cette étuve est une glace qui livre passage au faisceau éclairant. L’oculaire sort de la partie supérieure de l’étuve et latéralement des boutons de réglage de la mise au point et des mouvements de la platine sont à portée de la main (fig. 2).
- . — Deux Amibes sur un filament de moisissure, qu’une d’elles perfore.
- Pour éviter une perte de plusieurs i* êtres de film, car l’appareil lancé met un certain temps à s’arrêter quand le courant électrique est coupé, le Dr Comandon a ajouté un frein sur l’axe du moteur.
- Enfin un dispositif spécial, envisagé par les Drs Comandon et de Fonbrune, commandé par un chronomètre, permet de mettre l’appareil automatiquement en marche, de l’arrêter, et de le mettre de nouveau en marche au bout d’un temps voulu. De cette façon, les prises de vues peuvent être effectuées automatiquement à n’importe quel moment fixé d’avance par l’opérateur et en son absence. Le temps inscrit sur chaque image (à l’angle supérieur) révèle à quel instant telle modification ou tel mouvement enregistrés sur le film se sont produits.
- Un autre problème, non moins compliqué, consiste à maintenir en bon état de vie les êtres vivants et les cellules qu’on cinématographie.
- Deux dispositifs peuvent être utilisés : la chambre humide (de Ranvier) perfectionnée et la chambre à l’huile.
- La chambre humide perfectionnée (fig. 3) est constituée d’une lampe porte-objet sur laquelle est collé, à la gomme-laque, un anneau plat, en verre, de 15 mm environ de diamètre intérieur et de 1mm d’épaisseur. Cet anneau présente une brisure, large de 2 à 3 mm. On le couvre d’une lamelle, dont l’adhérence à la couronne est assurée
- Fig. 24 à 31. — Division canjocinélique d’une hématie de Triton.
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- par une mince couche de vaseline. Par la brisure latérale de l’anneau, on introduit à l’aide d’une pipette fine le milieu et les objets qu’on va observer. La pipette enlevée, la brisure latérale est obturée par un bouchon de vaseline.,
- La provision d’air enfermée dans cette chambre humide est généralement suffisante, même pour satisfaire les besoins de larves jusqu’à leur éclosion. Si besoin est, l’air et le milieu peuvent être renouvelés par la même ouverture latérale.
- La chambre à huile (fig. 4) est constituée par une grosse goutte d’huile de vaseline déposée sur une lamelle maintenue horizontalement, à l’aide d’un petit support spécial (fig. 4 A et D) placé sous le microscope. On fait pénétrer la pointe d’une pipette fine, comprenant le milieu et les organismes vivants, au centre de la goutte d’huile jusqu’au contact du verre. La pipette est reliée à la bouche de l’opérateur par un tube de caoutchouc. En soufflant légèrement, le liquide aqueux sort de la pipette et s’étale sur le verre, sous l’huile (fig. 4 B). On règle alors l’épaisseur de la couche en aspirant l’excès du liquide jusqu’à ce que les cellules soient légèrement comprimées entre la lamelle et la surface de l’huile (fig. 4 C). Certains organismes mobiles, comme des Rotifères, des larves ou des Infusoires ciliés, peuvent ainsi être immobilisés. De la même manière l’excès d’huile peut être soustrait. Le liquide aqueux, grâce à son adhérence au verre, forme sous l’huile une couche mince.
- Grâce à tous ces perfectionnements le Dr Comandon a réalisé des enregistrements cinématographiques magnifiques sous le microscope. Nos lecteurs s’en rendront compte par les quelques images reproduites ici, bien qu’elles ne soient qu’une très minime partie de tous les films et qu’elles soient inanimées sur les pages de notre revue.
- Les films sur fond noir ont été réalisés à l’aide d’un ultramicroscope éclairé par un arc électrique.
- Fig. 33. — Hémolyse d’un globule rouge de sang humain par l’acide chlorhydrique à 1 pour 1000.
- REPRODUCTION! DES AMIBES
- Quand ils se trouvent dans des conditions défavorables, de nombreux êtres unicellulaires changent de forme. Certaines bactéries se déforment et entrent en involution; certains protozoaires s’enkystent. Quand le milieu redevient possible, ils sortent du kyste et reprennent leurs formes habituelles,
- La figure 5 représente cinq amibes enkystées depuis plusieurs semaines. Leur protoplasma est à l’état de complet repos. On aperçoit à leur droite une amibe errante. Le diamètre de ces kystes est de 13 à 16 millièmes de millimètre.
- La figure 6 suivante, prise à 4 heures, montre un kyste sur le point de se rompre. La projection révèle les très vifs mouvements du protoplasma de l’amibe dans son kyste et une vacuole contractile apparaît.
- A 4 h 36 m, l’amibe déchire le kyste vers la droite (fig. 7) et à 5 h 32 m la jeune amibe s’échappe par cet étroit orifice (fig. 8).
- On voit sur la figure 9 une jeune amibe commençant à se nourrir; elle a déjà amassé quelques bactéries à la partie postérieure de son corps.
- Enfin la figure 10 représente le mode le plus ordinaire de reproduction des amibes, par simple division.
- DIVISION DES TRYPANOSOMES
- Les trypanosomes, parmi lesquels se trouvent des espèces pathogènes pour l’homme, tel le Trypanosoma gambiense qui est l’agent de la maladie du sommeil, sont des Protozoaires. Ils se multiplient par division longitudinale surtout, comme le montrent les figures 11 à 18, où l’on voit des Trypanosomes ondulant dans le sang, parmi les globules rouges sphériques.
- LA VIE DES AMIBES
- La figure 19 représente une amibe se nourrissant d’algues. Il est 11 h 19 m 50 s; un pseudopode de l’amibe vient d’enrober l’extrémité d’une algue oscillaire. Le pseudopode progresse lentement autour de l’algue, comme l’indique la figure 20 prise 55 secondes plus tard. Il se rétracte ensuite, en tirant l’algue qui pénètre d’une petite longueur dans son protoplasma (figure 21 prise à 11 h 22 m). C’est par de semblables mouvements, répétés un grand nombre de fois, que l’amibe absorbe le filament en entier.
- Certaines amibes se nourrissent aussi du protoplasme des cellules des moisissures. Voici (fig. 22) deux amibes accolées à la même cellule végétale et s’attaquant à la membrane cellulosique; il est 11 h 25 m. A 11 h 28 m., l’amibe de droite a percé la paroi et absorbe le contenu cellulaire; celui-ci passe dans l’amibe où il forme une vacuole grandissante. En même temps, l’autre amibe se détache du support et s’éloigne (fig. 23).
- CARYOCINÈSE
- Ces vues ont été prises sur les cellules-mères des hématies du Triton, dont le diamètre est de 25 millièmes de millimètre. Le noyau, très gros, occupe presque toute la cellule et, comme le cytoplasme du reste, il est relative-
- Fig. 32. — Hémolyse du sariy de Rat. En a, hématie à peine visible.
- A gauche, un leucocyte éclaté.
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- ment opaque. La figure 24 prise à 7 h 36 m représente une cellule prête à se diviser : le protoplasma est animé de mouvements très lents, difficiles à reconnaître à l’examen direct, mais nettement visibles à la projection, à cause du grossissement (50 000 fois environ) et de l’accélération des mouvements, la vitesse étant multipliée, suivant les cas, par 16, 48, 112 et même 480.
- A ce stade de début, on observe une rotation du noyau, dans le plan de la préparation. Cette rotation fut, dans un cas, de 360° en 6 mn, dans un autre, de 225° en 23 mn, dans un troisième, de 180° en 27 mn. Probablement cette rotation est l’expression d’une mise en place du noyau dans le cytoplasme avant la division.
- On assiste ensuite à la formation graduelle du spirème nucléaire; la disparition de la membrane nucléaire est très rapide (fig. 25, à 7 h 45 m). A ce moment, les déformations de la périphérie de la cellule cessent brusquement. Le spirème se relâche; il forme des anses qui se placent généralement à la périphérie de la cellule et dans le plan de la préparation, quand la cellule est légèrement comprimée par le couvre-objet. La division transversale des filaments du spirème individualise les chromosomes qui viennent former la plaque équatoriale (fig. 26, à 8 h 27 m). Sur les chromosomes situés dans le plan focal, on peut suivre les phases de la division longitudinale, puis la migration des nouveaux éléments vers les pôles du diaster (fig. 27. à 8 h 35 m). Les chromosomes se groupent ensuite en deux étoiles filles (fig. 28, à 8 h 42 m). Au moment de l’étrangle nient du protoplasma, on distingue des stries perpendiculaires au plan de segmentation; ce sont les filaments connectifs du fuseau (fig. 29, à 8 h 51 m).
- Pendant que les noyaux des cellules-filles se reconstituent, on observe la disposition caractéristique en damier que prend le réseau chromatique et l’on note aussi l’aspect progressivement plus foncé du cytoplasme que l’on peut attribuer, peut-être, à une imprégnation graduelle du protoplasma par de l’hémoglobine (fig. 30, à 9 h).
- Les cellules-filles, aussitôt après la division de la cellule, présentent une lobulation très active, qui se calme progressivement, à mesure qu’elles prennent leur forme définitive (fig. 31, à 11 h). Sur cette dernière image on aperçoit en haut et à droite un leucocyte traversant le champ photographique.
- HÉMOLYSE DU SANG
- La microcinématographie de l’hémolyse du sang permet de juger des hypothèses et des théories émises sur la structure du globule rouge du sang, jusqu’ici contradictoires à cause des imperfections des moyens d’investigation ordinaires, tels que le microscope et f ultramicroscope.
- Rappelons que le diamètre des globules rouges humains est de 7,5 millièmes de millimètre.
- Les hématies de divers mammifères, mises au contact d’une solution hypotonique, deviennent d’abord sphériques, puis subissent une légère « secousse » et pâlissent graduellement, ne montrant plus qu’un contour à peine visible (fig. 32).
- Les globules rouges humains, dans une solution acidulée (à l/1000e d’acide chlorhydrique par exemple), se gonflent, puis éclatent ; on voit alors partir, d’un point de leur périphérie vers l’extérieur, un trouble blanchâtre qui progresse et forme bientôt une plage circulaire résultant de la floculation des protéines expulsées du globule (fig. 33).
- Sous l’action de la bile, les hématies nucléées du Triton semblent se ramollir, prennent une forme cylindrique ou en navette; puis leur paroi se désagrège, en commençant par un point de la périphérie et cette destruction se propage très rapidement, dans toutes les directions. C’est une sorte de déshabillage de l’hématie dont le contenu se disperse ensuite.
- Quant aux hématies humaines, la modification de la membrane et la dispersion du contenu globulaire, en présence de la bile, sont tellement rapides qu’on assiste à une véritable explosion (fig. 34).
- Dans les hématies de Batraciens on observe souvent des particules animées de mouvements browniens qui se déplacent librement.
- Le contenu de l’hématie semble donc liquide. S’il existe un stroma à l’intérieur, il doit être composé de filaments rares et très fins qui restent invisibles même à l’ultramicroscope. Après l’hémolyse on ne décèle pas de stroma et certaines observations s’accordent mal avec sa présence. Ainsi
- dans les prépara- Fig. 35. — Sang de Rat envahi par le tions de sang de Spirochaeta duttoni.
- Poule contenant En a, Spirochète logé dans un globule. Spirochaeta galli-narurn ou de sang de Rat infecté par Spirochaeta dullo-ni, des globules incolores, hémoly-sés, contiennent fréquemment des Spirochètes parfaitement mobiles qui semblent être
- Fig. 34. — Hémolyse du sang humain par la bile.
- En a, globule disparaissant rapidement.
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- pris au piège (fig. 35), ne retrouvant pas le pertuis par lequel ils ont pénétré. Cela indique à la fois qu’il y a une membrane, une déchirure et que le stroma ne peut être que très lâche s’il existe. On peut donc considérer l’hématie incolore comme une sphère creuse, assez rigide pour garder sa forme.
- *
- * *
- Comme on en peut juger par ces quelques images, les
- films du fDr Comandon sont des prodiges d’habileté. Ils ont d’ailleurs suscité l’enthousiasme de tous les savants, dans les congrès et les sociétés scientifiques où ils ont été présentés. Ils prouvent ce que le cinéma peut apporter de neuf et de précis dans les études biologiques auxquelles il fournit des documents irréfutables et durables dont l’analyse fait progresser la recherche, dont la projection facilite l’enseignement.
- W.-N. Kazeeff.
- LES JOURS ET LES NUITS EN ETHIOPIE =
- L’Éthiopie est à l’ordre du jour et, à des titres divers, tout ce qui la concerne retient l’attention générale. Nous pensons donc intéresser nos lecteurs en précisant quelques particularités relatives aux jours et aux nuits de ce territoire, particularités commandées par sa situation géographique.
- On sait bien, en effet, que les conditions de la zone équatoriale, dans laquelle se trouve comprise l’Éthiopie, sont différentes de celles de nos latitudes boréales, et qu’elles déterminent un climat général dont les caractères ou les conséquences ne sont pas pour faciliter, dans le cas présent, l’action de troupes européennes. En quoi ces différences sont-elles marquantes, quelle est leur importance pittoresque ou pratique ? C’est ce que nous voulons faire ressortir ici à l’aide du rappel des notions premières de la cosmographie.
- Dans la course que notre globe, incliné de 23° 27' sur le plan de son orbite, accomplit autour du Soleil, nous devons considérer quatre positions principales : les deux solstices où la direction de l’axe incliné coïncide avec l’alignement Terre-Soleil, et les deux équinoxes où la direction de Taxe est perpendiculaire à cet alignement. La marche des saisons résulte de ces alternatives dont le mécanisme est reproduit par une figure classique bien connue, et que pour cette raison il est inutile de
- répéter ici. On s’explique ainsi aisément, d’une manière générale, comment la Terre est amenée à présenter différemment au Soleil ses pôles et son équateur; et de ce fait comment, par suite du mouvement de rotation s’effectuant obliquement eu égard à l’illumination du globe, s’ensuivent d’alternatives inégalités de durée du jour et de la nuit aux différentes latitudes. Ces principes fondamentaux, nous les appliquerons aux cas que ces lignes ont pour but de préciser. Les figures 1 et 2 montrent la direction suivant laquelle les rayons solaires parviennent à la Terre aux quatre époques principales correspondant, rappelons-le, à des saisons qui s’opposent diamétralement pour chaque hémisphère terrestre. Au solstice d’été boréal l’inclinaison que fait l’équateur avec l’écliptique l’en écarte au maximum sur la partie du globe qui est juste en face du Soleil, dont les rayons frappent alors verticalement, à midi, un point situé à la latitude 23° 27' N. : le parallèle de ce point est le tropique du Cancer; c’est exactement l’inverse qui se produit au solstice d’été austral, la latitude 23° 21' S. marquant le tropique du Capricorne. Notons à ce propos, et pour l’intelligence des figures, que le Soleil n’est affecté pratiquement d’aucun effet sensible de perspective, du fait de son énorme éloignement comparativement à la dimension de la Terre : c’est comme si cette dernière était un point et le seul effet résultant du changement de position géographique est d’introduire une variation angulaire dans la direction qu’occupe le Soleil dans l’espace, par rapport au plan de l’horizon du lieu considéré. Le schéma 3 s’applique à ces considérations théoriques, et définit les points de repère que nous établissons sur l’idéale sphère céleste et auquel nous rapportons toutes les coordonnées des astres.
- Donc, d’après l’orientation prise par leur inclinaison à telle ou telle époque, la direction du Soleil est variable par rapport aux plans de l’équateur et des parallèles; pour chacun d’eux il est vu ainsi dans des directions différentes, où' il se retrouve périodiquement et dont la succession se traduit par l’espèce de balancement apparent qui pour nous l’élève dans le ciel en été et l’abaisse
- Fig. 1 et 2. — Inclinaison du globe terrestre par rapport au Soleil aux époques des solstices (1 ) et des équinoxes (2).
- La direction du Soleil est figurée par les lignes ponctuées parallèles : RE (à l’été boréal), RH (à l’hiver boréal), RP (au printemps boréal), RA (à l’automne boréal). E, E, plan de l’écliptique. Sur le globe incliné, les pôles, les plans de l’équateur et des tropiques du Cancer (T ), du Capricorne (Tâ), de la zone grisée dans laquelle l’Éthiopie est comprise en latitude, du parallèle de Paris P, se présentent donc dans des orientations différentes par rapport au Soleil, qui est vu ainsi suivant des directions angulaires variables au-dessus de l’horizon pour ces divers lieux.
- Pâle N.
- PôleS
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- en hiver. L’amplitude totale, entre ces deux situations extrêmes, correspond à la somme des écartements angulaires de part et d’autre de l’équateur (voir fig. 1), soit le double de l’inclinaison ou 46° 54' comptés sur la voûte céleste.
- Etablissons maintenant des comparaisons entre divers lieux. Ce sont encore des exemples schématiques (fig. 4) qui paraîtront le plus suggestifs. On apprécie alors exactement — le même écart entre les deux posi-lions solsticiales se répétant de quelque lieu qu’on observe — dans quelle proportion le Soleil paraît plus relevé au-dessus de l’horizon d’une contrée équatoriale qu’au-dessus de celui d’une autre dans les régions tempérées; et d’après ce qu’exposent les premières figures, entre les tropiques, et à des dates commandées par la latitude du lieu considéi'é, il se trouve deux fois l’an au zénith d’où ses rayons frappent verticalement le sol avec toute leur ardeur. Bien entendu les conditions ci-dessus se rapportent à une même heure, celle du passage au méridien, lequel correspond à l’élévation maximum au milieu de la course apparente au-dessus de l’horizon.
- A l’équateur donc, le Soleil atteint une position zénithale aux deux équinoxes qui sont ainsi deux époques estivales puisqu’alors les conditions d’élévation de la température sont théoriquement à leur maximum. Au contraire, si l’on considère les solstices, l’écartement angulaire atteint de part et d’autre de l’équateur éloigne le Soleil de la verticale, et l’abaisse légèrement d’une quantité égale soit vers le Nord, soit vers le Sud. Ainsi les conditions astronomiques qui correspondent pour nous aux contrastes de l’été et de l’hiver se traduisent là par deux saisons plus adoucies et à peu près équivalentes.
- En Ethiopie, au voisinage de l’équa-leur, ce territoire étant compris entre les parallèles 4 et 14° (en chiffres ronds) les circonstances sont presque identiques avec modification des dates auxquelles le Soleil passe au zénith; puis aussi avec une légère différence entre son élévation à chacun des solstices.
- Mais il n’empêche que même en décembre le Soleil éthiopien peut être encore comparé à celui qu’ici sa hauteur en juin nous fait volontiers juger trop ardent !
- Sans plus de considérations sur le climat de telles contrées dont l’étude déborderait le cadre de ces lignes, bornons-nous à rappeler à l’aide d’un schéma (fig. 5) le pourquoi théorique de la variation d’intensité des radiations reçues par deux points diversement situés à la surface de la Terre.
- Nous devons apprécier maintenant la marche diurne du Soleil dans le ciel. Alors que pour nous sa course paraît oblique par rapport à l’horizon
- Zenith
- Pôle S.Nona
- Fig. 3. — De la surface de la Terre, donl la dimension est pratiquement nulle par rapport au Soleil et à l’infini, les directions des pôles et du plan de l'équaleur célestes, représentées parallèlement pour divers points, peuvent être considérées comme se confondant avec celles des pôles et de l’équaleur du globe.
- La position d’un observateur à l'équateur, en P,, ou P.,, introduit seulement une variation des angles que font ces directions avec le zénith du lieu e1 le plan II de son horizon.
- elle s’accomplit verticalement pour la zone équatoriale (fig. 6), et ceci entraîne quelques conséquences plus ou moins frappantes.
- D’abord, après l’équinoxe de printemps, le Soleil ayant
- Fig. 4. —• Comparaison des hauteurs du Soleil au-dessus de l’horizon à midi, pour différentes latitudes du globe terrestre.
- L’amplitude angulaire est figurée par l’arc en traits pleins; E marque l’équateur où le Soleil se trouve aux équinoxes, SE et SH les positions alternativement atteintes aux solstices d’été et d’hiver, N, nord, S, sud; Z, zénith, où le Soleil se trouve pour l’équateur aux équinoxes, et pour les villes suivantes : Adoua, les 28 avril et 15 août, et Dolo, les 1er avril
- et 13 septembre.
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- dépassé le zénith dans la direction du nord éclaire les accidents du sol de ce côté et laisse, par exemple, la façade sud d’une maison dans l’ombre; on reconnaîtra par là qu’une habitation peut, au cours de l’année, jouir de toutes les expositions. Puis nécessairement, vers les équinoxes, l’astre du jour passant au zénith, les objets ou les hommes n’ont plus d’ombre à midi, tandis que ses rayons éclairent en plein le fond d’une tranchée, si profonde soit-elle. D’autre part plus rapidement après le lever, et plus longtemps aussi qu’une course oblique, la trajectoire verticale amène le Soleil à se trouver à une hauteur où sa radiation acquiert toute son ardeur.
- Mais en contre-partie, à l’équateur même, l’égalité est complète toute l’année entre la durée du jour et celle de la nuit; et l’inégalité qui devient très grande sous les latitudes européennes ne s’accuse encore que peu dans son voisinage immédiat. C’est ce que font comprendre les premières figures. Pour le centre de l’Éthiopie, par exemple, le plus long jour ne dépasse pas 12 h 40 tandis que le plus court dure 11 h 20; alors que simultanément ces durées sont respectivement de 16 h 7 et de 8 h 11 pour Paris. Pour nous aussi, les jours d’été sont grandement prolongés par le crépuscule au point que la nuit ne peut se faire totalement à la fin de juin. Il en est tout différemment pour la zone équatoriale. En raison de sa marche verticale par rapport à l’horizon, le disque solaire surgit ou disparaît plus vite que pour les latitudes d’où sa course paraît s’effectuer très obliquement (fig. 6). Ce déplacement rapide comparati-
- vement à l’horizon entraîne la brièveté de l’aube et du crépuscule; aussi la nuit ne commence-t-elle à se dissiper que 1 h 15 en moyenne avant le lever du Soleil, et se fait complète en aussi peu de temps après son coucher. Et cela, toute l’année, à quelques minutes près.
- Au même titre que les jours, les nuits présentent de notables différences avec les nôtres. Tout d’abord, et comme de partout, la Lune suit dans le ciel la même marche apparente générale que le Soleil. Mais, on le sait, les alternances de hauteur de notre satellite sont inverses de celles que les saisons infligent à l’astre du jour; ainsi tandis que ce dernier paraît très élevé sur l’horizon en été, la pleine Lune en. opposition avec lui se voit alors très basse, comme le Soleil d’hiver; et réciproquement.
- Mais cette allure générale est affectée d’inégalités accentuées.
- L’orbite de la Lune étant inclinée de 5° environ sur le plan de l’écliptique, elle semble donc s’en écarter en perspective, au-dessus ou au-dessous, d’une quantité correspondant à cet angle.
- Cependant l’orientation de cette inclinaison accomplissant un tour complet sur elle-même en 18 ans et 11 jours, la direction de l’espace suivant laquelle nous voyons se produire les écarts par rapport à la trajectoire du Soleil, varie régulièrement; et les maxima et minima de latitude céleste atteints par la Lune ont lieu alors qu’elle se trouve à des phases différentes.
- Les écarts extrêmes sont montrés par la figure 7, qui ne peut s’appliquer en détail à tous les cas intermédiaires en raison de leur complexité trop grande.
- Il n’est donc pas possible de définir, une fois pour toutes, des positions apparentes se reproduisant avec l’absolue régularité de celles du Soleil.
- Tout au plus nous pouvons spécifier que, tantôt à une phase, tantôt à une autre, la Lune passe tous les mois dans les hauteurs du ciel éthiopien ; et ses fréquentes situations zénithales lui permettent d’éclairer en plein le sol avec une intensité inconnue dans nos régions. Il faut en tenir compte dans les opérations militaires nocturnes.
- Le spectacle des étoiles présente aussi de notables différences.
- Toute la portion de la sphère céleste que nous reconnaissons chaque nuit (car de nos latitudes elle ne se couche jamais en raison de la situation apparente très relevée du pôle Nord céleste) se comporte autrement. Là-bas, le pivot idéal de la sphère céleste est presque parallèle au plan du sol (fig. 7) et l’Étoile polaire brille au voisinage de l’horizon : pour ceux qui ne sont pas familiarisés avec les astres et doivent, suivant l’indication classique, chercher sa situation par rapport à la Grande Ourse pour s’orienter, il n’est pas très facile de la repérer.
- En effet la Grande Ourse, si utile, disparaissant comme toutes les autres sous l’horizon, ne se voit qu’une certaine partie de la nuit, aux différentes époques de l’année.
- Fig. 6. — Comparaison de l’inclinaison de la marche diurne du Soleil au-dessus de l’horizon pour une latitude élevée (à gauche) et pour le sud de l'Ethiopie {à droite). Dans le second cas, le disque solaire se déplace plus vite par rapport à l’horizon
- que dans le premier cas.
- Zénith
- ’/N f /
- Fig. 5. — Un faisceau de radiations RR, arrivant perpendiculairement, frappe une surface SS. Si cette même surface les reçoit obliquement, c’est seulement la fraction R'R' qui tombe sur elle, la largeur RR de ce faisceau se dispersant alors sur une plus grande étendue S'S'. De plus, pour parvenir au sol, ces rayons traversant normalement l’atmosphère de A en B dans le premier cas, sont moins absorbés que dans le second où leur trajet dans la couche aérienne est plus long, de A' en B'.
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- Ajoutons à cela que pour le Sud de l’Éthiopie la situation de la Polaire est si basse qu’il suffit d’un obstacle de faible élévation pour la cacher.
- % *
- Par ces quelques indications générales on voit à quel point les conditions spectaculaires et autres, pour cette partie du globe terrestre, sont différentes de celles auxquelles nous sommes habitués en Europe tempérée.
- Lucien Rudaux.
- Fig. 7. — Le ciel nocturne. Comparaison des hauteurs apparentes de la Lune dans le ciel de Paris (à gauche) et du Sud éthiopien (à droite).
- L’amplitude est figurée par l’arc plein, avec les positions extrêmes de part et d’autre de la position moyenne du Soleil au solstice d’hiver (1) et d’été (2). — P indique la hauteur de l’Étoile Polaire au-dessus de l’horizon Nord N.
- FABRICATION DES ESSENCES SYNTHETIQUES
- EN FRANCE, EN ALLEMAGNE ET EN ANGLETERRE
- La préparation d’essences par voie de synthèse se poursuit en Europe à un rythme rapide, comme on va le voir.
- Aujourd’hui, les essences de synthèse sont préparées soit par le procédé Bergius, soit par le procédé Fischer. Le procédé Bergius consiste à hydrogéner, en présence de catalyseurs, des charbons ou des goudrons en opérant à la température de 425-450° et sous la pression de 200-250 atmosphères. D’après le procédé Fischer, l’oxyde de carbone est réduit par l’hydrogène, où l’on a réuni ces deux gaz sous la forme de gaz à l’eau. On opère, en présence de catalyseurs, à la pression atmosphérique et à la température de 180-200°.
- Les procédés Bergius et Fischer ont été étudiés dans La Nature des 15 mai 1935 et 15 août 1935. Par conséquent, il suffira ici d’en indiquer les principales applications et de décrire l’une des importantes usines où le procédé Bergius a reçu définitivement la consécration de la pratique.
- Le 9 décembre 1935, la première usine d’hydrogénation de la houille a été inaugurée officiellement à Bully-les-Mines (Pas-de-Calais). Ainsi le labeur patient d’ingénieurs et de chimistes français trouve son couronnement.
- Cette usine, capable d’hydrogéner 50 tonnes de houille par jour et réalisée en moins d’une année, a été construite par la Compagnie des Mines de Béthune sur sa propre concession, en accord avec l’Office national des Combustibles liquides et avec le concours financier de l’Etat.
- Rappelons qu’une autre usine d’hydrogénation, laquelle traitera vraisemblablement des charbons de toutes origines, est actuellement en voie d’installation à Liévin. Cette usine est construite par la Compagnie française des Essences synthétiques, laquelle a été constituée à la fin de 1934, et groupe les intérêts des Sociétés : « Huiles, Goudrons et Dérivés », « Carburants et Produits de Synthèse », « Compagnie française de Raffinage » (filiale de la Compagnie française des Pétroles).
- Ainsi naissent et produisent les premières unités d’un équipement essentiel pour notre défense nationale.
- En Angleterre, l’usine de Billingham consacrée à l’hydrogénation de la houille, que représente la figure 1, a été inaugurée officiellement le 15 octobre 1935 bien qu’en réalité elle soit entrée en activité le 7 février 1935. Nous consacrerons essentiellement la présente étude à la description de l’usine de Billingham, laquelle est actuellement en mesure de faire face à une production annuelle de 150 000 t d’essence destinée aux besoins des automobiles et des avions.
- Les Allemands, inventeurs et metteurs au point des procédés Bergius et Fischer, sont plus avancés encore dans cette voie, comme le montre le tableau suivant afférent à leurs prévisions de fabrication nationale de carburants synthétiques, en 1936.
- Usines. Production en t. Procédés.
- 1° Hydrogénation du lignite :
- Leuna-Werke. . 300000 à 350000 I.G. (Bergius).
- Brabag : (x)
- Bôhlen........ 150000 I.G.
- Magdebourg. . . 150000 LG.
- 2° Hydrogénation de la houille :
- Ludwigshafen. . 60000 à 70000 I. G. perfectionné.
- Ruhr :
- Scholven. . . . 30000 1. G. perfectionné.
- Oberhausen. . . 30000 Fischer.
- Gastrop-Rauxel. 30000 Fischer.
- 750 000 à 810000
- 1. « Brabag » correspond à l’anagramme de la « Braunkohlen Benzin A. G. », constituée le 26 octobre 1934 par décret gouvernemental. Cette société, qui est analogue aux Leunawerke, appartenant aux I. G. Far-ben, groupe toutes les entreprises de lignite ayant enregistré, en 1933,
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- Vers la fin de ce mémoire, nous reviendrons sur les conceptions des Allemands relatives à la production de carburants synthétiques. Auparavant, montrons, d’après la description de l’usine de Billingham, les redoutables problèmes techniques soulevés par l’hydrogénation du charbon et la manière dont ils ont été résolus.
- CONSISTANCE DE L’USINE D’HYDROGÉNATION DE BILLINGHAM-ON-TEES
- Billingham-on-Tees est situé à 25 km environ au sud-
- est de Durham. L’usine reçoit les charbons du bassin de Durham, faciles à épurer et convenant particulièrement à leur transformation en essence, selon la méthode Ber-gius.
- Les ateliers pour la fabrication d’essences synthétiques de Billingham sont entrés en service, pour une
- une production d’au moins 400 000 tonnes. Eiles se sont trouvées dans l’obligation absolue d’apporter leur participation financière à la « Brabag » qui est au capital de 100 millions de marks dont 10 millions devaient être entièrement versés.
- part, le 7 février 1935 et, pour une seconde part, vers le 15 juin 1935. Dans leur ensemble, ils répondent à une production annuelle de 150 000 t d’essence, soit la moitié en plus de la quantité prévue au programme primitif, dont 100 000 t à provenir de l’hydrogénation du charbon, puis 10 000 t du goudron primaire fourni par les usines de semi-carbonisation actuellement en service dans le Royaume-Uni, notamment à Askern, Barnsley, Greenwich, et 40 000 t, enfin, par hydrogénation de l’huile de créosote.
- Primitivement, on ne devait produire à Billingham que 100 000 t d’essence mais on décida, peu après, de porter cette fabrication à 1500001.
- A cause de cette extension du programme, le capital nécessaire au service de ces usines a été porté de 3 à 5,5 millions de livres, soit de 220 à 420 millions de francs.
- L’importance des capitaux investis dans ces usines est considérable, mais il convient de considérer les services rendus par l’exécution de ce projet.
- Tout d’abord, le matériel a été fourni par des usines britanniques, spécialement les aciers spéciaux entrant dans la construction des tubes de catalyse dont le poids unitaire mérite d’être retenu : 160 t. En outre, les chantiers de terrassement, construction, mise en place du matériel, à Billingham, ont occupé 6500 personnes, durant 18 mois. Aujourd’hui, le seul service de ces fabrications d’essence occupe 2000 personnes par 24 h. On estime que 1500 ouvriers sont affectés par jour à l’extraction et au transport des 600 000 t de charbon nécessaires annuellement à ces opérations.
- Il est incontestable, par conséquent, que la réalisation de ce programme a procuré un soulagement appréciable au marché du travail.
- ENCHAINEMENT DES OPÉRATIONS POUR LA TRANSFORMATION DU CHARBON EN ESSENCE
- La première opération à faire subir au charbon consiste à l’épurer de manière à réduire sa teneur en cendres à 2,5 pour 100 au maximum. On le pulvérise ensuite très finement et on le mélange à son poids d’huile afin de le peptiser. Le produit résultant de ce mélange ou pulpe est soumis à une première opération d’hydrogénation catalytique sous pression, dite en phase liquide, qui donne une huile que Ton distille dans les appareils à marche continue (fig. 1), afin d’en retirer une première tranche d’essence, puis des huiles dont une fraction servira à la préparation de la pulpe tandis qu’une autre fraction subira une nouvelle hydrogénation catalytique sous pression. Cette opération-ci, dite en phase vapeur, engendre une seconde tranche d’essence qu’on ajoute à la première. Après raffinage, ces deux qualités d’essence possèdent les mêmes caractéristiques que l’essence naturelle. On les emploie comme elle.
- Fig. 1. — Vinstallation de pétrole synthétique de Billingham. Unité de distillation de l'huile de charbon.
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- Le schéma de la figure 2 rend tangible cet enchaînement d’opérations.
- Nous allons maintenant mettre en relief les progrès les plus importants l'éalisés, au cours de ces derniers temps, au sujet des réactions d’hydrogénation du charbon et de la construction des tubes de catalyse appelés aussi convertisseurs ainsi que sur le mode de préparation de l’hydrogène.
- AMÉLIORATIONS APPORTÉES AUX RÉACTIONS D’HYDROGÉNATION DU CHARBON
- Les Impérial Chemical Industries ou 1. C. L, à qui appartiennent les usines de Billingham, ont récemment mis au point un procédé capable de neutraliser l’action défavorable sur les réactions d’hydrogénation des cendres alcalino-terreuses, contenues dans de nombreuses variétés de charbons, spécialement dans les lignites.
- A cet effet, les I. C. I. procèdent à l’hydrogénation en milieu acide. Il convient alors de mélanger à la pulpe de charbon environ 1 pour 100 de son poids d’un corps tel que le tétrachlorure de carbone ou du chlorure d’ammonium, susceptible de se dissocier dans le tube d’hydrogénation en engendrant de l’acide chlorhydrique, lequel neutralise les éléments basiques contenus dans les cendres du charbon mis en œuvre.
- A la sortie du tube d’hydrogénation, les gaz et vapeurs d’huile, à la température de 350° au moins et à la pression d’environ 200 atmosphères, sont mis en contact avec de la chaux éteinte délayée dans une huile lourde à 8-10 pour 100 d’asphalte ou de phénol, jouant le rôle d’agent de dispersion.
- La quantité de chaux employée doit correspondre à au moins quatre fois le poids d’acide chlorhydrique à neutraliser. En outre, les gaz et vapeurs doivent rester en contact pendant un minimum de 8 secondes avec ce milieu alcalin.
- A titre indicatif, la quantité d’acide chlorhydrique contenue dans les gaz et vapeurs sortant des tubes de catalyse peut s’élever jusqu’à 5 kg par tonne de houille mise en œuvre mais on la retient intégralement en recourant aux précautions que nous venons d’énoncer.
- L’expérience a établi qu’il est nécessaire et suffisant d’employer une proportion de tétrachlorure de carbone capable d’engendrer une quantité d’acide chlorhydrique correspondant à la neutralisation de la moitié environ des composés alcalins contenus dans les cendres.
- Jusqu’à ces derniers temps, on recourait à l’hydrate stanneux pour l’hydrogénation du charbon en phase liquide. On en employait environ 0,1 pour T00 du poids de la houille.
- Les I. C. I. ont trouvé un catalyseur plus actif. Il est constitué par de l’oxalate d’étain dont il suffit d’employer une quantité minime, soit 0,03 pour 100 du poids de charbon mis en œuvre.
- Le catalyseur employé pour l’hydrogénation des huiles en phase vapeur est le sulfure de molybdène. A cet effet, on dissout l’acide molybdique commercial dans de l’ammoniaque
- Broyeur a charbon.
- Production de l'hydrogène.
- Dessenciement du gaz.
- Malaxage du charbon et de l‘huile.
- Tube
- d 'hydrogénation du charbon.
- Traitement du charbon non transformé.
- Fractionnement de l'huile de charbon.
- Essence
- ITube d hydrogénation de l essence
- Rectificateur d essence.
- Lavage chimique de l'essence.
- Fig. 2. — Schéma de l’enchaînement des opérations peur la transformation du charbon en essence.
- en léger excès. Il se forme du molybdate d’ammonium dans lequel on met bouillir le support constitué par du gel d’alumine commercial, préalablement calciné au rouge sombre, se présentant en particules d’environ 1,5-3 mm de diamètre.
- Après ébullition et évaporation à sec, le support qui absorbe environ 25 pour 100 de son poids de molybdate d’ammonium est séché à 120° puis chargé dans la chambre de catalyse en phase vapeur.
- Dans ces conditions, au cours de l’opération de crac-lcing ou hydrogénation, le molybdate d’ammonium se transforme en sulfure de molybdène sous l’action des composés sulfurés contenus dans le goudron primaire.
- Au bout de 6 à 7 jours, il est nécessaire de réactiver le catalyseur. On n’a pas réussi à élucider complètement la raison de la perte d’activité du catalyseur. On a constaté qu’après cinq jours d’usage celui-ci était formé de 20 pour 100 d’oxyde molybdique et de 80 pour 100 de sulfure de molybdène. Apparemment, le noyau du catalyseur n’est pas entièrement pénétré par l’hydrogène sulfuré, non plus que par les gaz et vapeurs. La formule empirique de ce sulfure serait Mo S1,8. Il est probable
- Fig. 3. •— Schéma d’une installation pour l’hydrogénation du charbon en phase liquide.
- Echangeur
- de
- charbon
- Arrivée de la pulpe de charbon et d'huile
- -txt*-1
- Hydrogène
- Rèchaujjeur du mélange de pulpe et d'hydrogène L
- ---M—-Evacuation
- i des gaz de purge
- Convertisseurs ou tubes de réaction
- Sortie deshuiles de char-
- —-— n. o urne oesm
- ^—t><HXt*-ôo/7 et de te
- Sortie des résidus de pulpe non hydrogénée.
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- = 158 —....- ....... .....=
- cependant que le sulfure agissant répond à la formule MoS2 et sa diminution d’activité résulte sans doute de sa conversion graduelle en un sulfure inférieur ou môme en métal.
- AGENCEMENT DES APPAREILS POUR L’HYDROGÉNATION DU CHARBON
- La figure 3 représente le schéma d’une installation pour l’hydrogénation du charbon en phase liquide telle
- Fig. 4. — Unité d’hydrogénation à Billingham.
- qu’elle est employée à Billingham et dans les installations Bergius de la 1. G. Farben. Suivant ce dispositif, la pulpe ou mélange de charbon et d’huile est mélangée avec la quantité requise d’hydrogène avant deux échangeurs de chaleur disposés en série. Ce système tubulaire est parcouru : d’une part, par le mélange de pulpe et d’hydrogène destiné à entrer en réaction et, d’autre part, par les produits gazeux sortant des tubes d’hydrogénation.
- La pulpe mélangée à l’hydrogène passe alors dans un réchauffeur constitué par des tubes d’acier austénitique
- à 18 pour 100 de chrome et 8 pour 100 de nickel, chauffés extérieurement par la combustion d’un gaz.
- Remplissant les conditions requises de température et de pression, la pulpe et l’hydrogène parcourent conjointement trois tubes d’hydrogénation fonctionnant en série. Les produits de la réaction pénètrent ensuite dans un pot de purge dans lequel s’effectue la séparation entre les produits gazeux et les produits liquides. Ces derniers, après refroidissement, traversent des robinets détenteurs établis avec un métal très résistant à l’abrasion, tel que le carbure de tungstène, puis vont aux appareils de traitement des résidus de l’hydrogénation.
- Quant aux produits gazeux, ils traversent successivement les deux échangeurs de chaleur précités, un refroidisseur, un pot de purge, à la base duquel sort l’huile de charbon qui sera soumise à une distillation fractionnée comme l’a montré le schéma de la figure 2. Enfin, les gaz sont pour la majeure partie recyclés, c’est-à-dire mélangés à la pulpe.
- La photographie d’ensemble (fig. 4) d’une unité d’hydrogénation à Billingham représente, au centre, le réchauffeur de pulpe et d’hydrogène ; sur la partie droite de la figure se trouvent les échangeurs de chaleur, et, sur la partie gauche, les tubes d’hydrogénation. Ceux-ci ont 16 m 50 de hauteur, 1800 mm, de diamètre extérieur. Leur poids unitaire atteint 160 t.
- Les dimensions considérables d’un tube d’hydrogénation sont mises en évidence par la figure 6 où l’on voit un ouvrier placé à proximité des tampons de fermeture d’un convertisseur.
- Évidemment, il convient de recourir à des dispositions spéciales pour contrôler le fonctionnement de ces appareils volumineux et de hauteur considérable. A cet effet, le contrôle des masses gazeuses en mouvement et du régime de température aux divers points d’une unité d’hydrogénation est assuré à partir d’un poste central que représente la figure 6.
- Les dimensions considérables de ces appareils ressortent encore à l’examen de la figure 7 qui se rapporte à une unité de distillation des huiles en marche continue. A cause de sa grande hauteur, c’est à peine si l’on distingue le personnage qui se trouve au sommet de cet appareil.
- CONSTRUCTION DES TUBES D’HYDROGÉNATION OU CONVERTISSEURS
- Les aciers employés pour la construction des tubes d’hydrogénation doivent conserver leur résistance mécanique, en dépit des trois conditions suivantes, qui sont susceptibles de la modifier, savoir :
- 1° La température élevée, celle-ci peut atteindre occasionnellement 500° environ.
- 2° L’action décarburante de l’hydrogène.
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- 3° L’action corrosive de l’hydrogène sulfuré.
- 4° L’action corrosive de l’acide chlorhydrique.
- Les aciers employés dans la construction des tubes d’hydrogénation travaillent dans des conditions particulièrement sévères. En effet, à cause du régime de température auquel ils sont soumis en permanence, c’est-à-dire 425-450°, ils sont exposés au phénomène du fluage ou d’écoulement, lequel correspond à une déformation de caractère permanent et progressif.
- Cette déformation se développe pour des fatigues continues inférieures à la limite élastique.
- Autre difficulté, la plupart des aciers ont pour module d’élasticité une fonction décroissante de la température.
- 11 est encore bien connu que, sous l’action de la température et de la pression, l’hydrogène peut altérer les aciers. Le degré de son action dépend de la nature des aciers ou de la température.
- En ce qui concerne l’hydrogène sulfuré, la corrosion d’un acier par ce gaz se limite rapidement en profondeur quand il se forme une couche protectrice de sulfure de fer. Cette condition ne se réalise qu’en dessous de 250°. Par contre, quand la température tend à dépasser 250°, la corrosion du métal risque de devenir importante parce que le sulfure formé tend à se diffuser dans le métal sain qui s’altère ainsi plus ou moins vite en profondeur.
- A Billingham, on se sert d’un tube d’hydrogénation ou convertisseur, dit « froid » dont la paroi extérieure est à la température de 120° environ alors que celle des tubes « chauds » est à une température supérieure à 400°. Ce convertisseur se compose de deux cylindres concentriques dont le plus petit sert de chambre de catalyse. Il est établi avec un alliage métallique, dont la composition doit demeurer secrète. Elle permet de résister à l’action agressive de l’hydrogène, de l’hydrogène sulfuré et de l’acide chlorhydrique.
- On établit généralement le cylindre extérieur ou tube de force en acier doux. En effet, sa température ne dépasse généralement pas 120° et il est complètement soustrait à l’action corrosive des gaz. Dans la partie, annulaire du tube d’hydrogénation, on dispose un calorifuge, généralement constitué par des plaques d’amiante et de métal poli, baigné dans une atmosphère d’azote.
- Une grue Titan de 170 t qui se déplace sur le front des unités d’hydrogénation, permet de remplacer rapidement les tubes de catalyse, appelés aussi convertisseurs, en cas d’avarie.
- En raison des risques d’explosion, d’incendies, etc... les unités d’hydrogénation sont disposées à l’air libre et elles sont séparées les unes des autres par des cloisons en briques avec ossature métallique que montre la figure 4.
- PRODUCTION DE L’HYDROGÈNE NÉCESSAIRE
- A LA PRÉPARATION D’ESSENCE SUIVANT LE PROCÉDÉ BERGIUS
- L’exploitation normale d’une usine appliquant le procédé Bergius au traitement du charbon nécessite une consommation moyenne
- Fig. 5. — Vue de la partie supérieure d'un tube d’hydrogénation.
- de 2000 m3 d’hydrogène par tonne d’essence commerciale obtenue.
- Cette dépense se réduit à 900 m3 si l’on part du goudron, dit primaire, l'ésultant de la carbonisation à basse température de la houille ou des lignites.
- Fig. 6. — Appareils de contrôle de l’installation d’hydrogénation à l’usine de Billingham. De celte pièce, on peut contrôler le. fonctionnement de toutes les opérations.
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- = 160 ................. ... —.......................=
- Ces données font apparaître que l’atelier servant à la préparation de l’hydrogène représente une annexe très importante d’une installation Bergius.
- Par exemple, à Billingham, les besoins annuels en hydrogène s’élèvent approximativement à 240 millions de mètres cubes. Ils proviennent, d’une part, du coke résultant de la carbonisation de 100 000 t de houille, que l’on a transformé en gaz à l’eau et, d’autre part, de la pyrolyse des gaz permanents à base de méthane et d’éthane sortant des tubes de catalyse.
- Jusqu’à présent, pour la production d’hydrogène néces-
- saire à l’application du procédé Bergius, on part du gaz à Feaq converti en hydrogène par l’action de la vapeur d’eau, suivant une technique connue. Fait également établi, l’hydrogène provenant du gaz à l’eau converti revient très cher. Comme le montrait VEngineering dans son numéro du 21 juin 1935, les mille pieds cubes d’hydrogène reviennent, en Angleterre, à 2 pence, soit 30 centimes le mètre cube, sur da base du coke à 48 fr la tonne.
- Ce prix de revient élevé s’explique par l’opération de conversion qui est onéreuse en elle-même ainsi que
- par les dépenses d’épuration de l’hydrogène pour en éliminer l’anhydride carbonique et l’oxyde de carbone non converti. On obtient finalement un gaz contenant près de 95 pour 100 d’hydrogène pur.
- Sur la base de ces données, la dépense d’hydrogène est susceptible de représenter jusqu’à 700 fr dans le prix de revient d’une tonne d’essence.
- Dès lors, on conçoit l’importance d’une source à laquelle l’hydrogène soit puisé à un prix aussi bas que possible.
- Certes, les sources d’hydrogène disponibles sont en principe extrêmement abondantes puisque l’eau en contient le neuvième de son poids et que la plupart des matières organiques en contiennent des proportions importantes pouvant atteindre le quart, par exemple, dans le cas du méthane. Malheureusement, les réactions susceptibles de libérer l’hydrogène combiné consomment des quantités d’énergie importante, surtout à partir de l’eau, en corrélation avec la grande activité chimique de l’hydrogène.
- L’énorme chaleur de formation de l’eau, 68,3 grandes calories pour 18 gr d’eau liquide, 58 pour l’eau vapeur, correspond à des consommations d’énergie considérables pour en libérer l’hydrogène, que ce soit par l’électro-lyse ou par l’emploi de corps capables de fixer l’oxygène. Parmi ces derniers, le carbone (coke), l’oxyde de carbone, le fer, et accessoirement le phosphore, sont à la base de procédés industriels d’obtention de l’hydrogène.
- Dans tous les cas, la consommation théorique minima d’énergie est la même, soit environ 3000 grandes calories ou 3,5 kw-h par mètre cube d’hydrogène. Les consommations réelles se différencient de ces chiffres théoriques par les pertes thermiques, chaleur sensible, etc... et aussi, au point de vue économique, par la qualité de l’énergie employée.
- L’énergie qui unit l’hydrogène au carbone dans les matières organiques est nettement inférieure; c’est ainsi que 18,9 grandes calories suffisent à libérer par pyrolyse les 4 gr d’hydrogène de la molécule de méthane ; cela correspond à 840 calories par mètre cube d’hydrogène, soit près de quatre fois moins qu’à partir de l’eau. L’énergie nécessaire peut être retrouvée par la combustion plus ou moins complète et directe du carbone libéré : tel sera le cas de la combustion partielle du méthane, par l’oxygène, en CO et IJ2.
- En thèse générale, les procédés qui prendront comme base, pour la production d’hydrogène, des composés organiques demanderont donc des consommations d’énergie moins importantes qu’à partir de l’eau.
- Les réactions des deux classes principales ci-dessus peuvent être combinées : autrement dit, on peut compenser partiellement l’énergie nécessaire à la décomposition de l’eau et du méthane par la chaleur de la combus-
- Fig. 7. — Appareil de distillation fractionnée de l’huile de charbon à l’usine, de Billingham.
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- tion du carbone contenu dans le méthane, aux dépens de l’oxygène de l’eau.
- Jusqu’à présent, la source la plus économique d’hydrogène est représentée par les gaz de fours à coke. Elle permet d’obtenir le mètre cube d’hydrogène — 10°, 760 mm — au prix de 18 centimes environ, soit deux fois moins qu’en partant du gaz à l’eau.
- Toutes les observations qui précèdent, relatives au prix de revient de l’hydrogène, ne sont valables que pour le procédé Bergius. En effet, pour l’application du procédé Fischer, on part d’un mélange gazeux répondant à la composition CO -f- 2H2, qui est formé de gaz à l’eau enrichi in situ en hydrogène par l’application des procédés Bamag, Didier, etc...
- ........................................= 161 =
- burants de synthèse afin de ne compromettre ni les légitimes intérêts des sociétés pétrolières qui ont misé des sommes considérables, ni l’équilibre budgétaire. En effet, en France, par exemple, la renaissance de l’industrie du pétrole a nécessité des investissements de l’ordre de cinq à six milliards. Et l’industrie du pétrole et ceux qui consomment des dérivés du pétrole ont payé au fisc, en 1934, exactement 4404 millions de francs.
- La situation de l’Allemagne est toute différente.
- L’Allemagne était d’autant moins portée à créer des raffineries puissantes, alimentées avec des pétroles importés, qu’elle dispose, d’une part, de réserves considérables d’un lignite excellent et revenant à un prix de revient très bas, utilisables pour l’application du procédé
- Fig. 8. — Réservoirs servant au stockage des essences raffinées.
- EMMAGASINEMENT DES ESSENCES SYNTHÉTIQUES
- La figure 8 représente les réservoirs servant au stockage des essences raffinées. On remarquera les dispositions prises pour localiser le mieux possible les incendies : répartition entre un certain nombre de rues, murs en maçonnerie pour empêcher l’épanchement de nappes d’essence, etc... Par ailleurs, l’essence est emmagasinée sous une atmosphère d’azote et, afin de réduire les pertes par évaporation, les réservoirs sont peints en blanc.
- CONSIDÉRATIONS SUR LA PRÉPARATION DE CARBURANTS SYNTHÉTIQUES EN FRANCE, EN ANGLETERRE ET EN ALLEMAGNE
- On ne doit, croyons-nous, ni en France, ni en Angleterre, développer, outre mesure, la fabrication des car-
- Bergius notamment, puis, d’autre part, d’une surproduction de coke métallurgique représentant la matière première de l’essence obtenue selon le procédé Fischer. Ce dernier permettra l’écoulement d’une quantité de coke évaluée à 525 000 t pour l’année 1936.
- Au total, dès 1936, l’Allemagne couvrira au moyen des essences de synthèse environ 40 pour 100 de ses besoins en essence, évalués, pour cette année-là, à quelque deux millions de tonnes. Toutefois, si l’on tient compte de ses productions de benzol (220000 t), et d’alcool (170 000 t), on peut dire que l’Allemagne disposera d’un ensemble de 1 100 000 t de carburants ou 55 pour 100 de ses besoins; par contre, elle reste en retard relativement à ses approvisionnements nationaux en huile lourde pour moteurs Diesel. Son industrie n’en produit que 210 000 t alors que l’Allemagne en consomme 800 000 t.
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- CONCLUSIONS
- L’année 1935 aura marqué le point de départ de l’industrie consacrée à la préparation de carburants de synthèse. Des progrès marquants méritent d’être enregistrés en ce qui concerne le choix des catalyseurs, la construction des appareils, les problèmes métallurgiques
- soulevés par l’application du procédé Bergius. Il reste encore à mettre au point, ce qui est d’une importance capitale au point de vue économique, des procédés et une organisation permettant d’obtenir l’hydrogène à un prix notamment plus bas qu’aujourd’hui.
- Ch. Behthki.ot,
- TRANSPORT DE SES POUSSINS PAR LA BECASSE
- Personne n’est moins préparé à regarder la vie de la forêt que celui qui y pénètre pour la centième fois et que ses pas conduisent, Dieu seul sait comment, vers une des scènes mystérieuses que son esprit ait jamais pu soupçonner.
- Comment le Pic creuse-t-il son trou dans le bois même des chênes et des pins, comment la Bécassine qui couve dans les herbes d’un étang dépiste-t-elle le promeneur, comment la Mésange à longue queue eamoulle-t-elle son nid suspendu, comment l’Hermine prend-elle les petits
- Fig. 1. — En haut, à gauche, Bécasse transportant son poussin en vol.
- En bas, à droite, Bécasse massant des feuilles devant son poussin.
- oiseaux, comment le Renard trompe-t-il la chevrette pour lui dérober ses chevrillards, comment le Solitaire se fait-il guider par son page, jeune sanglier bénévole, comment... ?
- Il semble que nous soyons dans une forêt de conte de fées où les acteurs ne jouent un rôle que pour nous émerveiller. Mais c’est simplement la grande Nature qui fait ses miracles quotidiens et elle les répète toujours semblables à eux-mêmes. Les aeteui’s, en scène, « créent leur rôle » à leur façon et il suffît de laisser parler les faits pour notre édification. Voici, par exemple, une lettre d’un de mes correspondants, M. Jacqucmet, président de la Fédération des Chasseurs du Cher, lettre qui éclaire d’un coup un mystère rarement mis au net et sur lequel les observateurs ne s’entendaient pas. Lui, a eu le bonheur de voir la scène tout entière. Je lui fais confiance, espérant que mes lecteurs continueront à croire à la sincérité de mes observations personnelles. Voici donc la lettre d’excellentes observations que je reçois :
- « J’ai toute ma vie lu et entendu dire que la bécasse
- « transporte ses petits et j’ai arpenté pendant plus de « 40 ans les bois de ma région, y chassant à tir et à courre, « avant de pouvoir le constater. Or, un matin d'avril, vers « les neuf heures, il y a de cela cinq ou six ans, me proie menant à cheval dans les bois du Colombier, com-« mune d’Argent (Cher) qui m’appartiennent, je suivais « au pas une allée, ayant à ma gauche un taillis d’une « vingtaine d’années, assez fourni, et à ma droite une jeune « coupe de deux ans, lorsque je vis traverser à quelques « pas devant moi, venant de ma gauche, une bécasse « volant lourdement et transportant entre ses pattes une « sorte de grosse boule.
- « Instinctivement, j’arrêtai mon cheval et je vis la « bécasse déposer à terre avec précaution son fardeau « qui était un de ses petits éclos depuis peu, je le voyais « nettement à une quinzaine de mètres. Aussitôt après « avoir posé son bécasseau, écartant ses deux ailes en « éventail, elle s’en servit comme de deux plumeaux « pour ramasser des feuilles sèches autour de lui, puis elle « repartit dans, le grand taillis d’où.,.elle était venue.
- « Je restai en observation sans bouger et après trois « ou quatre minutes d’attente la bécasse l’apporta un « second bécasseau qu’elle déposa à côté du premier et ( recommença la même manœuvre avec ses ailes pour ( l’entourer de feuilles sèches.
- « J’en avais assez vu et, sans troubler davantage celte « lionne mère de famille, je continuai ma promenade.
- « J’ai toujours pensé que cette bécasse qui avait son nid « dans iin taillis âgé, assez dense et forcément un peu om-« breux, profitait du beau temps pour faire prendre à ses pe-« tits,dans la coupe de deux ansasseznue,un bain desoleil.
- « Dans le transport, la bécasse se présentait à moi en plein « travers et c’est au moment où ses ailes étaient étendues « horizontalement que je voyais bien son poussin maintenu « entre ses pattes complètement allongées verticalement.
- « Je ne puis dire dans quelle position il se tenait, car, « malgré la toute petite distance, cela semblait une « sorte de boule; il est probable que son cou était replié « et son bec appuyé sur son ventre.
- « Une fois déposé à terre, le poussin, encore couvert « de duvet, était debout face à sa mère tandis que celle-ci « bien debout également et même se grandissant sur ses' « pattes amassait avec ses ailes en éventail à 20 ou 30 cm « de lui et du côté du vent une sorte de petite digue de « feuilles sèches destinée sans aucun doute à bien l’abriter.
- « Notons en passant que la Bécasse pond 3 à 4 œufs « et dut faire autant de voyages. »
- Une si jolie histoire naturelle né vaut-elle pas mieux dans la vie que cent scandales. Sa fraîcheur fait passer le goût du reste. Roger Rebocssin.
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- L’IONOSPHÈRE
- I. — LA TROPOSPHÈRE ET LA STRATOSPHÈRE
- Le public cultivé s’intéresse à la connaissance de l’atmosphère dans ses grandes altitudes, surtout depuis que les ballons et les avions ont pu s’élever très haut. 11 connaît le froid croissant et très rigoureux que rencontrent les aviateurs s’attaquant aux records de hauteur, il parle même couramment de la stratosphère, qui fut découverte et baptisée il y a 33 ans, en 1902, par le célèbre météorologiste français Léon Teisserenc de Bort, depuis que le professeur Piccard et ses émules ont réussi à atteindre ces couches où la température très froide cesse de décroître régulièrement. On sait qu’ils les ont explorées directement depuis leur frontière inférieure située aux environs de 10 km de hauteur jusqu’aux records d’altitude qui sont de 22 600 m (novembre 1935 par les aéronautes américains Stevens et Anderson).
- Sur les couches atmosphériques supérieures à 20 ou 25 km, nos connaissances étaient très réduites jusqu’à ces dernières années. Les ballons-sondes n’y parviennent que rarement. La plus grande altitude qu’ils aient atteinte est de 35 km (expérience du professeur allemand Wigand) et de nombreux sondages ont dépassé. 30 km au cours des dernières années. Les appareils actuels de mesure de la pression barométrique emportés par les ballons-sondes ne permettent d’ailleurs pas de mesurer convenablement les altitudes supérieures à 35 km.
- C’est précisément de ces couches très élevées de l’atmosphère que nous désirons nous occuper aujourd’hui, de celles qui s’étendent non seulement à quelques dizaines de kilomètres du sol mais aussi à des centaines de kilomètres.
- II. — L’IONOSPHÈRE
- On sait qu’on désigne sous le nom de troposphère et de stratosphère deux portions successives de l’atmosphère séparées par une frontière nette appelée tropo-pause et très sensiblement horizontale. En chiffres ronds la troposphère est la partie de l’atmosphère qui commence au sol et monte jusqu’à 10 km, la stratosphère commence vers 10 km (tout au moins sous nos lattitudes) et s’étend ensuite jusqu’à une hauteur qu’il n’y a pas encore eu lieu de délimiter, surtout parce qu’elle n’a pas été explorée d’une manière suffisante. On pénètre couramment dans la zone comprise entre 10 et 20 km, surtout au moyen de ballons-sondes. Au delà, entre 35 et 60 km d’altitude se trouvent des couches sur lesquelles on ne sait pratiquement rien. Ce n’est qu’au delà et depuis quelques années seulement que nos connaissances reprennent à nouveau. Ce que nous savons est surtout relatif à la présence de ces particules chargées d’électricité et qu’on nomme des ions. C’est pourquoi on donne aujourd’hui aux régions élevées de l’atmosphère (vers 100 km et au delà) le nom d’ionosphère.
- On conçoit, d’après ce qui vient d’être dit, que la frontière inférieure de l’ionosphère, celle qui la sépare de la stratosphère, soit, pour le moment, peu définie. On ne connaît rien qui corresponde à la tropopause à la limite supérieure de l’ionosphère en altitude; on manque
- également de données suffisantes sur les couches comprises entre 35 et 100 km. Les phénomènes observés intéressent des niveaux situés jusqu’à 500 km et au delà.
- Parmi ceux que nous étudierons sommairement, citons surtout les couches ionisées. Nous donnerons aussi quelques indications sur la couche d’ozone et la température.,
- III. — COUCHES DE KENELLY-HEAVISIDE COUCHE D’APPLETON LA COUCHE IONISÉE
- Ce sont les phénomènes de propagation de la T. S. F. qui ont attiré tout d’abord l’attention sur les régions élevées qu’on appelle aujourd’hui ionosphère. Dès 1902 Kenelly et ensuite Heaviside avaient reconnu que la propagation des ondes radioélectriques autour de la terre, c’est-à-dire dans une direction courbe et non rectiligne, ne pouvait pas s’expliquer par des phénomènes de diffraction comme on le faisait pour expliquer com-
- Couche F
- Couche E
- Fig. 1. — Schéma montrant les différentes trajectoires suivant lesquelles une impulsion radioélectrique peut arriver à la station réceptrice.
- (D’après Gilliland et Kenrick. Bureau of Standards, Research Paper
- n° 373.)
- ment les ondes sonores contournent les obstacles ou suivent les parois courbes. Ils avaient supposé qu’il existait à une haute altitude dans l’atmosphère une couche conductrice qui rabattait les ondes hertziennes vers le sol en les réfléchissant comme un miroir.
- Cette hypothèse hardie attendit longtemps sa confirmation expérimentale. Depuis quelques années, elle ne fait plus de doute et on a réalisé un nombre considérable d’expériences pour la vérifier. Nous n’insisterons pas sur les premières expériences qui étaient probantes mais assez compliquées : elles faisaient appel à des phénomènes d’interférence entre deux trains d’ondes hertziennes issues d’un même poste et reçues par une même station éloignée d’environ 100 km, mais dont l’une filait directement de l’émetteur au récepteur tandis que l’autre se réfléchissait au préalable sur la couche ionisée de l’ionosphère.
- Aujourd’hui on opère plus facilement. Tout se passe
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- dans la même station. Celle-ci émet un signal qui se réfléchit sur la couche ionisée au zénith de la station et revient jusqu’à l’émetteur à la manière d’un écho. On enregistre sur une bande photographique le départ du signal et le retour de l’écho.
- L’intervalle de temps qui les sépare permet de mesurer la hauteur de la couche réfléchissante. L’ordre de grandeur de l’altitude de la couche étant de 100 km, l’intervalle de temps en question est de l’ordre du 1000e de seconde. En fait on émet non pas un signal, mais un chapelet continu de signaux à raison d’un tous les 50es de seconde, au moyen d’un courant alternatif à 50 périodes. On enregistre ainsi une suite continue d’échos qui montre les particularités de la couche réfléchissante et notamment les changements d’altitude qu’elle subit au cours de la journée et de la nuit.
- Ce processus expérimental ressemble à celui qu’emploient les grands navires pour explorer le fond au-dessus duquel ils naviguent par le système de sondages continus par le son.
- On a réussi également à déterminer la direction d’où vient Fonde radioélectrique à la station réceptrice en effectuant des mesures à la fois sur un cadre et sur une antenne. Ces expériences ont montré que le rayonnement vient d’en haut, comme on s’y attendait.
- IV. — COMPLEXITÉ DES PHÉNOMÈNES DE RÉFLEXION COUCHES MULTIPLES
- Le phénomène de l’écho se prête d’une manière particulièrement nette à l’étude des réflexions radioélectriques dans l’ionosphère.
- Les enregistrements montrent qu’il y a non pas un,
- Fig. 2. •— Enregistrement photographique montrant l’existence de deux échos.
- Cet enregistrement a été effectué entre 1 h et 2 h après-midi. On voit entre 300 et 320 km une bande noire continue qui est due à l’un des échos; l’autre écho apparaît en bandes discontinues plus claires au-dessous du premier. (D’après Gilliland. Bureau of Standards. Research Paper, n° 582.)
- mais plusieurs échos. On peut expliquer ce fait soit par des réflexions successives sur la couche ionisée et sur la terre, soit par l’existence de plusieurs couches ionisées superposées. Des raisons multiples font choisir cette dernière explication, notamment le fait que le deuxième écho est parfois plus fort que le premier. La deuxième couche est située à des altitudes approximativement doubles de la première, c’est-à-dire vers 200 km, ou supérieures (parfois jusque vers 800 km). On a donné à la deuxième couche le nom d’Appleton, le savant anglais qui a vérifié expérimentalement son existence. Il est juste et intéressant pour des Français de signaler que R. Bureau en avait pressenti et annoncé l’existence, le premier, dès l’année 1927. En pratique, on désigne les deux couches par les lettres E et F, E étant réservé à la couche inférieure.
- On imagine sans peine la complexité des phénomènes que peuvent produire les réflexions sur les trois surfaces, celles de la terre, de la couche E et de la couche F. La figure 1 en donne un aperçu.
- V. — RÉFLEXION, RÉFRACTION, MIRAGE HAUTEUR ÉQUIVALENTE
- Certaines particularités des échos permettent de pénétrer plus profondément dans le mécanisme d’action des couches ionisées sur les ondes radioélectriques et d’y apercevoir des phénomènes qui rappellent les mirages du désert.
- a) Influence de la nature du signal. — Les échos dont nous avons parlé jusqu’à présent sont produits par un signal composé d’un train d’ondes entretenues. Si l’on y substitue un train d’ondes très amorties, l’écho s’atténue et même disparaît. On devine par ce premier phénomène que la réflexion sur les couches E et F n’est pas un simple phénomène géométrique comme celui par lequel on schématise dans les cours de physique élémentaire la réflexion de la lumière sur un miroir.
- Nous allons citer d’autres observations qui font apparaître l’action profonde de la couche ionisée réfléchissante sur la nature même des ondes radioélectriques.
- b) Polarisation des ondes réfléchies par Viono= sphère.— Les ondes normalement émises par une antenne sont caractérisées par une vibration rectiligne. En 1932 Appleton et Radclifîe, en Angleterre, ont examiné la nature de la vibration des ondes réfléchies par l’ionosphère. Ils ont émis des ondes bien polarisées dans un plan. A la réception, on a constaté au contraire que l’onde réfléchie était polarisée circulairement et que la vibration circulaire était toujours celle qui tournait à gauche (avec les conventions usuelles de la théorie des vibrations).
- Les expérimentateurs ont expliqué ce phénomène par l’action combinée de la couche réfléchissante ionisée et du champ magnétique terrestre.
- Cette théorie a reçu une éclatante confirmation expérimentale par les expériences de Green effectuées en Australie. Elle montre en effet que dans l’hémisphère sud les vibrations réfléchies doivent aussi être polarisées circulairement mais cette fois à droite et non plus à gauche. C’est exactement ce que Green a observé.
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- c) Double réfraction des ondes réfléchies. — Il
- arrive que l’écho apporte non plus un signal unique comme celui qui a été émis, mais deux signaux successifs et bien entendu très rapprochés, comme une lame de spath d’Islande, posée sur un papier où il y a un point noir, fait apparaître deux points l’un à côté de l’autre. Ce phénomène découvert en 1932 par Appleton et Builder se produit surtout au lever et au coucher du Soleil.
- La double réfraction se produit généralement sur la couche élevée, la couche F, et non sur la couche E. Ce phénomène permet donc de pénétrer un peu plus avant dans la connaissance de l’ionosphère, puisqu’il prouve que la nature des couches E et F n’est pas la même (fig. 2).
- L’explication de la double réfraction fait appel, comme celle de la polarisation circulaire, à l’action combinée de la couche et du champ magnétique terrestre. Elle conduit à attribuer l’action de la couche F à ses électrons et non à des ions, comme c’est généralement le cas pour la couche inférieure E.
- d) Variation de la hauteur des couches avec la longueur d’onde. — Si on mesure à la même heure la hauteur des couches réfléchissantes en faisant varier la longueur d’onde, on ne trouve pas la même hauteur pour les diverses longueurs d’onde. Généralement la hauteur mesurée augmente quand les ondes deviennent plus courtes. Ceci a lieu très faiblement pour la couche E, nettement pour la couche F. Soudain, pour une onde suffisamment courte, l’écho de la couche E disparaît brusquement tandis que l’écho de la couche F apparaît. C’est ce qu’on appelle Yonde critique. Les ondes bien plus courtes que l’onde critique traversent les deux couches et s’évadent dans l’espace sidéral pour ne plus reparaître sur la surface terrestre.
- Ce qu’on doit retenir de l’ensemble des faits expérimentaux résumés dans le présent chapitre, c’est qu’il faut renoncer à l’idée simpliste d’un miroir à ondes radioélectriques posé horizontalement à grande altitude et agissant géométriquement pour renvoyer les rayons radioélectriques vers le sol.
- Les couches E et F sont en fait des régions relativement épaisses où des phénomènes d’ionisation et des électrons sont distribués d’une manière suffisamment dense pour influencer fortement la propagation des ondes radioélectriques.
- Comme on mesure non pas directement la hauteur des couches, mais l’intervalle entre le signal et l’écho, il est probable que l’élévation progressive de la couche quand l’onde devient plus courte n’est qu’un phénomène apparent, au moins en grande partie. Il doit s’expliquer plutôt par le fait que les ondes vont moins vite dans la couche ionisée, ce qui retarde l’écho et fait paraître la couche réfléchissante plus haute.
- Les physiciens ont donc renoncé à l’expression d’altitude pour désigner l’emplacement des couches E et F dans l’ionosphère. Ils emploient celle de hauteur équivalente ou hauteur virtuelle. Ces mots désignent l’altitude d’une couche fictive qui agirait comme un miroir géométrique et dont l’écho reviendrait au sol en même temps que l’écho réel.
- Ces définitions ont été adoptées en l’année 1934 par
- oRayon ordinaire * „ extraordinaire
- 200F
- (mc/sec.)
- Fig. 3. — Variation de la hauteur des couches réfléchissantes avec la longueur d’onde du signal émis. (Observations de M. E. V. Appleton du 10 avril 1933.1
- En abscisses : les fréquences du signal émis (en mégacycles par sec).
- En ordonnées : les altitudes auxquelles se produit la réflexion.
- l’Union radioscientifique internationale qui groupe tous les chercheurs spécialisés dans l’étude des propagations radioélectriques et qui est actuellement présidée par E. V. Appleton, de qui il a été fréquemment question ici.
- La même Union a décidé en même temps, dans le même esprit, de renoncer au nom de couche pour employer désormais celui de « régions » E et F.
- On peut d’après ce qui précède se représenter schématiquement de la manière suivante le trajet des rayons radioélectriques dans l’atmosphère. Ils traversent d’abord la troposphère (0 à 10 km), puis la stratosphère (au-dessus de 10 km) en ligne droite filant vers le haut, jusqu’aux environs de 80 km. Au delà de cette altitude ils rencontrent une région ionisée dans laquelle ils s’incurvent progressivement jusqu’à devenir horizontaux puis à redescendre en repartant vers le bas sous le même angle qu’ils étaient montés. Ils reprennent ensuite une direction rectiligne jusqu’au retour au sol où ils se réfléchissent et d’où ils repartent vers le haut et ainsi de suite. Au cours du trajet curviligne dans l’ionosphère, le rayon se polarise et peut, dans certains cas, se dédoubler.
- La propagation des rayons dans l’ionosphère apparaît ainsi comme un phénomène de réfraction dans des couches d’air riches en ions, phénomène comparable à bien des égards au phénomène optique du mirage, réfraction courbe dans des couches d’air de température élevée. Dans les mirages aussi, le phénomène de réfraction se présente, tout compte fait, comme un phénomène de réflexion.
- VI. — MESURE DE LA DENSITÉ DES IONS DANS L’IONOSPHÈRE
- Les connaissances que nous avons exposées jusqu’à présent sont plutôt qualitatives que quantitatives. On peut les compléter au moyen d’observations qui permet-
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- tent de mesurer la densité des ions, ou, plus exactement, cette densité dans le niveau de la couche E où elle est le plus forte. Nous n’insisterons pas sur la théorie de cette méthode de mesures qui fait appel au phénomène de disparition de l’écho décrit précédemment (voir la définition de l’onde critique). Appleton a montré que la fréquence critique est proportionnelle à la racine carrée de la densité des ions au niveau où leur densité est maxima.
- D’importants travaux expérimentaux ont été faits sur ce thème depuis quelques années dans des latitudes variées et aux diverses époques de la journée et de l’année.
- Voici un aperçu des résultats obtenus :
- VII. — VARIATION DIURNE DE LA DENSITÉ DES IONS
- Quand les ions sont abondants dans l’ionosphère, l’ordre de grandeur de leur nombre est de 200 000 par centimètre cube; quand ils sont peu abondants, ce chiffre tombe au vingtième, soit environ 10000 par centimètre cube.
- On sait que la propagation des ondes se fait différemment la nuit et le jour. Il doit donc y avoir uns variation
- Fig. 4. — Diagramme à trois dimensions montrant les variations diurnes et saisonnières, au cours de l'année 1929-1930, de F intensité relative du champ des signaux radioélectriques émis par la station de lîugby (Angleterre) à 10 280 kilocgcles et reçus à Dunedin et à Awarna (Nouvelle-
- Zélande ).
- Les valeurs du champ sont comptées suivant la verticale; les heuies de la journée sont portées suivant l’horizontale parallèle au cadre; les dates sont portées suivant la direction horizontale perpendiculaire (D’après Berkner. Bureau of Standards. Research Paper, n° 412.)
- y lien si té relave de champ
- Temps moyen de Greenwich
- «V Juin
- Juin.
- Intensité relative de champ —>
- Temps moyen de
- Greenwich
- / Oct.
- diurne marquée de l’ionisation. Pour les mesures de densité d’ionisation aux diverses heures du jour et de la nuit, les courbes reproduites ci-contre et qui portent aussi les heures de coucher et de lever de soleil traduisent les résultats obtenus. Il faut se rappeler qu’aux altitudes de l’ionosphère (1.00 à 500 km) le soleil se lève plus tôt et se couche plus tard qu’au sol.
- Couche E. — Une demi-heure avant le lever du soleil (au sol) l’ionisation augmente très rapidement. Elle continue ensuite à croître moins rapidement jusqu’à un maximum vers midi. La décroissance commence et se poursuit jusqu’à une heure après le coucher du soleil. Le minimum atteint à cet instant se maintient presque constant pendant toute la nuit jusqu’à la reprise du lendemain malin.
- Le palier de nuit dure une douzaine d’heures en hiver. En été, il se réduit à peu de chose.
- Il y a des cas fréquents où le maximum se produit non à midi mais dans la matinée assez peu de temps après le lever du soleil. Il est alors souvent suivi d’un minimum secondaire.
- Les mesures de longueur d’onde critique sont assez aisées pour la couche E. Elles le sont moins pour la couche F ou les couches F.
- VIII. — PROPAGATION DES ONDES COURTES ZONES DE SILENCE
- Les ondes suffisamment courtes (moins de 11 à 14 m de longueur d’onde) n’ont presque jamais d’écho et traversent donc toutes les couches ionisées E et F. Elles ne se propagent donc pas loin, car, en longeant le sol, elles sont amorties par lui très rapidement. IJn poste de 1 kw à 4 kw ne peut pratiquement guère être entendu au delà de quelques dizaines de km.
- Les ondes plus longues peuvent aller beaucoup plus loin, grâce aux réflexions sur l’ionosphère. Elles le peuvent mais n’y parviennent pas toujours pour deux raisons :
- 1° S’il y a trop peu d’ions, elles agissent comme le font en toute circonstance les ondes de moins de 14 m (voir plus haut) et traversent l’ionosphère. C’est en particulier ce qui a souvent lieu pendant la nuit aux heures d’ionisation minime. Cela se produit aussi quand le récepteur est trop près de l’émetteur. Il y a là un phénomène analogue à celui de la réflexion totale en optique. Ce n’est que pour des incidences suffisamment rasantes sur l’ionosphère qu’il y a réflexion quand les ions sont peu nombreux.
- 2° Il peut y avoir au contraire trop d’ions. 11 se produit alors une véritable absorption de l’onde comme si les ions rendaient alors l’ionosphère opaque.
- Ces deux actions se présentent d’ailleurs différemment pour des longueurs d’onde différentes. C’est ainsi qu’une certaine densité d’ions agit comme une densité faible et transparente pour une onde courte alors que cette même densité agit comme une densité forte, donc opaque et absorbante pour une onde longue.
- C’est ce qui explique que les ondes courtes, par exemple les ondes de 25 m, ne se propagent pas comme les ondes plus longues, par exemple comme des ondes de 100 m.
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- IX. — EXPLICATION DE L’IONOSPHÈRE
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- La variation diurne de l’ionisation manifeste avec évidence l’inlluence du soleil sur ce phénomène. Comment le soleil agit-il et pourquoi agit-il à ces grandes hauteurs alors qu’il n’ionise pas les couches plus basses, notamment celles où nous vivons?
- Le rayonnement solaire est complexe. L’ionisation peut être attribuée aux rayons ultraviolets dont les facultés ionisantes sont connues dans les laboratoires -— ou encore aux rayonnements corpusculaires (électroniques) — ou aux deux selon un processus à déterminer.
- Ce sont les variations de l’ionisation suivant la latitude le long d’un méridien terrestre qui permettent de faire le choix entre le rayonnement ultra-violet et l’électronique. On peut montrer, en effet, que sous l’action du champ magnétique terrestre l’ionisation doit diminuer quand on se rapproche du pôle si elle est due aux rayons ultra-violets, elle doit au contraire augmenter si elle est due aux électrons solaires.
- L’expérience montre que l’ionisation diminue en général quand on se rapproche du pôle. C’est donc l’action des radiations ultra-violettes qui est la cause de l’ionisation caractéristique de l’ionosphère ou tout au moins sa cause prépondérante.
- Aux altitudes plus basses, le rayonnement ultra-violet est fortement absorbé. Quant aux raisons pour lesquelles l’ionisation se manifeste dans des niveaux déterminés comme ceux des couches E et F, on paraît les ignorer encore.
- Fig. 5. — Figure de zones de silence observées le 18 janvier 1930 par le Cl Bureau de l'Office, national météorologique ; points noirs et zones en hachures : régions do silence.
- X. — LA TEMPÉRATURE DE L’AIR DANS L’IONOSPHÈRE
- On sait que dans les 10 premiers kilomètres de l’atmosphère à partir du sol (troposphère) la température diminue assez régulièrement et s’abaisse jusqu’à de très grands froids (50° au-dessous de zéro environ). Dans les 10 km suivants, elle oscille autour de cette valeur. Au delà, nos connaissances sont pratiquement nulles. Autrefois, on tendait à croire que ce froid persistait et même s’aggravait aux hautes altitudes jusqu’à rejoindre la température du zéro absolu qui règne à grande distance de la terre dans le vide intersidéral. On a pourtant aujourd’hui des raisons de croire que, aux altitudes correspondant à l’ionosphère et même plus bas, la température est tout autre. Non seulement, il n’y règne probablement plus de grands froids, mais on doit y observer des températures supérieures à toutes celles qu’on rencontre à la surface de la terre, même dans les pays les plus chauds.
- Voici sur quoi se fonde cette conclusion nouvelle et inattendue.
- Notons avant de nous étendre sur ces raisons que la température dont il s’agit est celle d’une atmosphère très différente de celle où nous vivons. C’est en effet un gaz
- très raréfié où la pression est de l’ordre du millimètre de mercure et où le libre parcours des molécules gazeuses, au lieu d’être imperceptible, atteint des valeurs sensibles de l’ordre du centimètre. j
- Les étoiles filantes — les zones de silence dans la propagation des explosions à grande distance —, la répartition de l’ozone en altitude —, enfin l’étude dès variations diurnes et saisonnières de l’ionisation dans l’ionosphère — voilà autant de phénomènes distincts qui, approfondis au cours des dernières années, font présumer ce qui vient d’être dit dé la température dans l’ionosphère.
- C’est dès 1922 que, étudiant les trajectoire’spdes étoiles filantes, Lindemann et Dobson soupçonnèrenfil’existence de températures ^élevées au niveau de l’ionosphère ou, ce qui revient au même, d’une densité de l’air décroissant bien moins vite que dans une atmosphère glacée.
- En mesurant tout le long de l’année l’ionisation dès régions E et F on a constaté deux anomalies sérieuses qui ont conduit à la même conclusion. q
- Première anomalie : l’ionisation à midi devrait être deux fois plus forte en été qu’en hiver si Pô h admettait les anciennes idées sur la distribution dêlTtempératures et densités en altitude. Or, en fait, elle est plus faible.
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- = 168 : .............................................—=
- Une étude quantitative fondée sur cette anomalie montre que la température dans l’ionosphère varie énormément d’une saison à l’autre, qu’elle est de trois à neuf fois plus élevée en été qu’en hiver (exprimée en températures absolues) et qu’à une altitude de 300 km elle atteint au moins 1200 degrés K.
- Autre anomalie : l’ionisation après le coucher du soleil, toujours conformément aux idées anciennes, devrait disparaître rapidement. Or, en fait, l’ionisation
- = L’ALARME URBAINE
- Deux ingénieurs français, MM. Durepaire et Perlât, viennent de soumettre à l’approbation de la Préfecture de Police un système d’alerte « sans fil » pratiquement universel, car il permet d’atteindre toutes les personnes qui possèdent l’éclairage électrique.
- En cas d’attaque aérienne, par exemple, il est possible d’alerter soit toute la police, les pompiers, les médecins,
- Fig. 1. — Poste central d’émission à huit fréquences permettant de commander 11 manœuvres différentes, installé à la C.P.D.E. (station Trudaine).
- C.e poste contrôle, sans fil pilote, la totalité des secteurs continus 3 fils : Trudaine, Magenta, Trinité, Bondy, Bergère. En haut, l’horloge à contacts; en bas : l’enregistrement à huit styles. (Ph. P. Dubure.)
- passe par un maximum un peu après minuit pendant l’hiver tout au moins. On explique ce fait actuellement par le refroidissement très rapide de l’ionosphère pendant la nuit. De la sorte, l’air se contracte, les ions et les électrons qu’il contient se condensent, amenant ainsi dans un même volume une concentration d’ions qui contrecarre et compense la diminution du nombre des ions consécutive à la disparition du soleil sous l’horizon. P. S.
- 1 SANS FIL PILOTE ” =
- le personnel de sauvetage spécialisé, soit une catégorie déterminée de ces personnes, même non groupées dans le même quartier. De plus, le système s’applique aux commandes d’éclairage et permet d’obtenir l’extinction instantanée, partielle ou totale, de toute une ville. 11 y a là un élément de coordination, d’autant plus intéressant que les installations sont peu coûteuses, capables de jouer un rôle important dans le grand problème de la « défense passive ».
- TÉLÉCOMMANDES A RÉSONANCE
- Le phénomène électromécanique utilisé dans le système « Durlat » ne constitue pas strictement une nouveauté. C’est un cas de cette résonance mécanique dont nous avons précédemment entretenu nos lecteurs à propos des « sélecteurs oscillants »(1).
- Rappelons brièvement les données du problème.
- Les actions à distance ou télécommandes ne présentent pas de difficultés spéciales lorsqu’on dispose d’autant de « voies », c’est-à-dire d’organes de liaison, qu’il y a de manœuvres à prévoir. Tel est le cas d’un poste d’aiguillage qui se trouve réuni à chaque signal et à chaque aiguille par un organe indépendant ; barre de manœuvre ou fil de traction.
- Quand les distances deviennent considérables, le seul agent de transmission possible reste l’électricité; dans ce cas, il sera extrêmement avantageux de pouvoir utiliser une seule voie constituée par un fil pilote unique ou même dépourvue d’existence matérielle propre.
- La T. S. F. fournit une première solution à ce problème et une société connue fabrique effectivement des appareils de télécommande sans fil utilisables notamment pour les phares en mer ou les usines hydroélectriques de montagne.
- Dans le cas, très général, où il existe déjà entre les deux postes (émetteur et récepteur) une liaison par des fils, telle qu’une ligne de lumière, de puissance ou de haute tension, il est possible d’« injecter » dans ces conducteurs, en superposition avec le courant principal, un courant de nature différente que l’on sépare à l’arrivée à l’aide de dispositifs statiques. Nous avons indiqué à propos du phare à télécommandes et semi-automatique de Nividic (2) l’emploi du courant continu superposé au courant alternatif et séparé à l’arrivée par un redres-
- 1. Voir La Nature n° 2913.
- 2. Voir La Nature, n° 2959.
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- seur oxy-cuivre. On peut utiliser aussi des ondes porteuses de fréquence 1000 environ, modulées au départ et démodulées à l’arrivée, suivant le principe classique de la télégraphie harmonique.
- Reste à résoudre la seconde partie du problème, qui est d’ interpréter les impulsions du courant de commande à l’arrivée, en vue d’obtenir différentes manœuvres.
- Deux solutions sont ici possibles. On peut avoir à l’arrivés des disques à encoches ou à contacts formant distributeurs; les impulsions de courant font avancer ces distributeurs jusqu’au point cherché, grâce à un électro-aimant à cliquet, comme l’aiguille du télégraphe à cadran Bréguet, encore utilisé dans les chemins de fer.
- L’autre solution consiste à disposer, à l’arrivée, d’une résonance analogue à Y accord d’un poste de T. S. F. mais à fréquence basse ou très basse. Cette résonance peut être électrique, nous en avons cité un cas avec les relais photoélectriques à lumière modulée de l’Alsthom, mais il est fréquent d’avoir une résonance mécanique. Ainsi la Compagnie des Compteurs, pour son système
- Fig. 2. — Vue des oscillaicurs-ëmelleurs formant minuterie à balancier spiral, qui ont remplacé les pendules oscillants de type classique primitivement employés.
- Ces « courants de signalisation » sont de faible puissance : 100 à 500 \v selon les cas et il est important de souligner que cette puissance est à peu près indépendante du nombre de relais récepteurs,car elle se dissipe en grande partie dans les pertes; la puissance nécessaire pour lancer un relais est infime.
- L’émission est faite de préférence sur le réseau basse tension, entre neutre et terre si l’on a affaire à une distribution triphasée; les fils neutres des différents transformateurs doivent être interconnectés, ce qui ne présente aucun inconvénient.
- Avec le monophasé ou le continu, on opère
- Fig. 4. — Carter du résonateur-récepteur et de l'interrupteur dans le pied d’un candélabre, à l’Exposition de Bruxelles. On notera le faible encombrement des appareils.
- Fig. 3. — Schéma d’un poste d’émission à cinq fréquences (pour le fonctionnement,
- voir page 170 .
- d’action à distance « Actadis », utilise des lames vibrantes, véritables diapasons munis d’un cliquet, mis en vibration par un courant alternatif de même fréquence (1000 environ) injecté dans les fils lumière, et qui font pivoter les commutateurs des compteurs change-tarifs placés chez les abonnés.
- M. Marius Lavet (Ato) a utilisé pour les commandes d’allumage de candélabres un équipage résonateur à fréquence beaucoup plus lente, constitué par un volant oscillant à axe vertical. C’est précisément un dispositif analogue que nous allons trouver dans le système « Durât ».
- DESCRIPTION DE L’ÉMETTEUR RYTHMIQUE
- Le principe du système consiste à envoyer dans les fils du secteur des courants de très basse fréquence : 0,8 à 2 périodes par seconde qui viennent agir sur des relais à résonance disposés en des points quelconques du réseau.
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- Fig. 5. —• Résonateur-récepteur type, à fréquence réglable.
- Entre les pôles d’uu aimant permanent circulaire est placée une petite bobine galvanométrique reliée à une tige horizontale portant deux masselottes de réglage à vis et rappelée au zéro par un spiral. Ouand cet équipage mobile oscille en résonance avec une amplitude suffisante, un contact périodique s’établit entre un minuscule doigt porté par l’axe et un fil en platine-or porté par le long ressort en l'orme
- de boucle.
- de même en utilisant comme circuit la terre et le conducteur dont le potentiel est le plus voisin de celui de la terre. Pour la haute tension on crée un point neutre arti-
- Fig. 6. — Posie récepteur pour alerte individuelle installé chez un sapeur-pompier à proximité du compteur électrique (ville de Vincennes).
- Le poste.comprend : résonateur, piles locales, cloche d’alarme.
- ficiel. On peut aussi très bien utiliser l’enveloppe en plomb d’un câble ou tout circuit présentant de fortes pertes à la terre; en particulier les mises à la terre du neutre basse tension, exécutées en conformité du décret ministériel du 30 avril 1927, ne sont pas un empêchement, à cause de la résistance relativement élevée de ces prises, qui descend rarement au-dessous de 1 ohm.
- Le système est donc absolument général.
- Au poste d’émission, qui peut être installé dans un commissariat de police ou un bureau quelconque, nous trouvons une source locale de courant continu de 10 à 20 v, un jeu de relais à électro-aimants et un certain nombre de minuteries à pendules entretenus électrique-
- Fig. 7. — Poste d’émission à cinq fréquences, installé à Bruxelles pour la commande de l’éclairage public de l'Exposition.
- ment, analogues aux pendules des horloges et pendulettes électriques. Ces pendules peuvent être remplacés par des minuteries à volant-spiral (fig. 1, 2, 7 et 10).
- Pour déclencher une émission de fréquence n° 1 (fig. 3) on appuie sur le bouton 1; la bobine 2 arme une minuterie dont l’interrupteur 4 se ferme; elle est réglée par le pendule 3; celui-ci vient toucher alternativement deux contacts agissant sur les deux moitiés du relais polarisé 8, dont la palette 9 agit à son tour sur les enroulements 6 du contacteur-inverseur C qui oscille par suite à la fréquence voulue.
- On notera que le fonctionnement du contacteur exige que le contact 7, qui permet l’alimentation des enroule-
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- Terre
- 'TTÏV'
- Lampe
- Secteur
- Fi U.S.— Principe d’un récepteur double pour commander deux manœuvres inverses, telles que l’allumage cl l'extinction d’un candélabre.
- ments 6, soit fermé ; ceci va intervenir lors de l’arrêt automatique. Au bout de 40 sec., environ, la minuterie ouvre le contact 4 et s’arrête ; l’électro-aimant 5, qui commande la palétte de con -tact 7 et comporte autant d’enroulements superposés qu’il y a de pendules , se trouve désexcité et le contact 7 s’ouvre. Il n’y a donc aucune consomma -lion de courant au repos, même si la palette 9 reste au contact à fin de course.
- Dans les récents modèles, les minuteries à pendules entretenus ont été remplacées par des minuteries possédant des balanciers spiraux à volant (fig. 2), le
- Suivant la fréquence du courant, le rcso- principe restant nnfeur K, ou Rj excite la bobine Bi ou Ba identique ; il exista qui fait basculer l'interrupteur à mercure'J. autant de ces dispositifs chronomé-
- Iriques que de fréquences prévues. Quand les émissions sont opérées automatiquement par une horloge ou une cellule photoélectrique, celle-ci se borne à fermer les contacts 13 , B„, B , montés en parallèles avec: les boutons (fig. 3).
- RÉSONATEURS-RÉCEPTEURS
- L’organe récepteur-type est un relais à résonance dont nous donnons la photographie figure 5.
- La grande couronne est un aimant permanent, genre téléphone, entre les pôles duquel se trouve une petite bobine mobile formant galvanomètre; cette bobine est solidaire d’une tige horizontale portant des mâsselottes moletées à vis, en vue du réglage de la période; l’équipage est ramené au zéro par un spiral. Le petit cercle ne tourne pas, c’est le support des crapaudines du pivot.
- Un long ressort fixe, en forme d’épingle de nourrice, vient présenter un petit fil de contact en platine-or au voisinage d’un minuscule doigt de contact porté par le pivot.
- Quand l’émission commence, l’équipage mobile se met à osciller avec uns amplitude croissante, suivant les
- .........r" ......;, T. , ;....171 =
- propriétés connues des systèmes en résonance. Dès que cette amplitude atteint une valeur voisine de 40°, le doigt fixé au pivot vient en contact avec le fil de platine. Ce contact périodique peut être utilisé de plusieurs façons.
- Pour la signalisation, c’est-à-dire pour Y alerte chez les particuliers, médecins, pompiers, le contact périodique agit sur le circuit d’une pile locale pour provoquer la sonnerie; on a ainsi une sonnerie hachée, donc particulièrement efficace (fig. 6).
- S’il s’agit d’obtenir une manœuvre de puissance, telle que Y allumage d’un candélabre (fig. 4) ou la mise en route d’un moteur, on interposera un relais intermédiaire, généralement à goutte de mercure.
- Le cas le plus général comporte alors deux manœuvres : allumage et extinction par exemple. Le système satisfait à cette nouvelle condition avec une simplicité remarquable, grâce à un second résonateur récepteur réglé pour une fréquence différente (fig. 8). Ainsi, les deux résonateurs R et R2 peuvent agir sur les deux bobines B4 et B2 d’un basculeur à mercure T provoquant l’allumage ou l’extinction (fig. 9).
- Cette disposition, qui convient pour la commande à distance des candélabres, permet de couper des puissances considérables, 20 a sous 220 v en circuit non
- Fig. 9. •— Récepteur du type double fig. 8 installé à Paris dans le socle d’un candélabre de la rue de Maubeuge.
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- Fig. 10. — Tableau d’alerte-incendie de la ville de Dieppe montrant les jeux complets de conlacteurs.
- Les émetteurs de fréquence, du type figure 2 à volant-spiral, sont visibles à la partie inférieure. (Ph. P. Dubure.)
- inductif. On construit également des appareils à trois manœuvres et il n’y a pas d’impossibilité à en multiplier encore le nombre.
- Tel est ce remarquable système Durlat qui vient s’ajouter avec des possibilités différentes à l’excellent système à lames vibrantes de la Compagnie des Compteurs.
- En ce qui concerne l’alarme civile, pour la défense passive, il apporte une solution qui mérite d’être examinée de très près par les pouvoirs publics.
- Des installations vont du reste être faites prochainement dans ce but à Paris, dans certaines usines et dans des immeubles.
- Qu’il s’agisse d'émissions à fréquence musicale ou à fréquence « mécanique » ou encore d’ondes porteuses, un fait paradoxal semble bien établi aujourd’hui.
- C’est qu’il serait matériellement possible au premier venu, par l’intermédiaire des réseaux lumière, d’établir des communications télégraphiques, peut -êti'e même téléphoniques, de façon clandestine et sans bourse délier vis-à-vis de l’État ! Pratiquement, la fraude serait difficile à identifier, au point de vue technique et juridique, l’opération se faisant dans des domiciles privés.
- Il y a là en puissance, une atteinte curieuse au monopole des P. T. T. et qui méritait d’être signalée.
- Pierre Devaux,
- Ancien élève de l'École Polytechnique.
- QUE SAVONS-NOUS SUR LE CANCER?
- Selon une opinion répandue, non seulement dans le grand public mais aussi dans le corps médical, nos connaissances sur le cancer n’auraient point progressé depuis un siècle. Cependant, nous verrons que l’étiologie du cancer s’est éclaircie grâce aux progrès des sciences expérimentales, fort accélérés en ces dernières années.
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- Jetons un coup d’œil en arrière. Depuis Ramayana et Hippocrate, et jusqu’au milieu du xixe siècle, la cause du cancer restait voilée d’un épais mystère : on l’attribuait à des « vers rongeant la chair » ; la forme compliquée que prennent parfois les tumeurs cancéreuses, rappelant celle des divers crustacés, est à l’origine de sa dénomination (cancer = écrevisse). Plus tard, à l’époque des « humeurs peccantes » ridiculisées par Molière, on attribuait la cause du cancer à des « substances laiteuses, de nature acide, élaborées par le chyle et neutralisant la lymphe». Mais, en plus de ces conceptions périmées, nos devanciers, scrupuleux et probes, nous ont transmis des descriptions détaillées et des dessins parfaits. Citons celle d’Ambroise Paré :
- « Le cancer envoie des prolongements en la manière des jambes et pieds tordus de cet animal appelé chancre (crabe rongeur), qui lorsqu’il est attaché de ses pieds contre quelque chose attire à lui si fort, qu’à peine on le peut arracher. Cette tumeur présente des aspérités comme il se trouve en cet animal duquel j’ai voulu donner le portrait. »
- Certaines affirmations provenant de ces temps lointains ont encore cours à notre époque : Tulpius croyait que cancer ulceratus sit eminus contagiosus et que cette contagion s’opère par l’intermédiaire d’un virus... volatilis... spiritus; aujourd’hui, au moins une fois l’an, on découvre un nouveau microbe du cancer. Depuis ce temps aussi persiste la croyance que le cancer frappe surtout l’âge avancé; or des observations récentes semblent infirmer cette idée et l’on admet que l’âge jeune ne protège pas infailliblement contre le cancer; ainsi dans un service hospitalier de l’Est on a signalé récemment six cas de cancers chez des individus âgés de 17 à 30 ans, en deux mois seulement.
- Au début du xixe siècle, le microscope fournit de nouvelles données. Le premier, Bichat décrit la structure cellulaire des tissus cancéreux : « C’est un tissu homologue de tissus normaux », dit-il. Ses travaux sont continués par Johannes Müller. Les observations de plusieurs générations d’histologistes et d’anatomopathologistes ont accumulé une documentation abondante qui a permis de tirer la conclusion formelle que voici : le cancer est dû à une prolifération rapide de cellules dont les prototypes se trouvent dans l’organisme. De cette époque datent la distinction des diverses tumeurs : lipomes, fibromes, sarcomes, épithéliomes, etc., et la connaissance de leur structure. Leurs aspects microscopiques permettent le diagnostic à partir d’un petit fragment de tissu prélevé sur l’organe malade (technique de la « biopsie »).
- L’histologie a également révélé la généralité du cancer dans
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- le monde vivant. En elïet, depuis les investigations de Smith, on connaît la parenté entre les tumeurs animales et végétales; bien plus, on peut facilemeirt provoquer les tumeurs végétales par des moyens divers : physiques (rayons), chimiques (acides) ou biologiques (microbes saprophytes), ce qui a grandement facilité les recherches sur ce sujet. Actuellement, on admet l’existence de tumeurs chez tous les êtres vivants, en commençant par le lion, en passant par les poissons, les vers marins et en terminant par les végétaux. Cette constatation détruit un autre préjugé légué par le moyen âge : la résistance naturelle de certaines espèces ou de certaines races humaines.
- Mais l’histologie a rapidement épuisé ses moyens d’investigations; l’introduction des techniques nouvelles, telles que l’examen en lumièi’e polarisée ou l’étude des spectres de diffractions aux rayons X, etc., n’ont apporté que quelques détails à l’œuvre déjà accomplie.
- Si tout est positif dans l’œuvre histologique, tout reste négatif dans les recherches bactériologiques sur le cancer. Partant de la doctrine d’étroite spécificité biologique des micro-organismes et de l’idée que toute maladie relève d’une action microbienne (Metchnikofï), les bactériologistes, et surtout les cliniciens, ont dirigé tous leurs efforts vers la découverte du microbe spécifique. A priori déjà, cette idée paraissait stérile, puisqu’on n’a jamais signalé d’épidémies de cancer; rares même sont les cas où l’on pourrait parler, à la rigueur, d’une contagion : en tout et pour tout on en a réuni une dizaine et tous s’expliquent aisément par une véritable greffe de tissu cancéreux. De sorte que, malgré les nombreuses descriptions de microbes incriminés ou suspects, aucun n’a pu provoquer expérimentalement le cancer. 11 faut considérer tous ces microbes comme des témoins d’une infection secondaire n’ayant aucun rôle dans la genèse du mal. Cela ne veut point dire que les microbes, en' tant que cellules étrangères à l’organisme, n’interviennent pas dans l’éclosion d’une tumeur, mais bien qu’il faut être plein de prudence et de réserve chaque fois que reparaît l’annonce de la découverte d’un « véritable » virus du cancer.
- Bien plus profitable à l’évolution de nos connaissances a été l’intervention de la physiologie. Grâce à elle, on a pu réaliser la greffe du cancer; cette découverte est due à Moreau, en 1898. Largement exploitée depuis, elle a donné aux recherches un rythme accéléré : on n’a plus à attendre l’éclosion spontanée des tumeurs, on sait les provoquer à volonté chez des animaux d’expéiûence. L’attention n’a peut-être pas été assez attirée sur la portée de cette découverte française. La physiologie a fourni deux autres moyens, plus expéditifs encore, pour reproduire des tumeurs. Sous le nom de « chimney-sweeper’s disease », Percival Pott (1775) avait décrit le cancer des ramoneurs. Pour reproduire ce geni'e de cancer chez des animaux, Yamagiwa et Itchilcawa employèrent le badigeonnage avec du goudron, et, après des essais multipliés, ils réussirent, en 1915, à pi-ovoquer la transformation de tissus sains en tissus cancéreux.
- Enfin, le troisième stade de l’étude expérimentale du cancer est marqué par la réalisation des cultures de tissus en dehors de l’organisme. C’est encore une découverte française. En 1903, Jolly cultive in vitro des leucocytes; en 1911, Carrel réussit pour d’autres cellules; la même année, Lambert applique la méthode à la culture des tissus cancéreux.
- Les investigations ultérieures s’inspirent des découvertes toutes récentes de la chimie et de la physique.
- L’intervention de la chimie n’a pas encore donné de résultats importants; toutefois, on ne saurait la négliger. En faisant connaître la composition des divers produits dont le contact permanent engendre parfois des tumeurs (cancer des mineurs, des ramoneurs, des chapeliers,des distillateurs, de la houille,etc., la chimie a permis d’isoler diverses substances actives de
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- composition définie, provoquant rapidement par badigeonnage de la peau, ou par absorption, la cancérisation; telles sont l’aniline, les carbures cycliques, l’acide arsénieux, le formol, la nicotine, etc.
- La physique a ajouté d’autres données importantes : l’action prolongée des divers facteurs physiques tels que la chaleur, des radiations variées, etc., conduit aussi vers une cancérisation des tissus. Rappelons les lésions des mains et du visage provoquées par les rayons X chez de nombreux radiologistes ; les physiciens victimes du radium; les tumeurs causées par l’insolation prolongée chez des agriculteurs ; le cancer fréquent chez les tribus du Tibet qui se chauff ent au moyen de charbons ardents, etc. On sait aujourd’hui reproduire expérimentalement la plupart de ces accidents.
- La physique, en corroborant les données de la chimie, a pei*mis de réhabiliter l’idée exprimée déjà en 1826 par Broussais, bien avant Virchow, sur le rôle des diverses irritations dans la production du cancer. 11 apparaît nettement que tout tissu organique peut se transformer en tissu cancéreux par suite d’irritations variées et prolongées.
- Mais, à ces irritations s’ajoute le rôle d’une prédisposition de l’organisme, innée ou acquise, dont la nature reste inconnue.
- * *
- Examinons ce qu’on sait des causes adjuvantes.
- A la lumière des observations anciennes et, plus encore, des investigations modernes, le rôle de l’hérédité dans la formation des tumeurs apparaît évident. On a signalé des familles où le cancer se transmettait des parents aux enfants. Rappelons la famille de Napoléon, les cas signalés par Broca (16 cas de cancer chez 32 membres d’une même famille), par Grote (cancer transmissible pendant 4 générations), etc. Mais on pouvait toujours, dans des occasions pareilles, invoquer les incertitudes du diagnostic, surtout pour les cancers des viscères (famille de Napoléon, par exemple). Le doute est actuellement levé, grâce notamment à Mlle Maud Slye qui, étudiant la transmission du cancer spontané chez des souris blanches, a vu qu’elle suit la loi de Mendel. Il semble, de plus, que le cancer des femmes se transmet aux enfants du même sexe (Cholewa). La surveillance des membres d’une famille, dont les ascendants furent atteints d’un cancer, s’impose ainsi de toute évidence. R semble que la prédisposition est plus marquée chez certaines races, la blanche par exemple; il semble aussi que le sexe féminin est plus exposé dans la jeunesse, cette différence s’atténuant avec l’âge, d’après les statistiques particulièrement soignées, dressées par les autorités fédérales suisses, entre 1911 et 1921. Parmi les animaux, il semble encore que les mammifères sont atteints en plus forte proportion que les autres animaux. Lorsqu’on considère les causes prédisposantes acquises, il faut, avant tout, souligner l’impossibilité de les discriminer d’avec les causes efficientes. Cette restriction faite, notons avant tout Vinobservation de certaines règles d’hygiène. D’après ce que nous avons déjà dit, on comprend aisément que l’irritation prolongée due à l’absorption de liquides ou d’aliments trop chauds, brûlants, facilitera l’éclosion de tumeurs de l’appareil digestif; il en est de même des traumatismes continuels, provoqués sur la langue par des objets ébréchés, pointus; des irrigations chaudes, surtout celles à base de liquides corrosifs (désinfectants chlorés, formol, etc.) qui peuvent former le lit aux tumeurs chez des sujets héréditairement prédisposés; l’emploi des papiers hygiéniques imprimés (goudron, couleurs d’aniline, etc.), particulièrement chez les hémorroïdaires, n’est pas sans inconvénient; l’abus des bains de soleil, des irradiations par des rayonnements divers (ultra-violets, X, radium, etc.) peut occasionner, directement, des proliférations, se transformant
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- fréquemment, quoique lentement, en cancers. On a encore incriminé parmi les causes favorisantes certains aliments et certaines conditions de leur préparation. Ainsi, on a voulu condamner l’ingestion des aliments crus (vitamine B), des tomates, des aliments riches en cholestérol (vitamine D), des hydrates de carbone, etc. Il est difficile d’en juger sauf, peut-être, pour le cholestérol, dont le rôle favorisant et l’accumulation dans le tissu cancéreux sont aujourd’hui démontrés. On a aussi émis l’idée que la préparation de nos aliments dans des ustensiles en aluminium constitue une pratique déplorable, parce que l'introduction dans l’organisme des cations polyvalents, tels que le zinc, le cuivre, l’aluminium, etc., favorise la prise des tumeurs par greffe. Mais, tout cela n’est pas convaincant. On a dit également que les excès de table favorisent l’éclosion des tumeurs.
- Le mode d'existence a été également incriminé. L’existence sédentaire prédisposerait au cancer; par contre, la vie active, au grand air, constituerait un facteur renforçant la défense de l’organisme; sur ces affirmations on a basé une thérapeutique physique du cancer, la mécano thérapie, les exercices au grand air qui augmentent l’oxygénation des tissus. Les statistiques semblent appuyer ce point de Ame : la mortalité par le cancer serait, en France, de 1,2 pour 1000 dans les villes et de 0,8 pour 1000 dans les campagnes (Renaud) ; mais il ne faut pas abuser de l’argument statistique, particulièrement dangereux dans ce domaine, où on a eu trop tendance à le faire parler.
- Parmi les causes prédisposantes du cancer signalons enfin la malpropreté : on sait, depuis des siècles, que la crasse, dite sénile, est un stade précancéreux.
- Plus importantes en tant que fadeurs prédisposants sont certaines professions. Nous en avons déjà signalé quelques-unes. On sait que chez les bateliers on a fréquemment noté l’apparition de cancers du sein, produits par les continuels traumatismes mécaniques dus aux chocs des rames sur la poitrine. Chez les cordonniers, on a décrit de fréquents cancers du pouce, par traumatisme mécanique dû à la pression de l’aiguille. Chez les fondeurs en métaux on a constaté des cancers de la face et des mains; chez des mineurs,surtout dans les mines d’arsenic, de cuivre, etc., on a observé des cancers des voies respiratoires, dus à l’irritation par les poussières inspirées; chez des chapeliers on a incriminé l’action du chlore, de l’arsenic, des poussières; chez des distillateurs de houille et chez des ouvriers travaillant dans les usines des matières colorantes on a mis en évidence l’action néfaste de l’aniline et de divers produits volatils (benzène, toluène, etc.). Dans certains cas, les observations cliniques ont été confirmées par les expérimentations méthodiques du laboratoire; il en est ainsi pour les carbures, l’aniline, l’arsenic, etc.
- Des irritations mécaniques, telles que les scarifications répétées de la peau, peuvent conduire à l’éclosion des cancers ou, tout au moins, les favoriser; en effet, on a récemment démontré que dans les cancers greffés de la souris blanche on note fréquemment la résorption de la tumeur; mais, lorsqu’on soumet cet animal à des scarifications continuelles, les tumeurs acquièrent une malignité très grande, et la mort s’ensuit rapidement par métastases (dissémination de la tumeur dans l’organisme tout entier).
- D’une égale importance, dans l’éclosion des cancers, chez des individus prédisposés, sont diverses causes pathologiques. Parmi les maladies de la nutrition, signalons, tout d’abord, la constipation chronique; à la longue, chez les hémorroïdaires notamment, par une irritation mécanique continue, on peut voir apparaître un cancer du rectum; le constipé abuse de
- laxatifs et de purgatifs tous plus ou moins drastiques; ainsi, à l’irritation des muqueuses s’ajoute celle produite par le bol fécal; les laxatifs à base d’huile de paraffine appartiennent à l’arsenal expérimental des substances cancérigènes. Les fermentations intestinales favorisent également l’apparition des cancers ; elles se traduisent fréquemment par l'accentuation du taux de l’indol dans l’organisme, que l’on met en évidence dans les urines; or, Carrel a démontré que l’indol et le scatol sont des substances cancérigènes. La présence des vers intestinaux doit être dépistée soigneusement ; on sait, en effet, depuis les recherches de Fiebiger, que l'introduction de vers dans l’intestin d’un animal peut provoquer expérimentalement le cancer; le mode d’action de ces parasites réside en irritations mécaniques, auxquelles s’ajoutent celles chimiques de leurs sécrétions.
- Les inflammations diverses prédisposent au cancer. Signalons, parmi les plus typiques, l’adénome de la prostate, qui n’est que l’aboutissant d’un long processus d'inflammation gonococcique; le cancer de l’estomac est provoqué, à la longue, par l’effet d’une sécrétion hyperaeide sur la muqueuse, conduisant à une ulcération, puis à une suppuration, et finalement à une cancérisation. Le même processus de ancérisation s’observe souvent dans les diverses autres glandes (sein, prostate, utérus, etc. ; aussi sur la peau, les eczémas tenaces, les ulcères variqueux, peuvent se transformer en tumeurs. Dans toutes ces inflammations, on ne doit pas incriminer les microbes en tant qu’êtres vivants spécifiques; ils agissent comme les vers intestinaux, toutes proportions gardées, en tant que corps étrangers irritants. Répétons, une fois de plus, qu’il n’y a pas de microbe spécifique du cancer; le cancer n'est pas une maladie contagieuse.
- Les traumatismes provoqués, fréquents et variés, les cicatrisations lentes des plaies aseptiques (curettages, forceps, biopsies, blessures, etc.), sont parmi les facteurs favorisant les néoformations. Le développement des cancers cutanés sur d’anciennes cicatrices a même tellement frappé l'imagination des observateurs que certains ont soutenu, d’une manière hasardeuse, que le cancer serait une maladie des cicatrices.
- Les intoxications jouent aussi leur rôle. Parmi les poisons citons, avant tout, l’alcool et la nicotine, corps cancérigènes, nettement et expérimentalement reconnus. Cette constatation nous dispense d’énumérer les nombreuses statistiques publiées à ce sujet, favorables à la thèse en question. L’alcool et la nicotine peuvent être considérés, non seulement comme substances favorisant l’éclosion de cancers localisés, mais comme substances modifiant le terrain organique dans le sens d’une prédisposition organique générale.
- Enfin, mentionnons que la stérilité prédisposerait au cancer des conduits génitaux. Des statistiques ont été publiées : chez les femmes sans enfant le cancer sévit en pourcentage de 30 pour 100; il tombe au-dessous de 5 pour 100 chez celles qui ont eu plus de 3 enfants. Mais il ne s’agit là que de données statistiques, pour le moment.
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- Tout ce que nous venons de dire permet d'entrevoir l’énorme importance d’un diagnostic précoce du terrible fléau.
- On parle, dans le grand public, indistinctement, de cancers, de tumeurs, de néoplasies, de néoformations, etc., comme si ces ternies étaient synonymes. Il n’en est rien. Tout tissu néoformé n'est pas cancer. La cicatrice est un tissu néoîormé, une néoplasie : ce n’est pas une tumeur. Une tumeur grosse, difforme ou délimitée n'est pas un cancer : un polype nasal ou un fibrome utérin à leur stade initial ne sont pas des cancers. Mais, toutes ces néoformations, toutes ces néoplasies, peuvent
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- évoluer plus ou moins lentement vers des cancers, c’est-à-dire vers des tumeurs malignes, à allure rapidement envahissante. On considère ces néoformations comme des états précancéreux. Ces étais précancéreux, tout en traduisant une prédisposition de l’organisme au cancer, sont nettement délimités à un organe et leur évolution est extrêmement lente; souvent la vie entière est insuffisante pour amener l’évolution vers la malignité.
- On voit donc l’importance de cette notion fondamentale : l’excision d’une tumeur bénigne ou sa résorption par application d’un agent physique approprié, peuvent fréquemment donner des résultats définitifs, à l’échelle de la vie de l’individu. Hartmann a fait récemment connaître les résultats lointains de ses interventions chirurgicales sur des tumeurs du sein ou de l’utérus, opérées à temps, et il cite de très nombreux cas de survie après des dizaines d’années d’observation.
- 11 faut donc savoir dépister à temps tous les états précancéreux.
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- Les signes cliniques des étals précancéreux sont parfois faciles à mettre en évidence : on observe des taches pigmentées, plates ou boursouflées, (nævi); certaines muqueuses sont indurées, pâles (leucoplasies) : par exemple la muqueuse buccale chez les tabagiques invétérés; à la surface de certains organes (nez, utérus, rectum) on constate des nodosités, plus ou moins volumineuses (polypes, fibromes, kystes, papil-lomes, etc.); parfois ce ne sont que des concrétions de matières grasses (kystes sébacés, lipomes). Ce sont des indices à ne pas négliger. Malheureusement, les tumeurs malignes internes échappent plus longtemps à l’observation; il est difficile de les dépister à l’origine; telles sont les tumeurs de l’estomac, de l’intestin, du pancréas, du foie, du poumon, du cerveau, etc.
- 11 importe donc de connaître leurs signes cliniques les plus précoces. Parmi ceux-ci, citons d’abord les hémorragies. Les cancers du tube digestif s’accompagnent souvent de la .présence de sang dans les selles; si l’on en observe à plusieurs reprises, il faut craindre une tumeur de l’estomac ou de l’intestin, surtout lorsque ces hémorragies s’accompagnent d’alternatives de constipation et de diarrhée, de douleurs Iransabdominales (barre), etc. Le cancer du foie pt celui du pancréas se révèlent par une teinte ictérique ou subictérique de la peau. L’amaigrissement dans les cancers internes est rapide et l’anémie progressive. Les perles blanches, fréquentes et, abondantes et, surtout, les pertes de sang continues peuvent aussi faire songer à des tumeurs. Mais aucun malade n’est capable d’en juger seul; ces signes ne se présentent jamais sous une forme schématique; de nombreux cancers échappent à toute observation superficielle. 11 est très difficile, même
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- au médecin, de dépister un cancer du cerveau; néanmoins les migraines fréquentes et tenaces, l’asymétrie faciale, etc., peuvent, parfois, mettre sur la voie d’un diagnostic exact. Dans les cas douteux, et malheureusement ils sont en majorité, le diagnostic peut être facilité parfois par diverses analyses chimiques et par des réactions sérologiques. Mais,avouons-1 e, aucune d’elles n’a une valeur absolue, et c’est avec la plus grande prudence qu’il faut les interpréter.
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- Une étude sur le cancer, pour avoir une certaine utilité, doit être débarrassée de tout ornement théorique (*), elle devrait mettre en évidence le côté pratique du problème, enrichir le savoir du lecteur, favoriser la prophylaxie sociale. En nous guidant par cette pensée, nous avons essayé de dégager de l’ensemble des faits rigoureusement établis, par l’expérimentation, quelques indications utiles. Si nous nous sommes appuyé, parfois, sur l’observation clinique et sur les données statistiques, c’est parce que l’on ne peut faire mieux, pour le moment.
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- Pour conclure, il faut répéter : ; '
- 1° Le cancer n’est pas une maladie contagieuse. Soignons donc les cancéreux sans crainte, sans arrière-pensée, ne les isolons pas; n’ajoutons pas à leurs horribles souffrances physiques la douleur morale de l’abandon.
- 2° Le cancer, c’est-à-dire une tumeur à évolution rapide, envahissant à bref délai l’organisme tout entier, n’est que la dernière étape d’un long processus de néoformation.
- 3° Le cancer ne peut se développer que sur un terrain propice : ce terrain peut être héréditairement acquis, ou bien se constituer, très lentement, à la suite d’irritations variées et prolongées. 4
- 4° La prophylaxie du cartcer réside tout entière dans la nécessité d’éviter toutes ces irritations prolongées (mécaniques, physiques, chimiques ou biologiques).
- 5° Le diagnostic, chez des individus ayant quelques raisons de craindre le cancer, est parfois facilité par l’observation du fonctionnement des organes,
- 6° La thérapeutique est d’autant plus efficace que l’existence du cancer sera dépistée d’une manière précoce.
- Dr W. Kopaczew ski.
- 1. Les lecteurs trouveront l’exposé de l’évolution des idées modernes sur le cancer dans notre monographie « Perméabilité cellulaire et; problème du cancer » (Paris 1934, Le François, éditeur) et dans le Bull. Sc. pharmacol., mars 1935.
- LE JARDIN DE PLANTES GRASSES EXOTIQUES
- DE MONTE-CARLO
- Les plantes grasses sont à la mode et certains amateurs européens cultivent dans leurs jardins les espèces les plus rustiques et surtout celles qui donnent les plus belles fleurs. En particulier, le prince Louis de Monaco est un admirateur passionné des Cactées et des Cierges, des Echinopsis et des Opuntias. Aussi sur les pentes de la colline qui se dresse en face du rocher constituant sa Principauté, en a-Ldl fait planter à profusion, à côté des superbes Palmiers ombrageant les terrasses du célèbre casino. Son père, le prince Albert de Monaco, commença les
- premiers travaux d’installation de ce pittoresque jardin exotique en plein épanouissement aujourd’hui. De-ei delà, dans les anfractuosités rocailleuses, se blottissent des Cactées aux formes les plus extraordinaires. Tantôt leurs colonnes cannelées et épineuses voisinent avec les tiges velues des Cereus serpentinus, qui semblent ramper comme de véritables serpents. Tantôt les magnifiques boules épineuses des Echinocactus ou des Echinopsis leur font vis-à-vis et s’ornent en été d’immenses fleurs d’une remarquable somptuosité mais d’une durée éphé-
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- mère. Au voisinage de ces végétaux aux tissus charnus capables d’emmagasiner d’abondantes réserves d’eau qui leur permettent de résister longtemps à la sécheresse, se voient des Aloès ou des Agaves non moins trapus, qui étalent leurs feuilles épaisses, serrées les unes contre les autres de façon à constituer une grosse rosette garnie de piquants.
- montagne et contribuent à lui donner un aspect unique. Ces « candélabres » verts et imposants atteignent souvent au Pérou, leur pays natal, 18 m de hauteur avec un diamètre de 80 cm à leur base. Sur les pentes de Monte-Carlo, leurs proportions sont plus modestes mais néanmoins respectables. Quelquefois chez certaines espèces de Cierges, les tiges se ramifient en plusieurs branches également cylindriques, sillonnées de côtes longitudinales d’un blanc crème. Sous le chaud climat péruvien, des fruits en forme de poire leur succèdent; ces « pitayas », comme on les nomme, ont une pulpe rougeâtre, rafraî-
- Fig, 1. — Quelques aspects du Jardin des plantes grasses de Monte-Carlo. En haut, à gauche : Euphorbes cactiformes (Euphorbla canariensis et Euphor-bla resinifera). —• A droite : Aloès et Cereus serpentinus. — En bas, à gauche : Echinocactus. — A droite : Cierges colonnaires du Pérou (Cereus peruvianus).
- Les Euphorbes cactiformes ne le cèdent en rien aux espèces précédentes qui, naines ou géantes, s’harmonisent très bien avec la rocaille monégasque. Mais à proximité des Phyllocactus aux tiges vertes et plates comme des feuilles, les raquettes épineuses des Opuntias ainsi que les fleurs roses des Epiphyllums jettent des notes plus gaies. Enfin des Cierges colonnaires, isolés ou par petits groupes disséminés, s’étagent sur les flancs de la
- chissante, acidulée et sucrée qui renferme de nombreuses petites graines noires ressemblant à celles de nos figues.
- Au jardin exotique de Monte-Carlo, ces plantes ne fructifient pas, mais quand elles fleurissent, leurs blanches panicules se marient harmonieusement avec les teintes jaunes, roses ou écarlates des fleurs des Opuntias et des Cereus. Jacques Boyer.
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- LES CENTENAIRES SCIENTIFIQUES EN 1936
- Au début de chaque année, notre confrère anglais Nature rappelle les centenaires scientifiques qu’il convient de ne pas oublier. Nous nous associerons à cette évocation en y ajoutant quelques noms français.
- Naissances. — Voici le cinquième centenaire de Johann Muller, né en Franeonie, qui, au cours de voyages nombreux, en Italie et en Hongrie, devait prendre contact avec la science italique et utiliser l’imprimerie naissante pour éditer, sous le aom de Regiomontanus, De Triangulis (1464), premier livre de trigonométrie où apparaît le nom de sinus, et Ephémèrides, sorte d’almanach nautique qui servit à Colomb. Devenu évêque de Ratisbonne, il mourut à Rome où le pape Sixte IV l’avait appelé pour étudier la réforme du calendrier,
- 1736 vit naître Lagrange, Watt, Bailly, Coulomb, R orné de l’Isle, etc.
- Joseph-Louis Lagrange, le plus grand mathématicien du xviii6 siècle, naquit à Turin, de sang français ; il vécut vingt ans en Allemagne où il remplaça Euler à l’Académie des Sciences de Berlin, auprès de Frédéric le Grand. Revenu à Paris en 1786, il fut logé au Louvre et après sa mort, en 1813, fut enterré au Panthéon. On connaît sa Mécanique analytique qu’on lit encore.
- James Watt, né à Greenock, en Grande-Bretagne, est le prototype de l’ingénieur et de l’inventeur. Vivant les débuts de la chaudière à vapeur, il imagina maints mécanismes de son utilisation et, seul d’abord, puis avec Boulton, il contribua plus qu’aucun autre à réaliser les machines motrices qui permirent l’essor de la grande industrie, des transports terrestres et maritimes dont on sait maintenant toutes les conséquences politiques et économiques au xixe siècle.
- Jean-Sylvain Bailly est le maire de Paris de 1789 qui fut guillotiné deux ans après. Auparavant, il avait été un excellent astronome.
- Louis Romé de l’Isle, officier d’artillerie, reste connu par ses travaux de minéralogie et de cristallographie.
- Charles-Augustin de Coulomb, né à Angoulême, qui a donné son nom à une unité électrique, est célèbre par ses recherches sur l’attraction électrique et magnétique, ses expériences sur le frottement et l’invention de la balance de torsion.
- 1836 a vu naître sir Norman Lockyer, pionnier de l’astronomie physique, qui découvrit la présence de l’hélium dans le soleil et fonda la revue anglaise Nature, et en France Bernard Renault à qui l’on doit nombre de travaux de paléobotanique.
- Décès. — En 1736 mourut Fahrenheit, célèbre constructeur d’instruments, d’Amsterdam, qui généralisa le thermomètre à mercure et donna son nom à une des échelles de température.
- 1836 vit la mort d’André-Marie Ampère dont on connaît l’œuvre admirable en électricité. La même année, moururent Louis-Marie-Henri Navier dont le nom évoque les premiers ponts suspendus et le début des études sur l’élasticité; de Férussac, officier et zoologiste, dont on* consulte encore les travaux de malacologie.
- Œuvres. — Comme l’a rappelé M. Legendre dans son discours présidentiel de l’année dernière à la Société zoologique de France, les sciences naturelles présentaient il y a cent ans une activité remarquable. 1836 est l’année où parurent les Leçons d’anatomie comparée de Cuvier, les premiers résultats de dragages côtiers par Sars, la notion biologique de milieu dans le Cours de philosophie positive d’Auguste Comte. La même année, Edouard Lartet trouvait à Sansan un singe anthropomorphe qui reculait beaucoup la date d’apparition des primates; tandis que partaient la « Bonite » et la « Vénus » en expéditions scientifiques, et que le « Beagle » rentrait, avec Darwin à bord, de son voyage autour du monde. R. M.
- :: : LA COMPOSITION —
- DES FORMATIONS VÉGÉTALES FORESTIÈRES EST A LA MERCI DE L’HOMME
- L’homme en abusant, à travers les âges, du manteau végétal sylvestre, — cas particulier que je vise — a chassé la sylve de maints domaines qui se réclament d’elle et uniquement d’elle. Par là, de toutes manières, en contrevenant, par libre arbitre, aux lois de la nature, il a rompu certains équilibres utiles.
- Dans les temps présents, l’on voit les pouvoirs publics f1) ne rien faire pour enrayer ce fâcheux mouvement de destruction de richesses indirectes et directes inestimables. Ceci est tout particulièrement vrai pour les différentes parties de notre empire colonial (2). Là, bride sur le cou, des brasseurs d’affaires, munis ou non de vastes concessions plus ou moins népotiques, détruisent la sylve des tropiques dont les masses
- 1. Hypnotisés en direction de réalisations immédiates de tous ordres, ils se montrent absolument insensibles aux véritables préoccupations des services forestiers guidés par les soucis d’avenir.
- • 2. Diverses études par Lavauden, ancien directeur du service forestier de Madagascar, et par MM. de la Batiiie et Heim.
- vertes ont, en ces régions chaudes, un rôle supérieur à remplir au titre de la climatologie du globe (couverture, évaporation).
- Quelles n’étaient pas les réactions utiles de pareils énormes boisements sur l’extérieur au titre de la météorologie générale ! Mais « ceci est une autre histoire ». Ici où nous sommes, ce sont les abus généralisés des propriétaires de bois et forêts en mal d’argent qui ont faussé la manière d’être du milieu dans son ensemble. Qui donc, de gaieté de cœur, oserait lancer la pierre à ces derniers ?
- Brochant, et pour cause, sur le tout, il y a au surplus : le Feu.
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- C’est ainsi qu’en de nombreux et vastes territoires, le recul du manteau sylvestre et des formations floristiques d’ensemble J1) conduit de proche en proche au « vide végétal »
- 1. Comité spécial du Katanga. Introduction, v. 1933, pages ix-x.
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- plus ou moins absolu et dangereux du fait des réactions mauvaises dont il devient le nœud ou le siège. #
- Tous ceux qui ont étudié la question de près sont unanimes à déclarer que la vitesse de marche au désert s’exacerbe, c’est-à-dire croît selon une progression géométrique qu’une simple modification du climat, dans l’heure présente, ne saurait expliquer.
- Au titre documentaire et pour mémoire, je note que souvent, selon certains cycles — équilibre entre les espèces de la faune — les troupeaux sauvages de grands herbivores, après avoir profité de cette dégradation grandissante, aident à son développement et aussi au maintien des formations très ouvertes et de formes steppiques.
- Ailleurs, c’est l’élevage extensif des troupeaux domestiques qui joue, de la même manière, un rôle d’autant plus néfaste que l’homme en écarte comme il convient les prédateurs.
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- Ccci rappelé, j’insiste avec intention sur un fait bien connu : La manière d’être de la sylve primitive (et aussi pseudosauvage, formations, secondaires) est fort différente (MM. les professeurs Chevalier et Lecomte, du Muséum) de celle des forêts domestiquées ou encore, en zone tempérée et froide, de celle des boisements imprégnés de tous les stigmates consécutifs à l’action humaine — peuplements équiennes en particulier des résineux (Pins et Epicéas) sauf certain édaphisme.
- Dans le premier cas, le nombre des espèces est le plus souvent très grand, tandis que dans le second le peuplement n’est formé que d’une espèce, dans tous les cas, d’un très petit nombre d’essences principales.
- Dans le type forêt vierge ou même « demi-vierge », la disparition, pour une raison ou une autre, d’essences, rares par nature — sporadisme —, (*) ne modifie que très peu, si non même pas du tout, (relativité) le milieu. Celui-ci conserve sa complexité et se montre indifférent à cette légère, première et imperceptible modification de composition et d’aspect.
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- Ailleurs, dans les peuplements, composés au principal de deux ou trois essences de fond — (Sapin, Hêtre, Epicéa), (Chêne, Hêtre, Charme), etc... —il en va tout autrement. La disparition de l’un des éléments constitutifs modifie (bien plus que certains ne semblent le croire encore) la manière de se comporter, dans le temps, (santé générale) et de se maintenir, du reliquat. Les symptômes et signes de malaise sont divers ; mais il en est un qui est d’importance : c’est celui qui marque de précarité la régénération. Malgré de larges fructifications, même après germination, le recrû ne réussit pas à s’installer. C’est que le mécanisme de « l’entr’aide » (encore mystérieux) entre espèces, et aussi celui de l’assolement qui voisine (1 2), ne jouent plus.
- La stratégie forestière veut que « le forestier » porte au plus vite remède à cet état des choses en revenant au mélange naturel des essences d’aussi près que possible, et aussi au mélange des âges.
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- Mais je désire aller plus loin, en cette conjoncture d’un milieu ainsi plus ou moins profondément dissocié. Etudions le problème tel qu’il se pose, à peu près partout sur la ceinture de la Méditerranée en une sorte de très vieille « tradition ». Ici, l’affaire est parfois fort grave parce que tout est noyé en
- 1. En Indochine par exemple : l’Ébène, le Vap (guttifère), le Trac (garciniée).
- 2. La question de l’assolement en matière forestière — Harlé et
- François. Bull. 17 des Amis de l'École de Nancy.
- plein stade régressif généralisé qu’aggrave le recul marqué de certains éléments couvrants indispensables (*).
- C’est ainsi qu’à la manière de ce qui advient pour certaines espèces animales sauvages, l’on voit des essences de première grandeur disparaître de leur aire botanique ancienne. Ces disparitions d’espèces végétales (2) et d’autres de la faune ont des répercussions profondes d’ensemble (ruptures d’équilibre). J’en ai traité ailleurs.
- Dans les deux situations ainsi envisagées, le milieu peut avoir été profondément faussé sous la persistance des causes destructives ; mais il peut aussi ne pas avoir été totalement déséquilibré. Ainsi « l’ambiance au sol » (Inspecteur général des forêts Boudy) a pu, dans quelques ares enceintes, conserver, malgré que très précaires, les qualités suffisantes qui permettent à une régénération réduite, conditionnelle... de fortune, de se produire lorsque les semences réapparaissent par un hasard naturel ou du fait de réintroduction artificielle. C’est ainsi qu’à la suite de constatations utiles et sérieuses, l’homme peut venir au secours de la nature dans sa volonté, dirai-je, de restauration (3). En pareil cas « le forestier » a l’assurance du succès. Sous l’égide d’une protection (4) sévère et ensuite d’opérations de rééducation appropriées, la sylve reprendra vie sur place. Puis assez vite (comme avant l’expurgade parfois très ancienne) le retour des émigrés au sein d’un milieu en progression leur permettra, ici sinon là, de reconquérir, de proche en proche, les territoires de leur aire botanique (5) exacte.
- C’est là tout le programme échafaudé à propos du bois domanial de la Chartreuse de Valbonne (Gard).
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- Tout au contraire, si l’homme ne se ressaisit pas et que sous les coups répétés des abus de jouissance (exploitations cycliques intensives) le milieu sylvestre se trouve être totalement ruiné, alors l’affaire s’offre à nous sous des aspects graves, surtout dès que s’est organisé le règne du feu. Sans doute, voit-on néanmoins dans le temps certaines espèces végétales s’adapter, au mieux de leur tempérament, pour s’accrocher à la vie par des ramifications relativement considérables des organes souterrains (fl), par bourgeonnements, formations de stolons et de rhizomes à la manière exacerbée qu’emploie le Saxaoul tel je l’ai surpris dans les sables transcaspiens et de ce qu’il en est pour l’Arganier au Maroc, dont on a écrit qu’il est « vraisemblable que la régénération a lieu de façon occulte par rajeunissement caché... (7).
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- Dans les cas extrêmes, signalés par les explorateurs clairvoyants, de même qu’au cas du maquis, de la garrigue, cousins germains de la brousse, jungle... forêt parc..., si l’on veut, dans l’intérêt général, refaire du boisement (ceci est pour moi un motif conducteur) il faut mettre d’assez vastes
- 1. C’est ainsi que « en pays de très vieille civilisation ont disparu certains éléments de choix qui entraient dans la composition de la sylve climatique » primitive. Revue des E. et F., avril 1933, R. D.
- 2. Les disparitions sont très retardées pour les espèces douées de la propriété de rejeter et de drageonner.
- 3. Multiplication des essences encore présentes. Rappel d’espèces simplement exilées depuis un temps plus ou moins long.
- 4. Suppression des abus d'exploitation et de préoccupation de rendement.
- 5. Bulletin de la Société d'Histoire Naturelle de Toulouse, fasc. 2. 1932. Revue des Eaux et Forêts, avril 1933.
- 6. Comité du Katanga, de Wildmann.
- 7. Note sur l’expérimentation forestière au Maroc, 1931. Direction des Eaux et Forêts du Maroc.
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- espaces en vacances-, les soustraire, derrière des fils de fer barbelés, au moindre abus; en un mot créer des réserves de reconstitution (x).
- Aiîaire sans doute, de très longue haleine, de bon sens et de patience, et qui se différencie du tout au tout d’avec ce qui s’impose à l’homme lorsqu’il s’agit de reboiser au titre de l’extinction des torrents.
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- Les terres « à faire reverdir » une fois mises en réserve, le moment venu, l’homme pourra en seconde analyse jouer un rôle plus actif et s’employer, pour gagner un peu de temps, à multiplier les espèces indigènes exilées, choisies, je l’ai dit, parmi celles « couvrantes ».
- S’il s’agit de ramener à la sylve des formations secondaires telles qu’on les rencontre aux colonies, ici le repeuplement en essences aborigènes de choix réclame,
- 1. J’ai conseillé la chose sur place à Djibouti, il y a plus de trente années.
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- bien plus qu’en pays tempéré, savoir et bon sens (1).
- A mon avis, et de manière générale ••— titre biologique compris (retour à des formes climatiques) — tout aussi bien d’ailleurs qu’au titre de l’économie, l’emploi d’essences indigènes se recommande dans les cas que j’ai visés (j’y reviens avec intention) comme mille fois plus opportun que celui d’en appeler en masse à des essences exotiques (2), admirées pour des qualités... superlatives et le plus souvent fort mal connues quant à leur tenue hors de leur aire botanique naturelle et à leurs exigences.
- Se garder en somme de tout entraînement... facile, soit encore d’un certain snobisme sans contre-partie scientifique expérimentale (3). Roger Ducamp,
- Ancien Directeur des Forêts de l’Indochine.
- 1. Étude sur le tempérament des essences principales de la Côte-d’Ivoire. (Revue des E. et F., 1930). Martineau.
- 2. Au sujet de l'introduction du Teck dans les exploitations méthodiques en Cochinchine. (Mémoire du Conservateur des Forêts Guibier).
- 3. Compte rendu du Congrès des Forestiers suisses, 1906. A propos des exotiques « (intrus) », page n, par Bertholet.
- LE MOIS MÉTÉOROLOGIQUE
- DÉCEMBRE 1935, A PARIS
- Mois remarquable par sa très basse pression barométrique et sa très forte pluviosité. 11 a été fort peu ensoleillé avec une forte nébulosité et température moyenne légèrement supérieure à la normale.
- La moyenne mensuelle de la pression barométrique, ramenée au niveau de la mer, au Parc Saint-Maur, a été de 754 mm 8, présentant un déficit de 7 mm 8 par rapport à la normale; elle se classe au troisième rang parmi les plus basses observées en décembre depuis 1873, tant à l’Observatoire du Parc Saint-Maur qu’à celui du parc Montsouris.
- Celle de la température, au Parc Saint-Maur, 3°,8, est en excédent de 0°,5. Cet excédent est attribuable à la période très douce qui a débuté le 25 et s’est continuée en janvier 1936, car jusqu’au 24 la température avait été toujours plutôt froide. Il y eut entre le 25 et le 31 des écarts journaliers de température supérieurs à 5° et atteignant même 8° le 28. L’amplitude de la variation diurne de la température, 4°,2, est inférieure de 1° à l’amplitude normale 5°,2. Comme les nuits ont été fréquemment couvertes, les minima ont été moins bas que de coutume et le minimum absolu mensuel
- — 4°,9 le 14 est supérieur de 1°,8 au minimum absolu moyen
- — 6°,7.
- Le maximum absolu, 13°,6 le 28, dépassa par contre de 0°,7 seulement la moyenne des maxima absolus de décembre. Le nombre de jours de gelée, 13, a été normal.
- Dans la région, le minimum le plus bas s’est produit presque partout le 19; les chiffres extrêmes ont été : pour Paris — 5°,6 (Montmartre) et, pour les environs, — 6°,1 (Brévannes, Ville-Evrard et Versailles). Le maximum le plus élevé, enregistré généralement le 28, a atteint 13°,3 en ville et 14°,0 en banlieue.
- Les précipitations ont été à la fois très fréquentes et très abondantes. Il a plu tous les jours pendant la première décade et du 24 au 31. Quatre autres journées pluvieuses se sont intercalées entre le 15 et le 19. Ces 22 jours de précipitation, au lieu de 16 que l’on compte en moyenne, ont fourni un total
- mensuel de 102 mm 5 à Saint-Maur, et classent décembre 1935 au troisième rang parmi les plus pluvieux observés dans les 62 dernières années. Les totaux journaliers les plus remarquables ont été recueillis : le 1er, 21 mm 7 (avec chute de grêle), le 17, 18 mm 6 et le 25, 10 mm 6. Quatre chutes de neige peu importantes, dont trois accompagnées de pluie, ont été notées le 7, le 10, le 15 et le 19.
- A l’Observatoire de Montsouris, la hauteur totale de pluie recueillie a été de 107 mm 1 et est supérieure de 102 pour 100 à la normale. Une telle hauteur, depuis 1872, n’y avait été dépassée que deux fois en décembre, 111 mm 3 en 1911 et 140 mm 9 en 1915. La durée totale de chute, 81 h 35 m, y est supérieure de 24 pour 100 à la moyenne des 25 années 1898-1922.
- Hauteurs maxima en 24 h : pour Paris, 28 mm 9 à Passy et, pour les environs, 25 mm 6 à Montesson, du 1er au 2.
- Les brouillards ont été quotidiens dans la région. La visibilité s’est abaissée 25 fois au-dessous de 400 m et 6 fois au-dessous de 100 m. Les 7, 17 et 21, le brouillard a été général et’les 5, 18 et 20 persistant sur quelques points.
- Des obscurcissements se sont produits le 5, le 17 et le 20 par places.
- Le 2, un petit orage (éclairs et tonnerre) a eu lieu à Paris et en banlieue Ouest, peu avant 17 h.
- On a enregistré à l’Observatoire de la Tour Saint-Jacques 39 h de soleil, durée inférieure de 8 pour 100 à la normale.
- 11 y a eu 14 jours sans soleil (normale 16).
- A l’Observatoire du Parc Saint-Maur la moyenne mensuelle de l’humidité a été de 86,0 pour 100 et celle de la nébulosité de 84,0 pour 100. On y a constaté : 4 jours de neige; 2 jours de gouttes ou flocons de neige; 1 jour de grêle; 1 jour de grésil; 13 jours de gelée dont 2 sans dégel; 14 jours de brouillard;
- 12 jours de brume; 11 jours de gelée blanche et 1 jour d’éclairs seuls.
- Em. Roger.
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- ---.= L’AUTOMOBILE PRATIQUE
- NOUVEAUTÉS TECHNIQUES - CONSEILS PRATIQUES
- Fig. 1. — La forme type de la carrosserie de 1936.
- Surbaissée, sans marchepieds latéraux, ailes enveloppantes, banquette élargie, roues arrière dans un carter, malle arrière « noyée » dans la carrosserie (Berliet 11 ch Dauphine).
- LE SALON DE L’AUTOMOBILE DE 1935
- Dans notre dernière chronique d'automobile, nous avons donné quelques aperçus préliminaires sur le Salon de l’Automobile de 1935 : une manifestation très brillante malgré la crise.
- Ainsi qu’il fallait s’y attendre il n’a pas x’évélé de solutions révolutionnaires. Les nécessités de la construction en série, l’obligation d’abaisser constamment les prix de revient malgré les difficultés de toutes sortes, particulièrement les charges fiscales, incitent de plus en plus les constructeurs à stabiliser leur fabrication. C’est là un phénomène général dans l’industrie, et le Salon de l’Automobile de 1935, comme celui de la T. S. F., mériteraient bien le nom de Salons de la technique stabilisée.
- On perfectionne encore; mais les perfectionnements, toujours nombreux, portent sur des modifications de détails.
- Dans cet ordre d’idées,les recherches ont spécialement porté, cette année, sur 1 ’augmentation du confort des voitures et la facilité de conduite.
- Les premières carrosseries aérodynamiques, intéressantes sans doute du point de vue de la vitesse et de l’économie de combustible, présentaient de graves défauts au point de vue du confort.
- L’aplatissement de la carrosserie et sa forme profilée rédui-
- Fig. 2. — Cabriolet de luxe et de sport avec roues à voile ajouré et phares « noyés » dans les ailes-, conduite intérieure familiale à 8 places, à carrosserie très élargie (Renault).
- saient l’espace réservé aux passagers, d’où une fatigue plus grande durant les longs trajets et souvent une réelle difficulté d’aération. La réduction de la hauteur et de la largeur du pare-brise diminuait le champ de vision du conducteur et la diminution de la surface des glaces de portières gênait les passagers.
- On n’a pas renoncé, cette année, aux carrosseries aérodynamiques, mais, comme il fallait s’y attendre, leurs formes générales ont été modifiées, presque tous les constructeurs ont reconnu la nécessité d’élargir les carrosseries, en même temps qu’ils les surbaissaient.
- Dans un très grand nombre de modèles, on a ainsi adopté une solution toute naturelle en raison de l’abaissement des caisses, on supprime le marchepied latéral. On peut ainsi augmenter l’espace réservé aux passagers, sans augmenter dans les mêmes proportions la voie du châssis. Dans certains modèles, on obtient par ce moyen trois places à l’avant et deux ou trois à l’arrière.
- Les ailes ont une forme de plus en plus enveloppante, et, bien souvent, la partie supérieure de la roue arrière est contenue dans un carter. La surface nuisible créée par les ailes lors de l’avancement dans l’air est ainsi « enrobée » dans la carrosserie.
- Sur les voitures rapides de sport et sur les voitures de luxe, on place même les phares à l’intérieur des ailes, ou encore derrière la calandre du radiateur, afin de réduire les saillies.
- Il restait, d’autre part, à augmenter l’espace réservé aux passagers à l’intérieur de la voiture, sans trop augmenter son empattement, et, dans ce but, on avance le moteur vers l’avant, et on déplace également la banquette arrière, de manière que les passagers de l’arrière ne soient plus placés au-dessus de l’essieu. Nous avons indiqué dans notre dernière chronique les raisons et les avantages de cette disposition.
- La carrosserie devient donc plus confortable et plus « logeable » ; la hauteur du pare-brise est généralement un peu augmentée, ce qui lui restitue les qualités de visibilité indispensables pour le conducteur.
- A ce dernier point de vue, une remarque, cependant, s’impose. L’augmentation de la largeur de la carrosserie, et, en particulier, de celle de la banquette avant accroît le confort de la voiture, mais il ne faudrait rien exagérer dans ce sens pour des raisons de sécurité. Comme nous l’avons montré dans nos chroniques précédentes, la direction est de plus en plus placée vers la gauche, et, dans ces conditions, le conducteur, même le plus averti, a trop souvent tendance à ne pas maintenir sa voiture sur la droite, et à occuper le milieu de la route, ou à « dépasser » beaucoup trop à gauche. Une largeur exagérée de la banquette avant réduit évidemment la visibilité du conducteur sur la droite.
- Les carrosseries sont, non seulement, plus confortables, mais plus légères grâce aux progrès de la construction métallique, d’où un avantage pour la vitesse et l’économie. D’autre part, l’abaissement du centre de gravité augmente la sécurité des voitures légères.
- On revoit beaucoup de moteurs à soupapes avec culbuteurs; ils permettent un meilleur rendement, grâce à la forme rationnelle de la chambre d’explosion; les carburateurs sont généralement inversés, ce qui permet une accélération plus rapide, car l’essence tombe par son propre poids. Même sur les voitures légères, le réservoir d’essence est souvent placé à l’arrière du châssis, l’alimentation du carburateur peut se faire alors par une pompe à essence fixée sur le côté du moteur, dont le piston reçoit son mouvement alternatif d’un excentrique de l’arbre à cames. Ce dispositif assure automatiquement
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- Je débit du carburateur selon les exigences du moteur; le fonctionnement paraît très sûr, puisque exclusivement mécanique.
- Le réservoir à l’arrière évite le danger de placer plusieurs dizaines de litres d’essence à proximité du moteur et des installations électriques, c’est-à-dire à la merci d’un retour de flamme ou d’un court-circuit.
- Le niveau d’essence peut, d’ailleurs, être indiqué très facilement à distance au moyen d’une jauge électrique, cet instrument comporte un rhéostat commandé par un flotteur placé dans le réservoir d’essence et agissant à distance sur un voltmètre disposé sur la planche de bord.
- En raison des dimensions réduites des moteurs actuels, il faut un refroidissement plus énergique et plus rapide que celui qu’assure la circulation d’eau par thermosiphon; on accélère la circulation par une pompe; de même, le graissage du moteur s’effectue par pression et projection.
- Les pistons sont toujours en aluminium et très légers; ils ont des segments raeleurs d’huile.
- Le moteur est toujours « flottant » ou, du moins, amorti et fixé au châssis par trois points avec système anti-vibratoire. D’autre part, il forme généralement un bloc avec la boîte de vitesses et l’embrayage.
- Certains constructeurs pour les voitures moyennes donnent, aux cylindres des moteurs un alésage de l’ordre de 68 à 75 mm, et une course de l’ordre de 112 à 120 mm, c’est-à-dire d’une cylindrée presque toujours inférieure à deux litres; mais cette année plusieurs constructeurs ont augmenté la cylindrée et lui font dépasser souvent deux litres. La course est cependant réduite par rapport à l’alésage. Ces moteurs sont munis de culasses à taux de compression élevé, qui améliorent le rendement et, par suite, compensent l’augmentation de consommation qu’aurait provoquée le seul accroissement de la cylindrée. Finalement pour la même consommation on aurait un moteur plus souple et plus puissant.
- La boite de vitesses conserve, en général, sa disposition classique, avec trois et surtout quatre vitesses sur les modèles rationnels, et au moins deux vitesses silencieuses par engrenages synchronisés ou à taille hélicoïdale.
- Le levier de commande est encore placé le plus souvent au milieu du compartiment avant, mais sa forme est étudiée en vue de faciliter l’accès et la descente des deux côtés de la voiture. Certains constructeurs remplacent ce levier par une simple manette disposée sur le tableau de bord, il en est de même pour le levier de frein à main.
- La roue libre, dont les inconvénients étaient évidents, semble avoir disparu; par contre, quelques constructeurs ont présenté des changements de vitesse électromécaniques ou à présélection. Dans ces derniers, on choisit à l’avance la vitesse désirée, et il suffit de débrayer pour que le changement se fasse automatiquement.
- Dans un dispositif français, un relais électro-magnétique met en prise les engrenages plus ou moins démultipliés et la prise directe; dans un autre modèle, le changement s’effectue suivant la vitesse et la charge et par la simple action de l'accélérateur. Ce sont là des systèmes qui peuvent paraître séduisants, bien que la difficulté de manœuvre des changements de vitesse modernes soit très réduite. Leur intérêt technique est réel, mais leur mise au point pratique présente encore de nombreuses difficultés.
- Nous avons vu également, cette année, à nouveau des relais de multiplication disposés dans le pont arrière, qui permettent de faire varier la multiplication suivant le service normal exigé de la voiture. Pour le service de ville, on petit ainsi utiliser la démultiplication inférieure et conserver constamment, même à faible vitesse, la prise directe de la boîte de vitesses. Pour les trajets en montagne, il y aurait
- Fig. 3. — Bloc moteur de 1 / 60 de cylindrée à soupapes à culbuteurs, suspension en trois joints par silent-blocs (Berliet 9 ch).
- tle même avantage à utiliser la démultiplication inférieure; au contraire, pour les trajets normaux en palier, la démultiplication supérieure devrait être adoptée.
- Notons l’amélioration des « sculptures » anti-dérapantes, des enveloppes à très basse pression, pour augmenter l’adhérence des voitures. Notons aussi les roues métalliques à voile ajouré dites « roues jouets » qui remplacent les roues à voile plein; économiques et légères, elles sont aussi plus élégantes.
- En ce qui concerne les prix de vente, il est agréable de constater qu’ils n’ont subi aucune augmentation, malgré l’amélioration de la qualité et du confort. Ce résultat, tout négatif qu’il soit, est déjà remarquable, si l’on songe aux impôts qui accablent l’industrie française.
- UN SYSTÈME SIMPLE POUR AMÉLIORER L’ÉCLAIRAGE DES PHARES
- Un grand nombre d’installations électriques d’automobile sont équipées avec des batteries d’accumulateurs de six volts; les ampoules d’incandescence correspondantes des phares et des lanternes doivent donc fonctionner sous cette tension.
- Fig. 4. — Bloc moteur à surpuissance, cylindrée supérieure à 2 /, soupapes de côté (Renault « 85 »).
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- Or, on constate bien souvent que l’éclairage est dé-fectueux, surtout celui des phares. Cela tient à cequela tension aux bornes des lampes est très inférieure au voltage normal qui convient à celles-ci; il se produit en effet une certaine chute de tension dans les fils qui réunissent la dynamo aux lampes. Ces fils ont une grande longueur et les multiples branchements qui les interrompent ont des résistances électriques qui ne sont nullement négligeables. L’effet de cette chute de tension est, manifestement, d’autant plus accentué que la tension de service est plus basse.
- Pour un éclairage sous 6 v, cette chute peut atteindre près de 30 pour 100 de la tension aux bornes de la batterie.
- Quand la tension baisse de 6,5 à 5,5 v, l’éclairage des projecteurs diminue de 60 pour 100 comme le montre la figure 5.
- IJn remède à cet inconvénient est d’envoyer directement, lorsque cela est nécessaire, le courant de la dynamo dans les ampoules des projecteurs. On emploie dans ce but un contac-teur spécial monté en série sur la canalisation des projecteurs, le plus près possible à l’avant de la voiture.
- Il suffit de relier cet accessoire à la borne de sortie du con-joncteur de la dynamo par un fil de faible résistance et de connecter une patte de connexion à l’interrupteur normal du tableau. En cas de non-fonctionnement, l’alimentation des phares continue à être assurée par le système normal, ce qui donne toute garantie (fig. 6).
- POUR ASSURER LE SILENCE DES FREINS
- Dès que les garnitures des sabots de freins commencent à s’user, ou même simplement lorsque la paroi des tambours ne présente plus intérieurement une surface régulière, les tambours de freins vibrent, avec des bruits criards extrêmement désagréables.
- Pour les faire taire, sans remplacer les garnitures des sabots, on peut munir les tambours d’un collier anti-sonore.
- Ce collier comporte une garniture en matériau insonore et se fixe à l’aide d’un boulon avec écrou, comme le montre la figure 7. Le système de serrage parvis avec ressort permet d’obtenir une tension convenable, quelles que soient les dilatations et contractions dues à réchauffement du tambour au moment du freinage.
- Variation de la brillance des ampoules
- Fig. 5.
- à incandescence, suivant la tension appliquée.
- Fig. 6. —-Disposition schématique du montage d’un contacteur-survolteur
- Ciblé.
- Contacteur
- survolteur
- Interrupteur
- UN NOUVEAU SYSTÈME CORRECTEUR DE CARBURATION
- La tendance actuelle est d’augmenter le taux de compression des moteurs d’automobile, pour en améliorer le rendement. Mais il faut parer aux risques de détonation et d’autoallumage : de là, l’emploi de culasses spéciales, et surtout de carburants antidétonants, soit des essences traitées spécialement, soit des essences additionnées de produits spéciaux.
- Un nouveau procédé vient d’être présenté. Il consiste à introduire, dans des conditions bien déterminées, une certaine quantité de gaz d’écliappement dans l’air de carburation avant son entrée au carburateur. Il passe ainsi par le carburateur proportionnellement moins d’air, et par conséquent, moins d’oxygène; pour conserver lç dosage optimum de l’oxygène par rapport au carburant, on est amené à réduire également le débit de ce dernier. Le mélange gazeux contient donc moins d’oxygène carburé.
- Dans ces conditions, le pouvoir calorifique du mélange est abaissé et sa combustion produit évidemment une puissance moindre. Cependant, d’autre part, la pression propre de l’oxygène carburé au sein du mélange total a diminué en vertu de la loi du mélange des gaz. Il devient possible d’augmenter la compression sans dépasser la pression limite pour laquelle l’oxygène carburé subit le phénomène de détonation. On obtient ainsi un accroissement de puissance qui compense l’effet de l’abaissement du pouvoir calorifique.
- Lorsqu’on fait varier la proportion de gaz d’échappement additionnel, on fait varier en même temps la compression limiterais la puissance reste la même dans tous les Fi9- 7- “ Collier de frein antisonore Ligarex.
- cas, sans perte
- comme sans excédent. On pourrait obtenir, de cette manière, d’après l’inventeur, la même puissance avec moins d’oxygène carburé. La consommation en carburant serait donc réduite et réchauffement du moteur diminué.
- Sur les automobiles, notamment, on pourrait réduire le diamètre du gicleur sans inconvénient et obtenir une diminution de consommation de l’ordre de 10 pour 100. Les températures de l’eau du radiateur et de l’huile du carter seraient abaissées. Enfin, les divers organes du moteur chaufferaient moins, et seraient mieux lubrifiés.
- Comme le montre la figure 8, l’installation est simple et peu coûteuse, puisqu’il suffit d’établir une prise des gaz d’échappement, et de les ramener au moyen d’un tube vers le carburateur, par l’intermédiaire d’un système condenseur et filtreur éliminant les impuretés.
- UN NOUVEL EXTINCTEUR PRATIQUE
- Les incendies d’automobile sont heureusement relativement rares, mais toujours à redouter. En raison même de cette rareté des sinistres, il n’est pas indispensable que l’automobiliste ait toujours à sa disposition un modèle d’extincteur lourd et encombrant, pouvant servir plusieurs fois et être rechargé; il suffit qu’il ait sous la main un système simple, peu encombrant, utilisable immédiatement dans tous les cas, même si ce système ne doit servir qu’une fois.
- Sur ce principe, un consti'ucteur a établi un nouveau modèle,
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- de prix très réduit et qui semble présenter des avantages nombreux.
- Il a simplement la l'orme d’un petit cylindre de 15 cm de hauteur et de 3 cm de diamètre en métal surmonté d’un capot isolant, il est rem-ldi de bromure de méthyle, dont on connaît l’action extinctrice (fig. 9).
- En temps normal, l’appareil est complètement fermé, et, par conséquent, ne peut se détériorer. Pour le faire fonctionner, on prend le cylindre
- dans la main, on saisit une épingle disposée sur le capot, et on perfore le bas du cylindre à un endroit indiqué par une cocarde.
- 11 suffit de retirer l’épingle pour que le jet extincteur se produise à la base du cylindre; l’action dure 20 secondes, ce qui est, en pratique, très largement suffisant. Si l’extinction se produit en quelques secondes, on peut même arrêter le jet
- en retournant l’extincteur, et en mettant le doigt sur le trou.
- En tout cas, l’extincteur une fois perforé ne peut plus être conservé et doit être remplacé par un neuf. On a ainsi une garantie absolue de bon fonctionnement, puisque le cylindre ne comporte aucun robinet, valve ou percuteur, et demeure complètement hermétique, jusqu’au moment de l’emploi.
- g Le bromure de méthyle est projeté par l’expansion même du gaz dès que la température dépasse 4° C; en hiver, la projection se produit mal en général. Cet inconvénient n’est pas à craindre pourtant avec ce système, l’enveloppe métallique est, en effet, très mince et très flexible; en la serrant fortement avec la main, on la déforme, ce qui entraîne immédiatement une projection à plusieurs mètres.
- L’appareil est également efficace contre les foyers d’in-Fig 9’ “ Pfl «*lincteur à main cendie dans une maiSon, et surtout contre ceux qui sont dus à un court-circuit électrique.
- UN NOUVEAU SYSTÈME D’ALIMENTATION DES MOTEURS
- Dans la majorité des voitures, le réservoir d’essence est placé à l’arrière. On réduit ainsi les risques d’incendie. 11 faut amener l’essence au carburateur par un moyen auxiliaire, puisqu’elle n’y parvient plus par son propre poids, comme dans les réservoirs en charge disposés à l’avant.
- Autrefois on utilisait les systèmes d’alimentation sous pression, puis on a eu recours aux exhausteurs à dépression, avec réservoir et flotteur, et, enfin, aux pompes électriques ou mécaniques. Les pompes mécaniques donnent évidemment plus de sécurité, mais leur fonctionnement reste toujours à la merci de la membrane servant de piston. D’un autre côté, les carburateurs ont été encore notablement perfectionnés en ces derniers temps ; on emploie généralement des carburateurs inversés, avec des starters permettant une mise en marche facile.
- Fig. 8. — Mode d'alimentation du carburateur Aleco.
- Voici un nouvel appareil très original, assurant à la fois l’arrivée d’essence au carburateur sans système particulier et une vaporisation très complète.
- Le système se compose d’un bloc primaire, élevant le carburant et le transformant en mélange gazeux riche en essence, et d’un bloc secondaire fixé sur le moteur, recevant le gaz riche du bloc primaire et le complétant avec la quantité d’air convenable.
- L’élévation d’essence se fait d’une manière entièrement automatique par dépression et sans aucun organe mécanique. La carburation est effectuée en deux temps, de sorte que la vaporisation du carburant est plus complète, même avec une forte proportion d’alcool.
- Le bloc secondaire ne reçoit que du gaz, de sorte qu’il peut
- Fig. 10. — Coupe du vaporiseur O. S.
- fhpillon
- d'admission
- Doseur
- Entrée du starter
- Arrivée' d'air du— starter
- Doseur
- Tube de dépression
- Ressort du doseur —
- Bloc secondaire
- Amenée d'air chaud ~~—-
- Cuve a niveau -constant
- primaire
- Réservoir.
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- se placer vertical, horizontal, ou inversé à volonté. Une même dépression dose le débit du carburant et l’admission d’air, le mélange est donc rigoureusement proportionné en tous points de la courbe de fonctionnement. Il y a, d’ailleurs, suppression du danger d’incendie, en raison de l’absence d’essence dans le va-poriseur; le gaz riche d’alimentation est inexplosible.
- Examinons maintenant d’un peu plus près comment fonctionne le système.
- Le bloc primaire clos constitue un niveau constant jusqu’au-quel le carburant est aspiré par la dépression du moteur. Il comporte un flotteur, avec levier et pointeau habituel, de façon à maintenir le niveau du carburant à une hauteur déterminée (fig. 10).
- Dans ce bloc primaire, un générateur de carburation alimenté en air chaud transforme le carburant en un gaz riche qui parvient par une tuyauterie au bloc secondaire fixé sur le moteur, où il y a adjonction de l’air nécessaire. La dépression est maintenue à une valeur toujours suffisante pour élever le carburant jusqu’au bloc primaire.
- Si l’ensemble du bloc primaire et du tuyau qui le relie au réservoir arrière est complètement vide d’essence, l’aspiration de carburant s’elîectue suffisamment aux premiers tours du mo teur.
- Dans le bloc primaire, se trouve un gicleur dont le débit est déterminé par une dépression résultant de la différence de valeur de deux dépressions transmises par deux tuyauteries sur la partie inférieure et sur la partie supérieure du carburant. Cette différence varie d’une valeur très faible, lorsqu’un doseur obturateur est au ralenti, c’est-à-dire à peine entr’ouvert, jusqu’à une valeur maxima, lorsque le doseur est ouvert en grand et que le moteur tourne à plein régime. On obtient ainsi un gaz riche qui est envoyé au bloc secondaire par la tuyauterie, et un organe de réglage modifie légèrement la dépression au moment du ralenti.
- Dans le bloc secondaire, le gaz riche se mélange à une certaine quantité d’air déterminée par un doseur d’air réglé aussi par les dépressions régnant dans le diffuseur. Le doseur d’air qui se déplace sous l’action du papillon de commande (relié à l’accélérateur) produit des reprises puissantes et instantanées du moteur. Le mélange carburant complet est ainsi dosé à tous les régimes par la même dépression agissant parallèlement sur le carburant et le doseur d’air.
- Le système comporte, en outre, un correcteur économiseur constitué par un canal calibré faisant communiquer le col du diffuseur avec une prise de dépression différentielle appauvrissant le mélange carburé aux bas
- Fig. 13. — Pour démouler une roue régimes.
- L’appareil possède, en outre, un starter de départ formé par un canal amenant directement dans la tuyauterie d’admission le gaz riche produit par le bloc primaire. Ce canal est ouvert au moment du départ au moyen d’une tirette ou d’un thermostat et l’air complémentaire pénètre par un orifice calibré.
- On remarquera, enfin, que le système se compense automatiquement avec l’altitude puis-quela différence des deux dépres-
- ou un pneu sans se salir.
- Caoutchouc mousse
- Fig. 11. — Pour rendre étanche une malle ou son spidcr.
- sions de la tubulure d’admission déterminant le fonctionnement du système varie pour une même vitesse de l’air avec sa densité.
- POUR RENDRE ÉTANCHES LES MALLES ET LES SPIDERS
- Les malles métalliques placées encore généralement à l’arrière des voitures et s’ouvrant, le plus souvent, extérieurement ne sont pas toujours complètement étanches. En particulier, elles peuvent laisser passage à l’eau de lavage.
- Il en est de même pour les spiders qui se trouvent à l’arrière de beaucoup de cabriolets.
- On peut généralement éviter cet inconvénient en plaçant dans les jointures des garnitures de caoutchouc mousse qui forment un joint efficace, comme le montre la figure 11.
- POUR NETTOYER UN RADIATEUR
- Le nettoyage de la partie supérieure d’un radiateur s’impos-de temps en temps; outre le tartre qui s’y dépose nécessaie rement, il se forme toujours de la rouille. On peut nettoyer sans doute l’intérieur du réservoir métallique avec de l’eau courante soit pure, soit additionnée d’un mélange détartrant. C’est ainsi que pour empêcher la formation du tartre on peut mêler à l’eau des produits tels que le carbonate de soude, la potasse, ou la glycérine. Ces produits ramollissent le dépôt et un lavage à l’eau claire en permet l’élimination.
- Si la couche est trop adhérente, on lave le radiateur avec une solution de cristaux de soude à raison de 1 kg pour 10 litres d’eau.Une solution d’acide chlorhydrique à 5 pour 100 convient également; il faut, en tout cas, rincer soigneusement une fois le détartrage effectué, et l’opération doit être faite à chaud, en faisant tourner par exemple le moteur au ralenti pendant une dizaine de minutes.
- Le meilleur système, d’ailleurs, pour nettoyer directement
- l’intérieur du radiateur consiste à employer un câble métallique flexible, tel que celui qui est utilisé pour l’entraînement des indicateurs de vitesse.On peut de cette manière nettoyer par exemple le tuyau de trop-plein du radiateur lorsqu’il est bouché (fig. 12).
- POUR DÉMONTER PROPREMENT LES PNEUS
- Fig. 12. — Pour nettoyer le tuyau de trop-plein d’un radiateur.
- Le l'emplacement d’une roue d’automobile, ou même le démontage d’un pneu, ne constitue plus une opération difficile. On est quelquefois gêné, cependant, surtout en ville, lorsqu’il faut l’effectuer avec des vêtements ordinaires, d’abord parce qu’on craint de les salir, et ensuite parce qu’ils sont gênants.
- Voici en tout cas une bonne précaution : placer dans son coffre à outils des manches ajustables qu’on passe par-dessus ses vêtements, et qui comportent deux bracelets élastiques à la partie supérieure et à l’inférieure; elles sont constituées en tissu solide et peuvent provenir d’un ancien vêtement en toile, par exemple (fig. 13). L. Picard.
- Adresses relatives aux appareils décrits :
- Conlacteur survolteur : Sibie, 62, rue Haxo, Paris (20e).
- Garniture antisonore de freins : Cligarex, 39, rue d’Arthelon à Meudon (S.-et-O.).
- Système d’alimentation des moteurs « Aleco » : Groupements métallurgiques réunis, 8 boulevard Gouvion-St-Cyr, Paris (17°).
- Extincteur Veto : Établissements Philips'et Pain, 31, rue de la Vanne, Montrouge (Seine).
- Automobiles Berliet, Lyon-Venissieux (Rhône).
- Vaporiseur Os, Atelier Seignol, 12, avenue de Madrid, Neuilly-sur-Seine.
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- COMMUNICATIONS A l ACADEMIE DES SCIENCES
- Séance du 6 janvier 1936.
- Mouvement propre d'une nébuleuse. — M. Esclangon attire l’attention sur une petite nébuleuse, découverte par Hind en 1852 près de T Taureau. Cette nébuleuse a présenté, depuis cette époque, de nombreuses variations de forme et d’éclat. L/étude de ses positions montre, en outre, un important mouvement propre, atteignant actuellement 1"2 par an, dont les valeurs successives paraissent liées à une trajectoire orbitale.
- Orientation des molécules de cire. — La cire blanche d’abeilles semble constituée par des molécules placées dans tous les sens. Un séjour prolongé à une température voisine de 38° provoque une orientation des molécules parallèlement aux rayons et se traduit par une résistance plus élevée à la traction et l’acquisition d’une certaine transparence. M. M. Woog et Yannequis, qui ont étudié ce phénomène, estiment que le vernissage des cellules par les abeilles a tout justement pour but de hâter cette orientation favorable à la solidité de leur ouvrage. La cire brune propolisée semble, par contre, réfractaire à toute orientation moléculaire, elle est donc bien adaptée à son rôle d’adhésif légèrement visqueux et dépourvu de plans de clivage.
- Décomposition pyrogénée des éthers=sels. — MM. Gault pIBeloff ont établi que, vers 300°, les éthers-sels se décomposent en présence du chlorure d’aluminium anhydre. Les expériences n’ont eu lieu qu’avec des composés à chaînes courtes et en particulier avec l’acétate de butyle normal. On obtient le chlorure d’alcoyle avec un rendement qui ne dépasse pas 55 pour 100, une fraction du chlorure formé est scindée en HCl et carbure éthylénique. Il est nécessaire d’utiliser une forte proportion de A1C13; le résidu de la pyrogénation est surtout constitué par un oxychlorure aluminique.
- Séance du 13 janvier 1936.
- Diamètres apparents stellaires. — Lors de l’occultation d’une étoile par le disque lunaire, des anneaux de diffraction se produisent dans l’espace et progressent sur la surface terrestre avec une vitesse d’environ 1 km/sec. Leur grandeur et leur intensité-sont modifiées si l’étoile présente un diamètre apparent sensible. En étudiant, par un enregistrement photographique ou photo-électrique, l’image de l’étoile dans un grand instrument, on observe des variations d’intensité qui correspondent au passage des anneaux. M. Arnulf déduit du rapport des intensités observées et calculées le diamètre apparent de l’astre. La méthode offre le grave inconvénient de ne s’appliquer qu’aux étoiles ayant une faible déclinaison et pouvant être occultées par la lune mais, par contre, elle ne dépend pas de l’état de l’atmosphère et permet des mesures de très petits diamètres, inaccessibles à la méthode interfé-rentielle. Appliquée à Régulus, elle conduit à un diamètre apparent de 0” 0018.
- Composition de la malachite. — Depuis Vauquelin on admettait pour formule de la malachite : CO2. 2CuO. H20. Cette formule lui accorde une composition differente de celle des hydrocarbonates artificiels obtenus soit par Grôger, soit par Auger, en faisant réagir les carbonates alcalins sur le sulfate cuivrique. MM. Guirlot et Geneslay, par examen des divers composés naturels et artificiels au microscope polarisant et étude de leurs spectres de diffraction des rayons X, montrent
- que tous ces types sont identiques et correspondent à la formule 4 CO2 8CuO 5 H20.
- Mesure des températures en diathermie. — La diathermie ou élévation de la température des tissus vivants sous l’influence des ondes courtes, est devenue d’un usage courant en thérapeutique. Elle peut être provoquée, soit par un condensateur soumis à des charges alternatives, soit par un circuit conducteur parcouru par un courant à haute fréquence. On a, dans les deux cas, le plus grand intérêt à suivre les variations de la température des tissus, mais les thermomètres ou couples thermo-électriques ordinaires, formés de corps plus ou moins conducteurs, deviennent le siège de courants de Foucault, qui leur communiquent un échauffement propre et rendent toute mesure illusoire. MM. Bessemans, Rutgers et Van Thielen éliminent tout conducteur dans la construction des thermomètres en utilisant du benzène pur, coloré au rouge de méthyle, enfermé dans un réservoir en quartz. Ces instruments peuvent alors être utilisés pour suivre exactement, in vivo, les effets des ondes courtes.
- Action bactéricide du mercure. — MM. Lisbonne et Seigneurin montrent que le mercure communique par contact un net pouvoir bactéricide, non seulement à l’eau mais à tout liquide. Ce pouvoir se conserve, après séparation, pendant plusieurs heures, même après ébullition. Cette action, très puissante vis-à-vis des micro-organismes, ne s’exerce pas sur les animaux supérieurs, des cyprins pouvant vivre dans un bocal dont le fond est recouvert de mercure. Elle peut donc être envisagée pour la stérilisation des eaux d’alimentation.
- Séance du 20 janvier 1936.
- Pouvoir extincteur du tétrachlorure de carbone. —
- MM. Dufraisse et Le Bras ont étudié la composition des gaz au contact des flammes de divers combustibles quand on en tente l’extinction par le tétrachlorure de carbone. Les auteurs ont remarqué l’influence très nette de la forme et de la vitesse des veines gazeuses sur le taux extincteur. De plus l’action de CCI* paraît très différente suivant la nature des combustibles. L’hydrogène, par exemple, se combine avec CCH, qui agit alors comme comburant et n’a donc pas d’effet extincteur sensible. Avec l’oxyde de carbone, le pouvoir extincteur est très élevé; CCI1 agit sans doute comme déshydratant, la combustion de CO étant difficile dans un milieu privé d’eau. En dehors de son action par dilution inerte, CCI' a donc parfois une action nette sur certains combustibles; son rôle antioxygène est toutefois douteux et certainement peu important.
- Destruction électrique des microbes. — Un gaz chargé de poussières les abandonne en traversant un champ électrique intense; elles sont précipitées et adhèrent sur les électrodes. MM. Pauthenier et Volkringer utilisent un tube traversé par un fil chargé négativement, les parois étant mises à la terre. En opérant dans l’azote pour éviter la possibilité de la formation d’ozone bactéricide, les auteurs ont pu constater qu’à partir d’une valeur de 3000 v, cm le champ électrique précipite les germes sur les parois du tube. Il semblerait que les microbes soient tués,car les parties éloignées du tube restent stériles. Il reste cependant à démontrer qu’il ne s’agit pas seulement d’une épuration de l’air plus rapide et plus complète qu’elle n’a été prévue, rendant le milieu stérile après un parcours de quelques centimètres et rassemblant dans cette zone tous les germes vivants. L. Bertrand.
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- LIVRES NOUVEAUX
- Einführung in die Variations und Erhlichkeits Statistik. (Introduction à la statistique des variables aléatoires et des phénomènes d’hérédité), par Erna Weber. 72 fig. J. F. Leli-manns, Munich, 1935.
- Des physiologistes, des démographes, des docteurs, des étudiants en médecine ont souvent besoin des méthodes de la statistique mathématique pour résoudre les problèmes qui se posent à eux, particulièrement lorsqu’il s’agit d’aborder les problèmes raciaux ou l’étude sociale des maladies et des caractères humains d’une collectivité. Or ces savants sont presque toujours arrêtés par les dilïicultés mathématiques d’une telle étude, auxquelles ils ne sont pas accoutumés. Le présent livre a pour but de les initier à la pratique des méthodes statistiques en traitant souvent des exemples, et l’auteur a réussi ainsi à éviter tout appareil mathématique inutile.
- La première partie de l’ouvrage est consacrée à l’étude 4e la loi de répartition d’une ou de plusieurs variables. Sur quelques exemples simples comme ceux de la taille des hommes adultes d’une certaine race et du nombre des fleurs latérales au sommet des chrysanthèmes, l’auteur montre comment on dresse une table, puis un graphique donnant la loi de répartition d’une variable. Après une étude très élémentaire des caractères de ces lois de répartition (valeur moyenne, dispersion, moyenne logarithmique), l’auteur montre comment la connaissance de quelques-uns de ces caractères permet de résoudre un certain nombre de problèmes de statistique et de comparer entre elles deux séries statistiques. Une étude des erreurs d’observation et l’établissement de la formule qui donne l’erreur d’une valeur moyenne constituent une autre application des résultats précédents. La première partie se termine par la définition et l’étude de l’asymétrie d’une loi de distribution. La seconde traite de l’étude simultanée de deux caractères attachés à un même individu. Toujours sans formules, l’auteur montre, sur des exemples comme le tour de poitrine et la taille, comment on dresse une table de la distribution de deux variables et comment on étudie simplement la corrélation entre ces deux variables. La troisième et dernière partie traite du problème de l’hérédité. L’auteur expose d’abord quelques résultats des calculs de probabilité et quelques critères permettant de voir si ces résultats sont applicables à un phénomène donné. Les lois de l’hérédité mendélienne sont prises comme exemple de la loi de distribution binominale. Les méthodes de Weinberg, de Lenz, de Bernstein et la méthode des jumeaux sont exposées en prenant les exemples de l’hérédité de l’épilepsie et de la tuberculose. Grâce à la simplicité des procédés d’exposition et de démonstration, cet ouvrage rendra service à tous ceux qui emploient les méthodes statistiques et étudient les problèmes d’hérédité, mais qui n’ont pu au cours de leurs études acquérir les connaissances mathématiques nécessaires pour lire les traités actuels de statistique mathématique parfois assez compliqués.
- Rapports et discussions relatifs à l oxygène, ses réactions chimiques et biologiques. 5° conseil de chimie de l’Institut international de chimie Solvay. 1 vol. in-8, 355 p. Gauthier-Villars, Paris, 1935. Prix : 75 fr.
- L’Institut international de Chimie Solvay, dont la création est due à Ernest Solvay et dont l’avenir est assuré par la famille Solvay, a pour but principal d’organiser, tous les trois ans à Bruxelles, des Conseils de Chimie.
- Le 5° Conseil, réuni en octobre dernier, a entendu une série d’exposés sur une des questions les plus étudiées et les plus débattues à l’heure actuelle : les réactions de l’oxygène. On jugera de l’importance des points de vue traités et de la compétence des rapporteurs rien qu’en citant les noms de ceux-ci : M. Max Bodenstein : les réactions de l’oxygène au point de vue physicochimique; M. J. A. Christiansen : •oxydations photochimiques; M. H. Wieland : l’oxydation par l’oxygène moléculaire; M. W. P. Jorissen : les oxydations lentes ; M. W. A. Bone : les combustions en phase gazeuse; M. Charles Dufraisse : l’absorption chimique réversible de l’oxygène libre par les corps organiques; M. René Wurmser : les oxydoréductions ; M. O. Warburg : les ferments transporteurs d’oxygène ; M. O. Meyerhof : la respiration des muscles dans ses rapports avec le métabolisme des scissions.
- C’est là une mise au point de grande envergure et riche d’aperçus originaux sur la physico-chimie de l’oxydation, depuis la combustion et l’explosion jusqu’à la respiration et aux synthèses biologiques.
- I électroactivité dans la chimie des cellules, par
- René Wurmser. 1 vol. in-8, 82 p., 11 fig. Hermann et Cie, Paris, 1935. Prix: 18 fr.
- Il y a déjà quelque temps que l’on tend à diminuer le rôle de l’oxygène dans les phénomènes biologiques pour donner l’importance primordiale aux ions hydrogène, ou mieux encore à leurs électrons, ce que Wurmser appelle l’électroactivitê. Un grand effort est poursuivi pour comprendre l’équilibre et les échanges des cellules, tant aérobies qu’anaérobies et l’auteur a plus contribué qu’aucun autre en
- France à ce mouvement. Il expose ici le point où il en est de ces conceptions et comme il a déjà enserré ce problème fondamental, mais si difficile.
- Leçons de znolngie et biologie générales, par Georges Boiin. IV. Les Invertébrés (Arthropodes, Mollusques, Echino-dermes). 1 vol. in-8, 132 p., S2 fig. Hermann et Cie, Paris, 1935. Prix : 18 fr.
- Voici le dernier fascicule du cours professé en Sorbonne aux étudiants de P.C.B. pour les initier à la zoologie et à la physiologie. Comme dans les précédents, on trouve les faits élémentaires, les notions simples, dégagés de la masse des données connues, pour mettre en lumière les idées directrices actuelles. Les Arthropodes sont présentés dans leurs caractères extérieurs, leur anatomie, leurs modes de vie, leur reproduction, leurs instincts. Il en est de même, mais plus brièvement, des Mollusques et des Echinoderpnes. Le fascicule se termine par un aperçu sur l’évolution des Invertébrés et sur le parasitisme.
- Aloins de nuisibles, plus de gibier, par André Chaigneau.
- I vol. in-8, 213 p., 21 fig. Peintures, pigments, vernis, 26, rue d’Aumale, Paris, 1935. Prix : 23 fr.
- Bien connu de tous les gardes et piégeurs professionnels ou amateurs de France, chargé par le Conseil national de la chasse et par l’Administration des Eaux et Forêts du cours de destruction des animaux nuisibles à l’école des gardes des fédérations de chasse, l’auteur a rassemblé ici toutes les méthodes de destruction des nuisibles ayant fait leurs preuves : fusil, poisons, gaz, pièges. Il les a sélectionnées, notant minutieusement avantages et inconvénients pour chacune d’elles. Afin de permettre à un garde débutant de se tirer d’affaire seul, il a orné son travail de croquis nombreux qui permettent de comprendre aisément tous les dispositifs de piégeage mentionnés. Ce recueil s’adresse aussi bien aux gardes qu’aux propriétaires et aux organisations cynégétiques dont il sera l’auxiliaire précieux.
- Coquillages et fièvres typhoïdes. Un point d’histoire contemporaine, par le Dr V. M. Belin. 1 vol in-S, 230. Presses universitaires de France, Paris, 1935. Prix : 15 fr.
- II y a un quart de siècle, une série d’infections collectives graves par les huîtres avaient jeté le discrédit sur les coquillages. On avait proposé un remède technique, la stabulation ; on préféra un remède administratif, une réglementation, et les typhoïdes dues aux mollusques pollués continuèrent de plus belle : 100000 cas et 25000 morts en France en 15 ans, dit l’auteur ! Il rassemble ici tout ce qu’on a dit des coquillages malsains, des modes de contamination, des mesures qu’on a prises et indique ce qu’il faudrait faire d’efficace pour sauver la santé publique et l’ostréiculture.
- Biotypologie et aptitudes scolaires. Une enquête sur un groupe d’écoliers parisiens, par H. Laugier, Ed. Toulouse et Mlle D. Weinberg. 1 vol. in-8, 287 p., fig. Publications du Travail humain. Conservatoire national des Arts et Métiers, Paris, 1935. Prix : 25 fr.
- Enquête très complète portant sur une centaine d’enfants. Les auteurs décrivent leurs méthodes : questionnaire des familles, examens morphologique, anthropométrique, chimique, physiologique, médical, psychologique et psychiatrique. Ils groupent les résultats obtenus et en dégagent les conclusions relatives aux corrélations entre les caractères physiques et psychologiques de l’enfant et son efficience scolaire, d’où découlent des conséquences pratiques de sélection.
- Les gisements préhistoriques de Sauveterre-la-Lèmance (Lot-et Garonne), par Laurent Coulonges. 1 vol. in-4, 56 p., 24 fig., 6 pl. Archives de l’Institut de paléontologie humaine. Mémoire 14; Masson et Cie, Paris, 1935. Prix : 40 fr.
- Compte rendu de fouilles exécutées dans deux gisements du Sau-veterre où furent trouvées surtout des pierres taillées qui permettent à l’auteur de discuter les étages de transition entre le paléolithique et le néolithique.
- En route vers l'abondance, par Jacques Duboin. 2 vol. in-16, 188 et 177 p. Éditions Fustier, Paris. Prix : 10 fr.
- Le commerçant ne peut plus vendre, le consommateur ne peut plus acheter, l’État ne peut plus prélever. On affirme que c’est parce qu’il y a surproduction. Mais s’il y a des gens qui manquent de tout lorsqu’on produit trop, comment feront-ils pour avoir quelque chose lorsqu’on produira moins ? Tout au contraire, c’est que, grâce aux progrès de la science, l’abondance fait son apparition dans le monde. Une grande transformation sociale est nécessaire pour que tous puissent en profiter. Avec sa clarté habituelle et sa logique mélangée d’humour, l’auteur développe ces idées nouvelles.
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- NOTES ET INFORMATIONS
- ÉLECTRICITÉ
- Nouveau procédé de bobinage des machines électriques.
- Ce nouveau procédé est appliqué depuis deux ans environ dans la plupart des mines françaises du Nord et de l’Est pour la réparation des machines électiûques et il a donné jusqu’ici les meilleurs résultats.
- Sa caractéristique est de permettre l’obtention d’enroulements capables d’une durée de cinq à six fois supérieure à celle des meilleurs enroulements connus, admettant des températures constantes doubles de celles que les constructeurs les plus réputés considèrent comme un maximum.
- A la base de ce procédé se place l’observation expérimentale des causes les plus courantes de destruction des bobinages. Généralement, le court-circuit fatal se produit entre spires, l’isolant propre des conducteurs se trouvant usé par frottement de ces conducteurs entre eux. Ce frottement est engendré par la sollicitation violente à laquelle sont soumises les spires à chaque changement de régime de la machine. Si les conducteurs ne sont pas, ou bien mis dans l’impossibilité absolue de se mouvoir les uns par rapport aux autres ou bien rigoureusement contraints de se mouvoir ensemble, comme s’ils formaient un tout, des frottements se produisent provoquant l’usure des isolants.
- Le problème ainsi posé comporte donc plusieurs solutions selon que l’enroulement s’applique dans une partie fixe ou dans une partie tournante de la machine, que la place qu’il occupera dans cette partie de machine permet de le préparer, complètement ou partiellement, avant sa mise en place.
- De là deux catégories principales : les bobines inductrices pour les moteurs à courant continu : bobines d’électros de freins, de levage, etc., et les sections d’induits, de rotors ou de stators. En examinant les bobines ainsi préparées nous voyons qu’elles se présentent sous forme d’une masse compoundée, rigide, dure, rendant au choc un son métallique, résistant aux chocs et aux trépidations, dont toutes les parties jouissent d’un même coefficient de dilatation.
- Elles sont préparées sur gabarit, chaque couche de fils séparée de la suivante par une couche d’un compound pâteux de composition spéciale.
- La bobine achevée est liée d’un enrubannage ininterrompu ( t compoundé, puis placée dans une forme métallique démontable qui la comprime aux dimensions exactes qu’elle devra occuper dans la machine, et soumise ainsi à divers traitements provoquant notamment la polymérisation du compound.
- Les conducteurs constituant les sections sont réunis, avant montage, en un faisceau solidement lié, capable de certaines déformations d’ensemble, tous les constituants se comportant comme s’ils ne formaient qu’un tout.
- Elles sont conformées sur gabarit à la forme exacte qu’elles devront occuper dans les parties mécaniques de la machine dans lesquelles elles doivent être introduites sans déformation. Les sections à loger dans des encoches fermées ou semi-ouvertes sont conformées en U, mises en place par traction exercée également et simultanément sur les deux branches, la fermeture des spires se faisant après mise en place par soudure résistant à haute température ou brasure, et les isolants ainsi que les ligatures étant reconstitués avec soin.
- Les sections sont bloquées dans les encoches au moyen de matières choisies parmi celles qui, après traitements appropriés, résistent aux températures élevées et ne perdent aucune partie de leur volume sous l’action de la chaleur développée
- en service. Pour donner une idée de la valeur du procédé, nous indiquons ci-dessous les résultats de quelques expériences effectuées sur des moteurs pourvus d’enroulements fabriqués de la manière que nous venons de décrire.
- Dans une mine de fer de l’Est, des moteurs équipant des pelleteuses Thew travaillent au fond de la mine à une cadence de chargement de 45 tonnes-heure pendant 13 heures par jour. Avec les enroulements d’origine, ces moteurs assuraient en moyenne le chargement de 10 000 t de minerais (maximum 35 000 t). Avec les nouveaux enroulements, la moyenne dépasse 100.000 t et un moteur a même dépassé 165 000 t. A noter que la température moyenne, mesurée au thermomètre sur les enroulements, atteint 230 240° C, ce qui suppose des pointes de l’ordre de 300° C.
- Des électro-porteurs employés dans des hauts fourneaux ont été équipés avec ces enroulements. Après une durée de service six fois plus longue que celle expérimentée avec les enroulements d’origine, ils continuent leur service.
- A Longwy, des inducteurs de moteurs de vis de serrage de blooming tiennent depuis plus de 18 mois alors que précédemment il fallait les changer tous les deux mois.
- A Nancy, un moteur de compresseur qui demandait trois réparations au moins par an marche sans défaillance depuis plus de deux ans, etc....
- Les quelques exemples ci-dessus que nous pourrions multiplier et que nous devons à l’obligeance des Entreprises lorraines d’Electricité et de Mécanique, propriétaires des brevets, montrent l’intérêt du nouveau procédé qui arrive à une époque où tous les moyens permettant de réduire les frais d’entretien des machines électriques sont particulièrement bien venus.
- A. F. Peclat.
- BOTANIQUE
- Le doyen du monde végétal.
- Le Mexique a l’honneur de posséder le doyen du monde végétal, le célèbre cyprès chauve du cimetière de Santa Maria del Tule, petit village de l’intendance d’Oaxaca, découvert en 1803 par le naturaliste allemand von Humboldt, lors de son fameux voyage dans l’Amérique équatoriale.
- Se basant sur sa circonférence gigantesque et l’extrême lenteur de croissance de l’espèce, des botanistes compétents, entre autres les professeurs de Candolle et Asa Gray, ont calculé que cet arbre extraordinaire devait avoir entre cinq mille et six mille ans.
- Pareils chiffres dépassent l’imagination et peuvent sembler exagérés, mais il n’en est rien, le professeur Asa Grey nous l’affirme du moins.
- Ayant examiné un cyprès chauve abattu, il constata, d’après le nombre de cercles concentriques observés sur une section de la tige qu’il était âgé de 670 ans, tout en n’ayant que 4 m. 27 de circonférence. Tant est lente la croissance de ce genre de Cupressinées qu’il avait fallu à ce spéeimen près de sept siècles pour atteindre un diamètre de 1 m 35.
- Or, le cyprès de Santa Maria a un pourtour de près de 33 m à une hauteur de 1 m 50 du sol.
- L’exactitude de cette dimension fantastique a été vérifiée officiellement, par le Dr von Schrenk, arboriculteur du « Missouri Botanical Garden » de Saint-Louis (E.-U.), lors d’un récent voyage d’étude dans le sud du Mexique.
- De passage à Santa Maria, il résolut d’examiner le fameux cyprès qu’il connaissait de réputation, et d’en déterminer, si possible, l’âge approximatif.
- Il se présenta au maire du village comme fonctionnaire américain en lui exprimant le désir de voir le géant renommé.
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- Le maire le reçut de façon charmante et, tout en l’accompagnant à l’endroit voulu, il lui apprit que l’arbre était considéré comme sacré dans toute la contrée, et que, nuit et jour, deux sentinelles en gardaient l’approche.
- Arrivé au cimetière, le Dr von Schrenk déclara qu’il allait creuser dans le cyprès un trou de 0 m 60 et en enlever un fragment de 1 cm et demi de diamètre. A cette déclaration, le maire jeta les hauts cris : mesurer la circonférence de l’arbre, le photographier, oui; mais, entamer cet objet de la vénération générale, jamais il ne le pei-mettrait.
- En vain, le docteur lui affirma que l’on avait pratiqué semblable opération des centaines de fois sur des arbres, sans leur occasionner le moindre dommage, que s’il pouvait compter les couches ligneuses du fragment prélevé, il serait à même de calculer l’accroissement moyen de l’ârbre et de résoudre ainsi un des grands problèmes scientifiques de notre époque : l’âge approximatif de l’arbre sacré. Le « mayor » ne voulut rien savoir et M. von Schrenk dut se contenter de mesurer la circonférence du cyprès et de prendre la photographie illustrant notre article.
- Il photographia également un écriteau placé sur l’arbre par von Humboldt, cent trente-deux ans auparavant. La légende
- Fig. 1. — Le cyprès de Santa Maria del Tule. Son pourtour est de 33 m.
- de cet écriteau est aujourd’hui complètement couverte par une épaisse couche d’écorce, preuve indéniable de la prodigieuse vitalité du cyprès.
- C’est à peine si l’on peut encore y distinguer la signature du célèbre naturaliste allemand.
- En somme, nous pouvons bien, avec le professeur Asa Gray, appeler le cyprès de Santa Maria del Tule, le « Nestor » des Cupressinées et, probablement, de tout le règne végétal. De fait, n’attribuant au cyprès que 5000 ans, minimum très faible, il laisse loin derrière lui les plus vieux arbres connus : le dragonnier d’Oratava (île de Ténérifîe), 4500 ans; un séquoia de Californie, 4000 ans, et un baobab du Sénégal, 4000 ans également. L. Kuentz.
- ZOOLOGIE
- Longévité des araignées.
- M. Pierre Bonnet vient de présenter, dans le Bulletin de la Société entomologique de France ce qu’on sait de la longévité des araignées.
- La durée de leur vie normale est extrêmement variable,
- allant de 8 mois à plus de 10 ans. Beaucoup pondent à l’automne, le cocon passe l’hiver, les jeunes naissent au début du printemps; ils grandissent, pondent et meurent à l’automne [Araneus diadematus, Argiope bruennichi, etc.). D’autres pondent l’été, les jeunes éclosent en automne, passent l’hiver à l’état immature, puis deviennent adultes, pondent et meurent de juillet à octobre (Pisaura, Dolomedes, beaucoup de Lycosides). Quelques espèces vivent plus longtemps, Bacelar et Frade rappellent que Segestria sexoculata vit 4 ans, la Lycose de Narbonne 5 ans, Tegenaria derhami 7 ans. M. Bonnet ajoute à cette liste Tegenaria civilis 4 ans, Lycosa carolinensis 2 ou 3 ans, Tegenaria domestica 3 ou 4 ans pour la femelle et un an pour le mâle.
- Les Lycosides et les Agélénides de grandes tailles peuvent vivre de 2 à 5 ans; les Ségestries et certains Drassodes durent plusieurs années. D’autres plus petites atteignent également un âge avancé : 3 ans pour Pholcus phalangioides, 4 ans pour les très petites femelles de Physocyclus simoni.
- Les araignées dites « domestiques » qui vivent à l’abri dans les maisons, les caves, les serres, les grottes, les galeries de mines, ont une longévité assez grande, peut-être due à la constance du milieu.
- Enfin, les records s’observent chez les espèces à développement lent dont les femelles muent chaque année après la ponte. Alypus piceus vivrait 7 ans, Mygale bicolore et Mygale hentzi 5 ans, Eurypelrm californica une vingtaine d’années, dont les 10 ou 11 premières de jeunesse immature.
- Enfin, l’abstinence et la continence prolongeraient singulièrement l’existence. Bonnet a gardé jusqu’à 4 ans des Dolomedes plantarius dont la vie normale est de 15 à 18 mois, en les nourrissant peu. Bacelar et Frade ont conservé une Teutana grossa pendant cinq ans et demi en ne lui donnant que 15 mouches par an; elle est morte tôt après sa première ponte, âgée de 6 ans.
- HYGIÈNE
- Traitement des brûlures par l’huile de foie de morue.
- Les brûlures, dès qu’elles sont profondes, sont atrocement, douloureuses et dès qu’elles sont étendues, elles mettent la vie en danger. On a proposé, pour les panser, les produits les plus divers : liniment oléo-calcaire, acide salicylique, salol, thymol, eucalyptol, ichtyol, acide picrique, tanin, bleu de méthylène, un mélange de paraffine, de cire et de résine, qui est l’ambrine.
- Ce pansement ne doit pas adhérer aux plaies et il doit être antiseptique.
- Récemment, le Dr Lbhr, de Magdebourg, a préconisé l’huile de foie de morue que le Dr Steel vient de recommander à son tour dans The Lancet.
- L’application d’huile de foie de morue sur les brûlures peut se faire sans nettoyage préalable. On pose directement sur la plaie des compresses largement imbibées d’huile de foie de morue qu’on laisse en place pendant quarante-huit heures au moins et qu’on a soin de réimbiber après vingt-quatre heures.
- Rapidement une plaie atone se transforme sous l’action de ce médicament en une plaie à granulations saines et les malades déclarent que ce mode de pansement est beaucoup moins pénible que les autres.
- Après la cicatrisation, la peau a une coloration brune qui disparaît par la suite.
- Le seul inconvénient de ce traitement est son odeur contre laquelle on ne peut remédier qu’en changeant souvent les draps des malades.
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- INVENTIONS ET NOUVEAUTÉS
- MÉCANIQUE
- Vérins électro=hydrauliques. y
- Un dispositif oléo-électrique fort curieux, combinant les propriétés de la pompe centrifuge et des cylindres à huile, connaît actuellement un certain développement dans l’industrie. C’est le vérin électro-hydraulique, qui permet d’obtenir, avec le minimum d’organes mécaniques, un effort considérable avec une course notable (à l’inverse des électro-aimants) à l’aide d’un courant électrique.
- On sait qu’il existe dans les machines utilisant les fluides : liquides ou gaz, deux catégories bien différentes. D’une part, nous avons les capsulismes ou volumes variables dont les types les plus répandus sont les pompes et moteurs à pistons, les compresseurs à palettes genre Winterthur, les soufflantes Roots, en un mot toutes les machines « volumétriques »; de l’autre, nous trouvons les machines où la force vive, ou plus généralement, l’inertie du fluide matériel joue un rôle indispensable; tels sont, dans des domaines différents, les pompes centrifuges, les turbines hydrauliques ou à vapeur, les hélices des navires, les hydro-éjecteurs et le classique bélier de Montgolfier.
- Si nous nous bornons au cas où l’on utilise un fluide incompressible : eau ou huile, les propriétés de ces deux catégories de dispositifs se révèlent fort difîéi'entes ; l’une est comparable, dans le domaine mécanique, à une liaison desmodro-mique, rigide, telle qu’un engrenage, tandis que l’autre s’apparente à un embrayage ou mieux à ces moteurs électriques à vitesse non constante (moteurs à collecteur, moteurs asynchrones) dont la vitesse décroît quand l’effort exigé augmente.
- Prenons deux exemples concrets : si l’on coince le plateau d’une presse hydraulique, toute la machine s’arrête ou casse; si l’on cale une turbine hydraulique, l’eau s’écoule sans dégâts à travers la roue immobile.
- En combinant les deux systèmes, on conçoit que l’on puisse réaliser des ensembles bénéficiant de propriétés très particulières. C’est précisément ce qui a été fait dans les vérins électro-hydrauliques qui se présentent comme une presse hydraulique alimentée par une pompe centrifuge.
- Voici (fig. 1) comment est constitué l’appareil. Dans un cylindre nervuré en fonte 1, contenant une huile fluide, se déplace un piston creux 2; à l’intérieur de ce piston est montée une pompe centrifuge commandée par un arbre 4 logé dans la tige 5 du piston; le moteur 3, monté en bout, se trouve à l’extérieur, sur un plateau 6; ce plateau porte un étrier 7 où l’on peut fixer l’organe à commander par le vérin.
- La base du cylindre est montée sur un support fixe 8 par l’intermédiaire d’un axe 9 qui lui permet d’osciller légèrement.
- Le fonctionnement est le suivant. Le piston se trouvant en position basse, si l’on envoie le courant, le moteur se met en route et la turbine aspire l’huile au-dessus du piston pour la refouler au-dessous; la pression de l’huile oblige alors le piston à s’élever, entraînant l’étrier 7 et l’organe commandé.
- Quand on coupe le courant, l’huile s’écoule en traversant la turbine et l’ensemble revient progressivement à sa position initiale. Nous voyons apparaître ici une propriété spéciale du système qui est le freinage automatique du retour. Il est juste d’ajouter que ce freinage pourrait s’obtenir, dans le cas d’une pompe volumétrique, à l’aide d’un by-pass ou soupape de retour à ressort taré; on aurait ainsi l’avantage d’un freinage réglable et même d’un arrêt absolu en un point quelconque de la course mais au prix d’une commande supplémentaire.
- Les applications des vérins électro-hydrauliques sont nombreuses et variées : commande à distance des disjoncteurs,
- interrupteurs, sectionneurs, des portes, des vannes, des trémies, manœuvre des freins et des embrayages, commande de machines-outils, etc. Ils se font en plusieurs types développant un effort de 60 kg à 300 kg avec des courses de 10 cm à 30 cm.
- A titre de renseignements, voici les caractéristiques de quelques modèles courants. Un vérin destiné à fonctionner en service continu, développant 660 kg avec une course de
- 10 cm, pèse 40 kg à vide et contient 5 1 d’huile; sous 220 e,
- 11 consomme 6 ampères au démarrage et 1,8 ampère en marche. Pour un effort de 20 kg, le piston s’élève en 1,4 sec et redescend en 1,3 sec; pour une charge de 60 kg, la moi'jiée dure 3 sec et la descente 0,7 sec.
- Ce premier type peut demeurer continuellement sous tension, le courant restant appliqué en fin de course pour maintenir l’effort; ceci permet de l’employer pour la commande des freins et des vannes; il convient également aux manœuvres répétées à cadence rapide ;
- Citroën les a adoptés pour la commande de l’embrayage et du frein de ses presses de tôlerie.
- A l’autre bout de la série, voici un gros vérin pouvant exercer 300 kg avec une course de 30 cm; il pèse 65 kg et contient 8,5 1 d’huile; sous 220 v, il prend 30 ampères au démarrage et 8 ampères en marche. Pour l’effort maximum de 300 kg, le piston s’élève en 3,9 sec et redescend en 1,1 sec; à vide, il s’élève en 1,1 sec et redescend en 6 sec.
- Ce deuxième type convient à un service intermittent, comportant au plus 10 manœuvres par heure, consécutives ou non; le courant ne peut être laissé appliqué en fin de course plus de quelques secondes. On l’emploie pour la manœuvre des sectionneurs, des portes, des vannes.
- A côté de ces types très répandus, il existe des modèles spéciaux où le courant peut être coupé automatiquement, par l’organe commandé, avant la fin de la course. Ils conviennent notamment à la commande de refermeture des disjoncteurs sur une ligne ayant subi un court-circuit; l’opérateur essaye de remettre le disjoncteur en position de marche normal
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- Fig. 1. — Coupe d’un vérin électro-hydraulique (Alsthom).
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- dans l’espoir que le court-circuit a cessé; mais si le court-circuit dure encore, le disjoncteur doit redisjoncter instantanément avant même d’être complètement fermé.
- Fig. 1 à 3. — Trois temps de la manœuvre électrique du lit mécanique.
- SOINS MÉDICAUX
- Lit mécanique à manœuvre électrique.
- Pour les malades qui doivent rester très longtemps au lit, pour les blessés immobilisés par une fracture, on a imaginé
- divers modèles de lits mécaniques qui permettent de soulever l’impotent sans pénibles efforts et sans risquer de le déplacer dangereusement ou de le faire souffrir. La plupart de ces lits comportent un cadre muni aux angles de 4 poulies sur lesquelles passent des cordes qu’on tire à la main, au treuil, ou au moyen de contrepoids.
- La maison Dupont, qui s’est depuis longtemps spécialisée dans la construction des lits mécaniques, vient de réaliser un nouveau modèle à moteur électrique qui permet au malade de se déplacer lui-même, à son gré, sans l’aide d’infirmiers.
- Le moteur électrique est isolé dans un coffre en bois fixé au bâti placé aux pieds du lit. L’appareil se branche sur le courant lumière, soit sur une prise, soit sur une lampe, sans interrompre l’éclairage. Le dispositif de commande, relié au moteur par un tube métallique souple, est à la portée de la personne couchée.
- Lorsque celle-ci reposant sur le matelas (fig. 1) désire se soulever, il lui suffit de tourner à droite un bouton moleîté et le cadre de fer monte.
- Quand le cadre est suffisamment soulevé, la personne couchée ramène l’index du bouton moletté en face du point d’arrêt. Puis elle agit sur une poignée disposée sur le côté afin de faire coulisser vers l’extérieur le couvercle de la garde-robe (fig. 2), et de présenter le bassin, dont l’emplacement sous le siège a été déterminé par un réglage préalable.
- En tournant le bouton moletté vers la gauche, la personne couchée redescend doucement, sans secousses, et vient se poser confortablement sur le bassin qui, grâce à une combinaison ingénieuse de ressorts, s’applique fortement sur le matelas, assurant une stabilité parfaite.
- Le malade peut ainsi tout seul, sans aucune aide, se soulever pour se servir de la garde-robe.
- On imagine quelle commodité ce dispositif procure dans les cas d’alitement prolongé.
- Lits mécaniques : Dupont, ]0, me I-Iautefeuille, Paris (6e).
- HYGIÈNE
- Méthode rapide pour apprécier le taux d’acide carbonique dans l’air.
- MM. Kling et Rouilly viennent de présenter à l’Académie des Sciences une note sur cette question qu’ils ont résolue d’une manière si simple et si élégante que le premier venu peut contrôler la teneur en acide carbonique d’un local surpeuplé ou mal ventilé.
- Si dans un barboteur on verse 25 c3 d’une solution de soude au millième normale, soit à 40 mg par litre et qu’on y ajoute quelques gouttes de bleu de bromothymol, elle se colore en bleu.
- Si ensuite on connecte le barboteur avec un flacon plein d’eau muni d’un écoulement, celui-ci se vide et l’air extérieur-traverse bulle à bulle le liquide du barboteur. L’acide carbonique contenu dans l’air se fixe sur la soude qu’il neutralise et la couleur vire au jaune quand le pH descend au-dessous de 8,4.
- On arrête alors l’écoulement et on mesure la quantité d’eau sortie du flacon.
- Celle-ci est d’autant plus petite que la teneur en acide carbonique est plus forte.
- On sait que l’air libre ne contient que 3 dix-millièmes d’acide carbonique et que les atmosphères confinées ne peuvent pas en contenir plus de 1 pour 100 sans donner une impression de fatigue au moindre effort et sans accélérer le rythme respiratoire.
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- BOITE AUX LETTRES
- QUESTIONS ET RÉPONSES
- Erra>ta. — L’heure sur la Terre : On est prié d’apporter les corrections suivantes dans l’article « L’heure sur la Terre et les voyages autour du Monde », paru au n° 2904 du 1er novembre 1935 :
- Page 404, 3e alinéa, ligne 11 : remplacer « mais au sol ce serait midi du mardi » par « et au sol ce sera, de môme, midi du lundi ».
- Page 407, 2° colonne, ligne 26 et page 410, lre colonne, ligne 11, au lieu de « Washington » lire « San Francisco ».
- Ces erreurs, dont nous nous excusons, nous ont été signalées par Vf. Ceodoru, de Bucarest.
- Les satellites de la Terre.
- Il est vraisemblable que la Terre possède d’autres satellites que la hune, mais, s’ils existent, ils sont certainement minuscules. L'observation de corps obscurs passant lentement devant le Soleil est à la base de cette croyance en l’existence de petits satellites terrestres, ha plus célèbre observation de ce genre est celle que lit le Dr Lescar-bault, à Orgères, le 26 mars 1859 : un corps noir, circulaire, se déplaçant lentement devant le Soleil. On l’attribua alors à une planète située entre Mercure et le Soleil, qui reçut môme le nom de « Vulcain ». Depuis cette observation, ladite planète n’a jamais été vue...
- On a pensé aussi que la Lune elle-même pouvait avoir de petits satellites. A l’Observatoire de Harvard College, aux États-Unis, des recherches systématiques lurent entreprises tout autour de la Lune, sur une surface de 30° de rayon, pendant l'éclipse totale de Lune du 15 novembre 1891. Le résultat a été qu’aucun satellite ne gravite autour de la Lune (voir L’Astronomie, lro série, décembre 1891, p. 465).
- Dans L'Astronomie, Bulletin de la Société astronomique de France, janvier 1923, p. 40, M. James Worthington a suggéré d’installer un Observatoire en Équateur, non loin de Quito, pour rechercher les satellites de la Terre. M. Worthington a calculé qu’un petit corps, de I ni de diamètre, circulant autour de la Terre, à quelques rayons terrestres de distance, aurait au zénith un éclat comparable à celui d’une étoile de 12e grandeur. Il passerait au méridien 3 ou 4 lois par jour, mais ne pourrait laisser de trace sur les clichés à cause de son déplacement très rapide. D’une station équatoriale, on aurait des chances de l’apercevoir.
- La « Bibliographie astronomique » est assez pauvre sur cette question d’un 2e satellite de la Terre, pour la raison qu’on ignore si un tel corps existe. Réponse à M. J. Beethillieh, Lyon.
- Pour maintenir l’albumine à l’état de suspension.
- Il faut éviter de battre l'albumine avec des objects métalliques : utiliser, de préférence, un petit balai constitué par des fragments d’osier.
- De l’albumine chauffée en présence d'un acide ou d’un alcali conserve sa solubilité; l’albumine coagulée par la chaleur en solution neutre peut être solubilisée par action de solutions acides ou alcalines étendues. (Voir à ce sujet une étude de M. Spiegel Adolf, dans Kolloïd Zeitschrift, t. 38, 1926, p. 127-129 et reproduite dans British Chemical Abstracts A, avril 1926, p. 352.)
- Nous vous conseillons d’écrire à M. L.-P. Clerc, directeur de Science et Industries photographiques, 165, rue de Sèvres, Paris. Joindre un timbre pour la réponse. Réponse à M. André Léandre, à Colombes.
- De tout un peu.
- M. Patin, à Lyon. — 1° Nous pensons que vous pourrez sans difficultés imperméabiliser votre modèle réduit d’avion, avec la solution
- suivante :
- Lanoline anhydre.................... 10 gr
- Vaseline blanche.................... 10
- Essence légère de pétrole ......... 1000 cm:i
- La faible teneur en éléments fixes ne pourra pas alourdir sensiblement l’appareil, la couche résiduelle après évaporation du solvant étant insignifiante.
- N-~IL La lanoline se trouve chez tous les pharmaciens.
- 2° Comme mastic d’aquarium nous vous conseillons :
- Gutta-percha ..................... 100 gr
- Résine en poudre.............................. 200 —
- Fondre à feu doux, rendre homogène et appliquer encore chaud sur les parties bien sèches, condition essentielle.
- M. Ninane, à Chenée. — Le mastic de fonderie est composé de
- Sel ammoniac pulvérisé.......................... 10 gr
- Fleur de soufre................................. 20 —
- Limaille de fer fine, exempte de graisses. . . . 800 —
- On humecte d’eau additionnée d’un dixième de vinaigre et de quelques gouttes d’acide sulfurique, de façon à obtenir une pâte consistante que l’on applique aussitôt sur les parties bien dégraissées par la benzine. Au bout de peu de temps ce mastic devient très dur et résiste facilement à une température de 300°C.
- Val St-Lambert à Jemmapes et Cercle du Creusot. — Le Ministère des Travaux publics a préconisé la formule suivante pour
- préparer la pâte à polycopier :
- Gélatine blanche............................ , 100 gr
- Glycérine..................................... 500 —
- Sulfate de baryte ou kaolin en poudre......... 25 —
- Eau ordinaire................................. 375 —
- Faire gonfler la gélatine dans l’eau froide, pendant douze heures ; liquéfier au bain-marie, ajouter la glycérine puis le sulfate de baryte; rendre homogène et couler dans des cadres en fer blanc peu profonds aux dimensions des feuilles de papier du format adopté.
- 2° L’encre employée se compose de :
- Violet de Paris pulvérisé...................... 10 gr
- Alcool à 95°................................... 10 —
- Glycérine...................................... 10 —
- Eau ordinaire.................................. 50 —
- N.-B. — Toute autre couleur dérivée de la houille peut être em-
- ployée en place du violet de Paris.
- M. Zéraffa, à Alger. — 1° Les matières premières soumises à l’hydrogénation en vue de l’obtention d’huiles de graissage de qualité supérieure sont généralement très riches en soufre, particulièrement les huiles brutes asphaltiques; d’autre part, ainsi que nous l’avions signalé dans le n° 2933, p. 61, les catalyseurs utilisés sont des produits sulfurés, ce qui oblige à recouvrir l’intérieur des appareils d’un revêtement protecteur (alliage à base de zinc). Il est donc fort probable que le noircissement constaté est dû à la formation de sulfure de fer noir au contact des parties métalliques du moteur.
- Dans quelle mesure cette attaque peut-elle être nuisible, nous ne saurions le dire, seule l’expérience peut fixer à ce sujet.
- 2° Les caractéristiques de chaque type d’huile de graissage, suivant les désignations de la firme, vous seront fournies sans difficultés par les dépôts de celle-ci.
- IVUVL Charly et Panzer, à Lausanne. — Nous avons traité avec détails la question moulage en plâtre dans le n° 2883, p. 575, ainsi que celle du moulage au soufre dans le même numéro, p. 574; veuillez bien vous y reporter.
- Complémentairement vous pourrez utilement consulter le Manuel du Mouleur, de Lebrun et Magnier, Encyclopédie Roret, chez Mulot,, éditeur, 12, rue Hautefeuille à Paris.
- M. Léonard, au IVlontel-de-Gelat. — 1° Le vernis au tampon employé par les ébénistes pour le vernissage des meubles est constitué par :
- Alcool à 84° (3/6)........................ 1000 cm3
- Gomme laque blonde........................ 85 gr
- Laisser la dissolution se faire à froid en agitant fréquemment.
- Employer tel quel, sans filtrer.
- 2° La formule suivante vous donnera croyons-nous satisfaction pour la peinture de votre rampe en fer :
- Huile de lin.................................... 200 gr
- Essence de térébenthine......................... 70 —
- Siccatif......................................... 30 —
- Couleur en poudre.............................. 500 à 700 gr
- Avoir soin de faire « infuser », ainsi que disent les peintres, le pigment dans l’huile pendant quelques heures, avant mélange, pour éviter la présence de grains qui produiraient des trainées.
- 3° A notre avis, la vaisselle et la verrerie n’auront pas à souffrir d’un séjour en placard humide, en les visitant de temps à autre et en pratiquant un essuyage s’il y avait condensation de buée.
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- DOCUMENTS PHOTOGRAPHIQUES
- 1. Mr. James Chadwick, professeur à l’Université de Liverpool, lauréat du prix Nobel
- de physique (phot. Boyer).
- 2. Le professeur Percy VV'. Bridgman, de Harvard University, célèbre par ses études
- sur les hyperpressions.
- 3. Le professeur
- Williams D. Harkins, de l'Université de Chicago, et son canon à électrons (phot. Wide World).
- 4. L'avion China Clipper survolant San Francisco, à son départ pour les Philippines (phot. Wide World).
- 5. Une tarte gigantesque cuite à l’électricité par la C. P. D. E.^ au Salon des Ails ménagers.
- 6. La construction du pont gigantesque de la baie de San Francisco
- (phot. Wide World).
- 7. Nouvelle locomotive anglaise Silver Juhilee atteignant 110 km à l'heure
- (phot. Roi).
- Le Gérant : G. Masson.
- 783d. — lmp. Lahüre, rue de Fleurus, 9, a Paris. — i5-2-iç>36. — Published in France.
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- LA NATURE M" ”*
- LES FOUILLES RÉCENTES D’ANTINÉA
- (TIN-HINAN) AU HOGGAR
- L’énigme saharienne a ses chercheurs et ses explorateurs qui s’enfoncent dans le silence des sables pour découvrir son histoire.
- La préhistoire saharienne a déjà étonné le monde par ses collections Ethiques, exposées au Musée d’ethnographie du Palais du Trocadéro, qui démontrent l’existence d’une ancienne civilisation préhistorique.
- Ce n’est que depuis peu que l’on sait qu’à nos époques glaciaires européennes correspondaient en Afrique des époques fluviales durant lesquelles le vaste désert de sable avait disparu ou s’était déplacé au profit de grands fleuves dont les vallées se dessinent encore nettement aujourd’hui. La dernière de ces périodes lointaines a laissé ce que les zoologistes appellent une faune-relique.
- L’éléphant a subsisté jusqu’à Carthage et Hannibal les a utilisés comme tanks, avec succès, en chargeant les légions romaines à la Trébie, en 218.
- Les trous d’eau du Tassili et du Tibesti, massifs montagneux gigantesques de 3400 m égarés en plein désert, conservent un misérable crocodile de taille réduite, relique vivante d’une faune tropicale autrefois abondante.
- Et pourtant le Sahara se dessèche constamment sous nos yeux....
- Deux éminents professeurs de l’Université d’Alger, MM. Gautier et Reygasse, partis le 2 février 1934 en exploration scientifique dans le Hoggar, sont réapparus à l’été porteurs d’une abondante récolte de documents de la plus grande valeur pour l’étude de l’habitat humain.
- C’est au nord-est du Hoggar, vers l’Ahaggar montagneux que la caravane se dirigea; elle s’arrêta dans l’oued Abalessa, à côté du petit arrem du même nom, devant un amoncellement de ruines connues depuis longtemps sous le nom de Tombeau de Tin-Hinan, « notre grand’mère » disaient avec piété les Touareg.
- En 1926, une mission franco-américaine avait déjà ouvert à l’angle S.-W. du monument une chambre funé-
- raire qui recélait un squelette étendu sur un lit et tout un lot de mobilier funéraire.
- L’exploration de l’hiver 1934 devait donner la clef de l’énigme. Le tas imposant de ruines (fig. 1), qui mesure 26 m 25 sur 23 m 75, fut complètement déblayé et les fouilles poussées jusqu’au sol naturel. On vit apparaître alors un ensemble de onze chambres, encloses dans un mur assez grossier fait de blocs pourtant soigneusement
- assemblés et atteignant une épaisseur variant entre 3 m 70 et 1 m 50 (fig. 2).
- Cette enceinte n’avait aucune ouverture sur l’exté-rieur, sauf une porte large de 1 m 80 au N.-E., donnant accès à la plus' grande des salles, quadrilatère de 7 m de côté, tenant lieu très probablement de salle de garde. A partir de là, on peut pénétrer dans toutes les chambres par une distribution de portes de 1 m de large.
- Enfin pour compléter la fortification, un fossé de défense entourait complètement l’enceinte extérieure.
- Notons encore qu’une couronne de quatorze petits monuments funéraires, faits de pierres sèches et régulières, nommés chouchets, enveloppaient le monticule à sa base. Un indicateur portant le chiffre I est monté sur le premier à la figure 1.
- D’après les renseignements recueillis des Touareg eux-mêmes, ce sont les tombeaux des Imrads de Tin-Hinan, esclaves et serviteurs de la maison royale. Ces quatorze chouchets ont été complètement fouillés et un squelette, dans une position allongée ou repliée, fut trouvé en bonne conservation dans chacun d’eux. La position repliée est fréquente dans les sépultures paléolithiques et chez les Egyptiens de l’époque archaïque des dynasties Thinites (3315-2895).
- Les tombes royales d’Our en Chaldée, découvertes en 1929, contiennent autour du corps royal les sépultures nombreuses des serviteurs ou courtisans immolés pour faire honneur au défunt. La reine Schub-ad est entourée de 50 squelettes, le roi Meskalam-dug de 62 et
- Fig. 1. — Vue d’ensemble du monument de Tin-Hinan après les fouilles Au premier plan un indicateur est monté sur un chouchet, monument funéraire des serviteurs de la maison royale. (Photo Reygasse.}
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- A ha. fessa
- Fig. 2. — Plan du palais funéraire de Tin-Hinan.
- La reine reposait sous une dalle de pierre dans la chambre 1 ; l’enceinte est particulièrement épaisse à cet endroit. A côté (chambre 5) se trouvait le sanctuaire. L’autel est indiqué en pointillé. La seule entrée donnait dans la salle des Gardes n° 7.
- dans la tombe du puits de la mort on en compte 74.
- Le monarque après la mort a besoin de sa cour pour l’au-delà. A l’entrée de la tombe, les gardes armés ont été sacrifiés, puis viennent les chars tramés par des bœufs ou des ânes; ensuite, par hiérarchie, les courtisans, les serviteurs, les femmes du harem et enfin les musiciens dont les doigts squelettiques reposaient sur les débris des harpes qui devaient charmer les loisirs du défunt.
- Fig. 3. — Petit vase en verre et écuelle en bois trouvés dans la salle
- du tombeau.
- C’est dans cette dernière que lurent relevées les monnaies de Constantin le Grand. Notez la bonne conservation de ce bois travaillé il y a
- dix-sept siècles.
- Il est surprenant de voir cette croyance, qui pour la première fois dans l’Histoire se trouve attestée à Our en 2850 av. J.-C., persister en plein cœur du Sahara jusqu’au xn° siècle après J.-C.
- MOBILIER FUNÉRAIRE ET OBJETS USUELS
- Pénétrons à la suite des explorateurs dans ce palais funéraire, vénéré et intact depuis seize siècles, pour examiner son mobilier.
- Dans la chambre la plus retirée, entourée de murs très épais, la mission de 1926 a mis au jour sous une large dalle de pierre enfoncée dans le sol, le squelette de la reine Tin-Hinan, l’Antinéa de la légende targuie, reprise d’une façon toute moderne dans L'Atlantide de M. Pierre Benoît. 11 reposait, replié et couché,sur les débris effondrés d’un lit de parade en bois et en cuir décoré de dessins géométriques très simples qui se retrouvent actuellement sur les piquets de tente des peuples nomades du Hoggar.
- Tout un riche mobilier entourait les restes royaux : des bracelets d’or à gros grains lisses alternant avec des grains ciselés, des bracelets d’argent à grains unis, ronds et ovales, des éléments de collier formés de petites perles d’or disposées en forme de petites fleurs, plus de trente perles de cornaline et de pierres taillées de grosseur difle-rénte, des pendentifs en or ciselé, enfin un bijou d’or, sorte de petit sachet allongé semblable à d’autres trouvés en France, à Planche (Ain), avec des monnaies de la fin du nie siècle, destiné à contenir un baume ou un parfum.
- Une statuette de plâtre taillé et poli représentant une femme stéatopyge, très stylisée, du type aurignacien, fut ramassée dans ce même caveau. Ce fétiche se suspendait au cou par un trou. Il devait préserver sa propriétaire de la stérilité, reste de la religion néolithique encore en survivance à ce moment, comme l’ont prouvé la statuette d’un bovidé trouvée à Silet en 1930, à 0 m 60 de profondeur, par un nègre qui creusait un canal d’irrigation, et neuf statuettes en pierre polie, neuf têtes de chouette debout dans le sol, comme des bétyles phéniciens, découvertes à Tabelbalet et qui étaient encore l’objet d’un vague culte, tout comme les petites haches polies de pierre très dure de l’époque néolithique que les Touareg nomment Tadeft na Djenna, haches du ciel, et qu’ils portent sur eux avec soin pour être préservés de la foudre.
- Enfin on ramassa une écuelle de bois d’un modèle encore usité à l’heure actuelle pour recueillir et boire le lait de chamelle; elle contenait quelques jetons métalliques portant des empreintes. Les spécialistes numismates y reconnurent des monnaies de Constantin le Grand, né en 274, empereur en 306 et décédé en 337.
- A côté gisait un petit vase en verre (fig. 3) en forme de gobelet.
- Dans la salle voisine (n° 5) se trouvait un amoncellement régulier de terre et de pierres, dessiné au pointillé sur le plan, que M. Reÿgasse estime être l’emplacement et le reste d’un autel. Là furent trouvées deux lampes romaines des plus intéressantes dont une complètement brisée (fig. 4). Cette lampe porte des taches étendues de noir de fumée qu’un long usage a fait pénétrer dans l’argile cuite. Aucune marque de potier ne figure sur le
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- pied, mais on distingue, très nettement sur la face antérieure, une Victoire ailée.
- Si on rapproche ce photophore de ceux décorés de Victoire que possèdent nos musées, on constate que beaucoup de Victoires sont debout, tenant dans les mains soit une corne d’abondance ou un trophée, soit un bouclier rond, le clipeus ootious,qui était consacré dans les temples en l’honneur de ceux qui avaient sauvé dans les combats un ou plusieurs citoyens.
- Ici la Victoire, debout, est suffisamment visible (fig. 5); la main droite ramenée à la hauteur de la poitrine semble porter le trophée, et la gauche, mutilée, s’appuyait peut-être sur le clipeus votivus dont on paraît deviner à droite le bord incurvé.
- On trouva également dans cette salle un bracelet de fer formé d’une torsade continue qui dénote un travail plus africain que méditerranéen et des fragments d’un grand vase de verre orné de dessins géométriques très simples et d’une poterie dont le grain indiquerait une facture gallo-romaine. Ces récipients gisant à proximité d’un autel auraient très bien pu servir à recueillir le sang des victimes, à contenir l’eau lustrale ou tout autre liquide cultuel (fig. 6).
- Il nous est permis maintenant, avec MM. Gautier et Reygasse qui ont relaté leur conclusion dans les Annales de VAcadémie des Sciences coloniales, de dater le règne de la reine targuie .Le squelette replié et le mobilier funéraire ne sont pas l’indice d’une sépulture musulmane dont le rite est préislamique. Les monnaies de Constantin et surtout la lampe romaine permettent de dire que Tin-llinan a été enterrée au commencement du iv° siècle, en plein Bas-Empire romain.
- A l’entrée de la grande salle 7 fut trouvé tout un lot d’objets de guerre (fig. 7) : une flèche en fer longue de vingt centimètres, une pointe de flèche identique, une petite lame de couteau ou de grattoir et une espèce de long fourreau en cuivre qui pourrait être la garniture métallique du sommet d’une lance en bois ou un porte-enseigne que l’on garnissait de diverses décorations.
- Les flèches se trouvaient sur le seuil de la porte d’entrée, la seule issue de l’enceinte qui communiquât avec l’extérieur, à l’endroit stratégique où normalement devait se trouver un poste de sentinelles.
- Enfin un j)eu partout ont été ramassés des débris de bois, des lames de fer plates et perforées, des ferrures, des clous de 9 à 11 cm de long en grand nombre et les restes d’une grosse poutre de chêne, épaisse de 20 cm, perforée par les termites.
- C’est le reliquat des anciennes portes qui séparaient les chambres et de la toiture qui recouvrait toute la bâtisse et qui, avec le temps, s’est effondrée dans chaque pièce. D’après M. Maire, du laboratoire de botanique de l’Université d’Alger, ce bois serait de l’aphylla, Tamarix articulata, en arabe ethel, essence très répandue au Sahara.
- SANCTUAIRE, NÉCROPOLE FORTIN DU BAS-EMPIRE ROMAIN
- L’impression générale qui se dégage de l’étude de ces importantes trouvailles se résume en trois points :
- Fi(i. 4. — Aspect de la salle 5 au moment de la découverte de la lampe romaine el d'un bracelet de bronze que montrent deux indigènes. (Photo
- Reygasse).
- 1° Vestiges d’une ancienne civilisation néolithique au Sahara ;
- 2° Pénétration de l’influence romaine et méditerranéenne au Hoggar;
- Fig. 5. — Une des deux lampes romaines ramassée dans la salle du sanctuaire.
- Malgré sa vétusté on distingue nettement une Victoire ailée debout. Elle daterait du milieu du me siècle. (Photo Reygasse.)
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- Fig. 6. — Fragment d’un grand vase de verre décoré de figures géométriques et débris de poterie de facture gallo-romaine, ramassés dans la chambre du sanctuaire.
- 3° Vestiges appartenant en propre axx folklore targui.
- Que l’on trouve au Tassili des Azdjer les restes de civilisation des tribus nomades de Touareg, rien de surprenant, puisque l’homme laisse toujours des traces de son passage, consciemment ou inconsciemment. Mais ce n’est pas par hasard que cet endroit a été choisi comme stationnement.
- Ce monticule est une élévation de terre à proximité de la Vallée de l’oued Ahalessa marqué par un ruban de verdure (fig. 9). Or l’homme préhistorique a généralement recherché les endroits élevés pour construire un autel ou établir un camp.
- Peut-être dès l’époque néolithique cet emplacement avait-il été consacré à une divinité dont il faudrait chercher le nom dans le vocabulaire targui, qui, d’après le P. de Foucauld, contient six noms propres d’anciens
- Fig. 7. —• Perspective d’enfilade des chambres 5, 6 et 1.
- Au tond la Salle des Gardes communiquant avec l'extérieur par la seule porte de l’enceinte où sur le seuil l'ut trouvé un lot d’objets de guerre. (Fouilles et photo Reygassel.
- dieux désaffectés; Tamarés, Bourdan, lasoûd, Ourdas, Noûfana, Rades.
- Un orientaliste spécialisé dans la linguistique pourrait peut-être trouver des rapprochements de racine avec les noms des dieux égyptiens ou assyro-chaldéens et les figurations des statuettes de Tazerouk ou de Tabelbalet dévoileraient alors leur secrète signification.
- Ce sanctuaire, habitat d’un prêtre ou d’un sorcier, devint un lieu de passage très fréquenté par les caravanes et plus tard le siège d’une organisation administrative de la tribu.
- Rien de plus naturel que de déposer à l’ombre du sanctuaire où l’on a trouvé l’autel et les objets du culte, les restes de la reine des Touareg dont on voulait éviter toute profanation future. Le souci religieux est indiqué par la position repliée du squelette et en somme par tout le mobilier funéraire, y compris les quatorze chouchets.
- Arrêtons-nous quelques instants sur ce curieux fétiche qui étonne dans une tombe du ni® siècle. Nous connaissons les statuettes féminines découvertes depuis vingt ans àWillendorf (Basse-Autriche) en calcaire, hautes de Omll; à Grimaldi (une en stéatite jaune, quatre en talc cristallin et une en os); à Savignano, province de Modène (Italie), en serpentine tendre de teinte claire, haute de 0 m 225, trouvée en 1923; à Kostienki (Russie), en ivoire, à Les-pugne (Haute-Garonne) mesurant 0 m 147 de hauteur, recueillies en 1922.
- Toutes de l’époque aurignacienne, elles sont caractérisées par une exagération des seins, volumineux et allongés, — outres disgi’acieuses a-t-on dit, — posés sur un ventre proéminent; les bras et jambes sont seulement ébauchés, la tête vaguement formée et, en général, elles ont un énorme élargissement latéral à la hauteur des hanches et un développement prononcé de la région fessière. Nous voyons dans la statuette du Hoggar haute de 0 m 12 en plâtre taillé et poli, les mêmes signes de famille avec en plus un trou de suspension à la tête. Les autres statuettes devaient aussi être suspendues par le cou qui est toujours nettement marqué, c’est ce qui explique l’ébauche des bras et des jambes dont les saillies auraient été gênantes pour une pendeloque.
- Ces statuettes auraient été portées comme insigne honorifique par la « matriarche », la grand’mère la plus âgée de la tribu, qui exerçait une certaine autorité.
- La présence de cette figuration dans le Tombeau de Tin-Hinan, notre grand’ mère, comme l’appellent les Touareg, s’explique alors tout naturellement; c’est l’emblème honorifique de son état (fig. 10).
- Etant donnée la position de ce sanctuaire, position stratégique, il est venu tout naturellement à l’idée d’étendre l’enceinte de cette station de caravanes qui pouvait se ravitailler en eau à l’oued Abalessa, à proximité, en creusant un puits à faible profondeur pour en faire un lieu de fortification (fig. 11) : c’est ce qui explique le nombre assez élevé de chambres, l’épaisseur du rempart extérieur protégé par un fossé de défense et enfin, à l’entrée, le poste de gardes armés de' flèches.
- On a retrouvé une masse brunâtre qui analysée au microscope démontre qu’une quantité innombrable
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- d’insectes ont été attirés par des matières alimentaires mises en réserve (débris de carapaces chitineuses d’insectes momifiés mêlés à des corpuscules végétaux).
- C’était donc une kasbah fortifiée englobant un sanctuaire et une nécropole royale, gardée par des soldats touareg chargés de protéger le trafic des caravanes méditerranéennes qui se rendaient de Carthage vers le lac Tchad.
- M. Reygasse a recueilli un récit qui conserve le nom d’un Roumi, c’est-à-dire d’un chrétien, qui aurait occupé ce fortin; chassé par les musulmans, il se serait retranché à Essoulc avec ses soldats. Or à Essouk existe un monument de pierres sèches d’un héros berbère eurasien nommé Koçeilata, qui mériterait d’être fouillé.
- C’est une grosse surprise que de trouver pour la première lois, au cœur du Sahara, dans le pays de la soif, les ruines d’un fortin militaire de l’époque du Bas-Empire romain; l’avenir nous dira si d’auti'es refuges de ce genre jalon-
- Fig. 9. — Ensemble des chambres 6 el 11.
- On aperçoit nettement la disposition des blocs de pierre et à l’arrière-plan le ruban de verdure, touffes d’herbes qui poussent par plaques. (Photo Reygasse.)
- naient les pistes suivies par les caravanes qui préfèrent longer la lisière montagneuse du Fezzan, du Tassili des Azdjer, du Hoggar, d’Aïr pour aller au Tchad aux bas-fonds remplis de dunes.
- Un fait certain est acquis, la civilisation romaine a pénétré jusqu’au centre de l’Afrique et le contraire étonnerait d’ailleurs les historiens spécialistes des questions africaines. Au me siècle après J.-C. les Romains avaient reculé leur frontière jusqu’au sud de la Mauritanie dont la limite extrême passait par la rive droite de l’oued Djedi, les monts du Zab, Boussada, Aumale, Boghar, Teniet-el-Haad, Tiaret-Frenda, Tagremaret, Chanzy, Lamoricière, Tlemcen et Marnia. La couverture militaire était assurée par la IIIe légion, forte de 15 000 hommes avec les troupes auxiliaires, campée à Lambèse. Le système de défense était constitué par un fossé continu surchargé de place en place d’un remblai. Les postes de
- Fig. 8. — Débris de ferrures, plaques de fer percées par les clous et trois traverses de 54 cm de long, ayant servi à la confection des portes el de la toiture. (Photo Reygasse).
- surveillance étaient reliés aux camps par des voies de communication ; les plus avancés au Sud étaient cantonnés à Laghouat,Djelfa, SfissifaetGhadamès (Cidamus'. Les rapports entre les Romains et le Sud étaient même plus étroits.
- Cornélius Balbus de Oea (Tripoli) fit une expédition au Fezzan en l’an 10, traversa pour la première fois le système de l’Atlas et découvrit les rives du Niger. Enfin la grande route commerciale de l’ivoire qui passait par Alexandrie et atteignait l’Ethiopie par le Nil allait jusqu’au Tchad et au Niger que des centurions de Néron atteignirent par Ghadamès (Cidamus), en partant de Leptis magna en Tripolitaine.
- Au Hoggar nous trouvons deux lampes romaines, des poutres de chêne de provenance méditerranéenne, des monnaies de Constantin, des poteries et bijoux de facture gallo-romaine.
- Fig. 10. — Statuette du type aurignacien stéalopyge, découverte dans la salle 1 lors de fouilles franco-américaines (Musée du Bardo).
- Les caractères de la maternité sont ici singulièrement accentués.
- (Planche IV des Annales S. C.)
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- Fig. 11. — Relevé topographique de la nécropole de Tin-Hinan, en relation avec les alentours immédiats.
- La surélévation du monument est attestée par les courbes de niveau. Les quatorze clioucliets sont indiqués par de petits cercles. (Planche XIII A. S. G.)
- La pénétration n’a pu s’arrêter au Tassili des Azdjer qui n’est qu’un lieu de passage; poussée par les caravanes commerciales, elle a dû atteindre les abords du lac Tchad, et de là se répandre jusque dans la Nigéria par la voie naturelle de la rivière Benoué, confluent du Niger visité par Suétone.
- La chose est d’autant plus vraisemblable que Barth nous a appris que le sultan de Kano sur le Tchad possède des cavaliers noirs,protégés, eux et leurs chevaux,par une cotte matelassée qui, pour quelques-uns, a l’allure d’une cotte de mailles. Or ces cottes sont semblables aux cuirasses de toile ou de peau cousue d’écailles de métal que portaient les cavaliers du Bas-Empire romain et ceux de Byzance. Les cataphractes romains ont donc dû aller jusqu’au Tchad et au Cameroun.
- Une autre voie reliait le commerce punique au pays du Niger, la mer. Le navigateur carthaginois qui accomplissait au ve siècle avant J.-C. le tour de l’Afrique, décrit avec clarté un grand volcan en éruption qui est celui du
- Fig. 12. -— Lot de perles de collier découvert dans la nécropole lors de la mission franco-américaine et de la mission Reygasse (Musée du Bardo, photo Reygasse).
- A mazoniùe Agate Calcédoine
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- Cameroun. Hannon a eu des émules et leur a montré la route du Niger. Etonnons-nous si maintenant les vingt millions de nègres de Nigéria qui peuplent un territoire relativement restreint ont une culture assez développée, tandis que les populations avoisinantes de la Côte d’ivoire et du Congo vivent dans la forêt équatoriale en petites agglomérations.
- Les noirs de Nigéria travaillent le verre et le soufflent. Il est vrai qu’ils prennent pour matière première les culs de bouteilles de whisky ! Mais qu’importe ! Les autres noirs ignorent cette industrie ainsi que celle des tourneurs et des polisseurs de grains de colliers de jaspe et d’agate. Or tout un lot de perles de collier a été découvert dans le monument de Tin-llinan (fig. 12). Les plus remarquables sont en haut et à gauche de la photographie des grains d’amazonite (pierre d’amazone) retrouvées pareillement en Egypte par Zeltner. Les autres, en agate, en calcédoine, en cornaline, n’ont de particulier que leur grand nombre comparé à celui des perles de verre coloré, à droite, en bas.
- Le nom de calcédoine évoque évidemment le nom de Carthage comme centre d’exportation. Toute l’antiquité nous relate la beauté des émeraudes garamantiques, restées d’ailleurs mystérieuses.
- D’où viennent ces agates connues sous le nom de « pierres d’Eygriss » le long de la côte de Guinée ?
- Frobénius nous apprend que les ouvriers noirs d’Ilorin de la Nigéria anglaise tournent encore aujourd’hui les grains de collier avec le jaspe et Y agate, roches de quartz dures et opaques colorées par bandes ou par taches de nuances variées et chatoyantes, qu’ils font venir des gisements soudanais. De même le Soudan possède des mines d’or d’exploitation très commune. Tin-Hinan aurait donc acheté ses perles aux joailliers de la Nigéria qui n’est peut-être qu’un ancien comptoir carthaginois fondé après le périple d’Hannon.
- LES ROMAINS AURAIENT DONC TRAVERSÉ LE DÉSERT
- 1° Les fouilles de MM. Gautier et Reygasse ont mis à jour, au Iloggar, un sanctuaire, une nécropole et un fortin dont l’existence remonte à la fin du me siècle.
- 2° Tous les recoupements des faits historiques, combinés aux raisonnements basés sur les fouilles et les objets trouvés au monument de Tin-Hinan, conduisent à la même conclusion : il y a eu des relations commerciales entre le Nord de l’Afrique et le territoire du Niger.
- Au ive siècle après J.-C. l’élevage du chameau est pratiqué en grand en Tripolitaine, autour de Leptis magna, patrie de Septime-Sévère, ville qui a toujours vécu probablement du commerce transsaharien.
- Or la civilisation romaine qui transformait en grandes propriétés, en terres cultivables, les immenses pâturages utilisés par les pâtres « pouilleux » (hypothèse de Gsell) refoulait progressivement les peuplades nomades hors de la limite frontière dont nous avons donné la ligne plus haut. Ces Berbères expulsés par les soldats de la IIIe légion étaient forcés d’aller vers le Ahaggar prolongé au sud par l’Aïr, limite de la cuvette du Fezzan. Les caravanes ont toujours préféré cette route des sommets. Le premier explorateur européen qui ait atteint le Soudan, Barth,
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- en partant de Tripoli' a passé par R’at pour gagner l’Aïr.
- Ces caravanes emmenaient des objets de production romaine, et acceptaient pour compagnons des marchands italiens qui pullulaient à la suite des légions romaines (comme on le voit à la conquête de l’Espagne et à la conquête de l’Asie). Ils traversaient le Sahara par le J loggar, vendaient au Niger les produits manufacturés et rapportaient à la métropole l’étain des mines de Baoutchi et les bronzes du Bénin. Le fortin de Tin-Hinan était un gîte d’étapes aux mains d’un Amenokhal qui leur vendait sa protection (fig. 13).
- Les Romains auraient donc, bien avant Citroën, traversé le Sahara. Nous remercions d’une manière toute particulière notre collègue, le professeur Reygasse, et le professeur Gautier, des documents personnels qu’ils ont bien voulu nous confier, et nous sommes heureux d’annoncer à tous les préhistoriens que M. Reygasse, ce chercheur émérite, qui avait regagné le Hoggar, le 10 janvier 1935, accompagné de M. Rigal, titulaire du Grand Prix de Rome, afin de faire un relevé complet et précis des gravures et peintures découvertes au cours des précédentes missions, est rentré chargé de documents.
- Nous réservons aux lecteurs de cette revue le compte rendu de cette savante documentation qu’il nous a
- Fig. 13. — Carie de l'Afrique du Nord indiquant la limite de la frontière romaine au me siècle et la piste que les caravanes marchandes italiennes auraient suivie pour traverser le Sahara et trafiquer avec le Niger.
- promise ainsi que son opinion définitive sur le problème de l’énigme saharienne qui vient de livrer ses premiers secrets. André Glory,
- Secrétaire de la Conservation des monuments historiques d’Alsace.
- = UN ASPECT CURIEUX DE LA PHYSIQUE = MODERNE : LES RELATIONS D’INCERTITUDE
- Au cours de sa critique très pénétrante des principes qui sont à la base de la physique de l’atome, le jeune et célèbre physicien allemand Heisenberg a été amené à une révision radicale des idées qu’on s’était faites jusqu’alors sur l’action réciproque qui, dans toute observation, s’exerce nécessairement entre l’objet et l’observateur. Les théories classiques regardaient une telle interaction comme négligeable ou tout au moins comme susceptible d’être éliminée des calculs par des expériences de contrôle. Heisenberg a montré qu’il ne saurait en être ainsi dans la physique atomique à cause des modifications relativement grandes et incontrôlables qu’entraîne nécessairement l’interaction .entre l’objet et l’observateur. Sans entrer dans des détails qui seraient peut-être un peu abstraits, je voudrais essayer de faire comprendre la signification et la portée de considérations qui comptent parmi les plus importantes et les plus curieuses de la physique théorique moderne.
- DIFFICULTÉS THÉORIQUES QUE SOULÈVE
- L’OBSERVATION PRÉCISE D’UN CORPUSCULE
- Supposons que l’on se propose de déterminer, à un instant donné, la position d’un électron se déplaçant sur une droite XX' (fig. 1). On s’efforcera de repérer cette position avec un instrument permettant de faire des pointés aussi précis que possible, par exemple avec un
- microscope d’un très grand pouvoir séparateur. Toutefois ce pouvoir séparateur est toujours limité, en sorte que l’abscisse x définissant la position de l’électron ne pourra être connue qu’avec une incertitude Ax susceptible d’être diminuée, mais non pas annulée complètement, et dont la valeur sera liée au pouvoir séparateur de l’instrument.
- Détermination de la marche d'un électron.
- Fig. 1.
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- La théorie du microscope montre que pour améliorer ce pouvoir séparateur (*) il faut : 1° augmenter ce qu’on appelle l’ouverture numérique du microscope, c’est-à-dire l’angle 2u formé par les rayons extrêmes du cône lumineux qui, issu de l’objet, pénètre dans l’objectif; 2° diminuer la longueur d’onde k de la lumière servant à éclairer l’objet. On sera ainsi conduit, pour accroître de plus en plus la précision de l’observation, à utiliser non des rayons lumineux ordinaires, mais des rayons ultra-violets, des rayons X ou même des rayons y du radium, c’est-à-dire des rayons dont les photons transportent une énergie de plus en plus grande et correspondent à une masse et à une quantité de mouvement également de plus en plus grandes.
- L’électron ne pourra être perçu que s’il est atteint au moins par un des photons qui constituent le rayonnement incident et s’il renvoie ce photon dans l’objectif du microscope. C’est par ce photon que l’électron manifeste sa présence et que sa position pourra être suivie. Mais le choc d’un tel photon sur l’électron, analogue, comme l’ont montré les recherches de Compton, à un choc mécanique, entraîne un effet de recul de l’électron d’autant plus marqué que le photon transporte une énergie plus grande. Cet effet de recul perturbera la position de l’électron à observer et cela d’autant plus qu’on aura adopté, pour l’éclairer, une radiation susceptible de fournir le plus grand pouvoir séparateur possible et par suite la meilleure précision. Il perturbera aussi la quantité de mouvement de l’électron, égale au produit de la masse du corpuscule par sa vitesse. Ainsi le mode d’observation entraîne une erreur que nous désignerons par Ax sur la position x de l’électron et une erreur que nous désignerons par Ap sur sa quantité de mouvement.
- L’analyse d’Heisenberg montre que nous ne pouvons connaître exactement ni Ax, ni A p, mais que, dans les meilleures conditions d’observation possible, le produit de ces deux erreurs ne saurait descendre au-dessous d’une certaine limite constituée par la constante h de Planek qui intervient dans la formule dite des quanta, exprimant l’énergie q transportée par un photon de fréquence / :
- q = hf.
- Dans le cas particulier envisagé, on a donc :
- Ax Ap ^ h. (1)
- ÉNONCÉ DES RELATIONS D’INCERTITUDE
- Ainsi dans le cas le plus favorable, le produit Ax X Ap des erreurs commises sur la détermination de la position et de la quantité de mouvement d’un électron, plus généralement d’un corpuscule quelconque, ne saurait descendre au-dessous d’une certaine limite constituée par la constante h de Planek qui est à la base de la théorie des quanta. Si donc la méthode de mesure utilisée fait connaître avec une grande exactitude la position x du
- 1. Ce pouvoir séparateur, défini par la plus petite dimension qu’on puisse voir nettement à travers l’instrument, est en effet donné par la relation :
- Ax = ~—
- 2 sin u
- où X désigne la longueur d’onde de la lumière utilisée pour l’éclairage et 2 u l’ouverture de l’instrument.
- corpuscule, c’est-à-dire si l’erreur que nous avons désignée par Ax est très petite, la même méthode de mesure ne permettra d’atteindre la quantité de mouvement p du corpuscule qu’avec une grande incertitude, entraînant sur l’évaluation de cette quantité de mouvement une erreur Ap considérable. Autrement dit, il est impossible, par quelque expérience que ce soit, de déterminer à la fois avec une très grande précision la position et la quantité de mouvement d’un corpuscule, la connaissance précise de l’une de ces deux grandeurs entraînant comme conséquence que l’autre grandeur ne peut être connue qu’avec une grande incertitude. Heisenberg a montré d’ailleurs qu’on obtient un résultat analogue pour tous les couples de variables, dites conjuguées, au moyen desquels on peut caractériser l’état d’un système. Si par exemple on définit un corpuscule par l’énergie E qu’il possède à l’instant t, toute méthode de mesure impliquera une certaine erreur AE sur l’évaluation de l’énergie et une erreur Af, sur celle du temps, le produit AE X A( ne pouvant être inférieur à la constante h. On ne saurait donc augmenter la précision avec laquelle on mesure l’instant du passage d’un corpuscule en un point de l’espace qu’au détriment de la précision avec laquelle sera connue l’énergie de ce corpuscule et inversement.
- D’une manière générale, le produit des marges d’incertitude que suppose toute mesure expérimentale de deux grandeurs conjuguées, définissant l’état d’un système mécanique quelconque, ne saurait être inférieur à la constante h de Planek. Ainsi se traduisent les relations dites d’incertitude qui constituent l’une des conséquences essentielles du principe d’indétermination établi par Heisenberg, dont l’énoncé ferait appel à des notions beaucoup trop abstraites pour que nous puissions le donner dans cet article.
- IMPORTANCE DES RELATIONS D’INCERTITUDE
- La constante h de Planek représente donc une sorte de borne à laquelle se heurte le savant dans son exploration du monde physique. « Notre scalpel à disséquer la nature, écrit M. Langevin, a un tranchant de finesse limitée, mesurée par la constante de Planek». Comme cette constante est très petite, son intervention peut être considérée comme négligeable dans les phénomènes macroscopiques, à notre échelle; pour une particule de quelques grammes, le jeu d’incertitude indiqué par la théorie d’Heisenberg devient inappréciable et tombe au-dessous de tout ce qu’on peut mesurer ; mais il n’en est pas de même dans la physique de l’atome et le monde des quanta.
- La limitation dans le domaine des possibilités physiques introduites par les relations d’Heisenberg a été assez justement comparée à celle que les théories de la relativité avaient déjà fait apparaître concernant les vitesses qui peuvent être communiquées à un mobile ou à un signal quelconques. On sait que, d’après cette théorie, aucune vitesse ne peut jamais atteindre et a fortiori dépasser celle de la lumière, et qu’il en résulte d’importantes modifications pour les lois de la mécanique. De même que, pour les vitesses courantes, la correction de relativité est inappréciable, de même la mécanique
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- Massique peut négliger l’incertitude qu’entraîne la présence de la constante h dans les relations d’Heisenberg.
- L’impossibilité qu’il y a dans le monde atomique d’atteindre la précision absolue à la lois pour les coordonnées de l’espace et la quantité de mouvement ou pour le temps et l’énergie a fait dire à Bohr qu’il y avait deux faces complémentaires de la réalité : la localisation dans l’espace temps, et la spécification dynamique par énergie et quantité de mouvement. Ce sont comme deux [dans du monde extérieur sur lesquels nous ne pouvons pas être exactement au point en même temps.
- Louis de Broglie a fait à ce propos une très heureuse comparaison. « Soit un dessin, écrit-il, dont certaines parties sont tracées dans un plan FI et d’autres parties dans un plan 11/ parallèle et très voisin du premier. Si nous examinons ce dessin avec un instrument optique qui n’est pas très précis, nous parviendrons, en mettant au point sur un plan intermédiaire entre II et il', à obtenir une image assez convenable du dessin; nous aurons alors l’impression que tout le dessin est tracé dans un même plan. Mais si nous employons un instrument d’optique très précis, nous ne pouvons pas être au point à la fois sur fl et sur II'; plus nous mettrons exactement au point sur 11, plus l’image des parties du dessin qui sont gravées sur 11' sera mauvaise, et inversement : alors nous serons obligés de reconnaître que le dessin n’est pas tracé sur un même plan. L’ancienne mécanique était l’analogue de l’instrument peu précis : avec elle, nous avions l’illusion de pouvoir préciser exactement à la fois la position du corpuscule et son état de mouvement. Mais avec la nouvelle mécanique, qui est l’analogue de l’instrument très précis, nous sommes obligés de reconnaître que la localisation dans l’espace et le temps et la spécification énergétique sont deux plans différents de la réalité qu’on ne peut voir avec précision en même temps » (1).
- INDÉTERMINISME DES PHÉNOMÈNES ÉLÉMENTAIRES
- Les relations établies par lleisenberg sont souvent désignées sous des noms différents suivant le point de vue d’où on les considère. Louis de Broglie les appelle volontiers relations d’incertitude et ce terme traduit fort heureusement la marge d’erreur qu’elles prévoient dans toute mesure expérimentale. Mais d’autres auteurs, et lleisenberg lui-même, les appellent relations d’indétermination pour marquer qu’elles entraînent une dérogation dans le déterminisme des phénomènes relatifs au monde atomique, le comportement individuel des corpuscules de matière ou de lumière échappant à toute possibilité de prévision et par suite à tout déterminisme. C’est là un point d’une importance théorique fondamentale qu’il convient maintenant d’envisager.
- Jusqu’à ces dernières années, on admettait sans discussion que l’état d’un système physique quelconque était entièrement déterminé par ses états antérieurs. Autrement dit on pensait qu’il suffisait de se donner l’état du système à un instant initial pour que toute son évolution
- 1. Louis de Broglie. Recueil tl’exposés sur les ondes el corpuscules, p. 36, Hermann, Paris, 1930.
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- ultérieure en découle, comme les effets découlent de leurs causes; d’où le nom de principe de causalité par lequel on désignait souvent ce principe de la physique, regardé comme fondamental, qui postulait le déterminisme absolu de tous les phénomènes. Si l’on considère par exemple le mouvement d’un corpuscule le long d’une droite, et qu’on se donne à un instant initial son abscisse x et sa vitesse o, on pensait que les lois de la mécanique et de la physique permettaient de suivre sans ambiguïté son mouvement ultérieur et de calculer sa position et sa vitesse à un instant quelconque. Or il résulte des relations d’incertitude que cette conception d’un déterminisme rigoureux dans l’évolution d’un système aussi simple n’est pas fondée. Heisenberg a fait remarquer que, pour pouvoir supposer que l’on connaît l’état d’un système à un instant donné, il faudrait que l’expérience permît de déterminer exactement toutes les conditions définissant le système. Dans le cas du mouvement d’un électron sur une droite, on ne pourrait supposer connu l’état du système à l’instant initial que s’il était permis de déterminer expérimentalement à cet instant la position et la vitesse ou la quantité de mouvement du corpuscule. Or nous avons vu que la position x et la quantité de mouvement p ne peuvent être évaluées qu’avec des incertitudes A.r et Ap dont le produit ne saurait, quels que soient les moyens mis. en œuvre, être inférieur à la constante h de Planck.
- Puisque nous ne pouvons fixer l’état initial d’un système qu’avec une certaine incertitude, il en résulte que l’état atteint à un instant quelconque n’est lui-même connu qu’avec une incertitude correspondante et que nous ne pouvons plus suivre en toute rigueur l’évolution du système dans l’espace et dans le temps.
- VALEUR PUREMENT STATISTIQUE DES LOIS PHYSIQUES
- Cependant si l’on considère l’évolution non plus d’une particule unique mais d’un grand nombre de particules ayant même état initial à une faible incertitude près, l’expérience nous apprend que cette évolution se fera en moyenne suivant les lois habituelles de la mécanique et de la physique. Autrement dit, les lois anciennes subsistent, mais elles ont une valeur purement statistique. « En physique, comme en démographie, des lois de moyennes d’autant plus précises qu’elles concerneraient un nombre plus grand de cas individuels, recouvriraient une indétermination fondamentale de chaque cas particulier » (Langevin).
- On ne saurait trop insister sur l’importance théorique de cette introduction des probabilités dans le domaine entier de la physique. Nous devons renoncer à tout espoir de formuler des lois d’une précision absolue concernant l’évolution d’un système donné. Il est seulement possible de prévoir que si l’on observe un grand nombre de systèmes identiques,atonies, molécules,électrons,une proportion définie d’entre eux évoluera vers une certaine configuration, d’autres éprouvant une évolution différente. Ainsi la physique ne nous permet de connaître que les probabilités relatives de certaines transformations et elle est impuissante à nous donner quelque certitude sur une évolution précise dans un sens donné.
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- Léon Brillouin (x) a montré, avec beaucoup de pénétration, combien la découverte des relations d’incertitude a augmenté l’importance des considérations statistiques dans la physique actuelle. Gibbs, Maxwell, Boltzmann qui, dans la seconde moitié du xixe siècle, ont introduit en physique les théories statistiques pour l’interprétation d’un grand nombre de phénomènes, ne mettaient pas en doute le déterminisme absolu de ces phénomènes. Les conditions initiales d’un système mécanique étant connues avec précision, ils considéraient comme théoriquement possible de calculer exactement l’évolution ultérieure du système. Mais le nombre de molécules mobiles dans tous les sens que renferme le moindre volume d’un gaz est beaucoup trop considérable pour que nous puissions connaître les positions et les vitesses de toutes ces molécules à un moment donné pris comme instant initial. Aussi, pour calculer les diverses propriétés macroscopiques relatives à l’ensemble de ces molécules, par exemple la pression ou la température du gaz, sommes-nous obligés de faire appel à des considérations statistiques. Admettant comme postulat que les molécules sont réparties au hasard dans la récipient et se partagent arbitrairement l’énergie totale disponible, nous sommes ainsi conduits à définir les grandeurs macroscopiques par des moyennes susceptibles d’éliminer les effets du hasard et de fournir des résultats globaux valables pour toutes les répartitions particulières.
- Dans cette théorie cinétique des gaz, qui appartient à ce qu’on peut appeler la mécanique statistique classique, aucune hypothèse n’est en désaccord avec la conception d’un déterminisme rigoureux des actions élémentaires. Sans doute ignorons-nous les positions qu’occupent à un instant donné les diverses molécules, mais rien ne s’oppose à ce que nous puissions concevoir ces positions comme déterminées, ainsi que les trajectoires qu’elles décriront ultérieurement.
- L’introduction des quanta dans la mécanique et les réflexions critiques d’Heisenberg qui ont abouti à l’énoncé des relations d’incertitude ont modifié du tout au tout l’idée que nous nous faisions du rôle véritable des probabilités dans les théories physiques. La notion de point matériel a perdu toute précision depuis que l’électron, qu’on considérait volontiers comme l’élément matériel ultime dont la trajectoire pouvait être dessinée d’une manière précise, nous apparaît comme devant être associé à des ondes dont la considération complique l’interprétation de tous les phénomènes où il intervient. Cette complication s’accroît du fait qu’en raison des relations d’incertitude il y a une impossibilité de principe à mesurer exactement à la fois la vitesse et la position d’un corpuscule à un instant donné et par suite à suivre la trajectoire de cette particule. Nous pouvons bien calculer les probabilités relatives de certaines transformations, mais nous devons renoncer définitivement à toute certitude sur l’évolution précise dans un sens donné.
- La différence entre les théories statistiques anciennes et les théories se rattachant à la mécanique quantique a été très nettement mise en lumière par Léon Brillouin.
- L Léon Brillouin. Les statistiques quantiques. Hermann, Paris, 1930.
- « Les problèmes relevant de la statistique, écrit-il, étaient l’exception en mécanique ancienne; nous n’avions recours à ces méthodes que lorsque la complication du système nous empêchait de procéder à une résolution précise. En mécanique nouvelle, tous les problèmes sont trop compliqués pour nous; nous admettons qu’il nous est, par principe, impossible de leur trouver une solution rigoureuse, et notre connaissance se réduit à la détermination des probabilités de l’évolution (x) ». Comme le remarque Niels Bohr, la mécanique ondulatoire « qui peut être considérée comme une généralisation naturelle de la mécanique classique, remplace l’enchaînement causal de cette dernière par un mode de description essentiellement statistique (2) ».
- QUELQUES CONSÉQUENCES PHYSIQUES DES RELATIONS D’INCERTITUDE
- L’analyse qui précède met en évidence un des aspects fondamentaux des relations d’incertitude qui, en nous montrant l’impossibilité d’un déterminisme absolu des phénomènes du monde atomique, nous oblige à considérer toutes les lois de la physique comme d’ordre statistique cl à ne leur attribuer qu’une valeur de probabilité. Laissant aujourd’hui de côté les considérations d’ordre philosophique pour nous limiter au seul point de vue physique, il résulte de ces relations que l’observation ou l’expérience ne peuvent traduire les phénomènes physiques dans le langage de l’espace et du temps avec une rigueur indéfiniment perfectible. H y a toujours une marge d’incertitude qui, lorsqu’on se limite au monde atomique, est en relation directe avec la constante h de Planck. Louis de Broglio a fait remarquer que cette constante se présente comme une grandeur ayant les dimensions d’une énergie multipliée par un temps ou encore d’une quantité de mouvement multipliée par une longueur (3).
- 1. L. Brillouin, toc. cit., p. 9.
- 2. Niels Boiir. La théorie atomique et la description des phénomènes, p. 104. Gautliier-ViJlars, Paris, 1932.
- 3. D’après la formule de Planck, l’énergie transportée par un
- quantum est : w — h f (-1 ) ,.
- 1
- Mais la fréquence / d’une vibration est l’inverse — de sa période,
- en sorte que la relation (1) peut s’écrire :
- h
- W ~ T
- On en tire : h = w T (2)
- La constante h apparaît bien comme le produit d’une énergie par un temps, d’où le nom de quantum d’action sous lequel on la désigne souvent. D’autre part, si l’on envisage l’énergie sous une forme cinétique, on peut l’exprimer par 1/2 m v2 et la relation (2) devient :
- h = ^ m v2 T
- qu’on peut écrire :
- ù = ^ (m v) X (u T) (3)
- Le produit m v de la masse d’un projectile par sa vitesse représente sa quantité de mouvement p, le produit u T de la vitesse par un temps représente la longueur l parcourue par le mobile pendant ce temps. La relation (3) devient alors :
- h = \pl ' ' (4>..-
- et montre que la constante h peut être encore envisagée commode produit d’une quantité de mouvement par une longueur.
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- Par suite, une telle grandeur dépend à la fois de la configuration du système et de son état dynamique, ce qui conduit à penser que la séparation rigoureuse de cet état et de cette configuration est impossible. Ainsi, d’après Louis de Broglie, la critique de lleisenberg nous apprend qu’il est illusoire de vouloir radicalement séparer le géométrique du dynamique, et ce fait, dont la constante h de Planck constitue la mystérieuse expression, prend une grande importance lorsqu’on recherche les liens qui peuvent exister entre les théories relativistes et les théories quantiques. .
- Eugène Bloch a fait remarquer également que les relations d’incertitude nous amènent à penser que l’aspect matériel et l’aspect ondulatoire des entités physiques qui nous entourent ne sont peut-être pas aussi contradictoires qu’on a pu le croire autrefois. « 11 semble, écrit-il, qu’ils soient au contraire complémentaires et que le même être physique puisse nous apparaître, suivant l’expérienee à laquelle on le soumet, sous l’un des aspects ou sous l’autre. Ce serait donc dans une simple extension du principe d’indétermination qu’il faudrait chercher la conciliation des conceptions en apparence contradictoires de l’ancienne physique ».
- En envisageant, de ce point de vue, les phénomènes, on est moins surpris du rôle essentiel que joue la constante h de Planck dans l’énoncé du principe d’indétermination. Sans doute connaissons-nous bien mal encore la signification profonde de cette constante, mais il n’est pas douteux que la structure intime de l’univers physique dans ce qu’il a de plus essentiel soit liée à sa valeur numé-
- ' .........-.......: 1 1 — 203 =
- rique. Si cette valeur était nulle, ou tout au moins infiniment petite, tout se passerait comme si l’énergie rayonnante se propageait par des ondes parfaitement continues, tandis que les mouvements des corpuscules les plus ténus obéiraient en toute rigueur aux lois de la dynamique classique. Si, au contraire, la constante h de Planck avait une valeur infiniment grande, la lumière apparaîtrait comme discontinue dans toutes ses manifestations, et il n’aurait pas été besoin d’expériences délicates pour mettre en évidence cette discontinuité ; d’un autre côté, le mouvement des corpuscules matériels n’obéirait pas, même grossièrement, aux lois de la dynamique classique.
- En réalité le coefficient h n’est pas nul, mais il est très petit. On conçoit, d’une part, que le caractère ondulatoire et continu de la lumière se soit tout d’abord manifesté dans les expériences les plus simples de l’optique physique, de préférence à son caractère quantique, ce qui a pendant longtemps assuré le triomphe de la théorie des ondulations, et d’autre part que le mouvement des corpuscules ait pu être considéré, en première approximation, comme obéissant aux lois de la mécanique classique. Les nouvelles théories nous ont appris « à considérer la constante h comme une sorte de trait d’union entre l’image des ondes et l’image des corpuscules. C’est parce que la constante h a une valeur finie que les deux images sont à la fois nécessaires et que leurs validités respectives se limitent mutuellement »(1). A. Boutaric.
- Professeur à la Faculté des Sciences de Dijon.
- 1. Loi is de Broglie. Les bases expérimentales immédiates de la théorie des quanta. Hermann, Paris, 1934, p. 29.
- LA RADIO-VULCANISATION
- Nombreux sont les visiteurs de l’Exposition de la France d’Outre-Mer, au Grand-Palais, qui ont manifesté leur curiosité en voyant l’appareil de radio-vulcanisation présenté par MM. Leduc et Dufour, au stand de l’Office national des Recherches et Inventions
- Le procédé que cet appareil met en œuvre offre un champ nouveau aux applications des ondes électriques, et un champ non moins vaste à celles de l’industrie du caoutchouc.
- Il consiste essentiellement à provoquer réchauffement‘interne des masses de caoutchouc en les plaçant dans un champ électrique alternatif, entre les armatures d’un condensateur alimenté par du courant à haute fréquence.
