La Nature
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- LA NATURE
- REVUE DES SCIENCES
- LEURS APPLICATIONS A L’ART ET A L'INDUSTRIE
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- LA NATURE
- 1EH¥IUfêl ©US IST DSS IJUil gLlL°miT W.T
- SOIXANTE-QUATRIÈME ANNÉE 1936 — DEUXIÈME SEMESTRE
- MASSON ET C% ÉDITEURS
- LIBRAIRES DE L'ACADÉMIE DE MÉDECINE
- PARIS, 120, BOULEVARD SAINT-GERMAIN
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- SUPPLÉMENT AU N* 299.1 >(.<15.(DÉCEMBRE 193(5;.
- Le Gérant : G. Masson. — Imprimerie I.ahure, rue de Ble.urus, 9, à "Parifts-^Fublished in France
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- N” 2980
- I" Juillet 1936,
- LA NATURE
- COMMENT L'ENFANT COMMENCE A MARCHER
- Dans une étude antérieure (1), j’ai décrit et classé les modes de locomotion des vertébrés terrestres. Je voudrais examiner aujourd’hui les débuts de la marche chez l’enfant.
- Cette question a été jusqu’ici fort peu étudiée et les rares observations qu’on possède n’ont pas fourni d’explications satisfaisantes.
- Une des tentatives les plus connues est celle de F. Ame-ghino (2) qui a supposé que l’homme a appris à se relever et à se tenir debout pour voir au loin en marchant.
- Evidemment, l’ancêtre de l’homme actuel a pu se dresser pour explorer des yeux le milieu, mais cela n’implique pas la marche debout. Pour s’en convaincre, il suffit de voir un sajou (Cebus pa-raguayensis) se déplaçant en plaine sur un sol semé de hautes touffes d’herbe; il se redresse, regarde et reprend sa marche qua-drupédale qui consiste en l’allure marchée la plus élémentaire (pas pithé-coïde) sans que celle-ci soit iriodifîée par la fréquence des arrêts pour se lever.
- Une indication plus précise est fournie par le fait suivant : les singes pour grimper emploient la dernière allure reptilienne (métherpétique) et certains hommes, non pas tous, le font aussi, par exemple les pygmées. Or cette allure est également celle des enfants qui, très jeunes, cherchent à marcher à quatre pattes ; un peu plus tard ils prennent la première allure marchée (pas pithé-coïde), s’engagent dans les allures irrégulières, puis arrivent au trot, après quoi ils se redressent et adoptent le bipédisme.
- J’ai brièvement exposé cette évolution en novembre 1929, dans La Semana médica. Deux ans après, en 1931, le Dr Hrdlicka, qui faisait des recherches sur ce même point, réunit en un volume (3) de nombreuses photogra-
- 1 1. P. Magne de la Croix. La Nature, n° 2922, 1er février 1934. Une erreur de mise en pages a fait transposer les figures 1 et 2.
- 2. J. Ameghino.— Una râpida ojeada a la evoluciôn filogenética de los mamiferos (1889). Obras complétas. Vol. 5. La Plata, 1896.
- 3. Hrdlicka. Children who run on ail four, New-York, 1931.
- phies d’enfants marchant à quatre pattes, qui lu avaient été fournies par les parents. Elles donnent toutes les allures que j’avais déjà signalées.
- A la vérité, Hrdlicka, qui ne connaissait pas alors mes travaux, fut étonné de trouver tant d’allures différentes; il admit comme allure héréditaire la plus fréquente celle que j’ai appelée métherpétique et supposa que les autres étaient copiées de celles d’animaux que l’enfant avait l’occasion de voir; mais pour contredire cette dernière
- opinion, il se trouve que ces allures sont justement employées par des animaux que l’enfant a peu l’occasion de voir, tandis que les allures quadrupédales données par les animaux qu’il voit constamment, le cheval et le chien, ne sont jamais employées par lui.
- Les pas employés par le cheval et le chien sont ceux réguliers que j’ai nommés latéral et diagonal et ceux irréguliers qui séparent ces deux allures marchées; mais le pas diagonal, la plus élémentaire de ces allures, est plus évolué que le trot marché, allure après laquelle l’homme adopte le bipédisme; il est donc logique que l’homme n’emploie point comme allure quadrupédale, quand il marche à cpiàtre pattes, le pas diagonal et il ne le fait pas en effet.
- Ceci dit, voyons l’évolution locomotrice quadrupédale des enfants qui ne sont soumis ni à un dressage ni à des contraintes.
- Un jeune enfant, à qui on laisse prendre la position couchée sur le ventre comme le font les Allemands et les Autrichiens, fait d’abord de nombreuses et vaines tentatives pour se soulever sur ses membres; quand enfin il y réussit, il commence à se déplacer à la dernière allure reptilienne (métherpétique), celle qu’emploient pour grimper les singes et un nombre très réduit d’hommes. Notons en passant que certains animaux nouveau-nés, les chiens et les chats par exemple, commencent à marcher à une allure plus primitive, la première allure reptilienne, tandis que d’autres, tel le cheval, naissent en possession de presque toutes leurs allures définitives.
- L’enfant dressé sur ses quatre membres emploie donc,
- Fig. 1. — Enfant à sa première allure quadrupédale, reptilienne, métherpétique.
- Fig. 2. — Sarigue (Didelphys marsupialis) à la même allure métherpétique.
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- Fig. 3. — Enfant au pas pithècoïde, d’après Hrdlicka.
- Fig. 4. — Papion (Papio porcarius) au même pas pithècoïde.
- d’abord l’allure métherpétique, la figure 1 en montre un comparé à une sarigue (Didelphys marsupialis, fig. 2) employant la même allure. Après un temps plus ou moins long, pendant lequel il n’a employé que la dernière allure reptilienne que nous venons d’indiquer, l’enfant passe au pas pithècoïde, première allure marchée. Voici d’après Hrdlicka un enfant à ce pas à côté d’un papion (Papio porcarius) à la même allure (fig. 3 et 4). Après un temps relativement court, l’enfant s’engage dans la série des allures irrégulières qui le conduiront au trot marché. La figure 5 montre un enfant employant l’allure
- Fig. 7. — Enfant au trot marché, les membres tendus.
- irrégulière à côté d’un raton laveur (Procyon lotor) (fig. 6). La figure 7 représente un enfant plus grand employant le trot marché, jambe tendue, et la figure 8 une petite fille à la même allure, les genoux touchant terre (fig. 8), d’après une photographie de Muybridge (1).
- C’est à cette allure quadrupédale que se déplace un homme obligé de marcher sur les mains et les genoux (fig. 9).
- Tout ce que nous venons de voir montre que la marche bipédale de l’homme a été précédée par une série d’allures quadrupédales. Les enfants ont d’ailleurs les membres proportionnés de façon à pouvoir employer le quadru-pédisme normalement, c’est-à-dire les jambes tendues;
- 1. Muybridge. Animais in motion : London, 1902.
- Fig. 9. — Homme au trot marché sur les genoux.
- Fig. 5. — Enfant au pas irrégulier (lalèraloïde) marquant la transition entre les pas réguliers pithécoïdes et le trot marché, d’après Hrdlicka.
- Fig. 6. — Ralon laveur (Procyon lotor) au même pas.
- mais quand l’homme acquiert le bipédisme, la disproportion entre ses membres postérieurs et antérieurs devient telle que si l’homme se met de nouveau à quatre pattes, il est obligé d’employer la marche dite sur les genoux (fig. 9). Il est bon de noter cependant que beaucoup de nègres et de mulâtres ayant les membres antérieurs plus longs peuvent marcher à quatre pattes, les jambes tendues, comme le prouve, en le faisant, la danseuse bien connue Joséphine Baker (fig. 10).
- Si l’enfant marche à quatre pattes c’est parce que le
- Fig. 8. — Petits fille au trot marché sur les genoux, d’après Muybridge.
- comporte son évolution; empêcher ce développement progressif et l’obliger à marcher trop tôt sur deux pieds, c’est risquer de provoquer de regrettables conséquences pathologiques dont certaines déviations de la colonne vertébrale et des membres, comme je l’ai indiqué dans mon travail à ce sujet (2) et le rachitisme, comme l’a signalé mon distingué ami, le Professeur G. Petit, en communiquant mon travail à la Société de Pathologie comparée.
- P. Magne de la Croix.
- 1. P. Magne de la Croix. «Conséquences pathologiques de l’actuelle éducation infantile ». Revue de Pathologie comparée. 33e année, n" 443, Paris, 1933.
- Fig. 10. — La danseuse Joséphine Baker au trot marché, jambes
- tendues.
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- = LES MACHINES A STATISTIQUES 3
- LA COMPTABILITÉ STATISTIQUE - LES CARTES PERFORÉES LES MACHINES A PERFORER LES CARTES
- Le recensement général de la France qui vient d’avoir lieu va nécessiter la classification et la discrimination en un certain nombre de groupes de quelque quarante millions de fiches individuelles. Leur dépouillement à la main serait pratiquement impossible tant à cause du temps et de la main-d’œuvre qu’il demanderait, que des erreurs inévitables qui s’y glisseraient et pourraient fausser totalement les renseignements généraux.
- On aura recours à des machines, dites machines à
- est rien et au cours des perfectionnements du système initial, on s’aperçoit que le champ d’application de ces machines est beaucoup plus vaste; il englobe pratiquement toute la comptabilité ordinaire avec l’avantage d’une souplesse infiniment plus grande, permettant d’extraire des renseignements plus complets, plus divers avec une sécurité au moins égale et une rapidité impossible à obtenir par un autre système comptable. Cette comptabilité qui permet à un chef de voir clair, à tout
- Fig. 1. — Un modèle standard de carte à perforations pour statistique. (En dessous : traduction en clair des indications).
- statistiques, originaires d’Amérique où justement lors du onzième recensement, en 1890, le problème s’était posé dans toute son ampleur par suite du nombre des fiches à trier et de la multiplicité des renseignements qu’elles comportaient. C’est le Dr Hollerith, ingénieur et statisticien éminent, qui eut le mérite de résoudre entièrement le problème et il créa un ensemble de machines dont nous allons décrire le type actuel, perfectionné par 40 ans d’expériences et de recherches, et que l’on désigne sous le terme générique de machines à statistiques.
- Ce nom est d’ailleurs assez peu satisfaisant, car à première vue, il semble indiquer que ces machines n’ont pour but que de réaliser des statistiques, résultat intéressant, mais qui est limité et bien particulier. Or il n’en
- moment, dans un réseau administratif même très compliqué, élargit singulièrement le domaine de commandement accessible à un seul homme : et à ce titre, elle a puissamment aidé à modifier, dans le sens de la concentration, la structure économique du monde moderne.
- LE PRINCIPE DE LA CARTE PERFORÉE
- Le principe sur lequel reposent les machines à statistiques est l’emploi de la « carte perforée ». C’est là l’idée neuve et fondamentale du Dr Hollerith.
- Toutes les données du document initial sont traduites par des perforations dans une carte, suivant un code préétabli, c’est en fait l’application à un cas particulier des cartons des métiers Jacquard. Ces perforations ont lieu dans des colonnes bien déterminées et dont le nombre
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- Fig. 2. — Poinçonneuse automatique visible Samas-Powers.
- peut atteindre, suivant les dispositions réalisées, 45, 80 ou 90. La carte standard a 188 mm de largeur et 82 mm de hauteur et peut recevoir par exemple 45 chiffres. Ces 45 signes sont disposés sur 45 colonnes réparties entre les rubriques différentes, devant trouver place sur la carte.
- Dans chaque colonne, au lieu d’écrire un chiffre, on perfore un trou de 3 mm environ de diamètre. La valeur du trou perforé dépend uniquement de l’emplacement de la perforation dans la colonne considérée. Il y a 10 posi-
- Fig. 3. — Principe de la perforation point par point, dans la poinçonneuse électrique Hollerith.
- L Plaque de ^-perforation
- Touche
- Pièce
- intermédiaire
- Electro-
- aimant
- tions normales correspondant aux chiffres de 0 à 9 et deux positions supplémentaires, dans la partie haute de la carte et que l’on appelle positions 11 et 12.*'
- Leur but est d’augmenter artificiellement le nombre des colonnes de la carte. En effet, on peut utiliser normalement les positions 1 à 9 de la carte et considérer les positions 0, 11 et 12 de la même colonne comme correspondant par exemple aux dizaines 10, 20, 30. Pour perforer 27 il suffit alors de perforer simultanément 20 (c’est-à-dire 11) et 7 dans la même colonne.
- La figure 1 représente une carte ainsi perforée (les ronds noirs correspondant aux trous) et en dessous la traduction des perforations. Remarquons immédiatement que l’emploi de la carte perforée implique forcément celui d’un code.
- L’usage des codes se généralise de plus en plus dans l’industrie et le commerce, en dehors d’ailleurs de toutes applications des machines à statistiques, et cela par suite de la diversité et de la multiplicité sans cesse plus grande des articles manufacturés. Leur établissement est évidemment très important et très délicat. Il faut non seulement cataloguer, suivant un système rationnel, tous les articles existants, mais encore avoir la possibilité, sans changer le code, d’y insérer ensuite tous les articles nouveaux qui pourront être créés.
- Donnons un exemple simple. En visserie, il existe un nombre considérable de vis ; comment les désigner rationnellement par un code uniquement numérique ? Une vis est caractérisée par son diamètre, la forme de sa tête (cylindrique, plate, bombée, à six pans, fraisée, etc.) et la longueur de la partie filetée (les pas des filets sont maintenant normalisés). Nous pouvons donc convenir que le nombre représentant une vis sera de la forme 50 212, indiquant que le diamètre est 5 mm, la tête bombée 02, la longueur filetée 12 mm. Si l’indicatif d’une vis à tête six pans est 03 par exemple, la vis 70 325 est une vis de 7 mm de diamètre, à tête six pans filetée sur 25 mm. En résumé le code doit être tel qu’un nombre identifie un article et donne sur lui le plus de renseignements, tout comme une formule chimique renseigne sur la constitution d’un corps.
- Naturellement toutes les autres indications seront représentées par des chiffres : les vendeurs, les agents, les fournisseurs, les clients etc..., de même que dans les banques, chaque client titulaire d’un compte est représenté par le numéro de ce compte.
- LA. COMPTABILITÉ STATISTIQUE
- Une fois la carte perforée d’après les indications du document original, et après adjonction, si besoin est, de tous les renseignements utiles, elle devient la véritable pièce comptable et c’est sur elle que l’on opérera pour tous les états et situations qui constituent véritablement la comptabilité.
- A quoi se ramène en définitive la comptabilité : à grouper suivant des ordres différents les diverses indications du document initial. Expliquons-nous, en prenant un cas simple, celui des factures à clients, qui comporteront chacune par exemple : le nom du client, celui du représentant, la date de facturation, celle de paiement, le
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- décompte des marchandises, le prix total par article, le montant de la facture.
- On commence par grouper les factures par date pour avoir les chiffres d’affaires, ensuite on les groupe par représentant, pour le calcul de la commission, on les groupe par client pour l’établissement des relevés, on les groupe par dates de paiement jmur avoir la situation des rentrées. En général on s’arrête là; chacun de ces groupements nécessite des livres distincts, et oblige à reporter manuellement le même chiffre dans chacun d’eux, ce qui est long, peut donner lieu à des erreurs par omission ou transcription incorrecte, d’où obligation de vérifications et de recoupements, de « balances ».
- Avec le système à cartes perforées, toute cette manipulation de livres comptables différents (et coûteux) est éliminée. En effet, supposons que nous ayons établi pour toutes les factures d’un mois des cartes analogues à celle représentée figure 1; nous en avons 1000, 10000, peu importe le nombre, et nous désirons établir le compte de commissions du représentant dont l’indicatif est 310. Nous prenons toutes nos cartes et les faisons passer dans une machine (la trieuse) qui va les trier automatiquement; nous verrons plus loin comment cette opération est réalisée, et nous donnera le paquet de cartes relatif à ce représentant.
- Ensuite, nous placerons ce paquet de cartes dans une autre machine (dite calculatrice ou tabulatrice) qui automatiquement donne un état imprimé comportant toutes les indications portées sur les cartes perforées (ou seulement si on le désire certaines d’entre elles) et finalement le total des montants des factures. Nous avons établi notre compte représentant. De même si nous voulons le compte du client 2459, la trieuse nous « sortira » toutes les cartes relatives à ce client et le passage à la calculatrice donnera le montant de ses factures.
- Bien plus, et ce point constitue un des avantages les plus considérables du système à statistiques, nous pouvons obtenir des renseignements que la comptabilité normale ne peut fournir à moins d’une complication et d’une multiplicité de livres et d’écritures qui la rendraient pratiquement inextricable.
- Supposons en effet que nous voulions savoir combien, dans le mois, de produits codifiés 56 825 ont été vendus. En général il est difficile, sinon impossible, d’avoir ce renseignement en comptabilité. Ici, rien de plus simple : un tri nous donnera toutes les cartes portant l’indicatif 56 825 dans la zone « n° du produit », la calculatrice nous en dressera l’état détaillé et en donnera le total. Il sera alors facile, pour le chef d’industrie,de vérifier, de contrôler les sorties du stock, de tirer des déductions sur le marché et la vente de cet article, de prendre toutes décisions utiles pour la fabrication, etc...
- Tels sont les principes dü système de comptabilité à l’aide des machines à statistiques. Nous avons vu qu’elle comporte l’emploi de trois machines différentes : machines pour perforer les cartes (les perforatrices) ; machines pour les trier (les trieuses), machines pour
- Fig. 4. •— Poinçonneuse à main.
- retranscrire en clair les perforations des cartes sélectionnées et en totaliser certaines indications (les calculatrices ou tabulatrices). Nous allons successivement donner le principe des réalisations de ces diverses machines.
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- Deux systèmes sont en présence et, à l’heure actuelle, se partagent à peu près également les faveurs des usagers : le système Hollerith ou « système électrique » dans lequel les diverses manœuvres sont commandées électriquement, par l’intermédiaire de contacts et de relais, et le « système mécanique» réalisé dans les machinesSamas-Powers dans lesquelles toutes les opérations sont effectuées à l’aide de mouvements purement mécaniques. Ces deux systèmes, de conception entièrement différente, fournissent des résultats identiques et il est difficile d’accorder à l’un la supériorité sur l’autre.
- Fig. 5. — Mécanisme de commande de la perforatrice automatique de la figure 2.
- Touches du cia vier
- Béquille-
- Roue à cochet s
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- -Ressort de verrouillage
- Verrou
- Plongeur verrouillé y en position basse
- Taquet de déverrouillage
- Fig. 6. — Détail du verrouillage de commande des béquilles dans le mécanisme de la perforatrice automatique Samas-Powers.
- LES CARTES A STATISTIQUE
- La nature même du papier dont est constituée la carte perforée a une grande importance. Ce papier, assez épais, (environ 17 centièmes de mm) a été une des principales difficultés qui ont dû être résolues pour que les machines à statistiques puissent prendre l’essor qu’elles connaissent actuellement.
- Le papier est hygrométrique et par suite sujet à des variations de rigidité, de résistance mécanique et de dimensions. 11 doit, pour l’application envisagée, être, susceptible d’être manipulé par les machines un grand nombre de fois. Dans le système électrique, comme des contacts électriques doivent pouvoir être établis là
- seulement où il existe des perforations, il doit être exempt dans sa pâte même de toute particule métallique ou conductrice qui pourrait déterminer des contacts intempestifs. Dans le système mécanique, cette restriction n’existe pas. Enfin les cartes doivent être de dimension et d’épaisseur rigoureusement déterminées.
- La mise au point de cartes répondant à toutes ces conditions a été très délicate et très longue; les précautions nécessaires dans leur fabrication entraînent un prix assez élevé et la dépense de cartes est un facteur important du coût d’exploitation des installations.
- LES MACHINES A PERFORER LES CARTES
- La perforation se réalise à l’aide de machines dites perforatrices ou poinçonneuses, dont le principe est très simple. Un clavier disposé au centre de la machine (fig. 4) comporte 14 touches, dont 12 servent à la perforation proprement dite (1 à 12) et deux autres commandent l’une l’échappement du chariot porte-carte (qui se déplace comme le chariot d’une machine à écrire) de façon à pouvoir éjecter la carte lorsque la perforation se termine avant la dernière colonne, l’autre l’avancement du chariot d’une colonne, sans y effectuer de perforation, et joue le rôle de la barre d’espace d’une machine à écrire. Comme dans celle-ci, la carte étant mise dans le chariot porte-carte, ce chariot est repoussé à la main vers la droite, et chaque fois que l’on appuiera sur une des 12 touches de perforation, une crémaillère le fera avancer d’une colonne. En même temps, la dépression d’une touche, par un système simple de leviers, vient appuyer sur la tête d’un poinçon, correspondant à la perforation désirée, contenu dans une boîte à poinçons située au-dessus de la carte. Le poinçon descend et perfore la carte.
- On a perfectionné cette poinçonneuse à main, de façon à rendre la perforation indépendante de l’opérateur, de même que dans certaines machines à écrire électriques, l’impression s’effectue par un mécanisme empruntant son énergie à une source extérieure et non à la force de frappe de l’opérateur. On est ainsi assuré que la perforation sera bien complète. ,
- La figure 3 montre le principe de la perforation dans une poinçonneuse électrique Hollerith. Lorsque l’on abaisse une touche, le talon de celle-ci vient appuyer sur l’une des branches a d’un levier coudé A, dont l’extrémité de l’autre branche porte un doigt b engagé dans une encoche de la pièce intermédiaire. Celle-ci, qui est maintenue en position initiale par un ressort r%, se déplacera dans le sens de la flèche, vers là gauche dans la figure, et son extrémité vient alors s’engager entre le poinçon et la plaque de perforation. La pièce intermédiaire porte une seconde encoche c sur laquelle s’appuie un levier coudé D qui, en basculant soulève la pièce E. Cette pièce en se déplaçant ferme le circuit d’alimentation d’un électro-aimant puissant qui attire alors son armature. Celle-ci agit sur un système mécanique, du genre dit « à genouillère »
- Fig. 7. —• Bloc de perforation d'une poinçonneuse automatique de caries Samas-Powers,
- Plongeurs‘
- Logement de la carde
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- 7
- Plongeurs
- Poussoirs interméd'f
- Poinçons
- Fig. 8. — Schéma du mécanisme de perforation.
- ) Position initiale de la carte et des poinçons.
- ) Position de la carte et des poinçons pendant la perforation.
- qui met en mouvement la plaque de perforation qui s’abaisse. La pièce intermédiaire suit son mouvement et pousse le poinçon qui perfore la carte.
- Remarquons que la réalisation est très simple car s’il y a autant de pièces intermédiaires que de touches de perforation, soit 12, et qu’il y ait 12 poinçons, toutes les encoches c peuvent être placées sur le même alignement, de sorte que le levier D est unique, commun à toutes les touches et prend la forme d’une cornière. La pièce E qui commande l’électro-aimant est unique aussi, ainsi que la tringlerie de commande de la plaque de perforation qui s’étend au-dessus des 12 poinçons.
- C’est cet ensemble commun à toutes les touches qui actionne également la crémaillère d’avancement du chariot porte-carte.
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- Une réalisation toute différente est celle de la poinçonneuse automatique Samas-Powers que nous allons décrire brièvement. Dans cette machine représentée figure 2, au lieu de perforer successivement chaque colonne, la manœuvre des touches n’a pour effet que de préparer la perforation, celle-ci est effectuée d’un seul mouvement sur toute la carte lorsque toutes les indications que l’on désire être portées sur la carte ont été frappées. On peut donc ainsi, avant perforation, corriger les erreurs qui auraient pu être commises, d’où économie de temps et de cartes.
- Voici le principe de cette machine (fig. 5). La dépression d’une touche actionne un tendeur qui vient pousser la partie supérieure d’un levier coudé. Celle-ci en pivotant enfonce une béquille b, abaisse l’extrémité d’un levier c dont l’autre extrémité soulève une ancre de la roue à rochets. Un autre levier d est ensuite poussé, et il soulève l’autre ancre en abaissant la première. Ces mouvements font tourner la roue d’une dent et déplacent le chariot d’une colonne.
- Sous les béquilles b se trouvent 12 plongeurs (fig. 6) susceptibles d’être verrouillés soit en position haute, soit en position basse, comme on le voit sur la figure. L’enfoncement d’une béquille entraîne donc celui du plongeur correspondant.
- Au-dessous de ces plongeurs dont le nombre est de 12 par colonne, se trouve le « bloc des intermédiaires », bloc identique mais composé de petits ergots sollicités vers le haut par des ressorts (fig. 7). Ces deux blocs, plongeurs et poussoirs intermédiaires, sont fixés au bâti de la machine.
- On voit immédiatement que le poussoir qui a été enfoncé par le déplacement du plongeur qui lui correspond ne peut plus remonter. Il vient alors presque au contact du poinçon de perforation proprement dit qui se trouve sous lui.
- La carte à perforer se trouve prise entre deux plaques perforées, deux matrices, qui peuvent avoir un mouvement vertical de bas en haut. Quand on désire effectuer la perforation, on appuie sur une touche dite « de perfo-
- ration » ou « punch ». Les deux matrices inférieures se soulèvent alors, entraînant la carte. Celle-ci à son tour soulève les poinçons sauf ceux qui se trouvent bloqués, par suite de l’enfoncement de leur plorgeur. Sur ces poinçons bloqué?, la carte se perfore elle-même en continuant son mouvement d’ascension (fig. 8 a et b).
- Remarquons que pour une carte de 45 colonnes, il y a 540 plongeurs, autant de poussoirs et de poinçons disposés en 45 colonnes situées à 3,96 mm l’une de l’autre, et, dans chaque colonne, les ensembles plongeur-poussoir-poinçon étant à 6,35 mm l’un de l’autre. Ceci donne une idée des difficultés qui ont dû être vaincues dans la réalisation industrielle.
- L’EFFACEMENT DU CLICHÉ DE PERFORATION
- La carte est perforée, il faut maintenant « effacer » le cliché de perforation qui a été utilisé. On se sert pour cela du mouvement de retour en arrière du chariot pour le ramener de la colonne 45 à la colonne 1. On peut le faire en actionnant soit le levier a, soit le bouton b (fig. 9 et 10). Si l’on pousse le levier a, on provoque, avant tout
- Fig. 9 et 10. —• Détail du mécanisme de commande de l’effacement du cliché de perforation.
- WW Verrou
- Verrou
- Taquet de déverrouillage
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- Fig. 11. — Dispositif d’effaçage partiel du cliché de perforation A gauche : retour du chariot au moyen du bouton.
- A droite : retour du chariot au moyen du levier.
- déplacement du chariot, la descente du galet c. Lorsque le chariot se déplacera, ce galet, en appuyant au passage sur les taquets de déverrouillage d, provoquera par leur intermédiaire le décalage des verrous. Les plongeurs enfoncés, sous l’action des ressorts de poussoir remonteront aussitôt. Le cliché de perforation est alors effacé. On peut empêcher l’effaçage du cliché sur toutes les colonnes, si par exemple on désire faire deux exemplaires de la carte, en ramenant le chariot à l’aide du bouton b qui n’agit pas sur le galet c et le laisse au-dessus des taquets. Si on veut n’effacer que certaines colonnes, par exemple si toute une série de cartes comporte des indications communes (date, agence, etc.), il suffit d’abaisser les taquets correspondant aux colonnes dont on désire reproduire les indications, ce qui les met hors d’atteinte
- Fig. 12. — Poinçonneuse inscrivante Samas.
- du galet d’effaçage. La figure 11 permet de se rendre compte immédiatement du fonctionnement du dispositif.
- Nous ne dirons rien du mécanisme de montée de la matrice portant la carte. Il comporte un petit moteur électrique qui sous l’action de la touche « punch » agit sur un « embrayage, un tour» actionnant une came qui soulève la matrice.
- Toutes les poinçonneuses que nous venons de décrire comportent de multiples dispositifs annexes dont la description sortirait du cadre de cette étude : alimentation automatique de cartes vierges, éjection automatique des cartes une fois perforées, dispositifs d’espacements ou de skip permettant de sauter des zones dans lesquelles on ne veut pas perforer, etc.
- VÉRIFICATION DES PERFORATIONS
- La carte perforée étant le document initial essentiel sur lequel les machines vont avoir à travailler pour en extraire, avec une sûreté absolue, les renseignements désirés, il importe qu’aucune erreur ne soit faite dans la perforation. Celle-ci est la seule opération où l’erreur humaine peut se produire et comme il n’est pas rare que d’habiles opératrices établissent 250 à 300 cartes à l’heure, il est nécessaire de soumettre leur travail à une vérification aussi serrée que possible.
- Le procédé de contrôle que l’on utilise consiste essentiellement, à l’aide d’une machine dite vérificatrice, à refrapper une seconde fois la carte, ou à établir un second cliché de perforation. Les vérificatrices n’ont pas de poinçons coupants, mais si les poinçons qui ont été actionnés dans la seconde frappe ne coïncident pas avec les trous de la perforation, la vérificatrice est bloquée et avertit par cela même qu’une erreur a été commise. Un autre procédé consisterait à passer les cartes dans la calculatrice branchée convenablement pour donner simplement la traduction en clair des perforatrices, à l’exclusion de tout calcul, et à collationner le bordereau ainsi établi avec les documents originaux. L’expérience a montré que ce collationnement soit visuel par un seul opérateur, soit oral, par deux opérateurs, était moins sûr que l’emploi des vérificatrices.
- LES POINÇONNEUSES INSCRIVANTES
- Les difficultés de lecture des perforations des cartes et des recherches dans les fichiers ont amené les constructeurs à réaliser des machines donnant, en même temps que la perforation, l’inscription en clair des nombres en haut de la carte.
- Le principe de ces poinçonneuses inscrivantes est simple : il suffit de commander, par la dépression des touches de frappe, les leviers d’une machine à écrire dont les barres à caractères viendraient inscrire le chiffre en haut de la colonne où il a été perforé. La figure 12 montre une poinçonneuse inscrivante Samas. On voit nettement la partie machine à écrire de l’appareil.
- Le stade suivant de l’évolution de la perforation a été tout naturellement la suppression de la codification des noms et l’inscription et la perforation des lettres. On a alors les perforatrices ou poinçonneuses alpha-numériques. La traduction des lettres en perforations est réalisée
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- simplement à l’aide de deux perforations dans la colonne. La figure 13 montre une perforatrice alpha-numérique inscrivante Samas. On voit nettement le clavier des lettres à gauche, le clavier des chiffres à droite, la corbeille de machine à écrire avec le mécanisme de ruban, le chariot porte-carte et la matrice des poinçons.
- La ligure 14 représente une perforatrice alpha-numérique Hollerith. Nous dirons quelques mots de cette machine qui repose sur un principe original, sur lequel nous aurons l’occasion de revenir dans un autre article.
- Le schéma de la figure 15 permet de comprendre son fonctionnement qui est entièrement électrique. 'Foutes les manœuvres : inscription, perforation, déplacement du chariot porte-carte, alimentation et éjection, sont commandées par un arbre A qui tourne constamment sous l’action d’un moteur électrique. Cet arbre qui s’étend sous tout le clavier entraîne, claveté sur lui, un cylindre taillé dont la section est celle d’une roue à roehets portant un certain nombre de dents saillantes a. Une
- Fig. 13. — Perforatrice alpha-numérique Samas.
- par le doigt g et finalement le levier porte-caractère N, attaqué par le doigt h, est projeté sur la carte C placée dans un chariot porte-carte disposé verticalement. L’impression est donc réalisée. En même temps, le doigt l fait pivoter un levier P qui, par une tringlerie analogue à celle de la perforatrice électrique, détermine le ver-roudlage du poinçon ou des deux poinçons correspondant à la perforation à réaliser et provoque la perforation par un électro-aimant, comme nous l’avons vu précédemment. Quand la frappe et la perforation ont eu lieu, un dispositif classique écarte la barre B de a et sous l’action du ressort R tout le mécanisme revient à sa position initiale et le chariot porte-carte avance d’une colonne.
- Dans un prochain article, nous examinerons les machines qui extraient et totalisent les renseignements statistiques enregistrés sur les cartes perforées. {A suivre). H. Vigneron.
- Fig. 15. — Mécanisme de la perforatrice électrique alpha-numérique Hollerith.
- rangée de barres B correspondant chacune à une touche T du clavier se trouve disposée perpendiculairement à l’axe A. Chaque barre B peut osciller autour d’un axe b qui passe dans une boutonnière, et est maintenue en position par un ressort R. Elle porte une dent c qui, au repos, vient reposer sur la queue d du levier de la touche T.
- Quand on déprime la touche T, d libère c et, sous l’action du ressort R, la barre B pivote dans le sens de la flèche. Ce mouvement a pour effet de rapprocher le cran e de l’axe en rotation A, permettant alors à la dent a d’entrer en prise avec e. La barre B est donc violemment tirée dans le sens de la flèche. Le levier L se trouve entraîné par le doigt / solidaire de B. Il bascule, le mouvement se trouve amplifié par le levier M entraîné
- Matrice
- Fig. 14. — Perforatrice électrique alpha-numérique Hollerith.
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- LA LUTTE CONTRE LES INSECTES DES GRAINS ENSILÉS
- Fig. 1. — Charançon sortant d'un grain de blé (photographié à un assez fort grossissement).
- Jusqu’à une époque en somme assez rapprochée, le paysan vendait les produits de sa ferme dans son voisinage immédiat, au plus à quelques centaines de kilomètres. En particulier pour les céréales, chaque région cultivait en hlé, seigle, orge, avoine ou maïs des surfaces de terrains en rapport avec les besoins locaux et les échanges de denrées alimentaires à longue distance se limitaient à des quantités d’appoint d’une importance minime. Les récoltes se trouvant dispersées par petites masses, dans de nombreux greniers, les pelletages, la ventilation des locaux, le passage des grains au tarare, suffisaient pour protéger tant bien que mal, pendant quelques mois, les céréales engrangées, contre les rongeurs, les insectes, les moisissures et autres agents destructeurs.
- Mais les conditions de la vie rurale ont changé par suite de l’industrialisation des fermes, de la spécialisation culturale dans certaines régions et de l’accroissement des échanges internationaux. Il en est résulté un décalage de temps plus ou moins grand selon les pays, entre la production et la consommation. En cas d’abondance ou de mévente, d’énormes stocks de céréales s’accumulent qui doivent parfois attendre plusieurs années avant de trou-
- Fig. 2. — Tas de blé envahi par les Charançons dans le grenier d’une ferme.
- ver acquéreurs. D’où la nécessité, pour les conserver intactes, d’employer non plus d’empiriques moyens de fortune exigeant beaucoup de main-d’œuvre, mais d’efficaces et scientifiques procédés de conservation.
- Au premier rang des ennemis des grains ensilés figurent plusieurs membres de la famille des Curculionides : les Calandres, dans les céréales, et les Bruches dans les pois. Le plus terrible est le Charançon du blé (Calandra grana-ria L.), long à peine de 3 à 4 mm. Son rostre est d’une belle taille pour une bestiole si petite et porte à sa base des antennes terminées par une massue oblongue. Somnolent tout l’hiver, le Charançon sort de son engourdissement aux premiers effluves printaniers. Dès que le thermomètre marque 8 à 10°, il escalade les sacs, trottine sur les planchers ou à travers les silos pour s’accoupler, puis pondre. A partir de ce moment et pendant les cinq mois chauds, les magasiniers doivent ouvrir l’œil, caria famille Calandre est prolifique : chaque couple donne 150 à 200 œufs qui se développent rapidement et l’on compte de 4 à 6 générations successives pendant la saison d’été.
- La femelle s’enfonce à quelques centimètres dans le tas de céréales et, choisissant un grain le pique avec son rostre, d’ordinaire dans le sillon. Elle dépose un œuf dans le petit tunnel qu’elle a creusé et bouche l’orifice avec un enduit d’une couleur identique à celle de l’enveloppe. Elle répète son manège sur les grains voisins, jusqu’à ce qu’elle ait casé tous ses œufs, un par un.
- Si le temps est propice, une dizaine de jours après la ponte, une petite larve blanche, molle, apode et allongée sort de chaque œuf et avec ses fortes mandibules dévore l’intérieur des grains. Quand elle se transforme en nymphe, il ne reste plus que l’enveloppe vidée. Au bout de huit à dix jours, la nymphe mue en insecte parfait, qui recommence le cycle.
- De taille plus petite et d’aspect quelque peu différent du précédent, le Charançon du riz (Calandra orizæ L.), est également un redoutable amateur de grains. Sur ses élytres, brunâtres et striées, se voient quatre taches rougeâtres tandis que celles du Charançon du froment sont unicolores. Originaire des Indes orientales, cette Calandre attaque non seulement le riz, mais aussi le blé, le maïs et on emploie, contre ces deux Charançons, les mêmes procédés de lutte.
- Jadis on se contentait d’éliminer, par criblage, la majeure partie des adultes sortis de leur alvéole natale, ainsi que les grains attaqués, devenus plus légers et fragiles. On procédait, d’autre part, à des pelletages répétés afin de provoquer la fuite des Charançons vers un petit tas refuge qu’on brûlait ensuite.
- Les énormes masses stockées aujourd’hui sont traitées par des insecticides gazeux. On utilisa d’abord l’anhydride sulfureux liquéfié dans des bouteilles ou obtenu par combustion du soufre. On préconisa aussi le sulfure de carbone, qui a le défaut d’être inflammable. On traita par des gaz asphyxiants : l’acide cyanhydrique particu-
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- Fig. 3. — Installation de dêsinseclion des grains à la pression atmosphérique.
- a, cellules du silo; b, diffuseurs de gaz toxiques; c et d, collecteurs d’aspiration et de refoulement; e, ventilateur; f, générateur de gaz carbonique; g, poste de vaporisation d’oxyde d’éthylène; h, réservoir mélangeur des gaz; i, appareil de contrôle.
- lièrement toxique pour l’homme, la chloro-picrine, irritante et lacrymogène, qui nécessitent des professionnels munis de masques respiratoires. On employa encore le tétrachlorure de carbone, le trichloréthylène, le paradichlorobenzène,lebiehlorure d’éthylène, le tétraehloréthane, le bromure d’éthyle, le formiate de méthyle, moins dangereux pour l’homme.
- On préfère assez souvent, aujourd’hui, l’oxyde d’éthylène qui se décompose spontanément en présence des traces d’eau que renferment toujours les grains, donnant en quelques jours du glycol dont l’ingestion en minimes quantités n’offre aucun inconvénient pour la santé. On y ajoute fréquemment du gaz carbonique qui, excitant l’activité respiratoire des insectes, accroît la quantité de substance toxique pénétrant dans leur système trachéen et, par conséquent, les tue plus sûrement.
- Voyons maintenant comment on assure la pénétration et la répartition des vapeurs dans de grands silos, tels ceux qu’ont équipés, par exemple, les établissements lluhler frères, de Paris, pour la Chambre de Commerce d’Oran (Algérie). Le bâtiment principal, constituant le silo proprement dit, a une capacité de 30 000 t et comprend diverses installations accessoires (fosses de déchargement, passerelles et portiques d’embarquement, élévateurs pneumatiques, etc.). Au milieu et dans toute la largeur de l’édifice, se trouve la chambre de travail qui comporte un sous-sol, un rez-de-chaussée et huit étages tandis que les 180 cellules, de forme carrée occupent les deux ailes. Ces cellules, d’une hauteur totale de 23 m, se répartissent en 72 grandes cellules de 280 t, 36 cellules moyennes de 135 t et 72 cellules de 68,5 t. Deux des grandes et deux des moyennes cellules sont affectées à la désinsection des céréales, au moyen d’un mélange ininflammable d’oxyde d’éthylène et d’anhydride carbonique, selon le système conçu par les établissements M. Mallet de Paris.
- Le brassage nécessaire de l’atmosphère toxique s’obtient, dans chaque cellule, par une circulation forcée, verticale ou transversale du mélange gazeux.
- Dans les installations de désinsection à la pression atmosphérique, par circulation verticale, on aspire les gaz à la base de la cellule et on les refoule au moyen d’un ventilateur à la partie supérieure. Un conduit collecteur amène les vapeurs insecticides du réservoir de préparation dans le courant gazeux. Naturellement les parois de chaque cellule, les canalisations d’aspiration et de refoulement ainsi que les orifices de chargement et de déchargement doivent être étanches pour éviter les fuites de gaz au cours de leur cheminement. Dans un grand silo comme celui d’Oran, on traite d’ordinaire les grains au moment de leur réception dans une ou deux cellules dites « de passage » spécialement aménagées; on peut y réchauffer les grains en hiver, au moyen d’une circulation d’air chaud, de façon à réveiller les insectes,
- ce qui accroît l’efficacité des vapeurs insecticides.
- Les établissements Mallet ont également construit des installations fonctionnant sous un vide partiel qui favorise la pénétration des vapeurs toxiques dans les
- Fig. 4. —• Désinsection sous vide pailiel. a, autoclave vertical; b, élévateur; c, trémie d’ensachage; d, atelier des gaz toxiques; e, ventilateur.
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- Fig. 5 et 6 (en haut). — Bruche du pois. —• Pois sectionnés pour montrer la cavité où est la nymphe. — Fig. 7 (en bas). — Sortie de
- l’insecte parfait.
- grains. Ces autoclaves verticaux servent surtout à traiter les graines de légumineuses attaquées par les Bruches qui se délectent des pois, des lentilles, des fèves et des haricots.
- L’un de ces coléoptères, la Bruche des pois (Bruchus pisi) est noir, revêtu d’une toison de poils jaunâtres et blancs. Des taches ovoïdes noires ornent les bandes transversales de ses élytres. Ses antennes comme ses jambes sont jaune rougeâtre, et une forte dent arme la pointe de ses cuisses postérieures.
- A l’époque de la floraison des Légumineuses, la femelle pond ses œufs sur les jeunes gousses et en dépose ordinairement un seul sur chaque graine. La larve ronge le pois, puis creuse un puits de sortie tout rond et à parois très nettes, pour faciliter la sortie du futur adulte.
- Fig. 8 (en haut) et 9 (en bas). — Bruche du haricot. — Dégâts
- causés aux haricots par les Bruches.
- Voici comment J.-LI. Fabre décrit, dans ses Souvenirs entomologiques, la façon d’opérer de l’ingénieuse bestiole :
- « Le ver, forant le pertuis de délivrance, ronge la matière farineuse sans en laisser une miette. Parvenu à la peau du grain, brusquement il s’arrête. Cette membrane demi-translucide est le rideau protecteur de l’alcôve à métamorphoses, l’opercule qui défend la cabine contre les malintentionnés de l’extérieur. C’est aussi l’unique obstacle que rencontrera l’adulte à l’heure du déménagement. Pour en faciliter la culbute, le ver a eu soin de graver à l’intérieur tout autour de la pièce, une rainure de moindre résistance. L’insecte parfait n’aura qu’à jouer des épaules, cogner un peu du front pour soulever la rondelle et la faire choir, pareille au couvercle d’une boîte. »
- Au mois d’août, des orbes se dessinent sur les pois puis en septembre ces opercules découpés à l’emporte-pièce, se détachent et tombent par terre laissant libre chacune des entrées des minuscules logis. De chaque pois, sort une Bruche frétillante qui, après les liesses automnales, se retire pour hiverner en une retraite quelconque; d’autres ne quittent la semence natale qu’au retour du printemps, pour pondre sur les gousses en fleur. Lorsque les pois arrivent dans les magasins, le mal est déjà fait, « irréparable mais non transmissible », comme le constate encore J.-H. Fabre. Des grains attaqués, les Bruches s’envoleront, à leur heure, et si elbs ne trouvent pas le moyen de s’échapper de l’entrepôt, elles périront sans infester les pois secs restés sains.
- Le Bruchus rujinamus, Cdiarançon noirâtre de même grandeur que celui du pois, dévore les fèves; le Bruchus pallidicornis, qui mesure à peine 3 mm de longueur, aime mieux se nourrir aux dépens des lentilles. La Bruche des haricots (Bruchus obtectus), originaire des Etats-Unis, ne vit pas solitaire comme celle du pois et a des mœurs quelque peu différentes. Les femelles, au lieu d’effectuer leur ponte sur les gousses en voie de formation, s’attaquent seulement aux haricots très mûrs; elles pondent de 4 à 5 œufs par graine, le plus souvent dans les greniers. Une fois nées, les larves pénètrent dans l’intérieur des graines et les rongent pendant l’hiver pour se transformer en nymphes au printemps suivant.L’insecte parfait sort alors en perçant un trou dans les enveloppes des haricots. Souvent il infeste les champs nouvellement semés en s’évadant des semences n’ayant pas germé. Mais c’est surtout un exploiteur des récoltes engrangées. Les mères sèment leurs œufs à l’aventure et les larves, aussi ingénieuses que leurs cousines amatrices des pois, s’établissent soit dans les haricots intacts, soit dans les grains déjà troués. Les générations se succèdent dans les magasins de cinq en cinq semaines, pendant la belle saison et il y a urgence à empêcher un tel grouillement en désinfectant les entrepôts.
- Malheureusement la fumigation à la pression atmosphérique qui détruit assez aisément les Bruches adultes, à leur sortie des pois ou des haricots se révèle peu efficace contre les larves protégées par leur cuticule imperméable. L’emploi d’un vide partiel assez poussé s’impose pour forcer cette mince cloison et faire pénétrer dans la retraite où s’abrite la vorace bestiole, le poison gazeux destiné à la tuer. Jacques Boyer.
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- RÉPARTITION DES CENTRES PRINCIPAUX 13 DE PRODUCTION ET DE CONSOMMATION
- DES PÉTROLES
- LE TRAFIC MARITIME DES PÉTROLES
- I. — EXPOSÉ
- Les graves événements qui se déroulent dans le domaine de la politique internationale, depuis quelques mois, suscitent les plus légitimes inquiétudes au sujet de nos approvisionnements en carburants; ne dit-on pas que nous consommerions environ dix millions de tonnes d'essence au cours d’une année de guerre pour les seuls besoins de nos armées en campagne, soit quatre fois plus que la consommation d’essence, en France, au cours de l’année 1935.
- Comment peut-on faire face à ces énormes besoins ? Sans doute, des réserves de pétrole estimées à deux millions de tonnes sont toujours disponibles en divers points du territoire. Néanmoins, elles seront vite épuisées si notre ravitaillement par le front de mer n’y supplée pas.
- On sait, en effet, que la France ne peut couvrir ses besoins propres en pétrole que jusqu’à concurrence de 90 000 t au maximum, provenant des terrains pétrolifères de Péchelbronn et du traitement des schistes bitumineux d’Autun.
- Quant à nos productions d’alcool et de benzol, elles seront réservées aux fabrications d’explosifs.
- Il est donc intéressant d’indiquer la répartition des principaux centres d’extraction du pétrole dans le monde et de rechercher comment ceux-ci répartissent leur production et quelles voies servent à l’acheminement des quelque 4,3 millions de tonnes de pétrole brut et des 3,9 millions de tonnes de produits raffinés que nous importons, bon an, mal an, à cette époque-ci.
- Il est utile de rappeler que quinze raffineries de pétrole, qui comptent parmi les plus puissantes et les plus perfectionnées du monde, ont été installées à la périphérie de notre territoire, au cours de ces huit dernières années. La Nature en a donné récemment une brève description et a indiqué en quoi consistent les méthodes modernes de raffinage des pétroles.
- Ces quinze raffineries ont une capacité totale de production de 6 155 000 t, qui n’est d’ailleurs pas entièrement utilisée. Il ne semble pas, en effet, que l’État français, pour des raisons économiques d’ordre général, ait jamais eu l’intention de pousser au maximum sa politique de traitement des produits bruts. Il paraît, d’une part, vouloir conserver à la France une marge d’introduction de produits raffinés, afin de disposer d’une monnaie dans les conventions commerciales passées avec l’étranger, et, d’autre part, avoir le désir de ne pas conférer aux raffineurs un monopole de fait susceptible de faire monter les prix intérieurs.
- On a envisagé d’installer des usines pour la fabrication
- des carburants de synthèse dans la Loire, dans le Tarn et dans les Bouches-du-Rhône, mais la réalisation du programme correspondant demandera beaucoup de temps et ne contribuera que pour seulement 150 000 tonnes, soit pour six journées de guerre, à nos besoins de carburants. Par conséquent, pendant de longues années encore, la France ne pourra compter que sur l’étranger pour son ravitaillement en produits pétroliers. D’où la
- fri PIALE pp
- France : 78 milliers de Tonnes Autres Pays : 53 Irak : ÎOOO-
- /Canada, Allemagne,Equateur 1190.313.232 {Egypte. Japon et Formose J 215.205
- ---Bornéo Britannique : 670
- ---Pologne : 530
- ---Inde Britannique ; 1.216
- ---Trinidad : 1.507
- ---Pérou : 1.998
- ----Argentine : 2.0^9
- M'Hiers de t»"1'
- Fig. 1. — Diagramme de la production mondiale de pétrole en 1934.
- nécessité d’un large tour d’horizon sur la production du pétrole dans le monde.
- II. — LA RÉPARTITION DE LA PRODUCTION MONDIALE DE PÉTROLE ESTIMATION DE L’IMPORTANCE DE L’INDUSTRIE DU PÉTROLE
- Mieux qu’un tableau fastidieux, le diagramme de la figure 1 permet de se rendre compte comment la production de pétrole s’est répartie dans le monde entier en 1934.
- En termes plus généraux, la hiérarchie des pays qui ont principalement contribué à l’extraction du total de 208 millions de tonnes de pétrole brut obtenues cette année-là s’est établie comme suit (1) :
- 1. L’année 1935 a battu le record de la production pétrolière, avec 226 millions de tonnes. Les Etats-Unis, avec leurs 135 millions de tonnes métriques, se taillent la part du lion dans cette production, et plus des deux tiers de l’augmentation totale en 1935 leur reviennent.
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- Quote-part.
- %
- Etats-Unis........................... 59,1
- Russie et Sakhaline.................. 11,8
- Venezuela.............................. 9,8
- Roumanie............................... 4,1
- Perse.................................. 3,6
- Mexique................................ 2,7
- Indes occidentales néerlandaises. . 2,8
- Colombie............................... 1,2
- La quote-part des autres pays est égale ou inférieure à 1 pour 100.
- Tous ces gisements de pétrole se trouvent en relation étroite avec certaines conditions géologiques indispensables.
- Habituellement, le pétrole se rencontre dans des formations géologiques produites par une sédimentation d’un caractère littoral ou lagunaire, vers la limite du domaine océanique. Il convient, en outre, que ces aires de sédimentation se soient progressivement enfoncées, de façon à enfouir des épaisseurs considérables de dépôts et que ceux-ci comprennent des alternances répétées de couches sableuses et argileuses.
- Quand on examine une carte de la répartition des gisements de pétrole connus dans le monde, il y a un fait qui saute immédiatement aux yeux, c’est que ces gisements ont une préférence marquée pour les bordures des grands plissements montagneux : au pied du Caucase, nous trouvons les gisements russes; en bordure de l’Iran, ceux de la Perse; en bordure des Carpathes, les gisements roumains et galiciens; les gisements de l’Est des États-Unis sont en relation avec les Alleghanys, ceux de Californie avec les Montagnes Rocheuses, ceux de l’Amérique du Sud avec la chaîne des Andes.
- Dans une étude antérieure parue dans La Nature, nous avons indiqué les méthodes de prospection employées pour découvrir et mettre à fruit les gisements de pétrole. Bornons-nous à mentionner que les États-Unis dépensent annuellement environ 2250 millions de francs pour le forage de nouveaux puits. Les risques correspondants sont énormes puisqu’on estime que 27 pour 100 environ des forages restent stériles.
- Fig. 2. — Carte des champs pétrolifères américains.
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- CHAMPS PÉTROLIFÈRES AMÉRICAINS
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- Pourtant, rien ne semble vouloir arrêter les chercheurs. Le puits le plus profond se trouve en Californie et descend à 3413 m. On envisage maintenant d’en forer d’autres qui atteindront la profondeur de 5000 m.
- Nous ne décrirons pas dans cette étude la structure économique de l’industrie du pétrole. Ce serait sortir des cadres de cette l'evue. Néanmoins, mentionnons que, d’une manière générale, la capitalisation boursière des grandes affaires de pétrole aux Etats-Unis et en Roumanie ressort à 500 fr environ par tonne de pétrole brut produite annuellement.
- Sur cette base et en fonction de l’extraction de pétrole brut, qui s’élève actuellement à 226 millions de tonnes par an, les capitaux engagés dans l’industrie mondiale du pétrole ressortiraient à une centaine de milliards de francs.
- Cette estimation est certainement très inférieure à la réalité. Si l’on fait intervenir, en sus des concessions aménagées, les pipe-lines, les ralïineries, les flottes de bateaux-citernes ou tankers, les réservoirs, les capitaux investis dans l’industrie pétrolière américaine sont de l’ordre de 300 milliards de francs. Pour le monde entier, ils s’élèvent approximativement à 500 milliards de francs.
- III. - LA PRODUCTION DE PÉTROLE AUX ÉTATS-UNIS
- La figure 2 indique l’emplacement des champs pétrolifères américains. Pour la majeure partie, ceux-ci se trouvent répartis entre six États, comme le montre le tableau suivant, afférent à l’année 1933.
- Texas............................ 57 401 000
- Californie....................... 24 732 000
- Oklahoma......................... 25 480 000
- Kansas............................ 5 901 000
- Louisiane....................... 3 661 000
- Arkansas.......................... 1 632 000
- 118 811 000
- Production totale des États-Unis. 128 750 000
- La zone pétrolifère la plus importante est celle du Mid-Continent qui comprend, comme son nom l’indique, les Etats du Centre : Kansas, Oklahoma, Texas et Louisiane. Dans leur ensemble, ils ont fourni, en 1933, environ 64 pour 100 du pétrole obtenu aux États-Unis. On remarquera la part prépondérante du Texas.
- Par l’importance de sa production et par sa position géographique, le Texas représente le principal État américain exportateur de pétrole. On y compte 23 pipelines dont la capacitié journalière de transport atteint 200 0001 de pétrole.
- Au voisinage du golfe du Mexique, se trouvent également 25 raffineries représentant une capacité de traitement par distillation directe de 100 000 t par jour et de 15 000 t par craquage.
- D’une façon générale, le centre de gravité de la production américaine s’est déplacé d’Est en Ouest. En 1913, les groupes de l’Est assuraient encore près de 20 pour 100 de la production. Actuellement, le Mid-Continent et la
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- Californie y contribuent pour la quasi-totalité, comme le montre le tableau ci-dessus.
- IV.—LA PRODUCTION DE PÉTROLE EN U. R. S. S.
- En 1913, l’extraction de pétrole en Russie représentait 9,2 millions de tonnes. Au cours de la période 1920-1925, elle a oscillé entre 3 et 8 millions de tonnes pour se relever ensuite progressivement. Elle est montée en 1934, à 24,1 millions de tonnes.
- La figure 3 représente l’emplacement des centres pétrolifères en U. R. S. S. La majeure partie de la production provient des régions de Bakou, presqu’île d’Apchéron, et de Grosny, respectivement exploitées par les trusts Azneft et Grozneft. Ces gisements se trouvent entre la mer Caspienne et la mer Noire. Ils débordent jusqu’à lvouban sur le littoral nord-est de celle-ci en formant un champ pétrolifère qu’exploite le trust Maïneft.
- La région de Bakou contribue maintenant pour 80 pour 100 environ à l’extraction pétrolière des U. R. S. S. Le rôle du trust Maïneft (lvouban) va en progressant tandis qu’au contraire celui de Grozneft dont la quote-part atteignait encore 12 pour 100 en 1933, décline, en raison de l’épuisement du gisement.
- Mentionnons aussi le gisement Oural-Emba, exploité par le trust Embaneft. Les indices pétroliers y sont répartis sur 70 000 km2, entre la mer Caspienne, les fleuves Oural et Emba.
- V. — LA PRODUCTION DE PÉTROLE AU VENEZUELA, EN COLOMBIE ET AU MEXIQUE
- Revenons vers l’Amérique. Tout d’abord, le Venezuela qui paraît être un pays pétrolifère de grand avenir. Ce pays ne s’inscrit sur la liste des pays producteurs que depuis 1917 mais son ascension a été vertigineuse. En effet, de 1925 à 1934, son extraction a crû de 2,8 à 20,3 millions de tonnes.
- Les indices de pétrole sont extrêmement nombreux sur toute l’étendue du territoire vénézuélien. Plusieurs champs y ont été trouvés depuis le lac Maracaïbo jusqu’au delà de l’Orénoque, où se fait la liaison avec les gisements productifs de T Ile Trinidad.
- Aux gisements du Venezuela font suite les gisements de la Colombie, puis alignés au long de la chaîne des Andes, ceux de l’Équateur, du Pérou, de la Bolivie et de l’Argentine.
- Le développement de la Colombie n’a commencé qu’en 1922 pour atteindre un débit de 2,4 millions de tonnes en 1934.
- Retenons qu’à cause de l’extension des gisements et des indices pétroliers tout au long de la chaîne des Andes, depuis le Venezuela jusqu’au sud de l’Argentine, on considère l’Amérique latine comme l’une des réserves de pétrole les plus importantes, sinon la plus importante du monde.
- Remontons maintenant vers le Mexique qui, après avoir occupé, pendant plusieurs années, le deuxième rang dans la hiérarchie des pays producteurs de pétrole, a reculé jusqu’au sixième.
- Les principaux gisements mexicains, comme le montre
- fUl MARCHE RUSSE ta DES PETROLES
- ==^~ œn Pipe-line en exploitation construction
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- • Principaux champs . o ,------1----1 500 k.
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- Fig. 3. — Emplacement des centres pétrolifères en U. B. S. S.
- la figure 4, sont situés non loin de la côte du Golfe du Mexique, entre les ports de Tuxpam et de Tampico. Ils se répartissent en champs du Nord ou de Panuco, voisins de Tampico, et champs du Sud, voisins de Tuxpam.
- En général, les gisements mexicains présentent deux graves inconvénients. Ils fournissent un pétrole lourd s’émulsionnant facilement avec l’eau et, par surcroît, ils sont facilement envahis par les eaux.
- VI. — LA PRODUCTION DE PÉTROLE EN ROUMANIE
- Les champs pétrolifères roumains sont alignés au pied de l’arc carjDathique. Ils sont représentés à la figure 5. On distingue quatre districts pétrolifères : Dambovitza, Prahova, Buzau, Bacau. Les deux premiers fournissent respectivement 55 et 44 pour 100 de l’ensemble, lequel s’est élevé à 8,4 millions de tonnes en 1934.
- C’est la Roumanie qui, la première, a créé l’industrie du pétrole. C’était en 1857. Depuis lors et jusqu’à nos jours, la Roumanie a produit 67,4 millions de tonnes de pétrole.
- En bordure des Carpathes polonaises s’alignent des gisements pétrolifères dont la production décline. Le centre le plus important est Boryslaw.
- VIL - LE PÉTROLE EN ASIE
- Dans le classement des pays producteurs de pétrole, la Perse occupe le cinquième rang et les Indes Néerlandaises le septième.
- De 1912 à 1934, la production de pétrole en Perse a passé de 0,044 à 7,5 millions de tonnes. Fait remarquable,
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- elle est uniquement limitée à la capacité de débit des pipe-lines, à la puissance des raffineries et aux besoins de la marine anglaise, les gisements appartenant à l’Anglo-Persian que contrôle l’Amirauté Britannique.
- Les gisements pétrolifères de l’Irak, au sujet desquels nous reviendrons plus loin, se trouvent à la bordure occidentale de la Perse, comme le montre la figure 6.
- L’Irak n’a été méthodiquement exploré qu’après les accords internationaux de 1923. Le premier sondage d’exploration a touché le pétrole, près de Kirkouk, le 14 octobre 1927, avec une production initiale de 10 000 t par jour. La première cargaison de pétrole de l’Irak, dit aussi de Mossoul, est arrivée au Havre le 15 août 1934.
- Les pipe-lines destinés au transport du pétrole à la côte méditerranéenne que représente la figure 6, répondent à un débit annuel d’environ 5 millions de tonnes de pétrole brut.
- La production des Indes Néerlandaises, ou Iles de la Sonde, a commencé en 1890. Elle est assurée principalement par les gisements de Bornéo, Sumatra et Java, que contrôle la Royal Dutch.
- On sait que le Japon fait un effort considérable pour subvenir à ses besoins en combustibles liquides. La figure 7, due à M. Peyret, indique les champs pétrolifères, à la vérité peu considérables, connus en Extrême-Orient. Sakhaline sur laquelle on fonde des espoirs n’a fourni que 130 000 t de pétrole brut en 1933.
- En Chine, où le pétrole a donné lieu à des exploitations très anciennes, la production n’en a jamais été qu’insignifiante. En plusieurs points du territoire chinois, on mentionne des indices intéressants. Il est actuellement impossible de se faire une idée de leur portée.
- VIII. — LES GRANDS CENTRES
- DE TRANSFORMATION ET DE RAFFINAGE DU PÉTROLE BRUT
- Jusqu’en 1924, les États-Unis participaient pour 72 pour 100 environ au ravitaillement des besoins mondiaux en essence. Depuis lors, ce taux n’a cessé de s’ame-
- Fig. 4. — Les gisements pétrolifères du Mexique.
- nuiser, pour se réduire à 24 pour 100 environ, en 1933. Cependant, l’importance des installations de transformation du pétrole brut aux Etats-Unis n’a cessé de se développer, le nombre total de raffineries y passant, de 1924 à 1934, de 574 à 628 unités. En termes plus précis, leur capacité totale de traitement brut par jour a crû de 450 000 à 600 000 t environ. C’est principalement dans le Texas que se rencontrent ces raffineries. Viennent, bien après lui, la Californie, l’Oklahoma et la Pennsylvanie.
- Mentionnons un autre fait saillant digne de retenir l’attention. Il correspond au pourcentage d’essence tiré du pétrole brut. Aux États-Unis, il est passé de 33,1 pour 100 à 49 pour 100 au cours de la période 1924-1932.
- Il ne dépasse guère, croyons-nous, 33 pour 100 en France, contre 21 pour 100 en Roumanie et probablement pas plus de 16 pour 100 en Russie. Ces rendements dépendent de la qualité du pétrole brut mis en oeuvre et du degré de perfectionnement technique du matériel employé.
- La capacité journalière de l’industrie mondiale du raffinage atteint le chiffre considérable de 960 000 t.
- Les États-Unis viennent de beaucoup en tête avec plus de 60 pour 100 de l’ensemble. Ils sont suivis par l’Europe, l’Amérique du Sud, l’Amérique du Nord et finalement l’Asie.
- La valeur totale de ces entreprises de raffinage est considérable. On l’estime à 90 milliards de francs sur la base d’investissements se montant à 250 fr par tonne de pétrole brut susceptible d’être traitée annuellement.
- Il est assez curieux que les trois plus grandes raffineries du monde ne se trouvent pas sur le territoire d’un grand Etat. Nous en verrons tout à l’heure la raison.
- Groupes.
- Royal Dutch. . Pan American. Anglo-Persian .
- Emplacements,
- Curaçao
- Arouba
- Abadan
- Puissance annuelle de traitement en millions de tonnes.
- 12,8
- 6,0
- 6,4
- En choisissant Curaçao comme lieu d’implantation de sa puissante raffinerie, la Royal Dutch, suivant la judicieuse remarque de M. G. Ermakoff, a voulu se libérer de tout contrôle américain, tout en gardant une situation privilégiée du fait de la proximité du canal de Panama, tandis que l’emplacement de l’usine d’Arouba a été choisi par suite de la présence dans cette île d’un port accessible aux plus grands bateaux océaniques. Ces usines sont approvisionnées en pétrole du Venezuela par des pétroliers de faible tirant d’eau qui mettent trois jours pour faire le voyage aller et retour, solution qui est loin d’être élégante et rationnelle.
- L’usine de Curaçao dont la capacité de stockage atteint 367 000 t occupe un personnel de 8000 hommes.
- La raffinerie d’Arouba, sise dans une île de la mer des Caraïbes, doit faire face à des difficultés spéciales d’exploitation. Pour toutes les opérations de réfrigération, elle ne dispose que de l’eau de mer à la température de 30°, de sorte qu’il a fallu aménager des condenseurs spéciaux.
- L’usine est approvisionnée en eau douce amenée de
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- TCHECOSLOVAQUIE
- POLOGNE •
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- RÉGIONS PÉTROLIFÈRES DE ROUMANIE
- lllilüillll Régions pétrolifères . j ^ " gazeifères .
- 0 Sondes a pétrole .
- Sondes à gaz. wm.1. Conduites de pétrole .
- BUCAREST
- E(</. 5. — Carie pétrolière de la Roumanie.
- Baltimore par les pétroliers venant chercher la production de la radinerie.
- La capacité de stockage de cette usine atteint actuellement 714 285 t.
- Quant à la radinerie de l’Anglo-Persian, sa position géographique à proximité du canal de Suez et la nécessité d’approvisionner les quelques centaines de stations navales de la marine britannique qui parsèment l’Océan Indien ont été pour beaucoup dans le choix de son emplacement à Abadan.
- Il est surprenant qu’en dépit de l’importance des capitaux investis par elle dans l’industrie pétrolière, l’Angleterre ne dispose pas sur son territoire de grandes installations de raffinage. Sur les 21 qu’elle compte, il y en a seulement trois, respectivement sises à proximité de Swansea (Pays de Galles), à Grangemouth, et à Fowley, près de Southampton, dont la capacité annuelle de traitement soit égale ou supérieure à 150 000 t de pétrole brut par an.
- La Russie dispose d’usines de raffinage et de craquage théoriquement capables de traiter 34 millions de tonnes de pétrole brut par an. En réalité, le matériel correspondant serait fréquemment démodé ou prématurément usé, car l’industrie du pétrole souffre d’une mauvaise organisation technique ainsi que d’un manque d’ouvriers et d’ingénieurs spécialistes. Cette situation défectueuse se répercute sur les exportations russes. Par exemple, pour les huit premiers mois de l’année 1935, la Russie n’a exporté que 1,1 million de tonnes contre 2,7 millions pour la période correspondante de l’année 1934 (1).
- Nous avons vu par une étude antérieurement parue dans La Nature, que la France, par la puissance et le perfectionnement de ses installations, occupe un rang tout à fait flatteur parmi les pays raffineurs de pétrole.
- IX. — LE TRAFIC MARITIME DES PÉTROLES
- Dans le trafic maritime, le charbon occupe le premier rang. Il y entre pour 25 pour 100 environ du tonnage total transporté. Viennent ensuite les huiles minérales dont la quote-part s’élève à 16 pour 100 environ. Elles sont suivies par les céréales.
- La flotte mondiale des bateaux-citernes comprenait, en 1934, un ensemble de 1420 unités représentant 8,5 millions de tonnes.
- On estime qu’elle répond annuellement au transport d’environ 50 millions de tonnes de produits pétroliers.
- Près de la moitié du tonnage des tankers ou navires réservés au trafic maritime des pétroles appartient aux grands trusts : Standard Oil, Royal Dutch-Shell et Anglo-Persian.
- En effet, ces grands trusts appliquent le principe de l’intégration en ce sens que les problèmes de production,
- 1. La presse russe, elle-même, considère l’industrie du pétrole comme la plus en retard des industries soviétiques.
- de transport par pipe-lines, de raffinage, de trafic par voie maritime ou par voie ferrée, de distribution, s’enchaînent étroitement les uns aux autres. Ceci explique pourquoi, sur le tonnage précité de près de 9 millions de tonnes de tankers, 3,5 millions de tonnes, tout au plus, figurent sur le marché libre. Elles sont principalement représentées par des navires assurant un trafic sous pavillon anglais ou sous pavillon norvégien.
- Évidemment, la Royal Dutch et la Standard Oil assurent, au moyen de leurs propres tankers, le ravitaillement en pétrole brut de leurs filiales françaises.
- En outre, le ravitaillement de la France en produits pétroliers est assuré, en premier lieu, par son armement national puis, à titre complémentaire, par des tankers britanniques et par des tankers norvégiens.
- Une autre question se pose. Par quelles grandes routes maritimes passe le trafic pétrolier ?
- X. — LE TRAFIC DES PÉTROLES
- EN MÉDITERRANÉE, A SUEZ ET A PANAMA
- Le bassin méditerranéen représente le plus grand centre de consommation du pétrole transporté par mer, c’est vers lui que convergent les grandes routes maritimes qu’emprunte le trafic des hydrocarbures. Les unes sillonnent l’Atlantique en prenant les Etats-Unis comme point de départ. D’autres prennent naissance dans les ports mexicains du golfe, aux Iles de Curaçao et d’Aruba, ou même sur la côte péruvienne, dans l’au delà de Panama. Plusieurs lignes débutent en Mer Noire et d’autres, enfin, partent de l’Orient en transitant par le canal de Suez.
- Depuis l’année 1927, l’excédent de la production pétrolière méditerranéenne a servi à refouler progressivement les produits extra-méditerranéens, principalement le pétrole américain dont la part avait été prédominante jusqu’alors.
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- Le mouvement d’élimination des produits pétroliers non méditerranéens s’étend aussi bien au bassin oriental qu’au bassin occidental.
- En effet, les fournitures d’hydrocarbures des Etats-Unis à l’Afrique du Nord, qui montaient à 38 pour 100 du total des approvisionnements pétroliers, se sont abaissées, en 1933, à seulement 3 pour 100, soit un déclin de 90 pour 100 en quatre ans, avec chute brutale, depuis 1931.
- Le recul du pétrole américain dans le bassin méditerranéen semble appelé à s’accentuer pour les deux raisons que voici :
- La Russie, une fois sa réorganisation pétrolière achevée, reprendra sur une base plus active ses exportations. La Roumanie, qui résiste victorieusement à la crise, développera, elle aussi, ses exportations, particulièrement celles de produits raffinés.
- Le pétrole de l’Irak arrive à Tripoli et à Haïffa par les deux pipe-lines qui partent de Kerkuk et ne tarderont pas à débiter dans leur ensemble quatre millions de tonnes
- de pétrole brut par an. Les raffineries françaises du littoral méditérranéen en traiteront une importante quantité.
- Dans l’ensemble du trafic à travers le canal de Suez qui, en 1935, s’est élevé à 32,8 millions de tonnes, le pétrole a figuré pour 759 000 t dans le courant nord-sud et pour 4,2 millions de tonnes dans le courant sud-nord, en régression de 16,6 pour 100 par rapport à celui de 1934. C’est la conséquence de la mise en fonctionnement des pipe-lines reliant l’Irak aux ports méditerranéens de Tripoli et d’Haïffa décrits au chapitre précédent.
- En ce qui concerne le trafic pétrolier à travers le canal de Panama, on remarque que le courant Pacifique-Atlantique correspond, suivant un ordre de grandeur très voisin, à celui qui s’établit dans le canal de Suez d’après la direction sud-nord. Identiquement, le trafic Atlantique-Pacifique, sur la route de Panama, est sensiblement le même que celui qui transite à travers le canal de Suez, en direction nord-sud.
- Autrement dit, en 1934, au canal de Panama, le trafic pétrolier est ressorti à 5,4 millions de tonnes en direction Pacifique-Atlantique, tandis qu’il se limitait à 0,57 million de tonnes, selon le courant Atlantique-Pacifique.
- Au cours de ces dix dernières années, on n’a pas enregistré de variations notables à Panama, selon le courant Atlantique-Pacifique. Par contre, le trafic Pacifique-Atlantique, s’est élevé à 9,1 millions de tonnes, en 1923, pour tomber à 3,1 millions, en 1932. Depuis lors, il s’est relevé, comme nous l’avons vu, jusqu’à 5,4 millions.
- Ces variations ne sont nullement représentatives de l’évolution du commerce mondial. Elles proviennent de l’intensité plus ou moins grande des expéditions de la Californie vers la côte est des États-Unis.
- En 1924, l’installation de raffineries sur la côte ouest des États-Unis contribua grandement à la diminution du trafic du pétrole entre les deux côtes, mais, en 1932, 1’établissement des charges fiscales amena, à nouveau, la Californie à expédier ses produits pétroliers vers la côte est des États-Unis.
- Toutes ces données permettent de comprendre le rôle considérable joué par le pétrole dans l’économie du monde moderne.
- XI. — LE RAVITAILLEMENT EN ESSENCES ET PÉTROLES DES PAYS PAUVRES EN HYDROCARBURES
- La situation pétrolière est connue. Celle de l’Allemagne l’est également, d’après les études parues, depuis 1934, dans La Nature.
- Examinons spécialement le cas de l’Angleterre et celui de la France.
- Dès 1904, lord Fisher, premier lord de l’Amirauté, avait émis cette idée prophétique : « Qui domine le pétrole domine le monde ». Elle est plus vraie que jamais.
- C’est pourquoi, suivant le conseil de lord Fisher, le gouvernement britannique prit une participation dans l’Anglo-Persian.
- Ce trust a établi des bases de ravitaillement pour la flotte britannique sur tous les points du monde. L’Angleterre a suivi cette politique avec le souci de ne pas se heurter aux Etats-Unis, souci qui n’est pas sans parfois ui créer des embarras. Mais elle poursuit son but avec ténacité, but qui est d’assurer sur le monde l’hégémonie langlo-saxonne, d’accord avec les Américains.
- Sur mer, elle veut, d’une part, faire de l’Océan Indien une mer anglaise, d’autre part, s’assurer la route Gibraltar-Malte-Suez, qui y conduit. Elle renforce Singapore, qui est la porte de l’Océan Indien s’ouvrant sur l’Extrême-Orient. Elle s’attache à réaliser deux éléments importants pour cette politique dont l’Égypte est le nœud vital, d’une part la ligne du Cap au Caire, d’autre part la route terrestre du Caire à Calcutta. Sur cette dernière route, elle a trouvé le pétrole. « La situation des champs de pétrole de Mésopotamie et de Perse, écrivait un jour Sydney H. North, longeant la route de l’Inde et de l’Extrême-Orient, fait que l’Angleterre a un intérêt vital à prendre dans ces pays une position si forte que nul autre qu’elle n’en puisse diriger l’exploitation ».
- Allant encore plus loin, l’Angleterre a pris soin de créer sur son territoire une industrie des carburants de synthèse. Son usine de Billingham (bassin de Durham) a été mise au point en 1935 et elle produira 150 000 t d’essence, en 1936, soit environ 6 pour 100 de ses besoins normaux, évalués à 2,5 millions de tonnes.
- La France, sous l’égide de l’Office national des Combustibles liquides, a suivi une politique adroite. Sur le pourtour des côtes françaises, des raffineries ont été édifiées
- LES CHAMPS PETROLIFERES DE PERSE
- =0= St."de pompage =t= Vanne
- IMI.S Tembi
- Haft-Kel
- Kut Abdulla
- PERSE
- 'Dorquain
- ibaden
- IRAK
- Fig. 6. — Les champs pétrolifères de Perse.
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- 19
- en vue de permettre le traitement de 6 millions de tonnes de pétrole brut par an. Les capitaux nécessaires ont été fournis par les grands trusts, d’une part, et par des intérêts français, d’autre part. Ainsi a été établi un heureux trait d’union entre bs importateurs de pétrole brut et les raffineurs et distributeurs de produits raffinés sur notre territoire.
- En définitive, par quelles voies nous parviennent le pétrole et ses dérivés ?
- D’après les statistiques de 1934, comme le rappelait récemment le général Baratier, l’importation totale en produits bruts s’est élevée à 4 321 000 t provenant pour 45 pour 100 de l’Irak, pour 24,5 pour 100 des États-Unis, pour 22 pour 100 de l’Amérique du Sud, pour
- 5.5 pour 100 des Indes Néerlandaises et pour 3 pour 100 de Roumanie et Russie.
- Quant aux importations de produits raffinés, elles n’atteignaient plus en 1934 que 35 pour 100 des besoins d’une consommation nationale totale de 3 970 000 t, et ces 35 pour 100 se répartissaient ainsi : 14,9 pour 100 pour les États-Unis, 13,7 pour 100 pour la Roumanie, 6,4 pour 100 pour la Russie, nombres appelés à diminuer en 1935 dans la proportion de l’accroissement des expéditions de bruts, venus de l’Irak.
- Il en résulte que, sur la totalité des carburants bruts importés, 53,5 pour 100 transitent par la Mediterranée et
- 46.5 pour 100 par l’Atlantique, et que, pour les raffinés, il y a également supériorité de la voie méditerranéenne sur celle de l’Atlantique. Notre politique des carburants aboutit donc, dans l’ensemble, à la prédominance du rôle de la Méditerranée sur celui de l’Atlantique, et ceci mérite réflexion.
- L’examen de ces données statistiques permet d’aboutir à cette conclusion :
- « Gardons précieusement l’amitié des Anglais et des Italiens pour ne pas voir se tarir nos approvisionnements en pétrole, au cours d’hostilités ».
- Parsurcroît,puisque notre sol ne peut fournir de pétrole, assurons les besoins de l’aviation et des camions automobiles par le programme que voici :
- Soumettre à l’hydrogénation les lignites, les goudrons présents et futurs, les pétroles bruts de l’Irak, les résidus pétroliers actuellement obtenus en France.
- Développer l’emploi du gazogène pour camions automobiles alimentés à l’anthracite, au semi-coke et au charbon de bois.
- Utiliser notre production agricole de betterave alimentaire pour en faire un alcool économique, mais employer des semences donnant des betteraves à 10-11 pour 100 de sucre.
- Mettre à fruit nos gisements de schistes bitumeux, mais après sélection des projets.
- Préparer des essences et des huiles lampantes par un traitement judicieux des graines oléagineuses.
- Fig. 8. •
- Fig. 7. — Les champs de pétrole japonais.
- Concession d’exploitation et tracés des pipe-lines de l’Irak Petroleum Co.
- Ch. Berthelot.
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- LES PICK-UP ORIGINAUX
- Palette
- mobile
- B Vers la lampe
- Pastilles-.
- Transformateur de liaison
- Coupelle en caoutchouc
- Fig. 1. — Pick-up à oxyde de cuivre.
- A gauche : coupe de l’appareil.
- A droite : schéma de montage en push-pull pour actionner la lampe de sortie d’un amplificateur.
- Le pick-up, appareil familier à tous les discophiles, a pour rôle de traduire en oscillations électriques les vibrations mécaniques de l’aiguille ou du saphir qui suit les sillons gravés sur la surface d’un disque phonographique. Les oscillations électriques ainsi engendrées sont amplifiées par un amplificateur à lampes et actionnent, enfin, un haut-parleur qui retraduit les sons enregistrés avec une intensité variable à volonté.
- Le pick-up le plus pratique et le plus employé, à l’heure actuelle, est le pick-up électro-magnétique. Il se compose d’une palette vibrante en fer doux, solidaire de l’aiguille reproductrice et qui se déplace entre les pièces polaires d’un électro-aimant, en engendrant dans l’enroulement de celui-ci des courants électriques à fréquence musicale.
- Si le pick-up électro-magnétique est le plus employé, il n’est pourtant pas le seul, non seulement qui ait été imaginé, mais même qu’on puisse utiliser avec avantage. Il existe de nombreux autres systèmes moins connus, mais souvent ingénieux, et qui méritent d’être signalés.
- En principe, tout système qui permet de traduire des vibrations mécaniques en oscillations électriques à fréquence musicale peut servir pour former un pick-up. On voit que le pick-up appartient à la même famille que le microphone; en théorie, tout dispositif utilisé pour réaliser un microphone doit pouvoir s’adapter à la réalisation d’un pick-up.
- Fig. 2. — Pick-up électrostatique.
- A gauche : coupe de l’appareil.
- A droite : son montage en modulation.
- -H-Tension Hétérodyne
- a Armature ^ fixe Armature Cdéformab/e
- Vers étage haute fréquence
- ^ Si - - Anneau isolant
- 5g Circuit de modulation
- Aiguille
- LES PICK-UP A CONTACT
- 11 existe des microphones à contact, électro-dynamiques, piézo-électriques et électro-statiques. À chacun de ces types, on peut faire correspondre un type de pick-up.
- Les premiers pick-up employés en pratique étaient du type à contact imparfait à grenaille de charbon. C’étaient des microphones modifiés, dont la plaque vibrante était solidaire de l’aiguille ou du saphir de reproduction. Ces appareils étaient sensibles, mais peu fidèles, et de fonctionnement irrégulier; ils ont donc été rapidement abandonnés au profit des appareils électro-magnétiques.
- Le pick-up à contact, comme le microphone à charbon, présente pourtant, en principe, le grand avantage de pouvoir être très sensible. En effet, il n’est pas par lui-même générateur de courant électrique ; il agit en modulant un courant fourni par une source indépendante, aussi puissante qu’on le veut; ce courant traverse le microphone et est influencé par les variations de résistance que subit le charbon sous l’action des variations de pression qui lui sont imprimées par les vibrations mécaniques. On obtient ainsi un courant modulé à la même fréquence que celle des vibrations mécaniques et il suffit ensuite de l’amplifier.
- La sensibilité des pick-up électro-magnétiques a été très augmentée depuis l’apparition de ce type d’appareils; il existe aujourd’hui des pick-up de ce genre qui produisent une tension moyenne supérieure à
- I v, tout en présentant une fidélité satisfaisante. On conçoit cependant que l’on ne puisse, avec ce minuscule générateur de courant, dépasser une limite vite atteinte.
- II faut toujours l’associer à un amplificateur à plusieurs étages. C’est pourquoi le perfectionnement du pick-up à contact est resté à l’ordre du jour; sa sensibilité beaucoup plus élevée permettrait, en effet, de diminuer le nombre des étages d’amplification. Ce serait là un grand avantage, par exemple pour la modulation des postes émetteurs.
- Dans cet esprit, on a étudié aux Etats-Unis un appareil du type à contact, à oxyde de cuivre. Il comporte deux coupelles de caoutchouc souple remplies de cristaux d’oxyde de cuivre et disposées chacune dans un circuit électrique. Un levier solidaire de l’aiguille de reproduction comprime ou relâche alternativement les cristaux; la résistance moyenne du système est de 0,1 mégohm.
- On peut comparer ce dispositif à un microphone à charbon à double pastille, dans lequel la résistance de chacun des éléments varie constamment en sens inverse (fig. 1).
- Le système agit comme une double résistance variable; le déplacement de l’aiguille entraîne celui du bras compresseur qui presse plus ou moins l’oxyde de cuivre; fait varier sa conductibilité et module le courant continu qui traverse l’appareil. On applique ce potentiel modulé à la grille de la lampe de puissance de l’amplificateur ou du récepteur de T. S. F.
- La résistance de chaque élément varie en fonction de la pression entre 40 000 et 500 000 ohms, et le rendement dépend de la tension appliquée.
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- Avec une tension de 25 v, on obtient déjà un bon résultat, mais il est possible de pousser la tension jusqu’à 250 v sans détériorer l’oxyde de cuivre.
- Pour utiliser l’appareil, on peut, d’ailleurs, employer une seule pastille dans le circuit, ou les deux en série, ou encore un montage push-pull. Quant au courant auxiliaire d’alimentation du pick-up, il peut être produit par le système d’alimentation de l’appareil lui-même (fig. 1).
- Les tensions obtenues sont normalement de l’ordre de 5 à 20 v, et peuvent même être bien supérieures; il est ainsi possible d’actionner directement la lampe de puissance d’un amplificateur.
- LES PICK-UP ÉLECTRO-STATIQUES ET PIÉZQ-ÉLECTRIQUES
- Le pick-up électro-statique, de même que le microphone électro-statique, est simplement formé, en principe, par un condensateur variable de faible capacité, à deux armatures, dont l’une est fixe et l’autre mobile, solidaire de l’aiguille reproductrice.
- Dans ce modèle, la tension est proportionnelle au déplacement mécanique; la capacité du condensateur, et par suite la tension entre ses armatures, varie proportionnellement aux élongations de l’aiguille et avec la même fréquence (fig. 2).
- Pour recueillir les variations de tension engendrées par le pick-up électro-statique, sur lequel on applique, d’ailleurs, une tension auxiliaire assez élevée, on connecte à ses bornes une résistance de faible valeur par rapport à la résistance apparente de sa capacité; la tension variable engendrée aux bornes de cette résistance est appliquée sur la grille d’une lampe amplificatrice.
- Le pick-up électro-statique pourrait être utilisé également comme modulateur, en l’introduisant dans le circuit de modulation d’une hétérodyne à haute fréquence. On obtiendrait donc un courant haute fréquence modulé, qu’on amplifierait ensuite par les procédés ordinaires, qu’on détecterait, et qui serait enfin amplifié en basse fréquence. On peut ainsi faire agir directement sur les premières lampes d’un récepteur de T. S. F. les courants recueillis à la sortie du pick-up, ce qui est un moyen original pour utiliser, au moment de la reproduction phonographique, toutes les lampes du récepteur.
- Des systèmes de ce genre ont été étudiés par un grand nombre d’inventeurs et ont fait le sujet de plusieurs brevets. Il ne semble pas pourtant que les résultats obtenus aient dépassé le stade du laboratoire.
- Le pick-up piézo-électrique, de même du reste que le pick-up électro-dynamique, a donné, par contre, des résultats particulièrement intéressants en pratique.
- Le pick-up piézo-électrique comporte un élément vibrant formé de deux lamelles de cristal de sel de Seignette, assemblées dans une monture, de telle sorte qu’un seul des côtés peut vibrer; l’aiguille reproductrice est solidaire de l’angle mobile du système.
- On obtient entre les deux armatures de l’appareil une différence de potentiel engendrée directement sans l’aide de batteries auxiliaires et correspondant aux vibrations mécaniques. Les tensions alternatives sont
- ' vers Ikmpiificateur
- vers ta
- Bloc des cristaux
- 500.000ohms
- vers la
- Pick-up
- \^prCûli,que .Aiguille reproductrice
- Fig. 3. —• Pick-up piézo-éleciriquc.
- A gauche : vue de l’appareil.
- A droite : un montage simple.
- appliquées sur la lampe d’entrée de l’amplificateur de puissance (fig. 3).
- Le pick-up piézo-électrique est un appareil simple et léger, qui use peu les disques. La tension de sortie approximative est de 2 v, c’est donc un appareil sensible. La tension obtenue est plus élevée sur les notes graves que sur les notes aiguës; le phénomène est favorable lorsque les notes graves sont mal enregistrées. Dans le cas contraire, on peut rétablir la compensation en disposant en parallèle une résistance de l’ordre de 500 000 ohms, ou même de 100 000 ohms.
- Nous avons déjà signalé ici même les avantages du pick-up électro-dynamique à propos du nouveau système d’enregistrement phonographique en profondeur, dit « Iiill and Dale ».
- Le pick-up électro-dynamique, qui comporte une petite bobine très légère, mobile, solidaire du diamant reproducteur, et qui se déplace dans un champ magnétique puissant, est extrêmement fidèle et très léger. Il use donc peu les disques et l’on peut regretter que son emploi soit encore limité aux travaux professionnels, par suite de son prix élevé et de ses particularités d’emploi.
- LE PICK-UP PHOTO-ÉLECTRIQUE
- Mentionnons, pour terminer, le pick-up photo-électrique, encore peu connu et qui présente des particularités curieuses.
- C’est un système mixte. Entre les vibrations méca-
- Fig. 4. —• Pick-up phoio-éleclrique.
- A gauche : principe du système.
- A droite : modèle à réflexion sur miroir oscillant.
- Am pou te à Cellule incandescence photoélectrique
- \__^fhlette vibrante 1
- Lentille
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- = 22 ........ .........:.:...=-........... ~....=
- niques et leur traduction électrique, il introduit un agent intermédiaire, la lumière. Les vibrations mécaniques recueillies par la pointe de l’aiguille vibrante servent d’abord à moduler un faisceau lumineux très fin produit par une source de lumière constante. Le faisceau ainsi modulé influence une cellule photo-électrique qui engendre des courants électriques de fréquence correspondante. Ceux-ci, après amplification, actionnent le haut-parleur.
- L’appareil est donc assez compliqué; cependant des modèles industriels ont été présentés en Allemagne et aux États-Unis (fig. 4).
- Le faisceau lumineux peut être directement modulé par un écran solidaire de la palette vibrante, ou bien encore, par un miroir solidaire de cette palette. Le problème de la construction est délicat, puisqu’il faut que les modulations de lumière correspondent exactement aux vibrations sonores à traduire.
- Les avantages possibles du système sont de deux catégories. L’appareil est léger et l’équipage mobile peut avoir une masse très réduite. On évite ainsi l’usure des sillons, on obtient la reproduction des autres aiguilles, et on diminue l’influence des résonances propres de l’équipage mobile. L’intermédiaire optique permet, d’autre part, d’atténuer les bruits parasites d’aiguille, et d’obtenir la traduction d’oscillations élevées jusqu’à 7 à 8000 périodes-seconde.
- Par contre, l’appareil semble assez peu sensible, du moins dans les conditions actuelles de la technique des cellules photo-émettrices qu’on doit toujours employer de préférence dans un cas de ce genre. Il faut donc des étages de préamplification supplémentaires.
- Mais le système pourra bénéficier de tous les progrès futurs des cellules photo-électriques; il peut donc être un appareil d’avenir.
- P. IIémardinquer.
- LES RECHERCHES RÉCENTES SUR LA POLIOMYÉLITE
- Longtemps la poliomyélite fut considérée soit comme une complication rare d’une maladie infantile infectieuse, soit comme résultant d’un défaut de la constitution corporelle d’un enfant. C’est pourquoi on lui donnait le nom vulgaire de paralysie de l’enfance.
- Actuellement, il est démontré qu’elle est une maladie infectieuse, si facilement transmissible qu’on l’a inscrite, sous le matricule n° 14, sur le tableau international des maladies dont la déclaration est obligatoire.
- D’autre part, on a reconnu que cette infection est incomparablement plus répandue qu’on ne le supposait, et que, si elle atteint de préférence les enfants et les adolescents, elle peut frapper, rendre infirme et tuer sans distinction d’âge.
- Les exemples du Danemark et des États-Unis, où la poliomyélite a pris une extension inquiétante en ces dernières années, inspirent des craintes dans beaucoup d’autres pays. En France, on a enregistré, l’an dernier, 544 ou 567 cas, répartis comme le montre la figure 1.
- L’AGENT PATHOGÈNE
- Dès 1887, Cordier avait attiré l’attention sur le caractère épidémique de la poliomyélite dans la région lyonnaise, et supposé le rôle d’un parasite dans la transmission de cette maladie. Depuis, plusieurs épidémies apparues en Suède, en Norvège, en France et aux États-Unis, ont donné lieu à des recherches bactériologiques.
- On incrimina d’abord le streptocoque globoïde, isolé du système nerveux, du sang et du liquide céphalo-rachidien des malades, puis on s’orienta vers un inframicrobe ou virus traversant les filtres les plus fins, c’est-à-dire un microorganisme qui échappe à nos moyens d’investigation microscopique actuels.
- Ce virus se montre très résistant aux influences extérieures, notamment au froid et à la dessiccation. Il résiste aussi aux antiseptiques comme le phénol, à l’éther, à l’acétone, aux sécrétions gastro-intestinales, au chlorure de sodium concentré, au séjour prolongé (8 ans) dans la glycérine à 50 pour 100, au séjour pendant plus de cent jours dans l’eau du robinet et enfin aux rayons X. Il conserve sa virulence dans le lait pendant 31 jours et pendant plus de 24 h dans les mouches nourries avec des aliments infectés. Les individus guéris de la poliomyélite élaborent le virus virulent pendant plusieurs mois et ils peuvent le conserver actif sur leurs muqueuses, nasales surtout, jusqu’à huit mois.
- Par contre, il est inactivé par les rayons ultra-violets en moins de 3 mn (Schultz), par les oxydants comme le permanganate de potasse, l’eau oxygénée, le chlore, et par le séjour à l’état dilué dans une solution salée physiologique.
- Flexner et Lewis démontrèrent, les premiers, que le siège du virus chez les malades se trouve dans la moelle, le bulbe, le cerveau, en un mot dans tout le système nerveux central. Ils l’ont décelé aussi dans la muqueuse nasale et dans les glandes salivaires.
- La rareté extrême des récidives prouve le caractère immunisant de cette affection. Quigley (1934) n’a trouvé que 11 cas probables de récidives. Si l’on y joint ceux de Tesdal (1934), cela fait un total de 13, insignifiant par rapport aux dizaines de milliers de cas identifiés de poliomyélite.
- Des épreuves de neutralisation du virus montrent que les convalescents présentent des anticorps neutralisants dans leur sérum, et qu’il en est de même de très nombreux sujets normaux, n’ayant jamais présenté des symptômes
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- Fig. 1. — Répartition des cas de poliomyélite en France, en 1935.
- HD départements avec moins de 10 cas.
- Ü!.................... plus de 10 cas.
- H.................... plus de 20 cas.
- H.....................plus de 100 cas.
- de poliomyélite classique. 11 semblerait donc que le virus de la poliomyélite est assez répandu, dans les villes au moins, et que beaucoup d’individus s’immunisent par des infections frustes, inapparentes, comme c’est le cas pour la diphtérie. Peut-être ces porteurs de germes sont-ils les réservoirs principaux du virus et ses transmetteurs les plus habituels.
- MODES DE TRANSMISSION
- 11 y a quelques années on discutait de la porte d’entrée du virus chez l’homme. Certains supposaient la voie naso-pharyngée et amygdalienne, d’autres la voie intestinale.
- La question n’est point encore tranchée, mais la plupart des expériences récentes inclinent vers la première hypothèse.
- Des instillations nasales pratiquées sur les singes (Macacus rhésus) ont démontré que la localisation nerveuse du virus précède de trois jours au moins la réaction générale préparalytique (légers tremblements d’effort).
- L’inoculation du virus dans les nerfs périphériques entraîne des poliomyélites typiques d’évolution foudroyante.
- Par contre, l’inconstance des inoculations par voie gastro-intestinale chez le singe et le fait que, dans les épidémies attribuées au lait, le virus est peut-être transmis directement du pharynx au système nerveux central, font admettre que l’infection doit se transmettre, dans la plupart des cas, par réception sur la muqueuse naso-pharyngée de gouttelettes salivaires chargées de virus provenant des cas francs, des cas abortifs et des porteurs de germes apparemment sains.
- Dans les régions rurales, la maladie suit les cours d’eau, comme l’a montré Kling en Suède, mais on ne peut en déduire que l’eau soit le véhicule de la maladie; c’est simplement que les populations s’agglomèrent le long des rivières et qu’y passent les porteurs de germes. D’ailleurs, lors de l’épidémie d’Alsace (1930), il a été constaté que la maladie s’était étendue plutôt vers l’amont, contrairement à ce qu’on observe pour la dysenterie, le choléra et la typhoïde.
- L’EPIDÉMIE DE POLIOMYÉLITE
- On a cru longtemps que la poliomyélite était localisée aux pays tempérés et même relativement froids. En fait, on l’a observée du Groenland jusqu’en Australie et de la France jusqu’au Japon. Cependant la fréquence des épidémies et des cas sporadiques caractérisés reste plus grande dans les pays de climats froids et tempérés (Tableau ci-contre).
- Aycook et Kramer ont montré que la proportion des immuns croît avec l’âge, plus rapidement en ville qu’à la campagne. On peut en déduire que la poliomyélite est endémique dans les villes plus qu’à la campagne.
- C’est sûrement, en partie tout au moins, à la reconnais-
- Fig. 2. — La poliomyélite en France, par trimestre, de 1933 à 1935.
- 1934
- 1933
- 1935
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- Cas de poliomyélite aiguë, par trimestre, de 1933 à 1935.
- 1933 1934 1935
- I II III IV I II III IV I II III
- Allemagne. . . . 141 133 562 413 101 136 670 795 156 161 952
- Angleterre et Pays de Galles. 108 136 327 220 79 80 251 258 86 80 331
- Danemark. . . . 6 1 207 142 52 37 2745 1691 138 47
- Espagne .... 44 79 133 65 33 60 101 25 31 50 163
- Italie 67 80 169 113 61 256 334 188 70 130 286
- Norvège .... 12 19 119 80 38 15 153 148 10 10
- Suède 48 25 224 209 54 23 385 638 60 56 494
- Suisse 16 S 89 85: 9 14 34 23 12 2 118
- États-Unis . . . de 1931 à 1934, 32 986 cas.
- sance d’un plus grand nombre de cas frustes chez des sujets adolescents et adultes qu’il faut attribuer la proportion croissante des sujets âgés dans les statistiques récentes.
- Les garçons sont plus frappés que les fdles et comme la maladie se déclare surtout à un âge où filles et garçons mènent essentiellement la même vie et sont exposés aux mêmes contacts, il apparaît que c’est là un effet de résistance physique plus grande des filles de moins de 5 ans, notée d’ailleurs pour la plupart des affections.
- Il n’existe, pour ainsi dire, aucun symptôme qui permette de diagnostiquer la poliomyélite avant que les symptômes préparalytiques apparaissent.
- Fig. 3. —- Le chimpanzé donne volontiers son sang pour la préparation du sérum anlipoliomgélitique.
- On observe parfois des maux de tête, de la lassitude, un état fébrile (de 37°5 à 39°5), des courbatures, du coryza, des embarras gastriques ou gastro-intestinaux, des coliques, des douleurs lombaires, de la fatigue, des vomissements, une angine, une pharyngite, etc., symptômes sans signification précise.
- Parfois la poliomyélite débute brutalement par des douleurs dans les jambes, une faiblesse générale des membres, et même par une franche paralysie des membres.
- Bien que la ponction lombaire permette de diagnostiquer la poliomyélite presque infailliblement, comme on le verra plus loin, un praticien ne peut la pratiquer chez tout patient qui se plaint de maux de tête, d’angine ou de mal au ventre !
- Cependant, si la poliomyélite est beaucoup plus répandue qu’on ne le croyait naguère, et si les individus dont le sérum neutralise le virus poliomyélitique parce qu’ils ont été atteints d’une manière fruste ou même inapparente, sont assez nombreux, les cas graves, ou mortels laissant une paralysie durable, restent heureusement rares.
- Sur 3938 poliomyélites recensées par Jensen en 1935, le nombre de paralysies n’est que :
- Douteuses...................0,2 pour 100
- Transitoires...................2,9 —
- Durables.......................5,5
- Mortelles......................0,9 —
- Soit un total de.............9,5 —
- Nissen, au cours de la même épidémie de 1935, n’a compté dans le district d’Haderslev, sur 730 cas manifestes hospitalisés, que 27 paralysies et 3 décès. Si on ajoute à ce chiffre plus de 600 cas d’affections rappelant la poliomyélite, chez les frères et sœurs de malades avérés, qui étaient sans doute des cas frustes ou abortifs, on réduirait la proportion des paralysies à 2 pour 100 et la léthalité à 0,4 pour 100.
- Nissen (1935) a fait remarquer qu’à Copenhague, en 1934, tandis que l’épidémie régnait en province, il s’est produit une augmentation, tout à fait anormale pour la saison, du nombre de cas déclarés de «grippe» et d ’« angine », augmentation, coïncidant avec celle de l’endémie poliomyélitique. Les courbes de « grippe » et d’ « angine » redescendirent ensuite parallèlement à celle de la poliomyélite, de septembre à décembre. Pendant cette période le même parallélisme a été observé dans l’ensemble du pays entre la courbe de la « grippe » chez les sujets de moins de 15 ans, et celle de poliomyélite. Tout porte à croire que ces prétendues grippes et angines étaient en réalité des cas frustes de poliomyélite (Rapport épidémiologique de la Société des Nations).
- Ces statistiques et observations font comprendre l’extension large et rapide de l’immunité en temps d’épidémie et, en conséquence, le déplacement, d’une année à l’autre, des zones épidémiques. Elles montrent aussi le caractère fallacieux des taux de morbidité et surtout de léthalité enregistrés dans divers pays et considérés jusqu’ici comme classiques !
- Tous les auteurs récents s’accordent à reconnaître
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- qu’en dehors des épidémies manifestes, il est pratiquement impossible de déceler les cas abortifs ou frustes de la poliomyélite, c’est-à-dire, nous l’avons vu, le plus grand nombre de ses manifestations morbides. Il en résulte le fait, paradoxal à première vue, que les taux de mortalité enregistrés au cours d’une épidémie locale sont en général plus bas que ceux enregistrés pour l’ensemble d’un pays, et que, dans un même pays, le taux est d’autant plus bas que la morbidité est plus forte (années épidémiques), et d’autant plus élevé que la morbidité est plus basse (année interépidémique).
- Les facteurs favorisant la propagation de cette infection sont encore mal éclaircis. Tout ce qu’on sait c’est, comme l’indique le diagramme de la figure 2, que ses manifestations sont fort capricieuses.
- TRAITEMENT
- Puisque le sérum des individus ayant été atteints de poliomyélite neutralise le virus, il était naturel de chercher à appliquer ce sérum au traitement de cette infection.
- Jensen (1935) a titré, tant au « Statens Sérum Institut » de Copenhague qu’au « Lister Institute » de Londres, le pouvoir neutralisant des sérums des paralytiques, des non-paralytiques et des cas abortifs. Il a trouvé comme moyenne respectivement : 2000, 80000 et 150000 unités.
- Les sujets font donc des formes cliniques d’autant plus graves que leur aptitude à produire des anticorps spécifiques est plus faible.
- La sérothérapie par le sérum de convalescent se heurte à deux difficultés : celle de constituer des stocks répondant aux besoins dès le commencement d’une épidémie et la crainte de transmettre par le sérum une autre maladie infectieuse (tuberculose, syphilis, etc.).
- Ces considérations ont incité à préparer un sérum animal comme ceux qu’on prépare contre la diphtérie, le tétanos, etc.
- Le professeur A. Pettit, de l’Institut Pasteur à Paris, a réussi à obtenir, dès 1917, un sérum du cheval, dit S. A. P. C. Sans entrer dans les détails de sa préparation, disons que les résultats thérapeutiques obtenus de 1918 à 1934 par plusieurs milliers de médecins, tant en France qu’à l’étranger, ont démontré l’efficacité de ce sérum antipoliomyélitique. Ses résultats ont été exposés par le professeur A. Pettit dans son récent ouvrage : Sérothérapie antipoliomyélitique d'origine animale (S. A. P.). Seize années d'expérimentation clinique. Un volume de 271 pages, Masson et Cie, Paris, 1935.
- Le chimpanzé fournit aussi un sérum antipoliomyélitique efficace. Malheureusement, le prix de ces quadrumanes est trop élevé, leur élevage et leur conservation sous les climats tempérés ou froids sont difficiles.
- Comme pour toute sérothérapie, plus précoce est l’administration du sérum antipoliomyélitique et plus grande sera la chance de succès. Pour cela, un diagnostic précoce et incontestable est nécessaire et il ne peut être fait que par l’examen du liquide céphalo-rachidien prélevé par une ponction lombaire. Malheureusement, l’absence de symptômes significatifs précoces retarde trop souvent cette ponction exploratrice.
- Si la maladie laisse une paralysie, cette dernièra peut être souvent guérie par un traitement orthopédique. On a renoncé à l’électrothérapie et à la massothérapie précoces. On met d’abord au repos physiologique le plus complet le ou les muscles atteints, par des systèmes de gouttières et d’attelles appropriées, pour prévenir les atrophies et les déformations. La mobilisation active, c’est-à-dire la rééducation du membre paralysé, allant
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- de pair avec F électrothérapie, n’est commencée qu’après la disparition complète de l’hyperesthésie.
- Il existe, à Paris, une œuvre magnifique, F « Aide aux enfants paralysés » (1, rue de la Croix-Faubin, 11e). Aidée par la Société Philanthropique, elle a pu installer dans un vaste immeuble des appareils perfectionnés. Son but est de soigner et de rendre aptes au mouvement et à la locomotion les enfants atteints de troubles des mouvements et de la marche à la suite de maladies nerveuses, dont la paralysie poliomyélitique. Nous signalons cet établissement tant à l’attention des parents désireux de soigner leurs enfants paralytiques, qu’à celle des personnes charitables désireuses de venir en aide à cette œuvre.
- PROPHYLAXIE
- Le nombre élevé, non seulement de cas frustes, mais encore de porteurs de germes en période d’épidémie rend impossible l’application des mesures de quarantaine habituelles : pour être efficaces, elles devraient être appliquées avec une rigueur telle qu’elles arrêteraient complètement toute la vie sociale.
- La seule mesure prophylactique qui a fait ses preuves, tant aux Etats-Unis qu’au Danemark, est la misé à la disposition des médecins praticiens de diagnosticiens spécialistes, disposant des facilités de laboratoire nécessaires pour l’examen des liquides céphalo-rachidiens.
- VACCINATION
- Les expériences de Flexner, de Schultz, et Gebhadt, ont montré que, lorsque le sérum est injecté 24 h au moins
- avant le virus et à doses suffisantes, il peut empêcher le déclenchement de l’infection.
- Deux méthodes de vaccination ont été récemment mises au point : le vaccin de Brodie et Park (1935), fait avec une suspension de moelle infectée et traitée par un contact de 8 à 12 h à 37° avec une solution de formol à 0,1 pour 100; le vaccin de Kolmer, McKinley Larson et Rule (1927-1935) fait avec une suspension à 4 pour 100 de moelle dans une solution de ricinoléate de sodium à 1 pour 100.
- Quelques milliers de vaccinations humaines par ces deux méthodes ont donné des résultats fort satisfaisants.
- Malheureusement, l’application pratique de ces vaccinations se heurte à des difficultés, pour ainsi dire, insurmontables. Puisqu’un grand nombre d’enfants s’immunisent naturellement, il faudrait pouvoir déterminer ceux qui ont besoin de l’immunisation artificielle supplémentaire. Or, jusqu’ici, les épreuves d’immunité essayées se sont montrées dépourvues de spécificité. D’autre part, un singe ne pouvant fournir que le vaccin nécessaire à 40 ou 50 enfants au plus, ce vaccin est forcément coûteux et il est pratiquement impossible pour chaque pays de se procurer le nombre suffisant de singes.
- Les exemples récents des Etats-Unis et du Danemark font craindre que la poliomyélite n’ait une tendance à se propager dans les pays d’une civilisation avancée. Espérons que les savants qui ont réussi à vaincre tant de fléaux ne se décourageront pas dans leurs recherches et trouveront les moyens d’enrayer cette menace.
- W. N. Kazeeff.
- APPLICATION DE LA PIÉZO-ÉLECTRICITÉ A LA CHRONOMÉTRIE
- Il existe actuellement de nombreux types de chrono-graphes appropriés soit aux besoins de la vie courante, soit aux opérations industrielles, soit aux expériences de laboratoires, soit aux observations astronomiques. Dans la plupart de ces appareils, on remplace les constatations visuelles par des inscriptions graphiques et certains d’entre
- Fig. 1. •— Schéma montrant le fonctionnement du chronographe piézo-électrique Tawil.
- S, source lumineuse, L, L.>, lentilles et D, diaphragme parallélisant le faisceau de lumière. P, polariseur. A analyseur. Q3 quartz vibrant. L3 lentille de projection, F pellicule photographique en mouvement.
- eux permettent de mesurer des différences de temps au millième de seconde près. Or le nouveau chronographe piézo-électrique de M. Edgar-Pierre Tawil peut fournir des chiffres 100 fois plus précis.
- M. Tawil utilise les variations des propriétés optiques d’un cristal de quartz soumis à des courants de haute fréquence pour obtenir ce remarquable résultat. Mais, pour l’intelligence de la suite, rappelons rapidement en quoi consiste la piézo-électricité.
- LA PIÉZO-ÉLECTRICITÉ
- Idauÿ constata le premier, en 1817, que des pressions ou des déformations exercées sur certains corps provoquent des phénomènes électriques de deux sortes. La première consiste dans le développement de charges égales et contraires sur les faces en regard de deux substances comprimées l’une contre l’autre. Cette électrisation par contact persiste, une fois la pression disparue. En comprimant certains cristaux hémièdres à faces inclinées, notamment la tourmaline et le quartz, Jacques
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- et Pierre Curie ont mis en évidence, ultérieurement, un second genre de manifestations électriques analogues.
- Le quartz, en particulier, possède un axe optique ainsi que trois axes électriques, faisant entre eux un angle de 120° et situés dans le plan perpendiculaire à l’axe optique. Or, si on comprime une lame de quartz taillée de façon que ses deux faces soient perpendiculaires à l’axe binaire du cristal et qu’on exerce des pressions ou des tractions sur les faces parallèles à l’axe binaire et à l’axe du prisme hexagonal, on fait apparaître sur les dites faces des charges électriques égales, de signe contraire et proportionnelles aux efforts exercés. Pierre Curie a employé ces phénomènes piézoélectriques pour construire un électromètre très sensible et fréquemment utilisé pour les mesures de radioactivité. De son côté, Paul Langevin s’est servi des mêmes propriétés du quartz pour le repérage des sous-marins par la méthode des ultra-sons de Chilowski. Enfin plus récemment M. Edgar-Pierre Tawil a eu l’idée d’appliquer la piézo-électricité à la chronométrie et nous allons exposer maintenant ses originales recherches.
- Comme l’ont constaté dès 1882 P. et J. Curie, si on découpe un cristal de quartz de manière que deux de ses faces soient perpendiculaires à un de ses axes électriques et que deux autres se trouvent orientées normalement à l’axe optique, la lame cristalline se dilate ou se contracte quand on provoque une différence de potentiel positive ou négative entre ses deux faces perpendiculaires au dit axe électrique et munies d’armatures. Puis en 1922, le physicien américain Walter Guyton Cady a vu, de son côté, qu’en appliquant aux bornes d’un dispositif expérimental semblable, une différence de potentiel alternative et d’une fréquence égale à l’une des fréquences fondamentales de la lame ou de ses harmoniques, celle-ci vibre en résonance, se dilatant et se raccourcissant selon la fréquence d’excitation.
- tion à la sortie de l’analyseur. On règle approximativement le circuit oscillant sur la fréquence fondamentale des vibrations transversales de la lame. Il suffît d’agir sur le condensateur de l’oscillateur pour réaliser la fréquence voulue et dès qu’on se trouve au voisinage de celle-ci, le cristal commence à entrer en vibrations. Ensuite le champ de vision s’illumine peu à peu et l’intensité lumineuse augmente pour atteindre son maximum quand la lame est en résonance tandis qu’au delà d’une position limite du condensateur la lumière s’éteint et le cristal cesse de vibrer.
- Examinons maintenant la lame piézo-électrique et varions la fréquence d’excitation en passant par les divers harmoniques. On verra se dessiner des arabesques noires sur un fond lumineux plus ou moins intense. Ces dessins changent avec la fréquence et réalisent des figures géomé-
- LES PHÉNOMÈNES OPTIQUES DANS UN QUARTZ SOUMIS A DES TENSIONS ÉLECTRIQUES OSCILLANTES
- En 1926, Tawil a montré qu’une telle lame examinée en lumière polarisée présente de curieux phénomènes optiques, qu’on peut observer de la façon suivante. On dispose le quartz ainsi taillé entre deux niçois croisés de manière que le faisceau polarisé le traverse suivant son épaisseur et que ses plans principaux se situent à 45° de son axe optique. On prend comme armatures de la lame, par exemple, deux cuves en verre remplies d’un liquide conducteur et on les relie à un circuit oscillant pourvu d’un condensateur variable à réglage très précis. On adjoint, en outre, à cet appareillage, un second quartz compensateur croisé avec le premier. Avec une source de lumière blanche, on obtient ainsi l’extinc-
- Fig. 3.— Vibrations d’un quartz piézo-électrique rendues visibles en lumière polarisée (figures obtenues avec des oscillations de haute fréquence).
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- = 28 ........................... -...............=
- triques dont les reproductions ci-contre montrent l’artistique originalité. En outre, ces puzzles aux lignes droites ou courbes, verticales ou inclinées, horizontales ou quadrillées, très caractéristiques, sont toujours les mêmes pour une fréquence déterminée et ressemblent à celles que les acousticiens ont observées, depuis longtemps, sur les plaques vibrantes.
- LE CHRONOGRAPHE PIÉZOÉLECTRIQUE
- Mettant à profit ces diverses constatations expérimentales, M. Edgar-Pierre Tawil les a utilisées pour la construction d’un chronographe piézoélectrique extraordinairement précis. Il comprend, comme organes principaux : une source lumineuse S (monochromatique ou autre), des lentilles Ll5 L et un diaphragme D parallélisant le faisceau, un polariseur P, la lame de quartz vibrante piézo-électrique Q- (dont l’axe est incliné à 45° sur la section principale du polariseur), une seconde lame de quartz C qui, croisée avec la première, compense la biréfringence et enfin un analyseur Amis à la position d’extinction. Ce montage (fig. 1) offre le double avantage d’une très grande simplicité jointe à une stabilité parfaite.
- L’appareil étant ainsi constitué, son champ reste obscur grâce à la lame compensatrice, mais, en faisant vibrer son quartz piézo-électrique, une biréfringence accidentelle et intermittente se produit aux régions nodales. De plus, une partie très importante de l’énergie lumineuse et dont la valeur dépend de l’amplitude des vibrations sort de l’analyseur en déterminant une succession d’éclairs. Afin d’enregistrer le phénomène, on reprend ce faisceau
- de lumière modulée et on le concentre, grâce à la lentille de projection L_, sur la pellicule photographique sensible F, entraînée dans un mouvement de translation.
- D’autre part, comme le quartz piézo-électrique peut vibrer à des fréquences extraordinairement élevées (plusieurs millions de périodes par seconde) et qu’il constitue un étalon de fréquence de haute précision, le chronographe Tawil l’emporte de beaucoup sur la méthode des diapasons pour l’analyse des phénomènes de courte durée ou se succédant à de très brefs intervalles de temps. Effectivement, après avoir enregistré ceux-ci, côte à côte avec les inscriptions du chronographe sur le film, il suffit d’une simple lecture directe pour déterminer leur durée avec une approximation de l’ordre du millionième de seconde. Au moyen de cet appareil, la subdivision des temps n’a pas d’autres limites que la sensibilité photographique et la vitesse de translation de la pellicule d’enregistrement. Aussi M. Tawil a déjà obtenu avec la plus grande facilité l’inscription très nette de 100 000 et même de 280 000 alternances sur une bande cinématographique ordinaire se déplaçant sur un tambour, à la vitesse de 50 m par seconde. L’intervalle de temps correspondant à deux points successifs égale donc le cent-millième ou le deux-cent-quatre-vingl-millième de seconde.
- Le chronographe actuel de l’ingénieux physicien est. une simple réalisation de laboratoire, mais le modèle définitif, en cours d’élaboration, trouvera sans doute d’utiles applications en astronomie, en radioélectricité, en balistique et dans d’autres domaines scientifiques ou industriels. J. de la Cerisaie.
- = ENREGISTREMENT SONORE EEEEE PAR LA LUMIÈRE ULTRA-VIOLETTE
- Pour améliorer la qualité des enregistrements sonores photographiques destinés au cinéma parlant et atténuer le bruit de fond, on s’est efforcé de réduire le grain des émulsions et de diminuer la largeur de la partie transparente de la piste sonore. Car lorsque la gélatine présente des défauts de matière ou des rayures, elle produit des modulations de lumière au lecteur de sons, et, par conséquent, provoque des bruits parasites.
- Dans les enregistrements à densité fixe, « à dents de scie », la qualité de l’enregistrement est liée essentiellement à l’absolue netteté des images sonores.
- Cette netteté dépend de la finesse du grain de l’émulsion, de la précision de la mise au point du système optique, tant à l’enregistrement qu’à la reproduction, et, enfin, au moment de l’enregistrement,de la pénétration précise de la lumière qui est concentrée sur l’émulsion du film négatif.
- La lumière blanche ordinaire est composée d’un grand nombre de radiations colorées de différentes longueurs d’onde, de sorte, qu’en toute rigueur, on ne peut obtenir une mise au point d’une précision absolue. De -plus, certains parmi ces rayons ne pénètrent pas de la même manière dans l’émulsion et causent une certaine distorsion.
- Dans un nouveau système d’enregistrement employé aux Etats-Unis par la R. C. A. Photophone, on interpose un écran sur le trajet de la lumière incidente, au moment de l’enregistrement, de manière à laisser seulement passage aux rayons ultra-violets du spectre, d’ailleurs invisibles.
- On peut ainsi obtenir une mise au point plus précise et déterminer la profondeur de pénétration dans l’émulsion. On obtient des images d’une netteté beaucoup plus grande. La même méthode est appliquée pour l’impression des épreuves positives, une fois le négatif réalisé.
- On peut ainsi obtenir l’enregistrement des sons très aigus et des syllabes sifflantes, dont la reproduction a constitué si longtemps un difficile problème.
- On pouvait bien, en pratique, enregistrer des sons jusqu’à 9000 pér/sec, mais la précision des images obtenues laissait souvent à désirer, d’où des déformations correspondantes du timbre.
- L’impression par rayons ultra-violets est d’une application extrêmement simple et peut être pratiquée avec tous les appareils d’enregistrement sonore existants. Il s’agit uniquement d’une modification de l’éclairage et du réglage du système optique. P. H.
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- LA PROCESSION DANSANTE D’ECHTERNACH
- Les touristes de passage dans le Grand-Duché de Luxembourg affluent tous les ans par milliers dans la verdoyante vallée de la Sure, surnommée très justement la Petite Suisse.
- Venues des rudes montagnes ardennaises, les eaux limpides de la Sure traversent un pays de grès rose très érodé avant de se jeter dans la Moselle. Cette rivière, frontière sur plusieurs dizaines de kilomètres entre le Grand-Duché et l’Allemagne, ne fait mouvoir que quelques vieux moulins rustiques et ne porte que des barques de pêche et des bacs de passage. Après plusieurs boucles qui enlacent une série de monticules ravinés par les eaux et creusés de cavernes, de puits et de passages souterrains, elle s’étale soudain dans une vallée en cuvette où s’étend la célèbre ville d’Echternach.
- Sans sa procession dansante du mardi de la Pentecôte, qui attire chaque année près de 20 000 pèlerins et curieux de tous les pays environnants, Luxembourg, Belgique, France, Allemagne, Echternach serait simplement un coquet centre de villégiature.
- Les sites pittoresques du massif des Ernz ont été sculptés sur plusieurs kilomètres dans les grès secondaires par les grands courants diluviens du tertiaire. A côté de blocs isolés comme le « Perécop » et de grottes compliquées telles que la « Hôhle » et la « Hohllay », on trouve un chaos de rocs enchevêtrés aux couleurs fauves les plus chaudes (fig. 1). Du haut de sentiers taillés en corniche dans la pierre, on découvre la cité (fig. 2).
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- Le nom d’Echternach est mentionné pour la première fois en 698 dans les actes de donation de l’abbaye des Bénédictins fondée à la fin du vne siècle par saint Willibrord, apôtre des Frisons et évêque d’Utrecht. Dans les chartes royales, le bénéfice porte le nom de Villa Epternacus puis Efternacum, Epterisacum et Epternach, domaine de la couronne (Dominium régalé) des rois des Francs dont Pépin d'Iiéristal partageait la propriété avec la princesse arnulfingienne Irmine. En 706, le monastère de Willibrord, en recevant de Pépin l’autre moitié d’Echternach, acquit tous les droits seigneuriaux qui y étaient attachés en vertu de la Constitution des Francs, droits transmissibles aux successeurs de l’évêque d’Utrecht. Ce fief seigneurial garda son indépendance jusqu’à la Révolution française.
- La ville doit avoir eu au xne siècle une assez grande étendue, car les murs d’enceinte flanqués de 14 tours et percés de six portes avaient quelque 2000 m. Malgré toutes les transformations modernes, elle garde encore l’aspect pittoresque d’une ville du moyen âge. On trouve les noms luxembourgeois des rues actuelles dans les chartes des xne et xive siècles; les noms français datent en majeure partie du temps de l’occupation par les armées de Louis XIV et de l’époque napoléonienne.
- Le Denzelt ou Hôtel de Ville (fig. 3) est le monument le plus remarquable de la période gothique (1520-1530). Les vieilles fenêtres à créneaux, ses tours en échauguettes,
- lui donnent l’air de sévérité qui seyait à un édifice servant non seulement de lieu de réunion aux échevins, mais aussi de prison et de chambre de tortures.
- Plus ancienne encore est la crypte mérovingienne mentionnée dans les chartes de 698 de la princesse Irmine. Les fresques qui apparaissent sous la couche de chaux sont du xie siècle. C’est là que nous touchons au problème de la procession dansante. Willibrord fonda vers 698 l’abbaye bénédictine adossée à l’église mérovingienne et à sa mort son corps fut déposé sous l’autel de cette première église. Le 19 octobre 1031 ses ossements furent
- Fig 1. — Type de cavernes creusées dans le grès d’Echternach.
- transférés sous le nouveau maître-autel d’une troisième abbatiale, l’ancienne ayant été détruite par un grand incendie. L’église subit d’ailleurs d’autres changements importants en 1250 et 1561. La Révolution française dispersa les restes du saint et nationalisa l’église en 1797. Les reliques recueillies ensuite et déposées dans l’église paroissiale de Saint-Pierre furent transférées en 1906 à la Basilique et enfermées dans une châsse monumentale, en marbre blanc de Carrare (fig. 4).
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- Ces détails sont nécessaires pour expliquer la procession
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- qui, annuellement, se déroule selon un protocole traditionnel le mardi de la Pentecôte.
- A neuf heures, le gros bourdon de 10 quintaux, offert à la ville par l’empereur Maximilien en souvenir de son pèlerinage de 1512, s’ébranle, donnant le signal du départ au cortège groupé au pont d’Echternach, à la frontière allemande. Pendant quatre heures, la procession s’avance
- Fig. 3. — L’Hôtel de ville d’Echlernach. 'Beau monument gothique de 1520-1530, qui servait autrefois de prison et de chambre de tortures.
- lentement à travers les rues de la Sure et de la Montagne, la place du Marché, la rue de la Gare et des Merciers pour atteindre à la Basilique le tombeau de saint Willibrord. Ce parcours n’excède pas 2 km; la vitesse moyenne est donc de 25 m en 3 minutes.
- ^Un officier de police ouvre la marche suivi de deux officiers de pompiers. Le suisse et les enfants de chœur précèdent la maîtrise formée de 3000 hommes chantant les litanies du saint. Les membres du clergé, en deux files, suivent, puis 300 séminaristes, l’abbé mitré de Cler-vaux, les évêques de Trêves, Luxembourg, Liège et Namur entourés des prêtres du diocèse et des religieux. La procession est donc un acte liturgique accompli avec sérieux et grandeur.
- Bientôt, dominant les chants religieux, des éclats de fanfare annoncent « les groupes dansants » ayant à leur tête la jeunesse d’Echternach. Chaque groupe de quelques centaines de personnes est précédé d’un orchestre de violons, guitares, mandolines, clarinettes ou d’une fanfare complète avec son drapeau. Tous jouent la mélodie bien connue : « Adam avait sept fils », rythme qui donne la mesure aux danseurs : trois pas en avant, deux pas en arrière. Les hommes et les jeunes gens sont en bras de chemise, le front ceint d’un mouchoir pour contenir la sueur qui ruisselle de leur front et reliés l’un à l’autre par un second mouchoir qu’ils tiennent en main (fig. 5).
- Ce fatigant sautillement traditionnel n’est pas exécuté par tous; beaucoup lui ont substitué un pas de polka au ralenti peut-être plus commode à cause de la multiplication des arrêts forcés. Autrefois, des danseurs professionnels, moyennant une certaine rétribution, remplaçaient ceux qui étaient empêchés. Les hommes de tous les villages des environs, conduits par leur curé, prennent part à la fête. Certaines bourgades de Franconie sont là tout entières en un mystique exode : vieillards, enfants, mères et époux. Des paysans de Prün et de Weisweiner dans l’Eiffel ont marché deux jours, accomplissant ainsi 65 km par étapes coupées de prières et de chansons. La cérémonie est obligatoire et se déroule par n’importe quel temps; les danseurs préfèrent même la pluie qui les rafraîchit.
- On processionne ainsi avec une extrême lenteur par les rues pavoisées, sautillant inlassablement, le visage tendu par l’effort, les yeux levés au ciel (fig. 6), jusqu’à la Basilique, où les pèlerins défilent autour du tombeau de saint Willibrord.
- M. le chanoine Gœthesinger, directeur du gymnase d’Echternach, parle d’un cantique du xe siècle, dédié à saint Willibrord, mort à Echternach en 739, où il est question d’une procession dansante. C’était sans doute une antique tradition païenne que Willibrord avait sanctifiée et adaptée à la pensée de l’Eglise. Après sa mort, on lui rapporta la cérémonie.
- Remarquons que la fête actuelle a lieu entre le 10 mai
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- et le 13 juin, dates extrêmes de la Pentecôte. Comme pour les feux de la Saint-Jean étudiés par nous dans La Nature du 15 juin 1935, la fête païenne s’est accrochée à la fête chrétienne pour survivre, alors qu’autrefois elle pouvait avoir lieu en avril ou au commencement de mai. En outre, la procession part de la rivière de la Sure pour aboutir à un lieu saint. Enfin, le cortège religieux avance en va-et-vient.
- Ces trois remarques trouvent des répondants aux époques antiques. Wandalbert, moine bénédictin à l’abbaye de Prün (Prusse) (813-870) composa en hexamètres un poème latin sur les travaux des mois : « Moi, Wandalbert, au temps où j’étais enthousiasmé par la douceur des rivages du Rhin que gardent les formidables remparts de l’antique Cologne, sollicité par les prières d’un ami, j’ai énuméré brièvement toutes les coutumes et usages conservés dans les campagnes gauloises ». Les 22 vers consacrés au mois d’avril commencent par ces mots :
- Fig. 4. — Châsse en marbre blanc de Carrare où sont déposés les ossements de saint Willibrord dans la Basilique.
- Il uic lætos crûtes jucundaque tempora Phæbus,
- Floribus ac airidi primum de fronde venustat.
- « En avril Phæbus (le soleil) pare de verdure et de fleurs les abondantes chevelures (des jeunes filles) et les fronts riants (des jeunes gens) ». Ces vers font allusion à une coutume païenne du temps qui subsiste encore actuellement en Pologne, Roumanie, Ukraine. La jeunesse, les cheveux émaillés de fleurs et la tête garnie de couronnes de verdure, forme des rondes et des danses gracieuses autour d’une poupée de grande taille pour saluer la belle saison. Puis tous vont à la rivière et jettent la poupée à l’eau pour symboliser l’hiver qui disparaît. Dans certaines contrées les jeunes gens y jettent même les jeunes filles ou les arrosent copieusement. A la Saint-Georges (13 avril) en Yougoslavie, deux jeunes filles couronnées et appelées Reines chantent des cantilènes en se promenant à travers la campagne fleurie.
- Ces coutumes existaient en Gaule jusqu’au Moyen Age et tous les calendriers de pierre figurent sur nos cathédrales de Senlis, Saint-Denis, Paris, Chartres, Rampillon, Lyon, Strasbourg, Semur, Bourges, Argenton, Civray, Fenioux, Aoste (Italie) pour le mois d’avril, un adolescent debout, d’attitude princière, couronné de fleurs, tenant dans une une main un bouquet de la flore de la région,
- (lilas à Chartres, roses à Strasbourg) et dans l’autre un sceptre de verdure. C’est la représentation de la belle saison. La jeunesse élisait un roi ou une reine et on l’escortait par des chants et des danses faits en groupes. Or cette fête du printemps se rattache, d’après le calendrier populaire romain de 354 (les calendriers du xne siècle et ce chronographe de 354 montrent des concordances non équivoques), à la fête d’Aphrodite, déesse du printemps et de l’amour. Le mois d’avril représente un homme vêtu de chausses, chaussé de sandales, qui exécute un sautillement sacré en s’accompagnant de castagnettes à longs manches devant un autel de Vénus dont la statue est en-
- Fig. 5. — se liennenl
- tourée de myrte et devant laquelle brûle un cierge (fig. 7).
- Ce sautillement, ou danse religieuse, faisait partie des cérémonies célébrées en Grèce en l’honneur d’Aphrodite, principe de toute végétation, celle en qui résident les forces productrices de la Terre. Elle les éveille à chaque printemps (nécessité pour les adeptes de faire du bruit avec des sonnailles et des castagnettes) et en son honneur on dressait Y arbre de mai car elle doit faire croître fleurs et fruits. Son culte se confondait avec celui de Déméter. Dans beaucoup de villages d’Alsace et de Suisse, j’ai vu, encore cette année, cet arbre symbolique rempli de fleurs de papiQr que les jiopulations élèvent le 1er mai.
- L’abbé Reiners, dans une monographie signée Purior, affirme qu’autrefois la procession d’Echternach commençait par l’exhortation d’un prêtre au delà du pont et sous un tilleul que, d’après la légende saint Willibrord aurait planté. Or, dit l’auteur, la danse sous le tilleul, arbre consacré dès le printemps à la déesse de l’amour, Frau IToelle, Iiulda, était une vieille coutume germanique.
- De plus les pèlerins des alentours passant autrefois le
- La procession dansante. Les sauteurs, le front ceint d’un mouchoir, entre eux par un second mouchoir pour avancer et reculer ensemble.
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- Fig. 6.
- Vue d’ensemble de la procession dans une rue pauoisée de la ville.
- Fig. 7. —• Au mois d'avril du calendrier romain de 354, on voit un fidèle de Vénus sautiller devant la statue couverte de myrte en s’accompagnant de castagnettes.
- pont à Echternach payaient chacun une mesure de vin.
- Or nous savons que le 9 avant les calendes de mai on célébrait les Vinales qui, d’après Pline, furent instituées pour goûter le vin. Ovide (Fastes 4) ajoute que les Vinales d’avril étaient consacrées à Vénus.
- La procession part de la Sure. Or, Aphrodite est aussiune déesse marine ; on baignait sa statue à la grande procession qui se déroulait au printemps sur plus de 60 stades et, les concours hippiques et musicaux et les sacrifices alternaient
- avec les danses. Aphrodite avait un vêtement tissé par les Charités ou les Grâces, divinités de la Nature, qui baignaient la déesse, la parfumaient et la paraient d’ornements précieux. Ces Charités étaient représentées tantôt au nombre de deux, tantôt au nombre de trois en se donnant la main. Confondues avec les Heures amenant le retour régulier des saisons et surtout la maturité du vin, elles dansaient autour d’Aphrodite. Ces Heures, figurant le printemps, étaient honorées pour obtenir une température favorable aux récoltes et leur épargner une trop grande chaleur. Pendant longtemps les Grecs n’ont distingué que deux saisons, la bonne et la mauvaise. Ce n’est que plus tard que l’année fut divisée en trois saisons, puis en quatre. L’iconographie les représente par groupe de deux ou de trois.
- Les danses rituelles anciennes comprenaient des chœurs de trois et cinq danseuses se tenant par la main. Serait-il téméraire de voir dans les trois pas en avant et deux en arrière des processionnaires d’Echternach le rappel des trois Charités ou des Heures (saisons) qui dansaient autour de Vénus.
- M. Forrer dans son étude sur les chars cultuels conclut que certains de ces chars garnis de chaînes, de sonnettes comme ceux de Mérida (Espagne), de Crannon (Thessalie), de Gross-Perschnitz ne pouvaient faire entendre leurs sonnailles destinées à appeler la divinité que si on les faisait avancer en va-et-vient. Le petit char de bronze de Costa Figueria en Portugal est même attelé aux deux extrémités pour être remué dans les deux sens. A Palerme, lors de certaine fête populaire, on promène en dansant une énorme tour de bois haute de plusieurs étages et surmontée de la statue du saint. La tour est portée, encore aujourd’hui, à travers les rues par une foule d’hommes qui la tiennent dans une position branlante tandis que les processionnaires sautillent légèrement en l’accompagnant.
- Lorsque Willibrord évangélisa la contrée, fonda à Echternach en 698 un monastère de bénédictins où il mourut, sa renommée fut si grande que les pèlerins accouraient en foule à son tombeau. Ces derniers gardèrent l’habitude de prendre le départ à la Sure et de se rendre à l’endroit où devait s’élever jadis le temple païen remplacé par la crypte actuelle, église mérovingienne de 698. On dansait la marche rituelle des ancêtres autour du tombeau du saint enseveli sous le maître-autel, et peu à peu la cérémonie se christianisa. Puis les siècles y ajoutèrent. Lors des ravages causés par la danse de St-Guy, on attribua à la procession dansante d’Echternach une salutaire conjuration, de même que celle de Jumet serait le souvenir de la joie de pèlerins apprenant, lors d’une épidémie de peste, que leurs vœux de cessation du fléau étaient exaucés.
- Sans doute, tant que des découvertes archéologiques n’auront pas éclairci l’origine de la procession d’une façon plus probante, nous en serons réduits à des conjectures. Mais ces conjectures restent du moins dans le domaine du vraisemblable, étant donné tout ce que nous savons des cultes et des cérémonies antiques et des traces profondes que ces derniers ont laissées dans les populations agricoles.
- A. G.
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- E ANIMAUX DOMESTIQUES ET MOUSTIQUES 33
- Depuis six ans, j’ai lu les plus répandus des périodiques d’hygiène et de médecine vétérinaires sans y trouver une seule l'ois mention des moustiques, sans une allusion à l’inconfort et au mal-être que ces insectes piqueurs causent au bétail et aux animaux de basse-cour.
- De ce silence il ne faut pas conclure que les animaux domes-liques sont à l’abri des tourments que les moustiques infligent aux humains, mais je pense que l’attention des vétérinaires n’est pas sollicitée de ce côté par les éleveurs.
- Cependant, la question des relations trophiques entre les animaux domestiques et les moustiques n’est pas neuve. 11 y a trente ans que, préoccupé de protéger l’homme contre la fièvre paludéenne en écartant de lui les moustiques du genre AnopJteles qui en sont les vecteurs, ayant remarqué la présence de nombre de ces insectes dans les logements des animaux, j’ai signalé l’importance du cheval, du porc, du lapin et autres animaux de ferme et de basse-cour dans la nutrition des Anophèles au bénéfice des hommes dont ils sont ainsi détournés. Quand ces moustiques ont le choix entre l’animal et l’homme ils préfèrent souvent, le sang de l’animal, ils sont zoo phi les; certaines espèces le sont exclusivement ou presque, d’autres espèces le sont moins.
- Cette attraction des moustiques par les animaux constitue la zooprophylaxie. Dès 1908, j’ai signalé (Annales d’hygiène coloniale, juillet-août 1908, p. 433) la protection de ma famille réalisée à Tchcnton (Chine) par la présence de mon cheval dont l’écurie était à moins de dix mètres de ma chambre à coucher. « Mon cheval a été assailli et dévoré nuit et jour, pendant des mois, par des nuées d’Anophèles et de Culex. Les piqûres étaient confluentes à l’encolure où le coup de queue ne pouvait atteindre ces insectes ». Je concluais :« L’Anophèle de Tchenton n’aime pas le voisinage de l’homme et ne le subit que comme une nécessité, il paraît lui préférer le contact de l’animal, tout au moins du cheval ».
- Depuis lors, la zoophilie des Anophélines, telle qu’elle se présente dans les conditions habituelles de l’économie rurale, a été observée dans les cinq parties du monde; en certains pays on la provoque ou bien on la renforce en augmentant le nombre des animaux quand la protection animale se trouve insuffisante. La plus belle expérience de zooprophylaxie antimalarique a été réalisée en Italie par G. Escalar en 1933 dans la campagne romaine, à Ardé, localité la plus impaludée de cette région insalubre en voie d’assainissement. Le porc a été choisi comme nourrisseur des Anophélines à raison d’un porc pour dix-huit habitants. Trente-neuf de ces animaux logés dans vingt-sept étables en ceinture du village retinrent de mai à décembre 24 961 Anophélines dans le même temps que les habitations humaines n’en recevaient que 628. Le résultat fut une diminution considérable des rechutes de malaria, 7 pour 100 au lieu de 32 pour 100 en 1931 avant la zooprophylaxie et les 18 enfants nouveau-nés de l’année restèrent indemnes.
- Dans les divers pays où j’ai étudié les relations trophiques entre les animaux domestiques et les moustiques, les personnes qui soignent les animaux n’ont jamais connu cette relation. Ni en Indo-Chine pour le buffle, ni en Saintonge pour le lapin, le porc et le cheval, ni à Tananarive pour le cheval, ni en Provence ou à La Rochelle pour le lapin en ce qui concerne les Anophélines, ni à Pons dans les poulaillers en ce qui concerne Culex pipiens, aucun éleveur n’avait remarqué la présence des moustiques dans les écuries, étables, clapiers, poulaillers sauf une fois en Provence où un petit éleveur de lapins me déclara que ses animaux portaient au museau des lésions de grattage occasionnées par la piqûre de nombreux moustiques.
- Cependant, dans presque tous ces cas, l’effectif des moustiques était important. Dans des cages à lapins de longueur inférieure à un mètre il n’y avait pas moins de 50 Anophélines piqués au plafond de la cage comme des épingles dans une pelote. Quand il s’agit de gros animaux logés dans des locaux à leur taille, les moustiques sont difficiles à voir car, après s’être gorgés de sang, ils quittent l’animal nourrisseur et vont chercher un refuge tranquille sous une mangeoire, sur un mur, au plafond, ils se posent volontiers sur les toiles d’araignée tendues comme des filets.
- Comme les Anophélines piquent presque exclusivement du coucher au lever du soleil, aux heures où les personnes qui soignent les animaux ne les visitent pas, comme les étables ne sont pas éclairées la nuit, que les moustiques sont de petite taille, plus ou moins dissimulés et hors de vue, leur présence chez les animaux reste ignorée de l’éleveur. Dans de telles conditions, il faut chercher les moustiques pour les voir et les éleveurs n’en ont cure; ne sachant pas que leurs animaux sont harcelés par les moustiques ils ne le signalent pas au vétérinaire de sorte que ce praticien ne se trouve pas incité à étudier le parasitisme des animaux de ferme par ces insectes.
- On a acquis des connaissances précieuses pour la zooprophylaxie des maladies humaines concernant le parasitime du bétail en stabulation par les Anophélines et Culicines qui fréquentent les étables. Mais on ne sait rien des relations trophiques que peuvent entretenir les moustiques ruraux avec les bovidés et ovidés qui vivent en plein air, au pâturage, d’avril à novembre dans les prés des marais charentais, vendéen, poitevin, nantais et autres régions du littoral ou de l’intérieur. Certaines espèces d’aédines, comme Aedes punctatus, avide du sang de l’homme, qui exécute des raids de quelques jours dans les agglomérations humaines, se nourrissent peut-être aussi du sang du gros et du petit bétail ? J’ai révélé la présence d’Aedes punctatus dans les marais salés charentais en bordure de la mer et aussi à l’intérieur le long des cours d’eau et des canaux jusqu’où remonte le flot de marée; je l’ai appelé « moustique maritime » à cause de son habitat et de son goût pour l’eau de mer (l).
- Si la zoophilie des moustiques est un bienfait pour l’homme, elle porte atteinte au bien-être et à la condition des animaux domestiques, on lui reproche de provoquer la diminution de la sécrétion lactée chez les vaches et les brebis. Il est donc désirable d’épargner aux animaux, qui nous fournissent nourriture, vêture et travail, le tourment des moustiques en détruisant ceux-ci dans l’eau à l’état larvaire tout en les déviant à l’état ailé vers les animaux pour protéger l’homme.
- Cet appel en faveur de nos animaux domestiques ne sera probablement pas entendu tout de suite, pas plus que ne le fut la zooprophylaxie qu’il fallut vingt ans pour faire admettre. Il est douteux que les particuliers, qui se laissent dévorer par les moustiques sans autre réaction que de se plaindre, prennent souci d’en éviter les piqûres à leur bétail. Dans les pays exempts de maladies transmissibles par les moustiques : malaria, fièvre jaune, dengue, la lutte contre les moustiques n’est que sporadique, elle n’est pas encore entrée dans les habitudes. Jusqu’ici, là où elle est engagée, elle n’est menée qu’au point de vue humain avec un désintéressement complet du sort des animaux qui en bénéficient cependant ainsi que de l’attraction pour l’homme des espèces anthropophiles qui feraient leurs repas de sang sur les animaux si l’homme était absent. Zoophilie et anihropophilie expriment donc une protection réciproque : de l’homme par l’animal ou de l’animal par l’homme.
- 1. J. Legendre. Le moustique maritime «C. R. Ac. Sc., 26novembre 1934, 1er juillet 1935 et 2 mars 1936.
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- La lutte antilarvaire doit tenir le premier rang parmi les mesures contre les moustiques ; son extension sera profitable aux bêtes comme aux gens. La zooprophylaxie, qui sacrifie l’animal à l’homme, gardera son rôle efficace dans les vastes régions de marais et de rizières où la destruction des larves, par les poissons ou les poisons, est difficile et n’est pas généralisée. La nécessité et l’importance de la zooprophylaxie dimi-
- nueront avec les progrès de la lutte antilarvaire. Mieux vaut détruire les moustiques que de les nourrir sur les animaux; pour cela il faut découvrir leurs gîtes, ce qui n est pas toujours aisé, et étudier leurs relations avec le bétail, ce qui est l’affaire des hygiénistes médecins ou vétérinaires.
- D1' J. Legendre.
- LES THÉÂTRES D’OMBRES
- Dans les théâtres d’ombres, la confection des personnages est importante : ils doivent être légers et facilement maniables. Au temps de Séraphin, on se servait de tôle mince, plus tard vint le fer-blanc, le cuivre léger ou paillon et enfin le zinc. Ce dernier métal, facile à travailler, serait parfait s’il n’était pas un peu lourd à une épaisseur suffisante et c’est cet inconvénient qui a poussé à adopter le carton rigide (carton cuir, carton de Lyon etc.) accompagné de l’appareil de projection dont nous aurons à parler.
- Les personnages étant dessinés sur le carton, soit par invention directe, soit par calque d’un sujet choisi dans une gravure, soit encore par une copie de dimension différente de l’original
- et obtenue au moyen du quadrillé, il faudra les découper.
- Avec des ciseaux on y arrive assez facilement si le carton est mince, mais si le carton est épais et aussi pour faire les ajours, on emploie un petit ciseau à froid : le carton étant placé sur une planche ou sur un plomb, on obtient tous les contours et toutes les courbes par petits coups successifs.
- Le mécanisme des personnages est généralement très simple
- et se réduit le plus souvent à faire mouvoir un bras ou une jambe au moyen d’un fil tirant sur une saillie formant levier.
- Voici le piocheur du Pont cassé. La flexion du buste en avant est obtenue au moyen de la tige
- de fil de fer A (fig. 1) et le mouvement de la pioche par le tirage du fil B qui fait lever l’instrument, celui-ci retombant de son propre poids suivant le texte, il faut autant de fois le même personnage qu’il doit se présenter dans des poses différentes.
- Lorsqu’il s’est agi d’obtenir non plus quelques personnages isolés, mais de grands tableaux d’ensemble comme le Bataillon carré qui remplissait tout le cadre, ou de faire défiler des quantités de personnages comme dans le Pays du Rêve (x) ou le Régiment qui passe, on s’est trouvé embarrassé par le matériel encombrant et son maniement et l’on a essayé plusieurs moyens, tous basés sur la lanterne de projection.
- 1. Nature du 15 mai 1933.
- Fig. J.-
- Le piocheur du « Pont cassé ».
- Fig. S. — Personnages découpés à la scie pour la pièce « le Pont cassé ».
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- On a d’abord dessiné, puis photographié sur des bandes de verre et à la grandeur des passe-vues des appareils, soit les ensembles, soit les défilés nécessaires et on les a projetés (fig. 2), mais les bandes de verre toujours fragiles n’étaient jamais assez longues et l’on voyait les raccords au passage. Maintenant que l’on a les papiers extra-transparents (cellulose, cellophane, etc.) on peut dessiner sur des bandes aussi longues qu’il est nécessaire et sans craindre la casse.
- J’ai essayé aussi de faire découper les personnages minuscules, à la scie de bijoutier, de les mécaniser et de m’en servir dans l’appareil de projection. J’ai réalisé ainsi la pièce complète du« Pont cassé», le défilé du « Régiment qui passe». Voici du reste quelques types de ces personnages découpés reproduits à la grandeur d’exécution (fig. 3). Malheureusement le maniement dans la lanterne était assez malaisé et le prix de revient trop élevé.
- Certains amateurs d’ombres ont prétendu que l’on ne devrait employer que des ombres produites par des découpures puisque l’on montrait un théâtre d’ombres. C’est le cas de dire que cette opinion est un peu une chinoiserie à propos d’ombres : que l’ombre amenée sur la toile soit celle d’une découpure ou d’une silhouette peinte et agrandie, le spectateur n’en a
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- cure; il ne s’inquiète pas de la provenance de l’ombre, des voies et moyens employés pour la produire; il ne voit que l’intérêt que le spectacle présente.
- L’appareil de projection que l’on emploie pour présenter certains sujets doit aussi être utilisé pour projeter les décors dans lesquels évoluent les personnages (üg. 2). Ces décors peuvent devenir fort intéressants si l’on emploie les effets de fondant qui font passer successivement un tableau de l’été à l’hiver avec chute de neige, orage, coucher de soleil, etc. Au Chat Noir et dans mon théâtre d’ombres, les effets de fondant ont toujours eu un très grand succès et certainement c’est un peu grâce à eux que les ombres ont obtenu la vogue qu’elles détiennent maintenant plus encore qu’autrefois.
- Ces effets de fondant bien faciles à obtenir sont ceux que l’on emploie sous le nom de décors lumineux à l’Opéra et dans d’autres théâtres. Il n’y a là qu’une question d’intensité de lumière. Je ne saurais donc trop recommander les projections comme aide et complément des théâtres d’ombres, d’autant plus qu’avec un appareil à deux foyers lumineux seulement, bien manoeuvré, on peut combiner des effets de fondant et des défilés. Le prestidigitateur Alber.
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- LA DÉTERMINATION DU TEMPS DE POSE
- Dans le n° 2761 du 15 mai 1927 de ce journal, M. A. llamon a publié un important article sur « La détermination du temps de pose », article dans lequel il a donné une table de correspondance des échelles sensitométriques, en même temps que divers tableaux complétant ceux de MM. Huillard et Cousin, bien connus des amateurs de photographie. On sait que ces tableaux fournissent des nombres, placés en regard des éléments qui concourent à la détermination du temps de pose (date, heure, état du ciel, sujet, diaphragme, surface sensible, etc.). En faisant la somme des nombres se rapportant aux divers facteurs relatifs à la prise du cliché, on trouve, dans une dernière table, le temps de pose nécessaire.
- Dans un Tableau III : Sensibilité, l’auteur a fait figurer les nombres qu’il convient d’adopter pour la surface sensible employée.
- Un de nos lecteurs, qui, pendant des années, a utilisé avec succès les divers tableaux donnés par M. Hamon, se trouve bien embarrassé aujourd’hui, parce que, depuis 1927, la sensibilité de nombreuses émulsions surpasse celle qui était alors la plus rapide, parce que d’autres systèmes de sensitométrie sont employés et aussi parce qu’une regrettable publicité abuse de l’ignorance de nombreux amateurs en leur présentant certaines émulsions et en attribuant à celles-ci un nombre invraisemblable de « degrés », empreints de la plus grande fantaisie.
- Comme l’écrit M. I..-P. Clerc dans sa Technique photographique (2e édition, p.220) : «Tous les superlatifs disponibles ont été épuisés « avant que la rapidité des émulsions photographiques ait cessé de « s’accroître ! » Et cela est si vrai qu’une très grande firme française, qui notait ses plaques avec conscience, a dû, l’année dernière, devant les demandes des amateurs avides de « degrés H. et D. » remanier les degrés sensitométriques de ses plaques pour les mettre à l’unisson des autres firmes, surtout étrangères.
- Telle émulsion qui, en 1934, était notée 750 H. et D. se trouve portée à 950 H. et D. en 1935. Très honnêtement, cette maison annonce : « Nous avons adopté cette année, pour l’appréciation de la sensibilité des plaques, Vinterprétation des mesures sensitométriques acceptée par la grande majorité des fabricants. » Et plus loin, elle ajoute : « La sensibilité des émulsions de nos plaques n’a subi aucune modification, seule l’expression numérique de cette sensibilité a été modifiée. »
- Voilà bien de T inflation photographique !
- Si nous insistons tant sur ce point, c’est pour mettre en garde les amateurs contre cette course aux degrés sensitométriques qui finiront, tant on en abuse, à ne plus rien signifier du tout.
- Ceci dit, et pour répondre au désir exprimé par notre correspondant, nous complétons, en le modifiant un peu, le tableau d’équivalence, très approximative, des diverses échelles sensitométriques, qui s’arrêtait à 20° Scheiner, en le portant jusqu’à 32° Scheiner. Nous y avons introduit (dans la mesure où ces échelles sont comparables ?) les degrés du nouveau système DIN (« Das Ist Normal », c’est-à-dire : « C’est Standard ») utilisé pour les films allemands. Ce nouveau système a été proposé au Congrès international de Photographie de
- Dresde, en 1931. Les émulsions portant ces indications peuvent être soumises au contrôle officiel, et leurs fabricants sont passibles d’amende en cas de fausses déclarations (’)•
- Tableau d’équivalence thés approximative des diverses échelles sensitométriques (établi d'après le Tableau publié par Die Photographische Industrie, décembre 1930).
- Degrés Scheiner Degrés Hurter et Drieffield Degrés Eder-Hecht Degrés du Système DIN j Sensibilité relative
- 1 6 42 1,00
- 2 8 45 1,27
- 3 10 48 1,62
- 4 13 50 2,07
- 5 17 53 2,64
- 6 22 56 3,36
- 7 27 58 4,28
- 8 35 61 5,46
- 9 45 64 6,95
- 10 56 66 8,86
- 11 72 69 11,29
- 12 91 71 14,38
- 13 117 74 18,33
- 14 150 77 23,36
- 15 190 79 29,76
- 16 240 82 37,93
- 17 308 84 6/10 48,33
- 18 390 87 7/10 61,58
- 19 500 90 8/10 78,48
- 20. 636 92 9/10 100
- 21 800 95 10/10 127
- 22 1050 98 11/10 162
- 23 1300 100 12/10 207
- 24 1700 103 ' 13/10 264
- 25 2100 106 14/10 336
- 26 2700 108 15/10 428
- 27 3500 111 16/10 546
- 28 4400 113 17/10 695
- 29 5600 116 18/10 886
- 30 7200 119 19/10 1130
- 31 9100 121 20/10 1440
- 32 11600 124 21/10 1830
- 1. Revue française de photographie, n° 356, 15 octobre 1931.
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- Tableau III : Sensibilité.
- == 36 ..................... =...... :.. - =
- (On remarquera que pour passer des degrés DIN aux degrés Sclieiner, il suffit d’ajouter environ 11 aux premiers.)
- Le Tableau III : Sensibilité, donné par M. Ilamon (p. 469) avait été établi en partant de la plaque « Opta » de Lumière, la plus rapide à l’époque. Pour cette raison, le nombre additif correspondant était 1, alors que pour toutes les autres plaques, toutes moins rapides, le nombre additif était supérieur à 1.
- Nous avons calculé les nombres à employer pour prolonger le tableau III en question. 11 n’est plus possible d’indiquer que ces nombres se rapportent à telle ou telle émulsion, surtout en raison de 1’ « inflation » qui règne sur les indications sensitométriques du commerce.
- Nous complétons donc les nombres du Tableau III en partant de 750 H. et P., qui correspond à la sensibilité de la plaque « Opta » de Lumière et nous les étendons jusqu’à 32° Sclieiner, comme dans le tableau précédent. On remarquera qu’après 22° Sclieiner, les nombres doivent être retranchés du total des autres nombres (date, heure, sujet, etc.).
- ... LES SUIDÉS
- DE L’AFRIQUE
- Dans toute la zone équatoriale africaine, les chasseurs rencontrent des animaux du groupe du porc domestique, qu’ils désignent sous le nom générique de « sanglier ». En fait, les types désignés par cette expression sont assez éloignés, zoologiquement parlant, du Suidé sauvage de nos régions. Les trois principaux représentants de l’ordre des Suidés sont : le phacochère ou porc à verrues, nommé par les Anglais : wart hog; le potamochère, dit aussi porc rouge des rivières ou porc à pinceaux, et le sanglier géant, l’hylochère, dit porc des forêts (le forest hog ou giant hog des Anglais).
- Les phacochères, bien faits pour frapper l’imagination, ont le corps recouvert d’une peau épaisse gris-ardoise, d’aspect sale, toute craquelée, avec çà et là quelques rares poils hirsutes. La tête énorme, bosselée de verrues— ce qui explique le nom de porc à verrues — est singulièrement ornée, chez le mâle, de deux énormes défenses recourbées vers le haut, étalant démesurément la lèvre supérieure. Une épaisse crinière couvrant le garot et l’épine dorsale complète l’aspect peu rassurant de la bête.
- Les phacochères fréquentent presque exclusivement les endroits marécageux, les bords des ruisseaux où ils ont pour ennemis les lions et les léopards qui les dévorent en grand nombre malgré leur méfiance et leur habileté à fuir et à se dissimuler.
- L’Européen abat parfois ces animaux, non pour la chair qui est réputée de peu de valeur, mais pour la tête qui, une fois naturalisée, est fort décorative. La destruction, ou tout au moins la limitation du phacochère, dans une région déterminée s’impose d'ailleurs par les grands dégâts qu’il cause aux cultures indigènes. Aussi, le Noir lui fait-il une guerre de tous les instants. En dehors des végétaux, racines, herbes, etc..., le régime alimentaire des phacochères comporte un certain nombre de petits reptiles, et d’insectes. Mais cette faible utilité ne compense pas ses déprédations.
- Plus élégant, sans conteste, est le potamochère. Le mufle allongé, les défenses courtes, ne donnent pas à l’animal l’aspect farouche si caractéristique des phacochères. Son pelage agréable, vivement coloré de rouge clair, est agrémenté d’une large et épaisse crinière blanche, tranchant sur la teinte générale de la bête, courant du sommet du crâne à l’extrémité du dos.
- De longs pinceaux de poils blancs, fixés aux extrémités des oreilles, lui ont valu son nom de « porc à pinceaux ».
- Degrés Sclieiner Degrés IL et D. Degrés DIN NOMBRE
- 21 750 10/10 + 1
- 22 1050 11/10 — 0
- 24 1700 13/10 2
- 26 2700 15/10 — 5
- 28 4400 17/10 — 7
- 30 7200 19/10 — 9
- 32 11600 21/10 — 11
- Nous reviendrons, le moment venu, et avec plus de détails, sur ces questions, dans la « Causerie photographique ». Em. Touchet.
- SAUVAGES
- ÉQUATORIALE
- Partout dans la forêt équatoriale on le rencontre au voisinage immédiat des cours d’eau. Le jour, il reste baugé dans les fourrés épais, ne se hasardant dehors qu’une fois la nuit venue.
- C’est alors par hardes nombreuses que les potamoehères rôdent partout, fouillant du groin l’épais tapis forestier à la recherche de racines, d’herbes, de fruits, d’œufs d’oiseaux, de reptiles, d’insectes et même de charognes. Les cultures ont à subir leurs ravages ; en une nuit ils anéantissent de superbes récoltes, ne laissant qu’un sol piétiné de milliers de pas, jonchés d’informes déhris végétaux souillés de leurs excréments. Les indigènes luttent contre leurs déprédations en protégeant leurs champs de solides palissades, ou en leur tendant de nombreux pièges. Leurs captures constituent d’ailleurs pour les tribus de véritables aubaines, leur chair étant assez estimée.
- Mais le plus célèbre de tous les Suidés africains est sans, conteste le sanglier géant ou hvlochère, découvert il y a 34 ans seulement. Il habite les zones denses, humides et chaudes de la forêt équatoriale, d’un accès difficile, ce qui fit qu’il resta longtemps ignoré. Sa taille dépasse aisément celle de nos plus robustes sangliers, dont il rappelle d’ailleurs assez bien l’aspect. Le corps massif est en effet garni de poils raides et noirâtres,, les défenses sont courtes et robustes, son habitat est uniquement localisé dans les endroits formés de fourrés inextricables, où il se glisse par des passages fort étroits. Presque toujours en bordure de son refuge se trouvent des marécages malsains et inabordables où il peut se vautrer sans trop de crainte d’être inquiété.
- Aussi, est-il très difficile à atteindre, n’abandonnant que très rarement ces lieux sûrs pour se risquer en terrain découvert où l’on pourrait le tirer avec des chances de l’atteindre.
- On comprend aisément pourquoi les chasseurs sont très, fiers de pouvoir inscrire cet animal à leurs tableaux de chasse.
- Cependant, malgré l’intrépidité des Nemrods africains, ce bonheur leur échoit assez rarement, car l’hylochère qui vit depuis la côte de l’Atlantique jusqu’en Afrique orientale, ne paraît nulle part être fort abondant, tout en étant bien protégé par la nature de son habitat et par ses mœurs prudentes à l’extrême.
- G. R.
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- LA VOUTE CÉLESTE EN AOUT 1936 (l)
- 37
- Les nuits deviennent plus longues et, par suite, les phénomènes astronomiques visibles plus nombreux. Ce mois-ci, on pourra observer un certain nombre d’occultations d’étoiles par la Lune; la lumière cendrée de la Lune, du 13 au 15; les planètes Jupiter, Saturne et Uranus; quelques phénomènes du système des satellites de Jupiter, et le passage de Titan devant Saturne, les 13 et 29 août; puis la série habituelle des conjonctions célestes des planètes avec la Lune; enfin, un certain nombre d’étoiles filantes, entre autres celles provenant de l’essaim des Perséides (voir plus loin).
- 1. Soleil. — Le Soleil, en août, se rapprochera fortement de l’Equateur. Sa déclinaison, qui sera de + 18°0' le 1er août, ne sera plus que de + 8"37' le 31. La durée du jour décroîtra de lu 36m pendant le mois. Elle sera de 15“ 3m le 1er et de 13" 27m le 31.
- Voici le temps moyen à midi vrai ou, si l’on préfère, l’heure du passage du Soleil au méridien de Paris. Ce renseignement est utile lorsque l’on veut tracer la méridienne au moyen de l’ombre d’un fil à plomb sur le sol. Pour les jours non indiqués, une simple interpolation donnera le temps moyen recherché.
- Lumière zodiacale. — On pourra l’observer le matin, avant l’aube, à l’Est-Nord-Est, loin des villes éclairées, à partir du 15 août.
- IL Lune. — Voici les dates des phases de la Lune pour le mois d’août 1936 :
- P. L. le 3, à 3“ 47“ D. Q. le 9, à 20" 59“
- N. L. le 17, à 3" 21“ P. Q. le 25, à 5" 49“
- Date. Meure du passa;
- Août 1er 11" 56' 111 50s
- — 3 11 56 41
- — 5 11 56 30
- — 7 11 56 17
- — 9 11 56 1
- — 11 11 55 44
- — 13 11 55 23
- — 15 11 55 1
- — 17 11 54 39
- — 19 11 54 11
- — 21 11 53 42
- — 23 11 53 12
- — 25 11 52 40
- — 27 11 52 6
- — 29 11 51 31
- — 31 11 50 54
- Fig. 1. — Ombre de Titan sur le globe de Saturne à l’époque du passage du plan des anneaux par la Terre.
- Dessin pris par MM. R. Jarry-Desloges et G. Fournier, le 18 août 1907, à 11" 15111 du soir (T. m. Paris) à l’Observatoire temporaire du Mont Revard (d’après les Observations des surfaces planétaires, Fascicule I, 1907).
- Observations physiques. — Observer, chaque fois que l’état du ciel le permet, la surface solaire. Pour cela, une petite lunette suffit. Ne regarder qu’après s’être assuré que la bonnette à verre noir est en place. Voir aux « Bulletins astronomiques » des n0B 2968 et 2974, ce que nous avons dit relativement aux observations solaires.
- Le tableau suivant donne les éphémérides permettant d’orienter les dessins et les photographies du Soleil :
- Dates. P B „ L0
- Août 5 + 12°,38 + 6»,11 37°,85
- — 7 + 13°,15 + 6°,24 11»,41
- — 10 + 14»,26 + 6»,42 331»,74
- — 15 + 16»,03 -j- 6»,68 265°,65
- — 20 + 17»,68 + 6»,89 199°,56
- — 25 + 19»,21 + 7»,06 133°,50
- — 30 + 20»,61 + 7»,17 67°,44
- Age de la Lune le 1er août, à 0" (T. U.) = 131,4-; le 18 août, même heure = (P,9. Pour trouver l’âge de la Lune un autre jour du mois, à 0", ajouter aux nombres ci-dessus 1 jour par jour écoulé depuis le 1er ou le 18.
- Plus grandes déclinaisons de la Lune, en août : le 12, à 3" — — 24°12'; le 26, à 15" = 24°6'. On remarquera la faible hauteur de la Lune dans le ciel le 26 août, vers 18"50m, moment de son passage au méridien.
- Périgée de la Lune (plus petite distance à la Terre), le 6 août, à 16". Parallaxe = 59'48". Distance = 366 694 km. Apogée de la Lune (plus grande distance à la Terre), le 22 août,
- à 9". Parallaxe = 54'8”. Distance = 405 070 1cm.
- Occultations d’étoiles par la Lune. — Le 6 août, occultation de x Poissons (4m,9) : émersion à 2" 2m,5. Occultation de 9 Poissons (6m,4) : émersion à 2" 3ni,0.
- Le 13 août, occultation de 6 Gémeaux (6m,3) : émersion à 2" 40'",0. .
- Le 24 août, occultation de 169 B. Balance (5m,8) : immersion à 19" 35m,0.
- Le 26 août, occultation de 0 Ophiuchus (3“,4) : émersion à 18" 50“,5.
- L’observation de cette dernière occultation sera fortement gênée par le crépuscule puisque l’émersion de l’étoile aura lieu 6m seulement après le coucher du Soleil, et la Lune, pour Paris, sera assez basse sur l’horizon.
- A Alger, 6 Ophiuchus sera occulté à 17" 21™ (donc en plein jour); l’émersion aura lieu à 18" 52'” et sera bien visible, le Soleil se couchant vers 18" 23'”.
- Lumière cendrée de la Lune. — A observer le matin des 13, 14 et 15 août.
- Marées, Mascaret. — Les plus grandes marées du mois se produiront à l’époque de la Pleine Lune du 3 août. Voici quelques-unes des plus grandes marées (heure de la pleine mer, à Brest) :
- 1. Toutes les heures mentionnées au présent «Bulletin astronomique » sont exprimées en temps universel (T. U.), compté de 0" à 24" à partir de 0" (minuit). Pour la définition du temps universel voir le n° 2964 du 1er novembre 1935, p. 407. L'heure d’été étant en service, ajouter 1 heure à toutes les heures figurant ici.
- Date. Marée du matin. Marée du soir.
- Heure. Coefficient. Heure. Coefficient.
- Août 3 3" 56” 0,87 16" 17m 0,91
- — 4 4 38 0,95 16 57 0,99
- — 5 5 17 1,01 17 37 1,02
- —, 6 5 57 1,02 18 17 1,00
- — 7 6 37 0,97 18 58 0,93
- — 8 7 20 0,87 19 43 0,81
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- ASTRE Date : Août. Lever Passage au méridien Coucher Ascen- sion Déclinai- Diamètre Constellation VISIBILITÉ
- à Paris. de Paris. à Paris. droite. son. apparent. et étoile voisine.
- 4 4» 29m 11 1 56m 36s 19h 24“ 8‘ 57” + 17° 14' 31'35",1 Cancer
- Soleil . . . 16 4 45 11 54 49 19 3 9 43 + 13 43 31 38,7 Cancer
- 28 5 3 11 51 49 18 40 10 27 + 9 41 31 43,6 Lion l »
- Mercure . . 4 1 16 28 5 6 7 28 39 29 12 13 13 46 14 26 20 19 19 1 48 22 9 11 11 43 0 59 + + 15 6 1 27 58 16 5,0 5,6 6,2 \ Lion / Lion ' p Viei’ge Un peu visible, à la fin du mois, le soir.
- i 4 Vénus . . . ' 16 5 19 12 38 19 56 9 36 + 15 45 9,8 Ç Lion
- 5 55 12 48 19 40 10 34 + 10 38 10,0 p Lion Inobservable.
- / 28 6 30 12 55 19 20 11 28 + 4 51 10,4 Vierge *
- 4 2 59 10 53 18 46 7 52 + 21 56 3,6 Gémeaux j
- Mars. . . . 16 2 54 10 38 18 22 8 25 + 20 22 3,6 6 Cancer y Le matin, dans l’aube.
- 28 2 49 10 22 17 55 8 56 + 18 28 3,8 Cancer \
- Jupiter. . . 16 14 52 19 4 23 17 16 53 — 22 12 38,2 Ophiuclius Première partie de la nuit.
- Saturne . . 16 20 3 1 44 7 21 23 31 — 5 37 17,2 Verseau Toute la nuit.
- Uranus. . . 28 20 41 3 55 11 5 2 29 + 14 13 3,6 Bélier Presque toute la nuit.
- Neptune . . 28 6 2 12 35 19 7 11 10 + 6 25 2,4 / Lion Inobservable.
- L’amplitude assez faible des marées, en août, ne permettra pas au mascaret de se produire.
- III. Planètes. —- Le tableau ci-dessus, que nous avons dressé au moyen des renseignements donnés dans Y Annuaire astronomique Flammarion, contient tous les éléments pour permettre de rechercher et observer les principales planètes pendant le mois d’août 1936.
- Mercure arrivera à sa plus grande élongation du soir le 4 septembre. On pourra donc le rechercher à la fin d’août. Il se couchera environ 40 minutes après le Soleil. Son observation sera, cette fois, assez difficile dans le ciel encore très lumineux.
- Vénus va bientôt devenir visible le soir. Elle sera encore inobservable pendant ce mois-ci.
- Mars devient un peu visible le matin, dans l’aube.
- Son diamètre est encore très réduit par la distance et il faudra attendre plusieurs mois pour effectuer des observations utiles.
- Jupiter est encore bien visible, dès le coucher du Soleil, mais il est très bas sur l’horizon. Il sera stationnaire, le 11 août, à 15h.
- Cette planète est l’une des plus intéressantes à observer, en raison de son grand diamètre apparent; les plus petites lunettes permettent de voir les bandes nuageuses qui traversent son disque, et les quatre principaux satellites. Ceux-ci, dans leur révolution autour de Jupiter, produisent de curieux phénomènes, dont on trouvera la série complète dans le tableau ci-après.
- Rappelons que l’on désigne par :
- P. c. et P. f. : Commencement et fin du passage d’un satellite devant le globe de Jupiter;
- O.c. et O.f. : Commencement et fin du passage de l’ombre d’un satellite sur le globe de Jupiter;
- E. c. et E. f. : Commencement et fin de l’éclipse d’un satellite par le cône d’ombre que Jupiter projette derrière lui ;
- Im. et Em. : Commencement et fin du passage d’un satellite derrière le globe de j\ipiter.
- Phénomènes du système des Satellites de Jupiter.
- Date : Août. Heure. Satel- lite. Phénomène . Date : Août. Heure. Satel- lite. Phéno- mène.
- 5 20» 46“ I Im. 20 21» 44“ I P. c.
- 5 20 49 II P. c. 21 20 26 II Im.
- 5 21 21 III Im. 22 19 39 I O. f.
- 5 22 58 II O. c. 23 20 5 II O. f.
- 6 20 12 I P. f. 23 21 21 III P. f.
- 6 21 20 I O. f. 28 20 49 I Im.
- 7 20 26 II E. f. 29 19 23 I O. c.
- 12 22 36 I Im. 29 20 18 I P. f.
- 13 19 52 I P. c. 29 21 35 I O. f.
- 13 21 3 I O. c. 30 20 0 II O. c.
- 13 22 4 I P. f. 30 20 8 II P. f.
- 14 20 28 I E. f.
- 16 19 44 III O. c.
- Saturne est visible presque toute la nuit. L’anneau s’ouvre légèrement, mais la hauteur de la Terre sur le plan de Panneau est encore bien faible. Voici les éléments de l’anneau pour le
- 10 août :
- Grand axe extérieur................. 42",74
- Petit axe extérieur ........ -f- 0",49
- Hauteur de la Terre au-dessus du
- plan de l’anneau...................-f- 0°,66
- Hauteur du Soleil au-dessus du plan
- de l’anneau........................-f- 2°,08
- Comme on le voit par la largeur du petit axe de l’anneau (0",49), celui-ci est encore réduit à une ligne extrêmement fine et il faut un instrument très puissant pour que cet anneau présente une largeur sensible.
- De ce fait, Titan, le plus lumineux des satellites de Saturne,
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- passera devant la planète. On devra surveiller ses passages, qui auront lieu vers le 13 et vers le 29 août (voir fig. 1).
- Titan est surtout visible lors de ses élongations :
- Date. Élongation. Heure.
- Août 1er Occidentale 12",0
- — 9 Orientale 6",7
- 17 Occidentale 9", 9
- — 25 Orientale 4", 4
- Uranus va se trouver en quadrature occidentale avec le Soleil le 2 août, à 0". Il est visible la plus grande partie de la nuit. On le trouvera à l’aide d’une bonne jumelle et de notre petite carte (fig. 1 du « 'Bulletin astronomique » pour juillet 1936, n° 2978).
- Uranus sera stationnaire le 15 août à 0h.
- Neptune va se trouver en conjonction avec le Soleil le mois prochain. Il est inobservable actuellement.
- IV. Phénomènes divers. — Conjonctions :
- Le 1er, à 13", Mercure en conjonct. avec Vénus, à 0° 22' N.
- Le 6, à 6", Saturne — la Lune, à 7° 59' S.
- Le 9, à 11", Uranus — la Lune, à 4° 45' S.
- Le 15, à 14", Mars — la Lune, à 3° 51' N.
- Le 17, à 16", Mercure — Vénus, à 0° 48' S.
- Le 18, à 13", Vénus — la Lune, à 6° 42' N.
- Le 19, à 2", Neptune — la Lune, à 6° 26' N.
- Le 19, à 7", Mercure — la Lune, à 5° 28' N.
- Le 22, à 3", Vénus — y Lion (4m,8), à 0° 4' N.
- Le 23, à 20", Vénus — Neptune, à 0° 25' N.
- Le 26, à 8", Jupiter — la Lune, à 1° 47' N.
- Etoile Polaire; temps sidéral. — Nous donnons ci-dessous quelques passages de l’Étoile Polaire au méridien de Paris :
- Date.
- Août 8
- — 18 — 28
- Passage.
- Supérieur
- Heure.
- 4» 25m 47' 3 46 39 3 7 31
- Temps sidéral à 0h (T. U.) pour le méridien de Greenwich.
- 21n 5m -pje
- 21 44 43
- 22 24 8
- ...... .....1.. .............— 39 =
- Etoiles variables. — Minima d’éclat de l’étoile Algol (£) Persée), variable de 2m,2 à 3m,5 en 2J 20" 48m : le 14, à 2" lm; le 16, à 22" 49m. Ces minima sont facilement visibles à l’œil nu.
- Le 1er août, maximum d’éclat de RR Sagittaire, variable de 5m,8 à 13ra,3 en 331 jours.
- Le 21 août, maximum d’éclat de S Hercule, variable de 5m,9 à 13m,l en 319 jours.
- Etoiles filantes. — Un grand nombre d’essaims sont observables en août. Voici, d’après l'Annuaire du Bureau des Longitudes, les dates et la position des principaux centres d’émanation d’étoiles filantes :
- Époque. Ascension droite. Déclinaison. Étoile voisine.
- Août 1er au 4 O 1 + 36° [5 Triangle
- — 7 au 11 295° + 54° y Cygne
- 7 au 12 292» + 70° 6 Dragon
- — 8 et 9 5» + 55° a Cassiopée
- — 9 au 11 44° + 56° 7] Persée
- — 9 au 14 9° —- 19° p Baleine
- — 12 et 13 345° + 50° 3084 Bradley
- — 12 au 16 61° + 48° [x Persée
- — 20 au 25 6° + 11° y Pégase
- — 21 au 23 291° + 60° o Dragon
- — 23 au 31 282° + 41° a Lyre
- — 25 au 30 237° + 65° T| Dragon
- C’est vers le 9 août que la Terre rencontre la partie la plus dense de l’essaim des Perséides. Les météores sont rapides avec traînées jaunâtres. L’essaim cesse d’être actif vers le 20 août, le radiant se trouvant alors dans la constellation de la Girafe.
- V. Constellations. — L’aspect de la voûte céleste le 1er août, à 21", ou le 15 août à 20", est le suivant :
- Au zénith : Le Dragon; la Lyre; Hercule.
- Au Nord : La Petite Ourse; Cassiopée; Andromède; le Cocher (à l’horizon).
- A l’Est : Le Cygne; l’Aigle; le Dauphin; Pégase; le Verseau; les Poissons.
- Au Sud : Le Sagittaire; le Scorpion; Ophiuchus.
- A l’Ouest : La Couronne boréale; le Bouvier; la Grande Ourse. Em. Touchet.
- EXCURSIONS DE GENETTES
- On connaît trois sous-variétés de Genette d’Europe qui, d’après le naturaliste Miller, peuvent se caractériser de la manière suivante :
- Genetta genetta rhodanica (Matschie) qui habite le S.-O. de la France et très probablement le Nord de l’Espagne. Les taches des trois premières rangées à côté de la raie dorsale tendent à se réunir et occupent plus d’espace que la couleur claire du fond de la même région.
- La deuxième variété est G. g. genetta dont la couleur de fond du dos est gris jaunâtre, les taches noires les plus grandes n’ayant qu’un diamètre d’environ 2 cm. Cet animal est confiné au centre et au sud de l’Espagne.
- Quant à G. g. balearica, propre aux îles Baléares, elle a les taches du dos plus larges que la précédente et la teinte générale gris enfumé.
- Bien localisées, ces espèces ne quittent guère leur habitat. Cependant G. rhodanica, se signale par des déplacements
- pouvant atteindre plusieurs milliers de km. C’est ainsi qu’en 1896, le professeur Dôderlein, de Strasbourg, annonçait une capture faite à Buschweiler (Alsace). Jamais on n’avait pris cet animal dans un lieu si septentrional. Selon Dôderlein cette constatation reportait à 200 km vers l’Est et à 40 km vers le Nord l’aire de dispersion de ce carnassier. Depuis, deux autres observations faites en 1910, l’une à Guebweiler, l’autre dans la vallée de St-Amarin vinrent confirmer la découverte de la fin du siècle dernier.
- Plus près de nous, en 1925, un de ces animaux fut abattu aux environs de Couvin (Belgique) et un autre en 1928 à Aerschot au nord de Bruxelles, ce qui reporte à plus de 400 km vers le Nord la limite fixée jadis par Dôderlein pour l’extension de la Genette du Sud-Ouest de la France.
- Faut-il y voir l’extension probable dans un avenir prochain de l’habitat de ces êtres? C’est ce que nous n’oserions affirmer.
- G. Remacle.
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- L’AUTOMOBILE PRATIQUE
- NOUVEAUTÉS TECHNIQUES - CONSEILS PRATIQUES
- LE DÉRAPAGE ET LES NOUVEAUX PNEUMATIQUES A BASSE PRESSION
- La voilure automobile a tendance à se soulever de l’arrière, lors du freinage, et l’adhérence des roues arrière est beaucoup moins grande que celle des roues avant.
- Les pneumatiques arrière s’appliquent donc beaucoup moins bien sur la route, et, dès qu’une dénivellation quelconque des roues arrière agit de manière à « chasser » la voiture vers la droite, ou vers la gauche, il s’amorce aisément un mouvement de dérapage qui constitue une des causes les plus fréquentes des accidents purement mécaniques.
- En pratique, il n’y a pas à redouter de dérapage tant que l’adhérence des pneumatiques sur le sol est assez grande, si le sol est sec, la voiture assez lourde, construite pour bien « tenir la route ».
- Si la voiture est légère, si elle circule sur une surface glissante, telle que le goudron frais, l’asphalte humide, le pavé de hois, etc., un freinage brusque détermine le dérapage. Ce mouvement a tendance à s’accentuer; la voiture peut alors effectuer un « tête à queue » complet, et même quelquefois plusieurs tours sur elle-même.
- Les risques de dérapage diminuent avec les freins sur roues avant et avec la traction avant.
- Ils augmentent au contraire, si le freinage n’est pas progressif et cause un blocage brutal des roues. L’enveloppe n’adhère plus au sol; elle glisse sur celui-ci, et l’on peut ainsi constater le dérapage, même en freinant uniquement les roues avant.
- La tendance au dérapage est d’autant plus marquée que la voiture est plus légère ; on la constate plus rarement lorsque l’action des freins sur les quatre roues est parfaitement équilibrée.
- Il s’agit surtout d’une question de poids,d’équilibrage du châssis, de propor tions de ses dimensions, de fonctionnement des freins et de profil des pneumatiques.
- Il y a peu de voi-
- tures complètement à l’abri du dérapage. Le meilleur moyen pour le supprimer complètement consisterait, sans doute, à augmenter le poids portant sur les roues arrière en disposant le moteur à l’arrière de l’automobile. Cette disposition était adoptée au début de l’automobile. Des ingénieurs anglais et français ont construit récemment, d’après ce principe, des modèles très curieux, dont la résistance à l’avancement est très faible, grâce à une forme aéro-dynamique spécialement étudiée. Il ne s’agit là encore que d’essais.
- Le pneumatique, par ses progrès, a contribué lui aussi à la lutte contre le dérapage. L’adhérence d’un pneumatique sur le sol ne dépend pas uniquement de la nature du sol, des caractéristiques et de la surface du bandage de la roue, de la pression qui applique cette surface sur le sol. 11 faut également faire entrer en ligne de compte les ondulations et les aspérités de la chaussée.
- Le caoutchouc, matière essentiellement déformable, doit épouser toutes ces ondulations et ces aspérités; avec un pneumatique à basse pression on augmente la largeur de la surface en contact et on diminue les chances de glissement.
- Le rebondissement des pneus sur le sol empêche aussi l’adhérence. Lin pneu «ballon» à basse pression, peu gonflé, a moins de tendance à rebondir, les sculptures de l'enveloppe raclent, en quelque sorte, le sol, enlèvent les couches grasses, et assurent ainsi une meilleure adhérence.
- Sur un sol sec, l’adhérence du caoutchouc est excellente. La diminution de l’adhérence provient, de l’interposition d’eau ou de boue entre l’enveloppe et la chaussée.
- Pour augmenter l’adhérence, et constituer ce qu’on appelle une enveloppe anti-dérapante, il faut s'efforcer de supprimer au moment du contact la couche intermédiaire entre l’enveloppe et le sol.
- Les pneumatiques à basse pression dits sculptés donnent une adhérence suffisante, lorsqu’ils sont neufs, et qu’ils comportent des arêtes vives essuyant, en quelque sorte, la surface du sol. Avec l’usure, ces sculptures s’arrondissent rapidement et l’enveloppe devient moins efficace.
- Voici maintenant l’apparition du pneumatique à lamelles, qui semble fort intéressant. Il ne s’agit plus de simples stries à la surface de l’enveloppe, mais de lamelles minces et hautes juxtaposées et d’un dessin étudié de manière à constituer de véritables balais de caoutchouc minces et souples (fig. 1).
- Ces lamelles agissent sur le sol comme les balais en caoutchouc d’un essuie-glaces, en quelque sorte; elles raclent l’eau qui se loge dans les intervalles, puis la rejettent parles côtés.
- Ces lamelles viennent de moulage pendant la fabrication même de l’enveloppe. Elles ont une hauteur de l’ordre de 12 mm.
- Grâce à leur forme en zigzag, elles forment des arêtes évitant le dérapage transversal et ne peuvent s’émousser par suite de l’usure.
- LES PERFECTIONNEMENTS DES SOUPAPES
- Les grandes vitesses de rotation et les fortes compressions pratiquées aujourd’hui dans le moteur d’automobile mettent les soupapes à dure épreuve; elles doivent fonctionner à une cadence extraordmairement rapide et sous des températures de plus en plus élevées.
- La vitesse linéaire peut atteindre 1200 m à la seconde, et la température 700 degrés.
- Il fallut étudier et réaliser des aciers spéciaux pour résister aux vitesses et aux températures.
- Fig. 1. — Le nouveau pneumatique à lamelles moulées de Michelin.
- A gauche, neuf; à droite, usé (on voit qu’il a gardé ses lamelles latérales).
- Fig. 2.— La soupape nervurèe Jeiidg (à droite).
- A gauche, une soupape ordinaire.
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- Un ingénieur spécialiste, M. Jeudy, vient de-'s’attaquer à la forme même des soupapes. Cette forme cependant avait peu changé au cours des années.
- Les inconvénients dus aux soupapes dans les moteurs à grande vitesse : mauvais écoulement des gaz d’admission et contre-pressions à l’échappement, diminution rapide de l’étanchéité, et même rupture de la tête de la soupape, paraissent avoir principalement pour cause réchauffement exagéré et dissymétrique de la tête de soupape (fig. 2 et 3).
- Sur la soupape d’échappement, un secteur est généralement balayé par les gaz plus que les parties environnantes; la dilatation dissymétrique qui en résulte peut produire un « voile » de la tête.
- Le refroidissement de la soupape d’échappement se produit surtout par conduction par la tige. La « portée » de la soupape est ainsi la partie la plus chaude. La soupape d’admission se refroidit, au contraire, par conduction par la tige, ou par le siège, et par balayage par les gaz frais.
- La portée de la soupape d’échappement étant soumise à une très haute température, et dans des conditions inégales, il en résulte des inconvénients certains, malgré l’emploi des aciers spéciaux ayant une grande dureté à chaud, et des traitements superficiels de la portée.
- M. Jeudy a eu l’idée d’établir une soupape tournant auto-
- chaud
- Fig. 3. — La répartition des isothermes dans une soupape ordinaire (à gauche) et dans une soupape nervurèe Jeudy (à droite).
- matiquement autour de son axe, de manière à répartir l’effet des températures et à éviter les voiles.
- Dans ce but, la tête comporte des nervures qui augmentent le refroidissement par conduction, accroissent la résistance du métal, et assurent la rotation de la soupape sous l’action du courant gazeux de l’échappement (fig. 2).
- Ces nervures sont forgées électriquement d’un seul tenant, et leur forme améliore le remplissage du cylindre, lorsqu’on les adopte sur les soupapes d’admission.
- LES AUTOMOBILES A GAZOGÈNE AU BOIS
- La France est tributaire de l’étranger pour l’essence et le mazout. Elle, possède en plus un carburant encore peu employé mais qui a donné des résultats pratiques intéressants : c’est le bois.
- Le bois est d’une manipulation propre et économique et ne donne aucun déchet; son prix est réduit et son approvisionnement facile. Son pouvoir calorifique est plus faible que celui du charbon de bois ou des agglomérés, mais, en pratique, si l’on tient compte des prix pratiqués pour les deux combustibles l’avantage du bois paraît très net.
- En principe, le bois employé est le bois dur, chêne, hêtre, orme, frêne, avec ou sans écorce, et les meilleurs résultats sont obtenus par un mélange de ces bois.
- Le bois employé doit être utilisé après 5 à 7 mois d’abattage, et mis à l’abri de la pluie. 11 contient encore 40 pour 100 d’eau environ, mais l’emploi d’un bois plus humide diminue la puissance du moteur d’une façon appréciable.
- Les dimensions des morceaux de bois employés sont de l’ordre de 6 à 8 cm de côté, et il n’est pas utile d’utiliser des morceaux de forme régulière; on les emploie bruts de sciage, avec l’écorce.
- Les gazogènes à bois sont montés généralement sur des camions, mais des essais probants ont également été faits sur des voitures de tourisme.
- C’est ainsi que lors du dernier « Rallye des Carburants nationaux », des voitures de tourisme ont pu réaliser des vitesses de 95 km à l’heure en consommant aux 100 km moins de 30 kg de bois, valant de 5 à 18 îr les 100 kg.
- Ces voitures sont munies de moteurs à 4 cylindres et carrossées en conduite intérieure. Elles portent à l’arrière, comme on le voit snr la figure 5, une malle qui n’est guère plus volumineuse que celle des voitures courantes, et qui contient le bois et les appareils de gazéification. Des épurateurs sont placés sous la voiture, presque complètement dissimulés.
- Le moteur est un 4 cylindres de 90 X 130, de 3,300 litres de cylindrée, avec soupapes en tête, allumage par batterie et distributeur; le moteur peut également fonctionner à l’essence avec un carburateur auxiliaire. Quant au châssis et à la carrosserie, ils sont exactement les mêmes que dans une voiture automobile ordinaire (fig. 5).
- Ainsi, une voiture marchant au gaz de bois peut fonctionner comme une automobile ordinaire; l’économie réalisée est très grande, puisque 2 kg de bois remplacent 1 litre d’essence.
- Le gazogène, qui ne comporte aucun garnissage en terre réfractaire, est du type à combustion renforcée. Le moteur crée la dépression grâce à laquelle l’air comburant pénètre
- Fig 5. — Voilure de tourisme Berliei à gazogène au bois à l’arrière
- de la voiture.
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- Sortie du n ffaz
- I Anneaux Y'Raschig'
- Détente 'dugaz
- Anneaux
- "Raschig"
- Entrée du gaz
- Fig. 6. —- Coupe de l'épurateur d’un gazogène au bois.
- A. Porte de lavage. — B. Porte de visite de l’épurateur. — C. Grille d’appuidesplaques.— D. Évacuation de l’eau. — E. Porte de nettoyage.
- dans le foyer. Le mélange gazeux formé sort du foyer et passe dans une série d’épurateurs, où il abandonne toutes ses impuretés solides.
- Le gazogène est disposé, comme nous l’avons indiqué, à l'arrière de la voiture.
- Il comporte un foyer réduit en tôle spéciale, une porte située à la partie basse, où se rassemblent les poussières et les cendres du foyer, en permettant une vidange facile.
- Les éléments épurateurs placés sous la carrosserie sont des caisses parallélépipédiques en tôle munies de portes de visites à chaque extrémité, et contenant des plaques perforées solidaires les unes des autres, formant chicanes, sur lesquelles les gaz aspirés par le moteur déposent leurs impuretés par chocs successifs (fig. 6).
- Ces épurateurs sont en un orifice qui
- communication constante avec l’extérieur par
- Air
- additionnel pour la marche au gaz
- Papillon prise d’air additionnel
- Au moteur gaz pauvre +air mélange tannant
- Papillon
- d’accélération
- Gaz pauvre épuré provenant du gazogène
- AIaspirateur électrique
- Fkpillon de mise en route et d’allumage au gazogène
- Fig. 7. — Coupe d’un mélangeur remplaçant le carburateur.
- sert à l’évacuation automatique de l’eau de condensation.
- Un aspirateur électrique est placé en dérivation sur la tuyauterie des gaz; il permet d’obtenir très rapidement le gaz pauvre au moment du départ; il assure le remplissage de tous les appareils et tuyauteries avant la mise en marche du moteur.
- Un mélangeur remplace le carburateur à essence. Il comporte un papillon de réglage qui permet de faire varier la quantité de mélange gazeux à admettre dans le moteur. Une prise d’air additionnelle est réglable du siège du conducteur
- (fig- 7).
- La mise en marche de la voiture après l’allumage du bois du gazogène n’exige que 3 à 4 minutes, et s’effectue sans l’emploi d’essence.
- La distance parcourue sans rechargement du gazogène est de 250 à 300 km environ.
- La marche à l’essence est prévue, mais elle est inutile, puisque le départ du moteur au gaz pauvre est réalisé très facilement.
- On peut, en tout cas, utiliser un mélange à 50 pour 100 d’alcool et 50 pour 100 d’essence, ou un mélange ternaire dit carburant national : alcool, benzol, essence.
- L’opération principale, délicate pour la mise en route d’un véhicule de ce genre, est le chargement initial; il est réalisé avec du charbon de bois bien sec qui doit remplir le foyer. L’opération d’allumage du gazogène et la fabrication du gaz ne demandent normalement que 3 à 4 minutes, ainsi que nous l’avons indiqué.
- Il suffit de mettre en route l’aspirateur électrique et d’approcher de l’orifice d’allumage du générateur un chiffon enflammé imbibé de pétrole.
- Le passage de la marche à l’essence à la marche au gaz doit, d’ailleurs, se faire sans stopper le moteur, mais le départ direct sur le gaz est plus rapide et plus économique.
- La conduite du véhicule est la même qu’avec l’essence. Le moteur au gaz pauvre supporte même mieux l’avance à l’allumage sans cogner ni cliqueter. Seul le réglage de l’air additionnel a une grande importance, mais il n’offre pas de grandes difficultés et lorsqu’on descend une longue pente, il faut éviter l’extinction du feu par suite de la fermeture prolongée du papillon d’admission des gaz, la pédale d’accélération étant relevée.
- Il faut alors prendre soin de fermer légèrement la commande d’air additionnel.
- L. Picard.
- Adresses relatives aux appareils décrits :
- Pneumatiques à lamelles Stop. Société Michelin, à Clermont-Ferrand.
- Automobile à gazogène. Etablissements Berliet, à Lyon-Venissieux (Rhône).
- Soupape neruurée. Etablissement Jeudy, 81, boulevard de Strasbourg, Nogent-sur-Marne.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- VALETS DE LABORATOIRE
- Pour poser les appareils de laboratoire à fond rond dont font un «usage constant les chimistes, on a depuis longtemps réalisé des valets en osier, en paille, en bois, en plomb même. Les premiers ont des inconvénients évidents, dus à leur altération facile par les réactifs,
- qui tôt ou tard tombent sur eux, ensuite leur combustibilité, puis ils flottent sur les liquides des bains-marie, etc.
- Le professeur Pozzi-Escot, de la Faculté des Sciences et de l’Institut Agronomique du Pérou, chimiste français, nous fait connaître qu’il use, dans ses laboratoires, de valets en fibro-ciment très économiques et très résistants obtenus en découpant à la scie des anneaux convenables dans des tubes en fibro-ciment Éverite de haute pression.
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- LIVRES NOUVEAUX
- Trisection de T angle et quatrième dimension, par
- L. Zuccani. 1 broch. in-8 de 32 pages avec fig. Girardot et Cie, Paris, 1936. Prix : 6 ir.
- Cette étude apporte, dans sa première partie, une contribution nouvelle à la géométrie en ce qui concerne les possibilités de subdivision de la circonférence. Partant des considérations générales qui en découlent, la seconde partie traite l’explication de l’Univers à quatre dimensions de Minkowsky, utilisé par Einstein dans sa merveilleuse théorie de la relativité.
- Kolloidik. Eine Einführung in die Problème der modernen Kolloid-wissenschal't, par A. von Buzagh. 1 vol. in-8, 323 p., 68 fig., 18 pl. SteinkoplI, Dresde et Leipzig. 1936. Prix : 15 m. ; relié, 16,50 marks.
- Bonne mise au point des données acquises sur les colloïdes : définition, dispersion, dimensions, caractères physiques et chimiques, morphologie, état d’agrégation, actions de surface, adsorption, charge électrique, changements (précipitation, condensation, dispersion, peptisation, solution, coagulation), action des facteurs internes et externes. Dans ce domaine difficile et en active évolution, ce livre fournit une documentation de base, bien ordonnée et remarquablement à jour.
- Erdol, par K. Krejci-Graf, 1 vol., 164 p., 30 fig. Julius Springer, Berlin, 1936. Prix B. M. 4,8.
- Ce petit volume de vulgarisation, remarquablement présenté, enseigne en peu de pages l’essentiel de ce que tout esprit cultivé doit savoir du pétrole : géologie, genèse, répartition géographique, caractères des gisements, composition chimique de divers pétroles, extraction et raffinage. Mais à côté de ces généralités exposées du reste avec beaucoup de clarté et de compétence par un auteur maître de ce sujet, l’ouvrage est surtout consacré à d’intéressants développements qui intéresseront les techniciens du pétrole parce qu’ils résument un grand nombre de connaissances généralement dispersées dans les publications techniques; l’auteur consacre en effet une importante partie de son livre à l’étude des conditions qui président à la formation des gisements de pétrole et aux caractères par lesquels on peut reconnaître les terrains susceptibles d’en contenir.
- La conservation par le froid des denrées périssables,
- par A. Monvoisin. 2e édit., 1 vol. in-8, 518 p., 187 fig., 4 pl. en couleurs. Dunod, Paris, 1936. Prix : 118 lr.
- Après avoir examiné la composition des denrées, les causes de leurs modifications et l’action des basses températures sur les altérations, toutes connaissances indispensables à la conduite correcte et économique des opérations frigorifiques, l’auteur étudie leur application aux diverses denrées, dans une suite de monographies se rapportant aux viandes de boucherie, porc, poissons, volailles et gibiers, œufs, produits de laiterie, sériciculture, produits de l’horticulture, boulangerie, œnologie, cidrerie, brasserie. C’est un excellent exposé des connaissances nécessaires aux frigoristes, aux commerçants de l’alimentation, aux hygiénistes et aux agriculteurs.
- Les fleurs des jardins, par A. Guillaumin. Tome IV. Les fleurs d’été. 1 vol. iri-16, 225 p., 67 fig., 64 planches coloriées. Encyclopédie pratique du naturaliste. Lechevalier, Paris, 1936. Prix : cartonné toile, 36 fr.
- Continuant son inventaire des fleurs de nos régions, le professeur de culture du Muséum passe en revue celles des parterres qui ont besoin d’être conservées et multipliées en serre pendant l’hiver, les plantes grimpantes et les plantes aquatiques, les fleurs pour bouquets et les fougères. Il donne des renseignements précieux sur l’installation des serres et des châssis, leur chauffage, et sur chaque espèce, ses caractères, sa culture, etc. C’est un guide très précieux pour l’amateur de jardins.
- Les poissons et le monde vivant des eaux, études ichtyo-logiques et philosophiques, par le Dr Louis Roule. Tome IX. —• La culture des eaux et l’économie aquicole. 1 vol. in-8, 348 p., 43 fig., 16 planches en couleurs. Delagrave, Paris, 1936. Prix br. : 42 fr. ; relié or, 70 fr.
- Le poisson vivant bénéficie aujourd’hui d’un très vif intérêt et d’un intense engouement. Son élevage, en ce qui concerne diverses espèces ornementales et alimentaires, sa pêche à l’égard des autres, occupent en tous pays, les pisciculteurs, les pêcheurs professionnels, les sportifs de la pêche à la ligne et au lancer. Aussi le présent ouvrage, destiné à mettre au point et à résoudre les problèmes posés par cette exploitation utilitaire du monde des eaux, est-il appelé à rendre d’éminents services.
- Il est en effet un traité raisonné de la culture des eaux et de l’économie aquicole. Il sert de guide et de conseiller.
- Il expose les notions fondamentales de la biologie des êtres aquatiques utiles puis examine les diverses catégories de la pisciculture, depuis l’élevage des carpes et des truites, jusqu’à celui des poissons d’ornement, enfin il traite des questions multiples concernant les pêches, leur état présent, leurs crises accidentelles, leurs possibilités d’amélioration.
- Ce volume est le 9e et avant-dernier de la série que publie l’auteur sur les Poissons et le monde vivant des eaux.
- Connais=toi ou la physiologie sans pleurs, par H. Cou-tière. 1 vol. in-16, 175 p. Béranger, Paris, 1936. Prix : cart. toile 15 fr.
- Dans le style imagé et charmant qu’on lui connaît, le professeur de la Faculté de Pharmacie de Paris entreprend d’expliquer les grandes fonctions de l’organisme, sans pleurs. Il y réussit parfaitement, et mieux qu’une longue analyse, un extrait du sommaire du chapitre sur les fonctions de relation donnera une idée de sa manière : Le domaine de l’intelligence et celui des réflexes, grandes dames à « tabouret » et fournisseurs de la cour; le végétatif, bon contremaître surveillant des instruments de contrôle et préposé au contrôle; l’enfant terrible qu’on couche tous les soirs; l’inhibition du personnage consulaire; l’effrayant silence du monde cérébral, sa vie recluse et immatérielle; étages d’amplification, valves de sens unique; la peau qui souffre tout, etc.
- Biochimie du jeûne, par Théophile Cahn. 1 broch. in-8, 56 p, Actualités scientifiques et industrielles. Hermann et Cie, Paris, 1935. Prix : 12 francs.
- Le jeûne permet de connaître les échanges des organismes vivant au plus juste, sur eux-mêmes et de faire apparaître des concentrations, très constantes de beaucoup de constituants.
- La perception, par B. Bourdon. 1 broch. in-8, 84 p., 37 fig. Prix : 15 fr.
- Les opérations intellectuelles, par H. Delacroix. 1 broch. in-8, 100 p. Prix : 20 lr.
- Nouveau traité de psychologie. Alcan, Paris, 1936.
- Le grand traité de psychologie en 9 volumes de Georges Dumas dont quatre ont déjà paru, continue maintenant par fascicules. Le premier traite de la perception, en général d’abord, puis sens par sens, et des notions d’espace et de forme qu’elles fournissent. Le deuxième est consacré aux opérations intellectuelles : pensée, images, concepts, idées générales, jugement, compréhension, fabrication du nombre, langage, lecture et écriture. On y retrouve la clarté d’exposition habituelle au professeur de la Sorbonne et son sens didactique.
- La science et la métaphysique devant l’analyse logique du langage, par Rudolf Carnap. Traduction du Général Vuil-lemin. 1 broch. in-8, 45 p. Actualités scientifiques et industrielles. Hermann et Cie, Paris, 1934. Prix : 10 francs.
- Traduction d’un article de revue pour la logique contre la métaphysique. « Les métaphysiciens sont des musiciens sans don musical ».
- Palestine économique, 1936, 1 vol. illustré, 44 pages. Édition des Cahiers Juifs, 9, rue Lesueur. Paris. Prix : 30 fr.
- Lorsqu’en 1921, conformément à la déclaration Balfour de 1917, commença à s’organiser le Foyer national juif de Palestine, cette entreprise éveilla bien des scepticismes. Cependant la Palestine juive compte en 1935, 375 000 habitants contre 84 000 en 1922, afflux provenant de l’émigration. De grandes villes se sont créées, des industries se sont développées, et le sionisme a même réussi à créer une population agricole juive, encore numériquement insuffisante à son gré. Le copieux volume que viennent d’éditer les Cahiers Juifs analyse avec la plus grande précision, la situation économique, sociale et ethnique actuelle de la Palestine; il met en lumière les problèmes difficiles qu’a eu à résoudre la colonisation juive, et ceux plus difficiles encore qui se posent aujourd’hui devant elle.
- Les auberges de France. Reportages gastronomiques du Club des Sans-Club. 1 vol. in-16, en vente 42, rue de Trévise, Paris. Prix : 20 fr.
- Chaque année, le C. S. C. prospecte les restaurants et les auberges épars par toute la France, il les juge, les estime et fait connaître ses appréciations dans ce volume qui est ainsi un guide précieux pour tous ceux qui vont se promener le dimanche aux environs de Paris ou qui partent en vacances ou en voyage pour une région plus éloignée. Ils y trouvent prix, menus, spécialités, vins, tout ce qu’il convient de découvrir et de goûter.
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- NOTES ET INFORMATIONS
- ASTRONOMIE
- La nouvelle comète Peltier (1936 a).
- La première comète de l’année a été découverte par M. Peltier.
- La circulaire 5 II. du « Service des Informations rapides » de la Société astronomique de France donne (d’après la circulaire n° 590 de l’Union astronomique internationale) les renseignements suivants. Une orbite parabolique a été calculée par M. Môller au moyen de trois observations de la comète faites le 16 mai à l’observatoire Yerkes, aux Etats-Unis; le 19 mai, à l’observatoire de Neubabelsberg ; et le 23 mai, à Vienne. Voici les éléments provisoires calculés :
- T, époque du passage au périhélie = 1936 juillet 9,242 (T. IJ.)* (O, argument de latitude du périhélie = 147° 59' 2" li, longitude du nœud ascendant = 134° 32' 42'' ( a
- i, inclinaison de l’orbite = 78° 53' 39'' ( ’
- ï,, distance périhélie (Terre-Soleil = 1) — 1,11061 )
- M. Millier, utilisant ces éléments, a calculé une épliéméride donnant les positions de la comète jusqu’au 29 juin. Nous en extrayons les quelques positions ci-après :
- Distance de la Comète
- Date. Ascension droite. Déclinaison. au Soleil. à la Terre.
- 28 mai 0“ 5m, 1 + 72° 19' 1,302 1,429
- 13 juin 0 9, 2 + 70° 42' 1,189 1,196
- 29 juin 23 57, 5 + 68° 14' 1,123 0,819
- Comme on le voit, la comète se rapproche de la Terre ; son éclat augmentera un peu d’ici la lin du mois de juin. Au cours de ce même mois, la comète se déplacera très peu sur le ciel, dans la constellation de Céphée; elle est dans une région dépourvue d’étoiles brillantes. Son éclat total restera faible. A l’observatoire de Meudon, M. F. Baldet l’a observée visuellement et photographiquement. La comète apparaissait comme une nébulosité diffuse de 2' environ de diamètre, avec une faible queue, assez large, de 6' de longueur, dans l’angle de position 320°. Au centre de la tête, une condensation, plus brillante, présentait un noyau stellaire de 12° de magnitude environ.
- Cette comète, vu son faible éclat, n’est accessible qu’aux instruments assez puissants.
- OCÉANOGRAPHIE La présence de l’or dans l’eau de mer.
- Nous croyons intéressant de reproduire intégralement la communication suivante présentée par M. Georges Claude, à l’Académie des Sciences, le 8 juin 1936.
- On sait que de nombreux auteurs ont recherché l’or dans l’eau de la mer et que les résultats de ces recherches ont été très divers suivant les expérimentateurs. Les uns, comme Haber, n’en ont jamais trouvé; d’autres ont au contraire trouvé des quantités atteignant 10, 20 et jusqu’à 50 mg par m3.
- La variabilité de ces résultats a porté certains auteurs à admettre que la teneur en or de la mer serait essentiellement fonction de la richesse des côtes ou des fonds sous-marins au voisinage desquels est puisée l’eau essayée. De fait, il semble que les chiffres les plus élevés aient été obtenus sur les côtes californienne et australienne.
- D’autre part, les plus récents procédés d’extraction qu’on
- a indiqués paraissent assez efficaces (*) pour qu’on puisse arriver à traiter toute l’eau qui passerait dans une usine Claude-Boucherot placée en ces régions favorisées, et les teneurs signalées dans ces parages seraient telles que, même en ne recueillant que le cinquième de l’or, il en résulterait un supplément de revenu important par rapport au prix d’établissement de l’usine. On trouverait donc là un argument supplémentaire important pour la réalisation immédiate de telles usines, malgré le profond marasme industriel de notre époque.
- On conçoit que j’aie tenu à me documenter d’une façon plus précise à ce sujet. Grâce à l’amabilité de M. Romano, j’ai pu installer à bord du vapeur de charge San José, faisant précisément le service de la côte nord-américaine du Pacifique un appareil approprié.
- Un cylindre de 0 m 20 de diamètre et de 0 m 60 de long a été en partie rempli de pyrite de Saint-Bel bien exempte d’or, en morceaux de la grosseur moyenne d’une noisette et complété, suivant les indications de M. Glazunov, de manière à retenir l’or qui pourrait se détacher de la pyrite en légères paillettes. Ce cylindre a été placé dans une dérivation du circuit d’alimentation du condenseur du bateau, en amont de celui-ci et en série avec un compteur d’eau et un robinet de réglage du débit. La circulation d’eau de mer, réglée sur place par le chef mécanicien du bateau à 1 m3 à l’heure, correspondait à un débit spécifique approximatif de 30 m3-h par m2 de section de la matière, correspondant à une perte de charge très faible. Elle a été maintenue à cette valeur pendant tout le trajet du bateau sur la côte californienne, à l’aller et au retour, la distance moyenne de la côte étant voisine de 15 milles. Pendant le séjour dans les ports, la circulation était arrêtée pour éviter le passage d’eau polluée. La quantité totale d’eau traitée a été de 168 m3.
- De son côté, la quantité de pyrite employée était de 25 kg.
- Dès le retour du San-José, le 5 avril, une analyse a été faite sur une prise de 500 g.
- Or le résultat a été aussi net que possible, l’or était en proportion trop faible pour pouvoir être dosé, bien que la précision des méthodes d’analyse employées eût permis de doser dans; ces matières 0 g 2 à la tonne.
- En faisant l’hypothèse, conforme aux constatations de M. Glazunov, qu’au débit considéré, la pyrite précipite seulement le cinquième de l’or, il résulte de ces essais, effectués dans des conditions aussi voisines que possible de ce que serait une exploitation industrielle réelle, que la quantité d’or présente dans ces eaux californiennes, à cette distance de la côte, serait inférieure à 0 mg 1 parm3 .
- Georges Claude.
- ASTRONAUTIQUE
- Le prix international d’astronautique Rep=Hirsch.
- La Société astronomique de France a tenu le 10 juin son assemblée générale annuelle sous la présidence de M. Baillaud, astronome de l’Observatoire de Paris.
- Le prix international d’Astronautique, fondé en 1927 par MM. Robert Esnault-Pelterie et André Hirsch, dans le but de récompenser d’une somme de 5000 francs le meilleur travail original ou expérimental effectué au cours de l’année, fut attribué ex æquo à l’American Rocket Society et à l’un de ses membres, M. Africano.
- 1. Voir en particulier la communication de A. Glazunov au 8e Congrès de Chimie industrielle, juillet 1928.
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- Ils expérimentèrent durant ces dernières années de nombreux moteurs à combustible liquide et effectuèrent des lancées de l'usées avec lesquelles ils obtinrent des résultats très satisfaisants.
- En outre ils consacrent tous les ans plus de 100 000 dollars pour leurs recherches et publient une revue : Astronautics, pour la diffusion de leur activité.
- D’autre part, en France, les travaux de M. Alexandre Ananoiï attirèrent l’attention des membres du Comité qui tinrent à rendre hommage à son active propagande menée en laveur de l’Astronautique, tant par ses conférences que par ses publications.
- La Société astronomique de France a regretté vivement que le travail du professeur américain Goddard lui soit parvenu en retard et de n’avoir pu, de la sorte, lui décerner une récompense qu’il avait sans aucun doute méritée. A. A.
- NAVIGATION
- Le grand paquebot anglais « Queen=Mary ».
- Ce paquebot géant, destiné au service de l’Atlantique du Nord, vient d’effectuer ses premiers voyages sans avoir pu, jusqu’ici, ravir à la « Normandie » le célèbre ruban bleu.
- Ce navire a été commencé fin 1930; mais un an après, le 12 décembre 1931, le travail était suspendu, à cause de la crise économique et des difficultés de financer sa construction; le travail ne fut repris qu’en avril 1934.
- Grâce à de puissantes subventions de l’Etat, la quille était lancée le 26 septembre 1934, la construction achevée en mars 1936, et les essais effectués en avril dernier.
- Le nouveau paquebot a été étudié pour transporter dans les conditions de confort les plus raffinées 2139 passagers dont 776 en première classe, 760 en classe touriste, plus 24 enfants, 579 en 3e classe; l’équipage et le personnel de service s’élève à 1101 personnes; ce qui représente une proportion de 1 personne d’équipage, pour 1,94 passager; proportion jamais atteinte jusqu’ici dans aucun transatlantique anglais.
- Les vues qui ont dicté la création du « Queen-Mary » sont assez analogues à celles qui ont guidé les armateurs français de la « Normandie »; à savoir : maintenir avec deux navires du même genre, au lieu de trois, un service hebdomadaire entre Sou-thampton et New-York, ce qui imposait, pour le bâtiment, une vitesse minima de 28 1/2 nœuds.
- Le navire a une longueur de 310 m, une largeur de 35 m 4, sa vitesse moyenne doit être au moins de 29 nœuds.
- La propulsion est assurée par 4 hélices, montées chacune sur un arbre commandé par l’intermédiaire d’un engrenage par un jeu de turbines à vapeur. La puissance totale de la machinerie est de 180 000 chevaux-vapeur et peut être poussée à 200 000 en surcharge. Elle est sensiblement supérieure à celle de la « Normandie » pour un tonnage un peu moindre.