- On sait que les isolants, les diélectriques, l’ébonite notamment, placés dans ces conditions, s’échauffent, qu’un morceau de paraffine fond; on conçoit qu’on puisse utiliser ce phénomène pour chauffer du caoutchouc en vue de le vulcaniser.
- On connaît déjà les fours à induction à haute fréquence, (systèmes Dufour et Ribaud)^), dans lesquels des masses métalliques, placées dans un champ magnétique alter-
- 1, La Nature, n° 2848, 1er janvier ] 931.
- natif convenable, s’échauffent. La fréquence utilisée est de l’ordre de 10 000 à 100 000 périodes. Les masses conductrices deviennent le siège de courants dits de Foucault.
- Cette fois-ci, ce n’est plus l’alternance du champ magnétique qui provoque des courants de Foucault puisque le caoutchouc est mauvais conducteur. La cause de réchauffement est l’alternance du champ électrique agissant sur les molécules du diélectrique et mettant en jeu des phénomènes encore imprécis, dénommés viscosité et hystérésis diélectriques. L’alternance est beaucoup plus élevée : 10 à 15 millions de périodes par seconde.
- On peut opérer, non seulement sur du caoutchouc pur, mais aussi sur des mélanges contenant le soufre et les charges, les accélérateurs, tous les produits qu’on incorpore habituellement à la gomme.
- La chaleur agit comme dans les procédés ordinaires de vulcanisation à chaud; les courants à haute fréquence n’interviennent que pour la transformation de l’énergie électrique en chaleur ; la différence essentielle est qu’il ne s’agit plus d’échaufîement par contact, d’échange de calories avec un fluide ou une paroi, mais d’un échaufîe-ment ayant lieu dans toute la masse, sans qu’une communication matérielle soit nécessaire entre le corps à chauffer et la source d’énergie.
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- On saisit immédiatement l’avantage énorme qui en résulte pour la vulcanisation de pièces de caoutchouc un peu volumineuses, qu’on ne peut que difficilement traiter par les procédés ordinaires.
- Le chauffage et la vulcanisation s’effectuent dans un temps beaucoup plus court et avec une uniformité qu’il était pratiquement impossible de réaliser jusqu’ici, d’où le nom de vulcanisation homogène, donné à juste raison, par les auteurs, à leur procédé.
- La qualité d’un objet vulcanisé se trouve améliorée du fait de la durée abrégée de l’action de la chaleur.
- Le champ électrique se produisant dans l’air, il n’est plus besoin d’enveloppes à parois résistantes pour contenir la vapeur; il devient, possible de voir ce qui se passe
- Fig. 1. — Poste d’essai IL F., puissance 2 hw, longueur d'onde de 20 à 25 mètres.
- On distingue entre les lames du condensateur un bloc de caoutchouc mousse en cours de gonflement.
- au cours de la vulcanisation; on pourra plus aisément régler et étudier les phénomènes de vulcanisation. Les expériences citées plus loin donnent déjà un aperçu de ce qu’on peut attendre.
- Les premiers essais, portant sur de petites pièces, utilisaient un appareil de 1 kw, mais les ondes de la fréquence de 10 à 15 millions de périodes par seconde, correspondant à des longueurs de 20 à 30 m, sont celles que transmettent régulièrement de nombreux postes de T. S. F. dont la puissance atteint 50 kw, puissance très supérieure à celle qui serait nécessaire pour les caout-ehoutiers. L’appareillage n’est donc plus à chercher.
- Le dispositif le plus simple peut être constitué par
- deux plaques d’aluminium constituant les deux armatures d’un condensateur, reliées chacune à l’appareil générateur par des conducteurs. On place l’objet à vulcaniser entre ces deux plaques avec lesquelles le contact n’est nullement nécessaire.
- Comme la chaleur dégagée au sein même de la masse du caoutchouc se dissipe par la surface, il convient de calorifuge!* le mieux possible les objets; autrement, à l’inverse de ce qui se passe jusqu’ici, l’intérieur serait plus vulcanisé que l’extérieur, qui pourrait n’être pas même vulcanisé du tout; — le procédé de bandelage de toile, bien connu des caoutchoutiers, se prête bien aux opérations. En outre, comme le dégagement de chaleur est continu et que la température augmenterait sans cesse, il convient, une-fois l’objet chaud, d’interrompre le champ à intervalles déterminés et de n’entretenir le courant que pour compenser les pertes; par exemple : 1 minute sur 3 ou 4, ce qui réduit d’autant, la dépense d’énergie qui, au total, n’est pas considérable.
- Sans approfondir beaucoup la question, qui est assurément fort complexe, il va de soi que la chaleur nécessaire étant formée au sein même de la masse à vulcaniser, et à peu près uniquement dans celle-ci, ce procédé, comparé à la vulcanisation ordinaire en autoclave et sous presse, consomme beaucoup moins de calories, puisqu’il n’y a plus de masse métallique à porter à la température de vulcanisation.
- Une autre forme de réalisation s’appliquant à la vulcanisation des garnissages de cylindres, opération extrêmement délicate à réussir avec la vapeur, consiste à relier le noyau métallique du cylindre à l’un des pôles de l’appareil, le noyau constituant l’une des armatures du condensateur, tandis que l’autre est réalisée par un cylindre d’aluminium placé extérieurement et concentriquement au noyau ou par le dispositif de la figure 2.
- Le procédé réussit également bien pour la vulcanisation du caoutchouc spongieux ou mousse servant à la fabrication des éponges.
- Les expériences auxquelles nous avons pu assister ont fait nettement ressortir les avantages et les particularités du nouveau procédé :
- 1° Dans un vase en verre contenant une petite couche de talc (qui s’échauffe aussi), on place un morceau de mélange à éponge recouvert d’ouate; le verre est placé entre les deux armatures, avec deux plaques de stéatite intermédiaires. L’écartement des armatures est d’environ 10 cm. Dans ces conditions, il faut une dizaine de minutes pour provoquer le gonflement, que l’on voit très bien à travers le verre. Au bout d’un certain temps, en coupant la pièce, on constate que l’intérieur est uniformément poreux et cuit, tandis que la surface est restée compacte, d’aspect analogue à la peau d’un citron.
- 2° Un disque de mélange d’ébonite mousse de 5 cm de diamètre et de 5 mm d’épaisseur est placé entre les armatures, écartées de 3 cm environ, sans aucune protection contre la déperdition de chaleur; au bout de 5 mn, le disque est à la température de 50°; les électrodes sont alors rapprochées à 2 cm; au bout d’une minute,
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- le caoutchouc se ramollit et le gonflement commence.
- 3° Au lieu d’un disque, on en superpose deux semblables. Le gonflement- se produit beaucoup plus rapidement; la vulcanisation commence dans la masse, et après quelques minutes on retire une pièce dont l’intérieur est durci, l’extérieur étant resté souple.
- Ainsi, avec deux disques collés ensemble, la masse de caoutchouc est double, tandis que la surface exposée au refroidissement n’est guère plus grande qu’avec un seulement; réchauffement est plus rapide et plus intense.
- 4° Un bloc de caoutchouc durci de 2 cm d’épaisseur qui avait été retiré d’un moule ordinaire avant que l’intérieur de la pièce soit dur, est placé entre les 2 armatures; au bout de 3 à 4 mn, l’intérieur s’échauffe considérablement, se boursoufle avec dégagement gazeux, et il faut interrompre le courant pour ne pas brûler la matière.
- Il est bien évident que pour réaliser une opération convenable de vulcanisation, il faut établir, par des expériences préalables, le régime de chauffage, suivi d’un régime d’entretien de la température, en rapport avec les dimensions, l’isolement calorifique et la composition des pièces à vulcaniser.
- MM. Leduc et Dufour se proposent d’ailleurs d’étudier un moyen de contrôle de la température à l’aide d’un couple thermoéleetrique, en utilisant les intervalles où le champ électrique est interrompu.
- Les applications de ce procédé semblent pouvoir trouver bien d’autres applications dans un avenir prochain. L. GltAFKE,
- Licencié ès sciences, Ingénieur-conseil.
- Fig. 2. — Cuisson sous bandelage avec électrode tournante.
- Le champ électrique s’établit entre les deux tubes métalliques, la rotation de l’un amène tour à tour chaque point du caoutchouc dans le champ électrique.
- LE BARRAGE ET L’USINE HYDRO-ELECTRIQUE
- DE MARÈGES
- A mi-chemin environ, à vol d’oiseau, entre Mauriac et Ussel, à 7 km à l’est, en droite ligne, du Neuvic d’Ussel, sur le territoire de la commune de Liginiac, et dans un coude prononcé de la Dordogne, a été aménagé un remarquable barrage destiné à alimenter l’usine hydro-électrique dite de Marèges, du nom d’un château près duquel elle est bâtie (% !)
- L’excellente qualité du granit dans lequel la Dordogne a creusé des gorges aux rives abruptes de 250 à 300 m de profondeur permettait d’envisager partout la construction d’un barrage. Mais cet ouvrage devait être accompagné d’une vaste usine difficile à loger. La présence, à une quinzaine de km en aval
- Fig. 1. — La situation du barrage et de t’usine. (Cliché Génie civil).
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- Conduites n
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- Fig. 2. — Plan général des installations
- aux plus fortes crues de la rivière. Sur cette fondation fut élevé un massif d’enrochement limité à Taillant par un mur vertical, en béton, lié aux enrochements par des tirants (murs à échelles imaginés par M. Coyne) dispositif ayant permis de réduire considérablement le volume de l’ouvrage (fîg. 4).
- Pour défendre le pied aval, on aménagea une doueine revêtue de béton armé sur 40 cm d’épaisseur, à la suite de laquelle le lit d’alluvions fut protégé par un tapis de béton armé de 20 cm d’épaisseur. Enfin, une voûte verticale de béton armé, très mince et très tendue, construite jusqu’à 20 m de profondeur, maintient le remblai et blinde les fouilles du barrage (fig. 5).
- Le batardeau aval, consolidé par des piles servant de support aux voies ferrées de l’entreprise, est constitué plus simplement par deux rideaux jumelés de palplanches métalliques.
- Alors que la voûte de protection des fouilles est unique
- On y voit l’emplacement de la plagette de Rouzc qui permit l’édification de l’usine. (Cliché Génie civil).
- de Bort, d’une plagette permettant l’édification de cette usine, plagette en amont de laquelle le resserrement de la vallée facilitait l’établissement du barrage, fixa le choix de M. Coyne, ingénieur en chef des Ponts et Chaussées, chargé de la construction de ce barrage, du type barrage-voûte, œuvre remarquable, et qui fait le plus grand honneur à son auteur (fig. 2).
- Les batardeaux. — Il fallait évidemment, avant tout, dériver les eaux de la Dordogne, en prévoyant les grosses crues annuelles pendant le cours des travaux. Pour assurer cette dérivation, on creusa deux galeries souterraines, de 37 m2 de section chacune, pouvant assurer un écoulement total de 700 m3/sec, qui, d’ailleurs, ne se produisit pas (fig. 3).
- Le batardeau amont, qui devait permettre la construction du barrage, présenta d’intéressantes innovations.
- En premier lieu, M. Coyne eut l’idée d’utiliser deux gabions faits d’une légère ossature métallique entourée de grillages, remplis ensuite de pierrailles, qu’on posa en quelques jours, et qui constituèrent un embryon de batardeau assez robuste pour résister sans dommages
- Fig. 4. — Coupe transversale du batardeau amont. (Cliché Génie civil).
- Fig. 3. —• Le batardeau amont avec, au premier plan, l’entrée des galeries de dérivation.
- à l’amont, elle est constituée, à l’aval, par une voûte double. Celle-ci prend appui, au centre, sur le barrage lui-même, et, à ses extrémités, sur les rives mêmes du torrent. Elle permet, en tout temps, la visite des fondations rocheuses du barrage (fig. 2).
- Le barrage. — Alors commencèrent les travaux définitifs, et, notamment, les fouilles du barrage, qui, sous la protection dü batardeau amont, purent être entreprises dès l’été 1932. r
- Ce barrage est constitué d’une voûte unique, calée directement, sur la rive gauche, sur le flanc granitique de la vallée, et sur la rive droite, qui présentait un gradin, sur une culée au profil de barrage-poids (fig. 6).
- Pour une hauteur maximum de 90 m au-dessus des fondations, ce barrage a un deve-
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- loppement en crête de 247 m, avec une épaisseur de 3 m, atteignant 19 m à la pai’tie la plus épaisse. 11 a nécessité des fouilles d’un cube total de 50 000 m3, avec un cube total de béton de 185 000 m3, et, relevant d’environ 75 rn le niveau de la Dordogne, il crée un réservoir de 47 millions de m3, dont 35 millions utilisables.
- Trois derricks, d’une puissance unitaire de 3 t 5, permirent de terminer en trois mois les fouilles du barrage. Pour les fondations, sur la rive droite, de la culée-poids sur laquelle s’appuie ce barrage, on employa une pelle à vapeur.
- Et la surface du granit extrêmement dur constituant le fond de fouille du barrage se montra tellement irrégulière, par suite de la présence de nombreuses marmites d’érosion, et si propre à assurer une liaison parfaite entre ce rocher et le béton du barrage, qu’on y fonda directement ce barrage sans même la pétarder.
- Le socle du barrage, les parties avoisinant les fondations, et les joints, furent établis en béton coulé, contenant de 275 à 300 kg de. ciment par mètre cube. Le reste du barrage, en béton plastique, comportait par mètre cube en œuvre 250 kg de ciment pour 1.70 litres d’eau, donnant à l’ouvrage une résistance en -œuvre très supérieure aux 220 kg/cm2 requis à 90 jours.
- Les matériaux. — Le ciment employé était amené de •la gare de Saignes-ides par transporteur aérien de 15 t/h. Le granit utilisé pour béton provenait en partie des fouilles — après sélection, — et, surtout, d’une carrière ouverte sur la rive droite, exploitée au marteau perforateur léger, et d’une production journalière de 500 à 300 tonnes.
- Des ateliers de concassage, installés sur chaque rive, préparaient les agrégats nécessaires à la fabrication du béton, à raison des 2/3 pour celui de la rive droite, et du dernier tiers pour celui de la rive gauche.
- Dans chacun de ces ateliers, concasseurs giratoires, trommels et broyeurs à cylindres, fournissaient aux bétonnières, par l’intermédiaire de transporteurs à courroies, des produits de 0 à 3 mm, 3 à 10, 10 à 30 et 30 à 120 mm. Un broyeur à boulets, partant de 3-3 mm, fabriquait la fine poussière 0-0,5 mm.
- Le béton produit, — et ceci est encore une innovation des plus heureuses — était distribué par tours à tapis roulants, employées pour la première fois en Europe, et qui, sans recourir à la gravité, conduisent le béton à la verticale du point d’emploi sans aucune crainte de ségrégation, d’enrayage et de chutes de pierres (fig. 7).
- Alimentées à l’aide de transporteurs à courroie, et au nombre de deux sur la rive droite, d’une seule sur la rive gauche, ces tours sont
- Fig. 5. — Aval du batardeau amonl et fouilles au 12 août 1932.
- en charpente métallique à double cage d’ascenseur, à tapis porté par bras derrick.
- Elles permettent de déverser dans un rayon d’action de 45 m — égal au développement du tapis — avec un rendement de 60 m3/h, et avec une précision absolue, des couches de béton d’une épaisseur uniforme d’environ 30 cm.
- Grâce à elles, on a pu déverser jusqu’à 1000 m3 de béton par jour (fig. 8).' .
- Ce béton était immédiatement vibré légèrement au moyen de vibroplats et vibroherses. Ce tassement du béton était encore renforcé, vers l’amont du barrage, à l’aide de pervibrateurs-aiguille (fig. 9).
- Fig. 6. — Au premier plan, à gauche, la culée-poids sur laquelle s’appuie le barrage.
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- Tapis roulants
- Fig. 7. —• Schéma d’une lour à lapis roulant. (Cliché Génie civil).
- La voûte. — Construite à l’aide de coffrages métalliques à panneaux, à courbure réglable, et ajustement des panneaux dans les deux sens, la voûte a été découpée, verticalement, en voussoirs de 13 m environ de longueur. Des joints de contraction les séparent.
- Après refroidissement de la masse de ces voussoirs, ces joints, d’une largeur d’environ 1 m, ont été obstrués au moyen de béton, et leurs faces injectées de ciment.
- Des lames de cuivre assurent en outre leur parfaite étanchéité (lig. 10).
- On eut soin, d’autre part, de ménager, sur leurs parois, des trous d’injection verticaux et des rampes d’injection horizontales qui, grâce à un dispositif de clapets, permettraient, en cas de besoi(i, de nouvelles injections de ciment.
- Ap rès terminaison de cette voûte, la face amont a reçu un enduit de ciment armé à l’aide d’un grillage métallique, sur lequel furent appliquées deux couches de peinture bitumineuse.
- Affinement de la base. — Si l’on compare le peu d’épaisseur de ce barrage avec celle des barrages-poids, on ne peut manquer d’être surpris de la hardiesse de cette construction.
- Mais, ainsi que le dit excellemment M. Coyne, auteur de ce bel ouvrage : « 11 faut chercher à opposer à la poussée de l’eau, non pas un poids inerte, mais des réactions d’appui qui lui soient proportionnelles, de manière à réaliser une fermeture autoclave ».
- 11 existe déjà, d’ailleurs, nombre de barrages-voûtes ne France et à l’étranger.
- Mais, où M. Coyne a innové, c’est dans l’affinement de la partie basse, économisant du béton et réduisant au pied de l’ouvrage l’importance de l’encastrement, qui est une cause de fatigues, et provoque souvent des fissures horizontales.
- Elargie à sa base, la voûte présente, du côté amont, un surplomb d’un peu plus de 7 m (fig. H). Tout est parfait lorsque cette voûte supporte la pression de l’eau.
- Il n’en serait plus de même, après vidange du réservoir le pied du barrage devant résister, en amont, à des pressions résultant de ce surplomb.
- M. Coyne a prévu ce cas, et construit, à la base, cinq cales solidaires du rocher de fondation, contre lequel elles s’adossent, et deux puissantes béquilles, solidaires de la voûte.
- Sous la pression de l’eau, cette voûte se soulève, soulevant avec elle ses deux béquilles, et s’écartant des cinq cales solidaires du rocher.
- Au cas, exceptionnel, où le réservoir
- Fig. 8. — Au premier plan, l’unique lour à lapis roulant de la rive gauche.
- .4 l’arrièrc-plan, les deux tours de la rive droite encadrant l’installai ion de fabrication du béton. (Vue en cours de construction, le 1er mai 1934.)
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- Fi*. 9. — Vibration du béton à la partie supérieure des voussoirs en construction, à l’aide de vibroplats, vibroherses et peruibrateurs à aiguille.
- serait en vidange, cette voûte, s’abaissant, reposerait à la fois sur ces cales et sur ses béquilles
- (%• 12)-
- Il y a là un dispositif extrêmement ingénieux, et qui devait être signalé.
- Évacuateurs de crues. — Il faudrait un volume pour décrire tous les dispositifs mis en œuvre dans la construction de ce barrage, et nous devons malheureusement nous borner. Il nous faut signaler, cependant, les évacuateurs de crues, équipés en vue d’une crue de 3000 m3/sec, alors que la crue séculaire de la Dordogne n’atteint que la moitié de ce chiffre (fîg. 2).
- Le barrage-poids qui sert de culée sur la rive droite constitue en même temps un déversoir que deux piles intermédiaires partagent en trois parties, de chacune 7 m 50 de largeur, fermées par des vannes commandées par un treuil oléo-dynamique. Ces trois déversoirs permettent l’écoulement de 700 m3/sec. Une doucine redresse le pied aval du déversoir parallèlement au lit de la Dordogne, dans lequel l’eau retombe naturellement.
- Sur la rive gauche s’ouvrent deux pertuis déversoirs de 12 m de largeur sur 11 de hauteur que continuent deux souterrains circulaires de 8 m de diamètre. Ils se rejoignent, après une centaine de mètres de parcours, dans un canal à l’air libre qui conduit leurs eaux dans le torrent en aval de l’usine (fig. 13).
- Ces pertuis sont fermés par des vannes qu’une surélévation du plan d’eau au-dessus de la cote fixée met en marche automatiquement, et dont un flotteur diminue l’ouverture au fur et à mesure que la crue diminue.
- Pour assurer la régularité du régime d’écoulement, le tracé et les profils des entrées ont été étudiés, sur place, à l’aide de modèles réduits. On a pu ainsi écarter des phénomènes dangereux pour les ouvrages.
- Ces évacuateurs permettraient, à eux deux, l’écoulement de 2000 m3/sec, soit 2700 m3/sec avec le déversoir rive droite. Les ouvrages de vidange et les turbines, en cas de besoin, assureraient l’évacuation du reste.
- Ouvrages de vidange. — A sa base, le barrage est traversé par deux conduites de 1 m 90 de diamètre, évasées à l’amont, revêtues intérieurement d’un enduit de mortier lissé et durci à sa surface, et fermées à l’aval par un robinet-vanne à lunette assurant l’étanchéité, et par une vanne papillon qui peut s’ouvrir ou se fermer sous charge (fig. 14).
- En cas de vérification de la conduite ou du robinet-vanne à lunette, un bouchon approprié, placé par un scaphandrier dans la partie évasée de l’amont, et que la pression appliquerait fortement sur l’entrée de la conduite, la fermerait hermétiquement et en permettrait la visite.
- Indépendamment de ces deux conduites, les galeries
- de dérivation provisoire qui s’ouvrent sur la rive gauche, en amont du batardeau amont, peuvent servir pour la vidange de fond. Sous la protection de vannes en acier
- Fig. 10. — Vue saisissante du barrage-poids et de la voûte, côté aval avec, à la partie supérieure, l'amorce de l’encorbellement permettant l’établissement d’une chaussée sur le sommet de la voûte.
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- Fig. 11.
- Coupc verticale dans l’axe
- du barrage, montrant le surplomb de la voûte et, à la base, les calages sur lesquels elle s’appuie. (Cl. Génie civil).
- coulé, placées provisoirement à leur tête, elles ont été fermées, à l’aplomb du barrage, par un bouchon de béton traversé par une tubulure métallique de 3 m de diamètre, obstruée par un fond de chaudière boulonné sur cette tubulure. Les écrous de serrage, étant percés de trous appropriés, peuvent recevoir une cartouche de dynamite dont l’explosion, en cas de besoin, libérerait le fond de chaudière et accélérerait la vidange.
- Ouvrages d’ame-née. — Les ouvrages d’amenée (fig. 2) comportent deux prises d’eau, composées cha-
- Fig. 12. — A la partie inférieure des voussoirs centraux, et en amont, les deux béquilles sur lesquelles s’appuierait le barrage en cas de vidange. Entre les voussoirs, ouvertures réservées pour l’évacuation des crues en cours de construction.
- cune d’une entrée évasée, précédée d’une grille munie d’un dégrilleur automatique, suivie d’un pertuis rectangulaire que peut obstruer une vanne principale, du type à secteur, que l’on manœuvre par treuil oléo-dynamique, et qui, en cas d’accident à l’aval, fonctionnerait automatiquement et fermerait les galeries.
- Un pont roulant placé à la partie supérieure permet de manœuvrer un batardeau plan, qu’on peut amener àr volonté devant l’un des deux pertuis de vannes, qu’il obture complètement, permettant ainsi tous les travaux dans ce pertuis, ainsi que dans la galerie d’amenée et les conduites forcées.
- Faisant suite au pertuis de vannes s’ouvrent en effet les galeries d’amenée circulaires, de 6 m 20 de diamètre, de 145 et 112 m de longueur, creusées dans le roc qui assure leur résistance, et qui conduisent chacune à une cheminée d’équilibre (fig. 2), après laquelle chaque galerie se divise en deux conduites forcées.
- Celles-ci, tout d’abord, sont des galeries souterraines revêtues de béton et d’un enduit de gunite armé de cerces de fer. Puis le souterrain, là encore, est revêtu de béton, d’une épaisseur de 40 cm, et celui-ci est entouré de câbles métalliques, tendus à 135 tonnes, contrainte supérieure à une pression d’eau maximum. Enfin, après liaison avec les conduites en béton à l’aide d’un ancrage armé de cerces, les conduites sont métalliques jusqu’aux quatre turbines « Francis », à axe vertical, à bâches spirales de 9 m de diamètre, et aux deux turbines auxiliaires du même type.
- Un bassin de fuite adjacent à l’usine (fig. 2) reçoit les eaux utilisées qui, par deux galeries Souterraines, sont restituées à la Dordogne, à 500 m en aval. Grâce à cette disposition, et quels que soient les bouleversements dus aux violentes crues de cette rivière, l’usine électrique n’en pourra jamais souffrir.
- La déformation mesurée, alors que la poussée de la retenue atteignait la pression énorme de 430000 tonnes, atteignit, au maximum, 12 mm en clef. 11 est permis d’en conclure qu’il faudrait remplacer l’eau par un liquide dix fois plus dense, et peut-être même par du mercure, pour arriver à la rupture de la voûte. L’étanchéité, d’autre part, est telle que la perte totale n’atteint pas trois litres par minute. On ne peut s’empêcher d’admirer, dans ces conditions, la précision, la minutie avec lesquelles ont été effectuées les études préalables à la construction de ce barrage.
- Pour une hauteur de chute nette de 72 m 50 considérée comme hauteur normale, sa puissance installée est de 43 500 ch, ou 32 000 kw pour chacune des quatre turbines. Elle atteindrait 46 200 ch, ou 34 000 kw, sous la chute maximum de 75 m.
- Les deux turbines auxiliaires ont chacune une puissance de 3000 ch sous 72 m 50 et de 3150 ch sous 75 m.
- C’est donc une puissance installée de près de 150 000 kw-a quatre fois plus considérable que celle qui correspond au débit moyen de la Dordogne, qui est de 65 m3/sec. Elle est fournie par un bassin versant d’environ 2500 km' et l’usine de Marèges, qui fait partie de la concession accordée en 1921 à la Compagnie d’Orléans pour l’aménagement de la Haute-Dordogne, la plus importante des neuf usines
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- Fig. 13. — A gauche, au-dessus de l’usine, déversoir du barrage-poids. A droite, débouché des déversoirs souterrains dans un canal à l'air libre.
- prévues pour cet aménagement, est la seconde de celles jusqu’ici réalisées : la première, l’usine de Coindre, sur les Rhues, étant en service depuis 1927.
- Le poste de la Môle-Marèges, situé sur un plateau dominant la vallée, à 700 m de l’usine hydro-électrique, assure l’interconnexion, à 90 kv, des usines de Coindre, de Marèges, ultérieurement de La Cellette, ainsi que de celles de la Cère et de la Diège, et l’interconnexion, à 220 kv, des usines de La Truyère et de celle de Marèges.
- Une ligne à 220 000 v alimente les sous-stations de traction du P.-O.-Midi, d’Eguzon à Brive, et éventuellement de Brive à Clermont, et, par l’intermédiaire de l’Union d’Electricité, qui reçoit le courant au poste de transformation de Chevilly, distribue le surplus, soit 50 000 kw, aux heures de pointe, en hiver, dans la région parisienne.
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- On est en droit de s’enorgueillir à la pensée que cette œuvre splendide, qui fait l’ad-
- Fig. 14. — Vue de l'aval, montrant comment le barrage est ancré sur les deux rives
- de la Dordogne.
- A la partie inférieure, l’eau s’écoule par les deux conduites aménagées pour la
- vidange de l’amont.
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- Fig. 15. — Le barrage vu d'amont, avec, à droite, le déversoir du barrage-poids ; à gauche, Ventrée des déversoirs souterrains.
- Au tond, la vallée de la Dordogne en aval du barrage.
- miration du monde entier, a été réalisée en France, par grande compagnie de chemins de fer française, le réseau des ingénieurs et des industriels français, pour une P. O.-Midi. Georges Lanorville.
- Fig. 16. — Barrage vu de la rive droite, surmonté de sa chaussée en encorbellement, d’une longueur totale de 247 m, dont 198 pour le barrage voûte, et 49 pour le barrage-poids déversoir du premier plan.
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- UNE CARRIÈRE DE CHERCHEUR
- IRVING LANGMUIR
- Le nom du Dr Irving Langmuir, directeur - adjoint du laboratoire de recherches de la General Electric Company est bien connu des savants et des ingénieurs, car il est lié à un grand nombre des applications industrielles sensationnelles sorties depuis une vingtaine d’années du laboratoire de la grande compagnie américaine. Nous avons ici même résumé les théories de Langmuir sur certains phénomènes (1).
- Ces théories, dont nous aurons l’occasion de redire quelques mots, semblent relever de préoccupations si éloignées de celles que l’on peut normalement s’attendre à rencontrer dans un laboratoire industriel, qu’il est intéressant de chercher quel est le fil conducteur, l’idée maîtresse qui a guidé Langmuir dans la voie où il a sans cesse progressé. La réponse se trouve dans une conférence de Langmuir, qui, en même temps, donne des aperçus sur la mentalité du laboratoire de la G. E. C°. et nous a paru à ces titres mériter d’être résumée pour les lecteurs de La Nature.
- C’est en 1901 que W. Rice créa à la G. E. C. un laboratoire de recherches industrielles devant être exclusivement consacré aux recherches originales et à l’étude des phénomènes naturels en vue de découvrir des faits ou des principes nouveaux. Le développement prodigieux de l’industrie électrique dans la période s’étendant de 1880 à 1900 environ, avait été possible grâce aux travaux scientifiques des pionniers antérieurs : Ampère, Maxwell, Faraday, Kelvin, etc... W. Rice estima qu’il était insuffisant de continuer à puiser dans le stock des connaissances scientifiques constitué parles recherches des laboratoires d’universités, mais qu’il devenait nécessaire de disposer d’un laboratoire dans lequel les recherches puissent être accélérées et les frontières des connaissances reculées dans des directions susceptibles de donner un nouvel essor à l’industrie électrique.
- C’est en 1909 que Langmuir, qui avait travaillé deux ans au Laboratoire de Nernst à Güttingen, entra au laboratoire de la G. E. C°. De ce laboratoire étaient déjà sorties d’intéressantes nouveautés: le filament de carbone métallisé pour les lampes à incandescence, le perfectionnement des lampes à arc, des lampes et des redresseurs à vapeur de mercure, le filament spiralé de tungstène que Coolidge arrivait à obtenir par tréfilage-et qui devait révolutionner l’éclairage. Toutes ces applications étaient la conséquence de connaissances nouvelles et n’empruntaient rien aux théories académiques antérieures : la conception de Rice se montrait donc féconde.
- Quand Langmuir arriva au laboratoire, au lieu de lui assigner immédiatement une tâche bien déterminée, Whitney qui, avec Coolidge, était directeur adjoint, lui conseilla de se promener dans le laboratoire pendant plusieurs jours, de se mettre au courant des recherches en cours, puis de choisir le problème qui lui paraîtrait le plus intéressant à étudier.
- Or, à Gôttingen, Langmuir avait travaillé sur le filament Nernst et avait été amené à conclure qu’autour du filament à haute température, il se produisait une dissociation des molécules d’oxygène en atomes. Mais par suite du faible domaine et température dans lequel le filament pouvait fonctionner, Langmuir n’avait pu vérifier quantitativement son hypothèse. Au contraire, le filament de tungstène permettait d’atteindre des températures de 3000 degrés.
- Aussi Langmuir demanda-t-il à Whitney de travailler sur ces questions et celles accessoires qui pourraient se présenter au cours des recherches.
- 1. Voir La Nature, n° 2388 - 3 Janvier 1920.
- Et pendant plusieurs années, le jeune chercheur, sans aucun but pratique défini, accumula des faits et des observations. 11 trouva ainsi que, au-dessus de 2500°, le filament de tungstène chauffé électriquement dans une atmosphère d’hydrogène provoque la dissociation des molécules d’hydrogène. Cette dissociation absorbe une grande partie de la chaleur radiée par le filament; les atomes se diffusant redonnent leur chaleur de dissociation lors de leur recombinaison, ce qui se traduit finalement par une augmentation considérable de la quantité de chaleur prise au filaipent : c’est le principe du chalumeau à hydrogène atomique, qui donne une flamme beaucoup plus chaude que celle du chalumeau oxhydrique ou oxyacéty-lénique.
- — L’expérience avait montré que de l’hydrogène introduit sous très basse pression dans un ballon renfermant un filament de tungstène chauffé, disparaissait peu à peu. La dissociation de l’hydrogène permet de rendre compte de ce phénomène : l’atome d’hydrogène doit être chimiquement très actif et ses forces chimiques non saturées, lorsqu’il rencontre la surface de verre du ballon, déterminent sa fixation, son adsorption, sur la paroi. C’est le point de départ des recherches si intéressantes de Langmuir sur ce chapitre nouveau de la chimie physique : la chimie de surface et les réactions chimiques à basse pression.
- — Poursuivant l’étude des phénomènes se produisant au voisinage des filaments de tungstène chauffés, et dont la dissociation de l’hydrogène était l’un des plus frappants, il était normal que Langmuir remplaçât l’hydrogène par d’autres gaz : oxygène, azote, argon, etc., ceci sans idée préconçue, sans but défini, simplement pour compléter le travail scientifique entrepris. Qui aurait pu imaginer en effet que le noircissement des ampoules électriques que l’on cherchait à combattre en réalisant des vides de plus en plus parfaits serait supprimé par l’introduction de gaz dans l’ampoule et qu’en augmentant la pression et choisissant un gaz tel que l’azote ou l’argon, on augmenterait le rendement lumineux et la durée ? L’ampoule à atmosphère gazeuse, est sortie ainsi d’une recherche à allure purement académique.
- L’étude que fit Langmuir vers 1912 découlait naturellement de la voie si féconde dans laquelle il s’était engagé :
- Ayant examiné les phénomènes se produisant dans une ampoule renfermant un filament de tungstène chauffé, il se proposa d’étudier le cas de l’ampoule renfermant 2 filaments ayant une différence de quelques centaines de volts entre eux. Il trouva par exemple que l’azote disparaît plus rapidement quand le voltage entre les deux filaments augmente; lorsque la pression tombe à une valeur très faiblele caractère delà décharge entre les électrodes change brusquement; il montra que les filaments chauffés émettent bien des électrons comme l’avait annoncé Richardson en 1903, etc... De ces recherches il résulta des perfectionnements intéressants de l’audion de Forest et la création des tubes à rayons X de Coolidge.
- Présenté ainsi, le travail de 25 années de laboratoire semble suivre une ligne continue et logique, et les incursions dans des domaines très divers et sans rapport apparent entre eux deviennent compréhensibles. Mais il ne faut pas croire que Langmuir aurait pu étudier si complètement des questions aussi variées, s’il n’avait régné au laboratoire de la G. E. C°. un esprit de coopération complète entre tous les chercheurs, une largeur d’esprit et de vue des plus remarquables de la part de ses directeurs. Langmuir lui-même raconte qu’au début de sa carrière, après 2 ou 3 ans de recherches et d’étude de
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- phénomènes, guidé plutôt par la curiosité scientifique que par le souci des applications industrielles, il se demanda souvent s’il était raisonnable et honnête dans un laboratoire industriel, de se lancer dans de telles recherches purement spéculatives. Il s’en ouvrit au Dr Whitney, alors directeur du laboratoire, lui représentant qu’il ne savait où son travail l’entraînerait. Celui-ci lui répondit qu’il n’était pas nécessaire d’avoir une application quelconque en vue, que
- Langniuir pouvait poursuivre ses études comme il l’entendait de façon à obtenir le plus de renseignements sur les phénomènes se produisant dans les ampoules électriques et autour des filaments chauffés. Preuve de perspicacité et de largeur de vue remarquables et que l’avenir, comme nous venons de le voir, a amplement justifiée par de magnifiques succès pratiques.
- H. Vigneron.
- LA MISSION DU Prof. URBAIN EN AFRIQUE
- POUR LA CAPTURE D'ANIMAUX SAUVAGES
- Le directeur du Parc zoologique du Bois de Vineennes, le Pr Urbain, a exécuté récemment une randonnée à travers le Sahara, l’Afrique occidentale française, le Tchad et le Cameroun dans le but de ramener vivants un certain nombre d’animaux.
- Le savant naturaliste s’embarqua pour l’Algérie après avoir fixé son itinéraire qui comportait, entre autres
- localités ou régions importantes à partir d’Alger : Colomb-Béchar, le Touat, le Tanezrouft ou « pays de la soif », Gao et Niamey sur le Niger, Kano (Nigéria), le nord du Cameroun, Fort-Lamy (Soudan français) et retour par Douala, port du Cameroun sur le Golfe de Guinée.
- Il choisit cette route parce qu’il voulait s’assurer la collaboration et les conseils d’un confrère fort averti, le Dr Malbrant, directeur du service vétérinaire et zootechnique du Tchad. Un gardien du Zoo de Vineennes, Billion, devança le Dr Urbain par voie de mer avec ses bagages et ses armes pour le rejoindre à Fort-Lamy par le Cameroun.
- Le 3 février 1935, la mission commença par excur-sionner dans le ravin de la Chiffa afin d’observer les Magots (Pithecus inuus) ou Macaques sociables, à la fourrure fauve verdâtre, qui y vivent en liberté au milieu des rochers. Elle rencontra deux tribus, composées chacune d’une cinquantaine de ces singes, nombreux en Europe à l’époque quaternaire mais confinés aujourd’hui dans les montagnes du nord de l’Afrique. Très robustes, les Magots gambadaient ce jour-là sur la neige, car la nuit précédente, le thermomètre était descendu à — 7°.
- Cette observation prouve que les Magots ne craignent pas le froid ; on pourra donc laisser leurs congénères sortir pendant l’hiver, au milieu d’une des îles du Zoo de Vineennes, sans inconvénients pour leur santé.
- Les six voyageurs et les trois chauffeurs-mécaniciens, répartis entre deux automobiles, quittèrent Colomb-Béchar, riante oasis, pour s’engager sur la piste saharienne, par Igli, Beni-Abbès, Taghit où l’autorité militaire a réorganisé un hôtel-halte, et Adrar qui a une garnison.
- Après Reggan, dernier groupe d’oasis du Touat, on entre dans le désertique Tanezrouft, sans végétation, sans animaux, sans piste entretenue. Le convoi s’achemina péniblement à travers le « pays de la soif », n’ayant pour points de repère que les « balises » pour avion, petites constructions métalliques s’élevant, tous les 10 km, au milieu de quelques bidons de ravitaillement d’une capacité de 50 litres que le vent déplace parfois. Puis, brusquement, à un détour de la piste, le panorama change : une nappe de verdure apparut ; en même temps, des deux côtés de la route se tenaient de nombreuses Gazelles Dorcas, que ne semblait pas effaroucher le passage des automobilistes. La végétation augmente. Au puits d’El-Ouig, des nomades viennent faire boire leurs chameaux et, dans les savanes de la vallée de Tilensi, les voitures sautent, de touffes en touffes, sur le sol parsemé d’herbes et d’arbustes épineux jusqu’au poste militaire de Tabankort (fig. 1).
- De là, le convoi prend une piste bieu entretenue autour de laquelle on aperçoit de nombreux bœufs, zèbres et chèvres qui se dirigent vers le puits de Tabrichet. « C’est un curieux spectacle, nous dit M. le professeur Urbain, de voir tous ces animaux qui, groupés par troupeaux, attendent patiemment leur tour de venir boire dans les abreuvoirs rustiques où se déverse l’eau trouble du puits que l’on puise au moyen de larges sacs en peau. De tous les coins de l’horizon, de nouveaux troupeaux apparaissent... et c’est ainsi du lever du jour à la nuit. L’abreuvement se fait dans le plus grand ordre; dès que les animaux d’un troupeau se sont abreuvés, ils s’éloignent et d’autres prennent leur place ».
- Après avoir quitté Gao, ville importante située sur le Niger, le Dr Urbain et sa suite, suivirent le cours du
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- fleuve pendant plus de 500 km pour atteindre Niamey. A partir de ce moment, la mission rencontra des animaux de toutes sortes. Des hérons, des canards, des marabouts, des pélicans, des grues cendrées, des jabirus et autres oiseaux aquatiques évoluaient en troupes nombreuses au milieu des marais tandis que de grandes antilopes, des gazelles, des damalisques et même des guépards regardaient sans trop d’émoi passer les voitures. Nos voyageurs franchirent ensuite, non sans peine,les centaines de km les séparant de Kano, grand centre indigène de la Nigéria anglaise, où ils se reposèrent deux jours. A Dikoa, ils traversèrent en bac un bras de rivière puis atteignirent enfin Fort-Lamy, capitale du Tchad, de séjour pénible car le thermomètre y monte souvent jusqu’à 40°. Là M. Urbain organisa son plan de campagne pour capturer des fauves, les garder et les transporter. A la vérité, son ami le DrMalbrant, y avait déjà réuni une petite ménagerie composée de jeunes hyènes, d’une panthère, de gazelles, etc., tandis qu’il faisait venir du Tibesti, à dos
- Fig. 3. — Un des camions automobiles et son chargement d’animaux, à une halle dans un village du Cameroun.
- de chameau, un addax et une biche ariel (fig.2). En outre, au parc de Logone-Birni se trouvaient un beau choix d’animaux que le médecin capitaine Lieurade tenait en réserve à l’intention du Muséum d’histoire naturelle de Paris. Le « gibier » ne manquait donc pas, sans compter les girafes et les éléphants que l’administrateur local de Bousso (sur le Chari, à la frontière de l’Oubanghi) avait l’ordre de se procurer. Mais il fallait mettre toutes ces bêtes en cages. Or le bois n’existe pour ainsi dire pas au Tchad. M. Urbain dut réquisitionner toutes les caisses vides ainsi que les chevrons et les clous qu’il put se procurer et, dans un atelier de fortune, il installa quelques charpentiers indigènes qui y fabriquèrent, sous la direction du gardien Million, les cages nécessaires. Une fois celles-ci confectionnées, on y emprisonna les animaux capturés qu’on mit sur 6 camions automobiles (fîg. 3) pour le transport de Fort-Lamy à Douala, le port d’embarquement pour la France.
- Jetons, avant de partir en chasse, un coup d’œil sur l’original parc de Logone-Birni créé en 1934 par l’admi-
- Fig. 2. — Biche ariel (à gauche) et Antilope addax à nez lâcheté (à droite) arrivant à Fort-Lamy, après un voyage de 20 jours sur le dos du chameau accroupi, à gauche.
- nistrateur Quer, avec l’aide technique de M. Jeannin, vétérinaire à Maroad et surtout grâce à la remise d’un nombre important d’animaux par le médecin capitaine Lieurade, à l’activité cynégétique duquel nous avons fait déjà allusion plus haut. Ce parc, admirablement situé au bord du Logone, renferme des spécimens remarquables de la faune africaine, entre autres une girafe, des antilopes, des gazelles, des autruches et divers échassiers, qui se promènent à l’intérieur d’une enceinte formée d’un mur rouge (fîg. 4).
- Quittons à présent ce petit « zoo » africain dans lequel M. Urbain fut autorisé à prélever les pensionnaires qui s’y trouvaient en double exemplaire, pour assister à la capture des autruches fort abondantes dans la région. Le maire de Lamy ayant mis à la disposition des naturalistes 20 gardes à cheval sous la direction d’un habile conducteur, ceux-ci partirent en expédition afin de s’emparer des agiles Struthionides. Les cavaliers encerclèrent aisément le premier des oiseaux coureurs, puis l’amenèrent jusque sur une petite place sans issue où l’un des chasseurs le saisit par les deux ailes et aidé de 2 nègres solides le mit dans une courette. La capture des deux autres autruches fut moins facile, mais le chef de l’expédition ayant coupé leur retraite, des indigènes munis de cordes finirent par
- Fig. 4. — Un coin du parc de Logone-Birni où sont rassemblés des Echassiers.
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- Fig. 5. — Le bac traversant le Chari. à Fort-Lamy.
- s’en emparer après deux heures de poursuite et malgré les coups de becs ou de pattes. Une fois pris, ces oiseaux très sauvages refusèrent la nourriture pendant un jour ou deux, mais après ce court jeûne, prirent de bon appétit le millet qu’on leur présentait.
- Laissant Hillion à Lamy, où sous la direction de M.Mal-brant celui-ci devait charger les animaux puis venir rejoindre l’expédition avec 5 camions à Maroad, M. Urbain prit la route de Bangui, retraversa en bac le Chari (fig. 5) et se dirigea sur Bousso. Ce voyage de 450 km s’accomplit péniblement, la caravane étant entassée sur des voitures par une chaleur accablante et n’ayant rien pour s’abriter du soleil.
- Assistons maintenant à la chasse aux éléphants organisée par la mission en ces parages. Après avoir dépisté un troupeau composé de 20 Pachydermes dont 3 femelles avec leurs petits, le chef, qui a repéré la piste par laquelle la bande se rend au Chari pour boire et faire ses ablutions matinales, jette son dévolu sur le jeune éléphant dont on veut s’emparer. Il faut choisir en effet, parmi les jeunes animaux et éliminer ceux d’entre eux qui tètent encore leurs mères, car on ne pourrait les élever faute d’aliment lacté. Au Tchad, les vaches indigènes donnent seulement 1 ou 2 litres de lait par jour et le lait condensé y est hors de prix. On organise une battue avec 10 à 12 cavaliers montant des juments. On ne se sert pas de chevaux entiers, qui henniraient et alerteraient les bêtes
- Fig. 7. — Un lynx capturé en A. E. F.
- qu’on doit encercler. Les chasseurs partis au petit jour, entourent donc, à une certaine distance, le troupeau auquel on ne laisse qu’une seule piste et ils poussent de grands cris en chargeant les éléphants qui, pour la plupart, s’enfuient à la débandade pendant que les femelles restent en arrière avec leurs petits.
- Deux ou trois cavaliers s’élancent alors à la poursuite des adultes fuyards afin d’empêcher leur retour.
- En même temps, plusieurs nègres également montés, obligent la mère à se séparer de l’éléphanteau choisi. D’autres hommes encerclent celui-ci, lui passent au cou une corde solide et s’agrippent après sa trompe. Si le jeune animal résiste trop, l’un d’eux l’enfourche, le maintient entre ses deux jambes et plusieurs de ses compagnons de chasse le' poussent vers le campement (fig. 6).
- De temps en temps, on donne au pauvre prisonnier des baies ou d’autres fruits sauvages dont il se montre très friand.
- Une fois le prisonnier arrivé à destination, on l’em-
- Fig. 6. — A Bousso: la conduite d’un éléphanteau vers sa cage.
- prisonne dans une vaste caisse bien aérée et munie d’une porte à coulisse, qu’on referme sur lui.
- La capture d’une girafe est encore plus difficile car il faut plusieurs jours de poursuite pour séparer la mère de son petit.
- On opère à peu près comme pour les éléphants, en maintenant solidement le girafon au moyen d’une courroie de cuir qui lui enserre les épaules et passe sous son poitrail.
- Une demi-douzaine de cavaliers suffisent pour l’encadrer et le conduire lentement vers le lieu du rendez-vous où le jeune ruminant au grand cou trouve non seulement des feuilles, des fruits sauvages, mais encore des oignons dont il raffole.
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- Après ces chasses aux péripéties émouvantes, ces longues randonnées à travers les sables désertiques, les
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- forêts tropicales et les régions marécageuses, la mission dut boucler ses malles pour le retour.
- Les camions automobiles où s’entassaient pêle-mêle naturalistes, conducteurs et caisses remplies d’animaux sauvages capturés, traversèrent d’abord le pays des primitifs Bananas qui habitent avec leurs femmes à plateau de curieuses buttes en forme d’obus, puis arrivèrent à Bongor sur le Logone, qu’ils franchirent pour pénétrer ensuite dans le Cameroun en s’arrêtant à Yaoundé afin de réparer les caisses à fauves plus ou moins disjointes par les cahots de la route.
- Du reste, les animaux ne souffrirent pas trop au cours de leurs périgrinations dans ces inconfortables camions automobiles et amenés par train spécial avec « halte-repas », ils s’embarquèrent, frais et dispos, au port de Douala, sauf quelques grues couronnées ou autres oiseaux délicats, qui moururent en chemin avant d’arriver en France.
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- Depuis le mois de mai dernier, toutes ces bêtes semblent s’accoutumer assez bien, du reste, au climat parisien. M. Urbain, ayant pu les ramener vivantes du Tchad ou du Cameroun, s’efforce de les maintenir en bonne santé, dans le Parc du Bois de Vincennes, grâce à des nourritures appropriées et à des soins constants, qui les empêchent de regretter la terre africaine.
- Jacques Boyer.
- Fig. 8. — L'arrivée d’une autruche au « Zoo » de Vincennes.
- LE GRISOU
- Le grisou, fléau des houillères, est, on le sait, un gaz formé en majeure partie de méthane (CH4). M. F. Leprince-Ringuet a procédé à une vaste enquête sur le grisou dégagé dans les mines françaises de houille, de potasse et de pétrole. Il en publie les résultats dans la Revue de VIndustrie minérale.
- Le grisou dégagé par la houille contient de 91 à 99 pour 100 de méthane, en moyenne 95 pour 100, Les hydro-carbures supérieurs, composés principalement d’éthane, s’y rencontrent à dose excessivement faible. L’hydrogène, l’oxyde de carbone, l’hydrogène sulfuré sont pratiquement absents. L’hélium atteint généralement des teneurs notables, de 0,1 à 0,2 pour 100 dans le bassin du Nord et du Pas-de-Calais. Les autres constituants sont l’azote et l’acide carbonique ; ils semblent avoir une origine extérieure à la houille. L’azote semble provenir de la désoxydation de l’air par la houille.
- Les mines de potasse et de pétrole d’Alsace dégagent un grisou dont la composition est assez différente de celui des houillères.
- Le méthane est toujours l’élément dominant, mais à des teneurs comprises seulement entre 68 et 91 pour 100; la caractéristique des gaz dégagés dans ces mines est leur teneur relativement élevée en hydrocarbures supérieurs saturés qui représentent 7 pour 100 du volume du grisou dans les mines de potasse, 15 pour 100 en moyenne dans les mines de pétrole; ils sont fort dangereux parce qu’ils rendent le grisou plus inflammable. L’hélium se trouve en teneurs com-
- parables à celles du grisou des houillères : 0,01 à 0,1 pour 100; l’azote et l’acide carbonique en proportions comparables.
- 11 est intéressant de constater que les houilles soumises à l’action du vide, ou chauffées à 100° dégagent souvent des quantités considérables de carbures supérieurs, alors qu’on n’en rencontre pas dans le grisou qu’elles dégagent dans leur gisement.
- De même les houilles soumises à la pyrogénation dégagent de l’hydrogène, de l’oxyde de carbone et de l’hydrogène sulfuré qui n’existent qu’à l’état de traces dans le grisou.
- Le dégagement du grisou dans une mine de houille est sensiblement proportionnel au tonnage extrait.
- Les gisements français les plus grisouteux sont ceux de la bordure méridionale du Nord et du Pas-de-Calais (Crespin 51 m3 par tonne, La Clarence 40 m3), les gisements gras de Moselle (Petite Rosselle : 64 m3; Sarre et Moselle : 54 m3).
- Mais il s’agit là de chiffres moyens : dans une même mine Je dégagement varie suivant les veines et suivant les quartiers. D’autre part, le grisou peut s’accumuler en quantités considérables dans des vides du terrain et se dégager brusquement quand un exutoire lui est ouvert; c’est le phénomène des « soufflards ».
- M. Leprince-Ringuet étudie en détail les variations de dégàgement du grisou dans les divers travaux de la mine et l’influence que peuvent avoir sur lui les variations de la pression atmosphérique ainsi que celle de la ventilation.
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- NOUVEAU PROJECTEUR pour la VÉRIFICATION OPTIQUE DES PETITES PIÈCES MÉCANIQUES
- Fig. 1. —• Technicien vérifiant le profil des dents d’un engrenage au moyen du projecteur industriel S. I. P.
- Dans la mécanique de précision, les formes spéciales ou les minimes dimensions de certaines pièces empêchent leur vérification à l’aide de micromètres, de calibres ou appareils similaires de mesure. Par exemple, on ne peut guère contrôler les pignons d’horlogerie, les roues dentées des compteurs, les cames, vis et autres rouages filetés que par la méthode de projection. Aussi la « Société d’instruments de physique » a construit récemment un projecteur industriel en vue de faciliter ces opérations, principalement dans l’industrie horlogère. Grâce à ce nouvel instrument aux organes ingénieusement combinés, le vérificateur n’est gêné ni par l’ombre de sa tête, ni par celle des outils qu’il a en mains; il travaille dans une position commode, il repère les images projetées en regardant l’écran de face. En outre, il effectue tous réglages sans avoir besoin de se déplacer, l’objet examiné et son image agrandie, mais non déformée, se trouvent aussi rapprochés que possible. Les grossissements, variables à volonté, s’obtiennent sans tâtonnement ni réglage, tandis que les images s’observent, se mesurent très exactement et se comparent facilement à des dessins types ou à des photographies. Enfin la projection reste très nette, quelle que soit l’épaisseur de la pièce examinée.
- Afin de remplir les diverses conditions précédentes, le
- projecteur S. I. P. (fig. 1) se compose d’une sorte de pupitre, aisément transportable et muni d’une tablette de verre transparente sur laquelle vient se peindre l’image agrandie d’un engrenage, d’un outil ou de toute autre pièce mécanique disposée sur un support et un simple papier-calque permet de réaliser un dessin très net du dit objet.
- Quant au système optique de l’appareil, il comprend une lampe L de 12 v ressemblant à un phare d’automobile et placée au sommet (fig. 2). Immédiatement au-dessous de cette source lumineuse, se trouve un condensateur C dirigeant ses rayons parallèles sur l’objet à examiner, que soutient une plaquette de verre P. De la sorte, même si la mise au point n’est qu’approximative, l’image reste exacte. Le faisceau lumineux passe ensuite au travers de l’objectif O monté sous le porte-objets, puis, se réfléchissant sur un miroir fixe M disposé dans le socle, va frapper l’écran-pupitre E. Celui-ci est donc éclairé par-dessous et l’opérateur peut procéder à l’examen détaillé ainsi qu’à la mesure des silhouettes qui s’y peignent sans, crainte des ombres parasites gênantes. La mise au point s’opère en déplaçant verticalement le porte-objet au moyen d’une manivelle. Chaque image peinte sur l’écran
- Fig. 2. — Coupe du projecteur industriel S. I. P.
- L, lampe électrique; C, condensateur; V, manivelle; P, plaquette en verre sur laquelle se met la pièce à examiner; O, objectif; T, tablette supportant le pupitre et l’ossature du système optique;
- M, miroir réflecteur; E, écran placé sur le pupitre.
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- Fig. 3. — Projection sur /’écran-pupitre d'un rouage d’horlogerie grossi 100 fois. L’opérateur aperçoit en même temps la règle de mesure en verre et la loupe de lecture.
- (fig. 3) mesure 32 cm de hauteur sur 40 cm de largeur et vu la netteté de la projection, on apprécie ses dimensions à 0,2 mm ce qui, au gi'ossissement de 200 fois, correspond au millième de millimètre sur la pièce.
- Le projecteur industriel S. I. P. donne les grossissements de 10, 20 50, 100 et 200 fois.
- On passe de l’un à l’autre par un simple échange d’objectifs et sans aucun réglage. Les dessins-types s’établissent sur du papier-calque usuel et à l’une des échelles simples (200, 100, 50, 20 ou 10). De leur côté, les tolérances des parties d’un objet se tracent avec leurs dimensions maxima et minima ou bien on apprécie, sur l’écran, l’écart entre la projection et le profil exact du dessin théorique. Pour faciliter l’examen en pièces fabriquées (rouages d’horlogerie, tarauds, fraises, etc.) on les fixe sur la table porte-objet qui, grâce à des coulisses croisées, permet un réglage rapide et précis des objets dans le champ lumineux. Maintenant, si on veut conserver les projections ainsi réalisées, en vue d’études ultérieures, on peut les photographier à la lumière du jour en plaçant simplement sur l’écran un châssis porte-plaques 18 X 24 cm revêtu d’un voile noir. Enfin le transformateur électrique, qui fournit le courant à la lampe, se monte sur le meuble en tôle d’acier soutenant l’ensemble de l’appareil et muni d’un interrupteur, il fonctionne normalement sous les tensions primaires de 110, 125 et 220 v.
- Le projecteur S. I. P. a trouvé de multiples applications d’abord dans l’industrie horlogère, puis dans la mécanique de précision et même dans certains laboratoires scientifiques. On l’utilise, en particulier, pour examiner les roues d’échappement, les pivots, les platines, les filetages de toutes catégories, les jauges de profil, les molettes à profil constant, certaines pièces d’armurerie, de machines à écrire, à coudre ou à tricoter, des engrenages de compteurs, etc. Des professeurs l’emploient également dans un but didactique car plusieurs personnes peuvent examiner simultanément les projections.
- D’autre part, les mêmes constructeurs ont réalisé des dispositifs épiscopiques (fig. 4) qui se montent en quelques minutes sur divers modèles de ces projecteurs et permettent d’examiner, avec les grossissements de 10, 20, 50, et 100, fois les surfaces de corps opaques ou le profil de pièces qui, en raison de leur forme, ne peuvent être projetées au moyen de l’éclairage par-dessus. Exemptes de toute déformation, susceptibles d’être mesurées de manière précise et très aisément photographiables, les images ainsi obtenues reproduisent fidèlement la couleur et la structure superficielle des objets; elles sont même capables de remplacer le microscope. Pour opérer, on pose la pièce à examiner sur la tablette d’un support percé d’un trou central et éclairé par-dessous à l’aide d’une ampoule de 12 v 50 w dont un prisme orientable réfléchit la lumière. La mise au point de l’image sur l’écran s’effectue en déplaçant le porte-objet verticalement au moyen d’un petit volant. On combine égale-
- ment les éclairages épiscopiques et diascopiques pour vérifier surtout la superposition des fils dans les tissus, pour examiner les corps translucides ou les préparations zoologiques. Enfin, en associant un accessoire épisco-pique spécialement étudié avec le grossissement de 100 fois, les métallographistes obtiennent facilement des photographies d’une grande valeur documentaire.
- J. de la Cerisaie.
- Fig. 4. — Dispositif épiscopique pour les grossissements de 50 à 100 fois.
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- 220 = LES PROCÉDÉS D’ENREGISTREMENT UTILISÉS EN RADIODIFFUSION
- UTILITÉ DE L’ENREGISTREMENT
- Pendant de longues années, les techniques de la radiodiffusion et de l’enregistrement sonore ont paru s’affronter comme des rivales. Actuellement, il n’y a pas de meilleurs auxiliaires de la radiophonie que les procédés d’enregistrement.
- A quoi peut-on attribuer ce revirement, au moins superficiel ?
- C’est ce que nous sommes allé demander au centre d’enregistrement de la radiodiffusion nationale, qui est
- maintenant en exploitation normale, après une mise au point de quelques semaines, sous la direction de M. Gut-tières, ingénieur des P. T. T. (fig. 1).
- II semble a priori que l’enregistrement n’ait rien à voir avec les innombrables productions sonores rayonnées par nos stations à toute heure du jour et de la nuit. Mais, à la réflexion, on se rend compte que les deux techniques sont connexes et inséparables l’une de l’autre, au moins pour les raisons suivantes :
- 1° Contrôle. — Un service de radiodiffusion bien organisé doit conserver la trace, ne fût-ce que pendant quelques heures, de tout ce qui est « passé » au microphone. Or le propre des paroles n’est-il pas de s’envoler ? Seul l’enregistrement des auditions permet un contrôle. Sans doute, aucun texte n’est radiodiffusé qui n’ait préalablement été dactylographié. On en conserve la copie et d’ail-
- leurs c’est sur le texte que s’exerce la censure. Mais, inconsciemment ou non, le speaker peut déformer le texte, l’amputer ou l’allonger, lui conférer une intonation qui modifie son sens.
- 2° Décalage et répétition. — L’expérience prouve que l’on peut avoir intérêt à répéter certaines émissions : c’est le cas notamment pour les revues de presse aux diverses stations régionales. Il peut aussi être nécessaire de décaler l’émission de quelques heures ou de quelques jours par rapport à l’audition en studio. Seul l’enregistrement permet de réaliser ces décalages et ces répétitions.
- 3° Archives. — La matière radiodiffusée est devenue si abondante que l’on ne peut songer à conserver indéfiniment les enregistrements qu’on en fait, ce qui d’ailleurs ne présenterait qu’un médiocre intérêt.
- Par contre, il est tout indiqué de conserver dans les archives sonores les enregistrements d’auditions exceptionnelles : grandes manifestations d’intérêt national, allocutions prononcées en certaines circonstances par des personnes illustres.
- LES DIVERS PROCÉDÉS D’ENREGISTREMENT
- On pourrait croire que, pour la radiophonie, le problème se présente comme pour l’industrie du disque, par exemple, et qu’il convient simplement de choisir le procédé offrant la meilleure qualité de reproduction acoustique. L’analyse du problème montre qu’il convient, au contraire, de choisir dans chaque cas particulier le procédé qui est le mieux adapté à l’usage qu’on veut en faire.
- La question de la qualité est primordiale s’il s’agit d’une retransmission. On choisira donc un mode d’enregistrement dénué de « parasites acoustiques », principalement de bruit de souffle ou de bruit de fond.
- Pour le contrôle des émissions, la qualité est secondaire. On étudiera donc le matériel dont l’exploitation se révèle le plus commode et le plus économique, étant donné que le contrôle s’exerce pour ainsi dire en permanence et donne lieu à des enregistrements de très longue durée.
- Enfin, un matériel spécial sera utilisé pour le radioreportage qui nécessite des appareils légers, transportables, d’une manœuvre facile et d’un encombrement restreint.
- Voici comment, dans chacun des cas énumérés ci-dessus, la question a pu être résolue en exploitation :
- I. Enregistrement sur cire. —• C’est identiquement le procédé employé pou rla fabrication des disques de
- Fig. 1. — Aspect d'une table du centre d'enregistrement : au premier plan, deux appareils pour l’enregistrement sur cire; au second plan, deux appareils pour l’enregistrement sur disque souple.
- On remarque les vis calantes reposant sur des blocs d’amiante. L’opérateur surveille l’enregistrement; l’opératrice assure le service téléphonique. Au fond, le départ et l’arrivée des lignes de modulation. (Photo l’Illustration).
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- phonographe. Mais l’opération est limitée à la gravure sur la galette de cire et ne comporte ni galvanoplastie, ni pressage.
- L’avantage essentiel du procédé est la qualité de l’enregistrement pour une bande de fréquences s’étendant jusqu’à 6.000 per : sec, ce qui suffit pratiquement pour la radiodiffusion.
- L’enregistrement peut être reproduit immédiatement. Cependant, il est préférable de laisser refroidir la cire, qui, préalablement à l’opération, a été chauffée à 28° C environ. A cet effet, les galettes de cire sont conservées dans des armoires métalliques dont la température est maintenue constante par thermostat.
- Un des inconvénients du système, c’est l’usure de la cire à chaque reproduction. On estime que l’on ne peut tirer que quatre ou cinq auditions, tout au plus, d’une même gravure. Excellente lors de la première audition, la qualité baisse rapidement pour les suivantes.
- La radiodiffusion doit renoncer cependant à la confection de disques résistants, seuls susceptibles de donner des résultats durables, pour les raisons suivantes : 1° la confection du moule galvanique et le pressage demandent au minimum 5 à 6 h dans les meilleures conditions, c’est-à-dire lorsque l’audition est donnée dans un studio attenant à la fabrique de disques; 2° le prix de revient deviendrait rapidement prohibitif en exploitation.
- La seule gravure sur cire est un procédé d’enregistrement économique. Après usage, la galette est rabotée au tour. Le dressage au burin et le polissage par saphir ne durent que quelques minutes, après quoi la galette est prête pour un nouvel enregistrement. Une même galette peut ainsi, grâce au rabotage, servir 15 ou 20 fois.
- Le diamètre de la galette est tel que l’on peut enregistrer sur chacune d’elles 4 à 4,5 mn d’audition. On a renoncé à l’emploi de disques de plus grands diamètres, qui, en raison de leur vitesse de rotation plus faible, se prêtent moins bien à la reproduction des timbres à haute fréquence.
- Le centre d’enregistrement de la radiodiffusion possède deux groupes de deux appareils à plateau jumelés. Un bras en porte-à-faux comporte les divers organes nécessaires : le burin graveur, le pick-up, un microphone, à peine gros comme un stylographe, dans le champ duquel on aperçoit les sillons gravés, enfin une tuyauterie pour l’aspiration continue des copeaux de cire (fig. 2).
- La durée de 4 à 4,5 mn ne limite pas l’enregistrement qui peut se poursuivre sur le plateau jumelé. Pratiquement, le temps est illimité et l’on procède couramment à la gravure d’opéras ou de pièces de théâtre qui, pour une durée de 2 heures environ — entr’actes décomptés — ne comportent pas moins de 30 disques.
- Lorsque l’une des galettes arrive vers la fin de son enregistrement, on met simultanément en marche la gravure du plateau jumelé et l’on repère le sillon de synchronisation.
- Pendant la reproduction, au moment où l’on atteint le sillon de synchronisation, l’opérateur coiffe un casque téléphonique dont les deux écouteurs sont respective-
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- ment branchés sur la modulation de l’une et de l’autre galettes. C’est alors que l’opérateur manœuvre une manette de synchronisation, qui, en réglant la phase du second plateau par rapport à celle du premier, met les deux modulations en concordance de phase. Cela étant, l’opérateur n’a plus qu’à basculer un inverseur pour que, sur la ligne téléphonique, la modulation du deuxième plateau se substitue à celle du premier.
- La qualité de la première reproduction est parfaite, dénuée de tout bruit de fond, et l’auditeur même le mieux exercé ne peut déceler à l’oreille le passage d’une galette à la suivante.
- IL Enregistrement sur disque. — Si en radiodiffusion, le disque de bonne qualité ne peut guère être utilisé par suite de l’absence de reproduction galvanique, du moins peut-on enregistrer directement sur disque des auditions destinées à assurer plusieurs reproductions. Tel est le cas, par exemple pour les radioreportages.
- On emploie à cet effet soit des disques métalliques avec
- Fig. 2. -— Détail d’un appareil enregistreur sur cire :
- Sur le plateau, dont le bord est rayé pour le contrôle stroboscopique, est placée la galette de cire. Le bras d’enregistrement est fixé sur un chariot de tour. A gauche, le burin, le pick-up et le microscope. A droite le tuyau d’évacuation pour l’aspiration des copeaux de cire.
- (Photo Christian Duvivier.)
- 'agir'.-*
- burin de diamant, reproduits au moyen d’aiguilles douces, soit des disques souples, recouverts par exemple d’un vernis cellulosique durci par l’aldéhyde formique.
- Ce procédé est nettement inférieur à l’enregistrement sur cire, mais ce dernier ne peut être utilisé qu’en laboratoire, tandis que l’enregistrement sur disque est assuré par un matériel transportable, léger, robuste, capable d’équiper les cars de radioreportage. A fortiori est-il possible de s’en servir à poste fixe, par exemple au centre d’enregistrement de radiodiffusion, qui possède un certain nombre de groupes de plateaux jumelés.
- Les disques gravés directement sont de diamètre réduit, légers et peu fragiles.
- III. Enregistrement magnétique. — Ce procédé, dont le principe est déjà ancien, vient d’entrer dans la pratique au centre d’enregistrement. Il procède du détecteur
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- magnétique, qui fut en service pendant longtemps sur la marine britannique, et du télégraphone de Poulsen. Le magnétophone, tel est le nom actuel de l’appareil, se compose essentiellement d’un ruban d’acier qui se dévide entre deux treuils, tandis qu’il traverse de petits organes dont le rôle est de lui imprimer une modulation magné-rique ou d’en recueillir l’induction à la manière d’un pick-up (ûg. 3).
- La longueur du ruban d’acier dépasse 3000 m.; sa largeur n’est que de 3 mm. On dirait une scie à ruban. La vitesse à laquelle il traverse les éléments inductifs est relativement grande : 1,50 m par seconde. Mais sa lon-
- Fig. 3. — Le magnétophone, appareil pour l’enregistrement magnétique. Entre les deux tambours, le montant vertical sur lequel sont fixés les élec.troaimants modulateurs et démodulateurs. A gauche, arrivée et départ des lignes de modulations. (Photo VIllustration).
- gueur est telle qu’il peut assurer une demi-heure d’enregistrement consécutif, pratiquement 28 à 29 mn. Les organes inducteurs, composés d’électroaimants analogues à ceux des téléphones, impriment au ruban d’acier qui se déroule, des variations d’aimantation qu’il conserve sous forme de magnétisme rémanent. Lorsque le ruban traverse le « pick-up » magnétique, les variations du magnétisme rémanent y induisent des variations de force électromotrice qui reproduisent la modulation initiale.
- A l’avantage du procédé, il faut citer sa grande simplicité de manœuvre, son usure quasi-nulle, puisque le
- même matériel resert indéfiniment, la longueur des enregistrements (une demi-heure sur la même bande), enfin la grande économie d’exploitation. Il n’y a aucune manipulation du ruban. L’enregistrement peut être reproduit aussitôt fait, c’est-à-dire capté à quelques centimètres en aval du bloc modulateur.
- Pour passer d’un enregistrement à un autre, on «efface » le premier par l’induction d’un champ magnétique continu, qui assure immédiatement la désaimantation du ruban.
- Malheureusement ce procédé a un grave défaut : un bruit de souffle très prononcé. Il se prête aussi plus difficilement que la cire ou le disque à la sélection d’un passage intéressant.
- IV. Enregistrement sur film. — Ce procédé n’est pas employé, pour le moment du moins, au centre d’enregistrement national. On sait qu’il consiste à imprimer, sur un film analogue à celui du cinéma sonore, des vibrations transversales traduites, par exemple, au moyen d’un galvanomètre à corde. Ce système est préférable à la méthode d’intensité, dans laquelle le noircissement est proportionnel à l’amplitude sonore. Dans le procédé transversal, le noircissement est uniforme; seuls comptent la longueur, la forme et la fréquence des pointes de modulation.
- La qualité de l’enregistrement sur film est aussi bonne que celle de l’enregistrement sur disque.
- Il y a cependant un inconvénient majeur : la nécessité de développer et de fixer le film, ainsi que la durée de ces opérations.
- L’avantage essentiel est le découpage ou ce qu’on appelle le phonomontage. Les retouches, la sélection de certains passages se font aussi facilement que rapidement à coups de ciseaux et par recollage.
- Un film de 300 m de longueur donne 10 mn. d’enregistrement à la vitesse de 0,45 m : sec. D’ailleurs la longueur du film peut être augmentée. En outre, sur un film de largeur normale, on peut faire côte à côte 4 enregistrements, ce qui diminue encore le prix de revient du procédé.
- UTILISATION DES ENREGISTREMENTS POUR LA RADIODIFFUSION
- Il est intéressant de voir pratiquement quel est l’usage qui est fait de ces divers enregistrements par le service de la radiodiffusion. Le rôle essentiel du centre d’enregistrement, c’est, selon les cas, de capter ou de débiter la modulation. C’est une fonction analogue à celle de nos poumons qui, tour à tour, aspirent l’air et le chassent. Pour assumer ce rôle, le centre d’enregistrement est relié par câbles téléphoniques spéciaux non seulement au centre d’écoute de la région parisienne, pour le contrôle, mais encore au centre de modulation de la rue des Archives, qui a pour mission de répartir la modulation entre les différentes stations d’émission du réseau d’État français.
- Il est évident que les stations ne peuvent plus vivre dans leur tour d’ivoire comme , aux premiers temps de la radiodiffusion. Entre elles ont disparu les cloisons étanches comme les frontières entre les anciennes pro-
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- vinces françaises. Leurs émissions sont rendues plus intéressantes et plus homogènes par l’intercalation de programmes extérieurs à leur studio, programmes qui leur sont précisément dispensés par le centre d’enregistrement.
- La première application urgente a été réalisée dans le domaine des informations. La revue de presse, faite à 7 h. du matin au studio de Paris P. T. T., est enregistrée à ce moment sur cire par le centre de modulation, puis fournie ensuite sur demande à 8 h. et 9 h. aux stations du réseau, ce qui constitue l’édition provinciale du radio-journal de France.
- Après cet exemple de répétition par l’enregistrement, nous donnerons un exemple de décalage. On sait, qu’en principe, les stations du réseau d’Etat donnent leurs dernières informations à 22 h. 30. Mais cet horaire est souvent difficile à respecter, en raison des transmissions de pièces de théâtre et autres manifestations de la soirée. Afin de donner plus de souplesse à l’exploitation et de ne pas interrompre à contre-temps les grandes retransmissions, il a suffi de faire appel à l’enregistrement. Les dernières nouvelles de la soirée sont donc enregistrées sur cire et communiquées aux stations de province dès qu’elles sont en mesure de les « passer ».
- L’enregistrement vient encore soulager dans une grande mesure l’exploitation de stations à horaires chargés ou irréguliers, telles que la Station Radiocolo-niale, par exemple. On sait que, pour se faire entendre des colonies et des pays lointains aux heures de loisir des habitants de ces régions, le Poste Colonial est obligé de travailler à toute heure du jour et de la nuit, et principalement à des heures très différentes de celles qui conviennent aux artistes et conférenciers du méridien de Paris. A l’âge héroïque du Poste Colonial — et il n’y a
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- pas encore si longtemps — les habitués du microphone venaient jouer ou faire leur chronique^entre 1 h. et 4 h. du matin, par exemple, ce qui était souvent dénué de charme pour eux. Le disque vient à leur secours, en leur permettant de transmettre à ces heures indues pour eux, la modulation qui a été enregistrée à Paris aux heures normales de leur activité diurne.
- Mais il y a mieux : de grandes manifestations artistiques, telles que les spectacles de l’Opéra ou de la Comédie française, peuvent être enregistrées au cours de la soirée et retransmises quelques heures plus tard par le Poste Colonial à destination des Antilles, de Dakar ou des Nouvelles-Hébrides. Il en est de même^depuis peu pour les cours de la Sorbonne et du Collège de France.
- En bref, l’enregistrement permet d’opérer dans le temps tous les décalages possibles, tous les déphasages, comme disent les physiciens, qu’imposent les nécessités de l’exploitation. C’est ainsi que des artistes, qui ne sont jamais libres le soir, peuvent faire enregistrer dans la journée leur jeu ou leur voix dont la modulation doit être diffusée par l’antenne au cours de la soirée.
- L’enregistrement est un procédé didactique : c’est comme un miroir qui garderait l’empreinte de la voix. Il permet aux artistes d’écouter leur diction ou leur jeu et de les reprendre fort à propos. C’est donc une école de perfectionnement.
- On voit, par ces quelques indications, combien fertile se révèle l’application de l’enregistrement à la radiodiffusion. Le centre qui fonctionne actuellement n’en est qu’à ses débuts et n’utilise d’ailleurs que cinq ou six opérateurs malgré le travail considérable qu’il fournit. Mais il est possible que d’ici quelques années, ce centre devienne en quelque sorte la clé de voûte de la radiodiffusion. Michel Adam.
- COMBAT DE COQS DE BRUYERES
- On sait que dans de nombreuses espèces animales, les mâles se livrent de violents combats pour le choix des femelles.
- Erasme Darwin, dans sa Zoonomia (1794) avait déjà vu dans ces batailles un puissant moyen de sélection : « La cause finale de ces luttes entre mâles semble être que les animaux les plus forts et les plus actifs doivent propager l’espèce qui s’en trouve ainsi améliorée ».
- Charles Darwin, dans son « Origine des espèces (1859) a repris cette idée et l’a développée sous le nom de sélection sexuelle. « Cette forme de sélection, dit-il, ne dépend pas de la lutte pour l’existence avec d’autres êtres organisés, ou avec les conditions ambiantes, mais de la lutte entre les individus id’un sexe, ordinairement les mâles, pour s’assurer la possession de l’autre sexe. Cette lutte ne se termine pas par la mort du vaincu, mais par le défaut ou par la petite quantité de ses descendants. Ordinairement, les mâles les plus vigoureux, c’est-à-
- dire ceux qui sont le plus aptes à occuper leur place dans la nature, laissent un plus grand nombre de descendants. »
- Depuis, on a beaucoup médit des causes finales et aussi on a discuté la valeur de cette pugnacité d’un jour.
- Quoi qu’il en soit, les faits — sinon les théories — ne changent pas et méritent toujours d’être rapportés. C’est à ce titre que nous publions la série de photographies qu’a bien voulu nous envoyer M. Gunnar Granberg, d’Helsingfors.
- Elles représentent des Tétras-lyre ou petits Coqs de bruyère (Lyrurus tetrix). M. Granberg les a surpris en Finlande et a suivi le combat de deux mâles, un matin, au moment des pariades. On pourrait les commenter comme un combat de boxe; il suffit de les regarder.
- Après quoi, on pourra méditer ou discuter encore une fois sur la sélection sexuelle, ou sur les causes de cette bataille, ou sur la psychologie, la physiologie, l’hérédité, la génétique et la phylogénie. R. M.
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- Fig. 1. Sérénade avant la bataille. — Fig. 2. La provocation. — Fig. 3. Le premier « round ». — Fig. 4. Gombat de près. Fig. 5. Une pause entre deux attaques.— Fig. 6. Le combat recommence, plus violent. — Fig. 7. Le coup final.— Fig. 8. « Knock-out ». Fig. 9. Le vainqueur reprend sa cour sans plus être dérangé. — Fig. 10. — Le résultat.
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- ENCORE LE NOMBRE 142857
- Le curieux nombre 142 857 aura fait beaucoup écrire. Depuis le u° du Crapouillol (janvier 1928) jusqu’aux nombreux articles que La Nature lui consacra à partir du 1er octobre 1929, et sans oublier la Revue des Deux-Mondes (lor août 1929) et Le Figaro (8 janvier 1930), qui n’ont pas coutume de s’attarder aux questions de mathématiques, les remarquables propriétés en ont été signalées et souvent exjdiquées avec élégance.
- Les manuels scolaires [Cours d’Algèbre, par Plomion et Arithmétique, cours complet, par Marijon, Péquignot et Ségala, Hatier, édit.; question 468, page 243) ont proposé des exercices basés sur ces propriétés ; les examens eux-mêmes y ont trouvé matière à sujets de compositions (Brevet élérn., Toulouse, 1906). Tout récemment encore, le Manuel général de VInstruction primaire (Hachette, éd.) proposait à ses abonnés le problème suivant dont la réponse se trouve être une fois de plus le nombre 142 857 : « lin nombre formé de 6 chiffres significatifs, dont la somme est 27, jouit des curieuses propriétés suivantes : les produits de ce nombre par 1, par 2, par 3, par 4, par 5, par 6 s’écrivent avec les mêmes ehilVres que le nombre lui-même;.... les produits par 1 et 6 sont symétriques, en ce sens que les trois premiers chilfres de l’un sont les trois derniers chilfres de l’autre et inversement; il eu est de même des produits par 2 et par 5, ainsi que des produits par 3 et par 4;... enfin, le produit de ce nombre par 7 ne contient aucun des chilfres du nombre. Quel est ce nombre curieux ? » (ÎN° des 4 et 25 janvier 1936.)
- Mais, à ma connaissance, aucune des publications signalées u'a donné une « solution » qui, par le calcul, conduise à déterminer ce nombre si mystérieux.
- .le propose la suivante qui est simple et qui considère le nombre à trouver comme une véritable inconnue :
- Soit N le nombre demandé. De ce que 6 N n’a que 6 chilfres (comme N), il résulte que le premier chilïre à gauche de N est 1. (Si ce chiffre était seulement 2, on aurait 2x6 = 12 et 6N aurait 7 chilfres.)
- Conséquences: 100 000 < N< 200 000
- et 700 000 < 7 N < 1 400 000 (1).
- Appliquons ce théorème de Fermât : « Si p est premier absolu et premier avec a, on a a,)~1 — 1 divisible par p », c’est-à-dire : a‘‘ 1 — 1 =~- multiple de p.
- Faisant p = 7 (premier absolu), il viendra :
- a7~1 -— 1 = a6 —- 1 = inult. 7, qui peut être 7 N.
- Résolvons maintenant la double inégalité (1) après y avoir remplacé 7N par sa valeur a6 — 1.
- 700 000 < a6 — 1 < 1 400 000
- d’où 700 001 < a6 < 1 400 001
- et successivement :
- log. 700 001 < 6 log. a < log. 1 400 000
- log. 700001
- 6
- 5,84510
- <
- <
- log. a
- log. 1 400 000
- 6
- 6,14613
- 6 ^ ^ 6 0,97418 < log. a < 1,02435 Passant des logarithmes aux nombres, il vient :
- 9,42... < a < 10,57. ..
- Le seul nombre entier compris entre 9,42... et 10,57... est 10. On a donc : 7 N — a® — 1 = 106 — 1 = 99 9 9 99
- et
- N
- 999 999
- 142 857.
- (il est intéressant de remarquer que ce résultat permet de trouver immédiatement la fraction génératrice n/m du nombre décimal dont 142 857 est la période. On a en effet n 142 857 1
- _ = —--------= - = 0,142 857 1428...)
- m 999 999 7
- Algèbre Plomion. — « On donne un nombre de 6 chiffres dont le premier à gauche est un 1. Si on transporte ce chiffre 1 à l’extrémité droite, le nombre nouveau est juste le triple du nombre primitif. Quel était ce nombre ? »
- (Résolu dans La Nature du 1er juin 1930, p. 513.) Arithmétique Marijon, Péquignot et Segala. — «On réduit 1/7 en décimale; soit N le nombre formé par la période.
- « Démontrer que N, 2N, 3N, 4N, 5N et 6N oui les mêmes chilfres (à l’ordre près) et que ces nombres, augmentés de 0,5, sont deux à deux complémentaires (deux nombres sont complémentaires quand leur somme est une puissance de 10) ». (Question proposée, n° 468, page 243.)
- B revet élémentaire, Toulouse, 1906. — « Soit la fraction décimale périodique simple 0,571428571428.... Trouver la fraction génératrice. Expliquer l’opération. Réduire cette fraction génératrice à sa plus simple expression. »
- Récréations arithmétiques, par Fourrey (Vuibert, édit.),, page 14, donne quelques propriétés du nombre 142 857; mais il n’indique ni l’origine de ce nombre, ni la raison de ses propriétés.
- Manuel général (Hachette), n° du 25 janvier 1936. En faisant connaître le nombre 142 857 comme répondant à la question qu’il avait posée le 4 janvier précédent, il vérifie quelques-unes des propriétés qu’il avait indiquées, mais sans aucune justification et sans avoir fait le calcul du nombre.
- Damien Garrigues.
- EVOLUTION DE LA NOMENCLATURE CHIMIQUE
- Le vocabulaire d’une langue se modifie ou se complète lorsque la découverte d’objets nouveaux exige la création des termes particuliers qui les représenteront conventionnellement. Également, les lois de la syntaxe sont instituées ou se précisent quand, en raison du nombre sans cesse croissant des mots, il devient nécessaire de réglementer leur fonction et leur arrangement dans la phrase.
- Évoluant au cours des siècles conformément à ce plan
- Les langues n’ont pas seulement pour objet d’exprimer par des signes, des idées et des images; ce sont, de plus, de véritables méthodes analytiques à l’aide desquelles nous procédons du connu à l’inconnu.
- Lavoisii r.
- général, le vocabulaire chimique s’est enrichi d’unités nouvelles à mesure que s’étendait le champ expérimental. Consécutivement, et pour conserver aux documents une clarté sérieusement compromise, on a dû donner aux expressions et phrases chimiques, c’est-à-dire aux formules et aux réactions, un sens représentatif beaucoup plus précis. Les résultats obtenus dans cet ordre d’idées permettent aujourd’hui de dégager aisément, au seul examen de l’écriture ou au seul
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- énoncé des mots, des idées nettes et descriptives quant à la nature des corps ou à leurs relations réciproques. A vrai dire, ce but a été péniblement atteint, en raison de l’importance devenue considérable du monument jamais achevé qu’est la chimie, en raison aussi de la fragilité de quelques-unes des parties de cet édifice. Car une nomenclature idéale devrait à la fois confirmer et prévoir : confirmer ce que la patience des premiers chercheurs avait établi d’exact et prévoir enfin la
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- prêtres égyptiens. Ceux-ci ont enseveli avec eux, sous les ruines de leur civilisation, le secret de préparations dont on a inutilement recherché les formules et tenté la réédition. Sans doute l’enseignement des prêtres, religieusement transmis aux seuls initiés, intéressait-il seulement les conditions et le résultat des préparations, abstraction faite de toute considération théorique.
- Cette incertitude ne bannit pas toutefois les possibilités d’existence d’une nomenclature, quelque sommaire que nous puissions l’imaginer. L’absence de documents écrits, ou, s’ils existent, notre impuissance à les retrouver là où la subtilité des prêtres antiques peut les avoir dissimulés, nous interdit de formuler rien de précis quant au mode de représentation des corps à celte époque. On peut admettre toutefois que les Égyptiens, astronomes éminents, ont rattaché à leur science favorite les premiers rudiments de chimie. Celte possibilité nous paraît d'autant plus grande que les premiers alchimistes, héritiers par les Crées des rares informations susceptibles d'avoir franchi les frontières de l’Ancienne Egypte, adoptèrent pour les corps principaux de leurs collections des dénominations et représentations astronomiques. Ainsi les métaux auraient eu des liens étroits avec certains astres, c’est-à-dire qu’ils auraient reçu d’eux des inlluenees particulières.
- Conformément à cette croyance, l’Alchimie du Moyen Age nous apprend par exemple :
- Que l’Or, occupant le premier rang, des sept métaux de l’époque, était influencé par le plus beau des astres, le Soleil, qui, entre autres qualités, lui communiquait son éclat;
- Que l’Argent, occupant le deuxième
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- Fig. .1.
- Spécimen de divers signes emplogés en chimie ancienne. ( D’après Lémery.)
- rang, était app
- elé Lune en raison d
- part contributive que pourrait apporter à une œuvre immense le génie des générations nouvelles.
- Les origines de la Chimie se perdent dans l’obscurité des siècles et, avec elles, les fondements d’une science qu’on a vainement recherchés dans les pratiques mystérieuses des
- e .son
- éclat pâle et aussi des inlluenees qu’il aurait reçues de cet astre;
- Que l’Etain (plomb blanc des Anciens) était appelé Jupiter, le Plomb Saturne, le Eer Mars, etc...
- L’empreinte très nette de la mythologie grecque se retrouve également dans les documents de l’ancienne chimie. Ainsi l’Antimoine était parfois nommé Protée parce qu’il peut, selon les circonstances, présenter plusieurs formes ou couleurs. Sa propriété d’absorber, de « dévorer « les métaux, incita les Anciens à penser qu’il tenait cette voracité de Saturne dévorant ses enfants. Pour cette raison, ils le nommèrent : Plomb sacré, Plomb des Philosophes, Plomb des Sages.
- Tout ceci ne constitue que les premiers jalons d’une nomenclature fort rudimentaire; le nombre des composés étudiés croissant sans cesse, il fallait trouver autre chose. Les alchimistes du Moyen Age s’v employèrent et s’attachèrent à donner aux produits connus des noms' présentant un caractère descriptif. Sans doute, la pauvreté de leurs connaissances théoriques ne leur' permettait guère de faire mieux.
- Nous voyons ainsi apparaître dans la littérature, des noms
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- rappelant l’aspect ou les qualités des substances les plus vulgaires :
- Beurre (d’antimoine, d’arsenic, de bismuth, d’étain, de zinc) ;
- Huile (de mercure, de Saturne, de chaux, de tartre par défaillance, des Philosophes, douce de vin);
- Sucre (de Saturne);
- Vinaigre (de Saturne, radical) ;
- Sel (de Saturne, natif de l’urine);
- Lait virginal; lait de chaux;
- l’oie (d’antimoine, de soufre, d’arsenic) ;
- Acide (des fourmis, des pommes) ;
- Terre (de l’alun, pesante), etc...
- Quelquefois, le vocabulaire est plus choisi :
- Arbre de Diane ou arbre philosophique; ileurs d’antimoine; Heurs de bismuth; fleurs d’arsenic; fleurs de soufre, etc...
- Expressions, qui, de toute évidence, tendaient à décrire le caractère artistique de certaines cristallisations. Lavoisier a très vivement protesté contre ces expressions « ridicules parce qu’elles font naître des idées fausses, parce qu’il n’existe, à proprement parler dans le règne minéral, ni beurre, ni huile, ni fleurs, et que les substances désignées sous ces noms trompeurs sont pour la plupart de violents poisons ».
- Plus tard, les liens étroits qui unirent la médecine et la chimie firent surgir, dans la littérature chimique, des noms aux consonnanees étranges empruntés à la terminologie médicale :
- Antihectique de Potérius, diaphorétique jovial, Mars diaphorétique, stomachique de Potérius, Panacée, etc..., qui représentaient tous, des produits abondants dans les officines des apothicaires.
- =i:
- *$: *
- Les essais de représentation graphique tentés pendant cette période ne réussirent pas à mettre quelque ordre dans cet assemblage de noms hétéroclites. C’est à Nicolas Lémery, le grand précurseur des chimistes modernes, que revint le mérite d’avoir donné dans son « Cours de Chvmie », paru en 1695, l’exposé le plus complet de cette représentation. Pour nous en faire une idée, il n’est que d’examiner le document reproduit ci-contre (fig. 1), donnant « l’explication des plus communs caractères ehymiques » alors en usage. Pour notre part, nous avons essayé de dégager de cet examen une idée générale. Nous n’y avons pas réussi, tant jl y a de fantaisie dans cette composition.
- On peut noter cependant que l’origine de certains caractères est évidente. C’est le cas de':
- Aquarius, bain, bain-marie, bain vaporeux, brique, eau, eau-forte, eau régale, esprit-de-vin, heure, sable, vin, or, argent.
- On reconnaît ainsi le sablier dans le signe représentatif de ï'heure; un bain, un bain-marie, un bain de vapeur, sont assez bien représentés par les premières lettres de leur nom, etc...
- Tout ceci, on le conçoit bien est purement facultatif, des signes identiques pouvant représenter au gré du chercheur, donc en dehors de toute convention, les corps les plus divers.
- Soulignons également l’emploi des signes du Zodiaque, tels que l’Astronomie les a toujours enseignés et utilisés. Nous voulons voir dans cette figuration l’empreinte des astronomes antiques, liant aux manifestations astrales les phénomènes de la première chimie.
- L’origine des autres « caractères ehymiques » demeure assez imprécise. Notons toutefois qu’il existe entre plusieurs de ces signes des rapports de logique évidents. Ainsi il était tout indiqué de représenter l’air et la terre par le môme signe •orienté dans l’un ou l’autre sens selon qu’il devait marquer la légèreté du gaz ou la pesanteur du sol.
- Toutes ces considérations nous révèlent qu’aucun plan
- d’ensemble ne se dégage de l’œuvre des alchimistes. Cette œuvre essentiellement limitée dans son but, l’Or, ne p ouvai t être féconde. Quoi qu’il en soit, la fascination exercée sur les chercheurs par le prestigieux métal nous a valu des représenta-
- tions fort imagées
- Fig. 2. — Représentation allégorique : Prière des six métaux vulgaires à leur roi, l’Or. D’après une gravure du xvc siècle, extraite de « Alchimie Moderne », par l’Abbé Moreux (Doin et Cle, éditeurs, Paris).
- des phénomènes de la transmutation.
- Le rêve de tout alchimiste était la découverte de la
- pierre philosophale, produit mystérieux, capable de transformer toutes choses, et particulièrement les métaux, en or. L’Or, roi des sept métaux de l’époque, possédait à ce titre la plus enviable perfection, vers laquelle tendaient sans cesse les six métaux vulgaires. Dans une amusante allégorie, on a représenté (fig. 2) la prière que les six métaux imparfaits adressaient à leur roi afin qu’il leur communique toutes scs
- vertus.
- Aux termes des Anciens, l’Or devait donc contenir dans sa propre substance le principe capable de lui identifier les autres métaux. Ainsi, tout être vivant porte-t-il en lui les éléments de sa reproduction. Ces considérations permirent aux alchimistes de représenter allégoriquement le problème de la transmutation des métaux (fig. 3). Cette gravure, où nous retrouvons quelques-uns des signes cités par Lémery (fig. 3) peut être interprétée comme suit :
- Le mariage philosophique du soufre philosophique (en haut et à gauche) et du mercure philosophique (en haut et à droite) issus respectivement de l’or (soleil) et de l’argent (lune) donne la pierre philosophale. Cette union philosophique du soufre et du mercure était consommée dans l’œuf des philosophes (fig. 4). De cette union (grand œuvre et phase la plus mystérieuse de l’Ancienne Alchimie) naissait la pierre philosophale représentée par un jeune enfant ailé.
- En dehors de cet important problème, on retrouve dans l’ancienne littérature bon nombre de représentations caractéristiques. Ainsi, les gaz ou « Esprits » libérés au cours d’une réaction étaient représentés par des nouveau-nés ailés, ce qui marquait évidemment la lé-gèreté avec laquelle ces pro -duits échappaient au milieu réactionnel.
- Fig. 3. — Solution du problème de la transmutation des métaux.
- D’après une gravure sur bois du xv° siècle, extraite de « Alchimie Moderne », par l’Abbé Moreux (Doin et Clc, éditeurs, Paris).
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- Le nombre sans cesse croissant des composés connus de la chimie d’une part, la découverte des lois fondamentales de la chimie moderne d’autre part, nécessitèrent et permirent l'établissement de la nomenclature actuelle.
- Dans un Mémoii’e lu le 18 avril 1787 à l’Assemblée publique de l’Académie royale des Sciences, Lavoisier a excellemment exposé les raisons qui le conduisirent de concert avec de Morveau, Berthollet et de Fourcroy à réformer et perfectionner la nomenclature de la Chimie. Nous relevons particulièrement dans ce Mémoire qu’une partie des expressions, dont on se servait en chimie à cette époque, y avait été introduite par les alchimistes ; ces savants auraient difficilement pu transmettre à leurs lecteurs ce qu’ils n’avaient pas eux-mêmes : des idées justes et vraies. De plus, leur objet n’était pas toujours de se faire entendre; ils se servaient d’un langage énigmatique à sens multiples et inexacts. Mais avant Lavoisier, cet état de choses avait été méritoireinent dénoncé
- par Lémery dans la préface de son « Cours de Chymie », ouvrage qui dé -blavait vigoureusement, devant les modernes, un terrain fort encombré.
- Le 2 mai 1787, de Morveau exposa devant l’Académie les principes de la nomenclature qu’il proposait. Celle-ci comprenait plusieurs sections :
- «) Substances se rapprochant le plus de l’état de simplicité ;
- b) Bases acidifia-bles ou principes radicaux des acides ;
- c) Substances
- métalliques ;
- d) Les terres ;
- e) Les alcalis:
- /) Enfin un appendice groupant les noms de quelques substances composées qui se combinent quelquefois à la masse des corps simples.
- On retrouvait dans le paragraphe / : le sucre, le gluten, l’amidon, les huiles, l’alcool, les éthers. Sans doute faut-il voir là, le premier embryon de la chimie organique future.
- Enfin un Mémoire de M. de Fourcroy, publié à la même époque, complète les deux premiers documents et aide à l’explication du Tableau de nomenclature approuvé par ces auteurs. Un tel travail avait pour but de « réunir, sous plusieurs classes de composés, un assez grand nombre d’exemples choisis, pour qu’on pût, à l’aide d’une étude simple et facile, appliquer cette méthode de nommer à tous les composés que les chimistes connaissent ou à ceux qui peuvent être découverts par la suite ». Et pour que toute la clarté soit faite désormais, les auteurs juxtaposèrent dans un résumé alphabétique les noms anciens et les nouveaux pour déterminer entre eux les rapports de synonymie. Plus de 700 corps sont ainsi passés en revue (acides, sels, oxydes, hydrates, etc...). Nous ne prétendons pas donner ici une étude de cette nomen-
- Fig. 4. —• L’œuf des philosophes. Naissance de la pierre philosophale.
- D’après une gravure du xv° siècle, extraite de « Alchimie Moderne », par l’Abbé Moruux (Doin et C10, éditeurs, Paris).
- clôture (plusieurs pages n’y suffiraient pas), ni relever les erreurs considérables qu’elle contient. 11 nous suffira de noter qu’elle s’est appuyée sur un essai de classification méthodique des corps, classification que nous avons résumée dans le tableau ci-joint.
- TABLEAU *
- établi d’après la « Chimie de Lavoisier »
- Mémoire de M. nu Fourcroy.
- Colonne I. — Substances non décomposées Corps se rapprochant le plus
- bb
- corps)
- Classe 1
- Lumière - Calorique Oxygène - Hydrogène.
- Classe 2
- Classe 3 (.lasse 4
- (Masse 5
- de l’idée qu’on s’est formée des éléments et qui jouent le plus grand rôle dans les combinaisons (4) ....
- Corps qui ont tous la propriété de devenir acides par-union avec l’oxygène et dits bases acidifiables.
- 4 des corps seulement obtenus ( azote - carbone à l’état simple..............( soufre - phosphore.
- / 22 autres connus en combinaison avec l’oxygène et dans l’état acide. (Pour plus de clarté, cette classification considère qu’ils sont séparés de l’oxygène. Sous ceLte forme, ils sont désignés par le nom de leur acide précédé du mot «radical ».)
- Radical muriatique, radical oxalique...
- Matières métalliques (17).
- Terres : silice, alumine, baryte, chaux, magnésie.
- Renferme les trois alcalis fixes : potasse, soude, ammoniaque.
- Colonne 11. — Substances non décomposées mises à l’état de gaz par le calorique :
- Gaz oxygène. — Gaz hydrogène. •— Gaz azotique. — Gaz ammoniacal.
- Colonne HL — Substances non décomposées combinées avec l’oxygène :
- ; Noms formés de deux mots représentant des corps com-1 posés de deux matières.
- \ Premier mot : terme générique d’acide.
- ] Second mot : spécifique de chaque acide, presque toujours a ( celui du radical indiqué colonne I.
- ( Corps saturés d’oxygène; terminés par ique : t ac. nitrique.
- gioupes j Q01.pg contenant moins d’oxygène; terminés ( par eux : ac. nitreux.
- Notions d’oxydes : corps formés par union avec une quantité d’oxygène insuffisante pour engendrer des acides*
- Colonne IV. — A. Substances non décomposées oxygénées gazeuses :
- Sont combinées avec l’oxygène et avec assez de calorique [tour être gazeuses.
- ( Gaz nitreux; gaz acide carbonique; gaz sulfureux. 6 corps < Gaz acide muriatique; acide muriatique oxygéné; ( gaz acide fluorhydrique.
- B. Oxydes métalliques avec diverses bases :
- Oxydes sulfurés;
- Oxydes métalliques alcalins.
- * Ce tableau contient des erreurs que noqs avons volontairement laissé subsister par souci historique. Le mémoire admettait que les substances dites indécomposables ne l’étaient que par rapport aux moyens d’investigation de l’époque.
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- Le premier dérive de la eombinai-oxygénée ou acide;
- Le second appartient à la base.
- Colonne V. — Substances simples oxygénées avec bases (sels neutres en général) :
- ( Bases acidiliables;
- ,, , , „ 1 Principe acidifiant ou oxygène ;
- Composes de 3substances \ ,, . ,
- 1 J Bases terreuses, alcalines ou rne-
- ( ta Uiques.
- N oms formés de 2 mots terminés par aie ou ite, selon l’étatde saturation par oxygène
- Combinaisons salines où l’acide prédomine : on ajoute à la dénomination méthodique de ces sels l’épithète « acidulé ».
- Colonne VL — Substances simples combinées dans leur état naturel (non oxygénées ou acidifiées) :
- Composés des métaux entre eux : alliages.
- Carbure de fer (plombagine).
- Sulfures métalliques (combinaisons du soufre et des métaux).
- Sulfures alcalins : gaz hydrogène sulfuré.
- Phosphures.
- *
- * *
- Depuis Lavoisier, que de chemin parcouru ! Grâce à l’appui de méthodes expérimentales de plus en plus subtiles, la chimie s’est modifiée et complétée. Des corps nouveaux, éléments ou composés, ont été découverts ou créés de toutes pièces. La chimie organique est née et, avec elle, sa cohorte de composés innombrables et complexes. Aussi bien, la classification de Lavoisier et autres Berthollet, n’a plus aujourd’hui, en raison
- — ...................... = 229 =
- de ses inexactitudes ou de son insuffisance, que la valeur d’un principe. Mais la valeur de ce principe n’est pas négligeable si l’on veut bien considérer qu’il fut le pivot de la chimie moderne et que notre nomenclature actuelle n’est; en définitive qu’une réédition revue, complétée et corrigée de l’œuvre de Lavoisier. Désormais, les lois de la nomenclature nous permettent dans leur précision :
- 1° De prévoir la constitution des corps, connaissant leur nom d’abord, leur formule ensuite;
- 2° Connaissant la constitution d’un corps et ses qualités, de déterminer son nom, sa formule et sa situation dans le domaine chimique;
- 3° De traduire quantitativement et qualitativement, sous une forme concrète, les réactions réciproques des corps eL le résultat de ces réactions.
- Ne sont-ce pas là les fondements de la chimie la plus élémentaire et la plus sûre ?
- Sans doute, la chimie est aujourd’hui intimement liée à la physique, à la biologie, à la minéralogie, à la géologie, etc... Mais toutes ces sciences sont intervenues en apportant seulement à la chimie des éléments constructifs nouveaux qui étendent le domaine de la recherche et en facilitent l’exploration. Tous ces éléments se groupent dans des chapitres complémentaires qui, n’altèrant en rien la nomenclature chimique, favorisent seulement le développement de la chimie.
- Ainsi, l’évolution de la nomenclature chimique au cours des âges mesure l’irrésistible progrès, les tendances aussi d’une science prodigieuse. C’est ce progrès, ce sont ces tendances qu’en définitive, nous avons voulu souligner.
- G. Rapin.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- RÉCUPÉRATION DE L’ARGENT DES BAINS PHOTOGRAPHIQUES ÉPUISÉS
- La hausse actuelle du cours de l’argent métal rend intéressante la récùpération des quantités relativement importantes de ce métal qui demeurent dans les bains photographiques et cinématographiques. A titre d’indication, on admet que les bains de fixage cinématographique doivent être changés quand ils contiennent 5 gr d’argent par litre. La Sté Rhône-Poulenc indique, d’après M. L. P. Clerc, la technique de récupération suivante.
- Dans une barrique cerclée de bois, placée en plein air, et dont le tond supérieur a été enlevé, on verse les vieux bains de fixage et, si l’on veut,les vieux bains de révélateur; le tonneau doit être surélevé sur des piles de briques de 40 cm et porter au quart de sa hauteur une canelle en bois pour l’écoulement des boues d’argent.
- Le tonneau étant rempli jusqu’aux 3/4, on ajoute du mosonulfure de sodium dissous dans un peu d’eau bouillante, à raison de 10 gr de monosulfure par litre de bain à traiter; on brasse fortement à l’aide d’un bâton et on laisse reposer 24 h. On vérifie qu’il existe du mono-sull'ure en excès, au moyen d’un papier filtre imbibé d’acétate de plomb, puis on vide le liquide à travers la canelle et on filtre sur une chausse en feutre; les boues retirées par la bonde inférieure sont mises à sécher dans une cuvette. Le tout est ensuite envoyé chez un fondeur d’argent spécialisé dans ce genre d’affinage.
- CONSERVATION DES JUS DE FRUITS
- MM. Henri de Rothschild et Mazé viennent de faire connaître à l’Académie de Médecine un nouveau procédé de conservation des jus de fruits, à faible température sous vide, qui a l’avantage de conserver les qualités et la saveur des fruits frais.
- Voici comment ils le décrivent :
- Le jus extrait mécaniquement est tamisé et « homogénéisé » quand il est accepté avec sa pulpe; il est filtré, lorsque la pulpe ne lui confère aucune qualité. Les jus ainsi obtenus sont reçus dans des flacons qui sont bouchés sous vide. Ils sont portés immédiatement à 70° au bain-marie pendant dix minutes, et abandonnés à un refroidissement lent à la température ambiante.
- Ce premier chauffage détruit les microbes susceptibles de se déve-
- lopper dans ces jus; il peut toutefois respecter quelques spores de champignons, qui ne peuvent pourtant évoluer à l’abri de l’air; le refroidissement lent et un séjour de vingt-quatre heures à une température supérieure à 20° ont pour but de provoquer sinon leur germination, du moins une action de gonflement et d’hydratation qui les rend sensibles à un second chauffage à 70° pendant dix minutes.
- Les jus ainsi traités se conservent indéfiniment, comme l’expérience l’a montré après deux ans d’application, sous la réserve que la fermeture ne soit pas dérangée par un choc accidentel. On peut d’ailleurs vérifier facilement que les jus sont intacts par l’artifice du marteau d’eau, que tous les flacons réalisent parfaitement, sauf accident de fermeture ou fermentation du jus.
- On conçoit aisément le rôle des opérations essentielles que comporte ce procédé. Le chauffage modéré sous vide respecte les vitamines sans produire de goût de cuit notable; le jus perd souvent un peu de son âpreté naturelle et acquiert plus de moelleux; les arômes sont bien conservés. En un mot, les jus ainsi traités possèdent les qualités des fruits frais et se prêtent aux mêmes applications, soit comme aliment de régime normal, soit comme aliment médicament et aussi comme boisson laxative possédant toutes les qualités nécessaires pour satisfaire les goûts les plus exigeants.
- POUR DÉSODORISER L’HALEINE
- L’oignon, l’ail ont un parfum et une saveur qui enchantent beaucoup de gourmets. Malheureusement, ils laissent ensuite à l’haleine une odeur forte et désagréable qui oblige trop souvent à les exclure de la cuisine.
- Ils contiennent en effet des huiles essentielles dont on a longtemps cru qu’elles s’éliminent par les poumons, avec l’air expiré.
- La Presse Médicale nous révèle qu’il n’en est rien, d’après les recherches de MM. Howard W. Aggard et Léon A. Greenberg. L’odeur de l’haleine tient uniquement à la persistance dans la bouche et sur la langue de petites particules des bulbes ingérés et mâchés.
- Et, recette plus précieuse encore, on peut faire disparaître instantanément l’odeur tenace, dans la bouche comme sur les doigts, en employant la chloramine au centième. Pour les dents et la langue, il suffit de se rincer la bouche soigneusement avec la dissolution.
- Qu’on se le dise et que les cuisinières n’aient plus scrupule à parfumer les mets de beaucoup d’ail et d’oignon !
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- LA VOUTE CELESTE EN AVRIL 1936 (L)
- Les observateurs auront bientôt une très intéressante occultation à suivre : celle de l’étoile |j des Gémeaux, le 25 avril (voir plus loin). Ci-après, on trouvera la description complète des phénomènes célestes qui se produiront ce mois-ci, tous accessibles aux petits instruments.
- I. Soleil. — Le Soleil, en avril, continue son mouvement ascendant dans le ciel et se rapproche du pôle Nord. Sa déclinaison, de + 4° 35' le 1er avril, atteindra + 14° 48' le 30. La durée du jour croît encore fortement en ce mois; elle sera de 12“ 50m le 1er et de 14“ 29m le 30. Ces durées sont celles de la présence du centre du Soleil au-dessus de l’horizon de Paris.
- Le jour lui-même est beaucoup plus long, si on désigne ainsi la période diurne pendant laquelle il fait clair. Il convient d’augmenter les valeurs ci-dessus d’environ 1“ 15m pour avoir la durée du jour, crépuscule civil compris. On sait que le crépuscule civil cesse le soir (ou débute le matin), lorsque le centre du Soleil est situé à 6° au-dessous de l’horizon. A ce moment, les étoiles de lre magnitude commencent à paraître, le soir, ou à disparaître à la vue simple, le matin.
- Voici le temps moyen à midi vrai, de deux en deux joui’s :
- Date. Heure du passa;
- Avril 1er 11“ 54* u 36s
- — 3 11 54 0
- — 5 11 53 25
- * — 7 11 52 50
- — 9 11 52 17
- — 11 11 51 44
- — 13 11 51 13
- — 15 11 50 42
- — 17 11 50 14
- — 19 11 49 47
- — 21 11 49 21
- — 23 11 48 58
- — 25 11 48 36
- — 27 11 48 16
- — 29 11 47 58
- Fig. 1.— Marche sur le ciel de la pelile planète Pallas (2) du 6 avril au 16 mai 1936.
- Cette petite planète sera en opposition le 24 avril et brillera alors comme une étoile de magnitude 7 m,S.
- Voir au « Bulletin astronomique » du n° 2968 la définition des termes P, B0, L0.
- Lumière zodiacale; lueur anti-solaire. — La lumière zodiacale est particulièrement bien visible en avril dans nos régions; c’est peut-être la meilleure époque pour l’observer, le soir, à l’Ouest. La période la plus favorable sera celle du 10 au 22 avril, pendant laquelle la Lune ne gênera pas.
- La lueur anti-solaire est maintenant peu élevée sur l’horizon, à minuit. Elle est pratiquement invisible en France. Par contre, à cette époque, elle sera très bien placée dans les régions équatoriales, passant au zénith ou à peu près des pays situés par 4 degrés de latitude sud au début du mois; par 10 degrés vers le 15 et par 14 degrés le 30.
- II. Lune. — Les phases de la Lune, pendant le mois d’avril» se produiront comme suit :
- P. L. le 6, à 22“ 46“ ! N. L. le 21, à 12“ 33“
- D. Q. le 14, à 21“ 21“ i P. Q. le 28, à 11“ 16“
- Age de la Lune, le 1er avril, à0“ (T. L.) — 858; le 22 avril, = 0',5. Pour, avoir l’âge de la Lune, à une autre date du mois à 0“, ajouter 1 jour par jour écoulé depuis le 1er ou le 22.
- Plus grandes déclinaisons de la Lune en avril : le 12, à 3“ = ;— 24° 29'; le 24, à 18“ = + 24° 25'. On remarquera la faible hauteur de la Lune dans le ciel dans la nuit du 11 au 12 avril, .vers 3“ 45™ du matin.
- Apogée de la Lune (plus grande distance à la Terre), le 6 avril, à 6“. Parallaxe = 53'57". Distance = 406450 km.
- Périgée de la Lune (plus petite distance à la Terre), le 20 avril, à 20“. Parallaxe = 61'17". Distance = 363750 km.
- Occultations d’étoiles par la Luné. — Le 1er avril, occultation de 222 B. Cancer (6,n,3) ; immersion à 23“ 9m,5.
- Observations physiques. — Observer — et photographier — chaque jour de beau temps la surface solaire.
- L’observation régulière et fréquente du Soleil offre un grand intérêt en augmentant les chances de ne pas laisser passer inaperçu un phénomène solaire de courte durée, comme on en a déjà vu.
- Pour orienter les dessins et les photographies du Soleil, on utilisera les données du tableau suivant :
- Dates. P B0 La
- Avril 3 — 26°34 — 6°39 237°82
- — 8 — 26,40 — 6,07 171,83
- — 13 — 26,26 — 6,71 105,82
- — 18 — 25,94 — 5,30 39,80
- — 21 — 25,67 — 5,04 0,18
- — 26 — 25,06 — 4,58 294,12
- — 30 — 24,43 — 4,19 241,26
- 1. Toutes les heures figurant dans le présent « Bulletin astronomique » sont exprimées en « Temps universel » (T. U.), compte de 0“ à 24“, à partir de 0“ (minuit). Le « Temps universel » a été déiini ici même (voir le n° 2964, du Xor novembre 1935, p. 407). Pendant la période d’application de l’heure d’été, ajouter 1 heure à toutes les heures indiquées eir ce Bulletin.
- Le 4, occultation de e Lion (5,n,t);, immersion à 22“ 36m,5.
- Le 9, occultation de 9 G. Balance (6“,5) ; émersion à 0“ 43”,5.
- Le 25, occultation de p. Gémeaux (3m,5) ; immersion à 21“ 54“,0; émersion à 22“ 39“,5. Très belle occultation. La Lune présentera une phase intermédiaire entre la nouvelle Lune et le premier quartier. L’étoile disparaîtra derrière le limbe obscur, quoique encore bien éclairé par la lumière cendrée; elle réapparaîtra au limbe brillant, à l’Ouest-Sud-Ouest. Les renseignements précédents sont relatifs à Paris. A Alger, il n’y aura pas occultation de l’étoile, qui restera à une petite distance du bord sud de la Lune. Il y aura donc quelque part, entre Paris et Alger, une zone pour laquelle l’étoile frôlera le bord lunaire.
- Les observateurs qui constateront ainsi le passage de jjl Gémeaux juste au bord lunaire sont priés de nous faire part de leur observation.
- Utiliser une petite lunette et bien remarquer si l’étoile ne subit pas une ou plusieurs éclipses, quand son rayon lumineux visible au fond de vallées lunaires est intercepté par les aspérités importantes du sol.
- Le 29 avril, pour Saigon, occultation de 0 Lion (3“,8) ; immersion à 22“ 3ra; émersion à 22“ 49“ (heure du fuseau VII) (heures calculées par M. Ch. Bertaud, à 3 ou 4 minutes près).
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- Les observateurs de Saigon sont priés d’adresser leurs observations, avec l'heure précise des contacts.
- Lumière cendrée de la Lune. •— Elle sera très belle les soirs des 23, 24, 25 et 26 avril, surtout le 24. Observation à faire avec une jumelle lumineuse.
- Marées; Mascaret. — Les plus “ramies marées du mois se produiront à l’époque de la nouvelle Lune du 21. Voici quelques-unes de ces plus grandes marées, heure de la pleine mer à Brest :
- Date. Marée du matin. Marée du soir.
- Heure. Coefficient. Heure. Coefficient.
- Avril 19 1“ 52“ 0,82 14" 16'" 0,89
- — 20 2 38 0,96 15 1 1,02
- — 21 3 24 1,07 15 46 1,10
- 22 4 8 1,11 16 31 1,10
- — 23 4 52 1,08 17 15 1,04
- — 24 5 38 0,99 17 59 0,93
- >7 _o 6 22 0,86 18 46 0,78
- Voici l’heure d’arrivée Villequier et Caudehec : probable du Mascaret à Quillebeuf,
- Dates. Coefficient Heure d’arrivée du mascaiet à :
- de la marée. Ouillebeuf. Villequier. Caudehec.
- Avril 21 1,07 7 ii 4 m 7 ii 4D" 7" 50'"
- — 21 1,10 19 23 10 0 20 9
- 22 1,11 7 43 8 20 8 29
- 22 1,10 20 4 20 41 20 50
- — 23 1,08 8 24 9 1 9 10
- — 23 1,04 20 47 21 24 21 33
- 111. Planètes. — Le tableau ci-après a été dressé à l’aide des données de l’Annuaire astronomique Flammarion. Il con-
- tient les renseignements les plus importants pour rechercher et observer les planètes principales pendant le mois d'avril 1936.
- Mercure sera inobservable ce mois-ci. Il se trouvera en conjonction supérieure avec le Soleil le 10 avril, à 13”.
- Vénus est également inobservable, elle est trop près du Soleil; on pourra essayer de la voir en plein jour, avec un équatorial.
- Mars est inobservable. On pourra également essayer de le voir, après le coucher du Soleil, avec un équatorial, mais si on Je découvre à l’horizon, on n'effectuera aucune observation utile.
- Pallas, la seconde des petites planètes qui circulent entre Mars et Jupiter, découverte par 01 bers le 28 mars 1802, passera en opposition le 24 avril. Elle atteindra la magnitude 7,8.
- L’Annuaire astronomique Flammarion donne, d’après les éphémérides calculées à l’Institut, astronomique de Léningrad, par Mlle N. Boeva, les positions suivantes, pour permettre de rechercher cette planète à l’équatorial :
- Date (T. U.). Ascension droite.
- Déclinaison.
- 1936 Avril 6,0
- — — 14,0
- — — 22,0
- — — ' 30,0
- 14" 13'", 9 14 13 ,9 14 7 ,6
- 14 1 ,3
- + 17°41' + 19 41 + 21 33 + 22 59
- Notre petite carte (ligure 1) montre la marche de Pallas sur le ciel pendant sa période d’opposition, c’est-à-dire du 6 avril au 16 mai.
- Cérès, la petite planète n° 1, passera en opposition le 16 mai prochain. On pourra la rechercher à cel te position en avril ;
- Date (T. U.) Ascension droite. Déclinaison.
- 1936 Avril 30,0 15" 42",G — 10° 55'
- Au moment de l’opposition,Cérès at teindra la magnitude 7,3.
- Jupiter devient de mieux en mieux visible et se lève à présent avant, minuit. Diriger sur lui une petite lunette. Le plus faible instrument permet de voir les bandes nuageuses de sa surface et de suivre les curieux phénomènes produits par les quatre principaux satellites dans leurs révolutions autour de, leur astre central. En voici, d’autre part, la liste pour avril.
- ASTRE Date : Avril. Lever à Paris. Passage au Méridien de Paris. Coucher à Paris. Ascen- sion droite. Déclinai- son. Diamètre •apparent. Constellation et étoile voisine. VISIBILITÉ
- 6 5" 20'" 11" 53m 8S 18" 27‘” + 6° 39' 32' 0'',3 Poissons 1 1 )
- Soleil . . . ) 18 4 56 11 50 0 18 45 1 45 10 52 31 53,7 Poissons > »
- ) 30 4 34 11 47 50 19 3 2 30 + 14 48 31 37,7 Bélier
- 6 5 20 11 39 18 1 0 43 + 3 7 5,0 Poissons Inobservable, en conjonc-
- Mercure . . S 18 5 11 12 24 19 39 2 15 + 14 3 5,2 Bélier ' lion, le 10, avec le
- ) 30 5 7 13 3 21 1 3 42 + -22 3 6,6 Pléiades Soleil.
- I 6 4 47 10 34 16 22 23 40 — 3 48 10,8 20 Verseau
- Vénus . . . ' 18 4 28 10 41 16 56 0 34 + 1 59 10,6 Poissons ‘ Inobservable.
- , 1. 30 4 8 10 48 17 30 1 28 + 7 42 10,2 Poissons 1 .
- 6 5 55 12 57 20 0 2 3 + 12 27 4,0 J Poissons
- Mars . ; ,. ; . ) 18 5 26 12 44 20 2 2 37 + 15 26 3,8 Bélier ^ Inobservable.
- 30 4 59 12 31 20 3 3 12' + 18 2 3,8 Bélier
- Jupiter. . . 18 23 28 3 42 7 51 17 35 — 22 43 39,0 j 58 Ophiuehus Seconde partie de la nuit
- Saturne.- . 18 3 51 9 25 14 58 23 19 — 6 22 14,4 es Verseau Inobservable.
- Uranus. . . 30 4 28 11 32 18 36 2 14 + 12 59 ‘ 3,2 Bélier Inobservable.
- Neptune. 30 . 13 43 20 19 2 49 11 3 + 7 11 2,4 y Lion Presque toute la nuit.
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- Phénomènes du système des satellites de Jupiter.
- Date : Avril. Heure. Satel- lite. Phéno- mène. Date : Avril. Heure. Satel- lite. Phéno- mène.
- 3 3" 20“ 1 O. c. 19 1" 34™ I O. c.
- 3 4 31 I P. c. 19 2 37 1 P. c.
- 4 4 3 I Em. 19 3 45 1 O. f.
- 5 1 9 I P. f. 20 2 8 I Em.
- 7 3 18 II O. c. 23 2 34 II E. c.
- 9 2 24 II Em. 24 4 6 III O- c.
- 10 0 49 III P. c. 25 0 19 II O. f.
- 10 3 18 III P. f. 25 2 15 II P. f.
- 11 2 32 I E. c. 26 3 28 1 O. e,
- 12 0 48 I P. c. 26 4 25 I P. c.
- 12 1 52 I O. f. 27 0 47 I E. c.
- 12 2 59 I P. f. 27 3 56 I Em.
- 17 0 9 III O. c. 28 0 7 I O. f.
- 17 2 37 III O. f. 28 0 29 III Em.
- 17 4 30 III P. c. 28 1 3 1 P. f.
- 18 4 26 I E. c.
- Jupiter sera stationnaire le 10 avril à 17".
- Saturne est encore inobservable, trop rapproché du Soleil (avec lequel il s’est trouvé en conjonction le mois dernier). Voici les éléments de l'anneau à la date du 12 avril :
- Grand axe extérieur................ 35”,81
- Petit axe extérieur................ + 1”,33
- Hauteur de la Terre au-dessus du
- plan de l’anneau................. 4- 2°, 12
- Hauteur du Soleil au-dessus du plan
- de l’anneau...................... -j- 3°, 83
- On remarquera, en consultant ces éléments, que nous donnons toujours sans interruption, que le petit axe de l’anneau extérieur diminue de plus en plus. Dès à présent, l’anneau est à peu près fermé et il se présente à nous presque par la tranche. Nous aurons l’occasion d’y revenir fréquemment dans les prochains « Bulletins astronomiques ».
- Uranus est inobservable, il se trouvera en conjonction avec le Soleil le 25 avril, à 22".
- Neptune est encore visible presque toute la nuit; il se trouve à peu de distance de l’étoile a Lion. Pour le trouver, utiliser une petite lunette et la carte de son mouvement sur le ciel (voir « Bulletin astronomique » du n° 2970, fig. 1).
- IV. Phénomènes divers. — Conjonctions :
- Le 4, à 10" Neptune en conjonction avec la Lune, à 6° 12' N. Le 8, à 4" Mars •— Saturne, à 0° 25' N.
- Le 12, à 13", Jupiter en conjonction avec la Lune, à 1° 39' N. Le 17, à 15", Mercure Le 18, à 21" Saturne Le 20, à 10", Vénus Le 21, à 22", Uranus Le 22, à 12", Mercure Le 22, à 12", Mars Le 22, à 16", Mercure Le 24, à 23", Mercure
- Uranus, à 0°56' N. la Lune,à 7° 15' S.
- .. à 7° 5' S.
- à 5° 4' S.
- — à 2° 40' S.
- — à 3° 55' S.
- à 1°17'N.
- Mars,
- Etoile Polaire; Temps sidéral. -de l’Etoile Polaire au méridien de
- o Bélier (4“,5), à 0° 8' S. - Voici quelques passages
- ans :
- Date.
- Avril 10
- — 14
- — 14
- — 20
- — 30
- Passage.
- Inférieur
- 1 leure.
- 0" 17ni 45" 0 2 2 23 58 6
- 23 34 31 22 55 15
- Temps sidéral à 0" (T. U.) pour le méridien de Greenwich.
- 13" 12“ 11s 13 27 57 13 27 57
- 13 51 36
- 14 31 2
- Etoiles variables. — Minimum d’éclat, visible à l’œil nu, de l’étoile Algol ([Ü Persée), variable de 2m,2, à 3“,5 en 2,30"48|M : le 9 à 22" 11m.
- Le 2 avril, maximum, d’éclat de y Cygne, variable de 4,u,2 à 14m,0 en 413 jours.
- Etoiles filantes. — Le principal essaim actif en avril est celui des Lyrides, qui donne, du 19 au 22, des météores rapides, provenant de la région de 104 Hercule. Voici les radiants que l’on devra surveiller ce mois-ci :
- Époque. Ascension droit .e. Déclinaison. Étoile voisine
- Avril 9 255" |~ 36» TT Hercule
- — 16 au 30 206 -I- 13 Y] Bouvier
- — 19 au 22 271 + 33 104 Hercule
- — 29 et 30 326 2 a Verseau
- V. Constellations. — L'aspect de la voûte céleste le 1er avril, à 21", ou le 15 avril à 20", est le suivant :
- Au Zénith: la Grande Ourse: L’étoile y. de cette constellation marque presque exactement le zénith.
- Au Nord: la Petite Ourse; Céphée; Cassiopée.
- Au Nord-Est: le Dragon.
- A l'Est : le Bouvier; la Couronne boréale; le Serpent; Hercule.
- Au Sud-Est: le Corbeau; l’Hydre; la Licorne; le Petit Chien.
- A l’Ouest: Orion, le Taureau; les Gémeaux, Sirius, au Sud-Ouest, va disparaître.
- Em. Touciif.t.
- CAUSERIE PHOTOGRAPHIQUE
- But poursuivi. •— L’accueil très favorable réservé par les lecteurs de cette revue à une petite note de photographie « pratique » parue récemment ici j1) nous engage a développer ces entretiens sur la Photographie.
- La « Causerie photographique » (tel est le titre général sous lequel ils seront présentés) s’adresse aux « amateurs de photographie ». Un « amateur » est celui qui a un goût marqué pour une chose, qui y prend un grand intérêt; ainsi un amateur d’art est celui qui cultive la poésie, les beaux-arts, sans en faire profession. Cette explication du dictionnaire, étendue à 1. N° 2967, du 15 décembre 1935, p. 581.
- la photographie, définit immédiatement « l’amateur photographe » : c’est celui qui a un goût marqué pour la photographie, qui s’intéresse à ses progrès, à ses applications, cherche lui-même à obtenir de beaux résultats, essaie de les rendre plus parfaits, plus artistiques. L’amateur photographe s’apparente ainsi d’assez près à l’amateur d’art. S’il subsistait quelque doute à ce sujet, il suffirait de visiter les expositions de photographie pour être fixé.
- Ceci posé, nous constatons qu’il y a trois catégories distinctes de personnes qui s’occupent de photographie : 1° les professionnels, pour lesquels la photographie est un métier4
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- 2° les amateurs; 3° l’innombrable armée des personnes qui, possédant des appareils — souvent très perfectionnés —, prennent parfois des vues à tort et à travers, dans des conditions d’éclairage invraisemblables, puis les portent à développer et à tirer sur papier, à des opérateurs spécialisés.
- Il est juste de dire qu’il existe une catégorie intermédiaire entre la première et la seconde, celle des amateurs qui s’intéressent aux applications artistiques ou scientifiques de la photographie. Us sont ainsi un petit nombre qui appartiennent à la fois aux deux catégories : leur habileté, leur technique, leur permettent d’exécuter certains travaux spéciaux rétribués mais, en général, ils font de la photographie pour eux-mêmes, par plaisir ou par passion, si l’on peut dire (*).
- Les vrais amateurs constituent donc, au milieu de l’armée des « preneurs de clichés », une minorité. Nous pensons qu’ils accueilleront avec bienveillance ces articles qui sont écrits à leur intention. Mais notre grand désir serait de voir une bonne partie des personnes de la troisième catégorie s’intéresser à ces causeries, et de les engager à mettre, si l’on peut dire, «la main à la pâte » en effectuant, elles-mêmes, toutes les opérations photographiques.
- Celui qui n’a pas pratiqué la photographie ignore les joies qu’elle procure : avec quelle émotion, au cours du développement, l’on voit apparaître telle scène, tel portrait, tel paysage pris lors d’un voyage ! Et quels regrets, quelle désillusion quand on constate qu’un cliché, qui paraissait si beau en lumière rouge, est bougé, taché, rayé, etc.
- Les vrais amateurs photographes peuvent certifier qu’ils ont vécu d’agréables heures dans leur laboratoire, avec parfois des moments de découragement. Ceux-ci sont vite oubliés lorsque, après avoir vaincu une série de difficultés, une belle épreuve vient enfin récompenser tant d’efforts.
- La multiplication des appareils à pellicules a accru, dans des proportions considérables, le nombre des personnes qui prennent des photographies et les portent ensuite à l’opérateur spécialiste pour les révéler et tirer sur papier. Il est commode, en effet, de développer une plaque ; il est plus délicat de développer une bobine de film qui a près d’un mètre de longueur. Le développement dans une cuvette, où l’on fait passer le film d’un mouvement de va-et-vient et d’un bout à l’autre, est déjà assez incommode en lumière rouge ou verte. Il devient impossible, autant dire, avec les films panchromatiques modernes si l’on ne veut pas pratiquer la désensibilisation préalable.
- Mais aujourd’hui on trouve dans le commerce des cuves spéciales, de la grosseur d’un pot à confitures, munies ou non d’un thermomètre, qui permettent le développement, le lavage et le fixage des pellicules en plein jour : seul le chargement du film dans la cuve doit se faire dans l’obscurité. Ainsi, moyennant une dépense peu élevée, l’on peut développer facilement, chez soi, tous les clichés que l’on a pris.
- Le tirage sur papier, une fois la pellicule séchée (coupée ou non), peut se faire sans aucune difficulté, en tenant compte de la valeur des clichés.
- Notre pensée n’est, pas de nous élever ici contre les opérateurs qui procèdent au développement des pellicules et au tirage des épreuves à la demande des clients. Mais quelle que soit
- 1. L’examen des listes des sociétés photographiques montre combien sont relativement peu nombreux les véritables amateurs. On pourrait citer l’exemple d’une Société photographique dont le siège est à Paris, qui est, si l’on peut dire, la Société de Photographie par excellence, et qui compte environ un millier de membres, malgré son ancienneté. Et encore, parmi ces membres, on trouve un assez grand nombre de constructeurs et de professionnels. Or, si l’on en juge par le nombre des appareils que l’on voit surgir partout aux beaux jours, c’est par milliers et par dizaines de milliers qu’il faut compter ceux que l’on a un peu dédaigneusement nommés les « presse-bouton ».
- 233 =
- leur bonne volonté, leur habileté — que nous ne mettons pas en doute —, il leur est impossible de tirer des documents qu’on leur apporte le parti « optimum ». En effet, les pellicules sont plongées dans de hautes cuves où elles séjournent un temps déterminé (qui dépend de la nature du révélateur, de sa concentration, de son degré d’usure et de la température). En général un opérateur habile a soin de maintenir le révélateur dans un état d’énergie à peu près constante. Lorsqu’il sort la pellicule de la cuve pour la passer au lavage et au fixage, il constate souvent que certains clichés sont noirs, opaques; d’autres sont gris; d’autres transparents !! Que peut-il faire alors, à moins de couper le film et d’essayer de pousser le développement des vues trop faibles ? S’il replonge le film tout entier, les vues noires seront encore plus opaques, les détails des vues transparentes monteront à peine. La pellicule est donc fixée et l’on s’en remettra à l’espoir d’obtenir de bonnes images en adaptant à chacun des clichés un papier de gradation appropriée.
- Que peut faire l’amateur soucieux d’obtenir un bon résultat, c’est-à-dire, avant tout, de bons négatifs ?
- Le développement en cuve pourra toujours lui réserver des surprises. Il préférera le développement en cuvette après désensibilisation. Suivant l’aspect des différentes vues après quelques minutes de développement, il pourra les détacher avec des ciseaux, et les traiter ensuite séparément. Ce procédé est évidemment inapplicable par le spécialiste qui opère sur un grand nombre de films à la fois.
- Pour le tirage des épreuves sur papier, la difficulté est peut-être plus grande. L’opérateur spécialiste doit tirer, surtout à certains moments de l’année (retour des vacances, etc.), des centaines d’épreuves par jour; il se sert d’une tireuse et le travail se fait en série : il se contente généralement de faire varier le temps d’exposition suivant l’aspect des clichés. Il remet aux intéressés des épreuves très propres, bien glacées, avec marges blanches impeccables. Mais si certaines épreuves sont très belles, d’autres laissent beaucoup à désirer. En général on utilise un papier « dur », car souvent les clichés sont faibles, sous-exposés. Alors, dans certaines épreuves, les lointains disparaissent, confondus avec le ciel ; dans cette aut re, la mer, penche dangereusement et dans celle-ci les pieds de bébé sont amputés par la belle marge blanche, etc.
- L’amateur qui tire lui-même ses épreuves aura soin, dans les premières vues, de poser le ciel plus que le paysage, qu’il cachera avec un écran de carton mobile; il pourra aussi incliner la cuvette pour faire agir davantage le révélateur sur le ciel ; pour la vue marine, il utilisera un cache plus petit de manière à donner à la ligne d’horizon une position plus conforme à nos habitudes; enfin, il décalera vers le bas la marge de la troisième vue pour restituer à bébé les pieds auxquels il a droit et qui se trouvent effectivement au bord du négatif !
- Ayant bien défini le but poursuivi dans la « Causerie photographiques », nous nous efforcerons de l’atteindre au moyen d’articles pratiques, illustrés d’exemples et de photographies, sur la plupart des questions, si complexes, qui se posent à l’amateur photographe. Il est bien entendu qu’il ne s’agira pas d’un cours de photographie, mais d’un exposé de diverses questions, présentées parfois sans ordre apparent.
- La « Causerie » ne donnera pas la description des nouveaux appareils ou l’exposé des derniers perfectionnements réalisés soit en optique, soit dans les accessoires ou encore dans la fabrication des surfaces sensibles. Ces nouveautés sont décrites, par ailleurs, dans la Revue. Le problème que nous nous proposons de résoudre est celui-ci : nous possédons un appareil photographique quelconque; comment l’utiliser pour obtenir de bons clichés, de belles épreuves, d’excellents positifs ou de beaux agrandissements ?
- Em. Touciiet.
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- LIVRES NOUVEAUX
- Hommes et choses de science, par Maurice (I’Ocagne (3e série). 1 vol.. 2S0 p., Vuibert, éditeur, Paris, 1936.
- M. d’Ocagne nous donne ici une nouvelle série de causeries familières sur des sujets scientifiques; les unes ont trait à l’objet même des mathématiques ou de l’astronomie, sciences auxquelles l’auteur a consacré sa belle carrière. Les autres sont des biographies abrégées d’hommes de science; rien de plus attrayant ni de plus instructif que l’évocation de grands inventeurs comme D. Papin, Conté, G. Claude, de grands ingénieurs comme Vauban, Riquet, Prony, Dupin, de grands savants comme Lavoisier, Berthollet, Gay-Lussac, Réaumur, P. Duhem, L. de Broglie.
- Signalons aussi la vivante étude sur Napoléon et les savants; on sait que Napoléon avait un goût marqué pour les sciences exactes et dans ses amitiés a marqué une prédilection pour les hommes de science : Laplace, Monge, Lacépède, Berthollet, notamment, jouirent de ses faveurs. Les dames liront avec intérêt une dissertation sur le rôle intellectuel des femmes où l’auteur conclut nettement en leur faveur.
- Annuaire astronomique et métêOTologique,
- Camille Flammarion pour 1936, publié par l’Observatoire de Juvisy. 1 vol. de 435 p. avec 94 fig., cartes, diagrammes, notices et 2 frontispices. Flammarion, Paris, 1936. Prix : 12 fr.
- Grâce aux perfectionnements constamment apportés dans le développement ou la présentation de ses tableaux, graphiques et notices sur les questions a l’ordre du jour, cette excellente publication rend à tous, professionnels ou amateurs, les plus signalés services.
- Fisica ge neral, por el Dr Ramon G. Loyarte. T. IV. (Electricité et magnétisme). 1 vol., 548 p., 412 fig. Université nationale de la Plata (Rép. Argentine), 1935.
- Le D' Loyarte continue la publication de son cours de physique générale par ce volume consacré à l’électricité et au magnétisme; le savant auteur a adopté pour son exposé l’ordre autrefois classique qui débutait par l’électricité statique et le champ de force électrostatique, puis continue par le magnétisme et le champ de force magnétique, n’abordant qu’ensuite le courant électrique et les lois de l’induction électro-magnétique. Cet ordre nous paraît le plus logique, et en même temps celui qui convient le mieux à l’enseignement. Nous ne pouvons qu’approuver l’auteur argentin de n’avoir pas cherché à innover dans ce domaine, et nous souhaiterions vivement que son exemple soit imité en France. Son sobre exposé est très clair et rendra de grands services aux lecteurs de langue espagnole; la fin de ce volume donne d’intéressants aperçus sur les problèmes modernes de la constitution électrique de la matière.
- Electrolytic oxidation and réduction : inorganic and organic, par S. Glasstone et A. Hicicling. 1 vol. in-8, 420 p., 31 fig. Monographs on applied chemistry. Chapman et Hall, London, 1935. Prix : relié toile, 25 sh.
- Les phénomènes d’électrolyse, les oxydations et les réductions qu’ils peuvent provoquer, apparaissent de plus en plus comme l’essentiel des réactions chimiques et biologiques et trouvent chaque jour de nouvelles applications industrielles. L’excellente collection des monographies de chimie appliquée s’enrichit d’un précieux volume qui réunit l’abondante documentation éparse actuellement, tant en chimie minérale qu’organique, et qu’ils essaient de coordonner selon des principes claffement énoncés. On y trouve traité en une série de chapitres : les potentiels d’électrodes réversibles, la polarisation et le survoltage, les phénomènes de diffusion en électrolyse, les processus d’oxydation et de réduction, réversibles et irréversibles, organiques et inorganiques, la polymérisation des anions, les substitutions ano-diques. Les données théoriques et expérimentales précèdent chaque fois une série d’exemples choisis parmi les processus ayant déjà trouvé des applications industrielles intéressantes.
- L’Encyclopédie de l'électricité automobile, par
- H. Lanoy (2e édition). 1 vol. 242 p., 511 fig. Édition Auto-Volt, 29, rue Championnet, Paris, 1935. Prix : 20 fr.
- L’électricité a pris, à bord des automobiles, une place sur laquelle il est inutile d’insister. M. Lanoy, dans son excellente encyclopédie, étudie successivement chacun des organes électriques de la voiture et en quelques pages en donne la théorie, en explique le fonctionnement, en décrit les réalisations, en accompagnant ses très claires explications d’utiles conseils pratiques. On passe ainsi en revue : la batterie, la génératrice, le démarreur, le dynamoteur, le conjoncteur-disjoncteur, le contacteur, l’appareil d’allumage, les appareils d’utilisation : phares, avertisseurs, etc.; les canalisations, les fusibles, le tableau de bord, les appareils de sûreté. Chemin faisant, il donne aussi d’utiles indications historiques, et en particulier nous révèle les noms de deux inventeurs français : Boudeville, créateur en 1903 de la magnéto haute tension, et Bosser, créateur en 1905 du premier démarreur élec trique. Un chapitre sur la vérification de l’équipement électrique,
- un tableau des pannes les plus courantes et de nombreux schémas d’installations électriques sur différentes voitures rendront les plus grands services aux praticiens.
- L’emploi du microscope polarisant, par Léon Bertrand et Marcel Roubault. 1 vol. in-8, 170 p.. 120 fig., tableaux. Lamarre, Paris, 1936. Prix : 40 fr.
- Ecrit pour les étudiants et les techniciens, ce manuel pratique rappelle les principes de l’optique cristalline, décrit le microscope polarisant et indique ses modes d’emploi, puis il énumère les caractères des principaux minéraux des roches taillées en lames minces; des tableaux synoptiques facilitent l’identification et la classification; de nombreuses microphotographies fournissent des exemples typiques. La méthode a de multiples applications non seulement en géologie, mais aussi pour l’étude des matériaux et des sols.
- Geopsyche, par Willy Hellpach. 4° édition. 1 vol. in-8, 317 p. Wilhelm Engelmann, Leipzig, 1935. Prix : 8 m.; relié toile, 9,50 m.
- 11 est de notion courante que les facteurs physiques tels que le temps, le climat, le sol, la campagne, influent sur l’activité, la psychologie, le caractère de l’homme, mais les observations précises commencent à peine à s’accumuler. Elles ont été récemment réunies en France dans un traité de bioclimatologie. Voici son pendant allemand, avec des nuances de pensée et de sentiments. Notamment tandis que l’ouvrage français s’applique aux faits biologiques précis, l’allemand cherche surtout dans le domaine plus flou et plus vaste de la psychologie, de la sociologie, pour finir par une grande construction, un vaste programme de « géurgie », sur les rapports entre l’homme et la terre.
- L'Agriculture à travers les âges, par Émile Savoy. Histoire des faits, des institutions, de la pensée et des doctrines économiques et sociales. T. IL Première période : de Hammourabi à la fin de l’Empire romain. 1 vol. in-4, 478 p. De Boccard, Paris, 1935.
- Nous avons rendu compte, dans le n° 2950, du 1.1 de cet ouvrage et exposé son vaste plan. C’est une histoire de la civilisation économique vue à travers l’agriculture, activité fondamentale dans tous les temps et tous les pays. Le tome II commence cette histoire par les temps les plus anciens. En s’appuyant sur d’innombrables lectures, l’auteur examine depuis la préhistoire jusqu’à la fin du monde antique tout ce qu’on peut savoir de l’agriculture dans les divers pays : terres, climats et productions; habitation, vêtement, instruments de travail, moeurs; échanges et moyens de communication; instruments d’échange et monnaies; traction animale; incidences de l’agriculture sur le commerce et l’industrie régimes de travail du citoyen, de l’esclave, du serf, du colon, de l’affranchi; concentration des exploitations, division et spécialisation, durée et rémunération du travail; formation et direction du capital agricole. On y voit apparaître et évoluer l’effort de l’homme pour s’approprier les ressources du sol, puis la pensée économique qui règle leur exploitation par de.s institutions, les tendances politiques qui expliquent le servage, l’accroissement du capital. C’est, comme on voit, une vue très large et très poussée des premières civilisations, à un point de vue qu’on n’avait pas encore systématiquement développé, malgré son intérêt capital.
- Etude économétrique du prix du vin en France,
- par J. Milhau. 1 broch. in-S, 88 p., 5 fig. Imprimerie Causse, Graille et Castelnau, Montpellier, 1935.
- L’auteur a appliqué les coefficients de corrélation à l’étude du vin français et algérien et il montre que la récolte métropolitaine a la plus forte action sur les prix. Il cherche ensuite à prévoir les rapports des prix et des récoltes, les variations des prix de gros et de détail. Il fait très librement la critique du libéralisme; il montre aussi les dangers du monopole, l’impossibilité de la taxation et il aboutit à la conclusion empirique qu’il est nécessaire de régulariser les prix par le stockage et les reports, mais que ces prix ne doivent pas être trop élevés pour inciter à la limitation des prix de revient, aux progrès techniques qu’elle impose, notamment à la coopération. Le rôle du législateur se trouve ainsi clairement défini.
- Biologie et marxisme, par Marcel Prenant. 1 vol. in-16, 269 p., 5 fig. Éditions sociales internationales, Paris, 1935. Prix :
- 12 fr.
- Professeur de zoologie à la Sorbonne et marxiste convaincu, l’auteur expose avec beaucoup de clarté et une dialectique serrée le point de vue matérialiste des grands problèmes de la biologie : le transformisme, les origines de la société humaine, les rapports actuels de l’homme et du monde vivant, la concurrence vitale et les lois de population, l’adaptation, la matière vivante, les formes, l’hérédité l’évolution, la conscience. Après une critique des spiritualismes finalistes et de l’agnosticisme, il cite nombre de textes de Marx, d’Engels, de Lénine, etc., sur la biologie. La qualité d’esprit de l’auteur et sa situation sociale font présager à cet ouvrage un grand succès parti-tisan et aussi d’âpres critiques.
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- COMMUNICATIONS A L ACADEMIE DES SCIENCES
- Séance du 20 janvier 1936.
- L’hexachloréthane contre les moustiques. — La lutte contre les moustiques est surtout efficace si l’on s’attaque aux larves et nymphes à vie aquatique. Les méthodes utilisées actuellement ont toutes des inconvénients. L’agent destructeur qui paraît le meilleur à M. May est l’hexachloréthane, solide sublimant facilement et sans toxicité pour l’homme et les animaux supérieurs. Ses vapeurs tuent les moustiques de toutes les espèces en moins de 2 heures. L’auteur préconise le souiïlage sur la surface de l’eau d’un mélange de talc et de C» Clc; l’eau reste utilisable pour tous les usages domestiques.
- Séance du 27 janvier 1936.
- Propriété diélectrique du tétrachlorure de carbone. —
- Lorsqu’on cherche à porter à un potentiel élevé une sphère métallique placée dans l’air sec, la tension maxima que l’on peut obtenir est de beaucoup inférieure à celle prévue par la théorie. Des pertes importantes de charges ont lieu par effluves aux points d’entrée des supports et aux aspérités et poussières inévitables. MM. Joliot, Feldenkuais et Lazard n’ont ainsi pas pu dépasser 650 lcv pour une sphère de 1 m de diamètre. Si dans le local de 300 m3 où a lieu l’expérience on vaporise 1 1 de CCI4, les effluves disparaissent et on peut porter la tension de la sphère à 1250 kv. Il est d’ailleurs assez difficile d’expliquer une action aussi nette à une dilution pareille.
- Distribution des pucerons. — Les maladies de dégénérescence des pommes de terre sont dues à un virus transmis par les pucerons. M. Bouget remarque que ces maladies sont absentes dans les lieux exposés à des vents fréquents et violents auxquels les pucerons ne résistent pas. Il est donc tout indiqué de cultiver les pommes de terre, surtout pour la reproduction, dans des terrains soumis à l’action continue du vent. A ce sujet M. Costantin remarque que ces régions privilégiées sont la Bretagne, la Frise, le Nouveau Brunswick et l’île du Prince Edward.
- Effets cutanés de l’électricité.— M. Jellinek a observé que si l’on touche simultanément des surfaces polaires soumises à une différence de potentiel continue de 50 v, l’anode donne une impression de chaleur sur toute sa surface tandis que la cathode donne des piqûres très localisées. Sur un cadavre les altérations cutanées different aussi : coloration régulière en rapport avec le métal de l’électrode sous l’anode, bulles aqueuses sous la cathode.
- Stéréotropisme des pagures. — M. Etienne Rabaud, ayant extrait des pagures de leurs coquilles d’emprunt, a constaté que ceux-ci se blottissent dans un coin de l’aquarium ou s’enfouissent dans le sable qui en forme le fond. Il semble donc que les pagures adultes recherchent à se protéger contre les effets d’une sensibilité particulière de leur corps aux impressions tactiles. La décalcification de leui*s téguments paraît donc être la cause et non la conséquence de leur genre de vie. Il reste à savoir pourquoi les pagures soumis à ce stéréo-tropisme optent toujours pour une coquille et dédaignent les autres abris.
- Séance du 5 février 1936.
- Protubérances solaires. •— Avec le coronographe de l’Observatoire du Pic du Midi, M. Lyot a pu observer les protubérances solaires à travers quatre filtres colorés. Il a reconnu, en particulier, que tous les points émettent un spectre continu. La lumière des raies est faiblement polarisée, les
- plans de polarisation étant déviés vers le Nord dans l’hémisphère boréal et vers le Sud dans l’hémisphère austral. Celle du spectre continu est bien plus fortement polarisée, son plan étant toujours radial. 11 semble que le spectre continu soit dû à la lumière solaire diffusée par les nombreux électrons libres des protubérances. Avec la collaboration de M. J. Devaux, l’auteur a pu filmer une protubérance à raison de deux clichés par minute. Ce film projeté à la vitesse normale révèle de curieux mouvements de nuages qui se déplacent rapidement vers le Sud le long de branches à peu près immobiles et se résolvent en petites masses brillantes retombant sur le soleil.
- Les phases de Mercure. — M. Humbert a retrouvé dans une lettre de Peiresc à Gassendi, datée du 14 décembre 1633, un passage suivant lequel le P. Charles Malapert, mort le 5 novembre 1630, aurait observé les phases de Mercure. Si ce texte est digne de foi, il est donc probable que c’est au Collège de Douai, où enseignait le P. Malapert, que Mercure aurait été aperçu pour la première fois sous cet aspect, dix ans avant les observations d’Hévélius et de Zuppi.
- Étude des farines à l’extensimètre. — MM. Nottin et Daron ont proposé, pour rendre plus concordantes les mesures faites à l’extensimètre, de tenir compte de l’humidité propre de la farine essayée et de l’ajouter à la quantité d’eau introduite pour former la pâte. M. Chopin, inventeur de l’appareil, croit, au contraire, que pour des échantillons normaux, tels qu’ils parviennent en général aux laboratoires, cette correction est de très faible importance et ne justifie pas le dosage, toujours assez long, de l’humidité. 11 est d’ailleurs à remarquer que les indications fournies par l’extensimètre, si elles sont précieuses pour évaluer l’aptitude des farines à la panification, ne sont qu’en lointain rapport avec les qualités nutritives et organoleptiques du pain produit.
- Séance du 10 février 1936.
- L’aviationà très grande vitesse. —MM. Leduc et Villey montrent tout d’abord les difficultés que rencontrerait l’aviation pour réaliser des vitesses supérieures à celle du son dans l’air. Elles tiendraient surtout à deux causes : nécessité d’un bord d’attaque infiniment mince pour éviter l’onde de discontinuité et échauffement par le frottement de l’air. Les vitesses de l’ordre de 1000 km/heure sont aussi interdites aux avions actuels, qui ne doivent pas pouvoir sensiblement dépasser 800 km/heure. Il devient nécessaire de trouver un moteur dont la puissance croisse comme les carrés des vitesses; les tuyères thermiques semblent répondre à cette condition. Un avion de 2500 kg., équipé avec une tuyère de 60 cm de diamètre d’entrée et réalisant un échauffement de 600°, doit développer 10 000 CV et atteindre 1000 km/heure dans un rayon d’action de 4000 km.
- Miroirs à couche d’aluminium. — M. Dunoyer précise les conditions dans lesquelles on peut obtenir un dépôt d’aluminium sur un verre d’optique en projetant dans le vide un faisceau de vapeur d’aluminium. Pour se placer dans les limites du libre parcours moléculaire le vide doit être d’autant plus poussé que la source métallique est plus loin. Pour obtenir le recouvrement de grandes surfaces on est donc conduit à utiliser soit plusieurs sources fixes, soit une seule, mobile par rapport à la surface. Par interposition d’un obstacle, on obtient, si la source est ponctuelle, des ombres extrêmement nettes. Dans tous les cas la surface métallique a des qualités réfléchissantes très élevées, qui ne peuvent être que diminuées par le plus doux des polissages. L. Bertrand.
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- NOTES ET INFORMATIONS
- Flux
- électro-
- nique
- f/uores-fx cent
- Cathode
- émettant
- électrons
- Electrode
- modulatrice
- électronique
- déconcentration
- Fig. 1. — Schéma du fonctionnement du tube cathodique à vide poussé par Venregistrement photographique des sons.
- ÉLECTRO-ACOUSTIQUE
- L’emploi du tube cathodique pour l’enregistrement des sons.
- Le tube cathodique ne se prête peut-être pas encore à des usages aussi universels que la lampe à vide; mais, à mesure que sa technique se perfectionne, le nombre de ses applications s’accroît constamment. On l’emploie désormais toutes les fois qu’il est nécessaire d’étudier des oscillations à fréquence musicale ou à haute fréquence, pour de nombreuses études d’électro-acoustique, pour le contrôle des appareils dé T. S. F., pour l’enregistrement de phénomènes vibratoires, tant en mécanique qu’en physiologie, etc. Il est devenu depuis peu un dispositif essentiel pour la réception des émissions de télévision à haute définition.
- L’oscillographe cathodique est un appareil presque sans
- inertie permettant par
- conséquent l’étude Fig. 2.- Le tube cathodique Von Ardenne deg osciiiations de
- comporte deux suslèmes de lentilles cglin- , . f , -,
- , . . „ ... . haute fréquence dans
- driqucs, de meme axe optico-electronique. 1
- les meilleures conditions de fidélité. Il est naturel qu’on ait songé à l’employer pour l’enregistrement des sons par un procédé photographique, au même titre que l’oscillographe électro -magnétique à miroir, désormais utilisé industriellement dans ce but.
- Les oscillographes cathodiques ordinaires sont à remplissage gazeux; ils donnent un spot lumineux apparaissant sur un écran fluorescent, on a souvent cherché à les employer pour obtenir des enregistrements photographi -ques sonores à densité fixe et élongation variable du même type
- que ceux réalisés avec l’oscillographe à miroir pour accompagnement des projections sonores.
- Ces appareils à grande fidélité, relativement très sensibles et à faible inertie, n’ont pas cependant permis d’obtenir des résultats suffisants. Les premiers dispositifs adoptés contenaient encore des traces de gaz et leur durée de service était, de ce fait, assez réduite. La surface du spot lumineux inscrip-teur n’était pas constante, d’autre part, et variait suivant sa position et l’intensité de la modulation, lorsqu’on voulait obtenir un enregistrement à densité variable. Enfin, la luminosité n’était pas suffisante pour impressionner normalement le film négatif.
- Une autre méthode est désormais appliquée, et un technicien spécialiste allemand, bien connu pour ses travaux sur l’oscillographe cathodique, M. Von Ardenne, a pu obtenir déjà, grâce à elle, des résultats industriels satisfaisants.
- Le système proposé permet d’obtenir, non un enregistrement à densité fixe, mais à densité variable. 11 s’agit ainsi d’un tube électronique à vide poussé qui joue le même rôle en réalité qu’une lampe à luminescence électro-ionique, sans en présenter les inconvénients.
- Le système comporte simplement une cathode chauffée indirectement, et produisant un flux électronique concentré par un système de « loupe électronique » comportant des électrodes sur lesquelles on applique une tension positive de l’ordre de 100 v (fig. 1).
- Le flux ainsi concentré traverse une électrode servant à moduler la lumière et qui agit comme la grille polarisée négativement d’un tube de T. S. F.
- Il n’y a pas de plaque de déviation du flux; l’écran fluorescent peut donc être placé très près de l’électrode modulatrice, et la luminosité est beaucoup plus grande.
- En employant une tension convenable sur l’anode, on obtient un trait fluorescent très net sur l’écran et l’intensité variable sans modification de la longueur du trait est obtenue par la disposition particulière des électrodes brevetées par M. Von Ardenne.
- L’ensemble a la forme d’une lampe de T. S. F. de grandes dimensions. Les différentes électrodes sont cylindriques et concentriques (fig. 2).
- L’épaisseur et l’intensité lumineuse du trait fluorescent sont uniformes lorsque la tension ne varie pas. Les variations de luminescence s’effectuent sur toute la longueur du trait, et la largeur reste invariable, la longueur est de 4 cm et la largeur de 0,5 mm.
- La vie du tube est aussi grande que celle d’une lampe de T. S. F., et il est très sensible, puisqu’il suffît d’appliquer sur l’électrode des variations de tension de l’ordre de 10 v.
- On utilise un écran au tungstate de calcium pour la photographie sur film positif, et le système paraît plus pratique que les lampes à luminescence et même que les cellules de Iverr.
- En particulier, il était impossible par ce dernier moyen d’obtenir un résultat parfaitement régulier, à la fois du côté des notes graves, et du côté des notes aiguës. D’après l’inventeur, le nouveau système cathodique permettrait, au contraire, d’améliorer les résultats obtenus aux deux extrémités de la gamme musicale. Son réglage n’exige aucune manoeuvre spéciale. Il suffit de régler les différentes tensions appliquées sur les électrodes, et il n’y a plus ensuite à effectuer aucun changement.
- Le tube électronique à vide poussé'trouvera donc, si les résultats industriels confirment ces essais, de larges emplois en cinématographie sonore, qui s’ajouteront à ceux qu’il compte déjà en télévision. P. H.
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- BOTANIQUE
- Comment voir le faisceau radiculaire.
- Pour étudier le système radiculaire des plantes, on creuse une tranchée et on désagrège la terre avec un jet d’eau.
- Mais ainsi les racines ne restent pas en place.
- Pour les observer en position naturelle, M. W. Ostermann a étagé dans le sol des grillages ou mieux des toiles métalliques distantes de 8 cm encadrées sur trois faces.
- Le tout mis en caisses de végétation enterrées, on y a planté, en perçant au milieu le tamis supérieur, des pommes
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- géantes; en terrain humide plus traçantes ; en terrain très fertile et bien arrosé, le faisceau radiculaire est réduit en volume et ne comporte guère que du « chevelu » sans grosses racines.
- L’aptitude à « plonger » en année sèche a des conséquences importantes au point de vue agricole.
- Elle permet de cultiver les pommes de terre en terres graveleuses à condition de les planter de bonne heure pour que les racines suivent l’eau au fur et à mesure de son enfouissement en sous-sol.
- Après un hiver sec comme celui de 1928-29, les racines plongeantes du blé d’automne avaient à leur disposition toute l’eau voulue et un cube de terre considérable, terre
- I'ig. 3. — Enracinement de la pomme de terre.
- A gauche : En sol humide; A droite : En sol sec.
- de terre de diverses variétés et soumises à des traitements différents comme fertilisation et arrosage.
- C’est à la défloraison que l’extension des racines est la plus grande. On déterre alors les caisses et les soumet au jet d’eau.
- Les photographies donnent des vues directes sur l’enracinement.
- On avait classé les variétés suivant leur aptitude à avoir des racines groupées.
- Les expériences suivies ont montré des extensions variables suivant les années ou le traitement.
- Toutefois les variétés Coucou et Parnasse restent superficielles.
- En terrain sec, les racines se montrent plus plon-
- d’ailleurs ameublie en surface, d’où une forte moisson incompatible avec un hiver humide n’obligeant pas les racines à plonger. Pierre Larue.
- INDUSTRIE DU BOIS Chapeaux de paille... en bois.
- En Bohême, le tremble est débité au moyen de raboteuses en rubans placés sur les métiers à tisser les chapeaux de paille.
- On choisit pour cela des billes ayant au moins 75 cm de circonférence et autant de longueur.
- On les fend en plaques que l’on transforme en lanières.
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- INVENTIONS ET NOUVEAUTÉS
- Fig. 1. —- Comment apparaît dans le viseur le cadran de repère du posemètre avec des trous de luminosité décroissante.
- PHOTOGRAPHIE
- ' j.
- Un système simplifié de posemètre : la bonnette= posemètre.
- Si l’œil apprécie très imparfaitement l’intensité d’une source lumineuse, il peut percevoir, au contraire, l’égalité et les différences d’intensités de deux sources lumineuses de même coloration, ou plutôt les égalités d’éclairement.
- C’est ce principe très général qui a été appliqué dans un système de photomètre extrêmement simple, mais ingénieux, réalisé récemment comme posemètre photographique d’amateur.
- L’échelle de mesures est constituée par un système d’écran circulaire opaque portant des ouvertures circulaires garnies d’une matière translucide plus ou moins épaisse, et plus ou moins transparente à la lumière. On obtient ainsi lorsque la lumière traverse le système un fond lumineux étalon sur lequel se détache une succession de cercles lumineux tous perceptibles, mais dont les uns paraissent très brillants et dont les autres, au contraire, ne sont pas éclairés et paraissent noirs, suivant l’éclairage sur les deux faces.
- Grâce à ce dispositif, l’œil peut déterminer aisément par simple comparaison celui des cercles de repère qui présente une luminosité équivalente à celle d’un fond lumineux étalon, et on en déduit en face de ce point un chiffre qui servira de repère.
- En pratique, le système se place sur l’objectif de visée d’un appareil photographique spécial, et on aperçoit l’image du posemètre dans la lentille de ce système de visée. Un filtre jaune-vert monté dans l’instrument assure la compensation avec la sensibilité accrue aux radiations jaunes et vertes des émulsions orto- et panchromatiques.
- La capacité de mesure du système est très étendue, puisqu’elle porte sur des temps de pose variant del/500ede seconde jusqu’à 1 h.
- Les indications sont suffisamment précises, et peuvent même servir la nuit.
- Il s’agit, en réalité, d’effectuer une comparaison dans l’appareil entre l’éclairage de l’objet au moment de la prise de vue et l’éclairage déterminé par une source étalon.
- Cette source est constituée ici par une surface phosphorescente.
- 11 faut donc exciter l’écran pour qu’il devienne lumineux en l’exposant aux rayons solaires, la surface jaune tournée vers le ciel.
- Dans un intérieur, cette excitation est obtenue au moyen d’une simple ampoule à incandescence ou même d’une allumette, et l’opération ne dure en tout cas que quelques secondes.
- Une fois trouvé le chiffre de réglage inscrit en face du cercle de repère limite déterminé de la manière indiquée plus haut, il suffit de lire sur une table livrée avec l’appareil, le temps de pose correspondant, en fonction de la rapidité de l’émulsion employée et de l’ouverture du diaphragme choisi.
- Posemètre Brillant : Éts Schober et Hafner, 3, rue Laure-Fiot, Asnières-sur-Seine.
- CINÉMATOGRAPHE Contre le feu au cinéma.
- Malgré la création de films « ininflammables », dont le plus connu est le film à l’acétate de cellulose, de nombreux appareils de projection utilisent actuellement des films ordinaires à la nitro-cellulose qui présentent un sérieux danger d’incendie.
- Rappelons qu’au point précis où l’image stoppe durant une fraction de seconde pour la projection, il existe une énorme
- '^COLLIER CELLULOÏD
- CARTER
- Fig. 2. — Schéma d’un extincteur pour cinéma avec commande automatique par cordon de fulmi-colon (Phillips et Pain).
- concentration de lumière et, malheureusement aussi, de chaleur. Différents dispositifs sont utilisés pour prévenir le danger,
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- tels qu’un bac à eau, interposé sur le trajet des rayons et qui arrête une partie des rayons calorifiques; on emploie aussi un volet de protection maintenu soulevé par un dispositif à force centrifuge et qui retombe, interceptant le faisceau, si le film vient à ralentir exagérément.
- Un film qui a pris feu doit absolument être éteint au bout d’un temps extrêmement bref, de l’ordre de la seconde, sans quoi réchauffement provoque la décomposition rapide des parties encore intactes avec dégagement d’une tempête de flammes. Il ne faut pas oublier que la nitro-cellulose contient de l’oxygène, en sorte qu’elle constitue un véritable explosif fusant, qu’on ne peut éteindre par étouffement ni même à l’aide de l’eau.
- De plus, cette combustion donne lieu à un dégagement torrentiel de vapeurs nitreuses délétères.
- Un progrès important a été apporté par l’utilisation de dispositifs à gaz carbonique, comportant des tuyaux qui débouchent à la fenêtre de projection, dans les carters d’enroulement et en divers points du film; une poignée unique, placée à portée de l’opérateur, déclenche un percuteur qui crève un mince diaphragme de métal et livre passage au gaz comprimé enfermé dans une « bouteille » en acier.
- 11 ne restait plus, pour obtenir une sécurité complète, qu’à rendre ce déclenchement automatique et instantané; c’est ce qui vient d’être réalisé sous une forme très ingénieuse dans le dispositif dont nous donnons le schéma ci-contre.
- Le long de la partie découverte du film se trouve disposé un cordon de fulrni-coton qui vient s’enrouler autour d’un collier de celluloïd; ce dernier maintient au repos une transmission reliée au percuteur de la cartouche de gaz carbonique; ce percuteur est armé par un fort ressort qui reste continuellement tendu.
- Si le film vient à s’enflammer, la flamme circule beaucoup plus rapidement le long du cordon de fulmi-coton que le long du film, le collier de celluloïd s’enflamme et le percuteur livre passage au gaz carbonique.
- Celui-ci se détend dans les tuyaux et jaillit en jets froids et violents, très extincteurs, sur toutes les parties déroulées du film et dans les carters. Simultanément, la pression du gaz agit sur deux interrupteurs qui coupent le courant de l’arc et celui du moteur d’entraînement.
- Ce système semble offrir une grande sécurité; les constructeurs ont publié une photo représentant un fragment de film dont une seule image a brûlé. Il a aussi l’avantage de ne pas abîmer les appareils et de permettre une remise en marche rapide, mais ne dispense pas de prévoir, dans la cabine et dans la salle, des extincteurs manuels de premier secours, ni de suivre toutes les instructions réglementaires en vigueur pour l’installation des cabines de projection étanches et s’ouvrant à l’extérieur.
- OBJETS UTILES
- Pour dissimuler le port des bretelles.
- Il est passé dans l’usage courant de se promener ou de se
- Fig. 1. — L’armature du « Klaps ».
- livrer à divers exercices, par le temps chaud, en bras de chemise. Cette mode, qui semble nous être venue des cow-boys
- Fig. 2. — Une patte de bretelles attachée au « Klaps » sous la chemise et le mode de fixation du pantalon.
- d’Amérique, est maintenant parfaitement admise. 11 en est résulté une petite complication vestimentaire, car cette mode nécessite la suppression des bretelles dont l’apparence est généralement jugée inesthétique.
- La ceinture qui les a remplacées a de graves inconvénients ; elle comprime l’abdomen et les reins, au détriment des fonctions digestive et circulatoire.
- Nombre de personnes en sont réduites à souffrir du carcan d’une ceinture trop serrée, soutenant mal le pantalon, ou à se résigner à conserver le placard ridicule de larges bretelles apparentes.
- Nous signalons aux martyrs de la mode actuelle un petit appareil simple, exposé au 33e Concours Lépine, susceptible de parer à ces inconvénients d’une façon pratique.
- L’appareil en question, désigné sous le nom de « Klaps », est une petite armature rectangulaire en celluloïd, munie de deux crochets à ses angles supérieurs et de deux tétons à ses angles inférieurs (fig. 1) : trois aimatures semblables étant fixées par leurs crochets aux brins élastiques de bretelles d’un modèle quelconque, celles-ci sont mises sous la chemise et restent dissimulées.
- Au lieu des boutons habituels, le pantalon doit être muni d’anneaux, de la forme classique pour les jarretelles, cousus à la même place que les boutons, mais à l’intérieur
- (fig. 2).
- On accroche ces anneaux par-dessus la chemise aux tétons correspondants, en ayant soin de laisser à la chemise assez de jeu pour qu’elle ne tire pas et que tout le poids porte sur les bretelles.
- Pour faciliter la mise en place des bretelles et assurer la fixité relative des armatures, celles-ci sont glissées sur une ceinture légère.
- Cette ceinture ne joue qu’uni rôle de mise en place et peut être complètement relâchée dès qu’on a passé la chemise.
- Le porteur du «Klaps» a tout l’avantage du port des bretelles et il est impossible de soupçonner qu’il en est pourvu. La ceinture est aussi libre qu’on le désire et le pantalon est parfaitement soutenu.
- Armature « Klaps », 5, rue Réaumur, Saint-Just, Marseille.
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- BOITE AUX LETTRES
- QUESTIONS ET RÉPONSES
- Adaptation d’un écouteur téléphonique à récepteur radiophonique.
- Les postes-secteur actuels du type « midget » ne sont pas équipés pour recevoir des écouteurs téléphoniques; il existe pourtant encore sur certains modèles, des douilles ou des bornes spéciales prévues pour la connexion d’un haut-parleur supplémentaire; dans ce cas, on peut relier simplement les écouteurs téléphoniques de grande résistance à ces bornes ou à ces douilles, à la place du haut-parleur additionnel. Sinon il faut créer un dispositif particulier de connexion, d’ailleurs généralement très simple.
- Si l’on veut mettre hors circuit le haut-parleur automatiquement, lorsqu’on utilise les écouteurs, il faut choisir un casque téléphonique avec des écouteurs à faible résistance, et les relier au secondaire du transformateur de liaison alimentant le haut-parleur électrodynamique habituel du récepteur.
- Dans ce but, il suffit d’utiliser un jack à quatre lames dont la fiche est reliée au câble d’alimentation des écouteurs. En enfonçant la fiche du jack, on met automatiquement hors circuit la bobine du haut-parleur, et on connecte les écouteurs; en retirant la fiche le circuit du haut-parleur est fermé.
- Si l’on veut laisser en service le haut-parleur, lorsqu’on se sert des écouteurs, il suffit de prendre un casque téléphonique à deux écouteurs à forte résistance, de l'ordre de 1500 ohms, par exemple, du genre de ceux qui sont utilisés dans les postes à galène. On relie la broche de la lampe de sortie correspondant à la plaque de cette lampe, à un des conducteurs du câble de liaison des écouteurs. L’autre conducteur est relié à la masse du châssis de l’appareil, ou même à la borne « terre » de ce dernier.
- Enfin, on peut même faire varier à volonté, et d’une manière séparée, l’intensité des sons entendus dans les écouteurs au moyen d’une résistance variable de l’ordre de 1000 ohms montée en parallèle sur ces derniers. Réponse à M. Léon, à Paris.
- Dispositif de signalement pour le stationnement des automobiles.
- A Paris, et dans les grandes villes, les règlements interdisent le stationnement des automobiles, même dans les rues à stationnement unilatéral et à trafic intense, pendant une durée supérieure à 30 nm.
- Cette interdiction est signalée en général, d’une manière apparente. Nous ne connaissons aucun appareil automatique permettant d’obliger les automobilistes à partir à l’expiration du temps de stationnement.
- Réponse à M. L. Rive, à Lyon (Rhône).
- Emploi de l’alcool dans les radiateurs d’automobiles en hiver.
- Pour éviter le gel de l'eau dans les radiateurs d’automobiles, le moyen le plus simple est d’utiliser un mélange d’alcool et d’eau; le pourcentage d’alcool en volume peut être de 10 pour 100 pour un point de congélation limite de — 4°5 C., de 20 pour 100 pour — 10° C., et de 31 pour 100 pour — 19°5 C. Le seul inconvénient est l’évaporation de l’alcool qui doit être remplacé assez fréquemment. L’addition de glycérine empêche l’alcool de s’évaporer trop rapidement, mais la glycérine ordinaire s’attaque aux joints de caoutchouc et peut présenter des inconvénients graves.
- On a préconisé le chlorure de calcium; une addition de 10 à 15 pour 100 permet d’abaisser le point de congélation de l’eau entre — 5 et — 10°. Mais il peut se produire des attaques par actions électrolytiques aux points de soudure des métaux.
- Réponse à M. Hemery, à Brest.
- Emploi des super-carburants et des super-lubrifiants.
- Nous avons indiqué dans une réponse précédente l’intérêt présenté par l’emploi de mélanges d’essence et d’huile spéciale.
- Les super-carburants sont, en général, formés de mélanges d’essence avec un autre corps. On peut ainsi ajouter à l’essence pure ou déjà alcoolisée une composition augmentant le pouvoir antidétonant, un lubrifiant et un produit décalaminant, comme le camphre végétal. Avec ces produits, on peut, utiliser dans les meilleures conditions, le « carburant national », contenant une forte proportion d’alcool et
- même, avec certaines voitures de tourisme dans les villes, on peut adopter un mélange d’essence de tourisme et d’essence poids-lourds.
- Beaucoup de produits de ce genre ont été proposés. Vous pouvez consulter à ce sujet par exemple, le numéro du 1er décembre 1935 de La Nature. Voici, d’autre part, deux adresses de fabricants de produits de ce genre :
- Établissements Carboliyd, 111, boulevard Magenta, Paris (10e).
- Carburant Anthène, 41, avenue de Rueil, Nanterre.
- Réponse à M. de Luzenay, à Paris.
- Emploi de l’huile dans l’essence.
- On mélange de l’huile très fluide, et dans une très faible proportion, à l’essence des automobiles, pour améliorer le graissage, généralement insuffisant, des hauts de cylindres.
- Le mélange de l’huile à l’essence doit être intime et complet. La proportion de l’huile dans le mélange est très faible, de l’ordre de 1 pour 100 au maximum; les bidons d’huile spéciale sont d’ailleurs munis généralement d’une mesure évitant toute erreur.
- Ce graissage spécial des hauts de cylindres est particulièrement utile pour les voitures neuves non rodées. Il est également recommandable, dans le cas d’une voiture déjà rodée, pour suppléer aux insuffisances de graissage qui s’observent trop souvent. Au départ, surtout en hiver, l’huile du carter n’a pas sa fluidité normale et assure aux pistons un graissage insuffisant. D’autre part, l’excès d’essence nécessaire pour la mise en route du moteur provoque une sorte de lavage des parois du cylindre qui supprime la couche d’huile protectrice. Avec des carburants « poids-lourds » contenant une proportion relativement forte d’alcool, le super-huilage a, en outre, l’avantage d’assurer une protection du métal contre les corrosions dues à l’alcool.
- Les huiles fluides spéciales pour le super-huilage peuvent être employées pures, mélangées à du graphite colloïdal, ou encore à d’autres produits tels que du camphre, ayant un pouvoir décalaminant.
- Réponse à M. R. H., à Rueil-Mahnaison.
- De tout un peu.
- M. Josserand, à Lyon. — L’eau de Javel ordinaire étant aux environs de 2° 5 clilorométriques (nombre de litres de chlore gazeux par litre) la quantité de chlore actif en poids qu’elle contient est de 3,17 X 2,5 = 7 gr 92 par litre, en chiffres ronds 8 gr.
- Il suit de là que le volume d’eau de Javel à employer pour stériliser 1 m3 d’eau pour lui fournir 0 gr 1 à 0 gr 3 de chlore serait de 12 cm3,5 à 37 cm3,5 soit de 10 cm3 à 40 cm3.
- Mais il faut tenir compte du degré de pollution de l’eau, c’est pourquoi il est nécessaire de pouvoir contrôler comme nous l’avons indiqué dans notre numéro du 1er mars 1935, p. 227, si la dose employée a été suffisante et sans excès.
- N. -B. — Si l’on voulait employer un extrait de Javel titrant environ 25° chlorométriques, il faudrait bien entendu réduire au dixième les chiffres ci-dessus.
- M. Guazzelli, à Marseille. — Le ciment à la litharge glycérinée doit être préparé avec :
- Litharge pulvérisée.............................100 gr
- Liquide type....................................120 —
- Ce liquide est un mélange de :
- Glycérine.......................................100 cm3
- Eau ordinaire. .................................. 40 —
- Trois conditions essentielles sont à observer :
- 1° La litharge doit être de fabrication récente, non carbonatée, et bien sèche, la glycérine très concentrée de 25° à 30° Baumé;
- 2° Badigeonner préalablement de glycérine les parties à joindre; '
- 3° Employer le ciment immédiatement après la confection.
- N. -B. — Nous croyons que la fixation que vous avez en vue se fait tout simplement au soufre fondu, sur parties bien sèches.
- M. K., Montpellier. —Nous avons publié un article sur les alliages légers dans notre numéro 2 879, du 15 avril 1932 auquel vous pouvez vous reporter. Vous pourriez demander une documentation sur la question qui vous intéresse à l’Aluminiu,m français, 23 bis, rue de Balzac. Nous vous rappelons également l’existence du Centre de documentation bibliographique de la Maison de la Chimie, 28, rue Saint-Dominique, Paris.
- Le Gérant : G. Masson.
- 7896. — lmp. Lahure, rue de Fleurus, 9, à Paris. — 1 -3-i<?36. — Published in France.
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- N° 2973
- LA NATURE
- 15 Mars 1936.
- LA GRANDE BRIÈRE
- ET LES TRAVAUX D’AMÉNAGEMENT ACTUELS
- On a entrepris l’an dernier en Grande Brièt'e des travaux d’aménagement qui ramènent l’attention sur la terre des héros de M. Alphonse de Chateaubriant. Touristes, chasseurs et poètes, tous amateurs de pittoresque, peuvent cependant être rassurés : il n’est pas question, en ce moment de transformer la Brière en jardins maraîchers ou en champs de céréales. On veut seulement se rendre maître du régime des eaux, afin de leur assurer un écoulement régulier et d’éviter qu’elles ne transforment le pays en un marécage permanent.
- par un réseau de canaux de drainage dont le Canal^êpia Boullaie et le Canal de la Taillée sont les artères principales. Au contraire, l’Ouest est resté un marécage tourbeux, dont les limites ont été fixées en 1854, et qui a une superficie d’environ 7000 ha : c’est la Grande Brière.
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- I. - LE PAYSAGE BRIÉRON
- La Brière étend ses tourbières malsaines entre Her-bignac et St-Nazaire, faisant obstacle aux communications dans cette partie de la Loire-Inférieure, isolant presque le pays de Guérande qui lui doit d’avoir si longtemps gardé ses curieuses coutumes.
- Elle fait partie d’une des zones déprimées qui, entre l’estuaire de la Loire et celui
- de la Vilaine, alternent avec des zones plus élevées. Du S.-O. au N.-E. se succèdent trois dos de pays, grossièrement parallèles, dont la direction est celle des vieux plis hercyniens de l’Armorique (fig. 1) : la presqu’île rocheuse du Croisic; les collines de Guérande qui s’étendent de St-Marc à Piriac ; enfin le Sillon de Bretagne qui va de la Loire à la Vilaine et sur lequel sont bâties Savenay, Pont-Château et La Roche-Bernard. Entre eux s’étalent des régions basses, à peu près au niveau de la mer. Terres amphibies, couvertes de prairies, de marécages ou de marais salants. Au sud de Guérande, ce sont les salines du Pouliguen et de Batz; au nord, celles de Mesquer, la Grande Brière et les marais de Donges.
- Si une ride très légère du terrain sépare la Brière des marais salants de Mesquer, aucun accident du sol ne l’isole des marais de Donges. Le domaine des marais s’étend d’un seul tenant dans l’énorme amande dessinée entre la Roche Bernard, St-André-les-Eaux, St-Nazaire, Donges et Pont-Château. Mais la partie Est a été asséchée au milieu du xixe siècle et elle est devenue une prairie bocagère où l’on élève le gros bétail. C’est aujourd’hui le domaine du Syndicat des Marais de Donges, parcouru
- Fig. 1. —• Les lignes du relief au Nord de l'Estuaire de la Loire.
- Qu’on l’aborde par le nord en venant de la Roche-Bernard, par le sud, si l’on va de Trignac à St-Joachim
- ou par l’est lorsqu’on emprunte la route de Pont-Château à Crossac (fig. 3), la Brière donne toujours l’impression d’un monde singulier. Etendues monotones et plates où s’attardent les brumes; horizons bas et fuyants où rêve la pointe d’un clocher. Le long des chemins qui enveloppent la Brière courent des fossés aux eaux sombres. Les herbes, les roseaux, les marais se partagent le terrain. Par endroits, le sol se soulève de quelques mètres à peine; là, derrière les ceintures de feuillage qui les cachent au regard du voyageur pressé, s’entassent les maisons briéronnes.
- L’altitude est d’environ 3 ou 4 m au-dessus de la cote 0 de St-Nazaire. Aussi les eaux qui abondent dans cette région pluvieuse s’écoulent très difficilement. Le Brivet ou Etier de Méan forme l’axe hydrographique; mais sa pente est pratiquement nulle. Les fortes marées l’envahissent, contribuant à inonder le pays.
- L’hiver, la Brière est, en effet, un vaste lac d’où émergent seulement les tertres verdoyants qui portent le nom caractéristique d'îles. On n’y circule qu’en barque. Elle est, à ce moment, le paradis des chasseurs. En été, le niveau des eaux s’abaisse. Le marais se rétrécit comme la peau de chagrin. Sur les étendues découvertes, on lâche le bétail qui s’cn va au milieu des moustiques à la recherche de l’herbe. Puis la Brière se couvre des tas de tourbe mise à sécher avant le retour de la saison froide.
- Aux lisières, l’allure du paysage change un peu. Au Nord, la Brière se raccorde au Sillon de Bretagne par une zone d’herbages et de maigres cultures. Le bétail est
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- Fi<j. 2. — lin paysage de la Grande Brière (roseaux et marais, près de Cameron).
- nombreux. A La Chapelle-aux-Marais, on célèbre chaque année, en septembre, le Pardon de St-Corneille où les petits bœufs au museau noir, drapés et fleuris, s’en vont en procession et sont bénis par le clergé. Au Sud, le voisinage de St-Nazaire se fait sentir. Près de Montoir et de St-Malo-de-Guersac la prairie se substitue à la tourbière; les fermes neuves s’éparpillent dans les prés que séparent des rideaux de tamaris et qu’animent de nombreux troupeaux. Près de Trignac, où de vastes usines avaient grandi depuis un demi-siècle, les maisons ouvrières
- [ Fig. 3. — La grande Brière et ses confins.
- posées çà et là et flanquées de leur jardinet ont fait reculer le marais. Mais aujourd’hui, les Forges et Hauts Fourneaux de Trignac sont fermés et leur masse silencieuse et inerte ne fait qu’ajouter à la mélancolie du paysage qu’elles dominent.
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- La vie se concentre dans les îles qui bordent à l’est les Tourbières, et que relie une route allongée du sud au nord, de Montoir à la Roche-Bernard.
- Chacune d’elles est un petit monde fermé, fleur étrange qu’un mince pédoncule relie au tronc principal des communications. Vues d’en haut, elles apparaissent comme autant de lentilles qu’enveloppent plusieurs anneaux : celui de la chalandière, ce canal circulaire qui sépare l’île de la tourbière : là s’alignent les blins, barques noires dormant sur les eaux noires, tandis que par bandes innombrables les oies et les canards glissent à l’ombre des peupliers; celui que dessinent les arbres serrés et vigoureux autour de l’île ; enfin, l’anneau du chemin qui dessert le village et près duquel se pressent les habitations. On compte une dizaine d’îles : celles de Fedrun et de Mazin sont les mieux conservées. L’île de Pandille, au contraire, éventrée par la route principale, et qui porte le gros bourg de St-Joachim, a perdu une partie de son pittoresque.
- Les maisons, bâties en pisé et blanchies avec soin, n’ont généralement qu’un rez-de-chaussée. Seuls, autrefois, les édifices publics étaient construits en matériaux plus solides,
- ila Roche-Bernard
- Chemins de fer
- Routes
- .Canaux
- Pont-Château
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- Guérânde
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- Escoublac
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- grâce à la « Butte aux pierres » où curés et maires venaient se ravitailler. Les toitures brunes sont faites de roseaux et se soulèvent sur la façade pour laisser s’ouvrir la lucarne d’une mansarde ou s’arrondir une niche abritant la statue d’un saint. Les maisons neuves, couvertes de tuiles, ont gardé la silhouette traditionnelle, avec quelque chose de plus dur : la tuile est, en effet, moins souple que la couverture de roseaux, et, pour maintenir la mansarde, il a fallu construire une fenêtre en saillie qui a ses murs et son petit toit. A l’intérieur, le sol est de terre battue, et la porte d’entrée est percée pour laisser passer la volaille qui abonde. Pour s’alimenter en eau, il a fallu creuser des puits profonds parfois de 15 m. La façade donne rarement sur le chemin circulaire, mais plutôt perpendiculairement à lui, sur un jardinet d’agrément.
- Les étables sont faites parfois de roseaux; elles ont alors l’air de grandes cages et servent à abriter les trois ou quatre vaches du Briéron. Le fumier s’entasse près de la maison. La chalandière, élargie à l’entrée du village, sert d’abreuvoir au bétail.
- Rares sont les boutiques, et on les distingue à peine des autres habitations.
- Dans ces îles où l’espace est strictement limité et qui sont surpeuplées, aucun pouce de terrain n’est perdu.
- A l’intérieur du cercle des maisons s’étend le tertre, partagé en menues parcelles que les femmes cultivent avec grand soin et où poussent les pommes de terre, les choux et le trèfle.
- et sans lequel, de l’avis même du Conseil général de la Loire-Inférieure, rien ne peut être entrepris en Brière. Les habitants tiennent farouchement à leur droit de propriété commune dont l’histoire, même dépouillée de toute fiction romanesque, ne manque pas d’intérêt.
- Par Lettres patentes de 1461 données à Nantes, François, duc de Bretagne, ordonnait à son sénéchal de Guérande de prendre les mesures nécessaires pour curer les canaux
- II. — L’EXPLOITATION TRADITIONNELLE DE LA BRIÈRE
- En dehors des îles, toute la Brière est la possession collective des communes riveraines. Elles étaient 17 en 1855, mais par bipartition leur nombre a grandi et l’on en compte 23 aujourd’hui. Chacune d’elles envoie un délégué au Syndicat de la Grande Brière, sorte de conseil intercommunal chargé de la gestion de ce vaste domaine
- Fig. 4 à 6, — 4. Dans Vile de Fedrun. 5. —• Entrée de l’Ile Mazin.
- 6. — Un aspect de l’Ile Pandille.
- de la Grande Brière Mottière qui servent à l’écoulement des eaux et de rétablir ainsi « les chemins et voyes par lesquels le peuple de ladite paroisse de Montoir et des paroisses de St-Nazaire, St-André, Escoublac et autres paroisses voisines, se soûlaient et avaient accoustumé aller à ladite Brière dont ils tiraient les mottes pour leur chauffage et les foins pour leurs bêtes ». Les rois Valois confirmèrent plusieurs fois ces droits.
- Plus célèbres sont les Lettres patentes sur arrest accordées en 1784 par Louis XVI à ses « chers et bien aimés, les habitants des paroisses briéronnes, les confirmant dans la propriété, possession et jouissance commune et publique de ladite Brière mottière ». C’est ce texte qui est toujours en vigueur et que le Syndicat ne manqua
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- — Principaux canaux et fossés.
- Fig. 7.
- Les Iles de la Brière.
- pas de rappeler chaque fois qu’un étranger voulut s’occuper du sort de cette région. Cette survivance, qui peut paraître anachronique, d’un mode d’exploitation autrefois fort répandu en France, a fixé jusqu’ici la destinée
- de la Brière. , -
- îf.„
- ! Fig. S. — Maison Briéronne.
- * *
- Les vieux textes qui précisent si nettement le statut de cette tourbière nous renseignent aussi fort joliment sur les habitudes qui réglaient son exploitation.
- Dans les Registres du Conseil d’Etat du 13 janvier 1784, on trouve une intéressante description de la vie briéronne à la lin du xvme siècle. L’auteur de la délibération commence par expliquer non sans quelque lourdeur qu’il existe « un grand terrain tourbeux appelé en général la brière ou bruère, du mot latin bruaria qui signifie tourbière ». Puis il ajoute :
- « Les pauvres riverains de La Brière n’ont presque tous d’autre véritable bien nt nulle autre ressource suffisante pour se chauffer et pour vivre que les tourbes ou mottes à brûler qu’ils en tirent pendant la sécheresse de l’été et dont ils vendent l’excédent de leur provision.
- « Les herbages, roseaux et autres plantes qui y croissent leur sont également nécessaires pour la nourriture et la litière de leurs bestiaux et pour la couverture de leurs maisons.
- « La moitié du continent de la province de Bretagne et les îles des environs qui se servent de mottes à brûler que produit cette tourbière ne sauraient se passer de cette denrée de premier besoin. Elle est surtout d’une nécessité absolue pour les paroisses cireonvoisines de la Brière et pour le grand territoire de Guerrande appartenant à Sa Majesté, où il n’y a aucun bois de chauffage en certains cantons et presque point ailleurs. »
- Aujourd’hui encore, c’est des droits qu’il fait payer pour la coupe des roseaux, pour la fabrication de la tourbe et pour le pacage des bestiaux que le Syndicat tire le plus clair de ses ressources. Il délivre aussi des permis de chasse, car le gibier d’eau abonde, et des permis de pêche, car les marais et les canaux sont riches en anguilles, en carpes et en brochets. Mais une grosse ressource a disparu : la vente du noir.
- On appelait ainsi la vase noire qu’on retirait des canaux lorsqu’on les nettoyait. Les Syndics 'mettaient le noir en adjudication et l’acquéreur faisait draguer les canaux par des ouvriers qui trouvaient dans ce travail leur moyen d’existence.. On entassait les boues sur les rives. Desséchées, passées au crible, réduites en fines poussières, elles étaient vendues comme engrais à Nantes pour être mélangées au guano. En 1855, 2000 m3 furent mis ainsi en adjudication : revenu important pour le Syndicat qui, ayant trop d’argent, répartissait chaque année des sommes à chacune des communes co-propriétaires ! Mais dès la fm du xixe siècle le noir perd sa réputation. Les tentatives d’adjudication échouent. Aujourd’hui ce n’est plus qu’un souvenir.
- *
- * *
- Le tourbage, au contraire, s’est maintenu jusqu’à présent. Il se pratique selon les méthodes traditionnelles; deux demandes d’exploitation industrielle de la tourbe en 1905 et en 1924 sont restées sans résultat.
- Sous une couche de terre faite surtout de débris d’herbe, on trouve une épaisseur de tourbe de 0 m 60 à 2 m, repo-
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- sant sur des bancs de sable blanc et d’argile.
- Chose curieuse : cette tourbe, formée par les sphaignes, est bourrée de troncs et de racines d’arbres, chênes et merisiers : c’est ce qu’on appelle les mortas dont l’origine a donné lieu à toutes sortes d’hypothèses hasardeuses. On s’en sert pour le chauffage, après l’avoir fait sécher. 11 est si abondant qu’en 1881 un Champenois proposa aux Syndics de l’exploiter moyennant une redevance pour chaque stère, mais sa proposition fut écartée parce que le mortas étant la ressource des indigents, il ne pouvait être aliéné.
- Une fois par an, à la fin de l’été, quand la Brière est suffisamment asséchée, le Syndicat donne l’autorisation de couper la tourbe.
- Pendant un mois, et à raison d’un faible droit de 2 fr par mètre cube, chaque habitant a le droit d’aller tourber tant qu’il lui plaît et où bon lui semble.
- Avec un instrument tranchant qui ressemble à un T, le salet, l’homme fait sur une dizaine de mètres deux entailles parallèles. Puis, il découpe le sol perpendiculairement aux deux plans ainsi délimités. Enfin, avec la mare qui permet de trancher horizontalement, il détache les blocs ruisselants qu’il découpe en briquettes. Ces mottes de tourbe sont mises en petits tas pour s’égoutter et sécher pendant quelques jours. Puis, on confectionne des meules de mottes qu’on dispose sur les parties les plus hautes du marais et que les chalands viendront chercher au début de la mauvaise saison, lorsque l’eau aura envahi la Brière. Chaque mètre cube de tourbe pèse environ 500 kg et donne 1200 mottes.
- Cette exploitation fit autrefois l’objet d’un commerce important : la tourbe s’exportait dans tout le pays Nantais et en particulier dans la presqu’île de Guérande où le bois est rare. Puis la houille a tué ce trafic. Les Briérons eux-mêmes n’utilisent plus guère la tourbe que l’été et emploient de plus en plus, en hiver, le charbon qui donne davantage de chaleur. Au début du vingtième siècle, 6000 à 8000 m3 de mottes à brûler étaient extraits chaque année pour servir au chauffage. Mais les jeunes générations se désintéressent du tourbage, et malgré la crise économique actuelle qui a réduit au chômage une partie de la population travaillant aux usines de Trignae ou dans d’autres centres industriels, la tourbe n’est plus qu’une ressource d’appoint.
- III. - LES TRAVAUX D'AMÉNAGEMENT
- Depuis des siècles, les Briérons luttent contre l’invasion des eaux et s’efforcent d’entretenir les canaux de drainage qu’inlassablement la nature tend à combler,
- On peut suivre, en lisant les volumineux registres de délibérations du Syndicat de la Brière qui sont conservés à Guérande, les efforts qui ont été faits dans ce sens depuis le milieu du xixe siècle. Sous le Second Empire, en 1863, est construite l’écluse de Trignae, puis le canal du même nom qui fut élargi en 1880. Mais à côté de cette réalisation, que de projets repoussés ou abandonnés ! En 1860, projet d’un chenal d’écoulement ; en 1879, projet de
- Fig. 9. — La fabrication des meules de tourbe.
- canaliser le Brivet afin de relier St-Nazaire au canal de Nantes à Brest par une voie navigable ; en 1873, refus de construire une route à travers les marais, entre Fedrun et St-André-les-Eaux.
- En 1890, gros émoi. Une société privée aurait demandé le nivellement de la Grande Brière afin de savoir quel parti on pourrait en tirer. L’ingénieur des Ponts et Chaussées, M. de Kerviler, avait dressé en effet un « Avant-projet de creusement de canaux de dessèchement à travers les marais de la Grande Brière Mottiere ». Ce travail, très complet, prévoyait des canaux capables de contenir 983 000 m3 d’eau, c’est-à-dire le volume d’eau moyen tombé sur la région par jour de pluie, et la moitié du volume maximum tombé par jour de grande pluie. Un canal, parti de Trignae et allant jusqu’à Mesquer sur l’Océan aurait permis le transport du sel fabriqué dans le pays de Guérande. Mais le Syndicat alerté se réunit en séance extraordinaire et organisa la résistance. 11 s’indigne qu’on trouble les « habitants des communes dans leur propriété collective ». Il ordonne à ses gardes de dresser procès-verbal « contre quiconque se livrera à un travail en Grande Brière ». Le projet est abandonné. Ceux qui suivirent eurent le même sort.
- Les syndics constataient cependant qu’il fallait faire quelque chose. La plupart des anciens canaux avaient disparu, faute d’entretien. Le Petit Etier était colmaté. Les écluses de Rozé et de Méan ne fonctionnaient plus. Le Brivet était envahi par les allu-vions de la Loire que déposaient les marées.
- Seul le canal de Trignae restait en assez bon état sur une moitié de sa longueur. Aussi la Brière ne « desséchait » plus l’été. Elle devenait un marais permanent aux eaux stagnantes et
- Fig. 10. •— La régularisation des eaux de la Brière.
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- Fig. 11. — La nouvelle écluse de Méan. (Reportage photographique, Phare de la Loire.)
- infestées de moustiques. En 1913, le tourbage avait été impossible, faute de places sèches. L’élevage, ne disposant plus de terrains de parcours suffisants, périclitait. Depuis la guerre, la situation n’avait fait qu’empirer.
- Deux choses entre autres gênaient la réalisation des travaux d’aménagement; l’une tient à la nature ; l’autre aux hommes.
- Le Brivet ou Etier de Méan, qui est l’axe hydrographique de la zone déprimée intéresse non seulement la Brière, mais aussi les régions situées sur sa rive droite et qui sont gérées par le Syndicat des Marais de Donges. L’amélioration de la Brière est donc conditionnée par
- un exutoire qui n’appartient pas à elle seule : d’où l’impossibilité d’exécuter des travaux sur le Brivet sans une entente préalable entre les divers organismes locaux.
- En second lieu, le Syndicat des communes riveraines (chacune disposant d’une voix dans le Conseil), quel que soit le nombre de ses habitants, ne veut pas qu’un autre organe que lui s’occupe de ce territoire et le sentiment de la propriété commune est demeuré très vif chez les Briérons. Mais il n’a pas les ressources nécessaires pour entreprendre des travaux importants. 11 lui aurait fallu constituer, au cours du siècle dernier, un solide fonds de réserve, lorsque le noir gonflait ses recettes, au lieu de distribuer l’excédent aux communes. On aurait pu alors parer à l’inondation progressive et permanente du pays. Il a eu d’autre part grand peine à concilier des intérêts divergents, ceux des pêcheurs et des chasseurs amis du marais, et ceux des éleveurs désireux d’étendre les pâturages. Ajoutez à cela la méfiance qu’inspirait toute idée d’un (aménagement qui pourrait tôt ou tard amener la disparition de la Grande Brière traditionnelle.
- Le Syndicat s’est finalement résolu à recourir aux services du Génie rural qui ont aussitôt entrepris les études nécessaires et qui, par les soins de MM. les ingénieurs Talureau et Cavelle, ont établi un programme de travaux aujourd’hui en cours d’exécution.
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- Ce programme est très prudent. 11 procède par étapes, adapte les travaux aux besoins et aux habitudes locales et estime que pour juger des résultats du drainage, il faudra tenir compte des essais culturaux faits sur de petites surfaces pour transformer le marécage.
- Avant tout, il est indispensable de se rendre maître du régime des eaux et d’assurer leur écoulement régulier. Pour cela, le projet comporte un triple réseau de canaux primaires, secondaires et tertiaires, tous rectilignes, ainsi que l’aménagement du Brivet (fig. 10).
- Comme le curage et l’élargissement du Brivet n’intéressent pas seulement la Brière, c’est le département qui s’est chargé du travail essentiel : la construction, aujourd’hui terminée, d’un barrage écluse à Méan (fig. 11), permettant de barrer la route aux eaux des grandes marées d’équinoxe qui, remontant le Brivet, inondaient le pays. Entre Méan et Rozé, le lit du cours d’eau pourra être déblayé périodiquement en pratiquant, au moment des hautes eaux, des chasses énergiques, comme on le fait dans les ports, à la condi-
- L'ig. 12. — Creusement du nouveau canal de Rozé. (Reportage photographique, Phare de la Loire.)
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- tion toutefois que les écluses de Rozé soient nettoyées et puissent fonctionner.
- Les travaux dans la tourbière elle-même sont faits en régie, pour le compte du Syndicat de la Brière qui a obtenu le concours financier de l’Etat et du département. Les canaux à creuser ne pouvant pas avoir une pente suffisante, leurs plafonds sont tous réglés à une cote uniforme, comme le prévoyait déjà le projet de 1891. Les eaux s’écouleront par différence de niveau aux écluses de Trignac et de Rozé et deux déversoirs compléteront le système. On a prévu plusieurs étapes pour le creusement des canaux.
- La première tranche de travaux actuellement en voie de réalisation comprend la réfection du canal de Trignac et la construction de deux canaux aboutissant au précédent.
- Le canal de Trignac, autrefois envasé sur la moitié nord de son parcours, aura une profondeur de 1 m 60 sur toute sa longueur soit 5 km 300. A la place du Petit Etier colmaté, on creuse un canal long de 4 km 300,
- -........ ....... —- =247 =
- large de 5 m au plafond, avec talus incliné, qui, partant de Rozé en direction de l’ouest, ira rejoindre le canal de Trignac (fig. 12). Enfin, le troisième canal, large de 4 m au plafond, partira de l’extrémité nord du canal de Trignac pour s’en aller à travers les marais sur 5 km de longueur. On estime à 200 000 m3 le volume de vase, de tourbe et de terre qu’il faudra extraire au cours des travaux.
- Les récentes inondations de la Loire ont révélé le danger que présente pour cette zone basse le voisinage d’un fleuve turbulent, dont rien ne le sépare. Elles ont envahi la Brière, recouvert les travaux en cours, coupé les communications entre les « îles » et Saint-Nazaire. On compte qu’il faudra plusieurs mois pour que les eaux puissent être évacuées. Il faut souhaiter que cette dure expérience conduise à parer au retour d’événements semblables par de solides travaux de protection et de régularisation. Alors, il sera permis d’espérer l’assainissement et l’aménagement progressif de la Grande Brière Mottière. Maurice Debesse.
- . LES MAKIS ==
- GRACIEUX LÉMURIENS DE MADAGASCAR
- LES LÉMURIENS
- Les Lémuriens, dont le nom tiré du latin lemures signifie fantôme, ont encore été appelés Prosimiens, car ils constituent une sorte de transition entre les Singes et les Insectivores.
- Des premiers, ils ont la souplesse et l’agilité et ils s’en rapprochent, surtout, par la présence de mains aux membres antérieurs et postérieurs. Ils s’en distinguent par leur dentition et par la communication existant chez eux entre la fosse orbitaire et la fosse temporale, caractères qui les rapprochent des Rongeurs et des Insectivores.
- Ils s’écartent aussi des Singes par leurs habitudes nocturnes, qui leur ont valu leur hom et par leurs yeux gros et saillants.
- Au point de vue anatomique, les animaux de cet ordre présentent une boîte crânienne relativement moins développée que la face.
- Les os nasaux sont allongés, le trou occipital large est placé en arrière du crâne.
- Les canines inférieures manquent et sont remplacées par des incisives non coupantes, disposées comme les dents d’une sorte de peigne; de plus les molaires à.pointes aiguës se rapprochent de celles des Insectivores. Une espèce, l’Aye-Aye présente même une dentition semblable à celle des Rongeurs.
- Les Lémuriens se rapprochent des Singes par la présence de mains aux quatre membres ; le pouce est opposable aux autres doigts, mais la main est beaucoup plus malhabile à la préhension que celle des Singes; les doigts sont aplatis et spatulés; ils sont tous munis d’ongles
- arrondis et plats, sauf le deuxième orteil ou plutôt l’index de la main postérieure, qui porte un ongle dur,
- Fig. 1. — Le Maki noir.
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- long et légèrement crochu, plutôt comparable à une griffe. Les femelles possèdent un utérus bicorne et un placenta diffus ou en forme de cloche, non décidué et discoïdal comme chez les Singes. Il y a en général un seul petit, quelquefois deux.
- Les Lémuriens ont le corps sec et élancé, recouvert d’une fourrure épaisse et soyeuse. Ils sont arboricoles et marchent appuyés sur les quatre membres ou mal dressés sur leurs membres postérieurs, mais ils sautent et bondissent de branche en branche, avec une agilité incroyable. Chez une espèce, le Tarsier spectre, les yeux atteignent des dimensions véritablement énormes et couvrent la majeure partie du visage. La queue, quand elle existe, est souvent longue et touffue ; elle n’est jamais prenante.
- L’ordre des Lémuriens est abondamment représenté
- quatre pattes sur le sol, leur tête se trouve plus basse que leur arrière-train et qu’ils recourbent leur queue en S, de manière qu’elle ne gêne pas l’équilibre du corps, ce qui leur confère une allure tout à fait particulière.
- Parmi tous les Lémuriens, ils présentent au plus haut degré un museau allongé et pointu, rappelant celui de certains carnassiers ; il leur a valu le nom de « Singes à museau de renard ». Leur tête rappelle d’ailleurs, par sa forme générale, celle de cet animal, mais la présence de leurs gros yeux leur donne un air étonné et naïf et une expression candide totalement différente de l’air rusé et cauteleux de notre pilleur de basses-cours.
- Leur taille est en général comparable à celle d’un chat; le Vari atteint celle ff’un chien.
- Les Makis possèdent une fourrure épaisse, laineuse ou soyeuse,aux coloris très divers,différents selon les espèces.
- Fig. 2. — Maki vari dans leur cage au Muséum.
- à Madagascar et y est presque cantonné. Ailleurs, on ne connaît quelques autres espèces que dans certaines parties de l’Inde, en Indochine, dans l’Archipel malais, les Philippines, les Célèbes et en Afrique, jusqu’en Séné-gambie.
- Nous consacrerons cet article au genre Maki ou Lémur qui présente les espèces les plus nombreuses et qu’on trouve exclusivement à Madagascar.
- LES MAKIS
- Les Makis sont de gracieux petits animaux au corps élancé et musclé ; leurs membres postérieurs sont beaucoup plus longs que les antérieurs et ils possèdent tous une queue touffue, en général plus longue que leur corps. Ces deux particularités font que, lorsqu’ils marchent à
- Comme tous les Lémuriens, ils ont des habitudes nocturnes; ils vivent dans les forêts de Madagascar, mais sont rupicoles autant qu’arboricoles; ils grimpent aux arbres et sautent de branche en branche avec une agilité surprenante, se servant alors de leur longue queue touffue comme d’un balancier pour garder leur équilibre. Souvent ils se réunissent en bandes nombreuses à l’approche du soir; pendant le jour, ils dorment ou présentent une activité très ralentie. Pour dormir, ils se roulent en boule, les membres fléchis et joints sous eux, la tête penchée sur la poitrine et ils enroulent leur queue autour de leur corps en la ramenant en avant entre leurs pattes postérieures de manière qu’elle passe contre la tête et vienne recouvrir le dos. Quelquefois ils s’endorment ainsi par couples, enroulés mutuellement dans leurs queues et
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- présentent alors l’aspect d’une grosse boule de poils d’où l’on voit sortir, si on les dérange, deux têtes aux museaux pointus et aux gros yeux étonnés.
- Leur cri est un petit grognement rappelant un peu celui du porc ; suivant sa tonalité grave ou aiguë, sourde ou retentissante, il exprime leurs émotions diverses. Certaines espèces poussent parfois des cris perçants et d’une force telle que quelques individus font croire à la présence d’une troupe nombreuse.
- Les femelles n’ont, en général, qu’un seul petit, quelquefois deux; la durée de la gestation est de quatre mois. La mère témoigne beaucoup de tendresse à son nourrisson et le protège soigneusement des vicissitudes extérieures. Elle le porte attaché sous son ventre, le petit s’agrippant au dos de la mère, d’un côté avec ses pattes antérieures et de l’autre avec sa queue enroulée autour d’elle. Il nous est arrivé de voir une femelle de maki brun, ayant mis au monde deux petits, qui les portait ainsi attachés chacun d’un côté; c’était un curieux spectacle de voir l’animal se promener et même grimper sans paraître autrement gêné, alors que les deux petites têtes apparaissaient de chaque côté de ses flancs.
- Plus tard les petits se détachent de la mère et cherchent eux-mêmes leur nourriture. Ils sont alors très turbulents et très joueurs, sautant et bondissant partout, dégringolant même parfois. Ils sont très espiègles, se roulant mutuellement par terre, se tirant par la queue, etc.
- Les makis sont de mœurs douces et sociables; ils se réunissent souvent par troupes .nombreuses. Le jour, comme nous avons dit, ils dorment, cachés du mieux qu’ils peuvent, ou sortant de leur retraite pour s’exposer sur les rochers à la chaleur du soleil, car ils sont très frileux.
- Ils sont surtout frugivores, se nourrissant de fruits et de végétaux; ils peuvent être insectivores et ils recherchent aussi les œufs et les petits oiseaux qu’ils tuent, pour leur sucer la cervelle dont ils sont très friands. Ils portent les aliments à leur bouche avec leurs mains.
- Les makis s’apprivoisent facilement et des voyageurs ont pu en rapporter en France et les garder assez longtemps^).
- On compte actuellement une quinzaine d’espèces de makis :
- Nous examinerons seulement avec quelques détails : Lemur variegatus (Maki vari), Lemur catta (Maki mococo), Lemur mongoz (Maki couronné), Lemur macaco (Maki noir).
- Le Lemur variegatus ou Maki vari. — C’est le plus grand représentant du genre. Sa taille atteint 0 m 90, dont plus de la moitié pour la queue. Il possède une magni-
- 1. Le Muséum d’histoire naturelle en possède une belle collection que nous avons pu étudier grâce à l’obligeance de M. le professeur Bourdelle et de ses collaborateurs que nous remercions.
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- fique fourrure, longue et épaisse, présentant de larges taches noires et blanches.
- Le museau est noir; en général, le front, les mains et la queue sont noirs ; il possède des lignes noires et grises sur les narines; le tour du cou est blanc. Chez certains, la moitié du dos est noire et l’autre blanche ; le ventre est noir ou blanc. Ces dispositions de couleurs sont d’ailleurs variables avec les individus, ce qui a valu son nom à l’espèce.
- Comme les autres Makis, le Vari sç nourrit de fruits et de végétaux.
- Certains auteurs ont fait à cette espèce une réputation de férocité et de méchanceté qui, paraît-il, égaleraient
- Fig. 3. — Le Maki mococo.
- celles des Tigres. Nous devons avouer, pour notre part, que nous n’avons pas vérifié le moins du monde cette affirmation, sur les animaux en captivité que nous avons observés. Bien qu’un peu moins familiers que certaines autres espèces, ce qui d’ailleurs tient, croyons-nous, à leur manque d’acclimatation à la vie diurne, les Varis se sont montrés sociables et pacifiques, jusqu’à venir manger dans la main les friandises que nous leur donnions.
- Ils ne grognent pas comme les autres makis, mais se mettent soudain à pousser des cris perçants que tous les individus présents reprennent en chœur, faisant un vacarme effroyable. Ce sont peut-être ces hurlements qui leur ont valu une réputation de férocité erronée.
- Les Malgaches les appellent Varikandanas.
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- Le Lemur Catta ou Maki Mococo ou à queue annelée. — C’est le plus commun, le plus gentil et le plus amusant des makis. Il a la taille d’un petit chat et se distingue principalement par sa longue queue touffue, annelée de noir et de blanc, d’où le nom qu’on lui donne parfois.
- Le corps est recouvert d’un pelage doux et serré, d’une
- Fig. 4. — Makis mococo dans leur cage au Muséum.
- couleur gris cendré, tirant parfois sur le roux. La partie inférieure du corps est blanche. Le museau est noir et les larges yeux d’or, brillants d’une lueur verte dans l’obscurité, sont entourés d’un cercle noir, donnant à l’animal une physionomie tout à fait particulière.
- Le Mococo est l’espèce qui supporte le mieux la captivité et le changement de climat; c’est celui qui a été le plus souvent rapporté en France par les voyageurs.
- Geoffroy-Saint-Hilaire en a signalé un qui vécut dix-neuf ans en captivité. Il parut seulement toujours incommodé du froid auquel il cherchait à se soustraire en se roulant en boule et en se couvrant le dos avec sa queue. L’hiver, il s’asseyait près du feu et tendait ses mains vers le foyer comme un homme; il approchait sa tête si près de la cheminée, qu’il lui arrivait de se brûler les moustaches; il se bornait alors à détourner la tête d’un côté ou de l’autre, sans l’éloigner. 11 n’allait jamais se coucher sans avoir sauté en cadence pendant une demi-heure.
- C’est d’ailleurs une habitude des mococos de sauter ainsi en mesure sur leurs quatre mains ; nous sommes même arrivés à leur faire exécuter cet exercice pour obtenir une friandise, de la même façon qu’on fait faire le beau à un chien.
- Comme les autres espèces de makis, ils se nourrissent en captivité, de légumes, de pain et ils aiment particulièrement les fruits, les œufs et le sucre.
- Suivant les régions, les Malgaches appellent cette espèce^ Varikia, Gidro ou Hira.
- Le mâle présente sur la face palmaire des mains antérieures, une infinité de petits pertuis qui sont les orifices excréteurs d’une glande, dénommée glande carpienne, qui a longtemps intrigué les naturalistes. Les Mococos ont l’habitude de s’asseoir et ramenant leur queue devant eux, de la lisser de bas en haut entre leurs mains, peut-être pour l’oindre de la sécrétion carpienne.
- Le Lemur Mongoz ou Maki couronné. — De couleur variable, le corps est en général marron à taches fauves, la tête est large, le museau très pointu; il a à peu près la même taille qu’un Mococo.
- Buffon nous raconte qu’un mâle, qu’il possédait, s’empressait, dès qu’il pouvait s’échapper, de se rendre dans les boutiques voisines pour chercher des fruits, du sucre et surtout des confitures dont il ouvrait les pots.
- Ce Maki est plus sauvage et s’apprivoise moins facilement que le Mococo. Les indigènes l’appellent Akomba. On le trouve sur la côte N.-O. de Madagascar, dans les forêts de Lokobé (Nossi-Bé), dans le Sambirano. On le trouverait jusque dans le sud de Majunga, dans la baie de Balÿ. Cette espèce est intéressante parce qu’elle vit aussi aux Iles Comores où elle se serait considérablement multipliée dans ces dernières années.
- Le Lemur Macaco ou Maki noir. — L’intérêt de cette espèce est qu’elle présente un bel exemple de dimorphisme sexuel. Le mâle, un peu plus petit qu’un Mococo, présente un pelage d’un beau noir, formé d’une fourrure douce et lustrée. D’après de Varigny, il faudrait distinguer le Maki noir qui a les yeux jaunes comme les autres espèces et le Maki très noir qui a les yeux verts. La femelle possède un pelage roux et une belle queue touffue. Elle est également remarquable par des favoris blancs et des pinceaux de poils de même couleur qui lui sortent des oreilles. Celle que nous avons pu examiner en captivité a toujours fait montre d’une grande douceur et d’un caractère très sociable. Elle aimait beaucoup se faire caresser et surtout se faire gratter le crâne ; elle se mettait alors à lécher énergiquement les barreaux de sa cage. Cette habitude se retrouve d’ailleurs chez d’autres
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- espèces de Makis ainsi que celle de lécher la main qu’on leur donne.
- Comme la précédente, on trouve cette espèce sur la côte N.-O., dans les forêts de Lokobé, du Haut-Sambi-rano et sur les pentes inférieures du Tsaratanana. Son nom malgache est également Akomba.
- L’Hapülemur. — Près du genre Maki ou Lemur proprement dit, on range les genres Hapalemur et Lepi-lemur.
- Le Muséum possédait un Hapalemur qui malheureusement n’a pu supporter le dépaysement et le climat.
- L’Hapalemur se distingué par une tête globuleuse au museau court et non pas pointu comme celui des Makis, et des oreilles velues et courtes. Les pieds sont courts et larges, la queue aussi longue que le corps.
- Le crâne est remarquable par la réduction de la saillie
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- des intermaxillaires et la direction presque verticale de l’orifice antérieur des fosses nasales, ce qui contribue aussi à donner à la tête une forme sphérique.
- Cet animal est de couleur brune assez foncée et uniforme.
- L’individu que nous avons pu étudier en captivité était moins sociable que les Makis, prenant avec hésitation les friandises qu’on lui donnait, plus sans doute par timidité que par sauvagerie, et ne se laissant pas caresser comme eux. Il avait toujours un air triste et craintif, presque malheureux et ne s’habituait visiblement pas à la captivité. 1
- Hapalemur grisèus possède, coinme Lemur catta, une glande carpienne existant dans les deux sexes mais plus développée chez le mâle que chez la femelle. Les Malgaches l’appellent : Bokombolo.
- G. et J. JoUANETAUD.
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- METHODES MODERNES ===== POUR LE PROBLÈME DU POINT A LA MER
- Fig. 1. — La détermination du point par droites de hauteur.
- L’industrie et la technique modernes ont mis à la disposition des marins des instruments qui permettent de donner de nouvelles solutions à des questions de navigation déjà résolues. Nous nous proposons, dans cet article, d’examiner les innovations qui ont été proposées récemment au sujet du problème du point à la mer.
- La détermination de la position du navire au large par observations astronomiques est possible depuis longtemps, et très convenablement, à l’aide du sextant, du compas magnétique et du chronomètre. Le sextant donne la hauteur de l’astre au-dessus de l’horizon; le compas détermine l’arc d’hori zon compris entre un point cardinal et le vertical de l’astre (azimut de l’astre) ; le chronomètre permet de déterminer la longitude du lieu par différence de son indication avec l’heure locale. La théorie classique du point astronomique, du point Marcq, par exemple, est extrêmement simple, si on la réduit à ses éléments essentiels. A un instant donné, l’observateur relève au sextant la hauteur d’un astre (soleil le plus souvent), au-dessus de l’horizon. Sur le globe terrestre, le lieu des points d’où l’on voit l’astre à la hauteur observée est un petit cercle ayant pour pôle la projection centrale de l’astre.
- Ce petit cercle peut donc être tracé sitôt qu’on connaît la hauteur de l’astre et l’instant de l’observation. Pour cette raison, on l’appelle cercle de hauteur. Sur la carte de Mercator qu’emploient les marins, ce petit cercle se transforme en une courbe à laquelle on substitue sa tangente au voisinage de la position présumée du navire (courbe et droite; de hauteur). La droite de hauteur est
- un premier lieu où se trouve le navire. Si l’observateur disposait au même instant d’un second lieu, l’intersection des deux lieux déterminerait le point. Malheureusement, pendant le jour, le seul astre généralement observable est le soleil. La lune convient mal du fait que ses coordonnées varient rapidement. Force était donc, jusqu’à l’emploi du gyro-compas, d’attendre que le soleil lui-même se fût assez déplacé dans le ciel pour qu’une seconde observation donnât une seconde droite de hauteur. La première droite étant obtenue à 8 heures du matin par exemple, la deuxième observation avait lieu à midi. On déplaçait sur la carte la première droite du chemin parcouru en quatre heures par le navire et l’intersection des deux droites déterminait le point à midi
- (fig-1)-.
- Depuis l’installation sur les navires du compas gyro-
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- statique (ou gyrocompas), il devient possible d’obtenir un second lieu géométrique, en plus de la droite de hauteur, à un instant donné.
- On sait que le gyrocompas substitue à un équipage aimanté mobile, s’orientant approximativement vers le nord magnétique, un gyroscope s’orientant dans le plan méridien.
- Un relèvement pris au compas magnétique doit être corrigé de la déclinaison magnétique, variable en chaque point du globe et fonction du temps, et de la déviation, fonction du cap et des masses magnétiques à bord. La déviation est la plupart du temps mal connue. C’est l’erreur dont sont entachées ces corrections, corrections qui n’existent pas avec le gyrocompas, qui rend le compas magnétique moins précis. A examiner la question de près, le gyrocompas ne comporte pas d’avantages théoriques pour la précision. Un observateur soigneux, utilisant une bonne courbe de déviation, peut se servir avec
- Fig. 2. — Principe du «point azimutal ».
- autant de succès d’un compas magnétique pour obtenir un relèvement précis. Toutefois, pratiquement, tandis que l’approximation donnée par le compas magnétique est de l’ordre de quelques degrés, celle du gyrocompas atteint une fraction de degré. Dès lors, l’azimut de l’astre peut être observé avec une précision telle que l’introduction de cette donnée dans les calculs est possible. Grâce à cette utilisation, le triangle sphérique P Z A (fig. 2) est entièrement déterminé. Voici quels sont les éléments de ce triangle, fondamental en navigation. Z est le zénith de l’observateur, P le pôle et A l’astre.
- Dès lors Z A mesure la distance zénithale de l’astre, PA le complément de sa déclinaison, PZ la colatitude de l’observateur. L’angle Z est l’azimut de l’astre, l’angle P, son angle horaire, l’angle A est appelé angle à l’astre. Dans le cas qui nous occupe, une observation donne Z, LI, D ; on peut à l’aide de ces données résoudre le triangle par la trigonométrie. Tel est le principe du point azimutal ou point Marguet.
- On peut utiliser la connaissance de Z d’une autre
- façon. De même que le lieu des observateurs terrestres qui observent un astre à la même hauteur est un petit cercle (cercle de hauteur) le lieu des observateurs qui assignent à un astre le même azimut est une courbe qu’on appelle courbe d’égal azimut ou courbe d’azimut. Ces courbes ont été étudiées du point de vue géométrique par l’inspecteur général d’hydrographie Lecoq. D’une façon un peu plus précise, il s’agit des points d’une sphère d’où l’on peut mener deux grands cercles passant par deux points fixes A, B, et faisant un angle constant. La forme des courbes est moins simple que dans le cas des cercles de hauteur; on peut les ranger en trois familles suivant que l’angle des grands cercles (azimut) est supérieur, inférieur ou égal à l’arc de grand cercle A B.
- L’allure qu’elles ont dans les trois cas est montrée par la figure 3, où les courbes marquées III sont celles pour lesquelles l’azimut est plus petit que AB; les courbes I sont celles pour lesquelles il est plus grand que AB et les courbes II, celles où l’azimut égale AB. Il est évident que ces dernières courbes II passent toutes par le pôle de l’arc AB. En A et B chaque courbe fait avec le méridien A B un angle égal à l’angle Z dont elle est le lieu.
- La discussion des conditions pratiques d’utilisation des courbes d’azimut ressort de leur étude géométrique qui ne peut être envisagée ici.
- Sur la carte, une courbe gauche se transforme par projection en une autre courbe plane, à laquelle on substitue, comme dans le cas des cercles de hauteur, une droite suivant le petit arc de courbe qu’on peut utiliser. Par analogie on obtient des droites d’azimut.
- Voilà donc un second lieu à la disposition de l’observateur, grâce auquel il peut déterminer complètement la position du navire.
- La conception de la droite d’azimut est un rappel de la droite de hauteur, rappel qui n’est peut-être pas absolument logique comme le fait remarquer Marguet dans un article de la Repue maritime, puisque la notion de lieu géométrique n’était utilisée qu’en raison de la forme de la question (2 observations décalées), forme qui n’est plus la même avec des observations simultanées. Quoi qu’il en soit, Fontana Da Costa, au Portugal, Lecoq en France, ont donné des solutions inspirées des méthodes classiques de point. Les différences de méthodes proviennent du mode de définition de la droite qui remplace la courbe, d’une part ; du mode de fixation de cette droite, d’autre part. Da Costa choisit comme droite la tangente à la courbe; il place la droite sur là carte en abaissant sur elle la perpendiculaire au point estimé. Il y a là une façon de procéder analogue à la méthode Marcq pour placer la droite de hauteur. Lecoq détermine la droite d’azimut par deux de ses points : l’un est l’intersection de la courbe d’azimut avec le méridien estimé, l’autre l’intersection de la courbe d’azimut avec le grand cercle joignant l’astre au point estimé. Ces inventeurs peuvent répondre à l’argument philosophique ci-dessus en invoquant l’avantage des procédés graphiques familiers aux marins. L’inconvénient des deux méthodes résiderait plutôt dans le fait que le méridien estimé, le parallèle estimé et le grand
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- cercle estimé peuvent ne pas couper la courbe d’azimut, ou du moins la couper loin du point estimé. En outre le cercle de hauteur peut tangenter la courbe d’azimut; les droites de hauteur et d’azimut sont alors confondues et le point d’intersection indéterminé. Le résumé de la discussion géométrique, faite à ce point de vue par Marguet, conduit à ne pas observer, dans un fuseau de 30° dont la position est déterminée à chaque instant par l’astre.
- C’est un inconvénient sérieux, d’autant que les méthodes, soit de résolution directe du triangle P Z À, soit d’utilisation des droites d’azimut, ne permettent pas la précision obtenue avec les anciennes méthodes du point par deux observations décalées, qui donnent la position du navire à une minute d’arc près, soit un mille marin.
- Ainsi les avantages que présente d’un côté l’utilisation du gyrocompas sont contrebalancés par des inconvénients, de telle façon que, pratiquement, on utilise peu les méthodes ci-dessus exposées. Nous avons cru cependant intéressant de résumer ces recherches théoriques très simples sur le problème du point, question que le lecteur cultivé, mais non spécialisé, a tendance à considérer souvent comme hermétique.
- G. Ferré.
- Fig. 3. — Allure des courbes d’égal azimut.
- = NOUVELLE METHODE ........-.£
- D’ENREGISTREMENT PHONOGRAPHIQUE
- ET DE TRANSMISSION RADIOPHONIQUE
- La qualité des auditions radiophoniques et des reproductions musicales en phonographie et en cinématographie sonore dépend tout autant des caractéristiques des appareils reproducteurs ou récepteurs que de celles de l’enregistrement et de la transmission. Les problèmes qui se posent pour la transmission des courants microphoniques dans les auditoriums d’enregistrement pour phonographie ou cinématographie sonore, ou dans les studios d’émission radiophonique, sont, d’ailleurs, d’ordre quelque peu différent. En radiophonie, on sait par exemple que la qualité même de l’audition est limitée par des questions radioélectriques.
- LE RELIEF SONORE ET L’ACOUSTIQUE DES SALLES
- On sait aujourd’hui enregistrer ou transmettre fidèlement une gamme de notes musicales très étendue; mais ce résultat n’est plus considéré comme suffisant à lui seul; on s’attache, en outre, à obtenir des auditions présentant un caractère vraiment naturel et jouissant de la qualité qu’on peut appeler le relief sonore.
- Dans les instruments de musique mécanique ordinaires, la source sonore est constituée par un seul haut-parleur, à pouvoir directif accentué, disposé d’une manière fixe et de surface réduite. La sensation du relief acoustique est alors difficile à obtenir.
- On pourrait croire, qu’il suffit, pour atteindre le but, d’utiliser deux haut-parleurs convenablement placés par rapport aux auditeurs ou, au besoin, de recourir à un ensemble de haut-parleurs dont chacun serait disposé à l’emplacement de l’instrument de musique correspondant d’un orchestre.
- En réalité, le problème est beaucoup plus difficile.
- Une partie de l’effet de relief musical est due aux résonances plus ou moins accentuées et aux réverbérations du studio ou de la salle de concert. Ce sont ces phénomènes qui donnent à l’auditeur la sensation du « volume » de la salle.
- Dans les premiers studios d’enregistrements phonographiques ou d’émissions radiophoniques, on supprimait trop souvent au moyen de matériaux insonores les effets de « réverbération ».
- Fig. 1. — Schéma du système de prise de sons classique en radiophonie.
- Préamplificat!' Potentiomètre Amplificat'
- Emetteur
- Microphone Amplificateur Timbreur
- Modulateur
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- On diminuait ainsi les risques de traînées sonores susceptibles de nuire à la netteté des paroles, mais l’audition était devenue, en quelque sorte, «plate » et sans relief. On s’est rendu compte peu à peu de la nécessité de réaliser des réverbérations artificielles, non plus empiriques, mais réglables à volonté.
- Une première solution est de recourir à un certain nombre de microphones agissant sur un même nombre de haut-parleurs disposés de manière à obtenir un effet directif particulier.
- Nous avons déjà signalé que ce moyen, mis en œuvre aux Etats-Unis, a permis de transmettre par câble, dans des conditions de naturel encore inégalées, un concert symphonique depuis Philadelphie jusqu’à Washington.
- Cette transmission exige un grand nombre de circuits électriques; il faut employer des câbles téléphoniques comportant un nombre élevé de conducteurs.
- En radiophonie, le problème serait plus compliqué encore, puisqu’il faudrait plusieurs longueurs d’onde différentes pour la transmission d’un même radio-concert. À l’émission, il faudrait de même plusieurs microphones disposés d’une manière rationnelle, et des haut-parleurs récepteurs placés de manière correspondante. L’emploi des ondes très courtes serait même utile pour une transmission vraiment musicale.
- Fréquences
- Fig. 2. — Le timbreur usuel agit sur toute la gamme des fréquences transmises pour renforcer les notes aiguës; il affaiblit les notes graves.
- UN SYSTÈME DE PRISE DE SONS ORIGINAL ET PERFECTIONNÉ
- Si l’on recule devant les difficultés de réalisation d’une solution complète, il faut chercher un compromis. On peut déjà obtenir une sensation de relief sonore plus ou moins accentuée, en réalisant une séparation assez nette des sons des différents instruments de musique ou des paroles des différents acteurs ou chanteurs; on enlève ainsi à l’audition son caractère plat et monotone.
- Dans les appareils ordinaires d’enregistrement ou de transmission, les ondes sonores agissent sur le microphone, et ce dernier, à son tour, produit des courants qui sont envoyés à des amplificateurs de puissance avant d’être transmis, soit aux lignes de transmission, soit aux postes émetteurs radiophoniques.
- Dans le circuit, on intercale deux dispositifs qui ont
- pour but de permettre le réglage de l’intensité et de la tonalité des sons devant finalement être reproduits dans le haut-parleur du récepteur (%•!)•
- Le premier appareil est, en fait, un potentiomètre avec un bouton de commande permettant à vo-
- Fig. 4. — Réglage séparé des différentes bandes de fréquences musicales.
- lonté d’affaiblir ou de renforcer l’intensité sonore; le deuxième est un timbreur qui permet, surtout, de diminuer les fréquences aiguës, mais, uniquement par affaiblissement des sons graves, c’est-à-dire des sons fondamentaux. En réalité, dans ce système rudimentaire, les timbres sont modifiés et ne correspondent plus à ceux des sons complexes naturels (fig. 2).
- Pour remédier à ce grave inconvénient, un musicien français connu, M. Eric Sarriette, et deux techniciens spécialisés, MM. R. Gamzon et Sollima, ont eu l’idée d’employer un seul microphone, un seul préamplificateur, mais de traiter séparément trois gammes de la bande de fréquences musicales, médium, grave et aigu, de les filtrer, et de les amplifier séparément.
- Le dispositif de réglage de l’intensité sonore est donc commun pour tout l’ensemble, mais il existe un système de réglage séparé pour chaque gamme; à la sortie, la synthèse des sons s’effectue de nouveau dans le modulateur, et il n’est plus besoin d’utiliser de timbreur. C’est ce que l’on appelle la prise de sons séparée (fig. 3).
- On peut ainsi agir avec précision et séparément sur l’intensité des sons correspondant exactement à la gamme considérée. Pour renforcer ou affaiblir les sons aigus,
- Amp! i fient eu es séparés
- Potentiomètre commun. Préamplificateur \
- Modulateur
- Filtres
- Micropb. Amplificateur à fréquence normale
- Filtres
- Emetteur
- Potentiomètres
- distincts
- Fig. 3. — Schéma d’un système de prise de sons séparée.
- médium, ou graves, il suffît d’agir sur le potentiomètre correspondant, ce qui renforce ou affaiblit cette gamme, sans réagir sur les autres.
- On a ainsi un moyen électrique d’accentuer les contrastes entre les différents instruments de musique de l’orchestre. Il devient alors inutile, à l’émission, de recourir à des systèmes d’orchestration différents des procédés classiques, à condition, bien entendu, de maintenir le réglage sous le contrôle d’un technicien qui soit en même temps musicien.
- Les composantes graves des sons ont, nous le savons, un mauvais rendement physiologique ; au contraire, au moment d’un fortissimo d’orchestre, il peut se produire des distorsions de modulation qui obligent le chef d’orchestre à réduire la modulation.
- Le procédé de prise de sons répartie permet, lors d’un fortissimo, d’atténuer les composantes graves, tout en laissant toute l’amplitude de modulation disponible pour les composantes médium et aiguës. La différence de niveau physiologique entre le pianissimo et le fortissimo est donc nettement augmentée à l’audition, ce qui évite la monotonie de la reproduction.
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- Cette atténuation des sons graves ne constitue pas un grand inconvénient; en effet, pour des puissances élevées de l’ordre de 60 à 80 décibels, les propriétés de l’oreille sont de même ordre pour toutes les fréquences.
- L’atténuation provisoire des notes graves lors d’un fortissimo a ainsi pour effet de rétablir les proportions normales déterminées par le chef d’orchestre, en évitant l’effet désagréable indiqué. La prise de sons répartie ne paraît donc présenter que des avantages.
- LA RÉSONANCE ÉLECTRIQUE RÉGLABLE
- L’effet de réverbération n’est pas le même pour toutes les fréquences. Il y a un phénomène sélectif qui détermine, en quelque sorte, la tonalité plus ou moins agréable de la salle. Aussi les bonnes salles de concert doivent-elles présenter des courbes caractéristiques de réverbération de forme bien déterminée, se relevant dans les notes très basses et très aiguës, comme le montre la figure 5.
- Pour un très grand studio, il est d’autant plus nécessaire de réaliser ces caractéristiques que le haut-parleur de reproduction est plus réduit; mais la construction d’une
- Studio
- Microphone ?c/pa7~^"
- Préamplificateur
- Amplificateur basse fréquence
- m
- vers le systèm e
- fbéampl/fïcaîeur
- ]----\~Amp!iff [—|^
- Réglages j____________
- N |----------1 Ampür h
- partiels
- Chambre mèdiunP 3i Hlparlf résonance
- a‘Qu_______________^
- Fig. 6. — Schéma du système de résonance électrique.
- telle salle exige des études longues, difficiles et coûteuses. Les studios de ce genre sont encore très rares en Europe.
- Le procédé que nous avons signalé plus haut permet, non seulement d’augmenter la période de réverbération sans introduire d’échos, mais aussi de modifier à volonté les caractéristiques de réverbération en fonction de la fréquence, de façon à obtenir, ce qui est très important, une courbe caractéristique optima.
- A cet effet, une partie du courant modulé provenant du haut-parleur principal est envoyée dans des amplificateurs alimentés par trois filtres de bande à affaiblissement réglable et trois amplificateurs séparés. Ces trois amplificateurs, à leur tour, actionnent trois haut-parleurs disposés respectivement pour la reproduction des notes graves, médium et aiguës, et placés dans une petite chambre à grande durée de réverbération, avec des murs nus, lisses et durs (fig. 6).
- Un microphone placé dans cette chambre recueille les sons ainsi modifiés par un effet de réverbération auxiliaire et les renvoie vers l’amplificateur principal.
- La chambre de réverbération auxiliaire est déjà connue et utilisée dans les studios étrangers.
- Ce système de réglage permet d’obtenir à volonté toutes
- Fig. 5. — Courbe de réverbération d’une bonne salle de spectacle.
- les couleurs acoustiques des salles et d’obtenir sans modification architecturale, avec une petite salle très amortie, tous les effets qu’on pour rait réaliser dans de salles de concert, des théâtres, des églises, des
- halls, etc., et sans crainte d’introduction d’échos.
- Avec la résonance électrique, on peut rendre plus distinct l’orchestre d’accompagnement et la voix du chanteur ou la musique du soliste; la résonance des notes graves permet, d’autre part, un meilleur effet musical sans augmentation d’amplitude.
- Dans un autre ordre d’idées, le chef d’orchestre peut à volonté modifier, en quelque sorte, les caractéristiques acoustiques des studios suivant l’œuvre à diffuser.
- Ce système de prise de sons fractionnée a déjà été mis en service dans plusieurs studios français et les dispositifs de résonance électrique réglable présentent des avantages non moins originaux qui laissent espérer des améliorations prochaines de la technique des émissions radiophoniques.
- P. HÉMARDINQUER.
- Fig. 7. — Pupitre pour prise de sons fractionnée, avec résonance électrique réglable (système Sornette, Gamzon et Sollima).
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- LES TRAVAUX DE PHYSIOLOGIE MOLÉCULAIRE
- du PROFESSEUR DEVAUX, depuis is89
- On doit au professeur Léo Errera, le fondateur de l’Institut botanique de Bruxelles, l’expression imagée de physiologie moléculaire, qui n’a pas besoin d’être expliquée.
- Les phénomènes de nutrition chez tous les végétaux se produisent essentiellement à l’échelle moléculaire, sans être précédés, comme chez les animaux supérieurs, d’absorption ou de déjection de substancos à l’état massif. Il faut donc, pour les étudier, être non seulement biologiste, mais aussi physicien et chimiste, ou mieux encore physico-chimiste.
- Les botanistes physiologistes de la fin du xixe siècle s’étaient déjà préoccupés de cette question. Rappelons, en particulier, Sachs, Pfefïer, de Vries, lorsqu’ils abordèrent l’étude des échanges de substance entre la cellule et son milieu — ce qui nous a valu les splendides découvertes de ces savants dans le domaine de l’osmose, chapitre entièrement nouveau de la physique moléculaire.
- Cette découverte de physique, faite par des botanistes, est la revanche de ceux-ci à l’égard du mot dédaigneux de l’astronome Le Verrier, disant un jour à l’Académie des Sciences : « Ce que je vais vous expliquer, Messieurs, est tellement simple, que même un botaniste le comprendrait ! »
- Mais il est juste de reconnaître qu’avant les travaux de ces botanistes avaient paru, de 1826 à 1836, ceux d’un savant français, Dutrochet, médecin, naturaliste et physiologiste, véritable précurseur, qui sut, le premier, par ses célèbres travaux sur l’osmose, montrer l’importance des phénomènes moléculaires dans les êtres vivants.
- Cette importance ressort également de toutes les recherches d’un éminent biologiste contemporain, le professeur Devaux, professeur honoraire de la faculté des sciences de Bordeaux, correspondant de l’Institut.
- C’est ce que nous mettrons en lumière dans l’exposé suivant, qui résume les nombreux et remarquables travaux de c'ë savant. Ces travaux sont peu connus. Nous ne
- Fig. 3. — Coupe transversale de la partie médiane d’une feuille d’Elodea. Outre le faisceau à gauche, le limbe ne comprend que deux épidermes entre lesquels on voit des lacunes prismatiques longitudinales.
- Fig. 1. — I nclusion d’une plante dans la gélatine. La section s de la tige est isolée de l'extérieur par le bouchon de gélatine g solidifié dans l’entonnoir e.
- C
- doutons pas de l’intérêt c^u’ils susciteront parmi nos lecteurs.
- Les recherches de physiologie moléculaire du professeur Devaux se répartissent tout naturellement en trois grandes catégories, à savoir : y
- 1° La pénétration et la sortie des gaz dans la plante et dans la cellule vivante ;
- 2° La rétention des substances par adsorption;
- 3° La structure moléculaire de la cellule vivante et ses affinités.
- I C’est une division logique, correspondant à trois points de vue : cinétique des échanges, fixation des substances, arrangement définitif et fonctions.
- Nous ne citerons icj que les deuj: premières parties, un
- Fig. 2. — Appareil de diffusion : m, membrane tendue sur la grande ouverture O de la cloche c; o,petite ouverture par où l’on fait le vide au mogen du tube t.
- PLANTES AQUATIQUES
- Les plantes aquatiques présentent une constitution plus simple que le>s plantes aériennes. Même lorsqu’elles possèdent à leur intérieur de l’air gazeux, ce qui est le cas des plantes étudiées par l’auteur, cette atmosphère reste confinée dans les lacunes et méats de la plante, car les parois ne présentent aucune ouverture, stomates ou lenticelles, comme les plantes aériennes. Elle ne peut donc se renouveler que par diffusion directe à travers les parois. Mais c’est une diffusion très particulière, celle d un milieu liquide à un milieu gazeux à travers une membrane vivante. Quelle méthode employer pour faire une étude si spéciale et si délicate ?
- Méthode de la dialyse — On connaît la méthode employée par Graham pour connaître la diffusion des gaz à travers les membranes colloïdales telles que le caoutchouc : L’expérimentateur fixe cette membrane sur une plaque poreuse limitant un récipient dans lequel il
- aperçu de la troisième ayant été déjà présenté, tout au moins sommairement, aux lecteurs de La Nature (1).
- PÉNÉTRATION ET SORTIE DES GAZ DANS LA PLANTE ET DANS LA CELLULE VIVANTE
- Le professeur Devaux a abordé ce problème par l’étude des plantes aquatiques, dans un mémoire important paru en 1889, qu’il a présenté comme thèse de doctorat ès sciences.
- 1. La Nature, n° 2878, 1er avril 1932, p. 314.
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- Air libre
- fait le vide; l’air filtrant à travers la membrane devient plus riche en oxygène à cause de la vitesse moindre de l'azote.
- Plusieurs botanistes essayèrent alors d’appliquer cette méthode aux plantes en employant comme membrane soit une feuille entière (Garreau, Barthélémy), soit un lambeau d’épiderme (Müller), ou de cuticule (Mangin).
- Mais ces essais étaient en somme bien éloignés des conditions réelles des échanges des plantes. Le professeur Devaux ne voulut étudier la diffusion que sur des plantes vivantes, en ne faisant suivre aux. gaz que le trajet qu'ils suivent normalement pour entrer dans la plante et pour en sortir. Il conçut l’idée qu’on pouvait essayer de faire le vide dans la plante elle-même ( en profitant de sa canalisation lacunaire interne, afin d’obtenir la dial/se de l’air à travers ses parois. Cette méthode, audacieuse âutant qu’originale, fut tentée et réussit pleinement.
- La figure ci-jointe (fig. 1) montre comment on peut monter ur>e plante vivante en dia-lyseur. Un rameau d'Elodea, de Ceratophyllum, ou de toute autre plante aquatique, est inclus par sa section dans un entonnoir et retenu en place par un bouchon conique d’une solution épaisse de gélatine, laquelle s’est solidifiée vers 30°, ên donnant une masse solide résistante quoique élastique. Ce mode d’inclusion respecte parfaitement l’intégrité des tissus, et la forme conique du bouchon tend à appliquer celui-ci sur l’entonnoir dès qu’on commence à faire le vide.7
- Pour procéder à l’expérience, on adapte un tube de caoutchouc à parois épaisses au tube de l’entonnoir, et on le relie d’autre part à une pompe à vide. Dès que celle-ci commence àfonction-ner, l’air passe des lacunes dans le corps de pompe, et, comme le volume total du tube et des lacunes est très petit, le vide est obtenu en un instant.
- Il peut sembler impossible, au premier abord, que le vide soit vraiment réalisé dans l’intérieur de la plante ? On pourrait penser, en effet, que la pression barométrique doit écraser les tissus délicats de la plante, les coller les uns contre les autres, en faisant disparaître la cavité des lacunes. Mais cela n’a pas lieu, comme l’ont prouvé les expériences, sans doute parce que, ici, les espaces libres sont capillaires; la force de résistance des parois devient ainsi relativement considérable.
- Dès les premières expériences, l’auteur reconnut qu’il y avait réellement dialyse de l’air, car on constatait un enrichissement en oxygène. Voici, en effet, la composition de l’air libre et celle de l’air dialysé dans une expérience faite le 8 novembre 1888 sur un bouquet d'Elodea laissé à l’air libre :
- Fig. 5.— Feuille d’Elodea vivante, montrant les lacunes 1 pleines d’air. Quelques cellules a, altérées, onl un aspect brun foncé.
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- CO2
- O.
- N.
- Air dialysé à travers la plante.
- 0,04 CO2................. 2,95
- 20,14 O.................. 27,17
- 79,82 ' N...................69,88
- Les expériences ultérieures confirmèrent ce résultat. Même en prenant la précaution de mettre la plante dans l’obscurité pour éviter l’assimilation chlorophyllienne, l’air dialysé à travers les parois contient toujours'de 27 à*28 pour 100 d’oxygène, avec.une proportion importante d'acide carbonique.
- ' Ce dernier gaz provient évidemment de la respiration, preuve certaine que le sujet expérimenté était resté bien vivant, comme le désirait l’expérimentateur. Mais cette respiration constituait alors une perturbation de la dialyse elle-même, dont il fallait tenir compte.
- On peut, en première approximation, considérer que l’acide carbonique trouvé représente l’oxygène disparu, à peu de chose près, de sorte que la proportion d’azote trouvé doit être la même que s’il n’y avait pas eu respiration : cette proportion doit être constante, et très inférieure à celle de l’azote de l’air libre.
- L’auteur se livra à un grand nombre d’essais de dialyse, dans des conditions variées au point de vue de la durée et de la nature des plantes employées.. Il reconnut que la proportion de fiazote est en effet constante dans le mélange diffusé, et très inférieure à • celle de 1 air libre : 69,17 pour 100 au lieu de 79,50 que contient l’air ambiant.
- Il compara dès lors cette proportion à celle donnée par ailleurs, ou calculée à travers diverses sortes de membranes :
- Graphite Caoutchouc Cuticule Lame d eau
- (G'raham) (Von Wroblewski) (Mangin) (Exner) 80,38 59,84 '• 65,48 67,60
- Fig. 4. — Le tube t fixé par le suppoi-l s reçoit les gaz venant de l’intérieur de la plante p; le tube t’ collecte, par l’entonnoir e les bulles dégagées à l'extérieur.
- De tous ces nombres, c’est le dernier, 67,60, représentant la dialyse théorique à travers une lame d’eau, qui est le plus proche de 69,17 trouvé pour les plantes. La différence dépasse à peine 1,5%.
- Fig. 6. — Point végétatif d’une feuille d’Elodea vivante. Les lignes noires en réseau 1 représentent les lacunes pleines d'air.
- h1t
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- = 258
- Or cette différence devient nulle quand on considère que, dans l’acte respiratoire, il y a toujours moins de CO2 produit, que d’oxygène consommé, et que le vide n’arrive jamais à être complet dans la plante. La conclusion qui s’impose est que la diffusion des gaz à travers les parois vivantes d’une plante se fait exactement comme à travers une lame d’eau.
- Ce résultat remarquable a été contrôlé par le professeur Devaux à l’aide d’un appareil purement physique, une membrane de gélatine, contenant la même proportion d’eau que la plante
- (fig. 2).
- Il en reçut aussi plus tard une confirmation indirecte par von Wroblewski, qui démontra que les parois sèches des cellules sont rigoureusement imperméables aux gaz.
- Le protoplasma lui-même est traversé. — A la suite de cette constatation, le professeur Devaux examina sur des coupes minces du végétal D trajet suivi par le gaz. On peut examiner ce trajet sur une de ces coupes ici représentée (fig. 3).
- L’examen de ces coupes prouve que les cellules elles-mêmes, membranes et contenu vivant, ont été positivement traversées par les gaz de l’air dialysé et le résultat de la dialyse montre que cette traversée s’est effectuée dans l’eau qui imprègne toute la cellule, par simple dissolution et diffusion. Le protoplasme vivant est donc facilement perméable aux gaz de l’air.
- Cette conclusion est une des plus importantes du mémoire du professeur Devaux; elle intéresse la physiologie de toutes les cellules vivantes.
- L’atmosphère interne des plantes. — Le professeur Devaux a poursuivi ses recherches en examinant la composition et la pression de l’atmosphère interne des plantes aquatiques. Nous ne donnerons ici que le résumé des résultats. L’atmosphère gazeuse confinée dans l’intérieur des
- plantes aquatiques est comparable à une bulle très ramifiée, entourée d’une paroi continue, perméable, mais rigide (fig. 5, 6 et 7).
- Dans l’eau normalement aérée, la pression de cette atmosphère est la même que celle de l’air libre. Dans l’eau désaérée, elle est plus basse, et il y a menace d’injection des lacunes. Dans l’eau sursaturée, elle est au contraire plus éleyée, et il y a dégagement de bulles libres, soit par la surface libre de la plante, soit par des ouvertures accidentelles. C’est par cet artifice que l’on peut facilement recueillir de l’air externe
- ou interne, et connaître ainsi la composition du milieu gazeux extérieur ou intérieur de la plante (fig. 4).
- PLANTES AÉRIENNES
- Après les plantes aquatiques, le professeur Devaux a abordé l’étude des échanges gazeux des plantes aériennes, en s’attachant surtout au cas des organes volumineux, où ces échanges devaient être plus difficiles.
- Tissus cellulaires massifs. — Tous les fruits charnus, (Courge, Citrouille, Orange, Pomme, Poire, etc...) et les tubercules (Betterave, Pomme de terre, Chou rave, Topinambour, etc...) sont formés d’une masse épaisse de cellules parenchymateuses, et l’on peut se demander comment respirent les cellules profondes de ces tissus massifs ?
- Le professeur Devaux a établi d’abord que tous ces
- Fig. 8. — Eri soufflant par le tube de caoutchouc c relié au tube de verre t lulé sur la surface d’un fruit de Cucurbilacée et pénétrant à l’intérieur, on voit des bulles sortir en grand nombre par les lenlicelles.
- tissus présentent une porosité générale, parfois très accentuée, comme le montre le cas de la citrouille représénîç ici (fig. 8).
- Ailleurs, cette porosité est moins accentuée, surtout vers l’extérieur, mais il y a cependant toujours une atmosphère interne.
- Pour étudier la pression et la composition de cette atmosphère interne, le professeur Devaux crée une cavité artificielle, qu’il met en relation avec un manomètre et un tube à prise de gaz (fig. 9, 10 et 11).
- Il a ainsi reconnu que l’atmosphère interne des tissus massifs se renouvelle dans l’air libre à la fois par osmose, à travers les parois, et par effusion à travers les ouvertures (stomates ou lenticelles). Sa pression est tantôt supérieure, tantôt inférieure à la pression ambiante.
- Tiges ligneuses. — Les tiges ligneuses constituent d’autres tissus massifs, énormes dans les gros troncs
- Fig. 7. — Racine de Lolium vivante. Lacunes pleines d’air arrivant très près de l’extrémité.
- Fig. 9. — Pomme de terre préparée pour l’étude de l’atmosphère interne.
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- d’arbres, où il y a abondance de vaisseaux ligneux, ce qui rend les échanges plus complexes encore.
- Le professeur Devaux a étudié d’abord leur porosité. En envoyant de l’air comprimé dans des fragments de tige dont la section libre était plongée dans l’eau, on voit, dans les cas les plus favorables (fig. 12), deux systèmes de bulles: les unes provenant des méats intercellulaires (écorce et moelle) les autres sortant des vaisseaux (bois). Ces deux systèmes sont entièrement indépendants (ûg. 13,14) et même chaque cavité vasculaire est à peu près complètement isolée des autres.
- Au contraire, les méats communiquent librement entre eux, mais vers l’extérieur les ouvertures sont peu développées (stomates ou lenticelles) de sorte que toute tige ligneuse renferme une première atmosphère confinée, contenue dans les espaces intercellulaires et une deuxième atmosphère, non constante du reste, plus confinée encore, contenue dans les vaisseaux. Le fait est remarquable,
- Fig. 11. — Pomme de terre disposée pour l’étude des échanges gazeux. La petite surface ab repose sur un récipient F et est lutée à la gélatine : la grande surface ede est dans un autre récipient C. Les échanges entre les atmosphères contenues en F et en C' ne peuvent se faire qu’à travers le tubercule vivant. M et M' manomètres; A et B, prises de gaz.
- car les deux systèmes sont très rapprochés, et souvent intimement mélangés. L’atmosphère intercellulaire seule se renouvelle vers l’extérieur, principalement par effusion à travers les ouvertures. La seconde ne peut se renouveler que dans la première, par osmose seulement.
- L'aération des tiges ligneuses est difficile dans les parties profondes, de sorte que l’oxygène arrive à y manquer. La pluie, en mouillant les surfaces, ferme les ouvertures et entrave encore les échanges.
- Dépression respiratoire. — On sait qu’à l’intérieur des vaisseaux du bois il existe souvent de l’air et que cet. air est plus ou moins déprimé, sa pression est plus faible que celle de l’air libre. On attribue une grande importance à cette faible pression pour la circulation de la sève. Elle serait due, d’après Von Hbhnel, au fait que les vaisseaux, d’abord plus ou moins remplis d’eau, perdent
- Fig. 10.— Etude de l’atmosphère interne d’une betterave en place dans le sol. Les prises de gaz sont faites par le petit tube abc.
- cette eau par transpiration, et que l’air ne vient que lentement la remplacer.
- Mais la dépression transpiratoire est un phénomène momentané. Puisque l’air pénètre, elle doit s’arrêter nécessairement quand il n’y a plus transpiration. Le professeur Devaux a montré qu’une dépression permanente s’établit dans les vaisseaux, même en l’absence de toute transpiration. Cette dépression est d’origine respiratoire; elle tient au fait que le CO2 respiratoire, rejeté dans les vaisseaux, circule par osmose et s’en va bien plus facilement que l’oxygène ne rentre.
- *
- * *
- Par cet ensemble d’études faites sur les cas les plus variés, les échanges gazeux des plantes et de la cellule
- Fig. 12. :— Etude de la porosité de la lige du laurier-rose. L’air qu’on envoie sous pression ne sort que par les parties entamées, les grosses bulles par l'écorce EE' et la moelle M; les bulles fines par les vaisseaux
- du bois B.
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- Fig. 13. — Fragment d’une lige de laurier-rose dont les extrémités taillées en pointe ont été partiellement mastiquées. L’air comprimé arrive en B dans la moelle seule, en B' dans le bois. CD et FO, blessures corticales oblitérées.
- vivante sont maintenant bien connus pour tous les végétaux, depuis les plus simples et les plus petits jusqu’aux plus compliqués et aux plus grands.
- Tous ces échanges se font conformément aux lois de la
- Fig. 14. — Les cavités des vaisseaux n’ont pas de communications latérales sensibles. Tige de bois coupée en long: MM', moelle; BB', B, B/, bois; EE', E, E'(, écorce; ACD et IvF G, entailles profondes dépassant la moelle. L’air comprimé dans les vaisseaux B arrive jusqu’en B"; aucune bulle ne se dégage en B',.
- SBE32H---M
- H HC
- ______: LA GRAVURE
- La Nature du 25 juillet 1925 a décrit les techniques modernes de fabrication des glaces de grandes tailles, telles qu’on les voit à la glacerie de Chantereine qui a remplacé celle de Saint-Gobain détruite pendant la dernière guerre.
- Fig. 1. — Application au pinceau d'un vernis gras protecteur des réserves, avant gravure chimique.
- diffusion des gaz libres ou dissous, c’est-à-dire de Veffusion (diffusion à travers de fines ouvertures) ou de U osmose (diffusion à travers une membrane). Dans ce dernier cas, c’est l’eau de la cellule qui dissout les gaz.
- Pour la cellule, la perméabilité, purement osmotique, de toute la masse : membrane, protoplasma et vacuoles, est suffisante pour que Voxygène possède sensiblement la pression qu’il a au dehors, du moins quand il n’y a que respiration. Cette pression est un peu plus élevée quand il y a assimilation chlorophyllienne.
- Les échanges gazeux sont également très faciles pour les organes entiers minces: corps des plantes aquatiques, feuilles des plantes aériennes, car la porosité y est considérable.
- Dans les tissus massifs parenchymateux, fruits et tubercules, l’aération, parfois excellente, est souvent médiocre.
- Et enfin, dans les tissus massifs riches en vaisseaux, cette aération devient insuffisante, en particulier pour les gros troncs des arbres, de sorte qu’il y a tendance à l’asphyxie, malgré les possibilités de passage (purement osmotique) des gaz à travers les vaisseaux, quand ils sont remplis d’air gazeux.
- (A suivre.) Elise D. Nogaret.
- SUR GLACE .......................................
- Les principes de la glacerie n’ont guère changé depuis le xviii6 siècle, mais les dimensions des pièces ont crû sans cesse en même temps que les perfectionnements des moyens de coulée et de manutention.
- Nous n’y reviendrons pas ici, nous contentant de signaler une innovation plus récente : les glaces incurvées que produit la glacerie de Cirey. Ces glaces cintrées à chaud après polissage et scellées sur le côté ne sont plus réfléchissantes; placées devant un étalage, une vitrine, elles n’apparaissent pas et le promeneur, le chaland a l’illusion de se trouver devant des objets dont rien ne le sépare.
- Un autre progrès qui se développe rapidement et largement est l’utilisation des glaces comme éléments de décoration, celle-ci étant appliquée sur la glace par gravure au jet de sable ou chimique. On en obtient des effets heureux et variés qui s’accordent admirablement avec l’architecture moderne, cherchant à réaliser de larges ouvertures et à faire pénétrer partout la lumière.
- Divers artistes se sont appliqués à ce nouveau mode de décoration et ont produit des œuvres remarquables.
- Nous examinerons leurs procédés en parcourant l’atelier de l’un d’eux, M. Max Ingrand, que nous avons visité récemment.
- Il met en œuvre la gravure à l’acide, la gravure au sable et l’argenture.
- La gravure à l’acide est un procédé déjà ancien. Elle consiste à enduire les parties de la plaque de verre qui doivent rester claires d’un vernis gras au bitume de Judée (fig. 1). Les parties non recouvertes sont ensuite soigneusement nettoyées, brossées, rincées et épongées.
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- présente l’inconvénient de créer des bords d’égale épaisseur qui font ressembler le décor à un pochoir.
- Le verre à nu est mordu très durement par le jet de sable qui non seulement le dépolit, mais l’use rapidement. En quelques secondes une glace de cinq milli-
- on plonge alors la plaque entière dans un bain d’acide fluorhydrique additionné ou non de soude. Lorsque la surface à graver est très étendue, la glace est posée sur une table métallique et entourée d’un rebord en matière grasse, qui la transforme en bac. L’acide, coupé d’eau, est versé et il attaque le silicate en produisant une mince croûte blanche.
- En répétant plusieurs fois de suite l’opération, on obtient finalement un satiné très fin. En effet, M. Max Ingrand, livrant le verre à l’attaque de l’acide pur, depuis trois minutes jusqu’à trente six heures, a remarqué que l’action de ce dernier est très corrosive pendant les premières minutes, puis qu’elle se ralentit pour aboutir durant les dernières heures, à une surface très douce, presque polie.
- La gravure au sable, encore appelée aérogravure, est plus récente.
- Fig. 3. — Le sablage, et la chambre à sable.
- Le sable, tamisé très fin, est gardé en réserve dans une cuve fermée. L’air, envoyé sous la pression de trois à quatre kilogs, entraîne les grains de sable à travers un tuyau en caoutchouc. Ceux-ci s’échappent sous forme de jet par un pointeau en cuivre que l’ouvrier déplace à la main. La projection de sable est plus ou moins violente selon que la pression d’air est plus ou moins forte. Les parties claires qui doivent rester transparentes sont protégées par une application de papier cartonné fixé à la colle forte,
- Certains graveurs emploient aussi une pâte qu’ils répandent à l’aide d’un tube. C’est le procédé du tubé. Mais, au dire de plusieurs spécialistes, cette méthode
- Fig. 4. •— Détail de la frise du Théâtre de Bucarest : « La Danse
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- Fig. 5. — Le Théâtre, la Musique, le Cinéma gravés sur glaces aurêes au plafond du théâtre du Palais Royal de Roumanie.
- mètres d’épaisseur est percée de part en part par ce bombardement intensif. On utilise d’ailleurs cette force d’érosion pour percer des trous calibrés au moyen d’un
- cache en fer annulaire et aussi pour graver l’acier inoxydable en des motifs très décoratifs comme on peut en voir sur les parois des cabines de luxe du paquebot
- Fig. 6. —• La Voie Lactée. Miroirs gravés. Hôtel particulier du baron E..., à Bruxelles.
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- « Normandie » où un motif astronomique a été traité ainsi très artistiquement (fig. 2).
- La salle de sablage est une cuve étanche où le sable voltige pendant l’opération, emplissant l’air d’une poussière épaisse qui pénètre dans les moindres interstices. Le graveur protège sa tête, ses yeux et ses voies respiratoires en se couvrant d’un volumineux casque hermétique où l’air arrive directement du compresseur (fig. 3) ; il enveloppe ses mains dans d’épais gants de caoutchouc tandis que de puissants aspirateurs placés au plafond évacuent en partie l’atmosphère surchargée de sable. Les murs de la salle sont tapissés de plaques métalliques et d’applications de caoutchouc; les chevalets supportant les glaces sont garnis d’un fourreau protecteur et malgré cela les fibres du bois ne tardent pas à être rongées et hachées.
- Il y a deux sortes de sablages : la gravure en creux et relief et la gravure en surface. Cette dernière technique, de beaucoup la plus difficile, a l’avantage de ne pas affaiblir la glace et de ne pas présenter de reliefs difficiles à nettoyer. Le dégradé et les ombres estompées s’obtiennent par l’abaissement de pression d’air et par l’éloignement du pointeau de cuivre.
- Paule et Max Ingrand ont eu le talent, en se servant simultanément des deux faces de la glace, de combiner les deux genres de gravure, sable et acide et de les superposer judicieusement. Le jet de sable, d’un mordant assez brutal, adouci par l’alliance de l’acide qui fournit des ombres plus ténues et plus fondues, produit des effets charmants comme le montre un détail de la « Danse » de la frise du théâtre de Bucarest (fig. 4).
- L’argenture, connue depuis fort longtemps, permet d’ajouter de nouveaux effets à ceux des deux gravures, soit qu’on l’applique sur des larges surfaces, soit qu’on en cerne les bords gravés. On la pratique aujourd’hui en appliquant sur la glace posée sur une table chauffante une solution de nitrate d’argent additionnée d’ammoniaque et de formol.
- Les motifs ainsi traités, avec leur variété de transparences dues aux dépolis dégradés, avec leurs contours renforcés par la réflexion des rayons lumineux sur l’argenture, ressemblent tantôt à du métal brillant et lisse, tantôt à une moire miroitante et tourmentée, possédant des accents qui vont du blanc presque pur jusqu’au gris le plus profond, le tout acquérant un éclatant relief.
- Mais le verre lui-même peut être teinté de rose, d’azur, de brun fumé, etc.
- Aurée, la glace revêtira une autre gamme aux coloris plus chauds. Les glaces du plafond du théâtre du Palais Royal de Roumanie représentant le Théâtre, la Musique et le Cinéma sont un exemple de ce qu’on obtient ainsi
- (fig. 5).
- L’argenture comportant des réserves laisse passer la lumière entre les personnages; la gravure donne alors une transparence cristalline au verre. Si l’artiste a laissé à dessein des « salissures » d’argenture brunâtres, l’aspect vieillot est nettement accusé par l’imprévu de ces taches.
- Enfin la roulette employée judicieusement permet d’obtenir des séries d’éclats dont les facettes étincelantes auront le feu des pierres précieuses.
- Fig. 7. — Panneaux de fleurs gravées sur glace blanche. Salon de coiffure du paquebot « Normandie ».
- Fig. 8. •— Paravent en verre massif à plaques de glace gravée et argentée.
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- La photographie rend assez mal ces réverbérations lumineuses et il faut les avoir admirées de près pour sentir combien ces ombres transparentes, ces mirages étincelants offrent de ressources pour la décoration et l’architecture.
- Les sujets mythologiques et astrologiques, à cause de leurs compositions stylisées, ont surtout retenu l’attention de Paule et de Max Ingrand. La « Voie Lactée » illustrant le plafond de l’hôtel particulier du Baron E..., à Bruxelles, est un modèle très réussi. A la longue traînée blanche et diaphane du centre viennent s’entremêler en une céleste confusion de colorations éclatantes, les constellations d’inspiration classique (fig. 6).
- Comme la glace a des emplois multiples, la gravure sur verre aura dans la vie courante de nombreuses applications. La porte du Grand Salon du Prince Asaka, le frère du Mikado, à Tokio, est revêtue de glaces blanches et métallisées. Le salon de coiffure de la «Normandie » a de larges panneaux de fleurs gravées sur glace blanche
- (fig. 7). Enfin, les paravents à soieries japonaises si recherchées peuvent être remplacés par des paravents en verre massif dans les volets desquels sont encastrés des motifs en glace gravée de fleurs très nuancées (fig. 8).
- Beaucoup d’études ont été écrites sur le vitrail, mais personne n’a encore parlé de vitrail incorporant dans ses filets de plomb des découpures de verre gravé. Et pourtant la gravure au sable remplace avantageusement la grisaille qui salit le verre et lui enlève sa transparence. La grande verrière de l’Exposition du Gouvernement général de Madagascar traitée au sable est constellée de détails et d’inscriptions qui ne l’alourdissent pas.
- Nous avons voulu seulement donner un exemple des résultats inattendus et innombrables que l’architecture et l’art moderne peuvent désormais attendre de la gravure sur verre dont la technique, qui n’est qu’à ses débuts, promet de belles réalisations pour l’avenir.
- André Glory.
- DIFFÉRENTIELS POUR COMMANDES D’ÉCLUSES
- Nous voudrions signaler aujourd’hui à nos lecteurs un emploi intéressant des différentiels électriques et à engrenages qui a été fait pour la commande automatique des manœuvres des nouvelles écluses du port de Strasbourg.
- En dehors de son rôle bien connu de répartiteur d’effort
- Fig. 1. — Principe général de déclenchement d’un interrupteur par un doigt de basculement animé d'un mouvement hélicoïdal. Cette disposition, qui économise beaucoup de place, est utilisée pour toutes les commandes de grands mobiles, tels qu’ascenseurs, portes d’écluses, monte-charge, vannes; la vis tourne en avançant dans un écrou fixe (Télémécanique).
- Contacts
- Culbuteur
- Vis du distributeur/
- entre les roues motrices des automobiles, le différentiel est d’une utilisation très rare en mécanique, au point que chacune de ses applications prend un aspect de curiosité. Citons en quelques-unes.
- Dans l’horlogerie, le différentiel est employé pour les remontoirs d’égalité. Le poids (ou le ressort) agit périodiquement sur l’arbre n° 1 du différentiel dont l’arbre n°2 est relié à la roue d’échappement, l’arbre n° 3, par exemple la couronne, remontant un poids auxiliaire. C’est, par suite, le couple, parfaitement constant, produit par ce poids auxiliaire, qui entraîne la roue d’échappement, d’où une grande régularité de marche malgré les variations de l’effort moteur ou de l’effort résistant qui peuvent se présenter dans le train principal des engrenages de l’horloge.