- MÉTALLURGIE
- L’épuration des fontes et aciers par le carbonate de soude.
- La métallurgie moderne est dominée par les problèmes de qualité. Pour obtenir les aciers de qualité nécessaires à la
- ............... ......................-......= 45 =
- mécanique moderne, il faut être exactement maître de leur composition.
- Le problème de l’épuration des aciers a donc pris de nos jours une importance exceptionnelle.
- Dans ces dernières années la sidérurgie a vu se développer rapidement le procédé d’épuration au carbonate de soude. Celui-ci vient de faire l’objet d’une étude approfondie de M. G. Lefebvre au Congrès international des Mines et de la Métallurgie.
- Le procédé au carbonate de soude s’applique aux fontes de première fusion (fonte des hauts fourneaux), à la fonte de deuxième fusion (fonderie) ou à la fabrication d’acier. Mais c’est dans les cas des fontes de première fusion que son emploi paraît le plus avantageux; pour obtenir des produits de qualité, il est logique, en effet, de partir de matières de départ aussi affinées que possible.
- Dans tous les cas, le carbonate de soude mis en contact avec la fonte liquide se décompose en formant un laitier très fluide qui rassemble les impuretés de la fonte et en particulier une forte proportion de soufre. Le carbonate de- soude exerce sur la fonte une sorte de lavage dont l’effet résultant est bien plus intéressant qu’une simple désulfuration; il diminue
- considérablement les inclusions d’oxydes, silicates et autres substances non métalliques; leur fusibilité et leur fluidité étant augmentées par le traitement, ces inclusions se séparent mieux du bain par différence de densité et se décantent plus aisément; de plus, le dégagement d’acide carbonique produit une vive agitation du bain, facteur favorable à l’homogénéisation de ce bain. La vivacité des réactions qui se produisent au sein de toute la masse favorise le dégazage. Le métal a non seulement une pureté plus grande, mais aussi une structure meilleure.
- L’application du procédé au haut fourneau, cas le plus intéressant, est fort simple.
- Une capacité de 1 à 20 tonnes, garnie intérieurement de briques ou pisé réfractaire, est interposée dans le chenal de coutre et oblige la fonte à s’écouler par siphonnement à travers le laitier sodique.
- F-ig. 1. — Le paquebot anglais « Oueen-Manj ».
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- INVENTIONS ET NOUVEAUTÉS
- PHOTOGRAPHIE
- Une nouvelle cuve photographique.
- Les amateurs de photographie ont, pour la plupart, pris l’habitude de confier à leur fournisseur le soin de procéder au développement. Cette manière de faire les prive d’un plaisir réel, leur enlève la possibilité d’agir sur le contraste des clichés en vue de l’obtention de certains effets et présente divers autres
- Fig. 1 à 6.— A gauche, en haut : La cuve Oplochrom automat; au milieu :
- Mise en place de la bobine; en bas : Fermeture de la cuve.
- A droite, en haut : Extraction de la bande de papier; au milieu : Introduction du révélateur; en bas : Opération du lavage.
- inconvénients; elle ne permet pas, en particulier, de se rendre compte du résultat obtenu moins d’une heure après la prise de vùe, ce qui présente parfois un certain intérêt, puisqu’ainsi on peut refaire les prises dont on ne serait pas pleinement satisfait.
- Notons qu’il est tout à fait inutile de faire des recommandations particulières lorsque l’on confie un film à une maison se chargeant du développement : les bobines sont traitées non pas une à une, mais bien par centaines à la fois, dans de grandes cuves verticales contenant un bain lent et il est
- matériellement impossible de tenir compte des desiderata de 1 el ou tel amateur.
- Jadis, le développement ne pouvait se faire qu’au laboratoire obscur et exigeait un matériel encombrant. Depuis quelques années on trouve dans le commerce des cuves hermétiques en nickel qui permettent de développer en pleine lumière, mais auxquelles on reproche d’exiger l’obscurité pour la mise en place du film. Citons enfin, pour mémoire, le dispositif américain qui insère le film entre les spires d’un tablier en celluloïd noir que l’on peut ensuite introduire en lumière atténuée dans une cuve hermétique en métal : ce matériel est encombrant et peu pratique.
- La cuve « Optochrom automat » que nous décrivons aujourd’hui permet de faire toutes les opérations en pleine lumière et ne pèse, pour le format 6x9, que 630 gr, c’est-à-dire moins que beaucoup d’appareils photographiques du même format.
- Etablie en matière moulée de très belle qualité, celte cuve (fig. 1) se compose de trois parties : le bac, le magasin et le couvercle.
- Le bac présente, vers l’un des angles, une fente verticale sur laquelle s’adapte un obturateur de caoutchouc maintenu en place par une barrette munie de deux vis de serrage; un trou de vidange, fermé par un bouchon à vis, est ménagé sur le fond.
- Le magasin est formé de deux éléments superposés comportant chacun un plateau ajouré et un tube axial; les faces des plateaux se faisant vis-à-vis sont pourvues d’une rainure spirale destinée à guider le film lors du déroulement et à le maintenir pendant toute la durée du traitement et du lavage. Les tubes normaux aux deux éléments sont de diamètres différents, ce qui leur permet de pénétrer l’un dans l’autre.
- Au plateau inférieur se rattache un appendice qui lui est perpendiculaire, comporte un logement destiné à recevoir la bobine, présente une fente disposée de façon à aiguiller le film vers le chemin spiral et porte, parallèlement, à la fente, une lame coupante en acier inoxydable.
- Les deux éléments du magasin doivent, pour l’usage, être verrouillés l’un sur l’autre, ce que l’on obtient simplement en tournant jusqu’à refus, dans le sens inverse de celui des aiguilles d’une montre, l’entonnoir fixé au sommet du tube de l’élément supérieur : cette manœuvre engage le bord du plateau supérieur, qui est excentré, dans une rainure ménagée vers le haut de l’appendice du plateau inférieur.
- Le couvercle est inséparable de l’élément supérieur du magasin : il est emprisonné entre le plateau et l’entonnoir qui surmonte le tube axial. Le couvercle, avec lequel on ferme la cuve, présente près du milieu un orifice permettant à l’air de s’échapper lors du remplissage.
- L’emploi de cette cuve est facile.
- Après s’être assuré que les deux éléments du magasin sont verrouillés l’un sur l’autre, on place la bobine de film dans son logement (fig. 2) à peu près de la même manière que dans l’appareil photographique, en ayant soin de la disposer dans un sens tel que l’extrémité du papier protecteur soit à l’extérieur et dirigé vers le côté d’où l’on exercera une traction. On rompt alors le scellé, on libère par simple traction environ 1 dm de papier, on introduit le magasin dans le bac en ayant soin de glisser la languette de papier le long de la fente latérale (fig. 3) et on assujettit le couvercle.
- On tire ensuite sur la bande de papier (fig. 4), ce qui oblige
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- la bobine à tourner sur elle-même, à laisser se dérouler le papier, puis le film : ce dernier reste naturellement incurvé et se trouve ainsi aiguillé vers les rainures spirales. Lorsqu’il est entièrement entré dans cette partie de la cuve, on sent une résistance, causée par la présence, devant la lame, de la bande adhésive qui attache le film au papier protecteur : il suffit d’une légère secousse pour séparer le film du papier; après extraction de celui-ci, on place l’obturateur et la barrette à vis. Toutes ces opérations se font en quelques secondes.
- On peut alors introduire le révélateur par le petit entonnoir du tube central (fig. 5). On imprime, au début du développement, quelques secousses au magasin, afin de détacher les quelques rares bulles d’air qui auraient pu, par extraordinaire, adhérer au film; à cet effet, le magasin conserve, lorsque le couvercle est mis en place, un jeu vertical par rapport au bac. Notons ici que, grâce à la disposition du tube central, les liquides pénètrent dans la cuve sans aucune turbulence et 11e risquent pas, par conséquent, d’emprisonner des bulles d’air.
- Le développement est automatique; toutefois, on en peut faire varier la durée en fonction de la température, le tube central sc prêtant d’ailleurs très bien à l’introduction d’un thermomètre dans le bain lui-même.
- Après le développement, on lave à l’eau courante pendant quelques minutes, après avoir dévissé le bouchon du fond, mais sans ôter le couvercle.
- Le fixage se fait dans les conditions habituelles, après avoir refermé le bas de la cuve et l’on termine par un lavage à l’eau courante que l’on peut prolonger pendant une heure.
- Les lavages peuvent, grâce à un ajutage que l’on visse sur le tube central et à un tuyau de caoutchouc reliant la cuve au robinet, se faire sous pression (fig. 6).
- La cuve Optochrom automal trouvera place dans l’équipement de tout photographe amateur digne de ce nom.
- André Bourgain.
- CHAUFFAGE
- Le « Rapid’eau Jiel ».
- Avoir chez soi, instantanément, et au moment précis où l’on en a besoin, de l’eau plus ou moins chaude pour la cuisine, la toilette, ou même de petits savonnages, n’est-ce pas le rêve ? Rien n’est plus facile, cependant, et point n’est besoin, pour cela, d’allumer cuisinière, réchaud à gaz ou électrique.
- Il suffit, le « Rapid’eau Jiel » étant adapté à un robinet d’eau froide, de brancher à une prise de courant la fiche qu’il comporte et d’ouvrir ce robinet. L’eau qui s’en écoule sera d’autant plus chaude que l’on ouvrira moins le robinet, ce qui permettra de régler facilement sa température.
- Et tant que robinet et prise de courant seront ouverts, cette eau s’écoulera chaude. C’est par l’eau, en effet, que le courant circule d’une électrode à l’autre, chauffant ainsi cette eau aussi longtemps que la fiche est branchée sur la prise de courant, l’eau s’écoulant froide, évidemment, dès que cette fiche est débranchée.
- Et d’autre part, même si l’on oublie de le débrancher, l’appareil ne présente aucun danger. En effet, la présence de l’eau étant nécessaire pour ouvrir le circuit, celui-ci est coupé automatiquement dès que l’on ferme le robinet.
- L’appareil comporte deux cuvettes métalliques inoxydables dans l’une desquelles est logé le dispositif chauffant. Ces cuvettes sont enfermées dans une gaine qui les isole complètement de la canalisation d’eau, protège le tout, offre toute sécurité et assure un bon fonctionnement. Il comporte, de plus, un fil de terre absolument nécessaire, et exigé par la loi, afin d’éliminer tout courant et de n’en pas ressentir les
- Cordon
- prise de courant
- c-Prise de courant
- .Joint
- 'caoutchouc
- Chaînette
- 'Fil de terre
- ' Preuve —métallique
- ~2ecuve
- métallique
- Tiges—-----
- conductrices
- Eléments'A chauffants
- Gaine isolante
- Bouchon.
- I Eau chaude
- Fig. 7. — Coupe du « Rapid’eau Jiel ».
- effets, soit en touchant l’eau qui s’écoule, soit en touchant le robinet. Ce fil part de la cuvette métallique intérieure, traverse la bakélite, et vient se fixer sur l’une des deux vis laiton retenant la chaînette. Comme cette dernière repose sur le robinet, la conduite d’eau forme masse et on ne peut ressentir le moindre courant en se
- servant de l’appareil.
- Il est très bien isolé par son enveloppe en bakélite, laquelle n’est même pas tiède lorsque l’eau est bouillante à l’intérieur.
- Le « Rapid’eau Jiel », qui peut donner cinquante litres d’eau chaude à l’heure, avec une dépense minime, s’adapte instantanément sur tous les robinets de cuisine ou de lavabos, et est employé sur courants alternatifs de 110 ou 220 v.
- Il est indispensable de spécifier la nature du courant dont on dispose et de demander l’appareil convenant.
- G. Lanorville.
- En vente chez L. Janirt, 91, rue Villiers - de - l’Isle-Adam, Paris (20e).
- Fig.
- Vue extérieure du « Rapid’eau Jiel ».
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- BOITE AUX LETTRES
- QUESTIONS ET RÉPONSES
- Photomètres à cellules photo=électriques.
- On emploie de plus en plus à l’heure actuelle des dispositifs photo-métriques à cellules photo-électriques à couche d’arrôt. Ces cellules ont été notablement perfectionnées, mois elles ne présentent pas encore la régularité et la précision des cellules plioto-émettriees à vidé. Par contre, elles sont très sensibles et n’exigent pas de systèmes amplificateurs à lampes.
- Pour obtenir une plus grande précision et éliminer les effets nuisibles dus aux variations des caractéristiques des cellules, on adopte des dispositifs différentiels à deux cellules avec méthode de zéro.
- Nous avons déjà décrit des systèmes de ce genre. Vous pouvez vous adresser aux établissements Filmograph, 46, rue de Bagneux, Montrouge (Seine).
- Parmi les ouvrages relatifs aux cellules photo-électriques, citons :
- Les cellules photo-électriques et leurs applications, par Zworykin, Dunod; Les cellules photo-électriques, par Mme Roy Ponction, Chiron; Les effets électriques de la lumière, par P. Hémardinquer, Baillière.
- Réponse à M. Malançon, à Strasbourg (Bas-Rhin).
- Postes à ondes courtes pour les colonies.
- La plupart des postes « toutes ondes » sont maintenant du type secteur. Aux colonies, il faut encore des postes-batteries et les montages doivent présenter des qualités mécaniques et électriques particulières pour supporter l’humidité et assurer un service durable.
- La réalisation des nouvelles lampes batteries, à chauffage direct, fonctionnant sous une tension de chauffage de 2 v, et exigeant seulement une intensité de l’ordre de 0,1 ampère permet désormais la construction de montages possédant les mêmes perfectionnements que les postes-secteur. On peut ainsi établir des postes super-hétérodynes avec lampes octodes convenant pour, la réception des émissions sur ondes courtes.
- Parmi les constructeurs de récepteurs à ondes courtes, on peut citer les établissements Dyna, 34, avenue Gambetta, Paris (20e) et aussi le poste portatif des établissements Max Braun, 31, rue de Tlemcen, Paris (20e). Réponse à M. S., à Bordeaux.
- Construction d’un transformateur d’alimentation.
- Voici les données élémentaires pour construire un transformateur abaisseur de tension à noyau de fer fonctionnant sur le secteur 110-115 v 50pér. et permettant d’obtenir une tension de6v au secondaire. Il vaut mieux enrouler le primaire et le secondaire chacun sur une branche du circuit magnétique; les qualités techniques ne sont pas améliorées, mais la construction est facilitée.
- Le noyau magnétique est réalisé avec des tôles au silicium de 4/10 de mm d’épaisseur. La section carrée a 63 mm de large sur 38 mm' de hauteur intérieure; le côté de la section est de 25 mm.
- Le fil à utiliser, tant pour le primaire que pour le secondaire, sera, de préférence, isolé par deux couches de coton; les enroulements seront établis à spires jointives, et par couches successives, avec un espace minimum de 6 mm entre le fil et le noyau. On peut isoler les enroulements du noyau au moyen de feuilles de caoutchouc provenant de chambres à air de pneumatiques. Le primaire composé de fils de 6/10 à 20/10, 30 spires. Le rapport du nombre des tours du secondaire et du primaire est le rapport de transformation égal à la racine carrée du rapport des coefficients de self-induction des enroulements.
- Réponse à M. Caget, à Charme (Charente).
- Amélioration d’un système d’alimentation sur secteur continu.
- On peut constituer un système d’alimentation complet pour appareil à lampes de T. S. F. ordinaires à faible consommation par le courant continu d’un secteur en abaissant la tension à la valeur nécessaire pour le chauffage des filaments; on intercale à cet effet dans le circuit une ampoule à incandescence jouant le rôle d’une résistance métallique. La tension anodique obtenue est, d’autre part, déterminée par la chute de tension recueillie aux bornes de cette résistance; une bobine de choc de l’ordre de 50 henrys et un condensateur de 2 à 6 microfarads permettent de filtrer le courant de plaque.
- Une batterie d’accumulateurs « tampon » est d’autre part, placée aux bornes du circuit d’alimentation du filament, et absorbe des irrégularités du courant qui pourraient déterminer des ronflements.
- Comme vous le savez, la résistance des lampes à filament de charbon est beaucoup moins élevée que celle des lampes métalliques monowatt et surtout demi-watt, à égalité de puissance lumineuse. Si l’on désire donc diminuer la valeur de la lampe résistance montée en série, il faut, soit employer une lampe mono watt ou demi-watt d’intensité lumineuse supérieure, soit remplacer la lampe à filament métallique par une lampe à filament de carbone.
- Normalement, une lampe demi-watt de l’ordre de 40 bougies convient, en effet, pour l’alimentation d’un poste à 3 lampes, mais cela dépend, bien entendu, des modèles de lampes de T. S. F. utilisées. Ces dernières ont un courant de chauffage dont l’intensité varie suivant les types.
- 11 est d’ailleurs possible de déterminer la valeur de la résistance R en série, lorsqu’on connaît l’intensité I du courant total nécessaire pour l’alimentation du récepteur. Cette résistance R est très simplement 106
- égale à —•
- Comme on emploie généralement un accumulateur tampon, on peut se contenter de choisir une résistance d’un millier d’ohms pour une lampe de T. S. F., de quelque 700 ohms pour 2 lampes, de 400 ohms pour 3 lampes, etc.
- Pourtant, dans votre système d’alimentation, la lampe est destinée à la fois à alimenter l’appareil en courant de chauffage, et en courant de plaque. Une ampoule à filament métallique de l’ordre de 50 bougies demi-watt devrait ainsi convenir, mais si vous constatez une diminution de l’intensité d’audition au bout d’un certain temps, cela est dû simplement à ce que la résistance de votre lampe a varié, et est devenue trop grande. Il nous paraît donc indispensable de choisir une lampe de résistance plus faible, mais, au lieu d'une lampe de 31 bougies à filament de charbon, qui consomme trop de courant, vous pouvez essayer une lampe à filament de charbon de 25 bougies ou même de 16 bougies.
- S’il y a lieu, vous pourriez, dans ce cas, choisir un montage avec alimentation séparée pour l’alimentation plaque, et l’alimentation de chauffage. Réponse à M. D., à Paris.
- De tout un peu.
- Nous avons déjà mentionné l’action des permutiles pour adoucir les eaux calcaires (n° 2.861, du 15 juillet 1931, p. 91). Les permutites sont des silicates doubles d’aluminium et de sodium obtenus artificiellement en chauffant vers 1.300° un mélange de kaolin, de quartz, de carbonate de soude et de charbon, ou encore en calcinant après l’avoir lavé, pressé, granulé, le précipité obtenu en versant du silicate de soude dans un mélange de sulfate de soude et d’aluminate de soude. La réaction en présence d’eau calcaire consiste en un déplacement des ions Ca de l’eau par les ions Na de la permutite. La régénération par l’eau salée est due à une réaction inverse. Le filtre Permo est fabriqué par les établissements Philips et Pain, 67, avenue Victor-Emmanuel III. Voir également le Filtre Esser, 2, rue Sainte à Marseille, et la Permutite, 31, rue de la Vanne, Montrouge.
- Vinciguerra, Sfax.
- M. Vaurs (Sarthe). — Le meilleur remède contre la gale des chats est encore le baume du Pérou. Avec ce médicament si simple, on a pu guérir des cas de gale généralisée vraiment désespérés. Lorsque le diagnostic est fait à temps et que les lésions n’ont pas encore dépassé la tête, la guérison peut être très rapide. De plus, le baume du Pérou n’est pas irritant et son odeur est agréable.
- L’emploi de bains pour les chats ne semble pas très indiqué. Ces animaux ont horreur de l’eau et, se séchant difficilement, ils peuvent se refroidir et contracter des affections pulmonaires ou encore le coryza, si redoutable chez ces animaux.
- On trouve dans le commerce des spécialités récentes, mais aucune ne semble avoir fait ses preuves comme le baume du Pérou.
- Le Gérant G. Masson,
- 8_loo. — lmp. Lauure, rue de Fleurus, g, à Paris. — 1-7-1936. —Published in France
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- N* 2981
- LA NATURE
- 15 Juillet 1936.
- RECHERCHES RÉCENTES RELATIVES A L’INSCRIPTION DE LA PENSÉE
- Les progrès des sciences biologiques ont amené bien des savants à penser que la plupart des manifestations nerveuses peuvent être rattachées plus ou moins directement à des phénomènes électriques. On a même été conduit à rapprocher étroitement l’onde nerveuse et l’onde électrique et à admettre l’existence d’un champ magnétique autour des courants nerveux, comme si ces derniers étaient assimilables à des courants électriques ordinaires. Aussi était-il naturel de se demander si les courants électriques des centres nerveux en fonctionnement ne pourraient dans certains cas déterminés donner naissance à des phénomènes de rayonnement. Telle est la question que s’est posée un biologiste italien de très grand talent, le Dr Caz-zamalli de Côme qui, à la suite d’expériences tout à fait remarquables et d’une précision sans cesse accrue, poursuivies sans interruption depuis une dizaine d’années, a été amené à lui apporter une réponse affirmative.
- Parmi les nombreux phénomènes susceptibles d’être étudiés, le Dr Cazzamalli a porté principalement son attention sur ceux qui lui ont paru susceptibles de se produire avec une activité toute particulière dans le cerveau humain, tels que la rêverie chez certains sujets, la création ou l’évocation artistique, visuelle chez les peintres ou acoustique chez les musiciens, les évocations de souvenirs d’une vive intensité sensorielle, les rêves, les visions hallucinatoires spontanées ou provoquées artificiellement, ainsi que les hallucinations psychopathologiques.
- DISPOSITIFS EXPÉRIMENTAUX EMPLOYÉS
- Pour cette étude, le Dr Cazzamalli a mis au point des appareils ultra-sensibles, basés sur l’emploi des lampes triodes utilisées en radiophonie, dont il a perfectionné
- l’arrangement de manière à étendre leur champ d’action.
- Il importait tout d’abord de mettre ces dispositifs à l’abri des ondes électromagnétiques qui sillonnent de toutes parts l’espace environnant, grâce à l’emploi d’une chambre métallique protectrice formant cage de Faraday. Cette chambre qui mesure 2 m 65 de longueur, 1 m 65 de largeur et 2 m de hauteur est constituée par un châssis en bois de forme parallélépipédique, que recouvrent sur toutes ses faces des feuilles de plomb de 1mm d’épaisseur,
- soudées entre elles de manière à ne présenter aucune discontinuité; des blocs de porcelaine permettent de l’isoler du parquet de la salle sur lequel elle est édifiée en sorte qu’on peut à volonté mettre la chambre à la terre ou l’isoler.
- Dans la chambre métallique se trouvent les appareils ainsi qu’un petit mobilier destiné aux expériences : une chaise longue pour le sujet, une petite table et trois chaises pour les observateurs. Le sujet étant allongé et immobile, l’observateur, qui se tient assis près de lui, peut en noter les diverses attitudes tout en surveillant les appareils. Au-dessus du sujet et à une distance de 50 à 70 cm, s’étend une sorte d’antenne constituée par un fil de cuivre attaché aux parois de la chambre métallique au moyen d’un cordonnet de soie. L’antenne est reliée à un circuit détecteur à lampes triodes susceptibles d’être excitées par des courants de fréquences comprises entre 60 000 et 400 000 kilocycles correspondant à des ondes de 0 m 70 à 5 m environ. Les oscillations reçues sont amplifiées au moyen d’un amplificateur ordinaire à basse fréquence du type à transformateur, puis rectifiées par un redresseur convenable.
- Le dispositif récepteur fonctionne en autodyne et permet ainsi la détection d’ondes entretenues d’amplitude variable, dont la fréquence se trouve, à un moment
- Fig. 1. — Intérieur de la chambre à parois métalliques.
- On voit en A le dispositif détecteur avec le casque d’écoute B; C, D, E, F, G, H, représentant divers interrupteurs et I des dispositifs électriques d’alimentation.
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- Fig. 2. — Vue postérieure du dispositif détecteur A.
- donné, en interférence avec les ondes de l’appareil, de façon à provoquer des battements audibles; mais il est également sensible aux ondes amorties qui peuvent être détectées même si elles ne sont pas en résonance parfaite avec celles qu’engendre l’oscillateur, réglé de manière à osciller sur une longueur d’onde de 1 m, soit pour une fréquence de 300 000 kilocycles.
- L’oscillateur, l’amplificateur et le redresseur sont groupés en un ensemble protégé par un revêtement blindé. Par l’intermédiaire de petits câbles sous plomb, les courants redressés sont envoyés dans un galvanomètre à corde situé dans une chambre noire attenante à la chambre métallique et associé à un dispositif d’enregistrement photographique (x).
- On conçoit que pour se mettre à l’abri des causes d’erreur et obtenir un fonctionnement satisfaisant, il
- 1. On pourrait également utiliser à cet effet un oscillographe cathodique d’un maniement plus commode que le galvanomètre à corde et d’une sensibilité meilleure. C’est d’ailleurs ce que compte faire le Dr Cazzamalli au cours de prochains essais.
- Fig. 3. — Intérieur de la chambre noire où l’on voit en A un galvanomètre à corde, en B une source lumineuse et en D, la boîte renfermant le film.
- est nécessaire de prendre des précautions très minutieuses. En particulier toutes les perturbations, par elfet de capacité ou d’induction, qui pourraient provenir du corps du sujet et des expérimentateurs doivent être entièrement éliminées. Aussi le sujet est-il installé dans une position et à une distance de l’antenne de réception telles que ses mouvements éventuels n’inlluencent en aucune manière le fonctionnement du récepteur.
- 11 reste d’ailleurs complètement immobile au cours de l’essai et ne communique ni ses pensées, ni ses impressions à l’observateur qui se contente de noter les manifestations psychiques dont il croit apercevoir le reflet sur les traits du sujet.
- GRAPHIQUES ENREGISTRÉS
- Dans les conditions précédentes, il est extrêmement curieux de constater que le dispositif galvanométrique enregistre souvent, sous forme de graphiques caractéristiques, une activité psychique intense du sujet. Toutefois le nombre de films négatifs, c’est-à-dire ne portant aucune inscription, a été égal, dans les expériences du Dr Cazzamalli, à celui des films positifs. D’après le savant italien, les résultats négatifs indiqueraient l’absence ou tout au moins l’extrême faiblesse de phénomènes psycho-sensoriels, chez des sujets habituellement ou momentanément inertes.
- Chaque film a une longueur de 10 m, de sorte que les graphiques enregistrés varient de quelques mètres à 10 m suivant la durée de l’expérience, le déroulement du film s’effectuant à raison de 8 cm environ par minute.
- Les enregistrements reproduits dans cet article, que nous devons à l’extrême obligeance du Dr Cazzamalli à qui nous exprimons nos plus vifs remerciements, ont dû être limités à une longueur de 10 cm. Ils suffisent à montrer d’une manière très nette l’enregistrement de certains phénomènes psycho-sensoriels. Cependant, fait remarquer l’auteur, pour de nombreux films il est utile et parfois même absolument nécessaire de faire la lecture de l’enregistrement sur le tracé tout entier : la reproduction cinématographique complète donne une image très suggestive du déroulement même du phénomène psychique qui concorde avec les autres indications que le sujet ou l’observateur peuvent fournir sur cette activité.
- EXPÉRIENCES PSYCHO-ÉLECTRIQUES
- Les expériences étaient le plus souvent conduites de la manière suivante. L’oscillateur étant parfaitement réglé et le dispositif d’enregistrement mis en marche, le sujet était invité à s’abandonner les yeux fermés à un repos psychique aussi complet que possible. L’expérimentateur, interrompant brusquement ce repos, demandait alors au sujet de penser à des personnes ou à des faits l’intéressant très vivement, de façon à déclancher par l’éveil des souvenirs une activité psychique intense et fortement émotive. Dans le cas de sujets particulièrement sensibles, on constatait qu’après un retard assez court,
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- l’oscillateur commençait à réagir sous l’effet de phénomènes électromagnétiques rayonnants; sa réaction pouvait être perçue par l’observateur, muni d’un écouteur, sous la forme d’un bruit isolé, ou d’un crépitement, en même temps que s’enregistrait sur le film un tracé caractéristique. La réaction produite est plus ou moins nette selon les sujets et selon l’activité psychique qu’ils manifestent au cours de l’expérience.
- Dans les recherches que poursuit actuellement le Dr Cazzamalli, il se propose d’examiner si les réflexes dont nous venons de mentionner l’existence dans les cas d’activité psychique intense peuvent également se produire sous l’influence d’excitations sensorielles non psychiques mais simplement physiques, comme l’émission d’un brusque éclair lumineux ou d’un son instantané. 11 y aurait là, évidemment, une extension intéressante des résultats déjà si importants enregistrés par le savant italien.
- CONCLUSION
- Il existe, d’après le Dr Cazzamalli, une relation indéniable entre l’amplitude plus ou moins grande du tracé graphique enregistré et l’activité psychique du sujet. « C’est sans doute dans le cerveau, écrit-il, qu’il faut rechercher la source des phénomènes électromagnétiques rayonnants provenant du sujet humain, phénomènes qui apparaissent en étroite corrélation avec une activité psycho-sensorielle intense». Il rappelle à ce propos l’objection faite par Lœb aux théoriciens de la symbolisation histologique et du mécanisme humoral, que «vouloir se rendre compte du mécanisme de la mémoire associative au moyen de méthodes histologiques ou morphologiques équivaudrait à vouloir expliquer la dynamique des phénomènes électriques en étudiant au microscope les sections transversales d’un fil télégraphique ou en faisant l’énumération et la topographie des connexions téléphoniques d’une grande ville. » Comme le disait le regretté Charles Richet à un congrès récent : « Le cerveau est une machine beaucoup plus complexe que nous ne le supposons naïvement ». Et pour le Dr Cazzamalli, l’existence d’une radiation ou d’une vibration du cerveau paraît justifiée.
- Sur la conception physique qu’on peut se faire des radiations cérébrales, il convient évidemment d’être prudent. D’après l’auteur, on serait en droit de regarder les radiations cérébrales comme faisant partie d’une série d’oscillations électromagnétiques de nature variée, qui rayonneraient du cerveau dans des conditions déterminées et en relation avec les effets à produire. Ces oscillations pourraient être des oscillations amorties de caractère transitoire, sortes de décharges brusques pour lesquelles le récepteur réagirait par impulsions, même pour des fréquences très différentes de celles sur lesquelles il est accordé (300 000 kilocycles correspondant à une longueur d’onde de 1 m environ). Elles pourraient au contraire être d’une fréquence bien définie, correspondant à une longueur d’onde caractéristique, mais d’amplitude irrégulière, les variations d’amplitude agissant sur l’oscillateur lorsqu’elles rentrent dans les limites de la gamme des fréquences acoustiques pour lesquelles a été
- ============:==.............= 51 =
- construit l’amplificateur à basse fréquence. On pourrait enfin admettre que les ondes rayonnées par le cerveau sont de longueur d’onde variable et que lorsque cette longueur d’onde correspond à celle sur laquelle est réglé l’oscillateur, une impulsion se produit.
- Quelle que soit l’interprétation des faits constatés, l’existence même de ces faits est à elle seule d’une importance fondamentale. Pour la première fois, ils ont permis de montrer que du cerveau humain se dégage, dans des conditions déterminées, un rayonnement électromagnétique susceptible d’être capté par un récepteur à lampes
- Fig. 4 à 7. — Quelques enregistrements.
- 4. Fragment de film montrant le tracé obtenu au cours d’une expérience négative sujet inactif). •— 5. Fragment de film correspondant à un état de transe onirique chez un sujet qui, au cours de l’expérience, faisait entendre des lamentations angoissées; le réveil se produisit spontanément à l’apparition d’une vision terrifiante, consistant en une scène de mort parmi une foule. — 6. Fragment de film correspondant au sommeil avec activité onirique intense chez un sujet musicien très impressionnable. — 7. Fragment de film correspondant à un état de sommeil onirique très intense chez un sujet névrosé en proie à un
- rêve macabre.
- triodes réglé sur ondes ultra-courtes, et d’être enregistré après une amplification convenable. On conçoit l’intérêt de telles constatations pour l’étude même du mécanisme de la pensée et pour toutes les recherches de psychologie normale ou pathologique. Aussi serait-il à souhaiter qu’elles fussent confirmées par d’autres expérimentateurs, et tous ceux qui, parmi les lecteurs, sont familiarisés avec les recherches radioélectriques pourraient à cet égard fournir une collaboration précieuse.
- A. Boutaric,
- Professeur à la Faculté des Sciences de Dijon.
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- ENGRAIS AÉRIENS
- Fig. 1. — Cultures de plants de blé dans des cylindres transparents d’acétate de cellulose parcourus par des courants d’air chargé de gaz
- carbonique.
- exactement, dans le gaz carbonique que celui-ci renferme; à la lumière, grâce à la chlorophylle que possèdent les plantes vertes, le gaz carbonique est décomposé en oxygène, qui est rejeté dans l’air, et en carbone, qui se fixe dans ses tissus sous forme d’amidon ou de diverses matières sucrées. C’est là l’origine de tout le carbone que contiennent les végétaux et qu’ils peuvent céder aux animaux qui s’en nourrissent. On ne peut qu’être étonné de l’importance capitale de ce « cycle du carbone » lorsqu’on se rend compte de la faible teneur de l’air ordinaire
- 3
- en gaz carbonique, qui est de l’ordre de - Expéri-
- 10 000 1
- mentalement, on a pu constater que cette faible proportion de gaz carbonique suffît à faire vivre toutes les plantes vertes, mais que, cependant, on peut augmenter l’assimilation du carbone, en augmentant le pourcentage de l’acide carbonique dans l’air où vivent les plantes, pourcentage dont l’optimum varie un peu avec les espèces et a été trouvé d’environ 5 à 7 pour 100 pour la Massette, 10 pour 100 pour le Petit-Houx, 12 pour 100 pour le Fusain du Japon. Au delà de cet optimum, si l’on augmente la proportion du gaz carbonique, l’assimilation du carbone diminue, puis cesse, parce qu’à ces doses élevées, il est toxique. Mais c’est là un cas extrême qui n’a guère qu’un intérêt théorique et, en restant dans une bonne moyenne de 5 à 10 pour 100, on peut être certain a priori qu’en y soumettant des végétaux en voie de développement, ceux-ci assimileront plus qu’à l’air ordinaire et deviendront d’autant plus riches en matières nutritives.
- Nul n’ignore que les végétaux verts, outre les matières minérales qu’ils puisent dans le sol, trouvent une grande partie de leur nourriture dans l’air ambiant ou, plus
- Fig. 2. — Aspect général de plants de blé ayant poussé dans les cylindres transparents
- de la figure 1.
- C’est, en effet, ce qui fut confirmé par les expériences de laboratoire où l’intensité de l’assimilation chlorophyl-
- O2
- lienne est généralement mesurée par le rapport —— de
- vj U
- l’oxygène rejeté et du gaz carbonique absorbé et décomposé. Et l’on peut, sans faire d’hypothèses téméraires, être assuré à l’avance qu’en offrant aux plantes vertes beaucoup plus de gaz carbonique qu’elles n’en rencontrent dans l’air ordinaire et qui provient de la respiration des êtres vivants et du jeu de tant de fermentations, on augmenterait leur teneur en matières nutritives, autrement dit cet acide carbonique surajouté jouerait le rôle d’un engrais que l’on pourrait appeler « aérien » par opposition aux engrais plus ou moins chimiques que l’on ajoute à la terre.
- Ce point étant établi... sur le papier, il s’agit de savoir : 1° quels sont les moyens d’enrichir l’air des champs en gaz carbonique... sans risquer d’asphyxier ses habitants et à assez bon compte;
- 2° quels en seraient les véritables résultats pratiques.
- Sur la première question nous ne possédons encore aucune donnée, malgré que certains expérimentateurs aient proposé diverses
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- Fig. 3. — Aspect général de plants de blé obtenus dans de petits espaces de terrain et enclos dans des abris en verre, dont l’un reste ouvert, tandis que les deux autres sont fermés el parcourus par de l’air chargé de gaz carbonique.
- solutions qui, vraisemblablement, n’étaient pas viables, car on n’en a plus entendu parler.
- Sur la deuxième question, je dois citer un travail que vient de publier M. Earl S. Johnston (x), de la « Smithsonian Institution», qui, s’il ne la résout pas dans toutes ses parties, a, au moins, le mérite d’en donner une excellente idée, laquelle fournira un modèle pour la perfectionner, surtout en nous reportant aux belles photographies que nous publions et que M. Johnston a bien voulu nous communiquer, ce dont nous le remercions vivement.
- Ces expériences ont porté, en particulier, sur le blé.
- Dans une première série, cette plante a été cultivée, en pots, dans des cylindres transparents (fig. 1) en acétate de cellulose, dans lesquels on faisait circuler de l’air additionné de gaz carbonique à diverses concentrations.
- La figure 2 montre quels ont été les résultats obtenus par des cultures qui ont duré d’avril à juillet (la culture 5 n’était pas enfermée dans un espace clos et la culture 4 était ventilée par un courant lent d’air).
- Voici le détail des résultats obtenus à la récolte :
- Potl Pot 2 Pot 3 Pot 4 Pot 5 Pot 6
- Concentration en CO2 relativement à l’air
- normal 7,1 4,0 1,3 0,9 1,0 1,3
- Nombre de plants par
- pot 3 3 3 3 3 2
- Nombre de tiges . . 6 6 1 1 2 6
- Long, (cm.)des tiges. 52 54 35 40 43 45
- Poids (en gr.) des épis 1,2 1,2 0,1 0,2 2,3 0,9
- Poids de la paille. . 4,8 4,4 1,0 0,7 2,7 3,8
- Poids total 6,0 5,6 1,1 0,9 5,0 4,7
- Nombre de grains. . 4,7 10,7 1,3 3,3 60,5 11,5
- Poids des grains . . 0,134 0,283 0,029 0,050 1,500 0,279
- Poids par grain. . . 0,029 0,026 0,022 0,015 0,025 0,024
- Abri A (enclos Abri B (enclos Abri C
- Concentration en CO2 (re- de verre) de verre) ouvert)
- lativement à l’air normal) 3,8 1,1 0,9
- Nombre de grains plantés. . 36 36 36
- Nombre de plants recueillis. 34 33 31
- Poids (grammes) des plants . 14,52 6,39 3,47
- Poids secs 8,02 5,00 3,02
- Nombre d’épis 7,44 4,03 2,74
- Poids des épis 2,88 2,51 1,26
- Poids par épi 0,39 0,62 0,46
- Poids de la paille 5,14 2,49 1,75
- Poids des grains 0,85 4,70 0,77
- Nombre de grains 26,08 57,70 37,52
- Poids par grain 0,0326 0,0295 0,0205
- Nombre de grains par épi. . 3,51 14,32 13,68
- 1. Aerial fertilization of wheat plants with carbon-dioxyde G-s, (Washington, déc. 1935).
- Dans une deuxième série de cultures, les Blés poussaient sur une petite étendue de terrain dans de petits abris vitrés où l’on faisait circuler de l’air plus ou moins chargé de gaz carbonique (fig. 3), sauf l’un d’eux qui restait ouvert à l’air. La figure 4 montre quelques-uns des résultats obtenus, avec, ci-contre, le détail.
- Fig. 4. — Aspect général des plants de blé recueillis dans l’expérience de la figure 3.
- La concentration en gaz carbonique est de 3,8 en A;l,l, en B ; 0,9, en C.
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- = 54 ................... - .......-
- Par l’examen comparé de tous ces tableaux on se rend compte que l’augmentation du gaz carbonique dans l’air retentit sur celle du rendement du blé, aussi bien quant à la paille que pour les grains, sans qu’on soit obligé, en même temps, de répandre des engrais sur le sol. Reste à savoir maintenant comment on pourrait l’accroître dans les champs que l’on ne peut tout de même pas
- enfermer dans un enclos fermé et parcouru par des courants d’air chargé de gaz carbonique. Dès maintenant, cependant, on peut être certain que l’accélération de la végétation dans les serres par l’intervention du gaz carbonique surajouté est une chose possible.
- Henri Cou pin.
- LA METALLISATION A L’ALUMINIUM
- DES MIROIRS DE TÉLESCOPE
- Les miroirs des télescopes sont généralement recouverts d’une couche d’argent. Mais l’argent, très réfléchissant pour la lumière visible, cesse de l’être pour l’ultra-violet. C’est un grave inconvénient pour les études spectroscopiques.
- Aussi les astronomes américains préconisent-ils aujourd’hui la substitution à l’argent d’une couche d’aluminium obtenue par évaporation dans le vide. En 1935, cette transformation a été appliquée au miroir de 90 cm de l’observatoire Liclc et au grand miroir de 2,54 m. du mont Wilson.
- La technique de l’opération est très délicate. Voici d’après la Revue de V Aluminium comment procède aujourd’hui M. H.-W. Edwards pour les miroirs de grand diamètre.
- Il a recours non pas à l’aluminium pur, mais à des alliages aluminium-magnésium dont le pouvoir réfléchissant est élevé et très uniforme dans le spectre visible. Il tend horizontale-
- ment des fils de tungstène, sur lesquels il place en cavaliers... de petites bandes d’alliage. Le fil est porté au rouge par un courant électrique; les bandes d’alliage fondent et créent de nombreux centres d’évaporation. Les fils de tungstène ne sont pas rectilignes, mais disposés en sinusoïdes; leur diamètre est suffisant pour leur conférer une certaine rigidité grâce à laquelle les boucles se maintiennent dans un plan vertical.
- On a perfectionné ensuite en plaçant tout simplement les petits fragments du métal à évaporer à plat sur deux fils de tungstène rectilignes tendus parallèlement à très faible distance l’un de l’autre. L’évaporation se produit à une température un peu moins élevée, parce que le contact est plus large entre le métal et le circuit chauffant.
- Toutes ces opérations s’effectuent dans un vide aussi poussé que le permet la technique actuelle du vide.
- OU EN EST LA TECHNIQUE DE LA FUSÉE?
- LES DERNIERS TRAVAUX DU PROFESSEUR GODDARD
- La fusée jouit, depuis plusieurs années, d’un regain d’actualité dont peuvent seuls s’étonner ceux qui en ignorent l’ancienneté et la gloire passée. Elle n’était pas, en effet, il y a un siècle, beaucoup moins perfectionnée qu’aujourd’hui. Déjà, au siège de Puebla, en 1864, lors de la guerre du Mexique, une fusée d’un poids total de 100 kg pouvait transporter, à 7 km, 40 kg d’explosif! La grande guerre ne lui donna point l’occasion de sortir du sommeil où elle entra après 1870 ; elle n’y servit guère qu’à la signalisation, à l’éclairage nocturne d î champ de bataille et pour l’incendie des ballons captifs.
- Or, depuis une quizaine d’années, un essor nouveau la saisit. A la suite des travaux de M. Esnault-Pelterie, de Ziolkowski, de Goddard, d’Oberth et de savants de plus en plus nombreux, une destinée incomparable sembla s’ouvrir devant elle, comme le seul moteur capable de faire franchir à des êtres vivants les distances prodigieuses qui nous séparent des planètes. Les merveilles quotidiennes réalisées par la science parurent telles qu’aucune impossibilité ne se dressât plus désormais pour la conquête de la lune. Abusé par les films, les romans interplanétaires, les conférences où des orateurs ne contenaient pas toujours leur imagination et leurs espoirs dans les limites d’un science positive, le public se prit à croire à l’imminente réalité de l’astronautique. Des mathématiciens ne calculaient-ils pas, à quelques secon-
- des près, la durée du voyage lunaire ? Ne présentait-on pas les difficultés de l’expérience comme d’ordre purement financier? N’était-il pas déjà question,en s’appuyant sur d’impressionnantes équations, de se diriger vers Mars ou vers Vénus ? Un tel débordement d’imagination, une telle débauche d’érudition mathématique eussent eu, assurément, peu d’inconvénient, si le progrès expérimental avait marché de pair avec la connaissance théorique. Mais il est significatif de voir qu’en l’occurrence le progrès suivit la marche inverse de celle qui avait guidé les premiers honds de l’aviation. Alors que, sans base méthodique suffisante, comme le remarque fort justement M. Esnault-Pelterie dans son Astronautique, les pionniers de l’aéroplane avançaient à coups d’expériences, pour ceux de l’astronef, le schéma rationnel était d’ores et déjà connu dans l’ensemble. S’il est donc curieux de constater que le moteur à réaction n’a fait aucun progrès depuis un siècle, il est encore plus surprenant que des hommes s’attachent actuellement à parfaire le projet de leur première pérégrination céleste, alors que la fusée n’a pas réussi, dans les cas les plus favorables, à dépasser une hauteur de quelques kilomètres ! C’est l’opinion qu’exprimait, en 1934, lors de l’attribution par la Société Astronomique de France, du Prix d’Astronautique, Mme G.-C. Flammarion : « Il faut, en effet, constater que si l’on connaît maintenant
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- à peu près dans leurs grandes lignes les conditions du voyage astronautique, il est de peu d’intérêt d’en perfectionner déjà les détails, alors que nous ne sommes pas capables d’envoyer une fusée à 100 km d’altitude (et même beaucoup moins)... » En effet, le professeur Goddard, dans sa meilleure performance, a tout juste obtenu 2280 m.
- LES PREMIÈRES RECHERCHES DU PROFESSEUR GODDARD
- Le Professeur Goddard est, en effet, l’un des plus remarquables spécialistes de la propulsion par fusée. Et son mérite est grand d’avoir su se dégager d’une puis-
- Fig. 2. —• La fusée Goddard dans son bâti de lancement, avant le vol du 16 mars 1926, à Auburn.
- santé emprise théorique et d’avoir créé un domaine d’expérience d’une ampleur qui n’a pas encore été égalée.
- Une fusée, rappelons-le brièvement, se compose du moteur à réaction, des réservoirs à combustible et à comburant, des appareils de contrôle du vol et de la charge utile. Le moteur à réaction consiste lui-même en une chambre de combustion et une tuyère. On sait que le combustible, solide ou liquide, converti en gaz dans la chambre de combustion, est chassé avec force par la tuyère. C’est l’expulsion de ce jet gazeux qui grâce
- Fig. 3. — La tour de 6 m pour les essais statiques.
- (On aperçoit les tonnes d’eau qui équilibrent la poussée de l’appareil).
- Fig. 1. — Le projet de fusée astronautique de H. Oberth.
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- Fig. 4. — La fusée de Goddard dans sa tour de lancement.
- Fig. 6. — Le professeur Goddard et son stabilisateur gyroscopique.
- à la réaction développée, communique l’impulsion au projectile. Le principe mécanique invoqué est le théorème des projections des quantités de mouvement, de sorte que la quantité de mouvement de la fusée, produit de sa masse par sa vitesse, est, à chaque instant, égale en valeur absolue à celle de la masse gazeuse éjectée. Ainsi, l’engin cher aux astronautes est-il comparable à un petit, canon que ferait reculer le départ de coups à blanc successifs.
- L’origine des travaux du Prof îsseur Goddard remonte à 1912, alors qu’il se livrait, à l’Université américaine de Princeton, à des études théoriques. Sur celles-ci,M.Troller, dans cette revue même, fut l’un des premiers à attirer l’attention et à en prévoir le développement. Dès 1914, le savant américain dressa le plan de la fusée à combustible liquide, dans laquelle celui-ci et un liquide combu-
- Fig. 5. — Un observateur enregistre la trajectoire de la fusée.
- rant alimentaient, sous pression, une chambre de combustion munie d’une tuyère conique. De 1920 à 1924, des expériences eurent lieu avec l’aide de la Clark Univers ity (Mass.). En employant l’oxygène liquide comme comburant, on expérimenta avec l’essence, le propane liquide, l’éther. L’engin était maintenu par des ressorts dans une monture fixe, et les liquides étaient forcés dans la chamhre de combustion par pression d’un gaz ininflammable.
- Le premier vol d’une fusée à essence et oxygène liquide eut lieu le 16 mars 1926, à Auburn. Elle couvrit une distance de 56 m en 23,5. Un autre vol eut lieu le 17 juillet 1929, qui, celui-ci, suscita l’intérêt du grand public parce que des spectateurs éloignés, ayant aperçu l’appareil en vol, l’avaient pris pour un avion en flammes ! Contrairement à la disposition adoptée la première fois, la chambre de combustion et la tuyère étaient placées
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- à l’arrière de la fusée et celle-ci portait un petit baromètre et un appareil photographique qui furent retrouvés intacts. C’est pendant les essais à Fort-Stevens, en 1929-1930, que le colonel Lindbergh s’y intéressa et, communiquant ses impressions au mécène Daniel Guggenheim, l’amena à consentir le don qui allait permettre au professeur Goddard des recherches beaucoup plus vastes.
- COMMENT GODDARD S’INSTALLA A ROSWELL
- Soutenus, donc, par Daniel Guggenheim et l’Institut Carnegie de Wasshington, les travaux devaient durer deux ans; à l’issue de ce laps de temps, un comité présidé par le Dr John C. Merriam, dans lequel figuraient notamment le colonel Lindbergh et le Dr Millikan, devait décider si les résultats obtenus justifiaient une prolongation de l’aide apportée.
- C’est à Roswell, dans l’État de New Mexico, sur un terrain choisi à cause du ciel clair, du temps calme, du sol horizontal et des commodités matérielles, que s’installa, en septembre 1930, le Professeur Goddard. Une tour de lancement de 18 m précédemment utilisée à Auburn, fut réédifiée à 24 km du bâtiment principal. Auprès de celui-ci, on construisit une autre tour de 6 m destinée aux essais statiques, dans lesquels la fusée était immobilisée par des poids, de façon qu’on pût en étudier les caractéristiques à l’aide d’instruments enregistreurs (fig. 3). Ces essais statiques, qui devaient décider du type de chambre de combustion à employer, étaient donc fort importants. On opta finalement pour une chambre de 14 cm de diamètre, pesant un peu plus de 2 kg, qui avait permis d’obtenir une pression maximum de 130 kg, la période de combustion dépassant habituellement 20 secondes. La vitesse des gaz éjectés était estimée à environ 1520 m/sec.
- Ces préliminaires achevés, on procéda à un premier lancement, le 30 décembre 1930, avec une fusée de 3 m 30 de longueur et d’un poids de 15 kg. Elle atteignit une hauteur de 608 m et une vitesse de 800 km/heure. L’oxygène liquide et l’essence étaient toujours introduits par pression d’un gaz inerte. En septembre 1931, un système de contrôle éloigné fut organisé, au moyen duquel l’inflammation, l’observation et la cinématographie purent être effectuées sans danger, d’un abri protégé situé à 300 m de la tour; 600 m plus loin, se tenait un autre observateur qui, armé d’une lunette, notait les altitudes et les azimuts (fig. 5).
- Nombre de vols suivirent cette première tentative, qui eurent pour buts essentiels de vérifier la régularité de l’alimentation en combustible et comburant par pression d’azote, et d’aborder le problème du vol vertical stabilisé automatiquement. On obtint, le 19 avril 1932, une solution de ce dernier problème : la fusée étant munie d’ailettes directrices, le procédé consistait à les refouler
- Fig. 7. — Prèparalifs de lancement de la fusée Goddard. fPh. Associated Press.)
- Fig. 8.
- Cinématographie du vol de la fusée, le 31 mai 1935 (le temps est exprimé en secondes).
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- Fig. 9.;—Une expérience de Tilling à Vaérodrome de Tempelhof ; la traînée de fumée est la trace de la fusée qui s’éleva à 800 m. (Ph. Keystone.)
- dans le sillage par la pression d’un gaz, cette pression étant elle-même contrôlée par un petit gyroscope.
- En mai 1932, ces résultats furent soumis au Comité qui recommanda la continuation des recherches. Les conditions économiques en disposèrent, hélas ! autrement, et le professeur Goddard dut se contenter des laboratoires
- Fig. 11. — L'ingénieur Zucker lance sa fusée postale à Brighlon (Ph. Keystone).
- de la Clark University, jusqu’à ce qu’un don de la Fondation Daniel et Florence Guggenheim lui rendît possible la reprise de son œuvre.
- LES VOLS REPRENNENT A ROSWELL
- En août 1934, l’inventeür se réinstalla dans les plaines désertes de New Mexico, après qu’une casemate bétonnée eut été construite à 15 m de la tour. Les travaux devaient porter, cette fois, sur la stabilisation automatique du vol, avec les mêmes fusées que dans les expériences antérieures, l’alimentation étant encore assurée par l’azote comprimé. Si un stabilisateur à pendule fut tout d’abord essayé pour mouvoir les ailettes directrices, c’est simplement parce qu’il était moins complexe et plus facile à réparer qu’un stabilisateur gyroscopique. Il présentait cependant l’inconvénient de ne corriger le vol que pendant les premiers 20 ou 30 m, c’est-à-dire pendant la phase de faible accélération. Les faits confirmèrent les prévisions. La fusée s’éleva à 300 m environ, poursuivit son mouvement dans une direction horizontale et, fina-
- Fig. 10. — La fusée postale de Greenwood. (Ph. Keystone.)
- lement, atterrit, à quelque 3 km de son point de départ. Elle avait voyagé à la vitesse horaire de 1100 km à la fin de la période de combustion.
- On se résolut alors à adopter le gyroscope qui, tout en étant le meilleur et le plus léger des stabilisateurs, offrait, de plus, l’avantage d’être indépendant de la direction et de l’accélération du mobile. Le dispositif fut réglé de manière à fonctionner lorsque l’axe de la fusée s’écartait de plus de 10 degrés de la verticale. Un essai, le 28 mars 1935, qui fournit une trajectoire assez régulière, fut déclaré encourageant. L’engin s’éleva jusqu’à 1400 m et couvrit une distance horizontale de près de 4 km, à la vitesse maximum de 880 km/heure.
- Les vols suivants furent employés à perfectionner l’organe directeur. Celui-ci n’agissait naturellement que pendant la période de propulsion, mais son action eût pu être prolongée en continuant d’agir sur les ailettes par le gaz comprimé inerte. Les fusées partaient lentement, « les cent premiers pieds du vol rappelant, dit Goddard, le mouvement d’un poisson nageant dans une
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- direction verticale ». Les oscillations de part et d’autre de la verticale, d’une amplitude de 10 à 30 degrés, duraient une à deux secondes. « La vitesse continuellement croissante des fusées et le rugissement constant qui les accompagnait rendaient, poursuit l’expérimentateur, les vols très impressionnants ». Le projectile laissait derrière lui une traînée de fumée, tandis qu’une flamme blanche et petite mais intense sortait de la tuyère. Le 31 mai 1935, l’altitude atteinte fut de 2250 m (fig. 8). A ceux qui s’étonneraient de ce résultat relativement minime après une si longue série de travaux, répondons qu’il était dû au poids assez considérable des fusées — de 25 à 38 kg — qu’on ne tenta, d’ailleurs, point de réduire. « Une réduction de poids, dit Goddard, serait inutile avant que la trajectoire verticale de la fusée pût être maintenue automatiquement». C’est cette réduction de poids, concurremment avec le perfectionnement de la stabilisation, qui va faire l’objet des prochaines recherches.
- Telles sont les étapes parcourues par le professeur Robert H. Goddard de 1912 à septembre 1935, et dont il vient — en mars dernier — de rendre compte à la Smith-sonian Institution. Si, au regard du grand public, les fruits de ses travaux ne sont pas encore sensationnels et sont loin, en tout cas* des perspectives enchanteresses de l’astronautique, il convient de reconnaître que ce sont les meilleurs que l’on ait jamais produits. Il convient aussi de reconnaître que c’est Goddard qui a le plus tra-
- Fig. 13 — Fusée Damblanc. Essai sialique à Sainl-Cyr.
- Fig. 12. — La fusée à combustible liquide de Vingénieur russe Polany. (Pli. Franco-Presse).
- vaillé dans cette voie, et que c’est à lui principalement qu’est due cette phalange de chercheurs qui, à l’heure présente, dans toutes les parties du monde, s’adonnent à l’étude du moteur à réaction. L’American Rocket Society présidée par Edward Pendray a fait procéder, en effet, le 8 février dernier à Greenwood Lake, aux essais de la fusée postale Kessler, qui n’est d’ailleurs pas allée très loin (fig. 10). La Cleveland Rocket Society, dirigée par E. Loebell, vient d’acquérir un champ d’expériences. En Allemagne, depuis les Kegelduse d’Oberth, les Mirak et les Repulsor, les travaux se poursuivent, encore qu’on ne sache guère où en est leur degré d’avancement. En U. R. S. S., en Angleterre, des sociétés d’astronautique s’attachent à la théorie et, parfois même, à l’expérimentation. En France, le Prix d’Astronautique de 1935 a couronné une œuvre expérimentale due à l’ingénieur Louis Damblanc : notre compatriote réalisa, à l’Institut Aérotechnique de Saint-Cyr, des essais statiques d’où il déduisit les principes de la balistique des projectiles auto-propulseurs (fig. 13).
- C’est de ces efforts multiples et dispersés que sortira — mais dans combien d’années ? — le moteur du véhicule ultra-rapide de demain. Sans doute ces résultats d’études expérimentales rigoureuses sont-ils de nature à refroidir
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- ceux qui croient à la possibilité pour demain — ou pour après-demain — de la fusée astrale. Mais, sans élever aussi haut nos ambitions, n’est-il pas permis d’espérer des victoires plus modestes, telles que la mise en service de la fusée postale ou météorologique, et, dans un domaine voisin, les recherches sur les tuyères thermiques propul-
- sives de M. Leduc n’autorisent-elles pas à croire fermement à de moins lointaines réalisations ?
- Pierre Rousseau.
- Les figures 2, 3, 4, 5, 6, 8 sont extraites des Smithsonian Miscel-laneous Collections.
- L’HORLOGE DE FLEURS D’OSTENDE
- Qu’est-ce que c’est que ça ?
- On dirait des aiguilles d’horloge ! Mais quelle taille ! Et quelle forme !
- En effet, la grande ne mesure pas moins de 6 m 75. La petite a 5 m 25. Elles tournent dans un cadran de 8 m de diamètre et donnent l’heure sur des chiffres de 1 m 20 sur 0 m 70. Mais ce cadran n’est pas banal. C’est un cadran de fleurs disposé sur un plan légèrement incliné, dans le Parc Léopold, de la ville d’Ostende. L’inclinaison est de 12°.
- L’aiguille des heures pèse 83 kg, et celle des minutes 97. L’axe de l’aiguille des minutes, en acier spécial, a 30 mm de diamètre. Il est monté sur billes à chaque
- Fig. 1. — Aiguilles de l’horloge à cadran de fleurs d’Ostende.
- extrémité et une butée, également à billes, supporte toute la poussée latérale du poids de l’aiguille.
- La roue des heures de l’horloge, qui supporte l’aiguille d’heures, est montée de la même façon sur billes.
- Le projet de cette horloge et son exécution sont l’œuvre de Marcel Vanhabost, fabricant d’horloges et de mécanismes de carillons à Comines, Belgique.
- Elle a fonctionné pour la première fois au cours de l’été 1933.
- Indépendamment de sa minuterie, le mécanisme horaire actionne une sonnerie d’heures utilisant une vieille cloche de 1748, trouvée dans un coin de l’ancienne Tour St-Pierre et St-Paul d’Ostende, et dont le poids est de 100 kg.
- Cette, cloche porte une incription flamande signifiant qu’elle a été fondue en l’honneur de « Marie Notre-Dame », que sa marraine fut « Dame Marie-Anne Caloen, vicom-
- Fig. 2. — Le mécanisme commandant à dislance les aiguilles.
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- L’horloge fleurie d’Ostende en 1933, 1934, 1935.
- tesse de Yoogt », et son parrain « Joseph Adrien, chevalier de Inghuenbur de terre libre, bailly des aveugles ».
- Le mécanisme de cette horloge est du type à remontage automatique construit couramment en bronze très dur par la maison Vahabost, et dont la figure 2 donne l’idée générale. Le moteur employé au remontage, que l’on voit à gauche de la figure, est de la force d’environ un tiers de cheval-vapeur. Le remontage des deux poids s’effectue à chaque sonnerie. La sonnerie en fonctionnant fait descendre son poids. Celui-ci met en prise le contact. Le moteur entre en fonction et remonte à la fois le poids de la sonnerie et celui du mouvement. Un basculage arrête le courant lorsque les deux poids sont arrivés à la hauteur normale.
- Les figures 3, 4 et 5 représentent le cadran fleuri. Voici l’explication de leurs différences.
- En 1933, lorsque fut établi le premier cadran, on avait adopté la forme ronde. En 1934 on la remplaça par la forme octogonale, avec, au-dessus de 12 heures, le nom d’Ostende afin de caractériser nettement les innombrables vues prises de cette curiosité.
- En 1935, on adopta la forme carrée. Peut-être changera-t-on en 1936. Peu importe du reste.
- Étant donné une paire d’aiguilles tournant régulièrement autour de leur centre, et suffisamment longues, la seule chose nécessaire sur le cadran proprement dit est la disposition régulière des douze heures. Que leur encadrement soit carré, hexagonal, octogonal ou rond, peu importe. Le fleuriste peut faire toutes sortes d’es-
- sais, et l’administration s’arrêter à celui qui paraît le plus élégant, quitte à changer si quelque jour l’élégance change de mode! Pour le quart d’heure, le cadran d’Ostende est celui de la figure 5, avec, du côté de midi, le nom Ostende et, en arrière, le jet d’eau qui fonctionne le samedi, le dimanche et le lundi de la saison, comme on le voit en 4 et 5.
- Les horloges de fleurs ne sont pas, quoique rares, chose inconnue dans le domaine horloger. Les figures 6 et 7 en représentent deux existant en Suisse. L’une fonctionne comme réclame du Grand Hôtel des Avants. L’autre, portant l’inscription Pax Populo, tout à fait de circonstance aujourd’hui, décore avec élégance le
- parc du Casino d’Interlaken.
- Bien entendu ces horloges ne sont pas des géantes comme celle dont il vient d’être question et qui fait le plus grand honneur à son constructeur, auquel la photographie est en train de faire une réputation universelle.;
- Tous les visiteurs d’Ostende s’ofîrent un cliché du cadran.
- C’est précisément pour leur rappeler l’origine de ce cliché que le directeur des plantations, M. Collard, fit ajouter audit cadran une mosaïque de fleurs, indiquant le nom de la ville. Chaque détenteur d’une de ces vues dit, en la montrant à ses amis : « Voilà l’enfant de Vanhabost ! »
- Léopold Reverchon.
- Fig. 6, 7.
- Horloges fleuries, en Suisse.
- Au-dessus, au Grand Hôtel des Avants.
- A gauche, au Casino d’Interlaken.
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- LES AÉROSOLS
- Sous le nom général d’aérosols, on désigne des systèmes composés d’air ou de gaz, tenant en suspension, d’une manière analogue à celle des émulsions colloïdales, des particules très fines, liquides ou solides. L’étude de ces aérosols présente un très grand intérêt, aussi bien au point de vue scientifique qu’au point de vue des applications pratiques.
- On peut empiriquement les distinguer en brouillards naturels ou artificiels, fumées et poussières.
- Les nuages sont essentiellement des aérosols qui tiennent en suspension des gouttelettes liquides. Ces gouttelettes extrêmement fines se présentent dans un état vésiculaire particulier qui retarde leur condensation et les empêche de se précipiter sous forme de pluie. Dans les régions marines, la présence, dans les brouillards ou dans les nuages, de cristaux microscopiques de sel et, dans les villes et régions industrielles, la dispersion de très fines particules charbonneuses augmentent leur stabilité. Suivant l’opacité ou la densité, les aérosols atmosphériques sont désignés sous le nom de nuages, de brouillards ou de brumes.
- Les fumées sont des aérosols qui proviennent de combuslions incomplètes et dont les éléments dispersés sont solides ou liquides, ou les deux à la fois. On connaît suffisamment les fumées dégagées par les cheminées industrielles, qui se répandent dans l’atmosphère en quantités considérables et tiennent en suspension des particules liquides et solides, de natures diverses. Ces formations sont souvent très persistantes, se modifient sous l’influence des conditions climatériques, et peuvent présenter des dangers pour l’hygiène publique. On se souvient des méfaits exercés, il y a peu d’années, par certains brouillards de la Meuse belge, qui tenaient en suspension, sous une forte concentration, des particules d’acide sulfurique, provenant des gaz évacués par les cheminées des usines de la région et condensés sous une forme vésiculaire, particulièrement corrosive.
- Les aérosols ou nuages de poussières, formés de particules solides finement dispersées, sont également très répandus. L’air, qui apparaît généralement à l’œil nu comme un gaz pur, n’est en réalité qu’un aérosol. Il suffit de le contempler au travers d’un rayon de soleil diffusé pour constater la présence de myriades de corpuscules infiniment ténus, à l’état de suspension. La stabilité de ces systèmes est d’autant plus grande que ces derniers se trouvent à l’état plus divisé. Les plus caractéristiques sont peut-être les nuages de cendres et de poussières pouzzolaniques qui se forment et persistent lors des éruptions volcaniques et dont la finesse extrême a pour cause la désintégration des roches par explosion. Les méfaits des aérosols de poussières ne sont pas non plus négligeables. On connaît notamment une maladie spéciale, la silicose, due à l’absorption par les poumons de très fines particules de silice, en suspension dans l’atmosphère des ardoisières ou de certains ateliers.
- L’étude des aérosols est d’une importance considérable, à de nombreux points de vue. La météorologie utilise avantageusement la notion de structure aérocolloïdale des nuages. Le temps pluvieux ou la persistance d’une période de beau temps ne dépendent pas seulement des modifications dynamiques des zones de basses ou de hautes pressions, mais aussi de l’ensemble des propriétés colloïdales de l’atmosphère. L’hygiène se préoccupe de la captation ou de la destruction des fumées ou vapeurs nocives et de l’élimination des poussières. Enfin, l’agriculture'et l’art militaire s’intéressent spécialement à la production de nuages ou de brouillards artificiels de protection.
- De même que les substances, en dispersions colloïdales, se comportent autrement que les mêmes substances en solu-
- tions vraies ou en suspensions grossières, de même les substances dispersées sous forme d’aérosols réagiraient d’une manière très différente si elles étaient en solution, sous forme de gaz ou grossièrement réparties. C’est une propriété générale des substances en solution colloïdale, de se laisser absorber par des solutions concentrées mieux que par l’eau pure. Par exemple, l’anhydride sulfurique, provenant des fours de contact, sous forme d’aérosol, est absorbé par l’acide sulfurique concentré, mais non par l’eau. Au contraire de ce qui se passe lors de l’absorption des gaz purs, plus une solution s’enrichit de la matière absorbée, plus elle augmente son activité absorbante. On explique cette anomalie par le fait que l’eau émet des vapeurs qui grossissent les particules en suspension et diminuent leur mobilité. Or, cette mobilité est indispensable à l’absorption. La constatation de cette propriété particulière des aérosols est d’une extrême importance pour la création des filtres à gaz, dans les masques notamment, ou des procédés de captation ou de destruction des fumées toxiques ou indésirables.
- Les aérosols sont cependant des solutions colloïdales peu stables. La cohésion se rompt à la longue, ou sous des influences physiques, par sédimentation, par coagulation ou par distillation isotherme, c’est-à-dire, par évaporation spontanée de la phase dispersante.
- Une importante série d’études s’est occupée de la charge électrique des aérosols. On a distingué : la charge électrique des particules isolées, la charge de l’ensemble des particules, la charge de l’agent gazeux de dispersion, enfin la charge de l’aérosol total : gaz et particules. Les aérosols obtenus par réaction chimique ne sont au début chargés électriquement, ni dans les particules isolées, ni dans l’ensemble. Avec le temps, les particules se chargent par absorption d’ions. Il en est autrement des aérosols atmosphériques qui possèdent dès le début de leur formation une charge électrique. Cette constatation est importante pour la lutte contre les nuages et les brouillards, dangereux pour la navigation.
- Bien que les aérosols aient une structure instable, leur destruction artificielle ne va pas sans difficultés. Les principales méthodes reposent sur l’absorption par des matières liquides ou solides, ou la précipitation des particules par des champs électriques intenses. Ce dernier procédé fait l’objet d’un certain nombre de brevets (Cottrell, Pauthenier, etc.) et est utilisé industriellement pour la précipitation des fumées des industries chimiques et métallurgiques.
- On détermine la concentration d’un aérosol par différents procédés : on compte les particules à l’ultra-microscope ; par la méthode néphélométrique, on mesure l’opacité; en filtrant les particules par des dispositifs spéciaux, on pèse leur précipité; enfin par sédimentation, on rassemble certains composants.
- La production des brouillards artificiels présente encore un très grand intérêt pour l’agriculture. On l’utilise pour protéger, à certaines époques critiques (saints de glace, par exemple), les plantations contre les gelées nocturnes. Le procédé le plus courant consista longtemps dans la combustion de paille humide, de goudron, de poix ou de naphtaline; à ce procédé assez coûteux, on a substitué des fumigations à partir de produits chimiques. L’utilisation de nuages artificiels destinés à cacher à la vue de l’ennemi des organisations militaires, ouvrages défensifs, mouvements de troupes, agglomérations, s’est développée vers la fin de la dernière guerre. La conception n’est d’ailleurs pas neuve. Voltaire raconte que le roi Charles XII de Suède fit passer la Dwina à ses troupes dans des barques, dérobées à la vue des Saxons par l’épaisse fumée de paille mouillée à laquelle il avait fait mettre le feu. A côté
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- des gaz asphyxiants et toxiques qui sont aussi, pour la plupart, de véritables aérosols, les brouillards artificiels sont appelés à jouer un rôle important dans la défense territoriale.
- Un grand nombre de corps chimiques jouissent de la propriété d’émettre des fumées au contact de l’air : l’anhydride sulfurique, les acides chlorhydrique et nitrique, les chlorures d’étain, de silicium, de titane. Ajoutons les fumées produites par la combustion d’éléments comme le phosphore, le magnésium, le zinc, l’étain, les produits organiques brûlés dans un milieu pauvre en oxygène.
- La condition essentielle pour la formation d’écrans stables est de réaliser, dans des conditions physiques appropriées, la production de gouttelettes vésiculaires suffisamment fines, ou de particules solides suffisamment divisées pour rester en suspension dans l’air, sans se déposer ni se disperser trop rapidement.
- Le degré de finesse de la phase dispersée est le facteur principal de la stabilité du brouillard, parce qu’il s’oppose à la sédimentation et à la floculation. Cette finesse conditionne également l’opacité, celle-ci étant d’autant plus intense que les particules sont plus petites. Ce dernier phénomène est extrêmement important car, grâce à lui, on peut réaliser des brouillards chimiques de concentration très faible en produits acides qui, au delà d’une certaine limite, pourraient devenir nocifs. Pour déterminer l’opacité, on mesure la visibilité à travers une couche d’une certaine épaisseur comprise entre deux plaques de verre.
- La formation chimique des brouillards blancs est conditionnée par l’état hygroscopique de l’air. La vapeur d’eau contenue dans l’atmosphère agit sur les produits chimiques soit par hydratation, soit par hydrolyse. Les brouillards sont le plus souvent formés de gouttelettes fines d’acide sulfurique ou d’acide chlorosulfonique, combinés à l’eau par hydratation, ou encore de fines particules extrêmement ténues, formées par hydrolyse des chlorures correspondants. Plus l’humidité sera accentuée, plus le brouillard sera épais.
- Il y a lieu de signaler cependant que ces procédés chimiques présentent certains dangers, en raison des propriétés corrosives des acides employés. Si on dépasse une certaine concentration, les brouillards protecteurs deviennent nocifs, aussi bien pour la végétation que pour les organes respiratoires, les yeux ou les vêtements des personnes se-trouvant à proximité ou occupées à les produire.
- On peut pulvériser l’acide sulfurique ou la chlorhydrine sulfurique au moyen d’air ou de gaz comprimé. Un appareil spécial construit par la Hanseatische Apparatbau Gesell-schaft a pour principe de laisser tomber goutte à goutte l’acide chlorosulfonique sur de la chaux vive. Par suite de l’élévation considérable de température, il se produit un dégagement d’acides sulfurique et chlorhydrique qui donne lieu, à l’aide de l’humidité de l’air, à la formation d’un brouillard très dense qui empêche la température de tomber au-dessous de 0°. On a signalé en son temps un dispositif du même genre, dû au commandant Jaricot, qui permet de couvrir en très peu de temps, avec quelques appareils seulement, une très grande surface de terrain. On peut pulvériser le chlorure de titane ou de silicium, soit seuls, soit en mélange avec des vapeurs d’ammoniaque par les gaz d’échappement d’un moteur d’avion. Signalons encore les fumées de chlorure de zinc obtenues par la combustion de poudre de zinc en présence de chlorure de carbone. Ces fumées sont relativement inofîen-sives. Un autre procédé breveté, qui est également presque inoffensif, consiste à faire brûler un mélange de chlorure d’ammoniaque, de charbon de bois et de nitrate de potassium.
- Il conviendrait de trouver un moyen de produire des brouillards chimiques d’une opacité suffisante, basé sur l’emploi de matières premières dont l’action fût moins dange-
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- reuse au point de vue de l’effet corrosif ou toxique. On a envisagé la sublimation de certaines matières organiques, non toxiques et même aromatiques qui produiraient des brouillards colorés, stables aux températures d’emploi. Si, au surplus, ces brouillards pouvaient posséder en même temps des propriétés anticryptogamiques et insecticides, on réaliserait des conditions très favorables à l’agriculture.
- Cette étude ne serait pas complète si nous ne disions un mot des brouillards colorés artificiellement. La coloration a pour but principal de rendre moins apparent l’écran de protection, de le camoufler à la teinte ambiante. Il est évident que l’agglomération de nuages blancs, accumulés en un point que l’on veut dérober à la vue, pourrait avoir pour effet, au contraire du but recherché, d’attirer l’attention. 11 peut être indispensable d’adapter la teinte du nuage protecteur à celle de tout le paysage environnant. Il s’agirait dans ce cas, le plus souvent, de colorations neutres dans les tons grisâtres. Mais on considère également l’emploi de nuages de couleurs vives, rouge, bleue, verte, jaune. Ces nuages s’appliquent à des cas particuliers comme des signaux conventionnels, ou, en météorologie, pour déterminer, par exemple, l’orientation ou la vitesse des vents.
- On ne peut songer à l’emploi de gaz chimiques colorés naturellement, comme les vapeurs de brome, de chlore, d’iode, chlorure de nitrosyle, bioxyde d’azote, etc. On tomberait ici dans le domaine des gaz toxiques.
- La coloration la plus facile à réaliser est la coloration noire, résultant de la combustion incomplète de produits carbonés. C’est, en somme, intensifié, l’écran de fumée qui peut résulter de l’évacuation abondante des fumées industrielles. L’écran de fumées noires a été utilisé notamment pour masquer les flottes de guerre.
- Le procédé Berger permet d’obtenir facilement des brouillards de teinte grise. Il consiste à faire brûler à l’air un mélange de poudre de zinc avec du tétrachlorure de carbone. Le chlore forme avec le zinc, du chlorure de zinc, qui se volatilise sous forme de fumées blanches colorées en gris par les fines particules de carbone libéré. Le point faible de cette méthode est que la réaction développe une quantité considérable de chaleur qui porte le produit à l’incandescence et pourrait, par projection d’étincelles, provoquer l’incendie. On atténue cet inconvénient en introduisant dans le mélange des matières inertes, des terres siliceuses, par exemple.
- Pour obtenir des brouillards de couleur vive, on utilise des colorants organiques volatils, mais difficilement décom-posables par la chaleur, qui sont susceptibles de se sublimer à la température de combustion du mélange carburant et se trouvent alors dispersés à l’état extrêmement divisé, dans la fumée qu’ils colorent. Tels sont le rouge de paranitraniline, les rhodamines, le bleu de méthylène, la chrysoïdine, l’aura-mine, les colorants indigoïdes. Il faut, dans ce cas, veiller à ne pas dépasser, lors de la combustion, un certain degré de température, pour éviter d’atteindre le point de décomposition des produits organiques; sinon, l’effet de coloration serait manqué, et l’on obtiendrait des fumées noires. Un mélange de base, qui a donné d’excellents résultats, est formé de chlorate de potassium et de sucre de lait. On obtient le brouillard bleu en additionnant ce mélange d’indigo en poudre; le rouge, au moyen de rouge de paranitraniline, le vert, par un mélange d’indigo et d’auramine. On a proposé également un mélange de sidfure d’antimoine, d’arsenic, de nitrate de potassium et de soufre. Ce mélange, additionné d’auramine, doit donner de belles fûmées jaunes. La proportion de colorant utilisé étant très élevée, la production des brouillards de couleur vive est assez coûteuse; aussi, leur emploi est restreint.
- Ern. Schmidt.
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- L’IDENTIFICATION JUDICIAIRE PAR LE “ PORTRAIT PARLÉ ”
- La connaissance méthodique de la forme humaine est une conquête relativement récente de la science : longtemps abandonnée aux artistes et aux poètes, auxquels il serait vain de demander des classements rationnels, elle n’a vraiment reçu droit de cité qu’au siècle dernier, bien après la zoologie : à ce point de vue on peut dire que la science des animaux a largement précédé celle de l’homme !
- Cette science de 1’ « aspect » humain comprend aujourd’hui plusieurs branches distinctes : Vanthropologie, avec son importante annexe, la paléontologie humaine;
- Fig. 1. — Ces deux photographies d’identité représentent un seul et même individu.
- L’âge, les cheveux, le regard ont changé mais non les éléments caractéristiques du « portrait parlé », tels que l’ossature du nez et la forme des oreilles.
- Y ethnographie ou étude des races, sans oublier cette admirable morphologie, créée par Sigaud, de Lyon, et qui fournit les plus précieuses indications sur le tempérament, les réactions organiques, les aptitudes du sujet examiné.
- Soulignons que ces sciences ne sont pas uniquement descriptives; l’ethnographie retrace l’évolution, parfois discontinue, des races sous l’influence du milieu et de certaines poussées internes fort analogues aux mutations de la génétique. La morphologie va plus loin : elle fournit le moyen au praticien d’intervenir pour la guérison; ainsi, un sujet du type « digestif » pourra être guéri
- d’une affection du poumon par un régime alimentaire approprié complété par une sangle abdominale. En ce sens, on peut parler de thérapeutique morphologique.
- Dans les domaines plus particuliers, la chiroscopie médicale par l’étude des formes et lignes de la main, Y iridologie par l’examen méthodique de l’iris de l’œil, constituent des cas particuliers de la morphologie générale. Et ce n’a pas été le moindre étonnement des biologistes qui se sont penchés sur ces problèmes que de constater que l’individu tout entier, avec son tempérament, ses tares héréditaires et ses aventures physiologiques, se retrace avec une fidélité détaillée dans le microcosme de la paume ou de l’iris.
- IDENTITÉ JUDICIAIRE
- Mais à côté de cette connaissance scientifique de la personne humaine, il en est une autre qui a une grande importance sociale : c’est la connaissance de l’identité civile ou plutôt judiciaire des individus.
- Identité judiciaire ! Ces mots, pour le lecteur actuel, familier des romans policiers et des récits des journaux, évoquent'la figure d’un grand spécialiste français : Bertillon. Pour le public, Bertillon reste F « homme des empreintes digitales»,mais en réalité son œuvre fut beaucoup plus vaste. Son très grand mérite fut d’imaginer une méthode de classement logique qui permet aux employés de l’Identité de retrouver rapidement une fiche déterminée parmi les millions de fiches existant actuellement dans les archives.
- Dans la voie des moyens matériels de recherche, le record semble du reste appartenir aux Américains qui possèdent des batteries de machines à statistiques, fonctionnant à l’aide de fiches perforées. Le Centre de recherches criminelles de New-York est à ce point de vue le plus riche et le plus largement outillé du monde, mais il est incontestable que le principe de classement était l’essentiel et que l’initiative en remonte à Bertillon.
- Rappelons tout d’abord qu’à côté de la Police municipale, chargée de maintenir l’ordre, il existe à Paris, une seconde police, la Police judiciaire, qui a pour rôle l’arrestation et l’identification des malfaiteurs. Elle est donc à la disposition du parquet et des juges d’instruction et correspond à peu près à ce qu’est la Sûreté Nationale pour la province.
- Un rouage capital de cette Police judiciaire est précisément le Service de V Identité judiciaire, qui nous occupe et qui comprend le laboratoire chargé des expertises criminelles et les services proprement dits d’ « enregistrement » des individus catalogués.
- Tout individu amené dans une prison ou au Service de l’Identité subit un examen qui se traduit par l’établissement d’une fiche destinée : 1° à reconnaître l’individu s’il est un récidiviste, c’est-à-dire s’il possède déjà sa fiche aux archives ; 2° à permettre la rédaction d’un rapport scientifique s’il arrive que l’on ait à rechercher de
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- Fig. 2. — Ces sosies sont deux individus différents.
- La forme de la racine du nez, l’écartement des yeux, le dessin de l’oreille permettent de les différencier.
- nouveau l’individu examiné; 3° enfin la fiche doit se classer d’elle-même, autrement dit elle doit être aisée à retrouver immédiatement dans les archives.
- Etablir une bonne fiche serait un problème extrêmement difficile sans les méthodes précises actuellement en usage et qui sont (1) :
- — la mensuration ou anthropométrie;
- — la dactyloscopie ou méthode des empreintes digitales;
- — le signalement, qui se fait par photographie signa-létique et par portrait parlé (fig. 1, 2, 11 et 17).
- MENSURATIONS ANTHROPOMÉTRIQUES
- Bertillon, reprenant un système dû à Quételet, a eu l’idée d’identifier les individus par les longueurs osseuses.
- Le matériel nécessaire comporte : un compas céphalomètre; une règle à coulisse pour mesurer l’avant-bras, le pied, les doigts ; une réglette à coulisse pour mesurer l’oreille; une toise pour la taille; une toise et un tabouret pour le buste; une règle murale horizontale graduée pour l’envergure; un tabouret pour mesurer le pied; une table pour mesurer la coudée.
- Les mesures à prendre peuvent être bs suivantes : la taille, Y envergure, le buste, la longueur de tête maxima dans le sens avant-arrière, la largeur de tête maxima, le diamètre bizy gomatique, la taille verticale de Y oreille droite, la longueur du pied gauche, la coudée gauche de l’olécrane à l’extrémité du médius.
- Le classement des fiches est fait de la façon suivante : Un premier groupe comprend les grandes longueurs de tête, un second les moyennes, un troisième les petites. Puis le premier groupe est partagé de même en trois sous-groupes d’après les largeurs de tête. Chaque sous-groupe est ensuite divisé en trois classes d’après les longueurs de médius et chaque classe en trois sous-classes d’après les longueurs d’auriculaire.
- Si on l’arrête là, le classement fournira 3l divisions,
- 1. Outre les renseignements très aimablement communiqués par M. le Professeur Sannié et M. l’inspecteur principal Guérin, nous suivons plus particulièrement le Manuel de technique policière de M. Edmond Locard (Payot). Voir aussi VIdentification anthropométrique de A. Bertillon (Melun, Impr. administrative, 1893) et les ouvrages cités par M. Edmond Locard dans les bibliographies qui terminent ses chapitres.
- soit 81 divisions; c’est le cas du classement de la prison Saint-Paul à Lyon, où il existe 81 tiroirs. Mais on peut pousser plus loin la subdivision, toujours sur la même progression tripartite, en faisant intervenir le diamètre bizygomatique, la longueur du pied, la taille, ou des éléments non anthropométriques, tels que le numéro de classe de l’iris (c’est un fragment du portrait parlé) ou une empreinte dactyloscopique symbolisée par une
- Fig. 3. —• Tableau utilisé pour le cours de portrait parlé à /’Identité judiciaire de Paris : contour général de la tête vu de profil.
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- Fig. 4. — Tableau des rides (Identité judiciaire de Paris).
- lettre. Le principe à respecter est d’utiliser en premier les indications les plus sûres, car une erreur d’aiguillage est plus grave sur les grandes divisions.
- Les inconvénients de l’anthropométrie sont nombreux. Elle ne s’applique pas aux mineurs, dont les dimensions osseuses n’ont pas cessé de croître; elle s’applique difficilement aux femmes, dont les cheveux sont gênants et à cause du déshabillage; l’anthropométrie nécessite un matériel que n’exige pas le portrait parlé; elle implique de doubles recherches quand les mesures-types ont des valeurs limites.
- Aussi, après avoir été la méthode quasi universelle, l’anthropométrie est-elle aujourd’hui abandonnée dans la plupart des grands pays; à Paris elle a fait place à la dactyloscopie. On utilise cependant encore des fiches anthropométriques en France, Belgique, Espagne, en Italie, au Portugal, au Danemark, aux Etats-Unis et dans quelques pays d’outre-mer pour former les cadres de classement des empreintes dactyloscopiques.
- DACTYLOSCOPIE
- La dactyloscopie repose sur ce fait bien prouvé, que le dessin des crêtes papillaires est non seulement personnel mais rigoureusement constant depuis avant la naissance jusqu’à la décomposition du cadavre (fig. 5).
- Si un prisonnier tente de faire disparaître ses crêtes en les usant contre les murs, un repos de 48 h, imposé au besoin par la camisole de force, suffit à les faire l'epa-raître. Les brûlures par métal chaud, huile chaude ou eau bouillante, qui soulèvent cependant la peau en cloque, laissent place à un dessin absolument inaltéré (1).
- Il existe aujourd’hui toute une technique perfectionnée permettant de recueillir sans les altérer (fig. 6 et 7) et de révéler les empreintes les moins visibles, de les reproduire sur documents inaltérables, de les agrandir; un examen attentif permettrait même, selon certains auteurs, de discerner l’ancienneté plus ou moins grande de l’empreinte, tout;fois ceci paraît difficile et discutable.
- La spécification des empreintes digitales, autrement dit les méthodes d’établissement des fichiers dactyloscopiques, ont fait l’objet de travaux nombreux; M. E. Lo-card cite une trentaine de méthodes; l’examen des pores ou poroscopie vient ici compléter utilement l’étude des lignes (fig. 10).
- Le nombre de points caractéristiques à déterminer sur une empreinte pour obtenir une identification indéniable ne peut être indiqué de façon absolue (fig. 8 et 9) ; il y a ici une probabilité qui croît suivant une loi exponentielle à mesure que le nombre de points augmente. Balthazard a montré que pour trouver deux séries d’empreintes (dix doigts) avec 17 points identiques, il faudrait examiner la totalité des êtres humains actuellement vivants, soit près de 2 milliards !
- 1. Locard.
- Fig. 5. — Types fondamentaux d’empreintes dactyloscopiques humaines. I. Arc. — II. Boucle gauche ou interne. — III. Boucle droite ou externe. — IV. Verticille (Locard).
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- Il est à noter que les jumeaux monozygomatiques, issus d’une cellule unique, pas plus que les individus, chez qui bs dessins se simplifient à l’extrême, ne sauraient être confondus en aucun cas.
- PORTRAIT PARLÉ
- Les méthodes précédentes présentent ce trait commun qu’il est nécessaire de tenir l’individu à sa disposition pour l’identifier; la dactyloscopie constitue à ce point de vue un progrès puisqu’elle permet de saisir indirectement des repères sur une personne en liberté, mais elle ne s’applique nullement pour filer un individu ou le reconnaître dans un lieu public.
- Pratiquement, le problème se pose de la façon suivante.
- Fig. 8. —- Points caractéristiques dans une empreinte dactyloscopique. En haut, naissance des lignes; en bas, bifurcations et dédoublements
- (Locard).
- Fig. 6. •— Manière d'emballer une bouteille pour sauvegarder les empreintes.
- La bouteille est maintenue par des pointes encadrant le fond et par un tenon pénétrant dans le goulot.
- Fig. 7. — Emballage d’un fragment de vitre portant des empreintes.
- Les angles de la vitre crèvent les parois d’une boîte en carton; le tout est enfermé dans une caisse bourrée avec des copeaux.
- télégraphe ou téléphone, facile à apprendre par cœur, basé sur des détails précis inchangeables et incamou-flables tels que la forme de l’oreille et de l’ossature du visage, l’aspect et la coubur de l’iris, apporte au contraire une solution complète.
- SIGNES MORPHOLOGIQUES
- — Front ordinaire, nez moyen, bouche moyenne; signes particuliers : néant.
- Ce signalement, classique dans les vaudevilles, ne présente qu’un lointain rapport, il n’est pas besoin de le dire, avec les méthodes précises qui président à l’établissement du « portrait parlé ». Faire un bon portrait parlé exige de longues études préalables et un cours spécial a été créé à cet effet à l’Identité judiciaire de Paris (fig. 3, 4 et 15). Nous en examinerons rapidement les principes.
- Le sujet est placé en pleine lumière et regardant droit devant lui de telle façon que la ligne qui joint le tragus ou pointe cartilagineuse du centre de l’oreille à la racine
- Un malfaiteur en fuite doit être signalé aux polices régionales, aux brigades de gendarmerie, aux gardes-frontières; il s’agit de décrire le sujet de façon suffisamment précise pour que n’importe quel policier le reconnaisse au aol et, autant que possible, malgré un camouflage.
- Un autre cas est celui du détective lancé aux trousses d’un individu qu’il ne connaît pas, ou d’un inspecteur qui attend un suspect à la descente d’un bateau. Une photographie, ici, n’apporte qu’un secours imparfait, d’abord parce que l’inspecteur ne peut l’examiner qu’avec la plus extrême discrétion au moment critique et aussi parce que la reconnaissance par photographie est facilement déroutée par un grimage.
- Le portrait parlé, facile à transmettre par
- Fig. 9. — Identification d’un malfaiteur à l’aide d’une empreinte relevée dans une
- goutte de bougie.
- A gauche, empreinte dans la bougie; à droite, empreinte relevée au service de l’Identité. Les points caractéristiques sont numérotés.
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- Fig. 10. —Disposition des pores (à gauche) dans la spirale d’une crêle papillaire; à droite, microphotographie d’un pore isolé (Locard).
- du nez fasse un angle de 15° avec l’horizontale (fig. 12). Cette position est conservée pour l’examen de profil; dans
- Fig. 11.— Un type ethnique très marqué peut aider à la confusion des personnes.
- Ces deux romanichelles diffèrent par la bouche et, ici encore, par la forme de l’oreille.
- l’examen d’un cadavre, on relève la tête à l’aide d’un support en bois.
- Les adjectifs employés : grand, petit, etc., comportent par convention trois degrés, indiqués par le soulignement et la parenthèse. Ainsi :
- — très grand s’écrira G;
- — grand s’écrira G ;
- — un peu grand s’écrira (G) ;
- La gamme complète du très grand au très
- petit, en passant par le moyen, s’écrit :
- G — G — (G) — M — (P) —-P — P
- 11 existe de même toute une gamme de termes pour désigner les formes : vexe (convexe), rectiligne, cave (concave) et les teintes : clair, moyen, foncé.
- La description du visage est naturellement la plus importante (fig. 3).
- Pour le front, on désigne : la grandeur des arcades sourcilières; Y inclinaison du front, représenté par une ligne joignant la racine du nez à l’insertion des cheveux (très fuyant, fuyant, intermédiaire, légèrement vertical, vertical, plus que vertical, c’est-à-dire proéminent); la hauteur-, la largeur ou distance des deux tempes; les particularités : sinus ou bosses au-dessus du nez, bosses frontales au milieu du front. Le ternie de profil courbe intervient pour désigner les fronts fuyants arrondis.
- Pour le nez, on note : la profondeur du creux formé par la racine-, la forme de la ligne du dos : cave, rectiligne ou vexe ou encore busquée; ces différents adjectifs pouvant être suivis de la lettre s qui signifie sinueux. On note également la direction de la base (relevée, horizontale ou abaissée), la hauteur comptée du fond du creux de la racine au point le plus bas de la cloison des narines; la saillie totale; la largeur d’une aile à l’autre; les particularités en s’aidant des collections de photographies réunies en planches au service de l’Identité.
- Il serait sans intérêt de continuer dans le détail cet examen des formes. Indiquons seulement que l’on décrit de même :
- — les oreilles : bordure, lobe, antitragus, pli, forme générale, écartement, conque, insertion (fig. 14).
- — les lèvres : hauteur au-dessous du nez, proéminence de l’une ou de l’autre lèvre, bordure, épaisseur, particularités.
- — la bouche : dimensions, particularités. Citons parmi ces dernières : bouche pincée, bouche bée, à coins relevés ou abaissés, bouche oblique, bouche en cœur, bouche lippue... Le portrait parlé n’est pas toujours un portrait flatté !
- — le menton : hauteur, largeur, forme (plat, en houppe, à fossette, allongé, bilobé, à sillon horizontal);
- — le contour général du profil en examinant successivement la partie fronto-nasale qui va des cheveux au bout du nez, la partie naso-buccale qui s’étend jusqu’au menton, la hauteur du crâne (mesurée à partir du trou de l’oreille) et les malformations du crâne;
- — le contour de la face et son « état graisseux »;
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- — les sourcils;
- — les globes et orbites des yeux (yeux saillants, relevés, louches) ainsi que l’intervalle qui sépare les deux yeux;
- — les rides, signe de valeur du reste médiocre car elles varient avec l’état graisseux; au delà de cinquante ans, elles n’ont plus d’intérêt (fig. 4).
- ASPECTS GÉNÉRAUX
- L’expression du visage est notée succinctement et seulement si elle est caractéristique : grimaçante, énergique, souriante,, crétinoïde.
- La corpulence est indiquée par l’aspect du cou, qui peut être court, long, mince, gros, présenter une pomme d’Adam saillante, un goitre, un double menton, un bourrelet occipital et par la carrure qui comprend la direction de la ligne d’épaules et la largeur des épaules. On note
- Fig. 14. —- Détails de l’oreille.
- A, antitragus; B, bordure; C, conque; L, lobe; O, orifice auditif;
- P, pli; T, tragus.
- en général, si l’individu paraît « gros » ou « maigre » bien que ce signe perde toute valeur à quelques années d’intervalle (fig. 17).
- U attitude habituelle est indiquée par le port de tête, le degré de rondeur du dos, la position des bras et des mains.
- L'allure comprend : la démarche (lente, légère, lourde, sautillante, posée, raide, dandinante, déhanchée, clau-dicante, boiteuse); la gesticulation, y compris le fait éventuel d’être gaucher; le regard (droit, oblique, fixe, mobile, lent, rapide, franc, fuyant); la mimique et les tics, l’habitude de ronger les ongles, de chiquer.
- La voix mériterait à elle seule un long chapitre. On note : les défauts de prononciation (bégaiement, bredouillement, zézaiement, chuintement); le timbre (voix d’eunuque chez l’homme, voix grave chez la femme); l’accent provincial, l’accent étranger.
- Fig, 12 (à gauche). — Éléments et repères à observer sur le visage
- et le crâne: profil.
- A, insertion des cheveux; B, arcades sourcilières; AC, hauteur et inclinaison du front; C, racine du nez; D, bout du nez; CD, dos du nez; ED, base du nez (inclinaison et dimension ou saillie du nez); E, insertion de la base; E C, hauteur du nez; F, base du menton; AD, profil fronto-nasal; D F, profil naso-buccal; G, tragus; G H, ligne oculo-tragienne, qui doit faire 15°, lors de l’examen, avec l’horizontale G I; O, sommet du crâne; GO, hauteur du crâne.
- Fig. 13 (à droite). •—• Eléments et repères sur le visage de face.
- AB, ligne médiane; CC, largeur du front; DD écartement des pariétaux; EE', et FF', pointes internes et externes des sourcils; GG, et HH', angles internes et externes des paupières; HG, fente des paupières, O, paupière supérieure; O', paupière inférieure; OO', ouverture des paupières; II, écartement des zygomas; JJ, largeur du nez; KK', écartement des mâchoires; LL', angles de la bouche.
- Fig. 15. — Voici l’un des quatre tableaux formant le catalogue des oreilles (tableau des lobes).
- Oreille- droite Lobe
- Contenir
- Adhérence a la joue
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- Fig. 16. — Différentes parties de l’iris.
- A, auréole; C, cercle extérieur; P, périphérie; Pu, pupille; S, un secteur.
- NOTATIONS CHROMATIQUES
- Les couleurs caractéristiques sont celles de l’iris (on choisit l’iris gauche), des cheveux et de la moustache.
- Pour l’iris (fig 16), on part de ce principe établi par les iridologistes, que le fond de l’iris est bleu mais peut être plus ou moins pigmenté par-dessus ce bleu. On distingue sept classes : bleu, jaune, orange, châtain, marron, marron verdâtre, marron pur, chaque classe se subdivisant en trois suivant que la teinte est claire, moyenne ou foncée.
- Il y a lieu de distinguer également la périphérie de l’iris et la zone interne ou « auréole », l’auréole peut être dentelée, hachurée, rayonnante. Les caractères spéciaux sont l’œil truité (taches de rousseur sur l’iris), les secteurs,
- Fig. 17. — Engraissé par dix ans de maison centrale, ce détenu peut encore être identifié par l’oreille et l'aile du nez.
- les yeux vairons (yeux de couleurs différentes), le cercle sénile au bord extérieur de l’iris, la pupille piriforme ou excentrée, les taies, enfin l’énucléation et le remplacement par un œil de verre.
- La couleur des cheveux est désignée par un des termes suivants : blond pur, clair, moyen, foncé; châtain clair, moyen, foncé ; châtain noir ; noir pur, roux, acajou, moyen, foncé; roux châtain clair, moyen, foncé; enfin blanc. La moustache est justiciable des mêmes teintes mais on la désigne assez bizarrement sur les fiches par le mot « barbe ». Quant à la barbe véritable, elle n’a pas été retenue, comme offrant des variations.
- Il ne manque plus, pour compléter le portrait en pied de l’individu, qu’à indiquer la couleur pigmentaire de la peau ; teint jaune, brun ou noir, et sa coloration sanguine : pâle ou rouge, toujours avec les trois degrés : petit, moyen ou grand. On indique en outre la race, les cicatrices, les mutilations, les signes particuliers apparents (taches de vin) et les tatouages.
- CODES ET CLASSEMENT
- Créé par Bertillon, patiemment mis au point, le « portrait parlé » a été universellement adopté et rend les plus grands services à toutes les polices du monde; des codes ont été créés, permettant de télégraphier les indications. La plupart des polices utilisent concurremment la dactyloscopie et le portrait parlé plus ou moins complet, parfois aussi des éléments anthropométriques. Locard cite ainsi, par pays, plus de 150 systèmes.
- La classement des fiches (aux sommiers de l’Identité judiciaire, à Paris, il existe six millions de fiches!) est généralement basé sur la dactyloscopie. Bertillon avait cependant créé une remarquable méthode, connue sous le nom de carnet D K V, mais qui est peu connue des ag3nts subalternes : on se guide successivement sur la forme de l’arête du nez, puis de l’oreille, l’aspect de l’iris et enfin l’âge.
- *
- * *
- Ainsi organisé, le portrait parlé constitue une méthode non seulement scientifique mais réellement judiciaire, très supérieure à la reconnaissance par des témoins. Nous n’en voulons pour preuve que cette feuille tonne s que aventure de S..., le« mort vivant» qui est demeuré célèbre à laPréfecture : S...,disparu de chez lui,est retrouvé mort, noyé, sur les dalles de la Morgue. Ses compagnons de travail le reconnaissent, sa femme le reconnaît, on identifie ses vêtements... bref on allait l’inhumer quand le service de l’Identité qui possédait une fiche « portrait parlé » du véritable S... intervint pour déclarer qu’il s’agissait d’un autre individu.
- Quatre jours plus tard, en effet, S... revint assez penaud d’une fugue, rendant grâces, sans doute, « au portrait parlé » qui lui avait épargné une inhumation en effigie !
- Pierre Devaux,
- Ancien élève de l’Ecole Polytechnique.
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- L’INDUSTRIE DES AGGLOMÉRÉS DE LIEGE 71
- Alors que, de plus en plus, le besoin de confort se fait sentir dans la vie moderne, alors que la lutte est engagée contre le bruit, cause de tant de troubles nerveux, et contre les grands froids, les grandes chaleurs, qui dépriment, et nuisent au rendement dans tous les genres de travaux, il n’est pas sans intérêt de parler d’un matériau relativement nouveau, et qui constitue pour l’homme un précieux auxiliaire dans cette lutte contre le bruit, le froid, la chaleur.
- Nous voulons parler des agglomérés de liège, qui sont de merveilleux isolants acoustiques et thermiques, et qu’on emploie de plus en plus dans les hôpitaux et cliniques, bureaux et studios, dans les installations de chauffage central, chambres froides ou frigorifiques, salles de bain, etc.
- Au point de vue de la conductibilité thermique, il a été calculé, en effet, que 30 mm de liège aggloméré équivalent à 278 mm de briques creuses et à 715 mm de béton. Il n’est donc pas besoin d’insister sur l’intérêt que présentent ces agglomérés et c’est cet intérêt même qui explique et justifie la consommation de plus en plus grande qui en est faite.
- Il convient d’ajouter que si les utilisations du liège se révèlent de plus en plus nombreuses, et si le besoin de cette écorce légère se fait sentir chaque jour davantage dans le monde entier, son aire de culture semble se limiter à la région méditerranéenne, et les essais tentés pour l’étendre en Asie et en Amérique n’ont jusqu’ici donné aucun résultat vraiment satisfaisant.
- Indépendamment de la France continentale et de nos possessions de l’Afrique du Nord, trois pays méditerranéens sont gros producteurs de liège : le Portugal, l’Espagne et l’Italie. Si, en France et dans ses colonies, la culture du chêne-liège occupe, d’après M. Laboille-Moresmau, une surface d’environ un million d’hectares, avec une production annuelle d’environ 600 000 quintaux, les trois pays ci-dessus produisent annuellement environ 2 140 000 quintaux sur une surface en chênes-liège de 1 175 000 hectares.
- En France, c’est dans le sud-ouest, Gascogne et Landes, sur la côte méditerranéenne, et en Corse, que l’on récolte le liège.
- Celui des Landes, remarquable par sa souplesse et sa finesse, est très recherché pour la fabrication des bouchons fins.
- LA RÉCOLTE DU LIÈGE
- Il n’est peut-être pas inutile de rappeler, en quelques mots, comment s’effectue, de mai à septembre, la récolte du liège. Celle-ci a lieu généralement, pour la première fois, sur des arbres âgés d’une trentaine d’années, et qui mesurent, alors, à 1 m 80 ou 2 m du sol, environ 70 cm de circonférence. Deux entailles circulaires parallèles étant faites sur l’écorce, l’une au niveau du sol, l’autre à environ 2 m, ces entailles sont réunies par une ou plusieurs entailles verticales permettant d’enlever l’écorce, soit en un seul morceau, appelé « canon », soit
- en plusieurs, appelés «planches» (fig. 1). C’est le « démasclage ».
- Cette première écorce, appelée «liège mâle », ou «vierge » grossière et fortement crevassée, est inutilisable pour la fabrication des bouchons. Mais l’arbre ainsi « déshabillé » ne tarde pas à se recouvrir d’une nouvelle écorce, plus fine et moins crevassée, qu’on récolte environ 10 ans après, et qui prend le nom de liège femelle ou de reproduction. Cette récolte, qui peut se renouveler, tous les dix ans environ, prend le nom de « levage ». L’arbre, trop vieux ensuite, ne donne plus de bonnes écorces.
- Ce liège femelle est parfait pour la fabrication des
- Fig. 1. — Récolte de l’écorce du cliene-liège. (Ph. Vignes).
- bouchons et, en général, de t’oixs les objets en liège, semelles, poignées, etc., alors que le liège mâle, aujourd’hui très recherché, est employé pour la fabrication des agglomérés de liège dits en « liège expansé pur », c’est-à-dire sans matière agglutinante.
- Malgré tout l’intérêt qu’elle présente, nous ne nous occuperons pas ici de la fabrication des bouchons, fabrication ancienne et déjà connuë. Nous dirons seulement que cette fabrication laisse un* déchet considérable, d’environ 70 pour 100 de la matière employée, utilisé pour la fabrication d’agglomérés au brai.
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- LES AGGLOMÉRÉS AU BRAI
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- Fig. 2. — Les déchets de bouchonnerie pris par aspirateur sont envoyés aux broyeurs. (Ph. Vignes).
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- Fig. 3. •— Le liège broyé passe au blutage qui élimine les poussières et divise'le granulé en quatre numéros. (Ph. Vignes).
- C’est, avec la bienveillante autorisation de M. Laboille-Moresmau, à Soustons (Landes), centre important pour le travail du liège, et dans les usines de la Société landaise du « Liégisol », que nous avons assisté à cette fabrication.
- Les déchets de bouchonnerie, emballés en sacs dont le volume est plus impressionnant que le poids, sont amenés par voitures, de plusieurs importantes bouchon-neries situées également à Soustons. Emmagasinés immédiatement en vrac, ils se présentent sous deux formes : copeaux minces provenant de la « tourne », ou fabrication à la main des bouchons coniques, et surtout, bandes de liège percées de trous réguliers, et qui proviennent de la fabrication à l’emporte-pièce par « tubeuses » des bouchons cylindriques.
- Déversés, à l’aide d’une pelle, dans une trémie, ils y sont repris par un aspirateur puissant, transportés dans la salle de broyage et livrés à deux broyeurs à battoirs et à grilles-cribles (fig. 2), qui les réduisent en granulés.
- Le blutage, qui succède au broyage, s’opère dans une bluterie qui, après élimination des poussières inutilisables, peut donner quatre numéros de granulés (fig. 3). Le numéro 1, le plus fin, généralement employé pour masticage et joints de panneaux, est toujours séparé de la masse des granulés. Ceux qui restent peuvent être, à volonté, divisés en trois grosseurs, qui constituent les numéros 2, 3 et 4, ou recueillis ensemble, constituant alors le « tout venant ».
- Les numéros 2 et 3, utilisés séparément, servent à la fabrication de panneaux plus denses, plus résistants, demandés par les compagnies de Chemins de fer pour isolation thermique des plafonds de leurs voitures de voyageurs. Les panneaux obtenus avec le tout venant sont employés surtout pour isolation des wagons isothermes servant au transport des viandes, poissons, fruits, et, en général, de toutes denrées périssables, ainsi qu’à nombre d’autres usages. A moins de commande spéciale, les agglomérés se font surtout avec le tout venant.
- Après blutage, les granulés sont mis en réserve (fig. 4) dans une vaste salle où ils sont repris par un aspirateur pour envoi à la torréfaction. Celle-ci a lieu dans un four continu au mazout (fig. 5) chauffé à l’aide de tubes, et dans lequel un arbre central muni de palettes entraîne les granulés vers la sortie.
- Sous l’action de la torréfaction, le liège femelle, très ferme à l’état naturel, se déshydrate complètement, devient extrêmement souple, augmente de volume, et, ainsi gonflé, isole d’autant mieux qu’il emmagasine une plus grande quantité d’air.
- Il a, au sortir du four à torréfier, une teinte légèrement brune. Il est bientôt envoyé à la machine à agglomérer, solidement assise au milieu d’une vaste salle où ont lieu les plus importantes opérations de cette fabrication.
- Cette machine (fig. 6), chauffée par la vapeur d’eau surchauffée qui circule dans une double enveloppe, présente, si l’on peut dire, quelque ressemblance avec une bétonnière. Elle comporte, à une extrémité, une trémie dans laquelle sont déversés granulés et brai qui ressortent à l’autre extrémité préparés pour l’agglomération.
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- Le mélange se fait dans des proportions déterminées pratiquement à la suite de nombreux essais. L’ouvrier chargé d’alimenter la machine verse dans la trémie une pleine corbeille de granulés, une casserole de brai en poudre, puis une nouvelle corbeille de granulés. Le brai, qui fond à 68 ou 70 degrés, est vaporisé à l’intérieur de la machine, et cette vapeur enrobe les granulés qui viennent s’écouler, à l’autre extrémité, dans une caisse de fer appelée « mouleau », mesurant 1 m 05 X 0 m 55 X 0 m 20, et dont le fond est formé d’une épaisse plaque de même métal, plaque amovible reposant simplement sur un rebord intérieur.
- Ce mouleau se remplit peu à peu de liège enrobé de brai qu’un ouvrier égalise au fur et à mesure.
- Le mouleau plein, recouvert d’une plaque de fer, est
- Fig. 5. — Repris par aspiration, les granulés passent au four continu au mazout pour torréfaction. (Ph. Vignes).
- glissé sur une sorte de voie circulaire, et amené sous une puissante presse à vis qui, par l’intermédiaire de la plaque supérieure, comprime le granulé jusqu’à l’épaisseur voulue. Lorsque ce résultat est atteint, des clavettes de fer sont glissées dans des ouvertures pratiquées dans les parois latérales du mouleau, au-dessus de la plaque supérieure et l’empêchent de remonter.
- Le mouleau, ainsi rempli, est poussé sur les rails de fer de la voie, repoussant lui-même le mouleau précédent, en attendant d’être poussé à son tour par le suivant.
- Cette voie circulaire les ramène auprès et en arrière de la machine à agglomérer. Ils arrivent ainsi à une distance calculée pour qu’un suffisant refroidissement des panneaux de liège permette leur manipulation et le démoulage, en un point de discontinuité de cette voie.
- A cet endroit, deux robustes poteaux de bois sont enfoncés verticalement dans le sol.
- Fig. 4. — Les granulés, apres blutage, sont mis en réserve en attendant la torréfaction. (Ph. Vignes).
- Retirant les clavettes de fer qui maintiennent la plaque supérieure, deux ouvriers soulèvent le mouleau grâce à des rebords recourbés disposés extérieurement aux deux extrémités de la longueur, et le laissent tomber sur les poteaux de bois.
- Ce choc suffit pour soulever la plaque inférieure qui, répétons-le, repose simplement sur un rebord intérieur, et, par conséquent, pour soulever tout l’ensemble, et sortir le panneau de liège du mouleau. La plaque supérieure étant mise en réserve, avec les clavettes, près de la machine à agglomérer, où elles seront à nouveau utilisées, le panneau de liège est enlevé et entassé à la suite
- Fig. 6. — Appareil servant à Vimprégnation du liège par les vapeurs de brai, et presse à vis pour agglomération. (Ph. Vignes).
- »
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- Fig. 7. —• Scies circulaires donnant aux panneaux de liège dimensions standard et arêtes vives. (Pli. Vignes).
- des autres sur le pourtour de la salle où s’achève leur refroidissement.
- Le mouleau vide étant soulevé, la plaque inférieure retombe au fond, et ce mouleau est replacé sur la seconde partie de la voie par où il sera ramené, pour être rempli à nouveau, sous la machine à agglomérer qui travaille sans interruption.
- Les parois des panneaux ainsi obtenus sont un peu irrégulières, et ces panneaux mesurent 105 X 55 X 20 cm, dimensions supérieures aux dimensions standard, qui sont de 100 X 50 cm, avec épaisseur à la demande. Ces dimen-
- sions vont leur être données automatiquement, en même temps que des arêtes vives et à angle droit, à l’aide de scies circulaires, la première donnant la longueur de un mètre, la seconde la largeur de 50 cm (fig. 7).
- Ces panneaux sont alors entassés en attendant d’être débités en épaisseur, à des dimensions variables suivant les commandes.
- Un certain nombre de ces panneaux, cependant, après avoir été refendus en deux, et mesurant alors 50 X 50 X 20 cm, sont envoyés immédiatement à la machine à chantourner, placée dans la même salle, où opère une scie à ruban très fine.
- Placé sur un plateau, après que le conducteur de la machine a très minutieusement mesuré les distances voulues, le panneau de liège pivote sur lui-même et vient se présenter à la scie qui en détache un demi-cylindre, creusant ainsi dans ce panneau une gorge semi-circulaire.
- L’écartement entre la scie et le panneau étant modifié comme il convient, la machine est remise en marche, et la scie décrit dans le panneau un nouveau chemin circulaire, parallèle au premier, mais qui donne, cette fois, un demi-manchon appelé « coquille ».
- Et l’on découpe ainsi des coquilles de diamètre de plus en plus grand jusqu’à épuisement du panneau. Ce sont, on l’a deviné, ces coquilles qui servent à l’isolation des tuyaux pour chauffage central ou machines frigorifiques.
- LE LIÈGE EXPANSÉ
- Mais là ne se limite pas, à Soustons, l’activité de la Société du Liégisol qui, dans une autre partie de ses usines, fabrique également panneaux et coquilles en liège expansé pur, c’est-à-dire sans brai.
- Ce liège expansé pur est obtenu à l’aide de liège mâle, en provenance, pour la plus grande partie, de l’Algérie et du Maroc, et qui arrive à l’usine sous forme de « planches » assemblées, à l’aide de fils de fer, en balles de 1 m 50 X 0 m 75 X 0 m 50.
- Beaucoup plus dur que le liège femelle, ce liège mâle est évidemment broyé, après déchiquetage préalable, dans un broyeur plus puissant que le précédent, après quoi il est bluté, puis envoyé à la réserve où il est mélangé avec un peu de liège femelle, dans la proportion d’environ 2/3 de mâle pour 1/3 de femelle.
- Après passage dans un cyclone, où il est envoyé par un aspirateur, ce mélange arrive à la salle de fabrication.
- Les mouleaux vides, de mêmes longueur et largeur que les précédents, placés sur un chemin de roulement fait de rouleaux, ou « transrouleur », sont amenés au remplissage et dirigés sous la presse hydraulique, qui réduit l’épaisseur des panneaux à 10, 12, 14 ou 16 cm (fig. 8).
- Après pose des clavettes maintenant la
- Fig. 8. — Fabrication de liège expansé. Les mouleaux amenés par transrouleur sont remplis et passent à la presse hydraulique. (Ph. Vignes).
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- Fig. 9. — Vue d’ensemble des étuves pour liège expansé et des rails qui leur font face.
- (Ph. Vignes).
- plaque supérieure, ces mouleaux, soulevés par un palan électrique, sont déposés, au nombre de 7, sur un chariot bas, manœuvré à la main, et dont la table peut s’élever ou s’abaisser à volonté sous l'effet d’un mécanisme manœuvré au pied.
- Les 7 mouleaux étant placés sur le chariot, dont la table a été soulevée avant chargement, sont conduits sur un côté de la salle où existent six voies de deux rails parallèles. Les mouleaux étant amenés à l’emplacement voulu, la table du chariot est abaissée, et ces mouleaux, toujours entassés, viennent reposer sur les rails.
- Chacune de ces six voies reçoit ainsi quatre piles de 7 mouleaux et est disposée en face de l’une des 6 étuves qui s’ouvrent de l’autre côté de la salle, et qui, elles aussi, comportent des rails parallèles (fig. 9).
- Les 4 piles de 7 mouleaux, soit 28 par étuve, et 168 au total, étant introduits dans ces étuves, celles-ci sont fermées, et la température portée progressivement à 300° — au minimum — pendant 9 à 10 heures, et quelquefois un peu plus, lorsque le liège présente des traces d’humidité.
- Sous l’action de cette haute température, la « subérine », sorte de résine existant dans le liège, se dégage des cellules de ce liège et agglutine les agglomérés.
- Et la difficulté, ici, est d’obtenir, pour cette agglomération des granulés, la température optimum suivant l’épaisseur des panneaux.
- Cette température, évidemment, doit être d’autant plus élevée que le panneau est plus épais, mais cette épaisseur est limitée par cela même, une trop haute température dans les étuves risquant d’amener des « coups de feu », c’est-à-dire la combustion de quelques panneaux, combustion qui, parfois, ne se décèle pas immédiatement.
- C’est pourquoi, après défournage et refroidissement, suivis du démoulage qui s’opère comme pour les agglomérés au brai, les panneaux sont transportés au « champ d’épreuve » (fig. 10) où ils restent en observation assez longtemps, 12 heures environ, pour qu’on puisse être sûr qu’ils n’ont pas subi de coup de feu.
- Il va sans dire que de puissants moyens d’extinction permettraient d’arrêter immédiatement toute menace d’incendie.
- Il ne reste plus ensuite qu’à mettre ces panneaux, eux aussi, aux dimensions standard, et à les refendre ou à les transformer en coquilles suivant les demandes, les mêmes que pour le liège aggloméré.
- Lesquels, dira-t-on, sont préférables, des agglomérés au brai ou des expansés purs ? Il semble que les qualités de ces deux produits soient à peu près égales, les expansés purs présentant seulement l’avantage d’être de couleur plus claire et de sembler plus propres.
- C’est pour cette raison que l’on fabrique également des agglomérés à la caséine. On sait que la caséine, une fois durcie par le formol, devient une matière plastique, impu-
- trescible, qui trouve à l’état pur de nombreuses applications sous forme de galalithe. Avec le liège, elle forme une sorte de béton léger, insonore, isolant, imputrescible.
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- Telle est cette industrie, relativement récente et peu connue, et qui paraît appelée à prendre de plus en plus d’extension.
- Georges Lanorville.
- Fig. 10. — Transport des panneaux et mise au « champ d'épreuve » (Ph. Vignes).
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- 76 = LA LAINE SYNTHÉTIQUE (LANITAL)
- Diverses informations ont fait connaître que les Italiens sont parvenus à extraire de la caséine du lait un textile nouveau, ayant toutes les apparences et les qualités de la laine, auquel a été donné le nom de « lanital ».
- La revue Rayon vient de publier une étude de M. E. Narici (1) sur la fabrication de cette laine synthétique suivant le procédé imaginé par Ferretti, breveté et exploité par la S. N. I. A. Viscosa, qui compte bientôt réaliser une production journalière de 5000 kg.
- INTÉRÊT ÉCONOMIQUE
- La France produit annuellement 195 000 quintaux de laine, en importe 2 423 350 quintaux et en consomme 2 385 000 quintaux. Bien que les cours aient beaucoup varié en ces dernières années, on peut, sur la base de 5 fr le kg, calculer que nos importations représentent un décaissement annuel de plus d’un milliard. Ce chiffre souligne tout l’intérêt d’une fabrication de laine artificielle.
- L’Italie possède un cheptel ovin de 10 millions de têtes environ, fournissant seulement 125 000 quintaux de laine brute. Cette production représente à peine 18 pour 100 des quantités qui doivent être importées pour assurer les besoins du pays; en 1934 le total des importations a atteint, en effet, 672 000 quintaux et s’est traduit par une dépense de plus de 500 millions de lires.
- On conçoit aisément que l’Italie, dont le gouvernement multiplie depuis quelque temps les mesures autarchiques, cherche à se libérer, tout au moins partiellement, de ce lourd tribut.
- L’importance du troupeau italien est faible (25 moutons par 100 habitants, contre 410 en Argentine et 1776 en Nouvelle-Zélande) et la production de laine par animal est également peu élevée (1 kg 500 par mouton et par an). On a donc songé à accroître le nombre des ovins et à augmenter, par des croisements, le rendement en laine. La création d’un marché de laine brute qui fait complètement défaut en Italie a aussi été envisagée. Mais toutes ces mesures ne parviendraient pas à faire réaliser pour la production nationale un gain supérieur à 100 000 quintaux. On a également étudié la mise en valeur du domaine colonial (Tripolitaine, Cyrénaïque, Erythrée), mais ces terres, malgré l’analogie qu’elles présentent avec le territoire australien, sont soumises à un régime de pluies qui ne les rend pas, comme l’Australie, propres à un élevage intensif du mouton.
- La production de fds mixtes (laine et soie naturelle ou artificielle) permettrait de réduire notablement les emplois de la laine, mais cette opération présente des inconvénients ne permettant pas d’en généraliser l’emploi.
- Pour affranchir l’Italie du contrôle anglo-saxon, on a donc cherché à substituer à la laine naturelle un textile artificiel doué des mêmes qualités que la fibre animale. C’est une telle fibre que l’Italien Ferretti est parvenu, après de nombreuses années de recherches, à extraire de la caséine.
- 1. Rayon, n° 1, 1936 et Induslria, n° 3, mars 1936.
- HISTORIQUE DU PROCEDE
- Ferretti n’est pas le premier qui ait songé à reproduire artificiellement les libres textiles en partant de matières premières d’origine animale. Dès 1664, on signalait la possibilité de filer comme de la soie certains composés artificiels glutineux. Plus récemment, des chercheurs allemands et des savants français ont fait breveter des procédés de fabrication de textiles à partir de la caséine, en faisant intervenir comme solvants de cette protéine soit un alcali, soit de l’acétone, soit une solution aqueuse de phénol ou une solution de viscose ou de cellulose, et en réalisant la précipitation au moyen d’acide dilué ou de formaldéhyde. Mais les insuccès auxquels ont conduit les tentatives d’application de tous ces procédés ont déterminé l’abandon de leur exploitation.
- Le problème a été mieux posé par M. Ferretti qui s’est basé avant tout sur l’analogie que présentent entre elles la laine et la caséine. La caséine est un phosphoprotéide, de poids moléculaire très élevé, dont la structure stéréo-chimique est encore ignorée, mais dont la composition est très voisine de celle de l’albumine du blanc d’œuf. D’après llammarsten cette composition est en effet la suivante :
- Carbone.... . . 53,00
- Hydrogène . . . . 7,00
- Azote . . 15,70
- Oxygène . . . . . 22,65
- Soufre .... . . 0,80
- Phosphore. . . . . 0,85
- L’albuminoïde (du groupe des scléroprotéines) qui constitue la majeure partie de la laine est la kératine dont la composition est très voisine de celle de l’albumine, mais dont la teneur en soufre est souvent fort élevée (jusqu’à 5 pour 100); toutefois la distribution des amino-acides diffère un peu; dans la caséine, il y a prédominance du groupe acide tandis que dans la laine c’est le groupe basique qui prévaut, et c’est ce qui explique l’affinité de la laine pour les colorants acides. Il n’est pas impossible, toutefois, dans les transformations imposées à la molécule de caséine au cours de l’élaboration de la fibre textile de modifier les rapports entre ses amino-acides de façon à rendre la structure moléculaire de la caséine plus proche de celle de la laine, ainsi que le laisse supposer d’ailleurs l’extraordinaire ressemblance de la laine et du « lanital ». La présence de soufre dans la caséine apparaît très importante, et l’on sait que c’est à cet élément que la laine doit certaines de ses propriétés.
- Le schéma de la figure 1 met en évidence l’analogie des deux albuminoïdes, au point de vue de leur composition élémentaire.
- Le jour où l’on connaîtra exactement la structure moléculaire de la caséine et celle de la kératine, on pourra certainement envisager la possibilité de reproduire synthétiquement ces substances mais, à l’heure actuelle, c’est du lait seulement, qui en contient environ 3 pour 100, que l’on peut retirer la caséine au moyen de présure ou d’acide dilué.
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- La caséine qui se sépare sous l’action de la présure n’est toutefois pas identique à celle que l’on produit en faisant agir les acides et c’est cette dernière seulement qui peut être utilisée pour la fabrication de la laine artificielle. Cette caséine est précipitée dans l’eau. Par un traitement particulier, alcalin par exemple, on la peptonise, c’est-à-dire qu’on lui rend la propriété de former une suspension colloïdale. Dans cet état, elle peut être soumise à des traitements mécaniques et être filée. Enfin de nouveaux traitements ont pour effet de précipiter définitivement la caséine sous une forme absolument insoluble (pectisation irréversible).
- TECHNIQUE DE LA FABRICATION
- La fabrication du « lanital » s’effectue suivant le processus suivant : après précipitation par l’acide, la caséine est soumise à une purification qui fait disparaître toute trace de sels minéraux, d’albumines solubles et de sucre de lait. Après dessiccation, on lui fait subir l’action d’un solvant qui la rend apte à être filée. On utilise les mêmes filières que pour la viscose; la coagulation de la substance qui en sort s’accomplit dans un bain à base de formaldéhyde. La fibre ainsi insolubilisée est soumise aux opérations habituelles de lavage et de séchage.
- Le « lanital » se présente sous l’aspect de flocons de couleur à peu près blanche, d’aspect soyeux, souples et moelleux au toucher. La longueur des fibres qui sont plus ou moins crépues est comprise entre 35 et 50 cm (laine 30 à 40 cm), le calibre moyen est de 0 mm 035 (laine 0,016 à 0,080). La surface est légèrement rude, ce qui est indispensable pour la facilité du filage et pour le bon isolement thermique.
- Plongé dans l’eau, le « lanital » ne subit qu’un gonflement infime. La fibre est également insensible à l’action des alcalis et des acides en solution diluée. La résistance à la rupture est de 6 gr environ.
- Comparé à la laine, le « lanital » présente des caracté-
- Caseine
- Fig. 1.— Comparaison de la composition chimique élémentaire moyenne de la caséine (d'après Hammarslen) et de la laine (d’après Bowmann), selon Narici.
- ristiques plus uniformes et n’exige pas les coûteuses opérations de nettoyage que doit subir la fibre animale. Il peut être teint, de préférence, au moyen de colorants acides. Ses propriétés thermo-isolantes sont excellentes et son coût de production est très inférieur à celui de la laine (40 pour 100 environ du prix de la laine brute).
- La quantité de lait actuellement produite par l’Italie (6 à 7 millions d’hectolitres par an) est suffisante pour permettre, sans nuhe aux autres industries qui travaillent le lait, la production de 180 à 200 000 quintaux de laine chimique, c’est-à-dire une grande partie de la quantité nécessaire pour parfaire les besoins du pays. Et il suffirait d’augmenter de 450 000 le nombre des vaches laitières — mesure qui ne se heurte pas à des difficultés insurmontables — pour assurer la totalité des fournitures exigées par la consommation nationale.
- A. G.
- LES TRAVAUX FORESTIERS DES FORÊTS DE DORMES ET DE L’ESTEREL
- Dans la période de chômage que nous traversons, l’un des meilleurs emplois qui puisse être fait de la main-d’œuvre disponible est la reconstitution ou la défense de nos forêts.
- A cet égard on peut citer comme exemple ce qui a été fait •en ces dernières années, dans le département du Var, pour la forêt domaniale du Dom-de-Bormes et celle de l’Esterel. Ces deux forêts, — la seconde à deux reprises successives en 1918 et 1927 — ont été complètement ravagées par le feu.
- L’Inspection des Eaux et Forêts, utilisant les crédits du fonds commun du travail, institué par le décret-loi du 15 mars 1934, a entrepris dans ces deux forêts un travail de régéné-
- ration et de défense de grande envergure. MM. Jolain et Bocquentin viennent d’en exposer le plan et les résultats dans la Revue des Eaux et Forêts.
- Les grandes lignes du plan de défense sont les suivantes : compartimenter les massifs de pins et de chênes-liège par des plantations d’essences créant un milieu réfractaire au feu, disposées en bandes assez larges pour constituer des écrans végétaux continus permettant de localiser l’incendie; créer ou développer un réseau de routes facilitait la pénétration rapide de la forêt et un réseau de pare-feu pour la compartimenter. Dans la forêt du Dom-des-Bormes on a choisi comme
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- principales essences réfractaires au feu le châtaignier et le platane : 170 ha de châtaigniers ont été plantés en bandes de 150, 200 m de large; 20 ha ont été plantés en platanes dans les terrains profonds et frais des atterrissements des ruisseaux. Ces plantations ont été faites sur un sol préalablement débroussaillé complètement. Ce travail a été complété par la mise en état et l’élargissement du réseau routier, ainsi que par la construction en certains cols resserrés, points de passage prédestinés aux incendies, de murettes en pierres sèches ou légèrement maçonnées.
- Dans la forêt de l’Esterel (6000 ha) on a procédé à la plantation d’eucalyptus et de mimosas dans les pare-feu; le sol rocheux et sec ne se prêtait pas à la croissance du châtaignier ou du platane. L’effort de ces derniers mois a porté tout particulièrement sur l’amélioration du réseau routier et du réseau de pare-feu. Le réseau routier comprend 56 km de routes de 3 m 50 entre fossés, 140 km de routes de 2 m 50
- entre fossés, 206 km de sentiers de 1 m de large. On a remis entièrement en état 75 km de routes carrossables, améliorées par la création de fossés et l’élargissement des tournants dangereux; 7 km 5 de routes ont été élargis et portés de 2 m 50 à 4 m dans un terrain rocheux. Les murs de soutènement ont été remis en état.
- Le réseau de pare-feu comprend : 200 km de tranchées en bordure de routes sur 10 m de large de chaque côté; 40 km de tranchées périmétrales de 20 m de large; 23 km de pare-feu proprement dits sur 20 m de large, divisant le massif en quatre vastes compartiments. Pour entretenir ou améliorer ce réseau on a, au cours de l’automne et de l’hiver derniers, débroussaillé plus de 70 ha par arrachage du maquis.
- Enfin deux importants points d’eau ont été créés, le premier donnant une réserve de 120 m3 d’eau, le second de 25 m3.
- Rien que pour ces deux forêts, plus de 200 hommes sont employés d’une façon continue depuis plusieurs mois.
- LE COSTUME EN PROVENCE
- « En arribant à Paris,
- Usanço nouvello :
- De taiolo n’i’ a plus ges,
- Culotto à bretello..
- La Chanson des Rouliers.
- Les robustes armoires provençales renferment des cretonnes fleuries, mousselines brodées, dentelles délicates, châles imprimés et de magnifiques cotillons piqués; dans la plus modeste « gardo-raubo » s’empilent chemises de toile et jupons rayés, ouvrages inusables des tisserands de village.
- A certaines occasions traditionnelles, les provençaux revêtent les élégantes parures de leurs ancêtres. Le pittoresque chatoiement des étoffes au soleil, la gaîté des tonalités, leurs lignes qui accentuent la beauté des types, révèlent l’âme de la race et font du costume, comme d’un drapeau, le symbole du terroir.
- Dans la nuit de Noël, les Arlésiennes aux gestes harmonieux célèbrent dans leurs habits royaux l’antique coutume de « l’Offrande de l’Agneau » des régions pastorales. Leur diadème est le superbe ruban broché, les grandes capes sombres bordées d’un fin plissé tombent avec noblesse des épaules, laissant voir l’éclat de tramantes jupes de soie et l’ouverture du corsage « la chapelle » où brillent les croix « à la devoto » ou « à sept diamants », au milieu d’un châle de dentelle fixé avec art par des épingles d’or. Une longue théorie s’avance, paysans et pâtres des Alpilles en blouses bleues ou grises, vestes de bure « jargau », larges ceintures rouges à plusieurs tours « taiolo », chauds manteaux à pèlerine « capot » et grands chapeaux de feutre. De longs bas de laine leur couvrent le genou et leurs gros souliers résonnent sur les dalles tandis que le son des fifres et tambourins se mêle aux bêlements des agneaux.
- Plus tard, aux Saintes-Maries-de-la-Mer, sur de blancs chevaux non ferrés, vifs et rapides, passent, au milieu des campements des bohémiens qui s’y donnent rendez-vous, les « gardians de Camargue », armés de leur trident, leurs chemises multicolores tranchant sur les pantalons et les feutres bruns. Cette intrépide «gardianeto » n’a pas attendu les décrets de la mode pour mettre la jupe-culotte indispensable aux longues courses dans les plaines. Quelques hommes portent en croupe de belles fdles, sœurs ou fiancées ayant peut-être au doigt le symbolique anneau de verre, qui, en place du «riban de testo » ou « velout » des Arlésiennes ont mis « la cravato », petit triangle de percale ou de voile noué devant en deux ailes légères et ont remplacé le châle de précieuse dentelle par un fichu à clairs dessins.
- Le « Museon Arlaten » montre comment le coupon de mousseline « plechoun » qui se drapait autour des joues et du menton selon les règles du moyen âge fut relevé, sous la Révolution, d’un ruban ceignant le front et qui, s’élargissant sous l’Empire et la Restauration, devint « à grandes ganses», diminuant insensiblement la coiffe jusqu’à êtie amené à entourer les cheveux de la forme désormais célèbre.
- Quelles hérédités ancestrales ont donné au ruban actuel et à la cravate le contour exact de certaines figures de sculptures et de vases antiques ? Ces titres de noblesse ont fait exalter le majestueux costume et laissé un peu trop oublier ceux des comtadines, des basti-danes de Haute Provence, des bourgeois et artisans de Marseille et des paysannes du Var qui ont pourtant leur cachet.
- Formant bonnet phrygien, n’est-elle pas jolie la coiffe d’Avignon en tulle ou en piqué ? Quels artifices de coiffure en maintiennent la pointe fière qui résiste si bien aux souffles du plus puissant « mistralas »! Un châle
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- piqué de fleurs se détache sur le corsage noir à manches aux coudes, sans dentelles. De la taille fine de la comta-dine part le ballonnement du lourd jupon matelassé qui ne lui enlèvera pas sa légèreté, moulée dans un immense « châle tapis », pour monter dans une voiture décorée du défilé de saint Eloi, patron des charretiers.
- Dans la Haute Provence, pays de la gavotte, du rigaudon et du brandi, le climat plus rigoureux a imposé de larges vêtements de drap grossier ou de velours. Nous retrouvons les capes brunes des bergers, la «taiolo», les chapeaux de feutre noir et les bérets, les guêtres et les souliers ferrés. Les femmes, aux longs jupons de laine plissés, préfèrent les couleurs violentes aux tons doux qui dominent au pays de Provence.
- La poésie qui se dégage des coiffes devient intense
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- et aux bracelets. Quand elles ne posent pas sur leur tête un large chapeau de feutre noir « à la berigoulo » de forme trop étroite pour que la tête puisse s’y loger, une courte capuche à volants les auréole d’une pluie de fleurs.
- Les femmes du peuple, les poissonnières, exubérantes et provocantes, dans un ample casaquin, une jupe à ramages protégée d’un tablier, une coiffe tuyautée à rubans flottants, ont la pleine liberté de leurs mouvements.
- Dans la région toulonnaise régnent la coiffe « à couture » et un bonnet dont les brides forment au-dessus de la tête un gracieux papillon. Le luxe du satin et des taffetas changeants n’était pas seulement réservé aux dames; les artisanes, sur leur robe d’indienne,mettaient les jours de fête de ravissants tabliers, plissés, à volants
- Fig. 1. —- Poissonnière de la région de Marseille.
- Fig. 2. — Baslidane de Grasse.
- quand d’infinis détails de leurs éléments, fond, passe, bordure, brides, révèlent tout un langage déterminant le deuil, la profession, la classe sociale, le village, l’époque.
- Les riches Marseillaises ont la coiffe des Arlésiennes du temps du « droulet », ce célèbre casaquin du xvme siècle à manches courtes qui passait sous les aisselles, creusait la taille et tombait en longues basques jusqu’au bas de la jupe. Cette « couqueto », sorte de plechoun, dont les longues brides à bouts arrondis passent sous le menton et se croisent sur la tête, se porte avec un corsage clair et de merveilleux jupons piqués à fond blanc où serpentent des branchages fleuris. Les souliers plats ont des boucles d’argent, les croix de Malte « Malteso », émaillées, pendent aux chaînes
- froncés, garnis de ruchés, de perles ou de velours. Leurs « enveloppes » à capuchon sont plus simples, mais plus gaies de couleur que les capes d’Arles.
- A l’ombre des mas, les bastidanes ont joliment brodé gilets et cotillons, inventé d’admirables casaquins aux basques variées. La fête septénaire de Barjols réunit tous ceux qui portent avec foi les vieux costumes du passé pour danser dans l’église selon l’usage sur l’air du cantique de saint Marcel et escorter avec la corporation des bouchers et des cuisiniers le char verdoyant où est embroché le bœuf entier qui va être rôti sur la grand’place.
- Chaque corporation avait autrefois ses habits de fête. Au costume uniforme et succinct de la villageoise varoise on adaptait un fichu et un tablier, particuliers aux filan-
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- dières, cordelières, jardinières et moissonneuses qui se divertissaient par des danses figurant leur travail, introduites parfois jusqu’aux processions. Dès que la vigne bourgeonne, les vigneronnes dédient encore à saint Marc la danse sacrée de « la Souche ».
- Ces paysannes varoises ont peut-être le plus frais de tous nos costumes provinciaux : le décolleté carré d’une chemise de grosse toile à manches retroussées est horde d’une collerette de mousseline qui se rabat sur un corselet de basin lacé devant, cotillon court à rayures bleues ou rouges et bas de filoselle assortis, souliers noirs à Jtalon bas, point de bijoux, mais des châles et tabliers fleuris et une délicieuse coiffe de mousseline qui encadre
- Garde-Saint sont à l’honneur chaque année à la grande Bravade de Saint-Tropez où trois jours durant les vieux tromhlons crachent la poudre.
- « Voto », fêtes votives avec leur cortège de coutumes curieuses, jeux de gardians, véritables tournois du moyen âge, anniversaire de Mistral, Maintenance de Provence redonnent jeunesse et actualité au costume de la province. Douce satisfaction des uns, éblouissement de l’étranger qui, ayant eu la bonne fortune de visiter un village un jour de « fête provençale » s’en retourne les yeux pleins d’images de joyeuses farandoles et d’entraînants quadrilles. Dans certaines localités de Basse Provence, à la « veillée » de Noël, fête préférée des provençaux, tous
- Fig. 3. — Moissonneuse de Cabris (Alpes-Maritimes)
- la figure d’un volant aérien. Emblème du pays du soleil, le grand chapeau-ombrelle est posé à plat sur la tête ou attaché dans le dos, donnant à ce costume l’attrait puissant et pur des choses que l’on sent profondément rattachées à des conditions physiques et ethnologiques.
- Les matelots ont un long manteau de laine ou de bure, le « caban » ou « sauto-en-barco », les pêcheurs, un bonnet de laine ou de cotonnade dont le fond rouge, serré à la tête par une large bande noire, retombe sur le côté, « la bareto », réputée d’importation catalane.
- Voici un uniforme rutilant d’or et un costume militaire bleu à parements rouges avec shako à grand plumet qui ne présentent sans doute qu’un intérêt de collection. Les costumes de Capitaine de Ville et de
- Fig. 4. — Ariisane de Digne.
- les types popularisés par les santons défilent, crèche vivante, chargés de présents et chantant de vieux Noëls.
- Le costume en Provence ne périra point. Glorifiés par lai eunesse, les artistes et les poètes, conservés aux Musées d’Arles, Aix, Marseille et au Moulin Forville de Cannes, les trésors de cette industrie d’art du pays seront transmis à la postérité .
- Dans la vie courante, l’œil exercé reconnaît des éléments disparates du costume, taiolo, bareto, cape de berger ou de marin, grand «capeu » de femme, encore bien adaptés aux besoins et aux travaux des habitants, derniers vestiges d’une époque disparue où les hommes, subissant toute son emprise, vivaient près de la Nature.
- Marcelle Mourgues.
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- LE CONCOURS D’AVIONS MODELES REDUITS
- DE “ LA NATURE
- Dans le n° 2971 du 15 février, nous avons annoncé la fondation par La Nature d’un concours d’avions modèles réduits qui se disputera le 16 août prochain, au Centre national de vol sans moteur de la Banne-d’Ordanche (Puy-de-Dôme).
- Ce concours est doté d’une coupe et de trois prix en espèces.
- L’organisation en a été confiée à la Ligue aéronautique de France, en accord avec l’Avia, en se conformant à la réglementation sportive de l’Aéro-Club de France.
- La Ligue aéronautique de France vient de fixer le règlement de cette compétition, sous le code sportif de la F. A. I. et de la C. S. de VAè. C. F.
- I. — RÈGLEMENT
- Article Premier. •— La Revue La Nature crée une compétition internationale de modèles réduits d’aérodynes, dotée d’un objet d’art Challenge et de prix en espèces.
- Elle charge la Ligue Aéronautique de France de l’organisation du Concours, en accord avec l’Avia, et en se conformant à la réglementation sportive de l’Aéro-Club de France.
- Art. 2. — Sera gagnant de la Coupe le concurrent qui l’aura gagnée deux fois, ou, dans le cas où cette éventualité ne se produirait pas, le gagnant de la troisième compétition.
- La Coupe est ouverte aux modèles réduits suivant spécifications portées au Règlement particulier annuel.
- Règlement particulier pour l’année 1936.
- Article Premier. — La Coupe de la Revue La Nature sera disputée en 1936 le 16 août, au Centre national de vol sans moteur de la Banne-d’Ordanche (Puy-de-Dôme). Toutefois, les Commissaires pourront reporter cette manifestation si les conditions atmosphériques les y obligent.
- Art. 2. — Concurrents qualifiés. — Seront admis à concourir les modèles réduits d’avions présentés par des concurrents de nationalité appartenant à la Fédération Aéronautique Internationale.
- Art. 3. — Sont admis à concourir tous les types de modèles réduits.
- Pour les appareils à moteurs à explosion, la cylindrée totale devra être au maximum de 50 cm3.
- Par modèles réduits, on entend toute réduction d’aérodyne non susceptible d’emporter un être humain, le minimum de la charge de surface est fixé à 10 gr/dm2.
- Pour tous les vols de records ne sont admis que des modèles à fuselage fermé répondant aux conditions définies dans les règlements de la F. A. I. et dont l’envergure se tient entre 70 cm et 350 cm. La grandeur de la section du fuselage (S) en fonction de la longueur du fuselage (L) est limitée pour les
- avions et les hydravions par S = —-
- J 1 200
- La section du fuselage des avions sans queue est-déterminée par une ellipse inscrite dont la proportion des axes peut être 1 : 3 au maximum.
- La proportion entre l’envergure et la longueur du fuselage est limitée à un maximum de 1 : 1.
- Les seules forces motrices suivantes sont admises par la
- F. A. I. :
- A : moteur caoutchouc. Le moteur doit se trouver à l’intérieur du fuselage ;
- B : moteur mécanique sans combustible inflammable;
- C : force gyroscopique.
- Le moteur doit se trouver dans l’intérieur du fuselage. Tout modèle doit être construit de façon que dans l’air aucune pièce ne puisse se détacher de l’appareil.
- Art. 4. —- Nature de la coupe. — La Coupe a pour but de récompenser le constructeur dont l’appareil réussira à s’élever le plus haut en emportant une charge minimum de 500 gr, y compris un barographe de contrôle, ainsi qu’il est dit ci-après.
- Chaque concurrent aura droit à effectuer deux vols dont le meilleur sera retenu pour le classement.
- Art. 5. •— Attribution de la coupe et des prix. — Le concurrent qui aura obtenu la plus grande hauteur sera classé premier, il recevra un prix en espèces de 1000 fr. Les concurrents classés deuxième et troisième recevront chacun un prix en espèces de 500 francs. Toutefois, pour que la Coupe soit attribuée, il sera nécessaire que la hauteur atteinte au-dessus du point de départ soit supérieure à 200 mètres.
- Art. 6. — Contrôle. — Le contrôle sera assuré par des Commissaires de l’Aéro-Club de France agissant en tant que Jury, à l’aide d’instruments de précision. En outre, le concurrent emportera à bord un barographe de modèle réduit, ainsi qu’il est prévu à l’article 4.
- Le Jury sera composé de trois personnes, l’une désignée par l’O. N. M., l’une par l’Aéro-Club de France et l’autre par la Ligue Aéronautique de France.
- Art. 7. — Pour avoir le droit de concourir, les concurrents devront faire parvenir à la Ligue Aéronautique de France, avant le 25 juillet 1936, une formule d’admission du modèle adopté à cet égard. Chaque engagement devra être accompagné d’un droit de 20 fr, non remboursable. Chaque concurrent devra en même temps adresser une demande de licence de concurrent. Cette demande sera accompagnée d’un droit de 5 fr non remboursable.
- Les concurrents mineurs devront accompagner leur inscription d’une autorisation de leurs parents ou tuteurs.
- Assurances. — Les accidents pouvant être causés aux tiers par les modèles réduits du concours seront couverts par une assurance globale contractée par les organisateurs.
- II. — DEMANDE D’ENGAGEMENT
- Après avoir pris connaissance du règlement du concours d’avions modèles réduits « Coupe La Nature » organisé par la L. Aé. F. le 16 août à la Banne-d’Ordanche, je vous prie de vouloir bien m’inscrire pour appareils présentant les
- caractéristiques suivantes :
- Envergure.................. Poids........................
- Marque du moteur........... Puissance du moteur..........
- Nom.........:.............. Prénom.......................
- Adresse..................................................
- Profession................. Club ou Société aéronautique :
- Retourner avant le 25 juillet 1936 à la L. Aé. F., 18, avenue Victor-Emmanuel III, Paris (8e) et joindre 20 francs de droit d’engagement par appareil plus 5 francs pour la licence de concurrent.
- (Compte chèque postal Paris 504-70).
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- III. — DEMANDE DE SÉJOUR AU CENTRE DE LA BANNE-D’ORDANCHE (à retourner à l’AVIA avant le 10 juillet).
- Nom ............................................
- Prénoms.........................................
- Adresse.........................................
- Date et heure d’arrivée.........................
- Date de départ..................................
- Avez-vous l’intention de coucher au camp?.......
- Avez-vous l’intention df. prendre vos repas au camp?
- Noms des personnes qui vous accompagnent :
- Conditions. — Les frais de séjour doivent être acquittés dès l’arrivée au camp.
- Pension : comprenant : petit déjeuner;
- les 2 repas de midi et du soir : 22 fr 50;
- 1 repas : 12 fr.
- Couchage et logement (dans les baraquements ou faute de place, sous la tente) : 3 fr 50 par nuit.
- Le transport de la gare au camp est à la charge de l’AVIA.
- La permanence du Centre est assurée par l’hôtel Gallia au MONT-DORE. (Téléphone du Centre : 127, Mont-Dore).
- Trains gare d’Orsay jusqu’au Mont-Dore. Les billets valables 40 jours : 148 fr en 3e (A. et R.) 221 fr en 2e (A. et R.).
- Billets individuels pour le 15 août valables environ 8 jours : 92 fr en 3e (A. et R.), 138 fr en 2e (A. et R.).
- Toute demande doit être adressée à l’Aoia, 6, rue Galilée, et aucune inscription de séjour ne sera prise après le 25 juillet.
- LE MOIS METEOROLOGIQUE
- MAI 1936, A PARIS
- Mois assez chaud dans son ensemble, à périodes fraîches et chaudes alternées, peu pluvieux et normalement ensoleillé. La moyenne de la pression barométrique, ramenée au niveau de la mer, à l’Observatoire du Parc Saint-Maur, a été de 760 mm 2 et est inférieure de 1 mm 5 à la normale.
- La moyenne mensuelle de la température, 14°, 9, présente un excédent de 1°,4 et classe le mois qui vient de s’écouler au neuvième rang parmi les plus chauds observés depuis 1874 à Saint-Maur. Les températures journalières sont constamment restées supérieures à leurs normales respectives du 2 jusqu’au 20. Le temps qui s’était un peu rafraîchi du 9 au 12 est devenu très chaud du 16 au 18. Le 17, journée la plus chaude du mois, on a enregistré le maximum absolu mensuel, 26°,9, plutôt bas (écart à la normale — 1°,1)» avec une moyenne journalière de 20°,3 (écart + 6°,7). Un brusque refroidissement survenu le 21 a duré jusqu’au 23, jour où s’est produit le minimum absolu mensuel, 4°,1, supérieur de 2°,1 au minimum absolu moyen. Un autre refroidissement qui a commencé le 28 s’est prolongé jusqu’en juin, amenant le 31, une moyenne journalière de 9°,1, inférieure de 6°,3 à la normale et la plus basse observée à pareille date depuis 1874. Le refroidissement nocturne a été moins accusé qu’il ne l’est en général en mai. On n’a noté aucune gelée blanche et la moyenne des minima est supérieure de 1°,6 à la normale.
- Celle des maxima présente un excédent qui atteint à peine 0°,8. lies extrêmes de la température, pour la région parisienne ont été compris entre 1°,8, à Sevran et 30°,1 à Bagneux.
- Le total pluviométrique mensuel au Parc Saint-Maur, 17 mm 9, est sensiblement égal au tiers de la normale, il a été recueilli en trois journées, le 6, le 25 et le 31, dont la première a fourni à elle seule 13 mm de pluie accompagnée de grêle. Généralement on compte-en mai 13 journées pluvieuses, avec une hauteur mensuelle de 53 mm. Depuis 1874 on trouve
- cinq mois de mai dont le total pluviométrique a été inférieur à celui de mai 1936, mais on n’en compte qu’un seul dont le nombre de journées pluvieuses a été plus petit (2 jours en mai 1880).
- A Montsouris, la hauteur totale de pluie recueillie n’a été seulement que de 11 mm 0, inférieure de 70 pour 100 à la normale et classe ainsi ce mois au troisième rang parmi les plus secs des mois de mai observés depuis 1873 (3 mm 6 en 1880 et 6 mm 3 en 1896). Les 3/4 de cette hauteur ont été fournis par la pluie du 6. Du 6 au 23, la sécheresse a été complète.
- La durée totale de chute, 6 h 5 m; est inférieure de 83 pour 100 à la moyenne des 25 années 1898-1922. Le nombre de jours pluvieux 6, au lieu de 16 (nombre moyen).
- Hauteur maxima en 24 heures : pour Paris, 25 mm 8 à l’hôpital Saint-Antoine et pour les environs, 24 mm 0 à Saint-Mandé, du 6 au 7.
- De faibles orages ont affecté la région le 6 et le 26. En outre, il a tonné par places les 16 et 17. De la grêle, accompagnant généralement la pluie, est tombée le 6 à Aubervilliers et entre Montreuil et le Parc Saint-Maur; le 26 à Auteuil, Meudon et Montesson et le 31 à Meudon et à Trappes.
- On a enregistré à l’Observatoire de la Tour Saint-Jacques. 248 h 20 m de soleil, durée supérieure de 17 pour 100 à la normale. Il y a eu un jour sans soleil.
- A l’Observatoire du Parc Saint-Maur, la moyenne mensuelle de l’humidité relative de l’air a été 66,2 pour 100 et celle de la nébulosité, 57 pour 100. On y a constaté : 4 jours de gouttes, 1 jour de grêle, 3 jours d’orage ou tonnerre, 3 jours de brouillard, 21 jours de brume, 16 jours de rosée, 1 jour d’éclairs. Le 5, premier chant du coucou; le 9, apparition des hannetons; le 11, premier chant du loriot et le 25, premier chant de la tourterelle.
- Em. Roger.
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- ______ L’AUTOMOBILE PRATIQUE === ---
- NOUVEAUTÉS TECHNIQUES - CONSEILS PRATIQUES
- UNE PETITE VOITURE ECONOMIQUE DE GRANDE DIFFUSION
- On a étudié depuis quelque temps déjà le problème de l’établissement des automobiles économiques à deux ou à quatre places, de prix d’achat inférieur à 10 000 i'r, et de frais d’entretien très réduits. Il n’existait pas encore en France, jusqu’à présent, de modèle de ce type, et les essais entrepris par des constructeurs fabriquant en grande série (on se rappelle à ce propos la fameuse 5 ch Citroën) avaient été interrompus pour des raisons beaucoup plus économiques, semble-t-il, que techniques.
- La Société des Ingénieurs de l’Automobile a, d’ailleurs, avec beaucoup de clairvoyance, ouvert, il y a déjà un an et demi, un concours entre les techniciens destiné à récompenser les meilleurs projets d’une voiture essentiellement économique. Elle a contribué à attirer l’attention des constructeurs sur un problème trop longtemps négligé, et dont la solution peut offrir d’intéressantes possibilités dans un champ d’activité encore peu exploité.
- Un constructeur vient de réaliser pour la première fois une voiture de ce genre à un prix inférieur à 10 000 fr. L’abaissement du prix de revient a été obtenu en simplifiant au maximum la construction, et surtout en équipant de très grandes usines avec un outillage moderne et perfectionné, de manière à réaliser une organisation de travail parfaitement étudiée.
- Cette voiture comporte, en effet, tous les perfectionnements ordinaires de modèles récents. Sa consommation est pourtant seulement de 4 litres 1/2 aux 100 km et la vitesse maxima atteinte est d’environ 90 km à l’heure.
- Le moteur est à 4 cylindres, de 570 cm3 de cylindrée totale, avec un alésage et une course de 52 X 67. Le bloc moteur est en fonte avec culasse rapportée en aluminium; le graissage sous pression s’effectue au moyen d’une pompe, le carter contenant environ 2 litres d’huile. Les soupapes sont latérales et commandées par un arbre à cames au moyen de poussoirs.
- La course est réduite, ce qui augmente la résistance à l’usure; on obtient ainsi une puissance de 12 ch à 3600 tours, ce qui est suffisant, puisque le poids global de la voiture n’est que de 480 kg.
- L’embrayage est à disque unique. Un moyeu élastique central évite les à-coups; l’allumage est obtenu par induction; l’alimentation en essence est assurée par gravité, le réservoir étant placé à l’avant, et contenant 18 litres, avec une réserve de 2 litres 1/2. Le carburateur est muni d’un « starter » et d’un silencieux à l’admission d’air.
- La boîte de vitesse est du type 4 vitesses et marche arrière, avec troisième vitesse silencieuse synchronisée. L’emploi de ce type de changement de vitesse est particulièrement précieux sur une petite voiture, puisqu’il permet d’utiliser dans tous les cas la puissance disponible.
- Comme dans toutes les voitures modernes, l’ensemble moteur-boîte de vitesse, suspendu élastiquement en trois points, est placé très à l’avant du châssis, ce qui permet de répartir rationnellement les charges, et d’accroître l’emplacement de carrosserie disponible. Le radiateur, refroidi par un ventilateur monté sur l’arbre de la dynamo, est disposé derrière le moteur. La circulation d’eau est effectuée par thermosiphon.
- Les roues avant sont indépendantes. La suspension avant est réalisée par l’intermédiaire d’un ressort transversal renversé, avec freinage par deux amortisseurs hydrauliques fixés aux extrémités des longerons (fig. 1).
- La direction est à vis et secteur. En raison de la séparation des roues, le mouvement leur est transmis par deux barres distinctes de longueur inégale.
- La transmission est effectuée par un arbre tubulaire muni de deux joints élastiques. Le pont arrière comporte un différentiel à roulement à rouleaux et un couple conique à denture spirale.
- La suspension arrière est assurée par deux ressorts semi-cantilever renversés, et montés sur silentblocs, avec deux amortisseurs hydrauliques. La poussée s’effectue par deux bras.
- Les freins sur les quatre roues sont commandés hydrauliquement et un frein à main de secours est prévu sur la transmission.
- Le cadre-châssis est constitué par deux longerons en forme d’U raccourcis et allégés, réunis et renforcés par des traverses qui assurent une rigidité suffisante.
- L’équipement électrique est complet, analogue à celui des voitures de tourisme ordinaire. L’alimentation est efîec-
- Fig. 1. — La voilure économique Simca-cinq.
- tuée au moyen d’une batterie de 12 v. L’équipement du tableau de bord est également le même que celui d’une voiture de tourisme.
- La caisse de la carrosserie est entièrement métallique et présente une forme aérodynamique, avec capot et auvent très fuyants et ailes enveloppantes. Elle est, d’ailleurs, très abaissée, de façon à rejeter le centre de gravité aussi bas que possible. Les fauteuils avant peuvent être réglés à volonté. Les glaces des portières sont coulissantes.
- La consommation en essence au cours des essais a été de l’ordre de 3 à 4 litres aux 100 km. Ce résultat est donc particulièrement intéressant en ce moment, d’autant plus que les impôts directs de circulation ont été supprimés et qu’on a seulement maintenu les impôts indirects, en quelque sorte, sur la consommation d’essence.
- UN PERFECTIONNEMENT DU MONTAGE DES CARBURATEURS
- Le réglage de la quantité d’air admise dans le carburateur doit varier,en réalité, suivant les conditions mêmes delà carburation : nature du carburant utilisé, température, état hygrométrique de l’air, etc... et aussi suivant'Te serviceHemandé au moteur. En réalité, les systèmes de réglage variables constam-
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- Fig. 2.-—- Coupe du montage 20 Solex dans un carburateur vertical; a, Ajutage d’automaticité; G, gicleur auxiliaire.
- ment sous l’action du conducteur présentent de grands avantages, car ils permettent de conserver toujours un dosage optimum.
- Malheureusement, il ne peut être question aujourd’hui à notre époque d’automatisme, de conserver sur les automo-
- biles un dispositif de ce genre, et, d’ailleurs, bien peu de conducteurs possèdent le minimum de connaissances techniques nécessaires pour effectuer ce réglage.
- On emploie donc des carburateurs comportant un système d’admission d’air à réglage plus ou moins automatique, en tenant compte d’un certain nombre de facteurs qui le simplifient, et les résultats obtenus sont évidemment toujours approximatifs.
- Un constructeur spécialisé dans la fabrication des carburateurs a cependant présenté depuis peu un nouveau système de giclage, permettant de contrôler d’une manière distincte le débit d’essence et la quantité d’air d’émulsion ajoutée automatiquement. On peut ainsi établir un réglage très précis et le modifier suivant le but que l’on veut réaliser, en obtenant donc le maximum de puissance du moteur avec le minimum de consommation.
- Le dispositif comporte un gicleur d’alimentation et un ajutage d’automaticité qui sont tous deux amovibles, comme le montre la figure 2. Il comporte aussi deux éléments fixes, la capacité et un tube d’émulsion.
- L’essence qui provient de la cuve à niveau constant s’écoule par le gicleur et remplit la capacité jusqu’à une hauteur donnée. L’air est admis en quantité plus ou moins grande suivant le diamètre de l’ajutage d’automaticité, et passe par les trous percés latéralement dans le tube d’émulsion. Il entraîne ainsi vers le moteur l’essence contenue dans la capacité.
- Pour faire le réglage de la reprise et de la puissance, on détermine donc le diamètre du gicleur d’alimentation, que l’on choisit le plus petit possible en correspondance avec la buse choisie.
- Les buses de grand diamètre facilitent la vitesse et permettent d’obtenir le maximum à grande puissance; celles de petit diamètre facilitent les reprises, et permettent les consommations les plus faibles.
- L’ajutage d’automaticité, enfin, règle la quantité d’air nécessaire au mélange.
- En augmentant son diamètre, on conserve la même richesse en essence à bas régime, et on l’appauvrit à haut régime. La reprise en palier est la même, mais la puissance en côte et la vitesse maxima peuvent être réduites.
- En diminuant le diamètre, on conserve la même richesse à basse puissance à bas régime, mais on l’augmente à haut régime; les reprises sont les mêmes, mais la puissance en côte et la vitesse peuvent être améliorées.
- Le dispositif permet donc de régler la consommation, en choisissant la plus petite buse possible, l’ajutage d’automaticité et le gicleur d’alimentation les plus réduits également.
- Il constitue donc essentiellement un système à réglage plus facile et plus précis. L’économie n’est pas réalisée aux dépens de la puissance, puisque le mélange est exactement dosé; on obtient, au contraire, des reprises plus nettes, et plus souples, même à bas régime.
- Ce système est adapté sur des modèles récents de carburateurs ; il peut même être ajouté à certains modèles qui n’en sont pas encore munis (fig. 3).
- LES CAUSES DES INCENDIES D’AUTOMOBILES EN HIVER
- Les incendies de voitures sont heureusement de plus en plus rares. On constate cependant avec quelque étonnement
- Fig. 3. — Coupe de carburateur inversé, a, ajutage d’automaticité; C,, clapet; Gg, gicleur d’alimentation. g, gicleur auxiliaire. G, gicleur d’air de starter; G., gicleur d’essence de starter; i, injecteur de pompe; K, coiffe de giclage; Ks, buse; M, membrane; P, pompe; R, tube d’émulsion du starter; s, tube d’émulsion; u, calibreur d’air; v, capacité; V, papillon; W, vis de vitesse du ralenti; S, support du gicleur
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- qu’ils sont plus fréquents en hiver qu’en été, si l’on met du moins à part, ceux qui sont dus à des accidents de circulation, ou à des courts-circuits.
- En réalité, les fuites d’essence constituent les causes les moins fréquentes d’incendie, et c’est aux retours de flamme du carburateur qu’on doit attribuer l’origine du plus grand nombre de sinistres.
- Le retour de flamme peut être dû à un allumage défectueux, à une mauvaise carburation, à des soupapes d’admission mal réglées.
- Si l’allumage se produit, en effet, lorsque la soupape d’admission est ouverte, l’explosion se propage jusqu’au carburateur.
- Pourtant, la carburation défectueuse est une cause beaucoup plus fréquente. Le mélange explosif contient trop peu d’essence ou trop d’air pour les conditions de la carburation. Le mélange brûle trop lentement, et la combustion est encore trop active lorsque la soupape d’admission s’ouvre.
- L’explosion se propage alors au gaz frais introduit dans la tubulure.
- Ce phénomène fait comprendre la fréquence des incendies pendant les périodes de grand froid. La température est alors très basse, la vaporisation de l’essence est défectueuse. Le mélange est trop pauvre en essence, et le retour de flamme se produit fréquemment.
- Dès que le moteur est chaud, les conditions normales de la carburation sont rétablies, et le phénomène anormal disparaît.
- COMMENT DÉCELER LES FUITES DU BLOC-MOTEUR
- Les fêlures des cylindres du bloc moteur sont heureusement rares ; mais , il peut s’en produire pourtant par suite d’une dilatation anormale, du gel de l’eau l’hiver, etc. Elles sont souvent très peu accentuées, de sorte que le fonctionnement du moteur peut continuer pendant un certain temps, la quantité d’eau introduite dans le cylindre n’étant pas suffisante pour arrêter la marche normale.
- On peut pourtant déceler aisément le cylindre dans lequel se produit le phénomène de la manière suivante :
- On remplit d’eau le radiateur et on enlève son bouchon, puis on fait tourner lentement le moteur à la main avec la manivelle sans mettre le contact d’allumage. Au moment où le piston du cylindre défectueux comprime le gaz, les bulles se dégagent par la tubulure de circulation d’eau, et viennent apparaître à l’ouverture du radiateur (fig. 4).
- POUR FACILITER LA REMORQUE DES AUTOMOBILES
- Quelles que soient les qualités des voitures modernes, des « pannes » sont toujours à craindre; l’automobiliste prévoyant emporte donc toujours dans son coffre une corde solide qui permettra la remorque en cas de détérioration du mécanisme et de panne grave.
- Quelle que soit l’habileté du conducteur de l’automobile auquel on a recours dans ce cas, des à-coups sont toujours inévitables pendant le remorquage, surtout si la chaussée est assez accidentée. Il est donc bon de prévoir un dispositif très simple d’amortisseur permettant d’absorber plus ou moins les secousses, aussi préjudiciables à la voiture tractrice qu’à la voiture remorquée (fig. 5).
- Fig. 4. — Comment on peut déceler une fissure dans un cylindre.
- POUR DÉMARRER AISÉMENT EN COTE
- Le démarrage au milieu d’une côte assez rude constitue une opération relativement difficile. Il faut, en effet, lâcher rapidement la pédale de frein ou la manette du frein à main, embrayer la première vitesse, et en même temps accélérer immédiatement, de manière à ne pas laisser la voiture rouler en arrière.
- On ne peut, à la fois, maintenir évidemment les pieds sur les pédales d’embrayage, de frein au pied et d’accélérateur. Pour faciliter la manœuvre, il serait donc bon d’avoir recours à une manette de commande des gaz manœuvrée à la main.
- Cette manette n’existe plus, la plupart du temps, sur les voitures modernes, mais on peut fort bien établir aisément un dispositif manuel de commande additionnelle, avec un câble Bowden agissant sur le papillon de carburateur, et une tirette à coulisse qu’on fixera, par exemple, sur le levier de frein à main, ou même sur le levier de changement de vitesse (fig. 6).
- POUR VÉRIFIER LA COMPRESSION DES CYLINDRES
- Il est bon de vérifier de temps en temps la compression des cylindres d’un moteur, dont dépendent le rendement et la consommation.
- Si la compression diminue, cela prouve généralement simplement que les soupapes doivent être rodées; opération désormais facile.
- En tournant le moteur lentement à la manivelle, sans fermer le circuit d’allumage, on se rend compte déjà approximativement du degré de compression, ainsi que de l’emplacement du cylindre défectueux, s’il y a lieu.
- Cette opération de vérification est pourtant effectuée aisément, et avec plus de précision, en utilisant un dispositif très simple, consistant essentiellement en un manomètre relié au cylindre.
- On peut employer, à cet effet, un dispositif spécial, mais cela n’est pas même nécessaire. On peut constituer simplement un système de vérification très suffisant, en adaptant un manomètre du type normalement utilisé pour la vérification des pneumatiques à l’extrémité du corps métallique d’une bougie d’allumage hors d’usage et démontée, et par l’intermédiaire d’un tube de laiton fileté, remplaçant l’isolant de la bougie.
- Il suffit de visser l’appareil à la place de chacune des bougies des cylindres, pour se rendre compte de l’état de la compression dans ces cylindres.
- L. Picard.
- Adresses relatives aux
- appareils décrits :
- Automobile Simca-cinq. Société Simca, à Nanterre.
- Montage de carburateur. Établissements Solex, 190, avenue de Neuilly, Neuilly-sur-Seine.
- Fig. 6. —• Manette additionnelle
- d’admission des gaz commandés à la main.
- Tinette de contrôle r à ma/n
- Câble de commao1
- Fig. 5. — Système de remorque
- perfectionné à amortisseur.
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- CAUSERIE PHOTOGRAPHIQUE111
- LE MATÉRIEL DE LABORATOIRE ismu)
- Nous allons maintenant examiner ensemble le matériel qu’il convient de rassembler pour travailler utilement dans un laboratoire bien outillé.
- Petit laboratoire d’amateur. — Tout ce qui a été dit
- dans la précédente « Causerie photographique » s’applique exactement au petit laboratoire d’amateur que nous avons décrit (voir n° 2974). Il conviendra donc de se procurer tous les accessoires dont nous avons déjà fait mention. On augmentera un peu le nombre des cuvettes et surtout leurs dimensions : aller jusqu’au format 18 X 24; on en prendra trois exemplaires, dont une en verre.
- Nous n’aurons plus aucune excuse, cette fois, pour ne pas préparer nous-mêmes les divers bains nécessaires : dévelop-pateur, fixage, virages, renforçateurs, etc.
- La préparation des solutions exige des balances : on fera généralement usage de celles qui existent dans toute maison. Si l’on doit en acquérir spécialement pour le laboratoire, arrêter de préférence son choix sur des balances du type
- r-, : '
- Fig. 1. —• Ventilateur à ailettes permettant le séchage rapide des plaques (hypersensibilisation, sensibilisation chromatique, séchage simple des clichés). (Laboratoire de M. Léon Gimpel).
- M, moteur électrique de 1/50 de ch, monté sur glissière pour tension de la courroie. — V, ventilateur. — C, boîte à chicanes contenant les clichés placés dans des rainures verticales D. — E, couvercle à chicane permettant d’éclairer le laboratoire pendant le séchage des surfaces sensibles. — f, f, trajet suivi par les filets d’air. — F, matelas insonore et antivibrateur.
- Roberval, qui permettent de peser les produits dans un vase taré. Les trébuchets, en raison des étriers qui soutiennent les plateaux, sont peu commodes pour cet usage. Il existe, d’autre part, une série de petites balances, dénommées pèse-produits, très pratiques pour les faibles pesées, et que l’on trouve dans toutes les bonnes maisons d’articles de photographie.
- Pour la dissolution des divers produits, on se servira de verres à expériences (en prendre deux de 125 cm3 et un de 250 cm5.) Ces verres sont coniques, et ont le fond arrondi : ainsi il est très facile d’y écraser de menus cristaux avec un agitateur en verre (se procurer 3 ou 4 de ces agitateurs à bouts « rebrûlés ».)
- Compléter le matériel précédemment décrit par un entonnoir en verre de 250 cm3 et une petite éprouvette de 60 cm3 graduée en centimètres cubes.
- On aura soin d’avoir quelques filtres en papier plissé et, dans un bocal ou dans une boîte, de Youate hydrophile pour le fdtrage rapide des solutions.
- Voici, en outre, une série d’accessoires qui doivent se
- 1. Voir les n°B 2967, 2972, 2974 et 2979.
- trouver dans le laboratoire, car, il faut les avoir facilement à portée de la main, au cours du travail :
- 1 glace forte 24 X 30 pour rogner les épreuves ou une feuille de zinc plat spécial pour découpage.
- 1 calibre, avec bouton central, en glace forte, quadrillé en centimètres (s’assurer, lors de l’achat, que le quadrillage est régulier et bien parallèle aux bords) : format 13 X 18 et mieux 18 X 24.
- Ces objets peuvent être avantageusement complétés par une cisaille pour rogner les épreuves. (Il en existe un grand nombre de modèles, dont les prix s’échelonnent de 25 francs environ pour les petites cisailles d’amateur à plus de 1000 fr pour les grandes cisailles destinées aux professionnels.)
- 1 pupitre à retouche.
- 1 petit nécessaire de retouche, surtout pour le repiquage des clichés et des épreuves.
- 1 forte loupe, très grossissante, pour mise au point des agrandissements, l’examen des clichés, la retouche, etc. Les loupes de grand diamètre vendues pour lire ne conviennent pas, elles ont une grande longueur focale et grossissent très peu.
- Quelques feuilles de papier buvard non pelucheux pour séchage des épreuves sur papier.
- Des essuie-mains et des torchons non pelucheux, en bonne toile, pour l’essuyage des ustensiles, cuvettes, verres, éprouvettes, etc.
- Divers articles de bureau : encre, crayon, ciseaux, colle et pinceau, étiquettes gommées, etc.
- Grand laboratoire d’amateur. — Nous suivons dans cette description le même ordre que précédemment, et après avoir garni d’ustensiles le petit laboratoire d’amateur, nous nous occuperons, à présent, du grand laboratoire bien outillé décrit au n° 2974.
- Les accessoires seront, naturellement, tous ceux mentionnés plus haut, que l’on sera sans doute amené à compléter, de temps à autre, par d’autres, suivant les travaux que l’on entreprendra.
- Disons tout de suite que bien peu d’amateurs pourront se permettre une telle installation et n’auront pas besoin d’une partie des appareils que nous allons décrire. Cependant il nous semble utile de les mentionner ici parce que, suivant les cas, ils sont de nature à suggérer quelques idées et à rendre service aux personnes qui liront ces lignes, et qui seront peut-être ainsi amenées à les construire pour leur usage.
- La glace de la table Tt (fig. 3, page 329) doit être sertie dans un cadre en bois ou en métal. Les joints de la glace et du cadre doivent être étanches, pour éviter que les bains ne pénètrent sous la glace. Voici la formule, donnée dans Y Agenda Lumière, d’un ciment permettant de réunir le verre et les métaux :
- Résine.....................4 parties
- Cire.......................1 —
- Coaltar....................1 —
- Faire fondre jusqu’à ce que toute écume ait disparu.
- Appliquer à chaud, avec un couteau à mastiquer, lorsque la matière a une consistance pâteuse.
- La glace servant de table reposera sur une planche dont on pourra la séparer par quelques épaisseurs de papier de couleur.
- L’emplacement J comportera une caisse peu profonde : une feuille de verre jaune foncé, spécial pour laboratoire, fermera cette caisse par le dessus et sera en contact avec la glace forte. La caisse s’ouvrira par le dessous pour le change-
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- ment des lampes en cas de détérioration de celles-ci. Employer des lampes plutôt sous-voltées, par exemple de 125 v à 130 v sur un secteur de 110 v.
- L’espace compris entre la caisse J et l’évier E (même figure) pourra être occupé utilement par un ou deux tiroirs.
- La table lumineuse J rendra de grands services pour suivre le fixage des plaques, l’inversion des autochromes, etc.
- Le laboratoire dont nous nous occupons ici est prévu pour tous genres de travaux, pour toutes sortes d’essais ou de recherches. En particulier, on pourra y pratiquer l’hypersensi-bilisation des plaques, la sensibilisation chromatique des plaques au trempé, la fabrication d’écrans colorés et, dans le cas de photographies urgentes, le séchage très rapide des négatifs ou positifs sur verre.
- Constatons cependant que l’apparition de nouvelles plaques extrêmement sensibles et de toute une gamme de plaques panchromatiques et orthochromatiques diminue beaucoup l’intérêt que présentait l'hypersensibilisation des plaques ou leur sensibilisation au trempé. De même la disparition de la plaque autochrome sur support « verre » a supprimé l’hyper-sensibilisation de ces plaques, qui rendait de réels services. Quoi qu’il en soit, chaque fois que l’on aura à traiter des surfaces sensibles ou à confectionner des écrans colorés, il sera très important d’éviter des « coulures », ou si l’on veut procéder à un séchage très rapide, l’emploi du centrijugeur ou tourneite F (fig. 3, p. 329) s’impose. Sa vitesse de rotation peut dépasser 2000 tours à la minute et élimine, en quelques instants toute trace de liquide à la surface des plaques.
- Cet instrument demande à être très bien construit. Le plateau rotatif, sur lequel on fixe les plaques au moyen de goupilles s’enfonçant dans des trous (prévus pour les divers formats de plaques), doit être parfaitement équilibré, sous risque de vibrations dangereuses. Un tambour métallique ou une caisse en bois épais doit entourer le plateau rotatif pour protéger contre tout accident, dans le cas où la plaque viendrait à échapper aux goupilles qui la maintiennent.
- Le centrifugeur peut être mis en rotation par la pression d’eau de la canalisation dans les villes, ou par un moteur électrique. On pourrait en imaginer un, entraîné à la main par une manivelle et des roues dentées, si l’on ne disposait pas d’autre force motrice.
- Le ventilateur complète rapidement le travail accompli par le centrifugeur en séchant, en quelques minutes, les plaques ou écrans qu’on lui soumet. Celui que représente la figure 1 peut être établi par tout amateur adroit. Un petit moteur électrique, par exemple moteur de « Meccano », suffit pour l’entraîner. Les plaques ou écrans se placent en D. Le recouvrement à chicane E ne s’utilise que lorsqu’il faut sécher des plaques dans l’obscurité (hypersensibilisation, sensibilisation au trempé, etc.). Ce système de ventilateur a été établi par M. L. Gimpel et il se trouve installé dans son laboratoire, où il lui rend fréquemment service.
- L’appareillage électrique a fait, de nos jours, de grands progrès, et dans bon nombre de maisons on trouve des séchoirs à cheveux, des aspirateurs de poussières, etc. Il sera possible d’utiliser ces appareils en les combinant avec la boîte à chicanes CDE. Ainsi, on pourra placer en C un séchoir à cheveux, en modérant le chauffage ou bien en E un aspirateur de poussières.
- Enfin, voici un moyen fort simple pour accélérer le séchage : il consiste à placer les clichés sur un séchoir ordinaire à rainures et à souffler dessus de l’air au moyen d’un ventilateur d’appartement. Cette solution peu compliquée est employée dans un grand nombre de laboratoires industriels, mais s’il reste des gouttelettes liquides sur la gélatine, elles sont longues à disparaître et peuvent même, parfois, produire des taches.
- Fig. 2. — Vue schématique d'un « balance-cuvettes. »
- P, plateau. — C, cuvette. — B, biellette. — R, roue motrice, tournant lentement. Cette roue sera entraînée par un très petit moteur électrique dont le mouvement sera suffisamment démultiplié.
- Le passage préalable à l’essoreuse évite cet inconvénient et active beaucoup le séchage. Si on ne le pratique pas, il est prudent, au bout d’un certain temps, de vérifier qu’il ne reste pas de gouttes liquides sur la gélatine et s’il s’en trouve, on les fera disparaître en soufflant violemment dessus.
- Le balance-cuvette est un appareil fort utile dans un laboratoire un peu important. La plus grande partie des opérations photographiques exige, pour la régularité des actions chimiques, que l’on balance les cuvettes, ce qui permet au liquide d’agir partout, et régulièrement, sur les surfaces sensibles. On a été ainsi amené à imaginer des appareils pour suppléer à l’action des mains, ce qui est particulièrement utile lorsque l’on a un grand nombre de plaques à traiter. Le balance-cuvette automatique permet de libérer l’opérateur qui peut, dans le même temps, effectuer un autre travail.
- On a construit des balance-cuvettes de différents systèmes, par exemple munis d’un gros poids, au bout d’une tige assez longue, formant pendule; d’autres à mécanismes d’horlogerie, d’autres à moteur hydraulique ou électrique. C’est ce dernier moteur qui sera, en général, adopté par les amateurs; notre figure 2 montre ainsi un balance-cuvette, facile à établir soi-même, entraîné par un petit moteur genre « Meccano » (non figuré).
- Quel que soit le mécanisme moteur, L.-P. Clerc recommande (x) d’adopter une période d’oscillation relativement longue, un balancement trop rapide peut, dit-il, produire à l’intérieur de la cuvette des ondes stationnaires ou, si l’on préfère, des vagues immobiles relativement à la cuvette : l’image risquerait de se développer par bandes dégradées équidistantes, isolées les unes des autres- par des bandes à peine développées.
- Nous avons insisté sur la nécessité, dans les périodes froides, de chauffer le laboratoire pour que les bains — notamment les
- 1. La Technique photographique. 2e édition, p. 384.
- Fig. 3. — Vue intérieure d'un « chauffe-cuvette » (Laboratoire de M. Léon
- Gimpel).
- F, F, plaque métallique chauffante. — L, L, lampes. — R, regard de contrôle recouvert de verres — ou mieux de papiers — inactiniques, permettant d’éviter de laisser l’appareil en marche quand on quitte le laboratoire. — /, f, fil conducteur.
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- bains de développement — aient une température comprise entre + 15° et + 18°.
- Dans le cas où l’on ne pourrait donner au laboratoire une telle température, il faut prévoir un réchauffeur approprié.
- Un procédé très simple, mais peu pratique (surtout s’il y a une étiquette collée) consiste à plonger la bouteille de révélateur dans de l’eau tiède, et quand la température de -j- 20° est atteinte, à verser le révélateur dans la cuvette.
- Mais, suivant la température de l’air du laboratoire, le bain pourra se refroidir très vite et il faudra recommencer l’opération à chaque cliché.
- Un autre moyen plus commode consiste à employer un petit chaulïe-plat électrique sur lequel on pose la cuvette contenant le révélateur dans lequel plonge le thermomètre spécial dont nous avons parlé. Il faut agir avec prudence, car
- la température monte vite et, à chaque cliché, il faudra chauffer un peu la cuvette pour compenser le refroidissement.
- Mais il sera prudent de monter en dérivation sur le circuit du chaufîe-plat une petite lampe rouge rubis foncé, qui s’allume quand on met le chaufïe-plat en marche : en effet, tôt ou tard, sans cette lampe-témoin,il arriverait d’oublier que le chauffe-plat remplît son rôle sans défaillance, la cuvette pourrait casser, le révélateur bouillir, etc.
- M. Léon Gimpel a confectionné un chauffe-cuvette particulièrement pratique, au moyen d’une caisse en bois dont le couvercle seul doit être métallique, par exemple en aluminium, en cuivre rouge étamé ou en tôle étamée (fig. 3). C’est sur ce couvercle que reposera la cuvette contenant le révélateur. A l’intérieur, deux lampes à incandescence serviront de source de chaleur. On met le chauffe-cuvette en marche quelques minutes avant le début du développe-
- ment, en ayant soin de toujours prendre, avec le thermomètre spécial, la température du bain. Si celle-ci s’élève un peu trop, on coupe le courant. On pourra pratiquer une ou deux petites ouvertures obturées par du verre rouge rubis, dans les parois latérales de la caisse : ces « regards », préviendront l’opérateur que le chauffage fonctionne.
- Toutefois, étant donné la variété des plaques sensibles actuelles — dont certaines sensibles au rouge — il vaudrait mieux, pour éviter un voile possible par les « regards », employer comme précédemment une lampe-témoin rouge rubis placée loin de la cuvette ou encore obturer les regards avec plusieurs feuilles de papiers verts « Viripan » (maison Lumière).
- On vend enfin des réchauffeurs électriques spéciaux, de modèles différents (horizontal ou vertical), en métal ou en quartz, pour placer directement dans les cuvettes. En raison de la nature des produits photographiques, le réchauffeur en quartz doit être seul retenu. Mais ces réchauffeurs, pour fonctionner normalement et sans risque de détérioration, doivent être entièrement plongés dans le liquide, ce qui oblige à placer une très grande quantité de solution dans les cuvettes. Pour cette raison, nous donnons la préférence au chauffe-cuvette décrit plus haut.
- Le réchauffeur électrique vertical trouvera son application dans un autre accessoire que M. Gimpel a construit pour son laboratoire : le chauffe-eau. On a souvent besoin d’eau tiède au laboratoire, notamment d’eau à une température déterminée (par exemple, le révélateur à la métoquinone pour le développement des autochromes doit être préparé avec de l’eau à +35° ou 40°.) On aura rapidement de l’eau à la température voulue à l’aide de l’appareil que représente notre figure 4 : la légende dispense de toute description. Le thermomètre sera choisi avec une graduation atteignant : + 100°; par prudence, en cas de distraction du photographe et, comme pour les appareils décrits ci-dessus, une lampe-témoin rouge rubis, placée loin de la table de développement, préviendra que le chauffe-eau est en circuit. Signalons encore qu’une seule lampe-témoin pourrait-être suffisante pour contrôler plusieurs appareils, mais il est préférable d’avoir une lampe pour chaque accessoire.
- En terminant, nous répéterons que toute cette petite machinerie (facile à construire soi-même) n’est pas absolument indispensable, mais rendra d’indiscutables services dans le laboratoire bien installé que nous avons imaginé, surtout si l’on veut travailler vite.
- Chacun pourra, d’ailleurs, adapter ou modifier ces accessoires suivant les travaux si variés que tout amateur photographe est appelé, tôt ou tard, à effectuer.
- Em. Touchet.
- Fig. 4. — Coupe d’um chauffe-eau » permettant d’avoir aisément et rapidement de l’eau à une température déterminée. (Laboratoire de M. Léon Gimpel).
- A, tube électrique chauffant du commerce. •— B, tube à entonnoir pour le remplissage du bocal. —• C, thermomètre gradué sur tige et dont la division s’étend qu’à 100°.— D,tube coudé pour verser l’eau.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- PHOTOGRAPHIE DES MÉDAILLES
- La photographie directe des médailles ne donne pas le plus souvent de résultats satisfaisants à cause des jeux de lumière qui viennent troubler l’impression sur la plaque. La Photo-Revue dans son numéro du 15 août 1935 nous signale un tour de main extrêmement simple pour remédier à cet inconvénient, procédé qui consiste à recouvrir la surface de la médaille d’une couche légère de chlorhydrate d’ammoniaque, avant de photographier.
- Pour cela on se sert de deux pulvérisateurs accouplés, l’un contenant de l’acide chlorhydrique, l’autre de l’ammoniaque, tous deux à l’état concentré.
- Lorsque l’on souffle soit avec la bouche, soit mieux avec une poire en caoutchouc, à la fois dans les deux appareils on produit un brouillard que l’on dirige vers l’objet, ce qui rend sa surface mate et supprime les reflets.
- Le dépôt subsiste quelques heures, mais comme il peut ultérieurement réagir sur le-métal, il est bon de l’enlever par lavage à l’eau, une fois que la photographie est prise.
- CONTRE LES PIQURES DE MOUSTIQUES
- La formule suivante donne, parait-il, d’excellents résultats pour calmer l’irritation causée par la piqûre des insectes, qui viennent troubler en cette saison notre repos nocturne :
- Essence de girofle.................25 cm3
- Baume du Canada................. 1 gr _
- Acétone............................ 5 cm3
- Xylol.............................. 5 —
- Formol commercial à 40 pour 100 . . 15 —
- Appliquer une ou deux gouttes de la préparation sur la piqûre et la démangeaison disparaîtra rapidement.
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- COMMUNICATIONS A L'ACADEMIE DES SCIENCES
- Séance du 25 mai 1936.
- Stéarate d’éthyle et tuberculose. — Par des injections bi-liebdomadaires de stéarate d’éthyle, MM. Nègre, Berthe-i.ot et Bretey sont régulièrement parvenus à retarder l’évolution des lésions tuberculeuses chez des cobayes inoculés avec des bacilles, soit du type humain, soit du type bovin. Cet ester paraît faciliter la sclérose des tissus attaqués. Il est à remarquer que les esters d’acides gras non saturés, l’oléate d’éthyle par exemple, augmentent, au contraire, l’activité des bacilles pathogènes.
- Électrisation propre des bactéries.— Mlle Choucroun soumet à l’électrophorèse, sous un champ de 20 V/cm, des émulsions de bacilles de Koch ou de bacilles pyocyaniques. Elle montre que la vitesse des individus, très variable lorsqu'il s’agit d’une espèce bactérienne sauvage, devient à peu près uniforme si on opère avec une lignée pure, issue par exemple d’un unique bacille. Cette vitesse étant en rapport immédiat avec l’électrisation superficielle des bactéries, il semble que cette dernière soit un caractère héréditaire et puisse permettre une séparation expérimentale des différentes lignées constituant une espèce sauvage.
- Présence de carbures dans les huiles végétales. —
- M. Marcelet est parvenu à extraire de l’huile d’arachide deux carbures C1S II30 et C19 Ii38, d’un goût très désagréable qui s’atténue ensuite pour rappeler la saveur particulière de l’huile traitée. L’auteur rapproche ce fait des remarques analogues relatives à l’huile d’olive; il est donc très probable que le goût de « fruité », particulier à chaque huile végétale, provient d’une petite quantité de carbures propres à chaque espèce. Le raffinage a souvent pour but d’enlever aux huiles ces carbures, dont la saveur déplaît aux consommateurs qui n’y sont pas habitués.
- Séance du 2 juin 1936.
- Décharges dans un champ magnétique. —M. Ionescu place dans un champ magnétique un tube à gaz émettant sous une pression de 10-4 mm de mercure un faisceau électronique parallèle au champ, issu d’un fil de tungstène chauffé, accéléré par deux grilles dont la seconde en anneau et reçu sur une plaque. Dans ces conditions apparaît entre l’anneau et la plaque un phénomène lumineux sous la forme d’un filament ou d’un cylindre de couleur violette qui devient blanc-bleuâtre si le champ dépasse 200 gauss. Le courant de plaque est sensiblement plus intense que l’émission du filament, la plaque cédant des électrons aux gaz du tube. Le phénomène persiste si on réduit par un conducteur la plaque et l’anneau. Il est brusquement interrompu par la suppression du champ tandis qu’il s’éteint lentement si on arrête l’émission du filament. L’auteur conclut à l’existence d’oscillations très puissantes provoquées par le champ magnétique.
- La diffusion atmosphérique. — M. Grisollet a étudié à l’Observatoire de Montsouris la diffusion de la lumière par les particules atmosphériques dont les dimensions sont en général trop élevées pour perxnettre d’appliquer les lois de la diffusion moléculaire. Il a observé et mesuré la nuit la lumière diffusée par un même faisceau à 45°, 90° et 135° ou par interposition d’un écran mat blanc. Les résultats obtenus par comparaison de l’intensité dans les différentes directions concordent avec la théorie d’Yves Rocard. La relation entre la quantité de lumière diffusée et le nombre de particules comptées avec l’appareil d’Owen est certaine mais reste assez lâche. Un rapport plus étroit existe entre la proportion de lumière polarisée dans le plan des faisceaux incidents et diffusés contenue dans la totalité de la lumière diffusée d’une part et l’angle de diffu-
- sion d’autre part. Ces deux quantités sont, assez exactement, inversement proportionnelles.
- Découverte du crétacé en Indochine. — Par la présence de lamellibranches (trigonies à chevrons) et de dinosauriens (liadrosauridés) au voisinage de Muong Phalane (Bas Laos), M. lloff'et peut affirmer la nature crétacée des terrains, alors que cette époque géologique ne semblait pas représentée en Indochine. Une mer à caractère lagunaire et vaseux aurait existé dans cette région où elle a déposé du sel et du gypse. Son âge est probablement cénomanien.
- Séance du 8 juin 1936.
- Générateur ionique. — Mme Moreau-Hanot et M. Pau-thenier font traverser un ioniseur tubulaire par un violent courant d’air chargé de poussières constituées par des sphé-rules vitrifiées provenant de la combustion du charbon pulvérisé. L’air est dirigé dans une sphère où les poussières abandonnent leurs charges électriques. Les ioniseurs sont placés dans les tubes de verre servant de supports isolants à la sphère. Avec une sphère d’un diamètre de 0 m 75, les auteurs ont obtenu un potentiel d’un million de volts sous un débit de 11 pA. Cet appareil a une certaine souplesse car on peut faire varier le débit avec la tension appliquée à l’ioniseur, la vitesse de l’air, sa teneur en poussières et la section des tubes où il circule. Par des améliorations nouvelles les auteurs espèrent parvenir à un débit de 25 p.A.
- Action photographique des métaux. — Beaucoup de métaux agissent à distance sur la plaque photographique; l’action est particulièrement intense pour le magnésium, le zinc et le cadmium, qui donnent une impression en quelques heures. Étudiant ce phénomène parallèlement aux indications d’un électromètre, M. Reboul montre que ces actions peuvent se rattacher, pour les métaux peu actifs, à l’émission d’un rayonnement X de faible quantum. En ce qui concerne Mg, Zn et Cd, il faut admettre que, suivant l’hypothèse de Russell, l’effet est renforcé par la production de traces d’eau oxygénée. Cette dernière serait produite par l’action du rayonnement sur l’air humide.
- Sucre d’érable. — Le sucre d’érable est d’un usage courant dans l’alimentation en Amérique du Nord. Il peut être fraudé par l’addition de sucre de canne ou de betterave. On juge de sa pureté en pesant le précipité d’une solution d’acétate basique de plomb par un poids donné de l’échantillon, déterminant ainsi un « indice de plomb ». MM. Riou et Delorme montrent aujourd’hui que les sucres bruts de canne ont des indices de plomb très voisins des sucres d’érable et permettent des adultérations difficiles à déceler.
- Séchage des plaques photographiques. — MM. Roig et Thouvenin montrent que les conditions de séchage des plaques photographiques ont une nette influence sur la densité optique des images. Par diverses mesures ils ont pu établir que cette densité varie proportionnellement au logarithme de la durée du séchage, ceci dans des limites de 4 à 6 pour 100. Si on provoque artificiellement un séchage extrêmement rapide de l’ultime zone humide, on peut exagérer le phénomène. D’une façon générale une plaque photographique séchant naturellement sera plus foncée sur les bords, où le séchage débute très lentement, qu’au centre qui, sur la fin, sèche très rapidement. Dans cette étude les auteurs entendent par durée du séchage le temps pendant lequel la gélatine se déshydrate effectivement et non le temps pendant lequel elle reste humide à partir de la fin du lavage. L. Bertrand.
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- LIVRES NOUVEAUX
- Arithmétique et géométrie sur les variétés algébriques,
- par André Weil, 1 broch. (collection des Exposés mathématiques). Hermann et Cie, Paris, 1935. Prix : 6 fr.
- Les thermostats pour les températures moyennes, par
- André Lalande. 1 broch. in-S, 54 p., 16 lig. Actualités scientifiques et i ndustrielles. Hermann et Cie. Paris, 1935. Prix : 15 l'r.
- Étude du fonctionnement des thermostats, principalement à chauffage électrique, examen de leur réglage et description des divers procédés de très haute précision.
- Activité et interaction ionique, par M. Quintin. Exposé théorique. 1 broch. in-8, 35 p., 14 fig. Actualités scientifiques et industrielles. Hermann et Cie, Paris, 1935. Prix : 8 fr.
- Thixotropy, par H. Freundlich. 1 broch. in-8, 51 p., 5 fig. Actualités scientifiques et industrielles. Hermann et Cie, Paris, 1935. Prix : 12 fr.
- La thixotropie est la transformation réversible de sol en gel qu’on observe dans les argiles, les oxydes de fer, le protoplasma, le latex, les peintures, etc.; sa généralité et son importance conduisent à chercher ses causes physico-chimiques, notamment le rôle des électrolytes
- Évolution de Vatmosphère. Circulation organique, époques glaciaires, par V. A. Kostitzin. 1 broch. in-8, 46 p., 5 fig. Actualités scientifiques et industrielles. Hermann et Cie, Paris, 1935. Prix : 12 fr.
- Traitement mathématique de la circulation du carbone, de l’oxygène et de l’azote; rappel des théories orogéniques, glaciaires, climatiques; conclusion sur la stabilité de la vie.
- Chaux, ciments, plâtres, par E. Leduc et G. Chenu. 2° édition. 1 vol. in-16, 340 p., 67 fig. Collection des manuels pratiques d’analyses chimiques. Béranger, Paris 1936. Prix : relié toile, 45 fr.
- Les auteurs indiquent avec précision les meilleurs procédés d’analyses, depuis l’échantillonnage en carrière jusqu’aux essais mécaniques en passant par les dosages d’eau, d’acidité, d’insolubilité, d’éléments chimiques, etc. Ils traitent ainsi les calcaires, les liants hydrauliques : chaux et ciments, les pouzzolanes, les sables, mortiers et bétons, les chaux grasses et le plâtre. Leur livre est le guide du laboratoire d’essais de ces matériaux.
- Problèmes du déterminisme génétique du sexe chez les plantes, par H. J. Maresquelle. 1 broch. in-8, 63 p. Actualités scientifiques et industrielles. Hermann et Cie, Paris, 1935. Prix: 12 fr.
- Examen critique par un botaniste des données génétiques qui apparaissent très complexes chez les plantes et qui ont donné lieu récemment à une théorie de la « quadrisexualité » s’ajoutant pour certains champignons à toutes celles déjà émises.
- La plasticité des protéides et la spécificité de leurs caractères, par Andrée Roche. 1 broch. in-8, 53 p., Actualités scientifiques et industrielles. Hermann et Cie, Paris, 1935, Prix : 12 fr. Exposé des conceptions actuelles, auxquelles l’auteur a contribué, basées sur la composition chimique, les poids moléculaires, les phénomènes de transport, la charge, la valence et le point isoélectrique l’état colloïdal, les spectres de rayons X. Les composants azotés de la matière vivante apparaissent à la fois stables et plastiques.
- Dana=Reports, publiés par la fondation Carlsberg. Reitzels Forlag Copenhague, et Oxford University Press, London.
- 1. Introduction to the Reports i'rom the Carlsberg Foundation’s Oceanographical Expédition round the world 1928-1930. 1 vol. in-4, 130 p. 2 fig., 8 pl., 1934. Prix : 16 sh.
- 2. Deep-sea Angler-Fishes (Ceratioidea), par C. Tate Regan et E. Trewavas. 113 p., 172 fig., 10 pl., 1932. Prix : 15 sh.
- 3. Les poissons apodes appartenant au groupe des Lyomères,par Léon Bertin. 56 p., 47 fig., 2 pl., 1934. Prix : 8 sh.
- 4. Untersuchungen über die Verbreitung, Biologie und Variation der Ceratien im südlichen Stillen Ozean, par E. Steeman,n Nielsen. 670 p., 73 fig., 11 cartes. Prix : 8 sh.
- 5. The genus Stomias Cuv. Taxonomy and biogeography, par Vilh. Ege. 58 p., 12 fig., 1 pl., 1934. Prix : 8 sh.
- 6. Flying-Fishes (Exocœtidea) ol' the Atlantic. Systematic and biological Studies, par Anton Fr. Bruun. 108 p., 30 fig., 7 pl., 1935. Prix : 15 sh.
- 7 et 8. Quantitative Investigations on the distribution of macro-plankton in different oceanic régions, par P. Jespersen. —-The Sea-Snakes (I-lydrophiidae), par Malcolm Smith. 50 p., 30 fig., 1935. Prix : 7 sh.
- L’oeuvre du Dr Jolis Schmidt n’a plus à être rappelée tant elle est universellement connue. Elle se termine par l’expédition du Dana autour du monde, de 1928 à 1930, pour élucider, entre autres, les mystères des anguilles du Pacifique. Après la mort prématurée et si regrettée du grand naturaliste, la fondation Carlsberg a assuré la mise en œuvre et la publication des derniers résultats dans cette série de rapports, dont l’intérêt ne le cède en rien aux précédents. 8 fascicules ont déjà paru. On y trouve un bref rappel de la circumnavigation, avec liste des stations et des sondages; une étude des extraordinaires poissons que sont les Cératioïdés, dont La Nature avait déjà signalé l’intérêt (n° 2756), à propos des premières récoltes du Dr Schmidt dans l’Atlantique. Bertin a révisé, d’après 64 individus nouveaux sur une centaine connus, ces entonnoirs vivants que sont les Eurypharynx et les Saccopharynx. Les Péridiniens du Pacifique, à peine explorés, ont fourni des données abondantes sur leurs formes, leur distribution géographique, leurs affinités avec ceux de nos mers. Les poissons du genre Stomias ont fourni à Ege un mémoire qui est un modèle de plus de là méthode patiente et précise nécessaire pour aboutir à des données définitives, classiques, en matière de bionomie; le même esprit a guidé Bruun dans la révision des poissons volants, bien plus variés dans les mers tropicales qu’on ne le pense ordinairement. Quelques renseignements sur les serpents de mer, vrais serpents qu’on trouve jusqu’au grand large, ont été réunis dans le 8e fascicule à une étude magistrale de la distribution du plancton à la surface de tous les océans.
- Ce sont là œuvres magnifiques, parfaites, qui peuvent servir d’exemples et qui ouvrent à l’océanographie biologique bien des voies nouvelles où s’engager.
- Géographie du Massif central, par A. Meynier. l vol. in-8, 240 p., 16 fig., 16 cartes et planches hors texte. Rieder. Paris, 1935. Prix : 25 l'r.
- Excellente monographie où l’on trouve les traits généraux : aspect, climat, eaux, végétaux, voies de pénétration, peuplement et émigration, puis l’étude des variétés régionales : les plateaux et bocages de l’ouest, les causses et canons du sud, les hauts plateaux du centre, la région industrielle stéphanoise, les volcans et limagnes, pour aboutir à une synthèse du rôle du Massif Central dans l’économie française. Des cartes, de bonnes photographies, une bibliographie abondante terminent l’ouvrage.
- Thalès. Recueil annuel des travaux de l’Institut d’histoire des sciences et des techniques de l’université de Paris, lro année, 1934. 1 vol. 184 p. Alcan, Paris, 1935. Prix : 30 fr.
- Récemment créé, cet Institut a voulu publier aussitôt un recueil. Il a donc réuni en volume quelques cours d’enseignement supérieur, les conférences qu’on a données à son siège, quelques mémoires et quelques notes, plus une bibliographie sommaire d’histoire des sciences. Dans un avant-propos, son directeur, le professeur Abel Rey, explique ce qu’il entend faire : asseoir l’enseignement scientifique sur des bases historiques, l’amener ainsi à contribuer à l’humanisme et sortir celui-ci de ce qu’il garde de formel, de survivances désuètes.
- La formation des habitudes, par P. Guillaume. 1 vol. in-16, 206 p., 15 fig. Bibliothèque de psychologie de l’enfant et de pédagogie. Alcan, Paris, 1936. Prix : 15 francs.
- Comment l’enfant apprend-il ? La psychologie expérimentale permet de séparer instinct et habitude, ce qui est maturation de l’esprit de ce qui est dû à l’éducation, et aussi de suivre les transformations de la perception, de la préparation mentale, de l’exécution motrice, comment s’éliminent les erreurs, comment cristallisent par l’exercice les inhibitions, les transferts. L’auteur, qui a observé les enfants et les singes, montre cet aspect de l’adaptation biologique fort intéressant à bien connaître pour le pédagogue et le psychologue.
- Traité des opérations commerciales de banque, par
- Henry Terrel et Henri Lejeune. 7e édition revue. 1 vol. in-8, 535 p. Masson et Cle, Paris, 1936. Prix : 36 1T.
- Une bonne étude technique du fonctionnement des banques est en tout temps un guide précieux; en ce moment elle acquiert en outre une valeur documentaire plus générale. Ce traité, dont les qualités didactiques sont prouvées par 7 éditions successives, expose l’ensemble des opérations bancaires aux multiples points de vue des ressources et du rôle économique des banques, de la nature juridique de leurs opérations, des risques courus, de l’importance de leur activité. Il débute par l’étude des bilans, puis examine ies crédits simples par le prêt ou avance de fonds et l’escompte; les opérations ajoutant des garanties au crédit de banque : gages, warrants, crédits documentaires, etc.; celles destinées à mobiliser ces crédits : acceptations, effets; les opérations accessoires telles que ducroire et caution. Un appendice signale les nouveautés de la législation récente et notamment les modifications apportées par les décrets-lois de 1935 aux effets de commerce.
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- NOTES ET INFORMATIONS
- ASTRONOMIE
- La comète Peltier (1936 a).
- Comme nous l’avons annoncé dans notre dernier numéro, la première comète de l’année a été découverte par M. L.-C. Peltier.
- L’Astronomie, dans son fascicule du 1er juin 1936, rappelle que M. Peltier est un amateur enthousiaste d’astronomie habitant Delphos, dans l’Etat d’Ohio, aux Etats-Unis. 11 possède un petit observatoire, muni d’un instrument de 0 m 15 d’ouverture et se consacre notamment à l’observation des étoiles variables et à la recherche des comètes. Il excelle dans cet art de patience, puisque la comète 1936 a est la cinquième découverte par cet observateur (les précédentes étaient : la comète 1925 /, la comète 1930 a, la comète 1932 k, et la comète 1933 a).
- M. H. Baldet, le savant astronome de l’Observatoire de Meudon, qui porte un si grand intérêt à toute question se rapportant aux comètes, a rappelé, dans L’Astronomie de 1934 (p. 180) l’amusante histoire suivante : M. Peltier recherche, avec son télescope de 0 m 15, les comètes ou, plus exactement, tout ce qui peut lui paraître nouveau sur la voûte céleste. Mais il n’a pas la documentation que possède tout grand observatoire, ni même d’instrument permettant de déterminer les positions précises des astres. Alors, il s’est entendu avec M. Van Biesbroeclc, de l’Observatoire Yerkes, auquel
- 11 télégraphie ses découvertes, au risque même de signaler un objet déjà connu.
- En 1932, il avait donc signalé à M. Van Biesbroeclc une comète qu’il venait de trouver, et l’astronome de Yerkes, lui répondit qu’il s’agissait de la Comète Kopfïl, en observation depuis le mois de mai.
- Le 8 août 1932, peu de temps après, M. Peltier trouve une comète assez brillante, de 8 e magnitude. La déconvenue précédente l’incite à la prudence, il se contente d’écrire à M. Van Biesbroeclc, en donnant la position approchée de l’astre : « Elle est si remarquable, dit-il, que je suis sûr qu’elle est déjà connue. C’est pourquoi, je vous écris au lieu de vous télégraphier. » Ce geste faillit lui coûter le bénéfice — tout moral •— de la découverte. 11 s’agissait, en l’occurrence, de la comète 1932 k, non signalée jusque-là, mais découverte le 9 août, indépendamment, par M. Whipple, sur une photographie, prise le 6.
- Et quand M. Peltier apprit cela, il écrivit à M. Van Bies-broeclc : « A l’avenir, je crois que je vous télégraphierai
- « tout ce que je trouverai, même si l’objet est plus brillant « que Vénus! » La nouvelle comète Peltier olïre pour nous un grand intérêt en ce sens qu’elle va devenir assez brillante et qu’elle sera visible à l’œil nu du 19 juillet au 16 août prochain.
- A l’observatoire de Meudon, M. F. Baldet l’a observée visuellement et photographiquement. La comète apparut d’abord comme une nébulosité diffuse de 2' environ de diamètre, avec une faible queue, assez large, de 6' de longueur, dans l’angle de position 320°. Au centre de la tête, une condensation plus brillante présentait un noyau stellaire de
- 12 e magnitude environ. L’éclat global photographique de la tête était de 9 e,5 à 10 e magnitude.
- Le même observateur, le 15 juin, a obtenu photographiquement les résultats suivants : chevelure de 3' de diamètre, magnitude globale de 8 e,4. Faible queue très évasée de 15' de longueur dans l’angle de position : 295°. A la lunette de 0 m 32, par instants, on voyait un faible noyau stellaire de 11 %5.
- De son côté, M. F. Quénisset, à l’Observatoire de Juvisy, a vu, le 19 mai, la comète comme une nébulosité allongée, à contours très vagues, de 8 e magnitude environ. Une queue très faible, d’environ 20' de longueur, dans l’angle de position, 325°, s’épanouissait légèrement en éventail à l’opposé du Soleil.
- M. Baldet vient de donner des renseignements particulièrement intéressants sur cette comète dans la Circulaire n° 6 11 du « Service des Informations rapides » de la Société astronomique de France. Tout d’abord, les éléments d’une orbite parabolique plus précis que les précédents, les observations de position s’étendant jusqu’au 28 mai. Ces éléments (reproduits d’après la Circulaire n° 379 de l’Observatoire de Harvard College) ont été calculés par le Dr. F.-L. Whipple et M. li.-E. Cunningham. Les voici :
- Epoque du passage au périhélie . . T = 1936 juillet 8,938
- (T. U.)
- Argument de latitude du périhélie . ÜJ Il H-^ 00 O CO O '3" )
- Longitude du nœud ascendant. ü = 133 53 28 ( (1936,0)
- Inclinaison i = 78 36 18 )
- Distance périhélie q = 1 098 60
- A l’aide de ces éléments, le Dr A.-C.-D. Crommelin a calculé l’éphéméride suivante (publiée dans la « Circulaire » n° 171 de la « British Astronomical Association ». M. Baldet l’a complétée par la magnitude photographique globale probable m. Pour la période du 23 juillet au 12 août, pendant laquelle la comète sera visible à l’œil nu, les positions sont données de de 2 en 2 jours. La partie avant le 11 juillet a été supprimée et pour les mois de septembre et octobre, l’éphéméride a été réduite à deux dates par mois.
- Magnitude photo-Distance graphique
- Ascension ---—-—— — - globale
- Date à oh. droite. Déclinaison. au Soleil à la Terre probable.
- Juillet 11 23' > 38“ 15° + 64° 6' 1,0993 0,6190 6,8
- — 15 23 27 46 + 61 42 0,5289
- — 19 23 14 32 + 58 12 0,4392
- — 23 22 58 28 + 52 31 1,1225 0,3505 5,6
- — 25 22 48 57 + 48 24 0,3081
- — 27 22 38 27 + 42 53 0,2679
- — 29 22 26 48 + 35 22 1,1455 0,2314 4,8
- — 31 22 14 4 + 25 10 0,2007
- Août 2 22 0 10 + 11 47 0,1793
- — 4 21 45 10 — 4 8 1,1779 0,1707 4,3
- — 6 21 29 14 — 20 16 0,1770
- •— 8 21 12 30 — 34 8 0,1968
- — 10 20 55 12 — 44 45 1,2173 0,2267 5,0
- — 12 20 37 42 — 52 27 0,2633
- — 16 20 3 34 — 62 1 1,2601 0,3478 6,1
- — 20 19 32 47 — 67 8 0,4397
- — 28 18 46 55 — 71 46 1,3621 0,6321 7,7
- Sept. 9 18 16 18 — 74 2 1,4784 0,9234 8,9
- — 21 18 16 53 — 74 47 1,6040 1,2086 0,0
- Oct. 3 18 36 21 — 75 6 1,7362 1,4832 10,7
- — 11 18 56 9 — 75 8 1,8264 1,6592 11,1
- Comme on le voit, la comète va se rapprocher beaucoup de la Terre, à 0,1707 unité astronomique le 4 août, soit environ 26 millions de kilomètres. On peut donc s’attendre, dit M. Baldet, à voir la comète à l’œil nu vers le 19 juillet. Elle augmeiatera d’éclat pour atteindre la magnitude 4,0 vers le 4 août.
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- Elle sera bien placée dans le Ciel, et passera au méridien vers 1 h. du matin. Malheureusement, la Lune gênera beaucoup son observation : en effet, le 4 août, la Lune, dans son plein, ne se trouvera qu’à 6° de la comète, au sud de a Verseau.
- Comme on le voit sur notre carte (üg. 1), du l'ait de sa proximité de la Terre, la comète se déplacera très rapidement sur le ciel; ainsi, entre le 2 et le 6 août, sa déclinaison diminuera de 8 degrés par jour. M. Baldet fait remarquer que ce déplacement sera facile à déceler directement dans le champ d’une lunette, lorsque la comète passera à faible distance d’une étoile.
- Après le 9 août, l’observation de la comète Peltier sera réservée à nos lecteurs de l’hémisphère austral. Em. Touciiet.