- Une application analogue a été faite pour diverses horloges monumentales, notamment à la nouvelle gare Montparnasse, à Paris. L’arbre n° 1 d’un différentiel est relié à la grande aiguille du cadran extérieur, tandis que l’arbre n° 2 est relié à une horloge-pilote très précise. Tant que les deux horloges marquent la même heure, l’arbre n° 3 reste immobile; sinon, cet arbre pivote et agit sur les contacts d’un moteur électrique qui fait tourner les aiguilles.
- Nous arrivons ainsi aux dispositifs d asservissement, qui sont essentiellement différentiels puisque l’organe commandé doit pouvoir agir lui-même sur les commandes pour les remettre au zéro dès que l’ordre est exécuté. Au différentiel à engrenages se substituent ici, souvent, des dispositifs cinématiques plus simples tels que Y écrou; un écrou possède bien un mouvement longitudinal différentiel, car on peut obtenir ce mouvement soit en b faisant tourner, soit en* faisant tourner la vis. Un exemple classique de cet asservissement est la barre à vapeur pour l’entraînement des gouvernails de navires.
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- La maison Richard a créé un indicateur à distance de la vitesse du vent basé également sur ce principe différentiel. Le moulinet extérieur, formant anémomètre, envoie des « tops » de courant, d’autant plus rapprochés qu’il tourne plus vite, à un électro-aimant qui fait tourner une roue à rochet au moyen d’un cliquet; cette roue est solidaire d’une roue tangente qui engrène avec une longue vis; à l’extrémité de cette vis est fixée une petite roue, ou molette, serrée entre deux plateaux qu’un mouvement d’horlogerie fait tourner en sens inverse. La molette se trouvant au centre des plateaux, donc immobile, la poussée de la roue tangente l’oblige à s’en écarter jusqu’à ce que la rotation de la vis contre la roue tangente devienne suffisamment rapide pour compenser l’entraînement; à chaque vitesse du vent correspond ainsi une position de la molette et les déplacements de cette dernière sont proportionnels à la vitesse mesurée.
- Le différentiel constitue à volonté soit un indicateur de différences, comme dans les applications précédentes, soit un totalisateur. Dans ce nouveau domaine, nous trouverions des dispositifs de reproduction des mouvements célestes dans les horloges astronomiques, le célèbre totalisateur du champ de courses de Longchamp et des liaisons additives dans certaines machines à calculer.
- Pour ce dernier emploi, le différentiel a l’inconvénient de produire un avancement continu du tambour chiffré d’ordre décimal supérieur, ce qui fait apparaître des portions de chiffres dans les lucarnes. Burrough’s, dans son Calculator, utilise deux différentiels pour lier deux tambours consécutifs; le différentiel n° 2, commandé par une came spirale, intervient pour maintenir différentielle ment le tambour récepteur au zéro puis le laisser échapper d’un dixième de tour.
- Deux différentiels en cascade constituent, comme on le voit, un différentiel à quatre entrées; on trouverait des applications voisines pour la marche avant et arrière de certaines machines à calculer (Monroë) : la commande s’effectue en bloquant tels ou tels mobiles pour obtenir le mouvement d’un autre.
- Dans la machine à équations de Torrès y Quevedo, il existe des différentiels dont la propriété additive se transforme ici en propriété multiplicatrice par suite de la division logarithmique des disques. De nombreuses machines à cryptographier utilisent des différentiels, qui permettent d’obtenir automatiquement des décalages de lettres dans l’alphabet.
- Dans l’automobile, Ford et llenriot ont utilisé des changements de vitesse formés de différentiels en cascade; en freinant la couronne, on obtient une transmission progressive; l’embrayage, théoriquement, n’est donc plus nécessaire. La Zahnradfabrik de Friedrich-shafen, en Allemagne, a créé un différentiel sans engrenages comportant des poinçons coulissants agissant sur des couronnes à bossages; grâce au frottement qui joue ici un rôle important, l’indépendance des roues motrices n’est pas totale, ce qui évite la panne classique par patinage d’une seule roue.
- Parmi les montages différentiels ne comportant que des mouvements de faible amplitude, citons les bilames doubles B. B. T. montés en actions retranchées, utilisés
- Fig. 2. — Commande différentielle des vannes de l’écluse Vauban.
- pour l’allumage automatique des balises et une autre catégorie de bilames doubles utilisés par l’Als-thom pour obtenir le décollage temporisé des contacts thermiques.
- L’électricité se prête à de nombreux montages différentiel dont un type connu -est le pont de Wheatstone, que Saint-Chamond-Granat et d’autres constructeurs emploient pour les asservissements de marine. Les fluides se prêtent très simplement aux actions différentielles à un nombre quelconque d’entrées : ce sont les classiques
- « problèmes de robinets ». Rappelons seulement le régulateur à piston et fuite d’air pour les machines à vapeur et le régulateur hydraulique Planche pour moteurs électriques asynchrones.
- Le fonctionnement des écluses, en principe, pose toujours des problèmes de différences, en l’espèce la différence des niveaux de part et d’autre d’une porte déterminée, qui doit être réduite à zéro pour que l’on puisse se permettre d’essayer d’ouvrir cette porte; mais pratiquement, le niveau est très souvent constant du côté extérieur (côté bief) en sorte qu’il suffit de repérer le niveau dans le sas, entre les portes.
- Dans le nouveau réseau de canaux du port de Strasbourg (1), des cas très variés se sont présentés. Aux écluses 85 et 86, la hauteur de chute étant pratiquement constante, le temps nécessaire pour remplir et vider le sas est également constant; en conséquence, le moteur qui commande l’ouverture des portes est simplement mis en marche par une minuterie, mise en train elle-même à la fin de la manœuvre d’ouverture des vannes.
- Il n’en est pas de même à l’écluse Vauban, où la hauteur de chute est très variable; il a été nécessaire de prévoir, au voisinage de chaque porte, des indicateurs de différence de niveau constitués par des flotteurs placés dans des puits et suspendus à des chaînes; ces chaînes agissent sur des doigts de contact à mouvement hélicoïdal, disposition remarquable qui permet d’obtenir des déplacements de grande longueur avec un encombrement réduit (fig. 1).
- Quand l’égalité des niveaux est atteinte, les deux doigts de contact, qui se poursuivent dans l’espace sur une même hélice, viennent se rejoindre et ferment le circuit de commande de la porte. Nous avons ici une action différentielle analogue à celle des réveille-matin, où la coïncidence des heures marquées par les deux cadrans doit déclencher la sonnerie.
- Un différentiel proprement dit (fig. 2), analogue à un différentiel d’automobile, a été d’autre part utilisé
- 1. I-Iillairet et Télémécanique électrique.
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- pour régler la vitesse d’arrivée de l’eau dans le sas par les vannes. Les Ponts-et-Chaussées avaient en effet fixé des limites assez strictes pour cette vitesse en vue d’éviter des avaries aux navires en éclusage; par suite, la hauteur de levée des vannes doit être à chaque instant fonction inverse de la hauteur de chute.
- Les arbres n°s 1 et 2 du différentiel sont reliés aux poulies des flotteurs déjà utilisés pour la commande des portes; l’arbre n° 3 est celui du distributeur. Il porte des doigts tournants qui viennent agir, toujours par un mouvement hélicoïdal, sur trois groupes de quatre interrupteurs commandant les trois vannes de l’écluse.
- Pour la plus grande différence de niveau possible, tous les interrupteurs sont ouverts, puis ils se referment à mesure que cette différence diminue. D’autre part, le mécanisme de la vanne agit sur un distributeur à cinq arrêts répartis de façon à provoquer l’arrêt à cinq hauteurs déterminées. De la sorte, on obtient l’ouverture fractionnée des vannes par un second effet différentiel du type asservissement : les vannes se soulèvent d’elles-mêmes progressivement dans la limite stricte où le débit n’excède pas le débit réglementaire, exactement comme si elles obéissaient à une commande manuelle.
- Pierre Devaux.
- UN MAITRE DE LA BRYOLOGIE FRANÇAISE
- JULES CARDOT (1860-1934)
- En novembre 1934, au moment où il travaillait à l’arrangement d’un herbier au Musée de Charleville (Ardennes), disparaissait brusquement M. Jules Cardot, que l’on peut regarder, à juste titre, comme un de nos plus brillants bryologues. Grand savant, d’une modestie rare à notre époque, M. Cardot laisse chez ceux qui Font connu, et qui ont connu ses travaux, un souvenir impérissable.
- Né à Stenay (Meuse) en 1860, il fut pendant quelque temps le condisciple de M. Raymond Poincaré au lycée de Bar-le-Duc. Malheureusement, l’état précaire de sa santé l’obligea rapidement à renoncer aux études régulières. Rentré au pays natal, ses longues promenades pour rétablir sa santé, l’amenèrent insensiblement à aimer les choses de la nature. Membre d’une petite société locale d’amateurs de botanique qui s’intitule société des Naturalistes du Nord de la Meuse avec siège à Montmédy, il ne tarda pas à publier, en collaboration avec divers collègues, un important « catalogue des plantes vasculaires de l’arrondissement de Montmédy ». Mais, le monde des sphaignes, des mousses et des algues, encore peu connu à cette époque, l’attirait irrésistiblement, au point qu’il en vint rapidement à négliger les plantes vasculaires pour se consacrer exclusivement aux mousses et aux hépatiques dont il publia, à peine âgé de 22 ans, toute une florule pour sa région.
- Entré en relations avec ce que le monde savant possédait de spécialistes dans cette branche de la botanique, il ne cesse de publier de nombreux travaux sur les plantes qui le passionnent. Sa réputation va grandissant et l’on fait appel à ses lumières pour la détermination des mousses de nombreuses expéditions scientifiques, notamment, celles de Charcot, de Gerlache, de Nordenskjold, etc... Il étudie en outre les mousses du monde entier, puisque nous relevons dans ses travaux des études bryologiques importantes sur l’île de Java, la Corée, les Açores, Madère, l’Amérique du Nord, le Japon, l’île Formose, etc...
- L’un de ses principaux travaux est incontestablement « les Mousses de Madagascar», publié en collaboration avec M. Renaud, dans le monumental travail bien connu de Grandidier : « Histoire physique, politique et naturelle de Madagascar ».
- Grand travailleur, Cardot s’était fixé à Charleville où la guerre de 1914-1918 vint le surprendre, l’obligeant à quitter ses chères collections, pour fuir devant l’envahisseur. Il a décrit dans une lettre adressée à l’un de ses amis et publiée dans le Bulletin de la Société des Naturalistes de Montmédy, le récit doublement tragique pour lui de ces événements : « Il nous fallut abandonner notre maison et tout ce qu’elle contenait... Mon herbier bryolo-gique était certainement l’un des plus riches qui existassent alors, plus de 10 000 espèces. J’avais en outre pu réunir une bibliothèque spéciale comprenant, outre tous les ouvrages de fonds publiés jusqu’alors sur les mousses, d’innombrables mémoires de tous les bryo-logistes contemporains... »
- Et le retour à Charleville après l’armistice, fut une grosse déception, tout le labeur d’une longue vie presque anéanti : «ma maison à peu près dégarnie de son mobilier, et mes collections entassées avec mes livres (ce qu’il en restait du moins) au fond d’un grenier dans un désordre indescriptible... »
- L’herbier bryologique, tout particulièrement, avait eu à souffrir de la soldatesque, mais chose singulière, si les herbiers des espèces nouvelles, étudiées et décrites, étaient intacts, ceux des espèces non déterminées provenant principalement de l’Extrême-Orient, en tout une quarantaine de cartons avaient été enlevés ».
- Il semble qu’il y eut là travail de spécialiste... mais le mystère n’a jamais été éclairci.
- Quant à Cardot, réfugié en Normandie, puis à Paris, il continua pendant toute la tourmente ses travaux scientifiques, principalement à l’Agence économique du Gouvernement de l’Indo-Chine, s’occupant de l’organisation de la bibliothèque et du service scientifique.
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- Enfin réinstallé dans son département, mais malheureusement privé de ses moyens d’investigation, Cardot ne publia, après 1918, que quelques petits travaux, dont le dernier fut deux jours avant sa mort une « étude sur les fougères des Ardennes ».
- Comme le dit très bien M. le D' Bertemès dans une notice publiée sur Cardot dans le Bulletin de la Société d’Histoire naturelle des Ardennes, à la fin de 1934 : « De simple amateur sans aucune direction que la sienne propre, J. Cardot était devenu, à force de travail, un des maîtres de la bryologie française. C’est qu’à une intelligence vive, il joignait un sens de l’observation inné, une discipline scientifique parfaite et une sûreté de diagnose qui avaient fait de lui une autorité à laquelle on en appelait des principaux pays d’Europe et des Etats-Unis. »
- Ajoutons que ce savant, aussi grand que modeste, était d’un commerce des plus agréables, accueillant surtout pour les jeunes chercheurs qui trouvèrent toujours en lui un guide aussi sûr que prudent, les dirigeant avec un doigté sûr et ferme dans leurs recherches ardues, où l’on trouve finalement le vrai bonheur : celui d’avoir été utile à ses semblables.
- G. Remacle.
- LES REPTILES
- Les serpents et les lézards ont réputation d’aimer le soleil et de supporter admirablement les chaleurs de l’été. Dans les déserts, qu’il s’agisse du Sahara ou de la Californie du Sud, maints auteurs se sont étonnés d’en voir sur les pierres, en plein soleil, alors qu’un thermomètre posé sur le sol montait à 55 ou 60° et que la main ne pouvait tenir les cailloux ni être maintenue sur une pierre.
- Comment des animaux à sang froid, ou plus exactement à température variable, n’ayant aucun moyen de régulation tel que l’évaporation de l’eau pour maintenir leur corps au-dessous de la température ambiante peuvent-ils rester à 60° sans que leurs albumines se coagulent, sans que la mort s’ensuive?
- C’est ce que vient de se demander M. Walter Mosauer, de l’Université de Californie, à Los Angeles, bien placé pour •expérimenter sur ce sujet. Et la réponse qu’il donne dans Eco-logy résoud le problème d’une manière assez inattendue.
- Déjà, en 1933 avec Lazier, il avait vu mourir de chaleur au soleil des serpents nocturnes.
- Cette fois-ci, il a commencé par noter exactement les variations de température et d’humidité dans les dunes de Californie peuplées de reptiles de toutes sortes : la température de l’air passe de 10 ou 14° la nuit à 38 ou 40° après midi; celle à la surface du sable, en équilibre avec l’air la nuit, dépasse 50° vers le milieu du jour; l’humidité, de 30 à 50 % la nuit, s’abaisse au soleil à 10 et même à 2 %. Si l’on capture des reptiles et qu’on les mette dans des cages communicantes où des projecteurs entretiennent des éclairements et des températures variés,
- Jules Cardol.
- ET LE SOLEIL
- aucun ne choisit les points les plus chauds, qu’il s’agisse du lézard ocellé des sables {Uma notata) cependant réputé pour son amour du grand soleil, ou de l’iguane (Dipsosaurus dor-salis) ou du serpent crotale (Crotalus cerasles). Uma choisit toujours le sable à 37°.
- Si on les maintient dans l’air à 55°, sur le sable à 60°, tous meurent en 5 à 12 minutes, après une crise de polypnée, d’agitation, de convulsions. Aucun ne supporte longtemps une température de plus de 45 à 50°.
- Et d’ailleurs, dans la nature, un Uma observé sur le sable, • à 45-48° seulement, alors que l’air rafraîchi par la brise ne marquait que 25°, manifesta son malaise après 12 minutes et mourut après une heure et demie. Un lézard de l’espèce Callisaurus ventralis gabbii mourut en 9 minutes sur le sable à 59° dans l’air à 33°. En fait, les reptiles qu’on rencontre sur le sable chauffé au soleil n’y restent que fort peu de temps; ils ne sont actifs que le matin et le soir, quand la température baisse et tous meurent d’hyperthermie, vers 47°, qu’ils aient des habitudes diurnes ou nocturnes.
- Et cela me rappelle une observation que je fis naguère sur le causse de Sauveterre, alors que je le traversais à pied de Mende à Ispagnac, en plein soleil, un jour d’été : les lézards innombrables se tenaient à l’ombre des pierres et ne faisaient que traverser hâtivement les surfaces brûlantes, mais sans jamais y séjourner.
- Les reptiles des déserts et des régions arides ne présentent pas d’adaptation particulière à la chaleur. R. M.
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- LA SARDAIGNE D’HIER ET DAUJOURD’HUI
- Fig. 1. — Nurhag Boe (vue de la station de Terralba). Jadis, la Sardaigne fut un des greniers de Carthage,
- puis de Rome. Pendant de longs siècles et jusqu’au début de l’ère fasciste, la Sardaigne, ayant subi le joug des Phéniciens, des Carthaginois, des Romains, des Vandales, des Byzantins, des Sarrasins, des Pisans, des Génois, des Aragonais, après avoir été autrichienne, puis pié-montaise et italienne, resta déchue de sa fécondité. Depuis dix ans, sous l’impulsion de M. Mussolini, des routes modernes ont été percées. Elles sillonnent aujourd’hui l’île en tous sens. Des hôtels confortables ont été édifiés. Des gisements de zinc et de plomb ont été mis à fruit et le minerai en est traité dans des usines entièrement modernes.
- De vastes zones marécageuses, particulièrement la Terralba, s’étendant sur plus de 120 000 hectares, à proximité du golfe d’Oristano, sur la côte occidentale de l’île, ont été drainées. Ces « Marais Pontins » de la Sar-
- Fig. 2. — Vue du sanctuaire nurhagique de Giara de Serri.
- daigne sont maintenant assainis, judicieusement irrigués sur environ 11000 ha. Ils représentent aujourd’hui une contrée agricole prospère ayant Mussolinia pour capitale. Là où sévissait la malaria, une population croissante s’adonne aux travaux des champs et, grâce à des mesures sociales heureuses, comme nous le verrons, vit sans l’inquiétude des lendemains.
- GÉOGRAPHIE DE LA SARDAIGNE
- La Sardaigne s’étend sur 23855 km2 sur lesquels vivent près d’un million d’habitants. Elle constitue la plus grande île de la Méditerranée.
- La Sardaigne et la Corse sont généralement considérées comme les vestiges d’un continent, aujourd’hui effondré, qui, avant la formation de la péninsule italienne, occupait l’emplacement d’une partie de la Méditerranée occidentale. En dehors de ces deux grandes îles, il n’en subsiste plus que les Monts des Maures et les îles d’Hyères, en Provence, la Meseta espagnole et le Maroc septentrional.
- Cette île est montagneuse sur les neuf dixièmes de son ensemble et ce n’est qu’entre les golfes de Cagliari et d’Oristano qu’il y a une plaine d’une certaine étendue. Les montagnes, tout comme en Corse, sont orientées du nord au sud. Elles se composent principalement au nord, de granité sur lequel reposent des formations tertiaires interrompues, çà et là, par des volcans éteints. En moyenne, elles sont beaucoup moins élevées que celles de la Corse, mais elles se développent sur une plus grande largeur. Leur cime la plus haute est la Bruncu Spina (1829 m) dans le massif de la Gennargentu, vers le centre de l’île. Les cours d’eau n’ont pas de longueurs considérables; le plus grand est le Tirso qui a son embouchure dans le golfe d’Oristano.
- PRÉHISTOIRE DE LA SARDAIGNE
- L’apparition de l’homme en Sardaigne remonte très loin, à des milliers d’années. Elle fut probablement contemporaine de l’activité des derniers volcans. Les vestiges de l’homme préhistorique, armes en pierre, vases simples et décorés, sont largement représentés dans le musée de Cagliari. On les a recueillis dans les grottes naturelles de Bandito, de Santa Lucia, dans l’Iglesiente, région qui forme la partie sud-ouest de l’île.
- Les Nurhags. — Les nurhags ou nuraghi dont les figures 1 et 2 montrent l’aspect,, remontent à plusieurs milliers 'd’années. On ne rencontre ces constructions qu’en Sardaigne. Leur nombre est évalué entre 6000
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- et 7.000 (x). D’une manière générale, les nurhags sont des constructions de forme tronconique de 10 à 20 m de haut sur 10 à 30 m de diamètre à la base. Elles sont formées d’énormes blocs de basalte, grossièrement taillés et superposés sans mortier. Les murs ont de 4 à 7 m d’épaisseur. On y entre par une porte généralement fort basse. On se trouve alors dans une chambre voûtée, de forme ovoïde, ayant environ 5 m de diamètre à la base et de 7 à 9 m de hauteur. Fréquemment, un couloir, montant en spirale, conduit du corridor à la plate-forme.
- Au-dessus de la chambre du bas se trouve souvent une seconde et quelquefois, mais très rarement, une troisième salle.
- Comme exemple de ce dernier modèle, citons la nurhag Madrona, de Silanus, la nurhag Oschina, de Paulilatino, la nurhag San Antine, de Torralba. Elles dominent les territoires où devaient vivre les tribus, les plus riches par la fertilité de leur sol et par le nombre de leurs troupeaux.
- Parfois, les nurhags se trouvent réunies par groupes, jusqu’au nombre de 200.
- L’emplacement et l’architecture des nurhags fixent sur le rôle de ces constructions cyclopéennes.
- Presque toujours, on les rencontre sur des points stratégiques : au voisinage des gués, au débouché des défilés de montagnes, à l’embouchure des fleuves, au sommet des collines, en double rangée sur certains points du littoral.
- Fréquemment, comme le montrent les figures 1, 2 et 3, elles sont entourées de blocs énormes de basalte. Certaines nurhags ont jusqu’à trois enceintes de pierres, flanquées de tours.
- Des formes compliquées correspondent à un dédale de salles, de corridors. Par exemple, pour la nurhag de Palmavera, représentée à la figure 3, elles enserrent des magasins, des citernes.
- Bref, on se trouve en présence d’une architecture militaire nettement définie. Elle prévoit sièges et défense.
- Il ne peut y avoir aucun doute. Par leur position et par leur construction, les nurhags constituaient de véritables forteresses ou plutôt de véritables châteaux féodaux.
- En effet, comme l’a montré le professeur Taramelli, autour des nurhags se pressent, parfois, des nurhags plus petites et plus rustiques. On en compte près de 90 à Strucci, près de Gonnessa; 60 à Surbale, près de Teti; 114 autour de la nurhag Arvu, de Cala Gonoge, près de Dorgali, au voisinage de la mer.
- Des hommes demeuraient dans les nurhags. Des fouilles ont fait apparaître, muets et impressionnants témoins, des vestiges d’une vie domestique, depuis longtemps
- 1. Nous sommes redevable d’une documentation précieuse : schémas, photographies, à MM. les Professeurs Binaghi et Antonio Taramelli, de l’Université de Cagliari.
- C’est d’un ouvrage du professeur Taramelli que nous avons extrait les beaux schémas correspondant aux figures 2 et 3.
- Nous renouvelons nos meilleurs remerciements à ces savants et aimables professeurs.
- Fig. 3. — Vue en plan de la nurhag Palmavera (Alghero).
- (On remarque la structure compliquée de l’édifice avec la disposition pour la défense.)
- abolie : vases, outils ménagers, foyers, pilons, meules de foin, reliefs d’aliments, citernes, fontaines d’où l’eau jaillit encore.
- L’homme de cette époque que l’on appelle nurhagique n’était point fruste. Utilisant les gisements de cuivre et de zinc qui se rencontrent en Sardaigne, il avait su couler le bronze en statuettes. Celle qui est reproduite dans la figure 4 témoigne d’un réel talent.
- Fig. 4. — Statuette trouvée dans le temple nurhagique de Uta.
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- Les tombes des géants. — L’homme des nurhags réservait à ses morts une demeure dernière digne de celle où ils avaient passé leur existence.
- On rencontre rarement des Perdas Filtas ou Perdas Lungas, monuments de pierre qui correspondent aux menhirs et aux dolmens de notre Bretagne.
- Une « tombe de géant » ou « domus de gianas », comme le représente la figure 5, correspond à un grand dolmen de 8 à 10 m de longueur et de 1 à 2 m de largeur. Il est clos par une grande table de pierre, de forme cintrée, munie de petites fenêtres pour les rites funéraires, et précédée d’un déambulatoire. Ces tombes comportent, parfois, de petits autels consacrés à la divinité masculine ou féminine, tutrice du sépulcre. Ces sépultures correspondent aux « allées couvertes » de France. On y a trouvé des vêtements, des armes, des statuettes, des vases, etc... Elles furent malheureusement pillés par les pâtres et tous ces précieux souvenirs ont été dispersés dans le monde entier.
- Péniblement, on a pu retrouver un certain nombre de ces vestiges. On les a réunis dans les musées nationaux
- Coupe AB
- 2 S 4- 5 M.
- Fig. 5. — Coupe et plan d’une « tombe de géant ».
- de Cagliari et de Sassari aux pièces que des archéologues compétents ont retirées des nécropoles de Cralis, Tharros, Sulcis et Olbia.
- Les « Tumbas de los Gigantes » de Tharros fournirent spécialement des statuettes en argile et des vases rituels, des verres, des émaux, des ivoires, des céramiques d’origine locale ou en provenance" de Sicile, de Campanie ou de Grèce. Sulcis donna une série abondante et variée de stèles funéraires sculptées, représentant des divinités gardiennes des sépulcres. Tharros et Caralis furent de vraies mines d’orfèvrerie et d’argenterie, de pierres taillées en scarabées, analogues à celles fournies par les fouilles de Carthage, de chatons de bague, frappants par leur caractère oriental, et des statuettes votives particulièrement curieuses. Elles figurent, en effet, des individus appartenant à toutes les classes de la société sarde d’alors.
- LA SARDAIGNE DANS L’ANTIQUITÉ
- La civilisation de l’antiquité, telle que nous pouvons l’imaginer d’après les pièces réunies par les archéologues
- semble brillante. Elle était capable d’entretenir des artistes.
- Peu de civilisations furent autant tourmentées. Placée aux carrefours des grandes routes maritimes de l’antiquité, la Sardaigne a dû connaître des invasions sans nombre.
- Parmi les peuples civilisés de l’antiquité, les Phéniciens sont les premiers qui se soient emparés de la Sardaigne. Les rades de Caralis (Cagliari) et de Sulcis (S. Antioco) leur offraient un abri lorsqu’ils étaient assaillis par des tempêtes dans leurs trajets d’Afrique ou de Sicile à Tartesse, en Espagne, où ils allaient chercher des métaux. Lorsque les Carthaginois eurent acquis l’hégémonie sur les colonies phéniciennes de la Méditerranée, le nombre de leurs villes augmenta aussi en Sardaigne, et ils soumirent une grande partie de l’île, surtout les plaines fertiles. L’intérieur conserva, au moins en grande partie, son indépendance sous leur domination et même plus tard sous celle des Romains.
- En 238, peu après la première guerre Punique, la Sardaigne fut enlevée aux Carthaginois par les Romains, qui tirèrent un grand parti de la fertilité de son sol et de la richesse de ses mines. Ils y envoyaient travailler leurs grands criminels et, plus tard, les chrétiens y furent déportés dans le même but. D’ailleurs le climat de l’île était connu comme malsain dans l’antiquité, et les habitants étaient mal notés pour leur manque de culture. Mais, malgré toutes les guerres et les persécutions dont ils furent l’objet, ces derniers n’abdiquèrent jamais complètement leur fière indépendance; on les traînait en troupes sur les marchés de Rome, comme esclaves, et ils y étaient vendus à bas prix, car, même dans les fers, ils restaient fidèles au caractère national et ils n’étaient pas propres au service : « Sardi vénales », « à bon marché comme un Sarde », était un proverbe romain.
- Pour assurer sa domination, Rome fit surgir des villes qu’elle réunit par des voies impériales. On en retrouve les ponts jetés sur le Rio Turritano et le Rio Mannu.
- Parmi les vestiges romains de la Sardaigne, il convient de citer l’amphithéâtre de Cagliari que représente la figure 6. Ses dimensions sont relativement modestes. Le grand et le petit axe ont respectivement 88,5 et 72,9 m.
- Aux premiers siècles du christianisme, des persécutions féroces s’exercèrent sur les chrétiens de la Sardaigne. Elles furent vaines. Depuis vingt siècles bientôt, le christianisme a pénétré l’âme sarde. Ni les invasions des peuplades barbares, ni celles des Arabes n’ont pu prévaloir contre lui.
- BREF HISTORIQUE DE L’ART EN SARDAIGNE
- L’évolution de l’art en Sardaigne s’apparente aux événements de sa vie politique. Au Moyen Age, apparaît l’influence, spécialement dans l’architecture, du style byzantin (de forme particulièrement africaine) ; au commencement du xie siècle, l’influence toscane (et particulièrement pisane) se manifeste d’une manière prépondérante. Vers la fin du xive siècle et pendant la majeure partie du xve siècle, prédomine le goût pour le style espagnol oriental; ce goût restera en faveur jusqu’au seuil du xixe, à l’avènement du néoclassicisme qui manifeste sa sympathie pour l’art italien.
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- Il reste d’abondants témoins architecturaux et de rares documents de peinture et de sculpture des deux premières périodes. Les églises de S. Satur-nino, à Cagliari, de S. Giovanni, à Asse-mini, et de S. Giovanni, à Sipinis, sont de l’époque byzantine.
- Parmi ces ligures, quelquefois étranges, nous reproduisons celle des lions de la cathédrale Sainte-Cécile, à Cagliari (fig. 7).
- De l’époque pisane, dérivée des prototypes de Pise, Lueca et Pistoia, il reste une grande partie des églises citadines et rurales dispersées dans toute l’île.
- Les xve et xvie siècles furent les plus notables pour l’histoire de l’art en Sardaigne et c’est à cette époque que l’on peut parler d’une école sarde.
- Avec l’avènement du baroque, l’architecture qui, durant la Renaissance, a eu quelques faibles manifestations, reprend avec vigueur et s’affirme avec des pi’évalences espagnoles : l’église de S. Michel, à Cagliari, et la face du Dôme de Sassari (étroitement liée au baroque colonial espagnol) sont parmi bs plus significatives.
- SURVIVANCE DES VIEILLES COUTUMES EN SARDAIGNE
- L’auteur de ces notes de voyage a eu le privilège d’assister à la fête traditionnelle de Saint Efisio, qui a comblé ses vœux d’amateur de couleur locale.
- L’origine de cette solennité remonte à 1657. A cette époque, la peste ravageait depuis quatre ans l’Espagne et l’Italie. En Sardaigne, elle avait fait des milliers de victimes, et la population de Cagliari se trouvait réduite de moitié. Quelques fidèles étant allés, avec une ferveur désespérée, implorer Saint Efisio dans l’église qu’on lui avait bâtie, en 1550, au-dessus du souterrain où la tradition situe le lieu de son martyre, on vit la statue du saint quitter sa niche dorée et bénir les fidèles, qui la promenèrent ensuite processionnellement à travers toute la ville, et la peste battit en retraite. Chaque année, le 1er mai, les Cagliaritains célèbrent cet épisode mémorable par un splendide cortège, fameux dans toute l’Italie, avec ses miliciens à cheval vêtus d’écarlate.
- LA SARDAIGNE D’AUJOURD’HUI.
- MUSSOLINIA
- A part ses costumes pittoresques qui se sont perpétués durant plusieurs siècles et qu’on ne rencontre plus guère que dans la région montagneuse et longtemps indomptée de la Barbagia, la vieille Sardaigne n’est plus.
- Elle se modernise rapidement. L’utilisation de la houille blanche l’a transformée.
- Deux importants barrages ont été jetés sur le Tirso et sur le Coghinas.
- Le plus remarquable est celui de Tirso que représente la figure 8.
- Il forme un bassin de 400 millions de mètres cubes de capacité. La cote maximum de l’eau au-dessus du niveau de la mer est de 107 m.
- L’usine électrique est logée à l’intérieur de la digue. Les turbo-alternateurs sont au nombre de quatre, dont deux de 4200 kv-A et deux de 6300 kv-A, soit au total 21000 kv-A. Ils fournissent du courant à 5000 v qui est transformé à 75 000 v pour le transport d’énergie. Les turbines peuvent fonctionner sous une chute variable entre 57 et 28 m.
- A 4 km en aval, le Tirso est barré par une autre petite digue qui forme un bassin d’environ 20 000 m3 et crée une chute de 17 m qu’une centrale électrique utilise au moyen de turbo-alternateurs de 3200 kv-A. Elle fonc-
- Fig. 7. — Les lions des Pulpilo (Cathédrale Sainle-Cécile). XIIe siècle. (Ph. Alinari).
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- Actuellement, 9000 ha sont drainés et remis en culture : prairies, froment, vignes, etc...
- D’ores et déjà, les principales productions agricoles de la Terralba atteignent annuellement les valeurs suivantes :
- Blé . Maïs. Vin. Lait.
- 15 000 à 18 000 quintaux. 8 000 à 10 000 »
- 17 000 à 20 000 hectolitres 40 000 a 45 000 «
- Fig. S. — Barrage du Tirso. (Ph. Marioles).
- tionne en parallèle avec la station plus puissante placée à son amont.
- Ces deux barrages sur le Tirso ont contribué au développement industriel et agricole de la Sardaigne.
- En régularisant le cours du Tirso, ils ont également transformé la région d’Oristano qui, autrefois, n’était qu’un immense marécage où régnait la malaria.
- Dans cette région rénovée, l’eau du Tirso est amenée par un canal de 52 km pour y être répartie entre les exploitations agricoles.
- Les anciens marais de Terralba se trouvent à une distance moyenne de 10 km du golfe d’Oristano, sur la Méditerranée; leur superficie est d’environ 20 000 ha.
- Fig. 9. — Panorama de Mussolinia. (Ph. Alinari).
- On a planté plusieurs essences d’arbres : eucalyptus, peupliers, acacias, etc...
- Il a fallu aussi creuser de nombreux canaux, les uns pour le drainage des eaux marécageuses vers la mer, les autres pour l’amenée des eaux d’irrigation fournies principalement par le Tirso, ce qui a nécessité la manutention de plus de 4,5 millions de mètres cubes de terre.
- Le chef-lieu de ce district, Mussolinia, fut inauguré le 28 octobre 1928.
- La figure 9 donne une idée de cette nouvelle cité qui comprend déjà 3.500 habitants et en aura environ 5000 en 1937.
- Mentionnons aussi l’organisation du fermage qui fournit une avance d’argent, de cheptel, de semences aux colons venant du continent pour exploiter ces terres nouvelles. La superficie de terrain allouée est de 12 ha par ferme.
- *
- * *
- La Sardaigne, cette île qu’a si admirablement décrite Mme Grazia Delada, lauréate du prix Nobel, dans ses livres : Elias Portolu, Cendres et la Madré, était considérée, voici quinze ans à peine, comme un pays resté à l’écart de la civilisation :
- « Et le porcher sarde, aujourd’hui encore, accueille le voyageur qui s’aventure jusqu’à ses étables, dans les gorges de la montagne, comme le vieil Eu-mée accueillit Ulysse, en immolant pour son hôte deux jeunes porcelets ».
- L’avènement fasciste a changé tout cela. Des terres incultes, des régions infestées par la malaria sont devenues saines et évoluent vers la prospérité.
- La Sardaigne est toujours hospitalière, mais elle a ses universités savantes (x), ses usines modernes et ses exploitations agricoles, modernes, elles aussi.
- Ch. Berthelot.
- Ingénieur-conseil.
- 1. L’Université de Cagliari date de 1603. Elle comptait, en 1931, 468 étudiants.'La bibliothèque est connue pour ses manuscrits et- ses incunables et aussi pour son riche fonds sarde, légué par Baille et enrichi largement depuis 1792.
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- == RÉCRÉATIONS MATHÉMATIQUES = 2
- SOLUTION DES PROBLÈMES PROPOSÉS DANS “ LA NATURE
- DU 15 DÉCEMBRE 1935 (N° 2966)
- Suivant l’usage reprenons l’énoncé des problèmes proposés :
- Problème A.— Quelle est l’année mémorable de l’Histoire qui est exprimée par un nombre de quatre chiü'res divisible par 22; d’autre part, le nombre formé par les deux premiers chilïres surpasse de 5 celui formé par les deux derniers chiffres.
- Problème B. — Un architecte construit une maison comprenant huit pièces carrées, toutes de dimensions différentes. Il dit au maçon : « Vous paverez chaque jour deux pièces complètement avec des dalles carrées dont je vous enverrai chaque matin la quantité exactement nécessaire, qui sera la même chaque jour, par un camion de charge maximum trois tonnes. » Sachant qu’une dalle a 0 m 30 de côté et pèse 2 kg, quelles sont les dimensions des pièces ?
- Problème C. — Explication de la méthode suivante employée pour multiplier deux nombres. — Vous les inscrivez l’un à côté de l’autre.
- 1° Vous divisez par 2 le nombre de gauche et vous inscrivez en dessous le résultat: vous divisez le résultat par 2, etc. jusqu’à obtenir le chiffre 1 : en négligeant la fraction lorsque le nombre est impair.
- 2° Vous multipliez par 2 le nombre de droite, vous inscrivez le résultat en dessous, etc. autant de fois que vous avez divisé à gauche.
- Solutions.
- Problème A. — Soient a b c d les 4 chiffres, a — 1 évidemment et c ne peut être que 0 ou 1. Avec c = 0, d = 6 ou 8, étant pair ; avec c = 1 d = 2 ou 4. Dans les deux cas à cause de la divisibilité par 11 on aura b d — a — c = 11 (1)
- Par ailleurs 10 a -j- b = 10c -j- d -j- 5 (2)
- Additionnons (1) et (2) et remplaçons a par 1.
- 2b + d + 9 — c = 10c + 16 + a.
- 2b = 11c + 7
- ce qui exige, 2 b étant pair, c = 1 b — 9 d’où d = 4 et la date est 1914.
- Problème B. — Le nombre de dalles envoyées dans le 3000
- camion sera au maximum —-— = 1500.
- Le problème revient donc à trouver un nombre inférieur à 1500 qui soit de quatre façons différentes la somme de deux carrés entiers.
- Je ne vois pas de méthode générale pour résoudre ce problème et le plus simple me paraît être soit de chercher dans une table de carrés, soit de dresser une table donnant la somme des carrés pris deux à deux entre 0 et 38 (puisque le carré de 39 dépasse 1500). On peut d’ailleurs limiter le travail en remarquant :
- 1° Qu’on ne prendrait pas un camion de 3 t pour transporter un poids dérisoire et que par conséquent le nombre cherché est probablement compris entre 1000 et 1500.
- 2° qu’il est inutile de prolonger la table des sommes, pour chaque colonne, au-delà du double du carré figurant sur la première ligne.
- 3° que chaque colonne se déduit de la précédente en y ajoutant le même nombre impair, soit 1 pour la 2e, 3 pour la 3e (commençant par le carré de 2) et en général 2n-l pour la colonne commençant par n2.
- On trouve ainsi que le nombre 1105 répond seul à la question :
- 1089 + 16 = 1024 + 81 = 961 + 144 = 576 -f 529 = 1105 c’est-à-dire :
- 332 + 42 = 322 + 92 = 312 + 122 = 242 + 232 = 1105 et les dimensions des pièces sont :
- 9 m 90 X 9 m 90 9 m 60 X 9 m 60 9 m 30 X 9 m 30
- 9 m 90 X 9 m 90 9 m 60 x 9 m 60 9 m 30 x 9 m 30
- Problème C. — Ce problème se rattache au suivant :
- Décomposer un nombre en une somme de puissances de 2.
- Pour faire comprendre la méthode, je prends un exemple.
- Soit à décomposer le nombre 83. On aura.
- 83 = 1 + 2“ + 2b + 2° +
- D’où 82 = 2a + 2b + 2e 82
- _ = 41 = 1 + 40 = 1 + 2 X 20
- 2
- 20 = 2 X 10
- 10 = 2 X 5
- 5 = 2 X 2 + 1
- Remplaçons successivement en remontant :
- 10 = 2 (22 + 1) = 23 + 2 20 = 2 (23 + 2) = 24 + 22 41 = 1 + 2 (24 + 22 ) = 1 + 25 -f 23
- 82 = 2 (1 + 25 + 23) = 2 + 26 -f 24
- 83 = 1 + 2 + 24 + 26
- Remarque : C’est là qu’est la question des nombres pairs à supprimer.
- Le nombre 5 = 22 +1 donnera deux puissances de 2 dans :
- 10 = 2 (22 + 1) = 23 + 2.
- Le nombre 10 ne donne pas un nombre de puissances plus grand dans : 20 = 2 (23 + 2) = 24 + 22
- Il en est de même de 20. Le nombre des puissances trouvées est toujours de 2 comme dans 5 = 22 + 2()
- Le nombre 41 au contraire donnera une puissance de plus. 41 = 1 + 2 (24 + 22) = 1 + 25 + 23, dans le nombre 82.
- 82 = 2 (1 + 25 + 23) = 2 + 26 + 24 Finalement : 83 = 1 -f- 2 + 24 + 26
- Le nombre des puissances dépend seulement des nombres impairs rencontrés au cours du calcul. 11 augmente d’une unité à chaque nombre impair rencontré.
- Soit maintenant à multiplier 23 par 83. Le produit peut s’écrire : 23 (1 + 2 + 24 + 26)
- Disposons-le comme dans le procédé et mettons les produits :
- 23 X 1 ; , 23 X 2 , 23 X 24 , 23 X 26
- en face des opérations :
- 83 23 23 X 1
- 41 46 23 X 2
- 20 92
- 10 184
- 5 368 23 X 24
- 2 736
- 1 1472 23 X 26
- On a bien P = 23 (1 -f 2 + 24 + 26)
- P = 23 + 46 + 368 + 1472 = 1909
- En numération binaire (de base 2), le nombre 83 s’écrira par suite des calculs de la première page :
- 26 0 24 0 0 2 1
- Ce qui montre bien que la place des nombres pairs est inoccupée.
- En somme, le procédé consiste à écrire l’un des nombres
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- = 274 ---= .......................:........:...=
- dans le système de numération binaire et à effectuer les calculs qui sont les produits partiels et à additionner ces produits partiels.
- Note additionnelle. — Pour la numération binaire, voir notre article :
- Récréations mathématiques, les tableaux magiques et la numération binaire. « La Nature », 4 novembre 1893.
- Ont envoyé des solutions justes :
- Problèmes A, B, C. — MM. Léon Jeannin, ingénieur A. et M., 12, avenue Emile-Laurent, Paris; Kisdaou Therefel d’Eli-sabethville (Congo-Belge) ; Capitaine Eugénis Echave, Burgos (Espagne); J.Sibille, juge à Forbacli (Moselle); M. Basté, à Paris; Victor Laugel, 2, route de Rouffacli, Colmar (Haut-Rhin); Hibon, rue Laffitte, Paris; Daniel Clerc, ingénieur, Grande rue (Bue) Seine-et-Oise; Antoine Jouffray, Mantallot., par la Roche-Darrieu (C.-du-N.) ; Bouleau, à Paris; M. Port, ingénieur-mécanicien, Brest (Finistère) ; Damien Garrigues, à Toulouse; G. André, à Laon ; P. Aussems, à Woluwe-Bruxelles.
- Problème A. — MM. Lignac, instituteur, Le Donzeil (Creuse) ; Claudius Duret, 40 rue Raulin, Lyon; P. Délivré, Séminaire de Vais (Hte-Loire) ; Bénard, Le Havre.
- Problèmes A et B. — M. Tellier René, instituteur à Saint-Georges-sur-Fontaine (Seine-Inférieure).
- Problème C. — MM, Armand André, Marseille : A.Dauge, à Laethem-Saint-Martin (Belgique).
- Problèmes A et C. — M. Houliez, à Paris ; Mme Fersing, à Casablanca; M. Eleftheroudakis, à Athènes.
- Nouveaux problèmes proposés :
- Problème A. — Trouver le plus petit nombre qui multiplié par 9 donne ce nombre renversé.
- Problème B. — Donner la théorie du billard circulaire (M. Ottenheim).
- I. — On sait qu’en raison de la différence d’heures, un télégramme envoyé de Paris le 15 à 14 heures arrive à San-Fran-cisco le 14 à 20 heures. Le même télégramme envoyé aussitôt de San-Francisco à Changhaï qui est encore 120° plus à l’Ouest sera reçu dans cette dernière ville, la transmission étant supposée instantanée, le 14 à midi. Renvoyé enfin de Changhaï à Paris, il y arrivera le 14 à 4 heures, c’est-à-dire 24 heures avant d’être parti.
- Expliquer où réside l’erreur.
- IL — On sait qu’en raison des différences d’heures sur la surface de la terre, tel jour du mois ou de la semaine ne commence pas partout au même instant. Mais où commence-t-il et pourquoi là plutôt qu’ailleurs ?
- Existe-t-il un moment de la journée (la journée de Paris) où l’on se trouve être lundi sur toute la terre ?
- Lorsqu’il est à Paris 6 h, 12 h, 18 h, du lundi, à quelle date se trouve-t-on sur le reste de la terre ?
- III. — Un jeune marié dispose de 24 jours pour son voyage de noces qui commence le 1er juillet à 6 heures.
- Expliquer comment il s’y prend pour être rentré le 25 juillet à 6 heures, après avoir fait un voyage de 25 ours. (Proposé par M. Durosoy, intendant militaire à Rouen).
- Virgile Brandicourt.
- LES KIDNAPPERS CHEZ LES ANIMAUX
- Les rapts d’enfants, qui ont rendu célèbres, jadis, les romanichels, et, aujourd’hui, les kidnappers, ne sont pas spéciaux, comme on pourrait le croire, à l’espèce humaine; ce qui, d’ailleurs, n’est pas une raison pour que celle-ci trouve une excuse à ses abominables pratiques, heureusement rares, qui n’ont pour but qu’une escroquerie ou une vengeance. Chez les animaux, où des rapts semblables ont été constatés, leur cause est, si l’on peut dire, plus noble en ce que, bien souvent, on peut y déceler un « amour maternel » exalté par l’absence de progéniture ou, plus prosaïquement, le désir, chez les femelles de mammifères, de se débarrasser de leur lait.
- Parfois, cependant, le but poursuivi par l’animal voleur de petits étrangers à sa race est plus obscur et mériterait les foudres de la justice, ainsi qu’on peut s’en rendre compte dans l’anecdote suivante relative à un singe. « Lorsque nous entrâmes à Alexandrie, rapporte Brehm, nous attachâmes notre babouin, appelé Perro, à la voiture qui portait nos caisses. Sa corde, cependant, était assez longue pour lui laisser la liberté nécessaire. En entrant dans la ville, Perro vit dans la rue la couche d’une chienne qui venait de mettre bas et nourrissait quatre charmants petits. Descendre de la voiture et en arracher un à la chienne fut l’affaire de quelques instants. Mais il ne réussit pas aussi vite à regagner son siège ; la chienne, furieuse, se rua sur Perro, qui dut rassembler toutes ses forces pour résister à l’attaque. La lutte n’était pas facile, car la voiture continuait son chemin, et Perro n’avait pas le temps d’y grimper parce que la chienne l’aurait saisi. Il tint le petit chien serré contre sa poitrine, attira du même bras la corde à laquelle il était attaché et qui l’étranglait, marcha sur ses pattes de derrière et, de la main qui lui restait, se défendit contre la chienne. Sa lutte courageuse lui valut si bien l’admiration des Arabes,
- qu’ils ne voulurent pas lui enlever le petit chien volé et préférèrent chasser la chienne. Perro emporta donc son enfant adoptif, le soigna, le caressa, sauta avec le pauvre animal, auquel, d’ailleurs, ne convenait pas précisément cette acrobatie, le lâchant dans les positions les plus dangereuses » Cela devint si redoutable pour le jeune animal qu’on le rendit à sa mère légitime — sans indemnité.
- Plus curieux encore sont les cas où des chattes s’emparent de jeunes rats et les nourrissent de leur lait avec autant de sollicitude qu’elles le font pour leurs chatons. Je pourrais en citer de nombreux exemples, mais je me contenterai du suivant, emprunté à un naturaliste anglais à qui il fut donné d’observer une chatte occupée à élever une famille de jeunes rats. « La chatte, écrit-il, avait mis bas, quelques semaines auparavant, une portée de cinq jeunes chats; trois furent enlevés et tués peu après leur naissance; le lendemain, on s’aperçut que la chatte avait remplacé ses petits perdus par trois jeunes rats qu’elle soignait avec les deux chats restants, chatons que la chatte remplaça à très bref délai par deux autres rats; à l’époque où je la vis, les jeunes rats enfermés dans une stalle vide, couraient agilement de tous côtés; ils avaient atteint environ le quart de leur croissance maximum. La chatte était absente au moment où nous entrâmes dans l’écurie, mais elle revint avant notre départ; elle sauta pardessus l’enclos et se coucha dans la stalle ; son étrange famille d’adoption courut aussi vers elle et se mit à téter. » Ce qui rend ce fait plus extraordinaire encore, c’est que la chatte était gardée à l’écurie à cause de ses qualités particulièrement développées comme ratier. C’est à croire que ce sont les ratons affamés qui se sont « kidnappés » eux-mêmes.
- Dans le même ordre d’idées, le capitaine Marryat rapporte
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- le fait d’une chatte à laquelle on avait enlevé deux chatons et qui, affolée par cette perte, s’empara, de haute lutte, de deux petits chiens allaités par une chienne du voisinage et les emporta pour les élever comme s’ils étaient ses propres enfants.
- Il est, par ailleurs, des cas où, dans des rapts analogues, on ne peut évoquer le désir des femelles de se débarrasser de la trop grande abondance de leur lait. Ainsi, celui rapporté par Büchner d’une chatte qui, dans un village allemand, contentait son instinct maternel avec des jeunes poussins, des canetons et d’autres oiseaux dont elle s’emparait. Alors qu’elle se trouvait au dernier stade de la gestation elle apporta, jusque dans son panier, six poussins qui venaient d’éclore. Elle eut beaucoup de peine, on le conçoit, à garder réunie cette petite tribu turbulente, surtout lorsque trois jours plus tard la société se vit augmentée de quatre petits chats; elle ne cessa pour cela de s’occuper de ses enfants adoptifs; bien plus, elle apporta encore dans le panier trois petits canetons et un tout petit rouge-queue qu’elle était allée chercher dans un nid loin de là. Lorsque les poussins, devenus grands, se sauvaient, la chatte se donnait une peine infinie pour les ramener chaque fois et les mettre en sûreté.
- Si les animaux « kidnapperistes » semblent admettre comme légitime — pour eux — le rapt d’enfants qui ne leur ont jamais fait de mal, il n’en résulte pas qu’ils acceptent « d’un cœur léger » d’avoir leur progéniture usurpée, même quand on la leur a imposée, traitée de la même façon et, si le fait survient, ils savent se « revancher » pour rétablir l’équilibre un moment détruit. Je n’en citerai qu’un exemple rapporté par le capitaine Marryat. Il s’agit d’une chienne épagneul à longues soies qui avait eu, d’une seule portée, cinq petits, très bien conformés et semblant ne demander qu’à vivre. Cependant, comme on les laissait tous à la mère, on craignit qu’elle ne s’épuisât sans parvenir à les élever. Il parut indispensable d’en sacrifier une partie pour sauver le reste. La maîtresse de la chienne, ne pouvant se résoudre à ce sacrifice, eut l’idée qu’on pourrait nourrir au biberon deux des petits, en les tenant, d’ailleurs, dans un endroit suffisamment chaud; mais
- une personne, consultée sur les moyens d’exécution, émit l’avis de faire allaiter les deux chiens par une chatte qui, justement, venait de mettre bas. On résolut d’essayer et, en conséquence, on enleva des chatons qu’on remplaça par un petit chien. La chatte, ayant bien accueilli l’étranger, reçut, peu de jours après, un second nourrisson qu’elle traita comme le premier. Dès lors, elle n’en eut plus d’autre, car on eut soin, afin qu’ils ne souffrissent pas faute de nourriture, de faire disparaître, l’un après l’autre, tous leurs frères de lait. Les petits chiens profitèrent à merveille et, au bout d’une quinzaine de jours, se montrèrent très bien portants; mais, chose remarquable, ils semblaient beaucoup plus avancés que ceux qui étaient élevés par la vraie mère. Tandis que ceux-ci n’étaient encore que de gros patauds, roulant plus qu’ils ne marchaient, les autres étaient lestes, agiles et gais comme de jeunes chats. La mère chatte semblait prendre plaisir à les exercer et les faisait jouer avec sa queue. Ils purent bientôt manger de la viande et, à une époque où leurs trois frères légitimes étaient tout à fait incapables de se suffire à eux-mêmes, eux pouvaient, sans inconvénient, se passer de nourrice; de sorte qu’on ne tarda pas à les donner. La pauvre chatte en fut inconsolable; pendant deux jours, elle n’eut pas un moment de repos et parcourut la maison de la cave au grenier. Enfin, ayant trouvé moyen de pénétrer dans la chambre où la chienne nourrissait les petits qui lui avaient été laissés, elle crut que c’était la chienne qui lui avait volé ses enfants adoptifs et leva les griffes sur elle; mais la vraie mère répondit par un coup de dents. La bataille, une fois engagée, fut soutenue vigoureusement de part et d’autre; l’avantage resta, pourtant, à la chatte, qui prit un des petits et l’emporta en triomphe. A peine l’eut-elle déposé en lieu sûr qu’elle revint pour en chercher un autre, dont elle parvint aussi à s’emparer après avoir soutenu un nouveau combat. Le curieux de l’affaire est que ce double succès ne lui tourna pas la tête et qu’elle ne chercha pas à le pousser plus avant. On lui avait pris deux nourrissons, elle en avait pris deux; elle savait fort bien son compte.
- Henri Coupin.
- PRESTIDIGITATION
- L’HOMME ÉLECTROCUTÉ
- On a présenté dans ces derniers temps, dans un music-hall, un numéro qui n’a pas été sans stupéfier la plupart des spectateurs, mais qui étonnera moins les lecteurs de La Nature, plus au courant des phénomènes scientifiques.
- L’opérateur, accompagné d’une jeune femme, annonçait qu’il présentait à toute force électrique une résistance jusqu’ici inconnue. Il indiquait alors au fond de la scène un tableau de réglage de la force électrique, le reliait à un excitateur formé de deux bornes mobiles, puis tirait de cet excitateur une forte étincelle. La jeune femme, maniant les manettes du tableau intensifiait le courant; il écartait de plus en plus les bornes de
- l’excitateur et l’étincelle s’allongeait considérablement, avec un crépitement croissant, très bruyant, jusqu’à atteindre une longueur de 0 m 50 environ.
- Ayant ainsi montré la puissance du courant qu’il se proposait d’employer, il amenait les fils de l’excitateur à une borne mon-
- Fig. 1. — L’homme électrocuté. L’excitateur.
- tée sur une tige qui la mettait à sa hauteur : touchant la borne, il en tirait une forte étincelle, puis plaçait la main sur cette borne; la jeune femme, s’approchant de lui avec un gant isolateur, tirait de son corps, devenu conducteur, d’énormes étincelles. Elle enflammait à son contact, et à n’importe quelle partie du corps, de l’essence, contenue dans une coupelle de métal, une bougie, du papier de soie. Enfin, pour terminer, l’opérateur se plaçait sur une chaise, qu’il appelait la chaise électrique des condamnés à mort; il se coiffait du casque métallique, pre-
- Fig. 2. — L’homme électrocuté. Assis sur la chaise, coiffé d’un casque métallique et tenant en main un tube à néon.
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- nait en mains des tubes au néon. La jeune femme, grâce au tableau activait, le courant, le tapage de l’étincelle qui jaillissait au sommet du casque allait croissant, les tubes au néon étincelaient et, comme précédemment du corps du patient, elle tirait des étincelles et faisait brûler différents objets.
- Toute cette présentation, faite dans une scène à peine éclairée, faisait un très grand effet et obtenait un énorme succès. Lorsque l’on connaît le maniement de l’électricité, on se rend
- compte que ce phénomène, incompréhensible pour la plupart des spectateurs, est dû à l’emploi d’un courant à très haute fréquence qui peut traverser le corps humain sans produire autre chose qu’un picotement assez désagréable.
- L’inflammation de la bougie était due au trempage de la mèche dans l’essence, et celui du papier à l’emploi de papier azotique.
- Le prestidigitateur Alber.
- LE MOIS METEOROLOGIQUE
- JANVIER 1936, A PARIS
- Janvier 1936 a été remarquable par une température douce et continue, une fréquence et surtout une abondance tout à fait exceptionnelle des précipitations, et une persistance des basses pressions. La moyenne mensuelle de la pression barométrique, au Parc Saint-Maur, réduite au niveau de la mer, 754 mm 3, est la plus basse constatée en janvier depuis 62 ans. Elle est inférieure de 10 mm 7 à la normale. Le minimum absolu, 732 mm 1, vient au cinquième rang parmi les plus bas enregistrés à Saint-Maur en janvier.
- La température moyenne, 6° 5, supérieure de 3° 6 à la normale, fait du mois qui vient de s’écouler le 4e parmi les mois de janvier les plus chauds de la série des observations du Parc Saint-Maur. Le temps est demeuré très doux pendant tout le mois et on n’a constaté que trois journées un peu fraîches, le 14, le 15 et le 18. Le 10, journée la plus chaude, la moyenne a atteint 13° 3, nombre tout à fait exceptionnel, en excès de 10° 5, et correspondant à la normale du 15 mai. La moyenne des minima, 3° 8, n’a été surpassée qu’une fois, en janvier 1921, depuis 1874; celle des maxima, 9° 2, a été surpassée quatre fois. L’amplitude de la variation diurne de la température, 5° 4, est un peu plus faible que d’habitude. Le minimum absolu, — 1° 5, noté le 15, vient au sixième rang parmi les plus élevés; il est en excès de 5° 9 sur le minimum absolu moyen. Le maximum absolu, 15° 0, le 10, n’a été dépassé que trois fois depuis 62 ans. Il est supérieur de 2° 8 au maximum absolu moyen. Le thermomètre n’est descendu à 0° ou au-dessous qu’à 4 dates différentes, alors que ce fait se produit en moyenne 14 fois.
- Le minimum absolu du mois pour la région, observé presque partout le 15, n’est pas descendu au-dessous de — 2° 0 en ville et de — 3° 0 en banlieue. Le maximum absolu, noté le 10, n’a varié dans la région qu’entre d’étroites limites (de 14° à 150 8)
- L’abondance des précipitations forme le caractère le plus remarquable du mois de janvier 1936. Le total mensuel, à l’Observatoire du Parc Saint-Maur, s’élève à 115 mm 2, soit 2,94 fois le total que l’on recueille en moyenne. Dans la série d’observations pluviométriques de la région parisienne publiée
- par M. Renou et qui remonte jusqu’en 1770, on ne trouve en janvier aucun nombre qui puisse lui être comparable. Le total le plus élevé contenu dans cette série est, en effet, 83 mm 3 mesuré en janvier 1834 au pluviomètre de la terrasse de l’Observatoire de Paris. Nous pouvons donc affirmer avec certitude que, dans les 130 dernières années, aucun mois de janvier n’a fourni un total de précipitations approchant de celui que nous venons d’enregistrer. La journée la plus pluvieuse, le 17, a fourni 21 mm d’eau. Le nombre de j.ours de pluie appréciable, 24, est supérieur de 9 unités au nombre moyen. En janvier 1931, ce nombre avait déjà été atteint.
- La douceur de la température s’est traduite par un réveil précoce de l’activité végétative. On a vu le 10 des violettes ouvertes, et le 20 les pâquerettes étaient en pleine floraison; à la fin du mois, les premières fleurs du cornouiller mâle, le 23; du perce-neige, le 29; le premier chant de la grive a été entendu le 22.
- La hauteur totale d’eau de pluie ou de neige recueillie à Montsouris, 119 mm 9, est triple de la moyenne des 50 années 1873-1922. La durée totale de chute, 108 h 30 m, est supérieure de 85 pour 100 à la moyenne des 25 années 1898-1922.
- Hauteur maxima en 24 h. : pour Paris 20 mm 2 au square Louis XVI et, pour les environs, 27 mm 0 à Epinay, du 16 au 17.
- Il a neigé dans la nuit du 22 au 23 à Meudon et à Trappes. Dans la région, en général, les brouillards épais n’ont pas été plus fréquents que de coutume et les brouillards faibles ont été plutôt rares.
- On a enregistré à l’Observatoire de la Tour Saint-Jacques, 45 h 20 m de soleil, durée inférieure de 15 pour 100 à la normale. Il y a eu 11 jours sans soleil.
- Le vent a soufflé plus souvent que d’ordinaire de la moitié sud de la rose et a été fréquemment fort.
- A l’observatoire du Parc Saint-Maur, la moyenne mensuelle de l’humidité relative a été de 85,1 pour 100 et celle de la nébulosité de 88 pour 100, On y a constaté : 1 jour de neige, 1 jour de grêle, 4 jours de gelée, 12 jours de brouillard, 10 jours de brume, 3 jours de rosée, 8 jours de gelée blanche.
- Em. Roger.
- L’AUTOMOBILISME PRATIQUE
- GRAISSAGE DES DIVERS ORGANES MÉCANIQUES D’UNE AUTOMOBILE
- Le graissage consiste à substituer, comme on le sait, au frottement direct de deux corps solides en mouvement relatif, le frottement interne d’un corps fluide, interposé entre les deux corps, c’est-à-dire le frottement entre elles des molécules de ce fluide. L’effort de frottement et la perte d’énergie qui en résultent sont ainsi diminués dans une proportion considérable.
- Dans une automobile, les pièces en mouvement relatif sont très nombreuses. Certaines ont un mouvement rapide et variable, transmettent de gros efforts, sont à des températures parfois très élevées. En outre, le graissage doit être à peu près automatique et s’effectuer avec certitude. Le problème du graissage est d’une importance capitale; sa solution est toujours difficile. Il faut du reste, dans bien des cas, se contenter d’une solution approximative.
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- Tout d’abord le lubrifiant idéal n’existe pas. Les huiles minérales, végétales ou animales qu’on sait préparer ne possèdent presque jamais au degré voulu, simultanément, et pour les diverses conditions imposées par l’usage, toutes les caractéristiques désirables. Les propriétés qui interviennent dans le graissage sont : la viscosité, l’onctuosité ou adhérence, la température d’inflammabilité, la température de figeage, l’oxy-dabilité, l’acidité, la teneur en résidus solides lors de la carbonisation, la nature et la proportion des corps étrangers.
- Selon l’emploi envisagé on recherche donc, par des traitements divers des huiles ou par des mélanges d’huiles de provenances et de caractéristiques dillérentes, à obtenir un produit qui donne à tout instant un graissage suffisant des organes en mouvement.
- Ainsi les huiles minérales et végétales ont des qualités et des défauts sensiblement inverses et l’on arrive par leur mélange (en réalisant ce qu’on appelle une huile compoundée) à corriger dans une certaine mesure les défauts de l’une par les qualités de l’autre. Dans le même ordre d’idée, l’addition de graphite colloïdal à l’huile permet d’augmenter l’onctuosité. 11 est encore beaucoup d’autres traitements plus ou moins compliqués des huiles naturelles en vue d’améliorer leurs caractéristiques pour tel ou tel usage.
- Voyons successivement les principales difficultés que l’on rencontre pour le graissage des multiples organes d’une voiture et indiquons les solutions adoptées actuellement.
- Le graissage du moteur à explosions. — Le graissage qui, en automobile, est le plus essentiel et qui est aussi le plus difficile est celui du moteur.
- Il faut remarquer que c’est la même huile, emmagasinée dans le carter, qui est chargée de graisser les divers organes du moteur. Ces organes ont des vitesses et des températures variables d’un endroit à un autre, et variables aussi avec le régime de travail du moteur. En certains points l’huile est soumise à des efforts de cisaillement importants; dans les cylindres elle est soumise à une température très élevée. Lors de la mise en route du moteur, l’huile est à la température ambiante et quand cette dernière est très basse, la viscosité de l’huile utilisée doit cependant être encore assez faible pour permettre le lancement aisé et pour donner aussitôt un graissage acceptable.
- En majeure partie, les moteurs actuels d’automobile sont graissés, en régime d’utilisation normale, avec les huiles minérales ou compound. Les constructeurs de moteurs préconisent un type d’huile défini d’après les essais effectués par eux. Il faut tenir compte des indications données, bien que l’action publicitaire les fausse malheureusement, parfois, quelque peu.
- Une bonne huile de moteur normale répond à peu près aux caractéristiques suivantes. Viscosité Engler à 50° : 4 à 15; à 100° : 2,6 à 3. Point d’éclair : 200° C. Résidu de combustion maximum (Conradson) : 0,1 à 0,2. Onctuosité ou force d’adhérence : 31 à 33 dynes-cm-,
- La caractéristique par laquelle on définit le plus fréquemment une huile est sa viscosité. La variation très notable de la viscosité des huiles, et surtout des huiles minérales, en fonction de la température est, en effet, très gênante et ne doit pas dépasser certaines limites.
- En fonctionnement normal, il faut que la viscosité de l’huile, atteignant dans les cylindres sa température maximum, ne descende pas pour assurer un graissage suffisant, au-dessous d’une certaine valeur. Au départ, il faut que la viscosité de l’huile qui est alors à la température ambiante, ne s’élève pas au-dessus d’une certaine valeur afin que le lancement soit possible. Le couple résistant d’un moteur augmente, en effet, proportionnellement à peu près avec la viscosité de l’huile (fig. 1).
- On a quelque peine à concilier les deux conditions que nous
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- venons d’indiquer et, en pratique, on utilise l’huile la plus visqueuse qui permette cependant le lancement à froid.
- Il en résulte qu’on a été conduit à préconiser une huile d’été de viscosité assez forte, et une huile d’hiver de viscosité plus faible. Mais pour la définition de ces deux types d’huile, la situation géographique du lieu d’emploi entre alors en jeu. Les dénominations des huiles commerciales ne font d’ailleurs pas apparaître avec précision les valeurs de viscosité, et même d’onctuosité. On classe les huiles, plutôt selon leur viscosité, en épaisses, demi-épaisses, demi-fluides, fluides, très fluides. En général on choisit l’huile demi-épaisse dans les époques chaudes et l’huile fluide dans les époques froides. Le résultat et le choix sont cependant variables selon les particularités, la construction, le régime du moteur et puis aussi selon son usure.
- L’usure est caractérisée par l’augmentation du jeu entre les différentes pièces. Se basant sur ce fait, M. Dintilhac préconise pour chaque moteur une huile choisie d’abord selon la vitesse relative des pièces, selon les températures de fonctionnement et selon le procédé de graissage, mais aussi selon la grandeur des jeux, donc selon le degré d’usure du moteur. Il estime que l’huile est soumise dans les différentes portées à un cisaillement et qu’elle prend la température répondant aux conditions du cisaillement.
- La viscosité de l’huile à utiliser devrait ainsi être augmentée corrélativement à l’augmentation des jeux au long de la vie utile d’un moteur.
- Dans les moteurs actuels, les portées du vilebrequin, les têtes de bielles sont graissées sous pression par une pompe à huile, généralement à
- Fig. 1. — Variation moyenne du couple résistant d'un moteur en fonction de la viscosité de l'huile de graissage.
- engrenages, qui débite à travers
- les canalisations perforées dans les pièces. Lors de la mise en usage d’un moteur, quelques instants de rotation du moteur sont nécessaires pour que le circuit de graissage soit correctement alimenté.
- Les pieds de bielles, les cylindres, les pistons sont ordinairement graissés par la projection d’huile résultant du « barbotage » du vilebrequin dans l’huile du carter. Le graissage est plus ou moins efficace suivant les dispositions adoptées, mais il y a toujours intérêt à ne pas pousser immédiatement un moteur qui, froid, vient d’être lancé, afin d’être certain que l’huile en se réchauffant a atteint, surtout si elle est minérale, une fluidité suffisante pour être projetée en quantité désirable.
- Le graissage des pistons et cylindres est, même en régime régulier, particulièrement difficile, pour les raisons suivantes :
- L’huile pénètre forcément dans la chambre d’explosions. Dans cette chambre il se forme des calamines qui sont les résidus de la combustion incomplète de l’essence et de l’huile de graissage introduites.
- Les calamines sont des corps durs, dont des fragments se détachent, provoquent des rayures, parfois graves, des cylindres et des pistons ; accumulées dans les gorges des segments de piston elles peuvent même empêcher le libre fonc-
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- tionnement des segments. Pour cette raison, d’ailleurs, on conseille d’éviter toujours les mélanges trop riches en essence, surtout au départ, et principalement si l’on fait usage d’un carburateur à starter (injection de mélange très riche). Le fonctionnement du starter doit toujours être très court.
- Il est à noter que l’huile remonte dans la chambre d’explosions pendant la partie du cycle de fonctionnement qui correspond au temps d’aspiration. La viscosité à chaud de l’huile est donc à déterminer pour limiter, autant qu’il se peut, ce phénomène.
- Pendant la partie du cycle qui correspond au temps d’explosion, la pression étant inversée, les gaz carburés, qui ne brûlent pas instantanément, tendent à passer le long du cylindre. L’essence qu’ils contiennent vient diluer l’huile de graissage et diminuer sa viscosité primitive. Il y a, en résumé, constamment, un transport néfaste d’huile du carter vers la chambre d’explosions, et d’essence de la chambre d’explosions vers le carter.
- Pour diminuer la variation de viscosité de l’huile par dilution de l’essence, on a été amené à préparer des huiles appelées (un peu improprement), à viscosité constante. On ajoute alors à l’huile, une quantité d’essence variant de 3 à 6 pour 100 pour les moteurs à soupapes et allant jusqu’à 10 à 11 pour 100 pour les moteurs sans soupape. La viscosité finale de l’huile est réglée par le choix de mélanges convenables d’huiles diverses. Cette viscosité varie moins lors de l’usage, puisque l’essence venant des cylindres a moins tendance à se dissoudre dans l’huile qui en contient déjà en proportion notable.
- A un point de vue différent, on observe souvent que les soupapes, et notamment la soupape d’aspiiation, sont dans leur partie supérieure mal graissées; de plus, sur certains moteurs, où la remontée de l’huile est faible, le haut des cylindres est lui aussi graissé insuffisamment. On a alors recours au procédé dit du super-huilage. Il consiste à ajouter à l’essence une quantité d’huile de vaseline très claire, dans la proportion d’environ 5 pour 100. Cette huile passe aisément au carburateur, elle brûle en donnant peu de calamine et le léger dépôt gras qu’elle forme en haut des cylindres peut donner une amélioration de fonctionnement parfois considérable. Pour la période de rodage, certains constructeurs conseillent d’ajouter à l’essence jusqu’à 10 pour 100 d’huile.
- La période du rodage du moteur exige en particulier, qu’une attention spéciale, soit apportée au graissage. Les pièces mécaniques, si bien exécutées soient-elles, ne présentent pas des formes exactement correspondantes et un poli parfait. Elles possèdent des irrégularités, des bosses, des stries, des bavures; des corps étrangers sont en circulation dans l’huile (limaille, sable de fonderie). Les jeux sont encore faibles : il y a par endroits des contacts métalliques directs des pièces entre elles, en d’autres points la pression excessive rend le graissage à peine suffisant. Ainsi qu’on le sait, il est recommandé de ne pas pousser pendant un certain nombre de kilomètres un moteur neuf à fond, puis de vidanger l’huile utilisée qui a été soumise à des conditions sévères et est chargée de particules solides.
- L’huile graphitée est utilisée pendant cette période avec avantage. Il est au surplus indispensable de pratiquer à ce moment le super-huilage.
- Le graissage des moteurs, à l’huile d’olive exclusivement (huile préparée spécialement), s’est développé de façon très importante depuis quelques années. Les résultats paraissent très satisfaisants tout au moins sur les moteurs de petite et de moyenne puissance. Cependant les canalisations de graissage sont fort petites et l’huile doit être excellemment traitée afin de ne pas former de gommes susceptibles de les obstruer. De plus au repos, si celui-ci est de longue durée, il est à redou-
- ter avec les huiles végétales qu’il se produise avec le temps une acidification sensible. Ainsi dans l’Aviation militaire, on a reconnu l’impossibilité de stocker des moteurs graissés à l’huile végétale, qui est alors l’huile de ricin. Celle-ci n’est utilisée que lorsque le moteur est mis en usage.
- Embrayage. — Pour cet organe de la voiture automobile une huile trop visqueuse fait obstacle au bon et rapide fonctionnement; mais une huile trop fluide est aussi à rejeter car la pression entre certaines pièces est importante. La viscosité ne varie guère en fonctionnement, d’ailleurs, car réchauffement est relativement faible. La viscosité et l’onctuosité définies par le type d’huile prévu par le constructeur sont à adopter. Souvent l’huile est alors compoundée à l’aide de blanc de baleine afin d’en augmenter l’onctuosité.
- Boîte de vitesse. — Son graissage soulève parfois de graves problèmes. Loi'sque les engrenages sont mal graissés, les pertes d’énergie résultantes atteignent rapidement une valeur considérable. Le graissage ayant lieu par barbotage, ces pertes sont surtout fonction de la viscosité. 11 y aurait intérêt à employer une huile très fluide, mais alors surgissent-les difficultés d’étanchéité aux sorties d’arbres ou d’organes de manœuvre. On est donc, à regret, conduit à utiliser en pratique une huile plutôt visqueuse; une huile fortement compoundée est souvent employée. Eixfin il est dans ce cas avantageux de choisir une huile très graphitée; le glissement des dents d’engrenage est facilité et le fonctionnement devient aussi plus silencieux.
- Pont arrière. — L’étanchéité très peu sûre (fuites aux tambours de frein) rend le graissage du pont arrière classique assez peu aisé. Il s’effectue par barbotage des pièces dans l’huile contenue dans le carter du pont, et le niveau de l’huile est précisément bas afin de réduire les fuites au minimum.
- On utilise ordinairement de l’huile un peu visqueuse avec addition de 5 à 10 pour 100 d’huile végétale. Dans le cas de transmission par vis sans fin, on préfère souvent, étant donné les surfaces importantes de frottement, un graissage à l’huile végétale seule ou encore à l’huile graphitée.
- Vidange des huiles de graissage. — Dans tous les moteurs ou organes de ces moteurs à réserve d’huile, l’huile de graissage introduite se détériore avec la durée et l’intensité du fonctionnement. Elle s’oxyde ou s’acidifie, perd une pai'tie de ses qualités d’onctuosité, se charge de goudrons, de gommes, d’essence, se salit de particules métalliques dues à l’usure du moteur. Le remplacement de cette huile usagée par une huile neuve est, au bout d’un certain temps, nécessaire. Ce temps varie sensiblement selon l’huile, la voiture, l’état du moteur, les conditions d’emploi.
- Pour simplifier, on préconise en général la vidange de l’huile après usage normal, au bout de 2 à 4000 1cm, et pour les autres organismes au bout de 10 à 12 000 km. Les huiles végétales semblent, au moins sur les moteurs de petites puissances, conserver un pouvoir lubrifiant acceptable un peu plus longtemps que les huiles minérales ou même compoundées.
- Les huiles vidangées après usage peuvent être récupérées dans d’assez bonnes conditions à l’aide de filtres spéciaux fonctionnant sous pression et qui arrêtent toutes les impuretés, y compris les gommes ou les goudrons. Ces huiles récupérées sont cependant de qualités variables et imprécises; il est délicat de les utiliser à nouveau pour le graissage du moteur lui-même, sans essais spéciaux déterminant leurs caractéristiques.
- Organes annexes. — Ces organes comprennent principalement les roues, les articulations des ressorts ou axes de suspension, les commandes mécaniques diverses de direction, de freinage, d’alimentation, etc. Ils sont munis soit de grais-
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- seurs individuels, soit de graisseurs à canalisations qui selon leur disposition sont alimentés en huile fluide ou en graisse consistante. Une graisse consistante est, d’ailleurs, une huile fluide mélangée intimement à un savon mou. Le savon n’a pas d’action lubrifiante mais l’huile qu’il contient s’en échappe lentement et assure le graissage.
- Notons encore l’usage assez curieux de l’huile pénétrante qui est une huile graphitée très fluide à pouvoir couvrant
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- considérable. Elle est projetée sous la voiture à l’aide d’un pulvérisateur; elle se dépose et s’étend sous tous les organes apparents. Elle empêche, d’une part, la rouille de se produire et donne aussi un graissage sommaire mais suffisant, aux articulations accessoires, aux lames de ressorts, aux pièces non rigidement fixées. On réduit ainsi les grincements de châssis, aigus, et si désagréables sur route.
- A.-M. Touvy.
- COMMUNICATIONS a l ACADEMIE DES SCIENCES
- Séance du 10 février 1936.
- Les poussières et fumées de Lyon. — La variation quotidienne des quantités de poussières dans l’air de Lyon présente un maximum entre 7 et 9 heures, et un maximum secondaire entre 19 et 21 heures. Mme Herman-Montagne et M. Herman ont en outre constaté que cette quantité croît du lundi au vendredi. Elle est plus grande si le brouillard survient, et diminue si un vent sensible s’établit. La pluie augmente tout d’abord la pollution atmosphérique puis, si elle persiste, fait disparaître presque complètement les poussières. C’est en juillet que l’air est le moins souillé, et en novembre qu’il l’est le plu
- Arrêt d’une épidémie de typhus exanthématique par la vaccination. — Une épidémie sévère de typhus exanthématique ayant éclaté à Sidi Naceur (Tunisie), le procédé de vaccination découvert par MM. Charles Nicolle et Laigret a été appliqué par ce dernier et MM. Durand et Belfort. L’épidémie a été rapidement enrayée et s’est éteinte avant la sixième semaine. A partir du sixième jour à compter de l’inoculation, aucun cas n’est survenu chez les vaccinés. On sait que celle-ci a lieu avec du virus marin desséché et enrobé dans le jaune d’œuf et l’huile d’olives.
- Séance du 11 février 1936.
- Influence de l’acide combiné à la novoçaïne sur son activité. — En opérant sur des solutions de divers sels de novoçaïne ayant même concentration et même pH, MM. Régnier, Delange et David ont pu, grâce à la sensibilité de la cornée du lapin, faire des déterminations précises du pouvoir anesthésiant. Certains acides (orthophtalique, hippurique, nicotique) ôtent à peu près toute activité à la base; d’autres exaltent son action. Parmi ceux-ci, on peut ranger les acides phénylbutyrique, undécylique et phénylbutylacétique. Il semble que le pouvoir anesthésiant croisse avec le nombre d’atomes de C de l’acide, ceci surtout dans la série benzoïque. L’addition de groupes supplémentaires : C02H, OH, NH2, Br, diminue l’activité du sel. Les qualités requises pour les emplois médicaux semblent se trouver réunies avec une activité maxima dans le phé-nylpropionate et l’isobutyrate.
- Dosage du titane dans l’organisme. — Par un procédé basé sur l’entraînement du titane lors de la précipitation des sels ferriques et de zirconium par le cupferron, suivi d’un dosage colorimétrique de l’acide pertitanique, MM. Maillard et Ettori ont pu doser un quarante-millième de milligramme et pratiquement un dix-millième de milligramme de titane. Les auteurs ont ainsi démontré que le titane est un constituant normal des tissus humains à une concentration qui varie de 3 (sang) à 8 (muscles) cent-millionièmes.
- Hybrides de greffe. — M. Daniel signale de nouvelles observations du Pirocydonia Danieli, hybride de greffe du poirier Beurré William sur cognassier. Cet hybride semble se produire d’une façon assez régulière lorsque les plants greffés sont décapités au niveau du bourrelet de soudure. L’hybride ne peut être ni bouturé, ni marcotté; il se reproduit facilement par greffe sur cognassier. Les feuilles ont la forme de celles du poirier, mais sont recouvertes d’un duvet blanc comme celles du cognassier. Les nouvelles observations ont eu lieu dans des pépinières de Toulouse, d’Angers et d’Orléans.
- Séance du 24 février 1936.
- Teneur en bore des végétaux. — L’influence tantôt nocive, tantôt très favorable, du bore sur la végétation, a amené MM. Gabriel Bertrand et De Waal à doser cet élément dans des plantes entières de différentes familles ou tout au moins dans la totalité de leurs parties aériennes, après culture sur un même sol. Pour un kg. de matière sèche, la teneur passe de 2 à 5 mg. pour les céréales à 36 à 43 mg. pour la plupart des légumineuses et atteint 75 mg. pour la betterave et même 95 mg. pour le pavot. Ces résultats expliquent comment certains engrais, riches en bore, peuvent être nuisibles aux céréales et, au contraire, se montrer très utiles dans la culture de la betterave dont la maladie du cœur semble due à la carence du bore.
- Dureté des dépôts électrolytiques de nickel. —• En
- faisant varier différents facteurs relatifs au dépôt électrolytique du nickel, M. Cahour a pu établir leur influence sur la dureté du métal. Cette dureté varie tout d’abord avec la nature du support. D’autre part, si la densité du courant croît,la dureté croît aussi, passe par un maximum vers 1,2 amp. par dm2 et diminue rapidement ensuite ; la température du bain agit aussi, la dureté est minima vers 50° ; la présence de gélatine exerce une action favorable jusqu’à une teneur variable avec la température et devient nuisible si elle est plus élevée. Il paraît établi que la qualité du métal est liée à la grosseur des cristaux formés; le dépôt est d’autant plus dur que les cristaux sont plus petits. Des impuretés colloïdales peuvent aussi diminuer la dureté du nickel.
- Culture des pommes de terre au Maroc. — Par des
- expériences sur les variétés Fluke et Industrie dans la région de Rabat, M. Miège a pu confirmer l’opinion des praticiens et des agronomes sur l’impossibilité de la culture de la pomme de terre dans les plaines de l’Afrique du Nord sans renouvellement des semences. On observe une baisse très importante du rendement dès la seconde culture et cette diminution se poursuit ensuite, de culture en culture, la durée de la végétation augmentant. On peut combattre cette influence du climat par la culture en altitude ou la conservation au froid des tubercules reproducteurs. L. Bertrand.
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- LIVRES NOUVEAUX
- Numerical intégration of differential équations.
- Rapport du Comité des intégrations numériques, par A. A. Bennett, W. E. Milne, H. Batman. Bull, of the National Research
- Council. n° 92, 108 p., publié par l’Académie des Sciences de
- Washington, 1933. Prix : 1 dollar.
- Dans toutes les applications des mathématiques à la physique, à l’astronomie et à la science de l’ingénieur, on est très souvent conduit à des équations différentielles ou aux dérivées partielles dont il est nécessaire de connaître numériquement les intégrales. Il est rare que ces intégrales soient des fonctions analytiques connues, par exemple rationnelles ou trigonométriques. Dans la majorité des cas on se trouve en présence de transcendantes dont on ne possède pas de tables, alors apparaît la nécessité de pouvoir établir le plus rapidement et le plus sûrement possible des représentations approchées des intégrales ou des tables numériques de celles-ci en partant de l’équation différentielle elle-même.
- Dans le premier chapitre, A. A. Bennett expose très rapidement les méthodes et les formules d’interpolation d’une fonction d’une variable par un polynôme; le second chapitre est un très intéressant historique des méthodes d’approximations successives des algorithmes dans le calcul d’un nombre irrationnel ou transcendant ou d’intégrales d’une équation différentielle. Ces méthodes d’approximations successives appliquées aux équations différentielles ou aux dérivées partielles ont été particulièrement développées en France par Émile Picard. Le chapitre 3, rédigé par W. E. Milne, traite de l’intégration * pas à pas » des équations différentielles du 1er et du 2° ordre par les méthodes de quadratures mécaniques d’Adams, de Moulton, de Stef-fensen, de Milne et de Runge-Kutta.
- H. Batman a écrit le quatrième et dernier chapitre sur l’intégration numérique des équations aux dérivées partielles. Il étudie d’abord, surtout au point de vue historique, la transition entre les équations différentielles et les équations aux différences finies. Il expose ensuite la méthode de Ritz pour l’intégration des équations aux dérivées partielles de type elliptique avec certaines conditions aux limites. Cette méthode, la meilleure que nous possédions, consiste à remarquer que la solution cherchée rend minimum une certaine intégrale, on obtient des expressions analytiques de plus en plus approchées de la solution en substituant dans cette dernière intégrale des fonctions dépendant linéairement de n paramètres et en déterminant ces paramètres de manière que l’intégrale soit minimum, puis on fait augmenter n indéfiniment. Ce petit livre sera très précieux à tous ceux qui ont besoin d’intégrer numériquement des équations différentielles ou aux dérivées partielles.
- Les transmissions par courroies, par Paul Pusard,
- 1 broch. illustrée, 44 p., 102 fig., 9 abaques, 16 tables de calcul.
- Goodrich, Colombes (Seine), 1935. Prix : 9 fr.
- Cette brochure présente, sous une forme condensée mais très complète les formules, les renseignements numériques et les notions pratiques nécessaires pour déterminer rapidement les courroies de tous types, plates ou trapézoïdales; des abaques facilitent les calculs. Des données nouvelles permettent d’éviter des erreurs, par exemple, en respectant les lois trop peu connues fixant le diamètre des poulies en fonction de l’épaisseur et de la vitesse des courroies, ou bien régissant le nombre de passages de courroie par seconde sur les poulies. Les coefficients moyens indiqués dans les tables de calculs ont été vérifiés par les principaux producteurs français de courroies et cette collaboration, si profitable aux usagers, accroît encore la valeur documentaire de cette étude.
- En outre l’auteur a groupé une foule de renseignements pratiques d'un grand intérêt pour quiconque a des courroies à installer.
- Petite histoire de l’horlogerie, par Léopold Reverchon.
- 1 vol., 176 pages. Éditions de la « France horlogère », 20, rue
- Gambetta, Besançon.
- La mesure du temps a toujours été l’une des grandes préoccupations de l’homme; elle a provoqué au cours des âges une foule d’inventions remarquables, qui de proche en proche ont abouti aux chronomètres modernes d’une extraordinaire précision, et aux montres, horloges, pendules à bon marché qui permettent à chacun d’avoir sur soi ou chez soi l’heure exacte. Aucun esprit cultivé ne peut rester indifférent à l’histoire de ce long effort, dont les résultats jouent un si grand rôle dans notre civilisation. L’excellent petit ouvrage de notre érudit collaborateur Reverchon offre à tous le moyen de satisfaire cette légitime curiosité. Écrit d’un style alerte, toujours parfaitement clair, très logiquement composé, il est d’une lecture aussi agréable qu’instructive. Il condense en un petit nombre de pages une documentation sûre et approfondie. Il distingue quatre grandes périodes : la première est celle des origines à la fin du xm® siècle avec les gnomons, les cadrans solaires, les clepsydres; puis du xiv® au xvi® siècle voici les premières horloges mécaniques, elles sont mues par poids et possèdent comme échappement régulateur le foliot; chaque église importante
- veut son horloge monumentale. Puis voici les horloges portatives et les montres. Au xvui® siècle nouvelle impulsion brusque dans la voie du progrès, grâce à l’invention du pendule et du spiral par Huyghens, grâce au progrès des échappements. C’est l’époque de l’horlogerie exacte marquée par les grands noms de Graham, Harrison, Le Roy, Berthoud, Japy. Enfin au xixesièclel’horlogerie entre dans la période scientifique, qui aboutit à la mesure de l’heure au 1/100 de seconde. L’auteur marque très clairement les caractères essentiels de ces quatre grandes périodes.
- Ce qu’il faut connaître de la météorologie, par
- Marie Cardine. 1 vol., 160 p., 13 fig. Boivin et Cie, Paris 1935. Prix : 8 fr.
- Dans ce petit livre d’une lecture agréable, l’auteur montre comment on peut prédire le temps avec succès. Adepte enthousiaste des méthodes de prévision du météorologiste Guilbert, le rénovateur indiscuté de la météorologie moderne, il les expose avec beaucoup de clarté; il est parfois sévère, peut-être injuste pour les théories actuellement en faveur à l’Office national météorologique. Son livre, en tout cas, est un livre de bonne science mise â la portée de tous.
- Balance pendulaire de précision (2® édition) suivie du journal de laboratoire de 1935, par R. Brard et Ch. Gorceix. 1 vol. in-8, 277 p., fig. et pl. Lechevalier, Paris, 1935. Prix : 25 fr.
- Tandis que tant de radiesthésistes annoncent les succès les plus stupéfiants : rhabdomancie sur carte ou sur photographie, quand ils ne vont pas jusqu’à prétendre diagnostiquer et guérir — même par correspondance — des maladies, quelques-uns, plus scrupuleux, plus méthodiques, s’appliquent à répéter, contrôler, faire varier les phénomènes qu’ils croient apercevoir. De cette dernière sorte et de grande qualité d’honnêteté sont les auteurs de ce livre. Ils poursuivent patiemment leur effort, cherchant à obtenir d’appareils physiques la constance et la précision des mouvements de leur pendule. Mais il leur faut toujours être là, tenir le pendule du bout des doigts. Il tourne ou il oscille, sous cette force physique ou une inconsciente incitation? On quitte le livre avec malaise, n’y ayant trouvé que des expériences dont les auteurs connaissaient les éléments de réponse, sans aucun essai systématique, répété pour éliminer l’équation personnelle.
- Les pseudo-bases de la « science nouvelle » du pendule ou crémastomancie. (Lettre ouverte à M. l’abbé Mermet et aux candidats aux baccalauréats), par J. Guinchant. 1 brochure, 15 p. En vente chez Georges, 12, cours Pasteur. Bordeaux 1936. Prix : 2 fr.
- Les publications des maîtres ou des néophytes de la radiesthésie (rhabdomancie, sourcellerie, crestomancie, etc), se sont multipliées en ces derniers temps. Elles ont adopté une terminologie pseudo-scientifique, qui fait illusion au profane et attire à cette science (?) nouvelle une foule de nouveaux adeptes.
- Mais qu’y a-t-il au fond de ces exposés dont le savant langage dissimule les contradictions ? M. Guinchant, professeur à la Faculté des Sciences de Bordeaux, s’est donné la peine de passer au crible de la raison scientifique ou ce qui revient au même, du bon sens, l’ouvrage d’un penduliste connu. Il en relève certaines erreurs véritablement énormes. Il met en lumière les contradictions constantes de l’auteur, il montre enfin ce qu’il faudrait faire et ce qui pourrait être fait pour mettre objectivement en évidence les phénomènes dont ce radiesthésiste affirme l’existence. Le jour où la radiesthésie pourra répondre aux questions du professeur Guinchant, mais ce jour-là seulement, elle sera devenue une science.
- Nappes aquifères, par Robert Tournier. 1 vol. in-8, 255 p. 3cartes. Arrault et Cie, Tours, 1935. Prix : 45 fr.
- L’auteur examine les nappes aquifères, notamment l’albienne de la région de Paris et la cénomanienne de la Touraine et cherche les moyens de les défendre contre l’épuisement et la pollution, pour augmenter les ressources en eaux potables de ces régions et répondre à leurs besoins croissants.
- Électrochimie des solutions, par S. Glasstone. Traduit par P. Dupont et P. Jacquet. 1 vol. in-8, 502 p., 38 fig. Félix Alcan, Paris, 1936. Prix : cartonné toile, 60 fr.
- Le Comité pour l’expansion du livre scientifique a eu la bonne idée de faire traduire l’ouvrage du lecteur de chimie physique de l’université de Sheffield qui méritait bien de devenir classique et de pénétrer largement dans l’enseignement français. L’auteur, partant des faits bien connus de l’électrolyse, examine tout ce qu’on en a déjà tiré : nombres de transport et migration des ions; solvatation; conductibilité des solutions; dissociation,produit ionique et hydrolyse; acides,bases, neutralisation, indicateurs et effet tampon; piles réversibles, polarisation et surtension; dépôts métalliques; phénomènes anodiques
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- irréversibles; dépolarisation. C’est une mise au point parfaitement à jour des points acquis et des conceptions récentes sur toutes les actions de piles et leurs utilisations.
- Les sols de France au point de vue pédologique>
- par V. Agafonoff. 1 vol. in-8, 154 p., 25 lig., 3 pl., 1 carte en couleurs. Dunod, Paris, 1930. Prix : 36 ir.; relié, 46 fr.
- La pédologie, ou science du sol, est née lorsque Dokoutcliaïev a établi que le sol est un corps résultant de la rencontre du inonde minéral et du monde vivant et que ni sa genèse, ni son évolution, ni ses propriétés ne se confondent avec celles des autres corps. L’étude des sols ne consiste plus dans le dosage de certains de leurs éléments; elle est devenue la science de la structure, de la composition physique et chimique, de la formation des sols, de leurs modifications dans le temps et dans l'espace. L’auteur a parcouru la France dans tous les sens en géologue autant qu’en agronome, relevant des profils, collectionnant des échantillons.
- The beginn ii, gs of plant hybridization, par Comvay Zirkle. 1 vol. in-8, 231 p. 8 fig. hors texte. University of Pennsylvania Press, Philadelphie, 1935. Prix : 2,50 £.
- Les publications de génétique et d’hybridation citent généralement comme précurseurs de Mendel un ouvrage de Koelreuter de 1761 et tout au plus deux ou trois travaux antérieurs. 11 importait pour l’histoire des sciences de rechercher les commencements de l’hybridation des plantes, de traduire les textes et de rappeler les idées directrices d’alors. Et voilà un chérubin assyrien en bas relief qui pollinise des dattes, premier exemple de xénie; voici un bouquet de connaissances et de croyances sur les mulets, les monstres, les hybrides d’hommes, les notions de sexe, de bâtard, etc.; des ligures d’épis de maïs du xvic siècle, montrant la ségrégation; et toute une série d’observations et d’essais, du début du xvme siècle sur l’hybridation des plantes les plus diverses qui expliquent les expériences de Koelreuter, les nouvelles idées qu’il conçut, origine de tout l’énorme développement actuel.
- Index bibliographique des travaux de sciences naturelles concernant la Normandie, le Maine, l'Anjou et le Blésois pour la décade 1923-1933, par
- l’Abbé L. Tolmer. 1 vol. in-8, 191 p. Bigot, Caen, 1935. Prix : 15 fr.
- Tous les dix ans, les Assises de Gaumont se tiennent alternativement à Rouen et à Caen. L’Abbé Tolmer y a présenté un rapport qui est un bilan des publications d’histoire naturelle concernant 9 départements, très méthodiquement classées. Zoologie, botanique, géologie forment les trois grandes divisions que précèdent des index d’histoire des sciences, de notices biographiques, de publications sur les sociétés savantes, musées, collections, voyages. Chaque partie est subdivisée d’après la systématique, la biologie, la faune, etc. C’est un inventaire très précieux que consulteront tous ceux qui s’occupent de biogéographie.
- Proceedings and transactions of the Liverpool bio-logical Society. Vol. XLVIII,in-8, 97 p.,llg. University Press of Liverpool, 1935. Prix : cartonné, 1 guinée.
- Cette société a déjà publié une précieuse série de monographies sur des animaux littoraux En outre, chaque année, ses « Proceedings » réunissent les mémoires de ses membres. Cette l'ois-ci, on y trouve des observations sur le faucon pèlerin, la ponte et la croissance du homard, la faune de la baie de Liverpool, le cycle de vie de l’algue Asperococcus.
- Histochimie animale, par L. Lison. 1 vol. in-8, 320 p. Collection des actualités biologiques. Gauthier-Villars, Paris. Prix: 50 fr
- L’histologie s’applique à distinguer les structures cellulaires, la microchimie à doser les plus petites quantités de substances. Récemment un mouvement de recherches s’est dessiné vers la détection, sinon la mesure des constituants chimiques des cellules et des méthodes fort ingénieuses ont vu le jour : microspectroscopie, histopectrographie, microfluoroscopie, microspectrofluoroscopie, emploi de la lumière polarisée, microincinération, etc. Les techniques se multiplient dont il devient utile de faire l’inventaire et la critique. L’auteur s’y emploie en bon ouvrier et en sain esprit. Il précise d’abord les difficiles conditions d’exactitude à remplir puis énumère et discute tous les procédés proposés pour la détection des cations, des unions, des protides, des lipides, des glucides, des diastases. Bien peu résistent à cet examen qui pose ainsi nettement les bases solides d’un nouveau progrès en pleine évolution : l'histochimie.
- L’homme, cet inconnu, par Alexis Carrel. 1 vol.in-16, 400p. Plon, Paris, 1936. Prix : 18 fr.
- Voici un curieux livre et qui fait un certain bruit. L’auteur, chirurgien et biologiste connu, prix Nobel, semble avoir voulu y inclure ses réflexions et sa philosophie. Il s’essaie à connaître l’homme, non seulement dans
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- sa biologie et sa physiologie, mais encore dans ses pensées, ses passions, son âme et jusqu’à la métapsychie. 11 en fait la physiologie, la pathologie et considère aussi ses activités mentales, mystique comprise. 11 s’essaie à ramener l’univers, et notamment le temps, à des sensations, des sentiments, des concepts purement psychologiques. 11 déplore la vie actuelle qui supprime les efforts d’adaptation et n’est qu’amélioration matérielle ou matérialiste. Il voit le remède au déclin qu’il affirme et la rénovation de l’homme dans le culte et la culture de la personne et de la personnalité opposées à l’individu. Ce curieux mélange de foi et de science, de réflexions personnelles et de banalités imprécises, de confiance en une mystique biologique mal définie et de critique du présent, enthousiasme les uns, irrite les autres. 11 a tout au moins le mérite de poser des problèmes s’il nous semble les résoudre bien confusément.
- Hérédo-tuberculose, par Auguste Lumière. 1 vol. in-8, 343 p., 13 fig. Sézanne, Lyon, 1935. Prix : relié, 25 1T.
- Revenant une fois de plus à la véritable croisade qu’il mène depuis 1930 contre l’idée de contagion de la tuberculose, l’auteur reprend point par point tous les arguments invoqués déjà par lui : non contagion des adultes, chez les médecins, le personnel hospitalier, les parents et les conjoints de tuberculeux, inefficacité des désinfections et inexistence des maisons à tuberculose. 11 montre les méfaits du contagion-nisme, de la tuberculophobie, et les résultats décevants des mesures sociales actuelles tendant à isoler le tuberculeux de son milieu. C’est un livre courageux, en contradiction absolue avec les idées communes, qui appelle d’abord un examen attentif, puis une révision de toute la prophylaxie sociale.
- Méditerranée , péninsules méditérranéennes ,
- lrc partie, Généralités, par M. Son. e et J. Sion; Espagne el Portugal par M. Sorre; 2° partie, Italie, par J. Sion; Pays Balkaniques par Y. Chataigne.au et J. Sion. Paris, A. Colin, 1934-1935, collection « Géographie universelle », 2 vol. illustrés, gr., in-8°, 597 p., br., 70 fr et 100 fr.
- Ces deux volumes seront particulièrement appréciés. La synthèse de l’introduction est remarquable, en particulier le chapitre sur la place de la Méditerranée dans 1 nmanité. L’étude très fouillée de l'Espagne est due à M. Sorre, un s haiiste de la géographie ibérique, celle de l’Italie à M. Sion, qui s’est.! Lâché à faire ressortir les transformations récentes du pays, et qui a traité aussi de la Grèce ; les autres pays balkaniques ont été décrits par M. Chataigneau dans des chapitres très neufs. Une cartographie soignée et une illustration de premier ordre enrichissent ce bel ouvrage; à signaler une carte suggestive du tourisme en Italie.
- Grundriss de r Geschichte der deutschen Phar-mazic, par A. Adlung et G. Urdang. 1 vol. in-8, 647 p., Julius Springer, Berlin, 1935. Prix : cartonné toile, 21 marks (en France).
- Un but constant : guérir, mais des moyens qui vont de l’alchimie de l’apothicaire aux fabrications industrielles de la thérapeutique moderne. Nulle histoire mieux que celle de la pharmacie ne montre l’immense poussée des siècles et l’interpénétration des sciences et des techniques. Celle-ci se borne à l’Allemagne, mais elle n’oublie aucun de ses aspects, de ses détails. Elle examine le métier d’apothicaire depuis la fin du xne siècle, quand les premières ordonnances le fixent et le délimitent et elle le suit jusqu’aux règles modernes concernant la pharmacie civile et militaire. Elle énumère les formulaires, les pharmacopées, les médicaments, drogues, antidotes, plantes médicinales; les taxations; les théories homéopathiques et biochimiques; le matériel, les balances, les poids, les mesures; le pharmacien dans l’art et dans la vie civile, etc. Elle rappelle la biographie des pharmaciens professeurs et chercheurs et termine par le tableau de l’évolution dans le temps du pharmacien allemand. Des tableaux chronologiques précisent et complètent le texte.
- Index des publications périodiques existant dans les bibliothèques de la Belgique et du G. D. du Luxembourg. Dressé par le Comité permanent des bibliothèques scientifiques de la Fondation universitaire de Belgique. 1 vol., xvr, 1061 p. Libraiiie de l’Office de Publicité, 36, rue Neuve, Bruxelles, 1935. Prix : 200 fr belges.
- Ce volume donne l’état des richesses de la Belgique et du Luxembourg en publications périodiques. On se fera une idée exacte du travail que représente cet inventaire en songeant qu’il mentionne plus de 29 000 titres. Les publications citées sont classées par ordre alphabétique d’après leur titre; pour chacune d’elles sont mentionnés le lieu de sa publication et les bibliothèques où les lecteurs peuvent les consulter.
- Le rôle des espaces abstraits en physique nouvelle, par J.-L. Destouches, 1 brochure, 66 p. (Collection des Exposés d’analyse générale). Hermann et Cie, Paris 1935. Prix : 18 fr.
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- NOTES ET INFORMATIONS
- ASTRONOMIE
- Le miroir du plus grand télescope du monde.
- Dans notre numéro du 15 janvier 1935, notre collaborateur Gradenwitz a décrit la fabrication du bloc de verre de 5 m de diamètre destiné à former le miroir du nouveau grand télescope de l’Observatoire du Mont Wilson aux Etats-Unis.
- Il a dit les difficultés exceptionnelles qu’a rencontrées le moulage de ce bloc, et les procédés employés pour obtenir une masse bien homogène, exempte de bulles.
- La coulée du verre avait été effectuée le 2 décembre 1934, mais il était impossible de se prononcer, dès ce moment, sur la qualité du bloc obtenu et la possibilité de l’utiliser.
- Il fallait d’abord laisser le bloc se refroidir; pour éviter toute avarie, ce refroidissement devait être conduit lentement et avec la plus grande prudence. Il a exigé plus d’un an; le bloc a été laissé dans un four électrique dont on diminuait progressivement, jour par jour, la température.
- Dans une étude consacrée à l’Observatoire astrophysique de l’Institut californien de Technologie, et publiée par notre confrère de Londres « Nature », le grand astronome américain George E. Haie nous apprend que le gigantesque disque vient d’être retiré du four et examiné à l’usine de son fabricant : les «Corning Glass Works », située dans l’état de New-York. Le premier examen a été satisfaisant.
- Mais le bloc a donné bien des inquiétudes pendant cette période d’attente : il a échappé à une inondation qui a envahi l’usine et a presque atteint le niveau du four. Il est sorti indemne d’un violent tremblement de terre qui a secoué l’Etat de New-York.
- On va maintenant le transporter à Pasadefia, en Californie; il va franchir en chemin de fer tout le continent Nord Américain et l’on espère qu’il accomplira sans dommages ce difficile voyage.
- Après le succès de la coulée de ce miroir de 5 m, on estime qu’il serait possible aujourd’hui de construire un miroir plus grand encore et d’atteindre le diamètre de 300 pouces (7 m 50).
- Mais M. George E. Haie ne croit pas qu’un télescope de 300 pouces rendrait plus de services qu’un télescope de 200 pouces pour photographier les nébuleuses les plus lointaines, tâche assignée au télescope actuellement en construction.
- PHYSIQUE
- L'observation des tremblements de terre.
- Le sous-sol de la France a été quelque peu agité en ces derniers temps. Nous lisons, en effet, dans l'Annuaire astronomique Flammarion, la liste des tremblements de terre ressentis en France du 1er septembre. 1934 au 31 août 1935 : nous en trouvons 29 dans cet intervalle d’une année, affectant diverses régions, notamment les Alpes et les Pyrénées, mais aussi les départements du Bas-Rhin, du Var, de la Drôme, des Bouches-du-Rhône, du Pas-de-Calais, de la Vienne, du Morbihan, de la Charente, l’île de Ré, etc.
- Cette liste est dressée, chaque année, par le Bureau central séismologique français (dépendant de l’Institut de physique du globe de l’Université de Strasbourg). Il est placé sous la direction de M. E. Rothé.
- Pour sa documentation, le Bureau central utilise les divers renseignements des stations séismologiques françaises, comportant notamment des séismographes à enregistrement continu.
- Il utilise aussi tous les documents qui lui parviennent par l’intermédiaire de ses correspondants, officiels ou bénévoles, et par la voie de la presse. Il fait un pressant appel aux
- sociétés savantes des départements; il compte particulièrement, écrivait M. E. Rothé, sur les municipalités, les membres de l’enseignement ou du clergé, etc., pour recueillir le plus grand nombre possible d’observations exactes, qui faciliteront beaucoup ses études sur la position du foyer d’ébranlement — Y épicentre — et sur le tracé des courbes d’égale intensité séismique (ou isoséistes).
- De nombreux départements — on l’a vu plus haut — ont eu leur sol ébranlé au cours de l’année. La plupart de ces petits tremblements de terre sont constatés localement, affectant une étendue plus ou moins grande de terrain, mais sur laquelle il peut n’y avoir aucun séismographe. Et d’ailleurs, de tels appareils xre peuvent Renseigner sur ce qui se passe sur toute une région; le concours d’observateui-s nombreux permet seul de se faire une idée exacte de l’étendue d’un séisme et de son intensité d’après les effets matériels constatés.
- Les lecteurs de cette revue s’intéressent aux phénomènes de la nature : ils peuvent rendre de très utiles services au Bureau séismologique eix lui communiquant les observations qu’ils seront à même de faire. Ils sont répartis un peu partout sur le territoire français ; c’ést là une excellente condition pour collaborer utilement aux travaux du Bureau central.
- On doit signaler que M. E. Rothé a publié un excellent Guide pour Vobservation des tremblements de terre, qui a été présenté au Congrès des Sociétés savantes de 1926. Ce guide donne tous les renseignements utiles aux personnes de bonne volonté désirant, si l’occasion se présente, rexxseigner le Bureau.
- Celui-ci, d’ailleurs, fait parvenir à ses correspondants des questionnaires imprimés, qu’il suffit, si l’on observe un séisme, de remplir et d’envoyer au Directeur.
- Ces questionnaires comportent l’indication exacte dé la localité; la date et le jour de la semaine; l’heure (aussi exacte que possible); le nombre de secousses ressenties; la nature du mouvement (choc, vibration); la nature du sol; les effets observés sur les objets, sur les immeubles, sur les sources ou sur les puits; la description du bruit souterrain; le degré du phénomène d’après une échelle d’intensité adoptée internationalement, etc.; et, bien entendu, le nom et l’adresse de l’observateur.
- Nous reproduisons ici, d’après les questionnaires, l’échelle internationale des intensités :
- 1er degré : Mouvement microséismique, noté par les séismographes seulement.
- 2e degré : Secousse em-egistrée par les séismographes et constatée seulement par un petit nombre d’observateurs au repos.
- 3e degré : Ebranlement constaté par plusieurs personnes au repos; assez fort pour que la durée ou la direction puissent être appréciées.
- 4e degré : Ebranlement constaté par des personnes en activité, faiblement en plein air, mieux dans les maisons, ébranlement des objets mobiles, des portes, des fenêtres, craquement des planchers.
- 5e degré : Ebranlement constaté en général par toute la population : ébranlement d’objets plus lourds; de meubles et de lits; tintement do quelques sonnettes.
- 6e degré : Réveil général des dormeurs; tintement général des sonnettes, oscillation des lustres, arrêt des pendules; ébranlement apparent des arbres. Des personnes effrayées sorteixt des habitations.
- 7e degré : Renversement d’objets mobiles; chute des plâtres du plafond et des murs; tintement des cloches dans les églises; épouvante générale sans dommage aux édifices bien construits. 8e degré : Chute des cheminées; lézardes dans les murs.
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- 9e degré : Destruction partielle ou totale de quelques édifices.
- 10e degré : Des bâtiments très solides sont détruits. Il se produit des fentes dans le sol. L’eau des rivières, lacs, etc., est projetée.
- 11e degré : Catastrophe. Destruction des bâtiments, ponts, digues. Rails tordus, débordement des eaux.
- 12e degré : Grande catastrophe. Aucune œuvre ne subsiste, montagnes effondrées, ébranlées. Des chutes d’eau se forment, etc.
- On sera peut-être étonné d’apprendre que certains séismes récents ont atteint, en France, une assez grande intensité. Ainsi, le 12 septembre 1934, à Erstein (Bas-Rhin), la secousse a atteint le 5e degré; le 9 décembre 1934, dans la vallée de la Berre (Drôme), le 6e degré; le 23 décembre 1934. dans les Bouches-du-Rhône, l’intensité de 5e degré; le 19 février 1935, à Saint-Dalmas-le-Selvage (Alpes-Maritimes), l’intensité de 6e degré; le 4 mars 1935, au nord de Mulhouse, le 5e degré; le 19 mars 1935, à Toulon, le degré 5; le 23 et le 27 mars 1935, sur les bords du lac Léman, le degré 5; etc.
- Nos lecteurs peuvent donc, si les circonstances s’y prêtent, rendre d’utiles services à la science en envoyant leurs observations à M. le Directeur du Bureau central séismique, 38, boulevard d’Anvers, à Strasbourg (Bas-Rhin). Demander ces questionnaires à l’avance. Em. Touchet.
- BOTANIQUE Le Palétuvier commun.
- C’est un arbré de 18 m de hauteur environ, très curieux à de nombreux points de vue : on l’a appelé souvent Arbre araignée, en raison de ses nombreuses racines étendues sur la vase marine comme les pattes de fantastiques arachnides. Car, malgré son nom français, l’espèce qui nous occupe ici n’est pas banale : c’est un des hôtes de cette végétation si particulière de la mangrove, association végétale envahissant les côtes vaseuses des régions chaudes. C’est une série d’arbres et d’arbustes aux feuilles coriaces de cutine pour diminuer l’évaporation afin d’éviter l’intrusion massive de chlorure de sodium, poison habituel des végétaux.
- Pour lutter contre l’action des marées qui submergent leurs souches, les arbres de la mangrove s’ai'c-boutent sur leurs racines adventives.
- Le Palétuvier commun a un tronc ramifié portant des feuilles entières, oblongues, aiguës, penninervées, à cinq paires de nervures secondaires, de couleur vert-gris.
- Les corymbes sont constituées de fleurs blanc verdâtre, coriaces, de 3 cm de longueur. Les étamines sont acuminées. Les ovaires infères ont deux ovules mais un seul se développe. Et c’est ici qu’apparaît une autre particularité du genre Palétuvier, de son nom scientifique Rhizophora (porte-racine) : les fruits sont vivipares. C’est-à-dire que le germe de la graine se développe sur l’arbre, la jeune racine grossit et, par son propre poids le fruit tombe dans la vase, entraîné par la racine volumineuse et fusiforme qui se repique elle-même dans ce sol si meuble.
- L’arbre se propage ainsi peu à peu. Parfois un fruit est entraîné à marée montante et, le reflux le laissant, il devient
- Fleur
- l’origine d’un nouveau peuplement sur les côtes africaines, malgaches. En raison de son ubiquité, différents botanistes ont cru être en possession d’espèces différentes, aussi le Palétuvier commun fut-il baptisé Rhizophora racemosa par Linné, Rh. mucronala par Lamarck, Rh. latifolia par Miquel, Rh. man-gle par Roxburg (du nom wolofî mangli).
- Le bois, imputrescible, n’est pas attaqué par les termites, aussi est-ce une ressource précieuse pour la charpenterie, les constructions navales et l’ébénisterie, dans les pays chauds
- Radicelle
- Fruit mûr prêta tomber
- Jeune
- Radicelle
- Fig. 1. — Le palétuvier commun (Rhizophora racemosa).
- où le bois est généralement la proie des microorganismes hydrophiles et des termites.
- L’écorce, tannifère (28 à 42 pour 100 de tanin d’après le professeur Ileim de Balsac), donne des cuirs rouge violacé, après traitement. On voit par là qu’une exploitation rationnelle pourrait être avantageuse bien que les professeurs Vidal et Aribert aient démontré qu’on ne pouvait en tirer une bonne pâte à papier comme on l’a cru quelquefois.
- Jean Schunck de Goldfiem.
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- INVENTIONS ET NOUVEAUTÉS
- Fig. 1. — Le contrôleur d’accumulateurs il son utilisation.
- ÉLECTRICITÉ
- Nouveau contrôleur d’accumulateurs.
- Les accumulateurs doivent, pour durer, être maintenus constamment en charge et avoir leurs bornes en bon état.
- Le contrôle de la tension d’un accumulateur permet bien de se rendre compte de son état de charge à un moment donné, mais non de l’état de ses plaques.
- Un accumulateur bien isolé doit tenir la charge et posséder une capacité de charge bien déterminée.
- Si Y 'on constate donc une diminution de la capacité des batteries au plomb, sans manque d’isolement et sans court-circuit, on peut craindre une détérioration de la matière active des plaques positives ou négatives.
- Cette vérification utile ne peut être effectuée au moyen d’un voltmètre fixé aux bornes, mais on la pratique aisément, sans vider les bacs, en plongeant dans l’électrolyte une électrode de référence qu’on relie à un galvanomètre de grande résistance intéi’ieure, de précision, à cadre mobile et aimant.
- L’électrode doit être insoluble, impolarisable, et présenter
- Fig. 2. —• Appareil micro-téléphonique contre la surdité.
- une grande constance de potentiel par rapport à l’électrolyte.
- Un système simple de ce genre vient d’être réalisé par un fabricant spécialisé; il comporte une électrode munie d’un manche isolant et un appareil indicateur portatif avec cordons isolants munis de pinces, ce qui permet de faire des mesures très rapides.
- L’aiguille du système se déplace devant, un cadran portant les inscriptions : « mauvaise », « passable » et « bonne », en rouge pour les plaques positives et en noir pour les plaques négatives, en plus des indications de voltage.
- Pour vérifier l’état d’un accumulateur, on plonge pendant 10 mn environ la partie activeule l’électrode de référence dans le liquide : on relie cette électrode à une borne du galvanomètre, et l’autre borne à la borne positive de l’accumulateur ou à la borne négative, suivant qu’on veut vérifier les plaques négatives ou positives.
- Pour contrôler la charge, on enlève l’électrode de référence et on lit la tension aux deux bornes, de la manière habituelle.
- Etablissements Chauvin et Arnoax, 180, rue Championnet (18e).
- ACOUSTIQUE
- Nouvel appareil micro-téléphonique contre la surdité.
- L’appareil récent représenté sur la figure 2 est un écouteur microphonique à conduction osseuse. 11 comporte, deux microphones plats montés en parallèle à l’aide de broches. De celte façon, on peut utiliser à volonté un ou deux microphones, suivant qu’on désire une amplification plus ou moins forte.
- Dans les salles de théâtre, en effet, il faut disposer d’une amplification plus intense que pour la conversation ordinaire.
- Les microphones comportent un dispositif acoustique, avec système de réflexion sonore dans le pavillon et matelas d’air amortisseur.
- L’amplificateur microphonique intermédiaire est formé d’un système micro-téléphone accouplé. 11 présente la particularité de pouvoir fonctionner quelle que soit sa position, grâce à un procédé de suspension particulier. Le téléphone est relié au circuit micro-téléphonique d’entrée, et agit à son tour sur un petit microphone à grenaille relié finalement au circuit de l’écouteur ou du vibrateur.
- Le vibrateur utilisé est de forme ronde et très léger. La plaque extérieure isolante en matière vibrante vient s’appliquer derrière l’oreille du sujet, sans causer aucune gêne et sans irritation possible de la peau.
- La puissance d’amplification finale peut être réglée à l’aide d’un commutateur à plot disposé sur le microphone lui-même. Le constructeur a même prévu un réglage de la tonalité de l’audition.
- Ce réglage est obtenu par un dispositif électromécanique qui fait varier la distance entre l’armature du vibrateur et les pièces polaires.
- L’ensemble est portatif et de dimensions réduites. Il convient aux différents cas de surdité quelle que soit la déficience auditive.
- Grâce à ces différentes combinaisons et aux systèmes de réglage dont il est muni, on peut faire varier à volonté la transmission sonore en intensité, comme en tonalité.
- Etablissements Desgrais, 140, rue du Temple, Paris.
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- MATÉRIEL DE BUREAU
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- Une machine à écrire perfectionnée extra=portative.
- La réalisation des machines à écrire portatives, de plus en plus perfectionnées et robustes malgré un faible encombrement et un poids réduit, a permis la diffusion de la dactylographie dans le grand public.
- Il existe même des machines de ce genre qui présentent des particularités de construction originales qu’on ne trouve pas sur les machines de bureau ordinaires, et nous en avons, en particulier, signalé quelques-unes dans le numéro du 15 décembre de La N dure.
- Nous avions décrit, à ce moment, une machine de fabrication suisse, pouvant servir à la fois comme machine de bureau et machine portative, et permettant, en outre, de tracer aisément les formules et les signes très divers figurant dans les équations, les notations de musique, etc...
- Fig. 3. •— La machiné à écrire Hermès Babÿ, vue de face.
- Le même constructeur vient de réaliser, d’autre part, une machine extra-portative, de fabrication très soignée et très précise, offrant la plupart des perfectionnements d’une machine ordinaire, malgré son prix très réduit, présentant, de plus, des particularités originales d’un ordre différent.
- Cette machine à clavier standard à 42 touches avec 84 caractères « pica » possède un chariot normal pour feuille de 237 mm, et un ruban de type normal de 13 mm de largeur. Cependant la réduction du poids et de l’encombrement obtenue est absolument remarquable.
- La hauteur de son coffret métallique n’est, en effet, que de 6 cm et ses dimensions de 28 X 28 cm, son poids n’est que de 3 kg 600 avec son coffret, et de 2 kg 700 sans couvercle !
- Cette machine possède de nombreuses particularités techniques intéressantes. Les touches, en matière moulée de forme concave, assurent une frappe douce et agréable, le bruit métallique est très atténué, grâce à l’application de pièces en feutre pour éviter la résonance. Les touches majuscules sont doubles, les margeurs sont visibles et accessibles de face, la touche de retour permet d’obtenir le demi-espacement en cas de correction; l’entraînement du papier est obtenu par 6 rouleaux et la frappe est assez puissante pour
- permettre d’obtenir jusqu’à 8 copies très nettes. La construction est d’ailleurs entièrement métallique, avec pieds en caoutchouc formant ventouses disposés en dessous du support et empêchant la machine de glisser.
- Une machine de ce genre rendra service aux journalistes, avocats, médecins, ingénieurs, officiers, etc... aux petits commerçants, et même aux particuliers, pour la correspondance courante; on peut l’employer aisément partout, puisqu’il n’est pas besoin de support spécial, et qu’il suffit à la rigueur de la placer sur ses genoux.
- Société des machines à écrire Hermès, 13, rue Caumartin, Paris.
- OBJETS UTILES Filtres à nicotine et à caféine.
- Pénible est la situation du fumeur et de l’amateur de café, quand le médecin leur interdit les plaisirs habituels. Il est vrai qu’on peut alors utiliser des « ersatz » ou encore du tabac dénicotinisé, du café décaféinisé. Certains traitements en manufacture ou en usine ne modifient pas trop l’arome des produits. On peut encore opérer soi-même au moment de l’emploi.
- Voici justement une carLouche filtrante qu’on place sur le fume-cigarette ou la pipe habituelle, ou à travers laquelle on « passe » le café qui vient d’être préparé. La matière adsor-bante de la cartouche retient les alcaloïdes et agit également sur la pyridine et les acides résineux du tabac, presque aussi nocifs que la nicotine.
- Le gel de silice, ou « silicagel », préparé dans des conditions convenables, possède des propriétés adsorbantes remarquables. C’est cette substance qui remplit les cartouches filtrantes des pipes, des fume-cigarettes et des cafetières, qu’un constructeur vient de réaliser, pour adoucir les rigueurs du régime médical de désintoxication.
- Cafetières Demeotea : 19, rue Monsigny, Paris (2e).
- Fig. 5. — Filtres à caféine.
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- BOITE AUX LETTRES
- COMMUNICATIONS
- A propos de la longévité des araignées (n° 2971). Teulana grossa dans un flacon bouche, pendant cinq mois, sans renou-
- M. I. Maranne, pharmacien, nous rappelle qu’il avait signalé dans veler l’air et sans la nourrir.
- I.a Nature du 4 février 1922 avoir conservé une araignée de l'espèce
- QUESTIONS ET RÉPONSES
- Peut-on rendre une eau radioactive ?
- Avec du radium, disposé dans des conditions telles qu’il dégage son émanation, on peut rendre radioactive l’eau ordinaire ou l’eau distillée.
- On a, en effet, préconisé l’emploi thérapeutique d’eaux rendues artificiellement radioactives, notamment dans l’arthritisme. Cependant, l’efficacité de cette méthode est discutée, ses indications et sa posologie sont mal fixées. Si l’eau est fortement radioactive, et qu’elle soit consommée fréquemment, le traitement peut être dangereux. On a signalé des cas de mort en Amérique. A doses très faibles, dans l’ordre de la radioactivité des eaux minérales, elle est sans danger.
- 11 existe en France des établissements qui fabriquent de tels appareils. Le Laboratoire officiel des mesures de radioactivité, qui a son siège au Laboratoire Curie de l’Institut du Radium, mesure la radioactivité de ceux de ces appareils pour lesquels on lui demande son contrôle, sans que cette intervention entraîne la moindre garantie quant à l’efficacité ou aux dangers d’un tel appareil employé en thérapeutique. (Réponse à MM. F. B., à Marsat, et P. S., à Vors).
- Le relief des clichés photographiques
- Le relief que l’on constate, en lumière rasante, à la surface de certains clichés photographiques, est bien faible pour pouvoir utiliser ces plaques comme planche d’impression. L’idée d’employer la gélatine pour constituer des planches destinées à l’impression remonte assez loin : l’origine du procédé est due à Poitevin, qui en indiqua le principe dès 1854 et prit un brevet en 1855. Il ne semble pas, toutefois, que l’impression sur couche continue de gélatine ait été employée pour un tirage industriel avant l'application qu’en firent, en 1867, MM. Tessié du Motay et Maréchal. Ces inventeurs donnèrent à leur procédé le nom de phototypie; de nombreux chercheurs contribuèrent à le modifier ou à le perfectionner, sous des noms divers: collographie, héliotijpie, albertypie, etc. Le principe général est, très sommairement, celui-ci. Sur une glace forte on étend une solution de gélatine bichromatée. On l’insole sous un négatif (pelliculé et retourné pour obtenir au tirage une image « à l’endroit »). Les parties noninsolées, sous l’influence de l’humidité d’une éponge mouillée passée sur la planche, se gonflent légèrement et ne prennent pas l’encre d’imprimerie; les parties insolées, restées sèches, retiennent l’encre. Sous l’effet de la pression, le papier, appliqué sur cette planche, se charge d’encre et l’on a ainsi une épreuve. On recommence l’encrage et l’on continue le tirage. De nombreuses maisons utilisent la photo-typie : il y a quelques années, toutes les cartes postales illustrées étaient obtenues par ce procédé.
- Voici deux adresses de maisons spécialisées dans la phototypie : Combier, à Mâcon (Saône-et-Loire); Ch. Chambon, 5 bis, rue Poitevin, à Bordeaux (Gironde).
- Nous vous conseillons de consulter 1’ « Annuaire Didot-Bottin » au mot « Phototypistes ». Parcourez aussi la liste des imprimeurs, dont beaucoup se chargent d’impressions en phototypie.
- Réponse à M. A. E. Ricard, à Paris.
- Distance des étoiles; visibilité des nébuleuses.
- 1° Si toutes les étoiles venaient brusquement à s’éteindre, il est vraisemblable que l’humanité n’en saurait jamais rien. En effet, la vitesse de la lumière dans le vide est très voisine de 300 000 km/sec. Pour nous arriver de l’étoile a du Centaure, la lumière met environ 4 années 1/3. Or, à part une étoile de 11° magnitude qui est un peu plus rapprochée, toutes les autres sont situées au delà de a du Centaure. Le tableau des parallaxes stellaires donné dans l'Annuaire du Bureau des Longitudes (1935) contient 42 étoiles dont les distances s’échelonnent entre 4,23 et 21,72 années-lumière. Il s’agit là des
- étoiles les plus rapprochées du Soleil. Au delà, les durées du trajet de lf* lumière se chiffrent par centaines ou par milliers d’années. Shapley, a trouvé que, des amas globulaires sont situés à des distances qui correspondent à 2000 — pour les plu§ rapprochés — et 220 000 années de lumière. Les petites nébuleuses spirales sont à des distances qui se chiffrent par millions d’années de lumière. On a calculé qu’une nébuleuse spirale, ayant un diamètre apparent de V et qui aurait la même dimension que la nébuleuse d’Andromède, serait située à 70 millions d’années-lumière. Mais la cause qui, brusquement, viendrait éteindre les étoiles n’aurait aucune raison d’épargner une des moins importantes d’entre elles, notre propre Soleil, et l’humanité aurait disparu bien avant de voir s’éteindre seulement a du Centaure !
- 2° C’est un fait bien connu que l’observation « oblique » des petites nébuleuses augmente leur visibilité. Flammarion conseille ce moyen pour apercevoir de très faibles nébuleuses ou comètes dans le champ, télescopique, et Herschel l’employait pour leur recherche. Gélion Towne rapporte (Astronomie, Astrophysique, etc. Tome I, 1896, p. 127) que, à la suite de nombreuses expériences faites sur des jeunes gens dont la vue n’était pas fatiguée, il a acquis la preuve qu’un objet leur paraissait toujours plus brillant lorsque son image occupait une position excentrique sur la rétine. « La vision directe, écrit-il, ne s’effectue pas suivant l’axe principal du système d’optique oculaire, mais suivant un axe secondaire. L’image rétinienne se forme sur la macula lulea (tache jaune); or, ce point de la rétine se trouve presque toujours du côté temporal par rapport à l’axe optique principal. « Maintenant, si on considère qu’une des deux lignes visuelles qui correspondent au centre de la macula se trouve en général du côté nasal et que la ligne de regard joint le point visé au centre de rotation de l’œil, on comprendra que des lignes visuelles et de regard forment un angle et ne peuvent, par suite, être considérées comme parallèles. Il résulte donc de cette particularité qu’on doit détourner légèrement le regard du point déterminé où l'astre doit se trouver en fixant l'œil sur les points voisins jusqu'à ce que l’image vienne se former sur le point de la rétine suffisamment sensible pour la recevoir. »
- Réponse à M. Pinçon, à Paris.
- De tout un peu :
- M. M. F., Paris. —Les peintures au brai et à l’aluminium, dont il a été question dans le n° 2 968 du 1er janvier 1936, peuvent être fournies par la Société du Gaz de Paris (Service commercial), 6, rue Condorcet, Paris. La poudre d’aluminium servant de pigment est préparée par les établissements Studal, 23, rue de Balzac, Paris, qui ont édité une notice qu’ils envoient gratuitement sur demande; d’autres peintures au brai sont fabriquées par les Aciéries de Longwy, 103, rue de La Boëtie, Paris, et la Société métallurgique de Normandie, 16, boulevard Malesherbes, Paris.
- Abonné 61-5. — Du 10 mai 1838 jusqu’en 1919, les poinçons de garantie d’or représentèrent la «tête de médecin grec», inspirée probablement d’une statue ou d’un bas-relief dit « médecin grec ».
- Depuis 1919, ces poinçons sont remplacés par ceux à « tête d’aigle», qui, selon les titres d’or, gardent les mêmes contours généraux que les poinçons précédents;
- 1er titre, forme octogonale, n° 1.
- 2e titre, forme tonneau, n° 2.
- 3e titre, forme hexagonale, n° 3.
- Un livre décrit tous les poinçons employés, c’est « Métaux précieux et Garantie » de Grenez, Béranger, éditeurs.
- M. T. W. S., Rio-de-Janeiro. — Les produits spécialisés actuellement dans le commerce pour l'urographie intraveineuse ne sont pas de simples mélanges revêtus d’étiquettes commerciales.
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- Si les substances susceptibles d’être utilisées pour la pyélographie instrumentale, devant répondre aux seules conditions d’une opacité suffisante et d’une faible toxicité, peuvent être choisies dans des classes chimiques très variées (suspension colloïdale d’argent, de thorium, d’iodure d’argent, huile opaque bromée ou iodée, iodure de sodium, iodure de lithium, etc...), substances qu’il est facile de se procurer en droguerie, les moyens de contraste pour urographie intraveineuse doivent au contraire, en raison des exigences très particulières de ce mode d’exploration, être choisies avec un soin tout spécial.
- En fait, la recherche de moyens de contraste utilisables en urographie intraveineuse a réclamé de très nombreuses recherches tant physiologiques que chimiques, et, jusqu’ici, un très petit nombre de substances convenables ont pu être préparées.
- D’autre part, les procédés de fabrication de ces produits font l’objet de brevets ou de procédés tenus secrets. Nous ne pensons donc pas qu’il vous soit possible de vous passer de l’intermédiaire des fabricants. Nous ne pouvons que vous conseiller de rechercher un produit plus avantageux, et de faire l’essai des produits français, comme le Tenebryl des Laboratoires Guerbet.
- M. Batissart, Clermont-Ferrand. — Nous avons déjà traité la question qui vous intéresse dans notre numéro 2 955 du 15 juin 1935, page 576, réponse à M. Schoonbroedt. Nous avons également indiqué des adresses où l’on peut trouver des peintures phosphorescentes.
- M. Van Quickenborne, à Bruxelles. — Le produit anti-buées qui vous intéresse est simplement le savon transparent du commerce désigné couramment sous le nom de savon à la glycérine de couleur jaune ambré, il vous sera donc facile de vous le procurer à très bon marché.
- Son action est basée sur sa qualité mouillante qui fait réunir sur la vitre les gouttelettes d’eau isolées et lui donne de l’opacité, alors qu’après imprégnation par le savon, la nappe liquide homogène devient transparente.
- M. le Dr Mahieu, à Angers. — Nous n’avons pas encore eu en main le produit employé pour donner de la rigidité aux cols ci man-chetles, avec persistance de celle-ci après lavage, mais nous pensons qu’il s’agit tout simplement d’une imprégnation de la « triplure » par une éther cellulosique, nitrate ou acétate de cellulose.
- M. Cotereau, à Bois-Colombes. — Vous pourriez effectivement essayer d’une filtration de l'eau sur charbon actif pour faire disparaître le goût désagréable résultant d’une javellisation exagérée (Lie des produits chimiques et charbons actifs, 131, boulevard Iïauss-mann); mais à notre avis le mieux serait l’addition de traces d’hypo-sulfite de soude pur, sel tout à fait inoffensif, puisque la dose médicinale peut être de 5 gr par jour.
- M. A., à Remiremont. — Les cônes fumigènes employés pour détruire les insectes dans les espaces clos, sont obtenus en délayant de la poudre de pyrèthre fraîche avec de l’eau légèrement gommée de façon à obtenir une pâte ferme; on moule entre les doigts sous forme de petits cônes qu’on laisse bien sécher et qu’il suffit d’allumer par la pointe pour leur faire dégager les fumées convenables.
- N. B. — 1° Si on désire une combustion un peu plus rapide, on peut ajouter au mélange 1 à 2 % de nitrate de potasse pulvérisé.
- 2n 11 faut compter brûler environ 10 grammes de poudre de pyrèthre par mètre cube de capacité du local.
- M. Libert, à Liège. — Le mercaplan ou sull'hydrate d’éthyle C4 H5 SH est fixé avec facilité par les oxydes de mercure, de cuivre, de plomb, ou leurs sels acétiques (non nitriques); il vous suffira donc d’agiter votre pétrole avec l’un de ces éléments pour lui enlever l’odeur spéciale qui serait due à la présence du mercaptan.
- M. le Dr Didimo Napoleâo, à Ubera (Brésil). — Les insectes qui s'attaquent aux livres sont surtout 1 'Anthrenus museorum et l'Alta-genus pellio qui se nourrissent des reliures; pour les détruire, il suffit de placer dans la bibliothèque un llacon ouvert au fond duquel est placé un tampon de coton, que l'on imbibe de temps à autre avec du tétrachlorure de carbone.
- Ilien entendu le meuble doit rester parfaitement clos et une visite assez fréquente des livres, avec tapotage, doit permettre de s'assurer qu'aucune colonie ne s’est établie dans les endroits peu accessibles aux vapeurs.
- IV!. Cassy, à Bordeaux. — Le fromage à la crème courant est simplement du fromage blanc (fromage à la pie) résultant de la coagulation du lait, égoutté pendant quelques heures dans un moule perforé, que l’on délaye avec un tiers de crème, passe au tamis et met sous forme de cœur sur une mousseline, où il finit de s’essorer. Les
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- fromages à la crème mousseux s’obtiennent de la manière suivante :
- Prendre un litre de bonne crème, 125 gr de sucre en poudre et une cuillerée à café de gomme adragante également pulvérisée; fouetter avec une fourchette ou mieux encore un moulinet à mayonnaise.
- D’autre part, battre en neige quatre blancs d’œufs bien frais jusqu’à développement complet de la mousse.
- Réunir enfin le produit des deux battages et mélanger jusqu’à homogénéisation parfaite.
- N. B. — Suivant le goût du consommateur, on peut ajouter à la préparation : fleur d’oranger, kirsch, anisette, essence de café, jus de fraises, de framboises, etc. bien entendu à petites doses.
- Wl. Puget, à Marseille. — Vous pourrez utiliser l’huile d’olives
- à la préparation d’un shampooing en prenant:
- Iluile d’olives.........................30 cm5
- Lessive de soude caustique à 36° B. . . 10 —
- Alcool à 90°............................ 10 —
- Chauffer le mélange au bain-marie bouillant, environ un quart d’heure jusqu’à saponification parfaite.
- Laisser alors refroidir, puis ajouter 950 cm'1 d'alcool à 60°, pour dissoudre le savon ; filtrer et mettre en flacons.
- Lafarge, à Juvisy-sur-Orge. — La préparation de base des vernis cellulosiques se compose de :
- Nitrocellulose 100/100........ 25 examines
- Acétate d’éthyle..............30 —
- Acétate de butyle.............30 —
- Alcool butylique..............15 —
- On y ajoute ensuite un plastifiant (tricrésylphosphate, huile de ricin), de la gomme Dammar ou une résine synthétique, puis le pigment, si on désire un vernis coloré, ce qui conduit au type suivant : Nitrocellulose à 25 pour 100 de base. . . 120 grammes
- Résine synthétique......................... 13 —
- Gomme Dammar................................ 7
- Huile de Chine ou huile de ricin............ 5
- Pigment.................................... 33 —
- Ces proportions, modifiables suivant l’application en vue, vous serviront de point de départ essentiel pour la préparation que vous envisagez.
- M. Coanet, à Tunis. — Pour vieillir et ternir une glace neuve que vous désirez placer dans un cadre ancien, il vous suffira de mettre cette glace dans un carton avec quelques tampons de coton hydrophile ayant reçu deux ou trois gouttes de sulfhydrate d’ammoniaque, puis de refermer hermétiquement. Surveiller ensuite attentivement l’opération de façon à ne pas dépasser la mesure, retirer la glace de soulagement aussitôt que le résultat cherché sera atteint.
- M. R. V., à Vermelles. — 1° La coloration des condiments anglais destinés à exciter l’appétit est généralement obtenue par addition de safran (stigmates du Crocus sali, us, plante surtout cultivée en France dans le Gâtinais (Loiret) et dans les environs d’Orange et Carpentras (Vaucluse); son principe colorant porte le nom de poly-chroïte; on utilise également le Curcuma, rhizome de VAmomum curcuma, safran des Indes, dont le principe colorant est. la rurcu-mine.
- 2" Le vernis au tampon employé par les ébénistes est constitué par :
- Alcool à 84° (3/6).......... 1000 cm3
- Gomme laque blonde. ... 85 gr
- Laisser la dissolution se faire à froid en agitant fréquemment, employer tel quel sans filtrer.
- Pour la pratique de l'opération, le mieux est de regarder faire un professionnel.
- 3° La teinture pour colorer le bois en acajou se prépare en faisant bouillir assez longtemps des copeaux de bois de campêche dans deux fois leur volume d’eau. (Prendre soin de remplacer à mesure l'eau qui s’évapore).
- Décanter ensuite le liquide et ajouter une petite quantité de chlorure d’étain, ce qui le fera rougir.
- Deux couches au moins sont nécessaires si on veut obtenir une bonne coloration.
- M. Parisot, à Bartow-Floridc. — Les goudrons provenant de la distillation lente du tabac dans les cigarettes et qui tachent les doigts des fumeurs, sont très solubles dans l’acétone; le remède à ce petit inconvénient consiste donc à frotter les parties tachées avec un tampon de coton imbibé de ce liquide, en y revenant plusieurs fois si la pénétration a été profonde.
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- DOCUMENTS MÉTÉOROLOGIQUES
- Fig. 1. — Un « signe céleste » dessiné par une trouée dans les nuages Fig. 2. — L’illusion d’un feu d’arlifice réalisée par des cirrus orientés
- et un faisceau de rayons solaires. perpendiculairement à l’horizon.
- Fig. 3. — Images successives — de 3 en 3 mn sur un même cliché — montrant le déplacement et la modification de cumulus pendant le temps que le Soleil s’abaisse pour plonger derrière l’horizon ; le dernier disque, à moitié disparu et oblitérant
- les contours nuageux auxquels il se superpose, semble passer entre eux.
- Le Gérant : G. Masson.
- 7ÇP4. — lmp. Lahure, rue de Fleurus, 9, a Paris. — 1 -3-1936. — Published in France.
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- N° 2974
- LA NATURE
- Ier Avril 1936,
- = '= LE MONT BLANC I_EEEEE VU DU PUY DE DOME A 305 KILOMÈTRES
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- La Nature a publié à diverses reprises des informations sur les visibilités à grande distance de certains sommets montagneux. Ce n’est pas seulement le phéno-
- cimes couvertes de neige de ce massif apparaissent nettement dans l’échancrure.
- Étant donné la distance qui est de 305 km jusqu’au sommet du Mont Blanc, le phénomène avait été contesté autrefois. Il ne l’est plus depuis que deux météorologistes
- Fig. 1. — Le Mont Blanc photographié du Puy de Dôme. Photographie prise par M. Plazanet, le 15 décembre 1932, à 6 h 30 du matin.
- mène en lui-même qui présente de l’intérêt. C’est aussi l’étude des circonstances atmosphériques dans lesquelles il se produit qui conduit à des aperçus d’une réelle valeur scientifique, sur les circonstances qui favorisent la transparence exceptionnelle de l’air, condition nécessaire du phénomène.
- L’Observatoire de montagne du Puy de Dôme, l’un des plus importants dont on dispose en France et dont l’altitude est de 1465 m, est placé au voisinage immédiat du sommet. Il dispose d’un excellent champ de vision vers l’Est, et les Monts du Forez qui barrent son horizon dans cette direction présentent, par une heureuse circonstance, une échancrure exactement disposée dans l’azimut du Massif du Mont Blanc. Quelques jours par an, des
- distingués de Clermont-Ferrand ont l’un, M. Plumandon, identifié avec précision chacune des trois cimes qu’encadre l’échancrure, l’autre, M. Plazanet, fait une excellente photographie de l’apparition. Il est intéressant de noter que cette photographie a été obtenue sans aucun des artifices, comme celui des rayons infra-rouges qu’on a souvent employés avec succès pour percer la brume et photographier ainsi des objets très éloignés. C’est uniquement à d’excellentes conditions de visibilité que M. Plazanet a eu recours (fig. 1).
- Ces apparitions sont notées régulièrement aux principales heures d’observation météorologique et une intéressante étude statistique en a été faite par M. Jean de Lagaye.
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- II. — DESCRIPTION DU PHÉNOMÈNE
- Contrairement à ce que certains pourraient imaginer a priori, ce n’est pas à la belle saison mais au contraire en automne et en hiver qu’on aperçoit le plus souvent le Mont Blanc. Nous empruntons à M. de Lagaye la description suivante : « La plus haute des trois cimes neigeuses a été identifiée avec le Mont Blanc... les autres avec le Mont Maudit et le Mont Blanc du Tacul. Avant le lever du Soleil, les cimes se présentent sous une couleur gris moyen ou rose en opposition avec les premières lueurs du levant; en pleine lumière, elles paraissent blanches sous un ciel bleu pâle; l’hiver, on les voit quelquefois jusqu’au coucher du Soleil, mais, le plus souvent, leurs contours se confondent avec les nuages élevés ou sont voilés par la brume... »
- Le tableau suivant indique la répartition des jours de grande visibilité pour la période 1923-1932.
- J F M A M J J A S 0 N D Total.
- 62 33 7 4 0 1 1 4 5 23 42 52 234
- (Extrait du Bulletin de la Commission Météorologique du Puy de Dôme, année 1933.)
- La période la plus longue de grande visibilité du Mont Blanc signalée est celle du 24 janvier au 1er février 1932 où, pendant une durée de 9 jours, le Mont Blanc a été observé jusqu’à 9 et 12 h.
- Le tableau numérique transcrit ci-dessus donne des résultats beaucoup plus caractérisés que ceux qu’on obtient généralement dans les études statistiques. Les
- mois de décembre et de janvier manifestent très nettement le maximum de visibilité du Mont Blanc, les mois de mai et de juin un minimum extraordinairement net qui tombe à 0 malgré la longue période de 10 années sur laquelle a porté la statistique.
- III. — LES CAUSES DU PHÉNOMÈNE
- M. de Lagaye a fait aussi une étude comparative d’un caractèi'e statistique sur les relations entre la visibilité du Mont Blanc et la situation générale barométrique. Il y a mis en évidence l’influence prépondérante et favorable d’un maximum anticyclonique situé sur la France ou sur l’Europe Centrale. C’est, en particulier, ce qui s’est passé pendant la période du 24 janvier au 1er février 1932.
- Nous avons examiné la même question en nous plaçant à un point de vue plus particulier qui est celui d’un cas défini, le cas où a été obtenue la belle photographie de M. Plazanet, prise le 15 décembre 1931 à 6 h et demie du matin. Cette photographie est reproduite figure 1.
- Le directeur de l’Office national météorologique, M. Wehrlé, et ses collaborateurs, M. le commandant Bureau et M. Viaud, ont bien voulu, à cet effet, mettre à notre disposition les cartes synoptiques de toute espèce établies pendant la journée du 15 décembre 1931 et pendant les journées voisines et procéder avec nous à une étude rétrospective de la situation météorologique générale. Cette étude a donné des résultats très nets quant aux causes du phénomène. Ce sont les conceptions modernes de la météorologie dynamique qui ont permis de les obtenir, en particulier celles qui ont trait aux systèmes nuageux et à l’origine polaire de certaines masses d’air constituant une partie d’une vaste et profonde dépression. Nous ne rappellerons pas ici en quoi consistent ces conceptions qui caractérisent les travaux effectués depuis une vingtaine d’années par les écoles norvégienne et française de météorolo gistes dans le domaine de la météorologie dynamique.
- La figure 2 montre sous une forme simplifiée quelle était la situation météorologique générale au matin du 15 décembre 1931 à l’heure où fut prise la photographie de la figure 1.
- a) Situation isobarique. — La France se trouvait alors à l’extrême bord d’un puissant courant de perturbations qui se déplaçait du Nord-Ouest vers le Sud-Est et dont le noyau le plus actif se trouvait à plusieurs milliers de kilomètres du Puy de Dôme vers l’Est-Nord-Est, dans la région de Riga en Esthonie. Riga était au voisinage du centre d’une profonde dépression (965 millibars). La pression atmosphérique dans cette station avait diminué de 35 millibars dans les dernières 24 h et de 7 millibars entre 4 h et 7 h du matin. Il y tombait une neige abondante. La zone neigeuse se développait d’une manière continue à travers l’Allemagne jusqu’en Hollande où elle se mêlait de pluie. La limite sud des pluies et des bruines passait par Karlsruhe, Calais et la côte sud de l’Angleterre.
- Fig. 2. — Situation isobarique de l’Europe du 15 décembre 1931, 7 heures du matin.
- JJ Isobares
- ——J Isal/obares
- ----Fronts occlus
- ____Fronts chauds
- • ••• Fronts Froids '//// Zone de pluie
- '"fX-. j
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- ;one
- Zone cle Stnatu.
- 300 Km..
- Fig. 3. — Le système nuageux sur la France à 7 h le 15 décembre 1932.
- Une zone anticyclonique importante (1030 millibars) s’allongeait dans une direction générale nord-sud depuis l’Islande jusqu’à la région d’Oran, en passant par l’Angleterre, la Bretagne et l’Espagne. En France, une légère croupe anticyclonique, détachée de la masse principale, s’allonge de l’Ouest à l’Est jusqu’à la Suisse, la crête allant de Nantes à Berne. La ligne Clermont-Ferrand-Mont Blanc se trouve sur le versant sud de cette croupe (fig. 2).
- Les variations barométriques brutales et en baisse de l’Esthonie s’étalent jusqu’à la France mais simplement pour y venir mourir. A Clermont-Ferrand, le baromètre n’a baissé que de 0,4 millibar de 4 h à 7 h du matin, ce qui est négligeable. Au sud de la ligne Clermont-Ferrand-Mont Blanc et de la croupe anticyclonique ci-dessus se trouve une plage de baisse très légère (—0,7 mb en 3 h), écho affaibli de la baisse principale et qui est passée sur la ligne qui nous intéresse, se dirigeant du Nord au Sud.
- b) Le système nuageux. — Le grand système nuageux de l’Esthonie s’étend aussi jusqu’à nos régions (fxg. 3), mais aussi, comme la baisse barométrique, seulement sous forme de lambeaux affaiblis, caractéristique de sa région marginale. Depuis Calais où des bruines marquent l’extrémité de la zone pluvieuse jusqu’à la ligne Valence-Toulouse, la France est généralement couverte de stratus. Au sud de cette ligne, il fait beau. Cet aspect du ciel correspond bien à ce que les météorologistes appellent « la marge » d’un système nuageux, dans les conditions particulières où nous nous trouvons : temps froid (6° en dessous de 0 à Clermont-Ferrand), ciel assez dégagé favorisant le refroidissement du sol. La ligne Puy de Dôme-Mont Blanc est dans la zone de stratus. Ces nuages sont assez bas et relativement peu épais. Il en résulte que les stations de plaine ou d’altitude moyenne ont un ciel couvert de stratus ou bien sont plongées dans le brouillard. C’est le cas de Clermont-Ferrand. Les stations d’altitude plus élevée ont, au contraire, un ciel dégagé : c’est le cas du Camp de la Courtine (altitude 800 m) et surtout celui du Puy de Dôme. A l’observatoire du Puy de Dôme, on domine nettement la nappe de stratus qui apparaît sous forme d’une magnifique mer de nuages à la surface moutonneuse et très régulière, sans bourgeonnements dénotant l’instabilité, sur la photographie de M. Plazanet.
- En résumé le rayon lumineux du Mont Blanc au Puy de Dôme traverse la marge extrême d’un système nuageux important, dans sa partie antérieure, et passe en dessus de la couche de stratus qui s’est constituée dans cette marge.
- c) Origine polaire des masses d’air. — Ces stratus à la surface supérieure régulière, sont eux-mêmes un indice de l’état des masses atmosphériques. Celles-ci sont très stables et animées d’un mouvement général légèrement descendant. Ce sont là des circonstances connues pour favoriser grandement la transparence de l’atmosphère.
- On sait qu’on partage aujourd’hui les masses d’air constituant une zone dépressionnaire en compartiments séparés par des surfaces de discontinuités et on appelle l’air de chaque compartiment, conformément à la théorie du front polaire, air polaire ou air équatorial, selon l’origine qu’on peut lui attribuer. D’après tout ce qui a été dit plus haut et une analyse technique qu’il n’y a pas lieu de transcrire ici, il apparaît que l’air traversé par notre rayon visuel est de l’air polaire d’une origine déjà ancienne (quelques jours environ) et qui est en voie d’affaiblissement. Ceci exprime d’une manière différente et plus systématique ce que nous venons de dire à propos de l’origine des stratus marginaux et de la mer de nuages du Puy de Dôme et qui a pour conclusion une excellente transparence de l’atmosphère.
- d) Conclusion. — Revenons-en au travail statistique de M. de Lagaye et à l’influence prépondérante des zones anticycloniques qui en ressort. Le cas du 15 décembre 1931 rentre précisément dans cette catégorie. La météorologie dynamique permet de pénétrer plus avant dans les causes des phénomènes étudiés. Une zone anticyclonique couvre la France. Dans le cas présent, c’est l’indice que le « corps principal » du système nuageux qui commande le temps dans nos régions est éloigné, que le rayon Clermont-Ferrand-Mont Blanc est dans la
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- « marge » du système. Les autres conditions de visibilité exceptionnelle : air polaire en voie d’afîaiblisse-ment,, passage récent d’une baisse secondaire, résultent d’une analyse détaillée de la situation météorologique générale.
- On peut donc conclure que la belle photographie de
- M. Plazanet montrant le Mont Blanc à 305 km de distance avec une parfaite netteté, apporte une frappante confirmation des études de la transparence de l’atmosphère que l’on a pu entreprendre à la lumière des conceptions modernes de la météorologie dynamique.
- Pu. Schereschewsky.
- L’EXTRACTION DU BROME DE L’EAU DE MER
- Fig. 1. — Effet de l’acidification de Veau de mer sur la libération du brome par le chlore.
- L’eau de mer renferme en dissolution un nombre considérable de corps qui existent à la surface du globe. Sa masse est si grande que dès qu’on calcule la réserve qu’elle contient de ces corps, même de ceux qu’on n’y trouve qu’à l’état de tra-qu’ils séduisent et
- ces, on arrive à des nombres tels incitent à l’exploiter.
- C’est ainsi que de temps à autre revient, par exemple, l’idée d’extraire l’or de l’eau de mer. Cette mine liquide est extraordinaire : elle contient plus d’un milliard de tonnes d’or... mais à la teneur de 12 mgr par mètre cube d’eau !
- Le brome y est plus concentré : 60 gr à la tonne et son extraction peut donc être considérée.
- Longtemps, les mines de sel de Stassfurt fournirent à elles seules les quantités de brome et de bromures suffisantes pour l’industrie, qu’elles séparaient des eaux de cristallisation des sels potassiques.
- Pendant la dernière guerre, on dut reprendre le vieux procédé de Balard pour le déplacement du brome par le chlore dans les eaux mères des marais salants et l’on monta même, de toutes pièces et non sans peine, une usine dans le sud-tunisien, sur la saline de Zarzis, qui
- fournit 850 t de brome pour les besoins des armées, notamment en bromacétone.
- Depuis, les utilisations du brome n’ont fait que croître. Aux demandes de l’industrie photographique (bromure d’argent) et de la pharmacie (bromure de potassium, d’éthyle, de camphre, etc.) sont ve-
- Fig. 2. — Quantités de chlore à mettre en œuvre selon le pH de Veau.
- nus s’ajouter de nouveaux besoins industriels : bromure de méthyle pour les extincteurs d’incendie, dérivés bro-més comme solvants, etc.
- La consommation du brome s’est encore fortement accrue en ces dernières années, par suite de l’application du dibromure d’éthyèlne, en combinaison avec le plomb tétraéthyle, au traitement des essences à moteurs.
- C’est alors qu’aux États-Unis où l’on produisait déjà quelque 400 t de brome par an, on a dû rechercher de nouvelles sources de production. On a logiquement pensé à l’extraire directement de l’eau de mer qui en contient de 60 à 70 gr par mètre cube. Malgré cette infime proportion, on dispose d’une telle masse de matières premières qu’il est permis de la considérer comme une réserve inépuisable. Le problème consistait à trouver une méthode d’extraction pratique et économique.
- En 1924 déjà, F « Ethyl Gazoline Corporation » avait installé une petite usine de fabrication, à partir du brome extrait de l’eau de mer, de tribromaniline, qui peut être utilisée, en même temps que le plomb tétraéthyle, dans le traitement des gazolines. La méthode consiste à ajouter de l’aniline à l’eau de mer préalablement chlorée, conformément à la réaction :
- 3 Na Br + 3 Cl2 + C6H8.NH2 -> C6H2Br3.NH2 + 3 NaCl + 3 HCl.
- A son tour, la « Dow Chemical Company » s’attaqua au problème de l’extraction directe du brome, par un procédé plus économique que, d’ailleurs, elle appliquait déjà au traitement des eaux mères de marais salants. M. Leroy C. Stewart en a indiqué l’essentiel dans la revue Industrial and Engineering Chemistry, que vient de reproduire le rapport annuel de la Smithsonian Institution.
- Ce procédé consiste essentiellement : a) à traiter la saumure au moyen de chlore pour mettre le brome en liberté; b) à chasser le brome de la solution par insufflation d’air; c) à absorber le brome par une solution de carbonate alcalin d’où, par des méthodes connues, on peut l’extraire sous la forme commerciale désirée.
- Les résultats des essais de laboratoire furent très faibles au début, mais des recherches méthodiques rendirent le rendement beaucoup plus satisfaisant.
- On reconnut d’abord qu’il était nécessaire, en même temps que l’on traitait l’eau de mer par le chlore, de l’acidifier assez fortement. L’eau de mer présente en effet une réaction alcaline caractérisée par un pH 8,2. En l’absence d’acide, les premières parties de brome
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- libérées forment des composés oxygénés du brome dont il est très difficile de chasser l’élément par une nouvelle addition de chlore.
- Dans les saumures très concentrées des marais salants, le faible volume de solution mis en œuvre limitait la formation des bromates, mais dans le traitement de l’eau de mer, qui porte sur d’énormes masses, l’extraction devenait impossible.
- La courbe de la figure 1, qui montre l’effet de la variation du pII de l’eau sur le pourcentage de brome mis en liberté jaar oxydation au chlore, explique ces résultats.
- Des recherches minutieuses de laboratoire, basées sur des titrages potentiométriques de l’eau de mer naturelle, ont montré que la réabsorption par hydrolyse du brome mis en liberté prend fin quand la concentration en ions hydrogène s’élève au pH 3 ou 4 par suite de l’addition d’acide. Donc, pour libérer complètement le brome de l’eau de mer, il faut amener cette eau à un pH de 3,5}
- Fig. 4. — Le canal d’entrée de l’eau de mer.
- ce qui comporte l’addition d’environ 10 gr d’acide sulfurique à 96 pour 100 par tonne d’eau de mer. Dans ces conditions, la consommation de chlore est réduite au minimum, puisqu’alors seulement, la mise en liberté d’une molécule de brome correspond exactement à l’action d’une molécule de chlore (fig. 2).
- On détermina ensuite qu’un simple courant d’air sulfit pour chasser la plus grande partie du brome du liquide, et que le carbonate de soude calciné absorbe facilement le métalloïde libéré.
- Une installation semi-industrielle permit de se rendre compte que l’on pourrait, par cette méthode, récupérer à l’état pur, sans frais exagérés, plus de 50 pour 100 du brome contenu dans l’eau de mer.
- L’édification de l’usine donna lieu à d’autres études longues et minutieuses. Il fallait qu’au point choisi, l’eau de mer ne fût pas diluée par l’apport d’eaux douces et qu’on pût évacuer facilement l’eau traitée, sans qu’elle se mélangeât aux nouvelles prises d’eau mise en œuvre.
- Fig. 3. — Vue générale de l'usine de Cape Fear River.
- On choisit finalement un terrain qui semblait répondre à toutes les exigences, situé sur une langue de terre entre la Cape Fear River à l’ouest, et l’Océan Atlantique à l’est, dans le sud de la Caroline du Nord.
- Une première installation d’essai fournit 200 kg de brome par jour. Le métalloïde était absorbé par une solution de soude calcinée, sous forme d’un mélange de bromure et de bromate, dont on le libérait facilement par acidification.
- Devant ces résultats favorables, la Dow Chemical Cy décida de construire une usine d’une capacité' de 5 t environ de brome par jour, transformées sur place en 6 t de bromure d’éthylène.
- Malgré les longues distances à parcourir pour amener de grosses quantités de matériaux à pied d’œuvre, l’usine fut construite et mise en route en cinq mois. Il fallut construire un quai d’embarquement et creuser un canal
- Fig. 5. •— Le bassin de pompage.
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- Fig. 6. —• La goulotte d’amenée d'eau de mer aux tours.
- navigable de l’usine à la rivière pour le transport des marchandises.
- L’eau de mer pénètre dans un canal creusé entre deux parois formées de rangées parallèles de plaques d’acier, s’emboîtant les unes dans les autres et reliées entre elles par des entretoises d’acier, de sorte que chaque mur forme une série de cellules d’environ 5 m de largeur sur 6 m de longueur, bourrées de terre. Elle s’écoule dans un bassin de décantation également entouré de murs d’acier, à la suite duquel se trouvent quatre compartiments munis de grilles, qui retiennent les matières solides. Deux pompes centrifuges, dont l’une peut débiter environ 12 000 1 et l’autre 15 000 1 par minute, actionnées par des moteurs synchrones, d’une force de 300 ch, envoient l’eau par une conduite en acier, au delà d’une digue, dans un autre canal qui s’élargit en un vaste bassin où l’eau se concentre par évaporation sous l’action du soleil.
- Fig. 7. — Les réservoirs d’absorption du brome.
- L’extraction du brome s’opère dans l’usine même comprenant deux groupes semblables disposés à la sortie de ce dernier canal. Chacun de ces groupes comporte une tour de soufflerie dans laquelle l’air chasse le brome de l’eau de mer préalablement acidifiée et chlorée, et une tour d’absorption dans laquelle le brome est fixé par une solution de soude calcinée. L’eau est élevée, au moyen de pompes centrifuges, au sommet de la première tour, en passant dans des tuyaux de fer garnis de caoutchouc. La partie inférieure de ceux-ci est munie d’une série de petits tuyaux latéraux destinés à l’entrée de l’acide sulfurique, et, un peu plus haut, d’une seconde série donnant passage au chlore. Le mélange se fait donc d’une façon continue et automatique avant l’arrivée au haut de la tour, dont l’intérieur est disposé de manière à diviser, par un système de chicanes, le courant d’eau en une multitude de petites cascades. L’air insufflé de bas en haut entraîne le brome libéré, et pénètre à la partie supérieure de la tour d’absorption, tandis que l’eau débromée s’écoule par le fond dans une large goulotte qui l’évacue dans la rivière, et de là dans l’Océan, à 20 km au sud de la prise d’eau de mer fraîche.
- Des vannes nombreuses, disposées le long des tuyaux de montée, permettent le contrôle continuel en laboratoire de l’acidité et du potentiel d’oxydation de l’eau. Il est probable que ce contrôle pourra prochainement être réalisé automatiquement.
- Le chlore est emmagasiné à l’état liquide dans deux séries de seize cylindres d’une tonne chacun; il passe par un détendeur avant de venir en contact avec l’eau montante. L’acide sulfurique concentré est dilué à 10 pour 100 avant l’emploi.
- Dans la tour d’absorption, le brome extrait de l’air par la solution de carbonate de soude réagit avec celle-ci suivant la formule :
- 3 Na2C03 + 3 Br2 5 NaBr + Na BrO3 + 3 CO2.
- Cette tour est divisée en neuf compartiments dans lesquels l’air aspiré par des ventilateurs passe successivement de haut en bas. La solution de soude est tenue en état d’agitation continuelle, par un système de pompes qui la fait circuler en circuit fermé.
- Les liqueurs des différents compartiments, chargées de brome, sont ensuite rassemblées dans des réservoirs pour être acidifiées suivant les procédés habituels. Les vapeurs de brome s’échappant de la solution sont condensées sous forme de brome liquide pur qu’on transforme en bromure d’éthylène dans une autre partie de l’usine.
- A cet effet, on produit l’éthylène sous forme de gaz en faisant passer de l’alcool éthylique sur du kaolin chauffé agissant comme catalyseur. Le gaz éthylène est ensuite absorbé par le brome pour donner le dibromure d’éthylène.
- Bien que l’extraction des diverses substances minérales de l’eau de mer ait fait l’objet de très nombreuses recherches, c’est la première fois que ce genre de travail se trouve réalisé industriellement, avec un rendement sérieux.
- Ern. Schmidt.
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- LES TRAVAUX DE PHYSIOLOGIE MOLECULAIRE
- du PROFESSEUR DEVAUX, depuis iss9
- LA RÉTENTION DES SUBSTANCES DANS LA PLANTE PAR ADSORPTION
- Après l’étude des échanges faite sur les gaz (*), ceux-ci étant considérés comme substances pouvant toujours circuler librement, le professeur Devaux devait logiquement examiner la rétention des substances qui sont arrêtées dans la cellule.
- On connaissait depuis longtemps la rétention des substances par attraction osmotique, avec emprisonnement dans des parois hémiperméables. Il existe aussi une rétention par adsorption, laquelle avait été très négligée. Elle met pourtant en jeu des attractions comparables à celles qui s’effectuent dans les combinaisons chimiques, très supérieures à celles développées en osmose.
- On sait que les physiciens ont adopté le terme d’adsorption pour désigner la fixation, avec condensation, par une sûrface solide ou liquide, d’une substance présentée à l’état fluide. Si le solide est poreux, comme le charbon (végétal ou animal), la surface est très multipliée et l’adsorption très manifeste : une solution odorante est rendue inodore, une solution colorée abandonne sa matière colorante, une solution saline étendue perd une partie du sel dissous, etc. On pouvait donc prévoir que dans le corps des êtres vivants, corps formé tout entier de tissus où les surfaces solides sont très développées, l’adsorption doit jouer un rôle prépondérant. La plupart des physiologistes se contentaient de cette présupposition générale et, sauf quelques cas très spéciaux (empoisonnement par le plomb ou le mercure, etc.) ils négligeaient complètement ce grand phénomène dans l’étude des échanges des substances par les organismes. La rétention osmotique était, et est encore pour beaucoup de physiologistes, la seule qui existe dans les êtres vivants.
- L’ADSORPTION DU PLOMB PAR LES PLANTES AQUATIQUES
- C’est une observation fortuite, comme il arrive souvent pour les observateurs attentifs, qui a mis le professeur Devaux en présence d’un bel exemple d’adsorption de substance par une plante vivante.
- En 1896, dans le but d’étudier l’influence de la pression hydraulique sur les échanges gazeux des plantes aquatiques, il avait établi des lots de plantes aquatiques (.Elodea, Ceratophyllum et Lemna trisulca) en quatre éprouvettes à pied, comme il suit :
- 1. Un lot de plantes en eau stagnante ( à la pression
- 2. — — ' — renouvelée ( atmosphérique
- à la pression atmosphérique augmentée de 400 mm. de mercure.
- Le tout fut exposé devant une fenêtre, en lumière vive, pendant plusieurs semaines.
- Or, au bout de deux ou trois semaines, les plantes des deux éprouvettes où Veau était renouvelée montrèrent un dépérissement manifeste, qui aboutit bientôt à la mort, tandis que les autres se portaient relativement bien.
- Une cause de nocivité était donc apportée par l’eau renouvelée, et le professeur Devaux reconnut qu’elle était due à la présence de plomb, qui, se fixant sur les plantes, finissait par les empoisonner. L’examen de l’eau des conduites montra, en effet, des traces de ce métal dans l’eau, 1 à 3 dixièmes de milligramme par litre. Il était surprenant qu’une aussi faible proportion de plomb suffît pour empoisonner les plantes. Mais, en réalité, ce n’est pas la proportion qui importe, c’est la quantité de métal toxique, puisque seules étaient empoisonnées les plantes sur lesquelles avait passé beaucoup d’eau. Les plantes tuées prenaient, en effet, une coloration brune, plus ou moins foncée, sous l’influence de l’hydrogène sulfuré, surtout dans les régions les plus âgées des organes. Ce fait témoignait qu’elles avaient accumulé le poison dans leurs tissus.
- Or des expériences immédiatement tentées montrèrent un fait inattendu et des plus curieux : cette fixation est presque instantanée. L’acte seul de faire passer rapidement de l’eau plombifère sur un paquet de plantes vivantes, contenues dans une allonge (fig. 1), enlève, en moins d'une minute, la totalité du plomb de cette eau, tant du moins que la solution est diluée au-dessous de 1 mgr par litre.
- Des recherches ultérieures (1901), faites sur les mêmes plantes et aussi sur des algues, confirmèrent ces résultats, non seulement avec le plomb, mais aussi avec le cuivre.
- Ces nouvelles recherches montrèrent que l’absorption du métal nocif par les plantes vivantes s’exerce même aux dépens de solutions diluées à quelques dix-millionièmes, ou moins encore. Cette absorption est instantanée et sensiblement complète, ce qui démontre une attraction puissante, comparable à celle qui préside aux combinaisons chimiques.
- Les cellules de la plante restent vivantes au début, et
- 3. Un lot de plantes en eau stagnante
- 4. — — — renouvelée
- Fig. 1. — Le simple fait de verser de l’eau plombifère d'un vase A à travers une colonne de plantes aquatiques contenues dans une allonge B suffit pour enlever la totalité du plomb; la liqueur recueillie en C n'en contient aucune trace.
- 1. Voir La Nature, n° 2973.
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- l’on constate que le métal est alors fixé exclusivement sur la membrane. Plus tard, elles meurent, et le plomb est alors révélé dans le noyau et le nucléole (Spirogyre), et à la fin on le trouve aussi dans le protoplasma.
- CAUSE DE LA FIXATION RAPIDE La quasi-instantanéité de la fixation du plomb ou du cuivre ne peut être attribuée à l’osmose. On sait, en effet, que la pénétration par osmose d’une substance dans l’intérieur d’une cellule nécessite un temps notable. Au contraire, la fixation d’une substance par absorption est instantanée, parce qu’elle a pour siège la surface même des corps. M. Duclaux cite, en effet, dans son remarquable ouvrage sur Les colloïdes (x), ces premières observations du professeur Devaux comme un bel exemple de ce phénomène physique observé sur une plante vivante : « Les caractères essentiels de l’adsorption, dit-il, fixation de très faibles traces, effet d’accumulation par l’apport constant de nouvelles molécules que la plante retient, concentration en certains points, hors de proportion avec la concentration dans le milieu, existent ici d’une manière remarquablement nette. »
- Le rôle absorbant de la membrane (1901). — Nous venons de dire que c’est sur la paroi cellulaire que s’effectue tout d’abord la fixation des métaux. Le professeur Devaux est arrivé à démonti’er que, dans cette paroi, la pectose seule joue un rôle essentiel : la cellulose, quand elle n est pas altérée par des réactifs, n’a aucun pouvoir absorbant.
- Une conséquence pratique intéressante en fut aussitôt tirée : c’est que les meilleurs réactifs colorants des substances pectiques sont les bases métalliques révé-lables à l’état de sulfure (Cu, Pb, Ag, etc.), ou de ferro-cyanure (Cu, Fe).
- Toutes les bases sont fixées. — Mais on pouvait se demander si seuls sont fixés les atomes des métaux lourds. Le professeur Devaux institua des expériences qui démontrèrent qu’en réalité toutes les bases sont fixées, du moins toutes celles qui ont une alcalinité sensible : K, Na, Li, Ca, Sr, Ba, etc.
- Une coupe d’un tissu mou quelconque, placée dans une solution saline d’un de ces métaux, puis soigneusement lavée, montre (par le spectroscope ou par tout autre procédé), qu’elle a fixé une quantité appréciable des métaux dont elle a subi le contact. Les métaux les plus solubles (K, Na) sont ainsi énergiquement fixés, ils sont insolubilisés. Le phénomène se produit avec les plantes vivantes les plus diverses : algues, phanérogames aquatiques, racines aquatiques, etc. Les métaux alcalins sont moins fortement fixés que les autres, mais il suffit toujours de solutions très diluées pour que les tissus s’emparent de ces métaux et les accumulent avec une énergie comparable aux affinités chimiques les plus puissantes. Des lavages prolongés à l’eau distillée n’arrivent pas à enlever le métal fixé.
- Ce qui augmente l’intérêt de ces faits, c’est que la molécule entière des sels n’est pas fixée, mais seulement l’ion métal. M. Genevois, interprétant plus tard ces faits, regarde la pectose comme un acide faible insoluble.
- 1. 2° édition 1920, p. 175.
- Phénomène de déplacement des ions (1901). — Le professeur Devaux établit enfin un fait également nouveau, dont la haute portée le frappa dès le début, c’est que des ions déjà fixés, indéplaçables par l’eau pure, sont facilement déplacés et remplacés par d’autres ions basiques présentés en solution.
- « Des coupes de Sambucus Ebulus, par exemple, placées 10 mn dans une solution de LiCl à 15 pour 100, puis soigneusement lavées, sont réparties dans des verres de montre, qui reçoivent les solutions suivantes : Id20 pure, CuSO* à 1/1000, à 1/10 000, à 5/1 000 000, CaSO‘ (saturée), BaCO3 (saturée), FeS04à 1/10 000 acide acétique à 2/100. Les coupes sont laissées pendant 4 h au contact de ces liquides, puis lavées et brûlées dans la flamme du spectroscope. On voit que la raie du lithium, très nette dans les coupes conservées dans l’eau pure, a disparu pour toutes les autres. Les sels dissous ont donc chassé le lithium, ils ont pris sa place. L’eau ordinaire se conduit, à ce titre, comme une solution [saline, grâce aux sels qu’elle contient.
- On peut aussi agir sur un paquet de plantes placées dans une allonge, comme nous l’avons indiqué plus haut (fig. 1). Supposons, par exemple, qu’on ait fait passer d’abord de l’eau distillée; on constate qu’à la sortie l’eau de lavage ne contient sensiblement aucun sel. On fait alors passer une solution diluée de CaCl2 : à sa sortie, cette solution a perdu du Ca, mais elle contient maintenant Iv, Na, Mg, qu’elle a chassés de la plante vivante. Si on lave soigneusement à l’eau distillée, puis qu’on fasse passer une solution de KC1, par exemple, aussitôt le calcium est révélé dans l’eau de lavage. On est donc en présence d’un phénomène réversible : « De même que les métaux alcalins peuvent être déplacés par tous les autres, en particulier par le calcium, de même celui-ci peut inversement être chassé par les métaux alcalins. »
- Décalcifications sur le vivant. — Un des résultats les plus curieux de ces recherches est qu’on peut arriver à enlever des proportions considérables de calcium, ou de tout autre métal existant normalement dans la plante, par un séjour de celle-ci dans une solution saline quelconque dépourvue de ce métal.
- Le professeur Devaux est arrivé ainsi à enlever, d’une touffe de Sphagnum, 54 pour 100 du calcium total de la plante, en même temps qu’une portion très notable du magnésium. Cette décalcification intense, opérée sur le vivant, a été obtenue au moyen d’une solution de KC1 à 1/1000, 11 fois renouvelée : l’expérience a été arrêtée de peur d’altérer la plante.
- Il y a donc des atomes très mobilisables à Vétat d'ions dans les plantes vivantes. Mais il est certain qu’il en existe aussi de beaucoup plus énergiquement fixés, par exemple Mg dans la molécule de chlorophylle.
- Pouvoir adsorbant du sol végétal. — Si au lieu d’une plante vivante, on met dans l’allonge de la terre végétale, on peut répéter sur cette terre toutes les expériences faites sur les plantes : les bases sont fixées ; elles le sont seules mais avec une grande énergie; elles sont indéplaçables par l’eau pure, mais elles sont déplacées par une solution d’un autre sel.
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- Ces faits avaient été reconnus depuis longtemps par les agronomes. C’est grâce à ces phénomènes que la terre végétale retient en particulier l’ion potassium, présenté comme engrais chimique, sans pouvoir retenir l’ion nitrique.
- Il y a donc un parallélisme frappant entre les propriétés adsorbantes du sol et celles des parois végétales. Il est intéressant du reste de noter, comme l’a fait le professeur Devaux, que, dans tous les cas, ce sont les colloïdes qui possèdent ces propriétés adsorbantes, pectose des parois cellulaires, ou bien argile et humus du sol : l’ensemble du sol et des racines vivantes forme un système adsorbant continu, dans lequel les bases sont mises en réserve à la portée immédiate du protoplasma.
- La composition des cendres, le pouvoir anti= toxique. — Ainsi s’explique la variabilité de composition des cendres d’une même plante, reconnue par tant d’auteurs et inexpliquée jusqu’aujourd’hui. On comprend de même d’où vient la toxicité de certains cations très énergiquement retenus (Pb, Cu) et le pouvoir anti-(oxique d’autres cations (Ca) capables de les chasser.
- L’adsorption des cations par les tissus animaux.
- — Les tissus animaux possèdent les mêmes pouvoirs d’ad-sorption que les tissus végétaux. Le professeur Devaux l’a constaté en même temps que pour les végétaux, mais il n’a publié ses recherches qu’en 1932. M. Genevois en a eu connaissance avant cette date. Il y fait allusion dans ses publications de 1925 et de 1930 (1).
- Des poissons (tanches, cyprins) ou des têtards, mis dans l’eau distillée, y perdent des traces de cations. Mis dans une solution saline, ils en perdent beaucoup plus et prennent en même temps le cation du sel présenté.
- < )n peut même arriver à décalcifier un animal vivant, tout comme une plante vivante, dans des proportions considérables. Ainsi, dans un essai fait sur 44 têtards on obtint en six jours de séjour en solution de KC1 à 2/1000 une perte de 25,5 pour 100 du calcium total des animaux vivants !
- Fait curieux et intéressant, cette décalcification est accompagnée d’une perte de poids vif, c’est-à-dire d’une déshydratation, et cela dans des proportions très analogues. Ceci doit tenir à ce que les sels de calcium fixés dans les tissus auraient un pouvoir fixateur secondaire pour l’eau. C’est une nouvelle manifestation des états
- 1. Genevois. Proc. verb. Suc. des Sc. phys. et rial, de Bordeaux, séance du 24 décembre 1925 et « Protoplasma ». T. X, 1930.
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- d’équilibre qu’on connaît entre les constituants de l’organisme et l’eau.
- Le coefficient de partage entre l’être et son milieu.
- — Cet état d’équilibre a trouvé son expression dans une nouvelle découverte qu’a faite le professeur Devaux, celle d’un coefficient de partage entre l’adsorbant, c’est-à-dire l’être vivant, et le milieu, c’est-à-dire la solution saline. Voici, par exemple, une expérience ayant porté sur 11 gr de Potamogeton, placés dans 150 cm8 d’une solution de sulfate de fer :
- Concentration Métal fixé
- Initiale. Finale. pour 100.
- 10-:; 5. 10-,; 60
- 10-4 4. 10-B 60
- 10-3 5. 5. 10~s 45
- L’importance de cette loi a été reconnue par M. Genevois en 1925, et a été étendue à d’autres cas par M. P. Genaud. Un exposé d’ensemble de tous ces faits a paru dans la revue Protoplasma, sous la plume de M. Genevois
- La rétention des substances par attraction directe. — Un fait général ressort, au reste, avec évidence, de toutes ces recherches, c’est l’existence d’une rétention non osmotique des substances. On s’était habitué, depuis les admirables expériences de de Vries et de Pfeffer, à considérer que les substances étaient comme emprisonnées dans les cavités cellulaires, grâce à l’hémi-perméabilité. Nous voyons clairement ici qu’une rétention différente existe aussi, au moins de la part des parois cellulaires, par une catégorie d’actions absolument distinctes de l’osmose, une attraction pure et simple des ions par certaines substances de la cellule. L’adsorption est donc un mode de rétention à mettre au moins sur le même plan que l’emprisonnement dans un sac hémiperméable. Elle constitue du reste un phénomène plus simple, plus direct, tout à fait comparable aux affinités chimiques.
- L’étude des phénomènes d’adsorption par les tissus et les cellules montre que ces phénomènes sont nettement aux confins de la physique et de la chimie, et donne un rôle fondamental aux surfaces, c’est-à-dire à l’organisation. C’est un des domaines les plus riches de la physiologie moléculaire, tout rempli de promesses pour les biologistes. Elise D. Nogaret.
- 1. Protoplasma, toc. cit.
- UN NOUVEAU CONDUCTEUR ÉLECTRIQUE
- LE “ PYROTENAX ”
- Le courant électrique a l’avantage de pouvoir être transmis à grandes distances sans pertes sensibles. Il suffit de diminuer la résistance du circuit en choisissant un métal bon conducteur et en faisant des lignes d’une section suffisante. Mais ces conducteurs doivent être isolés, pour éviter les pertes par conductibilité, sur-
- tout s’ils sont ou peuvent entrer en contact avec le sol.
- On emploie le plus souvent comme isolant le caoutchouc dont on enrobe le fil ou le câble et qu’on vulcanise pour le stabiliser et accroître sa durée. Malheureusement, le caoutchouc est une matière instable, qui « vieillit » en durcissant et qui finit par se fendiller, soit à l’air, soit
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- Fig. 1. — Un câble « Pyrotenax » à 3 conducteurs de 50/10.
- à la chaleur. On emploie encore le papier, le coton, la soie, dont on recouvre la gaine de caoutchouc, par enroulement ou par tressage.
- Tous ces isolements finissent par céder, laissant le fil à nu, prêt au court-circuit, d’autant plus dangereux que les enveloppes sont en matières organiques combustibles.
- C’est pourquoi on a cherché d’autres solutions pour les navires, qu’ils soient de guerre, de commerce ou pétroliers, pour les musées, les bibliothèques, les salles de spectacle, les cinémas, les grands magasins et plus encore dans les mines, les dépôts de matières inflammables, les soutes à munitions, les usines d’hydrocarbures, etc.
- On a proposé l’isolement à l’amiante tressée ou feutrée, incombustible mais trop peu souple et de faible résistance électrique. On met aussi les fils isolés dans un tube de plomb, étanche et déformable.
- Mais voici une autre conception qui paraît plus intéressante. La Société alsacienne de constructions mécaniques, d’accord avec la société «Le conducteur électrique blindé incombustible », vient de mettre au point dans sa câblerie de Clichy un nouveau conducteur incombustible, inaltérable dans le temps et d’un grand pouvoir isolant. Les fils et les câbles du type « Pyrotenax » sont constitués par un ou plusieurs conducteurs en cuivre nu enveloppés dans une gaine métallique en cuivre ou en alliage léger,
- Fig. 2. — Quelques types d'embouts, ordinaires, à cloison, à grand isolement.
- isolés entre eux et de la gaine par un produit réfractaire pulvérulent, la magnésie calcinée, qu’on peut obtenir pure, parfaitement sèche, en poudre très fine, homogène, isotrope et stable.
- Les fils sont centrés dans la gaine qu’on remplit de poudre isolante. L’ébauche, de dimensions bien plus grandes que le conducteur définitif, est ensuite étirée et tréfilée, à plusieurs reprises, pour réduire progressivement son diamètre en comprimant l’isolant sous une pression de plus en plus élevée. On assure ainsi un remplissage homogène de la gaine et un parfait isolement. La compacité de la poudre devient telle qu’elle se comporte ensuite comme un corps plastique ne craquant pas et ne se déplaçant pas. On peut cintrer ou marteler un tel conducteur sans rompre l’isolant.
- On a réalisé ainsi une protection de très grande efficacité, d’une parfaite stabilité chimique, résistant à toute élévation de température. Il y a plus, la magnésie conduisant assez bien la chaleur, une surcharge électrique locale, une résistance accidentelle ne peut être cause d’incendie ou de fusion des conducteurs, la chaleur se dissipant à travers la mâsse vers l’extérieur.
- Les fils ainsi armés ont une rigidité comparable à celle des câbles sous plomb — ce qui facilite la pose —-et une résistance mécanique supérieure qui supprime les précautions habituelles pour l’amarrage sur les poteaux. Ils peuvent être cintrés et même pliés à angle droit, à la main ou au marteau, sans aucun dommage. Ils sont moins encombrants que les fils sous caoutchouc, à égalité d’isolement.
- Une épaisseur d’isolant de 1,5 mm correspond à une tension de service de 200 à 500 v, pouvant être portée aux essais à 2000 ou 2500 v, sans claquage; une épaisseur de 3 mm suffit jusqu’à 2000 v. Les fils « Pyrotenax » sont réalisés d’une façon courante de 12/10 à 100 mm2 et les câbles à plusieurs conducteurs de 12/10 à 50/10.
- La seule complication que soulève le nouveau conducteur tient aux connexions. La magnésie étant hygrométrique, on ne peut la laisser à l’air en dénudant l’extrémité des fils. 11 a fallu prévoir des embouts spéciaux dont on a réalisé plusieurs types. Dans les installations intérieures où les risques d’humidification sont faibles, on peut se contenter d’un simple bouchon isolant; pour les câbles à plusieurs conducteurs, on emploie un embout à cloisons séparant les fils à leur sortie de la gaine pour éviter les courts-circuits. Enfin, dans les installations exposées à l’humidité et à la pluie, on pose des embouts munis de presse-étoupe, montés avec un écrou de blocage, dans lesquels on coule à chaud une matière isolante qui forme pellicule étanche bien adhérente.
- Les embouts une fois posés, les extrémités des fils sont connectées selon les règles habituelles, au moyen du petit appareillage courant, ou encore au moyen de joints étanches, de boîtes de jonction et de dérivation spécialement étudiés.
- Les conducteurs « Pyrotenax » sont actuellement d’un prix de revient du même ordre que les conducteurs sous plomb de même section. Les avantages de sécurité qu’ils assurent leur ouvrent un très large débouché.
- André Bercy.
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- = LES CARRIÈRES SOUTERRAINES DE PARIS = PEUVENT-ELLES ÊTRE AMÉNAGÉES EN ABRIS?
- Le général von Ludendorff vient de publier une brochure de 125 pages intitulée : La guerre totale, qui a retenu l’attention des milieux diplomatiques étrangers. Rompant avec la classique définition de Clausewitz, qui était aussi celle de Napoléon et du grand état-major français : « La guerre a pour but la destruction de la force militaire adverse », le général von Ludendorff affirme que la guerre qui vient sera une guerre totale, ayant pour but l’anéantissement des peuples et des nations ennemies.
- « Le théâtre des opérations, écrit-il, s’étendra à la totalité des territoires ennemis. La guerre totale ne sera donc pas seulement dirigée contre l’armée, mais aussi directement contre les peuples. » Si nous ajoutons que l’auteur se prononce contre toute déclaration de guerre préalable, qu’il estime que cette guerre doit être terminée dans le plus bref délai possible (it que les populations civiles et notamment les femmes seront aussi durement éprouvées que les hommes valides, on aura une idée de cette conception germanique de la guerre moderne : une boucherie méthodique, uniquement bornée par les limites des moyens matériels. Le livre a du moins le mérite de la franchise ; il nous rappelle la nécessité de parer au plus tôt à la défense des populations civiles, menacées notamment par le danger aérien. Cette défense passive, qui incombe seule aux pouvoirs civils, constitue un vaste ensemble auquel nous avons précédemment consacré une étude (1). Le problème particulier sur lequel nous attirons aujourd’hui l’attention des lecteurs est le suivant :
- Peut-on, à Paris et dans la région immédiatement avoisinante, utiliser, pour abriter les populations contre les bombardements,l’énorme réseau des carrières souterraines (fig. 1, 2 et 7) et, des catacombes ?
- Si l’on songe — nous croyons ne dévoiler ici aucun secret — que devant l’impossibilité technique et financière d’abriter actuellement toute la population civile, les pouvoirs publics envisagent cette solution... fantastique : Y évacuation quasi totale de Paris, on se rendra compte de l’intérêt vital du problème ainsi posé.
- OU SE TROUVENT LES CARRIÈRES?
- L’énorme agglomération de pierre bâtie qui constitue Paris n’a pas été apportée de carrières lointaines; pour la plus grande part;, elle a été extraite sur place et c’est ainsi que
- 1. Voir La Nature, n° 2879 du 15 avril 1932.
- Fig. 1. — Grandes carrières souterraines à « piliers tournés » existant dans ta
- banlieue Est (Romainville).
- Très accessibles, ces carrières de gypse sont malheureusement inutilisables à cause de leurs fréquents effondrements; le calcaire grossier, beaucoup plus résistant, par contre n’a été exploité sous Paris qu’en galeries moins spacieuses, par ha gués et
- bourrages (fig. 8).
- s’est formée au cours des siècles cette « ville souterraine » à peu près unique au monde, qui étend ses rameaux déserts sous la capitale habitée. Aucune carrière n’est
- Fig. 2,
- — Salle souterraine taillée en plein calcaire et convenant parfaitement à l’aménagement d’un abri.
- un pilier à bras, formé de pierres empilées; le « ciel » ou plafond est remarquablement sain. De tels espaces sont assez rares, la plupart des vides souterrains se réduisant à des galeries (fig. 4).
- A l’arrière,
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- plus exploitée sous la superficie de Paris depuis 1862 (1).
- Gérards évalue la superficie parisienne sous-ininée par des carrières officiellement reconnues, à 771 ha, soit environ le dixième de la superficie totale de la ville limitée aux remparts, récemment démolis, de 1840. Il est extrêmement probable que les régions réellement exploitées sont beaucoup plus vastes et qu’il existe de très nombreuses cavités inconnues.
- La superficie des régions exploitables (fig. 3) peut être, par contre, fort bien définie par une étude géologique, les matériaux utilisables étant le calcaire grossier « luté-
- à bâtir. 11 existe également un îlot situé dans le 13e arrondissement, à l’est de la rivière de Bièvre;
- Sur la rive droite, on peut citer deux groupes d’exploitation de pierre à bâtir : le petit réseau de Reuilly et le vaste réseau de Passy-Chaillot. Ce dernier passe sous le Trocadéro; il a été utilisé en 1900 pour une « exposition du monde souterrain » et l’on y édifie actuellement une salle pour 3000 personnes;
- Quant au quatrième groupe, qui occupe le nord et le nord-est de Paris, il est formé d’immenses bancs de pierre à plâtre et comporte les carrières de Montmartre, des
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- Carrières souterraines
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- Fig. 3. — Carie du Paris souterrain ( Gérards, 1903) montrant l’emplacement des zones exploitables.
- tien » et le gypse ou pierre à plâtre. Il existe quatre groupes de régions exploitées et exploitables.
- Sur la rive gauche, le gigantesque réseau des 5e, 6e, 14e et 15e arrondissements, qui s’étend sous le Luxembourg, l’Ecole des Mines, le Panthéon, l’Observatoire et qui Comprend les Catacombes; ce sont des carrières de pierre
- 1. Un ouvrage malheureusement introuvable, le Paris souterrain, par Em. Gérards (Garnier) constitue la monographie la plus complète de ces questions; nous avons pu le consulter au Service des Carrières, Voir aussi une étude documentée de M. A. Troller dans le n° 1905 de La Nature (27 novembre 1909) avec références bibliographiques.
- Buttes-Chaumont, de Ménilmontant et du Père-Lachaise.
- Disons tout de suite que ces carrières de gypse ne valent rien au point de vue qui nous occupe car elles s’effondrent en grand dès qu’elles sont abandonnées à elles-mêmes. De plus, les plans des carrières de Montmartre ont été brûlés sous la Commune, en 1871, avec les plans de toutes les carrières de Paris.
- ASPECT ACTUEL DES SOUTERRAINS
- Comment se présentent ces cavités, sinon « naturelles » du moins mises gratuitement à la disposition de la géné-
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- ration actuelle ? Ici, il faut distinguer suivant la façon dont l’exploitation a été conduite.
- Un premier procédé d’exploitation, usité notamment à Montmartre et au sud de Paris, consiste à creuser de très vastes galeries en ménageant de place en place de puissants piliers qui soutiennent le ciel de carrière (fig. 1). 11 y eut ainsi sous la butte Montmartre des cavités hautes de 20 m, descendant à 40 m sous la surface du sol et suffisamment larges pour livrer passage aux chariots.
- Dans Paris, ces carrières géantes ont été à peu près totalement supprimées à cause des graves dangers d’effondrement ; on peut en voir un beau fragment conservé dans le parc des Buttes-Chaumont, à côté du pont dit « des Suicidés ».
- Malheureusement, cette destruction des carrières a été faite rarement par comblement, procédé qui offre une certaine sécurité, mais par foudroyage, c’est-à-dire en faisant sauter les piliers : méthode expéditive mais barbare qui laisse subsister des vides inconnus et réalise, par l’amoncellement des blocs effondrés, une architecture souterraine d’une stabilité douteuse. C’est là une imprudence irréparable, puisqu’il n’existe pas de galeries de visite permettant de surveiller les glissements possibles et d’intervenir par des travaux de consolidation.
- La situation est infiniment meilleure dans les carrières de pierre à bâtir, notamment dans celles qui étaient exploitées en faible hauteur, par hagues et bourrages (fig. 2 et 8). Dans ce mode d’exploitation, on enlevait la totalité du banc sur une hauteur de 2 à 3 m et on bourrait fortement les vides à l’aide de terre de comblement maintenue par des murettes en pierres sèches ou « hagues ».
- Ici, de nombreuses galeries de visite, muraillées ou taillées en plein calcaire solide (fig. 4) ont pu être aménagées par le Service des Carrières; les ciels croulants (fig. 9, 10) ont été consolidés, des superficies énormes de galeries ont été comblées; au droit des édifices et dans les régions dangereuses, des piliers et des arcades de renforcement ont été construits à grand frais. Enfin tout cet ensemble a fait l’objet d’une cartographie méthodique et tenue à jour (fig. 5 et 6).
- KILOMÉTRAGE DE QUELQUES GALERIES
- Voici les longueurs de galeries de carrières (x) existant sous différents terrains ou édifices parisiens : Cimetière Montparnasse, 7706 m; Hôpital Cochin, 1200m; Hospice Sainte-Anne, 1442 m; Parc Montsouris, 2610 m; Observatoire, 1000 m; Chemin de fer de Sceaux, 3900 m; Aqueduc d’Arcueil, 2202 m; Val-de-Grâce, 1880 m; Jardin du Luxembourg, 2372 m; Jardin des Plantes, 815 m; Chemin de fer de Ceinture, 6576 m (accessible par des puits à échelles); Lycée Montaigne et Ecole de Pharmacie, 1400 m avec 3 m 20 de hauteur de plafond mais 13 m seulement d’épaisseur de protection jusqu’à la surface du sol.
- Le Trocadéro est bâti sur carrières, ses fondations reposant sur des piliers de maçonnerie de 4 m de hauteur et d’au moins 3 m de côté. Le recouvrement est faible, 6 à 9 m. Au cours des travaux actuels, on a retrouvé
- Fig. 4. — Galerie « en tranche de masse » dans l’épaisseur du calcaire.
- différentes « attractions » de l’Exposition de 1900 : temple d’Agamemnon, gouffre de Padirac, temple chinois, etc. (fig. 11).
- Cet énorme développement ne doit pas faire illusion, car il est presque tout en longueur avec des largeurs de l’ordre de 1 m 50; ce sont des couloirs et non des espaces habitables (fig. 4 et 13).
- Fig. 5. — Lever de plan exécuté dans un rameau souterrain.
- On aperçoit sur le pilier les inscriptions du Service des Carrières qui identifient la galerie.
- 1. D’après Gérards.
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- Fig. 6. — Fragment des plans de carrières au voisinage de l'avenue de Montsouris.
- Ce plan indique, en signes conventionnels, les masses de calcaire grossier, les murs et piliers de consolidation, les hagues (lig. 8) et piliers à bras (fig. 2) les bourrages et remblais (fig. 8), les i'ontis (p. 302), les ciels écroulés (flg. 9), les puits de service et les
- rameaux de l’ossuaire municipal ou catacombes.
- Ouvrons ici une parenthèse pour indiquer un grave danger que les cavités souterraines font courir aux constructions et aux habitants de la région sous-minée : c'est l’effondrement souterrain progressif en « cloche de fontis » (fig. 10). Le phénomène se produit de la façon suivante : le ciel d’une cavité non remblayée se fissure et s’effondre, mettant à nu un banc supérieur, généralement moins compact, puisque les carriers ont précisé-
- Fig, 7. — Galeries souterraines à des niveaux différents dans le sous-sol de la rue Sponllni (groupe Passy-Chaillot, iig. 3).
- Seule, la galerie inférieure possède un recouvrement suffisant pour être utilisée comme abri.
- Sponti.
- Altitude 52
- /y ^ Marne blanche 7^-^- Caillasse cafcaii'e T Marne et calcaire Caillasse
- -K Marne et cailloux Caillasse calcaire
- .Remblais/
- Exploitation
- souterraine
- —Calcaire tendre
- Sable.argile.calca ire Banc de roche
- Exploitation souterraine de calcaire
- — Masse ca 'tcâire
- Altitude 38
- ment eu soin de ménager au-dessus de leurs galeries un banc solide. L’écroulement gagne ainsi lentement en hauteur, la cloche arrivant au voisinage de la surface du sol : une vibration importante, le passage d’un camion, voire d’un piéton suffît à provoquer une catastrophe (1).
- Actuellement, le Service des Carrières doit être saisi par les architectes de leur intention de bâtir sur les aires bien définies de la capitale où existe un danger possible. L’avis technique délivré en échange par le Service n’engage pas ce dernier, c’est-à-dire que la situation souterraine peut être encore plus mauvaise que les études ne permettent de le supposer; cet avis indique seulement, soit que le terrain est sous-miné, soit que la situation est si dangereuse que des travaux souterrains de consolidation sont indispensables. Dans ce cas, le Service des Carrières procède au récolement des travaux.
- INSUFFISANCE DES SUPERFICIES UTILISABLES
- Venons-en à l’utilisation éventuelle des carrières comme abris collectifs.
- Si nous éliminons tout d’abord les carrières de gypse à cause de leur danger naturel et de l’absence de galeries de visite, il nous reste les trois groupes de carrières de calcaire; de ces dernières, il convient de défalquer une partie extrêmement considérable qui a été remblayée, donc entièrement remplie de terre et de décombres.
- Il faut éliminer également les Catacombes, qui forment une partie des carrières sud et qui ont été remplies avec
- 1. Voir dans l’article précité, une description des principaux accidents ainsi survenus à Paris.
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- Fig. 8. — Galerie subsistant sur un front de masse.
- A droite, remblai, et murette de soutènement de remblai ou hague.
- dos millions de squelettes (environ 5 millions) provenant notamment de l’antique et pestilentiel cimetière des Innocents, dans le quartier des Halles.
- Outre les remblais proprement dits enterre, de nombreuses consolidations souterrains, en maçonnerie ou en béton, occupent une partie des vides situés sous les immeubles, les conduites souterraines, les égouts, le métro.
- Tous comptes faits, il subsiste pour une organisation éventuelle d’abris civils :
- Des espaces relativement vastes mais très rares tels que les carrières du Magasin aux Fourrages, boulevard Lefebvre, ou les carrières du Val-de-Grâce, de l’Observatoire, etc.;
- Les galeries, actuellement existantes, en comprenant sous cette rubrique les galeries de carrières dont nous avons indiqué précédemment le développement et dont la largeur n’excède pas 1 m 50; elles exigeraient quelques travaux de renforcement. Quant aux galeries de visite, elles sont très étroites, larges de 1 m au maximum et hautes de 2 m.
- Pour les deux catégories, espaces ou galeries, il y a également lieu de ne retenir que les cavités situées sous au moins 20 m de sol, épaisseur capable de résister aux plus fortes bombes; ceci élimine du coup la majorité des galeries de visite muraillées ménagées sous les voies publiques. Enfin il va de soi que ces carrières-abris doivent se trouver à proximité immédiate des centres de population à densité élevée, afin de ne pas imposer aux réfugiés un long parcours sous l’imminence d’un bombardement. Cette condition t opographique ôte malheureusement beaucoup de leur intérêt à de très belles carrières à piliers tournés qui existent dans la banlieue sud, principalement à Issy-Les Moulineaux et dont la superficie est évaluée à 30 000 m2. A Meudon, la municipalité étudie actuellement l’utilisation des carrières de craie dont une partie est transformée en caves ou champignonnières. Il existe huit carrières utilisables, quatre sur le versant est et quatre sur le versant ouest; des travaux de déblaiement, de renforcement, d’étanchéité aux gaz, d’aération, éclairage, aménagement des accès, sont envisagés.
- On pourrait abriter toute la population restante de Meudon, en cas d’alerte.
- Ainsi, contrairement à une opinion répandue, les volumes souterrains disponibles, disons plutôt les superficies souterraines dotées d’une hauteur de plafond acceptable, sont peu considérables sous Paris. Cette capacité matérielle correspond du reste à une capacité d’utilisation beaucoup plus faible, car il ne saurait être quèstion d’abriter les réfugiés en rang d’oignon le long d’un énorme kilométrage de galeries de 1 m ou de 1 m 50 de largeur ! Pratiquement, les abris utilisables se bornent à
- quelques espaces plus amples mais fort rares, tels qu’on en rencontre surtout dans le 14e arrondissement.
- PROBLÈME DES ACCÈS
- Si nous passons à Vaménagement des carrières sous la forme d’abris collectifs, nous voyons surgir de nouvelles difficultés dont la principale est celle des accès.
- Fig. 9. — « Chaos » dans une carrière abandonnée.
- Effondrement du front, fissures du ciel; la toise mesure 2 m., divisés en décimètres
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- Fig. 10. — Travaux d'aménagement en galerie.
- Jin haut au premier plan, base d’une cloche de fontis (p. 302).
- Fig. 12. — Champignonnière établie dans une galerie de carrières
- souterraines.
- Les champignonnières ont aujourd’hui disparu à Paris.
- Pour livrer passage très rapidement et en toute sécurité à une foule menacée d’un péril de mort et comportant des éléments peu valides et impressionnables, de très larges accès, présentant le minimum d’escaliers mais plutôt des pentes et se prêtant aux prescriptions de sens unique, sont indispensables.
- Le plan actuel de défense passive prévoit que sur 4 millions d’habitants de la population de Paris et de la proche région parisienne, formant une agglomération d’ensemble susceptible d’être bombardée (1), 40 pour 100 au moins, soit 1 600 000 personnes, resteront sur place; le chiffre de 1 million de personnes à recevoir en abris (en quelques minutes, ne l’oublions pas), paraît donc un minimum.
- Or, si nous défalquons des quinze ou vingt entrées actuellement existantes les accès par puits ou escaliers étroits, il reste pour tout Paris six entrées capables de débiter chacune, compte tenu de 1’ « éclusage » contre les gaz, cinq personnes à la minute ! La disproportion est écrasante.
- Nous ne pouvons entrer ici dans le détail de la création
- Fig 11. — Restes d'un temple chinois datant de l’Exposition de_1900, dans les carrièresjiu Trocadéro.
- et de la réouverture d’autres entrées, offrant un plus grand débit. Pour les réouvertures des orifices murés, elles ne fourniraient que des passages étroits, débouchant «généralement dans des caves; il existe ainsi d’anciennes champignonnières (fig. 12), d’anciennes caves de brasseurs qui pourraient être utilement rouvertes et aménagées pour augmenter la capacité d'abri des caves d’un immeuble, voire pour recevoir les réfugiés d’un groupe d’immeubles, non pour un abri collectif, dont les exigences sont autrement sévères.
- La création de nouvelles entrées se heurte à de grosses difficultés pratiques, du fait que ces entrées à grand débit occupent beaucoup d’espace, exigeant des expropriations coûteuses. De plus, elles seraient inopérantes dans le cas le plus fréquent où ces larges avenues modernes
- 1. La « région parisienne » officielle occupe un périmètre beaucoup plus vaste mais en formations disséminées (voir La Nature, n" 29G7 du 15 décembre 1935).
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- aboutiraient à un lacet de petits couloirs dangereux en cas de panique.
- Soulignons-le, cependant, car il n’y a pas, dans ce problème des carrières-abris, tant d’éléments favorables ! Cette solution : carrières-galeries et salles relativement vastes, desservies par des entrées nouvelles comportant une pente douce de 250 m (pour descendre à 20 m), constitue actuellement la meilleure réalisation que l’on puisse envisager. Une dépense de 200 à 300 millions serait nécessaire... le quart du prix de la Normandie.
- Cet aspect financier du problème se rencontre du reste à chaque instant, ne fût-ce que pour l’achat des carrières lorsqu’elles appartiennent à des particuliers, comme c’est le cas des belles carrières à piliers tournés de la région sud. Les propriétaires demandent des indemnités qui seraient à inscrire au passif déjà lourd des carrières-abris. Au total, il n’existe que des cas d’espèce; suivant les endroits, il peut être plus avantageux de construire de toutes pièces un abri nouveau, suivant les techniques les plus modernes du béton étanche, à plafond puissamment renforcé, ou d’aménager des carrières. On ne peut qu’approuver la formule du Service des Carrières, crui est le bon sens même :
- Fig. 13. — Entrée d’une très petite galerie de visite voûtée. Hautes de 1 m 50 seulement, certaines galeries sont totalement inutilisables, sauf pour des spécialistes.
- UN EXEMPLE DE CARRIÈRE-ABRI
- Nous voudrions terminer ce bref aperçu d’ensemble par un exemple concret en décrivant un projet d’aménagement d’une belle carrière qui existe sous le square Froidevaux, à côté de la place Denfert-Rochereau (fig. 14, 15 et 16). Ce projet très détaillé a été établi par MM. Rey et Martin, architectes : le système de sas à siphon est dû à M. Thibierge
- (fig- 18) (')
- 1. Voir aussi la brochure de MM. Gutperle etRey, Imprimerie Gommés.
- Fig. 14. — Projet d’abri aménagé en carrières sous le square Froidevaux.
- Coupe par deux escaliers d’accès montrant (à droite) le sas siphoné ; les piliers sont en blanc (communiqué par MM. P.-H. Rey et G. Martin, architectes).
- « Aménager tout ce qui est aménageable sans se leurrer de trop vastes espérances. » Ajoutons que les galeries souterraines peuvent offrir un abri efficace à des objets de valeur, à des œuvres d’art, aux collections du Louvre, à de l’or...
- Des mesures dans ce sens sont à l’étude à la Préfecture de Police.
- Fig. 15. — Plan de la carrière-abri Froidevaux.
- Les piliers et les murs sont en noir; les lignes en Y représentent les tuyauteries de ventilation; P E portes étanches.
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- Fig. IG. — Plan extérieur de la place Denfert-Rochereau et du square Froidevaux, montrant l’emplacement de l’abri. L’escalier des Catacombes, bien connu du public, se trouve à toucher
- le bâtiment en U.
- Les carrières choisies présentent tout d’abord l’avantage topographique de se trouver dans un quartier où il existe beaucoup de petits immeubles n’offrant qu’une sécurité insuffisante pour l’aménagement d’abris en caves.
- Fig. 17. — Pénétration d’air extérieur pollué à forte densité D dans un abri où l’air pur possède une densité plus faible d.
- De gauche à droite : l’air en surpression dans l’abri se détend vers l’extérieur; l’air de l’abri s’échappe par le haut de la porte tandis que l’air pollué entre par le bas; l’air pollué emplit le bas de l’abri et se diffuse vers le haut. Cette pénétration se produit nécessairement avec les portes verticales.
- Fig. 18. — Principe du sas siphoné.
- L’entrée dans un abri s’effectuant par une trappe horizontale T (à gauche), la surface de séparation des gaz: s’établit suivant le plan horizontal A B de cette trappe; celle-ci peut donc rester ouverte à la condition que la vitesse d’écoulement de l’air en surpression soit supérieure à la vitesse de diffusion (quelques cm. par seconde); ainsi les gaz n’atteignent pas la limite C. D. A droite, réalisation pratique montrant le trajet d’entrée sous un toit à carapace; mêmes lettres pour la figure
- de gauche (système Thibierge).
- D
- ^A bri en surpression
- Les galeries que l’on utiliserait se trouvent dans le calcaire grossier moyen et inférieur; elles sont recouvertes de 19 m de terre représentant une charge de 38 t par m2 de ciel. Quelques travaux de consolidation seraient nécessaires et il y aurait à évacuer certains remblais.
- La section des piliers de renforcement serait d’environ 25 pour 100 de celle de l’abri, les piliers étant espacés de 3 m 50 d’axe en axe. Piliers et murs de pourtour seraient construits à l’aide de calcaire extrait sur place et la charge de la roche ne dépasserait pas 20 kg par cm2.
- La hauteur actuelle de ciel, soit 2 m 40, serait conservée afin d’avoir le volume d’air maximum. Pour éviter une déshydratation du calcaire, provoquant des tassements, on pourrait prévoir un plafond d’isolement mais ceci ne paraît pas nécessaire étant donné que l’abri sera clos et non ventilé en temps ordinaire.
- La surface totale de l’abri serait de 600 m2 et sa capacité de 1200 personnes, à raison de deux personnes par mètre carré. Il existerait au moins trois accès disposés dans de petits bâtiments construits au niveau des rues (fig. 14) ; on y trouverait un poste de surveillance, un large vestibule donnant accès au sas-siphon Thibierge et un autre sas à portes étanches. Dans l’abri lui-même (fig. 15), il y aurait le téléphone avec la ville, un poste de T. S. F., un poste sanitaire de secours, douches, lavabos, w.-c. avec fosse chimique, réservoirs d’eau potable pour les occupants et les habitants du quartier, une réserve de vivres et une petite usine de ventilation et de régénération de l’air.
- Tant que la ventilation resterait possible, elle serait assurée par trois prises d’air situées respectivement au sommet d’un immeuble voisin, haut de 28 m, au sommet d’un autre immeuble haut de 15 m et sur l’une des entrées de l’abri.
- Dans le cas où ces trois entrées d’air seraient intoxiquées, on pourrait aspirer à travers des filtres chimiques ou même marcher en circuit fermé avec régénération par la soude et l’oxygène.
- LE SAS-SIPHON THIBIERGE
- Une remarquable solution technique a été adoptée par les auteurs du projet, pour remplacer le sas ordinaire à deux portes verticales, en vue d’éviter l’entrée considérable d’air pollué qui se produit à chaque passage.
- Considérons (fig. 17 à gauche) un abri ou plutôt un sas dont on ouvre la porte extérieure verticale; tout d’abord, l’air pur contenu en surpression dans le sas se détend, mais l’équilibre étant rétabli, l’air pollué de gaz denses, pénètre en vague par le bas de la porte tandis, que l’air pur s’échappe par le haut (fig. du milieu). Finalement, le sas se trouve envahi jusqu’au plan horizontal passant par le haut de la porte, l’envahissement se poursuivant du reste graduellement par diffusion vers le plafond (fig. de droite).
- Tout autre est le phénomène si l’on s’adresse à une entrée remontante telle que la trappe T
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- (fig. 18 à gauche). Après la détente de l’air pur en surpression, le niveau de l’air pollué lourd s’établit suivant le plan horizontal AB de la trappe et la pollution ne peut gagner en hauteur que par diffusion. Il suffira donc que la vitesse d’écoulement entretenue par les machines de ventilation soit supérieure à cette vitesse de diffusion (à peine quelques centimètres par seconde), pour que les gaz ne puissent atteindre la limite CD au delà de laquelle ils couleraient dans l’abri.
- ............................-............307 =
- La figure 18 (à droite) montre la disposition pratique d’une entrée à sas siphoné, munie de deux trappes TT à fermeture hydraulique, la désinfection des arrivants étant opérée dans l’intervalle des deux trappes. Ajoutons que le système peut être appliqué à la noria d’hôpital de M. Guteperle destinée au transport automatique des malades et invalides sans dépense de force motrice vers l’intérieur des abris. Pierre Devaux.
- Ancien Elève de l’Ecole Polytechnique.
- LA RÉSERVE ORNITHOLOGIQUE DE MESNIL-EN-CAUX
- Chaque année des touristes s’amusent (?) à tuer les Oiseaux de mer sans raison aucune et sans même ramasser leurs victimes. Les plaintes affluent à \a Ligue Française pour la Protection des Oiseaux. C’est pourquoi celle-ci, en sa séance du 10 décembre 1931, émit le vœu suivant :... « Que la destruction des Oiseaux de mer non gibier soit interdite sur les côtes et particulièrement sur des plages intéressant le tourisme, dans les stations balnéaires et dans les régions de pêche ». Le texte de ce vœu a été transmis à M. le Ministre de l’Agriculture.
- La L. P. O. ne s’est pas contentée d’émettre des vœux et d’élever la voix en faveur des Oiseaux de mer; elle a créé des Réserves.
- J’ai dit comment la L. P. O. a fondé, en 1912, la première Réserve ornithologique française aux Sept-Iles en Perros-Guirec en vue de protéger spécialement le Macareux, en voie de disparition (1). Depuis 1929, la Ligue s’est rendue locataire du petit archipel breton qui, bien gardé, est devenu l’asile inviolé non seulement du Macareux, mais encore de plusieurs autres espèces d’Oiseaux de mer.
- Cependant, la création de Réserves sur les côtes s’impose. Nous avons commencé par protéger une colonie de Cormorans installée sur la côte normande, à Mesnil-en-Caux.
- En 1930, notre collègue M. Chabot informa la L. P. O. que de mauvais chasseurs décimaient la colonie de Cormorans, laissant les cadavres se décomposer sur place. De plus, ces stupides massacreurs venaient d’exterminer une centaine de poussins de Goélands argentés.
- Aussitôt la L. P. O. entreprit les démarches nécessaires.
- M. le Préfet de la Seine-Inférieure, en accord avec le maire de Criel-sur-Mer, l’autorisa à poser, sur les falaises de Mesnil-en-Caux, des plaques destinées à faire respecter par le public les colonies d’Oiseaux qui nichent en ce lieu.
- En 1932, trois plaques ont été posées, par les soins de notre regretté collègue, M. Chabot. Elles sont ainsi libellées :
- 1. « Les Oiseaux qui changent de masque », La Nature n° du 5 juillet 1924.
- Fig. 1. — Falaises de Mesnil-en Caux, où nichent les Goélands argentés. (Cliché A. Labitte).
- LIGUE FRANÇAISE POUR LA PROTECTION DES OISEAUX
- FONDÉE PAK LA SOCIÉTÉ NATIONALE D’ACCLIMATATION DE FRANCE
- 4, Rue de Tournon - PARIS-VI'
- Réserve d’Oiseaux de Mer
- Protection des Cormorans ' -et des Goélands argentés qui nichent dans la falaise
- Approbation de Monsieur le Préfet de la Seine-Inférieure, en date du 18 juillet 1931.
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- Fig. 2. — Nid el ponte de Goéland argenté sur les éboulis des falaises de Mesnil-en-Caux. (Cliché A. Labitte).
- La station de nichaison protégée s’étend sur 10 km environ, entre Criel et Berneval et Biville-sur-Mer.
- Fig. 3. •— Poussin de Goéland argenté endormi au soleil, dans la Réserve de Mesnil-en-Caux. (Cliché A. Labitte).
- En 1932, on comptait cinq places à nids; les Cormorans formaient trois colonies de quinze à vingt couples, qui s’étaient établies entre Mesnil-en-Caux et Neuvillette, puis un peu plus loin vers Berneval. Les Goélands argentés s’étaient fixés entre Jolibois et Mesnil-en-Caux.
- La Ligue trouva sur place un collaborateur en la personne d’un cultivateur qui s’est engagé à surveiller la Réserve. Auparavant, M. le Préfet de la Seine-Inférieure avait bien voulu donner des instructions pour mettre un terme aux actes de braconnage commis par les destructeurs de couvées.
- Au printemps de 1934, eurent lieu deux visites de la Réserve de Mesnil-en-Caux. Quatre ornithologistes entreprirent l’excursion, parmi lesquels M. A. Labitte, délégué de la L. P. O. et M. A. Ropars, secrétaire aux Réserves de la L. P. O. Ils explorèrent en détail les falaises, parfois très élevées au-dessus de la mer. — Au Mont-Jolibois, elles ont plus de 100 m de hauteur. — Ils reconnurent que l’action de la L. P. O. avait produit de bons résultats : les couveuses et les poussins ont cessé de servir de cibles aux massacreurs.
- Les Cormorans ont été contraints de déménager, car la partie de falaise qu’ils avaient primitivement choisie pour nicher, s’est éboulée. Un très petit nombre de couples est demeuré sur une étroite corniche, encore solide, mais la majorité des couples — de 30 à 40 — se transporta entre Biville et Dieppe, à Braquemont, dans des falaises d’accès très difficile aux touristes.
- Il s’agit du grand Cormoran (Phalacrocorax c. carbo L.), qui est devenu rare en France.
- Sur la côte normande, le Cormoran arrive sur le point de nichaison au commencement d’avril.
- La Réserve de Mesnil-en-Caux est peuplée de Goélands argentés dont la colonie compte environ trois cents couples. D’après le compte rendu de M. A. Labitte, les Goélands nichent à peu près à mi-hauteur de la falaise, sur les entablements, mais tous ne peuvent pas y trouver place, c’est pourquoi l’on en voit s’établir sur des éboulis; d’autres s’installent sur la crête.
- Les nids des Goélands, peu volumineux, sont faits d’algues sèches, d’herbes et de brindilles. Ils sont « déposés « à même le calcaire, mais de façon à être retenus par « les quelques rares végétaux qui poussent en ces lieux, « principalement une espèce de Chou sauvage ».
- Les visiteurs remarquèrent des Goélands en livrée de deuxième année, et ils apprirent que l’espèce fréquente toute l’année cette partie de la côte.
- Dans la Réserve de Mesnil-en-Caux niche également le Faucon pèlerin. Nos collègues virent trois aires, situées bien entendu en des points inaccessibles de la falaise.
- Des observations sur le vol du Faucon ont révélé, ou du moins montré, la singulière puissance de ce vol : sans donner un coup d’aile, le Faucon peut accomplir la montée d’une falaise presque verticalement.
- Pour se nourrir, les Faucons capturent beaucoup de Pigeons et de Choucas.
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- Ces derniers nichent en grand nombre dans la falaise, depuis Ault jusqu’à Dieppe, mais ils se tiennent à distance des emplacements choisis par les Goélands.
- En outre, nichent dans la falaise des colonies d’Hiron-delles de rivage (Riparia riparia L.) et d’Hirondelles de rocher (Riparia rupestris L.).
- Sur la côte, se voient de petits Oiseaux, tels que le Pipit obscur, le Rouge-queue tithys. Et dans les herbes qui couvrent le sommet de la falaise, l’Alouette des champs, le Pipit des prés abritent leur nichée.
- .............1 = 309 =
- Actuellement, la Ligue Française pour la Protection des Oiseaux s’occupe de l’aménagement de la Réserve d’Oiseaux de mer du Cap Fréhel. Et nous espérons étendre notre action sur divers points des côtes de France.
- A ce sujet, nous recevrions volontiers les suggestions des lecteurs de La Nature qui, en nous envoyant des renseignements, nous aideraient à protéger les Oiseaux de mer, vivante parure de nos paysages marins.
- A. Feuillée-Billot.
- RECHERCHES SUR L’AMÉLIORATION DES VOILURES SUSTENTATRICES
- Le grand public qui juge l’aviation d’après ses possibilités nouvelles : traversées transatlantiques, liaisons postales rapides, aviation de faible puissance, doit s’intéresser aux perfectionnements techniques qui autorisent ces belles réussites. Il importe donc de jeter un coup d’œil d’ensemble sur les applications aérodynamiques récentes et sur les recherches en cours qui laissent entrevoir certaines réalisations d’avenir.
- Parmi les préoccupations des constructeurs d’avions, l’amélioration du rendement des voilures sustentatrices tient une place de premier plan. Quel que soit le type d’appareil choisi, l’ingénieur d’aéronautique se trouve devant le délicat problème suivant : avec une certaine puissance, faire voler un avion d’un poids donné à la plus grande vitesse possible, tout en conservant une vitesse d’atterrissage réduite; l’étude de la stabilité et des gouvernes rendant son pilotage facile et présentant toute sécurité désirable.
- Pour satisfaire à la première condition, il faut, une fois que la surface et les lignes générales ont été déterminées, utiliser un bon profil à faible traînée et éliminer rationnellement toute résistance passive inutile.
- Les divers catalogues de profils résumant les travaux de nombreux laboratoires permettent de faire un choix judicieux. Pour avoir quelque certitude sur la( conservation des qualités du profil lorsque l’on passe de l’essai de maquette à la vraie grandeur, il est bon de consulter les comparaisons effectuées dans les tunnels à densité variable ou les souffleries géantes, complétées parfois par des essais en vol.
- La réduction des résistances passives peut se faire en carénant tous les accessoires, en escamotant le train d’atterrissage, en soignant les formes de capots moteurs, des couples du fuselage, etc... et en étudiant le raccordement aile-fuselage qui est souvent une source d’interactions néfastes.
- Pour que les conditions de grande vitesse maxima et de vitesse réduite à l’atterrissage soient compatibles, l’emploi de dispositifs hypersustentateurs s’impose de plus en plus.
- Nous distinguerons les systèmes à fentes, volets, profils auxiliaires qui tendent à devenir courants en
- Fig. 1. — Coefficient de plus grande portance (Cz max) compatible avec une vitesse mini ma d’atterrissage pour une charge au m2 (P/S) déterminée.
- Vmin Km.h
- P/S Kgr/m
- construction moderne — les systèmes à éjection ou aspiration d’air en certains points du profil — et des combinaisons spéciales de cellules biplanes ou multi-planes.
- D’autre part, pour bien comprendre le mécanisme de l’atterris sage, nous croyons utile de rappeler que la vitesse minima théorique au moment de la prise de contact avec le sol est donnée par l’expression :
- N km.h = 14,4 i/££-------
- V Cz max
- P/S étant la charge au m2 de la voilure (kgr/m2) ; Cz max la plus grande valeur du coefficient de portance Cz déterminée en soufflerie ou par un essai en vol.
- Le tableau à double entrée et le graphique ci-joiiits indiquent les vitesses d’atterrissage théoriques en km-h en fonction de la charge au m2 et du coefficient Cz max du profil. Leur interprétation montre immédiatement l’intérêt des dispositifs hypersustentateurs à Cz max élevé en vue de réduire la vitesse d’atterrissage.
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- = 310 —.............=..... ...... - . - —.....=
- Ceci posé, essayons d’expliquer physiquement ce qui se passe à l’angle critique de la portance maxima.
- Si le mouvement d’une aile avait lieu en fluide parfait, la théorie de Joukowski qui s’applique au courant plan (aile d’envergure infinie) et celle de Prandtl qui tient compte de la limitation de l’envergure (résistance induite), nous apprennent que la portance augmenterait indéfiniment en fonction de l’incidence. Mais à cause de la viscosité, les différentes couches d’air en contact avec le profil sont plus ou moins entraînées dans le déplacement de l’aile. Au fur et à mesure de l’accroissement de l’incidence, le frottement cause une dissipation de l’énergie
- \ Cz p\rnax /s \ 1 1,5 2 2,5 3
- 10 45,5 37,2 32 28,8 25,4
- 25 72 59 51 45,5 41,5
- 50 101 83,5 72 64,5 58,8
- 75 124.5 102 88,2 78,8 69,5
- 100 144 117 102 91 83
- 125 161 131 114 102 93,5
- 150 17 7 144 125 111,3 102
- Fig. 2. — Vitesse minima théorique en km-h pour différentes valeurs du coefficient Cz max et différentes charges au m2 (kg-m2).
- sous forme d’une zone de remous qui prend naissance à l’arrière de l’extrados.
- Cette poche d’air accompagnant l’aile dans sa translation produit de fâcheuses conséquences : forte augmentation de la traînée, plafond, puis diminution de la portance, et quelquefois instabilité dans la position du centre de poussée.
- Pour atténuer ces graves inconvénients, différents procédés ont été imaginés. On peut obtenir un coefficient Cz max assez élevé à des angles moyens par braquage de volets, ce qui revient à augmenter la courbure du profil. On peut retarder les décollements qui se forment sur l’extrados en bénéficiant d’interactions favorables entre surfaces voisines : ailes à fentes, profils auxiliaires,
- cellules biplanes ou multiplanes. Enfin une troisième catégorie utilise un apport d5énergie extérieur pour combattre la poche tourbillonnaire en soufflant ou en aspirant la couche en contact avec le profil, appelée généralement couche limite ou frontière.
- Considérons tout d’abord les systèmes à volets et fentes dont l’application est devenue maintenant courante en construction aéronautique.
- AILES A VOLETS ET FENTES
- On distingue plusieurs sortes de volets : le volet de courbure ordinaire constitué par une certaine proportion du bord de fuite de l’aile tournant autour d’une ligne de charnière; le volet à fente qui laisse subsister un passage entre le bord d’attaque du volet et la partie arrière de l’aile principale; et le volet d’intrados qui n’intéresse que la partie inférieure arrière du profil; la partie supérieure n’étant pas modifiée (x). Il est possible de plus, en décalant un volet vers l’arrière, de réaliser une aile à fente et surface variable susceptible de produire une haute portance.
- En ce qui concerne les dispositifs hypersustentateurs placés à l’avant de l’aile, le plus connu est le système Handley-Page. Il se compose d’une partie du bord d’attaque du profil, qui, au moyen d’un équipage mobile automatique ou commandé par le pilote, vient se placer au moment de l’atterrissage à une certaine distance en avant de l’aile. La fente ainsi ménagée permet le passage d’un courant d’air additionnel qui combat et retarde l’apparition des décollements sur l’extrados.
- Pour simplifier, certains constructeurs ont fixé rigidement l’ailette avant par rapport à l’aile en l’appelant « bec de sécurité », mais comme la résistance Ca; du profil se trouvait fortement majorée, des expérimentateurs américains ont déterminé parmi 140 positions de ce profil auxiliaire, celle produisant le maximum de portance (Cz max) pour le minimum de traînée (Ca; min.), ou, autrement dit, celle donnant la plus grande valeur
- Cz max . . .
- du rapport —------—• Cette position, definie par une dis-
- Ca; min
- tance égale à 15 pour 100 de la corde de l’aile entre le bord de fuite du profil auxiliaire et le bord d’attaque de l’aile principale et une hauteur de 12 pour 100 au-dessus de la corde d’intrados, rapproche ce dispositif des cellules biplanes décalées dont nous parlerons dans la suite.
- Afin de bénéficier au maximum des avantages des systèmes hypersustentateurs, il vient tout naturellement à l’esprit d’associer une fente avant et un volet arrière sur un même profil. Les tableaux joints résument plusieurs combinaisons essayées en soufflerie et en partie en vol; la figure 3 s’applique aux éléments simples et la figure 4, aux doubles combinaisons. Il faut noter que tous ces résultats, sauf ceux de l’aile Fowler, sont relatifs à un allongement voisin de l’allongement infini obtenu en essayant des maquettes rectangulaires de 0,40 m de corde dans un courant plan limité par des panneaux. Cette méthode en usage courant à l’Institut
- 1. Voir La Nature, n° 2906 du 1er juin 1933.
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- ^ Désignation Braquage du volet Valeur duCzmax Incidence duCzmax Czmax Cxmin Méthode d'essai
- FhofTI Clark.Y. 0 1A9 11° Vs 130 Sf.Cyr Entre panneaux.
- Volet dintmdos?0% 60° 2,23 10° 199 n
- ^ Voleté fente 25% 35° 2,38 9° 158 //
- X lile Février à surface variable et fente Ai 4 0° 3,17 15° 203 NACA Tunnel7x1 IHt
- X Fiente Handlej-fhge ouverte 0° 2,15 21° V2 Cx min fie fermée StCyr Entre panneaux
- Profil auxiliaire 0 1,95 19° y2 m n
- Fig. 3. — Schémas et résultats d’essais de divers dispositifs hypersusterttateurs simples.
- Aérotechnique de St-Cyr possède, comme avantages, de permettre des mesures précises grâce à la grande profondeur du profd et de calculer par les formules classiques de Prandtl l’application de ces résultats à tous les allongements normaux.
- On doit remarquer que le Cz max d’un système diminue légèrement en même temps que l’allongement; la plupart des valeurs indiquées dans les tableaux, sauf celles de l’aile Fowler, doivent donc être considérées comme des maxima.
- Fig. 4. — Schémas et résultats d’essais de plusieurs dispositifs hgpersustentateurs à deux éléments.
- Désignation Braquage du volet Vcileur duCzmax Incidence duCzmax Czmax Cxmin Méthode d'essai
- Fente Handtey-fhge et volet dintrados. 60° 2,70 16° 225 Cxmin Affermée Sl.Cyr Entre panneaux
- Fhfil auxiliaire et volet d'intrados 4 5° 2A2 19oi/2 167 n
- Profil auxiliaire et volet à fente 350 2,62 13° m //
- Aile Fowler avec fente AF et fente Al A 0° 332 22° 199 U
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- 'Ensem ble 1+2
- 0,4 -Cx
- I en présence de 2
- I Isolé
- Fig. 5. — En haut : polaire du profil Clark Y, muni du profil auxiliaire. En bas : polaires du profil isolé et en présence du profil principal Clark Y.
- INTERACTIONS ENTRE CELLULES BIPLANES OU MULTIPLANES
- L’aviation, malgré sa jeunesse, enregistre parfois des recommencements — c’est ainsi que la question du monoplan et du biplan, qui souleva tant de farouches controverses à ses débuts, offre de nouveau matière à discussion.
- Pendant la guerre, pour des raisons de solidité et de facilité de construction, une préférence pour le biplan fut nettement marquée, préférence qui se poursuivit jusque vers 1930 en vertu des habitudes acquises. Depuis, l’application des grands allongements aux ailes épaisses en porte à faux orienta nettement la construction vers le monoplan moderne qui domine aujourd’hui.
- Fig. 6. — Image d’écoulement obtenu à la cuve à eau d’une des meilleures combinaisons du biplan étudié par M. Girerd.
- L’incidence étant voisine du Cz max., on remarque que le courant contourne les profils sans décollements notables et sans tourbillons alternés).
- Est-ce dire que le biplan se trouve condamné ? Nous ne le croyons pas du tout, car l’aérodynamique des cellules biplanes ou multiplanes vient d’en révéler des propriétés fort intéressantes.
- Des recherches systématiques entreprises depuis deux ans à l’Institut Aérotechnique de St-Cyr, sous la haute direction de M. Toussaint, par M. Girerd, assistant au Collège de France, en vue de soutenir une thèse qui fut fort remarquée, puis par M. Nenadovitch, professeur au lycée de Belgrade, afin de préparer également une thèse de doctorat, permettent d’éclairer la question du biplan qui était restée jusqu’ici assez confuse.
- Si on place, en effet, une aile au voisinage d’une autre, leur action de présence modifie l’écoulement aérodynamique sur chacune d’elles. Cette modification peut améliorer dans certains cas les caractéristiques des profils utilisés et faire bénéficier la construction aéronautique de solutions plus légères ou possédant à puissance égale des performances plus élevées. Il convient donc de mesurer les forces aérodynamiques sur chacune des ailes (inférieure et supérieure) en fonction de leur situation relative.
- Ces essais effectués en courant plan (allongement infini) ont été conduits avec beaucoup de précaution pour obtenir une grande précision. On a fait varier successivement l’entreplan, le décalage, l’interinclinaison qui définissent la position de l’aile supérieure par rapport à l’aile inférieure en hauteur, profondeur et incidence. L’examen de plusieurs centaines des courbes unitaires 100 Gc, 100 Cz, 100 Cm et des polaires obtenues révèle le sens et la valeur de l’interaction, permet de confronter les diverses théories avec l’expérience et indique les combinaisons les plus favorables à l’application pratique de ces résultats.
- Une première conséquence du travail de M. Girerd a été de définir les positions respectives des ailes pour lesquelles la tramée de l’une était négative, c’est-à-dire que la projection horizontale de la résultante est alors dirigée dans le sens de la translation. Pour l’aile supérieure, cette résistance négative ou autopropulsion apparaît à de faibles incidences pour des décalages négatifs ou nuis (aile supérieure en arrière de l’aile inférieure) et aux incidences voisines du maximum de portance pour des décalages positifs (aile supérieure en avant de l’aile inférieure). Pour l’aile inférieure, l’auto-propulsion a lieu pour des conditions de décalage inverses des précédentes. Ce fait saillant avait déjà été enregistré au cours de certains essais, tel celui du profil auxiliaire dont il a été parlé plus haut en présence de l’aile (fig. 5, en bas) et appliqué même pour réaliser l’ouverture automatique d’ailes à fentes, mais n’avait jamais été étudié d’une façon rationnelle.
- La portance est également influencée par l’interaction réciproque. D’une part, l’angle de portance nulle de l’aile supérieure, par exemple, tend à diminuer pour des décalages positifs, c’est-à-dire vers l’avant, et à augmenter pour des décalages négatifs. Comme c’était à prévoir, cette variation est de plus en plus sensible à mesure que les profils se rapprochent.
- D’autre part, conséquence très importante à la fois au
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- Polaires
- Aile inférieure © Aile supérieure © Biplan O Monoplan •
- Légende
- Courbes unitaires Aile inférieure © Aile supérieure ©
- F/ff. 7.— Courbes unitaires et polaires des éléments et de l’ensemble d’une des meilleures cellules essayée par M. Nenadouitch en courant plan (allongement infini).
- On remarque notamment la résistance négative et la forte portance de l’aile supérieure.
- point de vue aérodynamique et constructif, le maximum de portance de l’aile supérieure en particulier se trouve parfois considérablement augmenté.
- C’est ainsi que pour des décalages d’une corde et d’une demi-corde en avant, il est toujours supérieur à celui de l’aile isolée, ceci pour des entreplans pouvant atteindre une corde et demie. A titre indicatif, pour le profil de M. Girerd, on a enregistré une portance maxima de 270 à l’aile supérieure pour l’entreplan 1/3, décalage 1, et — 6° d’interinclinaison, soit une augmentation de 68 pour 100 par rapport au coefficient 160 de l’aile monoplane isolée.
- Ces propriétés remarquables : résistances négatives ou faibles, accroissement de portance pour l’une des ailes, laissent entrevoir qu’il peut exister des cellules biplanes dont la polaire, somme des polaires des deux voilures inférieure et supérieure, soit équivalente ou supérieure à celle du monoplan. M. Girerd avait indiqué l’existence de solutions équivalentes, mais il revient à M. Nenadovitch d’avoir signalé des combinaisons supérieures au monoplan à la fois au point de vue résistance et portance. Le montage employé permettait l’essai de biplans indéformables qui sont les plus généralement utilisés en construction aéronautique et le profil choisi était un biconvexe symétrique de 14 pour 100 d’épaisseur. .
- Les courbes représentées figure 7, relatant les essais en allongement infini de la disposition des deux profils pour l’entreplan 1/3, le décalage 1 et l’interinclinaison — 6°, permettent de juger tout l’intérêt de cette combinaison. La polaire de ce biplan obtenue par addition des polaires des ailes constitutives, étant située entièrement à sa gauche, se trouve donc meilleure que celle du monoplan. On peut remarquer que ce bénéfice provient presque exclusivement de l’aile supérieure dont la polaire présente une forte zone de traînée négative et une portance maxima très élevée.
- Afin de vérifier que les essais entre panneaux ne produisaient pas d’influence trop favorable, la polaire d’un biplan identique dont chaque aile avait sensiblement 4 d’allongement a été déterminée. Bien que les polaires se coupent dans ce cas, celle du biplan résiste moins et porte plus que celle du monoplan ; en outre, condition particulièrement appréciable contre le risque de perte de vitesse, la polaire de ce système biplan se prolonge jusqu’à des angles d’une trentaine de degrés presque sans diminution de portance.
- Parallèlement à ces recherches de laboratoire, il est curieux de noter que M. Mignet, en poursuivant l’expérimentation pratique de son « Pou du Ciel », est arrivé à une disposition de voilure analogue, bien que ne bénéficiant pas de la situation la plus favorable au point de vue des interactions. On sait qu’en plus de sa facilité de construction, cet appareil présente la particularité
- originale de commander la profondeur par la variation directe d’incidence de l’aile avant et le virage par le débattement unique du volet de direction. La commande par l’aile avant qui peut présenter des qualités constructives ne simplifie pas l’étude aérodynamique de la stabilité et de la manœuvrabilité. En effet, pour un centrage donné, à chaque interinclinaison ou. braquage de l’aile avant correspond une ou plusieurs positions d’équilibre caractérisant la stabilité, l’indifférence ou l’instabilité de l’appareil. Mais comme cette interinclinaison définit une nouvelle situation de ce biplan déformable, il faut non pas étudier comme pour un avion normal une polaire et deux ou trois courbes de stabilité, mais une famille de ces courbes. Autrement dit, pour tracer la polaire d’un avion de ce type, il faut d’abord déterminer les angles d’équilibre pour un centrage donné et reporter ces angles sur les polaires d’interinclinaisons différentes obtenues en supposant l’avion rigide. Cette
- Fig. 8. — Vue de la maquette d'une cellule biplane du même genre que celle du « Pou du Ciel » avec ferrures pour essais de stabilité en girouette.
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- 36%a.sup.\ kO%a.sup 38%a.sup.
- CdeG
- -100 Cm,
- Fig. 9. — Courbes de stabilité relatives à 3 centres de gravité de la maquette de la figure 8.
- particularité exigeant de nombreux essais, qui doivent être recommencés chaque fois que l’on utilise un profil ou un décalage nouveau, montre que le problème du « Pou du Ciel » est loin d’être aussi simple que certains peuvent le penser.
- Le calcul du moment central et des essais très complets effectués dans les laboratoires officiels montrent que, pour des centrages très en arrière, l’appareil peut prendre plusieurs positions d’équilibre dont certaines sont nettement dangereuses.
- Fig. 10. —• Courbes de stabilité pour le centre de gravité médian de la cellule précédente avec diverses inclinaisons de l’aile supérieure, celles-ci permettent d’obtenir l'équilibre de l’appareil aux angles normaux de vol.
- Centre de gravité 38%
- Cependant si le centrage ne dépasse pas 40 pour 100 environ de la corde de l’aile supérieure, il semble que la stabilité et la maniabilité soient satisfaisantes.- A titre indicatif, nous donnons figure 9 les courbes de stabilité en girouette d’une cellule sans fuselage ayant le même profil que celui utilisé par M. Nenadovitch et présentant une disposition analogue à celle du « Pou du Ciel ».
- On voit que pour l’interinclinaison moyenne de —3°, le centrage limite arrière est de 40 pour 100. La figure 10 indique qu’au centrage 38 pour 100, la cellule reste stable et prend des positions d’équilibre de 0 à 10° lorsque le braquage de l’aile supérieure passe de — 3° à -f- 3°.
- En ce qui concerne la stabilité transversale, la solution biplane, nouvelle formule, présente des avantages marqués. D’une part, des essais effectués à St-Cyr sur une cellule de ce genre, en enregistrant sur dynamomètres Gruson les couples de roulis et de giration en fonction de l’incidence, ont montré l’absence presque complète de discontinuités aux grands angles, contrairement à la défail-lance bien connue des ailes monoplanes isolées.
- D’autre part, un travail récent de M. lrving effectué en Angleterre confirme qu’en associant à une aile trapézoïdale effilée une aile avec dièdre et flèche vers l’avant pour former un biplan spécial (fig. 13), on obtient un ensemble possédant une grande stabilité en roulis jusqu’à des angles voisins de 40°. Comparée même à la disposition avec ailes rectangulaires normales, cette forme augmenterait considérablement la sécurité en reportant la mise en vrille à des angles de vol inusités.
- Enfin, remarque intéressante, il semble que tout en étant privé d’ailerons, le « Pou du Ciel» fasse des virages corrects.
- L’intérêt de l’ensemble des propriétés nouvelles de l’association de deux ou plusieurs voilures peut provoquer une évolution prochaine de la construction aéronautique. Il appartient aux ingénieurs des maisons d’aviation de transposer le fruit de ces recherches dans le domaine pratique pour juger si des doubles monoplans, où même des biplans ou multiplans à mâts, ne seraient pas supérieurs au monoplan pur qui semble représenter aujourd’hui l’image de la perfection aérodynamique. Il est vrai que les champions du monoplan répondront que l’objet de leur préférence peut être amélioré, comme nous allons le voir, par le contrôle de la couche limite.
- AILES ASPIRÉES. AILES SOUFFLÉES
- L’idée générale qui inspire ces recherches consiste à diminuer, sinon annuler, les effets du frottement sur le profil et plus particulièrement sur l’extrados lorsque l’aile atteint des angles voisins du Cz max. Deux solutions se sont présentées à l’esprit de nombreux expérimentateurs : soit d’absorber par aspiration la zone de moindre vitesse qui donne naissance aux tourbillons ou décollements — soit au contraire de restituer au fluide, par un courant d’air, l’énergie dissipée par le parcours le long du profil.
- Une dizaine d’essais ont été effectués dans plusieurs laboratoires; concernant les ailes aspirées nous citerons les travaux de M. Schrenk à Gôttingen et du NACA aux États-Unis. Les ailes soufflées ont donné lieu aux expé-
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- Fig. 11. — Le 28e « Pou du Ciel » ayant volé; avec son constructeur et l’un de ses jeunes admirateurs.
- riences de M. Lafîay à l’École Polytechnique, aux études de M. Katzmayr, au laboratoire de Vienne, à des essais américains assez complets et à une application de M. Toussaint relative à l’amélioration de la polaire et à la suppression des ailerons de gauchissement.
- Pour déterminer le bilan d’un dispositif et le bénéfice que l’on peut en attendre, il convient d’étudier la variation des divers paramètres : épaisseur du profil, caractéristiques des fentes en nombre, dimensions et positions, valeur de la pression d’aspiration ou d’éjection. Devant la complexité du problème, dont les essais cités plus haut constituent les premières mises en équations, nous nous contenterons d’indiquer quelques effets produits sur les propriétés de profils par un courant additionnel.
- Après de grandes difficultés expérimentales, notamment la construction d’un petit ventilateur tournant à 30 000 t : mn susceptible d’être logé dans la maquette,
- M. Schrenk, du laboratoire de Güttingen, a accumulé de nombreux résultats fort instructifs. C’est ainsi qu’il a étudié l’influence de la largeur et de la forme des fentes sur la pression d’aspiration et le compartimentage interne
- Fig. 13. — Le nouveau biplan Irving présentant une grande stabilité transversale jusqu'aux environs de 40° d’incidence.
- Fig. 12. — Le « Pou du Ciel » vu de face.
- de l’aile pour des profils très épais allant jusqu’à 44 pour 100. Il résulte de ces essais que l’aspiration doit être suffisante pour assurer le contournement sans perte de contact sur l’extrados de l’aile. Une fois cette condition réalisée, le fait d’augmenter la dépression d’aspiration n’apporte que peu de bénéfice, vu la dépense nécessaire à maintenir la dépression interne. Les graphiques joints montrent d’une part l’amélioration de la polaire obtenue lorsque l’on fait de l’aspiration et, d’autre part, la variation du coefficient de puissance Cx analogue à Cx en fonction des dépressions internes Cp.
- Avec une maquette de 1 m d’envergure, 0,250 m de corde, munie de deux ventilateurs, M. Schrenk a obtenu un coefficient de Cz max de 5 qui constitue un record jusqu’à ce jour; mais ce résultat implique, il est vrai, une grande dépense de puissance. Il faut noter, en outre, que le dispositif complexe d’écoulement par aspiration est assez instable et doit être sensible à l’effet d’échelle; il y aurait intérêt à reprendre ces essais sur des maquettes plus grandes, pesées sur des balances dynamométriques enregistreuses pour donner avec plus de précision le bilan du système.
- M. Katzmayr à Vienne a surtout travaillé la question des ailes soufflées sur des maquettes d’ailes et une
- Fig. 14. — Essais de M. Schrenk à Gôtlingen.
- Avecaspi
- ration
- ' Sans as
- ; oiration
- Fentes
- Polaire de l'aile a vec et sans j| Variation du coefficient de puissance Cx aspiration II pour différentes dépressions internes Cp
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- Section AA'
- WiimmmmmmiimttMum
- Section BB7
- 30 100 Cx
- Fig. 15. —• Polaires d’un monoplan à ailes soufflées obtenues au Laboratoire de Vienne par M. Kalzmayr.
- puissance à dépenser dans les ventilateurs. 11 y a lieu de remarquer également que l’on améliore le rendement en recouvrant les fentes d’une légère gaze perméable et il semble que l’augmentation de la force sustentatrice dépend plus de la surface des fentes que des changements d’aspiration.
- Il reste maintenant à transposer ces résultats de laboratoire dans le domaine pratique. M. Angeli, au cours d’une étude sur cette question, nous indique que l’emploi d’ailes soufflées sur un avion de transport trimoteur transformé ferait passer la vitesse maxima de 300 à 330 km-h et la charge payante de 1250 à 1810 kg. Ceci en fournissant aux compresseurs, lors de l’atterrissage, un peu plus du 1/3 de la puissance totale disponible des moteurs et environ 1/6 de cette puissance à la vitesse maxima. Souhaitons qu’un de nos constructeurs avisés n’hésite pas à construire un appareil de ce genre; il serait très certainement récompensé de son initiative.
- CONCLUSION
- Ce rapide exposé nous montre que de nouvelles solutions aérodynamiques pleines de promesses s’offrent actuellement en construction aéronautique. Au moment où chaque pays développe intensément son aviation, nous osons espérer que certaines idées, nées en France, y seront appliquées logiquement sans attendre que l’étranger en retire tout le bénéfice, comme cela arrive hélas trop souvent.
- Jean Lacaine.
- maquette de monoplan, les pressions de 5, 10, 20 mm d’eau étaient fournies par un compresseur extérieur. Les polaires, avec pression, accusent un gain considérable au point de vue Cz max, Cx min, et surtout finesse qui passe de 13 à 32. Suivant le type d’avion à construire, on peut d’ailleurs n’utiliser la pression qu’accessoirement à la vitesse maxima ou à l’atterrissage.
- Un des laboratoires américains du NACA a comparé les ailes soufflées et les ailes aspirées soit par la cartographie des pressions et dépressions sur le profil (fig. 16), soit par des mesures globales. Il a été montré que, pour les premières, la plus grande augmentation du C z max fut de 96 pour 100, la diminution du Cx min. de 27 pour 100, tandis que la finesse était majorée de 151 pour 100. En ce qui concerne les ailes aspirées, celles-ci se sont révélées plus économiques au point de vue de la
- Fig. 16.
- Diagramme des pressions et dépressions (intrados et extrados), obtenues pour le profil U. S. A. 27 à l’incidence 18° fente inactive et fente active, avec une pression égale à 11 fois la pression dynamique du courant d’air.
- A
- Profil U.S.A 27
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- APPAREIL ENREGISTREUR POUR SOUTERRAINS
- Les lignes de chemin de fer ayant été tracées alors que, depuis longtemps déjà, existaient routes et chemins, il a fallu assurer leur croisement avec ces voies routières et, dans certains cas, il fut nécessaire de créer pour celles-ci des passages supérieurs, c’est-à-dire des ponts, sous lesquels fut posée la voie ferrée.
- Le tracé des voies ferrées, par ailleurs, les amena parfois en présence d’obstacles constitués par des montagnes ou de simples hauteurs. Lorsque, par suite de pentes excessives, obligeant à des rampes trop accentuées, il était impossible de franchir l’obstacle en surface, et lorsqu’une déviation de la voie pour le contourner eût exigé des travaux trop importants et un allongement de la voie inadmissible, il fallut se résoudre à creuser des souterrains.
- Dans ces deux cas, évidemment, la hauteur et la largeur des ponts et des souterrains furent calculées de façon à laisser libre passage aux wagons chargés de marchandises, et il fut établi par les réseaux un gabarit limite de chargement pour les véhicules circulant sur ces réseaux.
- C’est le gabarit que l’on voit dans toutes les gares de marchandises, constitué par une tige de fer recourbée en forme d’arceau, et limitant, en hauteur et largeur, les dimensions de tout chargement.
- Mais il arrive, parfois, qu’un expéditeur demande l’autorisation de faire circuler un chargement exceptionnel présentant, en quelque point, une saillie sur le gabarit. Il arrive aussi que des chargements provenant d’un pays étranger, à gabarit différent, aient à rouler sur nos voies. 11 est indispensable, dans ces deux cas, et avant d’accorder l’autorisation demandée, de s’assurer que les véhicules pourront circuler sans inconvénient.
- Or, s’il est facile de connaître les dimensions et le profd exact d’un passage sous un pont, il n’en est pas de même dans les souterrains, où les relevés nécessaires, et fort longs, ne se font que très difficilement, en raison du passage des trains, de la fumée qu’ils laissent après eux, et de l’obscurité qui y règne en tout temps.
- On peut y faire passer, monté sur wagonnet, un gabarit dont le pourtour extérieur porte des lames flexibles. Les déformations de ces lames, à la sortie du souterrain, indiquent bien la présence d’obstacles, et leur distance approximative du gabarit, mais elles ne peuvent indiquer l’emplacement de ces obstacles.
- Et il faut, pour les trouver, procéder par profils rapprochés, que l’on étudie ensuite au bureau, mais qui ne donnent quand même que des résultats incertains, un obstacle pouvant exister entre deux profils sans avoir été reconnu.
- Dans les courbes, surtout, alors que la dénivellation des rails entraîne fatalement une inclinaison du chargement, il était très difficile de réaliser les raccordements nécessaires, et c’est pourquoi, dans certains souterrains en courbe, des ralentissements permanents étaient imposés.
- Un jeune agent du P.-L.-M., M. Pichon, dessinateur-projeteur à la section de St-Etienne-Châteaucreux, qui avait effectué plusieurs relevés en souterrains, imagina
- Fig. 1. — Vappareil enregistreur Pichon pour souterrains. A gauche : son inventeur. (Ph. Leponce à St-Étienne).
- Fig. 2. — Le mécanisme de l’appareil Pichon.
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- un appareil monté sur wagonnet spécial, qu’on peut atteler à une draisine ou même pousser à bras, et qui enregistre directement, et sans solution de continuité, le jeu existant entre la paroi d’un souterrain et le gabarit de la voie adjacente (fig. 1).
- Un tambour T (fig. 2) porte un papier qui s’enroule sous l’action d’un train d’engrenages E actionné par l’un des essieux du wagonnet, et qui, à une échelle réduite, et déterminée, indique le chemin parcouru par ce véhicule.
- Quatre styles, 1, 2, 3, 4 opèrent, sur ce papier, des tracés qui permettent de reconnaître les points où la circulation des chargements est difficile, en raison d’un jeu trop réduit, et donnent des indications précises sur le dévers.
- Un bouclier mobile B, tournant autour de l’axe vertical A, peut se déplacer autant qu’il est nécessaire, mais frotte en tout temps sur la paroi du souterrain, et reste toujours en contact avec elle.
- Son axe vertical A commande le style 1 qui, par conséquent, trace sur le papier le contour de la paroi du souterrain.
- Le style 2, au droit du point de frottement du bouclier, trace le contour du gabarit et l’intervalle entre les deux tracés est égal au dixième de l’intervalle entre le gabarit et la paroi, ce qui permet de trouver, en tous points; l’intervalle exact existant entre eux.
- Lorsque le dévers est nul, les tracés des styles 3 et
- 4 se confondent. Mais, si le style 4 est fixe, le style 3 est mû par un pendule, et, dans les courbes, son tracé ne coïncide plus avec celui du style 4, ce qui permet de déterminer l’emplacement du gabarit dans les parties en courbe.
- Le jeu du wagonnet dans la voie pouvant être une cause d’erreurs, M. Pichon, qu’on voit sur la photo à côté de son appareil, a imaginé un dispositif, D, qui neutralise les erreurs dues à ce jeu et fait que le tracé du style 2 reste correct dans tous les cas.
- Le diagramme obtenu indique donc très exactement les points où le jeu entre paroi et gabarit est insuffisant et fait connaître l’importance du dévers en ce point.
- Il est alors facile aux agents d’études, dans le silence du cabinet, de trouver la solution propre à améliorer la circulation.
- Et, d’après les données du diagramme, on y arrive en retaillant la paroi du tunnel, ou en rectifiant le tracé des voies, en plan ou en profil, et celui du dévers.
- La meilleure solution, d’ailleurs, consiste, le plus sou-’ vent, en une combinaison des deux procédés.
- Les résultats obtenus à la suite des premiers essais ont été si satisfaisants que M. Pichon a été chargé de faire, à l’aide de cet appareil le relevé des jeux existant dans tous les souterrains du réseau.
- La Nature se devait de signaler cette intelligente initiative.
- Georges Lanorvilee.
- LES ELANS DOMESTIQUES
- Les Élans sont de grandes antilopes comprenant deux espèces, l’Élan ordinaire dit du Cap, et l’Élan géant ou de Derby. Dans les classifications d’aujourd’hui les Élans (Taurotragus) constituent un genre de la famille
- Fig. 1. — Femelles d’Élans du Cap.
- des Bovidés, que l’on situe entre le genre Oçis (moutons) et le genre Boocereus, auquel appartient l’antilope.bougo des forêts congolaises.
- Les Élans sont de la taille du cheval ou du bœuf, et l’on signale des mâles pesant jusqu’à 800 kg.
- L’Élan du Cap qui habite toute l’Afrique du Sud aurait comme limite septentrionale de son extension, les plaines du Katanga jusqu’aux lacs Tanganyika et Victoria.
- La robe est jaune pâle, très souvent rayée sur les côtés du corps, de lignes blanches en nombre assez variable, certains sujets n’en ayant que trois tandis que d’autres en portent cinq ou six et même davantage.
- Toujours les pattes antérieures sont barrées d’une tache noire caractérisque, bien visible sur la face interne des membres antérieurs (fig. 1). Le pelage varie suivant les saisons : en période sèche, plus clair qu’en saison de pluies ; il y a généralement une teinte gris-bleuâtre. La crinière, d’un brun-noir, est prolongée par une raie dorsale de même teinte qui va en s’élargissant jusqu’à la queue.
- Les cornes, tant chez le mâle que chez la femelle, sont turbinées dans leur partie inférieure, se terminant en pointe lisse et aiguë. Plus petites chez la femelle que chez le mâle, elles peuvent atteindre chez ce «dernier 1 m de longueur. Jadis, lorsque cet animal était fort abondant dans les environs du Cap, les Hollandais se servaient des cornes d’Élans en guise de canne, en les garnissant à la
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- Fig. 2. — Un essai d’acclimatation à la ferme de Kabele-Nairobi (Kenya). Elans domestiqués el attelés.
- base d’un pommeau plus ou moins riche — or, ivoire ou bois — suivant le degré de fortune de son propriétaire.
- Au Katanga (Congo belge), on rencontrait encore l’Elan en petits troupeaux allant de quatre à dix individus, aux environs de 1910, errant dans les solitudes herbeuses des plateaux. Sur les flancs des Kundelungus, les groupes sont encore fort nombreux aujourd’hui, comprenant parfois plus de vingt têtes.
- Le considérant comme une excellente bête de boucherie, les colons lui firent une chasse sans merci qui eut pour conséquence d’en raréfier le nombre et de refouler les survivants vers les cantons les plus solitaires.
- Cet animal à la chair rappelant celle du bœuf tenta les amateurs de domestication.
- C’est ainsi qu’au Katanga, dès 1911, des Anglais s’étaient installés à Tchinska (Kapiri) pour capturer l’Elan au lasso et en essayer l’élevage. Cette chasse se faisait un peu à la façon des gauchos sud-américains s’emparant des bœufs sauvages. Mais de graves mécomptes attendaient ces pionniers; l’Elan peut fournir une course rapide, poussé à fond il s’essouffle et meurt de congestion. Malgré toutes les précautions prises, les Élans dont s’emparèrent les colons anglais périrent tous de cette façon. De guerre lasse, l’entreprise fut abandonnée.
- L’agent colonial belge Roland, opérant dans les Kundelungus, aux environs de 1918, après des essais de capture au kraal qui ne donnèrent rien, les bêtes se tuant sur les clôtures dans leurs tentatives désespérées pour reconquérir leur liberté, essaya les pièges qui lui livrèrent quelques animaux fort mal en point, blessés ou assommés par leurs essais de libération. La mort de M. Roland, survenue en 1919, fit renoncer à cette entreprise qui n’a pas été reprise depuis. D’autres tentatives réalisées de-ci de-là ne furent guère plus heureuses.
- Les fermiers rhodésiens se contentent, pour se procurer de la chair d’Élan, de tenir les animaux en semi-liberté et les abattent au fusil.
- Plus heureuse fut la tentative de la ferme expérimentale
- de Kabete (Nairobi-Kenya) qui réussit à élever et à dresser quatre jeunes Élans de Derby (fîg. 2).
- Selon M. E. Leplae, professeur à l’Université de Louvain et directeur général au ministère des Colonies de Belgique, « la capture des jeunes Élans et leur domestication » n’ont rien d’impossible, « mais pour réussir il faut » que l’œuvre soit menée avec persévérance et patience, pendant une dizaine d’années, avec les moyens financiers exigés par ce genre de travail; quelques efforts temporaires ne peuvent rien donner.
- Quant à l’Élan géant ou Élan de Derby, il se rencontre dans un territoire fort limité, situé à l’ouest du Nil et ne s’étendant pas au delà du Haut-Uelé. C’est un animal peu répandu, dont la rareté lui a valu la protection des autorités; sa chasse est interdite au Congo belge. Il est plus grand et plus fort que son congénère du Cap. Ses cornes énormes peuvent atteindre plus de la moitié de la longueur du corps qui dépasse souvent 2 m chez les mâles adultes. Le poil est de teinte plus foncée que chez l’Élan du Cap, allant souvent jusqu’au roux assez sombre ; les lignes blanches sont aussi plus nettes que chez ce dernier. G. Remacle.
- LA RECHERCHE DES PETITES PLANÈTES
- A L’OBSERVATOIRE D’UCCLE (BRUXELLES)
- Ce n’est guère que dans l’après-guerre, en 1924, que les astronomes de Bruxelles s’intéressèrent aux recherches systématiques des astéroïdes. Les moyens techniques étaient au début fort limités : un astrographe Zeiss de 30 cm d’ouverture et d’un mètre d’ouverture focale, monté sur pied en fonte obligeant au retournement de la lunette lorsqu’elle se trouvait au méridien, représentait tout le matériel dont on disposait. De plus, le système d’horlogerie entraîneur était défectueux et une unique chambre photographique gênait la régularité des observations. Ce n’est guère qu’en 1930, le matériel ayant été amélioré, que les études des astéroïdes purent recevoir plus de soins. Malgré ces conditions défavorables, les résultats
- obtenus sont fort encourageants, et montrent la ténacité et l’esprit de suite des astronomes d’Uccle.
- En 1931 sur 210 étoiles découvertes dans le monde entier, Uccle s’inscrit pour 14 pour 100; sur 179 en 1932 la proportion reste sensiblement du même ordre, pour passer à 30 pour 100 sur 267 en 1933. L’année 1934 fut moins favorable, on n’arriva qu’à 17 pour 100 de 250 découvertes totales. Enfin, pendant le premier semestre 1935, les trouvailles stellaires s’élèvent à 28 sur 81 pour tous les observatoires mondiaux, soit 36 pour 100. Comme l’on voit, Bruxelles peut s’enorgueillir de posséder une petit phalange d’observatèurs d’un rare mérite.
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- UN TABLEAU D’HOLBEIN
- DÉCOUVERT AUX RAYONS X
- On a beaucoup parlé, il y a quelques années, d’un tableau conservé à Bâle, dans une famille, qu’une tradition et des papiers attribuaient à Holbein, alors que des experts, consultés, n’y reconnaissaient pas la facture du maître. Un examen aux rayons X fit deviner que le personnage âgé, en costume du temps d’Elisabeth, représenté sur le panneau, recouvrait une autre peinture figurant un homme plus jeune.
- Transporté en Amérique, le panneau fut confié à M. George L. Stout, du Fogg Art Muséum, expert connu en matière de restauration. Pendant des mois, il s’appli-
- Fig. 1. — Le portrait de sir William Butts, par Hans Holbein le jeune, du musée des Beaux-Arts de Boston, après, sa révélation.
- qua à enlever les couches recouvrantes, les repeints, et finalement il vit apparaître un chef-d’œuvre que reproduit la figure 1, empruntée à Mouseion.
- Le tableau fut alors acquis par le musée des Beaux-Arts de Boston qui va bientôt l’exposer.
- Mouseion, organe de l’Office international des musées, donne aujourd’hui sur cette découverte les renseignements suivants :
- Le panneau mesure 74 cm de haut sur 59 de large.
- Il fut peint en 1543 par Holbein, dans la dernière année de la vie du maître.
- La peinture primitive, aujourd’hui dégagée, représente sir William Butts, fils aîné de sir William Butts, méde-
- cin de la cour d’Henri VIII et de Margaret Bacon, dame d’honneur de la princesse Mary Tudor. Le père était un ami du cardinal Wolsey et de l’archevêque Cramer; la mère descendait de la maison de Lancaster.
- Le modèle était le grand oncle du philosophe Francis Bacon, fils de sa nièce Anne Butts, belle-mère de lord Burghley, dont on connaît le rôle sous le règne d’Elisabeth.
- En 1563, lorsque la reine Elisabeth honora de sa visite sir William Butts dans sa maison de Thornage, celui-ci fit moderniser son portrait, peint par Holbein alors qu’il n’avait que 30 ans. Le nouvel artiste se servit comme fond de la première peinture, atténua les caractères de jeunesse, ajouta les insignes des dignités récemment acquises, habilla le sujet à la mode plus récente.
- Une opération de ce genre, qu’on estimerait aujourd’hui une inqualifiable profanation, n’était pas alors considérée comme un vandalisme, les qualités artistiques d’un portrait ne venant qu’après la ressemblance. L’artiste inconnu travailla d’après le modèle et employa les mêmes matières qu’Holbein, ce qui contribua à conserver l’œuvre de ce dernier.
- Pendant près de 400 ans, l’œuvre resta dans la galerie de portraits de la famille Butts, accrochée dans un recoin, considérée par les générations successives comme une peinture du temps d’Élisabeth que la tradition attribuait à Holbein.
- Ce n’est qu’en 1930 que le Dr Paul Ganz, de Bâle, bien connu par ses études sur Holbein, observant la facture des mains et certains traits du visage, pressentit les repeints et obtint l’autorisation de soumettre la peinture à un examen scientifique.
- Les rayons X lui révélèrent sous le personnage âgé, décoré, un jeune homme dont la facture et le style présentaient toutes les caractéristiques du talent du maître.
- On sait la suite.
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- * *
- Ce chef-d’œuvre est une révélation. Mais c’est aussi le triomphe des méthodes scientifiques modernes, et particulièrement des examens aux rayons X appliqués à la peinture.
- Sans eux, même en soupçonnant les repeints, on n’aurait jamais osé entreprendre une opération aussi délicate que celle parfaitement réussie par M. Stout.
- Le D1' Ganz a indiqué, à ce propos, les possibilités toutes nouvelles de contrôle apportées par les rayons X en matière de restauration, quand on les applique judicieusement, en connaissance de cause.
- Et si c’est bien la plus sensationnelle, jusqu’ici, des découvertes faites sur des tableaux, elle est loin d’être la seule. Si bien qu’on en arrive à envisager la création, dans les musées, de laboratoires permettant d’utiliser toutes les ressources de la physique et de la chimie, comme il s’en est déjà monté un au musée du Louvre.
- A. B.
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- L’URBANISME ET L’HYGIÈNE
- Dans beaucoup de villes et même de bourgs on a construit un réseau de canalisations souterraines pour soustraire les eaux usées à la vue et à l’odorat. C’est une des formes de ce ([u’on appelle aujourd’hui l’urbanisme.
- Nombre de municipalités se croient affranchies de toute préoccupation au sujet de ces eaux septiques et croient avoir rempli tout leur devoir quand elles les ont conduites par un gros collecteur dans un cours d’eau ou à la mer. On s’imagine que les sables ou la vase des plages ont un pouvoir 01 Irant illimité et perpétuel, surtout sur le littoral atlantique où le ilux et le reflux deux fois par jour diluent et entraînent l’effluent de l’égout. La plage sert ainsi de champ d’épandage. Maintes stations balnéaires sont pourvues de ce système prétendu sanitaire qui est devenu classique et se propage de plus en plus sous le pavillon de la santé. 11 convient de signaler ses méfaits.
- Le médecin qui se trouve en présence de bacilles typhiques éliminés par un malade fait son possible pour les maintenir en vase clos elles détruire à l’aide de désinfectants. Mais quand ces mêmes bacilles passent de la chambre du malade dans le domaine municipal, le génie sanitaire les dilue, les dissémine, en nourrit les poissons de la rivière, les coquillages marins arénicoles, les moules et les huîtres saxicoles qui les cultivent sous le manteau jusqu’à ce que l’homme les ingère et leur fasse recommencer le circuit.
- Ces eaux dites ménagères, qu’on véhicule dans le sous-sol de façon inapparente, sont fréquemment polluées par des déjections humaines illicitement introduites dans les égouts pluviaux et pouvant recéler toute une flore pathogène : colibacilles, typhiques, dysentériques, etc...
- Doter le sous-sol de leur ville d’une canalisation souterraine desservant chaque rue et aboutissant à une station d’épuration, est pour les municipalités, le rêve que le budget communal ne permet pas toujours de réaliser. En attendant, il est de moins en moins admis que les produits de la digestion humaine soient reçus dans une fosse fixe qu’il faudra vidanger. De plus en plus le filet d’eau silencieux du siège à clapet est remplacé par la chasse bruyante du siège à siphon. On inonde ainsi les fosses, on les transforme en mares souterraines dont le moustique commun, Culex pipiens, fait son habitat d’élection, où il pond et se multiplie en toute sécurité. A se nourrir à l’état larvaire de déjections humaines, le C. pipiens que j’ai appelé pour cette raison stercoraire a pris à l’état ailé un goût très prononcé pour l’homme qu’il attaque d’avril jusqu’en janvier. Il se gorge encore de sang humain alors que la race ordinaire de C. pipiens et les autres espèces de moustique qui naissent dans les eaux de surface ont depuis longtemps pris leurs quartiers d’hiver.
- L’urbanisme moderne est le créateur de la variété stercoraire de C. pipiens qui ne pouvait exister tant que le contenu de la fosse n’était pas liquide. Evidemment on ne pouvait prévoir que le moustique commun de surface s’établirait dans les mares souterraines que sont les fosses à chasse d’eau. Avant que j’aie révélé [Bull. Acad. Médec. 27 juillet 1931) la présence de ce moustique dans des gîtes inaccessibles à la vue, la race du C. pipiens devenu stercoraire y pullulait incognito, échappant à tout risque de la part de l’homme et à toute concurrence vitale de la part des autres moustiques, des chironomes et autres animalcules qui sont les commensaux de C. pipiens dans les eaux de surface, mais qui ne l’ont pas accompagné dans le milieu impur du water-closet. Maintenant que j’ai découvert cette race malpropre et agressive, elle va, je l’espère, tenir une place dans les préoccupations des contructeurs d’appareils sanitaires et des hygiénistes.