- Une, étoile nouvelle.
- Une brillante nova, de 3 e magnitude, vient d’être découverte dans la constellation de Céphée. Voici d’ailleurs le texte de la Circulaire n° 7 H du Service des Informations rapides de la Société astronomique de France, annonçant cette découverte : « M. F. Baldet nous communique le télégramme suivant, « envoyé par M. Strômgren, de l’Observatoire de Copen-« hague, le 19 juin, à 7 h 10 m : Nova troisième magnitude « deux degrés sud de s Céphée, Nielsen, Loreta. »
- Cette Nova se trouve en pleine Voie lactée, très près de l’équateur galactique. A l’Observatoire de Juvisy, M. F. Qué-nisset en a pris, le 20 juin, plusieurs photographies, qui sont de pures merveilles
- Fig. 1. — Trajectoire céleste de la comète Peltier (1936 a), du 31 juillet au 6 août, à l’époque de son plus grand rapprochement de la Terre.
- MINES
- L’acide carbonique liquide, explosif de mines.
- Depuis plusieurs années, l’acide carbonique liquide est employé comme explosif, en Amérique et en Angleterre, pour l’abatage du charbon. Dans ce procédé, connu sous le nom de « Cardox », on utilise des cartouches contenant de l’acide carbonique liquide et un élément de chauffage. A la mise de feu, le liquide s’évapore brusquement avec une énorme expansion de volume; il se dégage de la cartouche, pour se répandre dans le terrain environnant.
- Ce procédé, qui semble fort intéressant en particulier pour les mines grisouteuses, a été récemment expérimenté en France aux mines de Liévin. De l’étude publiée par M. Delbecq dans la Revue de l’Industrie minérale, on peut conclure qu’après une période d’étude approfondie et de minutieuse mise au point, le procédé a fait ses preuves. Il permet aux mines grisouteuses de bénéficier des avantages de l’abatage aux explosifs, ce qui leur était jusqu’ici interdit; le pic, le marteau piqueurs ou la haveuse seuls avaient place dans un chantier exposé aux dégagements de grisou. Mais le pic est un outil à main de faible rendement; le marteau piqueur est bruyant et fatigant;
- leur maniement est un art qui ne s’acquiert que par une lente formation. La haveuse est une machine à grand rendement, mais qui n’est utilisable que pour l’exploitation de couches bien régulières.
- Nous empruntons à l’étude de M. Delbecq la description des cartouches utilisées à Liévin.
- Le tube est en acier au chrome molybdène; l’acide carbonique y est introduit à basse température. Le chaulîage est assuré par la déflagration d’une charge de chlorate de soude paraffiné à laquelle on met le feu électriquement au moyen d’un inflammateur Gaupillat. Le tube est percé à l’une de ses extrémités d’évents obturés par des disques en acier doux qui se rompent alors que la pression atteint une valeur déterminée. Le gaz sort alors du tube. On a utilisé à Liévin deux types de cartouches, l’une de 11 kg, l’autre de 15 kg. La première mesure 1 m 20 de long, 0 m 05 de diamètre et contient 600 à 700 gr d’acide carbonique; suivant les disques obturateurs employés, l’acide s’échappe sous une pression allant de 1600 à 1900 kg. La seconde cartouche, longue de 1 m, mesure 0 m 065 de diamètre et contient 1100 à 1200 gr d’acide carbonique.
- Ces cartouches, on le voit, sont de véritables obus; au moment de l’explosion, ' elles subissent un violent recul qui tend à les projeter hors de leur forage; il y a là un danger en cas de présence de grisou ; danger aussi pour le personnel qui se trouverait sur la trajectoire de ce projectile. Pour y parer, la tête de la cartouche, en avant des évents, est munie de pattes d’ancrage qui sous la poussée du gaz libéré s’ouvrent automatiquement, s’incrustent dans le sol et immobilisent la cartouche.
- Le procédé que nous venons de décrire rapidement exige un matériel de cartouches qui semble assez coûteux; d’autre
- part le logement des cartou- Fig. 2. — La cartouche à acide ches dans le sol exige des trous carbonique.
- de mines d’une grande longueur et néanmoins, très réguliers. Le forage de ces trous ne va donc pas sans quelques difficultés.
- Signalons, d’après la Revue universelle des Mines, un autre mode d’emploi de l’acide carbonique, qui serait exempt de ces inconvénients. Ici l’acide carbonique ne joue plus, à proprement parler, le rôle d’explosif; il sert uniquement à créer autour de l’explosif utilisé une atmosphère protectrice rendant impossible le coup de grisou. Dans le trou de mine on introduit l’explosif de sûreté habituel, le détonateur et de la neige carbonique; puis on bourre à l’argile. Pendant le chargement, la neige carbonique s’évapore; le gaz carbonique bloqué par le bourrage prend de la pression et se répand dans les fissures environnantes et purge de grisou le trou de mine.
- La mise de feu se produit dans une atmosphère neutre.
- A. T.
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- BOITE AUX LETTRES
- QUESTIONS ET RÉPONSES
- Augmentation de sélectivité d’un récepteur.
- Votre appareil à batteries, de type ancien, comporte sans doute un étage d’amplification haute fréquence, une détectrice et deux étages basse fréquence. Il est difficile d’augmenter la sélectivité sans une complète transformation du montage que nous ne vous conseillons pas. Il ne paraît pas intéressant non plus de le modifier en vue de la réception des ondes courtes; vous pourriez adapter une lampe détectrice spéciale en utilisant seulement les étages basse fréquence du poste.
- Pour la construction de cet adaptateur, consulter :
- Les ondes courtes et ultra-courtes et leurs applications, par P. Hémar-dinquer et H. Piraux, Dunod.
- Réponse à un abonné d’Istanbul (Turquie).
- Calcul des éléments d’un circuit oscillant.
- La période T des oscillations d’un circuit comportant une capacité C et une inductance dont la self-induction est L, est donnée par la formule de Thomson^______________________________________
- T (secondes) = 2ti\/ LC (unités électro-magnétiques CGS).
- On peut encore écrire cette formule de la manière suivante qui indique la longueur d’onde propre V du circuit :_______
- }. (en mètres) = 1884 sJl (microlienrys) C (microfarads).
- Il existe des abaques donnant graphiquement les longueurs d'onde propres ou les fréquences propres des circuits dont on connaît l’inductance et la capacité. Voir, par exemple, Entretien, mise au point, dépannage des appareils radio-électriques, par P. Hémardinquer (Eyrolles).
- Réponse à M. Le Tourneur, à Basse-Terre (Guadeloupe).
- Appareils de vérification des condensateurs.
- Il existe deux sortes d’appareils pratiques pour mesurer la capacité en microfarads des condensateurs, ou pour vérifier leurs caractéristiques, et leur état au moment de l’essai.
- Les premiers sont les appareils de mesures combinés, pouvant servir à toute une série de mesures; tension; intensité, résistance, etc...; les autres sont des dispositifs servant uniquement à l’essai des condensateurs.
- S’il s’agit dans votre cas du contrôle de condensateurs fabriqués ou utilisés par vous, les modèles de la deuxième catégorie sont préférables, et nous, pouvons vous indiquer les constructeurs suivants parmi les fabricants ou représentants d’appareils de ce genre.
- Etablissements Da et Dutihl, 80, rue St-Maur, Paris (IIe).
- Etablissements Radiophon, 46, rue Lafayette, Paris (9e).
- Etablissements Chauvin et Arnoux, 190, rue Championnet, Paris (18e).
- Etablissements Bouchet, 30, rue Cauchy, Paris (15e).
- Vous pourriez trouver, d’autre part, des renseignements sur les appareils de mesure de ce genre dans l’ouvrage : Entretien, mise au point, et dépanage des appareils radio-électriques, par M. Hémardinquer (Eyrolles, Éditeur).
- Réponse à Établissements Oxyda,, à Nice (A.-M.).
- Alimentation d’un poste d’automobile.
- Les postes récepteurs de T. S. F. montés sur automobiles sont généralement alimentés à l’aide de la batterie d’accumulateurs de la voiture servant à l’alimentation des systèmes d’allumage, de démarrage et d’éclairage des châssis.
- Cette batterie de forte capacité a généralement une tension de 6 v ou de 12 v. Les lampes du récepteur de la T. S. F. sont désormais à chauffage indirect, et les éléments de chauffage sont alimentés généralement sous une tension de l’ordre de 6 v. Ces éléments sont ainsi montés en parallèle.
- Ces récepteurs sont parfois également du type « Universel », c’est-à-dire, peuvent être alimentés à volonté par le courant de la batterie d’accumulateurs de la voiture, ou par le courant d’un secteur d’éclairage continu ou alternatif. Dans ce dernier cas, les éléments de chauffage sont montés en série à l’aide d’un système d’adaptation, et non plus en parallèle.
- Le courant à haute tension de l’ordre de 100 volts et d’une intensité de de quelques dizaines de milliampères, nécessaire, d’autre part, à l’alimentation des plaques des lampes du poste, est fourni au moyen d’un dispositif de vibrateur ou d’une commutatrice.
- On obtient ainsi un courant alternatif de haute tension qui est redressé généralement par une valve à vide et filtré, avant d’être envoyé au récepteur.
- Parmi les constructeurs d’appareils de ce genre, nous pouvons vous indiquer les suivants :
- Établissements Électro-Pullmann, 58, route d’Orléans, Montrouge (Seine).
- Établissements P. Graff, 54, rue Saint-Sabin, Paris.
- Établissements Férix-Solor, 5, rue Mazet, Paris (6e).
- Réponse à M. Charvet, Ina (Dahomey).
- De tout un peu.
- IVI. Perrot, à Clamart. — L'odeur que vous constatez dans votre machine frigorifique est très probablement due à une légère fuite du gaz ammoniac dans la canalisation où il circule pour la réfrigération; sa présence vous sera confirmée par le bleuissement d’un morceau de papier de tournesol rouge placé à l’intérieur de la glacière; le remède consistera alors à rechercher où se trouve cette fuite et à faire la réparation nécessaire.
- Si l’odeur provenait de l’altération d’aliments entreposés, vous la ferez disparaître en mettant dans l’enceinte une soucoupe dans laquelle vous aurez versé quelques cma de formol du commerce.
- N. B. — Bien entendu, ne pas mettre d’aliments en même temps.
- M. Chandon-Moët, à Epernay. — Si vos photos ont été collées au moyen de la colle que vous indiquez, celle-ci étant à base de dexlrine, vous devrez obtenir facilement le décollement par simple immersion plus ou moins prolongée dans l’eau froide.
- J. B. D. L., à Grenoble. — 1° D’après les renseignements qui ont été publiés, la lessive « Persil » aurait une composition voisine de la suivante :
- Carbonate de soude cristallisé............ 63
- Silicate de soude.......................... 7
- Perborate de soude........................ 10
- Savon pulvérisé........................... 20
- 2° Le savon en paillettes est simplement un savon dont l’évaporation finale a été obtenue à la surface d’un cylindre métallique tournant horizontal, chauffé intérieurement par la vapeur et qui plonge par le bas dans un bac où se trouve la solution de savon à évaporer- une raclette détache à mesure, les paillettes ainsi séchées.
- IVI. Bourrelly, à Paris. — Pour clarifier votre liqueur d'oranges, il vous suffira d’y ajouter par litre, une cuillerée à bouche de lait ordinaire, ce qui produira une mixture trouble, peu appétissante, dont il ne faudra pas vous inquiéter, car après agitation et repos d’une heure ou deux, une filtration sur papier filtre blanc vous donnera un liquide limpide, brillant et de conservation parfaite.
- M. le Dr Gannat, à Vichy. — Les expériences mémorables de Galippe ont montré que les sels de cuivre en solution n’étaient pas toxiques et pouvaient seulement avoir un effet vomitif.
- Nous croyons donc qu’une canalisation en cuivre peut être utilisés sans inconvénient pour distribuer une eau de consommation, si on prend la précaution au début de laisser s’écouler une quantité d’eau suffisante pour que tous les sels solubles qui ont pu prendre naissance au moment de la soudure soient éliminés.
- Par la suite le dépôt intérieur de carbonate de chaux constituera un enduit protecteur empêchant le contact direct de l’eau et du cuivre.
- M. Jamar, à Liège.— Les rubriques commerciales sont insuffisantes pour qu’on puisse se rendre compte de la constitution des produite préconisés. Nous doutons fort que dans le cas d’un canot en toile caoutchoutée, la conservation puisse être beaucoup améliorée, à cause du vieillissement naturel du caoutchouc, qui jusqu’à ce jour est considéré comme inéluctable.
- C. R., à Melle-lez-Gand. —Pour peindre avec succès sur Eternil, il vous suffira de passer, préalablement, une ou deux couches d’une
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- solution concentrée de sulfate de zinc constituée par exemple de :
- Sulfate de zinc..................... 500 grs
- Eau ordinaire....................... 1000 —
- Dans ces conditions la chaux libre du ciment met en liberté de l’oxyde de zinc, en môme temps qu’il se forme du sulfate de chaux, tous deux inoffensifs.
- Après séchage parfait, on peut alors peindre, sans inconvénient, de la façon habituelle.
- M. Van Moortel, à Ostende. — Vous trouverez dans notre n° 2831, 15 avril 1931, p. 389 un article très complet de notre collaborateur Matagrin, sur le chromage électrolytique; nous vous prions de vous y reporter.
- Une des dernières formules de bain de chromage qui a été publiée est la suivante :
- Faire dissoudre de l’acide chromique dans l’eau, en proportion de 5 pour 100 environ, ajouter un demi-gramme de borax par litre, puis aciduler légèrement par l’acide sulfurique, sur la base de 0 gr 25 par litre.
- On maintient la densité du liquide électrolytique entre 1,15 et 1,20 à 20° C.
- L’objet à chromer étant placé à la cathode, dans le bain, on prend comme anode une plaque de chrome et on fait passer le courant sous une tension de 3 à 4 v avec un débit de 0,6 ampère par cm2, la température étant maintenue entre 30° et 40° C.
- Voir également dans la Revue de Chimie industrielle les n° 484, 1932, p. 105; n° 485, 1932, p. 139 à 144; n° 4S6, 1932, p. 176 où cette question est traitée d’une façon très étendue.
- (VI. Renaud, à Paris. — Le bois plastique est constitué par les éléments suivants qu'il est facile de se procurer :
- Sciure de bois fine.................. 300 grs
- Celluloïd..............................150 —
- Acétone............................... 550 —
- Après avoir laissé le celluloïd se dissoudre dans l’acétone, on y incorpore progressivement la sciure de bois et conserve en récipient fermant hermétiquement pour éviter le départ de l’acétone qui est très volatile (point d’ébullition 50°-55° C).
- N. B. — Si la masse durcissait par évaporation du solvant, il suffirait d’ajouter un peu d’acétone.
- Une fois bien sec, le bois plastique peut être coupé, poli et verni, il peut recevoir des clous ou des pointes, ne se fendille pas, résiste à l’eau, aux corps gras et aux intempéries.
- Comme les vapeurs d’acétone sont inflammables, éviter de travailler à proximité d’un foyer.
- M. Girard, à Paris. — Pour réaliser un écran dégradé sur mica, il vous suffira de placer sur celui-ci un cache en carton ayant la forme et les dimensions de la partie à réserver, puis de placer au-dessus à une distance de 10 à 15 cm, une toile métallique fine, tenue de la main gauche, tandis que l’on frotte sur ladite grille un pinceau brosse à poils courts et fermes, blaireau à barbe par exemple tenu verticalement, trempé légèrement dans une couleur à l’huile délayée assez clair.
- Par le frottement sur la grille, il se détache une pluie fine ou brouil-ard, qui se dépose sur les parties non protégées, pour obtenir le dégradé, on revient en partant des bords, presque jusqu’au cache en laissant un peu de partie claire et ainsi de suite; avec un peu d’habileté on arrive ainsi à un résultat parfait; la seule condition de réussite est de donner à la couleur une fluidité convenable, mais sans exagération pour ne pas laisser passer de grosses gouttes. C’est pourquoi il est bon de se faire la main par quelques essais préalables sur des feuilles de papier sacrifiées.
- Une fois le travail terminé, on enlève le cache et laisse bien sécher la peinture.
- N. B. •— Les vernis colorés peuvent également être employés en observant les mêmes précautions.
- Si vous disposez d’un aérographe qui permet de projeter le liquide pigmenté à l’état très divisé sous l’action d’un courant d’air, comme avec un vaporisateur, l’exécution sera beaucoup facilitée et plus rapide. (Adresse : Compagnie de l’Aérographe, 18, rue Réaumur). La maison pourra également vous fournir les couleurs nécessaires.
- M. Truillè, à Paris. — La désodorisation de l'eau contenant encore •des traces de chlore, ne présente aucune difficulté, car il suffit d’y ajouter une quantité minime d’hyposulfite de soude, produit absolument inoffensif, quand il est pur et qui se transforme, après oxydation par le chlore, en sulfate de soude également sans danger.
- M. Baudin, à Chedde. — Le procédé le plus simple pour dévernir est d’appliquer, avec une vieille brosse à peindre, de l’ammoniaque concentrée, qu’on laisse agir un temps suffisant pour que le vernis soit bien ramolli et susceptible d’être enlevé avec un chiffon sec.
- On rince ensuite à l’eau de savon tiède puis à l’eau pure.
- [VI. Guillauteau, à Sandillon. — 1° Vous pourrez préparer un très bon savon anti-cambouis en prenant :
- Savon blanc......................... 60 grs
- Eau non calcaire....................100 —
- Faire une pâte homogène par chauffage au bain-marie, laisser refroidir et ajouter en remuant :
- Alcali volatil...................... 15 grs
- Benzine............................ 450 cms
- 2° La Maison Pelliot, 53, rue de Chàteaudun, vous fournira tous produits chimiques par quantité.
- Bibliothèque de Luxeuil. —• L’indication Fussboden 01 ou huile à plancher, est insuffisante pour nous permettre d’identifier le produit qui vous intéresse et qui ne serait pas de l’huile de lin.
- Le mieux est de demander un échantillon à la personne chez laquelle vous avez vu utiliser ledit produit.
- M. Aubrique, à Bruges. — Vous pourrez vous procurer de Veau de roses à la Maison Roberty, 52, rue Notre-Dame-de-Nazaretli, à Paris et toute verrerie pour flaconnage de parfumerie chez Touret Morin et Cie, 36, rue des Vinaigriers, également à Paris.
- (VI. Royer, à Plessis-Trévise. — 1° Le nettoyage de chaussures de daim s’effectue simplement avec une petite éponge imbibée d’eau tiède savonneuse, en prenant soin que la température ne dépasse pas 30° C.
- 2° Pour délustrer les vêtements portés, il suffit de passer à la surface du drap un papier de verre ou d’émeri très fin, en opérant d sec, ce procédé donne de très bons résultats, sans altérer le tissu ni sa nuance, laquelle est plutôt avivée, seulement le drap est un peu amolli et rendu plus souple.
- M. José Louis Caro,à Santiago. — Le collage des éliquelles sur l'aluminium nécessite l’emploi d’une colle alcaline, la formule suivante vous donnera très probablement satisfaction :
- Amidon ou fécule.................. 30 grs
- Eau ordinaire..................... 35 —
- Après avoir délayé l’amidon dans l’eau froide y ajouter peu â peu :
- Lessive de soude à 25° B..........15 grs
- cela toujours à froid et en remuant constamment; au bout de quelque temps, le mélange s’éclaircit et donne une forte gelée qui est d’autant meilleure que le battage a été plus prolongé.
- Finalement pour conserver la souplesse on incorpore :
- Glycérine......................... 20 grs
- Cette colle tenue en flacons fermés se conserve très bien, n’aigrit pas et ne prend pas d’odeur.
- IVI. Hervochon,à Nantes.— Les ineuletles plates en acier sont habituellement constituées par du cor indou ou alumine à l’état naturel, fixée sur le support par une glaçure siliceuse, préalablement fondue sur le métal, puis saupoudrée de l’abvasif et le tout est enfin repassé au four pour réaliser la liaison.
- On peut prendre comme type d une glaçure de ce genre la formule suivante :
- Sable blanc très fin..............50 grs
- Minium pulvérisé.....................30
- Carbonate de soude sec...............30 —
- Acide borique........................10
- IV!. Le Dr Gannat, à Vichy. — Le sol à une certaine profondeur ne reçoit que des quantités minimes d’air et par suite d’oxygène, il en résulte que le milieu est réducteur et non oxydant, l’oxydation du cuivre de votre canalisation n’est donc pas à craindre si les tuyaux sont enterrés à une profondeur plus grande que l’atteinte d’un fer de bêche au moment du labour.
- IVI. Guillotreau, à Beauvais. — Le tissu qui vous intéresse est un lissu dit « suédé », constitué par une étoffe de coton qui a été enduite de caoutchouc dissous dans la benzine, puis saupoudrée de tontisse également de coton pour lui donner l’aspect voulu.
- Comme d’usage, pour vulcaniser le caoutchouc, on a passé à la surface, avant dépôt de la tontisse, une couche de chlorure de soufre en solution dans le sulfure de carbone.
- Ce sont les éléments sulfurés résiduels de cette fabrication, qui ont produit le noircissement de votre argenterie, en donnant naissance â du sulfure d’argent qui est noir.
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- DOCUMENTS ASTRONOMIQUES
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- Le mois de Juin 1936 a été exceptionnellement intéressant au |ioinl de vue astronomique, les phénomènes suivants ayant sollicité l’attention des observateurs.
- A la date du 19, l’éclipse de Soleil (totale en Sibérie) olïrait pour la France et quelques-uns des pays de l’Europe occidentale la particularité de se produire au lever de l’astre du jour. L’observation de ce rare spectacle avait pour principal obstacle ['opacité de la couche brumeuse de l’horizon, ou l’accumulation» en perspective, de nuages lointains.
- Les photographies ci-contre, prises dans ces conditions, montrent diverses phases de ce beau phénomène et permettent d’apprécier la légère variation d’importance de l’éclipse partielle, vue simultanément de la région de Paris et de l’ouest Je la France.
- L’éclipse de Soleil du 19 Juin, à travers les brumes el les nuages de l’horizon.
- Fig. 1.
- Vue de Sannois (Seine-et-Oise) à 4 h. 19.
- (Photo L. Dumser).
- Fig. 2. 3, 4.
- Vue de Donville (Manche) à 4 h. 16, 4 h. 28, 4 h. 40. (Photos L. Rudaux.)
- Jupiter avec la Tache Rouge, le 19 Juin à 22 h. 30.
- L’observation de Jupiter, dont l’opposition a eu lieu le 12 Juin, permet de constater que la bande tropicale sud s’est profondément modifiée en latitude et en importance tandis que la célèbre Tache Rouge, peu ou pas visible depuis longtemps, est à nouveau très apparente avec sa coloration caractéristique.
- Une Nova de 3e magnitude (signalée par le Dr Hofmeister à
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- Fig. 6. — La région de la Voie Lactée entre Cépliée et le Cygne, où est apparue la Nova.
- Cette dernière, au centre de la photographie, a été entourée ici d’un petit cercle noir,
- pour mieux la préciser.
- Fig. 7. — La position de la Nova Cephei.
- Fig. 8. — Saturne avant la disparition de l’anneau, le 22 Juin à 2 h. 45.
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- l’Observatoire de Babelsberg) est apparue le 19 Juin, dans la constellation de Céphée, au bord de la Voie Lactée. Son éclat paraît' devoir diminuer rapidement, tombé déjà à la 4e magnitude vers la fin de Juin.
- Enfin Saturne a présenté d’intéressants aspects par suite de la progressive disparition apparente de l’anneau.
- L. Rudaux.
- (Photos et dessins de l’Observatoire de Donville.)
- t.e Gerant : G. Masson.
- a45g. — t,np. Lauuri-:, rue de Fleurus, 9, à Paris. — 1 j 7 io36. — Published in France.
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- N” 2982
- LA NATURE
- I" Août 1936.
- LE CENTRE EXPERIMENTAL D AER
- DE GUIDONIA
- TIQUE
- Le 27 avril 1935, le Chef du Gouvernement italien venait inaugurer à Montecelio, près de Rome, une nouvelle cité de recherches, le centre aéronautique expérimental de Guidonia, ainsi nommé en souvenir du général Guidoni, tué au cours d’essais de parachutes de son invention.
- Le centre doit réunir en un même lieu, sous une direction unique et un contrôle facile, dans les conditions les plus économiques, tous les services scientifiques de recherches qu’exige l’aéronau-
- pour chaque genre d’études et de grouper les divers établissements autour d’un bâtiment central réservé à la
- direction et aux services administratifs, non loin de l’aérodrome de Montecelio qui est le grand champ d’expériences de l’aéronautique italienne, de façon à créer une liaison étroite entre les diverses recherches de laboratoire et leurs applications à la pratique. Chaque pavillon est isolé dans un parc où il pourra s’étendre à mesure des
- Fig. 1 (en haut;. — La route de Guidonia. De gauche à droite, le pavillon de la radio, les bâtiments de la direction, le pavillon de la chimie. Fig. 2 (ci-dessus;. — Une salle du laboratoire d'optique.
- tique moderne. Cette concentration de moyens techniques forme un ensemble harmonieux, organique, permettant les plus étroites et utiles collaborations. Il semble dépasser en puissance les orga-
- nisations analogues déjà créées en différents pays. LES INSTALLATIONS GÉNÉRALES On s’est proposé de construire un pavillon séparé
- Fig. 3 (ci-dessus). — Le laboratoire des instruments ggroscopiques. Fig. 4 (en bas). — Le laboratoire d’essais statiques.
- besoins ultérieurs (fig. 1).
- Le pavillon central de la direction renferme les services administratifs. Il présente deux ailes dont une est consacrée à la section d’optique et de photographie (fig. 2) et l’autre à la
- section des instruments de bord (fig. 3).
- La première section étudie, réalise et essaie les appareils spéciaux de l’aéronautique répartis en quatre catégories : 1° optique : objectifs, lentilles, obturateurs, viseurs et
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- photométrie ; 2° photochimie et sensitométrie; 3° photographie, reproductions, tirages, cinématographie ; 4° mécanique pour la photographie et les instruments des autres laboratoires. La deuxième section des instruments de bord est subdivisée en de nombreux laboratoires étudiant les altimètres, les gyroscopes, les instruments de contrôle des moteurs, les compas, les chronomètres, les vibro-graphes et les stroboscopes, les extincteurs d’incendie à bord. Un thermostat à atmosphère variable permet d’étudier le comportement des divers instruments dans les conditions de température et de pression qu’on rencontre jusqu’à 20 000 m d’altitude; une petite soufflerie aérodynamique fournit une veine d’air de 35 cm de diamètre pouvant atteindre jusqu’à 90 m à la seconde (soit 320 1cm à l’heure) pour tarer et contrôler les indicateurs de vitesse de bord.
- tiques du maréchal Balbo, au cours de divers vols de record et durant les opérations récentes en Ethiopie. Un laboratoire est consacré aux transmetteurs, un autre aux récepteurs
- A droite, un autre pavillon est consacré à la radioélectricité. On sait les services que l’aéronautique italienne a déjà tirés de la radio pendant les croisières transatlan-
- I 'g. 5 à 8. — En haut : Vue extérieure du pavillon aérodynamique terminé. — Au centre, à gauche : Les tunnels aérodynamiques de 2 m de diamètre, à veine libre. — En bas, Les conduits de retour des 4 tunnels au-dessous du plancher. — A droite : L’étude d’un modèle d’avion dans un des tunnels de 2 m de diamètre.
- et à la radiogoniométrie, un troisième aux mesures radio-électriques et oscillographiques, un quatrième à l’électro-acoustique, un cinquième aux applications spéciales : radioguidage, atterrissage sans visibilité, télévision, etc.
- L’énergie nécessaire est produite dans deux locaux situés sous ce pavillon. L’un contient les batteries d’accu-
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- mulateurs de grande capacité, l’autre les machines à haute et basse tension pouvant fournir de 300 à 10 000 v et des courants alternatifs de fréquence musicale jusqu’à 1000 périodes.
- A gauche, un pavillon tout entier est réservé à la chimie technologique dont le programme est extrêmement varié. On y trouve un laboratoire des carburants, un laboratoire des lubrifiants, un laboratoire des peintures et vernis, un laboratoire de chimie organique, un laboratoire d’essais de fatigue, un autre d’essais statiques (fîg. 4), un autre pour les ciments. D’autres laboratoires sont équipés pour la physique générale, la radioscopie, la photométrie, l’étude des substances luminescentes, les
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- dynamiques. Quatre sont construits en parallèle et donnent une veine libre de 2 m de diamètre (fig. 6) ; le vent est repris dans des conduits de retour (fig. 7) qui passent dans le souterrain. Le cinquième tunnel donne une veine circulaire de 3 m de diamètre, à axe vertical. Les quatre tunnels à axe horizontal peuvent donner un vent de 70 m par seconde (252 km à l’heure), au moyen de moteurs électriques à courant continu de 450 ch; le cinquième à axe vertical est actionné par un moteur de 150 ch.
- Les deux pavillons encore en construction contiendront chacun un tunnel. L’un sera à double retour, à veine libre de 3 m de diamètre et le vent pourra y atteindre
- Fig. 9 à 12. — En haut, à gauche ; Le pavillon d'hydrodynamique. Au fond, le bâtiment du canal. — A droite : Le canal et la voiture dynamo-métrique lente tirant un modèle de coque en essai. — En bas, à gauche : La voilure dynamométrique à faible vitesse. — A droite : La voiture
- dynamométrique à marche rapide, pouvant atteindre 108 km à l'heure.
- mesures de radioactivité, les analyses, la microscopie, les traitements thermiques, les essais de corrosion et de revêtements protecteurs.
- Chaque salle est fortement équipée de tout le matériel nécessaire pour les contrôles, les mesures, les nouvelles recherches.
- L’AÉRODYNAMIQUE ET L’HYDRODYNAMIQUE
- Les plus grands pavillons logent naturellement la section d’aérodynamique. Ils seront au nombre de trois; un est terminé (fig. 5), les deux autres sont en voie de construction.
- Celui qui est déjà équipé comprend cinq tunnels aéro-
- 100 m/sec (360 km à l’heure) grâce à un moteur à courant continu de 1800 ch; il servira aux expériences sur les modèles d’hélices et de plans à grande échelle. L’autre, à circuit fermé, est destiné aux essais à vitesses plus grandes que celle du son; on y réalisera sur une section carrée de 50 cm de côté, en air raréfié, des vitesses atteignant 555 m/sec, soit 2000 km à l’heure. On y a prévu un compresseur à plusieurs étages, une pompe à dépression, un dispositif de refroidissement pour réaliser les conditions des vols stratosphériques. La puissance mise en œuvre sera de 3125 ch.
- Le courant continu qui alimente tous ces moteurs est produit par des groupes convertisseurs; le moteur triphasé des groupes est alimenté à 6000 v. La mise en marche
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- et les réglages de vitesse sont commandés automatiquement à partir des postes d’observation.
- La section d’hydrodynamique est non moins importante; elle occupe un pavillon spécial (fig. 9) formé de deux ailes réunies par le bâtiment du canal. Celui-ci a une longueur de 442 m 50, une largeur de 6 in, une profondeur de 3 m 77; il contient 10800 m3 d’eau (fig. 10). Ses bords supérieurs ont été étudiés pour amortir les vagues créées par le passage des modèles. Il est longé par trois lignes électriques, une à haute tension, la deuxième en continu, la troisième en triphasé, et par des rails sur lesquels roulent les voitures dynamométriques. Celles-ci sont au nombre de deux; la première, destinée aux essais ordinaires à vitesse faible, peut atteindre 15 m/sec soit
- Fig. 13. — Le banc d’essai des hélices.
- 54 km/h; elle roule au-dessus du canal (fig. 11) ; la seconde, de conception plus neuve, atteint 30 m/sec, soit 108 km/h, la cabine et les appareils de mesure se déplacent au bord du canal et le modèle est suspendu à un bras latéral (fig. 12), ce qui permet d’opérer sur des modèles d’hydravions ayant jusqu’à 5 m d’envergure.
- Aux deux laboratoires d’aérodynamique et d’hydrodynamique est annexé un atelier pour la fabrication des modèles.
- LES ETUDES DE MOTEURS
- Il existait déjà à Montecelio un centre d’expériences sur les moteurs. Il a été annexé au centre expérimental de Guidonia, mais laissé en place, à cause du bruit et des trépidations. Il permet les essais de moteurs de tous les
- types et de toutes les puissances et de leurs éléments; les essais au banc d’hélices à pales fixes, réglables ou variables; les essais d’alimentation, de carburation, de refroidissement; les études des carburants et des lubrifiants; les tracés de diagrammes; les expériences sur la combustion et la détonation.
- Parmi les installations les plus remarquables, on peut citer celle de distribution des carburants qui permet à un seul operateur de faire les mélanges et de les répartir entre les 14 points d’utilisation, celle de distribution des lubrifiants, les circulations d’eau et les dispositifs de refroidissement, l’évacuation des gaz brûlés, la protection contre l’incendie. Une salle est installée pour les essais aux freins hydrauliques; une autre pour les corrosions à l’air; une autre pour les moteurs à refroidissement par l’air (avec deux souffleries : l’une pour moteurs de moins de 300, l’autre pour moteurs jusqu’à 800 ch; elles peuvent ventiler jusqu’à 300 km/h), une salle est destinée aux moteurs monocylindriques; une autre à ceux de moins de 100 ch; une autre encore aux mesures des pompes.
- Le laboratoire d’essai des hélices dispose d’un banc sur lequel sont montés deux moteurs de 1000 ch. Pour éviter les accidents par rupture de pale, on a construit un arc de protection en ciment armé muni de traverses de bois (fig. 13) et l’on peut projeter sur l’hélice une pluie artificielle.
- SERVICES GÉNÉRAUX
- A cet ensemble sont joints des services généraux : distribution d’eau, centrale électrique; réseau téléphonique; centrale de réfrigération; réseau d’évacuation des gaz brûlés et des vapeurs toxiques.
- L’alimentation en eau est assurée par la dérivation d’un aqueduc qui passe à 5 km de Montecelio; elle aboutit à un réservoir de 2000 m3.
- La centrale électrique comporte sept cabines de transformation situées aux principaux points d’utilisation et reliées à un réseau de distribution qui permet d’isoler ou de suppléer un point accidenté.
- Le réseau téléphonique est connecté à un central automatique; des réseaux locaux existent en outre dans chaque pavillon.
- La distribution du froid se fait à partir d’une tour réfrigérante et d’une centrale frigorifique situées dans le département d’essais des moteurs.
- La centrale thermique comprend 5 chaudières au mazout Gornovaglia de 590 m2 de surface de chauffe, à basse pression, à circulation forcée.
- Enfin, l’évacuation des fumées et des gaz est rassemblée dans un collecteur unique.
- Cet admirable ensemble d’installations expérimentales n’est pas encore complètement au point dans toutes ses parties, mais il est déjà en fonctionnement régulier. Il contribuera largement aux progrès de l’aviation italienne d’abord, aux études générales d’aéronautique ensuite. Cette concentration des moyens de recherche, la collaboration qu’elle permet entre les diverses disciplines scientifiques sont un bel exemple qui mérite d’être connu.
- Ing. Armando Silvestri.
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- LA RÉPARTITION DU PLANCTON DANS LES OCÉANS
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- Fig. 1. — Répartition du plancton dans l'Atlantique nord, au cours de trois séries de pêches à diverses latitudes, avec 50 à 300 m de câble (d’après P. Jespersen).
- Les méthodes de l’océanographie évoluent rapidement. Aux premières études limitées aux mouvements sensibles de la mer en surface, puis étendues à la distribution des couches d’eau d’après leurs températures et leurs salinités, sont venues s’ajouter, depuis le début de ce siècle, d’autres techniques dont l’application, au cours des grandes expéditions, a permis d’analyser la répartition de l’oxygène, du pH, des phosphates, des nitrates, des silicates et peu à peu de bien d’autres constituants dans un grand nombre de mers du globe.
- Certains corps ne peuvent provenir que des couches superficielles, l’oxygène par exemple qui envahit l’eau à partir de l’air, ou qui se dégage dans les couches superficielles éclairées, par l’assimilation chlorophyllienne des algues du plancton. D’autres, au contraire, les phosphates, les nitrates par exemple, viennent des fonds, de ces fonds obscurs où vivent des masses de bactéries encore bien mal connues, agents très actifs des remaniements des vases.
- Certains composés présentent des cycles annuels, concomitants de la pullulation du plancton qui nourrit tous les êtres marins, des baleines aux plus petites des larves. On voit, au printemps, s’élever le pH, augmenter les phosphates et les nitrates tandis que la mer se réveille et que les diatomées se multiplient; le plancton s’appauvrit ensuite quand nitrates et phosphates diminuent ou disparaissent.
- Les travaux des océanographes se sont portés en ces dernières années vers toutes ces analyses partielles de l’eau de mer, avec l’espoir d’y découvrir et les lois physiques des déplacements des masses d’eau et l’explication de la distribution géographique des êtres marins.
- D’autres ont mesuré directement les quantités d’êtres vivants qu’on trouve en divers lieux des mers. C’est ainsi que pendant l’expédition océanographique autour du monde, entreprise par le Dr Johs. Schmidt à bord du «Dana », de 1928 à 1930, que La Nature a déjà relatée^), on a pratiqué 2231 pêches pélagiques dans toutes les mers, sous toutes les longitudes, comme le montre le
- tableau suivant :
- Atlantique nord et Mer Caraïbe. . 333 pêches
- Pacifique et Mer de Tasmanie . . 295 —
- Région indo-malaise........... 329 —
- Ouest de Sumatra.............. 204 —
- Océan Indien.................. 284 —
- Atlantique sud................. 75 —
- Détroit de Gibraltar.......... 244 —
- Méditerranée...................467
- 1. Charles Rabot. L’expédition océanographique du professeur Johs. Schmidt autour du monde. La Nature, n° 2818, 1er octobre 1929.
- Chaque pêche était effectuée au moyen de filets coniques en étamine, fixés sur un cercle de 2 m ou de 1 m 50 de diamètre, tramés pendant une heure derrière le navire, au bout d’un câble dont la longueur déterminait la profondeur de pêche, celle-ci étant sensiblement moitié de la longueur filée. On recueillait ainsi, toujours dans les mêmes conditions, les animaux vivant à cette profondeur.
- Le filet remonté, on mesurait le volume du plancton recueilli, après en avoir retiré les poissons et les alevins,
- Fig. 2. — Répartition du plancton de profondeur, dans l'Atlantique nord, au cours de pêches faites avec 1000 à 5000 m de câble (d’après P. Jespersen).
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- puis on fixait l’échantillon pour en faire l’étude après retour à terre, à Copenhague
- M. P. Jespersen vient de faire connaître les résultats de cette vaste enquête (x), en y ajoutant les données recueillies autour de l’Islande et du Groenland de 1931 à 1934.
- Atlantique nord. — Les pêches planctoniques faites systématiquement pendant une traversée de Norfolk (États-Unis) au Golfe de Gascogne en passant par les Bermudes et les Açores révèlent une répartition très inégale représentée par la ligne I de la figure 1. La ligne II concerne un voyage plus au sud, de Gibraltar à Panama, via Madère et la Martinique; la ligne III une croisière vers le sud-ouest à partir des îles du Cap Vert. On y voit que les couches superficielles sont très peuplées au large des côtes européennes, vers 10° N, jusqu’à la longitude des Açores, puis le plancton devient peu abondant, notamment dans la Mer des Sargasses, pour augmenter au voisinage des côtes américaines. En allant du sud au nord, on trouve des quantités croissantes et vers le milieu de l’Atlantique, le plancton de la Mer des Sargasses est dix fois moins nombreux que celui du 50° N.
- Les couches d’eau plus profondes montrent tout autant
- 1. P. Jespersen. Quantitative Investigations on the distribution of Macroplanliton in different Océan Régions. Dana Report n° 7, 1935. Reitzels Forlag, Copenhague et Oxford University Press, London.
- d’irrégularités (fig. 2). Avec 1000 à 5000 m de câble, correspondant à des profondeurs d’environ 500 à 2000 m, on a recueilli une moyenne de 59 cm3 de plancton autour des Antilles, 68 dans la Mer des Sargasses, 275 à l’ouest des Açores, 493 au nord de ces îles; l’augmentation vers le nord continue jusque vers l’Islande et le Groenland. D’est en ouest, on trouve aussi un maximum le long des côtes africaines, du Maroc au Sierra-Leone, une raréfaction dans la Mer des Sargasses, plus grande encore dans la Mer Caraïbe, sauf aux très grandes profondeurs (3000 m de câble).
- Pacifique. — Au cours de la traversée du Pacifique, de Panama à la Nouvelle-Zélande, en passant par les Galapagos, les Marquises, Tahiti, Rarotonga, Samoa, Fiji, la Nouvelle-Calédonie et les îles Kermadec, le « Dana » a fait des pêches planctoniques avec diverses longueurs de câbles qui ont fourni à Jespersen le graphique de la figure 3. On y voit la richesse de la partie orientale, la pauvreté de la région centrale, de Tahiti à la Nouvelle-Calédonie, l’accroissement à mesure qu’on approche de la Nouvelle-Zélande, dans les couches supérieures. En profondeur, la baie de Panama présente des singularités; Jolis. Schmidt a déjà signalé sa pauvreté en oxygène entre 300 et 1500 m; les pêches planctoniques y montrent une faune beaucoup plus abondante qu’en surface tandis que c’est l’inverse plus au large.
- Fig. 3. —• Répartition du plancton dans les couches supérieures du Pacifique (d’après P. Jespersen).
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- Les couches supérieures les plus peuplées, à l’ouest des Galapagos, sont aussi les plus froides et les plus riches en nitrates et en phosphates. Les eaux entourant la Nouvelle-Zélande sont aussi fort peuplées, plus au sud qu’au nord, où la température est plus élevée,le plancton diminue entre la Nouvelle-Zélande et l’Australie, à mesure que la température se relève de 14 à 23°.
- Dans tout le Pacifique, les poissons et leurs alevins présentent deux maxima, l’un près de la surface (50 à 300 m de cable), l’autre beaucoup plus bas (2000 m de câble) séparés par un minimum dans la couche où traîne le fdet au bout de 1000 m de câble ; cette couche intermédiaire, profonde d’environ 500 m, est justement celle moins salée dont les eaux proviennent de l’Antarctique ou qui est à la limite de ces eaux et des eaux de surface plus denses.
- En Malaisie, aussi bien dans la Mer de Sulu que dans celle des Célèbes et le détroit des Moluques, le plancton est bien plus abondant en été qu’au printemps. Les maxima s’observent près de la surface dans l’est de la Mer de Chine, dans la Mer de Sulu, et plus encore entre Java et Sumatra. La diminution est faible en profondeur.
- Océan Indien. — Cet océan fut parcouru par le «Dana », de Sumatra à Ceylan, puis de Ceylan à Mombasa en passant par les Seychelles et le nord de Madagascar; le navire traversa ensuite le détroit de Mozambique, vers Durban et Le Cap. On trouva un plancton abondant dans les couches superficielles seulement en approchant de Madagascar et de Mombasa; les espèces dominantes étaient des Salpes, sauf en un point où les larves de Squilles pullulaient.
- Atlantique sud. — Du Cap, le « Dana » revint vers l’Europe par Sainte-Hélène, le Sierra Leone, les Canaries et Gibraltar. Il trouva trois régions successives très riches en plancton: à l’équateur, entre 10 et 20° N, entre les Canaries et le Maroc; ces masses étaient dues surtout à des Salpes, accompagnées de Siphonophores et de Pyrosomes.
- Méditerranée. — Les données sur le détroit de Gibral-
- Fig. 4. —• Répartition du plancton en Méditerranée dans les couches superficielles (d’après P. Jespersen).
- tar et la Méditerranée sont beaucoup plus nombreuses.
- Autour de Gibraltar, le plancton augmente d’avril à octobre et le maximum se déplace lentement de la baie de Cadix vers la Mer d’Alboran. En Méditerranée, la moitié occidentale est beaucoup plus riche que l’orientale et l’on observe une décroissance progressive à mesure qu’on se dirige vers l’est; en hiver, le plancton est beaucoup plus pauvre qu’en été. Là encore, un certain parallélisme existe entre la quantité de plancton et la teneur en nitrates de l’eau.
- *
- * *
- A cet ensemble de données nouvelles qui ont l’avantage d’être toutes de la même source, on pourrait ajouter les autres informations partielles recueillies en ces dernières années par différents navires océanographiques, notamment le « Meteor » et la « Discovery ».
- 11 faudrait aussi signaler la récente découverte, annoncée par Stanley Gardiner, d’une zone de l’Océan Indien, occupant tout le golfe d’Oman, où la vase du fond est chargée de sulfures et l’eau privée d’oxygène et d’êtres vivants.
- Peu à peu, à mesure que les expéditions se multiplient et que leurs moyens d’études se perfectionnent, la physionomie générale des océans apparaît, bien plus complexe et diverse qu’on n’aurait pu le supposer.
- René Merle.
- . LES “ TIRANTS GEANTS ”
- DANS LES CONSTRUCTIONS STATIQUES
- Nous voudrions signaler des applications récentes d’un curieux procédé de construction et de renforcement, basé sur la création d’énormes tractions internes au moyen de tirants en acier de très grande longueur. Il y a là une technique qui permet d’envisager les réalisations les plus paradoxales : des barrages ultra-minces, des pylônes de ponts suspendus résistant au renversement sans câbles de retenue, de gigantesques arches dépourvues
- de culées, n’exerçant sur les rives qu’une poussée très faible.
- La remarquable réussite des travaux de renforcement du barrage des Cheurfas, en Algérie, exécutée en terrain difficile, atteste qu’il s’agit là d’une technique déjà bien au point, à laquelle le service des Phares et Balises compte du reste faire appel pour la consolidation des tours en mer.
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- PRINCIPE DES TIRANTS INTERNES
- Tendre des haubans d’acier autour d’une construction pour lui donner de la stabilité constitue une opération classique; c’est la méthode utilisée pour les mâts de navire, les pylônes de T. S. F., les pylônes de ponts suspendus. Il est beaucoup plus curieux de placer ces haubans à Vintérieur de la masse d’une construction en pierre ou en béton de telle sorte que sous une apparence extérieure inchangée, cette construction se trouve soumise à une répartition générale des efforts toute différente.
- Strictement, le procédé n’est pas nouveau. On trouve dans les vieilles maisons des tiges de traction horizontales qui traversent toute la largeur de la construction
- Câble
- Barrage
- Scellements
- Fig. 1. — Coupe du barrage des Grands-Cheurfas, montrant la disposition des câbles verticaux de 1000 t.
- Le câble est scellé en haut dans une tête en béton pervibré et en bas dans le sous-sol résistant. Le cône (ou prisme quand il y a plusieurs câbles) de terrain formant lest utile, est représenté par AOB. (D’après
- le Génie Civil.)
- et se terminent par de larges « clefs » appliquées contre la muraille; on s’oppose ainsi à la formation de lézardes en « corsetant » le bâtiment. La création du béton armé, avec ses denses « ferraillages », a également permis de faire apparaître, dans le corps du matériau, des lignes de résistance à la traction très forte et placées au mieux de la résistance globale.
- Le procédé actuel repose sur un principe tout autre. Les maçonneries et notamment les maçonneries en béton n’offrent qu’une très faible résistance à la traction; aussi dans les calculs considère-t-on le béton comme n’ayant aucune résistance propre à la traction, les efforts de traction devant être supportés par des armatures métalliques. L’idée essentielle du procédé, due à MM. Freys-sinet et Séailles, est d’imprimer au préalable des compressions considérables à la maçonnerie par mise en tension
- d’armatures convenablement placées et intimement solidarisées avec elles; on forme ainsi un ensemble dans lequel la maçonnerie est apte à résister à des efforts de traction, ceux-ci n’ayant, en gros, pour effet, que de le décomprimer. Comme M. Freyssinet l’a montré, ce procédé n’est applicable avec avantage, dans le cas du béton, que si l’on emploie des bétons excellents ayant de fortes résistances à la compression et des aciers spéciaux travaillant à un taux élevé; sinon le retrait du ciment annulerait les tensions préalables données aux armatures.
- Ce procédé très général a donné lieu, en matière de barrages, à des applications remarquables sur les points suivants : dimensions colossales des tirants (plus de 50 m au barrage des Cheurfas), qui peuvent comprimer l’ensemble du bâtiment du haut en bas comme la courroie qui maintient fermé un accordéon; tension permanente considérable (1000 tonnes et plus par tirant) imposée au moment de la mise en place au moyen de vérins et vérifiée au cours de visites périodiques. De telles conditions n’ont pu être réalisées que par l’emploi d’aciers spéciaux travaillant à un taux de l’ordre de 80 kg par mm2.
- Soulignons ce détail caractéristique ; les tirants utilisés, formés de câbles en fils d’acier, sont logés dans des sortes des puits, sans adhérence avec la masse de la construction, à l’inverse des armatures du béton armé. Il s’agit donc bien d’une main géante qui vient appuyer sur un point unique de la construction afin de lui donner de la force. C’est à M. A. Coyne que l’on doit ces belles réalisations
- RENFORCEMENT D'UN BARRAGE
- Le barrage des Grands Cheurfas (-1) est construit sur le cours inférieur de l’Oued Mekerra, à 20 km de Saint-Denis-du-Sig, dans le département d’Oran. C’est un barrage-poids haut de 30 m et datant de 1882.
- En février 1885, une crue ayant emporté une partie du terrain d’appui et de l’ouvrage lui-même sur la rive droite, on fut obligé de le reconstruire non plus rectiligne, mais avec un angle de 128°, pointe en aval. C’est là une disposition qui n’est pas très favorable; de plus, le profil est maigre, les ancrages, autrement dit les encastrements au pied, ainsi que la consistance et l’étanchéité des berges, sont faibles. Des affouillements faisaient craindre pour le barrage le sort de celui de l’Oued Fer-goug, emporté par les crues de 1927-1928.
- Les travaux de renforcement, entrepris sur les directives de M. Coyne, ont consisté à charger de 37 000 t, la crête du barrage au moyen de 37 câbles verticaux scellés dans le massif rocheux et reliés à des têtes d’arrêt placées sur le barrage.
- A cet effet, on fora avec la foreuse à grenaille 37 puits à travers le barrage, descendant jusqu’à 23 m de profondeur en moyenne dans le terrain d’appui ; le diamètre de ces puits était de 20 cm avec, dans la partie inférieure, deux élargissements de 37 cm de diamètre.
- 1. Génie Civil des 8 et 15 février 1936.
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- Chaque câble, constitué par 630 bis d’acier spécial de 5 mm de diamètre, galvanisés et peints au üintkot, fut fabriqué à l’aide d’une tour roulante en charpente que l’on déplaçait de puits en puits; la tour portait trois plaques de diamètres décroissants, percées de 630 trous où l’on engageait les fils. Au centre était placé un tuyau de 25 mm de diamètre pour l’injection du ciment.
- Pour garantir le câble contre l’oxydation dans la traversée du barrage ainsi que dans le haut du terrain d’appui, toute cette partie du câble reçut un revêtement plastique bitumineux coulé entre deux chemises en toile à voile, séparées par une corde d’aloès enroulée en hélice qui maintenait l’écartement. La base du câble fut ensuite scellée dans les espaces renflés du puits au moyen d’une injection de ciment tandis que la tête était emprisonnée dans une tête tronconique en béton très soigneusement pervibré à l’aide d’aiguilles vibrantes plongées dans les interstices des boucles formées par les extrémités des bis.
- On procéda ensuite à la mise sous tension au moyen de trois vérins de 400 t, alimentés par trois pompes refoulant sous 350 kg par cm2 et posés sur des feuilles de plomb. Des cales à vis furent placées sous le bord de la tête puis on retira les vérins, le câble restant ainsi sous tension.
- Des difficultés pratiques provenant d’un sous-sol friable et même sableux firent craindre momentanément un échec. On recourut donc à une expérience à blanc : un câble de 630 fils fut scellé dans le sous-sol de la rive et l’on exerça sur lui un effort de 1000 t sans parvenir à l’arracher. On creusa ensuite une galerie pour aller examiner le scellement que l’on trouva en parfait état. Les travaux furent alors repris et donnèrent toute satisfaction.
- Les précautions à respecter dans ce genre de travaux sont tout d’abord de faire descendre le puits, donc la zone de scellement, à une grande profondeur, abn de bénéficier d’un lest naturel important; ce lest, ou charge de la base du câble, peut être considéré comme formé approximativement par le cône de terrain A O B de 90° d’ouverture (fig. 1). Il est imprudent de compter sur la cohésion du terrain, sauf dans le roc très dur. En second lieu, il faut donner au câble une très forte tension initiale abn qu’un léger tassement de terrain ne réduise pas cette tension à zéro. Enfin, la disposition en puits permet de mesurer périodiquement la tension en service.
- Un point important, en terrain « douteux » est de laisser une liberté complète au tirant entre son scellement inférieur et son point de fixation dans l’ouvrage; faute de cette liberté, il pourrait arriver que le scellement effectif se trouve beaucoup plus haut que la base et que le poids de terrain utile se trouve ainsi très diminué. Le bitume joue ici un rôle mécanique utile en permettant le glissement.
- Ainsi, un nouveau moyen de stabiliser les constructions est acquis et semble appelé à des applications nombreuses. Il apporte la possibilité d’augmenter de plusieurs mètres de hauteur et de plusieurs millions de mètres cubes la retenue de certains barrages-poids et cela sans vider le bassin, économiquement, avec une petite équipe de spécialistes et dans des conditions de sécurité accrues.
- APPLICATION AUX PHARES
- En ce qui concerne la construction des phares en mer, bâtis parfois sur une étroite arête de rocher, c’est une révolution complète. Déjà, sur l’initiative de M. Pétry, ingénieur des Ponts-et-Chaussées, le Service maritime du Finistère a entrepris d’installer dans le massif de fondation du phare de la Jument d’Ouessant une demi-douzaine de tirants de 1500 t qui apporteront une conso-
- Jêtes de tirants
- deV.E
- Gneiss très
- 6 tirants (1500t par tirant )
- Fig. 2. — Consolidation du phare en mer de la Jument d’Ouessant, au moyen de câbles de 1500 t. (D’après le Génie Civil.)
- lidation précieuse à cette tour exposée à de violents coups de mer.
- Quant aux grandes arches de ponts, elles pourraient recevoir des tirants logés en polygone dans leur épaisseur, enveloppant une courbe voisine de l’intrados, en même temps que des tirants verticaux assujettissant les culées sur le sol; ces culées pourraient ainsi être extrê mement réduites... Des réalisations très curieuses peuvent être attendues de cette nouvelle technique des « tirants géants ».
- Pierre Devaux.
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- 106 = L’ANATOXINE STAPHYLOCOCCIQUE
- LE STAPHYLOCOQUE
- Le staphylocoque, vu par Lücke, Klebs, Eberth, cultivé pour la première fois par Pasteur en 1880 (pus de furoncle, eau de Seine), décrit avec soin et baptisé par Rosenbach, est un des microbes les plus répandus.On le trouve dans l’air, dans les eaux, sur le sol et dans les poussières. Fig.l. — Furonculose chronique du dos. Non sans raison, certains auteurs disent que ce microbe nous assiège littéralement, puisqu’il existe même chez l’homme sain, à la surface de la peau, sur les muqueuses, dans le tube digestif, les bronches, les intestins, la bile, etc.
- Il se présente sous l’aspect de petits grains sphériques (coccus), mesurant en moyenne un millième de millimètre, plus petits dans les cultures anciennes, plus gros aux températures maxima. Ces éléments, quelquefois isolés, plus souvent groupés en courtes chaînettes, forment surtout dans les cultures des amas irréguliers, qu’on compare à des grappes de raisin, d’où le nom générique de staphylocoques.
- Certains auteurs ont voulu démembrer les Staphylocoques en trois espèces, d’après leur pouvoir chromogène : Staphylocoque pyogène doré (St. pyogenes aureus), Staphylocoque pyogène citrin (St. pyogenes citreus), Staphylocoque pyogène blanc (St. pyogenes albus), mais le pouvoir chromogène ne constitue pas un caractère fixe.
- Le staphylocoque se colore facilement par les couleurs d’aniline. Il est immobile, non cilé et ne forme pas de
- spores; il se multiplie par division. Aérobie facultatif, c’est-à-dire végétant aussi bien en l’absence qu’en présence de l’air, entre des températures de 10° à 44°, ce microbe se développe sur tous les milieux ordinaires. En bouillon à 30°, il se multiplie en quelques heures; ensemencé sur gélatine, il la liquéfie ; sur pomme de terre, coupée toute cuite, il donne, en deux à
- trois jours, une colonie épaisse, luxuriante, jaune d’or.
- Le staphylocoque est tantôt un saprophyte inofîensif, tantôt un microbe pathogène l’edoutable. Son action se manifeste par ces petits boutons blancs que chacun peut découvrir chaque jour quelque part sur sa peau; dans certains cas, elle provoque la furonculose (fig. 1), l’anthrax (fig. 2). L’infection de la lèvre supérieure, de la face, du nez, est particulièrement dangereuse en ce qu’elle est trop souvent suivie d’une septicémie fréquemment mortelle. Le staphylocoque peut encore se fixer sur l’os et développer une ostéomyélite (fig. 3-5) qui selon Pasteur n’est qu’un « furoncle de l’os ».
- C’est, avant tout, l’agent des suppurations aiguës : abcès chauds, furoncle, anthrax et ostéomyélite. Cependant, il peut aussi provoquer d’autres affections telles que : arthrites suppurées, endocardites, myocardites, péricardites suppurées, pleurésies purulentes, bronchopneumonies infantiles, péritonites purulentes, abcès du foie, infections des voies urinaires, infections génitales, etc., et on le trouve souvent associé à d’autres microbes dans les otites suppurées, les méningites suppurées, la diphtérie, les angines, etc.
- LES TOXINES STAPHYLOCOCCIQUES
- Le professeur M. Nicolle a dit :
- « Tout microbe est pathogène lorsqu’il se montre capable d’engendrer des troubles morbides. Tout microbe est toxigène lorsqu’il sécrète un poison spécifique. Tout microbe est virulent lorsqu’il se multiplie dans l’organisme attaqué et l’envahit plus ou moins rapidement et plus ou moins complètement ». Le staphylocoque est toxigène et virulent. Il sécrète un complexe de toxines redoutables qui sont assez bien étudiées. On y a distingué deux composants, l’un précipitable par l’alcool, qui détermine surtout des troubles respiratoires, des convulsions, du tétanos; l’autre, soluble dans l’alcool, qui provoque au contraire de l’anesthésie et des troubles cardiaques. Certains auteurs (Rodet et Courmont) considèrent les produits précipitables par l’alcool comme vaccinants et ceux solubles dans l’alcool, par contre, comme prédisposants. On a aussi signalé une substance qui altère les leucocytes normaux, la leucocidine, et une autre qui hémolyse les globules rouges, la staphylolysine. Quoi qu’il en soit, le staphylocoque provoque dans l’organisme la nécrose des tissus et, à l’abri des barrières nécrosées, il se multiplie sans être arrêté par les défenses habituelles de l’organisme (‘).
- L’ANATOXINE STAPHYLOCOCCIQUE
- Depuis que Roux et Yersin ont démontré que certains microbes sécrètent des poisons spécifiques (toxines) et que ces dernières sont capables d’engendrer les mêmes troubles organiques que le microbe, on s’essaie à vacciner avec ces toxines atténuées ou modifiées.
- 1. La Nature, n° 2975, 15 avril 1936.
- Fig. 2. —• Anthrax du cou.
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- Nous avons déjà exposé (n° 2963) les principes et les heureux résultats des vaccinations par les anatoxines diphtérique et tétanique du Dr G. Ramon, sous-directeur de l’Institut Pasteur.
- La toxine staphylococcique a pu être également transformée en anatoxine pour fournir un vaccin utilisable contre la plupart des affections staphylococciques. L’élaboration de la toxine staphylococcique dans les cultures est activée par l’acide carbonique (fig. 6).
- L’anatoxine staphylococcique provoque dans l’organisme, d’après Ramon, la formation d’antitoxine spécifique. Injectée, elle arrive par la circulation jusqu’aux foyers purulents où elle neutralise Y exotoxine qu’élaborent les staphylocoques. Elle protège ainsi les cellules et les tissus voisins, les empêche de se mortifier et arrête ainsi la pullulation des staphylocoques. La défense cellulaire et la phagocytose, jusque-là paralysées par l’action agressive de la toxine, s’exercent à nouveau sans entrave et, sous la protection de l’anatoxine, remplissent leur fonction habituelle et même probablement stimulée.
- Le sérum des malades d’affections staphylococciques non traitées renferme toujours de l’antitoxine, mais insuffisamment pour s’opposer à l’extension du mal et surtout pour en triompher. L’effet immunisant de l’anatoxine employée au cours du traitement se manifeste sérologiquement par une augmentation du taux d’antitoxine spécifique. Une statistique établie par les docteurs Ramon, A. Bocage, R. Richou et P. Mercier, sur 45 malades, atteints pour la plupart de furonculose, montre que le titre de leur sérum, qui était avant le traitement de 0,2 à 2 unités au plus, s’éleva à 2, 3, 4, 5, 7 et même 10 unités. Ces 45 malades furent tous guéris après 3 ou 4 injections d’anatoxine staphylococcique. Exceptionnellement, l’un d’eux, atteint d’acné, dut recevoir 6 injections, un autre, souffrant de la même affection, 8 injections et enfin un troisième, malade d’anthrax, 5 injections.
- APPLICATION PRATIQUE
- Mise en pratique depuis à peine un an, l’anatoxine staphylococcique a prouvé son efficacité surtout dans les furonculoses, anthrax et acnés. Plus de 30 000 injections ont été pratiquées et les rares insuccès n’ont été observés que chez des hyperglycémiques. Il va de soi que dans ces cas un traitement approprié de l’hyperglycémie est nécessaire afin de rendre le terrain plus apte à la production de l’antitoxine par injection d’anatoxine.
- L’action de Yanastaphylotoxine dans certaines maladies telles que l’ostéomyélite et la septicémie à staphylocoques est à l’étude. Dans le cas de l’ostéomyélite, la guérison sera, très probablement, difficile à obtenir; l’os est un tissu peu irrigué, qui se défend mal, où le microbe peut végéter et élaborer ses substances nocives à l’abri de la pénétration tant de l’antitoxine spécifique que des moyens naturels défensifs dont dispose l’organisme.
- Nous n’insisterons pas ici sur la conduite de la cure par l’anatoxine qui est du domaine du médecin. Notons que le Dr G. Ramon conseille, chaque fois qu’on a quel-
- Ostéomyélites des
- iibias (à gauche et au milieu) et d’un péroné (à droite).
- ques doutes sur la résistance du malade, de tâter d’abord son degré d’hypersensibilité, afin d’éviter les accidents possibles. D’ailleurs une notice jointe à chaque boîte d’ampoules d’anatoxine donne au praticien toutes les indications utiles à ce sujet.
- L’anatoxine staphylococcique du Dr G. Ramon est une belle découverte, puisqu’elle permet de guérir presque infailliblement les furoncles et les anthrax, notamment ceux de la lèvre supérieure, de la face, du nez et de la nuque, qui étaient jusqu’ici particulièrement redoutables.
- W.-N. Kazeeff.
- Fig. 6. — Préparation de la toxine staphylococcique.
- A droite, l’étuve à cultures. A gauche, le réservoir d’acide carbonique dont le passage bulle à bulle dans les cultures active l’élaboration de la toxine.
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- 108 = LES MACHINES A STATISTIQUES ^ ï
- LES TRIEUSES DE CARTES - LES CALCULATRICES
- (Voir n° 2980).
- Fig. 1. — Vue extérieure d'une trieuse. (Trieuse Hollerith.)
- Fig. 2. —• Principe de la trieuse électrique Hollerith, à déplacement continu
- de la carte.
- a) La carte C en mouvement continu, sous l’action du cylindre B, s’engage entre l’armature E de l’électro-aimant D et les lames de ressorts 9, 8, 7... 1, 2, 0, 11, 12.
- b) Le palpeur A ayant rencontré une perforation de la carte, un courant s’établit dans l’électro-aimant; l’armature E est attirée ainsi que les lames sous lesquelles la carte n’est pas encore engagée; un canal s’ouvre, dans le cas de la figure, entre les lames 5 et 4 et la carte est automatiquement aiguillée vers la case correspondante du classeur.
- Tous les documents comptables ayant été traduits en cartes perforées, comme il a été expliqué dans l’article précédent, il faut maintenant extraire de l’ensemble des cartes celles portant les indications correspondant au renseignement, ou à l’état comptable, que l’on désire obtenir. Cette opération est réalisée par la Trieuse.
- Quel que soit leur principe, ces machines présentent toutes le même aspect extérieur (fig. 1) ; un magasin d’alimentation dans lequel on empile les cartes à trier, un mécanisme d’exploration et, lui faisant suite, une série de douze cases numérotées de 1 à 12 et une case rebut. Les cartes triées sur une colonne déterminée iront, suivant le nombre perforé dans cette colonne, dans la case portant le même chiffre; les cartes ne portant pas de perforation dans la colonne vont à la case rebut.
- LE PRINCIPE DU TRIAGE
- Le principe du triage est extrêmement simple : supposons que dans un ensemble de cartes on veuille extraire celles portant l’indicatif 127 par exemple inscrit dans les co lonnes 17, 18 et 19. On commencera par « trier sur la colonne 17 » et, dans les cases de la trieuse on aura finalement, après passage de toutes les cartes dans la machine, dans la case 1, toutes les cartes ayant l’indicatif 1...; dans la case 2 celles ayant l’indicatif 2..., etc., et dans la case rebut, les cartes n’ayant aucune perforation dans la colonne 17.
- On prend ensuite les cartes tombées dans la case 1, les autres cartes étant remises dans les fichiers, et on trie sur la colonne 18. Quand l’opération est terminée, on a, dans la case 1, les cartes ayant l’indicatif 11; dans la case 2, les cartes 12, dans la case 3, les cartes 13, etc...
- On n’opère plus alors que sur le paquet de la case 2 (indicatif 12) et on trie sur la colonne 19. Dans la case 1 on aura les cartes 121, dans la case 2, les cartes 122, et dans la case 7 les cartes 127 qui nous intéressent spécialement.
- Nous avons donc en même temps, à l’aide de 3 passages, trié les cartes 120 à 129. Ajoutons que ces opérations peuvent être effectuées plus rapidement à l’aide de certains artifices.
- On peut craindre que, s’il s’agit d’un nombre important de cartes sur lequel doit s’opérer
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- le tri (nombre qui dans la pratique peut atteindre 100 000 et plus) le temps nécessaire à l’opération soit très long. Il ne faut pas oublier que, grâce aux perfectionnements des machines, celles-ci fonctionnent couramment à la vitesse utile énorme de 400 cartes à la minute, soit 200000 pour une journée normale de travail.
- LES MACHINES TRIEUSES
- Nous allons exposer rapidement les principes de fonctionnement des trieuses.
- Les cartes empilées dans le magasin ne sont extraites une à une par une navette munie d’un couteau et animée d’un mouvement alternatif. De même qu’un rabot, à chaque alternance, enlève un copeau, le couteau ici « rabotte » une carte du paquet et l’engage sous des rouleaux en rotation, analogues à des rouleaux de laminoir, qui l’amènent sous le mécanisme explorateur.
- Celui-ci diffère, suivant que l’exploration
- s effectue électriquement (type Hollerith), J?ig. 3. — Principe cle la trieuse mécanique Samas-Powers, avec exploration à l'arrêt.
- ou mécaniquement (type Samas-Powers).
- Chariot
- Roues synchronisées entraînant les cartes
- Magasin
- d’alimentation
- Verrou
- Matrices
- perforées
- Couteau dalimentât10." entraînant tes cartes une à une vers le chariot
- Bowdens reliant chaque aiguille du peigne de sélect au mécanisme d'ouverture de la case correspondante
- La trieuse électrique. — Dans la trieuse Hollerith, les cartes C, horizontalement alimentées, passent directement sous le balai A (fig. 2) et sur le rouleau de laiton B. Elles s’engagent ensuite sous une série de lames numérotées sur la figure 9, 8, 7... 0, 11, 12. Ces lames formées par un ressort élastique se prolongent respectivement jusqu’aux cases-réceptacles correspondantes, de telle sorte qu’une carte engagée, par exemple, entre les lames 8 et 9 ira tomber dans la case 9.
- Si la carte C est perforée par exemple au chiffre 4, elle avance, comme le montre la figure, sous les lames 9, 8, 7, 6 et 5, A ce moment, le balai A rencontre le trou perforé dans la carte et vient au contact du cylindre B. Celui-ci, grâce à un frotteur F, communique électriquement avec un électro-aimant D de triage dont les bobines se trouvent alors excitées. Elles attirent l’armature E qui s’abaisse alors, et crée une ouverture entre les lames 5 et 4 (fig. 2) dans laquelle s’engage la carte qui est ensuite conduite, par des rouleaux transporteurs, jusque dans sa case. S’il vient à passer une carte blanche, non perforée, dans la colonne explorée, le balai A n’établit pas de contact sur B, l’électro-aimant D n’est pas excité et n’attire pas son armature E vers le bas. En conséquence, la carte se trouve conduite vers la pochette « rebut ». La carte se trouve donc explorée pendant son déplacement, et son mouvement est continu.
- La trieuse mécanique. — Au contraire, dans le système mécanique (type Samas-Powers), la carte se trouve arrêtée pendant le temps nécessaire à son exploration, puis est ensuite entraînée par des rouleaux transporteurs jusqu’à la case correspondante.
- La figure 3 montre le principe de fonctionnement d’une trieuse mécanique Samas. Les cartes ne s’engagent pas ici dans des aiguillages formés de lames de ressort comme dans la trieuse Hollerith. Elles se déplacent, sous l’action d’entraînement de roues et molettes, sur un chemin constitué par des trappes mobiles fermant les cases. Quand une carte a été explorée, le mécanisme correspondant à la case dans laquelle elle doit tomber est actionné, et lorsque la carte dans son déplacement arrive devant sa case, la trappe se soulève et la carte tombe de la même manière qu’une lettre dans une boîte aux lettres. Le système d’exploration est très simple; et en même temps très sûr. La carte sortant du magasin d’alimentation, poussée par des rouleaux d’entraînement, vient s’arrêter contre une butée sous le peigne de sélection formé de 12 aiguilles montées sur un chariot détec-
- Fig. 4. — Fonctionnement des aiguilles d’exploration dans la trieuse mécanique
- Samas-Powers.
- a) Mécanisme dej’palpage. — b) Mécanisme du verrouillage de l’aiguille après qu’elle a traversé une perforation de la carte. — c) Le verrouillage ne peut fonctionner quand l’aiguille ne traverse pas une perforation.
- Verrou
- Verrou
- fd,
- J Verrou
- « " Carte
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- Bras décommandé de Axe du couvercle lhxe du couvercledecase_ de case_________________---------V '
- Doigt de désarmement '~^du ! inguet Galet
- \\ Linguet Levier coudé
- Mécanisme d'armement de la came /
- if \ Bowden
- Piston
- Rampe d'attaque dé la came parle piston
- K Doigt de verrouillage
- Bowden provenant de latëte de trieuse t et provoquant lën-foncement du piston
- Came
- ' Galet de roulement
- Axe de rotation commun aux 12disques
- Fig. 5. — Mécanisme d’ouverture des cases de classement dans la trieuse mécanique
- Samas-Powers.
- a) Un des 12 disques à 6 cames; chacun de ces disques commande le pivotement de la trappe du couvercle de la case correspondante, au moyen de l’une des 6 cames placées à sa périphérie, et armée au moment voulu par un piston mobile placé sous la dépendance de l’aiguille de sélection. — b) Détail du mécanisme d’armement de la came. (La boîte qui porte ce mécanisme est fixe tandis que le disque porte-cames est animé d’un mouvement de rotation continu.)
- teur animé d’un mouvement alternatif de bas en haut et de haut en bas.
- Quand la carte s’engage sous le peigne, celui-ci est en position haute; sitôt que la carte est immobilisée par la butée, le peigne descend. Les aiguilles qui ne rencontrent pas de trous sont arrêtées, tandis que celle qui se trouve en regard d’une perforation traverse le niveau de la carte et vient agir sur un poussoir. Celui-ci, par l’intermédiaire d’un câble bowden, actionne le mécanisme d’ouverture de la case correspondante. Le peigne remonte ensuite, les aiguilles se soulèvent au-dessus de la carte, à ce moment la butée d’ari’êt de carte s’efface, et sous l’action des rouleaux d’entraînement la carte se déplace sur le chemin formé par les trappes.
- Dans la figure 3, une carte s’engage dans la case 11,
- Fig. 6. —- La trieuse mécanique Samas-Powers.
- Vue perspective de l’ensemble du mécanisme d’ouverture des cases de classement, représenté sur la figure 5.
- Bras de commande de l’axe du couvercle de case.
- Axe de pivotement du cou vende de case __
- Couvercle de case
- Bowden
- tandis que la carte suivante est explorée et révèle une perforation 7.
- La ligure 4 montre le fonctionnement des aiguilles d’exploration. Evidemment, afin d’assurer la poussée des bcwdens, il faut que l’aiguille soit « verrouillée » mécaniquement, la puissance du ressort de rappel ne pouvant être augmentée sans crainte de marque ou de crevaison de la carte dans les zones où celle-ci n’est pas perforée.
- La figure 4 a montre en perspective la disposition mécanique du palpage. La ligure 4 b montre le verrouillage de l’aiguille après qu’elle a traversé une perforation de la carte, la ligure 4c, le cas où l’aiguille n’est pas verrouillée, n’ayant pas rencontré de perforation.
- L’aiguille qui ne rencontre pas de perforation pivote autour de l’axe a solidaire du chariot et entraîne l’axe mobile c qui, en tournant autour de l’axe b également solidaire du chariot, entraîne la plaque coudée d, verrou qui verrouille l’aiguille ou les aiguilles ayant traversé la carte.
- La carte qui vient d’être palpée, et qui portait la perforation 7 par exemple a permis l’enfoncement de l’aiguille 7 et la poussée du bowden correspondant qui commande l’ouverture de la trappe de la case 7. Mais ii faut que cette ouverture ne se produise que lorsque la carte, après avoir quitté la position de palpage, aura été entraînée jusqu’aux environs immédiats de la case 7. Il faut donc que le mécanisme d’ouverture de la trappe agisse avec un certain retard, qui dépend d’ailleurs de son numéro, c’est-à-dire de la distance que la carte doit parcourir avant d’arriver à sa case.
- Voici comment ce résultat est obtenu. Sur l’arrière de la machine, parallèlement à la rangée des cases, un arbre actionné par le moteur tourne en entraînant douze disques commandant chacun le pivotement de la trappe de case correspondant. Ces disques, dont la figure 5 représente le principe, comportent chacun six dispositifs identiques ou cames.
- Le bowden commandé par l’aiguille de sélection pousse un levier coudé (fig. 5 a) qui détermine l’enfoncement d’un piston. Celui-ci rencontre alors la came (fig. 5), provoque son basculement et la saillie du galet qu’elle porte. Le disque, continuant sa rotation, vient alors soulever le bras de commande de l’axe du couvercle de case (fig. 6) qui provoque l’ouverture de la case. Le linguet que porte la came rencontre ensuite le doigt de désarmement porté par le bras de commande, ce qui provoque l’effacement du galet.
- On comprend facilement que, suivant la position du piston d’armement de la came, le temps qui s’écoulera entre le moment où il aura fonctionné et celui où le galet ouvrira la trappe pourra être réglé de façon que la carte correspondante soit arrivée devant sa case.
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- * *
- Naturellement les trieuses, appareils fonctionnant à grande vitesse, sont munies de dispositifs annexes sur
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- lesquels nous ne dirons rien : arrêt de la machine, quand une case est pleine de cartes ou quand le magasin est vide; compteur donnant le nombre de cartes passées dans la machine ; compteurs individuels pour chaque case, dispositifs de sélection permettant de sortir en un seul passage les cartes portant un indicatif donné 7354 par exemple; dispositifs de sélection multiple permettant de sortir en un seul passage douze séries de cartes portant des indicatifs déterminés à l’avance, etc...
- *
- -i- *
- Les cartes ayant été triées, il faut maintenant traduire en clair les perforations, imprimer les renseignements indicatifs et totaliser les renseignements additifs. C’est le travail de la tabulatrice, ou calculatrice dont nous allons maintenant étudier les principes de réalisation. Nous examinerons d’abord les mécanismes d’impression, qui transcrivent les indications de la carte, puis les mécanismes de compteurs qui effectuent les totalisations désirées.
- LES TABULATRICES MÉCANIQUES
- La figure 7 montre le schéma de fonctionnement du mécanisme d’impression d’une tabulatrice mécanique Samas-Powers. La carte, prise mécaniquement dans le magasin, est amenée sous le bloc de palpage. Dans le cas d’une carte de 45 colonnes par exemple, ce bloc est constitué par deux plaques perforées chacune de 45x12 = 540 trous, comme dans la perforatrice automatique. La plaque supérieure porte 540 petits câbles bowden dont les autres extrémités aboutissent, par groupes de 10 correspondant chacun à une colonne donnée de la carte, à une réglette disposée sous les stops correspondant à une colonne d’impression.
- Au-dessous de la plaque inférieure se trouvent 540 aiguilles d’exploration, contenues dans une boîte qui est animée d’un mouvement de bas en haut. Quand la boîte monte, les aiguilles d’exploration qui rencontrent des perforations, soulèvent les stops correspondants par l’intermédiaire des bowden qui les surmontent. Les secteurs qui étaient au repos de telle manière que leur talon se trouvait au niveau du stop 0 sont alors libérés et, sous l’action de leurs ressorts, s’avancent vers l’avant jusqu’au moment où leur talon bute contre le- stop levé.
- Les marteaux sont à leur tour actionnés, frappent le caractère qui se trouve à leur niveau et l’impriment sur une feuille de papier portée par un rouleau de machine à écrire (non représenté sur la figure).
- Les secteurs sont ensuite ramenés par un râteau à leur position de départ, dès que la boîte porte-aiguille descend, que la carte libérée est évacuée et remplacée par une nouvelle prise dans le magasin. Mais le but de la tabulatrice n’est pas de traduire simplement en clair les indications de la carte. Il est d’obtenir des états comptables dans lesquels n’entrent que certains des renseignements de la carte, d’une part et, d’autre part de totaliser certains de ces renseignements. Par exemple, si on se reporte à la carte type représentée figure 1 de notre premier article, pour établir les commissions d’un représentant 310, il suffira, sur l’état, de faire figurer le numéro de
- :....' ...........: ........... = 111
- la facture, le numéro du client et le montant de cette facture, les montants devant être totalisés en fin d’état.
- A cet effet, entre les bowdens sortant du bloc supérieur de palpage et les bowdens aboutissant aux réglettes des stops, se trouve interposée une boite déconnexion qui permet de diriger les impulsions produites par l’exploration vers les secteurs intéressés, de ne pas les inscrire, de les totaliser dans un ou plusieurs secteurs, etc...
- La figure 9 représente une boîte à connexions, couvercle enlevé. On en comprend immédiatement le fonctionnement. La base inférieure qui s’applique sur la carte peut comporter, dans le cas d’une carte 45 colonnes, 540 petites tiges correspondant aux perforations possibles. A la partie
- Caractères___
- Boite à caractères-
- Secteur-
- Roue de totalisateur
- _ Dent de report
- Talon de secteur
- 9 o;0;
- Stop-basket
- Réglette
- Fils sortis de la boite de connexion
- Boite de connexion
- .Aiguilles d'exploration de la carte
- Fig. 7. •—- Le mécanisme de la tabulatrice mécanique Samas-Powers.
- supérieure qui se place sous les compteurs et commande les stops aboutissent les autres extrémités des tiges. Quand, à la lecture de la carte, un palpeur traverse un trou, il vient pousser l’extrémité inférieure d’une des tiges de la boîte à connexions et par son intermédiaire commande la montée de un ou plusieurs stops déterminés. En effet les tiges intérieures peuvent se bifurquer, être en Y à plusieurs branches, de façon que'plusieurs stops soient actionnés par un seul palpeur.
- Pour chaque état on utilise une boîte de connexions, et le passage de l’établissement d’un état à un autre se réduit au changement de la boîte à connexions, ce qui ne prend que quelques minutes.
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- Fig. 8. •— Tabulatrice mécanique Samas-Powers.
- COMMENT S’EFFECTUENT LES CALCULS
- Nous allons indiquer le principe de l’enregistrement et de l’addition ou de la soustraction des nombres par les compteurs. Sans entrer dans leur description qui nous
- Fig. 9. — Vue d’une boîte de connexions Samas-Powers.
- A la partie inférieure se trouvent les tiges sur lesquelles agissent les aiguilles de palpage quand elles traversent une perforation. A la partie supérieure les poussoirs commandent les bowden du mécanisme
- compteur.
- entraînerait trop loin, nous ne parlerons que de leur commande par les secteurs mis en mouvement par les stops.
- Tout d’abord, la marche normale, c’est-à-dire l’accumulation des nombres. Les roues compteuses placées sous chaque secteur (fig. 10) sont maintenues verticalement par un levier. L’action de la fourche A en se déplaçant autour de son axe C ne peut leur donner qu’un mouvement vertical les mettant en prise avec le bras de prise de la partie dentée du secteur d’impression.
- Un levier B, portant deux encoches D et E, commande le mouvement de cette fourche.
- Une pièce F portant deux ergots est animée d’un mouvement alternatif provoqué par la came en éventail qui reçoit son mouvement d’un excentrique monté sur l’arbre principal de la machine.
- En marche normale, l’encoche D du bras B est maintenue en prise avec l’ergot supérieur de la pièce F. La ligure 10 a montre la roue en prise au moment de la descente du secteur; la figure 10à la montre libre à la montée du secteur.
- Le déplacement angulaire du secteur étant proportionnel au nombre lu sur la carte, la roue du compteur tournera d’un nombre de dents proportionnel : le chiffre est donc enregistré. Le report des dizaines d’une roue compteuse à la roue adjacente ne présente aucune difficulté mécanique spéciale.
- Le contrôle automatique. — Le problème n’est cependant pas complètement résolu car il faut encore qu’au moment où toutes les cartes concernant le vendeur 321 de notre exemple auront défilé dans la machine et que la première carte du vendeur suivant se présentera, la machine s’en aperçoive et, avant de continuer son travail, inscrive automatiquement. le total des ventes, et que les compteurs reviennent à zéro, pour être en position de départ pour le décompte suivant. C’est ce que l’on appelle le « contrôle automatique ».
- La figure 11 montre comment le résultat est obtenu. Elle donne aussi le détail du fonctionnement des aiguilles d’exploration, figurée schématiquement sur la figure 7.
- Dans l’exemple choisi, quand le numéro du vendeur change, le total doit être déclenché. C’est donc les colonnes 10, 11 et 12 qui commanderont la manœuvre.
- En levant, pour ces trois colonnes, le taquet de commande (fig. 11), on met en prise la pièce a avec la glissière b et avec l’axe d qui, en pivotant autour de l’axe fixe e, commande le déclenchement du total.
- Après le passage d’une carte, le verrou c maintient les aiguilles / en position haute ou basse suivant qu’elles correspondent ou non à une perforation de la carte.
- Lorsque la carte suivante passe, les aiguilles g de la boîte à aiguilles inférieure sont verrouillées en position haute, si elles correspondent à une perforation. La boîte h monte ensuite cependant que le verrou c est provisoirement dégagé.
- Sous l’action combinée de leurs ressorts et des aiguilles g, les aiguilles / montent ou descendent si elles correspondent à une perforation nouvelle ou à la suppression d’une perforation de la carte précédente, c’est-à-dire si l’indicatif n’est plus le même.
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- Dans les deux cas, le doigt i fait déplacer la glissière b qui, par l’intermédiaire de a, pousse l’axe d et fait déclencher la prise de total.
- La prise de total. — Cette dernière manœuvre s’effectue de la façon suivante (flg. 12). L’axe de commande des totaux M a pivoté, commandé par la tige N actionnée par le contrôle automatique dont nous venons de parler. L’axe M entraîne la manivelle L et, par le ressort P, le bras B dont l’encoche E viendra, un demi-cycle après, coiffer l’ergot inférieur de la pièce F, inversant ainsi le mouvement. C’est-à-dire que les compteurs seront en prise pendant la montée des secteurs (fig. 12 b), avant l’impression du total, et hors de prise (fig. 12a) pendant la descente des secteurs. Dans ces conditions, c’est le nombre que marque le compteur qui sera frappé. C’est le résultat désiré. En même temps, on voit que les totalisateurs sont amenés à zéro au moment de l’impression et maintenus à zéro par leur mise hors circuit à la descente des secteurs après total.
- LES TABULATRICES ÉLECTRIQUES
- Dans les tabulatrices électriques, genre Hollerith, les mêmes opérations sont effectuées (enregistrement, inscription, prise de total, remise à zéro) à l’aide d’électroaimants arrêtant les pièces mécaniques en mouvement sous le contrôle de la carte perforée.
- Tout d’abord l’inscription en clair des indications portées sur la carte. Ici les caractères sont disposés non plus sur un secteur circulaire, mais sur une barre rectiligne dite « barre à caractères B » prolongée par une crémaillère C ayant autant de dents qu’il y a de caractères sur la barre et dont le pas est égal à l’intervalle séparant deux caractères (fig. 15). Cette crémaillère est constamment sollicitée vers le haut par un ressort puissant r mais se trouve maintenue par un bloc G dans lequel elle coulisse librement et contre lequel elle bute par la butée A. Cette pièce G peut prendre un mouvement alternatif de haut en bas sous la commande d’un levier mû par une came creuse D de profil approprié. Chaque fois qu’une carte est explorée, la came D accomplit un tour, la pièce G fait sa course alternative, et la barre à caractères B a monté, s’est arrêtée et est redescendue. Il faut arrêter la barre B dans son mouvement d’ascension de façon que, lorsque le marteau M est actionné au moment où la barre est arrêtée ( ce qui correspond à une partie concentrique de la came D), il frappe le chiffre perforé sur la carte.
- Ce résultat est obtenu de la façon suivante. La carte défile entre un balais de lecture et un cylindre conducteur, comme dans la trieuse. Elle est placée dans le magasin d’alimentation de façon qu’elle défile, le 9 se présentant le premier. C’est-à-dire que les chiffres seront lus dans l’ordre 9, 8, 1... 2, 1, 0, 11, 12. D’autre part, la rotation de la came D, par suite la montée de la barre à caractères B, et le déplacement de la carte sous le balai sont rigoureusement synchronisés de telle façon que, lorsque la perforation 6 par exemple passe sous le balai, la montée de la barre à caractères a amené le caractère 6 en regard du marteau. Il suffit donc de bloquer la barre à caractères dans cette position jusqu’au moment de la
- Secteur \ d’impression
- Roue du1 compteur
- \ commande d'un total
- Fig. 10. —- Mécanisme de commande des compteurs dans les calculatrices
- mécaniques.
- a) Une roue de compteur en prise avec le secteur d’impression quand celui-ci s’abaisse. — b) La môme roue libérée lors de la montée du secteur d’impression.
- frappe de l’impression. A cet effet, quand le balai de lecture rencontre le trou perforé 6, il ferme le circuit de l’électro-aimant E. Celui-ci attire son armature L, qui, par l’intermédiaire d’une tringlerie Lv libère le cliquet K qui bascule, sous l’action du ressort r, s’engage dans une dent de la crémaillère et la bloque. Quand la carte a entièrement défilé sous le balai, avant que la carte suivante se présente, l’impression est déclenchée et la barre à caractères ramenée à sa position de départ. Un ergot T repousse le cliquet K qui se trouve alors réarmé.
- Fig. 11. — Mécanisme du contrôle automatique dans les calculatrices mécaniques Samas-Powers.
- Position de total
- Taquet de commande
- /Position > neutre
- fkssaqe de la
- la carte
- **
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- Fig. 12. — Mécanisme de la prise de total dans les calculatrices mécaniques.
- Naturellement, il y a un seul balai commun et autant de balais de lectures que de colonnes à explorer, c’est-à-dire 45 ou 80; le nombre des barres à caractères peut atteindre 100 ou plus, suivant les états à obtenir. La came D, le levier L et la pièce G sont uniques et communs à toutes les barres.
- Comment s’effectuent l’addition et la soustrac=
- tion. — Nous allons maintenant donner le principe de l’addition et de la soustraction. Ces opérations s’effectuent très simplement (fîg. 14).
- Additionner consiste à faire tourner une roue de compteur du nombre de divisions correspondant au
- Fig. 14. — Principe de l’addition el de la soustraction dans une calculatrice électrique Hollerith.
- Arbre général des compteurs en rotation permanente
- Roue folle du compteur
- chiffre perforé dans la colonne de la carte lue. La roue de compteur est traversée par un arbre qui tourne constamment d’un mouvement uniforme.
- La rotation de cet arbre est synchronisée avec le déplacement de la carte sous les balais, c’est-à-dire que lorsque la carte se déplace sous les balais de la distance qui sépare deux chiffres consécutifs (un point de cycle), l’arbre a tourné de un dixième de tour. La roue du compteur est normalement folle sur l’arbre. Mais quand le balai de lecture rencontre une perforation, 6 par exemple, il ferme le circuit de l’électro-aimant d’addition E qui attire son armature A et libère le levier L qui, sous l’action du ressort R, pivote autour de l’axe C entraînant la pièce D, solidaire de l’arbre en rotation et engrène la roue du compteur. Quand la carte a défilé jusqu’au point zéro, un commutateur monté sur l’arbre général des compteurs actionne un électro-aimant de
- Sarre à caractères
- tuban d'impression
- \-—Feuille de papier Marteaux porte caractères
- Carte
- I Balai de * lecture
- Balai commun
- Fig. 13. — Principe de l’inscription dans la tabulatrice électrique
- Hollerith.
- débrayage qui, par l’intermédiaire du levier Lt désolidarise la roue du compteur de l’arbre et réenclenche le levier L.
- Dans l’exemple choisi, entre le moment où E a agi et celui où Ej débraye la roue compteuse, celle-ci a bien tourné de 6 points de cycle (6 à 0) et par suite a enregistré le chiffre 6.
- Pour la soustraction, l’utilisation de la méthode classique des compléments est très simplement réalisée. Lorsqu’une roue de compteur soustrait, l’électro-aimant d’embrayage E est automatiquement excité au point 9 du cycle; tandis que c’est l’électro-aimant Ej de débrayage qui est relié au balai de lecture. Par suite si une perforation 4 se présente sous le balai, la roue qui avait été embrayée au point 9 du cycle sera débrayée au point 4. Elle aura tourné de 9 — 4=5 divisions : elle aura donc enregistré un 5, c’est-à-dire le complément de 4.
- Remarquons que pour effectuer la soustraction, il faut
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- additionner le complément à 9 de tous les chiffres d’un nombre à l’exception de celui des unités, dont il faut additionner le complément à 10. A cet effet une connexion spéciale permet d’exciter l’électro-aimant E un point de cycle avant 9. Ce point est appelé arbitrairement 10. Si, dans la colonne des unités une perforation 4 par exemple se présente, la roue tournera de 10 — 4=6 divisions, elle enregistrera donc 6, c’est-à-dire le complément à 10 de 4.
- La prise de total. — Il nous reste à donner le principe du mécanisme qui déclenche la prise du total lorsqu’une série de cartes portant un même indicatif est tout entière passée dans la machine et que la carte suivante qui se présente porte un autre indicatif.
- A cet effet on utilise deux dispositifs de lecture identiques (fig. 15) dont la vitesse de rotation est rigoureusement la même et qui sont écartés d’une distance telle que les indications lues par les balais soient rigoureusement les mêmes. Quand un 3 par exemple défile sous le balai supérieur, c’est également le 3 qui se trouve sous le balai inférieur. Dans ces conditions on conçoit que si les deux cartes portent la même perforation, on pourra à travers les deux perforations fermer un circuit électrique tandis que si les deux perforations sont différentes, le circuit ne se fermera pas. Une réalisation schématique est représentée sur la figure 15. Le moteur de la tabulatrice peut être alimenté soit à travers le contact Gj soit à travers le contact C2. Le premier est toujours fermé en temps normal et C2 toujours ouvert.
- Quand une perforation de la carte 1 passe sous le balai inférieur de lecture, le circuit de l’électro-aimant (figuré en pointillé) se ferme, Ej attire son armature, tend à couper le circuit du moteur et à arrêter le passage des cartes. Mais si la carte 2 présente la même perforation que la carte 1, le circuit de l’électro-aimant E2 (figuré en traits pleins) se ferme, et l’électro E2 excité ferme C2. Le moteur est donc alimenté par le circuit de C2 et la machine continue à fonctionner. Si au contraire la perforation de la carte 2 n’est pas la même que celle de la carte 1, E2 n’est pas excité;
- C2 reste ouvert, le moteur de la machine s’arrête. En même temps, l’arrêt provoque la mise en marche d’un petit moteur auxiliaire dit moteur de prise de total qui détermine l’impression des nombres inscrits aux compteurs et ramène certains d’eux à zéro. Nous n’insisterons pas sur ces diverses opérations.
- *
- % *
- L’emploi de deux dispositifs de lecture simultanée de deux cartes confère à la tabulatrice une souplesse remarquable en permettant de « préparer » par la première lecture les opérations qui seront effectuées à la lecture sous le deuxième balai (soustraction dans une même zone, transcription alphabétique). L’électricité d’autre part, grâce à la souplesse et à la multiplicité des combinaisons possibles, a permis des réalisations uniques, comme
- Fig. 15. — Principe du mécanisme de la prise de total dans une calculatrice Hollerith.
- la multiplication, des opérations telles que (A X B) -j-C -f- D, la perforation automatique sur des cartes dites « récapitulatives » des résultats des opérations effectuées par les machines, etc... Nous n’en dirons rien, les quelques solutions de principe que nous avons schématiquement exposées suffisant à montrer l’ingéniosité, l’élégance et l’originalité des solutions qui ont abouti à la réalisation des machines à statistiques actuelles, qu’elles soient du type électrique ou mécanique.
- L’importance pratique des résultats qu’elles permettent d’obtenir justifie les efforts qu’elles ont nécessités. Importance multiple et difficilement appréciable a priori et
- Fig. 16. •— Une tabulatrice Hollerith à soustraction directe.
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- = 116
- que seule l’étude détaillée de leur application à chaque cas particulier peut mettre en évidence : problème de la paye, des prix de revient, de l’inventaire permanent, de la ventilation des comptes, questions d’assurances, de banque, etc...
- Dans tous ces domaines si divers, elles rendent des services qui expliquent leur diffusion de plus en plus grande : économie de personnel, sécurité dans les résultats obtenus, rapidité extrême (les trieuses fonctionnent couramment à 400 à 500 cartes à la minute, et les calculatrices impri-
- ment 100 lignes environ à la minute), grande variété des renseignements, en un mot tout un ensemble de résultats qui permettent, quelle que soit l’importance de l’entreprise, d’en suivre au jour le jour le développement et la marche. Les dirigeants peuvent ainsi prendre en temps utile les décisions nécessaires, en s’appuyant sur des renseignements mathématiquement exacts, et lutter efficacement contre les difficultés économiques actuelles.
- H. Vigneron.
- = LE COMMINGES PREHISTORIQUE
- L’ART MOBILIER MAGDALÉNIEN A GANTIES-MONTESPAN
- La majeure partie des vestiges préhistoriques que contient la grotte de Ganties à Montespan (Haute-Garonne) se trouve dans ses galeries les plus profondes; leur accès plus ou moins pénible nécessite toujours une immersion partielle dans la rivière souterraine en activité qui relie les entrées amont et aval de la caverne. Il est donc peu probable que ce réseau souterrain ait pu, à l’époque magdalénienne, âge des vestiges préhistoriques, constituer l’abri habituel des tribus qui l’avaient orné. Cette hypothèse se trouve confirmée par l’existence, à proximité de la grotte de Ganties à Montespan (rivière du Hountaou), de la caverne de Lespugue à Ganties, et des abris de la Roque à Montespan, dont l’accès aisé et l’emplacement permettaient un habitat facile. La carte (fig. 1) montre le voisinage immédiat des souterrains.
- La caverne de Lespugue, située au midi, à flanc de colline, est abritée à l’ouest et à l’est par les prolonge-
- Fig. 2. — L'enlrée de la caverne de Lespugue.
- ht?
- La Hountai
- oon
- Fig. 1. — La région de Ganties.
- ments du massif calcaire dans lequel disparaît le ruisseau du Hountaou ; elle domine de 20 à 25 m la base du cirque montagneux qui draine ses eaux vers la rivière souterraine, et dont le fond était probablement, avant la formation de celle-ci, occupé par un lac.
- La salle d’entrée de Lespugue, peu profonde, surplombe par un large porche (fig. 2) une terrasse inclinée d’où l’on découvre au loin les premiers contreforts pyrénéens. La plancher est sensiblement horizontal et la voûte à hauteur d’homme. Un couloir incliné et une faille verticale de 6 à 7 m de profondeur permettent d’accéder aux salles inférieures.
- Des fouilles effectuées dans les couloirs descendant de la salle supérieure (fig. 3), et dans les salles inférieures (fig. 3), ont donné à M. Cazedessus, instituteur, habitant Labarthe-Inard (Haute-Garonne), d’excellents résultats; sous les premières couches gauloises, gallo-romaines et néolithiques, assez riches d’ailleurs, une
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- Fig. 3. •— Plan de la caverne de Lespugue.
- quatrième couche a fourni de nombreux silex de facture franchement madgalénienne, et divers objets caractéristiques de la même époque, parmi lesquels :
- Des aiguilles d’os très fines; l’une en particulier (fig. 4), longue de 90 mm et percée d’un chas, put être retirée absolument intacte du gisement;
- Quelques hâtons de commandement, dont un seul entier;
- Des baguettes ornées d’incisions symétriques (fig. 4) et des dents de bovidés percées et entaillées (fig. 4);
- Quelques dessins sur os, schiste ou calcaire, dont la facture rappelle celle des gravures pariétales de la grotte de Ganties à Montespan.
- Le lieu dit de la Roque (fig. 1) fait partie de la commune de Montespan. 11 doit son nom à un éperon rocheux qui s’avance au milieu des prairies, le long de la rive droite de la Garonne, à l’altitude de 320 m environ; dans ce bloc calcaire, au sud, à l’ouest et surtout au nord, s’ouvrent quatorze abris de petites dimensions, presque entièrement comblés par les terres entraînées du plateau supérieur.
- Suivant M. Cazedessus,malgré la jDroximité d’un fleuve poissonneux et l’excellente situation dans la falaise de ces nombreux abris, leur exiguïté a rendu impossible un
- Fig. 4. — Objets et dessins préhistoriques trouvés dans la caverne de. Lespugue.
- habitat préhistorique stable ; ils n’auraient servi que de bref refuge aux tribus de la fin du Paléolithique, venues des cavernes plus importantes de Ganties (grotte de Lespugue), de Mar-soulas, et peut-être, en période sèche, de la rivière souterraine du Hountaou.
- Dans les abris de la Roque,
- MM. Cazedessus et Peyrony, en 1925, et, en 1929-1930, MM. Cazedessus et Mothe, ont procédé à de nombreuses fouilles, rendues très laborieuses par un remplissage important des cavités.
- Les silex trouvés abondamment au début des recherches sont de facture azilienne et magdalénienne; les dernières fouilles ont mis à jour, en particulier, de nombreuses plaques Fig, 5. _ Aiguilles d'os de schiste : M. l’abbé Breuil provenant de La Roque. mentionne l’existence de plaques (Dessin de M. Mothe.) de grès portant à une extrémité
- des traces de brûlures, dans le couloir resserré donnant accès à la caverne des Trois-Frères (Ariège); les plaques seraient, selon lui, des bougeoirs sur lesquels des mèches imprégnées de graisse joueraient le rûle de chandelles. 11 se peut que les plaques de schiste trouvées à la Roque aient été utilisées de la même façon pour l’exploration de cavités profondes comme la rivière souterraine du Hountaou. Plusieurs pièces d’un intérêt archéologique et même artistique indéniable ont été également découvertes dans les abris de la Roque (fig. 5) :
- Un harpon décoré de stries possédant un rang de barbelures ;
- Une sagaie en biseau;
- Fig. 6. •—• Tête de cheval de la rivière souterraine du Hountaou.
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- Une base de harpon très décorée;
- Une baguette demi-ronde striée obliquement du côté plat, et décorée de têtes de chevaux vues de profil sur la face bombée; en bout un dessin symétrique rappelle les ornementations d’une baguette trouvée à la grotte de Lespugue (fig. 5).
- Les têtes de chevaux très finement tracées ressemblent beaucoup à une gravure pariétale de dimensions plus importantes (fig. 6) relevée dans la partie aval de la rivière souterraine du Hountaou (grande galerie préhistorique).
- *
- •{: *
- Des comparaisons des différents vestiges préhistoriques
- des cavernes et des abris-que nous venons de décrire, il apparaît nettement que les tribus qui les ont fréquentés au Paléolithique supérieur ont été également celles qui ont laissé tant de manifestations artistiques dans la grotte de Ganties à Montespan ; celle-ci aurait été probablement, pour les Magdaléniens qui vivaient soit à Lespugue, soit dans les abris de la Roque, la grotte-sanctuaire, connue seulement par les initiés ou les magiciens de la tribu dans ses galeries les plus profondes; galeries où nous retrouvons maintenant la trace des pas des Magdaléniens, et sur les parois, sur le sol, dans la glaise ou dans le roc, les vestiges de nombreuses scènes d’envoûtement.
- F. Trombe et G. Dubuc.
- = LA DETECTION DES OBSTACLES =
- PAR LES ONDES HERTZIENNES ULTRA-COURTES
- On sait les dangers que le brouillard ou l’obscurité font courir aux navires : risques de collision sur les routes fréquentées, heurts contre un obstacle. On comprend donc l’intérêt que présente pour la sécurité de la navigation la détection automatique des obstacles. On a déjà réalisé, dans cette voie, des appareils de détection utilisant les ondes sonores, et d’autres qui font appel aux rayons infra-rouges.
- Les ondes hertziennes ultra-courtes offrent aujourd’hui un autre moyen de détection appelé à rendre de précieux services.
- Ces ondes, dont les propriétés sont voisines de celles des ondes optiques se réfléchissent ou plutôt se diffractent sur les obstacles : masses métalliques, ou roches. Leur propagation n’est gênée ni parle brouillard, ni par la pluie. Si donc un faisceau de rayons hertziens émis par un transmetteur rencontre un obstacle, une partie des ondes sera renvoyée dans la direction du transmetteur, et un récepteur convenablement placé mettra en évidence ce retour des ondes, révélateur de la présence d’un obstacle. Mais cette simple détection ne suffit pas.
- Il faut, de plus, pou-
- voir déterminer la direction de l’obstacle. Le résultat peut s’obtenir en utilisant des faisceaux étroits et d’une ouverture de quelques degrés. Les ondes très courtes de l’ordre de 16 cm se prêtent facilement à une telle concentration qui n’exige que des réflecteurs de petites dimensions.
- On est ainsi arrivé à préciser la position de l’obstacle à 5° près environ.
- Comme on ne peut produire de puissances supérieures à à quelques dixièmes de watts, la concentration des faisceaux émetteurs est encore nécessaire pour obtenir une portée suffisante.
- Dans ces condi tions, un faisceau fixe ne pourrait explorer qu’une région de faible étendue; il faut donc, comme avec les phares optiques, procéder par balayage. La vitesse du balayage doit être calculée, bien entendu, suivant la vitesse du navire et celle des obstacles dont on craint la rencontre. On effectue le balayage en pratique dans un angle de 40° de part et d’autre de la route suivie par le navire.
- Fig. 1. —Lampe triode employée pour la produclion des ondes hertziennes de 16 cm de longueur. (Type U. C.-16-S. F. 1L)
- Remarquer, dans l’ampoule, la tige verticale formant antenne.
- Fig. 2. — Le générateur d ondes ultra-courtes monté au foyer d'un miroir réflecteur parabolique.
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- LE SYSTÈME DÉTECTEUR MARITIME A ONDES ULTRA-COURTES S. F. R.
- 119
- Commande v mise au repos
- Commande
- . v/p halai/ane-
- Embrayage
- — Dispositif mécanique utilisé pour le balayage simultané de l’espace à la réception et à l’émission.
- Fig. 3.
- Des appareils détecteurs d’obstacles de ce genre sont déjà employés, en pratique, et montés, en particulier, sur le paquebot Normandie. Ils ont été réalisés par la Société Française Radio-Electrique.
- Le système émetteur est. formé par un oscillateur produisant des ondes entretenues de 16 cm de longueur, modulées à 7500 périodes. Pour produire ces oscillations de très haute fréquence, on emploie une lampe triode à grille chargée d’un modèle représenté sur la figure 1.
- On porte la grille de cette lampe à un potentiel positif de 250 v et la plaque à un potentiel négatif de 70 v par rapport au filament. L’énergie obtenue est transmise à une antenne vibrant en quart d’onde de 4 cm de longueur, qui est définitivement accordée sur la longueur d’onde émise, et placée, comme on le voit sur la figure, à l’intérieur de l’ampoule de verre elle-même.
- 11 ne reste plus qu’à monter la lampe au foyer d’un miroir parabolique de 75 cm d’ouverture, et de 12 cm de distance focale (fig. 2).
- Le faisceau engendré a une ouverture de 16° environ. On a choisi cette valeur pour éviter l’influence du mouvement du bateau sur le fonctionnement de l’appareil.
- Le système émetteur est alimenté par le courant continu de 110 v utilisé normalement sur les paquebots, en employant une commutatrice à courant alternatif et un système de redressement stabilisé.
- Le récepteur, de son côté, comprend une lampe identique à la lampe émettrice, mais qui fonctionne en détectrice. L’antenne de réception est également placée dans l’ampoule de verre elle-même, montée à l’intérieur d’un miroir parabolique identique à celui de l’émetteur.
- Le faisceau réfléchi par l’obstacle atteint le récepteur; le courant détecté est transmis à un amplificateur basse fréquence ordinaire, et la réception est obtenue à l’aide d’un casque téléphonique, et d’un système indicateur visuel. Le système de balayage est, à ce moment, automatiquement bloqué, et indique donc la direction de l’obstacle qui vient d’être détecté. On peut alors faire les mesures pour déterminer la position cherchée.
- Les oscillations entretenues sont modulées à une fréquence de 7500 périodes. On peut comparer, au moyen d’un oscillographe cathodique, la fréquence des oscillations à l’émission et à la réception, ce qui permet, tout au moins approximativement, de déterminer la distance séparant l’obstacle du navire.
- Le miroir récepteur doit évidemment suivre les mouvements du projecteur émetteur, qui balaye un angle de 40° de part et d’autre de la route suivie par le navire.
- La commande du balayage peut être obtenue automatiquement au moyen d’un moteur, ou à la main à l’aide d’un volant disposé sur le meuble contenant tout l’ensemble utilisé (fig. 3 et 4).
- De nombreux essais ont été faits pour déterminer les conditions d’utilisation et les résultats obtenus avec cet appareil, en particulier au cours d’un voyage du Havre à Dunkerque, puis à Rotterdam, et retour au Havre par Anvers. Dans une première série d’essais, les systèmes émetteurs récepteurs étaient montés indépendamment l’un de l’autre. Des échos sur la côte purent ainsi être reçus jusqu’à une distance de 10 km, et sur navires au large jusqu’à des distances de 7 km.
- Dans une seconde série d’essais, les deux projecteurs étaient couplés avec écran en cuivre empêchant le rayonnement direct de l’antenne émettrice sur l’antenne de réception. L’appareil a reçu des échos de navires situés à des distances de l’ordre de 7 km.
- En pratique, il semble prouvé que la détection peut désormais s’effectuer jusqu’à des distances de 7 à 10 km et la position de l’obstacle peut être fixée à moins de 5° près.
- P. Hémardinquer.
- . — Le projecteur et le réflecteur utilisés pour la détection des obstacles sur le paquebot Normandie.
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- = UN GRAND MAITRE DE LA SCIENCE ÉLECTRIQUE : MICHEL FARADAY
- Faraday est le type de l’inventeur, plus exactement du « découvreur » ainsi que le nomme J. Tyndall en son exposé de la vie et des recherches de ce grand savant : « Faraday as a discoverer. »
- C’est le plus sagace et le plus fécond des expérimentateurs.
- Ses mémorables découvertes forment les bases mêmes les plus importantes sur lesquelles repose, actuellement, l’industrie humaine. A l’époque actuelle, on peut, en effet, sans exagération, étant donné l’importance de l’électricité dans notre vie quotidienne, définir l’industrie tout entière : les applications pratiques du courant électrique.
- Or, ce courant électrique, s’il était obtenu, avant la découverte de l’induction par Faraday, d’une manière constante, grâce à l’invention de la pile et à ses perfectionnements par Volta et ses successeurs, ce courant on ne pouvait le produire qu’à un prix très élevé puisqu’il résultait de la consommation d’un métal cher, le zinc. — Les piles n’eurent d’ailleurs d’applications pratiques qu’en petite électrotechnique : télégraphie, galvanoplastie.
- En découvrant l’induction, Faraday permit de produire le courant électrique au moyen du mouvement. L’énergie électrique, si souple en ses applications, puisqu’elle revêt, à volonté et très aisément, les trois formes antérieurement connues d’énergie : la forme calorifique (échaufîement, jusqu’à la fusion, des conducteurs); la forme chimique (électrolyse, dont les phénomènes furent codifiés par Faraday lui-même); la forme mécanique (par l’utilisation des actions électromagnétiques) ; l’énergie électrique, dont cette souplesse d’application n’était alors handicapée que par le coût élevé de sa production, devenait susceptible d’être produite, grâce à la découverte des courants d’induction, avec la même souplesse et, de plus, sans frais exagérés et avec une particulière facilité.
- Par l’induction électrique, l’énergie mécanique, si abondante dans la nature, pouvait, à un prix relativement bas, être transformée en énergie électrique.
- Deux des appareils originaux construits par Faraday mettent en évidence les propriétés capitales des courants d’induction lesquels transformèrent l’industrie en permettant deux modes de transport de l’énergie :
- 1° Le disque de Faraday. — Un disque conducteur de 2 dm de diamètre tourne autour d’un axe H perpendiculaire, en son centre, à son plan. Le bord de ce disque passe entre les pôles d’un puissant aimant en fer à cheval. Par sa rotation le plan du disque coupe normalement les lignes de force de ce champ magnétique. — Un courant d’induction va, alors, parcourir tout circuit fermé par le rayon de ce disque en rotation, rayon perpendiculaire aux lignes de force du champ. Si la rotation est de vitesse uniforme, ce courant sera continu, d’intensité constante.
- Cette expérience de Faraday, c’est la machine dynamo élémentaire.
- Or, avant 1831, Faraday avait obtenu la rotation de ce disque placé entre les pôles d’un aimant, en y envoyant le courant d’une pile. Si donc on remplace, au regard d’un disque de Faraday de plus petite dimension, la pile par le disque de Faraday de 2 dm de diamètre, on met en évidence la réversibilité de cette machine élémentaire, réversibilité que ces expériences de Faraday établissent (fîg. 1).
- C’est l’expérience que Sir William Bragg répéta, avec les appareils memes construits par Faraday, lors de la célébration, en 1931, du centenaire de la découverte de l’induction.
- II. La première expérience d’induction de Fara= day du 29 août 1831. —- Un anneau de fer porte deux enroulements de fds de cuivre isolés, chacun placé sur une moitié de l’anneau. — L’un des enroulements est connecté à un galvanomètre; l’autre est momentanément relié à une pile. Chaque fois que le courant est établi ou rompu, le galvanomètre dévie (fig. 2). Nous donnons, en note, la traduction d’une page du cahier d’expérience de Faraday du 29 août 1831 (1).
- La figure 2 est la photographie de l’anneau de fer à deux enroulements réalisé par Faraday pour cette expérience.
- N’est-ce pas là, de toute évidence, le transformateur élémentaire ?
- Les découvertes de Faraday en chimie, en élec= trochimie et en physique. — Notons que cet homme de génie a non seulement découvert les courants d’induction, mais qu’entré au laboratoire de la Royal Institution le 18 mars 1813 (né le 22 septembre 1791, il avait alors vingt deux ans), il liquéfiait, en 1823, le chlore et, tant
- 1. J’ai pris un anneau de fer (fer doux) de 7/8 de pouce d’épaisseur et de 6 pouces de diamètre extérieur. Ayant enroulé sur la moitié un grand nombre de spires de fil de cuivre, les couches étant séparées par de la toile et de la ficelle, il y avait trois longueurs de fil, chacune d’environ 24 pieds, et elles pouvaient être connectées pour former un ensemble ou être utilisées séparément. Appelons A ce côté de l’anneau. De l’autre côté, mais séparé par un intervalle, se trouvait enroulé du fil de cuivre en deux parties formant ensemble une longueur de 60 pieds, le sens de l’enroulement étant le même que celui de la première bobine; soit B ce côté de l’anneau.
- J’ai pris une batterie chargée de 10 plaques de 4 pouces carrés. Ayant réuni les deux parties de la bobine du côté B et connecté ses extrémités par un fil de cuivre passant au-dessus d’une aiguille aimantée à 3 pieds de l’anneau de fer, on connectait ensuite à la batterie les extrémités d’une des longueurs du fil du côté A; on constate immédiatement un effet sensible sur l’aiguille. Elle oscille et revient à sa position initiale. En rompant la connexion du côté A avec la batterie, on a à nouveau une oscillation de l’aiguille (fig. 1).
- J’ai réuni tous les fils du côté A pour former une seule bobine et envoyé le courant de la batterie dans le tout. L’effet sur l’aiguille est beaucoup plus fort que précédemment. Cet effet sur l’aiguille n’est qu’une très petite partie de celui que le fil communiquant directement avec la batterie pourrait produire.
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- par ces premières liquéfactions de gaz que par celles qu’il réalisa en 1845, il ouvrit amplement et avec méthode le chapitre des recherches expérimentales qui devaient aboutir à l’air liquide; — qu’en 1825, il découvre la benzine; — qu’en 1832, il démêle les phénomènes si complexes et si divers de l’électrolyse, que ni Nicholson, ni Davy, son maître, n’avaient pu éclaircir et qu’en énonçant les lois de l’électrolyse, il fournit aux chercheurs qui continueront ces études un moyen sûr d’exploiter avec fruit le champ fécond de l’électrochimie qu’il vient ainsi de découvrir; — qu’en 1845, il pressent, le premier, la parenté entre la lumière et l’électricité et découvre le phénomène de la polarisation rotatoire magnétique; il ouvre, ici encore, un champ nouveau d’investigations.
- Par l’expérience de la rotation du plan de polarisation d’un faisceau lumineux, rotation obtenue au moyen d’un champ magnétique, Maxwell, son élève (qui répéta, d’ailleurs, avec son maître, cette expérience capitale), eut la démonstration expérimentale d’une relation entre lumière et électricité; — l’égalité du nombre V (vitesse de la lumière) et du rapport des unités électrostatiques et électromagnétiques n’était plus, dès lors, une coïncidence sans raison. Maxwell édifia donc une théorie électromagnétique de la lumière. La réalisation par Hertz d’ondes électriques se propageant tout autour d’un oscillateur confirma les déductions de cette théorie.
- Faraday domine donc, par la divination comme par sa contribution expérimentale capitale, le domaine si vaste des oscillations électriques et de leurs utilisations pratiques : la radiotélégraphie, la radiodiffusion, la télévision.
- En dehors de ces importantes découvertes, toutes capitales, Faraday apporta, en plusieurs domaines de nos connaissances, de magistrales contributions : il perfectionna la fabrication des verres d’optique, celle des aciers,
- etc...
- Devant tous ces résultats, on ne peut manquer de souscrire entièrement au titre de « prince de l’expérimentation » décerné à Faraday.
- La sagacité expérimentale de Faraday. — De
- nombreuses preuves de cette sagacité, vraiment géniale et hors de pair, dont ses publications fourmillent, je détacherai les trois suivantes :
- 1° Ii vient de liquéfier le chlore, en chauffant l’euchlo-rine de Davy (l’hydrate de chlore) dans un tube clos, en forme de V, dont une branche refroidie s’emplit d’un liquide jaune : le chlore liquide. Il le montre au docteur Paris, habitué du laboratoire. Du chlore liquide ! répond ce dernier, nullement convaincu; c’est de l’huile négli-geamment laissée dans le tube insuffisamment nettoyé. L’observation émeut l’amour-propre du jeune homme. Il souffle quelques petites perles creuses de verre, note la densité de la solution salée en laquelle chaque perle, numérotée, reste en suspension. Enfermant alors préalablement ces perles, qui vont lui servir de densimètre, dans la branche du tube en V où le liquide jaune se rassemblera, il détermine, par les perles qui surnagent et celles qui s’enfoncent, la densité approximative du liquide jaune, laquelle n’est nullement celle de l’huile. Le docteur Paris recevait de Faraday, le lendemain, ce
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- petit mot : « Cette huile, que vous avez vue hier, est décidément du chlore liquide. »
- 2° Il étudie le magnétisme des gaz. L’oxygène est paramagnétique, et plus l’oxygène est comprimé dans un même tube, plus ce tube est attiré par l’aimant. Et l’azote ? Est-il paramagnétique ou diamagnétique ? Comment annuler l’action du champ magnétique sur l’oxygène de l’air environnant ? Il imagine une balance de torsion spéciale : à l’extrémité du bras d’une balance de torsion, bras suspendu à un fd de soie, il fixe une traverse de 38 mm, rigide. Deux tubes, de verre très mince, scellés, contiennent le gaz étudié; ils sont fixés aux extrémités de la traverse. La balance est établie de façon que les deux tubes soient des deux côtés et à distance égale de l’axe magnétique, ligne joignant les pôles très rapprochés, d’un électro-aimant. Suspendant ainsi à sa balance deux tubes d’azote, il constate qu’alors même que l’un des tubes contient de l’azote sous forte pression, l’autre, de l’azote raréfié ou même le vide, l’établissement du champ magnétique ne produit ni attraction, ni répulsion. L’azote n’est ni paramagnétique, ni diamagnétique. Il se comporte comme le vide. Faraday
- Energie électrique
- énergie
- méca-
- nique
- Fig. 1. — Le disque de Faraday, mode de transport électrique de l’énergie par courant continu.
- En G, on fait tourner le disque dans le champ d’un aimant; en R, le disque tourne par l’effet de l’énergie électrique produite sous forme de courant d’induction et transportée par le circuit jusqu’en R.
- a matérialisé ainsi « le zéro magnétique » suivant sa propre expression.
- 3° Faraday pense que toute variation d’un champ magnétique doit déterminer un courant d’induction. Un courant qui s’établit doit donc produire dans son propre circuit un courant d’induction; de même lorsqu’il cesse. Mais comment montrer expérimentalement ce fait que son génie pressent ? Comment faire le départ entre le courant cause ou inducteur comme nous le disons aujourd’hui, et le courant effet ou courant induit, alors que tous les deux circuleront dans le même circuit, dans le même fd ? Quelle géniale simplicité dans la façon dont Faraday va séparer l’effet de la cause, au moyen d’un pont adroitement jeté entre deux points du circuit, pont contenant un galvanomètre dont l’aiguille, préalablement déviée par un obstacle, ne sera, dès lors, sensible qu’au seul courant qu’il veut déceler ?
- La figure 3 rappelle le dispositif, aujourd’hui classique, de cette expérience. Quelle ingéniosité, vraiment admirable de simplicité, pour séparer deux courants simultanés et temporaires se produisant dans le même circuit et, qui plus est, pour noter le sens même de ces courants
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- de self-induction que sa perspicacité a pressentis, sens qui diffère, d’ailleurs, de l’ouverture du courant étudié à sa fermeture !
- Aperçu de la vie et du caractère de Faraday. —
- Et cependant ce savant, dont l’œuvre fut si grandiose et si féconde, n’avait reçu aucune culture particulière; lorsqu’à vingt-deux ans, il entra au laboratoire de Davy, il n’avait été qu’à l’école primaire.
- Fils d’un pauvre forgeron du Yorkshire, chargé de famille (quatre enfants), gagnant péniblement sa vie, Faraday, au sortir de l’école primaire, à treize ans, avait été mis en apprentissage chez un relieur. Il fut bien souvent surpris lisant les livres qu’il devait couvrir de carton. Il avait lu ainsi, en particulier, l’ouvrage de Mme Marcet (x), « Conversations in chemistry » et quelques articles de « On the mind ». Les premières économies faites sur son salaire lui servirent à l’acquisition d’ouvrages scientifiques, à la construction d’appareils grossiers avec lesquels il répétait les expériences lues dans les traités. C’est ainsi qu’il s’était fabriqué une machine électrique avec une bouteille et quelques morceaux de bois.
- 1. Mme Marcet, née Jeanne Haldimand, à Genève (1769-1838), femme de Alexandre Marcet, chimiste suisse (1770-1822), banni de Genève en 1793.
- Fig. 2. — Premier dispositif d'expérience au moyen duquel Faraday découvrit les courants d’induction.
- Ce dispositif constitue le premier transformateur. Le transformateur est l’élément essentiel du transport de l’énergie électrique parcourants alternatifs : il permet, en effet :
- Au départ, d’élever la tension de l’énergie électrique, rendant ainsi cette énergie économiquement transportable à de très grandes
- distances;
- A l’arrivée, d’abaisser la tension, permettant alors d’utiliser cette énergie à la mise en marche de moteurs.
- ( Voir description détaillée, suivant une page du cahier d'expériences de Faraday du 29 août 1831, p. 120 ci-dessus, note 1).
- Un client du patron de Faraday, frappé des dispositions extraordinaires du jeune homme, l’emmena entendre un soir les dernières leçons d’un cours professé à la Royal Institution par Sir Humphry Davy. Davy possédait à un suprême degré le don de charmer son auditoire, à ce point, assure un de ses biographes, qu’il inspirait des passions et recevait des billets doux au sortir de ses conférences. L’impression qu’il fit sur Michel Faraday fut telle que le jeune relieur s’enhardit à lui adresser, le 23 décembre 1812, une lettre où s’exprimait un désir regardé par l’auteur comme un sentiment égoïste et presque coupable, « celui d’échapper aux travaux de son métier afin de s’enrôler sous le drapeau de la science, car », — s’imaginait le signataire — « elle doit rendre aimable et généreux tous ceux qui la cultivent ». Cette lettre était accompagnée de gros volumes in quarto dans lesquels Faraday avait soigneusement recopié des notes rédigées par lui d’après le cours de Davy.
- La réponse de Davy ne se fit pas attendre; elle est datée du 24 décembre 1812 et fort aimablement tournée. Il remercie le jeune relieur de la marque de confiance qu’il lui a donnée, lui dit que ses notes montrent une grande force de mémoire et d’attention et lui donne rendez-vous pour le mois de janvier. Faraday n’eut garde d’y manquer; le grand chimiste lui parla d’une place d’aide-préparateur vacante à la Royal Institution. Mais laissons parler Faraday : « Tout en contribuant à satisfaire mes aspirations scientifiques, il me conseilla de ne pas renoncer à la perspective que j’avais devant moi, me disant que la science est une rude maîtresse et que, pécuniairement parlant, elle récompense mal ceux qui se vouent à son service. L’idée que j’avais conçue de la supériorité morale des savants le fit sourire et il ajouta qu’il laissait à l’expérience de quelques années le soin de m’éclairer à cet égard. »
- Le résultat fut que Faraday fut engagé, le 18 mars 1813, comme aide de laboratoire avec des gages hebdomadaires.
- Entré, en 1813, à la Royal Institution, c’est en 1823 que Faraday commence à publier ses mémorables expériences sur la liquéfaction des gaz. En 1830 il fait d’importantes recherches sur les verres d’optique. En 1831, il découvre l’induction électrique et donne l’explication des phénomènes du magnétisme de rotation, jusqu’alors inexpliqués. La polarisation rotatoire magnétique date de 1845. Entre temps, le savant physicien trouvait les lois de l’électrolyse, découvrait les phénomènes si curieux du diamagnétisme. Davy fut vraiment bien inspiré de ne pas repousser la requête du jeune relieur.
- En 1813, Davy était à la fois professeur de chimie et chef du laboratoire de la Royal Institution. Plus tard, il remit sa chaire entre les mains du professeur Brande, mais il insista pour que Faraday fut nommé directeur du laboratoire et cette insistance mit à même plus tard Faraday de garder toujours à la Royal Institution une position indépendante et nettement définie.
- Un jour, en 1851, Faraday étant alors arrivé au faîte de la gloire, un jeune chimiste français, Ebelmen, se rendit à Londres, appelé comme membre du jury international de la première exposition. A peine arrivé, il s’empressa de voir Faraday. On parla de Paris, des amis
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- nombreux que le célèbre savant y comptait et des recherches qui les occupaient. Quand Ebelmen prit congé de Faraday, ce dernier le pria d’assister à la dernière leçon de l’année qu’il devait faire à la Royal Institution.
- Le jour venu, Faraday fait asseoir son jeune confrère à sa droite, et là, devant la brillante assemblée qui remplissait l’amphithéâtre, il annonce que le sujet de sa conférence sera l’exposé des travaux que le jeune savant français, qui se trouve à côté de lui, vient de publier sur la reproduction artificielle des pierres gemmes, du corindon et du spinelle. Ce trait de bonté de Faraday qui, plutôt que de louer par de vaines paroles un collègue étranger, le présente à ses compatriotes en faisant ressortir ses recherches, se passe de commentaires.
- Quand on offrit à Faraday le titre, si recherché en Angleterre, de baronnet (titre qui donne droit de faire précéder le nom de baptême du mot Sir), il répondit que ce titre ne devant lui rien apprendre ne pouvait lui être bon à rien.
- « Humblement à vous », terminait-il une lettre au doyen de St-Paul. Son ami Tyndall (x) l’ayant critiqué sur l’adverbe. « Fort bien Tyndall », dit-il, « mais je suis humble, et cependant on se tromperait beaucoup si l’on pensait que je ne suis pas fier ». Cette dualité était essentielle à son caractère, on la retrouve partout. Il était démocrate, prêt à s’insurger contre toute autorité qui aurait prétendu limiter illégalement sa liberté de penser, et cependant, il était toujours prêt à s’incliner respectueusement devant ce qui était réellement digne de respect, dans les habitudes du monde ou dans les caractères des hommes.
- A propos des relations qui existèrent entre Davy et Faraday, le grand chimiste français Jean-Baptiste Dumas écrit, en son éloge historique de Michel Faraday :
- « Lorsque Faraday tentait l’épreuve qui amena la liquéfaction du chlore et qui devint l’occasion d’études et de découvertes de l’ordre le plus élevé, il en était à ses débuts. Davy jouissait de tous les honneurs. Personne ne comprit donc que l’illustre président de la Royal Society crût nécessaire au soin de sa gloire de constater, dans une note expresse, qu’il avait conseillé, lui-même, à son assistant de soumettre à cet essai le composé de chlore et d’eau. Sans grandir le maître qui ne pouvait plus monter, cette note semblait écrite pour amoindrir le disciple et le décourager.
- « Je n’apprends rien à mes contemporains si j’ajoute qu’après l’avoir accueilli dans le laboratoire de la Royal Institution, Davy reconnut trop tard le génie du jeune Faraday. Il n’eut pas pour lui les égards que tout homme voué au culte de la science doit accorder si volontiers à celui qui s’y distingue.
- « Faraday n’oublia jamais ce qu’il devait à Davy. Me trouvant chez lui, au déjeuner de famille, vingt ans après la mort de ce dernier, il remarqua sans doute que je répondais froidement à quelques éloges que le souvenir des grandes découvertes de Davy venait de provoquer de sa part. Il n’insista point. Mais, après le repas, il me
- 1. Tyndall. « Faraday as a discoverer », traduit par l’abbé Moigno, Paris, Gauthier-Villars, 1868.
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- fit descendre sans affectation à la bibliothèque de la Royal Institution et, m’arrêtant devant le portrait de Davy : « C’était un grand homme, n’est ce pas ? » me dit-il, et se retournant, il ajouta : « C’est là qu’il m’a parlé pour la première fois ». Je m’incline, nous descendons au laboratoire, Faraday prend un registre, l’ouvre et me désigne du doigt les mots inscrits par Davy au moment précis où, sous l’influence de la pile, il venait de voir apparaître le premier globule de potassium que la main de l’homme ait isolé. Autour des signes techniques qui formulent sa découverte, Davy a tracé de sa main
- Fig. 3. •— Expérience de Faraday mettant en évidence le courant d'induction provoqué par l’établissement d'un courant dans un circuit.
- Le courant de self-induction pressenti doit naître, à la fermeture (a, interrupteur K dans position 1) comme à l’ouverture (b, interrupteur K dans position 2), dans les spires S.
- Le sens de ce courant de self-induction, dans les deux cas, sera celui des flèches sinueuses. Dans le pont contenant le galvanomètre G, ce courant s’ajoutera donc au courant f de la pile P lors de la fermeture; il s’y opposera lors de l'ouverture.
- L’aiguille du galvanomètre est calée préalablement par l’obstacle O :
- a) dans la position d’écart que le courant de P, établi, lui donnerait;
- b) au zéro, s’il s’agit de l’ouverture, malgré l’action du courant f. Dès lors, grâce à ce simple artifice, cette aiguille décèlera, par une brusque déviation momentanée, le seul courant de self-induction
- recherché, lequel se trouve ainsi séparé du courant coexistant.
- <pt, cp2, indiquent le sens de la brusque déviation que la self-induction détermine.
- fiévreuse un cercle qui les détache du reste de la page; les mots « capital experiment », qu’il a écrits dessous, ne peuvent être lus sans émotion par aucun chimiste. Je m’avouais vaincu et je me mis pour cette fois, sans plus hésiter, à l’unisson de l’admiration de mon excellent ami.
- « Faraday, comme on le voit, se souvenait des leçons de Davy; il gardait la mémoire de ses grandes découvertes; il lui pardonnait son orgueil. »
- Si, dans sa longue carrière, Faraday a dû perdre ses illusions dont la naïveté fit sourire Davy au cours de leur première entrevue, il a du moins fait tout ce qu’il fallait pour les entretenir chez ceux qui avaient le bonheur de le voir dans l’intimité.
- A. Turpain,
- Professeur à l’Université de Poitiers.
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- LA SURFACE DES MÉTAUX POLIS
- LA COUCHE DE BEILBY
- En 1665, Robert Ilooke examinant la surface d’un rasoir sous le microscope écrivait que le poli ne peut être obtenu que par l’emploi d’abrasifs, et consistait, finalement, à tailler sur la surface des sillons de plus en plus fins qui finissent ainsi par être invisibles au microscope. Pendant trois siècles cette explication fut admise par tous et ce n’est qu’aux environs de 1901 que Rayleigh observa des phénomènes qui montrèrent qu’elle était trop simpliste et qu’en réalité il fallait distinguer entre Vabrasion, décrite par Hooke, et le polissage proprement dit.
- En effet les poudres polissantes que l’on utilise généralement, par suite de leur nature même, sont incapables de rayer les surfaces plus dures sur lesquelles elles travaillent. L’union entre la poudre et la surface polie est, d’autre part, très intime, si intime même que si on laisse du rouge anglais sécher sur la surface, on ne peut l’enlever qu’en rendant de nouveau rugueuse la surface polie. Si on utilise de la poudre d’émeri très fine appliquée sur la surface à polir à l’aide d’une plaque de verre, le poli final est mat, tandis que si l’émeri travaille monté sur un support de poix ou de brai, le poli brillant optique peut être réalisé. Pour ces raisons, Rayleigh supposa que le mécanisme de polissage était d’ordre moléculaire.
- Entre 1902 et 1921, sir George Beilby étudia systématiquement la surface polie d’un grand nombre de substances et arriva à la conclusion que le poli est le résultat d’un fluage de la matière de sorte que la surface du corps poli est finalement recouverte d’une couche de matière amorphe. C’est ce que l’on a appelé la « couche de Beilby ». Le phénomène était connu des métallographes dans certains cas particuliers. C’est ainsi qu’un alliage mou contenant du plomb, poli sans précautions spéciales, est finalement entièrement couvert d’une pellicule de plomb qui masque complètement la structure sous-jacente. Ce phénomène est bien connu des débutants qui essayent de polir des' alliages mous.
- Beilby a montré que dans tous les cas, même ceux de métaux, d’alliages ou de cristaux extrêmement durs, le fluage se produisait au cours de polissage et qu’il se formait sur la surface polie une mince couche de matière amorphe se comportant comme un liquide très visqueux.
- Le polissage particulier produit par le brunissage serait dû à la formation d’une couche épaisse de matière amorphe.
- Pour justifier sa théorie, Beilby opéra sur un échantillon d’antimoine, métal particulièrement brillant, dont une surface plane avait été préalablement rayée par de la potée d’émeri, et il suivit au microscope la progression du polissage par de l’alumine déposée sur un drap humide, comme dans la technique micrographique classique. Si la direction du polissage est gardée constante, perpendiculaire aux stries, on voit peu à peu la matière couler, former sur les bords d’un sillon des petits surplombs qui grandissent et finalement constituent un pont qui fait disparaître à la vue le sillon. Celui-ci est bien seulement caché et non supprimé, car une attaque par un réactif approprié le fait réapparaître.
- La couche de Beilby a des propriétés différentes de la masse de la matière : sa densité est plus faible, sa dureté plus grande. Le polissage d’un métal diminue sa conductibilité. En opérant sur un cristal de calcite, Beilby constata que la couche superficielle présentait la même densité dans toutes les directions, tandis que celle du cristal varie suivant les directions cristallographiques. D’autre part cette couche amorphe, dont l’épaisseur est de l’ordre de grandeur de 10—4mm, ne supprime pas l’influence directive du cristal qu’elle recouvre, puis-
- qu’il est possible dans certaines conditions de continuer à faire grossir le cristal initial parallèlement aux faces primitives.
- La théorie de Beilby quelque cohérente qu’elle paraisse et bien qu’elle fournisse une explication simple de la trempe des métaux par travail à froid et frottement mutuel, n’a pas été unanimement acceptée et fut vigoureusement attaquée en particulier par Benedicks, Tammann et leurs élèves. En 1936, Thomson, puis Frencli utilisèrent la nouvelle technique de diffraction des électrons pour déterminer la nature de la couche de Beilby et conclurent dans le même sens que Beilby tandis que Randall, Rookshy, Kirchner, Raether, etc... en reprenant les mêmes expériences, les interprétaient dans le sens contraire : une surface polie était une surface à structure cristalline.
- La question en était là lorsque Fusch, Quarrell et Roebuck en 1936 découvrirent une propriété de la couche de Beilby que ne possède aucune surface métallique cristalline : celle de dissoudre les cristaux d’un autre métal à la température ambiante. Dans ces conditions, la surface polie a donc bien les propriétés d’un liquide surfondu.
- Leurs expériences consistaient à suivre sur l’écran phosphorescent les variations dans le temps des images de diffraction des électrons d’une pellicule métallique déposée sur une surface polie, soit à la main soit mieux encore avec une machine tournant à grande vitesse. La surface polie du cuivre par exemple ne donne aucune image cohérente ; si on y dépose une pellicule électrolytique de zinc par exemple, on voit immédiatement apparaître l’image de diffraction caractéristique du zinc cristallisé, puis cette image s’estompe et disparaît rapidement. Dans une expérience, douze pellicules successives furent déposées et toutes, sauf la dernière, donnèrent le même phénomène, la disparition étant de plus en plus lente, au fur et à mesure des dépôts. Incontestablement, les pellicules de zinc avaient été dissoutes dans la couche de cuivre polie, formant une solution finalement saturée. Une expérience de vérification consistait à effectuer le dépôt sur une surface polie attaquée par un réactif micrographique, de façon à dissoudre la couche de Beilby et mettre à nu la substance cristalline. On constata que les images de diffraction, même de la première pellicule de zinc, étaient stables et persistantes.
- L’étude de la couche de Beilby a une importance pratique considérable, surtout pour l’automobile et l’aviation dans lequelles on utilise, pour les moteurs, des cylindres glacés entièrement, c’est-à-dire brunis et polis aussi parfaitement que possible. La vigueur du polissage d’une part, le fonctionnement même du moteur à grande vitesse d’autre part ont pour effet de créer une couche de Beilby, particulièrement épaisse. Mais cette couche ne peut augmenter indéfiniment sans dangers, car elle se forme aux dépens des couches sous-jacentes, et lorsque le fluage amène les parties cristallines à glisser les unes sur les autres, des criques s’amorcent. Sous l’influence des efforts alternatifs auxquels la masse est soumise, elles deviennent de plus en plus importantes, compromettant la solidité de la pièce qui peut alors se rompre.
- La couche de Beilby doit intervenir également dans nombre d’autres phénomènes et, maintenant que son existence semble bien démontrée, il faudrait rechercher son influence possible dans ces phénomènes. Citons simplement, comme exemples, l’action de catalyse sur les mélanges explosifs, sur la lubrification, sur la façon dont se comportent les surfaces de métaux différents travaillant au contact, etc... H. V.
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- L’ÉCLAIRAGE DU MUSÉE DU LOUVRE E
- Jusqu’à ces dernières années, le visiteur s’orientait péniblement dans le Musée du Louvre. Malgré le zèle et le goût des conservateurs, on entassait les collections un peu pêle-mêle. La sculpture se trouve isolée dans deux rez-de-chaussée qui communiquent difficilement avec le reste du vaste édifice. Les peintures occupent cinq groupes de salles séparées. Les antiquités orientales et
- Indépendamment d’ascenseurs, de magasins, de laboratoires, de dispositifs d’éclairage et de conditionnement d’air, des améliorations méthodiques sont déjà effectuées dans le département des Antiquités grecques et gréco-romaines. Celles-ci reclassées se trouvent maintenant réparties dans les salles des Cariatides et des anciens appartements royaux. On en a retiré les œuvres
- Fig. 1 à. 4. — En haut, à gauche, la Galerie de la colonnade éclairée la nuit. — A droite, la Vénus d’Arles ci les sculptures de Praxitèle, en éclairage nocturne. — En bas, à gauche, le Sphinx de Tanis, éclairé. — A droite, nouvelle présentation des sculptures modernes dans la. salle Pugel•
- égyptiennes sont réparties dans de belles galeries du vieux Louvre, puis, à 600 m de là, dans l’aile sud des Tuileries tandis que les objets d’art ornent cinq tronçons de pièces et que le Musée d’Extrême-Orient est relégué dans un entresol. Le plan de travaux dressé par M. Henri Verne, Directeur des Musées nationaux et en cours d’exécution depuis 1931 sous la direction de l’architecte en chef, M. Albert Ferran, permettra de mieux mettre en valeur ces somptuosités;
- d’intérêt secondaire qui ont été reléguées dans des pièces dites «de réserve». L’intérêt se trouve ainsi concentré dans les galeries publiques, sur les seuls chefs-d’œuvre importants pour l’histoire de l’art. On peut y admirer, en particulier, le relief que prend sous belle lumière la frise du Parthénon, la Victoire de Samothrace, la Vénus de Milo et les gracieuses productions de Praxitèle.
- Dans les parties nouvellement aménagées, on a établi un éclairage électrique dissimulé de façon à n’altérer ni
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- le style, ni l’ordonnance architecturale de ces magnifiques salles. En outre, on a calculé l’illumination pour pouvoir ouvrir le Louvre la nuit sans que les œuvres exposées perdent à la clarté artificielle la force de leur modelé, l’énergie de leurs reliefs ou la finesse de leurs contours.
- Après s’être arrêté sur les chefs-d’œuvre de l’art grec, levisiteur se rendra aux salles égyptiennes par un passage souterrain, qui sert de niche au Sphinx géant de Tanis. Comme pour les antiquités gréco-romaines, on a respecté ici l’ordre chronologique depuis l’époque pharaonique la plus reculée jusqu’à la période chrétienne et on a supprimé les redites. En ces lieux, le Scribe accroupi, les images des rois ou des dieux et les noirs monuments
- thébains sont admirablement encadrés par l’austérité lumineuse de la pierre nue.
- Enfin dans les nouvelles salles consacrées à la sculpture moderne, inaugurées en même temps que les précédentes, M. Paul Vitry a disposé très heureusement les plus remarquables monuments, de la Renaissance à Louis XIV. On y voit, entre autres, les tombeaux de Mazarin et des ducs de Longueville, les statues de Puget, et de Coysevox.
- L’éclairage artificiel sera également installé dans les galeries de sculpture moderne et, bientôt, durant les visites nocturnes hebdomadaires du lundi, le Musée du Louvre s’ouvrira à tous les visiteurs.
- .Jacques Boyer.
- LA FERRONNERIE POPULAIRE ^
- DES VILLAGES PRÉTENDUS SARRASINS DES BORDS
- DE LA SAONE
- Les études concernant l’Art populaire en France sont encore peu nombreuses et nous connaissons mal les manifestations des artisans d’art de nos campagnes ; elles mériteraient mieux que l’oubli dans lequel on les a laissées.
- Après la guerre, une revue, s’intéressant presque exclusivement à l’art rustique, avait été créée par M. Adolphe Riff, conservateur du Musée alsacien de Strasbourg : c’était Y Art populaire en France. De 1929 à 1932, cette initiative alsacienne publia cinq magnifiques volumes sur les productions les plus diverses de l’art rustique, mais la crise ne l’a pas épargnée et la revue de M. Riff a cessé de paraître en 1933. Cette disparition est des plus fâcheuses au moment où tout ce qui intéresse le folklore a de plus en plus la faveur de l’opinion et à la veille de l’Exposition de 1937 qui va faire une part importante à l’art régional de nos provinces.
- La ferronnerie populaire, je ne parle pas ici de la ferronnerie de style, a été très peu étudiée jusqu’à ce jour. Et cependant il y a une véritable floraison de cet art du fer forgé dans nos campagnes : loquets ornés, pentures, verroux et marteaux de portes, entrées de serrures, lan-diers et crémaillères, croix de carrefours et de clochers, girouettes, encadrements de puits se présentent partout et à tous les yeux, avec leurs variétés locales ou régionales aussi nombreuses que peuvent l’être les types de chaumières ou de mas des divers pays de France.
- C’est à peine si l’on pouvait citer jusqu’à présent sur cette question un ouvrage concernant les Alpes italiennes et le Piémont dû à la collaboration de Mlles Estelle Canziani et Eléanour Rohde (Londres 1913), une étude de M. Joseph Gauthier : Le fer dans Vart populaire breton (1932), et quelques articles assez brefs de MM. van Gennep et Riff sur la ferronnerie populaire de la Dordogne et de l’Alsace (Art populaire en France, 1929 et 1931). Dans ces toutes dernières années (1933), un ouvrage plus important a été consacré à la ferronnerie du Maçonnais et de la
- Bresse, par M. Émile Violet (1). Ces diverses monographies, principalement la dernière, qui est copieuse et bien illustrée,- attirent l’attention sur l’intérêt du problème et permettent de penser que la multiplication de pareilles études pourrait élucider certaines questions d’ethnologie restées jusqu’à présent dans l’ombre.
- C’est ainsi que l’étude que je viens de citer a mis en lumière l’originalité de la ferronnerie de quelques villages des bords de la Saône depuis longtemps prétendus sarrasins, contribuant ainsi à ouvrir des horizons nouveaux sur cette question qui fit si longtemps rompre des lances aux érudits régionaux sans du reste aboutir à une solution définitive du problème.
- Au cours de tournées touristiques, on peut remarquer que certaines régions présentent des girouettes en grand nombre alors que d’autres en sont totalement dépourvues; on constate aussi, dans des contrées plus ou moins étendues, une richesse et une originalité de formes que l’on ne trouve pas ailleurs (ainsi dans les Alpes, la région d’Embrun); on distingue dans d’autres endroits, comme aux alentours de Lyon, des écoles régionales dont l’aire géographique cesse brusquement à une certaine latitude, ou en présence d’une limite administrative ancienne, mais seules des études méthodiques permettraient d’en tirer des conclusions utiles pour l’art, la géographie et l’histoire.
- La ferronnerie mâconnaise et bressane, bien qu’elle ne manque pas d’intérêt, ne présente pas toutefois une originalité et une saveur remarquables. Il en est au contraire différemment dans certains villages des bords de la Saône dont la ferronnerie est d’une puissante originalité qui frise même l’étrangeté. Or il est curieux de constater que, dans les deux seuls cas signalés plus loin, il s’agit de villages prétendus sarrasins et considérés comme tels par les érudits locaux depuis le milieu du xvme sièclé,
- 1. E. Violet. La ferronnerie populaire du Mâconnais et de la rive bressane de la Saône. Tournus, 1933, in-8°.
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- alors que ces derniers ne se sont jamais avisés, à l’appui de leur thèse, de signaler cette particularité qu’ils semblent avoir méconnue.
- La ferronnerie rustique de beaucoup la plus originale est celle du village de Feillens, situé sur la Saône, en Bresse, à 7 km au nord-est de Mâcon. Cette école, dont les dernières manifestations paraissent remonter à la fin du xvme siècle ou au début du xixe siècle, a essaimé dans certains villages voisins, mais son centre incontes-
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- certain nombre d’érudits du xvme siècle, M. de Secque-ville, le comte de Montrevel qui devait périr sous la guillotine, Thomas Riboud, qui sauva l’église de Brou pendant la Révolution, s’avisèrent que certains villages des bords de la Saône, entre Mâcon au sud et Tournus au nord, notamment Uchizy sur la rive droite, Boz. Feillens, Sermoyer, etc... sur la rive gauche, étaient dénommés sarrasins de date immémoriale et que cette’ dénomination correspondait à un type ethnique spécial,.
- table est Feillens. A 15 km plus au nord, mais sur la rive droite de la Saône, le village d’Uchizy, à 8 km au sud de Tournus, présente lui aussi une ferronnerie originale, mais toutefois moins typique que celle de Feillens. Or Uchizy et Feillens sont justement des villages prétendus sarrasins.
- Les photographies et les dessins que nous publions ici montrent mieux qu’une description, le caractère de ces fer-à côté de
- Fig. 1 à 5,— Ferronneries de portes du village de Feillens (Ain ). (Clichés E. Violet.)
- rures ou,
- croix, d’ostensoirs pouvant rappeler le culte du Saint-Sacrement et l’influence des Confréries de ce nom depuis les guerres de religion, on voit la figuration d’oiseaux, de bovidés et un curieux personnage anthropomorphe dont la tête est remplacée par un oiseau rappelant un peu l’Horus de la mythologie égyptienne.
- Quelle est donc cette question sarrasine des bords de la Saône que réveille fortuitement le travail de M. Violet ? Elle date, en tant que discussion historique, du milieu du xviii6 siècle. Elle a fait couler beaucoup d’encre. Un
- à des mœurs, à un langage particulier. Ils en rapprochaient, d’autre part, les cheminées sarrasines qui sont en honneur dans cette région (x). Ils en induisirent que les populations de ces villages étaient d’origine islamique et qu’elles remontaient à l’invasion arabe de l’émir Abdérame arrêtée à Poitiers par Charles Martel en 732 , mais qui pénétra en Bourgogne jusqu’à Auxerre pour échouer devant Sens. Cette thèse fut brillamment défendue par Thomas Riboud, correspondant de l’Institut, en 1804. Elle eut bientôt des contradicteurs, notamment en la personne de Monnier, du Jura, qui, sans méconnaître le caractère hétérogène de ces populations, voulait en expliquer les particularités par la fixation en ces lieux de populations illyriennes ou pannoniennes établies par Septime Sévère, après sa victoire sur Albin, en 197, victoire qui fut le couronnement d’une grande bataille, com-I. Voir La Nature, n° 2968, 1er janvier 1936.
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- Fig. 6 à 18 (en haut et en bas). —-Divers types de ferronneries de portes provenant de villages prétendus sarrasins des bords de la Saône. (E. Violet, de!.)
- msncée à Tournus et terminée sous les murs de Lyon.
- La thèse de Monnier n’a pas survécu, car il est invraisemblable que des populations barbares établies sous l’Empire romain ne se soient pas fondues, comme-toutes les autres, dans les invasions germaniques et des temps mérovingiens et carolingiens qui suivirent.
- La thèse arabe, ou sa variante la thèse berbère, a eu des partisans jusqu’à ce jour. Ainsi Vingtrinier et Mme Guignard, la sœur du regretté écrivain folkloriste Saintyves, en ont été les fermes tenants jusqu’au début du xxe siècle et même après la guerre. Une polémique récente entre M. Claude Brun et M. Cl. Le lderpeur (1934) en a souligné l’intérêt encore actuel.
- Divers auteurs ont voulu rajeunir la thèse arabe. C’est ainsi que Lamartine a recherché l’origine islamique dans un transfert de prisonniers arabes faits lors de la prise de Gaza par les Croisés; c’est ainsi que d’autres ont voulu y voir l’origine des bandes de tziganes rejetées sur l’Occident après la prise de Constantinople, ou y trouver des artisans mudjares ou gésitains venus d’Espagne pour exercer certains métiers où ils étaient passés maîtres.
- Mais aucune solution historique certaine n’a pu être obtenue. Une enquête anthropologique faite par les
- Dra Arsène Dumont et, Lagneau,vers 1880, n’a pas été beaucoup plus convaincante. Tout au plus a-t-on pu trouver quelques traces d’une faible minorité de type tzigane ou arabe, si bien que tout récemment un érudit local, M. Cl. Brun, a soutenu une thèse purement négative traitant d’illusions et d’autosuggestions toutes les prétendues constatations de ses prédécesseurs.
- Cette dernière thèse est trop absolue, semble-t-il, le caractère hétérogène des populations des villages prétendus sarrasins ne saurait faire de doute, mais il est impossible de préciser leur origine, voire de dire si l’on a affaire à un groupe unique, ou mieux à plusieurs groupes d’origines diverses qui, à une époque ancienne, auraient pu être, hypothèse la plus probable, refoulés, arrêtés et fixés à la frontière de l’Empire et du Royaume marquée alors par la Saône. L’étude de la ferronnerie populaire apporte une contribution modeste, mais non indifférente à ce problème. G. Jeanton,
- Président de l’Académie de Mâcon, Conservateur du Musée de Tournus.
- N. B. — Sarrasin, dans le langage populaire, ne veut pas dire musulman, mais seulement étranger à la chrétienté dans le temps ou dans l’espace.
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- LES CIGALES DISPARAISSENT-ELLES? =
- Un fait qui paraît bien établi, c’est l’appauvrissement de la faune provençale, en ce qui concerne certaines espèces d’insectes.
- Ainsi, le fils du célèbre entomologiste J.-H. Fabre, M. Paul Henri-Fabre, a signalé que le Scarabée sacré, très commun à Sérignan (Vaucluse) du temps de son père, y est devenu presque introuvable aujourd’hui. De même les Scorpions blancs ne se rencontrent plus que de loin en loin sur les collines du voisinage, alors que H. Fabre déclarait, il y a moins de 40 ans, qu’il ne les avait vus nulle part plus nombreux qu’en ces lieux. La Tarentule à ventre noir a disparu également des environs de Sérignan.
- M. E. Revel, agrégé de l’Université, à Gémenos (Bouches-du-Rhône), a constaté la rareté de plus en plus accusée des Bousiers dans la plaine d’Aubagne et la disparition totale, croit-il, des Scorpions blancs autour de Sète (Hérault) où ils abondaient tellement naguère qu’ils avaient valu à cette espèce le nom de Scorpion languedocien. L’auteur se souvient aussi qu’il y a une quinzaine d’années, il rencontrait fréquemment des Phasmes dans la banlieue de Marseille. R n’en a plus revu depuis.
- Et maintenant voici que parmi ceux qui restent attentifs aux choses de la nature il en est qui ont remarqué, dans certaines localités, qu’on entend moins le chant des cigales depuis 5 ou 6 ans, alors qu’autrefois ces insectes pullulaient.
- Le fait peut s’expliquer pour les étés humides, alors que la chaleur ne se manifeste que tardivement, comme en 1932 où l’atmosphère demeura fraîche en juin-juillet. Mais il se justifie mal pour les étés normaux, comme ceux de 1933 et 1934, où juillet et août furent même très chauds. On sait que les intéressantes bestioles qui nous occupent sont filles du soleil qui les fait éclore et les anime.
- LES PRINCIPALES ESPÈCES DE CIGALES
- Les deux plus connues en Provence sont la cigale commune et la cigale de l’orne.
- La Cigale commune est encore appelée Cigale du frêne, Cigale plébéienne (Cicada fraxini, ou plebeia), cigale à bordure jaune, grande cigale européenne. C’est la plus grosse et la plus populaire.
- D’après M. Revel, elle est devenue beaucoup moins fréquente et semble localisée dans certains cantons privilégiés.
- La Cigale de l’orne (Cicada orni), ou cigale panachée, petite cigale des frênes, est moitié moins grosse, plus alerte, plus méfiante. Son chant est un peu moins matinal et ne s’attarde pas autant dans la soirée (H. Fabre). Nous lisons aussi : « Elle ne chante que dans la soirée au crépuscule et sur un ton scandé bien différent de celui de la cigale commune ». Son chant rauque et monotone est en effet moins agréable, si l’on peut dire. C’est une série de can ! can ! can ! qui a fait appeler l’insecte cancan ou caca.
- Orne étant le nom d’une espèce de frêne (Fraxinus ornus, Or nus europea), on s’explique mal le nom de cette cigale, car elle se pose indistinctement sur tous les arbres. On en trouve d’ailleurs dans des régions privées d’ornes, comme les forêts de pins maritimes entre Bordeaux et Bayonne, en Algérie sur les oliviers, les caroubiers, les agaves.
- « La cigale de l’orne est répandue dans toute la région marseillaise, dit M. E. Revel. C’est la seule que l’on entende, sauf exception, aux environs immédiats de la ville; on l’entendait même autrefois sur les platanes des allées de Meilhan ».
- D’après le Dr G. Carlet cette cigale passe pour faire couler la manne à la suite des piqûres des branches du Fraxinus ornus.
- Outre les deux cigales que nous venons de citer, Henri Fabre, le savant entomologiste de Sérignan, en a reconnu trois autres dans les environs de ce bourg. Mais ce sont, dit-il, « des raretés à peine connues des gens de la campagne ». La Cigale rouge (Cicada hematodes Lin.), la Cigale noire (Cicada aira Oliv.) et la Cigale pygmée (Cicada pygmæa Oliv.).
- M. E. Revel a signalé que dans la campagne de Gémenos on rencontre non seulement les cigales commune et de l’orne, mais aussi « une troisième espèce qui pousse une sorte de cri strident qui remplit l’air de vibrations sonores. Elle n’est pas rare dans l’espèce de maquis qui escalade les contreforts du massif de la Sainte-Baume. On peut l’entendre également sur les hauteurs de Marseille-Veyre. Et encore la cigale pygmée dont le chant est si faible qu’on cesse de le percevoir à 4 ou 5 m. Elle susurre dans les haies pendant la première quinzaine de juillet. »
- La cigale pygmée est la plus petite du genre. Sa taille est celle « d’un médiocre taon », dit H. Fabre.
- D’après M. P. A. (dictionnaire J. A. Barrai) le cigalon est une variété, plus petite et plus velue, de la cigale à anneaux rouges (Cicada hematodes) de la région du Sud-Ouest; on la rencontre dans le Midi. Réaumur a signalé en Provence le Cicada tomentosa Oliv. décrit par Olivier qui dit qu’on l’appelle là cigalon, ou cigaloun (petite cigale). D’autres auteurs attribuent ce nom à la cigale de l’orne qui, ainsi que nous l’avons dit, atteint la moitié de la grosseur de la cigale commune.
- Rappelons que l’on prétend que la cigale du frêne se trouve accidentellement dans la forêt de Fontainebleau et dans la Brie. Giard, avait entendu chanter la cigale en plein Paris, dans la rue Barbet-de-Jouy, le 3 août 1901 vers 4 h 30.
- LES PRINCIPALES PHASES DE LA VIE DE L’INSECTE
- Afin de mieux comprendre les raisons que l’on invoque pour expliquer la disparition partielle du noble insecte chanté par Homère, Théocrite, Virgile, voici quelques détails sur les différentes phases de sa vie, que l’ermite de Sérignan a qualifiées « un des plus grands phénomènes qui soit ».
- Deux à trois semaines après sa sortie de terre la femelle pond 300 à 400 œufs en des gîtes divers, par groupes d’une dizaine. A cet effet elle égratigne avec sa tarière excessivement bien conformée pour entamer le bois, les menus rameaux de plantes diverses, morts et secs quoique sur pied. Ils présentent une mince couche ligneuse, une moelle abondante et montrent une longue étendue régulière et lisse qui peut recevoir la ponte entière; l’asphodèle sèche a la préférence.
- Au début de l’automne une larve minuscule, pas plus grosse qu’une puce, sort de chaque œuf. Bientôt elle se laisse tomber sur le sol et ne tarde pas à s’enfoncer dans la terre à la recherche de quelque racine dont elle pompera la sève.
- Désormais l’insecte va vivre là, au milieu des racines, près de quatre années. Il y achève de croître et s’y transforme en nymphe. Larve et nymphe sont pourvues de pattes dont les deux premières munies de pièces telles que l’insecte peut se livrer à son travail de mineur dans les sols compacts. Le temps que la nymphe passe sous terre n’est pas pour elle un temps de jeûne ni d’immobilité absolue comme pour beaucoup d’autres insectes. Elle se déplace et se nourrit comme la larve en pompant le suc des racines.
- Vers le solstice d’été, — n’a-t-on pas appelé la cigale, l’insecte solsticial par excellence, — l’heure de la dernière métamorphose est venue qui doit donner naissance à l’insecte parfait, l’adulte.
- La nymphe sort de terre et, parvenue à la lumière du jour,
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- cherche un perchoir, menue broussaille, touffe de thym, chaume de graminée, brindille d’arbuste, y grimpe et s’y cramponne solidement. Là, la cigale se dépouille de sa carapace desséchée, transparente, comme cornée. Cette transformation est laborieuse; elle commence par le dos, puis la tête et finit par les pattes. La nymphe était grise à sa sortie de terre; la belle musicienne libérée est d’un beau vert, mais faible, molle, incapable de voler. Elle attend que le soleil ait durci ses ailes de crêpe et noirci son corps.
- Alors, heureuse et libre, elle prend son vol dans l’espace et va se poser sur un arbre où elle se met à s’alimenter en suçant la sève.
- Puis pendant 50 à 60 jours l’hôte bruyant de nos campagnes va faire retentir l’air de son hymne au soleil, de ses sérénades, plus ou moins harmonieuses, stridentes et monotones, mais à coup sûr très assourdissantes. Cette fanfare formidable qui vrille le tympan est cependant nostalgique aux âmes des Provençaux. Elle s’harmonise avec le bruissement de nos sites ensoleillés et de nos collines parfumées. Cela explique la grande place que la muse des félibres occupe dans la poésie des départements du Midi.
- Le chant des cigales ne plaît cependant pas à tout le monde. Dans le journal en langue du terroir, « Reclams de Biarn e Gascougne » (octobre-novembre 1935) M. André Pic évoque dans un article, Lous aboucats et las cigales, un procès original qui se jugea en Arles, en 1565, contre les cigales, qui furent solennellement bannies du- territoire arlésien.
- Jean Racine, pendant le séjour qu’il fit à Uzès, dans le Gard (il avait alors 22 ans) chez son oncle le chanoine Sconin, n’aimait pas non plus le jazz aigu de la belle musicienne, qui abondait « parmi les oliviers, les chênes verts et les figuiers ». « Si j’avais, écrivait-il à Yitart, autant d’autorité sur elles qu’en avait le bon St-François, je ne leur dirais pas, comme il le faisait : « Chantez ma sœur la cigale », mais je les prierais bien fort de s’en aller faire un tour jusqu’à Paris, ou la Ferté-Milon, si vous y êtes encore, pour vous faire part d’une si belle harmonie ».
- Par les chaleurs caniculaires la cigale chante à partir de 7-8 h, dit II. Fabre, et elle cesse vers 20 h. Elle chante son insouciante chanson d’autant plus bruyamment que la chaleur est plus forte : Lou soulèu me fai canta, dit-elle par la voix des félibres ! Aristophane n’affirme-t-il pas qu’elle est folle d’amour pour le soleil !
- S’il faut en croire Pierre Loti, au Japon, les cigales chantent aussi la nuit. Dans Madame Chrysanthème : « Les cigales abondent au Japon, tout au moins à Nagasaki, et elles chantent la nuit comme le jour ».
- Dans les campagnes de Provence on prétend que lorsqu’une cigale se fait entendre après le coucher du soleil, elle mourra le lendemain. « Le soleil fait chanter les cigales, mais avant de mourir, elles chantent une dernière fois au clair de lune parce que la lune c’est le soleil des morts ! » (Paul Arène).
- « La mourante fixant vers l’Occident ses yeux,
- « Au soleil disparu prolonge ses adieux,
- « Et plus mélodieuse en sa chanson dernière,
- « Meurt avec le suprême adieu de la lumière ».
- (Jean Aicard).
- Quand ses cymbales cessent ainsi de vibrer, la jolie chanteuse a vécu. Elle se laisse tomber inerte sur le sol où elle sera peut-être déchirée par les fourmis !
- « Voilà le roman de la cigale qui a passé 4 années sous terre pour avoir le droit d’aimer et de chanter au soleil pendant 2 mois ».
- On sait que seuls les mâles sont pourvus sur le ventre d’un appareil musical, d’organes à stridulation. Les femelles étant
- muettes, certains en ont déduit que les mâles par leur chant convient leurs compagnes à ne pas laisser s’éteindre la race joyeuse des musiciens. Mais? pour le savant de Sérignan, qui a pu vérifier que les cigales sont insensibles même à la voix du canon, ils chantent non pour attirer les femelles, mais pour le plaisir de chanter, pour se sentir vivre. Ils manifestent à leur manière la joie qu’ils éprouvent de rester en plein air. alors qu’ils ont vécu des années dans les ténèbres.
- LES RAISONS DE LA DISPARITION PARTIELLE
- Voici les raisons que l’on a invoquées pôur expliquer la disparition partielle de ces insectes « aimés des dieux ». Les progrès de la construction et l’extension incessante des cités, la circulation des automobiles. Il y a trop de bruit ! La cigale est méfiante, craintive, ennemie du tumulte, elle n’accepte pas d’être troublée dans ses chants. Signalons aussi l’équipement des campagnes, l’extension de la culture de la vigne, le défrichement des garrigues et autres lieux incultes.
- Le sol des agglomérations est saturé de gaz divers particulièrement nocifs pour la vie souterraine des larves et des nymphes. Dans les jardins des environs des villes, sans compter les champs de grande culture, la terre est chargée aussi d’ingrédients chimiques nuisibles employés pour défendre les récoltes : bouillies cupriques et arsenicales, émulsions de pyrèthre, solutions de sulfate de fer, engrais chimiques, cyanamide, crüd ammoniaque, superphosphates, etc.
- Enfin, des modifications climatériques assez difficiles à préciser contribueraient à détruire de vieilles populations entomologiques.
- Malgré ces conditions défavorables, il faut bien reconnaître que pour longtemps encore il ne manquera pas aux cigales de terrains de grand parcours où elles pourront se multiplier et chanter à l’aise, sans crainte des bruits insolites des villes ou du voisinage des routes. Vastes landes et garrigues peuplées de chênes verts et de chênes kermès, collines calcaires arides, brûlées par le soleil, parfumées de thym et de romarin, vertes pinèdes ensoleillées aux pins bavards, olivaies aux troncs tordus et à la ramure argentée, vallons solitaires, etc.
- « Il y a encore beaucoup de cigales dans les pittoresques campagnes qui s’étendent entre Gémenos et Saint-Jean-de-Garguier, dit M. Revel. Des souvenirs relativement récents me permettent d’affirmer que dans d’autres départements elles sont restées aussi très nombreuses. Dans le Var il y en eut une véritable invasion, il y a quelques années, et dans les Cévennes l’immense palpitation sonore produite par les cigales couvre en certains points le bruit du train omnibus descendant de Séverac-le-Château vers Millau. Bien entendu, ce festival ne dure guère et perd déjà beaucoup de son éclat vers la fin de juillet ».
- A qui veut entendre la joyeuse fanfare de ces aimables insectes aux ailes diaphanes, nous conseillons d’aller vagabonder dans quelque pinède, lorsque le grand soleil de juillet est 'venu. Parcourez alors quelque coin de l’Estérel, par exemple, au sol de granit et de feu, où abondent les pins maritimes et les chênes-lièges, c’est un tintamarre de tous les diables, un ramage assourdissant, une cacophonie indescriptible. Il semble que toute la sylve vibre jusqu’en ses profondeurs, que tous les arbres résineux et le sous-bois mourant grillent et pétillent comme dans un embrasement général !
- Que les amoureux de la belle nature et de ses enchantements se rassurent, il y aura encore de beaux jours pour eux et pour le charmant emblème des cigaliers et la muse aimée des félibres !
- A. Rolet, Ingénieur agronome.
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- COMMENT DÉFINIR LA NATURE
- Le hasard met en mes mains de volumineux manuscrits laissés par le général de division Leblois.
- Ce colonial de marque a, il m’est loisible de le dire, touché à tout et cela à la faveur d’une très grande activité et d’un puissant savoir.
- De manière assez inattendue, dirai-je, ce soldat s’est souvent arrêté, de-ci de-là, au passage, à l’élude des choses de la Nature.
- J’ai pensé que ce qu’il rn’ a été donné de retenir, à l’orée de tant de choses mises en place par ses soins, pourrait intéresser les lecteurs de La Nature. Roger Ducamp.
- Le grand dictionnaire de Littré ne donne pas moins de vingt-neuf définitions du mot nature. Selon la première la Nature est l’ensemble de tous les êtres qui composent l’Univers. Pour sa part le dictionnaire de l’Académie (1762) la définit : Tout l’univers, toutes les choses créées ». Voltaire plus simplement dit qu’elle est l’universalité des choses. En une autre acception Littr.é dit que la Nature signifie l’ordre établi dans l’univers ou le système des lois qui président à l’existence des choses et. à la succession des êtres ».
- Cette signification parfaitement claire satisfait assez bien l’esprit. Mais en une définitive numération Littré voit la Nature comme une sorte de personnification de l’ensemble des lois naturelles, une puissance des choses, une force active qui établit et concerne l’ordre naturel.
- Sous le nom de Nature, Bossuet entend une sagesse profonde qui développe avec ordre et selon de justes règles tous les mouvements que nous voyons. Pour sa part, en sa pompeuse éloquence, Bufi’on explique que « la Nature est le système « des lois établies par le Créateur pour l’existence des choses « et pour la succession des êtres. La Nature n’est point une « chose car cette chose serait tout. La Nature n’est point un « être car cet être serait Dieu; mais on peut la considérer « comme une puissance vive, immense, qui embrasse tout, qui « anime tout et qui, subordonnée à celle du premier être, n’a « commencé à agir que par son ordre ». Mécontent sans doute de lui-même Bulïon dit ailleurs que la Nature est « une espèce d’être idéal auquel on a coutume de rapporter, comme cause,
- tous les elïets constants, tous les phénomènes de l’Univers ».
- Ceci rappelé, rien d’étonnant à ce que Condorcet ait fait la remarque que le mot nature est un de ces mots dont on se sert d’autant plus souvent que ceux qui les entendent ou qui les prononcent y attachent plus rarement une idée précise.
- Il est vrai que c’est, comme toujours dans les discussions, faute de distinguer entre les différents sens du mot Nature et parce qu’on les a mêlés tous, qu’on a employé ce mot avec si peu de précision.
- Mais Voltaire, si profondément déiste, n’a eu garde de tomber dans la confusion de la Nature et de Dieu. S’en tenant avec soin au premier sens du mot, c’est-à-dire à celui de Y universalité des choses, il a séparé nettement la Nature et celui qui l’a faite : l’œuvre et l’ouvrier. Bien loin de dire à la manière de Bossuet : la Nature est la sagesse, il l’a subordonnée à la sagesse divine. Bien loin de dire comme Bubon, que la Nature était une puissance, il n’admettait même pas qu’elle pût connaître la puissance du grand Etre ainsi qu’on peut le voir dans son « Dialogue entre le Philosophe et la Nature » :
- Le Philosophe : De grâce, dis-moi le mot de ton énigme ?
- La Nature : Je suis le grand tout. Je n’en sais pas davantage. Je ne suis pas mathématicien et tout est arrangé chez moi selon les lois mathématiques...
- Le Philosophe : Certainement puisque ton grand Tout ne sait pas les mathématiques et que tes lois sont de la plus profonde géométrie, il faut qu’il y ait un éternel géomètre qui te dirige...
- La Nature : Tu as raison : je suis eau, terre, feu, atmosphère, métal, pierre, végétal, animal. Je sens bien qu’il y a en moi une intelligence, tu en as une, tu ne la vois pas. Je ne vois pas non plus la mienne; je sens cette puissance invisible, je ne puis la connaître...
- Le Philosophe : Plus j’y songe, plus je vois que tu n’es que l’art de quelque grand maître bien puissant et bien industrieux qui sê cache et te fait paraître. Le dialogue finit par ces mots : «Va interroger celui qui m’a faite ».
- D’après le général Lebeois.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- NETTOYAGE DES VERNIS CELLULOSIQUES D’AUTOS
- Faire dissoudre dans de l’eau froide :
- Savon mou..........................100 grs
- Eau non calcaire................... 900 —
- Cela fait, incorporer progressivement comme s’il s’agissait d’une mayonnaise, en se tenant éloigné de tout foyer.
- Benzine............................ 1000 cm3
- Ce produit agité préalablement s’applique avec un chiffon de toile sur le vernis de la carrosserie, elle est remise complètement à neuf après passage à la flanelle sèche.
- LE SECRET DU PEINTRE
- Le Journal « Peintures, Pigments et Vernis » dans son très intéressant numéro de mars 1931, p. 461, nous apprend qu’un secret traditionnel chez les peintres en bâtiment, est que pour obtenir de beaux plafonds mats, sans reprises visibles, il faut mettre un verre à vin d’urine dans un camion de peinture à l’huile.
- Cette pratique s’explique par la décomposition de l’urée en carbonate d’ammoniaque, qui saponifie une partie de l’huile, émulsionne l’eau, puis par transformation ou séchage du savon d’ammoniaque, donne un savon mat de zinc ou de plomb, suivant que l’on a employé comme pigment du blanc de zinc ou de la céruse.
- Comme on le voit, le truc est d’une simplicité extrême et très économique, mais on admettra facilement qu’il serait plus « convenable »
- d’employer un peu de savon, par exemple de savon mou qui ne coûterait pas beaucoup plus cher.
- VALETS DE LABORATOIRE
- On emploie beaucoup encore, dans les laboratoires, le vieux valet de paille qui brûle, se coupe, est fréquemment souillé des produits les plus divers. Il ne manque pas cependant d’autres dispositifs plus propres et plus commodes.
- Un des plus pratiques estletré-pied Girardet, qui n’est pas un nouveau venu, mais qui seul convient à tous les ballons et capsules jusqu’à 150 mm de diamètre. Construit en acier soudé électriquement et galvanisé, il supporte sans altération des températures assez élevées ainsi que l’immersion dans les bains chauffante. Dans une forme torique s’inspirant de celle du valet, la maison Prolabo vient de réaliser des rondelles très stables, les unes en caoutchouc spécial ne collant pas à la chaleur, les autres en liège aggloméré qui allient à la plasticité une facilité d’entretien et une solidité inconnues du valet classique en paille. —Prolabo, 12, ruePelée, Paris 11°.
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- LA VOUTE CELESTE EN SEPTEMBRE 1936 (x)
- Nous avons signalé, dans un précédent numéro, la découverte d’une nova de troisième magnitude dans la constellation de Céphée, à deux degrés environ au Sud de l’étoile e de cette constellation.
- L’observation de cette nova doit être poursuivie chaque soir de beau temps. Evaluer sa magnitude par comparaison avec d’autres étoiles. Le 16 juillet, elle était descendue à 6°,3.
- Pour trouver l’étoile nouvelle, on utilisera la petite carte (fig. 1). Pour les observations, employer une jumelle lumineuse, de grossissement peu élevé.
- I. Soleil. — Le centre du Soleil traversera l’équateur céleste le 23 septembre à 5h. Ce sera le commencement de l’automne astronomique. A ce moment, la déclinaison du Soleil sera de 0°. Elle était de + 8°15' le 1er septembre et sera de —2°50' le 30.
- La durée du jour (temps écoulé entre le lever et le coucher du centre du Soleil) diminuera fortement ce mois-ci : 13h24m le 1er septembre et 11“ 42m le 30. La diminution du jour sera surtout sensible le soir. Ainsi le 30 septembre, le Soleil se lèvera à 5h 49m, et se couchera à 17“ 31”. De 5“ 49m à midi, il s’écoulera 6h 11in, tandis que de midi à 17“31m,ils’écoulera 5“31m. La matinée sera plus longue que la soirée de 40 minutes.
- Voici le temps moyen à midi vrai ou, si l’on préfère, l’heure du passage du Soleil au méridien de Paris (de deux en deux jours) :
- Date. Heure du passage.
- Lumière zodiacale; lueur anti-solaire. —La lumière zodiacale devient visible, le matin, en septembre. La meilleure période sera celle du 14 au 25 pendant laquelle la Lune ne gênera pas. L’observation de la lumière zodiacale doit se faire le matin à l’Est, loin des villes et avant l’aube.
- La lueur anti-solaire pourra être recherchée du 11 au 25, vers minuit, juste à l’opposé du Soleil (le 15, au Sud de A et x Poissons).
- IL Lune. —
- septembre :
- P. L. le 1< D. Q. le
- Voici les phases de la Lune, pour le mois de
- à 12“ 37” à 3“ 14”
- N. L. le 15, à 17“ 41"
- P. Q. le 23, à 22“ 12” P. L. le 30, à 21“ 1”
- e 1er 111 “ 50” “ 35s
- 3 11 49 57
- 5 11 49 17
- 7 11 48 37
- 9 11 47 56
- 11 11 47 14
- 13 11 46 32
- 15 11 45 50
- 17 11 45 8
- 19 11 44 25
- 21 11 43 43
- 23 11 43 0
- 25 11 42 19
- 27 11 41 39
- 29 11 40 58
- Fig. 1. — Carie céleste permettant de trouver la Nova découverte récemment dans la Constellation de Céphée.
- Cette carte a été dressée d’après une photographie prise par M. F. Quénisset, à l’Observatoire Flammarion de Juvisy.
- Observations physiques. — Voir à ce sujet ce que nous avons de x Verseau (5”,3);
- Age de la Lune, le l°r septembre, à 0“ = 14J, 9; le 16 septembre à 0“ = 0J,3. Pour connaître l’âge de la Lune à une autre date du mois, à la même heure, ajouter à ces nombres 1 jour par jour écoulé depuis le 1er ou le 16.
- Plus grandes déclinaisons de la Lune en septembre : le 8, à 9“ = + 24°0'; le 22, à 21“ =—23»50'.
- Périgée de la Lune (plus petite distance à la Terre), le 3 septembre, à 9“. Parallaxe = 60' 38". Distance = 361 650 km.
- Apogée de la Lune (plus grande distance à la Terre), le 19 septembre, à 1“. Parallaxe = 54' 0 . Distance = 406 070 km.
- Occultations d’étoiles par la Lune. — Le 6 septembre, occultation de 133 B Taureau (5m,9) ; émersion à 23“ 1”,5.
- Le 7, occultation de 32 Taureau (5“,8); émersion à 2“ 25”, 5.
- Le 9, occultation de 1 Gémeaux (4m,3) ; immersion à 4“ 26”,5.
- Le 24, occultation de v1 Sagittaire (5m,0) ; immersion à 18“ 52”,5.
- — Occultation de v2 Sagittaire (5”,0) ; immersion à 19“ 27”,0.
- Le 27, occultation de 137 B. Capricorne (6m,2) ; immersion à 20“ 20”,0.
- Le 28, occultation de c (6m,2), immersion à 1“ 9“ 0; immersion à 23“ 4”,5.
- 2 Capricorne occultation
- écrit au n° 2974 du 1er avril 1936. Les éphémérides ci-après permettront d’orienter les dessins et les photographies du Soleil (pour l’étude détaillée de tout ce qui se rapporte aux observations physiques du Soleil, voir Y Annuaire astronomique Flammarion).
- Date (0“) P B0 L0
- Sept. 4 + 21»,87 + 7«,24 1°,39
- — 5 + 22, 11 + 7, 24 348, 18
- — 10 + 23,20 + 7, 24 282,16
- - - 15 + 24, 14 + 7, 20 216, 14
- — 20 + 24, 93 + 7, 09 150,14
- — 25 + 25, 56 + 6, 94 84, 13
- — 30 + 26,01 + 6,73 18, 16
- (On trouvera au « Bulletin astronomique définition des trois termes P, B0, L0).
- du n° 2968 la
- Lumière cendrée de la Lune. — Elle sera rbien visible les 11, 12 et 13 septembre au matin, très intense surtout le 13.
- Marées, Mascaret. — Les plus grandes marées du mois se produiront au début du mois, à l’époque de la Pleine Lune du 1er, à l’époque de la Nouvelle Lune du 15, puis à celle de la Pleine Lune du 30.
- Voici l’heure de la pleine mer, à Brest, à l’époque des fortes marées du mois :
- 1. Toutes les heures données dans le présent Bulletin Astronomique sont exprimées en Temps universel (T. U.) compté de 0“ à 24“, à partir de 0“ (minuit).
- Pendant la période d’application de Vheure d'été, ajouter 1 heure à toutes les heures figurant dans ce Bulletin.
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- Date. Marée du matin. Marée du soir.
- fleure. Coefficient. Heure. Coefficient.
- Sept. 1er 3» 34m 0,95 15“ 54m 1,01
- — 2 4 14 1,06 16 33 1,10
- — 3 4 53 1,12 17 13 1,12
- — 4 5 33 1,11 17 53 1,08
- — 5 6 14 1,03 18 35 0,97
- — 6 6 57 0,89 11 20 0,81
- -- 29 2 24 0,85 14 44 0,93
- — 30 3 5 1,01 15 25 1,07
- Le Mascaret, en raison des fortes marées, se produira fréquemment en septembre Voici les heures probables d’arrivée du Mascaret à Quillebeuf, Villequier et Caudebec :
- Dates. Coefficient, de la marée. Arrivée du Mascaret à :
- Quillebeuf. Villequier. Caudebec.
- Sept. 2 1,06 7h 48m 8“ 25m 8“ 34“
- — 2 1,10 20 6 20 43 20 52
- — 3 1,12 8 25 9 2 9 11
- — 3 1,12 20 45 21 22 21 31
- — 4 1,11 9 6 9 43 9 52
- — 4 1,08 21 27 22 4 22 13
- — 30 1,07 19 5 19 42 19 51
- IV. Planètes. — Le tableau suivant, que nous avons dresse à l’aide des renseignements contenus dans l’Annuaire astronomique Flammarion, donne les éléments nécessaires pour rechercher et observer les principales planètes pendant le mois de septembre 1936.
- lion sera la plus grande de l’année; mais, malgré cela, la planète sera, en France, assez mal placée pour être observée étant très basse sur l’horizon. On ne disposera que de quelques minutes, à la fin du crépuscule, pour l’observer entre le 20 août et le 10 septembre.
- Vénus commence à se dégager du rayonnement solaire; on pourra l’apercevoir à l’horizon ouest, le soir, dans le crépuscule; pratiquement, elle est inobservable.
- Mars devient un peu visible, le matin, avant l’aurore. On le trouvera dans la constellation du Lion. Son diamètre, réduit à 3 ',8 par la grande distance qui nous en sépare, rend toute observation physique impossible.
- Jupiter va se trouver en quadrature orientale avec le Soleil le 8 septembre, à 16h. On pourra l’observer encore dès la fin du crépuscule et suivre, avec une petite lunette, quelques-uns des phénomènes produits par les quatre principaux satellites dans leur révolution autour du globe central. Voici la liste de ces phénomènes :
- Phénomènes du système des satellites de Jupiter.
- Date : Sept. Heure. Satel- lite. Phéno- mène. Date : Sept. Heure. Satel- lite. Phéno- mène.
- 3 20 37“ III E. f. 14 19 55“ I O. f.
- 5 20 10 I P. c. 21 18 22 I P c.
- 5 21 18 I O. c. 21 18 24 III O. f.
- 6 20 4 II P. c. 21 19 38 I O. c.
- 6 20 41 I E. f. 22 19 0 I E. f.
- 8 20 17 II E. f. 24 19 45 II O. f.
- 10 19 18 III Em. 28 19 43 III O. c.
- 13 19 6 I Im. 30 18 14 I O. f.
- 14 18 37 I P. f.
- ASTRE. Dates : Lever à Passage au méridien Coucher à Ascen- sion Déclinai- Diamètre Constellation et VISIBILITÉ.
- Sept. Paris. Paris. Paris. droite. son. apparent. etoile voisine.
- 1 5“ 8m 111 50“ 358 18» 32“ 10» 42“ + 8“ 15‘ 31 45",4 Lion
- Soleil . . . 9 5 20 11 47 56 18 16 11 11 + 5 17 31 49 ,1 Lion > ))
- 21 5 37 11 43 43 17 50 11 54 H- 0 40 31 55 ,3 Vierge '
- Mercure . . 9 7 53 13 20 18 46 12 42 — 7 17 7,6 Vierge ! Le soir, au début du mois.
- 21 7 25 12 42 17 59 12 53 — 9 57 9,4 Vierge 1
- Vénus . . . 9 7 5 13 2 18 58 12 22 — 1 17 10,6 Y Vierge ( Le matin, avant l’aurore.
- 21 7 40 13 9 18 37 13 16 — 7 24 11,0 a V îerge (
- Mars.... 9 2 44 10 6 17 27 9 27 + 16 17 3,8 Lion , Inobservable, trop près
- 21 2 39 9 48 16 56 9 57 + 13 51 3,8 a Lion \ du Soleil.
- Jupiter. . . 9 21 13 12 24 43 17 16 35 53 21 21 46 3 16 17 58 4 — 22 22 24 33 35,6 34,4 J Ophiuchus ' Ophiuchus | Dès l’arrivée de la nuit.
- Saturne. . . 9 18 26 0 4 5 37 23 25 — 6 20 7,2 Verseau Toute la nuit, opposition
- 21 17 37 23 9 4 45 23 21 — 6 42 17,2 Z Verseau le 12.
- Uranus. . . 27 18 41 1 54 9 4 2 27 + 14 0 3,6 Bélier Toute la nuit.
- Neptune . . 27 4 10 10 41 17 11 11 14 + 5 59 2,4 cr Lion Inobservable.
- Mercure atteindra sa plus grande élongation du soir, le 4 septembre, à 16h, à 26° 59', à l’Est du Soleil. Cette élonga-
- Saturne arrivera en opposition avec le Soleil le 12 septembre, à 2». Il sera visible toute la nuit. C’est la planète la
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- plus intéressante à observer en ce moment, du fait de la disparition presque complète de l’anneau. On a vu que le plan de l’anneau est passé par la Terre le 29 juin dernier. En ce moment l’anneau s’ouvre un peu; le 11 septembre, comme le montre le tableau suivant, la Terre sera élevée de moins de 2 degrés au-dessus du plan de l’anneau. Voici les éléments de cet anneau pour le 11 septembi*e :
- Grand axe extérieur....................— 43”,53
- Petit axe extérieur....................+ 1”,34
- Hauteur de la Terre au-dessus du
- plan de l’anneau.......................+ 1°, 76
- Hauteur du Soleil au-dessus du plan de l’anneau...........................+ 1°, 61
- Si la Terre s’élève un peu au-dessus de l’anneau (face nord) par contre le Soleil s’abaisse et, bientôt, éclairera la face sud.
- Titan, le plus lumineux des satellites de Saturne, est visible lors de ses élongations maxima, avec une petite lunette (il est de 8°,5 magnitude et une lunette de 0m,05 d’objectif suffit pour le voir).
- Voici ces élongations pour septembre :
- Date. Elongation. Heure
- Septembre 2 Occidentale 7“,6
- — 10 Orientale 1, 9
- 18 Occidentale 5, 2
- — 15 Orientale 23, 4
- Il convient de surveiller le passage de Titan et de son
- ombre devant Saturne, quatre jours après les élongations orientales, c’est-à-dire le 14 septembre et le 29. Employer une lunette ou un télescope assez puissants.
- Uranus va se trouver en opposition avec le Soleil à la fin du mois prochain. Il est visible à peu près toute la nuit dès à présent. Pour le trouver, se servir d’une bonne jumelle et de la petite carte reproduite au « Bulletin astronomique » du n° 2978 du 1er juin 1936.
- Neptune est inobservable. Il va se trouver en conjonction avec le Soleil le 9 septembre, à 0h.
- Le 16, à 0, Mercure en conjonet. avec Vénus, à 4° 59'S. Le 17, à 1 S", Mercure — La lune, à 0° 58' N.
- Le 17, à 22“, Vénus — — à 5° 55' N.
- Le 22, à 20“, Jupiter — - - à 1° 16' N.
- Le 29, à 19“, Saturne — - - à 7° 55' S.
- Etoile Polaire; temps sidéral. — On pourra observer les passages suivants de P Etoile Polaire au méridien de Paris. Il sera facile de calculer les passages intermédiaires, à quelques secondes près, en tenant compte de la durée du jour sidéral :
- 23“ 56“ h8 : Date. Passage. Heure. Temps sidéral à 0“ (T. U.) pour le méridien de Greenwich.
- Septembre 7 Supérieur Oh 28“ 21s 23“ 3“ 34“
- — 17 — 1 49 9 23 43 0
- — 27 — 1 9 57 0 22 25
- Etoiles variables. — Minima d’éclat (visibles à l’œil nu) de l’étoile Algol ([1 Persée), variable de 2m,2 à 3m,5 en 2‘ 20“ 48ra : le 3, à 3“ 41“ ; le 6, à 0» 30“ ; le 8, à 21“ 18“ ; le 26, à 2“ 10“ ; le 28, à 22“ 59A
- Le 15 septembre, maximum d’éclat de T Grande Ourse, variable de 5“,5 à 13m,5 en 255 jours.
- Le 25 septembre, maximum d’éclat de R Serpent, variable de 5“,6 à 13“,8 en 353 jours.
- Pendant tout le mois, observer « Mira Ceti », o de la Baleine, variable de 2“,0 à 10™,1 en 332 jours, dont le maximum doit se produire le 26 octobre.
- Etoiles filantes. — Pendant tout ce mois, un grand nombre d’essaims sont actifs et donnent des météores. On en trouvera la liste dans le « Bulletin astronomique » du n° 2958.
- V. Constellation. — L’aspect de la Voûte céleste, le 1er septembi’e, à 21“, ou le 15 septembre, à 20“, sera le suivant :
- Au Zénith : Le Cygne; la Lyre.
- Au Nord : Le Cocher; la Grande Ourse.
- IV. Phénomènes divers. — Conjonctions :
- Le 2, à 11 “, Le 5, à 17“, Le 7, à 17“, Le 13, à 9“, Le 15, à 11“,
- Saturne en conjonet. avec la Lune, à 7° 55' S. Uranus — à 4° 34' S.
- Vénus — 7) Vierge, à 0° 19' S.
- Mars — la Lune, à 5° 31' N.
- Neptune — •— à 6° 25' N,
- A l’Est : Pégase; Andromède; le Bélier.
- Au Sud : le Capricorne, le Verseau; le Dauphin; l’Aigle; le Sagittaire.
- A l’Ouest: Ophiuchus; le Serpent; Hercule; la Couronne boréale; le Bouvier. La Balance et le Scorpion se couchent
- Em. Touchet.
- UNE CURIEUSE APPLICATION DE LA GLACE
- CARBONIQUE
- LA DESTRUCTION DES RATS
- La Revue générale du Froid, nous apprend que depuis quelque temps on emploie avec succès la glace carbonique pour la destruction des rats.
- La méthode consiste à placer un morceau de glace sèche de
- la grosseur d’une noisette dans chacun des trous et à boucher ceux-ci avec un mélange de verre pilé et de terre ou de plâtre. On opère de préférence le matin. Les rats sont immédiatement suffoqués par le gaz carbonique.
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- ..... LA RADIOPHONIE PRATIQUE ~ " 1;
- CONSEILS PRATIQUES - NOUVEAUTÉS RADIOTECHNIQUES CONSTRUCTION D’APPAREILS SIMPLES
- LES INDICATEURS DE RÉGLAGE CATHODIQUES
- On peut distinguer deux problèmes dans le réglage d’un récepteur pour la recherche d’une émission. Il faut, d’abord, obtenir un accord, en quelque sorte, approximatif; puis le préciser, avec d’autant plus de finesse que le récepteur est lui-même plus sélectif.
- Une fois la première manœuvre effectuée, en amenant sur le cadran de réglage l’aiguille de repère en face du nom du poste émetteur, dont on veut recevoir l’émission, il reste à effectuer un léger réglage complémentaire, de façon à obtenir une audition aussi musicale que possible, avec le minimum de bruits de parasites et de distorsion.
- Une partie des bruits parasites, et surtout des distorsions,
- Ecran fluorescent
- Plaque de Triode
- Grille de Triode
- Revêtement
- fluorescent
- Electrode de contrôle du rayon
- Cathode
- Fig. 2. — Le tube indicateur visuel 6 E-5 ou œil magique.
- peut être due au réglage défectueux du récepteur. Les appareils sélectifs livrent passage à une bande de fréquences musicales réduite à 4500, ou 5000 périodes seconde en général, et la bande reçue ne présente pas une courbe de résonance pointue absolument classique, mais plutôt une courbe à deux bosses plus ou moins aplatie (fig. 1).
- Si l’appareil est exactement accordé sur la fréquence porteuse de l’émission cherchée, il ne peut apparaître de distorsion de ce fait, mais seulement une restriction de la bande de fréquence due aux constantes mêmes du récepteur et de l’émission. Ce réglage est assez difficile à l’aide de l’oreille seule; s’il est imparfait, on mutile une certaine gamme de sons musicaux, par exemple les sons graves, au profit des sons aigus, avec production exagérée d’harmoniques, ou inversement.
- D’un autre côté, la plupart des récepteurs actuels sont
- Fréquence porteuse
- Fig. 1. — La difficulté de la détermination de l’accord exact d’un récepteur dépend de la forme de la courbe qui représente les intensités engendrées en fonction des fréquences reçues.
- Si la courbe est assez pointue (représentation schématique en A), la détermination du point d’accord X est assez facile; si la courbe est en « dos de chameau » ou aplatie (en B et C) cette détermination est beaucoup plus malaisée.
- munis d’un dispositif antifading permettant d’atténuer les effets de la variation d’intensité de propagation si gênants pour la réception des ondes courtes. En augmentant le contraste normal entre l’audition maxima et une audition faible, ce dispositif exige du réglage une précision encore accrue.
- Si le récepteur ne possède pas un dispositif silencieux efficace, bloquant, en quelque sorte, le système amplificateur au moment nécessaire, il se produit, lors de la recherche des émissions, et pour les positions de l’aiguille de repère entre les points de réglage différents, des bruits parasites gênants et violents provenant de l’action du dispositif antifading lui-même.
- Ce dernier, en effet, amplifie d’autant plus les signaux reçus que l’intensité des oscillations électriques agissant sur l’entrée du récepteur diminue. Dans les intervalles où aucune émission n’agit sur le poste, l’amplification est ainsi maxima, et tous les bruits parasites sont amplifiés dans de grandes proportions.
- L’indicateur de réglage visuel permet d’obtenir un repère exact au moment de la résonance et de réduire au minimum, s’il y a lieu, l’intensité de l’audition pendant la recherche; on évite ainsi les bruits parasites désagréables au moment où le récepteur n’est pas accordé sur une émission.
- Dans ce système, on peut même obtenir un accord totalement silencieux, en mettant hors circuit le haut-parleur, et en se servant uniquement des indications optiques pour opérer la rectification finale du réglage, sur une émission repérée par avance sur le cadran de recherche au moyen de l’aiguille habituelle.
- Tous les appareils de réglage visuel reposent sur un principe très simple. Le
- Fig. 3. •— Montage de l’indicateur visuel cathodique 6 E-5.
- 1 Mégohm
- —VWVA-
- P/aaue,
- Grille y ers le
- Ecran
- fluorescent
- circuit
- anti-fading
- Cathode
- Filament
- +250v.
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-
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- dispositif antiîading fonctionne en appliquant sur les grilles d’une ou plusieurs lampes haute fréquence ou moyenne fréquence une tension de polarisation négative, variable généralement suivant les variations du courant plaque de la lampe détectrice. Ce courant varie, lui-même, en correspondance avec l’intensité des signaux reçus à l’entrée du récepteur. La polarisation appliquée sur ces lampes antiîading, et, par suite, l’amplification produite par ces lampes, varient en sens inverse l’une de l’autre.
- Dans ces conditions, pour des signaux intenses, le courant plaque du détecteur augmente généralement, la polarisation appliquée sur les grilles des lampes augmente aussi,«-le courant plaque diminue; pour les signaux faibles, au contraire, la polarisation appliquée sur les grilles des lampes diminue, et leur courant plaque augmente.
- On constate ainsi une diminution du courant de plaque au moment de la résonance, c’est-à-dire à l’instant où le signal est le plus intense. On a donc eu l’idée de faire agir ce courant plaque sur un dispositif de réglage visuel permettant de noter un minimum ou un maximum du courant, et, par conséquent, d’indiquer exactement le moment de l’accord précis cherché.
- Le mode de mise en oeuvre le plus récent de ce principe, fait appel à l’oscillographe cathodique et se prête à ses réalisations très simples.
- En faisant agir le courant des lampes antifading sur une paire de plaques d’un oscillographe, on provoque une déviation ou une modulation du pinceau électronique, et, par suite, une variation de la brillance ou de la surface de la tache lumineuse sur l’écran fluorescent du tube. Ce signal optique permet d’apprécier le moment de la résonance avec une grande précision.
- C’est sur ce principe qu’un constructeur américain a réalisé l’appareil dénommé « Œil Magique » (tube 6 E 5). Le système optique en est constitué par un disque luminescent avec au
- Fig. 5. — Courbes caractéristiques de l’indicateur cathodique 6 E-5.
- -8 -6 “4 -2
- Tension grille en volts
- centre une surface sombre circulaire plus ou moins comparable , à la pupille de l’œil, et un secteur luminescent, dont la largeur varie au moment de l’accord (lig. 2, 3 et 4).
- L’appareil, de petites dimensions, puisque la hauteur de son ampoule n’est que de 108 mm, et le plus grand diamètre de 38 mm, a exactement la même forme qu’une lampe de T. S. F. de type américain, et il est monté, comme une lampe ordinaire, avec un culot à 6 broches.
- Le système comporte, en réalité, un élément à trois électrodes, et un dispositif émetteur de rayons cathodiques; la plaque de la lampe à trois électrodes est maintenue à un potentiel moyen constant par l’intermédiaire d’une résistance connectée à la source de tension plaque. La grille du même élément triode est reliée au circuit antifading du poste, de sorte que son potentiel varie suivant les variations mêmes du courant de plaque des lampes antifading, comme nous l’avons indiqué précédemment (fig. 3).
- A la base de la lampe, une cathode commune pour le système triode et pour le tube cathodique est chautlee indirectement par un courant d’une tension de 6,3 v, et d’une intensité de 0,3 a. Cette cathode émet un pinceau électronique qui est attiré par un écran anodique ayant la forme d’une entonnoir conique disposé à la partie supérieure du tube, et relié à la source positive de tension plaque.
- Cet écran est muni d’une collerette, et la partie centrale conique est recouverte d’une couche fluorescente s’illuminant sous l’action du bombardement électronique.
- La cathode chauffée indirectement est recouverte d’une sorte de calotte à la partie supérieure; cette calotte est disposée à l’intérieur, et dans l’axe de l’écran fluorescent en forme de cône. Il se produit au centre de l’écran une tache noire qui figure plus ou moins la pupille de l’œil, lorsque le système est disposé normalement dans la position horizontale, et entouré d’un cache noir permettant de mieux observer la luminescence.
- L’écran luminescent ne présente pas une brillance égale sur toute sa surface, parce qu’il n’est pas atteint également par le pinceau électronique. Une troisième électrode de contrôle est, en effet, disposée entre la cathode émettrice d’électrons et cet écran. Cette électrode est constituée par un prolongement de la plaque du système triode indiqué précédemment. Il se produit donc sur l’écran une tache sombre en forme de secteur, dont l’importance dépend de la forme, de la position, et du potentiel de l’écran de contrôle (fig. 4).
- L’angle obscur qui se détache sur le fond lumineux a une ouverture maxima de l’ordre de 90°, et sa largeur diminue au moment de l’accord exact, où il n’est plus figuré que par un secteur très réduit.
- La cathode est reliée au point milieu du circuit de chauffage, ou à la masse du châssis, et le fonctionnement du système est facile à comprendre, comme le montrent les figures 3 et 5.
- Lorsque le récepteur est exactement accordé sur l’émission à recevoir, la -tension appliquée sur la grille de l’élément triode, et provenant des lampes antifading, atteint une valeur négative maxima, le courant de plaque de cet élément triode est ainsi minimum.
- Une résistance de l’ordre de un mégohm est intercalée entre la plaque et l’écran fluorescent. La chute de tension dans cette résistance est minima ; il en est de même de la différence existant entre la tension de l’anode et la tension de l’écran fluorescent. La plaque de déviation est reliée à l’anode; sa tension est donc voisine de celle de l’écran.
- L’électrode de contrôle crée, à ce moment, une déviation minimum, et le pinceau électronique agit sur une plus grande surface de l’écran, ce dernier est éclairé au maximum; le secteur non éclairé est très réduit.
- Tension grille nulle Tension grille négative
- Fig. 4.— Le secteur fluorescent de l’indicateur cathodique 6 is-5 varie suivant la tension de grille.
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- Au contraire, lorsque le récepteur n’est pas exactement accordé sur une émission, la polarisation négative appliquée sur la grille de l’élément triode diminue, le courant plaque augmente. Il se produit donc une chute de tension plus élevée dans la résistance; la tension de plaque de l’élément et celle identique de l’électrode de contrôle sont inférieures à celle de l’écran.
- La tension de l’écran demeurant constante, la déviation du pinceau électronique est plus accentuée, l'effet du bombardement est concentré sur une surface plus réduite de l’écran; la surface du secteur non éclairé augmente.
- La tension de plaque de l’élément triode, ainsi que celle de l’écran fluorescent, est au maximum de 250 v; le courant d’écran est de 4,5 milliampères, environ; le système est donc d’emploi facile, et il est, d’ailleurs, employé pratiquement déjà sur un grand nombre de récepteurs. Il est sensible et précis.
- L’indicateur de réglage représenté sur les figures 6 et 7 est d’un principe analogue. Il comporte également une triode placée à la partie inferieure de l’ampoule; l’extrémité supérieure de la cathode est entourée d’un écran conique fluorescent, et de quatre petites plaques de déviation qui sont reliées à l’anode de la triode. Çes électrodes, ainsi que la cathode elle-même, sont dissimulées par un disque noir se trouvant au centre et à la partie supérieure de cette cathode.
- Comme précédemment, on porte l’écran cathodique à la haute tension positive, et on intercale une résistance de 0,5 mégolims entre l’écran et l’anode du système fluorescent; on applique la tension obtenue dans le dispositif antifading sur la grille de l’élément triode.
- Lorsqu’il n’y a pas d’accord, la déviation, comme précédemment , est plus accentuée, le bombardement électronique est concentré sur une bande étroite de l’écran, il se produit quatre bandes qui s’élargissent, et une mince croix lumineuse.
- Au moment de l’accord, au contraire, les branches de la croix s’élargissent en forme de trèfle à quatre feuilles, d’où le nom de Trèfle Cathodique donné au système.
- O,S Még.
- C---oVWW-
- Pjaque de déviation
- H (etension Ecran conique Vb=250Y
- ithode
- tiers circuit des iampes anti-fading
- Fig. 7.
- — Montage du « Trèfle cathodique ».
- Fig. 6. — Tube dit « Trèfle cathodique ».
- fréquence, comprise actuellement entre 135 et 460 kilocycles environ. On traite ces battements comme des signaux ordinaires, que l’on amplifie et détecte.
- Au moment du réglage exact du récepteur ces battements ont une fréquence qui correspond exactement à la fréquence moyenne du récepteur. Si la fréquence porteuse de l’émission varie, ou si la fréquence de la lampe oscillatrice du récepteur n’est pas constante, il en résulte des déréglages de l’accord plus ou moins sensibles.
- On ne peut songer à obtenir une précision absolue de la fréquence moyenne; lorsque la fréquence nominale de la fréquence intermédiaire est de 135 kilocycles, elle varie, en pratique, sur un certain nombre de récepteurs, entre 128 et 142 kilocycles. Tous les systèmes permettant d’améliorer la stabilité de la fréquence moyenne, de compenser automatique ment les variations possibles de la fréquence des oscillations locales, et même celles de l’émission, augmenteront donc la qualité des récepteurs à changement de fréquence, tout en assurant la correction automatique du réglage d’une façon très agréable pour l’auditeur.
- Dans un dispositif simplifié présenté par la Cie Thomson Houston, on se contente d’intercaler un galvanomètre ordinaire électro-mécanique dans le circuit plaque des lampes antifading, Ce courant est minimum, comme nous l’avons expliqué précédemment, au moment où le récepteur est accordé exactement sur l’émission cherchée (fig. 8).
- LES SYSTÈMES DE RECTIFICATION AUTOMATIQUE DU RÉGLAGE
- Il existe aussi des systèmes automatiques de rectification du réglage. Ils comportent tous deux organes différents; le premier est un système de détection, qui décèle le désaccord existant entre le réglage obtenu et le réglage optimum nécessaire, et engendre une tension électrique variant en fonction de déréglage. Le deuxième organe est un système actif actionné par la tension ainsi créée, et qui supprime le désaccord par un procédé électromécanique, ou purement électrique.
- En réalité, tous les récepteurs perfectionnés actuels sont à changement de fréquence; il a donc suffi d’étudier le problème de la rectification automatique de l’accord pour ce genre d’appareils.
- Dans ceux-ci, on fait interférer, on le sait, les ondes hertziennes recueillies à l’entrée du récepteur avec des ondes engendrées localement, il se produit des battements à moyenne
- Fig. 8. — Rectification du réglage par le système simplifié « Thomson-
- Iiouslon ».
- Condensateur verrier' Galvanomètre commandant le condensâ t C vernier
- Condensateur
- d’accord
- Y Vers le circuit anti-fading
- Système de
- polarisation
- fixe
- ampe commandée parlanti-fading
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- Détecteur différentiel X
- auMi-uc q» ço
- parexces r Circuit ^ s-
- accordéSr B
- exactern t S1 S.
- Circuit d 55-accordé §- fe pCdéiaut § <o_
- Tension
- d'utilisation
- + H-tension
- Fig. 9.— Schéma d’un montage détecteur différentiel donnant une tension
- utilisable pour commander la rectification automatique du réglage.
- Le galvanomètre est relié à un condensateur-vernier, dont la capacité minima est obtenue lorsque le courant traversant le galvanomètre est maximum, et la capacité maxima lorsque le courant est minimum.
- Si la longueur d’onde sur laquelle le récepteur est accordé est un peu inférieure à la longueur d’onde exacte de l’émission cherchée, au moment où l’on approche l’aiguille de repère de la position exacte, le courant-plaque des lampes antifading diminue.
- A ce moment, le galvanomètre dévie, et augmente automatiquement la capacité du condensateur.
- Dans ces conditions, la rectification de l’accord est automatique, et la longueur d’onde d’accord ne peut être supérieure à la longueur d’ondes porteuse de l’émission; dès que la position exacte est dépassée, le courant plaque des lampes antifading augmente, cause une déviation du galvanomètre en sens contraire, et une diminution de la capacité du condensateur.
- Le procédé j^st simple, mais incomplet. Il permet la rectification de l’accord par défaut, mais non par excès. Si le réglage primitif a lieu, en effet, au delà, de la position exacte d’accord, le courant de plaque des lampes antifading augmente, la déviation du galvanomètre augmente encore le désaccord, et toute réception cesse.
- Il existe des dispositifs plus perfectionnés, du type différentiel, qui permettent d’agir avec un désaccord par excès, comme avec un désaccord par défaut.
- Le détecteur du désaccord est formé, par une lampe de T. S. F. sur laquelle on fait agir la tension moyenne fréquence. Cette lampe renferme dans son circuit-plaque les primaires de deux transformateurs moyenne fréquence, dont l’un est accordé un peu au-dessus, et l’autre un peu au-dessous, de la fréquence
- moyenne exacte. Les circuits secondaires additionnels de ce transformateur sont réunis à une lampe détectrice différentielle, généralement une double-diode.
- C’est cette lampe qui joue le rôle de détecteur de désaccord.
- Lorsque la fréquence de réglage est exacte, on n’obtient pas de tension utilisable aux bornes du système ; si la fréquence varie dans un sens ou dans l’autre, on obtient une tension qui est employée pour commander par un procédé généralement électromécanique un petit condensateur vernier employé comme précédemment (fig. 9).
- On peut également utiliser cette tension en employant un bobinage à fer dont on fait varier la saturation au moyen d’un courant continu, ou encore en appliquant la tension sur la grille d’une lampe de T. S. F. dont on fait ainsi varier la résistance interne.
- L’intervalle cathode-plaque de la lampe est placé en parallèle sur une partie du circuit oscillant de l’hétérodyne du récepteur, de manière à faire varier la fréquence de l’oscillation locale d’une manière uniquement électronique.
- On trouve dans des appai'eils français des dispositifs mettant en œuvre le premier principe. Le dernier étage moyenne fréquence de l’appareil comporte un transformateur à deux circuits supplémentaires, en dehors du secondaire normal moyenne fréquence accordé sur la fréquence exacte.
- Ces deux circuits supplémentaires sont accordés symétriquement l’un un peu au-dessus, et l’autre un peu au-dessous de la fréquence moyenne.
- Si la fréquence moyenne est de 135 kilocycles, le premier circuit peut, par exemple, être accordé sur 132, et le deuxième sur 138 kilocycles (fig. 10)’.
- On relie ces deux enroulements supplémentaires respectivement aux deux grilles d’une lampe détectrice double-diode, par exemple, une lampe américaine 79, qu’on utilise comme une double diode à anode commune; de cette manière, le montage est absolument symétrique.
- A l’aide de deux résistances disposées dans les circuits des deux plaques, on recueille dès tensions susceptibles d’agir sur un galvanomètre différentiel à cadre, solidaire de l’armature mobile d’un petit condensateur variable à vernier.
- Lorsqu’aucun signal n’agit sur le récepteur, ou lorsqu’on est à l’accord exact, les tensions recueillies à la sortie de la lampe sont milles ou symétriques. Au contraire, si la fréquence moyenne obtenue est trop élevée, le circuit auxiliaire de fréquence la plus élevée est favorisé, et on recueille sur la résistance correspondante une tension plus importante que sur l’autre.
- Le cadre du galvanomètre est parcouru par un courant qui provoque son déplacement jusqu’à l’annulation du phénomène initial, par auto-compensation de l’hétérodyne.
- Le résultat final est le réglage exact sur la fréquence moyenne à produire.
- P. Hémardinquer.
- Adresses relatives aux appareils décrits : |
- Indicateurs visuels cathodiques : Compagniedes Lampes, 29, rue de Lisbonne, Paris. •—• Société La Radiotech-nique, 7, avenue Matignon, Paris. — Philips, 2, cité Paradis, Paris.
- Système reclificaleur de réglage : Établissements A. R. C. I., 11, rue de Musset, Paris (16e).
- Fig. 10.— Schéma du montage différentiel A. R. C. I. à galvanomètre de commande.