- Pour arriver à élever des essaims de moustiques malfaisants, on gaspille une eau qu’on distribue avec parcimonie pour des usages plus importants et plus nobles : ménagers et horticoles.
- Si le moustique stercoraire ne fréquentait pas les habila-lions humaines, il n’y aurait pas à s’en préoccuper, mais il est si abondant et si harcelant, il rend les nuits si pénibles à ceux qui l’hébergent, qu’il faut le supprimer.
- Les habitations à bon marché, qui possèdent un close l maintenu propre par écoulement ou projection d’un peu d’eau, sont exemptes de moustiques stercoraires. Le close t à chasse de 7 à 8 litres est le luxe des maisons bourgeoises, il se paie en piqûres disgracieuses et prurigineuses.
- Certains n’attendent pas qu’il y ait un collecteur du type séparatif pour les eaux-vannes; ils les envoient simplement dans une fosse perdue, ou dans un souterrain quelconque, ou dans l’égout pluvial, parfois même dans le caniveau de la rue pour n’avoir pas à supporter les frais et les ennuis d’une vidange.
- Dans les villes qui n’ont pas le tout à l’égout, les water-closets nécessitent des dispositifs pour empêcher l’entrée des moustiques dans la fosse ou pour s’opposer à leur sortie. Il faut siphonner le siège s’il ne l’est déjà, cimenter les bords et obturer tout l’orifice du tampon de vidange, grillager le tronçon supérieur du conduit d’aération avec une toile métallique inoxydable infranchissable aux moustiques.
- On confond souvent embellissement et assainissement, urbanisme et hygiène. Ce ne sont pourtant pas des synonymes; il n’est pas rare qu’ils soient en opposition, par exemple en matière d’évacuation des eaux usées, les urbanistes y voyant une question de commodité ménagère et de voirie plus que d’hygiène.
- Sur le littoral, «tout à l’égout» est synonyme de-tout à la mer. Or, les bacilles typhiques et paratyphiques, comme certains poissons, vivent aussi bien en eau salée qu’en eau douce, dans le manteau de l’huître, de la moule et de la palourde que dans l’eau d’un puits ou d’une canalisation. Ces mollusques sont pathogènes pour l’homme quand ils ont vécu en milieu pollué et sont mangés crûs. Si les crustacés et les poissons littoraux étaient également consommés crûs, ils donneraient aussi la typhoïde.
- A la suite de travaux d’évacuation des eaux ménagères à la plage, des stations balnéaires qui ignoraient autrefois la typhoïde en sont devenues des foyers endémo-épidémiques. C’est le progrès, paraît-il, le contribuable n’a qu’à s’y soumettre en lui payant le double tribut de sa santé et de l’impôt. C’est que l’égout pluvial, outre les eaux pluviales et ménagères reçoit aussi des eaux-vannes, clandestinement déversées par des immeubles privés ou publics sans que la population connaisse les risques qu’elle court de ce fait.
- Les eaux littorales sont devenues les champs d’épandage des agglomérations riveraines. Les villes de l’intérieur, elles aussi, voudront bientôt conduire leurs eaux usées à la mer, au besoin par pipe-line si elles n’ont pas une rivière pour les y véhiculer.
- Au régime du tout à l’égout et du tout à la mer, que deviendront les parcs à huîtres et les bouchots à moules ainsi que les autres mollusques qui croissent à l’état spontané dans le sable ou sur les rochers du littoral? Si la pollution d’un parc à huîtres par quelques litres du purin d’une porcherie ou d’un fumier provoque, ce qui est légitime, le refus du certificat de salubrité, sera-t-il possible de l’accorder quand une pollution massive d’origine humaine s’exercera en permanence par les égouts d’une ou de plusieurs villes ou moindres agglomérations du voisinage ?
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- Pour justifier le tout à l’égout, on invoque la puissance d’entraînement des courants de flux et de reflux; de nombreux •exemples d’implantation de la fièvre typhoïde d’origine coquil-lière, à la suite de travaux de ce genre, démontrent l’erreur de cette doctrine et prouvent que les eaux usées de provenance humaine, même fortement diluées, sont des agents de propagation des maladies humaines. Ce qui oblige chaque année, sur quelque point de notre littoral ainsi infecté, à interdire la pèche, la vente et le transport des coquillages.
- Il est d’ores et déjà permis de se préoccuper du sort réservé à la faune marine des eaux littorales quand elles recevront la marée des eaux usées des agglomérations sises au bord de la mer.
- Les pêcheurs côtiers se plaignent que les poissons littoraux deviennent rares, ce qu’on explique par la pêche abusive faite à l’aide de filets à mailles trop serrées qui causent la destruction d’un grand nombre de jeunes poissons. C’est sans doute la raison majeure; mais il est vraisemblable que la pollution de plus en plus grande des eaux littorales intervient aussi pour causer la mort des poissons ou provoquer leur déplacement vers les fonds plus salubres, car toutes les espèces ne s’accommodent pas de la souillure de leur habitat. Dans les cours d’eau, l’effet nocif des eaux industrielles sur les poissons et les crustacés est bien connu. Les eaux d’égout peuvent aussi avoir les mêmes résultats. J’ai observé à Tananarive la mortalité en masse de cyprins dorés (Carassius auratus L.) dans la partie d’un lac attenante à l’égout pluvial urbain. La fermentation des matières, surtout végétales, amenées par l’égout, en privant l’eau de son oxygène, provoquait l’asphyxie des poissons; je le prouvai en transférant en eau propre
- dix cyprins agonisants qui s’y rétablirent en quelques heures.
- Il serait utile de rechercher chez nous l’action de l’effluent des égouts sur les poissons littoraux et en général sur la faune et la flore littorales. Il est difficile d’admettre a priori que l’afflux quotidien d’un énorme volume d’eaux-vannes soit sans influence sur la vie des végétaux et des animaux qui habitent nos eaux littorales.
- A Copenhague. H. Blegvad a fait quelques investigations sur la faune des fonds marins à divers points du déversement des égouts de la capitale dans le Sund. 11 a trouvé une aire de 200 à 600 m exempte de vie animale des deux côtés des drains. Sur une autre aire, beaucoup plus vaste, dont le fond fétide contient de l’hydrogène sulfuré, il y a quand même une faune très riche. En dehors des aires « mortes», les mollusques dominent à tous les drains : d’abord la moule (My-tilus edulis), puis la coque ou sourdon (Cardium edule) et d’autres. « La nourriture pour les poissons cependant est rare partout ».
- Aux débouchés des mêmes égouts dans le Sund, Aage J. C. Jensen a noté tantôt une faible diminution de la teneur de l’eau en oxygène, tantôt une réduction importante nuisible à la vie animale. « Le poisson évitera ces zones ».
- Les villes rivalisent maintenant avec les industries pour polluer les eaux et y contrarier la vie, Prolongeant les égouts urbains, les fleuves et rivières deviennent eux-mêmes des égouts fluviaux chargés des produits de l’usine digestive humaine. Il est désormais prouvé que le tout à l’égout et le tout à la mer ne sont pas toujours sans inconvénients graves pour la santé et pour l’économie publiques.
- Dr J. Legendre.
- LE BUREAU INTERNATIONAL DES ETALONS
- PHYS ICO-CHIMIQUES
- Cette œuvre, dont les services sont si importants, fut créée en 1921 par le Comité national belge de chimie sous les auspices de l’Union internationale de chimie; elle a son siège à l’Université de Bruxelles, où se trouvent son laboratoire de recherches et ses différents services.
- Le but du Bureau est de former un centre scientifique d’étude des substances pures chimiquement définies. Jusqu’à ce jour, son activité s’est bornée à la préparation à l’état pur des principaux composés organiques, à la détermination et à la distribution de substances étalons pour le calibrage des instruments de mesure.
- Il n’existait pour les substances organiques aucune précision des constantes comparable à celle qu’un travail séculaire a fourni pour les composés minéraux. Pour combler cette lacune, déplorable à plus d’un titre, le Bureau a conduit parallèlement les recherches de laboratoire et l’étude de la littérature. Plus de 150 corps ont déjà été examinés et leurs constantes fixées dans l’ordre que voici : température d’ébullition au 1/50 de degré près; variation de la température d’ébullition en fonction de la pression aux environs de 760 mm de mercure; température de congélation à un dixième de degré près et éventuellement la température critique de dissolution dans un solvant à 0° 1 près; densité dans le vide à 0, 15 et 30° C, mesurée à un dix-millième près; variation de la densité par degré et coefficient de dilatation cubique réel aux environs
- de la température ordinaire; indice de réfraction pour 7 raies et son coefficient de température; tension superficielle à 15, 20 et 30° et son coefficient de température; viscosité à 15, 20 et 30° et son coefficient de température. Les travaux en cours d’après le programme de M. J. Zimmermans y ajouteront les variations de la température de congélation, la densité des cristaux, les variations du volume spécifique, les lois de la fusion, la constante diélectrique, etc.
- L’étude de la littérature sur ces nombreux sujets a permis de déceler, à côté de quelques résultats concordants, de nombreuses erreurs qu’il conviendra de rectifier. Un ouvrage qui sera publié par le Bureau permettra d’obtenir par une simple lecture les résultats considérés comme définitivement acquis.
- Les échantillons de substances pures obtenues au laboratoire peuvent servir au calibrage d’instruments de précision. Le Bureau distribue aujourd’hui, au prix coûtant, une série de repères (32 en 1935) de températures allant de — 160° C (température de congélation de l’isopentane) à 1063° C (point de fusion du cuivre), sans compter qu’il met à la disposition des chercheurs des étalons pour la vérification des manomètres, viscosimètres, réfractomètres, polarimètres, etc...
- Un semblable organisme est appelé à rendre aux laboratoires du monde entier des services inappréciables dont la science doit profiter largement.
- G. R.
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- PRESTIDIGITATION
- LA PRETRESSE D’ISIS
- 11 est bien difficile actuellement, en prestidigitation, de faire de l’absolue nouveauté, mais, avec de vieux moyens judicieusement employés, on arrive à produire de l’illusion et c’est le point cherché. Voici une apparition instantanée qui produit un gros effet grâce à sa présentation et aux petits moyens qui trompent les yeux des spectateurs.
- Au milieu de la scène est une sorte de guérite carrée d’un mètre de côté sur deux mètres de haut, décorée comme un sarcophage égyptien et montée sur quatre pieds légers qui l’isolent du plancher. L’opérateur, vêtu à l’égyptienne, montre que le sarcophage est vide en ouvrant la porte qui se trouve sur la façade, ainsi qu’une autre porte pratiquée sur la face opposée. Il prie une ou deux personnes de vouloir bien venir constater que l’appareil n’est nullement truqué. En effet, les spectateurs convoqués touchent la guérite, ouvrant et fermant
- les portes. L’opérateur fait aussi remarquer que le plancher du sarcophage est isolé du plancher de la scène. Il montre, en frappant fortement le plafond, que toutes les surfaces sont bien fermées (fig. 1).
- « Voici ce que je « vais faire, dit-il, en « s’avançant vers les « spectateurs. Je vais « faire descendre un « très léger voile qui « vous cachera le sar-« copliage pendant « deux secondes seule-« ment, et le mystère « renouvelé de ceux « du Temple d’Isis, « c’est-à-dire l’appari-« tion instantanée et « mystérieuse d’une «prêtresse de la « déesse, s’accomplira « par l’effet de ma « seule volonté. »
- Il allume alors deux lampadaires à flamme verte qui sont placés à droite et à gauche du sarcophage, fait quelques incantations et passes plus ou moins cabalistiques, et ordonne de descendre le voile qui est d’une étoffe très légère. Il compte deux, et le voile étant remonté brusquement, la porte ouverte, on aperçoit dans le sarcoghage une femme revêtue d’un costume égyptien.
- Voici l’explication du mystère : Au moment où l’opérateur dit : je vais faire descendre un léger voile qui vous cachera... le voile descend. Furieux, l’opérateur se retourne... « Trop tôt !
- « pas maintenant. Relevez-moi ça !... Allons, tout est à recommencer » . Il ouvre de nouveau la porte, l’appareil est bien vide; il frappe les côtés, le plancher, le plafond, donne un tour à l’appareil dont les pieds sont à roulettes, ferme la porte, fait descendre le voile et compte un ! deux ! Le voile remonte; la porte étant ouverte, on aperçoit la prêtresse évoquée.
- Fig. 2. — La prêtresse d’Isis.
- Descente dans le sarcophage à l’abri du voile.
- Lorsque le voile descend la première fois,
- « par erreur » des machinistes, la prêtresse, qui est un peu acrobate, se suspend à une corde pendue à une sorte de trapèze fixé à la barre qui tient le voile, trapèze qui l’éloigne un peu du voile (fig. 2). Un fort courant d’air artificiel agite ce voile, l’incline, mais la femme suspendue tient si peu de place qu’elle ne peut être vue. Lorsque ses pieds touchent le sarcophage, elle se laisse glisser à l’intérieur, le toit étant formé d’une trappe à quatre fragments qui s’ouvre du
- dehors en dedans et se referme sur des butoirs en caoutchouc. Le voile maladroitement descendu remonte avec la corde et l’Égyptienne tire sur elle le panneau AB (fig. 3) qui était logé dans la paroi AC. Ce panneau doublé d’une glace reflète AC et le sarcophage paraît vide. Tout l’intérieur étant revêtu d’une étoffe rayée verticalement, il est impossible de voir la supercherie. Le voile est excessivement léger, presque transparent, pour détourner les soupçons, mais il est éclairé par devant et la femme suspendue ne peut être aperçue au travers.
- Le prestidigitateur Alukh.
- Fig. L —- Vue d’ensemble du sarcophage.
- (L’intérieur est rayé verticalement. Décoration égyptienne ad libitum).
- Fig. 3. Plan du sarcophage.
- Logement
- Porte
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- LA VOUTE CÉLESTE EN MAI 1936 (*)
- Le 4 mai, le Soleil, pour les spectateurs situés à Paris, entre l’Obélisque et la place de l’Etoile, se couchera sous l’Are de Triomphe (voir La Nature, n“ 2950 du 1er avril 1935, p. 322). Belle et. curieuse observation à faire.
- A signaler, ce mois-ci, une bonne période de visibilité de la planète Mercure, qui atteindra sa plus grande élongation du soir le 7 mai.
- Suivre la fermeture progressive des anneaux de Saturne dont le plan passera par la Terre fin juin.
- Nous reviendrons bientôt sur ce très curieux et assez rare phénomène.
- I. Soleil. — En mai, la déclinaison du Soleil passe de -f- 15° 7' le 1er à + 21° 56' le 31. La durée du jour croît de 14" 32m le lor mai, pour atteindre 15h 49m le 31. Nous arrivons aux jours les plus longs (16» 7“ du 17 au 24 juin).
- A ces durées, qui sont celles de la présence du centre du Soleil sur l’horizon, il faut ajouter celle du crépuscule civil qui augmente très fortement ces valeurs.
- Voici le temps moyen à midi vrai, de deux en deux jours :
- Date. Heure du passage.
- Mai L"
- — 3
- — — 5
- -- 7
- — 9
- — 11
- -- 13
- . 15
- .- 17
- — 19 21
- - 23
- - 25
- — 27
- —- 29
- — 31
- Observations physiques. — Le dernier minimum de l’activité solaire semble s’être produit en décembre 1933. Depuis, on constate une recrudescence des phénomènes solaires. Pendant 4 à 5 ans, les manifestations de l’activité du Soleil vont se développer progressivement. Il convient donc d’observer la surface de l’astre qui nous éclaire, aussi souvent que possible.
- Voici les ephémérides permettant d’orienter les dessins et les photographies du Soleil :
- Dates. P IL Lo
- Mai 5 — 23», 50 — 3»,68 175°,17
- 10 — 22»,38 1 1 CO 0 >> 109°,06
- — 15 — 21»,09 — 2»,58 42», 94
- — 18 i to 0 © C'I 0 <M 1 i . 3°,26
- — 23 — 18», 69 — 1°,65 297»,11
- 28 — 17»,00 1°,06 230»,96
- — 31 — 15», 91 — 0»,70 191»,26
- 1. Toutes tes heures données dans le présent « Bulletin astrono-
- mique » sont exprimées en Temps universel (T. U.), compté de 0h à 24» à partir de 0» (minuit). Le « Temps universel » a été défini ici même (voir le n° 2964, du 1er novembre 1935, p. 407). Pendant la période d’application de l'Heure d'été, ajouter 1 heure à toutes les heures indiquées en ce Bulletin.
- (Voir au «Bulletin astronomique» du n° 2968, la définition des trois termes P, B0, L0.)
- Lumière zodiacale; lueur anti-solaire. — En raison de la longueur des jours, la lumière zodiacale est invisible ce mois-ci.
- La lueur anti-solaire est également invisible, en raison maintenant de sa faible hauteur au-dessus de l’horizon.
- Ces deux indications se rapportent à tous les points du territoire de la France.
- II. Lune. — Les phases de la Lune pour le mois de mai se produiront aux dates suivantes :
- P. L. le 6, à 15» 1"' I N. L. le 20, à 20» 35'»
- D. Q. le 14, à 6» 12“ j P. Q. le 28, à 2» 46»
- Age de la Lune, le 1er mai, à 0» (T. IL) = 9J,5; le 21 mai, même heure = O^l. Pour avoir l’âge de la Lune à une autre date du mois, ajouter à ces nombres 1 jour par jour écoulé depuis le 1er ou le 21.
- Plus grandes déclinaisons de la Lune en mai : le 9, à 6» =
- 24°20'; le 22, à 3»
- — + 24°19'.
- La Lune sera très basse
- sur l’horizon le 9 mai, vers 1» 40m du matin, moment de son passage au méridien.
- Apogée de la Lune (plus grande distance à la Terre), le 3 mai, à 12». Parallaxe. = 5 4' 0 ". D i s t a n c e = 406 070 km.
- Périgée de la Lune (plus petite distance à la Terre), le 19 mai, à 3». Parallaxe
- — 60' 41". Distance
- — 361 351 km.
- Apogée de la Lune, le
- 31 mai, à 3». Parallaxe = 5 4' 8 Distance
- = 405 070 km.
- Occultations d’étoiles par la Lune. —• Le 9 mai, occultation de 88 B. Ophiuchus (5m,9) ; émersion à 1» 15m,5.
- Le 10 mai, occultation de 63 Ophiuchus (6m,1); émersion à 1» 5m,5.
- Le 13 mai, occultation de 61 B. Capricorne (5m,9) ; émersion à 2» 0m,0.
- Le 26 mai, occultation de h Lion (5ra,3); émersion à 20» 54“,5.
- Lumière cendrée de la Lune. — A observer du 22 au 26 mai, le soir. Elle sera très belle le 22 et surtout le 23 mai.
- Marées ; mascaret. — Les plus for tes marées du mois se produiront du 18 au 24 mai, à l’époque de la nouvelle Lune, Elles ne seront pas très importantes, le coefficient maximum atteignant 98 centièmes le 21. Aussi le phénomène du mascaret n’est-il pas annoncé pour ce mois-ci.
- III. Planètes. — Le tableau suivant a été dressé à l’aide des données fournies par Y Annuaire astronomique Flammarion. Il contient les renseignements les plus importants pour rechercher et observer les planètes principales pendant le mois de mai 1936.
- Mercure atteindra sa plus grande élongation du soir, le 7 mai à 19», à 21° 11' à l’Est du Soleil. On pourra l’observer
- 11» 47 m 42<
- 11 47 28
- 11 47 17
- 11 47 7
- 11 47 0
- 11 46 55
- 11 46 53
- 11 46 53
- 11 46 55
- 11 47 0
- 11 47 6
- 11 47 15
- 11 47 26
- 11 47 39
- 11 47 54
- 11 48 10
- BALAN-CEL 73 • «
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- Fig. ]. — Marche sur le ciel de la pelite planète Cérès (1) du 30 avril au 9 juin 1936 Opposition le 16 mai : magnitude 7m,3.
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- CAUSERIE PHOTOGRAPHIQUE 1
- Notre Laboratoire. — Voici un bien grand mot! Cependant, puisque nous avons décidé d’effectuer nous-mêmes toutes les opérations photographiques, il faut bien nous installer quelque part pour travailler. Ce « quelque part » sera notre laboratoire.
- Le problème n’est pas simple... surtout pour le rédacteur de ces lignes : en effet, il est admis que chacun de nous possède un appareil photographique. Mais les appareils sont légion, les formats très nombreux, les surfaces sensibles multiples. Le laboratoire pourra différer suivant le format employé, qui peut aller du 24 x 36 mm jusqu’au 9 x 12, au 13 X 18 et même parfois au 18 X 24 cm (nous ne pensons pas qu’il y ait encore des amateurs travaillant directement avec un format de plaque supérieur à 18x24). Le matériel ne sera pas le même pour des plaques, des pellicules en bobines, des films rigides ; il différera encore si l’on pratique la stéréoscopie, l’autochromie, etc.; nous devons donc nous contenter de donner ici des indications générales, que chacun pourra adapter à son cas particulier, en apportant les modifications nécessitées par les circonstances (type d’appareil, format, genre de photographie) et, bien entendu, par le local disponible.
- 11 n’est pas nécessaire, pour pratiquer la photographie, et pour obtenir d’excellents résultats, d’avoir un laboratoire parfaitement outillé : mais il va sans dire qu’un laboratoire bien compris facilite beaucoup le travail et procure un gain de temps très appréciable. Il permet aussi d’entreprendre des essais que, sans lui, on n’oserait affronter.
- N’importe quelle pièce d’un appartement peut convenir, la nuit venue, pour mettre des plaques en châssis, pour les développer, pour tirer des épreuves ou faire de l’agrandissement. Il suffit de pouvoir y faire l’obscurité.
- Mais déjà apparaît un petit inconvénient : l’utilisation d’une pièce servant quotidiennement à un autre usage oblige, chaque fois, à faire une installation qu’il faut déménager ensuite, d’où perte de temps. En outre, malgré tous les soins apportés, il arrivera inévitablement que l’on renversera du révélateur ou du fixage sur les meubles ou le plancher : il faut donc prendre des précautions spéciales qui compliquent — et rendent moins agréable — la tâche de l’amateur photographe. Le mieux, quand on le peut, est de s’installer dans la cuisine ou dans le cabinet de toilette, car on y a généralement l’eau courante. Si l’on dispose d’un évier bien propre ou d’un lavabo, on y placera les cuvettes, le risque de taches s’en trouvera supprimé.
- De nombreux amateurs utilisent encore — et nous en avons connu plusieurs dans ce cas — une petite pièce que nous ne désignerons pas autrement. La disposition de ce local facilite généralement cette adaptation : il est, le plus souvent, éclairé par une petite fenêtre, qu’il est aisé de calfeutrer complètement, et sa faible largeur permet de placer, au-dessus du siège, une planche amovible servant de table, et s’appuyant sur deux tasseaux fixés aux murs latéraux. Enfin, il est facile d’avoir de l’eau et d’évacuer les eaux usées (2).
- Dans bien des cas, moyennant des frais peu importants, on pourra établir une dérivation sur le réservoir de chasse —
- 1. Voir nos 2967 et 2972.
- 2. Nous mettons en garde les personnes qui ont recours à une telle installation de ne pas jeter les solutions photographiques usagées (vieux révélateur, bains de fixage et surtout solution de permanganate acide employée dans l’inversion des autochromes, etc.) dans la cuvette, dans le cas où l’évacuation se fait dans une fosse septique. Mais on peut y jeter sans crainte les eaux de lavage lorsqu’il n’y reste plus que de très faibles traces d’hyposulflte de soude.
- par exemple à l’aide d’un siphon de caoutchouc muni d’une pince ou mieux encore constitué par un tube de plomb terminé par un petit robinet. On pourra aussi, si la place s’y prête,, installer un petit évier. L’habileté des amateurs est infinie et il nous souvient d’avoir vu un tel aménagement, vraiment pratique, qui en faisait un véritable petit laboratoire très confortable.
- En résumé, si l’on ne peut consacrer une pièce spéciale,, même petite, à l’établissement du laboratoire, on ne devra pas se rebuter et on tirera le meilleur parti de toute autre pièce de l’appartement. La seule condition nécessaire est de pouvoir y réaliser l’obscurité complète — ou presque complète, ce qui est facile le soir.
- On exagère parfois les précautions qu’il convient de prendre contre toute fuite de lumière artificielle ; un mince filet lumineux, par exemple dans le joint d’une porte, provenant [de l’éclairage d’une pièce voisine, n’a que bien peu d’importance, du moment que l’on ne manipulera pas de plaques très sensibles directement en face de ce joint (*). On acquiert d’ailleurs rapidement une pratique — et une certaine audace — qui conduisent, sans risques, à des manipulations de surfaces sensibles qu’un débutant n’oserait tenter.
- Quelle que soit la manière dont on s’installera, il convient de ne jamais manipuler de surfaces sensibles (plaques ou papiers) sur la table où l’on effectue le développement et le fixage.
- Par exemple, ayant développé une plaque, ne pas vider ensuite, au fur et à mesure, les châssis (en bois ou en métal) ou les porte-plaques d’un magasin, avec les mains imprégnées — même après essuyage, — de révélateur ou de fixage. Il faut toujours manipuler ces objets, et toute surface sensible, dans un endroit sec et propre, séparé de la table où l’on opère.
- 1. L.-P. Clerc, La technique photographique, p. 264.
- Fig. 1. — Disposition schématique d’un laboratoire photographique d’amateur établi dans une petite pièce (dimensions supposées :
- 1 m 25 de largeur; 2 m 20 de longueur).
- E, évier avec robinet d’eau et évacuation-des eaux usées; T,, table réservée aux opérations photographiques (développement.,, fixage etc.); I, lanterne inactinique; G, casier ou armoire pour la collection de clichés ; R, conduite de chauffage ou radiateur ; L, lanterne d’agrandissement et de projection; P, planchette en bois tendre ou liège-pour fixation du papier sensible; B, planche servant de banc optique et permettant de déplacer la lanterne L sans que son axe cesse d’être perpendiculaire à la planchette P; N, carton noir placé lors des agrandissements pour éviter lesreflets sur la planchette P; A, lampe servant au tirage des épreuves sur papier (la distance AP restant toujours la même; T2, partie de la planche B servant à la manipulation des plaques et papiers quand on ne travaille pas à la lanterne L. L’espace au-dessous de B et au-dessus de I. peut être occupé par des placards et casiers.
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- Dans toute installation de fortune, on devra toujours s’inspirer des conditions que doit remplir un laboratoire digne de ce nom : nous allons essayer de les envisager ci-après.
- Le laboratoire de l’amateur photographe. — Lorsque l'amateur photographe, favorisé par les circonstances, pourra disposer d’un local permanent, il s’ingéniera à l’organiser au mieux de la place disponible. Généralement cette place sera petite : ce sera par exemple un cabinet de débarras, un cabinet noir. Le cas le plus favorable sera un cabinet avec petite fenêtre qu’il sera facile d’obturer pour travailler en plein jour, mais qu’il faut pouvoir ouvrir pour l’aération. Nous prendrons (fig. 1) le cas, tout théorique, d’un cabinet de 2 m 20 de long sur 1 m 25 de largeur (*). Un petit laboratoire de ce genre est suffisant pour l’exécution de la plupart des travaux photographiques et pour le tirage des agrandissements jusqu’au format 30 X 40 cm.
- Dans un angle, on fera poser un évier E avec robinet pour arrivée d’eau. Prendre de préférence un évier en faïence dure ou, à défaut, en grès verni. La bonde d’évacuation aura une forme conique à la partie supérieure pour y recevoir un bouchon de liège ou de caoutchouc muni d’un tube de verre ou de plomb. Le niveau supérieur de ce tube sera moins élevé que le bord de l’évier. Ce dernier pourra donc se remplir d’eau et servir de cuvette de lavage, le tube permettant l’écoulement du trop-plein (fig. 2).
- A côté de l’évier, en T( est la table sur laquelle on procédera aux opérations photographiques. On a préconisé parfois pour ces locaux de dimensions réduites, de remplacer les tables par des tablettes se rabattant lorsqu’on ne s’en sert pas. A notre avis, cette solution doit être absolument rejetée, à moins d’adopter un système efficace de blocage qui empêche, à la suite d’un choc ou d’un faux mouvement, la tablette de se rabattre brusquement, au grand dommage de tout ce qui repose dessus !
- En R, passe un tuyau de chauffage central. On sait que les opérations photographiques, notamment le développement des plaques, pellicules ou papiers, s’opèrent dans les meilleures conditions entre -j- 15° et -{- 18°. Il est de toute importance de pouvoir chauffer le laboratoire en hiver. Pour un petit local comme le laboratoire supposé, un tuyau de l’installation de chauffage entretient une température suffisante. S’il n’existe pas une telle installation dans l’immeuble, on aura recours à un radiateur électrique assez puissant pour chauffer l’air de la pièce. Un radiateur de forme parabolique, qui échauffe
- 1. Dans un local de ces dimensions, nous avons développé des agrandissements 50 x60, mais il faut alors se livrer à quelques» acrobaties » et c’est un travail peu agréable.
- Fig. 2. — Transformation d’un évier en cuvette photographique pour te lavage des épreuves.
- (B, bouchon de liège ou de caoutchouc s’engageant dans la bonde d’évacuation; T, tube de verre ou de plomb, servant de « trop-plein ».
- par rayonnement lorsque l’on se trouve dans le trajet des rayons réfléchis, ne conviendrait pas pour l’objet que nous nous proposons : il faut, en effet, que la température de l’air atteigne + 15° à +18° pour communiquer aux bains le degré de chaleur nécessaire.
- Un thermomètre est indispensable dans le laboratoire. Pour qu’il indique correctement la température de l’air, on l’écartera d’environ 5 cm du mur contre lequel il sera fixé j1).
- Dans le cas où l’on ne disposerait d’aucun moyen de chauffage, il faudrait avoir recours au chauffage préalable des bains : mais on travaillerait, à tous points de vue, en de bien mauvaises conditions.
- Le complément indispensable de tout laboratoire d’amateur est la lanterne de projection et d’agrandissement, La projection est la meilleure façon de montrer les photographies. Si vous avez le moindre doute à ce sujet, faites l’expérience de montrer successivement un album de photographies, puis les mêmes épreuves en projections. L’intérêt des spectateurs se révélera immédiatement en faveur des vues projetées. Donc, dans notre petit laboratoire, nous aurons une lanterne d’agrandissement L, qui nous servira, en d’autres circonstances (au besoin en changeant la source de lumière) pour faire des projections. La meilleure façon d’installer cette lanterne est de la placer sur une sorte de « banc optique » constitué par une planche B, à 1 mètre de hauteur au-dessus du sol, et sur laquelle on pourra clouer, tout le long, un tasseau servant de guide au socle de la lanterne. Ainsi, l’axe optique de celle-ci sera-t-il toujours perpendiculaire à la planchette P. Cette planchette sera en bois très tendre (peuplier, sapin ou même liège) pour y enfoncer facilement les épingles ou punaises destinées à fixer en place le papier sensible.
- Le dessous de la planche B pourra être occupé par des casiers ou placards avec rayons. De même, au-dessus de la lanterne, on pourra construire tout un rayonnage destiné à recevoir les multiples objets, qui peu à peu, finissent par garnir un laboratoire de photographie : clichés, positifs sur verre, surfaces sensibles neuves (plaques et papiers), produits, flacons, accessoires, etc.
- Le laboratoire d’amateur diffère considérablement du laboratoire du professionnel. La pratique a montré, en effet, que le laboratoire du professionnel doit être doublé d’un laboratoire clair où peuvent se faire toutes les opérations n’exigeant pas un éclairage inactinique. En outre, en raison de la grande quantité de travaux que le professionnel doit effectuer, — et pour lesquels il a souvent recours à des aides qui n’ont pas les mêmes précautions qu’un amateur soigneux, — le laboratoire obscur est un local souvent humide, où if serait impossible de conserver des clichés ou des surfaces sensibles.
- L’amateur, lui, peut parfaitement travailler dans son petit laboratoire sans y répandre quoi que ce soit : son laboratoire doit x'ester sec et propre. Aussi sommes-nous d’avis (et cet avis est appuyé sur une longue expérience !) de grouper dans le laboratoire tout ce qui se rapporte à la photographie, y compris la littérature photographique, quand la place le permet (2).
- Nous utiliserons la partie libre T2 de notre banc optique pour toutes les opérations à sec (chargements de châssis, tirage d’épreuves, etc.).
- Pour l’impression des épreuves sur papier, il y a grand intérêt à opérer toujours dans des conditions aussi peu variables
- 1. L.-P. Ci.erc : La technique photographique, p. 355.
- 2. Exceptionnellement, si l’on pratique le virage sépia des positifs sur verre ou papiers, il conviendra d’effectuer la seconde partie du virage hors du laboratoire, l’hydrogène sulfuré, même à l’état de traces, agissant sur les préparations sensibles pour les voiler.
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- Fig, 3. _ Disposition schématique d’un laboratoire photographique permettant tous travaux, établi dans une chambre (dimensions supposées: 3 m de largeur-, 4 m de longueur).
- E, évier de grandes dimensions avec robinet d’arrivée d’eau et évacuation des eaux usées; T(, table réservée aux opérations photographiques (développement, etc.); le fixage se fera de préférence en J où l’on a figuré une partie en glace avec verre jaune éclairé en dessous par une ou deux lampes; I, lanterne inactinique; C, casier ou armoire; R, chauffage; F, tournette pour centrifuger les plaques; S, ventilateur à chicanes pour le séchage rapide des plaques; L, lanterne d’agrandissement; B, banc optique; P, planchette en bois tendre ou liège; N, carton noir placé lors des agrandissements; V, agrandisseur vertical pour petits clichés; Ta, table avec dessus en glace forte, pour manipulation des plaques et papiers, le cadre central est une ouverture transparente éclairée par une glace pivotante placée sous la table et renvoyant la lumière de la fenêtre
- (examen de clichés, retouche, etc.).
- que possible. Le châssis contenant le papier sensible sera placé debout, devant la planchette P; on utilisera toujours la même lampe A, qui sera par exemple une baladeuse que l’on descendra à la hauteur du milieu du châssis.
- Enfin, recommandation essentielle, le laboratoire sera peint en blanc, en blanc crème ou en jaune paille. C’est un non-sens de peindre les murs du laboratoire en noir mat ! Il faut voir clair, le plus clair possible dans le laboratoire et la première condition pour cela est que les murs ne soient pas sombres eux-mêmes. Une seule partie pourrait, à la rigueur, être peinte en noir ; c’est celle près de l’écran P, en N. En cas de travaux d’agrandissement, la lumière en provenance de la lanterne, qui frappe le mur en N peut se réfléchir sur le papier fixé en P et le voiler. Mais pour conserver au laboratoire toute sa clarté, il suffit de placer en N un carton noir que l’on enlèvera une fois la séance d’agrandissement terminée.
- Nous venons d’étudier — très brièvement — le cas d’un petit laboratoire. Exceptionnellement, certains amateurs désireront se livrer à une étude plus complète de la photographie, faire des recherches scientifiques ou des essais divers. Ils pourront parfois collaborer à des journaux ou revues illustrées, exécuter des travaux spéciaux, etc. Certains documents devront être prêts dans un délai extrêmement court, sous risque de perdre de l’intérêt. Le petit laboratoire que nous avons décrit serait insuffisapt pour un tel programme, et nous serons obligés de nous installer dans un local plus spacieux.
- La figure 3 schématise un laboratoire réalisé dans une pièce de 3 m X 4 m. Elle reproduit, avec quelques variantes, le laboratoire établi par mon savant ami, M. Léon Gimpel, dont on connaît la grande compétence en tout ce qui se rapporte à la photographie et dont nous avons souvent admiré les magnifiques autochromes reproduites dans L’Illustration. Les lettres ont la même signification que dans la figure 1.
- A signaler, en Tt, la table de développement, constituée par une forte glace. En J, se trouvent un verre jaune foncé et une ou deux lampes électriques. A condition d’utiliser des cuvettes en verre, on peut suivre aisément grâce à cet éclairage jaune, le fixage des clichés ou l’inversion des autochromes.
- En Y, on a figuré un agrandisseur vertical, qui fait un peu double emploi avec la lanterne L, mais rendra des services si l’on est amené à travailler avec de petits formats. En T2, une table de bois recouverte d’une glace forte. La partie centrale de la table est libre et éclairée par une glace inclinable placée au-dessous. Cette table présente un grand avantage pour l’examen, en plein jour, des négatifs ou positifs, la retouche, etc.
- Pour l’hypersensibilisation, pour certains travaux urgents il faut pouvoir sécher les plaques ou les clichés en quelques minutes. On les placera tout d’abord dans le centrifugeur F, puis après quelques instants de rotation très rapide, on
- les portera dans un ventilateur S où s’effectuera le séchage.
- Signalons encore, pouvant trouver place sur une tablette fixée au-dessus de la table Tt, un balance-cuvette entraîné par un petit moteur électrique, puis un chauffe-plat électrique pour le réchauffage des bains, etc.
- Il ne faudra pas hésiter à multiplier les prises de courant dans le laboratoire de photographie. Pour le tirage des épreuves sur papier, de même que pour l’alimentation de la lanterne d’agrandissement, si l’on se branche sur une prise de courant, il faut commander celle-ci par un interrupteur pour faire les expositions.
- Avoir bien soin de placer à une certaine distance de l’interrupteur — ou de la prise de courant — de la lanterne inactinique, l’interrupteur qui commande la lampe d’éclairage de la pièce, pour éviter tout allumage intempestif à la suite d’une fausse manœuvre.
- Dans l’obscurité relative (et parfois .totale) du laboratoire, il faut pouvoir reconnaître les commandes électriques sans erreur possible : on aura soin de différencier les boutons d’allumage pour les reconnaître au toucher (interrupteurs rotatifs, Tumbler, etc.).
- Nous nous sommes surtout appliqué, aujourd’hui, à décrire les installations fixes du laboratoire. Dans une prochaine causerie, nous étudierons plus spécialement quels accessoires il convient de nous procurer pour travailler futilement.
- Em. Touchet.
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- LIVRES NOUVEAUX
- Praktische Physik, de F. Kohlrausch (17e édition entièrement refondue sous la direction de F. Henning). 1 vol. 960pages, 512 fig. Éditeurs : B. G. Teubner, Leipzig, 1935.
- Le traité de Kohlrausch, justement célèbre et estimé, est un ouvrage sans équivalent dans notre littérature technique. C’est essentiellement un manuel pratique du physicien expérimentateur, destiné à initier les jeunes chercheurs des laboratoires scientifiques ou industriels à la pratique expérimentale, utile aussi au travailleur déjà entraîné auquel il sert d’aide-mémoire dans sa partie et auquel il fournit de précieux renseignements pour les domaines étrangers à sa spécialité. Il embrasse en effet toutes les branches de la physique, y compris la mécanique. Pour chacune d’elles, il décrit brièvement les phénomènes fondamentaux qu’elle concerne, en rappelle les lois essentielles, puis décrit les méthodes d’observation et les différents appareils d’observation et de mesures qui s’y rapportent. Des tables de constantes physiques complètent l’ouvrage. Il est impossible de résumer en quelques lignes un livre de cette envergure. Qu’il nous suffise de dire que cette nouvelle édition est restée fidèle à l’esprit qui a guidé l’illustre auteur sous le nom duquel elle continue à être publiée; que chaque chapitre a été écrit par un spécialiste qualifié, et que, ainsi remis à jour, le Koklrausch continue à être un outil indispensable à tous les laboratoires.
- Lunettes et télescopes (Théorie, conditions d’emploi, description, réglage), par A. Danjon et A. Couder. 1vol. XVI-715 pages, 346 fig. 14 planches hors texte. Éditions de la Revue d'optique. Paris 1935. Prix, br. : 100 fr.
- Ce magistral traité dû à deux astronomes réputés s’adresse aussi bien aux amateurs qu’aux professionnels. Il rassemble tout ce qu’il est utile de connaître pour se servir d’une lunette ou d'un télescope et en tirer le meilleur parti. Laissant de côté les notions fondamentales d’optique géométrique et ondulatoire supposées connues du lecteur, il donne d’abord les définitions des grandeurs essentielles qui interviennent dans l’étude de ces instruments d’optique et indique le résultat qu’il faut attendre d’un instrument parfait. Puis il donne une description complète des aberrations qui empêchent d’atteindre cette perfection : aberrations chromatiques, de sphéricité, aberrations hors de l’axe. Il étudie ensuite les moyens de réalisation; d’abord la construction des objectifs et oculaires des différents instruments, puis leurs montures, et enfin les appareils auxiliaires : diaphragmes, filtres, micromètres, collimateurs, bain de mercure, niveaux, spectro-graphe, spectrophotomètre, etc. Un excellent chapitre est consacré à l’examen et au réglage des appareils. Un autre rassemble une série d’utiles renseignements sur les verres d’optique, l’argenture des miroirs, les propriétés photométriques des lentilles et miroirs, la flexion des miroirs, les phénomènes thermiques dans les instruments.
- Ce bel ouvrage, conçu pour servir de guide à tous les observateurs, se termine par un aperçu historique.
- Anleitung zu optischen Untersuchungen mit dem Polari= sationmikroskop, par F. Rinne etM. Berck. 1 vol. in-8, 279 p., 335 fig., 1 pl. Max Janecke, Leipzig, 1934. Prix :
- Le maître de la minéralogie que fut Rinne avait commencé ce livre que son collaborateur a dû terminer seul. C’est une introduction magistrale aux recherches optiques à l’aide du microscope polarisant. On y trouve tous les renseignements utiles : principes d’optique cristalline, principales formes des cristaux, rapports entre les symétries morphologique et optique, description du microscope et mode de préparation des lames minces, recherches qualitatives et quantitatives, mesures de l’absorption, étude de la luminescence, techniques de microphotographie et de microprojection, travaux pratiques et démonstrations. C’est dire que ce manuel est très complet et parfaitement à jour; il est de plus très heureusement illustré.
- Généralités sur les machines électriques, par P. Thirrion. 1 vol., 202 p., 80 fig., chez l’auteur, 66, Boîte postale, Metz, 1935.
- Ce petit ouvrage, volontairement très élémentaire, est appelé à rendre de réels services à tous les praticiens qui sans avoir appris à fond l’électricité ont à employer des machines électriques et doivent par suite acquérir sur ce sujet un certain, nombre de connaissances fondamentales. Us trouveront ici tout d’abord une claire définition des principales machines électriques, le rappel du sens et de la valeur des unités, un excellent exposé des phénomènes fondamentaux intervenant dans les machines d’induction, que tous pourront comprendre, et enfin d’utiles conseils sur la recherche des défauts, la conduite et l’entretien des machines.
- Cours de verrerie, par. E. D amour (3e partie). 1 vol. 273 p., 72 fig. Ch. Béranger. Paris 1936. Prix broché : 55 francs.
- Cette troisième partie, consacrée au refroidissement du verre, au
- travail du verre et aux propriétés physiques de cette matière à froid, complète la publication du cours si utile que l’auteur professe au Conservatoire des Arts et Métiers.
- On y lira avec intérêt, sous la rubrique refroidissement, les trois chapitres consacrés à la dévitrification et à la cristallisation du verre, à sa trempe et son recuit. Puis l’auteur étudie le travail du verre, d’abord sous l’aspect scientifique des propriétés du verre au cours de ce travail, puis du point de vue pratique, avec les divers procédés de façonnage et les diverses industries qui s’y consacrent.
- Enfin la partie consacrée aux propriétés mécaniques, électriques, optiques, des verres, rassemble une foule de renseignements et de données véritablement précieux.
- Manuel pratique d’agronomie sur le terrain, par Laurent
- Rigotard. 1 vol. in-16, 96 p., 14 fig. 6 pl. Berger-Levrault,
- Paris, 1935. Prix : cartonné, 10' fr.
- Ce petit volume de poche de notre collaborateur passe en revue les principales observations à faire pour avoir une connaissance des caractères généraux d’un territoire : géographie et géologie, agrologie, climatologie, botanique. Les déterminations sur le sol et la prise d’échantillons de terre sont décrites en détail.
- Il énumère ensuite les données à recueillir sur les cultures, le bétail, le génie rural, puis sur les caractères économiques de la région pour estimer la valeur et les possibilités d’exploitation d’un domaine dans une région donnée.
- Discovery Reports. Volume X. 1 vol. in-4, 390 p., 39 fig., 25 pl.
- Cambridge University Press, London, 1935. Prix : £3. 3 sh.
- L’expédition anglaise de la « Discovery », dans l’Atlantique sud, a recueilli de nombreux et précieux documents, non seulement sur la vie des baleines, mais aussi sur la géographie, l’hydrographie, la faune des îles Falkland, des Orcades, de la Géorgie du Sud et des eaux qui les baignent. Dix volumes ont déjà fait connaître les résultats obtenus. Le 10" contient l’étude par M. Earland des foraminifères des fonds entourant les Falkland, comparés à ceux qu’on connaît déjà dans l’Antarctique; la description, par M. Rayner, des crustacés du genre Munida, dont les larves servent de nourriture aux baleines et les adultes aux hommes, si abondants qu’on pourrait envisager leur exploitation commerciale; l’examen, par M. Hart, des diatomées trouvées sur la peau des baleines, qui peuvent servir d’indice des déplacements des cétacés; l’histoire et la géographie détaillée des Orcades du sud, par M. Marr, accompagnées de splendides photographies; l’énumération des roches recueillies dans ces dernières îles, par M. Tilley. Les dix volumes parus forment une encyclopédie des mers australes et ajoutent singulièrement aux connaissances jusqu’ici sommaires et partielles sur leur hydrographie et leur biogéographie.
- L’année psychologique, par Henri Piéron. 35» année, 1934.
- 2 vol. in-8, 912 p., fig. Félix Alcan, 1935. Prix : 120 francs.
- Chaque année, il faut répéter les éloges qu’on doit à l’immense et précieux travail du professeur du Collège de France qui lit, résume, discute, commente tout ce qui vient de paraître, en livres et dans les revues du monde entier, sur les multiples problèmes relatifs aux fonctions sensorielles, mentales, affectives de l’homme et des animaux, et aux applications grandissantes des formes diverses de la psychotechnique. A ce travail de bénédictin, il ajoute d’autres études originales de son laboratoire. C’est ainsi qu’on trouve cette fois une revue d’acoustique psychophysiologique, due à Henri Piéron, qui revise les nouvelles méthodes des physiciens pour mesurer les bruits, l’acoustique des salles, rappelle les lois de la sensation et montre la confusion actuelle. Le même souci d’analyse précise apparaît dans les autres études de Piéron sur l’évanouissement de la sensation lumineuse, de Margincanu sur l’analyse des facteurs psychologiques, de Fessard et Kucharski sur les temps de réaction aux sons, de Monnin sur les formes d’intelligence, de Bujas et Chweitzer sur le goût dit électrique, de Bridges sur le type émotionnel chez le jeune enfant. Livre de base, instrument de travail de premier ordre, l'Année psychologique est la constante et complète bibliographie des études de l’homme dans ses fonctions nerveuses et sociales.
- Annuaire statistique de l’Algérie. i vol. in-4, 595 p. Service
- central de statistique du Gouvernement général de l’Algérie, Alger,
- 1934.
- Voici le 2° volume de ce précieux inventaire de toutes les activités et toutes les ressources de l’Algérie. On y trouve les données numériques sur le territoire, la population, le mouvement économique, le gouvernement et l’administration, si complètes et sib ien classées qu’on peut s’informer aisément de tous les détails de la vie algérienne et en dégager des vues d’ensemble sur la situation, il y a un an.
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- COMMUNICATIONS A L’ACADEMIE DES SCIENCES
- Séance du 24 février 1936.
- Historadiographie. — M. Lamarque a pu réaliser des microphotographies parfaitement nettes de coupes de cellules radiographiées. Il lui a été possible de constater que les noyaux paraissent plus transparents que le protoplasma, le nucléole restant l’élément le plus opaque des cellules. Lorsqu’une certaine pratique permettra l’interprétation sûre de ses images, l’historadiographie autorisera l’emploi de certains sels métalliques à la place des colorants classiques ; elle pourra aussi révéler la localisation dans les tissus des médicaments contenant des métaux lourds.
- Séance du 2 mars 1936.
- Influence de la pression sur les explosions. —
- MM. Michel-Lévy et Muraour font détoner un collier de granules d’azoture de plomb dans un récipient en acier fermé par une glace et contenant de l’argon ou du gaz carbonique à des pressions variables. Un seul grain est allumé par un fil électrique rougi et le phénomène total est photographié. Les auteurs ont pu constater que la transmission grain à grain de l’explosion s’effectue plus facilement dans l’argon que dans CO2. D’autre part, les phénomènes lumineux sont d’autant plus vifs et plus étendus que la pression est plus faible. Pour une distance de 3 mm. entre les grains d’azoture, la transmission de l’explosion est incomplète dès que la pression de CO2 atteint 22 lcg/ cm2 et devient nulle vers 50 kg /cm2. Le dépôt de plomb est d’autant plus localisé autour des points d’explosion que la pression est plus élevée. Pour les pressions très basses un phénomène lumineux particulièrement intense se produit au choc contre les parois des particules matérielles projetées par l’explosion.
- Cinématographie des écoulements gazeux. — Par une
- technique photographique appropriée (arcs à effet Beck et plaques hypersensibilisées), MM. Labat et Chartier ont pû cinématographier des particulies d’aluminium en suspension dans un courant d’air animé d’une vitesse de 25 m/seconde. Ils ont vérifié, en outre, que ces particules très ténues ont une inertie négligeable et suivent rigoureusement les mouvements des masses d’air; en certains points de leurs trajectoires leur accélération normale a pu atteindre 6250 m /seconde. Ayant déjà appliqué ce procédé avec succès aux liquides, les auteurs espèrent pouvoir résoudre avec lui des problèmes sur l’action réciproque des gaz et des liquides, par exemple celui de la formation des vagues sous l’influence du vent.
- Combinaisons du krypton et du xénon avec Veau lourde. — Malgré leur valence nulle, le krypton et le xénon peuvent donner des hydrates contenant six molécules d’eau. Mlle Cauquil et MM. Godchot et Calas ont vérifié que les combinaisons homologues se forment aussi avec l’eau lourde. Par des considérations thermodynamiques, les auteurs ont pu établir que ces composés peu stables ont bien pour formules respectives : Kr, 6D20 et Xe, 6D20.
- Séance du 9 mars 1936.
- Synthèse de la cyanamide à partir de formol. — Le
- formol et l’acide cyanhydrique étant considérés comme les premiers termes de l’assimilation chlorophyllienne, il est extrêmement intéressant de savoir quelles sont les étapes ultérieures de la formation des composés organiques des êtres
- vivants. Par oxydation à l’aide du permanganate calcique d’une solution de polyoxyméthylène dans l’ammoniaque, MM. Fosse et DeGraeve sont parvenus à obtenir de la cyana-mode avec un rendement de 2 pour 100 calculé sur le carbone. La cyanamide peut, à son tour être oxydée en acide cyanhydrique, acide cyanique et urée; elle permet, d’autre part, en réagissant sur le méthylglycocolle d’obtenir la créatine, principe naturel très important.
- Influence de la température sur la sensibilité des plaques photographiques. — M. Roulleau a étudié la variation de la sensibilité des plaques photographiques de divers types, sous des éclairements de 0,1 à 500 lux, en les soumettant à des températures allant de + 20° à —60°, tout en prenant soin qu’aucun dépôt d’humidité n’ait lieu. Il a pu constater que, d’une façon très générale, la sensibilité décroît avec la température. Certaines émulsions orthochromatiques et panchromatiques présentent cependant un maximum relatif de sensibilité vers —20° qui disparaît si l’impression a lieu après interposition d’un filtre bleu.
- Carbure d’hydrogène dans l’huile d’olive. — Au cours du raffinage de l’huile d’olive, on la désodorise par un courant de vapeur d’eau surchauffée. La petite fraction entraînée contient environ 8 pour 100 d’un insaponifiable qui présente tous les caractères des carbures d’hydrogène. M. Marcelet a réussi à en séparer des carbures liquides non saturés, dont l’un C28 HKn contient quatre doubles liaisons, et des carbures saturés solides en C24 et C26.
- Habitat du moustique maritime. — L’Aedes punctalus ou moustique maritime pond dans l’eau de mer des flaques que les marées laissent sur le rivage. M. J. Legendre, par des recherches systématiques sur le littoral charentais, montre que cet insecte pénètre à l’intérieur des terres aussi loin que les fortes marées apportent dans les ruisseaux une certaine proportion d’eau de mer. L’eau salée paraît donc indispendable à sa vie larvaire. Au contraire le moustique ordinaire, ou Culex pipiens, ne peut pas vivre à l’état larvaire dans l’eau de mer, ses pupes y conservent cependant leur vitalité.
- Séance du 16 mars 1936.
- Sérum contre les scorpions. — Les piqûres de scorpions causent chaque année en Algérie beaucoup plus de cas de mort que les morsures de serpents venimeux (vipère à cornes, vipère lébétine, naja, etc.).
- Le scorpion le plus venimeux de l’Afrique du Nord est Prionurus australis L. Viennent ensuite Buthus occitanus, Pr. liouvillei. M. Etienne Sergent vient de préparer à l’Institut Pasteur d’Algérie un sérum curatif en faisant macérer les telsons broyés d’une centaine de scorpions de même espèce dans de l’eau salée à 9 pour 1000, stérile, additionnée de glycérine. La macération est conservée à la glacière.
- L’âne est très sensible au venin de scorpion. On commence l’immunisation en injectant, sous la peau de l’âne, une goutte de macération et l’on augmente progressivement les doses dans les injections suivantes. Au bout de quelques mois, on obtient un sérum très actif. Le sérum préparé contre le venin de Pr. australis est également actif contre le venin de Buthus occitanus et celui de Pr. liouvillei. Il peut donc être employé contre tous les venins de scorpions en Afrique du Nord.
- L, Bertrand.
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- NOTES ET INFORMATIONS
- NÉCROLOGIE Charles Nicolle.
- M. Perrin, président de l’Académie des Sciences, a rappelé ainsi la vie de Charles Nicolle :
- « Descendant d’une race aventureuse, élevé à Rouen par un père qui avait le culte de la Science et qui, sans avoir eu le bonheur de s’y consacrer lui-même, put au moins communiquer som ambition à ses fils, guidé par son frère aîné Maurice Nicolle, que nous nous rappelons et qu’il est juste d’associer à sa gloire, il se forma comme savant et chercheur à l’école de Metchnikofï « maître d’enthousiasme », et du docteur Roux « esprit incisif et clair, qui lui montra que la vérité est plus riche encore et plus belle que toutes les fables ».
- « Il fut alors désigné pour diriger l’Institut Pasteur fondé à Tunis. C’est là qu’il a travaillé pendant plus de trente ans, créant une école de médecine expérimentale de jour en jour plus célèbre. Ses recherches ont été si nombreuses que je ne peux même essayer de les résumer, et je veux seulement rappeler ses plus éclatantes découvertes.
- « Ce fut d’abord, vers 1909,
- — après une longue étude où le génie sut ne pas exclure la patience et la prudence —, la découverte d’une prophylaxie prodigieusement simple du typhus exanthématique. Ce typhus sévissait à l’état endémique non seulement dans l’Afrique du Nord, mais dans tous les pays où la misère était générale. Pour cette même raison, il s’était toujoui’s développé sous forme d’épidémies terribles parmi les armées en campagne, décimant, sous le nom de typhus des armées, les soldats de toutes les guerres dont on a gardé la mémoire.
- Rassemblant d’innombrables observations, Charles Nicolle se trouva en mesure d’affirmer que, si les malades sont contagieux dans les quartiers où ils résident, s’ils communiquent même le mal aux employés de l’hôpital préposés à leur réception, la contagion cesse dès que la porte d’entrée est passée, les voisins de lit d’un typhique ne contractant pas la maladie. L’agent de la contagion devait donc être étranger au malade, mais transporté avec lui jusqu’à ce que ce malade fût lavé et revêtu de vêtements propres. Cet agent ne peut donc être qu’un parasite, probablement le pou, qui pullule, les anciens combattants ne le savent que trop, sur les hommes qui sont forcés de garder longtemps les mêmes vêtements.
- « La preuve expérimentale fut alors bientôt faite. Un singe fut inoculé avec le sang d’un typhique, puis un autre singe avec le sang du premier; sur celui-ci on réussit à nourrir des poux, et l’on constata que ces parasites transmettaient le typhus à d’autres singes. La preuve était faite.
- « La prophylaxie, toute simple, s’ensuivait dès lors : l’épouillage et le changement de linge d’un malade suffisaient à arrêter la contagion. Grâce à ces précautions si simples, le
- typhus a disparu de Tunis, puis la désinfection s’est répandue dans le monde entier. Dès 1914 on pouvait lutter efficacement contre le typhus des armées et d’abord sur le front français. C’est à coup sûr par millions que les existences humaines ont été protégées pendant les dernières années de la guerre, qui, sans la découverte de Charles Nicolle, eût peut-être fini dans une catastrophe, par un effondrement général sans combat et sans gloire.
- « Une découverte analogue a été celle d’une prophylaxie efficace, la même, à vrai dire, pour la fièvre récurrente. On soupçonnait bien la transmission par un parasite, mais les poux semblaient innocents de cette transmission. Charles Nicolle montrait lui-même que les piqûres de poux infectés, subies par des sujets volontaires dont il faut admirer le courage, restaient sans effet. L’examen microscopique des organes des poux infectés sembla d’abord imposer la même conclusion : les spirochètes agents de la fièvre récurrente disparaissaient du corps de l’insecte infecté. Mais Charles Nicolle persévéra et vit qu’à la condition d’attendre une semaine, de nouveaux spirochètes très fins, privisoirement transformés dans l’organisme de l’insecte, apparaissaient en très grand nombre dans son sang. Ce sang n’est pas introduit par la piqûre, laquelle reste donc inofïensive, mais il suffit que le parasite soit blessé, par les ongles du porteur par exemple, pour que la moindre écorchure ou le contact avec des muqueuses sensibles détermine la contagion. Le mécanisme de cette contagion était trouvé et la suppression de la maladie s’ensuivait.
- « Dans un ordre d’idées différent, Charles Nicolle a réussi encore à découvrir une prophylaxie to.ute différente, celle de la rougeole, qui, on ne le sait pas assez, est la maladie la plus meurtrière pour les enfants. Il suffit d’injecter aux enfants exposés à la contagion un peu de sérum prélevé à un rougeoleux pour éviter la maladie, et maintenant il n’est plus un dispensaire qui n’ait pas une provision suffisante de sérum anti-rougeoleux.
- « Au cours de ses diverses recherches Charles Nicolle a fait une autre découverte capitale, celle des maladies inapparentes, qui ne se traduisent par aucun symptôme, hors la possibilité de transmettre la contagion. Des cobayes infectés par le sang de typhiques ne paraissent pas souffrir, mais, si l’on prend leur température, on constate qu’ils ont de la fièvre du cinquième au quinzième jour. Pendant ce temps leur sang est nocif; il est également nocif pendant cette période, même chez ceux qui ne manifestent pas cette fièvre. Charles Nicolle a généralisé cette observation pour un très grand nombre de maladies parmi lesquelles sont la poliomyélite, l’encéphalite léthargique, la rougeole, la variole, la peste aviaire, la diphtérie (et la maladie du jeune chien, que l’homme prend sans s’en apercevoir et qu’il peut transmettre).
- CHARLES NICOLLE
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- Sans doute cette notion se généralisera; elle permet de comprendre comment certaines maladies actuelles ont pu apparaître et comment on pourra les l'aire disparaître.
- « On comprend que toutes ces brillantes découvertes aient valu à Charles Nicolle toutes les récompenses que peuvent obtenir les savants. L’institut lui avait donné le Prix Osiris, puis l’Académie de Suède le Prix Nobel. 11 voulut cependant, sur la fin de sa carrière, prendre la succession de la chaire de Médecine expérimentale de Claude Bernard laissée vacante par la retraite de notre illustre confrère d’Arsonval. 11 y fut naturellement nommé d’emblée et il y a fait d’admirables leçons où l’élévation de la pensée et la maîtrise du style montrent, comme dans tous ses livres, qu’il était homme de lettres aussi bien que chercheur. Ces leçons forment son testament. « J’ai pensé », écrit-il dans l’une d’elles, « qu’au soir de sa carrière le savant qui avait pu mener à bien son aventure devait rendre compte des conditions dont relevait le succès, que nul de ces favorisés ne pouvait se dispenser d’instruire, qu’ayant reçu la flamme de l’enthousiasme je ne devais pas la laisser éteindre avec moi et que j’avais un message à porter aux jeunes gens. »
- « Ce message, c’est en somme que l’humanité se transforme grâce aux chercheurs et aux inventeurs, que tout ce qui est progrès n’a jamais été l’œuvre que de quelques individus, et qu’il faut en conséquence prendre garde de ne pas laisser s’éteindre une flamme qui, maintenant encore, est vacillante et qui pourrait fort bien s’éteindre, entraînant l’arrêt de toute marche en avant dans notre civilisation. Ce n’est pas dans cette enceinte que ces paroles risquent de n’être pas entendues.
- « Charles Nicolle a été de ceux qui ont porté et transmis cette flamme; il a eu le rare bonheur d’être des quelques hommes, front de l’humanité en marche, qui réussissent parfois, faisant face à ce qui semblait être la Destinée, à changer le cours de l’histoire de l’espèce humaine.
- HISTOIRE DES SCIENCES Le premier chemin de fer allemand. *
- L’Allemagne vient de célébrer, à Nuremberg, le centenaire de son premier chemin de fer. Ce premier chemin de fer est l’œuvre d’un Français, Denis de Porte, ignoré de ses compatriotes, mais auquel l’Allemagne, à cette occasion, a tenu à rendre hommage. Nous extrayons du Journal « Les Dernières Nouvelles » de Strasbourg les renseignements qui suivent sur la carrière de Denis de Porte.
- Il naquit près de Vassy en 1795; son père, en 1801,fut nommé inspecteur des Eaux et Forêts dans le département du Mont-Tonnerre avec l’ésidence à Mayence. Il garda ses fonctions après le chute de l’Empire et devint fonctionnaire du gouvernement austro-hongrois dont relevait alors le Palatinat. Paul Denis de Porte, son fils, après des études à Mayence, puis à Paris au Lycée Saint-Louis, entra à l’École Polytechnique en 1814. A sa sortie, il rejoignit sa famille à Germersheim et reçut peu après un emploi d’ingénieur d’État au service de la Bavière. Un congé de 2 ans lui permit de voyager en Belgique, en France, en Angleterre et aux Etats-Unis. C’est dans ces deux derniers pays qu’il étudia la question des chemins’4de fer. A son retour, il reprit ses fonctions officielles; en même temps il prit l’initiative de créer un groupement privé pour construire une première voie ferrée, celle de Nuremberg à Furth, dont il fit le projet et dirigea les travaux. Ce chemin de fer fut inauguré le 7 décembre 1835, après 10 mois de travaux. L’exploitation fut un grand succès. Aussi fit-on appel à Paul Denis pour construire le chemin de fer de Francfort à Mayence etWies-baden et celui de Munich à Augsbourg. Puis il créa toutes les
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- voies ferrées du Palatinat. En 1850, il résilia ses fonctions officielles pour ne conserver que la direction technique des chemins de fer du Palatinat. Le gouvernement bavarois fit encore appel à lui, sur la fin de sa carrière, pour compléter son réseau ferroviaire et s’en trouva bien. Paul Denis de Porte est mort en 1872. Il est enterré au cimetière Sainte-Hélène, à Strasbourg.
- AUTOMOBILISME
- Le conditionnement de Pair des automobiles à conduite
- intérieure.
- L’atmosphère intérieure d’une automobile fermée devient rapidement peu respirable et finit par incommoder les passagers. Le seul remède pratiqué jusqu’ici a été d’ouvrir les fenêtres. C’est un remède brutal; quand la voiture circule à grande vitesse ce violent courant d’air ne peut être longtemps supporté; en outre, il introduit les poussières de la route à l’intérieur de la carrosserie. On vient de idéaliser aux Etats-Unis une voiture dans laquelle l’atmosphère destinée aux passagers est constamment renouvelée et conditionnée. Un petit compresseur frigorifique actionné par le moteur fait circuler un agent frigorigène dans un évaporateur placé à l’intérieur de la voiture. Un petit ventilateur fait circuler sur cet évaporateur l’air extérieur filtré et l’envoie à l’intérieur de la voiture. L’agent frigorigène est comprimé, condensé dans un condenseur refroidi par l’air placé sur le toit de la carrosserie et renvoyé ensuite à l’évaporateur suivant le cycle habituel des machines frigorifiques à compression.
- HYGIÈNE
- U alimentation à la Société des Nations.
- La surabondance des récoltes allant jusqu’à provoquer leur destruction et les contingentements des producteurs s’oppose logiquement à la disette ou tout au moins la sous-alimentation d’un grand nombre de pays et d’une part de la population dans les pays les plus civilisés et les plus riches.
- L’an dernier, la Société des Nations décida d’aborder ce vaste problème en vue de concilier l’agriculture et l’hygiène, de mettre en évidence que la nourriture abondante et surtout « protectrice » (lait, œufs, viande, poisson, légumes, fruits) n’est jamais produite en excès, mais surtout mal distribuée et de recommander aux Etats que leurs réglementations et leurs efforts budgétaires portent bien moins sur la restriction des productions agricoles que sur une large distribution d’aliments aux enfants, aux jeunes en croissance et aux mères allaitant.
- L’origine et l’organisation de ce nouveau mouvement viennent d’être exposées dans la brochure n° 4 sur les activités de la Société des Nations : « L’alimentation, ses rapports avec la santé publique, ses conditions économiques ».
- Une commission d’experts fut constituée par le Comité d’hygiène pour définir les bases physiologiques de l’alimentation. Après s’être réunie à Londres, en novembre dernier, elle vient de déposer son rapport (x) dans lequel elle fixe les optima de nourriture, en calories, en protéines, en graisses, les besoins en minéraux et en vitamines des diverses catégories de population.
- Ces données vont être étudiées par les diverses organisations internationales : Bureau international du travail, Institut international d’agriculture, puis par le Comité mixte pour l’étude des problèmes de l’alimentation qui doit présenter un rapport d’ensemble à l’Assemblée de 1936 de la Société des Nations.
- 1. Rapport sur les bases physiologiques de l’alimentation présenté par la Commission technique du Comité d’hygiène. Publications de la Société des Nations, n° C. H. 1197, 1935.
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- INVENTIONS ET NOUVEAUTÉS
- Fig. 1. — La cureuse Choquet roulant parallèlement au canal, le désagrégateur fait son office et fournit vase, herbes et racines au tuyau
- d’aspiration.
- MÉCANIQUE
- Machine à curer les fosses, canaux, rivières, étangs, etc.
- Il est indispensable, dans les terrains marécageux, de ménager de place en place des fossés, de petits canaux qui évitent la stagnation des eaux, mais qui présentent, par contre, l’inconvénient de s’envaser rapidement, ce qui oblige à des curages fréquents, travail malsain, exécuté le plus souvent à la main par des ouvriers spécialistes, obligés de barboter dans cette vase.
- Il existe différentes machines pour le curage des canaux de plus grande largeur : suceuses, pelles mécaniques, dragues, excavateurs, etc., mais elles présentent toutes des inconvénients. L’excavateur à godets, dont le travail est satisfaisant, est d’un faible rendement, et doit être démonté et remonté à chaque changement de chantier.
- Les autres machines, qui effectuent un curage convenable, laissent cependant un peu de vase, et ne peuvent régler ni plafond, ni talus, ce travail devant être fait ensuite à la main.
- Ces divers inconvénients ont suggéré l’idée d’une machine nouvelle, application de la pompe à vide, et qui assure en une
- Fig. 3. — Disposition schématique des soupapes et clapets de la machine.
- seule passe le curage des petits fossés, en plusieurs celui des canaux plus larges, enlevant tous déblais, ne laissant pas de vase liquide, et dressant plafond et talus aux cotes voulues.
- Un appareil désagrégateur rotatif, placé à l’extrémité du tuyau d’aspiration, permet l’élévation continue des vases, déblais, pierres, herbes et racines, avec une très faible proportion d’eau ou de vase liquide, ce qui n’est pas le cas, par exemple, pour les pompes suceuses, qui ne fonctionnent convenablement qu’avec un apport d’eau considérable.
- Il convient d’ajouter que cette nouvelle machine est relativement légère, ne nécessite qu’un personnel restreint et se déplace rapidement, par ses propres moyens, sans démontage.
- Elle comporte un châssis automobile, sur roues — ou sur chenilles — qui porte un moteur principal (1) actionnant le châssis et les moteurs secondaires, une pompe à vide (2), un compresseur (3), deux réservoirs indépendants (5 et 5’) (fig. 5 et 6).
- Une distribution par trois soupapes (9-10-11) et arbre à cames commandés par un moteur à vitesse variable, admet alternativement vide et air comprimé dans chacun des deux réservoirs, et des clapets automatiques (13-14) permettént l'aspiration et le refoulement des déblais (fig. 3).
- Au premier temps, la pompe faisant le vide dans l’un des
- Fig. 2. — Le travail terminé, l’élinde de la cureuse est replacée dans le prolongement du châssis, et la machine repart vers un autre chantier.
- réservoirs (soupapes 9 et 11 fermées, 10 ouvertes, clapets 14 s’ouvrant), celui-ci se remplit. Au deuxième temps (soupapes 10 et 11 fermées, 9 ouverte, clapets 13 s’ouvrant, 14 se fermant), il se vide sous la pression d’air comprimé. Au troisième temps (soupapes 9 et 10 fermées, 11 ouverte), l’air comprimé est libéré, afin que la pompe à vide, au commencement du cycle suivant, n’absorbe que de l’air à la pression atmosphérique.
- Une soupape de sécurité (12), supportée par un flotteur, à la partie supérieure des réservoirs, et sous le tube d’aspiration et de refoulement, en assure la fermeture au moment de l’aspiration, et protège la pompe à vide contre toute entrée de liquide ou de déblais.
- Les deux réservoirs, semblablement équipés, fonctionnent de façon identique, mais alternativement. Le travail se poursuit donc sans arrêt, à la cadence de trois à cinq réservoirs par minute.
- L’élinde articulée (fig. 4) munie d’un support pivotant (6), est mobile dans les plans vertical et horizontal. Pour la route, elle se place dans le prolongement du châssis, et, pour le travail, sous un angle quelconque. A son extrémité, fonctionne l’appareil désagrégateur de déblais (8).
- Un axe vertical (15) tourne dans un tube-guide (16), pivo-
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- tant dans un plan perpendiculaire au plan de l’élinde et porte à sa base une pièce (18), munie de lames (17, 17’), qui peuvent être en nombre variable et de hauteurs différentes, et qui, taillées en biseau, dotées au
- besoin de dents et
- F/ff. 4. — L’élinde et le désagrégateur. de crochets pour fa_
- ciliter l’arrachage des racines, des herbes et des débris compacts, donnent la pente nécessaire aux talus.
- Dans ce désagrégateur, travaillant comme une fraise, les lames peuvent être disposées pour donner des fronts d’attaque de 1 à 2 m à la base, 2 à 4 m au sommet.
- Une lame racleuse (21) débarrasse les lames découpeuses des herbes et des racines; une tôle (20), formant batardeau, ramène vers le tuyau d’aspiration (19) tout ce qui voudrait s’échapper.
- En raison de la puissance de la pompe à vide, ce tuyau, dont l’extrémité arrive au bas du désagrégateur, aspire tous les corps d’un diamètre inférieur à son diamètre propre.
- Quelle que soit la position de l’élinde, l’appareil désagrégateur conserve toujours la position verticale.
- La machine étant placée parallèlement au fossé à curer, on règle les lames du désagrégateur suivant le profil à obtenir, on place l’élinde en position de travail, et on la fixe.
- On met le désagrégateur en marche, et on descend l’élinde jusqu’à ce que la base du désagrégateur atteigne le fond (fig. 1).
- La pompe à vide, pendant ce temps, absorbe tout d’abord de l’eau, puis de la vase, puis des déblais désagrégés.
- Le fond obtenu, on met la machine en marche pour une première passe, qui peut être suivie d’une seconde et d’une' troisième s’il est nécessaire.
- Par simple aménagement du tuyau de vidange, on projette les déblais à l’endroit voulu.
- Le travail terminé, et la machine arrêtée, on replace l’élinde dans la position de route et l’on repart (fig. 2).
- Posée sur un chaland, cette machine fonctionne comme une drague et comme suceuse, et peut déverser les déblais sur un autre chaland ou sur la berge.
- Un modèle d’essai de cette cureuse nouvelle, due à M. Henri Choquet, entrepreneur de dragages à Saint-Ciers-sur-Gironde, et construite par lui-même, a curé en quelques minutes 10 m de fossé au concours de Rochefort du 15 septembre 1935.
- Si elle dut s’arrêter par suite de la torsion de la tôle — trop mince — du batardeau, ce qui ne demande qu’une légère mise au point, elle n’en semble pas moins parfaitement
- Fig. 5. — Vue en plan, par-dessus, de la cureuse Choquet.
- Fig. 6. — Vue schématique en élévation de la machine.
- apte à donner satisfaction aux propriétaires de terrains marécageux.
- ACOUSTIQUE
- Matériau pour la correction acoustique des salles.
- Il existe un grand nombre de matériaux acoustiques absorbants dont on recouvre les murs et les plafonds; on les fait adhérer au plâtre et au béton, ils peuvent être décorés; ils sont, en outre, isolants contre le froid et la chaleur.. Le coefficient d’absorption, c’est-à-dire la quantité d’énergie absorbée à chaque contact de l’onde sonore varie, non seulement suivant la matière considérée, mais suivant la fréquence des sons.
- Dans les premières installations de salles et de studios, on utilisait trop de matériaux absorbants, ce qui présentait de graves inconvénients pour l’agrément et le naturel de l’audition. Aujourd’hui, on évite d’étouffer les notes aiguës, et l’on tient compte du pouvoir absorbant des enduits et tentures à l’égard des sons correspondants.
- On peut aussi établir des éléments correctifs de réflexion sonore pour une gamme de sons étendus, non pas en employant des matériaux mous et compressibles particuliers, mais en utilisant des éléments d’une nature quelconque présentant une constitution géométrique spéciale. C’est le problème que s’est posé récemment un ingénieur acousticien connu, M. Kessler, et il a réalisé à cet effet un revêtement original entièrement en acier.
- Ce revêtement est constitué par des panneaux formés avec des bandes de feuillard d’acier, de 6 cm de large et de 2 mm d’épaisseur, cambrées et soudées électriquement, formant des alvéoles de 7 cm de côté au nombre de 50 au m2.
- Ces panneaux sont fixés aux parois au moyen de clous ou de crochets et juxtaposés par soudure électrique ou par agrafage. Ils permettent des effets décoratifs très variés.
- Les essais entrepris méthodiquement ont paru démontrer que ces panneaux métalliques sont efficaces. Leur forme seule paraît intervenir, et non leur matière ; aussi, en principe, pourrait-on sans doute réaliser des dispositifs analogues en toute autre matière.
- On a construit suivant le même procédé des vitrages antiréfléchissants. Ces revêtements, d’emploi très facile, paraissent être précieux pour le constructeur de salles, et ajouter à la technique de l’acoustique architecturale moderne.
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- BOITE AUX LETTRES
- i . : A
- COMMUNICATIONS
- A propos de la philatélie et la nature (n° 2969).
- M. Eugène Bruyère, trésorier de la Bibliothèque populaire d’Azul (République Argentine) nous signale la récente émission par ce pays d’une série de timbres-poste représentant surtout des sujets agricoles :
- 15 centavos : la vache qui obtint le premier prix à l’exposition du bétail en 1925.
- 25 c : le labour.
- 30 c: un mouton mérinos.
- 40 c : une plantation de canne à sucre. 50 : c. un puits de pétrole.
- 1 peso : carte de l’Argentine.
- 2 p. : principaux l'ruits du pays.
- 5 p. : les cataractes de l’Iguazu.
- 10 p : une énorme grappe de raisin.
- 20 p. : un cotonnier du Chaco.
- QUESTIONS ET REPONSES
- Adresses relatives aux appareils décrits :
- Conducteur édecirique Pyrotenax : Société C. E. B. I., 54, avenue Marceau et Câblerie de Clichy, 152 à 160, quai de Clichy, Clichy (Seine).
- Étude des qualités acoustiques d’une salle.
- Il existe actuellement de nombreux appareils de mesure permettant l’étude physique des qualités acoustiques d’une salle, et, en particulier, du phénomène de réverbération, en vue de modifier, s’il y a lieu, la forme ou la nature des parois de cette salle.
- Ces appareils sont évidemment encore de prix élevé et leur emploi rationnel exige une certaine habileté de la part de l’opérateur.
- Vous pouvez trouver des renseignements sur les principes de ces systèmes dans l’ouvrage Le cinématographe sonore, par P. Hémardinquer ou Précis d’acoustique, du même auteur (Librairie Eyrolles, éditeur).
- Étant donné le prix élevé de ces appareils, nous ne pensons pas qu’il vous soit possible d’en acheter un modèle uniquement pour étudier les moyens de perfectionner l’acoustique défectueuse d’une seule salle. Vous auriez sans doute intérêt à vous adresser à un ingénieur acousticien spécialisé, nous pouvons vous indiquer ainsi :
- Les laboratoires Kagan, 5 rue Casimir-Pinel, Paris (9e).
- Etablissements Gautrat, 24, rue Vintimille, Paris (9e).
- Réponse à l’Union catholique à Rodez.
- De tout un peu :
- M. Cachard, Paris. — Nous vous signalons quelques ouvrages,
- 1° sur la galvanoplastie :
- Brochet. —• Manuel de galvanoplastie, 416 pages, 48 fi g., Baillière, éditeur, Paris 1926, prix : 24 francs.
- Pfani-iauser. — Electroplastie, électro-déposition. Traité complet, 850 pages, 393 fig., Béranger, éditeur, Paris 1930, prix : 180 fr.
- Salauze. — Traité de galvanoplastie, 680 pages, 200 figures, Dunod, éditeur, Paris, 1935, prix : 118 francs.
- 2° sur les alliages :
- Guillet. —• Les méthodes d'étude des alliages, 859 pages, 998 fig., Dunod, éditeur, Paris 1933, prix : 192 francs.
- Pecheux. — Métaux et alliages métalliques, 319 pages, 126 figures, Baillière, éditeur, Paris 1924, Prix : 24 francs.
- Chaplet. — Tous les alliages, environ 2,500 formules des alliages de toutes sortes, 70 pages, 10 fig., Gauthier-Villars, éditeur, Paris 1925, prix : 20 francs.
- Broniewski. — Introduction à l'étude des alliages, 230 pages, 211 fig., Desforges, éditeur, Paris 1918, prix : 42 francs.
- JV1. Vitte, à Latresme (Gironde). — Vous pourrez facilement donner aux pommes le brillant des pommes américaines en les frottant au moyen d’une flanelle sur laquelle vous aurez passé un morceau de paraffine.
- IVI. Dupuis, à Montluçon. — L’utilisation très heureuse du bleu de méthylène en médecine humaine a orienté les recherches vers un emploi analogue pour traiter les maladies des plantes.
- Dans cet ordre d’idées, M. Truffault s’est livré à une étude très approfondie de l’action des principales matières colorantes dérivées de la houille et ses conclusions ont été les suivantes :
- Les colorants les plus actifs ont été le vert malachite et son homologue le vert brillant; viennent ensuite les colorants sulfonés : hélianthine, fuchsine, carmin d’indigo, rouge neutre, bleu de méthylène.
- La pyosphine A C R dérivée de l’acridine est surtout efficace sur le mildew (Peronospora viticola) même à la dilution de 1/3000.
- Pour que l’action soit possible, il est indispensable que la préparation mouille le champignon parasite, c’est pourquoi on lui ajoute un agent mouillant qui diminue la tension superficielle; tels sont l’alcool, les glycols, les glycérines-éthers, les savons, les sels des acides naphtô-niques saponifiés ou sulfonés, les différents corps gras sulfonés.
- Bien entendu le mélange entre les colorants et la substance modifiant la tension superficielle ne doit se faire que si chacun des éléments mis en présence ne modifie pas la constitution de l’autre.
- C’est sur ces données que les établissements Truffaut ont établi différents insecticides désignés sous les noms d’Héliones, Elgetol, Elgete, Elgecide, etc.
- Consulter à ce sujet les articles de Truffaut parus dans la Revue de Chimie industrielle, n° 458, 1930, page 34; n° 4SI, page 2, et 482, page 34, année 1932.
- M. L. Mahieu, à St-Symphorien. — La scille est employée pour la destruction des rats sous la forme suivante:
- Poudre de scille............... 5 gr
- Farine.........................20 —
- Essence d’anis.................une goutte
- Ajouter ensuite une quantité de graisse de porc suffisante pour former une pâte homogène et placer celle-ci en petites boules sur le chemin parcouru habituellement par les rongeurs.
- M. Phely, à Longueville. — On utilise, pour émulsionner l’huile de paraffine et les produits aqueux, les substances suivantes :
- 1° Les vasogènes ou vaselines traitées par l’oxygène sous pression.
- 2° Les paraffines oxydées à haute température également par l’oxygène sous pression, qui sont désignées dans le commerce sous le nom d ’émulsines.
- 3° Le vasenol obtenu en mélangeant l’huile de vaseline avec des alcools gras retirés du spermaceti.
- On obtient ainsi des émulsions très stables en se servant de préférence d’émulseurs mécaniques constitués par de petites turbines de disposition spéciale.
- M. P. Auguste, à Paris. — 1° La présence du chlore libre ou des hypochlorites se décèle facilement au moyen du papier ioduro-ami-donné qui se prépare ainsi :
- On pèse 3 gr d’amidon que, l’on délaye dans 250 cc d’eau froide et l’on porte à l’ébullition en remuant jusqu’à ce que le liquide devienne bien transparent.
- On ajoute alors un gramme d’iodure de potassium et un gramme de carbonate de soude pur, puis on complète à un litre.
- Après refroidissement, on trempe dans le liquide des bandes de papier non encollé (papier à filtres), on laisse sécher et conserve en flacons bien bouchés.
- En présence de chlore libre ou d’hypochlorites, le papier étant imbibé de quelques gouttes du liquide à examiner, il se produit une coloration bleue d’autant plus intense que la richesse en chlore est plus grande.
- 2° L’Omnium scientifique et industriel, 20, rue Gay-Lussac, à Paris, vous fournira dans les meilleures conditions tous produits chimiques et ustensiles de laboratoire dont vous auriez besoin. La Maison Bourret, 119, boulevard Saint-Germain se charge également de toutes fournitures pour petits laboratoires d’enseignement ou d’amateurs.
- Le Gerant
- G. Masson,
- 7994* Inrp. Lahure, lue de Fleurus, 9, a Paris. —— 1-4-1936. — Published in France.
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- N* 2975
- LA NATURE
- “ 15 Avril 1936.
- L’ÉCLIPSE TOTALE DE SOLEIL DU 19 JUIN 1936
- Une éclipse totale de Soleil est, sans doute, le spectacle le plus impressionnant que puisse nous offrir l’astronomie. Voir le Soleil disparaître alors qu’il est dans la plénitude de son éclat, assister à la tombée rapide d’une nuit imprévue, expliquent à la fois l’épouvante que ce saisissant phénomène jeta dans l’esprit des peuples primitifs et
- provient de l’interposition, entre notre globe et le Soleil, du disque lunaire. Ces deux derniers possèdent à peu près le même diamètre apparent, et le cône d’ombre projeté par la Lune est fort étroit ; il découpe alors, en se déplaçant à la surface de la Terre, une bande extrêmement mince, en dehors de laquelle il ne peut y avoir qu’éclipse partielle.
- Connaissance des temps 1936
- Fig. 1. — Les limites de l'éclipse de Soleil du 19 juin 1936. (D’après la Connaissance des Temps, 1936).
- l’émotion qui étreint les civilisés lorsqu’il leur est donné d’en être les témoins. Ce n’est pas que notre pays en ait souvent le privilège : il n’est rien de plus rare, en un certain point, qu’une éclipse totale de Soleil, puisqu’on en note une, en moyenne, tous les 360 ans. La dernière en France eut lieu en 1912 et ce n’est qu’en 1961 que la suivante s’y produira. Ce n’est pas ici le lieu de rappeler à quoi tient cette exceptionnelle rareté : il nous suffira de dire qu’à la différence des éclipses de Lune, moins fréquentes en fait que celles de Soleil, mais visibles de tout un hémisphère, par suite de la disparition effective de notre satellite dans l’ombre de la Terre, une éclipse de Soleil
- L’U. R. S. S. SERA LE THÉÂTRE DE LA PROCHAINE ÉCLIPSE
- Le 19 juin prochain sera marqué par l’un de ces importants événements astronomiques. L’ombre de la Lune — dont la largeur ne dépassera pas 140 km — se formera d’abord en Méditerranée, coupera le Péloponnèse, frôlera la Turquie, traversera la Mer Noire, atteindra le Caucase en s’enfonçant en Russie, effleurera la Mandchourie, touchera le Japon à l’île de Yéso et quittera le globe dans l’Océan Pacifique. La France n’en aura donc pas le bénéfice, et l’U. R. S. S., qui sera le principal théâtre du phénomène, recevra, à cette époque, un ample contingent
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- Moscou
- Khabarovsk
- Tomsk
- Samara
- jFa i'kal
- Orenbourg
- V ladivostock
- Fig. 2. — Carie montrant la ligne de centralité et les différentes durées de la totalité.
- de missions astronomiques étrangères. Celles-ci se répartiront, d’ailleurs, tout le long de la ligne de totalité, qui leur offrira, grâce aux villes traversées, de précieuses facilités de travail. L’éclipse générale commencera à 2 h. 45 (*), l’éclipse totale à 3 h. 49; le maximum aura lieu à 5 h 20, et tout sera terminé à 7 h 55. La durée de la totalité variera naturellement suivant les points de la trajectoire. Elle ne se(ra guère, aux environs d’Athènes, que de lm ; encore la faible hauteur du Soleil au-dessus de l’horizon (8°) rendra-t-elle l’observation difficile. L’Asie Mineure permettra une étude plus aisée, notamment à Brousse et au Mont Olympe. A Ineholi, sur la côte de la Mer Noire, la totalité s’élèvera à lm23s, et l’observation sera rendue plus facile par la hauteur du Soleil (17°). Puis, cette durée s’accroîtra, atteindra 116s près d’Orenbourg, au nord de la Caspienne et, tandis que la ligne centrale cheminera parallèlement au transsibérien, d’Omsk à Tomsk, la totalité passera de 2m16s à 2m26s, entre ces deux villes. Le maximum —• 2m 32s — se produira au nord-ouest du lac Baïkal, avec une hauteur du Soleil de 57°, à 12 h 19 (heure locale). Près de Khaborovsk, on n’aura plus que 2m 12s, puis enfin, au nord du Japon, lm 578.
- Dans notre pays, seuls les amateurs matinaux pourront
- 1. Temps universel, compte non tenu de l’heure d’été.
- Fig. 3. — Grandeur maxima de la phase visible à Paris.
- jouir du spectacle de l’éclipse partielle. Dès son lever, à 3 h 48, le Soleil se présentera, en effet, avec un disque échancré, et le milieu de l’éclipse aura lieu à 4 h 12, avec la grandeur maximum de 0,617. Le phénomène se terminera à 5 h. Il sera donc fort malaisé à observer, et seuls, seront favorisés les gens situés sur un point élevé, dans une atmosphère limpide et sèche.
- Pour étudier l’astre du jour éclipsé, les astronomes échelonnés sur la ligne de centralité devront donc, autant que possible, se rapprocher du point de durée maximum. Cependant, celle-ci ne sera pas le seul facteur entrant en jeu dans leurs projets. Les conditions météorologiques devront être prises, elles aussi, en sérieuse considération : il ne servirait à rien de s’installer au cœur de la zone de totalité si les probabilités de mauvais temps y étaient de 80 pour 100. Or, de l’étude publiée par le professeur Gerasimovic, il ressort, d’après les données recueillies depuis 1933, que les lieux les mieux avantagés à ce point de vue seront, non pas le voisinage d’Omsk, de Tomsk ou du lac Baïkal, mais les régions proches de la Mer Noire et de la Caspienne, où l’on aura plus d’une chance sur deux d’avoir beau temps. C’est au nord du Caucase, à Armavir, ville de 75 000 habitants, placée entre Krasnodar et Stavropol, que s’installera la mission de la Société astronomique de France dirigée par M. J. Camus. Différentes missions soviétiques s’établiront, d’autre part, sur le trajet de l’ombre. Aux trois expéditions de l’Observatoire de Poulkovo seront notamment rattachées des missions étrangères, anglaise, italienne et américaine, tandis que l’Observatoire de Cambridge enverra la sienne à l’île de Hokkaido. M. de la Baume-Pluvinel, qui est sur la brèche depuis plus de cinquante ans, dressera ses instruments à Ineboli, qui lui offrira une quasi-certitude de temps clair. Il poursuivra là, avec son équatorial et ses spectrographes, ses études, connues de toxit le monde savant, sur la couronne solaire et sa spectrophotométrie.
- Et la France officielle, dira-t-on ? Faut-il avouer qu’à l’inverse de grandes nations dont les difficultés de l’heure ne sont pas moindres que les siennes, la France n’a pas prévu de crédits pour une mission complète et que seuls, trois savants spécialistes, MM. Chalonge, Dufay et Barbier seront chargés de travaux d’astrophysique ? Est-il possible, pourtant, de considérer comme inopportunes de
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- telles dépenses, consenties par tous les pays modernes et, à moins de nier la valeur et l’intérêt de la science en reniant par là même la base de toute civilisation, une nation peut-elle se refuser à accorder l’aide due aux progrès du savoir ? (x)
- COMMENT LA. DISPARITION DU SOLEIL PERMET D’ÉTUDIER LE SOLEIL
- Ce n’est pas, assurément, aux lecteurs de cette revue qu’il faut faire toucher du doigt l’importance des éclipses totales de Soleil, dont témoignent, d’ailleurs, ces envois de missions lointaines et coûteuses. Uniquement limité, il n’y a pas très longtemps, aux études d’astronomie de position et d’astrophysique, ainsi qu’à l’observation des phénomènes météorologiques connexes, leur intérêt s’est étendu, depuis la guerre, à de nouvelles branches de la recherche, telles que leur influence sur les radiocommunications, et la vérification de l’effet Einstein. Toutefois, même à l’heure actuelle, c’est à l’étude de la couronne solaire que s’attachent surtout les expéditions, bien que le coronographe de M. Lyot permette d’en voir en tout temps les raies spectrales et les couches inférieures.
- Connue depuis l’antiquité, la couronne est, comme on sait, une magnifique auréole d’un gris perlé, dont les panaches inégaux s’éloignent parfois à des distances prodigieuses du Soleil, et qui montre, tout au ras du disque, les flammèches roses des protubérances issues de la chromosphère. Invisible en temps ordinaire en raison de sa faible luminosité, noyée dans l’éblouissante clarté de la photosphère, la couronne n’a point une forme invariable : son aspect est, au contraire, en relation avec la phase de l’activité solaire. C’est ainsi qu’à l’éclipse de 1932, époque de minimum, on vit les jets coronaux se concentrer dans les parages de l’équateur, les pôles en étant presque dépourvus. Le 19 juin, l’activité solaire se rapprochant de son maximum, il est à supposer que la matière coro-nale sera à peu près uniformément répartie sur l’ensemble de la circonférence.
- Cette haute atmosphère qui enveloppe le Soleil pose à l’astronome des problèmes aussi nombreux que délicats. Son spectre, en particulier, continu et coupé de raies brillantes d’émission, présente, en outre, des raies difficiles à déceler et à identifier. On les attribua longtemps à un élément hypothétique, le coronium; on croit maintenant qu’elles appartiennent à un corps déjà connu, sous un aspect physique non étudié. La spectrophotométrie de la couronne — ou mesure de l’intensité relative des diverses parties du spectre — fait encore l’objet de nombreux travaux et a déjà permis de remar-
- 1. Remarquons que la Chine accorde pour le même but une subvention de 4000 livres.
- Fig. 4. — Comment on observe l’éclipse par projection sur un écran. (Ph. Keystone).
- quer que la répartition de l’énergie dans ce spectre est presque identique à sa répartition dans le spectre de Frauenhofer. Appuyée par les recherches de MM. Dufay et Grouiller sur la lumière coronale polarisée, cette constatation a donné à penser que la clarté de la couronne pouvait provenir de la diffusion du rayonnement solaire sur des électrons libres.
- L’éclipse fournira également une rare et précieuse occasion de photographier le spectre-éclair, dû à la mince couche — la couche renversante — qui transforme le spectre continu du globe solaire en un spectre coupé de raies noires. Là encore, on procédera à des mesures quantitatives, et l’on repérera les raies nouvelles décou-
- Fig. 5. — L’installation astronomique des Américains pour l’éclipse totale de 1932
- (Ph. Keystone).
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- Fig. 6. — L’un des specfrographes qu’utilisera la mission officielle
- française.
- On distingue, à gauche, la fente et, à droite, l’emplacement de la plaque photographique.
- vertes dans l’infra-rouge, vers 12 000, angstroms (x). Est-il nécessaire de rappeler, à ce propos, la contribution de l’éminent spécialiste de l’astre du jour, M. d’Azarn-buja, qui a bien voulu, du reste, nous communiquer ces intéressants renseignements ?
- L’EFFET EINSTEIN
- Si la prochaine éclipse laisse à élucider de multiples questions de physique solaire, il ne semble pas, par contre, que la théorie de la relativité doive en tirer de sérieux arguments. L’une de ses vérifications consiste, on s’en souvient, à mesurer la déviation imprimée par la masse du Soleil à un rayon lumineux émanant d’une étoile, arrivant tangentiellement au Soleil et incurvé par la pesanteur. Cette vérification exige donc la présence autour du Soleil d’un certain nombre d’étoiles brillantes qui, photographiées en présence de l’astre éclipsé et, six mois plus tard, en pleine nuit, fourniront, par comparaison, l’écart prévu. Or, le champ stellaire où se produira cette fois-ci l’événement, ne' contiendra que des astres faibles et, d’autre part, le peu de durée de la totalité ne per-
- 1. Rappelons que l’angstrüm vaut un dix-millionième de millimètre.
- Fig. 7. — M. Chalonge, devant son microphotomètre qui permet d’obtenir la courbe photographique de l’énergie dans les diverses régions du spectre.
- mettra guère de changer l’orientation des lunettes et de prendre les diverses photographies du ciel que réclame la précision des calculs. D’ailleurs, les observations analogues effectuées pendant les éclipses précédentes n’ont pas fourni de résultats très probants : chacune d’elles, nous a déclaré Mme d’Azambuja-Roumens, a soulevé des problèmes nouveaux. La loi de la déviation constatée — celle-ci étant peut-être un peu plus grande que ne l’avait prédit Einstein — n’a pas été établie. De nombreuses expériences devront être réalisées pour éclairer notre religion sur cet épineux sujet (*).
- LA ,T. S. F.
- Enfin, la solution d’un dernier problème, aussi important pour la pratique que pour la théorie, sera poursuivie le 19 juin, à savoir l’influence de l’éclipse sur les ondes de T. S. F. On a déjà remarqué plusieurs fois que l’intensité des signaux radiotélégraphiques subissait, en cette occurrence, des perturbations fort nettes, la transmission étant meilleure pendant l’obscurité. Déjà entreprises pendant l’éclipse totale de 1932, grâce au général Ferrié, les observations seront probablement continuées et permettront sans doute de choisir entre les thèses complexes qui proposent d’expliquer ces curieuses variations.
- QUAND LES MISSIONNAIRES DE LA SCIENCE PASSENT LES MERS...
- On peut juger, d’après la quantité et la diversité de ces objets d’étude, de la complication que représente une mission d’éclipse. Une grande mission d’observatoire exige, en effet, souvent, une année de préparation : il s’agit parfois de construire les instruments, il faut les monter dans le parc de l’observatoire, les essayer, puis les démonter, les emballer. Arrivés, un mois à l’avance, au lieu choisi, les astronomes doivent remonter leurs appareils et s’entraîner à leur manœuvre, de façon à éliminer toute hésitation durant les instants trop courts de la totalité. Cet entraînement méthodique exigé des observateurs est poussé très loin par les Américains qui préconisent d’affecter toujours le même personnel avec le même matériel aux travaux d’éclipses, ce qui est une face imprévue de la rationalisation...
- La préparation de l’expédition, le voyage, l’installation avec une main-d’œuvre de fortune — celle des forçats est fort appréciée — ne sont pas le côté le moins pittoresque de l’affaire, et M. de la Baume-Pluvinel, qui ne laissa guère passer d’éclipse sans la saisir dans ses appareils, nous a conté, à ce sujet, de savoureuses anecdotes. Citons seulement l’aventure d’un savant astronome qui, à l’issue d’un long parcours, enfermé par mégarde dans une cabane quelques instants avant la totalité, ne fut délivré qu’une fois le phénomène passé, l’ombre disparue, alors que la nature avait repris sa sérénité coutumière !...
- 1. Ajoutons qu’il en est de même des importantes expériences sur la dissymétrie optique de l’espace, réalisées sous la direction du savant dissecteur de l’Observatoire de Paris, et qui auraient infirmé, si elles avaient abouti à un résultat positif, le postulat relativiste. « La conclusion définitive reste donc en suspens, dit M. Esclangon, et de nouvelles expériences seront nécessaires pour trancher définitivement cette question ».
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- le programme des astronomes français
- La France sera donc représentée officiellement par la mission du Bureau des Longitudes composée de : MM. Cha-longe, Dufay et Barbier. Après maintes péripéties, causées par l’inertie des pouvoirs publics, ils partiront, au début de juin, pour Koustanaï, à peu de distance d’Orenbourg (Sibérie occidentale), près de la mission de Moscou, à 8 km de la ligne centrale, où ils pourront profiter de 1278 de totalité. Munis d’un équatorial et de spectrographes, ils se livreront à l’étude de la spectrophotométrie de la couronne. Après quoi, de retour à Paris, ces trois savants spécialistes de la spectroscopie passeront les photographies obtenues au mi-erophotomètre de M. Chalonge, lequel donnera ainsi une courbe définissant la valeur de l’énergie dans les diverses régions du spectre. M. Chalonge poursuit ses essais à l’Observatoire depuis plusieurs semaines, mais la dispersion des trois hommes de science — M. Dufay étant à Lyon et M. Barbier à Marseille — ne permet guère, faute de crédits, la collaboration que nécessiterait la préparation d’une telle entreprise.
- M. J. Camus, qui dirige l’Observatoire de la Société astronomique de France, partira pour Armavir à la tête de douze ou quatorze personnes, —dont M. Leclerc, l’auteur des beaux films astronomiques,— accompagnées de leurs instruments. Le programme fixé pour cette mission, rompant avec la tradition, comporte de curieux articles, tels que la cinématographie de l’éclipse, celle du spectre-éclair en plusieurs lumières monochromatiques, puis, outre des travaux photographiques et photométriques variés, l’étude de la corrélation entre les jets coronaux et les protubérances. Certains savants étrangers, comme M. C. Par-vulesco (Roumanie) se joindront à cette expédition.
- Il faut enfin espérer que cette éclipse permettra la mise au point de procédés d’observation ultra-modernes, tels que l’avion, utilisé notamment aux Etats-Unis et en U. R. S. S. Si le pilote sait se maintenir sur la ligne de centralité, l’avion est, en effet, en cas de mauvais temps au sol, l’observatoire le plus précieux. Sans doute interdit-il les études précises — encore les Américains n’ont-ils pas, pour l’éclipse de 1925, monté sur le dirigeable Los Angeles une lunette équatoriale ! — mais il autorise la photographie de la couronne et les observations météorologiques. Il fut encore employé, en 1930, pour déterminer sur le sol la trajectoire exacte de l’ombre : volant à 5000 m, il permettrait d’enregistrer sur film sonore à la fois le déplacement de l’ombre et une série de signaux horaires émis pendant la totalité. Nul doute, par conséquent, que l’astronome ne tire le plus grand profit de ces deux fruits de la science moderne, l’aviation et le cinéma.
- D’après ce bref sommaire d’une activité astronomique mondiale presque entièrement tournée vers l’éclipse, on peut apprécier l’intérêt suscité par celle-ci dans les milieux scientifiques, l’importance qu’ils lui accordent et le retentissement qu’elle peut avoir dans les diverses parties de l’astrophysique. Ce nous est une raison de déplorer la coupable négligence dont la France a fait preuve à cette occasion, mais ce nous en est une autre d’admirer et de louer les savants qui, malgré les embûches, contribuent à maintenir la science de notre pays à la place que lui ont conquise naguère les Cas -Uni, les Laplace et les Leverrier. Pierre Rousseau.
- Fig. 8. — Une installation speclrographique, analogue à celle qu’utilisera la mission française. *
- Fig. 9. — Le grand cœlostat de M. de la Baume Pluvinel qu’emploiera la mission J. Camus.
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- 342 COMMENT LA PEAU DES BALEINES RÉVÈLE LEURS DÉPLACEMENTS
- Longtemps, les baleines ne furent connues des naturalistes qu’à travers les pêcheurs et l’on sait quelles incertitudes et même quelles légendes en résultèrent. Puis quelques voyageurs scientifiques rapportèrent des squelettes, des organes, qui permirent de tracer l’anatomie comparée des grands Cétacés. En France, les collections du Muséum furent organisées par Pouchet et les traités de Gervais et van Beneden, la thèse de Bouvier, datent de la même époque, la lin du xixe siècle.
- Quant au mode de vie des baleines, à leurs mœurs, à leurs déplacements, à leur croissance, on n’en savait que des bribes éparses recueillies avec plus ou moins d’exactitude à bord des baleiniers.
- Grâce aux expéditions anglaises de ces dernières années dans l’Atlantique sud, dont La Nature a déjà parlé (nos 2823 et 2830), grâce aux dix volumes des Discovery Reports déjà publiés Q), la biologie des baleines commence à être révélée d’après des observations incessantes, continues, faites dans toutes les eaux où elles se
- temps dans l’Antarctique tandis cpie celles qui arrivent des eaux chaudes ont la peau beaucoup plus propre. De 1925 à 1927, la Discovery s’occupa de cette question et en 1929, Mackintosh et Wheeler firent connaître plus en détail les faits qui confirment les premières observations. De 1928 à 1930, la Discovery nota encore l’état de plus de 1500 baleines et en 1930-1931, 420 nouveaux individus furent examinés. Cette collection unique de documents vient d’être dépouillée par M. T. John Hart, qui avait vu sur place les dernières captures.
- A peu près tous les Cétacés qui fréquentent les mers du sud ont la peau couverte ou envahie par des diatomées; elles se fixent généralement, au début, sur d’anciens tissus de cicatrices. L’espèce la plus abondante de beaucoup est Cocconeis ceticola; en son absence on en trouve une.autre, C. wheeleri, ou une Navicula, et exceptionnellement quelques autres formes, toutes spéciales aux eaux antarctiques ou subantarctiques, les unes littorales, les autres de fond ou déjà trouvées sur la glace de mer.
- Fig. 1. — Diatomées de la peau des baleines (d’après Discovery Reports).
- A gauche, Cocconeis ceticola, d’un Baleinoptère. — Au milieu, individu émettant des spores. — A droite, Cocconeis wheeleri d’un Mégaptère.
- déplacent, de l’Afrique à l’Amérique et jusqu’à la banquise australe. Les données plus anciennes recueillies dans l’Antarctique par Racovitza sur la Belgica, par Liouville sur le Pourquoi-pas ? s’en trouvent largement complétées et augmentées.
- Je crois qu’on ne peut donner du travail considérable accompli par la Discovery un exemple plus saisissant que celui traité par M. T. John Hart dans le Xe volume des Reports qui vient de paraître. On pourrait l’intituler : Comment le plus petit explique le plus grand, puisqu’il s’agit des diatomées d’une longueur de 40 p., collées sur la peau des baleines et dont la présence révèle fort bien les déplacements des Cétacés 500 000 fois plus longs.
- En 1913-1914, à la Géorgie du sud, le major Barrett-Hamilton observa le premier sur la peau des baleinoptères nageant en surface des taches jaunâtres qu’il pensa dues à des algues. M. A. G. Bennett les retrouva sur les baleines des Shetland du sud et M. E. W. Nelson, en 1920, y trouva des diatomées. Bennett avait remarqué que les baleines les plus tachées sont celles qui ont vécu quelque
- 1. Discovery Reports. Cambridge University Press, London, 1929-1935. ...... ...
- * *
- On commence à connaître assez bien les déplacements des divers Cétacés dans l’Atlantique sud.
- Les Mégaptères ne descendent guère au sud qu’un moment et ils ne se montrent en nombre à la Géorgie du sud qu’au mois de mars.
- Les Baleinoptères descendent l’été vers le sud pour trouver leur nourriture et remontent l’hiver vers le nord pour se reproduire. B. bo-realis se nourrit exclusivement des post-larves d’un crustacé, Munida gregaria, qu’elle trouve au large des côtes de Patagonie; B. physalus et B. mus-culus mangent seulement les bancs énormes et denses d’un autre crustacé, Euphausia superba, qu’elles trouvent bien plus au sud, et la dernière espèce va les chasser beaucoup plus loin, dans l’Antarctique, que la première. Les deux se déplacent progressivement vers le sud à mesure que la saison avance, puis reviennent vers les eaux moins froides et partent ensuite vers l’est. Les jeunes se déplacent en retard sur les adultes et constituent de vastes bancs, souvent groupés par sexe.
- B. physalus a plus souvent la peau infectée de diatomées que B. musculus; les mâles sont plus atteints que les femelles et ont une couche d’algues d’autant plus étendue et plus épaisse qu’ils sont plus gras.
- Les taches jaunâtres des diatomées sont la signature d’un séjour d’au moins un mois dans l’Antarctique.
- Et comme ces taches, quand elles sont développées, sont visibles de loin, tout au moins en eau calme, elles pourraient servir aux baleiniers pour pointer leurs canons uniquement sur les mâles les plus beaux, en laissant en paix les jeunes de moindre valeur commerciale, mais espoirs de la famille des baleines.
- René Merle.
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- E NOUVEAU CRYPTOGRAPHE ASSURANT 343 LE SECRET ABSOLU DES BÉLINOGRAMMES
- La cryptographie consiste à se servir, pour correspondre secrètement, de caractères connus (lettres ou chiffres), auxquels on assigne une valeur conventionnelle et différente de celle qu’ils possèdent alphabétiquement ou numériquement. Cet art remonte aux plus lointaines origines de la civilisation. Mais que de systèmes n’imaginèrent pas les hommes, au cours des temps, pour garder secrets leurs messages ! Que de procédés divers n’inventèrent-ils pas pour déchiffrer les dépêches secrètes, depuis les « Scytales » ou bâtons ronds des éphores Spartiates et les « clefs » de César jusqu’au « tableau » de Biaise de Vigenère et aux « grilles » plus récentes du marquis de Viaris ou du commandant Bazeries ! Puis le progrès aidant, les techniciens songèrent à s’adresser à l’automatisme pour résoudre les problèmes cryptographiques.
- M. Edouard Belin vient de mettre au point un cryptographe, qui assure, de manière absolue, le secret des communications télégraphiques ou radiotélégraphiques. Voici les idées générales qui ont guidé le savant constructeur. Au poste de départ, se trouvent des textes ou des tracés à téléphotographier et il s’agit d’en recevoir à une station d’arrivée des copies authentiques sans qu’aucun autre appareil (même identique) puisse capter ces bélinogrammes en dehors du destinataire. En outre, les opérations doivent s’effectuer sans chiffrage avant la transmission et sans déchiffrage après la réception. Pour cela, au départ, on met le document à transmettre sur le cylindre d’un appareil ressemblant beaucoup au téléphotographe, mais complété par divers organes accessoires dont nous préciserons les rôles respectifs un peu plus loin. A la station réceptrice, on installe un mécanisme similaire, naturellement réglé sur le même jeu de combinaisons et qui fournit immédiatement au destinataire une copie conforme à l’original, sans chiffrage au départ, ni déchiffrage à l’arrivée. Par contre, un tiers, cherchant à capter le document transmis soit par fil, soit par radio, se trouve dans l’impossibilité absolue d’enregistrer autre chose qu’un amas confus de points noirs. Et même, si par suite d’une indiscrétion ou d’un accident quelconque, des étrangers parvenaient à connaître les combinaisons conventionnelles, leur possession ne leur permettrait pas de percevoir la dépêche originale car indépendamment de leur accord préalable, les instruments doivent démarrer ensemble, d’une façon rigoureuse. Ainsi, pour qu’un document téléphotographié soit très nettement lisible, il faut donc que les deux postes cryptographiques (transmetteur et récepteur) marchent en parfait synchronisme. On obtient ce résultat de la manière suivante. Un ensemble de disques dits « anticapteurs » arrête les cylindres après chaque révolution et laisse subsister, entre deux tours successifs, des écarts de temps variables, grâce à un dispositif caractérisé par une combinaison numérique choisie.
- D’autre part, comme il n’existe dans les deux appareils aucune concordance entre les arrêts et les départs des cylindres, l’observateur n’a aucune raison pour
- Fig. 1. — Principaux organes du cryplographe Belin.
- Au premier plan vers le milieu : cylindre de transmission ou de réception. Vers la droite : cylindre d’émission de signaux parasites.
- donner à son cryptographe une allure plutôt qu’une autre. Conséquemment, même à vitesse égale, les divers points constitutifs d’une lettre vont se placer exactement côte à côte chez le correspondant attitré tandis qu’ils s’éparpillent au hasard sur la feuille d’un appareil étranger essayant de surprendre, à l’insu du destinataire, les messages expédiés. Alors apparaît, sur le papier du curieux ou de l’espion aux écoutes, un semis ponctué ressemblant à l’image que donnerait un pinceau trempé dans l’encre et secoué sur une feuille !
- En outre, pour empêcher un indiscret d’écouter les mouvements du cylindre transmetteur, un organe accessoire émet continuellement des parasites de même allure qùe les signaux utiles. Ce dispositif fonctionne automatiquement dès l’arrêt du cylindre transmetteur et son action cesse quand ce dernier se met en route.
- Fig. 2. — Opérateur recevant un message secret avec te cryplographe Belin.
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- Fig. S.— A gauche : Texte en clair reçu par le véritable destinataire. A droite : Texte brouillé par le cylindre émetteur de signaux parasites et reçu par tout observateur étranger.
- Par suite, le véritable destinataire reçoit les signaux parasites quand le cylindre de son appareil s’arrête, autre-
- Fig. 4. — Panneau de mise en route du cryptographe Belin.
- A gauche : amplificateurs d'émission; à droite : amplificateurs de réception; au milieu : appareils de contrôle et de mesure. A la partie médiane supérieure : organes lumineux de sécurité.
- ment dit il ne les enregistre pas alors que la personne qui l’espionne les capte et ces points, en augmentant encore le brouillage,rendent le texte transmis absolument illisible. Afin que ces conditions se trouvent réalisées, le cylindre émetteur de parasites envoie de façon continue une dépêche autographe ou dactylographiée par l’expéditeur, de manière que le ronronnement des parasites produise sur l’oreille de l’espion une impression sonore identique à celle des signaux réguliers.
- Mais si l’enregistrement du texte ou du tracé, au lieu de se faire non plus sur des spires jointives sur un cylindre, s’opère au moyen d’inscriptions disposées bout à bout sur une bande sans fin, on pourrait découper cette pellicule en morceaux d’égale longueur correspondant à la circonférence du cylindre et s’en servir à la rigueur pour reconstituer une lettre. Pour empêcher des indiscrétions de ce genre (très rares à la vérité), on a ajouté encore un dispositif mécanique supplémentaire. Grâce à un second nombre conventionnel, le cylindre transmetteur et le cylindre récepteur tournent avec des vitesses continuellement variables. Ces variations prennent leur origine à un moment quelconque et sur lequel les deux correspondants cryptographes se mettent d’accord au préalable.
- Avec les deux cryptographes que nous avons vus fonctionner dans les laboratoires des établissements Édouard Belin, à Rueil-Malmaison, avant leur départ pour la Russie soviétique qui les a commandés, la transmission s’effectue d’après un texte en noir sur blanc, qu’on fixe sur le cylindre du poste. Celui-ci tourne autour de son axe et en même temps se déplace latéralement. Puis, comme dans les bélinogrammes ordinaires, un faisceau lumineux très puissant éclaire successivement tous les points de l’image. Une cellule photoélectrique se trouve alors différemment impressionnée suivant que les rayons tombent soit sur un noir ou un blanc, soit sur une teinte plus ou moins intense de l’image. Le courant correspondant varie également dans les mêmes conditions et après amplification est transmis directement par fil ou par ondes radiotélégraphiques au poste récepteur. Là, grâce aux mêmes organes mécaniques, le courant se transforme en intensité lumineuse et reproduit fidèlement le message expédié.
- La durée de la transmission varie, selon la finesse de l’exploration, de 2,5 lignes au millimètre (suffisante dans la majorité des cas) à 5,3 lignes au millimètre. Cette dernière méthode graphique fournit, d’ailleurs, des documents plus précis et naturellement plus fins. Dans les cryptographes actuellement construits, M. Belin adopte une exploration de 4 lignes au millimètre.
- Chaque appareil peut transmettre ou recevoir. Il se compose de deux parties : un ensemble mécanique transmetteur-récepteur et un panneau amplificateur avec tous ses dispositifs électriques.
- Le bloc mécanique comprend, dans sa partie médiane, un arbçe vertical venant du moteur, qui par l’intermédiaire d’une vis sans fin et d’un différentiel entraîne un disque destiné à enrayer les tops de coïncidence au correspondant. Puis l’embrayage de l’électro entraîne des pignons excentrés dont le plus petit embraye sur le pignorf récepteur tandis qu’un autre commande les
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- disques anticapteurs. En second lieu, on distingue la boîte des encliquetages commandés aussi par l’arbre principal avec le cylindre d’émission et sa vis d’avancement. A côté, se voit le cylindre auxiliaire destiné à envoyer les signaux perturbateurs pendant les arrêts du cylindre émetteur. A côté des mécanismes précédents, voisine la partie réceptrice qui se compose de l’oscillographe, dont une lampe éclaire le miroir. Les rayons réfléchis tombent ensuite sur une gamme de teintes; puis une lentille aplanétique les reprend alors pour les renvoyer sur un diaphragme carré, après qu’un prisme les a brisés. Finalement un petit objectif vient peindre l’image réduite du diaphragme sur le papier photographique épousant le cylindre réflecteur relié à l’arbre principal par l’intermédiaire d’une boîte d’encliquetages.
- Le panneau de mise en route comprend : à gauche l’amplificateur d’émission et à droite celui de réception avec tous les appareils de contrôle et de mesures (diapason de synchronisme, clefs correspondant aux manœuvres à effectuer aussi bien à l’émission qu’à la réception). A la partie supérieure du tableau, l’opérateur a devant lui des voyants lumineux de sécurité lui permettant de se rendre compte, immédiatement, des pannes d’origine électrique. Derrière le panneau de chaque poste se trouve encore l'étuve calorifugée, à température constante, qui renferme le diapason, où un thermomètre à contacts met en circuit ou coupe la résistance de chauffage, si la température dépasse 50°. En outre, un deuxième thei*momètre à contacts allume des voyants de sécurité quand une panne se produit, en cas d’échaufîement intempestif et même, si un fusible fond, pour couper le circuit de chauffage lorsque la température s’élève trop pendant l’absence de l’opérateur.
- En définitive, grâce à tous ces rouages très ingénieusement combinés, le cryptographe constitue un remarquable instrument pour assurer, en toutes circonstances,
- Fig. 5. — Boîte renfermant les divers dispositifs cryplographiques.
- A gauche : roues dentées excentrées assurant les variations de vitesse. Au milieu et en bas : disques anticapteurs avec leurs tiges de commande. A droite et en haut : embrayage automatique pour la transmission et la réception des messages secrets.
- le secret des messages et lutter contre les plus rusés des espions. Jacques Boyer.
- RESULTATS D’ESSAIS ..
- DU TRAIN AÉRODYNAMIQUE P.-L.-M.
- On sait que la Compagnie P.-L.-M. a construit et mis en service un train d’essais « aérodynamique » à locomotive et rame carénées (1), en vue d’étudier la répartition de la résistance de l’air et l’avantage que l’on peut trouver à caréner telle ou telle partie du train. Voici les principaux résultats des essais exécutés à grande vitesse, tels qu’ils viennent d’être publiés par M. A. Parmantier (2).
- Pour le transport massif des voyageurs à grande distance et à grande vitesse, des puissances élevées sont nécessaires; en l’état actuel de la technique, on est par suite conduit à utiliser la disposition classique d’une
- 1. Voir La Nature, n° 2592, 1er mai 1935.
- 2. Revue générale des Chemins de fer, décembre 1935.
- locomotive remorquant une rame de plusieurs véhicules. Le type de traction adopté peut,du reste,être quelconque; dans le domaine thermique, on a le choix entre les locomotives à vapeur chauffées au charbon ou au mazout, les locomotives Diesel avec transmission électrique, etc.
- Pour étudier séparément l’influence de chaque variable, la Compagnie P.-L.-M. a commandé, d’une part un train aérodynamique à vapeur système Bugatti, comportant une locomotive de 2000 ch avec chaudière à tubes d’eau chauffée au mazout et trois voitures légères, d’autre part deux locomotives Diesel électriques de 4000 ch.
- Sans attendre la livraison de ces nouveaux engins, et en vue de déterminer l’amélioration que l’on peut apporter au matériel existant, un premier train « transformé en
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- aérodynamique » a été créé au moyen de trois, puis de quatre voitures à bogies, d’un tender et d’une locomotive Atlantic, modèle réputé pour son aptitude aux grandes vitesses.
- Cette locomotive, type 221 A, avait été mise en service en 1906-1907. L’avant a été muni d’une proue arrondie et les mécanismes latéraux masqués par des tôles l'ectilignes ; la cheminée émerge à peine et des tôles inclinées renvoient l’air sous le jet de fumée qui est projeté très haut, pardessus la cabine de conduite. Pratiquement, la visibilité s’est révélée excellente, le mécanicien n’ayant en aucun cas besoin de se pencher à l’extérieur.
- Par ailleurs, la locomotive a reçu des perfectionnements techniques importants qui se rattachent aux méthodes.de « modernisation » que nous avons précédemment exposées (x) : surchauffe, réchauffage de l’eau d’alimentation, échappement de cheminée, graissage sous pression, éclairage électrique Sunbeam avec phares de
- voie et phare d’éclairage des signaux, turbo-ventilateur Rateau pour l’aération de la cabine.
- Le tender est profilé à l’alignement du carénage de la locomotive. Les voitures sont carénées à la partie inférieure et réunies par des soufflets assurant la continuité du profilage; chaque extrémité de la rame a reçu une poupe aérodynamique compatible, toutefois, avec l’accouplement au tender. Un frein à puissance variable en fonction de la vitesse va être prochainement installé.
- Pour chiffrer les avantages distincts procurés par chaque partie de la carène, on résolut d’essayer successivement une rame carénée, complétée par un wagon dynamomètre O. C. E. M. (1 2) (poids total de la rame 200 t) et une rame identique non carénée, la traction étant faite soit par la 221 A transformée carénée, soit par une autre 221 qui fut également transformée (surchauffe, etc.), mais non carénée. Les deux machines
- 1. Voir La Nature, n° 2946, 1er février 1935.
- 2. Voir La Nature, n° 2956, ]« juillet 1935.
- furent soigneusement comparées au banc d’essai de Vitry (x) puis on les essaya en pleine voie en leur faisant remorquer le wagon-dynamomètre remorquant lui-même une locomotive-frein.
- On constata, tout d’abord, ce fait très intéressant et conforme à des essais au tunnel aérodynamique exécutés en Angleterre, que le carénage locomotive-tender fait gagner 48 pour 100 de la résistance totale de l’air pour une locomotive haut-le-pied !
- Les essais avec locomotive attelée donnèrent les résultats suivants :
- Rame carénée remorquée par une locomotive non carénée : les gains de puissance sont de 32, 55 et 88 ch aux vitesses respectives de 100, 120 et 140 km à l’heure.
- Gains de puissance dus au carénage de la locomotive et du tender seuls : 95, 164 et 261 ch.
- Gains de puissance dus au carénage de l’ensemble du train : 163, 282 ch et 448 ch.
- Ces chiffres ne prennent tout leur sens que si on les compare à la puissance totale développée par la locomotive Atlantic non carénée, remorquant la rame non carénée, soit 1700 ch à 140 km à l’heure et 1160 ch à 120 km à l’heure.
- Au point de vue pratique, les conclusions sont les suivantes :
- Le carénage de Vensemble du train est une opération intéressante et « qui paye » : 25 pour 100 d’économie de puissance, entraînant du reste une économie de combustible légèrement supérieure, car la machine travaille dans de meilleures conditions de rendement; c’est la solution totale mais qui entraîne des frais élevés.
- Le carénage locomotive-tender est encore intéressant, et c’est là un point important pour les Compagnies car le nombre des machines est très inférieur à celui des voitures ;
- Le carénage de la rame seule n’offre aucun intérêt.
- Voici qui permet de chiffrer l’économie réalisée sur le parcours des Laumes-Alésia à Paris, exécuté à 107 km à l’heure de moyenne (train entièrement caréné), les consommations de charbon et d’eau se sont abaissées à 6,4 kg et 54,3 litres par km, en diminutions respectives de 28 pour 100 et 23 pour 100 sur les consommations du train non caréné.
- Pour un seul train caréné, circulant sur le réseau, l’économie kilométrique ressort ainsi à 2,5 kg de charbon, soit 250 t pour un parcours annuel de 100 000 km; au cours de 130 fr la tonne, c’est donc une économie de 32 500 fr par an et par locomotive que les ingénieurs ont su réaliser par l’opération du carénage.
- Pierre Devaux.
- I. Voir La Nature, n» 2913, 15 septembre 1933.
- Fig. 1. — Carénage de la locomotive Atlantic 221 A montrant les portes de visite.
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- DÉCOUVERTES D’ESPÈCES NOUVELLES EN ASIE ET EN AFRIQUE
- Au cours do ces toutes dernières années, deux séries d’importantes découvertes d’Anthropoïdes fossiles ont été réalisées en Afrique et en Asie. L’intérêt qu’offre, au point de vue de la philosophie biologique, la rencontre de nouveaux restes de Primates affines des Hominiens, dans les formations géologiques récentes, antérieures cependant à la dernière grande ère de l’histoire de la Terre, n’est plus à démontrer maintenant. En outre, de telles observations sont particulièrement dignes de retenir l’attention, lorsqu’elles ont été effectuées dans l’Inde ou sur le continent Éthiopien, c’est-à-dire en des régions où vivent encore aujourd’hui des Anthropomorphes.
- Les Singes anthropoïdes actuels : Gibbons, Orangs, Gorilles, Chimpanzés. — Quatre genres de Singes, plus ou moins voisins des Hommes par leur morphologie générale, sont représentés dans la nature actuelle : Gibbons, Orangs, Gorilles, Chimpanzés; deux d’entre eux, les Orangs et les Gorilles, portent des noms qui, dans les parlers locaux, veulent dire «hommes ». Par les traits les plus spécialisés de leur attitude générale, car ils se tiennent toujours plus ou moins debout, les Gibbons ont une allure hominienne remarquable : elle se lie à leur station habituelle subverticale, en relation elle-même avec leur genre de vie, caractérisé par une existence essentiellement arboricole. Les Orangs affectionnent passablement aussi les arbres. Les Gorilles et les Chimpanzés sont également des types avant tout forestiers, mais ils vivent beaucoup sur le sol. Les Gorilles se présentent fréquemment en une attitude quadrupède de semi-flexion, les bras allongés, les doigts repliés, avec la face externe des mains appuyée sur le sol, les jambes reployées et portées par la plante des pieds. Les Chimpanzés, au contraire, ont un port plutôt redressé; ils affectent une posture bipède et, assez souvent aussi, ne reposent point sur leurs bras, mais seulement sur leurs membres postérieurs.
- Au point de vue psychique, les Chimpanzés s’éloignent notablement des autres Anthropoïdes pour se rapprocher des Hominiens par leurs facultés de coordination de pensées élémentaires, qui leur permettent certains actes où ils témoignent de curieuses qualités d’observateurs intelligents. Ils font cependant partie d’une section d’Anthropomorphes que de récentes découvertes géologiques viennent de nous montrer comme remontant, par des ancêtres assez directs semble-t-il, au milieu de l’ère tertiaire.
- L’histoire paléontologique des divers groupes de Singes affines des Hommes a d’ailleurs progressé très sensiblement en ces dernières années.
- Les Gibbons fossiles. — L’évolution des Gibbons a pu être suivie méthodiquement, depuis assez longtemps déjà, à travers les phases successives du milieu et de la fin de F ère tertiaire.
- En 1910, M. Sehlosser fit connaître de l’Oligocène du Fayoum, en Egypte, un petit Primate, Propliopithecus llaeckeli, qui offrait certaines analogies avec des Singes du Nouveau Monde ou Platyrhiniens, mais ressemblait surtout : d’une part aux Prosimiens (Lémuriens aujourd’hui confinés de préférence à Madagascar et Tarsiens maintenant propres à la Malaisie) ; d’autre part aux Gibbons actuels de l’Indomalaisie. Ces der-niers sont donc d’origine africaine.
- Par son habitat géographique et par ses caractères morphologiques, le Proplio-pithèque se rapproche également du Pliopithèque du Miocène d’Europe et des Gibbons modernes d’Asie : ces trois types d’Anthropoïdes forment une série continue, que les Dryopithè-ques fossiles relient d’ailleurs aux Orangs, Gorilles et Chimpanzés vivants.
- Prohylobales Tan-dryi, décrit en 1919 par F. Fourtau, du Miocène le plus inférieur de Moghara, dans le désert Li-byque (Égypte), est à son tour intermédiaire entre le Pro-pliopithèque et les Pliopithèques.
- Pliopithecus anti-quus, découvert en 1837 par Édouard Lartet à Sansan (Gers) dans l’horizon inférieur du Miocène moyen, est donc plus récent que les genres précédents. Il peut être considéré comme un descendant direct de la série de ces types et comme un ancêtre des Gibbons actuels. Connu du (Miocène inférieur et moyen de la France centrale et méridionale, de la Suisse et de l’Allemagne du Sud, il se présente, d’après son aire de dispersion, son âge et ses caractères morphologiques, comme un jalon du passage
- Fig. 1. — 1. Ramapilhccus breviroslris Lewis : a) Face triturante du maxillaire et du prémaxillaire droits; b) Profil du maxillaire et du prémaxillaire droits, vu par la face extérieure. — 2. Ramapithecus hariensis Lewis : a) Profil de M1 et M2, droites, vues par la face externe; b) Face triturante de M‘ et M2 droites. —3. Dryo~ pilhecus sp. Lewis : a) Face interne d’une canine supérieure ; b) Face antérieure d’une canine supérieure; c) Face externe d’une canine supérieure. •— 4. Brama-pilhecus Thorpei Lewis : Face triturante d’une branche mandibulaire inférieure droite. — 5. Dryopithecus sivalensis Lewis : Face trituranted’une branche mandibulaire inférieure droite.
- (Cl. Edward Lewis).
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- des Prégibbons égyptiens à leurs dérivés eurasiatiques.
- Limnopithecus legeget, type voisin du Pliopithèque, est un des nouveaux Anthropoïdes qui viennent d’être décrits du Miocène inférieur du Kenia (Afrique orientale) par A. T. Ilopwood (1933) : intermédiaire par certains caractères de ses molaires entre le Prohylobate et le Propliopithèque, il semble, d’autre part, plus spécialisé que les Gibbons actuels par sa dentition de lait notamment. En même temps qu’il définissait ce Gibbon, le savant mammalogiste du British Muséum faisait connaître une petite forme aberrante d’Anthropomorphe, Xenopi-thecus koruensis, à molaires compliquées et ridées (fig. 4).
- Les Dryopithèques. — Lse Dryopithèques, assez
- voisins encore des Pliopithèques, mais plus proches cependant des Gorilles et des Chimpanzés, débutent en Egypte au Miocène inférieur, abondent en Hindoustanet se retrouvent en Europe à la fin du Miocène moyen (Sarmatien) et au Miocène supérieur (Pontien). Le plus anciennement connu de ces Singes est Dryopithecus Fontani découvert en 1856 par Edouard Lartet au sommet du Miocène moyen (Sarmatien) de Saint - G a u d e ns (Haute-Garonne).
- Les formes hindoues de Dryopithèques, décrites en 1915 par G. E. Pil-grim, D. Chinjiensis du Sarmatien, D. punjabicusdu même étage et du Pontien, D. giganteus de cette dernière formation, révèlent un précoce développement de taille, en comparaison des espèces européennes D. Fontani, D. Darwini du Sarmatien du bassin de Vienne et D. rhenanus du Pontien de l’Allemagne sud-occidentale.-
- En particulier D. Chinjiensis, qui offre encore d’assez étroites affinités avec les Gibbons, tranche, par les caractères archaïques de ses molaires, sur les autres types de l’Inde et se rapproche assez du D. rhenanus européen.
- Palæosimia rugosidens du Sarmatien de l’Inde (Siwa-liks), appartient à un rameau latéral ancien des Orangs, s’il n’est même leur ancêtre direct. Néanmoins cet Anthro-
- poïde demeure un proche parent de Dryopithecus punjabicus et de D. giganteus. Les Orangs dè Bornéo et de Sumatra, qui sont les Anthropoïdes dont l’habitat est le plus distant du centre d’origine du groupe, sont aussi ceux dont la morphologie générale des dents révèle les plus profondes divergences avec les premiers Anthropomorphes fossiles.
- Un type encore étroitement apparenté aux Dryopithèques, Sioapithecus indiens du Sarmatien et du Pontien des Siwaliks, est, comme l’a montré tout d’abord E. Pil-grim (1915), morphologiquement assez voisin des Hominiens par sa mandibule : son palais, découvert à une date ultérieure (1927), a révélé ses étroites affinités avec les Chimpanzés.
- De même Palæopithecus sivalensis du Miocène supérieur de l’Inde, se l'approche aussi des Dryopithèques; il a été comparé à Siaapithecus et surtout au Chimpanzé.
- G. E. Lewis (1934) vient de définir quatre autres genres d’Anthropoïdes des Siwaliks. Des deux plus intéressants de ces genres au point de vue morphologique, l’un, Ramapithecus breoirostris, a été décrit d’après un fragment de maxillaire supérieur et l’autre, Sugrioapi-thecus salmontanus, d’après un segment de mandibule. Par une série de caractères, arcade dentaire plus parabolique, face relativement courte, absence de diastème dans la série dentaire, menton bien développé, ces Primates se rapprocheraient plus des Hominiens qu’aucun des Anthropoïdes précédemment connus. Cependant l’apparence de menton de Sugrivapithecus serait simplement due, suivant A. Hrdlicka, à une protubérance déterminée par le fort développement des racines de la canine et de la première pi'émolaire. Par contre, Ramapithecus apparaîtrait bien comme plus voisin des Hominiens que tous les Dryopithèques antérieurement décrits (fig. 1, 2).
- Rramapithecus Thorpei, troisième genre créé par G. E. Lewis, est encore un Dryopithèque, qui offre à la fois des caractères archaïques et des analogies avec les Hommes. Enfin Adætontherium incognitum révélerait à son tour un Dryopithèque aberrant (fig. 1, 2).
- Divers genres mal connus du Miocène allemand, Gryphopithecus Suessi (Abel, 1903), Neopithecus (Anthro-podus) Rrancoi (Schlosser 1900-1-2) ressemblent plus ou moins aux Dryopithèques, aux Sivapithèques et subsidiairement aux Hominiens. En particulier Neopithecus Brancoi rappelle tout à fait par certains traits Dryopithecus sivalensis, espèce récemment décrite par G. E. Levis.
- En somme, le grand groupe des Dryopithèques se fait remarquer, dans le monde des Anthropoïdes, par son faciès éminemment synthétique. 11 est d’ailleurs constitué par un ensemble touffu de formes, les unes considérées comme de simples espèces de Dryopithèques sensu stricto, les autres classées dans des genres différents. Tout cet ensemble se situe encore assez près du groupe submono-phylique des Gibbons, mais d’autre part révèle des affinités diverses, les unes avec les Orangs, les autres avec les Chimpanzés. Il y a ainsi une opposition manifeste entre le synthétisme morphologique qui affecte le grand groupe des Dryopithèques et la spécialisation' de bien des types tout dernièrement décrits, comparables au plus évolué des Anthropoïdes vivants, le Chimpanzé. Ce sont particulièrement les documents paléontologiques plus récemment
- Fig. 2. — 1. Sugrivapithecus salmon-lanus Lewis : a) Face externe d’une branche mandibulaire droite; b) Face interne d’une branche mandibulaire droite; c) Face triturante d’une branche mandibulaire droite. — 2. Dryopithecus Caulleyi Lewis : Face triturante de M, droite. — 3. Adætontherium 'incognitum Lewis : Face triturante d’une molaire.
- (Cl. Edward Lewis.)
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- découverts qui ont révélé cette tendance à la spécialisation des Dryopithèques dans le sens de formes rappelant les Chimpanzés.
- Les Chimpanzés fossiles. — Proconsul africanus, que A. H. Hopwood vient de décrire (1933) du Miocène inférieur du Kenia (Afrique orientale) rappelle encore les Dryopithèques, mais doit être considéré comme déjà très étroitement apparenté aux Chimpanzés. Le nom assez inattendu donné à cet animal est évidemment une manifestation de l’humour britannique, bien qu’une telle dénomination doive être envisagée comme dérivée, non de l’ancien titre des hautes autorités'romaines, mais du faciès ancestral (pro) du Chimpanzé (Consul pour certains zoologistes). 11 est curieux de constater que Proconsul est, en somme, d’après sa dentition, plus primitif que la plupart des Dryopithèques et néanmoins plus spécialisé que les Chimpanzés actuels, dont il a sensiblement la taille (fig. 3).
- Enfin Australopithecus africanus, découvert à Taungs, dans le Pléistocène (?) du Betchuanaland (Afrique du Sud), par R. A. Dart en 1925, témoigne, selon ses caractères infantiles, d’analogies avec l’Homme encore plus accusées que celles discernables chez le Chimpanzé. En fait, Australopithecus, par la morphologie générale de son crâne, rappelle assez les Gorilles, davantage les Chimpanzés, subsidiairement les Paléohominiens (Pithecanthropus) et les Hommes; néanmoins, par certains détails de l’ossature crânienne, des mâchoires, de la dentition, des sutures des os de la face, ce Primate évoque plutôt un Gorille : en particulier ses dents rappellent singulièrement celles des Dryopithèques et des Sivapithèques (fig. 4).
- Conclusions. — Les Gorilles et les Chimpanzés, qui forment depuis assez longtemps déjà deux groupes distincts, ont sans doute aussi une série ascendante en bonne partie différente de celle des Dryopithèques. Toutefois, ces trois phylums d’Anthropoïdes eurent vraisemblablement jadis des ancêtres communs. C’est le Gorille qui demeure le type le plus éloigné des Hominiens, tandis que morphologiquement et psychologiquement le Chimpanzé apparaît plus proche des Hommes. Le groupe complexe des Dryopithèques a présenté toute une série de types offrant des analogies assez accusées avec les Chimpanzés et les Hommes, tels que le Sivapithèque, le Paléopithèque, le Sugrivapithèque et le Ramapithèque. Mais certains autres Dryopithèques nous révèlent au contraire plutôt des analogies avpc les Gibbons.
- En somme, deux séries d’Anthropoïdes vivants et fossiles s’opposent au cours de l’histoire paléontologique de l’Oligocène, du Néogène et du Quaternaire : celle du groupe des Gibbons (Propliopithèques, Prohylobates, Pliopithèques, Hylobates) et celle du groupe des grands Anthropoïdes actuels (Orangs, Gorilles, Chimpanzés), auxquels se rattache l’ensemble des genres, tous fossiles, directement apparentés aux Dryopithèques. Ceux-ci comportent des formes hindoues encore affines des Gibbons et d’autres se reliant aux Orangs, les unes et les autres classées parmi les Dryopithèques proprement dits; mais à côté d’elles, de récentes découvertes nous ont fait
- Fig. 3. — Limnopilhecus legeget Hopwood : 1. lrc et 2e molaires inférieures droites; 2. Partie d’un rameau mandibulaire gauche: face triturante. — Xenopithecus koruensis Hopwood : 3. lrc et 2-' molaires supérieures : face triturante; — 4. Dernière molaire supérieure. — Proconsul africanus Hopwood : 5. Maxillaire gauche : face triturante; — 6. Maxillaire gauche : face interne;— 7. Branche mandibulaire droite : face interne;— S. Branche nrandibulaire gauche : face interne, avec dissection de l’os pour mettre en évidence l’aspect desracines des dents; — 9. Première molaire supérieure, face triturante;— 10. Troisième molaire inférieure, face triturante.
- (Cl. A. Tindell Hopwood).
- entrevoir d’autres types indiens (Sivapithèque, Sugrivapithèque, Ramapithèque), évoquant Fig. 4. — Crâne de /'Australopithecus
- ^ dcins cjudcj\-ic airicanus Dubois. (Dart (i apres Broon^.
- mesure les Chimpanzés et les Hominiens.
- Si aucun type fossile ne paraît lié très directement aux Gorilles, par contre cinq genres découverts dans ces vingt dernières années témoignent d’affinités avec les Chimpanzés, les uns étant encore assez éloignés de l’An-
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- thropoïde actuel (Sivapithèque, Sugrivapithèque, Rama-pithèque), les autres très proches du Singe vivant le plus franchement anthropomorphe (Proconsul du Kénia et Australopithèque du Betchquanaland).
- Ainsi, à côté des Gibbons d’origine africaine et des Orangs représentés dès le Pliocène dans l’Inde, toute une série de Singes de l’Hindoustan, de l’Afrique orientale et méridionale, confinent aux Chimpanzés et quelques-uns
- même se rapprochent des Hominiens, autant ou plus que ces Singes modernes. Or, presque en même temps vivaient déjà sur le Globe de véritables Paléohominiens tels que le Pithécanthrope du Quaternaire ancien de Java et le Sinanthrope, son contemporain de la Chine du Nord.
- L. JOLEAUD, Professeur à la Sorbonne.
- QUELQUES CONSEQUENCES GENERALES DES NOUVELLES THÉORIES PHYSIQUES
- En dehors peut-être de la relativité, il est bien peu de théories physiques qui aient fourni à la réflexion philosophique autant de sujets de méditation que la mécanique quantique sous ses diverses formes et surtout que le principe d’indétermination énoncé par Heisenberg dans le cadre de cette mécanique. Causalité et déterminisme, théorie de la connaissance, rôle du hasard dans les phénomènes physiques, libre*'arbitre, tels sont les problèmes d’ordre philosophique sur lesquels l’évolution récente de la physique atomique a apporté des suggestions nouvelles. Ce sont ces suggestions que nous nous proposons d’examiner brièvement dans cet article en nous inspirant de ce qu’ont écrit à leur sujet ceux qui ont le plus contribué à les développer.
- La causalité du point de vue des anciennes théories physiques. — La croyance au déterminisme des phénomènes est vieille comme la science elle-même et elle a été l’un des facteurs les plus actifs de son développement. « En face d’un monde naturel, qui selon toutes apparences était aussi capricieux que lui-même, écrit Jeans, la première impulsion de l’Homme fut de créer la Nature à sa propre image ! il attribua le cours apparemment erratique et désordonné de l’univers aux caprices et aux passions de dieux ou d’esprits inférieurs bienveillants ou malveillants. Ce n’est qu’après beaucoup d’études que l’on vit émerger le grand principe de causalité. On constata, peu à peu, que ce principe dominait l’ensemble de la nature inanimée, que toute cause dont on pouvait complètement isoler l’action produisait invariablement un même elïet. Ce qui arrivait à chaque instant ne dépendait pas des volontés d’êtres extérieurs, mais, selon d’inexorables lois, découlait inévitablement de l’état des choses à l’instant précédent. Et cet état de choses avait été lui-même inévitablement déterminé par un état antérieur, et ainsi de suite indéfiniment, de sorte que tout le cours des événements avait été déterminé d’une manière immuable par l’état dans lequel le monde s’était trouvé au premier instant de son histoire; une fois cet état fixé, la nature ne pouvait que suivre une seule route vers une fin prédestinée. En un mot, l’acte de la création n’avait pas seulement créé l’univers, mais aussi son histoire à venir tout entière. L’homme, il est vrai, continuait à croire que lui-même pouvait changer le cours des événements par sa volonté propre, bien qu’en cela il fût guidé par l’instinct plutôt que par la logique, la science ou l’expérience; mais désormais la loi de causalité fut responsable de tous les événements qu’il avait jusque-là attribués à l’action d’êtres surnaturels f1). »
- On pourrait donner de cette loi divers énoncés plus ou
- 1. Sir James Jeans. Le mystérieux Univers, p. 17. Hermann, Paris, 1931.
- moins compliqués. Mais, d’une manière très générale, elle conduit à admettre que l’état d’un système physique quelconque est entièrement déterminé par ses états antérieurs. Si l’on se donne l’état du système à un certain instant,' toute son évolution ultérieure en découle, comme les effets découlent de leurs causes. Inversement, en remontant le cours du temps, on retrouvera tout son passé. Ainsi le déterminisme lie inexorablement l’état présent d’un système à tous ses états antérieurs comme à tous ses états postérieurs. Du point de vue mathématique, le déterminisme résulte de ce qu’on suppose les phénomènes de la nature régis par des équations différentielles dont les solutions sont entièrement déterminées lorsqu’on se donne leurs valeurs et celles de quelques-unes de leurs dérivées à un certain instant, en sorte que la solution obtenue permet de fixer les diverses particularités du phénomène, à tout instant antérieur ou postérieur. Aussi, lorsqu’on étudie le mouvement d’un point matériel soumis à des forces données, par exemple à l’attraction newtonienne d’un ou de plusieurs autres points matériels, il suffît de se donner la position et la vitesse du mobile à un certain moment pour pouvoir calculer cette position et cette vitesse à tout instant antérieur ou postérieur.
- Généralisant ces considérations, on dira que, connaissant exactement l’état présent du monde physique, il est possible d’en déduire toute la suite de ses états passés et futurs. C’est cette idée que l’on trouve magnifiquement exprimée dans une phrase de Laplace souvent citée : « LTne intelligence qui, pour un instant donné, connaîtrait toutes les forces dont la nature est animée et la situation respective des êtres qui la composent, si, d’ailleurs, elle était assez vaste pour soumettre ces données à l’analyse, embrasserait dans la même formule les mouvements des plus grands corps de l’univers et ceux du plus léger atome ; rien ne serait incertain pour elle et l’avenir comme le passé serait présent à ses yeux. »
- La crise du déterminisme atomique. — L’adoption définitive de la loi de causalité dans la science s’imposa au xvne siècle avec Galilée et Newton. Les progrès des sciences physiques durant les xvme et xixe siècles [semblèrent lui donner une assise inébranlable et en faire l’un des principes fondamentaux de la nature.
- Jusqu’à ces tout derniers temps, rien ne paraissait susceptible d’ébranler la confiance qu’on avait en lui. « Si, écrit M. Louis de Broglie, l’on fait abstraction du développement de la théorie des quanta, les progrès de la Physique depuis cinquante ans auraient plutôt contribué à préciser et à fortifier notre conception de la causalité rigoureuse en nous apprenant que la matière est formée de corpuscules, individus physiques de très petites dimensions chargés électriquement (électrons et protons), dont les assemblages constituent les atomes des
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- corps matériels et dont les mouvements donnent naissance aux phénomènes électriques. Comme on connaît l’expression des forces que les corpuscules élémentaires exercent les uns sur les autres et qu’on croyait pouvoir appliquer aux mouvements de ces corpuscules les lois rigoureuses de la Dynamique du point matériel, on arrivait ainsi à l’idée d’une matière formée par des individus nettement localisés et au mouvement bien défini dont l’évolution se trouvait déterminée avec une inéluctable nécessité par le jeu des interactions. Evidemment, cette résolution en individus élémentaires ne paraissait pas s’opérer aussi facilement pour le champ électromagnétique et la lumière que pour la matière. Néanmoins, la découverte des phénomènes où les corpuscules de lumière semblent affirmer leur existence pouvait faire espérer qu’en dernière analyse, il serait possible d’assimiler l’ensemble du monde physique à un vaste système de points matériels régis par des lois rigoureuses. »
- I a 'intervention des quanta dans les processus atomiques a modifié l’aspect de la question. On avait tout d’abord assimilé l’atome à un système planétaire dans lequel les mouvements des électrons autour d’un noyau positif auraient été fixés par les lois de la mécanique newtonienne. En fait, cette tentative a échoué. Il a fallu admettre, avec Bohr, que chaque électron ne peut décrire qu’un petit nombre d’orbites privilégiées dites stationnaires, sur lesquelles le mouvement de l’électron ne s’accompagne d’aucun rayonnement d’énergie. Cette insuffisance des lois de la mécanique ordinaire, qu’on avait longtemps regardées comme traduisant d’une manière particulièrement simple le principe de causalité, a constitué la première difficulté qui se soit présentée dans l’application du déterminisme à la physique de l’atome. Elle avait amené Bohr à penser qu’il était impossible de donner une description causale cohérente des phénomènes atomiques. « La volonté de renoncér à une telle description, écrit-il en substance, apparaît déjà dans la forme, irrationnelle au point de vue classique, des postulats dont je suis parti pour appliquer la théorie quantique aux problèmes de la constitution de l’atome. Conformément au postulat de l’indivisibilité du quantum d’action, toute modification de l’état de l’atome est décrite comme un processus individuel, dans lequel l’atome passe d’un « état stationnaire » à un autre, et qui n’est soumis qu’à des considérations de pure probabilité; ceci devait restreindre considérablement le domaine d’application des théories classiques)1). »
- La crise du déteminisme atomique est entrée dans sa phase aiguë avec l’apparition des relations d’incertitude d’Heisen-berg. Dans un article antérieur (2), nous avons vu comment il résulte de ces relations qu’indépendamment des erreurs accidentelles dues à l’imperfection de nos mesures, aucune observation ne peut nous permettre de déterminer à la fois avec une précision parfaite, la position et l’état de mouvement d’un corpuscule, tout accroissement de précision de la mesure de la position entraînant une augmentation de l’erreur sur la vitesse et inversement. Il est donc impossible d’assimiler un corpùscule élémentaire à un petit objet sans étendue ou tout au moins de très faible étendue ayant, à tout instant, une position et une vitesse bien définies. Il est tout aussi impossible d’attribuer à ce corpuscule une évolution dans le temps qui serait parfaitement déterminée par les conditions initiales de position et de mouvement, puisqu’en fait aucune méthode ne permet de préciser ces conditions initiales.
- II n’est pas exagéré de penser que l’incertitude établie par les relations d’Heisenberg met en doute la possibilité même
- 1. Niels Bohr. La théorie atomique et la description des phénomènes, p. 6. Gauthiers-Villars, Paris, 1932.
- 2. La Nature, n° 2972, 1er mars 1936.
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- d’un déterminisme dans le monde atomique. « Cette incertitude, écrit Bohr, présente justement un caractère particulier de complémentarité, qui empêche tout emploi simultané des concepts d’espace et de temps, et des théorèmes de conservation d’énergie et d’impulsion, caractéristiques de la description causale de la mécanique. »
- Science et déterminisme. — Faut-il donc dès maintenant bannir de la science l’idée même d’un déterminisme rigoureux des phénomènes? C’est là un problème d’une grande portée générale et qui a soulevé de nombreuses discussions, l’accord étant loin d’être réalisé entre les savants. L’un des plus brillants créateurs des nouvelles théories physiques, le jeune et célèbre physicien écossais Dirac, est à cet égard tout à fait catégorique. « La théorie déterministe classique est indéfendable », a-t-il proclamé au cinquième Conseil de physique Solvay. Développant sa pensée sur quelques points particuliers, il n’a pas craint d’affirmer qu’à un moment donné la nature « fait un choix » parmi toutes les possibilités qui s’olïrent à elle. L’astronome anglais Eddington est tout aussi affirmatif. D’après lui le physicien « ne détient plus la position qu’il a occupée pendant longtemps d’avocat en chef du déterminisme » et « il ne connaît aucune loi déterministe dans l’univers physique (x) » ; il laissera donc aux autres philosophes, psychologues, théologiens, le soin de s’avancer et de montrer, s’ils sont en état de le faire, qu’ils ont trouvé des indications de déterminisme dans quelque autre voie. Si personne ne bouge, l’hypothèse du déterminisme disparaîtra.
- En un autre endroit de son travail, Eddington considère d’ailleurs que cette disparition est acquise définitivement. Il importe de citer le texte dans son intégralité pour montrer avec quelle énergie il pousse l’attaque contre le déterminisme. « Il est étonnant de constater que, même des hommes de science qui écrivent sur le déterminisme, le soutiennent sans juger qu’il soit nécessaire de dire quelque chose en sa faveur, mais en indiquant simplement que les nouvelles théories physiques ne le désapprouvent pas réellement. Si tel est réellement l’état actuel du déterminisme, je ne pense pas qu’il y ait des revues scientifiques renommées qui lui accordent encore une place pour la discussion. Les hypothèses qui ne sont basées que sur des preuves insuffisantes sont le fléau de la science, et une hypothèse, qui ne repose sur aucune preuve, est un véritable outrage à la science (2) ».
- Sans aller aussi loin que Dirac et Eddington, il en est d’autres qui inclineraient volontiers à penser, avec Auguste Comte, qu’au-dessous d’une certaine échelle les phénomènes pourraient bien n’être soumis à aucune loi. De telles lois sont pour nous comme si elles n’existaient pas puisqu’il nous est impossible de les atteindre directement. Et l’on sait que le fondateur du positivisme avait formellement interdit au savant toute investigation trop minutieuse, accomplie à l’aide d’instruments trop perfectionnés. Interdiction d’ailleurs inutile et prudence superflue. Il est bien illusoire de fixer des bornes à la pensée scientifique pour qui l’attrait de l’inconnu est la source la plus féconde d’inspiration et de découverte.
- Mais que certaines de nos conceptions développées par l’observation millénaire de phénomènes à notre échelle deviennent caduques dès que nous abordons le monde du sous-atomique aussi différent de nous par ses dimensions que nous le sommes des nébuleuses géantes qui peuplent les profondeurs de l’espace, quoi de surprenant ?
- C’est èn Mécanique céleste que l’idée d’un déterminisme
- 1. Sir Arthur Eddington. Sur le problème du déterminisme, p. 11. Hermann, Paris, 1934.
- 2. Sir Arthur Eddington. Loc. cit., p. 18.
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- absolu des phénomènes a valu à la science ses plus belles conquêtes, et l’on a pu se demander s’il ne nous apparaîtrait pas quelque jour comme relevant de l’approximation newtonienne. Nous avons vu que l’application au monde atomique des lois de la mécanique ordinaire, qui se confondent avec celles de la mécanique céleste, s’était vite révélée comme illégitime et il ne serait peut-être pas très surprenant que l’extension à ce monde atomique du déterminisme absolu des phénomènes ne fût pas plus justifiée.
- Cependant, jusqu’à Heisenberg, personne ne doutait que déterminisme et science ne fussent rigoureusement synonymes. Aussi l’idée d’un indéterminisme des phénomènes, même relégué dans le sous-atomique, a-t-elle été très difficilement acceptée par beaucoup de savants. La plupart d’entre eux espèrent que d’une façon ou d’une autre la loi de stricte causalité reprendra quelque jour le caractère d’absolu qu’on lui reconnaissait autrefois. C’est l’opinion notamment de Paul Langevin : « La recherche d’un déterminisme est à tel point le mobile essentiel de tout effort de construction scientifique qu’on doit se demander, lorsque la nature laisse une question sans réponse, s’il n’y a pas lieu de considérer la question comme mal posée et d’abandonner la représentation qui l’a provoquée f1). »
- Le même auteur s’est efforcé de justifier cette opinion en montrant comment on peut essayer de résoudre les difficultés soulevées par l’existence des relations d’incertitude. D’après lui ces difficultés tiennent à ce que nous avons voulu introduire des corpuscules individualisables.
- « Ce que nous dit le principe d’indétermination, c’est précisément que nous ne pouvons pas suivre un électron, par conséquent que nous ne pouvons pas nous le représenter comme un objet. Il faut donc renoncer à l’individualité du corpuscule, à l’individualité du photon, à l’individualité de l’électron.
- « C’est l’introduction arbitraire de la notion d’individu qui entraîne les conséquences paradoxales relatives au libre choix et à l’indétermination. Il y a là une extrapolation anthropomorphique que l’expérience n’exige ni ne justifie.
- « Je suis convaincu, pour ma part, que le caractère individuel en physique comme en biologie est un caractère résultant de la complexité de structure, que l’individu isolable et reconnaissable n’apparaît qu’à partir d’un certain degré de complexité. Pour individualiser, pour suivre et reconnaître l’objet, il faut pouvoir distinguer un minimum de caractères donnant un sens expérimental à la personnalité, et cela suppose déjà un assez haut degré de complexité (2). »
- Pour Langevin, il ne s’agirait pas véritablement d’une crise du déterminisme, mais plutôt d’une crise du mécanisme, dans les essais que l’on a faits en vue de l’étendre au domaine du sous-atomique. « Nous constatons, en fait, dit-il en substance, l’insuffisance, dans le microscopique, des notions et des idées qui avaient réussi dans le macroscopique, qui avaient été créées à son usage et à son contact prolongé pendant tant de générations ». Et il ne craint pas de qualifier de « dévergondage intellectuel » les développements auxquels on s’est livré de divers côtés, à propos du principe d’indétermination, en parlant d’une « faillite du déterminisme », d’un « libre arbitre des corpuscules » et d’un « libre choix de la nature ».
- ]. Langevin. L’orientation actuelle des sciences, p. 62. Alcan, Paris, 1930.
- 2. Langevin. La notion de corpuscules et d'atome. Hermann, Paris, p. 36. D’après Langevin, l’argument le plus important qu’on puisse invoquer en faveur des idées qu’il développe est tiré du succès des nouvelles statistiques, celles de Bose-Einstein, qui regardent les corpuscules élémentaires, électrons et photons, comme indiscernables et non individualisables.
- Le grand physicien hollandais Lorentz, qui à joué un rôle si important dans l’éclosion de la théorie électronique et à qui l’on doit les plus belles contributions aux recherches de physique mathématique dans tous les domaines, a été lors du Congrès Solvay tenu à Bruxelles en 1927, quelques mois avant sa mort, tout aussi affirmatif en ce qui concerne la nécessité de conserver en science la notion de déterminisme, quitte à l’admettre comme un article de foi. « Pour moi, disait-il, un électron est un corpuscule qui, à un instant donné, se trouve en un point déterminé de l’espace, et si j’ai eu l’idée qu’à un moment suivant ce corpuscule se trouve ailleurs, je dois songer à sa trajectoire, qui est une ligne dans l’espace f1). »
- Examinant d’une manière très générale divers phénomènes où interviennent les électrons et dans lesquels les nouvelles théories nous amènent à penser que nous ne pouvons parler que de probabilités sur l’ensemble des électrons sans rien connaître de précis au sujet de chacun d’eux, le célèbre précurseur de la relativité poursuivait : « Je pense que cette notion de probabilité serait à mettre à la fin et comme conclusion des considérations théoriques, et non pas comme axiome a priori, quoique je veuille bien admettre que cette indétermination correspond aux possibilités expérimentales. Je pourrais toujours garder ma foi déterministe pour les phénomènes fondamentaux. Est-ce qu’un esprit plus profond ne pourrait pas se rendre compte des mouvements de ces électrons? Ne pourrait-on pas garder le déterminisme en en faisant l’objet d’une croyance ? Faut-il nécessairement ériger l’indétermi-nisme en principe ? »
- Ainsi beaucoup d’esprits se refusent à admettre que le monde du sous-atomique, c’est-à-dire le fin fond du réel, soit constitué par des phénomènes qui, ni dans l’espace ni dans le temps, ne peuvent être prévus en tous leurs détails. Une telle manière de concevoir le cours des choses choque la conception que la plupart des hommes de science ont accoutumé de s’en faire. Cependant la conviction que tous les phénomènes sont gouvernés par des lois imprescriptibles, si longtemps admise par tous les savants, n’a peut-être pas un fondement philosophique aussi solide qu’on pourrait être tenté de le croire. C’est là un point auquel, quelques mois avant sa mort (1933), Emile Meyerson avait consacré de très pénétrantes réflexions. D’après le célèbre auteur d'Identité et Réalité, la croyance au déterminisme ne tire pas son origine de l’expérience, contrairement à ce que certains ont prétendu, « cela ressort de cette constatation primordiale que, dès le début de la vie, nous avons agi. Car toute action implique évidemment une intention et, par conséquent, prévision du résultat. Or, l’action est indispensable à tout mécanisme animal, elle est la condition même de sa survie. » Bien que l’étude de la nature, jusqu’à ces dernières années, ait semblé confirmer pleinement la croyance à l’existence de lois immuables régissant les phénomènes, on ne saurait considérer comme définitivement établi que tout phénomène est régi par une loi. Le nombre des phénomènes étudiés étant forcément fini, aucune conclusion générale ne saurait être légitimement formulée. La croyance que tous les phénomènes sont régis par des lois doit être plutôt considérée comme une hypothèse indispensable à la science.
- Le problème des relations entre le sujet et l’objet. —
- L’indétermination des phénomènes sous-atomiques traduite par les relations d’Heisenberg, semble liée à la perturbation qu’apporte l’acte même de la mesure. Comme nous l’avons montré dans un article antérieur, on ne saurait observer un électron sans l’éclairer, c’est-à-dire sans envoyer sur lui au
- 1. Lorentz. Electrons et pholons. Rapports et discussions du cinquième Conseil de physique Solvay. Gauthiers-Villars, Paris, 1928, p. 248.
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- moins un photon qui en perturbe le mouvement, ce qui empêche de connaître exactement la position et la vitesse de l’électron à un instant donné. « De ce point de vue, écrit Dirac, l’apparente dérogation à la loi de causalité peut être attribuée à une imperfection, théoriquement inévitable de nos moyens d’observations. » Par là la physique de l’atome pose, sous un jour nouveau, le problème des relations entre le sujet et l’objet qui a soulevé tant de discussions philosophiques.
- Ce n’est certes pas d’aujourd’hui qu’on a signalé la relativité de toute connaissance et insisté sur les difficultés de toute observation : « Savoir bien distinguer, écrivait Bufïon, ce qu’il y a de réel dans un sujet de ce que nous y mettons d’arbitraire en le considérant, reconnaître clairement les propriétés qui lui appartiennent et celles que nous lui prêtons, me paraît être le fondement de la vraie méthode de conduire son esprit dans les sciences (x). » Henri Poincaré, allant plus loin encore, ne craignait pas d’allirmer que ce que le savant apporte dans le fait scientifique c’est l’erreur. Chacun connaît les vues célèbres de Bergson sur l’impossibilité d’analyser les états de conscience, de les « observer » sans les troubler, et sur la nécessité de les prendre dans leur totalité vivante.
- N’y aurait-il donc rien de nouveau dans les remarques faites par lleisenberg sur la perturbation que toute observation apporte à l’objet observé? « D’abord, comme l’a fort bien signalé André Georges, l’argument, de vague et purement psychologique, devient précis et passe de l’ordre qualitatif à l’ordre quantitatif; ensuite, alors qu’en droit, sinon en fait, le savant classique pouvait toujours espérer d’éliminer de plus en plus l’erreur, le physicien des quanta se heurte à une barrière, rencontre une limitation qu’il sait infranchissable ». Enfin, et c’est là un point très important, les relations établies par Heisenberg fixent la limite inférieure au-dessous de laquelle ne saurait descendre l’incertitude de l’observation (2).
- L’introduction des probabilités. — A quelque interprétation que l’on s’arrête, il n’est pas douteux que l’existence des relations d’Heisenberg empêche-,d’attribuer au corpuscule une position et une vitesse qui soient à chaque instant bien déterminées et de lui assigner un mouvement régi par des lois rigoureuses. Comment concilier une telle impossibilité avec le déterminisme, en apparence rigoureux, qui règne à notre échelle ? En faisant intervenir la notion de probabilité et de statistique qui s’est révélée si féconde dans tant de domaines de la physique.
- Quand nous étudions des phénomènes à notre échelle où interviennent toujours un nombre formidable d’atomes et d’électrons, le déterminisme, que les relations d’Heisenberg ne nous permettent pas d’admettre pour un électron individuel, apparaît alors comme un résultat de la loi statistique des moyennes. Les tables de mortalité, les statistiques nous ont habitué depuis longtemps à admettre que le déterminisme rigoureux d’un nombre considérable d’événements peut s’accorder avec, l’indétermination absolue de chacun d’eux. Sur 100 000 individus du même âge, les tables de mortalité nous indiquent combien il en meurt par an, et cela avec une précision suffisante pour que les compagnies d’assurances
- 1. Buffon. Histoire naturelle. Premiers discours.
- 2. « S’il est vrai, écrit à ce propos M. Juvet, que l’observateur déforme, par les moyens qu'il emploie, la réalité qu’il observe, il est
- néanmoins remarquable que le produit des erreurs sur deux variables conjuguées soit un invariant ; de plus, comme deux variables conjuguées sont liées d’une manière invariante aussi, il semble bien que les relations d’Heisenberg expriment une loi importante de la nature, ou même une condition extrêmement générale à laquelle doivent satisfaire les lois de la nature. »
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- réalisent des bénéfices certains, précision d’ailleurs bien supérieure à eelle de beaucoup de nos expériences de laboratoire, et cependant pour aucun de ces 100 000 individus, nous ne pouvons dire si la mort le frappera dans le courant de l’année.
- L’exemple suivant, emprunté à Jeans j1), est tout aussi suggestif. « Si, écrit l’éminent mathématicien anglais, nous lançons un sou en l’air en le faisant tourner sur lui-même, rien à notre connaissance ne nous permet de prévoir s’il tombera pile ou face, et cependant si nous jetons en l’air un million de tonnes de sous, nous savons qu’il y en aura 500 000 tonnes « pile » et 500 000 tonnes « face ». On peut répéter l’expérience indéfiniment, elle donnera toujours le même résultat. » Pourtant le nombre des sous contenus dans un million de tonnes n’est rien à côté du nombre des électrons et des atomes que comprennent les plus petites parcelles de matière et sur lesquelles portent la plupart de nos expériences.
- Depuis longtemps on a fait intervenir en physique le calcul des probabilités, notamment dans la théorie cinétique des gaz. Et l’on sait que le principe de Carnot est apparu comme un principe d’ordre statistique, valable seulement pour les systèmes à notre échelle comportant un grand nombre d’éléments. Mais un des grands mérites des théories quantiques nouvelles a été de nous faire mieux comprendre l’importance primordiale que l’on doit attribuer, dans les phénomènes physiques, aux notions de statistique et de probabilité. 1 out phénomène macroscopique nous apparaît comme d’ordre statistique, et c’est seulement dans le monde atomique que se manifestent l’individuel et l’indéterminé.
- Ainsi se concilie l’indéterminisme absolu du sous-atomique établi par Heisenberg avec le déterminisme global des phénomènes à notre échelle (2). Mais on conçoit combien une telle manière d’envisager la nature s’écarte de celle en honneur chez les théoriciens du mécanisme. « L’ancienne science, écrit Jeans, avait proclamé avec certitude que la- nature ne pouvait suivre qu’une seule route, celle qui avait été tracée du commencement à la fin des temps par la chaîne continue des effets et des causes; l’état A était inévitablement suivi de l’état B. Jusqu’ici la science nouvelle a seulement pu dire que l’état A pouvait être suivi par l’état B, ou C, ou D, ou par une multitude innombrable d’autres états. Elle peut, il est vrai, ajouter que B est plus probable que C, C que D et ainsi de suite; elle peut même indiquer les probabilités relatives des états B, C et D. Mais précisément parce qu’il lui faut parler en termes de probabilités, elle ne peut prédire avec certitude que tel état suivra tel autre; ceci est le secret des dieux, quels que soient ces dieux (3) ».
- On a pu dire, non sans quelque apparence de raison, que la physique contemporaine traverse une véritable crise de conscience. Les quelques réflexions qui précèdent montrent combien sont graves et complexes les problèmes que pose cette crise. Il s’agit de problèmes fondamentaux, situés sur les frontières de la science et de la philosophie, que les penseurs de tous les temps ont évoqués sans les résoudre et que les découvertes les plus récentes, si elles ne peuvent en apporter la solution, ont tout au moins éclairés d’un jour nouveau.
- A. Boutaric,
- Professeur à la Faculté des Sciences de Dijon.
- 1. James Jeans. Loc. cil., p. 32. N. '
- 2. Eddington lui-même, qui voudrait bannir définitivement de la science l’idée du déterminisme, estime que la foi indéterministe est, pour les prédictions pratiques, une base tout aussi utile que l’était la loi déterministe.
- 3. James Jeans. Loc. cit., p. 22.
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- LA “ XYLOTHÈQUE ” CORMIO
- MUSÉE ET LABORATOIRE DU BOIS
- Fig. 1. — Une des salles de la xylothèquc de Milan oü sont réunis des Igpes de bois d’essences européennes.
- Fig. 2. — Vitrines montrant les dégâts causés par l'homme et les agenls atmosphériques.
- La Cwica Siloteca Cormio est un vaste musée du bois, complété par des laboratoires scientifiques et technologiques. Il doit sa conception et sa fondation à l’initiative de son directeur, Raffaele Cormio; la ville de Milan ne pouvait mieux en reconnaître le mérite et l’importance qu’en en faisant une institution municipale.
- La « xylothèque » est au bois ce que la bibliothèque est au livre : elle ne se contente toutefois pas de recueillir et de préparer des échantillons de bois, de feuilles, de fruits, etc., qui lui parviennent de toutes les parties du monde, mais elle se livre aussi, sur les arbres et les bois, à des études scientifiques, dont elle expose, dans ses salles d’exposition, les méthodes et les résultats. Par ailleurs, elle répond aux questions qu’elle reçoit de toutes parts, au sujet des essences et des plantes ligneuses; elle voue aux arbres des soins scientifiques et empiriques, s’occupe de l’installation et de la réorganisation des parcs. Elle réunit actuellement les éléments d’un recensement desarbres historiques ou de dimensions extraordinaires existant en Italie et par des conférences, publications, etc., s’attache à faire bénéficier le bois d’une propagande universelle et efficace.
- La partie accessible au public comporte cinq salles fort vastes, d’environ 7 m de hauteur, où est exposé le matériel jusqu’ici étudié et préparé par l’Institut;;
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- l’abondance du matériel reçu d’un peu partout est toutefois tellement grande qu’une partie considérable, malgré sa très grande importance scientifique, didactique et historique, doit, jusqu’à nouvel ordre, faute d’espace, sommeiller dans les caves.
- Dans son ensemble, la xylothèque constitue la meilleure des « leçons de choses ». Non seulement les étudiants, les savants et les techniciens, mais encore toux ceux qui s’attachent à connaître et à respecter les choses de la nature, sont appelés à en tirer partie. C’est que, dans les salles de la xylothèque, nous trouvons un tableau complet du bois, depuis les temps géologiques et ses premières applications dans l’antiquité, la synthèse complète de la vie de l’arbre, sain et malade, l’âpre lutte pour l’existence qu’il soutient contre les éléments adverses de toute sorte, parmi lesquels l’homme n’est pas un des moindres.
- Fig. 4. — Section d’un tronc de chêne dont les taches mycélaires présentent la forme d’une croix presque régulière.
- Dans la première salle sont réunis quelques milliers de feuilles, fleurs, fruits et semences d’essences italiennes et étrangères, conservés en partie depuis 25 ans, à l’état de parfaite fraîcheur, avec leurs couleurs naturelles, grâce à des miracles de patience et de technique. Classés selon l’ordre botanique, avec leurs fiches savamment combinées, ils constituent le plus gigantesque et le plus moderne des herbiers.
- Dans la deuxième salle, on trouve rassemblés tous les renseignements sur les essences communes : un résumé des caractéristiques histologiques, botaniques et relatives aux applications; les sections longitudinale et transversale du tronc, l’écorce, les feuilles, les fleurs, les
- Fig. 3 (en haut). — Belle présentation de Quercus sessilis.
- Fig. 5 (en bas). — Picea excelsa attaqué par Sirex spectrum, avec l’adulte et la larve de l’insecte.
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- fruits et les semences, des diagrammes du poids spécifique à l’état vert et à l’état sec, le degré de poli dont le bois est susceptible, etc. Les spécimens sont rangés dans des vitrines où ils constituent une véritable bibliothèque du bois.
- Dans cette même salle, on voit également certains échantillons qui ont été l’objet d’études expérimentales sur le comportement dans des conditions atmosphériques variables et d’autres — particulièrement importants — destinés à prouver la théorie, imaginée par M. Cormio, du déjettement du bois. Des photographies montrent les forêts les plus belles de la péninsule; une collection de cannes, des échantillons illustrant le système radical des différentes essences, un assortimentde planches tirées des essences les plus diverses, complètent la documentation.
- Dans les deux salles suivantes, on a présenté toutes les souffrances de l’arbre, dues aux agents atmosphériques, aux parasites animaux et végétaux et à l’homme, les dégâts qui en résultent et la façon de les prévenir, soit par des soins rationnels, soit simplement grâce à un peu plus de respect témoigné aux arbres. Par exemple, une collection de diverses essences montre les ravages des perce-bois, et à côté les insectes nuisibles; une vitrine est consacrée à Teredo navalis, le terrible mollusque qui perfore les coques des navires et les pieux des ports en contact avec l’eau de mer; d’autres vitrines renferment des portions de troncs endommagés par des coléoptères dont les larves se développent à l’intérieur des arbres, où elles provoquent de profondes modifications pathologiques aboutissant tôt ou tard à la mort. Quelques échantillons font comprendre les dommages, parfois mortels, qu’infligent aux arbres l’inconscience ou la malice de l’homme, par un simple coup de pierre, de marteau ou de hache, une taille imprudente, etc. Des vitrines spéciales enseignent l’art de tailler et d’ébrancher un arbre, en enlevant les pourritures et en désinfectant et reconstruisant les parties amputées.
- Rappelons, à ce propos, que la chirurgie horticole, dont M. Cormio est l’un des pionniers et qui permet de sauver d’énormes richesses végétales, surtout forestières, n’est jusqu’ici que peu pratiquée — ou pratiquée d’une façon empirique et peu rationnelle, tant il est vrai qu’on manque le plus souvent d’instruments appropriés. Aussi, le directeur de la xylothèque a-t-il, dans une vitrine ad hoc, réuni une collection d’outils et d’instruments de son invention.
- Dans la 4e salle, apparaissent d’autres causes de dépérissement, notamment la neige, le gel, le vent et la chaleur.
- La 5e salle est consacrée aux troncs pétrifiés, aux empreintes fossiles de feuilles et de troncs, aux lignites, tourbes et charbons. Une série de piliers de bois montrent l’utilisation du bois par l’homme, depuis l’âge du bronze jusqu’au moyen âge. De précieuses antiquités prouvent
- Fig. G. — Tronc de Platanus orientalis présentant une énorme, loupe.
- Fig. 7. — M. Cormio présentant des piliers de chêne du théâtre romain retrouvés en 1930 à Milan.
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- l'intelligent emploi du bois par les anciens Romains et leur supériorité technique dans les constructions navales : fondations de puits, revêtements de tuyaux pour installations thermales, etc., découvertes à Milan; bateaux du lac de Nemi que le Ministère de l’Éducation nationale a confiés au fondateur de la xylo-thèque.
- Ces riches collections sont complétées par une bibliothèque réunissant tous les travaux littéraires et scientifiques relatifs à la botanique des plantes ligneuses et à la technologie des différents bois.
- La xylothèque comporte également des laboratoires de recherches scientifiques et techniques. Signalons, parmi les problèmes qu’on y a déjà étudiés, celui du bois « vieilli », c’est-à-dire séché par un séjour prolongé à l’air. On s’imagine, en général, que le bois atteint un état stable; or, les examens faits à la xylothèque prouvent, à l’évidence, que le bois reste sensible, même après des siècles, notamment à l’humidité de l’air. Les résultats d’une série d’essais faits, pendant près de quatre ans, sur du bois de Pinus cembra, sont particulièrement suggestifs à ce propos.
- Ai.fred Gradenwitz.
- Fig. 8. •— Fagus purpurea sauvé par U intervention de la Civica Silol.eca Cormio.
- Les parties mortes du tronc ont été enlevées, les plaies désinfectées et bouchées au ciment. Le feuillage a été truité par une pulvérisation anticryptogamique et les branches consolidées par des colliers métalliques.
- LES MOYENS DE
- DÉFENSE DE L’ORGANISME
- Quand sévit une maladie infectieuse, certains individus périssent, d’autres sont malades puis guérissent, d’autres encore ne sont pas atteints. La résistance à l’infection est désignée actuellement sous le nom d'immunité.
- Les mécanismes de l’immunité sont parmi les plus complexes de tous ceux qu’étudient les biologistes.
- PHAGOCYTOSE
- Metchnikoff, élève de Pasteur, a fait connaître, en 1882, l’un des moyens les plus actifs de défense de l’organisme contre les agents pathogènes : la phagocytose.
- En observant la nutrition des amibes, ce savant avait remarqué que ces êtres unicellulaires très simples, arrivés au contact d’une particule alimentaire, émettent des pseudopodes qui entourent cette dernière et, en se refermant, l’englobent. Une vacuole se forme autour de la particule ainsi ingérée; il se produit une véritable digestion; au bout d’un temps variable, selon la nature de la particule, cette dernière disparaît. Un grand nombre d’amibes se nourrissent de bactéries (fig. 1 à 4). Le même processus s’observe chez d’autres protozoaires.
- Or, notre organisme renferme des globules blancs, dits leucocytes, qui, par leurs caractères morphologiques, présentent des analogies avec certaines amibes non pathogènes. Dans l’état de santé, chez l’homme, on compte par millimètre cube de sang 5 500 000 hématies (globules rouges) et 6000 à 8000 leucocytes.
- En observant l’attitude des leucocytes en présence de microbes introduits dans le sang, Metchnikoff trouva que, comme les amibes, les leucocytes émettent des pseudopodes, englobent les microbes et les digèrexit (fig. 5 à 7). Il leur donna donc le nom de phagocytes etf appela phagocytose le phénomène qu’il venait de découvrir.
- Les phagocytes sont doués de motilité et de sensibilité ; ils se dirigent avec certitude vers les foyers microbiens. Par quel moyen les phagocytes, qui se trouvent loin du point d’introduction des microbes, sont-ils avisés de l’arrivée de ceux-ci, la science n’a pu jusqu’ici percer ce mystère. Tout ce qu’on sait, c’est que les phagocytes sé déplacent (ils parcourraient par leurs mouvements amœboïdes 2 mm à l’heure, d’après des enregistrements microcinématographiques), et qu’ils peuvent sortir des
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- capillaires sanguins (diapédèse) pour se glisser entre les cellules fixes, lorsqu’ils arrivent à proximité du foyer d’infection.
- On distingue deux catégories de phagocytes : les plus petits ou microphages et d’autres plus volumineux, les macrophages. Ce sont les microphages surtout qui se chargent de combattre les microbes envahisseurs en les absorbant. Les macrophages interviennent dans le combat, comme arrière-garde des microphages; quand un de ces derniers succombe sans avoir digéré les microbes
- ont souffert. Un seul macrophage est capable d’absorber de deux jusqu’à dix microphages bourrés de microbes. Un leucocyte polynucléaire (microphage) peut absorber lui-même jusqu’à vingt spores microbiennes.
- Les microbes envahisseurs tentent de leur côté de résister. Certains, tel le bacille tétanique, sécrètent une toxine qui éloigne ou tue les phagocytes; d’autres, par leur prodigieuse multiplication, comblent les pertes subies; ceux qui sont cuirassés d’une capsule glutineuse (le pneumocoque ou le tétragène, par exemple) ou cireuse
- Fig. 1 à 4. — Ingestion de microbes par une amibe. (Microcinématographie du Dr Comandon et de M. de Fonbrunel.
- 1. Une amibe entraîne un amas de microbes; — 2. Elle commence à les entourer de ses pseudopodes. — 3. Un certain nombre de microbes-pénètrent dans l’invagination; — 4. Ils se trouvent isolés dans une vacuole digestive.
- absorbés, le macrophage s’empresse d’ingérer le microphage bourré d’éléments microbiens.
- Presque aussitôt après la pénétration de bactéries dans un organisme vivant, les microphages accourent vers le foyer microbien (fig. 8) et commencent à englober les intrus. Une vraie bataille s’engage (fig. 9). Les renforts de phagocytes continuent à affluer et leur nombre atteint généralement son maximum au bout de 10 à 24 h (fig. 10). Les macrophages qui proviennent de la rate, des organes lymphatiques et même des tissus conjonctifs arrivent plus tard, au bout de 9 à 14 h; ils englobent les cellules avariées et Us microphages qui
- (B. tuberculeux ou B. lépreux), ou ceux qui ont le temps de former des spores (bactéridie charbonneuse) résistent à l’agression phagocytaire. Ils produisent de nouvelles générations de microbes parmi les phagocytes déjà affaiblis et l’infection se poursuit.
- La défense phagocytaire est particulièrement active au niveau des amygdales, de la muqueuse du tube digestif et des muqueuses de l’arbre respiratoire, aux points les plus fragiles en contact avec le milieu extérieur.
- Notons qu’il existe aussi dans divers organes des éléments fixes (cellules non mobiles), telles les cellules de Kuplîer du foie, qui sont capables de détruire les bacté-
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- Fig. 5 à 7. — Ingestion de bactéridies charbonneuses par les phagocgies du sang (Microcinématographie du Dr Comandon et de M. de Fonbrune). 1. On a introduit dans le sang quelques bactéridies (bâtonnets allongés au centre de la photographie): un leucocyte arrive (dans le haut) parmi les globules rouges (disques sombres); — 2. Vingt-deux minutes plus tard, b leucocyte a ingéré les bactéries: un autre apparaît dans le haut. — 3. Une heure après, d’autres leucocytes se sont groupés autour du phagocyte primitif.
- ries en les englobant de la même façon que les phagocytes.
- Metchnikoff a eu le grand mérite de mettre en évidence le rôle des phagocytes dans la défense naturelle de l’organisme, mais, contrairement à son opinion, ce moyen défensif n’est pas le seul. Sa conception, trop exclusive, souleva des contradictions nombreuses, notamment en Allemagne. Ce fut une vraie guerre de Trente Ans scientifique. Tandis que Metchnikoff et ses élèves affirmaient que le facteur principal de l’immunité est la phagocytose qui englobe les microbes et les digère, Baumgarten, Ziegler, Ehrlich, Behring, Pfeiffer, et d’autres soutenaient que le facteur principal de l’immunité réside dans l’action bactéricide des humeurs et du sang de l’organisme (théorie humorale).
- DÉFENSE HUMORALE
- Pfeiffer apporta, par les démonstrations suivantes, les premiers arguments expérimentaux à l’appui de9 la théorie humorale.
- Si on recueille l’exsudât péritonéal d’un cobaye une demi-heure après avoir injecté dans son péritoine une émulsion de vibrions cholériques, ces vibrions se présentent avec leur aspect ordinaire : ils sont mobiles et indépendants les uns des autres. Si on opère de même sur un cobaye ayant reçu quelque temps auparavant une dose
- non mortelle des mêmes vibrions cholériques, on trouve les vibrions agglulinés, immobiles, ayant perdu leurs formes et se présentant sous l’aspect de granules. Il est évident que les humeurs de l’organisme immunisé (ici préalablement vacciné) contre le bacille du choléra ont acquis le pouvoir de détruire, de lyser, les microbes de cette affection. C’est le phénomène classique de bacté-riolyse (fig. 11 et 12).
- Buchner, poursuivant ces études, découvrit l'hémolyse naturelle. Si l’on introduit des globules rouges de mouton dans du sérum de lapin, ils ne sont pas dissous; ils se déposent peu à peu au fond du tube; le liquide surnageant devient clair et incolore. Mais si l’on introduit ces mêmes hématies de mouton dans du sérum de chien, elles ne tombent plus au fond, elles se détruisent, elles sont lysées et le liquide devient uniformément rouge et translucide. Buchner attribua cette hémolyse à un principe soluble normal dénommé alexine (Buchner) ou complément (Ehrlich).
- Bordet a provoqué artificiellement, dans les humeurs du lapin, la formai ion d’une hémolysine susceptible de dissoudre les globules de mouton. Ayant fait à un lapin quatre injections d’hématies de mouton, séparées par des intervalhs de huit jours, il constata que cinq jours après la dernière injection, le sérum de lapin avait acquis le
- Fig. 8 à 10. — On a introduit dans le sang un amas de streptocoques (à gauche) et un am is de bacilles diphtériques (à droite).
- 1. Les leucocytes (petits points blancs) commencent à arriver et à entourer les amas microbiens. — 2. Six heures après, les amas sont complètement cernés et d’autres leucocytes arrivent encore. •— 3. Six heures plus tard, les bacilles diphtériques sont détruits, les streptocoques résistent encore; l’amas de droite se disloque (Microcinématographie du Dr Comandon et de M. de Fonbrune.
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- pouvoir d’hémolyser les globules de mouton. Bordet démontra ensuite que cette hémolysine est spécifique. Par exemple, le sérum d’un lapin immunisé avec des globules de mouton dissout seulement ceux-ci; le sérum d’un lapin immunisé avec des globules de cheval ne dissout que les globules de cheval, etc....
- Ces expériences démontrent qu’on peut créer artificiellement une défense spécifique de l’organisme, c’est-à-dire dirigée non seulement contre les bactéries, mais encore contre une cellule étrangère. Bordet a démontré aussi que l’hémolyse résulte de l’action combinée de deux substances qu’il appela alexine et sensibilisatrice. Tandis que l’alexine est fragile et se détruit par un chauffage à 55°, la sensibilisatrice ne se détruit que par un chauffage à 60°-65°. La première préexiste chez l’animal neuf; la seconde, spécifique, manque chez l’animal neuf. Elle prend naissance dans l’organisme qu’on prépare par des introductions de cellules étrangères à cet organisme.
- L’alexine, tout en étant, en principe, capable de détruire la cellule étrangère, est incapable de remplir à elle seule ce rôle, car elle ne peut s’y fixer. La sensibilisatrice joue le rôle d’intermédiaire, de mordant; elle se fixe sur la cellule étrangère et permet à l’alexine d’exercer son action destructive. L’alexine est un principe défensif normal qui se trouve dans le sang de l’homme et des animaux. Apte à combattre les ennemis envahisseurs de l’organisme, sans aucune distinction, en particulier les bactéries pathogènes, elle doit être aidée par la sensibilisatrice spécifique. Celle-ci est sécrétée automatiquement par l’organisme lorsqu’il est envahi par une cellule étrangère ou un agent infectieux.
- L’invasion expérimentale ou morbide d’un organisme par des microbes provoque dans cet organisme l’élaboration de propriétés tan tôt lysantes, tantôt agglutinantes, tantôt mixtes. La bactériolysine est spécifique. On peut en déterminer expérimentalement la production par l’inoculation à l’animal de microbes atténués.
- Nous avons vu que dans ses expériences, Pfeiffer avait constaté l’agglutination et la dégénérescence granuleuse des vibrions cholériques injectés dans le péritoine d’un cobaye immunisé. Le même phénomène a été vérifié par d’autres savants pour différents microbes. Bordet a démontré que ces bactério-agglutinines résistent à un chauffage à 56°. Les agglutinines sont donc indépendantes de l’alexine. Ajoutons que' les microbes agglutinés ne sont pas morts; ensemencés sur des milieux de culture, ils prolifèrent comme des microbes normaux.
- L’organisme peut donc se défendre contre les microbes envahisseurs par l’action phagocytaire et par F élaboration de substances ou de propriétés telles que les sensibilisatrices, les lysine s, les agglutinines, les précipitines, etc. On réunit ces substances sous le nom d'anticorps. Des expériences ultérieures ont prouvé que seules les substances qui sont de nature protéinique, par exemple celles qui sont dérivées d’animaux ou de végétaux (cellules, hématies, lait, albumines, sérums, microbes, etc.) provoquent cette élaboration d’anticorps. On groupe toutes les substances capables de susciter la formation de ces anticorps sous le nom d "antigènes.
- BACTÉRIOPHAGE
- Il existe un autre principe de défense mystérieux, car il demeure jusqu’ici indécelable à nos moyens actuels d’investigation microscopique et pai'ce qu’on ne s’est pas encore mis d’accord sur sa nature : le bactériophage.
- Voici comment le définit le Dr d’Hérelle, qui l’a découvert :
- « Le principe lytique, que j’ai dénommé Bacteriophaguin intestinale ou Bactériophage, est une particule qui se multiplie aux dépens de la substance des bactéries, capable par conséquent d’assimilation, qui est indéfiniment cultivable en série, in vitro, sous sa forme filtrante. »
- Le bactériophage est cultivable comme les microbes, mais il ne se développe qu’aux dépens des microbes vivants. Ensemencé dans une culture microbienne, il provoque l’éclaircissement des cultures en milieu liquide et la formation de plages claires dans les cultures en milieu solide, phénomènes qui prouvent une destruction bactérienne.
- Son action bactéricide se manifeste sur un grand nombre de microbes. Par exemple, le bacille dysentérique de Shiga, soumis à 37°, pendant 3/4 d’heure, à l’action du bactériophage, se colore mal; au bout d’une heure d’action, on ne trouve plus que des granulations, résidus des corps microbiens. Après dix heures, ces granulations disparaissent elles-mêmes et le bouillon devient complètement clair.
- D’après d’Hérelle, la présence du bactériophage dans l’organisme se manifeste surtout au moment de la convalescence. 11 résiste au chauffage à 75° et peut se conserver actif en culture pendant longtemps.
- D’Hérelle le considère comme un inframicrobe spécifique pathogène pour les microbes vivants. En d’autres termes, le bactériophage serait vis-à-vis des microbes ce que ces derniers sont pour un organisme animal.
- Certains savants partagent l’avis de d’Hérelle; par contre, Bordet et d’autres pensent que le bactériophage n’est, en réalité, qu’une propriété acquise par le microbe lui-même, une viciation nutritive qui aboutit à sa lyse héréditaire. Il a donné en faveur de cette interprétation des arguments importants.
- ANTITOXINES ET CRYPTOTOXINES
- Roux et Yersin ont découvert, les premiers, que certains microbes sont nocifs pour l’organisme parce qu’ils élaborent des poisons, qu’ils appelèrent toxines. Ces toxines, injectées expérimentalement, sont capables de provoquer chez les animaux les mêmes symptômes que la maladie dont le microbe est l’agent; elles peuvent déterminer la mort. Injectées à petites doses, elles provoquent dans l’organisme l’élaboration d’anticorps spécifiques qu’on appelle antitoxines.
- II. Vincent a découvert que certains acides gras, en combinaison avec la soude (savons), ont la propriété remarquable de neutraliser les toxines microbiennes les plus actives, à doses presque infinitésimales. Il démontra que des traces de ces corps ajoutées aux toxines microbiennes du bacille diphtérique, du bacille tétanique, du bacille dysentérique, du colibacille, du vibrion septique,
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- etc., neutralisent leur action pathogène après un contact de quelques heures à quatre jours, à la température de 38° à 39°, selon la nature de la substance et celle de la toxine. Les animaux peuvent supporter des toxines ainsi traitées jusqu’à des doses de 500 à 1000 fois supérieures à la dose mortelle non traitée. En même temps, 11. Vincent démontra que les toxines influencées par ce traitement ne sont pas entièrement détruites. Elles subsistent en liaison étroite avec les mieelles du savon, « adsorbées » par elles. Si l’on ajoute de l’acide à la toxine tétanique traitée et devenue inactive pour l’animal et qu’on injecte aussitôt ce mélange, l’animal prend le tétanos sous la forme subaiguë. La toxine était donc simplement immobilisée, dissimulée dans le complexe toxine-savon. Le professeur IL Vincent a donné à cet état des toxines le nom de cryptotoxines.
- Si, à la toxine neutralisée, on ajoute, quatre ou cinq jours après, un quart ou un demi-centimètre cube de loxine fraîche, le mélange ne devient pas toxique, ce qui prouve que la toxine pure a été neutralisée biologiquement par un excédent disponible des anticorps chimiques. 11 est évident que cet excédent se détache des molécules de eryptotoxines pour se lixer ensuite sur les mieelles de loxine fraîche, en vertu des lois d’attraction moléculaire.
- Ces travaux ont conduit ce savant, par le rapprochement du mode d’action des antitoxines avec celui des agents cryptotoxiques, à formuler une théorie de la constitution générale des anticorps fondée sur les lois de la physico-chimie et de l’attraction moléculaire.
- Un schéma (fig. 13) synthétise cette théorie de la constitution des anticorps. T représente la toxine et A l’anticorps. Le noyau initial TA neutre et irréductible de l’anatoxique devient le centre d’attraction pour les autres molécules libres de toxine T.. L’ensemble (TA) -j- A' T- A" -j- A'"... constitue ainsi un accumulateur d’énergie antitoxique capable de neutraliser, grâce à son excédent de A', A", A"'..., les mieelles toxiques nouvelles T', T", T1"... avec lesquelles il entre* en contact. C’est à cette sursaturation qu’il faut attribuer le fait que le sérum d’un animal immunisé rend en anticorps, au centuple, ce que cet animal a reçu en antigène, c’est-à-dire en toxine (diphtérique, tétanique, etc.). Cette théorie donne, d’après le professeur H. Vincent, l’interprétation des effets thérapeutiques des sérums, aussi bien que de leur action neutralisante in vitro. Elle explique aussi, il va sans dire, la production de l’immunité chez les malades.
- CONCLUSION
- De même qu’on a dirigé des objections contre la phagocytose considéré/è comme unique processus de défense de l’organisme/, de même on en peut faire à la théorie des anticorps, ijonsidérée comme expliquant toute immunité. En effet, si la pullulation du microbe envahisseur est très rapide, si ce microbe est trop virulent, l’organisme n’a pas le temps d’élaborer des anticorps et il succombe.
- L’existence du malade est l’enjeu de la lutte entre le microbe pathogène et les éléments défensifs naturels (alexine) ou acquis de l’organisme infecté (phagocytes, anticorps bactériens, antitoxines spécifiques, bactério-
- Fig. 11 ci 12. — Le phénomène de Pfeiffer.
- A gauche, vibrions cholériques mobiles dans l’exsudât péritonéal d’un cobaye neuf;— à droite, agglutination et granulation des vibrions dans l’exsudât d’un cobaye immunisé.
- lysines, etc.). Or, dans une guerre, tous les moyens de défense ou d’attaque doivent coopérer selon un plan d’ensemble. On peut supposer qu’il en est de même pour l’organisme où les anticorps servent d’adjuvant à l’alexine normale pour déterminer la destruction des microbes pathogènes, tandis que les antitoxines neutralisent les poisons microbiens. Le rôle des phagocytes est de faire disparaître définitivement (en englobant et en digérant) les microbes ainsi atténués ou tués; mais ils peuvent aussi détruire, à eux seuls, certains microbes pathogènes.
- Le bon fonctionnement de tous ces éléments de protection innée ou acquise est souvent commandé par l’état général de l’organisme. L’hygiène, la vie saine, le grand air, les exercices physiques contribuent à renforcer cet état.
- Par contre, le manque d’hygiène, l’alcoolisme, le surmenage, en un mot tout ce qui détermine l’affaiblissement de l’organisme, sape le terrain de résistance et contribue à la victoire de nos ennemis les microbes.
- Enfin, pour terminer, rappelons que la science bactériologique a découvert des méthodes permettant de renforcer, par vaccination, par sérothérapie ou par introduction de substances chimiques très diverses, la résistance naturelle contre un certain nombre d’agents pathogènes.
- W. N. Kazkefi .
- Fig. 13. — Constitution des anticorps, d’après le professeur IL Vincent. T, toxine ; A, anticorps.
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- LA CONSERVATION DU BOIS
- Le problème du traitement chimique du bois, en vue de sa conservation et de sa résistance aux agents de destruction, semble redevenu d’actualité. Laissé longtemps à 1 écart des recherches de science appliquée, qui se dirigeaient de préférence vers la pierre, le béton ou le métal, le « matériau » bois a été l’objet, depuis une dizaine d’années, en Allemagne surtout, d’une série de travaux scientifiques et techniques. Les études avaient pour but d’en étendre le champ d application par la mise au point de procédés d’amélioration et de protection.
- Le bois, en effet, indépendamment de son emploi dans la charpente et la construction, reste toujours la matière le plus facilement ouvrable pour le soutènement des galeries de mines, les traverses de chemin de fer, les poteaux, les mâts, les palissades, etc. Partout, il est exposé aux intempéries, aux attaques des organismes animaux et végétaux ou de la corrosion, sans parler du danger de la destruction par le feu.
- La littérature des brevets offre une liste innombrable de procédés et de mélanges. Mais on se ferait des idées fausses si l’on voulait baser sur cette littérature une opinion exacte sur l’état de ces questions. La plupart des solutions proposées par les brevets n’ont guère reçu d’applications notables dans la grande pratique.
- Protection contre les moisissures. — La mesure la plus efficace consiste à rendre le bois inaccessible à l’humidité et à empêcher ainsi la croissance des organismes, bactéries ou champignons, qui sont les agents actifs de la pourriture. On combat le développement de ces agents destructeurs en « empoisonnant » le bois.
- On peut considérer, à cet effet, deux groupes de substances : les produits de nature huileuse et les substances solubles dans l’eau.
- Parmi les agents protecteurs de nature huileuse, le plus ancien et le plus généralement employé est l’huile de gaz ou mieux l’huile extraite du goudron de houille, appliquée par imprégnation totale ou, plus économiquement, sous forme d’un enduit superficiel. Pour diminuer le prix de revient, tout en améliorant la protection mécanique, on a imaginé aux États-Unis, de mélanger à cette huile de goudron de houille, des substances inertes à bas prix et particulièrement des huiles minérales brutes. La tendance prononcée de ces huiles minérales à la polymérisation doit provoquer, paraît-il, la formation de combinaisons résineuses complexes, susceptibles de protéger le bois, mieux que l’huile de goudron, contre l’humidité, le gonflement, le dessèchement ou l’usure mécanique.
- Par l’adjonction d’autres matières, notamment la cire de Carnauba, on obtient un état d’hydrofugation très favorable, mais le procédé est coûteux. D’autre part, les additions de matières inertes doivent diminuer dans une certaine mesure le pouvoir fongicide de l’huile de goudron.
- Une méthode logique consisterait à utiliser les huiles minérales seules, en les rendant toxiques par adjonction de produits actifs. Jusqu’à présent, les résultats n’ont pas été concluants. Si l’on emploie des substances solubles à l’eau comme le chlorure de zinc ou les composés de l’arsenic, l’obtention d’émulsions stables présente de grandes difficultés.
- Si l’on utilise les produits huileux, le coefficient de dispersion entre l’huile et l’eau occasionne une diminution de la toxicité.
- On peut remplacer l’huile de goudron de houille par l’huile de goudron de lignite, de bois, de tourbe ou mieux de schiste. Sous le nom de carbolinéum, on a utilisé toute une série de préparations obtenues par mélanges divers de fractions à haut point d’ébullition provenant de la distillation du goudron. Les hydrocarbures chlorés, et surtout la naphtaline chlorée, sous forme d’enduits superficiels, ont donné certains résultats. Enfin, dans les pays du Nord, en Russie notamment, on a pratiqué des essais intéressants avec les naphténates de cuivre ou de zinc, en solution dans des solvants organiques.
- On trouve de plus grandes possibilités d’application dans l’emploi des substances toxiques solubles à l’eau. Parmi celles-ci on connaît, depuis de nombreuses années, les sels de mercure, de cuivre et de zinc. C’est ainsi qu’on a utilisé avec plus ou moins de succès, le bichlorure de mercure ou sublimé, le sulfate de cuivre et le chlorure de zinc.
- Un progrès appréciable a consisté à remplacer les sels de cuivre et de zinc par des composés du fluor, comme le fluorure de sodium en mélange avec les nitrophénols, ou les fluosilicates de zinc et de magnésium.
- Le rôle de ces substances solubles est subordonné à leur plus ou moins grande résistance au lessivage par la pluie. Cette résistance ne dépend pas toujours de leur solubilité. Ainsi, le chlorure mercurique forme avec les éléments du bois des complexes très difficilement solubles. Le chlorure de zinc se décompose pour donner de l’oxyde de zinc insoluble et de l’acide chlorhydrique. Cet acide est dangereux pour les parties métalliques, armatures, ferrures, clous et pour le bois lui-même.
- Les méthodes les plus récentes introduisent le bichromate de potasse, en mélanges variés, avec les fluorures alcalins, l’arséniate de soude et les nitrophénols. Le bichromate est réduit par le bois sous forme de sels chromeux qui se combinent avec les fluorures ou les arséniates pour donner des sels complexes difficilement solubles, du genre de la cryolithe. On obtient les meilleurs résultats avec le mélange bichromate de potasse, arséniate de soude, fluorure de sodium et dinitrophénol. La présence simultanée de l’arsenic et du fluor confère au mélange toute son efficacité. Un produit au fluorure, sans arséniate, ne serait pas parfaitement insoluble, tandis qu’un produit à l’arséniate. sans fluorure, ne serait pas suffisamment toxique. Certains champignons, en effet, résistent aux composés arsénieux; le fluorure agit, au contraire, contre toutes les espèces. D’autre part, l’arsenic protège le bois contre l’attaque des insectes.
- Modes d’application. — Il est évident que le meilleur agent de protection est inefficace quand il est mal utilisé ou appliqué en quantités insuffisantes. La méthode d’imprégnation joue ici un rôle considérable. On peut traiter le bois par peinture, trempage, imprégnation par le vide et la pression ou par déplacement de la sève, suivant le procédé de Boucherie. La peinture superficielle ou enduit n’est qu’un moyen de fortune dont on ne peut attendre une pénétration assez profonde. Il en est de même de l’imprégnation par trempage, à moins qu’il
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- ne s’agisse de bois de grande perméabilité. L’imprégnation par pression, après application du vide, donne de meilleurs résultats, mais n’est pas indiquée pour toutes les espèces de bois. Certaines essences sont mieux pénétrées par le système de Boucherie qui n’a guère été utilisé cependant que pour le sulfate de cuivre.
- Un nouveau procédé donnant des résultats bien supérieurs, au point de vue de la pénétration, est la méthode par osmose. Cette méthode, utilisable avec tous les genres d’appareils, ne peut s’appliquer qu’à des bois fraîchement abattus. Elle est tout indiquée pour les mâts, les poteaux et autres bois ronds, mais on peut en faire usage pour toutes autres sortes de bois, à condition qu’ils possèdent encore leur humidité naturelle. Les bois bien lessivés sont enduits sur les surfaces extérieures d’une bouillie épaisse, formée du mélange d’ingrédients toxiques, de la consistance d’une peinture à l’huile. On les empile ensuite fortement en les recouvrant d’un papier imperméable pour les protéger contre la pluie ou une dessiccation trop rapide. La différence de concentration entre la bouillie et l’humidité intérieure tend à s’équilibrer par diffusion et il s’établit un mouvement de migration des substances salines vers l’intérieur du bois. Ce procédé serait mieux nommé « procédé par diffusion » car les phénomènes osmotiques proprement dits ne jouent qu’un rôle accessoire dans le transport des sels toxiques. Les résultats sont remarquables. Ainsi, par exemple, par le procédé ordinaire d’imprégnation, par action successive du vide et de la pression, on obtient pour le bois de pin une pénétration de 5 à 10 mm tandis que le procédé par osmose permet une pénétration de 50 à 70 mm. Non seulement on imprègne l’aubier, mais encore le cœur même du bois absorbe une grande partie des sels protecteurs.
- Tous les agents d’imprégnation, si efficaces et si fortement fixés qu’ils soient, ne confèrent pas au bois une durée indéfinie. Avec le temps, la protection peut diminuer sensiblement par suite de la pluie, de l’évaporation ou de transformations chimiques. Au moment où la moisissure peut se produire, on doit renouveler la protection aux endroits particulièrement menacés, soit par inoculation de solutions salines, au moyen de machines spéciales, soit par dépôts de bouillies fortement appliquées au moyen de bandages, d’où les sels protecteurs peuvent diffuser lentement. On emploie généralement pour cet usage les sels arsénieux, le mélange fluo-rure-dinitrophénol, ou le mélange bichromate-fluorure.
- Protection contre le feu. — La nécessité de protéger le bois contre l’humidité et la moisissure ne doit pas faire oublier l’importance capitale de son ignifugation. Il ne s’agit pas naturellement de rendre strictement incombustible une matière qui, par sa nature, n’offre pas à la flamme une grande résistance. Le problème consiste, en réalité, à retarder dans la plus grande mesure possible l’inflammation, et à ralentir au maximum la combustion. L’ignifugation absolue est pour ainsi dire impossible. D’ailleurs, à défaut de la flamme, une chaleur intense ferait courir au bois le danger non moins grand de carbonisation. Par un traitement approprié, on peut retarder l’inflammation du bois et arrêter ainsi la possibilité de propagation d’un incendie pendant un temps suffisamment long pour que les secours mécaniques puissent être mis en œuvre. Dans ces conditions, l’emploi du bois, dans la cons-
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- truction, serait aussi sûr que l’emploi du métal, car on n’ignore pas que le fer, s’il est par lui-même de nature incombustible, est sujet, sous l’influence de fortes chaleurs, à des phénomènes de dilatation et de torsion qui disloquent les armatures les plus serrées et provoquent l’effondrement des bâtiments le plus solidement établis.
- Pour réaliser cette ignifugation relative du bois, on peut envisager principalement deux groupes de produits : les silicates empâtés avec différents pigments et appliqués sous forme d’enduits superficiels et des substances solubles facilement injectables, surtout les sels d’ammonium : phosphates, chlorures, bromures, acétates ou les sulfates de différents métaux.
- Certains des produits utilisés comme hydroftiges et fongicides peuvent collaborer avec les agents d’ignifugation, mais sans les suppléer; par exemple, les fluorures qui facilitent le durcissement du bois par suite du phénomène de fluatation.
- L’effet d’ignifugation dépend de la teneur des sels en eau de cristallisation, de la quantité de gaz extincteurs qu’ils sont susceptibles de former et de la quantité injectée par unités de volume de bois. Ce dernier point est particulièrement important. On n’obtient une protection réellement efficace, avec les meilleurs sels usités jusqu’à présent, qu’avec des quantités de 30 à 50 kg de sels solubles par mètre cube de bois. Cette addition n’est possible que par l’emploi successif du vide et d’une forte pression.
- On peut cependant réaliser une protection déjà efficace par enduisage ou pulvérisation. On possède de bons agents qui peuvent être appliqués par ces procédés en couches relativement épaisses, formant à la forte chaleur une croûte solide qui ne permet plus l’accès de la flamme sur le bois.
- Kling et Florentin ont indiqué dans ce sens un enduit formé de phosphate biammonique empâté dans une colle animale, avec ou sans addition d’amiante en poudre.
- Une importante exploitation industrielle française a préconisé, avec un succès relatif d’ailleurs, un mélange de phosphate amrnonique et d’acide borique.
- En Angleterre, on a expérimenté l’antipyrine : ce produit organique de synthèse est suffisamment soluble pour permettre l’injection sous pression, après application du vide. Fondant à 113°, l’antipyrine réalise la protection du bois par vitrification avec absorption de chaleur.
- On a recommandé un mélange d’acétate de soude et de phosphate bisodique, fusible entre 250 et 350°. Ce mélange subit la décomposition pvrogénée qui donne du carbonate de soude susceptible de retarder la propagation de l’incendie en refroidissant la flamme.
- Il semble résulter de ces divers travaux que les principes essentiels de la conservation du bois et de sa protection contre l’humidité, la moisissure et le feu sont suffisamment établis pour en permettre de multiples applications. Bien des questions cependant sont loin d’être élucidées et le domaine offert à la sagacité des chercheurs est encore très vaste. Il n’est pas impossible de trouver un produit ou une combinaison qui réalise par un traitement unique la protection complète et permette de prolonger presque indéfiniment l’existence du bois. Cette découverte constituerait au point de vue industriel et économique un incontestable progrès.
- Ern. Schmidt.
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- INVENTEUR DU MOTEUR A COMBUSTION INTERNE
- Le mémoire de J. de Montgolfier que nous reproduisons ci-après a été publié dans les Comptes rendus hebdomadaires des séances de l’Académie des Sciences (n° 10 du 9 mars 1936, t. 202, p. 791 à 793), accompagné d'une note de M. Emile Picard, secrétaire perpétuel. Ceci indique Vimportance, pour lihistoire des sciences, que Villustre Compagnie attache à ce texte.
- Il nous est apparu que cette importance serait encore soulignée par les extraits inédits de la correspondance des frères Montgolfier, que nous publions. Les originaux font partie des archives du château de Colombier-le-Cardinal (Ardèche), appartenant à Mme de la Lombardière de Canson et Vauteur tient à remercier M. Jean Frachon, administrateur des Papeteries de Vidalon (V ancienne Manufacture royale où naquirent et vécurent les frères Montgolfier), archiviste bénévole autant que compétent, qui a bien voulu Vautoriser à les reproduire. Il tient aussi à remercier M. Camille Hostaing dont Vinépuisable complaisance Va beaucoup aidé dans ses recherches sur les frères Montgolfier.
- Le lundi 15 décembre 1806, Lazare Carnot — le Grand Carnot —: ayant à rendre compte à ses collègues de l’Académie des Sciences d’un mémoire déposé par M. Lenieps (sic) (x), décrivant une machine baptisée Pyréolophore s’exprimait en ces termes : « C’est toujours « une chose précieuse que la découverte d’un nouveau
- I. Nicéphore Niepce (1765-1833) qui devait, plus tard, inventer la photographie.
- Fig. 1. — Schéma reconstituant le mécanisme de la pompe à feu de Joseph de Monlgolfier.
- « principe moteur dans la nature lorsqu’on peut parvenir « à en régulariser les effets et le faire servir à ménager « l’action des hommes et des animaux,.. Telles sont les « poudres fulminantes et particulièrement la poudre à « canon; telle est la force expansive de l’eau réduite en « vapeur; telle est la force ascentionnelle qui lance l’aéro-« stat dans les airs par la légèreté relative du gaz hydro-« gène qu’il contient... C’est la recherche d’un semblable « agent qui fait l’objet du mémoire dont nous avons à « rendre compte. Les auteuhs MM. Nieps (sic) ont cru « l’apercevoir dans la propriété qu’a le calorique de « dilater promptement l’air atmosphérique et leurs « premiers essais annoncent déjà des résultats impor-« tants. Quoique celte propriété fut bien connue, il ne « paraît pas qu'on eut jamais pensé, ou, du moins, qu'on « eut jamais réussi à l'employer comme force mouvante. « MM. Nieps par son moyen et sans aucune intervention « de l’eau en nature, sont parvenus à occasionner dans « un espace déterminé des commotions si fortes que les « effets paraissent en être comparables à ceux de la « machine à vapeur ou pompe à feu ordinaire (1)».
- Nous arrêtons là cette citation, n’ayant point pour but de décrire, après d’autres, la remarquable invention de Nicéphore Niepce, qui, on le sait, réalisa bien avant Diesel, un moteur à combustion; malheureusement, il ne put guère le faire fonctionner qu’en brûlant de la poudre de lycopode, combustible fort coûteux. Si nous avons tenu à citer le passage dans lequel Carnot, avec une précision et une clarté de mathématicien, expose le principe de l’invention de Niepce, c’est que, contrairement à la déclaration soulignée, quelqu’un avait déjà pensé et même réussi à employer comme force mouvante la propriété qu'a le calorique de dilater l'air. Ce précurseur n’était autre que l’inventeur — ou plutôt les inventeurs — des aérostats. En effet, le mercredi 9 juin 1784, soit plus de vingt-deux ans avant les événements dont il vient d’être question, le marquis de Condorcet, secrétaire perpétuel de l’Académie royale des Sciences, notait, en rédigeant le compte rendu de la séance de ce jour :
- « J’ai demandé le dépôt d’un paquet cacheté qui m’a été « remis le 29 mai par Monsieur de Mongolfier — « accordé (2) ». L’Académie se prêtait volontiers à ce mode d’enregistrement d’une idée nouvelle — découverte scientifique ou invention — que son auteur tenait à conserver momentanément secrète (la chose est d’ailleurs encore pratiquée de nos jours, par les savants tout au moins, car les inventeurs sont maintenant protégés par la législation des brevets).
- Le paquet ainsi déposé existe encore dans les archives de l’Académie des Sciences. La suscription en est la suivante : « Mémoire secret déposé par Monsieur Joseph « Montgolfier le 29 Mai 1784 et présenté le 9 Juin 1784 ».
- 1. Institut de France, Académie des Sciences, procès-verbaux des séances de l’Académie tenues depuis la fondation de l’Institut jusqu’au mois d’août 1833, tome III, page 465 et suivantes.
- 2. Registre de l’Académie rogale des Sciences, tome 103, année 17S4, séance du mercredi 9 juin.
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- Ajoutons à cela le numéro d’enregistrement : 235 et la signature pour dépôt du marquis de Condorcet. Enfin la fermeture est assurée par un cachet de cire rouge, ovale, portant l’empreinte des armes (x) concédées aux Montgolfier, récemment anoblis en récompense de leur invention des « machines aérostatiques ». Ce cachet s’est trouvé rompu, nul ne sait par qui. La Révolution, qui brisa bien d’auti*es choses (et en particulier l’Académie royale et quelques-uns de ses membres les plus éminents) peut bien avoir défait; ce fragile sceau, et il s’ensuit que l’historien peut aujourd’hui publier le texte de ce « mémoire secret ».
- Estimant qu’il en vaut la peine, nous le reproduirons ci-après in extenso :
- LE MÉMOIRE DE MONTGOLFIER
- « Ayant réfléchi sur les causes du prodigieux effort •« avec lequel la poudre à canon chasse le boulet dans le « moment qu’elle s’enflamme ainsi que la promptitude « avec laquelle le canon s’échauffe nous avons pensé « que le phénomène pouvait être dû en grande partie « à la difficulté que la chaleur produite par cette combus-« tion éprouvait à filtrer au travers du canon dans un « temps excessivement court et peut-être aussi au déve-« loppement subit d’une quantité de fluide électrique « qu’on peut supposer entrer d’une manière fixe dans la « composition du charbon et faire un de ses éléments. « Plusieurs expériences que nous fismes nous persuadèrent <( de cette théorie que les gazs (sic) inflammables et l’air « déphlogistiqué contenu dans la poudre étaient les « seules matières qui constituent sa force lors de leur « déflagration. Nous cherchâmes en conséquence à nous <( procurer l’effet de la poudre à canon en embrasant par « le moyen de l’électricité un mélange de ces deux fluides « que nous avions renfermés dans un fort vaisseau de fer « à demy plaint (sic) d’eau au bas duquel était une « ouverture à laquelle était adapté un tube pour former « un jet d’eau et nous vismes que l’eau s’écoula par le « tube avec une promptitude et rapidité prodigieuses.
- « Nous conclûmes de cette expérience qu’on pouvait « d’après cette théorie, faire élever sur des coteaux de « grandes masses d’eau, par des procédés aussi simples « que économiques relativement au produit, et qu’il « suffisait pour cela de construire un puits d’un grand « diamètre dont le fond ne serait que de quelques pieds « au-dessous du niveau de la rivière ou de l’étang, dont « on voudrait élever les eaux, que le puits fût voûté par « dessus au moins à la même hauteur au-dessus du « niveau de l’eau que. le puits aurait de diamètre et la « voûte chargée à raison de la hauteur à laquelle on se « propose d’élever les eaux, qu’il y a (sic) un tuyau d’un « grand diamètre qui çommuniquase (sic) du fond du « puits au fond du réservoir supérieur qu’on se propose « de remplir et d’alimenter. Sur cette ouverture supé-« rieure du tuyau serait établi un clapet ou sous pape (sic)
- « pour que les eaux une fois entrées dans le réservoir ne
- 1. Le blason des Montgolfier représente une montagne survolée par l’aérostat dont l’invention les illustra, avec la devise que leur donna le roi « Sic itur ad astra ». ,
- Fig. 2.-—Joseph de Montgolfier 1740-1810) d'après une peinture, attribuée à Mme Vigée-Lebrun.
- (Extrait de « la Famille Montgolfier » par Léon Rostaing, Lyon 1933).
- « pussent plus descendre dans le puits. On établirait « un autre tuyau de communication de la rivière au fond « du puits sur lequel serait placé un autre clapet ou « sous pape pour empêcher que l’eau de la rivière, une « fois introduite dans le puits, ne puisse par la pression « être renvoyée. Enfin il y aurait aussi deux autres « tuyaux pour changer l’air, l’un communiquant dans « une direction verticale du sommet intérieur de la « voûte jusqu’au sommet extérieur. C’est-à-dire qu’il « traverserait l’épaisseur de la voûte et de sa charge un « bouchon formant une sous pape fermerait ce tuyau à « son orifice intérieur et défendrait la sortie de l’air « intérieur dans le moment de la pression, le second « communiquerait du dehors dans le puits dans une « direction horizontale, à un demi pied au-dessus du « niveau de l’eau, un clapet léger en fermerait l’entrée « intérieure de manière que lors de la pression l’air ne a puisse sortir du puits. Les choses en cet état on dispo-« serait dans le puits à des distances convenables des « petits fagots les moins serrés possible du bois le plus « menu, le plus sec et de la plus prompte combustion, « ensuite, on les enflammerait tous dans le même instant « par le moyen de l’électricité ou de tout autre. Pendant « le tems que les fagots brûleront l’eau du puits s’élèvera « promptement dans le réservoir supérieur et sera rem-
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- « placée sitôt après la combustion par l’eau de la rivière « alors le directeur de la machine abaissera le bouchon « placé au sommet intérieur de la voûte et sur le champ « l’air intérieur s’échappera par le tuyau supérieur et « sera remplacé par l’air extérieur qui affluera par le « grand tuyau horizontal, lequel servira en même tems « de passage au directeur de la machine pour entrer « dans le puits avec une provision de nouveaux fagots « qu’il placera comme à la première fois pour répéter la « même opération.
- « D’après les essais que nous avons faits nous sommes « fondés à espérer de pouvoir élever par ce moyen « 1.200 mille pieds cube d’eau par jour à la hauteur de « 50 pieds pour une consommation d’environ 100 quin-« taux de bois. Nous sommes occupés dans le moment à « diminuer encore cette consommation mais comme les « divers essais que nous avons faits jusqu’à ce jour nous « ont été dispendieux et que la situation de notre fortune « ne nous permet pas de les suivre avec la célérité que « nous désirerions et que d’autre part, nous n’avons pu « faire ces essais sans être aperçus de plusieurs personnes « que nous avons même lieu de soubsoner (sic) que nous « avons été épiés, nous prions la companie (sic) de vouloir « bien recevoir sous le cachet le présent ainsi que le « détail de diverses expériences que nous avons faites « ou ferons par la suite sur cet objet important afin de « nous conserver par ce moyen la priorité de l’idée de « l’entreprise si elle a lieu un jour. »
- LES ESSAIS DE LA NOUVELLE POMPE A FEU
- Le texte précédent n’est accompagné dans l’original
- Fig. 3. — Joseph de Montgolfier d'après un portrait exécuté vers l'époque où il concevait son moteur à combustion (conservé au Musée d’Annonay).
- par aucune figure, mais il est aisé de reconstituer l’image de l’engin décrit, engin qui esl incontestablement, en l’état actuel de nos connaissances, le prototype du moteur à explosion (si l’on excepte le moteur à poudre de Huyghens qui ne fut qu’un essai sans portée mettant en œuvre, d’ailleurs, un principe différent). Si l’on se réfère aux idées générales exposées au début du mémoire, on ne peut manquer d’être frappé de l’analogie avec celles énoncées par Carnot, à propos de la machine de Niepce et ceci, comme nous le faisions pressentir, démontre bien l’antériorité des conceptions de J. Montgolfier. Notons, par ailleurs, que ses idées n’ont été en aucun point démenties par les progrès de la science, si l’on néglige l’impropriété de l’expression « développement subit d’une quanlité de fluide électrique »; encore cette impropriété est-elle, si l’on peut dire, purement verbale, le fluide électrique désignant dans la terminologie contemporaine une chose autre que le dégagement de chaleur qui entre en jeu dans le phénomène décrit. Dans la suite du texte, l’électricité est à nouveau invoquée et cette fois d’une manière conforme à nos idées actuelles puisque l’allumage par-étincelle (on disait en ce temps « bleuette ») est maintenant universellement adopté.
- Enfin les chiffres formulés donnent une idée de la puissance envisagée et des rendements escomptés. Si nous les traduisons en unités métriques (:) nous trouvons que la machine doit développer une puissance effective de 100 ch, au prix d’une consommation horaire de 200 kg de bois, soit environ 8000 mth par cheval-heure ce qui est proprement magnifique pour l’époque. A vrai dire nous ne croyons pas qu’un résultat aussi remarquable ait été atteint par J. de Montgolfier autrement que sur le papier et la preuve nous en est donnée par des textes de sa main et de celle de ses frères. Si cela ramène l’efficience de l’invention à de plus modestes proportions, celle-ci y gagne par contre la preuve de sa réalisation effective, point fort important, car si le mémoire secret ne correspondait à rien de concret, sa valeur historique en serait bien diminuée; il faudrait le ranger dans la catégorie des rêveries et des pressentiments.
- En se reportant à la correspondance des frères Montgolfier à cette époque (2), au cours de laquelle le problème de la navigation aérienne aurait pu absorber toute leur activité, on est frappé par le fait qu’ils semblent attacher plus d’importance encore à la réalisation de la pompe à
- 1. Un pied = 0,325 m. — Un pied cube = 0,0344 m3. — Un quintal = 100 livres = 48 kg.
- 2. Rappelons ici que l’idée première de la navigation aérienne est due à la collaboration familiale des frères Montgolfier (ils étaient sept fils de Pierre de Montgolfier, fabricant de papier à Vidalon-lez-Annonay (commune de Davézieux) et d’Anne Duret, qui eurent seize enfants et en élevèrent neuf) mais l’invention proprement dite doit être attribuée à Joseph (1740-1810) et à Étienne, dit St-Étienne (1745-1799) le premier plutôt physicien et le second ingénieur et chef d’entreprise. Saint-Étienne, qui, quoique le benjamin, fait figure de chef de famille, s’était rendu à Paris en 1783 pour mener à bien l’affaire et, peu après, Joseph avait, de son côté, réalisé à Lyon une machine diostatique (c’était son expression préférée pour désigner ce que l’on a appelé depuis montgolfière). Un autre des frères, l’abbé Alexandre de Montgolfier, qui pendant ce temps s’occupait à Vidalon de gérer la fabrique de papier, correspondait fréquemment avec les inventeurs et s’intéressait vivement, lui aussi, à leurs travaux.
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- feu. Sans que la chose puisse être formellement prouvée, il semble bien que la conception ini'iale doive en être attribuée à Joseph. Au mois de mai 1783 il avait eu l’occasion, à Nîmes, d’étudier une machine à vapeur assez maladroitement copiée sur celle de Watt et en avait fait, dans une lettre à son frère Étienne, une critique pertinente. Il ne semble pas cependant qu’il ait cherché, comme tant d’autres le firent à cette époque, à démarquer l’invention du grand ingénieur écossais, car, au mois de septembre de la même année il parlait, dans une lettre au même Étienne, de sa pompe à air, ce qui correspond déjà sans nul doute au schéma décrit dans le mémoire secret. A la même date (le 20 septembre) (1), l’abbé Alexandre écrivait, de son côté, à Étienne, en ces termes : « ... mais actuellement je t’avoue que je serais presque « tenté de te regarder en pitié en te voyant t’appliquer « à quelque chose d’aussi mesquin qu’une machine « aérostatique. Je m’occupe, sous mon maître s’entend (2) « à combiner une pompe à feu qui nous élève l’eau du « Rhône jusqu’à la cime de Pila. Les tuyaux seuls nous « embarrassent. Nous dissertâmes beaucoup à cet égard « en revenant de baptiser ta fille (3) lorsque tous les poils « de nos vêtements étaient des tuyaux pour la pluie. « Mais ils étaient descendants et ils les faut ascendants... « Au reste tu sens que la découverte de l’air inflam-« mable répandu dans la patarisse (4 5 6 7 8) nous servira merveil-« leusement pour la pompe à feu. C’est, ma foi, la plus « belle invention connue. Nous voulons l’essayer en petit « avec l’air inflammable... Mais que Sa Majesté me donne « une abbaye (s) et je lui ferai refaire la machine de « Marly suivant nos principes, qui lui donnera trois fois « plus d’eau que celle d’aujourd’hui. »
- La machine de Marly, construite sous Louis XIV, donnait alors bien des soucis à l’État, par sa vétusté et, les frais élevés de son entretien.
- Peu après, une nouvelle lettre de l’abbé à Étienne (") nous apprend que Joseph, alors à Lyon, a exécuté un modèle réduit de sa pompe à feu, modèle dont nous savons peu de chose si ce n’est qu’il est en fer-blanc et a coûté 12 livres. De plus, son étanchéité et sa résistance devaient laisser à désirer car l’abbé (décidément fort ingénieux pour un modeste garçon physicien) suggère de donner à l’enceinte où doit se faire la combustion, la forme d’un tonneau, muni de deux fonds concaves vers le dehors « ce qui donne une force terrible de résistance (') ». Peu après (x) nouvelle lettre du même au même, déclarant que si Joseph, en montant un ballon qu’il saurait diriger
- 1. Archives du château de Colombier-le-Cardinal, VIII, 44.
- 2. Il désigne ainsi son frère Joseph dont il se proclamait plaisamment le « garçon physicien ».
- 3. Hélène-Rose de Montgolfler, née à Vidalon le 12 septembre 1783, pendant le séjour de son père à Paris (5e enfant d’Étienne).
- 4. Phrase obscure : la patarisse, ce sont les chiffons destinés à faire le papier; l’air inflammable, c’est l’hydrogène récemment découvert par Cavendish. Il faut voir là une allusion à des expériences dont le détail ne nous est pas parvenu.
- 5. Allusion à la demande d’un bénéfice, faite par l’abbé, en invoquant son rôle dans la découverte des aérostats.
- 6. Colombier-le-Cardinal, IX, 10.
- 7. Même lettre.
- 8. Colombier-le-Cardinal, IX, 48.
- Fig. 4. — Étienne de Montgolfler dit « Saint Etienne » (1745-1799)r buste par Houdon (appartient à M. Régis de Soras).
- (projet alors sérieusement envisagé par lui) parvient à atterrir à Versailles devant toute la cour, il ne devra pas-manquer de demander un privilège exclusif pour sa pompe à feu, capable d’élever de l’eau à 3 ou 400 pieds s’il le faut. Ceci montre une fois de plus l’importance considérable attribuée, dans l’esprit des frères Montgol-fier, à cette pompe, par rapport à l’aérostation et ce doit d’autant plus être souligné que si Joseph, le flegmatique physicien de ses frères, fut souvent chimérique, Étienne et l’abbé étaient des esprits rassis et peu enclins à s’illusionner sur les possibilités d’une découverte nouvelle.
- Au début de 1784, Joseph parle à Étienne de ses expériences (*) et exprime le désir de la présence de son frère qu’il sait plus apte que lui-même à faire aboutir une affaire, mais c’est surtout dans une lettre du .17 mai 1784 (2) qu’il se décide à donner quelques chiffres qui font la fortune de l’historien.
- Citons le passage :
- « La combustion de la sixième partie d’un grain de cire
- 1. Colombier-le-Cardinal, XI, 36.
- 2. Colombier-le-Cardinal, XI, 14.
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- « a absorbé environ la sixième partie de l’air contenu « dans un vaisseau de verre de -la contenance d’environ « 14 pouces cube mais elle n’a pas fourni de pulsation « sensible. La combustion de 12 grains de papier dans « un vaisseau de terre de la contenance d’environ « 200 pouces cube a produit une pulsation de 1 livre « pesant d’eau à plus de deux pieds de hauteur. Celle « de 1 gros de papier dans un vaisseau de fer blanc de « la contenance d’environ 1200 pouces cube a produit « une pulsation de 12 livres d’eau à plus de 6 pieds de « hauteur. Enfin celle de 2 onces de papier dans un vase « de fer blanc de la contenance d’environ 4 pieds cube « a produit une pulsation d’environ 120 livres d’eau à « une hauteur de près de 8 pieds mais cette dernière
- Fig. 5. — Marc Seguin, d’après un portrait à l’huile représentant l’inventeur aux environs de la trentaine (communiqué par M. Camille
- Rostaing).
- « expérience n’a [pas] produit tout son effet parce que « le vase perdait beaucoup ».
- Cette lettre donne des chiffres extrêmement précis sur le résultat des expériences réalisées. Nous ne nous attarderons pas à les traduire, chacun pouvant facilement le faire (x) et s’apercevoir ainsi que ceux du mémoire sont un peu optimistes, si tant est que Joseph n’ait procédé à aucune autre expérience, chose vraisemblable, car c’est sous le même pli qu’il envoie à Etienne, alors sur le
- 1. 1 grain : 0,053 gr.; 1 gros = 72 grains = 3,82 gr. ; 1 once = 8 gros = 30,59 gr.; 1 livre = 16 onces = 489,5 gr.; 1 pouce = 27,07 mm; 1 pied = 0,325 m.
- point de quitter Paris le fameux « paquet » destiné à l’Académie royale des Sciences.
- Passé cette date, l’affaire tombe en léthargie. Rentré à Vidalon, Etienne se préoccupe surtout de rétablir les affaires de la papeterie, alors en assez mauvais point; quant à Joseph, de nouveaux problèmes viennent'occuper son esprit. En 1806, il semble avoir tout à fait perdu de vue sa machine à feu et bien que familier alors de la nouvelle Académie (il avait déjà été proposé pour en être membre à la séance du 1er décembre 1806 et fut élu à celle du 16 février 1807), la publication du mémoire de Niepce ne provoqua aticune manifestation de sa part(1). Il faut voir là un effe't de la magnifique indifférence du flegmatique physicien à l’égard des innombrables idées qu’il sema et dont d’autres profitèrent. D’un autre côté, son petit-neveu et héritier spirituel, l’illustre Marc Seguin, semble n’avoir recueilli de sa bouche que de vagues indications sur le sujet, si nous croyons ce qu’il en écrit : « J’avoue ne pas avoir compris tous les détails « d’exécution. Elle jla machine] consistait essentielle-« ment en un tube recourbé contenant une colonne d’eau.
- « Cette colonne oscillant sous la pression d’une masse « d’air chauffée par un fourneau (?) qui se trouvait en « communication avec la partie vide de la colonne et avec « l’air ambiant se déversait en partie dans un réservoir « supérieur et revenait ensuite comprimer l’air du foyer,
- « faire évacuer l’air vicié, produire une nouvelle aspi-« ration d’air et, sous la pression de celui-ci, recommencer « le mouvement décrit (2) », etc..
- Il semblerait résulter de ce texte un peu vague que Joseph de Montgolfier aurait eu l’idée de la compression préalable — clé de l’invention du moteur à explosion — et l’aurait mise en œuvre d’une manière analogue à ce qui a été fait, à l’époque contemporaine, dans la pompe Humphrey. Ceci augmenterait encore singulièrement la portée de ses conceptions, mais nous avouons que le texte n’est pas assez concluant et, imitant la réserve de Marc Seguin, nous laisserons le lecteur juge.
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- 11 n’en reste pas moins que, dans l’instant même où ils réalisaient l’aérostat, ses inventeurs — croyant d’ailleurs explorer un tout autre domaine — découvraient le principe et le schéma du moteur qui, bien des années plus tard, devait permettre à d’autres hommes de parachever la conquête de l’air en donnant la direction au ballon et l’essor à l’avion. Si imparfaite que puisse nous paraître aujourd’hui la première ébauche, cet extraordinaire rapprochement vaut d’être noté.
- Charles Cabanes.
- 1. Bien entendu, il n’est pas question ici de dénigrer Niepce, dont la machine, en tout état de cause, dépasse de beaucoup l’ébauche de Montgolfier puisqu’elle comporte tous les organes du moderne moteur à combustion et que, seul, l’état de la technique constructive en 1806 l’empêcha de prendre un essor considérable.
- 2. Cité par Léon Rostaing dans son ouvrage : « La famille de Montgolfier, ses alliances, ses descendants », 2e édition, Lyon 1933, in-8°, page 209. On doit noter que Léon Rostaing a recueilli le témoignage direct de Marc Seguin.
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- LA VIE DANS L’UNIVERS
- On est souvent conduit à penser que la Vie, obéissant à une loi générale de la nature, peut s’étendre, non seulement à des planètes voisines, mais jusqu’aux mondes les plus reculés que nous révèle le télescope. L’idée de limiter l’existence d’êtres organisés à notre globe, parcelle infime de l’Univers, semble même un héritage des siècles ignorants, lorsque, avant Copernic et ses successeurs, la Terre était aux yeux de tous le centre du monde qui gravitait autour d’elle.
- Aussi la généralisation, à l’ensemble des mondes de ce que nous constatons ici-bas s’est-elle souvent imposée, elle a préoccupé beaucoup d’esprits et donné lieu à bien des rêveries. Au xviii® siècle, Fontenelle, dans son ouvrage aussi charmant que fantaisiste, sur la « Pluralité des Mondes habités » a sans doute été le précurseur, tout au moins pour l’ensemble de la question. On sait comment elle a été, depuis, exposée, répandue et vulgarisée, l’imagination se donnant souvent libre carrière. Au contraire, à la fin du siècle dernier, tout d’abord, un savant anglais, se basant sur des arguments dont certains n’étaient pas sans valeur, a soutenu la thèse contraire.
- Aujourd’hui, les astronomes, occupés d’études concrètes, et quelles que soient leurs idées personnelles, délaissent ces problèmes relevant de la philosophie spéculative. Il est cependant intéressant de les étudier dans un esprit positif, en mettant à profit les plus récentes acquisitions de la science. Le sens des réalités est un utile auxiliaire pour des recherches de cette espèce.
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- Je poserai d’abord un postulatum. L’analyse spectrale a fait connaître l’unité complète et absolue de la matière dans l’Univers entier, tel que le montrent les instruments les plus puissants. Les mêmes éléments, les mêmes constituants chimiques se retrouvent partout, soit isolément, soit en partie groupés et à des degrés différents de condensation ou de raréfaction, selon l’âge et la température des astres.
- Dès lors, serait-il rationnel de supposer, à priori et entre certaines limites, que les corps organisés fassent exception et échappent à une loi aussi générale. Les ressources de la nature sont infinies pour la création d’êtres organisés (le monde qui nous entoure en offre assez d’exemples) mais quelle que soit l’espèce, ces êtres ne peuvent, par définition, échapper aux phénomènes qui entretiennent la vie et sont les actes principaux qui les distinguent de la matière inerte.
- C’est là un point de première importance. Or, ces phénomènes vitaux nécessitent l’existence de tissus organiques, de réactions internes, d’échanges de fluides et d’affinités particulières d’autant plus complexes et spécialisées qu’on s’élève plus haut dans l’échelle des êtres. Mais ces phénomènes, qui déterminent la vie, en font aussi la fragilité et réduisent singulièrement les possibilités de son extension.
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- Supposerait-on en effet qu’un tel régime vital puisse subsister au delà de certaines conditions de température, de pression ou de milieu ? On ne conçoit pas, en dehors de la pure fantaisie, qu’il résiste au vide et au froid des espaces intra-stellaires, à la sécheresse absolue ou à des températures supérieures, par exemple, à 100°. De telles suppositions équivaudraient, je le répète, à la négation des différences fondamentales séparant la matière inorganique de la vie.
- D’ailleurs cette vie, que la nature semblait si pressée de créer, n’a-t-elle commencé d’apparaître puis de se développer sur la Terre qu’à l’époque où la température s’est suffisamment abaissée et où d’autres conditions, non moins impératives, se
- sont trouvées réalisées, et notamment après que le développement de la végétation eut purifié l’atmosphère et fixé l’excès d’acide carbonique.
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- Si donc on estime comme suffisamment rationnelle cette manière de voir, on est conduit à admettre que l’existence d’êtres organisés, tels que nous pouvons les concevoir, n’est possible en principe que sur des mondes parvenus à un stade déterminé de leur évolution et présentant les conditions requises. Ces mondes sont-ils nombreux dans l’Univers ? On ne peut, bien entendu, répondre à une telle question que par des déductions de l’ordre le plus général.
- Ces conditions, d’autant plus étroites que l’on envisage des organismes plus parfaits, se résumeraient comme suit, s’il s’agit par exemple d’une planète, cas normal, qui devra tout au moins :
- a) Etre suffisamment refroidie et condensée;
- b) Graviter autour du soleil à une distance telle que sa température ne dépasse pas le taux nécessaire et d’autre part ne s’abaisse pas au-dessous de la limite favorable à la vie;
- c) Offrir un mouvement de rotation autour de son axe de manière à ne pas présenter toujours le même hémisphère aux rayons solaires, ce qui entraînerait pour lui une température excessive en même temps qu’un froid mortel sur l’autre face constamment exposée à la très basse température de l’espace. (Cas de Mercure, de la Lune, par exemple, et probablement de Vénus) ;
- d) Être enveloppée d’une atmosphère respirable et suffisamment dense, constituant le meilleur écran contre l’excès ou la perte de calorique;
- e) Contenir de l’eau en quantité importante et, si possible, des mers — condition exigeant aussi une atmosphère suffisamment dense (l’eau entre, on le sait, pour la plus grande part dans la structure des êtres vivants) ;
- /) Posséder, immédiatement accessibles et assimilables, les constituants chimiques, solides ou gazeux, susceptibles d’entrer dans la dite structure.
- La création et le développement de la vie nécessiteraient donc l’ensemble des conditions a-f-à + c + d+ e + /, en négligeant des considérations secondaires.
- Or, elles se trouvent réalisées complètement, sinon peut-être exceptionnellement, sur la Terre où la vie a atteint un tel développement, se renouvelant, se perpétuant, se perfectionnant depuis des millions d’années. II peut paraître anormal que le cas de la Terre soit unique et il est possible sinon probable, que, dans l’infini de l’Univers et du Temps, d’autres astres réunissent ces mêmes conditions. Si toutefois on accepte la thèse soutenue plus haut, on est amené à reconnaître que le développement de la vie dans l’ensemble des mondes doit être bien moins général que l’on est tenté de le croire à priori et, qui sait ? peut-être même assez rare. On se trouve en présence de faits ou d’hypothèses contradictoires. D’ailleurs ce qui nous intéresse, ce n’est pas l’existence de quelques organismes inférieurs mais d’êtres perfectionnés et surtout pensants.
- D’autre part, on ne peut éliminer le facteur Temps et limiter les conditions vitales à une période considérée. Des globes maintenant desséchés, ayant achevé leur évolution, ont pu connaître la Vie à des époques très reculées. D’autres au contraire, trop jeunes, n’ont pas encore réuni les conditions requises et peut-être les obtiendront un jour. Le système solaire semble en offrir des exemples possibles (x). J’en rappellerai sommaire-
- 1. Pour ce qui a trait à Pétât actuel des connaissances relatives au système solaire, consulter l’ouvrage de L. Houllevigue : « Problèmes actuels de l’Astrophysique.
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- ment les principales caractéristiques en tant qu’elles se rapportent à ce qui suit.
- Mercure, gravitant dans la grande banlieue du Soleil, n’est qu’un caillou brûlé dont on évalue la température sur la face éclairée à près de 400°, l’autre face étant exposée au froid de l’espace.
- La planète Vénus est la seule du système qui ressemble beaucoup à la Terre sous le rapport du volume, à peine inférieur de quelques centièmes, et de la masse qui correspond sensiblement à la densité terrestre. Elle se trouve donc dans le même état de condensation. Cet astre reste pourtant assez mystérieux en raison de la couche épaisse et constante de nuages blancs, qui ne peuvent être que de la vapeur d’eau, et ne permettent pas de voir sa surface. Il existe donc une atmosphère, mais dont on n’a pu encore déterminer, même approximativement, la composition.
- La chaleur reçue par cette planète, en raison de son plus grand voisinage du Soleil est sensiblement double de celle qui nous parvient, mais on pense que cette planète tourne toujours le même hémisphère vers l’astre du jour, l’autre restant plongé dans la nuit éternelle. Il en résulte que les régions équatoriales, constamment illuminées, doivent être extrêmement chaudes et, la pression atmosphérique étant faible, l’eau s’y trouve probablement à l’état d’ébullition. Les nuages observés ne seraient donc que la vapeur d’eau des mers qui vient se condenser, à l’état vésiculaire, dans les régions extérieures très froides, pour retomber ensuite en pluies torrentielles et incessantes. C’est un état qui n’est pas sans analogie avec celui que la Terre a traversé tout au début de l’époque primaire.
- Mars est une planète beaucoup plus petite que la Terre et de faible densité, son atmosphère est extrêmement raréfiée et ne permet sans doute qu’à une faible quantité d’eau de subsister. C’est un monde parvenu à la fin de son évolution, très aride et extrêmement froid, plus déshérité que les régions arctiques de nos continents (Houllevigue).
- Jupiter, cinq fois plus éloigné que nous du Soleil, présente-un volume 1.200 fois supérieur à celui de la Terre, mais sa densité est quatre fois moindre, d’où l’on conclut nécessairement que la plus grande partie, sinon la totalité de sa masse est encore à l’état gazeux, ce qui est corroboré par d’autres preuves. La surface visible de cet astre est composée de nuées qui semblent le produit gazeux des différents corps constituant cette planète, émis par un noyau central probablement encore à l’état incandescent. Or, ces nuages, en contact direct avec le vide intra-stel-laire, sont soumis à un froid intense.
- Saturne, autre globe énorme, est d’une très grande légèreté, sa densité ne dépassant pas celle du bois. Il est donc vraisemblablement aussi à l’état gazeux, très partiellement condensé.
- Il gravite à une telle distance du Soleil qu’il n’en reçoit qu’une faible quantité de chaleur.
- Il en est de même, à plus forte raison, des autres planètes plus lointaines : Uranus et Neptune.
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- On peut donc affirmer en toute connaissance de cause que, actuellement (et cela si on envisage une période probablement supérieure à 100 000 millénaires), la Terre est la seule des planètes du système solaire qui soit habitable et habitée.
- Il est possible que Mars, globe actuellement mourant, l’ait été à une époque très reculée et encore par quel genre d’êtres qui peuvent n’avoir pas dépassé les groupes inférieurs — et que Vénus, qui en est encore à un stade assez semblable à celui que la Terre a traversé il y a au moins un milliard d’années, le soit plus tard ; mais, ainsi qu’il a été rappelé ci-dessus, les probabilités semblent assez minimes.
- Quant à Jupiter, Saturne, Uranus et Neptune, il faut aussi les éliminer comme suite à ce qui ^a été rappelé ci-dessus, et leur éloignement du Soleil ne permettrait sans doute pas, plongés qu’il sont dans le froid mortel de l’espace, d’obtenir jamais à leur surface une température susceptible d’entretenir la vie.
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- En ce qui concerne l’Univers et les milliards de soleils qui brillent au firmament, il convient d’être fort réservé et de se borner à des conjectures hasardeuses, à des hypothèses invérifiables. On doit estimer les conditions nécessaires à la vie comme si nombreuses et complexes qu’elles ne semblent pas réalisables dans leur ensemble pour beaucoup de systèmes d’astres. D’autre part, ceux-ci sont en nombre si formidable, étant donné aussi l’infini du Temps, qu’il serait vain de formuler autre chose que de vagues hypothèses ou l’expression de simples probabilités.
- On se trouve, je le disais ci-dessus, en présence de notions, souvent contradictoires, mais une analyse un peu serrée de la question trace vraisemblablement des limitations assez strictes à un sujet que l’imagination se plairait à étendre au delà des possibilités concrètes.
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- Les constituants chimiques restant les mêmes, les formes peuvent varier à l’infini et dépendent surtout des conditions extérieures. Je m’explique, en me bornant pour le moment aux vertébrés supérieurs et plus particulièrement à l’homme. Le développement des systèmes osseux et musculaire est intimement lié au volume, à la masse et à la densité des globes à la surface desquels les dits êtres doivent vivre et se mouvoir. Les Terriens ont une forte musculature parce que leur planète offre une densité considérable et que l’intensité de la pesanteur y est particulièrement grande. Cette musculature est nécessaire pour vaincre l’effet de la gravité, et il faut un système osseux assez développé pour lui servir d’armature.
- Si, au contraire, à supposer que leur existence ait été réelle, nous avions pu entrevoir des Martiens, vivant sur un globe de dimensions réduites et de faible densité, il y a fort à parier qu’ils nous eussent paru graciles et émaciés et leur musculature semblerait comme atrophiée, bien qu’elle fût pour eux suffisante. Un homme normal, transporté sur Mars, pourrait exécuter des bonds prodigieux.
- Mais la nature sait varier ses moyens. Elle a réalisé, avec l’insecte, un ordre de choses différent. Sur un globe lourd et massif comme la Terre, elle a créé des êtres minuscules, d’une extrême légèreté spécifique, en même temps que doués d’une énergie intense et qui défient la pesanteur. C’est une tout autre solution et comme une création à part.
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- Ce qui vient d’être dit entraîne à des questions de morphologie prenant ici une importance capitale.
- Le développement de la musculature et du corps, en corrélation étroite avec l’intensité de la pesanteur sur tout globe considéré, l’élégance et la beauté qu’on y attache sont loin d’être absolues. Ainsi, le canon grec, les belles proportions des athlètes et des Vénus, voire même des simples humains, sont choses essentiellement terrestres, qui nous séduisent par leur parfaite adaptation et par la perfection de l’état normal dans les conditions imposées sur notre globe. En d’autres mondes, le langage de Phidias et notre idéal de beauté n’auraient plus de sens; plus ou moins évolués que nous, les êtres qui, sur des astres lointains, pourraient tenir la place que nous occupons ici-bas, nous pai’aîtraient sans doute des monstres affectant des
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- formes qui défieraient l’imagination. Et il en serait probablement de même pour toute la série des animaux, supérieurs tout au moins.
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- L’esprit humain, si puissant et fécond lorsque l’on considère l’élite, doit-il être regardé comme une exception dans l’Univers et comme ce que la nature peut réaliser de plus complet à ce point de vue chez des êtres organisés, constitués de cellules matérielles ? Que devient, dans l’état actuel de nos connaissances, l’ancien idéal anthropologique? Y puiserons-nous une leçon de modestie ?
- En réalité, et malgré tout, cet esprit a ses limites ; il n’a jamais su percer certains mystères de la Vie et de la Création. 11 est sujet à de graves et trop fréquentes aberrations. 11 n’opère généralement, dans les sciences tout au moins, que par approximations successives, et à la suite de progrès collectifs, pour ainsi dire, jamais par intuition. Il a même recours, pour découvrir certaines vérités, à un langage spécial et complexe, d’ailleurs inventé par lui et qui, si remarquable qu’il soit, n’en révèle
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- pas moins une lacune dans l’ordre de ses conceptions. Il n’arrive souvent à découvrir ces vérités que par la voie détournée des mathématiques, qui le conduit pas à pas et le guide grâce au jeu parfois un peu mécanique des formules. Encore, à la base des calculs, y a-t-il souvent des hypothèses invérifiables.
- On pourra objecter, il est vrai, que grâce à l’effort de quelques génies, l’homme a su créer ce langage transcendant et remédier ainsi à l’insuffisance naturelle de son esprit. Il n’en est pas moins permis de penser, à un point de vue purement spéculatif et abstrait, qu’il peut exister, dans quelque monde privilégié, des êtres supérieurs auxquels se révéleraient, directement et sans l’appoint de tels auxiliaires, des conceptions ardues auxquelles l’homme n’atteindrait, et peut-être pas toujours, que par de profondes méditations et grâce aux efforts accumulés de nombreuses générations.
- Je terminerai sur ces réflexions purement académiques, tout en souhaitant que les arguments plus positifs exposés au début intéressent des lecteurs curieux d’idées générales et désireux d’oublier, pour un moment, les actualités et les préoccupations journalières. Maurice Demoulin.
- LE CHAT DIABOLIQUE
- Voici un petit jouet qui, par l’originalité de sa composition et l’effet qu’il produit, mérite de retenir l’attention. Par des moyens bien simples il arrive à des effets curieux. Malheureusement ce jouet n’est pas d’origine française.
- L’objet représente une tête de chat (fig. 1) en demi-bosse, émaillée noir sur fond rouge. La cavité des yeux est verte.
- Tout à coup, le chat produit une sorte de miaulement continu et ses yeux lancent des éclairs de feu verdâtres. Il faut avoir-vu ces yeux s’irradiant d’étincelles, au milieu des miaulements bizarres, pour se rendre compte de l’effet produit.
- Le bruit et les éclairs se produisent aussi souvent et aussi longtemps que le possesseur de l’objet le désire.
- La figure 2 va nous donner la clé du mystère. La personne qui tient le chat en main, comme dans la figure 1, appuie avec son petit doigt sur une plaque qui termine la tige T.
- Cette tige, qui est dentée, s’engrène sur le noyau dentelé de la roue R qui engrène l’axe P en multipliant la vitesse. Lorsquela tige T a été poussée à fond, le petit doigt l’abandonne et le ressort S attaché à cette tige la ramène à sa première position.
- L’axe P bien lancé par le mouvement que je viens de
- Fig. 2. — Le mécanisme.
- décrire est, dans la boîte formant la tête du chat AA, le propulseur d’une roue à 6 plaquettes coudées EE qui tournent très rapidement. Comme la boîte AA est percée de douze petites fenêtres OOO, ces plaques coudées, tournant rapidement, déplacent l’air très vivement, produisant une sorte de miaulement ou sifflement qui a une certaine analogie avec celui des sirènes.
- Sur les plaquettes coudées est fixée une rondelle sur laquelle, grâce à la colle forte,
- on a fixé de la pierre à briquet pulvérisée. Cette rondelle, semblable à première vue à de la toile émeri est donc entraînée dans la course des six lamelles. Or, la tête même du chat forme un couvercle CC, et, dans ce couvercle dont la figure 4 nous donne la vue intérieure, se trouve une pièce métallique traversée par l’axe P qui vient aboutir dans le nez du chat. Cette pièce, retenue en S par un crochet, reste immobile, mais, comme elle est
- Fig. 3. — Coupe de la boîte. Fig. 4.— Vue intérieure du couvercle-.
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- munie de deux petites bornes d’acier, ces bornes, en contact avec la surface tournante enduite de pierre à briquet, produisent une multitude d’étincelles qu’une petite plaque de gélatine verte (ou rouge), placée devant les yeux, colore fantastiquement.
- Il est certain que nos fabricants, dont l’esprit inventif n’est
- jamais à court, pourront, si cela n’est déjà fait, combiner de nouveaux modèles basés sur cette idée ingénieuse, par exemple un forgeron tirant le cordon de son soufflet de forge, et le point incandescent du métal lançant des étincelles.
- Le prestidigitateur Albek.
- LE MOIS METEOROLOGIQUE
- FÉVRIER 1936, A PARIS
- Mois pluvieux, à peu près normal, dans l’ensemble, en ce qui concerne la température et la durée de l’insolation et remarquable encore par sa moyenne barométrique très basse.
- La moyenne mensuelle de la pression barométrique au Parc Saint-Maur, ramenée au niveau de la mer, 756 mm 0, est inférieure de 7 mm 3 à la normale.
- La température moyenne, 3° 9, diffère peu de la normale, 3° 8. Les froids, qui ont duré du 4 au 14 et du 24 au 29, ont été peu rigoureux et largement compensés par la douceur des trois premiers jours et de la période de réchauffement qui a débuté le 15 pour se terminer le 23. Le maximum absolu a été de — 4° 9, le 11 et le maximum absolu de 15° 4, le 19.
- Le nombre de jours de gelée a été de 13, dont 1 jour de gelée totale; il est égal à la moyenne.
- Dans la région, les chiffres extrêmes de la température ont été : — 6° 2 à Brévannes le 11 et 15° 8 à Sevran le 19.
- La hauteur totale de pluie recueillie au Parc Saint-Maur a été de 54 mm 3, supérieure de 50 pour 100 à la normale. Le nombre de jours de pluie appréciable a été de 18 au lieu de 13, nombre moyen. La plus forte chute en 24 heures, 17 mm 0, appartient à la journée du 21. La chute du 11 a donné lieu à un verglas qui a persisté plusieurs jours dans les endroits non ensoleillés.
- A l’observatoire de Montsouris, la durée totale de chute,
- 43 li, est inférieure de 13 pour 100 à la moyenne des 25 années 1898-1922. Hauteurs maxima en 24 h : pour Paris, 15 mm 0 au square Louis XVI et, pour les environs, 15 mm 6 à Ivry, du 27 au 28. On a signalé quotidiennement, dans la région, des brouillards matinaux, aucun n’a persisté toute la journée. Des obscurcissements locaux ont été signalés les 3, 19 et 23. Les 4, 11, 24 et 26, chutes de neige qui ont affecté toute la région, celle du 4 a formé une couche qui a persisté en certains endroits jusqu’au 8. Les 3, 19, 21, 24 et 27, il est tombé de la grêle par places.
- Le 19, vers 14 h, un éclair suivi de tonnerre a été signalé dans quelques stations de la banlieue N. et E.
- On a enregistré à l’observatoire de la Tour St-Jacques, 11111 35 m de soleil, durée supérieure de 37 pour 100 à la normale. 11 y a eu 2 jours sans soleil (normale 8).
- A l’Observatoire du Parc St-Maur la moyenne mensuelle de l’humidité de l’air a été de 79,2 pour 100 et celle de la nébulosité de 67 pour 100. On y a constaté : 4 jours de neige; 4 jours de grésil; 13 jours de gelée; 1 jour d’orage; 19 jours de brouillard; 6 joprs de brume; 2 jours de rosée; 10 jours de gelée blanche ; 2 jours de verglas. Floraison du noisetier le 1er, le 25 du tussilage et le 26 de l’orme.
- Em. Roger.
- HYGIENE
- LA TOXICITÉ DU PLOMB TÉTRAÉTHYLE
- La Presse Médicale vient de publier l’analyse d’un remarquable travail des Drs Duvoir et Coste sur l’intoxication par le plomb tétraéthyle paru 'dans La Médecine du Travail.
- Le plomb tétraéthyle, liquide incolore, volatil à la température ordinaire, est utilisé depuis quelques années comme antidétonant pour améliorer le rendement des moteurs à explosion. On sait que l’adjonction à l’essence d’un antidétonant permet l’emploi des moteurs à explosion surcomprimés, indispensables pour l’aviation et avantageux pour toute l’industrie automobile.
- Le plomb tétraéthyle s’est montré jusqu’ici le plus actif et le plus avantageux ds antidétonants; mais il s’est révélé d’une extrême toxicité. Il traverse facilement la peau saine, et il est le seul composé plombique connu susceptible de provoquer par cette voie une intoxication saturnine aiguë.
- La dose mortelle est de 0,3 cm3 par kg de poids du corps pour le chien; de 0,6 cm3 pour le cobaye. L’expérimentation a montré, en outre, la nocivité de doses faibles, mais répétées, aussi bien en inhalation qu’en application locale.
- Les troubles initiaux consistent dans la chute de la tension artérielle, le ralentissement du pouls et l’abaissement de la température du corps. Presque simultanément s’observent de graves désordres nerveux : insomnie, anxiété, agitation, délire et même hallucinations. Il existe de l’anorexie, des nausées, des vomissements. L’amaigrissement est rapide, le visage extrêmement pâle, les pupilles dilatées; un tremblement parfois violent secoue le malade comme dans le delirium tremens. La température peut atteindre 41° et plus. La mort est fréquente.
- On recommande de traiter ces intoxiqués par les alcalins à fortes doses (bicarbonate et citrate de soude associés à la magnésie calcinée et au carbonate de chaux) et d’éviter l’opium et le chloral qui se sont montrés dangereux pendant les crises de délire.
- Malgré sa toxicité, il ne semble pas que le tétraéthyle de plomb, aux doses où il est mélangé à l’essence, puisse constituer, en pratique, un réel danger. Il résulte, en effet, des recherches faites aux Etats-Unis :
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- 1° Que la fabrication du tétraéthyle de plomb et son mélange à l’essence peuvent être réglementés dans des conditions d’hygiène permettant d’éviter toute intoxication;
- 2° Que la manipulation de l’essence tétraéthylée, si elle est pratiquée avec certaines précautions, ne doit pas non plus déterminer d’accidents;
- 3° Que les gaz de combustion des essences tétraéthylées ne seraient pas capables, dans la pratique, de causer une pollution de l’atmosphère suffisante pour engendrer le saturnisme.
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- C’est pourquoi, en présence de ces résultats et aussi du fait que le saturnisme a plutôt diminué, en ces dernières années, aux États-Unis et en Angleterre, malgré un large emploi du plomb tétraéthyle, le Conseil supérieur d’Hygiène a émis récemment un avis favorable à l’introduction en France de l’usage de ce produit. Il a toutefois entendu donner une sécurité supplémentaire en limitant à son minimum indispensable le taux maximum de plomb tétraéthyle dont le mélange à l’essence est autorisé (1/2 000 au lieu de 1/1 200 à l’étranger) .
- NOTES HISTORIQUES SUR L’ÉLAN
- L’Élan (Cervus Alces) est, sans conteste, le plus grand des Cervidés connus aujourd’hui : Il n’en existe qu’une seule espèce dont le type américain n’est en somme qu’une variété. En Europe, il est devenu fort rare; on ne le trouve plus en Scandinavie qu’en quelques endroits privilégiés. En Allemagne, il est localisé dans la forêt d’Iberchorst et en Prusse orientale dans la région de Tilsitt. La Russie, mieux partagée, avant 1914 tout au moins, le possédait en des zones bien délimitées de la Lithuanie jusqu’à l’Oural (1).
- On le trouve encore dans les forêts polonaises où, cependant, il n’est pas très abondant, si nous en jugeons par son rôle de gibier de choix pour réceptions officielles !
- En Asie, on le rencontre en de nombreux endroits, depuis l’Oural jusqu’à la Mandchourie. Il est tout particulièrement abondant dans la vallée de la Léna, aux environs du lac Baïkal, sans compter la Chine, le Caucase, etc...
- En Amérique, l’Orignal se maintient grâce aux réserves de chasse et aux parcs nationaux du Canada.
- Anciennement, il existait un peu partout en Europe, notamment en Grande-Bretagne, en France, en Hollande, en Allemagne, en Suisse et en Belgique. Peut-être a-t-il existé en Italie du Nord et dans les Balkans(?), mais les preuves actuelles font défaut. Toutefois, il ne semble pas qu’il se soit jamais aventuré au Sud de ces deux dernières régions.
- Aujourd’hui rare^ en Europe, il a été jadis très abondant, ainsi qu’en témoignent les nombreux harpons en bois d’Elan provenant des stations lacustres (Musées de St-Germain, de Zurich, de Lausanne, de Berlin, etc...). Pendant tout le pléisto-cène, les découvertes archéologiques le signalent en France, en
- 1. Mauclère. Les élans dans l’Europe nord-orientale. La Nature, n° 2881, 15 mai 1932.
- Belgique, etc... Au néolithique, pendant l’âge du bronze et l’âge du fer, il continue à subsister. Cependant il se raréfie et disparaît peu à peu. Vers 250 après J.-C. on ne le signale plus en France. La Bavière voit disparaître les derniers sujets delà forêt de Vargrend (Nordlingen) aux environs de 764. Dans les Flandres l’Elan se maintient tant bien que mal jusqu’au xe siècle, époque après laquelle on n’en parle plus. L’espèce s’éteint en Bohême au xive siècle, et en Mecklembourg au xvie siècle. En Saxe, la capture d’un sujet isolé, en 1744, fut un événement, puisque l’histoire nous en a conservé le souvenir. On prétend qu’il s’agit d’un des animaux réintroduits entre 1720 et 1730 dans cette région tout comme dans le Brandebourg, et non d’une bête originaire du pays.
- La Galicie perdit son dernier Elan en 1760 et la Hongrie à la fin du xvme siècle.
- On peut donc affirmer que, durant les dernières années du xvme siècle, des grands troupeaux d’Élans qui erraient jadis dans les forêts européennes, il ne restait presque rien, sauf en Scandinavie où l’espèce avait réussi à se maintenir. C’est ainsi qu’en 1790 on tenait encore en Norvège 850 Elans dont 515 mâles et 335 femelles. La Suède tout aussi bien partagée, publiait encore en 1792 et les années suivantes des tableaux impressionnants de chasses de ce ruminant : 2097 pour 1792 et 2178 en 1793. Mais à ce rythme, l’hécatombe menaçait de ruiner rapidement les bandes de cervidés. Aussi le gouvernement dut-il prendre de sévères mesures défendant la chasse de l’animal pour le sauver d’une extinction certaine. Partout, en pays civilisé, l’Elan jouit aujourd’hui de la protection des autorités; sans cette sage précaution, nous pourrions déplorer sa disparition définitive d’ici peu d’années.
- G. R.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- CHARGES POUR EXTINCTEURS D’INCENDIE A MOUSSE
- Si l’eau est le liquide le plus commun et le plus généralement employé pour l’extinction des incendies, on tend à lui préférer, tout au moins comme premier secours, d’autres liquides non conducteurs, tels que le tétrachlorure de carbone pour les leux dans les conducteurs électriques et des mousses pour les feux d’essence et d’hydrocarbures.
- Il existe nombre d’appareils extincteurs portatifs ou transportables, destinés spécialement à combattre les feux d’hydrocarbures, qui, par renversement, mettent en contact deux liquides dont ia réaction provoque un jet de mousse.
- Lorsque ces appareils ont servi et qu’ils ont été déchargés, on peut les remplir soi-même au moyen des formules suivantes, calculées pour un modèle courant, dit de 10 litres de capacité.
- A. Solution pour la charge de l’appareil:
- Bicarbonate de soude.................... 560 gr
- Réglisse................................ 50 —
- Eau.....................................O. S. pour 7 1
- B. Solution pour le vase intérieur :
- Sulfate d’alumine à 18 IL20 ............ 605 gr
- Eau................................O. S. pour 1200 cc.
- 11 est nécessaire de mesurer exactement les volumes d’eau et notamment de ne pas les dépasser, pour réserver dans le haut de l’extincteur une chambre d’expansion faisant environ 900 cc, le dixième de la capacité totale. Faute de cette précaution, on risquerait d’obtenir un jet trop faible si le volume d’eau était réduit, ou au contraire une surpression pouvant aller jusqu’à la rupture de l’enveloppe.
- T
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- 4 LA RADIOPHONIE PRATIQUE .
- CONSEILS PRATIQUES - NOUVEAUTÉS RADIOTECHNIQUES CONSTRUCTION D’APPAREILS SIMPLES
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- Cadre
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- CondensâtP de liaison ajustable
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- Fig. 1. — Montages d’accord de cadres.
- A. Montage ordinaire. — B. Montage avec condensateur de liaison permettant d’associer le cadre à un récepteur quelconque.
- LA LUTTE CONTRE LES PARASITES INDUSTRIELS ET LES CADRES DE RÉCEPTION
- Les postes-secteur actuels, très sensibles et très sélectifs peuvent fonctionner, en principe, avec une simple prise de terre et une antenne réduite, même « intérieure ».
- La situation change lorsque les perturbations industrielles sont particulièrement à craindre, et qu’on ne peut appliquer de systèmes antiparasites sur les sources elles-mêmes. Dans ce cas, on le sait, il faut installer une antenne antiparasites à descente protégée, et une bonne prise de terre.
- Cette installation est, en général, assez coûteuse, et parfois difficile dans les villes. C’est la solution la meilleure; mais, lorsqu’on ne peut la réaliser, ne peut-on songer à nouveau à employer le cadre ?
- Certains auteurs nient l’efficacité du cadre dans ces conditions ; leur conclusion paraît excessive. En réalité l’emploi du cadre mérite souvent d’être tenté; les essais en sont d’ailleurs aisés et peu coûteux. Nous avons même vu, en ces derniers temps, apparaître des dispositifs spéciaux, immédiatement adaptables à n’importe quel modèle de récepteur.
- Dans les premiers récepteurs sensibles à batteries, superhétérodynes par exemple, on employait des cadres avec enroulement en tambour ou en spirale plate, séparés du récepteur et montés sur une carcasse pivotante. L’enroulement était accordé par une capacité variable de l’ordre de 0,5/1000 de microfarad (fig. 1 A).
- Sur les premiers récepteurs à réglage essentiel unique équipés avec des cadres, il a fallu établir pour chaque modèle de récepteur un modèle spécial de cadre dont les caractéristiques de l’enroulement étaient fonction de celles des bobinages d’accord. Les effets directifs et antiparasites du cadre
- Fig. 2. — A. Influence du couplage parasite électrostatique sur un cadre ordinaire. — B. Compensation des couplages parasites sur un cadre à prise médiane.
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- étaient dus surtout à l’élimination des perturbations provenant d’une direction déterminée, et à la suppression de toute liaison directe avec la terre.
- Avec les postes-secteur, l’effet directif du cadre devient moins net et le réseau d’alimentation relié au récepteur constitue toujours, même si l’on ne songe pas à l’utiliser volontairement dans ce but, un collecteur d’ondes beaucoup plus efficace que le cadre lui-même !
- Sur un poste-secteur à cadre, il convient donc de prendre des précautions spéciales pour éviter l’action des perturbations. Il faut supprimer, autant que possible, « l’elîet d’antenne » produit par les fils du réseau, en empêchant les courants à haute fréquence utiles ou perturbateurs, recueillis par ces fils, d’atteindre le récepteur.
- Il faut séparer en haute fréquence le récepteur et le réseau; on emploie à cet effet soit des transformateurs d’alimentation à écran électro-statique, pas toujours efficaces, soit des filtres haute fréquence généralement compliqués, intercalés dans les fils d’amenée du courant. On peut aussi utiliser simplement deux capacités, de 5/1000 de microfarad à deux microfarads, montées en série, et dont les armatures extrêmes sont reliées aux fils du réseau, tandis que les armatures communes sont reliées au fil de terre. Ces capacités de fuite dérivent vers la terre les courants haute fréquence; on peut les compléter en plaçant sur les câbles d’arrivée des bobinages livrant passage au courant d’alimentation normal et s’opposant au passage des oscillations haute fréquence.
- La solution à adopter est très simple. On accordera le cadre de la manière habituelle, au moyen d’un condensateur; ce circuit, accordé sur la longueur d’onde de l’émission à capter, sera connecté aux bornes d’entrée du récepteur ordinaire, « antenne » et « terre » par l’intermédiaire d’une petite capacité de liaison de l’ordre de 0,1/1000 de microfarad, comme le montre le schéma de la figure 1 B.
- Cette capacité supplémentaire est constituée par le condensateur additionnel normal, intérieur au montage, qui se trouve en série dans nombre de récepteurs, dans le circuit d’accord destiné à une antenne de grande longueur.
- Les auditeurs de T. S. F. qui possèdent déjà un cadre d’ancien modèle peuvent donc aisément l’essayer sur un récepteur à antenne et prise de terre. Le réglage exige une petite manœuvre supplémentaire, celle d’un condensateur d’accord séparé. Mais le cadre, par principe, n’est utilisé que sur des postes sensibles; aussi l’audition de la plupart des émissions s’obtient-elle en réglant le récepteur au moyen du bouton unique ordinaire disposé sur le panneau de contrôle. On augmente ensuite l’intensité d’audition et ses qualités en agissant sur le condensateur séparé du cadre.
- Il ne faut pas compter obtenir ainsi une augmentation de la sensibilité. Bien au contraire, l’énergie recueillie est inférieure à celle qui est captée par une antenne. L’amélioration provient plutôt de l’augmentation de la sélectivité, et surtout, de l’atténuation d’une partie des brouillages, pour une position convenable du cadre, à chercher par tâtonnements.
- On a cherché à perfectionner le cadre et à renforcer ses. effets antiparasites ; tel est le but des récents modèles équilibrés ou compensés, destinés spécialement aux postes-secteur..
- Avec un cadre ordinaire, les courants perturbateurs peuvent se transmettre au bobinage par un effet de couplage électrostatique. Une seule extrémité du cadre étant reliée à la terre, le fil d’enroulement présente une certaine capacité par rapport.
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- aux objets environnants, celle-ci est répartie tout le long du bobinage, qui tonne un système de collecteur d’ondes presque apériodique recueillant les parasites. Cet effet électro-statique supplémentaire est très nuisible, car le fonctionnement du cadre devrait être, en principe, exclusivement électro-magnétique (fig. 2 A).
- On cherche donc à neutraliser cet effet par un autre effet analogue en sens inverse. On équilibre le cadre en effectuant une prise médiane sur l’enroulement et en reliant celle-ci à la masse et à la terre. Il n’y a plus alors entre l’enroulement et les objets voisins un seul couplage, mais deux. Les courants parasites recueillis s’écoulent vers le sol en passant par chaque moitié de l’enroulement, et leurs actions respectives sont neutralisées dans le dispositif d’accord ordinaire du récepteur (fig. 2 B).
- Les cadres de ce genre donnent souvent une amélioration assez nette pour la réception d’émissions de longueurs d’onde supérieures à mille mètres.
- Les enroulements se mettent en circuit par un combinateur à deux directions suivant la gamme de longueurs d’onde de l’émission recherchée; ils sont protégés et rendus invisibles par un boîtier très léger en carton décoré, placé sur un pivot orientable (fig. 3).
- Le petit condensateur d’accord additionnel en parallèle
- Antenne de 'compensation
- Cadre de rècepts'on orientable
- Bobines de couplage
- Condensateur
- d'accord
- Condensateur f de liaison
- '.borne "Antenne du récepteur
- v. borne Terre " du récepteur
- Fig. 4.— Système combiné à compensateur avec cadre et antenne réduite.
- sur l’enroulement est commandé par un disque en bakélite, horizontal, dont le plan est ainsi perpendiculaire à la paroi du boîtier, et qui dépasse légèrement par une fente située à la partie supérieure.
- L’appareil se place facilement soit à côté du poste, soit sur le poste lui-même, soit en dessous. Dans ce dernier cas, la commande du condensateur par le disque disposé dans le haut de l’appareil demeure facile, puisque ce disque est toujours à portée de la main de l’auditeur.
- On a proposé aussi des systèmes plus compliqués, mais qui exigent le blindage complet des récepteurs, impraticable sur des postes d’amateur. Dans la pratique courante, on s’en tient donc au modèle de cadre équilibré simplifié.
- Dans une autre catégorie de dispositifs, on a recours, non plus à l’équilibrage, mais à la compensation.
- On emploie deux collecteurs d’ondes séparés, sur lesquels les courants parasites se centralisent tandis que les signaux utiles ne sont pas affaiblis.
- On a proposé de nombreux dispositifs de ce genre dès les débuts de la T. S. F. On peut, par exemple, combiner l’emploi d’une antenne et d’un cadre, le cadre créant dans le circuit d’accord une action, en quelque sorte, compensatrice de celle des perturbations parasites.
- La figure 4 représente un montage de ce genre. Une antenne extérieure ou intérieure est combinée avec un cadre
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- orientable, par l’intermédiaire d’un système de liaison par induction.
- Grâce à un inverseur, il est possible de faire varier le sens du couplage entre le primaire et le secondaire, de manière à opposer l’action des perturbations recueillies par l’antenne et par le cadre.
- On fait, d’autre part, varier l’orientation du cadre jusqu’à ce que l’effet de compensation soit le meilleur possible.
- Bien entendu, l’action des signaux utiles sur les deux collecteurs d’ondes doit être aussi différente que possible. On peut donc utiliser un bon cadre et une petite antenne, ou un cadre quelconque et une bonne antenne. Il n’y a plus à chercher à éviter l’action des parasites sur les bobinages.
- Un constructeur a présenté récemment sur ce principe un dispositif pratique. Le cadre orientable de petites dimensions est circulaire, enroulé sur une carcasse pivotante, et monté sur le dessus d’un boîtier qui porte le condensateur d’accord et le système de déphasage des oscillations. Il suffit de relier le boîtier au récepteur, les deux bornes à une petite antenne de quelques mètres et à une prise de terre et de manœuvrer le bouton de déphasage en orientant le cadre, pour obtenir des améliorations sensibles (fig. 5).
- Commutateur
- ( Condensateur d'accord du cadre)
- Prise de courant
- FU isolé Borne antenne
- Fil métallique Borne terre
- Fig. 3. — Cadre équilibré (type Fillranien).
- LES ANTENNES COMMUNES
- Dans les immeubles des grandes villes, il arrive souvent que plusieurs locataires désirent poser des antennes extérieures.
- Pour éviter leur multiplicité, on peut recourir à Y antenne commune. Il s’agit alors d’établir un excellent collecteur d’ondes, aussi antiparasitaire que possible, et pouvant alimenter un grand nombre d’appareils à la fois.
- Lorsque le nombre des récepteurs à alimenter ne dépasse pas 10 par exemple, il suffit de poser une longue antenne à plusieurs fils, placée le plus haut possible pour augmenter la
- tension des signaux recueillis, et d’utiliser une descente spéciale de faible capacité. Les récepteurs individuels sont branchés sur la descente par l’intermédiaire de boîtes de couplage avec un transformateur élévateur de tension. L’antenne est, d’autre part, reliée à la descente commune par un transformateur abais-seur de tension.
- Lorsqu’il s’agit d’une installation plus importante, pour alimenter 40 à 50 récepteurs, par exemple, cette solution n’est plus suffisante. 11 faut avoir recours à un amplificateur qui augmentera l’énergie haute fréquence re-
- Fig. 5. — Cadre antiparasites combiné avec une antenne compensatrice (modèle F. A. R). Le cadre est monté sur la boîte de couplage.
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- Antenne
- Cadre blindé à faible capacité
- Boite terminale 50, a
- Réseau de distribution à haute fréquence
- Amp!if/ Antennaphii.
- Cible blindé
- (hterruptC Ç horaire .
- 50 Q , ZOOppf
- Boite de liaison / des postes \J SOS2 I 200pp f
- Fig. 6. — Principe d’installation d’une antenne commune Antennaphii.
- cueillie par l’antenne avant de la transmettre au récepteur.
- Le problème est alors délicat. Avec des récepteurs « toutes ondes », on doit recueillir toutes les oscillations haute fréquence comprises dans la gamme de 16 à 2000 m, en évitant, en principe, tout réglage; la tension haute fréquence fournie au réseau radiophonique doit être indépendante du nombre de récepteurs alimentés.
- Enfin, l’amplificateur ne doit provoquer aucune déformation des courants transmis; il doit être alimenté complètement par le secteur et n’exiger aucun entretien particulier.
- Nous avons déjà signalé une installation de ce type étudiée par un constructeur spécialisé. Cette installation a été récemment perfectionnée.
- Le système comporte une seule antenne installée sur le toit, alimentant tous les récepteurs de cet immeuble, chacun des auditeurs conservant évidemment la liberté d’accorder -son récepteur sur l’émetteur de son choix (fig. 6).
- L’antenne unique extérieure, de 10 à 20 m de long, est reliée par une descente blindée à l’amplificateur apériodique à haute fréquence qui comporte deux étages suivant le schéma de la figure 7.
- Un étage fonctionne avec deux lampes haute fréquence en parallèle, l’autre comporte également deux lampes à écran. L’antenne est reliée à un double filtre d’entrée par l’intermédiaire de capacités et d’une résistance. Chaque filtre est constitué par un bobinage et une résistance formant un circuit distinct. La caractéristique du premier est très uniforme
- entre 20 et 60 m, et la caractéristique du deuxième satisfaisante entre 200 et 2000 m; on obtient donc un gain constant sur toutes les longueurs d’onde.
- Avec un amplificateur, on peut alimenter cinquante prises.
- L’usager branche la fiche d’antenne de son récepteur sur la prise correspondante et utilise son appareil comme à l’habitude. La prise de terre est réalisée sur le plomb de la gaine, de sorte que l’installation d’un récepteur quelconque est immédiate; quant à l’amplificateur, il est alimenté par le secteur de distribution, et un interrupteur horaire permet de limiter la durée de fonctionnement de l’installation.
- La boîte de dérivation de chaque poste comporte un condensateur et une résistance. Le câble principal est fermé sur lui-même par une résistance de 50 ohms, et le condensateur de liaison de chaque poste a une capacité de 200 micro-microfarads. Le câble de connexion peut, d’ailleurs, atteindre 250 m sans inconvénient.
- L’intensité de réception obtenue avec chaque poste est, dans ces conditions, très satisfaisante, et elle peut être égale à celle obtenue avec la plupart des antennes extérieures. Avec cinquante branchements, on peut avoir à la sortie du système une énergie qui demeure sensiblement la moitié de celle obtenue dans le cas d’un seul branchement. L’installa-
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- Fig. 7. — Montage de l'amplificateur pour antenne commune dans le système Antennaphii.
- tion du système est simple, et peut être effectuée, soit sur un immeuble neuf, soit sur un immeuble existant.
- 11 faut seulement éviter d’aplatir les câbles sous gaine de plomb en cours de montage, il faut aussi relier et mettre à la terre les gaines de plomb.
- DÉPANNAGE PRATIQUE ET PORTATIF
- Les postes-secteur modernes, malgré leurs perfectionnements, ne sont pourtant pas à l’abri des fâcheuses pannes. Dans les cas graves, il faut appeler le spécialiste. Mais souvent, le propriétaire du poste, même non technicien, peut agir lui-même. L’outillage nécessaire pour la recherche de la plupart des défauts de montage est assez simple.
- Lorsqu’on veut une plus grande précision de mesures, on a recours à un système de cadre mobile, et de préférence un appareil universel, c’est-à-dire permettant d’effectuer en continu et en alternatif toutes les séries des mesures de tensions ou d’intensités courantes.
- Un constructeur spécialisé a établi récemment un modèle qui permet tous les contrôles, notamment des lampes sans les démonter et pendant
- Fig. S. — Détails de l’installation du système Antennaphii.
- Prise de courant
- Vers les postes I récepteurs]
- Coffret de dérivation en fonte \
- Câbles blindés destinés à l’alim entai1/des récepteu/s'
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- le fonctionnement du poste. Cet appareil ingénieux est renfermé dans une petite mallette en cuir, d’encombrement réduit (fig. 9).
- Sur le devant de la mallette se trouve une plaquette isolante horizontale portant une double série de douilles métalliques. Ces douilles sont réunies entre elles deux à deux par un contact spécial apportant une grande simplification pour la mesure des intensités (fig. 10).
- L’appareil fonctionne avec une série de patrons, de plaquettes en bakélite à haut isolement avec des perforations dont la disposition correspond à celle des broches de toutes les lampes existant actuellement, et pouvant être complétée s’il était besoin.
- Une série de ces patrons de forme rectangulaire et destinés à recevoir la lampe qu’on veut essayer, se place dans deux glissières horizontales disposées à cet effet dans la partie arrière du coffret. Les patrons de la deuxième série, de forme hexagonale, sont destinés à être placés, au contraire, sur le poste, à la place qu’occupait la lampe elle-même, comme on le voit sur la photographie de la figure 9.
- Le système est complété par une double série de cordons de couleurs différentes pour faciliter le repérage. La première série est terminée par des douilles à baïonnette, s’adaptant dans les perforations des patrons de lampes qui reçoivent les broches de la lampe. Les autres cordons sont terminés par des fiches qui viennent s’adapter dans les perforations des plaquettes-patrons pour postes, et s’enfoncent alors à la place des broches de la lampe en essai sur le poste.
- On peut donc disposer la lampe qu’on veut essayer sur le
- AMPÈREMÈTRE
- Fig. 10. — Montage du coffret radiodépanneur.
- coffret, tout en reliant ces broches par V intermédiaire des cordons aux douilles correspondantes du récepteur lui-même.
- Il reste, ensuite, à effectuer la liaison entre les systèmes et l’appareil de mesure employé. On emploie, à cet effet, une paire de cordons voltmétriques et une paire de cordons ampère-métriques de couleurs différentes qui assurent cette liaison entre la plaque de contrôle à deux rangées de douilles, et les appareils de mesures, voltmètres, ampèremètres, ou capacimètres.
- Une série d’intermédiaires, fiches, douilles, permet même d'adapter les douilles ordinaires aux broches de certaines lampes, par exemple des lampes américaines.
- Avec ce système, dont la manœuvre est simple et rapide, la vérification d’une lampe en fonctionnement sur un poste devient aisée. On choisit les deux patrons correspondant aux broches de la lampe (choix facilité par un petit tableau joint au dispositif) ; on adapte les extrémités des cordons de douilles au patron, et on fixe celui-ci sur les glissières horizontales. On adapte, de même, les fiches des cordons correspondants de la deuxième série, de mêmes couleurs, dans les trous respectifs du patron poste (fig. 9).
- 11 ne reste plus qu’à enlever la lampe du poste, et à la poser sur le patron-lampe préparé à cet effet à l’arrière du coffret. On place, au contraire, le patron-poste au milieu de ces fiches à l’emplacement de la lampe, sur les douilles correspondantes. A ce moment, le poste peut être mis en marche, et la vérification de la lampe s’effectue sans troubler en rien le fonctionnement normal.
- Le système permet d’effectuer un grand nombre devérifi-
- Fig. 9.— Coffret radiodépanneur (Chauvin et Arnoux).
- cations. C’est ainsi que pour mesurer le courant dans un circuit, on emploie deux cordons volants, dont on réunit les deux fiches aux bords d’un ampèremètre. On enfonce les deux autres fiches dans les douilles correspondantes du circuit à mesurer, après avoir intercalé ce circuit à la plaquette par l’intermédiaire des câbles de liaison à douilles et à broches. L’ampèi'emètre dévie si le circuit n’est pas coupé, puisqu’en enfonçant la fiche dans la douille on dérive le courant dans l’ampèremètre.
- Avec un voltampèremètre, on peut même opérer plus rapidement (pointillé de la figure 11), en enfonçant le cordon «ampères » sur une douille, puis en retirant cette fiche, et en mesurant les volts en branchant le cordon « volts » sur la douille correspondante. On peut, de même, mesurer une résistance à chaud. La lampe étant en fonctionnement, on enfonce les fiches dans les deux bornes correspondant à la résistance à mesurer de manière à couper le courant et à obtenir immédiatement la valeur de la résistance. Comme la mesure est instantanée, le circuit n’est interrompu que pendant le temps nécessaire à la lecture. On opère de même pour les mesures de capacités et de bobinages.
- L’appareil peut servir à vérifier une lampe prise isolément. .On place la lampe sur une plaquette disposée à l’arrière du coffret, et on établit les connexions d’alimentation avec la série des cordons de douilles de la plaquette. On étudie les caractéristiques de la lampe comme précédemment.
- Ce coffret-dépanneur permet donc de vérifier rapidement l’état d’une lampe, ainsi que les caractéristiques des éléments de son circuit. P. Hémardinquer.
- Adresses relatives aux appareils décrits :
- Cadre Filiranten : André Barrière, 33, avenue Philippe-Auguste, Paris (11”).
- Cadre Parasivore : F. A. R., 13, rue Charles-Lecoq, Paris (15°).
- Antenne commune Aniennaphil : Philips, 2, cité Paradis, Paris.
- Coffret dépanneur : Chauvin et Arnoux, 186, rue Championnet, Paris.
- Fig. 11. — Comment s'effectue la mesure du courant de filament et de la tension filament-plaque d’une lampe de T. S. F.
- VOL T-A MPÈREMÈ TRE
- LAMPE
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- LIVRES NOUVEAUX
- Méthodes approchées de la mécanique non linéaire dans leurs applications à l’étude de la perturbation des mouvements périodiques et de divers phénomènes de résonance s’y rapportant, par Nicolas Kryloff et Nicolas Bogoliuboff. Acad, des Sc. d’Ukraine. Inst, de la mécanique de construction. Chaire de la physique mathématique, n° 14, 112 p. Kieff, 1935 (en français).
- Dans un aperçu historique, les auteurs rappellent que la mécanique céleste a rencontré depuis deux siècles des problèmes où il s’agit de connaître le plus exactement possible un mouvement voisin d’un mouvement donné. Dans ces problèmes intervient un paramètre; lorsque ce paramètre a une certaine valeur particulière, nulle par exemple, les mouvements possibles du système sont connus et sont périodiques, on les appelle mouvements élémentaires; si le même paramètre a des valeurs constantes non nulles mais très petites, et que de petites forces perturbatrices interviennent, on peut chercher la solution en apportant aux mouvements élémentaires de petites corrections que l’on prend comme inconnues.
- Dans l’étude de ce problème « aux variations », apparaît souvent un phénomène dit de résonance, particulièrement lorsque les forces perturbatrices ont une période identique à celle du mouvement élémentaire. Ces phénomènes de résonance ont parfois un danger et provoquent une rupture du système comme cela peut arriver pour un pont suspendu ou un arbre tournant d'une machine dont la période coïncide par malheur avec la période de vibration de la maison ou de l’avion dans lesquelles on place la machine. Parfois, au contraire, ces phénomènes de résonance sont utiles comme par exemple dans les multi-vibra-teurs synchronisés, dans les récepteurs de T. S. F. et dans les moteurs synchrones, dont le fonctionnement est dû justement au phénomène de résonance.
- Jusqu’à présent on avait une théorie classique de la résonance, dans cette théorie on supposait que les corrections à apporter au mouvement élémentaire étaient assez petites pour justifier une interpolation linéaire des équations de la mécanique.
- Mais les méthodes de la mécanique linéaire n’ont apporté que des résultats partiels à la mécanique céleste; de plus la mécanique appliquée pose de plus en plus à la théorie des questions où la loi de Hooke (proportionnalité entre la force et la déformation) n’est pas vérifiée. L’industrie se contente, dans ces cas-là de méthodes empiriques, mais il a paru intéressant aux auteurs de ce fascicule d’étudier les problèmes de mécanique non linéaire, c’est-à-dire d’étudier des mouvements voisins de mouvements élémentaires en supposant que les variations des éléments du système ne sont pas proportionnelles aux variations des forces perturbatrices.
- Il est difficile de détailler la contribution théorique apportée par le travail de MM. Kryloff et Bogoliuboff à l’étude de ces problèmes; disons simplement qu’ils ont établi l’existence de certains régimes de mouvements qu’ils appellent accrochés à la résonance et qui apparaissent, quelque petite que soit l’intensité de la force perturbatrice; ces mouvements ne dépendent que de la fréquence de la force perturbatrice si celle-ci est petite. Un fait curieux est que si l’intensité de la force perturbatrice devient trop grande, un décrochement de la résonance a lieu et le mouvement devient voisin de celui qu’on aurait si les forces perturbatrices étaient nulles.
- La lecture de ce fascicule est à recommander non seulement aux théoriciens de la mécanique, mais à l’ingénieur qui cherche à donner à sa science des bases théoriques lui permettant de se dégager de plus en plus de l’empirisme.
- Mesures des températures, par Gustave Ribaud. l vol. 224 p. 83 fig. Collection Armand Colin, Paris 1936. Prix broché : 10 fr. 50.
- La mesure des températures a pris une place de toute importance, aussi bien dans la vie courante que dans les recherches de laboratoire et dans l’industrie, où la plus grande précision s’impose.
- Aucune étude d’ensemble n’existait encore sur ce sujet; cette lacune est comblée par le présent ouvrage dû à un des plus éminents spécialistes en la matière.
- En dehors des considérations théoriques qui sont à la base de la définition et de la mesure des températures depuis le zéro absolu jusqu’aux températures les plus élevées, M. Gustave Ribaud n’a pas manqué de considérer le côté pratique de la technique qui permet de vaincre les difficultés ou d’échapper aux causes d’erreur qui se présentent à chaque instant.
- Tout en maintenant à l’ouvrage un niveau élevé, il a su en éliminer les difficultés mathématiques et apporter, dans l’exposé, des qualités de netteté et de clarté qui en font le véritable modèle du livre technique, utile aux spécialistes et accessible à tout lecteur cultivé qui y trouvera un guide précieux.
- Éléments de physique, par Alvaro Magaliiaes. 1 vol. in-8 de 388 p. avec 430 fig. Livraria do Globo à Porto Alegre (Brésil).
- L’auteur a écrit ce livre pour un enseignement rapide des grandes lois de la physique en faisant appel le plus possible à des exemples et à des expériences extrêmement simples pouvant être réalisées, non avec des appareils de physique particuliers, mais presque toujours avec des dispositifs peu coûteux qu’on peut trouver dans la vie courante; il s’agit, d’ailleurs,évidemment, de notions extrêmement élémentaires et générales destinées à des élèves suivant des cours d’enseignement technique.
- Tout l’ouvrage, qu’il s’agisse donc de mécanique, d’hydrostatique, de statique des gaz, des lois de la chaleur ou de l’électricité, de même que d’optique et d’électro-statique ou d’électro-magnétisme, est rédigé dans le même esprit, et l’indication ingénieuse des expériences réalisées permet aisément, avec un commentaire bien étudié, d’obtenir le résu tat, sans doute limité, mais utile, que s’est fixé l’auteur.
- Le façonnage des métaux par déformation plastique,
- par E. Siebel, traduit de l’allemand par A. Collinet. 1 vol. 258 p., 195 flg. 1 pl. hors texte. Ch. Béranger. Paris, 1936. Prix relié : 70 francs.
- Le façonnage des métaux par déformation plastique a pris une grande importance dans l’industrie moderne; il comprend diverses techniques, notamment : le laminage, l’étirage, le forgeage, le matriçage, l’emboutissage, l’estampage. On trouvera dans cet ouvrage tout d’abord une étude théorique générale des déformations de ce genre et une évaluation des efforts qu’elles exigent, puis une étude approfondie du laminage, de l’étirage, du filage, de l’emboutissage, enfin un intéressant chapitre consacré à la détermination des déformations au cours du façonnage.
- Organische Morphologie und Palæontologie, par Edgar Dacqué. 1 vol. in-8, 476 p., 27 fig. Gebrüder Borntraeger, Berlin, 1935. Prix : 30 M.; relié : 32,20 M. (Moins25 pour 100 pour l'étranger!.
- Le nouveau livre de E. Dacqué débute par un chapitre fondamental de « morphologie idéaliste ». Le type et l’espèce sont d’abord envisagés d’une façon générale, surtout dans leurs rapports avec l’ontogénie et la systématique. If auteur traite ensuite des processus de formation des groupements organiques (mutations brusques, convergences, récurrences, mutations corrélatives, homologies, etc.). Puis viennent des vues synthétiques sur l’apparition « concrète » des groupes, d’après les données de l’ontogénie, de la spécialisation, de l’influence du temps.
- Le deuxième chapitre, qui traite des rapports de la théorie de la descendance et de la morphologie, commence par un article sur la descendance « réaliste », avec considérations sur les méthodes de reconstitution des rameaux phylétiques, sur la monopliylie et la polyphilie. L’auteur se préoccupe ensuite de définir les vraies limites de la recherche des arbres généalogiques, telles que permettraient de les définir les rapports de l’ontogénie et de la phylogénie. Le dernier chapitre est consacré à la recherche des causes des changements organiques; il se termine par un exposé sur les causes internes de ces modifications.
- Dans ce livre, nécessairement très théorique dans l’ensemble, E. Dacqué s’est efforcé de faire appel aux réalités morphologiques en matière de paléontologie.
- Amérique septentrionale, par Henri Baulig, lr« partie, Généralités. Canada, 1 vol. gr. in-S, 316 p., 64 fig., 90 photographies et 1 carte hors texte, Paris, A. Colin (t. XIII de la « Géographie universelle »), broché, 90 fr.
- Ce livre vient à point pour combler une lacune, car il n’existait pas, à l’heure actuelle, d’ouvrage d’ensemble sur l’Amérique du Nord, en dehors de manuels vieillis. Dans la première partie, l’auteur passe en revue le relief, l’hydrographie, la flore et la faune du continent nord-américain; il fait l’historique du peuplement, des découvertes maritimes, de la colonisation et de la formation territoriale. La seconde partie est consacrée à Terre-Neuve, au Canada et à l’Alaska. L’illustration, documentaire et pittoresque, est particulièrement soignée. Nombreux les graphiques, schémas et cartes, parmi lesquelles on remarquera celle des formes de végétation aux États-Unis et dans le sud du Canada.
- Le travail de l’ardoise et la pathologie professionnelle de l’ardoisier, par le Dr André Feil. 1 vol. in-8, 140 p., 82 flg. Le François. Paris, 1935. Prix : 25 fr.
- La Nature a déjà publié (n° 2966) une étude de l’auteur sur ce sujet. Il examine en hygiéniste l’industrie de l’ardoise telle qu’elle se pratique aujourd’hui et signale les maladies professionnelles : pneumoconioses, lumbago, fracture du scaphoïde, callosité du genou, érosions des doigts, qu’on y observe ainsi que leur prévention individuelle et sociale. C’est une excellente monographie d’un travail peu connu et un bon exemple d’application des techniques d’hygiène industrielle.
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- NOTES ET INFORMATIONS
- NÉCROLOGIE
- Pavlow.
- M. Lapicque a lu à l’Académie des Sciences la no Lice dont nous reproduisons les passages suivants :
- « Ivan Petrovitch Pavlow, qui vient, à 86 ans, de succomber à une brève maladie accidentelle, jouissait de la plus éminente situation morale parmi les physiologistes du monde entier. Son premier travail, qui date de 1874, concerne l’innervation du pancréas. Dès son début Pavlow entrait ainsi dans le sujet dont le développement devait occuper toute sa vie.
- « L’angle sous lequel, dès l’abord, il envisageait cette question est celui de la commande nerveuse, la détermination anatomique de nerfs sécréteurs, mais, surtout, le mécanisme central qui, par l’intermédiaire de ces nerfs, déclenche la sécrétion au moment convenable pour la suite coordonnée des fonctions digestives, et bien plus, adapte à la nature de l’aliment la qualité de cette sécrétion, suc gastrique par exemple. Dès 1889, Pavlow démontrait qu’il s’agit d’un réflexe, dont l’origine n’est pas le contact de l’aliment et de l’estomac, comme il était naturel de le penser; car si l’on ouvre au cou l’œsophage de façon à faire écouler au dehors, avant qu’ils n’arrivent à l’estomac, les aliments que le chien a mâchés et déglutis, ce repas fictif a les mêmes résultats pour la production du suc gastrique que le repas réel; d’autre part la mastication d’une matière dépourvue de saveur est sans aucun effet.
- Ce sont donc les sensations gustatives qui sont déterminantes. Mais l’odeur, ou même seulement la vue d’aliments connus de l’animal comme savoureux suffisent à provoquer la sécrétion la plus propre à di • gérer ces aliments. Pavlow a donné à ce dernier phénomène le nom de sécrétion psychique.
- « Pour étudier avec continuité ces phénomènes, Pavlow imagina de diviser d’une façon permanente l’estomac de l’animal en deux parties, l’une : la plus grande, refermée de façon à rétablir la continuité du tube digestif et à accomplir effectivement le rôle nutritif de l’organe; l’autre, la plus petite, entièrement séparée de la précédente comme cavité, mais ayant conservé son innervation et ses vaisseaux, et abouchée sur la peau du ventre par une fistule permanente. On peut ainsi, à tout moment, suivre qualitativement et quantitativement, sans mélange avec les aliments, la sécrétion gastrique de ce petit estomac soumis aux mêmes actions nerveuses que l’estomac normal. Cette opération était une remarquable réussite chirurgicale, il y a plus de quarante ans, et Pavlow se fait gloire d’avoir le premier introduit dans les laboratoires de physiologie les salles d’opérations telles que les comporte la chirurgie humaine.
- « Les résultats du petit estomac appliqués à l’étude de la
- sécrétion psychique furent tels que Pavlow reporta tout son intérêt sur le mécanisme cérébral ainsi mis en cause. La sécrétion fut prise simplement comme signe; pour raison de commodité, il revint alors à la sécrétion salivaire, qui présente la même obéissance nuancée aux représentations gustatives. Chez le chien, l’introduction d’eau acidulée dans la gueule fait sécréter une salive fluide; la viande provoque l’apparition d’une salive visqueuse. 11 s’agit évidemment d’un réflexe, que Pavlow appelle le réflexe absolu. Mais, si l’on répète un certain nombre de fois sur un même animal l’adminislration, soit d’acide, soit de viande, en accompagnant chaque fois cette intervention, d’un bruit particulier, disons une sonnerie électrique pour l’acide, un coup de sifllet pour la viande, au bout de quelque temps le bruit seul provoquera la sécrétion correspondante : la sonnerie fera apparaître la salive fluide du dégoût; le sifflet, la salive visqueuse de l’appétence. C’est
- ce que Pavlow appela le réflexe conditionné, notion qui reçut rapidement la faveur des physiologistes et des psychologues. Evidemment cela revient, théoriquement, à l’association des idées, chère à une philosophie antérieure à Pavlow et, pratiquement, à une technique traditionnelle du dressage. Pavlow insiste sur ce point que sa méthode ne fait appel à aucune assimilation avec les processus subjectifs de la psychologie humaine, et cette méthode a en tout cas l’avantage de se prêter à des mesures précises, indépendantes de la bonne volonté du sujet.
- « Par une opération très simple, le canal excréteur de la glande salivaire d’un côté est amené à déverser en permanence la sécrétion, non plus dans la bouche, mais à l’extérieur, sur la joue. Au moment de l’expérience, on mastique sur cet orifice artificiel un petit entonnoir par lequel on peut recueillir la salive, en compter les gouttes ou mesurer son volume. On obtient ainsi des données quantitatives d’une surprenante régularité. Par exemple, après avoir établi le réflexe conditionné pour un certain signal associé à la présentation de la viande, on répète un certain nombre de fois l’essai, sans plus faire intervenir le réflexe absolu, sans soutenir l’association; le nombre de gouttes décroît progressivement, et l’on peut suivre ainsi l’affaiblissement du processus nerveux inconnu qu’il s’agit d’étudier. Celui-ci est cérébral; il a son siège dans l’écorce grise des hémisphères, car si l’on détruit celle-ci, el réflexe conditionné disparaît et ne peut pas être rétabli. On est donc à même d’étudier les conditions de fonctionnement des sphères nerveuses supérieures. Le champ d’investigation ainsi ouvert est immense, et Pavlow, après l’avoir exploré activement, avec de nombreux collaborateurs, pendant plus de trente ans, est loin de l’avoir épuisé.
- « Il reçut le prix Nobel en 1904. En France, il était Corres-
- PAVLOW
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- pondant de notre Académie, Membre associé de l’Académie de Médecine et Membre d’honneur de la Société de Biologie.
- « Sa carrière fut matériellement difficile : à ses débuts, il mena longtemps la vie rude de l’étudiant pauvre et ne reçut qu’à quarante-deux ans une situation passable. La révolution russe lui valut d’abord de nouvelles misères. Mais, à la fin de sa vie, le gouvernement soviétique avait mis à sa disposition des ressources inouïes, du personnel par centaines et de l’argent par millions. »
- GÉOLOGIE
- Les microfossiles.
- Les microfossiles sont de petits organismes inclus dans les roches, qui ne peuvent s’observer qu’au microscope. Le premier savant qui signala l’existence de restes d’organismes dans les couches géologiques fut, au siècle dernier, Ehrenberg. En dehors de l’important groupe des Foraminifères qui firent l’objet d’études suivies, peu de chercheurs se préoccupèrent, tout d’abord, de la nature des petits êtres emprisonnés dans les couches sédimentaires de la Terre. Il est vrai que les recherches présentaient pour les roches dures des difficultés sérieuses que l’on n’est parvenu à vaincre, partiellement, qu’au cours de ces dernières années.
- Pour les matériaux tendres, on a utilisé la lévigation et le débourbage, méthode constamment mise en œuvre par les diatomistes. Les roches dures étaient, jusqu’en ces derniers temps, traitées par le procédé des coupes minces, très défavorables pour l’observation des microfossiles à l’état entier.
- Ce n’est qu’au cours de ces dernières années que la recherche des petits organismes a été reprise avec des techniques nouvelles. Sous l’impulsion de MM. Deflandre et Lefèvre on a commencé par rechercher dans les diatomites les organismes silicifiés autres que les diatomées. On découvrit ainsi des débris de Péridiniens et des silicoflagellés. Plus près de nous, les microfossiles furent recherchés dans les silex en séparant de minces fragments par percussion. Les esquilles laissent voir des Flagellés, des Péridiniens et des kystes assez nombreux.
- Malheureusement, par ce procédé, les restes fossiles ne peuvent être examinés sur leurs différentes faces étant emprisonnés dans la gangue rocheuse. Il faudra donc s’efforcer de désagréger la masse, tout en respectant l’intégrité des êtres qui y sont enfermés.
- M. Kufferah s’est demandé si « chiquement les réactions qui sont intervenues dans la formation des roches sont réversibles ». Et, il conclut par l’affirmative en disant « qu’il suffit de voir les roches qui se désagrègent, qui pourrissent, comme on dit, pour être persuadé que l’on peut, en les traitant convenablement, arriver à les dissocier, à les transformer en une matière pulvérulente qui, avec l’eau, donnera des boues qu’il suffira de laver pour en isoler les microfossiles ».
- Pour conserver aux tests fossiles leur forme et leur aspect, il faudra donc éliminer les méthodes brutales de désagrégation : attaque par les acides à chaud, de même que l’action des alcalis, la cristallisation rapide des solutions sursaturées qui détruit les organismes, etc...
- La méthode devra varier suivant que les roches seront siliceuses, argileuses, ou calcaires.
- Pour le calcaire, le Dr Kufferah utilise l’acide acétique pur qui n’attaque pas le calcaire, auquel il ajoute, pour déclancher une réaction lente, quelques gouttes d’acide azotique; il verse dans le liquide, à de longs intervalles, un peu d’eau distillée. Finalement il obtient une boue calcaire d’où il peut retirer les fossiles pratiquement intacts.
- Le procédé n’intéresse pas les substances argileuses et siliceuses. Cependant il fournit une précieuse indication sur la
- désagrégation des roches où « il est possible de mobiliser certains éléments par une sorte de catalyse ».
- Les méthodes d’échanges de bases connues en agriculture ainsi que les mouvements ioniques semblent aussi devoir rendre de précieux services.
- Quant aux découvertes que l’on fera dans ce domaine, elles semblent devoir être fort intéressantes : tlièques de protistes, algues, grains de pollen, mycelia de champignons, débris d’animaux et végétaux qui peuvent un jour constituer un matériel paléontologique de premier ordre.
- Et toujours selon M. Kufferah, « ces organismes sont colo-rables par les colorants d’aniline habituels; nous avons obtenu des cellules se colorant en jaune par l’iode aussi bien que les cellules parenchymateuses du monde actuel ».
- On voit tout l’intérêt que présentent ces recherches aujourd’hui à peine amorcées. G. R.
- BACTÉRIOLOGIE Bactériologie du Kéfir.
- Depuis fort longtemps, les Tartares consomment, sous le nom de kéfir, une sorte de caillé obtenu en remplissant de lait des outres de peau contenant déjà des grains de kéfir, qu’on faisait transporter et ballotter à dos de chameau. C’est un moyen de préparation assez sommaire et d’une propreté douteuse. Cependant, des médecins russes établis au Caucase constatèrent les heureux fïets diététiques et thérapeutiques du lait ainsi fermenté; ils l’employèrent à leur tour dans diverses affections du tube digestif, le firent connaître en Europe, et c’est ainsi que le kéfir pénétra en France à la fin du siècle dernier.
- D’autres laits fermentés furent aussi révélés : le yoghourt à base de lait de vache et de maya bulgare, le koumys au lait de jument et l’airanc au lait de chèvre des Kirghiz de l’Oural, sans parler de bien d’autres caillés provenant d’autres parties du monde et qui eurent un moins grand succès.
- Bientôt, les bactériologistes étudièrent la flore de ces diverses fermentations et isolèrent les espèces caractéristiques : les unes actives, d’autres indifférentes, d’autres nuisibles ou même dangereuses. On réussit à les cultiver séparément, à connaître leur rôle et à préparer des mélanges fermentaires définis, infiniment plus propres et plus actifs que les grains de kéfir des outres tartares et que la maya bulgare. Ces cultures pures sont maintenant entretenues et vendues dans tous les pays de consommation.
- Récemment, M. Chiray a fait connaître dans La Presse médicale la composition des divers ferments.
- La caillebotte obtenue par addition de présure ou de char-donnette, ou d’acide, ne contient pas d’acide lactique et n’est qu’un mélange de produits de dédoublement de la caséine.
- Le lait aigre, caillé spontanément, a généralement tourné sous l’action de divers microbes dont Bacillus lactis aerogenes qui se trouve dans l’air; il forme une masse crémeuse qui donne dans l’intestin de l’acide lactique par transformation du lactose; mais il est trop souvent pollué par d’autres espèces non lactiques.
- La maya bulgare du yoghourt renferme plusieurs ferments lactiques, un microcoque et un streptobacille peu actifs et surtout le Bacillus bulgaricus qui est un des plus puissants ferments lactiques.
- Enfin, le kéfir doit son action à l’association d’un bacille,Bacillus caucasicus,d’une levure,Saccharonvyces kefir et de deux diplo-coques et un coccus en chaînettes, ferments lactiques très actifs.
- On peut donc aujourd’hui composer des levains complexes, en quelque sorte normalisés, dont l’action sur le lait est parfaitement définie, sans risque d’introduire d’autres microbes nuisibles à la fermentation lactique ou à la santé humaine.
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- INVENTIONS ET NOUVEAUTÉS
- PHOTOGRAPHIE
- Un appareil de photographie Reflex original.
- Les appareils de photographie donnant des images de petits formats, sur des films de largeur standard, c’est-à-dire de 35 mm, sont, à juste titre, très en faveur auprès des amateurs. Grâce au progrès des objectifs, aux améliorations des émulsions sensibles et au perfectionnement des appareils, il est, en effet, possible d’obtenir de très bons clichés de formats réduits se prêtant à de forts agrandissements.
- Pour rendre encore plus facile l’emploi de ces appareils, certains d’entre eux possèdent aujourd’hui un dispositif télémétrique de précision indiquant immédiatement à l’opérateur la distance du sujet, et, par conséquent, la mise au point à effectuer; dans les modèles récents, ce dispositif télémétrique est même couplé avec l’objectif et rend la mise au point automatique.
- Il existe un autre dispositif qui permet la mise au point automatique d’un appareil, c’est le dispositif rejlex ; il comporte un objectif séparé couplé à l’objectif normal, et projetant l’image du sujet à photographier sur un verre dépoli; ce système a l’avantage d’assurer en même temps que la mise au point, le cadïage exact du sujet avant la prise de vue. Mais l’adaptation de ce dispositif aux appareils de petit format présente des difficultés, si on ne veut pas augmenter l’encombrement.
- On a constaté surtout que dans les chambres reflex de petits formats, la mise au point n’est pas suffisamment précise lorsque l’image de visée a les mêmes dimensions que l’image définitive. Les détails sont très réduits et peu visibles, par suite du grain du verre dépoli. La mise au point est difficile, d’autant plus que les objectifs normaux à longueur focale courte utilisés ont une profondeur de champ relativement grande.
- Pour éviter cet inconvénient, un constructeur d’appareils photographiques bien connu a créé un appareil de petit format, muni d’un dispositif reflex ayant un objectif de visée dont la longueur focale est plus grande que celle de l’objectif de prise de vues.
- Cet objectif a une grande ouverture de 1 : 2,8, et une distance focale de 8 cm; il donne une image très visible de dimensions relativement grandes : 4 X 6 cm; la profondeur de champ est très réduite, de sorte que la mise au point est obtenue avec précision. L’image très claire jusqu’au bord du champ est déterminée par interposition d’une lentille sur le trajet des rayons.
- Pour une mise au point plus précise, on peut même avoir recours à une loupe pliante logée dans le capuchon; la glace dépolie a été remplacée par une lentille plan convexe dont la surface plane est dépolie.
- La chambre de visée est surmontée, d’autre part, par un capuchon pliant à 4 sections, dont deux constituent un viseur à champ multiple, dispositif idéal pour les prises de vues sportives lorsqu’on veut tenir l’appareil à hauteur des yeux.
- La chambre photographique elle-même peut être munie d’objectifs interchangeables à grande ouverture, couplés avec l’objectif de la chambre reflex.
- L’obturateur est à rideau métallique avec vitesses réglables de 1/2 à 1 millième de sec, et entraînement automatique du film exposé au moment de l’armement. Il existe, de plus, un dispositif de retardement permettant d’actionner automatiquement l’obturateur, 12 sec environ après l’armement, pour les prises de vues se rapportant à l’opérateur lui-même. Le chargement est effectué avec des bobines, cartouches, ou
- chargeurs spéciaux, ou même avec du film normal cinématographique.
- Une autre particularité consiste dans la présence sur l’appareil d’un posemètre à grande sensibilité à cellule photo-électrique. La sensibilité est assez grande pour qu’une variation d’éclairement d’un lux détermine un notable déplacement de l’aiguille; on peut donc mesurer des temps de pose, même à la nuit tombante ou dans les appartements. Le temps de pose est lu directement sur un cadran en regard du diaphragme utilisé.
- Cet appareil sous format 24x36 mm offre toutes les possibilités des appareils de grand format. Sa manœuvre est d’une simplicité remarquable, puisqu’il suffit d’actionner un seul levier pour la mise au point, et un seul bouton pour le déclan-
- Fig. 1. — Appareil de petit format Contaflex à posemètre et système Reflex.
- chement; la détermination automatique du temps de pose le met, en outre, à la portée de tous les amateurs. P. H.
- Établissement Ihonla: 18-20, faubourg du Temple, Paris, 11e.
- CHAUFFAGE Chauffe=eau au gaz.
- Le thermo-réchaud Plumet est un chauffe-eau branché directement sur la canalisation d’eau de la ville, chauffé au gaz. Toujours prêt à fonctionner, il donne rapidement de l’eau chaude, en quantité relativement faible, mais suffisante pour rendre de grands services dans bien des circonstances de la vie quotidienne. Il fonctionne suivant le principe de la chaudière tubulaire et est muni d’un surchauffeur qui assure une meilleure utilisation de la chaleur.
- L’eau est préalablement chauffée dans un serpentin et
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- arrive au surcliaulîeur ; pour en sortir, elle doit pénétrer jusqu’au fond des tubes verticaux, d’où elle remonte pour être évacuée (fig. 2).
- A ce moment, elle est en contact avec la flamme du réchaud et offre une très grande surface sous un faible volume; elle peut ainsi acquérir en quelques secondes une température de 80°.
- L’expérience montre que, pour une même quantité d’eau, réchauffement est plus rapide et s’effectue avec une consommation de gaz plus minime, le tableau ci-dessous donne des indications à ce sujet, et montre la comparaison des temps, des consommations de gaz et des températures constatés pour réchauffement de 5 litres d’eau.
- Température obtenue Temps avec Thermo Temps dans récipient Économie Temps et Gaz
- 35° 2m 158 6“ 208 64 %
- 50» 4“ 20® 8“ 30® 50 %
- 80° 9m 5® 15“ 39 %
- Avec un appareil de ce type combiné à un réchaud à gaz de haut rendement, on peut avoir à poste fixe une distribution
- Cham b ne super 1
- W* Entrée 3 d'eau
- ~~ Chambre inféré
- Sortie]
- Fig. 2. — Le thermo-réchaud Plumet.
- A gauche : principe du surchauffeur; A droite : aspect du Thermo-réchaud Plumet.
- d’eau chaude toujours prête à fonctionner. Le brûleur peut se fixer dans plusieurs dispositions différentes suivant la disposition des arrivées d’eau et de gaz, et sa pose est facile sur un support avec équerre. Pour l’allumage, il suffit d’ouvrir le gaz progressivement et de présenter une allumette par une des ouvertures latérales; en 15 secondes, l’eau chaude courante est obtenue.
- Cet appareil économique peut donc rendre de grands services pour beaucoup d’applications domestiques ou hygiéniques.
- Thermo-réchaud Plumet, 174, rue Vercingétorix, Paris (14e).
- Nouveau système de cuisson en vase clos.
- La méthode rapide de cuisson des aliments sans ébullition emploie une marmite autoclave. En voici une nouvelle réalisée en un alliage de nickel-aluminium, très bon conducteur, à couvercle étanche aisément serrable, à soupape de sûreté (fig. 3).
- La figure 4 suffit pour juger des avantages de ce mode de cuisson. On peut comparer les températures, les pressions, les temps de cuisson et calculer le nombre de degrés-minutes correspondant à chaque opération.
- A titre d’exemple,la cuisson d’une jardinière composée de haricots verts, de carottes et de pommes de terre, par le procédé ordinaire, nécessite l’ébullition de l’eau pendant 24 minutes, soit 2 400 degrés - mi -nutes.
- La même opération avec la marmite au toc 1 ave, sans ébullition et avec une pointe de température à 120° dure 9 minutes, dont 5 seulement sur le feu; la température moyenne étant de 110°, le nombre de degrés-minutes est de 900°, au lieu de 2 400 précédemment.
- Pour cuire un pot-au-feu avec cette marmite en vase clos, il faut 55 minutes, dont 34 seulement sur le feu, tandis que la cuisson ordinaire exige 5 heures à 100°.
- L’adoption d’un appareil de ce genre peut donc rendre service dans les cuisines modernes.
- Son utilisation offre, d’ailleurs, toute sécurité. Le couvercle est à ressort et constitue une véritable soupape do sûreté.
- L’excédent de pression s’échappe, dès que celle-ci dépasse 1 kg 500.
- En outre, ce nouvel instrument de cuisine supprime les buées et les odeurs pendant la cuisson, autre avantage appréciable.
- Auto-Thermos, 68, rue Chaussée-d’Antin, Paris !9e).
- Fig. 3. — Coupe de la marmite autoclave Auto-Thermos.
- Fig. 4. — Diagrammes comparatifs des cuissons d’un même plat par le procédé ordinaire et dans la marmite autoclave Auto-Thermos.
- En veilleuse
- o A-------Cuisson ordinaire à Vit)0d'unejardinière \
- <e B ----- „ en Auto-thermos (moyenne 110°) \
- C------„ dun pot-au-feu en Auto-thermos y
- Sur le feu
- Temps-minutes
- J____» «___|____L
- 8 12
- 16 20 24 28 32 36 40 44 48 52 56
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- BOITE AUX LETTRES
- QUESTIONS ET REPONSES
- Adaptation d’un pick-up à un récepteur de T. S. F.
- Pour adapter un pick-up électromagnétique à un poste de T. S. F., on relie généralement son enroulement soit à la lampe détectrice de l’appareil qui joue alors le rôle de première lampe basse fréquence, soit à la première lampe basse fréquence du poste, si elle existe.
- Le choix de la liaison du pick-up dans ces conditions dépend de l’impédance de son enroulement. Si celle-ci est élevée, on peut relier directement l’enroulement à la grille et à la masse, en employant, si l’on veut, un potentiomètre qui permet de faire varier l’intensité des courants transmis. Si l’impédance est faible, de l’ordre de quelques centaines d’ohms par exemple, on recourt à un transformateur élévateur de tension, dont on relie l’enroulement en gros fil au pick-up, et l’enroulement en fil fin à l’appareil.
- Avant tout, il faudrait donc que vous nous indiquiez l’impédance des enroulements de votre pick-up qui est généralement notée sur le boîtier de l’appareil lui-même, ou sur la notice du fabricant.
- On peut, en tout cas, déterminer très facilement, comme vous le savez, sans aucun appareil spécial, la résistance ohmique de l’enroulement, ce qui donne déjà quelques idées à ce sujet.
- Il existe des pick-up s à impédance variable, dont on peut à volonté faire varier l’impédance suivant les caractéristiques mêmes de la lampe du poste récepteur, à laquelle il est adapté. Si votre pick-up a une résistance suffisante par rapport à la résistance de la lampe, l’emploi d’un transformateur de liaison ne peut augmenter l’intensité des sons obtenus, puisqu’il faut tenir toujours compte des pertes dans le transformateur. Nous pensons d’ailleurs, que vous avez disposé le transformateur de liaison dans un sens convenable en connectant le pick-up au primaire et la lampe du poste au secondaire.
- Les bobines mobiles des haut-parleurs électrodynamiques ont une résistance ohmique de l’ordre de quelques ohms, et une impédance extrêmement faible. Donc, ne jamais relier directement la bobine mobile à la lampe de sortie du récepteur, mais employer à cet effet un transformateur de sortie à grand rapport.
- Le secondaire gros fil est relié à la lampe de sortie et le primaire fil fin à la bobine mobile du haut-parleur.
- Ce mode de liaison est nécessaire pour obtenir un fonctionnement normal du haut-parleur; sans quoi non seulement l’intensité des sons serait très faible, mais encore la qualité laisserait complètement à désirer. Réponse à M. Rigodin, à Majunga (Madagascar).
- Modification d’un poste récepteur de T. S. F.
- D’après vos indications, votre appareil est un poste d’ancien modèle alimenté par batteries à 4 lampes, et du type C 119 du début de la T. S. F.; ce n’est pas un appareil sélectif, et il ne peut servir à la réception des émissions sur ondes courtes sous sa forme actuelle.
- 11 nous semble bien difficile pourtant de le modifier, il vaudrait mieux le démonter sans doute, et en utiliser les pièces pour construire un poste plus perfectionné.
- Nous pensons que vous désirez encore établir un poste à batteries ou à courant redressé, mais vous auriez certainement intérêt, en tout cas, à monter un appareil superhétérodyne ou un poste spécial pour la réception des émissions sur ondes courtes. Le prix des lampes et des pièces de montage a diminué dans de très fortes proportions; l’on trouve, du reste, d’occasion, des appareils de ce type à des prix peu élevés.
- Vous pourriez consulter pour la construction d’un poste superhétérodyne le fascicule correspondant à l’ouvrage : Les récepteurs modernes, par P. Hémardinquer, ou bien le livre : Les récepteurs radiophoniques, de F. Duroquier (Masson éditeur). Pour la construction des postes à ondes courtes, consultez l’ouvrage : Les ondes courtes et ultra-courtes (Dunod, éditeur).
- Réponse à un abonné d’Istanbul (Turquie).
- Emploi de l’huile par l’essence.
- 1° Nous avons donné plusieurs fois les indications sur les avantages de ce mélange. L’huile sert à mieux lubrifier les hauts de cylindres, surtout à froid et lorsque l’huile du carter n’a.pas pris sa fluidité normale. Elle doit donc être très fluide et ne pas se décomposer sous
- l’action de la chaleur de l’explosion, elle doit, de plus, être très pure de manière à former le moins possible de calamine qui encrasserait la chambre d’explosion, les bougies et les soupapes.
- La composition de l’huile pour le graissage des hauts de cylindres se rapproche donc de celle de l’huile de graissage pour automobiles qu’on verse .normalement dans le carter, elle est seulement plus fluide et plus raffinée.
- Il n’y a donc pas de grave inconvénient à mélanger de l’huile ordinaire de graissage de très bonne qualité et très fluide en très faible proportion avec l’essence de carburation; on risque simplement de provoquer un peu plus de calaminage et d’obtenir un graissage moins efficace. Par contre, on effectue une petite économie sur le prix d’achat de l’huile. La quantité d’huile du mélange étant très faible, cette économie est peu sensible, il est donc préférable d’employer de l’huile spéciale (Proportion normale 2 lit. 1/2 par 1000 1. essence).
- 2° On vérifie une lampe de T. S. F. à l’aide d’un appareil qu’on appelle un lampsmèlre. Le plus simple des essais utiles est la mesure du courant de plaque, au moyen d’un milliampèremètre inséré dans le circuit. Si l’intensité du courant de plaque est nulle ou anormale, on en déduira que la lampe est mauvaise ou trop usagée. Si l’intensité est normale cela ne prouvera pas que la lampe soit tout à fait satisfaisante puisqu’il s’agit d’un essai statique, mais l’indication est certainement utile.
- Pour déterminer le pouvoir amplificateur de la lampe, il faut examiner d’une manière approximative la pente de cette lampe.
- Dans ce but, et suivant la définition même de la lampe, il suffit de faire varier la polarisation de grille dans des limites connues et d’observer la variation correspondante du courant de plaque.
- A cet effet, la grille de la lampe est polarisée négativement au moyen d’une pile; à l’aide d’un commutateur ou d’un bouton poussoir, on détermine deux valeurs de la polarisation. Lorsque la polarisation de-grille est réduite, un milliampèremètre intercalé dans le circuit de plaque indique une intensité plus grande. En laissant constantes les autres tensions, on détermine ainsi immédiatement la valeur- cherchée,, qu’on peut comparer aux caractéristiques noimales, et on peut également comparer plusieuis lampes d’une même série.
- (Consulter à ce sujet l’ouvrage « Entretien, mise au point et dépannage des appareils radio-électriques (Eyrolles, éditeur).
- Réponse à M. de Rienzi, à Paris.
- De tout un peu.
- Escuela de Victoria, Espagne. — La seule précaution à prendre pour réaliser de bons anaglgphes, pour la vision en relief, est d’employer les mêmes couleurs rouge et verte, pour constituer les dessins d’une part et colorer d’autre part les feuilles transparentes du lorgnon.
- Autrement dit, une fois ces couleurs choisies, couleurs dites d’aniline, les employer sous forme d’encre dans de l’eau gommée pour exécuter le dessin, puis teinter des feuilles de gélatine par imbibition à froid, avec les mêmes solutions, au besoin, légèrement étendues d’eau pour les éclaircir et rendre la vision plus facile; on obtient ainsi des feuilles colorées en rouge ou en vert que l’on découpe après séchage et enchâsse dans la monture du binocle.
- N. B. — Eu égard à l’absorption totale de la lumière rouge dans un cas, de la verte dans l’autre, il est évident que le dessin examiné doit être fortement éclairé.
- M. Bard, à Plan-tes-Ouates, Suisse. — 1° Tout essai de nettoyage d'un plafond ayant reçu un enduit à la colle, ne pourra vous donner que des résultats déplorables à cause du manque d’uniformité qui serait fatal.
- A notre avis, le plus simple et le plus économique est d’enlever à l’éponge, avec de l’eau chaude, l’ancien enduit et d’en appliquer un nouveau en prenant la précaution d’usage de donner la seconde couche dans le sens d’où vient la lumière des fenêtres.
- 2° La destruction des mauvaises herbes ne doit se faire que sur des parties non cultivées, car les produits destructeurs n’ont pas de propriétés sélectives et agissent aussi bien sur les plantes utiles que sur les plantes nuisibles.
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- DOCUMENTS PHOTOGRAPHIQUES
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- F/p. 1. — Le physicien allemand Roentgen, à qui l'on doit la découverte des rayons X, dont on va célébrer le cinquantenaire.
- (Ph. Keystone).
- Fig. 2. —• Le nouveau zeppelin au cours de sa première sortie.
- Long de 248 m., il peut transporter 50 passagers et fera alternativement le service Allemagne-Amérique du Nord et Amérique du Sud. (Pli. Keystone).
- Fig. 3.
- Le bloc de Pyrex destiné à former le miroir du plus grand télescope du monde sort du four où il s’est refroidi pendant un an.
- m Il mesure 5 m. de diamètre et
- pèse 20 tonnes (Ph. Keystone).
- De nouvelles ailes pour les moulins à vent.
- Fig. 4. — Le DT A. Compton, prix Nobel de physique, mettant au point un appareil enregistreur des rayons cosmiques, destiné à des ballons-sondes de haute altitude
- (Ph. N. Y. T.).
- Elles sont munies d’un bord d’attaque métallique à profil aérodynamique.
- (Ph. N. Y. T.).
- Fig. 6.
- Cet appareil présenté à l’Exposition de la volaille à New-York trie automatiquement les œufs
- suivant leur poids et les empaquette à raison de 140 douzaines à l’heure.
- (Ph. N. Y. T.).
- Le Gérant : G • Masson. 8057. — lmp. Lahure, rue de Fleurus, g, à Paris. — 15-4-1936. — Published in France.
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- N” 2976
- LA NATURE
- w Mai 1936,
- ANTIQUES PIERRES TUNISIENNES
- Comment venir en ce vieux pays sans évoquer l’ombre légendaire de la belle princesse qui fut à l’origine de sa civilisation ? Pour ceux qui l’auraient oubliée, je veux vous rappeler son histoire.
- Cela se passait voici fort longtemps, environ 800 ans avant notre ère.
- Tyr était une des cités les plus florissantes de l’époque. Son roi, Bélus, avait une fille nommée Elissa. En bon père de famille, désireux de la bien établir, il la maria très jeune, à Sichée, prêtre d’Hercule, le plus riche parti de la ville. Hélas! cette opulence excita la jalousie de Pygmalion, son beau-frère, chez qui la cupidité l’emportait sur l’esprit de famille, et il fit égorger le grand-prêtre tandis qu’il sacrifiait aux dieux.
- Prévenue, Elissa, qui était une femme de tête, s’empara en toute hâte des trésors <le son époux et prit la fuite, suivie des pa-Iriciens hostiles à son frère.
- Les vents conduisirent la galère au pays de Zengitane, golfe de Factuelle Tunis, où régnait Jarbas, roi de Gétulie. 11 commença par s’opposer à l’établissement sur son territoire de la fille de Bélus, mais Elissa, nommée désormais Didon « la fugitive », lui demanda avec tant de discrétion une parcelle de terre qui tiendrait en une peau de bœuf qu’il ne put refuser si modestes prétentions, exprimées par une femme jeune et opprimée. Le monarque accorda donc.
- Elle fit alors tailler dans cette peau des lanières si fines, qu’elles devinrent assez longues pour tracer l’enceinte d’une ville qu’on appela Kart-Hadah, « la ville neuve », destinée par la suite à dominer le monde.
- Et Jarbas, admirateur inquiet de l’astuce de sa belle voisine, résolut d’en faire à la fois son alliée et son épouse. Refusé par Didon fidèle à l’amour de son mari, il attaqua la ville, et la princesse, sentant la faiblesse de, ses armes, se poignarda pour ne pas tomber entre les mains de son vainqueur.
- Peu à peu Carthage essaima créant des centres alentour, indirectement redevables de leur existence, à cette héroïne, et son souvenir plane sur ce pays dont elle amena l’antique prospérité.
- Les anciens chroniqueurs s’accordaient pour célébrer
- la richesse de cette capitale. A l’intérieur, son armée comprenait 300 éléphants, 4000 chevaux et leur fourrage, et ses galères formaient la flotte la plus nombreuse de l’époque; bordant les pentes de la Byrsa, la citadelle, s’élevaient des maisons de cinq étages et la ville comptait 700000 habitants.
- Si je vous signale ces faits c’est pour rappeler l’opulence de cette capitale qui surpassa ses contemporaines. Mon désir était de vous parler de ruines mais, dans l’infortunée Carthage, les ruines elles-mêmes sont mortes, plus rien ne subsiste des splendeurs passées. Terminant les guerres puniques, Scipion l’incendia, lors de l’assaut
- final, dans un carnage abominable. Cela se passait l’an 146 avant Jésus-Chrit. Sous Auguste, Carthage retrouva une nouvelle prospérité, égalant en paissance Alexandrie et Rome mais, vouée à la chute, elle fut d’abord très endommagée par les Vandales au ve siècle et subit enfin au vne, lors de l’invasion arabe, une destruction totale et définitive. Les fouilles ont peuplé son Musée de trésors d’un intérêt passionnant, des époques les plus reculées, mais les vestiges des monuments eux-mêmes étant écroulés, c’est partout ailleurs en Tunisie, qu’il faut chercher les souvenirs de l’antiquité, principalement à Dougga, où ils sont le mieux conservés. Les archéologues en ont déjà parlé très savamment et je n’ai pas la prétention d’ajouter une once à leurs doctes paroles; si je me hasarde à aborder ce sujet, c’est pour que ces modestes notes d’une voyageuse enthousiaste viennent troubler le trop profond silence enveloppant, ces dernières années, les belles ruines du Protectorat.
- La province romaine correspondant à peu près à Factuelle Tunisie était le pays, conquis par Scipion, nommé Ajrica vêtus; lorsque César y ajouta la Numidie qu’on appela Africa nova, elle fut sous une autorité militaire, quand la partie anciennement pacifiée dépendait d’un gouvernement civil, méthode encore suivie de nos jours où le territoire lointain des oasis est commandé par un colonel.
- Le proconsul d’Afrique touchait, sous Auguste, un traitement d’un million de sesterces, unité monétaire de l’époque.
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- La République ne chercha pas à s’installer dans sa conquête, ce n’est qu’avec l’Empire que se développent les goûts colonisateurs des nouveaux propriétaires qui créent, sur le pays entier, des villes, des routes, des ponts, des aqueducs, des temples, des cirques, enfin tous ces monuments si solidement bâtis qu’ils font encore notre admiration, épars sur la terre africaine, de Cyrène à l’Atlantique.
- A la fin de l’Empire, la population était si dense que les villes se succédaient depuis Carthage, et jalonnaient de leurs débris les 90 km qui en séparent Dougga.
- L’OPULENTE THUGGA
- « Passant, viens jusqu’à Thugga », lit-on sur une antique borne milliaire des environs. Cela nous apprend que les hôteliers d’antan pratiquaient déjà la publicité
- Fig. 3. — Le mausolée de Ghirza, en Tripolitaine.
- aux promesses alléchantes, telle qu’on la voit sur les panonceaux réclames dressés aujourd’hui aux abords de toute localité de quelque importance.
- La vieille cité avait nom Thugga, en berbère « pâturages ». Ses eaux limpides en ayant fait, de tous temps, une contrée prospère, il est normal de penser qu’elle fut peuplée dès l’antiquité; sa situation sur un éperon escarpé en facilitait la défense.
- Les ruines de Dougga, fameuses depuis longtemps, avaient été visitées par de nombreux explorateurs, quand y vint la France.
- Au début, on se contenta de démolir les masures indigènes, excroissances fâcheuses poussées à l’intérieur du Capitole, et ce n’est qu’en 1891 que les fouilles commencèrent effectivement, sous l’impulsion première du Dr Carton, médecin militaire qui se passionna pour ces recherches, dans le voisinage du poste qu’il occupait.
- Poursuivies depuis par les soins du gouvernement, ces fouilles sont dirigées actuellement par le très savant M. Poinssot, directeur du Service des Antiquités. Une des grosses dépenses fut l’expropriation des indigènes et la construction de locaux où les loger.
- Thugga aurait été, à l’origine, une ville phénicienne où l’on adorait Baal, le vieux dieu phénicien. Les Romains en s’installant décrétèrent, pour concilier toutes les convictions, que ce dieu n’était que « leur » Saturne et se contentèrent de débaptiser le temple, érigeant le culte de Saturne au lieu et place du précédent Baal; c’est ainsi que peu à peu, sans heurts, ils assimilèrent les peuplades soumises, mêlant les habitudes et les religions.
- Ultime témoin des premiers occupants, le charmant mausolée libyco-punique dresse dans l’azur la pointe do son obélisque fauve parmi les feuillages argentés des vieux oliviers. Cette élégante construction phénicienne copie à la fois l’architecture égyptienne et grecque, ce qui n’est pas étonnant, les premiers Carthaginois, « ce peuple de marchands, ayant toujours vécu d’emprunts », nous dit finement Gaston Boissier.
- Datant de quatre ou cinq siècles avant notre ère, seule trace de l’Art punique en Tunisie, il possède encore des frères très semblables à Ghirza dans le désert tripolitain.
- Suivant la tradition, ce tombeau abritait les restes d’un prince numide : Ataban, fils d’Ifmatat, fils de Falao, autant de nobles seigneurs destinés au plus complet oubli, sans l’inscription gravée sur la pierre.
- Le curieux petit édifice avait résisté aux injures du temps comme aux ravages des envahisseurs : Romains, Vandales, Byzantins, Arabes, quand, en 1840, vint un consul anglais, Thomas Read, ancien joaillier de l’Empereur Napoléon Ier, plus néfaste à lui seul que ces hordes déchaînées, qui n’hésita pas à saccager ce bijou d’architecture pour s’emparer d’une très célèbre inscription en deux langues, libyque et punique (la seconde traduisant la pi'emière, dont on ignorait encore les caractères). Ce rarissime document est à présent au British Muséum.
- Reconstituée en 1910, cette plaisante sépulture s’élève à 21 m de hauteur, sur trois étages terminés par une pyramide qui, pense-t-on, supportait elle-même une sculpture, un lion peut-être. Les quatre faces supérieures s’ornaient de bas-reliefs archaïques dont il reste peu de chose, et les angles du faîte supportent des animaux s’apparentant à l’art attique du ve siècle avant notre ère. Emergeant seule des oliviers séculaires, elle offre un charme étrange et l’on rêve à cet Ataban qui y dort son dernier sommeil. Par quelle action d’éclat ce prince barbare mérita-t-il ce glorieux hommage ?
- Mais c’est de l’époque romaine qu’il faut s’occuper ici. Quoique peu étendue, Thugga fut assez florissante pour être portée au rang de colonie.
- Comme en toute métropole ancienne, on pénètre par une porte triomphale destinée à rappeler le maître de céans. Les Sévères y ont plus spécialement laissé leur empreinte. Septime attacha son nom à l’Arc d’entrée en ville, Alexandre Sévère à celui de la sortie.
- On gravit une voie pavée de larges' dalles de l’époque, dominant le pays sous les ombrages d’un bel arbre.
- Les monuments se rassemblent nombreux et pressés,
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- ils attestent par leur présence la générosité des citoyens d’alors, les édifices publics étant autrefois élevés aux frais des riches patriciens, récompensés du seul honneur d’y inscrire leur nom;, aussi, ma première visite est un
- l’Empire. Son nom lui vient de la forme de trèfle d’une de ses salles. Un escalier y descend de la rue, aux paliers décorés de jolies mosaïques. La cour centrale, plantée d’arbustes fleuris, s’encadrait d’un portique à colonnade
- 4.
- Fig. 4 à 10. — Les ruines de Dougga.
- Les villas. — 5. La scène du théâtre (photo Combarel). — 6. Le temple Cœlestis. 7. Les thermes. (Photo Combarel.) — 8. L’arc de triomphe d’Alexandre Sévère. — . 9. Les grandes citernes. — 10. Le Forum et le temple de Jupiter.
- pieux pèlerinage à la maison d’un de ces grands seigneurs africains auxquels on doit les splendeurs que nous admirons.
- La riche villa du Trifolium, une des plus belles, donne l’idée de la somptuosité des installations coloniales sous
- couvert d’un toit léger dont rien ne subsiste et dallé lui-même d’un précieux tapis de mosaïques. Comme en toute demeure orientale, chaque pièce donnait sur l’atrium.
- Parmi les ruines, il faut remarquer l’abondance des
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- Fig. 11. — Mosaïque trouvée à Dougga, dans la maison dite des Echansons. (Photo Direction des Antiquités et Arts).
- bâtiments religieux, petits et grands, élevés par la piété des habitants; je ne puis les citer tous et me borne aux principaux.
- Continuant l’ascension de la colline, à travers les Thermes, on commence à apercevoir le temple du Capitole, dominant la ville de son élégante silhouette. Popu-
- larisé par l’alliche, il est par avance familier au visiteur et il ne déçoit pas, c’est vraiment une œuvre magnifique. Très pur de lignes, il est à la fois puissant et léger, considéré d’ailleurs comme le plus beau de l’Afrique du Nord; combien1 il est plus sympathique que le mastodonte de Baalbek, si lourd et chargé ! 11 s’apparenterait plutôt
- Fig. 12 et 13. — Les ruines de Sbeïtla.
- Les trois temples du Capitole vus à travers l’arc d'Antonin, à l’entrée du forum. L’arc de triomphe de la Tétrarchie.
- Au fond, le sommet du Kef Chambi couvert de neige.
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- aux temples grecs dont il a la sobriété, à la Maison Carrée de Nîmes, à Sainte-Marie-l’Égyptienne de Rome; et quelles couleurs!
- Flambé par des siècles de brûlant soleil, il passe du pourpre à l’or, se mariant si heureusement avec l’azur délicat du printemps tunisien.
- Dédié à Jupiter, Junon et Minerve, comme tout temple Capitolin, son inscription nous apprend qu’il lut construit en l’honneur de Marc-Aurèle et Lucius Verus, aux frais des frères Lucius Marcius Simplex et Lucius Marcius Simplex Regillanus, entre 166 et 169.
- Une fâcheuse croyance populaire a malheureusement contribué à ébrécher ses colonnes, les Arabes attribuant à ses fragments la miraculeuse propriété de guérir les piqûres de scorpion, vertu que les frères Simplex n’avaient certes pas prévue !
- Un temple charmant est celui de Cœlestis. Là encore, ainsi que pour Raal-Saturne, les Romains opérèrent une substitution de divinité. Au milieu d’une forêt d’oliviers, les Phéniciens avaient dédié un sanctuaire à leur déesse aimée Tanit; devant l’édifice, un portique semi-circulaire figurant le croissant, son symbole, étalait ses colonnes encerclant un bois sacré. Les nouveaux occupants le baptisèrent « Virgo Cœlestis » et chacun y trouva son compte, priant suivant sa dévotion à l’une ou l’autre déesse.
- Les oliviers sont toujours là, les mêmes peut-être, ils sont si vieux ! Le temple est encore debout, seuls les fidèles ont disparu, les dévots actuels ne connaissent plus les belles déesses de l’Antiquité.
- Le théâtre* un des plus étonnants de conservation, aurait coûté 400 000 sesterces. Il fut olfert par un nommé Marcius Quadratus, prêtre flamine, lorsqu’il devint llamine perpétuel. Toutes ces inscriptions, retrouvées à chaque pas, permettent de s’unir étrangement à la vie de l’ancienne cité, doublant l’intérêt de ces vieilles pierres.
- Vous n’ignorez pas la place que les jeux tenaient chez les Romains; aussi, plus les peuples conquis étaient barbares, plus on usait d’attractions pour les apprivoiser.
- Ce théâtre pouvait contenir 3000 spectateurs et mesure 63 m 50 de diamètre. A l’époque romaine il servait à des spectacles divers. Apulée raconte que « c’est là que l’acteur de mimes dit ses sottises, que le comédien cause, que le tragédien hurle, que l’histrion gesticule, que le saltimbanque risque de se casser le cou, que le prestidigitateur fait ses tours, sans compter le philosophe, comme Apulée, qui vient aussi y donner ses conférences ».
- Pour se rendre à ces manifestations publiques, il était d’usage de revêtir la toge, costume d’apparat.
- Les esclaves et les pauvres s’entassaient aux derniers degrés, le poulailler du temps, où les femmes, même de haut rang, étaient reléguées elles aussi. Par mesure d’économie, ces gradins s’adossent à la colline.
- La scène, très ample, au pied de laquelle se voit encore le trou du souffleur, autrefois pavée de mosaïques, se ferme d’une colonnade festonnée de trois renfoncements. A travers les fûts de marbre apparaît ce paysage qui n’est que douceur; il est coupé d’arbres et de moissons
- que borne, dans le lointain vaporeux, l’arabesque bleuâtre d’un djebel. Quelques constructions se sont écroulées mais la vue reposante est toujours celle qui charmait les citadins à l’époque de sa prospérité.
- AU PAYS LOINTAIN DE SBEITLA
- A l’altitude de 542 m, la romaine Sufïetula s’élevait contre Factuelle Sbeïtla qui la remplace.
- La région est couverte de ruines où la vie rurale compta
- Fig. 15. — Busle de Fausline mère, femme d'Antonin le Pieux, mère de Fausline la jeune qui épousa Marc-Aurèle, trouvé à El Djem, actuellement au musée Alaoui, à Tunis. (Photo Direction des Antiquités
- et Arts.)
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- plus que la vie municipale; il y eut donc peu de villes. Ce qui fit l’importance de celle-ci, qui a pu compter 25 000 âmes, c’était la position qu’elle occupait au centre d’un réseau routier.
- Ces conquêtes africaines, les écrits anciens s’accordent pour le dire, étaient, dans l’antiquité, couvertes de forêts. Les historiens arabes décrivent qu’on pouvait cheminer à l’ombre en une suite de villages, de Tanger à Tripoli. Pline l’Ancien parle des bêtes féroces qu’on y capturait pour les envoyer à Rome et Juvénal, dans ses satires, signale les singes peuplant ces collines boisées.
- Ces récits paraissent fabuleux lorsqu’on parcourt cette chauve Afrique du Nord, dont les rares forêts furent récemment plantées. En ce coin particulier, ces riches frondaisons font place à une plaine nue qu’entourent de petites montagnes; lors de ma venue, la neige couvrait la plus haute, le Kef Chambi qui, de ses 1544 m domine la plate Tunisie.
- Perdues dans le fond des terres, les ruines de Sbeïtla ne devinrent accessibles aux fouilleurs qu’au moment de la création de la voie ferrée, en 1906; l’incommodité des
- Fig. IG. — Les ruines de Gijgihis.
- horaires transforme d’ailleurs cette visite en une véritable expédition que seuls entreprennent les fanatiques d’archéologie.
- Il n’y a donc qu’une trentaine d’années qu’on a commencé à dégager et redresser les monuments et si quelques-uns sont assez restaurés pour montrer leur primitive architecture, la ville elle-même, ses rues et maisons ensevelies ont jusqu’ici fort peu révélé leur passé.
- L’arc de triomphe de la Tétrarchie, isolé, nous accueille tout d’abord. Masse puissante ornée de quatre colonnes sur chaque face, ses seules fioritures sont les palmes harmonieuses de ses chapiteaux. Le soleil a revêtu ses cubes de pierre d’une moire tour à tour violette, rouge, rose, orange. Je l’ai vu singulièrement beau devant le décor neigeux du Kef Chambi et des amandiers en fleur.
- Sufïetula, rehaussée du titre de Colonie, au moment des Antonins ou des Sévères, était à l’époque byzantine une capitale et la longue distance qui sépare du Forum l’arc d’entrée de la ville, indique une grande superficie. L’entrée majestueuse de ce Forum est le bel Arc d’Antonio, frère de celui de la Tétrarchie, allégé par deux poternes pour piétons.
- De loin, dans l’encadrement de sa baie centrale, saisissante d’aspect, se dresse la .trilogie des temples du Capitole. Par quel mystère cette ville coloniale, écartée du centre et, somme toute, d’une importance secondaire, pouvait-elle se payer le luxe de ces édifices imposants quand, de nos jours, la capitale d’un royaume européen doit souvent, par économie, remplacer la pierre par le ciment ?
- Le Forum, élevé de quelques marches, est clos de murs, abris contre le vent sans doute. Dans le fond, sur des degrés, émergent, imposants, les trois temples. Celui de gauche, adroitement restauré, montre un galbe très pur approchant de celui de Dougga et l’on imagine, par ce qui en reste, de l’effet étonnant que devait produire, intacte, cette somptueuse trinité. Espérons que la reconstitution des façades écroulées nous le rendra sans trop tarder.
- Spécialement nombreuses ici subsistent des ruines chrétiennes d’églises et basiliques byzantines. Celle du prêtre Servus, où la tradition veut qu’il ait subi le martyre, conserve un étrange baptistère, sorte de vasque crucifère enterrée dans le sol et munie de bancs, rehaussée de parcelles de mosaïques. Cela semblerait indiquer qu’en ce diocèse les catéchumènes recevaient le baptême assis. Une légende, rapportée par Ibn Abd-el-lTakem, raconte que le chef arabe qui s’empara de Sufïetula, en 647 et massacra le Patrice Grégoire, surpris de l’abondance du butin, s’enquit de la source de ces richesses. Un indigène ramassa par terre une olive et, la montrant au vainqueur, répondit simplement : « Les Byzantins qui manquent de ces fruits nous achètent l’huile que nous en tirons ». Je suppose que ces vétustes oliviers, dont le tronc creux n’entoure plus que du vide, sont les mêmes qui faisaient la fortune de la ville. Vivants, quoique muets, ils sont les seuls témoins de son opulence évanouie.
- Un oued aux rives escarpées, où l’eau coule tumultueuse, apporte à cette plaine son charme pittoresque, paré des vestiges de l’aqueduc qui l’enjambe.
- Ces ruines solitaires n’ont d’autres gardiens que les superbes moutons qui, paisibles, s’y nourrissent; comme je m’extasiais sur eux, on me fit observer que leur laine est la plus estimée de Tunisie.
- LE COLOSSE DE EL DJEM
- Lorsqu’on arrive à El Djem, grosse bourgade de masures agglutinées contre cet énorme Colisée, on est saisi de l’impression de grandeur qu’il dégage, dominant les misérables maisons basses tapies alentour.
- Sous l’empire romain, la ville s’appelait Thysdrus. Elle était le point de rencontre de six larges voies déterminant passage et commerce et comptait 100 000 habitants. Outre l’Amphithéâtre, elle possédait de grands temples, affirme la tradition qui y fait couronner le troisième des Gordiens, à l’âge de 15 ans, en 238; c’était donc une localité d’importance puisqu’on y faisait un empereur.
- Une inscription y présente un édile s’honorant d’avoir amené l’eau en telle abondance qu’après avoir fourni les fontaines publiques on a pu la distribuer à domicile à de « certaines conditions », petite phrase qui nous dévoile que les concessions d’eau existaient chez les Romains d’il y a 1700 ans.
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- Les Arabes, avec leur coutumière négligence, ont laissé perdre les magnifiques travaux d’eau sagement exécutés par leurs prédécesseurs : barrages pour conserver les eaux des oueds débordés, aqueducs, etc.; à présent, l’eau se vend parfois, à El Djem, 35 centimes les deux litres !
- Mais revenons à l’Amphithéâtre puisque, seul, de Thysdrus il subsiste, évoquant les plaisirs des citoyens romains. On sait que non seulement chaque ville en possédait un, mais que les paysans, trop éloignés, en aménageaient dans leurs campagnes pour s’offrir, eux aussi, ces joies des citadins.
- Très en faveur étaient les luttes contre les bêtes féroces ou celles des fauves entre eux. Certaines fêtes de plusieurs jours amenaient parfois la destruction d’un millier d’animaux. Parmi eux on cite : l’hippopotame, l’ours, le lion, le veau marin, le tigre, la girafe, l’élan, le bison; nomenclature qui ouvre des horizons sur les spectacles qu’on présentait au public.
- Les courses de chevaux et de chars à l’hippodrome étaient les seuls jeux du cirque où les femmes pouvaient librement se mêler aux hommes.
- Cette construction monumentale pouvait contenir 70 000 spectateurs, 30 000 de moins que le Colisée de Rome, qui mesure 188 m X 155 m, quand celui-ci n’a que 149 m X 124 m. Il conserve encore une hauteur de 30 m, bien que le couronnement soit effondré.
- La proximité de la mer permettait l’arrivée de l’eau pour les naumaehies chères à l’Antiquité.
- Utilisé plus tard comme forteresse, il fut assez abîmé, d’abord au temps de l’invasion arabe, les habitants sous la conduite de l’héroïne berbère, Cahena, y ayant résisté longtemps aux assaillants. Au siècle dernier, ils s’y enfermèrent de nouveau, refusant de payer l’impôt au Bey, refus néfaste, hélas ! au monument auquel le souverain lit pratiquer des brèches pour éviter le retour de pareilles révoltes.
- De loin, il semble encore délier les siècles et sa patine cuivrée est une palette sur laquelle le soleil se joue.
- LA MODESTE GYGTHIS
- Sur le chemin de Djerba, je me suis arrêtée à Gygthis, qu’on appelle aujourd’hui Bou Grara. Ce fut une ville phénicienne, puis romaine, enfin byzantine, commerçante puisqu’elle possédait un port.
- Rien d’élevé n’y subsiste, mais les inscriptions qui la meublent sont d’un trait incisif et soigné. Des gens de qualité y avaient leurs statues ainsi qu’en témoignent sur leurs socles les noms d’Aurelius Verus, Marc-Aurèle, Trajan.
- On y fit des fouilles de 1901 à 1906. La ville couvrait 50 ha, elle était pauvre à en juger par ses humbles maté riaux : son marché, de forme semi-circulaire n’a que des colonnes revêtues de stuc. Pas de traces d’amphithéâtre, seulement celles d’une grande palestre où luttaient les gladiateurs.
- Les traditions phéniciennes et grecques ont teinté d’une certaine originalité les monuments romains, par exemple les curieux chapiteaux du temple de Mercure, mais ces ruines sont peu importantes, elles ne se compa-
- Fiy. 17. — Cuve baptismale trouvée à Meninx, actuellement au musée du Bardo, à Tunis. (Photo Direction des Antiquités et Arts.)
- relit pas à celles de Thugga et Suffetula citées plus haut, pas plus qu’au port voisin de la riche Sabratha, en Tripo-litaine, qui devait absorber tout le trafic africain de Cydamus (Ghadamès) et Rhapsa (Ghât) venant par une piste directe.
- Le charme de Gygthis est fait du voisinage de la mer bleutée et des lointains nacrés de l’île de Djerba.
- Fig. 18. — Femmes de l'ile de Djerba.
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- MENINX EN L’ILE DJERBA
- Encore plus effacée se présente Meninx, l’argent manquant pour les fouilles, mais je suis persuadée qu’on pourrait y faire d’heureuses découvertes. La ville était classée par Ptolémée comme une des localités importantes d’Afrique et on y remarque le tracé d’un très grand temple dont les fragments de frises et chapiteaux sont de vastes proportions. Le sol est jonché de morceaux de marbres précieux et le peu qui reste indique la meilleure époque de l’art romain.
- De riches et puissants seigneurs y durent régner, si, à ces quelques indices de choix on joint la chaussée, immense travail de 5 km (certains disent 7), la plus longue connue, qu’ils firent établir à travers le bras de mer pour relier l’île au continent. Ces pesants pavés romains subsistent, défiant les années; ils supportent aujourd’hui les poteaux télégraphiques. A côté, le passage est possible à marée basse; les indigènes nomment ce gué Tr.ik el Djemel, chemin des chameaux; c’est celui que suivaient les caravanes.
- Sauf les grands combats du xve siècle (dont subsista longtemps la tour des crânes) entre le corsaire barba-
- resque Dargut et les Espagnols, on ne connaît rien de l’histoire de Djerba, en attendant que des fouilles soulèvent le voile de son passé. Est-elle vraiment l’île des Lotophages, chantée par Homère, où Calypso déployait ses charmes pour retenir Ulysse ?
- En un récent article, un savant géographe, M. Chaba-nier, fait observer que les vents de Borée, ceux du Nord, dont il s’agit dans la tempête qui échoua la galère grecque chez les Lotophages, ne pouvaient, d’Achaïe, la pousser qu’en Cyrénaïque : les dits Lotophages devaient donc cultiver leurs lotus sur les lagunes saumâtres de Bengasi et non à Djerba.
- Mais, ces héros fabuleux ontfils même existé ? Ce qui est plus certain, c’est la tradition qui y faisait pêcher des mollusques produisant une pourpre rivale de celle de Tyr.
- Dans cette île que vante Mâtho « couverte de poudre d’or, de verdure, d’oiseaux...», de ces temps reculés, il ne subsiste que les oliviers millénaires et, parmi eux, évoluent aujourd’hui, gracieuses et légères, les sveltes Djerbiennes, vivantes Tanagra, en leurs draperies blanches, coiffées du pétase grec, évoquant l’Antiquité si proche encore. de Lyée de Beleeau.
- LES NOUVEAUX COMPAS D’AVIATION
- Dès que l’avion cessa de faire des bonds de ville en ville, dès qu’il cessa, pour voyager, de suivre aveuglément les voies de chemin de fer, les routes ou les fleuves, il devint un engin de navigation, et il fallut lui donner des
- moyens d’orientation. Le compas de marine, forme évoluée de la boussole, s’offrit tout naturellement pour remplir ce nouveau rôle qu’on attendait de lui, et fut adopté d’enthousiasme. On rogna un peu son diamètre, on l’allégea, tout en lui conservant ses caractéristiques générales, bref on en fit l’instrument dont nous avons récemment (x) décrit les défauts qui en font un appareil assez mal adapté à l’aviation. Des indications fugaces, peu stables, complètement erronées lorsque l’avion est en virage, par suite du « changement de Nord »; une très longue période d’amortissement
- 1. La Nature, 1er novembre 1935.
- après ces temps d’erreur, qui prolonge encore leur durée; des oscillations rendant impossibles les lectures instantanées de la rose; des entraînements importants, tels sont quelques-uns des inconvénients ou de ces imperfections dont l’importance est beaucoup plus grande qu’on ne le croit couramment. Certains de ces défauts ont, certes, pu être réduits dans quelque proportion, mais jamais ils n’ont été complètement éliminés.
- Les constructeurs ont donc été conduits à envisager d’autres dispositifs, permettant une navigation plus précise et plus facile : il est indispensable, en effet, de tenir compte de la multiplicité des observations qu’exige un pilotage correct : la surveillance du pilote doit s’étendre aux compte-tours, thermomètres d’huile et d’eau, manomètres d’essence et d’huile, anémomètre, altimètres variomètres, clinomètres et niveaux, indicateur de virage, horizon artificiel, et enfin le compas, à quelque type qu’appartienne celui-ci. Accessoirement, il est bon que le pilote regarde parfois hors de sa carlingue. On conçoit facilement à quel point il est indispensable que le pilote ait à sa disposition des instruments à « lecture instantanée », n’exigeant pas, par exemple, en ce qui concerne le compas, un contrôle préalable de l’immobilité de la rose.
- LE COMPAS GYROSCO PIQUE
- Voici déjà longtemps que la marine utilise un compas qui ne comporte aucun élément magnétique, et qui possède d’inappréciables avantages.
- Basé sur un principe purement mécanique, le compas gyroscopique a été conçu d’une part, pour pallier aux
- Fig. 1. — Le compas gyroscopique. Un volant V suspendu à un cadre pouvant tourner autour d’un axe vertical A, A'. Si l’axe A, A' est assujetti à rester vertical, et que l’axe du rotor ne soit pas Nord-Sud, un couple de précession ne tardera pas à prendre naissance, sous l’effet de la rotation de la terre, et ramènera cet axe dans le plan méridien.
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- difficultés de compensation que rencontre l’usage des compas magnétiques à bord des navires modernes, où l’acier et les appareils électriques arrivent à créer des champs perturbateurs par trop importants et d’autre part, pour permettre la « répétition », c’est-à-dire la transmission à distance des indications d’un compas « mère ».
- On connaît les propriétés du gyroscope :
- Un volant, monté de façon à pouvoir tourner rapidement autour d’un axe horizontal, et tel que cet axe soit porté lui-même par un cadre vertical orientable, verra, après un certain temps de rotation, son axe se diriger vers une position Nord-Sud, jusqu’à venir dans le plan méridien, où il se stabilisera après quelques oscillations.
- Ceci est dû à un mouvement de précession du gyroscope, qui se produit sous l’influence de la rotation de la terre.
- Il est donc possible a priori d’établir un compas utilisant ces propriétés du gyroscope. Malheureusement les conditions de réalisation d’un tel instrument comportent de telles sujétions que son emploi est pratiquement limité aux navires déjà importants.
- Pour que le compas gyroscopique, en effet, s’affranchisse des entraînements, son tore doit avoir un moment d’inertie, donc un poids élevé; il doit se compliquer de systèmes d’amortissement pesants, comportant des masses importantes de mercure.
- Pratiquement, il est difficile d’envisager actuellement un instrument pesant moins d’une centaine de kilos,-avec un encombrement correspondant.
- D’autre part, le volant doit tourner à une vitesse d’environ 8000 à 10 000 tours à la minute, et le lancement d’une telle masse suppose une puissance considérable. Enfin, dernière sujétion, un compas gyroscopique ne peut guère donner d’indications exactes moins de 2 h après son lancement.
- LES CONSERVATEURS DE CAP GYROSCOPIQUES
- S’il est difficile de réaliser un véritable compas gyroscopique applicable à l’aviation, par contre il est possible, sans chercher à utiliser la force directrice vers le Nord du gyroscope, de mettre en jeu la propriété que possèdent ces instruments de conserver dans l’espace une direction fixe de leur axe de rotation pendant un temps assez long.
- Un tel instrument ne demande qu’un petit gyroscope, et peut être réalisé sous un poids minime (1 kg 550).
- Le « Directional Gyro Sperry » utilise ces propriétés de conservation de direction dans l’espace des gyroscopes, et, moyennant un nouveau calage périodique sur un compas magnétique, conserve une indication de cap facile et précise pendant une dizaine de minutes. Mais après ce laps de temps il faut le caler à nouveau (fig. 2).
- LES DISPOSITIFS GYRO-MAGNÉTIÇUES
- Plusieurs compas ont été conçus, en combinant un conservateur de cap gyroscopique avec un équipage magnétique. C’est une association inspirée de la fable de La Fontaine, où le gyroscope est l’aveugle, et le compas magnétique le paralytique : ce dernier donne au premier la direction moyenne du Nord, à charge pour
- o)
- Fig. 2. — Le « Directional Gyro Sperry ».
- Cet instrument, pur conservateur de cap, sans force directrice propre, doit être calé périodiquement, toutes les 10 à 15 minutes, sur un compas magnétique.
- Le gyroscope 1 a son axe de rotation disposé, par rapport à la rose 2, pour être orienté Nord-Sud. Il est supporté en équilibre indifférent par le cadre 4, suspendu de la même façon par le cadre vertical 3-5. Un dispositif spécial permet de ramener en toutes circonstances le cadre 4 dans un plan horizontal s’il vient à s’en écarter momentanément. En outre une molette 7 permet d’entraîner la couronne dentée 8, pour orienter la rose dans l’azimut désiré. Un dispositif 9 permet de bloquer le cadre 4 pour éviter les mouvements de précession pendant cette orientation.
- lui de la conserver quand le système magnétique est sujet à erreurs.
- On ne s’étonnera pas outre mesure de nous voir ici décrire des dispositifs de préférence étrangers : certains des dispositifs français touchent par endroits à des questions de Défense nationale et réclament, par conséquent, une prudente discrétion.
- Le premier dispositif comportant la combinaison d’un gyroscope et d’un équipage magnétique a été proposé par la Société Sperry, pour être appliqué à un système de pilote automatique : il semble, d’ailleurs, que les essais n’en aient pas été concluants, car le pilote automatique Sperry, qui a fait ses preuves depuis, ne comporte pas la liaison automatique entre le compas et le conservateur de cap.
- Schématiquement le dispositif Sperry comporte un gyroscope agissant sur les commandes de direction, et asservi à un compas magnétique.
- Le dispositif magnétique fixe le gyroscope vers le Nord par le moyen d’un asservissement électrique, et c’est ce gyroscope qui attaque les commandes de direction. " Si l’équipage magnétique vient à quitter le Nord par un effet d’aberration tel que ceux que nous avons décrits, le gyroscope se déplacera pour le poursuivre, mais avec une vitesse si faible que la cause d’erreur prendra fin avant que sa déviation soit appréciable.
- Si par contre c’est le gyroscope qui, par suite d’entraînements mécaniques, « oublie » le Nord, il agira, ce faisant
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- sur les commandes de telle façon que l’avion se mettra en virage : c’est alors le compas qui interviendra, pour « rappeler » au gyroscope où se trouve le Nord.
- La principale difficulté à résoudre dans les dispositifs d’asservissement du compas gyroscopique au magnétique, réside dans la nécessité d’établir un système ne comportant rigoureusement aucune réaction, aucun frottement capables de freiner la rose magnétique : la force directrice de celle-ci est,en effet,tellement faible que la moindre réaction mécanique la rendrait complètement folle.
- Ceci prohibe jusqu’aux contacts électriques, et il n’est plus possible d’assurer la commande d’un relais par l’équipage magnétique qu’au moyen, ou par l’intermé-
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- Fig. 3. — Le compas Askania.
- L’ensemble est supporté par le roulement P, qui supporte l’étrier E, coupé pour laisser voir le détail de l’instrument.
- Celui-ci est suspendu en équilibre indifférent par l’axe a, et se compose d’une part du gyroscope G. Celui-ci a un double rôle : 1° stabiliser l’ensemble autour de a : dans ce but, son axe de rotation est disposé perpendiculairement à a. Un dispositif de buses découvertes par des volets pendulaires S rappelle l’ensemble sur l’horizontal autour
- de l’axe a.
- 2° Conserver le cap qui lui est donné par l’équipage magnétique M. Ce dernier est supporté par un axe à deux pivots, solidaire d’un dispositif de masque semi-circulaire découvrant des buses pouvant ainsi livrer ou fermer le passage à l’air comprimé dont la réaction ramène par précession G dans la direction voulue, pour que son axe de rotation soit constamment perpendiculaire à M.
- diaire d’un fluide : air comprimé, ou liquide semi-conducteur dans lequel la rose en se déplaçant crée des variations de résistances. Bien entendu on n’a pas manqué de tenter d’y introduire des cellules photo-électriques, sans d’ailleurs parvenir à des résultats positifs.
- Une autre solution pourtant, souvent préconisée dans les dispositifs transmetteurs de mesure, consiste à lais-
- ser la rose normalement libre, mais à l’immobiliser périodiquement, toutes les secondes, par exemple : on profite alors de l’instant où elle est ainsi immobilisée pour la faire agir sur le système qui lui est asservi; on n’a plus, dès lors, à craindre que celui-ci ne lui oppose une réaction susceptible de fausser ses indications puisqu’elle est fixée.
- Un inventeur français, et, beaucoup plus récemment la Société Sperry ont pensé à utiliser ce procédé, avec des réalisations d’ailleurs différentes.
- Le dispositif français, dont on nous permettra de taire le nom, comporte un véritable asservissement complet du gyroscope au compas magnétique.
- QU’EST-CE QU’UN ASSERVISSEMENT?
- C’est le dispositif qui permet d’assujettir un appareil quelconque à répéter exactement les mouvements d’un instrument directeur, en y introduisant telle ou telle modification, par exemple un retard, ou encore en moyennant les indications du directeur.
- On conçoit dès lors que l’instrument dont les indications devront être reproduites doit posséder en somme, des éléments jouant le rôle d’un double système nerveux : un système sensitif qui lui indique si l’appareil qu’il doit diriger est en bonne position, ou s’il a dévié de cette position; et un système moteur, qui agit dans ce second cas pour mettre en mouvement le dispositif répétiteur, jusqu’à l’instant où le système sensitif avertira le transmetteur qu’il a rejoint sa place.
- L’instrument directeur est ici le compas magnétique, le gyroscope n’étant que le répétiteur. Si ce gyroscope s’écarte de la position repère indiquée par l’aimant, celui-ci en est averti par le dispositif sensitif, et réagit par le moteur pour ramener le gyro à la position voulue.
- Le dispositif sensitif le plus simple consiste évidemment à superposer les instruments à conjuguer, de telle façon que leurs positions relatives soient immédiatement mises en évidence, indépendamment de la position du support. Ce support, qui est en l’occurrence l’avion, ne doit pas, en effet, intervenir.
- LE COMPAS ASKANIA
- Dans cet instrument, comme d’ailleurs dans un dispositif plus récent de la Société Sperry, qui lui ressemble étonnamment, l’équipage gyroscopique reçoit un double rôle : non content, en effet, de le faire travailler comme conservateur des caps reçus du directeur magnétique, on l’utilise encore pour stabiliser horizontalement ce même directeur autour d’un axe d’oscillation Nord-Sud. La cause même du changement de Nord serait éliminée. C’est du moins l’intention des constructeurs.
- L’équipage magnétique est monté entre deux pivots portés par une plate-forme solidaire des pivots du gyroscope stabilisateur et conservateur de cap. L’ensemble est monté à la cardan, et peut de plus s’orienter autour d’un axe vertical.
- Le compas Sperry, plus récent, comporte un dispositif analogue.
- LE COMPAS D. D.
- Il propose une solution analogue, mais simplifiée : le rôle stabilisateur du gyro est supprimé, pour ramener
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- Fig. 4. —• Le compas D. D.
- L’équipage magnétique E supporte un masque M, semi-circulaire, qui se déplace devant des orifices T, T'. Le cadre de suspension du gyroscope G porte en outre un secteur denté S, soumis à l’action du courant d’air issu de T ou T'. Par précession, G réagit alors sur le cadre vertical C, qui tend à venir placer les T et T' dans le plan diamétral des
- bords coupés du masque.
- celui-ci à son pur rôle de conservateur de cap : la suppression des effets du changement de Nord est obtenue très simplement en moyennant les indications de la rose, sans que l’on se préoccupe de donner à celle-ci une stabilisation précaire, et d’ailleurs unilatérale.'
- Les entraînements sont entièrement évités, il convient de le remarquer, par la stabilisation pratique dans l’espace des pivots de la rose magnétique : on supprime ainsi une très importante cause d’erreufs.
- La considérable force directrice introduite par la conjonction des deux éléments : magnétique et gyroscopique, permet d’envisager avec succès la commande d’instruments répétiteurs en nombre quelconque, la commande de relais agissant sur des gouvernes quelconques ; elle apporte enfin au pilotage automatique la solution des problèmes de stabilisation de cap qui jusqu’à présent sont restés l’écueil qui a arrêté ces dispositifs.
- Où en est le problème au point de vue de la réalisation pratique ?
- Nous avons décrit plusieurs dispositifs : aucun de ceux-ci n’a donné jusqu’à présent de résultats absolument définitifs : certains n’ont jamais quitté, ne quitteront jamais le stade des essais et du laboratoire. Le plus souvent, en effet, ils ne tenaient pas compte des réalités et des nécessités de la navigation aérienne. Qu’on sache cependant que c’est jusqu’à présent la France qui tient la tête dans la voie de ces réalisations.
- Le compas Thedenat-Alkan est dans la période des essais en vol : c’est, à cette heure, la première réalisation qui soit parvenue à ce stade, et elle classe à ce point de vue la France en tête des nations en ce qui concerne les compas stabilisés.
- Enfin le compas D. D., également français, apportera sans doute une nouvelle solution, applicable à des appareils plus légers, et qui permettra ainsi une navigation plus précise, contribuant de cette façon à accroître les possibilités de notre aviation. r r\„TCTTr,
- d » JL/ LLb U L^
- Enseigne de vaisseau de réserve.
- L’ELEVAGE AQUATIQUE
- Avec son miroir d’eau sans rides, étoilé des nymphéas chers à Claude Monet, ses rives raccordées aux champs environnants par un taillis de joncs et de roseaux, l’étang apporte un élément de pittoresque classique dans la monotonie des paysages de plaine et nul ne songerait, en voyant ces lacs en miniature, qu’il s’agit là d’une œuvre accomplie de toutes pièces par le travail humain, dont l’action patiente a ainsi complètement transformé l’aspect de contrées entières.
- Si rabotée par l’érosion que soit une contrée, elle n’est jamais rigoureusement plane et il n’est que d’accentuer par des fossés les lignes de thalweg pour améliorer considérablement l’écoulement des eaux; pourtant lorsqu’il s’agit d’assécher une région entière, cette opération si simple en son principe prend figure de travail d’Hercule.
- Elle fut cependant menée à bien dans toute la Sologne c’est-à-dire dans la moitié des départements du Loiret et de Loir-et-Cher. Les étangs obtenus en barrant les lignes de thalweg, en des endroits appropriés, par des digues ou -chaussées qui arrêtent l’eau du fossé et l’étalent en
- nappe (fig. 1), constituent une réserve lors des grandes pluies, réserve ensuite restituée peu à peu au système de drainage et dont une partie est même directement éliminée par évaporation superficielle.
- La chaussée doit évidemment résister à la poussée des eaux et doit être rigoureusement imperméable à leur infiltration. Ce double résultat est atteint tout d’abord en pratiquant une fouille jusqu’à la couche argileuse qui forme le fond de la cuvette, de manière à ancrer solidement les matériaux d’apport sur cette couche.
- Lesdits matériaux comportent au centre une âme de
- Fig. 1. — Coupe d'un étang.
- Ame de (a
- Fascines et terres gazonnées
- chaussée
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- Bande
- Chaussée
- Petite
- digue —"
- Bassin pour lavage du poisson
- Plan d’un étang.
- Fig. 2.
- terre glaise (pour l’imperméabilité) renforcée de chaque côté par des terres gazonnées et des fascines (pour la résistance). Cette construction rustique, lorsqu’elle est bien exécutée, est celle qui donne les résultats les plus durables, supérieurs même à ceux de la maçonnerie.
- A l’intersection de la digue et de la ligne de thalweg, (celle-ci accentuée par un fossé) c’est-à-dire au point le plus profond de l’étang, la digue est traversée par un œillard (fig. 2), canal souterrain qui permet de vider toute l’eau.
- Autrefois F œillard était taillé dans un tronc de chêne. La maçonnerie et le ciment sont maintenant utilisés de préférence. Une vanne à boulet ou à pelle en obture à volonté l’entrée ou bonde (fig. 3). Enfin, à l’une des extrémités de la digue est aménagé un trop-plein, pour éviter que l’eau ne puisse déborder et s’écouler en cascade, ce qui entraînerait la terre et ruinerait à bref délai tout l’ouvrage.
- Les étangs qui constellent aujourd’hui la carte de la Sologne ne furent donc, à l’origine, que des réservoirs d’accumulation pour les eaux de pluie, et si indispensable que fût ce rôle, on chercha à le leur faire remplir en sacrifiant le moins possible de la surface arable, de même que, dans une salle, les piliers qui supportent la voûte sont calculés pour réduire au minimum la place occupée en plan. Surtout au cours de la période active de défrichement qui s’étendit de 1870 à 1880, le nombre d’étangs aménagés et en eau ne représenta que 5 à 6 pour 100 de la surface totale du sol.
- Fig. 3. — Coupe de la chaussée d’un étang (passant par la bonde),
- ^^J/anne a pelle
- — Grille amovible
- Fossé de décha'rge
- Fosse de letang
- Œillard
- Cependant dans les nappes d’eau abandonnées à la nature, la faune ne manquait point de se développer. Dès l’abord les espèces qui peuplaient déjà les flaques des marécages ne pouvaient que prospérer dans l’immense habitat mis à leur disposition : insectes variés; crustacés tels que les daphnies et les cyclopes; mollusques, surtout les limnées et les moules d’eau douce (ces dernières atteignant parfois jusqu’à 15 cm de long), batraciens enfin comme la grenouille et le triton. Enfin le poisson, hôte habituel des eaux, gagna les espaces que l’homme lui avait préparés. Les rapides nageurs comme le brochet se font un jeu de quitter la rivière pour remonter les fossés transformés en torrents par les^pluies d’hiver. L’anguille suit le même chemin et se risque même sur terre à travers les prairies mouillées. Une autre source de peuplement est fournie par les oiseaux d’eau : canards, foulques, hérons,etc...,très friands de frai qu’ils avalent gloutonnement et restituent parfois insuffisamment digéré (tels les grains d’avoine du crottin de cheval qui faisaient autrefois la joie des moineaux parisiens) après l’avoir transporté, entre deux digestions, à des distances souvent considérables. Ceci explique la dissémination d’espèces de poissons d’humeur peu vagabonde, tels que la tanche et les diverses variétés de petits poissons désignés par le terme péjoratif de « blanchaille ».
- Les individus introduits par les circonstances fortuites que nous venons de dire ne manquent point de se reproduire, mais cependant la densité de population resta très faible. Un étang couvrant dix hectares, vidé tous les deux ou trois ans, ne donnait chaque fois pas plus de quarante à cinquante kilos de poisson, d’espèces et de tailles variées et sans grande valeur gastronomique.
- Cependant, à la période de défrichement et de valorisation des terres cultivables, dont nous avons parlé plus haut, succéda, dans les dernières années du xix® siècle et au début du xxe siècle une dépréciation lente et progressive des produits agricoles. Les propriétaires de Sologne songèrent alors à tirer parti des surfaces inondées, jusqu’alors considérées comme stériles et sans revenu appréciable. Ainsi naquit Y élevage aquatique.
- Comme dans tout élevage, il faut d’abord assurer aux « élèves » un habitat et une nourriture favorables; or la chose la plus nécessaire au poisson est... l’eau. Cette remarque n’est pas aussi naïve qu’elle le paraît a priori. Lorsque les étangs n’étaient que de simples bassins d’accumulation, il importait fort peu que la sécheresse d’été les vidât complètement. Cet incident est, au contraire, désastreux pour la faune aquatique, si bien que pour conserver celle-ci il faut détourner vers l’étang les plus importants fossés du système de drainage et surtout les sources qui débitent presque toujours, sans arrêt, au cours des étés les plus secs. Avec l’eau, l’air est indispensable à la vie. Les eaux de pluie sont parfaitement aérées et le restent pendant leur parcours dans les fossés, mais avec leur séjour en étang, leur teneur en oxygène tombe aux environs de 4 à 5 cm3 par litre, car la dissolution par la surface n’arrive point à compenser l’absorption par les organismes vivants et les fermentations. A cela, en l’état actuel, il n’est pas de remède, d’où la nécessité de se limiter, dans les étangs de plaine,
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- à l’élevage des espèces de poissons peu difficiles sous le rapport de l’aération des eaux. Il en est d’ailleurs de nombreuses.
- Ces deux conditions étant acquises, reste la grande affaire : la nourriture.
- Quel que soit le régime préféré des poissons : carné, végétarien, ou mixte, leur alimentation dépend essentiellement de l’abondance du plancton aquatique. On désigne ainsi l’ensemble des végétaux et animaux microscopiques qui vivent en suspension dans l’eau et peuvent être recueillis dans un filet très fin et résistant. Sur ce plancton pâturent des animaux plus gros : petits crustacés tels que les daphnies dont nous avons déjà parlé, ainsi que toutes sortes d’alevins, têtards, vers et mollusques, que le poisson mange à son tour sans faire fi, du reste, de l’absorption directe du plancton.
- Pour qu’un étang soit réellement apte à l’élevage intensif du poisson, la quantité de plancton doit atteindre, pendant la saison d’été, de 15 à 20 cm3 par mètre cube d’eau. Il ne pourrait en être que fort rarement ainsi, si l’on s’en remettait uniquement aux hasards naturels et il faut procéder à une véritable culture des eaux, qui, comme toute culture, doit débuter par un défrichement. Les terres inondées ont une flore très riche et si certaines espèces, comme les nymphéas déjà nommés, les lentilles d’eau, les potamots, ont une action fort utile en enrichissant l’eau en oxygène dissous par le mécanisme de leur assimilation chlorophyllienne, il n’en est pas de même des espèces à tiges émergentes, vulgairement désignées sous le nom générique de joncs ou de roseaux.
- Ces plantes, appartenant à de multiples espèces, parmi lesquelles des joncs, des scirpes, des carex, etc... constituent une véritable végétation sylvestre qui étouffe tout ce qui pourrait tenter de vivre en dessous (comme le font les arbres d’une forêt) en empêchant l’accès de la lumière. Ceci est bien mis en valeur par le fait observé depuis fort longtemps, qu’un étang récemment mis en eau donne,les premières années, sans précautions spéciales, de fort belles pêches qui décroissent ensuite très rapidement, à mesure que la « rouche » (c’est le terme local pour désigner les plantes en question) envahit et masque le miroir d’eau. L’action ombrageante se double d’un effet d’isolation à l’égard de l’atmosphère et le renouvellement de l’air dissous par la surface de l’étang s’en trouve compromis.
- Le remède classique a consisté longtemps dans la mise à sec suivie de labourage et de culture pendant quelques années. C’est, somme toute, et au sens propre le défrichement dont nous avons parlé plus haut, mais, depuis, la dépréciation de la valeur agricole des terres que nous avons dite a rendu peu à peu déficitaire une telle opération même si l’on consent à l’amortir sur plusieurs années de récoltes terrestres.
- L’incendie des tiges émergées, voire de la plante entière après mise à sec, est illusoire, la végétation s’avérant l’année suivante plus vigoureuse qu’avant.
- Le seul procédé viable est le faucardage pratiqué un peu au-dessous du niveau de l’eau, l’expérience ayant montré que les plantes ainsi coupées ne tardaient pas à périr ou, tout au moins, à perdre une importante fraction
- Fig. 4. — Un étang envahi par les joncs.
- de leur activité végétative. On a longtemps tâtonné pour déterminer l’époque optima pour l’opération. Contrairement à une opinion autrefois répandue, la température de l’eau importe peu et seul est à considérer l’état d’évolution annuelle des végétaux. Le faucardage de juillet est maintenant reconnu comme le plus efficace, car il correspond à la presque maturité; si l’on opère plus tôt, les tiges repoussent vigoureusement sur la souche, alors qu’un faucardage tardif n’enlève qu’un chaume desséché et n’empêche pas la chute des graines qui ensemencent le sol pour l’année suivante.
- Il ne saurait être question d’exécuter tout ce travail à la faux ou par toute autre opération manuelle (à ce compte autant vaudrait défricher) mais les constructeurs ont su réaliser des bateaux faucardeurs (1), mus par un moteur à explosion et munis à l’avant d’un outil tranchant, animé, toujours grâce au moteur, d’un mouvement alternatif. Cet engin manœuvré par deux hommes permet de dégarnir rapidement des hectares. Les tiges fauchées
- 1. Voir La Nature, n° 2734, 28 août 1926.
- Fig. 5. •— Un étang propre.
- Photographie prise de la bonde, l’étang à demi vidé. Au premier plan le fossé suivant la ligne de thalweg.
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- sont abandonnées sur l’eau où elles forment un tapis flottant en pourrissant lentement. Envahies par d’innombrables larves, insectes et petits mollusques aquatiques, elles offrent un terrain de chasse abondant, sur leur côté exposé à l’air, aux oiseaux du marais : bécassines, foulques et poules d’eau qui courent sur leur surface, aussi à l’aise que sur la terre ferme, pendant que les poissons profitent de l’aubaine et attaquent ce champ de nourriture par la face inférieure en faisant un vacarme (bruits de succion et de broutement) tout à fait caractéristique, surtout au cours des journées chaudes.
- Tout ce qui précède ne constitue que la partie négative du travail d’aménagement, car le défrichement n’est pas toute la mise en culture. Notons que de même que tous les champs ne se valent pas, tous les étangs ne sont pas susceptibles de donner le même rendement en poisson.
- La fertilité naturelle du sol intervient et en cela la terre submergée n’est pas seule à considérer mais bien toutes celles dont le drainage alimente l’étang. Les eaux de ruissellement empruntent en effet tout ce qui est soluble aux éléments minéraux et organiques qu’elles arrosent. Un étang alimenté par les fossés de bonnes terres cultivées donnera, toutes choses égales d’ailleurs, des résultats bien supérieurs à ceux d’une nappe d’eau isolée au milieu des bois et des landes et les engrais tels que les scories métallurgiques et les superphosphates ont, dans ce domaine, une action décisive. Suivant une loi générale de la nature, la végétation est contrariée par l’acidité. Celle-ci, comme on le sait, s’évalue en pH dont la valeur doit, pour la bonne santé et la prolifération du planc-
- Fig. 5. •—• La bonde et sa vanne à boulet, vues de l’intérieur de l’étang mis à sec.
- ton, se tenir au voisinage de 7, 7 qui marque la neutralité, la réaction basique correspondant aux chiffres supérieurs et l’acide à ceux inférieurs.
- Or, les déjections du poisson tendent à abaisser le pH, et ce, d’autant plus, bien entendu, que l’élevage est pratiqué de la manière la plus intensive. Le remède réside en un apport de chaux, ce qui ne peut manquer de paraî-tre paradoxal, chacun sachant (et surtout les braconniers ne l’ignorent point) que la chaux agit sur les poissons à la façon d’un toxique puissant. Tout est question de mesure et cette chaux (ainsi que tous les engrais, qui, à forte dose, seraient aussi néfastes pour la gent aquatique) doit être dispersée pelle à pelle tout autour de l’étang, près du bord, là où le fond ne dépasse pas 30 cm.
- Les produits déposés en petits tas saturent progressivement l’eau environnante et le ruissellement pluvial les chasse vers le centre peu à peu. Pour ce qui est des doses à employer, tout est cas d’espèce.
- Il nous reste à parler de la tâche principale de l’éleveur digne de ce nom, c’est-à-dire la création de races sélectionnées, qui constituent le troupeau.
- La carpe, Cyprinus carpio, poisson originaire des rivières, mais s’accommodant fort bien du séjour en étang, présente une particularité curieuse et fort intéressante dans le cas actuel : si elle se plaît et vit dans presque toutes les eaux de nos latitudes, elle ne consent à prospérer que si la température du milieu ambiant dépasse 15° et ce, indépendamment de la plus ou moins grande quantité de nourriture mise à sa disposition. Par suite, sa croissance est principalement estivale, d’où l’habitude de compter l’âge des carpes par « étés ». On voit tout de suite que les eaux d’étangs, stagnantes et réchauffées par le soleil,-remplissent la condition recherchée par ce poisson pendant bien plus longtemps, chaque année, que celles des rivières, toujours renouvelées et rafraîchies. L’empoissonnement des étangs en carpes, sans aucune précaution spéciale ni entretien, permet déjà de multiplier par huit ou dix les chiffres de production que nous avons donnés au début de cet article pour un étang abandonné à lui-même. Le progrès est sensible, mais la carpe « sauvage » est un poisson peu intéressant du point de vue gastronomique. Si sa taille est assez considérable, elle se compose surtout d’un paquet important d’entrailles, entourées d’arêtes et d’écailles, et surmontées de deux minces filets de chair molle, le tout précédé d’une tête osseuse et fort vaste. C’est à ce poisson ingrat que se sont attaqués les créateurs de races nouvelles et ils sont arrivés, en un temps relativement court, à en transformer l’aspect au point de le rendre méconnaissable.
- Pour cela, ils ont recherché parmi les sujets issus d’un même alevinage, ceux donnant le plus grand poids de chair utile, c’est-à-dire ceux de forme courte et trapue. De génération en génération ils ont accentué ce caractère de « carpe de boucherie ». La partie dorsale arrive à faire saillie au-dessus de la tête (carpe bossue), tête qui, de son côté, se réduit de plus en plus. Simultanément, la rapidité de croissance augmente dans une proportion considérable, pendant qu’un curieux phénomène secondaire apparaît : l’élimination des écailles remplacées par une peau lisse et visqueuse.
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- Ainsi furent obtenues les variétés connues sous le nom ce carpe-cuir, carpe-miroir, de Bohême, de Wittingau, à la vérité fort peu distinctes les unes des autres, car, dans un même élevage, on peut rencontrer des sujets assez différents, les uns par exemple à la peau complètement nue, pendant que d’autres ont conservé un système écailleux important. Ceci révèle une certaine instabilité des caractères obtenus, caractères qui disparaîtraient fort vite si les poissons étaient abandonnés en rivière, mais que l’éleveur parvient aisément à maintenir et même à améliorer en choisissant pour la reproduction les plus beaux sujets.
- Il faut donc résolument condamner l’ancienne pratique qui consistait, lors de chaque pêche, à réempoissonner l’étang en conservant le petit poisson. A côté de sujets véritablement jeunes, on conservait ainsi tous les avortons à la croissance retardée, d’où une véritable sélection à rebours.
- Nous retiendrons ici la nécessité, pour un étang d’élevage, d’« ensemencer» avec des sujets procréés à part et de bonne race.
- Les chiffres suivants donneront une idée des résultats actuellement oblenus. Nous avons dit que la sélection augmente la rapidité de croissance. C’est un résultat désirable pour toutes les espèces animales auxquelles la gourmandise humaine s’intéresse mais, et c’est là une particularité fondamentale de l’élevage piscicole, cette croissance accélérée peut s’adapter d’une façon extraordinairement souple aux conditions d’existence offertes au bétail. Précisons ceci : un beau pâturage peut nourrir et engraisser trois bœufs à l’hectare, mais si nous prétendons nourrir sur la même étendue six de ces animaux, ils ne feront que dépérir s’ils ne crèvent fort proprement de faim. A.u contraire, on peut poser en principe qu’un étang, défriché, fumé et aménagé comme nous l’avons dit peut «faire» environ 130 à 140 kg de viande de carpe par hectare et par an, et ceci quel que soit le nombre d’individus représenté par cette quantité de viande (dans certaines limites bien entendu). C’est-à-dire que si nous empoissonnons avec de l’alevin de
- 25 gr à raison de 140 pièces à l’hectare (x), nous aurons au bout d’un an des carpes d’un kilogramme; alors que le poids des sujets n’atteindra que 500 gr au bout du même temps si nous doublons initialement la densité de population.
- Cette précieuse propriété est fort intéressante pour l’éleveur qui peut ainsi aménager sa production suivant les exigences du marché. Signalons toutefois, pour être plus précis, que les chiffres de production de « viande » à l’hectare précédemment donnés, s’entendent en « partant de zéro » c’est-à-dire d’un alevin de très faible poids. A mesure que le sujet augmente, il lui faut, simplement pour se maintenir en condition, absorber une quantité de nourriture plus considérable, le surplus au delà de cette quantité servant seulement à son accroissement.
- Les résultats précédents que l’on ne doit pas hésiter à qualifier de magnifiques ont conduit bien des spécialistes des questions piscicoles à préconiser le peuplement des étangs en carpes sélectionnées, à l’exclusion de tout autre poisson.
- C’est là, à notre avis, une opinion exagérée. On ne doit pas oublier les possibilités offertes par les autres espèces de poissons et sacrifier au mythe de la production quantitative à outrance, dont les vicissitudes de l’économie au cours de ces dernières années ont montré les inconvénients.
- La tanche, Tinca vulgaris, qui vit naturellement dans les nappes d’eau stagnantes, se recommande par sa rusticité et se reproduit d’elle-même sans précautions spéciales. Sans doute sa croissance est plus lente que celle de la carpe sélectionnée, car les sujets d’un an, dans les meilleures conditions, ne dépassent guère 300 gr, mais la finesse de sa chair est fort estimée.
- Une mention particulière doit être accordée aux poissons carnassiers chasseurs ou, suivant l’expression consacrée, aux prédateurs.
- Pendant longtemps les pisciculteurs ont éprouvé, à l’égard de ceux-ci, les sentiments peu tendres du berger
- 1. En majorant de 15 à 2D pour 100 pour le déchet inévitable.
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- pour le loup, d’autant que les légendes les plus absurdes avaient cours. Certains n’allaient-ils point jusqu’à dire que le brochet dévore chaque jour son poids de poisson !
- En réalité le problème se pose tout autrement, car si le loup n’intéresse que le fourreur par sa dépouille dont le prix atteint rarement celui des brebis qu’il sacrifia, les poissons prédateurs : brochet, perche, anguille, etc... ont presque tous une valeur gastronomique — donc marchande — élevée. D’autre part toute nappe d’eau, quelles que soient les précautions prises, s’ensemence d’espèces, sans valeur par elles-mêmes, trop grosses pour être mangées par la carpe, et qui consomment sans( utilité une partie du plancton nourricier. Toute cette blanchaille ne peut que gagner (à nos yeux tout au moins) à être dévorée pour se transformer en chair estimable de poisson carnassier. Il est donc tout indiqué
- Fig. 9. —-Un beau brochet d’étang.
- d’introduire, en même temps que les alevins de carpe ou de tanche, de petits brochets de même taille, de qui les premiers n’auront rien à craindre et qui remplissent l’office que nous venons de dire. Le prix des poissons carnivores justifie cette méthode surtout depuis l’acclimatation dans nos étangs d’une excellente variété de perche originaire d’Amérique, le black-bass.
- Si nous avons jusqu’ici parlé des idées heureuses et des succès des pisciculteurs, il nous reste à dire un mot de leurs erreurs. Selon la règle, il y a toujours un enseignement à en tirer.
- Beaucoup d’éleveurs se laissent tenter par l’idée d’importer des espèces étrangères et d’en essayer l’acclimatation. Le risque qu’ils courent, pour paraître paradoxal, n’en est pas moins infiniment grave, car un trop grand succès peut engendrer de véritables catastrophes.
- L’existence d’une espèce dans sa contrée d’origine résulte d’un état d’équilibre entre les conditions qui favorisent sa multiplication : abondance de nourriture, fécondité, clémence de la température, etc... et celles qui la limitent : parasites ou ennemis naturels.
- Presque toujours l’importance relative de ces divers facteurs échappe totalement et si on transporte inconsidérément l’espèce sous d’autres cieux, l’équilibre se trouve rompu dans un sens ou dans l’autre. Si les causes adverses l’emportent, il n’y a que demi-mal : l’acclimatation échoue purement et simplement; mais si au contraire elles se trouvent déficientes, il se produit une prolifération désordonnée dont les conséquences peuvent être incalculables. Il convient donc de ne point agir sans réflexion.
- Malheureusement on n’a pas toujours réfléchi. L’histoire de la perche arc-en-ciel, Eupomotis gibbosus, et du poisson chat, Ameiurus nebulosus, en est la preuve. Ces deux étrangers, originaires de l’Amérique du Nord, furent, au cours du xixe siècle, introduits dans nos étangs. Ils y pullulèrent et leur race se répandit dans toutes les eaux douces, stagnantes et fluviales qui en sont maintenant infestées. Pour la perche arc-en-ciel, les dégâts sont limités, car ce poisson de petite taille (12 à 15 cm au plus), fournit de très honorables fritures sans que, par ailleurs, sa multiplication constitue un véritable danger pour les autres espèces.
- Il en est tout autrement du poisson chat et l’on a peine à s’imaginer que ses introducteurs aient jamais pensé faire un produit marchand de ce silurien hideux, à la tête de crapaud armée de terribles épines empoisonnées, au cuir épais, à la chair gluante et fade. D’une voracité insatiable, se riant, grâce à ses piquants, des plus terribles prédateurs, il a tôt fait d’anéantir toute la population de l’étang où il a pu s’introduire et l’on peut se demander comment il n’est pas resté seul maître du champ de bataille dans les cours d’eau où sa destruction massive est pratiquement impossible.
- Beaucoup de pays réglementent impitoyablement l’importation des animaux vivants et ils s’en trouvent bien. Il serait à souhaiter que la France suive cet exemple.
- Signalons cependant (et ceci ne dessert pas notre thèse mais la renforcerait plutôt) que les races intruses se passent parfois du concours volontaire de l’homme pour pénétrer dans de nouveaux domaines. En Allemagne les eaux douces du bassin de l’Elbe ont été depuis quelques années envahies par un crabe originaire de Chine et dont l’introduction demeure un mystère; ledit crabe est, bien entendu, sans aucune valeur comestible ou autre, mais ne se prive pas de détruire les espèces utiles.
- Pour en revenir au poisson chat, nous dirons qu’en dépit des treillages on ne réussit pas toujours à en préserver l’étang le mieux tenu. Le seul remède consiste à pêcher dès que l’ennemi signale sa présence, ce qu’il fait heureusement très vite en se jetant voracement sur le moindre appât; dans cet ordre d’idées, la pêche annuelle est un excellent moyen préventif, car elle ne lui laisse jamais le temps de nuire sérieusement.
- Cette pêche, quelle que soit la cadence choisie, doit
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- Fig. 10. — Après le vidage, on ramasse Fig. 11. — Le tri et le lavage
- le poisson au haveneau. du poisson.
- s’effectuer entre septembre et mai. Entre ces dates extrêmes le choix est question d’opportunité et c’est principalement le prix du poisson qui est à considérer. Signalons que ce prix est généralement plus élevé en saison chaude, mais alors la pêche est plus délicate et la conservation moins aisée.
- Les régions tempérées ont, par ailleurs, un avantage à pratiquer la pêche d’hiver, saison pendant laquelle les contrées plus froides sont soumises à la gelée et ne peuvent envoyer leurs produits sur le marché.
- L’opération elle-même est fort simple : la vanne est levée progressivement quinze jours à trois semaines avant le jour choisi, de manière à éviter une vidange brutale qui laisserait le poisson échoué sur le fond au lieu de le l’assembler dans le fossé central.
- C’est dans ce fossé qu’on peut le recueillir, mais il est plus commode de lui faire traverser l’œillard et de l’envoyer dans une série de bassins séparés par des grilles de plus en plus petites qui effectuent ainsi un premier tri, par rangs de tailles. Il est bon de se ménager par une petite digue latérale une réserve d’eau qui sert au lavage (fig. 2).
- Le poisson ramassé dans un haveneau, puis trié, lavé, pesé (fig. 10 et 11), est enfin emporté dans des bailles d’eau aérées constamment à l’aide de bouteilles d’air comprimé, car le public est devenu difficile et exige, à juste titre, que le poisson d’eau douce lui soit vendu vivant.
- Après la pêche, il n’est pas mauvais de laisser l’étang à sec pendant environ un mois, et même de déverser de l’hypochlorite de soude dans toutes les flaques et fossés de manière à réaliser une stérilisation complète. Pendant le même temps on peut commencer à déposer les tas d’engrais. Ensuite, la bonde étant refermée, le remplissage s’effectuera naturellement par les fossés et sources, en un temps plus ou moins long suivant la saison. Il ne reste plus qu’à immerger l’empoissonnement, en alevins sélectionnés et élevés à part, de préférence, surtout s’il s’agit de carpes. Puis le cycle recommence.
- Cette pêche « industrielle » n’a rien qui puisse intéresser les sportifs que sont les pêcheurs à la ligne, mais ceux-ci se rattraperont dès que le poisson commencera à grossir.
- Si la carpe placée dans une eau nourrissante marque peu de propension à mordre à l’hameçon, la tanche se montre beaucoup plus vorace, de même que le brochet, la perche et le black-bass. Enfin le gardon offert en pâture aux prédateurs peut aussi devenir la proie du pêcheur.
- Il nous reste à parler d’une question d’importance : à savoir la valeur gastronomique du poisson d’étang. Une légende péjorative lui attribue un fâcheux goût dit « de vase » qui ne disparaîtrait que par un « dégorgement »
- en eaux vives. Rien de plus faux, à notre avis, et, comme en ces matières aucune démonstration ne prévaut contre une expérience nous ne saurions trop conseiller aux lecteurs sceptiques de s’approvisionner au plus prochain marché d’une belle carpe d’élevage — ou de tout autre poisson à leur goût — et de la sacrifier au sein d’un court-bouillon idoinement composé, à moins qu’ils ne préfèrent la classique matelote. Nous ne doutons pas de leur verdict après dégustation.
- Enfin nous ne voudrions pas terminer sans rendre hommage à la fois à la compétence et à l’amabilité de M. Jean Martin, qui a bien voulu nous donner l’occasion de prendre les photographies qui illustrent le présent article dans ses remarquables élevages du Ciran à Ménes-treau-en-Villette (Loiret).
- Charles Cabanes.
- Fig. 12. — Comment on faucarde un élang à la main.
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- LA CHIMIE DE SURFACE
- L’adsorption est un phénomène bien connu des chimistes : l’exemple que l’on cite toujours est celui du charbon de bois qui, à la température de l’air liquide, adsorbe d’énormes quantités de gaz : oxygène ou azote. Un exemple beaucoup plus simple est celui de l’eau savonneuse : l’eau pure est un liquide dont la tension superficielle est très considérable, et par suite donne des gouttes très volumineuses. Si des traces de savon sont dissoutes dans l’eau, la tension superficielle est très abaissée et les gouttes d’eau sont de volume beaucoup plus faible.
- Les théories classiques de l’adsorption comparaient le phénomène même à l’attraction gravitique qui retient l’atmosphère terrestre. Un gaz adsorbé constituait une atmosphère miniature entourant le solide jusqu’à une faible distance.
- Les expériences que Langmuir entreprit dans le but d’élucider les phénomènes observés dans les lampes à filaments métalliques et à atmosphère gazeuse (x) l’ont amené à une conception toute différente qui, appliquée à d’autres phénomènes, permet de dire qu’un nouveau domaine est ouvert aux chercheurs : celui de la chimie de surface ou à deux dimensions par opposition à la chimie classique ou à trois dimensions.
- Suivant cette nouvelle conception, la surface d’un filament de tungstène peut être assimilée à une sorte d’échiquier sur lequel certains atomes peuvent être retenus, adsorbés, en des positions définies. Les forces qui retiennent les atomes adsorbés, et qui sont beaucoup plus considérables que celles intervenant dans les réactions chimiques ordinaires (1 2 * * * * *), s’exercent directement entre les atomes adsorbés et les atomes du métal.
- Si une seconde couche d’atomes peuvent être adsorbés, les forces qui retiendront ces atomes seront donc de nature differente de celles entrant en jeu dans la formation de la première couche.
- Les expériences ont montré qu’en général la couche de gaz adsorbé sur un filament a une épaisseur d’une seule molécule. Quand toute la surface du filament a été couverte, l’adsorption sls^-fête. Toute nouvelle molécule venant frapper le métal ou rebondit sur la couche monomoléculaire de gaz adsorbé, ou déloge une molécule adsorbée et prend sa place. Avant cet état de saturation, quand une molécule vient frapper la surface, elle peut être capturée par celui-ci. Mais, par suite de l’agitation thermique (il ne faut pas oublier que l’on opère au-dessus de 1000 degrés) au bout d’un certain temps cette molécule peut « s’évaporer » ultérieurement, la vitesse d’évaporation étant fonction de la température et des forces d’attraction entre les molécules adsorbées et le solide.
- Dans la théorie de Langmuir, la condensation et l’évaporation sont donc deux phénomènes entièrement indépendants. Par conséquent la probabilité pour qu’un atome adsorbé donné s’évapore dans un intervalle de temps donné est indépendante du temps qui s’est déjà écoulé depuis son adsorption. On peut donc dire que les molécules adsorbées ont, sur la surface adsorbante, une vie moyenne analogue à la vie des atomes radioactifs.
- Cette vie moyenne varie suivant les gaz dans de très grandes limites. En particulier pour l’hélium, adsorbé par le tungstène chauffé, elle est extrêmement petite, de l’ordre de KD13 seconde, ce qui est à peu près la durée du choc de l’atome
- 1. Voir La Nature, n° 2327, 4 mai 1918.
- 2. C’est ainsi que l’on a pu calculer que les forces qui retiennent un
- atome de cæsium à la surface d’un filament de tungstène chauffé à
- 1000° sont environ trois forè plus grandes que les forces de cohésion
- qui retiennent entre eux lès atomes métalliques de cæsium.
- Mais si leur intensité est grande, le rayon d’action de ces forces est
- 'très faible, inférieur à 10~8 centimètre.
- gazeux sur la surface solide. Ceci revient à dire qu’il n’y a pas de distinction réelle entre la condensation et l’évaporation : les deux phénomènes se produisent quasi simultanément et Patome peut même ne pas avoir le temps de se mettre en équilibre thermique avec la surface. C’est ce que l’expérience a vérifié.
- Dans le cas de l’hélium et du tungstène, le coefficient d’accommodation peut n’être que de 0,1,. ce qui veut dire que l’hélium s’évapore avant même que sa température ne se soit élevée d’un dixième de la différence de température entre le filament et le gaz.
- PELLICULES MONOATOMIQUES SUR MÉTAUX
- On peut obtenir des pellicules monoatomiques non seulement gazeuses, comme celles dont nous venons de parler, mais encore métalliques. En particulier, le film monoatomique de thorium sur filament de tungstène a conduit Langmuir à d’intéressants résultats. C’est ainsi que l’émission d’électrons, pour une même température, peut atfeindie 100 000 fois celle du filament de tungstène pur dans les mêmes conditions. Aussi, en radiotechnique, les lampes à cathode de tungstène tliorié sont-elles très employées surtout pour les postes récepteurs.
- La cathode de tungs ène recouverte d’une couche monoatomique de thorium fut la première application industrielle des recherches théoriques sur l’adsorption et les pellicules d’épaisseur monoatomique. Ces recherches renseignèrent sur le mécanisme de la diffusion des atomes de thorium dans le tungstène (*), les effets des atomes métalliques sur l’émission d’électrons et permirent d’entreprendre des expériences extrêmement curieuses, en particulier sur les filaments de tungstène recouverts de cæsium.
- Le choix de ce métal était tout indiqué : c’est l’élément le plus électro-positif connu, c’est-à-dire celui qui a le moins d’affinité pour les électrons, ce qu’indique également son potentiel d’ionisation, 3,9 v, inférieur à celui de tous les autres éléments.
- La chaleur d’évaporation des électrons du tungstène correspond à 4,6 v, c’est-à-dire qu’elle est équivalente au travail qu’il faut accomplir pour déplacer un électron contre un potentiel de 4,6 v. Il n’est donc pas surprenant que l’expérience montre que chaque atome de cæsium qui frappe une surface de tungstène à haute température perd son électron et s’échappe sous la forme d’un ion cæsium chargé positivement. Le courant électrique qui est ainsi émis par le filament de tungstène fournit une mesure quantitative du nombre d’atomes de cæsium qui l’ont frappé. Comme il est possible de mesurer à l’électromètre des courants de l’ordre de Î0~17 ampère on peut par suite déceler une pression de vapeur de cæsium si faible que seulement 100 atomes de cæsium rencontrent par seconde la surface du filament.
- 1. En effet, on part d’un filament constitué par du tungstène additionné de 0,5 pour 100 d’oxyde de thorium que l’on chauffe dans le vide le plus parfait, à des températures de plus en plus élevées pour finalement le maintenir pendant 30 secondes environ à 3000°. Les chauffes progressives déterminent la formation d’une structure cristalline du filament, la chauffe à 3000° réduit l’oxyde de thorium à l’état de thorium métallique qui se trouve réparti dans le filament. Mais les atomes d’oxygène diffusent plus vite vers la surface que les atomes de thorium, leur concentration au voisinage de la surface est faible. Il en résulte que l’équilibre de dissociation de l’oxyde de thorium est déplacé dans un sens tel que la concentration des atomes métalliques augmente considérablement à la surface du filament, réalisant ainsi la couche monoatomique de thorium.
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- Suivant Langmuir, l’émission des ions cæsium par une surface de tungstène est un phénomène d’évaporation. Au-dessous d’une température de 1000 degrés, les atomes de cæsium frappant la surface s’y accumulent. Quand la concentration superficielle augmente, le taux d’évaporation croît, mais à la température ambiante l’évaporation n’est appréciable que lorsque toute la surface de tungstène a été couverte par une couche monoatomique de cæsium.
- Pour montrer l’extrême sensibilité des méthodes employées dans leurs études par J. B. Taylor et Langmuir, nous donnerons un seul exemple : celui de la détermination du nombre d’atomes de cæsium adsorbés par un filament à un instant quelconque.
- Quand ce nombre est inférieur à 0,08 du nombre nécessaire pour réaliser une pellicule monoatomique, une brusque élévation de la température provoque l’évaporation de tous les ions. Si le filament est entouré par un cylindre chargé négativement, l’émission brusque des ions provoque un courant momentané que l’on peut mesurer au galvanomètre balistique ou à l’électromètre. Cette méthode est si extraordinairement sensible que si on laisse par exemple les atomes de cæsium s’accumuler pendant 24 heures sur le filament, avec un bon électromètre (qui donne une indication mesurable pour une émission de 100 ions) on pourra déceler des pressions de vapeur de cæsium de l’ordre de 10'26 atmosphère, qui est la pression qui existerait dans l’espace si la concentration de la vapeur de cæsium correspondait à un atome de cæsium par 5 m3!
- Tout récemment Taylor et Langmuir ont entrepris des recherches sur l’adsorption du cæsium par un filament de tungstène sur lequel un nombre connu d’atomes d’oxygène a préalablement été fixé. L’oxygène dans ces conditions agit comme un doublet négatif qui attire et fixe le doublet positif du cæsium. Il y a donc tendance à la formation de « grappes » d’atomes de cæsium autour de chaque atome d’oxygène. Les phénomènes se compliquent et, semble-t-il, ne présentent plus qu’un intérêt purement spéculatif. Erreur profonde : ces pellicules de cæsium, retenues à la surface du filament de tungstène par des atomes d’oxygène, ont permis de réaliser la source d’électrons la plus efficace actuellement connue pour les tubes à vide. On a pu construire des lampes réceptrices dans lesquelles la cathode émet 0,2 a et plus par centimètre carré à une température ne dépassant pas 900°. Mais comme l’emploi du courant alternatif est général pour chauffer les cathodes, il ne semble pas que le besoin commercial de ces lampes se fasse actuellement sentir.
- COUCHES MONOMOLÉCULAIRES SUR LIQUIDES
- Langmuir a également étudié les couches monomoléculaires sur les liquides. Nous avons ici même exposé ses premiers résultats ainsi que ceux de Devaux et Marcelin qui, à la suite de Lord Rayleigh et Miss Pockels ont réalisé de très jolies expériences, à l’aide d’une technique simple et élégante (x).
- On peut résumer les conclusions auxquelles sont arrivés les expérimentateurs de la façon suivante : les substances huileuses, constituées par des hydrocarbures saturés, comme le tétradécane C14 H30, lorsqu’on en dépose une gouttelette sur la surface de l’eau, y flottent simplement sous la forme d’une lentille circulaire. Les substances qui, au contraire, ont la propriété de former des pellicules sur la surface de l’eau renferment toutes, dans leur molécule chimique, certains groupements d’atomes ayant une affinité pour l’eau et que l’on appelle par cela même : groupements hydrophiles. Les plus remarquables sont les groupements OH et C02II, et leur
- 1, Voir La Nature n° 2044, 27 Juillet 1912; et n° 2761, 15 mai 1927.
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- substitution à un atome d’hydrogène dans la 'molécule a pour effet d’augmenter la solubilité dans l’eau.
- Quand une substance constituée ainsi de groupements hydrophiles et de groupements inertes ou hydrophobes est placée sur l’eau, les molécules s’arrangent de telle façon que la partie hydrophile de chacune d’elles, vient au contact de la surface de l’eau. Par conséquent si le groupement hydrophile est à l’extrémité de la chaîne, comme c’est le cas pour un grand nombre d’acides gras, la molécule se dispose verticalement, le groupe C02H plongeant dans l’eau et le reste de la chaîne hydrocarbonée étant au-dessus de la surface.
- Tant que les molécules ne sont pas en nombre assez grand pour constituer à la surface de l’eau une pellicule continue, la tension superficielle de l’eau n’est pas modifiée. En mesurant le volume d’huile nécessaire pour réaliser une pellicule continue couvrant une surface donnée, on peut calculer l’épaisseur de la pellicule, c’est-à-dirp la longueur de la molécule, ainsi que sa section. ^
- Si l’on considère un y gouttelette d’huile déposée sur la surface de l’eau, et que nous supposions que, par un moyen quelconque, on l’empêche de s’étaler pour donner une pellicule, on peut facilement déterminer la force d’expansion F (Harkins) à laquelle la gouttelette est soumise. Elle est égale à :
- F = Yi — Y* — Vis
- Yj étant la tension superficielle de l’eau, y2 la tension superficielle huile-air, yig la tension superficielle huile-eau.
- Si F est négatif, la gouttelette ne s’étale pas; si F est positif, elle donne naissance à la pellicule.
- Cette force F est analogue à la pression p exercée par un gaz sur les parois du récipient qui le renferme et, de même que dans le cas d’un gaz parfait, on a, entre la pression, le volume et la température la relation
- pv — kT ou p = nk T
- o étant le volume d’une molécule, n le nombre de molécules par unité de volume, on a, dans le cas d’une pellicule étalée sur l’eau :
- F a = k T ou F = g k T
- a étant la surface de la molécule, a le nombre de molécules par unité de surface de la pellicule.
- L’analogie entre les deux formules est évidente et on peut dire que les pellicules d’huile sur l’eau se comportent comme des gaz parfaits dans l’espace à deux dimensions.
- Ajoutons que les pellicules d’huiles et d’acides gras sur l’eau sont plus comparables à des liquides ou des solides à deux dimensions qu’à des gaz, car elles ne s’étendent pas indéfiniment, quand F tend vers zéro, comme le feraient des gaz.
- LES PELLICULES D’ACIDES GRAS SUR L’EAU
- Un cas très intéressant est celui des acides gras déposés sur la surface de l’eau rendue légèrement acide par addition d’acide chlorhydrique. Langmuir a pu montrer que la pellicule formée dans ce cas se compose comme si elle était constituée par deux feuillets de tensions superficielles différentes, les groupements hydrophiles se trouvant dans le feuillet en contact avec l’eau. Il a donc été conduit à étudier plus particulièrement les phénomènes qui se passent à la surface de séparation eau-huile. Les expériences, entreprises avec la collaboration du Dr Blodgett, sont encore en cours, mais dès maintenant, leurs résultats sont très intéressants et ouvriront sans doute une nouvelle voie aux recherches des biologistes, comme nous le verrons plus loin.
- Afin de simplifier le problème, les opérateurs ont utilisé une huile (Squibb’s Petrolatum) dans laquelle était dissous
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- de l’acide stéarique à diverses concentrations, et l’ont déposée sur la surface d’une solution de soude (1/50 N).
- Quand la concentration de l’acide stéarique dans l’huile est faible (10~5 à 5 X 10~5 en poids) la gouttelette déposée prend tout d’abord la forme d’une lentille dont l’épaisseur peut atteindre 3 mm. Ensuite, graduellement, le diamètre augmente; la lentille diminue d’épaisseur et s’étale sur l’eau jusqu’à un diamètre limite qui est atteint lorsque tout l’acide stéarique de la gouttelette a diffusé à la surface huile-eau. La surface finale de la gouttelette est proportionnelle à la quantité w d’acide stéarique présent. Connaissant cette quantité et la surface couverte, on peut calculer la surface occupée par chaque molécule. On trouve a — 88 X 10 16 cm2. Comme l’expérience a conduit d’autre part à une valeur de 20,4 X 10-16 cm2 quand les molécules forment, à la surface de l’eau pure, une pellicule continue, il s’ensuit que, dans le cas présent, la pellicule adsorbée à la surface de contact eau-huile se comporte comme un gaz.
- En mesurant la vitesse d’accroissement de la gouttelette, on a pu déterminer le coefficient de diffusion de l’acide stéarique dans l’huile. Les résultats concordent parfaitement avec la formule théorique (*). En particulier, la vitesse d’expansion est proportionnelle au carré de la concentration initiale.
- Pour des concentrations supérieures à 10_i la vitesse d’expansion de la gouttelette est trop grande pour permettre des mesures; pour des concentrations de 0,001 à 0,006, la pellicule formée devient si ténue que des couleurs d’irisation apparaissent sur la surface, ces couleurs étant uniformes pour une pellicule donnée. Puisque toutes les molécules d’acide stéarique sont à la surface de séparation huile-eau et occupent la surface a, on peut calculer l’épaisseur b de la pellicule (iiab = l, «étant la concentration initiale de l’acide stéarique dans la gouttelette).
- Inversement, si on connaît b, on en déduit a. A cet effet, une méthode très simple consiste à déterminer b par comparaison avec des pellicules « étalon » constituées par une gouttelette d’huile, de volume connu, déposée sur la surface de l'eau, et dont on fait varier l’aire en déplaçant une barrière mobile. On trouve encore pour a la valeur 88 X 16 16 qui montre qu’il n’y a pas de solubilité appréciable de la pellicule sur l’eau alcaline et que toute la substance dissoute est adsorbée.
- Les phénomènes changent complètement d’allure si on ajoute à l’eau alcaline des quantités extrêmement faibles (10-5 molécule gramme) de sels de calcium ou de magnésium. La pellicule en contact eau-huile, au lieu de se comporter comme un gaz, devient analogue à un solide et est très rigide, et l’aire occupée par molécule devient d’environ 20 X 10~lc cm2.
- Ce résultat est extrêmement intéressant, en particulier pour les biologistes. En effet, ceux-ci étudient les phénomènes d’échange entre les cellules et le milieu dans lequel elles sont plongées : sang, lymphe, sérum, échanges qui s’effectuent à travers.la surface de contact cellule-milieu. Ils ont trouvé que les cellules sont profondément sensibles aux variations de concentrations des ions calcium, magnésium, sodium, etc., du milieu dans lequel elles vivent. Les expériences de Lang-muir et Blodgett mettent en évidence le mécanisme de cette action et il est possible qu’en poursuivant d’après leur méthode des recherches biologiques systématiques, on puisse en tirer des conclusions intéressantes au point de vue médical.
- 1. Celle-ci est
- d log A n2 a2 D
- dt
- , D étant le coefficient de diffusion,
- n la concentration initiale (molécules par c.c.), A la surface à l’instant i, a la surface occupée par une molécule à la surface de séparation.
- LA LUBRIFICATION DES SURFACES MÉTALLIQUES ET LES PELLICULES MONOMOLÉCULAIRES
- Nous avons vu que les pellicules d’huile à la surface de l’eau sont extrêmement minces, puisque leur épaisseur est égale à la longueur de la chaîne de la molécule. Le Dr Blodgett est ari’ivé à transporter ces pellicules sur des surfaces solides et l’étude de leurs propriétés mécaniques, qui devient alors possible, ouvre des horizons inédits sur le problème jusqu’à présent si complexe de la lubrification.
- On sait que les études modernes, en particulier celles du Dr Woog sur l’onctuosité, ont conduit à la conception suivante que nous résumons d’après une communication de M. Brillié aux Ingénieurs Civils.
- « Toute surface, solide ou liquide, est entourée d’un champ de forces et les phénomènes de frottement sont causés par les réactions de ces forces aux efforts tangents : les lubrifiants ont pour but de réduire l’importance de ces actions j1).
- « Les lubrifiants onctueux contiennent des «molécules actives » qui ont une grande affinité pour les surfaces métalliques et y forment un revêtement constitué par les molécules coincées les unes contre les autres, auquel on a donné le nom d’épi-lamen. L’onctuosité correspond à la formation de cet épilamen et à son influence sur les phénomènes de frottement fluide des couches voisines.
- « La présence de l’épilamen neutralise, sinon complètement, du moins partiellement, le champ de forces émané de la surface métallique, de telle sorte que, pour la couche immédiatement en contact avec l’épilamen, les intensités de ce champ de forces sont inférieures, non seulement à celles qui résulteraient de la surface métallique nue, mais encore très notablement inférieures à celles qui résulteraient d’une pellicule formée des molécules normales du lubrifiant, c’est-à-dire de molécules liquides qui n’auraient pas été influencées par le contact ou le voisinage d’une surface métallique.
- « Le coefficient de frottement fluide dépend de l’intensité du champ de forces; une pellicule prise dans le lubrifiant à une distance relativement grande (un dixième de mm par exemple) des surfaces métalliques aura un coefficient de frottement fluide de valeur normale, égal à la valeur du coefficient de viscosité. En partant de cette pellicule et en se rapprochant de la surface métallique, on aura, à partir d’un certain moment, un coefficient de frottement liquide qui commencera à diminuer et qui diminuera progressivement jusqu’à atteindre sa valeur minimum pour la pellicule en contact avec l’épilamen.
- « L’influence de l’épilamen ne s’étend vraisemblablement pas au delà d’une distance correspondant à quelques longueurs de molécules, de telle sorte que l’on peut admettre, pour la zone correspondant à des champs de forces influencés par l’épilamen, une hauteur de l’ordre de grandeur de 10~5 ou tout au plus 10-6 mm ».
- Cette théorie concorde parfaitement avec les résultats de Langmuir et Blodgett, mais ceux-ci sont beaucoup plus positifs, plus précis, et enlèvent en particulier à l’épilamen son caractère hypothétique, pour en faire une réalité concrète mesurable.
- En effet, si ayant réalisé une pellicule monomoléculaire d’acide stéarique sur l’eau alcaline contenant un faible pourcentage d’ions calcium, pellicule qui sera alors rigide, on l’amène au contact d’une plaque de verre plongée verticalement dans l’eau, on peut, en retirant la plaque de verre, y faire adhérer la pellicule.
- Cette pellicule adhère très fortement au verre et est beaucoup moins volatile dans le vide que l’acide stéarique lui-même. En appuyant sur la pellicule une bille d’acier avec une
- 1. Voir La Nature, n08 2765 et 2756 des 15 février et 1er mars 1927.
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- force qui, au point de contact, correspond à une pression de 30 000 kg par cm2, on peut déplacer la bille plusieurs centaines de fois suivant le même parcours avant de traverser cette pellicule et, pendant ce temps, le coefficient de frottement n’est qu’une faible fraction de celui que l’on observe en l’absence de la pellicule.
- Bien plus, le Dr Blodgett a mis au point une technique expérimentale qui permet de transférer un nombre quelconque de ces pellicules sur la même surface.
- Les pellicules multimoléculaires ainsi réalisées ont des propriétés dont l’étude préliminaire, encore en cours, a montré tout l’intérêt. Ce sont les seules surfaces que l’eau ou les liquides organiques ne mouillent pas, et des mesures de capillarité à leur contact donneraient sans doute des renseignements utiles sur leur exacte constitution. Lorsque le nombre des pellicules ainsi empilées devient assez grand, des couleurs d’interférence se produisent et permettent de mesurer optiquement leur épaisseur. Leur étude optique complète (par exemple la polarisation elliptique de la lumière réfléchie), la diffraction des rayons X mériteraient également d’être faites.
- Schaefer et Langmuir poursuivent actuellement des recherches ayant pour but de déterminer le rôle de ces pellicules monomoléculaires dans la lubrification. Il est encore prématuré d’en parler, mais il semble, d’après les résultats actuellement acquis, que les effets remarquables obtenus avec les lubrifiants dits « à haute pression » sont dus à la formation, sur les surfaces portantes, de pellicules monomoléculaires de très grande stabilité.
- CONCLUSION
- De ce rapide exposé, plusieurs conclusions peuvent être tirées. La chimie de surface constitue bien un chapitre entièrement nouveau de la chimie physique. Ce nouveau domaine est des plus intéressants étant donné, d’une part, les résultats pratiques que son exploration a déjà donnés et, d’autre part, la diversité des directions dans lesquelles les recherches promettent d’être fécondes r émission ionique, biologie, technologie, etc. Le matériel que nécessitent les expériences est celui que l’on rencontre dans les laboratoires ordinaires, même les plus modestement équipés. Pas d’installations coûteuses, pas d’appareils dispendieux.
- Rappellerons-nous, à titre d’exemple, que dans l’étude des couches monomoléculaires sur l’eau, Devaux et Marcelin se servaient essentiellement de cuves photographiques, de fils de fer et de bandes de papier. Et dans ce domaine, comme on le pressent d’après les résultats de Langmuir et Blodgett, beaucoup encore reste à faire. Pourtant il ne semble pas que l’attention ait été retenue ou attirée par l’étude des phénomènes qui se produisent à la surface de séparation monomoléculaire de deux milieux. Nous serions heureux si nous avions pu éveiller l’intérêt des chercheurs et les persuader d’entreprendre l’exploration de ce nouveau domaine que le laboratoire de Langmuir, à la General Electric C°, si puissants que soient ses moyens d’action, et étant donné son programme utilitaire par essence, ne peut couvrir entièrement.
- H. Vigneron.
- le PROPULSEUR NAUTIQUE VOITH-SCHNEIDER
- L’appareil de propulsion giratoire système Voith-Sehneider a été mis en service depuis environ sept ans sur des navires de ports et de rivières et à bord de quelques navires de mer. Durant ce laps de temps, il a eu l’occasion de faire ses preuves dans les circonstances les plus diverses. Ce sont donc des résultats pratiques que nous pouvons signaler aujourd’hui à nos lecteurs C).
- HÉLICES ET ROUES A AUBES
- Depuis que la force motrice des machines a été appliquée à la propulsion des navires, deux types de propulseurs, pratiquement, avaient seuls été employés : la roue à aubes et l’hélice.
- Malgré son aspect démodé, la roue à aubes a reçu quelques perfectionnements qui ont accru son rendement, notamment les dispositifs à aubes orientables qui permettent à celles-ci d’entrer dans l’eau sous un angle favorable. Un grand avantage des roues est qu’elles enfoncent peu, ce qui les rend précieuses pour la circulation dans les rivières coloniales; des navires fluviaux, des canonnières ont été construits avec roues à l’arrière, présentant le tirant d’eau minimum, avec une largeur égale à celle d’un navire à hélice.
- La propulsion électrique est, du reste, compatible avec
- 1. Outre les renseignements directement fournis par les constructeurs, nous avons utilisé un Mémoire présenté à VInstitution of Engi-neers and Shipbuilders in Scotland dont la traduction a paru dans je numéro de janvier 1936 du Bulletin technique du Bureau Veritas.
- les roues à aubes. Le « paquebot » Genève, qui fait le service du Lac Léman, vient d’être équipé avec la propulsion Diesel électrique; le courant est fourni par des groupes Diesel qui alimentent des moteurs à vitesse variable attaquant l’arbre des roues par engrenages.
- Cette dernière réalisation permettrait une extrême souplesse de manœuvre si l’on coupait l’arbre des deux roues pour les rendre indépendantes, chaque roue étant mue par un moteur individuel. On aurait ainsi la possibilité de tourner sur place.
- Les navires à plusieurs hélices présentent également à un certain degré la possibilité de virer dans un cercle de faible rayon ou même sur place en faisant tourner leurs hélices en sens inverse. Toutefois cette manœuvre ne peut être exécutée en grand qu’avec la propulsion électrique ou les machines à pistons, car les turbines de marche arrière à entraînement par engrenages sont presque toujours à faible puissance.
- En ce qui concerne les possibilités d’arrêt rapide, les conditions sont analogues : seules les machines réversibles à pleine puissance fournissent un freinage maximum, ce qui apporte une grosse sécurité pour les manœuvres de port. Les roues fournissent un très bon freinage.
- Les insuffisances de l’hélice, propulseur « linéaire />, uniquement capable de fournir une poussée (ou une traction) dirigée suivant l’axe du navire, sont particulièrement sensibles à bord des remorqueurs de ports. Ces navires de servitude, en raison même du service qu’on exige d’eux, sont lents, très larges et de formes pleines,
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- Fig. 1. — Le Kempten, navire équipé de deux propulseurs Voilh, tournant sur place en pleine eau sur le lac de Constance.
- Fig. 2. — Autre vue aérienne du Kempten en giration. On remarquera le sillage courbe.
- avec un faible tirant d’eau; ces caractéristiques rendent particulièrement difficiles leurs manœuvres déjà délicates dans les bassins encombrés où ils ont à déplacer de gros bâtiments. On est alors conduit à finir les accostages au moyen de treuils, ce qui est la négation du
- remorqueur.
- Fig. 4. — Effet directionnel du propulseur, permettant de supprimer le gouvernail.
- O, centre de rotation; N, point d’articulation excentré; S, direction de l’effort résultant sur le navire. Le faisceau de petites flèches représente le sillage.
- Nous allons voir que le propulseur Yoith apporte précisément une solution directe à tous ces problèmes, avec une réversibilité instantanée à pleine puissance, la possibilité pour le navire qui en est muni de virer sur place et même — évolution sans précédent dans les annales des constructions navales — de « déboîter » en s’éloignant du quai transversalement, comme un wagon monté sur un chariot transbordeur !
- PRINCIPE CINÉMATIQUE DU PROPULSEUR VOITH
- Le propulseur Voith comporte un disque horizontal ou presque horizontal, rotatif et portant de quatre à huit ailes perpendi-
- culaires au disque, comme le montre notre figure 9. Si les ailes étaient rigidement fixées au disque, l’en-
- Fig. 3. — Principe du propulseur Voilh à ailes orientables.
- Les ailes sont montées sur un disque rotatif horizontal, leurs normales géométriques passant constamment par un point N différent du centre. En composant la vitesse circonférentielle W de chaque aile avec la vitesse V de l’eau, on obtient la vitesse absolue U de l’aile; on constate qu’il existe une poussée d’ensemble dirigée, ici, vers la droite. Voir l’appareil réel figure 9. (Bulletin technique du Bureau Veritas).
- semble trancherait l’eau comme une fraise et la résultante des forces serait nulle quelle que soit l’inclinaison propre des ailes.
- La grande ingéniosité du système consiste à faire varier l’incidence de chaque aile suivant le point du cercle où elle se trouve et cela par une disposition mécanique simple.
- Cinématiquement (fig. 3) chaque aile est montée sur un pivot qui lui permet d’osciller légèrement autour d’un axe vertical et elle est attachée à sa normale qui vient s’articuler en un point excentré N. Si l’on examine la position de chaque aile en tenant compte de sa vitesse circonférentielle propre W et de la vitesse V de l’eau due au déplacement du navire, on se rend compte qu’une poussée prend naissance, dont la direction est perpen-
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- dioulaire à l’excentration de N. Si nous augmentons progressivement la distance qui sépare le point N, du centre, l’incidence des ailes et par suite la poussée augmenteront jusqu’à la limite où la pleine puissance sera absorbée. On aperçoit immédiatement un premier avantage technique du système qui est de se prêter à une vitesse constante de machine. Ceci est précieux pour les bâtiments de servitude : dragues, pontons-grues, car une seule machine peut servir pour la propulsion et pour la servitude.
- Si nous excentrons le point N en sens contraire, nous obtenons (moyennant que les ailes aient une section symétrique), la marche arrière de zéro à pleine puissance. La machine de propulsion n’a donc pas à être réversible.
- Mais voici qui est tout à fait particulier. Si nous excentrons le point N dans une direction quelconque, nous
- \\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\^^
- Pivotement
- Mouvement
- transversal
- Fig. 5. — Manœuvres de quai exéculées à l'aide du propulseur.
- Au milieu, bâtiment débordant par pivotement; à gauche, bâtiment à deux propulseurs débordant par mouvement transversal.
- porte un petit bras transversal 10; ce bras est réuni par une bielle 9 à une biellette oscillante 7 qui coulisse dans le guide orientable 8 et vient s’articuler sur le « plateau d’excentricité » 6. Rappelons que tout l’ensemble tourne autour du centre de figure, mais que l’excentration du plateau 6 doit pouvoir être réglée en grandeur et en direction par le timonier.
- Ce double réglage est obtenu au moyen de deux cylindres à huile disposés à angle droit (fig. 8) et dont les pistons attaquent par bielles une broche oscillante à trois rotules; la rotule inférieure se déplace, entraînant le plateau excentré. Dans la position « en avant toute » (piston servo-moteur de marche à fond vers le centre), le piston n° 2 (servomoteur à diriger) peut déplacer le point N' jusqu’à 40° à droite ou à gauche de sa position moyenne, ce qui permet des déplacements
- Fig. 7. — Réalisation technique du montage cinématique de la figure 3.
- 1. Broche de l’aile. — 10. Levier monté sur la broche. — 9. Bielle. •— 8. Guide orientable. •— 7. Biellette. — 6. Plateau d’articulation excentré. (L’appareil est représenté en position de marche avant.)
- Fig. 6. — Vue arrière du Kempten montrant les deux propulseurs à quatre ailes. Chaque propulseur est mû par une machine de 280 ch.; seules les ailes dépassent, les disques rotatifs étant encastrés dans la coque.
- obtiendrons une poussée oblique ou même transversale et cela sans gouvernail et dans les mêmes conditions exactes de rendement et de puissance que pour la marche avant ou arrière (fig. 4 et 5).
- Avec deux propulseurs, nous pourrons objenir encore mieux en leur faisant fournir deux forces inverses dont les directions se recoupent au centre du navire (fig. 5 à gauche) ; une force transversale sans couple apparaît alors, le navire se déplaçant parallèlement par le travers.
- Notre figure 5 donne une idée de la souplesse d’emploi du nouveau propulseur pour les manœuvres de port. Les photographies aériennes (fig. 1 et 2) montrent les curieux sillages curvilignes obtenus par des évolutions en pleine eau.
- SERVO-COMMANDES A HUILE
- Techniquement, la disposition cinématique de la figure 3 est réalisée de la façon suivante (fig. 7).
- Dans un palier vertical est logé l’axe 1 de l’aile qui
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- Bâbord
- Marche a m ère
- Servo-moteur de marche
- Manche
- \ Axe (ongitud. I du bateau
- Course du point N'
- Servo-moteur
- Tribord
- Fig. 8. — Schéma, en plan et coupe, montrant le double déplacement de commande que l’on peut communiquer au plateau excentrable.
- Deux pistons à huile agissent à angle droit par.des bielles sur la rotule supérieure d’une broche inclinable à trois rotules i; N, rotule inférieure; h, bielle; O, articulation; BB. TB, bâbord, tribord. (Bulletin technique du Bureau Veritas.)
- giratoires du bâtiment et des virages aigus en pleine vitesse.
- Les deux cylindres à huile sont commandés directement de la passerelle, le cylindre de marche à l’aide d’un levier et le cylindre de direction avec un volant. Cette disposition classique ne présente aucune nouveauté pour les officiers de passerelle, qui ont ainsi entre les mains toutes les commandes sous une forme simple et conforme aux réflexes.
- La construction du propulseur a été très étudiée en vue de soustraire les pièces mécaniques à la corrosion.
- Fig. 10. •— Remorqueur de port équipé avec un propulseur Voiih. On remarquera la position bien dégagée du propulseur au voisinage de la flottaison.
- Les axes et surfaces de contact sont garnis de bronze; les paliers des ailes et toutes les articulations sont logées à l’intérieur du disque rotatif et baignent dans l’huile; le problème de l’étanchéité à l’eau de mer a été entièrement résolu. On a prévu également une ventilation des espaces où pourraient se produire des condensations qui risqueraient d’introduire de l’eau dans l’huile.
- AVANTAGES ET INCONVÉNIENTS
- Actuellement, la puissance des propulseurs, type Voith, est limitée en fait par la difficulté de transmettre plus de 3000 à 4000 ch par engrenages coniques. La transmission électrique permettra sa,ns doute d’aller beaucoup plus loin, le moteur pouvant être placé verticalement.
- On peut même réaliser un bloc moteur-propulseur (fig. 11) en fixant au disque une couronne formant cage
- Fig. 9. -— Ensemble du propulseur avec coupe par arrachement montrant le détail du mécanisme dont la figure 8 donne le schéma.
- Les cylindres à huile sont logés en haut, dans les deux contreforts en équerre. On aperçoit, autour de la broche centrale à trois rotules, la couronne dentée d’entraînement.
- d’écureuil extérieure, à l’intérieur de laquelle plonge un stator alimenté par le générateur du bord.
- A la fin de 1935, on comptait 75 propulseurs en service, avec plusieurs installations de 1800 ch et une installation de 4400 ch en deux propulseurs; pour un bâtiment de mer; des vitesses de vingt nœuds sont couramment réalisées.
- Une application fort curieuse consistera, dans l’avenir, à remplacer le gouvernail et la machine à gouverner des paquebots par un propulseur placé entre les deux hélices et absorbant 10 à 15 pour 100 de la puissance globale. Ce propulseur assurerait :
- Les virages en route libre;
- Les manœuvres de port sans le secours de remorqueurs ;
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- A lui seul, toutes les vitesses jusqu’à douze nœuds;
- Un appoint de poussée en route libre, en pleine vitesse.
- Il est à remarquer que le propulseur présente un très fort effet directionnel, bien supérieur à celui d’un gouvernail, ce qui s’explique si l’on songe que les ailes possèdent une vitesse propre de l’ordre du triple de la vitesse propre du bâtiment, ce qui multiplie par 16 les poussées de l’eau. La stabilité de route est remarquable.
- Le rendement du propulseur est d’environ 8 pour 100 supérieur à celui d’une hélice, une partie de ce bénéfice étant toutefois absorbée par les résistances mécaniques; il est très peu sujet à la cavitation. Ces avantages sont particulièrement marqués pour les bateaux à faible tirant d’eau : bacs, ferries, chalands, petits bateaux à passagers, porteurs de déblais, bateaux-pompes, ainsi que pour les remorqueurs, dont l’hélice fonctionne dans de mauvaises conditions, presque sur place.
- L’aisance et la précision des évolutions sont également appréciables pour les petits bâtiments militaires tels que les mouilleurs et dragueurs de mines. On a les avantages de la propulsion électrique avec une installation moins coûteuse et moins encombrante.
- La simplification des formes de coque, la suppression de l’étambot, du tube d’étambot, du support d’hélice, etc., diminuent le prix de construction du navire. La position haute du propulseur (fig. 10) est un avantage dans les rivières herbeuses; il est d’ailleurs possible de protéger le propulseur par une cage, comme on le fait pour les hélices.
- En regard de ces nombreux avantages, il est équitable de placer les inconvénients, dont le principal est la complication mécanique qui peut faire redouter des avaries.
- A ce point de vue, l’expérience de sept à huit années de service paraît rassurante ; elle prouve que les avaries ne sont pas plus nombreuses et plus dangereuses si l’on inscrit au passif de l’hélice les avaries intéressant le gouvernail, la machine à gouverner et le palier de butée.
- A l’intérieur du bâtiment, l’installation totale est plus simple, donc moins vulnérable qu’avec un bâtiment à hélice. Quant aux ailes, elles peuvent « encaisser » un
- Sfator
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- Brochet
- Rotor
- Fig. 11. — Une curieuse combinaison : éleclro-propulseur formant moteur électrique asynchrone.
- La machine motrice entraîne un alternateur qui alimente les enroulements du stator; le rotor, à cage d’écureuil, est concentrique et extérieur et l'ait corps avec le disque du propulseur. La partie hachurée à traits croisés est seule en rotation. Cet appareil paradoxal remplace le moteur de propulsion, l’hélice, le gouvernail et la machine de gouvernail !
- choc sans se briser, le disque étant d’autre part suffisamment robuste pour tourner en sécurité malgré le déséquilibrage.
- Le propulseur Voith apporte, en résumé, une solution vraiment nouvelle et qui paraît au point, dans le cadre bien délimité où il a été appliqué depuis quelques années. On peut souhaiter le voir se développer en France pour les petits bâtiments de port et de la flotte militaire, une certaine prudence s’imposant pour l’extension aux moyens bâtiments de mer. Pierre Devaux,
- Ancien élève de l’École Polytechnique.
- LES MOTO-BALLONS
- La possibilité de pouvoir observer de haut les mouvements de l’ennemi a toujours été l’un des soucis dominants des chefs d’armée. Cela nous fait comprendre comment et pourquoi les moindres éminences furent toujours judicieusement utilisées lors des grands mouvements de troupes et des grandes batailles de l’antiquité, pour l’observation des forces adverses.
- Aussi ne faut-il pas s’étonner que, dès que les ballons eurent été mis au point, après l’invention des premières montgolfières puis des premiers aérostats à gaz, les commandants d’armée aient songé à leur application pratique en tant qu’engins d’observation.
- Il faut attendre jusqu’au 26 juin 1794 — bataille de Fleurus — pour voir apparaître le premier ballon captif
- IJ Entreprenant, dans le ciel d’une grande bataille. Deux ans plus tard à la bataille de Mantoue (Campagne d’Italie), le ballon joue à nouveau un rôle décisif.
- A cette époque, la guerre transforma sa tactique générale. Les masses militaires étaient en perpétuel et rapide mouvement, les franchissements d’obstacles nécessités par les déplacements nécessaires des points d’observation de l’aérostat devenaient trop lents pour le mouvement des armées.
- Bonaparte fit une ultime tentative lors'de la Campagne d’Égypte, mais en 1797 le corps des aérostiers fut en grande partie licencié. Bonaparte devenu Napoléon abandonna pratiquement l’observation aérienne. Aussi les captifs militaires (dont les précurseurs Léon-Bernard
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- Fig. 1. —• Le moto-ballon au sol avant le décollage.
- Guyton de Morveau (1737-1816), Jean-Marie Joseph Coutelle (1748-1835), Nicolas-Jacques Conté (1755-1805), avaient prévu le brillant avenir), subirent-ils une longue éclipse, jusqu’à la guerre de 1870-1871 où ils rendirent de signalés services qui devaient se continuer — éclatants cette fois — pendant la grande tourmente de
- 1914-1918.
- Les guerres se transforment sans cesse dans leur tactique et dans leurs moyens d’attaque et de défense; ce qui était bon à Verdun ne le serait déjà plus pour la prochaine guerre — que nous souhaitons tous ne jamais voir —. Mais enfin il faut toujours être prêt à une attaque venant de l’extérieur, ce qui explique l’incessant travail fourni par notre aéronautique pour se maintenir à la tête des nations amies ou ennemies. D’où la nécessité de perfectionner les ballons d’observation et d’augmenter leur rapidité de franchissement.
- De cette nécessité est né le moto-ballon. Il n’est autre chose qu’une « saucisse » d’observation à laquelle — sa
- Fig. 2. — Le moto-ballon en plein vol.
- mission terminée — on adjoint une nacelle munie d’un moteur, d’une hélice et de gouvernes de profondeur et de direction qui lui permettent de franchir, sans le secours de la troupe, les obstacles courants : arbres, ligues télégraphiques, lignes de transports de force, fermes, pour rejoindre à 45 à l’heure le nouveau point où — devenu à nouveau engin d’observation — on lui fera abandonner sa nacelle automobile pour lui adjoindre une nouvelle fois son « panier » où l’observateur se mettra immédiatement au travail.
- On comprend dès Jors l’importance lactique considérable du nouvel engin dont la création a été facilitée par le général Denain, alors ministre de l’Air, sur la proposition des usines Zodiac, qui construisirent le premier moto-ballon du monde.
- Sa mise au point pratique a été faite par le pilote Debroutelle dont La Nature a déjà eu l’occasion de signaler la valeur lors des essais de l’hélistatique de M. Devil.
- Le premier moto-ballon Zodiac a été expérimenté avec grand succès aux grandes manœuvres de 1934. Il a été étudié et construit en sept semaines. L’engin était muni d’un moteur 60 ch Salmson. Son cubage était de 900 m3, sa vitesse maxima de 50 à l’heure, sa vitesse de croisière de 45. Son plafond atteignait 800 m. Il n’était pas utilisé, le rôle du moto-ballon étant de se déplacer au ras du sol pour ne pas être repéré, et juste à la hauteur suffisante pour franchir rapidement les obstacles.
- A noter enfin que la nacelle-motrice utilise les mêmes suspentes que le panier qui sera suspendu au moto-ballon devenu captif lorsqu’il s’agira pour lui uniquement d’observer. Cette particularité est intéressante car elle explique la rapidité avec laquelle se fait le change ment de nacelle au moment voulu.
- La maniabilité du moto-ballon est extrême. Son pilotage, comme celui d’un avion, est rendu possible par un palonnier (direction) et par un manche à balai (profondeur). La maniabilité de la saucisse à moteur est à souligner car elle lui est indispensable pour diminuer sa vulnérabilité dans ses déplacements.
- Les gains de temps réalisés lors des franchissements d’obstacles peuvent être cités sans exagération comme étant considérables. Il faut donc admettre que le moto-ballon, au point de vue tactique, constitue une invention importante permettant d’amoindrir la vulnérabilité de la machine par la rapidité même de ses changements d’emplacement d’observation.
- *
- * *
- Il est évident que dans l’avenir le moto-ballon ne restera pas le seul engin tour à tour mobile et immobile, servant à l’observation. Le giroplane viendra à son tour apporter son appoint à l’examen des lignes ennemies. Entre ces deux engins, tour à tour mobiles etimmobiles, s’intercalera l’autogyre capable d’une grande lenteur pour
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- l’observation poussée de certains points intéressants, mais capable aussi d’une vitesse suffisante pour se dégager d’une position fâcheuse en cas d’attaque.
- Moto-ballon, giroplane et autogyre seront donc les trois engins qui compléteront l’œuvre de l’avion d’observation beaucoup plus rapide, à grand rayon d’action, mais observant seulement les grandes lignes d’une attaque, les grands mouvements de troupes, sans avoir le temps d’en fouiller les détails.
- C’est vers cette observation perfectionnée que semblent tendre les efforts des états-majors mondiaux et il semble que ce soit l’armée russe qui soit le plus près de la notre dans le perfectionnement des moyens dont nous venons de parler. En effet, les Russes ont eux aussi leurs moto-ballons, construits postérieurement aux nôtres, et s’ils n’ont pas encore de giroplanes ils ont déjà des autogyres dont leurs bulletins d’information signalent l’excellente tenue.
- L’effort aéronautique russe est du reste remarquable, et nous aurons peut-être ici l’occasion d’y revenir.
- Le moto-ballon en France a-t-il atteint l’apogée de son perfectionnement ? Non pas. On arrivera d’ici pen à augmenter sa vitesse, ce qui est le point le plus important à considérer dans son emploi.
- On a compris peu à peu son utilité. Le moto-ballon, frère cadet du dirigeable, rencontra à sa naissance le même scepticisme que son frère aîné : heureusement pour lui, ce scepticisme ne durera pas.
- Cette réflexion m’amène à ouvrir une parenthèse qui n’est pas déplacée puisque moto-ballon et dirigeable font tous les deux partie de la famille des plus légers que l’air. Savez-vous quel est le,relevé des performances du Zeppelin L.Z.127 depuis 1928 jusqu’à la fin de 1935 ? Le voici : Nombre de kilomètres parcourus,JL355 872. Nombre
- = L’HUILE
- La production mondiale de la graine de ricin peut s’estimer, à l’heure actuelle, à quelque 200 000 t, dont les Indes anglaises détiennent quasi le monopole, leur tonnage atteignant environ 155 000 t.
- La teneur en huile de la graine complète — enveloppe comprise —varie entre 46 et 53 pour 100, ce qui représente un chiffre annuel d’environ 100 000 t d’huile mises sur le marché.
- Cette importante extraction oléagineuse provient de différentes variétés de plantes dont le Ricinus communis minor et major des Indes et le Ricinus sanguineus Hort. des régions tropicales et subtropicales.
- La récolte des capsules a lieu après 4 à 6 mois pour les petites variétés et entre 5 et 7 mois pour les grandes. Le degré de maturité joue un rôle considérable dans la teneur de la graine en huile, qui peut varier de 0,86 à 9,5 pour 100 en plus ou en moins selon les circonstances de la cueillette.
- Dans les variétés à capsules déhiscentes, on doit enlever les fruits un à un en allant du bas de l’inflorescence vers le haut, au fur et à mesure de leur maturation. Là où les-capsules restent fermées, on peut laisser toute la hampe florifère mûrir avant de procéder à son enlèvement. Notons en passant qu’il existe des variétés semi-déhiscentes, dont les fruits ne tombent
- Fig. 3. — Le pilote Debroutelle (à l’avant), emmène un passager en
- moto-ballon.
- d’heures de vol, 13 358. Nombre de personnes transportées (équipage compris), 32 962. Nombre de passagers transportés, 11 929. Nombre de vols effectués, 505. Nombre de traversées de l’Océan, 111. Poids total du courrier transporté, 35 640 kg. Poids total du fret, 50 437 kg. Pannes ; une, qui permit cependant de terminer le voyage. Accidents : néant.
- Quel plus lourd que l’air, quel qu’il soit, et si grand soit-il, peut se targuer de semblables performances et d’une telle sécurité ? Aucun.
- S’il est évident que le dirigeable « ne paye pas », ce qui signifie que ses lignes d’exploitation sont déficitaires, il paiera un jour, parce que sa sécurité l’imposera.
- Comme s’imposera dans les problèmes tactiques futurs l’utilité de plus en plus grande du moto-ballon, construit par des Français, comme le fut le premier dirigeable rigide : le Spiess. Raymond Saladin.
- DE RICIN ~........................ =
- pas malgré l’ouverture des capsules, ce qui facilite la décortication, un simple battage suffisant pour isoler les graines. Pour les types indéhiscents, les hampes sont mises sous hangar, en tas de 75 cm d’épaisseur, couverts de paille et chargés de poids. Une certaine fermentation se produit, les capsules se ramollissent; il suffit de les étendre ensuite au soleil pour provoquer leur ouverture. D’autres méthodes aussi primitives sont utilisées avec quelques variantes par les indigènes. Les Européens préfèrent utiliser des procédés mécaniques comme cet appareil à deux plateaux à aspérités dont l’écartement peut être réglé suivant la grosseur des fruits à traiter. Quant aux instruments de vannage, ils rappellent nos tarares à céréales.
- L’extraction de l’huile varie suivant les qualités commerciales qui sont aujourd’hui au nombre de quatre : 1° l’huile pharmaceutique ; 2° l’huile de première pression; 3° l’huile de deuxième pression; 4° l’huile sulfurée.
- L’huile pharmaceutique est obtenue après décortication de la graine, le tégument contenant les principes âcres qui donnent à l’huile industrielle la saveur désagréable bien connue des usagers. Cette opération se réalise à l’aide d’un cylindre comprimant la graine suffisamment pour dilacérer la coque
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- sans briser l’amande. Un violent courant d’air sépare les fragments du spermoderme de l’albumen; soumise à la presse hydraulique, l’amande cède son huile à froid. Il sulïit alors de la raffiner par chauffage à 110° avec de l’eau, la matière oléagineuse qui surnage est filtrée sur du noir animal ou au filtre-presse. La coagulation est produite par un chauffage à 93 degrés pendant quelques minutes après l’incorporation à la masse de 2 à 4 pour 100 de terre à foulon et de 1 pour 100 de noir animal. Un dernier filtrage donne le produit pharmaceutique, souvent blanchi par exposition aux rayons solaires dans de grands bacs ad hoc.
- L’huile destinée surtout à la lubrification et aussi à quelques usages industriels ou huile de première pression, s’extrait par pression de graines non décortiquées, préalablement froissées et chauffées, pour augmenter la fluidité du liquide inclus dans les cellules de l’albumen. Le tourteau provenant de ce traitement livre l’huile de seconde pression. Il est concassé, broyé, souvent additionné de 15 pour 100 d’eau, et soumis à l’action de la presse. Cette huile, moins abondante que la précédente est toujours fortement colorée et ne sert qu’aux usages industriels.
- Dans les huileries bien outillées, les tourteaux qui proviennent de la deuxième pression sont divisés finement et traités par le sulfure de carbone qui en extrait encore 4 à 6 pour 100 de la masse totale. Cette huile, fortement acide, sert à préparer les sulforicinates des teintureries.
- L’huile de ricin, comme toutes les huiles végétales d’ailleurs, offre un grave inconvénient pour le graissage, celui de s’acidifier sous l’action des lipases du cytoplasme de la graine, ce qui provoque l’attaque des métaux et le grippage des moteurs.
- Les lessives alcalines ont fourni un remède qui s’est révélé suffisant, mais son coût prohibitif l’a fait abandonner.
- Aussi, s’oriente-t-on vers des méthodes nouvelles dont l’une serait le perfectionnement de la pression à froid en une seule opération; le matériel puissant donne une huile d’acidité pratiquement nulle alors que les anciens procédés iraient jusqu’à 1 pour 100. On a aussi préconisé le chauffage de l’huile à 110° qui détruit la lipase tout en asséchant la masse oléagineuse. Enfin, on en vient à l’extraction par l’éther de pétrole qui ne solubilise aucunement la lipase, l’acidité restant de ce fait stable aux environs de 1 pour 100. Le travail se réalise dans cinq épuiseurs successifs parcourus par de la benzine à 55 degrés. Une sérieuse économie serait réalisée par ce procédé, ne laissant que 2,74 pour 100 d’huile dans les tourteaux.
- Les usages de l’huile de ricin, aujourd’hui fort nombreux, sont encore susceptibles d’un grand développement.
- Citons pour mémoire les usages pharmaceutiques : purgatifs, collodion élastique, etc. Dans le domaine industriel, l’huile est surtout utilisée comme lubrifiant dans les moteurs à combustion interne, principalement en aviation. En association avec du suif de mouton, elle permet d’obtenir toute une gamme de produits. Ainsi, 10 parties de graisse et 90
- parties d’huile donnent une graisse fluide pour coussinets; 20 parties de graisse et 80 partie d’huile, une graisse semi-consistante pour pistons, etc....
- Sa viscosité, qui diminue peu aux hautes températures, assure un meilleur graissage et maintient l’étanchéité de l’intervalle piston-cylindre, ce qui permet une augmentation de pression. Mais son acidité oblige de rincer les moteurs d’avions à l’huile minérale après chaque vol, pratique qui prohibe son emploi dans les automobiles où elle serait d’une large utilisation.
- Cependant, il ne faut pas désespérer de voir un jour l’huile de ricin utilisée couramment par nos garagistes, les procédés nouveaux d’extraction laissant espérer la disparition prochaine de ce gros inconvénient.
- D’autres reproches sont égalerfient faits à l’huile de ricin, notamment le gommage des cylindres. Ceci n’est pas tout à fait exact, le gommage n’ayant lieu qu’à la suite d’un contact prolongé. Le remède s’indique de lui-même. Quant à l’épaississement à basse température, avec sa conséquence fatale, le défaut de graissage, il suffirait de travailler le produit à une-température telle que seuls les glycérides les plus fluides passent, en solution, constituant ainsi une huile moins visqueuse.
- Parmi les possibilités d’un avenir proche, il y aurait également lieu d’envisager l’utilisation de l’huile de ricin comme carburant dans les moteurs du type Diesel. M. l’ingénieur Clerget, qui en a fait l’essai, conclut fort judicieusement que « sa mise en pratique dans l’aviation entraînerait la suppression de tous risques d’incendie à bord, au sol et en plein vol. » En tant que combustible, cette huile avec ses 9000 calories est intermédiaire entre la houille et le mazout.
- La teinturerie fait aujourd’hui un assez large usage de l’huile de ricin sous la forme de sulforicinates, entrant dans la fabrication du rouge turc (Turkey red Oil), donnant du brillant aux teintures sur toile de coton et servant d’agent fixateur aux couleurs d’alizarine.
- Une foule d’autres usages, moins importants, peuvent encore être signalés : fabrication de savons transparents, cuirs souples, cirages, encres à copier, cuir artificiel, linoléum, isolants pour câbles électriques; essence synthétique de cognac (!). On a même signalé naguère qu’un mélange de caséine, d’huile de ricin et d’eau permettait d’obtenir un lait synthétique dont la fabrication n’a pu, pour notre bonheur, être réalisée parce que trop onéreuse !
- Enfin, terminons en ajoutant à cette longue énumération que le ricin est employé aujourd’hui en pyrotechnie, dans le glaçage du riz, dans la préparation des huiles ricinées, dans l’extraction de la lipase, comme agent d’hydrolyse, etc...
- Comme l’on voit, les usages de l’huile de ricin sont aussi nombreux que variés et les essais couronnés de succès de la culture de cette plante dans les colonies françaises et belges méritent le plus large encouragement. L’huile de ricin est un produit d’avenir. G. Remacle.
- L’ASTRONOMIE EXPLIQUEE PAR LE CINEMA
- LES FILMS SCIENTIFIQUES DE MM. LECLERC ET DUFOUR
- Il est étrange que l’astronomie, la plus vieille et la plus attrayante des sciences, passe aussi souvent pour la plus rébarbative. Probablement cette impression est-elle due au vaste appareil mathématique dont elle s’entoure. Peut-être encore provient-elle du fait que, dans notre vie moderne, on ne regarde plus le ciel. Si l’on regrette cette
- indifférence générale vis-à-vis de la science du ciel, si l’on déplore que la connaissance des astres, si hautement éducative et qui conduit aux portes d’une philosophie si élevée, soit, en même temps, la plus délaissée des occupations humaines, on ne peut qu’applaudir à toutes les tentatives faites pour la vulgariser et particulièrement à
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- celles qui, faisant appel au film, profitent, pour toucher la foule, de l’immense mouvement qui pousse celle-ci vers les salles obscures.
- Si l’on a tenté, à plusieurs reprises, de porter à l’écran les évolutions des corps célestes, on a rarement abouti à autre chose qu’à de fades documentaires. On risquait en effet de se heurter soit à l’écueil d’un dogmatisme sec et sans charme, soit à celui d’une interprétation agréable mais fantaisiste des phénomènes sidéraux. Certaines bandes, réalisées par des astronomes, surent pourtant éviter ces deux dangers.
- Ce fut le cas d’abord pour les Mystères du Ciel, réalisés dès 1920 par ce pionnier qu’est M. Lucien Rudaux, puis pour la cinématographie de la Lune réalisée en 1929 par l’Université de Princeton et, plus récemment, pour le fdm tourné par le service méridien de l’Observatoire de Paris, et que le chef de ce service, M. Lambert, présenta lors de la séance inaugurale du Congrès Astronomique international de juillet dernier.
- UN VOYAGE DANS LE CIEL AVEC M. DUFOUR
- C’est à un tout autre point de vue que s’est placé
- Fig. 2. — Un amas d’étoiles.
- La photographie inanimée ne peut rendre la sensation de profondeur et de relief que procure le film.
- Fig. 1. •— Saturne vu d'un de ses satellites.
- Fig. 3. — Les petits cirques qui trouent le sot lunaire.
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- Fig. 4. — La Terre.
- Fig. 5. — Le Soleil aplati à l’horizon. (Pli. Leclerc.)
- M. Dufour, dont le Voyage dans le Ciel, projeté à la Sorbonne en diverses réunions scientifiques, y connut le plus légitime succès. Avec ce film, réalisé pour M. Jean Painlevé, M. Dufour nous entraîne à sa suite non seulement au-dessus des parages désolés de l’astre des nuits, mais, plus loin encore, au pays des nébuleuses et des amas stellaires. Ce savant cinégraphiste, après avoir illustré la manière dont procèdent les astronomes pour évaluer les distances astronomiques, nous fait donc quitter la Terre. Comme les voyageurs enfermés dans le boulet de Jules Verne, nous voyons notre planète diminuer et se réduire à un croissant, tandis que les nuages, qui en parcourent l’atmosphère, en estompent lentement les détails. En même temps, nous nous rapprochons de notre sympathique satellite. Comme nous le survolons à une altitude de quelques milliers de mètres, cirques, montagnes, rainures défilent sous nos yeux. Puis, la Lune s’éloigne et nous filons vers Mars. Voici déjà qu’en grossit le globe et que se dessinent les paysages, tels que les imagine M. Dufour. Dans l’atmosphère d’une extrême légèreté apparaissent Phobos et Déimos. Après avoir entrevu la maigre végétation qui couvre le sol, nous nous laissons emporter vers Saturne. D’incessantes éruptions en déchirent la surface. Les étoiles étincellent à travers l’anneau. Nous nous élançons maintenant vers les régions intersidérales, frôlons une étoile double, franchissons la nébuleuse annulaire de la Lyre, traversons un amas d’étoiles. Et, après cette course prodigieuse, nous redescendons sur terre, où nos yeux peuvent se reposer sur les paysages plus calmes de notre modeste habitat.
- On se doute du temps, de la patience et du talent qu’il fallut à l’auteur pour mener à bien cette entreprise. Toutes les vues furent, bien entendu, tournées par lui en studio. C’est dans son pittoresque atelier qu’il nous reçut et nous exposa ses procédés, tandis que le globe lunaire gisait abandonné, sur une planche, et que notre coude s’appuyait sur une planète Mars aux configurations mystérieuses. « Je me suis servi, nous dit M. Dufour, de plusieurs appareils de prise de vues, munis d’une partie optique spéciale permettant les truquages en perspective. »
- Construisant le film photographie par photographie, ne travaillant que la nuit afin de jouir d’une plus.
- Fig. 6. •— Une prise de vue de M. Dufour.
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- grande régularité dans l’éclairage au secteur, il n’est pas étonnant que M. Dufour ait mis huit mois pour achever son œuvre, laquelle, longue de 300 m, donne onze minutes de projection, judicieusement utilisé, le plâtre fournit la matière première de la Lune et des planètes. Pour la Lune, par exemple, des maquettes furent édifiées, sur lesquelles on sculpta les accidents topographiques, à l’aide des photographies obtenues aux grands télescopes.
- Un mélange de sable et d’eau pris au ralenti produisit les bouillonnements de Saturne. La photographie par plans successifs permit enfin ces étonnants effets de perspective remarqués notamment dans l’amas d’étoiles.
- M. Dufour ne s’en tient pas, du reste, à ce premier travail. 11 prépare actuellement, pour M. Jean Painlevé, unç histoire de la Terre en 800 m, qui retracera, de manière fort originale, les phases de l’épopée géologique de notre globe.
- SOLEILS COUCHANTS...
- Avec M. Leclerc, dont la bande fut projetée, elle aussi, à la Sorbonne, à diverses reprises, c’est un chapitre astronomique complètement différent qui se déroule sous nos regards. L’habile cinéaste travailla, pn efîH, sur la nature elle-même, et les Déformations du Soleil couchant qu’il nous présente ne possèdent aucune vue qui ne soit tirée de la plus stricte réalité. Elles constituent donc l’heureuse continuation des beaux travaux de M. Lucien Rudaux,
- Fig. 9. — L’installation de prise de vues de M. Leclerc, avec la caméra longue de 1 m cl l'hélioslal. (Ph. Leclerc.)
- Fig. 1. — Le contraste des ombres et de la lumière dans un paysage lunaire.
- Fig 8. — Le bord inférieur du Soleil happé par l'horizon, (Ph. Leclerc.)
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- que La Nature a présentés à diverses reprises (*), qui sont le fruit de maintes années de travail et dans lesquels le savant astronome de Donville sut joindre l’art à la science. Le gros intérêt de ce travail est d’offrir aux météorologistes un document aussi rare que complet sur l’enveloppe aérienne, les nuages, et les
- étranges déformations que subit le disque solaire lorsqu’il s’enfonce dans les brumes de l’occident. Au surplus, le résultat artistique est étonnant et l’on souhaiterait que l’auteur eût fait dire par le speaker quelques vers de
- 1. Voir dans La Nature les articles de M. Rudaux, n° 2839, 15 août 1930, et n“ 2959, 15 août 1935.
- Soleils couchants de Victor Hugo, qui eussent éloquemment complété cette œuvre. Ces différents couchers de Soleil, dont les uns montrent l’astre du jour aplati en ellipse, dont les autres le représentent déchiqueté, dont d’autres encore figurent son bord inférieur attiré, happé par l’horizon, se terminent par un effet de nuages à l’accéléré, que nous avions déjà vu dans La Fin du Monde, d’Abel Gance, et qui dévoile ici le curieux mode de déplacement des flocons nuageux.
- Ce film fut réalisé au bord de la met, à l’Observatoire du Mont-Vaintan (Manche).
- Grâce à l’horizon très dégagé, lés conditions d’observation étaient donc analogues à celles des hautes montagnes, avec cette différence que l’atmosphère maritime impliquait de grandes variations dans l’indice de réfraction.
- Une épaisseur d’air considérable se trouvait interposée entre le Soleil et la caméra, certains nuages étant situés à plus de 200 km.
- M. Leclerc opéra avec un seul appareil, immobile, visant- le miroir d’un héliostat. Divers objectifs permettaient de faire varier la distance focale de 15 mm à 1 m. Diverses vitesses furent également employées, la plus grande partie du film étant tournée à la cadence d’un tour par seconde.
- Mais c’est la question de l’émulsion qui posa les problèmes les plus complexes.
- Avec la pellicule orthochromatique, M. Leclerc éprouva des mésaventures : il eut la surprise de voir disparaître l’image du Soleil lorsque celui-ci, trop rapproché de l’horizon, émettait uniquement des rayons rouges.
- La pellicule panchromatique ne réclama pas une manipulation moins complexe : fort sensible au rouge, elle demanda que l’on diaphragmât considérablement pour les autres radiations.
- L’opérateur se servit donc d’écrans d’intensité variable, depuis le jaune clair jusqu’au rouge presque opaque.
- Ajoutons que les météorologistes ont pris grand intérêt à cette bande qui constitue, d’ailleurs, un essai en vue de la cinématographie de l’éclipse du 19 juin.
- Peut-être ces films marquent-ils l’entrée d’une voie qu’a, jusqu’ici, trop délaissée la cinématographie ?
- La merveilleuse invention de Marey et des frères Lumière n’ouvre-t-elle pas les perspectives les plus séduisantes pour ceux qui, soit par des productions spectaculaires et instructives, soit par des films d’intérêt documentaire essentiel (x), se proposent de servir la science ?
- Pierre Rousseau.
- 1. Nous apprenons que M. Lyot, astronome à l’Observatoire de Meudon, vient de réussir à filmer directement l’évolution d’une protubérance solaire. Nous aurons sans doute l’occasion de reparler de ce remarquable travail.
- Fig. 10. — Un magnifique Soleil couchant. (Ph. Leclerc.)
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- LES VIEUX SAVANTS QUAND ILS ETAIENT JEUNES(1)
- XXI. — LES SAVANTS A RETARDEMENT
- Dans la plupart des exemples que nous avons cités au cours de cette série d’articles, on a pu se rendre compte que bien souvent, la vocation scientifique se révèle chez les futurs savants d’assez bonne heure, sinon dès l’enfance, du moins durant la jeunesse et l’adolescence. Il est relativement rare que cette vocation ou, du moins, sa spécialisation ne se manifeste que sur le tard, à un âge où l’on pourrait croire que l’esprit est définitivement fixé. On en connaît, cependant, quelques exemples typiques — et non des moindres — parmi lesquels se placent, en particulier, Buffon, Lamarck, Delambre, Dutrochet, de Ëlainville, qui, tous les cinq, évoluèrent presque au même âge ; la trentaine.
- Grâce à ses descriptions — au style quelque peu emphatique — des animaux, Buffon (1707-1788) est connu de tout le monde et l’on en fait volontiers le type du naturaliste, au point même qu’il semble à certains avoir été créé et mis au monde à seule fin de contribuer aux progrès de la zoologie.
- En réalité, comme on va le voir d’après les passages suivants extraits de sa biographie par Condorcet (2), il n’est réellement venu à l’histoire naturelle qu’après avoir passé sa jeunesse à presque tout autre chose, quoique, dès sa plus tendre jeunesse, il fût évidemment séduit par le charme de la nature.
- Georges-Louis Leclerc, comte de Buffon, naquit à Montbard, dans la Côte-d’Or; son nom de Buffon venait d’une terre que son père avait achetée, puis revendue et qu’il racheta, plus tard, lui-même, lorsque, à la mort de sa mère, il hérita de quatre-vingt mille livres. Son père était conseiller au parlement deBourgogne. Animé dès sa jeunesse du désir d’apprendre, le jeune Buffon éprouvait, à la fois, et le besoin de méditer et celui d’acquérir de la gloire, ce qui ne l’empêchait pas d’avoir les goûts de son âge. A 13 ans, il entra au Collège de Dijon, où il fut un élève ni meilleur ni pire qu’un autre, sauf qu’il était studieux et appliqué, mais nullement brillant, et qu’il se plaisait particulièrement aux cours de philosophie et de mathématiques. A 20 ans, il chercha à compléter son instruction en se rendant à Angers, qui était, alors, un centre intellectuel réputé et s’y perfectionna dans les hautes mathématiques ; son tempérament bouillant le conduisit à avoir un duel au cours duquel il blessa son adversaire, ce qui l’obligea à revenir à Dijon.
- Le hasard lui avait fait faire la connaissance du jeune lord Kingston dont le gouverneur (précepteur) aimait et cultivait les sciences, particulièrement la botanique, et herborisait avec passion (c’est lui que l’on peut considérer comme le premier initiateur de la voie qui, plus tard, devait rendre Buffon célèbre). Ce précepteur vint avec Kingston et Buffon à Paris, puis à Semur, les suivit en Angleterre et les accompagna en Italie.
- « Ni les chefs-d’œuvre antiques, écrit Condorcet, ni ceux des modernes qui, en les imitant, les ont souvent surpassés, ni ces souvenirs d’un peuple-roi sans cesse rappelés près des monuments dignes de sa puissance, ne frappèrent M. de Buffon; il ne vit que la nature, à la fois, riante, majestueuse et terrible, offrant des asiles voluptueux et de paisibles retraites entre des torrents de laves et sur les débris des volcans, prodiguant ses richesses à des campagnes qu’elle menace
- *> 1. Voir La No.lure depuis le n° 2808.
- 2. Condorcet. Eloge de Bufforr, en tête des œuvres complètes de celui-ci. Cet éloge quelque peu déclamatoire et agaçant, comme on le verra plus loin, est bien dans le style de l’époque où il a été prononcé.
- d’engloutir sous des monceaux de cendres et de fleuves enflammés et montrant, à chaque pas, les vestiges et les preuves des anciennes révolutions du globe. La perfection des ouvrages des hommes, tout ce que leur faiblesse a pu y imprimer de grandeur, tout ce que le temps a pu donner d’intérêt et de majesté, disparut à ses yeux devant les œuvres de cette main créatrice dont la puissance s’étend à tous les mondes, et pour qui, dans son éternelle activité, les générations humaines sont à peine un instant. Dès lors, il apprit à voir la nature avec transport comme avec réflexion; il réunit le goût de l’observation à celui des sciences contemplatives; et, les embrassant toutes dans l’universalité de ses connaissances, il forma la résolution de leur dévouer exclusivement sa vie. Une constitution qui le rendait capable d’un travail long et soutenu; une ardeur qui lui faisait dévorer sans dégoût (sic) et presque sans ennui les détails les plus fastidieux; un caractère où ne se rencontrait aucune de ces qualités qui repoussent la fortune; le sentiment qu’il avait déjà de ses propres forces, le besoin de la considération, tout semblait devoir l’appeler à la magistrature où sa naissance lui marquait sa place, où il pouvait espérer des succès brillants et se livrer à de grandes espérances : elles furent sacrifiées aux sciences et ce n’est point le seul exemple que l’Académie des Sciences (x) puisse présenter de ce noble dévouement. Ce qui rend plus singulier celui de M. de Buffon, c’est qu’alors il n’était entraîné vers aucune science en particulier par cet attrait puissant qui force l’esprit à s’occuper d’un objet et ne laisse pas à la volonté le pouvoir de l’en distraire. Mais tout ce qui élevait ses idées ou agrandissait son intelligence avait un charme pour lui; il savait que, si la gloire littéraire est après la gloire des armes, la plus durable et la plus brillante, elle est, de toutes, celle qui peut le moins être contestée; il savait enfin que tout homme qui attire les regards du public par ses ouvrages ou par ses actions n’a plus besoin de place pour prétendre à la considération, et peut l’étendre par son caractère et sa conduite. »
- Chose assez inattendue, les premières publications de Buffon furent des traductions d’ouvrages anglais qu’il entreprit, à la fois, pour se faire connaître et se perfectionner dans la langue anglaise, tout en s’initiant, dans Newton au calcul de l’infini, dans Halles à une physique nouvelle et, dans Tull aux premières applications des sciences à l’agriculture.
- Fait singulier aussi, Buffon parut d’abord vouloir se livrer uniquement aux mathématiques : regardées, surtout depuis Newton, comme le fondement et la clef des connaissances naturelles, elles étaient, en quelque sorte, devenues en France une science à la mode, avantage qu’elles devaient en partie à ce que de Maupertuis, le savant alors le plus connu des gens du monde, était un géomètre. Mais si Buffon s’occupa quelque temps de recherches mathématiques, c’était surtout pour s’étudier soi-même, essayer ses forces et connaître la trempe de son génie. Bientôt il sentit que la nature l’appelait à d’autres travaux et il essaya une nouvelle voie que le goût du public lui indiquait encore. A l’exemple de Duhamel, il voulait appliquer les connaissances physiques à des objets d’une utilité immédiate; il étudia en physicien le bois dont il était obligé de s’occuper comme propriétaire et publia sur cette partie de l’agriculture plusieurs mémoires remarquables surtout par la sagesse avec laquelle, écartant tout système, toute vue générale, mais incertaine, il se borna à montrer des faits, à détailler des expériences. Il n’osa s’écarter de l’esprit qui commençait alors à dominer parmi les savants de cette
- 1. Buffon y fut reçu, à 26 ans, dans la section de mécanique, singulière destinée pour un zoologiste !
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- fidélité sévère et scrupuleuse à ne prendre pour guides que l’observation et le calcul, à s’arrêter dès l’instant que ces fils secourables se brisent ou s’échappent de leurs mains. Il s’occupa en particulier du moyen de donner à l’aubier une dureté au . moins égale à celle du cœur du bois, mais son travail ne mérite pas d’attention, sans doute par suite de son insuffisance en physiologie végétale. Il ne devait, d’ailleurs, pas y insister et, peu de temps après, il s’occupa... des miroirs brûlants d’Archimède et de Proclus.
- Jusqu’ici on ne voit guère le zoologiste pointer en Buffon. Ce n’est qu’en 1739, c’est-à-dire alors qu’il avait 32 ans, que sa vocation se révéla du fait que, cette année-là, il fut nommé Intendant du Jardin du Roi, où il succéda à Dufay qui, peu de temps avant sa mort, l’avait incité à se présenter, ce qu’il n’accepta, d’ailleurs, qu’un peu à regret car sa fortune personnelle lui permettait de vivre indépendant. Conscient de ses connaissances encyclopédiques, il entreprit la rédaction de l’Histoire naturelle connue de tous et y travailla dix ans; c’est un monument de science et, surtout, de style.
- * *
- Lamarck (1744-1829), le plus prodigieux des naturalistes français, est demeuré, pendant très longtemps, presque ignoré ou, plutôt, connu seulement de quelques spécialistes. Ce n’est guère qu’après les publications de Darwin que l’on s’aperçut que la théorie du transformisme avait été, en réalité, exprimée par Lamarck avec une lucidité et un luxe d’arguments qui auraient dû forcer l’admiration. Dès lors, ce précui’-seur est devenu un dieu pour ceux qui s’intéressent à la philosophie naturelle et l’admiration pour son génie ne fait, avec raison, que croître chaque jour. A l’occasion du centenaire de son ouvrage capital, la Philosophie zoologique (1809), la Société zoologique de France a eu la bonne idée de publier sur lui un très intéressant recueil (*) confié à M. Marcel Landrieux et qui va nous permettre de donner quelques détails, sur ses débuts, lesquels, comme on va le voir, n’ont rien de scientifique, mais qui expliquent que Lamarck n’entra dans la carrière des sciences qu’à 30 ans.
- Jean-Baptiste, Pierre-Antoine de Monet, chevalier de Lamarck, était né à Bazentin-le-Petit, en Picardie, petit village situé sur les confins de l’Artois, non loin de Bapaume. Son père était Jacques-de-Monet-de-La-Marck (c’est ainsi que le nom est souvent orthographié), chevalier, baron de Saint-Martin, seigneur de Bazentin, qui s’était marié avec Marie-Françoise de Chinignolle, petite-fille de François de Parthenay, commandant du château de Péronne. Malgré cette avalanche de titres seigneuriaux, cette famille semble avoir été des plus modestes, car la maison qu’elle habitait ne comprenait qu’un seul étage sur rez-de-chaussée, avec seulement trois fenêtres de façade, servant de grenier et de bûcher. Le jeune Lamarck était le dernier de onze enfants. On ne sait rien de l’état d’esprit de ses parents et l’on h’est pas plus renseigné sur son enfance, à part cette phrase de de Blainville :
- « Dès son enfance, il aimait la solitude et avait peu les goûts de son âge ». Son père et ses frères servaient à l’armée. Les ressources de la maison se trouvant trop réduites pour qu’il fût possible de pourvoir à la dépense de son entretien militaire, Jean-Baptiste fut destiné à l’état ecclésiastique et cela d’autant plus que son parrain était chanoine. Il fut envoyé au pauvre collège des Jésuites d’Amiens, où l’enseignement durait de cinq à six années et où l’on apprenait surtout les langues mortes et la philosophie, ainsi que la physique et les mathématiques, mais non les sciences naturelles.
- 1. Marcel Landrieux. Lamarck, le fondateur du transformisme, sa vie, son œuvre. Soc. Zool. de Fr., 1909.
- Au bout de quelques années, Lamarck, ne sentant aucune vocation pour son état, quitta le-collège et résolut d’entrer dans l’armée où, malgré la faiblesse de sa constitution, il fut admis, non sans difficulté et où il se conduisit fort bien et fut fait officier. Mais une maladie scrofuleuse l’obligea à partir pour Paris où, pour gagner sa vie, il entra d’abord chez un banquier où il resta environ un an et apprit la tenue des livres. Mais cette occupation ne convenant pas à ses goûts, il la quitta pour se livrer de nouveau à l’étude de la botanique et entreprendre des études médicales. Comme le cours de botanique avait été peu à peu remplacé par un cours de matières médicales (plantes, animaux, minéraux) il prit l’habitude, suivant l’usage d’alors, d’aller étudier le monde des plantes au Jardin du roi (le futur Muséum). Il y rencontra J.-J. Rousseau et fut admis à ses herborisations. Il résolut dès lors de se consacrer aux sciences; il avait une trentaine d’années.
- Nous n’avons pas à le suivre ici dans l’admirable carrière zoologique et botanique qu’il poursuivit entièrement au Muséum, au milieu de nombreuses difficultés et qui devaient se continuer, dans sa vieillesse, par la perte de la vue. Il resta, pendant dix ans, dans les ténèbres, mais, néanmoins, occupa son activité en dictant son Histoire des Animaux sans vertèbres à sa fille, Mlle Rosalie de Lamarck, qui l’assista avec un dévouement sans bornes. Gloire au père et à la fille !,
- Bien que connu surtout comme astronome, Delambre (1749-1822) fut, pendant sa prime jeunesse, plutôt porté vers la littérature, qu’il ne cessa jamais, d’ailleurs, de cultiver jusqu’à la fin de sa vie. On va voir, d’après des extraits de sa biographie par Fourier (x) comment il passa de la littérature aux mathématiques en général et à l’astronomie en particulier, à laquelle il ne vint guère qu’à l’âge de 32 ans.
- Delambre était né à Amiens; l’abbé Delille, qui enseignait les lettres dans le collège de cette ville et qui devait bientôt illustrer son nom, distingua, parmi ses disciples, cet enfant au caractère le plus doux, doué d’une mémoire prodigieuse, à qui les langues anciennes étaient déjà familières. Il se plut à développer en lui les premiers germes du talent et du goût et inspira au jeune Delambre la passion des longues études. Ainsi se forma l’amitié généreuse et inaltérable qui unissait ces deux hommes célèbres. Après le cours des premières études, il restait à poursuivre dans la capitale une carrière commencée sous de si favorables auspices. L’élève de Delille, qui n’avait pas cessé d’occuper le premier rang dans les études littéraires, obtint, à Paris, des succès éclatants dans tous les genres d’instruction classique et y acheva sa philosophie, mais il revint bientôt à cette littérature ancienne qu’il avait cultivée dès ses premières années. La bourse dont il bénéficiait venant à expiration, il passa plus d’une année dans l’attente d’une situation et supporta avec stoïcisme les privations les plus extraordinaires ou, plutôt, il les oubliait facilement : tout ce que d’autres auraient jugé nécessaire lui paraissait à peine désirable. On ne pourrait croire, s’il ne l’eût rapporté lui-même, quelle fut, durant cette retraite, l’extrême modicité de ses dépenses. C’est alors qu’il se livra sans réserve à des études historiques et littéraires qui ont été l’origine de ses grands travaux. Il entreprit des traductions assez étendues d’ouvrages latins, grecs, italiens ou anglais, non dans l’espoir de retirer de ce travail aucun profit, ce qui lui eût été facile, mais dans le seul but de perfectionner son instruction. Il commença aussi, pour le même motif, à se livrer à l’étude des sciences mathématiques.
- 1. Mém. de l'Académie des Sciences de l'Institut de France, tome IV, Paris 1924.
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- « Il vivait obscur et ignoré, mais heureux et libre, sans autre passion que celle de l’étude. Son temps, seul bien qu’il possédât, lui restait tout entier; aucune visite importune n’interrompait ses loisirs; enfin son talent se fortifiait chaque jour. La solitude inspire le génie; elle appelle les grandes pensées, dissipe le désir présomptueux d’une renommée hâtive et vulgaire et prépare les ouvrages immortels qui feront l’admiration des siècles. Le mérite extraordinaire de son caractère et de ses mœurs, la résolution même qu’il avait prise de recommencer seul le cours entier de ses études, attirèrent l’attention. On lui proposa de consacrer quelques années à l’enseignement; il y consentit et se rendit à Compiègne, où il résida peu de temps, le séjour dans la capitale étant devenu nécessaire à ses études. De retour à Paris, il poursuivit la même carrière, mais avec de plus grands avantages qui lui procurèrent une existence indépendante et assurée. C’est dans ce temps de sa vie que Delamhre se sentit vivement entraîné dans la carrière des sciences : il approfondit les théories mathématiques, étudia la physique et l’asti'onomie, tout en continuant de cultiver la littérature et l’histoire. 11 se distinguait par la persévérance de ses vues; ce fut toujours le caractère principal de son esprit. Personne n’a mis plus que lui de suite dans ses travaux et n’a parcouru le vaste champ des connaissances humaines » (Fourier).
- Il se rendit au Collège de France pour suivre les leçons de Lalande, dont il avait déjà lu les ouvrages et dont il avait déjà rédigé un commentaire complet. Lalande le remarqua et voulut connaître les commentaires qu’il avait tirés de son Traité d’astronomie, puis le prit comme collaborateur. Lalande, d’autre part, détermina M. Dassy, dont le fils avait reçu longtemps les leçons de Delambre, à établir dans son hôtel un observatoire spécial. Delambre acquit à ses frais les instruments nécessaires et s’appliqua aux observations; il entreprit en même temps des recherches plus étendues, forma le dessein de perfectionner toutes les tables astronomiques et consacra sa vie à l’étude et à la description du ciel. Il semble qu’il fut amené à se spécialiser dans l’astronomie parce que ses travaux historiques l’avaient conduit à écrire une Histoire de l’Astronomie ancienne (1817), laquelle fut suivie, quelques années après, d’une Histoire de l’Astronomie au Moyen Age (1819) et d’une Histoire de l’Astronomie moderne (1821).
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- Dutrochet (1776-1847), qui a attaché son nom à une découverte capitale — celle de Yosmopc — et qui s’occupa de nombreuses questions de physiologie végétale et de physiologie animale, ne commença véritablement ses recherches scientifiques qu’à l’âge de 34 ans.
- Il était né au château de Néon dans le département de l’Indre. Son père, comte du Trochet (c’est la vraie orthographe du nom que le futur savant devait, plus tard transformer en Dutrochet, cas rare où un noble abandonne de lui-même la particule) était officier d’infanterie au régiment du roi. Le fils naquit pied bot et son infirmité était telle que, lorsqu’on le mettait debout, tout son corps portait sur les malléoles et que cette déformation congénitale fut considérée par les médecins comme incurable.
- Mais la tendresse maternelle n’accepta pas cette condamnation qui lui ravissait son plus cher espoir. Elle chercha ailleurs des moyens de délivrance et les rencontra dans sa foi en une croyance populaire qui attribuait aux exécuteurs des hautes œuvres en général et à celui de Vendôme, en particulier, un secret souverain pour la réduction des fractures et des luxations. Le jeune patient fut donc conduit à Vendôme et placé dans la maison de confiance où Montagne (c’était le nom du sinistre praticien) venait lui donner ses soins. Mon-
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- tagne rompit en plusieurs endroits les jambes de l’innocente créature, les redressa, les consolida non seulement de manière à rendre la marche possible, mais encore à en assurer la régularité. Après ce résultat inespéré, l’enfant fut ramené à Chareau, maison de campagne de sa grand’mère maternelle, où sa mère passait la plus grande partie de son temps pendant que son mari était au régiment. C’est là que s’était groupée toute sa famille; c’est là que s’écoulèrent les premières années de du Trochet; c’est là qu’il trouva une modeste mais.suffisante aisance quand la Révolution eut confisqué tous les biens provenant du chef paternel; c’est là encore qu’il devait venir demander l’hospitalité, même après son élection à l’Académie, son traitement ne pouvant suffire aux dépenses de sa résidence à Paris (1).
- A l’âge de 8 ans, il entra au collège de Vendôme, tenu alors par les Oratoriens. A l’âge de 15 ans, après de brillantes études, il sortit du collège pour rentrer à Chareau, au sein de sa famille, où la fréquentation des plantes de la campagne lui donna peut-être l’intuition de l’intérêt de la physiologie végétale. En 1799, atteint par la conscription, il opta pour le service de l’armée navale et partit pour Rochefort comme novice timonier, à la solde de douze francs par mois, mais ne tarda pas à se rendre compte qu’à son âge — il avait 23 ans — peu de chances d’avancement lui étaient réservées dans cette carrière. Il s’engagea alors dans l’armée royale qui s’organisait dans le Maine et où deux de ses frères servaient en qualité d’officiers. Un peu plus tard, rendu à la vie tranquille, il revint à Chareau où il resta jusqu’à la fin de 1802, se livrant exclusivement aux plaisirs de la chasse et y supportant son oisive inutilité. Un chirurgien de Paris, M. Petibeau venait d’acquérir une propriété dans le voisinage. Du Trochet eut l’occasion de le voir et de lui confier son ardent désir de se créer par le travail une honorable indépendance, d’autant plus que la fortune de sa mère se trouvait tout à coup considérablement réduite. M. Petibeau, qui était chirurgien en chef de l’hôpital de la rue de Sèvres l’engagea à faire de la médecine et, pour l’aider, lui offrit le logement inoccupé dont il disposait dans l’établissement. Du Trochet suivit ses conseils et dix-huit mois après fut reçu interne dans cet hôpital, pour, en 1806, passer son doctorat. Voulant tirer parti de ce titre, il sollicita un emploi de médecin militaire; en 1808, nommé médecin ordinaire des armées, aux appointements de 3000 francs, il partit de Paris en cette qualité pour la guerre d’Espagne. A Burgos, il fut nommé par l’Empereur directeur en chef d’un hôpital militaire établi dans un couvent de dominicains et où le typhus entassait des mourants et des morts. Du Trochet ne tarda pas à contracter la maladie et faillit en mourir. Sa santé profondément altérée ne lui permettait plus de continuer son service; il partit de Burgos pour rentrer en France avec un congé de convalescence à l’expiration duquel il donna sa démission. C’est encore vers la Touraine qu’il dirigea ses pas, mais, cette fois, pour se fixer au manoir de Chareau et pour y fonder un laboratoire où il put enfin se livrer à ses études sur la nature vivante, auxquelles sa forte culture médicale l’avait admirablement préparé.
- Pour une fois, le typhus rendit donc service à la science en obligeant Dutrochet au repos forcé et en lui permettant de faire, en toute tranquillité, les expériences qui devaient avoir une si grande importance scientifique.
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- Le zoologiste deBlainville (1777-1850), connu aussi par son caractère exécrable et son existence passablement dissolue,
- 1. Coste. Eloge historique de M. du Trochet, Mémoires de l’Académie des Sciences de l’Institut Impérial de France, t. XXXVII, lre partie, Paris, 1868.
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- ne fut un véritable « futur savant » qu’à l’âge de 27 ans. Né à Arques (Seine-Inférieure), Marie-Henri Ducrotay de Blain-ville — tel était son véritable nom — avait, pour père, Pierre Ducrotay et, pour mère, Catherine Pauger de Blainville. Entiché de noblesse, il aimait à dire que sa famille remontait au xive siècle et qu’elle était issue d’un gentilhomme écossais qui, n’ayant que la cape et l’épée, avait reçu du lieu de son débarquement son nom de Ducrotay (ou, plutôt, du Crottoy), petit port de l’embouchure de la Somme que, de nos jours, on appelle Le Crotoy, plage bien connue. Sa biographie a été retracée par Flourens (1).
- Après avoir ainsi placé sous l’égide de la loyauté écossaise la noblesse de ses ancêtres, le futur zoologiste ajoutait que, sous François Ier, le gouvernement du château d’Arques, que sa position rendait, à cette époque, un poste important (on en voit encore les ruines près de Dieppe) avait été confié à un Robert Ducrotay et que la fortune de cette famille s’était encore accrue sous le descendant de celui-ci, lequel ayant eu la rare habileté de se concilier les faveurs de cinq monarques successifs, avait été honoré de marques particulières d’estime par Henri III et avait reçu d’Henri IV, qui, à la bataille d’Arques, trouva en lui un auxiliaire intrépide, la confirmation de ses titres de noblesse et de ses privilèges. Ducrotay de Blainville était fils cadet. Ayant eu, encore en bas âge, le maheur de perdre son père, il reçut du curé voisin du manoir paternel, des leçons élémentaires et rejoignit, plus tard, son frère aîné à l’Ecole militaire de Beaumont-en-Auge. La direction de cette école était confiée à des moines bénédictins, qui eurent, en particulier, Laplace parmi leurs élèves. La tourmente révolutionnaire vint fermer trop tôt pour le jeune Blainville cette excellente source d’instruction. Il touchait à peine à sa quinzième année lorsqu’il revint auprès d’une mère faible, accablée, dont l’affection aveugle ne pouvait opposer une digue assez forte pour maintenir un jeune homme d’une nature difficile. A l’âge de 18 ans, Henri de Blainville, voulant entrer dans les services publics par le génie, passa quelques mois à Rouen, dans une école de dessin. Le directeur de cet établissement écrivait à la mère de son élève : « Le caractère du jeune homme est âpre;.... son cœur, bien qu’ulcéré, n’est pas, sans ressources ; sa plus grande passion est l’envie d’apprendre ; tout le reste est absorbé par des idées mal combinées ». Pour achever ses études, de Blainville vint à Paris. A peine y était-il que l’ombre même de toute autorité disparut. Il perdit sa mère.
- Livré dès lors à lui-même, sa trop grande indépendance lui devint un dangereux écueil; il s’abandonna à toutes les
- 1. Flourens. Eloges historiques, première partie, Paris, 1856.
- passions de son âge; et, environné de jeunes étourdis, il parvint très lestement et très gaiement à dissiper tout son patrimoine. Ce résultat naturel de la vie qu’il menait obtenu, il commença à réfléchir et comprit la nécessité de suppléer aux ressources dont il venait de priver son avenir. Dans ses premiers essais, il ne fit qu’éparpiller son activité inquiète. On le vit tout à tour poète et littérateur parmi ses amis, musicien zélé au Conservatoire, et, dans un atelier renommé, peintre et, surtout, dessinateur très habile (Flourens).
- Le hasard le conduisit au Collège de France et le cours qu’y professait Lefèvre-Ginau lui révéla l’attrait des études sérieuses. De Blainville sentit naître sa vocation. « Rien ne s’harmonisant mieux, écrit Flourens, avec ses goûts et la tournure de son esprit que l’autorité de la chaire et le ton dogmatique du maître, l’influence dominatriçe qu’exerce sur les intelligences la supériorité du savoir lui parut le plus enviable des succès; il crut découvrir la route qui le conduirait un jour à la gloire. Dès ce moment, le travail obstiné, ardent, s’empara de toutes ses forces. Se fiant à de sages conseils, il entra dans l’analyse approfondie de l’organisation humaine, dans la voie des grandes recherches et fit de si rapides progrès, qu’après deux années passées dans les amphithéâtres des hôpitaux, il se posait, dans un travail remarquable (x) de physiologie expérimentale et comparée, en émule de Bichat, et prenait titre de docteur, laissant stupéfaits de surprise ses nobles compatriotes, joyeux compagnons de sa première jeunesse, qui ne le virent pas sans quelques regrets dépouiller l’enveloppe du dissipateur imprudent et frivole ».
- Cherchant de plus à s’instruire et à élargir le cercle de ses connaissances, il travailla, au Muséum où il reçut un accueil sympathique et où il s’attacha d’abord à la zoologie sur laquelle il fit, pendant dix ans, des études approfondies. C’est là qu’il rencontra Cuvier qui lui proposa d’achever, en collaboration avec lui, un grand ouvrage d’anatomie comparée. L’association s’effectua, mais, vu le caractère ombrageux de de Blainville, ne fut pas toujours sans orages. Cuvier ne lui en garda pas trop rancune et, après l’avoir pris comme suppléant au Collège de France, puis au Muséum, le fit nommer professeur d’anatomie et de zoologie à la chaire de la Faculté des Sciences qui venait d’être créée. Il put, dès lors, donner libre cours à son esprit caustique qui, appuyé sur l’observation, servit grandement à la critique scientifique.
- Henri Coupin.
- 1. En voici le titre : Proposilions extraites d’un essai sur la respiration, suivies de quelques expériences sur Vinfluence de la 8e paire de nerfs dans la respiration.
- LA DECOUVERTE DE L’YPERITE
- L’Ypérite, ou gaz moutarde, a joué comme gaz toxique un grand rôle pendant la guerre 1914-18; elle en jouerait, vraisemblablement, un plus grand encore dans les guerres futures.
- Cette dangereuse substance, qui jiroduit insidieusement de redoutables brûlures sur tous les tissus avec lesquels elle se trouve en contact, porte en chimie le nom de sulfure de diéthyle dichloré.
- Elle est connue depuis fort longtemps ; la plupart des auteurs qui ont écrit sur elle font remonter sa découverte à 1859 ou 1860 et l’attribuent à l’Allemand Niemann ou à l’Anglais Guthrie.
- En réalité, ainsi que l’établit M. Peronnet dans le Journal de Pharmacie et de Chimie, elle a été préparée pour la première fois par le physicien français Despretz en 1822; par action du chlorure de soufre sur l’éthylène, ce savant obtenait «un liquide visqueux, plus fixe que l’eau, difficilement combustible et d’un,e odeur désagréable ». Cette préparation a été décrite dans un mémoire, encore inédit, intitulé « Des composés triples du chlore » qui a fait l’objet d’un rapport de Thénard à l’Académie des Sciences le 30 décembre 1822, publié dans les Annales de Chimie et de Physique. Ce rapport mentionne très clairement la découverte du produit qui a depuis conquis une si triste célébrité.
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- LA VOUTE CÉLESTE EN JUIN 1936 (l)
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- Parmi les curiosités astronomiques de premier plan du mois de juin 1936, il faut signaler une belle éclipse totale de Soleil (en partie visible à Paris) le 19 juin, puis la disparition des anneaux de Saturne (voir plus loin). Surveiller les passages de Titan et de son ombre devant le globe de Saturne.
- I. •— Soleil. — Le Soleil atteindra sa déclinaison boréale maximum le 21 juin, à 14“ : + 23° 27'. Ce sera le commencement de l’« été astronomique », correspondant aux plus longs jours de l’année.
- Cette durée sera de 15* 50“ le 1er juin; de 16" 7“ du 17 au 24 juin et de 16“ 4m le 30.
- A ces durées, qui sont celles de la présence du centre du Soleil au-dessus de l’horizon, il faut ajouter le temps du lever ou du coucher du demi-diamètre du Soleil, puis celui du crépuscule civil. Celui-ci cesse quand le Soleil est abaissé de 6° au-dessous de' l’horizon. A ce moment, par temps pur, les grosses planètes et les étoiles de lro magnitude commencent à être visibles.
- Voici quelques valeurs du crépuscule civil le 30 juin :
- Dunkerque : 48 minutes; Paris :
- 45 minutes ; Nevers : 43 minutes ;
- Lyon : 40 minutes; Marseille :
- 37 minutes; Alger : 32 minutes.
- Voici le temps moyen à midi vrai, de deux en deux jours :
- Date.
- Heure du passage.
- iin 1 er 11* 00 B 191
- — 3 11 48 37
- •— 5 11 48 58
- — 7 11 49 19
- — 9 11 49 42
- — 11 11 50 5
- — 13 11 50 30
- — 15 11 50 55
- — 17 11 51 21
- — 19 11 51 47
- — 21 11 52 13
- — 23 11 52 40
- — 25 11 53 5
- — 27 11 53 30
- — 29 11 53 55
- Observations physiques. — astronomique », p. 324. Nous des éphémérides permettant graphies du Soleil :
- Fig. 1. — Aspects de (a planète Saturne.
- En haut : au début de l’année 1936; en bas, vers la fin de juin 1936, quand le plan de l’anneau passera juste par la Terre.
- Dessins de L. Rudaux. (Images renversées telles qu’on les voit dans une lunette astronomique)
- Voir le précédent « Bulletin continuons ci-après le tableau d’orienter les dessins et photo-
- Date. P B0 L0
- Juin 5 — 14°,01 — 0°,09 125°,08
- — 10 — 12°,00 + 0°,51 58°, 90
- — 14 — 10»,32 + 0°,99 5»,96
- — 15 — 9»,89 + 1»,11 352°,72
- — 20 —. 7°,71 + 1«,70 286°,54
- — 23 — 6°,38 + 2°,05 246°,83
- •— 25 — 5°,48 + 2»,28 220»,36
- •— 30 — 3°, 21 + 2»,84 154»,17
- Lumière zodiacale; lueur anti-solaire. — Ces deux phénomènes sont invisibles en cette époque de l’année en France.
- Eclipse totale de Soleil. — Une belle éclipse totale de Soleil se produira le 19 juin. Elle sera visible comme éclipse partielle, à Paris et en France.
- Cette éclipse sera visible, comme éclipse totale, de la Méditerranée, en Grèce, du Nord de l’Asie Mineure, dans la Mer Noire, au Caucase, dans toute la partie centrale de l’Asie, à l’extrémité nord du Japon et dans l’Océan Pacifique.
- Voici quelques villes situées sur la ligne centrale ou dans son voisinage immédiat : Smyrne, Brousse, Erégli, Inéboli, Ekatérinodar, Lietslcaïa, Orsk, Koustanai, Omsk, Tatarskaïa, Tomsk, Atchinsk et pointe nord du lac Baïkal.
- L’éclipse générale commencera à 2h 44m,9; le maximum sera
- atteint à 5*20”,1 et la fin de l’éclipse se produira à 7*55”,3 (c’est l’heure à laquelle le cône d’ombre delà Lune abandonnera la Terre). La grandeur maximum de l’éclipse sera de 1,016, le diamètre du Soleil étant pris pour unité. La totalité aura une durée maxima de 2m32s, au nord-nord-ouest d’Irkoutsk.
- Voici les circonstances de cette éclipse pour Paris. Le Soleil se lèvera à 3*48”, éclipsé de près de la moitié de son diamètre. La plus grande phase aura lieu à 4*12” et la fin de l’éclipse à 5*0“. Au milieu de l’éclipse, sa grandeur maximum sera de 0,617 : diamètre du Soleil = un).
- II. Lune. — Les phases de la Lune pour le mois de juin 1936 seront les suivantes :
- P. L. le 5, à 5“ 22m D. Q. le 12, à 12* 5“
- N. L. le 19, à 5* 15”
- P. Q. le 26, à 19* 23“
- Age de la Lune, le 1er juin, à 0* = 11 J,1; le 20 juin, à 0* = 01,8. Pour avoir l’âge de la Lune à une autre date du mois, ajouter à ces nombres 1 joui-par jour écoulé depuis le 1er ou le 20 juin.
- Plus grandes déclinaisons de la Lune en juin : le 5, à 12* = — 24° 18'; le 18, à 12* = — 24° 19'. On remarquera la faible hauteur de la pleine Lune au-dessus de l’horizon, le 6 juin, vers minuit 30”.
- Périgée de la Lune (plus petite distance à la Terre), le 15 juin, à 21*. Parallaxe = 59'51". Distance = 365 572 km.
- Apogée de la Lune (plus grande distance à la Terre), le 27 juin, à 21*. Parallaxe =• 54'14". Distance = 404 324 km.
- 1. Toutes les heures données dans le présent «Bulletin astronomique » sont basées sur le Temps universel (T. U.), (voir à ce sujet le n° 2964 du 1er novembre 1935, p. 407). Pendant la période d’application de l’heure d’été, ajouter une heure à toutes les heures indiquées ici.
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- ASTRE Date : Juin. Lever à Paris. Passage au méridien de Paris. Coucher à Paris. Ascen- sion droite. Déclinai- son. Diamètre apparent- Constellation et étoile voisine. VISIBILITÉ
- 5 3“ 51“ 11* 48” 58s 19* 47” 4* 53” 22» 34' 31' 34"3 Taureau
- Soleil . . . 17 3 48 11 51 21 19 55 5 43 + 23 23 31 31 ,8 Taureau ( »
- 29 3 52 11 53 55 19 56 6 33 + 23 14 31 30 ,8 Gémeaux \
- 5 3 49 11 20 18 50 4 25 + 18 17 12,0 a Taureau '
- Mercure . . 17 3 3 10 30 17 56 4 20 + 17 12 9,8 <x Taureau j Le matin, à la fin du mois.
- 29 2 38 10 21 18 6 4 58 + 19 57 7,4 Taureau !
- 5 3 31 11 21 19 12 4 23 + 21 8 9,8 U ) Taureau }
- Vénus . . . 17 3 34 11 37 19 41 5 26 23 15 9,8 ç Taureau ( Inobservable.
- 29 3 48 11 54 20 0 6 30 + 23 46 9,6 V Gémeaux \
- 5 3 53 11 55 19 57 4 58 + 23 12 3,6 Taureau
- Mars. . . . 17 3 37 11 43 19 50 5 34 + 23 56 3,6 Y Taureau { Inobservable.
- / 29 3 24 11 32 19 40 6 9 + 24 9 3,6 Gémeaux ^
- Jupiter. . . 5 20 0 0 15 4 26 17 18 — 22 31 42,8 £ Oplnuchus ) Toute la nuit, opposition
- 29 18 12 22 24 2 40 17 5 — 22 20 42,6 Uphiuehus i le 10.
- 5 0 50 6 30 12 10 23 33 5 2 15,4 Verseau j
- S <1L11111 fcî • 29 23 14 4 58 10 39 23 36 — 4 52 16,0 Verseau ^ Seconde partie de la nuit.
- Uranus. . . 29 0 39 7 48 14 57 2 26 + 13 58 3,4 Bélier Inobservable.
- Neptune . . 29 i 9 49 16 24 23 0 11 4 + 7 6 2,4 /. Lion Dès la fin du crépuscule.
- Occultations d’étoiles par la Lune. — Le 8 juin, occultation de 253 B. Sagittaire (6m,0) ; émersion à 0h42m,0.
- Le 29 juin, occultation de 9 G. Balance (6m,5) ; immersion à 21h4m,0.
- Marées; Mascaret. — Les plus grandes marées du mois se produiront à l’époque de la pleine Lune du 5 et surtout au moment de la Nouvelle Lune du 19. Ces marées seront peu importantes, leur coefficient maximum atteignant la valeur 89 centièmes, le 20 juin.
- III. Planètes.— Le tableau ci-dessus, que nous avons dressé à l’aide des renseignements contenus dans l’Annuaire astronomique Flammarion, renferme les données nécessaires pour rechercher et observer les planètes principales pendant le mois de juin 1936 :
- Mercure arrivera à sa plus grande élongation du matin, le 25 juin, à 15h, à 22°4' à l’Ouest du Soleil. Les observations de Mercure seront difficiles à cette élongation, malgré la déclinaison boréale assez forte de la planète.
- Vénus sera inobservable ce mois-ci, elle se trouvera en conjonction supérieure avec le Soleil, le 29 juin, à 10*.
- Mars sera également inobservable; il sera en conjonction avec le Soleil le 11 juin, à 0*.
- Cérès, la petite planète n° 2, dont l’opposition avec le Soleil s’est produite le 16 mai, pourra encore être recherchée au début du mois, aux positions ci-après :
- Date (T. U.) Ascension droite. Déclinaison.
- Juin 1,0 15* 14ra,0 — 11° 4'
- — 9,0 15 8 ,3 — 11» 19'
- Utiliser pour rechercher cette petite planète sur le ciel, la carte de son mouvement donnée au dernier « Bulletin astronomique » du n° 2974.
- Jupiter sera en opposition avec le Soleil le 10 juin, à 16*. Il sera visible toute la nuit. Cette planète est une des plus faciles à observer à l’aide de petits instruments, comme nous l’avons signalé le mois dernier. En particulier, les quatre principaux
- satellites, dans leur mouvement autour de Jupiter, produisent de curieux phénomènes dont voici la liste pour ce mois.
- Phénomènes du système des Satellites de Jupiter.
- Date : Juin Heure. Satel- lite. Phéno- mène. Date : Juin. Heure. Satel- lite. Phéno- mène.
- 2 23h49” II O. c. 18 22ll57” II Im.
- 3 9 12 II P. c. 19 2 2 II E. f.
- 3 2 28 II O. f. 19 2 48 I Im.
- 3 2 49 II P. f. 19 23 58 I P. c.
- 4 1 54 I P. c. 20 0 11 I O. c.
- 4 2 3 I P. c. 20 2 10 I P. f.
- 4 21 5 II Em. 20 2 24 I O. f.
- 4 23 12 I E. c. 20 20 23 II P. f.
- 5 1 32 I Em. 20 20 53 II O. f.
- 5 22 35 I O. f. 20 21 14 I Im.
- 5 22 41 I P. f. 20 23 41 I E. f.
- 9 20 38 III Em. 21 20 36 I P. f.
- 10 2 23 II O. c. 21 20 52 I O. f.
- 10 2 26 II P. c. 24 0 40 III Im.
- 11 20 41 II Im. 26 1 13 II Im.
- 11 23 25 II E. f. 27 1 42 I P. c.
- 12 1 4 I Im. 27 20 49 II O. c.
- 12 22 13 I P. c. 27 22 38 II P. f.
- 12 22 17 I O. c. 27 22 58 I Im.
- 13 0 25 I P. f. 27 23 28 II O. f.
- 13 0 29 I O. f. 28 1 35 I E. f.
- 13 21 47 I E. f. 28 20 34 I O. c.
- 16 21 23 III Im. 28 22 20 I P. f.
- 17 0 36 III E. f. 28 22 47 I O. f.
- Saturne va se trouver en quadrature occidentale avec le Soleil le 13 juin à 10*. Cette planète va offrir, pendant plusieurs
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- mois, un intérêt particulier aux observations. En effet, nous allons assister, dans les mois à venir, à plusieurs disparitions de son anneau.
- Cet anneau a une faible épaisseur, une soixantaine de km au plus, et nous le voyons à une distance de plus de 1 milliard de kilomètres.
- Quand le plan de l’anneau passe par la Terre, il devient invisible, ou du moins il présente des phénomènes très particuliers.
- Quand le plan de l’anneau passe par le Soleil, l’anneau disparaît encore, puisque aucune des faces ne reçoit les rayons solaires.
- Enfin, l’anneau reste invisible quand, éclairé sur une face, la Terre ne voit plus que la face dans l’ombre.
- Ce phénomène de la disparition des anneaux de Saturne se reproduit tous les 15 ans environ. On constate alors, avec une bonne lunette, de chaque côté du globe de Saturne, l’existence de deux appendices lumineux ou sortes de condensations.
- Date. Élongation. 423 Heure.
- Juin 6 Orientale 12\3
- — 14 Occidentale 16 ,3
- — 22 Orientale 11 ,5
- — 30 Occidentale 15 ,2
- Il faut donc s’attendre à voir le passage de Titan et de son ombre devant Saturne le 10 juin et le 26 juin.
- Nous recevrons avec intérêt les observations que pourront faire nos lecteurs et nous les transmettrons à la Société astronomique de France qui lance un appel aux observateurs de ces phénomènes.
- Uranus est encore inobservable ce mois-ci, se levant, à la fin du mois, peu de temps avant l’aurore.
- Neptune est visible dès la fin du crépuscule. Il sera en quadrature orientale avec le Soleil le 4 juin, à 21h. Voir au n° 2970 la carte de son mouvement sur le ciel pendant l’année.
- Voici, d’après le Nautical Almanach la hauteur de la Terre
- au-dessus (au Nord) du plan des anneaux. IV. Phénomènes divers. — - Conjonctions :
- Hauteur Hauteur Le 5, à 7h, Mercure en conjonction avec Vénus, à 2° 59' S.
- Date. de la Terre. Date. de la Terre. Le 5, à 17h, Jupiter — la Lune, à 1° 46' N.
- — — — . Le 9, à 0h, Mercure — o Taureau (3”9) à 0°1' N.
- Juin 24 + 0°,009 Juin 30 + 0°,001 Le 12, à 19“, Saturne — la Lune, à 7° 51' S.
- — 25 + 0°,006 Juillet \ er + 0°,002 Le 15, à 21\ Uranus la Lune, à 4° 59' S.
- — 26 + 0°,003 •— 2 + 0°,004 Le 16, à 2h, Mercure — o Taureau (3m9), à 0° 16' s.
- — 27 + 0»,001 •— 3 + 0°,007 Le 17, à 19h, Mercure la Lune, à 6° 34' s.
- — 28 0°,000 — 4 + 0°,011 Le 19, à 0h, Vénus — la Lune, à 0° 42' s.
- — 29 0°,000 Le 19, à lh, Mars •— la Lune, à 0° 6' s.
- Voici à présent les dimensions du petit axe de l’anneau pendant la même période :
- Le 20, à 4Vénus Le 25, à 7h, Neptune
- Mars, à 0° 30' S. la Lune, à 6° 35' N.
- Date. Petit axe. I Date. Petit axe.
- Juin 18 et 19 + 0",03 Juillet loret2 O <0 o
- — 20 et 21 + o ,02 — 3 à 5 + 0 ,01
- 22 au 26 + 0 ,01 — 6 et 7 + 0 ,02
- — 27 au 30 0 ,00 — 8 et 9 + 0 ,03
- Ainsi les 28 et 29 juin, le plan de l’anneau passera juste par la Terre.
- Le signe + du tableau précédent indique que le Soleil éclaire encore la face nord de l’anneau.
- On trouvera dans Y Annuaire astronomique les points principaux sur lesquels les observateurs devront porter leur attention.
- Notre ami Lucien Rudaux donnera prochainement dans cette Revue un article sur la disparition des anneaux de Saturne, avec beaucoup plus de détails que nous ne pouvons le faire ici.
- Un autre sujet important d’observation est celui des satellites de la planète. Ceux-ci, à part les satellites VIII et IX, circulent dans des orbites dont le plan coïncide avec celui de l’anneau.
- Quand ce dernier se présente, comme cela va être le cas fin juin, juste par la tranche, les satellites semblent alors parcourir des lignes droites, de part et d’autre de la planète, et on les voit alors passer devant celle-ci.
- Titan, le plus gros des satellites de Saturne, projettera même son ombre sur le globe de Saturne. (Cette observation a été faite à l’observatoire de Juvisy, le 19 septembre 1907, à 19h10, avec une lunette de 0mm108.) La durée du passage est d’environ 5 heures.
- On devra donc surveiller les passages de Titan devant Saturne le quatrième jour après les élongations orientales. Voici les élongations de Titan, en juin :
- Etoile polaire-, Temps sidéral. — Voici quelques passages de l’Etoile Polaire au méridien de Paris :
- Temps sidéral à 0h (T. U.) pour le méridien
- Passage. Heure. de Greenwich.
- 9 Inférieur 20h 18” 31s 00 5
- 19 — 19 39 23 17 48 10
- 29 — 19 0 15 18 27 35
- 29 Supérieur 7 2 14 18 27 35
- Etoiles variables. — L’étoile variable Algol (8 Persée) est invisible en cette péiûode de l’année.
- Le 21 juin, maximum d’éclat de R Lion, variable de 5m,0 à 10”,5 en 314R8.
- Etoiles filantes, — La longueur des jours restreint beaucoup la période d’observation des étoiles filantes. On notera avec soin tous les météores que l’on observera, notamment : point d’apparition, point de disparition, heure, etc.
- V. Constellations. — L’aspect de la Voûte céleste le 1er juin, à 23h, ou le 15 juin, à 22h, est le suivant :
- Au Zénith : Hercule; le Dragon.
- Au Nord : La Petite Ourse; Céphée; Cassiopée; le Cocher; Persée.
- A l’Est : Le Cygne, le Dauphin; l’Aigle; la Lyre.
- Au Sud-Est : Le Sagittaire.
- Au Sud : Le Bouvier; la Couronne; le Serpent; Ophiuchus; le Scoi'pion; la Balance.
- A l’Ouest : Les Gémeaux (Castor et Pollux) se couchent; le Lion; la Vierge; la Grande Ourse.
- Em. Touchet.
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- L’AUTOMOBILE PRATIQUE ==
- NOUVEAUTÉS TECHNIQUES - CONSEILS PRATIQUES
- QUELQUES CAUSES MÉCANIQUES DES ACCIDENTS D’AUTOMOBILES
- Malgré les apparences, il y a très peu d’accidents d’automobile provoqués uniquement par des causes mécaniques.
- Ainsi, la plupart des voitures modernes, même les plus modestes, sont construites pour faire des vitesses élevées. Ce n’est pas dans cette aptitude aux grandes vitesses que réside le danger, mais dans le mauvais emploi qu’en fait le conducteur. Pousser exagérément la vitesse sur une route mauvaise, ou à proximité de croisements mal dégagés, ou encore quand la visibilité est défectueuse, est une imprudence dont la voiture elle-même n’est pas responsable.
- Certaines dispositions constructives adoptées dans les modèles récents sont dangereuses par elles-mêmes. Ainsi les carrosseries et les châssis sont de plus en plus abaissés ; le pare-brise de plus en plus réduit, le champ de visibilité est donc limité, la pluie et le brouillard le diminuent encore : les défauts de visibilité peuvent être la cause d’accidents.
- Sur de nombreux modèles récents la direction est à gauche, le levier de changement de vitesse sur le tablier de bord, le levier de frein sous le tablier. Cette modification de la disposition autrefois usuelle peut créer quelque gêne, et par suite quelque danger, pour l’automobiliste habitué à des voitures plus anciennes.
- Mais dans l’ensemble, la construction moderne des automobiles a introduit plus d’éléments nouveaux de sécurité que de causes nouvelles de danger. La résistance des pièces mécaniques est beaucoup plus grande, grâce au choix et au contrôle des matières premières; la rupture d’une fusée, ou d’une pièce de direction, par exemple, est devenue très rare. L’emploi des verres de sécurité, armés ou trempés, s’est généralisé. Les pneumatiques à basse pression n’éclatent plus que rarement, et ne quittent plus la jante, leur adhérence est plus grande, les carrosseries monohlocs entièrement métalliques sont très résistantes.
- La tenue de route, la stabilité de la voiture sont améliorées par l’abaissement du centre de gravité; la suspension à roues avant indépendantes, sinon la traction par les roues avant.
- En tout cas, une voiture rapide exige des freins efficaces, et faciles à manœuvrer.
- Autrefois le freinage agissait directement sur les tambours des roues arrière ou sur les différentiels, mais il fallait exercer un effort assez considérable sur les pédales de commande pour obtenir un arrêt, toujours relativement lent, avec grand risque de dérapage et d’usure anormale des pneumatiques.
- On emploie aujourd’hui des freins agissant sur les quatre roues, associés à des servo-freins augmentant l’effort exercé par le frein lui-même, sans faire intervenir initialement une pression élevée sur la pédale.
- On peut estimer que 80 pour 100 des châssis comportent des freins classiques avec renforcement par des systèmes divers ou des freins auto-serreurs ; ce qui ne veut pas dire que le freinage obtenu ait la même puissance et progressivité sur toutes les voitures.
- Avant d’acheter une nouvelle voiture, l’automobiliste ne doit donc pas seulement examiner la vitesse maxima possible, mais vérifier si la rapidité d’arrêt correspond à la vitesse de la voiture. Il ne devra jamais oublier que l’entretien et le réglage des freins sont au moins aussi indispensables que l’entretien du moteur. Par définition, tout frein, si perfectionné soit-il, s’use en service normal; l’épaisseur des patins diminue, les tringleries prennent du jeu, les tambours s’ovalisent, il ne
- peut y avoir de sécurité sans entretien et réglage périodiques.
- Pourquoi, d’ailleurs, ne pas annoncer en même temps que la vitesse maxima obtenue ou la vitesse moyenne, la distance d’arrêt en fonction de la vitesse sur un sol normal? Il est intéressant de savoir qu’une voiture peut atteindre 110 km à l’heure, mais il est rassurant d’apprendre qu’elle peut s’arrêter normalement en 15 m à 60 km à l’heure.
- Pour donner toute sécurité, une voiture, même rapide et légère, doit pouvoir tenir la route. La limite séparant l’allure de route de la vitesse maxima possible peut être très grande sur une voiture légère; cela dépend essentiellement de la rigidité du châssis, de la suspension et des amortisseurs, de la précision de la direction.
- Les pneumatiques à basse pression peuvent provoquer d’ailleurs des phénomènes de vibration et de dandinements de la direction, qui ont souvent de gros inconvénients ; on s’attache aujourd’hui à supprimer ces imperfections qui peuvent être génératrices d’accidents, surtout aux grandes vitesses.
- Les pneumatiques ne provoquent plus guère d’accidents, l’éclatement est très rare puisque les pneumatiques sont à basse pression, et la fixation des enveloppes empêche leur dé j antement.
- Les progrès de la métallurgie et l’emploi de pneumatiques à basse pression diminuent également les risques de rupture de fusée et de direction; la rupture d’un ressort avant devenue très rare ne cause pas toujours heureusement un accident grave; il en est de même de la rupture du cardan de l’arbre de transmission, constatée encore plus rarement.
- Les ruptures de ressort se produisent évidemment plutôt sur des voitures usagées, et par suite d’un entretien défectueux. A l’avant, et si le ressort cassé se trouve du côté de la direction, sa rupture risque de provoquer un braquage brusque; c’est pour cette raison qu’on place quelquefois des butées du côté de la « jumelle » arrière.
- A l’arrière, la rupture des ressorts a généralement des conséquences beaucoup moins graves, et des réparations de fortune sont même presque toujours possibles.
- Pour éviter les ruptures de ressort, l’entretien, le graissage, la vérification des axes de jumelles et des brides sont, d’ailleurs, des précautions qui peuvent donner généralement toutes garanties au conducteur.
- Il est enfin un facteur mécanique qui joue un rôle spécialement protecteur, c’est la carrosserie entièrement métallique et indéformable.
- L‘AUTOMOBILE EN FRANCE ET EN ALLEMAGNE
- Les statistiques relatives à l’industrie automobile française pour le premier semestre de 1935 indiquent une légère régression par rapport à l’année précédente; les exportations ont diminué et les importations sont plutôt en augmentation.
- Pour le premier semestre 1934, la production des automobiles de tourisme était, en effet, de 95 134 unités; elle est tombée à 89 306 en 1935. De même, la production des motocyclettes était de 17 942, elle est tombée à 11 687.
- Les exportations en 1934 s’étaient élevées à 10 896 automobiles de tourisme; elles étaient de 9929 seulement en 1935; les chiffres correspondants des motocyclettes étaient de 724 et de 245 unités.
- Par contre, les importations qui étaient de 837 automobiles de tourisme et 460 motocyclettes en 1934, se sont élevées à 950 et à 364 unités respectivement.
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- En 1931, les industriels français avaient construit 212 000 voitures, en 1935 ce chiiîre est tombé à 175 000. Pendant ce temps, alors qu’en 1932 les constructeurs allemands avaient vendu seulement 44 000 voitures, ils en ont vendu 215 000 en 1935.
- La baisse de la production française est due avant tout à des raisons économiques et fiscales. Alors qu’en Allemagne le gouvernement hitlérien a supprimé complètement les taxes sur les voitures neuves, la part réservée à l’Etat sur le prix de vente des voitures françaises demeure encore beaucoup trop lourde. La taxe de circulation, supprimée en France en apparence, a été en réalité aggravée par la substitution de droits sur l’essence qui rendent le carburant beaucoup plus coûteux que dans la majorité des pays européens.
- LA COMMANDE DE L’AVANCE A L’ALLUMAGE PAR DÉPRESSION
- La détermination de l’avance à l’allumage, c’est-à-dire du moment exact où doit éclater l’étincelle dans le cylindre, avant que le piston soit arrivé complètement en haut de sa course, a une extrême importance pour le bon rendement d’un moteur et pour sa consommation.
- Les premiers systèmes d’avance à l’allumage étaient commandés par une manette à portée de la main du conducteur; ce dernier devait actionner la manette suivant la vitesse de rotation du moteur, et s’elforçait d’utiliser le plus d’avance possible jusqu’à la limite du « cliquettement ». Il y a intérêt en effet, pour diminuer la consommation d’essence, quel que soit le réglage du carburateur, à maintenir l’avance à l’allumage au maximum, à tous les régimes et à toutes les charges.
- Sur les moteurs modernes, il existe aujourd’hui un réglage automatique de l’avance à l’allumage, presque toujours commandé par la force centrifuge. L’avance à l’allumage est ainsi d’autant plus accentuée que le moteur tourne plus vite. En principe l’avance automatique est réglée pour qu’à tous les régimes du moteur et à pleins gaz le moteur donne toute sa puissance sans « cliqueter ».
- En réalité, le réglage de l’avance ne devrait pas être contrôlé uniquement par la vitesse de rotation du moteur, mais aussi par la compression. En effet, le temps nécessaire pour la carburation du mélange gazeux varie suivant la compression. A admission réduite, la masse de carburant est plus faible, le temps de carburation est plus long; il faut donc augmenter l’avance à l’allumage lorsqu’on, diminue l’admission (fig. 1).
- Dans tous les moteurs, en réalité, l’avance à l’allumage est réglée pour la marche à plein gaz, c’est-à-dire à compression maximum, et l’avance est insuffisante dans la majorité des cas, d’où une consommation trop forte.
- C’est pour éviter cet inconvénient que beaucoup de constructeurs ont muni leurs châssis d’un correcteur manuel de l’avance, dont l’effet est combiné avec celui du dispositif automatique. La plupart des conducteurs ne se donnent cependant pas la peine de manœuvrer constamment cette manette de correction, ils se contentent de la placer dans une position où les cliquettements n’apparaissent pas. Pour obtenir un résultat efficace, il faudrait corriger l’avance chaque fois qu’on agit sur la pédale de l’accélérateur; cette manœuvre serait bien vite fastidieuse.
- L’augmentation de la consommation résultant de l’insuffisance d’avance à l’allumage entraîne une élévation de température des organes fragiles : soupapes et leurs sièges, bougies, pistons, segments, etc.
- Un constructeur d’équipements électriques a créé un dispositif d’avance à l’allumage très ingénieux, entièrement automatique, et répondant aux conditions du problème, sous une forme élégante et simple.
- Il s’agissait de faire varier automatiquement l’avance à l’allumage proportionnellement à la vitesse de rotation du moteur, et en proportion inverse de la quantité de gaz admis par l’accélérateur.
- Le système comporte un dispositif ordinaire d’avance automatique à force centrifuge agissant en fonction de la vitesse de rotation, mais réglé d’une manière particulière.
- A chaque instant, l’avance créée est, en effet, plus grande que l’avance maximum
- normale correspondant à la vitesse du moteur, mais, pour une admission plein gaz; elle est, d’autre part, au plus égale à celle qui correspond à la vitesse du moteur, mais à admission réduite. Le dispositif centrifuge a donc créé un supplément d’avance très notable qu’il faut corriger. Dans ce but, on lui associe un système de compensation obéissant à la commande des gaz pour réduire l’avance au fur et à mesure qu’on augmente la quantité de gaz admise; la diminution est maximum à pleine admission.
- On peut adjoindre au système un correcteur d’avance ordinaire à main, ce qui permet de modifier l’avance initiale suivant le carburant utilisé, les conditions atmosphériques, etc. La solution est ainsi complète.
- Comme le montre la figure 2, la « tête d’allumage » normale de l’installation à induction a été conservée avec le dispositif d’avance automatique centrifuge ordinaire; mais le plateau porte-rupteur a été rendu mobile autour de l’axe du système.
- Pour obtenir ce résultat, des chemins de roulement pour
- Fig. 1.— Courbe d'avance normale à admission complètement ouverte et courbe de correction théorique avec admission réduite.
- Fig. 2. — Système de correction automatique d’avance commandé par
- l’admission.
- Vue extérieure et tête d’allumage (système S. E. V.).
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- = 426 ...........1.....................= .....
- <les billes en acier sont ménagés dans le boîtier et dans le plateau. La course des billes est, d’ailleurs, limitée par des butées; la construction du système permet de supprimer complètement tout jeu lors de la rotation et assure une très grande douceur de roulement.
- Un effort insignifiant suffit donc pour faire tourner le plateau du rupteur et on peut le commander avec une très grande précision par un dispositif de correction automatique.
- Une pompe de petite dimension est disposée sur le côté de la tête d’allumage et elle commande, au moyen d’une tige de liaison, la rotation du plateau mobile, rappelé, d’autre part, par un ressort antagoniste. Le cylindre de cette pompe est relié par une tuyauterie à la tubulure d’admission du moteur.
- Lorsque le moteur fonctionne à pleins gaz, par suite du réglage du ressort antagoniste, le plateau du rupteur est
- Fig. 3. — Redresseur Selenofer L. M. T. (type petit garage).
- amené à sa position d’avance normale. Lorsque la pédale d’accélérateur se relève, le papillon du carburateur se ferme, la dépression augmente, le plateau du rupteur est déplacé vers l’avance par le sytème de correction, et d’autant plus que la dépression est plus forte.
- Au ralenti, et au moment du départ, il ne doit pas se produire d’excès d’avance. Cette condition est remplie grâce à un dispositif simple dont le fonctionnement repose sur l’augmentation de la dépression dans la tuyauterie de l’admission, lorsque le papillon du carburateur est fermé.
- On obtient ainsi une avance normale pour la marche à pleins gaz, une avance supplémentaire progressive dès que le papillon du carburateur n’est plus ouvert complètement, et un retour au point d’avance normal, dès que le papillon du carburateur est complètement fermé. La correction est donc satisfaisante pour toutes les positions de l’accélérateur.
- L’économie est appréciable et de l’ordre de 5 à 10 pour 100; l’agrément de conduite de la voiture est augmenté très nettement.
- L’ESSENCE SOLIDIFIÉE
- Le transport et le stockage de l’essence liquide sont toujours des opérations dangereuses.
- Un fabricant spécialisé dans les études sur les carburants a expérimenté récemment un procédé pour rendre solide l’essence de pétrole de toute provenance, avec possibilité de la ramener ensuite à l’état liquide en lui conservant ses propriétés physiques et chimiques initiales.
- Par l’addition de certaines substances chimiques, l’essence est solidifiée ; au moment de l’emploi, et, par un procédé de distillation, le produit solide dégage complètement l’essence.
- Les dangers d’explosion et d’incendie sont ainsi écartés; le produit emballé dans des caisses ou dans des fûts peut être transporté et stocké plus facilement que l’essence liquide.
- L’ENTRETIEN DES BATTERIES ET LES CHARGEURS D’ACCUMULATEURS
- La batterie d’accumulateurs est devenue un organe essentiel de l’automobile, et de son bon entretien dépend la marche normale de la voiture. La protection des bornes et des connexions contre la corrosion, la vérification du niveau minimum de l’électrolyte dans les bacs et de la densité du liquide sont, indispensables.
- La lecture de la densité doit d’ailleurs s’effectuer au moment de la charge, ou à la fin de la décharge; le moment optimum est celui de la fin de la charge.
- Fort heureusement, les batteries sont, en général, plus accessibles sur les voitures modernes que par le passé et les dynamos permettent d’obtenir un courant de charge généralement suffisant.
- Malgré tout, et surtout l’hiver, lorsque la consommation de courant électrique correspondant à l’allumage des phares et des lanternes vient s’ajouter à celle du système d’allumage et de démarrage, particulièrement pour le service de ville, la décharge de la batterie d’accumulateurs peut devenir anormale, malgré le bon fonctionnement de la dynamo. Sous peine de constater une détérioration rapide des plaques des éléments, il faut alors procéder à une recharge complète.
- Pour effectuer cette opération sur courant alternatif, il faut recourir à un redresseur. Signalons, pour sa sécurité de fonctionnement, son rendement, son poids et son encombrement réduit, le redresseur L. M. T. à couche d’arrêt au sélénium, à fonctionnement indépendant de la pression de serrage variable avec la température. Il peut supporter des températures élevées sans le moindre dommage (fig. 3).
- Le chargeur est formé de plusieurs éléments redresseurs ;
- 11 existe pour l’automobile des modèles depuis 6 volts, 3 amp.
- 12 v-1,8 amp jusqu’à G v, 25 amp ou 12 v 12 amp.
- Grâce à leur faible encombrement et à leur solidité, on peut disposer les coffrets qui les contiennent à titre définitif sur la voiture, ce qui facilite encore la manœuvre de recherche.
- Le système fonctionne, d’ailleurs, non seulement comme une valve, mais encore comme un conjoncteur-disjoncteur statique et instantané, ce qui permet diverses autres applications. L. Picard.
- Adresses relatives aux appareils décrits :
- Allumeur-économiseur, S. E. V., 26, rue Guynemer, Issy (Seine)
- Essence solidifiée, Carbohyd, 14, boulevard Magenta, Paris (10°).
- Redresseur Selenofer, Établissements L. M. T., à Boulogne-Billancourt (Seine).
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- COMMUNICATIONS a l ACADEMIE DES SCIENCES
- Séance du 16 mars 1936.
- Technique des hauts potentiels. — Mme Moreau-Hanoï et M. Pauthenier précisent certains points de la technique des hauts potentiels. Ils sont parvenus à les mesurer en plaçant sur la sphère en charge de petits disques de platine qui se soulèvent, glissent et tombent quand le potentiel atteint une valeur en relation simple avec leur épaisseur, ils signalent l’importance des pertes dues aux aigrettes émises par les conducteurs voisins; il faut, pour les éviter, rapprocher ces conducteurs des parois de la pièce et limiter leur rayon de courbure minimum. Quant au conducteur en charge, la nécessité de prévoir des trous pour la charge par courroies enlève à la forme sphérique sa supériorité; on doit lui préférer le tore ou, plus simple à construire, le tore limité à scs plans tangents supérieurs et inférieurs et à la partie extérieure de ses génératrices. Dans ce dernier cas, les courroies apportant les charges doivent aboutir aux parties planes.
- Compteur de chaleur. — Pour mesurer le nomhre.de calories dispersées dans un circuit chauffant, on peut mesurer : d’une part, le débit volumétrique par un compteur ordinaire et, d’autre part, la différence de température entre les points d’arrivée et de sortie par des couples thermoélectriques. MM. Egal et Chevalier ont imaginé de déclencher une minuterie par le compteur de débit, tous les 100 litres par exemple; la minuterie fait passer le courant des couples pendant un nombre toujours égal de secondes dans un compteur d’intensité. Il est facile de vérifier que les totaux lus sur ce dernier compteur sont proportionnels à l’énergie calorifique dissipée et; qu’il est donc possible de l’étalonner en calories.
- Oiseau fossile géant. — Le gisement de fossiles situé au nord-ouest du Mont d’Or, sur la commune de Lissieu, déjà très riche en vestiges de l’éocène, vient de livrer à M. Gaillard plusieurs ossements d’un grand oiseau du groupe des Diàtrymides qui devait atteindre la taille d’.un casoar. Ces restes des phalanges et des fragments de tarso-méta-tarsiens permettent de classer cet oiseau géant; près du Diatryma sarrasini déjà trouvé près d’Epernay. Le nom provisoire de ce nouveau fossile est Diatryma côtei.
- Vie latente des algues. — M. Becquerel a soumis des algues à la température de — 271° (hélium liquide) pendant plusieurs heures, de —- 190° (azote liquide) pendant 20 jours, après les avoir desséchées dans le vide et gardées fort longtemps, certaines depuis 1910. Replacées dans des conditions normales de vie, ces algues ont fourni leur végétation habituelle, montrant que la mort n’est pas une conséquence nécessaire de la suspension de tous les phénomènes physicochimiques de la vie. Il semble donc que, si un jour le s\stème solaire parvient à un refroidissement total, la vie terrestre ne sera que suspendue et pourra reprendre à la faveur de l’arrivée, au voisinage, d’une étoile chaude ou de la dispersion des matériaux terrestres sur des astres réunissant les conditions physiques et chimiques de la vie.
- Séance du 23 mars 1936.
- Chronographe piézoélectrique. — Si on fait traverser par un faisceau de lumière polarisée rectilignement un quartz piézoélectrique dont l’axe est incliné à 45° sur la section principale du polariseur et ensuite une deuxième lame de quartz compensatrice du polariseur, on peut obtenir l’extinction par un analyseur. Si, dans ces conditions, on entretient électriquement des vibrations longitudinales dans le quartz piézoélectrique, celles-ci provoquent des variations de^réfringence
- qui se traduisent par des éclairs de lumière à la sortie de l’analyseur. Ces éclairs, synchrones avec les vibrations du quartz, sont sensibles au miroir tournant et peuvent impressionner un film animé d’une grande vitesse. La stabilité des oscillations du quartz étant très grande, M. Tawil a pu ainsi les utiliser pour la mesure des temps très courts. Un chronographe ainsi constitué arrive à inscrire 200 000 alternances distinctes par seconde sur un film passant devant l’analyseur à une vitesse de 100 m-sec.