- Oscillatnice
- modu/atrice
- Lampe M.F
- Détecteur différentiel
- Compensateur vernier l
- • Circuit accordé
- H.T1
- Bèsistances
- d’utilisation
- parexces
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- LIVRES NOUVEAUX
- Le cinéma sonore. Théorie et pratique, par R. Vellard. 1 vol. VIII-266 pages, 16G fig. Paris Dunod, éditeur, 1936. Prix br. : 54 fr.
- La première partie est employée à rappeler les notions d’acoustique élémentaire. Ensuite sont étudiés, théoriquement et pratiquement, les tubes thermo ioniques, les cellules photo-électriques elles microphones. Puis viennent la reproduction et l’enregistrement sonores, ainsi que la projection et la prise de vues. Après un bref aperçu de la technique du studio, on passe aux amplificateurs; les principes du calcul des différents étages sont étudiés. La lin concerne les haut-parleurs et l’avenir du cinéma. Le livre s’adresse, en premier lieu, aux ingénieurs de cinéma sonore, aux opérateurs et techniciens des studios, aux opérateurs des cabines de projection et aux directeurs de cinémas.
- Prévision du temps par l’analyse des cartes météoro= logiques, par Jacques van Mieghem 1 vol. 138 p., 47 ûg., 4 pl., et 22 photo de nuages. (Publication de l'Institut Belge de Recherches radio-scientifiques). Gauthiers-Villars, Paris 1936. Prix : 35 fr.
- L’auteur résume ici d’une façon très claire les principes fondamentaux de la méthode suivant laquelle l’École norvégienne de météorologie, inspirée par J. Bjerknes analyse les cartes synoptiques du temps pour en déduire une précision. Cette méthode, en principe, n’a rien d’empirique; partant d’une situation atmosphérique donnée elle en prévoit l’évolution par les lois de l’hydrodynamique. Mais la connaissance des éléments de la situation atmosphérique à un moment donné n’est aujourd’hui encore que très imparfaite; sur un diagnostic nécessairement incomplet ou approximatif, on ne peut encore fonder que des pronostics incertains. Néanmoins, l’étude et l’analyse des cartes synoptiques de temps permettent d’obtenir des pronostics d’une valeur qualitative appréciable; c’est dire tout l’intérêt qui s’attache à ce genre d’études et à l’excellent ouvrage de J. Van Mieghem qui en rend l’accès facile.
- Le grand hiver 1936=1937, par Joseph Cassiopée. 1 vol. broch. 64 p. Desforges. Éditeur, Paris 1936. Prix 5 fr.
- M. Cassiopée nous prédit un rigoureux hiver : 60 jours presque consécutifs de gel; neiges abondantes, températures très basses; il nous prévient aussi que juillet 1936 sera très pluvieux et compromettra la moisson. Sur quoi s’appuient des prophéties aussi précises? L’auteur pense avoir établi l’existence d’un cycle météréologique de 372 ans; il s’est donc reporté aux renseignements que l’on possède sur le climat de l’année 1564-1565 en France; l’hiver de cette année est un des plus pénibles dont l’histoire ait gardé le souvenir; l’auteur nous en prédit, en somme, la répétition.
- Faune de France. 30. Cestodes, par Ch. Joyeux et J.-G. Baer. 1 vol. in-8, 613 p., 569 flg. Lechevaüer, Paris 1936. Prix : 200 fr. Les Cestodes ou Ténias sont des vers parasites dont les uns sont bien connus, qui vivent dans le tube digestif de l’homme et des animaux domestiques, mais dont beaucoup d’autres ont été moins recherchés et étudiés, qu’on trouve chez les animaux sauvages et particulièrement chez les poissons. Leur détermination exacte est difficile, parce qu’ils sont très rétractiles, déformables et aussi parce qu’ils présentent des stades larvaires qui passent souvent d’un hôte à un autre. Leur inventaire est loin d’être complet. C’est dire le mérite de cet ouvrage, et du catalogue des formes larvaires existant chez des invertébrés marins que R. Ph. Dollfus y a introduit. Il n’existait aucun ouvrage d’ensemble en français; cette faune fait le bilan de nos connaissances actuelles; elle incitera certainement à développer ces études, et d’autant plus que, dans la forme générale de la Faune de France, elle débute par une introduction morphologique, biologique et pratique qui est un guide précieux pour les chercheurs.
- Livre jubilaire de M. E.=L. Bouvier. î vol. in-4, 379 p., flg., planches en noir et en couleurs. Firmin-Didot, Paris, 1936. Prix : 200 francs.
- En affectueuse admiration pour l’homme et pour son œuvre, les collaborateurs, les élèves et les amis du professeur du Muséum ont groupé dans ce très beau livre un bouquet de 75 études, les unes décrivant des insectes nouveaux dont plusieurs sont dédiés au maître, les autres traitant des nombreux sujets qu’il a étudiés : les Cétacés, les Crustacés et surtout les Insectes. L’évocation du laboratoire d’entomologie du Muséum avant Bouvier, poussiéreux, clos, en désordre, et l’activité qui y règne aujourd’hui font comprendre l’influence qu’a eue, par sa science, son labeur, son ardeur, le très grand zoologiste français.
- Thiergéographie des Meeres, par Sven Ekman. 1 vol. in-8, 542 p., 244 ûg. Akademische Verlagsgesellschaft, Leipzig, 1935. Prix : broché, 30 marks; relié 32 marks.
- La répartition géographique des animaux marins se fait dans un milieu continu et cependant certains sont bornés à des étendues plus ou moins étroites : il y a des différences de faune des pôles à l’équateur, de la côte au large, de la surface aux abîmes, dans lés mers saumâtres;
- il y a aussi des groupements qui rappellent les mers géologiques; il y a encore des animaux cosmopolites qu’on trouve partout, ou dans toutes les eaux chaudes, ou dans toutes les eaux froides voisines des pôles. L’exploration biologique des mers a fourni assez de renseignements pour qu’on aborde ce problème avec exactitude. Le professeur d’Upsal a réuni tous les documents disponibles et en présente une synthèse remarquable qu’il relie aux données écologiques, paléon-tologiques, paléogéographiques, paléoclimatologiques. Il donne ainsi une large vue d’ensemble et montre tout l’intérêt des multiples problèmes soulevés.
- L’espèce humaine. T. VII de l’Encyclopédie française publié sous la direction de Paul Rivet, avec la collaboration de Paul Lester. 1 vol. in-4, figures, tableaux, planches en noir et en couleurs. L’Encyclopédie française, 13, rue du Four, Paris. Prix, sous reliure mobile : 125 fr.
- Tout le monde connaît l’Encyclopédie française; le livre consacré à l’homme est un modèle de documentation et de présentation qui conduit tout naturellement aux deux questions brûlantes de races ou de population. L’introduction par le Dr Rivet, souligne l’étroite et complexe solidarité des sciences qui intéressent l’homme, la race et la langue, expose l’organisation des études ethnologiques en France et hors de France, et finalement retrace, en homme qui l’a vécue, l’épopée de l’ethnographie militante, poursuivant à travers les continents la recherche des monuments de la technique et de l’ingéniosité humaine que rassemblera demain ce musée de l’homme dont le Dr Rivet a voulu la réalisation. Puis c’est le tableau des grands aspects de l’activité humaine : l’homme s’adaptant à la nature, par les techniques et l’outillage; s’unissant à ses semblables, par les différentes formes de société, et réagissant devant « le surnaturel ». Défilent ensuite tous les peuples de la terre, présentés en 72 planches, décrits par les exploiteurs de l’école du Trocadéro : MM. Ellen-Berger, Griaule, Leiris, Leroi-Gourhan, Levitzki, Métreaux, Charles Parain, Soustelle, etc., qui parlent d’une population après avoir longuement vécu à son contact. Le Dr Neuville pose alors le problème, si tragiquement débattu, de la race; après avoir suivi l’évolution des doctrines, et passé en revue les problèmes de l'hérédité, des groupes sanguins, de la pathologie raciale, du mélange de races, il étudie la valeur physique et sociale des métis; il expose les théories relatives à l’origine de l’homme et aux classifications des principaux groupes ethniques dont il décrit les caractères « somatiques » et les traits physiques. Les problèmes démographiques occupent la dernière partie : comment se répartit la population par continents et par pays; quelle est, à l’intérieur des diverses masses humaines, la proportion des sexes; le renouvellement des générations par naissances, mariages, morts, le potentiel vital d’un peuple; les migrations modernes, la densité de la population, les politiques de la population. Des tableaux statistiques éclairent ces questions, dus à M. Halbwachs, professeur à la Sorbonne, et à M. Sauvy, de la Statistique générale de la France.
- La civilisation mégalithique. Tumulus, menhirs, dolmens à travers le monde, par Hilaire de Barenton. 1 broch. in-8, 42 p. Berche et Pagis, Paris, 1935. Prix : 6 fr.
- Les monuments mégalithiques récemment découverts en Abyssinie par le P. Azaïs amènent l’auteur à examiner leur signification funéraire et religieuse et à rechercher leur date probable.
- Chansons populaires du Vieux Québec, par Marius Barbeau. 1 broch. in-8, 61 p., fig. Musée national du Canada, Québec. Prix : 25 cents.
- Le Canada français conserve notre langue et nos chansons d’autrefois, qui continuent de se transmettre oralement, en se déformant peu à peu. L’auteur a recueilli 15 chansons délicieuses, dans leur forme actuelle, il en a noté musique et paroles auprès de pêcheurs, de bûcherons, de paysannes et il en a fait ce joli bouquet qu’il s’applique à situer dans le folklore français.
- Die Welt des Geisteskranken, par le Dr Karl Birnbaum. 1 vol. in-16, 157 p., 7 fig. Julius Springer, Berlin, 1935. Prix : cartonné toile, 4,80 marks.
- Dans la collection de vulgarisation scientifique : Verstândliche Wissenschaft, voici une mise au point de psychiatrie : le moude des maladies de l’esprit. L’auteur, professeur à Berlin, présente leurs divers aspects, leurs rapports avec le corporel et montre leurs effets dans la vie sociale et dans la « culture, ». Quelques dessins d’aliénés illustrent le texte.
- Nomenclature des journaux et revues, en langue française du monde entier, publié par l’Argus de la Presse. 1 vol. in-8, 758 p., 1936-1937, 37, rue Bergère, Paris.
- La 7e édition de cette utile publication présente, classées méthodiquement tous les renseignements sur plus de 15 000 journaux et revues publiés en français dans le monde entier.
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- NOTES ET INFORMATIONS
- HISTOIRE DES SCIENCES
- La recherche scientifique en France.
- La Recherche Scientifique pratiquée jadis grâce à l'initiative individuelle d’un très petit nombre d’hommes est entrée au cours du siècle dernier dans une phase nouvelle caractérisée par un double phénomène : l’échange des idées au moyen de publications et l’augmentation considérable du nombre des chercheurs.
- C’est à cette évolution que nous devons l’impulsion extraordinaire qui a transformé la vie sociale avec une rapidité sans précédent.
- Récemment encore, la Recherche Scientifique n’était administrativement qu’une activité accessoire en relation avec l’enseignement supérieur ou avec des institutions de caractère médical, industriel ou autres. Le développement de la science impose, pour la recherche, une organisation indépendante.
- Celle-ci a été commencée en France il y a peu d’années lorsque furent créées la caisse de la Recherche Scientifique destinée à subventionner des travaux et la Caisse nationale des Sciences, due notamment à l’active campagne de Jean Perrin, et dont le but était de faciliter la tâche des chercheurs en dehors de toute obligation d’enseignement.
- Ces deux organismes qui ont rendu de si grands services sont aujourd’hui groupés sous le nom de Caisse nationale de la Recherche Scientifique.
- Les fonds dont dispose cette caisse sont distribués par un Conseil Supérieur de la Recherche, divisé en huit sections : mathématiques, mécanique et astronomie, physique, chimie, biologie, sciences naturelles, histoire et philologie, philosophie et sociologie. Chacune d’elles est formée d’une dizaine de membres choisis parmi nos plus grands savants.
- La création du nouveau sous-secrétariat, qui assurera une meilleure liaison entre les savants et le ministère de l’Éducation nationale, vient de consacrer l’existence en France d’un « Service national de la Recherche Scientifique » dont les éléments essentiels sont le Conseil Supérieur de la Recherche et la Caisse nationale de la Recherche Scientifique.
- Rien que peu apparent et souvent ignoré, le rôle social de la Recherche Scientifique est de tout premier ordre, tant au point de vue du développement de la culture qu’à celui de l’amélioration des conditions matérielles de la vie.
- Ce service peut être entretenu au prix d’un effort financier très faible par rapport à celui qu’exigent les autres services publics; mais ses besoins ont été jusqu’ici méconnus et il ne se trouve pas en France au niveau qui convient aune grande nation.
- Il faut absolument accroître les ressources consacrées aux chercheurs, à leur outillage et aux publications, organes de collaboration entre les savants du monde entier.
- Mais d’autres nécessités naissent des exigences nouvelles de la Science.
- L’époque est passée où de grandes découvertes pouvaient être faites avec un matériel rudimentaire, par un savant qui construisait ses appareils de ses propres mains, qui effectuait lui-même toutes les mesures, tous les calculs relatifs à ses expériences. Aujourd’hui certains travaux scientifiques exigent des locaux, des machines d’une importance semi-industrielle. D’autres réclament la collaboration incessante de nombreux employés possédant des connaissances techniques.
- C’est pourquoi le sous-secrétariat à la Recherche Scientifique, en accord avec les membres du Conseil supérieur de la Recherche, demandera la création de centres spécialisés
- puissamment outillés, dépendant de la Caisse nationale de la Recherche et dans lesquels les travailleurs des divers laboratoires pourront effectuer des expériences. Il demandera d’autre part des crédits pour rémunérer les aides techniques de toutes sortes, qui sont aujourd’hui les auxiliaires indispensables de la Recherche Scientifique moderne, aussi bien dans le domaine des sciences humaines que dans celui des sciences exactes.
- Nikola Tesla.
- On vient de fêter en Sorbonne le 80e anniversaire de la naissance de Nikola Tesla. Ce grand inventeur à qui l’électricité moderne doit tant, a fait sa carrière aux Etats-Unis, mais il est né d’une famille serbe, le 10 juillet 1856 à Sonilian près de la ville de Gospic, aujourd’hui en Yougoslavie. Il fit ses études supérieures à l’Université de Gratz (Autriche). Il débuta comme ingénieur électricien à Budapest en 1881, En 1883, il travailla aux usines de la compagnie Edison à Paris, qu’il quitta pour se rendre aux Etats-Unis où un emploi lui était offert aux usines Edison de New-York. Bientôt il formait lui-même une compagnie qui lui permit de déployer librement ses dons d’inventeur. Il réalisa d’abord le premier moteur asynchrone à champ tournant dont il avait eu la première conception à Paris; on lui doit à la même époque l’invention des courants alternatifs polyphasés, des alternateurs polyphasés, des commutatrices, ainsi que du montage en étoile des; conducteurs triphasés. C’est à lui que l’on doit la transmission de l’énergie par courants alternatifs polyphasés. L’ensemble des brevets de Tesla sur la transmission de l’énergie par courants alternatifs fut acquis en 1891 par Westinghouse qui s’était fait aux Etats-Unis le champion du courant alternatif et devait le faire triompher industriellement.
- Poursuivant ses recherches sur le courant alternatif, Tesla passe en 1889 à la réalisation et à l’étude des propriétés des courants à très haute fréquence. Il crée d’abord un générateur à 15 000 périodes par seconde ; puis pour atteindre des fréquences beaucoup plus élevées, il imagine le célèbre montage connu encore sous le nom de Tesla; c’est un circuit alimenté en courant alternatif basse fréquence, et contenant une bobine de self, un condensateur et un éclateur. La self était le primaire d’un transformateur élévateur de tension. Au secondaire, on recueillait des courants de haute fréquence et de tension élevée. Ces courants reçurent de remarquables applications thérapeutiques ; ils permirent de curieux effets d’éclairage par tubes à vide. Ils provoquèrent une telle curiosité qu’on les appela courants de Tesla.
- Ceci se passait en 1893. Mais ce qui est le plus remarquable, c’est que ce mode de génération d’oscillation à haute fréquence contenait en puissance la transmission de l’énergie électrique sans fil; Tesla en aperçut immédiatement toutes les conséquences et les proclama en 1893, pour se faire, bien entendu, traiter de visionnaire. Tout le monde reconnaît aujourd’hui qu’il a réalisé le premier générateur industriel d’ondes hertziennes et celui-ci a servi à la radiotélégraphie jusqu’à la naissance des ondes entretenues.
- Tesla compte parmi les grands pionniers de la T. S. F.
- De 1896 à 1900, il se consacre à la télémécanique sans fil et réalise de remarquables expériences. On lui doit bien d’autres inventions encore, notamment une curieuse turbine à vapeur à friction dont le principe est des plus intéressants.
- Mais c’est l’ensemble de ses créations électriques, exposées dans ses nombreux brevets qui constitue son œuvre maîtresse, et forme un véritable monument.
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- T. S. F.
- Vamplification de la parole pour les spectacles de plein air.
- L’amplification de la musique ou des paroles dans les spectacles ou les réunions en plein air, au moyen de microphones, d’amplificateurs, et de haut-parleurs, a l'ait de très grands progrès.
- Lors des récentes l'êtes de Paris, une installation particulièrement réussie a été réalisée pour la diffusion sur le parvis Notre-Dame du « Vray Mistère de la Passion ».
- Le problème était dans ce cas particulièrement ardu. Il lallait une audition égale et artistique pour des milliers d’auditeurs répartis sur des gradins étagés sur toute la surface du parvis. 11 fallait diffuser, non seulement les paroles des acteurs, mais les choeurs, la voix des orgues retransmis de l’intérieur de la cathédrale Notre-Dame, et même le carillon retransmis depuis la cathédrale de Rouen.
- La scène n’était pas la scène étroite des théâtres, elle avait des dimensions exceptionnelles non seulement dans le plan horizontal, mais surtout dans le plan vertical.
- Il a donc fallu, tout d’abord, de très nombreux microphones : une cinquantaine répartis sur les décors fixes, le chemin de croix, et la façade de la cathédrale. Mais ces microphones n’avaient pas tous le même rôle ni les mêmes caractéristiques.
- Les uns, sphériques, d’un type américain nouvellement introduit en France, avaient pour rôle de transmettre fidèlement les voix des acteurs, quelle que fût la position de ces derniers par rapport aux microphones. D’autres, au contraire, à pouvoir directionnel très accentué, étaient disposés aux foyers de miroirs paraboliques, de manière à recueillir plus spécialement la voix d’un acteur dans une direction déterminée, et à augmenter dans une grande proportion la profondeur du champ.
- Le choix, l’adaptation, et la disposition des haut-parleurs soulevaient des problèmes non moins importants. Une douzaine d’unités de moyenne importance étaient réparties autour du parvis; un haut-parleur à très grande puissance, ou plutôt un ensemble de haut-parleurs, comportant 12 moteurs traducteurs de sons agissant sur un pavillon de 7 m de longueur et d’une gueule de 3 m de côté, était placé entre les tours de la cathédrale. Il servait particulièrement à la retransmission des chœurs et des sonneries de cloches.
- Tous les organes de cet ensemble n’avaient pas, bien entendu, à fonctionner simultanément. Un centre de répartition, ou, suivant le terme technique de « mixage » servait à mettre en circuit, au moment voulu, les microphones convenables, à répartir et à régler l’intensité des courants microphoniques, à mettre en action les divers haut-parleurs avec une intensité plus ou moins grande.
- Le résultat obtenu, de l’avis des musiciens, a répondu à l’attente des organisateurs; les haut-parleurs employés ont amplifié les paroles et les chants et les chœurs en leur conservant leur musicalité; les sons des orgues et des cloches ont acquis ainsi une sonorité d’une ampleur vraiment impressionnante. P. H.
- HYGIÈNE
- Le cirque ambulant moderne.
- Nous ne sommes plus au temps où le grand public se contentait toujours de spectacles forains dans des conditions de confort très approximatives. La diffusion des salles de cinéma-
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- tographe sonore, les progrès de la construction de ces salles de projection, même de moyenne importance, et en province, ont rendu désormais les spectateurs plus difficiles, tant sur la nouveauté et l’intérêt artistique des spectacles qui leur sont présentés, que sur l’aération des locaux, et le confort des fauteuils !
- Les directeurs des grands cirques ambulants français, ont désormais compris la nécessité de transformer leur installation suivant ces directives. Le grand cirque moderne « Medrano Voyageur », en particulier, qui constitue la plus grande installation de ce genre, en France du moins, avec sa tente à 6000 places, possède une installation technique très importante, tant pour assurer le confort du « chapiteau » démontable, que pour sa sécurité, et son transport.
- La « climatisation » de l’atmosphère de la salle, si appréciée à l’heure actuelle dans toutes les installations des grandes villes, est ainsi obtenue au moyen d’une installation montée sur camion, et qui permet la ventilation avec un volume de 60 000 m3 d’air à l’heure, soit un renouvellement horaire moyen de 12 m7’ par spectateur. L’air ainsi transmis est, au préalable, filtré, chauffé ou rafraîchi, de sorte qu’en hiver, par une température extérieure de — 5 degrés, et une mise en régime d’une heure, la température obtenue dans le chapiteau est de + 18 degrés.
- L’installation comporte deux chaufferies mobiles d’une puissance de 500 000 calories chacune, montées sur chariot d’environ 7 m de long, sur 2,20 m de large (fig. 1).
- Le système permet la production de vapeur à basse pression au moyen d’une chaudière chauffée au mazout, la production d’air chaud par un groupe aérotherme alimenté par la vapeur basse pression, et la production d’air rafraîchi par pulvérisation d’eau.
- L’air chaud, ou refroidi par un groupe de ventilation, est refoulé ensuite sous les gradins au moyen de tuyaux en toile portant, de distance en distance, des trous d’émission permettant une distribution rationnelle de l’air.
- Malgré la mobilité de l’installation, on voit ainsi qu’on a pu réaliser tout un ensemble technique, qui ne le cède en rien aux installations fixes des grandes salles.
- Cent voitures automobiles sont nécessaires, d’autre part, pour le transport du matériel des animaux, et des artistes. Une centrale électrique complète mobile, des camions de service contre l’incendie, et de service médical, et même un... avion de propagande privé complètent le matériel technique, qui exige deux trains spéciaux pour le transport par voie ferrée.
- Ces chiffres suffisent pour montrer l’importance d’une telle organisation. P. H.
- Tuyauterie
- devant
- Cheminée
- Ballon de Manomèpre. sécurité
- Manostat-^h Boï te à fumée A/. % fbrlesde jl ) tu-visite \f?* ^ i
- Arrivée de vapeur
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- Fig. ]. — U installation mobile climatisation du cirque ambulant Medrano, réalisée par la Compagnie Générale d'Hygiène.
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- INVENTIONS ET NOUVEAUTÉS
- Fig. 1. — Coffret de commande à cellule photoélectrique pour le chronométrage des courses (type L. M. T.).
- On voit, à gauche, le boîtier contenant la cellule et le système optique; à droite, le système d’alimentation et un relais.
- ÉLECTRICITÉ
- Chronométrage photo-électrique.
- Parmi les applications des cellules photo-électriques à couche d’arrêt, il en est une un peu spéciale, qui présente un intérêt de plus en plus grand à mesure qu’augmente le nombre des compétitions sportives, c’est le chronométrage des courses.
- Au pied de l’un des mâts d’arrivée de la course, il suffit d’installer un projecteur équipé avec une ampoule électrique ordinaire de 6 v, son faisceau lumineux traverse la piste et tombe sur un coffret qui contient la cellule photo-électrique avec un système optique de concentration de la lumière sur la cellule; ce coffret est disposé au pied de l’autre mât d’arrivée (%• 1).
- Au repos, la cellule produit un courant électrique réduit qui suffit à exciter un petit relais sensible. L’action de ce dernier est transmise au chronomètre, après amplification par deux relais plus puissants. Le déclenchement du dernier de ces relais est commandé par un interrupteur disposé sur la ligne de départ de la course.
- Une batterie d’accumulateurs de 6 v suffit à alimenter le relais de puissance et le projecteur.
- Lorsque le concurrent franchit la ligne de départ, il assure
- lui-même le déclic d’un interrupteur relié par deux fils au point d’arrivée, et déclenche ainsi les chronomètres.
- A l’arrivée, le passage des concurrents intercepte le rayon lumineux frappant la cellule; son action sur le relais cesse; les chronomètres sont instantanément mis à l’arrêt, par le relais de puissance qui les commande.
- Il ne reste plus au juge, après lecture des temps enregistrés, qu’à ramener ces chronomètres au zéro par la fermeture d’un interrupteur auxiliaire.
- Ce sont des systèmes de ce genre, qui ont été utilisés récemment dans les courses organisées aux Sports d’hiver, en particulier à Luchon et à Superbagnères, pour le chronométrage des courses de ski. L. P.
- PHOTOGRAPHIE
- Un appareil pour l’examen des photographies.
- Pour examiner les photographies en couleur, les cartes postales ou même les diapositives sur verre ou sur pellicule, on a déjà utilisé des dispositifs simples et peu coûteux à miroirs concaves qui font la joie des enfants, et parfois des grandes personnes.
- AL Lesueur a perfectionné ce dispositif en lui adaptant un système d’éclairage qui en augmente l’agrément.
- La plaque positive se place dans un cadre. L’image est éclairée par en dessus au moyen de trois lampes à incandescence colorées en bleu, en rouge et en jaune. Ces lampes s’allument et s’éteignent tout à tour d’elles-mêmes grâce à un dispositif à thermostat très simple; la photographie ainsi éclairée prend donc des aspects différents chaque fois que l’éclairage change.
- L’image colorée est projetée sur un miroir concave, ce qui donne un effet de pseudo-relief bien connu. La combinaison de cet effet avec l’éclairage en couleur produit un résultat original, en particulier lorsque la photographie est virée en bleu.
- Les vues marines de rochers ou de forêts, de couchers ou de levers de soleil, apparaissent ainsi sous des aspects particulièrement artistiques.
- Deux autres lampes disposées latéralement dans le bas de l’appareil permettent, d’autre part, d’éclairer les cartes postales qu’on dispose sur le même châssis, l’image en dessous; cet éclairement s’effectue par l’intermédiaire de secteurs ajourés qu’on manoeuvre à la main suivant l’effet désiré; l’image est également examinée dans le miroir concave inférieur qui lui donne son relief.
- Fig. 2. •—- Le relief « chromoscope » pour l'examen des diapositives et caries postales.
- Ampoules
- colorées
- Châssis pour l’examen des diapositi ves et pho\ toqra -phie
- Ampoules pour l'éclairement des cartes postales
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- Cet appareil peut servir pour tous les usages d’amateurs, et présente également de l’intérêt pour la publicité lumineuse, dans les hôtels, les magasins, et dans toutes les maisons d’articles photographiques. L. P.
- CHAUFFAGE
- « Le Gazbien » stabilisateur de pression.
- Si la plupart des appareils à gaz fonctionnent bien, on se plaint généralement de leur consommation trop élevée.
- Le « Gazbien » apporte un remède à cet excès de consommation.
- Il se compose, pour être installé sur le parcours entre l’olive du robinet d’arrivée et l’olive du réchaud, d’un petit appareil comportant un embout caoutchouc monté sur tube cylindrique fdeté extérieurement, se vissant sur une olive métallique.
- A l’intérieur de la partie filetée se trouve une petite pièce métallique en forme de cylindre, creux en partie, renfermant deux billes d’acier qui reposent sur la partie inférieure du cylindre, au-dessous de leurs sièges légèrement échancrés sur les bords, loi-sque la pression est normale, c’est-à-dire d’environ 60 mm.
- Dès qu’elle dépasse 60 mm., les billes, soulevées par cette pression viennent obstruer leurs sièges, et le gaz ne passe plus
- Fig. 3. — Les différentes pièces du « Gazbien ».
- que par les échancrures de ces sièges, empêchant ainsi toute surpression.
- Grâce à Gazbien, la pression est donc toujours régulière, et l’on ne voit plus hauteur et couleur de flamme varier avec la pression dans le courant de la journée; le mélange d’oxygène et de gaz se fait normalement, avec production de gaz bleu, et absence totale de flammes blanches ; le réglage des robinets est inutile, toute perte de gaz est évitée, et l’économie peut atteindre de 20 à 30 pour 100.
- Cet appareil peut s’adapter à tous les réchauds à gaz.
- Maison « Gazbien », Philibert, 112, boulevard Rochechouart, Paris (18e).
- OBJETS UTILES
- L’horopiaf on.
- Voici une lampe de chevet originale. Fermée, elle se présente sous la forme d’une boule métallique chromée montée sur un socle carré en matière plastique. Un hublot apparaît à la partie supérieure (fig. 4). Une charnière permet d’ouvrir la boule, on voit alors deux hémisphères dans lesquels apparaissent une pendulette, des miroirs, une ampoule électrique.
- La boule entr’ouverte est une lampe de chevet, dont l’éclairage se règle aisément en intensité par l’écartement des deux calottes et aussi en direction, si bien qu’on peut s’en servir pour lire au lit sans éclairer toute la pièce ni l’autre dormeur.
- La boule fermée, l’allumage de la lampe intérieure (au
- Fig. 4. — L’ « Horoplafon ».
- l’image, passant par le hublot, va éclairer le plafond en y faisant apparaître les aiguilles et les chiffres. Si bien que, s’éveillant dans la nuit, on peut, d’un geste, sans donner beaucoup de lumière, savoir l’heure, et se rendormir au besoin.
- Bien entendu, la pendulette peut être un réveille-matin à sonnerie.
- L’ « Horoplafon » est réalisé par L. Bonvoisin, 35, boulevard Richard-Lenoir, Paris.
- JARDINAGE
- Cloche continue « Jardinia ».
- On ne peut avoir de jardin fleuri, potager ou maraîcher, sans serre froide, châssis, cloches, pour préserver les semis des gelées printanières, hâter la végétation, prolonger la durée des cultures à l’automne, régler en un mot ses récoltes et les échelonner selon ses besoins.
- Voici une invention qui apparaît très pratique parce qu’elle permet avec un même matériel, peu coûteux et peu encombrant, démontable et formé d’éléments tous semblables, de réaliser soit une cloche, soit un châssis de longueur indéfinie.
- L’essentiel est formé de deux pièces métalliques galvanisées, l’une, en équerre tordue à chaque extrémité qui supportera les verres, l’autre de forme plus compliquée qui formera l’axe du châssis, muni d’un anneau permettant le transport. Avec deux verres demi-double jardinier un peu épais, de 3o X 37,5 cm, on réalise un abri tel que celui de la fig. 5. Avec deux verres à chaque extrémité, on clôt le châssis ou la série de châssis pour en faire une cloche ou une serre. Placées boutàbout,enrecou-vrant légèrement les verres sur 1 à 2 cm, les montures Jardinia forment un abri continu de la longueur qu’on désire.
- On les démonte en un instant et on les range avec le minimum de soins et de place.
- En vente chez M. A.
- Levesque, 45, rue du Temple, Paris (4e).
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- BOITE AUX LETTRES
- QUESTIONS ET RÉPONSES
- Erratum.— Dans le texte des documents astronomiques,f>P- 95-96 du dernier numéro de La Nature (2981, 15 juillet), une erreur s’est glissée à propos de la Nova apparue dans Céphée; elle a été aperçue le 18 juin pair MM. Nielsen et Loreta comme l’indiquait d’autre part la note parue à la page 92 du même numéro.
- Établissement d’une antenne antiparasites.
- Nous avons donné à plusieurs reprises dans La Nature, des indications sur rétablissement des antennes antiparasites. Vous pouvez également trouver des détails sur cette question dans l’ouvrage Les parasites en T. S. F. et leur élimination, Eyrolles, éditeur, 3, rue Thénard, Paris (6°).
- Les systèmes d’antennes sphéroïdes constitués simplement par une sphère en aluminium de quelques dizaines de cm de diamètre, isolée à l’extrémité d’une perche de bambou, peuvent donner de bons résultats à condition qu’ils soient placés à une hauteur suffisante pour se trouver au-dessus du niveau des parasites. Ils sont reliés au récepteur par une descente d’antenne blindée à liaison directe, lorsque la longueur n’est pas trop grande.
- Le système ne possède évidemment aucun pouvoir directif, mais cet inconvénient n’est pas gênant pour la réception des émissions de radio-diffusion, puisqu’il s’agit de recevoir des émissions provenant de plusieurs directions. Il serait simplement utile d’obtenir un effet sélectif de ce genre lorsque les parasites proviendraient d’une direction bien déterminée, par exemple dans le cas où les perturbations sont dues à une ligne de transport de force, ou môme à une ligne aérienne de distribution d’électricité.
- Réponse à M. Lieb, à Paris.
- Système de vision à distance à cellule photo=élec-trique.
- Comme vous le savez, la cellule photoélectrique permet de traduire en variations de courant électrique les variations d’éclairement d’une source lumineuse, une cellule ne peut donc permettre que la transmission successive des variations de brillance de points lumineux, et non simultanément de toutes les surfaces élémentaires d’une image complète.
- Pour transmettre ainsi, comme vous le désirez, à une certaine distance, et par l’intermédiaire de câbles de liaison, l’image d’un objet qui se trouve dans l’eau, il faut, en réalité, établir un système émetteur et récepteur de télévision avec liaison par fils.
- Le plus simple des systèmes émetteurs comprendra donc un système d’éclairage et un dispositif analyseur avec disque de Nipkow ou tambour de Weiller permettant de faire agir successivement sur la cellule les faisceaux lumineux provenant des différents éléments de l’objet.
- Du côté du récepteur, on trouvera également un disque de Nipkow entraîné par un moteur synchronisé avec celui de l’émetteur, et un système traducteur courant-lumière, par exemple une lampe à luminescence.
- Vous pouvez trouver des indications sur ces questions dans l’ouvrage La télévision et ses progrès, par P. Hémardinquer (Dunod, éditeur, 92, rue Bonaparte, Paris.
- Parmi les constructeurs de cellules photo-électriques du type pho-to-émettrices, nous pouvons vous signaler les adresses suivantes :
- Etablissements Philips, 2, Cité Paradis, Paris.
- Etablissements Fotos, 41, rue Cantagrel, Paris.
- Etablissements Prolabo, 12, rue Pelée, Paris.
- Etablissements S. C. A. D., 75, rue du Théâtre, Paris.
- Réponse à M. Pablo de Narvaez, Bogota, Colombie.
- Dr H. B., Bordeaux. — Selon les classiques, le phénomène de la caléfaction se produit dans les conditions suivantes : Si sur une plaque fortement chauffée, on dépose une petite quantité d’eau, on constate que celle-ci, au lieu de s’étaler, prend la forme d’une goutte plus ou moins aplatie qui tantôt reste immobile, tantôt est animée d’un mouvement vibratoire rapide. La goutte disparaît peu à peu par évaporation, sans entrer en ébullition.
- On peut être surpris que l’eau n’entre pas en ébullition quoique la plaque soit à une température bien supérieure ù 100°, mais il est facile de vérifier que le liquide ne touche pas la plaque, dont il est isolé par un matelas de vapeur. Le liquide reçoit de la chaleur seulement par rayonnement et non par conductibilité.
- On peut vérifier facilement que la température du liquide est bien inférieure à sa température d’ébullition. Le liquide est dit « en caléfaction » ou encore improprement « à l’état spliéroïdal ».
- Si la température de la plaque baisse, l’évaporation se ralentit, et, à une certaine limite, le matelas isolant devient insuffisant, les globules entrent en contact avec la plaque et se résolvent immédiatement en vapeur. Ce phénomène explique les explosions de chaudière qui se produisent parfois. Si la paroi de la chaudière présente une surface mise à nue, lorsque la température est suffisamment élevée, l’eau reste en caléfaction, mais si la température vient à baisserai se produit brusquement un contact avec dégagement anormal de vapeur qu provoque l’explosion.
- A la pression normale, pour l’eau, l’alcool, l’éther, dont les températures d’ébullition sont respectivement de 100°, 78° 5 et 35°, la caléfaction se produit lorsque la température de la plaque est supérieure à 142°, 134° et 54°. Lorsque la pression décroît, la température d’ébullition et la température du liquide caléfié diminuent.
- On doit à Gossart d’intéressantes recherches qu’il exécuta en faisant varier les conditions de température et de pression, mais sur lesquelles nous ne pouvons nous étendre.
- Dr T., Colombes. — Il n’existe pas de longueur standard pour les rails de chemin de fer, les longueurs étant variables pour un même réseau.
- Au P.-L.-M. on emploie six longueurs de rail : 24, 18, 12, 10, 8 et 6 m. En outre, il existe des rails de longueur raccourcie, de 8, 10, 12, 15 cm., etc., pour obtenir un raccordement rigoureux dans les courbes, par exemple.
- Seul l’écartement est invariablement de 1 m. 445 pour tous les réseaux à écartement normal.
- De tout un peu.
- M.Guazzelli, à Marseille.— A notre avis, il ne peut résulter aucun inconvénient de l’emploi du ciment glycérine-litharge pour le jointoie-ment de pièces aluminium-fer, mais l'adhérence pourra laisser quelque peu à désirer.
- M. Madoeïeff à Vence. — Le phénomène que vous avez observé est connu depuis assez longtemps et a fait, si nos souvenirs sont exacts, l’objet d’une communication à l’Académie des Sciences, par M. Kling vers 1920.
- M. Mouilbeau,à Paris.-— Les couleurs qui résistent le mieux à la lumière, sont les couleurs minérales telles que le jaune de cadmium, l’ocre jaune et l’ocre rouge, le bleu d’outremer, le minium, le brun de manganèse, le vert Guignet, le violet de Mars.
- Il faut s’abstenir d’employer des couleurs artificielles dites d’aniline qui d’une manière générale sont fugaces.
- Quant aux noirs, toutes les variétés de carbone telles que le noir de fumée, le noir d’ivoire, etc., sont inaltérables.
- M. Decourteu, à Luant. — 1° Nous avons donné une formule de ciment pour aquarium dans le n° 2971, page 191. Veuillez bien vous y reporter.
- 2° Pour la peinture employer une peinture cellulosique, du type Valentine, Novémail, etc., en prenant soin de bien laisser s’évaporer le solvant, avant de mettre en service.
- M. Autrique à Bruges. — La colle blanche à laquelle vous faites allusion est très progablement une colle à la dextrine du type suivant :
- Dextrine blanche......................30 grs
- Eau ordinaire.........................50 —
- Glycérine blanche.....................20 —
- Faire gonfler la dextrine dans l’eau froide pendant douze heures, liquéfier ensuite au bain-marie, ajouter la glycérine et une pincée d’acide salicylique pour assurer la conservation.
- Couler encore chaud dans des boîtes munies de couvercle pour éviter la dessication.
- Le Gérant ; G. Masson.
- 8-1V9. — lmp. Laiiure, rue de Fleurus, 9, à Paris.
- 1-8-1936. —Published in France.
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- N° 2983
- LA NATURE
- LA VOGUE DES CACTÉES
- 15 Août 1936.
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- ~Y.iü.avj£i£r«i~
- Presque toutes les Cactées ou Cactacées, dont les botanistes ont décrit jusqu’ici plus de 2000 espèces originaires des régions tropicales de l’Amérique, ont un aspect assez étrange. Leurs tiges vertes, charnues, gorgées de sucs aqueux affectent des formes très diverses et des textures souvent singulières. Tantôt elles représentent des colonnes cannelées, tantôt elles ressemblent à des boules hérissées de piquants ou recouvertes d’une opulente chevelure de poils blancs. Parfois on pourrait les confondre soit avec de larges rubans ou avec des serpents à peau glauque, soit avec des bourses de cuir compartimentées et parsemées de cabochons ! Seuls les Pereiskia, que leurs caractères botaniques doivent faire ranger dans cette famille végétale, possèdent des feuilles assez largement développées, tandis que chez les 40 autres genres, celles-ci sont réduites à l’état d’aiguillons! Enfin grâce à l’épaisseur de leur cuticule et aux réserves liquides accumulées dans leur appareil végétatif, les Cactées résistent très bien à une sécheresse prolongée non seulement sous le chaud climat de leur terre natale mais encore dans des contrées plus tempérées où des spécialistes les cultivent maintenant sur une assez vaste échelle, afin de satisfaire les goûts d’une clientèle devenant chaque jour plus nombreuse. Parmi les principaux établissements européens qui se livrent à la culture de ces robustes plantes grasses au pittoresque faciès, nous citerons en Belgique M. Fr. de Laet à Contich-lez-Anvers; en Allemagne M. H. Winter à Francfort-sur-le-Mein; en France MM. Albert et Emile Jahandiez à Carqueiranne (Var) et surtout la maison E. Thiébaut, dont les serres du Vésinet, près Paris, renfermaient, lors de notre récente visite, plus de 100000 exemplaires de Cereus ou d' Echinocactus, de Mamillaria, à'Opuntia et autres végétaux similaires très recherchés actuellement par les amateurs.
- Les premiers exemplaires des collections européennes de Cactées furent importés du Nouveau Monde par divers botanistes, entre autres par Bonpland, Cels, le Dr Weddel, Lewis, Engelmann et plus récemment par notre compatriote Diguet, voyageur du Muséum d’histoire naturelle de Paris. On rencontre, en effet, ces originales plantes
- vivaces depuis le 53° de latitude nord jusqu’au 50° de latitude sud, autrement dit depuis la province d’Alberta (Canada) jusqu’en Patagonie, mais elles sont particulièrement abondantes au Mexique, dans le Colorado (Etats-Unis), en Argentine et dans les Andes. Quelques-unes, introduites dans l’ancien continent, lors de la découverte de l’Amérique, sont naturalisées aujourd’hui dans les régions méditerranéennes où elles supportent l’hiver sans grand dommage et elles font, en particulier, l’ornement de certains jardins de la côte d’Azur. La plupart d’entre elles cependant croissent d’une façon spontanée sur un
- sol sec dans des contrées arides où des végétaux ordinaires périraient en quelques heures. Non seulement elles résistent à la sécheresse, mais, grâce aux merveilleuses fonctions de leurs organes épidermiques, elles happent au passage les moindres traces d’humidité de façon à devenir de providentiels réservoirs d’eau, permettant ainsi à d’autres végétaux de subsister. Toutefois, victimes elles-mêmes de leur rôle bienfaisant, les Cactacées géantes ne rencontrant plus, au milieu des déserts brûlés par le soleil et qu’elles ont transformés en terrain fertile, les conditions extrêmes nécessaires à leur croissance, disparaissent peu à peu pour céder la place à une végétation plus normale.
- D’ailleurs, les differentes espèces ne vivent pas absolument de même et se développent naturellement de diverses façons. Les Opuntia se dressent sur les hauts plateaux sous formes de petits arbustes, le Cereus gigan-teus se plaît dans les terrains arides du nord du Mexique tandis que le Pilocereus Pringlei croît dans la basse Californie. Ces deux « géants » à l’épiderme vert et lustré atteignent parfois 18 m de hauteur dans les sites désertiques dont ils rompent un peu le monotone paysage. Les Echinocereus, proches parents des Cereus mais nains et fréquemment ramifiés ainsi que les globuleuses et piquantes Mamillaria, s’accrochent aux anfractuosités des montagnes abruptes jusqu’à 3000 m d’altitude en formant, çà et là, de petites touffes verdoyantes. Les Echinocactus, représentés dans les serres occidentales par des sujets de petite taille, atteignent de grandes dimensions dans leurs pays d’origine. L’un d’eux, par
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- Fig. 2. — Cephalocereus senilis repiqués sous châssis.
- exemple, VEchinocactus Diguetti Weber forme de massives colonnades dans l’île de la Catalana (golfe de Californie). Les Epiphyllum et les Phyllocactus vivent surtout en épi-phytes sur le sommet des arbres des épaisses et humides forêts équatoriales. Enfin les Rhipsalis, aux formes réduites et différentes de celles des autres genres, ne prospèrent que protégés par des plantes moins austères et plus communes.
- PROCÉDÉS DE CULTURE EN EUROPE
- Vu l’aire de leur dispersion, les différences d’altitude et de climat où elles poussent à l’état naturel et malgré leur extrême résistance à la sécheresse, il faut, pour réussir la culture des Cactées, les placer dans des conditions de vie se rapprochant autant que possible de celles qu’elles trouvent dans leur pays d’origine. Ces végétaux réclament donc des soins rationnels que nous allons rapidement résumer d’après deux récents ouvrages : les Cactées et plantes grasses, de M. Pierre Thiébaut, un spécialiste autorisé (1935), et les Cactées cultivées, par M. A. Guillaumin, le savant professeur du Muséum national d’histoire naturelle de Paris (1933).
- Fig. 3. — Rempotage d’Opuntia tunio.ata aux Établissements Thiébaut.
- A part quelques exceptions (Opuntia vulgaris, Mamiïla-ria vivipara ou Echinocactus Simpsoni, par exemple) toutes les Cactées étant orginaires des contrées chaudes il faut, d’une façon générale, les placer durant l’hiver dans une serre ou tout au moins dans un local à l’abri des gelées, les arroser parcimonieusement pendant leur période de repos tandis qu’on doit leur distribuer avec largesse l’air, la lumière, l’eau et la chaleur, au cours de leur existence végétative. En s’inspirant de ces principes, des établissements spécialisés cultivent plusieurs centaines d’espèces de cette pittoresque famille végétale et même quelques sujets appartenant à d’autres genres d’une plus grande délicatesse.
- Dans la culture avec serre, les soins varient selon les quatre saisons de l’année. En automne, période de repos végétatif, on rentre les Cactées de septembre à octobre suivant le temps, dans des serres adossées de préférence à un mur et exposées en plein midi. Le vitrage doit être incliné de façon que les rayons solaires viennent frapper les plantes aussi perpendiculairement que possible; des châssis mobiles assurent l’aération tandis que, grâce à des ouvertures pratiquées dans la maçonnerie du petit mur de devant, la ventilation se trouve assurée. A l’intérieur de l’édicule, on installe deux bâches en ciment ou en briques, qu’un sentier médian sépare l’une de l’autre dans le sens de la longueur. En outre, on y suspend ou on y monte sur gradins près du vitrage, des tablettes tandis qu’un thermo-siphon maintient l’air ambiant aux degrés voulus. Les pots contenant les plus grands Cactées sont mis près du mur, sur la couche de mâchefer ou de tourbe pulvérulente étalée sur la bâche du fond, les espèces plus fragiles sont placées sur les tablettes proches de la lumière et on plante celles cultivées en pleine terre, sous châssis, à même le compost de la bâche de devant.
- Durant l’hiver, il faut défendre les Cactées du froid en conduisant la chauffe de façon à maintenir l’enceinte à 10°-12° pendant le jour et 5°-7° durant la nuit. Des températures supérieures risqueraient de mettre les plantes en végétation trop tôt et de les priver du repos nécessaire à leur croissance régulière. D’autre part, on doit leur distribuer l’eau d’une façon très modérée pendant la période hivernale : deux ou trois arrosages mensuels suffisent. On emploie pour cette distribution un arrosoir à bec effilé et on verse quelques gouttes sur la terre de chaque pot en ayant bien soin de ne pas mouiller les plantes. Au printemps, de février à avril, on donne aux Cactées un peu plus de chaleur (12°-15° le jour et 8° la nuit) puis on augmente progressivement les arrosages jusqu’à trois par semaine en prenant les mêmes précautions. Au début de cette période, les horticulteurs procèdent également au rempotage car les plantes grasses vont sortir de leur sommeil. Ils déterrent donc chaque sujet sans briser les aiguillons. Ils suppriment ensuite leurs mauvaises racines, rafraîchissent leur « chevelu » au couteau et les placent dans un nouveau pot choisi proportionnellement à leur taille. Ils le remplissent à moitié d’un mélange sec de sable bien drainé puis ils y insèrent le sujet en disposant soigneusement ses racines et au moyen d’une spatule de bois, ils finissent par combler l’espace libre avec du terreau très léger.
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- Fig. 4. —• Serre de Caclées destinées à la vente, aux Établissements Thiébaut.
- Vers la fin de mars ou le commencement d’avril, on active le chauffage et, le cas échéant, on utilise les rayons solaires afin de faire monter la. température jusqu’à 20°-25° environ, dans les serres où l’on a replacé les plantes rempotées. Grâce à cet accroissement de chaleur, combiné avec l’enlèvement des paillassons et des vitrages pendant les heures chaudes des journées printanières, les Cactées ne tardent pas à émettre de nouvelles pousses.
- Afin d’intensifier leur développement, on les sort de serre dans le mois de mai pour continuer leur culture dans des coffres, garnis d’un bon compost soigneusement drainé. Les exemplaires en pots sont enterrés jusqu’au collet dans le terreau sablonneux et les autres sont plantés en lignes régulières, à même la bâche. Les châssis restent alors en place jusqu’à la mi-juin, mais, au moyen de crémaillères, on les soulève pendant les journées ensoleillées, de 10 heures à 17 heures, en les arrosant abondamment chaque matin et quand il fait trop chaud, on les abrite de midi à 14 heures avec une toile à ombrer. De la mi-juin à la fin de septembre, on retire les châssis des bâches et on ne les replace qu’en cas de menaces d’orages, de grêles ou de gelées. On peut même, dès cette époque, planter les Opuntia dans des carrés de jardin en plein soleil, mais pour les Epiphyllurn et les Phyllocactus, il faut choisir des endroits à l’ombre.
- D’août jusqu’à la fin de septembre, les Cactées cultivées en bâches sous châssis ou en plein air se développent et fleurissent même parfois. Mais certaines d’entre elles comme les Melocaclus, les Mamillaria, les Echinocactus, par exemple, restent souvent plusieurs années sans porter le moindre bouton floral. Quelques espèces de Cereus cultivées en serre offrent une bizarrerie remarquable : au lieu de s’épanouir le jour, elles n’ouvrent leurs corolles qu’à l’obscurité. Plusieurs horticulteurs ont eu la patience de guetter le soir, avec une lanterne, l’instant où un exemplaire de leur collection voulait bien se révéler dans toute sa splendeur et constater ce rare phénomène botanique. J. Poisson a pu ainsi voir s’épanouir la fleur d’un Cereus Napoleonis « fuyant Phébus et souriant à la nuit ». Mais il s’agit là d’un luxe que seuls peuvent s’offrir des spécialistes !
- Revenons aux Cactées ordinaires, qu’on rentre en serre, vers la fin de septembre, après les avoir nettoyées une à une, avoir brossé leurs pots et même pulvérisé un insecticide sur celles qu’ont attaquées le Tetranychus telarius microscopique « araignée rouge », la Cochenille, le Kermès et autres parasites.
- MULTIPLICATION PAR SEMIS, BOUTURAGE ET GREFFAGE
- On multiplie ces originales plantes grasses soit par semis, soit par bouturage, soit au moyen du greffage selon les espèces et le but désiré.
- Quoique lent pour certaines Cactées, le semis est le meilleur procédé de multiplication; il s’effectue au prin-
- temps, de mars à juin, soit dans des terrines remplies d’un compost léger (1/3 terre de bruyère, 1/3 terreau de feuilles, 1/3 sable de rivière), soit en serre ou mieux sous châssis comme le conseille le professeur Guillaumin. On arrose quotidiennement jusqu’à la levée des plants, en maintenant dans l’ambiance une température de 20°-25° le jour et de 12°-15° la nuit. Au bout de 2 à 3 semaines les graines ont germé. Un mois plus tard, les Echinocactus, les Echinocereus et les Mamillaria ne sont encore pas beaucoup plus gros qu’une tête d’épingle tandis que les cotylédons des Cereus et des Opuntia apparaissent plus développés. On repique alors les jeunes sujets dans des terrines semblables ou dans des caisses en bois d’une égale profondeur et pleines d’un compost identique au précédent. Pour cette opération, le jardinier se sert d’une minuscule fourche en bois avec laquelle il soulève la plantule avec précaution afin de ne pas en briser les radicelles, puis avec
- Fig. 5. — Greffe de « tête de vieillard » (Cephalocereus Senilis) sur Cereus marginatus.
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- une petite baguette très effilée il creuse un trou dans la nouvelle terrine et y dépose la jeune Cactée dont il enterre le pied en utilisant encore son lilliputien plantoir. Dès le mois de mai, on repique le plant à nouveau mais en pleine terre dans un coffre sous châssis. Jusqu’à la fin de l’été on leur donne les mêmes soins qu’aux végétaux adultes et au début de l’automne on les rempote isolément et on les rentre en serre.
- Le bouturage des Cactées, qui se pratique d’avril à juin sous le climat parisien, réussit très bien. Les Epiphyllum, les Echinocereus et les Phyllocactus se bouturent en sectionnant leurs rameaux latéraux au niveau de leur insertion sur les tiges. Pour les Coryphanta, les Echinocactus, les Mamillaria et les Echinopsis, on sépare à l’aide d’un
- Fig. 6. — Un des meilleurs Cereus porte-greffes.
- greffoir, les rejetons qu’ils émettent; pour les Cereus on les décapite, car la plante mère donne ultérieurement, au niveau de son amputation, de nouvelles pousses qu’on pourra bouturer à leur tour. Quant aux Opuntia, il suffit de couper un de leurs articles à son articulation sur le précédent.
- Toutes ces boutures, une fois préparées, sont mises à sécher sur une tablette pendant quelques jours pour que les plaies se cicatrisent, on les plante ensuite, à peine enterrées, dans le compost habituel, soit dans de petits pots, soit en terrines ou en caisses, qu’on place d’ordinaire sous châssis. On les arrose parcimonieusement et on les aère de temps en temps. Au bout de trois semaines, elles sont suffisamment enracinées pour les traiter comme de vieux pieds.
- Enfin le greffage présente surtout de l’intérêt quand on désire faire bénéficier de la vigueur d’un porte-greffe, une espèce de Cactée peu robuste mais remarquable par sa floraison ou par un autre caractère original. On opère vers la fin du printemps ou le commencement de l’été et la fantaisie des horticulteurs se donne libre carrière en variant à l’infini les fentes ou les placages pourvu que les plaies des deux sujets se juxtaposent exactement. On ente souvent sur les Cereus et les Opuntia des espèces délicates. Pour greffer, par exemple, un Cephalocereus senilis sur un Cereus marginatus on sectionne celui-ci aux deux tiers de sa hauteur et le restant de l’exemplaire servira de bouture. D’autre part, le greffeur a coupé très nettement un bout de la « tête de vieillard » dont il coiffe le porte-greffe. Cela fait, il maintient en place dans le pot au moyen d’un lien de caoutchouc les deux parties de Cactées, qui ne tardent pas à se souder l’une à l’autre. Si l’on désire greffer un Epiphyllum sur un Pereiskia, on tranche celui-ci à 15 ou 20 cm de hauteur et à son sommet on le fend en biseau sur 2 cm de profondeur. Puis à l’aide d’un greffoir, on écarte ladite fente dans laquelle on insère le rameau d'Epiphyllum sectionné au niveau d’une articulation et on ligature avec du raphia. Quand on veut greffer un Echinocactus ou un Mamillaria, on choisit encore un sujet en pot, on le tranche également aux deux tiers de la hauteur et on taille la plaie en biseau sur les bords. Lorsque VEchinocactus et le Mamillaria ont un diamètre supérieur à celui du Cereus on sectionne celui-ci par le milieu, la partie restant en terre produira des rejetons tandis qu’avec le greffon évidé à l’intérieur on coiffe exactement la plaie du Cereus et on maintient l’ensemble par plusieurs liens entourant le pot ainsi que la plante. On peut également greffer deux espèces d'Opuntia entre elles. En un mot, de nombreuses associations cactiformes sont possibles. Enfin Yhybridation est facilement réalisable avec ces plantes grasses. Les horticulteurs spécialistes ont obtenu de jolies variétés en effectuant des croisements entre diverses espèces de Phyllocactus, d’Epiphyllum, de Cereus, d'Echinocactus ou d’Echinopsis. Mais le difficile est de choisir le moment propice pour castrer la fleur qui, préservée de toute fécondation artificielle, doit recevoir seulement le pollen étranger.
- CONSEILS AUX AMATEURS DE CACTÉES
- Pour conserver les Cactées en bonne santé, dans leurs appartements ou leurs villas, les amateurs doivent de mai à octobre s’efforcer de donner à leurs pensionnaires les mêmes soins que les horticulteurs spécialistes, soins indiqués ci-dessus. En outre, s’ils disposent d’une terrasse ou d’un balcon bien exposés, ils peuvent y placer leurs plantes vers la mi-juin et voir prospérer leurs jeunes semis ou même fleurir leurs Cactées adultes. Pendant l’hiver, il leur faut mettre celles-ci près d’une fenêtre au midi, les arroser peu et ne pas les trop chauffer (10°-12° est la température la plus convenable pour elles.) Toutefois si elles vivent dans une pièce pourvue du chauffage central, il convient de les bassiner, tous les huit jours, afin quelles ne souffrent pas trop de la sécheresse.
- Dans les jardins européens, les Cactées permettent de réaliser de pittoresques ensembles. En Provence et sur
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- Fig. 7 cl 8 (en haut). — De gauche à droite : Opuntia Scheerii; Pereiskia aculeata (Caclée à feuilles). — Echinocactus minuseulus à fleurs rouges;
- Pilocereus; Echinocactus ottonis à fleur jaune.
- Fig. 9 et 10 (en bas). — De gauche à droite: Astrophyllum ornatum; Echinocactus grusonii. — Mamillaria pusilia; Peyotl du Mexique;
- Mamillaria bocanasa.
- la Côte d’Azur, on choisit une plate-bande bien exposée, disposée en talus ou en étages. On en draine soigneusement le sous-sol qui sert de fondation à un monticule de mâchefer irrégulier avec des allées, des parties plus ou moins inclinées et finissant en pentes douces. On y installe, çà et là, des Cierges colonnaires, en haut, des Echinopsis vers le milieu et au-dessus des à-pic des espèces sarmen-teuses qui pendent comme dans la nature. Sous ce climat méridional, ainsi que dans certaines régions du littoral de l’Océan et en Bretagne, d’assez nombreuses Cactées peuvent supporter l’hiver en pleine terre au pied d’un mur au midi, entre autres Y Echinopsis Eyrisii, /’ Echinocactus Ottonis et l'Opuntia Rafinesquina qui voisinent avec les Palmiers, les Agaves, les Aloès, les Ficoïdes et autres plantes grasses sans trop souffrir des rigueurs du froid. Par contre, la plupart de ces bizarres végétaux doivent être rentrés en serre basse à deux pans ou dans des locaux bien secs et maintenus à une température de quelques degrés au moins au-dessus de zéro pour hiverner sans dommage.
- Dans les immeubles citadins, souvent pourvus du chauffage central, il faut se méfier, comme nous le notions déjà plus haut, que les Cactées ne subissent des températures trop élevées pendant les froids. Les horti-
- culteurs « en chambre » devront donc arroser leurs pensionnaires, une fois chaque semaine, en hiver, puis leur donner de la lumière, dès le printemps, s’ils veulent les voir se développer et même parfois fleurir en été ou à l’automne. Jacques Boyer.
- Fig. 11. — Un petit jardin d’amateur.
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- FILTRE POLARISEUR POUR LA PHOTOGRAPHIE
- L’HEROTAR
- „vV!
- Fig. 1. — Schéma faisant comprendre le phénomène de la polarisation par réflexion.
- 11 n’est pas toujours facile, en photographie, d’éviter les réflexions perturbatrices, qui, bien souvent, masquent les parties les plus intéressantes du cliché. La lumière réfléchie par le verre, le bois poli, l’eau, etc., est plus ou moins fortement polarisée; pour éviter ces reflets gênants, il suffirait donc d’insérer sur le parcours des rayons réfléchis, un polariseur approprié, qui éteindrait les réflexions gênantes.
- Rappelons brièvement, en nous référant à la figure 1, en quoi consiste le phénomène de polarisation. En assimilant le rayon lumineux dirigé vers le point E, à une corde vibrante, on sait que toutes les vibrations émanant de la source de lumière sont orientées suivant toutes les directions, perpendiculaires au rayon.
- Quand le rayon, au point E, rencontre une surface polie réfléchissante, il est réfléchi par celle-ci sous un angle identique à l’angle d’incidence, suivant la direction R. Les vibrations, le long du rayon réflé-
- Fig. 3. — Ces deux photographies d’un tableau sous verre ont été prises dans les mêmes conditions.
- A gauche, avec filtre polariseur; à droite, sans filtre.
- chi, sont toujours perpendiculaires à ce rayon mais ne sont plus orientées dans toutes les directions; si l’angle i est convenablement choisi, elles sont toutes orientées suivant une même direction, marquée par le plan qui contient le rayon incident : cette lumière est dite « polarisée ».
- Pour analyser cette polarisation, on insère sur le parcours du rayon réfléchi R, un réseau constitué par d’étroites tiges parallèles les unes aux autres et parallèles à la direction de vibration du rayon ER) les vibrations de ce rayon passeront librement. Lorsque, au contraire, le réseau de tiges sera perpendiculaire au plan de vibration, les vibrations seront éteintes complètement.
- Cette extinction ne sera toutefois intégrale que dans le cas où l’angle d’incidence (et de réflexion) aura une valeur donnée, — d’environ 53° pour l’eau, de 54°-60° (suivant l’index de réfraction), pour le verre, etc. Pour des angles différents de cet angle critique — et pour des réseaux polariseurs non perpendiculaires au plan de vibration, — il y aura, non pas extinction complète, mais seulement affaiblissement et, par conséquent, amortisse-
- ment plus ou moins marqué de la lumière réfléchie.
- Or, on s’est attaché, à diverses reprises, à utiliser pour la photographie, au lieu d’un réseau à tiges parallèles,
- Fig. 4. — Portrait exécuté avec ou sans filtre polariseur.
- Fig. 2. —• Cliché pris, à gauche, avec filtre Herotar; à droite, sans filtre polariseur
- Herotar.
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- un polariseur à base d’hérapathite, combinaison d’iode et de quinine découverte, il y a plus de 80 ans, par M. Herapath, savant anglais; cette substance, même en couche très mince, polarise la lumière. Jusqu’ici, son prix très élevé en limitait l’emploi à certains domaines scientifiques.
- Ce n’est que tout dernièrement que la maison Zeiss, d’après un procédé dû au professeur F. Bernauer, a mis au point un polariseur accessible aux amateurs de photographie. Ressemblant extérieurement aux filtres jaunes, cet « hérotar » comporte une couche d’hérapathite faiblement vert-grisâtre, scellée entre deux plaques de
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- verre d’une nature optique telle que la qualité de l’objectif qui en est muni se maintient intacte.
- La lumière blanche non polarisée ne subit, au passage à travers l’hérotar, qu’une légère coloration et un affaiblissement tel qu’il reste une transparence d’environ 40 p. 100, ce qui, pour les films orthochromatiques ou panchromatiques, revient à porter le temps de pose à environ 2-3 fois la pose normale, comme c’est le cas pour un verre jaune clair.
- Nos figures sont des clichés d’un même sujet, pris dans des conditions identiques, avec ou sans hérotar, d’objets présentant des réflexions fort gênantes.
- A. Gradenwitz.
- LES CHAMPIGNONS LUMINESCENTS
- La luminescence est assez répandue dans le règne animal, surtout dans le milieu marin ou dans les régions tropicales. En France même, les exemples d’animaux lumineux sont assez abondants : le ver luisant est connu de tous. Il n’est pas le seul; de nombreux animalcules sont également lumineux.
- Par contre, le règne végétal est singulièrement pauvre en espèces produisant de la lumière. Nous ne croyons pas qu’on ait jamais constaté authentiquement ce phénomène chez d’autres plantes que les bactéries, les champignons et quelques algues.
- Les bactéries lumineuses sont connues depuis longtemps. Certaines d’entre elles, Bacterium phosphoreum, en particulier, donnent une lumière assez vive. Des cultures en milieu nutritif, placées sur la table d’un laboratoire, répandent une lueur dilïuse qu’on a pu utiliser pour photographier les objets environnants. Il est à noter que les images obtenues sont très douces et très modelées.
- Ces bactéries sont extrêmement répandues dans la nature et si on ne les soupçonne que rarement, c’est que l’homme civilisé a perdu, et perd de plus en plus, l’habitude de déambuler en pleine nuit, condition essentielle, cela va de soi, pour percevoir ce phénomène. Voici qui donnera une idée de la fréquence de ces bactéries : on sait qu’elles s’installent volontiers à la surface des poissons séchés, des ossements, voire sur la viande de boucherie; or, des prélèvements nombreux, effectués chez les bouchers d’une grande ville d’Outre-Atlantique, ont fourni un pourcentage de viande bactérifère avoisinant 50 pour 100. Une autre statistique a montré que 68 pour 100 des viandes offertes à la consommation étaient envahies par les bactéries photogènes ! On aurait d’ailleurs tort de s’alarmer et de conclure que ces viandes étaient forcément malsaines ou dangereuses; les bactéries lumineuses ne sont pas nécessairement putréfiantes ou toxiques.
- Les champignons lumineux ne sont pas très nombreux. Si l’on parcourt la littérature mycologique des différents pays, on arrive à peine à la vingtaine et encore pensons-nous que certaines espèces ont été mentionnées sous deux et peut-être même sous trois noms spécifiques, ce qui réduirait la liste à une quinzaine d’espèces environ. Cette liste n’est pas définitive, cela va sans dire, et elle est certainement destinée à s’accroître en même temps que nos connaissances sur la mycoflore exotique. En effet, c’est surtout dans les pays lointains (Australie, Japon) que les espèces lumineuses se rencontrent. La dernière en date vient d’être signalée en janvier 1935 par le professeur S. R. Bose, de Calcutta.
- En France, nous ne voyons guère que quatre espèces luminescentes : Pleurotus olearius, Armillariella mellea, Xylaria hypoxylon et Xylaria polymorpha.
- Pleurotus olearius est une espèce méridionale. Elle n’est pas rare dans la France méditerranéenne ou provençale, mais on peut aussi la trouver dans la France moyenne ou même septentrionale; elle y est seulement bien moins fréquente; nous l’avons reçue d’un de nos correspondants qui l’avait récoltée dans les Vosges. C’est une belle espèce, assez grande, d’un fauve safrané chaud, croissant en touffes, de préférence sur l’olivier, comme son nom l’indique, mais non pas exclusivement sur lui. Son aspect engageant la fait souvent consommer par les ignorants qui croient encore qu’il y a une relation entre l’apparence d’une espèce et sa comestibilité. Ils en sont punis, non point mortellement, mais assez sévèrement, car ce beau champignon est vénéneux. Sa luminescence est vive. Elle persiste longtemps, puisqu’il nous est arrivé de la percevoir sur des sujets récoltés plusieurs jours auparavant et qui avaient subi, avant de nous parvenir, un long transit postal.
- Armillariella mellea est répandu partout. Il n’y a pas une seule région de France, et même d’Europe, croyons-nous, où ce champignon ne pousse. Les mycophages le connaissent bien et apprécient sa croissance cespiteuse qui permet de cueillir un plat copieux d’un seul coup de couteau (nous en avons vu, sur une souche de chêne, une touffe si extraordinairement fournie que nous nous sommes attardé à dénombrer les individus qui la composaient : plus de 400 pieds!). Contrairement à Pleurotus olearius, ce n’est pas ici le champignon lui-même qui est lumineux, mais seulement ses « racines », cordons rhizomorphes, qui rayonnent sur et dans le support, à partir de la base du pied; celle-ci est parfois un peu lumineuse, elle aussi, mais seulement à l’intérieur.
- Les deux autres espèces appartiennent à un tout autre groupe, celui des Ascomycètes; ce sont Xylaria hypoxylon et Xylaria polymorpha. Elles sont assez communes en Fi’ance, surtout la première, mais la luminescence en est faible et passagère.
- Si des lecteurs de La Nature veulent vérifier par eux-mêmes le phénomène de luminescence, nous leur conseillons de s’adresser à Armillariella mellea qui, par sa fréquence, est particulièrement facile à se procurer. Pratiquement, voici ce qu’ils devront faire : ils devront dénuder au couteau ou au ciseau l’écorce de la souche au point où le pied du champignon s’y insère et en extraire les filaments pseudo-radiculaires qui s’y trouvent. Ces filaments en forme de cordons blancs seront mis, avec quelques fragments de bois pourri auxquels on les laissera adhérer, dans une boîte bien close pour éviter la dessiccation. Examinés de nuit, ils se montreront lumineux. Une recommandation cependant : prolonger longuement dans l’obscurité le tête-à-tête avec les champignons, car la
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- rétine a besoin de se sensibiliser pendant plusieurs minutes pour percevoir la lumière émise. Elle est, certes, des plus perceptibles, mais seulement après séjour de l’observateur dans un lieu privé de lumière, séjour qui, selon les individus et surtout selon le degré d’éclairage du lieu d’où l’on vient, variera entre une et vingt minutes.
- La luminescence des champignons a fait l’objet de quelques recherches. On lui reconnaît pour cause un processus d’oxydation, mais son mécanisme n’a pas encore, à notre connaissance, été nettement éclairci. D’ailleurs, toute la question reste entourée d’un certain mystère et comporte toute une série de points d’interrogation auxquels on ne sait encore comment répondre. Voici, par exemple, l’un d’eux.
- Il existe une espèce très commune, croissant sur souches : Panus stipticus. Cette espèce est fortement lumineuse en Amérique. La même espèce, récoltée en Europe, n’a jamais fourni la moindre lumière. Précisons bien que l’identité des sujets européens et des sujets américains a été soigneusement vérifiée. L’aspect général est le même; tous les macro-caractères coïncident. L’anatomie est superposable et aucun des éléments microscopiques n’est différentiel. Mieux que cela : le critérium biologique lui-même a été utilisé et a été confirmatif; on a réussi, en effet, à réaliser des fusions hyphiques entre un mycélium de Panus stipticus provenant du Minnesota et un mycélium de la même espèce provenant d’Angleterre. La seule différence, actuellement perceptible entre ces deux races géographiques, réside donc dans la luminescence constante de la race américaine et la non moins constante absence de luminescence chez la race européenne. Il serait extrêmement intéressant de dresser la carte de la distribution de ces deux formes sur l’ensemble du globe. Coexistent-elles en certains lieux ? Sont-elles, au contraire, massées chacune sur une portion de la terre, sans points de contact ni zones de recouvrement ? Et surtout, quelles conclusions sur leur origine, sur leur phylogénie, devraient être tirées de leur aire de dispersion, si celle-ci était connue ? Autant de questions auxquelles les progrès de la mycologie permettront peut-être de répondre un jour.
- Panus stipticus forme luminescens est une des espèces qui,
- par sa fréquence et sa robustesse, se prête le mieux à l’expérimentation. Buller a fait sur elle des essais pleins d’enseignements. Il a montré que la présence de l’oxygène est nécessaire à la production de lumière. Il a construit pour cela un ingénieux appareil dans lequel il place le champignon et où il peut, à volonté, faire pénétrer de l’air, donc de l’oxygène, ou, au contraire, duquel il peut instantanément expulser ce gaz par admission d’un courant d’hydrogène. Il a pu ainsi réaliser un allumage et une extinction presque automatiques et immédiats du champignon utilisé. Il ne faut guère que trois secondes pour «l’éteindre» par afflux d’hydrogène et une seconde pour le « rallumer » par réadmission d’air; ceci maintes fois de suite, sans que le Panus témoigne de trop de lassitude, du fait de la répétition de ces excitations alternantes.
- La température joue aussi un rôle dans l’émission de lumière. Au-dessus de 35°, elle cesse; elle est maxima pour une température oscillant entre 10° et 25°; elle disparaît au-dessous de — 4°. Ces données s’entendent pour Panus stipticus. D’autres espèces auraient des exigences differentes.
- Buller encore a fait quelques essais avec les anesthésiques. L’introduction de vapeurs d’éther ou de chloroforme dans le récipient clos où l’on a placé le champignon l’éteint en quelques instants. On peut le rallumer par un envoi d’air pur, mais seulement à condition que l’action de l’anesthésique n’ait été ni trop énergique ni trop prolongée, sans quoi la perte de la fonction photogène est définitive, entraînée par une altération profonde de la vitalité du sujet.
- Il reste à dire quelques mots des champignons faussement luminescents. On nous remit un jour deux exemplaires d’un Tricholome praticole (Melanoleuca eccscissa) qui répandait une vive lueur au moment de la récolte. Cette espèce ne figurant pas sur la liste des champignons lumineux connus à ce jour et, pour diverses raisons, ne nous semblant pas devoir posséder de luminosité propre, nous pratiquâmes l’examen microscopique de la surface de son chapeau et nous y découvrîmes un pullulement bactérien dans lequel résidait l’explication du phénomène. Le champignon n’était nullement lumineux en soi, mais hébergeait des colonies de bactéries photogènes et se parait de leur luminosité. Marcel Josserand.
- PHOTOGRAPHIES METEOROLOGIQUES
- NOCTURNES
- A l’étude des phénomènes atmosphériques, la photographie est venue apporter le concours précieux que l’on sait. Mais les documents obtenus dans la pratique courante se rapportent aux seules heures de la journée pendant lesquelles brille le Soleil, dont la clarté semble indispensable aux opérateurs. Il est donc intéressant d’étendre cette documentation en enregistrant, à la suite des observations diurnes, d’autres observations analogues faites au cours de la nuit. Le problème peut être résolu, comme nous allons le voir, en faisant appel à des objectifs de très grande luminosité et en tirant parti de diverses circonstances qui en permettent l’utilisation de façon satisfaisante.
- Par opposition au jour, la nuit correspond, cosmo-graphiquement, au temps pendant lequel le Soleil est au-dessous de l’horizon et cesse de nous éclairer. Dans
- la pratique, il en est très différemment; de multiples causes interviennent pour abréger notablement ou même supprimer la théorique période quotidienne d’obscurité. Nous pouvons même remarquer que l’appréciation de la nuit dépend beaucoup du point de vue où l’on se place. Pour les photographes amateurs de l’instantané, la définition cosmographique correspond assez bien à la limitation de leur activité; par contre, les astronomes sont en droit d’estimer que la durée de l’obscurité est généralement beaucoup trop courte... Mais puisque nous restons dans le domaine terrestre, nous garderons au mot « nuit » son sens usuel; ce sera pour nous, la période quotidienne — de durée régulièrement variable au cours de l’année — pendant laquelle nous sommes privés de l’éclairement direct du Soleil. Deux causes interviennent pour que, soit pendant certaines heures de
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- cette période, soit pendant sa totalité, une lumière utilisable reste à notre disposition : le phénomène crépus-culaire et le clair de lune.
- LE CRÉPUSCULE
- On sait que le Soleil, après son coucher, continue pendant quelques temps encore à éclairer au-dessus de nous les couches supérieures de l’atmosphère. L’illumination générale du ciel qui en résulte diminue d’intensité, puis semble se localiser sous forme d’arc de plus en plus surbaissé au fur et à mesure que s’abaisse le Soleil; lorsque celui-ci est à 18° au-dessous de l’horizon on considère qu’il fait enfin complètement nuit. Une même progression, exactement inverse, se produit le matin avant le lever de l’astre du jour.
- La durée du phénomène crépusculaire, liée à la marche apparente du Soleil par rapport au lieu d’observation, est donc fonction de la latitude de ce point sur le globe terrestre et de l’époque de l’année — c’est-à-dire du mécanisme saisonnier.
- C’est sous l’équateur, et jusqu’aux latitudes 10° -N et S, d’où le Soleil paraît s’enfoncer sous l’horizon ou s’en rapprocher suivant une direction presque verticale, que la période crépusculaire est réduite à sa plus courte durée en même temps qu’elle varie peu, passant de 1 h 16 m aux solstices à 1 h 10 aux équinoxes. Puis à mesure qu’on gagne des latitudes plus élevées, infligeant au Soleil une marche dont l’obliquité s’accentue, par rapport à l’horizon, les écarts prennent une grande importance. Aux latitudes 30°, la durée du crépuscule qui est de 1 h 27 au solstice d’hiver et de 1 h 21 aux équinoxes, s’allonge à 1 h 38 au solstice d’été. A 45°, et toujours pour ces mêmes époques, nous trouvons respectivement : 1 h 48; 1 h 40 et 2 h 35. A partir de la latitude de Paris (48° 50') le Soleil s’est abaissé de 18° au solstice d’été et la nuit ne se fait pas complète. A 50° il y a une période d’une quinzaine de jours privée de nuit réelle, et à 60° près de 3 mois jouissent de ces mêmes conditions. On constatera finalement qu’en raison de la marche de plus en plus oblique du Soleil à mesure qu’on s’élève en latitude, la durée générale du crépuscule se prolonge, davantage : ainsi les chiffres donnés ci-dessüs à propos du solstice d’hiver et des équinoxes s’allongent à près de 3 heures vers le 60° degré. Contentons-nous de ces données générales, qu’au surplus il est facile de préciser ou de compléter à l’aide des tables données dans les annuaires astronomiques.
- Il faut maintenant remarquer que les conditions ci-dessus s'appliquent à l’arc crépusculaire proprement dit, lequel correspond à la limite de la couche atmosphérique directement illuminée par les rayons solaires. Mais comme, en réalité l’éclairement se transmet de proche en proche, une lueur générale s’étend au delà, dessinant alors une zone qui en dernier lieu surmonte l’arc crépusculaire brillant et persiste au ciel après sa disparition (fig. 1). C’est ainsi que pour une latitude voisine de celle de Paris, au solstice d’été à minuit, l’arc crépusculaire trop surbaissé reste pratiquement inobservable tandis qu’au-dessus le ciel paraît encore éclairé apprécia-blement jusqu’à une hauteur d’une vingtaine de degrés.
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- A ces heures supplémentaires de clarté relative, dont la durée totale varie, mais dont nous pouvons bénéficier chaque jour de l’année, il faut ajouter maintenant celles que périodiquement nous procure le clair de lune.
- Fig. 1. — L'arc el la lueur crépusculaires, sur lesquels se profilent des formalions nuageuses.
- Photographies prises au solstice d’été, à la latitude de Paris; de haut en bas : à 21 h 20, en 15 sec — à 22 h 25, en 5 m avec écran jaune •— à minuit avec 5 min de pose.
- LE CLAIR DE LUNE
- Au cours de chaque mois la Lune brille pendant de si nombreuses heures que son concours peut être considéré comme très important; même, et régulièrement, la possibilité se trouve, réalisée de pouvoir photographier toute la nuit.
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- Direction do
- Soleil
- Fig. 2. — Valeurs proportionnelles théoriques de l'éclairement lunaire.
- Considérons tout d’abord la valeur théorique de l’éclairement lunaire. Pour notre appréciation habituelle, on sait à quel point, en apparence du moins, il dissipe l’obscurité nocturne. A nos yeux, les paysages prennent volontiers un effet enchanteur dans cette clarté dont l’intensité semble si grande par certaines nuits très pures; aussi bien dit-on, de façon courante, qu’on y voit alors « comme en plein jour »... C’est là une preuve de l’extraordinaire faculté d’adaptation de notre rétine, car si l’on compare cette illumination reflétée à celle qui parvient directement du Soleil on trouve, d’après les déterminations photométriques, qu’elle est 465 000 fois plus faible. Photographiquement, la différence est plus considérable encore, se montant alors à 650 000. Pour expliquer une si notable disproportion entre l’intensité de l’éclairement qui impressionne l’œil ou la plaque sensible, il faut invoquer la qualité jaunâtre de la surface lunaire.
- Les valeurs ci-dessus se rapportent à l’éclairement maximum fourni par la Pleine Lune. Aux époques des autres phases, il est moindre et s’abaisse même dans
- des proportions considérables, comme l’indique le tableau schématique figure 2. Une telle variation a pour cause et la grandeur de la phase qui réduit la surface apparente dont nous recevons le reflet, et l’incidence des rayons solaires venant frapper les portions du globe lunaire qui se découvrent alors et paraissent d’autant moins brillantes qu’elles sont éclairées plus obliquement. C’est là un effet qui se remarque avec la plus grande évidence sur toute photographie de la Lune, prise avec une courte pose surtout.
- A ces différences d’intensité de l’éclairement provenant de l’astre des nuits s’ajoutent, pour en modifier les proportions, celles qui sont imputables à l’action de l’atmosphère terrestre; la hauteur de la Lune au-dessus de l’horizon et les variations de transparence de l’air sont en effet des éléments d’une très grande importance dans le cas dont nous nous occupons. Il est donc pratiquement difïcile, sinon impossible de tenir compte exactement des valeurs proportionnelles de l’éclairement lunaire théorique qui viennent d’être définies, et paraissent devoir entraîner d’excessifs écarts de pose. Sur ce point nous reviendrons plus loin, nous bornant maintenant à souligner que les conditions sont extrêmement variables : par exemple, tandis que la Pleine Lune trône dans les hauteurs du ciel (pour l’hémisphère nord) en hiver, elle reste très basse sur l’horizon en été, au point que dans ce dernier cas son action photographique peut être inférieure à celle d’une phase amoindrie, mais brillant à forte élévation. Ces situations qui se répètent alternativement pour chaque phase — comme chacun est à même de le constater — sont fonction de l’heure et de l’époque de l’année; les conditions atmosphériques intervenant en plus, il est impossible de leur attribuer une valeur absolue. En chaque cas l’expérience acquise est encore le meilleur conseiller.
- UN OBJECTIF TRÈS LUMINEUX
- Des photographies de paysage sont aisément obtenues avec des appareils usuels en dehors des heures de jour. S’il s’agit d’une prise de vue très tardive après le coucher du Soleil, c’est une question de temps de pose, variable suivant l’objectif utilisé, et qui n’exige qu’un peu de patience de la part de l’opérateur. Cependant on ne saurait se contenter de ce procédé si l’on veut enregistrer un phénomène fugitif ou un sujet en mouvement; tel est le cas des phénomènes aériens. D’une manière générale les nuages se déplacent assez vite sur le ciel, en même temps que leurs contours se modifient avec rapidité parfois : pour en obtenir une image correcte, la nécessité s’impose d’utiliser un objectif dont le rapport focal permette d’opérer en quelques secondes seulement, malgré la faiblesse relative de l’éclairement général. Sans doute peut-on envisager l’emploi de certains modèles d’objectifs, réalisés par l’optique moderne ou recourir à l’hypersen-sibilisation des plaques. Mais il nous a paru
- Fig. 3. — Alto-stratus devant le crépuscule; pose 5 sec, 1 h 15 après le coucher du Soleil, fin janvier.
- La tache lumineuse, au-dessus, est le fin croissant lunaire surexposé.
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- intéressant de rechercher une. solution pratique et accessible à tous.
- Nous proposons donc d’utiliser en guise d’objectif un simple condensateur de lanterne de projection. Au premier abord, cette combinaison optique paraît ne devoir fournir qu’une image déplorable, du point de vue finesse. Mais ce défaut, auquel on peut remédier dans une appréciable mesure, est largement racheté par des qualités exceptionnelles de luminosité permettant, dans le cas présent, d’atteindre le but proposé.
- Laissant à l’ingéniosité de chacun le soin d’adapter au mieux une petite chambre noire après le lourd système formé par un condensateur, occupons-nous seulement des qualités de ce dernier. Tout d’abord, il est nécessaire de diaphragmer dans une certaine proportion. Un condensateur de 103 mm de diamètre (dimension courante) ramené à l’ouverture de 70 mm travaille dans un rapport sensiblement égal à F : 1. Pour celui qui a été employé à la prise des photographies ci-jointes, la netteté des images a été améliorée en écartant légèrement, par dévissage du barillet, les deux lentilles; c’est là une mesure dont 1’efhcacité (les combinaisons n’étant certainement pas toutes identiques) ne peut être guère reconnue que par tâtonnement. D’autre part, la netteté sera encore accrue par l’emploi d’écrans jaunes qui, tout en augmentant certains contrastes, apportent une notable correction aux aberrations chromatiques d’un si élémentaire objectif; en raison de la très grande luminosité, l’emploi de tels écrans est admissible, à condition qu’ils n’exagèrent pas le temps de pose au delà de 2 ou 3 fois. Mais même sans cet artifice il est préférable d’utiliser les plaques ou pellicules dites orthochromatiques sans écran, et dont certaines émulsions ont maintenant une très grande rapidité; le résultat est franchement supérieur à celui que fourniraient des émulsions par exemple beaucoup plus rapides encore, mais ne jouissant pas de ces propriétés.
- MÉTHODES OPÉRATOIRES
- Dans le cas du crépuscule, de bonnes images peuvent encore être prises, en quelques secondes seulement, plus d’une heure après le coucher du Soleil, il en est de même avant le lever du Soleil; ce sont des possibilités qui se rencontrent toute l’année avec large prolongation pendant la saison estivale. Alors la durée du crépuscule permet un enregistrement de plus en plus tardif et qui dans une certaine mesure peut être effectué toute la nuit au moment du solstice d’été (fig. 1) ; mais en raison de la décroissance rapide de l’intensité lumineuse, les poses s’allongent proportionnellement jusqu’à une, puis à
- Fig. 4. — Fracto-cumulus devant un crépuscule très orangé, suivis pendant 20 sec, 1 h après le coucher du Soleil, fin septembre.
- plusieurs minutes. Notons' qu’un élément appréciable entre en ligne de compte : le ciel crépusculaire qui bien souvent suscite notre admiration par ses colorations riches et variées est par cela même d’une qualité photogénique très variable. Enfin, il faut constater, qu’à abaissement égal du Soleil au-dessous de l’horizon, l’aube est généralement beaucoup plus claire et pure que le couchant, et impressionne davantage la plaque sensible.
- Dans tous les cas, pour les heures avancées, les nuages ne peuvent être ainsi utilement enregistrés que par temps calme; nous examinerons plus loin la possibilité d’opérer en période de vent. Considérant maintenant leur aspect, nous trouvons que les formations nuageuses se présentent
- Fig. 5. •— Un bel effet de Cumulus au clair de Lune au-dessus de la me.r\ pose 15 sec par temps calme. (3 h, 4 février 1936. Phase : 3 jours avant la P. L.)
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- dans des conditions assez différentes de celles du plein jour pendant lesquelles des éclairements variés en diree-
- Fig. 6. — Nappe d'Alto-cumulus, pose 30 sec par temps calme. (17 août 1935; phase : 3 jours après P. L.).
- tion mettent en évidence leur modelé. Sur la lueur crépusculaire au contraire, nous les voyons toujours se découper comme des silhouettes plus ou moins accentuées (fig. 3 et 4), ou alors éclairées par-dessous, ce qui leur confère un aspect un peu différent; en dehors de cette position, sur les autres parties du ciel, les nuages plus ou moins vaguement éclairés par reflet, se dessinent souvent de façon imprécise, si bien que leurs images
- Fig. 8. —• Stratus légers, pose 15 sec. 1 jour avant P. L. (Février 1936.)
- Au clair de Lune les divers aspects du ciel sont comparables à ceux des heures diurnes puisque notre satellite vient y occuper les mêmes positions que le Soleil, dont il n’est alors que la pâle réplique. Mais tous ces effets que nous admirons certaines nuits (fig. 5) ont en quelque sorte leur caractère propre. Ceci en raison des moindres conditions d’illumination qui rendent la graduation des demi-teintes ou les contrastes colorés peu perceptibles; ainsi ne ressortent bien que les détails directement éclairés, tandis que faute de lumière diffuse suffisante pour en fouiller le dessin, tout le reste se noie dans une sorte d’ombre à peu près uniforme.
- Pour l’enregistrement des
- photographiques restent volontiers assez confuses ou mal ‘Contrastées.
- Fig. 7. — Cumulus par temps calme, pose : 15 sec.
- (Phase 4 jours avant P. L. 3 lévrier 1936. Lune très haute dans le ciel où l’on voit ici Sirius et des étoiles d’Orion).
- formations nuageuses aperçues dans ces conditions, l’intensité de l’éclairement lunaire joue donc un rôle très important. Nous avons indiqué plus haut les valeurs de cet éclairement, qui, dans une mesure appréciable, se trouvent modifiées suivant la position de la Lune dans le ciel. Disons maintenant que ces différences procédant malgré tout de l’importance de la phase n’entraînent pas la nécessité d’écarts de pose aussi exagérés que les chiffres donnés pourraient le faire concevoir. Nous en avons fait l’expérience, la Lune (assez haute, au printemps) pré-
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- sentant une phase en croissant dont l’éclairement théorique était 30 fois moindre que celui de la Pleine Lune : une pose seulement 5 fois plus longue que celle afférente à cette dernière phase a suffi pour obtenir un cliché capable d’être utilisé. En effet, le but à atteindre consiste à se procurer des clichés, non pas comparables en intensité, mais simplement précieux au point de vue documentaire. Finalement, c’est donc à partir des phases précédant d’un jour ou deux le premier quartier, et jusqu’à celles qui leur correspondent après le dernier quartier, que de bonnes photographies de nuages peuvent être enregistrées. Toutes conditions favorables étant réunies le temps de pose peut s’abaisser à 5 sec, et la possibilité de le prolonger à 10, 15 ou 20 sec donne les meilleurs résultats, dont les images reproduites ici fournissent des exemples probants. Bien entendu il faut éviter d’avoir la Lune dans le champ de l’appareil, à moins qu’elle ne soit masquée par une nuée opaque ou un obstacle terrestre quelconque : arbre touffu, cheminée ou angle d’un toit, etc... (fig. 9).
- Fig. 9. — Halo lunaire photographié en 15 sec.
- Si courtes qu’elles puissent paraître pour des photographies franchement nocturnes, ces poses restent encore souvent trop longues eu égard aux mouvements variés des nuages. En d’assez rares circonstances seulement l’appareil restant immobile sur son pied ne peut être utilisé que si le temps est vraiment calme (fig. 6, 7, 8). Dans le cas contraire, il faut s’ingénier, à suivre les formations dans leur marche apparente (fig. 10).
- Voici un moyen simple : disposer l’appareil accolé à un tube viseur contenant une alidade, sur un pied à genouillère rendu très mobile (sur la figure 11, le pied simple d’une lunette astronomique). A condition qu’un nuage présente un détail assez accusé pour que l’on puisse le bien viser, il est ainsi possible de le suivre assez correctement dans sa marche (fig. 12). Mais en raison de l’étendue et du groupement des formations, on se heurte à une difficulté, mise en évidence par les schémas : c’est celle des trajectoires non parallèles, et d’ampleur différente, imposées par l’effet de la perspective; autant que possible il convient de choisir une direction et une
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- Fig. 10. — Représentation schématique de la marche des nuages sur le ciel, a, en direction de leur arrivée on les voit, par l’effet de la perspective, suivre des directions divergentes avec déplacement angulaire de plus en plus grand. — b, observés latéralement à leur marche, ils semblent parcourir des arcs progressivement croissants à mesure qu’ils sont plus voisins de l’observateur.
- Fig. 11. — Dispositif élémentaire permettant à l’appareil photographique de suivre le déplacement des nuages.
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- Fig. 12. — Divers exemples de photographies de nuages (genre Cumulus), obtenues en suivant leur déplacement pendant 20 sec, par un fort vent de N.-W.
- 3 jours avant la P. L. (Février 1936.)
- hauteur au-dessus de l’horizon pour laquelle ces effets seront le moins accentués. Une autre difficulté, qui intervient d’ailleurs aussi bien dans le cas des photographies prises avec l’appareil immobile, est la transformation des contours nuageux, qui se manifeste parfois en un temps très court.
- Ces moyens et méthodes opératoires sont susceptibles d’être perfectionnés soit optiquement, soit par l’emploi
- d’émulsions particulières, qui permettraient de réduire encore le temps de pose et d’obtenir des images plus parfaites. Quoi qu’il en soit, les résultats que nous venons d’exposer semblent déjà permettre de pouvoir rassembler d’utiles documents sur les caractères des nuages, au cours de la nuit. Lucien Rudaux.
- (Photos de Vauteur, Observatoire de Donville.)
- RELIEF HYPERSTEREOSCOPIQUE
- Chacun sait que la sensation de relief qui nous est donnée par les objets de notre entourage provient, en majeure partie, de la vision binoculaire, — perception simultanée par les deux yeux d’une même image. Chaque point de l’objet forme avec les yeux un certain angle ou parallaxe.
- La variation de cet angle d’un point à l’autre modifie l’impression de distance : l’objet semble d’autant plus rapproché que sa parallaxe est plus grande. Le point A paraît plus rapproché de l’observateur que le point B parce que l’angle (Q — A — O., est plus grand que l’angle
- O, — B — O, (fig. 1).
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- Le stéréoscope est construit d’après ce principe : après avoir photographié au moyen d’objectifs identiques deux objets ou deux paysages pris simultanément de deux points de l’espace séparés par la distance normale des yeux (environ 65 mm), on superpose visuellement les images obtenues, au moyen d’un dispositif optique permettant de voir avec chacun des yeux l’image appropriée.
- On obtient alors l’impression de relief car la parallaxe de chacun des points de l’image se trouve reconstituée à sa juste valeur.
- C’est ainsi que si deux points A et B de l’image ont imprimé sur la plaque leur empreinte respective en et B, sur le cliché pris du point O, et en As et B, sur celui pris du point 02, lorsque les images seront superposées, le point A sera vu à la rencontre des droites Ot A, et 02 A2 et le point B, — plus éloigné —•, à la rencontre des droites O, — B0 02 — B* (fig. 2).
- Pour que le cerveau puisse apprécier la distance des objets en fonction de leur parallaxe, il est nécessaire que cette dernière possède une certaine valeur.
- A un mètre de distance, la parallaxe d’un point est de 3°, 45' d’arc, à 10 m, sa valeur est de 22' 30" ; à 50 m, 4' 1/2; à 100 m, 2' d’arc environ. Cet angle de deux minutes paraît être en général un angle limite. Nous n’apprécions la distance des objets situés à plus d’une centaine de mètres que par l’effet d’un travail physiologique du cerveau : lois de la perspective, comparaison de la dimension apparente relative des objets, nébulosité des lointains, etc. Les montagnes paraissent « rapprochées » après une pluie par suite de la pureté de l’atmosphère qui supprime les brumes couvrant généralement les arrière-plans.
- La vision stéréoscopique seule ne permet pas d’apprécier les grandes distances. C’est pourquoi le ciel nuageux nous apparaît généralement comme une voûte, s’élevant d’un horizon, passant au zénith pour descendre à l’horizon opposé, au lieu de nous donner la sensation réelle d’un plafond horizontal.
- Si nos yeux sont incapables d’apprécier les distances des objets terrestres au delà de quelques centaines de mètres, à plus forte raison ne risquons-nous pas d’attribuer une troisième dimension aux objets extra-terrestres situés à plusieurs centaines de milliers de kilomètres.
- Il n’est donc pas surprenant que le globe lunaire nous apparaisse sous la forme d’un disque plat ainsi que le globe solaire et que les étoiles dont certaines sont des milliers de fois plus rapprochées de nous que leurs voisines, nous semblent, comme à nos ancêtres, des points lumineux percés dans une voûte obscure régulière.
- Pour que la troisième dimension des objets devienne appréciable nous avons vu que la parallaxe optique de ces objets doit être supérieure à quelques minutes d’arc. Il serait en conséquence rationnel de pouvoir « écarter » les yeux pour observer les objets éloignés.
- Le Créateur ne nous a pas accordé cette faculté dont jouit l’escargot.
- Nous avons suppléé à cette imperfection en construisant des jumelles à prismes, télémètres, etc.
- Les appareils stéréoscopiques ordinaires ne donnent
- également le relief que pour les images assez rapprochées.
- Pour les vues lointaines, il est nécessaire d’éloigner les objectifs des deux chambres noires de plusieurs mètres, parfois de plusieurs centaines de mètres pour obtenir une parallaxe suffisante. C’est ainsi que pour donner à l’image un relief sensible, —- parallaxe de 20' d’arc par exemple correspondant à la vue d’un objet situé à 11 m, -— un paysage situé à 15 km demandera un écartement des objectifs de 87 m, une montagne vue à 100 km exigera des vues identiques prises à 582 m d’intervalle.
- Ce dispositif est facilement réalisable, il suffît de photographier au même instant le paysage visé au moyen de deux appareils munis d’objectifs semblables et placés à la distance convenable.
- Pour les objets extra-terrestres, la difficulté semble plus grande : en effet, le corps céleste le plus rapproché de nous, notre satellite la Lune, se promène à quelque 384 000 km.
- Pour que nos objectifs soient vus de sa surface sous un angle d’au moins 20', il faudrait les écarter de 2235 km au minimum.
- Il suffirait en théorie de deux télescopes identiques placés l’un à Paris l’autre à Constantinople et photographiant au même instant l’astre des nuits. En fait le problème serait plus complexe car les deux télescopes devraient avoir exactement le même foyer, la même luminosité, opérer dans les mêmes conditions atmosphériques et se trouver à la même distance de notre satellite.
- On peut tourner la difficulté d’une autre façon : dans l’impossibilité pratique de déplacer l’opérateur, on peut quelquefois faire déplacer le sujet : le résultat est le même.
- En effet, si l’on pouvait faire mouvoir un paysage de 20' d’arc autour d’un axe vertical, deux photographies successives prises du même point et avec le même appareil, avant et après le déplacement, donneraient le relief stéréoscopique.
- Cette façon d’opérer, — impraticable naturellement pour les paysages terrestres, — devient relativement facile pour les objets célestes, essentiellement mobiles.
- Fig. 1. — Dans la vision binoculaire, un point A ou B nous paraît d'autant plus éloigné que sa parallaxe (angle formé par les rayons visuels des deux yeux O, O.,) est plus faible.
- Fig. 2. — La superposition de deux images prises de deux points de vue, écartés de la distance des deux yeux, restitue l’impression du relief.
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- La Lune, en effet, bien que présentant toujours la
- même face à la Terre à laquelle elle est rattachée par le
- fil mystérieux de l’attraction universelle, se permet toutefois un certain balancement et son mouvement oscillant ou libration atteint plusieurs degrés. On pourra ainsi obtenir du même endroit deux photographies d’un paysage lunaire à deux dates où la différence de libration sera par exemple de 2°. Par superposition des images, le résultat stéréoscopique obtenu sera le même que celui qui aurait exigé deux photographies simultanées prises à 13 400 km de distance.
- En réalité, pour obtenir deux bonnes épreuves superposables sté-réoscopiquement, il est nécessaire de réunir, outre les effets de libration, différentes conditions accessoires : même distance de la Lune à la Terre, même date de lunaison, — pour un éclairage identique des paysages lunaires, même orientation du Soleil pour ces mêmes paysages, etc.
- Aussi faut-il généralement comparer de nombreux clichés pour trouver des zones pouvant fournir un couple.
- Les épreuves que nous présentons ci-contre ont été obtenues au foyer du plus puissant télescope du monde (Hooker de 2 m 50 de diamètre de l’Observatoire du mont Wilson en Californie).
- L’un des clichés du couple a été pris le 5 août 1920 à 16 h 20 — temps moyen du Pacifique, — l’autre le 6 septembre 1928, à 4 h 35.
- La superposition stéréoscopique de ces épreuves montre parfaitement la courbure de la surface lunaire ainsi que le relief des principaux cirques et massifs montagneux.
- Fig. 3 à 6. — Couples de clichés hypersté-réoscopiques de la Lune, obtenus en photographiant une mèmè région à deux dates différentes, de façon à utiliser le déplacement dû au phénomène de libration'.
- Tout se passe comme si le même paysage avait été photographié simultanément de deux points de vue écartés de 13 400 km.
- De haut en bas : Région Sud : Les Apennins (Archimède, Aristillus, Autolychus). Les Alpes (Platon). Pôle Sud (Clavius).
- (Phot. prises au Mont Wilson, avec le télescope Hooker de 2 m 50 de diamètre).
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- Les images les plus petites (ensemble des régions polaires Nord et Sud) vues dans un stéréoscope de 0 m 10 de foyer montrent l’aspect du sol lunaire tel qu’auraient pu l’apercevoir les héros de Jules Verne, Nicholl et Barbicane, aux derniers instants de leur voyage de la Terre à la Lune, à 1100 km de notre Satellite ! Relief stéréoscopique en plus ! En effet : la courbure du sol lunaire, si apparente sur les épreuves ci-contre, serait inobservable pour les voyageurs de l’espace sidéral car à 1000 km de sistance, ainsi que nous l’avons indiqué précédemment, aucun relief stéréoscopique n’est appréciable aux yeux humains et le disque lunaire en particulier, privé d’atmosphère, de nuages ou de brumes, semblerait aussi plat, vu à quelques centaines de kilomètres de distance, qu’il nous paraît l’être vu d’ici.
- En ce qui concerne le disque solaire, des photographies stéréoscopiques ont été prises également. Le problème
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- est d’ailleurs théoriquement plus facile que pour le disque lunaire car l’astre du jour auquel notre Terre est liée par l’attraction newtonienne nous montre au cours des 27 jours de sa rotation sur lui-même la totalité de sa surface.
- Il suffit donc de photographier le disque solaire à 4 h environ d’intervalle (3 h 40') pour avoir deux images prises sous des angles différents (2°) et donnant un relief parfait.
- Ces images ne nous montreront pas les pittoresques paysages rocheux d’un monde désert où semble habiter la Mort, mais elles pourront nous fournir d’intéressants renseignements sur la constitution chimique du formidable creuset dont notre existence est tributaire.
- Nous aurons peut-être l’occasion d’y revenir au cours d’un prochain article.
- J. Péricard.
- LA VIE DANS LES GRANDS CAUSSES
- Pendant de nombreuses années les Causses ont fait partie de cette France ignorée dont parle E.-A. Martel. A lui revient le grand mérite d’avoir fait connaître les avens, les grottes, les cours d’eau souterrains de ces régions. D’autres ont marché sur les traces de ce pionnier, multipliant les découvertes de la spéléologie. Plus récente est l’exploration méthodique de la surface des Causses par les naturalistes et les géographes.
- Accomplissez le circuit classique des gorges du Tarn et de la Jonte et visitez l’Aven Armand, vous ne manquerez pas d’être frappé de la différence qui existe entre les bords verdoyants des rivières et la surface désolée des plateaux. L’opposition est tout d’abord dans les couleurs : le gris clair des épaisses tables calcaires contraste avec les tonalités sombres des massifs primaires qui les encadrent. Le passage des uns aux autres s’accomplit sans brusquerie; mais la nature des roches vous informe du changement de domaine; le paysan lui-même ne s’y trompe pas.
- Du haut d’un belvédère la physionomie du pays apparaît. L’indigence de la végétation surprend. Attiré par le tintement des clochettes, vous chercherez longtemps des yeux le troupeau de brebis perdu dans la grisaille des croupes pierreuses interrompue çà et là par le vert foncé de quelques forêts. Selon la saison, la terre rouge d’un champ circulaire fraîchement retourné, les blés courts émaillés de bleuets, les touffes vertes d’un carré de pommes de terre indiquent que l’habitant n’est pas uniquement un pasteur. Ce Caussenard, vous cheminerez des heures sans le rencontrer. Votre marche, épuisante un jour d’été, fera jaillir devant vous à chaque pas d’innombrables sauterelles. Vous souhaiterez une source limpide vers laquelle seul un hasard heureux pourrait vous guider et ne trouverez que l’eau croupissante d’une lavagne.
- La distance du Golfe du Lion à la lisière des Causses est trop courte pour que la végétation méditerranéenne n’ait pas pénétré jusqu’à eux. Cependant les espèces
- Fig. 1. •— Les grands Causses. Reboisement à gauche; pâturage à moutons au premier plan; champs cultivés au deuxième plan.
- languedociennes n’abordent que les vallées abritées en profitant des cols les plus bas pour s’insinuer de l’une dans l’autre. A cause de la rigueur des hivers, les plateaux leur sont fermés. Le long de la Vis, le chêne-vert et l’olivier ne se hasardent guère au delà de Navacelle. Aux environs de Millau, le chêne-vert abonde. A Vébron, le palmier en pleine terre résiste aux gelées. En réalité, la flore normale de ces vallées, avec le hêtre aux endroits ombreux et le chêne pubescent sur toutes les pentes, appartient à l’étage montagnard. Par les versants abrupts d’où l’homme ne cherche pas à les déloger, les deux arbres se hissent à la corniche rocheuse qui couronne les divers plateaux. Les végétaux affectionnent ces refuges, grimpent à l’assaut des éboulis, enfoncent leurs racines dans les moindres fissures. Au printemps, les amélanchiers accrochés aux blocs ruiniformes se couvrent de fleurs blanches. L’obstacle du relief sauve l’arbre de la destruction.
- Dans une thèse riche en vues nouvelles, P. Marres conteste le qualificatif « steppique » souvent appliqué
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- aux paysages des Causses : l’aspect peut être steppique, le climat et la flore ne le sont pas. Les observations sur la pluviosité démontrent que l’aridité ordinaire de ces plateaux montueux ne saurait s’expliquer par l’insuffisance des précipitations toujours supérieures à 600 mm et dépassant 1 m annuellement sur la bordure méridionale exposée aux violentes averses méditerranéennes. Les forêts de feuillus (chêne-hêtre) et de conifères (pin sylvestre) de la moitié occidentale des Causses et des reboisements très drus de pins noirs d’Autriche en plusieurs points de la zone orientale suffiraient à prouver le contraire. Des plantes comme Adonis vernalis et Stipa pennata ont fait croire à une végétation de steppe; on paraît oublier le rôle destructeur de l’homme et de ses troupeaux qui ne laissent subsister que de très rares témoins — suffisants pour inspirer le doute — de la végétation sylvatique primitive. A la vérité, l’arbre supporte mal les pratiques caussenardes, surtout au point où en est le déboisement. Hêtres et frênes squelettiques, ébranchés sans répit, en bordure des chemins ruraux et à l’approche des villages témoignent de la valeur que l’habitant attache à leur feuillage pour la nourriture de son bétail. Les buis tondus au ras du sol ou même arrachés avec la souche alimentent les étables en litière. Les vents impétueux qui parcourent les plateaux nuisent au développement des arbres; leur vitesse est telle qu’ils peuvent « arrêter la marche d’un homme vigoureux (Flahault) ». Enfin, la tendance à l’infiltration des eaux et des terres a été favorisée par la colonisation humaine à une date très reculée. S’il y a eu déboisement, nous ne connaissons pas les coupables; les documents d’archives ne permettent pas d’établir les responsabilités; le mal est trop ancien. « Par une coïncidence malheureuse, en nos pays d’Europe, l’agriculture naissante s’affronte dès son origine avec la forêt renaissante. La prairie était une alliée pour les hommes des cavernes, la forêt apparaît comme une ennemie pour les néolithiques; leurs plantes cultivées et leurs animaux domestiques étaient tirés des steppes et avaient besoin de découverts pour leur extension. L’homme s’allia aux herbes contre les arbres; il prit place dans les clairières et s’en fit le défenseur (P. Deffontaines). » Cette phrase garde toute sa valeur si nous remarquons que la propagation
- Fig. 2. —• Un sotch, dépression fermée analogue aux dolines du Karst.
- des espèces sylvatiques de feuillus, sous le climat chaud et humide de la fin du Néolithique, aurait justement correspondu à l’arrivée des tribus de pasteurs et d’agriculteurs auxquels nous devons les nombreux dolmens des Causses à peu près inhabités, semble-t-il, auparavant.
- LES OISEAUX
- De leur côté, les ornithologues ont retrouvé ce même contraste entre les vallées et les plateaux, ce même caractère de mélange et de transition dans le peuplement avien des Causses. Les milieux ou biotopes y sont peu nombreux et nettement différenciés. Notons au passage que les observations dont nous ferons état concernent le printemps et l’été, par conséquent le moment où les espèces chassées par les grands froids d’hiver reviennent et où les oiseaux nichent.
- Au fond des gorges, le cincle plongeur et la bergeronnette des ruisseaux cherchent leur pâture le long des eaux courantes; le merle noir, la fauvette à tête noire, la fauvette grisette et le pinson des arbres s’y trouvent également. Les rivières comme le Tarnon qui ont entaillé le soubassement de micaschistes du Plateau Central offrent sur les premières pentes de leur vallée un paysage de châtaigneraie cévenole. Les vieux troncs rugueux et vermoulus d’arbres multiséculaires hébergent quantité d’insectes que les oiseaux consomment et fournissent à d’autres des cavités pour gîter ou déposer leurs œufs. Le sous-bois d’églantiers, de ronces, de genêts et de fougères attire aussi des espèces particulières. De sorte que l’avifaune de la châtaigneraie est d’une richesse relative. Le corbeau corneille et le moineau soulcie fréquentent les plus hautes branches. Abondants sont les explorateurs d’écorces et de crevasses : pics (épeiche-vert), grimpereau brachydactyle, sitelle torchepot, mésanges (nonnette-bleue-charbonnière), gobe-mouches gris et noir. Le pipit des buissons préfère courir au voisinage des broussailles que le rossignol anime de ses chants.
- Au flanc des vallées, les hêtraies et les pinèdes sont presque autant peuplées. Nous y reconnaissons certains hôtes peu caractéristiques de la châtaigneraie : le coucou gris, le geai des chênes, la grive draine, le merle noir, le pinson des arbres. L’ombre claire de cette forêt plaît au pouillot bonelli. Victime sans doute des rapaces dont nous aurons à reparler, la pie bavarde est rare. Dans le monde des petits oiseaux, des nouveautés apparaissent : mésange huppée, troglodyte mignon, rouge-gorge familier, fauvette à tête noire, roitelet huppé.
- Les rochers des gorges sont le rendez-vous des raretés de l’avifaune caussenarde, mais ils sont aussi le repaire de nombreux prédateurs qui étendent leurs rapines aux lieux environnants. Les Corvidés (corbin, crave-corbeau, corneille-choucas des tours) pullulent. Si le grand corbeau harcèle les rapaces de forte taille comme l’aigle royal, il ne s’entend pas davantage avec les oiseaux d’espèces voisines et doit fuir de son côté devant les attaques des bandes de choucas. Ceux-ci placent leurs nids dans les cavités inaccessibles des murailles rocheuses. Des Falconidés, seule la crécerelle est abondante. Le faucon pèlerin, l’autour, l’épervier et la buse habitent de préférence les escarpements boisés; les deux premiers
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- pillent la volaille des fermes. L’aigle royal niche sur un amas grossier de branchages installé autant que possible dans un site isolé; il vit par couples solitaires et se nourrit volontiers de gibier : écureuils, lièvres, lapins. Parmi les nécrophages, le percnoptère d’Égypte, auquel sa livrée claire et ses ailes frangées de noir ont valu le sobriquet de « père-blanc », est un hôte des beaux jours : arrivé au printemps, il repart à l’automne, tandis que le vautour fauve est un sédentaire.
- Il y a une quinzaine d’années, ce dernier fut l’objet d’une enquête du Dr Rochon-Duvigneaud à travers les vallées de la Vis, de la Dourbie, de la Jonte et du Tarn. A cette époque encore, le vautour fauve (bouldras) était bien connu des bergers qui lui abandonnaient des bêtes mortes. Dans les gorges de la Jonte, les habitants des rochers du Truel ont été observés à plusieurs reprises. Heim de Balsac, en 1922, y vit un nid exposé au nord pour éviter aux jeunes les fortes chaleurs de l’été; il était à l’abri d’un buisson, simplement creusé dans le manteau d’humus d’une terrasse rocheuse, tapissé de branches de pin fraîchement coupées et contenait un œuf. Les repaires s’apercevaient à distance. Le long des parois, sur le trajet des déjections des oiseaux, se développait une flore de cryptogames verts ou jaunes visibles sur le gris des calcaires; et, au bas des à-pic, l’accumulation de ces déjections et des pelotes stomacales favorisait une végétation herbacée de nitrophiles associée aux rochers à vautours constamment occupés.
- Au siècle passé, on pouvait assister sur les pâturages au repas d’une douzaine ou d’une vingtaine de vautours affairés autour d’une brebis crevée. Devant ce spectacle familier, les parents avaient soin de retenir les enfants en leur disant : « N’y allez pas, ils vous mangeraient »; vers 1880, ils étaient encore communs; mais ils ont peu à peu disparu. O. Meylan et R. Hainard, ornithologues suisses, en aperçurent quelques rares exemplaires en 1932. Le Dr Rochon-Duvigneaud n’en vit aucun en 1934. Catte désertion ou, espérons-le, cette raréfaction posent un problème de biologie comparable à celui de la diminution des cigognes dans certains cantons alsaciens. Pour une fois l’homme ne pouvant être inculpé de massacres inutiles, il semble que l’abandon des rochers des Causses par les vautours fauves tienne au manque de nourriture. Ces oiseaux vivant de charognes n’auraient plus trouvé une pâture suffisante à cause des soins meilleurs accordés au cheptel à la suite de la hausse des prix, de l’évacuation rapide des bêtes malades grâce à l’emploi de la camionnette, de la fâcheuse coutume qu’ont les Caussenards de jeter les cadavres dans les avens, des prescriptions sévères relatives aux épizooties chez les transhumants et enfin de la décadence de la transhumance.
- Le tichodrome échelette visitait autre fois les bouldras-sières, attiré par les insectes qui fréquentaient les déjections des vautours. Contre les parois verticales nichent en grand nombre le martinet à ventre blanc et l’hirondelle des rochers, tandis que l’hirondelle de cheminée et l’hirondelle de fenêtre ne quittent pas les habitations humaines. Un sédentaire, le hibou grand-duc, caractérise également ce ' milieu.
- L’uniformité de la faune des plateaux reflète la mono-
- Fig. 3. —• Nîmes-le-Vieux : rocs ruiniformes el soichs labourés.
- tonie des paysages supérieurs. Les associations d’oiseaux des pinèdes du Causse Noir et du Méjan rappellent beaucoup celles des forêts des versants, et les espèces des pâturages s’y aventurent aussi. Sous le couvert des reboisements du Méjan, où ils sont sûrs de trouver rassemblés la plupart des arboricoles du terroir, les oiseaux de rapine en déplacement s’arrêtent volontiers. Les landes buissonneuses et les surfaces nues sont le domaine du bruant fou, de l’alouette des champs, de l’alouette lulu, de la linotte mélodieuse — oiseaux nicheurs et sédentaires que les très grandes chutes de neige écartent, mais qui reviennent avec le dégel, — du traquet motteux extrêmement abondant qui se montre en avril et disparaît en septembre-octobre, alors que son voisin, le pipit rousseline, arrivé avec lui, l’a devancé dans le départ. La caille, non moins abondante il y a une trentaine d’années, reste commune au moment des passages dans les prairies et les champs de céréales. La perdrix rouge est plus répandue que la perdrix grise. Celle-ci atteint sur les hauts plateaux des Causses sa limite méridionale et il y a lieu de se demander si son étude ne révélerait pas les caractères distinctifs d’une forme s’écartant de la perdrix grise des plaines de France.
- La faune forestière des Cévennes a conservé longtemps le cerf; au début de la Révolution, un seigneur en faisait abattre plusieurs à l’occasion du mariage de sa fille. On peut donc espérer que les récents essais d’acclimatation qui complètent l’œuvre de reboisement des Eaux et Forêts donneront de bons résultats. Il faut également citer le loup disparu depuis une quarantaine d’années. Le seul gros mammifère des Causses est actuellement le sanglier. A la suite d’une éclipse qui débuta dans la première moitié du xvme siècle, il reparut vers 1900, devint fréquent et nuisible pendant les années de guerre, mais les battues l’ont fait disparaître en grande partie. Autrefois les lièvres ne manquaient pas, malheureusement les braconniers les déciment en hiver sur la neige. Le lapin, que les animaux de rapine détruisent facilement, n’est pas très commun. Par contre les prédateurs
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- à quatre pattes mettent le pays en coupe réglée : renards, fouines, putois, belettes, hermines, martres recherchés pour leur dépouille, les dernières surtout. Le blaireau cause de sérieux dégâts aux vignes et aux vergers. L’écureuil habite les régions boisées et il suit les arbres partout où ils se trouvent. Parmi les petits mammifères, les mulots, les campagnols, les musaraignes, les taupes exploitent les champs et les prairies. La musaraigne d’eau mérite une mention spéciale : absente des plaines languedociennes, elle hante le bord des rivières peuplées de truites ou d’autres poissons dont elle se régale à l’occasion. Il est probable que l’étude des chéiroptères dans ce pays de grottes donnerait de beaux résultats.
- LES HABITATIONS
- Le tableau de l’aridité des Causses n’est plus à faire. N’a-t-il pas été poussé au noir et ne mérite-t-il pas
- Fig. 4.— Aspect du bord des plateaux: rocs ruiniformes et végétation abondante.
- certaines retouches ? Dès qu’une couche marneuse intercalée dans les calcaires arrête les infiltrations, des sources se forment. Ainsi une guirlande de fermes et de hameaux sur la bordure méridionale du Méjan, depuis Villeneuve jusqu’au Bruel, jalonne une ligne de fontaines. Ailleurs, il est vrai, l’eau manque en surface le plus souvent, mais l’homme a su s’adapter à de pareilles conditions en collectant l’eau atmosphérique dans des lavagnes ou des citernes; un imposant système de gouttières et de chéneaux met ces dernières en relation avec les toitures des maisons caussenardes. On a coutume de dire que l’habitat humain est lié à la présence de l’eau; il faudrait plutôt écrire ici sans calembour que l’eau est liée à la présence de l’habitat humain. N’étant pas retenus par des sources, les agriculteurs se sont fixés au milieu de
- leurs champs, sur les terres arables des vallées sèches et aux abords des sotchs et des cros. Nous avons là l’explication de la dispersion du peuplement caussenard. Néanmoins une citerne représente une telle valeur que dans les anciennes successions les héritiers partageaient les terres et les bâtisses tout en se réservant le droit de puiser de l’eau à la citerne familiale.
- La carte d’État-Major nous ferait voir la rareté des communes strictement limitées au Causse. Le territoire de la plupart des villages de vallée escalade des pentes pour s’étaler sur le plateau. A l’intérieur des limites des paroisses existait sous l’Ancien Régime une subdivision en terroirs. Certains ont engendré des hameaux, d’autres ont servi de cadre à une importante exploitation, d’autres enfin, dans les parties les plus désolées, n’ont pas été peuplés et on joué le rôle de terrains de parcours.
- La maison élémentaire caussenarde vue par derrière est assez disgracieuse : murs nus, ouvertures étroites, toiture à faible pente posée sur une voûte massive qui nécessite parfois des contreforts. La façade exposée au soleil ne se distingue du reste que par un escalier extérieur qui conduit à la porte d’entrée ouvrant directement dans la cuisine. Au rez-de-chaussée on enfermait le bétail. Cette conception de la maison en hauteur, sur le plateau où le terrain à bâtir n’était ni rare ni coûteux, paraît aussi étrange que l’emploi du chaume comme couverture. Nous sommes au pays des céréales sans doute, mais les pailles y sont maigres et courtes. En 1605, le baron de Florac et le seigneur de Terre-Rouge possédaient à la Fajole (Causse Méjan) « deux petites maizons” l’une couverte en partye de tuille (dalle calcaire) et en partye de paille et l’autre toute couverte de paille avec deux cazals et une cisterne par dedans ». Aujourd’hui le toit en chaume a disparu et autrefois il devait être exceptionnel pour qu’on prît la peine de le mentionner dans les actes. Les matériaux de la toiture étaient en général des dalles de calcaire ou de schiste. On préférait la voûte à la charpente dans ces régions déboisées. Dans les vallées qui conservaient de beaux arbres, la charpente à deux pans était employée. A ces toitures isothermes mais chères on substitue de plus en plus un simple placage en tôle ondulée, éverite, éternité, facile à poser, plus léger et qui permet d’utiliser une charpente ou une voûte en mauvais état qui ne supporteraient pas un chargement de dalles. La répartition des matériaux des toitures dépend de la proximité des gisements et de la facilité des transports. A l’intérieur des plateaux le calcaire domine. Dans les vallées périphériques, au contact des massifs anciens, le schiste l’emporte et il gagne même le rebord du Causse; les matériaux de construction y sont également plus variés. La pierre à bâtir provient souvent du lit du torrent voisin et comme ces cours d’eau allogènes descendent de montagnes primaires, ils charrient des galets de roches cristallines qui se mêlent aux calcaires locaux. A l’intérieur des villages, les maisons à étages se serrent et ne laissent entre elles qu’une étroite ruelle où se déverse le trop-plein des étables. Des jardinets soutenus par des murs en pierre sèche s’agrippent aux moindres recoins.
- Au point de vue économique, les éléments du genre de
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- vie caussenard n’ont guère varié : cultures alimentaires, élevage du menu bétail. L’histoire rurale est remplie d’incidents relatifs à la possession du sol. A mesure que le souvenir des règles féodales de l’exploitation s’estompait, le morcellement en terroirs devenait la source de conflits multiples entre tenanciers ou propriétaires et tenanciers. Le nouveau statut des terres indivises fut parfois délicat à fixer. Lorsqu’il s’agissait de communaux le partage à la rigueur était possible. Mais fréquemment, un terroir entier ou une partie de ce terroir avaient été concédés à un petit groupe d’exploitants nommément désignés dont la « faculté » pouvait se transmettre, se vendre, au besoin même se subdiviser. Pareil droit d’usage se payait et la redevance versée au seigneur était la preuve indéniable de son titre de propriétaire. Cependant au cours de l’histoire, les tenanciers tentèrent de s’affranchir en faisant inscrire sur les compoix les terres nobles dont ils jouissaient, au rang des terres roturières. La Révolution favorisa ces tendances individualistes. Après la Restauration, les juges appelés à trancher le différend préconisèrent le cantonnement qui avait le mérite de ne pas léser complètement les paysans et de laisser désormais à l’héritier du seigneur l’entière propriété de ses terres libérées de toute obligation.
- Les abus de la compascuité soulevaient des problèmes analogues, surtout lorsqu’elle était exercée par le détenteur d’un grand domaine capable d’entretenir un gros troupeau. Si, en vertu de son seul titre de propriétaire de quelque parcelle, il l’envoyait sur le terroir voisin qui faisait vivre un hameau entier, les bergers ne tardaient pas à en venir aux mains et la justice était saisie. Et cependant, la suppression de la compascuité aurait paru non moins ruineuse aux petites gens qui ne possédaient qu’un maigre patrimoine.
- La culture des céréales, autrefois essentielle, a beaucoup perdu de son importance. Le froment, le seigle, l’avoine, l’orge et la lentille comme légumineuse occupaient les meilleures terres, soit les sotchs circulaires enclos d’un mur en pierre sèche pour préserver la récolte de la dent des troupeaux qui rôdaient autour, soit les champs allongés et plus vastes des combes, soit aussi les coins de pâturage que les paysans avaient l’autorisation de défricher temporairement en cédant au seigneur un nombre de gerbes proportionnel à la quantité recueillie. La moisson faite à la faucille durait longtemps. Pour le dépiquage, on préférait au fléau les bœufs ou les mules achetés à cet effet; les animaux foulaient les gerbes plantées droit sur une aire de terre battue ou dallée de plaques calcaires. On triait le grain au van. Le froment pur était assez rare; le pain cuit à domicile étant un mélange de froment et de seigle, il n’y avait aucun inconvénient à semer des deux à la fois. Dans un bail de 1810, le fermier s’engage à fournir au propriétaire « douze setiers de froment quoique un peu mêlé du seigle tel que les creux du Causse le portent ». Cette culture suffisait aux besoins locaux; ceux-ci ayant diminué à cause de l’émigration, les céréales reculent dans de fortes proportions.
- Le Causse avec se^ herbes clairsemées devait être par excellence le domaine de l’élevage extensif; il importe
- Fig. 5. — La draille au-dessus du Marqueirès, au contact de V Aigouai et de la Can.
- cependant de distinguer l’élevage local, le nomadisme pastoral et la transhumance. Chacun a son régime particulier.
- L’abandon des plateaux par leurs habitants pouvait aboutir à la ruine du pays ; durant trois quarts de siècles la population, les emblavures, le cheptel ont été parallèlement en régression. Au lendemain de la Grande Guerre l’élevage de la brebis laitière a brusquement repris. Sous sa forme ancienne il tenait déjà une place appréciable dans l’économie, car il constituait la source essentielle des bénéfices avec le « crey » ou « croît » c’est-à-dire la laine, les agneaux, le fromage. Dans les périodes troublées ce bétail devenait la proie des ennemis. A la ûn du xvie siècle, les Ligueurs dans les courses à travers le Méjan enlevaient les bêtes à cornes, les bêtes à laine, les mulets et les poulains. Au début du xvme siècle, les routes étant peu sûres pendant la guerre des Camisards, le Syndic général de Languedoc réclamait des garnisons pour assurer le libre passage aux troupeaux sur les drailles de transhumance. Il ressort des contrats de fermage que le bétail du domaine appartenait en général au propriétaire et que le fermier était responsable de son dépérissement (bestes de fer ne peuvent mourir à leur seigneur —
- Fig. 6. — Le Souc. Habitation soutenue par un contrefort; bergerie à droite; couverture en calcaire.
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- et venant à se perdre à sa faute et coulpe sera tenu les payer); mais celui-là dans les exploitations importantes se chargeait de l’entretien d’une servante pour la traite des brebis et le service de la cabane, local dans lequel se préparaient les fromages.
- La fabrication à domicile du fromage a fait place en : beaucoup de régions des Causses à la fabrication indus-! trielle du Roquefort. Grâce à lui l’élevage des brebis a augmenté. Dans le premier quart du xxe siècle les principales sociétés roquefortaises se sont assuré le mono-! pôle de la récolte du lait de brebis par le développement d’un réseau dense de laiteries. Les gérants de celles-ci transforment en fromages le lait apporté par les paysans. Après l’égouttage, ces fromages ensemencés de Pénicillium glaucum sont expédiés pour l’affinage aux célèbres caves de Roquefort. Là, ils seront salés, brossés, piqués, retoui’nés à plusieurs reprises à l’embouchure des fleurines qui répandent des courants d’air froid, empaquetés dans des feuilles d’étain et déposés dans des frigorifiques en attendant la vente.
- Fig. 7. — La Can. Jasse de la Can d’Arligues, avec vue sur le Causse Méjan.
- Le nomadisme pastoral peut se définir : un déplacement vertical à l’intérieur des Causses. Il obéissait à des usages très anciens. Lorsque le village ne possédait pas un communal haut perché, les paysans d’en bas, désireux d’étendre leurs emblavures et d’assurer à leur bétail une herbe suffisante, acquéraient des biens-fonds sur le Causse ou simplement un droit de dépaissance &ans certains pâturages concédés par les seigneurs à un nombre limité de tenanciers soumis à des redevances fixes (argent-blé-fromage). L’estivage du troupeau coïncidait avec la saison de la moisson et du dépiquage. Ainsi bêtes et gens se transportaient pour plusieurs semaines Sur le plateau. Le personnel campait dans une jasse ou baraque comprenant une bergerie au rez-de-chaussée pour les jours d’orage et à l’étage supérieur un grenier à foin aménagé en dortoir. D’ordinaire une citerne alimentée par la toiture fournissait la provision d’eau. Rendant ce temps le troupeau vivait dehors; il passait
- les nuits dans un parc dressé sur les sotchs qui devaient être ensemencés. Avant le retour au village les labours étaient terminés. On descendait aux premières pluies d’automne.
- A peine rentré, il fallait songer à la récolte des fruits, aux vendanges et dans le fond des vallées schisteuses au ramassage des châtaignes qui occupait une abondante main-d’œuvre. Dans une claie, maisonnette construite au milieu de la châtaigneraie, le paysan du Tarnon séchait sa récolte entassée sur un lit de poutres mal jointes au-dessous duquel se consumaient lentement des tas de feuilles et quelques troncs. Autour de Millau, l’oustalou du vigneron contenait le matériel nécessaire à la préparation sur place du vin qu’on charriait ensuite dans des outres jusqu’au cellier installé de préférence dans une caverne où la boisson se bonifiait. Ailleurs on gaulait les noix. Au fruitier s’entassaient les vivres de l’hiver : pommes et poires posées sur la paille, prunes qu’on avait fini de sécher au four. Des fromages encapuchonnés d’un pot renversé vieillissaient doucement. Le porc qu’on immolait quand le froid était venu assurait une réserve de viande salée. Depuis la fin du xvme siècle la pomme de terre avait fait son entrée dans la vie paysanne.
- Aux environs de Mende, de Florac, de Millau, des vallées élargies en bassins ont permis l’étalement des cultures. Mais trop souvent les fonds sont étroits !et les bonnes terres sont rares. Sur les petites plaines alluviales dessinées par les méandres ou par la confluence d’un ruisseau se pressent les champs, les prairies de belle venue sillonnées de canaux d’irrigation, plantées de pommiei's et de noyers. Les paysans pour étendre la zone cultivable ont étagé sur le versant des vallées des champs en terrasses soutenus par des murailles en pierre sèche où croissent à la bonne exposition les arbres délicats (pêchers-amandiers-cerisiers). Sur le Tarn la vigne pousse bien; néanmoins, à l’intérieur des gorges, les ceps installés dans les éboulis ont à souffrir des pluies qui lessivent le cailloutis et des eaux de ruissellement qui labourent les pentes. Le Causse Méjan et la Can présentent au-dessus du Tarnon un premier replat au contact du cristallin, zone de sources et d’établissements humains, et à mi-hauteur, un second replat. Cette plate-forme structurale connue sous le nom de planillère ou de ressès est devenue le site de fermes; mais elle a été surtout exploitée par les habitants de la vallée. Aujourd’hui, elle retourne à la lande de buis et ne reçoit que la visite des chèvres et des brebis.
- Quoique le nombre des moutons qui transhument des plaines languedociennes aille décroissant, quelques estivants s’arrêtent encore sur le Larzac et sur la bordure orientale du Causse Noir; ils fréquentaient autrefois les sommets les plus élevés du Méjan. Le va-et-vient des troupeaux obéit à des règles très anciennes : le départ un jour sans R (lundi-jeudi, etc.), le voyage par de vieilles pistes, les drailles, jalonnées de couchées où les bêtes trouvaient un pâturage pour se refaire et les bergers un gîte pour passer la nuit. Une première draille venue de l’Espérou par Cabrillac abordait le Causse Méjan à la ferme de Perjuret et le traversait du sud au nord dans sa plus grande largeur gagnant le Sauveterre par Nivoliers
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- et le pont de Ste-Enimie sur le Tarn. A l’est, une seconde voie de transhumance passait en lisière; elle montait à travers les Cévennes par le col du Mercou, Bonpérier, Aire-de-côte, abordait le pays des Causses à proximité du Marqueirès et suivait le plateau étroit de la Can par l’Hospitalet et le Rey pour descendre sur Florac au col de Vache. Non loin de l’Hospitalet débouchait une autre draille venant d’Alès par le Pompidou, empruntant la crête entre la Vallée Borgne et la Vallée Française. Le logement des troupeaux représentait un revenu, aussi les fermes de la draille se disputaient-elles le titre de lieu d’étape. Au Rey, jusqu’au milieu du xvme siècle, on perçut un droit de péage sur les transhumants. De plus, en 1772, une enquête auprès des consuls des paroisses sur l’état des drailles révéla qu’elles excitaient la convoitise des propriétaires riverains qui en usurpaient des parcelles pour agrandir leurs champs.
- Durant l’estivage, les moutons couchaient dans des parcs mobiles qu’on déplaçait chaque nuit à la surface des champs cultivables afin de les faire profiter des fumatures et des pargades. Des arrangements préalables, s’il s’agissait de pâturages dans l’indivision, réglaient la répartition des pargades, les frais de nourriture du berger et de son chien, le prix global de la location qui serait retiré
- Fig. 8. — Le Rey. Ferme importante, anciennement auberge, au croisement de la draille et du chemin de Barre à Florac.
- par le principal propriétaire puis partagé entre les intéressés.
- Moins que tout autre pays les Causses ont connu une révolution agricole. A cause de leur vie pastorale, les usages communautaires s’y sont maintenus en grande partie jusqu’à nos jours; c’est là un caractère original entre beaucoup d’autres de ces plateaux d’un pittoresque saisissant. Camille Hugues.
- LE PROCEDE PHILIPS-MILLER
- POUR L’ENREGISTREMENT DU SON
- Le procédé d’enregistrement du son, dû à l’inventeur américain Miller et mis au point par les établissements Philips appartient à la catégorie des systèmes mixtes qui combinent les avantages de l’enregistrement électromécanique avec ceux de la reproduction photographique.
- L’enregistrement s’effectue sur une bande plastique au moyen d’un outil graveur électro-mécanique, commandé par des courants microphoniques amplifiés, tandis que la reproduction est réalisée par un lecteur de sons photo-électrique. Ce principe d’enregistrement et de reproduction a déjà été proposé par l’ingénieur russe Vik;zemsky en 1889. Mais il faut arriver en 1929 pour trouver une première réalisation pratique avec les dispositifs Huguenard; puis avec le « Ruban Sonore » de Nublat.
- Dans le système Huguenard, un graveur primitif obéissant à l’action du son, actionne un outil en acier taillé en biseau, trace un sillon phonographique sur une bande plastique large de 8 mm, le sillon est à profondeur variable; le son peut être reproduit au moyen d’un traducteur électro-magnétique ou bien par voie photo-électrique grâce à l’opacité variable de la piste.
- Dans le procédé Nublat, on inscrivait les sons à l’aide d’un outil électro-magnétique exécutant une sorte de découpage phonographique dans un ruban en matière plastique. L’outil graveur découpait le ruban très mince en formant une fine dentelure de faible amplitude plus ou moins comparable aux dents de scie de la piste sonore
- photographique à opacité fixe et élongation variable. Ce ruban avait une largeur de 16 mm, et une épaisseur de 4 à 5 centièmes de millimètre, la vitesse de déroulement était de l’ordre de 40 m à la minuté. „>/
- Pour la reproduction, on faisait passer la-bqnde dentelée devant une fente lumineuse très étroite. L’image des dentelures était projetée sur une cellule photo-électrique
- Fig. 1. — L’enregistrement dans le système Philips-Miller.
- La bande plastique opaque à trois couches superposées est entraînée à une vitesse constante de 19 m 20 à la minute; elle est entaillée par un ciseau à angle obtus actionné par un enregistreur électro-mécanique et qui se déplace verticalement. La « piste sonore » translucide obtenue a une forme symétrique par rapport à l’axe de la bande.
- Ciseau
- Couche non-translucide
- Couche translucide-
- Base-translucide
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- Fig. 3. — Un pupitre d'une machine d’enregistrement et de reproduction
- des sons.
- A droite en avant, le graveur; à gauche le système de lecteur de sons à cellule photo-électrique; en arrière, les bobines enrouleuse et dérouleuse.
- reliée à un amplificateur; la largeur de ces dentelures était seulement de l’ordre de 2 centièmes de millimètre.
- Cette méthode pour laquelle une exploitation industrielle a été tentée, se heurtait à de nombreux inconvénients. L’amplitude des dents de scie de la bande découpée était très faible. Il eût fallu les agrandir par un moyen optique pour obtenir un intervalle de volume sonore suffisant, c’est-à-dire une ampleur suffisante de l’audition, faute de quoi la reproduction des notes graves et intenses devenait très difficile.
- Cette bande aux fines dentelures était en outre très fragile et d’un maniement très délicat.
- Le commandant Bonneau dans son Livre Sonore a proposé également un système fort séduisant, qui consistait à graver à la surface d’un film en celluloïd recouvert d’une couche de bromure d’argent réduit, des sillons phonographiques de profondeur limitée à la couche d’argent supérieure. On obtenait ainsi une « piste sonore » en blanc sur fond noir, se prêtant à la reproduction immédiate du son par passage dans un lecteur de sons photoélectrique.
- Aucun de ces ingénieux procédés n’a pu arriver au stade de l’exploitation industrielle ou commerciale. Il semble que leurs auteurs n’ont pu pousser assez loin la mise au point de tous les organes, de façon à arriver à une reproduction sonore impeccable.
- Le procédé Miller, dont le Dr Gradenwitz a déjà exposé le principe dans notre numéro du 15 août 1935, a bénéficié pour sa mise au point de plusieurs années de travaux des Laboratoires de la société Philips. Voici quelques détails plus circonstanciés donnés par les techniciens de cette ^société, lors d’une présentation, à l’occasion du Congrès International de la Radiodiffusion tenu à Paris en février 1936.
- LE SYSTÈME MILLER
- La bande souple sur laquelle s’effectue l’enregistrement électro-mécanique est large de 7 mm; elle se déplace, pour l’enregistrement comme pour la reproduction, avec une vitesse de 19 m 20 à la minute.
- Cette bande plastique comporte trois couches successives : un support translucide en celluloïd, une couche translucide en gélatine recouverte, au départ, d’une couche opaque d’un vernis noir, épaisse de quelques microns seulement. Avant l’emploi, la bande est donc absolument noire et opaque.
- Le burin d’enregistrement est un petit saphir taillé en forme de ciseau à angle obtus ; le ciseau prend, sous l’action des courants microphoniques amplifiés, un mouvement de montée et de descente alternatives dont l’amplitude répond à l’intensité originelle du son, et dont la période est celle de la vibration sonore ainsi traduite. Le ciseau pénètre donc plus ou moins profondément dans la bande
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- Fig. 4.'— Machine double d’enregistrement et de reproduction pour La radiodiffusion.
- Les deux pupitres identiques peuvent fonctionner indépendamment l’un de l’autre. A droite, le meuble d’amplification, à gauche le meuble d’alimentation.
- plastique et, en raison de la forme de son tranchant, dont la direction est transversale à la bande, il enlève sur celle-ci une portion de vernis, de largeur variable, en même temps qu’il entaille plus ou moins profondément la gélatine. On obtient donc une piste sonore translucide, de largeur variable, symétrique par rapport à un axe parallèle au long côté de la bande.
- La largeur de la piste est de l’ordre de 1 mm 6.
- La largeur de l’enregistrement varie suivant le déplacement vertical du burin graveur; elle dépend aussi de l’angle de la pointe du burin.
- On peut ainsi obtenir de grandes différences de largeur du sillon pour de très faibles variations du déplacement vertical du saphir.
- Grâce à cette amplification mécanique et automatique en quelque sorte, on peut obtenir un bien meilleur enregistrement, satisfaisant pour les sons graves et intenses comme pour les sons aigus.
- La couche opaque supérieure est formée d’un vernis très étudié constitué par des particules de dimensions colloïdales ; on obtient ainsi une séparation très nette entre la partie translucide et la partie opaque, même pour les fréquences très élevées; cette séparation peut être plus précise pour les films photographiques à densité constante, par suite de l’absence du grain de l’émulsion.
- Cette particularité jointe à la forme symétrique de la piste sonore qui limite exactement la partie transparente de la bande à la modulation utile, réduit au minimum le bruit de fond.
- La surface de la bande enregistrée n’est pas plane, comme dans les films sonores; elle est creusée verticalement suivant la direction du burin graveur. Il pourrait résulter de ce fait une diffraction des rayons lumineux au moment de la reproduction, lorsque le faisceau lumineux traverse le film avant d’aller frapper la cellule; on a étudié un dispositif optique spécial pour neutraliser cet inconvénient.
- Aussitôt enregistrée, la bande est prête, sans autre opération, à passer dans l’appareil de reproduction. La
- bande s’use lentement et peut, assurer une centaine d’émissions sans diminution apparente de qualité.
- Les bobines de 300 m assurent une durée d’enregistrement de 15 à 16 minutes; elles sont très peu encombrantes et de poids très réduit, elles peuvent donc être placées aisément dans les archives.
- Une application qui paraît dès maintenant intéressante est celle de l’enregistrement sonore en vue de la radiodiffusion (voir l’article de M. Adam dans le numéro du 1er mars 1936).
- Des machines d’enregistrement ont été créées par le Dr Philips en vue de cette application : elles se composent de deux pupitres égaux, pouvant fonctionner indépendamment l’un de l’autre pour la reproduction du son ou l’enregistrement.
- Une demi-seconde après l’enregistrement, la bande, sans changer de machine, peut passer à la reproduction.
- P. Hémardinquer.
- L’ESSENCE DE TEREBENTHINE
- Parmi les plus importantes industries françaises, il en est peu, assurément, qui puissent être égalées à celle des produits résineux : essence de térébenthine, et sous-produits, dérivés de la gemme du pin maritime, « pinus maritima », dont la culture, en France, occupe environ un million d’hectares, tout d’abord dans la région comprise entre la Garonne, l’Adour et l’Océan, et, accessoirement, dans d’autres contrées, et notamment en Sologne,
- et sur les côtes de l’Océan et de la Méditerranée.
- Les seules forêts du Sud-Ouest, Landes et Gasgogne, peuvent donner, à elles seules, 20 pour 100 de la production mondiale d’essence de térébenthine, qui atteint, annuellement, de 100 à 125 000 t, le reste provenant en grande partie des Etats-Unis, qui fournissent les 2/3 de cette production mondiale, et qui font à nos résiniers la plus redoutable concurrence.
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- Fig. 1. — Les fûts de gemme sont remplis en forêt à l’aide de la « gâche ».
- DÉFINITION DE L’ESSENCE
- Qu’est-ce donc que cette essence dont l’importance est telle qu’elle a donné naissance à une foule d’« Ersatz » contre lesquels il a fallu la défendre en la définissant officiellement ? C’est, et nous sommes obligés d’abréger cette définition :
- a Un liquide incolore, ou légèrement jaunâtre ou verdâtre, très fluide, d’une densité au moins égale à 0,860 à 19° C, commençant à bouillir à une température supérieure à 152° sous la pression de 760 mm de mercure, et provenant de la distillation, à une température inférieure à 180° C, des sucs frais des diverses variétés de pins ».
- Dans un article très documenté (1), M. Henri Blin s’est étendu assez longuement sur la technique du gemmage et la récolte de la gemme pour que nous n’ayons pas à y revenir. Il nous suffira de dire que les barriques de gemme, remplies en forêt au moyen d’une « gâche » à long manche (fig. 1), y sont transportées au milieu des broussailles
- 1. L’Industrie résinière, La Nature, n°2229, 17 juin 1916.
- Fig. 3. •—• Camions automobiles amenant à l’usine des fûts pleins de gemme.
- par voitures attelées (fig. 2), et le plus souvent chargées sur camions pour la livraison à l’usine (fig. 3).
- Nous nous proposons seulement, ici, de montrer comment on extrait, de la gemme du pin, et l’essence de térébenthine, aux multiples usages, et la colophane, qui en sont les deux principaux constituants.
- Si l’on a abandonné l’ancienne distillation à feu nu, qui donnait des produits impurs, et très colorés, on n’a pas encore adopté un mode de fabrication uniforme, et celle-ci, qui s’opère toujours à la vapeur, se présente sous deux formes, à cru, et par térébenthinage.
- FABRICATION A CRU
- La fabrication à cru est de moins en moins employée. Voici, d’après un rapport de M. Mayet au Congrès de la Forêt du Sud-Ouest et de ses industries, rapport auquel nous ferons de larges emprunts, comment s’opère cette distillation.
- La gemme, versée dans une chaudière chauffée à la
- Fig. 2. — En forêt, les fûts pleins sont transportés le plus souvent en voitures attelées.
- vapeur devient plus fluide et se sépare de ses impuretés qui montent à la surface ou tombent au fond suivant leur densité.
- Prise dans la chaudière, versée dans un chargeur, d’où elle tombe dans l’alambic, la gemme est distillée, à une température de 180° au maximum.
- Ses vapeurs, mélangées à de la vapeur d’eau injectée dans la gemme, sont condensées dans le serpentin, et s’écoulent dans un vase florentin.
- La séparation de l’eau et de l’essence s’y fait par différence de densité, l’essence étant reçue dans un réservoir.
- La distillation terminée, on recueille la colophane, toujours très colorée par la cuisson des matières organiques, et par suite de moindre valeur, les colophanes étant d’autant plus recherchées qu’elles sont plus incolores.
- Dans cette fabrication à cru, on distille la gemme telle qu’elle est récoltée et apportée à l’usine sans l’épurer en aucune façon. Mais il est évident que les petits pots fixés au flanc des pins ne recueillent pas que cette gemme, mais qu’ils renferment également des poussières et du
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- sable, soulevés par le vent, et qui constituent le « poivre », et des insectes, qui viennent s’y engluer, des feuilles,des aiguilles de pin, des débris d’écorces, ou « griehes »; de plus, on y trouve toujours un peu d’eau de pluie ou même de végétation.
- FABRICATION PAR TÉRÉBENTHINAGE
- Afin d’obtenir une essence plus pure, et une colophane aussi incolore que possible, il importe donc d’épurer la gemme avant tout traitement. C’est l’opération appelée « Térébenthinage ». En raison de l’essence qu’elle contient, et dont la densité, nous l’avons vu, n’est que de 0,860, la gemme est évidemment plus légère que l’eau avec laquelle elle est mélangée. Une addition d’essence pure à cette gemme la rend plus légère encore et, par contre l’addition de sel marin, ou d’une solution aqueuse de ce sel, de sulfate de soude ou de carbonate de soude, alourdit l’eau mélangée intimement à la
- Fig. 5. — Sous cet amas de barriques de gemme s'étend un réservoir pouvant en contenir 100 000 litres.
- gemme : cette double addition augmentant encore l’écart de densité entre gemme et eau.
- C’est à Bègles, aux Usines de la Société Anonyme Industrielle de Résines, avec la bienveillante autorisation de son directeur, M. P. II. Rosières, que nous allons assister à la distillation de la gemme.
- Fig. 4. — Usine de Bègles, pour fabrication de l’essence de térébenthine.
- le pourcentage d’eau contenue dans cette gemme, soit empiriquement à l’aide d’un bâton bien lisse plongé en plusieurs endroits, par la bonde, dans la barrique.
- Si la gemme adhère entièrement au bâton, c’est qu’elle ne contient pas d’eau en excédent. Dans le cas contraire, c’est-à-dire si le bâton entraîne peu de gemme, ou, encore, si cette gemme battue forme à sa surface, comme à la surface du bouillon gras, une grande quantité d’yeux, c’est qu’elle a été fraudée avec de l’eau.
- Dans ce cas, la densité de la gemme étant de 1,033, il suffit de laisser reposer le contenu de la barrique pour que l’eau remonte à la surface et puisse être évacuée.
- La gemme vérifiée est versée (fig. 8 et A, fig. 10), grâce à quatre ouvertures longitudinales, dans l’immense barque pouvant contenir 100 000 1 de gemme.
- Reprise par chaîne élévatrice à galets (fig. 9 et B, fig. 10) remplacée ailleurs par vis sans fin tournant dans un tube incliné, cette gemme est élevée dans un bac d’attente (C, fig. 10) d’où elle passe dans le malaxeur (D, fig. 10) d’une contenance de 3000 1 ,que la chaîne
- Fig. 6. —• Laboratoire pour étude de la gemme et de ses dérivés
- DISTILLATION DISCONTINUE
- Cette gemme, récoltée en forêt, emmagasinée dans les barques, ou récipients affleurant le sol, puis chargée dans les barriques gem-mières à large bonde fermées par des taquets, est amenée à l’usine (fig. 4), où les barriques sont disposées (fig. 5) sur le terre-plein recouvrant la barque souterraine. Alors a lieu la vérification de la gemme contenue dans les barriques, soit au laboratoire (fig. 6), à l’aide de l’appareil spécial de l’Institut du Pin de Bordeaux, permettant de doser exactement
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- Fig. 7. — La gemme ne contient pas d’eau en excédent si elle adhère au bâton lisse qu’on y plonge.
- à godets remplit en 3/4 d’heure. Dès que le malaxeur est à moitié plein, et après addition à la gemme d’une quantité déterminée d’essence de térébenthine et d’eau salée, ou le plus souvent d’un seau de sel, on commence à chauffer, à l’aide d’un serpentin de vapeur, entre 60 et 80°, et pendant environ 3/4 d’heure.
- Après ce malaxage, produit par un arbre muni de palettes, la gemme est filtrée, et envoyée aux bassins de repos ou de décantation E (ûg. 10), par le tube V. Elle prend alors le nom de « Térébenthine ». Les impuretés s’écoulant par une ouverture inférieure V' sont recueillies dans un petit appareil de distillation K, qui permet de récupérer l’essence et le brai, dont elles sont imprégnées.
- Les bacs de décantation sont pourvus d’un regard
- Fig. 9. — La gemme reprise dans la barque est montée au malaxeur par chaîne à galets.
- qui permet de suivre la marche de cette opération. Dès qu’elle est terminée, on soutire, à la pai’tie inférieure, dans la fosse J, l’eau salée et les impuretés, ou « Grep » échappées au filtrage suivant le malaxage, et qui, distillées à part dans le petit appareil K, donneront le brai noir.
- Dans la pratique, il y a toujours deux décanteurs dont l’un est en état de décantation, pendant que l’autre est en vidange, de façon que la distillation de la gemme se fasse sans arrêt. La gemme, ou plutôt la térébenthine, ainsi épurée par filtration et décantation, s’écoule pour chaque décanteur dans un autoclave F appelé « monte-jus », d’où la pression de la vapeur la fait s’élever dans l’alambic G (fig. 10) d’une contenance d’environ 500 à 6001.
- Celui-ci, pourvu d’un faisceau tubulaire, produit une évaporation très rapide de la térébenthine, au sein de laquelle est injectée de la vapeur d’eau, et l’on cherche d’autant plus à réduire la durée de cette distillation que la colophane obtenue est d’autant moins colorée qu’elle a duré moins de temps.
- Vapeur d’eau et vapeur d’essence mélangées passent
- Fig. S. — La gemme vérifiée est déversée dans la barque souterraine.
- immédiatement au condenseur H, ou serpentin, où elles sont liquéfiées, et s’écoulent de là dans le compartiment central d’un bac à trois compartiments, L, ou vase florentin (fig. 11).
- En raison de la différence de densité, le liquide s’y sépare en deux couches. L’essence de térébenthine, qui monte au-dessus de l’eau, s’écoule dans le compartiment voisin par une ouverture placée vers la partie supérieure de ce compartiment central. L’eau se rend dans le troisième compartiment par un passage inférieur, ouvert à la base du compartiment central.
- Elle s’en échappe, extérieurement, par une ouverture située un peu plus bas, et à environ 5 cm au-dessous de celle par où s’écoule l’essence, ce qui assure en tout temps la pureté de celle-ci, recueillie dans un réservoir M à la sortie du vase florentin.
- De ce réservoir, elle passe directement par gravité au magasin, où elle est stockée grâce à une pompe qui l’envoie dans de grandes cuves. Elle n’en sort que pour être déversée, à l’aide de robinets, et au fur et à mesure
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- Fig. 10. — Schéma d'installation pour distillation discontinue. (D’après la Revue « le Sud-Ouest Economique »)
- Mélange d’eau et dessence venant du condenseur
- Essence
- Fig. 11. — Schéma d’un vase florentin.
- L’eau et l’essence, par différence de densité se séparent dans le compartiment central. L’eau est évacuée et l’essence recueillie dans un réservoir.
- des commandes, dans les fûts qui serviront à l’expédition.
- Grâce aux deux bassins de décantation, la distillation discontinue de la gemme se fait avec une seule et courte interruption, nécessitée par le remplissage de l’alambic (fig. 12).
- DISTILLATION A MARCHE CONTINUE DANS LE VIDE
- AVEC COLONNE BAROMÉTRIQUE
- Il existe cependant d’autres façons de procéder et l’on distille encore par marche continue, dans le vide, avec colonne barométrique (fig. 13). C’est ainsi qu’on opère à La Teste de Buch, près d’Arcachon, dans une usine appartenant à la Société Coopérative des Propriétaires de La Teste.
- A La Teste, comme à Bègles, on commence par un térébenthinage dans le malaxeur A, suivi de la filtration dans l’autoclave B, après quoi la térébenthine est envoyée, pour décantation, par la pompe C, dans les bacs calorifugés D et D', isolés à la sciure de
- bois, où cette décantation a lieu pendant toute une nuit.
- En raison de l’isolation thermique de ces bacs, qui ont chacun la capacité du malaxeur, il n’y a pour ainsi dire aucune perte de température.
- Cette térébenthine, après évacuation, à la partie inférieure des bacs, de l’eau et du grep, est aspirée par un tuyau, grâce à un appareil spécial produisant le vide, et qui l’oblige à traverser une colonne multitubu-laire H, la distillation s’opérant dans les quelques secondes que demande la traversée de cette colonne.
- Les vapeurs sont condensées, comme précédemment, en E et G, et l’essence de térébenthine envoyée au vase florentin M par une colonne barométrique J, sorte de siphon agissant par dépression.
- Filtrée ensuite au travers d’une masse de sel, dont on connaît l’alïmité pour l’eau, cette essence sort du filtre complètement déshydratée, et parfaitement épurée.
- Fig. 12. — Ensemble des appareils de distillation à vapeur pour distillation discontinue de la gemme.
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- Fig. 13. — Schéma d’une installation pour distillation à marche continue dans le vide avec colonne barométrique (d’après la Revue « le Sud-Ouest Economique»).
- Les colophanes qui s’écoulent par une colonne barométrique I dans un récipient K sont remarquables par leur pâleur et leur pureté.
- DISTILLATION A MARCHE CONTINUE SOUS PRESSION AVEC COLONNE A PLATEAUX
- La gemme, enfin, malaxée en A (fig. 14) filtrée en B, élevée par C aux décanteurs D et D', et décantée comme précédemment, peut être envoyée par une pompe E au
- Fig. 14. — Schéma d’une installation pour distillation à marche continue sous pression avec cotonne à plateaux (d’après le « Sud-Ouest Economique»),
- sommet d’une colonne à plateaux F d’où elle descend, par gravité, de plateau en plateau, pour sortir à la partie inférieure.
- Mais, au cours de cette descente, elle rencontre un puissant courant ascendant de vapeur d’eau au sein duquel elle barbote et qui assure sa distillation. Le mélange des vapeurs d’eau et d’essence est ainsi entraîné à la partie supérieure, d’où il redescend sur le condenseur H, et, de là, comme précédemment, dans le vase florentin L et au filtre M.
- Ce mode de distillation, à marche continue, sous pression, avec colonne à plateaux, donne également une essence très pure, et une belle colophane qu’on recueille en G.
- EMPLOIS DE L’ESSENCE
- Laissant de côté la préparation de la colophane et ses applications, dont nous parlerons dans une autre étude, nous ne nous occuperons ici que de l’essence de térébenthine. Nous ne redirons pas, après Henri Blin, ses nombreux usages, mais nous croyons devoir insister sur l’importance de son emploi comme diluant des peintures et des vernis, où l’essence se montre nettement supérieure à tous les produits quelconques utilisés pour la remplacer.
- Cette essence, en effet, surtout lorsqu’elle n’est plus fraîche, et déjà quelque peu oxydée, contient un catalyseur d’auto-oxydation, le peroxyde de pinène, grâce auquel elle fixe l’oxygène de l’air, se transforme en essence grasse et s’épaissit très rapidement.
- Cédant une partie de son oxygène à l’huile de lin, elle active le séchage de la peinture. Et cette essence grasse, donnant plus de corps aux peintures et vernis, leur assure une plus longue conservation.
- Elle est de même très supérieure à tous autres produits dans la préparation des cirages et crèmes d’entretien pour cuirs et chaussures, ces cirages et crèmes leur conservant toute leur souplesse, tandis que les cirages préparés avec des produits minéraux les dessèchent très rapidement.
- Purifiée, filtrée et soumise à une cuisson spéciale, la gemme donne la Pâte de térébenthine, employée dans la fabrication de vernis spéciaux.
- En médecine et pharmacie, les emplois de l’essence sont des plus nombreux et il semble inutile de rappeler qu’elle est utilisée comme révulsif, en injections, inhalations, fumigations, et comme desséchant dans les divers catarrhes. Enfin, ses emplois chimiques, encore peu développés, permettent néanmoins la fabrication du camphre synthétique, de la terpine, et surtout du terpinéol, employé en parfumerie, ainsi que du bornéol, ou plutôt des éthers du bornéol, produit obtenu au premier stade de la fabrication du camphre artificiel.
- Nous ne parlerons pas ici de la chimie des terpènes, encore à ses débuts. Nous regretterons seulement, avec les principaux indus-
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- triels des Landes, le retard de la France, pour toutes ces fabrications, en comparaison de l’avance prise par l’industrie allemande, et nous déplorerons avec eux la facilité avec laquelle les capitaux français s’offrent aux industries étrangères, à leur grand dam, d’ailleurs, trop souvent, alors qu’ils se refusent, systématiquement, pourrait-on dire, aux industries nationales, qu’ils devraient soutenir, et qui leur offriraient des bénéfices plus assurés,
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- en raison de la proximité des matières premières, facteur important de prix de revient moins élevé (1).
- (Photos Bordié). Georges Lanorville.
- 1. Nous ne saurions trop remercier, ici, la Direction de la Revue Le Sud-Ouesl Economique, pour toutes les facilités qu’elle nous a accordées pour la préparation de nos études. G. L.
- QUELQUES SOUVENIRS DE PLEIN AIR1
- Désert somali. — La piste que suit la petite caravane entre le mont Assabot et le Tchercher s’engage au milieu d’acacias épineux clairsemés qui donnent l’illusion d’un bois; tout le pays a l’aspect d’un parc. Une clairière s’ouvre, occupée par un important troupeau de bœufs qui manifestent une certaine agitation à notre approche. Avec ensemble, les animaux vont se rassembler à l’autxe extrémité de la clairière et se mettent sur une ligne, dans un ordre parfait. Ils ont à leur tête une bête magnifique, aux cornes monstrueuses. Dès que l’alignement est réalisé, le chef donne le signal de la charge. C’est un beau et curieux spectacle; le sol desséché tremble sous les sabots. Lorsqu’ils arrivent sur la file que nous formons, les boys crient, agitent les bras et la charge s’arrête à 1 m de nous. Les animaux secouent la tête, frappent du pied, hésitent un instant puis font demi-tour. Trois fois ils retournent ainsi se reformer en ligne, attendent le signal du chef, puis foncent. Ce serait impressionnant si nos mulets témoignaient de plus d’inquiétude, mais ils sont assez facilement maintenus, ce qui nous indique qu’ils ont quelque habitude de ces attaques collectives. Le coup d’œil n’en est pas moins superbe. Nous sortons de la clairière lorsqu’ils se rassemblent — inutilement — une dernière fois. Quant à leurs gardiens, ils sont invisibles.
- Les bœufs éthiopiens n’ont du reste pas la spécialité de ces ruées en ligne que j’ai eu plaisir à voir et auxquelles je croyais peu. Le capitaine King, qui eut l’honneur (avec Jean Gore) de ramener en Angleterre la Résolution et la Découverte, après le meurtre de Cook et la mort du capitaine Clerke, fit relâche à Poulo-Condor. Dans cette petite île, les buffles sont nombreux, irascibles et dangereux; King raconte comment il les a vus se ranger en bataille. Ce sont de tout jeunes garçons qui les gardent et ils n’obéissent qu’à eux.
- Forêt d’Ermenonville. Septembre. — Ce bruit de bois sec bien frappé m’intrigue; il n’y a pas de coupes par ici et nul bûcheron n’est en vue. J’aperçois alors, dépassant à peine les hautes fougères, les pointes blanches de bois superbes qui appartiennent à deux cerfs. Ils sont si
- 1. Voir La Nature, n° 2942, 1er décembre 1934.
- acharnés à se battre que j’approche à trois pas d’eux, sans éveiller leur attention. La tête basse, ils se heurtent le front à le briser, les bois s’enchevêtrent et souvent il faut un effort pour les dégager; on les voit vibrer, s’écarter, comment ne cassent-ils pas ? Grâce sans doute à une certaine élasticité, ce qui est fort heureux, car rivés l’un à l’autre les deux animaux sont condamnés à mourir de faim. C’est ainsi qu’à la suite de ces impétueux combats un cerf y laisse souvent un bois tout en emportant un mauvais coup. Il arrive — rarement — qu’on trouve deux animaux qui n’ont pu se séparer et qui sont morts de misère. Ces trophées plus curieux qu’esthétiques, singuliers par leur enchevêtrement, sont recherchés en raison de leur rareté; il faut les avoir vus de très près pour être convaincu que les animaux sont perdus si les « perches » résistent. R. Blanchard a présenté à la Société de Zoologie la photographie de deux « massacres » de rennes inséparables et moi-même j’ai vu, il y a bien des années, à une exposition de Chasse et Pêche, à Anvers, les bois de deux magnifiques dix-cors. Si ma mémoire est exacte ils appartenaient au prince Windischgraetz. Les cerfs d’Europe ne sont pas les seuls à être exposés à ce fâcheux accident. Th. Roosevelt dit qu’il existe aussi chez le daim à queue noire et plus fréquemment chez le daim à queue blanche ou cerf de Virginie. (Il s’agit de YOdocoileus (Mazama) hémionus et de VO. ameri-canus.) Deux ou trois fois, le Président Roosevelt a eu la chance d’en trouver des crânes réunis deux par deux et naguère (1932) L’Illustration reproduisait la photographie des bois entremêlés de deux cerfs trouvés à Fontainebleau et celle, beaucoup plus rare, de deux koudous trouvés morts après un combat dans l’Angola. Le koudou est la plus grande et la plus belle des antilopes, aux immenses cornes blondes en spirale; elles étaient absolument « vissées » l’une dans l’autre. On le voit, la curiosité recherche et met à part de tels trophées et à Fontainebleau, pays de chasses royales, on admirait, paraît-il, dans le bel hôtel des Guises, situé en face de la cour du Cheval Blanc, une peinture à fresque représentant l’histoire de deux cerfs qui, en se battant, entrelacèrent tellement leurs bois qu’ils devinrent inséparables et furent trouvés morts dans la forêt. Mais, je m’égare... Mes deux cerfs continuent à se battre et à se porter de furieux coups, on doit en entendre au loin le
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- choc et je m’étonne qu’ils ne succombent pas plus souvent.
- A regret, je mets fin au combat, en levant le bras, et les deux fiers antagonistes bondissent dans des directions opposées.
- Canal de Suez. Réfraction. — Je suis seul sur le pont du Melbourne, avant le lever du soleil. Je guette le « rayon vert » que nous avons si bien observé les précédents soirs. Je ne le verrai pas ce matin, un tout autre spectacle m’attend. A l’horizon plat un soleil rouge, maladif s’est levé. Dès qu’il est suffisamment haut, je m’apprête à regagner ma cabine, un peu désappointé, lorsqu’un autre soleil, juste au-dessous du premier, se dégage à son tour de la ligne d’horizon (fig. 1). Voir deux soleils se lever lorsqu’on est à jeun, dans son bon sens et exempt d’hallucinations, c’est grave ! C’est même désagréable et il est permis de se dire : c’est la fin du monde. Le pont est désert, je voudrais prévenir mon compagnon de voyage mais le phénomène précipite ses phases et je ne veux rien en perdre. Les deux soleils montent maintenant dans le ciel sans déformation; le supérieur pousse alors une pointe en bas, ce qui le fait ressembler à un ballon (fig. 2.); l’inférieur l’imite aussitôt mais c’est en
- Fig. 1 à 4. — Lever de soleil sur le canal de Suez.
- haut qu’il dirige sa pointe. Ces deux pointes s’étirent, s’attirent et se soudent. C’est un fil qui s’épaissit vite et l’apparence est alors celle d’un sablier (fig. 3). Il y a un instant de stabilité mais, pour donner une idée de ce qui va suivre, je suis forcé d’imaginer deux vessies communiquant entre elles. En un clin d’œil la vessie inférieure, comme si elle était pressée par une main géante, injecte tout son contenu dans le soleil supérieur. Le supérieur a « happé » le contenu de la vessie inférieure, opération qui lui restitue sa forme et lui éclaircit le teint. Tout est rentré dans l’ordre, la fin du monde n’est pas pour aujourd’hui.
- Chat sauvage. Haute=Marne. — La forêt de Corgebin près de Chaumont-en-Bassigny, forme un massif homogène avec d’épais fourrés; les chemins y sont rares, mal percés ; en somme, la région est assez sauvage, peu habitée et sur ce plateau calcaire, à plus de 300 m d’altitude, les hivers sont rigoureux. Une bordure de terrains incultes l’entoure, où poussent quelques buissons, des genévriers, des pins. C’est par de semblables friches qu’elle se relie au magnifique domaine forestier d’Arc et Châteauvil-lain.
- Le gibier est rare au Corgebin; on y chasse surtout le
- lièvre, encore faut-il le ménager; quelques chevreuils égarés viennent d’Arc; en hiver, des sangliers. Un lièvre, lancé par les chiens du Dr Mougeot, dans la partie méridionale désignée sous le nom de « bois de Neuilly », gagna le centre du massif, puis obliqua vers la Combe Coulain avec l’intention probable de faire un crochet en plaine, ce qui arrivait parfois. Tout marchait fort bien lorsqu’une seconde chasse s’en sépara, décrivit un demi-cercle et se tenant près de la lisière opposée de la forêt sans en sortir, revint vers les bois de Neuilly. A ma grande surprise ce fut un chat sauvage qui traversa sans bruit la route près de mon poste; un chien arrivait 50 m derrière lui.
- Ce chat, qui était une grosse chatte dont j’ai gardé le crâne et la peau, mesurait 74 cm pour la tête et le corps, 29 cm pour la queue et 30 cm au garrot. La chasse avait duré un quart d’heure et je crois le fait exceptionnel, le chat poursuivi grimpant presque aussitôt sur un arbre où il sait à merveille se dissimuler.
- En fait, le chat sauvage se rencontre assez souvent dans ce département très boisé de la Haute-Marne où il m’a été donné d’en voir plusieurs fois. Le château d’Arc-en-Barrois en possède un superbe, naturalisé, au milieu des trophées de chasse réunis par le prince de Joinville, et les deux jeunes chats sauvages très carac-rérisés donnés au Muséum par le prince Henri d’Orléans viennent de la forêt d’Arc. M. deFontarce, qui fut souvent notre compagnon, nous disait que lui et son frère en tuaient autrefois d’énormes dans les grands bois de Châtillon. Les chasseurs le considèrent comme une pièce rare à garder; j’en connais chez bien des personnes. Les spécimens qu’on pourrait rassembler formeraient une petite exposition instructive et j’aimerais qu’un savant naturaliste me dise s’il croit possible la survivance dans quelques grandes forêts de chez nous, d’une race sans mélange du chat sauvage primitif.
- Le jardin de M. Ilg i1) est en terrasse au-dessus de pistes qui sont des fondrières. Il est petit, maigriot, desséché, sans arbres. Il y a bien quelques plaques d’herbes jaunes entre les allées tournantes. On l’embrasse d’un coup d’œil, lui et ce qu’il contient, et ce qu’il contient ne doit pas surprendre puisque nous sommes en Abyssinie. Sur les pelouses, il y a cinq lions en parfaite santé et qui n’ont rien de commun avec ceux des ménageries. Les plus gros sont au piquet comme des chèvres; les jeunes n’ont aucune entrave. La promenade dans un semblable jardin n’est donc pas sans intérêt. Ce sont de belles bêtes et leur longue chaîne leur laisse beaucoup de liberté; je n’âi pas cherché à approfondir leur état d’âme, ils paraissaient bien sages et je crois qu’ils m’ont moins impressionné que les vieux daims qui, à l’automne, galopaient derrière moi dans le parc de Châteauvillain.
- Dr L.-J. Moreau.
- 1. M. Ilg, ingénieur suisse au service du roi du Choa, devint ensuite le dévoué et véritable ministre des Affaires étrangères de Ménélik lorsque ce dernier fut proclamé Négus. M. Ilg l’appelait toujours:
- » notre bon roi ».
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- ENSEIGNEMENT DE LA BOTANIQUE = 177
- ET ÉTUDES MÉDICALES
- 11 y a un siècle, et plus, la botanique constituait une partie fort importante de l’enseignement médical. C’était l’époque à laquelle le médecin devait être capable souvent de recueillir dans les champs les plantes qu’il prescrivait comme remèdes à ses malades.
- Les choses ont quelque peu changé depuis. Les plantes figurent actuellemeirt encore pour une part très importante dans la matière médicale, mais reprises, transformées, industrialisées à tel point que le médecin ignore hien souvent si les matières végétales prescrites par lui proviennent en fin de compte d’une plante ou si elles sont de synthèse.
- 11 n’est peut-être pas indispensable aujourd’hui qu’un enseignement de la botanique destiné aux étudiants en médecine, en demeure aux nécessités du siècle dernier. Peut-être même sied-il à un médecin de définir les directives actuelles d’un enseignement de la botanique, quand il s’agit de former de futurs médecins. Il ne peut pourtant pas être question de leur enseigner une botanique quelconque, par des méthodes quelconques, et tous ne doivent probablement pas se destiner à devenir des professeurs de botanique.
- Les étudiants en médecine ont besoin d’avoir, en botanique, certaines notions précises. Il est, par contre, d’autres données botaniques qui n’ont pour eux aucun intérêt quelconque, qui ne leur seront jamais d’aucune utilité, ni théorique, ni pratique.
- Ce qu’il faut redouter, de la part des étudiants, c’est qu’ils sont capables d’apprendre indistinctement tout ce qu’on leur enseigne, même ce qui est le plus parfaitement inutile. Il faut se rappeler que la fin dernière de l’enseignement n’est cependant pas un concours de récitation. Il s’agit avant tout de former des esprits ouverts et sainement orientés, de leur donner de solides et réelles qualités générales, puis de leur apprendre, aùssi, tout ce qu’ils ont besoin de savoir.
- Il ne suffit nullement de les gaver.
- Cet enseignement de la botanique aux futurs étudiants en médecine a connu les plus étranges vicissitudes, même d’être distribué par les Facultés des Sciences. On l’a successivement augmenté, raccourci, amplifié, modifié, etc.... Au milieu de toutes ces transformations il ne semble guère que des idées directrices de quelque envergure aient toujours présidé à l’élaboration des programmes en ces matières.
- Un botaniste pur, fût-il même le plus savant spécialiste en la matière, est-il parfaitement qualifié pour discerner les grandes données d’un enseignement botanique destiné aux médecins ? C’est peut-être discutable.
- Médecin, et ayant eu, autrefois, au moins une certaine teinture de botanique, je me permets de présenter quelques suggestions qui, peut-être, pourraient servir de base à des réflexions, à des discussions, ... ou même à un programme.
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- Le médecin peut souhaiter tirer de l’enseignement de la botanique certaines notions techniques et aussi quelques idées générales :
- 1° Notions d’ordre technique :
- Quelques données techniques, précises, pratiques, d’ordre botanique, auraient déjà bien besoin de ne pas être inconnues du public.
- Le médecin, ce grand conseiller technique de tous, aurait grand besoin de connaître très bien ces notions essentielles.
- De façon pratique, le public devrait connaître, et même très bien connaître les diverses plantes susceptibles de provoquer des empoisonnements.
- D’une façon générale il les ignore absolument.
- Ainsi, récemment, me promenant dans un jardin, je causais avec un homme très instruit, d’esprit très ouvert à toutes les données d’ordre pratique, et ayant même de nombreux diplômes. Je lui signalais que, dans le jardin où nous nous trouvions, il y avait, dans les plates-bandes voisines du potager, une quantité de pieds de petite ciguë; je les lui montrais. Il se déclarait fort intéi’essé par ce renseignement et me demandait de lui préciser quels étaient les caractères d’après lesquels on pouvait reconnaître la petite ciguë. Il était scandalisé de ce que, malgré toutes sa curiosité intellectuelle et ayant subi autrefois des cours de botanique, il avait pu parvenir à son âge sans être encore renseigné sur cette donnée, pourtant d’utilité primordiale. J’ai d’ailleurs pu le consoler quelque peu en lui racontant que, sur vingt étudiants en médecine pris au hasard parmi ceux qui arrivaient au terme de leur scolarité, et auxquels j’avais posé cette question, il s’en était trouvé un seul pour se déclarer capable de faire la différence entre un pied de petite ciguë et un pied de persil.
- Ce même interlocuteur dont je viens de dire les étonnements et les regrets à propos de la petite ciguë me racontait qu’une de ses fillettes, à l’âge de deux ans, avait présenté des symptômes graves d’intoxication pour avoir mangé quelques fruits rouges, de nature indéterminée, cueillis dans une haie de la propriété de sa grand’mère. Personne, dans la famille, n’avait réussi à déterminer quelle était la nature de ces fruits toxiques et ne s’en était jusque-là méfié.
- L’année dernière, les conditions de la saison avaient été telles que dans un jardin où jouaient de nombreux enfants, des pieds de Prunus-Lauro-Cerasus avaient abondamment fleuri, puis fructifié. Les petits fruits pendus à ces arbrisseaux auraient risqué de tenter la gourmandise des enfants, ainsi que j’ai pu le vérifier. Personne, parmi les parents présents n’avait notion de la nature ni de la toxicité de ces fruits.
- Enfin, et c’est l’aventure la plus tragique et la plus démonstrative : dans une famille où les enfants étaient nombreux et se réunissaient chaque année dans la propriété commune, personne, parmi tous les parents, de professions d’ailleurs très diverses, et tous gens instruits, réunis dans cette propriété, n’avait été capable de s’apercevoir qu’un pied de belladone avait poussé, avait fleuri, puis fructifié. Un enfant de trois ans, ayant aperçu les belles baies noires de cette plante, en mange et meurt.
- Une ignorance aussi formelle n’est-elle pas de règle ?
- En 1913, dans sa thèse (*) Le Roy écrivait : « Ce qu’il y a de déplorable, c’est qu’un jeune docteur puisse quitter la Faculté de Médecine, sans avoir jamais entendu parler des champignons vénéneux. Pas une seule leçon n’est consacrée aux Amanites pendant les cinq années que les étudiants passent à l’école; les livres classiques mentionnent à peine l’intoxication fongique; les gros traités, si prolixes sur quantité de points accessoires, sont d’une brièveté regrettable sur ce sujet, et, cependant, que de victimes nous avons à déplorer chaque année. »
- Au nom de ses études générales, de son rôle de surveillant de la santé publique autour de lui, le médecin devrait être qualifié pour fournir, à ce sujet, des notions utiles, pour éviter des accidents du genre de ceux qui viennent d’être relatés. En même temps, il serait capable de se documenter lui-même sur la nature des plantes dangereuses dans la région où il exerce, et par conséquent d’instituter une thérapeutique
- 1. Le Roy. Intoxication fongique, ses causes, ses effets, son traitement. Thèse de Paris, 1913.
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- appropriée dès l’apparition de symptômes toxiques imputables à l’ingestion de produits végétaux toxiques.
- 2° Notions d'ordre éducatif général contribuant à la formation de l’esprit du jugement.
- Surtout, et c’est ce qu’il faut envisager avec quelques détails, l’enseignement de la botanique, s’il était rationnellement conçu, pourrait être d’une réelle utilité pour la formation intellectuelle des futurs étudiants en médecine en leur apportant certaines données générales, et aussi en leur donnant certaines habitudes intellectuelles, une orientation d’esprit, qui peuvent utilement contribuer à leur formation professionnelle générale.
- C’est ce qui mérite vraiment d’être médité avec la plus grande attention, car il semble que jamais jusqu’ici nul ne s’en soit aperçu.
- Il serait bien nécessaire d’appeler l’attention des étudiants sur ces points, de bien les en avertir, mais il faudrait pour cela que les professeurs eux-mêmes de cette spécialité en aient notion et qu’ils perçoivent très nettement les rapports que la botanique peut avoir avec l’orientatoin professionnelle intellectuelle des étudiants en médecine.
- Comprise comme elle devrait l’être, l’étude de la botanique devrait être une étude essentiellement pratique, tout d’abord. Elle devrait apprendre aux étudiants à regarder les plantes. Ce serait leur rendre le plus grand service, au titre de leur formation intellectuelle, car, au cours de leurs études secondaires, ils n’ont jamais rien vu, n’ont jamais rien regardé, se limitant toujours à apprendre ce qui était écrit dans un livre ou dans un cahier.
- L’herborisation au travers de la campagne est un excellent moyen de dresser l’étudiant à voir, à chercher, à discerner, à tomber en arrêt aussitôt qu’une forme nouvelle, encore inconnue, passe dans le champ de son regard.
- Savoir les noms d’une grande quantité de plantes n’est qu’un exercice de pure mémoire, et fort souvent sans aucun intérêt.
- La classification botanique n’a besoin d’être connue que par un véritable spécialiste de la botanique. Elle est fort peu intéressante pour le médecin, sinon comme moyen de l’initier à ce que c’est qu’une méthode de classement.
- En botanique, une partie de la gymnastique intellectuelle nécessaire peut être fort intéressante pour le futur médecin : C’est le mode de détermination d’une plante, soit d’après une description, soit surtout d’après un autre échantillon, déjà catalogué, déjà déterminé. Ce genre de détermination, c’est une application de ce mode logique spécial, celui de la con-
- frontation, méthode très spéciale dont les médecins font constamment usage lorsqu’ils comparent tout cas pathologique nouveau soumis à leur compétence, à leur diagnostic, alors qu’ils le rapprochent des autres cas déjà vus antérieurement, ou dont ils ont lu la description.
- On ne dira jamais assez combien il importerait de dresser de bonne heure l’esprit du jeune étudiant en médecine à fonctionner suivant les modes spéciaux de la véritable logique professionnelle.
- Enfin, il est, en botanique, des questions d’ordre très général qui pourraient intéresser de futurs étudiants en médecine. Il est bon de leur fournir des notions éclairées, des vues générales sur la transmission héréditaire des types botaniques des caractères individuels, la formation des variétés, l’apparition des mutations, enfin, tout ce qui concerne les questions de génétique.
- Cela leur éviterait de faire plus tard, en des questions qui commencent à être bien plus précisément connues, des écoles aussi surprenantes que celles de leurs prédécesseurs, lorsque le transformisme a régné en médecine d’une façon aussi absolue que peu scientifique.
- Il semblerait peut-être qu’une étude spéciale des plantes médicinales ait été, par mégarde, omise au programme précédent. Mais, est-ce bien une omission involontaire ? Je n’en suis pas parfaitement sûr : si ces notions ont besoin d’être très réellement développées dans la formation professionnelle d’un pharmacien, elles ne sont plus actuellement pour le médecin que des notions presque théoriques.
- Est-il, par exemple, beaucoup de médecins qui connaissent réellement les plantes dont on se sert pour faire des tisanes... et qui les aient vues sur pied ?
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- En botanique, un choix bien fait, soigneusement réfléchi, permet, semble-t-il, de trouver des matériaux d’un enseignement à la fois intéressant et profitable à des étudiants en médecine.
- Mais, faire suivre aux étudiants en médecine un cours de botanique qui leur est commun avec de futurs licenciés, de futurs professeurs, est le moyen assuré de leur faire apprendre ce qui leur sera profondément inutile et de ne pas leur enseigner ce qu’ils en pourraient tirer de profitable à tous points’ de vue.
- Paul Chavigny,
- Médecin général de l’Armée.
- Prof, à la Faculté de Médecine de Strasbourg.
- PRESTIDIGITATION
- LES COFFFRES INDIENS
- Dans un décor indien, l’opérateur vêtu d’un costume de même style, de grande richesse fait apporter par deux domestiques un très grand coffre décoré de peintures indiennes, comme le décor; les porteurs font basculer en avant le côté du coffre qui regarde le public et qui forme porte. On aperçoit alors que ce coffre en contient un second, qui est retiré complètement du premier et posé par terre.
- Des spectateurs sont demandés pour venir examiner, vérifier les coffres et constater qu’ils sont bien vides et exempts de préparation. Pour donner à cet égard toute sécurité aux spectateurs et aux vérificateurs le petit coffre est retiré du premier et posé par terre et les deux coffres sont complètement aplatis
- en abaissant les quatre côtés de chacun d’eux (fig. 1). On apporte alors cinq petits tabourets légers. Le grand coffre est placé sur l’un d’eux, ses quatre panneaux reposant sur les autres tabourets.
- Le petit coffre est refermé en remontant ses quatre panneaux que l’on rejoint par des crochets mobiles (fig. 2). Sa fermeture est complétée par un couvercle indépendant qui l’emboîte et il est placé au milieu du grand coffre dont les quatre panneaux de côté sont alors relevés. L’Indien tire deux coups de feu sur le coffre : au premier, le panneau d’avant, du grand coffre d’abat, et au second, c’est le panneau d’avant du deuxième coffre qui bascule en avant, laissant voir à l’inté-
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- rieur une jeune indienne, qui s’avance sur les panneaux rabattus, comme sur un tremplin, en souriant au public. Elle rentre dans les coil'res, on les referme pour les rouvrir aussitôt : les coffres sont vides.
- Le truc employé pour produire cette illusion est très simple mais la présentation est bien faite pour dérouter et détourner les soupçons. Les coffres sont apportés vides et peuvent être ouverts à plat en rabattant les quatre côtés mais lorsque l’on relève les côtés du petit coffre, on lève d’abord la face, les deux côtés 2 et 3 et juste à ce moment, la base du coffre 5 munie d’une trappe et qui a été placée sur un point repéré de la scène, laisse passer l’Indienne poussée des dessous sur un chariot. Le mouvement a tout le temps de s’opérer, ainsi que la fermeture de la trappe pendant que l’on met les crochets qui réunissent les panneaux et que l’on pose le couvercle indépendant. Deux hommes prennent alors le petit coffre muni de poignées sur les côtés et le placent dans le grand.
- Les crochets fixant les panneaux de devant des deux coffres sont pour la figuration et c’est simplement en poussant des points convenus que l’Indienne fait basculer successivement les deux portes au moment des coups de feu.
- Fig. 1 et 2. — A gauche : Les coffres à pial-, à droite : Le petit coffre fermé.
- La disparition se fait en passant au travers des panneaux de fond qui sont munis chacun d’une porte à pivot. L’Indienne se maintient derrière le grand coffre sur un léger rebord prévu sur le plateau du bas, en se tenant à deux saillies du fond que les visiteurs n’ont pu apercevoir puisque ce côté du fond reposait sur le sol alors que le coffre était étendu à plat.
- Les peintures de couleurs vives et composées en conséquence, dissimulent très bien la trappe d’arrivée et les portes de départ à pivot.
- Le prestidigitateur Alber.
- Fig. 3. — Vue d'ensemble.
- LE MOIS METEOROLOGIQUE
- JUIN 1936, A PARIS
- Mois assez chaud dans l’ensemble, très orageux et très pluvieux, sans cependant présenter un déficit d’insolation important.
- La moyenne mensuelle de la pression barométrique, réduite au niveau de la mer, à l’Observatoire du Parc Saint-Maur, a été de 762 mm 3; elle est inférieure seulement de 0 mm 3 à la normale.
- La température moyenne du mois, 17° 5, est supérieure de 1° 0 à la normale. Les cinq premiers jours ont été très froids, aussi les moyennes journalières du 1er et du 5, ont-elles été très basses (10° 4 et 10° 0) et n’avaient jamais été observées aux mêmes dates depuis plus de 60 ans. Le temps s’est radouci le 6, sans présenter de variations importantes, jusqu’au 16. Le 17, la température s’est alors brusquement relevée : le 19 et le 20, les moyennes journalières supérieures de 7° 9 et de 8° 2 à leurs normales respectives ont battu tous les records observés à la même date depuis 1874. L’orage du 25 a été suivi d’un rafraîchissement de l’atmosphère et la dernière pentade a été sensiblement normale.
- Le minimum absolu, 3° 6, le 1er, est inférieur de 2° 4 au
- minimum absolu moyen. Le maximum absolu, 31° 4, le 20, est supérieur de 1° 6 au maximum absolu moyen.
- Les extrêmes de la température, pour la région parisienne, ont été : — 0° 2 à Villepreux (seule station où il a gelé sous abri), le 1er, et 34° 0 à Ville-Evrard le 19.
- On a observé de la gelée blanche le 1er, dans une partie de la banlieue.
- Les pluies ont été très fréquentes et, dans la deuxième quinzaine, très souvent accompagnées d’orage; elles ont fourni une hauteur d’eau de 103 mm 7 à Saint-Maur, en 17 jours au lieu de 12, nombre moyen. Ce nombre qui dépasse la normale d’un peu plus de 87 pour 100, classe juin 1936 au deuxième rang parmi les mois de juin exceptionnellement pluvieux. Juin 1905 avait cependant donné une hauteur d’eau un peu plus forte (107 mm 0). A l’Observatoire de Paris, juin 1854 avait fourni 195 mm 4 d’eau. L’orage de l’après-midi du 23 a donné en une heure 29 mm et le total pour cette seule journée s’élève à 31 mm 1 ; trois autres jours pluvieux : le 5, le 10 et le 22, ont fourni respectivement 13 mm 6, 9 mm 1 et 9 mm 8; ces hauteurs, ajoutées à la précédente, forment à elles seules un total
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- qui dépasse de 15 poux- 100 celle que l’on recueille en moyenne pendant tout le mois.
- A l’Observatoire de Montsouris, la hauteur totale de pluie n’a été que de 83 mm 5 et est supérieure de 51 pour 100 à la normale bien que la durée totale de chute, 28 h 40 m, soit inférieure de 6 pour 100 à la moyenne des 25 années 1898-1922 ; il est vrai que la seule averse orageuse du 23 a fourni 47 mm 8 en un temps très court. La hauteur de pluie recueillie en 15 minutes à Montsouris, pendant cet orage, 26 mm 3, dépasse de beaucoup la plus forte enregistrée au cours des dix dernières années (18 mm 1, le 14 juin 1935). Celle eix une heure (44 mm 1) est également exceptionnelle. Le nombre de jours de pluie, 18 est en excès de 4.
- Hauteurs maxima eix 24 heures : pour Paris, 72 mm 2; au jardin des Plantes et, pour les environs, 91 mm 5 à Vincennes, fournies par l’orage du 23.
- Les brouillards ont été exclusivement matinaux, généralement légers et peu étendus.
- Il est tombé de la grêle les 1er, 18, 23 et 25.
- De petits orages, généralement locaux, ont eu lieu les 17, 18, 19, 20, 21, 24, 25, 26 et 29,
- Le 22, un orage à peu près général, s’est produit eixtre 18 h. 45 et 22 h. et le 23, dans l’après-midi, un autre d’une violence exceptionnelle, a causé dans une grande partie de la région d’importants dégâts dus aux inondations et à la grêle.
- On a enregistré, à l’Observatoire de la Tour Saint-Jacques, 249 h. 20 m de soleil, durée supérieure de 15 pour 100 à la normale.
- 11 y a eu deux jours sans soleil (normale un).
- A l’Observatoire du Parc St-Maur, la moyenne mensuelle de l’humidité relative de l’air a été 72,1 pour 100 et celle de la nébulosité 68 pour 100. Vents dominants d’entre NO et NE. 11 y a été constaté : 4 jours de gouttes, 7 jours d’orage; 6 jours de brouillard; 13 jours de brume; 16 jours de rosée; 4 jours de halos solaires.
- Em. Rogeix.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- LES VIEUX ACCUMULATEURS :
- LEUR UTILISATION
- Les vieux accumulateurs dont l’usure manifeste impose le remplacement, subissent le sort des objets encombrants; le plus souvent on les jette sans avoir idée des services qu’ils peuvent encore être appelés à rendre et l’on s’estime même favorisé si le chiffonnier consent à vous débarrasser de ces impedimenta.
- Or un amateur averti peut encore en tirer parti.
- Prenons le cas par exemple d’un accumulateur de 45 A-h sous 12 v, type classique qui alimente les autos de puissance moyenne. Un tel appareil avec son électrolyte pèse environ 27 kg, le bac seul fait 6 kg, l’électrolyte représente près de 5 kg. Le poids de la partie métallique (oxydes compris) est donc de 16 kg.
- Deux cas peuvent se présenter :
- A. Ou l’accu est électriquement inutilisable et condamné sans appel, (sulfatation à bloc, plaques gondolées... etc.) et l’on tentera alors la récupération du plomb et du bac.
- B. Ou l’accu trop fatigué n’est plus en mesure d’assurer le démarrage ou le fonctionnement simultané du Delco et des phares et ne tient plus la charge — ce qui arrive généralement après 3 ou 4 ans de service — on s’efforcera alors de prolonger sa vie en lui faisant faire (hors de la voiture, s’entend) un petit service comme générateur de courant continu, dans un laboratoire par exemple.
- A. Récupération des matières premières. — L’accu étant vidé on détachera le couvercle à l’aide d’une lame de fer rougie, enfoncée le long de la soudure du couvercle avec les parois du bac. On enlèvera le bloc : couvercle, faisceau. Le premier sera brisé pour dégager les plaques. On sciera les connexions en plomb (au nombre de 5 dans le cas qui nous occupe); les morceaux ainsi formés seront fondus dans une marmite en fonte sous une couche de 2 cm de charbon de bois pulvérisé. On brassera la matière en fusion et le métal sera coulé. La récupération ainsi réalisée n’est pas négligeable, surtout si les crasses sont reprises et recuites sous le charbon de bois. On remarquera que l’alliage ainsi obtenu, plomb-antimoine, présente l’avantage d’être sensiblement plus dur que le plomb pur qu’il peut remplacer dans ses applications courantes.
- Reste le bac. Il est ni en ébonite, ni encore moins en gutta mais bien en une composition fortement chargée. Sa solidité a été éprouvée par un très dur service et sa capacité dépasse 4 litres. C’est dire qu’un amateur pourra à l’occasion en tirer un excellent parti (cuve à galvano pour ne citer qu’un emploi). Il conviendra seulement de faire sauter les cloisons intérieures s’il s’en trouve, à l’aide d’un marteau et d’un ciseau à bois sacrifié à cet effet. On égalisera les surfaces de rupture au fer chaud qui servira à souder les fissures, s’il s’en trouve.
- B. Accumulateur très usé.— Envisageons maintenant le cas d’un accn très usé qui a donné sa mesure, semble-t-il, jusqu’à sa dernière limite. Tout espoir d’une utilisation ultérieure n’est cependant pas perdu, —• à condition sine qua non de posséder un rechargeur de tel ou tel modèle.
- L’éloge de ces appareils n’est plus à faire : ils sont d’un prix abordable, la mise de fond est d’ailleurs rapidement amortie par l’économie réalisée, car leur emploi judicieux dispense d’avoir recours aux bons soins toujours onéreux du praticien.
- Pour mon compte, j’emploie pour ma plus grande satisfaction un
- redresseur Cu-—CusO donnant 12 v sous 1 a ou 6 v sous 1,5 a. C’est lui qui entretient ma batterie neuve en service sur la voiture, et qui fait revivre à mon gré l’accu réputé hors service et cela sans défaillance depuis plus de 2 ans !
- Il arrive que le voltage de celui-ci abandonné parfois 1 mois totalise à peine 2 v avec ses 6 éléments ! Je le remets en charge, celle-ci remonte très vite se maintient 8 à 10 jours sans modifications sensible. Passé ce délai, la tension baisse rapidement pour arriver à un voltage insignifiant.
- Il n’en est pas moins vrai qu’en alimentant durant 6 h à 12 h l’accu réformé, j’ai à ma disposition une source de courant continu de 12 v pendant une semaine et que je reste maître de prolonger à mon gré cette vitalité, étant entendu que la question du niveau de l’électrolyte soit rigoureusement respectée.
- Je ne compte plus les services que cette utilisation m’a rendus.
- Il va de soi que ces observations s’appliquent également à des accumulateurs dont les caractéristiques s’écartent du modèle expérimenté. Commandant de Saint-André.
- FROMAGE PLUS COPIEUX
- La plus grande partie des fromages se fait par la mise en présure du lait écrémé au moins partiellement.
- Mais une partie de la caséine et des autres éléments du lait échappent à la coagulation. Pour avoir un caillé plus abondant, M. Bernard Nowak propose l’addition d’un mucilage comme la gomme adragante, la caroube, la graine de lin, la graine de plantain, la racine de guimauve.
- En introduisant 2 ou 3 gr par litre de ces produits en poudre, dans le lait, avant la coagulation, on augmenterait de 25 à 40 pour 100 le volume du caillé et de 25 à 30 pour 100 son poids.
- Dans une expérience portant sur 100 1 de lait écrémé, on a fabriqué ainsi 29 kg de fromage frais au lieu de 20 kg.
- Et on a retenu 83 pour 100 de la caséine du lait au lieu de 78 pour 100.
- En outre la présence de mucilage donne un fromage ayant plus de tenue à l’état frais, vendable par exemple une journée plus tôt, ce qui économise du matériel. (Brevet 800 529.) Pierre Larue.
- ENREGISTREMENTS GRAPHIQUES SUR PLAQUES DE VERRE'
- MM. Roubault et Bourguignon, dans le Bulletin de l’Union des Physiciens, conseillent de substituer aux plaques de verre enduites de noir de fumée utilisées au laboratoire pour les enregistrements graphiques des plaques préparées comme suit :
- Délayer du talc dans de l’acool dénaturé (30 gr. de talc, 100 cm3 d’alcool); l’étendre sur la plaque à l’aide d’un pinceau large et plat à soies assez douces. Incliner la lame dans un sens, puis dans l’autre pour répartir le liquide; laisser sécher horizontalement. Après évaporation de l’alcool, la plaque est recouverte d’une couche de talc, uniforme, qui sous un style de celluloïd, donne des tracés très fins, bien visibles sur fond noir. On peut fixer le tracé en pulvérisant un vernis très léger à la gomme-laque et tirer ensuite sur papier Ozalid rapide. Dans ce cas il est utile d’ajouter au mélange indiqué, 2 grammes de cobothar pour augmenter l’absorption des rayons actiniques.
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- CAUSERIE PHOTOGRAPHIQUE11
- INSTALLATION DU LABORATOIRE
- Comment rendre le laboratoire obscur. — Le laboratoire où nous manipulerons des sui'îaces sensibles doit être complètement obscur. En particulier, surtout si nous y travaillons dans la journée, il ne doit y pénétrer aucune lumière de l’extérieur, si faible soit-elle !
- Il convient donc de prendre quelques précautions pour en interdire l’accès à tout rayon, à tout reflet de lumière.
- L’œil, à condition d’être reposé, est très sensible à la moindre action lumineuse. Par conséquent, lors de la mise en route du laboratoire, on aura soin, avant d’entreprendre aucun travail photographique, de s’enfermer de jour dans cette pièce et, au bout d’un quart d’heure environ, on recherchera tout autour de soi les « fuites » de lumière !
- On sait que la lumière s’infiltre, se réfléchit, se diffuse dans les plus minuscules interstices, dans les moindres fentes et même, souvent, l’on a quelque peine à s’en débarrasser. Nous allons donc, systématiquement, boucher fuites et trous.
- Pour la porte, on clouera sur tout le pourtour les bourrelets, ou mieux une bande de feutre un peu épais, large de 3 cm environ, qui débordera sur le chambranle. Du côté des gonds, cette bande sera clouée à la fois sur la porte et sur le montant
- rieurement ni volets, ni persiennes ou jalousies. Comme il faut, malgré tout, conserver l’usage de la fenêtre pour éclairer et aérer le laboratoire, et par suite comme on ne peut la condamner entièrement, on opérera comme il suit. Sur chaque vantail de la fenêtre on vissera (car il est trop difficile de clouer sur une fenêtre vitrée dont le bâti est fait de bois dur et généralement vieux), on vissera donc un cadre de bois dont l’intérieur servira de feuillure et recevra des volets mobiles légers montés à charnières. Ces volets seront constitués par un cadre léger fait du bois de même épaisseur que le cadre extérieur et on y clouera du carton assez fort pour ne pas se gondoler exagérément, ou du bois contreplaqué mince ou encore de l’aluminium en feuille. On pourra terminer, «fignoler», cette installation en collant à l’extérieur et à l’intérieur un papier clair, brillant, comme celui utilisé dans les cabinets de toilette, ou encore en peignant, en blanc, les deux faces. Le but est celui-ci : A l’extérieur, moindre échauffement du volet quand les rayons solaires viendront, en été, le frapper. A l’intérieur, plus de clarté au laboratoire lorsque, la nuit venue, il ne sera plus indispensable de tirer, devant la fenêtre, le rideau noir dont nous allons bientôt parler.
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- Fig. 1. — Coupe schématique de la moitié gauche d'une fenêtre avec volet intérieur permettant de faire l’obscurité au laboratoire. V, vitre; m, m, mastic; G, gond; C, volet intérieur; Ch, charnière; f, feutre épais.
- fixe. Le jour qui filtre au ras du sol disparaîtra en grande partie avec un bourrelet. On peut encore, quand on travaille, placer à terre un tapis relevé contre le bas de la porte. Mais cette solution fort simple est peu pratique, le tapis pouvant provoquer des chutes.
- Si les joints, malgré les bourrelets ou le feutre, laissaient encore passer de la lumière, on pourrait alors placer contre la porte un grand rideau en toile noire croisée ou en satinette noire double, coulissant sur une tringle au moyen d’anneaux, suffisamment long pour traîner à terre et assez large pour recouvrir plus que la largeur de la partie ouvrante.
- Il est beaucoup plus difficile d’obturer la fenêtre. Tout dépend, d’ailleurs, des dimensions de celle-ci, de son orientation (au Nord ou au Sud) et du système de persiennes ou contrevents extérieurs.
- Notre laboratoire est éclairé par une petite fenêtre de 0 m 50 X 0 m 60, donnant au Nord, avec un contrevent en bois plein. Un rideau noir en satinette doublée, avec, entre les deux faces, un morceau de tissu serré, et suspendu à deux pitons ouverts placés en haut de la fenêtre, sur le cadre, assure une protection complètement efficace par les temps les plus lumineux, le contrevent étant fermé. Le rideau est plus grand que l’ouverture de la fenêtre, qu’il déborde largement.
- L’obscurité est beaucoup plus difficile à réaliser avec une grande fenêtre donnant au Midi, surtout quand il n’y a exté-
- I. Voir les n®> 2967, 2972, 2974, 2979 et 2981.
- On prendra soin de peindre en noir mat les feuillures du cadre fixe et du volet. Enfin, il sera nécessaire de clouer tout autour du volet et sur les charnières le même ruban de feutre qui a déjà été employé pour la porte (fig. 1).
- Mais quelque soin que nous ayons apporté à la construction de ces volets légers, à leur ajustage, il est bien probable qu’il passera encore de la lumière par de nombreux interstices.
- Le complément indispensable de cette installation sera un grand rideau coulissant, en tissu noir croisé serré et double. Monter ce rideau sur tringle avec anneaux et poulies de renvoi pour le cordon de tirage (ces accessoires se trouvent au rayon d’ameublement des grands magasins). Le rideau noir devra déborder largement l’ouverture de la croisée et descendre jusqu’au sol.
- Cette installation sera complètement efficace, même par les journées les plus ensoleillées de l’année.
- S’il passait encore un peu de lumière à la partie supérieure du rideau, on pourrait y placer une sorte de baldaquin recouvert du même tissu noir, en ayant soin de tendre également ce même tissu entre le baldaquin et le mur, pour évitér toute infiltration de lumière vers le plafond.
- Si l’on trouve que ce rideau noir assombrit trop le laboratoire, il sera facile de le doubler, vers l’intérieur, d’une étoffe blanche.
- Comment éclairer le laboratoire. — Nous venons de rendre le laboratoire complètement obscur : il nous faut, à
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- présent, l’éclairer le plus possible, avec de la bonne lumière « inactinique ». Le temps n’est plus où l’on travaillait à la lueur d’un « lumignon » anémique qui vous obligeait, au cours du développement, d’approcher les plaques tout contre le verre rouge, pour voir « s’il venait quelque chose ». Nous l’avons dit et nous le répétons : il faut voir clair, très clair dans le laboratoire.
- Les lanternes à verres colorés. — L’amateur qui, pour la première fois, consulte des catalogues de fournitures photographiques, pour savoir quel appareil d’éclairage il doit acheter, est fort embarrassé, en raison du nombre de modèles de ces appareils.
- Toutes les sources de lumière y ont été mises à contribution : bougie, godet de paraffine, lampe à huile, à essence, à pétrole, bec de gaz et enfin lampe électrique.
- A la rigueur, conservons la bougie — ou le godet de paraffine — pour le voyage, et résolument supprimons toutes ces sources de lumière (de chaleur et ... d’odeurs !) pour ne conserver que l’électricité ou —• si l’on habite une région non encore électrifiée—le pétrole. Quant au gaz, qui fût souvent utilisé autrefois dans les laboratoires de professionnels, partout où il est installé se trouve l’électricité et entre ces deux sources de lumière il n’y a pas à hésiter.
- Pour l’emploi de l’électricité, les catalogues nous présentent une série de dispositifs bien séduisants : manchons colorés en tous genres, lampes rouge rubis, ampoules rouges de toutes formes, manchons à liquide coloré, globes pour couvrir les lampes, bougeoirs, capuchons, etc. Nous les rejetterons tous, non pas qu’ils ne puissent rendre service, mais ils ont plusieurs inconvénients : 1° la visibilité du filament incandescent; 2° la largeur infime de ce filament; 3° pour la plupart, le fait qu’il s’agit d’un écran coloré en verre.
- 1° La visibilité directe du filament incandescent éblouit et donne naissance, chaque fois que le regard se porte sur lui, à une image rétinienne persistante fort gênante dans le laboratoire pour examiner, par exemple, une plaque en cours de développement.
- 2° Le filament, sans épaisseur pratique, ne permet guère l’examen d’un cliché en partie fixé, c’est-à-dire translucide ou transparent. (Cette objection tombe en partie si l’on fait usage de manchons ou d’ampoules dépolis).
- Pour l’examen des clichés, une large surface diffusante est de beaucoup préférable, par exemple un verre rouge doublé d’un verre dépoli.
- 3° Mais les progrès de la verrerie sont loin d’avoir tenu compte des exigences qu’imposent les émulsions sensibles modernes.
- M. L.-P. Clerc signale (x) que les verriers s’occupent beaucoup plus de l’effet visuel des verres qu’ils fabriquent que de leur transmission spectrale. Beaucoup de verres rouges, — même des plus foncés — transmettent une proportion appréciable de violet (1 2). Les verres verts laissent passer la presque totalité du spectre, avec prédominance de la région verte, etc.
- L’antique verre rouge rubis — doublé souvent d’un verre
- 1. La Technique photographique, 2e édition, p. 257.
- 2. Nous avons eu l’occasion d’examiner un verre rouge rubis qui, naturellement, laissait passer le rouge et aussi... le bleu ! Cet examen est très facile à faire au moyen d’un prisme, môme d’un prisme comme il en existait autrefois dans les lustres en cristal. On peut même utiliser faute de mieux un bouchon de carafe à facettes. On examine avec l’un de ces objets la source de lumière nue en s’arrangeant pour obtenir un spectre coloré de cette source. On intercale alors le verre rouge, sans bouger le prisme. Si le verre est bon, seule l’image rouge de la source est visible. Le verre que nous avions examiné donnait avec le prisme une flamme rouge et une flamme bleue ! Toutefois un tel examen est insuffisant pour renseigner sur la valeur de l’écran.
- jaune — suffisait autrefois à l’éclairage du laboratoire, les plaques d’alors étant surtout sensibles aux radiations bleues et violettes.
- Aujourd’hui, les verres rouges, au lieu d’être colorés dans la masse par des sels d’or, sont constitués par des verres au cuivre, formés, presque toujours, par une très mince couche d’émail coulée sur verre ordinaire (ce que l’on reconnaît facilement à l’examen par la tranche). La moindre bulle dans l’émail, c’est de la lumière blanche qui passe.
- Les lanternes à écrans inactiniques. — La carence des verriers à satisfaire aux besoins des photographes a conduit les fabricants de plaques et de pellicules sensibles à établir des écrans inactiniques spéciaux, généralement constitués par du papier teinté au moyen de colorants savamment dosés et choisis pour offrir à la fois le maximum .de luminosité à la vue et le minimum d’action sur les surfaces sensibles.
- Comme il est logique, la lumière spectrale que laissent passer ces divers écrans correspond à la partie du spectre pour lesquelles les plaques présentent un minimum de sensibilité.
- Ce qu’il faut rechercher, ce n’est pas un très vif éclairage concentré, en quelque sorte, sur la plaque que l’on développe, mais une source de lumière donnant au laboratoire un éclairage général abondant, permettant de travailler non plus à tâtons, mais avec entière sécurité.
- Ajoutons, pour les personnes qui seraient inquiètes de voir employer une source lumineuse assez intense dans un laboratoire peitit en blanc (comme nous l’avons recommandé) que la réflexion et la diffusion par les murs d’une lumière inactinique ne peuvent avoir aucun inconvénient. La lumière réfléchie ou diffusée reste, naturellement, inactinique et elle se trouve combien affaiblie à son retour vers la plaque ? Déjà, si nous exposons une telle plaque à la lumière directe de la lanterne, nous savons que la diminution d’éclairement est proportionnelle au carré de la distance : à 1 m de la lanterne, ladite plaque reçoit 1/100 de la lumière qu’elle recevait à la distance de 0 m 10 !
- Le système d’éclairage que l’on emploiera devra tenir compte du fait que l’on sera amené à traiter toutes sortes de plaques, de papiers ou de pellicules ayant des caractéristiques différentes, et nécessitant souvent de changer d’écran inactinique.
- Certaines lanternes du commerce sont construites dans l’intention de tenir compte de ces exigences : elles comportent sur leurs faces des verres de couleurs différentes, munis de volets d’obturation. Ainsi, dans divers catalogues, nous voyons des cheminées ou phares multicolores donnant à volonté quatre éclairages : rouge, jaune, vert ou blanc dépoli. Mais il s’agit toujours d’éclairage au moyen de verres et nous avons vu les reproches qu’on peut leur faire.
- De tout ce qui précède, il résulte que le laboratoire devra être éclairé au moyen d’une grande lanterne, munie non de verres, mais d’écrans interchangeables de format un peu grand : le minimum sera le format 13 X 18.
- Ces écrans sont faciles à préparer au moyen des feuilles de papier que vendent la plupart des grandes firmes de plaques photographiques. On place le nombre de feuilles nécessaires entre deux verres — par exemple deux vieux clichés débarrassés de leur gélatine — et on borde le tout d’une bande de papier noir gommé. Il faut avoir bien soin de veiller à ce que la bande gommée déborde partout sur le papier-écran, pour éviter tout passage de lumière blanche.
- Voici, pour répondre à une demande qui nous a été faite, la spécification des écrans inactiniques que nous utilisons :
- Pour les plaques panchromatiques de très haute sensibilité : 7 papiers verts (nouvelle combinaison « Viripan »). C’est l’éclairage vraiment universel, qui convient aussi pour toutes
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- les autres émulsions : plaques orthochromatiques; plaques ordinaires; « Filmcolor » et lilms « Lumicolor ».
- Pour les plaques orlhochromatiques (sauf celles sensibles au rouge), les plaques ordinaires extra-rapides, 6 à 8 papiers rouges (combinaison « Rubra »).
- Pour les plaques «autochromes » (remplacées maintenant par les « Filmcolor ») pour la photographie directe des couleurs : 2 papiers verts et 3 papiers jaunes (combinaison « Virida »). Cet éclairage convient aux plaques panchromatiques de sensibilité moyenne, et aux plaques orthochromatiques sensibles au rouge.
- Pour les plaques lentes, les diapositives à tons noirs ou à tons chauds, les papiers au bromure ou au chloro-bromure : 2 ou 3 papiers jaunes de la combinaison « Virida ».
- Ces divers papiers inactiniques sont préparés par la Société Lumière.
- Tous ces écrans, du format 13 X 18, sont utilisés soit dans une lanterne avec lampe électrique monowatt de 10 bougies, soit dans une lanterne avec lampe à pétrole (ancienne lampe de piano). Nous reviendrons ultérieurement sur la construction de ces deux lanternes.
- Suivant l’intensité de la source lumineuse, et dans certaines limites, on peut modifier le nombre des feuilles des écrans ci-dessus.
- C’est ainsi que M. Léon Gimpel, dont le nom a été déjà souvent cité ici, a développé plus de six mille vues autochromes avec une lanterne dans laquelle la source de lumière est une lampe électrique à filament de carbone de 5 bougies; l’écran comporte seulement 3 feuilles « Virida » (une verte et deux jaunes, la feuille verte étant placée entre les deux jaunes).
- Chez un ami, nous avons souvent tiré des agrandissements sur papier par développement dans un laboratoire éclairé par une lampe électrique de 16 bougies et un écran formé seule-
- ment de deux feuilles de papier « Rubra ». Inutile de dire qu’avec un tel écran le laboratoire est brillamment éclairé : il convient seulement de prendre quelques précautions pour manipuler le papier un peu loin de la lanterne. Cela est facile vu le grand éclairage l’ouge général (*).
- Quoi qu’il en soit, lorsqu’on installera l’éclairage inactinique dans le laboratoire, on voudra bien se rappeler qu’il est parfaitement inutile d’employer une forte lampe qui chauffe beaucoup (et use du courant inutilement) pour ensuite être obligé d’en modérer l’ardeur... actinique par un nombre élevé de papiers de couleur.
- Un conseil, pour terminer cette question de la construction des écrans inactiniques pour lanternes. Ayez soin, avant de les border, d’indiquer dans un angle (généralement du haut) leur combinaison, et le nombre de feuilles : par exemple « Rubra 5 f. ». En effet, une fois les écrans montés, on pourrait les confondre. Rien ne distingue extérieurement un écran comportant 3 feuilles de papier rouge d’un autre qui en a 6 ! L’écran « Virida » vert pour autochromes a, extérieurement, le même aspect que l’écran « Virida » jaune pour papiers.
- Je me suis toujours bien trouvé de cette façon de distinguer les écrans, l’emploi de l’un d’eux à la pdace d’un autre pouvant être fatal à certains clichés. Em. Touchet.
- 1. Les plaques ordinaires n’étant pas sensibles au rouge ni au vert, il est venu à l’idée de certains inventeurs de réaliser un éclairage sensiblement blanc à l’aide de ces deux couleurs complémentaires; M. A. Hamon avait ainsi songé à constituer un écran d’éléments alternativement rouges, puis verts, fournissant un éclairage blanc inactinique. En réalité, le choix des écrans n’affectant pas les plaques ordinaires conduirait à un éclairage résultant jaune. En outre, de tels écrans seraient inutilisables avec la plupart des autres plaques.
- PETITS RONGEURS MANGEURS D’ESCARGOTS
- Nous avons rapporté ici (n° 2950) les cas des oiseaux littoraux briseurs de coquilles. En dehors de ceux-ci quelques rongeurs peuvent également se nourrir d’escargots, non seulement des Hélix de petite taille, mais aussi du gros escargot de Bourgogne, qui, par son volume, doit constituer un morceau de choix. Les rats d’eau tout particulièrement seraient de gros mangeurs de gastéropodes aquatiques. Les campagnols (Arvicola) de leur côté, savent très bien dépouiller de leurs coquilles tous les gastéropodes et s’en montrent même très friands. C’est probablement à ces derniers qu’il faut attribuer les nombreuses coquilles brisées que l’on trouve dans les haies de nos campagnes.
- Pour se rendre compte de l’aptitude des rongeurs à dévorer les Gastéropodes, M. Verlaine, professeur à l’Université de Liège, a offert d’amples provisions de ces mollusques à des souris, à un rat noir et à des rats blancs. Ses expériences sur les souris et le rat noir furent marquées par un insuccès total.
- Il n’en fut pas de même avec les rats blancs. Au début, les rats restèrent indifférents devant les lots de coquilles. Mais, un jour, ayant mélangé aux mollusques intacts deux hélix nemoralis dont le tortillon avant intentionnellement été mis à nu, il eut la satisfaction de voir les rats qui les avaient découverts se mettre incontinent à les lécher, puis à les dévorer essayant de les soustraire à la dent des voisins
- qui voulaient en avoir leur part. Ayant pris goût à cette nourriture nouvelle pour eux, ils ne tardèrent pas à s’attaquer aux escargots nantis de coquille intacte, essayant de la briser à coup de dents. Au début ce travail se fit un peu au hasard demandant parfois deux journées pour libérer le corps mou du Gastéropode. Par la suite, les rats devinrent plus habiles, apprenant à ne détruire de la coquille que juste ce qu’il fallait pour extraire la « substantifique moelle » de sa loge. S’attaquant au péristome, ils trouvèrent la spire à une certaine distance du bourrelet de l’ouverture, et élargirent cette ouverture en laissant subsister le bourrelet sous la forme d’un arc étroit. Dans d’autres cas, moins heureux semble-t-il, le bord libre du péristome était d’abord attaqué : la première spire complètement enlevée, puis la deuxième et ainsi de suite pour ne laisser subsister finalement que la columelle et le sommet.
- Les coquilles vides ayant cet aspect dans la nature sembleraient donc provenir du travail des rongeurs.
- Et M. Verlaine de conclure : « Le point le plus intéressant à retenir de ces observations me semble être la constatation que les Rongeurs doivent apprendre, dès le jeune âge, à briser les coquilles d’Hélix tout comme les oiseaux et que, suivant leurs aptitudes individuelles et la nature des résultats de leurs premiers efforts, ils peuvent s’habituer à procéder de diverses manières. »
- G. R.
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- COMMUNICATIONS a l ACADEMIE DES SCIENCES
- Séance du 15 juin 1936.
- Membranes d’Albumine. — En mettant en contact une dissolution aqueuse d’albumine avec de la benzine, M. Henri Devaux obtient la formation de membranes d’albumine autour de chaque goutte de carbure. Si la dissolution d’albumine est très diluée, les membranes très minces crèvent à leurs points de contact et il se forme un sac unique tapissant la surface de séparation et les parois du vase. La membrane est alors formée d’une seule couche de molécules; tant qu’elle est tendue, elle reste brillante, mais si on réduit le volume du liquide, elle se plisse et prend un aspect terne et chatoyant. Si on connaît la dilution de la solution de départ et si on mesure la surface de la membrane on en déduit l’épaisseur de celle-ci. Pour une solution de pH = 5 cette épaisseur est de 0 mu.,9 et atteint 2 mut.,2 pour une solution non tamponnée. La membrane peut aussi se former au simple contact de l’air, mais beaucoup plus lentement; son élasticité est alors près de cent fois plus élevée.
- Calcul mécanique. — Reprenant la note de M. Valtatsui* l’avantage de l’emploi de la numération binaire dans le calcul mécanique, M. Gouffignal expose que cet avantage tient à ce que, dans ce système, tous les nombres d’une suite limitée sont représentés avec le minimum d’organes distincts. En partant de nombres écrits dans la base 2, l’auteur montre l’intérêt qu’il y a à considérer leur rôle ordinal plutôt que leur rôle cardinal et à prendre comme organes mécaniques essentiels un comparateur qui détermine la valeur relative des nombres et un totalisateur qui forme la somme de nombres inscrits simultanément et non successivement. Grâce à des relais électro-magnétiques, le fonctionnement d’une pareille machine peut être extrêmement rapide et lié à celui d’autres appareils nomomécaniques. Ceci ne touche en rien au très grand mérite de M.Valtat d’avoir réalisé pratiquement la transcription mécanique réciproque des nombres des systèmes à bases 10 et 2.
- Séance du 19 juin 1936.
- U avenir du Lac Tchad. — Un grave danger menace le Lac Tchad : la diminution progressive des apports du Logone qui voit ses eaux se détourner de son lit pour affluer dans le bassin du Niger. M. Tilho, par ses observations personnelles et par celles de la mission qu’il a dirigée, confirme l’assèchement probable du Tchad. Vers le coude d’Eré le Logone touche à une dépression qui, par une pente rapide et continue, équivalente à celle du Rhône entre Lyon et Avignon, peut conduire ses eaux aux marais de Toubouri alors, qu’au contraire, en aval, le propre lit du Logone doit à sa pente insuffisante un ensablement dangereux. Des brèches et des crevasses permettent aux eaux de sortir en ce point du lit du fleuve, même en dehors des crues ; une érosion constante aggrave cette situation. En comparant des chiffres certains et récents on constate que des crues du Logone équivalentes en-amont du coude d’Eré sont de moins en moins sensibles en aval. L’auteur conclut que, quelle que soit la lenteur de l’évolution de ces phénomènes, le déficit progressif de l’alimentation du Tchad n’est que trop certain.
- Étude des projecteurs. — Pour étudier la répartition lumineuse dans le faisceau issu d’un projecteur et ceci à une distance quelconque, M. Cibié la considère comme un objet virtuel par rapport à un système optique convergent qu’il place devant le projecteur. Un écran placé à courte distance derrière ce système donne l’image de la répartition dans un plan situé à la distance conjuguée, à l’infini si l’écran est au foyer. Pour éliminer les rayons parasites dus à des réflexions multiples il suffit de recouvrir la glace de sortie du projecteur
- par un enduit absorbant, ce qui n’a que des avantages au point de vue pratique, la forte intensité des projecteurs se prêtant mal aux observations dans un faisceau non atténué.
- Cycle luni=solaire de 334 ans. — M. Auric, expose que 334 années comprennent à très peu près 4131 lunaisons; cette même durée est aussi celle de 15 périodes des taches solaires, de 37 périodes du déplacement du périgée lunaire, de 18 périodes du déplacement du nœud ascendant de l’orbite lunaire. Il en déduit l’importance du cycle de 334 années au point de vue des prévisions météorologiques à long'terme. C’est malheureusement là un domaine dans lequel il faudra des millénaires avant que l’on puisse vérifier la valeur de cette hypothèse et de toutes celles qui ont été faites sur le même sujet.
- Séance du 22 juin 1932.
- Rendement sur les machines électrostatiques. —
- Il est difficile d’obtenir avec les machines électrostatiques un rendement de 25 w par kg de rotor. M. Jolivet montre que ce mauvais rendement massique provient de la faible rigidité électrique de la lame d’air qui sépare le rotor du stator; en faisant fonctionner les machines électrostatiques dans des gaz comprimés on en améliore très sensiblement le rendement. Dans de l’air à une pression de 4,5 kg par cm2, l’auteur est parvenu à obtenir un rendement de 142 w par kg de rotor.
- Forçage du muguet. — Le muguet forcé en plein hiver ne croît que très lentement si on ne stimule pas sa végétation par des vapeurs d’éther. M. Quetel expose qu’il convient d’éthériser uniquement les bourgeons; en opérant sur le muguet à grandes fleurs vers 23-25° la dose favorable et de 0 gr, 4 par litre d’air agissant pendant 48 heures. Au début de l’hiver seules les hampes florales se développent, plus avant dans la saison on obtient, au contraire, des plantes normales. La teneur en azote des plantes forcées croît très rapidement dès la reprise de la végétation, cette augmentation étant surtout très sensible pour l’azote soluble.
- Hydratation de Purée. — M. Toporescu annonce qu’il est parvenu à obtenir l’hydratation de l’urée en plaçant une solution à 2 pour 100 dans un dialyseur plongé dans de l’eau salée et en maintenant l’appareil à 40° pendant 24 heures. La teneur des liquides en carbonate d’ammonium est alors de l’ordre du dix-millième; elle est plus élevée dans la solution salée que dans le dialyseur.
- Séance du 6 juillet 1936.
- Séismes profonds. — On admet en général, depuis Turner, que certains séismes ont un foyer très profond. La détermination de cette profondeur peut être faite par plusieurs méthodes (Isolignes S.-P., ondes réfléchies au voisinage de l’épicentre, ondes réfléchies à la surface du noyau). M. Bois a effectué des calculs et comparé ses résultats avec les valeurs obtenues par ailleurs. La profondeur des foyers voisins du Japon atteindrait fréquemment 300 à 400 km. et aurait même dépassé 600 km. pour le séisme du 10 mars 1930.
- Vaccination charbonneuse. — La vaccination charbonneuse pastorienne est réalisée par l’injection successive d’un premier et d’un second vaccin dont les virulences sont différentes. MM. Ramon et Staub montrent que l’on obtient chez le mouton une longue immunité par une seule injection de 1/4 de cc. de la culture atténuée, correspondant au premier vaccin de Pasteur, additionnée de 2 pour 1000 de gélose et de 1 ou 3 pour 100. d’alun. La protection est réalisée dès le quatrième jour et persiste au bout de 8 mois-
- L. Bertrand.
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- ; LIVRES NOUVEAUX
- Les définitions modernes de ta dimension, par Georges Bouligand, professeur à l’Université de Poitiers. Actualités scientifiques et industrielles. Exposés d’analyse générale, publiés sous la direction de Maurice Fréchet. 45 pages. Librairie Hermann et Cie, 1935.
- La notion de dimension d’un ensemble de points est susceptible de diverses définitions. Le livre contient un exposé des recherches de 11. Poincaré et de M. Fréchet et de Hausdorff, sur cette question.
- Les phénomènes photo=é!ectriques et leurs applica= tions, par G.-A. Boijtry. Tome I. Phénomènes photoémissifs. 1 broch. 100 p., 20 fig. Prix : 20 l'r. — Tome IL Cellules pho-toémissives. 1 broch. 60 p., 18 fig. Prix : 15 fr. — Tome III. Photoconductivité. 1 broch. 84 p., 18 fig. Prix : 20 fr. — Tome IV. Différences de potentiels photoélectriques. 1 broch. 54 p., 32 fig. Prix : 15 lr.—Tome V. Photomètre photoélectrique (mesure des courants). 1 broch. 52 p., 23 fig., Prix : 15 fr. — Tome VI. Photomètre photoélectrique (mesure des flux). 1 broch. 72 p., 21 fig. Prix : 15 fr.
- Les phénomènes photoélectriques étudiés ici sont ceux dans lesquels l’énergie lumineuse se transforme en énergie électrique utilisable sans modifications chimiques apparentes.
- L’ouvrage embrasse ainsi une vaste classe de phénomènes qui ont fait l’objet, en ces dernières années, de recherches fort nombreuses et qui donnent lieu dès maintenant à une foule d’applications.
- L’auteur a fait dans son travail un véritable bilan des résultats expérimentaux aujourd’hui acquis.
- Les titres des fascicules qui composent l’ouvrage indiquent les grands chapitres qui y sont traités. L’exposé, appuyé sur une vaste documentation, est d’une parfaite clarté. Ajoutons que chaque chapitre est suivi d’une bibliographie et qu’un répertoire de noms d’auteurs complète ce livre, qui, sans aucun doute, rendra de grands services.
- Les systèmes oscillants, par J. Granier, professeur à la Faculté des Sciences de Besançon. 1 vol. 215 p., 114 fig. Dunod, Paris, 1936. Prix, broché : 45 fr.
- Dans les programmes classiques d’enseignement, la théorie des phénomènes oscillatoires est successivement étudiée en mécanique, en acoustique, en optique et en électricité.
- Rompant avec ses anciennes habitudes, l’auteur a adopté un plan séduisant : examinant successivement les systèmes à un ou plusieurs degrés de liberté, il mène parallèlement dans chaque cas l’étude des oscillations mécaniques, acoustiques ou électriques, met en évidence l'identité de leurs lois et opère lés rapprochements nécessaires, éclairant les uns par les autres des phénomènes au premier abord très dissemblables.
- Cet exposé méthodique, où les développements mathématiques n’occupent que la place strictement indispensable, sera lu avec profit par tous ceux qu’intéresse l’étude des mouvements vibratoires.
- Les conceptions actuelles delà physique, par A. Boutaric.
- 1 vol. 289 pages. Flammarion, Paris, 1936. Prix : 12 fr.
- Les théories physiques, écloses en ces dernières années sous la poussée des nouvelles découvertes, soulèvent des problèmes philosophiques qui ne peuvent laisser indifférent aucun esprit cultivé. Notre savant collaborateur a déjà présenté ici même, avec une clarté que nos lecteurs ont pu apprécier, les principaux aspects de ces principaux problèmes : ils trouveront dans son nouveau livre un exposé d’ensemble dont la lecture est réellement captivante.
- Carte géologique du massif du Mont=Blanc (partie française) à l’échelle du 1/200 000 e par Paul Corbin et Nicolas Oulianofp. Feuille : Talèfre. Carte en couleurs avec notice explicative. Librairie G. Jacquart. Saint-Maur-des-Fossés (Seine). Prix: 20 fr.
- La feuille de Talèfre est la huitième de la carte géologique du massif du Mont-Blanc (chaîne des Aiguilles Rouges comprise) au 1/20 000 e. La base topographique a été établie et dessinée par la Société française de Stéréotopographie, qui a utilisé les triangulations Vallot et Helbron-ner; l’équidistance des courbes est de 20 m. Cette carte intéresse les alpinistes comme les géologues. La surface du sol étant occupée en majeure partie par des glaciers (glaciers d’Argentière, des Rognons, du Mont-Blanc, du Dru, de la Charpoua, de Talèfre, de la Thendia, de Trélaporte) et la Mer de Glace, les formations géologiques sont en grande partie masquées. Le Primaire le plus ancien est représenté par des schistes et gneiss à biotite. Une bande de calcaires anciens fortement gréseux et schisteux est incluse dans le gneiss à biotite et apparaît seulement sur le bord nord du glacier du Mont-Blanc. La principale formation qui se rencontre dans les limites de la feuille est une roche granitique dite protogyne, avec différents faciès : granités à grain gros-
- sier ou moyen, avec ou sans tendance à la structure porphyrique, microgranite çà et là avec structure phorphyrique, aplite. La protogyne est plus récente que les schistes (gneiss), car elle les injecte. Les masses granitiques montrent çà et là des zones riches en enclaves de roches schisteuses cornées, de lits de quartz, d’épidote, de biotile, etc... Une partie des filons de quartz semble attribuable au tertiaire. Les dépôts quaternaires couvrent des espaces importants, mais sous une faib'e épaisseur, ils sont constitués par du glaciaire remanié, du glaciaire actuel (crêtes morainiques, moraines de névé) et des éboulis. Au point de vue tectonique, quatre plissements sont reconnaissables; le plus ancien est probablement antécambrien, le second est hercynien du premier stade (c’est-à-dire avant la sédimentation du Westphalien supérieur), le troisième est hercynien du deuxième stade (antétria-sique), le quatrième est alpin. C’est seulement au Tertiaire, grâce au mouvement orogénique alpin que la masse granitique du Mont-Blanc est apparue à la surface. Les faibles les plus importantes sont indiquées sur la carte.
- La carburation, les carburateurs, par A. Bernard. 1 vol.,
- 126 p., 90 fig. Dunod, Paris, 1936. Prix : 15 fr.
- Cet ouvrage, très clair, écrit pour les débutants, décrit les appareils les plus courants, explique leur fonctionnement et donne leur réglage. Il s’adresse à tous les conducteurs — professionnels et amateurs — qui veulent obtenir la marche la plus économique de leur véhicule, sans faire de fausses manoeuvres.
- Binführung in die Angewandte Akustik, par MM. Dr J. von
- Braumuhl et W. Weber. 1 vol. 216 pages, 154 fig., S. Hirzel,
- Paris, 1936. Prix, broché : 9,2 R. M.
- Après un rappel des définitions des grandeurs acoustiques, l’ouvrage passe en revue un certain nombre d’appareils et de procédés qui jouent un rôle essentiel dans l’acoustique appliquée : microphones de divers types, haut-parleurs, mesures acoustiques; procédés d’enregistrement sonore. Toutes ces questions sont étudiées sobrement,-mais dans un esprit réellement scientifique et les chapitres qui leur sont consacrés contiennent l’essentiel de ce qu’il faut savoir pour comprendre à fond le fonctionnement des appareils ou la mise en œuvre des procédés. L’ouvrage se termine par un bref aperçu sur le spectre acoustique de la voix, des sons des instruments de musique, l’acoustique architecturale, et enfin par un utile chapitre sur le mécanisme de la transmission des sons à distance.
- Modem Radio Servicing, par A. A. Ghirardi. l vol. 1300 p.,
- 706 fig., Radio & Technical Publishing C°, 45, Astor Place, New
- York City, 1935. Prix : 4 dollars.
- Voici un ouvrage sans équivalent pour l’instant dans la littérature technique française. Par les mots « Radio Service » l’auteur comprend tout le domaine technique de la mise au point, de l’entretien et de la réparation des postes radioélectriques. L’auteur expose d’abord les procédés généraux de mesures électriques, pratiquement utilisables dans ce domaine avec les indications nécessaires au technicien pour construire au besoin lui-même les appareils.
- Cette partie, fort bien comprise, est d’une utilité évidente. L’auteur aborde ensuite dans le même esprit, le domaine plus spécial de l’essai individuel des lampes, du contrôle des récepteurs, des oscillateurs. La deuxième partie est consacrée au dépistage des troubles ou des causes de pannes dans les postes; elle est très complète et très logiquement ordonnée; signalons en particulier d’intéressants chapitres sur le réglage des postes après un long service. Dans cette partie, un dernier chapitre est consacré à la réparation des organes individuels d’un poste.
- La troisième partie du livre est consacrée à des appareils spéciaux : récepteurs sur automobiles; récepteurs toutes ondes, réceptenrs radio-maritimes, appareils antiparasites; haut-parleurs à grande fidélité.
- L’ouvrage rassemble une copieuse documentation, tenue au courant des plus récents progrès de la technique.
- Radiesthésie et radio=physique. L’étude du rayonne=
- ment des forces et de la matière, par H. Mager, 1 vol.
- 118 p., 25 fig. Dunod, Paris, 1936. Prix, broché : 18 fr.
- L’auteur condamne là radiesthésie, pour faire l’apologie de la radiophysique. Celle-ci est l’étude des radiations émises par les corps minéraux, végétaux, ou animaux. L’auteur énumère des radiations, qui ne se confondent avec aucune de celles que décèle, ou mesure la physique classique. Mais on chercherait en vain dans son livre la preuve de leur existence réelle, ou la description précise des expériences qui les mettent objectivement en évidence, ou encore l’exposé critique des méthodes de mesures. L’auteur procède par affirmation. Pour le suivre, il faut croire; mais comme il le dit lui-même, le lecteur français a la rage de comprendre. Il est peu probable qu’à cet égard la lecture du nouveau livre de M. Mager lui donne satisfaction.
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- L’AUTOMOBILE PRATIQUE EL
- NOUVEAUTÉS TECHNIQUES - CONSEILS PRATIQUES
- LES ACCIDENTS DUS AUX DÉFAUTS DE LA ROUTE
- Les statistiques récentes des accidents graves d’automobiles montrent qu’une grande partie d’entre eux, 530 pour 1000 par exemple en 1934-1935, sont dus à la faute des conducteurs : excès de vitesse, manque d’observation des règlements, imprudence, inexpérience, défaut d’éclairage, insuffisant ou éblouissant. Une partie importante, 279 pour 1000, proviendrait de l’imprudence des autres usagers de la route; une faible proportion, soit 23 pour 1000, devrait être attribuée à des causes mécaniques, quelques-uns à des causes imprécisées (67 pour 1000) et, enfin, un certain nombre, soit 101 pour 1000, à l’état de la route ou aux conditions atmosphériques du moment.
- Peu d’accidents sont donc imputables exclusivement aux défauts de la route; mais, bon nombre d’entre eux sont pourtant bien souvent aggravés ou facilités par ces défauts.
- Tout notre réseau routier n’a pas été établi malheureusement pour la circulation automobile et sa transformation ne peut se faire que peu à peu. Beaucoup de routes sont encore trop bombées-, comme elles sont généralement recouvertes d’asphalte, les chaussées sont rendues glissantes sur les bas-côtés, d’où grand danger de dérapage en temps de pluie. Pour cette raison, les usagers de la route se résignent difficilement à suivre ces bas-côtés, et livrent tardivement passage aux voitures qui les dépassent, ce qui accroît encore les difficultés de la circulation.
- Dans d’autres régions, les virages sont mal tracés, et mal équilibrés; ils tendent à « chasser » la voiture en dehors delà route, au lieu de la ramener dans la zone normale, et sont donc trop « courts ». L’équilibre du véhicule dans le sens horizontal, comme dans le sens vertical, devient ainsi très difficile à maintenir, malgré l’habileté du conducteur et les qualités de la voiture, si la vitesse est trop grande.
- Le goudron frais insuffisamment recouvert de gravier au moment des travaux, constitue une des plus graves causes de dérapage, et bien souvent, malheureusement, ce revêtement n’est pas indiqué d’une manière suffisamment visible.
- Sur trop de routes et, en particulier, dans trop de villages, il existe des cassis traversant la chaussée, et mal signalés. Le passage à grande vitesse risque alors de causer des ruptures de ressorts ou même de ponts arrières. Si le cassis est en biais, il peut amener une déviation brusque et involontaire de la direction, dirigeant la voiture sur les passants qui se trouvent à proximité.
- Les dos d’âne sur certaines routes sont également dangereux lorsqu’ils sont trop accentués, parce qu’ils provoquent de véritables bonds des voitures rapides. Mais c’est sans doute le manque de visibilité des nombreux passages à niveau qui cause le plus d’accidents graves; les barrières sont fermées ou peu visibles, ou bien la barrière est restée ouverte lorsque le train est signalé. Ce danger ne pourra être supprimé qu’avec la transformation des passages à niveau; il pourra pourtant être réduit si l’automobiliste veut bien être prudent : ralentir avant de s’engager sur la voie, et consacrer quelques secondes auparavant à l’examen des environs.
- Les tramways constituent, de même, une gêne indéniable pour la circulation, puisqu’ils suivent le milieu de la chaussée, et conservent un droit constant de priorité. A chaque arrêt, lés automobilistes doivent donc s’arrêter pour laisser descendre les voyageurs. En d’autres endroits, les lignes de tramways sont un danger constant par leur changement d’orientation brusque; l’automotrice, peut ainsi brusquement traverser la
- chaussée, sans que les conducteurs des voitures suivantes ou qui s’avancent en sens inverse en soient avertis en quoi que ce soit.
- Le remplacement progressif des tramways par des autobus améliorera certainement la circulation. De même, la circulation des voitures hippomobiles, et même des voitures à bras, devrait être réglementée plus sévèrement, sinon interdite dans les voies les plus fréquentées.
- Le problème de la circulation qui, a trouvé une solution provisoire dans les grandes villes, grâce aux efforts des spécialistes, commence aussi à se poser en banlieue, et il doit être examiné avec une attention particulière sur route; de sa solution dépend en grande partie la réduction du nombre des accidents.
- La vraie difficulté du problème réside dans la largeur insuffisante des routes et des rues tracées à un moment où l’automobile n’existait pas encore. Malgré de sérieuses améliorations apportées aux sorties de Paris par exemple et à plusieurs routes nationales, la grande majorité de nos routes ne se prête qu’au croisement facile de deux voitures hippomobiles d’encombrement normal, circulant à une vitesse inférieure à vingt kilomètres à l’heure.
- La circulation des poids lourds est à cet égard particulièrement préoccupante ! Leur longueur souvent très grande est rendue encore plus sensible par l’addition des remorques. Ils roulent pourtant à une vitesse élevée de l’ordre de 70 km à l’heure au moins; le champ d’observation du conducteur enfermé dans sa cabine est souvent réduit, plus encore à l’arrière évidemment qu’à l’avant. Le signalement de ces véhicules, la nuit, reste insuffisant malgré les nouvelles prescriptions du Code de la Route.
- Une réglementation très stricte de la circulation des poids lourds est donc indispensable, si Ton veut réduire les accidents. Il en est de même des auto-cars qui sillonnent désormais toute la France et les colonies, avec cette aggravation que ces derniers transportent généralement de nombreux passagers, tandis que le camion ne porte généralement que le conducteur et son aide.
- Devant l’insuffisance des voies de communication, et tout spécialement des routes avoisinant les grands centres, on a songé à établir des routes spéciales pour automobiles. Le trafic automobile est, en effet, un problème vital dans une région surpeuplée comme la région parisienne. Dans un rayon de 200 km autour de Paris, on peut compter presque le tiers des automobiles circulant en France.
- En Italie et en Allemagne, on a réalisé déjà un grand nombre d’autostrades de grande largeur, au tracé aussi rectiligne que possible, qui ne traversent pas les villes, et ne servent qu’à la circulation automobile. Ce sont, en général, des voies à péage, et l’automobiliste qui veut les suivre doit payer un droit d’usage relativement modique.
- Pour le moment, de telles réalisations ne semblent pas envisagées en France, et l’élargissement des grandes routes nationales constituera déjà un progrès remarquable.
- Il ne suffit pas, d’ailleurs, d’étudier l’amélioration des voies de communication; il faut encore que les réglementations de la circulation soient modifiées en correspondance. Que faudrait-il donc faire pour augmenter encore la sécurité de la route ?
- L’automobiliste imprudent, le « chauffard », comme on dit vulgairement, devrait avoir l’impression que toute infraction au Code de la Route est suivie immédiatement d’une sanction méritée. On pourrait peut être songer sous ce rapport à créer
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- une « police de la route », moins visible, et, par suite, plus efficace que la police officielle en uniforme, ou même que le corps spécial des gendarmes motorisés affectés actuellement plus spécialement à la surveillance de la circulation.
- Il est bon de rappeler à ce propos les vœux adoptés par les congrès de la Sécurité de la route et qui se rapportent spécialement aux poids lourds.
- Le gabarit des voitures de transport ou des auto-cars devrait être ainsi révisé, aussi bien en largeur qu’en hauteur, et les remorques autorisées sur route devraient être également réglementées.
- Le conducteur des poids lourds devrait aussi être en mesure d’avertir la voiture qui vient derrière au moment du dépassement, que son appel a été compris, et qu’il va se ranger, pour lui permettre de le doubler. Pour les grosses voitures, le champ de visibilité accessible au conducteur devrait également être amélioré, et, en particulier, la visibilité à l’arrière rendue plus facile et plus large.
- La question de l’éclairement des phares, enfin, malgré les progrès réalisés, n’a pas encore reçu une solution définitive.
- LES PRÉCAUTIONS A PRENDRE CONTRE LE VOL
- La majorité des conducteurs d’automobiles sont en même temps propriétaires de la voiture qu’ils conduisent; ils sont bien souvent obligés de la laisser en stationnement sans surveillance directe; des précautions contre le vol, surtout dans les grandes villes, sont donc indispensables.
- Bien entendu, toute automobile doit être assurée contre le vol; le montant de la prime d’assurances est relativement peu élevé.
- Mais, assurée ou non, une voiture doit toujours être préservée autant que possible contre le danger des vols. Il est bon de fermer soigneusement les portières d’une voiture à conduite intérieure, mais la précaution n’est pas toujours suffisante. La clef servant à ouvrir ses portières est souvent d’un modèle très simple, bien connu des spécialistes du vol d’automobiles.
- Il est bon également d’enlever la clef de mise en marche du dispositif d’allumage, mais cette précaution n’est pas non plus suffisante. Sur les voitures modernes comportant l’allumage par bobines d’induction et batterie, la clef de contact commande l’envoi du courant dans la bobine d’induction; malheureusement, le modèle en est presque toujours très simple, et plus ou moins analogue pour tous les modèles de voitures de même marque, et de la même série. Pour un spécialiste, il n’est, d’ailleurs, pas très difficile de soulever le capot, et de modifier la connexion électrique correspondante.
- Toutes les précautions reviennent à empêcher, en général, la mise en marche de la voiture. Mais, même si ce résultat pouvait être atteint, il n’en résulterait pas toujours une sécurité absolue !
- Quelques bandes de voleurs ont organisé de véritables entreprises pour l’enlèvement des voitures, avec des camions, et même des treuils analogues à ceux qui sont employés par les dépanneurs professionnels ! Ils s’approchent ainsi des voitures en stationnement, la nuit de préférence, et dans des endroits assez isolés, en se donnant l’apparence de mécaniciens dépanneurs.
- Ils n’essavent même pas de mettre en marche la voiture; ils soulèvent simplement le train avant à l’aide du treuil, ou du palan, et s’empressent de s’éloigner.
- A défaut de dispositifs protecteurs, généralement compliqués, la fermeture des portes au moyen d’une serrure de sécurité, et après avoir relevé à fond toutes les glaces, demeure le procédé courant. Dans toutes les carrosseries actuelles, trois
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- des portes se verrouillent par l’intérieur, et seule la quatrième généralement la porte de l’avant, près de la direction, est fermée par une serrure placée au centre de la tige de la poignée, ou à côté d’elle.
- Il est recommandé de toujours fermer les portes, même au garage, ne fût-ce que par précaution, et pour dégager sa responsabilité en cas de vol. Si l’on est assuré contre le vol, la responsabilité de l’assurance est sans doute complète, quelles que soient les circonstances. Il n’en est pas tout à fait de même pour la responsabilité du propriétaire relativement aux accidents causés aux tiers par les voleurs; à cet égard la jurisprudence n’est pas encore établie très nettement.
- Il y a quelques années, lorsque la voiture volée, mal dirigée par son conducteur d’occasion, causait des accidents à des tiers, le propriétaire était considéré comme civilement respon-table des accidents causés, s’il n’avait pas pris les précautions nécessaires pour éviter le vol de sa voiture, en particulier s’il n’avait pas fermé les portes à clef.
- La jurisprudence l’écente paraît avoir heureusement évolué à cet égard; quoi qu’il en soit, prenons donc toujours cette précaution simple, bien qu’elle ne soit pas d’une absolue efficacité; elle a en tout cas l’avantage d’éviter que des conducteurs d’occasion puissent s’emparer de la voiture pour des essais inopportuns et ce résultat est déjà appréciable.
- COMMENT ÉVITER LE BROUTAGE DES FREINS
- Le broutage des freins se manifeste,d’abord, par un bruit désagréable au moment du serrage des patins; en outre, il peut créer un danger parce qu’il supprime la régularité du serrage.
- Un frein broute lorsqu’il se produit des adhérences irrégulières et temporaires entre le patin et la surface interne du tambour. Ces irrégularités de contact proviennent de différentes causes.
- Le défaut de concentricité entre les sabots et le tambour, ou un voile de ce dernier, sont assez fréquents; le seul remède consiste alors à supprimer ces défauts mécaniques. Le premier est difficile à faire disparaître sans une rectification malaisée en dehors de l’usine; le deuxième peut généralement être corrigé dans un garage.
- Le voile est dû à un choc ou même à la résistance insuffisante du tambour qui se déforme sous l’action du freinage. Cette déformation peut devenir permanente, et le broutage apparaît,
- Il ne suffit donc pas, dans ce cas, de rectifier la surface du tambour; il faut le renforcer au moyen d’une frette constituée par une pièce en acier exerçant son action sur le bord du tambour où les déformations sont maxima.
- Fort heureusement, le broutage n’est pas dû toujours à des déformations permanentes; il peut provenir de l’inégalité de répartition des pressions de freinage sur le pourtour des sabots. La pression est maxima près de l’axe d’articulation; on peut donc vérifier les garnitures aux environs de l’axe, et les amincir, s’il y a lieu.
- Enfin, le broutage peut être produit par les débattements des roues produisant des déplacements du levier de commande de la came de frein et, par suite, des variations de l’effort de freinage. Ce défaut est dû à une étude imparfaite du système de commande et, seul, le constructeur peut y remédier.
- Tout broutage violent doit être corrigé, puisqu’il détermine de graves inconvénients mécaniques; par contre, si ce phénomène ne se manifeste que par un bruit plus ou moins gênant au moment de l’arrêt, on peut aisément y remédier, comme nous l’avons déjà fait remarquer dans nos chroniques, à l’aide d’un dispositif amortissant les vibrations du tambour, et constitué généralement par un collier à ressort fixé , tout autour de la surface extérieure de ce dernier.
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- Fig. 1. — La remorque en acier « Fidèle ».
- L’INDUSTRIE AUTOMOBILE AMÉRICAINE ET L’INDUSTRIE FRANÇAISE
- Les techniques américaines et européennes se pénètrent rapidement. Néanmoins, il subsiste des différences plus grandes qu’on ne l’imaginerait au premier abord entre la construction américaine et la construction européenne.
- Les Etats-Unis
- Fig.‘,
- Mode d’attache de la remorque « Fidèle ».
- ont la plus grande production du monde. Le nombre des automobiles en circulation y dépasse 25 millions et la production de l’année 1935 (usines canadiennes comprises) a atteint 4 150 000 unités.
- Le nombre des constructeurs est cependant relativement faible, puisqu’une dépasse pas 28 ; le nombre de modèles différents est encore plus réduit. Il ya au total en effet 66 modèles de châssis , soit une moyenne de 2,3modèles par firme.
- Une évolution parallèle, involontaire malheureusement, s’est déjà
- manifestée en France. Le nombre des constructeurs s’est réduit chaque année, et la construction en série a amené la réduction du nombre des modèles. Malgré tout, la normalisation n’a pas encore atteint le niveau américain.
- Le prix élevé des carburants, augmenté en France par les impôts de consommation de plus en plus lourds, attire actuellement l’attention de la clientèle moyenne et, par conséquent, celle des constructeurs, sur le moteur à 4 cylindres, plus simple et plus économique. Il n’en est pas de même aux Etats-Unis, où le moteur à 4 cylindres est presque abandonné. Le moteur à 8 cylindres a désormais pris l’avantage, puisqu’il équipe plus de la moitié des modèles, alors que le 6 cylindres n’en équipe qu’un tiers, et le 12 cylindres 10 pour 100. Au point de vue du nombre des voitures produites, c’est pourtant le 6 cylindres qui est en tête, mais il est suivi immédiatement par le 8 cylindres.
- Pour les mêmes raisons fiscales, le moteur de faible cylindrée est toujours, en honneur en France, où l’on s’efforce d’obtenir le meilleur rendement en adoptant une vitesse de régime élevé, et un taux de compression maximum. En Amérique, le moteur à forte cylindrée est toujours en honneur, et il n’y existe plus guère qu’un seul modèle de cylindrée inférieure à 2 litres. La plupart des modèles ont une cylindrée comprise entre 3 et 4 litres, et beaucoup dépassent 5 litres.
- Le bas prix du carburant est en correspondance avec le prix peu élevé des voitures. On peut avoir une 4 cylindres pour 6000 fr et une 6 cylindres pour moins de 7000 fr; une 8 cylindres coûte moins de 8000 fr ! Presque toutes les voitures vendues valent moins de 11 000 fr. Cela n’empêche pas d’ailleurs la production de voitures de très grand luxe valant plus de 100 000 fr.
- Ce formidable développement n’a été possible que grâce à la modération fiscale. La moyenne des impôts par voiture est de l’ordre de 750 fr par an, ce qui rapporte au total tout de même plus de 18 milliards !
- Malgré une faible taxe sur l’essence, le prix moyen est demeuré de l’ordre de 2 fr 50 par bidon de 5 litres, et la consommation augmente chaque année. Grâce à cette modération, les usines automobiles peuvent occuper plus de 5 000 000 d’ouvriers, sans compter ceux qu’occupent les industries annexes.
- UNE REMORQUE PRATIQUE
- Il est prudent, même avec une voiture robuste et sûre, de songer aux pannes éventuelles.
- Pour pouvoir se faire alors remorquer, jusqu’au plus prochain garage, il faut avoir à sa disposition une remorque assez résistante dont on manque souvent.
- Un ruban d’acier flexible et inaltérable une fois roulé trouve place facilement dans le coffre de la voiture et peut rendre de grands services. Il s’agrafe et se dégrafe facilement à l’aide de crochets d’acier, comme le montre la figure 1. Il suffit de dérouler la remorque, puis de doubler 20 ou 30 cm, cette longueur à doubler dépendant de la boucle désirée.
- On double la partie déjà doublée autour de la partie de la voiture à laquelle on l’accroche ; on emprisonne dans le crochet en glissant à travers son ouverture la boucle faite dans la première opération, et la partie utile de la remorque; plus on tire alors, plus la boucle se resserre. Ce même ruban d’acier peut être également utilisé pour attacher des fragments de ressoi’ts brisés, et pour toute autre réparation mécanique du même genre.
- Ses dimensions transversales sont de 19 X 1 mm, sa section de 19 mm2, sa charge de rupture par mm carré de 65 kg.
- Cet accessoire, par sa légèreté et sa commodité, peut donc rendre de grands services aux automobilistes. L. Picard.
- Adresses relatives aux appareils décrits : Remorque Fidèle. P. Parot, 31, rue des Gravilliers, Paris (3e).
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- NOTES ET INFORMATIONS
- NECROLOGIE Frédéric Wallerant.
- Frédéric Wallerant, né le 25 juillet 1858, à Trith-Saint-Léger (Nord), décédé le 11 juillet 1936, fut un minéralogiste éminent.
- Ancien élève de l’Ecole Normale supérieure, il professa à F Université de Rennes, puis à l’Ecole Normale et à la Sorbonne. Il était membre de l’Académie des Sciences depuis 1907.
- On lui doit des travaux théoriques sur la cristallographie physique, notamment une explication nouvelle des macles produites par action mécanique et une théorie des groupements cristallins. La partie la plus importante de son œuvre consiste en recherches expérimentales sur l’isomorphisme et le polymorphisme, les cristaux liquides, les groupements hélicoïdaux des corps cristallisés, le pouvoir rotatoire des cristaux biaxes.
- ASTRONOMIE
- La comète Peltier (1936 a).
- Nous avons donné précédemment (nos 2980, p. 44 et 2981, p. 91) les renseignements parvenus sur cette comète. La Circulaire 8 H du « Service des Informations rapides » de la Société astronomique de France, annonce que, d’après les observations faites à l’Observatoire de Leyde, les 17 mai, 7 et 21 juin, M. H. Rasmusen a calculé les éléments d’une orbite elliptique, ainsi qu’une éphéméride plus précise que celle donnée au n° 2981. Les éléments de M. Rasmusen assigneraient à la comète une durée de révolution de 4550 ans, très incertaine encore. Les observations ayant servi à ces calculs portent sur un arc de l’orbite observé pendant 35 jours seulement, ce qui est bien peu pour une orbite parcourue en 45 siècles ! Les observations futures rectifieront certainement cette valeur.
- La comète, le 9 juillet, sur les photographies prises par M. F. Baldet à Meudon, montrait une queue diffuse, peu intense, de 1 degré environ de longueur, dans l’angle de position 243°. Magnitude de la tête : 6°,6.
- Ici, dans les Pyrénées, cette comète était bien visible à l’œil nu, du 20 au 25 juillet; elle était très belle dans une bonne jumelle, mais avec une queue fort courte. Cette faible longueur de la queue apparaît également bien sur les photographies. Ainsi le 11 juillet, à l’Observatoire Flammarion, de Juvisy, M. F. Quénisset a noté sur un cliché, une queue de 1°20' seulement; or, c’est la plus grande longueur qu’il ait mesurée sur ses négatifs dont certains ont reçu des expositions de lu 45m au foyer d’objectifs ouverts à //4,5 ou //4,8, et en utilisant des plaques « Superfulgur » de Guilleminot.
- M. F. Baldet, sur des photographies prises à l’Observatoire de Meudon, les 16-17 juillet, a pu enregistrer la queue sur une longueur de 2 degrés. En outre, il a obtenu d’intéressantes photographies du spectre de la comète.
- La comète Kaho (1936 b).
- Voici maintenant la seconde comète de l’année. Le 17 juillet 1936, M. Kaho, à Tokyo, a découvert une comète de 6e magnitude entre les constellations du Lynx et du Petit Lion. C’était un objet diffus, avec condensation centrale, et une queue brillante inférieure à 1 degré. Dans la soirée du 18 juillet,
- M. F. Quénisset, à l’Observatoire Flammarion, de Juvisy, a pu observer cette comète qu’il nota comme « très brillante » (Circulaire n° 9 H. du « Service des Informations rapides » de la Société astronomique de France). Le mauvais temps l’a empêché d’en prendre des photographies ce jour-là et les jours suivants.
- Dans la Circulaire n° 10 II., M. F. Baldet, de l’Observatoire de Meudon, donne d’intéressants renseignements sur la comète Kaho (d’après la Circulaire n° 606 de l’Union astronomique internationale). MM. Whipple et Cunningham ont déterminé une orbite provisoire d’après laquelle la comète serait passée au périhélie le 14 juillet. Les éléments de cette orbite ont permis à M. Jens-P. Moller de calculer des éphé-mérides provisoires : nous les limitons ici aux deux dernières dates données.
- Date
- (0h, T.U.)
- Ascension Dislance
- droite. Déclinaison, au Soleil.
- Distance à la Terre.
- Août 4 9“ 47m,3 + 37°,7' 0,717
- — 8 9“ 45“,2 + 37°,2' 0,779
- 1,535
- 1,618
- La comète s’éloigne à la fois de la Terre et du Soleil; elle se trouve toujours près de l’horizon nord-ouest au début de la nuit. Son déplacement sur le ciel est faible : du 18 juillet au 8 août, son ascension droite a varié de 5 minutes et sa déclinaison de moins de 2 degrés.
- CHIMIE INDUSTRIELLE
- Le caoutchouc synthétique.
- Le problème du caoutchouc synthétique est à l’ordre du jour depuis plus de 30 ans et a donné lieu à de nombreux travaux. On peut dire que l’on dispose aujourd’hui d’assez nombreux moyens pour produire du caoutchouc artificiel. La guerre 1914-1918, notamment, a provoqué de grands elforts pour industrialiser les procédés alors connus. On sait que l’Allemagne, privée de caoutchouc par le blocus, a créé des fabrications de caoutchouc artificiel qu’elle a ensuite abandonnées, au retour de la paix, les produits obtenus étant trop coûteux et de qualité inférieure.
- Depuis lors, les travaux de laboratoire ont continué, et malgré l’abondance du caoutchouc naturel on voit naître en différents pays des usines pour fabriquer du caoutchouc synthétique.
- Au premier rang de ceux-ci, il faut placer la Russie qui fait un grand effort pour se libérer des importations de caoutchouc; le secret est gardé sur les procédés mis en œuvre; mais l’on sait que la Russie a produit 11 200 t de caoutchouc synthétique en 1934; 7 500 dans les quatre premiers mois de 1935 et que la production actuellement prévue est de 40 000 t par an, chiffre suffisant pour satisfaire aux besoins intérieurs actuels du pays.
- L’Allemagne, de son côté, reprend la fabrication du caoutchouc synthétique; des essais récents sur des pneumatiques fabriqués avec cette matière ont été très satisfaisants. Une grande usine est actuellement en voie d’achèvement à Pies-trietz, près de Wottenberg.
- Aux Etats-Unis, il existe une petite usine fabriquant annuellement 500 t de caoutchouc par polymérisation du chlorobutadiène.
- Nos lecteurs savent que, d’autre part, la compagnie Dupont de Nemours a entrepris l’exploitation des procédés synthétiques du Pr Nieuwland.
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- INVENTIONS ET NOUVEAUTÉS
- Secteur
- Capacité
- Transfor-
- mateur
- Relais
- Circuit
- d'utilisation
- Secteur
- Capacité
- Transfor-
- mateur
- Utilisation
- Fig. 1 (à gauche). — Principe de l’appareil Soulier pour la suppression des perles à vide dans les transformateurs.
- Fig. 2 (à droite). — Un montage à plus grande sensibilité.
- Le relais est alimenté par du courant redressé.
- ÉLECTRICITÉ
- Appareil pour la suppression de la consommation à vide des transformateurs.
- Dans les réseaux ruraux de distribution électrique, à courants alternatifs, pour diminuer le nombre des transformateurs dans un périmètre donné, on est souvent amené à employer des tensions à 380 v entre fils de phase, ou de 220 v entre phase et neutre.
- Les tensions élevées ne sont pas sans danger pour l’usager. Elles ont en tout cas un sérieux inconvénient. Comme la tension de 110 v est de beaucoup la plus répandue, les appareils domestiques usuels ont été construits pour cette tension. L’usager qui reçoit son courant sous des tensions exceptionnelles est obligé de se procurer des appareils spécialement construits pour celles-ci, donc plus coûteux et plus difficiles à obtenir.
- Rien de plus simple, en principe, que d’éviter ces inconvénients, puisqu’il suffit de poser un transformateur abaisseur de tension à l’entrée de l’installation; mais, là, on se heurte à un autre inconvénient : la perte à vide du transformateur pendant tout le temps où l’installation ne fonctionne pas, c’est-à-dire bien souvent pendant une grande partie de la journée et de la nuit.
- Fig. 3 (à gauche). — Emploi d’un relais à champ tournant.
- Fig. 5. — Vue d’ensemble de l’appareil Soulier.
- L’emploi d’un appareil automatique n’introduisant le transformateur dans le circuit qu’au moment où son action devient nécessaire et supprimant le courant dans le primaire présente donc un grand intérêt.
- On ne peut, en pratique, interrompre complètement le courant qui traverse le primaire, ni intercaler une résistance ou une inductance qui serait une cause de pertes, mais on peut monter un condensateur. On choisit simplement une capacité très faible de manière à ne produire aucun phénomène de résonance.
- C’est la solution qu’a choisie un inventeur français bien connu, M. A. Soulier, et il a réalisé un relais assez sensible pour mettre le condensateur additionnel en court-circuit dès qu’un faible appel de courant se produit sur le primaire; le relais introduit au contraire le condensateur en circuit dès que le secondaire est ouvert et cesse de débiter (fig. 1).
- Le dispositif doit être, en effet, très sensible pour pouvoir obéir au faible courant qui traverse le circuit d’utilisation du transformateur, lorsque le condensateur est en série avec le primaire. On ne peut augmenter la capacité, car il faut laisser le système aussi éloigné que possible de la résonance qui pourrait se produire entre la capacité et la réactance du transformateur.
- Pour permettre de diminuer le plus possible la valeur de la capacité, et accroître la sensibilité du relais, on peut alimenter la bobine de ce relais, non plus par le courant du secondaire lui-même, mais par un courant redressé, au moyen d’un élément oxymétal par exemple.
- On intercale un transformateur d’intensité, et le relais peut alors être constitué par un système à cadre mobile sensible au milliampère (fig. 2).
- Pour rendre l’appareil industriel, on est cependant conduit en pratique, à remplacer le relais simple par un système watt-
- métrique à mouvement de compteur d’induction, que l’on peut faire démarrer à moins d’un centième de la charge.
- La bobine d’électro-aimant du relais est alors constituée par l’enroulement à gros fil de ce système. L’enroulement à fil fin est relié au primaire du transformateur avec ou sans transformateur de tension intercalé. L’équipage mobile, constitué par le disque conducteur en cuivre ou en aluminium, introduit ou court-circuite le condensateur par suite de son déplacement sous l’action du courant circulant dans l’enroulement à gros fil (fig. 3).
- On augmente encore la sensibilité du système en connectant l’enroulement à fil fin à la ligne d’arrivée du courant avec ou sans transformateur de tension.
- Il peut arriver alors que l’équipage mobile se déplace dans un sens ou dans un autre, par suite du déphasage du courant dans la bobine à gros fil par rapport à celui dans la bobine à fil fin; on dispose donc deux contacts fermés successivement par le rotor du système.
- Le premier contact actionne à son tour un relais à action instantanée à la fermeture et retardé à l’ouverture.
- Sans insister sur le fonctionnement du système, on peut remarquer, en effet, que le contacteur doit rester fermé pen-
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- dant la course du rotor au montent où le transformateur entre en charge.
- C’est, pourquoi, le système est à fermeture rapide et à ouverture retardée de l’ordre de 1/10 de seconde (fîg. 4).
- En pratique, la capacité du conducteur est extrêmement faible, et pour les petits transformateurs ménagers, le relais est moulé dans la boîte même d’un compteur d’induction (fig. 5).
- Si le condensateur est détérioré, il ne peut se produire aucun inconvénient, puisque le transformateur fonctionne simplement de la manière habituelle.
- On trouve bien souvent que la perte à vide d’un transformateur est de l’ordre de plusieurs hectowatts-heure par jour; l’économie est donc notable. L’emploi du courant d’une tension de 25 v seulement serait bien souvent pratique surtout avec les courants alternatifs à 25 périodes, car on peut alors employer des ampoules à incandescence à gros filament, dont l’éclat est plus stable et les dangers d’électrocution sont supprimés.
- Le dispositif que nous venons de décrire, a donc l’intérêt, outre la suppression des pertes à vide, de rendre possible pratiquement l’emploi de ces basses tensions. P. IL
- M. A. Soulier, 7, rue de la Gare, Cachan (Seine).
- CAMPING
- Une tente sûre et confortable.
- La géométrie a parfois des applications imprévues; le colonel Gervais, ayant éprouvé au cours de sa carrière militaire les inconvénients des tentes usuelles dont la résistance ne repose que sur les propriétés d’une toile essentiellement déformable, s’est souvenu des propriétés de l’icosaèdre; ce solide géométrique, réalisé en arêtes articulées, donne un ensemble indéformable offrant un très grand volume intérieur. C’est de cette idée qu’est parti l’inventeur pour créer la tente C. G. (Système Colonel Gervais). Elle a été réalisée sans s’écarter de l’idée première, qui visait la matérialisation des arêtes de l’icosaèdre régulier, pour créer une charpente indéformable, démontable, tout en restant rigide et forte.
- La figure 6 est le schéma de cette réalisation; on y reconnaîtra un icosaèdre dont deux sommets opposés seraient sur une verticale.
- On voit, dans le toit, les 5 faces de la pyramide supérieure, dans les parois latérales les 10 triangles qui relient les deux pyramides. La pyramide renversée qui, dans le bas, compléterait l’icosaèdre, est bien entendu supprimée. Elle serait sans utilité. Pour se représenter l’icosaèdre, il suffit de l’imaginer enterrée dans le sol.
- Cette charpente ou armature, se perd, pour ainsi dire, dans l’épaisseur des parois sans faire d’autre saillie, ni à l’intérieur, ni à l’extérieur, que celle que fait la propre épaisseur des tubes employés pour sa construction : c’est ainsi que même aux nœuds d’assemblage rien d’appréciable n’encombre l'intérieur.
- La triangulation parfaite de l’armature, complétée par l’amarrage au sol, assure à la tente C. G. une résistance énorme aux intempéries. Là, la résistance de la toile n’est plus subordonnée à une bonne qualité ou au bon état du tissu, ni à une forte tension; la toile d’une tente C. G. est seulement posée sans tension sur son armature qui assume la mission de lutter contre toutes les intempéries.
- La force insoupçonnée de l’armature se révèle et se confirme quand on constate qu’à l’intérieur on peut suspendre aux cinq angles intérieurs du toit une toile de couchage, capable d’être chargée à plus de 200 kg, sans compromettre la résistance de l’ensemble.
- Fig. 6. — Schéma moi.lranl 'ossature de la tente C. G.
- Libre de mât central, d’haubanage extérieur, la tente C. G. se prête aux aménagements les plus confortables.
- Haute de plafond en tout points, aérable par le sommet, l’intérieur peut être aménagé en double toile, l’emploi de cretonne imprimée en fait d’attrayants logements.
- S’ouvrant sur une face, la toile flottante peut constituer un auvent qui augmente sensiblement la surface couverte, toujours sans s’encombrer de cordes ou de tendeurs obliques. La toile, se tendant sur le cadre que forme un tirant avec les tubes horizontaux, est soutenue par deux autres tubes verticaux, comme le représente la figure. Ouverte en plus au fond, elle s’aère complètement et rapidement.
- Pour rendre plus logeable, dans une auto, l’armature d’une tente C. G. de grand modèle, les tubes les plus longs peuvent être livrés repliables en deux.
- La tente C. G. assure le confort et la sécurité aux campeurs par ses racines scientifiques.
- En vente chez M. Didier des Gâchons, 33, rue du Départ, Paris.
- Fig. 7. — Aspect intérieur de la lente C. G.
- Grâce à son ossature icosaédrique, elle est assez résistante pour que l’on puisse suspendre, à l’intérieur, une toile de couchage portant deux personnes.
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- BOITE AUX LETTRES
- COMMUNICATIONS
- Adresses relatives aux appareils décrits:
- U Herolar, filtre polariseur pour photographe. Fabricant: Cari Zeiss, à léna (Allemagne).
- Nous recevons du Dr L. Beauvisage, à Montluçon, l’intéressante communication qui suit sur deux sujets qui préoccupent un grand nombre de nos lecteurs.
- A. Déchlorage des eaux. — « Je remarque que dans la Boîte aux lettres de La Nature il vous est souvent demandé le moyen de désodoriser l’eau contenant encore des traces de chlore.
- Vous indiquez le moyen classique qui consiste à ajouter de l’hypo-suliite de soude procédé évidemment très simple, mais qui offre l’inconvénient d’introduire dans l’eau soit une quantité exagérée de réactif, soit une quantité insuffisante.
- Je crois qu’il y aurait intérêt a faire connaître un procédé indiqué par « Chimie et Industrie » (1934, 31, p. 485) et qui certainement ne vous a pas échappé. Il s’agit de l’emploi de tournures de magnésium pour constituer des filtres qui permettent le déchlorage des eaux; la présence de faibles quantités de chlorure de magnésium dans les eaux épurées ne présente aucun inconvénient (on pourrait ajouter qu’elle est favorable à l’organisme si on admet le danger de la carence de magnésium). La consommation de magnésium est très faible, il faut cependant en rajouter périodiquement dans le filtre.
- Le grand avantage de ce système est de fournir de l’eau déchlorée
- en quantité illimitée sans l’intervention de qui que ce soit et sans aucune surveillance; l’installation qu’il nécessite est très simple.
- B. Suppression des poussières au voisinage des radiateurs.
- — Existe-t-il un système pratique et de prix abordable permettant d’éviter la souillure des plafonds et des murs voisins des radiateurs de chauffage central ? Voici, quelques indications que j’ai recueillies :
- 1° Un premier système consiste à entourer le radiateur d’une sorte de gaine qui dirige l’air chaud vers un récipient rempli d’eau dans laquelle il abandonne ses poussières. Le prix de revient de l’installation est assez élevé et il semble que le volume d’air qui circule autour du radiateur doit être fortement diminué par le ralentissement que les chicanes opposent ù son mouvement.
- 2° On préconise également de placer sur les radiateurs des tablettes soigneusement appliquées contre les murs pour renvoyer l’air en avant des appareils; il est difficile d’arriver à un bon résultat : murs non rectilignes, moulures, tuyaux d’alimentation des étages supérieurs sont autant de causes qui empêchent l’application parfaite contre les murs £t chaque passage d’air chaud amène un dépôt de poussières considérable.
- 3° On propose de placer sur les radiateurs des coussins bien appliqués contre les murs. Je crois qu’il serait avantageux de former la partie inférieure de ces coussins d’une étoffe très pelucheuse qui retiendrait une partie des poussières et qu’il serait facile de nettoyer à la brosse ou à l’aspirateur.
- QUESTIONS ET RÉPONSES
- M. P. Ducourt, St-IVIandé. — Rien ne permet de fixer une limite à la divisibilité de la matière. Les dernières hypothèses admettent l’existence de particules plus petites que l’électron. Voir à ce sujet nos articles dans les numéros 2969, du 15 janvier 1936, et 2979 du 15 juin dernier.
- De tout un peu.
- WA, à Paris. —- L’émail blanc de base pour Vémaillage des métaux
- est généralement constitué par ':
- Sable blanc lavé et sec........... 100 grs
- Stannate de plomb................. 200 —
- Carbonate de potasse.............. 80 —
- On lui donne ensuite la coloration appropriée par addition d’un sel métallique : Sulfure d’argent (noir), cobalt (bleu), chrome (vert), antimoine (jaune), or sous forme de pourpre de Cassius (rouge).
- Vous pourrez trouver des poudres prêtes à l’emploi dans les maisons suivantes : Guilbert-Martin, 34, rue Notre-Dame-de-Nazareth — Dumont, 9, rue de la Guadeloupe — Paillette, 4, rue de Panama —-Le Borax français, 64, rue des Mathurins — René Weill, 115, faubourg Poissonnière.
- M. Ernst,à Dijon. — Le mastic suivant qui conserve sa plasticité à la température ordinaire vous donnera très probablement satisfaction pour l’emploi que vous avez en vue :
- Poix de Bourgogne................... 35 grs
- Térébenthine de Venise............. 50 —
- Cire d’abeilles................... . 270 —
- Beurre de cuisine................... 65 —
- Huile de table..................... 25 •—
- Amener doucement à fusion, rendre homogène, puis incorporer :
- Fécules de pommes de terre. . . . 540 grs
- Colorer si besoin et au moyen d’un peu d’ocre rouge ou jaune, noir de fumée ou toute autre couleur minérale.
- Bien malaxer jusqu’à refroidissement complet pour éviter la séparation du pigment.
- M. Lorsignol,à Paris. — Pour mettre votre plâtre à l’épreuve des intempéries, il vous suffira de l’enduire, à plusieurs reprises, au moyen d’une solution assez concentrée d’acide stéarique, dans l’alcool à brûler du commerce.
- Economiquement, si vous en disposez, les bouts de bougies qui sont constitués par ledit acide stéarique pourront être utilisés dans ce but, en ayant soin de laisser déposer les impuretés pour ne se servir que du liquide limpide.
- M. Velut, à Toulouse. — Sous le nom de « Tétraline» on désigne commercialement la tétrahydronaphtaline C10 H1- préparée en hydro-génant le carbure par catalyse.
- C’est un liquide incolore bouillant à 201° C, de densité 0,947, qui fut préparé en grande quantité par l’industrie allemande, pendant la guerre comme substitut des essences de pétrole (carburant pour moteurs) et des essences de térébenthine (vernis et peintures).
- Il émet des vapeurs inflammables d’odeur désagréable, est miscible à l’alcool, l’éther, le chloroforme et constitue un excellent solvant des graisses, des résines, du camphre, du soufre, du caoutchouc;son utilisation dans ce dernier cas, ne serait pas une nouveauté
- N° 327, Rouen. — Vous pourrez préparer une excellente eau denti-
- frice en prenant :
- Alcool à 80°......................... 1250 cm3
- Anis concassé.......................... 50 grs
- Girofle................................ 15 —
- Cannelle............................... 15 —
- Quinquina............................... 5 —
- Cochenille.............................. 2 —
- Laisser macérer huit jours en agitant fréquemment puis filtrer au
- papier1 et ajouter :
- Teinture d’ambre........................ 8 grs
- Essence de menthe....................... 4 —
- A. H. à M. — Sous réserve d’un changement d’adresse possible, vous trouverez l’appareillage désigné sous le nom d’« Autocopiste » chez Mme Vve Dubouloz, 9, bd Poissonnière, à Paris.
- M. Zeraffa, à Alger. — D’après M. Hardy, directeur de l’Ecole Nationale d’Horticulture, le moyen le plus pratique pour détruire les limaces est d’enduire des feuilles de choux de beurre rance ou de graisse et de placer cet appât, le soir, dans le jardin, à 8 ou 10 m de distance les uns des autres.
- Le lendemain de bonne heure, le matin, on recueille les feuilles couvertes de limaces et on noie celles-ci dans un seau contenant de l’eau additionnée de pétrole.
- Le Gérant G. Masson.
- 8-M9- — lmp. Lahurc, rue de Fleurus. g, à Paris. — i5 8 to3ô. — Published in France.
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- N° 2984
- LA NATURE
- 1er Septembre 1936.
- LES ABEILLES EMBAUMEUSES
- En plus du pollen qu’elles vont butiner sur les fleurs, de la cire qu’élaborent les glandes des quatre derniers anneaux de leur abdomen, les Abeilles utilisentparfois la propolis qu’elles récoltent sur les boujj^qpg^
- emmagasinent dans les corbeilles de leurs pattes postérieures, afin de les rapporter à la ruche. Là, des ouvrières les débarrassent de leur fardeau et d’autres se servent de cette matière opaline, brillante et plus ou moins
- Fig. 1 à 4. •— 1. Le sphinx iête-de-mort (Acherontia atropos). — 2. La naissance d’un sphinx. A gauche, l’enveloppe de la chrysalide d'où il vient de sortir. — 3. Abeilles attaquant un sphinx à l'entrée de la ruche. — 4. Un sphinx embaumé à la propolis sur un rayon de ruche.
- de différents arbres tels que les sapins, les peupliers, les châtaigniers ou les saules. Cette substance est si collante qu’elles ne peuvent utiliser pour son ramassage ni les poils, ni les brosses de leurs jambes. Prenant avec leurs pattes antérieures et moyennes les petits fragments d’exsudations résineuses qu’elles ont réussi à détacher grâce à leurs mandibules, elles en font des pelotes qu’elles
- foncée, pour obturer les fentes ou les minuscules interstices de la ruche. En outre, les abeilles emploient la propolis pour embaumer les ennemis qui sont venus les attaquer à domicile et qu’elles ont tués mais dont elles ne peuvent transporter la dépouille.
- Notre objectif ayant pu saisir les « embaumeuses » à l’œuvre chez un apiculteur de nos amis, M. Heury,
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- nous pouvons préciser leur originale technique. Divers entomologistes avaient déjà observé des abeilles en train d’accomplir leur funèbre besogne. Réaumur entre autres écrivait, dans ses célèbres Mémoires pour servir à l’histoire des insectes (Paris, 1740, tome V, p. 442) : « Les abeilles ne souffrent que le moins qu’elles peuvent des corps étrangers dans leur ruche. Quand il s’y en trouve qui ne sont pas d’un poids supérieur à leurs forces, elles les portent dehors. Mais il arrive quelquefois à des insectes et surtout à des limaces mal avisées et à des limaçons peu instruits d’entrer dans une ruche et de s’y promener jusque sur les gâteaux de cire. On ne sera pas étonné que les abeilles n’épargnent pas des ennemis si lourds, qu’à force de piqûres, elles les tuent. Mais qu’en faire après qu’ils sont morts ! Les abeilles ne peuvent pas songer à transporter de si lourds fardeaux; elles craignent cependant les mauvaises odeurs que ces cadavres répandraient dans la ruche en se corrompant. Pour n’y être pas exposées, elles les embaument, elles les couvrent de toutes parts de propolis. M. Maraldi a déjà rapporté qu’il avait vu un limaçon qu’elles en avaient enduit. Partout j’ai vu des faits semblables : plusieurs fois j’ai vu des limaces, dont la peau s’était apparemment un peu desséchée, qu’elles avaient cachées sous une enveloppe de cette résine. J’observai un jour qu’elles avaient employé la même matière pour une semblable fin et avec plus d’économie sur un limaçon. Il avait appliqué les bords de l’ouverture de sa coquille contre un carreau de verre; au moyen de la liqueur visqueuse dont il étoit pourvu, il s’étoit attaché là fixement, comme il se fut attaché dans la cavité d’un mur contre une pierre, pour y rester jusqu’à ce que la pluye l’eut invité à se mettre en marche. Les Abeilles jugèrent à propos de l’y attacher plus solidement qu’il ne s’y étoit attaché lui-même et plus solidement qu’il ne l’eût voulu. Elles appliquèrent une épaisse ceinture de propolis tout autour de l’ouverture de la coquille et contre le carreau de verre. La coquille se trouva donc arrêtée par une matière bien autrement tenace que celle avec laquelle le limaçon l’avoit assujettie et par une matière qu’il n’étoit pas en
- Fig. 5. — Un mulot tué et embaumé dans une ruche.
- son pouvoir de ramollir en répandant de l’eau dessus comme il peut ramollir celle qu’il employé. »
- A notre tour, nous vîmes quelques-unes de nos bestioles récupérer de la propolis sur de vieux cadres de ruches abandonnées dans un coin du jardin, tandis que d’autres s’acharnaient sur un Acherontia atropos, qui essayait de forcer l’entrée de leur logis. Ce papillon, plus connu sous le nom vulgaire de Sphinx tête-de-mort (à cause de la grande tache médiane d’un gris blanchâtre, marquée de deux points noirs qu’il porte sur son thorax et qui lui donne une vague ressemblance avec un crâne humain décharné), mesure de 110 à 140 mm d’envergure. Ses yeux gros, saillants et très brillants, ses antennes noires en dessus avec le bout d’un beau blanc, sa spiritrompe large et courte, ses ailes supérieures brunes saupoudrées de points bleuâtres et sillonnées d’ondulations noirâtres, ses ailes inférieures d’un jaune d’ocre assez vif avec deux bandes transversales noires et son abdomen jaune foncé, coupé par six anneaux noirs faisant le tour du corps, tout contribue à communiquer à cet énorme Acherontidé une physionomie étrange, d’autant plus qu’en outre, il fait entendre parfois un cri aigu. Son organe sonore se trouve placé de part et d’autre de l’abdomen et consiste en une membrane entourée d’une touffe de poils étoilés qui entrent en rotation autour de leur point d’insertion, sous la volonté de l’insecte. Si on joint à cette particularité, rare chez les Lépidoptères, l’emblème lugubre de son corselet, on comprend que les paysans superstitieux regardaient jadis les Sphinx tête-de-mort comme des insectes de mauvais augure. Dans certains comtés de l’Angleterre, aux dires du Dr J. Franklin, les gens de la campagne l’accusaient même autrefois de murmurer à l’oreille des sorcières les noms des personnes prêtes de passer de vie à trépas ! Aujourd’hui, lorsque l’Atropos sort de sa chrysalide, de la fin de septembre au milieu de novembre, et vole lourdement dans les jardins après le coucher du soleil, les apiculteurs se méfient de ce vorace amateur de miel.
- De leur côté, les abeilles lui font une guerre acharnée et quand elles n’ont pu l’aiguillonner à l’entrée de leur habitation elles le tuent à l’intérieur. Une fois l’insecte mort, elles l’embaument. Pour cela, elles le recouvrent avec de la propolis, qui leur permet de le coller aux rayons. Seules, la tête et l’extrémité des ailes n’étaient pas recouvertes de l’enduit résineux sur la «momie» de sphinx tête-de-mort que nous avons photographiée. Par contre, dans une autre ruche à cadre, nous avons découvert un cadavre de mulot complètement enveloppé dans son gluant linceul. Peut-être les « embaumeuses » avaient-elles été dérangées, dans le premier cas, avant d’avoir achevé l’ensevelissement du papillon maraudeur. Du reste, afin de se garantir des Atropos, des Hannetons, des Cétoines, les Abeilles ont soin de construire contre le trou d’envolée deux ou trois rangs de piliers en propolis mélangée de cire. Ces obstacles constituent un passage à travers lequel les mouches à miel peuvent seules pénétrer dans la ruche tandis que les pillards de plus forte taille doivent rester à la porte.
- Jacques Boyer.
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- : : LES SILOS
- Nous voici au tournant d’un grand chemin. La loi sur l’Office national du blé prévoit, non seulement la taxation des prix, mais aussi le rassemblement des récoltes, leur conservation et leur distribution fractionnée à la minoterie par les soins des coopératives.
- Nous n’avons pas à examiner ici les conséquences économiques et sociales d’une telle loi.
- Nous voudrions seulement étudier une des conditions techniques qu’elle impose : la conservation des grains, au sujet de laquelle les techniciens ne sont pas encore tous d’accord.
- LA BIOLOGIE DES MASSES DE CÉRÉALES
- La question a été examinée très complètement l’an dernier par 11. Legendre (x).
- Les grains sont des êtres vivants qui respirent. A l’air, ils consomment de l’oxygène, s’en servent pour brûler le sucre provenant de leur amidon et dégagent de l’acide carbonique. Plus ils respirent, plus ils diminuent de poids. Leur activité augmente avec la température, leur teneur en eau, l’aération.
- A 0°, le dégagement d’acide carbonique est nul, à 10°, il est insignifiant; il est sensible à 18-20° et ne cesse de croître avec la température jusque vers 50°; il peut alors atteindre ou dépasser 100 fois la quantité mesurée à 18° (fig. 1). Il est donc important de conserver les grains au frais ou de les refroidir.
- Des grains secs ne respirent pas, ou à peine; le dégagement d’acide carbonique n’est sensible qu’au-dessus de 14 pour 100 d’humidité; des grains contenant 18 à 19 pour 100 d’eau en dégagent 100 fois plus et des grains mouillés, à 33 pour 100 d’humidité, 2000 fois plus (fig. 2). Il faut donc conserver les grains au sec ou les sécher.
- Des grains placés en vase clos dégagent beaucoup moins d’acide carbonique que s’ils sont constamment aérés par un courant d’air; la différence peut atteindre un ordre de 1 à 10 (fig. 3). Il vaut donc mieux conserver les grains en espace clos, hermétique.
- Voici les trois règles fondamentales à observer : refroidir, sécher, clore, avec quelques réserves que nous verrons.
- Conserver des grains au frais pendant l’hiver et daps les pays froids se fait tout naturellement, mais les conserver froids l’été est autrement difficile. Les masses entreposées sont telles qu’on ne peut envisager de les mettre en frigorifique. Pour limiter leur respiration, on ne peut plus compter que sur leur siceité, ou encore s’efforcer de les refroidir et de les assécher en y soufflant de l’air sec et froid. Le conditionnement de l’air nécessite une installation coûteuse. On préfère profiter des baisses de température, et notamment de la fraîcheur des nuits pour faire passer dans les colonnes de grains un air plus froid qu’eux, à condition toutefois qu’il ne soit pas trop humide.
- Des grains secs se conservent bien, mais il suffit d’une pluie au moment de la moisson ou des battages, d’un
- 1. R. Legendre. — Les céréales. Biologie et applications. Collection Armand Colin, Paris, 1935.
- AÉRABLES
- Température
- Fig. 1. — Dégagement d’acide carbonique par des grains de blé, selon la température.
- brouillard au moment des transports ou des déchargements pour que les grains deviennent humides, parce qu’ils sont hygrométriques. On a bien proposé d’organiser des séchoirs à air chaud, mais leur coût est tel qu’ils ne sont justifiés que dans des pays très humides, tels le Canada ou l’Europe septentrionale.
- En France, ils s’imposent beaucoup moins et l’amortissement du capital engagé est beaucoup plus aléatoire. On préfère assécher les grains par des moyens naturels, en profitant des périodes où l’air est le plus sec.
- Enfin, il y a de multiples avantages à stocker les grains
- Fig. 2. — Dégagement d'acide carbonique par des grains de seigle, selon leur humidité.
- Tem pérature
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- Température
- Fig. 3. — Dégagement d’acide carbonique par des grains d’avoine, en vase clos et dans un courant d’air.
- en masses, plutôt qu’en sacs ou en couches. L’étalement des grains en couches minces sur les planchers des greniers et des magasins n’est possible que pour de petites quantités, dans les fermes peu importantes. Partout ailleurs, il faudrait disposer de surfaces couvertes énormes, nécessitant une surveillance attentive, qui n’évitent pas la respiration intense accélérant la perte de poids. La mise en sacs exige une sacherie coûteuse d’achat et surtout d’entretien; les piles de sacs ne peuvent être trop élevées sans que ceux du bas risquent de s’altérer.
- La solution, depuis longtemps connue, est l’accumulation en vrac, sous forte épaisseur, dans des caves, dans des tours ou dans des silos.
- Toutefois, la conservation en silos rend la surveillance plus difficile et n’évite pas les dégâts les plus considérables dus aux charançons et aux moisissures.
- Contre les charançons, on dispose de divers produits toxiques : sulfure de carbone, tétrachlorure de carbone,
- formiate de méthyle, oxyde d’éthylène, chloropicrine, acide cyanhydrique, etc. Tous ne peuvent agir qu’à l’état de vapeurs transportées par l’air.
- Contre les moisissures, Legendre a indiqué un remède, l’alcalinisation ménagée, qui arrête les fermentations et empêche le développement des microorganismes. On l’emploie en poudrages avant stockage, ou par vaporisation dans l’air, une fois les cellules des silos remplies.
- Enfin, les grains conservés en masses, sans renouvellement d’air, perdent leur pouvoir germinatif bien plus rapidement que ceux aérés, ce qui est un inconvénient quand on ne peut prévoir si le grain ensilé ira à la meunerie ou devra servir' de semence.
- Si bien que refroidir, sécher sont des obligations impératives, mais clore ne peut être envisagé sans réserves, puisque la circulation d’air est nécessaire, bien qu’elle diminue le poids, pour refroidir, sécher le grain vivant, transporter les vapeurs insecticides ou antifermentescibles.
- Les discussions sur les avantages respectifs des silos hermétiques et des silos aérables ne sont pas closes, mais les données les plus certaines indiquent que la solution doit être cherchée dans les silos hermétiques pouvant être aérés.
- LES SILOS
- Nous empruntons à l’ouvrage de Legendre leur histoire.
- C’est vers 1856 que Doyère proposa la conservation des grains dans de grandes caisses cylindriques en tôle, continuées à la partie inférieure par un cône d’écoulement. Le silo devait être enterré dans le sol ou inclus dans un ouvrage de maçonnerie pour éviter les variations de température. Le grain y était entassé jusqu’au haut, en laissant le moins d’air possible, et l’orifice fermé hermétiquement après qu’on avait versé un kilo de sulfure de carbone par quintal pour détruire les insectes. Les silos Doyère furent préconisés, notamment par Haussmann, Louvel, Coignet, etc.
- Efficaces pour les grains très secs, ils étaient dangereux pour les grains humides de nos régions. Aussi vit-on
- Fig. 4. — Divers modes de groupement des cellules d’un silo, vus en plan. Ventilation centrale.
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- presque simultanément paraître, en 1857, un autre type de silo, le grenier Huart, permettant la circulation des grains, auquel Devaux ajouta vers 1862 la ventilation. La manutention militaire de Paris (x) possédait encore de ces appareils. Les silos Huart sont aujourd’hui abandonnés après avoir été sévèrement jugés. Schribaux notamment les estime une méthode de conservation coûteuse et irrationnelle; les grains s’y échauffent facilement; les transferts de cellule à cellule ne refroidissent pas suffisamment; la manutention mécanique est considérable.
- Müntz, puis Schribaux ont préconisé à nouveau l’ensilage'hermétique et l’on est revenu aux silos fermés, construits maintenant en ciment, en forme de tours cylindriques, où l’anaérobiose est cependant tempérée dans la pratique par une surveillance constante des échaufïements et, à la première alerte, par des transferts au cours desquels on applique énergiquement la ventilation, le refroidissement, le dépoussiérage.
- LES SILOS AÉRABLES
- Depuis une dizaine d’années, au contraire, on est revenu, notamment en Allemagne, aux silos aérables dont on a vu paraître des types de plus en plus perfectionnés.
- Il est en effet infiniment moins coûteux et plus efficace de faire passer de l’air à travers les grains en le soufflant que de vider le silo pour amener les grains au contact de l’air. Et comme les traitements doivent être répétés fréquemment sur des grains humides, l’économie devient sensible.
- En outre, on piut souffler de l’air aussi longtemps qu’il est besoin, tandis qu’on ne peut laisser les grains hors de leur cellule sans immobiliser la machinerie.
- La difficulté de l’aération réside ailleurs : tous ceux qui se sont servis de colonnes de distillerie, à rectifier ou absorbantes, connaissent les difficultés de leur bon fonctionnement. Dans une colonne de grains en vrac, l’air parcourt des chemins de moindre résistance, notamment au contact des parois; le reste ne peut être atteint. En outre, les îlots de grains qui commencent à s’altérer, à s’échauffer, deviennent rugueux et offrent une résistance accrue, si bien que l’air passe librement à travers les grains sains qui n’en ont pas besoin, tandis qu’il ne pénètre pas les zones en danger qu’on voudrait justement assécher et refroidir.
- Enfin, quand l’air a traversé une certaine épaisseur de grains, il s’est échauffé et saturé d’humidité et il y a intérêt à l’évacuer aussitôt.
- La ventilation verticale, de bas en haut, la seule pratiquée pendant longtemps, est donc insuffisante; celle horizontale est bien plus efficace et demande moins de puissance. Les progrès ont consisté à simplifier ses dispositifs pour
- Sortie de, lair
- Fig. 5.
- Deux cellules munies d'un tube central d’aêralion.
- majorer le moins possible le coût d’installation, puis en quelque sorte à la compartimenter pour atteindre systématiquement les seules couches en danger d’altération et enfin à faire une aération alternante pour pénétrer toute la masse, malgré les chemins privilégiés le long des parois et dans les zones les plus sèches.
- Fig. 6. — Possibilités d’aération transversale en plusieurs sens dans des cellules de formes
- diverses.
- 1. Elle vient d’être démolie pour faire place aux palais des beaux-arts de l’Exposition de 1937.
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- Fig. 7. — Vu eplongeanle prise du haut d’un silo Lillmann à aération alternante.
- Ces perfectionnements successifs sont apparus dans les silos du système Rank, puis du système Suka (Schulz et Kling). Nous décrirons seulement le dernier paru, le système Dywidag, construit par Dyckerhoff et Widmann, de Berlin après avoir été conçu par le Suisse Littmann, parce qu’il réalise les progrès les plus récents et les plus complets.
- Les cellules d’un silo peuvent être choisies de forme carrée, hexagonale ou ronde pour utiliser au maximum la capacité construite et renforcer la résistance des parois à la pression des grains (fig. 4).
- Quelle que soit la forme, la ventilation peut être prévue au moyen d’une colonne creuse centrale, perforée, reliée à un ventilateur. Sans plus, cette colonne servirait seulement de cheminée, mais si l’on y introduit un piston long, l’air sera forcé de sortir par les trous latéraux au-dessous du piston et de circuler à travers les grains pour rejoindre la colonne au-dessus du piston. On pourra ainsi aérer successivement à divers niveaux tout au moins autour de l’axe, car les grains voisins des parois ne seront guère atteints (fig. 5).
- On atteindra plus sûrement ceux-ci en remplaçant le tube central par plusieurs tubes disposés contre les parois, comme l’indique la figure 6.
- Dans une cellule carrée ou rectangulaire, l’aspect deviendra celui que représente la figure 7. A chaque angle une colonne en ciment s’élève, sectionnée par des disques au-dessous de chacun desquels s’ouvre une fente. Quand le ventilateur est en marche, l’air s’échappe par chaque fente, horizontalement, et s’évacue par la colonne opposée ou voisine. De longs pistons plongeant dans chacune des colonnes permettent de changer le sens des courants d’air, de les diriger uniquement dans une zone où l’on a constaté un début d’échauf-fement, de souffler suivant l’axe ou les bords, etc..
- Bien entendu, rien n’empêche d’ajouter dans la buse du ventilateur des vapeurs insecticides dans le cas de grains charançonnés, des vapeurs alcalines, selon le procédé Legendre, dans le cas d’un début de fermentation.
- Ainsi, l’on est devenu maître de tous les facteurs de conservation des céréales. La surveillance se borne à celle des variations de température des grains pour déceler les moindres alertes d’altération aux divers niveaux. La connaissance de la température et de l’humidité de l’air extérieur permet de choisir le moment le plus favorable pour aérer toute la masse ou seulement les parties en dan-ger.
- La ventilation provoque, quand elle est bien conduite, grâce aux pistons, le refroidissement et le séchage.
- On y ajoute à volonté les remèdes contre les insectes et les moisissures et l’on empêche la mort des grains par asphyxie, qui cause la perte de leur pouvoir germinatif.
- C’est dire assez lés énormes progrès accomplis dans un problème difficile, dont la solution est vitale pour le ravitaillement et l’économie de tous les pays(Q.
- André Bercy.
- 1. Les figures 1 à 3 sont extraites du volume de Legendre. Les céréales.
- Fig. 8.-—Schémas de divers modes d'aération, système Littmann, selon les positions despislonsgetgl De gauche à droite, aération totale, médiane, inférieure et supérieure.
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- LA ROTATION DIFFERENCIEE DU SOLEIL
- I
- On sait que le soleil tourne sur lui-même comme le fait la terre. Ce phénomène est connu depuis longtemps. C’est en observant les taches du soleil qu’on a constaté pour la première fois ce fait important. On l’a ultérieurement confirmé et précisé par des mesures portant sur d’autres éléments de la surface solaire comme les facules, plages brillantes qui entourent les taches — comme les flocculi, très petites taches brillantes répandues sur tout l’astre et constituées par des nuages de calcium — comme les filaments, éléments sombres des photographies spectroscopiques.
- Enfin une étude particulièrement nette de la rotation solaire et qui fournit des données sur tous les parallèles de l’astre depuis l’équateur jusqu’au voisinage assez immédiat du pôle est celle qui fait usage de la méthode spectroscopique en se fondant sur le principe de Doppler-Fizeau. Une même raie spectrale d’un même élément chimique n’apparaît pas tout à fait au même endroit dans le spectre selon qu’on observe le bord Est ou le bord Ouest du soleil. Cela tient à ce que, du fait de la rotation, le bord Est a une vitesse dirigée vers la terre tandis que sur le bord Ouest la surface solaire s’éloigne de la terre. Ce petit écart dans la position des raies qui est de l’ordre de grandeur d’un 1/15 d’Angstroem permet de mesurer la rotation avec une précision de l’ordre du centième.
- Cette méthode spectroscopique présente en particulier l’avantage de s’appliquer à tous les points de l’astre. Il n’en est pas de même des autres : les taches par exemple n’apparaissent jamais au delà du quarantième degré de latitude. En outre, on a des raisons de croire que leurs déplacements ne traduisent pas rigoureusement la rotation du soleil parce qu’elles ne demeurent pas toujours absolument immobiles à sa surface.
- IL — LES LOIS DE LA ROTATION SOLAIRE.
- LA ROTATION DIFFÉRENCIÉE
- Les résultats des différentes méthodes de mesures que nous venons d’indiquer sont pratiquement concordants. Les différences qu’elles présentent peuvent être vraisemblablement attribuées au fait que les taches, flocculi, filaments, etc., n’appartiennent pas au même niveau de la Sphère solaire et ne sont pas exactement animés des mêmes mouvements. Nous ferons état dans ce qui suit, pour fixer les idées, de la rotation décelée spectroscopi-quement et qui est celle de la surface même du disque solaire tel qu’il apparaît nettement limité dans le ciel et qu’on appelle la photosphère. Les filaments dont il a été parlé plus haut ne sont pas des éléments de la photosphère: ce sont des protubérances sombres qui s’élèvent à une grande hauteur au-dessus de la photosphère et qui ne se dessinent sur celle-ci que par un effet de perspective. Leurs mouvements traduisent en réalité ceux de l’atmosphère solaire qui entoure la photosphère.
- Les résultats des mesures de rotation sont les suivants :
- 1° Le soleil tourne autour d’un axe à peu près perpendiculaire au plan de l’orbite terrestre (à 7° près).
- 2° Le sens de sa rotation est tel qu’une tache apparue
- au bord Est du disque solaire se déplace vers le bord Ouest où elle disparaît.
- Pour un observateur qui verrait le système solaire de loin, on peut résumer les deux lois précédentes en disant que le soleil tourne autour d’un axe qui a dans l’espace sidéral une direction assez peu différente de celle de l’axe de rotation de la terre (l’angle est de l’ordre de 25 degrés) et qu’il tourne dans le même sens que la terre.
- 3° Le résultat le plus remarquable, en ce sens qu’il marque une différence considérable entre le soleil et la terre, c’est que le soleil ne tourne pas du tout en bloc à la manière d’un corps solide et en particulier de l’écorce terrestre : il tourne par tranches parallèles à son équateur et d’autant plus lentement qu’on s’éloigne plus de l’équateur; et il ne s’agit pas là de petites différences de rotation : c’est par jours entiers que se compte le retard des diverses tranches au bout d’un seul tour de l’astre sur lui-même. Voici quelques chiffres à ce sujet :
- L’équateur du soleil fait un tour en 25 jours environ. A 60° de latitude solaire la rotation dure presque une
- S0 | Axe de rotation ^xj60
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- Fig. 1. — Loi de rolalion du soleil.
- Schéma montrant les dispositions des différents points d’un même méridien après une révolution complète du point de latitude 60°.
- semaine de plus et le retard sur l’équateur dépasse 9 jours aux environs du pôle (34 jours à la latitude 80°).
- La figure 1 montre les durées de rotation observées aux diverses latitudes et permet de comparer les résultats des observations avec ceux que donne l’application de la loi théorique.
- La figure 2 représente le même phénomène sous une forme plus directe. Elle se compose de deux cercles : celui de gauche montre le disque solaire et un de ses cercles méridiens qui apparaît sous forme d’un simple diamètre rectiligne parce qu’on le suppose passant précisément en face de l’observateur terrestre, au milieu du disque solaire. Le cercle de droite représente le disque solaire 31,3 jours après et ce qu’est devenu le cercle méridien précédent sous l’influence de la rotation différenciée. Sa déformation est énorme et les éléments du méridien d’origine sont maintenant répandus sur près de la moitié du tour de la sphère solaire. La durée de 31,3 jours correspond à une rotation complète du soleil sous le parallèle de 60° de latitude.
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- Le soleil se comporte donc comme une sphère fluide animée d’un mouvement permanent et complexe par couches parallèles glissant les unes sur les autres : c’est ce que traduit le titre du présent article en parlant de la rotation différenciée du soleil.
- Répétons, car la chose est importante, que les observations rapportées ci-dessus s’appliquent à un niveau bien déterminé de la masse solaire, celui de la photosphère, c’est-à-dire du contour géométrique de l’astre tel qu’il apparaît à la vue. Ce niveau a d’autant plus besoin d’être pi'écisé qu’il s’agit d’une masse fluide que ne limite nullement une surface bien définie, comme celle de l’écorce terrestre. Il n’y a pas lieu de s’étendre ici sur les raisons qui font qu’une masse fluide comme celle du soleil peut néanmoins présenter à nos yeux un contour aussi bien arrêté que les sphères solides de la terre et de la lune. Il nous suffit qu’il en soit ainsi et qu’il soit possible de mesurer avec précision les vitesses de rotation de ce contour photosphérique.
- LES CAUSES PHYSIQUES DE LA ROTATION DIFFÉRENCIÉE
- La rotation différenciée du soleil a exercé de longue date la sagacité des chercheurs et c’est encore son explication physique qui fait l’objet du présent exposé. Examinons d’abord de plus près les données numériques (rotations angulaires) qu’il s’agit de relier au moyen d’une loi.
- La loi de variation de la vitesse de rotation du soleil en fonction de la latitude n’est pas une loi simple. Elle n’est représentable, ni par une ligne droite, forme la plus simple et assez souvent exacte en physique, ni même par une parabole, loi moins simple déjà, mais, fréquemment suffisante dans l’étude des phénomènes naturels.
- La figure 1 montre qu’elle est figurée par une courbe en chapeau de gendarme, présentant un point d’inflexion vers le 45e degré de latitude, c’est-à-dire que c’est vers cette latitude que les couches successives de la matière solaire glissent le plus fortement les unes sur les autres. A l’équateur solaire, au contraire, la courbe présente une tangente verticale, la vitesse de rotation passe par un maximum, c’est-à-dire que le glissement différencié est négligeable : les couches successives tournent d’un mouvement d’ensemble, comme si le soleil était un solide indéformable.
- A défaut d’une explication qu’on n’avait pas trouvée à l’époque, les astronomes ont établi diverses formules qui représentent approximativement les variations de la vitesse de rotation avec la latitude. La plus ancienne et la plus connue est celle de Faye. Elle fait intervenir le carré du sinus de la latitude :
- Trouver la cause de la rotation différenciée du soleil, en d’autres termes, montrer qu’elle est la conséquence des grands principes de la Physique et de la Mécanique, paraît a priori difficile, étant donné le peu que nous savons sur la constitution physique de la matière et le fait qu’elle se trouve dans un état physique dont il n’y a aucun équivalent — sur la terre et dans nos laboratoires — puisque nous n’avons jamais réalisé des températures de 6000° qui sont celles du disque solaire.
- Les résultats acquis peuvent être résumés comme suit :
- 1° Le soleil tourne sur lui-même à la manière d’un fluide et non d’un corps solide;
- 2° Le mouvement des couches fluides du soleil est permanent, c’est-à-dire qu’en un même point de l’astre, la vitesse de rotation a toujours la même direction et la même grandeur. Cette proposition n’est rigoureuse que si on fait abstraction des taches solaires; mais celles-ci sont petites, relativement peu nombreuses et on peut les regarder comme étant des perturbations par rapport à un mouvement général des couches solaires qui, lui, serait rigoureusement permanent.
- 3° Le frottement des couches du soleil les unes sur les autres ne manifeste pas son action d’une manière visible. Les mesures les plus précises n’ont montré depuis un siècle, au moins, aucun indice de ralentissement. Ceci ne veut pas dire nécessairement qu’il n’y a pas de frottement dans les masses solaires; dans un tube où l’huile s’écoule, le mouvement de l’huile est permanent mais le frottement s’exerce : il se manifeste par les pertes de charge le long du tube. En d’autres termes encore, l’énergie qui est nécessaire pour vaincre le frottement est fournie par l’abaissement de la pression de l’huile le long d’un filet fluide.
- Le soleil tourne sur lui-même à la manière d’un fluide. On est ainsi conduit à étudier sa rotation au moyen des équations de la dynamique des fluides. On se trouve alors exposé à deux dangers, graves tous les deux : quand on veut tenir compte du frottement, on tombe sur des calculs si compliqués que les équations sont souvent inutilisables. Si on se contente au contraire des équations simplifiées, où le frottement n’intervient pas, elles sont alors, en dépit de calculs qui ne sont pas simples, trop schématiques pour représenter convenablement la réalité.
- IV. — L’HYPOTHÈSE DU MINIMUM DE DISSIPATION
- On a eu récemment l’idée suivante qui, non seulement s’est montrée féconde pour expliquer la curieuse rotation différenciée du soleil, mais s’est révélée ensuite comme douée d’une valeur très générale et propre à recevoir des applications nombreuses dans des domaines difficiles de la physique des fluides naturels, notamment dans la météorologie générale.
- Le frottement ne manifeste pas directement ses effets dans le mouvement différencié du soleil. Cela signifie-t-il que le fluide solaire n’est pas visqueux, que c’est un fluide idéal ? Non. Cette hypothèse serait trop extrême et ne s’accorde pas, en particulier, avec le fait que les taches solaires, petits tourbillons dans la masse solaire, n’ont qu’une durée très limitée (de l’ordre de quelques semaines) et qu’elles s’atténuent et disparaissent sous nos yeux à la manière des tourbillons dans un fluide visqueux.
- Cela peut signifier, au contraire, que le fluide solaire est bien visqueux, mais que les couches contiguës frottent les unes sur les autres dans des conditions particulières, de manière à réduire au minimum l’action destructive du frottement visqueux. En d’autres termes, sachant que la couche équatoriale tourne en 25 jours et la calotte polaire en 35 jours, on peut concevoir une infinité de vitesses pour les couches parallèles intermédiaires.Chacune de ces variantes est représentée par une courbe de distri-
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- — Courbe observée
- — Loi théorique
- —Loi empirique de Faye
- Durées de rotation en Jours
- h'ty. z. — Courbes montrant la concordance des vitesses de rotation du soleil observées et des vitesses calculées par la loi de moindre dissipation.
- bution des vitesses partant de 25 jours pour aboutir à 35 jours. L’action du frottement est différente pour chaque variante et peut être mesurée par un nombre en relation avec l’énergie dissipée par la viscosité. Il y a une variante pour laquelle l’action du frottement est plus petite que pour toutes les autres. On peut supposer que c’est précisément celle-là qui est réalisée sur le soleil.
- * Cette hypothèse se prête au calcul et le calcul de ce minimum (il s’agit de ce qu’on appelle en analyse un calcul de variation), sans être simple peut être mené à bout avec une grande précision.
- L’hypothèse se vérifie d’une manière éclatante, puisque les chiffres auxquels elle conduit concordent avec les observations avec une précision de 1/2 pour 100, précision rarement atteinte dans les mesures de la mécanique des fluides.
- Le tableau ci-dessous résume cette vérification pour les latitudes qui s’expriment en nombres ronds.
- Latitude Formule de Faye Loi de rotation Méthode spectroscopique1
- 0 25,1 25,23 25,2
- 10° 25,3 25,44 25,4
- 20° 25,7 26,06 26,0
- 30® 26,6 27,05 26,9
- 40° 27,5 28,33 28,2
- 50° 28,8 29,80 29,7
- 60° 30,0 31,29 31,3
- 70° 31,1 32,59 32,7
- 80° 31,7 33,47 33,7
- 90° 33,79 —
- La loi complexe de la rotation différenciée du soleil s’explique donc d’une façon à la fois très simple et satisfaisante pour l’esprit : c’est la réaction de défense des couches fluides du soleil contre Vaction retardatrice et dissipatrice de leur viscosité naturelle.
- L’intérêt de cette explication n’est pas seulement dans le fait qu’elle éclaircit avec précision un phénomène important d’astrophysique, qui demeurait incompris, c’est aussi et surtout qu’elle ne fait pas appel aux propriétés particulières du fluide solaire. Elle présente un caractère très général et on est en droit d’espérer qu’elle trouve d’autres applications dans l’étude des grands fluides naturels.
- Cet espoir s’est confirmé. Inversement, la concordance des calculs théoriques et des rotations observées est si précise qu’elle inspire une grande confiance dans la valeur de l’hypothèse qui sert de base aux calculs (celle de la moindre dissipation). Elle en constitue une justification
- 1. Valeurs moyennes données par J. Bosler, Astrophysique, Hermann, Paris 1928, p. 129. "...
- unique certes, mais excellente, et autorise à croire que du rang d’hypothèse on pourra l’élever au rang d’une grande loi naturelle de dissipation. L’atmosphère constitue pour nous le fluide naturel le plus important. Elle est le siège de perturbations particulièrement fréquentes sous nos latitudes et d’un mouvement d’ensemble qu’on peut regarder comme un mouvement permanent et qu’on appelle la « circulation générale de l’atmosphère ».
- On a examiné cette circulation générale à la lumière du principe ci-dessus énoncé de moindre dissipation. Il s’y est de nouveau montré très fécond et a permis de grouper autour d’une même cause des phénomènes en apparence très divers, observés depuis longtemps et entre lesquels on n’avait encore jamais pensé qu’il pût y avoir un lien.
- V. - L’HYPOTHÈSE DE LA PROBABILITÉ MAXIMA
- L’hypothèse du minimum de dissipation, malgré son remarquable succès, offre l’inconvénient de supposer que les particules agissent pour ainsi dire dans une intention préétablie, comme si elles avaient conscience de ce qu’elles font. Cette hypothèse de finalité, comme l’appellent les philosophes, peut déplaire.
- On en a recherché une autre qui fût pratiquement équivalente et on en a trouvé une en faisant appel à la théorie des probabilités. On a comparé toutes les vitesses que pouvaient prendre les particules matérielles du soleil. Il y a une infinité de combinaisons possibles de ces vitesses. Parmi toutes ces combinaisons il y en a une qui offre le maximum de probabilité, au sens précis que donne à ce mot la théorie des probabilités. On a supposé que c’est celle-là qui était effectivement réalisée.
- Cette hypothèse se prête au calcul et s’est montrée exactement équivalente à celle du minimum de dissipation. Elle conduit donc aux mêmes résultats excellents. Mais il n’est pas facile de la justifier d’une manière simple et claire aux yeux de ceux qui n’ont pas la pratique du calcul des probabilités.
- Pli. SCHEKECHEWSKY.
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- CONCEPTIONS ACTUELLES DE LA GUERRE
- MOTORISÉE
- Fig. 1. — Voici un aspect de la guerre motorisée : une patrouille du 11° chasseurs à cheval, circulant en forêt au cours des manœuvres entre Vesoul et Besançon
- (Phot. Girardot.)
- Les récents événements militaires d’Abyssinie, succédant à de très intéressantes grandes manœuvres exécutées dans différents pays, notamment en France, ont rendu aujourd’hui visible à tous les yeux la profonde transformation apportée dans les conceptions générales de la guerre terrestre par cet engin universel : le moteur.
- Dans un manuel d’histoire actuellement inscrit au programme de notre enseignement secondaire, l’auteur énonce cette vérité indiscutable que si nos soldats de 1914, les soldats aux pantalons rouges, avaient pu se trouver brusquement transportés dans l’enfer de la guerre de 1918, ils se seraient trouvés aussi surpris et désarmés que l’homme de Néanderthal surgissant, bâton au poing, de ses cavernes !
- Il est logique de penser qu’une surprise au moins
- égale attend ceux d’entre nous qui en seront restés aux conceptions statiques ou « pédestres » de 1918, quand des corps d’armée entiers, avec leur artillerie et leurs approvisionnements, se déplaceront de 250 km sur la carte des opérations dans une seule journée, ou quand d’énormes unités se déploieront en formation de combat pour charger à travers champs, dans le fracas des moteurs, des canons et des mitrailleuses, avec la même souplesse que les anciens escadrons de cavalerie !
- Motorisation, armée motorisée, voire «cavaliers motorisés » (fig. 1), sont des vocables aujourd’hui à l’ordre du jour. Ces expressions ne sont pas irréprochables; le général Maurin, inspecteur général des services de motorisation de l’armée, faisait remarquer (x) que le cadre de la motorisation exclut précisément les moteurs d’aviation qui représentent cependant le maximum de puissance unitaire. Le terme de motorisation s’applique uniquement aux véhicules terrestres et, en l’état actuel, il implique l’idée d’une modernisation : le moteur se présente comme un perfectionnement du cheval pour la traction, comme un perfectionnement du fantassin par la conception du char de combat rapide, véritable cotte de mailles motorisée appelée à faire disparaître complètement l’homme « nu » du champ de bataille.
- En réalité, le problème est double et nous ne saurions mieux faire que de nous rallier à la distinction adoptée par notre État-Major. Est motorisation tout problème de transport et de traction, qu’il s’agisse d’hommes, de munitions ou de canons et que le transport s’effectue sur route ou en dehors des routes. Est au contraire mécanisation tout ce qui concerne la transformation du combat lui-même par l’emploi de chars de combat de toute espèce; dans ce domaine, l’imagination la plus apocalyptique peut se donner libre carrière !
- C’est de motorisation, où des programmes particulièrement étudiés ont reçu des commencements de réalisation effectifs et importants, que nous entretiendrons aujourd’hui nos lecteurs; étant entendu que les deux domaines chevauchent et qu’un engin rapide, un « véhicule tous terrains », plus ou moins blindé, quelle que soit sa destination principale, contribuera nécessairement à accentuer l’aspect « mécanique » des futurs champs de bataille.
- MOTORISATION EN 1914-1918
- La motorisation a fait son apparition au cours de la dernière guerre. Faut-il rappeler
- Fig. 2. — Pièce de campagne remorquée par tracteur Somua, à chenilles évoluant
- à travers un marécage.
- 1. L’Armée moderne, 25 novembre 1932.
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- que les Allemands tenaient sous leur feu la voie ferrée qui devait normalement ravitailler Verdun et que ce ravitaillement, en hommes et en munitions, fut assuré par un intense trafic de camions circulant sur route ?
- Une réglementation draconienne, une signalisation rappelant celle des chemins de fer ont présidé à cette conception qui reste encore aujourd’hui celle de la « route gardée ».
- « C’est la motorisation, écrit le général Maurin, qui a rendu possible la belle manœuvre de 1918 où le maréchal Foch a porté à l’ennemi des coups successifs et répétés. L’exemple est bon à citer; car il montre combien la tactique et même la stratégie sont dominées par les moyens matériels ».
- Parallèlement à cette « motorisation de vitesse », destinée à produire un effet de surprise par des concentrations brusques de troupes et d’artillerie, mais qui faisait surtout appel à des véhicules routiers, nous voyons se développer à la fin de la guerre de nombreux engins « tous terrains » à vitesse plus réduite mais capables de se détourner à travers champs lorsque la route était coupée par un obstacle.
- Les leçons de l’expérience, ici, furent sévères. Au moment du fameux « repli stratégique » des Allemands sur la ligne fortifiée Hindenburg, ceux-ci eurent soin de faire sauter derrière eux tous les carrefours. Cette simple précaution nous fit perdre 48 h pour l’avancement de l’artillerie et sauva probablement l’armée allemande d’une débâcle immédiate. Des pièces sur montages spéciaux, remorquées par tracteurs-chenilles, eussent contourné les carrefours dynamités et rattrapé aisément l’ennemi.
- Nous allons retrouver ces deux aspects du problème : vitesse et aptitude aux mauvais terrains dans les problèmes actuels de la motorisation.
- ROLE DES ENGINS RAPIDES
- La vitesse est l’élément primordial de la surprise, mais cette surprise peut être plus ou moins « volumineuse » suivant les éléments militaires engagés : le « hourrah » de cavalerie d’Athies, en 1814(1),malgré ses conséquences tactiques, reste une simple échaufîourée nocturne au regard des vastes surprises stratégiques de Napoléon ou de Marlborough.
- Lors des dernières manœuvres de Champagne, trois autos-mitrailleuses, par une manœuvre bien combinée, ont réussi à surprendre les trois entrées d’un village où se trouvait un état-major du parti adverse et se sont rencontrées devant la mairie. Les arbitres, pour que les opérations pussent continuer, ont admis que les trois engins avaient été anéantis par du 75 que l’on avait eu le temps de mettre en batterie; mais une telle fiction ne trompera personne. A la guerre, c’est tout un corps d’armée qui était frappé à la tête et paralysé.
- Un écrivain militaire allemand a souligné ce point très important qu’une prochaine guerre comportera nécessairement deux phases. Tant que les ponts, viaducs et carrefours resteront intacts ou même qu’une partie
- Fig. 3. — Tracteur Lalil à six roues évoluant en terrain varié avec
- une remorque.
- seulement de ces points vitaux auront été détruits, des chars très rapides, à roues ou à chenilles, pourront pénétrer comme des vols de moustiques sur le territoire ennemi; à 90 ou 100 km à l’heure, un pont détruit n’est pas un obstacle si l’on est sûr de pouvoir en trouver un autre à 30 ou 40 km de là.
- De tels éléments rapides, lancés « en enfants perdus », pourraient aller causer sur les arrières de grands ravages; avant même d’être reconnus comme ennemis, deux mitrailleurs déterminés ont le temps de vider un chargeur, de mettre pied à terre et de faire sauter un poste de T. S. F., un aiguillage, une centrale. Nous reconnaissons là la sensationnelle tactique soviétique des parachutistes déposés par des avions sur le territoire adverse et chargés de frapper, tels les insectes chirurgiens de Fabre, les ganglions nerveux du pays. Les surprises
- Fig. 4. — Camion Laffly à six roues motrices et quatre roues auxiliaires manœuvrant en très mauvais terrain, dans une fondrière marneuse. Les roues auxiliaires avant permettent au véhicule d’aborder les talus (cf. fig. 5 et 10) et les roues auxiliaires intermédiaires lui permettent de franchir les crêtes sans se mettre « sur le gésier ». Remarquer le déhanchement des roues arrière (voir le schéma du châssis fig. 16.)
- 1. Henri Houssaye : « 1814».
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- Fig. 5. — Voilure de reconnaissance six roues (Lorraine).
- motorisées se révèlent donc infiniment plus efficaces que les anciennes surprises de cavaliers.
- Les Anglais ont poussé cette notion de l’action localisée et rapide jusqu’à la théorie paradoxale du « trou de vrille ». On constituerait des unités puissantes, formées de chars d’assaut rapides, dotés d’armements variés et qui seraient chargés de percer le front ennemi; cette percée, faite sur une largeur insignifiante, pourrait du reste se refermer derrière l’unité mobile qui est sacrifiée d’avance et dont le rôle consiste à aller désorganiser les arrières...
- Ce que valent de telles théories, l’avenir nous l’apprendra.. La décision finale appartiendra évidemment aux grosses unités complètes, dotées d’une artillerie puissante et d’une infanterie elle-même motorisée, capable d’occuper le terrain et de s’y maintenir. Toutefois, une vérité de bon sens est que ces unités devront posséder des éléments de couverture très rapides, plus rapides que l’ensemble de l’unité elle-même et ici encore s’affirme
- Fig. 6. — Voilure à chenilles pour le transport des « dragons portés ».
- A l’avant, le rouleau servant à aborder les talus (Citroën).
- l’intérêt vital des éléments motorisés à grande vitesse pourvus d’un minimum de protection.
- DÉCADENCE DU CHEVAL
- Ces fonctions d’éclairage et dè couverture étaient autrefois dévolues aux chevaux, aussi bien que la traction des canons et des voitures de ravitaillement, même au voisinage du champ de bataille. Expliquer pourquoi le cheval n’est plus à sa place dans la plupart des circonstances de la guerre moderne, c’est un peu se battre contre des portes ouvertes; nous résumerons brièvement le procès.
- Le véhicule automobile est beaucoup plus rapide que le cheval. Il fournit des étapes indéfinies, avec deux chauffeurs se relayant, tandis que le cheval ne dépasse pas 35 km. Il est moins encombrant : deux camions de 3 t 5 occupent la même place qu’un chariot de parc de 1 t. Il porte une charge très supérieure, les attelages de plus de 10 ch étant pratiquement impossibles. Il occupe moins de personnel : pour conduire un attelage de 75 hippomobile, il faut 3 conducteurs et un brigadier, tandis que 2 chauffeurs suffisent avec traction mécanique. L’entretien est moins absorbant, donc laisse plus de temps pour l’éducation militaire des recrues.
- Le matériel motorisé ne consomme pas à l’arrêt, ne réclame que des produits denses, peu variés, faciles à stocker, mais, il est vrai, explosifs. Il ne craint pas les différences de température : les autos marchent même l’hiver... Il peut être stocké, moyennant des précautions techniques. On peut ajouter que le matériel à moteur dure plus longtemps, car le cheval, qui ne vaut rien avant 5 ans, est bon pour la réforme à 15 ans; l’argument, toutefois est à double tranchant, car il est certain qu’une partie du matériel stocké se trouve démodé par le progrès technique.
- Détail typique de l’évolution des mœurs : parmi les jeunes soldats arrivant à la caserne, on trouve aujourd’hui peu de cavaliers et de maréchaux-ferrants, alors que les recrues possédant leur permis de conduire sont de plus en plus nombreuses. Techniquement, il faut du
- Fig. 7. — Voilure de reconnaissance et d'état-major, à chenilles (Citroën).
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- Fig. 8. — Ensemble d’une chenille Kégresse-Hinslin montra.nl les fondions des différents organes (Citroën).
- reste plus longtemps pour former un cavalier qu’un conducteur de camions.
- Au feu, la tenue du matériel motorisé est tellement supérieure à celle du cheval que cet argument suffirait à lui seul : un éclat d’obus, une nappe de gaz mettent l’animal hors de combat. Moyennant un blindage léger et des masques pour les hommes, les engins à moteur sont infiniment moins vulnérables.
- BUDGET D’UN RÉGIMENT MOTORISÉ
- A titre de curiosité, voici les budgets comparatifs d’un régiment d’artillerie hippomobile et d’un régiment motorisé, qui font ressortir un avantage souvent méconnu de la motorisation : l’économie.
- Un régiment d’artillerie motorisé, avec effectif réduit de temps de paix, comportant deux groupes de deux batteries, possède 80 véhicules qui roulent au maximum 5000 km dans l’année.
- Les frais sont les suivants. Essence, 150 000 1 que l’État paye 0 fr 25, mais que nous chiffrerons à 0 fr 50
- pour tenir compte des pertes. Ci............ 75 000
- Huile (maximum)............................. 25 000
- Entretien (500 fr par véhicule)............. 40 000
- Total.. . . 140 000
- Le même régiment, équipé avec des chevaux, possède 500 bêtes coûtant au bas mot 15 fr par jour de nourriture, ferrure, soins vétérinaires, harnais.
- Ci : 500 X 15 x 365 = 2 737 500.
- Sans parler de l’entretien des voitures qui est loin d’être négligeable.
- Au total, l’entretien du motorisé est vingt fois moins cher que celui de l’hippomobile.
- Du côté de l’amortissement du capital, l’avantage est encore en faveur du motorisé. Le capital d’achat est le même : 500 chevaux à 4000 fr, plus 80 véhicules à 5000 fr font un total de 2 400000 fr; 80 véhicules automobiles à 30 000 fr valent également 2 400 000 fr. Mais l’amortissement est plus long pour les camions, qui peuvent durer une vingtaine d’années (100 000 km, ce qui n’a rien d’excessif) tandis qu’un cheval dure 10 ans. L’amortissement est donc deux fois moindre pour le motorisé, même en négligeant l’amortissement des voitures hippomobiles.
- MOTORISATION DES DIFFÉRENTES ARMES
- Dans la multiplicité des véhicules à moteur de divers « tonnages » une certaine standardisation des types tendra sans doute à se faire, analogue à celle qui existe
- dans la marine avec les cuirassés, croiseurs, torpilleurs sous-marins, chaque type possédant ses caractéristiques bien tranchées. Pour l’instant, nous sommes en pleine évolution, mais il est déjà possible de définir en gros les besoins des différentes armes.
- L’infanterie, en fait de transports, demande surtout un ravitaillement rapide et sûr en munitions sur la ligne de feu, malgré les tirs d'interdiction que l’ennemi ne manque pas de pratiquer sur ses arrières; également, il peut être nécessaire d’amener des engins d’accompagnement, des canons de tranchée, voire des renforts que la puissance du feu empêche d’arriver à découvert.
- Nous sommes ici dans le domaine du véhicule « tous
- Fig. 10. — Mode d’action du tambour avant (ou des roues auxiliaires dans l’abordage d'un obstacle raide) (Citroën).
- Tambour ^ue directrice
- ^7777777777777777777^7777^777^/771/
- Chenille
- Chaîne
- Fbussée
- Roue porteuse C=?y
- _ Dent
- d'engrènemF
- Talon de guidage
- Dent d'engrènem F
- iwm/mmt
- Courroie Bloc de roulement Plaquette
- Fig. 9. — Coupe d’une courroie de chenille et d'une roue porteuse.
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- Fig. 11. — Dispositif Chenard et Walcker formant chenille sur deux roues à pneus.
- La partie arrière de la chenille a été munie de crampons articulés.
- terrains », blindé léger ou moyen, par opposition au gros tracteur d’artillerie et aux chars d’assaut proprement dits.
- Nous voyons se dessiner, pour les transports terrestres, le fameux problème de 1’ «équation des poids» qui domine toutes les questions navales. Si l’on veut accroître l’une des qualités du véhicule, par exemple l’épaisseur du blindage, sans nuire à la vitesse, on est conduit à augmenter la puissance du moteur beaucoup plus que ne l’indiquerait le pourcentage d’augmentation de poids dudit blindage, du fait que la totalité de l’engin et le moteur lui-mêine doivent être parallèlement alourdis. Sans insister sur ce point de technique, soulignons que l’on est uniformément conduit à des puissances élevées, même pour les engins légers.
- La cavalerie doit conserver ses qualités classiques de rapidité et de souplesse qui lui permettent ses missions
- bien définies d’éclairage et de poursuite. La solution actuelle : pas de blindage, semble néanmoins quelque peu hardie. D’autre part, des véhicules de ravitaillement rapides sont également nécessaires.
- La cavalerie motorisée, autrement dit le petit engin rapide possédant une puissance de feu importante grâce à sa mitrailleuse, constitue un élément tactique redoutable pour des coups de main. Une batterie d’artillerie peut être massacrée en quelques minutes, bien à l’arrière du front, par une simple auto-mitrailleuse surgie à l’im-proviste et qu’on n’aura pas le temps de « descendre » à coups de canon.
- Nous allons vers une sorte de guerre navale, où les batteries représentent des « cuirassés » terrestres mis en danger par les « sous-marins » à grande vitesse; des vigies pour la surveillance, des armes rapides, à balles perforantes, pour la défense deviennent aujourd’hui nécessaires; un simple « Châtellerault » ne suffit pas. Il y a là un problème qui n’est pas simple à résoudre, ne fût -ce qu’à cause du grand nombre de mitrailleuses nécessaires pour l’ensemble de l’artillerie. Nous reparlerons de la traction des canons.
- Parmi les engins non protégés, la motocyclette, qui a brillamment débuté avec les services de liaison pendant la dernière guerre, reste le plus rapide et le plus souple; elle passe pratiquement partout. Le side-car muni d’une mitrailleuse constitue également une unité très efficace, difficile à repérer à cause de sa mobilité et qui, en mettant à profit les mouvements du terrain et les abris naturels, peut semer le désordre dans des formations déjà importantes.
- Est-il besoin de souligner que motorisation et mécanisation empiètent largement l’une sur l’autré et aussi que la démarcation entre les différentes armes tend carrément vers zéro ? Fantassins de ligne, chasseurs, cavaliers tendent à se confondre; il n’y a plus, sur le théâtre des hostilités, que des combattants pourvus de moyens mécaniques puissants dont ils usent au mieux de l’efficacité du feu.
- Le G. Q. G. lui-même tend à devenir mobile, le général se trouvant à bord d’un char blindé qui communique par radio avec les avions, les voitures observatoires, les chars de combat et les voitures-télégraphes qui accompagnent les convois de ravitaillement. L’artillerie,à l’exception des très grosses pièces, tend également à « suivre », redevenant ce qu’elle était avant Napoléon, une dépendance directe des corps combattants... C’est Y escadre terrestre.
- « CHENILLES » OU « SIX-ROUES »
- Une compétition technique très vive met actuellement aux prises les partisans de la chenille et du châssis à six roues.
- La chenille (fig. 8) se présente comme un chemin de roulement sans fin, souple, passant sur deux poulies et sous les roues de support du véhicule. La poulie avant est dentée, elle est seule motrice, la poulie arrière
- Fig. 12. — Camion tracteur Chenard portant 1000 kg et remorquant une charge de 1000 kg : essai sur forte rampe en terrain sec.
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- Fig. 13. — Camion-tracteur Chenard sur chenilles de 700 mm., portant 1000 kg et remorquant 7000 kg en terrain inconsistant avec de la boue au-dessus des essieux. L’avant est muni d’un bouclier incliné (visible fig. 15) qui soulage l’essieu avant et protège les tringleries.
- étant folle. Les efforts sont représentés sur la figure : on voit que c’est le moyeu arrière qui pousse le véhicule en avant et que la tension du chemin souple est nulle à l’avant; il vient donc se poser librement sur le sol devant les roues porteuses C.
- La constitution du chemin souple est naturellement différente suivant le rôle dévolu au véhicule. Pour de gros engins (traction et transport des canons lourds), on peut avoir affaire à des éléments ou « patins » en acier, articulés comme les maillons d’une chaîne Galle. Ces chenilles lourdes ne peuvent faire de vitesse sur les routes, qu’elles dégraderaient rapidement.
- Par contre, des chenilles légères, silencieuses et souples, ont été créées en combinant le métal et le caoutchouc. Nous donnons figures 8 et 9 le détail d’une chenille Kégresse-IIinstin, construite par Citroën. Les roues porteuses, formées de deux emboutis rivés sur un moyeu, roulent sur la « courroie » en tissu caoutchouté extrêmement résistant et inextensible. Sur sa face interne, cette courroie porte de grands talons en caoutchouc, pour le guidage des roues et des dents également en caoutchouc qui engrènent avec la poulie motrice. La face externe est munie de plaquettes débordantes en acier qui protègent la courroie contre les détériorations, et d’épais blocs de roulement en caoutchouc. Sur route ou sur sol résistant, ces blocs de caoutchouc viennent seuls en contact avec le sol, ce qui permet une marche silencieuse et rapide; en terrain mou, ils s’enfoncent en formant grappins; la surface portante devient alors celle des plaquettes, autrement dit de la courroie elle-même, en sorte que la pression unitaire sur le sol reste très faible.
- Les chenilles peuvent être employées soit à l’arrière seulement, remplaçant les roues motrices, les roues avant restant directrices, soit en propulseurs uniques s’étendant sous toute la voiture : c’est la solution des tanks et des autochenilles genre Renault. Dans ce cas, la direction est obtenue en produisant une différence de marche sur les deux chenilles au moyen d’un différentiel et de deux freins. La maniabilité est parfaite : le véhicule peut tourner sur place.
- Le six-roues (fig. 16), qui est aujourd’hui fabriqué par différents constructeurs, comporte, en réalité, 5 paires de roues dont 2 paires auxiliaires de petit diamètre qui ne viennent au sol que lorsque le véhicule aborde un talus ou franchit une crête. Grâce à de remarquables dispositifs de cardans, les roues principales peuvent s’abaisser individuellement de quantités considérables en sorte que le véhicule se « moule » sur l’obstacle (fig. 18). Ces roues peuvent être munies de ferrures-crampons à chaînes pour accroître l’adhérence.
- CRITIQUE DES DEUX TYPES
- Le véhicule à six roues fournit une solution très intéressante pour la circulation rapide à travers champs, sur les terrains « demi-mauvais », pour le franchissement des obstacles courants » : fossés, talus, gués, etc...
- Malgré les affirmations des constructeurs, le six-roues semble toutefois perdre ses avantages lorsque le terrain devient franchement marécageux et qu’on ne peut en atteindre le « fond » solide. Dans ce cas, les ferrures-crampons de la roue taillent comme une fraise et s’enfoncent progressivement, tandis que la chenille se pose sans raclage et se soutient grâce à son énorme surface d’appui. Dans la neige molle, le six-roues enfonce là où la chenille passe encore.
- La pression sur le sol d’un tracteur à chenilles souples capable d’exercer un effort de 4 t au crochet, en terrain moyen, est de 0,400 kg par cm2; elle est de 3,400 kg, c’est à-dire 8 fois 1/2 plus considérable avec un véhicule à roues.
- Dans les terrains extrêmement mauvais, on place sur les patins des chenilles des crampons d’environ 8 cm; il faut 10 minutes pour placer 16 crampons, ce qui peut se faire le véhicule étant déjà embourbé. Dans les mêmes
- Fig. 14. — Camion à chenilles Somua franchissant une crête.
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- Fig. 15. — Camion-tracteur abordant une descente: noter le basculement du train propulseur monté en balancier.
- A l’avant, le bouclier oblique.
- conditions, il faut munir les roues de ferrures-crampons à chaînes, manœuvre qui demande une demi-heure et ne peut se faire que sur terrain propre et dégagé.
- Un six-roues ne peut rouler vite sur route que sans ses chaînes; s’il lui faut une seule fois les mettre pour franchir une zone dévastée puis les ôter, c’est une heure de perdue et l’avantage de la vitesse devient illusoire. Si une attaque d’avions, un bombardement, obligent un convoi à se jeter en dehors de la route sans avoir le temps de monter chaînes ni crampons, la chenille se trouvera avantagée du fait que, mieux que le six-roues, elle s’accommode des très mauvais terrains.
- La vitesse maxima des chenilles souples est d’envi-
- Fig, 16. — Schéma d’ensemble du « six-roues » Lafflij.
- Roues aux HT*
- " AV
- Moteur.
- —Embrayage
- Boîte de vitesses
- Roues auxi/ milieu
- Transmission
- fbutre axiale Ressort osci/lf-
- Transmission-
- ron 60 km à l’heure, ce qui est largement suffisant pour les déplacements en corps; l’argument vitesse pure, en faveur du quatre-roues et du six-roues, conserve par contre toute sa valeur pour les missions spéciales et les liaisons.
- La chenille permet de surbaisser aiutant qu’on le désire le véhicule. Un véhicule à roues, en vue d’accroître l’adhérence, doit posséder des roues de grand diamètre; sa carrosserie sera donc soit élevée, soit étroite, ce qui est également fâcheux. La conduite du six-roues, en terrain difficile, est compliquée à cause du grand nombre de manœuvres à exécuter, notamment des blocages des différentiels.
- Un progrès important, à l’actif du six-roues, semble devoir changer quelque peu l’aspect du problème en étendant ses possibilités dans les terrains mous. C’est l’introduction récente des pneus à très basse pression (800 gr) et à sculptures à très fort relief, genre « pneus-neige »; l’emploi des ferrures-chaînes devient ainsi beaucoup plus rare.
- Par ailleurs, il ne faut pas oublier que la consommation d’essence est notablement moindre avec les véhicules à roues.
- Actuellement, ce serait une erreur que de renoncer à la chenille au profit du six-roues ou réciproquement. Le six-roues semble pouvoir rendre des services pour les missions de vitesse, à parcours mixtes sur routes et à travers champs et prairies. Il ne faut pas perdre de vue que, même au voisinage du front, on roulera pendant 90 pour 100 du parcours sur des terrains acceptables; mais la chenille reste pour l’instant le dispositif-type qui convient vraiment à tous les terrains.
- Une solution curieuse a été adoptée par Chenard, comportant une courte chenille montée sur des roues à pneus et formant un ensemble très souple. Ce matériel a été utilisé pour transporter les pièces massives de cuirassement des gares aux positions fortifiées de notre ligne de l’Est (fig. 11).
- TRANSPORT DES CANONS
- Indiquons quelques tendances dans le transport de l’artillerie légère et moyenne : 75, 105, 155 court et 155 long.
- Pour ces quatre types de pièces, une solution classique est le remorquage par tracteur, la pièce roulant sur ses roues ordinaires et se trouvant par suite dans la même situation que derrière un avant-train à chevaux (fig. 26) ; la Somua, notamment, a réalisé un attelage pour le 155 court derrière tracteur, qui a permis la circulation à 10 km à l’heure dans les terrains les plus bouleversés que nous ait laissés la dernière guerre, près de Commercy, où un piéton ne se déplace qu’avec beaucoup de fatigue (fig. 25).
- Pour le roulage rapide sur route, il est nécessaire de soustraire la pièce aux secousses répétées qui abîmeraient son mécanisme. On est ainsi conduit au portage, qui peut être exécuté au moyen de camions munis de treuils pour
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- la mise en place ou de transporteurs surbaissés à chenilles.
- Cette solution encombrante tend à faire place aujourd’hui à des trains routeurs sur pneus, qui viennent se placer soit entre les roues ordinaires soit, mieux, sous la volée de la pièce, et permettent un remorquage très rapide (fig. 20, 21 et 22).
- Un dernier système, particulièrement hardi, a été utilisé en Allemagne et réalisé par Michelin en France; il consiste à monter le canon directement sur pneus (fig. 23), Si l’on réfléchit qu’au moment du tir, notre 75, par exemple, vient se placer de lui-même sur deux petits socs formant avec le soc d’affût un triangle de support, on se rendra compte que l’élasticité des pneus ne peut jouer aucun rôle néfaste à la précision du tir. Les avantages du roulement rapide subsistent donc intégralement et il semble qu’il y ait là une solution d’avenir pour les canons de campagne.
- PROBLÈME DES PONTS
- Nous ne pouvons insister ici sur les à-côtés techniques de ce vaste problème de la motorisation militaire. Soulignons l’importance des freins et celle d’une bonne protection des moteurs... contre l’eau et la boue aussi bien que contre les projectiles ! Les Américains ont pu construire des camions à chenilles qui peuvent suivre, comme un chemin, le fond d’une rivière, avec de l’eau jusqu’à la moitié du moteur !
- Dans le même ordre d’idées, les Allemands ont créé des voitures amphibies, tantôt voitures et tantôt bateaux, dont l’usage, toutefois, ne semble pas s’être généralisé.
- La traversée des cours d’eau, autrement dit le problème des ponts, reste actuellement la pierre d’achoppement de la motorisation (1). Il existe en France 8000 à 10 000 ponts qui ne sont pas en état de supporter un modeste camion de 5 t ! Quand il s’est agi de transporter de Fontainebleau à Paris un rocher de 40 t destiné au monument de Clemenceau, il fallut étudier un itinéraire détourné par Etampes. Ainsi, même avant toute destruction par l’ennemi, les ponts représentent des points critiques pour le passage des engins lourds... Ne parle-t-on pas dès à présent de chars de 70 t ?
- La question devient plus ardue si l’on a affaire, non plus aux ponts permanents, mais au matériel de pontage, tel qu’il existe actuellement dans les grandes unités. Ici le poids des nouveaux engins conduit non à une accélération, mais à un retard exorbitant pour les franchissements !
- Un corps d’armée complet (2 divisions et dépendances) d’avant-guerre occupait sur route 45 km en une seule colonne et son équipage de pont lui permettait de franchir une rivière de 60 m en deux colonnes, sur deux ponts, aucune voiture ne pesant plus de 4 t. La durée du passage était voisine de 6 h.
- Actuellement, les véhicules dépassant 4 t, les ponton-
- 1. Voir Armée Moderne, 25 novembre 1932, l’article de M. René J. Rousseau.
- Fig. 17. — Véhicule blindé Laffly évoluant en terrain marneux.
- niers sont obligés d’utiliser leur matériel à la construction d’un pont renforcé unique. De plus, le corps d’armée actuel occupe, sur une colonne, une longueur beaucoup plus grande : 96 à 113 km suivant qu’il est motorisé ou non. La durée de passage devient ainsi, en moyenne, 27 h, soit quatre fois et demie plus grande qu’avant la guerre !
- La situation est pire si nous examinons les divisions de cavalerie motorisée, qui ne possèdent rigoureusement aucun matériel de pont permettant de faire passer les autos-mitrailleuses. Conséquence : ces unités rapides sont obligées d’attendre l’arrivée du matériel de pont du corps d’armée, qui se trouve à quelque 60 km en arrière. Que devient, dans ces conditions, la théorie des éléments rapides destinés à porter le trouble dans les formations de l’ennemi ?
- Fig. 18. — Déhanchement caractéristique de deux des quatre roues motrices en terrain inégal (Laffly).
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- Fig. 19. — Pièce remorquée par tracteur, matériel type 1918.
- Les roues du canon sont munies de cingolis »; les hommes placent des paillassons (Camp de Mailly, 1934.)
- Pratiquement, notre cavalerie motorisée, ainsi démunie de matériel de pont — et cette remarque paradoxale s’applique dans une certaine mesure à l’armée motorisée tout entière — se trouve beaucoup moins adaptée à l’offensive qu’à la défensive ou à la retraite !
- La solution n’est pas facile à trouver, car il faut éviter d’alourdir ces unités légères avec un volumineux matériel; d’autre part, si l’on concentre la totalité du matériel à l’échelon d’armée, à charge pour celle-ci d’envoyer ce
- matériel par transports accélérés aux points où il peut être nécessaire, il est clair que l’on court au-devant d’un désordre redoutable.
- La vérité est sans doute entre les deux, une certaine harmonie devant être établie entre le-poids du matériel roulant des unités (tout au moins des grandes unités) et de la force de son matériel de pont. Au point de vue technique, les bateaux métalliques, dont la vulnérabilité au feu est bien prouvée, semblent devoir faire place dans
- Fig. '20 à 23. — En haut : Canon de 75 remorqué sur « trains routeurs » (Citroën.) — Voiture tracteur à chenilles pour le remorquage des pièces légères; les trains routeurs ont été placés à bord du véhicule.
- En bas : Canon de 105 remorqué sur un essieu auxiliaire à pneumatiques (Latil). — Pièce de 105 montée directement sur pneumatiques, remorquée par tracteur (Latil).
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- la plupart des cas à des chevalets posés sur le fond.
- Un fait semble acquis, c’est que dans la prochaine guerre, les obstacles naturels formés par les rivières joueront un rôle capital. Ainsi, tandis que les avions franchiront les territoires à 400 km à l’heure et iront semer la mort chez les populations civiles, les masses d’armées resteront peut-être enfermées, canalisées dans l’espace de terrain limité par les rivières qui, sous le feu de l’ennemi, formeront de redoutables obstacles. Nous avons vu deux grands échecs de ce genre durant la dernière guerre, avec le passage manqué de la Piave par bs Aut ichiens en juin 1918 et b passage manqué de la Marne par les Allemands en juillet de la même année.
- La décision de la guerre pourra se trouver extrêmement retardée par cette difficulté des passages et c’est un des nombreux paradoxes de la guerre moderne que ce retard et cet embouteillage soient précisément portés à leur comble par la motorisation des armées !
- tats dans la standardisation des crochets d’attelage.
- Le « recensement » des véhicules lourds se borne actuellement à des camions, des autocars, des autobus et des tracteurs courts américains ou français, tels que les Renault ou les Latil à roues pourvues de palettes-crampons rabattables. Rien ne dit, d’autre part, que tout ce matériel civil sera utilisable, car, avec la crise économique, nombreux sont les véhicules qui restent sous des hangars, avec un entretien quasi nul.
- L’idéal serait que la réquisition possible fût environ décuple du parc d’armée de temps de paix, autrement dit que pour un seul véhicule
- Fig. 25. — Vue prise en terrain varié montrant les possibilités d’une articulation à genouillère pour le remorquage des canons (Somua).
- Fig. 24. — Tracteur d’artillerie sur chenilles, avec coffres à obus (Somua).
- LE (( PAYS MOTORISÉ »
- Nous ne . pouvons conclure sans aborder un aspect particulièrement important du problème de la motorisation militaire, qui est la motorisation du pays en vue de fournir aux réquisitions de véhicules au jour de la mobilisation.
- Il y a en France 1 200 000 voitures de tourisme, dont les 3/4 resteraient du reste au garage en temps de guerre et qui constituent une énorme masse réquisitionnable, mais apte seulement à circuler sur route.
- Pour le matériel spécialisé, la situation est très différente. Le Ministère intervient, il est vrai, par des primes ou autrement, pour provoquer la construction et la vente au public de véhicules propres aux usages militaires; mais cette politique n’est pas toujours efficace. Ainsi, l’essor des véhicules à gazogène ne s’est pas poursuivi tandis qu’on a obtenu des résul-
- Fig. 26. — Remorquage d’une pièce de campagne avec avant-train intermédiaire, comme dans la traction hippomobile (Somua).
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- Fig. 27. — Patrouilles allemandes à motocyclette (Ph. Keystoneï.
- appartenant à l’État, il en existât dix de type semblable dans le pays. Nous sommes fort loin d’un pareil idéal en ce qui concerne les véhicules spéciaux et nous ne pouvons d’autre part adopter la solution allemande qui consiste à fabriquer à tout prix et en quantités massives, pour l’armée, les matériels les plus récents, quitte à compromettre les finances publiques.
- Finalement, le problème se ramène à la question générale du « potentiel industriel » du pays et de la rapidité de démarrage des fabrications de guerre. Disons, sans insister sur un sujet aussi délicat, qu’une organisation rationnelle et productive a été mise sur pied. Toutefois, on peut craindre que lors du premier choc — en considé-
- rant toujours l’Allemagne comme adversaire possible -— nous ne trouvions en face de nous une armée motorisée plus moderne que la nôtre.
- Enfin, nous avons délibérément laissé de côté le gigantesque problème des carburants, dont la guerre italo-abyssine, avec la politique des «Sanctions», a également souligné l’importance... L’armée moderne est devenue, par l’introduction du moteur, une énorme entreprise industrielle qui nécessite une organisation quasi mondiale d’entretien et de ravitaillement.
- Pierre Devaux,
- Ancien élève de l’Ecole Polytechnique.
- LA COLOPHANE ET SES DERIVES
- Nous avons vu précédemment comment, et par quels procédés modernes, l’industrie résinière actuelle extrait de la gemme du pin maritime l’essence de térébenthine qui en constitue environ les 25/100. Après extraction
- Fig. 1. •—• La colophane bouillante sortant de l’appareil de distillation est reçue dans un wagonnet-filtre.
- de cette essence, il reste dans la cornue un produit appelé colophane, qui constitue, à lui seul, environ 65/100 du poids de la gemme, et qui est composé d’un mélange d’acides résiniques cristallisés fixes. (Voir n° du 1er août 1936.)
- Fig. 2. —A l'aide d’un tuyau-genouillère, elle est versée dans des seaux munis de becs verseurs.
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- On peut estimer à 100 000 t environ la production française annuelle de colophane, dont la majeure partie, les 2/3 environ, est malheureusement exportée, donnant naissance, à l’étranger, à de nombreuses industries qui, installées sur le sol national, apporteraient la richesse dans nos régions productrices de gemme.
- LA COLOPHANE
- Après que la vapeur d’essence, entraînée par la vapeur d’eau et liquéfiée dans le condenseur, a été recueillie
- BLANCHIMENT AU SOLEIL
- Chargés alors dans des wagonnets, ces plateaux sont transportés en dehors de l’usine, au parc à plateaux, vaste espace où ils sont disposés sur le sol l’un à côté de l’autre, en un assemblage pittoresque.
- Exposée aux rayons du soleil pendant environ trois semaines, la colophane, plus ou moins colorée au sortir de la cornue, s’y décolore presque complètement, acquérant ainsi une plus grande valeur.
- Fig. 3. — Parc à plateaux et enfûtaillage des galettes de colophane.
- dans le vase florentin, il reste dans l’appareil de distillation la colophane à l’état liquide.
- Qu’elle ait été obtenue par l’un quelconque des procédés de distillation précédemment décrits, cette colophane est déversée (fig. 1) dans un wagonnet généralement en tôle, à la partie supérieure duquel est disposé un filtre en bois, avec tamis en fils de cuivre, qui arrête les impuretés venant de la cornue et entraînées avec la colophane.
- Un tuyau de déversement articulé, ou genouillère, permet de vider cette colophane dans des seaux munis de becs verseurs (fig. 2), à l’aide desquels on peut remplir des plateaux circulaires en tôle galvanisée, d’environ 65 cm de diamètre, avec quelques centimètres de profondeur seulement, où elle se solidifie en quelques heures.
- Lorsque la décoloration est jugée satisfaisante, les galettes de colophane sont empilées dans des tonneaux de bois pour l’expédition. Cette mise en tonneaux étant faite au moment de la pleine chaleur, les galettes, ramollies par les rayons du soleil, se soudent les unes aux autres et comblent les vides (fig. 3), ne formant plus ainsi qu’un bloc.
- Quelquefois, dès que la colophane s’est solidifiée dans les plateaux, elle est déversée dans les tonneaux, sans blanchiment préalable, ou enfûtaillage à froid, le plein du fût étant fait immédiatement avec de la colophane liquide.
- Les fûts de colophane sont alors pesés sur le terrain même d’enfûtaillage, au moyen d’une sorte de bascule
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- LES HUILES DE RÉSINE
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- Fig. 4.— Pesée d’un fût de colophane au moyen d’une balance portative.
- romaine portative comportant un levier qui soulève le fût (fig. 4).
- « L’ARCANSON »
- D’autres fois, encore, cette colophane liquide, tirée du wagonnet, et après addition d’environ 10 pour 100 d’eau chaude, est brassée immédiatement dans un fût, pour l’obtention d’une résine jaune (fig. 5) appelée « Arcanson », d’où viendrait, paraît-il, par corruption, le nom de la ville d’Arcachon.
- Cette résine jaune, qui durcit par le refroidissement, est surtout employée pour le calfatage des bateaux et, subsidiairement, pour le collage des manches de parapluies.
- Telles sont les opérations qui, après distillation de l’essence de térébenthine, permettent de recueillir la colophane et de la blanchir avant expédition, à moins qu’elle ne soit emballée dès sa sortie du wagonnet-filtre.
- Ce produit, très complexe, peut recevoir nombre d’applications.
- Fig. 5. — Un mélange de colophane liquide et de 10 pour 100 d'eau chaude donne la résine jaune ou « Arcanson ».
- Fortement chauffés, ou soumis à l’action d’acides minéraux en solution, les acides de la colophane ont pour stade final d’isomérisation l’acide abiétique. Par suite d’une action plus prolongée de cette chaleur, ou de ces acides, l’acide abiétique est isomérisé en acide pyro-abiétique, qui est le constituant des huiles fortes de résine, et qui, lorsqu’il sera mieux connu, donnera certainement naissance à une foule de produits intéressants.
- C’est en Allemagne surtout que l’industrie des huiles de résine a pris le plus d’extension. Ce pays, qui importait autrefois jusqu’à 1.00 000 t de produits secs, les transformait dans ses nombreuses usines, et les renvoyait aux pays producteurs sous forme d’huiles.
- Chauffée, en effet, en présence d’un peu de chaux, la colophane distille vers 200°. Après avoir donné des gaz à odeur âcre, elle dégage une essence vive qu’on peut rectifier, neutraliser, et vendre comme succédané de l’essence de térébenthine et, enfin, fournit 80 pour 100 au moins d’huiles blondes, puis vertes et bleues, qui doivent être raffinées.
- Ces huiles, qui pourraient être employées comme lubrifiant, sont malheureusement beaucoup plus chères que les huiles minérales. Elles sont, de plus, très siccatives, par absorption d’oxygène. Mais, si cette propriété est nuisible du point de vue lubrification, du moins permet-elle de les employer, en remplacement d’huiles de lin, pour préparation de vernis et isolants.
- Mélangées à de la chaux hydratée, elles donnent une excellente graisse pour voitures.
- Elles servent également à la fabrication des huiles d’ensimage employées dans l’industrie textile. On en fait, enfin, des produits désinfectants et des insecticides.
- Mélangées à la colophane, après désodorisation, elles donnent les poix de brasserie employées pour revêtements intérieurs des fûts à bière. Enfin, elles servent à préparer les noirs de fumée avec lesquels on fabrique l’ëncre d’imprimerie. ,
- COLLE DE RÉSINE ET SAVON A LA RÉSINE
- Nous rappellerons seulement, pour mémoire, qu’une colophane sélectionnée, émulsionnée au sortir de l’alambic avec une solution de carbonate de soude, donne un résinate de soude, ou savon de résine, appelé encore colle de résine, très employé depuis longtemps en papeterie pour conférer au papier l’imperméabilité sans laquelle il boirait l’encre, et auquel, depuis peu, on a trouvé une nouvelle application, ainsi que nous le verrons tout à l’heure (fig. 6).
- En mélange avec les savons gras, dits de Marseille, il donne des savons de ménage à la résine — dont nous reparlerons — d’un prix inférieur, mais d’un pouvoir détersif nettement supérieur à celui des savons ordinaires, obtenus à l’aide des acides gras stéarique, palmitique ou oléique.
- RÉSINÂTES ET BAKÉLITES
- Si l’on combine avec certains oxydes métalliques les acides de la colophane, on obtient des résinâtes : rési-
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- nates de zinc, d’aluminium, de magnésium, etc., beaucoup plus durs que la colophane, et avec lesquels on peut préparer d’excellents vernis. D’autre part, les résinâtes de plomb et de manganèse obtenus de la même façon sont employés fréquemment comme siccatifs.
- On fabrique couramment aujourd’hui, à l’étranger, l’abiétate d’éthyle,liquide épais,à odeur légère et agréable, qui est un excellent solvant de la nitrocellulose, donnant des films très solides, et qui peut, de plus, être employé pour la préparation de laques.
- Les bakélites, ou résines synthétiques, qui pourraient servir à la préparation de vernis, sont malheureusement insolubles dans les huiles. Les colophanes, solubles dans un grand nombre de solvants, et particulièrement dans l’alcool, ne peuvent donner, employées directement, que des vernis inférieurs, blanchissant à l’humidité. Nous avons vu plus haut qu’on peut employer pour cette préparation, certains résinâtes métalliques, qui donnent des vernis beaucoup plus durs.
- RÉSINES SYNTHÉTIQUES NOUVELLES
- Mais il existe, depuis quelques années, des produits nouveaux, composés de colophane combinée avec la bakélite, et qui peuvent donner des peintures et des vernis résistant, comme la bakélite, aux acides et aux bases.
- Ces résines synthétiques nouvelles extrêmement dures, ayant à peu près les mêmes propriétés que les copals naturels, sont jusqu’à présent exclusivement d’origine allemande. Solubles dans la benzine, alors que la bakélite ne l’est pas, solubles à basse température dans les huiles, alors que les copals ne s’y dissolvent que par cuisson, elles peuvent s’employer, additionnées d’un peu de siccatif et de benzine, comme solvants, soit pour la préparation de peintures grasses, soit pour la préparation de vernis, et constituent une acquisition précieuse à tous points de vue.
- Or l’Allemagne, pour cette fabrication, est obligée d’importer des colophanes d’Amérique, d’Espagne, ou de France. Bien que les exportations françaises, actuellement, soient des plus réduites par suite de la crise économique, il y aurait néanmoins un gros intérêt à implanter dans nos Landes cette nouvelle industrie.
- ÉMULSION POUR REVÊTEMENTS ROUTIERS
- Il existe également, depuis peu, un nouveau et important débouché pour nos colophanes. Nous voulons parler de la résinolithe, enduit applicable sur les routes à grande circulation, que nous avons vu employer en Gironde même, et dont nous avons pu constater l’efficacité.
- Les produits fluides du goudron ou du bitume, en effet, ont tendance à remonter à la surface, où ils rendent le sol glissant et dangereux, surtout en temps de pluie. De plus, par suite de l’évaporation et, d’autre part, sous l’action des rayons ultra-violets du soleil, ces goudrons et bitumes sont vieillis prématurément, polymérisés, et deviennent cassants.
- Ils perdent alors leurs propriétés d’enduits imperméables, d’enduits caoutchouteux, si l’on peut s’exprimer ainsi. L’eau s’infiltre dans les fissures, délaie le sol de la route, qui se creuse sous le choc des voitures, amenant rapidement l’émiettement de la couche imperméable, et
- Fig. 6. — Préparation du résinate de soude ou « sauon de résine ».
- donnant naissance aux nids de poules redoutés de tous les usagers.
- L’enduit, fabriqué actuellement à Bègles, est une émulsion à chaud de goudron ou de bitume, avec un savon de résine obtenu comme nous l’avons indiqué plus haut, et au sein de laquelle on incorpore, dans une turbine spéciale, une poudre fine, ou filler, qui peut être du poussier de houille très fin, du poussier de charbon de bois, de la poudre d’ardoise, ou même du sable fin
- (fig; 7, 8).
- Toutes ces poudres ont un pouvoir absorbant qui fait que les produits fluides du goudron ou du bitume remontent moins à la surface et s’évaporent moins rapidement.
- Cette introduction de filler dans les émulsions empêche, de plus, la polymérisation des enduits, leur conserve une plus grande plasticité, et en double la durée. Mais il est indispensable, pour obtenir ce résultat, d’émulsionner goudron ou bitume avec le savon de résine. Par cette opération, qui leur fait perdre leur aspect collant et poisseux, on obtient un liquide qui s’imprègne facilement de filler, qu’on peut répandre à froid sur les routes, et qui sèche en 2 ou 3 h.
- Fig. 7. — Fabrication de la « résinolithe ». (Pompes doseuses et malaxeur).
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- APPLICATIONS NOUVELLES
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- Fig. 8. — Fabrication de la « résinolilhe .»
- (Bassin à solution colloïdale de résine.)
- Voilà donc un nouveau produit susceptible à la fois d’améliorer la surface roulante de nos routes, de prolonger la durée des enduits qu’on y répand, de diminuer les frais de ce travail, puisque l’épandage se fait à froid, et qui, de plus, offre un nouveau débouché aux industries résinières.
- Il y a d’ailleurs tout lieu d’espérer, dans un proche avenir, de nouvelles applications de la colophane, et notamment des dérivés des acides abiétiques et pyro-abiétiques, encore peu connus, mais qui semblent devoir être intéressants. D’autre part, on obtient, par dégradation de l’acide abiétique, en déshydrogénant la colophane par le soufre, opération facile, malheureusement encore coûteuse, un produit également très intéressant, le rétène, qui pourrait être à la base de nombreux colorants.
- Si les temps prospères sont révolus, si les prix ont subi, depuis 1928, une chute verticale, si la période des gains faciles est périmée, et si, actuellement, les industries résinières sont dans le marasme, il semble donc que de nouvelles applications des dérivés de la gemme, réalisées sur le sol national, apporteraient aux vaillantes populations du Sud-Ouest, cruellement éprouvées par ces années de crise, la récompense de leurs durs travaux et de leurs incessants efforts.
- Georges Lanorville.
- Photos Bordie.
- LA PHOTOGRAPHIE HARMONISÉE
- Lorsqu’un sujet présente de violents contrastes, le photographe doit se résigner à sacrifier une partie des détails. Soit un rocher ensoleillé : si l’intérêt principal est dans la partie claire on sera amené à pousser le tirage, et donc les ombres deviendront une tache noire; si au contraire on veut le détail des pénombres, il faudra transformer les clairs en simples plages blanches sans aucun détail.
- Pour éviter cela, il faudrait un papier où le gamma soit courbe, avec une sensibilité décroissante; c’est-à-dire un papier qui soit contraste pour les éclairements faibles, et doux pour les éclairements intenses. Un tel papier n’existe pas actuellement. Mais à défaut de pouvoir agir sur le positif, on peut se rabattre sur le négatif pour en attaquer les grands noirs tout en conservant les demi-teintes; et cela est possible avec certains afîaiblisseurs, comme le persulfate d’ammoniaque, lequel présente la propriété d’attaquer surtout les grandes opacités. Il existe aussi des procédés indirects qui aboutissent au même résultat. Cet équilibrage artificiel des blancs et des noirs s’appelle « harmonisation ». Par malheur, aucun des moyens usités jusqu’ici n’était sûr et très efficace.
- Mais vers la fin de 1933, MM. Rancurel et Schweitzer ont indiqué un remarquable procédé inspiré des mêmes principes 'que le papier Yrvel (c’est un papier « charbon » qui se traite non plus à l’eau chaude, mais à l’eau de Javel.) Leur exposé, qui paraît surtout songer à l’amélioration des clichés défectueux, n’a pas frappé le public autant qu’il l’aurait dû. Peut-être la complication appa-
- rente a-t-elle fait peur ; peut-être aussi la vignette démonstrative qui accompagnait leur article de revue n’était-elle pas assez impressionnante pour forcer l’attention ? Et pourtant, il y a là bien plus qu’un procédé d’amélioration : il y a le point de départ d’une technique nouvelle permettant des résultats qui étaient jusqu’ici impossibles. En effet, puisqu’on peut harmoniser, il n’y a plus à craindre la surexposition des parties éclairées; en conséquence, la prise de vue sera modifiée : le photographe posera assez pour les demi-teintes du sujet sans crainte de noircir son cliché en développant à fond, et ceci est toute une révolution.
- LE PAPIER ARVEL
- C’est un papier charbon très pratique. On l’achète sous forme de papier gélatiné couvert d’une couche extrêmement fine de poudre colorée. Voici comment on l’utilise :
- 1° On le sensibilise dans une solution de bichromate de potasse à 1 ou 2 pour 100 pendant deux ou trois minutes. Dès qu’il est plongé dans ce bain, on doit très soigneusement éviter de le toucher, car la couche colorée est à ce moment très fragile et se désagrège au moindre contact. On le suspend à sécher dans une pièce obscure, où il devient sensible en séchant; sa sensibilité est semblable à celle d’un papier citrate; il ne se conserve que deux ou trois jours, après quoi il dépouille mal. Dès qu’il est sec il n’est plus fragile.
- 2° On expose à la lumière du jour, sous un cliché, le
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- même temps qu’il faudrait à un papier citrate pour le même cliché. Mais on pourrait dépasser énormément ce temps (plus de dix fois) sans autre inconvénient que de rendre le dépouillement plus difficile et plus long.
- 3° Une fois le papier impressionné, il ne faut pas trop retarder le dépouillement, l’insolubilisation produite par la lumière tendant à se continuer. On commence par laver pour éliminer le bichromate restant, sinon on risquerait des inégalités. Dès lors on peut continuer les opérations en grande lumière.
- On dépouille par rabotage superficiel chimique et physique en alternant des baignades dans l’eau de Javel diluée et des décapages sous le jet d’eau du robinet
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- éclaircit en faisant disparaître dans du bisulfite la sous-image brunâtre engendrée par le bichromate décomposé; on rince, et on sèche. La surface redevient solide en séchant.
- Remarques importantes. — Avec un peu de pratique on mène à son gré les opérations. Si on sensibilise faiblement l’image sera douce; si on sensibilise fortement on donne au contraire du contraste. De plus, l’emploi d’une dilution d’eau de Javel plus concentrée donne du doux; l’emploi d’une dilution plus étendue augmente le contraste. Si enfin l’épreuve terminée et séchée est reprise pour être dépouillée davantage, elle devient très contrastée mais aussi très granuleuse.
- Epreuves tirées d’un même cliché.
- Fig. 1. — Avant harmonisation. Fig. 2. — Après harmonisation.
- (muni de préférence d’un brise-jet, tant pour la régularité d’attaque que pour éviter les éclaboussures); si l’on emploie l’eau de Javel Cotelle, on la dilue à 3 pour 100, quitte à la renforcer si l’attaque se montre trop lente. Le moindre contact des doigts ferait une tache blanche, tout contact solide étant plus brutal que le jet d’eau.
- Pour faciliter le travail sous le jet d’eau, on pose le papier sur une plaque en le tenant par les deux bouts.
- (Au lieu de dépouiller au jet d’eau, on peut employer un pinceau. Pour cela, on fait des passages beaucoup plus courts dans l’eau de Javel, et après chaque passe on frotte l’épreuve sous l’eau avec un pinceau doux.)
- 4° Lorsque l’image est suffisamment apparue, on
- LE PROCÈDE RANCUREL ET SCHWEITZER
- C’est la même méthode qui a été utilisée pour harmoniser les négatifs. Voici ce qu’indiquent les auteurs :
- — On sensibilise au bichromate de 2 à 4 pour 100. On sèche. On expose au jour en présentant le dos du négatif à la lumière jusqu’à ce qu’un morceau de papier citrate, mis dessous comme témoin, porte nettement les détails qu’on veut conserver; la surface du cliché est alors devenue insoluble dans les parties claires, tandis qu elle est restée attaquable dans les noirs. On lave aussitôt, pour éviter le durcissement de la gélatine, quitte à laisser le cliché dans l’eau jusqu’à l’heure où on fera le
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- dépouillement. Celui-ci s’exécute de la même manière que pour l’Arvel; toutefois le jet d’eau peut être beaucoup plus violent. Pour finir, on passe au bisulfite, on rince et on sèche. (Si besoin était, on peut renforcer le cliché qu’on jugerait trop affaibli.)
- — Après séchage, si on voit qu’on n’a pas assez harmonisé, on peut recommencer l’attaque à l’eau de Javel; mais c’est parfois un peu difficile et aléatoire.
- — Le séchage est très rapide, car la gélatine tannée ne retient que fort peu de liquide.
- — Quant aux pellicules, surtout celles qui sont géla-tinées au dos, elles sont difficiles à manipuler. En effet, on doit éviter de bichromater la face dorsale ; or la gélatine qui n’est pas tannée devient fort glissante par l’action de l’eau de Javel et, de plus, le contact des doigts y est néfaste; il faut donc tenir la pellicule par la tranche, ce qui n’est pas facile. Et puis, il faut sensibiliser au pinceau, ce qui est moins commode.
- (Les auteurs signalent que même sans usage du bichromate, un cliché traité par alternances d’eau de Javel et décapages donne déjà une harmonisation efficace.)
- ESSAIS D’HARMONISATION POUSSÉE
- Ayant en vue, non plus seulement d’améliorer des clichés, mais d’utiliser l’harmonisation comme moyen de travail méthodique, il me fallait pousser à fond les résultats pour voir s’il n’en ressortait point d’inconvénients. J’ajoute tout de suite que ces essais m’ont rempli d’admiration pour la méthode de MM. Rancurel et Schweitzer.
- J’ai donc opéré surtout sur des clichés concernant des sujets contrastés, posés largement et développés jusqu’à obtention de tous les détails. Ils étaient fixés au fixage acide, sans alun.
- Le bain de bichromate a été simplement à 1 pour 100, le même que celui que j’emploie pour l’Arvel; en compensation le trempage a été de cinq minutes. On voit par là qu’il y a une grande marge de variations possibles dans la façon d’opérer.
- Avant d’exposer au jour, il faut essuyer le côté verre, car les gouttes de solution de bichromate qui y ont séché laissent des traces jaunes qui rendraient l’insolation un peu irrégulière.
- 1° La principale plaque traitée concernait un vitrail. Le noircissement était tel que sur le visage du dernier personnage en bas à droite, on ne voyait, par transparence, rien d’autre que ce qu’on en voit sur la figure 1. Après harmonisation on a obtenu le résultat de la figure 2. Il suffit de le regarder pour être convaincu.
- 2° Pour comparaison, des plaques ayant subi un léger tannage au formol ont été harmonisées. L’action de la lumière a été doublée pour augmenter la dureté, quitte à rendre le dépouillement plus laborieux. (Il s’agissait de la photographie d’une statue.) Le résultat est bon, mais ne saurait se comparer à celui du vitrail.
- 3° Contrairement à ce qui se passe pour l’Arvel, la gélatine des clichés n’a montré aucune fragilité. Une maladresse de manipulation est donc sans importance, tant que les ongles ne griffent pas directement. On se trouve donc, et ceci intéresse ceux qui n’ont pas l’eau
- courante, encouragé à tenter le travail au pinceau. Mais quelle dureté de pinceau se permettre ? Pour le savoir, j’ai attaqué une vieille photographie de groupe avec un pinceau semblable à ceux qui plongent dans les bouteilles de colle de bureau, et cela sans autre précaution que de ne pas piquer avec l’extrémité du pinceau. Il n’en est résulté que quelques légères griffes, qui seraient certes fâcheuses sur un cliché à conserver, mais qui font preuve qu’avec un pinceau doux on aurait vraiment toute sécurité.
- On peut travailler au pinceau dans la cuvette même d’eau de Javel, en diluant davantage la solution. Cependant, je préfère transporter à chaque fois la plaque dans une cuvette d’eau pure, afin de ne plus faire dévorer mes pinceaux par l’eau de Javel.
- 4° Un cliché pris dans un souterrain contenant des ossements avait ses premiers plans excessivement éclairés, et donc les ossements les plus proches ne montraient sur le positif que des silhouettes blanches. L’harmonisation a redonné de la lumière dans les fonds tout en mettant du détail dans les premiers plans.
- A titre d’essai, cette plaque a subi un deuxième traitement à une semaine d’intervalle. Ce deuxième traitement a été efficace et n’a pas montré de granulations.
- 5° Reste enfin la question des pellicules. S’il est difficile de les manipuler pour une harmonisation modérée, que serait-ce si le travail se prolonge ! Il faut trouver autre chose.
- Voici un procédé dont les premiers essais ne m’ont amené aucun ennui : avec quatre petites bandes de leucoplaste (on en trouve dans toutes les pharmacies sous des dénominations diverses), je colle la pellicule, bien à plat, gélatine en dessus, sur une plaque de verre, en m’y prenant comme pour encadrer la pellicule. Deux millimètres de prise suffisent pour les côtés; aux deux bouts on a généralement une marge disponible plus grande. Dès lors l’ensemble se comporte comme une plaque : on la trempe, on la sèche, on l’expose et on la traite comme une autre plaque. Cependant, vers la fin du décapage, il se produit de légères infiltrations, car la pellicule se bombant par mouillage d’une seule face fait un peu d’aspiration; pour éviter que ces traces de liquide (qui peuvent contenir un peu d’eau de Javel) ne soient nuisibles, je décolle le leucoplaste lors du lavage final et je plonge la pellicule dix minutes dans l’eau avant de la sécher.
- Quant au leucoplaste décollé et transporté sur un autre verre, il est mis à laver et sécher sur sa plaque et il peut resservir plusieurs fois.
- L’emploi du leucoplaste en photographie n’est pas nouveau; mais il n’était pas encore prouvé qu’il supporterait toutes les manipulations d’une harmonisation.
- 6° Je n’ai fait aucun essai sur petits formats. Cette tentative serait intéressante, afin qu’on sache si les forts agrandissements ne feraient pas apparaître quelquefois des granulations ou des irrégularités dans les parties très attaquées par l’eau de Javel.
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- En conséquence, un champ nouveau est offert à l’art photographique, en donnant aux opérateurs de nouvelles
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- possibilités d’interprétation des ombres et des lumières.
- Pour les vitraux d’abord, où il est parfois impossible d’obtenir directement de très bons résultats. Toutefois, attention aux halos ! car l’harmonisation ferait ressortir le halo au point de rendre le cliché tout à fait inutilisable; le halo est en effet moins affaibli que les centres d’où il émane; il se transforme donc en auréole d’un aspect déconcertant;
- Puis pour les architectures, sculptures, ainsi que pour les intérieurs; car là on doit généralement subir une lumière trop crue ou trop localisée;
- Pour les cristaux, objets métalliques, verrerie, bois vernis, où les reflets sont si gênants qu’ils obligent souvent à des truquages compliqués.
- -...............—... .......... -219 =
- Pour les souterrains, cavernes, où la lumière est nécessairement fort mal répartie;
- Pour les sujets tirés à la lumière artificielle, afin d’atténuer la dureté des effets.
- Sans doute, le petit travail que demande chaque cliché s’oppose à ce que de tels procédés soient d’un usage universel. Mais lorsqu’il s’agit de photographies d’art, ou même simplement de documents où le détail est intéressant, un quart d’heure que nous y passerons n’est pas payer trop cher la magnifique amélioration qui en résultera. C’est pourquoi l’harmonisation méthodique des clichés deviendra nécessairement une méthode courante.
- Paul Dapsence.
- TELECINEMATOGRAPHIE ET TELEVISION A HAUTE DÉFINITION : SYSTÈME GRAMMONT
- L’appareil Grammont pour la télécinématographie se distingue à l’émission par un balayage par lignes entrelacées, et à la réception par un dispositif particulier de changement de fréquence.
- LE SYSTÈME ORDINAIRE D’ANALYSE DANS UN RÉCEPTEUR CATHODIQUE
- Comme l’on sait, l’image reçue dans un appareil à oscillographe cathodique est reconstituée sur l’écran du tube par les déplacements d’une tache lumineuse effectués à vitesse constante, et suivant des lignes parallèles accolées. L’intensité de la tache lumineuse (spot) est en rapport avec l’intensité lumineuse de la tache correspondante sur l’image à transmettre.
- En général, le spot est soumis à deux mouvements distincts, d’abord, un mouvement rapide, dit de ligne, qui lui fait parcourir horizontalement l’écran autant de fois que la trame comporte de lignes, 180 fois ou 240 fois, par exemple, et pendant un temps égal à la transmission des images, 1/25® de seconde par exemple.
- Un autre mouvement vertical plus lent, dit d'image, déplace légèrement le faisceau après chaque balayage horizontal; ainsi, le spot passe successivement sur tous les points de l’écran. Après chaque trajet horizontal dans un sens, il doit être ramené rapidement au point de départ de l’horizontale suivante, et, lorsque toute l’image a été reconstituée, il revient rapidement au point de départ initial.
- L’ANALYSE PAR LIGNES ENTRELACÉES
- La vision de l’image dans un téléviseur diffère essentiellement de la vision d’une image cinématographique sur un écran.
- Dans le premier cas, l’image est reconstituée par éléments transmis successivement, mais d’une manière continue, et l’observateur a la perception d’une image complète grâce à la persistance de l’impression rétinienne.
- Dans le deuxième cas, tous les éléments de l’image sont
- 1/750 sec.
- Fig. 1. — Analyse par lignes parallèles accolées.
- Ce schéma indique comment l’opération est effectuée pour une cadence de transmission de 25 images-seconde et une trame de 30 lignes.
- projetés simultanément, et la succession des images fixes donne l’impression du mouvement. Cette projection s’effectue généralement d’une manière saccadée, et non continue.
- Chaque image cinématographique n’est pas projetée immédiatement après l’autre. Elle succède à la précédente après une période d’obscurité qui est de 1/48® de seconde pour le fdm muet; pendant ce temps, l’objectif est masqué par un obturateur rotatif, dont la forme a, d’ailleurs, été constamment perfectionnée. La durée d’immobilité de chaque image pour le film muet est de 1/24® de seconde.
- A condition d’avoir un projecteur bien étudié, tant au point de vue mécanique qu’optique, on peut fort bien se contenter, en cinématographie, d’une cadence de 16 images par seconde.
- Pour la transmission des images en télévision, il est
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- Fig. 2. — Comparaison de l’analyse par lignes accolées et par lignes entrelacées.
- I. Schéma de l’analyse ordinaire par lignes accolées. — II et III. Les deux phases d’une exploration par lignes entrelacées (II, suivant les lignes impaires; III, suivant
- les lignes paires).
- préférable de réduire le plus possible la cadence de transmission, de façon à diminuer dans les mêmes proportions la largeur de la bande des fréquences à transmettre. C’est ainsi que les premiers essais de télévision à basse définition étaient effectués à la cadence très basse de 12 1/2 images complètes du sujet à la seconde seulement.
- Le résultat est alors peu satisfaisant. Il se produit un phénomène de scintillement extrêmement désagréable pour le spectateur; ce phénomène est d’autant plus accentué que l’éclairement de l’image est plus grand. Avec un récepteur primitif, il était relativement peu gênant, mais il est à craindre avec les nouveaux récepteurs cathodiques offrant, par ailleurs, des' images à trame fine d’aspect agréable.
- On a été ainsi amené à augmenter la cadence de transmission jusqu’à 25 images-seconde, ce qui permet d’employer en télécinématographie les films sonores ordinaires.
- L’expérience montre pourtant que cette cadence de 25 images-seconde n’est pas suffisante pour supprimer tout scintillement; pour obtenir ce résultat, il faudrait pousser la cadence jusqu’à 50 images-seconde. Deux difficultés se présentent alors : la bande des fréquences à transmettre est doublée, ce qui augmente les difficultés de transmission, et même de construction du récepteur de T. S. F., et on ne peut plus transmettre des films sonores suivant la méthode ordinaire.
- Le système d'analyse par lignes entrelacées permet d’éviter ces inconvénients. Il consiste, en principe, à analyser deux fois la même image, et à obtenir ainsi au système récepteur deux images élémentaires qui se complètent l’une l’autre.
- Pour une trame à 180 lignes, on analysera deux fois la même image avec une trame de 90 lignes; pour une analyse à 240 lignes, on fera une double analyse à 120 lignes, etc.
- Fig. 3. — Dispositif électro-mécanique d’analyse par lignes entrelacées au moyen de deux disques combinés (système Tékaclé).
- Tambour dérouleur
- Miroir con caire
- Disque de verre Cellule tournant à25tcf/sec. pbotoe/ectr^-e
- Film —
- Objectif
- Evidement du disque
- Source de lumière
- Disque
- d'exploration tournant à 6.000t’’?/minute
- Tambour enrouleur
- Numérotons les lignes de balayage, en commençant par le haut. Dans le dispositif ordinaire, les lignes de balayage se suivent dans l’ordre normal 1, 2, 3, 4, 5, etc. Dans l’analyse par lignes entrelacées, on « balaye » l’écran d’abord par les lignes impaires 1, 3, 5, 7, 9, etc., puis par les lignes paires 2, 4, 6, 8, 10, etc. L’image est ainsi analysée deux fois de haut en bas. La finesse de la trame est semblable dans les deux cas. Que l’on transmette 25 images par seconde avec une analyse ordinaire à 240 lignes, ou bien, en conservant la même cadence, qu’on analyse deux fois les mêmes images avec une trame de 120 lignes,le résultat est identique. En ce qui concerne le scintillement, l’effet est pourtant différent, et tout se passe à peu près comme si la cadence était de 50 images par seconde (fig. 2).
- On peut obtenir l’exploration par lignes entrelacées au moyen d’un oscillographe cathodique, avec un système à « base de temps » un peu spécial, relié aux plaques de déviation de l’appareil mais, souvent, on emploie encore pour l’émission en télécinématographie un dispositif électro-mécanique.
- On peut ainsi adopter un disque de Nipkow avec deux rangées distinctes de trous disposées en spirales ou en cercles, et décalées d’une distance convenable correspondant à une image plus une ligne.
- Très souvent, il faut employer des films spéciaux réalisés d’après les copies négatives ordinaires ou bien enregistrées dans les installations de transmission à film intermédiaire, généralement de construction allemande, permettant de transmettre l’image des objets quelques dizaines de secondes après la prise de vues cinématographiques directes.
- On réalise donc, soit une bande positive, soit une bande négative comportant deux images identiques de chaque vue juxtaposées au moyen d’un système de tirage optique particulier. Grâce à cet artifice, chaque vue sera explorée deux fois. La longueur du film est, bien entendu, double de celle du film ordinaire correspondant.
- Quant à la piste sonore, on lui donne, par un procédé d’anamorphose, une longueur double de celle qu’elle aurait sur le film ordinaire.
- Le film se déroule ainsi dans le système de transmission à une vitesse double de la vitesse normale, soit 50 images par seconde; le son est reproduit correctement, car si la vitesse linéaire de déroulement est deux fois plus grande, la piste sonore est deux fois plus longue. Si les opérations optiques ont été effectuées soigneusement, il n’y a pas de déformation.
- Le disque d’exploration porte des trous disposés suivant la méthode ordinaire, et en nombre égal à la moitié du nombre de lignes entrelacées, soit 90 trous pour une analyse entrelacée à 180 lignes, et 120 trous pour une analyse entrelacée à 240 lignes; il tourne alors à la vitesse de 50 tours par seconde ou 3000 tours à la minute. On pourrait également employer la moitié du nombre de trous soit 45 ou 60, et faire tourner le disque deux fois plus vite soit à 6000 tours à la minute.
- Il ne s’agit pas pourtant d’analyser deux fois l’image
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- de la même manière puisque, la première fois, il faut obtenir un balayage par les lignes impaires,et,la deuxième fois par les lignes paires. Il suffit, au cours du deuxième balayage, de provoquer le décalage voulu, du reste très faible, du faisceau lumineux d’exploration; ce décalage doit être très exactement égal à la hauteur d’une ligne.
- On peut employer, pour obtenir ce résulta';, différents procédés généralement assez simples, soit optiques, soit mécaniques. C’est ainsi que dans un système allemand, on intercale obliquement sur le trajet du faisceau lumineux, entre l’objectif cinématographique et le disque d’exploration, un disque auxiliaire en glace, entraîné à la vitesse de 1500 tours à la minute, soit 25 tours à la seconde (cadence de transmission réelle). Un secteur de ce disque est plein, sur une demi-circonférence, et l’autre partie comporte un large évidement laissant libre passage au flux lumineux.
- Au cours de l’exploration de la première image, le flux lumineux passe librement; au cours de l’exploration de la seconde, il traverse la lame de verre à faces parallèles, qui lui imprime la légère déviation voulue.
- LE RÉCEPTEUR
- L’appareil Grammont permet, nous l’avons vu, l’émission et la réception des images télécinématographiques, soit en employant des bandes positives ordinaires enregistrées par une caméra distincte, soit à l’aide d’un dispositif de cinématographe intermédiaire permettant la transmission après les opérations de développement et de fixage qui ne durent que quelques dizaines de secondes.
- Dans ce cas, les bandes transmises sont négatives, mais cela n’offre pas d’inconvénient puisqu’on peut restituer correctement les tonalités de l’image dans le système récepteur, au moyen non plus d’un système photographique, mais purement électrique, en effectuant un déphasage des courants modulés agissant sur l’électrode de modulation de l’oscillographe cathodique.
- Le dispositif d’analyse à l’émission comporte un disque de Nipkow tournant à 3000 tours par minute. Un pinceau lumineux traverse une fente du disque et donne les signaux de fin de ligne et de fin d’image en agissant sur une cellule photo-électrique.
- La transmission des signaux d’image et synchronisme s’effectue sur une longueur d’onde de 6,98 m (43 mégacycles) tandis que les sons correspondants sont transmis sur une longueur d’onde de 6,67 m (45 mégacycles). Le poste récepteur est muni d’un tube cathodique d’un diamètre de l’ordre de 30 cm et donnant des images de 18 X 19 cm en noir sur blanc, avec toute la gamme des demi-teintes. Les images sont très lumineuses et peuvent ainsi être observées dans des conditions suffisantes en lumière atténuée; ce tube est, d’ailleurs, muni de plaques de déviation électro-statiques.
- Au point de vue radio-électrique, le récepteur présente la particularité de ne comporter qu une antenne unique pour la réception des ondes radiophoniques de 45 mégacycles et des ondes d’images de 43 mégacycles.
- Les ondes recueillies agissent sur la grille de contrôle d’une lampe changeuse de fréquence dont le circuit de plaque contient deux transformateurs moyenne fréquence
- V
- k
- 7
- Amplificateurmoyenne fréquence
- Système
- accord
- t
- j en détect r Rêcepi^ sons
- 2? détecté Récept f d'images
- Haut-
- parleur
- A mplificate!jrmoyenne fréquence accordé sur 1S50 Oscillateur ki/ocycles
- local
- Fig. 4. — Schéma des organes essentiels du récepteur combiné Grammont pour télévision et radiophonie.
- accordés, l’un sur 450 kilocycles et l’autre sur 1550 kilo-cycles.
- Lorsqu’on fait varier la capacité du condensateur de réglage de l’oscillateur local, au moment où la fréquence locale atteint 44,55 mégacycles, il se produit simultanément deux battements distincts.
- Le premier, de 45 -—- 44,55 = 0,450 mégacycle, ramène l’onde sonore sur sa valeur intermédiaire de 450 kilo-cycles. D’un autre côté, le battement de 44,55 — 43 — 1,550 mégacycle, soit 1550 kilocycles, ramène l’onde d’image sur la fréquence intermédiaire de 1550 kilo-cycles.
- Les deux catégories d’oscillations correspondantes sont ainsi séparées à la sortie des deux transformateurs accordés sur 450 et 1550 kilocycles signalés plus haut.
- En ce qui concerne les sons, les autres étages du récepteur sont les mêmes que pour un poste ordinaire de radiophonie.
- Fig. 5. — Récepteur de télévision Grammont.
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- = 222 :.......-........................................ -
- Pour la reproduction de l’image, l’onde recueillie ramenée ainsi à la fréquence intermédiaire de 1550 kilo-cycles est amplifiée par deux étages moyenne fréquence. Ces étages livrent passage à une bande de fréquence de 1000 kilocycles de part et d’autre de l’onde porteuse, et après détection et amplification basse fréquence, les signaux agissent, comme à l’habitude, sur la grille de contrôle du tube.
- D’autre part, dans une dérivation effectuée sur le circuit de plaque de la lampe basse fréquence, se trouvent des circuits accordés sur les fréquences de transmission des signaux de fin d’image et de fin de ligne. On peut ainsi prélever des signaux déterminant la synchronisation des oscillations « de relaxation » produites par deux thyratrons.
- On obtient ainsi, au moyen du montage déjà indiqué, un double balayage horizontal et vertical par lignes entrelacées.
- La manœuvre de l’appareil est très simple; le système comporte simplement trois boutons de commande,
- l’un servant à l’accord unique de son et d’image, le deuxième réglant l’intensité sonore, et le troisième l’intensité lumineuse de l’image. Un bouton de combinaison auxiliaire permet d’obtenir immédiatement le déphasage nécessaire, suivant que les images transmises sont positives ou négatives, de manière à reconstituer l’image sous sa forme normale.
- Les émissions de la tour Eiffel actuelles étant effectuées avec une trame de 180 lignes et une cadence de 25 images par seconde, un dispositif de combinatenr permet également de transformer l’appareil pour cette réception et, dans ce cas, le balayage ne s’effectue plus par lignes entrelacées, mais de la manière ordinaire, par lignes parallèles accolées.
- La vision est très satisfaisante, et, pour tout spectateur placé à 2 m 50 environ de l’appareil, elle est aussi agréable qu’avec un appareil cinématographique d’amateur, d’autant plus que la couleur normale de l’image contribue à l’illusion.
- P. Hémardinquer.
- L’EDUCATION DE LA MEMOIRE
- AU MOYEN D'UN PHONOGRAPHE RÉPÉTITEUR AUTOMATIQUE
- R /________________..
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- Fig. I et 2. — Schémas explicatifs du problème théorique résolu par le phonographe répétiteur Boulin.
- La mémoire conditionne toutes nos opérations intellectuelles., Sans cette faculté de conserver, de retrouver et de reconnaître nos perceptions antérieures, en les localisant dans le passé, les efforts que l’homme ferait pour s’instruire demeureraient vains. Or l’expérience prouve, que pour bien retenir soit les mots d’une langue étrangère, soit des morceaux choisis d’auteurs classiques, soit les nombres de la table de Pythagore ou les dates d’événements historiques, il faut les ressasser très souvent et à diverses reprises. D’autre part, l’oreille humaine enregistre aisément des mots ou des sons, à condition que l’audition de ceux-ci ne dure pas plus de 15 à 20 sec. au maximum et qu’on les répète un certain nombre de fois.
- S’autorisant de ces constatations psychologiques, un ingénieur, M. Louis Routin, a présenté récemment à l’Académie des Sciences de Paris un phonographe répétiteur automatique qui, pour développer la mémoire,
- utilise les deux grands principes du fractionnement et de la répétition des textes ou des notes musicales. Les schémas (fig. 1 et 2) indiquent les conditions théoriques à remplir pour résoudre le problème. Soient rn et an les deux coordonnées polaires (rayon vecteur et angle) définissant, par rapport au centre du disque O de l’appareil et à un rayon origine z, le point P, qui correspond au début du paragraphe à étudier. A chaque répétition, le mécanisme devra assurer la reproduction de chacune de ces deux coordonnées à l’endroit précis où s’effectue la reprise de contact avec l’aiguille. Donc, si les disques employés comportent un enregistrement de 5 sillons au millimètre, il faudra que la précision atteigne le dixième de millimètre.
- Le mécanisme de reproduction de rn s’obtient à l’aide d’une tige de commande, qui coulisse librement suivant l’axe vertical autour duquel tourne le bras du phonographe. Cet organe soulève verticalement l’aiguille de Pi en Prj, puis l’entraîne par un mouvement hélicoïdal de P. en P4 et finalement l’abaisse verticalement de P4 en P2 (fig. 2). Les déplacements verticaux de la tige de commande se réalisent au moyen d’une came de manœuvre, que le moteur du phonographe actionne à la fin de chaque audition tandis que le cheminement hélicoïdal s’opère par suite de la réaction d’une double rampe en forme de V sur un couteau solidaire de ladite tige de commande. En outre, comme la double rampe s’oriente à volonté autour de l’axe vertical du bras de l’instrument, on peut l’amener dans la position désirée > afin de reproduire la coordonnée rn. Si l’on veut, d’autre part, assurer l’exacte reproduction de l’angle an (variable selon la longueur des paragraphes littéraires ou musi-
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- eaux étudiés), il faut théoriquement que la durée de manœuvre de déplacement de l’aiguille augmentée de celle du contact entre l’aiguille et l’endroit convenable de son sillon, soit un multiple du temps employé par le disque à effectuer un tour entier. Pratiquement le style doit pouvoir occuper sans discontinuité, en moins de 20 sec, n’importe quel point de la courbe phonographique enregistrée. Divers mécanismes ci-dessous détaillés facilitent toutes les manœuvres d’ajustage et de repérage avec autant de rapidité que de précision. Grâce à eux, l’aiguille se soulève brusquement et se repose doucement sans abîmer les sillons, et le bras du phonographe se manœuvre sans risque de rayer les disques. En outre, un dispositif de signalisation fonctionne automatiquement avant l’usure des aiguilles. Enfin un servo-moteur, que l’étudiant peut actionner à distance suspend, au besoin, l’audition à la fin d’un paragraphe et à un instant quelconque pendant une séance d’étude.
- LE DÉTAIL DU MÉCANISME
- Connaissant les principes sur lesquels repose le répétiteur automatique, examinons-en de plus près les divers organes.
- Mouvement de Vaiguille. — Le soulèvement de l’aiguille, son déplacement radial vers la périphérie du disque puis sa remise sans choc sur un point du sillon d’enregistrement s’obtiennent d’abord en agissant sur une tige de manœuvre 1 (fig. 3) qui coulisse librement suivant l’axe vertical autour duquel tourne le bras du phonographe. Si on déplace cette tige de haut en bas, l’aiguille se soulève verticalement par suite du basculement du bras du pick-up autour du couteau horizontal 2; elle subit ensuite un déplacement hélicoïdal à cause de la réaction de la double rampe 3 sur une équerre 4 solidaire de la tige de commande et dont la rotation entraîne à la fois celles du bras du pick-up et de la lame porte-couteau. Au contraire, quand la tige remonte, l’aiguille s’abaisse et vient se poser sur le disque à une distance du centre définie par la position que lé manipulateur donne à la double rampe 3 en agissant sur le levier 9. Alors le bras du pick-up, pivotant autour de la pointe de l’aiguille, se trouve soulevé au-dessus du couteau 2 d’une quantité suffisante pour que le contact entre l’aiguille et le disque reste assuré malgré les dénivellations subies en cours de marche.
- Remarquons qu’à tout instant, la double rampe permet de passer aisément du premier au dernier paragraphe et vice versa, la mise en route du bras du phonographe s’effectuant automatiquement dans les deux sens. De même, les déplacements verticaux d’abaissement et d’élévation de la tige 1 s’opèrent au moyen d’un dispositif de commande automatique actionné par le moteur du phonographe. L’entraînement discontinu de la came réalisant cette manœuvre se produit grâce à un embrayage muni d’un cliquet qui, lors de sa libération, vient en prise successivement avec une première roue à rochet comportant 32 dents puis avec une seconde roue accolée à la première mais n’ayant que 8 dents. Ces deux roues, tournent d’un mouvement continu et après une rotation de 180° de la came de manœuvre, une rampe provoque
- Fig. 3. •— Mécanisme réalisant les irais principaux mouvements de l’aiguille.
- 1. Tige de manœuvre; 2. couteau; 3. double rampe ; 4. équerre ; 9. levier.
- le déplacement longitudinal de l’axe du cliquet. D’autre part, comme l’encliquetage final comporte 8 dents et qu’on imprime aux roues à rochet une vitesse 8 fois plus petite que celle du plateau porte-disque, la reproduction de la coordonnée angulaire an est assurée et à chaque répétition la reprise de contact s’opère toujours sur le même rayon du disque. En outre, on fait tourner celui-ci à une vitesse uniforme de 78 tours par minute; la rotation de la came s’effectue donc en (60 X 8) 78 soit 5,6 et l’encliquetage initial ayant 32 dents, l’aiguille reste en contact avec le disque pendant 5,6/32. Alors la précision du réglage correspond à un cinquième de seconde. Enfin
- Fig. 4. •— Représentation schématique des organes de manœuvre^du phonographe répétiteur Routin.
- 1. Tige de manœuvre. •— 5. Bouton d’ajustage de la butée. — 6. Tambour du repérage chronométrique. — 7. Secteur denté fixant au moyen d’un cliquet 8 la position du bras 9. — 10. Cadran du sélecteur. — 11. Bouton du compensateur. — 12. Bouton de débrayage. — 13. Déclic de récapitulation des mots. — 14. Cadran du déclic précédent. — 15. Boîte aux aiguilles de réserve. — 16. Bouton de la lampe électrique.
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- une butée produit l’arrêt de la came de manœuvre, son cliquet se soulevant à chaque rotation et déterminant la reprise de l’audition à l’extrémité de sa course.
- Mécanisme chronométrique. — Décrivons maintenant le mécanisme chronométrique dont l’organe principal est une roue dentée qui porte un doigt destiné à libérer le cliquet de la came de manœuvre à la fin de l’audition d’un paragraphe ou d’un morceau musical. Cette roue chronométrique (fig. 4) s’embraye temporairement avec le moteur du phonographe et dès qu’on la débraye l’action d’un ressort la ramène sur une butée dont la position s’ajuste à volonté, au moyen d’un bouton 5, d’après la valeur qu’on veut donner à la durée du contact entre le disque et l’aiguille selon la longueur de la pièce enregistrée.
- Pour repérer d’une manière très précise la position de la double rampe 3 (permettant le passage du premier au dernier paragraphe et vice versa), le phonographe répé-
- titeur est pourvu, en outre, d’un sélecteur analogue aux systèmes employés à bord des navires de guerre pour le pointage des canons, muni de deux graduations fournissant l’une le « dégrossissage », l’autre la « précision ». Les chiffres de la première (1 à 20) se trouvent tracés sur un arc métallique 7 qui, pourvu de 20 dents, permet de fixer au moyen d’un cliquet 8 les positions de son bras 9 solidaire de la double rampe. La seconde échelle dite « de précision » compte 30 divisions (25 à 35) inscrites sur le cadran 10 solidaire d’un excentrique servant à décaler le secteur 7 d’un angle égal au vingtième de celui définissant la totalité de sa graduation. Grâce à la double liaison de ces mécanismes, on peut donner à l’aiguille 20 X. 30, soit 600 positions distinctes sans compter qu’on passe instantanément du début à la fin de l’enregistrement ou inversement. Il sera facile alors de déterminer, pour chaque paragraphe, le « dégrossissage » observé sur 7 et la « précision » lue sur 10 ainsi que le
- repérage chronométrique indiqué sur le tambour 6. Inscrivant ces trois repérages en marge d’un texte, l’étudiant reproduira à volonté n’importe quel passage de ce dernier. Quant aux petits écarts susceptibles de se produire occasionnellement, lors d’un décentrage du disque par exemple, on les compense à l’aide d’un dispositif différentiel commandé par le bouton 11. Par ce moyen on communique à la double rampe de légers déplacements sans toucher aux deux graduations du sélecteur.
- Servo=moteur. — De son côté, le servo-moteur, indispensable au fonctionnement pratique du phonographe Routin, se trouve assez ingénieusement réalisé en intercalant sur le circuit d’alimentation de la petite dynamo entraîneuse du disque, deux interrupteurs montés en parallèle et commandés respectivement l’un par la main de l’auditeur et l’autre par la came de manœuvre. Lorsque celle-ci demeure immobile le circuit reste fermé et il s’ouvre dès qu’elle commence à tourner. Si donc l’appareil fonctionne, les répétitions se poursuivront jusqu’à l’ouverture simultanée des deux interrupteurs tandis qu’un frein stabilisateur empêchera la rotation du bras de l’appareil pendant le mouvement de descente de l’aiguille. Mais afin de permettre à volonté soit l’audition, soit la répétition entière de la pièce enregistrée, il faut encore un organe supplémentaire comportant un débrayage permanent de la roue chronométrique, commandé par le bouton 12 (sur lequel se trouve inscrite une série de chiffres de 100 à 120) et un déclic de récapitulation 13 provoquant l’embrayage du cliquet de la came au moyen d’une butée. Sur celle-ci, portée par un levier solidaire du bras du phonographe, se voit un cadran gradué de 60 à 90, qui facilite l’ajustage précis d’après la distance séparant le centre du disque du dernier sillon enregistré. Enfin deux autres accessoires complètent encore cet original phonographe.
- D’abord une petite lampe, fixée à la partie supérieure de la boîte renfermant l’ensemble de l’appareil, sert à éclairer au besoin, les divers cadrans de repérage.
- Puis un dispositif de signalisation provoque automatiquement l’ouverture de la boîte 15, qu’on aperçoit sur le schéma (fig. 4) et sur la photographie.
- Ce petit coffre renferme des aiguilles en réserve et son couvercle se lève dès que l’aiguille utilisée a fourni sa durée normale de service.
- Grâce à tous ces engrenages, à ces leviers, à ces circuits électriques et à ces divers accessoires ingénieusement combinés, M. Louis Routin a su construire une originale « machine à cultiver la mémoire », d’une façon intensive. En particulier, des personnes de tout âge, confortablement installées dans leur appartement, demanderont à cet infatigable « professeur » de leur enseigner correctement et sans peine une langue étrangère.
- J. de la Cerisaie.
- Fig. 5. — Étude d’un texte de langue étrangère au phonographe répétiteur automatique
- Routin.
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- RÉCRÉATIONS MATHÉMATIQUES
- SOLUTION DES PROBLÈMES PROPOSÉS DANS “ LA NATURE
- DU 15 MARS 1936 (N° 2973)
- Rappelons l’énoncé des problèmes proposés :
- Problème A. — Trouver le plus petit nombre qui multiplié par 9 donne ce nombre renversé.
- Problème B. Donner la théorie du billard circulaire (M. Ottenheim).
- Problème C. — I. On sait qu’en raison de la différence d’heures, un télégramme envoyé de Paris le 15 à 4 h, arrive à San Francisco le 14 à 20 h. Le même télégramme envoyé aussitôt de San Francisco à Shanghaï qui est encore 120° plus à l’Ouest sera reçu dans cette dernière ville, la transmission étant supposée instantanée, le 14 à midi. Renvoyé, enfin de Shanghaï à Paris, il y arrivera le 14 à 4 h, c’est-à-dire 24 h avant d’être parti. Expliquer où réside l’erreur.
- II. On sait qu’en raison des différences d’heures sur la surface de la Terre, tel jour du mois ou de la semaine ne commence pas partout au même instant. Mais où commence-t-il et pourquoi là plutôt qu’ailleurs ?
- Existe-t-il un moment de la journée (la journée de Paris), où l’on se trouve être lundi sur toute la Terre ?
- Lorsqu’il est à Paris 6 h, 12 h, 18 h, du lundi, à quelle date se trouve-t-on sur le reste de la Terre ?
- III. Un jeune marié dispose de 24 jours pour son voyage de noces qui commence le 1er juillet à 6 h. Expliquer comment il s’y prend pour être rentré le 25 juillet à 6 h, après avoir fait un voyage de 25 jours. (Proposé par M. Durosoy, intendant militaire à Rouen.)
- Solutions.
- Problème A. — Soit N le nombre cherché.
- N <
- 100 1000 _
- 100 000 9
- puisque 9N a le même nombre de chiffres que N
- ou : N < 1, 12, 112... 11 112...
- Écrivons N dans le système décimal :
- N = 1 ab... fg
- Le produit 9 g se termine par 1, d’où g — 9
- et N = 1 ab... /9.
- En multipliant / par 9 et ajoutant 8 (retenue de 9 X 9 = 81), on obtient a ou 10 + a, avec la condition a î.
- Donc / ne peut être que 7 ou 8.
- Pour / = 7, a = 1, N = 1179 1112 solution à rejeter.
- / = 8, a = 0, N = 1089
- C’est le plus petit nombre qui répond à la question.
- (Solution de M. R. Tellier.)
- Problème B. — Par suite du décès de notre collaborateur Virgile Brandicourt, les documents sur ce problème ne nous étant pas parvenus, nous regrettons de ne pouvoir développer ici la solution. L’auteur de la question, M. Ottenheim, est prié de bien vouloir adresser à la Direction de La Nature toutes suggestions à ce sujet et nous nous ferons un plaisir de les publier dans un prochain numéro.
- Problème C. — I. Corrigeons d’abord une faute d’impression : le télégramme part le 15 à 4 h et non à 14 h. Il arrive à San Francisco le 14 à 20 h; mais à Shanghaï il est au même instant midi du 15, car on traverse la ligne de changement de date de l’Est vers l’Ouest. Donc, retransmis immédiatement, le télégramme touche Paris 8 h plus tôt, c’est-à-dire le 15 à 4 h.
- II. a) Pour des raisons de commodité, on a été conduit à faire commencer le jour en chaque lieu donné, à minuit, c’est-à-dire 12 h avant le passage du Soleil au méridien du lieu. Ce changement s’effectuant progressivement suivant les méridiens normaux des fuseaux horaires, on a choisi par convention une ligne idéale dite « ligne de changement de date » : c’est la ligne à partir de laquelle commence une nouvelle date où il est, par exemple, mercredi 29 juillet 1936, alors que sur tout le reste de la Terre il est encore mardi 28 juillet 1936.
- La ligne de changement de date suit à peu près l’antiméridien de Greenwich, elle s’en écarte quelque peu, par endroits, pour éviter de traverser des territoires habités.
- b) Théoriquement, quand il est lundi 12 h à Paris, il est lundi sur toute la Terre. En effet, sur le bord ouest de l’antiméridien il est lundi 24 h et sur le bord est il est lundi 0 h. Pratiquement, la ligne de changement de date ne coïncidant pas avec l’antiméridien, et certains pays, pour des raisons historiques, n’ayant pas adopté la Convention de l’Heure, il ne peut être lundi à la fois sur tout le globe à quelque moment que ce soit.
- c) Lorsqu’il est à Paris 6 h lundi, il est lundi depuis le fuseau comprenant le méridien 90 O jusqu’à la ligne de changement de date, en marchant dans le sens Ouest-Est; il est dimanche pour tout le reste de la Terre. A 12 h lundi à Paris nous avons expliqué plus haut qu’il est lundi sur presque toute la Terre, sauf pour quelques points du fuseau n° 12. Enfin lorsqu’il est à Paris 18 h il est lundi du fuseau 90° E jusqu’à la ligne de changement de date en circulant dans le sens Est-Ouest, et pour tous les autres points de la sphère terrestre il est mardi.
- III. C’est le problème qui a servi de thème à Jules Verne pour son célèbre ouvrage : Le Tour du Monde en 80 jours. Il suffit de marcher vers l’Est en décrivant un circuit fermé entourant le pôle. Après avoir vu le Soleil se lever 25 fois nos jeunes mariés reviendront au point de départ et trouveront le calendrier à la date du 25 juillet.
- Nouveaux problèmes proposés.
- Il est intéressant de revenir de temps à autre à des problèmes classiques, qu’on a pu oublier, ou qu’on n’a pas toujours étudiés complètement.
- Les deux problèmes ci-dessous, sans doute connus de la plupart de nos lecteurs, sont à résoudre en employant uniquement le raisonnement arithmétique; donc pas d’x, pas d’algèbre et bon courage. Nous aurons certainement des solutions très intéressantes et nous vous ferons part des plus originales. Le troisième problème est inédit, il est également simple et ne demande qu’un peu de réflexion. Et maintenant, voici les énoncés.
- Problème A. — Trois prés dans lesquels l’herbe est d’égale hauteur et croît d’un mouvement uniforme, mesurent 60 a, 72 a, 96 a. Le premier a nourri 75 bœufs pendant 12 jours, et le second a nourri 81 bœufs pendant 15 jours. On demande combien de bœufs pourront être nourris pendant 18 jours dans le troisième pré. (Newton.)
- Problème B. — Deux stations distantes de 4 km sont reliées par une double ligne de tramways. A chaque station, les voitures partent de trois en trois minutes, et marchent avec
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- = 226 ...................................... . —=
- la même vitesse sur chaque ligne. Un piéton parcourt uniformément la même ligne; au moment où il part de la première station, il voit une voiture la quitter, une autre y arriver. De même, au moment où il atteint la seconde station, une voiture en part et une autre y arrive. En comptant les voitures avec lesquelles il s’est trouvé à l’une et à l’autre station, le piéton en a rencontré 19 allant dans le même sens et 43 allant en sens contraire. Trouver la vitesse du piéton et celle des voitures.
- Problème C. — On écrit à la suite les uns des autres tous les nombres se terminant par 37 : 37137237... 163 737... On
- demande à quel nombre appartient le 5000e chiffre 3 de la suite ? (-1)
- Henri Barolet.
- 1. Par exception, et nous prions nos correspondants de bien vouloir nous en excuser, nous ne publions pas les noms de ceux de nos lecteurs qui nous ont envoyé des solutions exactes. Le décès subit de notre cher collaborateur Virgile Brandicourt a momentanément désorganisé notre service des Récréations Mathématiques.... Nous le reprenons aujourd’hui, en nous efforçant de lui conserver l’esprit dont l’avait animé Virgile Brandicourt. Nous espérons que nos lecteurs nous continueront, comme par le passé, leur précieuse collaboration.
- ESSAI D’ONOMASTIQUE NUMIDE
- EN PROVENCE
- L’onomastique, ou science des noms, est sujette à de nombreuses erreurs et c’est pourquoi nous ne donnons à cet essai que la valeur d’une hypothèse intéressante.
- Les causes d’erreurs de cette science sont dues en particulier aux adaptations, par consonances, des noms anciens par les peuples nouveaux venus; chaque fois qu’un peuple s’introduisait dans un pays, il essayait d’expliquer, dans son propre idiome, ce qui avait été désigné antérieurement dans une langue qu’il ne comprenait pas.
- Cette tendance est toute naturelle et de tous les temps, et nous n’en sommes pas exempts de nos jours; prenons-en pour exemple, le Pas de l’Ancié, près de Marseille, qui est devenu le « Pas des Lanciers », ou le village de Bou-Asakeri, aux environs de Dellys, dont on a fait « Bois-S^cré », alors que la traduction en arabe est : « l’endroit du Soldat ».
- Les Grecs et les Romains n’échappèrent pas plus que les autres à ce travers, les premiers expliquèrent le nom des Pyrénées par un incendie qui dévasta les montagnes, alors qu’en celtibérien, Pyrénées revient à Forteresse de Enn (dieu des eaux). C’est par un mécanisme analogue que les Romains expliquèrent que les Germains étaient les cousins germains des Gaulois. En réalité, on trouve des Germanians au Caucase, venant probablement de Perse et il semble bien que les Germains doivent leur nom à une origine analogue et non à une parenté avec les Celtes, les Ibères ou les Ligures, dont les origines se précisent de plus en plus différentes.
- Une quantité de racines sont, en outre, communes à plusieurs langues, ce qui fait que l’on peut expliquer par l’une ce qui fut nommé dans une autre; l’onomastique reste donc hésitante et incertaine et ses indications ne peuvent être utilisées qu’avec de larges réserves.
- On doit reconnaître cependant, que des « fondateurs » de villes conservèrent des noms anciens. Fonder une ville n’était d’ailleurs pas, autrefois, ce que c’est aujourd’hui. Nous n’oserions pas dire que Lyautey « fonda » Casablanca, et nous répétons cependant que Munatius Plancus « fonda » Lugdunum, sans tenir compte, ni des probables Momuru§ et Atepomarus antérieurs, ni même des possibles néolithiques qui peuplèrent sans doute l’admirable oppidum de Fourvière, si favorablement tourné vers le soleil levant.
- Fonder une ville c’était consacrer une cité à de nouveaux dieux et prendre en main les services municipaux transformés, mais le plus souvent, en laissant à la ville son nom ancien. Pourquoi les Romains auraient-ils donné à Lugdunum un nom celtique, et non pas un nom latin, comme ils le firent dans d’autres circonstances ?
- C’est sans doute dans des conditions analogues que les Phocéens « fondèrent » Marseille : ils prirent simplement possession de ce port excellent, habité depuis les origines pour la perfection de son refuge maritime par toutes les populations maritimes de la côte, et probablement nommé Massilia par des Massiliens, c’est-à-dire, par des Numides Africains qui l’habitèrent avant eux.
- La légende de Gyptis offrant à Euxène la coupe de l’hyménée n’est même pas une légende grecque, elle est consignée comme persane dans le Livre de Firdoussi et attribuée ailleurs à Zariades, frère d’un roi mède. Or les Numides (N’miden) se rattachant aux Mèdes, il est possible que la légende soit elle-même numide.
- Ces Numides peuplèrent-ils de leur propre volonté le port de Marseille, ou bien y furent-ils envoyés par les Carthaginois, la chose est plus difficile à démêler. Les Carthaginois peuplaient, en effet, volontiers leurs comptoirs extérieurs de Numides déportés. L’histoire du Périple d’Hannon dit que cet amiral carthaginois partit avec 300 vaisseaux emportant 30 000 hommes et femmes ; il semble probable que ces colons étaient des berbéro-numides et non pas des sémites.
- Ces comptoirs se tournèrent d’ailleurs souvent contre leurs anciens maîtres ou en acceptèrent de nouveaux. C’est probablement ce qui se passa pour Massilia qui accepta volontiers la tutelle ionienne et fut constamment l’adversaire déterminé de Carthage, peut-être en souvenir de leur haine primitive de déportés contre leurs bourreaux.
- Mais, d’autre part, on semble reconnaître dans toute la Provence, et surtout le long du Rhône, une influence numide ancienne et étendue. Cela tient-il à une communauté d’origine et les Africains furent-ils les descendants des Européens (comme le veut la thèse des migrations Nord-Sud), ou au contraire les Méditerranéens viennent-ils d’Afrique ou d’Orient, comme le veulent les orientalistes ? Problèmes difficiles à élucider.
- Les Ségobriges n’étaient peut-être pas des Ligures quoiqu’on puisse admettre des infiltrations de ces voisins au moment de l’arrivée des Phocéens, dans une tribu plus ancienne. Le nom de Nann, leur roi, a une désinence libyenne : « an », c’est le maître ou le seigneur, Sigus était le nom de la première capitale du roi numide Syphax; Sigus briga, veut dire « Forteresse de Sigus », et il existait à l’époque romaine une ville de Sigus à 40 km au sud de Constantine, habitée par les Seguenia que les Romains appelaient Siguitani. Les montagnes des Sik (Oued Rechiga au S.-O. de Boghar) étaient peuplées de Ségalauni et le nom générique de Sik donné aux montagnards
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- numides n’est pas une nouveauté. Sik signifie « oppidum »; les Segusiaves, les Segusini, les Sequanes, les Sicambres et d’autres, empruntent à la racine Sik, leur patronyme. 11 est vrai que cette racine Sik peut être revendiquée par plusieurs langues anciennes, même indo-européennes, il n’y a donc pas lieu d’insister outre mesure.
- Les Numides, apparentés aux Berbères, aux Ibères, aux Celtibériens et Euskariens ne sont pas aryens et, si leur langue est bien à eux, viennent probablement du Nord, si l’on en juge par le mécanisme de la langue et par l’aspect de l’écriture. Mais ils peuvent avoir adopté le langage d’un de leurs vainqueurs, de même que les Khabiles parlent l’arabe plus volontiers que le berbère.
- On a trouvé en Provence de nombreuses pièces et médailles frappées de caractères celtibériens, identiques aux caractères libyques des dolmens d’Afrique. Il semble donc bien que les affirmations d’Avénius et d’Hérodote d’Héraclée qui donnent le Rhône pour frontière séparant les peuples ibériens des peuples ligyens (Ligures), soient sujettes à caution, ou que du moins, dans des temps anciens, les Ibères (Celtibériens) écrivant avec les mêmes caractères que les Numides, peuplaient la Provence et la rive gauche du Rhône. Artémidore dit que l’Ibérie comprenait toute la Narbonnaise à l’occident du Rhône, mais Emporium, à l’embouchure du Rhône était habitée par des Ibères et des Ligures mêlés; il semble donc que cette limite ait été souvent dépassée.
- En effet, malgré leur désinence ionienne, les villes des Cavares portent des noms bien africains.
- Aouenion, nom ancien d’Avignon et de Vienne, ne vient pas d’Avenio (avoine) comme on le dit quelquefois, mais probablement de Aouenous, la Vénus Africaine (Aoua-Enn) ou « Celle du Dieu Enn )>, dieu des Eaux. Aouena est un nom que l’on trouve fréquemment en Numidie. Aouen signifie : rivière, les Aouini habitaient la région de Gliadamès. Le nom d’Aouenion pour Avignon, « Ville d’Amour » placé sous le vocable de Vénus, semble tout indiqué. Même s’il ne vient que d’Aouen, Eau (comme Évian sur le lac Léman), il convient admirablement à ces villes placées au bord de la « Rivière par excellence », ce qui est, en numide-berbère, la traduction littérale de Rhône et de Rhin.
- Cabellion (Cavaillon aussi bien que Chalon), est la réplique du nom des Khabiles ou Abkaïl. Les Gabales du Gévaudan (qui ressemble beaucoup à la Ivhabilie) portaient aussi ce nom bien caractéristiquement numide.
- Arausion peut avoir pour racine Arouan, être ancien ou être fertile, ou encore venir de Ar, faire saillie.
- Acousion peut venir de Agous, fils du Soleil, ou plus simplement de lvous ou Kouch qui est un peuple très important de l’Afrique ancienne (Ag Kous, fils de Kouch), Cuges, dans le Var, a la même racine.
- Ouasion, qui a fait Vaison et Vence, rappelle Ouazzen de Tlemcen. Azoum qui signifie : vaillant (la racine est frapper, tuer), fut rendu célèbre par les Al-Azoum, ou Amazones. On retrouve les Azoum dans Ozon-de-St-Symphorien, près de Vienne, dans Feyzin, même région, dans Annoisin près de Crémieu, vieil oppidum celtique.
- Ouindalion rappelle soit les Oudjana étrusques, fils du Ciel, dont l’écriture est identique au numide et au celtibérien, soit les Aouadis du Djidjelli.
- Parmi les autres villes, citons Oueden ou Védène, qui a son pendant dans Oueden, montagne chez les Ahaggars; Aeria, la seconde ville des Cavares, citée par Strabon, qui attribue son nom à sa situation élevée et qui peut tenir son nom des N’Air (K’ el n’Air, Aouel N’Air), la grande confédération targuie.
- Les rivières portent des noms berbères, depuis le Rhône
- = 227 =
- (comme le Rhin et l’Eridan, c’est « la rivière par excellence »), l’Isara est la rivière d’Assour, ou bien celle de l’idole Sair, l’étang de Scamandre rappelle Camaret, et les Camouria de l’Aurès.
- Les peuples libyens n’étaient d’ailleurs pas inconnus officiellement dans la région de Marseille puisque les Ligures Libyci ou Libeci frappaient une monnaie celtibérienne. Le Lubéron lui-même n’est-il pas la montagne des Libyens [Our signifie montagne) comme les Maures seraient celles des Imaouren ou montagnards. Le nom de l’illustre « Maurin des Maures » se prononce en provençal Maourèn, ce qui est la prononciation même de Imaouren.
- Le nom des Salyens qui tiennent tant de place dans la religion primitive de Rome et qu’on nommait alors Salvi ou Saloui a pour racine le mot Saloua, parler, qui convient bien à ces chanteurs d’hymnes.
- Le colonel Louis Rinn, qui voit évidemment du Berbère partout, mais qui connaît bien sa langue, rappelle de son côté, que Taouroïs, dans le golfe de La Ciotat, est peut-être un ancien sanctuaire berbère ou Aores. Taouroïs signifie dans cette langue, « Celle de l’Aores » (T’aores). L’étang de Berre qui reproduit un radical formatif des noms berbère et ibère, était jadis dénommé, « Mas-Tramela », et était entouré par la tribu des Avatiques. Mas Tramela, se traduit : « Mas = Seigneurie, Atar = étoile, et Amella = blanche (Seigneurie de l’Etoile Blanche).
- Quant aux Avatiques, leur nom reproduit celui de la tribu berbère de El Millia, les Aouata.
- Nice, Nisa, se traduit « Enissa » = campement ou station. Toulon rappelle Tula, Thulé = la richesse, la possession, la source.
- Ces exemples pourraient être multipliés, et les nombreux Maures de la région provençale peuvent être les descendants de ces Numides tout autant et davantage que ceux des Sarrasins et des Maures dont les incursions sont célèbres dans toute cette région. Peut-on en déduire que les Libyens numides établirent des colonies dans la Gaule méridionale, avant l’arrivée des Grecs et des Romains ? Pourquoi non?
- On peut imaginer aussi une étroite parenté entre les Celtibériens de Provence, de la Narbonnaise, des Ibères de la Péninsule avec les Berbères Numides de toutes catégories, de la Côte Nord-Africaine.
- L’analogie des caractères numides des dolmens d’Algérie et des caractères des médailles et monnaies celtibériennes de Provence est évidente; l’analogie des langues était-elle aussi grande ? Le mécanisme de la langue basque qu’on considère comme le dernier souvenir de la langue celtibérienne semble l’indiquer.
- Les nombreuses racines laissées par cette langue dans les langues grecque et romaine paraissent indiquer aussi qu’elle est plus ancienne que ces dernières. Nous avons démontré ailleurs que les caractères berbéro-numides se rattachent aux plus anciennes inscriptions préhistoriques, et que les langues correspondantes ne sont ni aryennes ni sémitiques.
- Faut-il donc croire à une civilisation occidentale très ancienne qui a survécu jusqu’au point de coexister avec la civilisation ligure représentative des invasions asiatiques ?
- Le sanctuaire ligure de Roquepertuse à Velaux, près d’Aix, reconstitué au Musée Borely et découvert par M. H. de Gerin-Ricard, contient des statues prébouddhiques d’inspiration asiatique. Au début de la civilisation romaine, Ligures (d’origine vraisemblablement asiatique) et Numides Ibériens, vivaient en paix sous l’hégémonie phocéenne. Cette époque mérite donc d’être plus parfaitement étudiée.
- R.-M. Gattefosse.
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- LA VOUTE CELESTE EN OCTOBRE 1936 (x)
- Parmi les curiosités célestes qui retiendront ce mois-ci l’attention des observateurs, il convient de signaler spécialement le maximum d’éclat de Mira Ceti. Cette curieuse étoile variable, o de la constellation de la Baleine, a une période assez irrégulière, qui oscille entre 320 et 370 jours (en moyenne 332 jours) et son éclat, en moyenne également, varie de la 2e,0 à la 10e,1 magnitude. On a vu parfois, au maximum, Mira atteindre la magnitude 1,2; mais, parfois aussi, le maximum atteignait tout juste un peu plus que la 4e magnitude (3“,9). Les observateurs devront s’attacher à fixer la date exacte du maximum d’éclat. Celle-ci est calculée pour le 26 octobre, mais c’est une date approximative et il faudra observer cette curieuse variable pendant tout le mois.
- Pour la trouver, utiliser une très bonne jumelle ou même une petite lunette et la petite carte de la figure 1.