- Radioactivité artificielle de l’étain. — Par irradiation d’un tube de Geiger-Muller en étain, M. Nahmias a pu constater que ce métal acquiert une radioactivité propre. Elle reste toujours assez faible et on peut admettre qu’elle provient de la capture de neutrons par l’isotope 122 de l’étain. La faible proportion de ce dernier dans le métal (5 pour 100) explique le peu d’intensité du phénomène.
- Nouvelle plante à colchicine. — Le « Lofout » est une liliacée qui existe dans les oasis du centre et du sud du Sahara ; il a toutes les apparences d’un colchique. M. Perrot a pu examiner un lot de graines, tubercules et feuilles provenant de l’oasis de Bilma. Les feuilles contiennent environ 1 pour 1000 de colchicine, les semences et les bulbes de 3 à 5 pour 10000, teneurs qui leur confèrent une grande toxicité. L’extraction industrielle de l’alcaloïde pourrait être tentée.
- Métabolisme du brome. — Zondek et Bier avaient annoncé que dans la folie maniaco-dépressive le taux du brome dans le sang humain est inférieur de 40 à 60 pour 100 à la normale. M. Pierre et Mlle Camille Chatagnon, reprenant ces dosages, ont trouvé, au contraire, des chilïres très variables, sans diminution nette. Une localisation importante du brome dans l’hypophyse n’a, non plus, pas été retrouvée. De très notables variations du rapport Br/Cl paraissent prouver que les teneurs en brome sont influencées par l’alimentation et la médication suivant des lois très particulières.
- Tonnage optimum des grands avions. — Comparant par le calcul des avions correspondant aux mêmes programmes quant aux vitesses, altitudes et étapes et possédant des moteurs de même rendement spécifique et thermique et les meilleures qualités aérodynamiques, M. Brecuet constate qu’il existe un tonnage économique en ce qui concerne la pleine charge au départ. Si on considère plus spécialement la question de la traversée de l’Atlantique Nord par un équipage de cinq hommes normalement équipé, soit une charge fixe de 1300 kg, le tonnage optimum est voisin de 20 000 kg. Il est notablement plus faible que ceux qui ont été envisagés mais que d’autres considérations telles que : confort, qualités marines, sécurité, peuvent dicter.
- Séance du 30 mars 1936.
- Minéralisation du Maroc. — MM. Blondel et Bondon, examinant l’ensemble des gisements métalliques du Maroc, remarquent qu’ils sont d’autant plus récents qu’ils sont situés plus au Nord. En suivant l’ordre chronologique, on trouve d’abord du nickel et du cobalt dans le Précambrien de l’Anti-Atlas, puis du manganèse dans le Cambrien situé entre l’Anti-Atlas et le Grand Atlas. Le granit hercynien du Grand Atlas occidental contient du molybdène. On trouve enfin du plomb dans le Jurassique et le Crétacé du Grand et du Moyen Atlas. Ce dernier métal compose des filons dans les couches anciennes et devient stratiforme dans le Lias (Oudjda).
- L. Bertrand.
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- LIVRES NOUVEAUX
- Eléments de physique, par Alvaro Magalhaes, ingénieur civil, professeur de physique à l’Université technique de Rio Gr.-do-Sul (Brésil). Un ouvrage de 3S8 pages avec 430 figures. Éditeur Livraria do Globo à Porto Alegre (Brésil).
- L’auteur a écrit ce livre pour un enseignement rapide des grandes lois de la physique en faisant appel le plus possible à des exemples et à des expériences extrêmement simples pouvant être réalisés, non avec des appareils de physique particuliers, mais presque toujours avec des dispositifs peu coûteux qu’on peut trouver dans la vie courante. Il s’agit, d’ailleurs, évidemment de notions extrêmement élémentaires et générales destinées à des élèves suivant des cours d’enseignement technique.
- Tout l’ouvrage, qu’il s’agisse donc de mécanique, d’hydrostatique, de statique des gaz, des lois de la chaleur ou de l’électricité, de même que d’optique et d’électro-statique ou d’électro-magnétisme est rédigé dans le même esprit, et l’indication ingénieuse des expériences réalisées permet aisément, avec un commentaire bien étudié, d’obtenir le résultat, sans doute limité, mais utile, que s’est fixé l’auteur.
- Phénomènes colloïdaux, par René Dubrisay. 1 vol. in-lC, 186 p., 27 fig. (Collection Armand Colin, Paris, 1936. Prix : 10 fr 50; relié : 12 fr.
- Professeur de chimie au Conservatoire des Arts et Métiers, l’auteur a su en moins de 200 pages exposer les idées actuelles sur les « interfaces » séparant les divers milieux, lieux des adsorptions, condensations, catalyses, teintures, etc., puis sur la structure et les propriétés des gels colloïdaux, aux applications également multiples.
- Transmutation des éléments par des particules accé= lérées artificiellement, par M. Valdarès, l br,, 32 p. Hermann et Cie. Paris, 1935. Prix : 10 fr.
- On sait aujourd’hui opérer les transmutations non plus seulement au moyen des particules x émises par les corps radioactifs, mais au moyen de protons et de deutons artificiellement accélérés. L’auteur résume les résultats acquis à la fin de l’année 1934.
- Le Larousse de l’industrie et des arts et métiers,
- publié sous la direction de L. Guillet, avec la collaboration de M. deToro. 1 vol. 1282 pages, 1725 gravures, 14 tableaux, 35 planches en noir, 15 hors-texte en couleurs. Larousse. Éditeur, Paris, 1936. Prix relié : 195 fr.
- L’industrie s’est de nos jours diversifiée et spécialisée à tel point qu’il est impossible à un seul homme de posséder des connaissances étendues et précises sur tous ses domaines. Et pourtant, les diverses branches de l’activité technique se pénètrent intimement et souvent réagissent vigoureusement les unes sur les autres; c’est un besoin impérieux pour chacun de pouvoir, à un moment quelconque, se renseigner et s’éclairer sur les techniques étrangères à sa propre spécialité. Mais quelles difficultés pour puiser dans l’arsenal de la littérature technique ! Oui donc possède une bibliothèque suffisante pour faire face aux exigences de cette documentation même élémentaire? La librairie Larousse a compris, depuis longtemps, ce besoin de documentation générale qui tenaille l’homme moderne; elle a créé, pour le satisfaire, ces beaux dictionnaires encyclopédiques qui constituent un monument de notre époque et qui sont appréciés dans le monde entier.
- Celui qu’elle vient d’ajouter à sa collection a le même mérite que ses devanciers : clarté des explications, malgré leur concision; illustration abondante et bien étudiée facilitant grandement l'intelligence du texte toujours rédigé par une personnalité compétente. Toutes les industries, grandes et petites, tous les métiers auxquels on a consacré une large place font l’objet de monographies parfois très étendues, qui étudient les matières premières employées, les procédés de fabrication, les produits et leurs propriétés, la production française et étrangère, etc. L’ouvrage contient en outre des études générales qui sont à elles seules de vrais petits traités d’excellente vulgarisation : mécanique, chimie, électricité, etc.pet des articles sur les problèmes généraux de l’industrie : organisation du travail, législation ouvrière. Le tout est présenté sous la forme alphabétique, qui reste la plus pratique à tous égards.
- Comme les autres encyclopédies Larousse, le Larousse de l’Industrie rendra de grands services à ses lecteurs et sera un précieux instrument de travail.
- L’acoustique moderne technique et industrielle, par
- IL M. Davis, traduit de l’anglais par M. Varinois, 1 vol. 422 p., 104 fig. Dunod, éditeur, Paris, 1936. Prix broché : 86 fr.
- On sait les développements considérables pris en ces dernières années par la science de l’acoustique sous les exigences de la radiotéléphonie, du phonographe, du cinéma sonore, et même de l’habitation. L’auteur, comme chef du département de physique du Laboratoire national anglais de Teddington a pris une grande part à l’équipement du labo-
- ratoire acoustique de cette grande institution et à la mise au point des techniques de mesure. Son livre est un exposé des méthodes modernes utilisées pour l’étude de l’acoustique et des nouveaux procédés de mesure introduits dans cette science. 11 commence par un exposé théorique, inspiré des ouvrages fondamentaux de Rayleigh et Lamb. mais où il précise les analogies électriques qui permettent d’introduire dans les équations des phénomènes acoustiques la précieuse notion d’impédance. 11 aborde ensuite les procédés de mesure en donnant une place prépondérante aux procédés électriques créés en ces dernières années. 11 étudie également les procédés d’analyse et de filtration des sons, les applications de la notion d’impédance acoustique. 11 traite enfin les questions fort importantes de la dissipation et de l’absorption des sons, de l’ouïe humaine, la mesure des bruits, l’acoustique des bâtiments, l’enregistrement et la reproduction des sons. Bref un ouvrage qui rendra les plus grands services aux techniciens de l’acoustique.
- Les tissus. (Tome IL Tissus spéciaux), par J. Dantzer et D. de Prat, 1 vol., 178 p., 93 fig. Ch. Béranger, édit. Paris, 1935. Prix : broché : 24 fr.
- Après avoir étudié dans le tome I de cet ouvrage les tissus classiques, les auteurs abordent ici les tissus spéciaux qui ne relèvent pas du domaine du tissage proprement dit : Ces tissus sont très nombreux : linge de table, serviettes, mouchoirs, draps de lit, tulle et dentelles, guipure et filet, broderie, bonneterie, tapis, tapisserie, rubanerie et passementerie; tissus caoutchoutés, imperméabilisés, linoléum, etc. On trouvera ici d’utiles renseignements sur la fabrication de ces divers produits, sur leurs caractéristiques, les qualités qu’on leur demande et sur les désignations commerciales courantes dans les industries qui se consacrent à leur fabrication.
- Avions modèles réduits, par Pierre Legros. 1 vol., 126 p.. 125 fig. Edit. Bouty, 3, rue de Dunkerque, Paris. 1935. Prix : 20 fr.
- La construction des planeurs modèles réduits est une distraction qui passionne la jeunesse et qu’on ne saurait trop encourager, car elle est fort instructive et constitue une excellente initiation à la technique aérienne. Bien des inventeurs et des constructeurs ont, du reste, commencé par là leur carrière et beaucoup d’entre eux ont èncore recours aux modèles réduits pour expérimenter des idées nouvelles. L’ouvrage de M. Legros, par ses conseils éclairés et ses données de construction, sera pour les amateurs de ce sport nouveau un guide précieux.
- La vie privée des bêtes sauvages, par André Demaison. l vol. in-8, 121 p., 70 fig. Bourrelier et Gie, Paris, 1935. Prix : 8 fr.
- Voici le premier volume d’une collection : « La Joie de connaître >. qui se propose de développer le désir de savoir chez les jeunes, en leur présentant des connaissances exactes sur des sujets qui les intéressent particulièrement : merveilles de la nature ou créations des hommes.
- L’auteur du «Livre des bêtes qu’on appelle sauvages» traite de la Aie de la brousse, des maîtres de la jungle : lions, panthères, guépards; des animaux qui semblent être les survivants d’une autre époque : éléphants, girafes, rhinocéros; des habitants des rivières : hippopotames, crocodiles.... Il montre leurs caractères si divers, leurs sentiments de famille, leurs fréquentations réciproques. Il évoque • les existences curieuses des chimpanzés et des grands singes. 70 photographies prises sur le vif illustrent admirablement le récit.
- Plantes médicinales de France. 14° série. 8 planches en couleurs. C. D. P. M., 17, rue Duguay-Trouin, Paris.
- Le centre de documentation technique et économique sur les plantes médicinales, anciennement Office national des matières premières végétales, a déjà publié 104 planches représentant les plantes les plus intéressantes pour la pharmacie et la droguerie, accompagnées d’un texte explicatif. En voici 8 nouvelles consacrées aux solanées. à la grande consoude et au cynoglosse officinal, au maïs, au fenouil, au bleuet et aux scabieuses, au basilic, au calament et au bugle, au châtaignier, à la salicaire et au gratiole.
- Extrême=Orient et Pacifique, par Roger lély, l vol. in-16, 220 p. avec 5 cartes. Armand Colin, Paris, 1935. Prix br. 10 1T. 50.
- L’ouvrage de M. Roger Lévy, secrétaire général du Comité d’études des Problèmes du Pacifique, en des pages d’une grande clarté, nous initie à l’ensemble des grands problèmes d’Extrême-Orient ; mouvements démographiques des races jaunes, ressources économiques des pays riverains du Pacifique, traités diplomatiques réglant les relations des Etats en Extrême-Orient; bilan maritime des puissances concurrentes; situation sociale et politique de la Chine; prépondérance japonaise; développement de l’action russe, politiques britannique et américaine, activité allemande en Chine, intérêts français.
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- INVENTIONS ET NOUVEAUTÉS
- ÉCLAIRAGE
- Lampe de travail rationnelle.
- La technique de l’éclairage électrique a l'ait eii ces dernières années de grands progrès.
- Il y a aujourd’hui des règles rationnelles d’éclairage pour les magasins, les usines, les bureaux, les appartements; dans les locaux destinés à la lecture ou au dessin, la nécessité d’un éclairage rationnel est particulièrement, impérieuse.
- Un éclairage insuffisant entraîne bien souvent une vision défectueuse. 25 pour 100 des sujets jeunes, 60 pour 100 des hommes de moins de 40 ans, et 95 pour 100 au delà, n’ont pas une vue absolument, normale! Un éclairage insuffisant exige, en outre, un effort des yeux et finit, par provoque)' une tension nerveuse et parfois des maux de tète.
- Les modalités de l’éclairage doivent varier suivant le travail a ellectuer; c’est ainsi qu’il faut trois fois plus de lumière pour-lire aussi confortablement un journal qu’un livre bien imprimé. La lecture d’une page violemment éclairée dans une pièce sombre fatigue la vue; la couture est encore plus fatigante pour la vue que la lecture.
- Une bonne lampe de travail doit posséder un certain nombre de caractéristiques qui manquent, souvent aux systèmes ordinaires. Avant tout, la lumière doit être suffisante pour produire sur l’objet considéré un éclairement de 200 à 300 lux, valeur déterminée par de longues séries de recherches.
- L’éblouissement, cause de tension nerveuse, doit être complètement éliminé. La lumière doit être bien diffusée, afin d’éviter les ombres dures qui provoquent un effort visuel et une fatigue. La zone d’éclairage doit être assez étendue pour
- assurer une vision suffisante de tous les objets considérés pendant le travail. Il importe enfin, de diminuer le contraste entre la zone de travail considérée, et le reste de la pièce demeuré dans l’ombre, contraste qui peut être une source de fatigue pour la vue.
- La lampe portative ordinaire est généralement trop basse et n’éclaire qu’une zone relativement faible, le reste de la pièce demeure dans l’obscurité ; enfin,quand l’ampoule est visible, elle éblouit les yeux.
- Un constructeur bien connu pour ses études sur l’éclairage rationnel, vient d’établir une lampe portative destinée spécialement à
- Fig. 2. — Coupe schématique de la lampe Mazda.
- ;lamage indirect
- Eclairage
- direct
- l’éclairage de travail, et qui présente des caractéristiques tout à fait particulières.
- La lampe comporte un pied support métallique chromé, à l’extrémité duquel est placée une ampoule à incandescence dépolie de 1Ü0 w; la hauteur du pied est calculée de manière à éclairer toute la table de travail, et à éviter l’éblouissement (fig. 1. et 2).
- L’appareil porte un abat-jour blanc de grand diamètre qui répartit la lumière sur une zone étendue, mais, de plus, un réflecteur Fig. 3. —. La lampe avec son diffuseur en verre opale en dif- sans son abat-jour.
- fuse à la fois la lumière vers le bas et la dirige
- vers le plafond. L’éclairage est ainsi suffisant; il s’effectue à la fois d’une manière directe et indirecte sur une zone étendue; la lumière est douce et tamisée; toute la pièce est éclairée, ce qui supprime le contraste nuisible.
- Cette lampe peut donc servi)' aussi bien pour la lecture, l’écriture ou les travaux d’aiguille que pour l’éclairage général.
- Lampes Mazda, 29, rue de Lisbonne, Paris (8e).
- OBJETS UTILES
- Balai=Iaveur et cireuse « Le Triplex » Balai=laveur.
- Si les humbles travaux ménagers sont mfimment respectables, et s’ils honorent grandement la femme qui s’y livre, ils n’en sont pas moins assez rebutants parfois, et toujours extrêmement fatigants.
- C’est le cas, par exemple, des lavages par terre et de l’en-
- tretien des parquets.
- D’ingénieux appareils, présentés au Salon des Arts Ménagers, facilitent ces travaux.
- Le balai-laveur « Le Triplex » (fig. 5), à lui seul, permet toutes les opérations du lavage par terre des carrelages et mosaïques.
- Une brosse à laver, montée sur l’appareil, supprime le lavage à genoux et épargne les maux de reins. Le lavage terminé, et pour éponger, il suffit, après avoir tourné la brosse, d’appuyer sur un ressort, genre ressort de parapluie, pour que la toile fixée sur le manche vienne se pla-
- Fig. 4. — La lampe de travail en fonctionnement.
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- eer sous la brosse retournée. Cette toile, d’une longueur d’un mètre, est une toile à éponger ordinaire, cousue à ses deux extrémités, toile-rouleau que l’on fait tourner suivant l’usure, et que l’on remplace facilement en cousant simplement les deux bouts d’une toile de même longueur.
- Placée sous le dos de la brosse, cette toile permet d’éponger sans se baisser et sans fatigue.
- Le travail terminé, ou même en cours de travail, on rince cette toile en la plongeant dans l’eau contenue dans un seau.
- Plaçant ensuite la brosse sur le bord du seau, on remonte le coulisseau, et, au moyen de la poignée, on tord la toile, aussi fortement qu’on le désire, sans gros efforts, et sans se mouiller ni se souiller les mains.
- Cireuse.
- L’entretien des parquets cirés se fait tout aussi simplement, tout aussi facilement, et sans plus de fatigue, grâce à la pince universelle de la cireuse De gauche « Le Triplex », et à ses accessoires.
- Il convient, tout d’abord, de décrasser le parquet. En un clin d’œil, entre les mors de la pince, peuvent
- Fig. 6. — Cireuse « Le Triplex ».
- à droite : Décrassage, encaustiquage, premier brillantage, polissage.
- Fig. •». — Balai-laveur « Triplex ». Les trois phases du travail.
- A gauche, position pour frotter; au centre, pour éponger; à droite,
- pour tordre.
- être placés, à volonté, ou un paquet de paille de fer, ou une toile métallique.
- L’opératrice, alors, sans avoir à se baisser, décrasse le parquet jusqu’à parfaite propreté (fig. 6).
- Ouvrant alors la pince, elle remplace paille de fer ou toile métallique par un chiffon qui, enroulé et maintenu par cette pince, transforme l’appareil en un balai encaustiqueur. Et, toujours sans la moindre fatigue, elle étend la cire sur le parquet (fig. 6).
- Le chiffon enlevé est remplacé par une brosse à parquets, qui, à la volonté de l’opératrice, peut être montée avec plaque de bois ou plaque de fonte plus ou moins lourde.
- Promenée sur le parquet au bout de l’appareil, — au lieu d’être fixée au pied du frotteur, qui doit se livrer à une gymnastique fatigante et quelquefois dangereuse, — cette brosse étend uniformément l’encaustique, et donne un premier brillant.
- Ce résultat obtenu, la brosse est remplacée par un chillon de laine à parquets, monté lui aussi sur la pince, et grâce auquel, toujours sans avoir à se baisser, la ménagère donne à son parquet le poli d’un miroir.
- Ainsi peut être assuré, sans agenouillement sur un carrelage humide ou un parquet plus ou moins poussiéreux, sans fatigue excessive et sans maux de reins, le parfait entretien des divers sols de la maison. Et, ces travaux se faisant toujours par l’intermédiaire d’un long manche de bois, il est possible à la ménagère la plus coquette de s’y livrer elle-même, économiquement, tout en conservant des mains de princesse.
- Etablissements J. Mougenel, 43, rue des Panoyaux, Paris (20e).
- Le Batteur « Kibatou ».
- Il n’est pas nécessaire d’être gourmand pour goûter avec volupté la savoureuse crème Chantilly, les œufs à la neige si délicats, la délicieuse mayonnaise, la délectable omelette soufflée.
- Il n’est malheureusement pas toujours facile de les réussir. Un batteur très simple, présenté au Salon des Arts Ménagers, vient à point en aide aux ménagères. Entièrement métallique, sans ressorts ni engrenages, il tourne toujours dans le même sens, sa poignée étant toujours en prise, aussi bien en montant qu’en descendant.
- La simplicité de cet appareil explique sa robustesse, qui lui permet un fonctionnement garanti et durable. Elle facilite son nettoyage, qui s’opère en l’actionnant rapidement dans l’eau chaude, et en le laissant sécher. Il est, de plus, à la portée de toutes les bourses et en vente partout.
- Fabrication Bosle et Cie, P23, Grande Rue de Monplaisir, L yon.
- Fig,
- Le batteur « Kibatou
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- BOITE AUX LETTRES
- QUESTIONS ET REPONSES
- Rectification. — Filtres à nicotine et à caféine, (voir n° du 15 marsl933, page 285).
- Nous prions nos lecteurs de rectifier l’adresse donnée pour ces appareils, qui a été déformée par une coquille d’impression.
- Le fabricant est : « Cafetières Denicotea, 19, rue Monsigny, Paris (2e).
- Les influences de la Lune.
- La lumière de la Lune a une action visuelle 465 000 fois plus faible que celle du Soleil et une action photographique 650 000 fois plus petite. C’est dire que la plupart des influences attribuées à la Lune ont pour cause... le Soleil !
- La Lune a une action bien connue sur les eaux de la mer, en contribuant, pour une bonne part, à la production des marées. Cela résulte surtout de sa grande proximité de la Terre (384 000 km.), tandis que le Soleil, dont la masse est énorme, en est distant de 149 000 000 de km environ. Au total, si on représente par 1 l’action du Soleil dans les marées, celle de la Lune est de 2,05. Sur un poids de 1 tonne, la Lune, au zénith, produit un allégement de 1 décigramme. La Lune donne naissance, dans notre atmosphère, à des marées qui affectent la hauteur du mercure de nos baromètres d’une quantité de l’ordre de quelques dixièmes de millimètre. Ce sont là des influences mécaniques indiscutables. Quant aux influences « météorologiques », « psychologiques » ou autres, que la croyance populaire est toujours prête à admettre et à propager, nous vous renvoyons au chapitre XIII : Influences de la Lune, de VAstronomie populaire de Camille Flammarion. Réponse à M. Michel Jeos de Ver Borst, à Sophem.
- Sensibilisateur pour papier, tissus.
- Il est fort possible que des carnets d’idendité, fabriqués en série, reçoivent sur une de leurs faces une émulsion sensible qui permet le tirage du portrait de l’intéressé, sans aucun collage.
- Il est facile de sensibiliser soi-même tout papier ou tissu et d’obtenir de très bonnes épreuves. Le nombre des formules de ce genre est imposant, et nous y reviendrons quelque jour, plus en détail, dans la « Causerie photographique ». Pour aujourd’hui, nous rappellerons ici la formule d’un sensibilisateur pour menus, cartes postales, etc., donnée autrefois dans La Nature (n° 1340, du 28 Janvier 1891), d’après une note de M. E. Garbe, parue dans Photo-Gazette. Préparer la solu-
- tion suivante :
- Eau distillée...............................60 cc.
- Azotate d’argent............................ 4 gr.
- Acide tartrique............................. 4 gr.
- Filtrer, conserver en flacon bouché. La solution ne s’altère pas à la lumière. Tirer fortement sous un cliché et fixer dans une solution d’hyposulfite de soude à 5 pour 100.
- Nous avons eu l’occasion d’effectuer de nombreux essais avec cette formule. Utiliser de préférence un bon papier bien encollé (le papier pour aquarelle convient très bien.) Passer le liquide au pinceau (une seconde couche, la première étant sèche, ne donne rien de mieux). Sécher à l’obscurité. Si l’on est pressé, faire sécher rapidement, par exemple sur une lampe, ou au four. Si le papier est enroulé, le repasser au fer chaud. Nous avons reconnu que la rapidité du papier est grandement accrue par exposition du papier sensibilisé et sec aux vapeurs d’ammoniaque : le ton obtenu est plus noir.
- Enfin, au lieu d’un simple fixage à l’hyposulfite de soude, qui donne des tons rougeâtres ou sanguine, nous avons eu de jolis tons en fixant le papier impressionné dans un virage-fixage (formule Lumière), ou encore avec un virage suivi d’un fixage. Une épreuve tirée en 1899. donc ayant 37 ans, est encore très présentable aujourd’hui. La même formule nous a donné de bons résultats sur calicot et sur bois.
- Réponse à M. F.-J. Fabregas, à Barcelone.
- Emploi des films cinématographiques en cello= phane.
- On a bien souvent proposé d’utiliser des films cinématographiques faits d’une autre matière que le celluloïd, soit pour éviter les risques d’incendie, soit pour diminuer le prix de la matière première, éviter les modifications de la surface avec le temps, etc...
- La matière la plus employée, en particulier pour les films de format réduit, est aujourd’hui l’acétate de cellulose.
- On a tenté d’utiliser la cellophane ou des produits analogues (films Ozapliane). La faible résistance mécanique de la matière a ici de graves inconvénients pour l’entraînement de la bande; le passage du film dans l’appareil de projection, comme le cadrage des images, deviennent alors- assez malaisés.
- Pourtant, un constructeur a réussi à établir un appareil fonctionnant pratiquement avec des films de ce genre. Les perforations latérales de la bande sont supprimées, en réalité, mais elles sont remplacées par des perforations, non plus réelles, mais photographiées sur la surface sensible.
- Un faisceau lumineux auxiliaire traverse les perforations photographiées au fur et à mesure du déroulement de la bande entraînée par des cylindres lisses.
- Ce faisceau lumineux agit sur une cellule photoélectrique au sélénium, en relation avec un dispositif électro-mécanique qui détermine une accélération ou un ralentissement de l’entraînement.
- De cette manière, et automatiquement, on conserve un cadrage satisfaisant des images malgré l’absence des perforations.
- Réponse à M. R., Le Kremlin-Bicètre (Seine).
- Adaptation d’un écouteur spécial à un récepteur de T. S. F.
- Il est facile d’adapter des écouteurs téléphoniques à un poste-secteur disposé normalement pour l’audition en haut-parleur. Nous avons donné déjà à plusieurs reprises des détails à ce sujet.
- Lorsqu’il n’existe pas de prise spéciale disposée pour l’adaptation d’un haut-parleur additionnel et qui peut servir à cet usage, le moyen le plus simple consiste à relier un des câbles de connexion de l’écouteur à la broche de la lampe de sortie du poste par l’intermédiaire d’un condensateur d’une capacité de l’ordre du microfarad essayé à une tension de l’ordre de 500 v au minimum. On reliera l’autre câble de connexion à la masse du châssis.
- Le système laisse fonctionner en même temps le haut-parleur de l’appareil; si l’on désire supprimer le fonctionnement de ce haut-parleur, on emploie alors un transformateur de sortie disposé en remplacement du transformateur du haut-parleur ou en parallèle sur ce dernier, et dont le rapport est déterminé par l’impédance des enroulements de l’écouteur utilisé.
- Ce système permet également l’adaptation des vibrateurs pour l’audition des sons par conduction osseuse dans les cas de surdité.
- Voici des adresses de constructeurs d’écouteurs pour déficients de l'ouïe et d’adaptateurs spéciaux pour appareils de T. S. F.
- Établissements Audios, 14, rue du Temple, Paris (3“).
- Megrowitz, 18, boulevard Haussmann, Paris (9e).
- Réponse à M. G. L., à Épernay (Marne).
- Questions diverses sur l’automobile.
- 1° Le modèle le moins coûteux de chargeur d’accumulateurs sur le courant alternatif d’un secteur est certainement le dispositif à soupape électrolytique.
- La plus simple comporte, en principe, deux électrodes, l’une en aluminium, l’autre en fer ou en charbon, plongeant dans un électrolyte formé d’une dissolution dans l’eau de phosphate de sodium ou de bicarbonate de sodium.
- Le courant passe facilement du fer ou du charbon vers l’aluminium et les alternances inverses sont complètement arrêtées, tant que la tension demeure inférieure à 40 ou 50 v. L’électrode en plomb constitue donc l’anode, et l’électrode en aluminium la cathode.
- On constitue l’électrolyte de préférence par une solution de 3 à 4 gr de phosphate de soude par demi-litre, ou par une solution de bicarbonate de soude à 100 gr par litre.
- On constituera une soupape double permettant de redresser les deux alternances avec une anode commune, en plaque de fer de 5/10 de mm, et deux cathodes en aluminium pur de 10/10 de mm séparées par une entretoise isolante.
- Le passage du courant dans la soupape produit un dégagement de
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- chaleur d’autant plus grand que l’intensité est plus grande et la surface des électrodes plus petite. Il est donc bon d’avoir une masse d’électrolyte assez importante. On peut ainsi prendre comme bac un bidon d’essence de 5 1, après avoir enlevé le dessus.
- On emploie, bien entendu, un transformateur abaisseur de tension dont le primaire est relié au secteur et le secondaire à la soupape et à l’accumulateur à charger. La tension au secondaire pour la charge de notre accumulateur doit être de 12 à 16 v.
- 2° Nous avons déjà indiqué plusieurs fois dans la revue comment on doit constituer les mélanges à ajouter à l’essence de carburation pour éviter le calaminage et améliorer le rendement du moteur.
- Le corps le plus pratique dans ce but, et aussi le moins dangereux, est le camphre végétal naturel. La proportion varie de 1 à 6 gr par litre d’essence suivant que l’on veut obtenir une action rapide ou simplement une action préventive.
- Nous avons signalé déjà, d’ailleurs, des corps composés tout préparés tels que les tablettes Carbonhyd, qui permettent à la fois une action décalaminante et lubrifiante.
- 3° Le pétrole est utilisé pour le neüoijagc du moteur, mais, de préférence, plutôt pour les parties extérieures, il faut l’employer avec discernement. 11 ne possède, en effet, aucun pouvoir lubrifiant, bien au contraire, et dissout par contre l’huile et la graisse. S’il se mélange à l’huile du carter il lui enlève en partie son pouvoir lubrifiant.
- 11 faut donc bien se garder d’employer du pétrole dans les hauts de cylindres.
- Comme nous l’avons déjà signalé à plusieurs reprises, pour améliorer la lubrification de cette partie du moteur, on mélange à l’essence de carburation de l’huile très légère dans une faible proportion de l’ordre de 2 pour 1000.
- Réponse à M. P. Suinot, à Argentan (Orne).
- De tout un peu.
- M. René Pinçon, à Paris. — Si l'axe de la Terre était perpendiculaire au plan de l'orbite qu'elle décrit, autrement dit, si l’équateur coïncidait avec l’écliptique, les planètes se déplaceraient — leur inclinaison mise à part — dans le plan de l’équateur. Les étoiles, par le fait du mouvement diurne, se déplacent parallèlement à l’équateur.
- Mais l’axe de la l'erre fait avec une perpendiculaire au plan de l’écliptique un angle de 23° 27'. Ainsi les planètes et la Lune suivent sensiblement l’écliptique, tandis que les étoiles se déplacent parallèlement à l’équateur. Toutefois, il ne faut pas confondre le mouvement propre des planètes sur le ciel avec le mouvement apparent des étoiles.
- Nous vous conseillons de vous reporter à un traité d’Astronomie, par exemple VAstronomie populaire de Camille Flammarion, ou encore au Manuel pralique d’astronomie, de Lucien Rudaux (Larousse, éditeur). Vous trouverez, au chapitre concernant les mouvements de la Terre, l’explication de toutes les apparences présentées par le déplacement des étoiles et des planètes sur la voûte céleste.
- M. Th. Singla, Mendoza. — Le procédé que vous nous indiquez pour le raccordement des rails n’est pas nouveau; il a déjà été proposé, mais il n’est pas de réalisation pratique satisfaisante.
- M. B. à Alger. — A notre avis le procédé le plus simple pour conserver du sirop de citrons est de verser dans le goulot de la bouteille quelques centimètres cubes de bonne huile d’olives, ainsi que cela se pratique pour assurer la conservation de certains vins italiens; une simple secousse permettra, au moment de l’emploi, de dégorger le récipient pour libérer la surface du liquide de la couche protectrice.
- M. Taillade, à Lompnès. — 1° Le moyen le plus pratique pour détruire les cloportes, consiste à placer le soir dans les endroits où ils séjournent des écorces de vieux bois mouillées, car ils affectionnent ce genre de retraite obscure et l’humidité; le lendemain matin, de bonne heure, on secoue les dites écorces au-dessus d’un seau contenant de l’eau savonneuse qui les mouille instantanément et permet de les noyer.
- N. R. — Les écorces peuvent servir presque indéfiniment, car plus elles sont vieilles plus elles sont efficaces.
- 2° Les « Farts » que l’on applique sur la face intérieure des lames de skis, pour en modifier l’aptitude à glisser sur la neige, sont de compositions très diverses, suivant l’état de celle-ci et- les préférences du skieur; il y a les farts à la cire, à la paraffine, au goudron, ainsi que les farts « nationaux » tels que le fart norvégien, le suédois, l’autrichien,
- dont la constitution est jalousement tenue secrète par celui qui en fait l’emploi; nous ne saurions, dans ces conditions, donner une formule définitive.
- M. Le D1' Butiner, à Aubagne. — Le vernis au four qui s’applique sur métal se compose essentiellement de :
- lirai stéarique............... 340 gr
- Bitume ordinaire..............110 —
- Huile de lin cuite............ 220 —
- Essence de térébenthine. . . 130 —
- White spirit.................. 200 —
- Pour obtenir un vernis craquelé, il faut superposer à une couche de vernis initial une nouvelle couché riche en pigment et dont le solvant est très volatil.
- Comme condition essentielle, le solvant du vernis craquelant doit être aussi un solvant du vernis support; le retrait au séchage de la pellicule de surface laisse dans ces conditions apparaître le verni» de fond. C’est par l’emploi de'pigments légers, en l’espèce le noir de fumée, que l’on réalise le mieux les craquelés; il suffit donc par exemple, d’employer celui-ci et d’ajouter de la gazoline, pour constituer le vernis* de seconde couche appliquée bien entendu après séchage complet de la première.
- Le retrait s’étant produit, si ces conditions ont été bien observées, on termine par le passage au four vers 120°, 130° environ pour assurer la fixation définitive sur le métal.
- Instituto San José, à Temuco. — 1° Dans la préparation de la liqueur de Fehliny, le sel de Seignette ou tartrate double de sodium et de potassium, donne, en présence du sulfate de cuivre, du tartrate de cuivre C4 H4 O0 Bu, lequel étant très soluble dans la potasse caustique ou le carbonate de soude, donne un tartrate double de cuivre et de potassium ou de sodium qui est le principe essentiel de la liqueur cuivrique.
- 2° Les considérations chimiques qui mènent à l’emploi de cette liqueur pour le dosage du glucose sont les suivantes :
- Le glucose est l’aldéhyde de la mannite (alcool); donc comme aldéhyde ou alcool déshvdrogéné, il peut :
- 1° Reprendre ses deux H, pour régénérer l’alcool primitif ou mannite.
- C° H12 0° + H2 == C°H,40,;
- Glucose Mannite
- 2° Ou bien fixer, à la place des deux H enlevés, une ou plusieurs molécules d’oxygène, ce qui donne les acides gluconique, formique, acétique, oxalique; par exemple pour l’acide gluconique:
- C6 H12 Ou + O = C«H1207
- Glucose acide gluconique
- L’oxygène est fourni par l’oxyde cuivrique CuO de la liqueur.
- 2 fCuO] = Cu2ü + O.
- oxyde cuivreux
- La réaction n’a lieu qu’en milieu alcalin pour absorber l’acidité formée, d’où nécessité d’employer une liqueur cuivrique alcaline.
- La pratique a montré que 5 molécules de sulfate de cuivre cristallisé 5 |CuSO\ 5 H20] soit 5 CuO sont réduites par une molécule de glucose C« h12 O ;
- or 5C.uS04,5Ha0 = 1247,5
- C° Iii2 0° = 180.
- Donc la quantité de sulfate de cuivre cristallisé qui correspondra à 5 grammes de glucose sera :
- 1247,5 x 5
- 180
- = 34 gr 65.
- Autrement dit la liqueur de Fehling dont 1000 cm1 devront égaler 5 gr de glucose, devra renfermer 34 gr 65 de sulfate de cuivre; c’est pourquoi ce chiffre a été adopté pour la préparation de la liqueur de Fehling titrée.
- Abonné Istanbul. — Nous regrettons de ne pouvoir donner notre avis sur un sujet aussi controversé que celui de l’astrologie. Les astrologues établissent leurs prévisions d’après les positions des astres et les images qu’ils forment entre eux pour un observateur placé sur la Terre. L’on conçoit donc que l’interprétation de ces images dépend uniquement de la science ou de l’imagination de l’interprétateur.
- Vous pourriez trouver une opinion très sage dans l’ouvrage de Grasset, VOccultisme., Paris 1908, Masson éditeur, prix 10 fr. Nous répondrons ultérieurement à votre deuxième question.
- Le Gérant : G. Masson.
- 8128. — lmp. Laiiure, rue de Fleurus, 9, à Paris. — 1 -5-1936. — PublishecL in France.
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- N° 2977
- LA NATURE
- 15 Mai 1936.
- INFLUENCE DE L’ISOLEMENT ÉLECTRIQUE
- SUR LES ÊTRES VIVANTS Æ
- ET LES PHÉNOMÈNES PHYSICO-CHIMIQUES fl %
- Les actions que l’électricité, sous ses diverses formes, exerce sur les phénomènes biologiques et sur les transformations physico-chimiques, ont fait l’objet d’un nombre immense de recherches. Elles ont donné lieu à d’importantes applications médicales (électrothérapie) et chimiques (électrochimie).
- Dans tous ces cas, les quantités d’énergie électrique qui interviennent sont toujours relativement considérables, mettant en jeu des courants assez intenses et des tensions élevées.
- Il n’en est plus ainsi dans le domaine que je voudrais aborder aujourd’hui, relatif à l’influence que peut exercer sur le développement de la vie et même sur la vitesse de quelques transformations physico-chimiques, le fait que le milieu en évolution, vivant ou inerte, est parfaitement isolé du point de vue électrique ou, au contraire, en communication avec le sol.
- Des résultats bien curieux ont été récemment obtenus dans ce domaine presque encore entièrement neuf, grâce à l’ingéniosité, à l’inlassable activité et au rare esprit d’invention de M. Fred Ylès, professeur à la Faculté de Médecine de Strasbourg, qui possède le rare privilège d’être tout à la fois biologiste, physicien et chimiste.
- EXPÉRIENCES SUR LES GRAMINÉES
- Les premières recherches de M. Vlès ont porté sur les plantules de deux graminées : l’ivraie vivace (Lolium perenne L.) poussant à la lumière, et l’avoine se développant à l’obscurité. Deux lots de terre végétale, mis dans des pots non vernissés, étaient placés sur des planches
- paraffinées suspendues au plafond au moyen de cordelettes et d’isolateurs (fig. 1 et 2). L’un d’eux communiquait avec le sol par un conducteur métallique, tandis que l’autre restait isolé; bien entendu les pots isolés
- contenaient un fragment de métal identique à celui qui plongeait dans le vase en communication avec le sol, afin de rendre les expériences exactement comparables. Chaque lot recevait une quantité équivalente de graines, dont la germination était suivie dans des conditions expérimentales aussi identiques que possible. Après la croissance, on déterminait le poids moyen des plantules de chaque lot et leur teneur en eau. Plus de 20 000 de ces plantules ont été ainsi examinées.
- D’une manière générale, les mesures faites ont révélé des différences importantes dans le poids moyen, la quantité d’eau et le pourcentage de substance sèche des plantules suivant qu’elles provenaient de pots isolés ou de pots en communication avec le sol; le plus souvent les plantules des lots isolés ont dépassé très nettement les plantules des lots au sol, les écarts pouvant atteindre jusqu’à 50 pour 100. Cependant, quelques expériences, relatives à des séries faites à d’autres époques et dans des conditions un peu différentes, ont donné des écarts nuis ou même de sens inverse, les plantules des pots au sol étant alors avantagées par rapport aux plantules des pots isolés.
- Le processus se présentait donc comme fort complexe et de nombreuses recherches furent nécessaires pour mettre en évidence les circonstances secondaires susceptibles d’intervenir. M. Fred Vlès et ses collaborateurs
- Fig. 1. — Dispositif permettant d'étudier l'influence de l'isolement et de la mise au sol sur la culture des plantes. (Cliché Vlès).
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- reconnurent ainsi que la nature du pot dans lequel pousse la culture joue un rôle prépondérant et que les phénomènes sont complètement perturbés lorsqu’on paraffine les parois en terre poreuse, ou qu’on les remplace par du verre, ce qui a pour effet, dans l’un et l’autre cas, de rendre les parois imperméables. Ces parois interviennent donc en favorisant certains échanges entre les cultures et l’atmosphère et notamment les échanges de vapeur d’eau.
- La nature du métal établissant la connéxion entre la terre végétale du pot et le sol joue également un rôle important, le métal intervenant principalement par la force électromotrice qu’il développe au contact de la terre végétale. Un autre facteur de grande importance est constitué par l’ionisation de l’air qui en conditionne, comme on sait, la conductibilité électrique, pour la mesure de laquelle M. Vlès a mis au point un très ingénieux ionomètre susceptible de rendre de grands services dans les recherches d’ordre biologique (fig. 3) : les gains les plus faibles des plantules isolées ou même les expériences inversées se produisent habituellement lorsque, au voisinage des pots, l’air est fortement ionisé, c’est-à-dire fortement conducteur.
- Enfin, l’étude minutieuse de la terre des pots isolés et des pots au sol a montré que les constitutions chimiques des deux lots de terre n’évoluent pas de façon identique. Ainsi les forces électromotrices entre les électrodes et la terre, qui varient avec le temps, se différencient peu à peu. De plus, si le coefficient pH des terres n’éprouve que des variations négligeables, il n’en est pas de même pour les équilibres d’oxydo-réduction, caractérisés par les valeurs du coefficient rll : ce coefficient évolue d’une façon très dissemblable dans les deux sortes de terre, baissant considérablement dans les pots isolés alors que dans les autres la mise au sol freine sa diminution. M. Vlès a été conduit à supposer que la mise au sol, en même temps qu’elle modifie légèrement la perte d’eau par évaporation, détermine un renouvellement beaucoup plus important d’un système oxydant qui s’épuise dans les pots isolés. Il se pourrait que l’isolement ou la mise au sol agissent sur la circulation d’oxygène à travers les terres et modifie celles-ci de manière différente suivant
- Fig. 2. — Photographie représentant deux lots d’ivraie qui se son développés dans des pots contenant une électrode d’aluminium, l’un
- connecté au sol (à droite), l'autre isolé (à gauche). (Cliché Vlès.)
- les cas. Effectivement, deux pots de terre identiques pour lesquels on avait réalisé, sans les ensemencer, la mise au sol ou l’isolement pendant une dizaine de jours, ayant été ensuite, après suppression de toute connexion, placés dans des conditions identiques et ensemencés, on constata que les plantules se développaient inégalement, celles du pot qui avait été isolé étant plus considérables que celles du pot mis primitivement au sol : la mise au sol ou l’isolement avait donc créé une différence entre les terres qui se manifesta ensuite par un écart dans l’évolution des plantules.
- Des expériences analogues sur le mûrier et sur le blé ont été faites récemment par un savant italien, M. Tirelli, qui a retrouvé des différences parfois considérables entre les lots isolés et les lots au sol : il a constaté généralement que les lots isolés croissent plus vite que les lots au sol, mais il a également noté l’inverse dans un petit nombre de cas et même a observé des lots pour lesquels un avantage précoce des plantules isolées fait place à un désavantage tardif.
- En résumé, on peut considérer à l’heure actuelle, comme définitivement établi, que des plantules de Phanérogames se développent avec une vitesse différente suivant que le milieu où elles évoluent est isolé ou en connexion avec le sol.
- EXPÉRIENCES SUR LES ŒUFS ET LES EMBRYONS
- Des phénomènes analogues ont été observés sur les animaux avec des œufs en développement et des embryons.
- Les premières expériences dans ce domaine ont d’abord été faites par M. Vlès sur l’œuf et la larve d’oursin. Des lots d’œufs d’oursin en développement ont été placés dans des bocaux d’eau de mer, dont les uns étaient mis à la terre au moyen d’une électrode plongeant dans l’eau et d’un fil métallique, tandis que les autres, pourvus d’une électrode sans connexion, étaient isolés du sol. Les lots d’œufs ont présenté entre eux des inégalités plus ou moins importantes (retards de développement, anomalies, cytolyses), visibles surtout au début de l’apparition des larves libres. Ici encore la force, électromotrice de la chaîne au sol, c’est-à-dire l’intervention du contact entre l’électrode métallique et la solution, joue un rôle important, ainsi que l’ionisation de l’air au voisinage des bocaux.
- Comme dans le cas des expériences relatives au développement des plantules dans la terre, M. Vlès a noté des modifications physico-chimiques du milieu biologique, c’est-à-dire de l’eau de mer, suivant la mise au sol ou l’isolement et suivant aussi l’état d’ionisation plus ou moins grand de l’air; il a été ainsi amené à se demander si les larves d’oursin ne sont pas seulement le réactif délicat d’une expérience qui s’est jouée dans le milieu périphérique.
- Il est curieux de signaler qu’en 1820, il y a plus de cent ans, au cours de recherches effectuées sur les « para-foudre et paragrêle en corde de paille», un savant d’Amiens du nom de Lapostolle, bien oublié aujourd’hui, avait eu
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- l’idée de mettre à couver des œufs de poule dans des gobelets de cristal, certains de ces œufs étant simplement posés sur le gobelet, tandis que d’autres étaient entourés d’une mince corde se prolongeant jusqu’à la terre. D’après lui les premiers pourrissent, tandis que les seconds éclosent normalement. La constatation ne manque pas d’intérêt, mais il est difficile, avec les indications que donne l’auteur dans son mémoire, de se rendre compte s’il a réellement effectué une expérience électrique, ou si la ficelle n’a pas servi simplement de siphon pour éliminer du gobelet de cristal l’acide carbonique qui devait s’y accumuler par la respiration de l’œuf. Reprenant une expérience analogue mais dans des conditions plus précises, MM. de Coulon et Ugo ont mis à incuber des œufs de poule disposés, les uns sur une plaque de paraffine et par suite parfaitement isolés, les autres sur une plaque de métal en communication avec le sol; ils ont noté que les temps d’incubation étaient plus longs d’un à deux jours pour les œufs isolés que pour des témoins mis à couver dans des conditions ordinaires, les temps d’incubation de ces derniers étant à leur tour supérieurs d’un à deux jours à ceux des œufs en connexion avec le sol. Comme dans le cas des œufs d’oursin, la mise au sol semble encore exciter ici le métabolisme de l’œuf.
- LA CROISSANCE DES NOURRISSONS
- M. Vlès a reconnu des variations analogues dans la croissance des nourrissons, suivant que ceux-ci étaient connectés au sol ou isolés. Les expériences ont porté sur six nourrissons normaux, installés dans des berceaux supportés par des suspensions isolantes, trois d’entre eux étant isolés, les trois autres mis au sol par l’intermédiaire d’un galon métallique souple lié au pied (fig. 4). Après avoir été ainsi observés pendant huit jours, les nourrissons furent soumis à une expérience de contrôle de même durée au cours de laquelle les connexions étaient inversées, les nourrissons précédemment isolés étant mis au sol et réciproquement. Chaque nourrisson pouvait être ainsi comparé à lui-même pendant deux périodes successives.
- Dans la première expérience, qui a correspondu à une ionisation assez forte de l’air de la chambre même où étaient installés les berceaux, l’augmentation de poids pour les six nourrissons a été plus rapide lorsqu’ils étaient isolés que lorsqu’ils étaient reliés au sol, ceci se produisant quel que fût l’ordre des opérations, que le nourrisson commençât par être isolé ou en communication avec le sol.
- Une seconde expérience du même type, faite six mois plus tard sur six autres nourrissons, mais coïncidant au contraire avec une période de faible ionisation atmosphérique, a donné des résultats beaucoup moins nets et parfois même de sens inverse.
- Des expériences analogues ont été un peu plus tard reprises par MM. Rohmer, Vlès, Grossmann, Schneegans sur des nourrissons atteints de maladies diverses : ces auteurs ont constaté que les conditions de mise au sol ou d’isolement semblaient se répercuter de façon inégale et différente sur l’accroissement de poids de nourrissons
- Fig. 3. — lonomètre pour la mesure de la conductibilité électrique de l'atmosphère. (Cliché Vlès.)
- porteurs d’affections déterminées, et peut-être aussi sur-leur comportement pathologique.
- MM. de Coulon et Ugo ont étudié d’une manière analogue l’influence de l’isolement ou de la connexion au sol sur l’élevage de souriceaux. Ils ont encore constaté des différences entre les portées isolées et les portées reliées au sol, différences d’ailleurs liées à l’ionisation atmosphérique : pour de faibles ionisations de l’air, l’augmentation de poids a été plus grande pour les souriceaux au sol que pour les isolés, l’inverse ayant lien lors de fortes ionisations.
- LE CANCER EXPÉRIMENTAL
- A côté des recherches précédentes qui ont montré l’intervention de la mise au sol ou de l’isolement sur le métabolisme des animaux normaux, il convient de citer les observations très curieuses de MM. Vlès, de Coulon et Ugo relatives à l’intervention de ces mêmes facteurs dans la susceptibilité des organismes au cancer expérimental.
- L’infection de géraniums avec du Bacillus tumefaciens a fourni un plus grand nombre de cas de tumeurs sur les plantes au sol que sur les plantes isolées. Une série de données statistiques sur le cancer de goudron chez les souris a également révélé l’inégalité d’apparition de ces cancers suivant que les lots de souris sont isolés ou connectés au sol. Enfin, une longue expérience, que MM. Vlès et de Coulon poursuivent sans interruption depuis 1931, a montré que le cancer spontané apparaît d’une manière inégale dans des lots de souris saines suivant que l’élevage se fait sur des supports isolés ou sur des supports en communication avec le sol. Le nombre de cancers spontanés dans les lots au sol a augmenté sans cesse depuis quatre ans pour atteindre à l’heure actuelle une proportion d’environ 40 pour 1000, alors que le reste de l’élevage, dans des cages ordinaires,
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- fournit une proportion inférieure à 1 pour 1000, donc environ 40 fois plus faible. C’est là évidemment un résultat extrêmement curieux, mais il est encore bien difficile d’analyser le mécanisme par lequel les conditions électriques peuvent intervenir dans l’apparition de ces cancers spontanés.
- THÉORIES PROPOSÉES POUR INTERPRÉTER LES FAITS PRÉCÉDENTS
- Les divers faits que nous avons mentionnés présentent par eux-mêmes un grand intérêt. Mais le rôle des faits accumulés par l’expérience est de permettre l’édification
- Fig. 4. — Berceaux installés pour les expériences sur les nourrissons effectuées par M. Vies. On voit au-dessous le galon métallique souple destiné à établir la connexion avec le sol.
- de théories explicatives. Dans un ouvrage récent où il analyse et étudie les premiers résultats obtenus dans ce domaine, M. Tchijewski a tenté d’interpréter l’action de la mise au sol sur les organismes par des modifications dans la nature des échanges avec l’atmosphère. Le système mis à la terre étant négatif par rapport à l’atmosphère, comme l’est normalement le sol, attirerait les ions positifs de l’air, tandis que le système isolé prendrait une charge superficielle positive, en vertu de laquelle il attirerait les ions négatifs. L’hypothèse faite paraît très simple; toutefois elle ne va pas sans soulever certaines difficultés, surtout en ce qui concerne le système isolé qui doit finir par se mettre en équilibre électrique
- avec l’air ambiant, en sorte que les échanges d’ions doivent alors cesser.
- PROCESSUS PHYSICO-CHIMIQUES
- Les organismes vivants constituent des réactifs sensibles et délicats de toutes sortes d’actions expérimentales, mais ces réactifs sont extrêmement complexes et encore bien mal connus. Les systèmes purement physico-chimiques pour lesquels il est plus facile de sérier et d’isoler les variables, sont susceptibles de fournir des résultats d’une interprétation plus directe et, par suite, plus utile pour le contrôle des conceptions théoriques. M. Vlès et ses collaborateurs ont découvert et étudié toute une série de processus qui paraissent sensibles à l’isolement et à la mise au sol.
- Le premier, que cet auteur a mis en évidence en 1930, est particulièrement simple : il s’agit, en effet, de l’évaporation de l’eau. De petites lampes à évaporation, où de l’eau s’évapore régulièrement dans des conditions toujours les mêmes, peuvent être soit isolées, soit mises en connexion avec le sol; la marche de l’évaporation est facile à suivre : il suffit de peser les lampes à intervalles de temps réguliers, en prenant la précaution de croiser les expériences grâce à deux récipients placés à côté l’un de l’autre, dont chacun est alternativement isolé ou en communication avec le sol.
- La figure 5 montre comment sont constituées les petites lampes à déperdition imaginées par M. Vlès : un récipient de col cylindrique et rempli d’eau porte un flotteur en liège à travers lequel passe une mèche de papier buvard. L’intervalle entre le bouchon et le goulot est recouvert d’une couche d’huile de vaseline pour éviter tout contact direct de l’eau avec l’atmosphère. La surface utile de la mèche dans l’atmosphère est de 4 cm2. Chaque récipient contient à sa partie inférieure une électrode de platine pouvant être mise en communication avec le sol par l’intermédiaire d’un fil métallique. La courbe reproduite sur la figure 6 montre que dans la période où il était mis en communication avec le sol, chaque récipient a perdu plus d’eau que dans la période où il était isolé : les écarts peuvent atteindre 6 à 8 décigrammes pour des pertes de poids de 10 à 15 gr, et sônt donc de l’ordre de 4 pour 100.
- Ainsi l’évaporation de l’eau peut se faire avec une vitesse plus ou moins grande, toutes autres choses demeurant les mêmes, suivant que l’eau est isolée ou en communication avec le sol.
- Un autre phénomène relatif à une véritable réaction physico-chimique se produisant au sein d’une solution a fourni des résultats analogues. Il se rapporte à la floculation d’une solution colloïdale d’argent qui se produit au contact de certains métaux (réaction de Philippson), les particules d’argent électrisées négativement étant neutralisées par l’apport de cathions métalliques. Cette floculation est facile à suivre grâce à la série de virages colorés qui l’accompagnent. M. Vlès et Mlle Gex ont constaté qu’elle évolue de façon inégale suivant que la lame de métal est ou non mise en communication avec le sol. Dans 80 pour' 100 des cas, le virage des lots isolés
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- précède celui des lots au sol. Tout se passe comme si la mise au sol était susceptible de freiner la réaction et comme si, dans ces conditions, une force conti'e-électro-motriee venait s’opposer à la libération normale de ca-thions floculants par l’électrode métallique.
- L’étude minutieuse du phénomène a permis aux auteurs de reconnaître que la vitesse de la réaction varie avec la capacité électrostatique du système, et peut être modifiée par l’introduction de condensateurs en série sur les prises de terre.
- D’autres réactions paraissent également évoluer de manière différente suivant que le milieu réagissant est isolé ou en communication avec le sol. 11 en est ainsi, par exemple, pour le virage de certains indicateurs de pH, notamment le vert de bromo-phénol, au contact d’électrodes métalliques.
- CONCLUSION
- Teme
- Fig. 5. — Schéma d’une lampe à déperdition destinée à étudier l’évaporation de l’eau : F, flotteur-, M, mèche en papier buvard; C, contact
- métallique.
- Avant de songer à établir une théorie des phénomènes rapportés dans les paragraphes précédents, il est indispensable d’analyser les conditions électriques des systèmes étudiés suivant qu’ils sont isolés ou en connexion avec le sol.
- Un conducteur isolé tend à se mettre en équilibre de potentiel avec l’atmosphère : il capte des ions de signe électrique contraire au sien, ou inversement émet des charges jusqu’à ce que son potentiel soit celui de l’atmosphère au point où il se trouve. Le cas d’un organisme respirant dans l’atmosphère, celui d’un récipient contenant de l’eau en évaporation, ou d’un milieu évoluant chimiquement sont plus compliqués, mais peuvent s’interpréter d’une manière assez voisine.
- De toute façon, les conditions ainsi réalisées sont entièrement différentes de celles qui caractérisent un système mis en communication avec le sol et par suite dont le potentiel, sensiblement égal à celui du sol, est toujours différent de celui de l’atmosphère au point où il se trouve, en sorte qu’aucun équilibre électrique ne peut s’établir entre le système et l’atmosphère avoisinante. Un échange continu d’ions doit alors se produire entre le système et l’atmosphère; le champ électrique dans l’atmosphère étant dirigé vers le sol, il semble naturel d’admettre que le système au sol est susceptible de capter les ions positifs ou d’émettre des ions négatifs. De plus, si la chaîne réalisant la communication avec le sol comporte une force électromotrice, celle-ci pourra entretenir un certain débit se traduisant par un flux d’ions émis ou captés, et tout se passera comme si cette chaîne, qui est en circuit ouvert, se fermait à travers l’atmosphère grâce aux ions toujours présents dans celle-ci et était parcourue par un courant, à coup sûr extrêmement faible, mais non pas nul et se maintenant indéfiniment. Un tel courant a pu être constaté dans certains cas par M. Ylès, notamment dans ses recherches sur la réaction de Philippson. Ces considérations simples permettent de comprendre, comme M. Ylès l’a observé dans ses expériences sur les plantes et sur la réaction de Philippson, que la mise au sol fasse sentir plus nettement ses effets lorsqu’on intercale dans
- la chaîne un condensateur destiné à augmenter la capacité du système qui évolue.
- En ce qui concerne l’action sur les organismes, l’interprétation des phénomènes dépend évidemment des conditions physiques dans lesquelles se déroulent les expériences. Si l’on admet, conformément aux considérations précédentes, qu’il se produit un échange permanent d’ions avec l’atmosphère, on conçoit que les actions biologiques développées puissent se rapprocher de celles qui s’observent lorsqu’on fait agir sur les organismes vivants des gaz ionisés, en sorte que les effets engendrés peuvent être comparés à ceux qu’on obtiendrait sous l’influence d’une électrothérapie extrêmement faible mais permanente.
- Il est trop tôt encore pour expliquer tous ces faits concordants, mais il nous a paru qu’ils méritent d’être soumis à la curiosité de tous.
- A. Boutaric,
- Professeur à la Faculté des Sciences de Dijon.
- Fig. 6. — Evolution des pertes de poids en eau évaporée par deux lampes à déperdition, l’une au sol et l'autre isolée. Au milieu des essais, les connexions ayant été inversées, on constate que la disposition des courbes s’inverse également.
- Grammes d'eau perdue.
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- L’ATTERRISSAGE SANS VISIBILITE DES AVIONS
- En matière de trafic aérien, tous les efforts doivent tendre vers une sécurité et une régularité comparables à celles des autres moyens de transport. Les méthodes de P. S. V. (pilotage sans visibilité), les dispositifs de pilotage automatique et les systèmes de dégivrage permettent de réaliser aujourd’hui, avec sécurité, des vols par temps bouché, vols qui n’auraient pu être entrepris il y a encore peu d’années. Il n’en est pas moins vrai que, si les avions de transport peuvent traverser en vol des zones de brouillard, l’atterrissage sur des aéroports enveloppés de brouillard leur demeure interdit. La règle actuelle est, dans ce cas, de faire annuler le départ ou de prescrire au pilote d’aller atterrir sur un aérodrome que l’on sait dégagé. Pour prendre un exemple concret, si les avions du service Londres-Paris sont contraints d’aller se poser à Beauvais, comme cela se pratique plusieurs fois par hiver, lorsque l’aérodrome du Bourget est enveloppé de brouillard, tout le bénéfice de rapidité apporté par le transport aérien est annihilé par un parcours de 1 h 1/4 en autocars. Cette sujétion est d’autant plus inacceptable que le parcours aérien est plus court. Aussi dans l’intérêt même du trafic aérien s’est-on attaqué, dès que la solution du vol aveugle fut trouvée, au problème beaucoup plus complexe de l’atterrissage sans visibilité des avions.
- LE PROBLÈME
- Il existe pour les avions une règle impérative d’atter-
- rissage : la prise de contact avec le sol face à la direction du vent. L’observation de cette règle, par temps de brouillard, peut être transgressée. La présence d’un brouillard opaque s’accompagne généralement d’une atmosphère calme. Il est donc possible de déterminer une fois pour toutes sur un aéroport une direction suivant laquelle tous les avions devront atterrir par temps de brouillard. Les ordres d’atterrissage ne seront donnés aux avions en vol par radio que lorsque cette piste d’atterrissage sera dégagée. Une organisation de consignes précises et la discipline des équipages faisant le reste, on est ainsi sûr que des collisions ne pourront se produire au sol. Ce point acquis il est alors permis d’envisager le problème de l’atterrissage sans visibilité.
- Pour faire atterrir un avion « aveugle » il faut évidemment le guider suivant les trois dimensions de l’espace. On obtient ce résultat par une combinaison de plusieurs émissions radioélectriques. Une première émission donnée par un radio-phare d’atterrissage guide l’avion latéralement. Elle fournit dans un secteur d’approche d’une longueur de l’ordre de 30 km, entièrement dégagée d’obstacles pour un avion se trouvant aux environs de 400 m, une indication précise de la route à suivre alin que l’avion vienne prendre contact avec le sol de l’aéroport suivant la direction prévue pour l’atterrissage par temps de brouillard.
- La direction longitudinale est fournie par deux radio-phares de position dont l’un indique au pilote de l’appareil à quelque 3 km de l’aéroport qu’il doit commencer ses manœuvres d’atterrissage, tandis que l’autre marque la bordure de l’aéroport. Enfin, le guidage vertical est fourni par un rayonnement d’atterrissage qui définit une trajectoire de vol plané à l’écart de tout obstacle pour l’avion qui va se poser sur le sol.
- Il existe actuellement deux systèmes d’atterrissage sans visibilité fonctionnant sur ces principes généraux. L’un, est celui mis au point par le Service de l’Aéronautique du Département du Commerce Américain, l’autre est le système allemand Lorenz qui est installé aux aéroports de Berlin-Tempelhof et de Zürich. Plus de 50 avions de la Deutsche Lufthansa ont été équipés de dispositifs récepteurs correspondants ainsi que deux Wibault de la Compagnie Air-France, car des essais d’une installation Lorenz ont été entepris à l’aéroport du Bourget. Ce système utilise des émissions radioélectriques de très courtes longueurs d’onde : 9 m (33 333 kilocycles) pour le radio-phare d’atterrissage et 7,9 m (380 000 kilocycles) pour les radio-phares de position. Ces fréquences ont été reconnues standard en Europe et permettront pour d’autres systèmes qui les emploieront également, notamment pour ceux construits en France par les Sociétés S. I. P. L., S. F. R. et L. M. T., une utilisation des appareillages d’atterrissage sans visibilité sur le plan international.
- Fig. 2. — Diagramme de ragonnement horizontal.
- A gauche, cercle pointillé : dipôle seul. Ellipse en trait plein : dipôle avec un réflecteur. — Au centie, dipôle avec deux réflecteurs. — A droite, balisage de l’axe d’atterrissage. On entend un son continu suivant cet axe : des points à bâbord,
- des traits à tribord.
- Axe balisé
- R+ * S
- Axe balisé
- Fig. 1. — Schéma de l’émetteur du radio-phare d’atterrissage.
- S : dipôle. R, et R., : réflecteurs. En bas de la figure, le manipulateur automatique.
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- LE RADIO»PHARE D’ATTERRISSAGE
- Le radio-phare d’atterrissage Lorenzém et ses signaux sur une longueur d’onde de 9 m (33 333 kilocycles) avec une fréquence de modulation de 1150 cycles-seconde. Stabilisé au quartz, sa puissance est de 500 w. Ses cinq étages sont entièrement alimentés au moyen de redresseurs secs au sélénium. Il rayonne par l’intermédiaire d’un aérien de 7 m de haut, constitué (fig. 1) par un dipôle vertical S alimenté directement et par deux réflecteurs R( et R mis en action aux ventres du courant par un manipulateur automatique. Ce dispositif conduit aux diagrammes de rayonnement horizontal de la figure 2. Supposons, en effet, que le dipôle S soit seul. Il rayonnerait également dans toutes les directions, c’est-à-dire suivant un cercle. (Courbe circulaire poin-tillée de la fig. 2 a). En plaçant un réflecteur R dans son champ, il en résulte, si la distance et les dimensions de ce réflecteui sont convenablement choisies, un diagramme de rayonnement conforme à l’ellipse en trait plein de la figure 2 a. Ce diagramme montre que dans la direction
- Epaisseur du "mur"
- Section longitudinale
- Sens
- h"-* de
- l'avion
- 200 0 200 Section transversale
- 600 400 200 0 200 400 600
- --+-----
- Projection horizontale du "mur "
- Fig. 4. — Sections en projection d’un « mur » radioélectrique émis par un radio-phare de position.
- des deux antennes il se produit un affaiblissement du rayonnement en allant de S vers R et un renforcement de R vers S. Si l’on place alors de l’autre côté de l’antenne S un second réflecteur qui entre en action alternativement avec le premier, les deux diagrammes en ellipse se produisent comme l’indique la figure 2 cb. On obtiendra alors, en un point donné de l’espace, sauf dans la direction de la droite joignant les points de rencontre des ellipses, une réception tantôt forte, tantôt faible suivant le rythme du fonctionnement alternatif des deux réflecteurs. Le manipulateur automatique est réalisé de telle sorte qu’un observateur situé à bâbord de la ligne de
- rencontre des ellipses entend des points (........), et à
- tribord des traits (- - - - -). Sur la ligne de rencontre des ellipses, les signaux ayant une même intensité sonore, l’oreille ne perçoit qu’un son continu (fig. 2), parce que les points et les traits sont décalés. Grâce à cette ligne de son continu, la route à suivre pour les avions se dirigeant vers l’aéroport est fixée d'une façon unique dans l’espace quelles que soient les conditions météorologiques, l’altitude ou la vitesse des avions.
- Signal
- Principal
- . _ Aéroport___.
- v O0/
- 7777777777777W,i7777777W7777Zs7W777?7777Z!Z,
- 3000 mètres
- Point de contact'** Oveclesol
- Fig. 3. — Les « murs » radio-électriques des radio-phares de position. L’avion qui suit l’axe balisé les coupe nécessairement.
- LES RADIO-PHARES DE POSITION
- Les radio-phares de position émettent des « murs » de signaux radio-électriques disposés perpendiculairement à l’axe balisé à des distances de l’aéroport de l’ordre de 3 km et de 300 m (fig. 3). L’avion qui suit l’axe balisé par le radio-phare d’atterrissage les traverse nécessairement (fig. 4). Les signaux de ces radio-phares ont des significations précises pour le pilote. Le « mur » le plus éloigné de l’aéroport donne un signal d’avertissement qui indique au pilote qu’il doit commencer ses manœuvres d’atterrissage. Le « mur » le plus rapproché de l’aéroport qui émet le signal principal indique que l’appareil est arrivé aux limites de l’aéroport. Les signaux des deux « mui’s » diffèrent en modulation et en rythme. Le signal d’avertissement est modulé à 1700 cycles avec deux sons par seconde; le signal principal est modulé à 700 cycles avec 6 sons brefs par seconde. Les émetteurs de ces signaux travaillent avec une longueur d’onde de 7,9 m (380 000 kilocycles) et une puissance de 5 w. Ils sont stabilisés au quartz comme le radio-phare d’atterrissage. Leurs aériens sont constitués par des dipôles horizontaux situés à environ 4 m du sol au-dessus d’une surface métallique réflectrice. La figure 5 donne les représentations graphiques des différents signaux. Les trois modulations ainsi que les rythmes différents n’autorisent aucune confusion.
- LE RAYONNEMENT D’ATTERRISSAGE
- Le dernier problème de l’atterrissage sans visibilité consiste à faire connaître au pilote la trajectoire de vol
- Fig. 5. —• Représentation graphique des différents rythmes des signaux.
- Signal d avertissement 7,9 mètres (1700cycles)
- Signal Principal 7,9 mètres (700cyles)
- Tribord"
- Radio-Phare dapproche 9 mètres (If5û cycles)
- Bâbord.
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- Plan axial
- * Avion
- .Direction _ Plan de l’axe a approche balisé
- Fig. 6. — Diagramme de rayonnement du radio-phare d’atterrissage.
- La courbe d’atterrissage de l’avion est indiquée en trait gras sur la projection verticale.
- plané qu’il doit suivre à partir de l’instant où le signal d'avertissement lui a indiqué qu’il devait commencer sa descente. Le système Lorenz matérialise une idée proposée en 1930, par les Américains H. Diamond et F. W. Dunmore, du Bureau of Standards et qui consiste à utiliser le rayonnement vertical d’un émetteur à ondes ultra-courtes. Le radio-phare d’atterrissage est, à cet effet, construit de façon à donner un rayonnement vertical dont le diagramme en éventail prend la forme indiquée sur la figure 6. L’intensité du champ maximum se produit le long du plan axial incliné de ce rayonnement. Toutefois ce n’est pas ce plan que l'avion doit suivre
- Fig. 7. — Appareil de contrôle et de commande à distance des installations émettrices.
- mais une trajectoire incurvée dont la courbure diminue à mesure que l’on s’approche du sol. Cette trajectoire sera obtenue en faisant suivre à l’appareil la ligne d’égale intensité du signal reçu au moment où a été perçu sur l’avion le signal d’avertissement. Cette intensité du signal est mesurée par un micro-ampèremètre placé sur la planche de bord de l’avion. La diminution de l’intensité à mesure que l’avion s’abaisse au-dessous du plan axial incliné est compensée par l’augmentation de l’intensité du rayonnement à mesure que l’avion s’approche de l’émetteur. Si l’avion s’élève au-dessus de cette trajectoire la déviation de l’aiguille du micro-ampèremètre augmente, tandis que s’il s’abaisse cette déviation diminue. La seule condition de précision requise par ce repérage radio-électrique de la trajectoire d’atterrissage est que la puissance de l’émetteur et la sensibilité du récepteur placé sur l’avion soient rigoureusement constantes durant les quelques minutes de l’atterrissage.
- Cette condition est facile à réaliser. Ce qui l’est moins, c’est de pouvoir établir le champ électrique. Les radio-phares sont placés, en général, dans des conditions défavorables sur des sols hétérogènes et au voisinage d’obstacles réflecteurs, tels que les hangars d’aviation. Aussi semble-t-il que l’on renoncera, dans la pratique courante, à résoudre le problème final du guidage vertical au moyen d’une courbe d’atterrissage radio-électrique. En France, les services du Ministère de l’Air considèrent qu’un éclairage très intense d’un terrain d’atterrissage permettant aux pilotes de repérer le terrain lorsqu’ils ont été conduits dans son voisinage est un moyen plus sûr qu’un guidage aveugle le long d’une courbe matérialisée dans l’espace par un rayonnement radio-électrique et « Omnibus » car elle ne peut tenir compte des performances des différents avions en tant que planeurs.
- L’ensemble des installations situées à terre est commandé à distance par un appareil spécial qui contrôle le fonctionnement général de l’installation et permet de localiser rapidement un dérangement accidentel (fig. 7).
- ÉQUIPEMENT RÉCEPTEUR
- L’installation réceptrice à bord des avions exige un équipement spécial, de poids léger et sans aucun réglage; il trouve facilement son emplacement à bord des avions. Les signaux sont reçus à la fois acoustiquement au moyen d’un casque téléphonique et optiquement, par les indications d’un appareil spécial placé sur la planche de bord de l’avion près des autres instruments de contrôle (fig. 8).
- La réception des émissions du radio-phare d’atterrissage est obtenue par un récepteur comprenant un étage haute fréquence, une détectrice et deux étages basse fréquence (fig. 9). A la sortie de ce récepteur se trouve le casque téléphonique, tandis qu’une seconde détectrice accordée sur la longueur d’onde de 7,9 m (fréquence des radio-phares de position) amène également au casque téléphonique, après amplification dans les étages basse fréquence, les modulations du signal d’avertissement et du signal principal.
- Pour la traduction optique des différents signaux, un filtre spécial à trois bandes passantes (700, 1150 et
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- .1700 cycles) assure la séparation des différentes fréquences. Le signal principal fait s’allumer une lampe verte, le signal d’avertissement une lampe rouge, tandis que les fréquences du radio-phare d’atterrissage commandent un indicateur de direction par l’intermédiaire d’une valve redresseuse et un indicateur de courbe d’atterrissage qui n’est autre qu’un micro-ampèremètre comme on l’a vu plus haut.
- Une antenne verticale de 80 cm environ, sur l’avion, capte les ondes de 9 m du radio-phare d’atterrissage. Les signaux des radio-phares de position exigent un dipôle horizontal constitué par deux fils d’environ 80 cm placées longitudinalement sous le fuselage de l’avion. Un espace de 5 cm étant suffisant comme éloignement de la masse métallique de l’appareil, la résistance à l’avancement de cet ensemble est négligeable.
- COMMENT S’EFFECTUE UN ATTERRISSAGE
- Fig. 8. — Appareil d’indications optiques se plaçant sur la planche de bord de l’avion.
- Supposons donc qu’un avion arrive dans le rayonnement du radio-phare d’atterrissage, rayonnement qui s’étend jusqu’à 30 km de l’aéroport. Le pilote place son
- avion le plus rapidement possible dans la direction d’approche correcte, direction qui lui est indiquée à l’oreille par un son continu dans le casque téléphonique et par la position médiane de l’aiguille de l’indicateur de direction. Il maintiendra son appareil à une hauteur qui sera de l’ordre de 200 m ou davantage, suivant les consignes particulières relatives à l’aérodrome. (Cette hauteur peut lui être indiquée avec une précision de ± 10 pour 100 avec les altimètres actuels). Il attendra ensuite le signal d’avertissement. Au moment où il l’entendra et le percevra visuellement par le clignotement de la lampe rouge, il notera la déviation de l’aiguille sur l’indicateur de la courbe d’atterrissage placé sous ses yeux et coupera les gaz. Pendant la descente, le pilote s’efforcera de donner à son appareil une inclinaison telle que la déviation de l’aiguille de l’indicateur de la courbe d’atterrissage reste constante. Il lui faudra également veiller à ce que l’aiguille de l’indicateur de direction demeure à égale distance des extrémités de son cadran, sur le trait vertical correspondant à l’axe balisé. Lorsque se fera entendre le son grave du signal principal et que le clignotement de la lampe verte se produira, le pilote sera prévenu qu’il est arrivé à la limite de l’aéroport à
- quelques mètres du sol. Il n’aura plus qu’à atterrir.
- Tel est le fonctionnement du système Lorenz avec lequel plus de 1000 atterrissages sans visibilité, pleinement réussis, ont été effectués en Allemagne par les pilotes de la Deutsche Lufthansa, avant de recevoir une consécration officielle, par sa mise en service sur les grands aéroports. Le problème est donc complètement résolu du côté radio-électrique. Il faut cependant noter que l’atterrissage sans visibilité soumet, dans sa dernière phase, celle du contact avec le sol, les trains d’atterrissage à une épreuve sévère, puisque lorsque l’appareil a été amené au-dessus de l’aéroport à quelques mètres, le pilote n’a plus aucune indication. Il importe donc que les trains d’atterrissage soient susceptibles de supporter des accélérations verticales assez élevées.
- Quant.au système Français S. I. P. L. dont nous aurons l’occasion de reparler, car il vient d’être essayé avec un plein succès à l’aérodrome de Lyon-Bron, disons simplement aujourd’hui que le radio-phare émetteur n’utilise pas un dipôle et des réflecteurs, mais l’association d’un dipôle et d’un cadre. Philippe Roland.
- Fig. 10. — Installation réceptrice sur un avion.
- 1, Récepteur 9 m. — 2, Détectrice 7,9 m. — 3, Filtre de fréquences. — 4, Batterie d’alimentation. — 5, Bobine de self ne faisant pas partie de l’équipement Lorenz, mais des installations de radiotélégraphie.
- Détectrice 7,9 m
- Haute
- Fréquence
- Dètectrice
- 9m.
- Fréquence
- 1700a/de.
- 700cydes
- Réglage de / amplitude
- Filtre de Bandes
- Ecouteurs
- JE i—i indicateur de U/recta —®—I | | ( Bâbord -Tribord)
- Redresseur Axe balisé
- Signa! Principal (Lampe verte}
- Indicateur de distance
- Fig. 9. — Schéma de l’installation réceptrice de bord.
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- NOUVEAU DISPOSITIF POUR PHOTOGRAPHIER
- LES POISSONS
- Fig. 1. — Schéma du dispositif du DT Comandon pour la photographie des poissons en aquarium.
- Le Dr Comandon vient de faire connaître dans Recherches et Inventions, un nouveau dispositif qu’il a réalisé pour photographier aisément des poissons en aquarium. Certes, depuis longtemps déjà on sait prendre des clichés de cette sorte. A la fin du siècle dernier, au laboratoire maritime de Concarneau, Fabre-Domergue réussissait de magnifiques épreuves qu’il publia en 1899. Au laboratoire de Banyuls, Louis Boutan, maître de conférences à la Faculté des Sciences de Paris, s’immergeait à 3 ou 4 m de profondeur, dans un scaphandre de son invention et y opérait avec un appareil photographique étanche. Plus récemment, l’Américain Charles Williams et ses fils Ernest et Georges firent même du cinématographe sous l’eau, sur les fonds côtiers des îles Hawaï.
- Le Dr Comandon s’est limité à la photographie instantanée en aquarium et en utilisant les moyens les plus récents d’éclairage, il a réalisé une technique simple.
- Dans un aquarium, l’éclairement est particulièrement difficile à régler, si l’on ne veut pas obtenir une simple silhouette. Il faut que les sources lumineuses éclairent uniformément l’avant de l’aquarium, sans toutefois produire, sur la glace antérieure, des reflets accompagnés parfois du portrait du... photographe qui se superpose
- Fig. 2. — L’installation pour la prise de vues montée sur une table.
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- à l’image des poissons. Heureusement l’optique permet d’une façon assez originale l’élimination de ces rayons gênants. La lumière malencontreusement réfléchie étant polarisée en grande partie, il suffit de placer devant l’objectif un analyseur que l’on tourne de manière à obtenir l’extinction des dits rayons. On peut aussi éviter plus simplement ces reflets en interceptant, au moyen d’un écran, le faisceau lumineux qu’on dirige suivant une certaine incidence, vers la surface de la glace.
- Le Dr Comandon emploie un cône ou un tronc de pyramide en carton noir, dont la petite base enserre l’objectif, de grande longueur focale, par un joint de lumière. En outre, afin que l’éclairement soit uniforme dans l’aquarium, il faut disposer plusieurs lampes, dont aucune ne doit donner de contre-jour ni d’ombres portées excessives. On y arrive en utilisant un éclairage latéral ou vertical faible en appoint à un éclairage antérieur intense. Enfin, les sources de lumière ont avantage à être brèves, afin d’obtenir des images nettes des ani-
- de profondeur, dans lequel il met des poissons, qui circulent à volonté dans une eau fraîche et aérée. Sur le fond de ce réservoir on répand du gravier blanc; la paroi postérieure est en tôle peinte, les autres en glace transparente. Les lampes (Vacublitz n° 2), sont vissées sur leur douille à laquelle aboutissent les fils souples d’amenée du courant. Ces douilles sont entourées d’un tube de laiton rendu étanche par une bague de caoutchouc inférieure. On relie les fils à un accumulateur de 12 v dont on ferme le circuit soit par un bouton de sonnerie, soit de préférence à l’aide d’un contact spécial actionné automatiquement par le déclic du rideau de l’obturateur. La durée de la combustion est d’environ 1/25 de seconde
- Fig. 3, 4 et 5. -
- A gauche, la foule grouillante d’un aquarium. — A droite, une perche d’Amérique; en bas, une carpe miroir.
- maux mobiles, avant qu’ils ne fuient, éblouis et effrayés.
- Les lampes Vacublitz, Photoflux ou autres similaires, apparues depuis quelques années et largement utilisées par les photo-reporters, fournissent une élégante solution. Le passage d’un courant électrique à bas voltage, produit par la pile sèche d’une lampe de poche, suffit à provoquer la combustion très rapide et très éclairante de leurs feuilles métalliques, sans bruit et sans aucune fumée dégagée à l’extérieur. Naturellement on masque ces lampes du côté de l’objectif, en appliquant, par exemple, des bandes de carton à l’extérieur de la pai’oi antérieure de l’aquarium : le côté de cet écran en contact avec le verre est argenté de façon à jouer le rôle de réflecteur, alors que l’autre face est noircie.
- L’installation du Dr Comandon, comporte un aquarium de 90 cm de largeur sur 75 cm de hauteur et 50 cm
- et on emploie un nombre variable de lampes suivant les dimensions du champ à éclairer et l’ouverture du diaphragme. Enfin on dispose au-dessus de la surface de l’eau une ou deux autres ampoules de 200 w qui facilitent la mise au point et permettent à l’expérimentateur d’effectuer le déclic au moment opportun.
- Grâce à ce dispositif très simple, les ichtyologistes et les amateurs pourront obtenir aisément d’artistiques et très documentaires clichés de poissons, témoins ceux que le Dr Comandon a bien voulu nous communiquer pour illustrer cet article.
- Jacques Boyer.
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- = GARES DE TRIAGE AUTOMATIQUE
- Fig. 1. — Cabine des freineurs à la gare de Trappes-Triage.
- A gauche, pupitre de commande manuelle des aiguilles; à droite, leviers de commande des freins de voie hydrauliques Frühlich et appareil répétiteur indiquant les numéros des voies destinataires des wagons qui arrivent de la bulle (ûg. 2 et 5). On aperçoit des rames de wagons dans un paysage de neige. (Phot. chemins de fer de l’État).
- Nous voudrions entretenir aujourd’hui nos lecteurs d’une très remarquable réalisation de semi-automatisme électro-mécanique qui vient d’être faite à la grande gare de triage de Trappes, près de Saint-Cyr, appartenant au Réseau de l’Etat (fig. 1 et 2).
- Cette nouvelle installation, où se trouvent utilisés les artifices techniques les plus modernes, tels que la cellule
- Fig. 2. —• Trappes-Triage : descente de la « butte », côté triage.
- A droite, le sommet de la butte avec ses voies descendantes; au premier plan, aiguilles formant le début de l’épanouissement des faisceaux (fig. 5 et 11); en arrière, la cabine surélevée du « chef de butte » avec ses haut-parleurs. (État).
- photo-électrique, la commande à distance par haut-parleurs, le frein Frühlich, les aiguillages ultra-rapides contrôlés par des cascades de billes, représente actuellement ce qui se fait de plus parfait et de plus rapide dans ce gigantesque problème du triage ferroviaire dont le profane ne soupçonne guère la complexité.
- Nous adressons nos remerciements à MM. Raoul Dautry, directeur des Chemins de fer de l’Etat, et Lemonnier, chef-adjoint de l’Exploitation, qui ont bien voulu nous documenter pour cette étude (1).
- NÉCESSITÉ DU TRIAGE
- Lorsqu’un wagon de marchandises part d’une gare où il a été chargé, il est rare qu’il puisse être envoyé directement à destination. Le plus souvent, il est attelé avec d’autres wagons de destinations différentes; le train initial ainsi formé devra donc être débranché, c’est-à-dire divisé en cours de route pour donner naissance à de nouveaux trains qui pourront être débranchés à leur tour jusqu’à ce que tous les wagons parviennent à leur but définitif.
- Ce sont précisément ces débranchements et ces recompositions de trains de marchandises qui constituent l’opération du triage.
- Ainsi, lorsque Marseille expédie vers le Nord un train de marchandises, il est à prévoir que ce train devra être coupé à Tarascon, à Lyon, à Dijon et au voisinage de Paris, chaque tronçon étant trié pour être incorporé à de nouveaux trains qui divergeront de ces grands nœuds de communications dans des directions différentes.
- Ceux de nos lecteurs qui ont conservé quelques souvenirs de l’analyse mathématique combinatoire se rendront compte de l’énorme complexité schématique d’un tel problème sur un réseau à grand trafic et géographiquement dense. Pour les voyageurs, le problème existe aussi avec les changements de train mais il est simplifié par l’initiative individuelle des intéressés. De plus, les wagons ne sont pas à l’échelle humaine, ce qui oblige à mettre en œuvre des moyens mécaniques pour les trier.
- 1. Nous suivons particulièrement : la brochure éditée par le réseau de l’État, pour son Ecole de perfectionnement professionnel sur les aménagements de gares; Revue générale des Chemins de fer, février 1934; notice technique de la Société 1’ « Aster », constructrice de l’appareil à billes. Voir aussi : La manœuvre électrique des aiguillages et des signaux, publié par les Ateliers de Charleroi (Jeu-mont) et une étude du Dr Gottschalk, de Berlin, traduite dans Revue générale des Chemins de fer, numéro de décembre 1935. On trouvera en tête de cette étude une liste des études parues sur ce sujet dans la même revue.
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- 21 voies Triage pair
- J2 voies Réception paire
- Station ' de Trappes
- 3 voies Réception impaire
- 31 voies
- impat,
- Route Nationale N°1Q
- Fig. 3. — Trappes-Triage : ensemble des voies montrant les deux triages, pair et impair.
- Pratiquement,, les grands réseaux sont organisés de la façon suivante. Les wagons sont drainés dans les différentes gares par des trains de ramassage, trains fort lents puisque la machine est obligée, dans chaque gare, de « refouler » pour aller remorquer les wagons préparés sur voie de chargement; dans une première gare de triage on débranche et on forme des trains directs jusqu’à d’autres gares de triage où l’on forme des trains de distribution. En général, un wagon peut ainsi effectuer son voyage en trois étapes.
- TRIAGE « A LA BUTTE >»
- Pour les voyageurs, une gare est un bâtiment administratif complété par des quais d’embarquement; la
- Réception
- Triage
- Fig. 4. — Schéma-type d’une gare de triage simple.
- même définition conviendrait aux gares de marchandises et de messageries, c’est-à-dire de chargement.
- Un triage est tout autre chose. C’est une immense étendue de terrain horizontal, couverte de voies en épis, pareilles, vues d’un avion, à un chandelier gigantesque, où règne un intense trafic de wagons lancés à la volée, qui défilent d’aiguille en aiguille, pour venir se rassembler sur des voies parallèles (fig. 11).
- Ces manœuvres, « au lancer » ou « à la gravité » sont caractéristiques des triages; prendre les wagons un à un avec une locomotive ou des tracteurs et aller les mettre en place, est évidemment possible, mais au prix d’une perte de temps prohibitive. Que l’on songe qu’à Sotteville, on trie fréquemment un train de 700 m en moins de 10 minutes et que Trappes trie actuellement plus de deux mille wagons par jour !
- Sur quelques très rares triages, notamment dans le réseau du Nord, les voies présentent dans leur ensemble une légère déclivité en sorte que les wagons deviennent automoteurs; il suffit de les lâcher tout en préparant à
- temps toutes les aiguilles nécessaires pour que chacun d’eux aille rejoindre la voie voulue.
- Dans la majorité des cas, tout le triage est horizontal, mais on édifie à l’entrée une butte en terre que la voie principale gravit par une rampe douce et redescend, vers les aiguilles, par une pente rapide. Il suffit, dans ces conditions, de pousser sur la butte, *à l’aide d’une locomotive, un train dont les attelages ont été préalablement décrochés, pour que les différents wagons (ou les « coupes » comprenant plusieurs wagons destinés à la même voie) se détachent en franchissant le sommet de la butte (fig. 5).
- Un agent spécialisé, le chef de butte, installé dans un poste surélevé, est chargé de coordonner les manœuvres en commandant au mécanicien la vitesse de refoulement et en commandant les aiguilles d’après les indications portées sur les wagons. Les aiguilles sont faites soit par les aiguilleurs soit directement par le chef de butte mais avec un certain retard indispensable, car il ne faut pas oublier que les épis de voies sont occupés par des wagons en dérive, roulant vers leurs voies respectives.
- Cette temporisation, réduite au minimum par une
- Fig. 5. — Plan et profil de la butte de Trappes montrant la penle décroissante et l’emplacement des quatre freins de voie. Les aiguilles sont en noir.
- (Voir la suite des faisceaux fig. 11). — Les chiffres portés sur le profil indiquent les pentes; R, rayons de courbure.
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- Fig. 6. — Moteur d’aiguille à engrenages fonctionnant sous 110 v. L’aiguille est talonnable et renversable, c’est-à-dire qu’elle peut, par exemple, être prise à revers par voie 1 alors qu’elle est faite pour voie 2; elle saute alors dans la nouvelle position. Au premier plan, ressort oscillant procurant deux positions stables. Le carter, enchâssé dans le ballast, est relié aux traverses par des bielles articulées, ce qui le soustrait aux secousses de la voie. (Aster.)
- concordance rigoureuse des manœuvres et dans un cadre de sécurité stricte, constitue tout le problème technique du triage.
- FAISCEAU DE VOIES
- Si les trains de marchandises se présentaient à intervalles réguliers à la gare de triage, une hutte et un faisceau suffiraient, complétés bien entendu par quelques voies de circulation pour les machines qui vont prendre en tête les rames nouvellement formées ou qui rentrent au dépôt.
- Malheureusement, les convois P. V. (petite vitesse) sont un peu les sacrifiés des chemins de fer ! Leurs
- Fig. 7. — « Evitement » de rail permettant l'élimination automatique d’un sabot de freinage.
- Déposé en A, le sabot est poussé par la roue, qu’il freine, puis s’échappe
- dans la boîte B.
- graphiques sont tracés par « rafales » dans les intervalles de temps laissés libres par les trains à voyageurs, dont les horaires sont impératifs. Il est donc néanmoins nécessaire de prévoir, en amont de la butte, un ensemble de voies de garage qu’on appelle le faisceau de réception; de même, en aval des voies de triage, nous aurons un faisceau de départ.
- Par ailleurs, il est commode de disposer d’un troisième faisceau auxiliaire où l’on puisse, à l’aide de locomotives, parfaire la composition des trains distributeurs (trains de section) destinés à être coupés en cours de route : on dispose les wagons dans l’ordre de leurs destinations successives en sorte qu’il suffira de laisser la queue du train dans chaque gare. Ce faisceau, peu étendu, se nomme le faisceau géographique.
- Nous arrivons ainsi au schéma de la figure 4 qui représente un triage théorique simple. Indiquons, sans entrer dans le détail, qu’il existe en général deux triages : l’un pour les trains en direction «paire », l’autre pour la direction « impaire ». On arrive ainsi à des ensembles extrêmement compliqués dont les plans de Sotteville et de Trappes (lig. 3 et 10) suffisent à donner une idée.
- Notons que la tendance actuelle est d’utiliser une seule butte pour les deux directions, ce qui supprime de nombreux échanges entre les deux gares, mais suppose que l’on a pu accroître le rendement de la butte comme on l’a fait précisément à Trappes.
- AIGUILLES ULTRA-RAPIDES
- Dans un triage ci gravité, tel que celui qui nous occupe, il existe une étroite solidarité entre les dispositions adoptées pour la manœuvre des aiguilles, le freinage des wagons, le tracé du profil en long, l’orientation par rapport aux vents dominants, le tracé des voies, leurs rayons de courbure (qui influent sur le roulement) et leur longueur.
- Un rendement élevé de la butte suppose essentiellement :
- Des fonctionnements d’aiguilles rapides;
- Un espacement minimum des wagons.
- La rapidité de manœuvre des aiguilles a été multipliée dans d’énormes proportions par une étude serrée du moteur électrique qui commande l’aiguille, et de la transmission, qui se fait par vis ou par engrenages. On est arrivé à abaisser le temps de fonctionnement de 2,5 sec pour les aiguilles ordinaires à 0,4 sec pour les aiguilles de triage ! Si l’on songe à la self du moteur et à l’inertie de toutes les pièces mobiles, on se rendra compte du remarquable record technique que représente une pareille célérité (fig. 6 et 9).
- De plus, si l’on désire profiter au maximum de l’espacement des wagons, il est nécessaire qu’un signal automatique avertisse l’aiguilleur de l’instant précis où les roues d’un wagon viennent de quitter une aiguille et où l’on peut par conséquent manœuvrer celle-ci sans risquer un « bi-voie ». A cet effet, les rails sont coupés par des joints isolants, chaque tronçon de voie ainsi isolé se trouvant relié par des fils à un « voyant d’occupation » placé dans la cabine ; dès que le voyant passe au « libre », l’aiguilleur sait qu’il peut changer l’aiguille sans danger.
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- Pour plus de sûreté, on peut remplacer le voyant par un verrou qui vient retenir la manette de commande ou, mieux encore, par un relais qui vient couper le circuit de commande de l’aiguille. Ainsi l’aiguilleur peut préparer la manoeuvre, celle-ci ne s’exécutant toutefois que lorsque l’aiguille est libérée.
- Dans cette combinaison, les temps morts se trouvent réduits aux temps de fonctionnement des aiguilles et des relais, c’est-à-dire à fort peu de chose. L’initiative de l’aiguilleur est d’autre part grandement facilitée par la disposition topographique des manettes qui sont installées sur un large plan reproduisant les épis divergents du triage.
- On a pu atteindre, à Trappes et au Mans, en commande manuelle, le chiffre record de 9 wagons à la minute, soit 6,67 sec par wagon. Mais de telles fréquences représentent pour les aiguilleurs un effort d’attention et de mémoire réellement excessif. De là l’idée de supprimer le facteur humain par l’emploi d’un système automatique comme on vient de le faire à Trappes.
- PRINCIPE DE L’AIGUILLAGE AUTOMATIQUE
- A quelles conditions doit satisfaire ce système automatique ?
- Une aiguille déterminée doit uniquement fonctionner entre le moment où le dernier essieu du premier wagon a quitté le talon des coupons de rails mobiles et le moment où le premier essieu du second wagon aborde la pointe de ces coupons. Il doit donc exister entre les centres des wagons une certaine longueur de sécurité L.
- Or, la distance existant réellement entre deux wagons comporte une partie fixe et une partie variable inconnue à l’avance, car il ne faut pas oublier que les wagons sont de types différents et différemment chargés, en sorte qu’un wagon « bon rouleur » peut rattraper dangereusement un wagon « mauvais rouleur ».
- Si n est le nombre de wagons envoyés par minute et
- que A représente la différence des temps de parcours de
- deux wagons, ces deux wagons se présenteront à l’aiguille
- avec un intervalle de temps qui ne sera plus, en secondes
- 60 . 60
- —’ mais seulement-------A.
- n n
- La condition de sécurité, en appelant a la vitesse moyenne du premier wagon mauvais rouleur, sera donc :
- /60 A ^
- u~Ar-L-
- qui exprime simplement que l’espacement des deux wagons ne devient à aucun instant inférieur à la longueur L.
- L’examen du premier membre de cette inégalité montre que l’espacement croît d’abord quand les wagons s’éloignent du sommet de la butte, du fait que la vitesse augmente, mais que cet espacement décroît ensuite du fait que la différence de parcours s’accroît.
- Il y a donc danger pour la première et pour les dernières aiguilles.
- Pour la première aiguille, on s’astreint simplement à la placer suffisamment bas au-dessous du sommet afin
- Serré
- Desserré
- Fig. 8. — Coupe mi-parlie montrant le fonctionnement du frein de voie
- Frdhlich.
- A droite, la roue roule librement; à gauche, la plate-forme est soulevée par un cylindre à huile et la roue est serrée entre un rail et une barre formant mâchoires. (Thyssen, constructeur, document Revue générale des Chemins de fer.)
- d’avoir une bonne vitesse. Pour les dernières aiguilles, par contre, on ne peut tolérer qu’une vitesse restante réduite, sans quoi on rendrait très pénible le travail des ealeurs chargés de bloquer les wagons à l’aide d’un patin glissant, au moment où ils arrivent au contact.
- Fig. 9. — Moteur d’aiguille agissant par vis.
- On aperçoit dans le haut le commutateur de renversement de marche.
- (Aster.)
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- Voie de circulation
- Voies lentes l/oie rapide //
- impaire
- \Jriâgëimpàl /Qriage pair^ -SfiiçfcDaine Transbordem1
- 'THienne
- Fig. 10. — Plan général de Sotteuille-Triage.
- Moins chargé que celui de Trappes (11g. 3), ce plan montre la complexité d’une gare de triage double. Un important progrès a conisté, pour Sotteville, dans la déviation de la voie rapide paire (Rouen-Paris), rejetée au sud du triage et dans la mise en tunnel du raccordement au dépôt.
- FREINS DE VOIE
- La solution consiste à adopter une butte haute et raide, une tête de faisceau courte, afin de diminuer les parcours de roulement et des freins de voie disposés à mi-parcours entre la première et les dernières aiguilles. Un coup de frein aux « bons rouleurs » empêche les rattrapages tout en diminuant ou même en réduisant à zéro le travail des caleurs (fig. 1, 5, 8 et 11).
- Finalement, le triage travaille en deux étages, la rapidité maxima étant réalisée près de la butte, ce qui est logique puisque les premières aiguilles sont communes à toutes les directions.
- A Argenteuil et Achères, on utilise pour préparer l’arrêt définitif, le système de freinage Rosenbaum qui est remarquablement simple. Chaque voie de triage présente un évitement c’est-à-dire une coupure du rail qui est déjeté en oblique (fig. 7). L’homme place en A, sur le rail, un sabot que le wagon pousse en se freinant et qui vient se jeter en B dans une boîte placée près de l’évitement, tandis que le wagon continue sa course. On peut ainsi faire varier le freinage en plaçant le sabot plus ou moins en avant de l’évitement. Au Mans et à Soquence, on emploie le sabot à câble, système Deloison, qui est moins dangereux pour le personnel.
- A Trappes, où les quatre freins de voie sont placés au
- Fig. 11. — Tête du faisceau de triage impair de Trappes montrant l’épanouissement rapide des épis.
- Les aiguilles sont en noir.
- Chetfle butte
- milieu du faisceau, ainsi qu’à Sotteville, on a adopté les freins Frohlich, fabriqués par Thys-sen; ces freins comportent un pinçage latéral des roues des wagons qui s’exerce hydrauliquement et avec un effort proportionnel au poids qui charge l’essieu. Il en résulte que Y accélération négative produite est la même pour les wagons légers que pour les wagons lourds (fig. 8).
- Si l’on songe que les points d’une roue, à l’instant où ils viennent en contact avec le rail, possèdent une vitesse verticale puisqu’ils se trouvent sur la pointe de la cycloïde décrite, on se rendra compte de ce qu’un tel freinage a de paradoxal. Les résultats se sont révélés très satisfaisants, à la condition de mettre à part les wagons dont les bandages sont fixés par des rivets.
- Le vent exerce sur les wagons une action perturbatrice d’autant plus gênante qu’elle est difficile à évaluer exactement; l’orientation d’un triage n’est donc pas indifférente. Pratiquement, on peut être conduit à avoir une butte d'été et une butte d’hiver, cette dernière étant plus élevée, mais la meilleure solution consiste à adopter une butte unique élevée et de bons freins de voie.
- A titre d’exemple, voici un détail des «temps», chiffrés en secondes et centièmes de seconde pour un wagon très mauvais rouleur suivi par un wagon bon rouleur (danger maximum) circulant à Trappes sans vent :
- Jusqu’à la première aiguille : temps d’occupation par le mauvais rouleur, 3,47 sec; fonctionnement de l’aigüille 0,3 sec (chiffre record); différence de marche, 0,27 sec. Total représentant l’intervalle de temps minimum qu’il faut respecter à la butte : 4,04 sec, soit 14 wagons à la minute ;
- Jusqu’à la troisième aiguille : temps d’occupation par le mauvais rouleur, 5,56 sec; fonctionnement de l’aiguille, 0,3 sec; différence de marche, zéro, car elle est absorbée par le freinage. Total représentant l’intervalle de temps minimum qu’il faut respecter à la butte pour avoir la sécurité jusqu’à la troisième aiguille : 5,86 sec, soit 10,2 wagons à la minute.
- La cadence à adopter est naturellement la plus faible, soit 10 au maximum, mais s’il n’y avait pas de freins elle serait très inférieure à ce chiffre.
- Dix wagons de 50 à 60 t, dégringolant en liberté une forte pente (55 pour 1000), filant à 25 à l’heure sur des aiguilles successives sans aucun contrôle humain à bord, dans le bref intervalle d’une minute, voilà, n’est-il pas vrai, une « cadence » qui parle aux yeux ?
- APPAREIL A BILLES
- L’appareil à billes qui vient d’être installé à Trappes repose sur le principe suivant :
- Chaque wagon (ou « couple » de wagons) est représenté par une bille qui descend d’étage en étage dans un tube vertical en produisant au passage des contacts électriques qui font fonctionner les aiguilles; ces billes ne tombent pas librement : elles sont arrêtées par des barres encochées et par de petits berceaux basculants appelés trébuchets qui sont eux-mêmes commandés par
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- les circuits de voie. Ainsi, l’occupation par les differents wagons des différentes zones isolées des voies commande le mouvement des billes et celui-ci commande à son tour les aiguilles.
- L’inertie des billes ne joue aucun rôle et n’intervient du reste pas sensiblement sur les parcours verticaux très faibles (2 cm) qui séparent les étages de chute. Ces billes représentent simplement des échappements mécaniques particulièrement commodes.
- Pratiquement, voici comment l’appareil fonctionne à Trappes. Le « meuble à billes » est commandé à distance par le chef de butte, qui se borne à appuyer sur un bouton correspondant à telle voie de destination.
- Déclenchée par un électro-aimant, la bille correspondante traverse tout d’abord un certain nombre d’étages de préparation où elle peut se trouver arrêtée par des barres encochées, commandées elles-mêmes par électroaimants, si la bille précédente se trouve elle-même encore dans l’un des étages de préparation. Ainsi est garanti, dans le meuble, un certain espacement vertical entre les
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- Fig. 13. — Zones isolées ménagées dans les voies d’une lêie de triage pour la protection et le fonctionnement automatique des aiguilles.
- billes, correspondant à certaines distances de sécurité entre wagons.
- Le lecteur objectera que lesdits wagons, abandonnés en liberté, n’ont cure de ces distances prudemment respectées par les billes ! Mais l’important est que les aiguilles ne seront pas faites pour le second wagon, trop rapproché, autrement dit, que le « robot » préférera dévoyer le wagon que de risquer une manœuvre dangereuse d’aiguille.
- Libérée par toutes les barres encochées, la bille tombe, échappant de trébuchet en trébuchet à mesure que le wagon s’avance. Prenons à titre d’exemple, le fonctionnement de la deuxième aiguille (B du schéma simplifié, fig. 3). La bille se trouve arrêtée sur le trébuchet en relation avec cette aiguille (fig. 15-1), qui la retient jusqu’à ce que notre wagon aborde la zone isolée préparatoire (zone n° 3 du schéma fig. 13) ; à ce moment le trébuchet bascule sous l’action d’un électro à plongeur conique (fig. 16) la bille venant en position II (fig. 15).
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- TRAPPES
- Fig. 12. •—- Carte montrant la région ferroviaire drainée par la gare de Trappes-Triage.
- Alors :
- Si la zone de protection (n° 4) de la deuxième aiguille est libérée par le précédent wagon ou dès que cette zone de protection est libérée, l’aiguille fonctionne. Le trébuchet bascule en sens inverse et la bille, poursuivant sa chute, tombe sur le trébuchet inférieur. C’est le cas normal.
- Si la zone de protection ne se trouve pas libérée par le wagon précédent avant que notre wagon l’atteigne lui-même, l’aiguille ne fonctionnera pas et la bille restera arrêtée sur le trébuchet; désormais le wagon suivra le même itinéraire que le précédent : c’est un dévoiement. Quant à la bille, elle sera évacuée sur le côté grâce à un petit volet obturateur solidaire du trébuchet supérieur et qui, par conséquent, s’effacera quand un troisième wagon se présentera à l’aiguille précédente (A du schéma fig. 15).
- Les billes ainsi éliminées tombent par des tubes auxiliaires dans une boîte où elles peuvent être recueillies et comptées.
- Fig. 14. — Vue extérieure du meuble à billes. (Aster.)
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- première aiguille,
- Fig. 15. — Fonctionnement des « trébuchets à billes » pour la commande automatique
- des aiguilles.
- En I, la bille se trouve sur un trébuchet, elle ferme un contact' (non représenté sur la figure) qui agit sur les relais commandant le fonctionnement de l’aiguille correspondant à ce trébuchet; mais ces relais ne fonctionnent que si la zone de protection (lîg. 13) est dégagée par le wagon précédent : le trébuchet bascule alors en avant et en arrière, la bille venant en position II, puis en position III quand l’aiguille a fonctionné (si l’aiguille est déjà dans la position voulue, ces deux basculements se succèdent sans délai). Si le wagon précédent n’a pas dégagé la zone de protection avant que le wagon correspondant à la bille arrive à son tour sur cette zone, ni l’aiguille ni le trébuchet ne fonctionnent; le wagon est dévoyé; la bille reste en place (cas de la bille des nos III et IV); quand le trébuchet situé au-dessus d’elle fonctionnera pour un troisième wagon, il entraînera le volet oblique qui laissera échapper la. bille, poussée par un poussoir (Aster).
- Le « meuble à billes » de Trappes commande 31 itinéraires et comporte 4 étages d’accumulation (barres encochées) et 10 étages d’espacement (trébuchets). Grâce à une construction très resserrée, son encombrement
- Fig. 16. — Electro-aimant à plongeur conique actionnant un trébuchet. E(,, électro; à droite, le tube avec le trébuchet; C, contre-poids formant volet; V, ouverture d’expulsion de la bille.
- n’est que de 2 m 12 sur 1 m 53. Des poussoirs manuels, disposés sur le meuble sous forme topographique permettent aux frei-neurs d’intervenir en commande semi-automatique, en vue de dévier des wagons hors de leur itinéraire en cas d’incident.
- BARRAGE INFRA-ROUGE
- Il était indiqué de réduire au minimum la longueur de la zone isolée qui commande la ce qui accélère particuliè-rem.ent la cadence de débranchement, mais on risquait alors une manœuvre prématurée sous le second'bogie d’un wagon à grand empattement.
- Pour parer à ce danger, on utilise un barrage formé par un rayon infra-rouge qui traverse la voie à la hauteur des tampons. Quand un wagon traverse le barrage, le premier trébuchet oscille en avant puis en arrière et l’aiguille fonctionne.
- Un soin particulier a été apporté par ailleurs à la liaison entre le chef de butte, le mécanicien du train poussé à la butte, les freineurs et les caleurs.
- Un panneau lumineux à trois feux permet au chef de butte de commander au mécanicien : « pousse », « stoppe » ou « tire »; une rangée de klaxons disposés le long de la voie attire l’attention du mécanicien sur le panneau. A titre d’essai, cette liaison optique a été doublée par une liaison par T. S. F. fonctionnant dans les deux sens. À Sotteville le chef de butte commande par haut-parleurs.
- La liaison avec la cabine des freineurs est assurée par un appareil D. E. M. M. à cadran lumineux qui retrace pour les freineurs les numéros de destination des cinq derniers wagons (ou « coupes ») ; l’appareil fonctionne automatiquement en même temps que le meuble à billes. Cette liaison est doublée par une communication réciproque par téléphones haut-parleurs.
- Les ordres aux caleurs sont donnés au moyen de quatre grands haut-parleurs, par les freineurs, plus à même que le chef de butte de juger de la vitesse restante de chaque wagon et des conditions où devra être fait le calage.
- Ces installations électro-mécaniques ont été complétées par une amélioration de l’éclairage; 67 lampes à manchons, à incandescence de pétrole, d’un rendement médiocre et d’un entretien coûteux, ont été remplacées par 45 projecteurs électriques de 900 w montés sur 11 pylônes hauts de 30 m.
- Nous arrêterons ici cet aperçu sur le fonctionnement des triages, dont la nouvelle gare de Trappes constitue assurément une unité des plus modernes. Les résultats sont parlants : suppression de la gare de pré-triage de Versailles-Matelots, suppression du travail de nuit, réduction du nombre des caleurs, suppression de l’aiguilleur. L’ensemble des économies annuellement réalisées, personnel et machines, est de 2 500 000 fr et cependant la nouvelle gare est encore fort loin d’être utilisée
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- différentes, dont la plus orientale seule porte le vignoble bourguignon.
- Les altitudes de cette dernière crête varient peu autour de 430 m.
- Elle présente une double courbure dont on peut fixer les changements d’orientation à Marsannay et à Nuits-Saint-Georges.
- Ce fait, qui pourrait rester inaperçu dans une région de polyculture, devient important pour une culture aussi sensible que celle de la vigne.
- Cette crête présente deux deltas alluvionnaires : le Meuzin (fig. 2), qui, par le val de Meuilley, draine l’arrière-côte et a établi son cône de déjection au débouché de Nuits-Saint-Georges, déversant sur les sables de Chagny une terrasse triangulaire d’alluvions anciennes, et le Rhoin, dont le cône de déjection débute à Savigny-lès-Beaune, et dont le delta s’étend jusqu’aux alentours de Meursault.
- A l’une des précédentes réunions de la Société d’histoire de Beaune, un auteur, en s’appuyant sur des textes, a démontré que ces noms de Meuzin et de Rhoin avaient été donnés à ces rivières en raison d’une similitude qu’elles présenteraient avec la Meuse et le Rhin. Il est possible que des anciens se soient laissés abuser par une ressemblance morphologique, on ne voit ici rien de comparable aux phénomènes de capture si caractéristiques des deux rivières du massif lorrain.
- Les deux têtes de delta — Savigny et Nuits — sont des points particuliers au point de vue géologique.
- Perpendiculairement à la crête de la Côte, on remarque des courbes de terrain parallèles, dont le versant nord est souvent richement boisé, tandis que le versant sud est dénudé, formant un terrain spécial connu sous le nom de « Bled » (fig. 3).
- Ces courbes sont des réservoirs d’eau, et c’est très généralement à leur débouché que s’installent les villages. Elles peuvent même donner un nom à ces villages; c’est le cas de Comblanchien (la combe blanche).
- GÉOLOGIE
- Les terrains de la Côte occupés par le vignoble sont bajociens et bathoniens.
- Le lias argileux se montre sous forme de phosphate de chaux dans la zone comprenant Beaune, Semur et Avallon, en nodules déchaussés, remarquablement plus riches que ceux engagés dans les sédiments; il constitue aussi le dépôt de ciment noir de Pouilly et de puissants schistes toarciens .à Posidonies, qui ont formé plus loin les bancs à minerais de fer du Creusot.
- Le lias est surmonté par le jurassique moyen qui montre toute une série calcaire.
- Le bajocien est représenté par une muraille de calcaire à entroques, en bancs mesurant 20 m et même plus, formant des escarpements, des remparts naturels fréquemment utilisés contre les invasions.
- Le bathonien, calcaire, a ici une puissance de 150 m, et débute par un calcaire marneux à Ostrea acuminata, que l’on appelle souvent marne viticole. Cette marne forme une cuvette de drainage et alimente entre autres les sources de la Seine. Ses bancs assez minces, de colo-
- DIJON
- Afrique
- ÿ Marsannay
- ÿ Gevrey-Cha m berti n
- ÿClos-VbugeofJ yRomanée jsurJm; F Richebourg J
- /nuits-st-georges
- Bois de Mauiuan
- , / Veita / Alluvionnaire
- e = 1200 m
- Bois de Corton
- '^JoiSayi g ny
- Fig. 1. —-La région de la côte.
- Jt. Bathonien supérieur. — Jn“. Calcaire blanc compact. — Jid. Calcaire blanc oolithique.— Jin. Marnes viticoles à Ostrea accuminala. — J5. Rauracien. — J2-1. Callovien-oxfordien. — A1. Alluvions. — Pi“a. Sables de Chagny.
- ration blanche ou jaunâtre, sont recouverts par des calcaires oolithiques horizontaux, en bancs exploités par les carriers, qui en tirent des blocs de 4 à 5 m. C’est une masse blanchâtre, puissante, à texture très fine.
- Enfin, dominant cet ensemble, et formant généralement les sommets des plateaux et les crêtes de la mon-
- Fig. 2. — La passe du Meuzin, en amont de Nuits-Saint-Georges, (Photo Barat.)
- *
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- Fig. 3. —• Le « bled » exposé au sud, à Marsannay-la-Côte. A l'esl, apparition de la forêt. Vue prise dans la direction de Chenove. (Photo Barat.)
- tagne vers Dijon, est une importante masse de calcaire marneux et de marnes.
- La première ligne de coteaux est appuyée sur une formation callovienne et oxfordienne, dans laquelle sont noyés des massifs rauraciens.
- Cet épisode callovien-oxfordien est représenté dans la Côte par un faciès marno-calcaire. Les masses calcaires sont gris-brun, assez dures et mal litées.
- ; Le rauraeien est une formation puissante de calcaire grossier, irrégulièrement oolithique, bien lité, et plus ou moins blanc. Au nord, ce rauraeien donne de grands polypiers, au sud il présente des aspects dolomitiques ruiniformes.
- La ligne des massifs rauraciens n’est pas parallèle à celles des bancs bathoniens, si bien que de Beaune à Dijon, l’épaisseur des étages callovien et oxfordien —qui séparent le bathonien du rauraeien — augmente notablement. De 500 m d’épaisseur au sud, elle passe à 1200 m aux environs de Vosne-Romanée et atteint une grande puissance à partir de Gevrey.
- Les sables de Chagny sont des terrasses alluvionnaires siliceuses, dont la puissance peut atteindre 40 m au-dessus du niveau de la Saône. Au pied de la colline juras-
- Fig. 5. — La limite d’altitude entre la vigne et la forêt à Gevrey-Cham-berlin. (Photo Barat.)
- sique, ils forment de puissants dépôts de cailloutis mélangés à des sables altérés, colorés en rouge.
- Aux débouchés des vaux dü Meuzin et du Rhoin, sont des terrasses élevées de 8 à 10 m au-dessus du cours d’eau, formées d’éléments calcaires roulés, peu décomposés; ces éléments deviennent, en amont de Savigny, une sorte de tuf terreux (fig. 4).
- CLIMATOLOGIE
- La Côte d’Or est une région de transition entre le climat du bassin parisien et celui du couloir de la Saône et du Rhône, aux influences méditerranéennes.
- A Beaune, la température moyenne, de 1890 à 1909, a été de 10°,8, avec des extrêmes de — 17° et + 37°. La moyenne d’hiver est 2°,1; celle d’été 18°,4.
- La nébulosité est relativement forte pendant 150 à
- Berna n
- Savigny
- Fig. 4. —Détail du delta alluvionnaire du Rhoin, à Savigny-lès-Beaune. a1. Alluvions anciennes. — J2-1. Oxfordien-Callovien. — J3. Rauraeien.
- — J|. Bathonien supérieur. — Pi_“. Sables de Chagny.
- 170 jours. Le ciel n’est absolument pur que 90 jours au maximum.
- Les vents dominants sont E.-W.
- La région reçoit environ 650 mm d’eau par an, répartis sur 121 jours de précipitations, dont 17 de neige. Si l’on compte 100 jours de gel, le thermomètre dépasse 29 fois 30°, du 8 juin au 28 août.
- FLORE CULTURALE
- La constitution géologique du sol, l’extrême aridité de celui-ci, la chaleur reçue en une saison de végétation, le climat, font de la Côte une région viticole par excellence. La vigne est là merveilleusement à sa place et donne les vins que l’on sait. Les plants utilisés sont en petit nombre. Le Gamay fournit les vins d’ordinaire et de grand ordinaire, alors que le Pinot est le plant fin des grandes cuvées.
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- Sa culture remonte, en Bourgogne, à une haute antiquité, puisque ce sont les Romains qui Font introduit dans la province. Le nom de plant noble, donné au Pinot depuis, se justifie magnifiquement.
- Il y a, semble-t-il, une répartition des sous-espèces liée à la géologie. Ce serait peut-être l’explication de la spécificité des vins de tel clos, alors que le clos limitrophe, emplanté du même plant, sous le même climat, possède un bouquet différent.
- Cette question mérite une étude détaillée que nous ne pouvons songer à développer ici.
- Dans toute la Côte il y a une limite altitudinale de la vigne qui se heurte à la forêt, ou mieux au maquis (fig. 5). Toutes les faces nord des combes sont boisées, certaines possèdent même de beaux massifs (combe de Lavaux, à Gevrey; combe de Fixin; combe de Savigny; combe de Pévenel à Marsannay). Cette limite est extrêmement nette sur une coupe en travers de la Côte (fig. 6). Le vignoble est installé sur une terre arable, rouge, provenant de la décomposition des calcaires et des marnes calcaires, extrêmement caillouteuse, dont la formation semble due à un ruissellement des coteaux. Cette bande de terre arable s’arrête à la naissance de la montagne, ou du moins diminue très notablement d’épaisseur.
- A titre d’indication, nous signalerons une analyse donnant la moyenne de six prélèvements effectués dans les calcaires oolithiques inférieurs de Volnay, dans le Clos de Marcounet à Beaune, dans un calcaire oolitbique de Beaune, dans un calcaire lithographique de Volnay, dans un calcaire à gryphées de Saint-Romain.
- Carbonate de chaux. . . Carbonate de magnésie . Carbonate de fer . . . .
- Silice..................
- Alumine.................
- Argile et eau. '........
- 0,80
- 0,03
- 0,02
- variables.
- 0>05 à 0,14 très variable.
- 0,07 à 0,34
- 0,09
- lliMD Terre arable kûcm. n~x: Calcaire mSZD Sables de Cbagny é Masiodon
- LTi
- r^~r
- Marsannay
- Perrigny,
- R.N
- Ligne de tramway
- J1LI ZI
- Fig. 6. — Coupe à travers la côte à Marsannag.
- Ce sont les deux variables qui donnent le bouquet dès vins.
- Toutes les faces sud présentent au-dessus du vignoble l’aspect d’une lande, où s’installent quelques maigres pins sylvestres, des cornouillers mâles et sanguins, et à la faveur d’un ressaut de terrain du cerisier mahaleb.
- Des reboisements ont été entrepris, mais fort mal menés, ils n’ont donné que des échecs. Il semble cependant qu’en prenant les précautions qu’exige la technique du reboisement, ces étendues caillouteuses pourraient être transformées en pineraies de pin sylvestre, avec sous-bois de chênes, ou mieux encore en cédraies, On trouve, en effet, le cèdre dans les environs de Chenôve et l’étude de la flore des landes montre que cet arbre trouverait là sa place.
- Enfin, l’installation d’une pineraie, au-dessus de la vigne, à la place du désert de cailloux qui s’y trouve, serait défavorable à la vie des vipères qui infestent la Côte, puisqu’il n’est pas rare qu’un tueur en récolte 1200 à 1800 dans la saison. Gaston Barat,
- Ingénieur agronome.
- Ingénieur du corps des Eaux et Forêts.
- ..NOUVELLES METAMORPHOSES
- DE LA LAMPE DE T. S. F.
- LES LAMPES MÉTALLIQUES - LES LAMPES “ MÉTAL-VERRE ” ET LES NOUVELLES LAMPES EN VERRE
- La lampe de T. S. F., depuis sa création par de Forest en 1906, a fait d’extraordinaires progrès. On sait les multiples applications auxquelles elle se prête : détection, génération d’oscillations électriques à haute fréquence, amplification. Ses organes internes ont été rapidement perfectionnés; on a vu apparaître successivement les cathodes à revêtement d’oxyde, à chauffage indirect, les électrodes multiples de contrôle; la technique du vide a été poussée à un haut degré de perfection, le montage interne des électrodes a été également très perfectionné.
- Cependant, la lampe merveilleuse n’est pas encore
- arrivée au dernier stade de son évolution; dans ces derniers mois, la construction métallique a fait son apparition et apporte à la construction des lampes de nouveaux changements révolutionnaires.
- L’EMPLOI DU VERRE DANS LES LAMPES DE T. S. F.
- Jusqu’à ces derniers temps, les ampoules des lampes de T. S. F. étaient toujours en verre. Elles sont scellées sur le pied en verre, lui-même scellé au culot isolant auquel sont adaptés les broches ou les ergots de connexion. La
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- Borne deconnex" plaque
- Isolant entre __
- l'anode et l'écran
- Pièces en mica
- Grille écran
- Anode refroidie par l'air.
- Anneauencaoutch? antimicrophon ?
- Support d'électrodes en mica______
- Disque de passage des fils de connex?
- Ecran extérieur métallique.
- Plaquette isolante
- Entretoise rigide en, mica
- Cathode.
- Plaque refroidie par circulation d'air
- Pièce de maintien en mica
- Joint, étanche à l'air, entre le verre de la base' et le cuivre de la plaque
- Monture caoutchouc anti microphonique
- Culot métallique
- Fig. 1. — La lampe Calkin.
- Cette lampe anglaise a été la première lampe de réception à enveloppe métallique
- fabriquée en série.
- surface extérieure du verre est recouverte d’un enduit métallique dans les modèles récents, et la surface intérieure est, elle aussi, recouverte soit d’un enduit métallique, absorbant, ou bien d’une couche de graphite destinée à éviter autant que possible les émissions secondaires.
- Pourquoi a-t-on eu recours au verre ? Il était assez utile dans les premiers modèles de lampes à filaments de tungstène de se rendre compte du fonctionnement et du chauffage du filament, en observant l’éclat de sa lumière, mais cet avantage n’était pas essentiel. On a surtout employé le verre parce qu’on a tout naturellement appliqué à la construction des premières lampes de T. S. F. les procédés utilisés pour la fabrication des lampes d’éclairage électrique.
- Fig. 2. — Coupe d’une lampe américaine « Tout Métal ».
- Chapeau isolant. Œillet de Fernico,
- Collier support Getter______
- Perle de verre Œillet de_ Fernico
- Tube de—-pompage
- Borne de grille Perle de verre Blindage delà lampe
- Support isolant de la lampe
- uSoudure du blindage au socle
- 'ode de la lampe
- Sertissage
- Téton avec ergot
- Le verre est, d’ailleurs, une matière facile à travailler, qui tient parfaitement le vide, et que l’on sait faire traverser par des conducteurs électriques. Mais il a des inconvénients : les parois minces en verre sont très fragiles; les parois épaisses supportent mal les différences de température déterminées par les opérations de pompage et de formation de la couche d’oxyde sur la cathode.
- Lorsqu’il a fallu réaliser des supports poulies multiples électrodes de la lampe, on s’est heurté à de difficiles problèmes. Le pied doit, en effet, supporter l’ensemble des éléments, tout eil maintenant rigoureusement entre eux un écartement déterminé, condition nécessaire pour obtenir avec précision les caractéristiques radio-électriques voulues.
- Cette masse de verre doit ainsi être percée de nombreux trous pour le passage des conducteurs, tout en demeurant parfaitement étanche; il faut aussi éviter les pertes électriques pour les courants haute fréquence.
- Les nécessités du travail du verre exigent pour le pied une forme aplatie; les connexions des électrodes doivent y être disposées en lignes à moins de 2 mm les unes des autres. Il faut ensuite donner aux supports de ces électrodes une forme plus ou moins compliquée.
- Pour augmenter la solidité des supports, éviter tous déplacements relatifs des électrodes, on a donc été obligé, dans le cas des lampes à électrodes multiples, de recourir à des rondelles d’écartement et à des ponts en mica.
- Au cours de la fabrication, il faut généralement procéder à plusieurs recuissons du verre pour faire disparaître les tensions internes, sources de fêlures ultérieures; néanmoins on ne peut éviter un fort déchet de fabrication dû aux fêlures, aux soudures imparfaites et autres défauts des ampoules en verre.
- Pendant qu’on fait le vide, il faut, d’ailleurs, porter l’ampoule à une température élevée, pour en éliminer les gaz occlus qui, sans cette opération, se dégageraient au cours de l’existence de la lampe. Mais il faut bien régler ce chauffage pour éviter toute détérioration du verre.
- Ainsi que nous l’avons montré, dans un article de la revue de septembre 1935, ces particularités de la construction en verre ne permettent pas une fabrication entièrement automatique. L’intervention de spécialistes pour le montage des électrodes à l’intérieur de l’ampoule et pour le vide reste nécessaire.
- Les inconvénients du verre s’aggravent pour les lampes puissantes et de grandes dimensions : le passage des conducteurs à travers le verre, le maintien d’une température constante et uniforme dans l’ampoule, malgré l’énergie mise en jeu sur ses électrodes, créent alors les plus graves difficultés. Aussi, pour ces lampes puissantes, la substitution du métal au verre a-t-elle été envisagée depuis longtemps. C’est ainsi que dans les lampes d’émission à grande puissance, on a remplacé en partie l’ampoule en verre par un tube de cuivre formant anode, ce
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- Fig. 3. — Détails du montage de la lampe métallique « Tout métal ».
- A, Base et support. — B, Les organes intérieurs. — C, Aspect extérieur des pièces.
- qui a permis de la refroidir aisément par l’extérieur au moyen d’une circulation d’eau ou d’huile.
- La difficulté, dans cette disposition, résidait dans la jonction étanche du verre et du métal. La découverte d’alliages de fer et nickel ou de fer, nickel et cobalt, ayant le même coefficient de dilatation que le verre, et adhérant parfaitement à celui-ci, a permis de résoudre simplement le problème. Un anneau de cet alliage est brasé à l’extrémité du tube de cuivre et une lame très mince de cuivre est appliquée entre le verre et le métal; on obtient ainsi un joint parfaitement étanche.
- Pour les lampes de réception, le problème du passage des connexions à travers le verre était généralement assez simple, à cause de l’échaufïement relativement réduit, mais il n’en est pas de même pour les lampes à grande puissance. Dans celles-ci, la connexion est munie, à la traversée du verre, d’une sorte de bouclier fait d’un disque à bords minces; ces bords restent libres de se dilater à l’intérieur d’une douille de soudure du verre, qui vient s’appliquer sur les faces supérieures et inférieures du disque.
- LES PREMIÈRES LAMPES MÉTALLIQUES DE RÉCEPTION
- L’emploi du métal pour les ampoules à grande puissance ayant été mis au point, il était naturel de songer à l’étendre aux lampes de réception. Aussi vit-on surgir, il y a trois ans à peine, la lampe anglaise Catkin, encore utilisée aujourd’hui, et sur laquelle nous avons attiré en son temps l’attention de nos lecteurs; cette lampe, comme les lampes d’émission, possède une anode en forme d’enceinte, dans laquelle le vide est réalisé. Les autres électrodes sont maintenues à l’intérieur par des entretoises robustes (fig. 1).
- Le verre n’est plus employé que sous la forme d’un culot qui scelle la base de la lampe et assure le passage des fils d’arrivée du courant sur sa périphérie à une grande distance les uns des autres, en évitant les effets de capacité et les pertes à haute fréquence.
- Le pied en verre de la lampe servant de support aux électrodes est supprimé; il est remplacé par une bride serrée formée par des plaquettes de mica ou des supports d’acier.
- Le tube est monté dans un culot métallique, dont il peut être isolé par une ceinture anti-microphonique en caoutchouc. L’anode métallique recouverte d’un enduit isolant est visible directement, ou elle est entourée d’un tube métallique percé d’ouvertures en losanges destinées à jouer un rôle protecteur et mécanique et à augmenter le refroidissement par circulation d’air.
- Ce système mixte présentait ainsi, semble^t-il, des avantages sur la lampe en verre. Néanmoins, sa construction était délicate, et son emploi paraît être demeuré assez restreint.
- LES NOUVELLES LAMPES MÉTALLIQUES AMÉRICAINES
- Les nouvelles lampes métalliques dont nous avons déjà sommairement signalé l’apparition, sont entièrement métalliques, à la différence des lampes Catkin. Le pied en verre est supprimé.
- Leurs dimensions sont beaucoup plus réduites que celles des lampes ordinaires. Elles mesurent en moyenne,
- Fig. 4. —• Les différentes formes de lampes métalliques.
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- 7,6 cm de hauteur et 2,5 cm de diamètre. Une double triode destinée à la détection n’a même que 2,5 cm de hauteur ! Une dizaine de types de ces lampes ont déjà été réalisés, la plupart de leurs caractéristiques correspondent à celles des types récents de lampes en verre, mais certains modèles présentent des pe r fect ion ne m e nts radio-électriques spéciaux, dûs justement à leurs particularités mécaniques : faible capacité, rapprochement des électrodes, etc. (fig. 2 et 3).
- Le passage des conducteurs à travers l’enveloppe s’effectue de la façon suivante : les fils de connexion sont enfilés dans des perles de verre disposées elles-mêmes dans un œillet fait d’un alliage auquel on a donné le nom de fernico, parce qu’il contient du fer, du nickel et du cobalt (fer : 58 pour 100, nickel : 28 pour 100, cobalt : 18 pour 100). Cet alliage a une courbe de dilatation presque identique à celle du verre normal. L’œillet en fernico est soudé dans la plaquette métallique du tube. Pendant la soudure, le verre fond et tend à centrer le fil de connexion par suite du phénomène de la tension superficielle. Les ouvertures de l’enceinte métallique sont, de cette manière, fermées d’une manière absolument hermétique.
- Ces gouttes de verre constituent donc les seules pièces
- de verre employées pour la construction de la lampe. Les électrodes sont maintenues à l’écartement convenable au moyen de ponts.
- Au moment de la fabrication, un courant de 2000 ampères agit pendant un vingtième à un centième de seconde dans le fil conducteur. Ce temps est contrôlé avec précision par un thyratron; on peut ainsi fondre le verre sans volatiliser le cuivre.
- L’emploi du métal permet une fabrication entièrement mécanique, et les chaînes de fabrication ressemblent à celles d’une usine de petite mécanique.
- Grâce à la suppression du pied en verre, toutes les parties de la lampe sont assemblées sur une plaque métallique; l’armature extérieure est posée sur ces parties métalliques et soudée sur la plaque autour de sa circonférence, ce qui permet d’obtenir des connexions très courtes et très directes, et par suite, de réduire les capacités internes.
- Le culot à broches ou à ergots des lampes ordinaires a donc disparu. La base de la lampe porte des tiges de contact d’un diamètre identique égal à 2 mm 32, au nombre de 5, 6 ou 8 au maximum et réparties à égale distance les unes des autres, sur une circonférence de 17 mm 44 de diamètre.
- Pour éviter toute erreur de connexion, la plaquette formant culot comporte en son centre un téton en bakélite, plus long de quelques millimètres que les broches, et pourvu d’un ergot. Le support de la lampe sur le poste porte au centre une ouverture identique au profil du téton et, par conséquent, aucune erreur de branchement n’est possible; on enfonce immédiatement la lampe sur son support, comme une clé dans une serrure (fig. 6).
- L’ensemble est robuste et solide, la suppression du pied a permis de surbaisser les électrodes et, par suite, de diminuer la hauteur totale. Deux pièces de centrage en mica, sont disposées à la partie inférieure et à la partie supérieure et serties dans des cercles métalliques solidaires du socle. La plaque est, d’autre part, soutenue en trois points différents par des bandes de mica rivées sur un support circulaire.
- Les deux opérations les plus délicates de la fabrication des tubes métalliques sont certainement les opérations de soudure et celles de pompage; les autres phases de la construction et de la mise en place des électrodes sont au contraire, facilitées par la suppression du verre.
- Dans le pompage des lampes en verre, qui dure environ 6 mn, le filament chauffant de la lampe est chauffé avec un courant d’une tension supérieure à la tension normale; les plaques, les grilles et les écrans sont portés à des températures voisines de 1000° centigrades par passage de courants induits par un courant haute fréquence de l’ordre de 400 kilocycles; l’opération s’effectue sans difficultés, et on la contrôle aisément. De même, la mise en action du getter, c’est-à-dire de la pastille (en alliage de magnésium-baryum) qui doit déposer sur la paroi interne du tube
- Fig. 6. — Le culot normalisé « Octal » pour lampes métalliques.
- A droite, disposition des broches suivant qu’on en emploie 5, 6, 7 ou S.
- 5 broches
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- la couche absorbante est assurée aussi au moyen d’un chauffage par induction. A travers l’ampoule de verre on aperçoit, d’ailleurs aisément, la position de ce getter.
- Avec une lampe métallique, ces opérations sont beaucoup plus difficiles. Le blindage métallique ne permet plus le chauffage par induction; il faut donc porter directement l’enveloppe à une température suffisante pour dégager les gaz occlus, et pour chauffer par rayonnement les électrodes elles-mêmes. On fait exploser le getter en chauffant avec une flamme le point de la paroi où il est placé.
- On a, en outre, été obligé de prévoir l’introduction d’un enduit de céramique sur la plaquette et sur l’enveloppe intérieure des tubes, de manière à éviter l’action destructive des dépôts.
- La soudure est elle-même une opération très délicate. Au moment où le métal devient plastique, il faut un système de for-geage terminant rapidement la soudure, de manière à limiter la
- chaleur à la surface de contact. La fabrication de la lampe tout métal exige donc des installations d’une précision absolue; les résultats obtenus paraissent cependant déjà satisfaisants.
- AVANTAGES ET INCONVÉNIENTS DES LAMPES MÉTALLIQUES
- Voici les avantages mis par leurs constructeurs à l’actif des lampes métalliques : leur fonctionnement est extrêmement silencieux; la construction mécanique antimicrophonique, le blindage parfait, l’absence d’émissions secondaires évitent le sifflement et le « souffle »; on n’a plus à craindre, d’autre part, la charge électrique accumulée sur le verre de l’ampoule.
- Les connexions internes plus courtes, la réduction de la capacité entre éléments assurent un rendement plus satisfaisant pour la réception des ondes courtes.
- Une plus grande précision dans la disposition des éléments internes par rapport au blindage rend les caractéristiques électriques plus uniformes et permet une interchangeabilité absolue.
- Elles sont robustes, insensibles aux chocs.
- Elles sont plus faciles à mettre en place sans erreur possible et sans crainte de contact avec les pièces sous tension; leur culot est assemblé mécaniquement et non collé; il ne peut prendre de jeu. Enfin, leurs faibles dimensions permettent de réduire l’encombrement des postes.
- Toutefois, la lampe en verre peut encore présenter de bons arguments pour sa défense.
- La résistance mécanique de l’enveloppe d’une lampe n’est pas ce qui importe le plus; ce qui est essentiel
- Fig. S. •— L'équipage intérieur d’une lampe actuelle métal-verre Visseaux comparé à celui d'une lampe plus ancienne.
- Fig. 7. — Les organes essentiels d'une lampe métal-verre Visseaux.
- c’est la solidité des électrodes elles-mêmes, et de leur montage, ainsi que le maintien du vide. Actuellement, il faut convenir qu’aucun matériau n’est supérieur au verre pour le maintien du vide; du reste, les tubes métalliques ont dû être laqués extérieurement pour supprimer les fuites éventuelles, et aussi pour constituer une protection contre la rouille.
- On peut augmenter la rigidité du montage des électrodes dans les tubes en verre également; tandis que le dépôt d’une couche de carbone sur la paroi interne permet de supprimer les effets d’émissions secondaires; le centrage au moyen de ponts métalliques risque, d’autre part, d’engendrer des effets microphoniques.
- Les capacité internes des tubes en verre les plus récents sont, d’autre part, égales, ou même inférieures à celles des tubes métalliques, de sorte que la réception des émissions sur
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- Fig. 9. — Combien a diminué, pour une même puissance, la consommation des lampes en verre depuis 3 ans. (Lampes Philips.)
- ondes courtes est tout aussi facile; la capacité entre les connexions des tubes métalliques est du même ordre que celle des tubes en verre les plus récents.
- On peut également améliorer la régularité des caractéristiques des tubes à enveloppe de verre, et les déformations des supports des électrodes ne sont plus guère à craindre grâce à l’emploi des ponts en mica.
- Le culot des lampes métalliques est certainement très pratique, mais il peut être également adapté sur des lampes à enveloppe de verre, comme nous le verrons plus loin.
- Les lampes métalliques sont de petites dimensions, mais elles prennent au bout de peu de temps de fonctionnement une température très élevée; on ne peut donc, pour cette raison, les employer dans des récepteurs très ramassés dans lesquels l’aération ne serait pas suffisante.
- Que conclure ? La lampe métallique, d’une fabrication entièrement mécanique, constitue sans doute le modèle
- de l’avenir. La fabrication est-elle dès à présent entièrement au point ? Il n’est pas encore permis de l’affirmer. En attendant, l’emploi des ifiodèles de transition : lampes métal-verre ou lampes en verre modifiées que nous allons décrire, demeure la solution la plus sûre et la plus rationnelle pour tous les usagers de la radio-technique.
- LES LAMPES MÉTAL VERRE
- Les lampes mixtes, à enveloppe de verre, ont été conçues pour allier aux qualités de la lampe en verre certains avantages essentiels des tubes métalliques.
- Ainsi est née, aux Etats-Unis, une lampe qui présente à peu près la même forme que la lampe en verre ordinaire, mais comporte un blindage démontable et le même culot que la lampe métallique.
- La lampe M. G. (métal-glass) a une forme cylindrique comme la lampe métallique ; elle comporte une ampoule en verre recouverte d’un blindage serti sur le culot; ce culot est analogue à celui de la lampe métallique.
- Des lampes de ce type sont désormais construites en série en France, par exemple dans les nouveaux ateliers Visseaux à Lyon. On voit, sur la figure 7, le détail de la construction de cette lampe; le verre est encore utilisé pour constituer l’ampoule, mais les traitements qu’il subit ont été mécanisés, de manière à réduire les risques de construction et à faciliter le montage.
- Les ampoules provenant de verreries spécialisées subissent à leur arrivée à l’usine un contrôle et un calibrage de hauteur, de diamètre et d’épaisseur, puis un lavage au jet de vapeur et un séchage.
- Le tubulage consiste dans l’adjonction d’une ébauche de corne pour les ampoules destinées aux lampes ayant une sortie de grille supérieure; le graphitage est un badb geonnage au graphite colloïdal de l’intérieur des ampoules.
- Les trois dernières opérations sont effectuées sur des machines circulaires; l’ampoule tourne sur elle-même et avance progressivement à la périphérie de la machine. A chaque position d’arrêt, des chalumeaux à gaz échauffent le verre au degré voulu pendant que les dispositifs mécaniques effectuent l’opération désirée.
- Pour la fabrication des pieds, on part, comme matière première, de cannes de verre qui sont des tubes de 15 à 20 mm de diamètre et de 1 m de longueur.
- L’évaseuse-écarteuse produit 1000 évasements à l’heure, les cannes disposées1 verticalement dont tronçonnées à chaud à l’état de verre sâteux; les tubes sont progressivement évasés (arrondis inférieurs) puis écartés (ovalisation sur une machine couplée).
- La machine à pieds fabrique 200 pieds à l’heure; elle pose dans l’évasement les entrées de courant (nickel, alliage spécial traversant le verre, cuivre à l’extérieur) et le support de montage en nickel. Ces fils logés dans l’ovalisation de l’évasement à leur place rigoureuse sont noyés dans le verre rendu pâteux par des chalumeaux à gaz, puis ils sont pincés par deux marteaux. La machine est à douze têtes qui avancent progressivement sur une couronne
- Fig. 10. — Cette figure montre comment ont diminué en 3 ans les dimensions des lampes en verre. (Lampes Philips.)
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- circulaire devant les positions successives de chargement-chaufïage-pinçage-déchargement.
- Sur la même machine, le queusot, petit tube de verre par lequel on fera le vide ultérieurement, vient aussi se souder vers la pinçure du pied. De grandes étuves circulaires sont adjointes aux machines à pied, elles assurent le refroidissement de ces pieds suivant une courbe de température bien étudiée pour éviter toute trempe du verre, de manière à éliminer les risques de fêlures.
- Les entrées de courant sont effectuées par des machines très spéciales à trois bobines de fil de nickel, d’alliage spécial et de cuivre, qui opèrent des coupes et des brasures au chalumeau, automatiquement.
- Des machines à cambrer, enfin, assurent, par des coupes automatiques et des pliages calibrés sur les supports de nickel du pied, un montage ultérieur précis.
- PROGRÈS DES LAMPES EN VERRE
- La plupart des fabricants européens de lampes demeurent fidèles aux lampes à ampoule de verre.
- Les cathodes sont désormais établies avec des fils de chauffage bifilaires et à double spirale, pour éliminer tous les bruits parasites; le tube isolant est supprimé et la durée de mise en marche est très réduite; le centrage automatique est effectué au moyen d’une aiguille.
- Les ponts en mica employés pour augmenter la rigidité des électrodes ont une surface réduite, le trajet des lignes de fuite éventuelle est augmenté, la fluorescence des ampoules est supprimée au moyen d’un enduit intérieur au graphite.
- Les grilles ont une section elliptique, qui permet une meilleure répartition du champ électrique et une rigidité plus grande. La capacité interne est réduite, fait particulièrement essentiel pour la réception des émissions sur ondes très courtes. Les tiges de fixation sont plus courtes et plus grosses; les plaques sont pleines et plus rigides.
- Le nouveau culot standardisé comporte, non plus des broches, mais des ergots disposés sur la périphérie et venant s’emboîter dans les douilles du châssis.
- Le nombre des ergots est de 8, quel que soit le modèle de lampes.
- Les nouvelles séries de 1936 sont remarquables par leur consommation réduite. Les anciennes lampes de 1933-
- 1934 exigeaient une puissance de chauffage de 4 w (4 v X 1,1 ampère); les lampes de même type, en 1935, ne consomment déjà plus que 2,6w. Les nouvelles lampes, alimentées sous une tension de 6,3 v, ne consomment plus que 1,2 w (6,3 v X 0,2 ampère) soit un bénéfice de plus de moitié en deux ans.
- Ces lampes sont remarquables aussi par leur faible encombrement. Le volume d’une octode de la série
- 1935 était de 123 cm3 culot compris, celui de l’octode 1936 n’est que de 43 cm3, soit trois fois moins (fig. 11 et 12).
- Le dégagement de chaleur est plus faible, la température extérieure étant de 50° maximum, de sorte qu’on peut sans inconvénient réduire les dimensions des postes.
- La réduction plus poussée encore des ponts en mica a supprimé les effets microphoniques; les points de contact entre les électrodes et le mica sont peu nombreux.
- Les anodes pleines sont de surface réduite et recouvertes
- Fig. 11. — Les plus petites lampes en verre secteur que l’on ail fabriquées jusqu’ici. (Lampes Philips.)
- d’une couche de carbone très fine destinée à éviter les émissions secondaires.
- Ajoutons qu’un grand effort a été fait pour normaliser les types de lampes mis sur le marché, les rendre interchangeables et réduire le nombre des modèles.
- P. Hémardinquer.
- Fig. 12. — L’équipage intérieur d’une lampe en verrc-A droite, il y a deux ans. — A gauche, aujourd’hui. (Lampes Philips.)
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- UNE DÉCOUVERTE FRANÇAISE : L’ASPIRINE
- Fig. 1. —- Charles Gerhardt, inventeur de l'aspirine (1816-1856).
- MÉDICAMENTS MODIFICATEURS DE LA TEMPÉRATURE
- On sait depuis fort longtemps abaisser la température d’un homme qui a la fièvre en le plongeant dans un bain tiède ou froid ou en l’enveloppant de linges mouillés qu’on laisse évaporer. Mais le moyen est difficilement réglable et peut amener des complications respiratoires.
- La physiologie a montré qu’il existe, quelque part dans le cerveau, un centre qui règle normalement la température du corps et réussit, ou presque, à la maintenir constante. Cependant un séjour à l’étuve sèche ou au soleil, un bain trop chaud, un exercice violent élèvent la température, et aussi nombre de poisons convulsivants et bien d’autres corps. Par contre, l’exposition au froid, le bain froid, la sudation, etc., l’abaissent.
- Le maintien de la température dépend d’un équilibre entre la production de chaleur (respiration, oxydation) et son élimination (transpiration, vasodilatation).
- La fièvre est un état complexe dans lequel cet équilibre s’établit à une température supérieure à la normale. Elle
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- accompagne et révèle le plus souvent une infection, parfois un changement colloïdal des humeurs (choc), très rarement-une lésion des centres nerveux régulateurs. • La chimie pharmacologique a découvert de très nombreux corps qui modifient la température, en agissant principalement sur l’intensité des oxydations et sur la vasodilatation et la transpiration. Bien plus, elle a révélé récemment des produits qui donnent la fièvre ou tout au moins élèvent la température et dont on cherche actuellement l’utilisation.
- Réservant pour un autre article les médications hyper-thermisantes : chimiques (nitrophénols) et physiques (ondes courtes), nous passerons en revue les médicaments antithermiques ou mieux antipyrétiques puisqu’ils agissent à la fois sur la température et la douleur.
- On en distingue deux grands groupes selon qu’ils agissent surtout, comme l’antipyrine, sur l’élimination de chaleur, ou comme la quinine sur sa production.
- Les antipyrétiques qui augmentent la perte de chaleur agissent en une à deux heures. Ce sont des dérivés de l’aniline, comme l’acétanilide ou antifébrine, la méthyl-acétanilide ou exalgine; ou des dérivés de la phényl-hydrazine : phényl-semicarbazide ou cryogénine; ou des dérivés de l’isopÿrazolone comme l’antipyrine, la sali-pyrine, la migrainine, le pyramidon, etc., ou des dérivés du paraminophénol, ou encore des dérivés de l’acide salicylique comme l’aspirine.
- Tous abaissent la température, provoquent le sommeil, diminuent les douleurs, mais leur élimination n’est pas également rapide, et les doses fortes ou répétées ne sont pas toutes tolérées.
- Le groupe de l’acide salicylique a acquis une faveur marquée pour plusieurs raisons : l’acide salicylique est un antiseptique faible et il s’oppose aux fermentations; il ajoute donc aux effets antithermiques et analgésiques une action anti-inflammatoire (on connaît son efficacité contre le rhumatisme) ; enfin il s’élimine lentement, en grande partie sans décomposition.
- L’ACIDE ACÉTYLSALICYLIQUE OU ASPIRINE
- L’écorce de saule était déjà connue de Galien comme remède contre le rhumatisme. Elle contient un glucoside, la salicine, qui se dédouble en glucose et acide salicylique.
- L’acide salicylique est l’acide orthoxybenzoïque ; sa formule est celle de l’acide benzoïque portant en ortho une fonction phénol.
- COOH CO OC H3 COOH 1
- OH A-oh 1 ' AA_0_C0-CH3
- \/ A \/
- acide salicylate aspirine
- salicylique de méthyle.
- Il donne deux séries de dérivés, les uns portant sur la fonction acide COOH : salicylate de soude, salicylate de
- Fig. 3. — Les cuves d’acétylation de l'acide salicylique.
- méthyle, salol, salophène, etc.; les autres sur la fonction phénolique OH, telle l’aspirine.
- Le premier, Gerhardt (fig. 1) découvrit l’aspirine en étudiant les réactions des anhydrides sur les phénols. On sait que Gerhardt était alsacien, qu’il naquit à Strasbourg en 1816 et y mourut en 1856. L’aspirine est donc d’origine française.
- On peut la préparer aisément au laboratoire en chauffant pendant trois heures à 150-160° de l’acide salicylique et de l’anhydride acétique. En employant 25 gr d’acide salicylique et 27 gr d’anhydride acétique, on recueille 18 gr d’aspirine pure cristallisée après évaporation dans le vide de l’anhydride restant. Les eaux-mères contiennent en plus 10 gr de produit presque pur.
- On a créé de nombreux dérivés de l’aspirine en neutralisant sa fonction acide par du sodium (hydropyrine), du lithium (apyron), du calcium (calmopyrine), du magnésium (novacyl), un radical méthyle (méthylaspirine), ou en éthérifiant l’une ou l’autre de ses fonctions (diplosal, phosphorine, glycosal, diaspirine, novaspirine, rheuma-tine, etc.). Tous ces corps ont des effets pharmacologiques du même ordre, sans présenter de particularités marquées.
- Fig. 4. -— Batterie de pasiilleuses.
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- Fig. 5. — Batterie de compleuses.
- PROPRIÉTÉS PHYSIOLOGIQUES
- L’acide acétylsalicylique ou aspirine est absorbé rapidement par la muqueuse intestinale et il passe dans le sang en grande partie à l’état de sel alcalin. Il s’élimine par l’urine, beaucoup plus lentement, en 3 à 6 jours.
- Il est moins toxique que le salicylate de soude.
- Il a une faible action sédative sur le système nerveux et est légèrement hypnotique. Il est nettement antipyrétique et analgésique, d’où son succès dans le traitement de la grippe, des migraines, des douleurs névralgiques.
- On l’emploie à la dose de 50 cgr à 1 gr en une seule fois et l’on peut atteindre 3 gr par jour.
- Sa faible toxicité, la commodité de dosage et d’emploi que présentent les comprimés lui ont valu une juste réputation et son usage est universel.
- Fig. 6. — Détail d’une compleuse. La mise en tubes.
- La consommation est devenue telle que de puissantes usines se sont développées pour sa fabrication.
- FABRICATION INDUSTRIELLE DE L’ASPIRINE.
- LES USINES DU RHONE, A SAINT-FONS
- Les fabrications industrielles de produits pharmaceutiques ne peuvent simplement répéter en grand les expériences de laboratoire.
- On ne peut travailler dans des appareils en verre et il faut alors choisir des matériaux, des réactions qui ne provoquent ni corrosion, ni destruction du matériel.
- Les réactions en grandes masses n’ont plus la même allure que celles de petites quantités et il faut les corriger et les régulariser.
- 11 faut encore établir un contrôle continu de la pureté des matières premières, du rendement des opérations, de la qualité des produits finis.
- Enfin, il faut conditionner ceux-ci, les répartir en doses précises, les transformer en comprimés commodes à employer, c’est-à-dire résistant bien aux transports et aux chocs, de conservation indéfinie dans les climats les plus divers, et cependant se délitant rapidement quand le malade en fait usage. Il faut les empaqueter et les présenter heureusement.
- Nous voudrions donner une .idée de ce que représente d’habileté, de difficultés vaincues, la réalisation complète d’un tel ensemble de fabrication en décrivant l’usine française qui fabrique l’aspirine à Saint-Fons, près de Lyon (fig. 2).
- Les matières premières dont on part sont l’acide sali-cylique obtenu par action de l’alcool ou de l’acide carbonique sur le phénol sodé, et l’anhydride acétique dérivé de l’acétate de soude.
- L’acétylation de l’acide salicylique se fait en présence de benzine, ou d’acide acétique, ou de pyridine et d’acti-veurs tels que l’hydrogène, l’anhydride sulfurique, etc. •
- L’acétylation est réalisée dans des appareils à double fond, en fonte émaillée, d’une capacité de 1500 litres (fig. 3). Dans la double enveloppe, on fait circuler de la vapeur ou de l’eau froide pour régler les températures. Celles-ci sont contrôlées par des thermomètres plongeant dans les cuves et reliés à un enregistreur voisin.
- On introduit dans la cuve 250 kg d’anhydride acétique et 300 kg d’acide acétique mesurés exactement dans des réservoirs d’aluminium, puis on verse 250 kg d’acide salicylique. On chauffe rapidement jusqu’à 60°* et on ajoute l’activeur : 1 kg d’acide sulfurique et 2 kg d’acide acétique. On élève lentement la température à 88-90° qu’on maintient une demi-heure. Un brassage continu est assuré par des agitateurs. On refroidit ensuite jusqu’à 20°. L’aspirine se précipite alors en petits cristaux très réguliers.
- Des plongeurs mobiles recouverts d’ébonite vidangent la cuve sur des fdtres en grès placés au-dessous. Les eaux-mères sont recueillies pour être traitées en vue de la récupération de l’aspirine et de l’acide acétique qu’elles contiennent. Les cristaux sont lavés à l’eau distillée, égouttés, essorés à plusieurs reprises, jusqu’à ce que les
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- eaux de lavage n’aient plus trace d’acide. L’aspirine est alors séchée à l’air chaud, puis tamisée. On obtient ainsi le produit pur, pharmaceutique, avec un rendement d’environ 90 pour 100, par masses d’une tonne environ.
- Il reste à la transformer en comprimés exactement dosés et facilement maniables. On introduit dans un mélangeur des doses précises d’aspirine et d’amidon qu’on brasse jusqu’à parfaite homogénéité. L’amidon assurera l’adhérence des particules entre elles et donnera aux comprimés une certaine résistance mécanique. La poudre est dosée puis comprimée sans échaufîement par des pastilleuses (ûg. 4) machines complexes, précises, qui assurent un très grand débit, et que La Nature a déjà longuement décrites (n° 2937). Les comprimés en sortent, dosés exactement à 50 cg d’aspirine, marqués au monogramme U R (Usines du Rhône) et sont automatiquement comptés et mis en tubes d’aluminium, sans avoir été manipulés (fîg. 5 et 6). Enfin, les tubes sont emballés, non moins automatiquement, dans des cartonnages, par boîtes de cent réunies dans des caisses de 2000 tubes.
- Des contrôles multiples sont organisés en cours de fabrication. On vérifie au colorimètre l’absence d’acide salicylique libre; on s’assure du titrage des comprimés aussi bien que de leur poids et de leur résistance mécanique, etc.
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- De la réaction obtenue par Gerhardt dans un ballon de verre est née une industrie qui occupe, rien qu’en France,
- Fig. 7. — Fabrication des étuis.
- d’énormes usines, qui assure une extraordinaire production, qui guérit ou soulage un nombre considérable de grippes, de névralgies, de rhumatismes.
- Il nous a paru intéressant d’évoquer devant tous ceux qui emploient les petits comprimés comme un soulagement rapide, fréquent, à leurs malaises ou à leurs douleurs, les installations considérables qui les fabriquent avec régularité et sécurité.
- André Bercy.
- = TEMPERATURE DES PAROIS =
- DANS LES MOTEURS A COMBUSTION INTERNE
- Dans la chambre d’explosions d’un moteur se succèdent, à une cadence rapide, des phénomènes de combustion dégageant une température élevée, puis la détente des gaz, l’admission et la compression de gaz froids. Une partie de l’énergie dégagée par la combustion est transformée en travail; mais la plus grande partie se manifeste, on le sait, sous forme de chaleur qui s’évacue partiellement à travers les parois.
- Comment s’effectue cette transmission de chaleur ? Quelles sont, aux divers moments du cycle du moteur, les températures dans la chambre d’explosion ? Ce sont là, manifestement, des questions de première importance, mais qui n’ont pas reçu jusqu’ici de réponse bien précise. On comprend aisément que des données exactes à ce sujet jetteraient une vive lumière sur le fonctionnement interne du moteur; elles permettraient d’élucider avec certitude des problèmes comme ceux de l’auto-allumage; elles donneraient des' bases sûres pour la construction de culasses rationnellement refroidies.
- L’expérimentation directe n’a pu, jusqu’ici, être réalisée avec la finesse suffisante.
- Quant au calcul, il se présente comme hérissé de telles difficultés qu’il a longtemps découragé les meilleurs mathématiciens.
- Aussi s’est-on longtemps contenté d’extrapoler intuitivement les résultats donnés par la théorie classique de la transmission de la chaleur à travers un mur, en régime permanent. On a été ainsi conduit à faire jouer un rôle important au
- coefficient de conductibilité thermique et à la capacité calorifique du métal de la culasse.
- Mais, d'ans un moteur, on est bien loin des conditions du régime permanent de la théorie; on se trouve au contraire en présence d’un régime où les échauffements brusques et les refroidissements se succèdent à une cadence rapide de plusieurs dizaines ou de plusieurs centaines d’alternances par minute.
- M. Véron, professeur à l’Ecole Centrale, a eu le courage d’aborder cette question par le calcul; la Société des Ingénieurs Civils vient de jaublier l’important mémoire où il expose ses formules et les conséquences qui s’en déduisent. Les calculs sont ardus ; nous ne pouvons les suivre ici ; mais ils aboutissent à de fort intéressantes conclusions.
- Aux hautes fréquences considérées, les parois interviennent, dans la transmission de la chaleur, à peu près exclusivement par leurs surfaces libres.
- « C’est la nature de la surface de la paroi métallique, dit l’auteur, nature physique et aussi chimique, qui importe surtout, ce n’est pas la nature de la masse de cette paroi ». Celle-ci n’intervient qu’accessoirement et seulement par son épaisseur et sa conductibilité.
- Examinant le cas d’une paroi baignée sur ses deux faces, par un fluide à température variable, M. Véron formule deux propositions importantes.
- 1° Quand la fréquence du cycle est très faible, tout se passe comme si les températures des deux fluides se stabilisaient et,
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- alors, chaque point de la paroi tend (plus ou moins rapidement) à prendre la température qu’il aurait en régime permanent.
- Cette température-limite dépend des températures des deux fluides, ainsi que, évidemment, de l’épaisseur et de la conductibilité de la paroi, mais surtout de la capacité d’absorption de la chaleur en surface, qui importe donc beaucoup et même presque exclusivement si la paroi est métallique;
- 2° Quand la fréquence du cycle est très grande (de l’ordre de 600 cycles par minute), la température, en chaque point, varie extrêmement peu de part et d’autre d’une valeur moyenne, laquelle est précisément celle qui s’établirait, en régime permanent, si les deux fluides restaient à leurs températures moyennes.
- Cette proposition s’applique encore au cas des fréquences de l’ordre de 10 cycles par minute seulement, mais alors sous la condition que la paroi soit conductrice et de faible capacité calorifique.
- On voit que la deuxième proposition de M. Véron s’applique très exactement aux parois des culasses de moteurs. Elle montre, conformément à l’expérience, que tandis que la température des gaz chauds présente de larges oscillations, la température interne de la culasse reste presque fixe, au voisinage d’une valeur moyenne, d’ailleurs élevée : circonstance heureuse sans laquelle la paroi eût périodiquement allumé le gaz à un moment quelconque du cycle, rendant impossible le fonctionnement du moteur.
- En outre, comme il s’agit de parois métalliques, la densité,
- la chaleur spécifique du métal ne jouent aucun rôle; sa conductibilité et son épaisseur ne jouent qu’un rôle très faible.
- Ces considérations font apparaître le mécanisme réel grâce auquel l’aluminium et le cuivre se sont montrés avantageux pour la construction des culasses de moteurs.
- On sait que les culasses faites avec ces métaux retardent l’auto-allumage à la compression. Mais elles doivent cette précieuse propriété uniquement à leurs qualités de surface : la surface qu’elles présentent aux gaz chauds n’a, en effet, qu’un faible pouvoir absorbant pour la chaleur.
- Il n’est pas interdit de penser que l’on pourra quelque jour conférer les mêmes propriétés à une paroi de fonte ou d’acier; « par exemple, en leur donnant par rodage, par chromage, ou par tout autre procédé, le poli le plus parfait et le plus durable qui sera possible ».
- Ainsi une paroi polie qui réfléchit la chaleur dégagée à l’intérieur de l’enceinte et n’en absorbe qu’une proportion relativement faible constitue la paroi idéale du moteur à combustion interne. On voit immédiatement le rôle néfaste que peuvent jouer les suies, les grains de calamine adhérents aux parois, puisque leur coefficient d’absorption pour la chaleur se rapproche de celui du corps noir.
- Des calculs de M. Véron on pourrait encore dégager bien d’autres conclusions. Mais nous en avons assez dit pour montrer l’importance de ce travail dont l’étude s’impose à tous les ingénieurs qui ont à traiter des problèmes d’échanges de chaleur à travers une paroi.
- A. Trouer.
- LA MACHINE A TREMBLEMENTS DE TERRE
- Un type unique de table à secousses qui permet de reproduire au laboratoire les mouvements d’un tremblement de terre, d’après les enregistrements sismogra-phiques, a été construit par l’Institut de Technologie du Massachussetts. Cette nouvelle machine servira à étudier les effets destructeurs des secousses sismiques sur les immeubles et en général toutes les constructions civiles : on emploiera pour les expériences des modèles à échelle réduite.
- Tandis que le sismologue enregistre les mouvements d’un tremblement de terre pour étudier l’intérieur du globe, l’intérêt direct de l’ingénieur se trouve au-dessus de la surface terrestre. Ainsi, le problème ne consiste plus seulement à reproduire les vibrations d’un tremblement de terre, mais encore, ayant observé leurs effets, de dessiner des structures capables de résister aux secousses.
- La nouvelle machine à tremblements de terre a été imaginée par un sismologue, Arthur C. Ruge, en collaboration avec un ingénieur réputé, le Dr. Vannevar Bush. Bien que le détail en soit complexe, la machine obéit à des principes généraux relativement simples, et on la conduit aussi facilement qu’un poste radiophonique récepteur.
- Un graphique en silhouette, que l’on peut assimiler à une came optique, est fait d’après un graphique sismique réel, en découpant ce graphique le long de la ligne ondulée d’enregistrement. La silhouette ainsi obtenue défde devant un œil électrique. Un analyseur électrique,
- couplé avec la cellule photo-sensitive, commande la machine et la force à suivre une courbe ondulée correspondant à celle du sismogramme. Ainsi, n’importe quel tremblement de terre enregistré peut êtrte reproduit par un mouvement exactement semblable.
- La force motrice de la machine à tremblements de terre est matérialisée par de l’huile sous pression venant agir sur un piston, lui-même relié à une plate-forme libre de se mouvoir dans toutes les directions. L’appareil que nous avons appelé l’analyseur contrôle une valve par où l’huile arrive sous le piston. L’action sur la valve est comparable à celle du récepteur radiophonique sur le diaphragme d’un haut-parleur, avec cette différence toutefois que la force qui agit sur la valve peut atteindre un maximum correspondant à un poids de plus de vingt kilogrammes, ce qui assure une grande vitesse d’action.
- Nous avons appelé cette table, table à secousses. Mais jusqu’à maintenant, ce genre de tables n’était susceptible que de prendre un mouvement longitudinal; au mieux, une came mécanique pouvait imprimer un mouvement de caractère irrégulier. La nouvelle machine de l’Institut de Technologie est extrêmement souple; elle évite la coûteuse et encombrante came mécanique, et réalise n’importe quelle secousse, si irrégulière soit-elle. De plus, elle peut reproduire des mouvements irréguliers, sans répétition, d’une durée qu’aucune came ordinaire ne .pourrait atteindre. Pour passer d’un mouvement terrestre à un autre, il suffit de passer une silhouette
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- sismique différente devant la cellule photoélectrique de la machine.
- Une des caractéristiques intéressantes de cette table à secousses est que, quoiqu’elle développe des forces de l’ordre d’une tonne s’il le faut, elle ne fournit que la puissance nécessaire pour suivre lidèlement la courbe d’enregistrement. Si un modèle est secoué sur la table, les commandes de la table règlent les forces pour que la réaction opposée par le modèle ne modifie pas le mouvement, tel qu’il doit être transmis d’après le sismogramme original. C’est un progrès par rapport aux anciennes machines.
- Les constructeurs prévoient dès maintenant une commande perpendiculaire à la première, de façon à reproduire des mouve ments d’un caractère plus général.
- Il est aussi possible d’ajouter au mouvement du plateau une composante verticale, si . cela apparaît nécessaire au cours des recherches ultérieures.
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- % *
- Jusqu’à maintenant, les États-Unis se plaignent de n’avoir qu’un nombre trop faible d’enregistrements faits au voisinage immédiat de régions atteintes par le séisme.
- Mais la Coast and Geodetic Survey de la grande République est équipée pour enregistrer toutes les secousses importantes dans la partie occidentale du pays, et l’on pense retirer des expériences futures de précieuses indications pour l’établissement de constructions à l’épreuve des tremblements de terre.
- Christian de Caters.
- Fig. 1. — La table à secousses d’Arthur Ruge [au premier plan).
- On voit à droite la silhouette d’une secousse sismique servant de came optique pour commander le mouvement de la table, qui porte ici un modèle de château d’eau, haut de cinq pieds et contenant 18 1 d’eau.
- LE BALBUZARD
- (PANDION HALIAETUS)
- M, Gunnar Granberg, d’Helsingfors, a déjà communiqué à La Nature de très belles photogfàphies de coqs de bruyère (n° 2972). Il nous envoie une autre série d’épreuves, prises par lui, d’un autre oiseau rare dans nos régions, le Balbuzard (Pandion haliaetus Linné).
- Le Balbuzard fluviatile ou Aigle pêcheur est un rapace diurne, sauvage, non sociable, sédentaire, qu’on rencontre sur les côtes ou au bord des grandes étendues d’eau. Il se nourrit de poissons et établit son nid, ou plutôt son aire, sur des arbres élevés, des rochers, rarement à terre.
- Il devient de plus en plus rare en France et s’observe encore en Europe, en Afrique, en Asie jusqu’au Japon.
- Long de 55 à 65 cm, on le reconnaît à son bec fendu jusqu’au-dessous de l’œil, convexe dès la base, terminé par un crochet marqué. Le bec et les ongles sont noirs;
- l’œil a l’iris jaune; le bonnet et la nuque portent des plumes blanches rayées longitudinalement de brun noir; une bande noire s’étend de l’œil au côté du cou. Les tarses, beaucoup plus courts que les jambes, sont emplumés sur plus du tiers supérieur.
- La femelle pond deux ou trois œufs, rarement quatre, et les poussins sont couverts d’un duvet gris fuligineux.
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- Mieux qu’une plus longue description, les dix photographies de M. Gunnar Granberg que nous reproduisons ci-après font connaître ses caractères, son allure et ses mœurs, qu’on a bien rarement l’occasion d’observer.
- René Merle.
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- Fig. 1 à 10. — 1. Le nid au haut d’un arbre. —• 2. Un poisson hissé vers le nid. — 3. Comment M. Granberg put photographier le nid du haut d’un arbre artificiel planté par lui. — 4. Le couple répare son nid de l’an dernier duquel il reste fidèle. — 5. La famille vient de s’agrandir. —- 6. La garde du nid. — 7. Les petits. — 8. La femelle en alerte devant un danger. — 9. Arrivée de nourriture. —10. Un jeune prêt à prendre son vol.
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- avant ou en arrière. Ses mauvaises conformations : oreille non ourlée, à bordure aplatie et inégale, lobe nul, ou hypertrophié, lobe adhérent sont autant de cas pouvant servir le caricaturiste.
- 4° Le nez, de volume et de longueur variables, a, vu de profil, une ligne différente suivant qu’il est aquilin, long et droit, charnu et gros, retroussé, petit et court, etc. 11 faudrait un volume entier pour analyser et décrire toutes les formes, différentes chez chaque individu. Vu de face, le nez compte généralement par le volume de sa partie inférieure, il est gros en son bout ou par ses ailes : suivant qu’il est tombant, normal ou relevé, il laisse plus ou moins voir l’ouverture de forme ovalaire des narines; de façon générale, de face, sa saillie perdant de son importance, il apparaît moins proéminent.
- Sur la figure 3 on voit deux profils dont les intentions sont manifestes : les traits de ces personnages suivent un mouvement montant dans le premier dessin et un mouvement descendant dans le second. Sans être si affirmées en général, de nombreuses physionomies marquent ces mêmes penchants, les lignes ascendantes dominent chez ceux qui ont le froht bombé et le nez relevé; le contraire chez ceux qui ont le nez long, tombant et un front plat.
- Ayant ainsi étudié les différents éléments du visage, il ne faudrait pas oublier le rôle important joué par les rides. Les rides, en effet, sont l’inscription sur le masque humain du caractère physique ou moral de l’individu, elles marquent l’âge, l’état; de santé et l’état d’âme qui domine le sujet, elles s’inscrivent par des plis, des sillons, verticaux, horizontaux et obliques. La figure 4 est un résumé graphique qui doit aider à les bien lire, si l’on sait en garder le souvenir dans sa mémoire.
- Les exemples commentés et expliqués par des dessins pourraient être très nombreux; mais il faut savoir se borner et le lecteur les augmentera, par la suite, de ses observations personnelles.
- Ces recherches de proportions, le souci de les codifier en règles a été une préoccupation pour beaucoup d’artistes. De tout temps, en particulier pendant la Renaissance, les artistes ont cherché les lois capables de les aider à mieux observer.
- Dans les « Quatre livres sur les proportions du corps humain» d’Albert Dürer, publié à Arnheim en 1613, un chapitre entier est consacré au visage. Nous y avons relevé les dessins de la figure 5, qui sont une preuve éclatante de ces recherches. L’ouvrage de ce puissant maître graveur, peintre, sculpteur, dessinateur, est assez rare ; il peut être consulté j1) avec grand profit par tous ceux qui s’intéressent à la caricature.
- A présent, avec J.-J. Grandville, voyons la formule des « Portraits comparés ». Ce genre, où la fantaisie a une grande place, connut dans la première moitié du xixe siècle une certaine vogue. Ce jeu, de dessin consiste en une déformation linéaire successive des traits d’un visage. On trace une ligne de construction qui coupe le profil de
- 1. On le trouve quelquefois dans les bibliothèques publiques des grandes villes. Dans La Nature du 1er décembre 1927, le Dr Henri Meige a consacré une belle étude à la géométrie du visage, d’après Dürer.
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- la base du front à la base du menton, on en varie l’inclinaison, ce qui permet d’amplifier les tendances des éléments du visage ; ainsi par phases successives une physionomie aux gros yeux, au nez long, à la bouche lourde devient rapidement une tête de grenouille (fig. 6).
- Philipon, dans ce genre de charge (fig. 7), n’a pas vu parle profil, mais par l’ensemble. La tête de Louis-Pliilippe, à base large, longue et pointue en son sommet, est ainsi devenue une poire par les métamorphoses rapides d’un dessin resté célèbre.
- La caricature de cette époque était très caustique et mon-
- Fig. 10. — Quelques caricatures (formule courante actuelle).
- IDENTIFICATION
- Les variétés du charbon sont presque aussi nombreuses que les mines dont il est extrait, et ses qualités différentes, suivant son origine, le désignent à certains emplois très particuliers. Donnons, à titre d’exemples, l’extraction du gaz d’éclairage et des sous-produits de l’industrie chimique, les cockeries, la forge, la fusion des métaux, les fours du verre et de la céramique, le puddlage, le chauffage des générateurs à vapeur, des foyers domestiques qui font appel tour à tour aux différentes houilles sèches ou grasses, à courte ou longue flamme, maigres, anthraciteuses, enfin manutentionnées, purifiées ou composées de tout-venant. Il y a lieu d’envisager également sa combustibilité rapide ou lente avec fort ou faible tirage, à petit ou haut potentiel thermique, afin d’obtenir des températures moyennes, tempérées, fortes et la façon de se comporter suivant le foyer dans lequel il sera consumé et les résidus et cendres qu’il laissera après sa destruction. Cependant, mis à part quelques professionnels rompus à cette détermination, il est peu de personnes parmi celles qui
- trait souvent beaucoup d’humour. Un peu plus tard, Doré, virtuose du dessin, a fait une étude mordante et osée des ressemblances des hommes et des animaux (fig. 8). Chaque personnage ressemble à l’animal qui se tient à ses côtés; il fallait l’audace d’un Gustave Doré et son talent pour faire avec autant de satire ce parallèle. Il existe dans la physionomie de certains individus des ressemblances frappantes avec les animaux. Doré, en observateur subtil, a su les mettre en valeur. La figure 8 en fournit quelques exemples très spirituels.
- On peut s’aider de la géométrie pour construire, puisque toute tête s’accommode d’un encadrement qui peut être un carré, un rectangle, un trapèze, voire un triangle. La figure 9 nous montre une série de physionomies ainsi encadrées géométriquement; il est plus précieux encore de voir ce que l’ensemble d’une tête peut suggérer : avçc le Louis-Philippe de Philipon c’est une poire; mais d’autres formes sont aussi courantes, par exemple la pomme, l’œuf, la toupie, le diabolo, etc.; si ce rapprochement est judicieux, il servira à établir le caractère d’une tête et permettra de faire une bonne charge (fig. 9).
- Pour finir avec des exemples dessinés, prenons des personnages connus, établissons notre caricature en procédant d’abord par un schéma dans lequel on dégagera tout de suite le caractère du visage; ce schéma ne doit être fait que de quelques lignes générales, simplifié pour ne garder que l’essentiel; ce n’est qu’au moment où la ressemblance est trouvée qu’il convient d’ajouter à ce croquis les quelques détails caractéristiques propres à ce personnage.
- Il ne faut pas perdre de vue que les caricatures les plus réussies ne sont souvent faites que de quelques coups de crayon seulement (fig. 10).
- Puissent tous nos exemples montrer l’esprit d’une méthode et inciter ceux qui sont doués, à chercher et à persévérer; l’importance du sujet traité fait que la diversité des observations dans ce domaine est infinie, et, pour celui qui s’y adonne, ce genre de travail lui procure des joies triomphantes, mêlées de. petites déceptions passagères qu’il faudra surmonter. Penser que si les caricaturistes professionnels ne réussissent pas toujours à leur gré, il est compréhensible qu’un amateur doive montrer de la patience et de la persévérance pour trouver un jour sa récompense : la ressemblance.
- Alix et Charles Braemer.
- DES CHARBONS
- ont besoin de le connaître, qui soient capables de le distinguer et de l’apprécier. Cela est dû sans doute aux difficultés d’acquérir, en dehors de la profession, cette pratique du métier, mais encore à l’absence, jusqu’à ce jour, de toute méthode, de toute documentation élémentaire mise à la disposition des non initiés à cette recherche. En orientant les divers charbonnages vers une spécialisation qui, tout d’abord, apparaîtrait par erreur préjudiciable, les industriels acquerront bien vite la conviction que cette utilisation dirigée va au gré de leur propre intérêt. Certains l’ont déjà compris et dans ce but ont transformé sur place leur compagnie de vente d’un charbon peu rémunérateur en une société productrice d’énergie électrique, en employant sur le carreau même de la mine, dans des générateurs adaptés, des charbons de qualité trop inférieure pour la vente.
- Quelques notions rudimentaires permettront déjà un certain discernement, à l’aide de quelques caractères simples. Tels sont l’aspect brillant ou mat, lisse ou grenu, la légèreté ou la lour-
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- deur du charbon. Signalons encore sa dureté, sa friabilité, son onctuosité, sa cassure franche par clivage ou dislocation, ou son écrasement sous un coup de marteau ou par l’entre-choc de deux blocs frappés l’un contre l’autre.
- A ces divers signes généralement connus, nous en ajoutons d’autres presque aussi commodes à mettre en évidence, en tout cas d’au moins égale importance. Si à l’aide d’une pince en fer à creuset des laboratoires, on présente un morceau de charbon à la flamme de la veilleuse d’un bec Bunsen, on entend parfois un crépitement comme le grésillement du sel sur le feu, tantôt il se produit de véritables éclatements en petites parcelles. Tantôt on ne note aucune altération, ni fragmentation, ni odeur, tantôt il se dégage de la vapeur d’eau facile à constater par une nouvelle pesée et très sensible si le charbon est absorbant et a séjourné au préalable dans l’eau. Tantôt encore on perçoit l’odeur de fumées bitumeuses, fuligineuses ou soufrées. Enfin une simple manipulation déterminera deux propriétés physiques assez rigoureuses pour établir les données d’une classification générale et une documentation fort utile : la conductibilité électrique et la densité.
- CONDUCTIBILITÉ ÉLECTRIQUE
- Cette épreuve permet de constituer trois grandes catégories de charbons : les conducteurs dont la résistance dépasse rarement lü ohms, les semi-conducteurs à grande variation de conductibilité, susceptibles d’être partagés en nouveaux groupements plus homogènes par l’expérimentateur en possession d’un charbon d’origine sûre. Enfin des charbons seront considérés comme mauvais conducteurs parce qu’ils ne laissent passer que des fractions de microampères, et d’autres comme isolants. Parmi les nombreux examens que j’ai pratiqués, je n’ai rencontré que deux espèces de charbons vraiment conducteurs. Le Dong-Trieu rentre dans la première catégorie. Une simple lampe de 15 v s’allume sur un courant de même tension quand on le ferme sur un morceau de ce charbon. Avec le Donetz, la résistivité augmente et a pu varier de 30 à 2000 ohms. L’étude de ces résistances se fait sans difficulté à l’aide des appareils habituels que certains constructeurs ont mis à la portée du public : ohmmètre, pont de Wlieatstone, pont de Kohlrausch servent dans maints laboratoires et sont également à la disposition de tout électricien qui s’occupe du fonctionnement des lignes électriques extérieures. Mais un simple voltmètre et un ampèremètre convenablement placés, l’un en dérivation et l’autre en série, donnent cette évaluation par la simple application de la formule d’Ohm adaptée à la connaissance d’un de ses facteurs, c’est-V
- à-dire R = y où la résistance est égale au quotient des
- volts par l’intensité du courant exprimée en ampères. Dans la pratique, c’est le procédé que j’ai employé, en me servant directement du courant de ville dévolté par une lampe de 110 v mise en série et de préférence sur le positif quand on a du continu afin d’éviter toute surprise d’une mise à la terre. Le contact et la fermeture du courant se fait par l’intermédiaire de deux pointes distantes de 2 cm, connectées aux deux pôles et fixées à l’extrémité d’un manche isolant facile à manier et d’un solide appui. Parfois la conductibilité est si faible que la lampe ne s’allume pas et que l’on ne constate que de faibles étincelles au niveau du contacteur promené à la surface du charbon. Avec les anthracites belges et anglais, une lampe au néon donne une lueur à peine perceptible. L’appareillage électrique ne poürrait-il même bénéficier de quelques-unes de ces propriétés de conductibilité ou d’isolement ? De plus, les charbons soumis à notre observation n’étaient pas conducteurs de la chaleur. Citons parmi ces derniers isolants,
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- les plus nombreuses variétés : Charleroi, hollandais, kohlsehult, Ruhr et français. La section du morceau de charbon était toujours très considérable par rapport à l’intensité du courant qui le traversait et, en conséquence, négligée dans mes calculs. Enfin dans nos expériences, la conductibilité décroît avec la diminution de la densité pour disparaître vers 1,35.
- DENSITÉ
- Le deuxième moyen de différencier des charbons est de connaître leur densité. On sait que le triage et le lavage, sauf pour le tout-venant des grandes industries, les ont débarrassés des pierres, schistes de toit et diverses impuretés. Cette préparation leur confère une certaine fixité et homogénéité. Des densités par trop disproportionnées résulteront donc en partie d’absence ou d’insuffisance de cette épuration ou de mélanges postérieurs réalisés dans l’intention et le but d’en modifier les propriétés et la valeur pour des fins diverses. On choisit un grand bocal cylindrique en verre, de près de 2 1 de capacité. Un trait horizontal, bien visible, est marqué vers le tiers supérieur de sa hauteur, indiquant la limite du niveau de l’eau qu’on y verse. Il est installé verticalement sur un support fixe. L’ajutage inférieur qui le termine est muni d’un robinet et mieux d’un gros tube de caoutchouc moins susceptible de s’encrasser, et serré entre les deux petits plateaux d’une pince de Mohr qui en ferme la sortie. Tout morceau de charbon pesé est mis dans le bocal et déplace en haut une certaine quantité d’eau égale à son volume. Cet excès s’écoule dans une éprouvette graduée placée au-dessous et qui en donne, par lecture directe, la quantité en centimètres cubes. On peut procéder ainsi et successivement à plusieurs opérations tant que la capacité et la grandeur du bocal le permet. Il ne reste plus, en possession des résultats obtenus, qu’à appliquer la formule connue : D (densité) — P (le poids) divisé par V (le volume). Les variations dues aux températures n’ont aucune importance puisque c’est le volume que l’on évalue. Le charbon est d’ailleurs à la même température ambiante et sa faible chaleur spécifique et sa dilatabilité bien peu appréciable sont négligeables dans ces mesures. Bien qu’approximatives, elles restent suffisamment exactes. Celles que nous avons faites, nombreuses, nous ont donné des moyennes assez constantes avec un charbon de même origine, épuré et non mêlé ou des variations révélatrices dans les cas contraires. C’est ainsi que le Dong-Trieu nous a révélé assez fidèlement une densité voisine de 1,655 et le Donetz 1,555 parmi les plus lourds des nombreuses séries de charbons examinés. Les autres ont des densités nettement inférieures allant de 1,25 et même au-dessous jusqu’aux'densités supérieures que je viens de signaler, en s’étageant par degrés et demi-degrés. Toutefois ces résultats ne sont justes et constants que si, le gramme et le centimètre cube étant pris comme terme ultime de sensibilité, on n’effectue ces mesures que sur des blocs de charbon d’un poids au moins égal à 300 gr. Avec les gailletins, têtes de moineaux et fines, il faut réunir ensemble un certain nombre de morceaux correspondant à un poids équivalent. Cette systématisation nous a été rendue pénible par la difficulté d’obtenir des charbons d’extraction d’origine et de pureté absolument sûre. Nul doute qu’avec des charbons de choix, on ne puisse dans un laboratoire pousser plus loin encore une telle différenciation. Ces propriétés physiques permettent un contrôle et une vérification pour tout chef d’entreprise, acheteur, vendeur ou usager et pour les compagnies minières qui l’extraient, le manipulent et le livrent, et, semble-t-il, ne manqueraient pas d’un très grand intérêt.
- Médecin Général F. Pasteur.
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- LE MOIS MÉTÉOROLOGIQUE
- MARS 1936, A PARIS
- Mois chaud, assez sec et normalement ensoleillé.
- La moyenne de la pression barométrique, réduite au niveau de la mer, au Parc Saint-Maur, 758 mm 7, est inférieure de 2 mm 6 à la normale.
- Celle de la température, 8° 4, présente un excédent de 2° 1 et classe le mois qui vient de s’écouler au 8e rang parmi les mois de mars les plus chauds observés à St-Maur depuis 1874. Une première période chaude s’étendant du 8 au 12 s’est intercalée entre deux périodes froides dont la seconde s’est terminée le 17. A partir du 18, la température s’est rapidement relevée et les moyennes journalières ont toutes été supérieures à leurs normales respectives jusqu’à la fin du mois. Le maximum absolu, 19° 2 le 21, n’a rien d’exceptionnel, et le minimum absolu — 1° 5 le 7, est supérieur de 2° 6 au minimum absolu moyen. Le nombre de jours de gelée à glace, 7, et celui de gelée blanche, 9, sont tous deux inférieurs de 2 unités à la moyenne. Les chiffres extrêmes de la température ont été, dans la région, de — 3° 0 à Montesson le 3 et le 17 et de 21° 4, à Ivey et à Mon tesson le 22.
- La hauteur totale de pluie recueillie dans le mois a été de 32 mm 0, à l’Observatoire du Parc St-Maur comme à celui de Montsouris, inférieure de 22 pour 100 à la normale pour le premier et de 24 pour 100 pour le second. Le nombre de jours de pluie appréciable au Parc St-Maur a été de 16 contre 14,
- nombre moyen. La durée totale de chute, à Montsouris, 33 b 5 m, est inférieure de 41 pour 100 à la moyenne des 25 années 1898-1922.
- Hauteurs maxima en 24 heures : pour Paris, 10 mm 3 à Charonne, et, pour les environs, 11 mm 6 à la Belle-Epine du 3 au 4 et 10 mm 2 au Parc St-Maur le 4, où aucune chute de grêle, de grésil ou de neige n’a été remarquée pendant le mois.
- Deux coups de tonnerre lointain ont été perçus à Vaucluse, le 6.
- Les brouillards épais n’ont pas été plus fréquents que d’habitude, mais il y a eu quatre fois plus de brouillards moyens ; aucun n’a persisté toute la journée. Les plus faibles visibilités ont été de 30 m à Sevran et de 40 m au Parc St-Maur, le 1er.
- On a enregistré à l’Observatoire de la Tour St-Jaeques, 165 h de soleil, durée supérieure de 24 pour 100 à la normale. Il y a eu un jour sans soleil (normale 5).
- Les vents d’entre S et E ont été beaucoup plus fréquents que de coutume.
- A l’Observatoire du Parc St-Maur, la moyenne mensuelle de l’humidité relative a été de 74,2 pour 100 et celle de la nébulosité de 68 pour 100. On y a noté : 15 jours de brouillard, 6 de brume, 6 de rosée, 8 de halos solaires et le réveil de la chauve-souris le 22. Em. Roger.
- LE CARDIUM EDULE
- AGENT DE SÉDIMENTATION
- M. le professeur Damas, de P Université de Liège, a étudié le rôle des organismes dans la formation des vases marines (x), et tout particulièrement celui du Cardium ou coque, fort abondant dans certains endroits comme au port de Zeebrugge.
- Le mollusque s’enfouit complètement dans la vase et y développe ses siphons, deux tubes courts garnis de tentacules fort sensibles qui émergent entre les valves entr’ouvertes.
- Un courant d’eau aspiré par le siphon inhalant pénètre sans cesse dans l’appareil digestif de l’animal qui rejette par son siphon postérieur, un produit aggloméré en flocons glaireux, résidu de son activité digestive. La digestion consiste en une filtration de la vase apportée par l’eau de mer. Cette dernière sort parfaitement limpide du siphon dorsal, tandis que la matière fécale, évacuée sous l’aspect d’un boudin cylindrique noirâtre assez lourd, retombe à quelques centimètres de l’animal.
- Quand l’eau alimentaire est riche en éléments nutritifs (diatomées, etc.), les boulettes fécales se succèdent avec une rapidité déconcertante, une toutes les huit secondes en moyenne.
- Aussi, dans les bacs d’expérience contenant de l’eau de mer sur couche de vase où s’enfouissent les lamellibranches, trouve-t-on rapidement de petits tas de matières excrémenti-tielles qui dans la nature décèlent sûrement la présence des animaux. Ces déchets ne sont pas entraînés par l’eau du flux et du reflux de la mer. Très souvent, d’ailleurs, ils sont retenus en s’incorporant à une couche brune de diatomées sur lesquelles glissent les eaux. La couche de vase noire va ainsi en augmentant d’épaisseur, d’une façon sensible, en peu de temps.
- 1. Bulletin de la Société royale belge de géologie, Liège, janvier 1935.
- En tenant compte que par m2, sur l’estuaire de Zeebrugge, on trouve environ 1000 cardiums produisant 420 boulettes par heure, et que chaque boulette a environ 0,3 mm’, la couche de vase fixée augmente d’environ 40 cm par an. La superficie de la baie artificielle créée par le môle de ce port étant de 250 ha colonisés par les cardiums, cela représente un dépôt annuel d’un million à un million et demi de m3 de vase nouvelle.
- A ce compte, le port ne tarderait pas à être obstrué complètement. Heureusement, protégée imparfaitement par le mince voile de diatomées, elle est partiellement arrachée par les violentes tempêtes hivernales. Son poids élevé fait cependant que l’entraînement au large est relativement faible, elle glisse sur les pentes sous-marines, comble les fosses et forme, en certains endroits, le long du môle, des dépôts qui atteignent deux à trois mètres d’épaisseur.
- On a constaté également que le travail digestif des cardiums porte sur les matières colloïdales toujours en suspension dans l’eau de mer, même riche en sel. Ils précipitent ces produits, contribuant ainsi à fixer rapidement des corps qui résisteraient longtemps avant d’entrer dans la constitution des couches sédimentaires.
- Comme l’on voit, le rôle des cardiums dans la formation des dépôts marins est loin d’être négligeable.
- A leur activité propre, il faudrait ajouter celle des nombreuses fox-mes édificatrices de vase, comme les ascidies, les vers, les crustacés, les bi’achiopodes, les bi’yozoaires, etc..., dont le rôle n’est pas négligeable pour se faii-e une idée de l’intensité du ti’avail de sédimentation de la faune marine au littoral belge. G. R.
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- RÉGLAGE AUTOMATIQUE DES RÉCEPTEURS
- DE T. S. F.
- Stations___
- petites ondes
- Longueurs
- d'onde
- Stations I rd?5 ondes
- Bouton de réglage essentiel (condensât"L
- Combinateur des ». gammes d'ondes
- Tonalité
- sonore
- Mise en marche et intensité sonore.
- Tous les récepteurs de T. S. F. actuels sont du type dit à réglage unique : « un bouton à tourner et c’est tout », disent les vendeurs.
- Si l’on examine le problème d’un peu plus près, on s’aperçoit pourtant que cette formule n’est pas rigoureusement exacte.
- Le bouton unique de commande du récepteur agit directement, ou par l’intermédiaire d’un démultiplicateur, sur l’arbre commun- des « rot ors » ou lames mobiles du bloc des condensateurs variables d’accord, de résonance, et de changement de fréquence. Cet arbre est solidaire de l’aiguille de repère qui se déplace devant le cadran du récepteur gradué en longueurs d’onde ou en noms des stations; la recherche des postes émetteurs ne présente donc plus la moindre difficulté.
- Mais en dehors de ce bouton de manœuvre essentiel, il y a également des organes de commande du combinateur des bobinages suivant la gamme des longueurs d’onde considérée. 11 y a encore des organes de réglage de l’intensité et de la tonalité sonores, et même quelquefois de dispositifs auxiliaires antiparasites ou anti-fading. Ces différents réglages sont, d’ailleurs, d’autant plus nombreux que l’appareil est plus perfectionné; c’est ainsi que, sur les postes dits « toutes ondes », on trouve 4 ou 5 gammes de réception correspondant à des combinateurs à 4 ou 5 positions (fig. 1).
- Il semble peu désirable de rendre automatique le réglage de l’intensité sonore ou de la tonalité. Celles-ci doivent rester sous le contrôle de l’auditeur. Mais on fait de grands elïorts pour simplifier encore la recherche des postes émetteurs.
- Lorsqu’on considère les opérations de réglage d’un récepteur sur une émission déterminée, on peut les décomposer en deux. Il faut, tout d’abord, par une manœuvre rapide, obtenir un accord plus ou moins approximatif sur l’émission que l’on veut entendre, Il faut ensuite préciser cet accord avec le plus grand soin, et la précision nécessaire est d’autant plus accentuée que le poste est plus perfectionné et plus musical. Il s’agit donc, en réalité, d’une rectification finale de l’accord; celte opération est parfois délicate.
- La question de la rectification de l’accord n’olïre donc pas moins d’importance que la première opération de recherche, et les systèmes électriques et radio-électriques imaginés dans ce but, sont jjeut-être, en pratique, encore plus intéressants que ceux de la première catégorie.
- Au point de vue technique, il est évident que les résultats obtenus ne dépendent que des caractéristiques du montage récepteur et du système de réglage employé. La simplification des manœuvres n’olïre, sous ce rapport aucun intérêt.
- Au point de vue pratique et psychologique, il n’en est plus de même. La loi du moindre effort règne en T. S. F. tout comme dans les autres domaines de l’activité humaine. L’amateur veut avoir vite et sans tâtonnements ennuyeux l’audition qu’il désire.
- LA CENTRALISATION MÉCANIQUE DES COMMANDES
- Fig. 1. —La disposition habituelle des boulons de réglage sur les postes
- récepteurs.
- des bobinages, suivant la gamme considérée, la mise en marche de l’appareil, et même, s’il y a lieu, le réglage de l’intensité et de la tonalité sonores.
- Il ne s’agit pas, ici, de diminuer le nombre des manœuvres nécessaires à un réglage, mais de grouper toutes les commandes autour d’un même point, de façon à ne plus avoir de boutons ou manettes dispersés sur le plateau de commande.
- Un système de réglage central unique doit être simple, robuste, et précis au point de vue mécanique. Sa manœuvre doit être, en quelque sorte, instinctive, et ne pas apporter de complications; l’usager pourrait, alors, à bon droit lui reprocher d’être plus compliquée que celle des boutons séparés.
- Parmi les nombreux systèmes déjà proposés, il en est bien peu qui aient répondu à ces desiderata, et c’est sans doute à cette raison qu’il faut attribuer leur peu de diffusion industrielle.
- On peut utiliser plusieurs organes constitués par des tiges ou des tubes munis de boutons ou de manettes et disposés au voisinage immédiat les uns des autres. Ces organes sont manœuvrables indépendamment les uns des autres, et peuvent recevoir chacun un ou plusieurs mouvements distincts, chacun
- Fig. 2. — Dispositifs de centralisations mécaniques des organes de réglage (systèmes proposés par l’auteur).
- Les systèmes de réglage unique, seuls employés aujourd’hui, comportent un seul bouton de commande du groupe des lames mobiles du bloc des condensateurs. Pour simplifier encore, il faudrait que ce bouton de réglage essentiel unique permît de commander également les autres dispositifs de réglage auxiliaires et, en tout cas, la commutation
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- -—^Potentiomètre interi'upteur
- Rpue dentée commandite potentiomètre Plaque mobile
- Arbre à cordon entraînant la , commande deTarbre-du condensât 1
- 7^7
- Crémaillère double inversée . , 7ame
- Tige de commdfPO~GÙ
- Cordon pbre de la corn • man ^démultipliée du condensateur
- Fig. 3. — Commande mécanique unique de M. Lafon.
- A gauche : aspect du panneau. A droite : le mécanisme.
- de ces mouvements commande un organe déterminé. Dans un autre ordre d’idées, on peut utiliser un seul organe susceptible de plusieurs mouvements indépendants, et dont chacun commande un organe de réglage déterminé (fig. 1).
- On peut réaliser un système de ce genre au moyen d’un arbre tournant autour de son axe, manœuvrable par un bouton et commandant, par exemple, le groupe des condensateurs de réglage. Autour de cet arbre sont disposés un certain nombre de tubes qui peuvent tourner chacun autour de ce même arbre et commandent, chacun par un moyen approprié différent quelconque, un organe de réglage distinct, tel qu’un combinateur de bobinages, un potentiomètre de mise en marche et de réglage de l’intensité sonore, un système de réglage de la tonalité, etc.
- La commande de ces organes de réglage à partir de l’arbre de commande et des tubes concentriques peut être effectuée par une transmission mécanique, telle que câble souple, engrenage, bielle et manivelle, came, etc. Elle peut aussi se faire au moyen de lames ou de fiches solidaires des organes de commande, et qui ferment ou ouvrent des circuits correspondant aux organes commandés, tels que bobinages d’accord, de liaison ou d’hétérodyne.
- Les systèmes mécaniques de ce genre sont dès à présent réalisables. Nous avons, d’ailleurs, décrit déjà dans la revue un modèle établi en France, ne comportant qu’un seul bouton monté à l’extrémité d’un arbre tournant et capable, en outre, de pivoter. Chacun des mouvements est utilisé pour commander un organe distinct, soit par un moyen mécanique, soit par fermeture d’un circuit électrique.
- Avec cet appareil, on peut ainsi commander le groupe des condensateurs variables, le passage de la gamme « petites ondes » à « grandes ondes », le réglage du potentiomètre interrupteur permettant la mise en marche du poste, et contrôler l’intensité sonore (fig. 3).
- Il n’y a donc plus qu’uu seul bouton sur le panneau avant
- du poste. Lorsque l’arbre du bouton est placé au centre, le poste est arrêté ; en le poussant à droite, on détermine la mise en marche et la commutation petites ondes ; en le poussant à gauche, la mise en marche et la commutation grandes ondes. L’intensité d’audition s’accroît à mesure qu’on l’éloigne de la position médiane, soit à droite, soit à gauche. Pour toute position, d’ailleurs, la ro-
- tation des boutons détermine la commande du condensateur d’accord.
- Ce système pratique qui résout une partie du problème a été monté sur quelques appareils, eu nombre pourtant encore restreint.
- LES SYSTÈMES ÉLECTRO-MÉCANIQUES
- L’appareil automatique idéal serait sans doute, celui qui comporterait sur un tableau un certain nombre de boutons-poussoirs disposés en face de plaquettes indicatrices portant les noms des stations dont on veut entendre les émissions. Pour entendre une émission donnée, il suffirait d’appuyer sur le bouton-poussoir c'orrespondant à l’émission désirée.
- Depuis bien longtemps, aux Etats-Unis surtout, et même en France, on a cherché à établir, et on a réalisé des dispositifs de ce genre; leur principe est extrêmement simple ; mais leur réalisation mécanique est, on le conçoit, très délicate. L’étude de ces systèmes a été entreprise depuis quatre ou cinq ans au moins, et on ne peut songer à décrire tous les dispositifs qui ont été successivement proposés.
- Il est d’ailleurs possible, en principe, de recourir à une solution purement mécanique déjà ancienne. Le poste comporte simplement un tableau de réglage à glissières, chaque glissière correspondant à une émission distincte. On obtient le réglage en appuyant sur un bouton relié à un levier fixé sur un arbre, agissant par démultiplication sur celui des condensateurs. Des boutons-butées limitent la course des différents leviers aux points correspondant aux réglages nécessaires pour les différentes émissions. Ce dispositif est, en particulier, utilisable pour les auditeurs aveugles (fig. 4).
- En principe, les dispositifs électro-mécaniques comportent simplement des servo-moteurs faisant touner l’arbre des condensateurs, et permettant d’arrêter cet arbre sur une position correspondant à un réglage déterminé.
- On utilise un moteur électrique à marche lente, agissant par un système démultiplicateur sur l’arbre des condensateurs. On peut ainsi commander à distance le réglage d’un poste récepteur sur une émission déterminée; il est cependant plus pratique d’adopter un interrupteur à deux boutons-poussoirs permettant par l’action d’un relais double de changer à volonté le sens de rotation du moteur.
- Lorsqu’on a dépassé la position eori'espondant à la réception d’une émission déterminée, il n’est pas nécessaire de faire effectuer un tour complet au rotor des condensateurs pour revenir à cette position.
- La boîte, ou le tableau de contrôle, peut ainsi être branché en tout point de l’appartement, et comporte uniquement une rangée de boutons à poussoirs, un bouton molette de réglage de l’intensité de l’audition et des voyants lumineux.
- Pour entendre une émission, il suffit d’actionner un interrupteur général de mise en marche, et d’appuyer sur le bouton poussoir en face duquel est inscrit le nom du poste émetteur cherché (fig. 5).
- Sur l’arbre des condensateurs sont également fixés un certain nombre de disques métalliques. On prévoit autant de disques que l’on désire entendre d’émissions différentes; chacun d’eux porte une encoche correspondant à la position de réglage du bloc des condensateurs pour une émission.
- Sur chaque disque s’appuie l’armature d’un électroaimant portant une came à son extrémité, et parcouru par un courant auxiliaire lorsqu’on pousse le bouton correspondant du tableau de contrôle.
- Le fonctionnement est facile à comprendre. Lorsqu’on presse un bouton à poussoir du clavier, l’armature de l’électro-
- Fig. 4. —- Système de réglage semi-automatique à poussoirs.
- Arbre des çond ensa t eu ns
- Leviers de règlagt
- Tige de rappel' et de mise au A point \k
- Butée réglable de glissière
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- aimant correspondant est attirée. Elle vient toucher le bord du disque, et ferme ainsi le circuit du moteur d’entraînement. Le disque commence à tourner jusqu’au moment où la came vient s’engager dans l’encoclie correspondante; à ce moment, un relais est actionné, et le circuit, du moteur est coupé.
- Quand on veut changer la réception, on appuie sur un autre bouton, et les mêmes opérations s’elïectuent. La mise en marche du moteur de réglage et son arrêt sont contrôlés par des voyants lumineux de couleurs différentes placés sur la boîte de contrôle; on peut ainsi régler le poste récepteur sans le voir (fig. 6).
- Dans certains modèles construits suivant ce principe, la rotation des condensateurs n’est plus continue, et s’effectue par sauts analogues aux impulsions des aiguilles des horloges électriques,
- ce qui permet
- Ergots inversant automatiquem I /a rotation du moteur-----
- Moteurk
- IIP volts
- Relais_.
- Fig. 6. — Aspect d'une boite de commande automatique d’un récepteur américain (Stromberg-Carlsan).
- d’arrêter la rotation au moment convenable.
- 11 est bon, d’ailleurs, que les positions d’arrêt correspondant aux différentes émissions puissent être modifiées par l’auditeur, soit à la suite d’un changement de longueur d’onde, soit d’une modification des caractéristiques du récepteur (fig. 7).
- Dans cet ordre d’idées, citons un appareil, présenté au dernier Salon de la T. S. F., qui comportait 45 boutons séparés, disposés, d ailleurs, non sur une boîte de contrôle distincte mais sur le panneau avant de l’appareil même.
- Un autre appareil très curieux a été réalisé en France, par les Etablissements Gram-mont, sous la direction de M. Yinogradov. Cet appareil comporte un réglage ordinaire à commande manuelle, et également un tableau de
- réglage automatique rectangulaire, avec les noms des stations disposés sur deux colonnes ; à côté de chaque nom de station, se trouve une douille correspondante. Il suffit. d’enfoncer dans une douille une fiche reliée à un conducteur pour obtenir le poste émetteur correspondant (fig. 7 et 8).
- Cet appareil très précis permet l’accord sur l’émission désirée à 1/4 de kilocycle près; son principe original, et relativement simple, rappelle celui des sélecteurs employés en téléphonie automatique.
- L’arbre des rotors des condensateurs variables des récepteurs est entraîné directement par un moteur électrique démultiplié, avec une came de profil convenable créant un mouvement incessant de va-et-vient. Les lames mobiles pénètrent ainsi dans les lames fixes pendant 10 sec en accomplissant une rotation de 180°, puis reyiennent en arrière, et ainsi de suite.
- Un index solidaire de l’arbre passe, au cours de cette rotation, dans les deux sens, sur une suite de plots à rupture disposés suivant deux demi-circonférences, et en nombre égal
- Vers le bloc des
- condensateurs
- Tableau de réglage
- Réglage de Intensité \
- Batteriè^de réglage..
- "l|H
- vers les autres èlectro - aimants
- Iwüÿcl© (ôilwTîl
- [ÿVËÂFl©
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- TC
- Interrupteur généra! j
- Indicateurs stations
- Fig. 5.
- Réglage automatique électromécanique.
- à celui des stations (en considérant seulement deux gammes de longueurs d’onde).
- Dans sa course, dans le sens des aiguilles d’une montre, l’index provoque une rupture au niveau de chacun des plots de la première gamme, et, au retour, agit seulement sur les plots de la deuxième gamme, grandes ondes, par exemple. Chacun de ces plots est réuni par un conducteur de longueur quelconque aux rangées de douilles portant les noms de stations.
- La fiche enfoncée dans l’une des douilles est reliée à la masse (elle-même reliée au pôle négatif de la source haute tension). Le pôle positif de la source est, au contraire, relié à l’extrémité de l’enroulement d’un relais, dont l’autre extrémité est connectée à l’ensemble des plots à rupture. Ce relais met le moteur en marche lorsqu’il est parcouru par le courant de commande, et laisse le moteur au repos dans le cas contraire.
- Lorsqu’on enfonce la fiche du tableau dans un œillet correspondant à un plot de coupure, on ferme le circuit du relais qui actionne l’interrupteur du moteur. Ce dernier se met en marche, entraîne les rotors des condensateurs variables, et l’index qui en est solidaire. A la fin de sa course, l’index revient en arrière, après avoir ouvert et laissé refermer tous les plots à rupture rencontrés.
- Lorsque l’index atteint le plot correspondant à la douille
- Fig. 7.-— Principe du sélecteur de stations Grammonl-Vinogradow.
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- Fig. 8.—- Poste récepteur à réglage automatique Grammont-Vinogradow.
- dans laquelle est enfoncée la fiche, il ouvre le circuit du relais et arrête le moteur. Les condensateurs sont alors immobilisés dans la position correspondant à la réception de l’émission désirée.
- Il semble difficile d’aller plus loin dans la voie de l’automatisme électro-mécanique. D’ailleurs, les appareils présentés à l’étranger et, en particulier, les postes allemands de la dernière exposition de Berlin, avec cadran sélecteur rappelant celui des appareils téléphoniques automatiques, semblent établis suivant ces mêmes principes (fig. 9).
- LES RÉCEPTEURS UNIGAMMES SUPERHÉTÉRODYNES
- Au lieu de centraliser les boutons de commande par un dispositif mécanique, on a songé à une solution plus complète, qui supprimerait l'emploi des combinateurs additionnels, et permettrait, par la manœuvre d’un seul organe, de prendre une émission quelconque de longueur d’onde comprise entre 200 et 2000 m. '
- A cet effet, on a modifié le dispositif de réception superhétérodyne, dit aussi à changement de fréquence. Dans le superhétérodyne, on utilise, rappelons-le, un oscillateur local à lampes de T. S. F., dont on peut régler à volonté la fréquence d’oscillation à Laide d’un condensateur de réglage, et l’on fait interférer cette oscillation locale avec les oscillations radiophoniques recueillies par le collecteur d’ondes, parfois amplifiées préalablement en haute fréquence.
- On obtient alors une oscillation résultante de fréquence plus faible; on lui donne une fréquence déterminée, en réglant la fréquence de l’oscillateur local pour chaque oscillation incidente. La fréquence de cette oscillation résultante, ou de battement, est égale à la différence des fréquences de l’émission radiophonique et de l’oscillateur local, et on lui donne le nom de fréquence intermédiaire ou moyenne fréquence.
- Ces oscillations intermédiaires, de fréquence moins élevée que celle de l’oscillation incidente, de 135 kilo-cycles à 450 kilocycles (2200 à 667 m de longueurs d’onde) au maximum, par exemple, sont traitées ensuite comme des oscillations radiophoniques ordinaires, amplifiées, détectées, et servent à produire les courants basse fréquence amplifiés qui actionnent le haut-parleur.
- Dans les récepteurs ac- ' tuels, l’onde moyenne ou intermédiaire a une longueur de l’ordre de 2000m, et quis’abaisse rarement au-dessous de 700m. On peut déterminer, en conséquence, la gamme des fréquences que doit couvrir l’oscillateur local pour permettre d’obtenir l’onde intermédiaire, quelle que soit la longueur d’onde de l’émission reçue. Mais, avec un seul jeu de bobinages d’oscillateur, on ne peut obtenir le résultat nécessaire sur toute la gamme considérée; il faut donc employer différents jeux de bobinages, mis en action par le combinateur de l’appareil.
- Pour éviter cet inconvénient déjà signalé, on a songé à employer une fréquence intermédiaire beaucoup plus élevée, et de l’ordre de 1500 kilocycles par exemple, c’est-à-dire inférieure à 200 m de longueur d’onde. Avec une telle longueur d’onde intermédiaire, la gamme des fréquences nécessaires dans l’oscillateur local peut être obtenue avec un seul jeu de bobinages sans avoir recours à un commutateur.
- Cette simplification doit, d’ailleurs, être accompagnée, évidemment, d’une simplification correspondante des systèmes d’accord et de résonance évitant également l’emploi de combinateurs. Le circuit d’accord d’antennes est donc apériodique et l’on prévoit seulement un filtre « passe bas » empêchant le passage des oscillations de fréquences supérieures à 1500 kilocycles (de longueurs d’onde inférieures à 200 m).
- Dans ce cas, on ne peut plus parler de longueur d’onde moyenne puisque cette dernière devient supérieure à celle des émissions à recevoir. Le cadran de repère ne comporte plus qu’une seule graduation de 200 à 2000 m de longueurs d’onde sans interruption.
- Mais la fréquence intermédiaire élevée réduit l’amplification, et la sélectivité est difficile à obtenir; des distorsions apparaissent. Malgré les perfectionnements apportés en Angleterre et en France au système initial, le superhétérodyne unigamme, si séduisant en apparence, n’est donc pas encore au point. Il ne permet pas, d’ailleurs, évidemment la réception des émissions au-dessous de 200 m de longueur d’onde.
- Les recherches entreprises sur la stabilisation automatique des récepteurs, la rectification automatique de l’accord paraissent moins importantes au profane; elles ont pourtant abouti, du contraire, à des résultats plus pratiques que nous étudierons aans un prochain article. P. Hémahdinquer.
- Fig. 9. — Cadran à poussoirs.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Encre pour reports'lithographiques.
- L’encre pour reports lithographiques se trouve dans le commerce. On peut la préparer d’après la formule suivante de M. Londe :
- Cire........................... 1 gramme
- Suif............................ 1 —
- Savon noir...................... 1 1—
- Vernis moyen....................12 •—
- Térébenthine de Venise.......... 6 —
- Noir de fumée : Q. S. pour obtenir un beau noir.
- Dessins de broderies.
- Les dessins de broderies tout préparés sur papier, que l’on décalque au fer chaud, sont simplement obtenus en imprimant au moyen d’un rouleau gravé en creux, un mélange de résine en poudre, de bleu de Prusse et de blanc de zinc, épaissi par de la gomme arabique; par exemple :
- Colophane..............................150 grammes
- Bleu de Prusse.......................... 20 —
- Blanc de zinc........................... 30 —
- La colophane peut être remplacée, si on le préfère, par la gomme laque blanche ou la sandaraque, également pulvérisées.
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- COMMUNICATIONS A l ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 30 mars 1936.
- U intoxication par les champignons. — Les expériences de MM. Binet cIMarek ont eu lieu sur des chiens et des lapins auxquels on a administré des doses mortelles d’un extrait desséché de l’Amanite phalloïde. Les auteurs ont mesuré les variations du glucose sanguin et ont constaté une hypoglycémie constante, correspondant à une diminution jusqu’à la moitié et même au quart de la normale. Les témoins recevant des extraits de champignons non toxiques (Amanite vineuse ou cèpe) ne présentent aucune variation du taux du glucose. Il est donc possible qu’une médication correctrice de l’hypoglycémie contribue à faciliter le traitement des empoisonnements toujours très graves provoqués par les champignons à phalline.
- Traitement des septicémies à streptocoques. — Suides lapins et des souris inoculés avec des souches très virulentes de streptocoques, MM. Nitti et Bovet ont réussi à produire un retard dans l’évolution de la maladie et une proportion de guérisons allant du tiers à la moitié , en traitant ces animaux par des doses de para-amino-phénylsulfamide atteignant 1 gr par kg d’animal. On peut administrer l’amine insoluble par voie buccale ou son chlorhydrate soluble par voie intraveineuse. Ce composé a l’avantage de ne présenter aucune toxicité, même à des doses cinq fois plus élevées. Il paraît constituer le noyau actif des azoïques antistreptococciques dont le « prontosil » est le plus connu. La fonction azoïque, souvent gênante, ne semble donc pas jouer un rôle utile dans l’action contre le streptocoque.
- Constitution des organomagnésiens. — Une solution d’un organomagnésien dans l’éther est électrolysable. M. Duval montre que l’opération conduit, entre autres produits, à un ion libre de magnésium à la cathode et à du magnésium dissimulé à l’anode. Il est donc prouvé que, conformément aux vues de M. Jolibois, la molécule des organomagnésiens contient deux atomes de magnésium jouant un rôle différent et que les formules du type oxonium, proposées par Grignard, Baeyer et Villiger ne sont pas exactes.
- Séance du 6 avril 1936.
- Energie stellaire. —• M. Salet explique la longue durée de l’évolution des étoiles par l’énergie intra-atomique apportée par les corpuscules qui tombent sur elles. Pour le Soleil il suffirait d’un apport de 2 cg. par m2 et par heure pour lui assurer une durée indéfinie. Cette quantité est sensiblement celle qui correspond à la réalité si l’on se base sur des estimations récentes. Toutefois la densité des poussières de l’espace devient extrêmement faible dans les zones interstellaires et l’entretien de l’activité solaire dans un très lointain avenir reste donc problématique. Dans la doctrine relativiste, l’effet de la matière reçue par une étoile et celui de son rayonnement font varier l’énergie cinétique de l’astre sans qu’il y ait, en général, compensation. L’auteur conclut donc par la persistance de la contradiction entre l’équipartition de l’énergie et la variabilité des masses stellaires.
- Récentes observations de Mars. —- Comparant les observations de la calotte polaire de Mars au cours des oppositions de 1918, 1920 et 1935, survenues à peu près au cours de la même saison martienne, M. Fournier expose que la rétrogradation de la calotte blanche fut tardive en 1920, normale en 1918 et très précoce en 1935. Cette dernière saison fut particulièrement marquée par l’importance des plages sombres autour de la calotte et des mers martiennes. Dans l’ensemble,
- l’évolution de la surface de Mars semble liée beaucoup plus aux phénomènes nébuleux de son atmosphère qu’aux variations de la calotte polaire.
- Production d’électrons lents. — M. Planiol a résolu le problème de la production d’un faisceau abondant d’électrons lents. Il place devant le filament émetteur une grille accélératrice à tension élevée (700 volts), derrière celle-ci une grille retardatrice dont la différence de potentiel avec le filament n’est que de 70 v et enfin, à une quinzaine de cm derrière, la plaque réceptrice sous même tension. Les électrons, émis en abondance sous la forte tension initiale, sont ensuite fortement ralentis par le champ de la deuxième grille, le débit de plaque pouvant cependant atteindre 105 mA.
- Synthèse de l’ammoniac. — La synthèse de l’ammoniac se produit facilement dans un tube où règne une pression de quelques mm, lorsque le mélange hydrogène-azote circule autour de la cathode, sans atteindre la colonne positive. MM. J oli-bois et Olmer, ayant déjà signalé ce phénomène, montrent que cette réaction est particulièrement facile avec une cathode en plomb dont la pulvérisation est intense. Avec une pression de 20 mm, le rendement atteint 1 cm3 de Nil3 pour 0,55 watt. Par une marche prolongée on obtient, dès la température ordinaire, des mélanges voisins de leur équilibre thermodynamique, ce qui démontre l’extrême puissance de ce procédé.
- L’acide lactique dans la nutrition. — M. Lecoq, en introduisant 10 pour 100 d’acide lactique dans les rations de pigeons, a entraîné leur mort par polynévrite, identique à celle provoquée par la carence de vitamines B. L’addition à la nourriture de grosses doses de ces dernières, sous forme de levure de bière, ne modifie pas l’évolution fatale, même si la ration contient en abondance des protides et des lipides.
- Séance du 15 avril 1936.
- Modification des films minces par bombardement électronique. — Si on prend un film métallique très mince, 50 jj. y. par exemple, et qu’on le soumette au bombardement par électrons (tension d’accélération 40 kv, débit 3 à 4 milliampères), on peut observer, sur un écran fluorescent placé derrière, un diagramme très brillant de diffraction électronique. Si on prolonge l’expérience en laissant le film rigoureusement immobile, comme l’ont fait MM. Trillat et Oketani, le diagramme s’affaiblit, disparaît complètement au bout d’une heure environ et ne reparaît plus, même après repos du métal. On constate que celui-ci n’est cependant ni rompu, ni fondu. Les auteurs inclinent à admettre une sorte de glissement des couches superficielles sous l’influence de réchauffement dû à l’arrêt des électrons. Il résulte, en tout cas, de cette expérience, que l’examen des diagrammes électroniques doit être fait rapidement.
- Orafitation des fontes. — Les fontes à haute résistance mécanique sont constituées par des éléments fins de perlite et de graphite. On a donc intérêt à introduire dans la fonte liquide des corps amorçant des cristallisations de graphite. MM. Portevin et Lemoine montrent l’action particulièrement heureuse du calcium, surtout à l’état de silico-calcium à 25 pour 100 de Ca, qui s’élimine par oxydation àu cours de la solidification. Il est intéressant de faire agir simultanément des oxydants tels que les carbonates, permanganates ou bichromates. On peut ainsi, en particulier, améliorer les qualités mécaniques des fontes phosphoreuses.
- L. Bertrand.
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- LIVRES NOUVEAUX
- Esquisse du progrès de la pensée mathématique,
- par J. Pelseneer, 1 vol., 162 p. Hermann et Cie. Paris 1935. Prix : 15 f.
- Ce n’est pas, à proprement parler, une histoire ou môme une simple esquisse de l’histoire des mathématiques que l’auteur a voulu écrire. Son but paraît être d’analyser la façon dont les notions mathématiques fondamentales ont pu éclore dans l’esprit humain. A cet égard, il faut citer l’intéressant chapitre consacré à la numération chez les primitifs où l’auteur résume les observations faites chez les indigènes du Congo Belge. Les diverses peuplades se sont créé des arithmétiques suivant leurs besoins, mais aucune géométrie. L’auteur résume ensuite à grands traits ce que l’on sait des mathématiques avant les Grecs, dégage le caractère de l’apport grec dont les mathématiques sont essentiellement concrètes. Dans le chapitre intitulé l’âge cartésien, l’auteur montre comment l’algèbre a renouvelé et élargi la pensée mathématique; puis il indique les voies nouvelles dans lesquelles celle-ci s’oriente à l’époque moderne.
- Problèmes actuels de l’astrophysique, par L. Houlle-vigue. 1 vol., 268 p., 11 lig. Armand Colin, éditeur, Paris, 1935. Prix : 14 fr.
- M. Houllevigue, un des maîtres actuels de la vulgarisation scientifique, a réuni en ce volume sur quelques questions d’astrophysique un certain nombre de causeries aussi élégantes par la forme que solides par le fond. Tous ceux qui s’intéressent au progrès des connaissances humaines prendront à leur lecture un vif plaisir. Voici tout d’abord, en raccourci, l’histoire du télescope et des lunettes; instruments essentiels de l’exploration de l’univers; puis l’explication de ce principe de Doppler-Fizeau, qui nous permet d’interpréter les observations des raies spectrales des astres, et à leur aide de construire un univers sidéral qui écrase notre imagination : L’auteur nous montre par quels procédés on a réussi à explorer cet immense domaine; il nous dit ce que l’on sait de la vie des étoiles, de l’évolution de l’univers, de certains états de la nature inconnus sur notre globe, mais révélés par l’étude des astres comme l’ont été déjà, dans le passé, des corps simples comme l’hélium.
- Le système solaire n’est pas oublié dans cet éclectique volume : le soleil, son rayonnement, sa couronne; Vénus, Jupiter, Mercure, Saturne, les météorites, les comètes posent encore d’intéressants problèmes que l’auteur présente dans une claire lumière.
- L’électricité sans algèbre, par A. Soulier. 1 vol. 464 p. 164 ftg., Garnier frères, Paris, 1936. Prix relié : 15 fr.
- Voici un cours élémentaire d’électricité, que l’auteur a su mettre à la portée du néophyte n’ayant que le bagage scientifique de l’enseignement primaire. Celui-ci suffit pour comprendre les phénomènes et bien saisir le fonctionnement des machines utilisées dans l’industrie. C’est ce que prouve le petit volume de M. Soulier, excellent livre d’étude, à la portée de tous, et qui sait ouvrir des horizons non seulement sur les machines classiques, mais encore sur les applications les plus récentes de l’électricité, comme la lampe à trois électrodes et la cellule photoélectrique.
- Comment établir une assurance automobile, par A. M.Tou-vy. 1 vol. in-3, 147 pages, 3 fig. Dunod, éditeur, Paris, 1936. Prix : broché, 12 fr.
- Cet ouvrage précis et complet a été rédigé pour que chacun puisse apprécier exactement jusqu’où va la sécurité que lui apporte l’assurance automobile, et choisir en connaissance de cause le mode d’assurance qui lui convient le mieux. En fin du volume on trouvera le rappel des prescriptions essentielles du Code de la Route et l’indication des formalités nécessaires à remplir en cas d’accident.
- Traité pratique de construction et d’aménagement des usines (tome I), par L. Griveaud. 1 vol., 418 p. 468 fig., Ch. Béranger, éditeur. Paris, 1936.
- On trouvera rassemblés dans ce premier volume de très utiles indications et renseignements sur le choix de l’emplacement d’une usine, le genre de construction à adopter, les dispositions et l’aménagement à réaliser suivant la destination de l’usine ou de l’atelier; un très grand nombre d'industries sont passées en revve à cet égard. L’ouvrage se termine par deux chapitres consacrés a1 x installations qui se retrouvent généralement dans toutes les usines : protection contre l’incendie, transmissions, dispositions contre les vibrations, habitations ouvrières, organes de manutention.
- L’achèvement du transindochinois, par An ré Maignan. l vol. in-8, 213 p. 9, fig., 4 pl. Éditions du Moniteur des: Travaux publics, Paris, 1936. Prix : 25 fr.
- Cette année, le transindochinois, long de 1800 km, qui relie Hanoï
- et la frontière chinoise à Saigon sera achevé par la mise en service du tronçon Tourane-Nha Trang. Cet événement assurera définitivement l’unité et la mise en valeur de l’union indochinoise. Cette oeuvre impériale de premier ordre est examinée et décrite depuis les études et projets, le tracé, le financement, jusqu’à l’exécution finale. L’auteur montre ensuite ses conséquences économiques pour les transports des produits à travers la colonie et aux ports d’embarquement, les migrations de la main-d’œuvre, la mise en valeur et l’avenir du grand domaine français d’Extrême-Orient.
- Cours de chimie industrielle, par G. Dupont. Tome I, 184 p.,
- 121 fig. Prix : 35 fr; tome II. 328 pages, 142 fig. Prix 55 fr. Gau-thier-VilIars, éditeur, Paris, 1936.
- L’auteur, aujourd’hui professeur à la Sorbonne, nous donne ici l’excellent cours de chimie industrielle qu’il professait à la Faculté des Sciences de Bordeaux. On n’y trouvera pas la technique détaillée de chacune des industries passées en revue, mais des idées générales sur les méthodes qu’elles mettent en œuvre et des exemples clairs de la façon dont les connaissances théoriques acquises au laboratoire sont mises en œuvre par l’industrie.
- Le premier volume traite dans une première partie de l’organisation générale d’une industrie chimique et de l’outillage des usines, appareils de manutention et de séparation; la seconde partie est consacrée à l’étude des combustibles et à leur utilisation. C’est, dans sa concision, un remarquable exposé d’ensemble d’une très vaste question.
- Le deuxième volume est consacré aux industrj^s minérales : air liquide, oxygène et peroxydes, hydrogène, azote et industries dérivées, soufre et ses dérivés, sel marin et industries qui en dépendent, engrais, industries dérivées du calcaire et du gypse, industries dérivées de la silice; chacun de ces chapitres est nourri d’exposés et descriptions précis, qui dominent le sujet.
- Géologie stratigraphique, par Maurice Gignoux. 2e édition refondue, 1 vol. in-S, 709 p. 145 fig., Masson et Cie. Paris, 1936. Prix : 95 fr,
- L’auteur, professeur à l’Université de Grenoble, a su rendre vivant et clair l’enseignement d’une des parties les plus ardues de la géologie, la stratigraphie, et le succès de son ouvrage en est la preuve. S’adressant à des étudiants, il n’a pas voulu faire appel à leur mémoire, décrire une à une toutes les couches, mais bien par quelques exemples heureusement choisis dans notre pays et analysés dans le détail montrer les méthodes de travail et les synthèses possibles. Connaissant à fond les Alpes, il y trouve de belles preuves de l’appui que la stratigraphie apporte à la tectonique. Dans cette nouvelle édition, il développe aussi la géologie de l’Afrique du Nord, notamment du Maroc qui vient de se révéler un type classique des terrains primaires et jurassiques. De précieuses indications bibliographiques récentes permettent de compléter les sources des traités classiques de Lapparent, Haug et Suess.
- L’agriculture française, son tragique déclin, son avenir, par Marcel Braibant. 1 vol. in-16, 201 p., 11 fig. Armand Colin, Paris, 1936. Prix : 10 fr.
- Examinant l’une après l’autre les productions agricoles : céréales, plantes industrielles, production animale, soie, vin, lait, etc., l’auteur suit pas à pas, chiffres et graphiques à l’appui, le déclin de notre agriculture et la perte de richesses considérables en France et dans nos colonies. Il expose ensuite les conditions nécessaires au redressement et les moyens de sauver du désastre la paysannerie française.
- Le venin des araignées, par J. Vellard. l vol. in-8, 311 p., 63 fig. Monographies de l’Institut Pasteur, Masson et Cie, Paris, 1936. Prix : 45 fr.
- Attaché au célèbre institut de Butantan, au Brésil, ayant parcouru le Chaco et l’Amazonie, l’auteur a étudié les araignées des pays chauds en zoologiste, en physiologiste et en médecin. Il rappelle les études antérieures, assez peu nombreuses, depuis les descriptions d’Aristote et la tarentule du moyen âge. Il décrit l’appareil venimeux et les caractères du venin, puis passe en revue les espèces dangereuses de l’Amérique du Sud : Mygales, Lycoses, etc. Après avoir observé les effets, souvent graves, de leurs morsures, il en trouve la thérapeutique dans les sérums anti-aranéiques et la prophylaxie dans la vaccination encore à l’étude.
- Vie et mort des insectes, par Marcel Roland. 1 vol. in-16, 301 p., Mercu-e de France, Paris, 1936. Prix : 12 fr.
- L’auteur a publié dans le Mercure de France une série d’études remarquées sur le scorpion, la mante religieuse, le cloporte, la tégénaire des murailles, les mangeurs de la forêt, le scarite géant, le copris, la grande sauterelle verte, la cétoine dorée, le géotrupe, les araignées-
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- loups, leur chasse, leur capture, leur élevage, leurs habitudes à l’état libre et en cage. Leurs histoires sont contées avec précision et poésie, de la minutie des causes à l’ampleur des conséquences, et découvrent les grands problèmes qui se cachent sous ces petites vies.
- Migrations et métamorphoses de 1’anguille d’Europe,
- par Léon Bertin. 1 vol. in-8, 57 p., 18 iig. Hermann et Cie, Paris. Prix : 15 fr.
- Bonne mise au point des travaux sur ce poisson qui vit en eau douce, va pondre dans la mer des Sargasses, puis disparaît, tandis que ses larves transparentes traversent lentement tout l’Atlantique pour rejoindre les côtes européennes.
- L’espèce, par L. Cuénot. 1 vol. in-8°, 310 p., 42 lig. Encyclopédie scientilique. Doin et Cie, Paris, 1936. Prix : 30 fr.
- Après une introduction et un court historique de la notion d’espèce depuis la fin du xvni0 siècle jusqu’à la période postdarwinienne, vient une étude technique des laits dont la connaissance est indispensable : formation des gamètes, diverses sortes de variation, héréditaire ou non, sélection écologique. Sont examinées ensuite les unités de la systématique d’après des critères variés ; une quatrième partie est consacrée à des monographies d’espèces, choisies parmi les cas les plus difficiles, afin d’éprouver la valeur des unités proposées. L'auteur montre enfin comment se constituent de nouvelles espèces autonomes, les processus étant notablement différents chez les végétaux et les animaux. Le livre se termine par un essai de définition ou de synonymie des termes supérieurs et inférieurs à l’espèce, et par un glossaire des mots techniques, sortes de résumé et de conclusion.
- Handbuch der Seeiischerei Nordeuropas, par H. Lubbert et E. Ehrenbaum. Bund IL Naturgeschichte und wirtschaftliche Bedeutung der Seefisclie Nordeuropas, par E. Ehrenbaum. 1 vol. in-8, 337 p., 276 flg.„ 26 planches. Scliweizerbart’sche Verlagsbuch-handlung, Stuttgart, 1936. Prix : broché 44 marks; relié toile, 47 m. (réduction de 25 pour 100 pour l’étranger).
- Dans ce traité des pêches du Nord de l’Europe qui comprendra dix volumes, le deuxième tome est consacré par le directeur de l’institut zoologique de Hambourg aux poissons de mer. Chaque espèce est décrite et très exactement figurée; on trouve ses noms vernaculaires dans les divers pays, sa distribution géographique, son mode de vie, sa nourriture, sa reproduction, ses parasites et, pour les poissons les plus intéressants au point de vue économique, de très nombreuses données sur la pêche, les déplacements, les races locales. L’auteur a une compétence universellement reconnue, on lui doit déjà diverses monographies où il a fait œuvre originale; c’est dire que cette faune ichthyologique des mers du Nord, conçue à un double point de vue biologique et technique, est un ouvrage de fond aussi bien pour les naturalistes que pour les entreprises de pêche.
- Les fièvres et les médicaments antithermiques, par
- J. Sivadjian. 1 vol. in-8, 96 p., 32 fig. Actualités scientifiques et industrielles. Hermann et Cie, Paris, 1936. Prix : 15 fr.
- On connaît nombre de produits chimiques susceptibles d’abaisser la température et de combattre la fièvre; depuis peu on en a découvert d’autres qui élèvent la température. L’auteur examine la question fort complexe et reconnaît parmi les antipyrétiques des actions très différentes sur les centres nerveux ou sur le sympathique.
- The application of absorption spectra to the study of vitamines and hormones, par R. A. Morton. 1 vol. in-8, 70 p., 25 fig. Adam Hilger, 98, Kings Road, London N. W. 1. Prix : 10 sh.
- Les spectres d’absorption fournissent des précieuses indications sur l’état moléculaire. Appliqués aux vitamines et aux hormones, ils permettent l’identification et parfois l’analyse de ces substances •complexes qui ne se révèlent bien jusqu’ici que par leurs effets physiologiques, dont on commence à connaître l’importance. Voici la pre-'rnière mise au point des recherches entreprises et des premiers résultats.
- Le livre de l’infirmière, d’après miss Oxford, par Mlle L. Chap-tal. 1 vol. in-16, 366 p., Masson et Cie, Paris, 1936. Prix : 26 fr.
- Voici un livre remarquable et qu’on ne saurait trop recommander. L’auteur anglaise, l’adaptatrice française savent ce qu’est le devoir de l’infirmière, fait de savoir anatomique, physiologique, clinique, chirurgical, mais plus encore d’amour, de dévouement, de mille soins. Elles disent tout ce qu’on devrait savoir, simplement, clairement, .brièvement, mais sans oublier l’essentiel, la pratique, les détails, les tours de main qui seuls rendent réellement service. L’ouvrage comprend des notions générales sur la tenue, l’hygiène, le service des salles, les questions de toilette, d’alimentation, la manière de donner les médicaments, puis un enseignement de petite chirurgie: anesthésie, aide opératoire, soins post-opératoires, secours aux blessés, soins aux
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- femmes en couche, etc.; enfin des conseils de médecine, notamment sur les maladies épidémiques et sociales.
- Tendances de la médecine contemporaine. La médecine à la croisée des chemins, par P. Décoré. 1 vol. in-8, 218 p. Masson et Cie, Paris, 1936. Prix : 27 fr.
- La mode est aux bilans, aux inventaires, aux discussions, aux programmes, dans toutes les activités. Un monde nouveau se cherche laborieusement, L’auteur, médecin des hôpitaux de Lyon, s’applique à dégager les tendances de la médecine d’hier : prédominance de l’esprit d’analyse, des données morphologiques, des examens de laboratoire, insuffisance d’esprit philosophique, de culture générale, du sens clinique, manque d’intelligence de la vie, tendances individualistes et matérialistes excessives. 11 aperçoit dès maintenant un renouveau de l’esprit de synthèse, une renaissance des notions complexes de terrain, une tendance vers la médecine préventive, la prophylaxie. En thérapeutique, l’habitude, le scepticisme, l’encombrement des produits font place à une mise en œuvre des médications naturelles, des réactions nerveuses, des doses minima, des traitements simplifiés. Le malaise actuel est fait des tiraillements entre les deux tendances; il doit aboutir à une science profonde de l’homme, à un humanisme, au carrefour de l’âme et du corps, des problèmes biologiques et sociaux.
- Le menton et ses rapports avec le visage, le front, le nez et la bouche, par le Dr Charles Perrin. 1 vol. in-8, 56 p., 5 pl. Imprimerie Rey, Lyon, 1935.
- Étude anthropométrique basée sur les mensurations de 859 individus de la maison centrale de Nîmes.
- Manuel d’anthropologie culturelle, par Robert H. Lowie. Traduction d’E. Métraux,1 vol. in-8, 390 p., 37 pl., 2 cartes. Bibliothèque scientifique Payot, Paris, 1936. Prix : 25 fr.
- Ayant observé des indigènes sur place et bien observé, convaincu de la vanité des théories explicatives trop générales, l’auteur professe à l’université de Californie un cours d’ethnologie fort clair et vivant où il passe en revue les activités des primitifs, depuis les débuts de la culture et de la civilisation jusqu’au développement des idées esthétiques et morales. Dans une série de chapitres, abondamment illustrés, il s’applique ici à faire comprendre les formes diverses de la chasse, la pêche, la cueillette, la culture, l’élevage des animaux domestiques; le feu, la cuisine et les aliments, les vêtements et les ornements; les maisons et les villages; l’industrie, le commerce et les moyens de transport; les jeux et les arts; la guerre; le mariage, la famille, le clan; le rang, l’étiquette, la propriété; le gouvernement et les lois; la religion et la magie; la science et les connaissances.
- Les monuments mégalithiques de Palestine, par Moshé Stékéi.is. 1 vol. in-4, 92 p., 20 fig., 5 pl., 1 carte. Archives de l'Institut de paléontologie humaine. Mémoire 15. Masson et Clc, Paris, 1935. Prix : 50 fr.
- La préhistoire palestinienne se découvre peu à peu. L’auteur a fouillé en Transjordanie, au nord-est de la Mer Morte, une vaste nécropole mégalithique comprenant des tumuli, des dolmens, de nombreux foyers et cistes, des cercles de pierres; il y a trouvé des silex, des vases et des bols en céramique qu’il décrit et figure soigneusement. C’est, semble-t-il, une ensemble du néolithique finissant, environ du me millénaire avant notre ère, la plus ancienne de toute lés trouvailles récemment faites dans la même région et qu’on ne sait encore relier aux données acquises dans les autres pays.
- Les voyages (Du coche à l’avion), par M. Ginat et A. Weiler 1 vol. in-8, 128 p., 95 fig. Bourrelier et Cie, Paris, 1935. Prix : 8 fr.
- La longue évolution des moyens de transport, la brusque révolution contemporaine dans la manière de voyager, due à la machine, l’âme des voyageurs d’autrefois et d’aujourd’hui, sont évoqués par ce texte vivant, amusant, complété d’heureuses images : dessins, photographies, schémas suggestifs accompagnés d’abondantes légendes explicatives.
- Quatre feux, par Paul Coze. 1 vol. in-16, 256 p., 50 photos hors texte. Éditions de la revue Camping. 9 rue Richepanse, Paris. Prix : 12 fr.
- Circulant tour à tour en auto et en canot, l’auteur campe avec sa femme, un Canadien et un métis dans des régions peu accessibles. Au rythme des « Quatre Feux » quotidiens qu’ils allument pour cuire leurs repas et faire bouillir le thé, les explorateurs s’enfoncent dans la forêt qui se montre hostile, marécageuse, où ils sont aux prises avec les éléments.
- Dans des tribus méfiantes ou accueillantes, ils tournent un film documentaire. Tout cela est relaté avec vigueur, précision, gaîté, selon l’esprit scout.
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- NOTES ET INFORMATIONS
- ASTRONOMIE
- La plus grande vitesse observée en astronomie :
- 42 000 km à la seconde.
- L’astronomie nous a accoutumés non seulement aux grandes distances et aux grands intervalles de temps, mais aussi aux grandes vitesses.
- L’astre le plus proche, la Lune, est à 3600001cm de nous; le Soleil est à 150 millions de km, le système solaire a un diamètre de quelques milliards de 1cm. Les étoiles les plus proches sont déjà si lointaines que pour nous arriver, leur lumière met plusieurs années. Les plus lointaines étoiles de la voie lactée sont à 100 000 « années lumière » de nous, et les plus faibles des nébuleuses spirales, ces autres voies lactées analogues à la nôtre et extérieures à elle, sont à quelques centaines de millions d’années lumière.
- Les vitesses astronomiques ne le cèdent en rien aux distances à ce point de vue : la Terre sur son orbite, fait du 30 km à la seconde, et tel est aussi l’ordre de grandeur des vitesses des étoiles les unes par rapport aux autres. Le Soleil, qui tourne autour du centre de la voie lactée en 250 millions d’années, a, sur sa trajectoire, une vitesse de 300 km à la seconde.
- Mais, depuis quelques dizaines d’années déjà, le record de vitesse était détenu par les nébuleuses spirales. On sait quelle curieuse particularité présentaient les mouvements des spirales : celles-ci paraissaient s’éloigner de nous, et cela d’autant plus vite qu’elles sont plus lointaines. Les plus proches s’éloignent avec des vitesses de quelques centaines de kilomètres à la seconde; à mesure que nos instruments deviennent plus puissants, nous observons des nébuleuses plus faibles, plus petites et par conséquent plus lointaines, cette observation révèle des vitesses d’éloignement croissantes.
- En 1928 on observait des vitesses d’éloignement de quelques milliers de kilomètres à la seconde; en 1932 le record, dans ce genre, était détenu par une petite nébuleuse de la constellation du Lion qui « faisait » du 24 000 km-seeonde.
- Ce record vient d’être largement battu (Voir Astrophysical Journal, vol. 81, n° 1, p. 10, janvier 1936) : à l’Observatoire du Mont Wilson, qui possède le plus puissant télescope actuellement en usage, un astronome américain, Humason, a mesuré les vitesses radiales d’une centaine de nébuleuses spirales; une petite nébuleuse de 18e grandeur située dans la constellation de la Grande Ourse, à quelque 80 millions d’années lumière, s’éloigne de nous avec une vitesse de 42 000 km par seconde, le septième de la vitesse de la lumière ! Cette nébuleuse, si elle parcourait l’équateur terrestre (c’est là une pure fiction car un tel mouvement nécessiterait une accélération trop grande), ferait le tour de notre globe en moins d’une seconde.
- On ne saurait trop féliciter l’éminent astronome américain de cette découverte. La mesure de ces vitesses d’éloignement se fait au moyen d’un spectrographe spécial, la principale difficulté réside dans la faiblesse de la lumière de la nébuleuse et on n’obtient de spectre mesurable que grâce à une lentille de chambre très ouverte (f. 0,6) et avec de très longues poses atteignant des dizaines d’heures.
- Les résultats obtenus jusqu’à présent révèlent une proportionnalité rigoureuse de la vitesse radiale des nébuleuses à leur distance; on sait (Voir La Nature, n° 2899 et 2900, 15 février et 1er mars 1933) qu’une explication de ce phénomène, appelée « expansion de l’univers » est donnée par la théorie d’Einstein. L’abbé Lemaître a montré que notre univers a une structure géométrique non euclidienne et est applicable sur un univers sphérique; l’application des équations de la gravitation einsteinienne a montré que le rayon de cet univers doit varier avec le temps et augmente, tout au
- moins pour l’instant. L’observation, en confirmant les vues de Lemaître, a apporté une éclatante confirmation de la théorie d’Einstein, car une des conséquences physiques de cette expansion de l’univers est la suivante : d’après la théorie, les nébuleuses spirales doivent sembler s’éloigner de nous avec des vitesses proportionnelles à leur distance. Le résultat récent d’Humason apporte une preuve nouvelle de la théorie d’Einstein. H. Mineur.
- Les gaz « rares » des atmosphères stellaires.
- Jusqu’en ces dernières années, les gaz dits « rares » : argon, néon, xénon, krypton, étaient considérés comme fort problématiques dans les atmosphères des étoiles. Leur rareté semblait rendre impossible de les déceler par l’apparition des raies spectrales caractéristiques. Ce n’est qu’au cours de ces dernières années, de 1933 à 1935, qu’on a pu montrer l’existence certaine du néon et de l’argon. Quant au xénon et au krypton, leur existence encore douteuse apparaît cependant comme devant être vérifiée un jour prochain.
- L’histoire de la découverte de l’hélium en 1868 dans le spectre du soleil est bien connue. Une raie jaune, non identifiable du spectre solaire, fut attribuée à un corps hypothétique de l’atmosphère du soleil et ce gaz ne fut révélé qu’en 1895 à la surface de notre globe.
- Depuis, l’hélium a été retrouvé dans les nébuleuses, les novæ, etc..., devenant ainsi un élément cosmique fréquent.
- Le néon existe dans les nébuleuses gazeuses, les étoiles (Pégase, Orion).
- L’argon qui, sur la Terre, est 500 fois plus abondant que le néon, devait semble-t-il donner des résultats identiques à ceux du néon, sa présence fut pourtant âprement discutée. On l’a trouvé sans conteste dans les nébuleuses chaudes et moyennes, dans les étoiles du groupe (f, etc...
- Quant au krypton et au xénon, à cause de leurs poids atomiques très élevés, ils ne peuvent être trouvés dans le spectre des couches renversantes des atmosphères stellaires. Cependant, il n’est pas impossible qu’on puisse identifier certaines raies nébulaires non encore précisées comme étant celles du krypton. Il en serait de même du xénon. Si ces deux dernières découvertes se précisent, les prétendus gaz « rares » ne seront donc plus des « raretés » cosmiques. G. R.
- MÉDECINE
- Du nouveau sur la grippe.
- Depuis la grande épidémie de 1918 on n’a cessé d’étudier la bactériologie de la grippe. Récemment, plusieurs chercheurs anglais ont découvert de singuliers rapprochements, que M. Panisset, professeur à l’Ecole d’Àlfort, vient de grouper dans la Biologie médicale.
- En 1929, Laidlaw et Dunkin constataient que le furet est aisément infecté par le virus de la maladie de Carré des jeunes chiens. En 1933, Smith, Andrewes et Laidlaw transmettaient au furet un catarrhe nasal avec fièvre en lui instillant dans le nez des produits de lavage de la gorge de personnes atteintes de grippe. Enfin, Shope en 1934, Smith, Wilson, Andrewes et Laidlaw, en 1935, donnaient au dit furet une grippe très voisine en l’infectant avec la maladie du porc connue aux Etats-Unis sous le nom d’influenza.
- On a attribué la grippe de l’homme au bacille de Pfeiffer, mais on y trouve aussi un virus filtrable, peut-être secondaire mais constant. Comme les maladies à ultravirus sont étroitement spécifiques et difficilement transmissibles, la sensibilité du furet à la grippe humaine, à la maladie des chiens et à l’in-fluenza des porcs semble révéler entre ces trois maladies une
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- parenté, sinon une identité, qui ouvre des horizons tout nouveaux aux recherches de pathologie comparée. R. M.
- PHONOGRAPHE Une nouvelle machine parlante.
- On a essayé depuis longtemps d’établir des machines parlantes .phonographiques comportant, non plus des disques avec sillons spiraloïdes gravés sur leur surface, mais des enregistrements photographiques, du type adopté désormais presque exclusivement en cinématographie sonore.
- Dans ce procédé, on le sait, les sons enregistrés sont traduits sous formes d’images à élongation variable et à densité photographique fixe, ou à élongation constante et à densité photographique variable sur la piste sonore accolée à la bande des images. Mais le film en celluloïd ou en acétate de cellulose utilisé en cinématographie ne peut convenir pour une machine parlante de ce genre ; ce support est trop coûteux et d’un entretien trop délicat.
- Nous avons déjà signalé les essais entrepris récemment, en particulier en Autriche, pour réaliser des enregistrements photographiques sonores sur bandes en papier. Le négatif peut être obtenu de la manière ordinaire, mais le positif peut être reporté par impressions olï-set sur papier, en noir et blanc.
- La reproduction des enregistrements ne s’elîectue plus alors comme dans le lecteur de sons des appareils cinématographiques, en faisant traverser la bande par un pinceau lumineux qui est modulé ayant d’atteindre la cellule photoélectrique. La lumière concentrée par le système optique vient frapper la bande imprimée portant l’enregistrement et se déplaçant à vitesse constante, elle se réfléchit sur sa surface avec des différences correspondant aux variations de teintes, et vient frapper enfin la cellule photo-électrique de traduction lumière-courant.
- Les premières machines fonctioixnaient avec un ruban de papier de grande longueur présentant quelques inconvénients en raison de sa fragilité. Un constructeur argentin vient d’établir récemment, sur le même principe, mais suivant un mode de réalisation différent, une machine parlante qui vient d’être présentée en Angleterre.
- Il semble que l’enregistrement initial photographique soit encore effectué de la manière ordinaire, mais, une fois le négatif obtenu, on reporte l’enregistrement sur un cliché qui permet par impression d’obtenir des images à élongation variable et à densité fixe, en blanc et noir sur du papier.
- On utilise un grand nombre de « pistes sonores » parallèles couvrant une surface de papier de l’ordre de 35/50 cm et disposées de telle sorte qu’elles forment une hélice continue à pas très faible lorsque la feuille est enroulée sur le cylindre de l’appareil reproducteur.
- Ce cylindre est mis en mouvement au moyen d’un petit moteur et animé d’une rotation continue. La piste sonore est alors explorée, spire par spire, par un petit faisceau de lumière qui vient se réfléchir sur sa surface, et ensuite frapper une cellule photo-électrique comme dans les appareils précédents.
- L’inventeur a tenté ainsi de réaliser des enregistrements imprimés dans un journal ordinaire, et, au moyen d’un papier quelconque, il aurait pu obtenir des impressions assez fines pour réaliser une reproduction sonore sur la gamme de 14 à 16 000 périodes-seconde. Mais en utilisant les étages de basses fréquences d’un poste de T. S. F. quelconque, on ne peut évidemment compter que sur une gamme limitée à 4000 périodes-seconde.
- Le procédé, en tout cas, semble très original et peu coûteux. Au moyen du cylindre et du système traducteur adaptés à un poste de T. S. F. on pourrait donc rendre sonore un journal imprimé, d’où des applications fort intéressantes, en particulier pour les aveugles. P. H.
- AVIATION
- U éblouissement, moyen de défense passive contre les avions.
- Les problèmes que pose la défense de notre territoire en temps de guerre sont, hélas, revenus à l’ordre du jour. Tout le monde sait le rôle important que jouerait l’aviation dans un conflit armé à notre époque. Les progrès réalisés par les avions en vitesse et tonnage transporté rendent de plus en plus difficile la lutte contre eux, soit dans les airs, soit à partir du sol. La nuit surtout, il semble fort malaisé de découvrir, à l’aide de projecteurs, un avion se déplaçant à la vitesse de 350 km à l’hexire.
- M. R. Ferber préconise dans Les Ailes une solution au premier abord paradoxale, mais fort ingénieuse.
- Le pilote d’un aéronef volant la nuit au-dessus de la campagne voit sur le sol les principaux détails topographiques, même en l’absence de lune. Mais à proximité des lieux éclairés, les lumières l’empêchent de distinguer ces détails, qui lui permettent de suivre sa route.
- La lumière stellaire ou lunaire réfléchie par le sol est si infime que l’éblouissement provoqué par une faible source lumineuse suffit à rendre invisible une très grande surface de terrain.
- De là découle la solution proposée par M. Ferber : rendre impossible aux pilotes d’aéronefs ennemis la reconnaissance de leur route, en provoquant un éblouissement au moyen de lumières convenablement disposées. Une lanterne à acétylène munie d’un réflecteur vertical suffirait à rendre invisibles plusieurs kilomètres carrés.
- Il faudrait, bien entendu, éviter que ces points éblouissants ne puissent servir de guides aux aéronefs ; et pour cela il faudrait les répartir d’une façon à peu près uniforme sur une très grande portion de territoire; en même temps toptes autres lumières devraient être éteintes.
- M. Ferber calcule que pour protéger un rectangle de 400 X 200 km, soit 80 000 km2, il faudrait 20 000 générateurs à acétylène, ne coûtant pas plus de 500 fr chacun. Pour desservir ces générateurs distants de 2 km les uns des autres, il faudrait environ 5000 hommes. Encore pourrait-on en bien des points simplifier l’organisation en employant des phares électriques.
- Vol d'altitude par un train de planeurs remorqués.
- Les Ailes relatent une remarquable expérience effectuée à Moscou le 2 avril 1936, au cours de laquelle deux planeurs sans moteur remorqués par un avion ont pu atteindre des altitudes de 6000 et 7000 m.
- L’avion était un bimoteur remorquant un planeur biplace, qui lui-même remorquait un planeur monoplace.
- Les deux planeurs avaient été aménagés' spécialement en vue des hautes altitudes que l’on comptait atteindre. Ils étaient reliés l’un à l’autre par un câble métallique très fin d’une longueur de 8 km, enroulé sur un treuil placé dans le premier .planeur.
- Arrivé à une centaine de kilomètres de Moscou, l’avion était à 5000 m d’altitude; le premier planeur à 200 m plus haut, le second à 450 m plus haut. Le pilote du premier planeur commença alors à dérouler le câble, ce qui permit aux deux planeurs de monter respectivement, à 6000 m et 7000 m, l’avion restant toujours à 5000 m. Après quelques minutes de vol à cette altitude, le câble de remorque du deuxième planeur cassa; l’autre planeur se dégagea de l’avion et les deux planeurs allèrent atterrir normalement.
- A la suite de cette expérience on envisage la possibilité d’atteindre avec des planeurs remorqués des altitudes très élevées allant peut-être jusqu’à 13 ou 14 000 m.
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- INVENTIONS ET NOUVEAUTES
- HYGIÈNE
- La lampe électroformogène Vidal.
- Tout le monde connaît les lampes génératrices de formol employées aujourd’hui dans les appartements pour combattre les mauvaises odeurs, absorber les fumées de tabac, assainir l’atmosphère. Le formol y est produit par l’oxydation catalytique d’alcool méthylique. Ces lampes comportentune mèche plongeant dans l’alcool; on commence par enflammer l’alcool à l’extrémité de cette mèche pour porter le catalyseur à la température voulue, puis, quand il est au rouge sombre, on éteint la flamme et l’oxydation de l’alcool qui s’évapore à l’extrémité de la mèche poursuit au contact du catalyseur son action sur l’oxygène de l’air ambiant, en donnant de l’aldéhyde formique, nom scientifique du formol.
- Voici une nouvelle lampe qui apporte à ce mécanisme d’heureux et ingénieux perfectionnements. Elle fait appel à l’élec-
- Fig. 1. — Lampe électroformogène Vidal.
- tricité pour évaporer l’alcool et chauffer le catalyseur; ce qui rend très simple la mise en route de la lampe, et en même temps donne de très grandes facilités de réglage. Aussi cette lampe peut-elle être à volonté, en partant du même liquide, utilisée pour répandre dans l’atmosphère soit des vapeurs très chargées en formol, soit au contraire des vapeurs à peine formolées, mais chargées du parfum que l’on aura mélangé à l’alcool.
- La lampe Vidal comprend une mèche plongeant dans un récipient en verre que l’on remplit d’alcool méthylique. Quand l’appareil est en service, la partie supérieure débouche sous une coupole amovible et tournante dans laquelle est placée une résistance électrique entourant l’extrémité de la mèche; à la partie supérieure de la coupole, au-dessus de la mèche est disposé le catalyseur; enfin, des orifices convenablement ménagés dans la coupole permettent d’y faire circuler l’air et assurent l’échappement des vapeurs dégagées.
- Quand on fait passer le courant dans la résistance de chauffage, la partie supérieure de la mèche est chauffée; l’alcool
- qui y est monté par capillarité s’évapore et se mélange à l’air admis par les orifices latéraux; ce mélange gagne ensuite le catalyseur qui est lui-même chauffé par la résistance électrique, et s’y transforme partiellement en formol.
- Avec ce dispositif, la mise en route de la lampe est instantanée; il suffit de mettre l’appareil sur la prise de courant.
- L’appareil fonctionne sans aucune flamme et ne présente donc aucun danger d’incendie. En outre il permet, pour une même production de formol, de réaliser une importante économie d’alcool, parce qu’ici on ne demande plus à la combustion de l’alcool de produire la chaleur nécessaire à l’évaporation. Cette fonction est assurée d’une façon tout à fait indépendante de l’oxydation de l’acool, grâce au chauffage électrique.
- Enfin, en réglant l’intensité du courant, et par conséquent le chauffage, on peut régler la production de formol.
- La lampe Vidal ne consomme pas plus de 2 gr 25 d’alcool à l’heure, et 24 watts-heure de courant. Au prix de cette très faible dépense elle assainit et désinfecte efficacement une pièce d’habitation sans aucune gêne ni aucun inconvénient pour les occupants. Elle en chasse les moustiques et donne ainsi un précieux moyen pour se débarrasser de ces hôtes importuns.
- A ces avantages hygiéniques et économiques, la lampe Vidal joint le mérite d’une présentation fort élégante, comme on peut s’en rendre compte sur la photographie ci-contre. La coupole tournante qui coiffe la lampe est montée dans un anneau solidaire d’un support porté par le pied de l’appareil; le récipient en verre se trouve enserré dans ce support, de telle sorte qu’aucune chute, aucun renversement n’e'st possible; la coupole tourne dans son anneau; cette manœuvre s’effectue à la main. Sur la coupole est tracé un repère; l’anneau qui le ceinture porte 3 lettres A, P, F. Quand le repère est en face de A, le courant est coupé ; l’appareil est à l’arrêt; la position P correspond à la production de vapeurs à peine formolées; la position F à la position du maximum de production de formol; entre P et F on a des productions intermédiaires. Une petite lampe témoin s’allume quand le repère est entre P et F, elle signale ainsi que l’appareil est en marche, en même temps que sa lumière donne une note de gaîté.
- Une manœuvre très simple permet de dégager la coupole de l’embouchure du récipient pour remplir celui-ci d’alcool.
- La lampe du Dr Vidal, construite par les établissements Mildé, est distribuée par la Société de vente et de distribution d’appareils électriques, 62, rue Desrenaudes, Paris.
- ÉCLAIRAGE
- La lampe Anglepoise.
- Une « lampe omnibus » avec laquelle on peut concentrer la lumière sur le coin de table .où l’on écrit, ou sur sa machine à écrire, ou son téléphone, ou encore au laboratoire, ou sur la table à dessin, etc.; une lampe, qui éclaire à toute hauteur, couché, assis, debout, et. même au haut d’une bibliothèque ou au fond d’un rayon; une lampe qui peut donner une lumière puissante concentrée sur un point ou au contraire, un éclairage général diffusé indirect : c’est la lampe articulée « Anglepoise ».
- Posée solidement sur son socle d’émail noir, elle s’allonge, s’étire, se relève, s’abaisse, s’oriente, d’un simple geste, du bout du doigt, tant ses bras articulés ont été heureusement étudiés et leurs mouvement à rotules exactement compensés par des ressorts d’équilibre. Le fil d’amenée du courant lui-même, placé dans les bras métalliques, n’apparaît pas et ne
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- peut se tordre pendant tous les mouvements qu’on réalise, ni s’accrocher aux objets voisins.
- Elégante c o m m e une longue charpente mé t a 1 li q u e, légère,
- simple et rapide parce que l’usager ne peut passer à entretenir son rasoir tout le temps qu’y consacre un coiffeur professionnel; la lame doit être mécaniquement fixée et tenue sans risquer de se déplacer ni de blesser des doigts maladroits; l'affilage doit se faire suivant un certain angle particulier à chaque type de lames; enfin, il doit avoir lieu à lignes croisées et non perpendiculairement au tranchant.
- M. Boulanger vient de réaliser un tout récent modèle, l’affiloir universel « Le Coq » qui est une petite merveille de mécanique de précision et de simplicité d’emploi. C’est un cylindre qu’on tient bien en main, dans lequel tourne un seul rouleau, garni d’un cuir spécial, dur, d’un diamètre de 45 mm; une manivelle latérale fixée sur l’axe permet de tourner ce rouleau à une vitesse circonférentielle de 8 à 10 m par minute. Un déplacement alternatif de l’axe assure une friction oblique à traits croisés qui fournit un tranchant bien plus fin. Le cylindre extérieur est muni d’une fenêtre à charnière, où est fixée la tablette mobile de repassage. Celle-ci est munie d’une butée tenue par deux boutons moletés qu’on règle selon la grandeur des lames; pour les lames minces et extra-minces les plus courantes, à trois trous, il suffit de les poser sur la tablette, la butée étant fixée à fin de course. On rabat la table de repassage formant volet, on prend l'appareil en
- Fig. 2 — Deux positions différentes de ta lampe « Anglepoise ».
- chromée, la lampe «Anglepoise» est une commodité, un décor de tout bureau, de tout ensemble moderne.
- En vente chez Kirby, Beard et Cie, 5, rue Auber, Paris.
- OBJETS UTILES
- Affiloir de lames de rasoirs « Le Coq ».
- Si se raser n’est plus un art, grâce aux rasoirs de sûreté, entretenir les lames et les affûter en reste un, malgré les nombreux affiloirs qu’on a déjà imaginés. Les lames minces et extra-minces qu’on emploie perdent leur fil, tout comme les grandes lames des anciens rasoirs a manche pliant. Force est de les repasser fréquemment, si l’on ne veut pas les jeter après chaque barbe ou renoncer à se raser de près.
- M. J. Boulanger a depuis longtemps étudié tous les facteurs de ce problème et trouvé des solutions pratiques qu’il perfectionne constamment. Il sait qu’il faut que l’affilage soit
- Fig. 3. — Affilage d'une lame de rasoir.
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- Fig. 4. — Affiloir « Le Coq ».
- main, le pouce appuyant sur le volet, et il suffit alors de donner quelques coups de manivelle pour redonner aux lames leur tranchant.
- L’entretien de l’appareil se limite au graissage de l’axe de temps en temps et à l’entretien du cuir au moyen d’une pâte fluide fournie avec l’appareil. Le cuir de l’appareil neuf doit être largement graissé d’huile de pieds de mouton, pour ne pas durcir, surtout dans les pays chauds. Toutes les lames, quelles que soient leurs formes, leurs dimensions, leur épaisseur, s’affûtent sur cet appareil, simplement en changeant le réglage de la butée.
- Constructeur : M. J. Boulanger, 110, rue d’Angoulême, Paris (11e).
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- BOITE AUX LETTRES
- COMMUNICATIONS
- A propos d’une nouvelle méthode d’enregistrement phonographique.
- Nous avons décrit dans le numéro du 15 mars 1936 de la revue, « Une nouvelle méthode d’enregistrement phonograpliique et de transmission radiophonique », consistant en un dispositif de prise de sons fractionnée microphonique et de résonance électrique, permettant de faire varier les conditions de l'émission radiophonique, ou même de l’enregistrement des sons en général.
- Ces nouvelles méthodes sont dues, comme nous l’avons indiqué à la collaboration de MM. Sollima, Galzon et Sarnette.
- M. Bernard Roux nous écrit à ce sujet pour nous faire connaître que les appareils décrits ont été étudiés et réalisés dans ses ateliers et laboratoires, 2, rue Esquirol, à Paris.
- Les brevets les concernant, français et étrangers, ont d’ailleurs, été pris également avec sa collaboration.
- A propos des élans (n° 2974).
- Dans l’article sur les Élans d’Afrique domestiqués paru dans La Nature du lüravril dernier, nous craignons, par suite de l’orthographe donnée à ce nom, qu’une confusion avec l’élan d’Europe, ne s’établisse dans l’esprit de certains lecteurs, ainsi que nous le fait remarquer obligeamment M. Gentile, de Paris.
- Il s’agit d’une antilope du groupe des Antilopidés, et du genre Taurolragus tandis que l’Élan d’Europe appartient au groupe des Cervidés, genre Alces. Peut-être conviendrait-il, pour éviter toute amphibologie, d’adopter, comme l’ont fait certains auteurs, l’orthographe Éland pour les Antilopes africaines.
- QUESTIONS ET RÉPONSES
- Modulateurs de lumière.
- La question des modulateurs de lumière est particulièrement intéressante pour la télévision, pour l’enregistrement des sons par la méthode photographique, etc.
- Vous pouvez trouver des renseignements sur cette question dans l’ouvrage « La télévision et ses progrès » par P. Hémardinquer; Dunod, éditeur.
- La Nature a publié des articles sur les lampes à luminescence. En ce qui concerne plus spécialement les écrans fluorescents et les oscillographes cathodiques, vous pouvez consulter l’article paru dans le numéro d’avril 1936 de la revue Machines parlantes el Radio, 15, rue de Madrid, Paris. Réponse à M. Hanse, Vailly-sur-Seine (Aisne).
- Les retransmissions en radiophonie.
- Nous avons indiqué dans le n° 2964 de La Nature du 1er novembre 1935 les derniers progrès du radio-reportage et, en particulier, comment ont été effectuées les retransmissions transatlantiques à l’occasion du premier voyage du paquebot Normandie. Vous pouvez trouver des renseignements sur le même sujet dans le n° 2936 de la revue du 1er septembre 1934.
- Enfin, le n° 2912 du 1er septembre 1933 contient une étude complète sur les liaisons téléphoniques de la radio-diffusion employées, soit pour les radio-diffusions théâtrales, nationales, soit pour les retransmissions internationales. Réponse à M. E. M., à Toulouse (Hte-Garonne).
- Modification d'un récepteur.
- Il est généralement assez difficile d’améliorer la qualité musicale d’un radio-récepteur sans modifier notablement son montage.
- La musicalité dépend, en effet, non seulement des étages d’amplification basse fréquence et du haut-parleur, mais encore, bien souvent, du système moyenne fréquence, haute fréquence et détecteur. Il va sans dire que lorsque la dépense nécessaire pour la modification complète d’une installation est élevée, elle est généralement hors de proportion avec la valeur réelle de l’appareil, et il est préférable alors d’échanger son poste contre un autre plus récent ou mieux choisi.
- Dans votre cas, l’adjonction d’un haut-parleur supplémentaire -à votre poste tous courants type « miniature » permettrait pourtant déjà d’obtenir une amélioration sensible de l’audition.
- Vous pourriez utiliser simplement, soit un haut-parleur électrodynamique à aimant permanent, soit encore plus facilement un haut-parleur électro-magnétique à diffuseur d’un modèle ancien et peu coûteux, mais qui peut encore, dans ce cas, donner des résultats suffisants en le montant dans une ébénisterie ou en l’encastrant dans un écran acoustique en bois de surface suffisante. Le prix maximum d’un haut-parleur de ce genre ne dépasse plus actuellement 200 francs.
- Plusieurs solutions sont alors possibles. On peut disposer le haut-parleur additionnel dans le circuit plaque de la lampe de sortie, en mettant hors circuit le haut-parleur ordinaire du poste, et, de préférence, en employant un transformateur de liaison à faible rapport, dans le cas du haut-parleur électro-magnétique. Il faut prendre garde
- de laisser en circuit le bobinage d’excitation du haut-parleur électrodynamique ordinaire monté dans le poste et qui est utilisé pour constituer la bobine de filtrage du circuit d’alimentation plaque du courant redressé.
- On peut également laisser en circuit le haut-parleur ordinaire de l’appareil et disposer le deuxième haut-parleur en parallèle sur le premier. On effectuera de préférence cette connexion à l’aide de condensateurs de liaison d’une capacité de l’ordre de quelques centièmes de microfarad. Réponse à M. Levielle, à Dijon.