- I. Soleil. — La déclinaison du Soleil sera de — 3° 13' le 1er octobre et de — 14° 9' le 31.
- Ainsi, l’arc diurne décrit chaque jour au-dessus de l’horizon par le Soleil diminuera de plus en plus, et la durée du jour s’en trouvera fort réduite. De 11» 38m le 1er, cette durée ne sera plus que de 9h 54m le 31.
- La diminution du jour sera surtout sensible le soir.
- Le 31, par exemple, le Soleil se lèvera à 6“ 37m, passera au méridien à 11» 34m et se couchera à 16h 31m.
- On voit donc que midi vrai se produit 26 minutes avant midi moyen.
- La matinée (de 6“ 37m à 12») durera 5» 23m et la soirée (de 12“ à 16“ 31m) seulement 4h 31m.
- Voici le temps moyen à midi vrai, c’est-à-dire l’heure du passage du Soleil au méridien de Paris.
- Date.
- Dates (0h). P B0 L»
- Octobre 1er + 26°,08 + 6°,68 4°,96
- — 5 + 26°,30 + 6°,47 312°,19
- — 10 + 26°,40 + 6°,17 246°,22
- — 15 + 26°,32 + 5°,82 180°,27
- — 20 + 26°,05 + 5°,42 114°,32
- — 25 + 25°,59 + 4°,98 43°,38
- — 28 + 25°,22 + 4°, 70 8°,81
- — 30 + 24°,78 + 4°,40 329°,25
- La définition des tenues P, B0, L0 a été donnée au « Bulletin astronomique » du n° 2968, du 1er janvier 1936.
- Lumière zodiacale; lueur anti-solaire. — La lumière zodiacale sera bien visible, le matin, avant l’aube, dans les nuits pures et sans clair de Lune et, naturellement, loin des villes éclairées. La meilleure période pour voir la lumière zodiacale sera celle du 14 au 24 octobre, pendant laquelle la Lune ne gênera pas son observation.
- On pourra rechercher la lueur antisolaire pendant la même période, juste à l’opposé du Soleil : le 14 octobre, entre les étoiles 7) et o des Poissons; ensuite dans les Poissons, la lueur se déplaçant dans le même sens que le Soleil. Cette observation est difficile à faire.
- Fig. 1. — Région céleste de Mira Ceti (o de la Baleine).
- Cette carte est reproduite d’après la carte dessinée par M. A. Brun, président de « l’Association française d’Observateurs d’étoiles variables ». Le champ embrassé est ici de 3° de côté et le dessin comporte toutes les étoiles jusqu’à la magnitude 10,0 environ.
- II. Lune. — Les phases de la Lune, pour le mois d’octobre, se produiront comme suit :
- D. Q. le 7, à
- N. L. le 15, à
- P. Q. le 23, à
- P. L. le 30, à
- 12h 28m 10» 20m 12» 54“ 5» 58“
- Age (T. U.) heure =
- Octobre
- Heure du passage. Date. Heure lu passage.
- Ie 11» 40 “ 19s Octobre 17 11» 36“ 2S
- 3 11 39 41 — 19 11 35 40
- 5 11 39 4 — 21 11 35 19
- 7 11 38 29 — 23 11 35 2
- 9 11 37 46 — 25 11 34 47
- 11 11 37 25 — 27 11 34 34
- 13 11 36 55 — 29 11 34 25
- 15 11 36 28 — 31 11 34 19
- Observations physiques. — Voir à ce sujet le n° 2974 du 1er avril 1936. Les éphémérides ci-après permettront d’orienter les dessins et les photographies du Soleil.
- Nous insistons pour que les observateurs ne négligent aucune occasion d’observer, chaque jour, la surface solaire.
- 1. Toutes les heures données dans le présent Bulletin astronomique sont exprimées en Temps universel (T. U.), compté de 0» à 24», à partir de 0» (minuit). Le Temps universel coïncide avec le temps légal en France.
- L’heure d'élé sera encore en service pendant quelques jours en octobre. Pendant cette période, ajouter 1 heure à toutes les heures indiquées ici.
- de la Lune, le 1er octobre, à 0» = 15!,3; le 16 octobre, même = 0J,6. On sait que pour avoirl’âge de la Lune à une autre date du mois à 0», il suffit d’ajouter aux nombres précédents 1 jour par jour écoulé depuis le 1er ou le 16.
- Plus grandes déclinaisons de la Lune en octobre : le 5, à 15» = + 23» 44'; le 20, à 3» = — 23° 36'.
- On remarquera la grande hauteur de la Lune dans le ciel le 5 octobre, vers 3» 30“ et le 6 octobre, vers 4» 30“ du matin.
- Périgée de la Lune (plus petite distance à la Terre), le 1er octobre, à 15». Parallaxe = 61' 17". Distance = 357 584 km.
- Apogée de la Lune (plus grande distance à la Terre), le 16 octobre, à 9». Parallaxe = 53' 56". Distance = 406 574 km.
- Périgée de la Lune, le 30 octobre, à 3». Parallaxe = 61'29". Distance = 356 647 km.
- Occultations d’étoiles par la Lune. — Le . 3, occultation de 63 Bélier (5“,2) ; émersion à 20» 28“,0. •— Occultation de 65 Bélier (5“,9) ; émersion à 21» 8m,0.
- Le 4, occultation de u Taureau (4“,4) ; émersion à 20» 42“,0.
- Le 6, occultation de 394 B Taureau (6“,1) ; émersion à 3» 25“,5.
- Le 26, occultation de 6 G Poissons (6“,2) ; immersion à 17» 45»,0.
- Le 31, occultation de A Taureau (4“,5) ; immersion à 21»57“,5.
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- Lumière cendrée de la Lune. — Elle sera très lumineuse le matin des 11, 12 et 13 octobre, surtout le 12.
- Marées. Mascaret. — Les plus fortes marées du mois se produiront au début, un peu après la pleine Lune du 30 septembre, puis à la fin, à l’époque de la pleine Lune du 30 octobre. Au moment de la nouvelle Lune du 15, les marées seront peu importantes.
- Voici l’heure de la pleine mer, à Brest, de quelques-unes des plus grandes marées du mois :
- Date. Marée du matin. Marée du soir.
- Heure. Coefficient. Heure. Coefficient.
- Octobre 1er 3“ 45m 1,11 16“ 6“ 1,15
- 2 4 27 1,16 16 48 1,15
- — 3 5 9 1,12 17 31 1,07
- — 4 5 52 1,01 18 15 0,94
- — 28 1 50 0,85 14 13 0,92
- — 29 2 36 0,99 14 58 1,04
- — 30 3 20 1,08 15 42 1,10
- — 31 4 5 1,11 16 28 1,10
- Le phénomène du mascaret, en raison du coefficient élevé des marées, se produira fréquemment ce mois-ci. Voici les heures d’arrivée probable de la barre à Quillebeuf, Villequier et Caudebec.
- Date. Coefficient de la marée. Arrivée du mascaret à :
- Quillebeuf. Villequier. Caudebec.
- Octobre 1er 1,11 7“ 22“ 7“ 59“ 8“ 8“
- — 1 1,15 19 41 20 18 20 27
- — 2 1,16 8 0 8 37 8 46
- — 2 1,15 20 20 20 57 21 6
- — 3 1,12 8 41 9 18 9 27
- — 3 1,07 21 3 21 40 21 49
- — 29 1,04 18 42 19 19 19 28
- — 30 1,08 7 1 7 38 7 47
- — 30 1,10 19 19 19 56 20 5
- — 31 1,11 7 40 8 17 8 26
- — 31 1,10 20 1 20 38 20 47
- III. Planètes. — Le tableau placé en tête de la page suivante, que nous avons établi à l’aide des données de l’Annuaire astronomique Flammarion, contient les renseignements nécessaires pour rechercher et observer les planètes principales pendant le mois d’octobre 1936.
- Mercure se trouvera en conjonction inférieure avec le Soleil le 1er octobre, à 0“. Il s’écartera rapidement du Soleil et, le 16 octobre, atteindra sa plus grande élongation le matin, à llh, à la distance de 18° 5' à l’Ouest du Soleil. On pourra rechercher cette petite planète 5 ou 6 jours avant et après son élongation. Quoique s’écartant peu du Soleil, cette élongation sera assez favorable au point de vue des observations.
- Vénus se dégage de plus en plus du rayonnement solaire. A la fin du mois, elle se couchera une heure et quart après le Soleil, et on pourra la voir assez facilement dans le ciel du couchant. Sa déclinaison, très australe/gênera toutefois, dans nos contrées son observation.
- ....= 229 =
- Mars se lève à présent quatre heures avant le Soleil. Son diamètre augmente un peu et l’on va pouvoir commencer les observations. L’éloignement actuel de cette planète empêchera toutefois, surtout avec les instruments moyens, d’étudier utilement sa surface, Le 2 octobre, Mars passera près de p du Lion, et au Nord de cette étoile.
- Iris, la petite planète n° 7, découverte en 1847 par Hind, passera en opposition le 23 novembre. Voici sa position le 31 octobre :
- Ascension droite == 4h 13m,3; Déclinaison = -fi 26° 37'. Au moment de sa prochaine opposition, Iris atteindra la magnitude 6m 8.
- Melpomène, la petite planète n° 18, découverte en 1852, également par l’astronome Hind, arrivera en opposition avec le Soleil le 3 novembre, avec la magnitude 7“,8. Voici quelques positions où l’on pourra la rechercher :
- Date. Ascension droite. Déclinaison.
- Octobre 15,0 2“48m,l — 3» 14'
- — 23,0 2 43 ,0 — 4 37
- — 31,0 2 36 ,8 — 5 43
- Jupiter est encore un peu visible le soir, dès l’arrivée de la nuit. Il importe d’observer cette planète avec le plus grand soin, sa surface ayant subi d’importantes transformations depuis quelques mois. En particulier, la « tache rouge», comme nous l’avons signalé récemment ici, est, cette année, exceptionnellement foncée. M. Quénisset, astronome à l’Observatoire Flammarion de Juvisy, a obtenu cette tache, sur des clichés, avec une intensité remarquable, et telle que jamais il ne l’avait vue ainsi, depuis 40 ans qu’il étudie et photographie cette énigmatique formation.
- On pourra observer encore quelques-uns des curieux phénomènes produits par les satellites dans leur révolution autour de Jupiter. En voici la liste pour octobre.
- Phénomènes du Système des Satellites de Jupiter.
- Date : O et. Heure. Satel- lite. Phéno- mène. Date : Oct. Heure. Satel- lite. Phéno- mène.
- 1 19 39“ II O. c. 22 17 54“ I Im.
- 5 18 00 LO III P. c. 23 17 29 I P. f.
- 7 17 57 I O. c. 23 17 39 III Im.
- 7 19 0 I P. f. 26 17 31 II P. f.
- 14 18 47 I P. c. 30 17 16 I P. c.
- 16 17 43 III E. c. 31 17 33 I E. f.
- 17 17 48 II Im.
- Saturne est encore visible presque toute la nuit. L’anneau, pour la Terre, s’ouvre peu à peu, mais pour le Soleil, il se referme et bientôt il sera éclairé par la tranche. Voici d’ailleurs les éléments de l’anneau à la date du 13 octobre :
- Grand axe extérieur...............................-fi 42",83
- Petit axe extérieur...............................-fi 2",11
- Hauteur de la Terre au-dessus du plan de l’anneau, -fi 2°,82 Hauteur du Soleil au-dessus du plan de l’anneau. . -fi 1°,14
- Le 16 octobre, on pourra assister au passage de l’ombre de Titan sur le globe de Saturne : le commencement du passage
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- ASTRE Dates : Octobre. Lever à Paris. Passage au méridien de Paris. Coucher à. Paris. Ascen- sion droite. Déclinai- son. Diamètre apparent. Constellation et étoile voisine. VISIBILITE.
- 1 3 5h 54“ 11 39" 418 17i 25“ 12h 37“ 4° 0' 32' 2",0 Vierge i
- Soleil . . . 15 6 12 11 36 28 17 0 13 21 — 8 33 32 8, 5 Vierge (
- 27 6 31 11 34 34 16 38 14 7 — 12 49 32 15, 2 Balance
- 3 5 33 11 18 17 6 12 17 — 3 46 10,0 Vierge Le matin, au milieu du
- Mercure . . 15 4 29 10 32 16 35 12 15 + 0 3 7,2 Vierge i mois. Plus grande
- / 27 5 9 10 46 16 21 13 15 — 5 50 5,4 a Vierge i élongation le 16.
- ( 3 8 15 13 17 18 17 14 12 — 13 8 11,2 Balance Le soir, dans le crépus-
- Vénus . . .< 15 8 52 13 27 18 2 15 9 — 18 9 11,8 Balance | cule, surtout à la fin
- 27 9 27 13 41 17 54 16 10 — 22 4 12,4 p Scorpion | du mois.
- 3 2 33 9 29 16 25 10 25 + 11 15 4,0 p Lion
- Mars... 15 2 27 9 10 15 52 10 53 + 8 32 4,2 Lion Le matin, avant l’aurore.
- 27 2 21 8 50 15 19 11 21 — 5 43 4,2 a Lion /
- 3 12 3 16 13 20 22 17 10 — 22 43 33,2 0 Ophiuchus y Dès l’arrivée de la nuit.
- 27 10 48 14 55 19 3 17 27 — 23 3 31,4 b Ophiuchus
- Saturne . . 15 16 0 21 29 3 2 23 15 — 7 19 17,0 7. Verseau Presque toute la nuit.
- Uranus. . . 27 16 41 23 48 6 59 2 22 + 13 39 3,6 Bélier Toute la nuit.
- Neptune . . 27 2 18 8 46 15 15 11 18 -R 5 37 2,4 G Lion Le matin, avant l’aurore.
- se produira à 1“ 59m et la sortie à 7“ 27m. Le disque de Titan ne passe plus à présent devant Saturne, mais au Sud.
- Uranus sera en opposition avec le Soleil le 31 octobre, à 5“. Il sera donc visible toute la nuit. Pour le trouver sur le ciel employer une bonne jumelle et se servir de la petite carte spéciale reproduite au « Bulletin astronomique » du n° 2978 du 1er juin 1936.
- Neptune devient un peu visible le matin. On le trouvera en utilisant la carte donnée au « Bulletin astronomique » du n° 2970 du 1er février 1936 et une petite lunette.
- IV. Phénomènes divers. — Conjonctions :
- Etoiles variables. — Minima d’éclat (visibles à l’œil nu) de l’étoile Algol (p Persée), variable de 2m,2 à 3m,5 en 2J 20“ 48m :
- Le 1er, à 19h 48“ ; le 16, à 3h 51»; le 19, à 0“ 40“ ; le 21, à 21” 29“ ; le 24, à 18“ 18".
- Le 1er octobre, maximum d’éclat de R Aigle, variable de 5“,5 à llm,8, en 301 jours.
- Le 5 octobre, maximum d’éclat de R Bouvier, variable de 5“,9 à 12",8, en 225 jours.
- Le 11 octobre, maximum d’éclat de R Hydre, variable de 3“,5 à 10",1, en 417 jours.
- Le 26 octobre, maximum d’éclat de o Baleine (Mira Ceti), variable de 2m,0 à 10“,1 en 332 jours (voir au début de cet article).
- Le 3, à 0h, Uranus en conjonction avec la Lune, à 4° 26' S. Le 12, à 3“, Mars — — à 6° 41' N.
- Le 12, à 19h, Neptune — — à 6° 31 'N.
- Le 14, à lh, Mercure — — à 6° 58'N.
- Le 15, à 9h, Mercure — yj Vierge (3",9) à 0° 17'N.
- Le 18, à 4h, Vénus — la Lune, à 2° 9'N.
- Le 18, à 15h, Mars — y Lion (4“ 8) à 0' V N.
- Le 20, à llh, Jupiter — la Lune, à 0° 36' N.
- Le 25, à 16”, Mars — Neptune, à 0° 24' N.
- Le 27, à 3h, Saturne — la Lune, à 7° 59' S.
- Le 30, à 1011, Uranus — — à 4° 26' S.
- Le 30, à 23h, Mercure — m Vierge (5“ 4),à 0° 4' S.
- Etoile polaire; temps sidéral. — Voici quelques passages de l’Etoile polaire au méridien de Paris :
- Date. Passage. Heure. Temps sidéral i0h (T. U.) pour le méridien de Greenwich.
- Octobre 7 Supérieur 0 > 30= i 448 lu 5is
- — 14 •— 0 3 14 1 29 26
- — 14 — 23 59 18 —
- — 17 —- 23 47 32 1 41 16
- — 27 — 23 8 13 2 20 42
- Etoiles filantes. — Un assez grand nombre d’essaims météoriques sont actifs en octobre.
- On en trouvera la liste au « Bulletin astronomique » du n° 2960.
- V. Constellations. — Le 1er octobre, à 21” ou le 15 octobre, à 2011, la Voûte céleste présentera l’aspect ci-après :
- Au Zénith : Le Cygne. Autour du Zénith : Andromède, Cassiopée, Céphée.
- A Nord : La Grande Ourse; la Petite Ourse; le Cocher.
- A l’Est : Le Bélier; le Taureau; Persée.
- Au Sud : Pégase; le Verseau; le Capricorne; le Poisson Austral.
- A l’Ouest : La Lyre; l’Aigle; Hercule; le Serpent.
- On remarquera, assez près de l’horizon sud, la belle étoile Fomalhaut, a du Poisson austral.
- C’est l’étoile de lre grandeur la plus australe visible en France.
- Em. Touchet.
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- L’AUTOMOBILE PRATIQUE
- NOUVEAUTÉS TECHNIQUES - CONSEILS PRATIQUES
- LA PROTECTION CONTRE LA BUÉE ET LE GIVRE
- Pour éviter le dépôt du givre sur les glaces des pare-brise ou de la buée sur la surface intérieure de celles-ci, on peut les recouvrir d’une légère couche de glycérine qui détermine le glissement de l’eau à la surface. Cette opération peut même être évitée en utilisant, au lieu d’un balai d’essuyage de l’essuie-glace ordinaire, un balai imprégné que l’on peut se procurer dans le commerce.
- UN APPAREIL DE CONTROLE POUR L’INSTALLATION ÉLECTRIQUE DE L’AUTOMOBILE
- L’équipement électrique de la voiture est devenu désormais une partie essentielle du châssis; c’est de son bon état que dépendent en effet, la marche normale de la voiture et la sécurité de son fonctionnement.
- La vérification de l’installation ne doit pas être faite seulement par les garagistes et les spécialistes de l’équipement automobile; elle peut bien souvent aussi être effectuée par l’automobiliste lui-même. Celui-ci peut déceler facilement, dans un grand nombre de cas, un défaut de l’équipement, et y remédier lui-même en évitant un dépannage onéreux.
- Pour effectuer cette vérification, il suffit d’avoir à sa disposition, un appareil d’emploi pratique et d’encombrement réduit, permettant la mesure des tensions et des intensités usuelles.
- Un constructeur a établi dans ce but un appareil de contrôle miniature se glissant dans une poche de gilet et dont les dimensions sont de 65 X 50 x 15 mm seulement. Le boîtier est en bakélite moulée, et quatre bornes munies de boutons isolants, sont placées à la partie supérieure (fig.,1).
- L’appareil constitue un voltmètre de précision polarisé fonctionnant dans toutes les conditions, de consommation très réduite, avec une résistance de l’ordre de 100 ohms par volt.
- Deux gammes de tensions sont prévues : de 0 à 3 v et de 0 à 15 v et une gamme d’intensités de 0 à 15 ampères.
- La gamme de 0 à 3 v permet la vérification des éléments d’accumulateurs pris un par un, afin de déceler les éléments défectueux de la batterie. La polarisation du système permet, d’ailleurs, de déterminer la polarité respective des bornes.
- Avec la sensibilité 15 v, on peut déterminer la tension totale de la batterie, et il est bon, pour que les résultats soient valables, d’effectuer cette mesure lorsque la batterie débite, par exemple, en allumant les phares.
- On peut également vérifier la tension de la génératrice sur les équipements 6 v ou 12 v, ou la tension aux bornes des accessoires, et mesurer aussi l’isolement de l’installation.
- Dans ce but, les lampes des phares étant enlevées, le retour a la masse des accessoires débranchés, on ferme successive-
- Fig. 1.— Appareil de mesure « Gousset-Auto » (Chauvin et Arnoux).
- ment les interrupteurs en ayant réuni le vérificateur à la masse du châssis et au pôle négatif de la batterie après avoir débranché le câble de masse.
- Si l’isolement est bon, l’aiguille ne doit pas dévier.
- D’un autre côté, avec la sensibilité d’intensité 15 amp, on peut vérifier la consommation de tous les accessoires : lanternes, phares, bobines d’allumage, essuie-glaces, avertisseur, etc. On débranche le câble reliant la borne négative à la masse du châssis, et on le branche à la borne zéro du vérificateur; on relie, d’autre part, la borne n° 4 du contrôleur au pôle négatif de la batterie, et on actionne successivement les accessoires.
- De la même manière, on peut vérifier le courant de charge de la batterie, et se rendre compte ainsi si l’appareil de mesure placé sur le tablier de contrôle donne des indications exactes.
- UN DÉROULEUR DE CARTE
- On a souvent, en automobile, besoin de lire la carte ou un plan de rues. Pour éviter toute perte de temps, il est bon de pouvoir disposer toujours d’un système permettant de mettre seulement en évidence la partie utile du document. Il est facile de constituer ce dispositif très simplement, à l’aide d’une petite planchette et de deux bobines vides destinées à l’enroulement des pellicules photographiques; suivant les dimensions du document considéré, on choisit des bobines plus ou moins longues (fig. 2). La planchette, une fois montée avec ses bobines, peut être fixée au tube de direction par un simple collier qu’on peut établir soi-même, ou se procurer chez un marchand d’accessoires de bicyclettes.
- POUR ÉVITER LES DANGERS DES PORTIÈRES OUVERTES
- Beaucoup d’accidents sont dus à l’ouverture des portières au moment de la mise en marche. Lorsque les places arrière ne
- Collier de serrage sur le tube de direction
- Planchette :'v
- xBobine vide de pellicule photographique
- Clou pivot
- Fig. 2. — Support dérouleur pour carte se fixant sur le tube de direction.
- Fig. 3. — Schéma d’un circuit d’alarme indiquant l'ouverture d’une portière arrière.
- Lampe rouge dalarme x^!v
- Contact de la porte
- Clef de contact
- Signa! "Stop
- Contact du feu “Stop
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- sont pas occupées, le conducteur peut très bien démarrer sans s’apercevoir que les portières arrière sont ouvertes. La portière peut alors être arrachée par une voiture qui vient en sens inverse; elle peut heurter un piéton ou une autre voiture.
- Pour éviter ce grave inconvénient, on peut placer sur le tablier une lampe-témoin rouge, indiquant l’ouverture de la portière, ou établir un système déterminant la mise en marche du klaxon lorsque la portière est ouverte. On voit sur la figure 3 comment un dispositif de ce genre est aisément réalisé.
- Bien entendu, le dispositif ne doit pas fonctionner lorsque la voiture est à l’arrêt, puisqu’on doit normalement pouvoir ouvrir les portières à ce moment. Le circuit électrique n’est donc fermé que si la clef de contact du système d’allumage est enfoncée au moment où le moteur est en fonctionnement; lorsque le moteur est à l’arrêt, le système avertisseur n’est pas mis en action.
- UN MOYEN SIMPLE POUR PROTÉGER LES CLEFS DE SERRURE
- La lubrification des serrures de sûreté des portières dans les carrosseries à conduite intérieure est indispensable, si l’on veut éviter une usure rapide ou des blocages gênants. Mais cette lubrification est difficile lorsqu’on ne veut pas effectuer de démontages de la serrure.
- On peut obtenir pourtant, d’une manière très simple, un effet généralement suffisant, en enduisant la clef de sûreté de graphite ou de graisse graphitée, et en répétant cette opération à plusieurs reprises. Peu à peu, une petite quantité de graphite pénètre ainsi dans la serrure (fig. 4).
- POUR L’ENTRETIEN DU POT D’ÉCHAPPEMENT
- Le pot d’échappement se remplit peu à peu normalement des résidus de la combustion, et le fonctionnement du silencieux peut en être gêné; ce phénomène peut également déterminer des contre-pressions nuisibles puisqu’elles s’opposent au passage des gaz.
- Pour éviter cet inconvénient et sans un démontage, il est bon
- de temps en temps d’effectuer un nettoyage interne des parois du pot d’échappement en le frappant extérieurement au moyen d’un maillet en bois. En accélérant, le moteur étant en fonctionnement, on détermine l’expulsion du carbone détaché des parois.
- UN APPAREIL DE GRAISSAGE ORIGINAL
- On a souvent à graisser des parties du châssis peu accessibles, sans l’aide d’un « pont de graissage » ou d’un « bras d’Hercule ». Il faut dans ce cas pouvoir projeter l’huile à distance sur la partie à lubrifier, sur les ressorts par exemple.
- On peut employer dans ce but une seringue, mais on peut également réaliser un système monté comme le montre la figure 5, avec une boîte en fer-blanc fermée hermétiquement et portant d’un côté un ajutage avec un robinet, de l’autre une valve de chambre à air.
- On place de l’huile dans le fond de la boîte, et au moyen d’une pompe quelconque, on comprime de l’air dans la boîte au moyen de la valve. En ouvrant le robinet, l’huile est ainsi projetée à distance avec une forte pression.
- L. Picard.
- Adresses relatives aux appareils décrits
- Balais d'essuie-glaces anti-givre. L. Crétin, 5, avenue de Montreuil, Fontenay-sous-Bois.
- Voltmètre Gousset, Chauvin et Arnoux, 190, rue Championnet, Paris (18°).
- Huile
- Fig. 5. — Appareil improvisé pour le graissage sous pression.
- Clef enduite de graphite
- Fig. 4. — Graissage des serrures de portières.
- FERS EN DURALUMIN POUR CHEVAUX
- DE COURSE
- Voici une nouvelle application des alliages légers à base d’aluminium.
- En course plate au galop, la légèreté du fer a une importance considérable; on estime, en effet, que 1 kg aux pieds d’un cheval de course représente 8 kg sur le dos du cheval. En conséquence une diminution d’une trentaine de grammes par fer équivaut à une diminution de 1 kg sur la charge du cheval.
- Aussi, après avoir, par des moyens variés, cherché à réduire au minimum le poids des fers en acier, a-t-on fini par se tourner vers les métaux légers.
- La Revue de l’Aluminium nous apprend que l’on fabrique aujourd’hui des fers en duralumin, qui ne pèsent pas plus de
- 50 à 60 gr, ou au maximum 80 gr, alors que les fers en acier les plus légers, pèsent presque 200 gr. On aurait donc un gain de presque 500 gr dans l’ensemble, équivalent à une économie de poids de 4 kg. C’est là un avantage fort appréciable.
- La fabrication de ces fers est aujourd’hui industrialisée à la Croix-Saint-Ouen et à Maisons-Laffitte, centres hippiques importants. La mise en forme après chauffage au bain de sable, et la mise en place dans le travail du ferrage, sont d’une pratique courante chez tous les maréchaux ferrants des centres d’entraînement.
- L’usure de ces fers n’est pas sensiblement plus rapide que celle des fers en acier. Les clous sont en acier doux et se posent comme ceux des fers ordinaires.
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- COMMUNICATIONS a l ACADEMIE DES SCIENCES
- Séance du 6 juillet 1936.
- Influence de l’oxygène sur la végétation. — M. Mol-liard démontre, par deux séries d’expériences eiïectuées sur le radis, que, pour le développement de cette plante, une atmosphère contenant 5 pour 100 d’oxygène et 1 pour 100 de gaz carbonique est particulièrement favorable. Dans ces conditions, le rendement en substance sèche est nettement plus élevé qu’à l’air libre, son accroissement moyen étant de 50 pour 100. De plus, les plantes ayant poussé dans l’atmosphère à 5 pour 100 d’oxygène ont un feuillage beaucoup plus vert que celles laissées à l’air libre.
- Les grandes crues. — M. Gumbel expose l’intérêt qu’il y a, au point de vue statistique, à appliquer aux crues des fleuves les calculs de la plus grande valeur, en admettant d’autre part, avec Gibrat et Grassberger, que le débit d’un fleuve peut se représenter par une distribution de Galton. Appliquant le procédé au régime du Rhin à Bâle, il obtient une concordance satisfaisante entre les valeurs vraies et calculées de la répartition des grandes crues. Un écart relatif très sensible existe cependant sur les chiffres concernant les crues exceptionnelles.
- Irrégularités de la rotation terrestre. — On a déjà reconnu des irrégularités à grande période dans la rotation terrestre; ceci par des observations purement astronomiques. Par comparaison des indications des horloges de précision et des temps donnés par les instruments de passages, M. Stoyko montre qu’il existe d’autres irrégularités à courte période (quelques mois) de l’ordre du millième de seconde par jour. Ces comparaisons ont permis, en outre, de vérifier que les pendules de Paris et de Clmrlottenburg ont une irrégularité quotidienne moyenne d’environ 0,0008 sec.
- Séance du 20 juillet 1936.
- Coprolithes nord=africains. — Dans les gisements de phosphates nord-africains on trouve en extrême abondance des coprolithes, excréments fossiles de poissons et de reptiles. M. Cayeux remarque que ces coprolithes sont constitués par du phosphate de chaux sans action sur la lumière polarisée et que l’on n’y retrouve aucune inclusion minérale ou organique et, en particulier, aucun débris osseux. On peut expliquer cette anomalie, soit par l’assimilation totale des proies par les poissons ou reptiles, soit par un régime exclusivement herbivore de ces derniers. Au point de vue morphologique ces coprolithes, de section généralement circulaire, ont une longueur dépassant rarement 2 cm et un diamètre maximum de 1 cm.
- Électrophorèse dans les cellules. — Mlle Choucroun et M. Guilliermond examinent au microscope à immersion des cellules végétales vivantes, en particulier des écailles bulbaires d’Allium Cepa, placées dans un champ électrique. Ils ont ainsi découvert un fait très important : tant que les cellules sont vivantes aucun mouvement particulier ne se produit sous l’action du champ, même si celui-ci atteint 50 v/cm. Les mouvements cytoplasmiques et les mouvements browniens dans la vacuole persistent. Il s’agit donc d’une véritable défense de la cellule tant qu’elle vit. Dès qu’elle est morte il se produit un entraînement du cytoplasme, de la vacuole et des granulations graisseuses vers le pôle positif. Le noyau subit lui-même alors des transformations pouvant aller parfois jusqu’à sa dissolution.
- Le pentachlorure de phosphore. — En étudiant la fusion du pentachlorure de phosphore, MM. Moureu, Magat et Wetroff ont observé un palier de 1°,5 environ. Au cours de la solidification, des cristaux apparaissent vers 157°, le palier thermique s’établissant plus tard, entre 148° et 154°. L’ensemble de ces deux phénomènes ne peut s’expliquer qu’en admettant une transformation moléculaire du pentachlorure de phosphore au voisinage de sa température de fusion. Cette hypothèse est d’ailleurs vérifiée par l’étude des spectres Raman du liquide et du solide.
- Action des rayons X sur les virus. — A des doses de 200 000 r les rayons X détruisent les bactéries mais restent sans effet sur les virus. En opérant sur le virus de la peste aviaire, MM. Levin et Lominski ont démontré qu’à des doses beaucoup plus élevées, 3 000 000 r environ, les virus eux-mêmes sont détruits alors qu’ils résistent et conservent toute leur activité après avoir reçu 1 000 000 r. A des doses intermédiaires une certaine atténuation de la virulence se manifeste.
- Séance du 27 juillet 1936.
- Mesure de l’intensité des courants de décharge. —
- Si on décharge un condensateur dans un circuit dont les caractéristiques empêchent toute oscillation, on crée autour du conducteur un champ magnétique dont l’intensité maxima est évidemment proportionnelle à celle du courant. MM. Chevallier et Laporte ont eu l’idée de mesurer ce champ maximum par l’aimantation rémanente d’une aiguille d’acier. Ils ont constaté une anomalie déjà indiquée dès 1827 par Savary : très près du circuit l’aimantation est inversée, en éloignant l’aiguille elle passe par un point neutre, redevient normale et passe par un maximum à une distance de quelques centimètres du conducteur. Ce curieux phénomène n’est nullement dû à une inversion du champ; il est en rapport avec les traitements thermiques et magnétiques préalables du métal de l’aiguille. Les auteurs estiment possible de trouver un acier dont la loi donnant l’aimantation rémanente en fonction du champ maximum soit suffisamment bien établie pour permettre d’effectuer par ce procédé des mesures de champ, donc des intensités maxima des décharges.
- Formation des alcoolates. — M. Brun a démontré que la dissolution d’un métal alcalin dans les alcools rigoureusement anhydres provoque la formation d’une f.é.m. qui peut se traduire par un courant sensible au galvanomètre, si on relie l’électrode soluble à une lame de platine plongée dans le liquide. Les expériences ont eu lieu avec les alcools méthy-lique et éthylique. Avec le magnésium le phénomène persiste mais est beaucoup moins intense. Le métal soluble peut être un amalgame formé par l’électrolyse d’un alcoolate avec une cathode en mercure. Relié avec une électrode de mercure neuf, cet amalgame devient l’origine d’un courant dont l’intensité faiblit rapidement.
- Oxydation du silicium. — La température à laquelle le silicium commence à s’oxyder dans l’oxygène sec étant l’objet de controverses, M. Bedel a repris cette question et montré que la réaction semble débuter vers 650°, avec le silicium non dégazé, mais ne devient vraiment sensible qu’à partir de 850°. En présence d’humidité, c’est vers 430° que l’oxydation commence. Si au contraire on fait préalablement le vide sur l’échantillon, la fixation de l’oxygène sec est nulle jusqu’au-dessus de 800°, point qui doit être considéré comme le seuil de la réaction des deux corps purs.
- L. Bertrand.
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- LIVRES NOUVEAUX
- Recherches sur le quartz piézoélectrique, par Armand de Gramont. 1 vol., 112 p., 66 fig. Editions de la Revue d’Optique. Paris 1935. Prix, broché : 22 fr.
- M. de Gramont résume ici les recherches qu’il poursuit depuis plus de 7 ans, en collaboration avec M. D. Beretzki, sur le quartz piézoélectrique. On sait le rôle important que celui-ci joue aujourd’hui en radiotechnique, surtout comme stabilisateur de fréquence. Les travaux de M. de Gramont et de ses collaborateurs apportent, sur de nombreux points, des connaissances ou des précisions nouvelles.
- Après un bref résumé des propriétés du quartz et notamment de sa cristallographie, l’auteur expose les procédés employés pour une rapide détermination des axes électriques et pour la délimitation des zones pures qui, seules, donneront deux bons échantillons piézoélectriques. Il montre qu’à cet égard la méthode dite «des figures de corrosion » permet une représentation précise et détaillée des sections du cristal.
- Puis, étudiant la stabilisation des circuits oscillants, il montre les effets fâcheux des dimensions transversales des quartz et indique de remarquables solutions qui permettent d’y remédier et par là d’augmenter la pureté et la portée d’une émission, tout en simplifiant le poste émetteur.
- Signalons encore la réalisation d’un curieux moteur électrostatique à cylindre ou parallélépipède de quartz.
- Réactions topochimiques. Généralités, 57 p. La nitra= tion de la cellulose, 65 p., 34 flg. La gélatinisation des nitrocelluloses, réaction topochimique, 73 p., 14 fig., 3 broch. in-8, par Marcel Mathieu. Actualités scientifiques et industrielles. Hermann et Cie, Paris, 1936. Prix de chacune : 12 fr.
- Matières grasses, polyoxyméthylènes, saccharides, caoutchoucs, protides, bakélites, tous se révèlent aujourd’hui comme des structures polymérisées, en chaînes et en nappes, d’où la notion de réactions topochimiques. L’auteur en étudie quelques exemples : la structure des nitrocelluloses, leur gélatinisation par l’acétone, qui montrent bien, par l’examen des spectres de rayons X, la dispersion et l’agencement des molécules.
- Les meilleurs récepteurs de T. S. F., par P. Hémardinquer. 1 broch. in-8, 114 p., 30 fig., 27 pl., Dunod, Paris, 1936. Prix : 18 fr.
- Manuel de schémas de montage des récepteurs radiophoniques avec leurs particularités de fonctionnement, de réglage, de mise au point et de dépannage, contenant une étude générale des derniers perfectionnements apportés aux récepteurs et des indications nombreuses sur les types de lampes. Ce recueil de la construction radioélectrique française constitue donc un ensemble nouveau et complet qui recevra le meilleur accueil de tous les sans-filistes.
- Construction, bobinage et essais des machines élec= triques d’automobiles ' (dynamos, démarreurs, dynamoteurs, magnétos), par H. Lanoy. 1 vol. in-8 br., 213 p., 201 fig. Girardot et Cie, Paris, 1936. Prix : 30 fr.
- Cet ouvrage traite en détail de la construction des dynamos, démarreurs, dynamoleurs et magnétos d’automobiles. Le chapitre consacré au bobinage contient de fréquents rappels théoriques particulièrement utiles, qui complètent de façon fort opportune les données pratiques. Des tableaux donnent des exemples de caractéristiques de construction des principaux types de machines.
- L’ouvrage traite encore de la vérification, des essais, de la recherche des défauts ou anomalies, avec des notions de calcul.
- Guide du chauffeur d’automobile, par M. Zerolo. 1 vol, 374 pages, 209 fig., 9 pl. hors texte.
- Ce guide a eu de nombreuses éditions qui témoignent des services qu’il a rendus. Cette nouvelle édition remise à jour permettra au livre de continuer son utile carrière.
- L’Automobile machine merveilleuse, par H. Clayette,
- 1 vol. illustré, 131 p. Éditions Bourrelier, 76, rue de Vaugirard, Paris. Prix broché : 8 fr.
- Ce petit livre, élégamment illustré, est une initiation à l’usage de la jeunesse. Il explique fort clairement le rôle et le fonctionnement des organes essentiels de la voiture automobile. Sa lecture peut être conseillée à tous les débutants ou les profanes; les techniciens eux-mêmes le liront avec plaisir.
- Toutes les matières plastiques artificielles, par w. Main et A. Chaplet. 1 vol. 240 p., 78 fig., Desforges, Paris, 1936. Prix : 30 fr.
- Ce livre comprend une série de monographies consacrées chacune à une famille de plastiques. Sont ainsi passés en revue, le celluloïd et ses succédanés, la bakélite et les résines phénoliques, les résines à l’urée; la galalithe et les produits protéiques, l’ébonite, la fibre, les agglomérés de sciure et de liège, le papier mâché.
- Des chapitres terminaux sont consacrés à l’étude de l’appareillage. Un index alphabétique complète cet utile volume.
- Faune du centre africain français (Mammifères et Oiseaux), par René Malbrant. 1 vol. in-8, 435 p., 77 fig., 29 pl. Encyclopédie biologique. Lechevalier, Paris, 1936. Prix : 175 fr.
- Chef du service zootechnique du Tchad, l’auteur a parcouru pendant dix ans les régions du Sahara au Niger jusqu’au Soudan, observant, notant, la vie des mammifères et des oiseaux, leurs caractères, leurs mœurs, leur chasse. Zoologiste, vétérinaire, administrateur, il a su réunir de première main les éléments d’un inventaire définitif delà faune du centre africain français, lequel manquait jusqu’ici. On sera frappé du nombre et de la variété des espèces. Et cette œuvre, si elle est capable de tenter les touristes et les chasseurs, est aussi pleine de renseignements précieux pour le zoologiste sur les caractères exacts de chaque espèce, pour le biologiste sur les mœurs et les réactions du gibier, pour le biographe sur la répartition aux confins du désert, de la savane et des régions équatoriales, dans les régions entourant le bassin du Chari.
- Les hommes fossiles d’Bngis, par Charles Fraipont. 1 vol in-4, 53 p., 40 fig., 4 pl. Mémoire 16 des Archives de F Institut de paléontologie humaine. Masson et Cie, Paris, 1936. Prix : 40 fr.
- Il y a un peu plus d’un siècle, Schmerling découvrait dans une grotte, près de Liège, deux crânes, l’un adulte, qui fut l’objet de nombreuses discussions, l’autre d’enfant, qui ne fut pas décrit. La grotte fut ensuite fouillée par Édouard Dupont puis Julien Fraipont, et les récoltes rassemblées à l’Université de Liège. L’auteur revise tous les documents, la faune, les pièces lithiques qui datent le gisement, puis il décrit et figure le crâne d’enfant qui est de l’espèce de Néanderthal.
- Nouveau traité de psychologie, par Georges Dumas. TomeV, fasc. 3 et 4. La croyance; la psychologie de la raison. Le temps et les souvenirs, par H. Delacroix, p. 183-404. Alcan, Paris, 1936. Prix : 20 et 20 fr.
- La croyance immédiate, les degrés de la croyance, la nécessité et l’arbitraire dans la croyance et la certitude, la foi, tels sont les titres des chapitres où le professeur de la Sorbonne analyse avec finesse et maîtrise l’action du sentiment sur l’intelligence, les préférences et les directions qu’il impose et même les contradictions rationnelles qu’il admet. La deuxième partie étudie de même, et plus longuement, les formes de l’intelligence : organisation, structure, expérience, manipulation, construction, adaptation, pour aboutir à l’allfirmation de son utilité et de sa position chez les animaux supérieurs, chez les primitifs, entre la technique et la magie; le savoir profond est une intuition. La 3e est consacrée aux souvenirs; elle débute par la conscience du temps, bien différente des notions physiques et physiologiques dont on a tant parlé ces temps-ci; puis c’est l’examen de la mémoire : habitude, souvenir, reconnaissance, oubli, troubles, mémoire affective; enfin l’étude des rêves et de la rêverie.
- Jacob Bohme und Isaac Newton, par Karl Robert Popp. 97 p., Studien und Bibliographien zur Gegenwarts Philosophie. Verlag von S. Hirzel. Leipzig, 1935.
- Jakob Bohme est un auteur mystique né en 1575 et mort en 1624. Il a écrit sur la trinité, sur l’âme de la nature, sur l’origine du monde, sur l’origine et le sens du mal. Le livre débute par un exposé de sa vie et de ses travaux, puis l’auteur montre l’influence de Bohme en Angleterre, sur Hotham, Sparrow, Henry More. Après avoir décrit l’œuvre scientifique et religieuse de Newton, l’auteur pose la question de l’influence possible de Bohme sur Newton et conclut à la réalité de cette influence.
- Essais, par Émile Meyerson. 1 vol. in-8, 273 p. Vrin, Paris, 1936. Prix ; 32 fr.
- Meyerson est considéré par beaucoup comme le plus grand et le plus puissant philosophe de notre époque. On vient de réunir en un volume quelques-uns de ses articles anciens, trois études datant de 1923 et cinq œuvres posthumes, précédées d’une préface de M. Louis de Broglie.
- On y retrouve la diversité de son savoir, la profondeur et la clarté de son esprit. Les articles anciens se rapportent à l’histoire des science et à la critique : Jean Rey et la loi de conservation de la matière Théodore Turquet de Mayerne et la découverte de l’hydrogène; la coupellation chez les anciens Juifs; y a-t-il un rythme dans le progrès intellectuel ? Les plus récents et les posthumes reprennent étendent, clarifient encore les points essentiels de sa doctrine : le sens commun vise-t-il la connaissance ? le sens commun et la quantité; Hegel, Hamilton, Hamelin et le concept de cause; philosophie de la nature et philosophie de l’intellect; de l’analyse des produits de la pensée; les mathématiques et le divers; le savoir et l’univers de la perception immédiate; la notion de l’identique.
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- NOTES ET INFORMATIONS
- NÉCROLOGIE Louis Blèriot.
- Le 1er août dernier est mort Louis Blériot. En lui la France perd un des véritables créateurs de l’aviation; c’est un titre qu’en toute équité ne peuvent partager avec lui que les frères Wright, Santos-Dumont et Gabriel Voisin.
- Pour apprécier la grandeur de son rôle, il faut se reporter à la date de ses premiers essais qui remontent à 1901. A cette époque, un homme, Clément Ader, avait fait faire un bond à sa célèbre chauve-souris, armée d’un moteur à vapeur. Mais ce bond fut sans lendemain; et l’appareil même d’Ader, si instructif fût-il à bien des égards, n’a inspiré aucun de ses successeurs.
- Il y avait toujours eu en France, depuis Penaud, une phalange de chercheurs ou de rêveurs qui croyaient à la possibilité du vol par plus lourd que l’air. Parmi ces convaincus, le plus éminent était alors le colonel Ch. Renard, le créateur du dirigeable ; il avait annoncé que le vol des plus lourds que l’air serait possible dès que l’on disposerait d’un moteur suffisamment léger. Mais, en dehors de cette très faible minorité, les aspirants à la conquête de l’air ne pouvaient compter sur les encouragements officiels ou privés ; leurs projets étaient accueillis par des haussements d’épaules, bien plus que par des applaudissements enthousiastes.
- A cette époque, un grand astronome américain, S. P. Lan-gley, s’était engagé depuis de longues années, dans des recherches méthodiques, en vue de réaliser le plus lourd que Pair. A partir de 1887, il construit une série de modèles réduits, d’abord à moteur en caoutchouc, puis à moteur à vapeur, les uns monoplans, les autres biplans. En 1896, il avait réussi à faire voler un de ces petits avions. Il devait plus tard construire un monoplan à moteur calculé pour porter un homme; mais cet engin, essayé en 1903, se brisa au cours des premiers essais et Langley, faute de fonds, abandonna ses tentatives.
- C’était donc à une question neuve que s’attaquait Louis Blériot en 1901. Il avait fait ses études d’ingénieur à l’Ecole Centrale et créé une fabrication prospère de phares à acétylène pour automobiles.
- Pendant huit ans, il allait consacrer tous ses efforts et toutes ses ressources à la création d’un engin volant. Il commence par des modèles réduits à ailes battantes ; puis en 1905, associé avec G. Voisin, construit un planeur à flotteurs; à ce moment on savait que les frères Wright avaient volé, mais sans posséder aucune précision sur leur appareil; cette nouvelle cependant avait contribué à ranimer en France le mouvement pour l’aviation. Blériot, non découragé par ses premiers échecs, continue ses recherches; il ne se décourage pas d’être devancé par Santos-Dumont; après avoir essayé une cellule elliptique, puis un biplan, il se tourne enfin délibérément vers le monoplan et s’inspire des travaux de Langley. Mais que d’essais encore, que de tentatives périlleuses, que de modèles détruits aux essais, que de dépenses, avant d’arriver à un modèle capable de prendre l’air avec son pilote, et de se gouverner ! Enfin le 11 juillet 1907, pour la première fois, Blériot fait quitter le sol à son monoplan de 50 ch, pour parcourir quelques mètres; en 1908, tout cet effort aboutit enfin : Blériot commence son réel apprentissage d’oiseau; il fait des virages; puis, le 6 juillet, tient l’air plus de 8 mn, à 20 m de hauteur; il met alors au point le « Blériot XI », avec lequel en 1909, il devait multiplier les performances et surtout accomplir le 29 juillet son exploit célèbre de la traversée de la Manche.
- Il était temps, du reste, que la gloire et la fortune vinssent
- à son secours; il avait dépensé dans ses essais toute sa fortune et il était au bord de la ruine.
- Après avoir ainsi créé un type d’avion entièrement nouveau, en avoir été le premier pilote, Blériot ne resta pas inactif; il devint un grand constructeur et le resta jusqu’à sa mort. Toujours à l’avant-garde du progrès il produisit pendant la guerre des appareils remarquables, les Blériot Spad, puis après la guerre des appareils comme le Blériot 110, qui détient encore avec Codos et Rossi le record du monde de distance en ligne droite, ou comme le Santos-Dumont, qui possède à son actif 30 traversées de l’Atlantique Sud.
- L’œuvre qu’il laisse derrière lui grandira encore avec le recul du temps. Blériot compte parmi les grands hommes de notre temps.
- M. F. Bienvenue (1852-1936).
- M. Bienvenüe, inspecteur général des Ponts et Chaussées en retraite, qui vient de mourir, avait reçu à juste titre le nom de « père du Métropolitain ». Entré en 1886 au Service de la Ville de Paris, c’est à lui, en effet, que revient le mérite d’avoir étudié et d’avoir fait aboutir le projet de chemin de fer souterrain dont en 1896 le Conseil municipal décidait de mettre en construction la première ligne, celle de la porte de Vincennes à la porte Maillot.
- Projet extraordinairement hardi pour l’époque; mais si bien conçu que dès l’inauguration de la première ligne, en juillet 1900, le nouveau mode de transport obtint un éclatant succès.
- Depuis lors, toujours sur les plans et sous la direction de Bienvenüe, qui put s’exercer avec une belle continuité pendant de longues années, le réseau du Métropolitain de Paris s’est développé et a pris l’ampleur que l’on sait.
- ASTRONOMIE
- La tache rouge de Jupiter.
- Dans la Circulaire n° 10 H. du « Service des Informations rapides » de la Société astronomique de France, M. F. Quénisset, astronome à l’Observatoire Flammarion de Juvisy, a attiré l’attention des observateurs sur la coloration exceptionnelle de la fameuse « tache rouge » de Jupiter en ces derniers temps. Depuis 40 ans qu’il photographie cette planète, c’est la première fois, dit-il, que la « tache rouge » apparaît aussi sombre sur les épreuves. Nous avons sous les yeux une série de photographies prises par cet astronome, au moyen de l’objectif Couder de 0 m 20 d’ouverture et de 3 m 20 de longueur focale; la « tache rouge » apparaît dans toutes les épreuves avec une intensité extraordinaire. Cette tache rouge — peu photogénique — est d’autant mieux visible actuellement qu’elle se détache sur la zone tropicale, australe, laquelle est excessivement claire, donc photogénique. Observation à faire, même avec de petites lunettes.
- L’étoile nouvelle du Lézard.
- Cette nova, située à environ 2 degrés au Sud de Céphée, se trouve, en fait, dans la constellation du Lézard.
- Dans la Circulaire n° 8 H. du « Service des Informations rapides » de la Société astronomique de France, M. F. Baldet, astronome à l’Observatoire de Meudon, signale que l’éclat de la nova a baissé sans interruption depuis sa découverte. Les 9, 11 et 13 juillet, elle n’était plus que de magnitude 6,1, à la limite de la visibilité à l’œil nu. Le 16 juillet, son éclat était tombé à la magnitude 6,3. D’après les spectrogrammes enre-
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- gistrés à Meudon, une grande partie de la lumière de cette étoile provenait de la raie spectrale brillante Ha; (hydrogène).
- Passages de Titan et de son ombre devant Saturne.
- Nos lecteurs seront vivement intéressés par les renseignements suivants, que nous communique M. F. Quénisset, astronome à l’Observatoire Flammarion, de Juvisy, et que M. A.-E. Levin a publiés dans le numéro de mai 1936 du Journal of lhe British astronomical Association, relativement aux passages du satellite Titan et de son ombre devant le globe de Saturne (les heures sont exprimées en « Temps universel »).
- Passage de l’ombre. Passage du satellite.
- Date. Commencement. Fin. Commencement. Fin.
- Août 13 6h 10“ 9“ 35“ Si O0 13“ 53
- — 29 5 0 9 9 6 4 11 13
- Sept. 14 3 54 8 38 4 14 8 36
- — 30 2 55 8 3 3 26 3 58
- Après le 30 septembre, le disque de Titan ne passera plus sur le globe de Saturne, il se projettera sur le ciel, au Sud de la planète. Mais son ombre y passera encore jusqu’à fin décembre. Ces passages de l’ombre seront donnés dans le « Bulletin astronomique ».
- L’observation des passages de Titan et de son ombre peut être faite à l’aide d’instruments de moyenne puissance.
- Em. Touciïet.
- PHYSIQUE DU GLOBE La dérive des continents.
- La question de la dérive des continents, qui a été surtout envisagée par Wegener, continue de passionner beaucoup de géologues. Une contribution intéressante est donnée par M. Edmond Guyot, directeur de l’Observatoire de Neuchâtel, dans les Annales Guébhard-Séverine, 1935, p. 57. Cet auteur envisage surtout les variations observées dans la longitude de diverses stations pendant un intervalle de temps aussi long que possible. Ainsi Wegener admettait que la différence de longitude entre l’Europe et l’Amérique s’accroîtrait d’un mètre par année, il admettait des variations beaucoup plus grandes, de l’ordre d’une vingtaine de mètres, pour la pointe du Groenland et l’Ecosse.
- D’après les mesures effectuées il semble que l’on peut observer une variation périodique de la différence de longitude Washington-Europe : Une variation séculaire correspondant à une augmentation de 3 cm. par an et une variation périodique dont la période est de 11 ans et l’amplitude 0 s 0596 soit 18,8 m. M. Stoylco explique le phénomène par des pulsations de la Terre avec une période de 11 ans, des contractions et dilatations sur la surface de la Terre, dues à'la différence des rotations du noyau et de la couche superficielle. M. Guyot conclut que, si la dérive existe, elle est très faible du moins à l’heure actuelle. M. le professeur Argand, directeur de l’Institut de Géologie de l’Université de Neuchâtel, pense que des déplacements importants ont pu se produire autrefois, il fait allusion à des périodicités de phénomènes géologiques de 185 et de 35 millions d’années.
- On doit rapprocher de ces études une très importante contribution due à M. B. Choubert : Recherches sur la genèse des chaînes paléozoïques et antécambriennes, parue dans la Revue de Géographie physique et de Géologie dynamique, 1935, vol. VIII, fasc. 1.
- Dans une analyse, poussée déjà très loin, des structures géologiques de la côte ouest de l’Afrique et de la côte est de l’Amé-
- rique du Sud, M. Choubert a fait ressortir la correspondance remarquable des terrains de ces deux côtes et cette correspondance existe même aussi entre l’Amérique du Nord et l’Europe.
- Dans une carte schématique où les continents sont rapprochés à se toucher presque, on observe une continuité tout à fait impressionnante des plissements des chaînes de l’ancien continent et du nouveau.
- Les plis de la chaîne calédonienne en particulier de l’Ecosse et de l’Amérique du Nord font nettement une suite, il en est de même pour les diverses séries de plissements de la côte d’Afrique et de l’Amérique du Sud qui se loge si bien dans le golfe du Gabon.
- Il y a longtemps que les géographes remarquaient la correspondance étrange des dessins des rivages de l’Afrique et de l’Amérique du Sud. M. Choubert a poussé beaucoup plus loin l’étude comparative des deux continents et l’idée d’une cassure et d’un éloignement des deux lèvres de la cassure entre l’Europe et l’Amérique n’est plus chimérique; elle devient, au contraire, tout à fait séduisante. Mais on doit convenir que la Terre se trouve actuellement dans une période de repos, ou tout au moins de faible activité en ce qui concerne le phénomène de la dérive des continents. Enfin, il serait intéressant d’essayer de faire cadrer avec ces diverses études les vues de M. Emile Belot sur la chute des satellites sur la Terre, toutes ces études ne paraissant comporter a priori aucune incompatibilité notoire. Laurent Rigotard.
- STATISTIQUE
- La production sidérurgique dans le monde, en 1935.
- La production sidérurgique a toujours été considérée comme un des meilleurs baromètres de la situation économique.
- A cet égard il est intéressant de constater que l’année 1935 marque une reprise très nette de l’activité économique.
- Il a été produit, en effet, dans le monde, d’après Iron Age, près de 96 millions de tonnes d’acier et environ 72 millions de tonnes de fonte, contre 79 millions 1/2 et 62 millions, en 1934. Les mêmes chiffres pour l’année record 1929 étaient respectivement de 117 millions et 97 millions. Le mouvement ainsi enregistré en 1935 s’est encore amplifié dans les premiers mois de 1936.
- Pour l’acier, le plus grand producteur du monde est les Etats-Unis qui, en 1935, ont fabriqué 34 millions de tonnes. Au second rang, vient l’Allemagne avec 16 millions de tonnes. Il est à noter que de 1934 à 1935, la production d’acier en Allemagne a fait un bond de près de 5 millions de tonnes qui s’explique par l’intensité de son réarmement, et par le rattachement de la Sarre dont la production est de l’ordre de 2 millions de tonnes. Elle se rapproche de sa production d’avant-guerre qui était de 18 millions 1/2 de tonnes, en 1913.
- Le troisième rang est occupé par la Russie, avec 12 millions de tonnes, chiffre également en progression rapide et trois fois supérieur au tonnage de 1913. L’Angleterre, au quatrième rang, produit près de 10 millions de tonnes, puis vient la France avec 6 millions (contre 4,6 millions en 1913). Les autres producteurs importants en Europe sont la Belgique : 2,8 millions, l’Italie 2,1; le Luxembourg 1,7; la Tchécoslovaquie 1,1. Le Japon mérite lui aussi une mention spéciale; sa production, presque insignifiante en 1913, est aujourd’hui de 3,8 millions de tonnes.
- Les statistiques de la fonte ont sensiblement la même allure que celles de l’acier; notons toutefois que dans ce domaine, la Russie passe au second rang avec 12,5 millions de tonnes, suivie du reste de très près par l’Allemagne.
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- INVENTIONS ET NOUVEAUTÉS
- CONSTRUCTION D’AMATEUR
- Une fenêtre merveilleuse sur la pièce d’eau.
- (Construction que l’on peut faire soi-même ou faire faire.)
- Si, dans votre jardin, vous désirez la création d’une pièce d’eau, ne manquez pas de songer également à la création d’une chambre souterraine éclairée par la calme lumière de la pièce d’eau. Il suffit, pour que cette fête des yeux se produise, que la chambre soit fermée en haut, et qu’une ouverture munie d’une vitre épaisse et solidement scellée, prenne jour sur la masse d’eau. La figure 1 A nous montre cette installation en coupe; et la ligure 2 B nous la montre au-dessus, fermée. Une trappe supérieure 1 permet d’entrer; et une échelle 2 permet de descendre.
- Cette chambre a 2 m de longueur, 1 m de largeur et 2 m 20 de profondeur. On peut y mettre une table, une chaise ou deux. L’éclairage électrique y est installé. On y peut mettre également un radiateur électrique pour les jours froids.
- Rien ne sera plus agréable, de temps en temps, qu’un séjour en ce lieu souterrain. Il vous sera un lieu de lecture, de repos tout à fait amusant.
- Le calme qu’on y pourra goûter sera doucement égayé par la vue des évolutions souples et silencieuses des poissons de la pièce d’eau.
- Ce qui est nécessaire pour Vexécution de ce travail. — Il faut :
- 1° De la pierre meulière en quantité suffisante pour édifier les quatre murs de la chambre. Allons-y de 30 bons cm de largeur de murs. Les joints seront faits en mortier de chaux hydraulique. Le sol sera maçonné dans les mêmes conditions. Rappelons que la proportion de mortier de chaux hydraulique est de 350 kg de chaux pour 1 m3 de sable dans les travaux de maçonnerie immergée : c’est ici à peu près le cas.
- Un bel enduit de ciment recouvre la maçonnerie sur les murs et sur le sol.
- 2° Il faut maintenant des planches pour former la fermeture supérieure de la chambre maçonnée. Planches de 3 cm d’épaisseur, en bois dur ou tendre, suivant les possibilités financières de l’amateur. Ces planches, renforcées par-dessous à l’aide de deux traverses de bois 3, solidement vissées (en partie indiquées seulement sur B, pour plus de clarté de l’ensemble) forment deux surfaces différentes 1 et 4 (fig. 2 B). La partie 1 s’ouvre à l’aide de la poignée 5. La partie 4 reste en place.
- Sur le dessin A une seule des deux pièces de bois 3 est indiquée pour éviter un trop grand encombrement de détails, et conséquemment un manque de clarté.
- Les surfaces 1 et 4 sont recouvertes de zinc pour la pluie. Ce zinc enveloppe les surfaces partout, sauf dessous et dans leur intervalle 8.
- On visse par places la plaque de zinc, en plaçant une rondelle de plomb entre le zinc et chaque vis pour la bonne étanchéité.
- A l’endroit 8 le recouvrement de zinc est plié
- Fig. 1. — Coupe de la chambre.
- 2, Échelle scellée à la base et tenue en haut par les bois 12 vissés et scellés; 3, Coupe d’une des deux pièces de bois sous la fermeture; 5, Poignée; 6, Rigole des eaux de pluie; 7, Conduit d’écoulement des rigoles; 9, Ouverture donnant sur l’eau ; 10, Vitre
- très épaisse scellée.
- comme cela est indiqué sur la figure 2 C. Dans ces conditions l’eau ne peut passer entre 1 et 4.
- Une rigole 6, creusée dans la maçonnerie, court autour de cette dernière sous les bords des fermetures 1 et 4, et recueille les eaux de pluie qui tombent sur les fermetures 1 et 4. Cette eau s’écoule par le conduit 7, percé dans la pierre et va dans la pièce d’eau.
- 3° Deux barres de fer 13 que l’on voit en D, et aussi en
- Fig. 2. •— B. La chambre vue par-dessus et fermée.
- 1, Panneau s’ouvrant; 3, Bois placés sous les panneaux 1 et 2, vus en transparence et incomplètement indiqués; 4, Panneau fixe; 5, Poignée d’ouverture du panneau 1; 6, Rigole conduisant l’eau de pluie dans la pièce d’eau; 7, Conduit de la rigole; 8, Séparation des panneaux 1 et 4; 12, Pièces de bois horizontales vissées sur l’échelle et scellées dans la paroi de la chambre; 14, Grosses charnières reliant 1 à la maçonnerie, et vissées dans la pierre dans des tampons de bois scellés.— C. Détail de fermeture de 1 et 4 (coupe) avec feuilles de zinc au-dessus du bois; 13, Barres de fer en coupe soutenant les bois 3. —• D. Barre de fer de soutien des bois 3.
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- coupe sur la fig. 3 C, traverseront la chambre et seront scellées, à leurs extrémités coudées, dans la maçonnerie. Le dessin C nous montre qu’elles soutiennent les bois 3 de la fermeture supérieure.
- Il y a, à 9, une ouverture dans la maçonnerie, et à 10, une vitre bien épaisse scellée dans cette maçonnerie. Cette vitre ne doit d’ailleurs pas être mise très au-dessous du niveau de l’eau : la pression de l’eau augmente avec la profondeur.
- Ne dépassez pas la profondeur indiquée sur notre dessin pour la base de la glace sous le niveau de l’eau; et confiez le travail de la pose de la glace, ainsi que le choix de cette dernière à un spécialiste. Cette partie du travail est sérieuse !
- Il ne faudra pas emplir de liquide votre pièce d’eau sans une bonne vérification préalable du travail de maçonnerie.
- Le niveau supérieur de votre pièce d’eau devra être assuré toujours à hauteur constante à l’aide d’un tuyau de départ de trop-plein, afin que ce niveau supérieur soit toujours au moins à une dizaine de centimètres au-dessous de l’endroit le plus profond de la rigole 6.
- 4° Une poignée métallique 5 et deux fortes charnières 14, dont les vis, d’un côté, sont enfoncées dans des bois tamponnés dans la pierre.
- 5° Il faut aussi une échelle pour descendre. On coupera une
- Fig. 3. — L’Otimax Audios.
- échelle quelconque à la longueur voulue. On scellera la base dans la maçonnerie du sol, verticalement. A la partie supérieure de l’échelle, deux pièces de bois 12 seront vissées aux montants de l’échelle et scellées dans la paroi verticale de la chambre, l’échelle étant bien verticale également.
- 6° Il faut enfin une lampe électrique et la longueur du fil nécessaire pour l’installation. Cette dernière chose n’exige, en somme, aucune indication particulière. Elle peut d’ailleurs relever simplement de l’électricien. Marius Monnier.
- ACOUSTIQUE
- Un nouvel appareil contre la surdité. Amplification radiotechnique et monophasé électrodynamique.
- L’adoption des dispositifs d’alimentation par le secteur continu ou alternatif pour les appareils radiophoniques et amplificateurs à fréquence musicale et plus récemment l’apparition des dispositifs tous courants permettent d’établir des montages alimentés à volonté par courant continu ou alternatif, ou même par batteries d’accumulateurs à forte capacité.
- Sauf des cas particuliers, on ne conçoit plus à l’heure actuelle un appareil à amplification à lampes contre la surdité qu’avec l’alimentation secteur. Tout spécialement, le principe d’alimentation tous secteurs est séduisant, car il permet à
- l’usager de faire fonctionner son amplificateur sur du courant continu ou alternatif, suivant ses déplacements.
- On dira bien qu’on n’a pas toujours à sa disposition le courant d’un secteur; en réalité, cet inconvénient est plus apparent que réel. Quels que soient les progrès de la construction de ces appareils, il est impossible de les établir sous une forme aussi réduite que les appareil microtéléphoniques ordinaires. Il faut donc les considérer comme des appareils de bureau, semi-portatifs.
- L’Otimax Audios est un appareil de bureau, alimenté à volonté par le courant continu ou alternatif d’un secteur et qui présente des perfectionnements techniques.
- Le microphone, tout d’abord, n’est pas du type à charbon à contact imparfait, comme dans les modèles classiques, c’est un microphone électrodynamique avec diffuseur placé dans la paroi antérieure de l’appareil,- de même qu’un haut-parleur est encastré dans la paroi d’un récepteur radiophonique. Ainsi, la qualité acoustique de l’audition est excellente et sans les bruits de fond du microphone à charbon. Le microphone électrodynamique agit par l’intermédiaire d’un transformateur de modulation sur deux lampes amplificatrices à chauffage indirect, et sur une lampe pentode de basse fréquence de sortie.
- La liaison est effectuée au moyen de résistances, ce qui augmente la qualité de l’amplification. On peut faire varier l’intensité de cette amplification au moyen d’un système de réglage, dont le bouton molleté est à l’arrière du coffret.
- L’appareil est contenu dans une petite ébénisterie facilement transportable de 27 cm de large, 18 cm de hauteur et 10 cm de profondeur.
- Ce système original ne comporte pas d’écouteur téléphonique ordinaire à conduction aérienne ni même de vibrateur à conduction osseuse. Les sons sont transmis à l’oreille par l’intermédiaire de dispositifs électro-acoustiques très heureux. A l’intérieur du coffret, se trouve appliqué contre la paroi arrière un récepteur téléphonique réglable à membrane conique très sensible, relié à la lampe de sortie par l’intermédiaire d’un système de liaison, impédance-capacité.
- Un tube métallique fileté relié au pavillon acoustique de l’écouteur, traverse la paroi arrière de l’appareil. Sur cet embout vient se fixer un tube acoustique souple de 1 cm de diamètre et de 1,50 m de longueur environ, qui aboutit à une olive métallique placée à l’extrémité, et que le sujet place à l’entrée de son conduit auditif, en le tenant par un manche isolateur.
- Les vibrations sonores produites par la membrane de l’écouteur téléphonique mettent en action la masse d’air de la capsule, et les vibrations se communiquent par l’intermédiaire du tuyau acoustique à l’olive métallique ou en matière moulée, et au conduit auditif du sujet.
- Ce mode de liaison uniquement acoustique offre l’avantage d’éviter tout danger, car le sujet n’est pas relié électriquement à l’appareil. L’action est plus directe aussi, et le port de l’appareil moins gênant, que celui d’un récepteur téléphonique toujours plus ou moins lourd, appliqué à l’intérieur du conduit auditif.
- Un dispositif de ce genre s’applique à tous les cas de surdité, puisque .l’amplification est facilement réglable suivant le degré de finesse de l’ouïe.
- La qualité de l’audition est très supérieure à celle obtenue avec des appareils ordinaires, non seulement comme amplification, mais comme vérité musicale.
- Les durs d’oreilles qui ont besoin d’une parfaite compréhension de la parole, ceux qui ne désirent pas se priver des jouissances artistiques de l’audition normale, peuvent avoir recours à cet appareil original.
- Etablissements Desgrais, 140, rue du Temple, Paris.
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- BOITE AUX LETTRES
- QUESTIONS ET RÉPONSES
- L’emploi du carburant poids lourds dans les automobiles.
- Le carburant dit « poids lourds » est composé de 75 pour 100 d’essence lourde et de 25 pour 100 d’alcool; l’alcool lui confère un pouvoir antidétonant et décalaminant.
- Ce pouvoir est utile pour les moteurs un peu « poussés » à forte compression. Par contre, le carburant « poids lourds », pour sa combustion, exige un volume d’air plus réduit que l’essence de tourisme; d’où résulte, généralement, la nécessité de modifier le réglage du carburateur et d’augmenter le diamètre du gicleur, ce qui accroît la consommation, en moyenne de 10 pour 100. Néanmoins, en raison du prix du produit, il subsiste une économie réelle. On peut aussi mélanger le carburant poids lourds avec l'essence de tourisme ordinaire, ce qui évite de modifier le réglage du carburateur.
- On reproche à l’alcool sa déficience en calories et l’instabilité de son mélange avec l’essence; alors que le carburant poids lourds permet une marche facile pendant l’été et sur route, l’hiver et pour le service de ville la mise en route et même le fonctionnement normal peuvent être assez difficiles. Si la tuyauterie d’aspiration du moteur est insuf-samment réchauffée, seule l’essence carbure, l’alcool reste plus ou moins à l’état liquide dans le cylindre au moment de l’explosion.
- Ce phénomène cause un véritable lavage des hauts de cylindres, d’où la nécessité de prévoir une lubrification spéciale de ces hauts de cylindres, si l’on veut éviter des inconvénients graves et une usure prématurée. On utilise donc des huiles très légères mélangées au carburant, suivant la méthode de super-huilage déjà indiquée dans nos chroniques, ou bien des composés spéciaux tels que « Anthène » dont nous avons déjà également signalé les propriétés dans nos chroniques, ou encore des tablettes genre « Carbohyd ».
- Le carburant poids lourds n’est donc pas à recommander pour les voitures de tourisme pendant l’hiver, ou pour le service de ville; mais il peut rendre de grands services et procurer une notable économie pour les trajets sur routes.
- Réponse à abonné, Vendôme (Loir-et-Cher).
- Nettoyage du radiateur d’une automobile.
- Pour empêcher la formation du tartre à l’intérieur des radiateurs, on peut mêler à l’eau des produits tartrifuges qui ramollissent le dépôt. On emploie ainsi le carbonate de soude, la potasse, la glycérine, etc... Un lavage à l’eau claire permet alors l’élimination du dépôt.
- Mais si la couche est trop adhérente ou trop épaisse, on peut laver le radiateur avec une solution de cristaux de soude, à raison de 1 kg environ par 10 litres d’eau, ou une solution d’acide chlorhydrique à 5 pour 100, et on rince ensuite.
- L’opération est faite à chaud en faisant tourner le moteur au ralenti, par exemple, pendant une dizaine de minutes.
- Réponse à M. F., à Nantes.
- Emploi d’un décalaminant.
- Les mélanges lubrifiants et décalaminants vendus dans le commerce contiennent généralement du camphre végétal naturel; la proportion varie de 1 à 4 gr par litre d’essence, suivant que l’on veut obtenir une action assez rapide ou simplement une action préventive.
- La proportion de 4 gr est un maximum, et il est possible d’effectuer une solution concentrée avant de verser le liquide dans l’essence du réservoir. Il est possible ainsi de réaliser une solution jusqu’à 200 gr par litre d’essence en dehors du réservoir. On verse la solution concentrée ensuite.
- Pour entretenir uniquement le moteur, la proportion est beaucoup moins forte, et correspond à 1 gr ou même un demi-gramme de camphre par litre d’essence. La présence du camphre dans l’essence n offre, d’ailleurs, aucun effet nuisible et ne nécessite aucune modification du réglage du carburateur.
- Les huiles spéciales employées pour le super-huilage des hauts de cylindres sont souvent des mélanges d’huile minérale et d’huile végétale, ou même d huile animale. Ce sont souvent aussi simplement des huiles minérales très raffinées et très légères.
- Vous pouvez trouver des indications à ce sujet dans l’ouvrage L’Auto sans Chauffeur (E. Chiron, éditeur).
- Réponse à M. Genet, à Blois (Loir-et-Cher).
- Ouvrages sur la T. S. F.
- En dehors des manuels très élémentaires de T. S. F., il est bien difficile de trouver un livre très complet au double point de vue théorique et pratique, donnant en outre tous détails sur les différentes applications de la T. S. F. Voici donc seulement quelques livres choisis parmi ceux qui semblent le mieux convenir au but que vous désirez atteindre.
- Comme livre très complet, avec développements mathématiques importants, nous vous signalons : Le Cours de Radio-électricité générale du Professeur Mesny (Chiron, éditeur).
- Le Précis de Radio-électricité, de P. Roland, constitue un ouvrage beaucoup plus simple, mais qui peut donner des notions générales utiles sur la question.
- Pour étudier tous les problèmes se rapportant à l’émission et à la réception des ondes courtes de plus en plus importantes, vous pouvez consulter l’ouvrage Les Ondes courtes et ultra-courtes et leurs applications, par P. Hémardinquer et H. Piraux (Dunod, éditeur).
- Nous vous indiquons, enfin, deux ouvrages sur la question de la construction et du montage des appareils récepteurs industriels et l’entretien, la réparation des appareils, ainsi que les mesures effectuées.
- Les meilleurs récepteurs de T. S. F. (Dunod, éditeur).
- Entretien, mise au point et dépannage des appareils radio-électriques, par P. Hémardinquer (Eyrolles, éditeur).
- Réponse à M. Girard, à Lyon (Rhône).
- Récepteur de T. S. F. à réglage automatique.
- Les appareils de T. S. F. à réglage automatique possèdent des dispositifs de commande électro-mécaniques ou purement électriques.
- On peut ainsi régler, au moyen de boutons poussoirs, la capacité exacte des condensateurs d’accord d’antenne et de changement de fréquence correspondant à la réception d’émissions déterminées.
- Parmi les constructeurs d’appareils de ce genre, de type récent, nous pouvons vous signaler les Etablissements EIcosa, 3, rue Scliertz, Strasbourg-Meinau. Réponse à M. Rivoire, à Alger.
- Modifications d’un récepteur de T. S. F.
- Le poste superhétérodyne Ducretet que vous utilisez, tout en étant d’un excellent modèle, est prévu pour fonctionner uniquement pour la réception des deux gammes de longueur d’onde de 200 à 545 m, et de 850 à 2000 m.
- Le changement de fréquence est obtenu au moyen d’une lampe pentagrille et la détection assurée par une double diode triode 75.
- Le système anti-fading que vous nous signalez est du système direct simplifié. La chute de tension, déterminée parle courant moyen détecté dans une résistance, permet de modifier les polarisations des grilles des lampes amplificatrices à pente variable.
- Il nous paraît bien difficile de modifier cet appareil pour la réception des émissions sur ondes courtes de 15 à 80 m de longueur d’onde, et il nous semble plus simple d’utiliser un système d’adapteur séparé pour ondes courtes relié simplement au système d’accord d’antenne, sans aucune modification et, de préférence, alimenté d’une manière autonome.
- Vous pouvez trouver des indications sur les montages de ces appareils dans l’ouvrage Les ondes courtes et ultra-courtes et leurs applications. Vous pouvez également étudier les détails de montage de votre poste dans l’ouvrage Les meilleurs récepteurs de T. S. F. (Dunod, éditeur). Réponse à M. A. L., à Toulon (Var).
- De tout un peu.
- IVI. E. Bertrand, à Paris. — Pratiquement vous pourrez rendre ininflammable votre benzine en y ajoutant une quantité suffisante de tétrachlorure de carbone, produit que l’on trouve couramment dans le commerce aujourd’hui.
- Cette addition ne modifie en rien l’aptitude à dissoudre les matières grasses, autrement dit au détachage des étoffes, emploi que vous avez très probablement en vue.
- M. Pradel, à Oran. — La formule que nous avons donnée dans le n° 2977 pour la destruction des fourmis ne diffère pas sensiblement de
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- celle que vous voulez bien nous communiquer, car dans les deux cas, il s’agit d’un mélange de sucre et d’un sel arsenical.
- A notre avis, il est préférable d’employer un arsénite (liqueur de Fowler) plutôt qu’un arséniate, attendu qu’à poids égal l’arsénite renferme plus d’arsenic que l’arséniate.
- M. Nanzer.à Lausanne.— La formule suivante de pâte à argenter vous donnera très probablement satisfaction.
- Nitrate d’argent...................... 25 grs
- Chlorure de sodium....................100 —
- Crème de tartre....................... 60 —
- Pour l’emploi, imbiber un tampon de toile du mélange et en frotter l’objet à argenter bien décapé, rincer.
- Pour donner un ton légèrement cuivre passer au pinceau, après séchage parfait, une couche très mince de vernis bronze anglais étendu d’environ cinquante fois son volume d’alcool à 95°.
- M. le Dr D. M., à Bois-Oolombes.— L’appareil dont vous nous parlez est le baroscope ou sturm-glass de Malacredi, qui a été patronné autrefois par l’amiral Fitz-Roy. Il se compose simplement d’un gros tube de verre fermé à la partie inférieure et dont la partie supérieure libre est recouverte par un morceau de parchemin.
- A l’intérieur du tube, on introduit le mélange suivant :
- Alcool à 80°......................... 80 gr.
- Sel ammoniac.......................... 6 —
- Nitrate de potasse.................... 6 —
- Camphre............................... 6 —
- Eau distillée....................... 200 —
- Suivant les conditions atmosphériques, il se produirait dans la solution des cristallisations de formes diverses correspondant à la prévision du beau ou du mauvais temps, au vent, à la tempête, etc. En réalité seules les variations de température sont opérantes, en modifiant les conditions de solubilité et aucun pronostic sérieux ne peut être basé sur l’emploi de l’instrument.
- M. Roeltgen, à Senlis.— Nous n’avons pas encore eu en main l’article dont vous parlez et regrettons de ne pouvoir vous fixer sur sa constitution exacte. Peut être s’agit-il simplement de serviettes de coton imprégnées d’une solution concentrée de savon blanc à 200 gr par litre d'eau chaude environ.
- M. Ribemont-Dessaigne, à Vendôme.—• Pour répondre utilement à votre demande, il serait nécessaire de nous faire connaître de quelle matière est constitué le moule dans lequel vous désirez mouler le verre; s’il est métallique, l’intervention d’une poudre n’est pas nécessaire pour éviter l’adhérence; au cas contraire la détermination du produit à employer est subordonnée à la nature de la substance avec laquelle le verre sera mis en contact. En résumé, quelle réalisation avez-vous en vue ?
- M. Kœler, à Boulogne-sur-Seine. — La galalithe étant à base de caséine, ce sont les colles à la caséine qui donnent les meilleurs résultats pour la réparation; la formule suivante vous donnera très probablement satisfaction :
- Poudre de chaux éteinte tamisée . . . 300 gr.
- Carbonate de soude cristallisé pulvérisé. 200 —
- Caséine en poudre..................... 500 —
- Broyer intimement pour rendre le mélange homogène.
- Au moment de l'emploi, délayer dans l’eau tiède pour amener à consistance convenable.
- IV1. Autrique, à Bruges. — 1° La margarine végétale que l’on trouve dans le commerce est généralement celle extraite de l’huile brute de coton par refroidissement à une température comprise entre 8° et 12° C, cela en vue d’éviter que l’huile ne se trouble ultérieurement par temps froid.
- La margarine est ainsi séparée en flocons dans la proportion de 10 à 20 pour 100 de l’huile brute, une filtration au filtre-presse permet ainsi de la récupérer sans difficulté et d’en tirer parti.
- On peut également extraire une margarine comestible de l’huile d’arachides et de l’huile d’olives, principalement de celles de Sfax et de Sousse, fréquemment on en constitue le saindoux artificiel ou com-pound-lard en y mélangeant du suif de bœuf ou de mouton avec environ 10 pour 100 de graisse de porc.
- 2° Vous pourrez facilement conserver vos jus de citrons ou d'ananas par addition d’une trace d’acide sulfureux à condition que la quantité ne dépasse pas 0 gr 450 par litre, si le produit était destiné à la vente.
- 3° La formule suivante de lail dit d’iris constitue une bonne préparation pour les soins du visage :
- Savon blanc de Marseille............... 12 gr.
- Cire blanche........................... 12 —
- Blanc de baleine....................... 12 —
- Teinture de benjoin au 1/5°. ... 20 —
- Teinture de Panama..................... 20 —
- Eau distillée de roses................ 800 —
- Glycérine neutre.......................150 —
- lonone pure............................. 1 —
- Essence d’ylang-ylang............... 0,50
- Chauffer dans une capsule le savon, la cire et le blanc de baleine; lorsque le mélange est devenu liquide agiter avec un pilon dans la capsule même, continuer à chauffer et y incorporer lentement le mélange d’eau de roses et de glycérine, retirer du feu et ajouter le mélange des teintures dans lesquelles on aura fait dissoudre l’ionone, finalement mettre en flacons que l’on aura soin de secouer au moment de faire usage de la préparation.
- M. Le Dr Eksarhos, à Istanbul. — La solution de sublimé n’a pas dû pénétrer assez profondément dans les galeries creusées par les vrilleltes, à cause de la présence de la poudre de bois qui se mouille difficilement, vous obtiendrez certainement un meilleur résultat en employant le sulfure de carbone dont les vapeurs pénètrent dans les parties les plus profondes et vont ainsi asphyxier l’anobium.
- M. Dalet, à Toulouse. — La maison Burdel qui fabrique l’Extrait écarlate pour détacher est maintenant dirigée par M. Cally, son adresse est 155, faubourg St-Denis, à Paris 10°, téléphone Nord 67-82; vous pourrez vous y procurer directement toutes quantités du produit ci-dessus.
- IVI. Duran, à Mexico. — D’après la notice que vous nous avez transmise, il nous paraît que l’appareil Glotite est une application de la lampe sans flamme de Davy dans laquelle des vapeurs d’alcool méthylique viennent se décomposer sur du platine très divisé, un simple essai au moyen du dit alcool vous montrera si nos prévisions sont justifiées.
- [VI. Michard, à Tunis. — Les pièges à serpents ne se trouvent pas dans le commerce, il faut les construire soi-même.
- Quant à l'appâlage, il se fait avec du lait frais mis sur une soucoupe placée à l’intérieur du piège.
- M. Weissmuller, à Neufchâtel. — A notre connaisance, le vernis en question, de fabrication américaine, n’a pas encore été introduit en France, le mieux serait de vous renseigner auprès du Journal même « Peintures, Pigments et Vernis », 16, rue de Vezelay, à Paris, dans lequel vous avez trouvé l’information.
- Mlle Ferriez, à Alfortville. —• La maison de «La Mère Moreau » autrefois renommée pour ses prunes confites à l’eau de aie était située place de l’Ecole (Ancienne Ecole St-Germain-l’Auxerrois) dans le l«r arrondissement, quartier du Louvre.
- Cet établissement a disparu lors des agrandissements des Magasins de la Samaritaine, qui y a construit son annexe.
- Les figues confites à l’eau de vie se préparent comme les prunes, c’est-à-dire qu’on les passe au sirop de sucre à trois reprises, on les laisse sécher, puis on les immerge dans l’eau de vie, vingt-quatre heures seulement avant le jour où elles doivent être consommées.
- M. Montigny, à Orléans. — 1° Vous pouvez prendre comme type de pâle à fourneaux la composition suivante :
- Mine de plomb.......................125 gr.
- Cire jaune......................... 15 —
- Essence de térébenthine.............110 —
- Noir de fumés. ~.................... 30 —
- 2° La préparation pour l'entretien des dessus de fourneaux en acier poli est simplement une suspension de poudre d’aluminium dans une solution acétonique d’acétate de cellulose.
- M. A. Bal, à Compïègne. — 1° Il s’agit très probablement d’une expérience réalisée au moyen de la neige carbonique ou acide carbonique solidifié qui, sous l’influence de l’eau chaude, se regazéifie très rapidement, en absorbant de la chaleur, ce qui produit le résultat paradoxal de transformer celle-ci en glace. (Voir à ce sujet l’article très complet de notre collaborateur Kuentz dans le n° 2788, p. 27 du lor juillet 1928).
- La neige carbonique est fabriquée en France par la Société « La Carbonique », 120, rue Thiers, à Billancourt (Seine).
- 2° L’ouvrage « Le Frigoriste » de l’Encyclopédie professionnelle, édité par Baillière, 19, rue Hautefeuille, à Paris, vous donnera très probablement satisfaction.
- Le Gérant : G. Masson.
- 8583. — lmp. Lahure, rue de Fleurus, g, à Paris. — 1-9 1936. —Published in France.
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- N° 2985
- LA NATURE
- 15 Septembre 1936.
- COLLABORATION DU RAIL ET DE LA ROUTE
- Dès que circulèrent les premières voitures sur chemins de fer, et avec une insistance de plus en plus grande au fur et à mesure que s’intensifia cette circulation, les usagers demandèrent, pour eux-mêmes, tout d’abord, puis pour leurs marchandises, des liaisons aussi étroites et aussi régulières que possible.
- Et c’est pourquoi, pour beaucoup d’agglomérations importantes, mais éloignées des stations de chemin de fer, les compagnies organisèrent des services de corres-
- C’est pourquoi bientôt, étendant leur rayon d’action au fur et à mesure des progrès de la construction automobile, les transporteurs en vinrent peu à peu à prendre les marchandises au lieu de production pour les livrer directement à destination, sans passer par le chemin de fer, auquel ils se substituaient ainsi complètement.
- Et l’on évitait de cette façon les transbordements, toujours longs et coûteux, et qui, nécessitant un emballage sérieux des marchandises,augmentent leur prix de revient,
- Fig. 1. — Le wagon rail-route Willème-Coder déséquipé de ses pneumatiques va être abandonné par son tracteur et incorporé à un train.
- Fig. 2. — Le wagon rail-route W illème-Coder, à l’arrivée, est amené par tracteur au plan incliné, où il va être muni de ses pneus.
- pondance à traction animale au début, assurées aujourd’hui par voitures automobiles.
- C’est également pourquoi, dès leur création, les mêmes compagnies se virent obligées d’autoriser les établissements industriels à raccorder leurs voies aux voies du réseau, et, dans la plupart des localités, d’assurer à domicile la remise des marchandises transportées par leurs soins.
- LE « PORTE A PORTE »
- Au fur et à mesure que les conditions de la vie s’améliorèrent, les exigences des usagers, expéditeurs et destinataires, se firent plus pressantes. Elles se traduisent, de nos jours, par une expression fort éloquente, « le porte à porte », que s’efforcèrent d’organiser les compagnies.
- Mais, dès le début, il fallut compter avec les retards dans les livraisons, les avaries, et les frais assez élevés que nécessitaient les transbordements des marchandises dans les gares de départ et d’arrivée, de la voiture au wagon et du wagon à la voiture.
- Et si le camion automobile franchit à plus vive allure le trajet effectué autrefois par traction animale, la nécessité du transbordement n’en subsiste pas moins.
- alors que le transport direct n’exige pas d’emballage onéreux.
- TRANSPORTS PAR CADRES
- Ce nouveau mode de transports, entièrement par camions automobiles, constituait pour les compagnies de chemins de fer une concurrence redoutable. Celles-ci, pour y parer, inaugurèrent à leur tour un 'nouveau mode de transports, par « Containers », d’un nom anglais qu’on traduisit par « cadres » ou « isocadres », caisses fermées qu’on peut charger sur des wagons, et qui permettent des envois fractionnés.
- C’était là une solution déjà satisfaisante. Elle laissait encore à désirer cependant, la manutention de ces isocadres nécessitant des engins de levage, ponts roulants, grues ou treuils, qu’on ne peut installer dans toutes les gares, et encore moins chez tous les expéditeurs et destinataires de marchandises.
- TRANSPORT DES CAMIONS
- Une autre solution vint à l’esprit : charger sur plates-formes, à la gare expéditrice, les camions amenant des marchandises, et les décharger à la gare destinataire
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- Fig. 3. — Pose des bandages pneumatiques sur l’essieu arrière du rail-route W illème-Coder.
- pour leur permettre de livrer ces marchandises à domicile.
- Solution séduisante, évidemment, à première vue. Elle conduisait, cependant, à transporter sur rail, et le moteur du camion, et la commande du mouvement, ce qui entraînait à des frais de transport supplémentaires, et à une importante immobilisation de capitaux.
- C’est alors, et pour éviter ce double inconvénient, qu’on eut recours à d’autres procédés qui, après avoir fait l’objet d’essais à Paris-Bercy, en juin 1935, sous les auspices de la Chambre de Commerce Internationale, sont entrés depuis quelques mois dans le domaine des réalisations.
- WAGONS RAIL-ROUTE
- Nous ne dirons qu’un mot du système de la Reichs-bahn qui emploie, pour le transport sur route, un truck formé de deux bogies dont l’écartement est réglable à volonté, et qui reçoit un wagon ordinaire chargé, truck et wagon étant remorqués par un tracteur qui permet la livraison à domicile d’envois effectués par wagons complets.
- Deux autres procédés sont actuellement en usage en France : le procédé Willème-Coder, et le procédé René Porte, exploité par la Société pour l’Union des Transports Ferroviaires et Routiers (U. F. R.).
- La différence entre les deux dispositifs est bien tranchée. Le premier, en effet, consiste essentiellement en un wagon pouvant être incorporé dans un train et circuler à la fois, et sur rail, traîné par la locomotive du train, et sur route, traîné par un tracteur.
- Il s’agit, dans le second dispositif, d’une remorque circulant sur rail, sur un wagon plat, dit wagon porteur, muni de deux rails parallèles, et traîné sur route par tracteur spécial.
- WAGON WILLÈME-CODER
- Le wagon rail-route Willème-Coder est en somme un wagon ordinaire couvert, de 10 t de chargement et 36 m3 de capacité, qui peut être incorporé dans un train de voyageurs ou de marchandises et qui repose, sur rails, sur deux essieux écartés de 3 m 90, montés de roues folles munies de bandages de 1 m 050 de diamètre, au profil normal (fig. 1).
- Sur route, l’une des extrémités de ce wagon vient reposer par des galets sur l’arrière-train du tracteur. L’essieu opposé, qui constitue alors l’essieu arrière, repose sur des bandages pneumatiques de 1 m 300 de diamètre, de 401 mm de largeur, portés par des couronnes en acier qui prennent appui sur le moyeu des roues auquel elles sont fixées à l’aide d’écrous.
- Muni d’un double frein Westinghouse, le wagon est freiné sur tambours, directement sur route, automatiquement sur rails.
- Aux gares terminus est prévue une partie de voie terminée par des plans inclinés disposés parallèlement aux rails et en dehors (fig. 2). Le roulement des pneus des véhicules sur ces plans inclinés permet d’amener les bandages métalliques au contact des rails ou inversement. Cette position facilite la pose ou l’enlèvement des couronnes portant les pneus (fig. 3).
- Pour la circulation sur route, une simple poussée, en marche arrière, du tracteur contre le wagon provoque l’ascension des galets de ce wagon sur les plans inclinés du tracteur, jusqu’au moment où le verrouillage automatique assure la liaison entre les deux véhicules, tout en permettant un braquage de 90°.
- Un tracteur pouvant circuler, comme le wagon, sur route et sur rails, assure dans les grandes gares, les manœuvres de wagons ou peut être utilisé comme locotracteur.
- Fig. 4. — Le rail-roule Porte. Pour circulation sur roule, les roues arrière seules sont munies de pneus.
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- DISPOSITIF RENÉ PORTE
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- Les remorques René Porte ne peuvent circuler directement sur rails, et reposent obligatoirement, ainsi que nous l’avons vu, sur les rails d’un wagon porteur, grâce aux jantes intermédiaires à boudin dont sont munies les roues avant et arrière.
- Leur capacité intérieure est de 25 m3, et leur tare de 3 t. Chaque wagon porteur peut contenir trois de ces remorques chargées, au maximum, à 6500 kg (fig. 5).
- A l’avant de la carrosserie est ménagé un logement pour la flèche d’attelage avec le tracteur automobile, flèche qui est relevée pour le trajet sur rail.
- Comme pour le dispositif précédent, l’avant de la remorque, sur route, repose sur l’arrière du tracteur et s’y verrouille automatiquement, les roues arrière seules étant munies de pneus (fig. 4).
- Dans la plupart des cas, la remorque est amenée, en marche arrière, par son tracteur, sur le wagon porteur, par l’intermédiaire d’un wagon chargeur, qui reste toujours en gare pour le chargement et le déchargement des remorques.
- Ce wagon chargeur est un wagon plat à bogies, sans bords, muni sur le côté de volets latéraux mobiles autour d’un axe horizontal et, à chaque extrémité, d’un guidage d’entrée à plateaux mobiles permettant, lors du chargement, le centrage automatique de la remorque dans l’axe du wagon porteur.
- CHARGEMENT DES REMORQUES
- Le wagon chargeur étant amené parallèlement au quai de chargement, ses volets latéraux sont rabattus sur le bord de ce quai, et le tracteur qui a amené la remorque à la gare l’engage en marche arrière sur le wagon chargeur (fig. 6). Elle y est centrée dans le guidage d’entrée et, grâce à des rampes d’accès placées à l’extrémité de ce
- Fig. 5. — Chaque wagon porteur peu conienir trois remorques U F. R.
- wagon, et sur lesquelles roulent ses jantes auxiliaires (ou roues ferroviaires), elle est amenée sur les rails du wagon porteur. Les pneumatiques des roues arrière, dans cette position, sont surélevés de quelques centimètres au-dessus de la plate-forme du wagon (fig. 8).
- Dans quelques centres importants, grâce à des quais en bout munis du dispositif de centrage automatique, les remorques peuvent être chargées directement sans l’intermédiaire de wagons chargeurs.
- Les wagons porteurs étant pourvus d’organes d’intercommunication, un tracteur peut charger, en marche arrière, une rame entière de wagons, en commençant évidemment par le plus éloigné, et se dégage ensuite en marche avant (fig. 7).
- Dès que les remorques sont en place sur le wagon, elles sont calées à l’aide de secteurs dont les courbures concaves très ouvertes leur permettent un déplacement longitudinal qui amortit et assouplit rapidement les chocs anormaux, plus violents que ceux dus aux manœuvres habituelles (fig. 8).
- Fig. 6. — Le rail-rou e Porte. Le tracteur, en marche arrière, conduit la remorque sur le wagon porteur en passant sur le wagon chargeur.
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- Fig. 7. — Chargement des véhicules sur les wagons. Grâce à un dispositif d'intercommunication, un tracteur peut charger toute une rame de wagons.
- Fig. S. — Chargement des véhicules sur les wagons. Des secteurs à courbure très ouverte calent les remorques et amortissent les chocs anormaux.
- Le chargement d’une remorque, du quai à sa mise en place sur les wagons porteurs, ne demande pas plus de 2 minutes et le calage des quatre roues, avec un homme de chaque côté, est exécuté en 1 minute.
- L’utilisation de l’un quelconque de ces deux dispositifs exige évidemment, dans chaque centre expéditeur ou destinataire, la présence d’un ou plusieurs tracteurs conduisant la remorque à l’établissement expéditeur, pour son chargement, ou au destinataire pour la livraison.
- Les wagons Willème-Coder, au nombre de trois actuellement en service, ont accompli chacun environ 100000 km tant sur route que sur rails.
- Et les transports assurés par le matériel U. F. R. représentaient, au 1er mai 1936, 10 043 000 t/km sans aucun retard, perte ou avarie.
- Ces dispositifs ont donc fait leurs preuves.
- COORDINATION OU COLLABORATION
- N’est-ce pas là, en somme, la solution du problème que s’efforçait de résoudre le gouvernement par ses décrets sur la coordination, notamment par celui du 13 juillet 1935, décret inappliqué, et que beaucoup de bons esprits jugent inapplicable? Ce décret, en effet, prévoit bien que le chemin de fer organisera la desserte de domicile à domicile, en accord avec les entrepreneurs routiers, en laissant à ceux-ci la partie des transports mixtes à exécuter sur la route, mais l’application des mesures prescrites dans ce but mécontente à la fois les usagers, les constructeurs de matériel automobile, et les transporteurs routiers qui ne veulent pas faire les frais de cette coordination, alors que, d’autre part, le gouvernement ne peut laisser péricliter les chemins de fer, branche active de l’industrie nationale et, au surplus, indispensables pour la défense du territoire.
- Il est évident, cependant, que chemins de fer et transporteurs routiers, assurant tous deux concurremment la liaison entre deux mêmes points par des voies parallèles, supportent ainsi un total de charges et de dépenses qu’une entente entre eux réduirait considérablement.
- Les dispositifs ci-dessus ne permettent-ils pas cette entente, et cette collaboration — à défaut d’une coordination difficile à réaliser — n’est-elle pas de nature à donner satisfaction à tous ?
- AVANTAGES POUR TOUS
- En effet, tout en assurant aux grands réseaux un trafic plus intense, cette collaboration ne léserait en rien les transporteurs routiers. Grâce à elle, grâce à la rapidité, à la régularité des transports par rail, qu’elle faciliterait, il n’est pas douteux que le développement des trafics régionaux s’intensifierait, au grand avantage des entrepreneurs routiers qui n’auraient plus, d’autre part, à assurer les dépenses des conduites de nuit, et à craindre les accidents toujours possibles dus au brouillard, au verglas et à la fatigue des conducteurs.
- Le remplacement des camions par remorques rail-route de même capacité donnerait du travail aux constructeurs de matériel automobile, et il semble d’ores et
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- déjà qu’on trouverait, sans trop de difficultés, pour le financement de ce remplacement, une solution acceptable pour tous.
- Et, autre avantage appréciable, les routes dégagées, n’ayant plus à supporter l’intense trafic des poids lourds, seraient d’un entretien moins onéreux, et beaucoup moins dangereuses pour la circulation des voitures de tourisme.
- Georges Lanorville.
- Fig. 9. — Le déchargement des marchandises à la porte du destinataire.
- L’OZONE ATMOSPHERIQUE
- Aujourd’hui, tout le monde connaît les gaz rares de l’atmosphère, hélium, argon, néon, xénon, krypton. Leur publicité est faite, en même temps que d’autres, par les enseignes lumineuses qui se multiplient dans les villes. Mais l’atmosphère contient aussi, à peu près dans les mêmes proportions, un autre gaz, réparti d’une façon fantaisiste, et dont la disparition subite aurait de bien plus graves conséquences que celle des gaz dits « rares ». Je veux parler de l’ozone, qui, grâce à ses propriétés absorbantes dans la région ultra-violette du spectre, constitue un écran naturel contre la lumière solaire de courte longueur d’onde productrice de l’érythème.
- A l’encontre des gaz rares qui sont des corps simples : Ne, Kr, He, l’ozone est un polymère de l’élément O, l’oxygène. Mais ses propriétés sont bien différentes de celles de l’oxygène. C’est à ces différences qu’est due sa découverte au laboratoire, par Schœnbein, vers 1840. Peu de temps après, on attribua au nouveau corps la formule O3. Vers 1860, Houzeau signala la présence de ce gaz dans l’atmosphère. Cornu, en 1881, découvrit que le rayonnement solaire ultra-violet de courte longueur d’onde était absorbé par l’atmosphère. Hartley attribua cette absorption à l’ozone dont il avait étudié les propriétés absorbantes dans l’ultra-violet. Mais il fallut attendre les belles expériences de Fabry et Buisson, en 1912, pour avoir la preuve certaine de ce rôle de l’ozone et posséder quelques précisions sur la question.
- LE SPECTRE D’ABSORPTION DE L’OZONE
- Si l’on regarde un tube contenant une quantité suffisante d’ozone, sa couleur apparaît d’un bleu aussi profond que celui d’un ciel pur. Il ne faudrait cependant pas conclure de là que la couleur bleue du ciel est due à l’ozone : s’il en était ainsi, le soleil nous paraîtrait également bleu. On sait, du reste, que le bleu du ciel est dû à la diffusion de la lumière du soleil par l’atmosphère; cette diffusion étant proportionnelle à l’inverse de la quatrième puissance de la longueur d’onde, il en résulte que la couleur dominante est celle des radiations visibles de la plus courte longueur d’onde.
- Revenons à la couleur bleue de notre tube d’ozone. Elle signifie que les radiations jaunes, orangées et rouges sont absorbées par le gaz.
- On connaît, en effet, une bande d’absorption située dans le jaune et l’orangé, appelée bande de Chappuis. Cette bande, comme toutes les bandes de l’ozone, n’est pas résolue en composantes séparées ; le graphique de la figure 1 en donne l’aspect en même temps que les coefficients d’absorption. Cette bande se prolonge dans le rouge et l’infra-rouge photographique jusque vers 1100 A.
- Dans l’infra-rouge il existe également des bandes d’absorption, que représente la figure 2, vers 3^,57 ; 4^,75; 5^,75 ; 6:^,7; 7^,6; 9-,65 ; 1U,38; 14^,1. Ces bandes, étudiées au laboratoire à cause de leur importance pour la connaissance de la structure de la molécule, viennent d’être retrouvées récemment aux Etats-Unis au cours d’une étude de l’absorption atmosphérique. Les bandes de Chappuis avaient été reconnues dans l’atmosphère, il y a longtemps déjà, par Cabannes et Dufay.
- Mais l’absorption de la lumière solaire par l’ozone de
- Fig. 1. — Bandes du spectre d'absorption de l’ozone dans le jaune et l’orangé.
- (En abscisses, les longueurs d’onde des radiations en angstrom; en ordonnées les coefficients d’absorption.)
- Unit is Angstrom
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- Fig. 2. — Les bandes d’absorption de l’ozone dans Vinfra-rouge. Les longueurs d’onde sont indiquées en microns.)
- l’atmosphère dans ces régions spectrales joue un rôle incomparablement plus faible que dans l’ultra-violet, où se trouvent les bandes de Huggins (3500-3200 A) et surtout la bande très intense de Hartley (3200-2100 A). La figure 3 nous montre pourquoi : elle représente les coefficients d’absorption de l’ozone dans l’ultra-violet. Alors que le coefficient d’absorption maximum était de 0,05 dans les bandes de Chappuis, il atteint 140 vers 2550 À.
- La mesure de ces coefficients d’absorption a été faite au laboratoire en deux temps : d’abord par une mesure spectrophotométrique, où l’on a déterminé pour chaque longueur d’onde l’intensité lumineuse absorbée par l’ozone contenu dans un tube; puis par un dosage chimique où l’on a évalué cette quantité d’ozone.
- Connaissant alors le coefficient d’absorption, si l’on détermine l’absorption attribuable à l’ozone de l’atmosphère, on peut calculer facilement l’épaisseur réduite de la couche d’ozone atmosphérique, c’est-à-dire celle qu’occuperait le gaz ramené aux conditions normales de température et de pression. Nous allons examiner les différents procédés qui ont été employés à cette fin.
- Fig. 3. — La bande d’absorption de Hartley dans Vultra-violet.
- (Longueurs d’onde en angstrom; en ordonnées, coefficients d’absorption. Le coefficient d’absorption de l’ozone est près de 3000 fois plus élevé pour l’ultra-violet que pour la lumière visible.)
- Unités Ânastràm
- MÉTHODES EXPÉRIMENTALES POUR DÉTERMINER L’ÉPAISSEUR RÉDUITE DE L’OZONE ATMOSPHÉRIQUE
- Le problème est de mesurer l’absorption atmosphérique pour chaque longueur d’onde. On enregistre spectrographiquement l’intensité du rayonnement solaire pour des distances zénithales différentes. On trace alors, pour une série de longueurs d’onde, des courbes en portant en abscisses la sécante Z (distance zénithale) et en ordonnées l’intensité reçue. Ces courbes sont des droites, car l’absorption est proportionnelle au parcours lumineux dans l’atmosphère. La pente de ces droites donne l’absorption atmosphérique au zénith. Mais celle-ci n’est pas tout entière attribuable à l’ozone. Elle est la somme de trois termes : l’absorption non sélective due à la brume et aux poussières; l’absorption provenant de la diffusion de la lumière par les molécules gazeuses (cette absorption est proportionnelle à d’après la loi de Lord Rayleigh), et enfin l’absorption due à l’ozone.
- En comparant les absorptions pour diverses longueurs d’onde, on peut éliminer l’absorption due aux poussières et à la brume grâce au fait grossièrement vérifié qu’elle n’est pas sélective. On élimine à son tour l’absorption par diffusion moléculaire d’après la loi de Rayleigh vérifiée expérimentalement dans les étendues spectrales où l’ozone n’absorbe pas. Reste alors l’absorption due à l’ozone. C’est cette méthode qui a été employée par Fabry et Buisson, et qui a fourni les premières données quantitatives sur l’ozone atmosphérique.
- Depuis, bien d’autres méthodes ont été employées, mais elles ne diffèrent de celle-ci que par le choix des astres ou des récepteurs. Il faut signaler la méthode élégante et rapide employée par Dobson : l’extrapolation des droites de la figure 4 jusqu’à l’axe des ordonnées donne une fois pour toutes l’intensité du rayonnement solaire en dehors de notre atmosphère. De plus, l’appareil imaginé par ce savant est si ingénieusement combiné que la prise d’un seul spectre peut alors donner immédiatement l’épaisseur réduite de l’ozone.
- Au lieu du soleil, on peut s’adresser aux étoiles, mais comme ces sources sont incomparablement plus faibles, on augmente la luminosité de l’appareil en utilisant un spectrographe à prisme objectif. En inclinant la lentille autour de son axe parallèle à l’arête du prisme et en enregistrant sur la plaque les focales des diverses radiations, on obtient un spectre qui n’est plus filiforme et qui est ainsi facilement photométrable. En choisissant des étoiles de magnitude assez grande parmi celles où un spectre continu fait suite à la série de Balmer (types A et B), les bandes de l’ozone viennent se détacher parfaitement sur le spectre; dans ce cas, on n’est pas gêné dans les mesures comme avec les nombreuses raies solaires, et la précision peut être améliorée.
- Si extraordinaire que cela puisse paraître, on peut utiliser aussi des sources lumineuses autres que les astres. En 1927, MM. Cabannes et Dufay ont imaginé une méthode qui consiste à mesurer les variations de la brillance du ciel au zénith au fur et à mesure que le soleil décline sur l’horizon. Les mesures étaient faites par
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- photométrie photographique et portaient comme toutes les précédentes dans le domaine des bandes de Huggins où l’absorption est relativement intense.
- Mais on a eu l’idée d’utiliser les bandes de Chappuis; on peut alors substituer l’œil à la plaque photographique. M. Gauzit a réalisé dans ce but un spectrophotomètre visuel, pouvant être dirigé sur le soleil ou sur le ciel bleu au zénith, et qui lui a permis d’effectuer facilement des mesures.
- Enfin, on a eu recours à un troisième genre de récepteur : la cellule photoélectrique. Dobson se sert aujourd’hui d’un spectrographe double qui isole deux radiations, l’une faiblement, l’autre fortement absorbée par l’ozone. Le rapport de leurs intensités est déterminé à l’aide d’un dispositif dont les organes essentiels sont un amplificateur, une cellule photoélectrique et un secteur tournant. C’est l’appareil le plus sensible dont on dispose actuel-
- Fig. 5. — Enregistrement microphotographique du spectre de l’étoile
- a Virginis.
- (On voit les raies de la série de Balmer : Ha, Hp, etc., et les bandes d’absorption de l’ozone numérotées par leur longueur d’onde.)
- lement et il peut utiliser aussi bien le soleil que la lumière zénithale du ciel.
- Après cette énumération un peu aride des méthodes de mesure, nous allons passer aux résultats qu’elles ont permis d’acquérir.
- L’ÉPAISSEUR RÉDUITE DE LA COUCHE D’OZONE;
- VARIATIONS AVEC LA LATITUDE, VARIATIONS SAISONNIÈRES ET ACCIDENTELLES
- Les travaux de Fabry et Buisson avaient montré quantitativement que le constituant de l’atmosphère si absorbant dans l’ultra-violet était bien l’ozone, que son épaisseur réduite était de l’ordre de 2,5 mm et que cette épaisseur pouvait varier d’un jour à l’autre. Ce curieux phénomène devait par la suite être étudié systématiquement par Dobson qui, ayant réalisé un type de spectrographe rustique, en avait répandu des exemplaires un peu partout à la surface du globe. Le tableau de la
- figure 6 résume le résultat de mesures faites ainsi d’une façon continue, puis centralisées et standardisées par Dobson.
- L’épaisseur réduite n’est pas la même tout le long de notre globe : elle augmente d’une façon continue de l’équateur au pôle.
- D’autre part en un point donné du globe, on constate une variation saisonnière, l’épaisseur est maximum au printemps, minimum en automne, cette variation est d’autant plus accentuée que l’on se rapproche des pôles.
- Ainsi, vers l’équateur, l’épaisseur est
- sensiblement constante et voisine de 2 mm. Dans nos régions, on trouve au printemps des épaisseurs de 3 mm, et en automne de 2,2 mm. A la station d’Abisko qui se trouve à 68°40' de latitude Nord, on mesure 3,8 mm en avril, et 2,5 mm en septembre.
- Pour cette station la courbe n’est pas complète; car le spectrographe de Dobson ne pouvait être utilisé pendant la nuit polaire en l’absence de soleil. C’est pourquoi, avec MM. Barbier et Chalonge, nous avons mis au point la méthode utilisant les sources stellaires dont j’ai parlé
- (Les droites de cette figure représentent, pour différentes longueurs d’onde, le logarithme de l’intensité lumineuse solaire reçue (log I) en fonction de la sécante de la distance zénithale (sec Z.)
- Fig. 6. — Variations d’épaisseur de la couche d’ozone almosphériqre au cours de l’année en diverses stations du globe.
- Arosa
- 67°N
- - 2,5mm.
- Abisko 68° N
- 3,5 mm.
- 3mm.
- Californie 35° N
- 'Lervick
- 60°N
- 2,5mm c , Egypte
- 3mm.
- 2 mm
- Lindenberg
- 52°N
- Inde !0°N
- mm.
- 3 mm:'
- . Nouvelle Zélande
- -3mm.
- - 2,5 mm.
- 2,5mm. , ^
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- plus haut ; un hivernage à Abisko l’année dernière, nous a permis de compléter la courbe : l’épaisseur d’ozone continue à décroître jusqu’à la fin de janvier pour augmenter ensuite d’une façon irrégulière, mais sans dépasser les valeurs maxima trouvées par Dobson.
- Les valeurs qui figurent sur le tableau 6 sont des moyennes mensuelles, et la courbe reliant les points donnés par l’observation journalière présente une allure assez irrégulière. Ces irrégularités sont liées aux perturbations météorologiques et nous verrons plus loin quel parti la météorologie pourrait tirer d’une étude plus approfondie de l’ozone atmosphérique.
- Fig. 8. — Enregistrement obtenu par E. et V. Regener, au moyen d’un spectrographe sur ballon-sonde, au cours d’une ascension qui a atteint 30 km d’altitude, le 26 juin 1934.
- Sur la portion de gauche de la circonférence apparaissent les enregistrements spectrographiques; sur la portion de droite : les indications des thermomètres.
- Les traits radiaux sont les enregistrements des barographes.
- (Abstieg = descente. Aufstieg — montée. Luftdruck = pression atmosphérique.)
- DISTRIBUTION DE L’OZONE DANS L’ATMOSPHÈRE EN FONCTION DE L’ALTITUDE
- Il y a déjà bien longtemps que les chimistes font des dosages de l’ozone contenu dans l’air. A l’Observatoire du Parc Montsouris, des déterminations ont été faites journellement entre 1875 et 1908. Aussi, quand on a connu l’épaisseur réduite de l’ozone, on s’est aperçu que, au voisinage du sol, sa concentration était bien inférieure à ce qu’elle aurait dû être si ce gaz était réparti uniformément dans l’atmosphère. Ainsi s’est posé le problème de sa distribution verticale.
- Pendant longtemps on a été réduit à faire des dosages chimiques aux altitudes les plus élevées que l’on puisse atteindre, en particulier au Mont Blanc, et à analyser des prises d’air effectuées en ballon. Les résultats obtenus étaient assez incohérents et c’est seulement l’année dernière que les chimistes se sont aperçus que la méthode de dosage, correcte pour les concentrations habituelles du laboratoire, est en défaut pour les concentrations atmosphériques. La méthode ordinaire employée est la suivante : on fait barboter une grande quantité d’air (aspiré par une pompe) dans une solution titrée d’arsé-nite de soude en présence d’iodure de potassium et de sesquicarbonate d’ammonium. Après la réaction, l’arsé-nite non oxydé est dosé avec une liqueur titrée d’iode. Mais à côté de la réaction normale :
- 2 I —f— 03 -j- HzO = Ij, -j- 02 -f- 2 OH-
- il existe une autre réaction, vraisemblablement hétérogène, donnant directement l’iodate :
- I —1~ 3 03 = 103“ -f- 302.
- Tandis que la première n’est jamais accompagnée d’oxydation induite de l’iodure lorsque la dilution de l’ozone augmente, la deuxième donne lieu à une oxydation induite, variable suivant les conditions.
- Aussi, sans attendre cette explication, on avait pensé à utiliser l’absorption quasi métallique de l’ozone dans la grande bande de Hartley. A une distance convenable, on prend le spectre d’une source riche en ultra-violet. On prend un autre spectre à une distance plus courte. De leur comparaison quantitative on déduit l’absorption par la quantité d’air située entre les deux stations et on peut facilement faire la part de l’absorption due à l’ozone. On se rend compte de la sensibilité de la méthode si l’on songe qu’une couche de 25 . microns d’ozone réduit de moitié l’intensité d’un rayonnement de longueur d’onde 2550 A, et qu’une épaisseur de 1 km d’air au voisinage du sol contient une épaisseur réduite de l’ordre de 25 p. d’ozone.
- On vient d’employer en Suisse une autre méthode de mesure, reposant sur le même principe, mais différant profondément par la technique expérimentale. La plaque photographique est remplacée par un tube photocompteur. C’est un fil maintenu sous tension disruptive et qui possède une émission particulière sous l’action des différentes radiations ultra-violettes séparées au préalable par un monochromateur.
- iArasa (G.M.D.)
- Regener
- Tromsô
- (G.M.ÛJ
- 0.02 0,04 0.06 0,08 0,10 0,12 mm Oz par Km.
- Fig. 7. — Courbes montrant la distribution verticale de l’ozone dans l’atmosphère.
- 1. Résultat des observations faites à Arosa.
- 2. Résultat de E. et V. Regener, par ballon-sonde.— 3. Résultat obtenu à Tromso.
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- Des mesures ont été faites dans le courant de l’été 1934 par la méthode spectrographique en deux stations voisines mais d’altitudes différentes : Lauterbrunnen, à 800 m au-dessus du niveau de la mer et la Station scientifique de Jungfraujoch à 3500 m d’altitude. On a ainsi trouvé que l’air était beaucoup plus riche en ozone à Jungfraujoch qu’à Lauterbrunnen, ce qui laisse supposer que la concentration de l’ozone augmente dès le niveau du sol. L’influence destructrice de la végétation ne permet cependant pas une conclusion formelle, mais la connaissance de la concentration au voisinage du sol constitue cependant une donnée utilisable dans le problème de la répartition en fonction de l’altitude.
- Ce problème a été résolu presque simultanément par deux voies tout à fait distinctes et qui ont conduit à des résultats concordants. La première est celle de Gotz, Meetham et Dobson. Elle repose sur l’utilisation des courbes umkehr. Ce phénomène curieux découvert par Giitz au Spitzberg en 1929 consiste en ce fait que la lumière zénithale du ciel est relativement plus intense dans les courtes longueurs d’onde quand le soleil est à l’horizon que lorsqu’il se trouve à quelques degrés au-dessus. La chose se comprend aisément si l’on se rend compte que la lumière venant du zénith traverse une épaisseur d’atmosphère moins grande que celle qui arrive au sol tangentiellement, venant de l’horizon; elle traverse donc une épaisseur moindre d’ozone.
- La partie expérimentale comprend deux temps : au premier, on détermine l’épaisseur réduite de la couche d’ozone et la hauteur de son centre de gravité par un procédé que nous avons déjà décrit; au second temps, on construit les courbes umkehr en portant en abscisses la distance zénithale et en ordonnées le logarithme du rapport des intensités de deux radiations différemment absorbées par l’ozone. Pour passer de ces courbes à la distribution verticale de l’ozone, deux méthodes de calcul peuvent être employées indépendamment. L’une d’entre elles consiste à diviser l’atmosphère en couches horizontales telles que la masse d’air dans chacune d’elles soit 1/^10 de celle immédiatement au-dessous.
- Dans chaque couche, l’air et l’ozone sont supposés localisés en une couche mince, à une hauteur convenablement déterminée et, par une méthode d’approximation, on calcule les courbes umkehr jusqu’à ce que l’on retombe sur les courbes réellement observées. Les résultats sont représentés par le graphique de la figure 7
- Cette méthode devait recevoir une éclatante confirmation expérimentale à la suite des travaux de E. et V. Regener qui ont réalisé un dispositif tout à fait ingénieux.
- Un spectrographe, suspendu à un ballon-sonde était dirigé vers un écran réfléchissant bien la lumière solaire et situé au-dessous de lui à une distance convenable.
- La plaque photographique était circulaire
- 3/. yf3f
- Fig. 9. •— Agrandissement des enregistrements speclrographiques obtenus par V. et E. Regener, sur ballon-sonde, le 31 juillet 1934.
- Fig. 10. — L’ozone et la météorologie.
- Sur cette carte, dessinée d’après la carte météorologique dressée le 4 lévrier 1935 par l’Observatoire de Breslau-Krietern, on voit qu’Abisko (Suède) se trouvait au milieu d’air froid arctique, tandis qu’Oxford (près de Londres), se trouvait dans de l’air chaud venant de latitudes plus basses.
- Le même jour on notait une épaisseur d’ozone de 3,67 mm à Abisko et de 2,70 mm
- à Oxford Dobson).
- -k
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- Fig. 11. — La station scientifique de la Jungfrau où l’on procède à l’étude de l’ozone atmosphérique.
- et pouvait tourner autour de son centre sous l’action d’un mouvement d’horlogerie. En même temps que le spectre solaire venait l’impressionner, la plaque enregistrait sur le même diamètre les indications d’un thermomètre et celles de deux barographes, l’un pour les pressions voisines de la pression normale, l’autre pour les faibles pressions, et aussi celles d’un thermomètre.
- Sur la figure 8, montrant l’une de ces plaques, on voit que, au fur et à mesure que le ballon-sonde monte, la limite du spectre solaire recule vers les courtes longueurs d’onde pour revenir ensuite vers sa position initiale au cours de la descente.
- Des mesures photométriques faites sur ces spectres, il a été possible de déduire l’épaisseur d’ozone située au-dessus de l’appareil et comme les indications barométriques permettaient de connaître l’altitude, on a pu ainsi obtenir la répartition de l’ozone en fonction de celle-ci.
- C’est ce que représente la courbe 2 du graphique de la figure 7.
- Malgré quelques divergences notamment à basse
- Fig. 12. — Un speclrographe pour la mesure de l’ozone bas, à la station de la Jungfrau.
- altitude, l’accord avec les résultats de Gôtz, Meetham et Dobson n’est pas trop mauvais.
- D’ailleurs, Meetham et Dobson ont répété leurs mesures à Tromso (70° lat. N.); ils ont trouvé là une distribution plus voisine de celle de Regener et les écarts peuvent fort bien être la conséquence de perturbations météorologiques.
- Nous allons maintenant envisager quelques phénomènes où l’ozone intervient d’une façon plus ou moins directe.
- L’OZONE EN MÉTÉOROLOGIE
- Tout d’abord, on avait observé, lors du passage d’une dépression cyclonique, une augmentation de l’épaisseur d’ozone dans la région située immédiatement à l’ouest du centre de la dépression, et une diminution moins marquée à l’est. Dans l’anticyclone au contraire, il y avait une diminution générale de l’épaisseur.
- Cependant ces faits n’ont pas un caractère de généralité. On vient d’observer récemment en Chine un maximum prononcé presque dans tous les cas d’anticyclone.
- Mais les phénomènes s’expliquent parfaitement si l’on ne cherche pas une relation entre les variations de l’épaisseur d’ozone et l’état actuel de l’atmosphère, mais bien avec ses mouvements. Aussi en confrontant les épaisseurs mesurées au cours de l’hiver polaire en Laponie suédoise avec les cartes météorologiques montrant les grands déplacements d’air, on a mis en évidence que les fortes épaisseurs d’ozone correspondent à de l’air d’origine polaire.
- Peut-être y aurait-il là un moyen de déceler la nature de l’air stratosphérique et de préciser la marche des grands courants aériens. Mais la météorologie pourra avoir un moyen d’investigation plus puissant et plus précis en utilisant les déformations que la température fait subir au specti'e d’absorption de l’ozone. Celui-ci se présente sous la forme de dentelures qui sont beaucoup plus accentuées quand l’ozone est à basse température.
- On peut espérer que par des déterminations simultanées de la distribution verticale de l’ozone et de l’effet de température, on arrivera à se faire une idée de la température de l’atmosphère aux différentes altitudes.
- L’OZONE EN CLIMATOLOGIE
- On sait que les radiations solaires actives au point de vue biologique et thérapeutique sont celles de l’extrémité ultra-violette du rayonnement solaire qui nous parvient. On conçoit donc que des variations de l’épaisseur d’ozone puissent entraîner des variations importantes de l’activité érythémale. R. Latarjet a donné une formule reliant cette activité à l’épaisseur d’ozone. D’importantes stations climatologiques suisses comme Arosa se sont attaché des spécialistes réputés pour étudier ce qu’en allemand on appelle strahlungklima.
- Il y a bien d’autres domaines où l’ozone a un rôle à jouer, en particulier dans les problèmes relatifs à la haute atmosphère.
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- L’OZONE ET LA HAUTE ATMOSPHÈRE
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- Avant d’aborder ce chapitre, je voudrais faire quelques réserves : la haute atmosphère n’est pas facile à explorer et est encore bien mal connue. Aussi les conclusions, quelquefois un peu hardies, que l’on est amené à formuler sur la base de nos connaissances actuelles, sont-elles susceptibles d’être modifiées par la suite, et mon but sera simplement d’exciter la curiosité du lecteur.
- À la suite de nombreuses mesures effectuées en Australie pour étudier la réflexion des ondes de T. S. F., sur les couches ionisées de la haute atmosphère, on a pu évaluer à 1200° la température absolue de ces régions et l’on attribue cette haute température à l’absorption de l’ultraviolet solaire par l’ozone. Il est bien possible aussi que l’oxygène y soit pour quelque chose. Les auteurs vont même plus loin : ils pensent que la variation de concentration de l’ozone influe sur la température de l’ionosphère.
- Dans un autre domaine, on a rendu l’ozone responsable de quelques raies présentes dans le spectre du ciel nocturne; la question est loin d’être éclaircie.
- Il en est de même pour le problème de l’origine de l’ozone.
- On sait que l’ozone peut résulter de l’action sur l’oxygène d’un rayonnement ultra-violet de longueur d’onde inférieure à 2000 A qui semble devoir être émis par le soleil. D’autre part, les radiations de longueur d’onde comprises entre 2000 et 3000 A provoquent la dissociation de la molécule d’ozone. Ces deux processus doivent s’opposer et il ne faut pas exclure une action électronique.
- A ce propos, Dauvillier, à la suite de ses mesures au Scoresby Sund, avait élaboré une théorie d’après laquelle les électrons solaires de très grande énergie viendraient s’enrouler dans le champ magnétique terrestre. Les électrons secondaires résultants seraient la cause de l’aurore polaire et aussi de l’aurore non polaire permanente (lumière du ciel nocturne). Ils seraient aussi responsables de la formation de l’ozone, mais il reste à savoir dans quelles proportions.
- *
- * *
- Ainsi, cette question de l’ozone atmosphérique qui semblait devoir être épuisée est encore quelque peu mystérieuse.
- Beaucoup de points restent à éclaircir.
- Nous espérons avoir fait comprendre, dans les lignes qui précèdent, l’importance théorique et pratique du problème.
- Elle justifie les efforts des chercheurs qui s’appliquent aujourd’hui à l’élucider.
- Afin de se concerter et d’organiser les travaux à poursuivre, tous ceux qui s’en occupent vont se réunir en septembre prochain, au Congrès d’Oxford.
- Les sujets à examiner ne nous feront point défaut; espérons que de la discussion jaillira quelque lumière.
- Fig. 13. — Un specirographe siellaire, pour la mesure de l’ozone au zénith, installé à la slalion de la Jungfrau.
- Fig. 14. — Une aurore boréale photographiée, à Abisko (Laponie suédoise), au cours d'une mission consacrée à l'étude de Vozone atmosphérique.
- E.Vassy.
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- = JOSEPH DE MONTGOLFIER =
- INVENTEUR DU MOTEUR A COMBUSTION INTERNE
- En conclusion de notre dernier article sur J. de Montgolfier (x) nous avions admis qu’ayant conçu le schéma du moteur à combustion interne et après en avoir, fort loin pour l’époque, poussé la réalisation, l’inventeur, distrait par d’autres recherches et indifférent au sort de ses idées, aurait abandonné la voie si féconde qu’il avait eu le bonheur d’ouvrir. Tout récemment, nous avons retrouvé des documents de nature à modifier considérablement ces conclusions, car ils prouvent que, si les «distractions» ne manquèrent pas à Montgolfier, dont le génie s’essaya en de multiples domaines, il ne perdit jamais de vue sa « pompe à feu » et en poursuivit la réalisation et le perfectionnement avec persévérance, en dépit de bien des traverses.
- Après la période de succès et de gloire, éclatante mais combien brève, que lui apporta, ainsi qu’à ses frères, l’invention des aérostats, une ère de revers s’était ouverte pour lui. Il entre dans nos intentions de parler un jour en détail de tout cela ; il nous suffira de mentionner ici que, la papeterie de Voiron et quelques autres entreprises ayant été liquidées dans des conditions désastreuses
- 1. Voir La Nature, n° 2975 du 15 avril 1936.
- Fig, 1. — Mme de Montgolfier, née Thérèse Filhol (D’après un tableau du Musée d’Annonay.)
- l’inventeur vint s’installer à Paris où il devait demeurer jusqu’à sa mort, d’abord 25, rue Moufïetard (*), puis 18, rue des Juifs (2), et enfin au Conservatoire des Arts et Métiers dont il devait être nommé administrateur en 1800.
- De Thérèse Filhol, qu’il avait épousée en 1771, il eut cinq enfants; deux seulement vécurent, et parmi ceux-ci un fils Pierre-François, né en 1775, qui devait être pour lui un fidèle collaborateur.
- Enfin le peu de succès' de ses affaires précédentes ne l’empêcha point d’en entreprendre à nouveau et il s’associa avec deux industriels et chimistes fort distingués : Clément et Des ormes, comme il résulte de la pièce suivante extraite du registre des délibérations du Conseil d’Etat en date du 30 octobre 1806 (3) :
- « Napoléon, Empereur des Français et Roi d’Italie,
- « Sur le rapport de notre Ministre de l’Intérieur, notre « Conseil d’Etat entendu, nous avons décrété et décrétons « ce qui suit:
- Article premier.
- « Il est fait concession pour cinquante années aux Sieurs « Montgolfier, Desormes et Clément du droit d’exploiter, « pour la fabrication du sulfate de fer et d’alumine, les terres « noires vitrioliques existantes sur le territoire des Esserlés « et de la Baiôte (commune d’Arcy département de l’Oise) « dans une étendue de surface de 17 km2 1/2, comme aussi « il leur est permis de traiter ces substances dans l’usine « qu’ils ont construite à Verberie sur les bords de l’Oise.
- Art. 2.
- « Cette concession est limitée, conformément au plan, « ainsi qu’il suit : savoir au sud à partir du clocher d’Arcy « par une suite de lignes droites se dirigeant sur les clochers « de Moyviller, Rémy et la ferme de Bauquy et de ce point « par une autre ligne dirigée sur le clocher d’Arcy, point de « départ. »
- etc....
- Pour ce qui est, tout au moins, de la recherche inven-tive Montgolfier avait trouvé des associés dignes de lui et l’usine de Verberie fut un véritable laboratoire de recherche scientifique ainsi qu’une pépinière de procédés et d’appareils nouveaux (1).
- C’est au témoignage de ces éminents collaborateurs, ainsi qu’à la piété filiale de Pierre-François, que nous devons de ne point ignorer ce qu’il advint du moteur à combustion conçu en 1783. Le 2 janvier 1816, six ans
- 1. Archives de la Seine, D Q 42, n° 7, An IX.
- 2. Depuis rue Ferdinand Duva J(4e arr.). Cette adresse est mentionnée sur la page de garde de la brochure de J. de Montgolfier, intitulée De futilité du bélier hydraulique, Paris, An XIII (1805).
- 3. Archives Nationales, AF IV 228 (pl. 1524, n° 148).
- 4. En particulier Desormes et Clément (le second, gendre du premier, prit par la suite le nom de Clément-Desormes) appliquèrent à la concentration des solutions salines les procédés utilisés, avant eux, pour la distillation des vins, et créèrent, en cette occasion, le terme d’appareil évaporatoire « à double effet », depuis universellement adopté. (Procès-verbaux des séances de l’Académie des Sciences, séance du lundi 29 juillet 1811).
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- après la mort de J. de Montgolfier, l’Académie des Sciences acceptait le dépôt d’un pli cacheté enregistré sous le n° 35 et portant la suscription suivante : « Perfectione-ment des machines à feu agissant par l’air dilaté, par MM. Desormes et Clément, paquet déposé à l’Institut « de France le 2 janvier 1816 pour n’être ouvert que « sur la demande de l’un de nous — pour Desormes « absent et pour moi : Clément ».
- Les déposants furent sans doute, eux aussi, distraits par d’autres soucis, car ils ne demandèrent jamais l’ouverture et le pli, après cent années, devint, en conformité du règlement, la propriété de l’Académie des Sciences. Celle-ci a estimé que l’intérêt de l’histoire des sciences commandait de briser les sceaux de ce document, ce qui fut fait au cours de la séance du 11 mai 1936.
- C’est ainsi qu’il nous a été possible d’en prendre connaissance et Messieurs les Secrétaires Perpétuels ont bien voulu nous autoriser à le publier, ce pourquoi nous tenons à leur exprimer ici toute notre respectueuse gratitude.
- Le texte est de la main de Clément et nous en citons ci-après un extrait :
- « On a soupçonné depuis longtems que l’emploi de l’air « atmosphérique comme agent materiel de la force motrice « que le l'eu peut donner, serait plus avantageux que celui de « la vapeur d’eau... Montgolfier avait étudié cette question « et l’avait vue bien profondément selon son habitude, à « l’aide d’une méthode qu’on n’avait point employée avant « lui, il avait estimé le maximum de force motrice que peut « donner une certaine quantité de charbon appliquée à proie duire de la vapeur d’eau et il avait comparé cet élïet théo-« rique à l’un des élîets réels de l’air dilaté par la combustion « d’une même quantité de charbon, le mouvement d’un « boulet de canon de 24 dont la vitesse est connue et dont, « par conséquent, on peut apprécier la force motrice, cette « force n’est qu’une fraction de celle développée par l’éxplo-« sion de la poudre et cependant elle est bien plus considérable « que toute celle que la théorie promet dans l’emploi ordinaire « de la vapeur d’eau... Montgolfier frappé de ces avantages « et se les confirmant de plusieurs autres maniérés se livra « avec sa persévérance, son opiniâtreté ordinaires à la recher-« che d’une machine propre à réaliser ses éspérances si bien « fondées, si certaines à ses yeux.
- « Il eut bientôt trouvé diverses machines et les éxécuta « successivement...; il ne se hâtait pas de les faire connaitre « parce qu’elles ne lui semblaient point assez parfaites et il « ne se bâtait pas de les finir parce qu’il était toujours « distrait soit par le soin de ses affaires de commerce, soit « par d’autres découvertes comme les aérostats et le belier « hydraulique auxquelles il donnait la préférence sans pour « cela les croire plus importantes, f1) mais plutôt poussé par la « contradiction que ces deux découvertes rencontrèrent.
- « Enfin après avoir quitté le négoce et terminé le belier « hydraulique il voulut reprendre ses anciennes idées...; « déjà nous avions une machine en activité lorsque notre ami « fut frappé de la maladie qui nous l’a enlevé (2).
- 1. Ceci est à rapprocher de ce que nous avons déjà dit sur l’importance primordiale que Montgolfier attacha toujours à sa machine à feu. (N. de l’auteur.)
- 2. Montgolfier fut frappé d’une attaque d’apoplexie en avril 1809, probablement en sortant de la séance de l’Académie des Sciences du 10 de ce mois. Les comptes rendus de l’Académie témoignent de la sollicitude de ses collègues, car ils donnent régulièrement des nouvelles
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- Fig. 2. — Dessins de la machine à feu brevetée en Angleterre, le 13 sept. 1816, par Pierre-François de Montgolfier, fils de Joseph de Montgolfier. (Extrait du Brevet d’invention anglais, n» 3995-1816.'
- « Nous avons dû regarder son fils comme son successeur « naturel et réspecter ses droits à l’héritage des anciens « travaux de son pere qui ne lui avaient pas peu coûté; c’est « à lui qu’il appartient de les publier....
- « Nous sommes instruits qu’il s’occupe à Londres de l’éxé-« cution des machines imaginées par son pere... »
- Interrompons ici la citation, car notre curiosité n’a pas de raisons pour s’imposer la réserve de Clément et Desormes. Si nous suivons Pierre-François de l’autre côté de la Manche, nous apprenons qu’il déposa, à la date du 13 septembre 1816, en son nom et en celui de son ami et collaborateur Dayme (ou d’Ayme) un brevet décrivant la fameuse machine à feu sous le titre : « Machinerie pour obtenir et utiliser de la puissance motrice » (x)
- de sa santé : le 1er mai on signale qu’il va mieux mais articule encore difficilement, le 8 mai rechute, suivie d’amélioration le 15 et le 19; le 17 juillet on apprend qu’il est presque parfaitement remis. Il ne devait cependant jamais reprendre le cours de ses travaux et l’année suivante, ayant été prendre les eaux à Balaruc (Hérault) il y succomba à une nouvelle attaque, le 26 juin 1810.
- 1. Brevet n° 3995 : Machinery for obtaining and applying motive Power.
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- Le texte du brevet comporte li pages que nous nous dispenserons de citer, nous contentant de reproduire ci-joint la figure qui les accompagne. En bref la machine agit par la dilatation de l’air injecté dans le foyer à charbon A. Elle est alternative et les pulsations sont produites par l’oscillation de la colonne d’eau dont une partie est, à chaque coup, refoulée dans le réservoir supérieur L. Nous glisserons enfin sur les divers dispositifs — au demeurant fort ingénieux — prévus pour alimenter en charbon le foyer, extraire les cendres et limiter l’aspiration de la « cylindrée » d’air neuf.
- Cette machine, qui, nous le savons par le texte de Clément et Desormes, fut bien effectivement construite, ne manque pas d’intérêt historique, surtout en ce qu’elle continue le schéma décrit dans le pli cacheté de 1783. Cependant elle souffre de l’infirmité commune à tous les engins utilisant l’air dilaté par un foyer : un énorme encombrement (par rapport à la puissance obtenue) qui, économiquement, fait disparaître l’avantage du bon rendement. En fait si, au cours du xix® siècle, des machines suivant le même principe (celles de Stirling et de Bénier, entre autres) furent construites et exploitées, ce ne furent jamais de gros engins et leur domaine resta étroitement limité. Au reste Montgolfier était le premier à s’être aperçu de cet inconvénient car, si nous reprenons le texte de Clément et Desormes, nous y lisons que, malgré l’intérêt de ces machines elles étaient encore :
- «... imparfaites au gré même de Montgolfier qui en était « toujours mécontent et qui jusqu’à son dernier moment éspéra « y ajouter ce qui leur manquait à ses yeux, une plus grande « ressemblance avec les armes à feu, la promptitude de « l’action, cette condition était pour lui la première de toutes, « celle qui pouvait donner à la combustion tout son éfïet.
- « Cette rapide combustion qu’il souhaitait tant produire « par l’air atmosphérique et un combustible commun, comme « elle a lieu dans la détonation de la poudre à canon, avait été « tentée plusieurs fois, notament en dernier lieu par Mrs « Nieps [sic) freres dans une machine appellée Pyréolophore...
- Fig. 3. — Pierre- François de Montgolfier, dit Joseph après la mort de son père (1775-1856). (D’après un portrait à l’huile appartenant à M. Jean de Montgolfier.)
- « le combustible qu’elle employait (Le Lycopodium) est d’une « rareté et d’un prix qui n’en permettent pas l’usage.
- « Ce fut cependant pour Montgolfier et pour nous une « occasion de redoubler de désir de trouver enfin une combus-« tion rapide sans augmenter beaucoup le prix du combus-« tible, nous n’enviions rien au Pyréolophore que ce qu’il avait « de commun avec les armes à feu, la rapide combustion. »
- Ces phrases ont l’avantage de nous préciser exactement la position des idées de Montgolfier par rapport à l’invention des frères Niepce, car elles mettent en pratique très honnêtement la devise : « cuique suum ». Admirons, par ailleurs, la modestie des rédacteurs, eux-mêmes savants et inventeurs fort distingués, lorsqu’ils poursuivent :
- « Ce n’a été qu’après sa mort que nous parvînmes à ce but « si désiré, mais c’est à son génie que nous devons ce succès. « Montgolfier qui avait réfléchi sur tant d’objets divers et « qui les avait vus avec un esprit si éclairé, si original, si « inventif s’était occupé de la pulvérisation, opération méca-« nique d’un besoin extrêmement fréquent, il avait imaginé « un appareil à pulvériser qu’il n’avait jamais eu occasion « d’éxécuter et dont il n’avait pas prévu l’étonnant succès. « Peu de tems après sa mort on éxécuta cet appareil pour la « préparation des matières propres à la fabrication de la « poudre à canon. On a pû reconnaître la finesse extrême de la « poussière de charbon que produit cet appareil, finesse que « l’on peut porter aussi loin que l’on veut, en modérant le « courant d’air, qui emporte la poussière à mesure de sa « production... il devenait très avantageux d’employer ce « combustible à cet état de division si grande qu’il peut « rester suffisament de tems suspendu dans l’air et constituer « ainsi un gaz inflammable analogue à la poudre à canon... « Ainsi nous disons : à la machine à feu de Montgolfier qu’il « nommait Pyro-belier à feu nu intérieur ajoutez l’employ « du charbon réduit en poussière volatile et suspendue dans « l’air et vous aurez le moteur le plus économique possible. »
- Craignant encore qu’on puisse les accuser de vouloir usurper la gloire de leur ami, les auteurs de ce texte insistent à nouveau sur l’hommage qu’ils tiennent à lui rendre :
- « Nous ne présentons pas cette addition aux travaux de « Montgolfier comme une chose qui nous soit propre, il nous « en avait laissé tous les élémens; nous devions tirer cette « conclusion ou nous n’aurions pas été dignes de son amitié « et de sa confiance. »
- De tout cela que conclure ? Tout d’abord que Montgolfier avait bien saisi l’aspect économique du problème, c’est-à-dire la nécessité absolue d’augmenter la rapidité de l’action, donc la puissance massique de la machine, d’une part et de réduire le prix du combustible, d’autre part. S’il chercha à employer le charbon, c’est que les possibilités du pétrole n’apparaissaient point à son époque. Le gaz de houille (récemment découvert par Philippe Lebon) et dont il avait aussi envisagé l’emploi était encore trop coûteux. Diesel, lui-même, qui devait faire aboutir définitivement la question, la reprit d’abord où l’avait laissée son prédécesseur et tenta de se servir du charbon en poudre. Notons d’ailleurs que les recherches de Montgolfier dans cet ordre d’idées furent loin d’être stériles, puisqu’il découvrit, en somme, le brûleur à
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- charbon pulvérisé, tel que nous l’employons de nos jours (1).
- D’un autre côté, nous savons maintenant avec précision ce qu’était le Pyrobélier et avons peine à comprendre le détachement avec lequel Marc Seguin en parle. Pierre-François, qui devait quelques années plus tard s’associer avec l’inventeur de la chaudière tubulaire, dut abondamment entretenir celui-ci de l’invention de son père.
- On conçoit cependant que Seguin, fort engagé alors dans l’étude et le perfectionnement des engins à vapeur, ait été peu tenté par des recherches dans une voie qui s’écartait considérablement de la sienne.
- Quant à Pierre-François nous ne saurions mieux faire juger de son aptitude à faire aboutir une affaire qu’en citant ces paroles de sa cousine germaine, Mme de Canson, fdle d’Etienne de Montgolfier...
- « ... Quel homme en est exempt [d’orgueil]. Je n’en connais « point, mon père excepté. Peut-être aussi notre humble cousin « Joseph (2). Mais encore n’y en aurait-il pas quelques grains « dans ce silencieux et malin sourire avec lequel il écoute « quelquefois les sottises qu’on lui débite? Mais quand on est « aussi inoü'ensif que lui, créé et mis au monde pour être vic-« time de ceux qui l’ont exploité, il est bien permis de sourire « à leurs dépens par forme de consolation. C’est plus sage que « de s’en tourmenter.
- « Le pauvre cher homme ne sait jamais à quelle heure il « faut partir pour arriver. Il faut le faire penser à tout et encore « n’est-il pas sûr qu’il s’en souvienne. Bien averti de l’heure k où nous dînons, le dernier dimanche qu’il passa à Vidalon,
- « il nous fit attendre à la Lombardière où j’étais sur des épines,
- « non pour moi, mais pour les autres convives. Et encore a-t-il « fallu que je lui sûsse gré de ce retard. Le cher homme avait « été voir un vieux cousin Filhol et s’était oublié avec lui. Ce « n’était ni le plus riche ni le plus en vue de tous les cousins « qu’il aurait pu voir à Annonay mais un neveu de sa mère,
- « honorable épicier ayant laissé son commerce à son fils (3) »....
- Il ressort de ce texte, jusqu’à l’évidence, que Pierre-François fut le vivant reflet de son père. Sans avoir le génie de celui-ci il en avait hérité un grand sens de la mécanique (Seguin trouva en lui un précieux collaborateur) en même temps que la bonté d’âme et l’indifférence aux contingences de la vie.
- Quoi qu’il en soit, le moteur à combustion semble bien cette fois retomber dans l’oubli, car de leur côté Clément et Desormes n’avaient eu que le souci de rendre hommage à la mémoire de leur ami et maître, laissant à l’héritier
- 1. Bien plus, le problème du « Diesel à charbon pulvérisé » a été repris tout récemment par des chercheurs qui ne désespèrent point de le faire aboutir. Citons, entre autres, les travaux de R. Pawlikowski, il y a 7 ou 8 ans, à Goerlitz, et ceux plus récents du Professeur Nagel à Dresde et de la Erste Brünner Maschinenfabrik à Brno (Tchécoslovaquie).
- Le Professeur Nagel, en particulier a réalisé une sorte de « carburateur à poussière » dans lequel le charbon en poudre est entraîné par un courant d’air jusque dans le cylindre, ce qui procède directement des conceptions de J. de Montgolfier.
- 2. Après la mort de son père, on donna ce prénom au fils.
- 3. Archives du Château de Colombier-le-Cardinal (Ardèche), XXIX 24, appartenant à Madame de la Lombardière de Canson. (Communiqué par M. Jean Frachon.)
- Fig. 4. — Nicéphore Niepce (1765-1833), inventeur de la photographie et aussi d’un moteur à combustion (D’après une gravure de la Bibliothèque Nationale.)
- naturel le soin de poursuivre la mise en œuvre de l’invention. Comme il arrive souvent, d’autres durent, plus tard, imaginer à nouveau, pour satisfaire aux exigences d’une industrie évoluée, ce que le génie d’un précurseur avait conçu trop tôt dans un mondé trop jeune.
- Enfin nous ne saurions terminer sans signaler que, subissant un sort commun à bien d’autres inventeurs, J. de Montgolfier, s’il gagna l’estime des plus grands esprits de son temps, ne vit guère la fortune lui sourire, pas plus à propos de sa machine à feu que de ses autres inventions. Le document ci-après en fait foi :
- Sire,
- « Une des pertes des plus sensibles que l’on ait faite depuis tt quelque tems dans les Sciences et dans les Arts est celle de « Joseph Montgolfier, membre de la Légion d’honneur et de « l’Institut de France. La découverte des aérostats, l'invente tion du bélier hydraulique porteront son nom à la postérité.
- tt Ce n’est pas sans regret que j’ai appris que cet homme « célèbre était mort à peu près sans fortune, qu’il ne subsiste tait que des émoluments de quelques places qu’il avait te obtenues du Gouvernement.
- te C’est dans cet espoir que j’ai l’honneur de présenter à et votre Majesté le projet de décret ci-joint et de la prier tt d’accorder à Mme Montgolfier une pension de 1.200 francs.
- « Signé : Montalivet (*). » Charles Cabanes.
- 1. Ar chivesNationales AF IV 489, pl. 3742, Ministère de l’Intérieur 3e division, Rapport à l’Empereur et Roi 16 Octobre 1810.
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- LES CIGOGNES MAROCAINES
- Les cigognes (Ciconia ciconia L. ou cigogne blanche, qu’il ne faut pas confondre avec Ciconia negra), sont une des joies du Maroc. Le touriste commence à faire connaissance avec elles dans la banlieue immédiate de Tanger. Quels que soient les déplacements qu’il effectue ensuite du Nord au Sud ou de l’Ouest à l’Est, il ne cessera plus guère d’être amusé par leurs promenades dans la campagne en quête de nourriture, par leurs nids pittoresquement situés au faîte des noualas, ou au sommet des vieux remparts et des lcasbahs en ruines. En certains points, aux Oudaïas par exemple, il est même possible de les approcher de si près que rien de leur vie familiale ne
- Fig. 1. —• Cigogne marocaine à Tanger.
- demeure inaperçu. Nous avons cherché à rassembler dans une courte étude ce que la vie de ces hôtes sympathiques renferme de plus intéressant. Nous n’aurions pu effectuer ce petit travail si nous n’avions été aidés par de nombreux correspondants dont les renseignements et les observations nous ont été précieux et que nous remercions ici bien vivement (1).
- 1. M. le Pr. Chavigny, de la Faculté de Médecine de Strasbourg; M. le Pr. Urbain, du Muséum; M. Boudy, Inspecteur Général des Eaux et Forêts; M. le Dr Delanoë, Médecin chef de la région de Ma-zagan; M. le commandant Schmidt; MM. les Docteurs-Vétérinaires Bos-savy, Bouguereau, Cantaloup, Carpentier, Chapuis, Dauriac, Deilles, Flament, Girard, Grimpret, Grossetti, Hantz, Henry, Jeaume, Lamire, Larre, Lelaurin, Michard, Michel, Miègeville, Montégut, Petitdidier, Pidoux, Robert, Roumy, Sacconey, Velu...
- RÉPARTITION
- D’une façon générale, les cigognes se rencontrent dans toutes les parties habitées de l’Empire Chérifien. Partout — mais toujours dans le voisinage de l’homme —• on les trouve et partout elles se reproduisent. Peut-être sont-elles plus nombreuses sur la côte Atlantique. A l’embouchure des fleuves, il existe en effet des marais qui leur assurent une facile subsistance. A l’intérieur du pays, leur densité est plus forte dans les régions de lagunes, de « Daïas », que dans les régions sèches et rocheuses. C’est pour cette raison- sans doute que, bien qu’on rencontre des cigognes à Berkane, dans les plaines des Trilîas et des Angads, il en existe moins au Maroc Oriental qu’au Maroc Occidental. L’altitude ne joue aucun rôle. On trouve de nombreuses cigognes autour des lacs du Moyen Atlas qui sont à près de 2000 m. Elles sont abondantes, également, en pays Zaïan, à Khénifra (831 m) et jusqu’à Arlata (1850 m). La seule région du Maroc d’où les cigognes sont absentes est le Tafdalet. Quelques-unes y passent aux mois de mars et d’avril mais aucune n’y séjourne. Le pays est sec et leur subsistance y serait difficile. M. le Dr D?lanoë a bien voulu nous communiquer le recensement des nids de cigognes effectué en 1935 par les soins du Contrôle Civil, dans les Doukala (Mazagan et son hinterland). Le nombre de ces nids s’élevait à 385. Comme dans les Doukala la densité des cigognes paraît être moyenne, ce chiffre peut servir d’élément pour l’appréciation du chiffre total. Un recensement total est du reste, croyons-nous, en cours au Protectorat français.
- DATES D’ARRIVÉE ET DE DÉPART
- Quand les cigognes arrivent-elles au Maroc et quand partent-elles ? Les réponses que nous avons reçues de nombreux correspondants au sujet des dates d’arrivée sont très variables. Fin décembre, nous dit-on... janvier, février, mars... commencement d’avril. Ces différences sont moins en rapport avec la localité considérée (car il est acquis que, dans tout le Maroc, les cigognes arrivent et partent en même temps) qu’avec l’année à laquelle ces dates ont trait. L’arrivée des cigognes est essentiellement, en effet, une question de climatologie. Tout se passe, de même que pour les hirondelles, comme si les migrations étaient subordonnées à des prévisions météorologiques à longue distance. Elles arrivent plus tôt lorsque l’hiver — ou ce qui au Maroc tient lieu d’hiver — doit être rude. Leur venue signifie la fin du froid. Des considérations analogues s’appliquent à l’époque du départ. Nos correspondants fixent celle-ci, les uns au mois de juillet, les autres aux mois d’août, de septembre, d’octobre même. La raison de ces divergences est que, susceptible au surplus de varier avec les perspectives climatologiques, le départ n’a lieu que lorsque les cigogneaux ont assez de force pour l’entreprendre. Ce moment varie lui-même avec la durée des cérémonies de l’accouplement, les réunions à cet effet pouvant durer de deux à dix jours (Dr Miègeville), avec les conditions de la construction du nid (par beau temps, celle-ci dure moins que lorsqu’elle
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- est contrariée par la pluie), avec l’époque de la ponte, plus tardive certaines années, etc.
- MIGRATIONS
- Il est certain, quoi qu’il en soit, que les cigognes passent au Maroc l’été et non l’hiver ainsi qu’on se l’imagine communément. Ne lisions-nous pas récemment, dans un grand magazine, que « la cigogne ayant passé l’été en Alsace, c’est lorsque monte jusqu’à elle l’odeur épaisse des vendanges qu’elle vient au Maroc et bâtit son gros nid de bois sec dans les tours des Oudaïas » ? Les vendanges ayant lieu en Alsace au commencement d’octobre, immédiatement avant les premières gelées, l’assertion précédente est tout le contraire de la vérité. En Alsace, en Hollande, les cigognes n’existent plus guère du reste qu’à l’état de légende, leur disparition étant liée à celle des marais. On en trouve beaucoup par contre, dans toutes les régions marécageuses de l’Europe centrale.
- Dans ces différents pays, elles arrivent au printemps; passent l’été et partent en septembre. Ce ne sont donc pas les mêmes que celles qu’on voit au Maroc. L’alternance ne serait possible que si les cigognes séjournaient au Maroc l’hiver et non l’été... ce qui n’est pas. Il est très probable que les cigognes passent l’été dans l’hémisphère nord et passent notre hiver à nous dans l’hémisphère sud où les saisons alternent avec les nôtres... au Cap, en particulier, où on est en été lorsqu’on est en hiver en Europe et au Maroc. Il est probable aussi que si les cigognes changent d’hémisphère, ce n’est pas uniquement à cause de la température. Où trouveraient-elles, pendant la saison froide, les limaces, grenouilles, crapauds, serpents indispensables à leur subsistance? Si les hirondelles émigrent, n’est-ce pas de même moins par crainte du froid que par peur de manquer de mouches et de moustiques ? A l’appui de cette hypothèse de la migration transsaharienne des cigognes, émise poui la première fois, semble-t-il, en 1931 par Ohlendorf (x), on peut citer un certain nombre de faits :
- 1° Des vols ont été observés au-dessus du Sahara;
- 2° En Espagne, des cigognes ont été capturées qui portaient des fers de flèches provenant de pays nègres;
- 3° Une cigogne baguée en juin 1931, près de Cassel (Prusse Orientale), est ramassée la même année, au mois d’août, à Si Allai Tazi, par un colon, M. Février. Il s’agissait vraisemblablement d’une cigogne qui ayant passé l’été en Allemagne, était en train d’effectuer son retour en Afrique du Sud;
- 4° Une cigogne baguée le 3 juin 1935 à Mengen (Grand-Duché de Bade) par les soins de la station ornithologique Rossitten est retrouvée dans le Tadla le 1er avril 1936, par M. Berthelot, colon à Ghorm-el-Alem. On peut supposer que cet oiseau, hivernant dans l’Afrique du
- 1. Dr E. Schutz. Vogelwarte Rossitten. Sonderdruck der Konigsberger Allgemeine Zeitung. J. de Lépinay, Sur la migration des oiseaux. Bull. Soc. des Sciences Naturelles du Maroc, 3 mars 1936.
- Sud, variait ses villégiatures estivales et venait tantôt en Allemagne (1935), tantôt au Maroc (1936).
- D’après Thienemann et Schütz, il faudrait distinguer deux groupes parmi les cigognes qui passent l’été en
- Fig. 3. — Presque tous les nids sont occupés par deux petits.
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- Europe. Les unes, habitant l’Est de la Weser, émigreraient en majeure partie vers le Sud-Est selon l’itinéraire : Hongrie, Roumanie, Asie Mineure, Syrie, Palestine, Egypte, vallée du Nil, Grands Lacs de l’Afrique Orientale, Afrique du Sud. Les autres, habitant à l’Ouest de la Weser, traverseraient la France, l’Espagne et on perdrait leur trace à partir du détroit de Gibraltar. Les faits que nous venons de citer infirment en partie cette dernière affirmation. M. le docteur-vétérinaire Grossetti, qui a longuement observé les cigognes en Algérie, puis au Maroc, estime qu’à la remontée du continent africain, deux groupes se forment de même, à la hauteur du Soudan Égyptien : celui qui atteint l’Afrique du Nord (Tunisie, Algérie, Maroc) par la Cyrénaïque et la Tripolitaine, et un autre qui franchit la mer Rouge, traverse la Syrie, l’Asie Mineure, le Bosphore et atteint la vallée du Danube qu’il remonte pour se fixer en Europe Centrale, en Alsace, en Hollande, etc. Il faut espérer que le baguage des cigognes, récemment organisé au Maroc, dissipera à brève échéance le voile qui recouvre encore les migrations des cigogne.s marocaines. Cette question est d’au-
- Fig. 4. — L’indigène tient pour une bénédiction que le toit de sa nouala soit choisi pour supporter un nid.
- tant plus intéressante que sur elle s’en greffe une autre, celle des générations successives. Si les cigognes vont passer dans l’hémisphère Sud la saison froide de l’hémisphère Nord et y emmènent des petits déjà adultes, n’y aurait-il pas dans l’hémisphère Sud une génération intercalaire ? Nous ne devons pas cacher que l’avis de plusieurs savants concorde mal avec ces hypothèses. D’après M. Schutz, les cigognes mettraient trois à cinq ans pour parvenir à l’état adulte et les jeunes nés en Europe, ou dans l’Afrique du Nord, resteraient souvent plusieurs années dans les quartiers d’hiver sans revenir à leur lieu de naissance et sans nicher, n’ayant pas atteint la maturité sexuelle. Le retour ne comprendrait ainsi que des oiseaux pleinement adultes et en état de nicher; les jeunes demeurant dans l’hémisphère Sud. Pour Oberthur, il n’y aurait pas d’oiseaux nichant dans l’hémisphère Nord et faisant une deuxième ponte dans l’hémisphère Sud au cours de l’hivernage. Toutes ces questions demeurent à l’étude. L’arrivée et le départ des cigognes donnent souvent lieu à des constatations intéressantes. Quelquefois elles arrivent au Maroc par petits groupes. D’autres fois, il existe une avant-garde composée des meilleurs voiliers que la masse générale suit à quelques jours d’intervalle. Celle-ci est formée par des bandes qui arrivent de tous les points de l’horizon et se rassemblent sur une colline ou sur un plateau élevé où elles paraissent discuter et tenir conseil. Sans doute se répartissent-elles les secteurs et se distribuent-elles les billets de logement. Après quelques jours de vie en commun, les couples se forment et on les voit soit occuper un nid ancien, soit en édifier un nouveau. De même, les cigognes partent le même jour en troupes et le départ est précédé lui aussi d’un grand rassemblement et d’un conseil. Comment peuvent-elles se fixer un rendez-vous précis, arriver toutes au même endroit, à la même heure ? C’est ce qu’il est bien difficile d’établir.
- L’émigration est toujours complète, c’est-à-dire que les cigognes ne passent la totalité de l’année dans aucune région du Maroc. Ne demeurent dans le pays que les oiseaux qui, par suite d’accident ou de vieillesse, sont incapables d’effectuer le voyage. Les accidentés s’envolent dès qu’ils peuvent le faire, par exemple dès la consolidation d’une fracture de l’aile. En août 1930, M. le vétérinaire-capitaine Carpentier avait soigné une cigogne atteinte d’une fracture de l’humérus provoquée par un choc contre des fils télégraphiques. La consolidation ne fut complète qu’en septembre. L’oiseau, bien traité et bien nourri, n’est cependant pas resté. Les vieillards errent misérablement après le départ de la colonne et ne tardent pas à succomber. A titre exceptionnel, on peut voir quelques cigognes apprivoisées, familiarisées avec l’homme qui les a soignées, contracter des habitudes nouvelles qui leur font oublier l’appel atavique de l’espèce et demeurer dans le pays. Ces faits isolés ont pu faire supposer que les cigognes étaient capables de passer toute l’année dans certaines régions du Maroc. En principe, toujours et partout, l’émigration est complète.
- NIDIFICATION
- M. le docteur-vétérinaire Grossetti a fait détruire pendant trois années après son abandon par la couvée un nid
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- Fig. 5. — Les cigognes vivent entre elles.
- perché au sommet de sa villa de Khémisset.
- Chaque été, un nouveau nid a été bâti sur cette même cheminée où rien n’indiquait qu’un nid avait été édifié l’année précédente. Il en a déduit que, reconnaissant le lieu, c’était le même couple qui revenait. Pendant longtemps, ce nid a été le seul de la localité. Puis deux autres couples sont venus s’établir sur des maisons voisines et M. Grossetti a eu l’impression qu’ils représentaient les cigogneaux nés l’année précédente au-dessus de sa villa.
- A Mazagan toutefois, M. Communaux a fait une constatation différente. Depuis des années, il n’y a qu’un seul nid au-dessus du Contrôle civil, qui pourrait en supporter plusieurs. Ceci laisse supposer que les petits ne reviennent pas toujours avec leurs parents. Plus rarement les cigognes nichent sur les arbres ou encore sur les haies de cactus. A Boulhaut en 1935, les Travaux publics ayant fait élaguer les eucalyptus qui bordaient les rues et les routes, les arbres sont arrivés à ne plus présenter qu’un tronc surmonté de moignons de quatre ou cinq branches maîtresses disposées en fourche. Les cigognes ont trouvé cette disposition favorable. Elles ont déserté les noualas et adopté les eucalyptus. Elles sont donc capables de choisir, de manifester une préférence, de varier.
- En général, c’est en février que les nids sont édifiés. La ponte a lieu en mars. Le mâle et la femelle couvent alternativement, l’oiseau qui couve le jour cédant la place à son conjoint pour la nuit. La durée d’incubation étant d’un mois (32 jours, semble-t-il) les naissances commencent en avril. La femelle pond ordinairement deux œufs. Ceux-ci sont toujours fécondés et presque tous les nids sont occupés par deux petits. On voit quelques nids à trois^ petits ; très peu à quatre. Chose curieuse, l’enfant unique « chéri des Français », serait, si l’on en croit M. le docteur-vétérinaire Miègeville, tenu chez les cigognes pour une tare. « J’ai vu, nous écrit cet excellent observateur, des nids à un seul petit. Dans ce cas, il disparaissait rapidement, j’ai l’impression que les parents le laissaient mourir de faim et le tuaient. Dans ces nids déshérités, le ménage paraissait en outre, aller assez mal ». Les jours qui suivent l’éclosion, les parents (le mâle surtout) rapportent au nid des choses mystérieuses et seule la femelle s’en nourrit. A ce moment, les petits sont vraisemblablement alimentés par les régurgitations du père et de la mère. Ils sont ensuite nourris directement au moyen d’insectes, de vers, de batraciens, de reptiles, que les. parents viennent déposer dans le nid. La plupart du temps, la proie est amenée vivante. « J’ai vu, dit le D* Miège ville, des grenouilles sauter du bec du père ou de la mère dans le nid. Cependant, le pourvoyeur était arrivé le bec fermé, sans proie apparente. J’en ai conclu que celle-ci était emmagasinée pour le transport à la base de la langue ou dans le pharynx. » Les cigognes ont parfois une façon très intelligente de tuer les serpents qu’elles capturent. Elles les entraînent à une grande hauteur et les laissent tomber sur le sol. La précaution n’est pas superflue car M. le docteur Velu a pu voir
- une cigogne étranglée par une couleuvre enroulée autour de son cou. D’une façon générale, les cigognes ingèrent tout ce qui est susceptible de vivre dans la vase ou la terre humide. Elles s’attaquent également aux souris et aux rats. Il leur arrive même de gober un moineau trop aventureux et les couvées peu surveillées que les poules laissent s’éparpiller paient un certain tribut à l’oiseau sacré. Les jeunes alouettes, perdreaux, cailles entrent d’ailleurs dans sa nourriture tout comme les souris et autres micromammifères. On sait enfin que lorsque passe un vol de sauterelles, elles en détruisent d’énormes quantités.
- ÉDUCATION DES PETITS
- D’une façon générale, les petits s’envolent à l’âge de deux mois. L’apprentissage est méthodique. Dès qu’ils peuvent se tenir debout, le père et la mère décomposent devant eux les battements des ailes et, bien longtemps avant d’essayer de voler, les enfants répètent les mouvements au bord du nid. On les voit exécuter de la plus curieuse façon des flexions répétées du corps sur les tarses, des battements d’ailes déployées, etc. Quand le moment des premiers essais arrive, le père ou la mère, souvent les deux, sont au nid et exercent une surveillance très attentive. Les premiers pas consistent à quitter le nid, à sauter et à retomber sur le sol plus ou moins gauchement. Il en est des cigogneaux comme des enfants des hommes. Quelques-uns sont téméraires; d’autres timides. Pour ceux-ci, il n’est pas rare de voir les parents les saisir du bec, chacun par une aile, les élever un peu et les lâcher (docteur Miègeville). Un peu plus tard, les cigogneaux se livrent à des exercices de vol en cercle à moyenne altitude puis commencent des randonnées assez loin du nid qui tout d’abord est rejoint chaque soir et qui, finalement reste vide. Nous nous sommes laissé dire que parfois les jeunes qui se révéleraient mauvais voiliers, seraient sacrifiés par leurs parents. A Beni-Mellal, le docteur Miègeville avait élevé deux cigogneaux qui étaient encore au nid lorsque leurs parents moururent de maladie. Ils connaissaient les heures des repas, réclamaient à man-
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- ger et entraient à la cuisine en claquant du bec si quelque retard était apporté à l’horaire. Ils vécurent ainsi trois mois et, privés des leçons de leurs parents, apprirent difficilement à voler. Néanmoins, lorsque vint l’émigration, ils partirent. Ils avaient été bagués de rouge. On ne les revit pas. Notons encore, que les cigogneaux ont tous le bec noir. La couleur ne s’éclaircit que peu à peu. Quand ils suivent la migration de la colonie, ils n’ont pas encore le bec rouge bien qu’ayant déjà atteint la taille adulte. Il est probable que la teinte rouge du bec de la cigogne adulte est acquise à l’époque de la mue soit, à l’âge de 10-12 mois approximativement.
- PARTICULARITÉS AFFECTIVES
- Le claquement du bec a généralement une signification d’allégresse. Il salue le retour au nid du mâle ou de la femelle après une longue absence dans les marais en quête de nourriture. Il célèbre de même l’éclosion des
- Fig. 6. •— Leur silhouette confère une élégance inattendue à de chétives constructions.
- cigogneaux, la mise en fuite d’un ennemi, etc. D’après le docteur Miègeville, lorsqu’un mâle a rendu ses devoirs à sa conjointe, il en avise les couples voisins par un claquement aussitôt repris par toute la tribu. C’est au point que, pendant la quinzaine qui suit les accouplements, la colonie ne cesse pas de... claquer du bec. Le côté affectif paraît très développé chez les cigognes. Les mâles se battent à coups de bec pour la possession des femelles et la mort s’ensuit parfois. Nous n’avons recueilli aucun fait relatif à des infidélités après l’accouplement. Si la perte accidentelle de la conjointe attriste le conjoint, elle ne le laisse pas inconsolable. M. Communaux, a noté à Mazagan qu’une femelle ayant été électrocutée contre un fil à haute tension, le mâle ne cessa pas, pendant plusieurs jours, de tournoyer autour du nid. Sans doute manifestait-il son angoisse de ne pas revoir sa compagne. Il disparut et revint quelques jours
- plus tard avec une autre femelle qui prit possession du nid, fit des œufs et eut des petits.
- AMIS ET ENNEMIS
- L’homme est le meilleur ami de la cigogne. Indigènes et Européens rivalisent de sympathie à son égard. L’indigène tient pour une Baraka, c’est-à-dire pour une bénédiction, qu’un de ces oiseaux (El Bellarej) choisisse le toit de sa nouala pour y bâtir son nid. L’Européen apprécie le pittoresque que les cigognes jettent dans sa vie. Bien rares sont les gamins qui cherchent à dénicher les œufs et les petits. La protection des cigognes est du reste assurée au Protectorat français, par l’arrêté annuel d’ouverture et de fermeture de la chasse qui spécifie : « Sont défendues en tout temps et en tout lieu la capture et la destruction par quelque procédé que ce soit, des animaux utiles à l’agriculture, ainsi que de leurs nids, œufs et couvées : Echassiers: aigrettes, cigognes, flamants roses, etc. » Les cigognes paraissent conscientes de l’absence de danger que constitue pour elles le voisinage de l’homme et c’est uniquement à proximité des habitations qu’elles édifient leurs nids. Quoique peu farouches elles sont toutefois, dans leurs relations avec les humains, réservées et quelque peu distantes. Elles surveillent du coin de l’œil l’indiscret qui cherche à s’approcher d’elles et s’envolent dès que celui-ci espère pouvoir arriver à les caresser. Elles vivent entre elles et, à l’exception peut-être des hérons cendrés lorsqu’il s’en rencontre, ne fréquentent pas les autres oiseaux. Toutefois elles tolèrent dans le tas de fagots qui constitue la base de leur nid l’installation des moineaux et dans les trous de muraille, à proximité immédiate des nids de cigognes, on voit nicher des étourneaux unicolores, des crécerelles, des rolliers, des martinets et dans le sud du Maroc, le fringillaire strié. Elles vivent en bonne intelligence avec les oiseaux domestiques mais il ne faut pas trop s’y fier. Une cigogne que M. le vétérinaire-capitaine Carpentier avait apprivoisée et qui était largement pourvue d’aliments azotés, a tué sans provocation, un jeune paon qui vivait avec elle depuis deux mois.
- Les grands aigles attaquent certainement les cigognes. Un des aigles Bonellis qui figurent au Zoo de Meknès fut pris à la main, incapable de s’enlever, tant il avait mangé d’une cigogne qu’il venait de tuer, et à deux autres reprises, M. Carpentier a vu des Bonellis fondre sur des cigognes. On voit parfois celles-ci donner la chasse aux corbeaux qui seraient susceptibles d’attaquer les couvées. Il ne semble pas que les buses et les faucons s’attaquent aux nids. Les chats, les rats et les belettes se montrent parfois moins réservés. Lorsqu’on trouve dans le bled marocain des cadavres de cigognes, celles-ci paraissent souvent avoir été tuées par des chacals, des renards, ou des animaux buveurs de sang tels que la fouine qui profitent de leur sommeil pour se jeter sur elles. Le plus grand ennemi de la cigogne c’est, toutefois, la cigogne elle-même. Pour la possession d’une femelle, d’un nid, d’une place avantageuse, les mâles se livrent de véritables batailles et, à coups de bec, se blessent grièvement. Certaines fractures de pattes n’ont pas d’autre cause...
- P. Remlinger et J. Bailly.
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- L’EXPOSITION DE 1937
- Une exposition universelle, a-t-on dit, est un acte de foi. Par la masse des capitaux engagés, où la collaboration des finances publiques est indispensable, par ses répercussions lointaines, difficiles à chiffrer, elle constitue une affaire à longue et parfois incertaine échéance. C’est une enseigne rassurante accrochée à la façade économique de pays; dans les temps troublés que nous traversons, il est certain que la France se serait diminuée en renonçant définitivement à l’Exposition de 1937, comme elle l’avait fait momentanément en 1934.
- C’est au grand succès de l’Exposition des Arts décoratifs, il y a onze ans, que remonte l’idée initiale de l’Exposition de 1937. La Chambre de Commerce de Paris émit
- les dates entre les différents pays et d’éviter des coïncidences qui seraient désastreuses pour tout le monde.
- A s’en tenir strictement aux termes de la convention, qui prévoit un intervalle de 10 à 15 ans, la France aurait dû attendre son tour jusqu’en 1941, une Exposition Coloniale étant prévue pour 1931. Mais M. Julien Durand soutint que cette dernière ayant été décidée avant la signature de la convention (1928) ne devait pas entrer en ligne de compte. Il fut suivi par le Parlement, qui adopta le projet en juin 1930.
- A ce moment, la future Exposition se présentait comme toute « imprégnée d’art »; pas de maquettes, mais des monuments durables, des œuvres de luxe, des
- Fig. 1. — Maquette du nouveau Trocadêro avec la nouvelle perspective des jardins et le pont d’Iéna élargi.
- Au centre de la percée, on aperçoit la statue équestre de Foch et la place du Trocadêro; à droite et à gauche, les ailes considérablement augmentées en épaisseur et en hauteur; en dessous, la salle des fêtes. (Photographies Baranger.)
- peu après des suggestions visant à la création d’une nouvelle Exposition sur l’emplacement approximatif de l’ancienne. On sait que ce projet initial devait être amplifié, le plan directeur actuel débordant largement celui de 1925, principalement du côté de l’ouest.
- La question fut posée devant le Parlement par M. Julien Durand en 1929, dans des circonstances assez curieuses. Le public ignore généralement que les nations ne sont pas libres de choisir à leur guise les années de ces grandes manifestations commerciales et techniques. Elles se sont liées par une convention qui les soumet au contrôle d’un Bureau International des Expositions, siégeant à Berne. Le rôle de ce bureau est de répartir équitablement
- objets usuels conçus suivant une esthétique nouvelle.
- Dès 1932, ce cadre un peu exclusif se trouva élargi à la suite d’une proposition de M. le sénateur Tournan concernant une Exposition internationale de la Civilisation. Programme évidemment grandiose, qui rappelle le fameux titre de Pic de la Mirandole ; de omni re scibili et dont la cheville ouvrière devait être le développement de l’Institut de Coopération intellectuelle, depuis lors disparu. Ce cadre intellectuel de l’Exposition, très marqué aujourd’hui encore, devait cependant se concilier avec les tendances artistiques et sociales. Par ailleurs, une proposition de M. Fiancette envisageait pour 1937 une Exposition internationale de la Vie ouvrière et
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- Fig. 2. — Chantier de fonçage de pieux sur l’emplacement de l’ancienne Manutention militaire où s'élèveront les deux Musées d’Art Moderne. (Phot. G.-L. Manuel frères.) On reconnaît des sonnettes à vapeur avec leur grand chevalement triangulaire et le tuyau souple, suspendu, qui amène la vapeur au mouton. En arrière, les arcades de soutènement de l’avenue du Président Wilson, le haut du musée Galliera, et, à droite, le nouveau clocher de Saint-Pierre-de-Chaillot.
- paysanne; la Ville de Paris décida son adhésion à ce dernier projet.
- Pour mettre fin à cet embouteillage d’expositions, le gouvernement opéra la fusion des divers projets et fit
- agréer par le Bureau International le programme d’une Exposition de deuxième catégorie, consacrée aux Arts décoratifs et industriels modernes. Aucune des nations adhérentes n’ayant élevé d’objection, l’année 1937 nous fut accordée.
- Il serait attristant d’insister sur les difficultés de réalisation qui mirent en péril cette grande œuvre dès 1934. Une vive réaction de l’opinion publique, des milieux commerciaux, industriels et artistiques s’étant manifestée le gouvernement reprit le projet abandonné et signa le 15 mai 1934 une convention définitive avec la Ville de Paris.
- Depuis cette date, sans faire absolument exception à la règle que rien n’est parfait en ce monde, l’organisation de l’Exposition a marché bon train et l’avancement actuel des travaux est satisfaisant, en avance même, dit-on, sur le programme prévu.
- PROBLÈME FINANCIER
- Au point de vue financier, l’Exposition est l’œuvre à peu près exclusive de la Ville de Paris, qui s’engage à verser au maximum 285 millions, l’État versant seulement 15 millions.
- Ces chiffres ont été fixés en se basant sur le budget de l’Exposition coloniale, qui a nécessité du Commissariat général une dépense de 250 millions. A ce total, il faut ajouter environ 100 millions dépensés par les divers
- Fig. 3. — « Plan-directeur » général de l’Exposition.
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- Fig. 4. — Transformation des ailes du Trocadéro: conservant l’ancienne construction, les architectes la doublent par une galerie nouvelle épousant la courbe du côté des jardins (Ph. Baranger. )
- États pour la construction de leurs pavillons; cette somme n’aura pas son correspondant à l’Exposition de 1937, le classement dans la deuxième catégorie impliquant que le commissariat général doit fournir gratuitement les locaux.
- Par ailleurs, l’Exposition bénéficiera du produit des entrées, du produit des concessions et de la publicité.
- Pour mettre la Ville de Paris à même de fournir une subvention aussi importante, l’État l’a autorisée à émettre des bons et à organiser une loterie. Si le solde de la loterie est créditeur, il sera versé à l’Exposition et s’il est débiteur, la Ville sera remboursée par priorité sur le solde de l’Exposition.
- La Ville ainsi partiellement désintéressée, l’État récupérera les quinze millions avancés, majorés de seize autres millions en atténuation des dépenses engagées pour le déplacement de différents services publics (port de Paris, etc.), dont il cède définitivement les terrains à la Ville à l’occasion de l’Exposition.
- PLAN DIRECTEUR
- L’aire définie par le plan directeur de l’Exposition de 1937 est extrêmement vaste; elle occupe les plus beaux et les plus spacieux paysages de Paris, depuis la Concorde jusqu’à l’extrémité de l’Ile des Cygnes, au pont de Grenelle, sur un parcours de près de 3 km. La superficie concédée est de 60 ha.
- La position centrale de l’Exposition la rend accessible par 33 grandes voies convergeant vers 22 portes dont six entrées principales et deux pour le Centre d’attractions de l’Esplanade des Invalides.
- Sur cés bases a été établi le plan directeur que reproduit notre figure 3 et dont nous examinerons les principales dispositions.
- LE NOUVEAU TROCADERO
- Le palais de style oriental du Trocadéro datait de l’Exposition de 1878; il commémorait un souvenir historique, la prise du « Trocadéro », forteresse de Cadix, par nos troupes durant la guerre dynastique de 1823. Il possédait de bonnes fondations et était construit en pierre mêlée d’un beau marbre rouge qui avait du reste mal vieilli et que les Parisiens prenaient pour de la brique.
- Démolir entièrement le Trocadéro pour le reconstruire, eût été impraticable étant donnée l’insuffisance des crédits et des délais; on envisagea un moment l’érection d’un décor temporaire masquant du côté des jardins la façade démodée qui eût juré avec l’aspect moderne de l’Exposition.
- Grâce à des ressources supplémentaires allouées à l’Exposition, on put envisager une solution définitive et beaucoup plus satisfaisante, utilisant le gros œuvre des fondations et la totalité des ailes tandis que le centre et
- les tours disparaissaient pour faire place à une large percée formant balcon au-dessus des jardins.
- Les travaux se résument ainsi. Reprenant une conception grandiose qui remonte à l’administration d’Hauss-mann, on ouvre la partie centrale sur une largeur de 60 m, faisant place à une terrasse de 140 m de large qui domine le panorama de la Seine. La salle de spectacle émigre en profondeur; reconstruite sous la terrasse, elle ouvre sur les jardins. Le foyer, servant de salle des Fêtes, domine directement les parterres, suivant une disposition analogue à celle de l’Orangerie de Versailles.
- Les ailes sont doublées en épaisseur, ce qui offre l’avantage d’une solution économique et d’une modernisation complète de l’aspect des bâtiments. L’espace disponible pour le Musée de Sculpture comparée se trouve ainsi doublé, tandis que l’Ethnographie se trouve
- Fig. 5. — Un coup de mine dans les arcades du Trocadéro : construit pour durer des siècles, l'ancien palais aura été abattu au bout de cinquante-sept ans. (Ph. Baranger.)
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- ÉLARGISSEMENT DU PONT D’IÉNA
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- Fig. 6. —• Excavateurs au travail dans la partie centrale qui deviendra la salle souterraine, située sous l’esplanade.
- Le mur encore debout dans le fond cache la place du Trocadéro.
- (Pli. Baranger).
- triplée. De plus, après l’Exposition, on pourra loger également un musée de la photographie ainsi que le musée de la Marine, actuellement fort à l’étroit sous les combles du Louvre.
- Durant l’Exposition, le nouveau Palais sera le siège des Manifestations de la Pensée; dans les jardins, immédiatement au pied des façades, seront aménagées les diverses sections des Questions sociales et Œuvres d’assistance. Plus loin, disséminées dans les jardins mais respectant tous les arbres (c’est une règle absolue et fort louable que se sont fixée les organisateurs de l’Exposition) se trouveront diverses concessions françaises et étrangères dont l’architecture s’harmonisera avec ce cadre de verdure.
- Les terrasses et fontaines nouvelles seront dessinées avec plus d’ampleur que l’ancien miroir d’eau et descendront jusqu’à la Seine.
- Fig. 7. — Carte des différentes « régions » représentées au Centre régional (Document Illustration).
- L’historien Henri lfoussaye raconte qu’en 1814, Blücher, par esprit de vengeance, voulut faire sauter le pont d’Iéna; celui-ci n’aurait été sauvé que par l’intervention du tsar !
- Par sa position centrale, dans l’axe du Trocadéro et de la tour Eiffel, ce pont s’intégre dans l’une des principales perspectives de l’Exposition. Les travaux ont consisté à l’élargir à 35 m par un procédé technique analogue à celui que l’on a employé pour le pont de la Concorde : piles nouvelles, séparées, formant avant-becs détachés, portant de nouvelles arches de peu de largeur, réunies au pont ancien par un tablier (fig. 8 à 11).
- Cette transformation est complétée par le creusement d’un passage souterrain permettant aux voitures suivant la rive droite, de passer sans croisement. Ainsi pourra être maintenue la circulation de l’avenue de Versailles, qui est l’une des plus actives de Paris. Rappelons qu’un semblable passage existera au droit du nouveau pont du Carrousel; tout se tient en matière d’urbanisme et il est certain qu’une telle réalisation eût été bien difficile si les tramways de Versailles et de Saint-Cloud n’avaient été remplacés récemment par des lignes d’autobus.
- TOUR EIFFEL, CHAMP-DE-MARS
- La Tour sera, bien entendu, conservée et servira à des illuminations grandioses avec, probablement, des revêtements provisoires. A sa base, les architectes prévoient un grand palais peu élevé, à plan en dents de peigne, long de 350 m dans le sens parallèle à la Seine et large de 120 m.
- Des palais perpendiculaires s’étendront de part et d’autre de l’axe du Champ-de-Mars jusqu’au rond-point situé à la rencontre des avenues Émile-Pouvillon et du Docteur-Brouardel, toujours suivant ce grand principe de respecter les jardins existants. Ceux-ci resteront libres et accessibles au public.
- COURBE DE LA SEINE
- La grande courbe du fleuve, du pont de l’Alma au viaduc de Passy, forme un vaste plan dégagé où seront données des « fêtes de l’eau et de la lumière » qui ne le céderont point aux féeriques illuminations de l’Exposition coloniale.
- Sur la rive gauche, le recouvrement complet de la ligne des Invalides, ainsi que le dégagement des berges, débarrassées de leurs dépôts de matériaux, fournira de vastes espaces où trouveront place deux rangées de constructions laissant entre elles des allées ombragées. Le plan directeur prévoit de plus une servitude entre les constructions et la Seine, ce qui permettra à la foule de parcourir sans interruption 1500 m au-dessus du fleuve et d’assister aux fêtes de nuit.
- Plüs étroits, les quais de Passy et de Tokio ne permettront d’établir qu’un trottoir planté et quelques pavillons; les groupes du transport, du tourisme et du sport nautique y seront parfaitement à leur place, logés en partie
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- sur des pontons. La passerelle Debilly, légèrement élargie, sera incorporée à ces groupes et utilisée pour les illuminations.
- CENTRE RÉGIONAL
- Le centre régional reste l’une des grandes idées de l’Exposition. Dépendant du « Groupe de l’Architecture et de l’Urbanisme », il occupera 5 ha dont 3 ha laissés libres par la désaffectation de la gare du Champ-de-Mars, et 2 ha sur le quai d’Orsay et la berge.
- « Non pas les provinces dans leurs délimitations anciennes, mais les régions. » Cette formule dépeint
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- de la Manche. La 3e région se superpose exactement à la Bretagne et la 4e est celle de la « Vallée moyenne de la Loire)), le classique « jardin de France ».
- La 5e région, dite du Littoral de VAtlantique, réunit la Vendée, l’Angoumois, une partie du Poitou d’une part et d’autre part toute la Gironde, les Landes et le Pays Basque ! C’est un gros morceau; il convient de féliciter les architectes, à la fois novateurs et prudents, qui n’ont pas tenté dans leurs projets une synthèse de styles basques et vendéens ou du Poitou avec la Chalosse !
- Avec la 6e région, nous arrivons au Massif Central, dont l’unité est moins contestable malgré quelque diver-
- Fig. 8. •— Premier aspect des travaux d’élargissement du pont d’Iéna. (Octobre 1935).
- De gauche à droite : palées triangulaires protégeant les travaux contre le choc des bateaux, nouvelles piles construites dans Taxe des anciennes passerelles de service, ancien pont, dont le second trottoir forme également passerelle de service, nouvelles arches construites sur les nouvelles piles amont, palées. On obtiendra ainsi deux ponts nouveaux qui seront réunis à l’ancien par des tabliers. (Ph. Baranger.)
- l’esprit très moderne dans lequel sera établi ce centre régional, sans rappels inutiles du passé, en donnant toute latitude à des initiatives, que l’on veut espérer heureuses.
- Les régions sont au nombre de 17 (fig. 7). La liB région comprend les départements du Nord, du Pas-de-Calais, de la Somme et une partie de l’Aisne, ce qui correspond à peu près aux anciennes provinces de Flandre, Artois et Picardie; la 2e comprend la Normandie classique avec les départements de l’Eure, du Calvados, de l’Orne et
- sité d’architecture; elle ne couvre pas moins de 10 départements. Les Pyrénées forment la 7e région, à part le Roussillon, qui est nettement méditerranéen; la 8e région est celle de la Vallée moyenne de la Garonne, avec des extensions dans le bassin de la Dordogne.
- La 9e région, Littoral occidental de la Méditerranée, est l’une des moins étendues, ce qui ne l’a pas empêchée d’être le siège d’une scission, la Catalogne et le Roussillon ayant tenu à se désolidariser du Languedoc. La Vallée
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- Fig. 9.''— Vue par-dessous montrant la méthode adoptée pour l’élargissement du pont d’Iêna.
- A gauche, l’ancien pont relié par un tablier métallique aux nouvelles arches en béton. (Ph. Baranger.)
- basse du Rhône et la Provence marseillaise constituent la 10e région, que l’on pourrait nommer « gallo-romaine »;
- Fig. 10. — Autre vue aérienne du pont d’léna montrant les deux stades des travaux (mars 1936).
- On distingue sur la rive droite les travaux du passage souterrain du quai de Tokio. (Ph. Baranger.)
- avec sa tour, ses cyprès et ses tartanes à grandes voiles, elle mettra un élément de chaleur dans le classique paysage de Seine, non loin de la culée du viaduc de Passy.
- Il en sera de même de la Région niçoise (n° 11) qui transportera sur la rive de Grenelle une Côte d’Azur en miniature et ici, les organisateurs ont eu une idée topographique ingénieuse. La Corse (n° 17) se trouvant placée sur pilotis à la pointe de l’avant-bec médian du viaduc de Passy, on a logé l’Afrique du Nord sur la rive droite; ainsi, en prenant le bateau à Nice, il sera possible de se rendre en Tunisie ou en Algérie après escale en Corse !
- Citons encore la 12e région Alpes françaises-, la 13e, Franche-Comté, Jura, Bourgogne; la 14e, Marches de l'Est (Alsace, Lorraine, Ardennes, Champagne); la 15e, Ile-de-France, enfin la 16e qui est le Lyonnais. La disposition en contre-bas de la gare du Champ-de-Mars permettra, grâce à des remblais judicieusement répartis, de créer des accidents de terrain répondant au caractère géographique de chaque région.
- GROUPE DES MÉTIERS D’ART
- Formant pendant au Centre régional de l’autre côté du Champ-de-Mars, le « Groupe des Arts appliqués et des Métiers d’Art » occupera environ 4 ha sur l’emplacement de l’ancien Garde-Meubles, les berges et le quai d’Orsay.
- A l’ancienne conception des grands halls partagés en stands, qui est celle de la périodique Foire de Paris, se substitueront ici de nombreux ateliers séparés, formant autant de maisons distinctes, où le public pourra voir les artisans au travail. C’est toute une ville, avec ses rues et ses avenues provisoires qui s’édifiera, avec des architectures et des volumes variés et suivant une conception qui paraît intéressante de « voies pour voitures » et de « voies pour piétons ».
- LES DEUX MUSÉES D’ART MODERNE
- Sur l’emplacement de l’antique et lépreuse Manutention militaire et de l’Ambassade de Pologne, quai de Tokio, le fleuret pneumatique des démolisseurs a libéré un vaste espace où commencent à s’élever deux Musées d’art moderne qui seront l’une des principales acquisitions permanentes de l’Exposition.
- Les deux bâtiments se feront vis-à-vis en ordonnance à peu près symétrique, l’espace disponible n’étant pas parfaitement rectangulaire ; ils seront réunis dans le fond par un portique à colonnes très élevées qui donnera de l’élan à cet ensemble un peu écrasé par le surplomb de l’avenue du Président-Wilson; en avant de cette colonnade se trouvera un miroir d’eau.
- Nos figures 2 et 12 montrent les travaux de fondations très importants qui ont dû être exécutés dans le terrain assez médiocre de l’ancienne Manutention; 1500 pieux en béton, longs de 15 m, ont été foncés à l’aide de moutons à vapeur; le travail a été poursuivi de nuit. Les bâtiments ont « monté » très rapidement et les aménagements ont été commencés assez paradoxalement par les deux rez-de-chaussée à des altitudes inégales : altitude quai de Tokio et altitude avenue du Président-Wilson.
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- GRAND PALAIS, INVALIDES
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- Fig. 11. •— Détail des travaux du pont d'Iéna.
- Les cintres utilisés pour la construction des arclies sont suspendus à des fermes métalliques afin de laisser libre passage à la navigation (Ph. Baranger.)
- Nous passerons rapidement sur le reste du plan directeur qui comporte les dispositions suivantes. Bords de la Seine, du pont de l’Alma aux Invalides : rive droite, concessions scientifiques; rive gauche, section des jardins (une annexe d’horticulture et de paysagisme très importante est prévue dans le parc de Sceaux).
- Sur l’Esplanade des Invalides seront installées des attractions, tandis que la gare souterraine, momentanément désaffectée, sera réservée l’exposition des transports sur rails.
- Dans le Grand Palais, se trouvera une exposition générale des sciences, qui promet d’être remarquable; le public sera autorisé à mettre en marche les modèles en appuyant sur des boutons. Enfin les transports aériens et les transports sur route se partageront les jardins des Champs-Elysées et les terre-pleins du quai, de part et d’autre de l’entrée d’honneur de la Concorde.
- Quant à la circulation dans l’Exposition, elle sera assurée par de petits autocars de type maniable, suivant
- Fig. 12. — Fonçage de pieux dans le terrain de l'ancienne Manutention. A gauche, le tireur de corde qui ouvre le robinet du mouton à vapeur. Avec ses grandes architectures de bois et de fer, ses vapeurs blanches mêlées aux fumées noires, cette splendide photographie n’évoque t-elle point Zola et Piranèse ? (Phot. G.-L. Manuel Frères.)
- une formule déjà éprouvée, infiniment plus souple que celle du chemin de fer.
- Telle sera dans ses grandes lignes, si les destins le permettent, cette Exposition de 1937 qui doit laisser dans Paris de nombreuses améliorations durables. On affirme, au service d’Arehiteeture de l’Exposition, que sur 500 millions de dépenses projetées, 200 millions seront engagés pour des monuments permanents. C’est donc une ample et heureuse opération d’urbanisme qui viendra se superposer aux prestiges éphémères de l’Exposition.
- Pierre Devaux,
- Ancien élève de l’École Polytechnique.
- Fig. 13. — Réglage des armatures des maîtresses-poutres transverses du souterrain du quai de Tokio.
- Ce sont de véritables épures matérialisées, où apparaissent les lignes d’effort que ces vastes « ferraillages » mettent sous nos yeux. Remarquer notamment l’abondance des grosses barres horizontales, terminées en crochet, dans la partie inférieure où la poutre travaillera en traction, ainsi que les obliques d’extrémité (Phot. Manuel frères.)
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- LES ROCHERS TREMBLANTS DU SIDOBRE
- Le Sidobre est un plateau granitique encaissé dans un terrain schisteux situé dans le département du Tarn, dans le canton de Rocquecourbe, à 7 km au N.-E. de Castres. Ce plateau, de 15 km de long et de presque autant de large, est entouré en grande partie par le ruisseau du Lésert, affluent de l’Agout. Il est parsemé de blocs de granit aux formes bizarres et variées. Parmi les curiosités remarquables du Sidobre, il faut citer ses rochers tremblants.
- Le chanoine Hermet, dans le Journal de VAveyron, leur consacre une intéressante étude, d’après un ouvrage dû à l’abbé Gautrand. Ces rochers sont fort nombreux sur le plateau, auquel ils attirent une foule de visiteurs; chacun d’eux porte un nom; le chanoine Hermet cite 18 noms seulement; mais la liste complète est beaucoup plus longue. Tous ces rochers ont la même particularité, on peut les mettre en branle, avec un effort très faible ou modéré.
- Voici, par exemple, le rocher du Roc, qui repose sur deux ou trois rochers surplombant un vertigineux précipice; il suffit de la main ou du genou pour le faire osciller de 12 à 15 cm et l’oscillation ainsi amorcée dure de 2 à 3 mn.
- Le rocher de Campsoleil pèse 150 t, mesure 25 m de circonférence et 3 m de haut. Il a l’aspect d’une barque; on le met en branle en le poussant de l’épaule ou en s’aidant d’un bâton comme levier. Les enfants l’utilisent comme balançoire.
- Le Casse-Cailloux, pendant ses oscillations, réduit en poussière les pierres les plus dures; d’où son nom.
- Un doigt suffit à faire trembler le rocher de la Fusarié et à le faire osciller pendant 2 à 3 mn.
- Le chanoine Hermet signale, en outre, trois pierres branlantes dans l’Aveyron : celles de Besbédène, de Roquevieille et de Falachoux. La première signalée il y a plus de 150 ans déjà, par l’abbé Bosc, ne branle plus aujourd’hui. C’est un accident qui arrive, à la longue, à beaucoup de rochers tremblants.
- On connaît du reste aussi des rochers tremblants dans d’autres régions de la France; à Huelgoat en Bretagne, ou dans la Forêt de Fontainebleau, par exemple.
- Certains ont voulu voir dans les rochers tremblants des monuments religieux, druidiques, par exemple.
- Il faut y voir, en réalité, avec M. de Boucheporn, un effet naturel de l’érosion des terrains granitiques. Le granit est une roche éruptive qui, en se refroidissant, s’est divisée en blocs, dont certains, une fois détachés, sont restés superposés. Le hasard de l’érosion, particulièrement active sur le granit, a produit ces jeux de la nature.
- Nulle part on ne les rencontre en aussi grand nombre que sur le Sidobre. Le chanoine Hermet s’inquiète cependant de leur disparition possible; le granit du Sidobre est exploité industriellement; déjà trois des rochers branlants ont disparu, détruits par les carriers. Les survivants ne pourraient-ils être classés comme monuments ou sites historiques ?
- MÉTÉOROLOGIE D’AUJOURD’HUI
- LES RADIOSONDAGES DE L’ATMOSPHÈRE
- La météorologie est l’une de ces sciences dont Futilité immédiate éclate à tous les yeux. Cet avantage précieux entre tous que ne possède point, par exemple, l’astronomie, peut, il est vrai, devenir facilement un inconvénient : le public, ne perdant pas de vue l’objet même
- de cette science, s’habitue rapidement à lui réclamer des prévisions par trop lointaines ou précises, qu’elle s’avoue hors d’état de fournir.
- Ce n’est pourtant pas que d’importants progrès n’aient été faits depuis le début du siècle. On a pu, en effet, se borner longtemps à des observations au sol, limitant ainsi le but des investigations météorologiques aune mince couche aérienne, profondément sculptée et modifiée par le voisinage de la terre. Ce furent les mauvais résultats obtenus par cette méthode qui obligèrent à tenir compte de la totalité de la vaste masse d’air dont nous égratignons à peine la base inférieure. Dans cette nouvelle voie, dans cette acquisition de la troisième dimension, Teisserenc de Bort fut le principal pionnier. Dès 1899, il annonçait que la diminution, familière à tous, de la température quand l’altitude croît, cessait vers 10 km, et que là commençait une zone isothermique qu’il appela stratosphère. On sait l’importance prise par la stratosphère dans les recherches contemporaines. On sait aussi que certains
- Fig. 1. — L’Observatoire Teisserenc de Bort à Trappes.
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- météorologistes y voient l’origine des perturbations troposphériques. C’était l’opinion avancée par l’Anglais W. H. Dines en 1911 (*) ; c’est celle également de M. Baldit, inspecteur régional de l’O. N. M., suivant lequel, lorsque les problèmes de la haute atmosphère seront résolus, « les variations accidentelles de nos climats, si mystérieuses encore, nous apparaîtront peut-être comme les réactions finales de l’atmosphère inférieure contre une action des couches supérieures momentanément troublées » (1 2). Les explorations entreprises par Teisserenc de Bort au sein de la masse atmosphérique non seulement allaient permettre l’étude systématique de la stratosphère, mais, sondant jusqu’aux sommets de la troposphère, allaient donner une impulsion nouvelle à la pratique de la prévision du temps.
- LES DÉBUTS DU BALLON-SONDE
- Sondages de température, sondages de vent, parfois sondages hygrométriques, telles sont les expériences poursuivies régulièrement par l’Office National Météo-
- Fig. 3. — Gonflement d’un ballon-sonde.
- rologique à son Observatoire de Trappes, héritage accru et perfectionné de Teisserenc de Bort. C’est même ce génial précurseur qui, après le premier essai des deux aéronautes Hermitte et Besançon en 1892, institua la pratique des sondages par ballons. De ceux-ci, il n’est pas besoin de souligner l’intérêt, pour l’aviation en particulier. L’importance de la connaissance du vent n’échappe à personne. La connaissance de la température par les techniciens n’est pas moins indispensable. La décroissance de la température avec l’altitude est, en effet, loin d’être régulière, et ses variations donnent lieu à des zones de turbulence et à des inversions également redou-
- 1. Son compatriote Gold en fit même, en 1914, une poésie pleine de saveur :
- « Je suis la mouvante Stratosphère,
- « Je souhaite m’agiter;
- « Aussi je chatouille le sommet de la Troposphère « Pour la faire onduler ».
- (« Ballade de la Stratosphère »).
- 2. Bulletin de l'Association française pour l’avancement des sciences, juin 1935.
- Fig. 2. — L’émelleur utilisé le 3 mars 1927 pour la première liaison radioélectrique avec la stratosphère.
- tables. Le procédé qui consiste à expédier en l’air un ballon libre muni de thermomètres enregistreurs, pouvant transmettre très fréquemment la température — tous les 100 m environ — est donc fort intéressant.
- Le ballon employé à cet usage et'gonflé à l’hydrogène est une modeste sphère de caoutchouc, dont le prix croît malheureusement en même temps que l’altitude maximum permise. Un ballon de 80 cm de diamètre coûte 95 fr et plafonne vers 12 000 m. Pour aller jusqu’à 18 000 m, il faut recourir à un ballon plus gros, de 1 m 25, coûtant 390 fr. Encore est-il difficile de se procurer ces aérostats, que l’on ne trouve guère qu’à l’étranger — et à
- Fig. 4. — Le ballon-sonde.
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- Fig. 5. •—• La nacelle.
- bien meilleur marché qu’en France —, nos industriels n’ayant pas encore, en général, envisagé la question. Recouvert d’un parachute, lesté d’une nacelle d’osier qui contient les instruments enregistreurs, l’esquif s’élance vers le ciel, éclate à une hauteur déterminée et redescend doucement, soutenu par le parachute. Cette descente représente évidemment l’aléa. Il peut se faire que l’engin retombe dans une contrée à peu près déserte. Il peut arriver aussi, et le résultat est le même, que l’ignorance ou la négligence de la personne qui découvre l’appareil l’emporte sur sa probité scientifique ou son désir de la récompense, une prime de 20 fr étant attachée à la restitution du ballon. Quoi qu’il en soit, on obtient de cette façon des renseignements jusqu’à 12 ou 14 km, et l’Observatoire de Trappes est même parvenu jusqu’à
- Fig. 6. — Le lancer du ballon.
- 23 km. Ce n’est pas là, toutefois, le record de la catégorie, et si la plus grande hauteur dûment homologuée est de 37 km, un ballon-sonde de l’Observatoire de Kiew est monté en février dernier à 40 500 m.
- On conçoit combien doivent être précieuses les courbes tracées jusqu’à de telles altitudes. Cependant, ce procédé fécond n’échappe pas à un inconvénient sérieux : les indications fournies ne peuvent être que rétrospectives. En fait, il ne s’écoule jamais moins d’une semaine entre le lancer et le jour où un personnage bien intentionné rapporte le ballon à son propriétaire. Dans ces conditions, la méthode, si précieuse pour l’exploration scientifique de l’atmosphère, ne répond plus aux conditions essentielles de rapidité que réclament les besoins journaliers de la prévision du temps et de l’aviation. Lui préfère-t-on, en ce cas, le cerf-volant ou le ballon captif ? Outre qu’ils ne sauraient accéder aux cimes de l’atmosphère, ces appareils constituent, par leurs câbles, un grave péril pour les aéronefs. On adoptera sans doute l’avion. Mais toutes les stations météorologiques ne peuvent disposer d’un avion ni d’un personnel spécialisé. Était-il donc impossible de fabriquer un appareil qui fût proprement météorologique, et simple, peu encombrant, peu onéreux ? C’est le problème qui se posa il y a quelque dix ans. C’est celui qu’après une première réussite de liaison radioélectrique avec la stratosphère réalisée le 3 mars 1927 en collaboration avec Idrac, alors directeur de l’Observatoire de Trappes, résolut le commandant R. Rureau, sous-directeur technique de l’Office National Météorologique.
- COMMENT SE POSAIT LE PROBLÈME...
- En plaçant un émetteur de T. S. F. dans une légère nacelle, en le reliant aux instruments enregistreurs, M. Bureau parvint à recevoir du sol, à chaque instant, toutes les données nécessaires sur l’état de l’atmosphère. Ainsi était éliminé le désavantage provenant d’une mauvaise visibilité ou d’un plafond bas; ainsi devenait-il possible d’atteindre rapidement les couches supérieures de l’atmosphère et de transmettre aux intéressés, au fur et à mesure de l’opération, les indications barométriques et thermométriques.
- Il s’agissait donc, comme l’exprime l’inventeur, d’imaginer une radio-sonde, comportant des organes sensibles (baromètre, thermomètre, hygromètre), des organes traducteurs, transformant en signaux les indications des organes sensibles, et des organes transmetteurs, émettant ces signaux sous forme d’ondes radioélectriques. La nouvelle technique devait prendre une extension considérable à l’occasion de l’Année Polaire. Depuis cette époque, elle appartient à la pratique courante de l’O. N. M., tout en subissant les perfectionnements incessants qu’y apporte le commandant Bureau.
- A la suite des premiers essais, d’ailleurs, un mouvement analogue se déclencha en U. R. S. S. et en Allemagne. Les États-Unis suivirent à leur tour, avec plusieurs années de retaid, ce qui n’empêche pas, il est piquant de le constater, les journalistes américains d’attribuer aux météorologistes de leur pays la paternité d’une invention
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- dont ils ignorent probablement qu’elle fut réalisée, il y a neuf ans, par des savants français !
- Dans ces divers systèmes, les organes ne sont généralement autres que la capsule barométrique et le bilame thermométrique habituels. Dans les uns, les indications s’expriment par des modifications dans la forme des signaux radioélectriques émis; dans les autres, par des variations dans l’époque de ces signaux; dans d’autres encore, par leur nombre. C’est cette dernière disposition qui est adoptée par la météorologie française. Elle revient, en somme, à repérer, par rapport à un index fixe, la position de l’aiguille barométrique ou thermométrique, position déterminée par une distance linéaire ou par un angle, évalués à leur tour par le nombre des périodes de modulation imprimées à l’onde électrique.
- ...ET COMMENT IL FUT RÉSOLU
- La radio-sonde la plus récente est destinée à la transmission de la température et de la pression. Le bilame et la capsule y actionnent chacun une aiguille, mobiles toutes deux autour du même axe vertical et décrivant, chacune, un arc défini du plateau d’exploration. Ce plateau est (fig. 8) formé par les dents fixes F0, Fl5 F2, Fs, F4, d’une sorte de fourchette, de sorte que l’arc F0 F( est
- assigné aux déplacements du style du baromètre et l’arc F4 F0 à ceux du style du thermomètre (x). On com-
- 1. On pourrait aisément remplacer les dents F, F, par une troisième aiguille actionnée par un hygromètre.
- Fig. 8. •— La radio-sonde utilisée actuellement.
- B, baromètre; Th : thermomètre; F : fourchette fixe; E : curseur; M, mouvement d’horlogerie; m, roue dentée de modulation.
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- Fig. 9. •— Le plateau d'exploration.
- prend alors qu’il ne s’agit plus que de repérer, à chaque instant, la position de ces aiguilles mobiles par rapport aux dents fixes. C’est de quoi se charge un curseur qui balaie le plateau dans le sens de la flèche et qui, au cours d’une rotation continue, rencontre successivement les diverses aiguilles fixes et mobiles. Sa rotation est assurée par un mouvement d’horlogerie qui fait mouvoir également une roue dentée, dont le plan est parallèle à celui du plateau d’exploration. C’est cette roue dentée qui permet d’estimer l’angle dont tournent les styles mobiles. Elle constitue, si l’on peut dire, un chronomètre indépendant du temps, puisque l’angle cherché est donné par elle en périodes de modulation.
- A cet effet, ses dix dents passent entre les lames d’un minuscule condensateur, placé dans le circuit-plaque de la lampe émettrice. Le passage de chaque dent se traduit donc par une modulation, et le montage est tel que l’émission cesse lorsque le curseur entre en contact avec l’une des aiguilles ou l’une des dents de la fourchette. Quant à cette émission, elle s’effectue à l’aide d’une lampe alimentée par une pile et un accumulateur. Elle est recueillie au sol par un radio-récepteur qui la transmet à un oscillographe (fig. 10). Dans ce dernier, les modulations deviennent des déplacements de la plume, qui trace ainsi une courbe dentelée sur une bande de papier à dérou-
- lement automatique. Chaque fois que ces oscillations font place à un trait rectiligne, on sait qu’il y a contact entre le curseur et l’un des index. La mesure de la température ou de la pression se change, par conséquent, en une simple lecture du nombre de dents comprises entre deux portions rectilignes.
- L’emploi de cette méthode nécessite évidemment l’étalonnage des appareils. On y procède en les plongeant dans une enceinte où la pression et la température décroissent comme lors d’un sondage réel.
- La figure 11 donne un exemple de radio-sondage effectué à l’Observatoire de Trappes le 22 juillet 1936 à 14 h. Les températures y sont marquées en abscisses et les altitudes en ordonnées. Les chiffres marqués sur la courbe même sont les altitudes effectives, calculées après coup. On y voit nettement la décroissance de la température jusqu’à la tropopause — surface de séparation de la troposphère et de la stratosphère — vers 10000 m, à partir de laquelle la courbe demeure à peu près parallèle à l’axe des ordonnées. Elle met aussi en évidence
- Fig. 11. — Graphique du radio-sondage du 22 juillet 1936.
- ;13.070
- -12.360
- 11.200
- 10.350
- 2.900
- 1.000 -
- -4-0 -35 -30 -25 -20 -15 -10 -5
- 5 10 15 20
- Fig. 10.— Enregistrement au sol des émissions provenant du ballon-sonde. Fragment de la bande de l’oscillographe', indications successives du baromètre, de deux repères et du thermomètre.
- l’avantage de la radio-sonde sur l’avion, lequel ne dépasse guère une altitude de 5 000 à 6000 m, tandis que la radio-sonde atteint couramment 12 000 m et que le graphique joint à cet article, graphique qui n’a rien d’exceptionnel, arrive à 14 000 m.
- *
- * *
- Telle est l’une des techniques fécondes dont s’est enrichie ces dernières années la Météorologie. Les résultats fructueux de cette collaboration apportée par la radio à la science de l’atmosphère démontrent la valeur de cette méthode ultra-moderne et font prévoir les progrès qui vont bientôt s’ensuivre, aussi bien dans notre connaissance théorique de l’enveloppe aérienne que dans son application à la prévision du temps.
- Pierre Rousseau.
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- L’AGRICULTURE ET LA SANTÉ PUBLIQUE 273
- Les réactions de l’agriculture sur la santé publique qui ont toujours existé, sont devenues ces dernières années plus importantes du fait de l’expansion de certaines maladies communes à l’homme et aux animaux domestiques, du fait de découvertes bactériologiques et d’acquisitions sur l’épidémiologie de ces affections dont la transmission de l’animal à l’homme se fait par l’intermédiaire du lait et des produits laitiers. De ces maladies je n’envisagerai que deux des plus redoutables, la tuberculose et la lièvre ondulante.
- Le lait cru, la crème, le beurre et le fromage fabriqués avec du lait non stérilisé par le chauffage, tous produits que nous consommons chaque jour, sont les véhicules fréquents de la tuberculose et de la fièvre ondulante. Les germes de ces maladies : bacille de Koch pour la tuberculose, Brucella melitensis pour-la fièvre méditerranéenne, Brucella abortus pour la fièvre ondulante, se trouvent dans la sécrétion lactée des femelles laitières atteintes de tuberculose, de mélitococcie ou d’avortement épizootique.
- D’après les revues de médecine vétérinaire et les périodiques traitant de la production du lait, l’état sanitaire des vaches est de plus en plus compromis par la tuberculose, l’avortement épizootique et la mammite streptococcique, c’est-à-dire que la santé publique est de plus en plus menacée par leur extension. On attribue, en effet, au lait maintes épidémies d’angine septique et de scarlatine, sans parler des germes typhique et paratyphique qui ne viennent pas de la mamelle des bêtes laitières comme les précédents mais de « porteurs de germes » trayeurs ou autres manipulateurs du précieux liquide.
- Aliment exclusif ou principal de l’enfant, aliment quotidien de l’adulte et du vieillard, le lait devient de plus en plus dangereux pour le consommateur par suite des épizooties et des enzooties qui sévissent dans les étables. La question du lait sain est aussi aiguë que celle du pain salubre.
- La tuberculose bovine, plus ou moins fréquente selon les régions, atteint parfois le quart ou le tiers de l’effectif d’un troupeau.
- *
- %
- La tuberculose frappe dans une proportion encore plus forte, 70 à 90 pour 100, les porcelets élevés dans les beurre-ries avec le petit lait provenant de la fabrication du beurre. On peut considérer que les laits de mélange hébergent toujours le bacille de Koch. Les volailles, qui picorent partout, n’en sont pas indemnes. « Le fait surprenant que 8 à 24 pour 100 des poulets adultes sacrifiés dans certains établissements sont infectés de tuberculose a ému le public » (Rapport de la Commission spéciale de la tuberculose in Bull, de l’Office international des épizooties, janvier 1932).
- C’est dire que tous les commensaux de l’étable et de la basse-cour paient tribut au bacille de Koch du type bovin ou du type aviaire.
- Quant à l’homme, il prend souvent la tuberculose dans la première enfance alors que, petit animal, il marche à quatre pattes et se met les mains dans la bouche avec toutes les souillures du sol. Il s’infecte aussi en buvant du lait de vache cru, non garanti, ou insuffisamment cuit, provenant de bêtes tuberculeuses.
- Il semble bien que le bacille de Koch, chez l’homme comme chez les animaux, pénètre aussi souvent par les voies digestives que par la voie aérienne, avec l’aliment qu’avec l’air inspiré. Dans son service de tuberculeux, Rist a observé la fréquence alarmante de la tuberculose chez les infirmières du laboratoire examinant des crachats et manipulant du bacille de Koch et sa rareté extrême parmi les infirmières affectées aux soins des
- tuberculeux. N’administre-t-on pas par la bouche le vaccin dit B C G qui a pour but de prémunir les nourrissons contre la tuberculose et qui est, comme on le sait, un bacille bovin dépourvu de virulence ?
- Même les poissons qui vivent au voisinage de la maison ou de l’étable ne sont pas épargnés par la tuberculose. Bataillon l’a observée chez des carpes vivant dans un ruisseau souillé par les crachats d’un phtisique. Nicolas et Lesieur ont tuber-culisé des carpes et des poissons rouges. Ce n’est évidemment pas par l’air que ces poissons prennent la tuberculose.
- « Stanley Griffith et la Commission royale de la tuberculose en Grande-Bretagne ont montré que chaque forme de la tuberculose humaine peut être causée par le bacille humain ou par le bacille bovin. Ce sont les enfants au-dessous de cinq ans qui présentent la plus forte proportion d’infectés par le bacille bovin. L’action du lait ne leur paraît pas douteuse » (Le lait, mars 1932. Porcher et Tapernoux).
- « Au Danemark, en 1931, le tiers des tuberculoses méningées est d’origine bovine... La tuberculose ganglionnaire, qui est d’origine bovine ; est très répandue ; dans certaines régions rurales, il y a des districts où 50 pour 100 des enfants ont des adénites » (Revue générale de médecine vétérinaire, 15 février 1932, p. 819).
- L’opinion des hygiénistes allemands, anglais, américains et danois est que de nombreux cas de tuberculose à bacille bovin sont causés par le lait. Ces constatations ont quelque gravité et l’on peut s’étonner qu’elles n’aient provoqué jusqu’ici dans notre pays ni émotion, ni recherches appropriées » (Leclainclie).
- Si la tuberculose humaine était aussi fréquente que la tuberculose bovine, au lieu de 400 000 à 500 000 tuberculeux, chiffre donné par Brouardel et Arnaud, nous en aurions dans les cinq millions.
- Malgré le rôle restreint qu’on attribue à l’origine bovine de la tuberculose humaine, il est sans doute plus étendu qu’on ne le pense et mérite d’être pris en sérieuse considération.
- La prophylaxie de la tuberculose bovine et de la tuberculose humaine dans la mesure où celle-ci en dépend, doit s’attacher à éliminer les bêtes malades et à détruire dans le lait les germes pathogènes. Le premier objet sera atteint par la recherche clinique et l’épreuve à la tuberculine qui décèleront les bêtes tuberculeuses. On obtiendra ainsi un troupeau sain qu’on maintiendra tel en n’y admettant aucune bête nouvelle sans lui avoir fait subir un isolement prolongé et plusieurs tuberculinations ou mieux en s’abstenant de tout achat, le troupeau, dit autogène, ne s’accroissant que par ses propres géniteurs reconnus sains.
- C’est ce que tente de réaliser en France la loi du 7 juillet 1933 sur la prophylaxie de la tuberculose bovine dont l’article premier stipule : « La prophylaxie de la tuberculose des bovidés sera conduite par les services sanitaires vétérinaires en accord avec les propriétaires d’animaux qui en feront la demande ». Malgré ces dispositions facultatives, la loi classe la tuberculose bovine parmi les maladies contagieuses, ce qui entraîne la déclaration obligatoire, limitée, il est vrai, aux cas de tuberculose avancée du poumon, de tuberculose de l’intestin, de la mamelle ou de l’utérus et comporte l’isolement de l’animal et la désinfection du local ou de l’enclos. Les bêtes malades ne peuvent quitter l’exploitation qu’à destination d’un établissement d’équarrissage ou d’un abattoir régulièrement surveillé.
- D’après le décret du 17 novembre 1935 « les opérations de prophylaxie sont considérées comme terminées après nouvelle désinfection des locaux, s’il y a lieu, lorsque les animaux tuberculeux auront été éliminés et lorsque deux épreuves diagnos-
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- tiques pratiquées à six mois d’intervalle auront donné des résultats négatifs pour la totalité de l’effectif ».
- En ce qui concerne le lait, le décret du 24 janvier 1934 prescrit :
- « A. — Les laits provenant d’animaux dont la maladie donne lieu à déclaration obligatoire et à déclaration d’infection devront être détruits dans tous les cas ».
- « B. — Les laits provenant d’animaux atteints des autres formes de tuberculose ainsi que les laits renfermant des bacilles tuberculeux ne peuvent être utilisés pour l’alimentation de l’homme et des animaux, soit en nature soit sous forme de produits dérivés, qu’après chauffage assurant la destruction du bacille tuberculeux ».
- Voilà qui est bien pensé et clairement exprimé, il ne reste qu’à en poursuivre la réalisation par le bon vouloir des éleveurs et la fermeté des Pouvoirs publics.
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- Quant à la fièvre ondulante, elle a été dénommée successivement fièvre de Malte puis fièvre méditerranéenne. A mesure que son aire géographique augmentait, il a fallu renoncer au nom géographique pour lui donner le nom universel de fièvre ondulante emprunté à la clinique et rappelant les ondulations thermométriques de cette pyrexie plus redoutable par sa durée, deux mois, six et même neuf mois, que par sa mortalité,
- 2 à 3 pour 100.
- Véhiculée par les chèvres, les brebis et les vaches, la fièvre ondulante sévit aujourd’hui dans tous les pays d’Europe, elle est endémique dans vingt départements français du Sud et du Sud-Est. Longtemps tenue pour bâtarde, enfin reconnue par quelques cliniciens avisés et identifiée par le laboratoire, elle est aujourd’hui déclarée sous son vrai nom à l’état civil pathologique de trop nombreux départements.
- C’est Bruce qui a découvert le germe de la fièvre de Malte et Zammit qui a démontré sa transmission à l’homme par le lait et le fromage de chèvre consommés crus. Ce microbe est devenu chef du groupe des brucelloses sous le nom de Brucella melitensis. Depuis lors, Bang a prouvé que l’avortement épizootique des vaches est l’œuvre de Brucella abortus qui est quasi identique au melitensis. On a observé que dans les exploitations où les bovins sont atteints, l’affection peut frapper simultanément les chèvres, les moutons, les poules, les canards et même les chiens et les chats. La fièvre ondulante se comporte, -en somme, chez les animaux de ferme comme la tuberculose, n’épargnant aucune espèce.
- La brucellose des vaches, des chèvres, des brebis et même des porcs peut se transmettre à l’homme; l’hygiène humaine doit s’en préoccuper au même titre que l’hygiène vétérinaire; les médecins praticiens en France sont tenus au courant de l’avance territoriale de la fièvre ondulante dont on peut dire qu’elle a un bel avenir devant elle en raison des difficultés de la prophylaxie chez les animaux. On estime à 4000 environ le chiffre des cas annuels, très inférieur à la réalité. Ledoux a relevé en trois ans 22 cas de fièvre ondulante chez des paysans.
- La mélitococcie est commune en Afrique du Nord; elle n’a pas encore été signalée en Afrique tropicale française où cependant la chèvre est l’hôte de toutes les cases.
- Si les brucelloses ont de l’importance en pathologie vétérinaire en raison des pertes considérables qu’elles infligent à l’élevage, elles en prennent chaque année davantage en pathologie humaine; les cas de transmission des animaux à l’homme sont de plus en plus nombreux. Cette transmission s’exerce à proximité ou à distance. La première est la contagion proprement dite par contact de l’individu sain avec les déjections, les excrétions ou le fumier des animaux malades. Elle atteint
- les cultivateurs, vachers, bouchers et autres personnes ayant des contacts avec les bêtes infectées. Les cas de fièvre ondulante chez les vétérinaires qui ont pratiqué l’extraction manuelle du placenta chez la vache qui vient d’expulser son fœtus ne sont pas exceptionnels. A distance, la fièvre ondulante se transmet par le lait de vache ou de chèvre consommé cru ou par le fromage frais de vache, de chèvre ou de brebis fabriqué avec du lait non pasteurisé. Carrieu et Lafenêtre en ont publié récemment deux exemples, après tant d’autres. Dans le premier il y eut 7 cas dans une agglomération de 1 000 habitants; dans le second les cas isolés, indépendants en apparence mais simultanés, s’échelonnaient dans plusieurs villages desservis par un marchand de fromage.
- Pour les personnes qui vivent loin des animaux malades et qui sont susceptibles de s’infecter en consommant du lait cru ou du fromage, la prophylaxie est aisée, il suffît qu’elles soumettent leur lait à l’ébullition ou à la pasteurisation. On ne consommera que des fromages dont on a la certitude qu’ils ont été confectionnés avec du lait provenant de bêtes saines ou porté à une température qui tue les germes pathogènes. Carrieu et Lafenêtre ont vu maintenir du lait de brebis au bain-marie de 25 à 30 minutes à 60°, plus de 15 minutes à 70° ou 10 minutes à 80°. Après refroidissement à 28° (par immersion du récipient dans l’eau fraîche) le caillage de 10 litres de lait était obtenu en moins d’un quart d’heure.
- Les brucelloses et la tuberculose font certainement tort à la consommation du lait et de ses dérivés. Heureusement que, pour conserver le lait, l’empêcher de « tourner », il est mis sur le feu et bouilli sitôt entré dans la maison. Cette pratique culinaire banale est notre meilleure défense contre les maladies qu’il transmet.
- Il serait imprudent de consommer cru le lait du commerce sous le prétexte de ne pas détruire les vitamines dont il est tant parlé aujourd’hui. La présence de germes pathogènes est plus dangereuse que l’absence de vitamines. L’adulte trouve les vitamines dont il a besoin dans les aliments variés qu’il consomme; l’enfant les recevra sous forme de jus de citron ou d’orange. « La ligue de la santé du peuple », en Angleterre, manifestait le désir légitime d’obtenir par la pasteurisation à la laiterie du lait plus sain pour la masse des consommateurs qui ne peuvent s’offrir les laits « certifiés » de prix élevé. Nous devons avoir en France la même ambition.
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- L’hygiène humaine devient de plus en plus tributaire de l’hygiène animale. Le médecin-hygiéniste doit avoir l’esprit constamment tourné vers ce qui se passe dans les logements des animaux de façon à provoquer les mesures conservatrices de la santé publique. Le médecin praticien doit faire de même, il y trouvera parfois de quoi éclairer son diagnostic.
- Au rôle primordial de nourricier de la nation, l’agriculteur ajoute celui de défenseur de la santé publique. Dans la défense contre les maladies transmissibles du bétail à l’homme, comme pour la défense du territoire national, il est en première ligne. Garder ses animaux en bonne forme et en plein rendement, préserver la santé des siens, de son personnel et de sa clientèle sont une seule et même tâche. Son intérêt et l’humanité lui commandent de la remplir, à charge par les bénéficiaires de le rémunérer selon la qualité de ses produits.
- Pour atteindre cet objectif, le maintien en santé ou l’assainissement du troupeau, la loi met à la disposition de l’agriculteur les conseils éclairés et gratuits du Service vétérinaire; elle lui accorde même, sous condition, l’aide financière de l’État, démontrant ainsi la vérité de l’adage : «Aide-toi, le ciel t’aidera ». Dr J. Legendre.
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- COMMANDE AUTOMATIQUE DES MACHINES-OUTILS
- Une transformation totale, prenant parfois l’aspect d’un véritable bouleversement des méthodes d’usinage, a été apportée dans le domaine des machines-outils par l’introduction des outils en carbures, tels que le widia, le carboram ou le classique stellite.
- Pour fixer les idées, il a été possible dans de nombreux cas de quintupler ou même de décupler les débits de copeaux; il est possible de tourner du verre, des aciers traités, de fraiser et de percer des aciers au manganèse. Bref, la frontière tend à s’effacer entre le travail par outils tranchants et celui des machines à meuler, ces dernières étant du reste de plus en plus employées comme machines d’ébauche et d’usinage, enlevant des copeaux spirales à grande vitesse. Nous assistons à une révolution comparable à l’introduction des aciers à coupe rapide en France, vers 1900.
- Or, cette technique nouvelle présente des exigences également nouvelles et fort intéressantes que l’on peut résumer comme suit. La puissance des machines-outils doit être très considérable, afin d’utiliser au maximum la capacité de travail des carbures ; la précision requise devient extrême, une nouvelle méthode allant même jusqu’à supprimer les rectifications, les outils en carbure ou en diamant permettant d’atteindre au poli spéculaire sur la machine même qui a fait l’ébauche et le travail principal. Par suite, les constructeurs livrent une guerre acharnée aux flexions, aux torsions et surtout aux vibrations qui sont l’ennemi de la précision et de la beauté du travail. De là des machines lourdes, largement nervurées, monumentales.
- L’aspect cinématique du problème n’est pas moins remarquable. Pour utiliser pleinement les outils ultra-rapides, il faut aller vite; de là la nécessité absolue des avances automatiques pour ces outils, soit par entraînement mécanique à vis et engrenages soit par cette précieuse commande hydraulique qui permet de travailler à effort constant avec des gradations insensibles. '
- Les manutentions et temps de montage de leur côté, doivent être très diminués, sous peine de représenter un pourcentage déraisonnable en comparaison des temps utiles, réduits au minimum. De là ces tapis à rouleaux, ces grues individuelles ou ces chargeurs automatiques pour le transport et la mise en place des pièces et ces mandrins pneumatiques à mâchoires qui serrent instantanément la pièce au centre des plateaux de tour.
- Cette mécanisation des fonctions accessoires se retrouve jusque dans le déplacement des tables, contre-pointes, chariots, tourelles qui s’effectuent rarement à la main ; des moteurs électriques auxiliaires et des poussoirs hydrauliques permettent d’obtenir à volonté des déplacements rapides ou des déplacements micrométriques pour l’ajustage définitif.
- Si nous jetons maintenant un coup d’œil d’ensemble sur une grande machine-outil ainsi constituée : fraiseuse, tour horizontal ou vertical, machine à tailler les engrenages, raboteuse, aléseuse, nous nous trouverons en face d’une véritable usine aux rouages complexes, qu’il est difficile à un seul homme de mettre en mouvement et de contrôler avec toute la sécurité désirable et surtout avec la rapidité indispensable pour tirer de la machine tout son rendement.
- Fig. 1.— Grâce à un coffret présentant trois boulons de commande, ce tour parallèle à moteur individuel est mis en marche et stoppé aussi facilement qu’un ascenseur.
- Les contacteurs sont logés dans le boîtier visible à l’extrémité gauche du tour.
- (Télémécanique.)
- Pour décharger au maximum l’ouvrier de ces soucis accessoires, l’électricité ou plutôt l'automatisme électrique apporte ici une solution complète. Au lieu de confier au conducteur des rhéostats à manettes, nous soumettrons les différents moteurs à des contacteurs à électro-aimants commandés eux-mêmes par des boutons-poussoirs.
- La manœuvre sera ainsi grandement simplifiée pour le conducteur, qui n’aura, par exemple, qu’à appuyer sur les boutons marqués : « marche avant, demi-vitesse, arrêt », pour obtenir la manœuvre désirée. De plus, et ceci est capital — les contacteurs n’obéiront que sous condition, c’est-à-dire qu’ils se
- Fig. 2. — Très gros tour commandé par boulons-poussoirs.
- Au premier plan, l’armoire des équipements électriques.
- (Compagnie Électro-Mécanique.)
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- Fig. 3. — Contacteur triphasé à soufflage magnétique de la Compagnie Électro-Mécanique.
- A gauche, la bobine d’appel qui reçoit le courant de commande et qui attire Y armature mobile (portant le monogramme C E M); celle-ci est montée sur un arbre carré en matière isolante, visible à la partie inférieure et qui porte également les trois lames mobiles reliées aux barres d’arrivée de courant par trois tresses souples en cuivre. Le contact s’établit entre ces lames mobiles et des lames fixes, à l’intérieur d’alvéoles en matière réfractaire. Chaque alvéole porte extérieurement deux joues en acier doux, fixées au noyau d’une bobine traversée par le courant principal; quand la rupture se produit, un champ magnétique intense casse l’arc : c’est le soufflage magnétique.
- refuseront à toute manœuvre dangereuse, de même qu’un ascenseur qui ne peut être mis en marche lorsque les portes ne sont pas parfaitement fermées.
- Par ailleurs, tous les cycles de la machine, notamment les approches et retraits d’outils ainsi que les retours rapides des raboteuses, pourront être réglés une fois pour toutes au mieux du rendement, en sorte que la machine travaillera toujours au maximum de production.
- Ces avantages sont tels que la tendance actuelle est d’étendre
- Fig. 4. — Coffret démarreur-inverseur pour moteur asynchrone à rolor
- bobiné.
- En bas, les deux contacteurs triphasés de ligne, alimentant le stator, verrouillés mécaniquement entre eux par une tringle visible à gauche. En haut, contacteur chargé de court-circuiter les fils venant des balais du rotor, sur des résistances progressivement décroissantes. Ces contacteurs agissent sur des « chronomètres » temporisateurs et se commandent ainsi successivement en cascade. En haut, les résistances. (Matériel électrique Brandi.)
- la commande par contacteurs aux machines moyennes et petites, même les plus simples; un boîtier présentant des boutons-poussoirs à portée de l’ouvrier (fîg. 1), une armoire à contacteurs, parfois réduite à un simple coffret, tels sont les éléments-types peu encombrants, peu coûteux, qui viennent remplacer les anciennes commandes par courroies croisées et engrenages.
- FONCTIONNEMENT DES « CONTACTEURS »
- On sait qu’un contacteur (fîg. 3) est essentiellement un relais de type industriel, formé de lames de contact montées sur un axe carré en matière isolante ; une armature en acier doux, montée également sur cet axe, le fait pivoter sous l’action d’un électro fixe ou bobine d’appel. Ainsi, en envoyant dans la bobine d’appel un faible courant (continu ou alternatif), on peut établir un courant de puissance, qui peut être continu, mono, tri, diphasé, etc., suivant le nombre de lames.
- Le mouvement des lames étant très brusque et la rupture s’effectuant dans des alvéoles en matière réfractaire, les coupures de courant sont franches; généralement, le constructeur prévoit des bobines de soufflage qui cassent l’arc de rupture par leur réaction magnétique.
- Supposons que nous ayons affaire à une petite machine-outil simple, telle qu’un tour parallèle, entraîné par un moteur asynchrone à cage d’écureuil. Dans ce cas, les boutons se réduiront à trois : marche avant, arrêt, marche arrière, les allures differentes étant données par les engrenages du tour. Le coffret des contacteurs contiendra uniquement les éléments suivants
- Un jeu de deux contacteurs d’inversion provoquant la marche du moteur en avant ou en arrière par croisement des connexions du stator.
- Un dispositif de protection contre les surcharges fortes et contre les surcharges faibles et prolongées (déclencheur magnéto-thermique).
- Cette disposition simple conviendra sans modifications pour les moteurs comportant un dispositif intérieur de démarrage, tels que les Autoeem à court-circuiteur centrifuge.
- Pour les moteurs nécessitant une manœuvre de démarrage : retrait progressif de résistances, couplage, étoile-triangle, les contacteurs apportent également une solution d’une extrême souplesse. Prenons l’exemple d’un moteur asynchrone à rotor bobiné démarrant en étoile-triangle; dès qu’on appuie sur le bouton de mise en marche, le contacteur de ligne se ferme sur le stator avec connexions en étoile ; le mouvement de ce contacteur arme une petite minuterie qui, au bout d’un temps déterminé, 15 secondes, par exemple, envoie un courant de commande dans un second contacteur qui connecte le stator en triangle.
- On conçoit que des jeux de contacteurs, se commandant en cascade par l’intermédiaire de dispositifs chronométriques, permettront de retirer progressivement les résistances pour le démarrage d’un moteur asynchrone à rotor bobiné (fig. 4 et 6) ou pour un moteur à courant continu.
- Il est également possible de faire retarder les contacteurs, non plus par des minuteries, mais par une variable caractéristique de la vitesse réellement prise par le moteur, telle que sa force centre-électromotrice; ce système existe notamment à bord de nombreuses motrices du Métro. Mais pour les machines-outils, compresseurs, ventilateurs, pompes, etc., la tendance actuelle est aux temporisations purement chronométriques, les déclencheurs magnéto-thermiques se chargeant de couper le courant en cas de surcharge exceptionnelle.
- DÉCLENCHEURS MAGNÉTO-THERMIQUES
- Ces déclencheurs sont des appareils composites très intéressants et qui mériteraient une étude spéciale. Nous signale-
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- rons seulement deux détails de fonctionnement.
- Tout d’abord, le déclencheur bien que situé à distance du moteur qu’il protège, se trouve soumis exactement aux mêmes écliaulîements, normaux ou anormaux; il en représente une fidèle «image thermique ». Ce résultat est obtenu par une construction spéciale du noyau et de la bobine du déclencheur : les apports de chaleur, les pertes de chaleur (rayonnement, convection) et la capacité thermique sont « semblables » dans les deux appareils. Si la bobine est traversée par une partie déterminée du courant total, les températures du déclencheur et celle du moteur resteront continuellement égales, ce qui légitimera la protection à distance.
- Cette protection est assurée de deux façons : par une bobine d’attraction qui intervient en cas de surintensité exagérée, même brève et par un hi-lame traversé par le courant et qui s’incurve par dilatation en venant pousser la genouillère du contacteur. Ici encore, on peut jouer sur les sections et les surfaces de ce bilame de façon à obtenir un déclenchement temporisé, d’autant plus rapide que la surintensité est plus grande.
- D’autres appareils de protection interviennent pour parer à des anomalies de fonctionnement, telle que la marche accidentelle en monophasé des moteurs triphasés. Les contacteurs se prêtent d’autre part remarquablement aux enclenchements de sécurité; par exemple, pour qu’on ne puisse déplacer simultanément deux tourelles porte-outils, il suffira que le contacteur de mise en marche de chacun des deux moteurs porte une petite lame supplémentaire coupant le courant de commande de l’autre. Cet enclenchement électrique pourra être doublé par un verrouillage mécanique entre les axes des contacteurs (fig. 4 et 6).
- De même, on peut obtenir des servitudes obligeant le conducteur à procéder aux diverses opérations dans un ordre déterminé ou encore des commandes en cascade, les opérations n05 2 , 3, etc., s’effectuant d’elles-mêmes dès que la première a eu lieu. On est ainsi conduit à la notion de machines-outils électriquement automatiques.
- A titre d’exemple, la Cie Electro-Mécanique vient d’équiper de très gros tours horizontaux (fig. 2) capables de prendre entre pointes des pièces de 25 m de longueur pesant 120 tonnes.
- En pressant sur le bouton « Avant » ou « Arrière », l’ouvrier obtient la marche lente qui lui permet de régler le centrage; la vitesse de régime est ensuite obtenue en appuyant sur le bouton « Accélérer ». Le ralentissement, puis le blocage avec freinage sur résistances, peut être obtenu à l’aide des boutons « Ralentir » et «Arrêt». Une boîte identique à cinq boutons est montée sur chacun des chariots porte-outils.
- Pour une raboteuse, la substitution de la commande automatique à l’ancien système à courroies croisées a permis d’abaisser le temps de « retour rapide » (pour une même course utile) de 9,3 à 2,5 secondes avec un gain total de 42 pour 100 sur les temps. Cet exemple souligne l’un des avantages des équipements à contacteurs, qui est de pouvoir être installés en toutes circonstances et pour un prix généralement modeste, pour « valoriser » des machines-outils déjà existantes. L. D.
- Fnj. 5. — Perceuses radiales équipées avec deux moteurs à encoches multiples
- et coffrets à contacteurs.
- (Equipement de la Compagnie Électro-Mécanique.)
- Fig. 6. — Équipement de télécommande automatique d’un tour.
- A gauche, les deux contacteurs triphasés de ligne formant inverseur, verrouillés par une tringle ; à droite, contacteurs rotoriques. Sur l’axe carré de chaque contacteur un doigt vient aimer une petite minuterie, assurant les temporisations nécessaires. Dans le bas, barrettes de connexions. (Construit par la Société Als. Thom.)
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- LE MOIS MÉTÉOROLOGIQUE
- JUILLET 1936, A PARIS
- Mois frais, exceptionnellement pluvieux et orageux, fortement couvert avec déficit d’insolation.
- La moyenne mensuelle de la pression barométrique, réduite au niveau de la mer, au Parc Saint-Maur, 761 mm 0, est inférieure de 1 mm 6 à la normale.
- Celle de la température, 17° 2, présente un déficit de 1°0 à la normale et il faut remonter à 14 ans en arrière, soit en 1922, pour trouver un mois de juillet plus froid. On n’a compté que 7 journées, parmi lesquelles 5 se sont groupées autour du 6, dont la moyenne des 24 heures a été supérieure à la normale. La moyenne des minima est en excédent de 0° 7 et celle des maxima en déficit de 2°2, ce qui fait que l’amplitude diurne (8°20) atteint à peine les 3/4 de la valeur normale. C’est la plus faible constatée en juillet depuis 62 ans et ce fait résulte de la nébulosité et de la pluviosité exceptionnelles du mois qui vient de s’écouler.
- Le minimum absolu, 10° 1, le 11, est supérieur de 2°1 au minimum absolu moyen et le maximum absolu, 31° 1, qui s’est produit le 17, seule belle journée du mois, n’est inférieur que de 0°3 au maximum absolu moyen.
- Le caractère le plus remarquable du mois de juillet 1936 est sa pluviosité tout à fait exceptionnelle. La hauteur d’eau recueillie en 24 jours de pluie appréciable (nombre moyen 13) s’élève à 160 mm 4 et son rapport, à la normale atteint 2,72. C’est le total mensuel le plus élevé que l’on rencontre à Saint-Maur; le record appartenait jusqu’à présent au mois d’octobre 1896, avec 158 mm 7. Pour trouver en juillet un nombre de jours de pluie comparable il faut remonter à 1841 ; cependant il paraît qu’en juillet 1758, il y a eu 28 jours de pluie et 1 jour de gouttes; mais nous ignorons la hauteur d’eau tombée. Quant à la hauteur mensuelle il y a plus de 130 ans que l’on
- LE R. R. S.
- NOUVEAU NAVIRE
- On se souvient du Carnegie, navire non magnétique construit et utilisé par la Carnegie Institution de Washington pour l’exploration magnétique des Océans. Après 20 ans d’activité, au cours desquels il sillonna l’Atlantique et le Pacifique, le Carnegie a été détruit le 29 novembre 1929, à Apra (Samoa Occidentale) par une explosion.
- Sa disparition est aujourd’hui vivement ressentie; ses croisières périodiques sur les océans permettaient, en effet, de tenir à jour les cartes magnétiques; les changements séculaires des éléments magnétiques ne sont pas des constantes; on ne peut, sans danger, les extrapoler sur des périodes de temps trop longues. Il faut donc en reviser périodiquement les valeurs; sur mer celles-ci ont une grande importance pour la navigation.
- En voici un exemple. Le Carnegie avait fait une croisière dans l’Océan Indien en 1919. Depuis cette date, on a constaté à l’Ouest de cet Océan, en Afrique du Sud, une diminution considérable dans la variation séculaire de la déclinaison magnétique; à l’est, au contraire, en Australie occidentale, on a relevé une augmentation considérable. Mais on n’a aucune donnée sur la façon dont ce paramètre magnétique a pu varier entre ces deux terres.
- Le Carnegie aurait élucidé la question dans la croisière que son programme lui assignait pour la campagne 1930-1931. Mais sa tragique destruction a laissé la question en suspens.
- L’Angleterre a compris que le remplacement du Carnegie
- n’en a pas enregistré d’aussi élevée. Depuis 1770, dans la région parisienne, on n’avait noté jusqu’à présent en juillet que deux totaux pluviométriques dépassant 160 mm. D’après Renou, ces totaux, mesurés par Cotte à Montmorency, sont 171 mm 1 en 1801 et 164 mm 9 en 1804.
- Les phénomènes orageux ont été exceptionnellement fréquents. Le nombre de jours, 11, où l’on a entendu le tonnerre est le plus élevé constaté à pareille époque de l’année depuis la fondation de l’Observatoire du Parc Saint-Maur; en 1880 et en 1893, l’on avait compté 10 jours de tonnerre en juillet.
- A l’Observatoire de Montsouris, le total mensuel de pluie recueillie a été de 157 mm 1, presque triple de celui normal et le nombre de jours de pluie, 25 (en 1888 l’on en avait compté 28). La durée totale de chute, 57 heures, est supérieure de 98 % à la moyenne des 25 années 1898-1922.
- Des chutes de grêle se sont produites par places, 7 jours, et seules celles du 17 et du 28 ont été importantes.
- L’atmosphère a été remarquablement claire à Paris. Dans la campagne environnante, on a signalé 6 jours seulement de brouillards matinaux, tous peu épais.
- On a enregistré, à l’Observatoire de la Tour Saint-Jacques, 195 h. 10 de soleil, durée inférieure de 14 % à la normale. Il n’y a pas eu de jour absolument sans soleil.
- Le régime des vents a eu un caractère hivernal : vitesse souvent forte, extrême rareté des vents d’entre N. et E., grande fréquence de ceux d’entre S. et O.
- Au Parc Saint-Maur, la moyenne mensuelle de l’humidité relative a été de 79 %, plus forte de 5,9 et celle de la nébulosité de 82 %, nébulosité d’un mois d’hiver. On y a constaté : 2 jours de gouttes, 11 jours d’orage, 1 jour de brouillard, 10 jours de brume, 13 jours de rosée. Em. Roger.
- RESEARCH : E
- NON MAGNÉTIQUE
- était une nécessité pour la navigation océanique, et, au titre de la plus importante nation maritime du monde, elle a accepté la charge de construire et d’entretenir un nouveau navire non magnétique, qui reprendra la tâche interrompue du Carnegie.
- Le Dr H. Spencer Jones, astronome royal, donne dans Nature, de Londres, quelques détails sur ce nouveau navire qui porte le nom de « Royal Research Ship. « Research » (R. R. S. « Research»).
- L’Amirauté Britannique en a établi les plans et l’on espère que sa construction commencera sous peu. Il sera un peu plus grand que le Carnegie; il aura un déplacement de 650 tonnes contre 568. Ce sera un voilier, avec un moteur Diesel auxiliaire et une réserve de combustible lui donnant un rayon d’action de 2000 milles à 6 nœuds.
- Comme on le sait, le fer et tous autres métaux magnétiques doivent être à peu près bannis d’un navire magnétique : le Carnegie avait fait grand appel au bois. Le Research sera plus métallique, et substituera à beaucoup d’organes en bois des organes en bronze. Il pourra porter en tout 31 personnes dont le commandant, 3 officiers de ponts, 3 observateurs scientifiques, 1 médecin et 1 mécanicien.
- Equipé principalement pour les observations magnétiques, le Research sera également armé pour faire toutes mesures relatives à l’électricité atmosphérique.
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- ^ CAUSERIE PHOTOGRAPHIQUE 1 2 =EE
- L’ÉCLAIRAGE ET L’ENTRETIEN DU LABORATOIRE
- Dans la précédente Causerie, nous avons commencé l’étude de cette importante question de l’éclairage du laboratoire, et nous avons été amenés à garnir nos lanternes de papiers colorés spécialement étudiés en vue de ne laisser passer qu’une partie du spectre à peu près sans action sur les surfaces sensibles.
- Vérification de l’inactinisme de l’éclairage. — Lorsqu’on aura ainsi adopté un système d’éclairage inactinique, il sera prudent d’en vérifier l’efficacité. L’examen simple, au moyen d’un prisme, que nous avons mentionné précédemment (p. 182), serait tout à fait insuffisant, M. L.-P. Clerc indique f1) que cet essai spectroscopique « fréquemment recommandé, est complètement illusoire : les radiations dangereuses, et particulièrement les radiations violettes transmises par beaucoup de verres rouges, affectent si peu nos yeux... qu’elles passent presque toujours inaperçues. »
- Le mode de vérification le plus recommandable est l’essai photographique. Le même auteur considère comme très satisfaisant un écran inactinique qui ne voile pas d’une façon appréciable une surface sensible exposée normalement, à sec, à 0 m. 50 de la lanterne, en 30 secondes.
- Il faut dire ici, en anticipant un peu sur diverses causeries concernant la mise en châssis ou le développement, qu’il ne viendra jamais à l’idée d’un opérateur sérieux d’étaler un paquet de plaques sensibles juste devant la lanterne avant de les mettre en châssis ou dans un magasin. De même, cet opérateur ne placera pas la cuvette de développement juste sous la lanterne, mais, au contraire, il s’en tiendra assez loin et, de plus, il prendra soin de couvrir, avec un carton, soit la cuvette, soit la lumière, ne démasquant l’une ou l’autre que pour l’examen rapide de l’image.
- La plaque ne recevra donc la pleine action de la lumière que pendant de très courts instants.
- Voici comment on doit faire l’essai de l’éclairage. La surface sensible (plaque, pellicule ou papier) sera placée dans un châssis-presse, en couvrant par exemple un tiers de sa largeur d’un morceau de papier noir. On placera le châssis-presse verticalement à 0 m 50 de la lanterne inactinique après l’avoir recouvert d’un carton. On découvrira alors la surface sensible, qui commencera à recevoir les rayons directs de la lanterne, en déplaçant le carton par intervalles de temps égaux, par exemple toutes les 10 secondes. Pour faciliter ce travail d’exposition, on peut d’avance tracer quelques traits blancs à la craie (ou encore coller des petites bandes de papier blanc) sur le pourtour du châssis. De cette manière, les bandes découvertes successivement auront sensiblement la même largeur. La bande exposée 30 secondes ne devra, au développement, montrer aucune trace de voile, c’est-à-dire ne se différenciera aucunement de la partie contiguë de la plaque cachée par le papier noir.
- 1. Voir n08 2967, 2972, 2974, 2979, 2981 et 2983.
- 2. La Technique photographique, 2e édition, p. 261.
- Si la bande exposée 30 secondes présentait un léger voile, il faudrait ou employer une source de lumière moins intense ou mieux, augmenter un peu le nombre des feuilles de papier coloré. Par contre, si la plaque ne présentait aucun voile avec des poses supérieures à 30 secondes, on pourrait accroître un peu la puissance de la lampe.
- Construction d’une lanterne. — Nous avons insisté pour que le laboratoire soit muni d’une grande lanterne. Or, les lanternes un peu importantes sont d’un prix assez élevé, et certains amateurs préféreront en établir une eux-mêmes, ce qui ne présente aucune difficulté. Le problème est un peu différent suivant que la source de lumière est l’électricité ou le pétrole : avec l’électricité, il est parfaitement inutile d’établir une cheminée d’aération, si l’on prend soin notamment d’employer des lampes monowatt de faible puissance : 5, 10 ou 16 bougies. L’échaufîement est insignifiant, même
- après une heure de fonctionnement, le corps de la lanterne étant en bois.
- Ainsi, nous avons construit pour notre usage, plusieurs; lanternes à un ou deux corps (voir fig. 1 et 2). La lanterne à deux corps est munie de deux interrupteurs « tumbler », qui permettent, à volonté, d’avoir l’un ou l’autre des deux éclairages inactiniques, ou les deux ensemble. Cette disposition est intéressante parce que, à la fin du développement, pendant le fixage, on peut s’éclairer plus largement.
- Bien entendu, les écrans inactiniques sont tous interchangeables, ils ont tous 13 X 18 cm et se glissent dans les rainures appropriées.
- A la partie supérieure, pour éviter tout passage de lumière blanche entre l’écran et le dessus de la lanterne, un petit couvercle à charnière formant feuillure vient se rabattre sur l’écran. Les légendes des figures donnent toutes les indications principales pour la construction de telles lanternes. Les cotes sont laissées à la liberté de chacun. Ne pas faire le corps trop étroit pour éviter réchauffement.
- La lanterne à deux corps est surtout utile lorsque l’on doit
- Fig. 1. — Construction d’une lanterne inactinique à deux corps (deux écrans).
- I. Vue de face de la lanterne (écrans enlevés); p, fiche de prise de courant; i, interrupteurs;, c, charnières. — II. Coupe de la lanterne : e, e, écrans colorés inactiniques. — III. Schéma
- du montage; i, interrupteurs.
- Avec ce dispositif on peut, à volonté, allumer une ou deux lampes ou procéder à leur extinction..
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- Fig. 2. — Construction d'une lanterne inaclinique à deux lampes
- (un seul écran).
- I. Vue de face de la lanterne (écran enlevé): p, fiche de prise de courant; i, interrupteur. •— II. Coupe de la lanterne : e, écran coloré inactinique. — III et IV. Schémas de montage. En III, une lampe est en action dès que la fiche p est branchée sur une prise de courant. L’interrupteur i permet, si l’on veut, d’allumer en même temps la seconde lampe. En IV, les deux lampes sont en série, l’interrupteur i court-circuite une lampe et l’autre brille alors de toute sa puissance. D’autres dispositifs peuvent être envisagés (voir le texte).
- traiter successivement des surfaces sensibles différentes, par exemple des plaques ordinaires ou des « fdmcolor ». Une simple manœuvre des interrupteurs permet de passer de l’éclairage rouge à l’éclairage vert sans avoir à enlever un écran pour le changer.
- Mais si l’on veut seulement se servir de la lanterne pour
- Fig. 3. — Construction d’une lanterne inaclinique à pétrole (un seu écran).
- I. Vue de face de la lanterne, écran en place. — II. Vue arrière de la lanterne, porte ouverte : b, boîte creuse formant socle pour la lampe. L’air, aspiré par le tirage, pénètre par les trous t, percés dans la planchette fixe. Ces trous sont du côté de la porte. La boîte formant socle comporte des trous, t, percés à l'opposé de la porte. Ainsi, l’air circule dans la boîte creuse, mais les trous étant opposés, fine passe aucune lumière; c, charnières. — III. Coupe delà lanterne
- c, charnière; e, écran inactinique.
- Dans ce système, tous les joints, biseaux, etc., doivent être noircis.
- avoir, à un moment donné, plus de lumière de même composition spectrale, alors il vaut mieux avoir recours à une lanterne à deux lampes (fig. 2) ou encore à une seule lampe sousvoltée par une résistance puis alimentée normalement. La lanterne à deux lampes peut se monter avec un ou deux interrupteurs suivant la combinaison que l’on adoptera. lre combinaison : l’une des lampes ou les deux à la fois (un seul interrupteur) ; 2e combinaison : l’une ou l’autre des lampes, ou les deux à la fois (deux interrupteurs). On peut aussi, au moyen d’un interrupteur spécial, utiliser pour le petit éclairage la mise en série des deux lampes, alors que leur mise en parallèle fournira l’éclairage maximum. Enfin, une lanterne à une seule lampe peut donner également à volonté un éclairage faible ou intçnse à condition d’intercaler dans le circuit une résistance. En « court-circuitant » celle-ci, la lampe donnera son éclairage normal. Mais une résistance chauffe plus ou moins. On la placera de préférence hors de la lanterne, fixée au mur par exemple, l’interrupteur provoquant sa mise en circuit étant à portée de la main, quand on sera assis devant la table à développement.
- L’électricité n’est pas encore installée partout. La figure 3 montre une lanterne construite pour fonctionner au pétrole : corps en bois, dessus en tôle mince, cheminée d’aération construite avec des boîtes de conserve. Les écrans sont les mêmes que dans les lanternes électriques (13 X 18). La source de lumière est une ancienne lampe de piano, fixée sur un support ajouré pour l’aération par la partie inférieure. L’arrière de la lanterne est constitué par une porte montée à charnière. Cette lanterne donne un éclairage aussi intense que la lanterne électrique et nous l’avons bien souvent employée, toutes les fois que l’électricité faisait défaut j1).
- Au point de vue de l’utilisation (allumage, passage d’un écran à un autre, retour à la lumière blanche, absence de chaleur et d’odeur) la lanterne électrique a, naturellement, tous les avantages.
- Entretien du laboratoire. — Le laboratoire devrait être toujours d’une propreté absolue. Nous écrivons « devrait » parce que, pratiquement, il est extrêmement difficile d’éviter la poussière dans
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- 1. Dans les grandes villes, notamment à Paris, la régularité de l’éclairage électrique est à peu près complète. Mais dans les campagnes, les secteurs locaux ont parfois des arrêts de courant imprévus, des « pannes » fréquentes. Il serait imprudent de ne pas avoir dans le laboratoire un éclairage de secours lorsque, par exemple, le courant se trouve brusquement coupé au beau milieu du développement d’un cliché. Cet éclairage de secours sera très facile à réaliser au moyen d’une lampe électrique de poche à pile sèche. On munira la lentille ou le miroir formant projecteur de quelques feuilles de papier inactinique, collé seulement sur les bords, ou mieux d’un bouchon analogue au bouchon en verre jaune employé dans les lanternes d’agrandissement, mais muni de papier de couleur convenable (par exemple, 3 ou 4 feuilles de papier « Rubra »). Le bouchon amovible sera établi à frottement doux. 11 a le grand avantage de ne pas immobiliser une lampe portative. La seule précaution à prendre est de toujours placer ladite lampe, pourvue de son bouchon inactinique, à portée de la main quand on développe des plaques, des pellicules ou du papier.
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- un local où, peu à peu, s’entassent de nombreux accessoires, des flacons, des boîtes, etc.
- Dans un but d’entretien facile, on a souvent recommandé d’enduire les planchers, les rayons des laboratoires de produits imperméables (paraffine, etc.) pour pouvoir y passer fréquemment un linge mouillé.
- Cette solution de la question du nettoyage n’est guère possible dans le laboratoire d’amateur. Ce que l’on peut chercher à réaliser, c’est le rangement dans des placards de la plupart des objets. L’entretien devient ainsi bien plus aisé.
- Au sol, recouvrir le plancher de linoléum ou mieux, comme on le fait aujourd’hui pour les salles de bain, d’un tapis de caoutchouc, collé, sur le pourtour de la pièce, à la dissolution de caoutchouc. Le linoléum se nettoie facilement à l’éponge; une fois sec, on y passe un peu d’encaustique. Le tapis de caoutchouc se nettoie à l’eau de savon.
- Si l’on dispose d’un aspirateur de poussière, on en fera usage dans tous les coins du laboratoire où la poussière peut se loger.
- Nettoyer avec soin la table où l’on effectue les opérations photographiques, et celle réservée aux « manipulations sèches » (mise de plaques en châssis, tirages sur papier, etc.).
- Si l’on manipule des produits en poudre, éviter avec soin d’en faire voltiger la poussière.
- Ne pas utiliser ou secouer un chiffon sec ayant déjà servi au nettoyage, avant de charger des châssis ou de tirer des épreuves; laisser à la poussière le temps de se déposer.
- On ne prendra jamais trop de précautions pour éviter, comme nous l’avons déjà signalé, des picotures sur les plaques, dans les ciels notamment. A l’origine de ces picotures, il y a : la poussière.
- Nettoyage des ustensiles. — Les ustensiles (cuvettes, cuves, verres, bouteilles, éprouvettes graduées, etc.) doivent être tenus parfaitement propres. Nous conseillons de toujours laver, puis essuyer les cuvettes après chaque séance de travail. Pour avoir ainsi toujours opéré, nous utilisons des cuvettes achetées en 1892, et qui sont encore en parfait état,
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- après un service de 44 années ! Des cuvettes en carton durci, de la même époque, sont toujours en service.
- Divers produits, et l’eau calcaire notamment, provoquent des dépôts dans les ustensiles. Ce dépôt s’enlève avec la plus grande facilité au moyen d’un peu d’acide chlorhydrique.
- Les révélateurs donnent lieu parfois, dans les cuvettes, à des dépôts ou taches jaunes; il se forme aussi des dépôts jaunâtres ou argentiques avec certains bains de fixage utilisés trop longtemps. En général, tous ces dépôts disparaissent au moyen d’un peu de bain d’inversion des « autochromes » (solution C) dont voici la composition :
- Eau................................ 1000 cm3.
- Permanganate de potassium............. 2 gr
- Acide sulfurique à 66°............... 10 cm3
- On peut préparer un demi-litre de ce bain à l’avance, même si l’on ne pratique pas la photographie des couleurs, on l’utilisera pour le nettoyage des ustensiles du laboratoire.
- On rincera ensuite, puis on terminera le nettoyage par un peu de bisulfite de soude liquide et un rinçage final.
- Quel que soit le travail que l’on aura effectué, et quelle que soit l’heure où on l’aura terminé, ne jamais remettre au lendemain le nettoyage des cuvettes ou ustensiles : c’est un sûr moyen pour éviter, tôt ou tard, des insuccès photographiques.
- Un dernier conseil : «Ayez les mains propres! »... chimiquement. Après chaque contact des mains avec un produit quelconque : révélateur, fixage, virages-fixages, ou produits chimiques au cours des pesées, rincez-vous les mains à l’eau pure avant de les sécher à l’essuie-mains. Cette recommandation est particulièrement impérieuse, dit M. L.-P. Clerc (*) en ce qui concerne les bains de fixage. « Si l’on s’essuyait les mains imprégnées d’hyposulfite, l’essuie-mains contaminé risquerait de produire de multiples accidents lorsque, par la suite, on manipulerait des surfaces sensibles avec les doigts essuyés à ce linge sale. » Em. Touchet.
- 1. La Technique photographique, 2° édition, p. 271.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- POUR EMPÊCHER L’ENROULEMENT DES PELLICULES
- La face gélatinée des pellicules éprouvant à la dessication un retrait beaucoup plus considérable que le support, il en résulte un enroulement fâcheux qui gêne ultérieurement les manipulations.
- Nous pensons être utile à nos lecteurs en leur rappelant que cet inconvénient peut être facilement évité en plongeant une fois les opérations de développement, fixage et lavage terminées, la pellicule dans le bain suivant dont la formule a été donnée par le Dr Eder, qui a ainsi utilisé les propriétés liygroscopiques de la glycérine.
- Glycérine blanche pharmaceutique................. 10 cc
- Alcool à 90°.................................... 500 —•
- Eau distillée................................... 500 —
- La rapidité du séchage n’est pas pratiquement influencée par ce traitement.
- POUR BIEN DORMIR
- Si la position horizontale avec allongement sur le dos est celle qui convient le mieux au repos musculaire, elle favorise d’autre part le ronflement, avec comme conséquence, le dessèchement de la gorge; c’est pourquoi il est beaucoup préférable de s’habituer à dormir couché sur le côté droit, ce qui facilite l’évacuation plus rapide ]du bol alimentaire et évite en outre, de faire peser le foie sur les organes digestifs.
- On doit également tenir compte de l’orientation du lit, ce qui peut sembler assez bizarre; mais des recherches très sérieuses effectuées par le Dr Régnault, il résulte que c’est dans la position tête au nord
- que le sommeil est le meilleur, alors que la position ouest est la plus mauvaise.
- Il est donc très intéressant, lorsque l’on doit arrêter la position du lit, dans la chambre à coucher, de tenir compte de cette indication, elle pourra assurer un repos bienfaisant et réparateur, dans le calme du système nerveux, après la journée bien employée.
- COMMENT ON PEUT FACILEMENT AUGMENTER LE TEMPS DE PLONGÉE
- Les nageurs croient généralement que la nécessité éprouvée de revenir à la surface est due à un besoin d’oxygène, la provision d’air étant devenue insuffisante.
- En réalité le véritable besoin est celui de se débarrasser de l’acide carbonique qui résulte des combustions internes; en application de cette constatation, voici comment il faut procéder d’après la « leçon type de natation » du lieutenant G. Hebert pour accroître la durée de plongée : avant l’immersion exécuter avec une amplitude progressive de longues et complètes aspirations suivies de lentes et profondes expirations.
- Puis après une dernière expiration, très complète, respirer de nouveau lentement et profondément; mais sans faire le maximum d’effort pour la pénétration de l’air dans la poitrine.
- S’immerger dès que l’inspiration est complète. Pendant l’immersion, retenir l’air dans la poitrine, le plus longtemps possible, puis exhaler lentement par petites bouffées, à mesure que la gêne se manifeste.
- Emerger au moment où l’opération se termine. Dans ces conditions, un nageur un peu entraîné au rythme de l’expulsion d’air usé, toutes les trente secondes environ, peut facilement rester deux minutes à deux minutes et demie sous l’eau.
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- COMMUNICATIONS a L'ACADEMIE DES SCIENCES
- Séance du 27 juillet 1936.
- Action des éclairages colorés sur le torticolis spas= modique. — MM. Bourguignon et Monier ont remarqué que le spasme des malades atteints de torticolis du type mental est diminué par le port de verres verts et augmenté par les verres rouges. Cette observation est confirmée par la mesure des chronaxies et la comparaison des chiffres obtenus des deux côtés. Cette action est de la même nature que l’irritation provoquée par la lumière rouge dans les ateliers photographiques; elle tient à la longueur d’onde de la radiation et non à son intensité; elle est atténuée par l’accoutumance.
- Séance du 30 juillet 1936.
- Nouveau réactif du cuivre. — Les réactifs du cuivre utilisés jusqu’à ce jour exigent la séparation préalable du cuivre et des autres métaux. MM. Gabriel Bertrand et de Saint-Rat ont découvert que l’urobiline est un réactif extrêmement sensible du cuivre; ils l’utilisent en solution au millième dans l’alcool à 60°. Dans ces conditions, il se produit une coloration rose pour une teneur en cuivre d’un millionième, coloration tournant au pourpre si la concentration en cuivre augmente. Cette réaction, spécifique du cuivre, n’est pas gênée par la présence d’autres métaux. Pour bénéficier de toute sa sensibilité il est nécessaire de ramener la solution à étudier au voisinage de la neutralité. Inversement les sels de cuivre peuvent servir à déceler la présence d’urobiline.
- Huiles de graissage. — MM. Trillat et Vaille montrent que, dans les huiles de graissage, les éléments actifs, dont les molécules ont un moment électrique permanent (acide gras, carbures non saturés), possèdent une faculté sélective d’absorption pour les sturfaces mises en contact : papier, coton et plus spécialement les surfaces métalliques. Une simple filtration, de même que l’usage normal au contact de surfaces métalliques présentant une large étendue, provoque donc l’appauvrissement en éléments actifs des huiles et aboutit à leur vieillissement.
- Uacide salicylique et les azotobacter. — Les benzoates sont d’excellents aliments énergétiques pour les Azotobacter. MM. Guittoneau et Qiievalier ont cherché s’il en est de même des salicylates. Par des essais sur du silicagel ne contenant comme carbone organique que du salicylate de soude, ils ont tout d’abord pu noter la très inégale adaptation des différentes souches à’Azotobacter à l’utilisation du salicylate. Par d’autres expériences en milieu naturel ils ont confirmé que les souches provenant des terrains les plus fertiles sont les plus aptes à assimiler le carbone des salicylates. Des essais sur cultures pures, à l’étuve, ont d’ailleurs montré qu’aucune autre bactérie n’intervient dans cette assimilation.
- Dissociation du staphylocoque. — MM. Rochaix et Rivollier sont parvenus à isoler deux types de staphylocoques issus du staphylocoque doré : l’un, type A, donnant des cultures en grumeaux nageant dans un liquide clair, l’autre, type B, à cultures à peu près homogènes. Le type A possède seul la pigmentation jaune. Le type A est plus pathogène que le type B ; sa valeur antigène est aussi plus élevée. Il serait donc préférable d’utiliser le type A seul pour la préparation des vaccins antistaphylococciques.
- Séance du 3 août 1936.
- Variations de y Cassiopée. — Des modifications dans le spectre de y Cassiopée ont été constatées pendant ces dernières années. Dans la nuit du 25 au 26 juillet dernier,
- M. Baize a remarqué, en outre, un accroissement sensible de l’éclat de l’étoile. M. Chalonge a renouvelé les observations du spectre et a pu constater, malgré des circonstances défavorables, une augmentation de l’intensité des raies de Balmer dont 13 sont très visibles alors qu’en 1934-35 le même appareil n’en révélait que quatre.
- Propagation des ondes de télévision. — M. Rivault observe les images reçues par un poste placé à quelques kilomètres d’un émetteur de télévision, avec un matériel muni d’un dispositif permettant de mesurer de très courts retards de propagation. Il constate ainsi, qu’avec des ondes de 41 m 5, une réflexion se produit à une altitude de 300 km environ pendant le jour, la couche réfléchissante s’élève après le coucher du soleil et finit par disparaître; elle reparaît et s’abaisse avant l’aube. Avec des ondes de 74 m, la réflexion diurne se produit vers 250 km, pour s’élever la nuit entre 450 1cm (hiver) et 350 1cm (printemps). Une autre réflexion de hauteur quasi invariable (103 à 113 km) apparaît parfois. Très souvent les ondes réfléchies se dédoublent une ou deux fois. En raison de la faible distance des postes, ces réflexions peuvent être considérées comme s’effectuant normalement.
- Dosage des traces de fer dans les végétaux. — M. Courty observe que l’hydroxyle ferrique précipité par l’ammoniaque est paramagnétique. Il devient fortement ferromagnétique par calcination dans un papier-filtre, à l’abri de l’air, vers 500°, propriété qui ne disparaît pas après combustion par accès d’air. Il est ainsi parvenu à doser le fer par voie magnétique avec une balance de Curie-Chéneveau; la méthode est extrêmement sensible et permet d’apprécier quelques millièmes de milligramme. L’auteur a pu constater que, s’il est possible d’avoir des réactifs exempts de fer, il n’en est pas de même pour le papier-filtre. Il est nécessaire de faire une compensation du fer introduit en découpant dans le même filtre deux parties, centre et couronne, de même surface; la couronne sert à évaluer le fer du papier. A ce sujet, M. Gabriel Bertrand fait remarquer que la présence de traces de fer dans les végétaux est constante; elle a été remarquée par Geoffroy en 1705 au moyen de l’aimant et a fait depuis l’objet de nombreuses vérifications.
- Séance du 10 août 1936.
- Préparation des catalyseurs.— M. Faucounau montre qu’il est possible d’obtenir le cuivre et le cobalt à l’état de très grande activité en partant de leurs alliages avec des métaux attaquables par les acides ou les alcalis et, en particulier, de l’alliage Dewarda (Al, Cu, Zn) et de la combinaison définie Co2 Al5. Ces alliages, réduits en poudre, sont traités plusieurs fois à douce température par la soude à 30 pour 100, puis par la même solution à l’ébullition. Après neutralisation et lavage, le métal est conservé dans l’alcool absolu. Il se prête alors avec la plus grande facilité à la catalyse des déshydrogénations et des hydrogénations. En ce qui concerne ces dernières, le cobalt donne des réactions totales; le cuivre, moins actif, conduit à une saturation sélective des doubles liaisons en x.
- Germination des grains de pollen. — M. Coupin a étudié la durée de la germination des grains de pollen placés dans l’eau sucrée vers 20°. Il a constaté de grandes différences, même entre espèces très voisines. La formation du tube polli-nique commence au bout de 2 minutes chez la capucine et ne se manifeste qu’après 230 minutes chez l’Ansérine et 300 minutes chez la Linaire. La température la plus favorable est en général entre 20° et 25°. La germination devient très lente et s’arrête si la température s’abaisse légèrement. Son seuil semble être 15° pour beaucoup d’espèces. L. Bertrand.
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- LIVRES NOUVEAUX
- Un nouveau corps simple. Le deutérium ou hydrogène lourd, par E. Darmois, (2° l'asc.). 1 brochure, 42 pages. Hermann et Cie, Paris 1930. Prix : 10 ir.
- Dans un premier fascicule l'auteur a donné une idée d’ensemble des propriétés de l’hydrogène lourd, isotope de l’hydrogène découvert voici 3 ans environ.
- De nombreux travaux ont été entrepris dans tous les pays sur ce corps remarquable et sur ses combinaisons. Notre savant collaborateur en donne ici un résumé fort complet qui met le lecteur au courant de l’état actuel de la question.
- Magnétisme terrestre, par Ch. Maurain. l brochure, 64 p., 6 lig. Hermann et Cie, Paris, 1936. Prix : 15 fr.
- Nos connaissances sur' le magnétisme terrestre ont fait de grands progrès au xx« siècle, en grande partie grâce au développement des observatoires et aux nombreuses campagnes de mesures systématiques entreprises en divers pays. On trouvera ici un exposé d’ensemble du plus haut intérêt sur l’état actuel de nos connaissances : variations périodiques ou accidentelles du magnétisme terrestre, leurs rapports avec l’activité solaire; orages magnétiques; aurores polaires et théories proposées pour les expliquer; examen rapide des théories expliquant l’origine du magnétisme terrestre qui reste toujours fort mystérieuse.
- Théorie du diffuseur, (Haut-parleur sans pavillon), par F. Bedeau. 1 brochure, 68 pages, 12 lig. Hermann et Cie. Paris, 1936. Prix : 15 fr.
- On fabrique aujourd’hui d’excellents haut-parleurs sans pavillon, dont le diffuseur fonctionne comme un diaphragme vibrant d’une seule pièce, sinon dans toutes les fréquences au moins dans un large domaine. La théorie ne permet pas encore de calculer rigoureusement un tel diffuseur; elle ne dispense pas l’ingénieur de l’obligation d’être bon musicien; mais elle explique parfaitement, aujourd’hui, l’ensemble des phénomènes observés et à ce titre elle constitue un guide précieux indispensable au technicien.
- M. Bedeau a fait œuvre utile en l’exposant fort clairement dans son état actuel; son travail sera d’autant plus apprécié, qu’il n’existait pas jusqu’ici en librairie d’ouvrage français traitant la question de ce point de vue.
- Au fond des gouffres, par Norbert Casteret. 1 vol. illustré, 294 pages. Librairie académique Perrin. Paris, 1936. Prix : 15 fr.
- M. Casteret est un de nos plus brillants explorateurs souterrains; on ne compte plus ses remarquables découvertes. C’est en même temps un excellent écrivain; il en avait déj$. donné la preuve dans son premier livre « Au fond des gouffres ». Son nouveau livre est d’un égal intérêt. 11 contient d’abord des récits d’exploration : dans le premier l’auteur contant sa première exploration, nous montre comment la vocation s’est éveillée en lui; puis c’est le récit de sa première descente dans un gouffre, suivi de celui dë la découverte du gouffre Martel, dans les Pyrénées, le plus profond abîme de France. De là nous passons au Moyen Atlas où l’auteur accompagné et aidé de Mme Casteret, sa courageuse collaboratrice, explore les gouffres de la région de Taza. Récits émouvants par leur simplicité, par l’enthousiasme et l’héroïsme qu’ils respirent, et en même temps puissamment instructifs par tous les phénomènes curieux et importants qu’ils révèlent.
- Dans la seconde partie, l’auteur décrit, avec beaucoup de charme, quelques-unes des curiosités les plus frappantes du monde souterrain : cristallisations paradoxales, glacières naturelles, grondements souterrains, dégagements gazeux, sources intermittentes, faune cavernicole et il rappelle quelques-unes des légendes auxquelles le monde souterrain a donné naissance.
- La question de Pâques et du Calendrier, par M. l’Abbé Chauve-Bertrand,. 1 vol. 256 p. « Les Œuvres Françaises », 11, rue de Sèvres, Paris, 1936. Prix : 16 fr. 50.
- En 1921, l’abbé Chauve-Bertrand a publié un livre excellent sur la question du calendrier. Ce nouveau livre en est, en somme, une réédition. L’auteur y a conservé intégralement tout ce qui concerne l’origine du calendrier, l’explication du calendrier grégorien et l’exposé de ses défauts. Mais depuis 1921 bien des faits nouveaux se sont produits dans l’histoire du calendrier. On a vu s’intensifier le mouvement en faveur d’une réforme tendant à créer un calendrier immuable et notamment à fixer la fête de Pâques. La Société des Nations a créé une Commission spéciale pour l’étude de la question; de nouveaux projets ont été présentés. L’auteur a donc complété sa première édition pour la mettre au courant de cette nouvelle activité réformatrice. Il termine en indiquant ses préférences pour un calendrier de quatre trimestres égaux de 91 jours, avec un jour supplémentaire après le 30 décembre, et tous les quatre ans un jour bissextile après le 30 juin.
- Ce livre, d’une parfaite clarté, d’une entière impartialité, reste le meilleur ouvrage que le grand public puisse consulter sur cette importante question.
- La motoculture moderne, par P. Richard. 1 vol. in-8, 197 p.
- 72 fig., Dunod, Paris, 1936. Prix : 25 fr.
- La motoculture n’a plus besoin de propagande mais bien d’exacte documentation. On trouve ici l’étude des moteurs, des combustibles, du graissage, de la transmission et de la direction, de la puissance et du prix de revient. Puis vient l’étude pratique des tracteurs actuels, à roues, à chenilles, à treuil, et du matériel aratoire. Bien conçu et pratique, cet exposé sera bienvenu dans l’enseignement agricole.
- Une grande querelle forestière : la conversion, par
- R. Blais, 1 vol. illustré, 90 pages. Les Presses universitaires de
- France. Paris, 1936.
- Les forêts domaniales de France furent longtemps exploitées exclusivement en taillis sous futaie, par courtes révolutions de 30 à 40 ans. Au xixe siècle, à partir de 1825, des idées nouvelles se font jour parmi les forestiers, sous la poussée des premiers professeurs de l’École Forestière de Nancy, Lorentz et Parade. L’idée de départ est d’imiter la nature; s’inspirant des méthodes allemandes, les forestiers de la nouvelle école proposent la conversion de la forêt en futaie; mais se heurtent aux tenants des idées anciennes et aussi, il faut bien le dire, à des problèmes économiques impérieux. Le premier système comporte un revenu immédiat, le second un revenu à longue échéance. Depuis lors les fervents de la conversion ont vu triompher leurs idées, mais eux aussi ont commis des erreurs d’application qui ont provoqué des réactions. C’est l’histoire de cette grande querelle au cours du dernier siècle que relate M. Biais. Rien de plus instructif et de plus curieusement actuel : l’histoire de la forêt française est intimement liée à l’évolution économique du pays; au début du siècle dernier, la forêt fournissait avant tout du combustible; les hauts fourneaux étaient de grands dévoreurs de bois. M. Blais, dans un chapitre consacré à la forêt de Haye, rappelle les inquiétudes des Nancéens, en 1851, quand les forges de Frouard sollicitèrent une concession. On redoutait la hausse du prix du bois de chauffage; peu de temps après, la houille s’étant substituée au bois dans la sidérurgie, on déplorait avec non moins de vivacité la baisse du prix du bois et la diminution du revenu des forêts.
- Crédit et banques au service des agriculteurs,par Pierre
- Rouveroux. 1 vol. 185 pages. Librairie agricole et horticole de
- la Maison rustique. Paris, 1936. Prix : 6 fr.
- Cet ouvrage indique toutes les sources de crédit que peut trouver un agriculteur.
- Outre le Crédit agricole mutuel, dont l’auteur résume l’organisation, il renseigne avec beaucoup plus de détails sur les modalités de crédit moins connues: prêts du Crédit Foncier, des banques et des particuliers. Il énumère les différents services qu’un agriculteur peut demander à une banque indépendamment du crédit. Enfin, il fournit des renseignements pratiques de haute utilité : tableaux d’intérêts et d’amortissement, formules en usage pour procéder aux diverses opérations décrites, précisions sur la situation de la femme et des enfants de l’emprunteur, conséquences pour eux du décès de ce dernier
- Oui, mes enfants, la vie est belle lorsque..., par Léon
- Guillet. 1 vol. in-16, 255 p. Plon, Paris, 1936.
- ... lorsqu’on a un idéal, des vertus, du patriotisme, dit ce grand-père à ses nombreux petits-enfants, dans une série d’entretiens familiers. Et on ferme le livre en rêvant d’un dernier chapitre, écrit par les jeunes : la vie est belle lorsqu’on a un grand-père tel que le directeur de l’École Centrale, dont l’œuvre technique et sociale n’a pas besoin d’être louée, dont l’amour familial se montre ici si sage, si tendre.
- La force de la propagande, par Roger Ferlet. i vol. in-8,
- 79 p., fig. Girardot et Cie, Paris, 1936. Prix : 9 fr.
- Essais de psychologie appliquée à la publicité. L’auteur décrit les moyens, les méthodes qui sont extrêmement variés et méritent cette étude technique attentive : propagande verbale, imprimés, affiches, articles et annonces, enseignes lumineuses, dessins animés, conférences, T. S. F., primes, étalages, etc., etc.
- Unité et intelligibilité, par Emilie Fiszer. 1 vol. in-8, 245 p.
- Vrin, Paris, 1936.
- L’intelligence est-elle capable de comprendre le réel? Elle l’est ou le sera, disent les philosophes de l’unité; le réel est irrationnel et ne peut êtie unifié, disent les autres; le réel peut être rendu intelligible, expliqué, dit l’auteur, après avoir fait le tour des systèmes et des modes de penser physique et biologique.
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- NOTES ET INFORMATIONS
- ASTRONOMIE
- La Comète de Kaho (1936 b).
- Nous avons annoncé, dans notre n° 2983, du 15 août 1936, la découverte de cette seconde comète de l’année par M. Kaho, à Tokyo.
- M. F. Baldet, le savant secrétaire de la Société astronomique de France, donne, dans la « Circulaire n° 81 du Service des Informations rapides » de cette Société, les derniers renseignements réunis sur cet astre. D’après les observations faites le 19 juillet, à Siméis (Crimée) et les 23 et 26 juillet, à Poznan, M. Jens P. Moller a calculé une orbite parabolique dont voici les éléments :
- Date du passage au périhélie. . . T = 1936 juillet 15,802
- (T. U.)
- Argument de latitude du périhélie, w = 45° 49' 18" J
- Longitude de nœud ascendant. . 0 = 264° 8 12" f iqofiri
- Inclinaison................... i = 121° 59' 32" '
- Distance périhélie.............q = 0,51843. )
- Nous ne donnons pas ici l’éphéméride calculée d’après cette orbite, car elle s’arrête au 20 août. Elle montre que la comète s’éloigne à la fois du Soleil et de la Terre. Elle est dans la constellation du Lion, et va aller en s’affaiblissant rapidement. D’ailleurs, elle se couche de plus en plus tôt et bientôt sera inobservable.
- M. Baldet a pu photographier cette comète à Meudon, le 25 juillet, de 21» 38m à 22b 28m, soit avec une exposition de 50 minutes. Les clichés ont révélé une queue divergente, avec un jet principal de 1° 1/2 de longueur, orienté dans l’angle de position, 228°.
- La comète présentait une tête circulaire de 3' de diamètre, avec condensation bien marquée au centre.
- La magnitude visuelle globale était environ de 5m 5.
- Em. T.
- OPTIQUE
- La projection en relief alternative.
- Pour obtenir réellement en relief des images projetées sur un écran, il semble indispensable de recourir à la vision binoculaire. On établit donc deux séries de vues distinctes stéréoscopiques, et on les projette de telle sorte que l’œil droit et l’œil gauche du spectateur n’aperçoivent respectivement sur l’écran que l’image qui leur est destinée.
- Dans les premiers systèmes de projections en relief, les images étaient juxtaposées, comme dans les appareils stéréoscopiques ordinaires; il était nécessaire de placer devant les yeux du spectateur un dispositif optique très lourd; la surface de l’écran devait être augmentée, sans augmentation correspondante de la surface utile de l’image.
- Dans les procédés plus modernes par anaglyphes, les images sont superposées; on les colore au moyen de couleurs complémentaires, et le spectateur est muni de lunettes dont les verres sont teintés des couleurs correspondantes; c’est à cette catégorie qu’appartient le remarquable procédé de M. Louis Lumière, précédemment décrit dans ces colonnes.
- Au lieu de projeter simultanément sur l’écran les vues stéréoscopiques en les superposant ou en les juxtaposant, on a également songé, depuis longtemps, à les projeter alternativement, en disposant devant les yeux du spectateur un appareil mobile supprimant la vision d’un œil au moment nécessaire.
- MM. Léon Gaumont et de Lostalot, ont présenté, dès 1903, un système de ce genre. Le synchronisme de la vision et de la
- projection étaient alors obtenus par une transmission pneumatique. Dans un procédé présenté il y a quelques années en Amérique, on mettait à la disposition de chaque spectateur une lorgnette dans laquelle un moteur électrique minuscule actionnait un obturateur masquant tour à tour l’un ou l’autre oculaire, en synchronisme avec l’appareil de projection.
- Tous ces procédés reposent sur le principe de la vision binoculaire. Il en est d’autres dans lesquels Iles inventeurs ont cherché à se libérer des servitudes de la vision binoculaire.
- L’impression de relief n’est pas, en effet, due exclusivement à la vision binoculaire; elle provient en partie de l’accommodation du cristallin de chaque œil qui se tend et se détend suivant la distance de l’objet considéré. La mise au point essentiellement instable réalisée à chaque instant, correspond à une ondulation continuelle, puisque le regard oscille d’un plan à l’autre, d’où une sensation musculaire que le cerveau traduit par une perception du relief plus ou moins nette.
- Bien que cet effet de relief perspectif ne puisse avoir l’intensité de l’effet stéréoscopique binoculaire normal, il est intéressant de signaler un procédé dans lequel il est, seul, mis en
- Fig. 1. — Film double utilisé par M. Daponte dans son appareil « Pulsograph ».
- œuvre. Ce procédé fait l’objet, depuis plusieurs années, des recherches d’un jeune inventeur roumain, M. Dimitri Daponte; il nous a été signalé par un correspondant de Belgique, M. Barette.
- On projette donc simultanément sur le même écran deux films stéréoscopiques accolés, comme le montre la figure 1. La coïncidence des images n’est pas absolue, la prise de vues ayant été réalisée avec les objectifs écartés l’un de l’autre. Les contours d’un même objet se chevauchent donc mutuellement, et le décalage varie suivant la position des objets. Il est important pour ceux qui sont situés au premier plan, il est à peu près nul pour les arrière-plans.
- Une certaine marge plus ou moins nette se produit donc autour de chaque point de l’image; la largeur de cette marge dépend de la position dans l’espace du point photographié.
- Le procédé consiste à faire varier constamment la valeur de cette marge (d’où le nom de Pulsograph donné à l’appareil), ce qui entraînerait, d’après l’inventeur, un travail d’accommodation du cristallin des yeux du spectateur et, par suite, un effet psycho-physiologique comparable à celui qu’on obtient avec la vision directe.
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- A cet efïet, chacun des deux faisceaux de projections traverse la couronne d’un disque de cristal, transparente et dégradée, portant des teintes diverses depuis l’opacité jusqu’à la transparence presque totale. Le disque fait un tour pendant la durée de passage de l’image sur l’écran; les faisceaux lumineux passent donc par tous les degrés d’intensité. Les deux disques correspondant à chaque faisceau tournent à la même vitesse, mais sont décalés l’un par rapport à l’autre. L’un des faisceaux possède le maximum d’intensité quand l’autre atteint le minimum.
- Quand l’intensité d’un faisceau croît, celle de son voisin décroît, de telle sorte que la quantité de lumière est constante, et le spectateur ne s’aperçoit pas des variations d’éclairement. 11 se produit simplement autour des contours des objets, comme un efïet de lumière en ronde bosse, et c’est ce phénomène qui causerait, d’après l’inventeur, une impression de relief. P. H.
- AVIATION
- Un nouveau type d’autogyre à envol vertical.
- L’autogyre, on le sait, est un avion à voilure tournante. Quand il est en mouvement, le vent relatif fait tourner la voilure ou « rotor » qui a la forme d’une hélice, et celle-ci se comporte alors comme les surfaces inclinées de la voilure fixe d’un avion ordinaire.
- L’autogyre a la propriété de prendre son vol ou d’atterrir sous des angles très abrupts; néanmoins il ne peut ni décoller, ni atterrir rigoureusement à la verticale; il lui faut auparavant prendre son élan, ou ralentir sa vitesse par un bref parcours horizontal sur le sol.
- Un nouveau type d’autogyre, dans lequel cette sujétion est elle-même supprimée, vient de faire son apparition en Angleterre.
- L’engin part ou atterrit verticalement, en se comportant momentanément comme un hélicoptère.
- A cet elïet, la voilure tournante, en forme d’une grande hélice à deux pales, de pas automatiquement variable, est momentanément couplée au moteur. Cet accouplement s’effectue par un arbre oblique, à joints universels, dont l’une des extrémités, munie d’un pignon conique, engrène avec une couronne dentée montée sur le moyeu de la voilure tournante; l’autre extrémité est reliée au moteur par un embrayage.
- Au décollage, on embraye l’arbre et le moteur et on met celui-ci en marche; on fait croître progressivement sa vitesse jusqu’à ce que le rotor ait acquis une vitesse notablement supérieure à celle qui est nécessaire pour le vol normal. Le pas des pales est alors tel que la poussée soit nulle et la traînée minima. A ce moment on débraye le rotor qui continue à tourner en vertu de son inertie; les pales se mettent alors d’elles-mêmes à un pas qui donne une poussée verticale élevée, suffisante pour soulever l’appareil et lui faire faire un bond de 6 à 7 m; après quoi le vol normal commence et l’autogyre part horizontalement sous la traction de son hélice propulsive; le rotor reste libre comme dans les anciens autogyres et tourne par l’effet du vent relatif.
- A la descente, aussitôt que l’autogyre touche le sol, un frein agit sur le rotor, pour mettre ses pales à la position de poussée nulle et faire tomber à zéro l’effort vertical.
- Deux modèles différents de cette intéressante machine ont été construits et essayés avec succès en juillet dernier. Le premier est un autogyre classique, construit par la Cierva Autogyro C°, et muni du nouveau système de commande du rotor; il pèse 835 kg et est équipé d’un moteur Armstrong-Siddeley-Genet-Major de 145 ch. Le second modèle construit par la Société G. et J. Weir Ltd de Glasgow, sous licence
- ............ ...............:—.............= 285 =
- La Cierva est une machine plus légère; c’est un monoplace de 295 kg, muni d’un moteur à 4 cylindres renversés, de 45 ch, construit par MM. Weir.
- Cet appareil, qui peut décoller ou atterrir en tout terrain, semble appelé à donner une solution heureuse au problème de l’avion de tourisme.
- ZOOLOGIE
- Le serpent mangeur d’œufs.
- Les serpents mangeurs d’œufs sont assez nombreux, mais rares sont ceux qui procèdent comme le Düsypeïtis de l’Afrique centrale.
- Cet ophidien, dont on connaît deux genres : le Dasy-pellis scabra et le D. macrops (du groupe des Colubrides agbyphes, sans dent à venin), ne possède pour ainsi dire pas de dent, si ce n’est de minuscules sur chaque maxillaire et sur les palatins. Cette dentition rudimentaire ne permet nullement à l’animal de broyer les œufs dont il aime se nourrir.
- 11 arrive à ce résultat par un procédé tout autre et fort original.
- Ses vertèbres thoraciques antérieures possèdent de fortes apophyses inférieures allongées en forme de dent et recouvertes d’un tissu que l’on pourrait comparer à de l’émail dentaire.
- L’œuf étant avalé par un mouvement lent et progressif de la bouche pénètre dans le gosier. En cet instant le serpent soulève la tête et par un mouvement de va-et-vient des apophyses formant scie la coquille est sectionnée longitudinalement.
- Par la contraction des muscles du cou, le contenu de celle-ci est expulsé dans l’œsophage. Par redressement de la tête le serpent crache alors la coquille ramassée en pelote boulette.
- Tel est le moyen original utilisé par le Dasypeltis même pour gober de gros œufs comme ceux des poules domestiques.
- G. R.
- Une tortue terrestre à carapace molle.
- On sait que certaines tortues aquatiques, à l’encontre des tortues terrestres, ont la carapace molle, tandis que les autres ont toujours la carapace rigide. Aussi l’étonnement des savants fut-il grand quand, en 1918, M. Loveridge déclara avoir découvert un spécimen de tortue terrestre à carapace molle dans l’ancienne colonie de l’Afrique orientale allemand^. Ce singulier animal fut décrit en 1920 dans les Comptes rendus de l’Académie des Sciences de Paris, par M. Boulenger.
- La carapace de ce bizarre animal est très aplatie et tout à fait molle. De plus, la bête possède la singulière propriété, pour une tortue, de pouvoir s’enfler jusqu’à un certain degré, la boîte osseuse n’existant pas sauf dans sa zone marginale. Par conséquent l’animal n’est nullement emprisonné dans une coque solide comme ses congénères.
- Suivant M. Loveridge cette tortue possède la faculté d’élever et d’abaisser à volonté sa dossière pour le gonflement ou l’aplatissement de ses poumons. Grâce à ce dispositif physiologique auquel il faut joindre le peu d’épaisseur de l’animal, celui-ci peut se glisser sous les pierres et dans les crevasses rocheuses d’où l’extraction devient presque impossible.
- Un autre type de tortue, découvert par le même chercheur, qui a décidément la main heureuse, présenterait un degré plus grand d’ossification et constituerait une transition très nette vers les tortues terrestres ordinaires. Ces derniers spécimens viennent également de la même région que les premières. G. R.
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- INVENTIONS ET NOUVEAUTÉS
- Fig. 1.'— Comment on aperçoit l’image dans le système « reflex » de l’appareil Exacta. Emploi d’une loupe pour mise au point des détails.
- PHOTOGRAPHIE
- Appareil photographique Reflex de petit format perfectionné.
- Les amateurs de photographie, et spécialement les amateurs avertis, ont donné la préférence, depuis quelque temps, aux appareils de petit format permettant d’effectuer à peu de frais un grand nombre de négatifs. Grâce aux qualités optiques des systèmes employés, il est ensuite possible d’obtenir aisément des agrandissements de grandes dimensions, d’après les meilleurs négatifs réalisés.
- Il est même possible d’établir des positifs sur film ou sur verre pour la projection.
- L’emploi de ces appareils de petits formats, très perfectionnés a été facilité, d’autre part, et plus particulièrement pour les débutants, par la réalisation de systèmes de posemètres à cellules photoélectriques permettant une détermination directe du temps de pose, et surtout par l’établissement de télémètres pratiques, couplés ou non avec l’objectif, permettant rapidement d’obtenir une mise au point exacte à toute distance, sans risque d’erreur.
- Un grand nombre de ces appareils de petits formats, fonc-
- Fig. 2. — Vue d’ensemble de l'appareil avec ses objectifs interchangeables.
- tionnent à l’aide de films cinématographiques standard, de 35 mm, et dans ce cas, le format des images est de 18 X 24 mm, ou plutôt de 24 X 36 mm.
- Les résultats peuvent être très bons si les appareils sont bien étudiés, néanmoins pour des agrandissements importants de 13 X 18 ou de 18 X 24, il devient indispensable, en raison de l’importance de l’agrandissement, d’utiliser uniquement des négatifs de haute qualité, avec des détails très fouillés, développés avec le plus grand soin. D’autre part, ces négatifs de dimensions très réduites ne peuvent, en général, servir directement à obtenir des positifs de dimensions par trop minimes pour une vision directe.
- Les formats un peu plus grands, et, en particulier, les formats carrés de 4 X 4 cm ou de 6 X 6 cm qu’on peut réaliser avec des bobines de mêmes dimensions ou même à l’aide de bobines 6x9, ont donc conservé leurs partisans, et ils permettent l’établissement de positifs directs agréables, la réalisation plus facile d’agrandissements de grands formats.
- Le format rectangulaire 4x6 1/2 cm, pratiquement aussi grand que le 6 X 6, peut paraître plus artistique, et on peut,
- Fig. 3. — Appareil disposé pour la microphotographie.
- Le système « reflex » sert à la mise au point et au cadrage.
- d’ailleurs, l’utiliser suivant les sujets, soit en hauteur, soit en largeur, les bobines de pellicules correspondantes se trouvant partout.
- L’appareil de petit format employant des pellicules de ce genre présente donc des avantages certains.
- D’un autre côté, si le système d’objectif à télémètre couplé permet d’obtenir une mise au point correcte du sujet, il n’assure pas toujours, en même temps, un cadrage satisfaisant. Seul, le procédé « reflex », grâce auquel on aperçoit sur un verre dépoli ou sur une loupe l’image exacte telle qu’elle sera photographiée, permet d’exécuter au mieux l’opération de la prise de vue, tant au point de vue technique qu’artistique. L’appareil de petit format « reflex » est donc encore pour un grand nombre d’amateurs préférable au système à télémètre couplé, à condition que le dispositif reflex utilisé soit pratique et peu encombrant.
- Il existe, d’ailleurs, deux systèmes de « reflex ». Dans le premier, un seul objectif est utilisé à la fois pour la prise de vue et l’examen de l’image sur le verre dépoli; le miroir de réflexion est escamoté au moment de la prise de vue. Dans le deuxième, on emploie deux objectifs l’un pour la prise de vue et l’autre pour l’examen de l’image.
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- Il faut, bien entendu, un réglage très satisfaisant qui n'exclut pas tout effet de parallaxe ; d’où une différence entre l’image impressionnée sur le film et l’image examinée sur le verre dépoli.
- C’est pourquoi un constructeur spécialisé a conçu un appareil de format moyen 4x6 1/2 muni d’un dispositif reflex, monobjeetif, et présentant donc un ensemble d’avantages certains.
- La mise au point est immédiate et le cadrage optimum.. L’exactitude des indications est absolue puisque l’image est formée par l’objectif de prise de vues.
- Grâce à la focale relativement longue des objectifs, il est, d’ailleurs, toujours facile, même pour des sujets éloignés, de détacher le plan intéressant par un diaphragme approprié.
- L’obturateur à rideau est d’un rendement optimum, puisqu’il utilise au maximum toute la lumière passant par l’objectif et permet des poses d’une durée allant jusqu’à 12 sec et des instantanés jusqu’au millième de seconde.
- Les instantanés très rapides sont utiles pour les vues sportives, et les poses d’une durée déterminée sont appréciées des amateurs de nature morte ou de photographies documentaires.
- Le miroir reflex permet d’examiner l’image, soit en plaçant l’appareil à hauteur de la poitrine, soit en le disposant de côté, soit même en visant à hauteur de l’œil, ou encore en disposant l’appareil au-dessus de sa tête pour prendre des vues de sujets cachés dans la foule.
- Un cadre iconomètre permet, en outre, de suivre aisément les sujets rapides.
- L’armement de l’obturateur assure, en même temps, l’avancement du film; il y a donc deux mouvements simultanés, ce qui augmente la rapidité de manœuvre et évite tout danger de double exposition.
- Malgré le format un peu plus grand de la pellicule, l’appareil est de dimensions réduites, et d’une forme trapézoïdale très pratique. Il peut être muni, d’ailleurs, d’objectifs interchangeables de longueurs focales différentes, ce qui permet de faire varier l’angle de prise de vues suivant les travaux à effectuer. Les ouvertures varient depuis F : 3,5 jusqu’à F : 1,9 ce qui permet les travaux les plus variés, et même les prises de vues la nuit au théâtre, ou dans des conditions d’éclairage très défectueuses pour le radio-reportage.
- L’appareil peut être accouplé à un système de déclenchement de « lampe Vacublitz », dont l’allumage est commandé par l’obturateur, et cette innovation constitue, en particulier, un avantage très important pour le reportage de nuit.
- L’obturateur à rideau est muni d’un dispositif à retardement permettant tous les temps de poses à retardement jusqu’à 6 sec, ce qui permet à l’opérateur de se photographier soi-même.
- D’autres accessoires sont prévus pour assurer la photographie de petits objets, la reproduction des documents, la microphotographie, et les bobines ordinaires peuvent être remplacées dans des cas spéciaux par des plaques 4 1/2x6 ou des films faits au moyen d’un adaptateur de plaques très simple.
- L’appareil est donc ainsi très complet et s’adapte réellement à tous les besoins des amateurs de petit format.
- Etablissements Telos, 35, rue de Clichy, Paris.
- ÉLECTRICITÉ
- Thermostat de précision.
- Pour de nombreux travaux industriels et de laboratoire, il faut maintenir très exactement une température déterminée.
- .................. = 287 =
- Pour assurer la constance d’un chauffage à l/10e de degré centigrade près, par exemple, il faut recourir au chauffage électrique réglé par un thermomètre à mercure à contact.
- Le principe du système est bien connu, mais son emploi est, en général, assez délicat. En particulier, il est difficile d’établir la liaison électrique entre ce thermomètre et la source de chaleur.
- La colonne de mercure a une faible section et possède une résistance électrique élevée, par suite de la résistivité du métal.
- Un courant de forte intensité provoque ainsi réchauffement du mercure, et peut fausser le réglage.
- D’un autre côté, on ne peut non plus avoir recours à un courant de tension élevée, les déplacements de la colonne de mercure sont très lents et la rupture du contact entre le mercure et l’électrode ne doit pas provoquer la formation d’un arc, même si la distance entre les deux éléments est faible.
- Pour relier le thermomètre à la source de chaleur, on doit donc utiliser un relais électro-magnétique très sensible, fonctionnant sous une tension peu élevée, et une faible intensité. Pour l’alimentation de la source de chaleur, on se sert, la plupart du temps, du courant de distribution du réseau.
- Un constructeur a établi récemment sur ces données, un relais
- Réseau continu ou alternatif
- Résistance de chauffage
- Thermomètre à mercure à contact
- Redresseur
- Condensateur de filtrage
- Relais à contact à l’ouverture
- Fig. 1. — Montage du « Servo-contact », thermostat sensible associé avec un relais et un thermomètre à mercure à contact.
- de précision, destiné à être associé à un thermomètre à mercure à contact, et fonctionnant aussi bien sur courant alternatif que sur courant continu, grâce à l’emploi d’un redresseur oxymétal monté en pont, de la manière habituelle. Le courant redressé passe dans un circuit de fdtrage et alimente le relais. La capacité de coupure est de 3 a sur le courant alternatif de 110 v, ou de 1 a sur le courant continu de 110 v. Pour des intensités supérieures, on intercale dans le circuit un relais supplémentaire.
- L’appareil est monté dans un boîtier de très petites dimensions qui renferme le relais proprement dit, le redresseur, les résistances et les capacités de liaison.
- La longueur du boîtier n’est que de 110 mm, la largeur de 55, et la hauteur de 35 mm.
- Sur une des faces se trouvent les bornes permettant de le relier au secteur, à la source calorifique et au thermomètre à contact.
- Ce relais peut, d’ailleurs, être utilisé pour d’autres applications et, d’une façon générale, servir de relais secondaire. Il peut être ainsi associé à un système bilame, à un relais à cadre mobile, à un relais de cellule photo-électrique à couche d’arrêt, etc.
- Etablissements Lefébure Solor, 5, rue Mazet, Paris (6e).
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- BOITE AUX LETTRES
- QUESTIONS ET REPONSES
- Atténuation de parasites radiophoniques produits par des appareils médicaux.
- Les parasites produits par les appareils médicaux sont de diverses catégories. Dans certains cas, on peut en éviter la naissance, mais, dans d’autres, il faut se contenter d’essayer d’en éviter la propagation ou d’en atténuer l’influence.
- Les petits appareils de massage, dits à « courants haute fréquence », ou les petits appareils producteurs de rayons ultra-violets, produisent des perturbations très violentes, malgré leurs faibles dimensions; leurs oscillations peuvent même se transmettre à des distances considérables par l’intermédiaire des lignes du réseau de distribution.
- Le meilleur moyen de lutte consiste généralement à disposer un filtre dans les câbles d’alimentation; bien entendu, le cordon de connexion ordinaire est remplacé, dans ce cas, par un cordon soigneusement blindé, et on peut même utiliser un blindage du manche de l’électrode, avec poignée métallique auxiliaire de compensation.
- Les bobines utilisées pour établir le filtre comportent généralement des enroulements de 300 à 400 spires en nid d’abeilles et les condensateurs ont une capacité de l’ordre de 2/1000 de microfarad. Le blindage métallique de la poignée de l’électrode est relié au filtre par une capacité de l’ordre de 2/1000 de microfarad.
- Les appareils à haute fréquence à éclateur sont encore plus gênants que les appareils plus récents à lampes à vide oscillatrices, émettant des oscillations haute fréquence de longueurs d’onde plus définies.
- Le procédé le plus général consiste à utiliser une cage de Faraday reliée à la terre, ce qui évite la radiation directe. De plus, tous les circuits d’alimentation pénétrant dans cette cage doivent être munis de filtres; il semble, d’ailleurs, qu’on puisse utiliser indifféremment de la toile métallique ou des plaques. L’installation peut évidemment devenir coûteuse si les salles de traitement sont de grandes dimensions
- Réponse à M. le docteur M..., à Paris.
- Construction d’une antenne antiparasite.
- Un point essentiel, pour une antenne anti-parasite, est de la disposer à une hauteur suffisante pour qu’elle se trouve au-dessus du niveau probable des perturbations. Dans certains cas particuliers, sa direction dans le plan horizontal peut également présenter une certaine importance lorsqu’il s’agit spécialement d’éliminer les perturbations provenant d’une direction déterminée.
- Ce n’est donc pas toujours la hauteur réelle de l’antenne au-dessus du sol qui importe, mais sa hauteur au-dessus du toit de la maison ou de l’immeuble, et la distance horizontale et verticale qui la sépare des conducteurs métalliques de toutes sortes et des lignes de distribution.
- Les antennes tubulaires, en corbeille, sphériques, ou en cage verticale, présentent l’avantage d’un montage plus facile et d’un encombrement plus réduit; elles sont moins sensibles, par suite de certaines de leurs caractéristiques, et de leur disposition verticale, au champ perturbateur; elles recueillent aussi moins d’énergie utile et, par conséquent, ne peuvent être utilisées qu’avec des appareils de réception suffisamment sensibles. Leurs propriétés sont, d’ailleurs, plus ou moins analogues, et leur choix dépend plutôt de considérations pratiques et de résistance mécanique.
- Dans le cas actuel, il semble utile, en tout cas, de placer votre antenne en l’isolant suffisamment, à l’extrémité d’un mât en bambou de 5 à 6 m de haut, en écartant ce mât d’au moins 1 m du mur.
- Les systèmes de descente d’antenne blindée avec transformateurs, élévateur et abaisseur de tension, constituent les dispositifs les plus satisfaisants à l’heure actuelle, en ayant soin de choisir pourtant des modèles permettant, au moyen de prises sur les bobinages, la réception d’une gamme de longueurs d’ondes assez-étendue.
- Vous pouvez consulter à ce sujet l’ouvrage : Les parasites en T. S. F. et leur élimination. Librairie Eyrolles, 61, boulevard Saint-Germain, Paris (5e). Réponse à M. Charpentier, à Bruxelles.
- Détartrage des radiateurs d’automobiles.
- La recette à utiliser pour le détartrage d’un radiateur d’automobile a déjà été indiquée dans nos chroniques d’Automobile Pratique.
- Rappelons qu’on peut empêcher la formation du tartre en mêlant
- à l’eau du radiateur des produits ramollissant le dépôt, tels que carbonate de soude, potasse, glycérine, etc. Un lavage à l’eau claire permet ensuite l’élimination.
- Pour une couche adhérente et épaisse, on peut laver le radiateur avec une solution de cristaux de soude, à raison de 1 kg pour 10 1 d’eau, ou une solution d’acide chlorhydrique à 5 pour 100, et on rince ensuite. L’opération est faite à chaud en faisant tourner le moteur au ralenti une dizaine de minutes.
- Réponse à M. Chauvel, à Évian.
- Enregistrement phonographique direct.
- Il existe maintenant des procédés pratiques pour l’enregistrement direct des disques de phonographe. On utilise généralement des disques à âme métallique recouverte d’une couche de nitrate de cellulose très homogène. L’enregistrement est effectué au moyen d’une aiguille burin en acier de taille spéciale, et la reproduction est également obtenue au moyen d'une aiguille en acier. Il n’y a pas besoin d’opération intermédiaire, et le disque enregistré peut servir immédiatement à la reproduction.
- Vous pouvez trouver, d’ailleurs, des indications sur cette question dans nos chroniques de Radiophonie pratique.
- Réponse à M. J. V..., à Paris.
- Atténuation des parasites pour récepteur sur courant continu.
- Les perturbations parasites sont souvent encore beaucoup plus gênantes avec un appareil alimenté par courant continu qu’avec un poste alimenté par courant alternatif. Tout d’abord, le récepteur sur courant continu ne possède pas de transformateur d’alimentation, organe qui doit constituer, lorsqu’il est bien étudié, un obstacle plus ou moins efficace à la transmission des oscillations perturbatrices.
- Lorsqu’il est difficile de déceler et de localiser les sources de perturbation, on ne peut avoir recours qu’à des procédés de protection indirecte, consistant en général dans l’emploi d’un filtre d’arrêt haute fréquence, intercalé dans les câbles d’alimentation du récepteur, et surtout dans l'adoption d’une antenne antiparasite bien étudiée.
- En tout cas, il est indispensable de renoncer à toute antenne de fortune, telle que canalisation de chauffage central ou de gaz, fil d’un réseau de distribution, etc., systèmes qui peuvent recueillir les signaux utiles, mais également trop de perturbations.
- Pour l’établissement d’une antenne anti-parasites et les données générales de sa construction ainsi que son choix, vous pouvez consulter l’ouvrage : Les parasites en T. S. F. et leur éliminalion. Eyrolles, éditeur, 61, boulevard Saint-Germain, Paris (5 e).
- Réponse à M. Doussau, à Paris.
- Construction d’une antenne.
- 1° La plupart des postes-secteur récents, et, en particulier, les appareils à changement de fréquence, ont une sensibilité très accentuée. Dans ces conditions, sauf pour la réception des émissions sur ondes très courtes, sur la gamme de 15 à 80 m environ, il n’est pas indispensable d’utiliser une antenne extérieure recueillant une grande quantité d’énergie utile; on peut fort bien se contenter d’une antenne intérieure ou même d’une antenne de fortune, canalisation de chauffage central ou fil d’un secteur d’un réseau de sonnerie, par exemple.
- Si l’on considère cependant, non plus l’intensité de l’audition et le nombre des émissions reçues, mais la qualité de la réception et surtout la question des perturbations parasites, il n’en est plus de même. Toutes les fois que l’on craint l’action des perturbations parasites sur le récepteur, il y a intérêt à adopter une antenne extérieure, aussi efficace que possible, de manière à augmenter le niveau de l’énergie utile par rapport à celui des parasites. Lorsque les perturbations parasites sont trop graves, il faut même adopter une antenne spéciale anti-parasites, comme il est indiqué précédemment.
- 2° En ce qui concerne l’installation d’une antenne, en général, vous pouvez consulter l’ouvrage : Comment choisir un poste de T. S. F. comment l’installer. (Dunod, éditeur.)
- Réponse à M. Dufour, à Nice.
- Le Gérant : G. Masson.
- 8oi5. — lmp. Lahure, rue de Plenrus, 9, à Paris. — 15-9-1936. —Published in France.
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- N° 2986
- LA NATURE
- LES ANIMAUX AUXILIAIRES DE LA CHASSE
- Aux premiers temps de l’humanité, avant que l’homme eut songé à cultiver la terre et à domestiquer des animaux pour leur chair, leur lait ou leurs œufs, il devait, pour se nourrir, récolter les baies, les racines et les champignons, dénicher des nids, tendre des pièges grossiers pour y faire tomber les animaux sauvages dont la chair assurait sa subsistance et la fourrure le protégeait contre le froid. Il suivait sans doute aussi les grands carnassiers pour recueillir les restes de leurs festins. Bref, avant d’être agriculteur et pasteur, il a été chasseur.
- Chez les peuples actuels qui n’ont guère évolué depuis l’état primitif, comme les Esquimaux, c’est toujours la chasse et la pêche qui subviennent aux besoins immédiats; d’autres produits leur servent de monnaie d’échange avec des plus civilisés pour se procurer un luxe relatif : tabac, alcool, parures, etc.
- A partir du moment où l’homme des cavernes, avec des pierres, des arêtes, des os, a su fabriquer des flèches, des lances, des haches, des hameçons,de simple piègeur il est devenu chasseur et la poursuite du gibier, tout en restant le premier des besoins, est devenue le premier des sports. Il y goûtait assurément des émotions profondes, qui ont développé chez lui les premières vibrations artistiques, puisque les seules manifestations d’art ou presque, que nous découvrons dans les grottes, sont celles d’un art animalier qui d’emblée s’est élevé à une maîtrise remarquable.
- LE CHEVAL
- Au milieu des bisons, des rennes, des mammouths, le cheval tient une place considérable. La plus noble conquête de l’homme a certes été désirée longtemps, avant d’avoir été réalisée d’une manière courante. Cet animal vigoureux, rejoignant à la course tous les autres habitants de la steppe, devait exercer sur l’homme primitif, une vraie fascination. Il savait qu’une fois l’entente réalisée entre lui et une monture aussi rapide, il serait le roi de l’univers, attaquant ou fuyant à son gré. Tous ceux, en effet, qui connaissent le caractère rebelle du cheval de Prjevalsky, dont le type s’est conservé jusqu’à nos jours aussi pur qu’à l’époque moustérienne, à l’instar du bison et du renne, se demandent comment nos ancêtres
- ont eu le courage d’aborder ce terrible animal, qui dans les parcs et les « zoos » actuels, est réputé comme l’animal le plus dangereux pour ses gardiens, toujours prêt à mordre et à frapper. Il est cependant incontestable que le premier « hunter » appartenait à cette espèce (fig. 1).
- Nous le retrouvons encore à l’état de pureté, avec sa grosse tête, chargée de ganache, sa crinière dressée, son pelage fauve, au museau et au ventre blanc, ses membres rayés et sa croix sur le dos, dans les excellents poneys norvégiens, aussi doux et charmants que leurs ancêtres étaient rétifs. Nous le retrouvons aussi plus allégé dans
- sa forme par des croisements divers, dans bien des mustangs de l’Amérique du Nord. Ceux qui pendant la guerre ont été chargés du dressage de ces animaux d’outre-Atlantique, ont pu se rendre compte que beaucoup d’entre eux avaient conservé le moral de leurs aïeux.
- Bref, depuis la « noble conquête », le cheval a été et continue d’être l’auxiliaire du chasseur. C’est grâce à lui que s’est constitué et que subsiste encore l’art de la vénerie, le sport le plus noble entre tous, cosa mayor, comme disent les Espagnols. Le cheval a été aussi l’aide indispensable de la fauconnerie; et cette hérédité de la chasse, plus encore que celle de la guerre, se transmet encore dans le subconscient de n’importe quel individu de l’espèce. Mettez un cheval, qui n’a jamais chassé, en présence d’une meute, faites-lui entendre la trompe; vous verrez le « bourrin » le plus pacifique dresser la queue et les oreilles. En un rien de temps ses habitudes ancestrales lui reviennent, il comprend et se passionne. Si vous perdez la chasse, laissez-le faire, il vous ramènera tout seul. Il est là dans son véritable élément.
- LE CHIEN
- En même temps que l’homme a annexé le cheval, il a dû, parmi les animaux carnassiers moins farouches qui s’approchaient de son foyer pour y récolter quelques restes, choisir un autre auxiliaire intelligent pour l’aider à s’emparer des animaux qu’il voulait poursuivre et réduire par la vitesse. Voyant les bandes de loups et de chiens sauvages arriver pour leur compte à pareille
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- Fig. 2. — Loup a l'a]fût.
- réussite, il a élevé leurs petits, pris au « liteau », les a apprivoisés et dressés.
- Quelle a été la première espèce, parmi les canidés, choisie pour constituer la première meute, en attendant que sa fidélité éprouvée en fît la gardienne du champ et du troupeau? Il est peu probable que ce soit le loup, plus farouche, préférant l’affût solitaire et donnant peu de voix (fîg. 2). Sans doute, grâce à sa facilité d’éventer à distance, de se coucher et de rester immobile après une lente approche pour s’emparer du gibier fasciné, nous le verrons entrer plus tard comme élément de croisement pour produire les premiers limiers et les premiers chiens d’Oysel, ancêtres de nos chiens d’arrêt.
- Les espèces qui ont formé les premières meutes ont dû être le chien des tourbières, les chiens sauvages qu’on trouve encore chassant en groupe en Inde, au Pamir, en Abyssinie, en Egypte et que les naturalistes appellent dholes, buansus, etc. Ils ont été d’abord sélectionnés dans le type du lévrier à oreilles droites, ainsi qu’en témoignent les plus anciens documents qui les représentent. Plus tard, on a évolué, pour le combat avec les ours et les grands carnassiers, vers le type des dogues de l’Epire et des molosses.
- A quel moment a-t-on créé le type du chien courant multicolore, à oreilles tombantes, poursuivant cerf et sanglier à la piste et donnant de la voix ? La tradition veut que saint Louis ait rapporté des Croisades des chiens à longues oreilles, à poil long, parfaits pour la chasse à courre (fig. 3). Ces chiens croisés avec l’ancienne race de Saint-Hubert, ayant la face large des molosses, avec des oreilles tombantes (fig. 4), auraient servi de souche à tous nos chiens d’équipage actuels.
- Les chiens rapportés par saint Louis ont été retrouvés depuis; et il semble infiniment probable qu’il s’agissait du superbe animal très ancien dans son pays d’origine, qu’on appelle le lévrier de Perse ou le chien d’Afghanistan; chien à oreilles très longues et très tombantes, au nez fin, à la course rapide.
- Un autre type de chien a commencé à être introduit en Italie et en Europe centrale dès l’époque romaine, sans doute d’abord par les Carthaginois, plus tard par les Maures d’Espagne. C’est un chien à poil ras, qui au lieu d’être fauve était tacheté de grandes taches noires et rouges ou moucheté des mêmes teintes sur fond blanc, coloration que l’on retrouve chez beaucoup de nos chiens d’arrêt, chez les dogues allemands, chez les lévriers ou charnings majorquais, chez nos chiens d’équipage actuels, poitevins, saintongeois et surtout gascons. Parmi ces chiens tachetés, certaines races ont les oreilles droites, d’autres les ont tombantes. Il ne faut pas attacher trop d’importance à ce dernier signe, le développement de l’oreille et la mollesse de son attache supérieure sont un résultat de la domestication : témoin le sanglier et les cochons domestiques.
- Quoi qu’il en soit, ces chiens étaient des pisteurs, aimant à chasser en meute, en donnant beaucoup de voix. Croisés avec des descendants de loups dont la tendance à s’approcher du gibier en rampant était utilisée pour prendre les oiseaux au filet, ils ont formé les races de chiens d’arrêt, braques et épagneuls (fig. 5) ou chiens espagnols. Il semble évident que la couleur bigarrée et la tendance à chasser en groupe ont été le résultat d’un croisement des descendants des chiens sauvages d’Asie avec le curieux canidé encore très répandu en Afrique australe, que l’on appelle cynhyène ou Lycaon pictus (fig. 6). Ces animaux chassent toujours en meute, en faisant entendre des aboiements prolongés, exactement comme nos équipages français, ils s’emparent, en les forçant, des plus grandes antilopes et même de carnassiers redoutables comme le lion. Leur forme générale, leur tête puissante, leur fouet peu fourni, sont évoqués par les types de chiens courants représentés par G. Phœbus et du Fouilloux; seules les oreilles diffèrent.
- LE GUÉPARD
- Plus tard, l’homme recruta parmi la race féline un excellent auxiliaire pour la chasse : le guépard. Malgré son aspect féroce et peu rassurant, ce félidé est en réalité d’un caractère assez doux et docile. Sans parler des jeunes guépards, un guépard adulte s’apprivoise très facilement.
- D’ailleurs, ce sont les guépards capturés adultes qui sont les meilleurs chasseurs et non ceux qui ont été élevés par l’homme. On a prétendu que le guépard serait un résultat d’hybridation entre un félidé et un canidé : sa conformation ressemble, en effet, sous un certain angle, à celle d’un lévrier. Il a des membres longs et relativement grêles et ses griffes ne sont pas rétractiles. Disons simplement qu’il s’agit d’un type de transition entre les félins et les canidés.
- Le guépard est un coureur extrêmement
- Fig. 3 à 5. —A gauche : Chien gris de Saint-Louis. — Au centre : Chien de Saint-Hubert. —• A droite : Chien d’Oysel (braque espagnol et épagneul).
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- Fig. G. — Gnou poursuivi par une bande de cgnlujènes.
- rapide qui galupe par bonds très étendus et rejoint facilement une antilope ou une gazelle sur une distance de quelques centaines de mètres (fig. 7). Toutefois il ne possède aucun fond. Un homme à cheval peut forcer dans une plaine, sur une distance de quelques kilomètres, un guépard adulte, qui se laisse docilement capturer.
- Sa façon de chasser est remarquable. Il peut s’approcher tout doucement de la proie en rampant sur le sol, comme un chat. D’instinct il effectue son approche contre le vent pour que sa proie ne puisse l’éventer. Contrairement aux autres félidés, qui tuent leur proie en la saisissant à la nuque, le guépard la saisit à la gorge, pour pouvoir boire le sang chaud dont il est très friand. Un guépard dressé, après avoir égorgé la bête qu’il a forcée, attend l’arrivée de son maître, qui recueille le sang dans un récipient en cuir et le lui donne. Sa vue est très perçante et pour qu’il reste calme jusqu’au moment voulu, on le mène à la chasse, les yeux bandés, dans une petite charrette spéciale, ou quelquefois sur un cheval en croupe. Dès que le gibier commence à témoigner des signes d’inquiétude on lui enlève son bandeau, on lui montre sa proie et on le laisse faire appel à tout son art.
- Il nous est impossible d’établir l’époque à laquelle le premier guépard fut employé à la chasse par l’homme, mais il faut placer cette époque, à notre avis, après la domestication du cheval, étant donné le mode de transport du guépard, dans une petite charrette ou en croupe. Nous savons seulement que le guépard a été déjà employé pour la chasse par les anciens Egyptiens, par les anciens Hindous et surtout en Perse où de nos jours il est encore un auxiliaire de luxe du sport cynégétique. Il fut introduit en Europe par les Italiens et nous le trouvons en France sous le nom de Liépard à côté des meutes de Louis XI, de François Ier, etc.
- L’ELÉPHANT
- Les documents sur l’emploi de l’éléphant pour la chasse remontent au commencement de la période historique. Sans son emploi, même à notre époque, avec les armes à feu perfectionnées, la chasse au tigre aux Indes serait à peu près impraticable et, en tout cas, infiniment dangereuse. Dans une jungle, où la hauteur des herbes denses dépasse celle d’un homme, un chasseur ne peut voir clair et se trouve trop exposé. En employant l’éléphant comme monture, le chasseur non seulement peut apercevoir d’assez loin un tigre et le tirer, mais il se trouve protégé contre l’attaque possible d’une bête blessée (fig. 8). Si un tigre blessé essaye parfois d’atteindre l’homme en sautant sur la tête de l’éléphant, il trouve devant lui, non seulement le chasseur avec ses armes, mais l’éléphant lui-même. Ce dernier, en cas d’attaque,
- Fig. 7. — Guépard poursuivant une gazelle.
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- Fig. S. — Eléphants à la chasse au tigre.
- attrape le tigre et le projette au loin avec sa trompe ou l’écrase avec ses pieds.
- L’éléphant manifeste quelquefois un certain nervosisme devant le tigre, mais infiniment moins que devant un sanglier. Le sanglier de l’Inde (boar) est un vrai fou furieux qui se rue sur tous les êtres vivants qu’il aperçoit, sans se préoccuper de leur taille ni de leur nombre. Un sanglier peut occasionner aux pieds de l’éléphant des blessures sérieuses. Bien entendu, un chasseur sur le dos d’un éléphant est directement à l’abri d’un sanglier; cependant, comme l’éléphant, à la vue d’un solitaire, témoigne une grande nervosité, le tir devient difficile, et le chasseur risque même de perdre l’équilibre et de tomber.
- Fig. 9. — Furet et lapin.
- AUTRES MAMMIFÈRES
- Evidemment, un certain nombre d’autres animaux ont été utilisés de temps à autre pour aider l’homme à s’emparer du gibier. Certains sont arrivés à dresser des loutres à la capture du poisson et de quelques oiseaux d’eau comme les poules d’eau. Dans maint pays de marais découverts où s’abattent des bandes d’oies, de pluviers et de vanneaux inabordables par d’autres moyens, mettant à profit la confiance des oiseaux vis-à-vis des animaux domestiques qui pâturent dans les marais, les chasseurs s’abritent derrière une vieille vache ou un vieux cheval qu’on fait marcher doucement vers les bandes de migrateurs, que l’on arrive ainsi à approcher à portée de fusil.
- Il faut mentionner aussi 1’ « auxiliaire malgré lui », la chèvre, le porc ou la génisse que l’on attache à un piquet et dont les plaintes apeurées attirent le grand fauve au pied de l’arbre où le chasseur a établi son affût nocturne.
- Il nous reste à signaler, parmi les quadrupèdes, l’auxiliaire indispensable à la chasse et à la destruction de notre gibier le plus répandu, dont la surabondance devient quelquefois un fléau. Ce modeste serviteur, c’est le furet (fig. 9) — avec lequel tout braconnier peut se procurer sans bruit une gibelotte —, qui fait débouler les lapins tapis au fond des garennes, soit qu’on les tire à la sortie, soit qu’on les mette simplement dehors, en bouchant ensuite les trous, pour fournir le lendemain l’occasion de faire passer en battue devant les tireurs de nombreux petits derrières blancs. Le furet reste une énigme d’histoire naturelle : on ne le connaît nulle part à l’état sauvage. On sait qu’il existait domestiqué, dès le début de
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- la période historique; mais qu’il soit blanc ou soi-disant « putoisé », le furet se différencie totalement des martres, putois, etc., avec lesquels aucun croisement n’a pu être obtenu.
- L’OISEAU
- Les oiseaux de l’ordre des rapaces ont été employés depuis l’antiquité pour la chasse. Les faucons de diverses espèces : le pèlerin, le lanier, l’émerillon, le gerfaut, le hobereau, et même l’autour et l’aigle, ont donné pendant plusieurs siècles les splendides émotions de la « haute et de la basse volerie ». L’art de la fauconnerie consistait, non à leur apprendre à chasser — tous ont ce don naturel —- mais à leur apprendre à revenir sur le poing de leur maître, protégé contre leurs griffes acérées par des gants en cuir épais. La patte était retenue par une entrave dont une extrémité est fixée comme un bracelet autour de la main et l’autre saisie entre le pouce et l’index. L’oiseau était chapeauté d’une espèce de bonnet dit chaperon, qui ne lui permettait pas de voir, afin qu’il ne s’élançât pas contre une proie sans intérêt ou qu’il ne partît pas dans une direction défavorable pour la poursuite à cheval, telle une forêt épaisse ou une rivière large et profonde. Pour lâcher le faucon, le chasseur lui ôte son chaperon, lui fait voir la proie en soulevant avec sa main gauche et lâche l’entrave. Le fauconnier doit notamment habituer l’oiseau à distinguer son costume de loin, car le sens le plus développé chez les rapaces est leur vue perçante. Les fauconniers d’antan portaient à cet effet des costumes de couleurs voyantes, se détachant bien sur le paysage.
- La fauconnerie a été considérée comme la plus noble des chasses, aussi était-elle réservée aux rois et à la noblesse. Le droit de fauconnerie était un droit féodal. La « basse volerie » ou « autourserie » était pratiquée par les petits gentilshommes qui « volaient » surtout lapins, cailles, perdrix. La « haute volerie » donnait de plus belles émotions, le faucon étant dressé à attaquer des oiseaux volant haut et vite : cygne, oie sauvage, canard, milan, corneille, héron, grue. Le tournoi était surtout splendide lorsque le faucon volait ou un grand rapace comme le milan ou une grue et surtout un héron. Cet échassier avait une fort belle défense. Après être monté très haut, lorsque le faucon tombait sur lui comme un bolide, le héron se retournait ventre en l’air, et recevait son agresseur par une détente brusque de son bec pointu comme une dague. II arrivait souvent qu’un faucon imprudent fût tué de cette façon, sa poitrine étant ouverte d’un seul coup de ce bec acéré. Si le faucon pouvait parer le coup, l’ascension recommençait, puis la descente et ainsi de suite jusqu’à la prise. C’est pendant de telles poursuites que les faucons pouvaient se laisser entraîner au loin et s’égarer.
- Les bons faucons et les gerfauts avaient une valeur considérable. On prétend que le sultan Bajazet ne consentit à relâcher des chevaliers chrétiens faits prisonniers après la bataille de Nicopolis, en 1396, que contre douze gerfauts d’Islande, que le duc de Bourgogne lui livra.
- Pour exercer la fauconnerie il faut de vastes espaces
- Fig. 10. — Canards appelants.
- et un train d’équipage entraînant de gros frais; aussi ce sport, si pittoresque, ne se pratique presque plus en Europe; il reste encore plaisir princier dans quelques pays d’Orient.
- Une autre utilisation des oiseaux pour la chasse est celle d’ «appelants». Les chasseurs de marais, pour faire tomber les canards sauvages de toute espèce devant leur hutte, utilisent des canards et surtout des canes « colverts » que l'on « pique » dans un ordre que la pratique a consacré, dans la mare artificielle où viendront se faire tuer les congénères sauvages, attirés par les cris engageants des canards domestiqués (fig. 10).
- Fig. 11. — Cormoran.
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- Fig. 12, 13, 14. — De gauche à droite : Grand-duc, faucon pèlerin, gerfaut.
- Dans les forêts de pins des Landes, on utilise de même les palombes ou pigeons ramiers, apprivoisés ou rendus aveugles, pour faire tomber dans des filets les palombes sauvages.
- Les braconniers se servent aussi de perdrix femelles, dites « chanterelles », pour amener au printemps les mâles à portée du coup de fusil. Cette chasse, interdite en France, était pratiquée en Espagne il n’y a pas encore très longtemps pendant les mois d’avril et de mai. On voyait, aux environs de Grenade et de Ronda, les chasseurs partir de grand matin avec la chanterelle dans sa cage et de tous côtés l’on entendait avec le rappel des perdrix, une fusillade nourrie.
- Les oiseleurs utilisaient autrefois l’aversion de tous les petits oiseaux vis-à-vis des chouettes et des hiboux pour tendre au voisinage d’un chat-huant ou d’un moven-duc des « gluaux » qui retenaient les petits imprudents. C’est ce qu’on appelait la chasse « à la pipée ». Actuellement cette chasse est prohibée, mais on utilise un autre oiseau de proie nocturne, le « grand-duc » pour attirer les pies, les corbeaux et tous les rapaces diurnes qui se précipitent de tous les coins de l’horizon sur ce hibou. Si l’on est bien dissimulé, on peut, à certains jours, faire au fusil une véritable hécatombe d’oiseaux nuisibles : busards, faucons, pics et corbeaux.
- Pour finir enfin, rappelons que les Chinois emploient les cormorans pour la capture du poisson (ûg. 11). Ces oiseaux, grâce à leur gosier très dilatable, peuvent engloutir d’assez gros poissons. Pour empêcher le cormoran d’avaler sa capture on lui passe autour du cou un anneau. Aussi s’habitue-t-il à revenir près de son maître pour dégorger sa proie et replonger à nouveau. Lorsque la récolte est jugée suffisante, on lui retire son collier et on lui donne sa part de festin. W. N. Kazeeff.
- Les illustrations de cet article sont des compositions du Dr J. OberthiXr.
- = EVOLUTION DU MOTEUR D’AUTOMOBILE =
- .Les caractéristiques essentielles de l’évolution des moteurs d’automobile depuis la fin de la guerre sont l'augmentation constante de leur rendement et de leur puissance spécifique en même temps qu’un magnifique effort d’abaissement des prix de revient réalisé sans nuire à la sécurité de fonctionnement et à la durée.
- En somme, pour un prix qui, en valeur absolue, a diminué, les constructeurs ont mis entre les mains des usagers des engins de qualité constamment croissante.
- Les formules fiscales utilisées dans presque tous les pays d’Europe, en calculant les impôts en fonction de la cylindrée, ont rendu de grands services. Elles ont contraint les ingénieurs à utiliser au mieux la matière, pour tirer d’une cylindrée aussi petite que possible le maximum de chevaux. Ceci a été obtenu, essentiellement, en augmentant les vitesses de rotation et les (aux de compression. Ce ne fut possible qu’au prix de maints progrès partiels dont l’ensemble constitue précisément l’évolution du moteur.
- Nous reviendrons plus loin sur les questions de rendement et nous verrons qu’il est fort discutable que le moteur le plus souhaitable, actuellement, doive tourner très vite, mais il n’est pas douteux qu’il doit profiter de tous les avantages des moteurs à grande vitesse de rotation.
- LA VITESSE DE ROTATION
- A la fin de la guerre, les moteurs d’automobile n’étaient presque jamais employés au-dessus de 1800 tours; nous traitons uniquement, ici, les moteurs dits « de série » et non pas ceux des voitures de course ou même de sport. Actuellement, en France, en Angleterre, en Italie, il est fréquent que les 4000 tours soient dépassés et même en Amérique où les moteurs de petite cylindrée sont inconnus, on commence à se rapprocher de cette vitesse.
- Pour augmenter les vitesses de rotation, il était nécessaire :
- 1° d’employer des équipages piston-bielle aussi légers que possible ;
- 2° d’équilibrer les moteurs;
- 3° d’assurer un remplissage satisfaisant des cylindres. Naturellement les résistances dues au frottement devaient être réduites au minimum.
- LES PISTONS EN ALUMINIUM
- Le plus grand progrès en matière d’allégement fut l’emploi, actuellement généralisé, de l’aluminium pour la fabrication des pistons. Mais cet emploi n’est arrivé à la perfection relative actuelle qu’après une longue expérience. Les phénomènes de dilatation conduisirent à des formes très particulières pour permettre un montage sans jeu excessif à froid tout en tolérant les dilatations. Les pistons fendus, notamment, constituent une solution tout à fait extraordinaire, puisque le piston doit, par ailleurs, avoir une rigidité aussi grande que possible et néanmoins excellente. Il en existe d’ailleurs d’autres, par exemple l’utilisation d’une armature en métal à faible dilatation. Même des pistons non fendus et en alliage ordinaire ont pu donner satisfaction. Mais tous doivent être de forme adaptée au moteur, c’est-à-dire que leur section peut n’être pas circulaire, mais elliptique — que l’épaisseur du fond et des parois doit être en chaque point la plus faible compatible avec la solidité et avec l’écoulement de la chaleur, que la segmentation doit être bien établie. Surtout, il faut que la précision de la fabrication, en ce* qui concerne le diamètre et la forme extérieure du piston, l’alésage des paliers de l’axe, les logements des segments et les segments eux-mêmes, soit quasi parfaite, les tolérances étant de l’ordre du centième de millimètre. Donc progrès dans l’adaptation du piston à ses fonctions, mais surtout qualité très grande de la fabrication.
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- L’ÉQUILIBRAGE
- L’étude de l’équilibrage des moteurs a été poussée très loin. Les ingénieurs savent calculer et réaliser des vilebrequins n’ayant que peu de vibrations — nous n’osons pas encore dire pas du tout.— En dehors d’un progrès dans les études, un pas considérable a été accompli par l’emploi généralisé des machines à équilibrer, utilisées dans toutes les usines. En ce qui concerne les vibrations de torsion, on a employé des « dampers » ou amortisseurs de vibrations fort efficaces. Enfin je pense qu’il faut considérer comme un progrès énorme la généralisation du montage élastique des moteurs, c’est-à-dire qu’au lieu de les fixer rigidement sur les cadres, ils sont maintenant montés sur des supports élastiques de manière que les vibrations qui subsistent ne soient pas transmises au châssis, c’est-à-dire ne soient plus perçues par les passagers.
- Remarquons qu’un équilibrage satisfaisant n’est possible que grâce à des équipages mobiles légers, réduisant au minimum les forces d’inertie : La première condition que nous avons énoncée est donc essentiellement une conséquence de l’équilibrage.
- LE REMPLISSAGE
- L’amélioration du remplissage est un problème complexe. Dessiner les tuyauteries les mieux adaptées, utiliser des soupapes assez grandes équipées de ressorts ne vibrant pas, dessiner et usiner des cames convenables n’est pas une grosse difficulté pour nos ingénieurs. Mais tout cela serait vain si les formes des chambres de combustion des moteurs n’avaient pas évolué de manière non seulement à favoriser le remplissage, mais encore la bonne utilisation du mélange combustible introduit, et si l’automaticité des carburateurs n’avait été améliorée pour fournir en toutes circonstances un mélange bien préparé et bien dosé.
- LE TAUX DE COMPRESSION
- Ici, le problème de la puissance spécifique (puissance par litre de cylindrée) élevée se confond avec celui du haut rendement.
- Le rendement d’un moteur est, par définition, le rapport de l’énergie qu’il fournit à celle qui lui est donnée sous forme de calories contenues dans l’essence. Il est le produit de deux rendements partiels, le rendement thermique et le rendement mécanique. Pour que le rendement thermique soit élevé, il faut que le combustible introduit dans la chambre d’explosion soit utilisé au mieux, ce qui suppose d’abord et avant tout un taux de compression élevé, et ensuite une combustion complète et bien contrôlée.
- Or les moteurs de 1920 avaient couramment des taux de compression inférieurs à 4,5 tandis que les moteurs actuels ont des taux voisins de 6. Ce progrès énorme, augmentant à la fois le rendement et la puissance d’un moteur, n’a été possible que par l’amélioration du dessin des chambres.
- Le moteur de 1920 avait une culasse en T, c’est-à-dire soupapes d’admission et d’échappement respectivement disposées de part et d’autre du cylindre dans des chapelles. On disposa d’abord les deux soupapes côte à côte dans une même chapelle, ce qui simplifia la chambre et permit de supprimer un arbre à cames. Sous l’impulsion de grands ingénieurs tels que Ricardo, Whatmough, Janeway, etc., on contrôla peu à peu l’influence de toutes les formes, de tous les détails, y compris la position de la bougie, le refroidissement des parois, la turbulence du mélange pour permettre les formes actuelles tolérant de fortes compressions sans dureté du moteur, et bien entendu sans les phénomènes de détonation qui limitent toujours les taux maximums.
- Incidemment il est bon de signale]' la part qui revient —
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- ou peut revenir — au carburant dans la recherche des compressions élevées. On sait maintenant qu’un carburant donné a une aptitude bien déterminée à la détonation, aptitude mesurable et représentée par un nombre qui est l’indice d’octane du carburant. Plus cet indice est élevé et plus le carburant résiste à la détonation, c’est-à-dire plus il permet une compression élevée.
- Les carburants actuels de tourisme ont un indice d’octane de 60; les supercarburants, de 75; certaines essences d’aviation couramment utilisées en France, de 85; en Amérique, de 92. De nouveaux progrès dans le rendement et la puissance des moteurs seront réalisés, lorsque la technique du raffinage des pétroles bruts aura elle-même fait de nouveaux progrès.
- Actuellement, l’emploi de métaux autres que la fonte pour la fabrication des culasses permet une nouvelle augmentation du taux de compression. Des résultats excellents ont été obtenus avec l’aluminium, puisque Ford par exemple équipe depuis trois ans toutes ses voitures de culasses en aluminium. On envisage l’emploi du cuivre et il semble que de nouvelles améliorations soient possibles par un polissage parfait, qui pourrait n’être constitué que par un dépôt électrolytique en métal choisi.
- Pour permettre les compressions élevées, les bougies d’allumage ont dû être améliorées, devenir assez froides pour ne pas rallumer dans les conditions les plus sévères, et assez chaudes pour ne pas s’encrasser à faible allure.
- Nous n’avons parlé plus haut que des culasses de moteurs à soupapes latérales. Mais les soupapes en dessus, qui permettent des chambres de compression plus compactes, se remplissant mieux, sont de plus en plus réalisées par nos constructeurs. Elles permettent une amélioration certaine de la puissance et du rendement, compensée toutefois par la difficulté d’obtenir un fonctionnement régulier à petite allure, quelle que soit la température, en raison de la turbulence relativement faible réalisée dans des chambres compactes.
- Il paraît d’autre part absolument certain que les soupapes en dessus réduisent considérablement les phénomènes de distorsion si fréquents dans les moteurs à soupapes latérales et qui sont la cause de beaucoup d’usures anormales inexpliquées.
- LE CARBURATEUR
- La carburation, que l’on ne peut séparer de l’industrie du moteur, a fait également de sérieux progrès. Les chiffres limites de consommation des moteurs au banc n’ont pas été beaucoup diminués, et même souvent ne l’ont pas été, puisque le moteur d’automobile ne tombe guère au-dessous de 230 cgr cheval-heure dans les conditions les plus favorables. Mais l’automaticité des carburateurs est beaucoup mieux adaptée au fonctionnement des moteurs, permettant à la richesse du mélange de varier selon les conditions d’utilisation — tout en conservant un fonctionnement d’une sécurité absolue. II est vrai qu’un carburateur moderne comporte couramment un dispositif spécial pour le départ et la mise en action, un autre pour le ralenti, un troisième pour la marche normale, un quatrième pour la marche à pleine puissance, et un cinquième pour les reprises.
- On ne saurait séparer du carburateur le collecteur d’admission, puisque le mélange combustible est préparé non seulement au niveau du carburateur, mais aussi dans le collecteur, lequel doit être convenablement réchauffé en des points, ou en un point choisi, et surtout dessiné pour permettre une parfaite répartition du mélange entre les divers cylindres.
- LA VITESSE DE ROTATION DU MOTEUR ET LE RENDEMENT
- Plus haut, nous mettions en doute l’opportunité de faire tourner les moteurs très vite. Effectivement, l’expérience prouve
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- que la consommation d’une voiture, dans les conditions où elle est généralement utilisée, est d’autant plus faible que la démultiplication est plus petite, c’est-à-dire que, pour une vitesse déterminée le moteur tourne moins vite. Ceci explique la tendance actuelle de la construction américaine à l’emploi de l’over-drive ou vitesse surmultipliée, généralement mise en prise automatiquement dès que la vitesse de .la voiture atteint 60 km/h environ. D’ailleurs, depuis la suppression de la formule fiscale pour l’imposition des voitures, en France, plusieurs constructeurs — et leurs clients — ont pu constater qu’en augmentant la cylindrée du moteur, on réduisait la consommation moyenne des voitures. La technique sur ce point n’est pas encore bien établie, et l’on ne saurait, évidemment, augmenter outre mesure la cylindrée. Nous croyons que, avec les moteurs actuels, la solution la plus économique consiste à équiper une voiture d’un moteur qui ne soit jamais employé au-dessus de 3200 à 3500 tours, et qui ne fournira pas plus de 23 ou 24 chevaux au litre de cylindrée. Cette technique, parfaitement compatible avec un équilibrage parfait et un allégement aussi grand que possible des équipages mobiles, permet de conserver des soupapes et des tuyauteries d’admission de dimension relativement faible, augmentant dépression et turbulence, qui facilitent la préparation physique (homogénéité, vaporisation) du mélange combustible.
- L’intérêt de cette limitation volontaire des qualités possibles du moteur s’explique uniquement parle fait que l’usager moyen ne demande en moyenne à son moteur qu’une très faible partie de la puissance disponible. Il est évident qu’un moteur à très grande vitesse — donc de cylindrée plus faible — serait préférable au point de vue consommation si le conducteur utilisait au mieux une gamme de démultiplications bien choisie.
- LE GRAISSAGE
- La technique du graissage a également fait de gros progrès. Le graissage par barbotage est à peu près universellement remplacé par le graissage sous pression, fonctionnant d’ailleurs à des pressions relativement faibles puisqu’elles n’excèdent souvent pas 1 à 2 kg. à chaud. Un dimensionnement judicieux des surfaces à graisser, une étude et une réalisation parfaites de la segmentation pour défendre les cylindres contre la remontée d’huile, un resserrement des jeux susceptibles de déterminer des pertes de charge (jeu latéral ou diamétral des bielles, jeu diamétral des portées de vilebrequin), la réalisation de dispositifs eiïicaces de retour d’huile sont maintenant dans le domaine commun. On emploie des huiles beaucoup plus fluides, permettant des rendements mécaniques plus élevés et sans doute fera-t-on prochainement de nouveaux progrès lorsque l’adhésivité et l’onctuosité des lubrifiants seront mieux déterminées.
- Signalons, en passant, que les causes d’usure des moteurs sont mieux connues. Il est nécessaire de savoir que l’usure ne se fait pas seulement par frottement — ou abrasion — mais aussi et surtout par corrosion, c’est-à-dire par attaque chimique des parois sous l’influence de produits secondaires de la combustion, et surtout des mauvaises combustions. Autrement dit, il est nécessaire d’assurer une combustion aussi parfaite que possible, par le choix du carburant et surtout la mise au point parfaite de son emploi : réglage du carburateur et avance à l’allumage. On ne peut sans inconvénients parfois graves changer de carburant sans modification de la mise au point. Signalons encore que le « gommage » des segments est une cause importante d’usure, et qu’il est dû lui aussi, en grande partie, à la qualité de l’huile et de l’essence employées et à la qualité de la combustion, tout en restant en rapports étroits avec les températures locales, c’est-à-dire
- avec l’écoulement de la chaleur au travers du piston et, par suite, au travers des segments et des parois du cylindre.
- PROBLÈMES DE CONSTRUCTION
- La technique d’étude et de fabrication du moteur a également subi une évolution considérable au cours des quinze dernières années. Après la guerre, presque tous les moteurs étaient à culasse non rapportée et à cylindres séparés. On a vu se généraliser les moteurs dans lesquels le demi-carter supérieur et les cylindres étaient coulés en un seul bloc, avec culasse rapportée, et le demi-carter inférieur réduit à une tôle mince pour assurer l’étanchéité. Mais la fonderie de ces blocs compliqués ne va pas sans difficultés. En particulier il est utile sinon nécessaire que les cylindres et surtout les sièges de soupapes soient extrêmement résistants, ce qui conduirait à employer des fontes spéciales, chères, plus ou moins faciles à couler, et parfois encore insuffisantes pour les sièges de soupapes. On a donc vu se développer avec rapidité l’usage des sièges rapportés, en acier rapide. On a vu également se développer l’usage du chemisage et nous croyons que la solution Citroën, qui consiste à rapporter dans un bloc en fonte de qualité quelconque des cylindres en matière choisie, reposant sur des appuis parfaitement usinés, est particulièrement heureuse, sans être naturellement aussi économique que le système monobloc classique où l’ensemble cylindres et demi-carter supérieur est venu de fonte en un bloc unique.
- Une qualité de plus en plus indispensable aux bâtis des moteurs est la rigidité. Ceci est à peu près évident a priori et l’on ne peut guère imaginer que l’on cherche à équilibrer de façon parfaite les pièces mobiles du moteur, si le bâti manque de rigidité. Mais l’emploi des hautes compressions a montré que la « rudesse » d’un moteur (roughness) était très' souvent due à une rigidité insuffisante. Il suffit pour l’obtenir d’un emploi judicieux de la matière, avec nervures heureusement disposées. Ceci encore commence à entrer dans le domaine commun.
- On commence d’autre part à se préoccuper sérieusement du phénomène de la distorsion, c’est-à-dire de la déformation des alésages, à chaud, sous l’influence des inégalités de dilatation. On conçoit aisément que dans un moteur à chapelles latérales par exemple, la portion de l’alésage la plus voisine de la soupape d’échappement soit plus facilement chaude que les autres. Il en peut résulter des renflements de plusieurs centièmes de millimètre, donc bien supérieurs aux tolérances permises. Il s’ensuit des tensions internes qui expliquent en général les frisures qui, sur certains moteurs, se produisent entre siège d’échappement et alésage.
- Il y aurait beaucoup à dire du problème du refroidissement. Le thermosiphon est à peu près disparu et à notre avis n’est guère défendable. S’il économise la pompe à eau, il entraîne l’emploi de radiateurs beaucoup plus importants, moins perméables à l’air et en tout cas nettement plus chers, de sorte qu’il n’est pas du tout une économie. D’autre part, il ne permet pas la turbulence intense nécessaire pour refroidir efficacement les points les plus chauds du moteur, de sorte que, généralement, il n’autorise pas l’emploi des compressions possibles avec une bonne circulation par pompe. Une circulation effective en tous les points d’un bloc à soupapes latérales et à forte compression reste un problème délicat.
- Je ne pense pas que, au point de vue des matériaux employés, l’évolution ait été énorme. Ceux que l’on utilise ne sont pas plus chers — ni souvent plus spéciaux — que ceux qui étaient en usage en 1920, mais ils sont mieux adaptés. Les fontes des cylindres seront sans doute bientôt toutes austénitiques, pour mieux résister à la corrosion. La cémentation des vilebrequins n’est plus jamais employée : un bon acier dur ou
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- même demi-dur donne d’excellents résultats. La nitruration serait certainement excellente, pour les arbres comme pour les cylindres, mais elle est d’un prix de revient difficilement compatible avec la grande série lorsqu’il y a nécessité de rectification après nitruration. Les aciers à soupapes restent très supérieurs à ceux que l’on utilisait autrefois... mais la bonne tenue du siège passe avant l’emploi d’aciers spéciaux, et elle est fonction de son refroidissement et de sa qualité.
- Le vrai problème de l’industrie automobile n’est pas de donner aux moteurs des qualités accrues par l’emploi de matériaux rares... et chers. Il est bien plutôt dans la réalisation d’études assez bien menées pour que des matériaux ordinaires — ce qui ne veut pas dire de mauvaise qualité, mais seulement sans propriétés exceptionnelles —- employés judicieusement et parfaitement usinés donnent des résultats excellents.
- Le plus grand progrès, à notre avis, a été réalisé par la précision de la fabrication. On disait autrefois, d’un travail précis « un travail d’horlogerie » : je crois que l’on pourra bientôt dire « un travail de mécanique automobile ».
- Je disais plus haut que la corrosion d’abord, l’abrasion ensuite étaient les causes d’usure. Mais ceci supposait des moteurs mécaniquement parfaits : or les constructeurs savent que nombre d’usures anormales ont été dues à des défauts de fabrication. Donnons des exemples : l’appairage d’un piston dans son cylindre doit être exécuté à moins de deux centièmes de millimètre près. Ceci suppose donc que, séparément, l’alésage du cylindre et celui du piston sont corrects à moins de un centième près. De même les segments et leurs gorges doivent être rigoureusement plans, et montés avec des jeux souvent définis à un centième près. Qu’il s’agisse des soupapes dans leurs guides (que dis-je? sur leurs sièges), du vilebrequin dans ses paliers, des bielles sur leurs portées, des axes de piston dans leurs bossages, c’est toujours le centième de millimètre qui est l’unité de mesure des tolérances permises. Le plus merveilleux progrès de l’automobile est donc d’avoir réalisé, en série, cette précision sans laquelle il n’est point de bons moteurs. Sans cette précision
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- sans cesse accrue parce que l’on en sait mieux la valeur, les autres progrès n’eussent pas été possibles. Il n’est de bon rendement que sur un bon moteur.
- L’AVENIR
- Sans doute le moteur à essence fera-t-il de nouveaux pas en avant. Nous doutons, personnellement, qu’ils soient très grands. L’évolution des moteurs pourra être importante néanmoins.D’abord le moteur d’automobile doit s’alléger : sans doute n’atteindra-t-il pas la légèreté que l’on réclame actuellement du moteur d’avion, mais peut-être aussi demandera-t-on à l’engin d’aviation légère plus de sécurité, à celui d’automobile plus de légèreté, et pourront-ils ainsi se confondre. D’autre part, le dogme classique de l’organisation des voitures avec moteur à l’avant et roues motrices à l’arrière sera fortement attaqué. La traction avant ou le tout à l’arrière ne sont à notre avis, pleinement viables que si l’on crée de nouveaux groupes moteurs, s’écartant de la technique classique du moteur à cylindres en ligne et verticaux, ou à la rigueur en V. Les cylindres seront-ils en étoile, en éventail, opposés deux à deux, horizontaux, verticaux ? Là est une voie d’évolution possible, fertile en progrès pour la voiture.
- Enfin le moteur Diesel se développera. Il se rapproche déjà par ses performances du moteur à essence, avec un énorme avantage sur lui au point de vue rendement. Arrivera-t-il à se substituer à lui ? Le moteur à essence deviendra-t-il lui aussi un moteur à injection mécanique ? Trouvera-t-il dans la compression variable, préconisée par MM. de Monge et Andreau, une voie nouvelle ? Si l’évolution passée du moteur est un sujet énorme, celle qu’il subira dans un proche avenir constitue un sujet plus immense encore.
- Le chemin parcouru depuis quinze ans est le meilleur gage que le travail acharné des ingénieurs nous vaudra de nouveaux changements pour un progrès constant, vers une perfection jamais atteinte. Pierre Prévost.
- LES CITRONS DE “ CHEZ NOUS
- En réalité ce « chez nous » est limité, dans notre belle France, à une portion de territoire relativement petite par l’étendue, mais grande par la réputation mondiale dont elle jouit. Il s’agit de la Côte d’Azur, plus exactement de ce canton qui confine à la terre italienne et où les conditions météorologiques sont particulièrement favorables à la croissance des végétaux.
- Nous n’envisageons évidemment ici que la production industrielle des citrons en vergers de quelque importance, car il n’est pas rare de rencontrer en maints endroits du littoral, aux entours des villas et des bastides éparpillées dans la campagne, quelque citronnier bien exposé au midi dans un recoin de jardin, à l’abri d’un mur ou d’un bâtiment quelconque.
- C’est que ce végétal — comme d’ailleurs l’oranger et le mandarinier que l’on trouve souvent dans son voisinage — appartient à l’aristocratie frileuse des arbres fruitiers. Chose curieuse, il est moins exigeant sur la qualité du terrain que ses deux congénères, mais il craint davantage le froid.
- Aussi faut-il arriver jusqu’à Cabbé-Roquebrune et à Menton, quelques kilomètres plus à l’est, pour voir le
- citronnier occuper une large place dans les préoccupations des populations agricoles du pays.
- Roquebrune est une bourgade féodale qui étage ses maisons sur le penchant d’une montagne au bas de laquelle, sur le littoral même, se trouve l’agglomération de Cabbé. Les citronniers y sont cultivés sur les terrasses bien exposées au soleil qui entourent le village, ainsi que sur le versant sud des coteaux avoisinants.
- Tu es de Roquebrune,
- O brune !
- Du pays des citrons,
- Tout ronds.
- Menton est protégé contre les frimas du Nord par une double ou triple rangée de montagnes. Pour les Menton-nais le citronnier est un arbre béni des dieux, qui vient en droite ligne du paradis, le vrai : « Eve, fuyant avec son compagnon déchu la malédiction du Seigneur, laissa tomber le fruit sur le pays qui lui rappelait le plus le paradis perdu ».
- On le cultive sur des terrasses aménagées au flanc des collines qui bordent les charmants vallons, bien abrités
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- des vents, du Gorbio, du Careï et du Borrigo, torrents qui ont sensiblement la direction nord-sud. On le cultive aussi dans le faubourg de Gara van.
- D’après une enquête officielle, on récolte 30 millions de citrons dans les Alpes-Maritimes, presque tous dans les communes de Menton, Roquebrune et Monaco.
- Notons, en passant, que c’est à tort que l’on donne le nom de citronnier à l’arbre qui nous occupe. Au point de vue botanique il s’agit du Limonier (Citrus limonum llisso). Le citronnier vrai est le cédratier (Citrus medica Risso) dont les fruits sont beaucoup plus volumineux que les citrons et à surface mamelonnée. Non comestibles,
- Fig. 1 à 4.---En haut, à gauche : Roquebrune et ses ternisses de citronniers. — A droite : Le vallon du Caret, à Menton, et ses terrasses de citronniers. — En bas : La coopérative de Menton des producteurs de citrons, bigarades, etc., et remballage des citrons à la coopérative de Cabbé-
- Raquebrune (Photos Rolet).
- A l’inverse de ce qui a lieu pour les oranges et les mandarines, les citrons du littoral provençal sont meilleurs, plus délicats, plus estimés, que ceux venus des pays plus méridionaux que le nôtre. L’expérience démontre que ceux de Menton se conservent mieux que ceux de Corse, de Naples et de Sicile.
- on les emploie en confiserie. La culture du cédratier a quelque importance en Corse.
- Les fleurs du limonier et du cédratier ont un caractère commun particulier qui les distingue des autres Citrus : leurs pétales sont blancs en dedans et roses à l’extérieur.
- Le limonier est originaire de l’Inde et son nom dérive
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- (le l’indoustaiii lemoen, puis de l’arabe limon, ou limoun, presque sans altération. Les producteurs de Menton, comme d’ailleurs les Provençaux, appellent les fruits limoun, limo, et l’arbre limounié. En français, dans le langage courant, citron et limon sont synonymes. En italien on dit limone. D’après de Noter, en Algérie on
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- fois par an, quatre ou cinq, dit-on. C’est le seul arbre qui, par un phénomène des plus curieux, présente en toute saison à la fois des fleurs, des fruits verts à divers degrés de développement et des citrons mûrs : son activité végétative et fructifère ne chôme jamais. Cette particularité est d’autant plus apparente que les fruits
- Fig. 5 à S. En haut : La fête du citron à Menton et le « corso ». — En bas : Une des cornes d’abondance et un parterre de citrons
- et d’oranges à l’exposition des « agrumes» à Menton (Photos Rolet.)
- donne le nom de citron aux fruits à écorce mince et on appelle limons ceux à peau épaisse.
- LA RÉCOLTE ET LA PRÉPARATION DES CITRONS
- Dans la région de Menton, grâce à l’égalité et à la douceur de la température, le citronnier fleurit plusieurs
- murs peuvent être laissés longtemps sur l’arbre sans qu’ils s’altèrent.
- « E montre spunta F un, Faltro rnatura » (Et pendant que l’un pointe, l’autre mûrit). Ou encore : « Crescono le frutte sotto la man que cogite » (Les fruits croissent sous la main qui les cueille).
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- Les deux meilleures récoltes, dit E. Sauvaigo, sont celle de l’automne (floraison de mars-avril) et celle du printemps, en février-avril (floraison d’automne).
- La variation dans l’époque de la maturation donne lieu à une variété correspondante dans le caractère des citrons et dans leur dénomination commerciale. Les graneti sont récoltés au printemps, les verdami en été, les prime fiou en automne, les séguada fiou, en hiver.
- Les verdami, ou citrons d’été, que l’on cueille encore verdâtres, ont la peau épaisse et supportent bien les transports.
- Sur la Riviera de Gênes, et d’après L. Savastano, « la production normale moyenne par arbre est de 100 fruits, la moyenne statistique étant 50 ».
- Menton et Cabbé-Roquebrune possèdent deux coopératives d’agrumes (citrons, oranges, mandarines, bigarades, etc.), qui s’occupent de la vente des citrons un peu dans tous les pays d’Europe. Mais ces fruits y sont fortement concurrencés par ceux d’Italie, d’Espagne et de Californie.
- Les citrons aussitôt cueillis sont placés dans de grandes corbeilles que des femmes (li limounaire) transportent sur leur tête à la coopérative. Là on leur laisse perdre leur excès d’humidité, surtout s’ils sont un peu verts, soit dans des corbeilles, soit dans des caisses à claire-voie. Puis on les classe par qualité et par grosseur en se servant, pour cette dernière opération, de quatre bagues cali-breuses. On les nettoie ensuite avec une brosse douce. Les citrons premier choix, à peau fine et douce, sont enveloppés chacun dans du papier fin, les autres sont emballés tels quels. Les caisses qui servent aux expéditions sont de contenance variable.
- Rappelons qu’en Californie la technique de la préparation est plus compliquée : brossage mécanique, lavage, trempage dans un bain de borax, séchage, paraffinage ou fumigation au formol, et éventuellement maturation complémentaire dans un air chaud et humide conduisant à l’obtention du citron amélioré, caractérisé par une peau peu épaisse, souple, et une pulpe juteuse.
- LA FÊTE DU CITRON A MENTON
- Le Mardi-Gras et le dimanche qui précède, Menton glorifie, dans une Fête du Citron, élégante et joyeuse, d’un pittoresque achevé, les fruits de ses collines auxquels il doit une partie de sa renommée.
- Une foule amusée s’ébaudit dans les rues, au milieu d’un décor grandiose et sous un soleil éclatant. Dans les deux principales artères de la ville, c’est une débauche, une orgie éblouissante de fruits jaunes ou argentés qui émerveille : des citrons, encore des citrons, toujours des citrons, mêlés à la rutilance des oranges et des mandarines ou au vieil or des mimosas.
- A chaque instant l’œil est attiré par l’originalité d’un motif de décoration. Des guirlandes de buis piquées de citrons et de mandarines vont d’un côté de la rue à l’autre ou d’un platane à l’autre. La façade des maisons et surtout des magasins est pareillement encadrée de cordons de verdure entrelacés de citrons, d’oranges et de
- mimosas, le tout rehaussé d’oriflammes bariolées, d’un effet des plus pittoresques,
- Les étalages et les vitrines sont aussi agrémentés de décorations où les citrons et les oranges se marient aux flots de soie.
- Devant le Monument de VAnnexion, deux immenses « cornes d’abondance » déversent les limons en cascades merveilleuses.
- Une Exposition des Agrumes montre, en de délicieuses combinaisons, ou dans des jarres et autres récipients de toute forme, la gamme variée des fruits savoureux de ce pays béni des dieux.
- Mais le clou de la fête est sans doute le corso aux citrons. Une vingtaine de chars, qui s’illuminent des sourires des gracieuses Mentonnaises dans les plus beaux atours du costume local, dont le joli chapeau de paille niçois, sont décorés dans le même goût général de la fête, montrant leur chargement féerique d’hespérides dans des combinaisons variées.
- Il y a, cela va sans dire, les reines du jour, reine des citrons et reine des mandarines, entourées de leur cour juvénile.
- De jolies ânières des vallées, accortes filles au sang italien, suivent montées à califourchon sur maître aliboron, entre deux corbeilles pleines de citrons.
- Suivent aussi les limounaire, hommes et femmes. Ces dernières ont sur leur tête des corbeilles remplies de limons.
- Quant aux hommes, les limounaire de Saint-Fiacre, ils portent sur leur dos une corbeille chargée des mêmes fruits, tandis qu’ils tiennent à la main une perche terminée par un citron.
- Un orphéon chante la gloire du citron mentonnais en des airs mélodieux qui ont leur cachet d’autrefois.
- Au passage du défilé on se bat avec des « boules-citrons » minuscules et même des citrons nature, à l’exemple des batailles d’oranges à la fiesta de Binche, en Belgique, lors du carnaval.
- Des musiques dans le cortège et des haut-parleurs au long des rues jouent des airs alertes appropriés à cette féerie inoubliable, communiquant un entrain endiablé à la cohue turbulente et joyeuse.
- LES CITRONS DE LA CORSE
- La notice ministérielle sur le commerce des produits agricoles indique que les citronniers sont cultivés en Corse dans les parties les plus chaudes de la zone maritime, principalement dans l’arrondissement de Calvi : communes de Calvi, Ile-Rousse, Algajola, Aregno et Lumio.
- Ailleurs nous voyons mentionner les centres de Casinca, Marana, Nebbio, Balagne, San Martino.
- On cite, comme production totale, 700 quintaux de citrons, qui à 100 gr en moyenne l’un, en représentent
- 700 000.
- L’Algérie, la Tunisie et le Maroc produisent aussi des citrons en quantité très appréciable.
- Antonin Rolet, Ingénieur agronome.
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- L’UNIVERS AGRANDI PAR LA SCIENCE
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- « La science, écrivait il y a quarante ans Anatole France, nous montre perdus sur un grain de sable et elle proclame insolemment que les destinées de l’humanité tout entière ne sont pas quelque chose d’appréciable dans l’univers. » L’humanité, pour elle, c’est cet enchaînement de 10 000 générations peu à peu dégagées des brumes primitives, depuis l’aurore indécise des premiers âges jusqu’à notre conquête du monde par la pensée. Mais l’humanité, c’est aussi, au cadran de l’astronomie, moins de la 500e partie du temps mis par la lumière pour arriver à nous de la plus lointaine des nébuleuses spirales. Entre ces deux pôles, d’une part la suite des générations humaines qui s’enfonce dans l’ombre d’un passé prodi-
- Fig. 1. — Les proportions du système solaire en supposant le Soleil au centre de la place de la Concorde et la Terre à l’entrée des Champs-
- Élysées.
- gieusement reculé, d’autre part les durées incommensurables que nous avons appris à lire au livre du ciel, entre ces deux limites, dont l’une contient notre destin dans un canton infiniment petit de l’espace et du temps et dont l’autre nous montre l’ampleur, inaccessible à l’imagination, d’un cosmos où les univers ne sont que des flocons de fumée ténue, l’homme est cependant parvenu à prendre conscience de sa position et à concevoir l’exiguïté de sa personne et de sa demeure, de même qu’à la lueur d’un éclair, le paysage soudainement illuminé laisse au voyageur isolé le bref loisir d’entrevoir l’étendue qui l’entoure.
- L’AGE DE LA MÉCANIQUE CÉLESTE
- Avoir la révélation de notre situation, forger les instruments et les méthodes pouvant plonger toujours plus profondément dans l’inconnu du ciel, ce fut là une victoire assurée en quelques siècles, donc commencée alors que le rayon que nous recevons de la nébuleuse d’Andromède était en route depuis 900 000 ans. Cette lutte, au cours des temps, revêtit divers aspects. Après les premiers errements, sitôt que les découvertes de Copernic, de Galilée, de Képler, eurent fourni à l’astronomie son instrument fondamental, l’exploration méthodique de notre domaine céleste s’ébaucha. Ce fut l’âge de la Mécanique. Appuyé par quelques appareils d’optique encore imparfaits et peu puissants, le calcul suffit à trianguler notre voisinage immédiat. La connaissance du système solaire bénéficia de cette première curiosité, de ces premières recherches, de ces premiers résultats. Un travail d’arpentage, tel fut le chapitre inaugural de
- Fig. 2. — Si les étoiles étaient des grains de plomb de 1 mm de diamètre ce cube en contiendrait seulement une cinquantaine.
- \ Proxima
- Etoile;
- po/aire
- 3 o/e H
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- Fig. 3. — La nébuleuse en dentelle de la constellation du Cygne.
- l'astronomie moderne. Le nom de Laplace en reste la vedette incontestée. Celui de Le Verrier en évoque le
- Fig. 4. — Ces nébulosités. — dans les Pléiades — sont simplement éclairées par les étoiles qu’elles entourent.
- (Pli. de Kerolyr. Observatoire de Haute-Provence.
- succès le plus éclatant. Ainsi, de la loi newtonienne delà gravitation, des équations de la mécanique céleste, le système solaire se dégagea, à peu près tel que nous le connaissons aujourd’hui. Au reste, si, en 1930, il se vit adjoindre la planète transneptunienne Pluton, dont l’existence avait été prévue par les calculs de Lowell et de Pickering, si l’essaim, déjà imposant, des astéroïdes reçoit sans discontinuer des recrues nouvelles, il convient de remarquer que ces découvertes sont surtout l’oeuvre de la photographie.
- Ainsi, à la fin du siècle dernier, le domaine exploré par l’astronomie c’était essentiellement la colonie planétaire qui gravite autour du Soleil. Sans doute avait-on déjà évalué les distances de certaines étoiles parmi les plus proches; sans doute les études commencées par Herschell sur la structure de la Voie Lactée avaient-elles attiré l’attention des spécialistes. C’étaient là, pourtant, des sujets trop lointains, trop écartés des préoccupations scientifiques habituelles pour qu’on leur accordât autre chose qu’une simple curiosité. Cette attitude se refléta jusqu’à ces dernières années, dans la conception des livres de vulgarisation astronomique qui, consacrant des centaines de pages à la description du système solaire, abandonnaient un dernier chapitre, hâtivement rédigé, à l’étude des étoiles.
- De cette banlieue solaire, paysage connu que célébrèrent tant de fervents du ciel, il est aisé de donner une image, en la comparant, par exemple, à une autre banlieue, plus terre à terre, ce qu’indique la figure 1. Le Soleil y est supposé sous la forme d’une sphère de 1 m 09 de diamètre, reposant à la place de l’obélisque de la Concorde, tandis que la plus reculée des planètes, Pluton, bille d’un demi-centimètre, voit son orbite repoussée jusqu’aux parages du pont de Neuilly.
- L’AGE DE LA PHOTOGRAPHIE
- Pendant de longs siècles, les marins de l’antiquité avaient navigué dans l’enceinte de leurs mers familières, n’osant s’aventurer sur le grand océan qui s’ouvrait, devant eux. Ce fut en un temps bien moindre que les astronomes, délaissant le modeste royaume qu’ils avaient déjà visité en tous sens, s’élancèrent à travers les espaces interstellaires. Un triple talisman leur permit ce bond prodigieux : la spectroscopie, la technique des grands télescopes, la photographie. Avec la spectroscopie, naissait la possibilité de scruter la nature des étoiles, de calculer leurs vitesses, de prévoir leur évolution. Les grands télescopes donnaient le moyen de s’adonner à d’autres tâches que celle de l’astronomie de position; les aberrations sphérique et chromatique, apanage des réfracteurs, disparaissant avec l’emploi du miroir. Avec la photographie enfin, avec la puissance d’accumulation de la plaque sensible, se présentaient la perspective des sondages célestes, continuation des jauges d’Herschell, celle de la carte du ciel, celle des comparaisons photométriques.
- Dès lors, et ce fut le début du grand mouvement qui emporte la science du ciel avec une vitesse sans cesse accrue, l’intérêt se tourna de plus en plus vers la physique des astres. L’échelle des cartes sidérales ne tarda pas à
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- être reconnue incommensurable avec celle qui avait servi à la mensuration des « états du Soleil ». Et si, vers 1836, Struve et Bessel déterminèrent les premières parallaxes stellaires, les vues modernes ne firent qu’élargir les idées encore trop étroites et trop modestes de ces novateurs.
- Les étoiles apparaissent aujourd’hui comme des nefs dans l’océan de l’espace, océan combien vaste puisque chacune d’elles serait séparée de ses voisines par plus d’un million de kilomètres ! La nécessité de changer d’échelle devient donc inéluctable : sur le plan de la figure 1, pour déposer la sphère représentant Proxirna Centauri, il nous faudrait sortir de France et même d’Europe, et nous éloigner à 28 000 km de la place de la Concorde ! Comme l’esprit embrasse malaisément des schématisations aussi larges, il est préférable de ramener le Soleil aux dimensions plus humbles d’un grain de plomb de 1 mm de diamètre et d’adopter comme unité le parsec, distance-correspondant à une parallaxe d’une seconde. Même avec cette réduction, Proxima Centauri demeure à 28 km dé l’obélisque, c’est-à-dire aux alentours de Corbeil, cependant que la Terre, poussière imperceptible, parcourt l’écliptique à 12 cm de l’astre du jour. Si l’on prétendait placer la Polaire, il faudrait aller 300 km plus loin, à la distance de Cherbourg ou de Poitiers. Avec l’immensité des espaces sidéraux, cette image fait donc ressortir le vide que l’on y constate puisqu’à part les nuages nébulaires qui, tantôt y tissent une délicate dentelle lumineuse, tantôt y suspendent leur rideau opaque, les astres sont des points inappréciables se mouvant à des distances fantastiques les uns des autres. Encore courent-ils peu de risque de se rencontrer du fait de ces mouvements, lesquels, réduits à la même échelle, ne sont plus que de quelques mètres par an.
- Pourtant, cette excursion ne fait qu’égratigner la frontière du monde sidéral, et les procédés puissants de l’astrophysique ont autorisé de bien autres promenades que ces quelques pas au delà de notre famille solaire. C’est encore Herschell qui, examinant le pâle anneau dont la Voie Lactée entoure le ciel nocturne, eut l’audace d’aller de l’avant et d’esquisser un tableau d’ensemble de l’univers. L’hypothèse de l’illustre Hanovrien prévaut encore aujourd’hui, et la Voie Lactée se révèle, aux yeux des savants actuels, comme la trace, sur la sphère céleste étoilée, de notre système stellaire, c’est-à-dire de tous les astres observables, sauf les nébuleuses spirales. Ce système, cette Galaxie, dont la grandeur peut à peine être soupçonnée, nous semble maintenant revêtir la forme d’un ellipsoïde de révolution, aplati suivant le plan de la Voie Lactée, donc d’un amas lenticulaire d’étoiles innombrables, dont le Soleil n’est qu’une bien ordinaire unité. Outre ces étoiles, dont le nombre tend, on l’a calculé, vers une limite de 30 milliards, la Galaxie renferme des nébuleuses planétaires, une centaine peut-être, qui ne sont probablement que des étoiles entourées d’une épaisse atmosphère lumineuse,et des nébuleuses gazeuses, les unes brillantes et pareilles à des bouquets de clarté blanchâtre ou à des effilochements de brouillard (fig. 3),
- Fig. 5. — Le Baudrier d'Orion el ses nébulosités obscures (Ph. de Kerolyr).
- comme la nébuleuse d’Orion, les autres obscures, opposant un écran infranchissable à la lumière des astres plus
- Fig. 6. — La nébuleuse Messier 8 dans le Sagittaire. (Ph. de Kerolyr.)
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- Fig. 7. — Le magnif ique amas globulaire Messier 5. (Ph. de Kerolyr.
- lointains (fig. 5). De plus on y observe des amas globulaires, au nombre d’une centaine, énormes agglomérations de milliers et de milliers d’étoiles (fig. 7).
- L’ensemble de ces amas est concentré dans le plan galactique, symétriquement par rapport à lui. C’est Shapley qui, en 1919, après en avoir noté la forme ellipsoïdale, émit l’hypothèse féconde que cet ensemble devait dessiner une sorte de charpente de la Galaxie. Celle-ci apparut alors comme le plan de distribution de l’immense majorité des objets célestes, rangés de part et d’autre, « comme les mouches, dit Jeans, des deux côtés d’un papier attrape-mouches ». Lorsqu’on parvint, donc, à
- déterminer les distances des amas globulaires, on s’aperçut qu’elles étaient beaucoup plus considérables que celles des étoiles. On sait, en effet, que l’amas le plus proche est distant de 5600 parsecs. A l’échelle du Soleil-grain de plomb situé à 12 cm de la Terre, cet amas, le N. G. C. 397, serait à 120 000 km, au tiers du chemin entre la Terre et la Lune ! Pour avoir une figuration acceptable, il nous faut donc rapetisser une nouvelle fois notre échelle et réduire à un peu plus de 1 cm l’intervalle Terre-Soleil; à ce compte, l’amas en question est encore à 12 000 km, plus loin que le Japon, en plein Pacifique. Pour venir à nos objectifs, sa faible lumière a employé 18 400 ans, la durée de 600 générations humaines. Quant à l’amas le plus éloigné, N. G. C. 7006, il est à une distance dix fois plus grande, et si nous tenons à conserver une représentation sensible de notre globe, il nous faut perdre l’espoir de placer, sur le plan démesuré que nous avons bâti, ce lointain îlot de l’océan galactique.
- D’un diamètre équatorial de 80 000 parsecs, d’un petit axe long de 10 000, montrant en gros 1500 millions d’étoiles ou, suivant la suggestive comparaison de Jeans, « une étoile par habitant de la Terre au-dessus de cinq ans », ainsi se révèle la Galaxie. Quoi qu’il en paraisse, cette fabuleuse forêt d’astres n’implique point, répétons-le, qu’ils soient pressés les uns contre les autres : qu’on imagine une demi-douzaine de grains de poussière voguant dans l’atmosphère du Grand-P. lais, on aura une idée de la densité stellaire dans ses quartiers les plus peuplés Roue gigantesque, roue dont les rais imaginaires enser rent des quantités incalculables d’étoiles et,, de plus, roue qui tourne, c’est là l’empire galactique. La période et la vitesse de rotation de cet impressionnant cerceau sont naturellement à la mesure de sa taille. La durée de cette rotation serait de 250 millions d’années et sa vitesse au niveau du Soleil, de 300 km à la seconde.
- L’AGE DE LA STATISTIQUE
- Les étages successifs de cette table de multiplication céleste, selon la pittoresque expression d’Eddington, qui nous conduit à des unités de plus en plus vastes, nous incitent maintenant à franchir les poteaux-frontières de notre univers, après lesquels nous devrons encore changer d’échelle et abandonner sans retour tout projet de symboliser concrètement notre infime planète.
- Si le point de vue d’un univers géocentrique devint, dès 1610, insoutenable pour les penseurs, le point de vue galacto-centrique, quand il s’empara du terrain, s’y cramponna avec plus de vigueur encore, de sorte qu’en 1910, la plupart des astronomes accordaient leurs faveurs à un univers dont la Galaxie était le trait dominant, la Terre demeurant, d’après les théories de William Herschell, très près de son centre géométrique. On n’avait pas encore attaché d’importance particulière à la présence de nébulosités comme celle d’Andromède, dont plusieurs affectaient une forme spiraloïde. L’entêtement à considérer la Galaxie comme
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- la charpente fondamentale de l’univers était trop général pour que l’on retînt les suggestions de Kant qui, en 1755, pensait que certaines nébuleuses dites elliptiques pouvaient être des systèmes stellaires analogues au nôtre. Examinée par Herschell, cette hypothèse fut pourtant remise à l’ordre du jour en 1914 par Eddington, avec quelque prudence : « On doit admettre, écrivait-il alors, que la preuve directe nous manque entièrement, quant à savoir si ces objets sont à l’intérieur ou à l’extérieur du système stellaire ».
- Les objets en question, nébuleuses spirales, elliptiques, irrégulières, sont d’une extrême faiblesse, exigeant parfois des poses photographiques se comptant par dizaines d’heures. Ce n’est guère qu’aux environs de 1925 que l’Américain Hubble, à l’aide du grand télescope du Mont Wilson, eut la bonne fortune d’en discerner la nature stellaire et, peu après, d’en trouver la distance et la grandeur. Alors, un horizon incomparable s’offrit aux investigations astronomiques. On imagine, en effet maintenant, les spirales comme des univers-îles, des cités célestes semblables à la cité galactique et, comme elle, merveilleusement riches en étoiles. De même que l’aviateur volant dans la nuit voit, sous ses ailes, les villes défiler comme des agglomérations de lumières, de même l’astronome aperçoit çà et là dans le ciel, ces maisons d’étoiles qui abritent d’autres familles d’astres. Après la nébuleuse Messier 33 que Hubble résolut pour la première fois, des multitudes de nébuleuses analogues furent soumises à l’observation, tantôt se présentant de face comme la belle nébuleuse des Chiens de Chasse (fîg. 8), tantôt vues par la tranche ou plus ou moins obliquement comme celle d’Andromède. Des chiffres autrement grandioses que ceux de l’âge photographique se dévoilèrent. Cités stellaires complètement distinctes de la nôtre, ces univers agrandirent de la plus impressionnante manière le rayon du monde connu. La nébuleuse M 33 fut trouvée distante de 260 000 par-secs, c’est-à-dire de 850 000 années-lumière, plus de quarante fois l’éloignement de l’amas globulaire le plus proche, et celle d’Andromède de 315000 parsecs, près d’un million d’années-lumière. Visible à l’œil nu, on comprend que cette formidable poussière de soleils ait fait l’objet d’explorations nombreuses. Aussi Hubble en calcula-t-il le poids, qu’il estima à 3500 millions de fois celui du Soleil, et le diamètre, qu’il fixa à 70 000 années-lumière environ. La figure 10 représente ce majestueux univers. La figure 11 est un agrandissement de sa partie nord. Afin d’avoir une idée approximative de ce que l’on y voit, ajoutons que, pour qu’un objet gros comme la Terre y devînt visible, il faudrait que cet agrandissement eût les dimensions de l’Europe ! La distance moyenne que les spirales conservent entre elles est de quelque 1 800 000 années-lumière, encore que certains coins de l’espace recèlent de véritables nids de nébuleuses. La Vierge et la Chevelure de Bérénice, par exemple, possèdent la plus belle parure que l’on puisse rêver, sous l’aspect d’un amas de près de 3000 nébuleuses.
- Si le télescope n’est pas arrivé, d’ailleurs, à épuiser le
- Fig. 9. — La nébuleuse spirale de la Grande Ourse. Celle photographie obtenue au Monl Wilson a été posée 7 h 30.
- nombre des systèmes insulaires, on peut cependant calculer que sa portée actuelle s’arrête à 300 millions d’années-lumière. Tel est le rayon de l’empire aujourd’hui délimité des astronomes, renfermant plus de deux
- Fig. 10. — La nébuleuse d’Andromède. (Ph. de Kerolyr.)
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- Fig. 11. — Agrandissement de la partie nord de la photographie de la nébuleuse d’Andromède. Ph. de Kerolyr.)
- millions de spirales. Prétendre en donner une représentation schématique est, on le devine, d’une outrecuidance assez osée. Nous pouvons néanmoins figurer l’orbite terrestre par une tête d’épingle déposée au pied de l’obélisque et Proxima Centauri par un quelconque grain de poussière se promenant 200 m plus loin, à l’entrée du pont. Même à cette échelle, qui laisserait notre globe imperceptible sous les plus puissants microscopes, la Galaxie atteindrait l’envergure d’un continent et s’étendrait sur plus de 11 000 km. Quant à l’univers-île le plus rapproché, il serait encore à 50 000 km, et d’une taille du même ordre.
- Vaut-il pas mieux avouer que la Terre est trop petite pour que s’en accommode même la plus conciliante de nos traductions sidérales ? C’est à cette leçon d’humilité qu’aboutissent les travaux les plus récents de statislique
- Fig. 13. — L’objectif de la grande lunette de Meudon.
- stellaire. C’est à quoi parviennent aussi les conclusions des astrophysiciens qui découvrirent le mouvement de rotation des univers-îles et leur mouvement de récession. Celui-ci fut déduit de la théorie de la relativité par l’abbé Lemaître, et sa vitesse, pour une petite nébuleuse de la Grande Ourse, éloignée de 80 millions d’années-lumière, est de 42 000 km à la seconde (fig. 12).
- LA SONDE ET LA CHAINE D'ARPENTEUR
- Pour s’aventurer dans ces abîmes, il fallut une sonde. Pour mesurer les distances des mondes qui les parsèment,
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- DISTANCE: 23.000.000 d'Années-Lumière
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- Fig. 12. -— Voici les spectres de nébuleuses extra-galactiques, montrant le déplacement croissant des raies vers le rouge avec la distance. Chaque spectre est encadré par un spectre de comparaison. A droite: les photographies directes des mêmes nébuleuses.
- il fallut une chaîne d’arpenteur. L’astronome possède l’une et l’autre, procédant chacune d’une technique aussi ingénieuse qu’efficace.
- La sonde, c’est le grand télescope moderne. La fin du siècle dernier vit fleurir toute une race de lunettes géantes, comme celle de Yerkes, dont la lentille mesure 1 m 02, celle de Meudon, pourvue d’un objectif de 83 cm (fig. 13), et l’équatorial coudé de Paris, de 58 cm d’ouverture, qui coopéra à l’obtention des spectres stellaires (fig. 16). La construction, par Ritchey, en 1908, du télescope de 1 m 52 du Mont Wilson, donna le signal de
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- l’essor des télescopes. Ainsi naquit l’instrument de 2 m 54, auquel nous sommes redevables de la plupart des conquêtes de l’astronomie stellaire. A l’aide d’un spectro-graphe qui lui fut adapté, d’un objectif photographique de très grande ouverture et en recourant à des poses de 30 à 40 h, Hubble et Humason réussirent à produire les spectres minuscules des nébuleuses spirales, à les étudier et à en déduire la valeur de l’effet Doppler-Fizeau. Quand on songe qu’il s’agit d’objets célestes de 17e, de 18e et même de 19e magnitude, dont les spectres ont quelques millimètres de longueur, on ne peut que s’incliner devant ces résultats. On ne peut aussi qu’attendre avec impatience la mise en service, encore bien éloignée, du miroir de 5 m qui vient de voir le jour après diverses vicissitudes et qui fera jaillir de l’invisible, dit-on, 16 millions de spirales (fig. 14).
- Les astronomes français n’ont évidemment pas les moyens de lutter avec les Américains en ce domaine particulier : leur instrument le plus moderne est le télescope de 80 cm installé il y a quelques années, en Haute-Provence, sur l’initiative de M. Esclangon, et grâce auquel M. de Kerolyr a obtenu de magnifiques photographies (fig. 15).
- La chaîne d’arpenteur, c’est l’emploi des Céphéides. Classe précieuse entre toutes, d’étoiles variables, les Céphéides, du nom de l’étoile o Céphée, présentent une oscillation lumineuse caractéristique, comparable à celle d’un bec de gaz ouvert brusquement puis fermé progressivement.
- Chose curieuse, la durée de cette pulsation est liée à la magnitude absolue de l’étoile. De la courbe de lumière, de la magnitude apparente, on peut donc déduire la magnitude absolue et, par suite, l’éloignement. Utilisable à des distances auxquelles les méthodes ordinaires de calcul de parallaxe s’avèrent inapplicables, cette chaîne, tendue par la science, à travers les espaces extragalactiques, permit d’abord à Shapley d’étudier les amas globulaires. Hertzprung s’en servit sur les Nuées de Magellan. Enfin, Hubble, apercevant des Céphéides dans la nébuleuse d’Andromède, jeta, grâce à elle, un pont entre les deux univers.
- L’UNIVERS DE DEMAIN
- Une technique de plus en plus perfectionnée, des appareils de plus en plus puissants, des méthodes de plus en plus efficaces, tous les moyens mis en action vont-ils donc permettre un agrandissement incessant du domaine astronomique ? Des problèmes plus proches restent encore, il est vrai, sans solution. La Galaxie est-elle une spirale, auquel cas, « si les nébuleuses spirales sont des univers-îles, nous habitons, nous, un continent » ? Est-elle une spirale comportant, de place en place, des condensations locales, comme celle dont le Soleil ferait partie ? Est-elle un amas de spirales ?
- Mais, sans s’attarder à ces questions que la science,
- — Vue aniicipée du futur télescope de 5 m, d’après le Scientific American.
- Fig. 15. — Le télescope de 80 cm de la station aslrographique de Haute-Provence de l’Observatoire de Paris, et son opérateur M. de Kerolyr.
- Fig. 14.
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- sans doute, résoudra demain, l’esprit veut aller plus loin et, emporté par ce rythme qui l’emmène du système solaire à la Galaxie, de la Galaxie à l’univers, lui montrant, dans chacun d’eux, une simple unité appartenant à un ordre supérieur, l’esprit est conduit à se demander si les spirales elles-mêmes ne sont pas les membres de
- quelque famille encore plus élevée, si, de cet ensemble, une synthèse ne peut se dégager qui ferait paraître chaque unité comme un atome d’un système incomparablement plus grand. C’est l’aspect que suggère M. Esclangon : « Peut-être les nébuleuses spirales ne sont-elles à leur tour que les membres d’une même famille céleste parmi d’autres familles identiques ». Reconnaissons que la pensée arrive ici, avec un vertige légitime, aux limites de la science positive, au seuil de ce qui est encore, pour nous, l’inconnaissable. S’il y a quelque chose au delà de ce que nous voyons, ne sont-ce pas, comme l’avance Jeans, des univers complets avec lesquels toute communication est, à jamais, interdite ?
- Certains diront peut-être que le territoire assigné à l’astronome est assez beau pour qu’il s’en puisse contenter sans chercher à en passer les frontières, mais l’homme serait-il ce roseau pensant que célébrait Pascal s’il ne cherchait, dans la découverte et l’exploration de régions encore vierges, la raison même de sa force et de son génie ? (-1)
- Pierre Rousseau.
- 1. Nous remercions M. Esclangon, Directeur de l’Observatoire de Paris, d’avoir bien voulu nous communiquer les belles photographies prises par M. de Kerolyr à la Station astrograpliique de la Haute-Provence.
- Nous remercions également l’Observatoire du Mont Wilson auquel nous devons les photographies des figures 8, 9 et 12.
- MODULATEURS DE LUMIÈRE
- Les traducteurs courant-lumière permettent de traduire en modulations lumineuses les oscillations électriques à haute ou basse fréquence.
- On peut distinguer parmi eux, ceux qui sont à la fois sources de lumière et modulateurs, et ceux qui sont unique-
- ment modulateurs de lumière, c’est-à-dire font varier l’intensité des rayons lumineux émis par une source lumineuse auxiliaire constante.
- On classe dans la première catégorie les lampes à luminescence à gaz rares, et les oscillographes cathodiques. La deuxième catégorie comprend les cellules de Kerr, les valves de lumière de tous genres, et particulièrement électrostatiques ou électromagnétiques.
- Nous avons déjà étudié ici-même les cellules de Kerr et les lampes à luminescence; nous n’y reviendrons pas, voulant nous borner aujourd’hui à quelques systèmes particulièrement originaux et tout différents.
- LES MODULATEURS DE LUMIÈRE ÉLECTRO-MAGNÉTIQUES
- Avant les lampes à luminescence et les cellules de Kerr, on n’employait, en télévision, que des modulateurs électromagnétiques pour
- Fig. 1. — Les modulateurs de lumière à oscillographe.
- A, principe de l’oscillographe Blondel. — B, modulateur Mihaly avec oscillographe
- Duddel.
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- la synthèse des images. Aujourd’hui, ces systèmes ne sont plus utilisés que pour des essais de laboratoire, mais ils sont, au contraire, très employés en cinématographie sonore pour l’enregistrement des sons dans les procédés photographiques à densité constante et élongation variable, et aussi en photo-télégraphie.
- Il y a deux catégories générales de modulateurs de lumière de ce genre : les galvanomètres .à cordes et les oscillographes.
- Le galvanomètre à cordes, comporte deux branches parallèles bien tendues, formées par un fd de duralumin placé dans le champ d’un électro-aimant et parcouru par les oscillations électriques.
- Sous l’action des courants, les bras parallèles s’écartent ou se rapprochent. Ainsi suivant les variations du courant elles-mêmes, la largeur de la fente délimitée entre les deux branches de la boucle varie en laissant passer plus ou moins de lumière lorsqu’elle est éclairée par une source lumineuse convenable d’intensité constante.
- Les oscillographes à miroirs imaginés dès 1893 par le savant français André Blondel et perfectionnés par lui en 1900 et 1902, comportent, en principe, deux fils fins réunis en un ruban et qui passent entre les pôles d’un aimant assez puissant (fig. 1 A).
- Si l’on fait traverser ces fils par un courant électrique, ils reçoivent chacun une impulsion de sens différent; l’un se meut par exemple vers l’avant et perpendiculairement à la ligne des pôles, l’autre vers l’arrière. Un miroir fixé au ruban effectue donc une rotation d’un certain angle, et cet angle de déplacement est proportionnel à l’intensité du courant traversant le ruban.
- On peut ainsi réaliser des oscillographes bifilaires produisant des déviations de plusieurs millimètres par milliampère. Pour utiliser ces oscillographes, on fait tomber un rayon lumineux sur un miroir porté par le ruban et le rayon réfléchi se déplace en même temps que le miroir; c’est ce rayon qui sert à obtenir l’effet désiré. Pour obtenir la modulation, on le dirige sur une ouverture triangulaire pratiquée dans un écran opaque, et la quantité de lumière traversant cet écran varie suivant la déviation du miroir (fig. 1 B).
- Le professeur Korn a créé, d’autre part, dès 1908, une valve de lumière électromagnétique suivant le principe du galvanomètre d’Einthoven. Elle comporte une bande très fine de métal, d’une largeur de l’ordre de 0,05 mm au maximum, tendue dans un champ magnétique puissant. Un faisceau lumineux concentré par une lentille traverse un système optique placé dans les masses polaires et vient éclairer une fente très fine obturée au repos par la bande métallique, lorsque aucun courant n’agit sur elle (fig. 2).
- Lorsque la bande est traversée par un courant, elle est déviée d’un côté ou de l’autre, et laisse passage ainsi, plus ou moins, au flux lumineux. Cet appareil est employé avec succès en photo-télégraphie. On a tenté de l’utiliser également en télévision. Ses inconvénients consistent non seulement dans l’inertie du système, si l’on veut obtenir une très grande finesse de l’image, mais surtout dans la très faible quantité de lumière qui peut traverser la fente. Ce défaut est beaucoup moins grave en photo-
- Fig. 2. — La valve de lumière Korn-Einthoven.
- A, corde métallique vibrante. — B, pièces polaires. — C, diaphragme. — S, source de lumière d’intensité constante.
- télégraphie, où l’on se contente d’enregistrer assez lentement, les uns après les autres, les différents éléments d’images, puisque la durée de transmission de l’image complète peut atteindre plusieurs minutes.
- Les oscillographes à miroirs, grâce à de nombreux perfectionnements, ont donné des résultats plus intéressants. Le chercheur allemand von Mihaly a utilisé un oscillographe bifilaire à miroir renvoyant le faisceau lumineux, transmis par une source constante, à travers une fente éclairée sur une ouverture triangulaire pratiquée dans un écran. La quantité de lumière obtenue est proportionnelle à la déviation du faisceau, c’est-à-dire à l’intensité du courant (fig. 1 B).
- Pour la télévision à haute définition, tous ces dispositifs électromécaniques sont trop lents et il faut renoncer à leur emploi.
- Fig. 3.
- a, écran modulateur photoélectrique de la Cie Taylor. — b, membrane réfléchissante de Holweck, à courbure variable, sous l’action d’un champ électrostatique variable.
- Vers le récepteur de
- télévision
- Lame mince connectée au récepteur /de télévision
- Ecran
- fluorescent
- Batterie auxiliaire
- Flux lumin ? venant de l'appareil de synthèse
- Miroir (5)
- déformable
- Faisceau
- réfléchi
- Faisceau If d'éclairage! constant l\
- •Ecran mince opaque
- Ecran photo sensible
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- Fils fins
- Cuvette
- Disque en verre
- Vers le récepteur
- Fig. 4. — Modulateur éleclrohjtique de Jenkins.
- LES MODULATEURS DE LUMIÈRE ÉLECTRO-STATIQUES
- Le technicien américain Jenkins, qui vient de mourir récemment aux Etats-Unis, avait, dès 1930, proposé un écran de réception modulateur de lumière.
- Cet écran aurait contenu 48 rangées de 48 surfaces élémentaires, c’est-à-dire 2304 surfaces élémentaires pouvant avoir des dimensions quelconques.
- Chaque cellule élémentaire aurait été formée de plaques de verre munies d’une valve de lumière électrostatique à feuille d’aluminium. La feuille d’aluminium étant reliée au récepteur de télévision, sa position aurait varié suivant l’intensité du signal transmis et elle aurait pu êti'e déchargée en moins d’un dixième de seconde.
- Pour la projection, on aurait éclairé avec un arc ce cadre cellulaire et il aurait même été possible de placer devant lui un objectif de projection. L’idée était ingénieuse et d’apparence simple ; elle n’obtint pourtant qu’un succès d’estime.
- Voici une autre idée intéressante due à un savant français, M. Holweck. La valve de lumière serait formée par une membrane métallique très mince, placée dans un champ électrostatique et se déformant sous l’action du champ. Un faisceau de lumière, projeté par cette surface polie de forme variable, serait réfléchi suivant un faisceau plus ou moins divergent selon la courbure du miroir. Autrement dit, le flux lumineux qui, dans le faisceau réfléchi, traverse une ouverture de valeur définie, une fente par exemple, varie suivant la courbure de la surface réfléchissante (fig. 3 b).
- M. Holweck a réalisé des membranes extraordinaire-
- Fig. 5. — Association d'une cellule de Kerr avec un tube cathodique.
- (Proposée par M. Valensi.)
- Cellule
- cathodique
- Télévision
- ment légères, dont l’épaisseur n’est que de 1/10 000 de millimètre; formées par pulvérisation de magnésium sur une feuille de celluloïd elles sont extrêmement légères. Elles sont néanmoins très rigides, ce qui leur assure une période de vibration propre très élevée; l’amortissement est assuré par l’air.
- On peut ainsi constituer un modulateur de lumière capable d’être utilisé même pour les hautes fréquences.
- Les modulateurs électrostatiques paraissent donc pouvoir un jour pénétrer dans le domaine pratique.
- LES MODULATEURS ÉLECTROLYTIQUES ET PHOTO ÉLECTRIQUES
- L’inventeur américain Jenkins avait imaginé également un modulateur de lumière électrolytique pour télévision.
- Un disque explorateur horizontal en verre porte 60 petites pointes métalliques distribuées comme les orifices ordinaires en spirale des disques de Nipkow; des fils fins réunissent les pointes à un collecteur central (fig. 4).
- Une petite cuvette plate ayant les dimensions de l’image qu’on veut recevoir contient de l’eau légèrement acidulée ; elle est placée juste sous les pointes du disque. La différence de potentiel variable transmise par le récepteur de télévision est assez forte pour produire de petites étincelles entre les pointes et la surface de l’électrolyte.
- La cuvette est traversée par les rayons lumineux d’une source d’intensité constante i-envoyée par un système de prismes. Grâce à l’emploi d’un objectif, on peut projeter son image sur un écran.
- Les bulles de gaz qui se dégagent dans la masse d’eau modulent le faisceau de lumière et créent sur l’écran des ombres plus ou moins prononcées, puis elles disparaissent avant l’apparition d’une deuxième image. On aurait pu ainsi obtenir, au laboratoire, une image de 1 m2 d’une luminosité suffisante.
- Voici maintenant un écran modulateur photo-électrique, proposé par la Cie Taylor de Chicago. Le faisceau lumineux d’intensité constante frappe un écran formé d’une plaque transparente recouverte d’une substance photosensible. Derrière cette plaque, et séparé d’elle par une substance opaque diélectrique, est placé un écran fluorescent qui forme la deuxième électrode d’un système photo-émetteur (fig. 3 a).
- Lorsqu’un rayon lumineux frappe la face de l’écran recouvert de la substance photosensible, il se produit une émission électronique à l’endroit frappé, ce qui provoque l’apparition d’une tache lumineuse sur l’écran fluorescent. L’intensité lumineuse de cette tache varie proportionnellement à l’intensité des courants appliqués sur les deux électrodes. Bien entendu, le système entier doit être enfermé dans le vide.
- LES MODULATEURS DE LUMIÈRE POLARISANTS
- La cellule de Kerr, très employée en pratique, appartient à cette catégorie de modulateurs.
- Elle contient un liquide traversé par un faisceau de
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- lumière polarisée et soumis à un champ électrostatique; quand celui-ci varie, l’orientation du plan de polarisation de la lumière varie également. Le liquide placé entre deux niçois croisés fournit ainsi un modulateur de lumière très fidèle, se prêtant à la traduction de fréquences jusqu’à 50 000 périodes-seconde.
- Mais on reproche à la cellule de Iverr ses difficultés de construction et d’entretien, et surtout son rendement lumineux assez faible. Il faut, d’autre part, appliquer sur ses armatures une tension très élevée.
- Pour obvier à cet inconvénient, M. G. Valensi a eu l’idée ingénieuse que nous avons déjà signalée d’associer une cellule de Kerr à un tube cathodique. Le tube cathodique est alors relié simplement à la source de courant électrique et permet de faire agir sur la cellule plus aisément les variations de tensions convenables et, par conséquent, d’en déterminer la modulation.
- Pour éviter les inconvénients dus, d’autre part, à l’emploi d’un liquide biréfringent, plusieurs chercheurs ont tenté de remplacer le liquide par un corps solide. C’est ainsi que l’ingénieur hongrois bien connu von Okolicsanyi, auquel on doit, en particulier, l’invention d’une hélice exploratrice en télévision, a mis au point un dispositif traducteur comparable à la cellule de Kerr, mais comportant un cristal au lieu de liquide. Après bien des recherches, l’inventeur a eu recours à un cristal biréfringent de sulfure de zinc.
- Il est utilisé sous forme d’une petite plaque de 6 mm de large, 10 mm de long et 1 mm d’épaisseur environ.
- Le cristal est placé entre deux ressorts de cuivre, sur lesquels on applique la tension voulue (fig. 6).
- Le dispositif est placé entre deux prismes de nicol croisés avec des lentilles de concentration dans un tube métallique d’une dizaine de centimètres de longueur. Avec une lampe de 30 w seulement on aurait pu obtenir une projection de l’ordre de plusieurs décimètres carrés.
- Le dispositif est plus robuste que la cellule de Kerr, ne contient pas de liquide et est plus réduit. Son rendement lumineux serait de l’ordre de 35 pour 100, la courbe de réponse est satisfaisante, la capacité est très faible, la tension appliquée est de l’ordre de 400 v et la puissance nécessaire de l’ordre de 5 w. Il permettrait de suivre des fréquences élevées de l’ordre de plusieurs centaines de mille périodes-seconde.
- LES MODULATEURS A LUMINESCENCE ET LES SYSTÈMES CATHODIQUES
- Tant pour l’enregistrement des sons que pour la transmission des irqages, les systèmes luminescents et les tubes cathodiques dont nous avons décrit en détail les perfectionnements ont permis jusqu’à présent d’obtenir, en pratique, les résultats les plus remarquables. Cependant, les lampes à luminescence ont encore trop souvent un fonctionnement assez irrégulier malgré leur simplicité et, d’autre part, la réception des images de télévision au moyen d’un oscillographe cathodique peut être pratique pour la réception individuelle d’amateurs, mais elle ne l’est pas encore, lorsqu’on veut réaliser des images de grande surface pour la projection en public.
- Les plus grands tubes cathodiques actuels ont un
- Fig. 6. — Cellule modulatrice de Kerr, à cristal biréfringent. A gauche : le cristal; à droite : vue d’ensemble de l’appareil.
- diamètre de l’ordre de 30 cm, et il semble difficile d’aller plus loin, étant donné la difficulté déjà très grande de la réalisation d’appareils de ce modèle; il est très difficile également de projeter sur un écran l’image obtenue sur la surface fluorescente du tube cathodique en raison de la faible luminosité de cette dernière, dont l’accroissement paraît également très difficile à obtenir.
- Au lieu d’employer uniquement le phénomène de la luminescence ou celui de la fluorescence par le bombardement électronique, il est venu à l’idée de certains chercheurs de combiner ces phénomènes avec d’autres permettant de mieux les utiliser.
- C’est ainsi que M. Valensi associe un tube luminescent à un thyratron permettant de le moduler. Ce thyratron comporte une cathode, une grille de modulation, et une anode, comme à l’habitude, mais cette anode est perforée et joue le rôle de cathode pour un tube luminescent accolé en quelque sorte au thyratron (fig. 7).
- L’inventeur autrichien Schmelding avait cherché à améliorer la puissance lumineuse du tube cathodique sans augmenter l’inertie lumineuse de l’écran fluorescent. N’ayant pu résoudre ce problème, il a eu l’idée de supprimer l’écran fluorescent et de le remplacer par une sorte de double fond formant un cylindre plat à l’extrémité du tube. Ce réservoir cylindrique est rempli de néon à faible pression; à la base la plus rapprochée du tube cathodique, se trouve une bague métallique réunie au pôle négatif d’une source auxiliaire; à l’autre base, on dispose à l’intérieur du tube une électrode en forme de grille serrée et tressée en fils excessivement fins.
- Le fond du cylindre à l’intérieur de l’anneau est couvert par des taches métalliques de dimensions microscopiques qui ne se touchent pas entre elles.
- Au repos, on applique sur les électrodes auxiliaires du
- Fig. — Association d'un thyratron et d’un tube à luminescence. (Proposée par M. Valensi.
- Grille
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- Chambre rpmplie^0^^ métalliques cathodiques
- ' 1 in Lentille f9j li
- ch a rgé posit i verni Anneau chargé négativem* ^
- Récepteur ^4^
- Fig. 8. — Tube cathodique de Schmelding associé à une lampe à luminescence et récepteur de télévision monté avec ce tube.
- système une tension juste suffisante pour provoquer une décharge luminescente à l’intérieur du cylindre au néon (fig. 8).
- Quand le rayon cathodique du tube agit sur une surface métallique élémentaire, il ionise le gaz qui l’entoure; il se produit donc un flux intense entre le point métallique touché et la grille disposée en face. Le petit arc produit détermine la formation d’un point lumineux très intense (un petit cratère) sur le point métallique considéré. La lueur proportionnelle à l’intensité du rayon cathodique
- disparaît instantanément, dès que le faisceau cathodique se déplace et a quitté sa première position.
- On obtient donc finalement une image extrêmement brillante entre la grille et le fond de l’espace cylindrique; comme les fils de la grille sont très fins, ils ne gênent pas la formation de l’image.
- En principe, le diamètre du tube est réduit, car l’intérêt réside, non dans sa surface, mais dans la brillance de l’image permettant sa projection sur un écran à l’aide d’un système optique. P. Hémardinquer.
- UN NOUVEAU MODE DE PROPULSION
- LE SYSTÈME BUDIG
- Après la rame, la roue, l’hélice, voici qu’un nouveau moyen de déplacement par appui sur l’eau ou sur l’air vient d’entrer dans sa phase de réalisation pratique.
- Fig. 1. — Dispositif expérimental de M. Budig pour essayer des profils d’ailes sous toutes inclinaisons, dans le vent naturel.
- Il repose sur la transformation d’un mouvement de battements alternatifs en un mouvement de propulsion perpendiculaire au premier plan; à cet égard, il s’inspire directement du vol des oiseaux qui a déjà tenté maints observateurs.
- Cependant, malgré les esquisses de Léonard de Vinci, les remarquables travaux de Sir George Cayley, de Marey, de Lilienthal, il a fallu attendre notre temps pour jeter un peu de lumière sur le fonctionnement des surfaces battantes au sein d’un fluide. M. Budig a le grand mérite d’avoir, après de minitieuses recherches, réalisé le premier appareil de ce type utilisant la force humaine.
- Au cours d’une série de mesures méthodiques de pression sur des ailes, fuselages, empennages d’avions, M. Budig découvrit des anomalies dans l’allure des diagrammes obtenus.
- A défaut de soufflerie aérodynamique et pour travailler plus commodément que sur l’avion lui-même, il entreprit avec une grande patience l’expérimentation d’ailes de dimensions convenables dans le vent naturel. Il constitua donc un véritable laboratoire en plein air comportant un chariot mobile supportant les profils munis de
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- trous de prises de pression dans une position quelconque (fig. 1) — une batterie de inulti-manomètres (fig. 2) et enregistreurs de vitesse •— et un appareil photographique à objectif spécial. Ainsi équipé il effectua, sur divers profils placés dans différentes situations, plus de 300 mesures qui lui permirent de mettre en évidence certains effets heureux de l’attaque oblique.
- L’ATTAQUE OBLIQUE
- Comme son nom l’exprime clairement, on dit qu’il y a attaque oblique lorsque le plan vertical contenant la direction du vent relatif fait un angle différent de 90° avec le plan
- Fig. 2. — Photographie d’un enregistrement de pressions et dépressions au mullima-nomèlre. (Chaque tube est relié à un point d’une section de l’aile).
- directions perpendiculaires à l’envergure, la distribution des zones de pression et de dépression affecte le tracé habituel représenté figure 4 pour une incidence de 16°. Si l’on donne à l’aile une inclinaison latérale de 30° et une dérive de 70°, on remarque pour la même section considérée une augmentation très nette de la dépression intéressant le bord d’attaque (fig. 5). Comme la résultante des actions aérodynamiques est liée directement en grandeur et direction à la somme des pressions et dépressions, on en déduit que celle-ci sera plus grande que dans le cas précédent, et comme l’allure générale se trouve inclinée vers l’avant, il en résultera la naissance d’une force propulsive utilisable.
- Fig. 4 et 5. •— A. Diagramme de pressions et dépressions, obtenu en attaque normale dans le vent naturel à 8,3 misée pour l’incidence a = 16°; t = 0°; y = 0°
- B. Diagramme dépréssions et d épressions obtenu en attaque oblique dans le vent' naturel à 8,3 misée pour a = 0°;, Fig. 3. — Les divers angles que peut faire le vent relatif avec une aile. T _ ^q0. ^ _ 3Q0.
- a : angle d’incidence; y : angle de dérive; x : angle d’inclinaison latérale.
- formé par l’envergure de l’aile et une corde du profil, la plus grande, par exemple. De plus l’aile peut présenter un certain dièdre ou flèche et le vent relatif peut prendre toute une gamme d’incidences par rapport à la corde de référence du profil. Les schémas de la figure 3 définissent l’angle d’attaque oblique ou de dérive y, l’angle d’indicence a, et l’angle d’inclinaison latérale T. En technique aéronautique, ces cas se présentent lorsqu’un avion vole avec une forte dérive ou effectue une glissade latérale prononcée.
- A défaut des indications d’une étude générale actuellement en cours à la Grande Soufflerie de Chalais-Meudon, en vue de déterminer les projections de la résultante aérodynamique d’une aile attaquée obliquement sur les trois plans perpendiculaires de référence, reportons-nous aux diagrammes de pression obtenus par M. Budig dans le vent naturel. Pour un profil biconvexe symétrique attaqué normalement par le vent relatif suivant des
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- Mais pour pallier aux défaillances du vent et fournir un déplacement plus continu, l’étude d’un appareil propulsé par la force humaine fut entreprise. Toujours adaptable à un petit bateau du genre canoé ou kayak, le système se compose de deux pales de profil biconvexe symétrique, courbées suivant un arc de cercle dans le sens de l’envergure, et susceptibles d’osciller alternativement autour d’un axe situé au-dessus du centre de courbure. Un mécanisme à levier à mains et pédales, équilibré statiquement, commande l’abaissement et la relevée des pales, qui sont toujours immergées dans l’eau suivant au moins la moitié de leur longueur et ceci dans un plan perpendiculaire à l’axe horizontal du
- Fig. 6. — Le premier bateau Budig à aile inclinée, utilisant l'attaque
- oblique.
- LES BATEAUX BUDIG
- L’existence d’une force propulsive dans certaines conditions d’angle d’attaque étant démontrée, M. Budig songea à l’exploiter pratiquement. A cet effet, il construisit tout d’abord un bateau dont la voilure était constituée par une véritable aile d’avion inclinée sur l’horizontale. D’après la direction du vent, il était possible par une manœuvre appropriée d’utiliser au mieux le profil en attaque oblique suivant la route à suivie.
- Deux quilles spéciales servaient de dérive et de stabilisateur nautique (fig. 6).
- »
- Fig. s. — Croquis indiquant la direction de la vitesse de la pale par rapport à l'eau et la résultante des actions du fluide sur la pale, à un instant donné, en
- cours d'abaissement.
- (La projection Rx de la résultante Rxz dans le plan ozx entretient le déplacement du bateau.
- Sens de déplacement
- +
- ~î‘
- y
- Vue de face
- Vue de profil
- Fig. 7. — Schéma du système propulseur Budig monté sur un kayak.
- canot (fig. 7). Si nous considérons un système d’axes perpendiculaires oxyz, et que nous supposions le bateau animé d’une certaine vitesse de déplacement suivant son axe horitontal ox, l’utilisation de l’attaque oblique peut être analysée comme suit (fig. 8). Vue de face, si l’une des pales passe en un mouvement d’abaissement de la position haute P0 à la position basse P,, on conçoit qu’à un instant donné la composition de sa vitesse latérale p, et de sa vitesse verticale de descente w, donne une vitesse résultante Yyz par rapport au fluide, inclinée obliquement
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- sur la tangente à l’envergure MN, au point considéré.
- De même, dans la vue de profil, la vitesse de translation u, composée avec la vitesse de descente verticale w, nous donne encore la vitesse résultante Yxz formant l’angle y avec la direction de l’envergure qui est ici verticale. Le fonctionnement en attaque oblique étant établi, portons notre attention sur la force résultant des actions du fluide sur une pale. Dans le plan 0yz, la résultante Ryz se projette verticalement suivant une réaction Rz, qui tend à déjauger le bateau dans le mouvement d’abaissement, et une composante latérale R y qui se trouve automatiquement équilibrée par la composante égale et de sens contraire produite par l’autre pale symétrique. Dans le plan Oxz, comme nous l’apprennent les diagrammes de distribution de pression vus précédem-
- Fig. 10. — Dispositif pour rendre visible l’écoulement autour des ailes, au moyen de fumées.
- ment, la résultante R xz sera dirigée vers l’avant et sa projection horizontale Ræ entretiendra le déplacement du bateau. Il est bien entendu que, le mouvement étant périodique, les vecteurs représentatifs de la vitesse et de la résultante sont variables dans le temps et dans l’espace et que, de plus, les forces d’inertie du système de commande et des membres du pilote, jointes à celle du bateau, interviennent également en vue d’une bonne adaptation du système.
- A la suite d’une mise au point rationnelle, pendant de longues randonnées nautiques au cours desquelles il’ eut l’occasion de se mesurer avec des représentants de clubs d’aviron, M. Budig réussit de belles performances, atteignant 9 km-h de moyenne pendant 3 h, sans fatigue
- Rendement °/o O / cf O os**
- - ;r V Tl
- 2
- Fig. 9. •— Courbe de rendement du propulseur Budig, en fonction du rapport entre la vitesse de déplacement et la fréquence des battements. (Mesures laites au manège hydrodynamique de l’Institut de Saint-Cyr.)
- excessive. Puis, par l’intermédiaire de l’Office des Inventions, il demanda l’expérimentation méthodique de son propulseur au manège hydrodynamique de l’Institut de Saint-Cyr. Sous la haute direction de M. Toussaint, avec la collaboration dévouée de M. Gruson qui construisit à cet effet un enregistreur de puissance spécial, le rendement effectif du système fut déterminé en fonction de la vitesse de déplacement. La courbe de la figure 9 nous indique que, pour une fréquence de battement double de la vitesse de translation, le rendement atteint la valeur remarquable de 75 pour 100 qui le place immédiatement en concurrence avec celui d’une bonne hélice. Il se peut, d’ailleurs, que l’on obtienne encore mieux lorsque tous les détails seront bien connus.
- Fig. II. — Schéma de la formation des tourbillons lors du baltement en air calme, expliquant la possibilité de démarrage par la naissance d’une réaction vers l’avant.
- Elévation : Rapprochement détaxé
- I Sens de dèplacemt
- Abaissement: Eloignement
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- Fig. 12.— M. Budig et son canot au cours d'une randonnée nautique.
- En vue d’une investigation plus poussée, M. Budig construisit une paire d’ailes oscillantes d’environ 2 m 20 d’envergure et 0 m 46 de corde. Le système étant en air calme ou placé dans le vent d’une soufflerie, il fut procédé à des émissions de fumée ayant pour but de visualiser l’écoulement autour des profils en mouvement. En notant que le montage est inversé symétrique-
- ment suivant un plan horizontal par rapport à celui du bateau, rapprochons les deux ailes l’une vers l’autre en un mouvement d’élévation. Si nous regardons l’aile gauche face à l’appareil (fig. 9), et que l’air ambiant soit au repos, nous voyons que les filets de fumée émis dans la partie intérieure contournent rapidement le bord d’attaque, s’accélèrent sur l’extrados et viennent former un tourbillon au bord de fuite (fig. 11). Dans le mouvement d’abaissement, le phénomène se reproduit de la même façon, mais le tourbillon tourne en sens inverse du premier.
- Si l’on continue le battement, le mouvement de chaque aile engendre une file tourbillonnaire dont deux éléments consécutifs ont des rotations de sens différent. On conçoit que l’échappement de ces tourbillons créant une quantité de mouvement vers l’arrière produise, par réaction, l’effort suffisant qui permet le démarrage de l’appareil à entraîner. Si l’on souffle sur l’ensemble de façon à représenter la marche en translation, l’écart entre les tourbillons et leur intensité respective varie suivant la vitesse du courant d’air et celle des battements, et il serait possible par ce moyen de retrouver le régime de rendement optimum.
- L’AVENIR DU SYSTÈME BUDIG
- Encouragé par ces premiers résultats, qui prouvent l’incontestable intérêt de l’attaque oblique, M. Budig étudie actuellement l’adaptation de son propulseur à un canot rapide destiné à des tentatives de records d’aviron. Après quoi, il adjoindra un moteur à son système de façon à résoudre certains problèmes de navigation où l’hélice présente des inconvénients. Enfin sa grande ambition est de s’attaquer au vol humain, ou à faible puissance, au moyen d’un planeur ou avion léger à ailes battantes. Étant donnée la solide expérience qu’il possède maintenant, espérons que, dans un temps plus ou moins long, nous aurons le plaisir d’assister à la réussite de ses projets.
- Jean Lacaine
- LE PHOTORELAIS CHILOWSKI
- SON APPLICATION A L’ALLUMAGE AUTOMATIQUE DES FEUX DE POSITION D'UNE AUTOMOBILE
- Dans une expérience classique de chimie, on montre aux élèves l’action de la lumière sur un mélange gazeux de chlore et d’hydrogène. Dans l’obscurité, ces deux gaz restent indéfiniment inertes vis-à-vis l’un de l’autre. Mais si on les éclaire, ils se combinent instantanément pour donner, sans changement de volume, de l’acide chlorhydrique.
- Imaginons une capacité fermée contenant, en présence d’une atmosphère de chlore et d’hydrogène, une solution d’acide chlorhydrique traversée par un courant élec-
- trique de tension suffisante ; par électrolyse il se dégagera de l’hydrogène et du chlore, tous deux insolubles dans la solution qui leur donne naissance. Si, d’autre part, la capacité est éclairée, le chlore et l’hydrogène se recombinent pour former de l’acide chlorhydrique immédiatement absorbé par la solution. Si l’action de la lumière l’emporte sur celle de l’électrolyse, la masse gazeuse contenue dans la capacité diminue ; dans le cas contraire elle augmente. On obtient ainsi des variations de volume (ou de pression) permettant de traduire des variations
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- d’éclairement ou de courant électrique en actions mécaniques. Ces réactions, de plus, sont pratiquement indépendantes de la température ambiante.
- C’est sur ce principe que repose l’ingénieux photorelais imaginé par M. C. Chilowski, à qui l’on doit déjà de nombreuses inventions dont la plus célèbre est celle du repérage des sous-marins par les ultra-sons.
- Le photorelais ne doit pas être confondu avec les cellules photoélectriques. Celles-ci sont des organes qui sous l’action de la lumière produisent ou règlent des courants électriques. Mais l’effet produit est toujours très faible, et si on veut [l’utiliser pour exercer une action mécanique, il faut lui faire subir une énorme amplification; d’où la nécessité d’un amplificateur à lampes triodes pour amplifier d’abord le courant initial de la cellule, et lui permettre d’agir sur un relais électromagnétique commandant un circuit à courant relativement fort, qui exerce l’action désirée.
- Le photorelais Chilowski, au contraire, exerce une action mécanique relativement puissante, utilisable pour ouvrir ou fermer directement le contact du circuit électrique à courant fort.
- Il forme un bloc robuste et peu coûteux qui fonctionne suivant qu’il est éclairé ou non ; il fournit, dans un très grand nombre de cas, une solution économique au problème du déclenchement d’actions mécaniques par la lumière; à lui seul, en effet, il remplace les trois organes indispensables pour une action photoélectrique : la cellule, l’amplificateur et le relais électromagnétique; son prix de revient est inférieur, et de beaucoup, à celui de chacun de ces organes, et notamment n’est qu’une fraction de celui d’une cellule photoélectrique seule. Ajoutons que son fonctionnement est beaucoup plus simple et plus sûr que celui de l’ensemble d’organes délicats exigé par la cellule photoélectrique.
- Le fonctionnement, comme on l’a vu, repose sur des équilibres qui exigent un certain temps pour s’établir; c’est dire que le photorelais ne peut prétendre se substituer aux cellules photoélectriques dans toutes leurs applications.
- Mais il a devant lui, cependant, un champ très étendu et commercialement fort intéressant; tout d’abord, celui des applications à action lente dans lesquelles le temps d’action peut varier sans inconvénient, entre quelques secondes et plusieurs minutes.
- Pour certaines applications, M. Chilowski a, du reste, réalisé des relais dont le temps d’action est de l’ordre de quelques dixièmes de seconde.
- Après avoir mis au point la construction du photorelais, l’inventeur en a fait une première application à l’allumage automatique des feux de position d’une voiture automobile. Dès la tombée de la nuit le photorelais ferme le circuit des lanternes de position; serviteur fidèle et sûr, il ne connaît pas les étourderies ou les oublis qui peuvent coûter un accident à la voiture ou une contravention à son conducteur. Les visiteurs du prochain Salon de l’Automobile pourront y voir fonctionner cet ingénieux dispositif.
- Avant d’examiner plus en détail les applications pré-
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- sentes ou futures du photorelais Chilowski, voyons comment il est construit.
- MODES DE RÉALISATION DU PHOTORELAIS
- La figure 1 représente schématiquement un mode de réalisation très simple qui fait comprendre le principe de l’appareil.
- Un tube en U, fermé à ses deux extrémités, contient du mercure; l’une des branches A, se termine par une chambre B, en matière transparente, qui contient une solution d’acide chlorhydrique surmontant le mercure, ou de préférence, une solution chlorhydrique de chlorure de calcium. L’autre branche A' est remplie au-dessus du mercure par un gaz inerte. Le tube constitue, en somme, un manomètre.
- Dans la solution chlorhydrique plongent deux électrodes C-D alimentées par la batterie E à travers la résistance réglable F.
- Dans la branche A' du tube est placé un contact G relié à la lampe I mise en circuit sur la batterie E, par l’intermédiaire de la colonne de mercure, lorsque celle-ci atteint le contact G.
- Le courant issu de la batterie (quelques milliampères), électrolyse constamment la solution; si la chambre B est dans l’obscurité, le chlore et l’hydrogène dégagé se rassemblent à sa partie supérieure et refoulent le mercure qui vient en contact avec G et ferme le circuit de la lampe. Celle-ci s’allume.
- Mais si la chambre B est éclairée, l’accumulation des gaz ne peut avoir lieu, le chlore et l’hydrogène se recombinant; l’acide chlorhydrique formé se redissout et la pression tend à baisser; à une valeur donnée de l’éclairement correspond, pour un courant d’élec-trolyse déterminé, un état d’équilibre qui se traduit par un niveau déterminé de la colonne de mercure dans les branches du tube en U.
- Quand l’éclairement croît et atteint une certaine valeur, le niveau baissant dans la branche A', le mercure quitte le con-
- Fig. 1. — Schéma de principe du photorelais Chilowski.
- AA’, tube en U contenant une colonne de mercure. — B, Chambre d’électrolyse transparente contenant une solution de chlorure de calcium. — C-D, électrodes d’électrolyse. — E, batterie. — F, résistance variable. — G, contact électrique. — I, lampe électrique. — L, amenée du courant de la batterie à la colonne de mercure. (L’électrolyse dégage du chlore et de l’hydrogène qui se rassemblent au-dessus du liquide dans la chambre B. La lumière provoque dans cette chambre la recombinaison du chlore et de l’hydrogène en acide chlorhydrique absorbé par la solution. La pression dans la chambre B et par suite le niveau du mercure dans le tube AA’ varient donc en fonction de l’éclairement de la chambre B.)
- —WWVAAAA-
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- Fig. 2. — Pholorelais à membrane de platine el son montage pour l’allumage ou Vextinction automatique d’une lampe électrique.