- Réception des émissions de télévision.
- Les émissions de télévision actuelles sont transmises avec une analyse de 180 lignes sur une longueur d’onde de 7 m; avec la puissance actuelle de l’ordre du kw, la zone de réception n’est guère supérieure à une quarantaine de km autour de la Tour Eiffel.
- Le poste de 20 kw sera prochainement en fonctionnement, mais la zone de réception régulière ne sera sans doute pas supérieure à une centaine de km autour de la Tour Eiffel.
- Nous ne pensons donc pas qu’on puisse songer encore à recevoir en province des émissions d’images. Il faut attendre pour cela la mise en fonctionnement des stations régionales qui seront sans doute installées peu à peu. Réponse à M. L. P., à Pau (B.-Pyrénées).
- M. Barrat, Teffé, Brésil. — Nous avons souvent fait mention des permutites pour adoucir les eaux calcaires et les rendre propres, notamment, à dissoudre le savon. La réaction, en présence d’eau calcaire, consiste en un déplacement des ions Na de la permutite par les ions Ca de l’eau. On peut régénérer la permutite, un certain nombre de fois, par l’eau salée. Vous pourrez trouver les appareils et produits aux adresses suivantes : Permutite, 31, rue de la Vanne, à Montrouge (Seine); Permo, 67, avenue Victor-Emmanuel-Ill, à Paris.
- Abonné 258, Les Mureaux. — Il est possible de protéger votre réservoir d’eau potable contre la rouille par une peinture au brai ou mieux par une peinture au brai et à l’aluminium dont nous avons parlé dans le numéro 2 968, du 1er janvier 1936. Renseignez-vous auprès de la Société du Gaz de Paris, 6, rue Condorcet, Paris. Les peintures au brai ne peuvent être appliquées que sur des surfaces sèches, et il faut procéder auparavant à un piquage soigneux des parties déjà atteintes par la rouille.
- M. Papapanoyotou, Athènes. •— Veuillez vous reporter à un article de M. Reverchon, sur la fabrication des fourneaux de pipes en racine de bruyère, paru dans le numéro 2 808, du 1er mai 1929.
- De tout un peu.
- M. Cruchon, à Rocheîort. — 1° Pour reconnaître le sens de la chaîne d’un lissu, appliquer les observations suivantes :
- a) Il y a une lisière : la chaîne est parallèle à celle-ci;
- b) Le tissu en lin, chanvre ou coton est à l’état écru, dans ce cas, la chaîne seule est apprêtée et bleuit au contact de la teinture d’iode;
- c) L’article n’a pas de lisière, il est blanchi ou en laine, le sens chaîne est le moins chargé en fils.
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- 2° Le durcissement de votre vernis est dû à l’oxydation à l’air de l’huile de bois de Chine.
- M. de Saint-André, à Poitiers. — 1° Pour supprimer le glissement sur votre sol en mosaïque encaustiqué, il vous suffira de répandre à la volée une nuée légère de poudre de colophane.
- 2° Le collage des cuirs teints sur le bois, se fait à la colle forte, la seule précaution à observer est de ne mettre la colle que sur le bois, puis de descendre doucement le cuir, n’ayant reçu aucun enduit, en commençant par un petit bord, de façon à ne pas emprisonner de bulles d’air.
- Tamponner ensuite avec un chiffon propre et laisser sécher.
- 3° Vous trouverez des cuirs teints chez tous les marchands de crépins de votre ville.
- M. I. Dulac, à Montpellier. — Le seul tissu susceptible de résister à l'acide sulfurique à 40° B. est celui obtenu avec la laine minérale; vous pourrez vous procurer cet article à la Société « Union », 44, rue de Lisbonne, à Paris (8 e).
- M. Gilliard, à Marines. — Vous trouverez toute documentation sur les insecticides à base de matières colorantes, types Elgetol, Elgecide, Heliones, dans les articles rédigés par M. Trufïaut lui-même, qui ont paru dans les numéros suivants de la Revue de Chimie industrielle : n° 458, 1930, p. 34; n»* 481, p. 2, et 482, p. 34, année 1932.
- Mme Raynal, à Chambéry. — Le fixatif pour fusains se prépare
- très facilement en prenant :
- Térébenthine de Venise................. 10 grammes
- Gomme laque blanche ................... 10 — •
- Alcool à 95°...........................180 cm3
- Laisser digérer à froid en flacon bien bouché puis filtrer avec soin avant emploi, sur un tampon de coton hydrophile, pour obtenir un liquide limpide, non susceptible d’obstruer le pulvérisateur.
- M. Gentiie, à Paris. — Pour faire disparaître la couche d'argent noir, déposée sur le verre des récipients ayant contenu une solution de nitrate d’argent, il suffit d’introduire dans les dits récipients, de l’acide azotique chaud, puis quand l’argent a été dissous, ce qui se produit très rapidement, de rincer à l’eau distillée, non à l’eau ordinaire, laquelle, contenant des chlorures, reprécipiterait de l’argent à l’état de chlorure d’argent.
- M. Duflos, à Vitry-en-Artois. — 1° D’après les données que nous possédons, le produit désigné sous le nom de Taupicine, était un mélange de sulfate de strychnine et de sucre en poudre; eu égard au grand danger que présente la manipulation des sels de strychnine, il est préférable d’utiliser le carbonate de baryte sous la forme suivante:
- Farine ordinaire..........................75 grammes
- Sucre pulvérisé...........................25 —
- Carbonate de baryte.......................50 —
- Après mélange intime, on ajoute :
- Suif de mouton fondu.................... 500 grammes
- Et on parfume en additionnant de 50 gouttes d’essence d’anis, ce qui donne une pâte dont on enduit des croûtons de pain que l’on place à l’entrée des taupinières, le soir de préférence, les petits animaux se déplaçant surtout la nuit.
- 2° A notre avis le moyen le plus pratique pour détruire les miles est de placer dans les placards où sont entreposés les vêtements, des flacons à large col, ouverts, au fond desquels on met un tampon de coton hydrophile arrosé de quelques centimètres cubes de tétrachlorure de carbone.
- 3° Pour écrire sur verre ou porcelaine, en vue d’obtenir des inscriptions résistant à l’eau froide, prendre du minium très fin et le délayer avec une quantité suffisante de solution de silicate de soude du commerce, de façon à obtenir une consistance convenable pour application au pinceau.
- Ces inscriptions très tenaces peuvent durer des années même après les opérations de lavage des flacons; pour les enlever, il faut gratter au couteau.
- M. Josset, à Thionville. — Un excellent procédé pour la destruc-lion des chardons et mauvaises herbes, est l’arrosage au moyen d’une solution de chlorate de soude à 5 pour 100, rendue alcaline par addition de quelques centimètres cubes de lessive de soude caustique.
- Pour plus amples renseignements sur cette question, veuillez vous adresser à M. Vergnin, inspecteur de la défense des végétaux au Ministère de l’Agriculture, 78, rue de Varennes, Paris (7 e).
- M. Saucher, à Clichy. — Pour répondre utilement à votre question, il faudrait savoir comment votre fournisseur a constitué le
- .... —............----- ----------------"= 487 =
- produit qu’il vous livre sous le nom de vernis à l’esprit; tout ce que nous pouvons vous dire c’est qu’habituellement, celui destiné A cet usage, est établi sur les bases suivantes :
- Comme Manille............................ 200 grammes
- Colophane................................ 300 —
- Alcool à 95°............................. 1000 cm3
- M. Alliaumce, à La Varenne. — 1° L’hexachloréthane qui a pour formule C3C1Ü est un produit solide émettant des vapeurs à la température ordinaire, vapeurs qui ne sont pas toxiques pour l’homme et les animaux supérieurs, ainsi que l’ont montré les recherches de M. May; vous pourrez donc sans inconvénient, placer ce produit dans une pièce habitée.
- 2° Nous pensons que vous pourrez vous procurer de 1 ’hexachloréthane à l’Omnium scientifique et industriel, 20, rue Gay-Lussac, à Paris.
- M. Penchinat, à Nîmes. — A notre avis, l’enduit appliqué sur les motifs de drap que l’on fait adhérer aux étoiles par passage d’un fer chaud, est simplement constitué par du latex de caoutchouc.
- M. le Dr Viret, à Romans. — Pour élamer le fer et la fonte, préparer le bain suivant :
- Pyrophosphate de soude.................... 20 grammes
- Protochlorure d’étain..................... 10 —
- Eau ordinaire........................... 1000 cm3
- Ce bain s’emploie à chaud. Les objets sont déposés sur un plateau en zinc perforé et plongés ainsi dans le bain, où on les laisse immergés un temps variable, suivant l’épaisseur désirée, durée qui est rarement inférieure à une heure; on rince ensuite à l’eau pure.
- M. Billot, à Toulon. — Le procédé suivant a été expérimenté avec succès, pour la destruction des fourmis, par un de nos lecteurs, qui a bien voulu nous le communiquer :
- Placer un morceau de sucre sur une assiette, l’arroser goutte à goutte de liqueur de Fowler, de façon à transformer sur place le sucre en sirop, sans excès de liquide.
- Mettre l’assiette sur le trajet des fourmis, à l’obscurité; si le lieu n’est pas naturellement obscur, recouvrir l’assiette.
- Les fourmis très friandes de ce sirop, l’absorbent très vite; au bout de peu de temps, il ne reste ni sucre, ni fourmis,[celles-ci étant allées mourir dans leur demeure.
- S’il restait encore cependant quelques fourmis, c’est que la provision de sucre ainsi préparée était insuffisante, il n’y à qu’à recommencer.
- M. Lanneluc-Sanson, à Bourg-sur-Gironde. — A l’examen du produit que vous nous avez soumis, il nous paraît que la résine employée est une résine synthétique. Eu égard au nombre infini de celles-ci, nous ne pouvons l’identifier avec certitude, car seul, le fabricant sait quels sont les éléments aldéhydiques et phénoliques qui lui ont donné naissance.
- M. R. Caudin, à Marennes. — Le volume occupé par le chlorure de chaux susceptible de fournir les 10° chlorométriques, serait trop grand par rapport au volume de l’eau; autrement dit, on obtiendrait un produit pâteux; il faut se contenter de réaliser une eau de Javel courante, à 2° chlorométriques, ce qui peut se faire en prenant :
- Chlorure de chaux............................ 100 grammes
- Carbonate de soude cristallisé............... 200 —
- Eau ordinaire............................... 4500 cm3
- Délayer le chlorure de chaux dans les deux tiers de l’eau, d’autre part dissoudre le carbonate de soude dans le tiers restant. Mélanger, laisser se' sédimenter le carbonate de chaux formé, et décanter le liquide clair.
- M. Sanlaville, à Mâcon. — A notre avis, les huiles de vidange des moteurs d’autos ne peuvent avoir de réutilisation pratique, à cause des impuretés qu’elles renferment et des modifications qu’elles ont subies, ce qui leur a fait perdre leurs qualités.
- M. Imbert, à Saint-Etienne. — Le dépôt filandreux que vous avez constaté dans votre encre est dû au développement de moisissures; vous éviterez facilement cet inconvénient en ajoutant préalablement à l’encre une trace d’acide phénique, soit 1 pour 1000 environ.
- Lorsque cette prolifération n’a pas lieu, c’est que la matière colorante employée (couleur dérivée de la houille) possède par elle-même des propriétés antiseptiques. Exemple : le bleu de méthylène.
- M. Sioper, à Rio de Janeiro. •— Pour empêcher le sel de table de se prendre en masse, il suffit d’y mélanger intimement environ 1 1/2 pour 100 de phosphate tricalcique en poudre.
- Cette addition présente, en outre, l’avantage de fournir à l’organisme de la chaux et du phosphore, éléments de la plus grande utilité.
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- LES PLUS HAUTES PHOTOGRAPHIES AÉRIENNES
- Le ballon stratosphérique Explorer II, dont il a été question dans le numéro du 15 décembre 1935, a dépassé 23 000 m. Alors qu’il était à son point culminant, 23 780 m au-dessus du sol, il a pris une photographie couvrant 27 200 ha. L'aspect est celui d’une carte géographique. Nous reproduisons ce document et un autre pris à plus basse altitude, d’après les photographies de la National Géographie Society
- de Washington qui avait organisé l’ascension.
- Le Gérant : G. Masson.
- 8202. — lmp. Laiiure, rue de Fleurus. 9, à Paris. — i5-5-I930. — Published in France.
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- LA NATURE ^Juin 1936
- LE PASSAGE DU NORD-EST DE L’OCÉAN ARCTIQUE
- Jusqu’à la fin du xvme siècle, l’exploration des régions arctiques se proposait la découverte d’une nouvelle voie de communication entre l’Atlantique et le Pacifique, commercialement praticable, soit qu’elle suivit les côtes septentrionales de l’Eurasie et de l’Amérique, soit qu’elle passât à travers l’Océan Arctique par le Pôle même.
- lor », le plus petit des trois bateaux armés, réussit seul à atteindre le port d’Archangelsk, où il rendit visite au tsar moscovite et rentra en Angleterre avec une lettre pour Edouard VI. Dans le but de lier des relations commerciales avec la Moscovie, la petite embarcation répéta son exploit deux ans plus tard, et, l’année suivante,
- / Wranqel
- -Terre / François Joseph
- C3\
- Fig. 1. — Itinéraires comparés du « Fram » et du « Tchéliouskine ».
- On croyait que la glace ne peut se former en pleine mer à cause de sa salure et que seules les rivières et les côtes gèlent. Au début du xixe siècle seulement, on reconnut que les océans polaires sont couverts d’un épais revêtement de glaces formant des masses solides et irrégulières plus ou moins soudées et que les vastes champs de glaces flottantes sont impénétrables aux navires.
- Quant aux passages, ils existent, certes, au nord-est comme au nord-ouest, mais non pas comme l’imaginaient les anciens marins, car ils ne sont pas libres de glace.
- LES DÉCOUVERTES
- La première expédition qui tenta de se rendre en Chine par le nord-est fut organisée sur les plans de Sébastien Cabot; elle quitta l’Angleterre en 1553. Le « Chance-
- Burrough, son commandant, reçut la mission de pousser son exploration plus loin vers l’est; le résultat fut la découverte de la Nouvelle Zemble, de Vaïgatch et du détroit de Kara.
- La Compagnie Moscovite chargea en 1580 deux navigateurs de reprendre ces explorations. Arrivés à Vaïgatch, Arthur Pet et Charles Jackman découvrirent et passèrent le canal Yougov, mais la glace de la mer de Kara les empêcha de pousser plus loin.
- Peu avant la fin du xvie siècle un pilote hollandais, Guillaume Barentz, en trois voyages consécutifs, fit un grand pas dans la connaissance des mers arctiques. Le célèbre géographe Pierre Plance avait persuadé les marchands d’Amsterdam, depuis une vingtaine d’années déjà en relations commerciales avec Archangelsk, de
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- faire chercher un passage libre de glaces au large du nord de la Nouvelle Zemble, puisqu’au sud, la mer de Kara était constamment bloquée. Encouragé par la haute prime promise à celui qui découvrirait le passage du nord-est, Barentz, parti pour la troisième fois, découvrit nombre d’îles inconnues, doubla la pointe nord de la Nouvelle Zemble et s’arrêta emprisonné dans les glaces. Trois siècles plus tard, un armateur norvégien retrouva intacte, avec tous les objets de ménage, la maison de l’infortuné pilote et de son équipage qui, après avoir enduré mille terribles souffrances et perdu plusieurs hommes, réussirent à revenir à Kola.
- Ayant échoué, aussi bien au nord-est qu’au nord-ouest, dans l’entreprise de découvrir le passage entre les deux moitiés du monde, la Compagnie Moscovite chargea, en 1607, Henry Hudson de faire voile tout droit vers le pôle, pour aller vers le Japon. Sans y réussir, il revint et répandit la nouvelle de l’abondance des baleines dans les régions arctiques, ce qui fit naître une nouvelle et importante industrie. Peu à peu, on se convainquit que la glace se forme au large, même au-dessus des mers profondes, que ses limites varient beaucoup selon la saison et l’année, et que, au delà de 81° ou tout au plus 82° degré de latitude, aucun navire n’a le moyen de se frayer passage.
- A la fin du premier quart du xvme siècle, Pierre le Grand envoya Vitus Behring, un Danois, naviguer au nord du Kamtchatka, ce qui amena la découverte de l’autre entrée du passage du nord-est.
- Toute la côte septentrionale de la Russie et de la Sibérie a été ensuite systématiquement explorée par des expéditions gouvernementales russes. Le grand promontoire du Taïmyr fut atteint et presque doublé en 1736 par Pontchichetchev qui mourut dans sa demeure hivernale près du cap; son lieutenant Tchéliouskine y atteignit en traîneau six ans plus tard.
- Enfin l’illustre explorateur Nordenskjold réussit à accomplir le voyage complet, jusqu’alors vainement tenté, avec sa « Véga », de 300 t. Il prouva ainsi que le passage est praticable à condition d’avoir un navire spécialement construit et l’expérience des régions arctiques. Partie le 22 juin 1878 de Karlstrona et suivie de trois bateaux destinés au service de navigation des cours d’eau de la Sibérie, la « Véga » jeta l’ancre près du cap Tchéliouskine le 20 août et fut arrêtée par les glaces à 120 milles seulement du détroit de Behring vers la fin de septembre; elle entra juste un an après au port de Yokohama.
- De 1893 à 1896, Nansen, à bord du «Fram», parcourut presque toute la mer du nord de l’Asie, puis, pris dans les glaces, dériva avec elles bien plus au nord, jusqu’à son retour en Norvège.
- Makarov, un officier naval des plus distingués, partageant l’avis de son grand prédécesseur qu’après avoir soigneusement étudié la formation de la glace, ses déplacements et les courants, on réussirait avec le temps à résoudre le problème séculaire de la navigation du passage du nord-est, partit en 1899 à bord du briseur de glace « Ermack », le plus puissant du monde, et rapporta une riche moisson de précieux renseignements. Après
- sa mort héroïque pendant la guerre russo-japonaise, le gouvernement impérial fit reprendre, en 1913, les observations à bord de plusieurs brise-glace, puis, chacune des deux années suivantes, le passage fut tenté par le « Taïmyr » et le « Vaïgatcli», deux brise-glace. Mais les rapports de ces derniers voyages furent perdus dans la confusion révolutionnaire.
- L’intérêt se réveilla quand Roald Amundsen franchit, à nouveau le passage du nord-est, en 1918-1920, en dérivant à bord du « Maud », une petite embarcation.
- LES RÉCENTS RÉSULTATS
- Après que Pierre le. Grand réussit à forcer la porte suédoise de la Baltique, Archangelsk perdit beaucoup de son importance. Mais pendant la guerre mondiale, le vieux port, cependant inaccessible une assez grande partie de l’année, se ranima. On se hâta de construire le chemin de fer de Mourmansk pour prolonger quelque peu la saison des relations commerciales avec le reste du monde. L’amélioration fut si grande que, la paix conclue, Archangelsk ne perdit pas toute son activité. Par ailleurs, la route commerciale vers la mer de Kara, établie par Joseph Wiggins en 1874 et maintenue par lui durant plusieurs années, est aussi ressuscitée, étant aujourd’hui régulièrement desservie par une flotte assez nombreuse composée d’unités russes et d’autres affrétées à l’étranger.
- La navigation est maintenant assurée sur le premier quart, d’ailleurs le plus aisé, du passage du nord-est.
- L’entrée en action des autorités soviétiques est de date toute récente. Pendant l’Année Polaire, en 1932, le brise-glace « Alexandre Sibiriakov » fit la surprenante prouesse de parcourir le passage d’Archangelsk à Vladivostok en deux mois et, bien que le voyage fût accompli dans des conditions exceptionnellement favorables, l’exploit est d’autant plus remarquable que le vapeur transportait des marchandises.
- Deux ans plus tard, trois navires de la même catégorie furent envoyés en expédition pour explorer les côtes; le « Lidtke » trouva le moyen de se frayer passage de Vladivostok à Mourmansk en 83 jours et de sauver le bateau britannique « Marklyn » échoué sur un banc ainsi que de dégager deux autres navires soviétiques de la nappe de glace qui les emprisonnait.
- Par contre, le brise-glace «Tchéliouskine», construit sous le nom de Léna par Burmeister et Wain à Copenhague en 1933 et porteur de 4500 t de charge utile, eut un plus triste soi't. Envoyé pour sa première sortie en voyage expérimental de Léningrad à Vladivostok, après avoir échappé à divers périls de mer, il approchait de sa destination quand il fut pris en ciseau par les glaces et sérieusement avarié. Après s’être dégagé, il fut défoncé et coulé à proximité de l’île Wrangel; le sauvetage de son équipage par des avions soviétiques est un des plus beaux faits des temps modernes. C’est une preuve éclatante des progrès accomplis pendant le dernier demi-siècle par la navigation dans les mers polaires. Au lieu de la quasi-certitude de perdition, en cas d’accidents imprévus, qui angoissait l’explorateur fanatique pendant son
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- long voyage de durée indéfinie, le parcours compte actuellement autant de mois que d’années auparavant et le transport est assuré, non seulement pour des marchandises, mais aussi de passagers. La victoire est due surtout aux progrès de la technique des constructions navales.
- Le plan soviétique, appuyé sur les données des expériences accomplies, se propose de créer deux catégories de bateaux spécialement construits pour ces voyages : les uns, plus petits, porteurs d’une charge utile de 2400 t environ, ont la coque particulièrement résistante, en acier renforcé, dont les plaques sont assemblées par soudure électrique. L’énorme pression exercée sur les flancs par les immenses masses de glace charriées par les courants ne saurait produire, sinon dans des cas exceptionnellement malheureux, que des déformations plus ou moins fâcheuses, mais sans défoncement de la paroi. La proue doit, naturellement, présenter une forme spéciale destinée à frayer le chemin parmi les blocs de glace de moindre épaisseur.
- L’hélice et le gouvernail, organes délicats, sont plus aisément vulnérables que la coque ; sans mettre l’embarcation en péril de sombrer, leur avarie peut lui faire perdre le pouvoir de manœuvrer. Leur défense n’est pas au delà des possibilités actuelles; elle est la grande préoccupation des techniciens.
- Ouvrir le passage sur une certaine largeur est ie rôle de la seconde catégorie de navires moins nombreux, portant une charge utile double, plus lourds et plus puissants. Ce sont les briseurs de glace qui jouent le rôle de pionniers. Actionnés par des moteurs Diesel de 120 000 ch, ils ont une force propulsive considérable. Pour se faire une idée claire de l’ordre de grandeur de ce chiffre, il faut se rappeler que le plus grand paquebot du monde, la «Normandie », l’excède à peine. Le moteur à huile lourde a l’avantage de consommer un combustible de production nationale, facile à manier et de grande puissance calorique. La transmission est électrique à cause de sa grande souplesse et de sa sécurité de marche.
- Pareils colosses en tête d’une flotte commerciale peuvent se mesurer avec les difficiles obstacles des routes maritimes de la région polaire. Surtout dans le deuxième quart du passage du nord-est, autour du Taïmyr, le point le plus septentrional, qui est d’ordinaire impéné-trablement bloqué par les glaces et rendu fort dangereux par les brouillards, les grands brise-glace sont indispensables. Plus à l’est, la navigation redevient moins difficile pendant la belle saison, la seule permettant la circulation régulière.
- Les observations accumulées ont clairement démontré que des endroits libres de glace se trouvent disséminés tout le long du passage.
- Le rôle des modernes mastodontes mécaniques est d’ouvrir des canaux provisoires pour relier les portions d’eau libre. Pour signaler leur présence, ils sont en même temps porteurs d’avions dont les pilotes, font le service d’éclaireurs.
- Sur une route de plusieurs milliers de kilomètres, on ne peut envisager une navigation organisée sans installer quelques bases de charbonnage, d’approvisionnements, de
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- signalisation et d’observations météorologiques. A partir de la mer de Kara, il n’y avait, du moins jusqu’à une date récente, pas de ports, pas de villes, pas même de. villages, les côtes sibériennes étant à peu près inhabitées.
- Les Soviets ont déjà installé un nombre assez important de stations. Le service aérien se charge de la relève et du ravitaillement du personnel dont le rôle ne diffère guère ainsi de celui des gardiens de phares isolés dans des coins perdus du monde. Chaque poste fait des observations météorologiques, observe le temps, la température, le vent, la formation et la disparition des glaces, les courants, etc., en un mot tout ce qui est d’intérêt pour les navigateurs. La radiodiffusion permet de transmettre ces renseignements aux navires qui peuvent ainsi, à tous moments, obtenir une vue générale et détaillée des conditions de la longue route qu’il parcourent et choisir un moment propice pour le départ, de sorte que le voyage est susceptible d’être fait en peu de semaines. 11 va sans dire que cette partie de l’organisation a été la plus difficile et la plus délicate; l’œuvre des autorités soviétiques, bien que loin d’être complète, est remarquable et méritoire.
- La nouvelle route commerciale est fort riche de conséquences économiques et politiques. Le chemin de fer transsibérien est. en effet, une immense ligne reliant l’Europe à l’Extrême-Orient; sa longueur rend compréhensible qu’il soit dans l’impossibilité de transporter tout ce qui est produit en Sibérie; il est donc toujours très surchargé. En outre, il ne dessert qu’un très long et très étroit ruban de terre. Il reste de vastes régions sans débouchés puisqu’il n’y a pas de lignes secondaires branchées sur la ligne principale. Il est vrai que la nature y supplée par de nombreux grands fleuves navigables parcourus maintenant par des bateaux; mais on n’en peut tirer le meilleur parti que si ces transports sont dirigés vers des entrepôts situés aux embouchures où le transbordement est possible.
- D’ici peu, on verra se développer, en dépit de l’aridité des côtes septentrionales, d’importants centres commerciaux sur la côte nord, aux embouchures des ports.
- Des immenses richesses de la Sibérie, seules les marchandises de grande valeur et peu volumineuses pouvaient, être exportées, à cause des frais considérables et de la: puissance limitée des transports. D’énormes quantités, de céréales, de comestibles et d’autres produits étaient, condamnées à rester sur place ou vendues à vil prix. Bientôt, le surplus de l’abondance sibérienne pourra pi’endre le chemin de la mer Arctique et atteindre les. marchés russes et étrangers.
- Sans doute, les grandes plaines sibériennes tireront le plus grand bénéfice de l’exploitation commerciale du passage du nord-est; pourtant ce n’est pas ce point de vue qui semble préoccuper le plus les dirigeants soviétiques, mais bien le sort de Vladivostok.
- Ce port est actuellement trop isolé pour échapper à l’influence étrangère; il s’agit de le relier aussi bien et aussi vite que possible à la terre russe.
- Eugène de Palfrav.
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- LES NUÉES ARDENTES
- L’activité de la Montagne Pelée, à la Martinique, au cours des éruptions de 1902 et de 1929, a été caractérisée essentiellement par des émissions de magma volcanique, ayant affecté principalement deux formes profondément distinctes l’une de l’autre à l’égard tant de leur mode d’émission, que de leurs répercussions morphologiques sur le volcan et sur le territoire soumis à son action extérieure.
- Ces deux formes d’émission correspondent : l’une, aux nuées ardentes, l’autre, à une lente venue au jour de ces masses délavé dites d’extrusion, qui, par leur accumulation, sont susceptibles de constituer un dôme volcanique.
- Ces deux formes d’émission, tout au moins quant à la dernière éruption, m’ont paru, dans une certaine mesure, être complémentaires l’une de l’autre : c’est ainsi que pendant les premiers mois de l’éruption de 1929, elles se sont manifestées avec une sorte d’alternance et prédominance des nuées sur l’extrusion; au contraire, l’importance de cette dernière l’emporta très nettement sur celle des nuées, au cours des mois ultérieurs.
- Ces deux catégories de phénomènes ont été l’objet d’une importante étude de M. A. Lacroix, dans ses ouvrages concernant l’éruption de 1902 (x), les conclusions de cette étude semblent devoir être étendues aux phénomènes de même nature relatifs à l’éruption de 1929.
- 1. La Montagne Pelée et ses éruptions; la Montagne Pelée après ses éruptions. Masson et Cie, 1904 et 1908.
- Fiçi. 1. — En bas : profil du cheminement des nuées ardentes de la Montagne Pelée. En haut : la Montagne Pelée et la baie de Saint-Pierre.
- )orne
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- Coffre P. à Mort- ç/
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- Trajectoire des nuees et thahseq de ta R. Blanche (A-B)
- *
- * *
- Je m’occuperai seulement ici des nuées ardentes, en me référant en partie à mes observations concernant l’éruption de 1929, faites en collaboration avec le personnel de l’Observatoire de la Martinique (en particulier avec MM. Boutin et Revert, directeur et sous-directeur de cet observatoire).
- Ces phénomènes semblent résulter de la détente plus ou moins rapide, à partir de sa venue dans le milieu atmosphérique, d’une m^sse de matière de nature complexe, issue du volcan à une température élevée, masse dont la pression interne doit être considérable.
- De toute évidence, cette matière correspond à une association intime du produit silicaté constituant le magma volcanique avec des produits gazeux dont la vapeur d’eau est l’élément essentiel; en raison de son état de compression, la densité moyenne de cette masse complexe, lors de sa venue au jour, doit être de l’ordre de 2, eu égard à certaines évaluations fournies un peu plus loin.
- Or, les nuées de l’éruption de 1929 (qui semblent toutes avoir eu pour origine un centre situé un peu au nord du sommet sud du dôme de 1902), en même temps qu’elles commençaient à se détendre, étaient amenées à descendre un talus à pente raide correspondant au flanc sud du volcan, celui faisant face à la baie de Saint-Pierre ; aussi conçoit-on qu’en raison de leur densité très élevée, comparativement à celle de l’atmosphère ambiante, ces nuées tendaient à acquérir au cours de cette chute initiale (sur quelques centaines de mètres), une vitesse de plus en plus considérable : à plusieurs reprises, je les ai vues parcourir en quelques instants leur chemin sur le flanc sud du volcan, sans se détendre de très notable façon.
- Parvenues à la base du flanc sud, elles s’engageaient le plus souvent dans le lit entièrement à sec de la rivière Blanche où, comme l’aurait fait un torrent, elles poursuivaient leur course en suivant le thalweg de cette rivière.
- Dans cette deuxième partie de leur trajet, la pente d’écoulement étant beaucoup moins accusée que précédemment, la vitesse de déplacement des nuées, après avoir subi un assez brusque ralentissement correspondant au moment de leur entrée dans le lit de la rivière Blanche, continuait à décroître, mais avec lenteur et progressivement, en même temps que leur détente s’accusait suivant la même allure; le front d’une nuée était toujours moins détendu que sa partie arrière, en raison de la contre-pression exercée par l’atmosphère ambiante.
- Du fait de leur état de détente, résultant de la décompression de leur vapeur d’eau, ees nuées, dès leur, venue dans le milieu atmosphérique, présentaient l’aspect d’une accumulation de masses tourbillonnaires qui, bientôt, offrait les apparences d’un gigantesque chou-fleur dont les dimensions et le nombre des lobes se seraient accrus progressivement en fonction du temps.
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- Fig. 2. — Celte nuée, photographiée vers 16 h, le 23 novembre 1929, de la jetée du port de St-Pierre est tout à fait représentative des grandes nuées de l’éruption de 1929; au moment de sa prise, son front venait d'atteindre le rivage de la baie de St-Pierre. Le Morne Lenard correspond à la hauteur dont on distingue la silhouette sur le profil du terrain, un peu à gauche du volcan, dont on voit les contours estompés, tout à fait sur la droite du même profil.
- Les nuées cessaient de progresser (x) à peu près au moment où leur détente semblait être totale, celui de la disparition de tout élément tourbillonnaire de leur partie frontale ; ce n’étaient plus alors que des masses de vapeur de formes imprécises, dépourvues de tout caractère structurel, du sein desquelles se séparaient, pour retomber sur le sol, les parties les plus fines du magma véhiculé par ces nuées : les cendres volcaniques.
- A ce stade ultime de leur course, les deux éléments constitutifs essentiels d’une nuée : magma et vapeur d’eau, étaient donc intégralement dissociés, la cause d’origine mécanique les liant l’un à l’autre ayant disparu par égalisation de la pression interne de cette nuée avec la pression de l’atmosphère ambiante.
- Cependant, les nuées véhiculaient non seulement des cendres volcaniques, mais encore des masses de magma consolidé de tous calibres, depuis les débris impalpables que les vents parfois entraînaient fort loin, jusqu’à des blocs pouvant peser jusqu’à plusieurs centaines de kilogrammes et même dépasser la tonne.
- Dans leur ensemble, il paraît indiscutable que ces masses rocheuses se déposaient d’autant plus loin de leur lieu d’émission que leurs dimensions étaient plus réduites; toutefois ce n’était pas là une règle absolue, loin de là, car si paradoxal que puisse paraître le fait, il est indéniable que des blocs de magma consolidé dont le poids était de l’ordre de la tonne, ont été véhiculés par les nuées, fort loin de leur lieu d’émission; on en a trouvé, par exemple, sur le rivage de la baie de Saint-Pierre, à cinq kilomètres environ du volcan.
- On pourrait objecter que le transport au loin de blocs aussi massifs résultait peut-être d’un phénomène volcanique de caractère explosif, mais pour un certain nombre de cas, il a été démontré qu’il n’en pouvait être ainsi, en s’appuyant à la fois sur certaines observations de terrain, et sur le caractère silencieux de l’émission de la quasi-totalité des nuées de la dernière éruption.
- Par exemple, on a pu observer la présence de tels blocs, reposant sur le sable d’une petite plage de la baie de Saint-Pierre, située en contre-bas d’une très grosse masse rocheuse (le Tombeau des Caraïbes ou Coffre à Mort), témoin de l’existence antérieure d’une puissante venue andésitique.
- Cette masse rocheuse se trouvant placée sur la trajectoire directe que les blocs auraient suivie à partir du volcan, ceux-ci se seraient certainement heurtés au Coffre à Mort, en raison de sa hauteur, et n’auraient pu, si leur trajectoire avait été directe, progresser davantage.
- D’autre part, même si l’on admettait que le heurt
- 1. Les grandes nuées se détendaient jusqu’au rivage de la baie de Saint-Pierre, parfois même au delà, leur vitesse moyenne de progression variant généralement de 30 à 60 km à l’heure.
- contre le Coffre à Mort ait pu ne pas se produire, il est évident que les blocs projetés se seraient enfoncés dans le sable de la plage, au lieu de reposer seulement sur lui comme il est souligné plus haut.
- Enfin, il est bon d’ajouter, pour lever toute objection, que les blocs observés étaient certainement de venue toute récente ; en effet, ils reposaient sur une plage de néo-formation, dont les sables étaient constitués de cendres volcaniques, apports des récentes nuées ardentes.
- Il paraît assez malaisé d’expliquer un fait en apparence aussi paradoxal que celui du transport au loin des blocs dont il vient d’être question; toutefois, certaines observations permettent du moins démettre une hypothèse à son sujet. ~ .
- Nous avons souvent observé que, de la masse de gros blocs venant d’être abandonnés par une nuée, de la vapeur d’eau fusait de toutes parts, ce phénomène se manifestant avec intensité et continuité durant un temps souvent très long, pouvant atteindre et même dépasser 24 heures.
- D’autre part, comme les blocs de tous calibres déposés: par les nuées présentent invariablement une fine structure vacuolaire, relativement homogène, je suis porté à admettre qu’au moment de l’émission d’une nuée, la roche dont ces blocs représentent des fragments renferme de la vapeur d’eau à un état physique que je vais essayer de préciser dans une certaine mesure.
- En premier lieu, cette vapeur d’eau doit être portée à une pression considérable si l’on en juge par la valeur très élevée, qu’à l’estime, on peut attribuer au rapport du volume de la nuée observée totalement détendue, à celui qu’elle présentait antérieurement, pendant son
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- trajet sur le flanc sud du volcan; certaines grandes nuées, une fois détendues, occupaient très vraisemblablement un volume de 50 à 100 km3, alors que durant le stade antérieur, ce volume ne pouvait guère être estimé qu’à une fraction de kilomètre cube.
- D’autre part, la tension originelle de la vapeur d’eau des nuées est certainement fonction de la température à laquelle cette vapeur d’eau se trouve portée au moment de l’émission.
- Comme des mesures de température de cendres volcaniques abandonnées par des nuées, effectuées à 5 km environ du volcan, vingt-quatre heures après le dépôt de ces cendres, ont fourni des résultats de l’ordre de 250° (x), il ne paraît pas douteux que de telles mesures permettent d’admettre que, lors de l’émission de ces nuées, la vapeur d’eau devait être à une température au moins égale à celle de son point critique (365°), ce qui implique une pression de cette vapeur au moins égale à 200 atmosphères, conclusion pleinement en accord avec celle découlant de la considération du rapport de volumes envisagé précédemment.
- Enfin, accessoirement à ces données, très approximatives, il faut bien le reconnaître, j’ai cherché à préciser dans une certaine mesure la proportion entre le poids de la roche véhiculée et le poids de la vapeur d’eau qui pourrait être incluse dans ses espaces vacuolaires.
- D’après quelques mesures effectuées à cet effet, cette proportion peut être évaluée à 15 pour 100 environ ; par suite, en tenant compte de la densité du magma consolidé (de l’ordre de 2,5) et de celle de la vapeur d’eau, 0,33 environ (en supposant que la température de celle-ci cori'esponde au moins à celle du point critique), on peut
- admettre qu’une tonne de magma, à l’émission, doit être associée à 25 kg, au moins, de vapeur d’eau; ce poids correspond à un volume de vapeur d’eau saturante de 800 à 1000 m3 (x), sous la pression atmosphérique normale, à une température de 25 à 30° (2).
- En s’appuyant sur l’ensemble de ces considérations, il me semble possible d’interpréter, ainsi qu’il suit, le transport au loin, par les nuées, de masses rocheuses de notable importance.
- Dans la première partie de la course d’une nuée, sur le flanc sud du volcan, les masses complexes de magma et de vapeur d’eau doivent se fragmenter notablement, soit par heurt contre des obstacles rocheux, soit en s’entre choquant mutuellement, leur pression interne favorisant sans doute cette division.
- En raison de la très grande rapidité avec laquelle la nuée aboutit au bas du flanc sud du volcan, en ce point de leur course, les fragments, constitués ainsi qu’il vient d’être admis, ont vraisemblablement conservé une très notable proportion de la vapeur d’eau à haute pression incluse dans leur masse.
- Une fois engagés dans le lit de la rivière Blanche, ces fragments, en vertu de la'vitesse considérable acquise à la fin du premier tronçon de leur trajectoire, doivent poursuivre leur progression, bien qu’avec une vitesse de plus en plus réduite, en même temps que leur vapeur d’eau incluse tend peu à peu à s’échapper en presque totalité de leur masse.
- Or, ce dégagement de vapeur d’eau doit provoquer, par réaction sur le sol, une contre-pression entravant le dépôt de ces blocs sur le terrain sous-jacent, par suite d’actions mécaniques que l’on ne saurait peut-être mieux comparer qu’à celles intervenant dans la calé-
- 1. Le thermomètre étant enfoncé profondément, et horizontalement, à 20 cm environ au-dessous de la surface des cendres.
- faction (3). D’autre
- Fig. 3. •— Dans une nuée, détendue et dissociée dont on voit tomber les cendres, vient de pénétrer une nouvelle nuée.
- part, il semble bien que les fragments envisagés renferment d’autant plus de vapeur d’eau incluse qu’ils sont plus volumineux, et que la pression moyenne de cette vapeur doit être également fonction de l’importance de la masse qui l’englobe; il n’est donc pas inconcevable, a priori, qu’un gros bloc chargé de vapeur d’eau à haute pression puisse cheminer aussi loin que des « lapilli », par exemple, qui, en peu de temps sans doute, n’émettront plus qu’une faible quantité de vapeur dont la pression sera à peine supérieure à celle de l’atmosphère ambiante.
- D’après cette conception, la vapeur d’eau se détendant en cours de la progression d’une nuée, depuis son origine jusqu’à sa dissocia-
- 1. Ces données numériques relatives à la température et au volume correspondent uniquement à des minima admissibles; elles sont très vraisemblablement inférieures aux valeurs réelles.
- 2. C’est d’après un calcul fondé sur les mêmes données que j’ai admis plus haut, pour le complexe des nuées à l’origine, une densité de l’ordre de 2.
- 3. Bien entendu, il ne s’agit pas ici d’assimiler les deux phénomènes dont seules les conséquences sont à rapprocher.
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- Fig. 4. — La nuée pénétrante de la photographie 3, est déjà notablement détendue; on voit en de nombreux points ses cendres commençant à tomber.
- Les clichés des figures 3 et 4 ont été pris à quatre ou cinq minutes d’intervalle, de la jetée du port de St-Pierre, le 27 décembre 1929, vers 16 h.
- lion, ne serait autre que la vapeur d’eau incluse, sous une pression considérable, dans les vacuoles d’une masse de magma volcanique; les fragments de ce magma consolidé, cheminant dans un milieu de pression relativement très basse, comparativement à leur pression interne qui est très élevée, laisseraient fuser peu à peu leur vapeur, jusqu’à ce que l’équilibre soit établi entre sa pression et celle du milieu ambiant.
- Au surplus, l’observation d’üne nuée en progression vient à l’appui de cette conception ; on remarque toujours en effet, que les parties à ras du sol en sont de beaucoup les moins l’étendues : les masses tourbillonnaires que l’on y peut distinguer semblent toujours être plus condensées que les masses similaires dont le niveau est plus élevé, et dont l’opacité est toujours moins accusée que celle des précédentes.
- Les parties basses d’une nuée en progression, d’autre part, produisent tout à fait l’impression de correspondre à une avalanche pierreuse dont les éléments émettraient de la vapeur d’eau à haute pression, phénomène générateur de ces masses tourbillonnaires dont l’accumulation, à leurs divers états de détente, constitue la portion de beaucoup la plus volumineuse, la plus apparente de la nuée.
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- Ces phénomènes grandioses sont, par ailleurs, tout à fait redoutables, tant du fait de leur nature asphyxiante (haute température d’un milieu chargé d’éléments solides d’une grande ténuité), qu’en raison de leur puissance dynamique; à Saint-Pierre, en 1902, on sait que si les morts innombrables sont principalement imputables aux effets asphyxiants d’une nuée, c’est aux actions dynamiques de celle-ci qu’il convient d’attribuer la destruction des constructions de la ville.
- Cette puissance dynamique, il y a lieu de le souligner, ne semble pouvoir se développer d’une façon notable que dans les parties basses, pierreuses, des nuées; elle se manifeste d’une façon particulièrement apparente, quand ces parties basses se heurtent à un obstacle massif, rigide : les nuées semblent alors exploser, tant leur détente, quasi totale, se produit avec rapidité.
- Mais si une importante masse rocheuse, placée sur la trajectoire d’une nuée, est à même d’en neutraliser la puissance dynamique et s’oppose à la continuation de sa progression, un fossé, un ravin, d’une largeur et d’une profondeur convenables, sont susceptibles de provoquer des résultats analogues, car on le conçoit, dans ce dernier cas, les parties basses, pierreuses, d’une nuée dont la trajectoire traverserait 1» ravin, tomberaient au fond de celui-ci et ne pourraient progresser plus avant (*).
- 1. Toutefois à ce dernier égard, il me parait très admissible que si
- C’est sous la double protection du Morne Lénard d’une part, et du profond ravinement du lit de la rivière Sèche, par ailleurs, que nous avons pu prendre impunément, de front, mes collaborateurs et moi, les clichés de deux nuées ardentes, d’assez notable importance, émises successivement, vers 17 heures, le 4 janvier 1930.
- La trajectoire des nuées correspondant le plus souvent au thalweg de la rivière Blanche, nous avions, en effet, adopté, comme postes d’observation de ces phénomènes, divers points de la rive gauche de la rivière Sèche, dont le cours ne s’écarte pas très notablement de celui de la rivière Blanche, et dont les rives dominent souvent le bassin de cette dernière.
- De ces points d’observation, on pouvait en particulier, au voisinage du Morne Lénard, observer, de front, la venue des nuées issues du volcan, leur trajectoire habituelle s’écartant quelque peu de cette hauteur au moment
- une des grandes nuées de 1929, une fois accompli son trajet sur le flanc sud du dôme, avait exceptionnellement poursuivi sa course normalement au lit, relativement proche, de la haute rivière Sèche les parties pierreuses de cette nuée, en raison de leur vitesse acquise considérable, auraient pu franchir d’un bond, en quelque sorte, ce ravinement profond, mais étroit, en cet endroit.
- Dans cette hypothèse, une telle nuée aurait sans doute continué à progresser en direction de St-Pierre, suivant la ligne de plus grande pente, d’inclinaison moyenne assez accusée, du territoire s’étendant entre la.rivière et la ville en question.
- Ce fut sans douté suivant une telle trajectoire que progressa la nuée qui anéantit St-Pierre en 1902.
- En 1929, une nuée menaça bien de traverser ainsi la rivière Sèche, mais, de faible puissance, elle ne laissa d’autres traces bien apparentes de son passage que celles résultant d’un abondant dépôt de cendres d’un gris clair, sur la sombre végétation garnissant les flancs du ravin de la rivière en question.
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- où elles commençaient à cheminer dans le lit de la rivière Blanche; d’autre part, en remontant de ce premier poste
- des nuées à la lin de la première partie de leur course. Dans les deux cas, on jouissait de la protection résul-
- Fig. 5. — Une nuée est parvenue au bas du flanc sud du volcan, terme de la première partie de sa course (4 janvier 1930 vers 17 h).
- quelque 2 ou 3 km en amont, on se trouvait à même 'observer, à une distance relativement réduite, l’arrivée
- tant du voisinage immédiat du très important ravin constitué par le lit de la rivière Sèche ; à proximité du
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- Mome Lenard, dans le cas d’une déviation de la trajectoire suivie habituellement par les nuées, cette masse rocheuse pouvait éventuellement constituer un élément de protection supplémentaire; ainsi furent arrêtées par le Morne les deux nuées envisagées un peu plus haut.
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- Les photographies des nuées du 4 janvier sont les seules, à ma connaissance, qui aient été tirées de nuées prises de front.
- H. Arsandaux.
- Fig . 6. — La nuée de la photographie précédente, au lieu de (suivre le lil de la Rivière Blanche passant derrière le Morne Lenard, est venue se heurter à cette masse rocheuse : on la voit à peu près totalement détendue; sa hauteur est de l'ordre de 2000 à 2500 m).
- Les deux photographies 5 et 6 sont prises d’un môme point de vue, à quelques instants d’intervalle. Ce point de vue est situé à proximité de la rive gauche dulit de la Rivière Sèche; celui-ci se trouve immédiatement en arrière, et en contre-bas de la ligne de basse végétation limitant le premier plan. Un peu à gauche du milieu des deux photographies, en bordure du second plan, se profile le Morne Lénard, sur la rive droite de la Rivière Sèche. Le nuage surmontant. la nuée (fîg. 5), commence à passer sur le volcan, poussé par les vents alizés, de l’Océan Atlantique vers la mer des Antilles (de la droite vers la gauche); c’est ce même nuage, légèrement déplacé vers la gauche, que l’on voit transpercé par la nuée détendue (flg. 6). Sur les deux photographies, les parties basses de la nuée se distinguent nettement
- de celles qui les surmontent.
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- = LES OISEAUX QUI NICHENT = DANS LA RÉSERVE DES SEPT-ILES
- Fig. 1. — Les Pingouins sur les rochers de Rouzic.
- La Réserve des Sept-Iles est la première des œuvres réalisées par la Ligue Française pour la Protection des Oiseaux et celle qui lui tient le plus au cœur.
- Elle fut créée, en 1912, afin de sauver de la disparition une espèce rare en France : le Macareux (Fratercula arctica), en butte à cette furie de tuer qui saisit certains touristes.
- L’un des îlots qui composent le petit archipel breton, situé au large de Perros-Guirec, est le dernier point de nichais on du Macareux en France : l’île Rouzic.
- Dès qu’il eut bénéficié des mesures officielles de protection prises en sa faveur, le Macareux put se reproduire en paix et la colonie se reconstitua peu à peu; mais ce ne fut vraiment qu’à partir de 1930 que la sécurité de la Réserve fut assurée. A cette époque, la L. P. O. se rendit locataire des Sept-Iles, elle organisa la surveillance de la Réserve et elle en confia la garde à un marin d’élite, de haute conscience, qui s’intéresse réellement aux Oiseaux.
- Depuis lors, les Macareux non seulement couvrent
- Fig. 2. — Macareux sur les rochers de Rouzic, d’où il surveille les visiteurs.
- File Rouzic, mais encore l’île voisine : Malban. Le nombre prodigieux des Oiseaux fait l’admiration des visiteurs que la L. P. O. autorise à descendre sur la Réserve, sous la conduite du garde.
- Ainsi qu’il arrive en pareil cas, les dispositions protectrices appliquées au Macareux ont profité à d’autres espèces de haute mer, également très intéressantes, qui sont venues nicher dans la Réserve.
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- C’est d’abord des Alcidés que nous nous occuperons. Ceux-ci appartiennent à l’Ordre des Brachyptères, essentiellement aquatiques, nageurs et plongeurs excellents, inhabiles à la marche, mais qui volent mieux qu’on ne croirait a priori et qui entreprennent de longs voyages de migration.
- Le pied est dépourvu de pouce, il porte trois doigts largement palmés, aux ongles forts. La ponte est d’un seul œuf.
- Nous trouvons aux Sept-Iles trois Alcidés : le Macareux, le Pingouin macroptère et le Guillemot troïle.
- Ayant parlé précédemment du Macareux, j’en dirai peu de chose, quoique l’on puisse revenir sur ce sujet, car les mœurs de cet Oiseau ne sont connues que depuis peu de temps. Beaucoup d’erreurs ont été commises à son propos. Ainsi, l’on croyait que le Macareux, après avoir niché sur les côtes et les îles sauvages du nord de l’Europe, remontait vers les régions arctiques.... Les récentes observations ont démontré, au contraire, que le Macareux s’en va passer la mauvaise saison dans le sud. Dès qu’il a élevé son poussin et dès que celui-ci peut le suivre, il se dirige vers le Maroc e! vers les Açores. Le baguage pratiqué dans la Réserve pourra sans doute nous renseigner avec précision sur la migration du Macareux; mais déjà nous savons qu’au moment du voyage de retour, les tempêtes printanières qui éprouvent cruellement nos pauvres « Calculas », rejettent leurs corps sur les rivages de l’Océan dans le sud-ouest de la France, dans les départements de la Gironde, de la Charente-Inférieure, notamment.
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- Je rappellerai brièvement que le Macareux est un joli et très curieux Oiseau, de mine amusante qui me semble bien dépeint par cette appellation : « UOiseau-qui-change-de-masque. », car l’habit de noce comprend une singulière parure cornée du bec et des paupières.
- Les deux sexes sont semblables. Noir en dessus, blanc en dessous, le Macareux a les côtés et le dessus de la tête gris perle, un collier noir, et les pieds d’une belle couleur orangée.
- Le bec, aplati latéralement, aussi haut que long, est orné de bourrelets et de plaques vernissées, teintées de rouge, de bleu, de gris et de jaune. De petites lames bleutées décorent les paupières. Une membrane orange
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- marque la commissure des mandibules. Ainsi paré, le « Perroquet de mer » est très brillant. A la fin de l’été, les couleurs se fanent, les plaques tombent, le bec diminue de volume. Si bien qu’en hiver, l’Oiseau n’est plus reconnaissable. C’est le Dr Louis Bureau, de Nantes, qui, le premier, a révélé la mue du bec du Macareux.
- Aux îles Rouzic et Malban, le sol est tout percé de nids de Macareux. Les terriers se touchent et l’on ne sait — à la lettre — où poser le pied. Au fond d’une longue galerie, le plus souvent coudée, — que l’Oiseau a creusée au moyen de son bec tranchant, — repose l’œuf volumineux, puis le poussin qui demeure longtemps au nid.
- En juillet dernier, j’ai tenu dans mes mains un poussin de huit jours, petit être charmant, couvert d’une soie brune, sauf le ventre qui est blanc. Le bec, tout menu, un peu allongé, ne fait aucunement présager celui de l’adulte.
- Les Macareux nourrissent leurs jeunes de petits Poissons, surtout de Lançons.
- Arrivés dans les îles au mois d’avril, les Macareux en repartent dans les premiers jours d’août. En 1935, ils nous ont quittés le 6 août.
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- Sur l’un des rochers de Rouzic d’accès extrêmement difficile, les Guillemots et les Pingouins se sont réunis pour nicher. Sous les pierres, les nids sont confondus. J’ai pris un Guillemot adulte, un instant, dans mes mains; il se débattait, mais sans chercher à me frapper de son bec long et mince, tandis qu’un Pingouin se défendait, de son bec coupant, contre les entreprises du garde...
- Le Guillemot troïle (Uria troile) est un Oiseau élégant, aux formes sveltes, brun et blanc. L’œil est saillant. Les pattes sont brun jaune à palmure brune. Cette fois encore, un poussin, en duvet brun et blanc, s’est blotti dans ma main.
- Plus brillant que le Guillemot, le Pingouin macrop-tère (Alca torda) est très beau en son habit noir et blanc. Une ligne blanche raye l’aile, une autre ligne blanche raye le bec de forme bien caractéristique, long, haut, étroit, traversé de sillons obliques. L’aile, assez longue, permet un vol rapide.
- Presque pareil à celui du Guillemot, le poussin du Pingouin n’en diffère que par le bec, qui est plus fort.
- La colonie des Pingouins est de plus en plus nombreuse dans les rochers de Rouzic.
- Les Pingouins sont partis le 25 juillet.
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- Les Procellaridés sont représentés aux Sept-lles par le Puffin des Anglais (Puffinus puffinus) et par le Thalassi-drome (Hydrobates pelagicus).
- Depuis longtemps, quelques couples de Thalassi-dromes sont signalés à Rouzic, nichant dans un trou de rocher. Mais les Puffins y viennent depuis relativement peu de temps. Cet été, nous les avons vus particulièrement nombreux et peu farouches. On les dit crépusculaires, mais ils se montraient en pleine matinée, évoluant autour de Rouzic, de leur vol gracieux et léger.
- Fig. 3. — Un Macareux, curieux, nous regarde ei se laisse approcher (1 leRouzic.)
- Le grand Cormoran [Phalacrocorax carbo) cache son nid sous les pierres de Rouzic. Nous avons bagué des jeunes, déjà grandelets, tout vêtus d’une riche peluche de soie brune. Il y avait trois ou quatre petits dans chaque nid.
- Nous avons vu, sur Malban, un Fou de Bassan au vol superbe. Le garde nous apprit qu’au printemps les Fous sont venus dans la Réserve, en assez grand nombre. Le Fou (Sula bassana) se décidera-t-il à nicher sur les îles par la suite ? Nous voulons l’espérer.
- Innombrables sont les Goélands argentés et bruns qui nichent sur Rouzic. Nous avons bagué des poussins de tous âges, de beaux poussins gris tachetés de brun, qui se dissimulaient sous les Camomilles fleuries, pendant que les parents criaient de frayeur et de colère, en nous survolant de très près.
- Autour des nids des Goélands, nous avons remarqué la nourriture que les parents apportent à leurs petits : des Crabes dépecés et aussi des Hannetons..., proie assez inattendue.
- Sur l’écueil du Cerf, des Mouettes ont installé leur
- Fig. 4. — Un Guillemot iroïle cl un Pingouin macroptère adultes, de l’Ile Rouzic.
- (Le Pingouin est dans les mains du garde Borvo.)
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- Fig. 5. — L’un des jeunes Goélands pris pour être bagués.
- charmante famille. Criant, croisant rapidement, l’Huîtrier-pie s’empresse d’attirer l’attention sur son nid, ce qui est certainement le résultat opposé à ce qu’il cherche...
- Mais pourquoi ces cris ? Ce n’est pas de nous qu’il a peur, c’est, du Faucon pèlerin qui tournoie au-dessus de Malban et dont la voix aigre pénètre de terreur le peuple ailé des îles.
- En effet, chaque année, un couple de Faucons pèlerins niche dans une anfractuosité de rocher, pur Rouzic. De trois ou quatre beaux œufs rouges sortent les poussins bientôt couverts de duvet blanc. L’espèce est intéressante; mais je fus péniblement impressionnée de voir le Rapace fondre sur l’un de nos bons et doux Macareux pour l’égorger et le dévorer à demi, au seuil de son terrier, et avec une rapidité incroyable....
- Au même instant, je vis passer l’un des couples de
- Grands corbeaux (Corvus corax) qui nichent sur les îles. Eux non plus, ne sont pas des personnages bien recom-mandables.... Mais, comme le Faucon pèlerin, le Grand corbeau est rare en France; l’un et l’autre jouent le rôle cruel, mais nécessaire, de régulateurs.
- Pendant que le Faucon lançait son cri de guerre, je vis à mes pieds un jeune Goéland qui se cachait sous une touffe de Silène fleurie, il se dissimulait si parfaitement que je faillis le toucher du pied. Je le pris pour le caresser et le remis sous les herbes, où il se blottit, comme le lui avaient appris ses parents....
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- Pour que soit complète la liste des Oiseaux qui nichent dans la Réserve des Sept-Iles, il faut ajouter de gentils Passereaux : le Pipit obscur (Anthus spinoleita petrosus), le Traque t motteux et le Linot.
- Enfin, il est à noter qu’il n’y a point de Reptiles sur les Sept-Iles, — exception faite d’un Orvet rencontré sur rile-aux-Moines. Les Oiseaux, les Goélands surtout, auraient détruit les Serpents, — si tant est qu’il y en ait eu. Ils ont détruit les Rats, jadis nombreux sur Rouzic, et notablementréduitle nombre des Lapins sur cette même île.
- Sur les îles où ne nichent pas les Oiseaux, les Lapins sont assez nombreux; ils se nourrissent de camomille.
- Sur rile-aux-Moines et sur l’lie Bono, la L. P. O. a introduit le Mouton de Soay. C’est un Mouton écossais, à la fine laine brune, dont la silhouette nerveuse et fine se profile sur les rochers ou émerge des hautes Fougères, mettant une jolie animation dans xin cadre désertique qui fait songer à des terres lointaines, pendues dans les eaux d’un autre hémisphère.... A. Feuillée-Billot.
- (Clichés A.-H. Feuillée-Billot.)
- LA MESURE DU DIAMÈTRE DES ÉTOILES
- UN PROBLÈME TOUJOURS D’ACTUALITÉ
- La mesure du diamètre des étoiles a semblé longtemps un problème insoluble. Reculés à des distances prodigieuses, sans commune mesure avec les dimensions de l’étroite banlieue que constitue notre système planétaire, ces lointains soleils ne montrent, dans nos plus grands instruments, nul diamètre apparent sensible. Et si leur image, au lieu de s’y réduire à un point, se présente comme une minuscule tache lumineuse entourée d’anneaux concentriques, il convient simplement d’attribuer cettf apparence au phénomène bien connu de la diffraction. D'ailleurs, le diamètre du petit disque ainsi observé dépend à la fois de celui de l’objectif et de la couleur de la lumière. Aussi, l’accroissement de puissance d’une lunette a-t-il pour effet d’amenuiser cette image et de l’amener à n’être plus qu’un point. On conçoit, dans ces conditions, l’impossibilité d’appliquer les méthodes micrométriques qui, utilisées sur les planètes ou leurs satellites, en fournissent le diamètre d’une manière relativement aisée. Pour les employer, il faudrait un télescope dont, le miroir eût 10 m de diamètre. Faut-il ajouter que
- nous n’en sommes pas là, et que la fonte du disque de 5 m que vient d’achever la verrerie américaine de Corning apparaît comme une prouesse difficile à surpasser ?
- COMMENT MICHELSON MESURA LE DIAMÈTRE DES ÉTOILES
- Bien entendu, puisque, comme dit Hippocrate, « le vrai but d’un bon esprit, c’est de trouver des choses nouvelles ou de perfectionner celles qu’on a déjà inventées », les astronomes ne s’en tinrent pas à cette conclusion purement négative. Ce fut un Français, Fizeàu, qui, le premier, suggéra, pour ces recherches d’une délicatesse extrême, l’emploi des interférences, et un autre Français, Stephan, qui, à l’observatoire de Marseille, en 1873, s’y attacha pour la première fois. Toutefois, comme on avait mesuré trop chichement les proportions de l’appareil, celui-ci ne donna pas de résultats appréciables. Ce n’est qu’en 1920 que, grâce à Michelson, la tentative aboutit. Le procédé de Michelson est bien connu, et M. Troller en exposa le principe ici-même lors de sa réa-
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- Jisation. Il nous suffira donc de rappeler qu’il consiste à placer, devant le miroir de l’instrument, un écran circulaire percé de deux fentes rectilignes, équidistantes du centre et aux extrémités d’un même diamètre. Ce dispositif étant braqué sur une étoile, chaque bord de l’astre donne naissance, après réflexion sur le miroir, à un système de franges d’interférences, légèrement décalé par rapport à l’autre. On cherche alors à faire disparaître ces franges en agissant sur la distance des fentes. Comme celle-ci est liée, par une formule mathématique, au diamètre apparent de la source lumineuse et à la longueur d’onde, il est possible d’en déduire ce diamètre apparent. Michelson, puis M. Pease opérèrent à l’observatoire du Mont Wilson, avec des interféromètres composés de deux petits miroirs jouant le rôle des fentes, situés aux extrémités d’une longue glissière et qui, recueillant la lumière d’une étoile, la renvoyaient, à l’aide de miroirs secondaires, sur le grand miroir, lequel la réfléchissait,
- Millimètres sur la plaque d'enregistrement
- Fig. 2. — L'occultation de Régulus.
- (La courbe théorique est en tirets, la courbe déduite de l’observation microphotométrique est en trait plein.)
- à son tour, vers l’oculaire où se formaient les franges. Ainsi obtint-on les diamètres apparents de quelques étoiles, allant de 0",020 (Arcturus, Aldébaran) à 0",056 (Mira, Ceti), résultats concordant à peu près avec les chiffres calculés à partir des températures et des lois du corps noir.
- Quels que fussent l’enthousiasme suscité par cette mesure de l’invisible et les perspectives qu’elle offrait à l’astronomie, on ne tarda pas à en apercevoir les inconvénients. Elle supposait d’abord le disque stellaire uniformément éclairé. Ensuite, elle était affectée par l’agitation et l’hétérogénéité des couches atmosphériques. Elle ne permettait guère, enfin, de s’adresser à d’autres étoiles que celles des trois premières magnitudes.
- Ces trois inconvénients s’atténuent ou disparaissent avec l’élégante méthode que vient d’imaginer un savant ingénieur de l’Institut d’Optique, M. Albert Arnulf,
- 0,005 0,0
- Secondes de temps
- Secondes d ère
- Fig. 1. — Courbe de l’intensité lumineuse de l'étoile occultée.
- (En tirets : courbe qui serait observée si la diffraction n’existait pas. En trait plein : courbe tenant compte de la diffraction.)
- et qui, dès ses débuts, parvient à d’étonnants résultats. L’appareil nécessaire fut construit dans cet établissement, grâce au concours de l’illustre savant qu’est M. Ch. Fabry. C’est M. Ch. Fabry et l’inventeur lui-même qui voulurent bien nous exposer le principe de cette remarquable découverte, laquelle montre que si les savants français n’ont pas toujours, comme leur1; confrères américains, les instruments les plus coûteux et les plus puissants, ils n’en demeurent pas moins, comme l’avait autrefois démontré Fizeau, à la pointe de la pensée scientifique.
- L’ETOILE S’ÉCLIPSE APRÈS AVOIR DIT SA TAILLE
- L’occultation d’un astre est un phénomène bien connu de tous les amateurs d’astronomie. Il n’en est guère qui n’aient suivi, à la lunette ou à l’œil nu, cette éclipse instantanée d’une étoile derrière un bord de la Lune et sa réapparition derrière l’autre bord. L’intensité lumineuse de l’étoile semble donc tomber brusquement à zéro, en sorte que sa variation peut être représentée par la courbe en tirets de la figure 1. En réalité, là encore, la diffraction
- Fig. 3. — Agrandissement de la traînée d'occultation de Régulus'. .
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- intervient pour altérer la marche de F occultation. L’étoile, supposée réduite à un point, projette, en effet, sur la Terre, une clarté extrêmement faible, qu’interrompt justement l’ombre de la Lune. Or, la diffraction a pour résultat d’estomper ce passage de la lumière à l’ombre en bordant cette dernière d’une série de franges parallèles. Lorsque l’étoile arrive au voisinage du bord lunaire, son éclat passe alors par une suite de maxima et de minima de plus en plus accusés, jusqu’au moment de la Fig. 4. — M. Arnulf examine la disparition complète : c est
- plaque portant la traînée de Bégulus. cette courbe de lumière qui
- est figurée en trait plein.
- Un imaginant cette étoile ponctuelle immobile par rapport à la Lune, si un observateur se déplaçait à la surface de la Terre perpendiculairement au bord lunaire, en partant de la région éclairée par l’étoile et en se dirigeant vers la région obscure, il devrait donc voir son éclat varier proportionnellemenl à l’éclairement sur le sol. Ce phénomène complexe est rendu quasi instantané par la rapidité du mouvement de notre satellite. Comme il parcourt dans le ciel une seconde d’arc en deux secondes de temps, les franges se déplacent sur le sol, à la vitesse de 2 ou 3 km à la seconde, et l’occultation se produit en un laps d.e temps voisin de 0S,03, La figure 1 en montre les diverses phases. Une échelle des abscisses y indique les temps comptés à partir de la disparition totale. Une seconde échelle donne les distances angulaires entre l’astre et la Lune. On y remarque, en outre, que l’étoile doit se déplacer de 0",003 pour que la première frange sombre se substitue à la première frange claire.
- Ouand on assiste à l’occultation d’une étoile double, les apparences observées se compliquent. Chacune des
- Fig. 5. — M. Ch. Fabry, directeur de VInstitut d’Optique.
- composantes donne lieu à un système de franges, et ces deux systèmes empiètent l’un sur l’autre, les intensités correspondantes s’ajoutant. vSi, par exemple, l’écartement des composantes est de O'^OOS, le premier maximum relatif à l’une des étoiles coïncide avec le premier minimum relatif à l’autre, et les deux premières franges disparaissent.
- Franchissons maintenant ce premier stade à la suite de M. Arnulf, et supposons-nous en présence d’une étoile à diamètre apparent sensible. Les deux bords de l’astre tiennent lieu des deux composantes et l’effet est peu différent du précédent. On doit donc constater la disparition des franges si le diamètre apparent est voisin de 0"003. La méthode trouvée par l’ingénieux savant en découle immédiatement : il suffit de comparer la courbe de lumière obsei'vée avec la courbe théorique pour déterminer la valeur cherchée par la mesure quantitative des variations d’intensité.
- DE LA THÉORIE A LA RÉALITÉ
- La pratique n’est naturellement pas aussi simple que ces considérations pourraient le laisser croire. Le choix même du mode d’enregistrement des fluctuations d’éclat est assez embarrassant, et si, à l’enregistrement par cellule photo-électrique, M. Arnulf préféra l’enregistrement photographique, ce fut uniquement pour des raisons de commodité pratique.
- Comme le passage d’un maximum à l’autre s’effectue en quelques millièmes de seconde, il fallait, pour saisir sur la plaque sensible cette fugitive variation, animer cette plaque d’un mouvement rapide. M. Arnulf employa une plaque circulaire de quelque 10 cm de diamètre, qu’il plaça sur un plateau auquel était communiqué, au moyen d’un petit moteur, un déplacement en spirale, dont la vitesse par seconde allait de 30 à 60 mm. L’image de l’étoile devait donc dessiner sur la plaque une traînée en spirale où l’on discernerait, à la loupe, les changements d’éclat prévus. L’appareil ainsi conçu fut monté sur le télescope d’un mètre de l’observatoire de Meudon. On se doute que ce ne fut pas sans de minutieux réglages et de nombreuses nuits d’expérience qu’une traînée put être photographiée. Au cours de ses travaux, le savant physicien fut, du reste, aidé bénévolement par des techniciens de l’Institut d’Optique, MM. Guériau, Champion et Bessin. Aussi, le 6 avril 1933, réussit-il cette opération concluante que fut la photographie de l’occultation de Régulus (-1).
- L’étude de la traînée ne se révéla pas comme la partie la moins laborieuse ni la moins longue du travail. Ce fut le microphotomètre Fabry-Buisson qu’on utilisa et qui permit, en chaque point de la courbe, d’en évaluer l’intensité. Le graphique en trait plein de la figure 2 provient de cette recherche. On y voit nettement les deux premières franges, écartées de 0S,113, chiffre très proche de la valeur calculée 0S,115, ce qui montre que le mouvement relatif de l’astre et de notre satellite était normal au bord lunaire. De l’existence des franges, on
- 1. Régulus : a Leonis; magnitude : 1,3.
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- déduit ensuite que le diamètre apparent de Régulus est inférieur1 à 0",003 et, comme la courbe expérimentale ne recouvre pas la courbe théorique, que l’intensité y décroît moins rapidement que sur cette dernière, M. Arnuif conclut à un diamètre apparent de 0" 0018 (c’est-à-dire compris entre (V',0015 et 0",0020).
- Cette faculté d’obtenir des nombres très faibles est l’un des avantages du nouveau procédé. Alors que Michelson et Pease ne dépassent guère le 1/100® de seconde d’arc, M. Arnuif est capable d’atteindre le 1/1000®, quoique la plupart des étoiles de magnitude inférieure à la deuxième aient un diamètre apparent plus petit que 0",001. De plus, il ne se soucie pas des troubles atmosphériques, tant qu’il se sert d’un télescope d’ouverture suflisante. Il est donc à prévoir que l’on pourra, de cette façon, étudier des astres sur lesquels n’avaient prise, jusqu’ici, ni l’appareil inter-férentiel ni les calculs d’astrophysique.
- ET LES OBJECTIONS....
- Deux objections, il est vrai, peuvent être soulevées. Les inégalités du bord lunaire et notamment l’inclinaison de la paroi, paraissent, dira-t-on, de nature à modifier
- l’allure du phénomène. Mais cette cause d’erreur s’évanouit puisqu’on opère non sur des positions de franges, mais sur des mesures d’intensité. On travaille, en fait, sur la portion de courbe comprise entre l’ombre et le dernier maximum.
- La deuxième objection ne peut pas être tournée : la méthode ne s’adresse, en effet, qu’aux étoiles placées sur la trajectoire de la Lune, et n’est applicable que si l’immersion a lieu par le bord obscur. Or, les occultations qui se produisent dans ces conditions sont assez rares. Mais reconnaître le bien-fondé de cette objection, c’est uniquement apprécier l’étendue du champ de validité de la technique considérée qui, comme toutes les autres et parlieulièrement celle de l’interféromètre, est limitée.
- Au reste, cette méthode entièrement nouvelle est susceptible, non seulement d’ouvrir des horizons inconnus, mais aussi de contrôler les conclusions acquises. On sait, en effet, qu’il existe une relation entre la magnitude absolue visuelle d’une étoile, sa température — donc sa classe spectrale, et sa surface — donc son rayon. Comme
- Fig. 6. — L'occultation de Régulus. La trajectoire de l’étoile est indiquée par la flèche.
- les deux premiers facteurs peuvent être évalués par les procédés photométriques et spectroscopiques ordinaires, on peut en déduire le diamètre. Ainsi a-t-on pu calculer les dimensions de plusieurs étoiles, et en conclure que la plupart d’entre elles sont,en grosseur, analogues au Soleil; les étoiles rouges telles qu’Aldébaran ou Bételgeuse étant les plus volumineuses et leur rayon pouvant atteindre quelques dizaines,voire quelques centaines de fois celui du Soleil. Après la confirmation que cette méthode apporta aux résultats de Michel-son et Pease, ce sera donc une vérification supplémentaire fort intéressante que fournira le travail de M. Arnuif. C’est pourquoi il était nécessaire d’exposer aux lecteurs cultivés de cette revue une découverte qui unit les profondes ressources de la science à une vive ingéniosité, qui dissipe une partie des ténèbres dont nous entourent les mystères du ciel et qui, du même coup, met en relief l’incessant labeur de nos savants. Pierre Rousseau.
- Fig. 8. — L'appareil de M. Arnuif. On voit le plateau circulaire qui reçoit la plaque photographique.
- Fig. 7. — Le microphotomètre Fabry-Buisson, qui servait à l’examen pholomélrique de la traîne.
- (Cliché Revue d’Optique).
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- 504 = NOUVEAUX ESSAIS DE TÉLÉVISION
- A HAUTE DÉFINITION
- EXPÉRIENCES DE M. VON ARDENNE SUR L’EMPLOI DES RAYONS CATHODIQUES POUR L’EXPLORATION AU POSTE TRANSMETTEUR
- Transmetteur
- Circuit desecteur 25.000 volts
- K V L A
- Circuit desecteur 7500volts
- Cellule photoèiectr.
- 'Amplificateur feutrée à batterie
- Amplificateur
- d'oscillographe
- Circuit de balayage du transmetteur
- Circuit de balayage du récepteur
- Canal synchroniseur
- Fig. 1. — L'émetteur de télévision, à exploration cathodique, de M. von Ardenne.
- L’exploration au moyen des rayons cathodiques des images à transmettre en télévision a donné lieu, en ces derniers temps, à d’importants travaux. Nos lecteurs savent que, au premier rang des pionniers qui ont ouvert cette voie féconde, figure M. Manfred von Ardenne. Celui-ci a effectué récemment des expériences avec un dispositif dont la conception remonte déjà à 1931 et qui s’est trouvé, pour la télévision à haute définition, en mesure de concurrencer ses rivaux.
- Le système von Ardenne repose sur le principe suivant :
- Un tube à rayons électroniques à grande puissance d’émission, comportant un écran fluorescent normal, sert d’organe explorateur. Un réseau lumineux créé sur cet
- Fig. 2. — Tube cathodique à vide poussé pour potentiels anodiques allant jusqu’à 25 000 volts.
- écran grâce aux déviations du rayon électronique (au moyen d’un système de balayage de lignes et d’images) se reproduit nettement, à l’aide d’un système optique, sur la diapositive à téléviser, derrière laquelle on dispose une cellule photo-électrique.
- L’intensité de la lumière qui vient frapper cette cellule dépend du degré de transparence de la diapositive à l’endroit où la tache fluorescente du réseau transmetteur est reproduite par le système optique.
- La principale difficulté à laquelle on s’est heurté lors des premières expériences était due à l’inertie de l’écran fluorescent, les bandes de fréquence d’une largeur supérieure à 2155 cycles ne pouvant plus servir aux explorations.
- Grâce à la mise au point de matières fluorescentes à réponse pratiquement instantanée et à très grand rendement lumineux, cet inconvénient se trouve désormais éliminé.
- Ce progrès a permis à M. von Ardenne, en collaboration avec la Société C. Lorenz, de reprendre ses essais essais antérieurs et de les étendre à la moderne télévision à haute définition.
- La figure 1 montre le dispositif expérimental dont l’inventeur s’est servi : un tube cathodique à vide poussé, au poste transmetteur, est mis dans des conditions de service aussi bien définies et aussi constantes que possible. On a porté le potentiel anodique à 25 000 v, afin de réaliser, sur l’écran du tube cathodique, une tache fluorescente d’une intensité lumineuse suffisante pour une bonne reproduction des images avec une bande de fréquences de 2 millions de périodes (laissant une certaine marge). Grâce à une construction spéciale du tube à rayons cathodiques, on a pu réaliser un fonctionnement parfaitement stable en dépit de l’emploi d’une cathode à oxyde dans un tube scellé. Le tube transmetteur présente une particularité; au voisinage immédiat de la cathode, il n’existe pas de champs accélérateurs d’une intensité critique, le saut, de potentiel principal n’ayant lieu qu’à distance considérable de la cathode. Quant aux particularités extérieures du tube transmetteur, signalons les longues tubulures latérales en verre qui renferment les fils de connexion des plaques déviatrices et de l’anode et qu’on distingue parfaitement sur la figure 2. L’écran fluorescent est pratiquement exempt de halo. Un autre
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- type de tube transmetteur comporte également des électrodes tubulaires à sortie séparée, au voisinage immédiat de la source de haute tension. Un écran fluorescent appliqué sur un métal réfléchissant et incliné à un certain angle fait partie intégrante du tube.
- L’emploi d’un écran à lumière incidente présente les avantages qu’on sait, surtout celui d’un rendement lumineux élevé, mais en même temps certains inconvénients inhérents à la production du réseau de lignes (netteté insuffisante, forme trapézoïdale et difficultés de reproduction optique), inconvénients qu’il s’agit de compenser par une modulation appropriée. Aussi lui préférera-t-on, en général, le premier dispositif.
- Pour pouvoir promener la tache fluorescente, malgré une tension anodique si élevée, il a fallu mettre au point des dispositifs de balayage fournissant des tensions (ou des courants) de balayage suflisants.
- Le potentiel fourni à la résistance de la cellule photoélectrique est amplifié, d’abord, par un amplificateur d’entrée à batterie et à cinq étages; après avoir traversé un. organe de couplage compensant les distorsions, il paëse dans un amplificateur normal d’oscillographe. Immédiatement à la sortie de cet amplificateur disposé pour fournir des potentiels très élevés, on a prévu un autre organe compensateur de distorsions, réduisant le potentiel. Un tube téléviseur normal et un dispositif à balayage double du type courant sont employés au poste récepteur : En portant le potentiel anodique à 7500 v (de façon à réduire le diamètre de la tache fluorescente), on a pu se servir du tube pour la réception d’images télévisuelles à très grand nombre de lignes. La synchronisation de la vibration en « dent de scie », au poste récepteur, se réalise au moyen d’une bande de fréquences synchronisatrice séparée.
- La figure 3 fait comprendre la conception générale du dispositif expérimental installé au laboratoire de M. von Ardenne. On y voit le poste transmetteur à gauche, au premier plan, les amplificateurs au centre et le récepteur en haut, au fond, à droite. On remarquera, au centre de la figure, des organes connecteurs faisant partie de l’unité à haut potentiel fonctionnant sur le secteur.
- La figure 4 montre le tube transmetteur, le système optique et le film à téléviser. On a pu, avec le dispositif qui vient d’être décrit, maintenir d’une façon stable un éclairement allant jusqu’à 85 lumens, avec un potentiel anodique de 24 000 y. Avec une intensité lumineuse utile (F) du système optique = 1,55, le rapport de reproduction optique (V) étant de 6 et le coefficient de transparence de l’image sur la pellicule à téléviser de 85 pour 100, un flux de lumière égal à 3,5.10~2 lumens tombe sur la cellule photo-électrique, à travers les points les plus clairs de l’image à transmettre. Ceci, avec une sensibilité de 10 X 10 b ampère-lumen à la cellule photo-électrique, correspond à un courant photo-électrique d’environ 3 X 10~7 A, ce qui, avec les résistances d’entrée adoptées (105 ohms), suffit parfaitement pour créer des gradients de potentiel relativement élevés en comparaison du niveau des perturbations qui est de 4 X 10-4 v.
- La bande des fréquences de transmission est seule donnée dans ce dispositif expérimental; les fréquences de
- Fig. 3. — Vue générale des postes transmetteur et récepteur (bande de fréquences : 2 millions de cycles).
- balayage de lignes et d’images, au contraire,peuvent être choisies librement. Aussi, ce dispositif se prête-t-il à la détermination des données d’exploration les plus agréables pour l’œil.
- La luminosité moyenne du réseau récepteur étant celle que nous venons d’indiquer, une fréquence d’images de 50 s’est, d’accord avec les idées courantes, trouvée particulièrement appropriée.
- La fréquence de lignes la plus favorable est d’environ 10 000 périodes; ce nombre doit toutefois être modifié de façon à correspondre exactement à un déplacement, de la largeur d’une ligne du réseau de lignes dans le cas de deux images successives.
- Le clignotement bien connu, inséparable de la méthode du déplacement des lignes, ne gêne plus en aucune façon, pourvu qu’on contemple l’image sous un angle de vision normal. C’est que l’œil, pour un nombre de lignes si élevé, ne sépare plus exactement les lignes sucqessives et que, d’autre part, un léger recouvrement sur les bords des lignes, se produit déjà dans le réseau récepteur.
- Dr Alfred Gradenwitz.
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- EXTRAITS TANNANTS, CELLULOSES, PAPIERS
- Fig. 1. — Stock de bois de châtaignier pour Valimentation de l’usine.
- Le 17 janvier 1865, l’Académie impériale de Lyon entendait lecture du rapport du sieur Antoine-François Michel, teinturier à Lyon, qui, après avoir pris, en 1850, un brevet pour s’assurer la propriété de sa découverte, annonçait à l’Académie qu’il avait pu extraire du bois de châtaignier un tanin analogue à celui de l’écorce de chêne.
- Et, après avoir utilisé ce tanin pour teindre la soie en noir, il proposait, dans son rapport, de substituer le bois de châtaignier à l’écorce de chêne pour le tannage du cuir.
- Jusque-là, et d’ailleurs pendant de longues années encore après lecture de ce rapport, on ne se servait, pour le tannage, que de l’écorce de chêne au milieu de laquelle,
- Fig. 2. — Coupeuses à couloir incliné et à pousse-bûches pour bois de châtaignier.
- dans de grandes fosses, on faisait macérer longuement les peaux, qui en sortaient après plusieurs mois, transformées en cuir d’excellente qualité à tous points de vue.
- Et ce procédé de tannage aurait été parfait s’il n’avait été aussi long et si, en raison de sa longueur, il n’avait immobilisé d’importants capitaux.
- Deux tanneurs lyonnais, Alegatière et Zimmermann, de concert avec Michel, essayèrent de façon pratique le tannage à l’aide de bois de châtaignier,1 et ces essais ayant réussi, la première usine pour l’extraction du tanin du bois de châtaignier fut fondée à Lyon, en 1872, par Aimé Koch.
- Bien que le tanin utilisable pour transformer en cuir souple, résistant, imputrescible et durable, la peau des animaux puisse être extrait du bois, des écorces, des fruits et des feuilles de nombreux végétaux : marronnier, saule, orme, mimosa, palétuvier, myrobolan, sumac, cachou, pépins de raisin, etc., il n’est guère, en dehors du bois de châtaignier, que le bois de québracho qui soit utilisé industriellement pour cet usage.
- Le québracho, Aspidosperma quebrcicho, de la famille des Apocynées, originaire de l’Argentine, et dont l’écorce donne différents alcaloïdes utilisés en pharmacie, renferme au minimum 15 pour cent de tanin. La France en importe, actuellement, 40 000 t. environ par an pour la préparation des extraits tannants, et cette utilisation ira sans doute en s’accroissant, en raison de la diminution de nos ressources indigènes en bois de châtaignier, qui, cependant, est encore et de beaucoup le plus employé pour cette fabrication.
- La transformation des bois en extraits tannants rappelle un peu, quant à la technique et l’appareillage, la préparation des jus sucrés et leur concentration. Il importe cependant de remarquer que le fer, attaqué par le tanin, ne peut être employé pour les appareils de macération et de décantation, et que tous ceux-ci doivent être en cuivre.
- C’est dans une importante usine édifiée à Condat-le-Lardin (Dordogne), et appartenant à la Société anonyme « Progil », que nous allons étudier cette fabrication.
- COUPE DU BOIS EN COSSETTES
- Le bois de châtaignier arrive généralement à l’usine en bûches tout écorcées d’environ un mètre de longueur, et l’on y assure en tout temps un imposant approvisionnement, renouvelé au fur et à mesure de l’utilisation, d’environ 10 000 t. correspondant, à raison de 90 t en moyenne par jour de travail, à quatre mois de marche de l’usine.
- Ce bois, tout d’abord, est débité en menus copeaux par deux coupeuses, l’une à couloir incliné, l’autre à pousse-bûches. Devant un cône d’acier ayant la forme de la bigorne conique d’une enclume, tourne une sorte
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- d’énorme bobine ou de diabolo muni de couteaux, et qui épouse la forme de ce cône d’acier, de sorte que les lames de couteaux passent à quelques millimètres de ses arêtes (% 2)-
- Dans la découpeuse à couloir incliné, qui tourne à 300 t:mn, les bûches déposées sur ce couloir descendent par gravité et sont débitées avec une rapidité impressionnante, fondant littéralement à vue d’œil; la découpeuse à pousse-bûches tourne seulement à 70 t:mn, mais elle permet de débiter de véritables troncs et de monstrueuses souches qu’on dépose dans un couloir horizontal et qu’un bélier mû mécaniquement pousse contre les couteaux qui effectuent la coupe.
- ÉPUISEMENT DES COSSETTES
- Les cossettes obtenues sont transportées à la partie supérieure d’un atelier voisin à l’aide d’un élévateur à godets, et sont déversées dans des cuves ou autoclaves en cuivre, au nombre de 12, entourés d’un calorifuge de bois, et d’une contenance unitaire de 10 à 15 m3.
- Une circulation méthodique dans ces douze autoclaves permet d’épuiser ces cossettes et d’en extraire le produit tannant. L’eau bouillante, à température un peu supérieure à 100°, qui a passé sur les cossettes de la première de ces cuves, passe ensuite sur celles de la seconde, puis de la troisième, s’enrichissant de plus en plus au passage dans chaque autoclave.
- Un second traitement commence par le second autoclave pour finir par le premier, un troisième, par le troisième, pour finir par le second; les copeaux de châtaignier ainsi traités abandonnent la totalité de leur tanin (fig. 3).
- Concentration de Vextrait. — Le liquide obtenu est décoloré, puis décanté pour clarification et enlèvement des matières insolubles. Il est enfin concentré par évaporation dans des appareils à effet multiple. La liqueur tanique étant portée par l’effet de cette concentration de 3° à 25° Baumé contient alors de 25 à 30 pour cent de tanin et est vendue sous cette forme liquide, en France surtout, dans des fûts pesant environ 220 kg.
- Pour l’exportation, car l’usine de Condat envoie des extraits dans toutes les parties dû monde, la liqueur déjà concentrée est évaporée à nouveau jusqu’à siccité presque complète (12 à 15 pour 100 d’humidité seulement) et donne un extrait à cassure noire, de consistance analogue, en fin de fabrication, à celle de la poix ramollie par la chaleur, qu’on emballe dans des sacs de 30 kilos, et qui, de même que la poix, durcit en se refroidissant. Lorsque ces extraits secs doivent traverser l’Équateur, ils sont expédiés de préférence en caisses. Ces extraits, à l’arrivée, peuvent être employés après simple dissolution dans l’eau chaude.
- Importance de ce commerce. — La France produit annuellement environ 150 000 t d’extraits tannants dont les 2/3 proviennent du châtaignier. En France même, ces extraits sont expédiés surtout dans le Nord, la région parisienne, à Bordeaux, Limoges, Rennes et Marseille. Mais alors que nous en exportions, avant la guerre plus de 100 000 t, cette exportation tomba à 20 000 t, environ après la fin des hostilités, pour remonter peu à peu
- Fig. 3. — Autoclaves de macération du bois de châtaignier.
- à 50 000 t, les principaux pays importateurs étant la Belgique, la Hollande, l’Espagne et l’Angleterre.
- Fig. 4. — Lessiveur à soude, vertical, fixe, pour cuisson à la soude des cossettes de châtaignier.
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- lessiveurs, en forme de tronc de cône arrondi à la partie supérieure et à la partie inférieure, réunies l’une à l’autre par une partie cylindrique; cette forme rend leur montage plus aisé et facilite l’évacuation de la matière obtenue au moment du soufflage (11g. 4).
- Après un premier lessivage, d’une durée d’environ deux heures, dans une liqueur de soude peu concentrée, le lessivage définitif s’opère en six heures, dont quatre de circulation, dans une lessive de soude caustique préparée à l’usine même suivant la formule classique :
- CO3 Na2 + Ca.(OII)2 = 2 Na OH + CO3 Ca. Les boues résiduelles de carbonate de chaux sont ensuite traitées, ainsi que nous le verrons, pour récupération de la chaux. Cette lessive est employée à 100 gr par litre, à une température de 180°, et sous pression de 8 kg, et l’on traite 10 t de cossettes par lessiveur Fig. 5. — Appareils classeurs pour épuration de la pâte de châtaignier. d’une capacité de 25 m3, chacun de ces appa-
- reils étant pourvu d’un réchauffeur et d’une
- Lessivage et tavage des cossettes. — Les cossettes épuisées étaient autrefois utilisées pour le chauffage des autoclaves et des évaporateurs. Dans quelques usines, aujourd’hui, et notamment dans celle de Condat-le-Lardin, où le chauffage est assuré uniquement grâce à une consommation quotidienne de 50 à 60 t de charbon, ces cossettes sont transformées en cellulose, et donnent une pâte extrêmement appréciée pour la fabrication de papiers de belle qualité.
- Des chaudières à grille mécanique fournissent une vapeur surchauffée à 320° et à 16 kg de pression qui produit la force motrice nécessaire à l’usine, grâce à deux machines de 500 kw chacune actionnées par turbines à vapeur, et sert de plus à la cuisson du bois de châtaignier à l’usine de cellulose, appartenant à la même Société, et qui fait suite à l’usine d’exti'aits.
- Ce lessivage du bois épuisé s’opère dans trois grands
- Fig. 7. — Filtre rotatif servant au lavage des boues de carbonate de
- chaux.
- Fig. 6. — Appareils à quadruple effet pour concentrer les liqueurs de
- récupération.
- pompe pour circulation de la lessive. La pâte obtenue dans ces lessiveurs est ensuite déversée dans des diffuseurs, au nombre de 8, d’un volume unitaire de 20 m3. Elle y est lavée à l’eau chaude à 50 ou 60°, sous une pression de 500 à 600 gr, par simple déplacement analogue à la diffusion des cossettes de betteraves, et sans agitation mécanique. Ce lavage, qui dure environ une vingtaine d’heures, est poursuivi jusqu’à ce que l’eau sorte claire à la partie inférieure de l’appareil, après que toute la liqueur mère a été évacuée.
- ÉPURATION DE LA PATE
- La pâte ainsi lavée est alors envoyée au trieur de nœuds, dont le nom seul indique la fonction, puis dans un sablier en chicane, à pente infime, où elle s’écoule lentement, se
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- débarrassant des matières pondéreuses qu’elle renferme encore, enfin dans un classeur où sont éliminés les incuits. Cette pâte épurée passe enfin au filtre à vide qui fonctionne sans pompe à vide, par l’intervention d’une colonne barométrique (fig. 5).
- Ce filtre a une double fonction, il essore la pâte en l’amenant de 4 gr à 120 gr par litre, puis la lave, au moyen de pulvérisations d’eau chaude ou froide, la débarrassant ainsi des dernières traces de soude.
- RÉCUPÉRATIONS
- La liqueur mère imprégnant le bois à la sortie des lessiveurs, et qui en a été séparée par lavage dans les
- — .......... —....... - . . =—........- 509 =
- bonate de chaux, résidu de la fabrication de la soude caustique. En cas de besoin, et notamment dans les régions pauvres en calcaire, ce carbonate de chaux, décomposé ultérieurement par calcination, peut servir à nouveau à la préparation de la chaux hydratée nécessaire pour la fabrication de la solide caustique et de l’hypochlorite de chaux dont nous allons voir l’utilisation (fig. 7).
- Mise en feuilles des pâtes et fabrication du papier.
- — Les pâtes provenant du filtre rotatif à vide, après leur passage au trieur de nœuds; au sablier et au classeur, sont envoyées aux piles blanchisseuses où elles circulent pendant 15 à 20 h et jusqu’à neutralisation com-
- Fig. 8. — Presse-pâte pour la mise en feuilles des pâtes de bois.
- diffuseurs, est concentrée pour récupération dans un appareil à quadruple effet alimenté à la vapeur (fig. 6).; puis dans un appareil « Schnaillé » à disques. Lorsque sa concentration atteint 30° Baumé, elle est grillée dans un four rotatif pour récupération du carbonate de soude. Ce four, chauffé au démarrage, fait évaporer l’eau encore contenue dans la liqueur concentrée, puis, le grillage étant amorcé, la combustion des débris ligneux qui restent dans cette liqueur maintient la température du four et permet la récupération du carbonate de soude.
- Non loin de ce four rotatif, un filtre rotatif a été installé pour servir au lavage et à la filtration des boues de car-
- plète, dans un bain d’hypochlorite de chaux, préparé également à l’usine même, à partir du chlore à l’état gazeux qu’on fait passer.sur un lait de chaux suivant la formule : Ca (OH)2 + 2 Cl = CaO Cl2 + H20.
- Après blanchiment et neutralisation, la pâte est envoyée dans une centrifugeuse à 600 tours pour élimination des dernières, impuretés. Elle passe enfin au presse-pâte où elle est séchée à 88 pour cent et mise en feuilles (fig. 8).
- C’est cette pâte qui va servir, suivant les méthodes ordinaires, et après passage aux piles raffineuses, à la fabrication du papier. Toutefois, on y ajoute généralement de 10 à 20 pour cent de pâte de sapin au bisul-
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- Fig. 9. — Vue arrière de la machine à papier de 3 m. 50.
- fite pour a lier » la pâte de châtaignier à la soude, et on la charge et la raffine plus ou moins suivant la sorte de papier à fabriquer.
- Enfin à point et convenablement raffinée, la pâte arrive à la toile métallique sans fin, de 25 m de longueur, de la machine à papier qui mesure elle-même, à Condat, 55 m de longueur sur 4 m de largeur et donne un papier de 3 m, 50 de largeur qui peut être coupé à la demande, et dont la production est d’environ 15 à 18 t par jour
- (fig. 9).
- Un certain nombre d’entre ces papiers, à la sortie de
- la machine, passent sur une humecteuse qui leur redonne un peu d’humidité facilitant leur satinage, après quoi ils sont envoyés aux calandres à 8 ou 10 rouleaux d’où ils sortent lisses et glacés à souhait.
- SORTES FABRIQUÉES
- Suivant le mode de fabrication, la proportion de charge, le raffinage de la pâte, la façon à la machine, la proportion des differentes pâtes employées et les apprêts ultérieurs subis par le papier, l’usine fabrique lès différentes sortes suivantes : Papier édition fin pour livres;
- Papier surface pour tirage en simili (revues, publicité, etc.);
- Papier d’impression hélio pour tirage en hélio (belles revues, publicité, reproductions de photographies);
- Papier pour impression offset, publicité en couleurs, etc.;
- Papier fin pour écriture (têtes de lettres, factures, etc.)
- Papier pour beaux cahiers d’écoliers, sans bois mécanique.
- Ainsi est pleinement utilisé le bois de châtaignier envoyé à l’usine de toutes les régions du Massif Central, terre d’élection de cet arbre, et qui fournit en moyenne, par tonne de bois, et grâce aux perfectionnements apportés sans cesse dans la fabrication, de 200 à 240 kg d’extrait à 30 pour cent de tanin, ou 100 à 120 kg d’extrait sec à 15 pour cent d’humidité et 300 kg environ de cellulose.
- REBOISEMENTS
- Il va sans dire qu’une consommation aussi importante ne va pas sans dépeupler la région de sa magnifique parure. Jointe aux ravages de la terrible maladie de l’encre, appelée encore noir du Châtaignier, elle ferait bien vite un désert de tout ce Massif Central, du Limousin et du Périgord où abondaient autrefois les sylves verdoyantes qui tombent peu à peu sous la hache du bûcheron.
- Mais les fabricants ont vu le danger, et, aussi bien dans l’intérêt général que dans leur intérêt propre, ils ont placé le remède à côté du mal en fournissant aux propriétaires, après entente avec l’administration des Eaux et Forêts, et sous son contrôle, de jeunes plants de châtaigniers des variétés résistant le mieux à la maladie de l’encre, et qui permettront, espérons-le, la renaissance des luxuriantes forêts en voie de disparition.
- Georges Lanorville.
- Fig. 10. — Coupeuse rotative à papier, coupant en toutes dimensions.
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- L’INVENTION DU TELEPHONE DATE DE 60 ANS
- 11 y a une dizaine d’années environ, un ministre chargé de discourir officiellement, lors de l’inauguration d’un monument élevé à Charles Bourseul, dans le village de Saint-Céré (Lot), louangeait ce « génie méconnu » et le considérait comme le véritable inventeur du téléphone.
- Voilà certes une flagrante exagération. Aussi, sans vouloir déboulonner une statue érigée à la mémoire d’un électricien habile et d’un chercheur avisé, on doit, par simple souci de la vérité historique, reconnaître que l’incontestable priorité de l’invention revient à Graham Bell qui, né à Edimbourg (Angleterre) en 1847, passa la plus grande partie de sa vie aux Etats-Unis et acquit plus tard la nationalité américaine. La France, du reste, a donné le jour à des savants trop illustres, à des ingénieurs et à des techniciens de trop grande valeur pour vouloir s’approprier sans raison une gloire étrangère !
- CHARLES BOURSEUL
- La vie de Bourseul fut quelque peu agitée. Sou père, officier sous la Restauration, traversait un jour, avec son régiment, la petite ville de Bouchain (Nord). Là, il s’amouracha d’une jolie fille dont aussitôt il demanda la main. Mais pour l’épouser il dut démissionner. Peu après le jeune ménage s’expatria et alla se fixer à Bruxelles où Bourseul avait trouvé un modeste emploi chez un libraire. En 1829, notre futur télégraphiste naissait de cette romanesque union.
- Quelques années plus tard, la famille quitta la Belgique pour l’Algérie, son chef ayant pu rentrer dans l’armée française; quant au fils, il suivit les cours du lycée d’Alger, alors fort peu fréquenté. Le jeune Charles Bourseul était, en effet, l’unique élève de sa classe. 11 eut deux professeurs pour lui seul et comme il «mordait «auxsciences, l’un de ses maîtres, le physicien J. C. d’Almeida, le prit en affection. Une fois ses études classiques terminées, il fit son service militaire dans un régiment d’Afrique et après sa libération, revint en France chercher fortune.
- En 1851, écrit un de ses biographes, Gustave Bahin, il errait assez désemparé, dans Paris, quand, au hasard d’une flânerie, il rencontra, à la terrasse de la rotonde du Palais-Royal, qui? Son ancien professeur M. d’Almeida lui-même. Quelle joie !
- — Que fais-tu ? interrogea le maître.
- — Rien, hélas ! Je cherche.
- — Entre donc au télégraphe, c’est une carrière neuve, un homme intelligent s’y doit créer un bel avenir.
- Le jeune homme n’eut garde de mépriser un tel conseil et dès le lendemain, il alla frapper à la porte du directeur du personnel, M. Boyer.
- « Quel âge d’or décidément. Dans le cabinet de ce haut fonctionnaire était assis un homme respectable, aux lèvres soigneusement rasées, les deux mains appuyées sur une canne de jonc, une physionomie populaire et que l’arrivant reconnut aussitôt : M. de Béranger en personne, le chantre de Lisette et du Dieu des bonnes gens. Il demeura en tiers dans l’entrevue, bonhomme bienveillant ».
- Pour tout examen, M. Boyer demanda à l’aspirant télégraphiste s’il se sentait capable de faire... sans trop de fautes une dictée d’une vingtaine de lignes. Comme réponse à la question, Charles Bourseul esquissa un sourire ironique, en tendant à son interlocuteur une petite brochure qu’il venait de faire imprimer et dans laquelle il étudiait la puissance de la chaleur. Cette courte dissertation suffit à dispenser le candidat de la dictée et M. le Directeur l’admit illico comme employé au bureau central de la rue de Grenelle avec un traitement de 900 fr ? D’ailleurs M. Boyer ne fit pas d’alléchantes promesses au néophyte puisqu’en le reconduisant il ajouta:
- — Vous savez, mon ami, vous conserverez probablement toute votre vie ces modestes appointements!
- Fig. 1. — Charles Bourseul, pseudo inventeur du téléphone.
- Mais il avait compté sans son hôte, qui devait prendre sa retraite comme directeur des postes du département du Lot, après avoir rempli avec distinction de hauts postes administratifs et apporté aux appareils télégraphiques de très utiles perfectionnements.
- Au début de sa carrière, Charles Bourseul commença par se servir du télégraphe aérien de Chappe remplacé, vers 1844, par le télégraphe électrique Foy-Breguet, dans lequel l’opérateur devait suivre d’un œil attentif les positions diverses de deux minuscules aiguilles indicatrices de signaux. Il utilisa ensuite, au bureau du Luxembourg, le Morse, s’ingéniant à en simplifier la manipulation.
- Mais sa renommée n’eût jamais dépassé le cercle restreint vde l’administration des postes, s’il n’avait eu l’idée de la transmission électrique de la parole, idée qu’il exposa dans un article publié par Y Illustration le 25 août 1854. « Les sons, écrit-il dans cette note, sont
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- formés par des vibrations et apportés à l’oreille par ces mêmes vibrations reproduites dans des milieux intermédiaires. Mais l’intensité de ces vibrations diminue très rapidement avec la distance, de sorte qu’il y a, même a\i moyen des porte-voix, des tubes et des cornets acoustiques, des limites assez restreintes qu’on ne peut dépasser. Imaginez que l’on parle près d’une plaque mobile assez flexible pour ne perdre aucune des vibrations produites par la voix; que cette plaque établisse et interrompe successivement la communication avec une pile, vous pourrez avoir à distance une autre plaque qui exécutera en même temps exactement les mêmes vibrations ».
- Il ajoutait en manière de conclusion : « Dans un avenir plus ou moins prochain, la parole sera transmise à distance par Vélectricité. J’ai commencé des expériences à cet égard; elles sont délicates et exigent du temps, de la patience, mais les approximations obtenues font entrevoir un résultat favorable ».
- A l’époque, les savants ne prêtèrent à ces recherches aucune attention et Bourseul n’ayant trouvé le moindre encouragement, ni dans son entourage, ni parmi les électriciens, ne poussa pas plus avant l’étude de ce difficile problème technique. Il y a loin, comme on le voit, de cette ébauche à une invention réelle.
- QUELQUES PRÉCURSEURS
- Du reste, bien des prédécesseurs avaient déjà jalonné la route qui devait conduire Bell au succès. Hooke, le contemporain de Newton, n’avait-il pas imaginé le téléphone à ficelle, avec, lequel, depuis le xvne siècle, jouèrent tant d’enfants. Plus près de nous, Page transforma, en 1857, les vibrations électriques en vibrations aériennes. Cet
- Fig. 2. — Graham Bell, véritable inventenr du téléphone.
- habile physicien américain produisit, en effet, une musique galvanique au moyen de l’aimantation et de la désaimantation rapide d’une barré de fer. De la Rive, de Genève, augmenta en 1843 ces effets harmoniques en opérant sur de long circuits électriques linéaires qui passaient par des bobines couvertes de (il isolé. De son côté, Philippe Reuss,de Friedrichsdorf, pourrait revendiquer, avec plus de raison que Bourseul, l’honneur d’avoir construit le premier téléphone véritable. Comme Page, il déterminait un diaphragme vibrant à faire et à briser rapidement un circuit galvanique. 11 parvint, de la sorte, à reproduire en 1860 des sons mélodiques à distance ou pour mieux dire des notes et rien de plus.
- GRAHAM BELL
- Au professeur Graham Bell, de Boston, était réservé le mérite d’aborder scientifiquement le problème sur lequel tant de techniciens avaient pâli et de le résoudre complètement. Au commencement de 1874, il découvrit le moyen de transmettre simultanément le ton, l’intensité et presque le timbre des sons. Selon la juste et humoristique comparaison de sir William Thomson, le téléphone réalisé par l’illustre électricien américain l’emportait autant sur les primitifs appareils de ses prédécesseurs, que la voix humaine sur les battements des mains.
- Le seul homme, qui devrait partager avec Bell la gloire de la découverte, est Elisha Gray. Le 14 février 1874, cet inventeur malchanceux déposa au bureau des brevets de Washington, deux heures plus tard que son rival, les plans et la description d’un appareil presque identique. Mais après de multiples expertises et un long procès, les tribunaux américains proclamèrent Graham Bell inventeur légal du téléphone magnétique. Devant l’opinion publique, les réclamations de priorité faites par Charles Bourseul, en 1878, dans plusieurs séances de l’Académie des Sciences de Paris, n’eurent pas plus de succès. Toutefois à l’exposition d’électricité en 1881, le Gouvernement français le décora et plus tard Jules Roche, ministre du Commerce, le promut officier de la légion d’honneur, à l’occasion de la conférence télégraphique internationale (1890). Mais son nom était peu connu du grand public quand il s’éteignit, le 23 novembre 1912, à Saint-Céré son village natal où il s’était retiré.
- Les premières expériences publiques de téléphonie avaient eu lieu, en 1876, à l’Exposition internationale ouverte à Philadelphie pour commémorer le centenaire de l’indépendance des États-Unis. L’appareil primitif de Bell se distinguait par une extrême simplicité et possédait les organes essentiels dont se composent encore les postes téléphoniques d’aujourd’hui. En arrière d’une membrane métallique mince et flexible, encastrée dans l’extrémité évasée d’une caisse en bois, se trouvait un aimant permanent en fer à cheval dont une bobine, portant un fd enroulé en hélice, entourait chaque branche. Les extrémités de ce fd, recouvert de soie, aboutissaient à deux bornes fixées à l’autre bout de la caisse. De chacune de celles-ci, partaient deux fils constituant la ligne téléphonique et se rattachant aux bornes d’un second instrument identique. Le téléphone Bell servait soit comme transmetteur, soit comme récepteur suivant que
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- Fig. 3. — Le Central téléphonique de New-York en 1879. (D’après une gravure de l’époque tirée du Scienlific American.
- la personne parlait devant le pavillon ou l’appliquait à son oreille. Un son produit devant la membrane du premier appareil faisait vibrer celle-ci et ses oscillations développaient, dans son aimant, des courants induits que la ligne transmettait à la station réceptrice avec leurs variations respectives. Ce système permettait donc de traduire au loin, indépendamment de la hauteur des sons, leur autre qualité caractéristique : l’intensité. Cependant avec le téléphone Bell on ne pouvait encore transmettre électriquement la parole humaine qu’à une douzaine de kilomètres. Heureusement Hughes inventa, peu après, un mécanisme transmetteur plus puissant, le microphone, qui, en augmentant considérablement la portée des appareils, rendit possible l’établissement des réseaux urbains et inter-urbains. Dès lors l’invention provoqua un enthousiasme universel et, en 1880, plus de 70 000 abonnés, répartis entre 85 villes des États-Unis, utilisaient déjà ce moyen de communication. Quand Bell mourut, à Baddeck, près de Halifax (Canada), en 1922, il pouvait s’écrier à son tour, comme le poète latin : exegi monu-mentum ! Plus de 21 984 000 installations téléphoniques fonctionnaient alors dans les différents pays et il y en a aujourd’hui plus de 25 millions en service dans le monde entier.
- En définitive, on voit quel abîme sépare les concep-
- tions théoriques et les ébauches instrumentales de Charles Bourseul des réalisations pratiques du génial électricien américain. Notre compatriote rêva seulement aux moyens propres à construire l’édifice, que Bell, son rival, sut bâtir solidement, en laissant à ses successeurs le seul soin de l’agrandir et de le décorer.
- Jacques Boyer.
- LA FONCTION ÉTHYLÉNIQUE
- Il existe dans l’importante série des hydrocarbures organiques à chaîne ouverte, des composés non saturés dans lesquels la tétravalence du carbone ne paraît pas entièrement satisfaite. Ces carbures ont la propriété de fixer facilement, par simple addition, deux atomes d’un élément halogène ou deux radicaux organiques univalents. On a interprété ce fait en admettant que deux des atomes de carbone de ces composés sont unis entre eux par une double liaison C = C que l’on a appelée :
- liaison ou fonction éthylénique. On suppose que la fixation des radicaux monovalents se fait précisément sur ces deux atomes de carbone par rupture de la double liaison.
- On rencontre à l’état naturel, en petite quantité, ces hydrocarbures éthyléniques dans les pétroles bruts d’où on peut les extraire, en même temps que les carbures benzéniques, par dissolution dans l’acide sulfureux liquide, suivant le procédé Edéléanu. Dans la fleur de camomille (.Anthémis nohilis), il existe un corps qui répond à la formule d’un hydrocarbure éthylénique. Ces carbures se forment également dans un grand nombre de réactions pyrogénées appliquées aux produits organiques. Aussi, les trouve-t-on dans le goudron de houille, le gaz d’éclairage, les produits de distillation, les huiles de schiste, etc.
- Au point de vue chimique, le caractère fondamental
- de ces carbures éthyléniques, autrement appelés oléfines est de ne pas être saturés. Sous des influences faibles, les deux atomes de carbone doublement liés, de la fonction éthylénique, rompent une de leurs liaisons et libèrent deux capacités de saturation qui peuvent fixer deux atomes ou deux restes univalents, en donnant des produits d’addition. Les carbures saturés, qui ne possèdent pas la double liaison, ne peuvent se modifier que par remplacement de leurs atomes d’hydrogène par des restes équivalents, c’est-à-dire ne peuvent donner que des produits de substitution. Les carbures à fonction éthylénique, au contraire, ont la propriété de former des combinaisons d’addition. Un grand nombre de corps peuvent se fixer ainsi sur.la double liaison, le plus souvent en présence de catalyseurs.
- Ces carbures éthyléniques sont isomères avec les carbures saturés monocycliques connus sous le nom de naphtènes, c’est-à-dire qu’ils ont la même constitution moléculaire, mais ne présentent pas la structure en chaîne fermée des composés cycliques. On pourrait d’ailleurs considérer la fonction éthylénique comme le premier
- terme très instable d’une série cyclique ^ C <(^> C
- On peut concevoir des composés dans lesquels une fonction cyclique remplace la double liaison.
- Si on admet l’hypothèse stéréochimique du carbone
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- tétraédrique, on peut représenter l’éthylène par un assemblage de deux tétraèdres qui ont deux arêtes doublement liées aa' — bb' (fig. 1).
- Il — C — H
- ou : ||
- 11 — C — H
- Dans le cas de dérivés bisubstitués, les radicaux monovalents peuvent remplacer les atomes d’hydrogène de deux façons différentes, soit en position adjacente dite position cis, soit en position opposée dite position trans
- H — C — CO, H II — C — CO, H
- Il ||
- CO, II — C — Il H.....C - CO, H
- (trans) fois)
- On doit donc obtenir deux isomères. Cette isomérie a été confirmée par l’expérience. On connaît en effet deux dichloréthylènes, deux diacides non saturés : l’acide fuma-rique en position trans, l’acide maléique en position cis.
- Le groupement fonctionnel C = C / permet de
- comprendre l’ensemble des propriétés chimiques des corps éthyléniques.
- Ces corps fixent facilement l’hydrogène en se transformant en combinaisons saturées, en présence d’un catalyseur convenable. Le nickel réduit à basse température est tout à fait approprié à cette réaction, quelle que soit la place de la double liaison.
- Ils fixent deux atomes de chlore, d’iode ou de brome pour donner des dérivés dihalogénés où les atomes d’addition se fixent à deux atomes de carbone voisins. On observe que le chlore se fixe plus facilement que le brome, et ce dernier plus facilement que l’iode. La décoloration de l’eau de brome est souvent employée pour caractériser la fonction éthylénique.
- Les carbures éthyléniques fixent les hydrures halo-génés, à température élevée ou en présence de catalyseurs, pour donner des dérivés monohalogénés des hydrocarbures saturés. L’élément halogène affecte toujours l’atome de carbone le moins hydrogéné.
- L’ozone se fixe facilement sur la double liaison et donne naissance à des ozonides.
- ^>C = C / + Or>-y \c —
- O O
- \ /
- O
- Ce sont des corps explosifs qui se dédoublent au contact de l’eau, la chaîne se scindant à l’endroit de la double liaison.
- Fig. 1. — L'éihglène.
- R .
- H
- O
- R'
- R"
- R
- H
- O
- O +HO
- /R'
- \R"
- H.O, + O+O
- Il y a formation d’eau oxygénée et d’aldéhyde ou de cétone, suivant la nature des radicaux organiques fixés. Cette réaction présente un grand intérêt en ce qu’elle permet de déterminer la formule de constitution d’un carbure éthylénique.
- En présence de corps oxydants, la molécule se coupe au point faible, c’est-à-dire à l’endroit de la liaison éthylénique et donne généralement des acides. Cette réaction permet le plus souvent de déterminer la position de la double liaison, par suite de la constitution des acides formés. On indique cette position par le numéro d’ordre de l’atome de carbone qu’elle affecte, le numéro 1 étant placé à l’extrémité de la liaison éthylénique.
- Avec un oxydant doux, comme l’acide perbenzoïque, on constate la fixation d’oxygène pour former des oxydes d’éthylène.
- Traités par une solution très étendue de permanganate de potassium, les carbures éthyléniques fixent les éléments de l’eau oxygénée et se transforment en glycol. La décoloration du permanganate peut être considérée comme caractéristique de la fonction éthylénique.
- Sous l’influence du chlorure de zinc ou d’une température élevée, on constate des isomérisations avec migration d’un atome d’hydrogène, ce qui a pour conséquence de déplacer la double liaison dans le sens d’une meilleure symétrie de la molécule.
- Enfin, la fonction éthylénique, soit spontanément, soit sous l’influence d’agents de condensation, favorise la polymérisation de la molécule ou la jonction des molécules entre elles. On obtient ainsi des hydrocarbures de formule de plus en plus compliquée.
- La fonction éthylénique possède une grande activité réactionnelle. Elle peut fixer facilement une molécule XY formée de deux radicaux faiblement unis. On explique cette propriété par l’hypothèse de Lowry. Ce dernier suppose qu’une des liaisons de la fonction éthylénique est une électrovalence ionisable, et il représente la fonction éthylénique par le symbole :
- \ C _ C /
- + + — \
- La réaction d’addition avec la molécule XY serait alors une réaction d’ions. L’ionisation d’un atome dans une molécule peut modifier la nature des liaisons dans le reste de cette molécule, et faire apparaître des polarités nouvelles sur des atomes unis à l’origine par une double liaison. L’apparition d’un pôle, par exemple positif, à côté d’un atome de carbone doublement lié, doit conduire l’ionisation de la double liaison dans le sens de la polarisation d’un conducteur, c’est-à-dire de façon que les trois atomes de carbone prennent des charges de signes alternés.
- La liaison éthylénique a moins d’influence sur les propriétés physiques des corps. Les carbures éthyléniques cependant sont plus odorants, et chaque terme de
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- la série présente un point d’ébullition supérieur de quelques degrés à celui des termes saturés correspondants. De deux carbures différents, c’est le plus symétrique, par-rapport à la double liaison, qui a le point d’ébullition le plus bas.
- Des travaux récents ont étudié le spectre de Raman des corps éthyléniques. On a établi que les carbures éthyléniques qui ont leur double liaison au bout de la chaîne ont une raie de fréquence caractéristique. Un groupe méthyle ou une fonction alcool à côté de la double liaison augmente la fréquence. Les carbures éthyléniques bi-, tri-, et tétrasubstitués ont une fréquence beaucoup plus élevée, qui varie suivant les substituants et leurs positions respectives. Il est très facile, dans un composé éthylénique, en regardant simplement son spectre de Raman, de dire si la double liaison se trouve ou non au bout de la chaîne, si le corps est cis ou trans et si un radical est fixé près ou loin de la double liaison.
- Un certain nombre de corps sont caractérisés par la présence de deux doubles liaisons. Ils sont deux fois éthyléniques. On peut citer l’aliène : CH, = C = CH2; l’érythrène ou butandiène : CH, = CH— CH = CH,; l’isoprène : CH, = C — CH — CH,'.
- CH.
- Ces produits présentent une grande importance, non seulement au point de vue théorique, mais encore au point de vue industriel, car ils constituent le point de départ de la fabrication synthétique du caoutchouc.
- On a constaté que les combinaisons homologues de l’érythrène contenant le groupe fonctionnel :
- "> C = CH = CH =
- nommé double liaison conjuguée, fixent le brome de façon anormale. Au lieu de donner un dérivé dibromé
- Q C — CH — CH Br — C Br S, comme on serait en droit
- de s’y attendre, ils donnent un dérivé de la forme
- N C Br — CH = CII — CBr/.
- / . \ .
- Thiele explique cette anomalie par l’hypothèse suivante : il suppose que les liaisons éthyléniques ne pos-
- sèdent pas la constitution simple ) C = C mais bien \ p___ç / .
- ^ y1 Ce qui veut dire que la seconde liaison entre
- les deux atomes de carbone n’est que partiellement compensée dans la molécule, la plus grande partie de cette liaison étant libre. Cette théorie est connue sous le nom de théorie des valences partielles, et permet de se rendre compte de l’anomalie de la bromuration signalée plus haut. Enfin elle explique pourquoi les corps à fonction éthylénique sont plus actifs et moins stables que les corps saturés, la double liaison étant toujours le point faible de la molécule et le point de départ des réactions.
- Les carbures diéthyléniques ou diènes à fonctions éthyléniques conjuguées ont la propriété remarquable de se combiner facilement avec une grande quantité de corps présentant une fonction éthylénique, pour donner naissance à des composés cycliques.
- CH
- CH
- t
- CH — CO H
- i
- CII CH—COH
- I + Il
- CH CH,
- II
- CH
- CH
- Aldéhyde
- tétrahydroben-
- zoïque.
- CH, CH,
- On constate ici le passage de la série grasse à la série cyclique ou aromatique.
- On rencontre la fonction éthylénique dans de nombreux corps organiques, associée à d’autres groupements fonctionnels. La théorie nous permet de prévoir les réactions de chacune des fonctions isolées; elle nous permet également de concevoir les réactions de ces fonctions les unes sur les autres, dans la même molécule.
- Les carbures éthyléniques peuvent notamment donner naissance à des alcools par substitution du groupe fonctionnel OH à un atome d’hydrogène. Cette substitution toutefois n’est pas possible pour les atomes d’hydrogène liés à la fonction éthylénique. On ne connaît pas d’alcool
- \ /0H
- à l’état libre contenant le groupe A C = C Q qui ne
- paraît pas être stable. Si, par des réactions spéciales, on cherche à préparer des alcools de cette constitution, ils se transforment au moment même de leur préparation en aldéhyde ou en cétone, par suite d’une transposition des atomes, à l’intérieur de la molécule, dite transposition moléculaire. Ces combinaisons présentent les réactions de la fonction alcool et de la fonction éthylénique : par la fonction alcool, elles donnent des éthers-sels et des éthers-oxydes; par la fonction éthylénique, elles fixent deux atomes d’halogène ou une molécule d’hydracide.
- En présence de nickel réduit, ces alcools fixent l’hydrogène pour se transformer en alcools saturés. On rencontre les alcools éthyléniques à l’état naturel dans le règne végétal; les alcools diéthyléniques forment le principe odorant de très nombreux parfums.
- Mentionnons également les acides gras non saturés dans lesquels la fonction acide et la fonction éthylénique se superposent sans s’influencer. Ces acides éthyléniques, sous l’influence de la haute température, ont la propriété de donner des produits de polymérisation très compliqués. C’est ce qui se passe notamment dans la cuisson de l’huile de lin qui contient plusieurs acides gras non saturés. Quelle que soit la position de la liaison éthylénique, on peut toujours l’hydrogéner facilement par la méthode Sabatier et Senderens pour obtenir les acides saturés correspondants. Cette réaction est la base des procédés de fabrication des graisses par durcissement catalytique de certaines huiles.
- La fonction éthylénique se rencontre dans de très nombreux corps naturels, mais toujours avec un caractère d’instabilité. Il semble qu’il s’agisse là d’une forme de transition qui doive mener, par des réactions ultérieures, à des produits de composition définitive. Les réactions se passent lentement dans la nature. La science chimique utilise les propriétés particulières de la fonction éthylénique en vue de synthèses et d’applications du plus haut intérêt.
- Ern. Schmidt.
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- — LA TÉLÉPHONIE SANS FIL ..=
- PAR ONDES HERTZIENNES TRÈS COURTES DANS LES GARES DE MARCHANDISES
- Fig. 1. •— Pylône du poste émetteur fixe sur ondes très courtes installé aux chemins de fer du Nord. (Matériel S. I. FJ.
- Sur la plate-forme supérieure se trouvent l’émetteur et le récepteur ; dans la cabine, au pied du pylône, le tableau de modulation et d’alimentation.
- Fig. 2. — Une locomotive munie d’un équipement radiophonique.
- On voit les coffres de l’émetteur, du récepteur et des accumulateurs. (Type S. I. F.).
- Nous avons déjà signalé brièvement l’emploi des ondes hertziennes de courte longueur dans l’exploitation des chemins de fer.
- Le but est de réaliser des liaisons sûres entre un point fixe, par exemple une cabine d’aiguillage ou un tableau de dispatching, et des postes mobiles placés sur des locomotives. Ces dernières se déplacent à des distances variables dans une zone de plusieurs kilomètres de rayon et des obstacles importants, métalliques ou non, bâtiments, réservoirs, ponts métalliques, etc., constituent des écrans nuisibles à la propagation satisfaisante des ondes. On fait aujourd’hui appel aux ondes très courtes, dont l’emploi est devenu pratique grâce aux appareils émetteurs-récepteurs perfectionnés dont on dispose maintenant.
- Ce matériel doit être assez simple pour être manié par un personnel non spécialiste. Les appareils fixes, et surtout mobiles, doivent, au surplus, être extrêmement robustes et insensibles aux agents atmosphériques, notamment aux poussières de charbon.
- Une installation de ce genre comporte un poste fixe central, en liaison avec des appareils mobiles montés sur des locomotives. Des expériences approfondies ont montré que la longueur d’onde la plus favorable pour ces liaisons était de l’ordre de 3 m seulement.
- Dans des conditions normales, la propagation des ondes de cette longueur s’effectue, on le sait, suivant des lois quasi optiques, et les points à relier doivent être dans des conditions de visibilité optique. On a donc intérêt à disposer l’antenne du poste émetteur et, par conséquent, le poste émetteur lui-même, à une hauteur aussi grande que possible, de manière à obtenir un rayon d’action suffisamment étendu.
- En pratique, dans les gares de marchandises, le poste fixe est placé au sommet d’un pylône métallique, line difficulté se présente alors pour assurer les soins d’entretien qui peuvent s’imposer dans des conditions atmosphériques défavorables.
- Pour éviter cet inconvénient, on place uniquement au sommet du pylône les organes indispensables : le poste émetteur, le récepteur et les antennes. Les autres appareils : modulateur, dispositifs d’alimentation, de signalisation et de contrôle, sont disposés dans une cabine au bas du pylône.
- Un pupitre de commande et de contrôle de l’ensemble est, d’autre part, placé dans le ibureau de l’agent chargé du service de régulation. Les liaisons entre le bureau et le pylône sont assurées par des câbles protégés.
- On peut ainsi vérifier rapidement la plupart des appareils de l’installation, et ces vérifications sont, en général, très aisées, puisque l’opérateur peut se rendre compte de tout incident de fonctionnement par la simple observation de son tableau de commande.
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- Tous les appareils de l’installation sont protégés contre l’action des agents atmosphériques, des poussières de charbon et des chocs, par des coffrets métalliques très robustes et étanches; les réglages, effectués avant la mise en service, sont déterminés une fois pour toutes.
- Pour éviter tout arrêt de fonctionnement par suite de mise hors service d’une des lampes, on a prévu un double jeu de lampes avec substitution automatique de la lampe usée par une lampe intacte.
- Sur la locomotive, on dispose seulement dans l’habitacle du mécanicien les organes indispensables : haut-parleur, tableau de commande et microphone: tous les autres
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- sortie du pavillon est protégée par une tôle perforée.
- La réception s’effectue au moyen d’appareils à super-réaction avec deux étages d’amplification basse fréquence à transformateurs. Sur la locomotive, l’alimentation en basse tension est assurée par une batterie d’accumulateurs ; l’alimentation à haute tension est obtenue au moyen d’un convertisseur rotatif relié lui-même à la batterie d’accumulateurs et qui produit un courant alternatif à haute tension, redressé et filtré ensuite par les moyens habituels.
- Les conditions du trafic sont ainsi très régulières; on
- Fig. 3. —-A droite : la cabine au pied du pylône. A gauche : l’appareil de contrôle et de commande avec son haut-parleur
- dans le bureau de l'agent régulateur.
- organes peuvent être montés en un point quelconque de la locomotive en tenant compte des conditions du service.
- Les manœuvres pour établir une communication avec le poste fixe se réduisent à pousser un bouton pour écouter, et un levier pour parler.
- Des précautions spéciales sont prises pour éviter que les bruits de la machine et de la gare ne gênent l’audition.
- Celle-ci, au poste central comme sur les locomotives, s’effectue au moyén de petits haut - parleurs et non d’écouteurs, ce qui donne beaucoup plus de souplesse et facilite les manœuvres.
- En particulier, sur la locomotive, le haut-parleur comporte un cornet exponentiel avec diaphragme d’aluminium actionné par un moteur électromagnétique; la
- n’a, d’ailleurs, pas à craindre ici les effets perturbateurs dus à la présence des obstacles interposés entre le poste émetteur et le récepteur, et, tout spécialement, des masses métalliques; la distance de liaison reste relativement courte, les systèmes émetteur et récepteur demeurent en visibilité optique. Sur cette gamme de longueurs d’onde, Faction des oscillations parasites à haute fréquence engendrées par les appareils électriques voisins de toutes sortes peut également être considérée comme négligeable. Le niveau suffisamment élevé des signaux utiles réduit encore tout risque de ce genre; et le système de réception à super-réaction possède des propriétés de sensibilité particulières bien connues pour les très hautes fréquences. P. Hémabdinquer.
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- 518 LE MUSÉE ÉGYPTIEN DE BRUXELLES
- Fig. 1. — Vase peint préhistorique représentant 5 autruches entre des arbustes.
- Cet article pourrait porter en sous-titre : Un homme, une œuvre, un exemple. Car l’ôn doit pouvoir adapter pour d’autres sciences ce que le professeur Capart a fait à Bruxelles pour l’égyptologie, grâce à son érudition, son enthousiasme et son esprit d’organisation. Deux chiffres résumeront cette œuvre d’une manière frappante. Quand, jeune égyptologue, il fut nommé au Musée du Cinquan-
- Fig. 2. — Le tireur d'épine.
- tenaire (dont le nom actuel est : Musées Royaux d’Art et d’Ilistoire) il n’y avait que trois vitrines renfermant quelques centaines de petits objets, et une dizaine de cercueils. Aujourd’hui, après quarante années de labeur, le musée égyptien de Bruxelles occupe une douzaine de salles et compte environ 8.000 objets. Un institut scientifique très actif, la « Fondation égyptologique Reine Elisabeth », dont nous parlerons plus loin, achève d’en faire un centre de travail important.
- La Belgique est une nation dont les moyens financiers réduits ne laissaient pas d’espoir de constituer une grande collection d’antiquités égyptiennes. Et cependant le musée de Bruxelles prend une bonne place parmi les musées égyptiens de second rang, tels que ceux d’Oxford, Copenhague ou Leyde. Il a été constitué patiemment par des achats judicieux effectués tant en Egypte qu’en Europe. En outre, comme il n’était pas possible d’entreprendre des fouilles avec le faible budget disponible, il participa, par une subvention régulière aux recherches faites par les Anglais. De sorte qu’une petite partie des objets trouvés par eux vint chaque année enrichir le musée de Bruxelles en échange de la subvention. Enfin, grâce à la sympathie que le savant inspirait, plusieurs de ses compatriotes firent, sur son initiative, de généreuses donations.
- Si nous faisons un tour dans les salles disposées, autant que possible, par ordre chronologique, nous remarquons vite la richesse du musée. Pour l’étude il est précieux, car la plupart des catégories d’antiquités égyptiennes y sont représentées par des exemples jtypiques. Les œuvres d’art de petites dimensions y sont nombreuses et de qualité. Certaines d’entre elles montrent un aspect généralement méconnu de l’art égyptien : sa variété, sa souplesse, sa liberté.
- Les admirables couteaux de silex taillés et les poteries décorées (fig. 1) des époques archaïques nous introduisent dans la plus vieille Égypte.
- Puis le beau mastaba du «maître chef scribe» Neferir-tenef, donné par le baron E. Empain, fait revivre par ses reliefs la civilisation de l’Ancien Empire, quand les grandes Pyramides étaient jeunes. Des objets d’art et de mobilier complètent la documentation relative à cette grande époque.
- Datant de la fin de l’Ancien Empire, un petit groupe de lutteurs est célèbre. La statuette du tireur d’épine (fig. 2) mérite de le devenir. On sait que ce sujet fut repris dans l’art gréco-romain et à 1# Renaissance.
- Au Moyen Empire des statuettes et de beaux bas-reliefs (fig. 3) appartiennent aux arts, tandis que l’archéologie se fait vivante en nous montrant les modèles en bois trouvés dans les tombes. Modèles de maisons, de bateaux, de boucheries, etc., toute la vie égyptienne entre la VIe et la XIIIe dynastie est devant nous. En outre non seulement les vitrines abritent des objets du mobilier funéraire, mais un tombeau de l’époque des Hycksos, trouvé intact, a même été reconstitué.
- Le Nouvel Empire, dont tous les musées offrent de nombreuses antiquités, est particulièrement bien repré-
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- sente. Parmi les sculptures les plus marquantes citons : une tête d’Amon en bois peint et une autre tête du même dieu en granit, sous les traits du fameux pharaon Tout-ankh-amon; un ravissant portrait en albâtre d’Amé-nophis IV; une tête de prince de la XIXe dynastie; le fin bas-relief, arraché par les fellahs au tombeau d’Ou-serhat à Thèbes, montrant le charmant profil de la reine Tiyi (fig. 4) femme d’Amenophis III.
- On remarque aussi plusieurs peintures, des esquisses (fig. 5) d’un caractère très vivant, et les belles enluminures du Livre des Morts de Nefer-Renpet (fig. 6).
- Les arts décoratifs figurent en riches séries : vases en pierre, poteries peintes, vases en faïence au gracieux calice en forme de fleur, vase en verre multicolore provenant des fouilles d’Amarna. Des objets de toilette, en
- Fig. 4. — La reine Tiyi.
- bois, d’une rare élégance : un peigne dont le manche est formé par un bouquetin et un autre par un léopard, une cuiller à fard à décor incisé (fig. 7).
- Les relations de l’Egypte avec les pays de l’Asie occidentale sont évoquées par plusieurs objets intéressants et par deux pièces, rarissimes : une des célèbres lettres d’El Amarna (correspondance diplomatique d’Améno-phis III en langue babylonienne et caractères cunéiformes) et un buste sculpté portant une inscription du Sinaï (l’un des onze exemplaires connus de ces caractères qui sont peut être l’origine de notre alphabet).
- Parmi les inscriptions égyptiennes, il faut citer le Papyrus Léopold IL II contient l’histoire d’un procès politique qui témoigne de mœurs singulièrement modernes (x).
- 1. Voir l’article de M. Moret dans la Revue des Deux Mondes, du 1er déceinbfe 1935.
- Fig. 3. — L’offrande au dieu Amon,
- Il n’était pas possible de transporter dans le musée les fragiles parois peintes d’un hypogée de Thèbes, comme on l’avait fait pour les parois sculptées du mastaba de Memphis. Une copie, due au talent de Mlle Baud, fait refleurir ici les couleurs gaies et vives d’un vieux tombeau à moitié ruiné. Les diverses scènes de la vie et des funérailles du propriétaire se déroulent en longues théories.
- Comme le défunt, Nakht, était « Jardinier des offrandes d’Amon » on a figuré des vergers, des jardins, des champs et des scènes de jardinage. On voit, en outre, plusieurs porteurs d’offrandes présentant de grands bouquets.
- Les périodes dites de Basse Epoque (depuis la XXIe dynastie) ont de nombreux témoins : sculptures, bronzes, figurines funéraires, terres-cuites, faïence émaillée, beaux modèles de sculpteur (fig. 8), portraits de momie d’époque romaine, antiquités diverses du Soudan égyptien. Mentionnons aussi une inscription rédigée en partie en « mots croisés ».
- Enfin l’on voit, dans la salle copte, la momie dite ’« de la brodeuse », provenant d’Antinoé. Près de cette
- Fig. 5. — Poisson (esquisse d’arliste).
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- Fig. 6. — Enluminure du papyrus de Nefer-Renpel.
- femme est déposé son métier à tisser et divers objets trouvés dans sa tombe.
- Tel nous apparaît, dans une rapide visite, le musée égyptien de Bruxelles. Le centre de recherches qui le complète en double la valeur.
- En février 1923, S. M. la Reine Elisabeth visitait le tombeau de Tout-ankh-amon qui venait d’être décou-
- Fig. 8. — Tête de lion, modèle de sculpteur en plaire, d'époque salle.
- vert. La vue des merveilles qu’il contenait intéressa profondément la souveraine qui, désireuse de favoriser des études dont elle comprenait tout l’intérêt, accorda son patronage à la création d’un institut scientifique : la « Fondation égyptologique reine Élisabeth ».
- Cet institut est indépendant du musée, bien qu’il ait son siège dans le même édifice, au Parc du Cinquantenaire, mais travaille en liaison étroite avec lui. Créé pour favoriser les études égyptologiques en Belgique, il n’a pas tardé à voir son rôle s’amplifier : savants, grand public intellectuel, universités et musées de 18 pays différents en font partie et utilisent ses ressources libéralement accessibles.
- Celles-ci comportent : la bibliothèque spéciale la plus riche du monde, un fichier renfermant plus de cent mille références, des archives photographiques contenant environ dix-huit mille épreuves sur papier et douze mille clichés à projection une collection de moulages.
- La Fondation a déjà organisé avec succès deux Congrès intei>-nationaux (en 1930 et 1935), des expositions et, chaque hiver, une série de conférences.
- Elle édite diverses publications s’adressant tantôt au public, comme les grands ouvrages illustrés de J. Capart et M. Wer-brouck, Thèbes et Memphis, ou l’album du musée égyptien de Bruxelles; tantôt aux spécialistes, comme La Science égyptienne.
- L'Arithmétique au Moyen Empire, par O. Gillain; Y Histoire des Institutions et du Droit privé de l'ancienne Egypte, de J. Pi-renne, ou les textes hiéroglyphiques réunis dans la Biblio-theca Ægyptiaca dont 6 volumes sont parus.
- Enfin un bulletin périodique, Fig. 7. — Cuiller à fard. la Chronique d'Egypte, permet à tous de suivre les progrès de
- l’égyptologie tant par le compte rendu des publications et des fouilles que par des articles divers.
- Le mot égyptologie est d’ailleurs pris ici au sens large, puisqu’une part considérable de cette revue est consacrée à l’Egypte de l’époque gréco-romaine.
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- L’importance de l’œuvre accomplie a été reconnue par tous les spécialistes. Le professeur Capart, devenu membre de l’Académie Royale de Belgique, a été appelé par l’Académie britannique et l’Institut de France à siéger au nombre de leurs membres correspondants étrangers en récompense d’une si féconde activité.
- Henry de Morant.
- (Photos Musées Royaux d’Arl et d’Histoire.)
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- LES VIEUX SAVANTS QUAND ILS ÉTAIENT JEUNES (1)
- LES CARRIÈRES SCIENTIFIQUES MOMENTANÉES
- Que l’on soit « né » savant comme l’on naît musicien ou poète, ou qu’on le soit devenu, ce qui, comme on l’a vu dans les chapitres précédents, est presque la règle générale, on le reste, généralement, toute sa vie et, même, l’amour de la science augmente avec le nombre des années jusqu’à extinction de chaleur vitale. On n’a, à cette règle, que peu d’exceptions à enregistrer et dues à des causes fortuites : la politique en particulier, ainsi qu’on a pu le constater chez Bailly et Condorcet, qui, tous deux, devaient d’ailleurs avoir une mort tragique assez exceptionnelle dans le monde scientifique (à part Lavoisier).
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- Jean=Sylvain Bailly (1736-1793) est surtout connu de tous comme homme politique, mais sa biographie doit prendre rang parmi celle des savants car, dans la première partie de sa vie, il occupa une place honorable parmi les astronomes. C’est en cette qualité qu’Arago (2) a prononcé son Eloge à l’Académie des Sciences dont il fut le Secrétaire perpétuel, éloge dont nous ne retiendrons que ce qui suit.
- Jean-Sylvain Bailly naquit à Paris en 1736; son père, Jacques Bailly, était garde des tableaux du roi, charge qui existait dans sa famille, obscure mais honnête, depuis plus de cent ans. Le jeune Sylvain ne quitta jamais la maison paternelle où il se forma lui-même, sous les yeux de ses parents, surtout de sa mère qui, quoique d’une valeur assez restreinte, veilla sur lui avec une ardente tendresse et lui enseigna les premiers éléments de l’instruction. Arago remarque que le développement de ses facultés offre des armes puissantes à qui voudrait soutenir que, dans ses premières habitudes, l’enfant cherche des contrastes. « Jacques Bailly avait un caractère léger et inappliqué. Le jeune Sylvain montra, dès le début, une raison forte et la passion de l’étude. L’homme fait trouvait un véritable élément dans une gaieté bruyante. L’enfant affectionnait le recueillement. Pour le père, l’isolement eût été mortel; sa vie, à lui, c’était l’agitation, des saillies, des entretiens épigrammatiques, des festins libres, les petits soupers de l’époque. Le fils restait seul des journées entières dans un silence absolu. Il savait se suffire à lui-même; jamais il n’eut besoin de rechercher la compagnie des camarades de son âge. Une grande sobriété était, à la fois, dans ses habitudes et dans ses goûts. Le garde des tableaux du roi dessinait à merveille, mais semble s’être peu occupé des principes de l’art. Son fils Sylvain fit de ces principes une étude profonde et fructueuse; il devint un artiste théoricien de première ligne, mais ne sut jamais dessiner, ni peindre. Il est peu de jeunes gens qui, tel jour donné, n’aient souhaité d’échapper aux regards scrutateurs de leurs parents. L’inverse arrivait dans la famille de Bailly. « Ne parlez pas à mon fils de cette peccadille, disait Jacques à ses domestiques et quelquefois à ses amis. Sylvain vaut mieux que moi; sa morale est d’une grande sévérité. Sous les formes les plus respectueuses, j’apercevrais dans son maintien un blâme qui m’affligerait. Je désire qu’il ne gronde même tacitement, même sans mot dire. » Les deux esprits se rencontrèrent en un seul point : dans le goût de la poésie, ou, si l’on aime mieux, pour la versification. Mais, là même, on aperçoit des différences : Bailly le père composait des chansons, de petites pièces, des parades qu’on jouait à la Comédie Italienne. Bailly le fils débuta, à seize ans, par un ouvrage
- 1. Voir La Nature depuis le n° 2808.
- 2. Œuvres complètes de François Arago, Tome II, Paris 1853. Bailly, biographie lue en séance publique, le 26 février 1844.
- sérieux et de longue haleine, par une tragédie intitulée Clotaire. Le sujet, puisé dans les premiers siècles de notre histoire, avait conduit Bailly, circonstance singulière et touchante, à raconter les tortures que la multitude séduite et barbare avait fait éprouver à un maire de Paris. L’ouvrage fut modestement soumis à un comédien, Lanoue, qui, tout en donnant à Bailly des encouragements flatteurs, le détourna franchement d’exposer Clotaire aux chances d’une représentation publique. Sur l’indication du comédien auteur, le poète adolescent prit Iphigénie en Tauride pour sujet de sa seconde composition. Telle était son ardeur qu’au bout de trois mois il avait déjà tracé le dernier vez’s du cinquième acte de la nouvelle tragédie et qu’il courait à Passy pour solliciter la décision de l’auteur de Mahomet IV. Cette fois Lanoue crut apercevoir que son confiant ami n’était pas appelé à la carrière du théâtre et il le lui déclara sans ménagements. Bailly écouta la sentence avec plus de résignation qu’on ne pouvait attendre d’un jeune homme dont l’amour-propre naissant recevait un si rude échec. Il jeta même incontinent ses deux tragédies au feu. »
- Cet échec contribua néanmoins à le jeter dans la carrière des sciences. M. de Moncarville offrit de lui enseigner les mathématiques en échange de leçons de dessin que de Moncarville fils recevait du garde des tableaux du roi. L’arrangement étant conclu, les progrès de Sylvain Bailly dans ses nouvelles études furent brillants et rapides.
- Bailly fit, ensuite, la connaissance de Lacaille et de Clairaut qui l’aiguillèrent vers l’astronomie, où il entra avec une grande ardeur et sans qu’aucune transition l’y eût préparé, mais il devait, plus tard, pour son malheur, faire de la politique et devenir maire de Paris, ce qui le conduisit... à l’échafaud, jouant ainsi, lui-même, sa dernière tragédie.
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- Comme Bailly, Jean=Antoine=Nicolas Caritat de Con= dorcet (1743-1794), qui devait s’empoisonner pour échapper à l’échafaud, est plus connu sous le point de vue politique (et philosophique) qu’au point de vue scientifique, mais ses incursions dans la science et, plus spécialement, dans les mathématiques, ne sont pas négligeables (pour l’époque) comme le montre sa nomination, en 1769, à l’Académie des séiences, dont il devint, plus tard, Secrétaire perpétuel.
- Il était né en Picardie dans la petite ville de Ribemont. D’après ce qu’en dit Arago (1), son père, M. Caritat, capitaine de cavalerie, originaire du Dauphiné, était le frère cadet du prélat qui fut évêque de Gap, d’Auxerre et de Lisieux et avait aussi d’étroites liaisons de parenté avec le cardinal de Bernis et le fameux archevêque de Vienne, M. d’Yse de Saléon qui, encore évêque de Rodez, fit tant parler de lui pendant le concile d’Embrun. Condorcet atteignait à peine sa quatorzième année quand il perdit son père. La veuve du capitaine Caritat était d’une dévotion très . ardente. Elle imagina qu’un moyen infaillible de soustraire son fils unique aux premiers dangers de l’enfance serait de le vouer à la Vierge et au blanc. Aussi Condorcet porta, pendant huit années, le costume de jeune fille. Cette circonstance au moins bizarre, en lui interdisant les plus efficaces des exercices gymnastiques, nuisit beaucoup au développement de sa force physique; elle l’empêcha aussi de suivre les cours publics, où il aurait été le point de mire des espiègleries de ses camarades, non en jupe, eux. Quand la onzième année fut venue, l’évêque de Lisieux confia son jeune neveu aux soins d’un des membres de la Société célèbre autour de laquelle commençait
- 1. Œuvres de François Arago, Tome II. Paris, 1854.
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- •déjà à gronder l’orage. Mme Caritat de Condorcet, dans son amour maternel, assujettit l’enfance de son fds à des pratiques qui, sur plus d’un point, touchaient à la superstition. Le jeune Condorcet, dès qu’il ouvrit les yeux, se vit entouré d’une famille composée des plus hauts dignitaires de l’Eglise et d’hommes d’épée parmi lesquels les idées nobiliaires régnaient sans partage ; ses premiers guides, ses premiers instituteurs furent des Jésuites. Quel fut le fruit d’un concours si peu ordinaire ? En matière politique, le détachement le plus complet de toute idée de prérogative héréditaire; en matière religieuse, le ; cepticisme poussé jusqu’à ses dernières limites (Arago).
- A l’âge de treize ans, Condorcet remporta le prix de seconde dans l’établissement que les Jésuites avaient fondé à Reims. Deux ans plus tard, il commença, à Paris, ses études mathématiques au collège de Navai're. Ses succès furent brillants et rapides à un point qu’au bout de dix mois il soutint avec tant de distinction une thèse d’analyse très difficile que Clairaut, d’Alembert et Fontaine qui l’interrogeaient le saluèrent comme un de leurs futurs confrères à l’Académie. Un pareil horoscope émanant de personnages si éminents décida de l’avenir du jeune mathématicien. Malgré tout ce qu’il prévoyait de résistance de la part de sa famille, il résolut de se consacrer à la culture des sciences et vint s’établir à
- Paris chez un de ses anciens maîtres. C’était déjà un penseur profond. Le premier fruit des méditations auxquelles Condorcet se livra fut un ouvrage intitulé Essai sur le c-alcul intégral; l’auteur n’avait pas vingt-deux ans quand on le présenta à l’Académie. On ne sait comment et pourquoi Condorcet renonça à une carrière scientifique si bien commencée pour se jeter dans la politique et l’économie sociale. Tout ce que l’on peut dire c’est que, convaincu de bonne heure que l’espèce humaine est indéfiniment perfectible, « il regardait le soin de hâter ses progrès comme un des premiers devoirs de l’homme qui a fortifié sa raison par l’étude et par la méditation ».
- Il faut dire aussi qu’à cette époque, on considérait les mathématiques comme ayant donné tout ce qu’elles pouvaient donner et qu’elles devaient céder le pas à la chimie et à la physique qui offraient des ^richesses plus brillantes et d’une exploitation plus facile. « Il n’est pas impossible, écrivait Lagrange à d’Alembert, que les places de géométrie dans les académies deviennent un jour ce que sont actuellement les chaires d’arabe dans les Universités. » Singulier état d’esprit et Lagrange ne se doutait certainement pas qu’il devait conduire Condorcet à être désigné pour l’échafaud, dont il s’évada, non par la tangente, mais par le poison.
- Henri Coupin.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- ÉPURATION DES EAUX RÉSIDUAIRES PAR LA PAPAÏNASE
- Les eaux résiduaires des agglomérations urbaines posent partout un des problèmes d’hygiène publique les plus difficiles à résoudre. On s’en débarrasse par l’épandage, on les épure par filtration ou par fermentation bactérienne, avant de les rejeter, pour ne pas trop polluer les nappes et les cours d’eau.
- Certaines eaux, provenant des industries traitant les sous-pro-duits et les déchets d’abattoirs, les cadavres d’animaux, l’équarrissage, les peaux, sont particulièrement infectes et forment un bouillon de culture dangereux, putride, malodorant, qui pollue et graisse les égouts, les ruisseaux, les prairies.
- Certaines régions en aval des cités où l’on pratiquera tannerie, le mégissage, la préparation des cornes et des engrais d’origine animale deviennent inhabitables et même infertiles, d’où réclamations et procès incessants.
- L’épuration chimique parla chaux et le sulfate de fer est insuffisante. M. Georges Brooks vient de proposer une autres solution qu’il décrit dans les Annales d’hygiène publique, industrielle et sociale. Elle consiste à ajouter aux eaux résiduaires un ferment végétal extrêmement actif, la papaïnase. Ce ferment résiste bien aux hautes températures, jusque vers 90°; il provoque une hydrolyse brutale, rapide, si bien que des eaux impossibles à filtrer et à clarifier, véritables gelées organiques, laissent déposer après peu de temps une boue compacte d’où transsude une eau faiblement chargée en matières organiques.
- M. Brocks indique qu’une dose de 5 kgs de papaïnase suffit à épurer en 20 minutes 10 mètres cubes d’eaux résiduaires fortement chargées de colloïdes.
- 11 est à souhaiter que cette méthode soit bientôt mise au point et largement employée.
- AVEZ-VOUS DES BAMBOUS DANS VOTRE JARDIN?
- Introduits en Europe il y a moins d’un siècle, les bambous l’ont été mieux au titre curiosité ou ornemental qu’en vue d’en tirer profit. Économiquement parlant, leur valeur n’est cependant pas à dédaigner. « Nulle part ailleurs leur rôle n’est aussi important dans la vie humaine qu’en Extrême-Orient » (A. Piédallu).
- Comme cet auteur et dès 1930 nous avons pour notre part à diverses reprises préconisé leur culture pour fixer les berges de rivières à régime torrentiel de chez nous.
- Une fois intallées, les touffes de bambous font des tiges en quelques ours « On les voit pousser ». C’est vers 3 et 4 ans que le bois peut être récolté pour utilisation.
- Graminées vivaces au port élégant et parfois, selon les variétés, de très fortes tailles (1) les bambous, même dans leur aire botanique, fleu-
- 1. Visiter les domaines de Générargues (Gard) et de Gléan (Aude).
- rissent à leur heure après plusieurs décades, en vertu de certains mystères— conditions totales voulues-—et cela pour chaque variété, tous à la fois, au travers d’un pays.
- C’est ainsi que le Nigra s’est mis à fleur en France en 1932. Ce fut pour cette variété un désastre car la reprise reste lente, incertaine. A cette heure (avril-mai 1936) voici qu’à leur tour les Métis et encore les Ayrea si répandus,fleurissent. Les feuilles sèchent, les touffes dans l’ensemble prennent ligure triste. Tout va périr. Hâtez-vous de recéper les tiges sèches au ras du sol et cela sans hésiter. Recouvrez largement le sol de terreau riche, additionné de fumier consommé. En cours de route arrosez copieusement. Sinon il ne vous restera que les yeux pour pleurer vos bambous disparus... Roger Ducamp.
- VERNIS NOIR POUR GRADUATIONS
- Les graduations émaillées, d’un grand intérêt dans beaucoup de cas au laboratoire, ne sont pas très répandues en raison de leur prix légèrement plus élevé et on emploie encore couramment la graduation noircie au vernis mat qui devient rapidement illisible, le vernis disparaissant très vite. On sait, par exemple, comme la lecture des thermomètres et des burettes devient rapidement pénible et fastidieuse. Un nouveau vernis vient d’être mis au point pour remettre aisément en noir les graduations effacées. Son mode d’emploi est aisé et sa tenue à l’eau, aux solvants et à différents agents chimiques est très satisfaisante. En outre, par un simple étuvage pendant une heure ou deux à 200°, la nouvelle graduation acquiert une solidité comparable à celle de l’émail.
- Des vernis rouges, verts et blancs de mêmes propriétés peuvent être livrés sur demande, par le même fournisseur, Prolabo, 12, rue Pelée, Paris 11e.
- BOUCHON DE CAOUTCHOUC PERCÉ DE HOUGH
- On sait la difficulté éprouvée à passer un tube de verre ou un thermomètre par le trou d’un bouchon de caoutchouc; quand il s’agit de les en retirer après un certain temps, le caoutchouc s’est généralement collé au verre, et il y a de très fortes chances de casse. Enfin, quand un premier trou a été percé, il est bien difficile de l’agrandir correctement pour y loger un plus gros tube.
- Le bouchon percé de Hougli, dont la coupe indique clairement le principe, ne présente aucun de ces inconvénients. Le trou a un diamètre plus petit aux extrémités; de cette manière, les tubes ou baguettes qui le traversent sont serrés seulement entre deux diaphragmes souples qui leur permettent de glisser tout en réalisant un très bon joint; l’adhérence est moindre et le bouchon peut recevoir, sans que le montage en soit difficile, des tubes de diamètres assez variés.
- En vente, chez Prolabo, 12, rue Pelée, Paris 11e.
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- LA VOUTE CÉLESTE EN JUILLET 1936 (x)
- Voici le programme astronomique du mois de juillet : le 4, éclipse partielle de Lune... invisible en France. Les 14 et 15, la lumière cendrée de la Lune. Le 7, le début de la chute des Perséides. Un grand nombre de conjonctions de planètes avec la Lune et des étoiles et, également, un grand nombre de phénomènes du système des satellites de Jupiter. Mais ce qui reste surtout l’événement céleste le plus important à suivre, au début du mois, c’est la réapparition de l’anneau de Saturne (entre le 1er et le 7). Surveiller également, le 12 et le 28, le passage de Titan et de son ombre sur le globe de Saturne. Ces observations sont essentiellement de celles que peuvent faire des amateurs possédant des lunettes assez puissantes : 81mœ et mieux 95mm et 108mm.
- I. Soleil. — Le Soleil, en juillet, commence à se rapprocher de l’équateur. Sa déclinaison, de + 23s7 le 1er, tombera à + 18°15' le 31. La durée du jour diminue de près de une heure au cours de ce mois : de 16*3“ le 1er elle ne sera plus que de 15*6“ le 31 : ces chiffres se rapportent à Paris.
- Voici le temps moyen à midi vrai, ou heure du passage du Soleil au méridien de Paris, de deux en deux jours. Pour les jours intermédiaires, une simple interpolation suffit pour avoir le temps propre à
- Lumière zodiacale-, lueur anti-solaire. — Ces deux phénomènes sont pratiquement inobservables, en France, au cours du mois de juillet.
- 11. Lune. — Les phases de la Lune pendant ce mois-ci se produiront comme suit :
- P. L. le 4, à 17*35“ I). Q. le 11, à 16*28“
- N. L. le 18, à 15*19* P. Q. le 26, à 12*36*
- une seconde près.
- Date. Heure du passage.
- Juillet 1er ll*54“18s
- — 3 11 54 41
- — 5 11 55 2
- — 7 11 55 22
- — 9 11 55 40
- — 11 11 55 57
- — 13 11 56 12
- — 15 11 56 26
- — 17 11 56 37
- — 19 11 56 47
- — 21 11 56 54
- — 23 11 56 58
- — 25 11 57 1
- — 27 11 57 1
- — 29 11 56 58
- — 31 11 56 53
- Age de la Lune, le 1er juillet, à 0* (T. U.) = 11J8; le 19 juillet même heure = 0>4. On sait que pour voir l’âge de la Lune à une autre date du mois, il suffit d’ajouter aux nombres ci-dessus 1 jour par jour écoulé depuis le 1er ou le 19.
- Plus grandes déclinaisons de la Lune en juillet : le 2, à 21* = — 24°19'; le 15, à 21*= + 24°18'; le 30, à 6* = — 24°16'.
- On remarquera la très faible hauteur de la Lune au-dessus de l’horizon le 2 juillet vers 22*; le 3 juillet, vers 23* et le 30 juillet vers 21*; ces heures correspondent à peu près au moment du passage de la Lune au méridien de Paris.
- Périgée de la Lune (plus petite distance à la Terre) le 11 juillet, à 21*. Parallaxe = 59'19". Distance = 369 674 km.
- Apogée de la Lune (plus grande distance à la Terre) le 25 juillet à 15*. Parallaxe = 54T4". Distance = 404 324 km.
- Fig. 1. — Marche de la planète Uranus à travers la constellation du Bélier du 1er mai (M) 1936 au 1er Janvier (J) 1937.
- Tracer sur une carte céleste le rectangle s’étendant de 2 h 8 m à 2 h 32 ni d’ascension droite et de + 11° à + 13° de déclinaison. Le repérer sur le ciel avec une bonne jumelle.'Ensuite, rechercher les étoiles qui figurent sur notre petite carte. On identifiera ensuite Uranus ce qui sera facile vu son éclat de 6e magnitude.
- Observations physiques.—Voir aux nos 2974 et 2968 ce que nous avons écrit à ce sujet. Observer, chaque jour de beau temps, la surface solaire.
- Voici les éphémérides permettant d’orienter les dessins et les photographies du Soleil :
- Dates
- Bo
- Occultation d’étoiles par la Lune. — Le 27 juillet, occultation de 47 G. Balance (6“1); immersion à 20*43“.
- Éclipse partielle de Lune. — Le 4 j uil-let, une petite éclipse de Lune, de grandeur maximum 0,272 (le diamètre lunaire étant égal à un) se produira dans l’après-midi. Cette éclipse sera invisible à Paris. Le commencement sera visible dans l’Océan Antarctique, dans l’océan Indien, à l’Ouest et au Sud-Ouest de l’océan Pacifique, en A sie (sauf dans l’Extrême-Nord) et au Sup et à l’Est de l’Afrique.
- La fin sera visible au Sud-Est de l’océan Atlantique, en Afrique, à l’Est de l’Europe, en Asie, en Australie, dans l’océan Antarctique, dans l’océan Indien et au Sud-Ouest et à l’Ouest de l’océan Pacifique. Voici les heures des phases :
- Entrée de la Lune dans la pénombre.............14*58“,3
- Entrée dans l’ombre.............................. 16 26, 3
- Milieu de l’éclipse.............................. 17 24, 9
- Sortie de l’ombre................................ 18 23, 7
- Sortie de la pénombre.............................19 51, 6
- 1936 Juillet 5 — 0°,94 + 3°, 38 87°, 99
- — — 10 + lo,34 + 3°,91 21°,82
- — — 11 + lo,79 + 4°, 01 8°,58
- — — 15 + 3°,58 + 4°, 40 3150,65
- — — 20 + 5°,79 + 4°,86 249°,49
- — 20 + 7°,94 + 5°, 29 183o,34
- — — 30 + 10°,01 + 5°,69 117°,21
- 1. Toutes les heures figurant au présent «Bulletin astronomique » sont exprimées en Temps universel (T. U.) compté de 0 h à 24 h, à partir de 0 h (minute). Pour la définition du Temps universel, se
- A Paris, la Lune se lèvera à 19* 51“, juste au moment de la sortie de la pénombre.
- Lumière cendrée de la Lune. — A observer le 14 et surtout le 15 juillet, au matin, avant l’arrivée de l’aürore.
- . Marées, Mascaret. — Les plus grandes marées du mois se
- reporter au n° 2964, du 1er novembre 1935, p. 407. L'heure d'été étant actuellement en service, ajouter 1 heure à toutes les heures données ici pour qu’il y ait concordance entre les indications des horloges et la production des phénomènes.
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- produiront surtout à l’époque de la pleine Lune du 4 juillet. Elles seront assez faibles, le coefficient maximum étant seulement de 88 centièmes les 7 et 8 juillet. Par suite, le mascaret n’est pas annoncé ce mois-ci.
- III. Planètes. — Le tableau suivant, que nous allons dresser à l’aide des données de Y Annuaire astronomique Flammarion, contient tous les renseignements utiles pour rechercher et observer les planètes principales pendant le mois de juillet.
- Nous prions les observateurs de se reporter à la page 423 du dernier « Bulletin ». Il faudra donc surveiller la réapparition de l’anneau de Saturne du l6r vau 10 juillet. Les instruments de moyenne puissance seront préférables pour cette observations
- Voici les éléments de l’anneau pour le 17 juillet :
- Grand axe extérieur............................... 41",39
- Petit axe extérieur...............................+ 0",09
- Hauteur de la Terre au-dessus du plan de l’anneau -f- 0° 13
- Hauteur du Soleil au-dessus du plan de l’anneau, -j- 2° 43
- ASTRE Date : Juillet. Lever à Paris. Passage au méridien de Paris. Coucher à Paris. Ascen- sion droite. Déclinai- son. Diamètre apparent1 Constellation et étoile voisine. VISIBILITÉ
- 1 er 3» 53“ 11*54“188 19*56» 6*41“ + 23° 7 31'30",7 Gémeaux
- Soleil. . . . 11 4 1 11 55 57 19 51 7 22 + 22 6 31 30 ,9 Gémeaux ' )>
- 23 4 14 11 56 58 19 40 8 11 + 20 4 31 32 ,3 Cancer
- 11 2 51 10 55 18 59 6 17 + 23 9 5 ,6 Gémeaux
- Mercure . . 23 4 0 11 55 19 49 8 4 + 21 57 5 ,0 Cancer Inobeservable.
- 11 4 12 12 11 20 9 7 34 + 22 36 9 ,8 Gémeaux
- Venus . . .< 23 4 44 12 26 20 7 8 37 + 19 51 9 ,8 o Cancer j Inobservable.
- 11 3 13 11 19 19 25 6 44 + 23 52 3 ,6 Gémeaux i
- Mars. . . . ^ 20 3 5 11 6 19 7 7 19 + 23 7 3 ,6 S Gémeaux i Inobservable.
- i ii 17 19 21 32 1 48 17 0 — 22 14 41 ,8 6 Ophiuchus
- Jupiter. . . 23 16 28 20 41 0 57 16 56 — 22 11 40 ,8 ô Ophiuchus Presque toute la nuit.
- 11 22 27 4 11 9 51 23 36 — 4 56 16 ,4 30 Verseau
- Saturne . . 23 21 39 3 23 9 2 23 35 — 5 5 16 *6 30 Verseau Seconde partie de la nuit.
- Uranus. . . 29 22 39 5 53 13 3 2 29 + 14 12 3 ,4 Bélier Seconde partie delà nuit.
- Neptune . . 29 7 55 14 29 21 3 11 6 + 6 49 2 ,4 y Lion Inobservable.
- Mercure se trouvera en conjonction supérieure avec le Soleil, le 24 juillet, à 3*. Il sera inobservable pendant tout le mois.
- Vénus s’est trouvée en conjontion supérieure avec le Soleil le 29 juin. Elle sera également inobservable pendant tout le mois de juillet.
- Mars est également inobservable, trop près du Soleil avec lequel il s’est trouvé en conjonction le 11 juin.
- Jupiter est encore bien placé pour être observé, se couchant après minuit (l’opposition a eu lieu le 10 juin dernier).
- Cette planète est l’une des plus intéressantes et des plus faciles à observer à l’aide des instruments de moyenne puissance.
- Une bonne lunette de 0m108 permet d’entreprendre une étude détaillée de la surface. On sait que celle-ci est traversée par des bandes nuageuses très caractéristiques, visibles dans la plus petite longue vue.
- La planète est entourée d’un cortège de neuf satellites Les quatre plus gros découverts par Galilée, les 7 et 13 janvier 1610 sont visibles dans les plus petits instruments et avec une bonne jumelle. Ils donnent lieu dans leur révolution autour de Jupiter à une série de phénomènes très curieux à observer et dont nous donnons la liste pour ce mois-ci.
- Saturne est bien visible en ce moment. C’est la planète la plus curieuse à observer actuellement, surtout dans les premiers jours de juillet, elle apparaîtra sans anneau. Comme nous l’avons exposé au précédent « Bulletin astronomique », le plan de l’anneau passera par la Terre du 28 juin au 2 juillet.
- Phénomènes du système des satellites de Jupiter.
- Date : Juill. Heure. Satel- lite. Phéno- mène. Date : Juill. Heure. satel- lite. Phéno- mène.
- 4 22*17“ II P. c. 14 20*19“ I p. f.
- 4 22 28 III O. f. 14 21 6 I O. f.
- 4 23 23 II O. c. 19 0 25 III P. c.
- 5 0 43 I Im. 20 21 22 II Im.
- 5 0 53 II P. f. 20 22 42 I Im.
- 5 21 54 I P. c. 21 20 48 I Oc.
- 5 22 29 I O. c. 21 22 7 I P. f.
- 6 0 6 I P. f. 21 23 1 I O. f.
- 6 0 42 I O. f. 22 20 15 I E. f.
- 6 20 36 II E. f. 22 20 28 II O. f.
- 6 21 58 I E. f. 22 20 35 III E. f.
- 11 20 58 III P. c. 27 23 45 II Im.
- 11 23 31 III P. f. 28 21 43 I P. c.
- 11 23 47 III O. c. 28 22 43 II O. c.
- 12 0 34 II P. c. 29 20 22 III Em.
- 12 23 40 I P. c. 29 20 24 II O. c.
- 13 0 24 I O. c. 29 21 2 II P. f.
- 13 20 55 I Im. 29 21 49 III E. c.
- 13 23 14 II E. f. 29 22 10 I E. f.
- 13 23 52 I E. f. 29 23 3 II O. f.
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- Saturne sera stationnaire le 3 juillet, à 17*'.
- Voici maintenant les élongations de Titan, le plus lumineux des satellites de Saturne :
- Date. Elongation. Heure,
- 1936 juillet 8 orientale 10-3
- — — 16 occidentale 13 8
- __ 24 orientale 8 7
- On a vu que lorsque le plan des anneaux passe à proximité de la Terre, on assiste au passage de Titan et de son ombre sur le disque de Saturne. Ces passages ont lieu le 4e jour après l’élongation orientale. On devra donc surveiller particulièrement Saturne vers le 12 juillet et vers le 28 juillet dans l’espoir d’observer ces curieux passages de Titan et de son ombre.
- Nous recevrons avec intérêt les observations que l’on voudra bien nous faire parvenir, comme nous l’avons indiqué le mois dernier.
- Uranus est bien visible en ce moment. On pourra le trouver avec une bonne jumelle au moyen des positions que nous donnons au Tableau des Planètes en reportant sur une bonne carte ces positions pour juin et pour juillet et même à l’aide de la petite carte de la ligure 1.
- Neptune s’achemine vers sa conjonction avec le Soleil. Il sera inobservable ce mois-ci.
- /V. Phénomènes divers. — Conjonctions
- Le 2, Le 10, Le 13, Le 15, Le 17, Le 18, Le 19, Le 21, Le 22, Le 25, Le 29, Le 31,
- à 18“, Jupiter en conjonction avec la Lune à 2° 1' N. à 1-, à 5“ à 17“, à 20-, à 20\
- à 4", à 7-, à 17\ à 19-, à 23-, à 9",
- Saturne Uranus Mercure Mars Mercure V énus Vénus Neptune Mercure Jupiter Mercure
- à 7° 59' S. — à 4“ 55' S.
- avec Mars, à 0° 13’ S.
- avec la Lune, à 1° 54' N.
- à 2° 23' N.
- avec T) Cancer (5m5),
- — la Lune
- — Tj Cancer (5m5),
- — la Lune,
- — 83 Cancer (6m4)
- à 3° 42' N. à 0» 20' S. à 6“ 32' N. à0° 9'N. à 2» 3' N. à 0° 12' S.
- Etoile Polaire: temps sidéral. — Voici quelques passages de l’étoile Polaire au méridien de Paris :
- 525
- Date. Passage. Heure. Temps sidéral à 0- (T. U.) pour le méridien de Greenwich.
- Juillet 9 Supérieur 6-23“n 7e 19- 7m 1°
- — 19 — 5 44 19 46 26
- — 29 — 5 4 54 20 25 52
- Etoiles variables. — Minima d’éclat (visible à l’œil nu) de l’étoile Algol (fi Persée), variable de 2m, 2 à 3m,5 en 21 20- 48“ : le 2 juillet, à 1“ 51m; le 22, a 3- 32m; le 25, à O” 21™.
- Le 1er juillet, maximum d’éclat de R Grande Ourse, variable de 5m 9 à 13m 6, en 299 jours.
- Le 21 juillet, maximum d’éclat de R Andromède, variable de 5m 6 à 14“ 7, en 407 jours.
- Etoiles filantes. — Il faut signaler surtout le début, vers le 7 juillet, de la chute des Persêides-, cct essaim donne des météores pendant plus d’un mois. Au début, le radiant se trouve vers l’étoile o Cassiopée. Peu à peu, il se déplace vers Persée et, à la fin de la chute, il se trouve dans la constellation de la Girafe.
- Voici, d’après l'Annuaire du Bureau des longitudes, le tableau des radiants que l’on devra surveiller au cours du mois de juillet.
- Époque. Ascension droite. Déclinaison. Etoile voisine.
- Juillet 23 au 25 48° + 43° (1 Persée
- — 25 au 28 325° + 26° i Pégase
- — 26 au 29 342° — 34° 3 Poisson austral
- — 27 7° -|- 32° o Andromède
- ' — 27 au 30 341° — 13° o Verseau
- 27 au 31 29° -b 36° fl Triangle
- — 31 310° + 44° a Cygne
- Le radiant des Aquarides | [o Verseau) donne, du 27 au 30,
- des météores lents , à longues trajectoires.
- V. Constellations. — L’aspect de la voûte céleste le 1er juillet à 23-, ou le 15 juillet à 22- est le suivant :
- Au Zénith : le Dragon; la Lyre; Hercule.
- Au Nord : la Petite Ourse; Cassiopée; Andromède. Le cocher est à l’horizon nord.
- A l’Est : le Cygne; l’Aigle; le Dauphin; Pégase; le Verseau; les Poissons.
- Au Sud : le Sagittaire; le Scorpion; Ophiuchus.
- A l’Ouest : la couronne boréale; le Bouvier; le Serpent; la Vierge se trouve à l’horizon occidental.
- Em. Touciiet.
- POUR TOURNER L’ALUMINIUM SANS COPEAUX ADHÉRENTS
- Quand on travaille un métal au tour, il se forme sous l’outil un copeau qui, souvent, ne se détache pas de la surface travaillée; c’est comme un long cheveu qui se développe et s’étend autour de l’outil; ces copeaux adhérents gênent le travail; l’aluminium ordinaire est dans la catégorie des métaux qui donnent de ces longs copeaux.
- Iron Age signale que Y Aluminium C° d’Amérique vient de remédier à cet inconvénient; on a constaté que la présence
- simultanée dans le métal de diverses impuretés en faibles proportions permet d’obtenir un métal se prêtant bien au travail du tour.
- Parmi les éléments susceptibles de produire cet effet, on a choisi le plomb et le bismuth qui n’altèrent que fort peu les autres propriétés mécaniques du métal.
- Le problème a donc été résolu en réalisant des alliages contenant une certaine proportion de ces deux corps.
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-
- —.. ! L’AUTOMOBILE PRATIQUE ==-.
- NOUVEAUTÉS TECHNIQUES - CONSEILS PRATIQUES
- UN SYSTÈME DIFFUSANT SIMPLE POUR CARBURATEUR
- La plupart des systèmes préconisés pour obtenir une économie d’essence par un effet purement mécanique, et par simple addition à un carburateur ordinaire, sont des dispositifs qui permettent d’obtenir un mélange carburant plus homogène par un meilleur brassage des courants gazeux.
- A ce point de vue, le dispositif très simple représenté sur la figure 1 paraît particulièrement intéressant. Il est constitué, en effet, par un bloc de bronze d’une épaisseur de 17 mm percé d’ouvertures tronconiques à orifices calculés et à inclinaison étudiée pour obtenir une pulvérisation aussi complète que possible.
- Cette bride est simplement disposée sur la tuyauterie d’admission, le gros diamètre de l’orifice central du côté du carburateur, entre deux joints ordinaires.
- luya^erî^
- d'admission
- "Mélange gazeux, homogène
- Carburateur
- Fig. 1. — Bride diffusante de carburation et son montage. (Appareil A. Denis).
- ACCUMULATEURS DE DÉMARRAGE CADMIUM-NICKEL
- On connaît le principe des accumulateurs à électrolyte alcalin du type fer-nickel. Extrêmement robustes, ils peuvent supporter un courant de décl^arge très intense sans inconvénient. Il existe également des accumulateurs alcalins cadmium-nickel à bac métallique et faible résistance intérieure. Us se prêtent particulièrement aux démarrages énergiques et répétés.
- D’autre part, ils se rechargent plus aisément que les éléments fer -nickel ordinaires, ce qui constitue un avantage pour les automobiles de tourisme:
- Ces batteries dites « bloc-acier » à cause de leur construction entièrement métallique se distinguent des batteries ordinaires de démarrage par une grande robustesse et une longue durée.
- Les matières actives sont enfermées dans les pochettes en acier, ce qui évite les dangers de court-circuit et le gondolement des plaques; l’emploi de l’électrolyte alcalin supprime la sulfatation et la corrosion; le système est insensible aux surcharges et aux basses températures et conserve d’une manière satisfaisante, la charge au repos. Au point de vue électrique, grâce à sa résistance intérieure très faible, l’accumulateur peut fournir de forts débits sans chute de tension sensible; la constance de la capacité à tous les régimes de décharge rend enfin possible un très grand nombre de démarrages successifs.
- Les matières actives, c’est-à-dire l’hydrate de nickel pour les plaques positives et l’hydrate de cadmium pour les plaques négatives, sont enfermées et fortement comprimées dans de petites boîtes en feuilles d’acier nickelé très finement perforées, dites « pochettes ».
- Une plaque d’éléments est constituée par un certain nombre de pochettes serties à la presse dans une monture en acier et
- Fig. 2. — Accumulateur cadmium-nickel dit « Bloc-Acier S. A. F. T. ».
- les plaques de même polarité sont assemblées par soudure autogène sur une barrette en acier portant la tige polaire également en acier (fig. 2).
- Les deux jeux de plaques sont emboîtés l’un dans l’autre de manière à faire alterner la polarité, l’isolement étant assuré par des baguettes d’ébonite.
- Le bloc constitué par les plaques est introduit dans un bac en tôle d’acier fermé par un couvercle également en acier soudé à l’autogène.
- Les tiges polaires traversent le couvercle; l’isolement et l’étanchéité sont réalisés par un presse-étoupe en ébonite et en caoutchouc maintenu serré par un écrou en acier.
- L’électrolyte est une solution de potasse caustique chimiquement pure dans l’eau distillée qui ne réagit ni sur les matières actives, ni sur leur support.
- Fig. 3. — Courbe de décharge d’une batterie Bloc-Acier de 24 volts, 100 ampères-heure, alimentant un démarreur (Périodes de 30 sec de décharge suivies de 30 sec de repos)
- Temps en minutes
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- Ges batteries subissent des essais extrêmement rigoureux au point de vue électrique, et sont soumises avant leur sortie d’usine à une décharge correspondant à 4 fois leur capacité. Cette opération est prolongée 9 minutes; c’est, en effet, cette intensité qui est exigée, la plupart du temps, des batteries pour le lancement des moteurs.
- Ces batteries présentent le très grand avantage d’avoir en décharge rapide presque la même capacité qu’en décharge lente; après une longue période de repos, sans recharge, on ne constate pas de diminution importante de capacité (ûg. 3).
- Leurs qualités sont également remarquables en hiver; la batterie de démarrage doit alors fournir un service très dur, et sa capacité diminue normalement en fonction de la température.
- Les batteries cadmium-nickel spéciales sont beaucoup moins sensibles à cette baisse de capacité; leur limite inférieure de température est de — 30°.
- POUR PLACER FACILEMENT UN ÉCROU
- Pour effectuer un nettoyage ou une petite réparation dans un endroit peu accessible du moteur ou de la carrosserie, on a souvent à monter et à démonter un écrou; et ce n’est pas toujours chose facile.
- On rend la manœuvre plus aisée en s’enduisant l’extrémité d’un doigt, par exemple du pouce, d’une couche suffisante d’une matière adhérente quelconque telle que du ciment pour réparation du caoutchouc, ou du mastic; l’écrou adhère assez solidement à la surface du doigt pour pouvoir être placé aisément à l’endroit nécessaire (flg. 4).
- LAMPE TÉMOIN D’ALLUMAGE
- Le courant primaire traversant la bobine d’allumage doit évidemment être interrompu lorsque le moteur est arrêté ; il
- Fig. 5. — Lampe témoin d'allumage.
- Fig.4.— Pour placer facilement un écrou.
- —• i:--:— .....——-........ 527 =
- arrive quelquefois que le moteur cale pour une raison ou pour une autre, et le courant n’est pas interrompu. Il arrive également, par suite d’une fausse manœuvre ou d’une cause accidentelle, qu’on ferme le circuit sans mettre en marche le moteur.
- Il est dangereux de laisser le courant traverser la bobine lorsque le moteur est arrêté; on risque de décharger la batterie et de détériorer les enroulements de cette bobine d’induction; il est donc bon de placer sur le tableau de bord une petite ampoule à incandescence de 6 v ou de 12 v suivant la tension de la batterie, et qui sert de lampe-témoin en indiquant si le circuit d’allumage est fermé ou non (fig. 5).
- Quand cette ampoule n’a pas été prévue par le constructeur,, il est facile de l’installer.
- UNE PRISE DE COURANT UTILE
- On a souvent besoin d’une lampe à incandescence baladeuse pour faire des vérifications ou de petites réparations pendant la nuit; cette petite lampe est simplement reliée, au moyen d’un câble assez long et d’une prise de courant, à la batterie d’accumulateurs de la voiture ; on se contente généralement d’établir une prise de courant sur le tableau de bord. Dans ces conditions, il est assez facile d’utiliser la baladeuse vers l’avant de la voiture, mais beaucoup plus malaisé d’effectuer une réparation à l’arrière ; il est donc pratique d’établir également des prises de courant à l’arrière de la voiture, et, autant que possible, à droite et à gauche, un peu au-dessus du marchepied. De cette manière, on pourra adapter facilement la lampe baladeuse et s’en servir utilement (fig. 6). L. Picard.
- Adresses relatives aux appareils décrits :
- Bride diffusante, G. Jutard, 7, rue des Marronniers, à Caudéran..
- Accumulateurs S. A. F. T., route de Meaux à Romainville (Seine)..
- Fig. 6. — Prise de courant arrière pour baladeuse.
- EST-IL UN OPTIMUM DE PECHE?
- On sait que l’impossibilité de chaluter dans la mer du Nord pendant la dernière guerre avait donné aux poissons un tel répit qu’on fit, après l’armistice, des pêches miraculeuses. Depuis, le chalutage s’est tellement accru que nombre et taille de poissons diminuent et qu’on se préoccupe de régler internationalement la pêche dans cette mer. C’est ainsi que M. Michaël Graham, utilisant les lois mathématiques de croissance des êtres vivants qu’on commence à bien connaître, et travaillant sur des statistiques de pêche qui donnent non seulement les quantités, mais les tailles et l’âge des poissons, vient de publier dans le Journal du Conseil permanent inter-
- national pour Vexploration de la mer, les conclusions auxquelles il est arrivé pour la morue, l’aiglefin et la plie qui forment plus de 60 pour 100 des prises. Il signale qu’une limitation temporaire de la pêche amènerait à pêcher ensuite des poissons plus vieux et plus gros; en élevant ainsi de deux ans et demi à trois ans et demi l’âge moyen des poissons capturés, on augmenterait de 13 pour 100 le poids des prises tout en gagnant 16 pour 100 sur les dépenses de pêche.
- Seulement les réglementations maritimes internationales, si elles sont possibles à édicter, sont d’application et de contrôle difficiles !
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- LIVRES NOUVEAUX
- Tables pour le calcul des séries de puissances d’une variable dépendant harmoniquement de deux variables, par G. Mc Farland. 191 p., 13 fig. University of California Press, Berkeley,California, 1935.
- Ce problème se rencontre assez souvent en physique et dans la science de l’ingénieur; un premier exemple est donné par l’étude des mouvements des systèmes mécaniques quasi périodiques. Un second exemple est le suivant : on a deux enroulements de fils autour d’un corps magnétique, on établit aux extrémités du premier enroulemet un voltage comprenant deux composantes de fréquences distinctes, on demande les amplitudes des composantes correspondantes du voltage aux extrémités de l’autre enroulement. Ces tables donnent rapidement les coefficients du développement de la fonction de la variable.
- Integralgeometrie (Géométrie intégrale), par W. Blaschke-Actualités scientifiques et industrielles. Hermann et Cie, Paris.
- Buffon avait posé en 1760 le problème suivant : sur un plan horizontal, où sont tracées des droites parallèles et équidistantes, je jette une aiguille au hasard. Quelle est la probabilité pour que l’aiguille traverse une des lignes ? La principale difficulté consiste à évaluer la probabilité pour qu’une figure géométrique ait une forme et une position comprises entre certaines limites; on est ainsi conduit à définir par des conditions d’invariance ce que l’on appelle la « densité de probabilité ». Ce fascicule est consacré à ces définitions dans des cas assez étendus de l’espace à n dimensions.
- Le champ électromagnétique,par Marc Jouguet, 1 vol. 220 p., 20 fig. Armand Colin, Paris 1936. Prix br. : 10 fr 50.
- M. Marc Jouguet expose l’ensemble des phénomènes électriques et magnétiques en adoptant, dès le début, le point de vue du champ électromagnétique. Analysant les faits importants, les idées théoriques essentielles, il les rattache étroitement aux principes fondamentaux exprimés par les équations de Maxwell et les présente sous l’aspect que doit leur donner la physique moderne à la suite des travaux de Lorentz et d’Einstein. Il fait appel aux conceptions atomistes chaque fois qu’elles peuvent être utiles à la représentation concrète des choses, mais il n’adopte ce point de vue que provisoirement et c’est toujours en dernier ressort, à l’échelle macroscopique qu’il envisage les phénomènes. Il consacre un dernier chapitre à la théorie de la relativité restreinte, à laquelle conduit naturellement l’analyse des phénomènes électromagnétiques.
- Spectres d’absorption visibles et ultra=violets des solu= tions, par M. Châtelet, 1 brochure, 24 pages, Hermann et CIe, Paris, 1933. Prix : 7 fr.
- L’auteur résume ici la technique de l’emploi de ces spectres au laboratoire de chimie.
- La corrosion en métallurgie, par le général G. Grard. 1 vol. in-8, 345 p. 59 fig., 3 pl. en couleurs. Berger-Levrault, Paris, 1937.
- Depuis la guerre, on n’a cessé, dans les divers pays, de se préoccuper de la rouille, de la corrosion des divers métaux : fers, aciers, aluminium, etc. De grands progrès ont été faits pour leur protection par des peintures, vernis, recouvrements, de plus en plus efficaces et durables. En France, le général Grard, président de la Commission de corrosion de l’Aéronautique, a conduit ces importantes recherches dont il donne ici les résultats. Après avoir rappelé les principes et les théories de la corrosion, il examine les causes qui se ramènent à l’hétérogénéité de la surface du métal et à la composition du milieu aqueux extérieur, et les effets qui vont du ternissement aux criques profondes et aux perforations, réduisant les résistances mécaniques du métal jusqu’à la dangereuse rupture. Il passe en revue les moyens de lutte et de protection : homogénéité du métal, auto-protection, protection extérieure par d’autres métaux, modifications de surface, peintures et vernis. Enfin, il énumère les moyens de contrôle qu’il a fait étudier, puis normaliser et adopter par le Ministère de l’Air. Son livre remarquablement écrit et ordonné est d’une importance capitale pour l’économie de toutes les entreprises, car la corrosion diminue la sécurité, augmente les frais d’entretien, limite les possibilités métallurgiques, coûte cher au budget de chacun comme à celui de l’Etat.
- Some problems of modem meteorology, i Vol. in-8, 170 p., fig. et cartes. Royal Meteorological Society, Londres, novembre 1934.
- Cet ouvrage groupe les articles publiés de 1930 à 1934 par les meilleurs spécialistes britanniques sur les problèmes principaux de la
- météorologie moderne. Ils apportent une vue d’ensemble des connaissances météorologiques dynamiques. Ils font une large place aux observations de la haute atmosphère et aux recherches suscitées par l’idée du « front polaire ».
- Les ionogrammes de la contraction musculaire, par
- M. Dubuisson. 1 brocli. in-8, 35 p., 4 pl. Hermann et Cie, Paris, 1935. Prix : 12 fr.
- Par une technique d’enregistrement qu’il décrit, l'auteur étudie les variations électriques du muscle en contraction et y trouve des ondes qu’il rattache aux phénomènes chimiques qu’on observe alors.
- Phénomènes d’intégration dans les cultures des tissus,
- par Boris Ephrussi. 1 broch. in-8, 24 p. Hermann et Cie, Paris, 1935. Prix : 8 fr.
- Les cultures de tissus sont-elles un organisme ou une population ? L’auteur essaie de préciser ce point en examinant les divers caractères des cultures : tendance à une forme, limite de taille, pouvoir de régulation, hétérogénéité orientée.
- La chèvre et ses produits, par Mme Jenny Nattan. 1 vol. in-16, 253 p., 52 fig. Librairie agricole et horticole de la Maison rustique, Paris, 1936. Prix : 12 fr.
- Ce livre vécu examine les principes généraux d’élevage et d’utilisation. Il passe en revue les races et types, le logement, la manière d’acheter une chèvre, l’alimentation, la gestation et la mise bas, la traite, l’utilisation du lait et les maladies.
- Leçons de toxicologie, par René Fabre. — III. Toxicologie des gaz, S3 p., 15 fr. — IV. Alcools, anesthésiques, solvants, 79 p., 15 fr. — V. Acide cyanhydrique; dérivés aromatiques, 59 p., 12 fr. — VI. Poisons organiques divers, 59 p., 12 fr. Actualités scientifiques et industrielles. Hermann et Cie, Paris, 1935.
- Suite du cours professé à la Faculté de Pharmacie de Paris. Le fascicule 3 traite de l’hydrogène phosphoré, de l’hydrogène arsénié, des arsines, de l’oxyde de’carbone et de l’anhydride carbonique, des hydrocarbures acycliques gazeux ou volatils ; le 4° du sulfure de carbone, des alcools éthylique et méthylique, des dérivés halogénés des carbures, de l’éther, de la chloropicrine et de l’ypérite, de l’aldéhyde formique, du chloral, de l’acétone, etc.; le 5e est consacré à l’acide cyanhydrique et aux cyanures, aux phénols et goudrons, aux dérivés nitrés et aminés des phénols et carbures; le 6e traite de nombreux autres toxiques et des intoxications alimentaires. Pour chaque corps on trouve indiqués les moyens de reconnaissance et de dosage, les effets physiologiques, la prévention et le traitement des accidents.
- Mégalithes du Haut Laos, par Mlle Madeleine Colani. 2 vol. in-4, 629 p., 228 fig., 12 cartes, 104 planches. Publications de l’École française d’Extrême-Orient, t. XXV et XXVI. Éditions d’art et d’histoire, 3 et 5, rue du Petit-Pont, Paris, 1935. Prix : 300 fr.
- Au cours de trois campagnes d’explorations, l’auteur a vu, mensuré, dessiné de nombreuses urnes monolithiques préhistoriques groupées en un certain nombre de points connus comme « champs de jarres »; ce sont de grandes cuves, plantées en terre, atteignant jusqu’à 3 m., destinées à recueillir les cendres funéraires après les incinérations qui se faisaient dans les grottes voisines. On trouve alentour de multiples objets de pierre polie, de terre vernissée, de verre et parfois de bronze et de fer. Dans les montagnes sauvages de Hua-Pan, l’auteur a péniblement visité des menhirs schisteux voisins d’autres fosses funéraires*. Ces monuments étranges et colossaux, anciens mais non antérieurs à l’ère chrétienne, restent à expliquer; l’ouvrage de Mlle Colani fournit une documentation précieuse, abondante et précise qui permettra d’utiles comparaisons.
- Le linceul de Turin serait=il le véritable linceul du Christ? par Henri Terquem. 1 broch. in-8, 79 p., 2 pl. Auguste Picard, Paris, 1936.
- Le saint suaire de Turin fut photographié pour la première fois en 1898; il fut exposé à nouveau en 1931 et en 1933 et subit, lors de ces nouvelles ostensions, l’examen scientifique de divers observateurs, notamment M. Paul Vignon. 11 fut ainsi reconnu qu’il est bien le linceul d’un crucifié, d’un crucifié couronné d’épines, fustigé, percé d’une lance. L’image extraordinairement expressive qu’il montre peut s’expliquer par l’action d’une sueur ammoniacale d’agonie sur l’aloès dont l’étoffe était imprégnée. Et l’auteur conclut, avec rigueur, à son authenticité.
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- COMMUNICATIONS a l ACADEMIE DES SCIENCES
- Séance du 15 avril 1936.
- Étude de la panification. — M. Fleurent démontre l’influence essentielle des acides organiques formés au cours de la panification sur la qualité du pain. Il vérifie tout; d’abord que l’expansion du gluten, sous l’action de la vapeur d’eau qu’il retient au cours de la cuisson dans un four chauffé à 150°, est la meilleure lorsque le gluten étudié contient 75 pour 100 de gliadine. Partant maintenant d’un même gluten, son expansion varie avec son pH et passe par un maximum pour une valeur de celui-ci voisine de 3 ; un abaissement plus grand entraîne une dégradation du gluten qui ne conserve alors aucune cohésion. La formation des acides dans les pâtes est plus rapide sur levain que sur levure et elle peut être surveillée systématiquement par des mesures du pH. Connaissant la teneur d’un gluten en gliadine, on peut déterminer et obtenir un pH tel que le pain produit corresponde à un type fixé une fois pour toutes et indépendant de la qualité de la farine et, en fin de compte, de la variété de blé utilisée par le minotier.
- Séance du 20 avril 1936.
- Force électromotrice de mouvement. •— En plongeant dans deux vases communicants remplis d’un liquide, deux disques métalliques : l’un fixe, l’autre animé d’un rapide mouvement de rotation, M. Procopiu a pu mesurer la force électromotrice due au mouvement d’un métal dans un liquide, l’eau par exemple. Cette valeur croît d’abord rapidement avec la vitesse, puis tend vers une limite de l’ordre du dixième de volt pour des vitesses de plusieurs m/sec. Elle diminue en général lentement si on prolonge l’expérience, sans doute par altération chimique des surfaces, car elle ne varie pas, en effet, dans une solution de sucre, défavorable à l’oxydation. La comparaison des mesures avec les valeurs déduites des mouvements de grains colloïdaux donne une concordance satisfaisante. La variation de la force électromotrice avec la vitesse paraît due à la présence, au contact du métal, de minces couches liquides polarisées, qui se détachent successivement sous l’effet; de la force centrifuge.
- Séance du 27 avril 1936.
- Alimentation des moteurs à combustion interne. —
- M. Dumanois a recherché les conditions optima d’alimentation d’un moteur à combustion interne en vue d’assurer une combustion complète, un maximum de pression aussi bas que possible, tout en conservant un bon rendement. Il établit que la combustion doit se faire à pression constante et qu’alors le piston de la pompe à combustible doit avoir un mouvement semblable à celui du piston moteur et la section de l’injecteur varier proportionnellement à la vitesse angulaire. Pour un moteur tournant à 2000 t/min., un combustible ayant 65 pour nombre de cétène, un rapport de compression égal à 13 et en injectant 1/10 du combustible avant le point mort, l’angle d’introduction du combustible sera de 33°, l’angle réel d’injection de 26° et l’avance à l’injection de 12°. Au prix d’une légère baisse du rendement thermique (6 pour 100), on obtient ainsi une amélioration notable des conditions de marche, la pression maxima ne dépassant pas 60 kg au lieu de 98 kg.
- Formations végétales méandriformes. — M. Popesco décortique des 'troncs et branches d’arbres de façon à obliger la circulation de la sève à suivre de nombreux méandres et il observe la formation des nouveaux tissus. Le recouvrement
- de l’intérieur des boucles se fait beaucoup plus vite dans les troncs et branches verticales, où le géotropisme agit, que dans les sections obliques ou horizontales. Si la rapidité de formation des tissus ne semble suivre que les variations du géotropisme, la durée du parcours de la sève dans les canaux méandriformes dépend en outre de la quantité de substances transportées et du nombre de boucles traversées. L’aspect extérieur des nouvelles formations corlicales comporte une ressemblance profonde avec celui du lit sinueux d’une rivière transportant et déposant des sédiments.
- Nitration de la cellulose. — Par passage de vapeurs-nitriques sous pression réduite (40 à 150 mm) entre 38° et 65° G. sur de la cellulose pendant un temps variant de 15 minutes à 3 heures, M. Bouchonnet est parvenu à en obtenir la nitration jusqu’à un taux d’azote de 13,75 pour 100. La vitesse de nitration est fonction de la pression, mais le maximum d’estérification ne paraît pas en dépendre. Ce procédé permet d’utiliser l’acide nitrique sans le diluer dans d’autres acides (sulfurique, gras ou phosphorique), tout en obtenant un produit qui n’est ni dur, ni contracté. Les vapeurs hydratées-par la réaction de nitration sont facilement condensées et ramenées au générateur.
- Séance du 4 mai 1936.
- Electrisation par écoulement. — En s’écoulant par un ajutage, un liquide isolant se charge en général d’électricité négative qu’il est possible de recueillir sur un collecteui-, M. Reiciiart a repris ces expériences avec l’essence d’automobile et a constaté qu’en prolongeant l’écoulement, le: charges emportées vont en diminuant et deviennent ensuite positives. Le même phénomène a lieu par filtration, à travers une peau de chamois, de l’essence traitée par une base ou un acide. Dans ce cas, il arrive que les alternances de signe se-répètent, la phase négative du début faisant même parfois complètement défaut. La charge finale du collecteur est positive et peut dépasser 50 000 v.
- Classement des tellurates. — En 1892, Retgers avait cru devoir classer le tellure dans la famille du platine, par suite d’une analogie entre l’osmiate et un tellurate de potassium. Reprenant la question, M. Patry montre aujourd’hui-que les métatellurates neutres peuvent être obtenus très purs à l’état microcristallin. Dans ces conditions, les diagrammes X qu’ils produisent sont analogues à ceux des sulfates et des séléniates et, par contre, très différents de ceux des osmiates.. Il faut donc définitivement ranger le tellure près du soufre et du sélénium. Le manque de stabilité des métatellurates, qui s’hydratent et se réduisent très facilement, n’a cependant pas permis d’obtenir des cristaux mixtes avec les sulfates ou les-séléniates.
- Dosage de l’ozone en Laponie. — Au cours d’un séjour hivernal à Abislto (Laponie suédoise), MM. Barbier, Chalonge et Vassy ont mesuré quotidiennement par spectroscopie la teneur en ozone de la basse atmosphère. Cette quantité a varié, suivant les époques, dans le rapport du simple au quadruple et s’est montrée du même ordre de grandeur que celle mesurée à Lauterbrunnen par les mêmes opérateurs, avec le même matériel. Ses variations ont été comparées avec celles de divers facteurs météorologiques (pression, température,, épaisseur totale de l’ozone atmosphérique, nature de l’air,, saison) sans qu’aucune corrélation n’ait pu être notée.
- L. Bertrand.
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- NOTES ET INFORMATIONS
- NÉCROLOGIE Virgile Brandicourt.
- Notre excellent collaborateur s’est éteint à Amiens le 20 mars 1936 dans sa soixante-douzième année. La Nature perd en lui un de ses plus anciens collaborateurs; son premier article dans notre Revue remonte à 1887. Depuis cette époque, il a publié régulièrement dans nos colonnes des articles d’histoire naturelle et d’histoire des sciences. En ces dernières années, il avait pris l’initiative de la rubrique des Récréations Mathématiques, si appréciée de nos lecteurs.Virgile Brandicourt débuta dans l’administration des Ponts et Chaussées; après son mariage, il entra dans la librairie où son amour des livres sc donna libre carrière. Esprit chercheur, sa curiosité s’exerçait dans bien des domaines différents; de tout temps il manifesta son goût très vif pour la botanique; on lui doit de belles recherches sur la flore picarde. L’histoire locale de la Picardie l’attira également et il lui a consacré d’importants travaux. Chez
- ce grand érudit, les qualités de l’homme ne le cédaient pas à celles du savant. Nous présentons à Mme Brandicourt, à ses enfants et ses nombreux petits-enfants, nos très vives condoléances.
- ÉCLAIRAGE
- Nouvel éclairage du chateau de Versailles.
- Les projections de lumière sur les façades des monuments sont aujourd’hui des attractions justement appréciées du public.
- Elles mettent puissamment en relief les beautés architecturales et en révèlent souvent des aspects insoupçonnés.
- C’est ainsi que les Parisiens ont pu admirer fréquemment le saisissant spectacle de la cathédrale Notre-Dame illuminée.
- Des essais d’éclairage particulièrement réussis ont eu lieu récemment au château de Versailles, à la demande du maire de Versailles et avec l’autorisation de l’architecte en chef du Palais de Versailles et des Trianons.
- Deux systèmes d’éclairage ont été présentés successivement; le premier utilisait des projecteurs placés sur le sol et éclai-
- rant de bas en haut; le second faisait appel à des appareils installés sur le toit, créant un effet d’éclairement comparable à celui du soleil.
- Sous cette puissante lumière, les motifs architecturaux de la façade du palais et de la chapelle sont admirablement mis en relief, comme le montre la photographie ci-contre.
- PHYSIQUE DU GLOBE Les zones fréquemment foudroyées.
- On doit à M. Dauzère, le directeur de l’Observatoire du Pic du Midi, des règles qui permettent de prévoir les points de prédilection pour la foudre. Nous avons déjà exposé dans ces colonnes les travaux de M. Dauzère. Rappelons que ses observations ont dégagé deux règles fondamentales :
- 1° Les lieux à ionisation maxima sont les points de prédilection de la foudre.
- 2° Dans les lieux à ionisation maxima, les ions négatifs sont généralement plus nombreux que les ions posi*. l ifs, contrairement à ce qui se passe ailleurs.
- Cette ionisation paraît liée à la constitution géologique du sol ou à la présence de certains miné-raux radioactifs dans le sous-sol.
- On comprend aisément que les travaux de M. Dauzère aient provoqué un vif intérêt parmi les distributeurs d’électricité dont les réseaux sont exposés, du fait de la foudre, à de graves accidents, aussi redoutables pour les personnes que pour le matériel.
- De nombreuses sociétés de distribution d’électricité ont donc entrepris des investigations sur l’ionisation présente au voisinage des installations et des lignes électriques.
- Dans les Annales des Postes et Télégraphes, M. Viel, directeur de la Compagnie électrique de la Loire et du Centre à Saint-Etienne, donne un intéressant compte rendu des observations et des mesures qu’il a effectuées à cet égard.
- Elles confirment la théorie de M. Dauzère; les lieux où se manifeste une prédominance de la conductibilité de l’air par les ions négatifs sont ceux où l’on constate aussi une concentration notable des accidents causés par la foudre. M. Viel pense que cette prédominance des ions négatifs, là où elle se manifeste, est due à la présence de substances radioactives.
- Ainsi on constate dans la Haute-Loire que les fermes sont souvent frappées par la foudre; les mesures révèlent à proximité des murs un renforcement de la proportion des ions négatifs ; or ces murs sont tous construits en pierre granitique sur un sous-sol généralement de même nature. Le granit, de par sa teneur en radium et thorium, est une roche particulièrement radioactive, beaucoup plus par exemple que le basalte.
- Un autre fait frappant est la fréquence des accidents dans les étables de cette région; les mesures faites dans l’étable fermée d’une ferme frappée par la foudre ont révélé une très forte ionisation avec une grande prédominance des ions négatifs. L’influence du sous-sol ou des murs en pierre granitique en est sans doute la cause principale; mais elle est probablement renforcée par le défaut d’aération. L’aération réduit très nettement le nombre des ions et principalement celui des ions négatifs. Il y a là un moyen facile à employer pour diminuer le danger de la foudre en temps d’orage.
- M. Viel présente aussi d’intéressantes suggestions pour la
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- protection des lieux habités. 11 conseille de ne pas placer le paratonnerre sur le bâtiment même que l’on veut garantir, mais sur un support indépendant.
- Pour les hameaux, ils sera souvent, dit-il, plus économique et plus sûr de prévoir une protection d’ensemble au moyen d’un ou plusieurs pylônes métalliques soigneusement mis à la terre, que de recourir à l’installation souvent précaire de paratonnerres disséminés sur un certain nombre d’immeubles.
- BOTANIQUE La vernalisation
- La vernalisation est un nouveau mode de traitement des graines destiné à hâter la floraison, largement expérimenté en Russie pendant ces dernières années. M. ). R. Thomson, de l’université de Reading, vient de lui consacrer une bonne étude dans le dernier numéro de Science Progrès#.
- On a longtemps admis que la croissance et la reproduction sont antagonistes, que la première cesse quand la seconde apparaît. Il suffit d’avoir vu des arbres en fleur au printemps pour comprendre que les deux phénomènes ne sont pas ainsi liés et que les feuilles croissent souvent après la floraison. En réalité, la formation des fleurs active la croissance végétative et si celle-ci se ralentit ensuite, cela est dû à ce que les matières nutritives, et surtout les azotées, vont au fruit qui n’est qu’une forme particulière de la végétation.
- Le début de la reproduction est conditionné par la chaleur et la lumière, mais là encore, on ne peut voir une simple relation immédiate de cause à effet.
- En ce qui concerne la lumière, G a ruer et Allard ont distingué trois types principaux :
- 1° les plantes des tropiques, soumises toute l’année à des alternatives de jour et de nuit égales, fleurissent dans ces conditions; quand on raccourcit expérimentalement la durée d’éclairement, elles fleurissent plus tôt; quand on l’allonge, elles ne fleurissent plus ;
- 2° les plantes arctiques sont soumises en été à des éclaire-ments prolongés qui deviennent continus au delà du cercle polaire; elles restent stériles quand on raccourcit expérimentalement la durée des jours;
- 3° Dans nos pays, certaines plantes fleurissent seulement au printemps, quand les jours sont courts; la plupart fleurissent en été quand les jours sont longs; quelques-unes sont insensibles à la durée des jours.
- D’ailleurs l’action de l’éclairement est antérieure à la floraison d’un temps variable atteignant au moins 8 jours. Le rythme est plus important que la durée et des alternatives fréquentes empêchent la plante de fleurir.
- Un autre facteur agit non moins puissamment que la température. On sait que des graines de chou, soumises au froid, donnent des fleurs plus tôt que les graines non refroidies. Bien plus, des choux déjà poussés, transplantés dans une serre, peuvent y croître vigoureusement pendant deux ans sans fleurir; dans une serre froide, il leur faut 22 semaines; laissés à l’air froid jusqu’en décembre, puis mis en serre chaude, ils fleurissent en 6 semaines. On sait encore que les céréales d’hiver germées en terre puis soumises au froid de l’hiver fleurissent plus tôt que celles de printemps; un hiver doux les retarde; leur mise en serre empêche la formation des épis.
- De tous ces faits se dégage la notion que croissance, développement, reproduction ne sont pas étroitement liés; qu’ils se suivent dans l’ordre, mais réclament chacun des conditions différentes de milieu et qu’avant le stade de photo-synthèse, qui exige une certaine longueur du jour, un autre est nécessaire qui demande une basse température : c’est la vernalisation.
- La vernalisation peut se produire à un stade quelconque
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- de la croissance, mais elle est indispensable pour la suite du développement. De même que le stade d’éclairement est nécessaire ensuite avant la formation des graines.
- Les travaux russes conduits sous la direction de Lysenko ont tiré de ces faits des conclusions pratiques. On peut agir sur la durée de végétation d’une plante en réglant la température et l’éclairement. Par exemple, un blé d’hiver semé au printemps ne donne pas d’épis. Mais si l’on met les grains à germer, puis qu’on les maintienne pendant 15 à 60 jours à une température entre 0 et 5°, et qu’on les sème ensuite, la récolle devient possible. Par exemple encore, le maïs dont le stade de vernalisation est entre 20 et 30° peut être semé dans les champs sans précaution, mais sa floraison n’a pas lieu quand le jour est trop long, et cela explique plus que la température sa limite septentrionale; si l’on maintient les graines germées pendant 15 jours à l’obscurité, ensuite il graincra.
- On a là des possibilités d’intervenir dans les cultures. Passeront-elles dans la pratique ? Leur action sera-t-elle durable ou s’évanouira-t-elle avec le temps? L’avenir est-il à la vernalisation et au photo-stage ? R. M.
- DIVERS
- Un scaphandre chauffant
- Le commandant Le Prieur, à qui l’on doit déjà d’intéressants appareils de plongée, vient d’imaginer un nouveau
- Fig. ]. — Le O Le Prieur, revêtu de son scaphandre à eau chaude remonte de plongée et laisse se vider l’eau contenue dans le vêlement.
- (Ph. Roi.)
- vêtement de scaphandrier dont l’essai a été fait, il y a peu de temps, à l’aquarium du Trocadéro. Le vêtement est à double enveloppe et, avant la plongée, on remplit d’eau à 39° l’intervalle entre les deux enveloppes.:>Le plongeur peut ainsi évoluer dans une eau très froide sans être en aucune façon incommodé. Ce nouvel appareil rendra de précieux services à l’exploration subaquatique, en permettant au plongeur de séjourner sous l’eau en toute saison et pendant tout le temps nécessaire à son travail.
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- INVENTIONS ET NOUVEAUTÉS
- Fig. 1.— Cylindre décommandé automatique de la mise au point par rainure hélicoïde à pas progressif.
- PHOTOGRAPHIE
- U agrandisseur automatique Noxa.
- L’agrandisseur moderne se distingue à première vue par la position verticale de l’axe optique; cette orientation, qui facilite considérablement l’emploi de l’appareil, est la caractéristique la plus apparente, mais non la plus importante : la construction de l’agrandisseur pose en elïet d’autres problèmes, en particulier celui de la mise au point.
- On ne peut changer la distance comprise entre l’objectif et le plan de la projection nette, autrement dit le rapport d’amplification, sans changer en même temps la distance séparant le porte-cliché de l’objectif. Ges changements peuvent être faits manuellement, en mettant dans le porte-cliché un morceau de tulle et en manœuvrant de façon à projeter
- Fig. 2. — Dispositif de mise au point automatique du nouvel agrandisseur
- Noxa.
- Cylindre s rainure Hélicoïdale à pas progressif
- sur le plateau une image parfaitement nette. Cette méthode, très simple et très sûre, a l’inconvénient de faire perdre quelques secondes à chaque changement de rapport et d’exiger de l’opérateur une certaine attention. On a ainsi été amené à interposer, entre les éléments variables à considérer, un mécanisme matérialisant l’équation des foyers conjugués : 111
- — + -==-< dans laquelle D, d et / désignent respectivement
- la distance de l’objectif au plan de l’image, la distance de l’objectif au cliché et la distance focale.
- Pour donner entière satisfaction, un agrandisseur automatique doit remplir des conditions assez difficiles à réaliser. Le mécanisme de commande automatique de la mise au point doit être d’une haute précision et résister à l’usure; il doit aussi permettre de travailler à des rapports d’autant plus grands que le format du cliché est plus petit. Le format optimum qui convient le mieux à l’observation à l’œil nu à la distance minimum de vision distincte, soit 30 cm, est de 18 X 24. Ceci oblige à prévoir un rapport d’au moins 8 pour le 24 X 36 mm et d’au moins 3 pour le 6 X 9 cm. En pratique il est rare que toute l’étendue du cliché soit intéressante; on est alors conduit, pour conserver à l’image agrandie le format optimum, à majorer ces rapports de 50 pour 100. En somme, il convient de prévoir une amplification maximum de 12 fois dans le cas du 24 X 36 mm et de 5 fois dans celui du 6 X 9 cm.
- Il y a parfois intérêt à pousser plus loin encore l’amplification, mais c’est plutôt exceptionnel et pour y parvenir sans augmenter d’une façon exagérée les dimensions de l’agrandisseur, le mieux est de recourir à uu objectif supplémentaire de distance focale plus courte que celle de l’objectif utilisé normalement et de renoncer momentanément à l’automatisme. 11 y a donc lieu de prévoir un dispositif permettant de débrayer le mécanisme de mise au point automatique et de le rembrayer sans jamais risquer de le dérégler.
- Toutes ces conditions sont remplies par le nouvel agrandisseur Noxa qui a été présenté, il y a quelques semaines, à la Société française de Photographie.
- Le plan dans lequel se forme l’image projetée est constitué par le plateau horizontal qui sert de base à l’agrandisseur; ce plan est fixe et les éléments mobiles sont représentés par une console qui soutient le porte-cliché et la lanterne et par un porte-objectif relié au porte-cliché par un soufflet.
- La console peut glisser le long d’un tube vertical à section carrée; ses déplacements sont commandés par une manivelle dont l’arbre porte un pignon denté en prise avec une crémaillère fixée sur la face arrière du tube.
- L’organe assurant l’automaticité de la mise au point est un cylindre sur lequel est tracée une rainure hélicoïdale à pas progressif; ce cylindre est fixé verticalement sur la consolé, au-dessous de l’axe autour duquel on fait osciller la lanterne pour manipuler le cliché. Le cylindre à rainure est relié par un engrenage d’angle à un arbre horizontal portant un pignon en prise avec une crémaillère fixée sur la face avant du tube vertical : de la sorte, tout déplacement de la console est automatiquement accompagné d’une rotation de l’arbre et du. cylindre, par conséquent d’un déplacement vertical du doigt engagé dans la i*ainure commandant la position de l’objectif par rapport au plan du cliché.
- Contrairement à ce qui se passe dans les agrandisseurs à mise au point automatique commandée par came, où les mouvements doivent être amplifiés par des systèmes de leviers ou de câbles — ce qui rend la précision quelque peu aléatoire,
- — l’amplitude des déplacements verticaux déterminés par la rotation du cylindre est réduite, ce qui garantit une haute
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- précision. C’est ainsi que dans l’agrandisseur 6X9 muni d’un objectif ayant une longueur focale de 105 mm, le déplacement de 50 mm qu’il faut faire subir à l’objectif par rapport au cliché pour passer du rapport 1,5 au rapport 5 est obtenu en faisant défder sous le doigt 360 mm de rainure : on conçoit que, dans de telles conditions, l’usure de la rainure, si elle se manifeste tant soit peu après de longues années de service, .ne puisse avoir aucune influence sur la précision du mécanisme.
- Afin de permettre l’utilisalion éventuelle d’objectifs de distance focale différant de la normale, le pignon d’angle de l’arbre horizontal est monté, non pas sur l’arbre lui-même, mais sur un manchon pourvu d’un disque à tranche molettée qu’une vis permet de solidariser avec un autre disque calé sur l’arbre. Grâce à cette disposition très simple, on peut aisément débrayer le mécanisme automatique et mettre au point à la main, en tournant le disque moletté de façon à obtenir la netteté maximum. Il suffit, pour revenir à l’automatisme, de ramener la console à la position la plus basse, de tourner le disque moletté de façon à écarter le plus possible l’objectif du porte-cliché, de disposer face à face les trous des deux disques et de serrer la vis de blocage.
- Notons que la possibilité de débrayer le mécanisme de mise au point automatique est précieuse, non seulement parce qu’elle permet de travailler éventuellement avec des objectifs autres que celui monté normalement sur l’agrandisseur, mais aussi parce qu’elle autorise l’utilisation de l’appareil pour la photographie d’objets d’une certaine épaisseur placés sur le plateau. A cet effet, l’agrandisseur peut recevoir un châssis simple, qui prend la place du porte-cliché et un dispositif d’éclairage comportant deux lampes-tubes de 60 watts, en verre opalin, de 25 cm de long, qui assurent un éclairement régulier sur toute la surface du plateau.
- Pour obtenir de bons agrandissements, il est nécessaire d’éclairer d’une façon absolument uniforme toute la surface du cliché; le meilleur moyen d’y parvenir est de recourir à un condensateur, combinaison de lentilles d’un diamètre au moins égal à la diagonale du cliché, qui fait converger les rayons émis par la lampe en un point situé dans le plan du diaphragme de l’objectif. La source de lumière peut être soit sphéi’ique, de volume relativement grand, soit punctiforme. Dans le premier cas, qui est celui où l’on emploie la lampe Philips Argenta, la position de la source reste fixe quel que soit le rapport d’amplification; dans le second, il faut avoir soin de rectifier la position du point lumineux chaque fois que l’on change le rapport. Le premier mode d’éclairage permet d’obtenir des agrandissements doux, dans lesquels les défauts superficiels du cliché sont fortement atténués. Le second, d’utilisation plus délicate, n’est intéressant que dans le cas de clichés très doux, en parfait état; il tend à exagérer le contraste et rend visibles sur l’agrandissement les moindres éraillures du cliché.
- L•’éclairage normal de l’agrandisseur Noxa est naturellement du premier type, mais il existe un accessoire facultatif permettant l’emploi de la lumière dirigée.
- Grâce au nouvel agrandisseur à mise au point automatique, le tirage par projection est aujourd’hui plus facile que le tirage par contact, ce qui est particulièrement intéressant lorsqu’il s’agit de clichés de petit format.
- André Bourgain.
- ÉLECTRICITÉ
- Nouvelle lampe électronique.
- Un inventeur danois,. M. A. Schleimann Jensen vient de réaliser une lampe thermionique dans laquelle le flux d’électrons émanant de la cathode chaude est contrôlé non plus par
- Flux cathodique / Anode
- Cathode
- uxniLiTïï.rnTtTïZttttJim
- Cylindre
- Plaques de de déviation
- ’tratonB
- Plaque
- accélératrice
- Fig. 3. — Schéma de la lampe Renode.
- des grilles, comme dans les lampes usuelles, ou par champ magnétique comme dans les magnétrons, mais par des plaques déviatrices latérales.
- Ce tube sans grille, dit Renode, comprend une cathode en forme de fil à chauffage indirect émettant les électrons. Elle est entourée d’un cylindre de concentration métallique ouvert suivant une fente parallèle à cette cathode, et qui joue le même rôle que le cylindre de Wehnelt dans les oscillographes cathodiques.
- Le flux cathodique concentré par le cylindre traverse un premier diaphragme jouant le rôle d’anode et servant d’accélérateur. 11 passe dans l’axe de deux plaques métalliques parallèles, dites plaques déviatrices, qui constituent les deux armatures d’un condensateur; il vient enfin frapper une plaque anodique au fond du tube.
- L’ensemble des électrodes est disposé sur un pont dans une ampoule de verre vide d’air munie d’un culot, de sorte que le système a l’apparence d’une lampe de T. S. F. ordinaire, mais le fonctionnement est tout à fait différent.
- Les signaux de T. S. F. sont appliqués à la cathode et aux plaques de déviation; la première est, d’aillexirs, réunie à la masse; la plaque d’accélération et la plaque anodique sont portées, au contraire, à un potentiel positif. Pour une polarisation négative du tube de concentration, on obtient un faisceau cathodique dirigé vers la plaque, et qui s’élargit plus ou moins suivant cette polarisation. Lorsque le flux a une
- Fig. 4. — Disposition des électrodes dans la lampe Renode.
- Plaque
- Cathode accélératrice /\nQ(je
- 'Plaques de déviation
- Electrode de concentration
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- dispersion suffisante, il vient donc frapper les plaques dévia-triees.
- Celles-ci étant soumises à la tension électrique de haute fréquence, des oscillations que Ton veut, détecter ou amplifier, le faisceau électronique se dilate ou se contracte suivant les variations de cette tension et un certain nombre d’électrons sont recueillis par les plaques.
- La modulation appliquée se traduit donc finalement par une variation correspondante du courant recueilli sur la plaque anodique terminale; un accroissement de la tension haute fréquence provoque une diminution du courant de plaque et une détection.
- Les schémas de la ligure 6 montrent les systèmes pratiques qui peuvent être utilisés.
- Les effets obtenus avec ce tube sont comparables à ceux qu’on obtient avec une pentode haute fréquence, mais jusqu’ici ne marquent pas de supériorité nette sur les lampes ordinaires à grilles.
- CHAUFFAGE ÉLECTRIQUE Réchaud électrique à usages multiples.
- Les réchauds et bouilloires électriques ont conquis aujourd’hui la faveur du public.
- Tous ces appareils, chauffe-plats, fours électriques, grille-pain, etc., ont un organe commun : c’est la résistance chauffante parcourue par le courant d’alimentation du secteur.
- Cette résistance doit d’ailleurs, dégager une chaleur plus ou moins grande suivant la destination de l’appareil.
- Un constructeur a eu l’idée ingénieuse de créer un réchaud électrique transformable à usages multiples, comportant une résistance chauffante munie d’un dispositif permettant de varier l’allure du chauffage.
- Cet appareil d’un prix modique peut d’abord servir de la manière classique pour chauffer n’importe quel liquide ou aliment contenu dans une casserole, un poêle, un pot-au-feu, une bouillotte, ou tout autre récipient même non métallique; dans ce cas, il suffit de placer la casserole ou le récipient sur la plaquette supérieure du système contenant la résistance chauffante.
- Fig. 6. •— Schémas du montage de la lampe Renode en délectrice.
- Sortie
- Fig. 7. — Le réchaud électrique Prolée.
- Il peut également servir de four électrique pour cuire dans l’assiette même ou dans un plat les viandes, biftecks, côtelettes, grillades, œufs sur le plat, ou même les fruits, etc. Ce mode de cuisson électrique en vase clos conserve aux aliments toute leur saveur et leur valeur nutritive.
- On voit sur la figure 8 comment on emploie alors l’appareil; on renverse le réchaud et on lui applique une collerette métallique qui vient s’adapter hermétiquement sur le récipient contenant l’aliment à cuire.
- Employé de la manière classique avec résistance disposée sur le dessus, l’appareil peut servir de chauffe-plats; il conserve sa chaleur pendant un quart d’heure, une fois le courant coupé.
- En le renversant comme précédemment, et en lui adaptant sa collerette métallique en tronc de cône, on peut, l’utiliser encore comme grille-pain, comme chauffe-assiettes, etc.
- On peut en faire un appareil à fabriquer du vogourth; on lui adapte sa collerette métallique, comme précédemment, et on utilise un récipient métallique cylindrique contenant les pots dans lesquels on a placé le lait ensemencé.
- On obtient facilement la température nécessaire à la fabrication.
- Enfin, en disposant l’appareil verticalement et en lui adaptant un support léger, on peut encore l’utiliser comme un radiateur orientable, la collerette jouant dans ce cas le rôle d’un réflecteur et d’un diffuseur de chaleur.
- Grâce au système de réglage du chauffage de la résistance, on peut graduer à volonté la chaleur diffusée par ce radiateur.
- Les dessins de la figure 8 représentent ces diverses transformations qui justifient le nom de « Protée » donné à ce réchaud.
- Cet appareil ingénieux se prête donc aisément à des usages multiples, malgré sa simplicité et sa solidité.
- Réchaud électrique « Protée » : Comin, 23, rue d’Astorg, Paris.
- Fig. 8. — Les différents emplois du réchaud Prolée.
- 1. Réchaud ordinaire. 2. Four électrique. 3. Chauffe-plats. 4. grille-pain. 5. Préparation du yogourth. 6. Radiateur orientable à trois réglages.
- Fig. P. — Aspect intérieur de la lampe Renode.
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- BOITE AUX LETTRES
- QUESTIONS ET RÉPONSES
- Propriété matérielle d’une invention.
- La propriété matérielle d'une invention ne peut être acquise que par le dépôt d’un brevet à l’Office national de la propriété industrielle, 26 bis, rue de Pétrograd, Paris, ou dans une préfecture.
- La propriété intellectuelle d’une découverte est assurée par sa publication.
- Pour s’assurer, sans monopole, le droit personnel d’utiliser une invention, il faut posséder la preuve qu’on était en possession de l'invention avant "tout titulaire de brevet. A cet elïet, on peut déposer à l’office de la Propriété industrielle une enveloppe Soleau; on peut remettre un pli cacheté, soit à l’Académie- des Sciences, soit à certaines sociétés scientifiques qui en acceptent. La date de publication est seule reconnue comme antériorité valable au point de vue scientifique.
- Renseignez-vous auprès des divers établissements qui se chargent des dépôts et veuillez noter, pour l’avenir, que nous ne répondons qu’aux abonnés de La Nature qui se sont fait connaître comme tels.
- M. L. L., Orléans.
- De tout un peu.
- M. J.-C., Grenoble. — Les nouvelles cartes de France en couleurs au 1/50 000° comportent une teinte de fond dont les variations de tonalité correspondent aux variations de niveau du terrain. Ce fond est préparé au lavis sur papier à dessin. Il s’agit donc d’un travail fait à la main, dont on établit ensuite une photographie tramée qu’on reporte sur le zinc lithographique. Sur ce premier fond sont tirées les autres planches lithographiques correspondant aux différentes teintes et notamment les courbes de niveau.
- M. Chardin, à Pantin. — Le moyen le plus simple et le plus pratique pour évaluer comparativement les aptitudes des colles est de déterminer le pouvoir glulinanl, c’est-à-dire l’accroissement de résistance de bandes de papier d’abord essayées telles quelles avec un petit dynamomètre, puis après imbibition complète par immersion dans un bain de la colle chaude à 5 pour 100, égouttées librement par suspension verticale, puis séchées à l’air 12 h.
- L’essai se fait habituellement sur bandes de papier à filtrer, de 15 mm de large, avec un écartement de 180 mm entre mâchoires; la résistance primitive de 1 kg par exemple, passe ainsi à 8 kg, 4 kg, 5 kg, etc., suivant la qualité de la colle.
- M. Lanneluc-Sanson, à Bourg-sur-Gironde. — Nous n’avons pas connaissance d’un procédé pratique permettant d’enlever à la résine ordinaire les éléments aromatiques susceptibles de donner au vin un goût fâcheux résultant de la matière employée.
- M. Dupéroux, à Casablanca. — Vous pourrez très facilement assurer la conservation de vos filets de pêche, en les immergeant dans une solution de goudron de Norvège alcalinisé par 2 à 3 pour 100 de lessive de soude caustique.
- Après égouttage, passer dans une seconde solution d’acide acétique du commerce à environ 5 pour 100 (acide pyroligneux) pour précipiter le goudron dans l’épaisseur de la fibre, condition indispensable sans laquelle le goudron disparaîtrait rapidement à l’usage.
- Pratiquement, il est bon de préparer une solution mère concentrée de goudron, dont on ajoute une quantité suffisante au bain d’imprégnation, ce qui dispense d’avoir à chaque fois à manipuler la soude caustique.
- IVL Houssais, à Bourges. — Les indications que vous nous donnez sur un procédé « nouveau » de moulage de la face, sont insuffisantes pour nous fixer sur la technique éventuelle de la découverte.
- Le mieux serait que vous écriviez directement au journal, à nous inconnu, dans lequel vous avez trouvé l’article en question, son rédacteur vous fera certainement connaître avec plaisir quelle a été la source de son information.
- M. Dubois, à Lille. — L’emploi de l’acide chlorhydrique, pour désincrusler les chaudières, est toujours délicat, car on saisit difficilement le moment où, toutes les incrustations étant dissoutes, l’acide commence à attaquer le métal.
- A notre avis, il est préférable de s’en tenir au procédé inoffensif de la mélasse introduite dans la chaudière, qui transforme les sels calcaires insolubles en sucrate de chaux soluble, que l’on peut facilement évacuer par une purge finale.
- M. Gratian Bernard. •— 1° D’après Cerbelaud, le pétrole Ilahn employé pour la chevelure aurait une composition voisine de la suivante:
- Alcool à 90°............................... 110 cm3
- Eau distillée.............................. 80 •—
- Essence de bergamotte. .................... 20 —
- 2° Lotion contre la séborrhée et les pellicules :
- Formol du commerce à 40 pour 100. ... 5 cm3
- Extrait d’héliotrope blanc.................... 80 —
- Extrait de jasmin............................. 10 -—
- Alcool à 90°................................. 900 —
- Caramel à P. E............................. 0,25 —
- Mélanger, filtrer au papier, mettre en flacons.
- 3° La cire à épiler est simplement de la poix-résine, résidu de la distillation de la térébenthine, émulsionnée à chaud avec de l’eau et malaxée jusqu’à refroidissement complet.
- 11 est plus commode de se servir d’une préparation au collodion,
- obtenue en prenant :
- Collodion............................... 1800 grammes
- Huile de ricin. .......................... 50 —
- Alcool à 90°............................. 450 —
- Térébenthine de Venise.................... 40 —
- Teinture d’iode........................... 75 —
- Après application, il suffit de bien laisser sécher, puis d’enlever la pellicule, laquelle entraîne avec elle les poils qui y sont emprisonnés.
- 4° Vous pouvez prendre comme-type d'encaustique liquide, l’encaustique à l’eau, dont nous avons donné la formule dans le n° 2947, page 192, réponse à M. Le Strat, à Provins.
- (VS. Thorin, à Cherbourg. — 1° Le bisulfite de soude S04NaH, est un produit industriel courant, résultant, comme sous-produit, de la fabrication de l’acide nitrique par le nitrate de soude; on peut l’obtenir sans difficulté par addition d’acide sulfurique au sulfate neutre, dans les proportions de la réaction :
- S04Na2 + S O4 H2 = 2 (S04NaI-I)
- 142^ 98 240"'
- 2° Le bisulfite de soude s’obtient également par acidulation de sulfite neutre :
- 2 (SO3Na2) + SO1 H2 = 2 (SO:iNaH) + S04Na2 252 98 ""*208 ^142'
- N.-B. — L’acide sulfurique pur à 66° B peut être pris comme représentant S04H2.
- La Photo-Revue, toujours très intéressante, indique dans son n° 3 du 1er février 1931, la manière suivante d’obtenir pratiquement une
- solution de bisulfite de soude.
- Faire les deux solutions :
- A. Eau ordinaire.......................... 200 cm3
- Acide sulfurique à 66° B............... 20 —
- B. Sulfite de soude anhydre............... 90 gr
- Eau : quantité suffisante pour . . . 800 cm8
- Verser doucement, en agitant la solution A dans la solution B, on obtient ainsi une solution de bisulfite de soude dont 100 cm3 remplacent environ 25 cm3 de la solution commerciale de bisulfite de soude à 36° B, employée pour les préparations photographiques.
- M. Lorgeon, à Sargé-sur-Braye. — 1° La réalisation d’un baromètre en faisant le vide dans une branche d’un tube en U, contenant du mercure, est parfaitement possible sous la seule réserve d’obtenir un vide parfait, mais il est plus pratique de prendre le baromètre classique à tube fermé d’un bout, car au bout de peu de temps, avec votre dispositif il y aura des rentrées d’air.
- 2° Le dosage de l’azote par le phosphore est une expérience classique qui est mentionnée dans tous les traités de chimie.
- 3° Le désétamage de votre bouillotte pourrait se faire par immersion dans l’acide chlorhydrique pur, c’est-à-dire non azotique, mais l’opération ne nous paraît guère pratique.
- 4° La teneur des vins en alcool se détermine par distillation, la Maison Salleron, rue Pavée, Paris, fabrique depuis de longues années un petit alambic pour cet usage.
- 5° Le traitement des brûlures occasionnées par le phosphore peut consister en l’application de charbon de bois en poudre ou de braise
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- •de boulanger. Ces brûlures peuvent être graves; voir un médecin.
- 6° L’arthrite sèche de la hanche se traite par l’iodure de potassium, la teinture d’iode, les préparations arsenicales et les douches sulfureuses : eaux minérales de Plombières, Néris, Aix, La Bourboule, Barèges, Luxeuil, Bagnères-de-Luclion selon l’examen et les prescriptions d’un docteur.
- 7° Pour la préparation du vinaigre, voir n° 2940, page 432 et n° 2901, page 288.
- 8° La température obtenue par votre réchaud à essence sera très probablement insuffisante pour décomposer complètement votre marbre en chaux et acide carbonique.
- 9° Vous ne pourrez vous procurer des spores de morilles que par récolte directe dans les bois.
- 10° L’adhérence de la préparation sur des tableaux métalliques pour les transformer en tableaux noirs sera insuffisante pour résister à un usage prolongé.
- 11° La différence des résultats obtenus dans la fabrication des boissons au kephyr, tient à la variété des ferments, suivant leur origine, et à la flore bactérienne du lait.
- 12° Par addition d’eau en quantité suffisante, vous séparerez facilement l'essence qui surnagera, de l’eau alcoolisée, laquelle restera dans la partie inférieure du récipient.
- 13° On rend les bouchons imperméables à l’eau en les plongeant dans la paraffine fondue, ou dans la solution de caoutchouc pour bandages, étendue de benzine, ou dans un mélange des deux.
- La même solution non étendue peut également servir au collage des dits bouchons.
- 14° Toute installation de courant continu vous permettra de faire Y êleclrolyse de l'eau à la condition d’avoir une différence de potentiel d’au moins 3 v aux bornes de l’appareil; avec un courant de 25 à 30 ampères on obtient, par heure, 12 1 d’hydrogène et 6 1 d’oxygène, si la surface des électrodes est suffisante.
- 15° Vous aurez tous renseignements sur le fonctionnement de la trompe à mercure qui vous intéresse, en vous adressant au construc-teui-qui est, croyons-nous, la Société Prolabo, 50, rue des Ecoles, Paris.
- M. Autrique, à Bruges. — 1° Pour purifier la glycérine \brule, on l’étend d’eau et on la traite à chaud par de la litliarge pulvérisée, qui saponifie les matières grasses et s’empare des acides gras libres. On •décante le liquide clair et précipite l’excès de plomb par l’hydrogène sulfuré, on filtre pour séparer le sulfure de plomb et concentre jusqu’à •30° Baume.
- La glycérine médicinale est surtout préparée par saponification des matières grasses à l’aide de la vapeur d'eau surchauffée, le produit obtenu de premier jet est ensuite distillé dans le vide pour éviter la formation d’acroléine.
- 2° L'extraction de l'essence de roses se fait généralement en distillant dans un alambic un mélange d’eau et de pétales de roses, la vapeur d’eau entraîne l’essence et après condensation, on recueille le mélange dans un récipient dit « llorentin » dont la partie inférieure porte un col de cygne, ce qui permet d’éliminer l’eau au fur et à mesure, tout en laissant, dans le récipient, l’essence qui reste à la surface.
- Le chauffage de l’alambic peut se faire à feu nu, mais il est préférable de chauffer à la vapeur produite séparément dans un générateur, afin d’éviter le surchauffage des pétales au contact des parois du récipient.
- Dans les appareils modernes, cette distillation s’effectue dans le vide: on obtient ainsi des essences n’ayant subi aucune modification pyrogénée.
- Vous pourrez vous procurer des alambics de tous systèmes soit chez Kgrot, 19, rue Mathis, soit chez Deroy, 75, rue du Théâtre.
- M. Raffy, à La Ferté. — Les peintures silicatées auxquelles vous faites allusion, sont du type suivant :
- Blanc de zinc...........................20 kilogrammes
- Blanc de Meudon. . .....................15 —
- Amiante en poudre.......................30 —
- Liquide préparé.........................35 —
- Le liquide préparé est obtenu par solubilisation à chaud de colophane en poudre dans le silicate de soude du commerce, soit :
- Silicate de soude à 40° B...............40 kilogrammes
- Eau ordinaire...........................50 —
- Colophane pulvérisée....................10 —
- Pour les peintures lavables on ajoute toujours à chaud, un égal volume d’huile de lin, cuite de préférence.
- IWI. Gaglio, à Versailles. — 1° Voir la réponse ci-dessus concernant la composition des produits qualifiés pétroles, servant à l’entretien de la chevelure.
- 2° Veuillez bien vous reporter au n° 2969, page 95, vous y trouverez la composition du mastic employé pour obturer les joints des parquets.
- IV1. Coraze, à Hyères. •— 1° Le paradichlorobenzène C°H4CI2 est un corps solide, incolore, fondant à 53° C, bouillant à 171° C, se sublimant avec facilité, sa densité à 20“ C est de 1,460. Ses vapeurs sont donc plus lourdes que l’air.
- L’odeur du paradichlorobenzène est piquante, on y distingue une odeur anisée et une odeur d’essence d’amandes amères, l’ensemble n’est pas très agréable.
- Ce produit jouit d’une réputation très méritée pour l’éloignement et la destruction de certains insectes; en particulier, mis en sachets dans les cartons, malles et armoires qui contiennent des vêtements de laine, il empêche complètement les ravages des mites, en n’ayant pas l’odeur tenace et fâcheuse de la naphtaline; on le présente généralement dans le commerce sous forme de petits cubes, sans addition de substances étrangères.
- Employé dans les conditions que nous venons d’indiquer, c’est-à-dire, en espaces bien clos, pour assurer l’efficacité, il ne présente aucun danger d’intoxication.
- 2° La dose d’acide citrique à mettre en solution pour l'enlèvement des taches de sang est d’une cuillerée à café pour un demi-litre d’eau tiède.
- IV1. Morice, à Quimperlé. — Les sucs végétaux, en particulier les jus de pommes, renferment du tanin, sous forme d’un glucoside polygallique; au contact de l’air, ce tanin libère de l’acide gallique et de l’acide ellagique, en même temps que de l’acide carbonique, par suite de l’action diastasique de la pectase. C’est l’acide gallique mis en liberté qui, en présence des sels de fer formés pendant la fabrication du cidre, par les pièces métalliques, produit une coloration noire en donnant du gallate de fer, élément principal de l’encre.
- L’apparition du noircissement n’a lieu qu’au bout d’un certain temps, puisqu’elle est consécutive de l’action diastasique qui demande le concours de l’air.
- M. Sapy, à Brétigny-sur-Orge. — Nous n’avons pas connaissance que Y hydrogène sulfuré ait été présenté sous une forme commerciale; à notre avis, il peut être remplacé avantageusement par le sulfure de carbone introduit dans le sol au moyen du pal injecteur préconisé autrefois pour la destruction du phylloxéra.
- M. Pradet, à Vichy. — Le chlorure platineux ou bichlorure Pt Cl2 à l’état pur, est effectivement insoluble dans l’eau, mais il s’y dissout facilement en pourpre, par acidulation au moyen de l’acide chlorhydrique ou par addition d’un peu de chlorure platinique (tétrachlorure PtCl4).
- L’Omnium scientifique et industriel, 20, rue Gay-Lussac, vous fournira du chlorure platineux, toutefois, il est fort simple de le préparer vous-même par chauffage à 200° C du chlorure platinique.
- N. -B. —• Ne pas dépasser cette température, faute de quoi il y aurait mise en liberté de platine métallique.
- M. Hajdu, à Bagneux. — Voici un moyen très simple de préparer une masse de moulage bon marché et résistante, pour fabrication de
- jouets.
- Prendre :
- Vieux papiers de journaux................ 100 grammes
- Blanc d’Espagne.......................... 700 —
- Plâtre................................... 200 —
- Colle forte............................... 10
- Couvrir la colle forte d’eau froide, laisser gonfler une nuit, liquéfier le lendemain au bain-marie.
- Faire tremper de même les vieux papiers dans une quantité d’eau suffisante pour imbibition complète, délayer pour obtenir une pâte homogène, chauffer celle-ci et y incorporer la colle chaude.
- Enfin, en dernier lieu, introduire le blanc d’Espagne et le plâtre préalablement mélangés, opérer assez rapidement pour pouvoir couler la masse dans les moules préalablement graissés, avant que le plâtre n’ait fait prise.
- M. B. P., à Asnières. — 1“ On évite facilement la production des poussières, en arrosant le sol avec une solution de chlorure de magnésium ordinaire, à 200 gr par litre, environ.
- 2° Vous trouverez tous renseignements sur la teinture des bois dans le petit ouvrage : Travail du Bois, par Michel. Editeur Desforges, 29, quai des Grands-Augustins.
- a-72- — lmp. lahuri-:, rue de Fleurus, y, à fan». —
- Le Gérant : G. Masson.
- i-o-iyjô. — Publtsked tn France.
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- N° 2979
- LA NATURE
- 15 Juin 1936.
- LA DISPARITION DE L’ANNEAU DE SATURNE
- Ce fut pendant l’été de l’an 1610 que, pour la première fois, Saturne apparut aux yeux humains autrement que sous l’aspect d’une simple étoile assez brillante. Armé de la lunette astronomique qu’il venait de réaliser et d’appliquer à l’étude des astres, Galilée fut alors étrangement surpris de constater que la planète se montrait ti’iple, flanquée de deux appendices lumineux : « L’étoile centrale paraît la plus grande, écrivit-il alors ; deux autres situées l’une à Vorient, l’autre à l’occident, et sur une ligne qui ne coïncide pas avec la direction du zodiaque, semblent la toucher. Ce sont comme deux serviteurs qui aident le vieux Saturne à faire son chemin et restent toujours à ses côtés ». A propos de cette dernière et pittoresque affirmation, il put penser par la suite s’être trompé, car çes deux petites étoiles s’affaiblirent lentement, et disparurent en 1612.
- N’ayant pu s’expliquer le fait, faute d’être à même d’en pouvoir déterminer la cause exacte — « Saturne à dévoré ses enfants », disait-il — Galilée crut avoir été le jouet d’une illusion, et, pris de découragement, cessa de s’occuper d’une planète si déconcertante. Cependant ses émules et successeurs revirent Saturne « tri-corps », et quoique moins imparfaitement pour certains d’entre eux (voir notamment, fig. 1, les dessins de Riccioli et Eustache de Divinis), les apparences conservèrent le même caractère énigmatique. Ce fut Huyghens qui, en 1659, apporta la solution du problème, ayant étudié (avec un télescope de 7 m construit par lui-même) la curieuse planète depuis 1656 : « Elle est entourée d’un anneau léger, n adhérant à l’astre en aucun point, et incliné sur l’écliptique ». Ainsi put-il rendre compte exactement des différences d’aspect qui avaient tant intrigué jusque là les observateurs, et qui sont dues à des effets provoqués par la perspective variable sous laquelle le système annulaire est successivement aperçu.
- Si nous avons résumé ces détails historiques, c’est
- que prochainement va se reproduire, une fois de plus, le phénomène qui avait si profondément déconcerté Galilée. Le fait a déjà été annoncé ici par notre ami Touchet, dans son Bulletin mensuel astronomique de juin. Les lignes suivantes ont pour objet de rappeler le mécanisme de ces apparences et, à propos de la disparition de l’anneau, de souligner l’intérêt des observations qui sont alors susceptibles d’être effectuées.
- DISTANCE ET ÉLÉMENTS DU MONDE DE SATURNE
- La planète Saturne circule autour du Soleil à la distance moyenne de 1 milliard 425 millions de kilomètres: elle est donc 9,55 fois plus éloignée que nous de l’astre central. En raison de cette distance et malgré son énormité (précisée plus loin), elle se présente sous des dimensions apparentes relativement modestes qui expliquent certaines difficultés de son étude, soit à l’aide d’instruments imparfaits (comme dans le cas de Galilée et de ses contemporains), soit à l’aide de pouvoirs optiques trop faibles.
- Pour accomplir le tour de son orbite, Saturne n’emploie pas moins de 29 ans 166 jours, 98. Le déplacement de cette planète s’effectue donc avec lenteur devant les constellations; ainsi la combinaison de son mouvement avec le nôtre beaucoup plus rapide — rappelons-nous les aiguilles d’une montre se rattrapant — a pour conséquence que nous la voyons se retrouver chaque année en opposition avec le Soleil seulement 12 à 13 jours après la date correspondant à l’opposition de l’année précédente. La figure 3 montre les relations entre l’orbite de Saturne et celle de la Terre; il ne faut pas les perdre de vue pour s’expliquer plus aisément les conditions de périodicité des aspects sur lesquels nous insistons ici.
- Quant au globe même de Saturne, avec ses 119 900 km de diamètre, il est en volume 745 fois plus considérable que notre propre globe. Et le célèbre anneau qui se
- Fig. 1. — Premiers dessins télescopiques de Saturne.
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- Fig. 2. — Dessin de Saturne par I-Iuyghens, en 1656.
- développe autour de lui, suivant son plan équatorial, est large de 278000 km, tandis que son épaisseur est estimée à 60 km environ. Le merveilleux système — unique en son genre pour nos connaissances actuelles — que forme cet ensemble est incliné de 26° 45' sur le plan de l’orbite (fig. 4). Grâce à cette disposition il offre à nos yeux des apparences très diverses, suivant les positions occupées par la planète aux différents points de son orbite. En somme, c’est là un mécanisme tout à fait comparable à celui, bien connu, des saisons du globe terresti'e. Seulement les conséquences sont plus accentuées pour Saturne, dont l’inclinais on de l’axe est un peu supérieure; mais surtout ces périodes saisonnières ont une très grande durée puisque, d’après le temps de la révolution, pas moins de 7 ans doivent s’écouler pour le passage d’un solstice à un équinoxe.
- Mieux que toute longue explication, la ligure schématique 5 explique ces saisons de Saturne et les apparences qui en découlent pour nous; tout proche comme nous le sommes du Soleil, par rapport à la lointaine planète, nous la voyons sensiblement sous le même angle suivant lequel elle se présente à l’illumination de l’astre du jour. Donc, aux solstices saturniens, tantôt l’hémisphère nord, tantôt l’hémisphère sud de ce monde, dirigés vers le Soleil, sont dirigés également vers la Terre. Il en est de même pour les faces de l’anneau correspondant à chacun de ces hémisphères; mais la formation circulaire
- Fig. 4. — Inclinaison du système de Saturne sur le plan de l'orbite.
- Direction
- Plan
- des rayons
- se développe alors, par l’effet de la perspective oblique, comme une ellipse dont le petit axe déborde légèrement, tout au plus, le diamètre polaire du globe (ûg. 6). Remarquons d’ailleurs que ce dernier, aplati dans la proportion de 1/10 ne laisse cependant bien apprécier sa forme ellipsoïdale que lorsqu’il est vu suivant le plan de son équateur; distinguée en perspective oblique, l’ellipticité s’atténue notablement, et le disque paraît plus circulaire lorsqu’un des pôles se trouve incliné vers nous.
- A mesure que Saturne se rapproche des équinoxes, le plan de l’anneau se présente sous un angle de moins en moins ouvert; et, finalement, aux équinoxes mêmes, la direction de ce plan passant par la Terre et le Soleil, le système aperçu alors par la tranche se dessine seule-
- Orbi te—v de la Terre; Soleil
- Fig. 3. — Relations entre l’orbite de Saturne et celle de la Terre.
- Saturne est en opposition en O,, la Terre étant en A. Pendant que notre planète accomplit sa révolution, Saturne s’est déplacé lentement sur son immense orbite et une nouvelle opposition arrive pour les positions B-Oo. D’autre part, on voit que le plan de l’anneau (représenté verticalement pour plus de simplicité) passant suivant P par le Soleil, ne passe pas alors par la Terre, si cette dernière se trouve, par exemple, en T. A l’opposition suivante, le plan de l’anneau maintenant dirigé suivant P'ne passe plus à aucun moment par le système Terre-Soleil.
- ment comme une simple ligne. C’est aux particularités relatives à ce moment que nous devons surtout nous attacher.
- DISPARITION DE L’ANNEAU
- Pour la commodité générale de l’explication, nous avons confondu ensemble la Terre et le Soleil, au point de vue direction de la vision; ce qui correspond à l’instant où les astres considérés se trouvent sur une même ligne, Saturne étant alors en opposition. Dans la réalité, les choses peuvent être quelque peu différentes, et modifier les conditions d’observation. En effet, par rapport à Saturne, notre planète s’écarte de part et d’autre du Soleil de quantités angulaires (revoir fig. 3) qui intro-
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- duisenl ainsi de sensibles décalages en perspective. Lors donc que le plan de l’anneau passe par le Soleil (équinoxes saturniens) cela n’implique pas qu’à cet instant il passe également parla Terre, puisque cette dernière peut se trouver alors dans une situation divergente de quelques degrés à droite ou à gauche. Et inversement.
- Ces deux cas qui d’ailleurs se trouvent réalisés successivement, à peu d’intervalle, se traduisent par des apparences qui, pour être pratiquement les mêmes, se rapportent cependant à des effets différents. Par exemple, lorsqu’il s’agit de la direction du plan de l’anneau orienté juste suivant notre rayon visuel, la minceur de ce système vu exactement par la tranche le réduit théoriquement à l’apparence d’un fil, ce fil étant souligné au-dessus ou au-dessous par l’ombre plus ou moins mince qu’il projette toujours sur le globe, d’après l’orientation encore un peu oblique de l’éclairement solaire. Au contraire, lorsque l’anneau passe juste par lè Soleil, il n’est plus éclairé que par la tranche exactement; son ombre est nulle, mais le décalage en perspective, si notre position est suffisamment écartée, peut nous le laisser découvrir faiblement comme une mince traînée obscure, correspondant à la vision très oblique de sa surface non éclairée, se projetant devant le globe. Pratiquement, dans un cas ou dans l’autre, il s’ensuit que, pendant un certain temps, Saturne apparaît alors dépourvu d’anneau, surtout si l’examen est effectué à l’aide d’un instrument insuffisant; ce qui causa la déconvenue de Galilée, lequel, à l’aide de sa faible et imparfaite lunette, n’avait déjà pu distinguer les anses dessinées par la perspective de la formation annulaire autrement que comme deux taches lumineuses de chaque côté de la planète; taches qui, nous l’avons vu, devaient progressivement se réduire en dimensions et cesser ensuite d’être perceptibles, puisque ces premières observations furent
- Fig. 6. —Aspects de Saturne, aux époques où l’anneau se découvre au maximum (en haut), et où il est aperçu par la tranche (en bas).
- Sur cette dernière figure, a été représenté un exemple de l’apparence discontinue que la trace de l’anneau est alors susceptible de montrer.
- Fig. 5. — Présentation de Saturne par rapport au Soleil et à la Terre.
- Au cours de sa révolution, aux solstices, nous voyons alternativement en perspective oblique la face nord et la face sud de l’anneau; entre ces deux positions extrêmes, aux équinoxes, l’anneau se voit juste par la tranche.
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- effectuées à une époque où le système était vu de plus en plus obliquement et allait finalement se présenter juste par la tranche.
- Mais ce phénomène de la disparition momentanée de l’anneau n’est pas seulement curieux à contempler; c’est un moment favorable pour diverses investigations qu’il importe de préciser, à propos de la nouvelle et prochaine occasion qui va nous être offerte cette année. Rappelons que la dernière eut lieu en 1921.
- OBSERVATIONS A EFFECTUER
- D’après les circonstances dont le jeu a été précédemment exposé, une première disparition aura lieu les
- Direction Su SOL.^E/L^Jii
- Direction de la TERRE
- 28-29 décembre
- Direction 'Ffi du SOLEIL
- Fig. 7. — Schémas de la disparition de Vanneau de Saturne, en 1936 au moment où son plan passera par la Terre (en haut) et où il passera par le Soleil (en bas).
- Pour la clarté du dessin, les directions respectives dans l’espace, de la Terre et du Soleil sont tracées rabattues sur le côté de la figure, alors que Saturne étant ici vu de l’ace elles devraient être dirigées
- vers le [lecteur.
- 28-29 juin 1936, la Terre se trouvant à ces dates exactement dans le prolongement du plan de l’anneau; à ce moment, le Soleil sera encore un peu au nord suivant une direction faisant un angle de 2°,7 avec ce plan. Puis le déplacement rapide de notre globe entraînant un nouvel effet de perspective, nous reverrons quelque peu la face nord de l’anneau, sous une très grande obliquité, jusqu’en décembre; et, à la fin de ce mois, les 28-29, de nouveau il disparaîtra parce qu’alors, juste orienté vers le Soleil, il ne sera plus éclairé autrement que par sa tranche.
- Malheureusement à ces époques si intéressantes, Saturne ne se trouvera pas dans les meilleures conditions pour son observation. Son opposition ayant lieu le 12 septembre, il en sera encore loin à la fin de juin; et ne se levant que peu avant minuit, la clarté de l’aube
- se fera déjà sentir lorsque la planète atteindra une élévation suffisante dans le ciel. Puis, en raison de l’éloignement plus considérable qu’à l’opposition, son diamètre apparent sera un peu plus faible. Faisons des restrictions également pour l’époque de la disparition du 29 décembre : le diamètre sera un peu plus réduit encore, et, dès la nuit venue, la planète, près de sa quadrature orientale, s’abaissera déjà vers l’horizon.
- Quant aux observations susceptibles d’être effectuées, elles sont, en raison du caractère inhérent à l’extrême ténuité des faits à constater, plus volontiers réservées aux instruments doués d’une puissance assez élevée. On conçoit aisément que l’anneau, en raison de son épaisseur si minime, n’est plus, à cette distance supérieure à un milliard de kilomètres, qu’un fil pratiquement invisible, ou presque. De toutes façons, il importe de surveiller attentivement certaines particularités qui, éventuellement, pourraient se constater. On admet que cette formation est constituée d’éléments solides, de dimensions inconnues, et circulant comme des myriades de petits satellites autour de la planète. Or, dans les conditions où l’ensemble est alors aperçu, il a été parfois noté une visibilité restée partielle, ou mieux; une apparence discontinue semblant se rapporter à des sortes de condensations; ces irrégularités seraient l’indice que la formation annulaire n’est pas absolument plate et homogène. Le cas échéant, il y a donc lieu de déterminer exactement les emplacements de ces détails de part et d’autre de la planète, symétriquement ou non, de façon à les identifier ou à les rapporter aux divisions de l’anneau dont les principales sont : la zone extérieure A, grise, séparée par la division de Cassini de la zone intérieure B, blanche, et la plus large; puis l’anneau crêpé intérieur C, sombre, et qui ne se reconnaît guère dans les modestes instruments autrement que par sa trace foncée passant devant la planète. On devra aussi s’attacher à préciser l’aspect de la mince ombre projetée encore sur le globe. Enfin ces époques où nous nous trouvons suivant le plan de l’anneau sont également les seules où il soit possible de voir les satellites, circulant dans le même plan, passer devant Saturne et y projeter leur ombre, comme on l’observe couramment pour Jupiter. Mais en raison de la dimension de ces astres, et surtout de l’éloignement, ces observations sont, d’une manière générale, réservées aux très puissants instruments. Il faut faire exception cependant pour Titan, le plus gros de ces satellites : grâce à ses 4100 km de diamètre, la tache produite par son ombre peut être aperçue avec une lunette de 108 mm%
- Quoi qu’il en soit de la lunette ou du télescope utilisé, les disparitions successives de l’anneau de Saturne valent d’être suivies, ne serait-ce que du point de vue contemplatif; même dans ce dernier cas, le spectacle reste éminemment instructif. Puis, cette période passée, et à partir du 21 février 1937, l’anneau se laissera découvrir par sa face sud, pendant 14 ans consécutivement. Il se présentera au mieux, à son maximum d’ouverture, en 1943; ensuite se refermant lentement, c’est en 1950 qu’à nouveau nous le verrons disparaître.
- Lucien Rudaux.
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- E LA PROTECTION AÉRIENNE = PAR LES “ BALLONS A CABLE ”
- La « défense passive » des populations civiles contre le danger aérien est malheureusement plus que jamais à l’ordre du jour. Nous avons exposé récemment le problème de l’utilisation, comme abris, des carrières souterraines (x) et les difficultés techniques et financières qui s’opposent à ce grand projet.
- La Préfecture de Police a fait apposer dans l’entrée de la plupart des immeubles de la région parisienne des tableaux imprimés indiquant les « mesures d’urgence » à prendre en cas d’alerte : descente en cave, épaulement des voûtes au moyen de madriers (!), aveuglement des soupiraux à l’aide de sacs, établissement d’un sas d’éclusage au moyen de couvertures stispendues, s’opposant (?) à la pénétration des gaz.
- Nous croyons ne souffler sur aucune illusion en soulignant ce que ces moyens de fortune ont d’inopérant, d’inapplicable et même d’inquiétant pour une population non entraînée et qui sait, pertinemment, que l’étanchéité des caves est plus que douteuse (1 2).
- Etant donné, d’autre part, l’absence de tout plan d’pnsemble (d’ailleurs bien difficile à établir) pour une évacuation générale de Paris, on peut se demander si une attitude... psychologique toute différente ne serait pas préférable.
- Précautions individuelles, soit; mais avant tout, tranquilliser la population en lui faisant connaître que le danger aérien, désormais, peut être conjuré ou tout au moins réduit au minimum, grâce à un moyen technique parfaitement efficace.
- Ce moyen existe, il importe de le dire, car cette question vitale est pratiquement ignorée du grand public. Contre le terrible danger des bombardements aériens, un antidote, une arme défensive a été créée : une cuirasse, une parade directe, autrement efficace que la crainte des représailles, est actuellement en pleine mise au point. Elle est économique (70 millions de francs pour protéger Paris alors qu’il faudrait 300 millions pour équiper les carrières sous forme d’abris); elle a fait ses preuves en arrêtant des avions ennemis et même en abattant, par accident, des avions français; enfin son
- 1. La Nature, il» 2974, 1« avril 1936.
- 2. Signalons, dans la rédaction de ces pancartes, des erreurs topographiques dont les conséquences peuvent être graves, même à l’occasion d’un simple incendie.
- efficacité, loin d’être diminuée par les progrès de l’aviation, se trouve plutôt accrue par les conditions actuelles des vols de bombardement.
- Cette arme anti-aérienne, c’est tout simplement la classique « saucisse », le ballon cerf-volant à câble, que des travaux actuellement en cours pour le ministère de la Guerre ont complètement transformé et modernisé (fig. 1, 2 et 12).
- HISTORIQUE DU « BALLON CAPTIF »
- Tout d’abord, deux mots d’historique.
- L’invention du ballon à gaz suivit de très près celle de
- la montgolfière à air chaud. Gonflé avec de l’hydrogène à l’acide, ruisselant de vapeurs corrosives, le premier ballon libre non monté s’enleva du Champ-de-Mars, en 1783, et alla tomber à Gonesse. Pilâtre de Rozier et le marquis d’Arlande, le 21 novembre de la même année, furent les premiers hommes à effectuer un voyage en montgolfière : équipée réellement extravagante où les aéronautes chargeaient à l’aide de fourches des bottes de paille dans un foyer suspendu au-dessous de l’énorme sphère de toile et de papier ! Le physicien Robert fut le premier à faire une ascension en ballon à hydrogène et nous lui devons mainte disposition encore actuellement en usage : la soupape, le lest, le baromètre pour l’indication de l’altitude.
- Fig. 1. — Ballon de protection à lobes, système Letourneur.
- Photographie prise au larguer, par vent nul, montrant les empennages pneumatiques encore flasques. En bas, à droite, le treuil.
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- Fig. 2. — Même ballon à lobes, plus élevé, commençant à se placer dans le lit du vent : l’empennage inférieur reçoit le vent par son ouverture et se gonfle (voir fig. 7).
- Fig. 4. — Ballon sphérique dilatable du corps des aérostiers italiens. L’enveloppe forme à l'équateur un double pli serré par un lacet
- élastique.
- Enveioppt
- Lacet
- élastique
- Onze ans plus tard, le premier ballon captif à hydrogène s’élevait au-dessus du champ de bataille de Fleurus, bientôt suivi d’autres ballons, également destinés à l’observation, au-dessus de Maubeuge et de Mayence qui avait été occupée par les armées de la République.
- 11 est curieux de constater que la mise au point de ces nouveaux engins fut faite à l’ancien haras de Louvois situé à Chalais-Meudon, à l’endroit même où se trouve aujourd’hui notre Centre d’aérostation militaire. Les noms de Conté (l’inventeur du crayon), du commandant Coutelle, du lieutenant de Beauchamps restent attachés à ces essais de l’époque héroïque.
- Napoléon, les rois, le Second Empire, négligèrent les ballons militaires; Paris usa des ballons libres, pendant le siège, pour ses liaisons avec la province. En 1871 une tentative d’observation en ballon captif gonflé de gaz d’éclairage fut faite au camp d’Auvours, près du Mans, sans aucun succès.
- C’est en 1879 que le lieutenant Charles Renard, qui
- Principe du ballon à ballonnet, système Caquot, ulilisé pendant et depuis la guerre.
- Quand le ballon s’élève, l’hydrogène fuit par une soupape tarée; quand il redescend, l’air pénètre dans le ballonnet qui se gonfle, en sorte que l’enveloppe extérieure reste tendue.
- devait s’illustrer par de nombreuses inventions : dirigeables, pile chlorochromique, chaudière instantanée, train routier articulé, obtint de Gambetta l’autorisation de rouvrir l’école d’aérostation de Chalais-Meudon. Ainsi fut créé le département de l’Aérostation militaire, qui fut d’abord une division du Génie et qui est aujourd’hui rattaché à l’Aéronautique.
- Jusqu’en 1914, les ballons captifs utilisés en France pour l’observation étaient presque tous des sphériques. Quelques « drachen » de petit volume, pour des essais divers et notamment comme porte-antenne de T. S. F., avaient été directement achetés en Allemagne, au constructeur, la maison Parseval; mais dans l’ensemble la question était jugée peu intéressante. Chalais-Meudon n’avait plus, en 1914, aucun crédit pour l’entretien des ballons captifs, dont quelques unités existaient seules dans nos places de l’Est.
- C’est un rapport du général Dubail, en septembre
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- 1914, qui fit ressortir l’intérêt de reconstituer au plus vite les compagnies d’aérostiers de campagne et de les doter de « draehen » français; le premier exemplaire sortit en janvier 1915 et dès le mois d’avril, chacune de nos armées disposait d’une « saucisse » d’observation montant à 1500 m. A l’armistice, nous avions plus de 150 de ces ballons en l’air sur le front nord-est (fig. 5, 9 et 11).
- 11 est juste de citer ici le nom de l’ingénieur Caquot, alors mobilisé comme commandant d’une compagnie, qui mit au point, en 1916, à Chalais-Meudon, un modèle
- .............................. ..........543 =====
- saire qu’il ne soit que partiellement gonflé au sol, pour laisser place à la dilatation du gaz, conséquence de la diminution de pression avec l’altitude. Par suite, au cours de l’ascension et de la descente, il existera des parties flasques qui tendront à former, sous l’action du vent, des poches dangereuses.
- Le problème de la bonne tenue d’un ballon captif se subdivise donc en deux problèmes distincts :
- 1° Maintenir le ballon suffisamment gonflé quelle que soit l’altitude; en fait, obtenir la permanence de la forme.
- 2° par l’étude des formes, des empennages et des
- Fig. 5. — Grand « caquol » d'observation à deux nacelles.
- On aperçoit tout à l’arrière la manche de communication qui conduit aux empennages supérieurs l’air reçu par l’empennage inférieur grâce à son ouverture tournée vers l’avant. Cette ouverture est visible de profil derrière le drapeau.
- de saucisse à ballonnet d’une telle qualité que les Allemands s’empressèrent de copier scrupuleusement un « caquot » tombé dans leurs lignes !
- DOUBLE PROBLÈME DE LA « SAUCISSE »
- Il n’est point besoin de grande théorie pour comprendre que la forme sphérique, qui convient pour un ballon libre ou un ballon captif en air calme, n’est aucunement adaptée aux conditions de stabilité d’un ballon captif flottant dans le vent.
- Si l’on veut que le ballon soit complètement gonflé à une certaine altitude, 1500 m par exemple, il est néces-
- attaches du câble, lui assurer une bonne stabilité dynamique, analogue à celle du cerf-volant (fig. 6).
- BALLONS A BALLONNET
- La première solution utilisée pour maintenir le ballon continuellement gonflé consiste à le munir d’un ballonnet intérieur communiquant avec l’atmosphère (fig. 3).
- Lors du larguer, le ballon est gonflé d’hydrogène à bloc, le ballonnet se trouvant par suite réduit à sa plus simple expression. A mesure que le ballon s’élève, l’hydrogène en excès s’échappe dans l’atmosphère par une
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- Câble
- Fig. 6. — Schéma simplifié de l’équilibre d'un ballon captif allongé ou « saucisse », dans le vent.
- La force ascensionnelle du gaz, diminuée du poids du ballon, laisse une force ascensionnelle restante OF. La force du vent étant OV le ballon s’incline ou se relève jusqu’à ce que la résultante OR de ces deux forces soit directement opposée à la traction du câble. Le problème total de la stabilité est beaucoup plus compliqué car le « centre de poussée » du vent se déplace suivant l’orientation eu ballon; mais on peut s’arranger pour que lors d’un petit déplacement, le ballon tende de lui-même vers un nouvel équilibre avec des variations d’inclinaison très faibles ou même milles; ceci est capital pour les ballons d’observation.
- soupape de sûreté, la pression ne pouvant par suite dépasser une valeur donnée.
- A la descente, la pression de l’hydrogène devient inférieure à la pression ambiante, mais alors l’air pénètre dans le ballonnet qui se gonfle, en sorte que l’ensemble du ballon consei've une forme correcte.
- Le principal défaut de ce système est que le centre de sustentation se déplace au cours de la descente; autrement dit, l’ensemble se trouve lesté à l’arrière par le poids de l’air, qui vient gonfler le ballonnet, chassant l’hydrogène, plus léger, vers l’avant. Il en résulte que le ballon « relève le nez » en s’approchant de terre et s’il y a des coups de vent violents, il peut être « cueilli par en dessous » et casser son câble. Pratiquement l’altitude qu’on peut réaliser sans danger avec un tel système est assez limitée.
- Fig. S. — Treuil à moteur pour ballon de protection.
- On remarquera la finesse du câble et le faible encombrement du treuil beaucoup moins puissant que pour un ballon d’observation à nacelles.
- PRINCIPE DU BALLON DILATABLE
- Au ballon à ballonnet s’oppose une solution totalement différente, celle du ballon dilatable qui a vu le jour en Italie et qui a été remarquablement mise au point en France par le commandant Letourneur (1).
- L’idée du ballon dilatable est fort ingénieuse; elle consiste à ménager dans l’enveloppe des dispositifs élastiques qui lui permettent de rester tendue quand la pression ambiante varie dans d’assez larges limites.
- Dès 1917, le G. Q. G. italien protégea Venise contre les attaques des avions autrichiens, au moyen de ballons captifs sphériques dont l’équateur présentait un pli double maintenu par un lacet en caoutchouc (fig. 4). Les résultats furent tels que Chalais-Meudon s’empressa de demander l’envoi d’un spécimen qui fut essayé en France... mais sans succès !
- Cet échec s’explique par les conditions climatériques très différentes des deux régions. A Venise, ou bien le
- empennage supérieur
- Ballon
- Entrée de l’air
- Empennage inférieur
- Fig. 7. — Circulation de l’air dans les empennages pneumatiques. L’air pénètre dans l’empennage inférieur, gagne les empennages supérieurs par une manche de communication et s’échappe par des ouvertures de faible section. Le durcissement croît avec l’intensité
- du vent.
- vent est nul et les ballons sphériques n’ont rien à craindre, ou bien la bora, le redoutable vent du nord, souffle avec violence et les avions eux-mêmes restent sous leurs hangars. En France, les vents de 10 m par seconde sont les plus fréquents; ils permettent aux avions de sortir, mais couchent dangereusement les ballons sphériques. En somme, la seconde partie du problème ; stabilité dynamique dans le vent, avait été négligée.
- C’est alors que le commandant Letourneur eut l’idée des ballons allongés dilatables, ayant la forme générale du ballon Caquot, mais munis de plis creux, tendus par des sandows pour permettre la variation de volume; le ballon comportait deux plis longitudinaux fermés par des lacets élastiques.
- Tel fut le principe des «saucisses élastiques », type N,
- 1. Nous adressons ici nos vifs remerciements au commandant Letourneur qui a bien voulu nous documenter sur ce problème spécial et nous prouver, chiffres en main, que les nouveaux ballons dilatables à grande altitude apportent, contre le péril aérien nocturne, une sécurité pratiquement absolue.
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- qui devaient faire place, voici seulement quelques années, aux remarquables ballons à lobes du même inventeur.
- LA « SAUCISSE ». A SANDOWS INTERNES
- Le principe est le suivant :
- Dans un ballon ordinaire, comme dans une chaudière ou un récipient quelconque soumis à une surpression intérieure, l’enveloppe « travaille » de deux façons : elle est étanche, ce qui représente une efficacité dans le sens normal à sa surface et elle résiste à la déchirure, ce qui revient à dire qu’au point de vue mécanique, elle travaille en traction.
- Or, rien n’empêche de séparer ces deux fonctions, ce
- .................................. = 545 =
- Grâce à cette disposition, le tissu du ballon travaille dans d’excellentes conditions, du fait que le rayon de courbure est partout très petit, ce qui revient à dire que la tension de l’étoffe sera faible pour une surpression intérieure donnée. Mais l’avantage primordial est que l’on pourra employer des tirants élastiques, des sandows à fort allongement, en sorte que le ballon reste suffisamment gonflé, tendu, quelle que soit l’altitude.
- Quant aux empennages formant gouvernails fixes, inventés par Caquot et perfectionnés par le G* Letour-neur, ils sont au nombre de trois, disposés à 120° et érectiles, la force du vent étant précisément mise à profit pour leur donner une rigidité croissante à mesure que
- Fig. 9. — Un atelier de construction de « saucisses » pendant la guerre.
- qui procure des avantages considérables. Dans un réservoir, par exemple, on peut placer des tirants diamétraux, qui s’opposent à la dilatation de l’enveloppe. Ce principe est appliqué dans les chaudières de locomotives, où le volume cubique du foyer se trouve soumis à un énorme effort d’écrasement par suite de la pression de la chaudière qui l’enveloppe; ses parois et son ciel sont soutenus par de fortes entretoises, travaillant en traction, et qui traversent l’eau de la chaudière.
- Si nous appliquons ce principe à un hallon, il est bien certain que l’enveloppe, qui est souple, formera des « lobes » entre les points d’attache, la section du ballon prenant la forme d’un trèfle à multiples feuilles comme le montre la figure 12.
- la violence de ce vent augmente. À cet effet, l’empennage inférieur présente une large embouchure tournée vers l’avant; l’air engouffré se rend ensuite par deux tuyaux en étoffe dans les empennages supérieurs, puis s’échappe par des orifices de section réduite (fig. 7).
- Soulignons ici, une fois de plus, la fécondité de deux principes généraux qui méritent d’être érigés en dogmes techniques. Avec la combinaison sandows-enveloppe on a une séparation des fonctions qui se traduit immédiatement par une grande souplesse de réaction et une gamme étendue de fonctionnement correct.
- Les empennages gonflés avec circulation d’air montrent d’autre part l’automaticité agissante et précise que l’on peut obtenir en consentant une perte continue d'énergie,
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- 300 >
- 5*
- Ballons
- -— —
- File t
- Fig. 10. — Projet de « filet aérien » en acier, à mailles de 40 ni sur 300 m, supporté par ballons sphériques.
- Cette conception antimécanique ne résiste pas à l’épreuve de l’expérience, le poids des câbles, formant chaînettes, tendant à déséquilibrer dangereusement les ballons. L’ensemble s’abattit sur la gare qu’il était chargé de protéger et provoqua un formidable embouteillage.
- Les sandows, au nombre d’environ 150 dans les récents modèles, sont disposés en hexagone pour les ballons courants à six lobes; dans la partie médiane du ballon, l’écartement de ces sandows n’est cpie de 14 cm. Ils sont fabriqués en gomme très pure, présentant un « hystérésis » faible, ce qui signifie qu’ils reviennent parfaitement au zéro par détente, sans trop de frottements internes; leur gaine elle-même est élastique, l’ensemble représentant le poids minimum.
- Du côté des câbles, les progrès sont réellement sensationnels; les chilîres de 180 et 240 kg par mm2, couramment admis dans l’aviation, sont depuis longtemps dépassés. On en est actuellement à 380 kg par mm2 de section d’acier et chaque année apporte régulièrement un accroissement de 30 kg ! Pratiquement, le câble présente une section décroissante, plus forte au voisinage du ballon (à l’inverse des câbles de mine), toujours dans un but de légèreté, avec 3 mm de diamètre; un simple tuyau de plume d’oie... mais qui résiste à une traction de 1200 kg !
- Et voici le résultat actuel de ces travaux de mise au point: deux chiffres qui se passent de commentaires. Par
- même minime. L’électrotechnique et la mécanique des fluides fourniraient des exemples de ce second principe dans les domaines les plus variés.
- 30000 MÈTRES D’ALTITUDE!
- Donnons maintenant quelques détails de fabrication.
- Le ballon à lobes, malgré la présence des sandows, est sensiblement plus léger, à volume égal, qu’un ballon à ballonnet, du fait de l’allégement de l’enveloppe; de là une amélioration de la force ascensionnelle. Cette enveloppe est formée de deux toiles de soie naturelle de Lyon, de premier choix, collées à l’aide de colle de caoutchouc.
- Fig. 11. —• Ballon de protection de la guerre photographié au sol, montrant les attaches du câblage.
- Fig. 12. — Ballon à lobes en plein « vol ».
- On distingue les trois empennages, complètement gonflés.
- un vent de 20 m par seconde (72 km à l’heure), les ballons montent à un peu plus de 6000 m !
- Une telle altitude, déjà suffisante, pour réduire presque à néant les possibilités d’une aviation de bombardement, sera du reste rapidement dépassée pour plusieurs raisons. Tout d’abord, la densité de l’air étant bien moindre à 6000 m qu’au sol, tout kilog gagné sur la construction du ballon a profite » plus, c’est-à-dire fait gagner davantage d’altitude; d’autre part, rien n’empêche d’accrocher au câble, un peu au-dessous du ballon, un second câble qui va s’accrocher à un second ballon flottant à une altitude supérieure, voisine de 9000 m (fig. 15).
- Mais la principale supériorité des ballons à sandows réside dans la multiplication des lobes qui permet d’envisager des altitudes énormes. Avec les matériaux actuellement utilisés, la limite théorique plafonne vers 30 000 m d’altitude!
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- CAPTURES D’AVIONS
- Voici donc un premier point acquis : dans cette « course au zénith » qui oppose les avions et les ballons à câble, ces derniers ont d’ores et déjà gagné la partie; autrement dit, les avions ne passeront pas par-dessus. Reste à prouver que les câbles représentent, pour les avions, un obstacle dangereux, impossible à éviter ou à détruire et capable de provoquer la chute des appareils.
- Ces divers points ont été surabondamment démontrés par l’expérience... une expérience parfois cruellement involontaire ! Citons au hasard. Pendant la guerre, non loin de Nancy, un ballon captif météorologique, sans observateur, est monté en l’air, par suite d’un malentendu, au moment ou une escadrille française rentrait : trois avions touchent le câble, tous trois glissent sans
- Fig. 14. — Comment un câble capture un avion.
- Grâce à sa flèche considérable et à sa faible masse linéaire, le câble ne peut être rompu par inertie au moment du choc. Il cède en accompagnant l’avion et en absorbant une puissance énorme; sur la figure (brins du câble à 120°) l’effort résistant est de 1200 kg, correspondant à une puissance absorbée de 1400 ch pour une vitesse de 220 km à l’heure. L’avion se trouve en perte de vitesse, part en vrille
- le long du câble sans pouvoir se décoller et s’abat près du treuil.
- pouvoir quitter le câble et viennent s’écraser au sol; le câble n’est pas rompu. A Metz, dans des circonstances analogues, 2 avions français sont descendus, puis 2 anglais et 2 allemands dans la banlieue de Londres et encore un allemand près de Boulogne. La règle est absolue : le câble résiste, l’avion se met en vrille autour de ce câble sans pouvoir s’en décoller et vient s’effondrer près du treuil.
- Le drame est un peu différent s’il s’agit d’un ballon d’observation, comportant nacelle et observateur, donc une inertie plus considérable et dont le câble est plus court et très tendu avec peu de flèche. Dans ce cas, généralement le câble casse et il peut arriver que l’avion se tire d’affaire. En Alsace, un avion casse un câble et atterrit; à Cherbourg, récemment, un hydravion heurte
- Fig. 13. — Coupe schématique d’un ballon à six lobes montrant la disposition des sandows.
- Disposées en prisme hexagonal, les nappes de sandows s’étendent sur toute la longueur du ballon; elles tirent vers l’intérieur l’enveloppe qui forme des « lobes » entre les points d’attache.
- un câble, le pilote est tué; en Italie, un pilote est tué; à Chalais-Meudon — accident extraordinaire — un avion touche un câble qui lui enlève 50 cm d’aile comme au rasoir, puis réussit à atterrir ! Ici, il y a donc des rescapés, tandis que la souple liane du ballon de protection ne pardonne jamais.
- Esquisser, même sommairement, une théorie de cette « capture » aérienne, serait difficile; en gros, on peut dire ceci. Au moment où l’avion touche le câble, celui-ci cède avec une résistance tout d’abord relativement faible, mais qui s’accroît rapidement à mesure que l’onde provenant du choc se transmet sur les deux parties du
- Fig. 15. — Disposition de deux ballons en tandem permettant d’atteindre de hautes altitudes.
- Les chiffres indiqués correspondent aux ballons de protection dilatables
- type 1917.
- 4500
- 2500
- 2000
- Treuil
- Câble
- 1200 Kg
- Câble au repos i
- A vion
- IZOD Kg.
- Treuil
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- Fig. 16. — Un drame de la guerre aérienne : « saucisse » d’observation tombant en flammes tandis que l’observateur descend en parachute. Le ballon captif de protection est un engin de nuit; de jour, il serait rapidement «descendu », tandis que dans l’obscurité il est introuvable.
- Fig. 17. — Carte schématique montrant les trajets les plus habituels suivis par les avions de bombardement au-dessus de Paris avant l'installation des ballons à câbles.
- câble, dont la courbure diminue; le ballon suit avec rapidité, descendant en oblique, freiné par la résistance de l’air. Au total, l’avion s’avance comme dans un fluide visqueux, développant un effort considérable, de l’ordre de 1200 kg pour un câble coudé à 120° (fig. 14).
- Multipliez maintenant cet effort par la vitesse métrique de l’avion, soit une centaine de mètres par seconde pour un bombardier moderne, et vous arrivez à un supplément de puissance de l’ordre de 1500 ch que les moteurs devraient fournir en plus de la puissance indispensable à la sustentation. Conséquence : la perte de vitesse, la vrille et la mort.
- Qu’un pilote habile et de sang-froid puisse se laisser partir « en feuille mortev», filer sur la queue, échapper au redoutable bras de pieuvre qui le suit élastiquement dans l’espace... théoriquement cela est possible. Mais la réalité est formelle : tout avion qui touche est perdu.
- VULNÉRABILITÉ DES AVIONS MODERNES
- Dira-t-on qu’à cette parade nouvelle les constructeurs d’avions chercheront eux-mêmes une réplique ? C’est probable : on peut imaginer, sur le papier, d’énormes scies alternatives, animées d’un mouvement de tondeuse et disposées à l’avant de l’avion... Est-il besoin de souligner combien un système aussi lourd, encombrant, d’une efficacité douteuse, handicaperait les bombardiers, au point de vue de la charge et de la vitesse ?
- Plus simplement, peut-être estimera-t-on qu’avec les puissances actuelles des gros bombardiers et leur vitesse qui peut dépasser 400 km. à l’heure, l’obstacle des câbles deviendrait inopérant? Ceci est inexact, car le câble ne peut être coupé « à la volée », son inertie étant faible et sa flèche considérable; la vitesse, d’autre part, pour un effort donné, est proportionnelle à cette vitesse. N’oublions pas que si les bombardiers sont puissants, ils sont aussi très lourdement chargés au mètre carré, c’est-à-dire promis, lors d’un déséquilibre accidentel, à la vrille fatale !
- Quant à trouver les ballons dans l’espace, la nuit, afin de les détruire, dans un cercle qui peut atteindre 600 m. de diamètre autour de la verticale du treuil, à des altitudes variées et inconnues et dans la redoutable proximité des câbles invisibles, il est certain que c’est pour les aviateurs un problème pratiquement insoluble.
- Une théorie héroïque, celle de F « holocauste » a été proposée à l’étranger : trente avions se présentent en ligne de file, les premiers succombent, les autres passent. Ici, nous en appelons aux marins qui ont eu à naviguer sur torpilleurs en ligne de file, de nuit, en se guidant sur la minuscule « ratière » lumineuse de leur « matelot d’avant » ! A qui fera-t-on croire que des avions volant à 400 km à l’heure, avec des intervalles d’au moins 3 km, à des altitudes non strictement égales et sous le feu de la D. C. A., arriveront à tenir exactement la file à quelques mètres près ?
- Au reste, n’oublions pas que l’avion touché s’effondre, mais que le câble résiste; nous avons cité le cas de ces trois avions français descendus par le même câble dans un intervalle de quelques minutes... Le piège reste prêt à fonctionner.
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- EXEMPLES DE PROTECTION
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- Il est temps de conclure en nous basant, une fois de plus, sur des faits précis.
- A 15 km au sud de Nancy se trouvent les usines métallurgiques bien connues de Neuves-Maisons qui travaillaient à plein rendement, tout à proximité du front, pendant la guerre. Les conditions étaient déplorables : chaque nuit, bombardements, dégâts et victimes.
- En août 1917, une première section de ballons fut détachée à Neuves-Maisons et aussitôt les bombardements cessèrent. Aucun avion ennemi ne s’aventura plus au-dessus de l’usine, tous lâchèrent leurs bombes au-dessus des bois ! Même tactique et même succès à Dunkerque où, par leur seule présence, les « saucisses » tinrent l’ennemi en respect.
- PROTECTION DE PARIS
- Mais il y a mieux : Paris lui-même a été efficacement protégé par les ballons à câbles à partir de mars 1918. Retraçons ce bref et instructif historique (x).
- Au début, avec un matériel restreint, on s’efforce de protéger uniquement les points les plus menacés; ainsi, dix ballons sont largués au-dessus de la boucle de la Seine comprise entre Saint-Cloud et Issy-Les Mouli-neaux, en vue de protéger les usines de Billancourt : Renault, Salmson, qui travaillent pour la défense nationale.
- Dans la période suivante, le programme se modifie. On ébauche dans Paris une grande ligne transversale de ballons par les Tuileries et les Buttes-Chaumont, complétée par des ballons isolés et que l’on déplace d’une nuit à l’autre afin de rendre complètement imprévisible pour les aviateurs la distribution des câbles. Cet embryon transversal suffit pour empêcher le retour des bombardements du quartier de l’Ecole militaire et du Ministère de la Guerre.
- Simultanément, un barrage fut créé « en plein bled » dans la boucle de la Seine qui s’étend de Saint-Denis à Argenteuil au nord de Gennevilliers : c’était un des chemins favoris de l’aviation allemande. D’autres barrages furent installés dans la région de Noisy-le-Sec. On voit ainsi se dessiner un système cohérent,comportant des barrières avancées chargées de [couper les routes les plus fréquentes de l’ennemi, tandis que les lignes intérieures et les ballons dispersés tendent à empêcher les avions qui auraient réussi à passer, de voler à basse altitude en lâchant avec précision leurs bombes.
- Le 23 avril, une attaque importante eut lieu malgré un vent violent; on largua 50 ballons dont 25 rompirent leurs câbles ! On mit alors à l’étude un dispositif d’inflammation à retardement chargé de détruire les ballons en dérive. En mai, l’installation des barrages s’intensifie; on barre 3 lignes de repère fréquemment suivies par les aviateurs allemands et qui étaient les voies ferrées de Soissons et de Lille et le tronçon commun des routes de Compiègne et de Soissons. Néanmoins, une brèche restait libre dans le sud : toujours bien renseigné, l’ennemi
- /paris vç O
- Versailles O
- Fig. 18. — Allure du raid tenté sur Paris dans la nuit du 1er juin 1918
- alors que Paris possédait déjà les barrages de ballons du nord el du nord-est mais qu’une brèche subsistait du côté sud.
- Les carrés noirs représentent les points de chute des bombes, les cercles avec un point, les postes de guet, dont les renseignements, précisément, ont permis d’établir la présente carte; les cercles blancs sont des batteries anti-aériennes (DCA). L’ennemi attaque au point faible, évitant la région des barrages. Une erreur amusante est celle de l’aviateur dont l’itinéraire forme une boucle tout à fait à gauche : trompé par la courbe de la Seine qui reproduit le tracé caractéristique de la Seine dans Paris, il a cru lâcher deux bombes au but ! (Cartes reproduites d’après l’original du ministère de l’Air, d’après les documents « Gaz de Combat », avec l’aimable autorisation de M. Max Verneuil.)
- Fig. 19. — Le double raid de cinquante avions dirigé sur Paris dans la nuit du 15 septembre 1918.
- Le dispositif des ballons est à peu près au complet comme l’indique la figure 20; la protection est pratiquement absolue.
- 1. Max Verneuil, revue Gaz de Combat, mars 1936.
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- Fig. 20. — Aperçu de la répartition des barrages de ballons de protection autour de Paris à la fin de septembre 1918.
- A l’armistice, la défense de Paris comportait 150 ballons dont 31 « tandems » (fig. 15) montant à 4500 m.
- attaque sur ce point les 1er et 2 juin, évitant avec soin les grands barrages du nord et du nord-est (fig. 18).
- En septembre, l’installation générale est complétée et se révèle extrêmement efficace. Cinquante avions attaquent en deux raids dans la nuit du 15 et ne parviennent à placer que cinq bombes sur la cible. La plupart tournent court aux approches des barrages du nord et lâchent leurs bombes au hasard (fig. 19).
- La comparaison de cette carte de raid avec la figure 20, qui représente l’emplacement des barrages à la fin de
- septembre, constitue la meilleure démonstration de l’efficacité des ballons à câble contre les raids d’aviation.
- Soulignons que ces cartes revêtent un caractère d’authenticité indéniable du fait qu’elles sont extraites des archives du ministère de l’Air.
- CONCLUSION
- Ainsi, avec des ballons infiniment moins parfaits que les ballons actuels et montant à une moindre altitude on a pu protéger Paris. Actuellement, il existe à Chalais-Meudon une réserve très importante de ballons, mais de types encore anciens; 70 millions de francs seraient nécessaires pour moderniser cette réserve et l’on peut croire que ces crédits seràient ici mieux employés que si on les engloutit dans des abris !
- Les ballons, incontestablement, restent une protection de nuit, car, de jour, ils sont visibles et peuvent être détruits. Mais la défense de jour est beaucoup plus facile, grâce à l’artillerie anti-aérienne et il est douteux que l’ennemi se risque à de grosses attaques dans ces conditions. Pour la totalité de Paris, 250 ballons à lobes seraient suffisants; pour une ville secondaire, trois ou quatre ballons conviennent; pour un ouvrage isolé, pont, fort, viaduc, un seul ballon suffit.
- ... Deux cent cinquante ballons, 70 millions de francs — le prix d’un très petit bateau de guerre ! — pour protéger Paris, pour soustraire une population de quatre millions d’âmes à cette « grande peur », à cette déplorable psychose du « bombardement sans déclaration de guerre » qui pèse sur elle depuis des années... est-ce vraiment payer trop cher ? Pierre Devaux,
- Ancien élève de l’École Polytechnique.
- LES PREMIERES PROJECTIONS PRATIQUES DE CINÉMATOGRAPHIE EN RELIEF
- Nous avons déjà décrit, dans ces colonnes, le dispositif créé récemment par Louis Lumière, l’inventeur du cinématographe, pour réaliser la projection cinématographique en relief; il repose, on s’en souvient, sur un perfectionnement remarquable de la méthode des ana-glyphes.
- Rappelons-en le principe : on projette sur l’écran deux images stéréoscopiques, de deux couleurs différentes de l’une à l’autre et complémentaires. Les mêmes couleurs servent à teinter différemment les verres d’une lunette à travers laquelle le spectateur regarde l’écran; aussi chaque œil n’aperçoit-il qu’une image sur l’écran et précisément celle qui lui est destinée.
- M. Louis Lumière,en reprenant cette méthode ancienne, a eu le mérite d’en voir les défauts et d’y remédier par le perfectionnerhent des écrans et des lunettes.
- Les couleurs colorant les écrans et les verres des lunettes ne sont pas le vert et le rouge, comme dans la méthode ordinaire, mais un bleu pur et un jaune légèrement verdâtre. On peut ainsi obtenir un équilibre de l’énergie lumineuse totale reçue par chacun des yeux.
- La vision des images est donc parfaitement blanche, et ne provoque aucune fatigue oculaire. Le port des lunettes extrêmement légères n’est plus une fatigue oculaire, mais simplement une petite gêne physique sans importance, bien compensée par le nouvel agrément de la vision.
- L’appareil de projection comporte un double objectif qui superpose les images, et l’appareil de prises de vues spécial a dû subir une mise au point assez longue.
- Les deux images stéréoscopiques sont placées l’une au-dessus de l’autre sur la surface du film occupée normalement par une seule image de format standard. On voit sur la figure 1 le fac-similé d’un film stéréoscopique et sonore, avec piste sonore de largeur normale.
- Le film se déplace horizontalement dans Lappareil de projection, dont la manœuvre est, d’ailleurs, aussi facile que celle d’un appareil ordinaire, mais, néanmoins, il est probable qu’un dispositif à déroulement vertical sera bientôt réalisé.
- La réalisation des lunettes à couleurs complémentaires améliorées, ajoutée à la création d’appareils pratiques
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- pour prises de vues et projection, rendait immédiatement possible l’exploitation des fdms en relief. Pourtant, M. Louis Lumière, avec sa prudence habituelle, a voulu d’abord procéder à une série de mises au point et d’essais, avant d’organiser des démonstrations publiques, d’ailleurs encore restreintes, car il s’agit de déterminer, en réalité, toute une nouvelle technique, tant au point de vue artistique que pratique, comme cela a été nécessaire au début du cinématographe sonore, et le sera pour le cinématographe en couleurs.
- Une salle de projection des grands boulevards à Paris «l’impérial Pathé », a donc été équipée pour ces projections. Il avait été question de supprimer les lunettes portées obligatoirement par les spectateurs et de les remplacer par des systèmes optiques disposés sur le dossier des fauteuils, de manière que chaque spectateur puisse avoir devant les yeux les verres colorés nécessaires, sans tenir à la main un appareil quelconque et sans avoir de lunettes à porter. Ce projet a été abandonné pour l’instant.
- La disposition des appareils sur les dossiers des fauteuils aurait gêné le passage des spectateurs, et constitué un danger en cas d’accident nécessitant l’évacuation de la salle. La position fixe de ces systèmes optiques aurait, d’autre part, obligé le spectateur à maintenir constamment la tête dans une position déterminée, d’où une gêne et même une fatigue au cours d’une projection assez longue.
- La présentation des premiers films en relief a eu lieu le 30 avril 1936, devant une assistance des plus brillantes et a remporté un grand succès.
- Le programme, encore réduit, comportait une comédie de genre, « l’Ami de Monsieur », et un documentaire, « Riviera ». Ces deux films, de métrage moyen, ont été réalisés par un technicien, metteur en scène habile, M. Pierre de Cuvier.
- La sensation de relief obtenue est tout à fait saisissante. Le documentaire, en particulier, avec ses lointains qui s’étagent à perte de vue, et ses « gros plans » qui semblent percer l’écran et se trouver dans la salle donne une impression de naturel admirable, bien propre à renouveler tout l’intérêt de ce genre de film. Il est certain qu’un documentaire artistique sur des monuments, des églises ou des œuvres d’art acquerra une nouvelle valeur avec la vision en relief. La comédie, dont certains tableaux ont provoqué, dans le public, des réactions très caractéristiques, soulève déjà des problèmes techniques et artistiques très intéressants.
- Tous les sujets au premier plan, provoquent, en effet, chez le spectateur, l’illusion qu'une partie de l'action a lieu dans la salle elle-même. Lorsqu’une jeune fille jette des fleurs devant soi, on a l’illusion de les voir tomber dans la salle.
- Des serpentins lancés dans un dancing paraissent tendus dans la salle; lorsqu’un personnage lance devant soi une paire de souliers, les spectateurs se reculent instinctivement par crainte d’être blessés.
- Cette « mise en relief » littérale de l’image donne à cette dernière une importance qu’elle avait quelque peu perdue depuis l’apparition du cinématographe parlant,
- Fig. 1.— Fragment d'un film stéréoscopique L. Lumière.
- et que les essais de cinématographie en couleurs n’avaient pas encore réussi à lui rendre.
- Il est, d’ailleurs, de nombreux procédés classiques de cinématographie qu’il devient dès lors impossible d’utiliser. Les effets de « fondu » ou « de volet », dans lesquels les images disparaissent graduellement, ou brusquement, lorsqu’on passe d’un développement à l’autre de l’action, doivent ainsi être proscrits.
- On peut faire disparaître graduellement ou placer « un cache » qui se déplace devant une image plate, mais l’effet change complètement avec une image en relief. Le spectateur aurait l’impression qu’il se trouve devant une scène de théâtre, dont le rideau a été disposé au milieu de la scène. Lorsque ce rideau se ferme, une partie des acteurs reste d’un côté, et une partie de l’autre !
- Sans insister sur les détails de ces questions, on voit que ces premières projections en relief soumettent déjà aux techniciens et aux artistes de nouveaux et fructueux sujets d’étude.
- P. Hémardinquer.
- Fig. 2. — M. Louis Lumière et son appareil de projection en relief. Il porte les lunettes de spectateur. (Ph. « Je sais tout ».)
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- = LES RADIOACTIVITÉS BÊTA E ET L’HYPOTHÈSE DU “ NEUTRINO
- Toute théorie physique vise à grouper logiquement un ensemble plus ou moins vaste de faits connus, mais presque toujours elle dépasse et devance l’expérience, en suggérant l’existence de phénomènes nouveaux.
- Lorsque la théorie apporte trop de vues nouvelles en désaccord avec les idées généralement admises, elle se heurte violemment aux habitudes intellectuelles de la majorité des physiciens et rencontre à ses débuts de vives résistances.
- L’histoire de la science fourmille d’exemples de ce genre, dans lesquels l’expérience a fini par donner raison aux précurseurs, voire aux révolutionnaires.
- Il est nécessaire d’avoir présent à l’esprit ce caractère de l’évolution scientifique, quand on examine certaines théories physiques nouvelles, si déconcertantes soient-elles au premier abord, même lorsque l’expérience ne leur a pas donné immédiatement son investiture souveraine.
- A bien des égards, l’explication que nous donnent surtout Pauli et Fermi et Bohr de certaines particularités des radioactivités bêta appartient à cette catégorie de théories dont nous venons de parler et dont on ne saurait apprécier d’avance la portée et la fécondité.
- LES RADIOACTIVITÉS BÊTA
- Les corps radioactifs naturels se classent, d’après la nature des radiations qu’ils émettent, en deux groupes bien distincts : ceux qui donnent naissance à un rayonnement composé d’électrons rapides (rayons (3) et ceux qui émettent des particules a (noyaux d’hélium de masse 4 et de charge positive 2). Ces deux sortes de rayonnements peuvent d’ailleurs être accompagnés d’un
- Fig. 1. — Courbes de répartition de l’énergie des rayons « bêta ».
- ThC + C
- 0 2 4 6 8 10 12 14 16 18 20 22
- Energie en e V x 10
- rayonnement de nature électromagnétique (rayons y).
- Les désintégrations avec émission de particules alpha (« désintégrations a » ) sont caractérisées par la valeur bien définie de l’énergie des particules alpha émises par les différents noyaux du corps radioactif donné, de sorte qu’à chaque corps de radioactivité alpha correspond une vitesse bien déterminée des particules alpha qu’il émet. Le processus de désintégration avec émission de particules alpha étant ainsi caractérisé par l’émission de particules ayant toutes la même énergie, il est possible d’établir ce qu’on appelle le « bilan énergétique » de la transformation nucléaire.
- Dans un « bilan énergétique » relatif à des transformations nucléaires, on tient compte non seulement des énergies cinétiques ou internes des particules étudiées, mais aussi des masses de ces particules. On sait, en effet, aujourd’hui que la masse n’est, en dernière analyse, qu’une forme de l’énergie. Les masses figureront donc dans le bilan énergétique par leurs énergies équivalentes, données par la célèbre formule d’Einstein, suivant laquelle une masse m équivaut à une énergie égale au produit de celle-ci par le carré de la vitesse de la lumière.
- E = me1
- Soient donc :
- — la masse du noyau atomique a;
- m2 — la masse du noyau b résultant de la désintégration du noyau a;
- miie — la masse de la particule alpha émise par le noyau a en se transformant en noyau b.
- Le bilan énergétique s’écrira alors de la manière suivante :
- m{c2 = m2c2 + mHec2 + Énergie cinétique de la particule alpha -f- Énergie cinétique du noyau b.
- Cette équation exprime la conservation de l’énergie totale dans la transformation radioactive.
- Les masses ml des noyaux initiaux étant toutes égales de même que les masses m2 des noyaux résultants, toutes les particules alpha provenant de la désintégration d’un même corps radioactif doivent posséder une énergie cinétique bien définie et la même pour toutes ces particules, ce que l’expérience confirme.
- A la base de ce bilan énergétique se trouve évidemment le postulat fondamental de la conservation de l’énergie dans toutes les transformations de la matière et de l’énergie, quelles qu’elles soient.
- Dans le cas des radioactivités bêta, on se trouve devant des phénomènes radicalement différents.
- Les rayons bêta émis par un corps radioactif donné possèdent toutes les vitesses comprises entre zéro et une certaine valeur limite. Cette valeur limite serait d’ailleurs, d’après les travaux de Sargent, caractéristique du corps radioactif qui les émet.
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- Les travaux de différents physiciens qui ont étudié minutieusement les « spectres » des vitesses des rayons bêta ont abouti aux courbes bien connues,dont quelques-unes sont représentées, à titre d’exemple, sur la figure 1.
- Ces courbes sont obtenues en portant en abscisses les énergies W des rayons bêta et en ordonnées les intensités correspondantes. Elles sont toutes caractérisées par l’existence d’un maximum d’intensité situé au 1/3 environ de la limite supérieure de l’énergie. Cette limite supérieure (travaux de Sargent) serait en relation avec la période de désintégration.
- D’après Sargent également, il existe deux groupes de noyaux à radioactivité bêta, les périodes de désintégration étant 100 fois plus petites pour le second groupe que pour le premier (voir ûg. 3).
- Etant donné l’existence de ces véritables spectres continus de vitesses, il n’est plus possible, comme dans le cas des radioactivités alpha, d’écrire d’emblée un bilan énergétique des radioactivités bêta. On ne sait pas, en effet, dans ce cas, laquelle des vitesses choisir dans la suite continue pour la faire figurer dans le bilan énergétique.
- La continuité des spectres bêta, par son contraste avec le caractère discontinu des radioactivités alpha, soulève ainsi un problème difficile. Quelle est la cause de l’existence de spectres continus des vitesses des rayons bêta ? Comment, d’autre part, établir le bilan énergétique de ces désintégrations ? Et tout d’abord cette continuité est-elle apparente ou réelle ?
- Si l’on pouvait admettre que chaque fois qu’un noyau se désintègre avec émission d’électrons, il y a émission de deux (ou plusieurs) électrons à la fois, on pourrait expliquer la continuité de la courbe de répartition des vitesses, en admettant le partage de l’énergie de désintégration entre ces deux électrons. Chaque électron pourrait alors prendre une énergie comprise entre la valeur zéro et la valeur maximum (celle-ci étant précisément la valeur limite de l’énergie de la courbe de répartition), la somme des énergies emportées par les deux électrons étant toujours égale à la valeur maximum.
- Mais cette hypothèse commode est exclue d’avance par le fait que le noyau provenant d’une désintégration bêta occupe dans le tableau périodique des éléments une case qui correspond à un numéro atomique augmenté, par rapport à celui du noyau initial, d’une unité, et d’une unité seulement. Ce fait est confirmé par tout un ensemble de preuves physiques et chimiques. Ainsi dans le cas des radioactivités bêta, lorsqu’un noyau radioactif explose, il n’émet qu’un seul électron.
- On pourrait également tenter d’expliquer la distribution continue des énergies des électrons émis, en l’attribuant aux effets secondaires d’absorption. Les électrons émis par les noyaux radioactifs posséderaient, en s’échappant, une vitesse, la même pour tous, correspondant à l’énergie maximum, mais seraient par la suite plus ou moins ralentis par leur passage à travers la substance même du corps radioactif, de sorte que les électrons, provenant des couches profondes de la matière radioactive, auraient une vitesse moindre que ceux provenant des atomes situés à la surface.
- l/iers ta \ pompe
- Source
- de Faraday
- à / électromètre
- Fig. 2. — Analyse des vitesses des rayons « bêta » par la déviation dans un champ magnétique.
- Dans un champ magnétique, la trajectoire d’un électron s’incurve en fonction de sa vitesse et de la valeur du champ appliqué. Pour chaque valeur du champ magnétique, les électrons qui atteignent l’électromètre possèdent la même vitesse.
- Mais cette hypothèse doit être également rejetée, surtout depuis les expériences décisives d’Ellis et Wooster.
- EXPÉRIENCES D’ELLIS ET WOOSTER
- Si l’hypothèse précédente est fondée, la perte d’énergie cinétique des électrons, due à leur ralentissement dans la traversée de la matière radioactive elle-même, doit se retrouver quelque part et se manifester finalement sous forme de chaleur.
- Pour déceler ces faibles quantités de chaleur, Ellis et Wooster se sont servis de deux petits calorimètres cx et c, (fig. 4) étudiés spécialement pour pouvoir mesurer de très faibles écarts de température. Dans l’un d’eux, on a placé un fil recouvert d’une substance radioactive, dans l’autre un fil identique, mais non activé. Les parois de ces calorimètres étaient suffisamment épaisses pour arrêter toutes les particules bêta émises par le corps radioactif de sorte que toute l’énergie de désintégration restait à l’intérieur du calorimètre et contribuait à l’augmentation de la température de celui-ci.
- Supposons qu’il y ait n noyaux du même corps radioactif qui se désintègrent par seconde avec émission de n électrons. Si dans chaque désintégration l’électron émis emporte à sa sortie du noyau l’énergie, maximum E max, l’énergie totale libérée par seconde par les n noyaux sera égale à n X E max.
- Au contraire, si la courbe de répartition est l’image réelle de la répartition des vitesses entre les électrons au moment de leur sortie des noyaux, l’énergie totale libérée par seconde sera égale à l’aire de la courbe de répartition et ne stra que le 1/3 environ de la valeur représentée par n X E max.
- Les expériences d’Ellis et Wooster qui avaient précisément pour but de trancher entre ces deux hypothèses ont montré que c’est la deuxième qui doit être retenue. Les électrons ne s’échappent pas des noyaux avec la même vitesse; ils ont toutes les vitesses comprises entre zéro et la valeur limite. Le problème soulevé par les
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- radioactivités bêta se trouve de la sorte posé d’une manière plus nette.
- HYPOTHÈSE DU « NEUTRINO *
- On doit de même écarter l’hypothèse selon laquelle soit les noyaux initiaux, soit les noyaux auxquels aboutit la désintégration, ne se trouveraient pas tous dans le même état énergétique, mais posséderaient des énergies internes différentes, hypothèse qui expliquerait aussi l’existence des spectres continus dé vitesses. Car si cette hypothèse correspondait à la réalité, les différents processus nucléaires (émissions de rayons alpha, émission de rayons gamma) antérieurs ou postérieurs à l’émission bêta, devraient varier suivant l’état énergétique des noyaux qui leur donnent naissance. Or, l’expérience n’a jamais révélé l’existence de pareilles anomalies dans la suite des processus radioactifs d’un corps donné.
- Toutes ces hypothèses étant ainsi éliminées, il ne reste que deux possibilités d’explication.
- Si l’on désire, comme le préfère la majorité des physiciens, garder intacts les postulats fondamentaux de la conservation de la masse et de l’énergie au cours de toutes les transformations possibles dans la nature, il faut de toute nécessité inventer et faire intervenir de nouvelles particules élémentaires, non décelables dans les expériences du genre de celles d’Ellis et Wooster. Ces particules engendrées au cours des désintégrations bêta emporteraient une certaine énergie cinétique correspondant, dans chaque désintégration individuelle, à la différence entre l’énergie maximum calculée à partir du bilan énergétique et l’énergie emportée par l’électron émis en même temps que la particule inconnue.
- La deuxième hypothèse, infiniment plus audacieuse, bien que ne faisant pas intervenir de particules hypothétiques indécelables, consiste tout simplement à ne pas admettre la validité du postulat de la conservation de la masse et de l’énergie à l’intérieur des noyaux. Les pro-
- Fig. 3. — Tableau de Sargent.
- Relation entre la période de désintégration des corps émetteurs des rayons « bêta » et la limite supérieure du spectre d’énergie. Groupe I. — Ra D, E7X„ ThB, RaB, AcC", Th G" et UX*.
- Groupe II. — RaE, Ms Thâ, ThC, et RaC.
- 7fa £
- Log. de l'énergie limite
- moteurs de cette théorie invoquent le principe d’indétermination de Heisenherg, d’après lequel on doit renoncer à appliquer les lois de la mécanique quantique dans des domaines d’espace aussi petits que les noyaux atomiques.
- Cette deuxième hypothèse a été formulée par le célèbre physicien danois Niels Bohr. Niels Bohr admet que les transmutations nucléaires avec émission d’électrons ne sont pas deseriptihles par les moyens de la mécanique ondulatoire quantique, mais exigent une théorie spéciale, où il n’y aurait plus de raisons dictées par la logique pure de maintenir le principe de la conservation de la masse et de l’énergie.
- Les idées de Bohr ont été développées par G. Beek qui a donné une théorie plus complète des désintégrations bêta, dans laquelle les principes de la conservation de l’énergie et de la quantité de mouvement se trouvent en défaut.
- A l’encontre de ces idées, dont la hardiesse extrême peut déconcerter les esprits les moins routiniers, Pauli a proposé d’expliquer l’allure des courbes des désintégrations bêta en supposant qu’il existe des particules extrêmement menues et dépourvues de toute charge électrique qui seraient émises lors de chaque désintégration bêta.
- Si l’on admet l’existence de ces particules nouvelles, les difficultés pour établir le bilan énergétique des radioactivités bêta disparaissent comme par enchantement.
- Il suffit d’admettre que ces particules, baptisées «neu= trino » par le célèbre physicien italien Fermi, s’échappent des noyaux avec des vitesses extrêmement grandes, très voisines de la vitesse de la lumière, ce qui fait que leur énergie cinétique n’est pas négligeable malgré la petitesse de leur masse dont la valeur est très voisine de zéro. Il est nécessaire d’attribuer au neutrino une masse très faible par rapport à celle de l’électron, déjà très faible elle aussi, à cause de la dissymétrie de la courbe de distribution, dissymétrie qui nous montre que les électrons lents sont plus nombreux que les électrons rapides. Ce point particulier a été mis en évidence par Francis Perrin.
- Le développement quantitatif des vues de Pauli est dû à Fermi, qui a appliqué aux radioactivités bêta les mêmes méthodes de calcul que celles qu’on emploie dans la théorie de l’émission des photons lumineux par les atomes excités.
- TENTATIVES POUR DÉCELER LE NEUTRINO
- Une hypothèse aussi nouvelle que celle du neutrino ne pouvait pas ne pas éveiller immédiatement l’intérêt des expérimentateurs qui se sont mis aussitôt à l’œuvre pour vérifier expérimentalement l’existence de ce nouveau corpuscule élémentaire.
- Dans cet ordre d’idées, citons les expériences, d’ailleurs toutes négatives, de Chadwick et Lee etdeNahmias.
- Chadwick et Lee ont cherché à mettre en évidence les effets d’ionisation produits éventuellement par les neutrino.
- Une solution contenant 100 millicuries environ de Radium (D -f- E + F) a été placée à 6 cm. d’une chambre d’ionisation en acier remplie d’hydrogène sous une près-
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- sion de 75 kg./cin2, L’ionisation qui subsistait, après l’interposition d’un écran de plomb de 5 cm 8 d’épaisseur entre la source et la chambre, n’était pas supérieure à 2 ions par cm3 et par seconde, chiffre extrêmement faihle.
- Même si l’on attribue toute cette ionisation aux neutrino seuls, on arrive à ce résultat que le neutrino ne saurait produire qu’une paire d’ions en traversant 150 km d’air à la pression et à la température normales !
- Le calcul théorique basé sur ces données expérimentales montre, d’autre part, que le neutrino, s’il existe, doit posséder une masse extrêmement faible et son action électrique et magnétique doit être tout à fait négligeable.
- Dans les expériences de Nahmias, la chambre d’ionisation était remplacée par des compteurs Geigex’-Muller. Quelques-unes de ses expériences ont été effectuées dans une station du Métropolitain de Londres, par 30 m de profondeur, afin de réduire au minimum l’ionisation due aux rayons cosmiques.
- D’après les résultats de Nahmias, le neutrino ne produirait pas plus d’une paire d’ions par 33 000 km d’air !
- Ces expériences qui ne sauraient être considérées comme décisives montrent toutefois que, si le neutrino existe, son interaction avec la matière doit être extrêmement faible. Le problème de la confirmation expérimentale de l’existence du neutrino reste entier. Le neutrino possède peut-être d’autres propriétés grâce auxquelles on pourra le déceler un jour.
- Mais en attendant, la physique se trouve placée devant ce dilemme paradoxal : ou bien admettre que les postulats les plus fondamentaux de la physique se trouvent en défaut lorsqu’on atteint l’échelle nucléaire, ou bien faire intervenir, pour échapper à cette difficulté énorme, des corpuscules hypothétiques occultes qu’aucune expérience ne pourra peut-être jamais mettre en évidence.
- LE NEUTRINO ET LA THÉORIE DE LA LUMIÈRE
- L’hypothèse du neutrino a eu une répercussion dans
- LES NIDS DE
- Une partie de l’humanité se nourrit d’aliments vraiment peu appétissants pour le palais d’un civilisé. Les nègres des Antilles se régalent des Vers palmistes, grosses larves d’un charançon qui parasite les palmiers tandis que certaines peuplades de l’Afrique centrale affectionnent les Termites. Les Arabes du sud algérien et du Maroc croquent avec plaisir, en guise de hors-d’œuvre, les Criquets pèlerins, qu’ils mangent soit grillés avec du riz, soit bouillis et assaisonnés à la vinaigrette. En diverses régions du globe, on rencontre même des tribus entières de « géophages »; les races jaunes surtout considèrent comme une friandise de singuliers « gâteaux » confectionnés avec des terres argileuses finement nettoyées, broyées et cuites ensuite sur un feu de charbon, dans une casserole en fer.
- Aujourd’hui, nous nous contenterons d’étudier d’autres aliments non moins bizarres, pour la difficile conquête desquels des hommes risquent parfois leur vie, les nids comestibles, surnommés mal à propos « nids d’hirondelles » puisqu’ils sont construits par des Salanganes. Ges oiseaux, ressemblant plutôt
- un autre domaine de la physique théorique, celui qui se rapporte à la théorie générale de la lumière.
- Au cours de ces dernières années, M. Louis de Broglie a développé une théorie du photon, grain ultime de toute radiation électro-magnétique, d’après laquelle celui-ci serait formé de 2 corpuscules (demi-photons) intimement associés. Ces deux demi-photons peuvent s’annihiler mutuellement, de la même manière que le font l’électron positif et l’électron négatif.
- Ce phénomène d’annihilation mutuelle des demi-photons constituerait l’essence même de l’effet photo-électrique, qui consiste, comme on le sait, dans la disparition du photon dont l’énergie se retrouve dans l’énergie cinétique de l’électron émis par l’atome qui a absorbé le photon.
- Cette nouvelle conception du photon implique ainsi l’existence d’un genre nouveau de corpuscules élémentaires, demi-photons, de charge et de masse énormément plus petites que celles de l’électron. Il était naturel de chercher à identifier le demi-photon avec le neutrino, ce que plusieurs physiciens ont fait. Mais M. Louis de Broglie est d’avis que les deux hypothèses sont indépendantes l’une de l’autre et, qu’en dernière analyse, c’est à l’expérience qu’il appartient de trancher ce problème passionnant. Mabc Lesage et Bernard Kwal.
- SALANGANES
- Fig. 1. — Jeunes Salanganes (Collocalia troglodytes) sur un rocher de Vile de Luçon aux Philippines,
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- Fig. 4. — Calorimètres d’Ellis et Wooster pour la détermination de l’énergie totale de désintégration des rayons bêta.
- Ct et Câ, petits calorimètres en plomb, identiques; T, thermocouples pour la mesure de la différence de température entre les deux calorimètres ; G, galvanomètre; ft, f2, fils identiques dont l’un est activé par une substance radioactive émettrice des rayons bêta.
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- Fig. 2. — Un nid de Salangane (C. troglodytes) fixé au rocher et contenant 4 œufs.
- aux Martinets, habitent des régions très diverses du globe, entre autres l'archipel de la Sonde, les Moluques, la Nouvelle-Calédonie, les Nouvelles-Hébrides, les îles Viti et Samoa, les Philippines, Ceylan et les Indes anglaises, l'Indochine, la Réunion et jusqu’aux Seychelles. Il existe, d’ailleurs, une vingtaine de variétés de Salanganes, que différencient notamment les nuances de leur plumage, les proportions des diffé-
- Fig. 3. — La chasse aux nids de Salanganes dans les grottes de Karang-Kaltong, île de Java.
- rentes parties de leur corps, la présence ou l’absence d’une bande blanche sur les reins.
- Aux Indes Néerlandaises et principalement à Java, on rencontre deux espèces de Salanganes : la Collocalia fuciphaga ou « Kusappi » et la Collocalia troglodytes. En observant et en disséquant plusieurs de ces agiles Cypsélides, Bernstein a pu se rendre compte de leurs procédés architecturaux. La matière dont se servent ces oiseaux pour la construction de leurs nids provient de leurs glandes salivaires et notamment de leurs glandes sublinguales, qui sécrètent une quantité considérable d’un liquide visqueux. Ce mucus épais présente l’aspect et la consistance d’une solution saturée de gomme arabique; une fois exposé à l’air, il se dessèche très rapidement en conservant mie certaine transparence. Quand la Salangane « commence à construire son nid, écrit le naturaliste allemand, elle vole vers l’endroit qu’elle a choisi et du bout de sa langue applique sa salive contre le rocher; elle répète ce manège dix, vingt fois sans jamais s’éloigner beaucoup. Elle trace ainsi une sorte de demi-cercle ou de fer à cheval. La salive se dessèche rapidement et son nid repose alors sur une base solide ». Le Kusappi employant diverses substances végétales qu’il agglutine avec le produit de ses glandes salivaires, son nid n’est guère estimé, tandis que celui de la Collocalia troglodytes, formé exclusivement avec la salive de son habile constructrice, se vend très cher aux amateurs asiatiques ou européens.
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- Malheureusement les Salanganes, appelées encore « Hirondelles de mer », ne fréquentent guère que les rochers battus par les flots. Elles nichent, en grande quantité, dans les cavernes obscures qui s’ouvrent le long de la côte méridionale de Java ou dans les anfractuosités des récifs de l’île de Luçon .(Philippines) et les indigènes récoltent leurs nids, non sans dangers, dans ces lieux d’accès très difficile. Ainsi les grottes à hirondelles de Karang-Kallong, qu’a visitées le voyageur Epp et qu’exploite pour le compte du gouvèrnement hollandais la population de ce promontoire calcaire, se trouvent à la base d’une falaise plongeant presque verticalement dans la mer. Au sommet de ce rocher abrupt, se dressent quelques arbres, rabougris mais vigoureux, qui étendent leurs branches au-dessus de l’abîme tandis qu’à une trentaine de mètres plus bas tourbillonnent de nombreuses troupes de Salanganes. Les dénicheurs de nids doivent se servir d’une échelle légère faite de rotin et de bambou, pour accomplir leur périlleuse besogne; ils fixent solidement celle-ci par son extrémité supérieure au pied d’un arbre, la déroulent perpendiculairement le long des parois rocailleuses, et un autre cordage d’une dizaine de mètres lui fait suite afin de la prolonger jusqu’aux entrées des grottes. La dernière « marche » de cet « escalier » fragile se balance à 2 ou 3 mètres au-dessus des vagues. Quand un paysan javanais est descendu de la sorte jusqu’au dernier échelon, il lui faut encore se faufiler dans de longs couloirs obscurs qui donnent accès à une des neuf grottes à Salanganes de Karang-Kallong. Dans chacune de ces galeries étroites, règne une corde sur laquelle le pauvre homme marche comme un acrobate, en se tenant d’une main à une rampe de guidage en rotin accrochée à la voûte rocailleuse tandis qu’il cueille de l’autre main les nids fixés aux parois et les met dans son filet. Quinze cents indigènes se livrent à cette pénible récolte trois fois par an vers la fin d’avril, d’août et de décembre, ne recevant pour leur peine qu’un assez maigre salaire. Toutefois l’administration néerlandaise dispense d’impôts ces courageux chasseurs, qui dénichent annuellement environ 300 000 nids de Salanganes dans ces cavernes escarpées.
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- Tant pour le commerce intérieur que pour l’exportation à Singapour et en Chine, on classe les nids comestibles ainsi recueillis en trois qualités selon leur pureté et leur état de conservation; on les vend sur le marché de Batavia ou bien on les transporte par jonques dans les principaux ports du Céleste Empire et les gastronomes chinois les payent aujourd’hui fort cher. Dans l’île de Java, des particuliers exploitent également d’autres grottes où vont se réfugier des troupes plus ou moins nombreuses des mêmes Passereaux; la plus importante, en dehors des précédentes, se trouve près de Klappa-Noungal.
- Aux Philippines et en particulier dans l’île de Luçon, vit une variété plus petite de la Collocalia troglodytes, qui ne mesure pas plus de 8 cm de longueur mais dont les ailes atteignent près d’un décimètre. Cet oiseau a les parties supérieures de son plumage noir avec des reflets bronzés, les reins traversés par une très fine bande blanche, la gorge et la poitrine grisâtres, les sous-caudales noirâtres. Son nid, accroché aussi le long des falaises côtières ou aux parois des grottes marines, affecte la forme d’une cupule irrégulière d’un blanc sale et mesure environ 5 cm sur 7. Construit en grande partie avec du mucus salivaire entremêlé de quelques fibres végétales, les amateurs ne le prisent pas plus que les nids de Salanganes de la Nouvelle-Calédonie, qui renferment les uns des débris d’un lichen jaunâtre agglutiné avec de la salive et les autres presque exclusivement de l’écorce de Niaouli, Myrtacée assez commune dans toute l’Australie. Quant à leurs cousines javanaises, ce sont plutôt des noctambules. Très remuantes vers 9 heures du soir, ces Cypsélides sortent alors des cavernes où elles nichent, s’emparant, au cours de leurs vols rapides, des insectes ou des vers dont elles se nourrissent. Parfois aussi la mer, cachant à marée basse les étroits orifices de leurs sombres demeures, les intelligents oiseaux profitent du flux et du reflux pour entrer dans leur « home » ou en sortir.
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- Donnons pour terminer quelques renseignements culinaires et économiques. La substance gélatineuse constitutive des « nids d’hirondelles » se trouve disposée en filaments accolés et entre-croisés. Mais en plongeant ces blanches et translucides corbeilles dans l’eau bouillante, on obtient une sorte de pâteuse « soupe au vermicelle » dont le goût toutefois rappelle de très loin l’appétissant fumet de nos prosaïques consommés !
- Fig. 4. — Javanais emportant sa récolte de nids de Salanganes dans un filet.
- D’ailleurs nos compatriotes, qui voudraient s’offrir le luxe d’un tel mets, devront s’adresser à des importateurs anglais car vu les droits prohibitifs qu’acquittent maintenant, à leur entrée en France, les mucilagineuses cupules confectionnées par les Salanganes asiatiques, on ne trouve même plus à en acheter sur la place de Paris. Jacques Boyer.
- LA METHODE COLORISCOPIQUE D’ETUDE DE LA CORROSION DES MÉTAUX
- Nous avons, dans trois articles successifs, rappelé les théories de la corrosion des métaux (n° 2955), indiqué les principales méthodes d’étude et de mesure (n° 2957) et groupé les principaux moyens de protection ( n° 2968).
- Nous voudrions signaler une méthode récente qui permet de dépister très rapidement les hétérogénéités et les défauts du métal, même sur des pièces montées et assemblées, sans avoir à les détruire.
- Les essais quantitatifs que nous avions précédemment décrits impliquent tous deux conditions :
- 1° Il faut faire des essais multiples sur de nombreuses éprouvettes, pour éviter les hétérogénéités locales acci-
- dentelles qui conduiraient à des conclusions erronées. Une tôle, par exemple, n’est généralement pas homogène en son centre et sur ses bords; un défaut de laminage peut se répéter périodiquement, si bien que de petites éprouvettes ne peuvent renseigner sur la qualité d’un métal que si elles sont en grand nombre et prélevées en des points très divers.
- 2° Quand il s’agit d’ensembles construits, assemblés, rivés, soudés, que l’on veut vérifier avant leur mise en service, par exemple s’il s’agit de connaître la qualité des rivetages ou des soudures et le degré de recuit ou d’écrouissage qu’ils ont pu causer, il faudrait détruire la
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- pièce qu’on veut contrôler pour fabriquer des éprouvettes. dans la partie qui paraît suspecte; c’est dire qu’on y renonce généralement.
- Cependant, depuis quelques années, on dispose d’une nouvelle méthode de contrôle qui donne des indications précises sur la résistance à la corrosion de pièces, même assemblées, tout en permettant l’usage ultérieur de ces dernières.
- En quelques instants, elle fait apparaître les hétérogénéités de constitution du métal et celles dues à des assemblages de métaux différents ou différemment traités. Bien plus, elle marque les points, les lignes où se développera la corrosion, où s’amorceront les risques de ruptures.
- Nous croyons donc qu’elle mérite d’être connue et pratiquée, en plus de celles que nous avions indiquées.
- ESSAIS ANTÉRIEURS
- L’emploi d’indicateurs colorés pour déceler les régions
- par la corrosion une laque rouge indiquant immédiatement les surfaces anodiques. Aux régions cathodiques apparaît une coloration bleù violet. La solution, immobilisée par l’agar-agar, empêche les diverses colorations de diffuser et de se confondre.
- En 1927 enfin, M. Quillard proposa l’emploi d’indicateurs de pH pour étudier l’état de surface d’alliages légers.
- La méthode coloriscopique a été mise au point et rendue applicable, non seulement aux essais de laboratoire, mais encore sur des ensembles construits par M. Prot, ingénieur des Ponts et Chaussées avec ma collaboration.
- PRINCIPE DE LA MÉTHODE
- La corrosion étant universellement considérée comme une action de pile à la surface d’un alliage immergé ou mouillé, chaque fois qu’un métal hétérogène est en
- Fig. 1. — Photographie d'une plaque métallique, essayée par la méthode coloriscopique.
- cathodiques et anodiques d’un métal date déjà de quelques années.
- En 1907, en Amérique, pour l’étude de la corrosion de l’acier par une solution de chlorure de sodium, Walker Cederholm et Bent se sont servis d’un indicateur formé par un mélange de ferricyanure de potassium et de phénolphtaléine. Lorsque la corrosion commence, les surfaces cathodiques se colorent en rose par l’alcali qui y apparaît tandis que les surfaces anodiques se colorent en bleu, par formation de ferrocyanure.
- Le même réactif a servi à Evans pour étudier l’action des gouttes d’une solution de chlorure de potassium sur du fer. Le centre de la goutte devient bleu et le bord rose. Les mêmes réactifs, additionnés d’agar-agar, ont révélé que les particules de graphite, de carbure, de sulfure et d’oxyde de fer se comportent comme des cathodes par rapport au fer lui-même.
- Plus récemment, dans des essais de corrosion de l’aluminium par une solution de chlorure de sodium, un autre auteur employa une solution alcoolique d’alizarine comme indicateur. L’alizarine donne avec l’alumine produite
- Fig. 2. — Photographie par transparence de la même plaque, après corrosion.
- contact avec un électrolyte, sa surface se divise en régions cathodiques et anodiques; de l’hydrogène gazeux provenant de l’électrolyse de l’eau ne tarde pas à se dégager aux points cathodiques.
- Il en résulte une répartition hétérogène des ions H à la surface, une accumulation de ces derniers aux endroits d’attaque maximum, un appauvrissement aux endroits non attaqués. Par conséquent le pH de la solution varie d’une façon discontinue. En révélant ces variations, on peut suivre, pour ainsi dire, la topographie de la susceptibilité corrosive du métal.
- Pour étudier cette répartition hétérogène des ions H dans la solution, on emploie un indicateur de pH dit indicateur universel qui vire d’une façon continue du rouge au violet quand le pH passe de 2 à 12 unités Soren-sen.
- On évite la diffusion qui troublerait les images par l’addition d’un gel inactif. Nous avons employé la gélatine
- TECHNIQUE OPÉRATOIRE
- La surface métallique doit être parfaitement nettoyée;
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- Fig. 3. — Photographie d’une plaque de duralumin soudée, essayée par la méthode coloriscopique.
- une tache de graisse, une poussière métallique, un corps étranger quelconque peuvent créer une différence de potentiel et faire apparaître un foyer d’attaque là ou le métal est parfaitement homogène.
- Dans les essais de laboratoire, sur des surfaces de dimensions réduites, on peut effectuer un nettoyage chimique par de la soude bouillante normale puis par de l’acide nitrique à 50 pour 100. Un lavage très soigné est indispensable pour qu’aucune trace d’acide ne subsiste à la surface
- S’il s’agit de grandes surfaces ou de pièces assemblées, on se contente d’un dégraissage par de la benzine ou un dissolvant organique quelconque.
- La solution d’attaque doit avoir une composition analogue à celle dont on veut étudier l’action. Dans le cas qui nous occupe, la solution doit imiter l’eau de mer. Nous avons choisi à cet effet une solution de NaCl à 3 pour 100 additionnée de MgCl2 à 0,3 pour 100. Dans cette solution, on dissout de la gélatine (10 pour 100 environ) en chauffant le tout au bain-marie et en évitant l’ébullition. Quand il ne reste plus de grumeaux de gélatine, on filtre la solution devenue fluide et on y ajoute le colorant. En général elle se colore en rouge, car la gélatine rend la solution acide; on neutralise par de la soude (quelques gouttes) jusqu’à coloration vert bouteille qui correspond à un pH voisin de 7.
- Les essais ont montré qu’une addition de 1 pour 100 d’eau oxygénée à 12 volumes donne des résultats plus rapides et plus nets.
- Quand le métal et la solution sont prêts, on dépose cette dernière sur la surface métallique, en une couche d’environ 5 mm d’épaisseur. Une couche trop mince contient trop peu de réactif et donne des images incertaines. Une couche trop épaisse sèche trop lentement, ce qui prolonge le temps de réaction, accentue l’attaque et détériore le métal.
- Dès qu’on dépose la gélatine, des plages rouges correspondant aux endroits où la corrosion débute apparaissent sur le fond vert qui garde sa couleur là où nulle attaque n’a lieu. Les couleui's s’accusent avec le temps. La gélatine sèche en 24 heures et l’éprouvette est alors parfaitement stable. On peut la conserver indéfiniment en cet état.
- Fig. 4. — Photographie par transparence de la même plaque, après corrosion.
- Si la pièce essayée ne révèle pas d’attaque dangereuse, on peut enlever la gélatine par un simple lavage à l’eau chaude.
- Pour garder un document de chaque essai, on le photo graphie. La photographie en couleurs étant plus lente et plus chère, on se contente le plus souvent de photographier à travers un écran rouge sur une plaque panchromatique.
- APPLICATIONS DE LA MÉTHODE
- La méthode coloriscopique révèle les hétérogénéités au niveau desquelles la corrosion se produit au contact d’une solution saline.
- Nous avons ainsi mis en évidence nombre de causes de destruction des métaux dont on ne s’est pas encore suffisamment préoccupé. Nous en signalerons quelques-unes.
- Si l’on donne un coup de chalumeau au centre d’une mince plaque de duralumin, la méthode coloriscopique révèle en quelques instants, par des taches rouges, les hétérogénéités produites; elles apparaissent en clair dans la photographie de la figure 1. Si l’on enlève la couche de gélatine et qu’on soumette la plaque à un essai de corrosion par immersion et émersion alternées
- Fig. 5. — Photographie à travers un écran rouge d’une, plaque de duralumin garnie de rivets, recouverte de gélatine colorée.
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- pendant quelque temps, la corrosion se localise aux endroits révélés par l’essai eoloriscopique ; elle finit par y percer le métal. Si l’on applique alors la plaque trouée sur un papier photographique qu’on soumet à l’action de la lumière, on obtient, après développement, l’aspect de la figure 2, superposable à celui de la figure 1.
- Un essai analogue peut être effectué sur une plaque en duralumin soudée en son milieu, avec un métal d’apport identique au métal de base, pour ne pas introduire d’hétérogénéité supplémentaire d’ordre chimique, de sorte que les perturbations thermiques soient seules responsables des différences de potentiel produites.
- Ici encore (fig. 3 et 4), les images de corrosion se superposent à celles données par la méthode eoloriscopique.
- Les seules perturbations thermiques peuvent donc créer des différences de potentiel qui provoquent la corrosion. L’exemple qui suit montre qu’il en est de même des hétérogénéités chimiques.
- On fixe sur une plaque de duralumin des rivets de différentes natures : en aluminium, en duralumin, en
- fer, en cuivre et en laiton (fig. 5, de gauche à droite).
- On voit que les rivets en aluminium s’attaquent violemment en créant autour d’eux une zone de protection du métal de base ; cela n’a rien de surprenant car l’aluminium, ayant un. potentiel notablement inférieur à celui du duralumin, est nécessairement corrodé dès qu’il est mis en contact électrolytique avec le duralumin. Les rivets en duralumin restent intacts, car leur potentiel est voisin de celui du métal de base. Par contre, les rivets en cuivre et en laiton provoquent une corrosion intense du métal de base, du fait que le cuivre et le laiton possèdent un potentiel supérieur à celui du duralumin, si bien que, dans la pile formée, c’est le duralumin qui joue le rôle de cathode et s’attaque tandis que les rivets jouent le rôle d’anode et se trouvent protégés.
- La figure 6 montre une application industrielle de la méthode; elle reproduit un caisson d’hydravion en duralumin. Elle révèle immédiatement que les rivets sont d’un métal différent des tôles et il est évident qu’un tel caisson ne pourrait être mis en service, sans que, au bout de peu de temps, les rivets soient fortement attaqués et le réservoir éventré et disloqué.
- Ces quelques exemples, pris parmi beaucoup d’autres, suffisent à montrer le degré de sécurité auquel on peut aujourd’hui atteindre par des méthodes fort simples, bien qu’elles mettent en jeu les données les plus récentes de la chimie physique. La méthode eoloriscopique peut être facilement appliquée à l’étude et au contrôle de grandes surfaces et même servir à la vérification. des constructions aéronautiques et navales tout entières. Elle*constitue un immense progrès.
- Nathalie Goldowski, Docteur ès sciences U. P.
- LA FABRICATION DU PAPIER DE PAILLE
- Au papier de papyrus, ancêtre de tous les papiers; succédèrent, à des dates indéterminées, les papiers de coton, puis ceux de chiffons de chanvre ou de lin. Mais il est fait, aujourd’hui, une telle consommation de papier, qu’on dut recourir, tout au moins pour la fabrication des papiers destinés à l’emballage, à d’autres matières premières, et c’est ainsi qu’on utilisa et les pâtes de bois, chimiques et mécaniques, et la paille !
- C’est que tous les papiers, quels qu’ils soient, sont à base de cellulose. Or, tous les végétaux contiennent de la cellulose, et la paille, notamment, en renferme environ 50 pour 100. Elle est, d’autre part, très abondante en France, et, dans les pays de grande culture, elle constitue un sous-produit dont la valeur n’est pas à dédaigner, et dont l’utilisation, pour la fabrication du papier, offre aux agriculteurs un débouché dont ils ont grand besoin en cette période de crise.
- On fabriquait, en France, et notamment dans le
- Limousin et l’Isère, du papier de paille depuis la fin du xviii6 siècle, mais cette fabrication ne prit tout son essor que dans la seconde moitié du xix® siècle, après que se fut généralisé l’emploi de la machine à papier, dont l’invention remonte à 1799. Alors, de nouveaux centres de fabrication apparurent, des usines isolées furent créées, et, peu à peu, cette industrie prit un tel développement que la consommation de paille atteignit un moment plus de 100 000 tonnes, donnant plus de 70 000 tonnes de papier.
- Toutes les pailles ne peuvent servir à la fabrication du papier ; la paille de blé, par exemple, comportant beaucoup de nœuds, est peu employée.
- Les pailles de seigle, au contraire, sont parfaites pour cet usage, et l’on peut les mélanger d’une petite quantité de paille d’avoine, qui permet, ainsi que celle de seigle, la macération dont nous parlerons tout à l’heure.
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- MAGASINAGE ET MACÉRATION DE LA PAILLE
- Il est fait, près des usines, un important dépôt de ces pailles, reçues généralement pressées, et que l’on recouvre à l’aide de bottes non pressées (fig. 1). Il est indispensable que cette réserve soit assez considérable pour assurer le travail pendant le temps plus ou moins long qui peut s’écouler entre deux livraisons. Souvent, même, l’approvisionnement est fait pour l’année entière.
- Généralement, ces balles de paille sont élevées jusqu’au premier étage de l’usine à l’aide d’un monte-charges accolé, parfois, extérieurement à l’une des murailles de la papeterie (fig. 2). Elles y sont livrées à un hache-paille où la balle est amenée mécaniquement à un volant garni de lames qui la découpent en fragments de quelques centimètres de longueur.
- Ce hache-paille (fig. 3), circulant sur des rails, peut être placé, à volonté, sur l’une des trappes qui font communiquer ce grenier avec
- assurer une parfaite macération, on recouvre la paille nouvellement mise en fosses de paille déjà macérée provenant d’une1 autre fosse où ce travail est terminé. Cette paille macérée, alourdie par le lait de chaux qu’elle contient, pèse sur la paille fraîchement hachée et l’oblige à baigner dans le liquide.
- Il est bon que l’eau employée pour la préparation des laits de chaux soit dépourvue de calcaire, l’eau calcaire contenant du bicarbonate de chaux qui précipite la chaux en carbonate neutre, précipité boueux qui empêche le travail du lait de chaux et donne des pâtes farineuses avec lesquelles il est impossible d’obtenir de bon papier.
- Cette macération peut être remplacée par un traitement de la paille mélangée à la chaux dans des lessiveurs
- le rez-de-chaussée, où sont installées des fosses cimentées de chaque côté d’un couloir central.
- Un dispositif très simple, planche de la largeur de la trappe, inclinée vers la droite ou vers la gauche, permet de diriger les menus fragments de paille, à volonté, et suivant les besoins, dans les fosses de droite ou dans celles de gauche. Leur chute dans ces fosses a lieu automatiquement au fur et à mesure du hachage, et, grâce aux rails sur lesquels circule l’engin, toutes les fosses peuvent être approvisionnées de la façon la plus simple.
- Ces fosses (fig. 4), remplies de paille hachée, sont arrosées d’un lait de chaux dans lequel la paille va macérer pendant une période plus ou moins longue, qui peut atteindre 15 jours en hiver, mais est beaucoup plus courte en été. Cette paille hachée, en raison de sa légèreté, aurait tendance à flotter à la surface. Pour
- Fig. 3. — Hache-paille, coupa ni celte paille en fragments de quelques
- centimètres.
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- Fig. 1. —.Dépôt de pailles pressées, à proximité de la papeterie.
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- horizontal, tournant autour d’un axe vertical sur un gîte également de pierre. L’axe horizontal étant très court, les meules décrivent sur ce gîte une circonférence de très court rayon, mais de longueur inégale pour chaque section circulaire de ces meules, et non seulement pressent la paille, mais encore l’écrasent, la triturent, la broient, la défibrent et la réduisent en pâte.
- Celle-ci, additionnée d’eau, est envoyée aux piles raffineuses où elle passe et repasse entre des lames métalliques qui l’affinent en la cisaillant, continuant ainsi le travail de la meule (fig. 6).
- Après un passage à une seconde pile raffineuse, celle-ci de forme conique (fig. 7), d’où elle sort parfaitement homogène, la pâte est conduite aux « sablières », sortes de canalicules en chicane, à pente très faible, où cette pâte, diluée dans une très grande quantité d’eau, se
- Fig. 4. —• Ensemble des fosses en ciment.
- où l’on introduit de la vapeur sous pression. La préparation de la paille est ainsi plus rapide, mais la chaleur solubilise le « latex », résines et gommes de la paille, et, l’entraînant, ne laisse qu’une cellulose sans liant qui donne un papier beaucoup plus perméable que lorsque la paille est traitée à froid.
- FABRICATION DE LA PATE ET DU PAPIER
- Chargée dans des wagonnets roulant sur rails entre les deux rangées de fosses, la paille macérée est amenée aux meules (fig. 5), généralement en grès, de lm 60 de diamètre sur 0 m 50 d’épaisseur, accouplées par deux à l’aide d’un axe
- Fig. 6. — Une des piles raffineuses commençant le travail.
- Fig. 5. —• Meules de broyage accouplées par paires.
- débarrasse par gravité des sables et terres délayées qu’elle contient toujours. Elle arrive, enfin, à la machine à papier a continu, et passe, tout d’abord, à l’épurateur (fig. 8), cylindre horizontal garni d’une toile métallique à mailles très fines, qui ne laisse passer qu’une pulpe parfaitement épurée, débarrassée des nœuds de paille qui pourraient y exister encore, puis à la forme ronde
- (fig. 9).
- C’est, là encore, un cylindre horizontal, recouvert, lui aussi, d’un fin tamis métallique, à mailles de 60. Il tourne au milieu d’une cuve renfermant la pâte liquide venant de l’épurateur, baigne dans cette pâte, et, par suite de l’aspiration que crée, à l’intérieur de cette forme ronde, la différence de niveau du liquide entre l’intérieur et l’extérieur, la pâte liquide, enfermée
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- dans la cuve au milieu de laquelle il tourne, s’applique fortement sur ce cylindre, l’eau traverse les mailles, et la pâte reste collée sur la partie extérieure du tamis que constitue la forme ronde. Ceci ne se produirait évidemment pas, puisqu’il n’y aurait aucune pression, si le niveau du liquide dans lequel baigne le cylindre horizontal était le même que celui du liquide qui se trouve à l’intérieur de la forme, et l’ouvrier qui dirige cette machine doit régler le niveau dans la cuve inférieure suivant les circonstances et suivant le papier qu’on désire obtenir.
- La plus grande partie de l’eau étant passée à travers les mailles du tamis, la pâte encore très liquide s’applique sur la toile qui entoure le cylindre horizontal, et tourne avec lui. Au cours de cette rotation, cette pellicule de pâte se trouve appliquée par une pression légère contre un feutre en laine tissée entraîné par des cylindres,
- Fig. 7. — Raffineur de forme ironconique terminant l’affinage.
- Fig. 8. — Epurateur livrant une pulpe sans nœuds de paille.
- et, son adhérence au feutre étant plus grande que son adhérence au tamis, elle se détache de ce dernier pour s’appliquer contre le feutre qui l’entraîne à son tour, et la fait passer entre des cylindres où elle est fortement pressée et essorée. Ce feutre l’amène enfin à la sécherie, cylindres chauffés à la vapeur, où la presque totalité de l’eau résiduaire est évaporée, puisque, au sortir de la machine, qui en débite de 10 à 35 mètres par minute, le papier ne contient plus guère que de 5 à 8 pour 100 d’eau, que l’on pourrait appeler eau de constitution, et qui est nécessaire à la bonne tenue du papier (fig. 10). | ,De la couleur jaune marron bien connue, la feuille de papier sort de la machine en une longue nappe continue.
- Elle y est enroulée sous forme de bobine cylindrique, et peut être ainsi livrée au commerce.
- Mais on lui fait subir souvent l’opération du calandrage. Celui-ci s’effectue sur une haute calandre (fig. 12), à cylindres d’acier brillant contre lesquels la feuille est fortement pressée. Ce dernier traitement assure au papier un bien plus bel aspect, et le rend plus homogène. Sa souplesse, augmentée par le calandrage, permet de l’employer à nombre d’usages, pour lesquels il rivalise avec des papiers d’emballage beaucoup plus coûteux.
- Enfin, le papier, calandré ou non, peut encore être, à la machine, coupé en long et en travers à tous les foi'mats désirés. Il est donc livré au commerce en rou-
- Fig. 9. •— Forme ronde, sur laquelle se constitue la feuille de papier.
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- Fig. 10. — Sécherie de la machine à papier continu.
- en feuilles est utilisé par le mercier, le quincaillier, l’épicier, et surtout le boucher et le charcutier, pour le pliage de leurs marchandises.
- Ces papiers, employés dans toute la France, sont, de plus, exportés à l’étranger, et La Rochelle, Bordeaux, Marseille en expédiaient d’importantes quantités, avant que la guerre douanière, qui a apporté le trouble dans toutes les transactions, et qui est certainement l’une des causes de la crise mondiale et du malaise général dont nous souffrons, . ait restreint considérablement ces exportations.
- 1:
- Telle est, résumée en quelques pages, cette intéressante industrie, très répandue dans le centre de la France, où elle fait vivre de nombreux ouvriers, et assure aux agriculteurs un débouché pour les pailles dont ils n’ont pas l’utilisation à la ferme.
- leaux ou en feuilles. Dans es dernier cas, les feuilles venant de la coupeuse (lig. 11), où elles sont débitées au format voulu par 12 épaisseurs de feuilles à la fois, sont déposées dans des presses, par paquets d’un nombre de feuilles très variables suivant les demandes, et elles y sont entourées de fils de fer qui les maintiennent et en permettent l’expédition.
- On fabrique à volonté, avec la paille, différentes sortes de papiers, depuis les cartons les plus épais, qui servent à faire des boîtes et des cartons ondulés, précieux pour l’emballage des produits fragiles, jusqu’aux papiers les plus minces, dont le poids ne dépasse pas 40 gr au mètre carré. On en fait également des sacs, et le papier
- Fig. 11. — Coupeuse débitant le papier au formai voulu par douze épaisseurs de feuilles à la fois.
- Georges Lanorville.
- Fig. 12. — Calandre pour le salinage du papier de paille.
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- = LA VIE PASTORALE EN TARENT AISE
- LA PRÉPARATION DU GRUYÈRE
- Dans la haute montagne les ressources agricoles sont peu variées. À part l’élevage et la fabrication des produits laitiers,il n’en existe aucune. C’est donc vers cette unique branche d’exploitation que s’est tourné le montagnard.
- A mesure qu’augmentait le troupeau savoyard, en beaucoup de localités, la limite supérieure de la zone forestière dut s’abaisser au profit des pâturages.
- Pendant l’hiver, le paysan ne peut garder qu’un nombre restreint de bêtes à cornes à cause du manque de fourrage local et du prix élevé pour en faire venir de la plaine. Par contre, au printemps, à la foire de Bourg-Saint-Maurice, le paysan achète de nombreuses bêtes qu’il va envoyer ensuite à l’alpage en vue de la fabrication du fromage. Après la saison de l’estive (qui dure entre 85 et 95 jours : de la Saint-Jean [24 juin] à la Saint-Michel [29 septembre]) au moment où le troupeau redescend dans la vallée, il se tient une deuxième grande foire, pendant laquelle le paysan revend une bonne partie de son bétail, ainsi que ses fromages.
- Dans la région considérée (environs du col du Petit Saint-Bernard) les alpages ou « montagnes » appartiennent à des particuliers qui, en plus de leurs bêtes personnelles en louent d’autres pour la saison chez les habitants de leur village, afin de constituer un troupeau d’une centaine de vaches, et parfois davantage, pour pouvoir fabriquer deux pièces de gruyère par jour, de 40 à 80 kg chacune.
- L’alpage occupe une plus ou moins grande partie d’un flanc d’une montagne recouvert de pâturages, généralement dépourvu d’arbres et possédant 2 ou 3 chalets situés à des altitudes différentes, avec une ou plusieurs « halles » pour abriter le bétail. Ces chalets marquent les cantons de pâturages ou « remues » que le bétail gagne successivement au cours de la saison pour suivre le développement de la végétation.
- Pendant les mois d’été, la vie du montagnard est pleine de privations de toutes sortes. C’est pourquoi la plus grande partie de la nouvelle génération des paysans savoyards, au lieu de s’isoler pour trois mois avec leur troupeau sur quelques hauts pâturages, préfère céder sa place à ceux venus de l’autre côté des Alpes. Cela explique le nombre important d’Italiens qui émigrent chaque été vers les centres d’élevage des Alpes françaises (Savoie et Haute-Savoie) et dont la grande majorité regagne ensuite, vers la fin de la saison, leurs foyers d’origine. Généralement, ce sont les mêmes ouvriers qui viennent chaque année chez le même patron, et celui-ci tient beaucoup à occuper le personnel des années précédentes, surtout l’ancien « fruitier » qui s’est déjà familiarisé avec le lait d’une montagne donnée et sait, en conséquence, la façon de le manipuler pour obtenir des fromages de qualités uniformes. Car il ne faut pas oublier qu’avec le changement d’un alpage varie également la composition chimique du lait, et, par suite, sa manipulation (durée de chauffe,grosseur des grains,etc.).
- Vers les mois de mars-avril, les domestiques font savoir à leur patron s’ils désirent ou non revenir chez lui,
- de manière que celui-ci puisse, en cas contraire, chercher des remplaçants. Les domestiques arrivent en France dans la première quinzaine de juin. D’abord ils séjournent dans la vallée pour faire les foins chez le patron qui les a loués; ensuite, vers la fin de ce mois, ils montent avec le troupeau.
- Chaque « montagne « possède, parmi son personnel, un spécialiste pour la fabrication du fromage : le «fruitier». La plupart du temps cette fonction est remplie par le patron lui-même. Pour devenir un bon fruitier, il est nécessaire de passer par une école spéciale : l’école fruitière, où l’on s’initie, surtout par la méthode pratique, à la science, assez délicate d’ailleurs, de la fabrication du fromage. Les études durent un hiver, pendant lequel les élèves, sous la surveillance d’ouvriers spécialistes, en fabriquent un grand nombre.
- Les honoraires que reçoivent les fruitiers sont très variables et, comme disent les montagnards : «Un fruitier n’a pas de prix ». En effet, ces rétributions dépendent avant tout de leur capacité; elles oscillent entre 400 et 1000 francs par mois; tandis que ceux des autres domestiques (bergers, pachonniers) varient entre 300 et 400 fr.
- N’importe quel patron, s’il n’est pas fruitier lui-même, préfère confier cette tâche délicate à un bon fruitier et le payer généreusement — ce qui lui permettra de vendre ses formages un prix élévé — que d’occuper un fruitier médiocre se contentant d’un salaire faible mais par contre fabriquant des fromages de qualité moindre qui se vendraient deux fois moins cher.
- Le nombre de domestiques est fonction du nombre de têtes de bétail. En moyenne, il faut un homme pour 15 à 16 vaches. D’ordinaire, tout ce personnel sait traire et, par suite, il y a autant de vachers que de domestiques.
- Si nous prenons comme exemple une montagne possédant 130 vaches et fabriquant deux «tommes » par jour, un personnel de 11 ou 12 domestiques est nécessaire. En premier lieu viennent le fruitier et le maître-berger, de qui dépendent respectivement la qualité du fromage, la qualité et la quantité du lait. Ce sont, par conséquent, les deux personnages responsables dans une exploitation pastorale. Ensuite viennent le fromager, celui qui soigne les fromages pendant leur séjour à la cave (les frotte avec du sel, les retourne);
- 3 bergers, et un jeune berger pour garderies génisses;
- 1 ou 2 muletiers, sur lesquels repose la charge de descendre une fois par semaine dans la vallée les fromages, d’approvisionner la communauté, d’aller chercher le bois, de rentrer le foin des pâturages situés au-dessous du chalet afin d’en avoir une quantité suffisante dans le cas où, vers la fin de septembre, la neige recouvrirait l’alpe ; le bétail se trouvant alors obligé de rester enfermé à l’étable, voué à un régime exclusivement fourrager;
- 1 ou 2 « pachonniers », qui enfoncent les pieux pour attacher les vaches, qui nettoient les « halles » (étables) et étendent le fumier (« pachonner ») autour des parcs. Ils sont chargés également de creuser des rigoles pour l’épandage sur les pâturages du fumier amené des étables
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- par un courant d'eau, ainsi que de porter le lait dans de grosses « bouillies » fixées au dos par des courroies de l’endroit où l’on trait jusqu’au chalet.
- Le chalet. — Un trait caractéristique des chalets de ces régions est leur aspect délaissé, l’absence de cheminées, un toit en planches recouvert de pierres pour le préserver du vent qui, à ces altitudes (2300 m) est particulièrement violent, La lumière pénètre dans l’habitation par une ou deux petites fenêtres solidement grillagées. La porte est basse et à deux battants. Si l’on pénètre à l’intérieur on est avant tout surpris par l’épaisse fumée qui y règne. Pois, petit à petit, l’œil s’habituant à la demi-obscurité, on découvre une pièce assez spacieuse, aux murs noircis, et le plancher en terre battue qui rend ainsi impossible de l’entretenir propre. Dans un angle de la salle se trouve le foyer, constitué par un demi-cylindre en pierres sèches ou en maçonnerie. Au-dessus est suspendu un chaudron en cuivre, point de mire de toute la préoccupation du montagnard. A petite distance sont installées deux presses à fromages à pressions différentes d’un type tout à fait archaïque : un levier à bois chargé de pierres,
- L’autre moitié de la pièce est assignée au logement du personnel. Celui-ci couche dans des lits qui sont de simples caisses en bois surélevées et remplies de foin. Les hommes en surnombre dorment sur le foin étendu sur un demi-plancher ménagé sous la toiture, parfois mal ajustée, et où les moindres intempéries montagnardes se font sentir désagréablement.
- Au milieu de la salle est installée une table grossière avec des bancs. Chacun possède sa gamelle et sa cuillère, il en prend soin personnellement. L’office de lampes est rempli par des lampes-tempête, à flamme fumante et peu éclairante.
- Parmi les domestiques, il s’en trouve un qui prend sur lui le rôle de chef-cuisinier. Son rôle se borne à pétrir, trois fois par jour, une épaisse bouillie de farine de maïs —la polenta — remplaçant le pain frais, à laquelle on ajoute du lait à volonté.
- Ce régime monotone est parfois interrompu, à la joie de tous, par une belle marmotte prise au piège. Celui-ci est constitué d’un simple nœud coulant en acier que l’on place tout contre l’entrée du terrier, reconnu habité par la forte odeur de musc qui s’en dégage. Pour préparer ce gibier apprécié, on commence par l’écorcher vif, comme le lapin. La graisse est soigneusement retirée et conservée dans une bouteille [pour être fondue et servir de moyen efficace contre les rhumatismes. La chair étant assez coriace, on la fait tremper 24 heures dans du vinaigre. Le lendemain elle est cuite en cocotte.
- La journée montagnarde. — La vie estivale des montagnards, retirés dans les hautes altitudes sauvages et difficiles d’accès, commence chaque jour bien avant les premières lueurs de l’aurore. A 2 heures du matin, le patron est alerté par la sonnerie de son réveil. Aussitôt il se lève et va réveiller les autres par un « O-o-o » prolongé. Cinq minutes plus tard, tout le monde est sur pied; chacun prend son seau en bois et son tabouret à pied unique qu’il s’attache aux reins. Si le bétail est dans les halles, ou s’il est attaché aux piquets et qu’il ne
- fasse pas clair de lune, on emporte des lampes-tempête.
- La traite est terminée vers 4 heures. Chacun lave son seau, puis va se débarbouiller dans l’eau glacée des abreuvoirs, simples troncs d’arbres creusés. On en a sérieusement besoin, car les vaches ne sont pas toujours entretenues dans un état de propreté parfaite, et ne se font aucun scrupule de passer leur queue-pinceau sur le visage des vachers. Ceux à qui cela déplaît s’en préservent en suspendant à la queue un petit cylindre de bois.
- Vers 6 heures a lieu le petit déjeuner. En attendant le moment de partir en champs, les bergers bricolent ou se reposent. Les pachonniers vont à leur travail. Le patron ou le fruitier, suivant le cas, s’occupe de la fabrication du fromage : si la température du lait rassemblé dans le chaudron n’est pas suffisante pour verser la présure, on prépare un feu. Une épaisse fumée envahit tout le chalet.
- Vers 8 heures, le bétail commence à exprimer son impatience par des beuglements répétés. On le détache. Le maître-berger prend la tête du troupeau qui suit docilement. On assiste alors à un magnifique tableau savoyard.
- Dans le lointain scintillent les imposantes masses bleuâtres des glaciers et des neiges. Un grand silence règne, troublé seulement parle bruit étouffé d’un torrent. Sur les pâturages en pente d’un vert velouté le troupeau s’est allongé en une longue traînée rougeâtre et ondulante. Le son des multiples cloches a je ne sais quoi d’émouvant et de reposant.
- Lorsque le soleil arrive au maximum de sa course, il est temps pour le troupeau de retourner au chalet; auparavant on le mène à l’abreuvoir. Si la journée est chaude, le troupeau est enfermé dans les halles, alors que par temps couvert le bétail demeure au pâturage attaché au piquet. Après le déjeuner, les domestiques ont droit à une sieste d’une heure. Exactement à 2 heures de l’après-midi, le patron se lève encore le premier et interrompt le sommeil de son personnel. On va traire. Vers 4 heures tout est terminé. On fait un casse-croûte : du lait avec des croûtons de pain sec que l’on ramasse pendant l’hiver afin d’en avoir durant la saison d’été. Ensuite le fruitier reprend la fabrication de sa « tomme », tandis que le troupeau est de nouveau mené en champs, où il reste jusqu’aux derniers rayons du soleil.
- Les nuits fraîches, on le rentre dans les halles. Lorsque le souper est terminé, la nuit est déjà tombée, et si le ciel est sans nuage, on reste émerveillé devant l’immensité de la voûte céleste étincelant de ses millions d’étoiles. Fatigué, tout le monde va goûter un profond sommeil. Dans cinq heures à peine, il faudra reprendre le même labeur que la veille, et ainsi pendant tout le séjour sur l’alpe, les jours de fête comme en semaine,.
- Les dimanches, cependant, le travail est réduit au strict nécessaire. On trait les vaches et on les mène au pâturage comme d’habitude, mais on ne scie pas le bois, ni on ne creuse les canaux. On se fait réciproquement la barbe, et chacun lave son linge. L’après-midi, il arrive parfois que quelques propriétaires des vaches montent voir comment se portent leurs bêtes, se renseignent sur la quantité de lait qu’elles donnent, etc. Il est d’usage que le patron du chalet leur offre un bol de lait avec un
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- gros morceau de polenta. Les jours de fête, le patron régale son personnel de saucisses et d’une bombonne de vin. Le soir, le chalet retentit d’interminables chants piémontais.
- Les pâturages. — Le propriétaire d’une montagne apporte un soin particulier au bon rendement de ses pâturages. Il faut leur fournir le plus possible de matières nutritives; on y parvient grâce aux fumures répétées. Comme procédés de fumure, on utilise le a flottage» ou « laquage » et le parcage du gros bétail.
- Le flottage consiste à épandre le fumier sur les alpages à l’aide de canaux et de rigoles d’épandage. Pour cela, après que le troupeau a quitté les halles, on fait passer tin courant d’eau d’un bout à l’autre du canal d’écoulement pour enlever le fumier. Cette méthode donne des pâturages verdoyants à herbe grasse et touffue.
- Le parcage du gros bétail se fait au piquet. Dans ce cas, les vaches sont disposées en lignes parallèles suivant les courbes de niveau du terrain, et attachées séparément par une chaîne à un pieu. Lorsque la pente est assez forte, on est obligé, pour permettre au bétail de se reposer, d’ouvrir des plates-formes ou « creux », de 1 m 80 à 2 m de côté. Sur un même emplacement, le bétail n’est gardé que pendant deux jours; après quoi la lignej des pieux est transportée à une cinquantaine' de métrés plus haut, et on continue ainsi de s’éleverjûs-qu’à ce que la pente devienne trop raide, puis on revient au point de départ et on recommence à monter.
- Préparation du gruyère. — Le gruyère est un fromage à pâte ferme et à croûte résistante. Il est préparé de la façon suivante. A mesure que le lait est trait, on le verse dans le chaudron d’une contenance d’environ 600 litres. Une fois la traite terminée et le lait rassemblé, on le fait cailler à l’aide de la présure. Lorsque toute la massé s’est coagulée comme il faut, ce que le fruitier reconnaît à des caractères particuliers, on commence à la brasser, d’abord en dehors du feu avec un tranche-caillé, ensuite, avec un bras soir après avoir au préalable poussé le chaudron au-dessus d’un grand feu de bois de mélèze. On brasse ainsi jusqu’à ce que les grains aient atteint la grosseur d’un grain de blé ; à ce moment on arrête de "brasser; on laisse reposer la masse qui se sépare en deux : à la partie supérieure surnage un liquide sucré* d’une belle couleur vert doré — la « recuite » — et au'fond se déposent les grains formant le caillot. Puis, avec une tige flexible en acier sur laquelle on enroule une toile, le fruitier retire le caillot du chaudron, le porte dans un moule en bois, et le met sous presse. Après un séjour de 24 heures sous la presse, le gruyère est porté dans une cave froide (de 10° à 12° C) et marqué d’un numéro d’ordre; là, le fromager le frotte tous les jours avec du sel, afin de communiquer à la pâte une saveur piquante et en même temps de régler la. fermentation. Pour sa maturation le fromage exige au moins trois mois d’un tel traitement. Après quoi, il pourra être descendu dans la vallée et conservé en cave chaude (de 16° à 20° C), en attendant d’être vendu.
- Sous^produits de la fabrication du gruyère. — Après avoir retiré le caillot, on verse dans la masse restante une certaine quantité d’ « aisy » (*) ; on reporte 1. L’ « aisy » est de la recuite aigrie.
- le chaudron sur le feu, et on chauffe sans brasser jusqu’à apparition à la surface d’un second caillot; on enlève celui-ci avec une poche à mesure qu’il se forme et on le met dans des moules en bois où il s’égoutte. Au bout de 24 heures il est sorti du moule et placé au-dessus du foyer où il sèche dans la fumée; lorsqu’il est suffisamment sec, on le transporte en cave froide et on le sale. C’est ainsi que l’on obtient un fromage appelé le sérac. Avec le petit-lait on engraisse les porcs.
- Un troupeau de 130 vaches permet de fabriquer deux « tommes » par jour, dont le poids varie de 30 à 80 kg suivant le moment de l’estive. Le poids maximum est obtenu en juillet; la quantité de lait va en diminuant jusqu’à la fin de l’été.
- Exploitation ovine. — L’exploitation ovine a beaucoup perdu de son importance depuis la guerre; le cheptel local a fortement diminué. On pratique encore l’élevage, d’une part, pour la fabrication du « tignard » •— sorte de fromage — (haute vallée de l’Isère), et, d’autre part, pour l’engraissement (en aval de Sainte-Foy).
- Les moutons sont toujours menés sur les parties hautes et escarpées des montagnes, où le gros bétail aurait de la difficulté de monter et où l’herbe serait insuffisante.
- De très loin parvient le son de leurs multiples cloches ainsi que de leur continuel bêlement semblant sortir des nuages qui les cachent aux regards étrangers.
- En gardant le troupeau... — Pour les touristes venant par hasard rendre visite aux montagnards, garder le troupeau est une besogne agréable et pleine de poésie. Cela est vrai quand l’air est calme, le ciel bleu et le soleil ardent. Mais que diraient ces mêmes touristes, lorsqu’ils seraient surpris en plein pâturage, sans le moindre abri, par un orage à pluie diluvienne, ou, encore pire, par un brouillard si épais que l’on ne voit plus rien à trois pas devant soi, accompagné d’une forte pluie et d’un violent vent glacial. C’est à ces moments-là que se reconnaît le vrai montagnard. Un orage imprévu vient-il s’abattre, qu’immédiatement tout le monde est trempé. Les éclairs et les grondements continus du tonnerre, amplifiés ,p$r l’écho, provoquent une panique effroyable. Les bergers devancent le troupeau qui prend tout seul la direction des halles et en ouvrent en grand les portes, afin que celui-ci puisse s’y engouffrer.
- C’est un spectacle impressionnant que d’assister à cette course effrénée entre bêtes et gens. Les vaches aveuglées par les éclairs, effrayées par le tonnerre, déferlent la pente avec un son de cloches pareil au tocsin. Elles ruent comme des étalons, tout en projetant bien haut leur queue; se bousculent et rivalisent de vitesse. C’est seulement dans l’étable qu’elles retrouvent leur calme habituel.
- L’orage passé, l’air devient encore plus pur. Le même soir, le soleil couchant projette ses rayons obliques qui colorent en rouge-vermeil quelques lambeaux de nuages, derniers vestiges de la tempête. Sur le ciel topaze du crépuscule scintille Vénus, l’étoile du Berger. Tout doucement le silence de la nuit envahit les sommets déchiquetés. La blancheur des neiges et des glaciers finit par s’évanouir dans la brume lointaine.
- Georges Konoroff.
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- Fig. 1 à 8. — 1, La sortie du troupeau ; — 2, La longue traînée rougeâtre et ondulante des vaches: —• 3, Au bord d’un lac ; —- 4, A l’abreuvoir. Au loin, la pointe de la Traversière (3341 m.) ; — 5, Types de montagnards ; —• 6, Les halles, devant le chalet: — 7, Le porteur de lait.
- 8, Line « tomme » devant l’entrée de la cave froide.
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- SAINT BENEZET, PATRON DES INGENIEURS ll)
- De même que chaque village, chaque métier, chaque corporation a sa fête.
- On connaît la Saint-Eloi des forgerons, la Sainte-Cécile des musiciens, la Saint-Crépin des cordonniers. On sait avec quel éclat le corps des artilleurs célèbre chaque année la Sainte-Barbe.
- Les inventions, les professions nouvelles ont voulu avoir aussi leur saint patron. On n’oublie pas la vogue de saint Christophe auprès des automobilistes et le succès de la bénédiction des autos à Saint-Christophe-de-Jajollet. Les aviateurs se réclament de Notre-Dame du Platin et nous avons vu dernièrement que la radio avec Branly se mettait sous la protection de Notre-Dame de Bonne Nouvelle, vocable des plus gracieux et des mieux appropriés.
- A la fin du xvxn® siècle, les ingénieurs célébrèrent pendant quelques années leur fête patronale.
- Le modeste et savant Chézy, qui fut, après son ami Perronet, directeur de l’Ecole des Ponts et Chaussées, fêtait chaque année à Paris, avec ses amis, la Saint-Bénezet, patron des ingénieurs.
- En 1825, fut soumis au Conseil général des Ponts et Chaussées, un projet de consolidation des piles du vieux pont d’Avignon dont les quatre arches subsistantes menaçaient de s’écrouler et, par suite, d’encombrer la passe navigable du bras du fleuve qui côtoie la ville.
- Le rapport de M. Pilhet, ingénieur en chef de Vaucluse, s’exprimait ainsi : « Tous les historiens s’accordent à dire que ce pont de 900 m. de longueur et de 22 arches fut commencé en 1177 par saint Bénezet, jeune enfant, pasteur des brebis de sa mère, choisi et appelé par Dieu pour cette œuvre, passant alors pour une merveille, et qui prouva sa mission par plusieurs miracles... »
- Au nom de saint Bénezet,
- Prony, l’un des inspecteurs généraux, membre du Conseil, interrompit la lecture en disant :
- « C’est notre patron ! ». Il rapporta ce que nous avons dit plus haut de sa célébration au temps de Chézy.
- Le comte de Saint-Venant, secrétaire du Conseil, était présent à la séance. C’est là qu’il conçut la pensée de proposer un jour le rétablissement de cette fête fraternelle. Dans ce but, il publia une vie très documentée de saint Bénezet, vie dont nous allons donner un rapide résumé.
- La suite du rapport de l’ingénieur en chef de Vaucluse, rappelait que pour la construction en question, saint Bénezet
- 1. Par le comte de Saint-Venant, ancien ingénieur en chef des Ponts et Chaussées, membre de l’Institut. Bourges, 1889, in-8, avec gravures.
- institua l’Association des Frères Pontifes ou Pontifex, humbles travailleurs qui entreprirent et surent mener à bien d’importants travaux, sans autres ressources que leur zèle, leur persévérance et la charité des populations qu’ils allaient solliciter patiemment.
- La fondation qu’illustra saint Bénezet était au xme siècle dans tout son éclat : elle se maintint à Avignon jusqu’en 1331, beaucoup plus longtemps ailleurs.
- Dans son remarquable ouvrage de la Législation des voies publiques en France avant 1790, M. Vignon, ingénieur en chef
- des Ponts et Chaussées, signale qu’on rencontre dans l’histoire des moines successeurs ou imitateurs des frères pontifes, ingénieurs constructeurs de grands ponts « on les voit, non sans intérêt, dit M. Vignon, donner la main aux ingénieurs modernes par leur dernier représentant, le frère Romain, dominicain, que ses travaux à Maëstricht à la fin du xviie siècle, firent appeler à Paris, au commencement du xvme siècle, pour fonder les piles du pont des Tuileries et le firent nommer un des premiers ingénieurs des Ponts et Chaussées de France ».
- Quel était donc ce mystérieux adolescent qui avait osé entreprendre et avait presque terminé ce travail colossal—pour l’époque surtout — un pont de 900 m de long ?
- M. de Saint-Venant s’est livré à ce sujet à un véritable travail de bénédictin et a mis au jour des chartes jusqu’alors inconnues, des actes de saint Bénézet : charte lyonnaise, charte avignonnaise, toutes deux concordant avec les renseignements antérieurs.
- Le premier chroniqueur qui ait parlé de saint Bénezet, c’est son contemporain, le frère Robert d’Auxerre (Robertus Autissiodo-rus), chanoine de la cathédrale d’Auxerre, auteur d’une chronique très étendue et s’arrêtant à 1210. Il fait autorité en matière historique. Voici ce qu’il dit :
- « Année 1177 : En cette année vint à Avignon un adolescent appelé Benoit, en provençal Bénezet, se disant envoyé de Dieu pour construire en ce lieu un pont sur le Rhône. On se moqua de lui à cause de son défaut 4e ressources pour une pareille œuvre, à laquelle la profondeur et la largeur de ce grand fleuve ôtaient tout espoir de possibilité. Mais il insista cependant avec hardiesse et au bout de peu de temps les habitants, incités par une manifestation de la volonté ; divine en faveur de sa parole, entreprirent à l’envi cette œuvre malgré la difficulté passant toute mesure •—-, et il construisit un monument d’une étonnante somptuosité. Pour couvrir ces dépenses, ce jeune homme, d’une vie exemplaire, parcourut longtemps diverses
- LE COMTE B. DE SAINT-VENANT
- MEMBRE DE L'INSTITUT
- Fig. 1. — Le comte B. de Saint-Venant, célèbre théoricien de la résistance des matériaux, ingénieur des Ponts et Chaussées, historien de saint Bénezet.
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- provinces pour y recueillir les aumônes des fidèles, et l’on rapporte que sa mission fut appuyée par un grand nombre de miracles.
- « 1184. En cette année-là, Bénezet, constructeur du pont d’Avignon, jeune homme d’une vie hautement sainte, mourut et fut enseveli sept ans après le commencement de l’entreprise sur ce pont merveilleux déjà construit en grande partie. Son corps fut placé dans l’avant-hec de la deuxième pile, emplacement qu’il avait choisi avant de mourir et où il avait bâti une chapelle de Saint-Nicolas, patron des mariniers. »
- Cinq chroniqueurs confirment ce récit, entre autres Vincent de Beauvais le grand encyclopédiste du xnie siècle, l’auteur de la Chronique de Tours, et Guillaume de Nangis (1302).
- Pourquoi ne reste-t-il plus du pont d’Avignon que les quatre arches les plus proches de la ville, entretenues comme monument historique ?
- Cela ne tient à aucun vice de construction des piles ou des arches, ni des tympans évidés par de petites voûtes allégeant la charge et augmentant le débouché des hautes eaux. Cela tient à ce que le bas des piles cessa d’être convenablement entretenu dans des temps troublés.
- En 1233, l’œuvre étant passée dans des mains séculières n’eut plus pour l’entretien du pont la ressource des quêtes.
- En 1602, la négligence à réparer une voûte en fit crouler trois. La grande débâcle des glaces du rigoureux hiver de 1669 acheva l’œuvre de destruction.
- Les lecteurs que la question saint Bénezet intéresse pourront consulter l’ouvrage de M. de Saint-Venant, ils y trouveront
- nombre de pièces justificatives, les textes des chartes avi-gnonnaise et lyonnaise, les offices et litanies du saint; la liste analytique et très complète de tous les auteurs qui s’en sont occupés. Rarement un ouvrage hagiographique a été entouré d’un tel luxe de références, de pièces justificatives : on voit que l’enquête était poursuivie par un savant familiarisé avec les hautes mathématiques et qui ne se payait pas de mots.
- Notre auteur aurait voulu que cette fête fût célébrée au 14 avril ou au 13 septembre, mais, ajoute notre pieux et savant ingénieur, «peu importe la question de date; ce qu’il y a d’assuré, c’est que tous ceux qui voudront invoquer saint Bénezet ne seront jamais déçus dans leur confiance. Il est le plus affectueux des camarades et le moins intimidant des chefs. Notre profession qui a été la sienne n’est pas seulement belle : elle est sainte. C’est la charité en action envers les voyageurs, les commerçants, les missionnaires de toutes les œuvres ».
- Nous avons demandé à M. le Directeur de l’Ecole des Ponts et Chaussées si la fête de saint Bénezet avait été célébrée à l’Ecole aux xixe et xxe siècles.
- M. le directeur à bien voulu nous répondre que la fête patronale n’avait pas été célébrée à l’Ecole depuis le xvine siècle; il a ajouté : « Le seul fait qui puisse attester que le souvenir du patron des Pontifes n’est pas tout à fait perdu dans le corps des Ponts et Chaussées, est celui que les élèves de l’Ecole placent encore actuellement leur conférence de Saint-Vincent de Paul sous le vocable de Saint-Bénezet ».
- Virgile Brandicourt.
- = UN NOUVEL INSECTICIDE : LA ROTENONE =
- En présence des invasions croissantes des insectes, de l’importance des dégâts qu’ils commettent et de la nécessité pour les agriculteurs de défendre contre eux leurs récoltes, les études sur les substances pouvant agir comme insecticides sont à l’ordre du jour dans tous les pays; les professeurs d’agriculture dirigent et coordonnent les essais et finalement le paysan se rend compte que les traitements insecticides payent, lorsqu’ils sont appliqués avec méthode et persévérance.
- L’insecticide idéal, actif, qui n’altère pas les tissus des plantes qu’il doit protéger contre les parasites, qui n’est pas toxique pour l’homme et le bétail, qui conserve son activité pendant un certain temps et qui serait d’un prix de revient modique permettant une large utilisation, n’est malheureusement pas encore réalisé, mais ce sont les insecticides provenant des végétaux qui s’en rapprochent le plus.
- Les récentes études poursuivies scientifiquement sur les plantes à roténone, sur cette roténone elle-même et ses homologues ou dérivés, et les résultats pratiques obtenus ont attiré l’attention de tous les agronomes étrangers qui préconisent de plus en plus l’emploi de préparations à base de roténone.
- En particulier, aux Etats-Unis, où la lutte contre les maladies parasitaires des plantes a besoin d’être encore plus poussée que chez nous et où le contrôle sanitaire des fruits et des légumes, notamment en ce qui concerne la présence de l’arsenic et du plomb, s’exerce réellement et sévèrement, on les utilise de plus en plus. Les besoins nés de ces emplois ont incité la culture des Derris en Malaisie, des Loncho-carpus en Amérique du Sud et Centrale, des Cracca même en Floride. En France, il n’y a guère que deux ans qu’on parle de la roténone et que quelques timides essais satisfaisants ont
- attiré l’attention de nos agronomes. Nous ne devons plus ignorer cette question, d’autant que notre Guyane peut nous fournir de bons Lonchocarpus Nicou, riches en roténone, notre Indochine des Derris actifs.
- La famille des Légumineuses fournit un certain nombre de plantes à roténone utilisées actuellement comme insecticides agricoles, mais qui sont connues et décrites, car elles sont utilisées depuis de longues années par les indigènes comme « poisons de pêche » en raison de leur énorme toxicité pour les poissons. Ce sont les Derris, en Malaisie, les Lonchocarpus, dans le Sud-Amérique, les Cracca en Amérique Nord et Centre, les Tephrosia dans divers pays tropicaux. D’autres espèces voisines, les Milletia, Ormocarpum, Spatho-lobus, sont également actives, utilisées dans leur pays d’origine, mais elles ne parviennent pas sur les marchés européens.
- Les divers Derris, désignés sous le nom de « Tuba ou Touba », sont les plus utilisés. Déjà en 1924, Mc Indoo et4 Sievers signalaient leur activité aux agriculteurs des Etats-Unis et préconisaient l’emploi de deux principaux : Derris elliptica et Derris üliginosa Benth. D’autres espèces voisines telles que le D. malacensis sont maintenant cultivées. Dans le commerce, on trouve les racines de D. elliptica, les tiges et les racines de D. üliginosa. Ces drogues ont été bien décrites, avec détails micrographiques sur leur structure, par J. Maheu.
- Ces Derris doivent leurs propriétés toxiques pour les animaux à sang froid à la roténone et à des corps voisins.
- La teneur en principes actifs des racines de Derris qu’on trouve sur le marché est assez variable suivant les espèces cultivées, leur mode de culture, le terrain sur lequel elles ont poussé et l’âge de leur récolte (de 0 à 9 %).
- Elles sont actuellement cultivées dans toute la Malaisie. Le principal centre d’expédition sur les divers pays d’outre-
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- mer est Singapour; le Gouvernement des Etats fédérés malais y a établi un bureau d’essais qui délivre des certificats d’analyse pour cette drogue. Une racine de Derris normale doit fournir 15 à 16 pour 100 d’extrait éthéré et 5 pour 100 de roténone; beaucoup de lots ne titrent que 4 pour 100 de roténone et même moins; ils sont décotés.
- En Indochine française, quelques cultures de Derris ont été entreprises, mais les échantillons que nous avons reçus ne titrent guère que 3 pour 100 environ; cela peut provenir de l’espèce cultivée ou du terrain.
- Les Derris sont des lianes qui sont propagées par boutures de tiges de 50 cm de longueur en sol sablonneux. Après avoir pris racine en serre, en un mois environ, les boutures sont transférées en champ; on fait des billons d’un mètre de large et on plante sur les billons à écartement d’un mètre. Les racines sont récoltées au bout de deux années, époque à laquelle l’extrait éthéré est au maximum. Les racines sont séchées à l’air pendant huit jours, étendues sous des hangars ouverts. Le rendement en racines sèches est d’environ 1200 kg à l’hectare. Les racines sont mises dans des halles contenant environ 200 litres net.
- A côté du Tuba, on trouve également, en provenance du Sud-Amérique, sous le nom de « Cubé du Pérou », des racines de Lonchocarpus \ L. violaceus, L. rujescens, Bentli, et quelques espèces voisines. Le premier, antérieurement dénommé Robinia Nicou Aublet, a été décrit et étudié par Heckel, de Marseille, comme «poison de pêche» de la Guyane : l’application comme insecticide n’était pas alors soupçonnée.
- Actuellement, on cultive ces Lonchocarpus d’une manière analogue à celle des Derris, mais la racine n’est arrachée d’ordinaire qu’au bout de quatre ans. Cette racine est toujours plus grosse que celle de Derris ; elle est moins facilement envahie par les moisissures; sa teneur en roténone est toujours plus élevée que celle des Derris; H. Ivrieg signale des teneurs de 5 à 10 pour 100.
- Les Tephrosia ont été surtout étudiées comme poisons de pêche et poisons de flèches; on les propose actuellement egalement comme insecticides; Hanriot avait isolé du T.vogelii un corps auquel cette plante devait sa toxicité et qu’il avait appelé téphrosine; il est reconnu, d’après les travaux de K. W. Merz et G. Schmidt, qu’elle n’est qu’un mélange de déguéline et de dihydrodéguéline, et c’est cette dernière, moins active que la roténone, qui reçoit le nom de téphrosine. Ces Tephrosia, en raison de leur activité moindre que les Tuba et Cubé, ne paraissent pas devoir être importées en Europe.
- Clarck a dernièrement attiré l’attention des Américains sur une légumineuse indigène, la Cracca virginiana, haricot de lupin, qui croît de l’Ontario au Manitoba, et s’étend vers le sud jusqu’en Floride et le nord du Mexique, et qui renferme dans sa racine une petite quantité de roténone (moins de 1 pour 100). Le Bureau of Plant Industry des Etats-Unis s’est fort intéressé à la propagation et à la culture de cette légumineuse qui préfère un sol pauvre, sec et sablonneux, et qui fournit un extrait qui, s’il ne concurrence pas ceux du Derris, est cependant actif; on espère par culture et sélection pouvoir augmenter cette teneur en roténone. De tels essais devraient être suivis et repris par nous.
- La roténone est le principal composé actif de tous ces végétaux insecticides. De formule brute C23 H22 O6, sa constitution chimique fut récemment établie définitivement après de nombreux travaux de La Forge, Takee, Butenandt et Robertson. Elle est constituée par un noyau central de dihydropyrone, en liaison, d’une part, avec une dihydro-benzopyrane et, d’autre part, avec une dihydrobenzofurane. Ce corps contient deux méthoxyles dont on a voulu se servir
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- pour son dosage. Elle possède une fonction lactonique et une cétonique et par réduction fournit un alcool, le roténol.
- A l’état pur, elle se présente sous forme de cristaux ortho-rhombiques incolores et transparents, fondant à 163°. Ces solutions sont fortement lévogyres. La roténone est soluble dans un grand nombre de solvants organiques; très soluble dans le chloroforme (73,4 gr pour 100 cc.) moins dans les divers dérivés chlorés de l’éthylène, le benzène et le toluène. Elle est peu soluble dans les alcools aliphatiques, très peu soluble dans le benzène et les dérivés du pétrole. Sa solubilité dans l’eau est de 1/1000 000.
- Au contact de l’air et de la lumière, les solutions incolores de roténone dans les solvants organiques passent au jaune puis à l’orange et au rouge foncé, avec dépôt de petits cxls-taux insolubles, presque inactifs comme insecticides.
- Les poussières de roténone sèches, exposées à la lumière solaire, changent également de couleur et perdent leur toxicité en dix jours environ; à la lumière diffuse la décomposition de la roténone ne se fait pas sentir (Roaclc).
- Cette instabilité relative est à considérer au point de vue de l’emploi agricole de la substance; cependant les poudres de Derris sont moins sensibles que les solutions.
- A côté de la roténone, on trouve toujours dans ces plantes des corps cristallins de constitution chimique très voisine, mais qui présentent une toxicité beaucoup moindre pour les insectes.
- Ce sont la déguéline, isomère de la roténone, puis la téphrosine et le toxicarol.
- En 1935, R. S. Cahn a isolé un nouveau corps également très actif, le sumatrol, sur la constitution duquel il faut faire quelques réserves.
- Tous ces corps ont une fonction lactonique et deux méthoxyles comme la roténone.
- A côté de ces corps, qu’on a pu isoler à l’état cristallin de diverses racines où ils se présentent en quantités variables selon les espèces, il existe dans les extraits résineux d’autres produits à fonction lactonique, amorphes, dont R. S. Cahn et J. J. Boam ont montré l’existence par hydrolyse, soit alcaline, soit acide, de la résine (l’ancien derride) et qui possèdent une activité non négligeable.
- Gotze, Roark ont reconnu que la toxicité des racines de Derris vis-à-vis des insectes et des mouches ne correspond pas à leur teneur en roténone et que le bloc des divers principes actifs agit avec une activité bien supérieure; aussi depuis quelque temps on attache beaucoup plus d’importance à la teneur des racines en extrait éthéré qu’à la teneur en roténone.
- Malgré tout l’intérêt qu’il y aurait à pouvoir titrer correctement la roténone dans les lots commerciaux de racines, il faut avouer que c’est actuellement fort difficile ; Wiebock et Schwappach concluent qu’aucune détermination chimique n’est valable actuellement, en raison de la complexité des produits actifs et de l’influence de leur pourcentage respectif sur l’activité toxique totale.
- Les propriétés pharmacodynamiques et toxiques de la roténone et des extraits des plantes qui en renferment ont été d’autant mieux étudiées que, dès le début de leur emploi, on avait eu des craintes sérieuses de leur toxicité pour l’homme en raison du fait qu’elles étaient utilisées dans la confection du poison des flèches des chasseurs de Bornéo, et que leur toxicité pour les poissons était confirmée.
- Les recherches récentes de Buckingham et celles de H. R. Ifaag confirment pleinement les observations antérieures et ont montré qu’il n’y avait aucun danger pour l’homme et les animaux à sang chaud à utiliser ces substances, qui sont inofîensives en ingestion. A la suite de ses expériences, Haag
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- en fut tellement convaincu qu’il ingéra, sans inconvénient 150 milligrammes de roténone.
- Ces auteurs ont opéré sur tous les animaux de laboratoire : chiens, chats, cobayes, rats blancs et également sur des poulets, des cochons, des moutons, des vaches, et ils concluent que la roténone, administrée par la bouche, ne produit aucun effet nuisible. Chez le chien on a donné jusqu’à 150 mgr par kg.
- Il n’en est pas de même par voie d’injection intraveineuse; la roténone et les corps voisins se conduisent alors comme des poisons paralysants d’origine centrale, la mort étant déterminée par asphyxie. On voit, d’abord, se produire des troubles respiratoires, de la dyspnée et de la polypnée, ainsi que des vomissements, de la paralysie progressive musculaire et enfin de l’asphyxie. On ne constate des troubles cardiaques que lorsque les doses sont suffisantes pour déterminer la paralysie respiratoire; ils consistent, d’abord, en un ralentissement du pouls, puis, en arythmie avec bloc partiel ou total du cœur et finalement en paralysie ventriculaire; on constate également une chute de la pression sanguine provoquée par de la vaso-dilatation périphérique en rapport avec la paralysie des muscles à fibres lisses et striées. Tous ces phénomènes sont d’origine centrale.
- Par contre, les poissons sont extrêmement susceptibles à l’action de la roténone et autres constituants des Derris. W. A. Gersdorfî a trouvé que la concentration dans l’eau de 75 mgr de roténone par 100 1, soit 1/13 000 000 à 23° tue les poissons rouges, en deux heures, par arrêt respiratoire, après phénomènes d’excitation primitifs.
- Les batraciens, les vers, les mollusques, les insectes, en général tous les animaux à sang froid, sont intoxiqués par voie gastrique et par contact prolongé; l’action est moins générale et moins rapide qu’avec les pyréthrines. Richardson et Haas ont constaté que les sauterelles résistent à l’intoxication gastrique par la roténone; d’autre part, les larves de diptères sont également résistantes.
- M. W. Davidson fit, le premier, des essais de toxicité méthodiques de la roténone sur les insectes parasites des végétaux au moyen de pulvérisation d’une suspension de roténone obtenue par dilution dans l’eau d’une solution acétonique de ce corps (0,5 à 1 gr de roténone dans 100 1 d’eau). Depuis, de nombreux expérimentateurs répétèrent et étendirent ces essais pour préciser les doses et les meilleures méthodes de traitement. F. L. Campbell, en particulier, opéra sur 55 espèces d’insectes et il conclut en affirmant que la roténone, comme poison ingéré, est plus toxique que les arséniates de plomb, et que, comme poison de contact, elle est plus toxique que la nicotine.
- Shepard et Campbell sur des élevages de vers à soie déclarent que la roténone est 30 fois plus toxique que l’arséniate de plomb.
- Davidson a trouvé que sur les Aphis la roténone est 15 fois plus efficace que la nicotine.
- Ginsbourg a trouvé que la roténone et les extraits de Derris sont plus toxiques sur les Aphis des pommes que le pyrèthre.
- Bothers et Keck, expérimentant sur les araignées rouges des Asparagus plumosus, déclarent que les pulvérisations contenant du pyrèthre comme principe actif sont plus efficaces que celles au sulfate de nicotine, mais beaucoup moins actives que celles contenant 5 pour 100 de Derris, qui présentent le maximum d’efficacité.
- R. C. Roark a publié pour le Ministère de l’Agriculture des Etats-Unis la notice n° 120 dans laquelle il conclut que la roténone et les extraits de Derris sont supérieurs aux arséniates et à l’arséniate de plomb comme insecticide d’absorption et qu’ils sont également supérieurs comme activité aux insecticides de contact : la nicotine et le pyrèthre.
- La roténone et les préparations de Derris ont été appliquées avec succès, spécialement contre les divers insectes suceurs, les pucerons des légumes ef des arbres fruitiers, les altises, les criocères, les bruches, les antlionomes, les thrips, les psylles; les diverses chenilles, piérides, tenthrèdes, noctuelles, liypo-nomeutes sont également rapidement détruites.
- Des essais faits en Champagne ont montré son efficacité contre les pyrales, l’eudémis et la cochylis.
- Dans la lutte contre le doryphore, des poudrages se sont montrés très actifs et ont permis d’enrayer rapidement les invasions, aussi bien au début par leur action sur les larves que sur les insectes parfaits.
- Les professeurs Feytaud, Balachowsky,Vuillaume, Raucourt, de Lapparent préconisent actuellement l’emploi de ces préparations, qui donnent fies résultats très satisfaisants sans aucune nocivité pour les plantes, pour les hommes et pour les animaux domestiques. Il est à souhaiter que sous leur impulsion, cette pratique se diffuse de plus en plus en France, pour la défense de nos cultures.
- Aux Etats-Unis, la roténone est également utilisée contre les insectes de nos habitations : puces, punaises cancrelats, et pour la désinsection des animaux domestiques : chiens, chats, volailles; les poux et leurs lentes sont détruits très facilement.
- Des lavages avec des émulsions d’extraits ont été également pratiqués sur les moutons et sur les bœufs, contre le varon. Gaut a ainsi traité en Angleterre plus de 10 000 têtes de bétail.
- Enfin, Mac Gil emploie le Derris pour la conservation des laines et des effets.
- Le Derris a été également utilisé en Amérique dans la lutte contre les mouches et les moustiques; Little a montré que la roténone ne tue pas la mouche comme les pyréthrines. Touché avec une émulsion renfermant cinq milligrammes de roténone par litre, l’animal est très rapidement paralysé des pattes, mais il vole encore pendant un certain temps, ne tombe qu’après et meurt au bout de 48 heures environ.
- Pour obvier à cet inconvénient, les Américains se servent d’émulsions contenant à la fois des pyréthrines et des exti'aits de Derris, qui procurent des morts rapides.
- Les moustiques et les Culex pipiens sont tués avec des émulsions renfermant 8/10 de mgr de roténone par litre. Les larves sont également détruites à cette dilution.
- Pour la destruction des insectes, les Derris et Lonchocarpus sont utilisés le plus souvent en poudrages. Ce mode de dispersion des insecticides se développe de plus en plus et il présente de nombreux avantages sur les pulvérisations qui nécessitent un charroi de liquide important et une main-d’œuvre plus dispendieuse.
- Pendant les périodes humides, les poudrages agissent mieux et plus longtemps que les bouillies en pulvérisations.
- Il faut faire usage de poudres impalpables, c’est de la plus grande importance, mais ce n’est pas une difficulté, car les racines de Derris et de Lonchocarpus se pulvérisent bien. Au point de vue activité, il est indifférent d’utiliser l’une ou l’autre de ces plantes; il n’y a que le titre des poudres en roténone qui compte et elles sont toujours vendues titrées pour être diluées avant l’emploi.
- Les poudres commerciales, à répandre par poudrages, sont diluées dans des matières inertes d’égale densité et de même grosseur de grains (talc, argiles, bentonite, etc.) pour rester homogènes. Il y a avantage à les additionner d’une substance adhésive, qui fixe la poudre à la surface de la feuille.
- La pulvérisation des Derris et des Lonchocarpus doit fournir une poudre titrant de 4 à 5 pour 100 de roténone; elle renferme, en outre, les autres toxiques (déguéline, téphrosinc, toxicarol) qui augmentent par leur présence l’effet toxique.
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- Les dilutions de ces poudres doivent se l'aire de telle sorte que la poudre à pulvériser contienne de 0,25 à 0,75 pour 100 de roténone.
- Cette teneur doit être indiquée sur les emballages des fabricants.
- La poudre impalpable de Derris peut également servir pour des pulvérisations après dilution et émulsion convenable dans de l’eau additionnée d’un agent émulsif et mouillant (savon, bile, etc.).
- On vend également pour pulvérisation des extraits liquides contenant d’ordinaire 5 gr de roténone pour 100 cc. ou des extraits solides titrant de 15 à 25 pour 100 de roténone.
- En résumé, les expérimentateurs sont unanimes pour constater l’activité toxique de la roténone et de ses dérivés sur les animaux inférieurs et spécialement les insectes, et son innocuité complète pour les animaux domestiques et pour l’homme de même que pour tous les organes des plantes.
- Elle agit à la fois par contact et par ingestion à des doses très faibles.
- Dans ces dernières années, l’utilisation de ces produits en agriculture s’est accrue dans des proportions insoupçonnées et ils paraissent devoir supplanter les pyréthrines trop chères
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- et trop lahiles, la nicotine moins active et toxique, les arsenicaux et les dérivés fluorés moins actifs et toxiques.
- Sous l’influence des demandes, les plantes à roténone sont devenues des plantes industrielles dont la culture se développe sans cesse, en Malaisie pour les Derris, en Amérique pour les Lonchocarpus.
- Finkelstein rapporte qu’en 1934 il y avait en Malaisie, en culture de Derris 5000 ha fournissant régulièrement tous les deux ans 2500 t de racines commerciales, la roténone s’accumulant au maximum dans la plante au bout de 21 à 23 mois.
- Les essais de culture faits dans nos colonies, Indochine et Guyane, sont très insuffisants et devraient être repris, développés et surtout dirigés scientifiquement par les Services agricoles de ces colonies pour nous permettre de ne pas être tributaires de l’étranger et de produire des racines riches en roténone. 11 ne faut pas se contenter de produire des racines à 5 pour 100 de roténone; on peut, et il faut, augmenter ce titre.
- Cette culture pourrait probablement être aménagée dans quelques-unes de nos colonies d’Afrique; les Belges travaillent dans ce sens au Congo. Dr J. Chevalier.
- LE MOIS METEOROLOGIQUE
- AVRIL 1936, A PARIS
- Mois pluvieux avec froid modéré mais persistant et insolation légèrement déficitaire.
- La moyenne mensuelle de la pression barométrique au Parc Saint-Maur, ramenée au niveau de la mer, 759 mm 7, est inférieure de 0 mm 5 à la normale.
- Celle de la température, 8°,3, en déficit de ^,3 classe avril 1936 parmi les mois froids. Elle est inférieure1"'à celle du mois de mars précédent (8°,4). C’est là un fait assez rare et qui ne s’était produit dans la région parisienne que deux fois depuis 1851 : en 1880 et en 1903. Cependant, bien antérieurement, dans la série des observations faites à l’Observatoire de Paris et publiée par M. Renou, semblable fait s’était également déjà produit et, ce qu’il y a de plus surprenant, c’est que c’était juste voilà 100 ans : en 1836 (mars, moy. 8°,8 et avril 8°,6) et aussi, en 1838 (mars, moy. 7°,0 et avril 6°,7).
- Le mois d’avril le plus froid connu jusqu’à présent a été celui de 1837, moyenne 5°,7. En 1836, 1837 et 1838, les printemps ont alors été plutôt froids, surtout celui de 1837, avec une moyenne de 6°,4 seulement, et 50 ans plus tard exactement, en 1887 et en 1888, l’on retrouve semblables printemps froids (moyennes respectives : 7°,6 et 8°,1).
- La température, chaude au début du mois, s’est abaissée progressivement pour devenir le 5 inférieure à la normale. A partir de cette date, on n’a compté que 3 journées dont la moyenne journalière a présenté un excédent, le 9, le 10 et le 25. Le réchauffement, tout passager, du 9-10 a été suivi d’une période très froide avec gelées à glace, le 12, le 13 et le 19. Le 12 (Pâques), journée la plus froide du mois, la moyenne journalière a été inférieure de 6°,0 à la normale. Le minimum absolu fut de — 1°,6 le 13, et le maximum absolu de 19°,7 le 1er; le premier est inférieur de 0°,8 au minimum absolu moyen et le second est inférieur de 3°,3 à la moyenne des maxima absolus de ce mois et il vient au 6e rang parmi les plus bas observés en avril depuis 62 ans. La moyenne des maxima, 13°,1, est également remarquable, depuis 1874, six seulement ont été plus basses. Elle est inférieure de 2°,2 à la normale.
- Le déficit de l’insolation s’est traduit par une réduction de
- l’amplitude diurne de la température, atteignant 1°3 (9°4 au lieu de 10°,7).
- A Montsôuris, le maximum absolu, 18°,8 a été en déficit de 4°,1, ex æquo avec 1918 (16°,9 en 1879 et 17°,9 en 1903).
- Les extrêmes de la température, pour la région parisienne, ont été de : —3°,9 à Saint-Cloud, le 13, et 21°,5 à Joinville-le-Pont, le 1er.
- Au Parc Saint-Maur le total pluviométrique, 69 mm 6, recueilli en 15 jours de pluie appréciable, au lieu de 14 (nombre moyen) n’a été dépassé que 7 fois depuis 1874 et son rapport à la normale atteint 1,59. La hauteur journalière la plus forte, 21 mm 6, correspond à la date du 4. La chute de pluie du 12 a été accompagnée de grésil et de flocons de neige.
- A l’Observatoire de Montsouris la durée totale de chute : 50 h 35 mn, est légèrement inférieure à la moyenne des 25 années 1898-1922. Hauteurs maxima en 24 h dans la région : 27 mm 5 à Paris (Montmartre) et 26 mm 8 dans la banlieue, à Saclay (Seine-et-Oise), du 4 au 5.
- Le 11, sur de nombreux points, et le 12, sur toute la région, la neige est tombée en giboulées; le 21, neige mélangée à la pluie à Montreuil.
- On n’a signalé qu’un seul orage, d’ailleurs faible, le 1er.
- Les brouillards ont été fréquents mais généralement peu épais, exclusivement matinaux et souvent locaux.
- La grêle a été signalée dans la région, aux dates suivantes : 11, 12, 17, 22 et 24 et le 27 à Versailles et au Bourget.
- On a enregistré à l’Observatoire de la Tour Saint-Jacques, 131 h 36 m de soleil, durée supérieure de 6 pour 100 seulement à la normale. Il y a eu 2 jours sans soleil.
- Au Parc Saint-Maur, les vents ont été fréquents du N et du NNE; la moyenne mensuelle de l’humidité relative a été de 72 pour 100 et celle de la nébulosité de 68 pour 100. On y a constaté : 1 jour de neige; 2 jours de grésil; 1 jour de grêle; 2 jours d’orage; 5 jours de gelée blanche; 3 jours de gelée; 12 jours de brouillard; 12 jours de brume; 15 jours de rosée.
- Apparition du bourdon des champs lé 12 et des premières hirondelles le 25. Em. Roger.
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- COMPARAISON ENTRE MÊMES FAITS MÉTÉOROLOGIQUES
- s’étant reproduits à 100 ans d’intervalle
- 1830. Année froide (moy. 8°,9) et pluvieuse; le mois de mai a fourni 123 mm 4 d’eau. Hiver 1829-30 très rigoureux • (moy. —'2°,3); déc. moy. : — 3°,5; janv. : —2°5; minima absolus :—14°,5 en déc., — 17°,2 en janv. et —- 15°6 en février.
- 1831. Année très pluvieuse (617 min 8 de haut, d’eau).
- La pression barométr. a été très faible, la moyenne annuelle n’a été que de 754 mm 6.
- 1832. Tempérât, moyenne de l’été, 18°,5; moy. d’août 20°,8; maxim. 35°,0.
- Hiver 1928-29, rigoureux (moy. 0°,8); janv. moy. — 0°,1, févi. —lo,6; minima absolu — 14°,8 en février (soit 99 ans après celui de 1829-30).
- 1930. Année exceptionnellement pluvieuse (884mm3 de hauteur d’eau) et malgré cela très chaude (moy. 11°,4) ; le mois de nov. a fourni 113 mm 6 d’eau.
- La pression barom. a été très faible, la moy. annuelle n’a été que de 754 mm 9 (soit 99 ans d’écart avec celle de l’année 1831).
- 1931. Année très pluvieuse (795 mm 5 de hauteur d’eau) ; le mois de mai a fourni 156 mm 5 d’eau (soit 101 ans après celui de 1830).
- 1932. Tempérât, moyenne de l’été, 18°,8; moy. d’août 21°,2; maxim. 35°,7.
- 1833. En cette année, le mois de janvier a été froid (moy. de — 0°,3).
- 1834. Année très chaude (moy. 11°,5); l’été, moy. 18°,8; moy. de juillet, 20°,4.
- 1835. Année sèche : 485 mm 4 de hauteur de pluie.
- Le mois de juillet a été très chaud, moy. 21°,1, maxim. absolu34°.
- 1933. En cette année, c’est le mois de décembre qui fut froid (moy. de —2°) (soit donc encore à 101 ans, sauf un mois, d’intervalle, après le mois de janvier 1833). L’année a été chaude (moy. 11°,2), ainsi que l’été, moy. 19°,1; maxi-ma absolu, 36°,2 en juillet.
- 1934. Année chaude (moy. 11°,0), elle fut aussi sèche; 525 mm 7 de hauteur de pluie. Eté chaud, moy. 19°,1 ; temp. moy. de juillet 21°,1 (soit 99 ans après celui de l’année 1835).
- 1935. Année très chaude : moy. 11°,3; été chaud, moy. 18°,9.
- Em. Roger.
- .1 PRODUCTION DU SISAL
- DANS LES COLONIES FRANÇAISES ET DANS LE MONDE
- L’emploi du sisal, fibre extraite surtout de Y Agave sisalana, devient de plus en plus considérable. Une tendance au remplacement du chanvre dans la fabrication des cordes et ficelles même de petit diamètre, a pour résultat une forte
- augmentation de la consommation.
- Voici les importations totales de sisal en France, depuis 1930 (sisal manufacturé compris) :
- 1930
- 1931
- 1932
- 17 602 tonnes 23 208 —
- 26 262 —
- 1933
- 1934
- 1935
- 41 912 tonnes 36172 —
- 33166 —
- La provenance est la suivante, d’après les nombres de 1935.
- Mexique.............................. 7.012
- Afrique (étranger)...................17.608
- Indes Anglaises......................... 79
- Indes hollandaises................... 3.068
- Belgique................................. 4
- Afrique Occid. française............. 2.090
- Madagascar........................ 1.551
- Antilles................................ 16
- Divers (Philippines, Haïti, etc.) . 1.049
- 32.477
- La production coloniale française a été la suivante entonnes :
- 1930 1931 1932 1933 1934 1935
- Afrique Occidentale
- française 790 1650 2069 2767 4245 4678
- Madagascar et Co-
- mores 350 723 532 1012 1820 2238
- Indochine 140 156 22 — — —
- Total. . . 1280 2533 2623 3779 6065 6914
- La production du sisal dans le monde a évolué ainsi, en tonnes :
- 1930 1931 1932 1933 1934 1935 ’
- Mexique . 104 000 70 000 88 000 93 000 92 000 90 000
- Afrique anglaise. 76 000 83 000 91 000 108 000 121000 132 000
- Java . . . 55 000 66 000 70 000 85 000 80 000 93 000
- Divers . . 5 000 6 000 6 000 6 000 10 000 18 000
- Total en t. 240 000 225 000 255 000 292 000 303 000 333 000
- Cette statistique montre un accroissement de production constant depuis 1931.
- Les cours du sisal ont beaucoup baissé mais semblent se maintenir et même se raffermir depuis deux ou trois ans, comme le montre le tableau ci-dessous :
- COURS DU SISAL EN LIVRES :
- Plus haut. Plus bas. Plus haut. Plus bas.
- 1920 64 ' 51 1928 39 33,10
- 1921 49 36 1929 43 35,10
- 1922 39,10 33 1930 35,10 20,10
- 1923 37,10 35 1931 18,10 12,10
- 1924 51 40 1932 16 13,
- 1925 47,10 41 1933 17 14,10
- 1926 44,10 42 1934 17,10 13,10
- 1927 41 35,10 1935 28 14,15
- Tous ces nombres, qui donnent une vue très nette de la situation du sisal dans le monde en ces dernières années, sont empruntés à l’intéressant Bulletin des Syndicats agricoles de la France d’Outre-mer dirigé par M. Fauchère. L. R.
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- CAUSERIE PHOTOGRAPHIQUE 1
- Le matériel du Laboratoire. — Nous avons donc tous, à présent, un laboratoire ! Pour les uns •— ce sera le cas le plus fréquent — ce laboratoire consistera en une installation de fortune dans une pièce qui, normalement, est affectée à un autre usage. Pour d’autres, les favorisés, ce sera un petit local réservé uniquement à la photographie et que, par conséquent, on aménagera au mieux.
- Enfin, très exceptionnellement, ce sera une grande pièce, avec installation complète, permettant d’entreprendre à peu près tous les travaux photographiques.
- Nous allons maintenant nous procurer le matériel nécessaire pour travailler utilement. Ce matériel sera forcément très différent suivant que l’on se trouvera dans l’un ou l’autre des cas que nous venons d’envisager.
- Installation de fortune. — En effet, l’installation dans une pièce d’où il faut tout déménager et ranger chaque soir limite singulièrement les opérations photographiques auxquelles l’amateur peut se livrer. Elles se réduiront, en général, au développement des clichés et à leur tirage sur papier par contact. Plus exceptionnellement, on tirera des positifs sur verre pour projections ou des stéx'éoscopies et rarement des agrandissements.
- Tout d’abord, on se procurera (ou l’on construira) une bonne lanterne inaclinique. Cette question de l’éclairage du laboratoire a une importance capitale. Comme elle nécessite quelques explications détaillées, nous y reviendrons prochainement.
- Un jeu de cuvettes est nécessaire, que l’on utilise des plaques ou des pellicules (car, dans ce dernier cas, on aura des épreuves sur papier à tirer). On prendra soin de toujours affecter les mêmes cuvettes aux mêmes opérations. Par exemple la cuvette servant au développement doit être réservée à cet usage.
- De même, celle utilisée pour le fixage ne doit jamais être employée pour le développement.
- Le verre est la matière idéale pour les cuvettes; il a pour inconvénient sa fragilité. Dans le laboratoire obscur, on risque de choquer les cuvettes entre elles, ce qui provoque des éclats ; aussi, bien des amateurs préfèrent-ils les prendre en matièi’e différente du verre, par exemple en carton durci, en bakélite ou en celluloïd.
- Le développement s’effectuera dans une cuvette en verre ou en porcelaine. Ne pas employer la faïence : il se forme de fines craquelures dans l’émail superficiel, les liquides passent par ces craquelures et se diffusent dans l’épaisseur de la faïence, qui est plus ou moins poreuse. Si l’on utilise d’autres bains, leurs constituants, passant à leur tour par les fissures, se combinent parfois avec ceux des bains précédents, et l’on voit peu à peu se former dans la faïence des auréoles colorées. Enfin, ce qui est plus grave, en séchant, des cristallisations se produisent dans la faïence même, d’où soulèvement de l’émail superficiel, mettant la cuvette hors d’usage.
- La faïence ne peut guère être employée que pour les lavages.
- Le fixage peut être fait dans des cuvettes en carton durci, en tôle émaillée, en celluloïd ou en bakélite.
- En résumé :
- Pour le développement : cuvettes en verre ou en porcelaine;
- Pour le fixage : cuvettes en verre, en carton durci, en bakélite, en tôle ou en celluloïd ;
- Pour les lavages, matière indifférente.
- Le format des cuvettes ne doit pas être choisi trop petit : pour le développement, on le prendra, de préférence, du format des plaques. Pour le fixage et le lavage, du format double.
- 1. Voir nos 2967, 2972, et 2974.
- Lorsque l’on a un grand nombre de plaques à développer, on peut en traiter plusieurs à la fois, à condition de ne pas les plonger toutes en même temps dans le révélateur, mais en échelonnant leur immersion, ce qui permet de mieux suivre le développement de chacune d’elles.
- 11 est dangereux de placer deux plaques dans la même cuvette, à moins d’utiliser des cuvettes avec petite séparation verticale au milieu. Autrement, dans le mouvement de balancement inévitable pour que l’action du révélateur soit régulière, les plaques risquent de chevaucher l’une sur l’autre, produisant des irrégularités de développement pour la plaque qui se trouve au-dessous de l’autre, et aussi des éraflures de la couche sensible.
- Si l’on n’a pas de cuvette à séparation, employer plutôt deux cuvettes differentes pour le développement.
- Enfin pour un très grand nombre de plaques, on aura recours à des cuves verticales (de préférence en verre), à 12 rainures, permettant de développer 12 plaques à la fois (ou 6 plaques seulement pour les grands formats, 13 X 18, 18 X 24).
- Pour le développement des pellicules, on emploiera une cuvette à rouleau (il en existe en faïence et en « gummite »). Le rouleau permet le passage de toute la pellicule par un mouvement de « va-et-vient ». Signalons, enfin, constituant le matériel modei’ne pour le développement des pellicules, toute une série de cuves perfectionnées, dont certaines se chargent en plein jour. Mais ici, nous travaillons d’une manière absolument automatique, sans qu’il nous soit possible d’apporter aucune correction dans le développement d’une image déterminée.
- Le fixage est une opération souvent assez longue, surtout avec les émulsions très rapides actuelles; il ne sera pas rare d’avoir deux plaques au fixage pendant qu’une troisième se développe; d’où nécessité d’employer pour le fixage une cuvette de format plus grand que pour le développement. Dans le cas d’un grand nombre de plaques à fixer, on aura recours à une cuve verticale à 12 rainures.
- Pour le lavage des plaques (négatifs, positifs sur verre) on utilisera soit des cuves en zinc, à rainures fixes, soit des cuves en zinc avec panier, ce dernier comportant des rainures verticales ou inclinées. On pourra encore laver les plaques au moyen d’un panier laveur pliant, qui a l’avantage, une fois le travail terminé, de se plier et de tenir fort peu de place. Pour l’usage, le panier laveur sera immergé dans une cuvette profonde ou dans un seau. C’est un accessoire fort utile lorsqu’on veut pratiquer le développement au cours d’un voyage, car il permet successivement le lavage des clichés, puis leur séchage.
- Au laboratoire, le séchage des clichés ou des positifs sur verre se fera au moyen d’un égouttoir pliant, en bois, à 24 rainures, à section en Y (x) ; rejeter les égouttoirs dont les rainures ont une section rectangulaire : la gélatine des clichés adhère parfois aux parois de ces rainures, et, une fois le séchage terminé... elle y reste tout à fait.
- Mais les égouttoirs du commerce ont le défaut d’avoir des rainures trop rapprochées ; pour obtenir un séchage normal, il conviendra soit d’utiliser seulement une rainure sur deux, soit de placer les plaques leur face verre en regard en laissant une rainure vide entre les faces gélatinées.
- Notre modeste installation ne permettra guère, en général, de confectionner nous-mêmes les divers bains qui seront indispensables : il est vraisemblable que l’amateur préférera les acheter tout préparés. On trouve, en effet, dans toutes les bonnes maisons, des révélateurs présentés sous toutes les formes (à employer tels quels, ou bien concentrés à étendre d’eau, ou encore en poudre, en étuis, en cartouches, en compri-
- 1. L.-P. Clerc : La Technique photographique, 2e édition, p. 279.
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- niés, etc.) ; on trouve également des doses de fixage prêtes à dissoudre dans une quantité déterminée d’eau.
- Un bon conseil : s’en tenir aux produits provenant de maisons connues, se défier des produits vendus par des marchands et fabriqués par eux. Un autre conseil : si des produits vous ont donné satisfaction, continuez de les employer et ne changez pas sous prétexte d’en essayer un autre, ou encore parce que vous connaissez quelqu’un qui a obtenu un bon résultat avec un autre ingrédient.
- Comme nous le verrons au cours de ces « causeries », il y a suffisamment de variables qui interviennent dans la prise d’un cliché sans y introduire encore celle de la modification des réactifs employés.
- Pour en revenir à notre installation, notre matériel se composera encore de quelques flacons-, bien souvent on les trouvera dans les bouteilles de pharmacie que, malheureusement, on possède dans chaque maison.
- Le matériel sera complété par un verre gradué ou une éprouvette graduée (capacité 125 cm3) et un entonnoir en verre (125 cm3).
- Tout amateur sérieux, qu’il s’installe dans sa cuisine ou possède un laboratoire complet, doit posséder trois objets, qui seront pour lui des amis sûrs : ils le mettront bien souvent en garde contre des erreurs, des fausses manœuvres et ils lui épargneront de nombreux déboires : ce sont le chronomètre, le thermomètre et le blaireau.
- Le chronomètre sera utilisé dans bien des cas : poses longues pour prises de clichés, par exemple dans des endroits très sombres, pour des reproductions, des effets de nuit; temps de pose des tirages sur papier ou des agrandissements; durée d’apparition des premiers détails dans le développement chronométré (notamment des autochromes) ; durée de développement des pellicules et films en cuve, etc.
- Une montre à secondes peut suffire, mais une « trotteuse » très fine est peu visible en lumière rouge ou verte, surtout si cette aiguille est dorée.
- Ne pas faire enduire les aiguilles de matière radio-active les rendant lumineuses : nous en avons fait l’essai, au laboratoire on ne voit rien. Le mieux est certainement le chrono-graphe utilisé si souvent aujourd’hui pour les sports, avec une aiguille large en acier qui démarre et s’arrête à l’aide d’un poussoir, pour revenir ensuite au zéro.
- Avec un tel instrument, on mesure très facilement les temps de pose. Le chronomètre est un instrument indispensable dans tout laboratoire de photographie. A défaut de chronomètre ou de montre à secondes, on pourra utiliser, avec beaucoup d’avantage, l’un de ces réveils-matin genre « Jazz », à condition qu’ils soient munis d’une aiguille des secondes. Celle-ci est assez bien visible en éclairage inacti-nique, et, d’autre part, le battement de l’échappement — ou si l’on préfère, le « tic-tac » — permet facilement le « comptage » des temps de pose.
- Enfin certains opérateurs utilisent, pour des temps d’exposition de courte durée, un métronome que l’on règle de façon à lui faire battre la demi-seconde (1).
- Le thermomètre sera employé chaque fois que l’on aura un doute sur la température des bains, de développement notamment. (La température optima pour le développement est comprise entre -j- 15° et -j- 18°). Il ne s’agit pas ici du thermomètre destiné à indiquer la température du laboratoire — et dont nous avons déjà parlé mais d’un thermomètre spécial, gradué sur tige, dont l’échelle pourra s’étendre de — 5° à + 50° environ. Ce thermomètre sera plongé dans le révélateur, à même la cuvette.
- Pour éviter les accidents — un thermomètre est essentiellement fragile — on l’entourera, aux deux extrémités, d’une
- 1. L.-P. Clerc, La Technique photographique, 2e édition, p. 279.
- bague de caoutchouc épais (découpée par exemple dans un tuyau de caoutchouc).
- Choisir un thermomètre dont le liquide ne soit pas coloré en rouge — ce liquide serait totalement invisible en éclairage inactinique, —- mais en bleu violet foncé (x). Ces thermomètres pour bains se trouvent dans les maisons importantes d’articles photographiques.
- Le blaireau sert constamment entre les mains d’un photographe soigneux. Il sert à l’époussetage de l’intérieur des châssis, des magasins et des barillets métalliques, il sert à nettoyer l’intérieur des petits appareils, on l’emploie pour le passer à la surface des plaques que l’on vient de mettre en châssis (il s’y dépose parfois de menus débris de verre détachés des bords, et des poussières) ; on passera encore le blaireau sur les négatifs lorsque l’on tire des épreuves sur papier ou sur verre; on le passera aussi à la surface des positifs que l’on va doubler d’un verre de garde, etc. Le blaireau sert constamment... et cependant combien peu d’amateurs l’utilisent ! Aussi ne doit-on pas être étonné de voir bien souvent de très beaux clichés qui présentent dans les ciels des picotures ou « trous d’aiguille » d’un si déplorable effet.
- Nous nous rappelons avoir assisté à des séances de pi’ojec-tions dans lesquelles on nous présentait de fort belles vues criblées de ces défauts...
- On a tôt fait d’incriminer les plaques et de rejeter la cause de ces accidents sur leur fabrication. Mais si l’on prend la peine d’examiner ces trous avec une forte loupe, on reconnaîtra immédiatement que la plupart sont filiformes, d’autres droits, d’autres courbes ou encore en zig-zag; ils sont rarement ronds. Leur aspect suffit à montrer qu’il s’agit de particules de poussière qui se sont déposées sur les plaques et qui ont fait écran au moment de la prise du cliché. Avec les appareils à magasin, cet accident est encore plus exagéré, car l’escamotage des plaques se fait d’abord en tirant, puis en repoussant tout le bloc des plaques, lequel joue en ceci le rôle d’un piston, il y a d’abord un appel violent d’air, suivi d’une expulsion, ce qui provoque un fort brassage de l’air. Si ce magasin n’est pas toujours parfaitement propre, les poussières qu’il contient voltigent et viennent se déposer à la surface du futur cliché...
- La conclusion de tout ceci est la suivante : le matériel photographique doit être tenu en parfait état de propreté et l’abondance des picotures sur les clichés indique presque toujours un photographe peu soigneux !
- Le blaireau devra être choisi de la meilleure qualité, avec monture en bois, sans métal, en petit-gris extra. Il en existe également en poils de chèvre qui conviennent parfaitement, quoiqu’un peu moins souples que les premiers.
- Signalons encore ici deux petits accessoires à peu près indispensables à tout amateur qui veut travailler proprement et sans mettre les doigts dans les bains : la pince à clichés, en gros fil de cuivre nickelé et la pince en celluloïd pour papier. Nous reviendrons ultérieurement sur ces accessoires que beaucoup d’amateurs ignorent... ou veulent ignorer. Mais lorsque l’on s’en est servi, on ne peut plus s’en passer.
- Un bon châssis-presse complétera l’outillage du « laboratoire de fortune ». Le choisir d’un format plus grand que celui des clichés (par exemple 13 X 18 pour clichés 9 X 12), avec une glace demi-double. La glace est indispensable. Les petits châssis, dans lesquels le cliché forme glace ne permettent pas un travail sérieux et, souvent, on a la surprise de trouver le cliché brisé, pour peu que ces châssis aient « du gauche », ou encoi'e que leur feuillure ne soit pas bien dressée.
- Dans la prochaine « Causerie photographique » nous envisagerons le matériel qu’il convient de réunir dans un petit laboratoire d’amateur bien outillé. Em. Touchet.
- 1. L.-P. Clerc, La Technique photographique, 2e édit., p. 279, en note.
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- COMMUNICATIONS A l ACADEMIE DES SCIENCES
- Séance du 4 mai 1936.
- U électrolyse par étincelle. — On connaît les récentes expériences de M. Jolibois sur l’électrolyse par étincelle continue entre électrode et électrolyte. Avec la collaboration de M. De Beco, il démontre maintenant, qu’en prenant des précautions pour éviter la diffusion à travers l’électrolyte, l’action de l’air qui peut être chargé de vapeurs nitreuses par l’étincelle, la non-saturation initiale du liquide et la formation de sels basiques, la loi de Faraday est vérifiée par les poids des oxydes formés.
- Séance du 11 mai 1936.
- Synthèse de Vacide cyanique. — La formation de l’urée par combinaison du phosgène et de l’ammoniac a déjà été signalée par de nombreux auteurs. Si l’on considère l’urée comme la carbamide, l’acide cyanique sera la carbimide et il est naturel de penser que la formation de l’urée et celle de l’acide cyanique doivent avoir lieu dans des conditions analogues. Prévue par Werner, la synthèse directe de l’acide cyanique vient d’être réalisée par MM. Fosse, De Graeve et Thomas en recevant le phosgène dans une solution aqueuse, froide et concentrée d’ammoniac.
- L’équilibre NPK dans les feuilles. — MM. Lagatu et Maume ont dosé la teneur en azote, phosphore et potassium des feuilles de tabac en opérant toujours sur des feuilles de même rang, mais après des périodes météorologiques très dissemblables et sur des parcelles ayant reçu des apports d’engrais differents, lies variations du rapport NPK ont été considérables et en relation étroite avec les conditions atmosphériques et les engrais. La fumure rationnelle doit donc être établie en tenant compte des contingences locales et saisonnières pour lesquelles la climatologie peut donner des bases probables mais non certaines.
- Une période solaire de 100 ans.— M. Mémery montre, dans l’activité solaire, la probabilité d’une période de 100 ans comprenant neuf périodes undécennales dont les deux dernières seraient particulièrement courtes, la dernière étant caractérisée par l’égalité des durées de croissance et de décroissance du nombre de taches solaires. Un nouveau cycle de 100 ans aurait commencé en 1933. Comme toujours en pareil cas, les observations sûres comprennent une durée totale trop courte pour permettre une conclusion certaine.
- Pression et résistance au froid.— MM. Giaja et Gelineo ont pu constater, au cours d’expériences effectuées sur des rats placés dans une atmosphère raréfiée à température fixe, que la quantité d’oxygène consommé, c’est-à-dire l’activité des combustions de défense, s’abaisse systématiquement avec la pression, entraînant l’hypothermie dès qu’elle descend au-dessous d’un certain point d’autant plus bas que la température de l’expérience est plus élevée (600 mm. à,17°, 360 mm. à 32°). M. Lapicque signale que ces données ne peuvent être appliquées ,à l’homme dont la taille est très différente. Il est aussi à noter qu’il s’agit là de variations très rapides pendant lesquelles aucun phénomène d’adaptation ne peut se produire.
- Vitesse de réaction des amines. — En opérant sur quatre amines grasses primaires isomères en C7, MM. Vavon et Bourgeois ont vérifié que leur vitesse de transformation en amines secondaires, amines ou bases de Schiff par les mêmes réactifs est d’autant plus faible que le radical carbone se ramifie et encombre plus le voisinage de la fonction amine.
- C’est une règle très générale, déjà vérifiée par les auteurs pour les amines aromatiques.
- Séance du 18 mai 1936.
- Fabrication électrolytique des chlorates. — MM. De-LAVENN^et Maillard réalisent l’électrolyse du chlorure de sodium dans une cuve fermée cylindrique dont les parois en acier forment la cathode; l’anode est constituée par une toile de platine placée concentriquement à une distance de 2 mm. L’électrolyte est une solution saturée de chlorure de sodium bichromatée et refroidie à 0°; la pression est maintenue à 400 cm3 d’eau par ascension de l’électrolyte dans un tube vertical sous l’effet d’entraînement du dégagement gazeux. La densité du courant est de 20 amp par dm2. Dans ces conditions l’oxydation anodique classique se produit et on recueille le chlorate dans l’électrolyte entraîné avant son retour dans la cuve. On obtient avec ’un. rendement de 95 pour 100 un sel à 99,5 pour 100 de pureté. Le rendement baisse si la température monte, il n’est plus que de 83 pour 100 à 15°; cette influence thermique néfaste peut être combattue par une injection continue d’acide chlorhydrique. Ce procédé est intéressant, non seulement par l’amélioration du rendement, mais aussi parce qu’il évite la formation du gaz tonnant et permet la récupération de l’hydrogène.
- Épuisement des sols. — Lorsqu’un sol supporte une. luzerne, celle-ci perd de sa vigueur au bout d’un temps variable et on peut vérifier que ce fâcheux phénomène est dû à l’arrêt de l’assimilation propre aux légumineuses de l’azote atmosphérique. MM. Demolon et Dunez expliquent cet arrêt par la destruction par un bactériophage de l’agent de fixation de l’azote, le B. radicicola. Ils ont vérifié que les variétés de certaines origines, en général étrangères, sont plus sujettes à la fatigue que d’autres; cette tendance est toujours en parallélisme avec la teneur du sol en bactériophages et avec sensibilité de la souche de B. radicicola propre à chaque variété. Cette étude montre que la terre redevient apte à la culture de la luzerne, après la disparition du bactériophage, nettement plus rapide dans les sols légers. L’inoculation des semences par des cultures polyvalentes du B. radicicola permet une meilleure résistance au bactériophage, l’utilisation de sols où le B. radicicola a complètement disparu et le retour des cultures de luzerne sur une même parcelle à des intervalles beaucoup plus courts.
- Séance du 25 mai 1936.
- Nouvelle machine à calculer. — M. Valtat a remarqué que, d’une part les opérations arithmétiques sont particulièrement simples dans le système de numération binaire et que, d’autre part, les nombres de ce système, composés uniquement deO et del se transcrivent mécaniquement avec la plus grande facilité, par exemple par les pleins et creux d’une roue ou les passages et arrêts d’un courant électrique. Sur ces bases, il a construit une machine à calculer fort ingénieuse qui codifie d’abord les nombres dans le système binaire, effectue les opérations et traduit enfin les résultats en nombres décimaux. A ce sujet, M. D’Ocagne fait remarquer que M. Malassis a retrouvé dans la « Rhâbdologie » de Neper le principe d’un procédé de multiplication par damier basé, lui aussi, sur une transcription des nombres dans un système à base 2.
- L. Bertrand.
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- LIVRES NOUVEAUX
- Pour comprendre le calcul des probabilités, par p. féri-gnac et E. Morice. Préface de l’abbé Moreux. 1 vol. 258 p., 44 lig. et tables numériques. G. Doin, Paris 1936. Prix : 15 fr.
- Ce nouvel ouvrage de la collection de l’abbé Moreux expose avec clarté les principes fondamentaux du calcul des probabilités et en montre les applications : jeux de hasard, problèmes d’amortissement, organisation technique des assurances sur la vie, tir d’artillerie, erreurs d’observation, séries biométriques. Des tables numériques permettent d’opérer effectivement les calculs.
- Le problème de la dérivée oblique en théorie du po= tentiel, par G. Bouligand. G. Giraud, et P. Delens. Actualités scientifiques et industrielles. Hermann et Cle, Paris.
- Le problème étudié est une généralisation du problème de Dirichlet et du problème de Neumann : il s’agit de trouver une fonction harmonique à l’intérieur d’une surface, telle que en tout point de cette surface la fonction ait une dérivée donnée suivant une direction variable d’un point à un autre de la surface et non tangente à la surface.
- L’un des caractères intéressants de ce livre est la collaboration de trois savants dans un sujet qui touche à de nombreuses disciplines mathématiques et qui, par cela môme, gagne à être envisagé de divers points de vue. 1
- Tenth and eleventh reports of the Committee on contact catalysis, par Guy B. Taylor et Robert E. Burk. National Research Council, Washington, 1935.
- Exposé des idées actuelles sur la catalyse et de leurs applications, appuyé sur une bibliographie récente très complète.
- La nature et ses merveilles, par Georges Lakhovskv. i vol. in-16, 215 p. Hachette, Paris, 1936. Prix : 15 fr.
- Ce 17e livre de l’auteur aboutit à un exposé très vivant et agréable à lire, mais où il n’est question que de ses merveilles propres et non de celles de la nature. La T. S. F., par exemple, « est plus simple qu’une automobile ou qu’une machine à coudre » et il en est de même de l’homéopathie, de l’autosuggestion, de la radiesthésie, grâce aux idées de l’auteur sur la résonance, l’universion, l’oscillation cellulaire. En résumé monts et merveilles que promet cet ingénieur.
- VÉlectricité moderne, par Cari Toché. l vol. 320 p., 156 fig. E. Flammarion, éditeur Paris. Prix : 15 fr.
- On peut recommander ce petit livre clairement écrit et fort bien illustré à quiconque veut obtenir, sans connaissances spéciales, une vue d’ensemble sur les lois fondamentales de l’électricité et ses principales applications. Il ne contient aucune formule, aucun raisonnement mathématique, mais de bonnes descriptions, des faits essentiels, des machines et appareils ainsi qu’un clair énoncé des lois classiques.
- Le pH, force d'acidité et d’alcalinité, par Emm. Pozzi-EScot. 3e édit. 1 vol. in-8, 173 p., 31 fig. Dunod, Paris, 1936. Prix 32 fr.
- Vivant, clairement écrit, cet exposé qui reproduit le cours du professeur de Lima, présente la notion d’acidité et d’alcalinité et ses •conséquences chimiques et biologiques avec un brio dont fait foi cette 3e édition.
- Le chrysanthème, par J. Lochot. 6e édition mise à jour. 1 vol. in-16, 268 p., 62 fig. Librairie agricole de la Maison rustique, Paris, 1935. Prix : 12 fr.
- Cette 6° édition, suivant de très près la 5e, a permis de reviser soigneusement la liste des variétés qui sont en évolution constante; elle donne aussi quatre formules d’engrais spéciaux. Cet ouvrage continue donc de mettre la culture du chrysanthème à la portée de tous.
- Les Cicindélides de Madagascar, i vol. in-4, 78 p., 3 pi.,
- 1 carte. Mémoires de l’Académie Malgache, fasc. XX, Tananarive, 1934. Prix : 25 fr.
- Ce fascicule contient deux mémoires : l’un, de M. Walther Horn, est le catalogue bibliographique et synonymique; l’autre, de M. Grégoire Olsoufieff, est un essai de révision systématique et de biologie des Gicindèles. M. Olsoufieff qui habite Madagascar a recueilli un grand nombre de ces coléoptères élégants aux couleurs brillantes et aux ornements variés; la grande île australe dont la l'aune est si particulière lui a fourni 80 espèces spéciales et toutes sont loin d’être connues.
- Manuel des pêches maritimes françaises, publié sous la direction de Ed. Le Danois, par Beaugé, Belloc, Boury, Desbrosses, Fage, Le Gall, Lambert, Rémy, Schvinte, avec un résumé de l’histoire de la pêche française, par le commandant Co-
- chin. 1 vol. in-4, 704 p., 516 lig., cartes. Office des pêches maritimes, 3, avenue Octave Gréard, Paris. Prix : 75 fr.
- En 4 fascicules parus depuis un an, l’Olflce des pêches a présenté une vue d’ensemble des pêches maritimes françaises dont il faut le féliciter. C’est une mise au point bien à jour, très complète, et ce qui ne gâte rien, abondamment illustrée. Dans un premier fascicule tout orné de gravures anciennes, on voit l’histoire du développement des pêches : ports, bateaux, engins, l’organisation administrative, les recherches scientifiques. Le deuxième expose l’état actuel et décrit les différentes pêches, les navires, les techniques, leurs résultats. Le troisième est consacré aux ports et aux fonds de pêche. Le quatrième traite des industries annexes : salage, conserves, etc., et aussi de la culture des huîtres, moules et coquillages ainsi que de leur réglementation sanitaire. L’ensemble forme un inventaire très précis, très clair, fort agréable à lire et à consulter, de toutes les activités du littoral en quête de nourriture, depuis la pêche à pied des enfants et des vieillards jusqu’aux véritables expéditions à Terre-Neuve, au Groenland ou en Mauritanie. C’est un bilan qu’on placera parmi les ouvrages classiques sur la question et qui sera la base de toutes les informations futures.
- Le thon (Germon). Sa pêche et son utilisation sur les côtes françaises de l’Atlantique, par Albert Krebs, 1 vol. in-8, 199 p., 19 fig., 12 planches. Société d’éditions géographiques, maritimes et coloniales, Paris, 1936. Prix : 18 francs.
- A mesure que diminue la pêche et l’industrie de la sardine, le thon blanc ou germon prend sa place et on commence â étudier scientifiquement celui-ci, aux points de vue biologique (voir La Nature, n° 2960), géographique et économique. Voici une excellente monographie, très complète et originale par certains points; on y trouve rappelé ce qu’on sait du germon, l’histoire de sa pêche, la description des bateaux, des engins, le récit vivant et animé de la vie. Les ports d’armement et de vente sont examinés, ainsi que les organisations économiques : sociétés de pêche, parts d’armement, ventes à la criée, fabrication et commerce des conserves. L’auteur décrit en détail les chambres froides imaginées par son père qui constituent un grand progrès tout récent pour les entreprises de pêche.
- Les races humaines, par Paul Lester et Jacques Millot.
- 1 vol. in-16, 223 p., 23 fig. Collection Armand Colin, Paris, 1936. Prix : broché, 10,50 fr; relié, 12 fr.
- Les races sont d’abord étudiées dans leur morphologie, classées et sommairement décrites. Mais les êtres humains ne diffèrent pas seulement par la forme de leur crâne, la couleur de leur peau ou les détails de leur anatomie; ils peuvent aussi se distinguer par le fonctionnement de certains organes, les propriétés de leur sang, leur résistance aux maladies : faits importants, qui trouvent pour la première fois la place qu’ils méritent. Les races apparaissent comme des réalisations momentanées, filles de l’hérédité et du milieu, en constante évolution. Y a-t-il entre les races des inégalités durables ? Que faut-il penser des métissages humains ? A ces questions brûlantes pour le racisme, les auteurs apportent, sous une forme claire et concise, les réponses qu’impose un examen scientifique des faits.
- Vocabulaire et grammaire de la langue Houaïlou, par
- Maurice Leenhardt. 1 vol. in-8, 414 p. Institut d’Ethnologie, 191, rue Saint-Jacques, Paris. Prix : cartonné toile, 100 fr.
- Faisant suite aux notes d’ethnologie et aux documents sur la Nouvelle-Calédonie, publiés par le même auteur dans deux tomes précédents des Travaux et mémoires de l’Institut d’Ethnologie, voici des notes sur la langue des Canaques, leur mimique, leur grammaire, suivies de vocabulaires houaïlou-français et français-houaïlou.
- The future of marriage in western civilization, par
- Édouard Westermarck. 1 vol. in-8, 281 p. Macmillan and C", London, 1936. Prix : 12 sh. 6 d.
- L’auteur a déjà consacré plusieurs ouvrages à l’étude sociologique du mariage. Il y revient ici, examine ses origines probables, sa signification, ses éléments, ses défauts, les autres formes d’union qu’on observe chez les sauvages et les civilisés et en déduit des prévisions pour l’avenir : le maintien du mariage et de la famille avec diverses modifications — tant que dureront les profonds sentiments conjugaux et parentaux.
- Étude statistique de la fécondité matrimoniale, par
- A. C. Mukherji, I broch. in-8, 79 p. Actualités scientifiques et industrielles. Hermann et Cie, Paris, 1935. Prix : 16 fr.
- Analyse des statistiques des naissances en France, de 1926 à 1931, en tenant compte des facteurs indiqués par Gini. La courbe de fécondité décroît régulièrement avec l’âge.
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- NOTES ET INFORMATIONS
- RADIOÉLECTRICITÉ
- Les installations radiophoniques du nouveau Zeppelin.
- Le nouveau dirigeable allemand, qui vient de faire avec succès son premier voyage transatlantique, aller et retour, possède des installations très complètes de radio-télégraphie et radio-téléphonie, pour ondes longues et courtes. Son poste à ondes courtes lui permet, par exemple, de communiquer d’Allemagne par télégraphe et par téléphone, sur l’onde de 24 mètres, avec la station côtière américaine de Shattam, distante de 7000 kilomètres.
- Émetteur à ondes longues. — L’émetteur à ondes longues embrasse la bande de 575 m à 2700 m (535, III kilocycles) ; il comporte quatre étages aux intervalles se recouvrant suffisamment. Cet émet teur se sert d’une modulation de la tension anodique. Le rendement maximum télégraphique est de 200 watts dans le circuit d’antenne et le rendement téléphonique d’environ 125 watts.
- Une antenne à deux lils de 120 mètres de long sert de radiatrice; un treuil à moteur permet de la dévider et de la rentrer facilement. L’émetteur et un récepteur étant connectés à une même antenne, il est facile de réaliser un service radio-téléphonique duplex. Dès que le microphone entre en fonctionnement, l’émetteur est mis en circuit automatiquement. Si, toutefois, le microphone cesse de fonctionner pendant plus d’une demi-seconde, l’émetteur se trouve automatiquement mis hors circuit ; on peut alors, sur la même antenne, recevoir la conversation.
- Emetteur à ondes courtes. — L’émetteur à ondes courtes, dont le rendement télégraphique maximum est aussi de 200 watts, crée des ondes entre 17 à 70 mètres (17 700 kilo-cycles à 4280 kilo-cycles) ; il est subdivisé en deux sections d’un recouvrement suffisant. Le fil d’antenne peut, à laide d’un treuil, être rentré et dévidé à la longueur d’un quart d’onde.
- Alimentation des émetteurs. — Une station centrale fournit l’énergie électrique nécessaire pour l’éclairage du dirigeable, le chauffage de la cuisine, l’alimentation des émetteurs et des récepteurs et le fonctionnement des instruments de relèvement radiophonique.
- La dynamo est commandée par un moteur à combustion interne; des transformateurs créent les tensions nécessaires pour faire fonctionner les lampes émettrices, c’est-à-dire les tensions de chauffage et les différentes tensions anodiques. Ces machines peuvent être reliées à l’un ou à l’autre émetteur; aussi n’est-il besoin d’aucun transformateur de réserve. Des filtres suffisants assurent un service exempt de perturbations.
- Récepteurs. — Deux récepteurs « toutes ondes » ont été prévus pour recevoir les émissions sur ondes courtes ou longues. Ces postes, construits par Telefunlten, sont des récepteurs « droits » à devix circuits, quatre lampes, embrassant un intervalle d’ondes de 15 mètres à 20 000 mètres, subdivisé en 10 étages. Comme les bobines sont divisées sur le pourtour d’un disque métallique, déplacé au moyen de manivelles, on passe rapidement et avec une grande facilité d’un étage à l’autre. Les émetteurs à ondes longues et courtes sont connectés, chacun, avec, l’un des deux récepteurs « toutes ondes », à une antenne commune; la connexion des récepteurs se fait à travers un condensateur et une lampe incandescente. Les tensions anodiques et de chauffage des récepteurs sont empruntées à des batteries, rechargées, en route, depuis le secteur de bord.
- Dispositifs radiophoniques de navigation. — On sait
- Fig. 1. — Les cadres de relèvement à la proue du dirigeable.
- qu’on se sert, depuis assez longtemps, de dispositifs radiophoniques pour la navigation nautique et aérienne, l/industrie, au cours de ces dernières années, a créé des appareils et des instruments pour faire, à bord des navires et des avions, des relèvements et fixer la route de la course. Les avions sont munis d’installations à l’aide desquelles ils peuvent atterrir en toute sécurité, même par un temps mauvais ou brumeux. Le nouveau dirigeable comporte des installations très complexes de ce genre, à savoir, un récepteur-sondeur à vol dirigé, système Telefunken, et deux récepteurs à vol dirigé, système D. V. G. Font partie de ces installations deux cadres à relèvement radiophonique fixés à la proue du dirigeable, deux antennes auxiliaires et deux instruments indicateurs de cours dirigé. Le récepteur-sondeur Telefunken embrasse un intervalle d’ondes de 300-1800 m, tandis que les deux autres récepteurs à vol dirigé ont été conçus pour un intervalle d’ondes de 800-2000 m.
- Le récepteur-sondeur sert pour fairè route vers des émetteurs de mire et pour faire des relèvements, dans des circonstances normales, tandis que les deux récepteurs à vol dirigé ne s’emploient que pour les atterrissages par mauvais temps.
- Fig. 2. — Cabine radiophonique du Zeppelin.
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- Le grand cadre à relèvement est relié, à travers un transformateur intermédiaire, au récepteur-sondeur et au récepteur à vol dirigé. Le petit cadre à relèvement, qui se compose de deux anneaux en tubes d’acier disposés à une distance suffisante l’un de l’autre, est couplé au second récepteur pour vol dirigé. Des anneaux métalliques, de part et d’autre des cadres à relèvement, compensent la réverbération de la coque du dirigeable.
- Les sorties des trois récepteurs sont connectées à deux indicateurs de mire, cfont chacun comporte trois aiguilles, dirigées chacune par un des trois piliers. Pendant l’atterrissage du dirigeable à l’aéro-port, un système de trois émetteurs entre automatiquement en fonction et donne aux pilotes de l’aéronef des indications, précises sur la façon d’approcher du sol et le moment où il faut jeter les câbles d’atterrissage. Les tensions de service des récepteurs sont empruntés au secteur de bord (à 24 volts), à une dynamo et à un convertisseur.
- Alfred Gradenwitz.
- ZOOLOGIE
- Une exposition d’Oiseaux de cage, à Paris.
- Une très remarquable exposition d’Oiseaux de cage vient d’avoir lieu à Paris, du 8 au 17 mai dernier, au Palais des Sports. Elle était organisée par Paris-Soir, sous les auspices de la Société nationale d’Acclimatation, avec le concours de la Société nationale des amateurs d’oiseaux de race et de volière et du Canari-Club picard.
- Bien entendu, aucun Oiseau protégé par la loi ne figurait à cette exposition. Seuls étaient admis les Oiseaux domestiqués (tels que les Serins) et les Oiseaux exotiques.
- Cependant, les Oiseaux indigènes y étaient représentés par trois albinos : deux Moineaux blancs et une magnifique Corneille entièrement blanche. Cette belle Corneille appartient à M. Plocli, le distingué ornithologiste de La Roche-sur-Yon; elle a retenu l’attention de tous les visiteurs.
- Auprès des Serins chanteurs ou à beau plumage, figuraient des mulets de Serin et Tarin rouge du Venezuela.
- Un essaim de Perruches ondulées charmaient les yeux par leurs coloris de pastel; les « Ailes d’argent » sont particulièrement jolies.
- Ensuite, venait une collection d’inséparables, de Loriquets, de Perruche Callopsitte huppée, de Pennant, de Barraband, et autres espèces gracieuses extrêmement parées et colorées.
- Parmi les petits Plocéidés rares, on voyait un couple de Beaux-Marquets, deux mâles d’Amarante enflammée, des Diamants; puis, des Astrilds moins rares mais non sans attraits; des Veuves en parure nuptiale, un mâle de Tisserin Taha qui, sans perdre de temps, tapissa les barreaux de sa cage. Puis encore, des Cardinaux, des Papes, des Chanteurs de Cuba, des Tarins rouges, un Pinson huppé du Brésil.
- Dans le groupe des petits Turdidés, auprès du Rossignol du Japon, figuraient ces ravissants Shamas indiens à longue queue qui comptent parmi les plus attrayants des Oiseaux; un couple de Mésias, un couple de Zosteropes ou Roitelets à lunettes.
- Les Martins et les Merles métalliques, représentés par de très brillants sujets, comprenaient entre autres un Verdin à front d’or, un Merle bronzé pourpré aux yeux d’or, plusieurs Spréos superbes au plumage éclatant, un Iréna de Java, d’un bleu de rêve, unMeinate noir et or qui faisait entendre quelques notes de sa belle voix. Des Geais bleus, des Pies bleues, des Pies de Cook, un Corbeau flûteur formaient un ensemble des plus décoratifs, avec leurs voisins de cages, les Toucans aux vives couleurs. Bien amusants étaient les Toucanets à la voix éclatante et qui paradaient si drôlement en saluant leur compagne !
- Mais l’admiration des visiteurs allait surtout aux Oiseaux-Mouches et aux Paradisiers, rois de la faune ailée.
- Comme je l’ai signalé dans ces colonnes, des Oiseaux-Mouches vivants ont été exposés à Paris, pour la première fois, en 1934, par la Maison Duquesne. C’est donc pour la seconde fois que les Parisiens ont eu le plaisir de contempler les évolutions de ces bijoux ailés. Huit Colibris multicolores, provenant du Parc zoologique de Clères, appartenaient aux espèces suivantes : Saphir, Rubis-topaze, huppé de Delalande, Vert-doré, Emeraude, Jacobine. Ils voletaient au-dessus des fleurs, plongeant leur long bec dans les petits flacons contenant leur aliment liquide (Mellin, miel et lait). Ils boivent au vol et leurs ailes s’agitent avec une incroyable rapidité. Nullement apeurés, ils vont et viennent sans souci de la curiosité extasiée dont ils sont l’objet; mais combien doivent-ils regretter les serres tropicales de Clères, cadre habituel et enchanteur de leur papillonnant essor !
- Les Souïmangas — qui sont les Colibris de l’Ancien Monde — n’étaient guère moins splendides (Souïmangas rouges de Nicobar, à poitrine jaune d’Abyssinie). Auprès d’eux, les Tangaras et les Guits-guits, pourtant d’une beauté si brillante ou si délicate, n’ont point le prestige de l’inconnu, de l’extrême rareté, car on peut les voir dans les jardins zoologiques et chez les grands marchands.
- Evidemment, le « clou » de l’Exposition fut le groupe des Paradisiers composé de cinq merveilleux Oiseaux : deux Paradisiers rouges, un Grand-Emeraude,' un Proméfil de la Nouvelle-Guinée, un Paradisier de Raggi.
- Un flamboyant Coq de roche a complété la série incomparable que l’on a pu admirer à Paris pour la première fois.
- Il y avait aussi d’aimables Colombes exotiques, des Cailles et des Colins, des Roulrouls et de minuscules Perdrix de Madagascar, des Vanneaux, des Poules Sultanes. Un très beau groupe de Faisans était couronné par la présence d’un Tra-gopan, sujet des plus rares.
- Cette rapide énumération n’a pour but que de donner une idée de la réelle importance d’une exposition qui fut un régal pour les amis des Oiseaux.
- En sortant de la salle occupée par les Oiseaux, on traversait celle qui fut consacrée aux Poissons et aux Reptiles. Signalons que dans un aquarium marin, toute une floraison d’Ané-mones de mer offrait au regard le frais bouquet de ses fleurs roses, orangées, ivoirées ou panachées de blanc et de rouge.
- Depuis l’Exposition de 1914, Paris n’avait pas connu une manifestation d’une telle valeur; aussi le public a-t-il afflué au Palais des Sports. A. Feuillée-Billot.
- BIOLOGIE
- La station biologique de Besse.
- La Faculté des Sciences de l’université de Clermont-Ferrand possède, non loin du Puy de Sancy, à l’est du lac Pavin, une station biologique installée dans un ancien moulin,, à Besse-en-Chandesse. On y trouve l’outillage nécessaire aux travaux de limnologie, de faunistique, de floristique et de cytologie. Un enseignement théorique et pratique de zoologie et de botanique est organisé chaque été du 1er au 15 août poulies candidats à la licence et à l’agrégation des sciences naturelles.
- Besse est dans une région de lacs, de sources, de tourbières, et de terrains salés dont le peuplement biologique est riche et intéressant. Le Sancy et les Monts Dore présentent une succession d’étages dont les plus hauts présentent des relictes. de la flore et de la faune alpines.
- Pour tous renseignements, s’adresser à M. le professeur P. Grassé, Faculté des Sciences de Clermont-Ferrand.
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- INVENTIONS ET NOUVEAUTÉS
- PHOTOGRAPHIE
- Appareil automatique pour la photographie trichrome.
- Le mode opératoire de la trichromie est simple, en principe. Avec n’importe quelle chambre munie d’un bon objectif apochromatique, on prend successivement trois clichés d’un même objet, au moyen de plaques panchromatiques, à travers des écrans appropriés.
- Pour le bleu, on utilise un écran teinté de la couleur complémentaire, soit orangé ; pour le rouge, on emploie un écran vert, et, pour le jaune, un écran violet. Les trois expositions sont effectuées avec des temps de pose différents par suite du pouvoir absorbant variable de chaque écran en fonction de l’émulsion; les rapports d’exposition des trois clichés sont généralement de 1, 3 et 3.
- La prise de vue trichrome avec une caméra ordinaire exige donc pratiquement une dizaine d’opérations successives :
- La mise au point sur le sujet choisi ; la mise en place de l’écran orangé; la mise en place du châssis porte-plaque; l’exposition de l'épreuve pour le bleu; le remplacement de l’écran orangé par l’écran vert ; le remplacement du premier châssis par un deuxième; l’exposition pour le rouge; le remplacement de l’écran vert par l’écran violet; le remplacement du deuxième châssis par un troisième, et, enfin, l’exposition pour le jaune.
- On obtient ainsi trois clichés en noir et blanc qui sont développés de la manière normale. On effectue ensuite une synthèse de l’image par superposition de ces trois positifs monochromes.
- Pour la photogravure, on obtient des positifs tramés. On imprime d’abord en jaune la gravure correspondant à cette couleur. Puis, on superpose l’impression rouge et enfin l’impression bleue. Pour la photographie, on utilise généralement le procédé au charbon.
- Pour obtenir un résultat satisfaisant, il est essentiel que les trois clichés de la même image se superposent rigoureusement, et ce résultat est assez difficile à obtenir par suite de la complexité des opérations successives, au cours desquelles les châssis ou l’appareil lui-même risquent de se déplacer. D’un autre côté, les opérations de prise de vue étant très longues, les sujets sont forcément très limités. On ne peut photographier des personnages, ni même, quelquefois, des plantes; les couleurs des objets fragiles peuvent même varier plus ou moins sous l’action d’un éclairage intense.
- Pour supprimer ces inconvénients, on a cherché depuis longtemps à établir des appareils permettant d’effectuer simultanément les prises de vue élémentaires, soit à l’aide de miroirs, soit avec trois objectifs séparés. La solution la plus simple tant aux points de vue mécanique qu’optique consiste à maintenir le principe des photographies successives des trois épreuves fondamentales, mais à effectuer ces px*ises de vue à une cadence suffisamment rapide pour permettre une prise de vue normale. C’est sur ce principe que repose l’appareil créé par deux inventeurs français, MM. Durieux et Arthaud.
- Cet appareil peut être utilisé comme n’importe quel appareil monochrome avec un temps de pose calculé suivant le coefficient 12.
- Tl permet d’obtenir la sélection des trois couleurs en 1 j5 de seconde au maximum, par une seule action du doigt sur le déclencheur, et selon un rapport d’exposition établi une fois pour toutes en fonction des écrans.
- Le système comporte un magasin mobile contenant trois plaques 6x5x9 dans un léger support en duralumin, et disposé à l’arrière de la chambre, soit en hauteur, soit en largeur.
- Sous la poussée d’un ressort, les plaques se présentent successivement à la fenêtre d’exposition sous une même butée, ce qui assure un repérage rigoureux.
- Les deux premières plaques s’escamotent automatiquement par l’action de l’obturateur dans le temps choisi, et ia troisième reste en place.
- A l’avant de la caméra, un mécanisme d’horlogerie qui s’arme par un demi-tour de clef actionne un obturateur porte-écran disposé entre les lentilles de l’objectif immédiatement; derrière le diaphragme. Les différentes vitesse ssont inscrites sur un bouton moletté analogue à celui d’un obturateur de
- Fig ]. — Appareil automatique trichrome,
- (Arthaud et Durieux h
- A, Décentrement en hauteur. B, En largeur. C, Mise au point. D, Indicateur des vitesses. F, Tirette pour les sélections en trois temps. G, Déclencheur. H, Focomètre. I, Objectif. J, Parasoleil. K, Clé d’armer'.
- plaque, et correspondant chacune à l’exposition totale des trois plaques.
- Dans ces conditions, la manœuvre du système est extrêmement simple.
- Dès que l’on met en action le déclencheur, le mouvement d’horlogerie ouvre l’obturateur et présente devant l’objectif l’écran orangé pour l’exposition de l’image correspondant au bleu.
- Au moment voulu, ce même mouvement d’horlogerie ferme l’obturateur, déclenche le magasin pour l’escamotage de la
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- droit, un couteau manoeuvré à l’aide d’un levier, et une molette ou petite roue garnie de dents aiguës que l’on l'ait tourner au moyen d’une puissante ailette.
- Le levier étant maintenu relevé et les deux bras de l’appareil posés sur le rebord de la boîte, la molette s’applique naturellement sous ce rebord.
- On abaisse à ce moment le levier du couteau, en opérant une pression sur ce levier afin que ce couteau incise le couvercle de la boîte.
- 11 suffit ensuite de tourner normalement l’ailette, de gauche à droite, pour que l’appareil « l’ouvre-boîtes qui marche », entraîné par la molette, se mette de lui-même en marche autour de la boîte, qu’elle soit ronde, ovale ou carrée, découpant le couvercle sans efforts, et sans ces bavures que produit généralement le rudimentaire couteau de nos aïeux.
- En vente chez l’inventeur, Rodreu, 16, rue du Marché-Popincourt, Paris (11e).
- Fig 2. — Vue de Vobturaleur passant entre les lentilles et du mouvement d’horlogerie.
- Un collier de serrage automatique.
- A. Objectif à monture spéciale permettant son changement facile. B. Passage des écrans.
- première plaque, ouvre à nouveau l’obturateur pour présenter l’écran vert dans le temps correspondant : de même, il ferme l’obturateur pour permettre l’escamotage de la deuxième plaque, et l’ouvre une troisième fois pour exposer la dernière plaque à travers l’écran violet, et le ferme ensuite définitivement.
- L’ensemble de ees opérations s’effectue normalement en 1/5 de seconde.
- Cet appareil automatique d’invention et de réalisation françaises est actuellement le seul de ce genre pour la photographie tri-chrome.
- Les résultats pratiques obtenus semblent bien supérieurs à ceux que donnent les appareils ordinaires à renvois d’images par miroirs.
- OBJETS UTILES Ouvre=boîtes Rodrey.
- Si l’ouverture des boîtes de conserves, qu’elles soient de poissons, de viandes, de légumes ou de fruits, est une opération de tous les jours, elle n’en est pas moins parfois difficile et désagréable, et, lorsqu’on utilise l’antique couteau, assez
- dangereuse en raison des glisse-
- Fig.S.__L’ouvre-boîtes ments possibles de ce couteau sur
- Rodrey. métal.
- Lin nouveau modèle d’ouvre-boîtes, présenté au Salon des Arts ménagers par Rodrey, l’inventeur de nombreux articles ménagers intéressants, constitue un indéniable progrès sur tous les anciens appareils.
- En métal robuste, inusable et inoxydable, cet ouvre-boîtes comporte une plaque principale portant deux bras recourbés à angle
- Le collier de serrage « serrant seul » et quelques-unes de ses applications.
- rage métalliques, mais leur montage est plus ou moins difficile et nécessite quelquefois l’emploi d’outils.
- Un petit collier de serrage automatique ingénieux évite toutes complications et peut rendre de grands services; il s’emploie notamment pour les tuyaux reliant l’olive du robinet d’arrivée du gaz à l’olive d’alimentation des réchauds, fourneaux, cuisinières et radiateurs à gaz, dont l’étanchéité doit être parfaite.
- Il a également un emploi tout indiqué pour poser les brise-jets ou les tuyaux de caoutchouc sur les robinets d’eau lisses et non munis d’olive.
- Comme on le voit sur la fig. 4, son principe est très simple, et il se monte instantanément, sans outils, en appuyant simplement avec le pouce et l’index sur les extrémités du collier.
- On dispose alors ce dernier sur le tuyau à fixer, et le ressort opère automatiquement le serrage; le tuyau est maintenu sur le robinet de prise et il ne risque plus de se détacher; on évite donc les fuites de gaz et les accidents qui peuvent en résulter, tout aussi bien que les fuites d’eau, désagréables par le giclage.
- Établissements Weydert : 17, rue Jean-Jaurès, Puteaux (Seine).
- Il est souvent utile d’établir un joint entre un tuyau souple en caoutchouc et un tube métallique...
- Pour réaliser cette connexion dans de bonnes conditions de sécurité, on emploie souvent des colliers de ser-
- Fig. 4.
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- BOITE AUX LETTRES
- QUESTIONS ET RÉPONSES
- Adaptation d’un écouteur à conduction osseuse pour la prothèse auditive.
- 1° Un appareil vibrateur à conduction osseuse permet de traduire en vibrations mécaniques, puis en sensations auditives, les oscillations électriques à fréquence musicale transmises par un système microphonique, un récepteur de T. S. F., ou un amplificateur.
- Sur votre récepteur de T. S. F., il convient de monter un vibrateur, non sur la prise pick-up, mais à la place du haut-parleur, ou, en parallèle sur ce dernier, au moyen d’un des systèmes de liaison que nous avons signalés précédemment. En général, un écouteur téléphonique peut être connecté en reliant un des câbles de liaison au châssis du récepteur, et l’autre câble à la plaque de la lampe détectrice ou de la première lampe basse fréquence par l’intermédiaire d’une capacité de l’ordre du microfarad essayée à 500 v.
- 2° Un haut-parleur électro-dynamique, en raison de son caractèie réversible, peut être utilisé comme un microphone électro-dynamique, à condition que l’excitation de son bobinage soit produite par un redresseur séparé ou un aimant permanent.
- Le haut-parleur ainsi employé sera relié à la prise de pick-up du récepteur de T. S. F., par l’intermédiaire du transformateur de liaison habituel du haut-parleur.
- Un tel montage peut être appliqué sur un poste-secteur ou sur un poste à accumulateurs. 11 suffit d’étudier les caractéristiques des systèmes de liaison du vibrateur. Les résultats peuvent même être supérieurs avec un appareil à accumulateurs, puisqu’on n’a pas à craindre à l’écouteur les ronflements et bruits parasites du secteur.
- Nous ne pouvons vous donner les renseignements d’ordre commercial q'^e vous nous demandez, et il vous appartient de demander aux differents constructeurs l’envoi possible d’appareils à l’essai.
- Voici, à ce sujet, les adresses des différents constructeurs d’appareils de ce type :
- Établissements Meyrowitz, 18, boulevard Haussmann à Paris.
- Établissements Desgrais, 140, rue du Temple à Paris.
- Établissements Lafont, 11, rue Vignon à Paris.
- 3° Les microphones à charbon utilisés dans les appareils de prothèse auditive comportent des granules de carbone pleins, ou des granules creux qui sont plus légers et plus sensibles. C’est surtout l’homogénéité de la matière et la qualité de la surface qui importent pour la régularité de fonctionnement et la diminution des bruits de fond si gênants pour certains sujets. Le microphone demeure la partie essentielle de tous les appareils de prothèse auditive, comme de tous les systèmes de transmission et d’enregistrement sonores.
- Réponse â M. A. P. à Limoges.
- Constructeurs d’appareils radio=télégraphiques.
- Les établissements de construction d’appareils radio-électriques sont indiqués dans les annuaires, soit aux noms de leurs directeurs, soit à ceux des sociétés.
- Les établissements Hervor sont désignés également sous le nom d’établissements Herbelot et Worms, 13, passage des Tourelles à Paris (20e). Réponse à M. Rangetti, à Sfax (Tunisie).
- Études d’acoustique des salles.
- Les études d’acoustique des salles comprennent, d’une part la détermination des dimensions et de la forme de la salle, et, d’autre part, celle des matériaux des parois.
- Ainsi que nous l’avons indiqué dans la revue, ont peut utiliser comme matériaux acoustiques insonores un très grand nombre de produits.
- L’adresse de M. Kessler, ingénieur-acousticicn, est 14, rue de Phals-bourg, Paris (17e). Réponse à M. Varinois, à Paris.
- Détecteur à zincite.
- En employant un minerai de zinc oxydé dit zincile, et un contact zincite-acier ou zincite-charbon, on peut réaliser non seulement des détecteurs ordinaires, mais des montages d’oscillateurs et de détecteurs autodynes. Nous ne savons pas le montage que vous avez utilisé. En général, le chercheur est formé d’un fil d’acier de 2/10 de mm et la
- pression est assez forte. Le schéma le plus intéressant est celui dü détecteur à réaction, qui comporte un système de polarisation et circuit à résistance avec pointe du chercheur relié au système d’accord par l’intermédiaire d’une capacité. Vous pouvez consulter à ce sujet Le Poste de l'Amateur de T. S. F. (Chiron, éditeur) ou la petite brochure spéciale sur le Cristodyne, si elle n’est pas épuisée (même édition). Réponse à M. IL S., à Reims (Marne).
- Étude du courant de sortie d’un amplificateur.
- Pour étudier les variations du courant de sortie d’un amplificateur à fréquence musicale, et plus particulièrement les étages basse fréquence d’un récepteur radiophonique, on se sert d’un système redresseur lié à un galvanomètre sensible, auquel on donne en anglais le nom d’ « Output meter ». On peut utiliser un redresseur à cellule d’oxyde de cuivre agissant sur un appareil de mesure à courant continu; il constitue les boîtes de mesure et de dépannage courantes.
- Pour avoir plus de précision, il est préférable d’avoir recours à un dispositif de redressement par lampe à vide, combiné avec un milliampèremètre ou un micro-ampèremètre, auquel on donne le nom de « voltmètre à lampe ».
- Enfin, si l’on veut seulement des indications très approximatives et qualitatives sur la modulation basse fréquence, on peut se contenter d’un dispositif à lampe à luminescence au néon reliée au circuit de sortie. Les variations d’éclat de la lampe indiquent les variations de modulation.
- Comme lampe au néon, on peut adopter un modèle à plaque du type utilisé pour la télévision, ou plus simplement une petite ampoule à culot à vis, qu’on voit sur les tableaux comme tube témoin, ou sur les ondemètres. 11 existe aussi des modèles peu coûteux, de forme allongée, dans lesquels les variations de tension déterminent des variations de la longueur d’une colonne luminescente, généralement de couleur rougeâtre. Ces modèles paraissent préférables dans le cas actuel.
- On peut se contenter de relier le tube au circuit de sortie par l’intermédiaire d’un transformateur ou d’une liaison à bobine de choc-capacité. Un transformateur de basse fréquence de rapport 1/1 et de très bonne qualité peut convenir, en général.
- Cependant, un courant continu n’est pas alors appliqué à la lampe, et il y a amorçages et désamorçages continuels. 11 faut donc, de préférence, soit appliquer sur la lampe une polarisation convenable à l’aide d’une source de courant auxiliaire, soit se servir de la source de tension plaque de l’amplificateur pour effectuer cette polarisation.
- Le moyen le plus simple consiste à monter dans le circuit de plaque de la lampe de sortie une bobine de choc basse fréquence à noyau de fer, d’une impédance de 30 à 50 henrys, qui a pour but de transmettre à la lampe au néon les oscillations électriques déterminant la modulation.
- Pour polariser convenablement la lampe et appliquer à ses électrodes une tension telle qu’une ,1'aible variation entraîne une variation correspondante de la lueur émise, on monte en série avec l’impédance, une résistance fixe ou variable de l’ordre de 5.000 à 10 000 ohms, déterminant une chute de polarisation utilisée pour la polarisation de la lampe.
- On peut également adopter un montage en auto-transformateur; le primaire du transformateur est intercalé dans le circuit de plaque de la lampe de sortie, le secondaire est relié à la lampe au néon et au pôle positif de la source d’alimentation. On intercale une résistance dans le circuit de la lampe au néon, de manière à régler la valeur de la tension appliquée. Cette lampe est ainsi excitée par une tension égale à la totalité de celle adoptée pour la lampe de sortie.
- Réponse à M. Paul M., à Ballainvilliers (Seine-et-Oise).
- Modification d’un poste récepteur radiophonique.
- Votre appareil récepteur d’un type déjà ancien, alimenté par batteries, est sans doute du type classique de super-hétérodyne à lampes bigrille, fonctionnant sur cadre. Ce montage est assez sensible pour assurer la réception de la plupart des émissions européennes, avec des défauts de sélectivité, et surtout des sifflements inévitables.
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- Si sa sensibilité a disparu, cela doit provenir ou de l’usure des lampes ou d’une tension trop faible des batteries, ou encore du déréglage, des circuits des transformateurs moyenne fréquence; la recherche des détériorations de ce genre est facile.
- Si vous ne pouvez recevoir les émissions au-dessous de 350 m de longueur d’onde, cela peut tenir à la lampe à deux grilles, qui est peut-être usée," ou à la tension insuffisante qu’elle reçoit; les circuits du cadre et dés bobinages d’oscillation ont été étudiés pour permettre la réception jusqu’à 250 m de longueur d’onde au moins.
- L’emploi d’une antenne de réception, à la place du cadre ou combinée avec ce dernier, augmenterait évidemment l’énergie recueillie et permettrait de recevoir un plus grand nombre d’émissions, dans l’état actuel de l’appareil, mais sa sélectivité serait encore diminuée.
- Deux montages sont possibles. On peut tout d’abord relier une antenne à une borne du cadre reliée elle-même à la borne grille du poste, et l’autre borne du cadre sera reliée, s’il y a lieu, à une prise de terre. La liaison entre le cadre et le poste récepteur demeure inchangée-
- Le deuxième procédé, un peu plus sélectif, consiste à disposer sur l’enroulement ordinaire une seule spire supplémentaire isolée, dont une extrémité est réunie à l’antenne et l’autre à la terre. On peut constituer cette spire supplémentaire, avec du fil isolé à la soie ou au coton; les fils reliant le cadre au récepteur ne sont pas modifiés.
- Réponse à M. Braouaval, à Mons-en-Barœul (Nord).
- De tout un peu.
- M. Marcel Dujardin, à Paris. — 1° Les taches solaires résultent de mouvements cycloniques dans la partie basse de l’atmosphère solaire. L’explication complète de la formation et de la nature des taches solaires dépasse de beaucoup la place réservée à ces réponses. Nous vous conseillons de lire dans la Description du Ciel, de M. A. Danjon, directeur de l’Observatoire de Strasbourg, le chapitre consacré au Soleil (p. 51 à 59), qui vous renseignera complètement. Vous pourrez vous procurer cet ouvrage au bureau de la Société astronomique de France, 7, rue Suger, Paris (6e) (le mercredi après-midi). Prix : 15 fr.
- 2° Camille Flammarion a écrit que les anneaux de Saturne « forment <> un système composé d’un nombre infini de particules distinctes,
- « tournant autour de la planète avec des vitesses différentes, selon « leurs distances respectives ». Et, par ailleurs, le célèbre astronome a indiqué que ces anneaux « sont le seul et dernier exemple de la forma-« t.ion des mondes dé notre système, ces anneaux s’étant échappés « de l’équateur saturnien lors de la formation du système solaire ». Voyez à ce sujet, l’ouvrage ci-dessus mentionné de M. A. Danjon (p. 32 à 34). Et, pour une étude plus approfondie, nous vous conseillons de lire le Traité d’Astrophysique, de M. J. Bosler, pages 390 à 398. (Éditeur : Librairie scientifique Hermann et Cie, 6, rue de la Sorbonne, à Paris.)
- Bibliothèque de Chartres. — 1° Le moyen le plus pratique pour éviter la rouille à l’intérieur des radiateurs d’autos est de ne se servir, pour les remplir, que d’eau bouillie un temps suffisant pour la priver de l’air dissous qu’elle contient.
- 2° Pour obturer les petites fuites de radiateurs, délayer dans de l’eau froide, une poignée de farine de lin, puis verser la bouillie dans le radiateur par le bouchon, la circulation d’eau étant assurée. Les débris solides de la farine, tenus en suspension, arrivent jusqu’à la fissure et produisent rapidement son obturation, en formant à l’extérieur une croûte très adhérente, en même temps qu’à l’intérieur il se produit un bouchon qui résiste fort longtemps.
- M. H. Bottu, à Paris. — Comme produits spéciaux destinés à constituer un bon sol de tennis, nous pouvons vous indiquer : Le Redzol, 27, rue des Fillettes, à La Plaine-Saint-Denis; — Le Tenni-sable, 21, rue de la Pépinière; — Le Tennisol, 55, rue de Châteaudun; — Le Solacré, de la Maison Leuiller, à Saint-Sulpice (Oise).
- G. T., Yougoslavie. — 1° A notre avis, la glu pour piégeage des mouches, qui vous intéresse, paraît être un mélange à parties égales de colophane et d’huile minérale fondues ensemble, sans autre addition.
- 2° Seule une analyse assez compliquée permet par interprétation des résultats, de conclure à la présence de la graisse de porc dans le beurre, mais il n’existe pas de réactif spécifique.
- M. Perigault, à Saint-Lô. — Pour coller les feuilles de celluloïd sur carton, immerger complètement ce dernier dans l’alcool dénaturé, en le laissant un temps suffisaxrt pour que toutes les bulles d’air se soient dégagées.
- Introduire alors rapidement la feuille de celluloïd par un côté comme s’il s’agissait d’un papier photographique (prévention également de bulles d’air), mettre bien en contact carton et celluloïd, retirer du bain, laisser bien -égoutter, puis sécher sous presse, après s’être assuré que la face supérieure du celluloïd ne colle plus.
- Quelques essais préalables seront, bien entendu, nécessaires pour acquérir le tour de main que comporte une bonne exécution.
- M. Autrigue, à Bruges. — 1° Voici d’après Cerbelaud, comment vous pourrez préparer un excellent Lait d’iris pour le visage :
- Prendre :
- Savon de Marseille râpé................... 15 grammes
- Cire vierge blanche....................... 10 —
- Blanc de baleine . . . ................... 10 —
- Essence concrète d’iris................ 2,5 —
- Glycérine neutre à 30°....................150 —-
- Eau distillée de roses................... 850 —
- Extrait d’ylang-ylang..................... 20 —
- lonone pure . . . '........................ 1 —
- Faire fondre dans une capsule le blanc de baleine, la cire et le savon; le mélange étant rendu homogène, ajouter l’essence d’iris, tenir au chaud, remuer avec un pilon et verser goutte à goutte le mélange de glycérine et d’eau de roses, parfumer en versant la solution d’ionone dans l’extrait d’ylang-ylang.
- 2° Les proportions relatives des constituants : farine de bananes, cacao, orge maltée, n’ont aucune importance et vous pouvez, croyons-nous, les employer à parties égales, seul le sucrage comporte quelques essais préalables pour que la préparation finale soit au goût du consommateur.
- M. Veillard, à Orléans. — Nous pouvons vous signaler les emplois suivants, dont sont susceptibles vos déchets de paille :
- 1° Utilisation comme litières absorbantes des déjections d’animaux en stabulation;
- 2° Mise à l’état pulvérulent de débris animaux ou déchets df;-'cuirs traités par l’acide sulfurique, dont le « sirop » peut ainsi être amené sous une forme maniable ;
- 3° Confection de produits isolants pour la construction' par gâchage
- avec le plâtre ou le ciment.
- M. le Dr Vincent, à Pont-de-Vaux. — Vous pouvez prendre comme type d'encre pour duplicateurs, la formule suivante :
- Savon mou............................... 200 grammes
- Eau ordinaire............................150 —
- Huile de lin siccativée..................200
- Glycérine...............................250 —
- Violet de Paris......................... 70 —
- Kaolin...................................130
- Dissoudre au bain-marie le savon dans la rnotié de l’eau additionnée de glycérine et incorporer à la crème ainsi obtenue, l’huile de lin, puis le kaolin.
- Délayer d’autre part, le violet de Paris dans le reste de l’eau, ajouter peu à peu à la masse précédente et broyer longuement au mortier, jusqu’à homogénéité parfaite.
- N.-B. — Le broyage est une condition essentielle de bonne réussite, toute autre couleur dérivée de la houille peut également être employée.
- M. Mader, à Périgueux. — 1° Si les lâches que vous avez à enlever sont bien dues à du vert-de-gris, c’est-à-dire à l’hydrocarbonate de cuivre C03Cu, Cu(OH)2 il vous sera facile de les faire disparaître par simple macération dans le vinaigre qui transformera le carbonate de cuivre en acétate très soluble qu’un bon rinçage enlèvera.
- 2° Les colles genre seccotine ont pour caractéristique d’être préparées au moyen de colles de poissons, non encore desséchées, c’est-à-dire gardées à l’état fluide; à notre connaissance, on ne peut se procurer ce produit que dans les pays d’origine.
- 3° Nous n’avons pas eu en main jusqu’ici la spécialité dont vous parlez et ignorons sa constitution.
- M. Mahieu, à Saint-Symphorien. — 1° L'enduit déposé’sur la face des semelles de caoutchouc, pour les faire mieux adhérer au collage par la solution, est simplement constitué par du soufre qui agit comme vulcanisant.
- Ce dépôt s’obtient sans difficulté en dissolvant du soufre dans le sulfure de carbone et en badigeonnant au pinceau.
- 2° Vous trouverez tous renseignements sur la préparation des peintures à l’aluminium dans l’opuscule qui vous sera envoyé gracieusement sur demande, par la Société Studal, 23 bis, rue Balzac, à Paris.
- Le Gérant : G. Masson.
- 8^73. — lmp. Lahure, rue de Fleurus, 9, à Paris. — 15-6-iç>36. — Published in France,
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- LA NATURE
- SOIXANTE-QUATRIÈME ANNÉE — 1936
- PREMIER SEMESTRE
- INDEX ALPHABÉTIQUE
- A
- Abris dans les carrières de Paris, 299. Académie des Sciences : communications, 40, 89, 137, 185, 235, 279, 331, 427, 479, 529, 577.
- Accus : contrôleur, 284.
- Accumulateur de démarrage cadmium-nickel, 526.
- Acide carbonique : dosage rapide dans l’air, 190.
- Accus : entretien, 426.
- Acide cyanhydrique : formation, 40.
- Acide cyanique : synthèse, 577.
- Acide lactique dans la nutrition, 479. Acoustique d’une salle, 137, 336, 583. Adhésif pour collage à sec des photographies, 142.
- Aftiloir de lames de rasoirs « Le Coq », 485. Afrique du Sud : mines d’or, 62.
- Afrique : mission Urbain, 214.
- Agrandisseur automatique Noxa, 532. Alarme urbaine sans fil pilote, 168. Albumine en suspension, 191.
- Alcools supérieurs, 27.
- Algues : vie latente, 427.
- Alimentation à la Société des Nations, 333. Albumine : procédés Séailles, 4.
- Aluminium : entretien et nettoyage, 82. Aluminium sans copeaux, 525.
- Amines : vitesse de réaction, 577. Ammoniac : synthèse, 479.
- Amplificateur de T. S. F. : étude, 583. Ampoule compte-gouttes d’électrargol, 45. Anatoximes, 94.
- Antenne antiparasites, 86, 143.
- Antenne commune, 375.
- Antinéa : fouilles récentes, 193.
- Araignées : longévité, 188, 286.
- Arctique : passage du nord-est, 489.
- Argent des bains photographiques : récupération, 229.
- Aspirine : 462.
- Assistance aux pêcheurs de Terre-Neuve, 97. Astronomie : bulletin, 35, 134, 230, 324 421, 523.
- Astronomie expliquée par le cinéma, 412. Astronomie : plus grande vitesse, 482. Atmosphères stellaires : gaz rares, 482. Atterrissage sans visibilité des avions, 438. Autos : accidents de causes mécaniques, 424.
- Automobiles en France et en Allemagne, 424. Automobile : équipement électrique, 38. Automobile pratique, 180, 276, 424, 526. Automobile : Salon de 1935, 180. Automobiles : signalisation du stationnement, 240.
- Avance à l’allumage : commande par dépression, 424.
- Aviation à très grande vitesse, 235.
- Avions : atterrissage sans visibilité, 438. Avions légers : moteurs, 123.
- Avions modèles réduits : concours de La Nature, 145.
- Avions : tonnage optimum, 427.
- B
- Balai-laveur, 429.
- Balbuzard, 467.
- Baleines : peau et déplacements, 342. Ballons à câbles, 541.
- Bambous, 522.
- Baromètre : construction, 535.
- Barrage de Marèges, 205.
- Batteur Kibatou, 430.
- Bécasse : transport de ses poussins, 162. Bénezet (Saint), patron des ingénieurs, 569. Besse ; Station biologique, 580.
- Bison d’Europe : sauvegarde, 127.
- Bisulfite de soude, 535.
- Bitume de Madagascar, 136.
- Bobinages dans le vide, 86.
- Bobinage des machines électriques, 187.
- Bois : conservation, 362.
- Bombardement électronique de films minces, 479.
- Bore des végétaux, 279.
- Bouchon de caoutchouc percé, 522. Brandicourt : nécrologie, 530.
- Bresse : cheminées sarrasines, 30.
- Bretelles dissimulées, 239.
- Brière (Grande), 241.
- Broderies : dessins, 478.
- Brome : extraction de l’eau de mer, 292. Brome : métabolisme, 427.
- Brûlures : traitement par l’huile de foie de morue, 188.
- Bruxelles : musée égyptien, 518.
- Bryologie française : Jules Cardot, 266.
- c
- Camions-citernes : protection contre l’incendie, 45.
- Canal de la Marne à l’Aisne : élargissement souterrain, 54.
- Cancer : qu’en savons-nous ? 172. Caoutchouc : électrophorèse du latex, 125.
- Supplément au n° 2979 de La Nature du 15 Juin 1936.
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- z= 586 ..................................=
- Caoutchouc synthétique nouveau, 13. Carburateurs : contre le givrage, 90. Carburateur : diffusion, 526.
- Carburation : correcteur, 182.
- Carbure d’hydrogène et huile d’olive, 331. Cardium édule, agent de sédimentation, 474. Cardot, maître de la bryologie, 266. Caricature : techniques, 469.
- Carrières souterraines de Paris, 299.
- Cartes au 1/50 000e, 535.
- Cèdre le plus beau de France, 117.
- Celluloïd sur carton, 584.
- Cellulose : nitration, 529.
- Centenaires scintiflques en 1936, 177. Champignons : intoxication, 479.
- Chapeaux de paille en bois, 237.
- Charbons : identification, 472.
- Chat diabolique, 371.
- Chaudières : désincrustation, 535.
- Chauffe-eau au gaz, 381.
- Chauves-souris : passage et baguage, 33. Chemins de fer allemands : début, 333. Cheminées sarrasines de Bresse, 30.
- Cheveux : pétrole, 535.
- Chiens : vaccins, 90.
- Chimie de surface, 402.
- Chimie : évolution de la nomenclature, 225. Chlorates : fabrication électrolytique, 577. Chlorure de chaux, 4S7.
- Chlorure platineux, 536.
- Choléra des poules : vaccination, 89. Chorégraphie targuie, 49.
- Clironographie piézoélectrique, 427.
- Cinéma : enregistrement sonore, 44. Cinématographie des écoulements gazeux, 331. Cinématographie en relief, 139, 551. Cinquantenaire de la transmission de la force par l’électricité, 42.
- Cire : orientation des molécules, 185.
- Cireuse, 429.
- Colchicine : nouvelle plante, 427.
- Collage des cuirs sur bois, 487.
- Colles : pouvoir glutinant, 535.
- Collier de serrage, 582.
- Combustion sans flamme, 137.
- Compas d’aviation nouveaux, 392.
- Compteur de chaleur, 427.
- Concours d’avions modèles réduits de La Nature, 145.
- Conditionnement de l’air des autos, 333. Conducteur électrique « Pyrotenax », 297. Contrôleur d’accus, 284.
- Coqs de bruyères : combat, 223.
- Corrosion : coloriscopie, 557.
- Corrosion : protection, 22.
- Côte d’Or : géographie culturale, 452. Cryptographe pour bélinogrammes, 343. Cuisson en vase clos, 382.
- Cuivre dans le centre africain, 326.
- Curage des fossés, 334.
- Cyananu'de : synthèse à partir du formol, 331.
- Cyprès, doyen des végétaux, 187.
- D
- Défense passive par éblouissement, 483. Denture des indigènes de l’Afrique centrale, 29.
- Dépannage portatif de T. S. F., 376.
- Deprez : cinquantenaire, 42.
- Dermite photographique : guérison, 34. • Dessins de broderies,- 478.
- Détecteur à zincite, 583.
- Détection des gaz de combat, 137.
- Devaux : travaux de physiologie moléculaire, 256, 295.
- Diathermie : mesure des températures, 185. Différentiels pour écluses, 264.
- Disjoncteur simplifié, 92.
- Djanet : Sebiba n’tililin, 49.
- E
- Eau lourde, krypton et xénon, 331.
- Eau radioactive, 286.
- Eaux résiduaires : épuration par la papaïnase, 522.
- Éclairage du château de Versailles, 530. Éclipse de soleil du 19 juin 1936, 337. Éclipses futures de soleil et de lune, 91. Écluses : différentiels, 264.
- Écoulements gazeux : cinématographie, 331. Écouteur téléphonique et récepteur téléphonique, 240.
- Éicrou : pour le placer facilement, 527. Égypte : musée de Bruxelles, 518.
- Élans domestiqués, 318, 486.
- Élan : notes historiques, 373.
- Électrargol : ampoule compte-gouttes, 45. Électricité dans l’automobile moderne, 38. Électricité : effets cutanés, 235.
- Électrisation par écoulement, 529.
- Électrolyse par étincelle, 577.
- Electron, 53.
- Électrons lents, 479.
- Électrophorèse du latex du caoutchouc, 125. Élevage aquatique, 395.
- Encre : altération, 487.
- Encre pour duplicateurs, 584.
- Encre pour reports lithographiques, 478. Encre pour verre et porcelaine, 487.
- Énergie stellaire, 479.
- Enregistreur pour souterrains, 317.
- Essence de roses, 536.
- Essence solidifiée, 426.
- Essences synthétiques : fabrication, 155. Étain : radioactivité artificielle, 427.
- Étalons physico-chimiques : bureau international, 322.
- Étainage du fer, 487.
- Ethers : décomposition pyrogénée, 185. Éthiopie : jours et nuits, 152.
- Éthylène : fonction, 513.
- Étincelles : durée, 89.
- Étoiles : diamètres apparents, 185.
- Étoiles : distance et visibilité, 286.
- Étoiles : mesure du diamètre, 500.
- Etoile nouvelle : histoire, 58.
- Explosifs et ultrasons, 89.
- Explosions : influence de la pression, 331. Extincteurs à mousse : charges, 373. Extincteur pour cinéma, 238.
- Extincteur pratique, 182.
- F
- Farines : étude à l’extensimètre, 235.
- Fer : ralentissement de l’attaque par les acides, 89.
- Feuilles : équilibre NPK, 577.
- Filets de pêche : conservation, 535.
- Films : conservation, 143.
- Films en cellophane, 431.
- Films minces et bombardement électronique, 479.
- Filtres à caféine et nicotine, 285.
- Filtre adoucisseur d’eau Esser. 142.
- Fixatif pour fusains, 487.
- Fontes : grafitation, 479.
- Forêts à lu merci de l’homme, 177.
- Foudre : zones dangereuses, 530.
- Fouilles récentes d’Antinéa, 193.
- Fourmis : destruction, 487.
- Freins d’auto : silence, 182.
- Frein-moteur à obturateur d’échappement, 141.
- Froid : pression et résistance, 577.
- G
- Gares de marchandises : téléphonie sans fil, 516.
- Gares de triage automatique, 444.
- Gaulard : cinquantenaire, 42.
- Gaz rares des atmosphères stellaires, 482.
- Gaz de combat : détection, 137.
- Glu à mouches, 584.
- Glycérine : purification, 536.
- Grafitation des fontes, 479.
- Graissage d’automobile, 276.
- Gravimétrie du nord-ouest méditérranéen, 40.
- Gravure sur glace, 260.
- Grignard : nécrologie, 90.
- Grippe : du nouveau, 482.
- Grisou, 217.
- Grisou : inflammation par les lampes, 137. Gruyère : fabrication, 565.
- Gui : propagation par les corbeaux, 46. Gyroplane Breguet-Dorand, 8.
- H
- Haleine : désodorisation, 229.
- Haut fourneau : sécurité du travail, 121. Herbes : destruction, 487.
- Hexachloréthane, 487.
- Hexachloréthane contre les moustiques, 235. Historadiographie, 331.
- Huile dans l’essence, 240.
- Huile de ricin, 411.
- Huile d’olive : analyse, 40.
- Huile et essence, 383.
- Hybrides de greffe, 279.
- Hydrogénation par le nickel, 137.
- I
- Incendie des camions-citernes : protection, 45. Incertitude en physique, 199.
- Intoxication par les champignons 479.
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-
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-
- 587
- Invention : propriété, 535. Ionosphère, 163.
- Isolement électrique : influence, 433.
- J
- Joliot-Curie (Frédéric et Irène), 70. .fouets : moulage, 536.
- Jouets scientifiques et mécaniques, 129. Jus de fruits : conservation, 229.
- K
- Kéiir : bactériologie, 380. Kidnappers chez les animaux, 274. Krypton, xénon et eau lourde, 331.
- L
- Lait d’iris, 584.
- Lampe Anglepoise, 484.
- Lampes au néon : construction, 143.
- Lampe de T. S. F. : nouvelles métamorphoses, 455.
- Lampe de travail rationelle, 429.
- Lampe électrol'ormogène Vidal, 484.
- Lampe électronique, 533.
- Lampe témoin d’allumage, 527.
- Langmuir, 213.
- Latex : électrophorèse, 125.
- Liquide : faibles différences d’indice, 40.
- Lit mécanique à manœuvre électrique, 190. Livres nouveaux, 41, 88, 138, 186, 234, 280, 330, 378, 428, 480, 528, 578.
- Louvoyants (mouvements), 13.
- Lumière zodiacale : observation, 100.
- Lune : influences, 431.
- Lyon : poussières et fumées, 279.
- M
- Machine à calculer, 577.
- Machine à écrire extra-portative, 285. Machine à tremblements de terre, 466. Machines électriques : bobinage, 187. Madagascar : bitume, 136.
- Madagascar et Mozambique : faunes, 40. Makis, 247.
- Malachite : composition, 185.
- Malles d’auto : étanchéité, 184.
- Marèges : barrage, 205.
- Maroc : minéralisation, 427.
- Mars : récentes observations, 478.
- Matériau pour la correction acoustique des salles, 335.
- Mathématiques : récréations, 273.
- Mercure : action bactéricide, 185.
- Mercure : phases, 235.
- Mesnil-en-Caux : réserve ornithologique, 307. Météorologie : documents, 288.
- Météorologie : mois, 83, 179, 276, 372, 474, 573.
- Microbes : destruction électrique, 185. Microcinématographie, 146.
- Microfossiles, 380.
- Microtéléphone contre la surdité, 284. Milliampèremètre : emploi en T. S. F., 143, 583.
- Mines d’or de l’Afrique du Sud, 62. Minéralisation du Maroc, 427.
- Miroirs à couche d’aluminium, 235.
- Miroir de télescope le plu3 grand au monde, 282.
- Mnémonique : nouveau prodige, 139. Modulateurs de lumière, 486.
- Modulation par déphasage, 143.
- Mollusques perliers de France, 78. Mont-Blanc vu du Puy-de-Dôme, 289. Monte-Carlo : jardin de plantes grasses, 175. Montgolfier, inventeur du moteur à combustion, 364.
- Moteurs : alimentation, 529.
- Moteurs d’auto : alimentation, 183.
- Moteurs pour avions légers, 123.
- Moteurs : température des parois, 465. Moto-ballons, 409.
- Mouches : protection des plaies, 34.
- Moulage de la face, 535.
- Moustiques et hexachloréthane, 235. Moustique maritime : habitat, 331. Mouvement : force électromotrice, 529. Mouvements louvoyants, 13.
- Mozambique et Madagascar : faunes, 40. Musée égyptien de Bruxelles, 518.
- N
- Nébuleuse : mouvement propre, 185. Nécrologie : Brandicourt, 530.
- Nécrologie : Grignard, 90.
- Nécrologie : Charles Nicolle, 332.
- Nécrologie : Pavlow, 379.
- Nécrologie : Richet, 40.
- Neutrino, 552.
- Nice-Côte d’Azur : station radiophonique, 91. Nickel : dureté des dépôts, 279.
- Nickel : hydrogénation, 137.
- Nicolle : nécrologie, 332.
- Nitrate d’éthyle dans les moteurs, 40. Nitration de la cellulose, 529.
- Nomenclature chimique : évolution, 225. Nombre 142 857, 225.
- Normandie : équipement radioélectrique, 25. Novu Herculis, 58.
- Novocaïne : influence de l’acide, 279.
- Nuées ardentes, 492.
- O
- Œuvres de mer, 97.
- Oiseaux de cage : exposition à Paris, 580. Oiseaux des Sept-lles, 498.
- Oiseau fossile géant, 427.
- Oiseaux : réserve de Mesnil-en-Caux, 307. Ondes courtes : émetteur médical, 143. Organisme : moyens de défense, 357. Organomagnésiens : constitution, 479.
- Oscillographe cathodique, 105. Ouvre-boîtes Rodrey, 582.
- Ozone atmosphérique : température, 137. Ozone en Laponie, 529.
- P
- Pagures : stéréotropisme, 235.
- Paille : papier, 560.
- Paille : utilisation des déchets, 584. Palétuvier commun, 283.
- Panification : étude, 529.
- Papaïnase : épuration des eaux résiduaires, 522.
- Papier de paille, 560.
- Paradichlorobenzol, 536.
- Parasites et cadres, 374.
- Passage du nord-est, 489.
- Pavlow : nécrologie, 379.
- Pêche : optimum, 527.
- Pectase, 536.
- Peintures silicatées, 536.
- Permutites, 486.
- Pétrole pour cheveux, 535.
- Phares d’auto, 181.
- Philatélie et nature, 81, 336.
- Phonographe nouveau, 483.
- Phonographe : nouvelle méthode d’enregistrement, 486.
- Phosphates : valeur fertilisante, 137. Phosphore des végétaux, 137.
- Photographies, 48, 192, 288, 384, 488. Photographies aériennes les plus hautes, 488. Photographie : appareil Reflex, 381. Photographie : causerie, 232, 327, 575. Photographie des poissons, 442.
- Photographie intégrale, 139.
- Photographie tricbrome : appareil automatique, 581.
- Physiologie moléculaire : travaux de Devaux. 256, 295.
- Physique : conséquences générales des nouvelles théories, 350.
- Pick-up : adaptation, 143, 383.
- Plaies : protection contre les mouches, 34. Planètes : recherche à l’observatoire d’UccIe, 319.
- Plantes : développement et oxygène, 89. Plantes grasses : jardin de Monte Carlo, 175. Plaques photographiques : sensibilité et températures, 331.
- Plomb tétraéthyle : toxicité, 372.
- Pluton : mouvement moyen, 137.
- Pneus : démontage, 184.
- Poêle électrique à accumulation, 113.
- Point à la mer : méthodes modernes, 251. Poissons : changements de couleur, 40. Poissons : photographie, 442.
- Pomme de terre au Maroc, 279.
- Pomme de terre et pucerons, 235.
- Pomme de terre : maladies à virus, 89. Pompe Henry de Jouvelet, cœur mécanique, 93.
- Posemètre-bonnette, 238.
- Poste de T. S. F. : modification, 383. Potentiels élevés : technique, 427.
- Poussières et fumées de Lyon, 279.
- Poussières : suppression, 536.
- Prestidigitation, 274, 323,
- Prise de courant utile, 527.
- Projecteur pour la vérification mécanique, 218.
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-
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- Propulseur nautique Voith-Schneider, 405. Protection aérienne, 541.
- Pucerons et pommes de terre, 235.
- R
- Radiateurs : alcool contre le gel, 240. Radiateur d’auto : nettoyage, 184, 584. Radicelles : faisceau, 237.
- Radiesthésie : expérience suggestive, 140. Radioactivité artificielle : découverte, 72. Radioactivité artificielle de l’étain, 427. Radioactivité bêta, 552.
- Radiodiffusion : enregistrement, 220. Radioélectricité à bord de la Normandie, 25. Radiophonie : nouvelle méthode d’enregistrement et de transmission, 253. Radiophonie : nouvelle station Nice-Côte d’Azur, 91.
- Radiophonie pratique, 84, 374.
- Radiophonie : retransmissions, 486. Radiophonie : transmissions simultanées, 144 Radiotechnique : ouvrages, 143. Radiovulcanisation, 203.
- Rayonne : fabrication, 37.
- Rayonnement cosmique ultra-pénétrant, 89. Récepteur : modification, 486.
- Réchaud électrique à usages multiples, 534. Relief des clichés photographiques, 286. Reptiles et soleil, 267.
- Réserves des Sept-Iles, 498.
- Raynaud, précurseur du cinéma, 140.
- Richet : nécrologie, 42.
- Rotépone, 570.
- S
- Salanganes : nids, 555.
- Salon de l’Automobile, 180.
- Sardaigne d’hier et d’aujourd’hui, 268. Satellites de la Terre, 191.
- Saturne : disparition de l’anneau, 537. Savants quand ils étaient jeunes, 417, 521. Scaphandre chauffant, 531.
- Scorpions : sérum, 331.
- Séailles : préparation d’alumine, 4. Sédimentation par le cardium eduie, 474. Sel pulvérulent, 487.
- Sensibilisateur pour papiers et tissus, 431. Sept-Iles : réserve ornithologique, 498. Septicémies â streptocoques : traitement, 479. Sérum contre les scorpions, 331.
- Singes anthropoïdes fossiles, 347.
- Sisal, 574.
- Société des Nations : alimentation, 333.
- Sols : épuisement, 577.
- Soleil : période de 100 ans, 577.
- Soleil : protubérances, 235.
- Soleil : taches, 584.
- Soufre des végétaux, 137.
- Souterrains : enregistreur, 317.
- Sulfate cuivrique : hydrolyse, 40. Supercarburants, 240.
- Surdité : microtéléphone, 284, 583.
- Surfaces métalliques polies, 137.
- T
- T. S. F. : choix d’un poste, 143.
- T. S. F. : réglage automatique des récepteurs, 475.
- Tableau d’IIolbein découvert aux rayons X, 320.
- Takang du Zoo de Londres, 91.
- Tanins, celluloses, papiers, 506.
- Tarentaise : vie pastorale, 565.
- Taupicine, 487.
- Téléphone : soixantenaire, 511.
- Téléphonie sans fil dans les gares de marchandises, 516.
- Télescope électronique, 451.
- Télévision, 1, 105, 144.
- Télévision à haute définition, 504.
- Télévision : réception, 486.
- Tellurates : classement, 529.
- Terre : satellites, 191.
- Tennis, sol, 584.
- Tétrachlorure de carbone : pouvoir extincteur, 185.
- Tétrachlorure de carbone : propriété diélectrique, 235.
- Tissu : chaîne, 486.
- Titane dans l’organisme, 279.
- Train aérodynamique P.-L.-M., 345. Tremblements de terre : machine, 466. Tremblements de terre : observation, 282. Tube cathodique pour l’enregistrement des sons, 236.
- Tunisie : antiques pierres, 385.
- Typhus : vaccination, 279.
- U
- Ultrasons et explosifs, 89.
- Urbain : capture d’animaux sauvages en Afrique, 214.
- Urbanisme et hygiène, 321.
- V
- Vaccins pour chiens, 90.
- Végétaux méandril'ormes, 529.
- Vérification mécanique par projecteur, 218. Vérins électro-hydrauliques, 189. Vernalisation, 531.
- Vernis à l’esprit, 487.
- Vernis noir pour graduations, 522.
- Versailles : éclairage du château, 530.
- Vie dans l’univers, 369.
- Voilures sustentatrices : amélioration, 309. Vol d’altitude par train de planeurs remorqués, 483.
- Vol des oiseaux : pression de l’air, 89.
- w
- Wagons-citernes : protection contre l’incendie, 45.
- X
- Xylothèque Cormio, 354.
- Y
- Ypérite : découverte, 420.
- Z
- Zeppelin : installations radiophoniques, 579.
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-
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- LISTE DES AUTEURS
- PAR ORDRE ALPHABETIQUE
- Adam (Michel). — Procédés d’enregistrement utilisés en radiodiffusion, 220.
- Alber. — L'homme électrocuté, 275. — La prêfresse d’Isis, 323. — Le chat diabolique, 371.
- Arsandaux (H.). — Les nuées ardentes, 492.
- B. (A.). — Un tableau d’Holbein découvert aux rayons X, 320.
- Barat (Gaston). -— Géographie culturale de la Côte, 452.
- Bercy (André). — Le conducteur électrique « Pyrotenax », 297. — Une découverte française : l’aspirine, 462.
- Berthelot (Ch.). — Les mines d’or de l’Afrique du Sud, 62. — Fabrication des essences synthétiques, 155. — La Sardaigne d’hier et d’aujourd’hui, 268.
- Bertrand (L.). —- Résumés des communications à l’Académie des Sciences, 40, 89, 137, 185, 235, 279, 331, 427, 479, 529, 577.
- Bourgain (André). — L’agrandisseur automatique Noxa, 532.
- Boutaric (A.). — Les relations d’incertitude, 199. — Quelques conséquences générales des nouvelles théories physiques, 350. — Influence de l’isolement électrique sur les êtres vivants, 433.
- Boyer (Jacques). —• Les mollusques perliers de France, 78. —• Le jardin de plantes grasses de Monte Carlo, 175. — La mission Urbain en Afrique pour la capture d’animaux sauvages, 214. — Crypto-graphe assurant le secret absolu des bélinogrammes, 343. •— Nouveau dispositif pour photographier les poissons, 442. — L’invention du téléphone date de 60 ans, 511. — Les nids de Salanganes, 555.
- Braemer (Alix et Charles). — Techniques de la caricature, 469.
- Brandicourt (Virgile). — Récréations mathématiques, 273. — Saint Benezet, patron des ingénieurs, 569.
- Brossard (René). •— La philatélie et la nature, 81.
- Cabanes (Charles). — Joseph de Montgolfiei, inventeur du moteur à combustion interne, 364. — L’élevage aquatique, 395.
- Calmette (G.). — L’électrophorèse du latex de caoutchouc, 125.
- Caters (Christian de). — La machine à tremblements de terre, 466.
- Cerisaie (J. de la). — Projecteur, pour la vérification des petites pièces mécaniques, 218.
- Chevalier (Dr J.). — Un nouvel insecticide : la rotenone, 570.
- Coupin (Henri). — Les kidnappers chez les animaux, 274. — Les vieux savants quand ils étaient jeunes, 417, 521.
- D. (P.). — Nouveau prodige mnémonique, 139.
- Debesse (Maurice). — La Grande-Brière, 241.
- Décary (R.). •— Le suintement du bitume à Madagascar, 136.
- Delsuc (J.). •— Nouveaux compas d’aviation, 392.
- Demoulin (Maurice). — La vie dans l’univers, 369.
- Devaux (Pierre). — Les mouvements louvoyants, 13. — L’électricité dans l’équipement de l’automobile moderne, 38. — Jouets scientifiques et mécaniques, 129. — L’alarme urbaine sans lil pilote, 168. —- Différentiels pour commandes d’écluses, 264. — Les carrières souterraines de Paris, 299. •— Résultats d’essais du train aérodynamique P.-L.-M., 345. — Le propulseur nautique Voith-Schneider, 405. — Gares de triage automatique, 444. — La protection aérienne par ballons à câbles, 541.
- Ducamp (Roger). — Les formations végétales forestières à la merci de l’homme, 177. — Avez-vous des bambous dans votre jardin? 522.
- Ferré (G.). —- Méthodes modernes du point à la mer, 251.
- Feuillée-Billot (A.). — La réserve ornithologique de Mesnil-en-Caux, 307. -— Les oiseaux qui nichent dans la réserve des Sept-Iles 498. — Exposition d’oiseaux de cage à Paris, 580.
- Garrigues (Damien). — Encore le nombre 142 857, 225.
- Glory (André). — Élargissement souterrain du canal de la Marne à l’Aisne, 54. — Les fouilles récentes d’Antinéa, 193. — La gravure sur glace, 60.
- Goldowski (Nathalie). — La protection contre la corrosion, 22. — La méthode coloriscopique d’étude de la corrosion, 557.
- Gradenwitz (Alfred). — La xylothèque Cormio, 354. — Nouveaux essais de télévision à haute définition, 504. — Les installations radiophoniques du nouveau Zeppelin, 579.
- Graffe (L.). —• La radiovulcanisation, 203.
- H. (P.). — L’équipement radioélectrique du paquebot Normandie, 25. —- L’emploi du tube cathodique pour l’enregistrement, des sons, 236. — Une nouvelle machine parlante, 483.
- IfÉMARDiNQUER (P.). — La télévision, 1. — La radiophonie pratique, 84. — La télévision cathodique, 105. —. Nouvelle méthode d’enregistrement et de transmission radiophonique, 253. — Le télescope électronique, 451. — Nouvelles métamorphoses de la lampe de T. S. F., 455. — Réglage automatique des récepteurs de T. S. F., 475. —- La téléphonie sans fil dans les gares de marchandises, 516.
- — Premières projections pratiques de cinématographie en relief, 550.
- Héritier (Ali). — Le Takang du Zoo de Londres, 91.
- Hugues (Albert). •—• Passage et baguage de chauves-souris, 33.
- Jeanton (G.). — Les cheminées, sarrasines de la Bresse, 30.
- Joleaud (L.). — Singes anthropoïdes fossiles, 347.
- Jouânnetaud (G. et J.). •— Les makis, 247.
- Kazeeff (W. N.). — Nouveaux vaccins pour chiens, 90. — La sauvegarde du bison d’Europe, 127. —• La microcinématographie, 146.
- — Les moyens de défense de l’organisme, 357.
- Konoroff (G.). — La vie pastorale en Tarentaise, 565.
- Kopaczewski (Dr W.). — Que savons-nous sur le cancer? 172.
- Kuentz (L.). — Le doyen du monde végétal, 187.
- Kwal (Bernard) et Lesage (Marc). — Frédéric et Irène Joliot-Curie, 70. — Les radioactivités bêta et l’hypothèse du neutrino, 552.
- Lacaine (Jean). — Recherches sur l’amélioration des voilures surtentatrices, 309.
- Lanorville (Georges). — Le barrage et l’usine hydroélectrique de
- Marèges, 205. — Appareil enregistreur pour souterrains, 317. ____
- Extraits tannants, celluloses, papiers, 5<)0. — La fabrication du papier de paille, 560.
- Larue (Pierre). — Comment voir le faisceau radiculaire, 237.
- Legendre (Dr J.). — L’urbanisme et l’hygiène, 321.
- Lesage (Marc). — Voir Bernard Kwal.
- Lyée deBelleau (Mme de). — La sebiba n’tililin de Djanet, 49, .—. Antiques pierres tunisiennes, 385.
- M. (R.). — Les centenaires scientifiques en 1936, 177. — Combat de coqs de bruyère, 223. — Les reptiles et le soleil, 267. — Du nouveau sur la grippe, 482. — La vernalisation, 531.
- Merle (René). — Comment la peau des baleines révèle leurs déplacements, 342. — Le balbuzard, 467.
- Mineur (H.). — La plus grande vitesse observée en astronomie, 482.
- Morant (Henry de). — Le musée égyptien de Bruxelles, 518.
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-
- Nogaret (Élise D.). — Les travaux de physiologie moléculaire du professeur Devaux, 256, 295.
- Palfray (Eugène de). — Le passage du nord-est de l’Océan Arctique, 4S9.
- Parcot (Abbé L.). — La fin du plus beau cèdre de France, 117.
- Pasteur (F.). — Identification des charbons, 472.
- Pellat (A.-F.). — Nouveau procédé de bobinage des machines électriques, 187.
- Picard (L.). — L’automobile pratique, 180, 424, 520.
- Prévost (Pierre). — Les moteurs pour avions légers, 123.
- R. (G.). — Le bureau international des étalons physico-chimiques, 322. — Réserves et production du cuivre dans le centre africain, 326. — Notes historiques sur l’élan, 373. —• Les microfossiles, 380. — Le cardium édule, agent de sédimentation, 474. —• Les gaz rares des atmosphères stellaires, 482.
- R. (L.). — Production du sisal, 574.
- Rapin (G.). —• Évolution de la nomenclature chimique, 225.
- Reboussin (Roger). — Transport de ses poussins par la bécasse, 162.
- Remacle (G.). — La denture des indigènes de l’Afrique centrale, 29. — Un maître de la bryologie française, Jules Cardot, 266. — Les élans domestiqués, 318. — L’huile de ricin, 411.
- Roger (Em.). — Le mois météorologique, 83, 179, 276, 372, 573.
- Roland (Philippe). — L’atterrissage sans visibilité des avions, 438.
- Rousseau (Pierre). — L’histoire d’une étoile nouvelle, 58. — L’éclipse totale de soleil du 19 juin 1936, 337. — L’astronomie expliquée par le cinéma, 412. — La mesure du diamètre des étoiles, 500.
- Rudaux (Lucien). — L’observation de la lumière zodiacale, 100. — Les jours et les nuits en Éthiopie, 152. — La disparition de l’anneau de Saturne, 587.
- S. (P.). — L’ionosphère, 163.
- Saladin (Raymond). — Le gyroplane Breguet-Doran, 8. — Les moto-ballons, 409.
- Sauvaire-Jourpan (Connu1). — Les « Œuvres de mer », 97.
- S eu eres ch ews ki (Pu.). •—• Progrès du poêle électrique à accumulation, 113. — Le Mont-Blanc vu du Puy-de-Dôme, 289.
- Schmidt (Ern.). — Les alcools supérieurs, 27. — L’extraction du brome de l’eau de mer, 292. — La conservation du bois, 362. — La fonction éthylénique, 513.
- Sciiunck de Goldfiem (Jean). — Le palétuvier commun, 283.
- Soyer (IL). — La fabrication de la rayonne, 37.
- Touchet (Em.). — Bulletin astronomique, 35, 134, 230, 324, 421, 523.— Causerie photographique, 232, 327, 575.— L’observation des tremblements de terre, 282.
- Touvy (A.-M.). — Graissage d’une automobile, 276.
- Troller (A.). — Un progrès important dans l’industiie de l’alumine les procédésSéailles, 4. •—'Température des parois dans les moteurs, 465.
- Verdier (G.). — Au delà de l’électron, 53.
- Vigneron (H.). — Une carrière de chercheur : Irving Langmuir, 213. — La chimie de surface, 402.
- Weiss (E.). — Sécurité du travail au haut fourneau, 121.
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- TABLE DES MATIÈRES
- I. — ACADÉMIE DES SCIENCES
- Résumé des communications (L. Bertrand) 40, 89, 137, 185,
- 235, 279, 331, 427, 479, 529, 577
- II. — MATHÉMATIQUES ET ASTRONOMIE
- L’histoire d’une étoile nouvelle (P. Rousseau).............. 58
- Moyen mouvement de Pluton.....................................137
- Les jours et les nuits en Éthiopie (L. Rudaux)..............152
- Mouvement propre d’une nébuleuse..............................185
- Diamètres apparents stellaires . ............................ 185
- Encore le nombre 142 857 (D. Garrigues).....................225
- Protubérances solaires........................................235
- Les phases de Mercure.........................................235
- Recherche des petites planètes, à l’observatoire d’Uccle. . . 319
- L’éclipse totale de Soleil du 19 juin 1936 (P. Rousseau) . . 337
- L’astronomie expliquée par le cinéma (P. Rousseau)..........412
- Énergie stellaire.............................................479
- Récentes observations de Mars.................................479
- La plus grande vitesse observée en astronomie : 42 000 km à la
- seconde (H. Mineur)....................................... 482
- Les gaz rares des atmosphères stellaires (G. R.)..............482
- La mesure du diamètre des étoiles (P. Rousseau)...............500
- Brandicourt : nécrologie......................................530
- Disparition de l’anneau de Saturne (L. Rudaux)................537
- Nouvelle machine à calculer...................................577
- Récréations mathématiques (V. Brandicourt)....................273
- Bulletin astronomique (E. Touci-iet) 35, 134, 230, 324, 42.1, 523
- III. — SCIENCES PHYSIQUES 1. Physique.
- Faibles différences d’indice dans un liquide.................... 40
- Au delà de l’électron (G. Verdier).............................. 53
- Frédéric et Irène Joliot-Curie (B. Kwal et M. Lesage). ... 70
- Déflagration des explosifs par les ultrasons.................... 89
- Rayonnement cosmique ultra-pénétrant............................... 89
- Durée des étincelles............................................... 89
- Électrophorèse du latex de caoutchouc (G. Calmette) .... 125
- Surfaces métalliques polies.........................................137
- Étude des qualités acoustiques d’une salle..........................137
- Orientation des molécules de cire...................................185
- Les relations d’incertitude (A. Boutaric)...........................199
- Une carrière de chercheur : Irving Langmuir (H. Vigneron) . 213
- Propriété diélectrique du tétrachlorure de carbone..............235
- Miroir du plus grand télescope du monde.........................282
- Le bureau international des étalons physico-chimiques (G. R.) 322
- Influence de la pression sur les explosions....................331
- Cinématographie des écoulements gazeux.........................331
- Combinaisons du krypton et du xénon avec l’eau lourde . . 331
- Quelques conséquences générales des nouvelles théories physiques
- (A. Boutaric)...............................................350
- Compteur de chaleur............................................427
- Radioactivité artificielle de l’étain..........................427
- Le téléphone électronique (P. Hémardinquer)....................451
- Production d’électrons lents ..................................479
- Modification des films minces par le bombardement électronique 479
- Force électromotrice de mouvement............................. 529
- Électrisation par écoulement...................................529
- Les radioactivités bêta et l’hypothèse du neutrino (M. Lesage et B. Kwal).................................................552
- 2. Chimie.
- Progrès important dans l’industrie de l’alumine : les procédés
- Séailles (A. Troller)........................................ 4
- Un nouveau caoutchouc synthétique.............................. 13
- La protection contre la corrosion (N. Goldowski).............. 22
- Les alcools supérieurs (E. Schmidt)............................ 27
- Fabrication de la rayonne à haute ténacité (H. Soyer). ... 37
- Hydrolyse des solutions de sulfate cuivrique................... 40
- Analyse de l’huile d’olive..................................... 40
- Formation d’acide cyanhydrique................................ 40
- Ralentissement de l’attaque du fer-blanc par les acides ... 89
- Grignard : nécrologie.......................................... 90
- Hydrogénation par le nickel....................................137
- Combustion sans flamme.........................................137
- Inflammation du grisou par les lampes à incandescence . . . 137
- Fabrication des essences synthétiques (C. Bertiielot) .... 155
- Décomposition pyrogénée des éthers-sels........................185
- Composition de la malachite....................................185
- Évolution de la nomenclature chimique (G. Rapin)...............225
- L’extraction du brome de l’eau de mer (E. Schmidt).............292
- Synthèse de la cyanamide à partir du formol ...................331
- Carbure d’hydrogène dans l’huile d’olive.......................331
- La chimie de surface (H. Vigneron)........................... 402
- Découverte de l’ypérite........................................420
- Une découverte française : l’aspirine (A. Bercy)............ . 462
- Constitution des organomagnésiens..............................479
- Synthèse de l’ammoniac.........................................479
- Grafitation des fontes.........................................479
- La fonction éthylénique (E. Schmidt)...........................513
- Nitration de la cellulose......................................529
- Classement des tellurates......................................529
- La méthode coloriscopique d’étude de la corrosion (N. Goldowski).....................................................557
- Électrolyse par étincelle......................................577
- Synthèse de l’acide cyanique...................................577
- Vitesse de réaction des amines.................................577
- Fabrication électrolytique des chlorates. .....................577
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- IV. — SCIENCES NATURELLES
- 1. Géologie. — Physique du Globe
- Étude gravimétrique du nord-ouest du bassin méditerranéen 40
- Observation de la lumière zodiacale (L. Rudaux)...............100
- Le suintement du bitume à Madagascar (R. Décary)...........136
- Température de l’ozone atmosphérique..........................137
- L’ionosphère (P. S.)......................................... 163
- L’observation des tremblements de terre (E. Touguet). . . . 282
- Réserves et production du cuivre dans le centre africain (G. R.) 326
- Microfossiles (G. R.).........................................380
- Minéralisation du Maroc.......................................427
- La machine à tremblements de terre (G. de Caters)..........466
- Les nuées ardentes (H. Arsandaux) ............................492
- Dosage de l’ozone en Laponie..................................529
- Les zones fréquemment foudroyées..............................530
- 2. Météorologie.
- Le Mont-Blanc vu du Puy-de-Dôme (P. Schererciiewsky) . . 289
- Période solaire de 100 ans...............................577
- Le mois météorologique (E. Roger). , 83, 179, 276, 372, 474, 573
- 3. Zoologie. — Physiologie.
- Passage et baguage de chauves-souris (A. Hugues)........... 33
- Ghangements de couleur chez les poissons................... 40
- Rapports entre les faunes de Madagascar et du Mozambique. . 40
- Charles Richet : nécrologie................................... 40
- Mollusques perliers de France (J. Boyer)................... 78
- Vaccination contre le choléra des poules................. 89
- Le Takang du Zoo de Londres (A. Héritier).................. 91
- Sauvegarde du bison d’Europe (W. N. Kazeeff)............... 127
- Nouveau prodige mnémonique (P. D.)............................139
- Transport de ses poussins par la bécasse (R. Reboussin) . . . 162
- Lpngévité des araignées.......................................188
- La mission Urbain en Afrique, pour la capture d’animaux
- sauvages (J. Boyer)........................................214
- Combat de coqs de bruyères (R. M.)............................223
- Stéréotropisme des pagures....................................235
- Les makis (G. et J. Jouannetaud)..............................247
- Les reptiles et le soleil (R. M.).............................267
- Les kidnappers chez les animaux (H. Courus)...................274
- Titane dans l’organisme.......................................279
- Réserve ornithologique de Mesnil-en-Caux (A. Feuii.lée-Billot) 307
- Les élans domestiqués (G. Remacle)............................318
- llistoradiographie............................................331
- Habitat du moustique maritime................................3,31
- Comment la peau des baleines révèle leurs déplacements
- (R. Merle).......................................... . . . 342
- Singes anthropoïdes fossiles (L. Joleaud).....................347
- La vie dans l’univers (M. Demoulin)...........................309
- Notes historiques sur l’élan (G. R.)..........................373
- Pavlow : nécrologie...........................................379
- L’élevage aquatique (G. Cabanes).............................,995
- Oiseau fossile géant......................................... 427
- Métabolisme du brome..........................................427
- Influence de l’isolement électrique sur les êtres vivants
- (A. Boutaric)..............................................433
- Le balbuzard (R. Merle).......................................407
- Le cardium edule, agent de sédimentation (G. R.)..............474
- Les oiseaux qui nichent dans la réserve des Sept-Iles (A. Feuil-
- lée-Billot)............................................... 498
- Est-il un optimum de pèche ?..................................527
- Les nids de Salanganes (J. Boyer)................................555
- Pression et résistance au froid..................................577
- Exposition d’oiseaux de cage à Paris (A. Feuillée-Billot). . . . 580
- La station biologique de Besse...................................580
- 4. Botanique. — Agriculture.
- Maladies A virus de la pomme de terre........................ 89
- Influence de l’oxygène sur le développement des plantes ... 89 La fin du plus beau cèdre de France (Abbé !.. Parcot). ... 117
- Valeur fertilisante des phosphates...........................137
- Teneur en soufre et en phosphore des végétaux................137
- Le jardin de plantes grasses de Monte-Carlo (J. Boyer). . . . 175
- Les formations végétales forestières A la merci de l’homme
- (R. Ducamp)................................................. 177
- Le doyen du monde végétal (L. Kuentz)........................187
- Pucerons et pommes de terre.....................................235
- Comment voir le faisceau radiculaire (P. Larue)..............237
- Les travaux de physiologie moléculaire du professeur Devaux
- (E.-D. Nogaret)..................................... 256, 295
- Un maître de la bryologie française, Jules Cardot (G. Remacle) 266
- Hybrides de greffe............................................ 279
- Bore des végétaux...............................................279
- Culture des pommes de terre au Maroc.........................279
- Le palétuvier commun (J. Schuncic de Goldfikm)...............283
- Le xylotlièque Cormio (A. Gradenwitz)...........................354
- L’huile de ricin (G. Remacle)...................................411
- Vie latente des algues..........................................427
- Nouvelle plante à colehicine....................................427
- Géographie culturale de la Côte (G. Barat)......................452
- Formations végétales méandriformes..............................529
- La vernalisation (R. M.).......................................53.1
- Un nouvel insecticide : la roténone (Dr J. Chevalier)........570
- Production du sisal (L. R.).....................................574
- Équilibre N P K dans les feuilles...............................577
- Épuisement des sols.......................................... . 577
- V. - GÉOGRAPHIE. — ETHNOGRAPHIE ARCHÉOLOGIE
- La denture des indigènes de l’Afrique centrale (G. Remacle) . 29
- Les cheminées sarrasines de la Bresse (G. Jeanton)............. 30
- La sebiba n’tililin de Djanet (Mme de Lyée de Belleau). . . 49
- Les fouilles récentes d’Antinéa (A. Glory).....................193
- La Sardaigne d’hier et d’aujourd’hui (C. Berthelot)............268
- Tableau d’Holbein découvert aux rayons X (A. B.)...............320
- Antiques pierres tunisiennes (de Lyée de Belleau)..............385
- Le passage du nord-est de l'océan Arctique (E. de Pal Cray). 489
- Le musée égyptien de Bruxelles (H. de Morant)..................518
- La vie pastorale en Tarentaise (G. Konoroff)................. 565
- VI. - HYGIÈNE. — MÉDECINE
- Nouveaux vaccins pour chiens (W. Kazeeff)................. 90
- Sécurité du travail au haut fourneau (E. Weiss)...........121
- Que savons-nous sur le cancer ? (Dr W. Kopaczewski) .... 172
- Mesure des températures en diathermie................. 185
- Action bactéricide du mercure.............................1S5
- Destruction électrique des microbes.......................185
- Traitement des brûlures par l’huile de foie de morue......188
- L’hexachloréthane contre les moustiques . . ..............235
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- Effets cutanés de l’électricitü............................. 235
- Etude des farines à l’extensimètre.............................235
- Les poussières et fumées de Lyon...............................279
- Vaccination contre le typhus exanthématique....................279
- Activité de la novocaïne selon l’acide.........................279
- L’urbanisme et l’hygiène (Dr .1. Legendre).....................321
- Sérum contre les scorpions........................................331
- Nicolle : nécrologie..............................................332
- L’alimentation à la Société des Nations...........................333
- Les moyens de défense de l’organisme (W. N. Kazeeff) . . . 357
- Bactériologie du kéfir............................................380
- L’intoxication par les champignons................................479
- Traitement des septicémies à streptocoques.....................479
- L’acide lactique dans la nutrition................................479
- Du nouveau sur la grippe (R. M.)..................................482
- Étude de la panification..........................................529
- VIL — SCIENCES APPLIQUÉES
- I. Mécanique. — Industrie. — Outillage.
- Les mouvements louvoyants (P. Devaux)........................ 13
- Jouets scientifiques et mécaniques (P. Devaux)...............129
- Pouvoir extincteur du tétrachlorure de mercure...............185
- Projecteur pour la vérification des petites pièces mécaniques
- (J. de la Cerisaie)..........................................218
- Miroirs à couche d’aluminium....................................235
- Chapeaux de paille en bois......................................237
- La gravure sur glace (A. Glory)..............................260
- Appareil enregistreur pour souterrains (G. Lanorville) . . 317
- La conservation du bois (E. Schmidt).........................362
- Température des parois dans les moteurs (A. Troller) . . 465
- Identification des charbons (F. Pasteur)........................472
- Extraits tannants, celluloses, papiers (G. Lanorville) .... 506
- Pour tourner l’aluminium sans copeaux adhérents..............525
- Alimentation des moteurs à combustion interne................529
- Fabrication du papier de paille (G. Lanorville)..............560
- 2. Photographie.
- Expériences nouvelles sur la photographie intégrale et la cinéma-
- tographie en relief.........................................139
- Les travaux d’Émile Reynaud, précurseur du cinéma.............140
- La microcinématographie (W. N. Kazeeff)....................146
- Influence de la température sur la sensibilité des plaques photographiques..................................................331
- Nouveau dispositif pour photographier les poissons (J. Boyer) 442 Cinématographie en relief (P. Hémardinquer)................ 550
- Causerie photographique (E. Touchet)............. 232, 327, 575
- 3. Électricité.
- La télévision : premières réalisations du réseau d’État (P. Hémardinquer) ................................................. 1
- L’équipement radioélectrique du paquebot Normandie (P. H.) 25
- Nouvelle station radiophonique Nice-Côte d’Azur............... 91
- La télévision cathodique (P. Hémardinquer)....................105
- Progrès du poêle électrique à accumulation (P. Schereschewski) 113
- L’alarme urbaine sans fil pilote (P. Devaux)................ 168
- Nouveau procédé de bobinage des machines électriques
- (A.-F. Pellat)..............................................187
- La radiovulcanisation (L. Graffe).............................203
- Procédés d’enregistrement utilisés en radiodiffusion (M. Adam) 220 L’emploi du tiibe cathodique pour l’enregistrement des sons (P. H.).......................................................236
- 593
- Nouvelle méthode d’enregistrement et de transmission radiophoniques (P. Hémardinquer)....................................253
- Dureté des dépôts électrolytiques de nickel..................279
- Cryptographe assurant le secret absolu des bélinogrammes
- (J. Boyer)................................................343
- Le conducteui électrique « Pyrotenax » (À. Bercy)............297
- Technique des hauts potentiels...............................427
- Clironographe piézoélectrique..................................427
- Nouvelles métamorphoses de la lampe de T. S. F. (P. Hémardinquer) ......................................................455
- Réglage automatique des récepteurs de T. S. F. (P. Hémardinquer) ..................................................... 475
- Une nouvelle machine parlante (P. H.)..........................483
- Nouveaux essais de télévision à haute définition (A. Graden-
- witz).......................................................504
- La téléphonie sans lil dans les gares de marchandises (P. Hémardinquer) ......................................................516
- Nouvel éclairage du château de Versailles......................530
- Les installations radiophoniques du nouveau Zeppelin. . . . 579
- Radiophonie pratique (P. Hémardinquer) :
- Stabilisation de la construction.......................... 84
- Sélectivité variable..................................... 84
- Bobinages dans le vide.................................... 86
- Antenne antiparasites..................................... 86
- Parasites et cadres.......................................374
- Antennes communes.........................................375
- Dépannage portatif........................................376
- 4. Travaux publics. — Art de l’ingénieur.
- Élargissement souterrain du canal de la Marne à l’Aisne
- (A. Glory)................................................... 54
- Les mines d’or de l’Afrique du Sud (C. Berthelot) .... 62
- Le barrage et l’usine hydroélectrique de Marèges (G. Lanor-
- ( ville).....................................................205
- Le grisou.......................................................217
- La Grande Brière (M. Debesse)...................................241
- Différentiels pour commandes d’écluses (P. Devaux) . . . 264
- Les carrières souterraines de Paris (P. Devaux).................299
- 5. Transports.
- L’électricité dans l’équipement de l’automobile moderne
- (P. Devaux).................................................. 38
- Emploi du nitrate d’éthyle dans les moteurs.................... 40
- Contre le givrage des carburateurs............................. 90
- Graissage d-'une automobile (A.-M. Touvy)......................276
- Le premier chemin de fer allemand..............................333
- Conditionnement de l’air des automobiles.......................333
- Résultats d’essais du train aérodynamique P.-L.-M. (P. Devaux) 345
- Toxicité du plomb tétraéthyle..................................372
- Gares de triage automatique (P. Devaux)...................... 444
- Automobile pratique (L. Picard) :
- Le Salon de 1935......................................... 180
- Éclairage des phares......................................181
- Silence des freins........................................182
- Carburation : correcteur..................................182
- Extincteur pratique.......................................182
- Moteurs : alimentation....................................183
- Étanchéité des malles et spiders..........................184
- Radiateur : nettoyage. ...................................184
- Pneus : démontage.........................................184
- Accidents : causes mécaniques.............................424
- Automobile en France et en Allemagne......................424
- Commande par dépression de l’avance, à l’allumage. . . . 424
- Essence solidifiée...................................... 426
- Accus : entretien.........................................426
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- Carburateur : diffusion..................................5213
- Accus de démarrage cadmium-nickel.........................526
- Écrou : pose facile.......................................527
- Lampe témoin d’allumage...................................527
- Prise de courant utile....................................527
- 6. Aviation et Aéronautique.
- Le gyroplane Breguet-Dorand (R. Saladin)......................... 8
- Pression de l’air dans le vol des oiseaux.................... 89
- Moteurs pour avions légers (P. Prévost)......................123
- L’aviation à très grande vitesse................................235
- Recherches sur l’amélioration des voilures sustentati'ices
- (J. Lacaine).................................................309
- Nouveaux compas d’aviation (J. Delsuc)..........................392
- Les moto-ballons (R. Saladin)...................................409
- Tonnage optimum des grands avions...............................427
- L’atterrissage sans visibilité des avions (P. Roland)........438
- L’éblouissement, moyen de défense passive contre les avions 483
- Vol d’altitude par un train de planeurs remorqués............483
- Photographies aériennes les plus hautes.........................488
- La protection aérienne par ballons à câbles (P. Devaux). . . 541
- Le concours d’avions modèles réduits de La Nature............145
- 7. Querre et Marine.
- Les « Œuvres de mer » (C1 Sauvaire-Jourdan).............. 97
- Détection des gaz de combat.............................. 137
- Méthodes modernes du point à la mer (G. Ferré)...........251
- Le propulseur nautique Voith-Schneider (P. Devaux).......405
- Un scaphandre chauffant..................................531
- VIII. - HISTOIRE DES SCIENCES
- Cinquantenaire des expériences de Deprez et de Gaulard ... 42
- Les centenaires scientifiques en 1936 (R. M.).................177
- Joseph de Montgolfier, inventeur du moteur à combustion
- interne (C. Cabanes)........................................364
- L’invention du téléphone date de 60 ans (J. Boyer)............511
- Les vieux savants quand ils étaient jeunes (H. Coupin) 417, 521
- Saint Benezet, patron des ingénieurs (V. Brandicourt). . . . 569
- IX. - VARIA
- La philatélie et la nature (R. Brossard)......................... 81
- Radiesthésie : une expérience suggestive............................140
- Techniques de la caricature (A., et C. Bræmer).....................469
- Prestidigitation (Alber) :
- L’homme électrocuté............................................275
- La prêtresse d’Isis............................................323
- Le chat diabolique.............................................371
- X. — RENSEIGNEMENTS PRATIQUES
- 1. Inventions et Nouveautés.
- Enregistrement sonore et cinématographique.............. 44
- Incendie des camions-citernes : protection.............. 45
- Électrargol : ampoules compte-gouttes................ 45
- Disjoncteur simplifié....................................... 92
- Pompe Henry et Jouvelet, cœur mécanique.................. 93
- Frein moteur à obturateur d’échappement.....................141
- Filtre adoucisseur Esserv...................................142
- Adhésif pour collage à sec de photographies.................124
- Vérins électro-hydrauliques.................................189
- Lit mécanique à commande électrique.........................190
- Dosage rapide de l’acide carbonique dans l’air..............190
- Bonnette-posemètre..........................................236
- Extincteur pour cinéma......................................236
- Bretelles dissimulées.......................................237
- Contrôleur d’accus..........................................284
- Microphone contre la surdité................................284
- Machine à écrire extra-portative............................285
- Filtres à nicotine et caféine...............................285
- Machine à curer les fossés..................................334
- Matériau pour la correction acoustique des salles...........335
- Appareil de photographie Rellex.............................381
- Chauffe-eau au gaz..........................................381
- Marmite autoclave...........................................382
- Lampe de travail rationnelle................................429
- Balai-laveur et cireuse Triplex.............................429
- Batteur Kibatou.............................................430
- Lampe électroformogène Vidal................................484
- Lampe Anglepoise............................................484
- Afïîloir de lames de rasoirs « Le Coq ».....................485
- Agrandisseur automatique Noxa...............................532
- Lampe électronique..........................................533
- Réchaud électrique à usages multiples.......................534
- Appareil automatique pour la photographie trichrome. . 581
- Ouvre-boîtes Rodrev.........................................582
- 2. Recettes et procédés utiles.
- Dermite photographique : guérison......................... 34
- Mouches : protection des plaies des animaux............. 34
- Aluminium : entretien et nettoyage........................ 82
- Argent : récupération des bains photographiques...........229
- Conservation des jus de fruits............................229
- Haleine : désodorisation..................................229
- Charges pour extincteurs à mousse.........................373
- Encre pour reports lithographiques........................478
- Dessins de broderies......................................478
- Eaux résiduaires : épuration par la papaïnase.............522
- Bambous...................................................522
- Vernis noir pour graduations..............................522
- Bouchon de caoutchouc percé de Hough......................522
- 3. Boîte aux Lettres.
- Gui : propagation par les corbeaux ......................... 46
- Laiterie................................................... 46
- Serpents venimeux........................................... 46
- Incombustibilité des tissus................................. 46
- Liqueur d’anis.............................................. 46
- Lessive sans feu............................................ 46
- Taches d’acide picrique..................................... 46
- Punaises : destruction...................................... 46
- Peinture sur étolïes........................................ 46
- Mercure..................................................... 46
- Amorces..................................................... 47
- Décalques de journaux....................................... 47
- Platine..................................................... 47
- Protochlorure d’étain....................................... 47
- Farine : moisissures........................................ 47
- En-têtes en relief.......................................... 47
- Eau de mer artificielle................................. 47
- Taches d’encre d’imprimerie..........................• • 47
- Marbre : taches............................................ 47
- Brou de noix. .............................................. 47
- Nettoyage d’auto........................................... 47
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- Porcelaine à haute tension................................. 47
- Piment rouge............................................... 47
- Anatoxines................................................ 94
- Éclipses de soleil et de lune.............................. 94
- Quinine.................................................... 94
- Vernis au four............................................. 94
- Encres pour stylos......................................... 94
- Chromage................................................... 94
- Tarlatane.................................................. 94
- Lames de couteaux.......................................... 94
- Pyrètlire.................................................. 94
- Ampoules électriques : coloration.......................... 94
- Ébonite.................................................... 94
- Trichloréthylène........................................ 94
- Mastic pour meubles........................................ 95
- Épuration des huiles....................................... 95
- Vrillettes................................................. 95
- Mousse de platine.....................................95, 96
- Savon...................................................... 95
- Colle inaltérable.......................................... 95
- Brillantage............................................... S}5
- Rayures de glace.......................................... 95
- Imperméabilisation....................................95, 96
- Filtration des vins........................................ 95
- Vernis cellulosiques....................................... 95
- Dépolissage du verre....................................... 95
- Mastic pour verrière....................................... 95
- Fosse septique............................................. 95
- Antirouille............................................... 95
- Baignoire : nettoyage...................................... 96
- Apprêt pour cols........................................... 96
- Pomme üamar................................................ 96
- Taches d’encre de Chine.................................... 96
- Papier piège à mouches................................... 96
- Lessive.................................................... 96
- Radiotechnique : ouvrages................................ 143
- Antiparasites à compensation...............................143
- Pick-up : adaptation................................ 143, 383
- Modulation par déphasage...................................143
- Films : conservation.......................................143
- Lampes au néon.............................................143
- Milliampèremètre.................................... 143, 583
- Émetteur médical à ondes courtes...........................143
- Poste de T. S. F. : choix..................................144
- Enregistrement d’images et sons............................144
- Transmissions simultanées..................................144
- Parkérisation..............................................144
- Encre pour rubans de machines à écrire.....................144
- Vernis contre l’humidité...................................144
- Émail de poêles............................................144
- Analyse de terre...........................................144
- Satellites de la Terre.....................................191
- Albumine en suspension.....................................191
- Imperméabilisation.........................................191
- Mastic de fonderie.........................................191
- Pâte à polycopier..........................................191
- Huiles de graissage........................................191
- Vernis au tampon.............................. 191, 287, 432
- Écouteur sur récepteur radiophonique............ 240,431, 583
- Signalement pour stationnement.............................240
- Alcool dans les radiateurs ................................240
- Supercarburants............................................240
- Huile dans l’essence................................ 240, 383
- Eau de Javel...............................................240
- Ciment à la litharge.......................................240
- Araignées : longévité......................................286
- Eau radioactive............................................286
- Relief des clichés photographiques.................... . 286
- Distance des étoiles.......................................286
- Peintures au brai et à l’aluminium.................. 286, 486
- Poinçons de garantie....................................28
- Urographie intraveineuse...................................286
- Anti-buée..................................................287
- Filtration de l’eau......................................
- Cônes fumigènes..........................................
- Mercaptan................................................
- Insectes des livres......................................
- Fromage à la crème.......................................
- Shampooing...............................................
- Vernis cellulosiques.....................................
- Ternir une glace.........................................
- Condiments, coloration...................................
- Fumeurs : taches des doigts..............................
- Philatélie et nature.....................................
- Acoustique d’une salle...................................
- Galvanoplastie...........................................
- Bleu de méthylène........................................
- Scille...................................................
- Chlore : détection.......................................
- Poste de T. S. F. : modification............. 383, 486,
- Anaglyphes...............................................
- Nettoyage d’un plafond...................................
- Lune : influences........................................
- Sensibilisateur pour papiers et tissus...................
- Films en collopliane............................... • • • •
- Calaminage des moteurs...................................
- Sirop de citrons.........................................
- Cloportes : destruction..................................
- Liqueur de Fehling.......................................
- Astrologie...............................................
- Élans....................................................
- Phonographe : enregistrement.............................
- Modulateurs de lumière...................................
- Radiophonie : retransmissions............................
- Télévision : réception...................................
- Permutites...............................................
- Tissu : chaîne...........................................
- Collage des cuirs........................................
- Tissu résistant à l’acide................................
- Insecticides.............................................
- Fixatif pour fusains.....................................
- Taupicine................................................
- Mites....................................................
- Encre pour verre.........................................
- Herbes : destruction.....................................
- Vernis à l’esprit........................................
- Ilexachloréthane.........................................
- Étamage du fer...........................................
- Fourmis : destruction....................................
- Résine synthétique.......................................
- Chlorure de chaux........................................
- Encre : altération.......................................
- Sel pulvérulent..........................................
- Invention : propriété....................................
- Cartes au 1/50 000e......................................
- Colles : pouvoir glutinant...............................
- Filets de pêche : conservation...........................
- Moulage de la face.......................................
- Chaudières : désincrustant...............................
- Pétrole pour cheveux.....................................
- Bisulfite de soude.......................................
- Baromètre : construction................................. •
- Glycérine : purification.................................
- Essence de roses.........................................
- Peintures silicatées.....................................
- Paradichlorobenzène......................................
- Pectase..................................................
- Chlorure platineux.......................................
- Jouets : moulage.........................................
- Poussières : suppression.................................
- Collier de serrage automatique...........................
- Acoustique des salles....................................
- Détecteur à zincite......................................
- Taches solaires........................ .................
- Saturne: anneau..........................................
- Radiateurs d’auto : entretien............................
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- Sol de tennis...................................................584
- Glu pour pièges.................................................584
- Celluloïd sur carton.......................................... 584
- Lait d’iris.....................................................584
- Paille : utilisations...........................................584
- Encre pour duplicateurs....................................... 584
- Semelles de caoutchouc..........................................584
- 4. Bibliographie.
- Livres nouveaux, 41, 88, 138, 186, 234, 280, 330, 378, 428, 480,
- 538, 578
- 5. Documents photographiques.
- Actualités........................ 48, 192, 288, 384, 488
- Le Gérant : G. Masson. — Imprimerie Lahure, rue de Fleurus, 9, à Paris. — 1936. — Published in France.
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