- AA' tube à mercure. — B, chambre d’électrolyse. C.-D, électrodes d’électrolyse. — E, batterie. —F, résistances. — G, contact de fermeture du circuit de la lampe. — H, contact de mise en court-circuit des électrodes d’électrolyse. —• I, lampe. •— K, membrane ondulée en platine iridié séparant la chambre d’électrolyse et le mercure. -— L, amenée du courant de la batterie à la colonne de mercure.
- tact G; le circuit de la lampe est coupé. La résistance variable F sert à régler l’intensité du courant d’élec-
- Fig. 3. — Photorelais à membrane de verre. Son montage pour la commande automatique des feux de position d’une automobile.
- AA’, tube à mercure. — B, chambre et électrodes d’électrolyse. —• a, b, c, contacts sur le tube à mercure. — E, batterie. — I, lampe. — L, amenée du courant à la colonne de mercure. — M, capsule à deux compartiments. — M1 Ma, disques en verre. — N, lame de verre mince. — P, tube en platine iridié reliant le compartiment inférieur à la chambre B. — O, tube capillaire reliant le compartiment supérieur à la branche A du tube à mercure. — RR’ résistances. — S, palette mobile. — T, petit aimant.
- Fusible
- Batterie
- trolyse et par suite, la quantité de gaz dégagés; elle permet, par conséquent, de régler le niveau du mercure dans la branche A7.
- La ligure 2 représente un premier modèle réalisé par M. Chilowski. Pour éviter l’attaque chimique du mercure celui-ci est séparé de la solution chlorhydrique par une mince membrane élastique ondulée, en platine iridié K.
- Dans la branche A7 sont disposés, outre l’électrode L qui amène à la colonne de mercure le courant de la batterie, le contact G en série avec la lampe I, et au-dessus de celui-ci un second contact H, connecté à l’électrode d’électrolyse C. Celui-ci sert à éviter un dégagement ininterrompu de gaz dans la chambre d’électrolyse lorsque celle-ci cesse d’être éclairée.
- En effet, l’accumulation des gaz dans la chambre d’électrolyse, en l’absence de toute recombinaison, fait monter le niveau du mercure dans la branche A7 ; lorsqu’il atteint le contact H, on voit que les électrodes C-D sont court-circuitées; l’électrolyse cesse. Mais la lampe I reste allumée.
- Dès que la chambre B est à nouveau éclairée suffisamment, la recombinaison se produit; le mercure abandonne successivement les contacts H et G et la lampe s’éteint.
- La réalisation de membranes élastiques inattaquables, leur insertion dans un tube présentent de sérieuses difficultés.
- Le modèle de la figure 3 constitue un important perfectionnement aussi bien à l’égard de la sensibilité et de la précision qu’à celui du prix de revient.
- Il comprend trois parties distinctes : la chambre d’électrolyse B; une capsule M à deux compartiments séparés par une membrane élastique N; un tube AA7 en U, contenant du mercure et muni de contacts appropriés.
- La capsule M est un élément remarquable du dispositif : elle est fermée extérieurement par deux disques en verre épais légèrement bombés Mt M2, enserrant la membrane N qui est en verre très mince. Le compartiment inférieur de cette capsule est en communication avec la chambre d’électrolyse par l’intermédiaire du tube capillaire P en platine iridié; le compartiment supérieur communique avec la branche A du tube à mercure par le tube Q.
- Les variations de pression produites dans la chambre B par les variations d’éclairement sont ainsi transmises au compartiment supérieur, toujours rempli de liquide. Sous l’action de ces variations, la membrane encastrée N se déplace tantôt vers le haut en s’appuyant contre le verre Mt tantôt vers le bas en s’appuyant contre le verre M.2; déplacements d’amplitude extrêmement faible, de quelques centièmes de millimètre seulement, invisibles à l’œil nu, ce qui explique la grande sécurité du dispositif malgré la minceur de la membrane de verre.
- Le compartiment inférieur de la capsule ainsi que la branche A du tube à mercure sont remplis d’un gaz inerte; les déplacements de la membrane N se traduisent par des déplacements de la colonne de mercure dans un sens ou dans l’autre, et par la mise en circuit ou hors circuit des contacts portés par le tube.
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- La figure 3 fait comprendre comment est effectué le montage de l’appareil pour son application à la commande automatique des feux de position des véhicules et comment, dans ce cas, est assuré un automatisme total.
- Quand il fait jour, la chambre d’électrolyse étant fortement éclairée, il se crée une dépression en B. La membrane N s’applique contre le disque de verre inférieur M2; par suite de la dépression ainsi créée dans le compartiment supérieur de la capsule, la colonne de mercure monte dans la branche de gauche du tube AA' et ferme le contact électrique a; le courant électrolytique amené de la batterie de la voiture par l’électrode L à la colonne de mercure traverse le liquide de la chambre d’électrolyse entre les électrodes C-D en platine iridié, après avoir traversé la résistance R, relativement faible. L’électrolyse et le dégagement gazeux atteignent alors leur maximum. A l’approche du crépuscule, la pression augmente en B; la colonne de mercure baisse dans le tube AA', et abandonne le contact a, mais elle laisse fermé le contact b dans la branche de gauche, par lequel le courant est amené à la chambre d’électrolyse à travers les deux résistances R, R' en série; dans la branche de droite du tube le mercure monte et atteint le contact c fermant le circuit de la batterie sur la lampe I du feu de position. L’introduction de la résistance R' dans le circuit d’électrolyse fait baisser le courant électrolytique à sa valeur normale qu’il conserve pendant toute la période du crépuscule, tandis que le feu de position s’allume. Quand l’obscurité augmente, le mercure baisse encore dans la branche A et abandonne le contact b; le courant électrolytique est complètement coupé. Mais le circuit du feu de position reste fermé par le contact c.
- Quand la voiture est remisée au garage, la nuit, il est inutile que les feux de position s’allument automatiquement. On a donc prévu, sur le circuit de la batterie, un interrupteur très ingénieusement conçu; sa partie mobile est formée par une palette pendulaire S ; sa partie fixe par un petit aimant T. Pour couper le contact, l’automobiliste, en remisant sa voiture, n’a qu’à appuyer dans le sens voulu sur la partie inférieure de cette palette.
- Quand il sort du garage, la première accélération ou le premier freinage imprimé à la voiture met en mouvement la palette S; elle vient aussitôt se coller sur l’aimant T. Le dispositif se trouve ainsi remis automatiquement en ordre de marche, sans intervention du conducteur.
- Nos photographies (fig. 4 à 6) montrent que le photorelais forme un ensemble compact et peu encombrant.
- C’est un accessoire simple et peu coûteux, dont le
- Fig. 5. — Aspects extérieur et intérieur d'un phoiorelais à membrane
- de verre.
- La vue inférieure montre la chambre d’électrolyse en regard de la fenêtre et la capsule à lame de verre. (Le boîtier est surmonté d’une pile de démonstration remplaçant la batterie). La vue supérieure, à droite, montre l’intérieur du boîtier, après enlèvement du photorelais. On aperçoit l’aimant et la palette oscillante de l’interrupteur.
- Fig. 4. — Aspect extérieur d’un phoiorelais pour automobile.
- La fenêtre ménagée sur le côté supérieur de la boîte laisse passer la lumière destinée à impressionner le relais.
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- prix, du reste, est largement compensé par la suppression de risques désagréables et souvent graves.
- AUTRES APPLICATIONS
- Le photorelais doit trouver bien d’autres applications. Il est évident tout d’abord, qu’il peut être employé pour provoquer automatiquement, en fonction de l’éclairement extérieur, la fermeture ou l’ouverture de tout circuit électrique.
- Il pourra donc servir au contrôle de l’éclairage sur les voies publiques, dans les écoles, musées, etc.; à l’allumage automatique de l’éclairage dans les wagons de chemins de fer à la tombée de la nuit; à l’allumage et à l’extinction automatiques des réclames lumineuses ou des panneaux indicateurs lumineux; au contrôle des fumées dans les cheminées industrielles; au réglage automatique de la température dans les fours.
- Une application tout indiquée et fort importante est
- l’allumage et l’extinction automatiques des phares et balises.
- Il convient de remarquer que la rapidité d’action du relais est indépendante de la grandeur de la chambre d’électrolyse ; par contre le travail mécanique que le relais peut fournir augmente avec les dimensions de cette chambre et l’intensité du courant d’électrolyse. On peut donc réaliser des appareils minuscules pour les emplois où n’interviennent que des efforts faibles et des appareils de grandes dimensions capables d’effectuer un travail important. En particulier les contacts à mercure de large section peuvent ouvrir ou fermer des courants électriques de grande intensité, ce qui est fort important dans le cas des phares et balises.
- La réaction sur laquelle repose le fonctionnement du photorelais, la combinaison du chlore avec l’hydrogène
- sous l’action de la lumière, est tout particulièrement sensible à l’action de la lumière ultra-violette.
- Le photorelais est donc tout indiqué pour le contrôle automatique ou non de la lumière ultra-violette dans ses nombreuses applications médicales ou industrielles.
- La signalisation sur les voies ferrées doit trouver en lui un précieux auxiliaire. Tout d’abord, pour l’allumage et l’extinction automatiques des signaux de route : sait-on qu’il existe sur l’ensemble des réseaux 60 000 signaux alimentés par des batteries locales, qui doivent rester allumés nuit et jour parce que trop éloignés des gares pour être allumés et éteints quotidiennement par le personnel? Le photorelais pourra désormais assumer cette tâche et procurer à nos chemins de fer, qui en ont grand besoin, une sérieuse économie.
- On peut lui demander aussi le contrôle effectif et direct de 1’ « état allumé » des signaux de route, élément capital de la sécurité. Actuellement, ce contrôle s’effectue indirectement par l’état du courant électrique d’alimentation, ce qui dans certains cas, peut produire des erreurs graves; tandis qu’un photorelais placé à l’intérieur de la lanterne, à proximité de la lampe allumée, contrôlera directement la présence ou l’absence de lumière dans cette lampe, c’est-à-dire le facteur même de sécurité qui intéresse le conducteur de la locomotive. Quelle que soit la cause de l’absence de la lumière : panne d’électricité, court-circuit, fragment faisant accidentellement écran, l’absence de lumière sera signalée indépendemment de la cause qui l’a provoquée.
- Voici encore une autre application du photorelais aux chemins de fer : il peut être utilisé pour réduire automatiquement l’intensité des feux colorés à la tombée de la nuit et l’augmenter au lever du jour : en effet les signaux utilisés dans les panneaux des feux colorés restent actuellement allumés nuit et jour à la. même intensité. Les signaux, visibles le jour, deviennent la nuit éblouissants et aveuglent les conducteurs de locomotives. Le photorelais est apte à corriger automatiquement ce défaut.
- Les photorelais à action rapide (de 1 à 0,2 sec) auxquels nous avons fait allusion au début de cet article, pourront être utilisés pour la télémécanique ou la commande à distance, le comptage et l’enregistrement, le dépistage des incendies à l’état naissant par la présence de fumées.
- Nous bornerons là cet aperçu des applications futures du photorelais. Il n’a pas la prétention d’être complet
- Il suffit à montrer la variété et l’importance des services qu’est appelé à rendre le nouvel organe créé par M. Chilowski. Il est juste de mentionner, en terminant, que le constructeur, la Société Tubest, a puissamment secondé l’inventeur dans la réalisation et la mise au point des appareils précédents et que c’est à elle, notamment, que revient la paternité de l’ingénieux interrupteur à palette. A. Troller.
- Fig. 6. — Une voiture automobile équipée avec le photorelais Chilowski pour l'allumage automatique des feux de position.
- Le photorelais est la petite boîte que l’on aperçoit entre les bras du volant.
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- RÉCRÉATIONS MATHÉMATIQUES
- TOUJOURS LE NOMBRE 142 857 !
- La Nature a proposé naguère le problème suivant : « Trouver un nombre de 6 chiffres dont les 6 premiers multiples se composent des 6 mêmes chiffres. » Plusieurs réponses, plus ou moins savantes, nous ont été adressées et, un peu tardivement, un de nos correspondants, M. Thiriat, de Quimper, nous communique sa solution purement arithmétique et ne faisant appel qu’à des connaissances élémentaires. Nous croyons intéresser nos lecteurs en reproduisant intégralement le travail de M. Thiriat.
- Trouver un nombre N de 6 chiffres dont les multiples par 2, 3, 4, 5 et 6 soient composés de ces mêmes chiffres.
- 1° Le premier chiffre de N est 1. Le multiple de 6 est 6 N 99 999 < N -s? 1 6Q,6 66^.
- 2° Tous les chiffres sont différents. Les multiples successifs diffèrent au moins de 100 000, les premiers chilfres des multiples sont croissants au moins de 1 unité, et tous différents : ils représentent donc les 6 chiffres du nombre N.
- 3° N est multiple de 9. 3 N est multiple de 3, N est multiple de 3, puisque composé des mêmes chiffres : pour la même raison 3 N étant multiple de 9, N est aussi multiple de 9.
- 4° La somme des chiffres de N est 27. Cette somme est multiple de 9. Nous aurons :
- 100 000 X 1 < N < 166.666.
- X 2 < 2N < 333333.
- X 3 < 3N < 4999....
- X 4 < 4N < 6666....
- X 5 < 5N < 8333....
- X 6 < 6N < 99999..
- La somme des chiffres de N, c’est-à-dire celle des premiers chiffres des multiples successifs sera comprise entre
- 1+2+3+4+5+6 1 +3+4+6+8+9
- Donc cette somme est 27.
- 5° Un même chiffre ne peut occuper le même rang dans 2
- des multiples de N. Supposons qu’un chiffre 3, par exemple
- soit au même rang dans les multiples 3 N et 5 N.
- 5 N = ... 3 ...
- 3 N = ... 3 ...
- En faisant la différence = 2 N on trouverait au rang du chiffre 3 soit un zéro (si les chiffres suivants peuvent se sous-
- traire) soit cinq dans le cas contraire. Or ni 0 ni 9 ne peuvent faire partie du nombre N. En effet zéro serait le 1er chiffre du nombre N lui-même, qui n’aurait alors que 5 chiffres; et 9 serait le 1er chiffre de 6 N : alors, 6 N > 900 000.
- Nous aurons alors : N +> 150 000
- 2 N > 3000....
- 3 N > 45....
- 4 N > 60....
- 5 N > 75....
- 6 N > 90....
- La somme des premiers chiffres serait +> 1 -j-3-j-4-|-6 + 7 + 9 = 30 ; or elle est égale à 27.
- Donc si nous écrivons les nombres N, 2 N.... les uns au-dessous des autres, les colonnes des chiffres de même rang comprennent tous les 6 chiffres du nombre, et leur somme étant 27 , la somme des 6 multiples de N sera :
- 2 + .... 6 ^ N = 27 (1 +10 + 100 + ...10* * * * 5) =111 11 X 27. d’où : 7 N = 999 999.
- 999 999
- 21 N
- Si le nombre N existe ce ne peut être que le quotient
- = 142 857. On peut vérifier que les multiples 2 N .... 6 N se composent des mêmes chiffres qui se retrouvent d’ailleurs dans le même ordre.
- Problèmes proposés.
- Problème A. — Trouver deux nombres de 6 chiffres tels que leur somme soit égale au nombre formé par les 6 derniers chilfres de leur produit.
- Problème B. — Une maison de commerce vend 3 articles à 5, 7 et 13 fr pièce, par colis de 200 fr composés au choix du client. Le magasin d’expédition ayant été incendié, un expert s’efforce d’évaluer le montant des marchandises détruites. D’après le magasinier le bâtiment renfermait des colis représentant toutes les compositions possibles, différant tous les uns des autres, et contenant au moins un objet de chaque sorte. A quelle somme l’expert va-t-il chiffrer les dégâts ?
- Problème C. — Le produit de 4 entiers consécutifs est égal à 1*74*24. Deux chiffres illisibles, ont été remplacés par des astérisques. Comment retrouver ces 4 nombres ?
- H. Barolet.
- = ALTERATION PAR LA LUMIERE = DES SUBSTANCES MÉDICINALES
- MOYEN DE L’ÉVITER
- Tout le monde sait qu’un grand nombre de substances sont altérées par la lumière : on dit, en langage familier, que telle tapisserie, telle étoffe « passe » à la lumière. Cette altération se manifeste aussi bien sur les substances minérales que sur les substances organiques. Mais il convient tout d’abord de bien s’entendre sur la signification du mot lumière.
- En réalité, ce terme est impropre quand on l’emploie pour désigner la cause qui altère les substances, qui fait virer la
- couleur d’un grand nombre de produits minéraux ou végétaux. La lumière, en effet, est constituée par les rayons lumineux, c’est-à-dire les rayons qui dans le spectre solaire forment la partie visible, depuis le rouge jusqu’au violet : cette partie du spectre solaire, très restreinte, est exactement celle qui correspond à la lumière proprement dite; c’est aussi elle qui provoque chez les végétaux vivants la fonction chlorophyllienne.
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- == 322 ..— .......:............- ... =.....=
- De chaque côté de la partie visible du spectre, il existe des rayons invisibles : Y infra-rouge, du côté le moins réfrangible, et Y ultra-violet, du côté le plus réfrangible : l’infra-rouge possède des propriétés purement calorifiques, n’intervenant pas comme cause des altérations dont nous nous occupons; au contraire, l’ultra-violet est la partie vraiment efficace pour provoquer ces altérations : ce sont les rayons ultra-violets qui déterminent sur la peau les dermites appelées « coups de soleil » et qu’on utilise en thérapeutique pour le traitement de certaines dermatoses, lupus, lichen, etc.
- A ces rayons ultra-violets qui constituent la partie la plus actinique du spectre, il faut ajouter une fraction du spectre visible, allant du vert au violet.
- C’est dans la région du vert spectral que commence, en elîet, le pouvoir photochimique des rayons solaires : en sorte qu'on peut dire que les effets actiniques sont dus à l’ensemble des rayons qui se succèdent dans le spectre depuis le vert jusqu’à l’extrême ultra-violet.
- NATURE ET CAUSE DES ALTÉRATIONS
- Les altérations des substances exposées aux rayons solaires sont dues précisément à ces rayons photochimiques : ce n’est donc pas la lumière proprement dite qui est la cause de ces altérations, mais seulement une partie des rayons du spectre visible, ceux qui ont le plus grand indice de réfraction.
- Les altérations et modifications que les rayons solaires produisent sur les corps sont de plusieurs ordres. Nous les classerons de la façon suivante :
- 1° Phénomènes de réduction. — Un exemple se trouve dans l’action de la lumière sur certains sels d’argent, comme le chlorure, l’iodure d’argent solide ou sur des sels en dissolution, comme l’azotate, le citrate d’argent. Les sels de fer, de mercure, de platine, d’or, offrent ces mêmes exemples de réduction par la lumière. L’eau oxygénée se décompose également à la lumière par un phénomène identique.
- 2° Phénomènes d’oxydation. — L’éther éthylique s’oxyde à la lumière : la vitesse d’oxydation est quatre fois plus grande à la lumière qu’à l’obscurité : il se forme de l’eau oxygénée et des produits aldéhydiques. Par contre, certains produits, comme l’adrénaline, sont altérés non pas par la lumière, comme on l’a écrit, mais par suite d’une oxydation provoquée par l’oxygène de l’air.
- 3° Phénomènes d’ionisation. — Les phénomènes d’ionisation produits par les rayons ultra-violets sont bien connus en physique : on peut les mettre en évidence, par exemple, au moyen d’un électroscope à feuilles d’or, chargé négativement : ces feuilles sont déchargées quand un faisceau de rayons ultraviolets les irradie. Certains corps doivent leur altération à l’ionisation produite par la lumière : l’iodure d’amidon en milieu aqueux exposé à la lumière se décolore : cette décoloration est due à ce que les charges électriques des particules, à l’état colloïdal, disparaissent sous l’influence des rayons solaires (et aussi des rayons X) (Bordier) : l’iode ainsi débarrassé de son électricité, se combine avec l’hydrogène de l’eau pour former de l’acide iodhydrique; c’est ici à l’ionisation produite par les rayons ultra-violets que l’altération doit être attribuée.
- Il en est de même pour l’eau iodée.
- C’est dans cette catégorie de phénomènes dus à la lumière que l’on pourrait peut-être faire rentrer l’impression de la plaque photographique au bromure d’argent, par suite de l’état colloïdal du sel d’argent.
- 4° Phénomènes d’allotropisme. — Le soufre octaédrique dissous dans du sulfure de carbone se transforme sous l’action de la lumière, en soufre insoluble. Le phosphore blanc se change en phosphore rouge, etc.
- SUBSTANCES ALTÉRABLES
- La liste des produits médicinaux altérables par les rayons solaires est très longue : on peut dire que presque tous les composés, toutes les substances employées en pharmacie, s’altèrent plus ou moins sous l’action de la lumière.
- Certains corps éprouvent des modifications beaucoup plus rapides et plus visibles que d’autres; il en est une qui est très commode pour apprécier l’altération subie, c’est le changement de coloration. J’en citerai quelques exemples : l’iodfire de zinc en solution, d’incolore devient jaune orangé; le ferro-cyanure de potassium en solution faible et imbibant une feuille de papier buvard vire au jaune citron (x) ; l’iodure d’amidon dans l’eau devient incolore; l’ergotinine en solution prend une coloration brune. La santonine solide passe du blanc au jaune serin; la cryogénine du blanc au brun orangé. La liqueur de Fœhling perd peu à peu sa coloration et devient incolore avec précipitation d’oxyde rouge de cuivre.
- D’autres substances, présentant des phénomènes chromatiques faibles, ont leur spectre d’absorption fortement modifié, telle la chlorophylle en solution alcoolique. Sous l’influence de la lumière, cette solution passe du vert au jaunâtre : mais son spectre d’absorption, caractérisé par quatre bandes noires, se transforme profondément. Après une irradiation courte, la bande voisine de la raie D dans le jaune disparaît : après une action plus forte de la lumière, la bande dans le vert disparaît aussi; enfin, après une exposition plus persistante, la bande dans l’orangé s’efface à son tour; finalement, la belle bande noire située dans le rouge, entre les raies D et C, s’évanouit et il n’y a plus trace de bandes d’absorption à l’examen spectroscopique.
- La chlorophylle des alcoolatures, des huiles médicamenteuses des feuilles et des poudres médicinales, subit les mêmes modifications.
- Il existe enfin certains produits qui ne paraissent pas modifiés d’une façon apparente, qui ne changent pas de couleur, qui n’ont même pas de spectre d’absorption, mais qui s’altèrent tout aussi complètement que les corps des classes précédentes. Un bel exemple est fourni par le chloroforme : ici l’altération pour être décelée nécessite l’usage de réactifs chimiques, comme l’azotate d’argent qui donne un précipité blanc quand le chloroforme est altéré, impropre à l’usage chirurgical.
- MOYENS PROPRES A EMPÊCHER LES ALTÉRATIONS
- Un a cherché depuis longtemps à lutter contre les altérations des substances médicamenteuses, minérales et végétales, des produits chimiques, des réactifs et solutions titrées des laboratoires d’analyses. Le moyen le plus sûr serait de conserver celles-ci dans une complète obscurité : mais ce moyen est peu pratique, car chaque fois que le chimiste ou le pharmacien a besoin de se servir de ses flacons (ce qui se répète plusieurs fois par jour) l’action de la lumière intervient et après un certain temps l’altération finit par se produire.
- Un moyen plus simple consiste à employer, pour loger chaque produit, un récipient dont les parois sont opaques aux radiations les plus réfrangibles du spectre. Pour cela, on a proposé des verres colorés, dont les plus usités sont le jaune et le bleu.
- On peut vérifier facilement l’insuffisante protection offerte par ces deux catégories de verres, en les comparant avec le verre blanc.
- 1. On suspend dans chaque flacon blanc, bleu et jaune, une bande de papier rose qu’on maintient en place par le bouchon du flacon; après quelques heures d’exposition au
- 1. C’est sur ce principe qu’est basé le chromo-aclinomètre de Bordier.
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- soleil direct, ou après quelques jours à la lumière diffuse, on constate que les trois bandes ont subi une décoloration marquée : dans les llacons blanc et bleu le papier est complètement décoloré et est devenu blanc sale, dans le flacon jaune le rose a fortement pâli, mais a mieux résisté que dans le verre bleu.
- 2. En faisant la même expérience avec une bande de papier photographique au citrate, et en laissant le même temps à la lumière diffuse, on trouve que dans les flacons blanc et bleu l’impression a été à peu près la même, le papier a pris une teinte noire : sous le verre jaune, le papier a également noirci, un peu moins toutefois.
- 3. Une solution alcoolique de chlorophylle présente après 24 heures d’exposition à la lumière solaire des modifications sensibles : la belle couleur verte (rouge par réflexion), est devenue dans les trois flacons jaune-orangé; si l’on examine au spectro-scope la solution dans un tube à essai, par comparaison avec la même conservée dans l’obscurité, on constate que les bandes d’absorption ont disparu; seule, la bande dans le rouge paraît encore, pour le verre jaune, mais très atténuée et à peine visible.
- 4. Un quatrième moyen très simple consiste à voir ce qui se passe dans ces verres avec l’iodure d’amidon préparé en mettant trois gouttes de teinture d’iode du Codex dans 1 litre d’eau distillée amidonnée. Si on expose pendant quelques heures cette liqueur d’un bleu céleste à la lumière, on assiste à sa décoloration graduelle et complète dans les trois flacons, blanc, bleu et jaune, tandis que la même liqueur conservée à l’obscurité (ou dans le verre spécial dont je vais parler plus loin) a toujours sa jolie teinte bleue.
- La liste des exemples prouvant l’inefficacité des verres bleus et jaunes pourrait s’allonger beaucoup, mais je réserve les autres preuves pour l’étude comparée de ces verres avec un verre spécial qui, lui, a des qualités précieuses d’opacité photochimique. Il va sans dire que j’ai examiné les differents échantillons des verres bleus et des verres jaunes; la teinte des verres bleus ne varie d’ailleurs pas beaucoup, celle des verres jaunes présente au contraire une échelle de tons, depuis le jaune clair jusqu’au jaune brun. Mais le type de verre jaune le plus employé en pharmacie et en chimie est d’un jaune moyen : l’échantillon qui m’a servi dans toutes les expériences que j’ai faites est celui qui sert à conserver le chloroforme dans les hôpitaux militaires.
- CHOIX D’UN VERRE ANTI-ACTINIQUE
- J’ai ainsi été conduit à chercher un verre cajtable d’arrêter les rayons photochimiques et j’ai abouti à un verre que j’appellerai le <i verre antilux » Q).
- Ce verre, interposé sur le trajet d’un faisceau de lumière blanche tombant sur la fente du spectroscope, ne laisse passer que les rayons rouges, orangés, jaunes et verts; à partir de la raie F, c’est-à-dire à partir du bleu, c’est l’obscurité spectrale; toute la partie actinique, dangereuse, est absorbée.
- Si l’on procède au même examen spectroscopique avec les verres bleu et jaune, on trouve l’explication de l’inefficacité de protection de ces verres : le verre bleu présente un spectre d’absorption caractérisé par trois bandes noires, une dans l’orangé, entre B et C, l’autre moins large dans le jaune, vers la raie D, la troisième dans le vert, moins foncée que les deux autres : tout le reste du spectre est visible jusqu’au violet. On comprend dans ces conditions que le rôle protecteur de ce verre soit à peu près nul.
- Le verre jaune laisse passer toutes les radiations, sauf le violet; suivant la nuance du jaune, cette partie est plus ou
- 1. Ce verre qui a servi pour nos expériences n’est pas encore fabriqué dans le but que nous avons en vue. Il serait à souhaiter qu’une firme française veuille bien s’y intéresser.
- 323
- moins large; avec un verre jaune très foncé, presque tout le violet est absorbé. Avec un jaune clair, il n’y a que l’extrême violet qui est absorbé, mais ce verre laisse passer les rayons correspondant au bleu, à l’indigo, et à une partie du violet, plus ou moins importante suivant la nuance. Or, ces rayons ont un pouvoir actinique qui n'est pas négligeable.
- Quint au verre blanc, il n’absorbe aucun des rayons constituant le spectre du rouge au violet : il laisse en outre passer une partie des rayons ultra-violets qui commencent à la longueur d’onde 0 p. 389. Une lame de verre blanc, de 1 mm 4 n’arrête les rayons ultra-violets qu’à partir de la longueur d’onde 0 p. 295.
- Tout le reste de F ultra-violet est absorbé.
- Le « verre antilux » a une teinte brun-verdâtre se rapprochant du verre de conserves Fieuzal employé par les opticiens; c’est d’ailleurs une expérience que j’avais faite autrefois (*) avec ce verre Fieuzal et les verres colorés destinés à protéger l’œil contre la vive lumière, qui m’ont incité à reprendre cette étude de photochimie pour les verres de « conserves » des substances médicamenteuses.
- Le plan d’étude que j’ai adopté pour mettre en lumière les qualités du « verre antilux » a eu pour base la comparaison des effets photochimiques produits à travers ce verre à ceux produits à travers le verre blanc, le verre bleu et le verre faune.
- Les differentes substances que j’ai soumises à ces expériences peuvent se ranger de la façon suivante :
- 1. Papiers sensibles à la lumière.
- 2. Substances liquides :
- a) Dont la couleur est modifiée ou détruite;
- b) Dont la couleur ne change pas ;
- c) Réactifs et solutions titrés pour analyses.
- 3. Substances solides :
- a) Cristallisées;
- b) Amorphes ;
- tj Organisées.
- Cette classification a l’avantage de mettre un certain ordre dans cette étude.
- 1) Papiers sensibles à la lumière.
- La méthode ici est très simple : on découpe des bandes égales de chacun de ces papiers et on les introduit dans les flacons en les fixant soit par un fil, soit au moyen du bouchon. J’ai employé seulement le papier des photographes au citrate d’argent, le papier photographique au prussiate de potasse et un papier rose assez sensible à la lumière. Voici les résultats obtenus :
- A7erre blanc
- N’erre bleu
- N’erre jaune Verre antilux
- Papier au citrate :
- Après 3 h à la
- lumière diffuse. Franchement Brun noir noir
- Papier au prussiate :
- Après 5 h. . . Fortement Bleui
- bleui
- Papier rose :
- Après 6 h à la
- lumière directe. A peu près Presque
- complète- décoloré
- ment décoloré
- Marron brun foncé
- A peine impressionné, presque blanc
- Bleu A peine
- très net bleui
- Pas complè- Même teinte tement qu’avant décoloré
- J’ai pu laisser le papier rose pendant des mois sous le « verre antilux » à la lumière diffuse sans que sa teinte ait disparu. Ce verre a donc des propriétés anti-actiniques bien démontrées.
- 1. Absorption des rayons ultra-violets par le verre : transparence actinique des verres servant de conserve. (Lyon Médical, 23 octobre 1910.)
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- 2) Substances liquides.
- a) Dont la couleur est modifiée ou détruite. — Les liquides de cette catégorie sont nombreux, mais je ne les ai pas tous examinés : c’était inutile d’ailleurs. La plupart de ces liquides sont des dissolutions des substances altérables. Voici les résultats obtenus :
- Substances Couleur Verre Verre Verre Verre
- Solution d’ergoti- initiale blanc bleu jaune antilux
- nine. . . Solution d’iodure Incolore Jaune brun Jaune Jaune Incolore
- de zinc. . Solut. faible de ferro- Incolore Jaune orangé Jaune Jaune Incolore
- cyanure . lodure Incolore Jaune citron Jaune citron Jaune Incolore
- d’amidon. Bleu Décoloré Décoloré Décoloré Bleu (teinte initiale)
- Eau iodée . Solution de chloro- Jaune léger Décoloré ne bleuit plus par amidon Décoloré Id. Décoloré Id. Pas de changement; bleuit par amidon
- phylle . . Vert intense Jaune orangé Id. Id. Vert initial
- Cette dernière solution examinée au spectroscope ne montre aucune bande noire pour les verres blanc, bleu et jaune, tandis que la solution conservée sous le « verre antilux » donne les quatre bandes caractéristiques de la chlorophylle fraîche.
- b) Substances dont la couleur ne change pas. — La principale substance de cette catégorie est le chloroforme; l’expérience demande beaucoup de temps. J’ai laissé agir la lumière dans chacune des expériences faites sur ce liquide pendant trois mois consécutifs. J’ai ainsi constaté que le chloroforme placé dans les verres blanc, bleu et jaune, donne un précipité blanc dans une solution au centième de nitrate d’argent, tandis que le chloroforme conservé dans le « verre antilux » ne donne aucun précipité.
- On comprend toute l’importance de ce résultat et combien les droguistes auraient intérêt à livrer leur chloroforme dans un tel verre.
- c) Réactifs pour analyses. — Parmi ces réactifs, je citerai les solutions normales d’acide oxalique et d’azotate d’argent, ainsi que la liqueur de Fehling. Toutes ces solutions s’altèrent dans les verres bleu ou jaune; sous « verre antilux », à la lumière diffuse, l’altération ne se produit pour ainsi dire pas. Il y aurait donc grand avantage à conserver les réactifs de laboratoire dans ce verre.
- 3) Substances solides.
- a) Cristallisées. — J’ai expérimenté la sanlonine et la cryogênine dont la coloration change à la lumière. Pour procéder commodément, il suffit de faire dissoudre dans un solvant volatil approprié et d’étaler ensuite la dissolution sur du papier; le liquide s’évapore et laisse la substance sur le papier. J’ai trouvé ainsi :
- Substances Couleur Verre Verre Verre Verre
- — initiale blanc bleu jaune antilux
- Santonine . Blanc Jaune Jaune Jaune Blanc
- canari citron pâle immaculé
- Cryogênine Blanc Brun Id. Jaune Blanc
- orangé brun léger immaculé
- b) Substances amorphes. — Le groupe le plus intéressant de cette classe est fourni par les poudres médicinales vertes, poudres de digitale, de belladone, de jusquiame, etc., faites avec des feuilles fraîches desséchées. J’ai seulement expérimenté sur de la poudre de digitale; le résultat a été celui qu’on pouvait prévoir. Après un mois d’exposition à la lumière, la poudre conservée dans des flacons blanc, bleu ou jaune, était devenue jaunâtre, tandis que celle du « verre antilux » était aussi verte que le premier jour.
- c) Substances organisées. — Je désigne par là les feuilles de plantes médicinales : celles-ci sont conservées dans les drogueries dans des « formelles » ou caisses à parois opaques et par conséquent à l’abri de la lumière. Mais en pharmacie, ces feuilles sont placées dans des bocaux dans l’officine, et sont ainsi exposées à la lumière diffuse ou directe, suivant l’orientation des étagères.
- Pour connaître le rôle protecteur des différents verres étudiés sur les feuilles pendant et après leur dessiccation, j’ai conservé pendant cinq mois des feuilles de digitale dans des flacons en verre blanc, et en « verre antilux ». Les feuilles sous le verre blanc sont devenues d’un jaune-brun, tandis que celles sous le « verre antilux » ont conservé leur coloration verte.
- CONCLUSIONS
- Des expériences précédentes, il résulte, avec une évidence indiscutable, que le verre que j’ai étudié a, sur les verres usités jusqu’à présent dans le but de soustraire les substances à l’action altérante de la lumière, un avantage très marqué. La matière dont ce verre est fait absorbe les radiations dangereuses, puisqu’il n’y a, comme je l’ai dit plus haut, que les rayons rouges, orangés, jaunes et quelques rayons verts, qui peuvent le traverser.
- Il est inutile d’insister sur les nombreux cas où ce verre devrait êti'e employé : d’abord en jiharmacie, les bocaux et les flacons gagneraient à être faits avec ce verre, la note esthétique même n’y perdrait rien. Les fioles et poudriers destinés à contenir des substances altérables livrées au public devraient être également faits avec ce verre; pour les collyres au nitrate d’argent, au sulfate ou salicylate d’ésérine, etc., il y aurait avantage aussi à employer ce verre.
- Enfin, le verre des ampoules où l’on enferme des substances très actives qui s’altèrent à la lumière et dont la puissance pharmacodynamique est ainsi modifiée, devrait être du « verre antilux ». Avec ce verre, on ne verrait plus la santonine s’altérer et devenir jaune sous la paroi exposée à la lumière. Les alcoolatures, les huiles à chlorophylle, certaines teintures même, ne perdraient plus leur belle couleur verte et conserveraient leur apparence de fraîcheur. En un mot, les produits pharmaceutiques altérables auraient un aspect de meilleur aloi et, d’autre part, l’action des médicaments serait beaucoup plus complète, plus identique à elle-même, puisque la cause des altérations aurait disparu.
- Dans les laboratoires d’analyses, il y aurait aussi grand intérêt à loger les nombreuses solutions titrées de réactifs dans des flacons en « verre antilux ».
- L’absorption des rayons actiniques par ce verre le rend intéressant pour la protection des yeux contre l’éblouissement par la lumière solaire et sa réflexion par les surfaces blanches ou brillantes; elle devrait enfin le faire employer sous forme de plaques dans les chambres noires des photographes pour leurs manipulations.
- Dr H. Bordier,
- Professeur à la Faculté de médecine de Lyon.
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
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- LA VOUTE CÉLESTE EN NOVEMBRE 1936 (x)
- Très intéressante occultation de l’étoile des Gémeaux, le 2 novembre (voir plus loin).
- Continuer l’observation de l’étoile variable Mira C'eti.
- Du 14 au 18 novembre, chute des Léonides.
- Du 17 au 23, chute des Andromêdides.
- Enfin, deux passages de l’ombre de Titan sur le globe de Saturne, les 1er et 17 novembre.
- Plus la série habituelle des conjonctions, occultations, etc.
- Tel est l’ensemble des phénomènes astronomiques saillants du présent mois.
- 1. Soleil. — La déclinaison du Soleil, en novembre, décroît fortement, et de — 14° 28' le 1er elle tombera à •— 21°40' le 30. On s’achemine vers les jours les plus courts.
- La durée du jour sera de 9U 51“ le 1er et de 8" 33“ le 30. C’est surtout le soir que l’on constatera cette diminution du jour, comme nous l’avons expliqué le mois dernier (p. 228).
- Voici le temps moyen à midi vrai, c’est-à-dire l’heure du passage du centre du Soleil au méridien de Paris (quand ce passage s’opère, il est midi vrai).
- combien sa forme est bien plus elfilée que lors de la visibilité du soir. La meilleure période pour observer la lumière zodiacale sera celle du 13 au 24 novembre, pendant laquelle la Lune ne gênera pas. Cette observation doit être faite loin de toute lumière artificielle.
- On pourra rechercher la lueur anti-solaire du 12 au 20, de préférence vers minuit, heure où elle atteint sa plus grande hauteur dans le ciel. Le 12, à l’Est de o Bélier, le 18, au Sud des Pléiades. Observation bien plus difficile que celle de la lumière zodiacale, à faire loin des villes éclairées.
- IL Lune. — Les plia ses de la Lune, pendant le mois de Novembre, se produiront comme suit :
- P. Q. le 22, à 1» 19“
- D. Q. le 6, à 1 " 29" N. L. le 14, à 4" 42»
- P. L. le 28, à 16“ 12“
- Date. Heure du passai
- Nov. 1er 11“ 34“ 178
- •— 3 11 34 15
- — 5 11 34 17
- 7 11 34 23
- —- 9 11 34 33
- 11 11 34 44
- 13 11 34 59
- 15 11 35 18
- — 17 11 35 41
- — 19 11 36 6
- — 21 11 36 35
- — 23 11 37 7
- 25 11 37 42
- — 27 11 38 20
- — 29 11 39 1
- — 30 11 39 22
- Fig. 1. — Marche apparente sur à travers la constellation du Taureau
- Age de la Lune, le 1er novembre, à 0“ (T. U.) = 16J,6; le 15 novembre, même heure = 0J,8. Ajouter successivement 1 jour aux valeurs ci-dessus pour avoir l’âge de la Lune à toutes
- les dates du mois, toujours à 0“.
- Plus grandes déclinaisons de la Lune en novembre : le 2, à 0“ = + 23° 33'; le 16, à 9“ = — 23°29'; le 29, à 12“ = + 23° 29'. On remarquera la grande élévation de la Lune dans le ciel, le 2 novembre, vers 2“ 20“ du matin et le 30 novembre, vers 1“ du matin, lors du passage de la Lune au méridien.
- Apogée de la Lune (plus grande distance à la Terre), le 12 novembre, à 10“. Parallaxe = 53'57". Distance = 406 448 km.
- Observations physiques. —
- Continuer régulièrement, chaque jour de beau temps, l’observation du Soleil (voir à ce propos le « Bulletin astronomique » du n° 2974 du 1er avril 1936). Le tableau ci-après donne les éléments permettant d’orienter les dessins et les photographies du Soleil :
- le ciel de la petite planète Iris (7), , du 31 octobre au 10 décembre 193;'.
- laxe = 61 Distance
- Périgée de la Lune (plus petite distance à la Terre), le 27 novembre, à 14“. Paral-358 791 km.
- Date (0“) P B» L.
- Nov. '3 + 24», 2 7 + 4°, 10 289»,70
- — 8 + 23»,26 + 3°,56 223°,77
- — 13 + 22°,05 + 2°, 99 157»,86
- — 18 + 20°,65 + 2»,40 91°,95
- — 23 + 19°,07 + 1°,79 26°, 04
- — 24 + 18°,73 + 1°>67 12°,96
- — 29 + 16°,95 + 1°,04 306°,96
- La définition des termes P, B0, L0 a été donnée au « Bulle-
- tin astronomique » du 1er janvier 1936 (n° 2968).
- Lumière zodiacale-, lueur anti-solaire. — La lumière zodiacale est bien visible le matin, avant l’aurore; on remarquera
- 1. Toutes les heures figurant au présent Bulletin sont exprimées en Temps universel (T. U.), compté de 0“ à 24h, à partir de 0h (minuit). En France, le Temps universel coïncide avec le Temps légal.
- Occultations d’étoiles par la Lune. — Le 2, occultation de 14 B. Gémeaux (6"’,0) ; émersion à 21“36m,0 — Occultation de 7j Gémeaux (3“,3) : immersion à 23“15m5; émersion à 23“32m,0. Pour Paris, ce sera presque une occultation tangen-tielle, l’étoile tj des Gémeaux ne disparaissant que pendant environ 16 minutes et demie. La Lune présentera une phase intermédiaire entre son plein et le dernier quartier. L’étoile disparaîtra au Nord de la Lune, sur le limbe éclairé et réapparaîtra, un peu plus loin vers l’Ouest, sur le limbe obscur, bien près du limbe éclairé. Observer attentivement cette occultation avec de petites lunettes. Les observateurs du Nord de la France et de la Belgique, qui assisteront au passage de l’étoile juste au bord lunaire, auront peut-être la chance de voir l’étoile occultée une ou plusieurs fois par les aspérités du bord lunaire. Ils sont invités à faire des observations aussi précises que possible et à les faire parvenir à la Société astronomique de France, 28, rue Serpente à Paris.
- A Alger, l’occultation durera bien plus longtemps. Voici les heures, calculées par M. Ch. Bertrand, de l’Observatoire de Meudon, à 3 ou 4 minutes près, des phases de cette occultation à Alger : immersion à 22“ 38“; émersion à 23“ 42“.
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- == 326 -= -:====
- Le 3 novembre, à Alger, occultation de jjl Gémeaux (3m,2) : immersion à 3h 17m; émersion à 3" 45m.
- Le 6, occultation de 209 B. Cancer : émersion à 5“ 16“,0. Le 21, occultation de c2 Capricorne (6m,2) : immersion à 16“ 38m,0.
- Le 22, occultation de x. Verseau (5ra,3) : immersion à 16h44m,0. —- Occultation de 207 B. Verseau (6ra,4) : immersion à 18*57»,0.
- Le 28, occultation de x Taureau (4m,4) : émersion à 17“ 25m,5. — Occultation de t Taureau (4m,3) : immersion à 23“52m,0; émersion le 29, à 1" 4m,0.
- Marées ; Mascaret. — Les plus grandes marées du mois se produiront tout à fait au début du mois (époque de la pleine Lune) puis à la fin, lors de la pleine Lune du 28 novembre. Voici, pour Brest, l’heure et le coefficient de quelques-unes de ces grandes marées :
- Date. Marée du matin. Marée du soir.
- Heure. Coefficient. Heure. Coefficient.
- Nov. U' 4“ 51m 1,07 17“ 14m 1,03
- 2 5 38 0,97 18 1 0,91
- 3 6 25 0,84 18 51 0,77
- — 26 1 16 0,78 13 43 0,83
- -- 27 2 9 0,89 14 35 0,93
- - 28 2 59 0,97 15 25 1,00
- - 29 3 49 1,01 16 14 1,01
- — 30 4 39 1,00 17 3 0,98
- Le 1er novembre, voici les heures probables d’arrivée du Mascaret dans les localités ci-après : Quillebeuf : 8“ 23ni; Villequier : 9“ 0'"; Caudebec : 9“ 9m. Coefficient de la marée: 1,07.
- III. Planètes. — Le tableau suivant a été établi à l’aide des données de VAnnuaire astronomique Flammarion. Il contient les renseignements les plus importants pour rechercher et observer les planètes principales pendant le mois de novembre 1936.
- Mercure va se trouver en conjonction supérieure avec le Soleil, le 18 novembre, à 11“. Il sera donc inobservable ce mois-ci.
- Vénus est visible le soir, après le coucher du Soleil, très basse sur l’horizon. Sa plus grande élongation aura lieu en février prochain.
- Voici les valeurs de la phase de Vénus au cours de ce mois :
- Date. Phase. Diamètre. Magnitude.
- S'ov. 1er 0,842 12",6 — 3,4
- — 6 0,830 12",9 - 3,4
- 11 0,818 CO to — 3,4
- — 16 0,806 13",5 — 3,5
- 21 0,793 13",8 - 3,5
- — 26 0,780 14", 2 3,5
- Mars devient un peu mieux visible le matin. , se levant
- présent quatre heures avant le Soleil. Son diamètre est encore bien réduit par sa grande distance à la Terre et il faut de très grands instruments pour observer utilement les détails de sa surface.
- Iris, la petite planète n° 7, découverte en 1847 par Hind, passera en opposition le 23 novembre. Elle atteindra la magnitude 6m,8, donc sera visible dans une jumelle. Voici quelques-
- unes de ses positions au cours du mois : Date. Ascension droite. Déclinaison.
- — •—
- Nov. CO oc + 25°57'
- — 16 4 1 6 + 25 5
- -- 24 3 54 3 + 24 5
- Cette petite planète sera bien placée pour l’observation dans la constellation du Taureau (fig. 1).
- Melpomène, la petite planète n° 18, atteindra son opposition le 3 novembre et sa magnitude sera de 7m,8. Pour l’observer, une petite lunette sera nécessaire. Voici quelques posi-
- tions de cette planète en novembre :
- Date. Ascension droite. Déclinaison.
- Nov. 8 2“ 30“,6 — 6°25
- — 16 2 25 1 — 6 40
- — 24 2 21 0 — 6 29
- ASTRK
- Soleil . .
- Mercure. . Vénus . . Mars. . . J upiter. .
- Saturne. .
- üranus. . Neptune .
- Date : Nov. Lever à Paris. Passage au méridien de Paris. Coucher à Paris. Ascen- sion droite. Déclinai- son. Diamètre apparent. Constellation et étoile voisine.
- f 1er 6“ 39“ 11 34“ 173 16“ 30“ 14“ 26“ 14° 28’ 32 17", 6 Vierge
- 5 8 6 50 11 34 27 16 19 14 54 •—• 16 36 32 21,0 Vierge
- ) 20 7 9 11 36 20 16 4 15 43 — 19 43 32 26,2 Balance
- ) 8 6 13 11 12 16 9 14 28 — 13 44 4,8 Vierge
- ) 20 7 17 11 41 16 4 15 44 — 20 17 4,6 0 Scorpion
- 1 8 9 58 13 56 17 55 17 13 —. 24 32 13,0 6 Scorpion
- / 20 10 19 14 14 18 8 18 17 —- 25 18 14,4 X Sagittaire
- \ 8 2 13 8 30 14 46 11 48 + 2 53 4,4 P Vierge
- 20 2 5 8 9 14 12 12 14 + 0 4 4,6 P Vierge
- \ 8 10 11 14 18 18 25 17 37 — 23 11 30,8 58 Ophiuchus
- / 20 9 36 13 42 17 48 17 48 — 23 17 30,2 4 Sagittaire
- S 8 14 23 19 51 1 23 23 12 — 7 37 16,4 Verseau
- j 20 13 26 19 3 0 35 23 11 — 7 38 16,2 L Verseau
- 26 14 40 21 46 4 55 2 17 + 13 16 3,6 Bélier
- 26 0 23 6 51 13 18 11 20 + 5 23 2,4 a Lion
- VISIBILITÉ
- !
- S
- / Inobservable, en conj.
- \ avec le Soleil le 18.
- | Le soir, au crépuscule.
- ^ Le matin, avant l’aurore.
- \
- i Un peu visible dès le cou-^ cher du Soleil.
- ^ Première partie de la nuit.
- Toute la nuit.
- Seconde partie de la nuit.
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-
-
-
- A la lin de novembre, Melpomène passera à deux degrés environ au Sud-Est de l’étoile variable Mira Ceti (voir la carte de la p. 228, n° 2984 du 1er septembre).
- Jupiter est encore un peu visible le soir, dans le crépuscule. Cette planète est très facile à observer avec de petits instruments. Voici encore quelques-uns des phénomènes présentés par les satellites dans leur mouvement autour de Jupiter. Ce sera les derniers que l’on pourra observer pendant la présente période de visibilité.
- Phénomènes du système des satellites de Jupiter.
- Date : Nov. Heure. Satel- lite. Phéno- mène. Date : Nov. Heure. Satel- lite. Phéno- mène.
- 2 17"35“ Il P. c. 15 16» 30“ I O. c.
- 4 17 15 II E. f. 20 16 35 II O. f.
- 8 16 48 I O. f. 21 16 41 III E. f.
- 10 16 34 III P. c. 27 16 25 11 O. c.
- Saturne est encore bien visible dès l’arrivée de la nuit. Voici les éléments de l’anneau, à la date du 14 novembre :
- Grand axe extérieur.............................. 40”,98
- Petit axe extérieur.............................. 2”,35
- Hauteur de la Terre au-dessus du plan de l’anneau............................................. -j- 3°,29
- I fauteur du Soleil au-dessus du plan de l’anneau. . -f- 0°,66
- On pourra observer en novembre deux passages de l’ombre de Titan sur le globe de Saturne :
- Le 1er novembre, commencement à lh 6m; fin à 6“ 49u>.
- Le 17 novembre, commencement à 0h14m; fin à 6" 8m.
- Titan lui-même ne passe plus devant le globe de Saturne, mais au Sud.
- Uranus est visible toute la nuit. 11 s’est trouvé en opposition avec le Soleil le 31 octobre. Pour le trouver, utiliser une bonne jumelle ou une petite lunette et la carte donnée au « Bulletin astronomique » du n° 2978, du 1er juin 1936.
- Neptune se lève, à la fin du mois, vers minuit. Nous avons donné au « Bulletin astronomique » du n° 2970 du 1er février 1936, la carte de son mouvement sur le ciel en 1936.
- IV. Phénomènes divers. - Conjonctions :
- Le 8, à 23», Vénus en conj. avec 0 Ophiuchus (3“,5), à ü°17'N.
- Le 9, à 2”, Neptune Le 9, à 20“, Mars Le 11, à 2», Mercure Le 13, à 12“, Vénus
- la Lune, à 6° 43' N. la Lune, à 7“ 10' N.
- 8Balance (5m,3),à0°10'N. Jupiter, à 1° 52' S.
- 327
- Le 14, à lh, Mercure en conj. avec la Lune, à 3° 16' N.
- Le 17, à 3h, Jupiter - la Lune, à 0° 4' S.
- Le 17, à 11b, Vénus - la Lune, à 2° 26' S.
- Le 21, à 4h, Mars — rj Vierge (4m,0), à 0° 6' N.
- Le 23, à 1111, Saturne — la Lune, à 8° 3' S.
- Le 26, à 19h, Uranus — la Lune, à 4° 32' S.
- Etoile Polaire; Temps sidéral. — Voici quelques passages
- de l’étoile Polaire au méridien de Paris : Temps sidéral
- à 0» (T. U.)
- pour le méridien
- Date. Passage. Heure. de Greenwich.
- Nov. 6 Supérieur 22» 28“ 54e 3» 0” 7“
- 16 21 49 33 3 39 33
- - 26 — 21 10 8 4 18 58
- Étoiles variables. — Minirna d’éclat (visibles à l’œil nu), de l’étoile Algol ((1 Persée), variable de 2m,2, à 3m,5 en 2J 20» 48m : le 5, à 5»33“; le 8, à 211 22“ ; le 10, à 23» 11”; le 13, à 20» 0”; le 28, à 411 5”.
- Continuer pendant tout ce mois l’observation de Mira Ceti (o de la Baleine) (voir, à ce sujet, le précédent « Bulletin astronomique », p. 228 et 230).
- Etoiles filantes. -- Voici, d’après VAnnuaire du Bureau des Longitudes, la liste des radiants actifs pendant le mois de novembre :
- Époque. Ascension droite. Déclinaison. Étoile voisine.
- 1er au 4 42° + 22» s Bélier
- 1er au 8 58° + O O A Taureau
- 13 et 14 53° + 32» o Persée
- 13 et 14 149" + 23 Ç Lion
- 13 et 14 279" + 56 2348 Bradley
- 16, 25 au 28 . 154" 4- 40 p. Grande Ourse
- 20 et 27 62" •T 22 (o,, Taureau
- 27 25» + 43 y Andromède
- 28 328" + 62 a Céphée
- V. Constellations. — Voici l’aspect du ciel, le lei novembre, à 21", ou le 15 novembre, à 20" :
- Au Zénith : Cassiopée; Andromède; Persée.
- Au Nord: La Petite Ourse; Céphée; le Dragon; la Grande Ourse.
- A l’Est : Les Gémeaux; le Cocher; le Taureau; Orion.
- Au Sud: Pégase; le Bélier; le Verseau; les Poissons; la Baleine, le Poisson Austral.
- A l’Ouest: Le Cygne; l’Aigle; la Lyre; le Capricorne. Voir page 230, n° 2984 du 1er septembre, la remarque concernant l’étoile Fomalhaut. Em. Touchet.
- LA FILAIRE DE L’ŒIL
- Parmi les filaires parasites bien connues des Africains, la filaire de l’œil ou filaire loa, at tire tout particulièrement l’attention des coloniaux. Cet animal, du groupe des Némathelminthes, a une taille voisine de 3 cm chez le mâle et d’environ 5 cm chez les femelles, l’épaisseur n’étant que de quatre dixièmes de millimètre au maximum. Les larves de ce ver sont ingérées et évoluent dans l’organisme d’insectes du groupe des Tabanides. L’infection de l’œil peut se faire de différentes manières et surtout par l’insecte. Le parasite adulte se loge dans le tissu cellulaire sous-cutané de l’œil où il se déplace activement sans,
- paraît-il, provoquer de troubles sérieux. C’est pendant ces déplacements qu’on levoit apparaître sous la conjonctive de l’œil ou dans la paupière dont la muqueuse peu épaisse le laisse apercevoir. Une simple incision de la conjonctive, pratiquée par un médecin, permet de retirer le parasite de sa fâcheuse position sans causer au patient la moindre réaction post-opératoire. Il arrive même que l’œil abrite plusieurs « loas » à la fois sans danger pour la vue. Cette carence de l’action pathogène de la filaire est en somme très heureuse, car on ne connaît encore aucun remède contre cet helminthe. G. Remacle.
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- COMMUNICATIONS a l ACADEMIE DES SCIENCES
- Séance du 10 août 1936.
- Origine des comètes. —Avec le concours de M. Magjs, de l’Observatoire d’Uccle, MM. Bourgeois et Cox ont recalculé les orbites de toutes les comètes de ces dernières années, en les rapportant au plan galactique. Ils ont constaté, d’une part, que l’inclinaison des orbites sur ce plan est le plus souvent voisine de 60°, donc sensiblement égale à celle de l’écliptique et, d’autre part, une relation nette entre l’excentricité des orbites et la direction de l’intersection de leurs plans avec le plan galactique. D’après les auteurs, ces résultats s’interprètent par l’origine galactique des comètes et la confirment. Les comètes observables correspondraient à une gamme assez étroite des vitesses de pénétration dans la sphère d’activité du soleil.
- Hypertrophie expérimentale du foie du canard. —
- Par la thyroïdectomie, M. Benoit a provoqué une forte et constante hypertrophie du foie des canards opérés; cet organe voit ainsi son poids doubler en trois semaines. Cette augmentation porte non seulement sur les lipides, mais aussi sur tous les autres constituants hépatiques. Des injections d’extrait préhypophysaire augmentent encore l’hypertrophie. En ce qui concerne seulement l’accumulation des lipides, l’auteur l’explique, soit par la suppression de la fonction thyroïdienne, soit par une hyperactivité de l’hypophyse, libérée du freinage exercé par les thyroïdes.
- Action du sulfure de carbone sur les toxines. — La
- neutralisation de la toxine tétanique par le sulfure de carbone a été signalée par Ehrlich et Lœwenstein, mais d’une façon incertaine. Aujourd’hui, M. Velluz expose que cette neutralisation in vitro est rapide (quelques jours à quelques semaines suivant la température), même si la teneur en sulfure de carbone est faible; elle est parfaitement réalisable avec la solution aqueuse de sulfure qui ne titre pourtant que 2 pour 1000. La toxine ainsi neutralisée est injectable sans danger à plusieurs milliers de fois la dose mortelle. Elle n’a cependant pas perdu son pouvoir immunigène; l’immunité est conférée rapidement et à un taux élevé. Ces thiovaccins peuvent avoir des applications pratiques. Dans les mêmes conditions la toxine diphtérique n’est pas du tout neutralisée.
- Séance du 18 août 1936.
- Procédé pour isoler les microfossiles. — Les silex présentent souvent des inclusions organiques non silicifiées qui
- = LA PRODUCTION
- DANS L1
- D’après M. Pitaval, dans le Journal du Four Electrique, il a été fabriqué en 1935, 220 200 t d’aluminium. En tête des pays producteurs se classe l’Allemagne avec 60 000 t. La production de ce pays n’était que de 18 900 t en 1933 et de 37 200 en 1934.
- Au second rang se placent les Etats-Unis, avec 45 000 t, en légère progression par rapport aux moyennes antérieures. La Russie occupe le 3e rang avec 24 000 t; elle n’en produisait que 4400 en 1933 et 14 400 en 1934.
- Le Canada vient en 4e place avec 17 500 t.
- résistent donc à l’acide lluorhydrique. Avec la solution acide concentrée et chaude, la séparation est pénible pour l’opérateur et est gênée par la formation de gel de silice. Mlle Lejeune préfère opérer avec l’acide gazeux dans un récipient en plomb où l’acide est produit par l’attaque du fluorure de calcium par l’acide sulfurique agissant aussi comme déshydratant. L’attaque est lente, mais au bout de quelques semaines, le silex est devenu pulvérulent, peut être repris par l’eau et examiné au microscope pour la recherche et l’étude des micro-organismes.
- Séance du 31 août 1936.
- Exsudât des mélanges goudron=bitume. — Les
- chaussées recouvertes d’un mélange de goudron et de bitume laissent exsuder une huile jaune de densité égale ou supérieure à 1,080. M. Léauté a remarqué la séparation de cette même huile au sommet d’une colonne capillaire de goudron. Par observation microscopique du mélange goudron-bitume, M. Laçau peut aujourd’hui préciser que cet exsudât provient exclusivement du goudron dont l’équilibre colloïdal est rompu, soit par les forces capillaires, soit par la présence du bitume.
- Action des sénévols sur les toxines. — Poursuivant ses études relatives à l’action des composés sulfurés sur les toxines, M. Velluz a constaté la neutralisation de la toxine tétanique par les isosulfocyanates de phényle et d’allyle, le pouvoir antigène de la toxine restant intact. On est conduit à penser que cette neutralisation dépend de la formation de thio-urées par blocage des fonctions aminées de la toxine. La toxicité du poison tétanique résiderait donc dans ses fonctions basiques. Il ne doit pas en être de même pour la toxine diphtérique sur laquelle les corps sulfurés n’ont aucune action.
- Nouveau traitement de la lèpre. •— Pour augmenter la tolérance, malheureusement très faible, de l’organisme au chaulmoogra, précieux pour le traitement de la lèpre, M. Baranger a préparé un dérivé aminé, qui, combiné au cholestérol, est injectable par voie intraveineuse à doses relativement élevées. Des observations réalisées avec le concours de M. Flandin et M. Ragut, il ressort que le traitement provoque dans les formes jeunes l’arrêt de l’évolution et, dans les formes anciennes, une stabilisation. Dans tous les cas, la disparition du bacille semble confirmée. Ce traitement constitue un progrès important dans la lutte contre la lèpre.
- L. Bertrand.
- DE L’ALUMINIUM == MONDE
- La France, le pays où a pris naissance l’industrie de l’aluminium, à peu près en même temps qu’en Suisse et aux Etats-Unis, n’est plus aujourd’hui qu’au 5e rang, avec une production stationnaire de 16 000 t. Elle est suivie de près par la Norvège (15 000 t), la Grande-Bretagne (14 000 t), l’Italie (13 000 t). La Suisse fournit 8000 t du métal léger.
- Il convient de signaler deux nouveaux pays où s’est implantée l’industrie de l’aluminium : le Japon qui a actuellement une production annuelle de 3500 t et la Suède dont le rendement est de 1000 t.
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- LIVRES NOUVEAUX
- Séries lacunaires, par S. Mandelbrojt, professeur à la Faculté des Sciences de Clermont-Ferrand. Actualités Scientifiques et industrielles. Exposés sur la théorie des fonctions, publiés sous la direction de Paul Montel. 40 pages. Librairie Hermann et Cie.
- Une série lacunaire est une série de Taylor ou de Dirichlet, où une infinité de termes sont nuis. Les fonctions représentées par des séries de cette nature présentent des propriétés et surtout des singularités remarquables. Le but de ce fascicule est d’exposer ces propriétés.
- Les involutions cycliques appartenant à une surface algébrique, par Lucien Godeaux, professeur à l’Université de Liège. Actualités scientifiques et industrielles. 270 exposés de géométrie publiés sous la direction de E. Cartan. 45 pages. Librairie Hermann et Cie, 1935.
- Ce fascicule contient l'exposé de travaux récents sur la géométrie des surfaces algébriques, travaux qui sont le prolongement des recherches de E. Picard sur les surfaces hyperelliptiques.
- Pétrographie et Payons X (Essai de bibliographie critique), par B. Brajnikov. 1 brochure, 40 p. Hermann et Cie, Paris, 1936. Prix : 12 1T.
- L’auteur passe rapidement en revue les différentes méthodes dont dispose le pétrographe pour étudier une roche au laboratoire; une méthode nouvelle s'est récemment introduite : l’analyse spectro-grapliique par les rayons X; l’auteur en décrit la technique et donne quelques exemples d’application.
- Les matériaux constitutifs de l’appareillage chimique,
- par I. Scriauine. 1 vol. 100 pages, 23 fig. Ch. Béranger. Paris, 1934. Prix : 20 fr.
- Les qualités qui interviennent dans le choix d’un matériau destiné à un appareil où s’effectuent des réactions chimiques sont avant tout sa résistance aux attaques, ses propriétés mécaniques, sa conductibilité thermique. Après avoir rappelé dans ses grandes lignes, la théorie électrochimique de la corrosion, l’auteur examine la résistance à la corrosion par les réactifs les plus usités des principaux matériaux à envisager en chimie : fer et ses alliages, plomb, aluminium, zinc, magnésium, cuivre, nickel, chrome, cobalt, étain, argent, métaux précieux, grès, matériaux réfractaires, verre, porcelaine, matériaux d’origine organique.
- Blanchiment, teinture et impression, par Georges Martin. 1 vol. 218 p., 15 lig. Armand Colin. Paris, 1936. Prix : broché, 10 fr 50.
- Influencées par l’apparition de produits nouveaux sur le marché, les industries connexes du blanchiment, de la teinture et de l’impression ont considérablement évolué ces dernières années. Dans le domaine de la teinture et de l’impression, en particulier, les matières colorantes de création récente ont apporté mille possibilités nouvelles.
- M. G. Martin, avec une parfaite clarté, précise l’état actuel de ces branches très importantes de l’industrie économique.
- A côté des données chimiques très simples nécessaires à la compréhension des opérations de ces industries, l’auteur a indiqué, dans de nombreux exemples caractéristiques, les raisons théoriques qui justifient les méthodes de travail adoptées dans la pratique.
- Son ouvrage présente un vif intérêt pour toute personne désireuse de se documenter sur les industries du blanchiment, de la teinture et de l’impression; les praticiens y trouveront l’explication scientifique des « recettes » qu’ils emploient chaque jour.
- Contribution à l’étude de la constitution de l’amidon,
- par R. Sutra. 1 broch. in-8, 63 p., 3 fig. Actualités scientifiques et industrielles. Hermann et Cie. Paris, 1935. Prix : 15 fr.
- Les difficultés de connaître l’exacte composition des amidons et des corps voisins sont passées en revue et aboutissent à la notion qu’il n’y a pas de chimie de l’amidon, mais seulement de sa dégradation.
- Leçons de zoologie, par M. Prenant. Protozoaires. Infusoires ciliés. 1 broch. in-8, 79 p., 76 fig. Prix : 15 fr. — Flagellés, 1 broch. in-8, 57 p., 68 fig. Prix : 12 fr. Actualités scientifiques et industrielles. Hermann et Cie. Paris, 1935.
- Suite des leçons professées à la Faculté des Sciences de Paris, formant un exposé bien à jour de nos connaissances sur ces deux groupes de Protozoaires : morphologie, structure, cycles et conjugaisons, modes de vie, relations avec les autres groupes.
- Les flagellés fossiles, par Georges Deflandre. 1 vol. in-8, 98 p., 135 fig. Actualités scientifiques et industrielles. Hermann et Cie, Paris, 1936. Prix : 20 fr.
- Depuis six ans, les recherches se multiplient et s’organisent sur les
- Flagellés dont les tests peuvent être reconnus dans beaucoup de roches, et l’auteur a largement participé aux récentes découvertes. Il en donne un aperçu qui pose plus de problèmes qu’il n’en résout, car on trouve des tests aux divers étages et il reste à savoir leur origine et leur évolution; ces Flagellés se révèlent dans certains terrains si abondants qu'ils forment presque toute la roche, etc.
- Un nouveau chapitre de la paléontologie s’ouvre.
- Érasme (1466-1536), par Gaitier-Vignal. 1 vol. 288 p. 8 grav.
- hors texte. Payot, Paris, 1936. Prix : 20 fr.
- Le IVe centenaire de la mort d’Erasme a lieu le 12 juillet 1936. A cette occasion, des cérémonies commémoratives ont lieu à Bruxelles-Anderlecht et à Bâle. Le livre de M. Gautier-Vignal vient donc à son heure. Érasme, le plus grand écrivain de la Renaissance, si proche de nous par l’aspect de sa pensée et par ses préoccupations politiques qui sont encore exactement les nôtres, ne peut manquer d’attirer l’attention de tous ceux qui s’intéressent aux lettres, à la philosophie, à la politique.
- Comme le dit Gautier-Vignal, loin d’avoir été le premier des grands Européens, ainsi qu’on l’a souvent écrit, Érasme doit être considéré comme le dernier d’entre eux. L’Europe n’était pas encore divisée, à la fin du xve siècle, il existait une communauté d’idées dérivant de la culture gréco-latine sur laquelle l’Église chrétienne avait apposé son empreinte. Le latin était la langue internationale; on pouvait espérer alors qu’avec la découverte de l’imprimerie, commencerait un âge d’or pour la pensée humaine et la culture européenne. Mais l’unité de l’Église fut détruite par la Réforme. Érasme est donc l’un des derniers représentants de ces hommes cosmopolites comme le Moyen Age en produisit en si grand nombre.
- Dans le grand conflit de la Renaissance, c’est la figure d’Érasme qui a dominé les autres. 11 a cherché à conserver un esprit mesuré et s’est employé inlassablement à réconcilier les adversaires. S’il n’a pas réussi, du moins, à travers quatre siècles, il nous reste d’Érasme, à travers son œuvre, un message de libéralisme, de fraternité humaine et de paix. Le livre de M. Gautier-Vignal expose la vie d’Érasme dans tous ses détails et au fur et à mesure de sa biographie expose ses différentes œuvres en les commentant.
- Enquête sur la radiesthésie, par André Metz, l vol. 168 p.,
- Berger-Levrault. Paris, 1936.
- La Revue du Génie, dirigée par le lieutenant-colonel Metz, a entrepris une enquête sur la radiesthésie. Elle a consulté, à ce sujet, un certain nombre de personnalités. Ce sont leurs réponses qui sont ici réunies en volume. L’ensemble forme un bien curieux document. Un certain nombre de radiesthésistes connus se sont bornés à affirmer avec enthousiasme l’existence d’une science radiesthésique et les succès de ses applications, innombrables puisqu’elles vont de la recherche de l’eau, des minéraux, même sur plan, jusqu’au diagnostic des maladies et à la détermination de l’efficacité des médicaments. Encore peut-on relever de curieuses contradictions entre les affirmations de ces apôtres dès qu’ils tentent de préciser les phénomènes observés. Il faut être reconnaissant au colonel Correnson d’avoir essayé de donner un exposé clair et didactique de l’essentiel de la science radiesthésique actuelle. Pour lui les phénomènes radiesthésiques ont pour point de départ des radiations électromagnétiques, auxquelles le corps du sourcier servirait en quelque sorte de relais fort sensible. S’il en est ainsi, rien ne semble plus aisé que de contrôler l’existence de ces ondes chaque fois qu’un sourcier est impressionné. Il est singulier qu’aucune expérience de ce genre n’ait été tentée pour créer une base expérimentale à la radiesthésie.
- L’auteur, il est vrai, se réfère à des expériences du colonel Voillaume; mais telles qu’elles sont relatées elles ne peuvent entraîner la conviction d’aucun homme de science.
- Au surplus, la plupart des propriétés attribuées par la suite aux ondes radiesthésiques sont incompatibles avec les propriétés connues des ondes électro-magnétiques.
- On lira avec intérêt l’honnête réponse du colonel Gorceix, non suspect d’hostilité envers la radiesthésie. Il a cherché à savoir, à comprendre, il a expérimenté, et il croit qu’il y a « quelque chose ». 11 conclut néanmoins qu’on ignore encore quels sont les phénomènes fondamentaux qui permettent de servir de base à une doctrine radiesthésique; il n’y a pas, dit-il, de doctrine scientifique reposant sur des phénomènes indubitables actuellement; on ne peut songer à en déduire des applications pratiques.
- Il resterait à la radiesthésie d’être un art; malheureusement, les témoignages des professeurs Gignoux et Moret, de M. Weckel, de la direction des Travaux publics d’Algérie, qui ont eu à contrôler des affirmations de sourciers consultés par des municipalités, des compagnies minières ou des particuliers, ne permettent pas d’accorder grande confiance à un art qui cause tant de déceptions.
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- NOTES ET INFORMATIONS
- NECROLOGIE
- La perte du « Pourquoi=Pas ? » et la mort d’un grand Français, le Docteur Charcot.
- La Marine, la Science, la France sont en deuil.
- Comme un coup de tonnerre éclatait, le mercredi soir 16 septembre, l’afïreuse nouvelle : le Pourquoi-Pas ? le trois-mâts du Docteur Charcot, le fameux explorateur des régions polaires, venait de se perdre corps et biens, au Nord-Ouest de Reykjavik, capitale de l’Islande. Sur 40 personnes présentes à bord, un seul rescapé, le maître de timonerie Eugène Gonidec, un Breton de Douarnenez. A part un Pyrénéen, tout l’équipage, d’ailleurs, était Breton.
- Les corps des naufragés sont rejetés à la côte et le premier reconnu est celui du Dr Charcot.
- Gonidec est resté plusieurs heures cramponné à une épave et a été recueilli à la plage, sans connaissance et ranimé par les riverains. Après 10 heures d’un sommeil de plomb, il put donner quelques détails qui permettent de reconstituer à peu près les circonstances du sinistre.
- Après des réparations à sa chaudière, le Pourquoi-Pas ? revenant du Groenland, avait quitté Reykjavik le 15 au soir pour Copenhague où une chaleureuse réception attendait le célèbre explorateur. Le vent de Sud-Ouest força en tempête, alors qu’il doublait la pointe Reykjanes au S.-O. de l’île. Le Commandant jugea prudent de faire demi-tour et de retourner s’abriter à Reykjavik en s’élevant au vent pour éviter de dériver sur la pointe Skagi. Le temps était bouché, la nuit très sombre comme dans toutes ces tempêtes de Sud-Ouest, les feux de la côte sansdoute peu visibles.
- Il faut dire que le feu de Grotta à la pointe N.-O. de l’anse de Reykjavik est blanc, à 3 éclats toutes les 20 secondes et qu’à 9 milles plus au N.-N.-O. un autre feu blanc, celui d’Akranès, est à 2 éclats toutes les 20 secondes. Le Pourquoi-Pas? avait dû dériver assez loin vers le N.-E. et lorsque vers 4 heures, le 16 au matin, il aperçut les éclats de la pointe Akranès dans le S.-E., il dut prendre ce feu dans la brume pour celui de Grotta, confusion possible, en raison de l’égalité des périodes. Il vint alors sur la droite croyant donner dans la baie de Reykjavik. Mais il venait de dépasser le Borgarfjord et se jeta sur une des nombreuses roches débordant la pointe Alftanès qui sépare ce golfe du Strœmfjord. C’est du moins l’explication qui semble plausible jusqu’à réception de nouvelles précisions puisqu’on a parlé de la plage du Strœmfjord où s’alignaient les cadavres. Far cette mer démontée, il fut vite démoli malgré la solidité de sa coque; peut-être une explosion intérieure, soit de la chaudière, soit des ponts, sous l’influence de l’air comprimé par la pression de la mer envahissante, a-t-elle hâté l’immersion Anale, et seul un bout de mât dépassait, au jour, la surface
- de l’eau. On tenta de mettre les embarcations à la mer; elles se brisèrent le long du bord. Chacun capela sa ceinture de sauvetage et précipités à la mer tous tentèrent sans doute de gagner la plage proche, mais que faire dans ce ressac prodigieux. Seul Gonidec, jeune et résistant, cramponné à une planche, s’en tira.
- C’était une belle figure sympathique que celle du commandant Charcot, devenu capitaine de frégate de réserve après avoir servi d’abord comme enseigne de réserve au début de la guerre. Je l’appelais toujours commandant, car je savais qu’il préférait ce titre à celui de docteur. Il était énergique et brave autant que bienveillant et bon camarade. Fils du célèbre médecin, ayant fait lui-même ses études de médecine, tout jeune, il manifesta une vive passion pour la mer et s’adonna à
- la navigation de plaisance. Mais cela ne suffisait pas à son activité, il rêvait de voir le nom de la France associé à celui des pays Scandinaves et anglo-saxons dans les explorations polaires cl il fit construire un premier navire, le Français, petit trois-mâts-goélette de 30 m de long avec lequel il entreprit, de 1903 à 1905, sa première expédition sous les auspices de la marine nationale qui lui fournit des officiers et des matelots. Il reconnut une partie de la Terre de Graham et des abords du détroit de Ger-laclie dans l’Antarctide Sud-Américaine et, au retour, organisa une seconde expédition sur un nouveau bateau un peu plus grand, le Pourquoi-Pas ? qu’il fit encore construire chez Gautier, constructeur malouin renommé, et de 1908 à 1910 eut lieu sa deuxième expédition antarctique dont l’état-major comprenait avec lui plusieurs officiers et savants : Rouch, Bongrain, Godfroy (aujourd’hui contre-amiral et sous-chef de l’Etat-Major général), Gourdon, Liouville, Gain, Senouque. Ces 15 mois de séjour dans les glaces furent très durs, mais fertiles en enseignements.
- Ensuite, il porta ses efforts vers les terres arctiques et chaque été, sur le Pourquoi-pas ? qui avait hiverné dans le bassin à flot de Saint-Servan, il reprenait armement et se dirigeait vers le Groenland, rapportant une riche moisson scientifique et toujours accompagné de savants professeurs. Cette année il avait annoncé qu’après 27 années de ce métier, il allait prendre sa retraite, que ce serait sa dernière campagne.
- Hélas ! il ne pouvait prévoir une fin si tragique !
- Avec lui ont disparu, outre le commandant Le Coniat, officier des Equipages, les 4 sous-officiers et les 28 marins; le Dr Parat, maître de conférences ert Sorbonne; Jacques Devaux, docteur ès sciences, physicien, qui en était à sa troisième campagne; Clovis Jacquiert, naturaliste, docteur ès sciences; Larronde, géographe; Baudeuil, cinéaste. Deux autres savants français, Perez et Gessain, avaient pris passage au Groenland sur le Gertrud Rask pour arriver plus tôt à Copenhague
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- cl doivent sans doute la vie à cette circonstance fortuite.
- Tous sont morts victimes du devoir, et nous les saluons bien bas. Leur chef, Charcot, membre de l’Académie des Sciences et de l’Académie de Médecine, était un grand Français et un bon Français. Grand Officier de la Légion d’Honneur, président du Yacht Club de France, universellement estimé et admiré, il sera universellement regretté et nous exprimons à sa veuve, à ses enfants et à toutes les familles éprouvées, nos condoléances émues.
- Le ministre de la Marine a envoyé sur les lieux le contre-torpilleur Y Audacieux et le transport V Aude qui ramènera les corps des naufragés. Commandant E. Choupaut.
- AVIATION
- La Coupe des modèles réduits de « La Nature ».
- La Coupe olïerte par La Nature a été mise en compétition par la Ligue Aéronautique de France, le 16 août 1936, au Centre national de vol sans moteur de la Banne-d’Ordanclie.
- Le nombre des concurrents inscrits n’était pas très élevé. Trois d’entre eux seulement ont pu présenter leurs appareils le jour de la compétition et firent des essais, malheureusement infructueux.
- La Coupe et les prix n’ont donc pu être décernés et leur attribution est reportée à l’an prochain.
- Nous espérons que dans ce délai les futurs concurrents auront le temps de travailler utilement, et en particulier, pourront trouver des moteurs mis au point.
- Les modèles réduits posent de nombreux problèmes, captivants pour l’amateur et dont la solution peut contribuer grandement aux progrès de la navigation aérienne sous toutes ses formes.
- La question est encore neuve en France, ce qui explique l’échec de cette année.
- Mais l’ardeur, l’ingéniosité, l’habileté constructive sont des qualités assez répandues dans notre pays pour que l’on soit certain de voir se multiplier rapidement les adeptes des modèles réduits, et pour que l’on puisse escompter, à bref délai, de grands progrès dans leurs créations.
- PHYSIQUE DU GLOBE L’humidité dans la stratosphère.
- Les premières investigations sur la stratosphère, cette partie de notre atmosphère qui commence entre 9 et 12 km d’altitude, donnaient à croire que, dépourvue de nuages, elle est également dépourvue d’humidité; elle était réputée parfaitement sèche. Depuis que, grâce aux explorations par ballons montés ou par ballons-sondes, la stratosphère nous est mieux connue, il a fallu entièrement reviser ce jugement. En réalité, la stratosphère est très humide et contient de la vapeur d’eau à un degré de sursaturation très élevé. Le Pr Piccard, dans sa récente conférence aux Ingénieurs civils de France, a exposé comment on a constaté ce phénomène remarquable.
- Lors de sa première ascension, le célèbre explorateur de la stratosphère a été surpris de voir défiler devant les hublots de sa nacelle sphérique, de petits nuages, de petits paquets de brouillards, de quelques mètres de diamètre.
- Ainsi se révélait le fait que la stratosphère n’est pas sèche.
- Lors de sa seconde ascension, dont le départ eut lieu à Zurich le 18 août 1932, le ballon avait été mouillé par la rosée au moment du départ. Après un voyage de 12 heures en plein soleil dont 11 dans la stratosphère, au moment de l’arrivée, passant la tête par le trou d’homme, l’aéronaute reçoit sur la tête des gouttes d’eau tombant de l’enveloppe du ballon; la rosée ne s’était pas évaporée pendant toute la journée. Du sol le ballon a été vu comme entouré d’un nuage.
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- De même le ballon américain « Explorer Un était entouré de nuages tels que le pilote se demandait s’il n’y avait pas un incendie parmi les sacs de lest.
- Depuis lors le phénomène a été analysé au moyen du ballon-sonde, et au cours de l’ascension de M. Cosyns. Les analyses d’air ont montré que l’atmosphère stratosphérique contient une proportion énorme d’humidité : elle est 10 fois sursaturée d’humidité. Or cette eau ne tombe pas. Pourquoi ? Parce que, répond M. Piccard, pour tomber il faut que l’eau se condense. Il faut amorcer la condensation, soit par des grains de poussières, soit par des ions électriques.
- La condensation par ions ne se produit pas dans les conditions de la stratosphère. Il n’y a pas de poussières dans la stratosphère; donc toute possibilité de condensation y fait défaut.
- Mais quand arrive dans la haute atmosphère un objet terrestre, porteur de poussières matérielles ou électriques, la condensation se produit aussitôt. C’est ce qui explique les nuages formés autour des ballons stratosphériques.
- On peut citer d’autres exemples du même phénomène : les pluies qui accompagnent les éruptions volcaniques ne proviennent pas de l’eau rejetée par le volcan; celle-ci est en quantité minime; elles sont dues aux condensations sur les poussières de cendres qui atteignent la stratosphère.
- Cette abondance d’eau dans la stratosphère est un phénomène dont devront tenir compte les aviateurs de haute altitude.
- TRAVAUX PUBLICS
- Le bétonnage par temps de gelée au moyen du chlorure
- de calcium.
- Avec le ciment artificiel et avec le ciment métallurgique de haut-fourneau (à base de clinker artificiel), on peut poursuivre le bétonnage par temps de gel modéré en incorporant du chlorure de calcium à l’eau de gâchage du béton. La dose à employer est de 2 pour 100 du poids du ciment mis en œuvre, soit donc 1 kg de chlorure de calcium du commerce par sac de ciment.
- On trouve, dans le commerce, du chlorure de calcium en paillettes, dont le poids spécifique apparent est voisin de l’unité. Il suffit donc de disposer d’une mesure d’une capacité d’un litre environ, qu’on remplit de ces paillettes et qu’on vide dans l’eau chaque fois qu’on met en œuvre un sac de ciment. On peut encore préparer d’avance une solution concentrée de chlorure de calcium (titrant 22,9° B. à la température de 15° C), en ajoutant à 50 kg de chlorure de calcium, la quantité d’eau nécessaire pour obtenir 150 1 de solution : il faut alors employer 3 1 de cette solution par sac de ciment mis en œuvre.
- Le chlorure de calcium accélère la prise et le durcissement du ciment, augmente sensiblement les résistances à la compression, accroît légèrement le retrait, et est sans action sur la résistance à la traction et sur les armatures. A la dose considérée, les efflorescences ne sont pas à craindre.
- Le procédé est valable tant que la température ne s’abaisse pas au-dessous de—6°C; il n’y a pas intérêt à augmenter la dose de chlorure de calcium, ni à employer des ciments artificiels à haute résistance initiale. Il ne faut faire usage du chlorure de calcium ni avec les ciments alumineux ni avec les ciments de laitier à base de chaux.
- ÉLECTRICITÉ
- Les communes de France non électrifiées.
- La France compte environ 38 000 communes. A la date du 1er janvier 1936, il ne s’en trouvait plus que 2231, comprenant 752 569 habitants, qui fussent dépourvues de toute distribution d’énergie électrique.
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- INVENTIONS ET NOUVEAUTÉS
- CHIMIE
- Un analyseur de gaz automatique et enregistreur.
- L’analyse continue des gaz au moyen d’un dispositif auto matique et enregistreur rend de grands services, dans un grand nombre de cas, dans les usines ou les laboratoires. Les dosages les plus courants sont ceux de l’anhydride carbonique, de l’oxyde de carbone, de l’hydrogène, du méthane, de l’oxygène, de l’anhydride sulfureux, du chlore, etc. Les analyseurs doivent faire le dosage d’un gaz déterminé dans un mélange, mais peuvent également être employés au dosage intermittent de ce même mélange. On peut encore avoir à doser deux gaz différents d’un même mélange, par exemple l’anhydride carbonique et l’oxyde de carbone, l’anhydride sulfureux et l’oxygène, etc.
- Des appareils perfectionnés de ce genre peuvent être à la fois enregistreurs et avertisseurs, ils font donc fonctionner une sonnerie dès que la teneur de l’un des gaz dépasse un chiffre déterminé.
- Un constructeur vient d’établir un ensemble d’appareils de ce genre paraissant très intéressants, et qui fonctionnent
- Fig. 3. — Vue de l’analyseur.
- automatiquement sur le courant d’un secteur à 110 ou 220 v alternatif ou continu.
- Un petit ventilateur assure dans les tuyauteries . une circulation constante du gaz à analyser et l’enregistreur fait constamment connaître la teneur du gaz au moment considéré. Tout l’ensemble est recouvert, d’un capot vitré en aluminium, le mettant à l’abri des agents extérieurs (fig. 2).
- Les gaz à analyser sont prélevés, par exemple, dans le four ou la canalisation, au moyen d’une canne constituée par un tube en acier inoxydable. Ils se rendent dans un filtre à gaz, à ouate ou à pierre poreuse, après s’être refroidis dans un réfrigérant à ailettes. Un vase de sûreté recueille, d’ailleurs, les produits de condensation (fig. 1).
- Le mélange gazeux est amené par une tuyauterie rigide à l’appareil analyseur, dans lequel il entre sous l’action de l’aspiration du ventilateur. C’est sur le refoulement du ventilateur qu’est fait le prélèvement pour l’analyse.
- Dans le cas d’un appareil à anhydride carbonique, par-exemple, le moteur électrique, qui fait fonctionner tout l’ensemble, agit sur une pompe à gaz, un robinet contrôleur ou distributeur, une pompe à potasse, et le dispositif d’inscription à l’enregistreur avec une cadence d’une opération toutes les 3 à 4 mn (fig. 3).
- La pompe à gaz est munie d’un piston qui aspire 100 cm3
- du gaz à analyser, par l’intermédiaire du robinet contrôleur, puis le refoule ensuite par le même intermédiaire à un absorbeur.
- Dans le cas du gaz carbonique, la colonne d’absorption est emplie d’anneaux ou de corps de contact. La lessive de potasse à 36° y est envoyée par une petite pompe commandée par le réducteur de vitesse, le débit étant de 4 à 5 cm3 à chaque coup de pompe. Cette potasse s’égoutte ensuite librement par un trop-plein dans le réservoir de lessive, de l’ordre de 3 à 4 1 de capacité, et constitué par le socle même de l’appareil.
- Le gaz ainsi débarrassé de l’anhydride carbonique, après avoir traversé la colonne absorbante, se rend dans une cloche mesureuse plongeant dans un bain d’huile de vaseline. Cette cloche actionne par l’intermédiaire d’un fil avec contrepoids une roue en aluminium parfaitement équilibrée, et ainsi le volume résiduaire emmagasiné fait tourner la roue d’un angle proportionnel à ce volume. Cette roue commande à son tour une aiguille également équilibrée, dont l’extrémité se déplace devant le diagramme enroulé autour d’un cylindre enregistreur faisant une rotation complète en 24 h. A chaque analyse, l’aiguille inscrit un point précis sur le diagramme.
- La cloche se vide automatiquement après stabilisation de l’aiguille, pendant que le piston de la pompe à air s’abaisse
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- pour un nouveau prélèvement de mélange gazeux. Les dosages sont ainsi réalisés sans interruption. 11 suifit d’arrêter ou de mettre en marche le moteur pour suspendre ou reprendre la série des analyses.
- Le même appareil peut être complété par un dispositil permettant le dosage de l’oxyde de carbone et des appareils basés sur le même principe permettent le dosage successif de deux gaz diiïérents avec une même prise d’échantillon de 100 cm3 de mélange gazeux.
- Ces appareils automatiques ne nécessitent qu’un entretien réduit et peuvent fonctionner jour et nuit sans surveillance; les éléments chimiques étant dosés à l’aide de procédés chimiques, la précision obtenue est satisfaisante, et ils peuvent rendre de grands services dans un grand nombre de cas de la pratique industrielle.
- Établissements René Morilz, 3, avenue de Pomereu, Chatou (S.-et-O.).
- LUTTE CONTRE LE FEU
- Extincteur perfectionné à bromure de méthyle.
- Parmi les différents types d’extincteurs, les modèles les
- plus simples et les plus réduits sont du type à vapeur de bromure de méthyle, de principe bien connu.
- Ces appareils, quelle que soit la qualité de leur fabrication, présentent cependant un inconvénient. Le bromure de méthyle, dont l’effet extincteur est si efficace, bout à + 4°, mais sa transformation gazeuse ne s’effectue plus en dessous de cette température, de sorte que les extincteurs utilisant ce liquide fonctionnent mal en hiver.
- Pour assurerle fonctionnement régulier d’un ext incteur de ce genre, quelles que soient les conditions de température, il faut donc souvent provoquer un chauffage au moment du fonctionnement. Fig. 4. — Extincteur à bromure de ^ es^ pourquoi un construc-
- mélhgte, avec capsule calorifique. teur français a eu 1 idée de
- monter dans l’axe de l’extincteur une capsule calorifique munie d’un percuteur qui assure au moment du fonctionnement un mélange de liquide à réaction exothermique. On obtient ainsi une température de l’ordre de 105°, et une élévation de pression brutale du gaz qui se dégage de l’appareil (fig. 4).
- Appareils « Le Chimiste », 5, impasse Thoréton, Paris (15e).
- ÉLECTRICITÉ
- Les fusibles Cehess
- Pour éviter les dangers des courts-circuits, on intercale dans les circuits électriques des fusibles fondant à basse température; le développement de l’emploi des disjoncteurs n’a pas fait disparaître les fusibles. Dans les installations domestiques, en particulier, les disjoncteurs sont placés sur la canalisation principale et les fusibles continuent à être utilisés dans les installations de dérivation spéciales à chaque pièce de l’appartement.
- Pour assurer une protection efficace,le courantdoit être interrompu d’une manière aussi instantanée que possible ; car sous des intensités élevées les conducteurs s’enflamment au bout d’un temps très court. Les isolants de caoutchouc, en particulier, entrent en combustion au bout d’une fraction de seconde ; l’inflammation se produit spontanément avant la fusion du métal. Le métal du fusible lui-même ne doit, en fondant, projeter à l’extérieur, ni arc, ni flammes. Enfin, le calibre du fusible doit être exactement adapté aux caractéristiques du circuit dans lequel il est intercalé. Il est bon, d’ailleurs, de mettre l’usager ou même le monteur peu consciencieux, dans l’impossibilité de substituer au fusible initial un autre fusible, de section plus élevée. Cette pratique, trop fréquente, enlève toute sécurité à l’emploi du fusible et en fait un simple trompe-l’œil.
- Tout le monde connaît les coupe-circuit formés d’un fil de plomb fixé sous le couvercle en porcelaine d’un boîtier protégeant les bornes, et évitant la projection de flammes à l’extérieur. Ce type primitif a de nombreux inconvénients.
- L’oxydation n’est pas empêchée, et surtout la rupture du courant n’est pas immédiate. Le fusible fond d’abord généralement en son milieu; un petit arc s’amorce dans les vapeurs métalliques, le passage du courant peut encore être suffisant pour produire un échauffement dangereux.
- Le plomb, l’aluminium et le zinc présentent, d’ailleurs, une inertie considérable et irrégulière à la fusion. Les fusibles de sécurité sont donc formés d’un fil d’argent calibré, complètement enfermé dans un logement clos rempli d’une matière inerte, telle que le sable, le verre, etc. L’arc de rupture qui se produit, au milieu du fil est rapidement éteint par la matière inerte interposée; pourtant, en cas de fusion imparfaite, l’arc peut persister, il se propage alors par une sorte de canal par
- Fig. G. — Coupe-circuit avec fusibles à pont.
- K gauche : coupe-circuit IG ampères à coupure 1/1000 sec. Adroite : coffret d’entrée de poste 50 ù 200 ampères jusqu’à 6000 v.
- ouble
- fermeture
- Bromure 'de méthyle
- Capsule calorifique à mélange exothermique
- Calotte
- protectrice
- Contrôle
- Peicuteur assurant le mélange
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- où la décharge passe librement. Pour supprimer cet inconvénient, un constructeur a réalisé des modèles de fusibles à pont, dans lesquels le fd métallique est contenu dans un tube en U, rempli ou non de matière inerte, et soudé à ses deux extrémités à deux embouts métalliques (fig. 5).
- Cette disposition présente de nombreux avantages. Tout d’abord, lorsque le fusible fond, les projections métalliques des particules en fusion viennent heurter les parois froides du tube ou les grains de matière inerte. Il ne peut pas se former de canal libre comme dans les modèles rectilignes, et l’arc est obligé de se diviser. En raison du refroidissement rapide qui en résulte, l’arc s’éteint rapidement. Des courts-circuits de l’ordre de 5000 ampères peuvent ainsi être coupés en moins d’un millième de seconde. Les modèles réduits sont formés de tubes recourbés complètement clos, en verre, terminés à chacune de leurs extrémités par un embout métallique qui pénètre dans des ouvertures correspondantes du socle. Grâce à un calibrage convenable, l’interchangeabilité est difficile et toute garantie de ce côté est assurée.
- Lorsqu’un fusible de ce genre fond, le phénomène est immédiatement visible bien qu’il ne se produise pas de flammes extérieures. Le remplacement d’un fusible normal par un fd métallique quelconque est difficile, et, en raison de l’apparence très particulière de ce système, la substitution serait immédiatement apparente.
- Dans de nouveaux modèles du même constructeur, on utilise d’ailleurs un nouveau principe dit du « mur diélectrique instantané », empêchant immédiatement la formation de l’arc dont nous avons expliqué les inconvénients. Ces appareils n’exigent aucun montage particulier des installations.
- Fusibles Cehess, 23, place Jeanne-d’Arc, Paris.
- SPORTS
- Un petit bateau de sécurité.
- Le nombre des fervents du yachting à rames ou à voile, en mer et en rivière, augmente constamment. Pour le choix du bateau à utiliser, il faut faire entrer en ligne de compte les facilités de transport et de démontage, les dépenses d’achat et d’entretien, la durée de service et la sécurité.
- Un constructeur vient de créer un petit bateau de tourisme
- intéressant à cet égard. 11 est construit en matière plastique légère, résistante et inaltérable.
- La coque ne demande ainsi aucun entretien, et peut sans inconvénient séjourner à l’eau aussi bien qu’au grand soleil. La forme même est élégante et sûre, et l’ensemble est rendu insubmersible à l’aide de deux coffrages.
- D’une longueur de 3 m et d’une largeur de 0 m 80, d’un poids d’environ 35 kg, le bateau peut supporter aisément deux jeunes gens; il se manie à la pagaie et comporte deux boucles d’amarrage, deux colliers pour établir la voilure et deux ferrures pour la fixation d’un gouvernail. On peut l’équiper rapidement d’un mât, d’un gouvernail et d’une paire de dérives latérales et le transformer en un voilier. Les dérives augmentent la stabilité et contrebalancent l’effort transversal du vent sur la voile. Elles sont fixées sur la coque à l’aide de fortes ventouses en caoutchouc. Cette liaison élastique permet de les rendre facilement amovibles, on peut ainsi régler leur position et supprimer les risques d’avaries en cas d’échouage.
- Ainsi gréé, le bateau peut être manœuvré même par un passager inexpérimenté, et sans risque de chavirer.
- La Girelle, 2 bis, rue Barbés, Courbevoie.
- PHOTOGRAPHIE Exposemètre de poche.
- Le posemètre à cellule photoélectrique s’est imposé aux amateurs de photographie et de cinématographie. Il permet, en effet, de déterminer dans des conditions approximatives, mais suffisantes, les temps de pose par lecture directe de la graduation indiquée par une aiguille sur un cadran de repère.
- Il suffit de viser le sujet en dirigeant la cellule photo-électrique légèrement vers le sol, et en visant les parties sombres.
- Pour les contre-jour, on évite l’action directe de la source lumineuse; pour un sujet à l’ombre, on se place à la limite de l’ombre et de la lumière; pour les vues éloignées, il y a lieu de réduire l’indication des temps de pose et, au contraire, pour les sujets à fort contraste il est nécessaire, en général, de doubler les temps de pose.
- L’appareil permet également de déterminer les temps de pose pour les sujets éclairés à la lumière artificielle avec des coefficients de correction faciles à calculer.
- Les posemètres d’amateurs se présentent aujourd’hui sous des formes très pratiques; en voici un modèle de tout petit format, qui se glisse dans une poche de gilet comme une boîte d’allumettes. Malgré ses faibles dimensions, il est très sensible, et permet une détermination directe du temps de pose de 1/2000 de sec. à
- 15 mn. Fig. 8.— Exposemètre à cellule photoélectrique
- Le système de très réduil, dit « Gousset » Chauvin et Arnoux. repère porte trois fenêtres, et lorsqu’on connaît l’indication donnée par l’aiguille, ainsi que le diaphragme et la sensibilité de l’émulsion, on en déduit immédiatement 1 e temps de pose; inversement, pour un temps de pose déterminé, on peut connaître l’ouverture du diaphragme à utiliser.
- Ets Chauvin et Arnoux, 190, rue Cham-pionnet, Paris (lSe).
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- BOITE AUX LETTRES
- COMMUNICATIONS
- Adresse relative aux appareils décrits:
- Photorelais Chilowski, en vente à la Société Tubest, 5, rue Euler, Paris.
- A propos du dépôt des poussières sur les murs et les plafonds au-dessus des radiateurs.
- Comme suite à la question posée par M. le Dr Bauvisage, dans notre numéro du 15 août 1936, M. L. Rigotard nous écrit :
- « La question intéresse forcément beaucoup de personnes à l’heure actuelle, et elle mérite un moment d’attention.
- En réalité le dépôt des poussières n’est pas dû à un phénomène purement mécanique de transport par les courants d’air chauffé, il est lié au magnétisme.
- Ayant remarqué que le dépôt des poussières sur un plafond dessine les poutrelles métalliques, j’en ai conclu que les poussières sont attirées par les masses métalliques jouant le rôle d’aimant.
- Etudiant la question d’un peu plus près, d’une part, à l’aide d’une boussole, d’autre part au moyen de la limaille de fer placée sur des feuilles de papier j’ai ainsi pu constater qu’un radiateur est un puissant aimant donnant un spectre magnétique de grande taille sur un papier saupoudré de limaille et que son action magnétique s’étendait assez loin dans la pièce, comme on peut s’en convaincre au moyen de la boussole. Un radiateur présente un pôle nord (attirant la partie bleutée de l’aiguille aimantée) vers sa partie supérieure, une zone neutre au tiers supérieur, et un pôle sud vers le bas.
- Comme le radiateur est formé de segments permettant à l’air chargé de poussières de s’élever entre ces pièces aimantées les grains
- de poussières sortent donc eux-mêmes aimantés à la partie supérieure, ils peuvent aussi être électrisés sous l’influence de la chaleur. Rien d’étonnant qu’ils soient attirés par des pièces métalliques comme les poutrelles d’un plafond.
- Les moyens préconisés pour éviter les dépôts de poussières sur les murs et les plafonds ne paraissent pas avoir tenu compte des phénomènes magnétiques qui sont en jeu : on a en effet proposé l’emploi de coussins en tissus pelucheux contre les murs, de tablettes pour renvoyer l’air chaud en avant. Mais ces tablettes en bois ou en marbre ne peuvent guère avoir d’effet magnétique. 11 faudrait en réalité disposer, à une certaine distance au-dessus du radiateur, d’écrans en toile métallique qui pourraient être doublés de tissus pelucheux et cependant perméables à l’air, le filtre ainsi formé attirerait et retiendrait les poussières comme le font actuellement les poutrelles des plafonds, et les lignes électriques passant sous les crépissages des murs. Enfin dans les cas importants, rien ne s’oppose à ce que l’on adopte des dispositions plus efficaces pour augmenter l’attirance des appareils comme l’emploi d’un champ électrique ou magnétique, obtenu au moyen du courant électrique ou encore l’emploi des matières plastiques s’électrisant par la chaleur. Le principe étant posé denombreux dispositifs peuvent évidemment être réalisés par les spécialistes. »
- A propos de la fusée Goddard.
- M. P. van Dresser, rédacteur en chef de la revue Aslronaulics, publiée par l’American Pocket Society, nous informe que les vols de Greenwood I.ake, en février dernier, n’ont pas été entrepris par cette société, mais par M. Kessler.
- QUESTIONS ET REPONSES
- De tout un peu.
- M. F. G., à Chaumont. — Les encres utilisées pour le lirage des gravures sur cuivre sont généralement livrées par les fabricants, prêtes à l’emploi, elles sont obtenues par mélange d’huile de lin polymérisée par chauffage prolongé vers 300° et de noir de fumée.
- Quant aux encres destinées à la gravure sur bois elles sont de constitution analogue, elles doivent surtout garder une forte intensité au tirage, tout en présentant une fluidité convenable, que l’on reconnaît à la manière dont elles s’appliquent sur le papier en « bavochanl » ou non entre les tailles. Malaxées entre les doigts elles ne doivent pas « poisser ».
- Certaines encres spéciales « malées » à la résine donnent des effets veloutés, recherchés dans certains cas.
- La préparation de ces encres nécessite la connaissance de certains tours de main et n’est pas à la portée de l’amateur.
- M. P. IViaitre, Aigurande. — La Maison Boubée, 11, place Saint-Michel, Paris, peut vous fournir des préparations microscopiques de roches. Elle pourra très probablement vous établir des préparations d’échantillons que vous auriez ramassés vous-même.
- Un amateur peut, avec une certaine habileté, établir lui-même les plaques minces pour examen au microscope. Lorsqu’il s’agit de cristaux de dimensions appréciables, il est facile, à l’aide d’un archet de métal et d’un tour d’horloger, d’y découper des lames suivant les orientations qu’on a choisies. II ne reste plus qu’à amincir les lames par frottement sur une meule à l’émeri.
- Quand on a affaire à une roche dont les minéraux constituants ne peuvent être facilement isolés, on en détache une esquille convenablement choisie et l’on fait naître une face plane par polissage sur une meule horizontale à l’émeri. Cette face est alors appliquée, à l’aide de baume du Canada, sur un petit bloc prismatique de verre qui lui servira de soutien et l’on procède, comme auparavant, au polissage de la face opposée. On arrive ainsi, avec quelque habitude, à préparer des plaques dont l’épaisseur, d’ailleurs bien uniforme, ne dépasse pas deux ou trois centièmes de millimètre. Ces plaques sont collées, avec du baume du Canada, entre deux lames de verre, les précautions étant prises pour qu’il ne reste pas de bulles d’air emprisonnées.
- M. P. F..., Paris. — Nous ne pouvons vous donner les renseignements que vous nous demandez. Nous vous conseillons de vous
- adresser au Laboratoire de Minéralogie, ou de Géologie, du Muséum, 61, rue de Buffon. Nous tenons à votre disposition l’échantillon que nous nous avez confié.
- Mme Tavel, à Mulhouse. — Une expérience personnelle de quarante années nous a montré qu’une ballerie de cuisine en nickel puise comportait d’une façon parfaite à tous points de vue, solidité, inaltérabilité, innocuité, etc. Toutes nos préférences sont donc acquises au nickel pour cet emploi ménager, très économique, si on veut bien considérer le nombre d’années d’un usage qui ne paraît pas devoir prendre fin de sitôt.
- M. Bézard, à Clichy. — 1» La formule que nous avons donnée dans le n° 2977, dans laquelle entre le carbonate, de baryte, en vue de la destruction des taupes, peut également être employée avec succès pour celle des rats.
- 2° L’emploi du fluorure de sodium pour la destruction des fourmis nous paraît effectivement judicieux car il donne contre les invasions de cafards d’excellents résultats, la formule suivante dans laquelle le sucre est substitué à l’amidon nous paraît préférable :
- Fluorure de sodium.....................150 grammes
- Sucre en poudre........................S50 —
- A placer simplement dans les endroits infestés.
- M. Autrigne, à Bruges. — 1° Le sulfate de potassium ainsi que le chlorure sont des sels neutres, il n’y a donc pas à envisager une neutralisation préalable par leur emploi.
- 2° Les indications que vous nous donnez sont insuffisantes pour que nous puissions nous rendre compte de la réalisation que vous avez en vue, veuillez nous faire connaître quel est l’objet que vous désirez nettoyer.
- M. Lucas, à Tours. — La formule suivante d'encaustique, dans laquelle entre la paraffine, vous donnera très probablement satisfaction.
- Prendre :
- Cire d’abeilles vraie.....................100 grammes
- Paraffine................................. 20 —.
- Essence minérale......................... 900 cm3
- Après dissolution, à froid de préférence, pour éviter l’inflammation, ajouter :
- Ammoniaque liquide......................... 10 cm3
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- Etendre ensuite, si on a en vue une pulvérisation, avec une quantité suffisante d’essence minérale donnant la fluidité convenable par circulation dans la fine tuyauterie du pulvérisateur.
- tVl. G. B., à Paris. — Vous pourrez très facilement faire disparaître l'écriture de vos fiches en vue d’une réutilisation, en les immergeant une minute ou deux dans la solution suivante froide :
- Extrait de javel................................. 20 cm1
- Eau ordinaire................................... 500 —
- Vinaigre......................................... 20 —
- Surveiller la disparition des caractères, sortir du bain aussitôt et rincer à fond dans l’eau courante pour éliminer toute trace de chlore.
- N. B. — Ne pas laisser trop longtemps dans le bain car la feuille de papier qui est collée sur le carton se séparerait.
- Si après l’opération et séchage complet le papier avait une tendance à boire, il suffirait pour éviter cet inconvénient de frotter la surface avec un tampon de coton imprégné de poudre de sandaraque.
- M. Giteau, à St-Raphaël. — 1° Les bandes adhêsives que vous nous avez soumises ont été simplement enduites de latex de caoutchouc additionné d’un peu de blanc de zinc.
- 2° La température de l’eau bouillante est effectivement insuffisante pour qu’après projection dans l’eau froide le verre soit en état d’être pulvérisé. Pour cela il est nécessaire de porter le verre au rouge, le morceau étant tenu par une pince; alors seulement, on le refroidit brusquement en le laissant tomber dans l’eau froide, aussitôt il se divise en menus fragments dont la pulvérisation se fait sans difficulté.
- Cette opération classique dans la préparation des échantillons très durs destinés à l’analyse minéralogique porte le nom d’étonnement.
- M. Aubry, à Versailles. — Pour déca'éiniser le café vert, il suffit de le laver à l’eau bouillante ; après séchage, rapide dans un courant d’air chaud, on le torréfie comme il est habituel pour le livrer à la consommation.
- Si on veut extraire la caféine contenue dans les eaux de lavage en vue d’une utilisation médicale, on précipite les malates qu’elles contiennent au moyen d’une quantité suffisante d’acétate de plomb; on filtre et enlève l’excès de plomb en faisant passer un courant d’hydrogène sulfuré qui précipite le plomb à l’état de sulfure insoluble, on filtre à nouveau et concentre sous pression réduite. 11 suffit alors de rendre le liquide ammoniacal et enfin de laisser cristalliser la caféine que l’on purifie au besoin par redissolution dans l’alcool ou l’éther avec nouvelle cristallisation. Récemment un brevet a été pris pour effectuer la décaféinisation par épuisements successifs à l’alcool iso-propylique et l’acétone, sans grand avantage, croyons-nous, sur le procédé simpliste que nous venons d’exposer.
- Si cette question vous intéresse, vous trouverez détails dans la Revue de Chimie industrielle, n°491, novembre 1932,p. 324.Brevet français de la Société Koro-Kaffee-lvompagnie, n° 733 915 du 19 mars 1932.
- Dans le môme numéro de cette Revue, page 321, se trouve rapporté le procédé de dosage de la caféine dans les cafés décaféinés.
- M. Boyaval, à Tourcoing. — La poudre à mouler qui vous intéresse est simplement de la bakélite sous la forme A, laquelle après chauffage vers 160° C (bakélisation proprement dite) se transforme en bakélite définitive.
- Vous pourrez vous procurer de la poudre sous cette forme à la Société « La Bakélite », 25, quai Voltaire, à Bezons (Seine).
- M. Walter, à Hammam-el-Lif (Tunisie). — Pour remettre en état les vieux tapis, on commence par les dépoussiérer soigneusement soit par battage, soit mieux encore en se servant d’un aspirateur dont les modèles sont aujourd’hui nombreux dans le commerce.
- On procède ensuite à un lavage avec une lessive chaude de savon noir additionnée d’un peu de carbonate de soude (cristaux) et on rince à la lance, le tapis étant suspendu verticalement.
- Enfin on fait un avivage en versant au moyen d’une pomme d’arrosoir une légère solution d’alun et d’acide oxalique (30 gr de chacun dans un seau d’eau).
- On laisse l’imprégnation agir pendant une heure, puis on rince à l’eau pure.
- N. B. — S’assurer avant d’effectuer l’avivage, en essayant sur un coin du tapis, qu’aucune des teintes ne se trouve modifiée par la solution al un-acide acétique.
- M. Autrique, à Bruges. — 1° Les laits d’iris étant des émulsions une séparation des éléments constitutifs par repos, avec le temps, est chose normale; il est de toute évidence que suivant la formule, 1 faut « agiter avant de s’en servir ».
- 2° Nous avons répondu à votre seconde question dans un précédent numéro.
- 3° A part le citron, nous ne voyons pas quels jus de fruits vous pourriez employer dans les produits de beauté qui réclament une odeur et non un goût.
- 4° L'impression de fraîcheur est donnée dans les préparations par addition de menthol.
- Cercle du Commerce de Lyon. — Les tissus préparés que l’on peut laver sans les désapprêler, puis repasser ù nouveau, sont des articles dans lesquels la triplure a été imprégnée préalablement d’une solution d’acétade de cellulose dans l'acétone.
- M. Couperot, à Rouen. — 1° Quelle que soit la baratte employée, certaines conditions doivent être réalisées pour une bonne fabrication du beurre :
- La quantité de crème à mettre dans la baratte ne doit pas excéder les deux tiers de sa capacité.
- Le barattage doit s’effectuer à la température de 14à15°C dont il faudra chercher à' se rapprocher le plus possible, d’ou nécessité d’employer une baratte à deux enveloppes entre lesquelles on mettra de l’eau tiède ou froide suivant la saison.
- Dès que le beurre est obtenu, la baratte sera vidée et bien lavée, d’abord à l’eau chaude, ensuite à l’eau froide, puis égouttée et séchée rapidement.
- De cette façon les récipients sont toujours très propres, exempts de mauvais ferments, ils ne contractent aucune odeur susceptible de se communiquer au beurre, ce qui en ferait un produit de qualité inférieure.
- 2° Pour préserver votre bac en tôle de l’action de l’eau de Javel, le mieux est de le peindre intérieurement, sur métal bien sec, au moyen d’une peinture cellulosique, genre Duco ou Valentine.
- M. Moritz, à Reichshoffen.— L'ignifugation du coton peut se réaliser facilement par imbibition au moyen de la solution suivante :
- Borax................................... 35 grammes
- Acide borique........................... 25 —
- Eau chaude.............................. 940 cm3
- On peut évidemment opérer par pulvérisation, mais encore faut-il que le coton soit complètement imprégné, sans quoi les parties non atteintes conserveraient leur propriété flambante.
- M. Giraud, à St-Bonnet-de-Cray (Loire). — A notre avis pour constituer votre caisse d germination,le mieux serait de n’employer le bois que pour l’armature et de visser sur celle-ci des plaques de iibro-ciment perforées à la mèche.
- Si vous désirez obtenir à l’intérieur une température, faire de la même façon une seconde enveloppe et garnir l’entre-deux avec de l’amiante en fibres.
- En opérant ainsi vous ne risquerez pas que l’appareil de chauffage amène une inflammation intempestive, ou tout au moins une altération de la caisse.
- Adresses d’amiante : Société française de l’Amiante, 8, rue Favart, Paris (2°); Cie générale de l’Amiante, 10, rue Thimonnier, Paris.
- M. le Dr Valette, à La Ferté-St-Aubin (Loiret). — 1° Tous les pansements doivent être stérilisés dans la vapeur d’eau surchauffée à 135° C et non à l’étuve sèche car ils sont tous très mauvais conducteurs de la chaleur, la périphérie seule est portée à la température cherchée, tandis que la température du centre est le plus souvent insuffisante.
- En supposant qu’ils puissent avec le temps être pénétrés par la chaleur, il faudrait atteindre 180° C, température nécessaire pour assurer la stérilisation en milieu sec, mais alors à cette température, la matière organique commence à se détruire, le coton en particulier se teinte en roux et devient cassant, les bandes de gaze de coton se déchirent sous la moindre traction.
- 2° Les gazes plâtrées du commerce sont obtenues par enduisage de tarlatane au moyen d’une solution de gélatine chaude, puis saupoudrage de plâtre à mouler à l’aide d’un tamis.
- Après refroidissement il suffit de retourner le support pour enlever le plâtre non fixé.
- L’analyse d’un article de ce genre nous a donné, au mètre carré :
- Tarlatane support....................... 30 grammes
- Plâtre anhydre......................... 360 —-
- Plâtre hydraté........................... 60
- Gélatine................................. 15
- Poids du mètre carré.................465
- Le Gérant : G. Masson.
- 8029. — lmp. Lahure, rue de Fleurus, 9, à Paris. — 1-10.1936. —Published in France.
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- N° 2987
- LA NATURE
- 15 Octobre 1936.
- AUTO ENGLOUTIE PAR L’ÉCUME DE LA MER
- Nos photographies reproduisent un curieux accident qui s’est produit à Biarritz, le 6 décembre dernier, à la Grande Plage.
- La mer étant très grosse ce jour-là et le vent soufflant du large, une forte quantité d’écume était chassée jusque
- s a ire pour tirer le véhicule de sa fâcheuse position !
- La formation de l’écume marine constitue un de ces phénomènes familiers dont l’explication scientifique reste encore à trouver. Nous donnerons quelques précisions sur les recherches du professeur H. Devaux, de
- Fig. 1. — L’auto engloutie par le flux d’écume que le vent chasse vers la terre. (Phot. Gimenez.)
- dans la ville en volumineux flocons. Un automobiliste imprudent s’étant hasardé, dans une conduite intérieure, à la rencontre de cette avalanche aérienne, se trouva brusquement en panne; il est probable que l’écume, aspirée par le ventilateur à travers le radiateur, vint mouiller les bougies d’allumage, car il ne semble pas que la quantité d’eau introduite au carburateur par ces légères mousses pût suffire pour arrêter le fonctionnement du moteur. L’intervention des pompiers fut néces-
- Bordeaux, qui a abordé le sujet voici une cinquantaine d’années et poursuit actuellement des expériences en collaboration avec le Musée de la Mer de Biarritz.
- ÉCUMES ET « FLEUR D’EAU «
- Tout dégagement d’un gaz au sein d’un liquide produit des bulles, mais il s’en faut que ces bulles soient dans tous les cas persistantes et capables de s’agglomérer en
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- mousse. Des condilions spéciales doivent être réalisées, concernant la tension superficielle du liquide.
- Ramsden et Devaux ont fait connaître, chacun de leur côté, en 1903, que toutes les fois que l’eau contient en dissolution des substances capables d’abaisser la tension superficielle, ces substances viennent s’accumuler à la surface : or, c’est précisément le cas des produits mucilagineux et de toutes les substances capables de faire mousser l’eau 0).
- Il peut même arriver que la substance se rassemble en une lame complètement solide ou seulement très visqueuse, bien qu’invisible à cause de sa minceur; c’est le cas pour les solutions d’albumine, de peptone, de sapo-nine. Le mucus d’escargot s’étend à la surface de l’eau libre en formant un voile continu très élastique. Les végétaux, plantes aériennes ou algues, sont également capables de fournir des lames superficielles; une plante verte
- quelconque, si on la blesse dans l’eau, fournit une lame très importante.
- Si nous passons maintenant aux différentes catégories d’écumes connues, nous constaterons qu'elles doivent avoir des origines très différentes. La mer donne de l’écume en tout temps, mais il est bien connu qu’elle n’en fournit en abondance que lors des tempêtes; le brassage mécanique joue donc, dans la formation de ce type d’écume, un rôle important.
- Tout autre est certainement la formation des écumes stagnantes que l’on trouve sur les bords plats et vaseux, formant des collerettes autour des joncs; par ailleurs, M. Devaux a signalé dès 1889, dans sa thèse de doctorat, la production d’une écume légère, poétiquement dénommée « fleur d’eau », par des algues microscopiques.
- La substance primitive de l’écume de la mer a été attribuée aux plantes marines (Barrère, loc. cit.)\ ces
- 1. Procès-verbaux Soc. linnéenne de Bordeaux, volume LXII, p. xlvii, année 1907.
- plantes, surtout représentées par des algues, ont généralement une consistance gélatineuse et elles abandonnent à l’eau des mucilages, soit de leur vivant, soit après leur mort. Cette hypothèse serait valable pour la fleur d’eau ainsi que pour les écumes des marais salants; le sel marin du commerce contient du reste souvent des substances spumogènes.
- 4 MILLIGRAMMES PAR HECTOLITRE!
- Indépendamment des plantes, les animaux marins ne pourraient-ils concourir, par leur mucus, à la formation de l’écume ? On sait combien est visqueuse la surface du corps des poissons, des mollusques, voire des crustacés.
- Si l’on agite fortement, dans un flacon, de l’eau contenant des moules (Mytilus edulis), des sourdons (Car-dium edule), des crevettes (Crangon oulgaris), cette eau devient mousseuse.
- Une observation très particulière a permis à M. Devaux de surprendre, à l’état naturel, la formation de l’écume par le mucilage des sourdons. Sur la plage extrêmement plate de Ronce-les-Bains (Charente-Inférieure) qui fait face à l’île d’Oléron, vivent des myriades de ces animaux enfoncés dans la vase et en telle quantité qu’en plongeant les mains au hasard on en retire parfois une dizaine !
- Au moment où la mer commence à remonter, chaque vague vient s’étaler sous très faible épaisseur, recouvrant une large bande de vase; on voit alors l’air s’échapper en bouillonnant de tous les trous qui marquent chacun l’emplacement d’un sourdon enfoui. Les bulles ainsi formées restent unies en formant un petit flocon d’écume grossière. Déposés sur la vase puis soulevés de nouveau par l’eau au hasard des vagues successives, ces flocons glissent sur l’eau, poussés par le vent, et vont se rassembler dans les anses du littoral en masses d’abord volumineuses qui s’affaissent bientôt en devenant plus compactes.
- A la longue, cette écume d’origine animale se trouve jetée à la côte où elle se dessèche, mélangée à mille débris, végétaux pour la plupart. C’est là un des rares cas où l’on ait pu suivre de bout en bout l’évolution de l’écume.
- Tout récemment, en avril 1936, M. Devaux a pu doser avec précision le poids de matière sèche (albumine) contenue dans 1 1 d’eau de mer. Cette eau était puisée à 40 m du rivage par les pompes du Musée de la Mer de Biarritz.
- Par agitation avec de la benzine pure, l’eau fournit un film interfacial plissable (donc continu) de 100 à 200 cm2 par litre d’eau, ce qui, compté en albumine, représente seulement 2 à 4 mgr par hectolitre.
- Cette dose est extrêmement petite ; il est remarquable qu’elle suffise pour produire les énormes volumes d’écume observés durant les tempêtes et cependant il n’est pas douteux que les quantités réellement existantes dans la mer sont encore plus faibles. Il est toutefois probable qu’un violent brassage des fonds doit se produire à ce
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- moment au voisinage des rivages, accroissant la proportion des matières spumogènes.
- Nous apercevons ici, une fois de plus, la puissance de ces actions de surface qui persistent au milieu des tempêtes et qui ne nécessitent que des quantités de matière prodigieusement faibles. Un autre exemple bien connu est ce lui d u filage de Vhuile, qui permet à un navire en détresse d’apaiser le déferlement de la mer. Mais ce que l’on ignore généralement, c’est que les volumes d’huile utilisés sont dérisoires; un sac à filasse, imprégné d’un
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- litre d’huile et trempant au bout d’une corde, peut procurer un répit de plus d’une heure !
- Quant à la quantité de liquide laissée par un volume déterminé d’écume dont toutes les huiles crèvent, elle s’exprime par des chiffres variables, mais toujours très faibles. IJn peu d’eau sale, mêlée de brindilles et de débris d’algues, voilà tout ce qui reste, au bout de quelques heures, au fond d’un bassin où l’on a amoncelé de neigeuses montagnes d’écume marine !
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- LA CINEMATOGRAPHIE STEREOSCOPIQUE
- AUX JEUX OLYMPIQUES
- Pour permettre aux arbitres des Jeux Olympiques de se mettre à l’abri de toute incertitude pouvant entacher la précision de leur verdict, on a eu recours à toutes les ressources de l’optique et de la mécanique de précision modernes. Le dispositif que la Société Zeiss Ikon a mis au point en collaboration avec l’Office physico-technique de Berlin est essentiellement un appareil de prise de vues stéréo-cinématographiques au ralenti qui, simultanément, enregistre le temps écoulé depuis le coup de feu au départ, en même temps que l’heure de la journée. Pour la préparation photographique du film spécial à grande sensibilité, la Société AGFA a créé, au Stadion de Berlin, des dispositifs fournissant directement un positif, grâce à un procédé de développement, d’inversion et de séchage ultra-rapide; moins de dix minutes après avoir retiré le film de l’appareil de prise de vues, on peut présenter les résultats grâce à l’ensemble de dispositifs de reproduction également mis au point par Zeiss Ikon.
- Les appareils de prise de vues, installés sur la tour des arbitres, comprennent deux caméras à film de 16 mm, fonctionnant à cadence rapide, synchrones l’une de l’autre, vers la ligne de but. La distance séparant les deux objectifs, les deux yeux, pour ainsi dire, de ce pointeur de but, a été choisie de façon à donner, à la projection des images, la même impression de relief que celle qu’ont eue les arbitres pendant les courses, par l’observation binoculaire directe. Le nombre d’images est exactement de 100 par seconde, la pose de chaque image individuelle n’est que de 1/1000® sec. Ce résultat a été rendu possible, d’une part, par l’extrême sensibilité de la pellicule, d’autre part, par l’emploi, comme objectifs de prises de vues, des Sonnars Zeiss si lumineux (1 : 1,4). L’un des films enregistre l’heure exacte, l’autre — grâce à un compteur spécial, mis au point expressément par l’Office physico-technique — le temps qui s’est écoulé depuis le départ. Le compteur, monté sur la même base et à côté des deux caméras cinématographiques, est mis en marche par un contact disposé sur le pistolet du départ, ouvert par pression pneumatique.
- Un moteur synchrone sert à actionner l’appareil de prise de vues et le compteur, la fréquence du courant
- Caméra droite Caméra gauche
- Compteur
- Pistolet de départ
- Départ
- Fig. 1. — Schéma du dispositif d’enregistrement cinématographique
- des arrivées.
- alternatif d’alimentation étant maintenue constante, avec une précision très suffisante, par un dispositif
- y
- Fig. 2. — Les deux caméras de bul-'et le compteur.
- Double appareillage. (Dispositif des Jeux Olympiques.)
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- ad hoc. Afin d’augmenter encore la sécurité du procédé, on a prévu, au-dessous des appareils de prises de vues comportant le film à inversion et à développement rapide, un autre ensemble d’appareils parfaitement identique, où l’on se sert d’un film normal à inversion. Ce second film, traité à l’ordinaire, laissera aux générations à venir un document sûr, des concours de Courses Olympiques de 1936.
- Les appareils de reproduction stéréoscopique comportent deux projecteurs jumeaux dans lesquels les pellicules des deux appareils de prises de vues sont défilés en parfait synchronisme. Les deux images associées sont projetées sur un verre dépoli servant d’écran, derrière lequel les observateurs s’installent. Afin d’obtenir des effets de relief aussi accentués que
- possible, on a posé devant les projecteurs (et inséré dans les lunettes des observateurs), au lieu des filtres chromatiques vert-rouge, les nouveaux filtres polariseurs connus sous le nom d'hérotars (voir la Nature, n° 2983). La projection sur le verre dépoli augmente la luminosité des clichés. Les hérotars devant les deux objectifs projecteurs et dans les lunettes des observateurs sont disposés de façon que l’œil droit de l’observateur ne voie que l’image prise avec la caméra de droite, l’œil gauche, l’image prise avec la caméra de gauche. L’emploi des hérotars, au lieu de filtres chromatiques, élimine les difficultés dues jusqu’ici à ce qu’on appelle le « concours des couleurs », phénomène compliquant beaucoup la vision en relief. Grâce à l’emploi des hérotars, les deux images associées sont automatiquement de même luminosité et de même couleur et elles produisent naturellement une impression de relief parfait.
- La reproduction se fait à la vitesse de 16 images par seconde, c’est-à-dire à une cadence 6 fois plus lente que la prise de vues. Aussi, les arbitres et preneurs de temps ont-ils tout le temps de suivre tranquillement le passage des coureurs à travers le but. Il va sans dire que la reproduction peut, dans des cas douteux, se renouveler autant de fois qu’on le désire, jusqu’à ce que les arbitres soient définitivement tombés d’accord; on peut également arrêter le film, afin de faire la démonstration, en image immobilisée, de certaines phases du passage à travers le but.
- A la gauche de l’image projetée, on voit, en même temps, l’image du compteur, permettant de lire le temps écoulé depuis le départ. On lit ainsi directement, pour chaque image individuelle, le temps écoulé à 1/100® de seconde près, tandis que les fractions — en 1/1000® — s’estiment facilement, en examinant sur les deux images successives, la position du coureur et en prenant la moyenne entre les deux valeurs. C’est ainsi que tout profane — et tout coureur lui-même — peut lire directement sur l’image immobilisée son temps de course.
- l)r Alfred Gradenwitz .
- Fig. 4. —• Agrandissement d’une des images individuelles enregistrées par les caméras.
- L’INDOCHINE, GRENIER DE L’ASIE
- Notre bel empire asiatique offre à nos réflexions cette remarque réconfortante, qu’après avoir vu se déchaîner sur lui la crise économique dès 1928, soit plusieurs années avant la métropole, il est un des premiers pays du monde à remonter la pente vers la prospérité. Le marasme y a fait place à de brillants espoirs; la question du chômage, qu’il n’avait pas connue, d’ailleurs, sous ce caractère angoissant qu’elle conserve dans de trop nombreuses contrées, en Europe comme en Amérique, ne se pose plus. Ce résultat s’explique par diverses causes qu’il convient d’énumérer.
- Ce fut d’abord la déflation budgétaire, que le gouvernement général de l’Indochine poursuivit, dès la première menace, avec une inflexible énergie, supprimant les emplois publics qui n’étaient pas indispensables, imposant aux traitements et salaires des réductions qui dépassèrent 30 pour 100, dans bien des cas, grande pénitence que les fonctionnaires européens et les agents indigènes acceptèrent sans murmurer.
- Puis, pour des raisons dont l’exposé nous entraînerait trop loin, le pouvoir d’achat du métal-argent, tombé dans des proportions quasi catastrophiques, se releva soudaine-
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- ment, ce qui permit à la Chine d’acheter, à des cours plus élevés, les grosses quantités de riz indochinois nécessaires à son alimentation.
- Une autre cause du redressement, et non des moindres, fut le courage, la constance, la foi en l’avenir du paysan indochinois qui, loin de se laisser démoraliser par l’effondrement des prix, continua son labeur, défrichant des terres vierges, ajoutant sans cesse de nouvelles rizières aux anciennes, effort récompensé par la magnifique récolte de 1935 qui, à ne parler que de la Cochinchine, aura produit 3 millions de tonnes de paddy (x), ce qui a permis de consacrer à l’exportation 1 600 000 t de riz, d’une valeur de 500 millions de francs.
- CONSOMMATION ET EXPORTATION
- A l’encontre de notre blé qui n’est qu’un accessoire, pour nous comme pour tant d’autres nations, le riz est la hase alimentaire de 650 millions d’Asiatiques (soit un tiers du genre humain), qui s’en nourrissent presque exclusivement, en lui ajoutant du poisson lorsqu’ils le peuvent. Il s’ensuit que la plupart des pays producteurs consomment toute leur récolte et doivent même recourir aux disponibilités de l’étranger pour satisfaire leurs besoins. C’est, parmi d’autres cas, celui de la Chine qui, bien que produisant une moyenne annuelle de 50 millions de t, doit s’en procurer ailleurs une quantité qui est de l’ordre de 800 000 t; et le Japon, qui en produit 10 millions, ne joint les deux bouts que grâce au million de t qu’il demande à ses colonies : Formose et la Corée.
- Une curieuse anomalie veut que les gros exportateurs de riz soient des pays de petite production, phénomène dont nous allons trouver l’explication. Par ordre d’importance, ce sont la Birmanie, le Siam et l’Indochine, dont les exportations respectives (moyenne des cinq dernières années) sont exprimées par les chiffres suivants : 3 184 000 t; 1 552 000 t;
- 1 231 000 t. On remarquera que ces trois pays sont limitrophes, qu’ils partagent le même climat humide et chaud, qu’ils sont arrosés par de puissants fleuves, aux estuaires bien développés, conditions qui se prêtent admirablement à la riziculture; il n’est donc pas surprenant, étant donné leur rendement à l’hectare, que leur production soit supérieure à leurs besoins. Et nous ajouterons que, d’après les travaux récents des botanistes, le riz est originaire de la péninsule indochinoise : on l’y rencontre fréquemment à l’état spontané, et sous un grand nombre de races, sous-espèces ou variétés, ce qui démontre amplement que c’est bien là sa terre d’élection.
- Le rôle que cette céréale joue dans la vie des Indochinois est considérable : outre la consommation directe, sous forme de grains cuits à l’eau, ils en extraient de la farine,
- 1. Emprunté à la langue malaise, adopté par le commerce international, ce terme désigne le riz non décortiqué.
- de la fécule et de l’amidon qu’ils emploient à différents usages (pâtisserie, vermicelle et autres pâtes alimentaires). Une proportion de la récolte est absorbée par la fabrication d’un alcool à 40°, dont la consommation ne doit pas être inférieure à 40 millions de litres. L’élevage des animaux domestiques prélève aussi un important tribut. Signalons encore, parmi les services que cette graminée providentielle rend à la population indigène, qu’on utilise sa paille soit pour la litière des bestiaux, soit pour la couverture des chaumières, soit pour la cuisson des briques.
- UNE CULTURE COMPLIQUÉE
- Domestiqué depuis des temps immémoriaux dans toute l’Asie orientale, le riz fut considéré par ses populations comme un présent des dieux : elles lui vouaient un véri-
- table culte. Jusqu’en 1912, avant de tomber dans cette affreuse anarchie dont elle allait payer l’avènement de la république, la Chine célébrait chaque année d’imposantes cérémonies en l’honneur de cette graminée. L’empereur, Fils du Ciel, poussait lui-même une charrue dont le soc d’or creusait les trois sillons rituels, en présence des plus hauts dignitaires de l’Église bouddhiste qui répandaient de l’eau lustrale sur le terrain, et le monarque faisait ensuite le simulacre de repiquer des plants de riz. Les Siamois restent fidèles à l’antique coutume et célèbrent en grande pompe la « fête du premier labour » : entouré de ses ministres, le roi creuse les trois sillons symboliques, après que les bonzes ont béni charrue, buffles d’attelage et semences.
- Les Cambodgiens ajoutent au cérémonial une épreuve au résultat de laquelle ils attachent la valeur d’une prédic-
- Fig. 1. — Carte des canaux de Cochinchine.
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- lion. Dès que le souverain a tracé les sillons rituels, on met l’un des bœufs en présence de trois objets : un panier rempli de paddy, une botte de plantes fourragères et une jarre d’alcool. Selon ce qu’il flairera en premier, on saura ce que l’année réserve : si ses préférences vont au riz, les récoltes seront superbes; si son mufle s’adresse d’abord au fourrage, il faudra s’attendre à des pluies excessives et au fléau de l’inondation; mais s’il a commencé son inspection par la jarre, nul doute que les paysans auront à redoœter des actes de « piraterie ». Ne prenons pas ce mot dans un sens trop tragique ! Les pirates cambodgiens sont de mauvais sujets, spécialisés dans le vol des buffles, mais dont on ne saurait dire qu’ils aient des mœurs sanguinaires : ils se contentent d’impressionner le timide cultivateur, en brandissant un fusil fabriqué d’une pièce de bois... et d’un vieux tube de parapluie !
- Dans les autres régions de l’Indochine, le cérémonial du premier labour a totalement disparu, sémble-t-il, depuis une ou deux générations. Mais le souvenir en persiste chez les vieux paysans du Tonkin et de l’Annam, qui ne manquent jamais, le troisième jour de l’an nouveau, de tracer sur leur rizière les trois raies symboliques, en un obscur désir de perpétuer les croyances des ancêtres.
- On comprendra mieux ces appels à la protection des divinités, quand nous aurons précisé que la plupart des régions rizicoles ne pratiquent guère d’autres cultures vivrières; si la récolte échoue, c’est, pour des populations qui vivent, plus ou moins, au jour le jour, la porte immédiatement ouverte à la famine, qui peut prendre, dans les régions surpeuplées, des proportions désastreuses, ce qui se produit périodiquement aux Indes, l’un des gros producteurs de riz (30 millions de t), et en Chine, où ce fléau a cruellement sévi l’an dernier. Il n’a disparu du Tonkin que depuis l’achèvement des travaux d’hydraulique, inaugurés en 1926 par M. René Robin, alors résident supérieur dans cette partie de l’Indochine, où l’on n’a plus à déplorer, désormais, que de petites disettes locales.
- La culture du riz est infiniment plus laborieuse et compliquée que celle de nos céréales d’Europe; nous la décrirons d’après le système qui prévaut en Cochinchine, non sans avoir observé que la quasi-totalité du riz exporté par l’Union indochinoise est fournie par ce territoire.
- Passons rapidement sur les travaux de préparation. Le labourage n’est pas d’une application générale; bien souvent, le paysan s’est borné à faucher les joncs qui ont poussé pendant la saison sèche et qu’il a laissés pourrir sur le sol* ce qui favorise (certainement à son insu) le développement des bactéries, agents de la fixation de l’azote de l’atmosphère dans les détritus végétaux. La charrue au soc de bois dur se contente de gratter le sol, de l’aérer. Elle est attelée de deux buffles qui n’appartiennent pas toujours au cultivateur, car il peut les avoir loués à leur propriétaire, moyennant une redevance en nature, payable à la récolte; mais, quel que soit le cas, il soignera les ruminants avec autant d’affection que s’il s’agissait d’un membre de la famille. Une coutume attendrissante veut que soit établi, près de la paillote que l’eau cerne, un tertre de 2 à 3 m2 où les animaux peuvent dormir au sec. Mieux encore : on leur y dresse une
- moustiquaire, confort que l’homme leur assure avant de songer à lui-même et aux siens !
- Les opérations qui suivent sont gouvernées par le régime des pluies. Précisons bien que nous ne nous occupons, pour le moment, que de la Vieille-Cochinehine, soit la partie deltaïque de la colonie. Les pluies commencent vers la mi-mai, augmentent progressivement leur fréquence et leur intensité jusqu’en octobre, puis décroissent rapidement, pour cesser en décembre. L’évolution du riz marche du même pas que l’évolution du régime, harmonie indispensable, les rizières cochinchinoises n’utilisant que l’eau de pluie, à l’encontre de tant d’autres contrées où la riziculture repose sur l’emploi de l’eau d’irrigation.
- En juin, soit après les premières pluies, le paysan constitue sa pépinière, en semant dru du paddy dans un terrain bien préparé. Les plants sont repiqués en août, alors que la couche d’eau qui couvre la rizière n’est pas encore assez épaisse pour qu’ils courent le risque d’être complètement immergés et de périr. La montée du niveau ne tarde pas à s’accélérer; mais, simultanément, la plante croît, prend de la hauteur. Quand la recrudescence de la pluie porte ce niveau à son élévation maxima, vers la mi-octobre, c’est l’époque de la floraison, et la plante demandera désormais plus de soleil que d’eau, pour que mûrissent ses fruits (ou panicules). Docilement, la nature se plie à ce désir : l’avalanche céleste se calme durant le mois de novembre, pour se tarir en décembre. Le niveau de l’eau descend rapidement vers son élévation minima. Encore quelques semaines d’ensoleillement, et janvier verra les moissonneurs à l’œuvre.
- Le lecteur aura compris que cette description est schématique : elle donnerait l’illusion que, pendant cinq mois, soit du repiquage à la récolte, le paysan annamite n’a plus qu’à se croiser les bras, en regardant pousser son paddy ! Mais ses loisirs sont rares, car il lui faut batailler sans cesse contre les nombreux ennemis qui en veulent à son grain, même avant sa maturité.
- A L’ATTAQUE DE LA RIZIÈRE
- Chaleur, humidité, sol fertile, tout conspire à favoriser la croissance des mauvaises herbes qui auraient tôt fait d’étouffer le riz naissant, si le paysan n’y pourvoyait par de fréquents sarclages. C’est donc là un fléau que son travail peut conjurer. Il n’en est pas ainsi de plusieurs plaies d’Egypte qui menacent sans cesse la rizière; la plus redoutable est l’invasion des rats.
- Quelques chiffres donneront une idée de l’importance numérique de leurs hordes. L’administration de la Cochinchine encourage leur destruction en distribuant des primes, calculées sur la base de 30 centimes dé piastre pour 100 queues de rats. Il lui est arrivé de payer, de ce chef, la somme énorme de 60 000 piastres (600 000 fr aux cours actuels), représentant la mise à mort, en douze mois, de près de vingt millions de rongeurs ! Magnifique tableau de chasse que grossissent les milliers de rats qui meurent, asphyxiés ou empoisonnés, au fond de leurs trous !
- Malheureusement, la Cochinchine est le théâtre d’un phénomène périodique qui diminue l’efficacité de pareilles
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- hécatombes. Sortant on ne sait d’où, venant peut-être de jungles lointaines, des myriades de rats, divisés en bandes aux rangs serrés, traversent fleuves et canaux à la nage, parcourent droit devant eux des distances énormes et ne s’arrêtent que dans telle région de rizières qui leur paraît propice à leurs exploits.
- On a tenté de tous les moyens pour combattre ce fléau, et la science elle-même s’est vue sollicitée de fournir quelques remèdes. Le virus Danysz, qui propage une forme de typhus parmi les rongeurs, avait donné des résultats concluants, lorsqu’on s’avisa que le climat de l’Indochine exposait les êtres humains à contracter cette maladie. Des naturalistes ont suggéré l’introduction et l’élevage des mangoustes, petits carnassiers qui sont les ennemis jurés des rats; mais l’exemple de certaines Antilles est un avertissement dont il convient de tenir compte : il leur a fallu bientôt payer des primes pour la destruction de ces voraces auxiliaires qui dépeuplaient les poulaillers, après avoir exterminé les rongeurs !
- Si les planteurs européens ont recours au sulfure de carbone, qui asphyxie les rats dans le dédale de leurs galeries souterraines, les indigènes appliquent des procédés qui témoignent de leur esprit d’invention. Le plus cruel consiste à pétrir de la farine de haricot et du plâtre. Les rongeurs qui absorbent de ce mélange sont aussitôt en proie à une ardente soif; au contact de l’eau, le plâtre augmente de volume et l’animal meurt étouffé.
- Le piège à bois est un procédé fort ingénieux, utilisé surtout au Tonkin. Le paysan installe dans sa rizière un bûcher de 2 m de hauteur, en intercalant des couches de paille de riz entre les couches de rondins. Il y place •çà et là quelques appâts; il prend même soin (comble de ruse !) de disposer une toiture de chaume sur l’engin. Les rats ont tôt fait de découvrir la fallacieuse aubaine : gîte, nourriture, protection contre la pluie, quel attrayant ensemble ! On les laisse s’installer dans le •confortable logis; on leur accorde même un délai raisonnable pour y fonder de nouvelles familles. Quinze jours plus tard, le piège est entouré d’une clôture de lames de bambou; on démolit le bûcher; le bois et la paille sont jetés dehors; il ne reste plus qu’à massacrer les centaines de rats qui s’agitent, affolés, dans l’enceinte.
- Les crabes sont une autre engeance redoutée. Ils pullulent dans maintes rizières et, s’attaquant aux jeunes plants comme à la tige des plantes adultes, causent de graves dégâts. En outre, ils ont cette détestable manie de forer des tunnels dans les diguettes édifiées en bordure des champs. On encourage la destruction de ces crustacés, dont la chair est savoureuse, en les exemptant de tous droits de marché. Les canards, de leur côté, en sont très friands et leur font une chasse sans merci, quand on les conduit sur le terrain par bandes énormes, à l’époque des labours. Les grenouilles prennent part au combat, en dévorant des quantités de jeunes crabes.
- Les oiseaux sont une autre plaie redoutée. Pour défendre ses semences ou ses épis mûrs contre ces pillards, le paysan dispose sur sa rizière un réseau de fils chargés d’oripeaux, et qui aboutissent tous à une cabane, d’où la main vigilante d’un gardien les fait sans cesse vibrer. A ce système de surveillance s’ajoutent de curieux engins qui doivent être d’invention indochinoise : ce sont des bâtons taillés de telle manière que, lorsqu’on les lance dans l’air avec force, ils émettent une gamme de sifflements qui mettent en fuite les voleurs ailés. Et que d’autres ennemis contre lesquels le naquoué doit soutenir une lutte incessante ! Insectes rampants et insectes volants mangeraient sa récolte en herbe, s’il ne s’ingéniait à contrecarrer leur multiplication.
- L’« Arroyo chinois » à Binh-Tay (Cholon), centre de Vexportation du riz.
- UNE VENISE ASIATIQUE
- Il n’est point de pays au monde qui soit aussi copieusement arrosé que la partie deltaïque de la Cochinchine, et sa comparaison avec une éponge est justifiée. Large de 2 km avant de l’atteindre, le puissant Mékong l’enserre de ses cinq bras, dont la largeur varie de 500 à 1500 m; notre pauvre petite Seine passerait inaperçue, dans cette collection de fleuves, auxquels s’ajoutent les bras du Donaï, les deux grands cours d’eau entremêlant leurs bouches dans un estuaire commun. Ce réseau fluvial aux mailles si serrées se complète d’un ensemble de canaux que l’on peut, comme nous allons le voir, assimiler à un réseau routier, ceux dits d’intérêt général mesu-
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- rant jusqu'à 60 m de largeur. Principaux ou secondaires, ces canaux de la Cocliinchine totalisent une longueur qui est de l’ordre de 4000 km.
- Toutes ces voies d’eau sont soumises à l’action des marées qui, au nombre de quatre par jour (deux montantes et deux descendantes), exercent une influence considérable sur l’activité de la population, comme sur ses habitudes domestiques. Le mouvement de va-et-vient qui amène et l’emporte, deux fois par 24 h, dans chaque sens, d’énormes masses d’eau, engendre donc des courants alternatifs qu’utilisent les sampans et les jonques, tant pour le transport des marchandises que pour celui des personnes. Les innombrables maisons flottantes rangées le long des rives attendent la marée favorable pour se déplacer; et c’est la tactique qu’emploient le batelier, sa femme ou ses enfants, s’ils ont quelque commission à faire dans le voisinage : le flux ou le reflux se chargera d’emporter la pirogue vers le point choisi, puis de l’en ramener. L’horizontalité presque parfaite de l’immense territoire deltaïque (sa pente vers la mer n’accuse qu’un centimètre par kilomètre) assure un libre jeu à la marée, en étendant prodigieusement son champ d’action, surtout pendant la saison sèche, quand le faible débit des fleuves n’a plus autant de force pour la contrarier. C’est l’époque où le flux refoule les eaux du Mékong d’une prodigieuse façon : à Pnomh-Penh, la capitale du Cambodge, soit à 320 km de la mer, on enregistre chaque jour des différences de niveau d’un demi-mètre.
- Naturels ou artificiels, tous les cours d’eau de la zone deltaïque doivent être considérés comme des « routes navigables », presque exclusivement destinées à la circulation et à la pénétration. Avant notre arrivée en Cochin-chine (1885), les Annamites avaient creusé quelques grands canaux qui correspondaient, par leur but, à nos routes stratégiques. Les « amiraux-gouverneurs », les premiers chefs de la colonie, poursuivirent et développèrent cette politique, en multipliant les artères qui raccordaient les divers bras du Mékong et du Donnai', ou qui recoupaient les affluents de ces fleuves.
- Ne craignons pas d’insister sur ce point : tous ces travaux et ceux qui ont suivi jusqu’en 1930 (dans l’ensemble, les terres enlevées représentent deux fois le volume des sables dragués pour le percement de l’isthme de Suez) n’avaient d’autre but que de doter la Cochinchine de voies de communications; la riziculture, ressource presque exclusive du pays, étant basée sur l’emploi des eaux pluviales, le problème de l’irrigation ne se posait pas. L’unique préoccupation des ingénieurs était d’assurer, par le moyen le plus économique, le transport du paddy vers les lieux d’usinage (moulins à décortiquer) et les centres de distribution et d’exportation (en l’espèce, les deux ports jumeaux de Saïgon et de Cholon); et la navigation, facilitée par ce jeu des marées que nous avons décrit, offrait un incomparable mode de transport. Il convient de dire que, sous cet angle, les fleuves et canaux eochinchinois constituent un réseau de voies navigables qui n’a pas de rival au monde.
- Leur mouvement de batellerie est intense. A ne parler que des principales voies, on peut dire que leur, trafic
- annuel se calcule par millions de tonnes. Tel, le Song My-tho (bras du Mékong), qui.s’inscrit pour 13 500 000 t; tels encore le canal Duperré, avec 5 000 000; le Rach Cat, avec 3 000 000; le Raeh Mangthit, avec 2 200 000. Ils sont peu nombreux en France et en Europe, les canaux dont le mouvement se rapproche de celui de ces artères eochinehinoises.
- LA CONQUÊTE DES TERRES VIERGES
- La description que nous avons consacrée à la culture du riz était si brève que nous avions, à dessein, passé sous silence plusieurs conditions qui, cependant, ont une importance capitale. Pour combler ces lacunes, nous noterons avant tout que cette graminée ne prospère que si l’eau recouvrant la rizière est maintenue à un niveau déterminé, dont la hauteur doit varier selon le stade de développement de la plante; d’où la nécessité d’évacuer l’excédent d’eau, si la pluie s’est montrée trop généreuse. 11 faut aussi que cette eau, sans être courante, soit renouvelée périodiquement, car elle est polluée par les toxines que produit la plante elle-même. Nous avions donc raison de dire que cette culture est l’une des plus compliquées qui soient; et l’on comprend que les gouvernements de plusieurs de nos colonies africaines aient à peu près renoncé à l’introduire sur leurs territoires, malgré le succès des premières expériences : les nègres ne voudront ni ne pourront jamais s’occuper de leurs rizières avec la vigilance et l’incessant labeur que le paysan annamite accorde à la sienne.
- Restant toujours sur le qui-vive, pendant les huit mois que prend l’évolution de son riz (du semis à la récolte), il entretient soigneusement les diguettes et les fossés grâce auxquels il pourra, selon le cas, régler le niveau de l’eau ou la renouveler, en la dirigeant vers un canal que le jeu des marées balaye et nettoie sans cesse. 11 sait, par la même méthode, conjurer un autre danger : quand, à l’époque des grandes marées, l’eau salée menacerait d’envahir son champ et d’occasionner le dépérissement ou la destruction de son riz en herbe.
- Nous croyons en avoir assez dit pour que le lecteur fasse sienne cette conclusion : la Vieille-Cochinchine est idéalement aménagée sous l’angle de la riziculture; les ressources qu’elle tire de cette industrie agricole expliquent la densité de son peuplement, qui s’élève à deux habitants par hectare de rizière, chiffre remarquable pour une contrée tropicale d’Asie.
- Cette haute densité de la population deltaïque fut l’une des causes qui inspirèrent de bonne heure à l’administration française le désir d’étendre l’aire cultivée, en ouvrant à la colonisation l’immense territoire, de forme péninsulaire, qui prolonge la Cochinchine proprement dite vers le Sud-Ouest, et que limitent le golfe de Siam, la mer de Chine et le fleuve Bassac (d’où le nom de Transbassac sous lequel il est désigné). On se rendra compte de l’intérêt que pouvait offrir une pareille conquête, en comparant les superficies respectives des deux régions : 12 000 km2 pour la Vieille-Cochinchine et 18 000 pour le Transbassac.
- Les ingénieurs se mirent à la besogne et, docilement, adoptèrent le système appliqué jadis en Vieille-Cochin-
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- chine par les amiraux-gouverneurs, en creusant de grands canaux perpendiculaires au Bassac. Ils croyaient, ce faisant, profiter de l’expérience acquise : puisque le régime du canal principal avait si bien réussi dans les vieilles provinces, les nouvelles ne pouvaient trouver rien de mieux ! Conviction qui préparait de cruels mécomptes...
- AUTRES PAYS, AUTRES MÉTHODES
- Bien qu’il ne soit, en somme, que le prolongement de la Yieille-Coehinchine, bien qu’il soit constitué comme elle par une plaine à l’horizontalité presque ' absolue, le Transbassac jouit d’un climat spécial qu’il doit essentiellement à deux causes : l’absence de ce réseau fluvial qui caractérise la région deltaïque et qui contribue si puissamment à sa prospérité; sa forme péninsulaire qui fait qu’une partie de ses rivages est baignée par la mer de Chine, l’autre l’étant par le golfe de Siam. La pluviosité passe presque du simple au double, selon le bassin; et l’on peut dire, pour fixer les idées, qu’une partie du Transbassac reçoit deux mètres de pluie, alors qu’il n’en tombe qu’un en Cochinchine.
- Nous avons vu que ce dernier pays reçoit de la mer de Chine deux marées montantes par 24 h, leur hauteur moyenne étant de 3 m.
- Le golfe de Siam, lui, n’en produit qu’une seule, dont l’amplitude se réduit à 0 m 80.
- Ces différences font apparaître un premier résultat: la puissance des courants, engendrés par la fréquence des marées et par leur force, et qui balaient sans cesse le réseau fluvial de la Vieille-Cochinchine, fait qu’une bonne partie du limon, apporté par le Mékong, est entraînée à la mer, où des courants marins la poussent vers le Sud-Ouest, soit vers l’extrémité du Transbassac; et c’est grâce à ces apports que le cap Carnau, pointe que la péninsule allonge aux confins du golfe de Siam et de la mer de Chine, avance de quelque 60 m tous les douze mois.
- Ce fut à partir de 1890 que l’on s’occupa sérieusement de l’aménagement du Transbassac en vue d’y favoriser la colonisation. Ainsi qu’on l’avait fait dans les vieilles provinces, on y poursuivit, dès lors, le creusement de grands canaux perpendiculaires au Bassac (appelé aussi fleuve Postérieur), et sans leur assigner d’autre but que d’assurer les communications. Tels, les monarques chaldéens inaugurant leur règne en créant, à travers la Mésopotamie, un canal qui porterait leur nom et perpétuerait leur gloire, chaque province voulut avoir le sien ou les siens. Imprudente politique qui faisait de routes et canaux deux synonymes. Après son achèvement une route peut s’avérer inutile, et les inconvénients se bornent à cela, tandis qu’un canal mal établi trouble le régime des eaux des canaux voisins. Et, trop souvent, on ouvrit des chantiers sans études préalables, en négligeant de consulter sur leurs propres projets les circonscriptions limitrophes. On s’aperçut plus lard (et trop tard) des graves inconvénients de ce manque
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- de coordination, qui devait hypothéquer lourdement l’avenir agricole du Transbassac.
- Après le facteur « communications », intervint bientôt le facteur « culture » : on ne pourrait développer la colonisation de cet immense territoire et le défrichement de ses vastes étendues alluvionnaires, dépourvues de cours d’eau naturels presque partout, qu’en y renconstituant les conditions exigées par la riziculture que nous avons décrites, à savoir (pour ne rappeler que les plus impor tantes) l’évacuation des eaux d’inondation, celle des excès de précipitations pluviales, et la mobilité de l’eau couvrant la rizière.
- La poursuite de ce nouveau but accéléra l’activité des constructeurs; les grands canaux se multiplièrent dans le Transbassac, et sans que ces travaux fussent soumis à la discipline d’un plan d’ensemble. La « fièvre de creusement » reprit de plus belle, après l’accalmie de la guerre : en Cochinchine comme dans le monde entier, sévissait
- cette mystique de la production outrancière qui ne se dissiperait que sous les coups de massue de la crise mondiale. Pour aller plus vite, pour ouvrir sans arrêt des terres nouvelles à la colonisation, l’Administration passa des contrats avec des sociétés spécialisées, qui s’engageaient à creuser un cube minimum annuel.
- Alors, selon l’expression consacrée, il fallut bien donner à manger aux dragues, et leur en donner de quoi satisfaire leur vorace appétit, en leur confiant l’exécution de projets massifs qui ne tenaient nul compte des détails exigés par l’aménagement agricole de la région. On creusait ! On creusait ! L’encouragement offert par l’exemple des vieilles provinces était une hantise : on n’aurait jamais trop de canaux, si l’on voulait vraiment transformer en greniers d’abondance les solitudes du Transbassac ! L’opinion publique applaudissait à l’initiative officielle, et non sans de bonnes raisons : ne voyait-
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- on pas les paysans annamites suivre la drague pas à pas, s’établir sur les bords de la nouvelle artère, confier leurs semences à la terre vierge hâtivement retournée ?
- Le facteur « spéculation » se mit bientôt de la partie. Indigènes, commerçants européens, usuriers chinois (et jusqu’aux fonctionnaires), tous ceux qui possédaient quelques fonds voulurent avoir leur part du gâteau. Placements de père de famille, au moins pour les premiers venus ! Achetés parfois sur le tracé d’un canal encore inexistant, les terrains se revendaient à coup sûr, doublant ou triplant de valeur en changeant de propriétaire. Toutes proportions gardées, ce fut une sorte de rush à l’américaine, comme on venait d’en voir sur les plages de la Floride, où le moindre arpent de sable décuplait de valeur en l’espace d’une journée.
- Les entreprises de dragage avaient trouvé leur terre d’élection dans le Transbassac, que leurs puissantes machines labourèrent à l’envi. Et ce ne fut que vers 1930 que l’on s’avisa de considérer leurs travaux avec quelque méfiance, que l’on questionna leur efficacité. L’effondrement des cours du riz donnait à réfléchir et conseillait plus de sagesse. En cette même année 1930, l’inauguration du grand canal de Hâtien à Rachgia, clôtura l’ère des creusements empiriques et forcenés. U hydraulique agricole, rajeunie par de nouveaux procédés allait entrer en scène.
- LES INCONVÉNIENTS D’UN SYSTÈME
- Vérité vieille comme le monde : c’est à l’usage qu’une méthode se fait juger. La « politique des grands canaux » avait bien réalisé son programme essentiel, qui était de faciliter les communications, d’assurer le transport du paddy sur un immense territoire jusqu’alors inculte et d’y attirer, de ce fait, un flux d’immigration ; mais l’exécution hâtive d’une besogne qui n’accordait pas assez d’attention aux exigences de la riziculture devait se payer d’inconvénients graves. Tiraillés entre les sollicitations des provinces, des colons, des conseils de notables,
- contaminés par cette fièvre de creusage qui les incitait à donner, coûte que coûte, « de quoi manger à leurs dragues », les constructeurs n’avaient pas pris le temps d’effectuer les études préliminaires qu’imposait un problème extrêmement complexe.
- La propagation des marées dans les estuaires ou dans les canaux est loin d’être connue en tous ses détails, même sur la Seine et sur la Gironde, ignorance qui devient presque absolue, lorsque l’on se trouve en présence de deux systèmes de marées différents (comme c’est le cas pour le Transbassac) qui interfèrent de la façon la plus fantaisiste, et, circonstance aggravante, lorsque l’on ne possède pas les archives centenaires que les vieux pays (telle la France) ont accumulées.
- La température est responsable d’une autre difficulté qui déconcerte l’ingénieur. Le nivellement, base de toute étude d’hydraulique, est contrarié par la chaleur tropicale de ces régions : elle met en mouvement les basses couches de l’atmosphère, créant des phénomènes de réfraction qui faussent les observations du topographe, si bien que le travail utile doit se limiter aux brèves heures avoisinant le lever du soleil et son coucher. En outre, le sol vaseux et spongieux rend fort aléatoire la stabilité des repères, ce qui n’est pas fait pour assurer la rigoureuse exactitude que réclament de pareilles opérations.
- Bref, le réseau des voies artificielles du Transbassac est loin de présenter, en son état actuel, cette adaptation harmonieuse que la nature et l’effort séculaire des hommes ont réalisée dans les vieilles provinces de la Cocliin-chine. Au long des canaux, le niveau et le mouvement des eaux ne sont pas assez marqués, et les premières pluies engorgent tout le système, à l’heure où, précisément, il aurait sa plus grande utilité. Les principales artères elles-mêmes ne favorisent la riziculture que sur leurs zones marginales, dont la profondeur atteint rarement le kilomètre; elles restent sans action sur de vastes espaces qui demeurent inemployés, sauf pour les rats et autres parasites qui pullulent sur ces terrains couverts de joncs et de broussailles, au détriment des rizières contiguës, qu’ils pillent impunément. Dans les parties basses, les champs sont couverts d’une eau stagnante, condition hostile à la culture du riz.
- On crut remédier à cet état de choses en recourant à des canaux transversaux qui couperaient les artères principales. Ce plan, dont on attendait merveille, fut appliqué à l’aménagement de l’immense plaine de 550 000 ha qui s’étend au cœur même du Transbassac et sur laquelle la promesse de belles récoltes avait attiré des milliers de colons. Mais, à l’usage, ces tranchées de secours s’avérèrent nuisibles. Assurément, pendant la saison des pluies, elles aident à l’évacuation des eaux; par contre, durant la période de sécheresse, elles offrent un libre accès aux marées de la mer de Chine et du golfe de Siam qui, n’étant plus refoulées par l’effort des eaux pluviales, portent leurs eaux salées jusqu’au cœur de la presqu’île,
- Fig. 4. —- Creusement du canal à grande section qui doit relier Rach-gia et Hatien
- (Coehinchine).
- Une drague commence les opérations de creusement. (Ph. Gouvernement général
- de l’Indochine.)
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- comme le montre la carte ci-annexée. Or, la colonisation du Transbassac est de date trop récente, la densité de sa population est trop faible, pour que l’on puisse s’y défendre contre ce nouveau fléau, ainsi que le font les paysans des vieilles provinces qui, depuis des générations, savent protéger leurs champs en les entourant de petites digues, soigneusement entretenues. Et toute terre imprégnée d’eau salée devient impropre à la riziculture.
- L’eau douce passe alors au rang de marchandise de prix. Certes, on peut en distribuer, à des conditions raisonnables, aux habitants des centres populeux, grâce au service des chalands-citernes organisé par l’Administration. Partout ailleurs, il faut compter sur les mercantis indigènes dont les jonques, remplies du précieux liquide, voguent de village en village. Le contenu d’une touque d’essence, récipient d’un usage courant et quasi officiel, se vend jusqu’à 10 cents de piastre (1 fr), dépense qui grève lourdement le maigre budget de la pauvre famille. Les premiers servis le sont honnêtement. Puis, à mesure que le réservoir flottant se vide, le jon-quier refait son plein en puisant sans vergogne au canal. Ainsi, les derniers clients doivent se contenter d’une mixture imbuvable pour des gosiers européens, mais que l’on paie sans marchander, à défaut de mieux.
- Il reste à résoudre la grave question des buffles, géants dont la soif réclame de copieuses lampées. Par bandes, on les conduira chaque jour vers quelque lointaine dépression où se seront accumulées les eaux pluviales. Bientôt, les infiltrations les auront imprégnées de sel, ou l’ardeur du soleil les aura bues. Et les carcasses de ruminants pourriront sur les berges de ces canaux qui devaient distribuer de la vie et de la richesse, et qui ne sont plus que des véhicules de mort et de ruine... Pour une digue ouverte ou fermée malencontreusement, à 20 ou 30 km de distance, tout un district verra ses rizières submergées soudain par une inondation qui détruira les plants... Une population qui se disperse, s’étiole ou s’aigrit... Lamentables fissures dans un système auquel l’Annamite faisait confiance, puisqu’il était l’œuvre d’Européens...
- LES NOUVELLES MÉTHODES QUI S’IMPOSENT
- La situation que nous venons de dépeindre ne pouvait pas s’éterniser. Fonctionnaires et riziculteurs s’en rendaient compte; mais, pour employer ici une expression familière, on ne savait par quel bout s’attaquer à l’œuvre de réforme. Ce ne fut qu’en 1933 que l’on passa des hésitations aux décisions, en créant un service dont le titre officiel mérite d’être transcrit in extenso, car il en résume exactement le programme : Circonscription d’hydraulique agricole et de navigation de Sud-Indochine. M. Maurice Gassier, inspecteur général des Travaux publics de la colonie, l’un des principaux promoteurs de cette création, en confia la direction à M. Henri Maux, jeune ingénieur des Ponts et Chaussées, qui, déjà, avait occupé des postes supérieurs au Cambodge.
- L’hydraulique agricole n’est pas une science née d’hier :
- les Chaldéens, dans le bassin du Tigre et de l’Euphrate, les Égyptiens, dans la vallée du Nil, la pratiquaient vingt ou trente siècles avant notre ère, en creusant des canaux qui servaient à la navigation comme à l’irrigation. Mais c’est une science qui se renouvelle sans cesse, car il faut qu’elle s’adapte exactement aux conditions du milieu. Et nous croyons avoir démontré que celles qu’elle rencontre dans le Sud-Indochine (ou Transbassac) sont si spéciales et si compliquées, que l’expérience acquise par les pays voisins est d’un médiocre secours.
- Tout était à refaire; il s’agissait même de « faire du neuf avec du vieux », entreprise beaucoup plus laborieuse et embarrassante que de créer de toutes pièces, en pays inexploité. Il fallait, notamment, tenir compte des droits fonciers acquis déjà par les colons, avant de tracer le plan des nouvelles artères. L’active collaboration de M. Pierre Pagès, gouverneur de la Cochinchine et de ses services administratifs ne put que faciliter la solution des problèmes qui se posaient dès le début et qui se multiplieront, au fur et à mesure de l’exécution du programme. Il n’est pas inutile d’ajouter que les cultivateurs indigènes ne furent pas des derniers à comprendre l’intérêt des travaux entrepris ou projetés, et à se déclarer prêts à en subir les exigences.
- Précisons que le programme envisagé a pour fin dernière de rendre le paysan maître de son plan deau sur toute l’étendue de sa rizière. On se propose d’obtenir ce résultat en utilisant judicieusement le jeu des marées ou, selon l’élégante expression d’un ingénieur, les « pulsations de la mer », en les modifiant par des ouvrages appropriés, lorsque la nécessité s’en impose, problème qui comporte trois conditions inséparables :
- 1° Obtenir, à l’entrée des réseaux d’irrigation, de l’eau douce, et en quantité suffisante;
- 2° Répartir cette eau dans la zone cultivée et la renouveler d’une façon quasi constante;
- 3° Évacuer les eaux que la plante a chargées de ses toxines.
- Ces conditions paraissent fort simples sur le papier; mais, dans un pays absolument plat, où rivières et canaux coulent alternativement dans les deux sens, leur réalisation se heurte à des difficultés que l’ingénieur ne peut vaincre qu’au prix d’incessantes observations et de calculs méticuleux. Si l’on songe que le niveau de l’eau,
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- amenée sur des plaines qui se chiffrent par milliers d’hectares, doit être réglé à quelques centimètres près, on n’exagérera guère en traitant de science de précision l’hydraulique agricole, telle que l’on veut l’appliquer dans le Sud-Indochine. E. il est indispensable d’observer qu’une solution bonne pour un casier (territoire encerclé de digues) peut être inopérante et même nuisible dans le casier limitrophe; d’où l’obligation de varier les méthodes selon les cas à traiter.
- Enfin, pour ne rien abandonner au hasard, il a fallu, de toute urgence, procéder à un nivellement très précis, avant de poser le réseau des mires marégraphiques, dont les indications servent de base à tous les travaux. Ces méfaits de la chaleur tropicale que nous avons signalés font que le nivellement doit être exécuté de nuit, les opérateurs et leurs aides se munissant de lampes électriques. Intrigué, le voyageur nocturne croit voir évoluer de gigantesques lucioles.
- COMME DANS LES RUES D’UNE VILLE...
- Nous ne saurions alourdir ces pages de tous les détails techniques que comporte le sujet; mais il sied d’exposer le principe qui, nous semble-t-il, domine la formule dont le nouveau service organise l’application : c’est le système à sens unique. L’image exprime une réalité, ainsi que nous le verrons tout à l’heure, en étudiant les premières matérialisations du principe. Qu’elle soit neuve ou qu’elle soit usée, l’eau ne peut plus circuler dans les deux sens, au long des canalisations, comme elle le fait normalement sous l’action du marnage (le refoulement par la marée montante avant la succion par la marée descendante). Une fois engagée dans le réseau, l’eau pure poursuit sa route, dépose sur la rizière ses éléments fertilisateurs, la nettoie de ses toxines et, désormais polluée, est prise en charge par un second réseau qui l’entraîne dans un canal d’évacuation, sans qu’elle puisse souiller d’autres terres. Ces deux réseaux utilisent, autant que possible, les canaux existants plus ou moins modifiés, ce qui évite la création de voies nouvelles.
- Un premier exemple sera le début de notre initiation aux méthodes employées. Il s’agissait d’une zone de 10 000 ha, située sur la rive gauche du Bassac, dans la région d’Antruong. Bien que très fertiles, bien que cultivées de longue date, ces terres retournaient à la friche,
- Fit7. 6. — La .drague cl le sampan servant d’habitation au personnel.
- par suite d’inondations successives qui finissaient par décourager les paysans et par les disperser. Ils avaient bien tenté de se défendre en creusant, pour assurer l’évacuation des excès d’eau, dés canaux perpendiculaires au Bassac; mais les bourrelets (ou talus) bordant ces nouvelles tranchées accumulaient des obstacles devant la « nappe de cure » qui, au lieu de balayer les eaux polluées, restait stagnante et se chargeait de ces sels d’alun, encore plus néfastes aux jeunes plants de riz que la submersion, dont le sol de la Coehinchine est abondamment imprégné.
- Le service de l’Hydraulique agricole a commencé par lutter contre l’inondation en renforçant les bourrelets des canaux principaux avec des terres prélevées dans leur lit. De ce fait, ils ont été rendus à la navigation, après une longue période d’envasement. Des ouvrages ont été aménagés de place en place sur ces bourrelets : ils peuvent livrer accès aux eaux d’irrigation selon les besoins des cultivateurs. Dans la zone ainsi protégée, les canaux secondaires, intercalés entre les canaux principaux, ont été munis déportés mobiles, grâce auxquelles, ils assurent le drainage, soit des eaux de pluie en excès, soit des eaux d’irrigation zine fois polluées. On pourrait dire, par analogie avec la circulation du sang, que ces deux catégories de canalisations représentent respectivement un réseau veineux et un réseau artériel. Pour que le système soit complet, il n’y a plus qu’à le doter d’un lacis d’artérioles et de capillaires, ce dont se chargent, sous les directives des ingénieurs, les paysans qui ont repris confiance.
- Pour donner une idée de la variété des cas que le service de l’Hydraulique agricole doit traiter, nous mentionnerons celui que présentent les canaux qui débouchent sur la mer : il s’agit de leur appliquer le système du sens unique. On édifie, près de leur embouchure, des barrages mobiles qui ne laissent passer l’eau que dans une seule direction, soit de l’intérieur des terres vers la mer. L’irruption des eaux salées se heurte à ces clapets; simultanément, le drainage des eaux polluées se trouve amélioré. Il reste à savoir comment cette solution pourra s’adapter aux artères principales, sillonnées sans cesse par d’innombrables embarcations, depuis la grosse jonque de transport jusqu’à la pirogue, manœuvrée par des gamins de quatre à cinq ans. Et le caractère du sol, fait d’un amoncellement de vase plus ou moins durcie, permettra-t-il l’établissement de fondations solides pour ces barrages ?
- Le fait suivant met en relief le risque de conséquences redoutables qu’offre un travail, en apparence insignifiant, qui n’a pas été précédé d’une étude méthodique. Dans une région de vieille culture, un notable indigène fait creuser un petit canal de 3 m de largeur sur 0 m 50 de profondeur, juste ce qu’il faut pour le passage des sampans qui enlèvent sa récolte. Dix ans plus tard, par le jeu des marées, la profondeur a passé de ces 50 cm à huit mètres, et la largeur de 3 m en atteint maintenant soixante-dix ! C’est la porte ouverte, et à deux battants, aux assauts de la mer, dont le flux envahit chaque jour une plaine de plus de 10 000 ha; et, désarmés devant le fléau, les cultivateurs abandonnent leurs rizières.
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- Fig. 7. — L’embouchure d’un canal de navigation de Cochinchine.
- Au centre, une jonque de mer à propulsion mécanique et à voile appartenant au Service forestier de Cochinchine.
- Ce fut l’un des premiers cas traités par le nouveau service. Il importait avant tout de boucher l’énorme brèche; des centaines d’hommes y travaillèrent jour et nuit, pendant des semaines, plongés dans l’eau jusqu’à la ceinture. La marée s’engouffrait par le pertuis, démolissant l’ouvrage de la veille. Mais, actuellement, les terres commencent à se dessaler, et les buflles acceptent de brouter les herbes dont elles se couvrent.
- Le dernier exemple nous sera fourni par un immense casier, dit de Chaudoc, d’une superficie de 68 000 ha, entièrement délimité par des routes et des berges. Des débouchés ménagés sous ces ouvrages permettaient à la crue annuelle du Bassac (en juillet) de l’inonder d’une hauteur d’eau variant de 2 à 3 m, circonstance qui interdisait la culture du riz commun. En 1905, on commença d’y pratiquer celle du riz flottant, race qui jouit de la faculté d’allonger sa tige, en suivant la montée des eaux, et qui s’accommode de façons culturales fort simples : après labour et hersage, on supprime le repiquage en semant à la volée. Or, bien que la quasi-totalité de cet immense casier se prête à ce genre de culture, les rizières n’y occupent que des bandes marginales, d’une profondeur de 1 km au maximum, qui encadrent 40 000 ha voués à la stérilité, malgré l’excellence de leur sol alluvionnaire.
- Après une étude approfondie, le nouveau service a résolu l’énigme : c’est l’absence de drainage qu’il faut incriminer. Le riz flottant ne peut lever et se développer que dans des conditions hydrauliques déterminées; les premières pluies, qui se produisent à l’époque des semailles, lui assurent le degré d’humidité indispensable; mais, si la tranche d’eau s’épaissit trop vite, les jeunes plants périssent, asphyxiés par l’immersion ou étouffés par la rapide croissance de la végétation parasitaire.
- La méthode adoptée dans ce cas comportait différentes mesures. Avant tout, on s’est occupé d’améliorer le drainage des surfaces déjà cultivées, en curant les canaux existants; puis, on a creusé des artères secondaires, d’une largeur et d’une longueur soigneusement déterminées d’après la valeur du marnage; elles s’amorcent sur un grand canal de drainage qui, débouchant sur le Bassac, y évacuera les excès d’eau, en assurant aux fermiers la
- « maîtrise du plan d’eau », problème vital pour la riziculture. La seconde partie du programme sera consacrée à la mise en valeur des 40 000 ha de terres incultes : on l’obtiendra par la création de nouveaux canaux qui leur apporteront du même coup l’eau et la vie.
- VERS L’AVENIR
- L’œuvre que nous avons tenté de décrire n’en est encore qu’à sa période de préparation : les deux casiers aménagés par la Circonscription d’hydraulique agricole et de navigation du Sud-Indochine ne sont, en somme, que des laboratoires où les méthodes imaginées par son ingénieur en chef subissent le « banc d’essais », avant de recevoir leur mise au point définitive.
- Les bienfaits que l’on est en droit d’attendre de ces méthodes apparaissent illimités. Leur application ne sera pas exclusive au Transbassac et à ses 500 000 ha de bonnes terres, plus ou moins délaissées, qui ne demandent qu’un peu d’eau systématiquement distribuée, pour se couvrir de verdoyantes récoltes. L’Indochine offre ailleurs de vastes espaces que la charrue n’a jamais éventrés. C’est le cas de la Plaine des Joncs, qui développe sa superficie de quelque 800 000 ha au nord-ouest de la région deltaïque, poussant sa lisière orientale à une trentaine de kilomètres de Saïgon, immense solitude dont on ne connaît guère que le pourtour, domaine des bêtes fauves, où l’explorateur rencontre, çà et là, de petites bandes de Mois sauvages.
- Se souvenant de ces sacs de blé, de café et autres produits du sol que certains pays ont livrés aux flammes ou jetés à la mer, plutôt que d’en voir baisser les cours, le lecteur pourra se demander s’il est bien utile d’aller au-devant d’une surproduction, en multipliant les rizières cochinchinoises. L’objection ne saurait nous embarrasser, en dépit de ses apparences raisonnables et logiques.
- Les autres parties de l’Union Indochinoise sont loin d’être aussi favorisées que les vieilles provinces de Cochinchine. En Annam, mais surtout au Tonkin, la récolte de riz ne répond pas aux besoins de la population qui, d’une façon générale, est « sous-alimentée ». Dans ce dernier pays, 1 ha de rizière est l’unique ressource de 8 personnes (au lieu de 2 en Cochinchine); il s’ensuit fatalement que
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- le paysan tonkinois ne mange pas à sa faim, quoique son labeur et ses soins méticuleux s’efforcent d’augmenter sa récolte pour ainsi dire grain à grain. 11 ne convient donc pas de médire à l’avance de la surproduction cochin-chinoise dont bénéficieront le Tonkin et l’Annam, puisqu’elle leur procurera du paddy à des conditions avantageuses. Et nous comprenons mieux les raisons de l’actif patronage que M. Robin a accordé à l’hydraulique agricole, en nous souvenant que l’ancien Gouverneur général nous confia naguère son souci de lutter contre cette sous-alimentation des paysans tonkinois.
- Transportée sur le domaine de l’exportation, l’objection n’a pas plus de valeur. Nous avons vu que les pays grands producteurs (Indes, Chine, Japon) doivent recourir au riz étranger pour corriger leurs récoltes régulièrement déficitaires. Si leurs populations augmentent sans cesse, leurs aires propices à la riziculture ne sauraient se multiplier au même taux. Et l’on peut en conclure que la clientèle du paddy cochinchinois ne fera que s’accroître.
- Une autre considération n’est pas négligeable : le seul moyen de dégorger les régions tonkinoises surpeuplées, c’est de leur demander les familles de colons qui mettront en valeur les terres nouvelles, dès leur complet aménagement. Il ne faut pas se dissimuler que cette partie du programme sera d’une exécution laborieuse. Avec ce culte des ancêtres qui lui tient lieu de religion, le paysan tonkinois reste attaché à son village natal; l’émigration
- n’est pas entrée dans ses mœurs. Une habile et patiente campagne de propagande pourra triompher de cette aversion.
- Enfin, une conséquence nettement et hautement sociale s’ajoutera aux résultats matériels qu’il faut attendre de l’hydraulique agricole : ses méthodes n’obtiendront leur plein effet qu’au prix d’une entente et d’une collaboration entre les intéressés, qui devront obsei'ver une stricte discipline soit dans la manœuvre des vannes et autres ouvrages permettant de régler le débit des canaux d’irrigation ou d’évacuation, soit dans l’entretien de ces artères. On ne verra plus un riziculteur couper l’eau pure aux voisins ou leur envoyer son eau polluée. Et les preuves abondent que les paysans cochinchinois se plieront à la discipline requise. Déjà, l’on enregistre les démarches et pourparlers de riziculteurs qui, devançant les événements, veulent se grouper en associations coopératives : ils ont compris que l’intérêt général et l’intérêt particulier forment un tout indivisible, et c’est en raison de ce même état d’esprit, nouveau en Cochinchine, qu’ils prêtent, aux conseils de nos ingénieurs français, une oreille toujours docile et, parfois, enthousiaste.
- L’œuvre entreprise est colossale : elle demandera et du temps, et de l’argent. Mais quel placement rémunérateur que celui qui fera de la Cochinchine le grenier à riz de l’Asie orientale, tout en affirmant le génie colonisateur de notre pays ! Victor Forbin.
- LE CENTRE NATIONAL FRANÇAIS DE VOL SANS MOTEUR DE LA BANNE D’ORDANCHE
- PENDANT L’ÉTÉ 1936
- La Banne d’Ordanche est une pittoresque montagne d’Auvergne. De son sommet, situé à 1515 m d’altitude, on jouit d’une magnifique vue sur la vallée de la Dordogne, sur tout le massif du Mont-Dore, la Bourboule et la chaîne des Puys. Là, se trouve installé un Centre national de aol sans moteur où se disputent, chaque été, divers concours aéronautiques. Cette année, en particulier, c’est là qu’ont été mis en compétition dans un concours international la coupe et le prix de La Nature pour modèles réduits d’avion (voir n° 2971, 15 février 1936 et surtout n° 2981, 15 juillet 1936, p. 81). Notre revue avait chargé la « Ligue aéronautique de France » d’organiser ledit concours en accord avec « l’Avia » et conformément à la réglementation sportive de l’Aéro-Club de France. Aussi les 15 et 16 août 1936, de nombreux amateurs se donnèrent rendez-vous à la cime de la Banne d’Ordanche (Puy-de-Dôme) avec leurs divers appareils propulsés soit par un moteur caoutchouc à l’intérieur du fuselage, soit par un moteur mécanique sans combustible inflammable, soit par une force gyros-copique. Mais malgré l’ingéniosité de leur construction, aucun des 40 aérodynes engagés ne put satisfaire aux
- conditions du règlement, c’est-à-dire enlever une charge minimum de 500 gr, y compris un barographe de contrôle, en atteignant une hauteur de 200 m au-dessus du point de départ. La coupe n’a donc pas été décernée et de grands efforts restent à faire. Signalons cependant quelques vols intéressants, entre autres ceux de l’avion lilliputien de M. Dubois qui s’attribua la première place en tenant l’air pendant 8 m 25 s, et du petit planeur de M. Poulain qui vola seulement 3 m 38 s à une faible altitude au-dessus du terrain. En dehors du concours, notons encore la performance d’un aérodyne présenté par un constructeur tchèque et qui resta en l’air durant 7 m 20 s.
- Par contre, malgré des conditions atmosphériques peu favorables au vol sans moteur, divers appareils, montés par d’entreprenants élèves ou pilotes, y effectuèrent de nombreux vols pendant les mois de juillet, d’août et la première quinzaine de septembre.
- Notons d’abord le séjour à la Banne d’Ordanche, avec leurs planeurs de performance Avia 40 P, des membres de l’Aéro-Club du Sud-Ouest et du Club de Pont Saint-Vincent. Par la suite « Les Goélands » y firent bonne
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- contenance avec un biplace Sulky pendant que Sardou se distinguait avec son « Castel ». Picoré passait, la même semaine, la dernière épreuve du brevet D grâce à un vol très réussi de 5 h 14 m, étant après Néssler et Mazoyer le troisième Français à posséder ce diplôme si envié.
- A la fin de juillet, on totalisait d’ailleurs, au centre aéronautique d’Auvergne 97 h 25 m de vol entre 72 concurrents. Du 2 au 10 août, il y eut 642 lancers et 45 h 43 m 31 s de vol. On y décerna 8 brevets A, 4 brevets B et un brevet C. Entre le 11 et le 17 août, on y fit 389 lancers à la main, la durée totale de vols fut
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- un Avia type 41 P possédant les caractéristiques sui-
- vantes :
- Envergure.......................18 m 750
- Longueur........................ 7 m 425
- Hauteur......................... 1 m 30
- Surface......................... 18 m2 15
- Allongement.....................19 m 4
- Poids à vide....................170 kg
- Poids en charge................ 250 kg
- Poids au mètre carré.........13 kg 8
- Vitesse minimum de descente
- verticale..................... 0 m 60
- Fig. 1. — Bâtiments et hangars du Centre national de vol sans moteur de la Banne d’Ordanche (Puy-de-Dôme).
- de 11 b 54 m 15 s, tandis que 7 élèves obtenaient des brevets A et 7 autres des brevets B.
- Parmi les performances les plus intéressantes, notons des vols de durée de plus de 5 h réalisés autour du massif de la Banne d’Ordanche, dont un de Lescure du groupe « L’Air » comptant pour l’épreuve du brevet D et un autre très remarquable de 9 h 12 m effectué par le clief-pilote Nessler. Dans la journée du 29 août, ce dernier se distingua particulièrement en couvrant la distance de 86 km qui sépare la Banne d’Ordanche de Chavanière Lafayette (Haute-Loire) et en atteignant au cours de son voyage aérien une altitude de 1150 m. Nessler montait
- Comme matériel de bord, cet Avia avait un contrôleur de sol pour pilotage dans les nuages, un altimètre, une montre, un parachute dorsal en soie, un barographe et un météorographe enregistreur.
- Du reste, le 12 août précédent, Nessler, parti de la Banne d’Ordanche avec le même planeur, avait atterri à Suchères-les-Bains, parcourant ainsi à travers les airs une distance presque égale (84 km 500). Le pilote Langlais couvrit, de son côté, la distance très honorable de 48 km 500 en 2 h 30 m et Ringle du groupe « L’Air » effectua/ le 28 août, une randonnée aérienne de 35 km au cours de laquelle son appareil monta à 580 m d’altitude.
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- Parmi les autres vols de durée, enregistrons encore ceux de Gasnier (5 h 05), de Brouand (5 h 02), de Picoré (2 h 58), de Malterre (2 h 38) et de Mazoyer (2 h 28).
- En outre, divers élèves étrangers sont venus, cet été, s’instruire à la Banne d’Ordanche; en particulier, une équipe belge pleine d’entrain et le recordman de durée du vol sans moteur de Sau.
- Enfin la Fédération africaine y envoya son chef pilote André Costa, de Mos~ taganem pour suivre les cours de moniteurs, en vue régional dans l’Afrique du
- Certes, les performances détaillées ci-dessus restent très loin des records locaux de durée, de distance ou d’altitude établis jadis par nos compatriotes Thoret, Auger et Bouvier ainsi que par certains Russes montant des « voiliers » Letatline à ailes battantes.
- Un abîme les sépare des acrobaties exécutées par l’Autrichien Kronfeld qui, avec son planeur hissé par un avion à quelques centaines de mètres au-dessus de l’aérodrome de Saint-Quentin, sauta d’ascendance en ascendance thermique ou nuageuse, comme on traverse un gué de pierre en
- Fig. 2, 3, 4. — Evolutions de planeurs Avia-40, à la Banne d’Ordanche.
- A gauche : Remorquage d’un planeur jusqu’à l’endroit du lance-;. ment. — A droite : L’appareil va quitter le sol. Au-dessous : I.'appareil après atterrissage.
- de la formation d’un centre Nord.
- pierre, puis se posa près de Maubeuge.
- De même, l’exploit de l’Allemand Kurt Schmidt qui tint l’air pendant 3G h 37 m au-dessus des dunes du Frisehes Ilalï en Prusse orientale l’emporte sur les prouesses récentes de Nessler rapportées plus haut.
- Néanmoins malgré les modestes crédits dont disposent en France les cercles aériens de vol sans moteur, on forme actuellement à la Banne d’Ordanche d’excel lents pilotes qui savent utiliser méthodiquement les courants aériens, lutter contre la pesanteur ou les rabattements et « polir les pentes » des Monts-Dore avec
- une maestria sans égale afin
- Fig. 5. — Le pylône et les instruments météorologiques au sommet de la Banne d’Ordanche.
- d’aller atterrir sur un «puy» voisin balayé par un vent plus favorable. Enfin de son côté, l’ingénieur Wernert, commandant la section militaire de Pujaut (Gard), a piloté, le 18 septembre 1936, un planeur qui se posa dans les environs de Limonest, près de Lyon. Cet officier couvrit ainsi une distance de 203 km en 4 h 55 m; il monta, au cours de sa remarquable tentative, à une altitude de 2300 mètres, et devint, par suite, le recordman français du vol sans moteur.
- .1. de la Cerisaie.
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- = LES SAVONS DE MÉNAGE A LA RÉSINE
- Alors qu’après la guerre, les propriétaires de forêts et résiniers du Sud-Ouest, Landes et Gascogne, avaient connu une ère de prospérité dont bénéficiaient également les industriels travaillant le bois et traitant la résine et ses dérivés, cette région est actuellement plongée dans un marasme dû à une concurrence effrénée des Etats-Unis, et à la suppression presque totale de l’exportation des poteaux de mines, de l’essence de térébenthine et de la colophane.
- SURPRODUCTION
- Les Etats-Unis, en effet, vers 1927, augmentèrent leur production habituelle d’une quantité sensiblement égale à toute la production française d’alors, et, jetant cette production sur le marché mondial, amenèrent un abaissement des prix si considérable que nos résiniers français se virent dans l’impossibilité d’écouler avantageusement leur production.
- On importe d’ailleurs, aujourd’hui, des bois étrangers pour les traverses de chemins de fer, le pavage, la construction et la pâte à papier; on importe des succédanés de l’essence et des vernis cellulosiques qui font délaisser l’essence de nos forêts; la colophane et la résine sont, à leur tour, délaissées dans leurs différents emplois parce que les produits de remplacement de ces précieuses productions de nos pins français sont vendus à des prix très bas.
- Il est, cependant, un débouché qui permettrait à nos concitoyens de retrouver, tout au moins en partie, leur ancienne prospérité. Nous voulons parler de l’incorporation, dans les savons ordinaires, dits de Marseille, de la résine qu’ils contiennent tous en petite quantité lorsqu’elle est bon marché. On la remplace, malheureusement, par des corps gras venant de l’étranger lorsqu’elle dépasse le prix de ces corps gras. Et, cependant, cette résine pourrait être incorporée aux pâtes de savon dans une proportion pouvant atteindre de 15 à 20 pour 100.
- LE SAVON DANS L’ANTIQUITÉ
- Sans remonter aux Grecs qui utilisaient des sucs de plantes, et aux Gaulois qui, nous dit M. P. H. Rosières, -administrateur-directeur de la Société industrielle de Résines, fabriquaient une sorte de savon avec des cendres de bois et du suif, l’industrie du savon, en France, naquit au xne siècle, mais n’exista vraiment qu’au xvne, lorsque apparut le véritable savon à l’huile d’olive, fabriqué par la maison Court, de Payen, et vendu à la cour de Louis XIV sous la marque « L’Abeille ».
- HUILES EXOTIQUES
- En 1834, nous apprend encore M. Rosières, apparurent les graines de sésame, en 1837, les arachides, en 1853, les palmistes, et les coprahs en 1857.
- De 17 000 t en 1837, l’importation s’éleva, en 1842-43, à 68 000 t. Aujourd’hui, sur 200 000 t de matières,
- grasses employées pour la fabrication du savon, 140 000 proviennent de graines oléagineuses d’origine étrangère.
- L’emploi de matières grasses autres que l’huile d’olive, pour la fabrication du savon, n’alla pas sans récriminations de la part des producteurs de cette huile d’olive, et même des huiles de lin, de colza et d’œillette, et ces producteurs prétendirent que l’emploi des huiles de graines constituait une fraude en savonnerie.
- Cela, d’ailleurs, ne nuisit en rien au succès des savons fabriqués avec ces graines qui conquirent très vite la faveur du grand public. Dès 1845, d’autre part, une loi accordait, aux savons composés de matières grasses et de résines, une prime à l’exportation.
- Ceci n’empêcha point qu’un procès fût intenté, en 1907, devant le tribunal de Marseille, au sujet du mélange de résine aux matières grasses destinées à la fabrication
- du savon. Sagement, d’ailleurs, le tribunal ne se prononça pas, estimant simplement que des appellations nouvelles devaient correspondre à cette fabrication nouvelle (qui était courante depuis 60 ans), et l’affaire en resta là.
- CE QU’EN PENSENT LES MAITRES
- Il n’en est pas moins regrettable qu’on ait continué à considérer comme savon inférieur un produit dont les qualités ont été reconnues à la fois scientifiquement et pratiquement par des autorités aussi indiscutées que M. Georges Dupont, doyen de la Faculté des Sciences de Rordeaux, aujourd’hui sous-directeur de l’Ecole normale supérieure à Paris; M. Baud, directeur du Laboratoire départemental de Marseille; M. Wolff, rapporteur de la Société des Chimistes-Experts; M. le professeur Portmann, sénateur, dont les savantes études ont fait
- Fig. 1. — Chaudrons de 60 t dans lesquels a lieu la fabrication dw savon.
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- Fig. 2. •— Au cours de la fabrication, la pâte de savon est lavée à l’aide
- d’un jet d'eau.
- sensation et, enfin, par le Syndicat des Ingénieurs-Chimistes du Sud-Ouest, dont le président, M. Marcard, mène depuis quatre ans, une campagne des plus efficaces.
- Et peut-on donner une meilleure preuve de l’augmentation de qualité apportée aux savons par une incorporation de résine que l’autorisation donnée par l’Allemagne, l’Angleterre et les États-Unis, d’employer cette résine en toutes proportions.
- CE QU’ON DEMANDE AU SAVON
- Si, et l’on ne peut que le déplorer, les ménagères lavent ou font laver de moins en moins leur linge, et le donnent à des industriels qui le lavent, mécaniquement, dans des machines à laver, et le blanchissent, chimiquement, à l’aide du chlore et de la soude, que demandent celles qui ont conservé le respect des bonnes traditions? Un savon qui donne une mousse abondante et onctueuse, capable d’émulsionner les matières grasses et d’enrober les impuretés que la pression chassera du linge.
- Cette action détersivc, émulsionnante, du savon, est due, à la fois, à la libération de l’alcali dans la solution
- Fig. 3. •— Après hydrogénation de la pâle, bouillante el liquide, le savon est coulé dans les mises.
- aqueuse, par simple hydrolyse, et à la formation de glycérols solubles.
- Or, en présence d’eau, les résinâtes alcalins, eux aussi, donnent par hydrolyse une faible quantité d’alcali, mais ils donnent, de plus, un résinate acide soluble qui est doué, — et le fait a été longuement constaté, — d’un pouvoir émulsionnant très supérieur à celui des glycérols solubles provenant des acides gras.
- On peut dire, d’une façon générale, que les bons savons permettent le lavage grâce à trois actions : une action chimique, due à l’alcali mis en liberté; une action mécanique, due à l’abondance de la mousse; une action dissolvante, due aux glycérols solubles ou aux résinâtes alcalins.
- De l’abondance de la mousse, surtout, dépend l’efli-caciLé du savonnage. Or, si les bons savons de Marseille donnent une mousse très abondante, très onctueuse, avec les eaux de pluie, c’est-à-dire non chargées de calcaire, cette mousse diminue de plus en plus dans les eaux de plus en plus calcaires, qui décomposent les savons, et disparaît dans les eaux saumâtres, laissant le linge imprégné d’une matière gluante.
- QUALITÉS DES SAVONS A LA RÉSINE
- 11 n’en est pas de même avec les savons à la résine, dont les qualités détersives et émulsionnantes sont supérieures à celles des savons aux acides gras. Une incorporation de 20 pour 100 de résine permet l’utilisation de ces savons en eau très calcaire ou même saumâtre. Et un savon plus chargé encore en résine possède de telles qualités détersives que le lavage en eau de mer devient possible.
- Exempt d’alcali et d’huile libre, totalement exempt de charges, un bon savon à la résine a une odeur balsamique franche et agréable, une coupe ferme, une teinte allant du jaune padle au blanc crème.
- Mais il n’en est ainsi que depuis peu. Autrefois, les savons à la résine laissaient sur la peau et le linge des produits poissants, collants, dus aux résines insaponi-fiables de la colophane employée, et ces savons devenaient noirs à la lumière.
- En Allemagne, en Espagne, avant son incorporation aux savons d’huile ou de graines, on fait subir à la résine divers traitements, et, par de nombreux relargages, on élimine les indésirables insaponifiables.
- En Amérique et en Angleterre, la loi permet l’incorporation à la pâte de carbonate et de silicate de soude, qui empêchent les savons à la résine de poisser et de noircir.
- L’hyposulfite de soude a été employé en France, en d’infimes proportions, pour empêcher poisse et noircissement, mais on arrive au même résultat, et on supprime totalement ces deux inconvénients, par hydrogénation de la pâte bouillante, en présence d’un catalyseur, au moment où on la coule chaude dans les mises.
- Les savons ainsi traités sont blancs, restent blancs, ne poissent pas, ont toutes les qualités des bons savons de ménage, avec, en plus, la précieuse propriété de savonner dans les eaux calcaires et saumâtres.
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- FABRICATION
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- La fabrication des savons de ménage à la résine, diffère peu de celle des savons blancs dits de Marseille. 11 y a simplement remplacement d’une partie des acides gras : stéarique, palmitique, oléique, sur lesquels agit la soude, par les acides isomères de la colophane ou acides résiniques.
- Cette incorporation d’acides résiniques, qui est effectuée à peu près partout, aujourd’hui, dans la proportion de 5 pour 100, peut atteindre, répétons-le, de 15 à 20 pour 100, ce dernier chilfre étant un maximum qu’il n’y a pas lieu de dépasser, sauf pour fabrication de savons spéciaux. La colophane est mélangée aux acides gras dès le début de la fabrication, qui a lieu en chaudrons isolés d’une contenance, aux usines de Bègles, de 60 000 kg (fig. 1). Ils y sont ehaulïés dans de vieilles lessives de soude caustique, ou « recuits », pendant environ 9 à 10 h, grâce à une canalisation de vapeur qui court en spirale sur le fond en pente.
- Au point le plus bas, après lavage de la pâte, un robinet permet l’écoulement des lessives et de l’eau de lavage, qui sont envoyées aux évaporateurs et traitées à l’acide sulfurique pour récupération de la glycérine.
- 11 est alors déversé dans le chaudron une lessive à 36° Baurné, après quoi le mélange est cuit pendant 12 h. Le savon se présente à ce moment sous forme de grumeaux qu’on lave à l’eau salée, pendant environ 3 h, afin d’éliminer l’excès de soude (lig. 2).
- La pâte dite « grenée », est alors en forme de graines. Après agitation, puis repos, la lessive est soutirée à la partie inférieure. C’est l’opération de 1’ « épinage », après laquelle il ne reste dans la chaudière que le savon.
- Alors a lieu la fonte des grumeaux dans l’eau pure, qui est retirée, après cette opération, à 18 ou 19°. Cette fonte est suivie de la « liquidation », ou lavage à l’eau pure, à chaud, qui a pour but de ramollir ou même de fondre dans l’eau les grains de savon. Ce résultat obtenu, le tout est abandonné au repos, à chaud, pendant 48 h, pour décantation.
- On obtient alors, au bas de la chaudière, une couche de lessive faible, surmontée d’une seconde couche, appelée « gras », contenant un peu de savon dissous, et enfin, à la partie supérieure, le bon savon blanc.
- COULÉE DANS LES MISES. ESTAMPAGE.
- EMBALLAGE
- Cette pâte bouillante et liquide, après hydrogénation, est alors coulée dans les mises (fig. 3), constituées à l'aide de cadres de bois posés sur le sol, à raison de 2 500 kg par mise. Après un refroidissement qui peut durer deux à quatre jours, le savon solidifié est découpé en pains ou dalles de 30 à 40 kg (fig. 4), à l’épaisseur voulue suivant les calibres, puis passé à la machine à découper, à retour d’équerre, où des fils d’acier partagent ce pain, tout d’abord, en parallélipipèdes ou barres, qui peuvent être conservées entières, ou qui, poussées à angle droit sur d’autres fils, sont sectionnés, suivant les besoins, en morceaux de 100 gr à 1 kg (fig. 5).
- Déposés sur un wagonnet à claies, ces morceaux sont envoyés à l’étuve et séchés pour recevoir l’estampage.
- Fig. 4. — Après un refroidissement de quelques jours, le savon est découpé à l’aide d’une sorte de soc tiré à la main ou mécaniquement.
- Celui-ci se pratique dans un moule dit en tulipe dont les quatre côtés latéraux s’ouvrent pour recevoir le morceau de savon et se referment pour la compression et l’estampage, qui a lieu sur les six faces.
- Aux usines de Bègles, où nous avons suivi ces opérations, le savon estampé est emballéen caisses de 100morceaux ou plié en cartons contenant, suivant leur grosseur, de 2 à 15 morceaux chacun.
- L’emploi en savonnerie de la résine, ou plutôt de son dérivé, la colophane, dans la proportion seulement de 15 pour 100, en remplacement de graines étrangères, assurerait une utilisation supplémentaire annuelle de 20 000 à 25 000 t de résines. Non seulement elle permettrait l’obtention d’un savon de meilleure qualité, mais, encore, elle ramènerait un peu d’aisance chez nos résiniers ruinés et découragés par la crise, et diminuerait d’autant le chiffre de nos importations.
- Et c’est pourquoi nous avons voulu attirer l’attention du grand public sur cette question et lui faire connaître ce savon de ménage à la résine, dont l’emploi s’avère aussi agréable qu’économique.
- (.Photos Bordié.) Georges Lanorvillf..
- Fig. 5. — A la machine à découper à retour d’équerre, le savon est découpé en morceaux de 100 gr à 1 kg.
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- = LE FOUR A RAYONS CATHODIQUES
- Le four à rayons cathodiques de M. Trombe. A droite, l’installation de vide.
- Fig. 1.
- Le domaine des températures élevées s’est enrichi, depuis le siècle dernier, de nombreux moyens de production et de mesures; les fours à résistance métallique, à résistance de carbone, à induction haute fréquence, utilisés soit dans le vide, soit en atmosphère de gaz inerte, permettent d’obtenir avec précision toute la gamme des températures jusqu’à 3500° C et même au delà (1).
- Il est néanmoins difficile de réaliser simultanément une température très élevée et une atmosphère réellement inerte. Les vitesses de réaction croissantes des corps en fonction de la température, obligent à réaliser leur traitement soit en atmosphère de gaz rares, soit, si leur tension de vapeur est faible, sous vide élevé.
- Le four à rayons cathodiques est particulièrement adapté à cette dernière condition.
- PRINCIPE DU FOUR
- On sait que le passage de l’électricité à travers les gaz peut revêtir les formes les plus diverses : forme d’étin-
- 1. L’emploi de résistances en carbure de tantale permet d’atteindre 4000°.
- Fig. 3. •— L’installation générale au laboratoire de la Sorbonne. Le four est dans Vencastrement entre les deux fenêtres.
- celles à la pression normale; forme d’effluve quand la pression est voisine de 1 mm de mercure; si la pression s’abaisse aux environs de 1/100 de mm. de mercure, l’effluve disparaît presque complètement et se rassemble au voisinage de l’anode; il s’échappe alors de la cathode, normalement à sa surface, un faisceau rectiligne qui rend fluorescent le gaz résiduel et provoque une phosphorescence de couleur variable et un éehaufïement considérable des corps qu’il rencontre. Ce rayonnement, produit par une émission d’électrons à grande vitesse issus de la cathode, constitue les rayons cathodiques.
- L’action calorifique des rayons cathodiques est due, d’une part, à la vitesse considérable des électrons qui sont projetés sur l’antieathode (30 000 à 200 000 km-sec), d’autre part, au nombre de ces électrons. La vitesse des électrons dépend de la tension appliquée aux bornes de l’appareil; le nombre d’électrons projetés est fonction de
- 2o. ooo v
- Fig. 2. — Le four proprement dit.
- la pression; celle-ci est néanmoins toujours inférieure à 1/50 de mm de mercure.
- Dans un tube à rayons X alimenté sous tensi n élevée, l’antieathode, émettriee de rayons X sous l’action des rayons cathodiques, est souvent, malgré un refroidissement énergique, portée à l’incandescence; le rayonnement cathodique possède donc une action thermique intense, qui permettrait d’atteindre les plus hautes températures. Crookes le premier, en 1879, a utilisé l’action calorifique des rayons cathodiques; il a pu ainsi fondre le platine. Parsons et Campbell ont obtenu la désagrégation du diamant, et Tiede a déterminé par ce procédé le point de fusion d’un grand nombre d’oxydes et de corps réfractaires : bore, glucine, zircone, thorine, ainsi que la dissociation du carbure de calcium.
- Nous avons réalisé au Laboratoire de M. le professeur Urbain, à la Sorbonne, en vue de la fusion d’éléments rares, un four à rayons cathodiques.
- L’appareil, comportant deux cathodes à 90°, utilise les deux alternances d’un courant alternatif obtenu à
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- l’aide d’un transformateur qui peut débiter plus de 1.00 milliampères sous 20 000 v. 11 comprend (fig. 1) le four proprement dit A et l’installation de vide B.
- Le four A (fig. 2) est constitué par une ampoule de quartz transparent de trois litres de capacité sur laquelle sont rodés les cathodes 1 et II, le tube-support d’anticathode 111, la glace de visée IV permettant l’observation du creuset et la canalisation de vide V.
- L’intensité utilisée dans le four étant relativement importante, le courant est amené dans chacune des électrodes I et II, au centre d’un tube de cuivre (4) fermé en bout, et soudé par l’intermédiaire d’une bague de platine (5) au rodage de verre. Un courant d’eau isolé électriquement par passage dans des tubulures de verre de grande longueur (6 m entre les pôles du four) refroidit les électrodes (3); celles-ci, en aluminium, se pulvérisent très peu dans les gaz usuels.
- L’anticathodé (8) en tungstène massif, bombardée par les rayons cathodiques, constitue le creuset du four; elle peut avoir des formes très diverses, telles par exemple que le chauffage des rayons cathodiques ne s’effectue pas directement sur la substance traitée.
- Le centrage des rayons cathodiques sur l’anticathodé est obtenu par raccourcissement ou allongement des supports des électrodes et de l’anticathodé (1). Il ne peut être évidemment effectué qu’après démontage du four.
- PRODUCTION ET RÉGLAGE DU VIDE DANS LE FOUR
- Pendant le fonctionnement, après arrêt du courant, il est possible de faire tourner les électrodes et l’antica-thode sur leurs rodages et d’obtenir ainsi un réglage de la position de chauffage.
- Les mesures de la température de l’anticathodé se font par une méthode optique à travers la glace de visée placée en avant du four (fig. 3 et 4).
- Une pression de l’ordre de 5 baryes (1/200 de mm. de mei’cure) étant maintenue dans l’ampoule (A, fig. 1) par les pompes à vide (B, fig. 1) le courant est envoyé progressivement dans les électrodes à l’aide d’un rhéostat branché sur le primaire d’un transformateur haute tension ; on peut ainsi régler de façon précise la puissance utilisée dans le four et par conséquent la température produite.
- Pour produire un faisceau de rayons cathodiques d’intensité convenable, il est nécessaire de maintenir la pression dans le four aux environs de 1/100 de mm de mercure. Or le chauffage des substances provoque l’émission d’un volume de gaz considérable. Il faut absorber ces gaz par un pompage continuel. A haute température, au contraire, la formation de vapeurs métalliques provoque souvent une diminution brusque de la pression ; il est alors indispensable d’introduire dans l’appareil une petite quantité de gaz pour conserver la même intensité de rayonnement cathodique.
- La pression est stabilisée (fig. 1 et 5) par une capacité de 10 1 servant de régulateur. Si la pression est trop basse, le robinet R permet de couper la communication avec les pompes à vide. La demi-rotation du robinet R, dont la voie est coudée, permet d’introduire dans l’ensemble de l’appai'eil (four et capacité de 10 1) un faible
- Fig. 4. — L’ampoule de quartz. Au centre, la fenêtre d'observation. Au-dessus le dispositif de refroidissement.
- volume de gaz contenu sous pression réduite dans l’ampoule D.
- Les hautes températures sont obtenues très rapidement. Un creuset anticathode en tungstène, d’une masse de 25 gr, est porté en moins de 30 sec à une température de l’ordre de 2800° G. On peut obtenir également la fusion (3400° C.) d’une masse de tungstène plus faible.
- Ce four permet de traiter sans altération des éléments à la fois très réfractaires et très actifs vis-à-vis des gaz usuels. Le chauffage par rayons cathodiques n’est limité aux températures élevées que par la fusion ou la volatilisation des corps les plus réfractaires.
- Félix Trombe.
- Fig. 5. -— Le dispositif de réglage du vide.
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- LA STATION BIOLOGIQUE DE BESSE-EN-CHANDESSE
- Grâce au faciès très spécial que les phénomènes volcaniques lui ont imprimé, à ses nombreuses sources thermales et à ses paysages très variés, l’Auvergne a beaucoup d’attrait pour les naturalistes. Le département du Puy-de-Dôme, sans avoir l’unité orographique du Cantal, possède avec le Puy de Sancy (1886 m) la plus haute montagne du Massif Central et un modelé topographique d’une remarquable variété puisque ce sommet dépasse de 1626 m le point le plus bas du dépar-
- de territoires basaltiques, sont dus à des coulées volcaniques successives qui, en se juxtaposant, créèrent des dépressions locales dans lesquelles l’eau s’accumula. De leur côté, les lacs Pavin et Chauvet très profonds, aux parois escarpées et au fond plat, remplissent des cratères d’effondrement ou d’explosion tandis que le superbe lac de la Crégut et ceux moins importants des Bordes et de Laspialade se trouvent sur les hauts plateaux. Un barrage morainique retient leurs eaux, ou
- Fig. 1. — La ville de Besse-en-Chandesse (Puy-de-Dôme).
- tement. Une vingtaine de lacs s’étagent, sur les pentes méridionales et orientales du Mont-Dore, à des altitudes variant de 625 à 1260 m; ils doivent leur origine à des phénomènes volcaniques ou glaciaires. Les uns, circulaires, en forme de coupe et de grande profondeur, remplissent un ancien cratère; tels sont les lacs de la Godi-velle-d’en-haut et de Servières. D’autres, très étendus, mais peu profonds, comme les lacs d’Aydat, de Guéry, de Montcineyre ou de Chambon résultent du barrage d’une vallée par des coulées de lave ou des déjections de cônes volcaniques. Certains également peu profonds, par exemple les lacs de Bourdouze, de Chambédaze, des Esclaüzes et de la Godivelle-d’en-bas, situés au milieu
- bien ils occupent une dépression que les actions glaciaires creusèrent dans des roches dures de gneiss ou de basalte. Jadis assez nombreux en Auvergne, ces derniers se transforment peu à peu en tourbières.
- En 1899, des professeurs de l’université de Clermont, cherchant un endroit propice pour y créer une station limnologique, trouvèrent à 1040 m d’altitude sur les flancs des Monts Dore, près du village de Besse-en-Chandesse (Puy-de-Dôme), un petit moulin abandonné sur les bords de la « Couze » du lac Pavin. Girod, professeur de botanique à la Faculté des Sciences, s’entendit avec Berthoule, alors maire de Besse, pour restaurer le modeste bâtiment. A l’origine, ce laboratoire fut dirigé
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- par J. Poirier, professeur de zoologie à la même P acuité; on lui adjoignit comme sous-directeur le Dr Ch. Bruyant, professeur à l’Ecole de Médecine, qui contribua beaucoup à organiser le nouvel établissement. 11 est aujourd’hui sous la direction de M. P. Grassé, professeur de zoologie à la Faculté des Sciences de Clermont-Ferrand. Chaque année, la station est ouverte du 15 juin au 15 septembre aux étudiants et aux naturalistes.
- Nous avons visité, en compagnie de son directeur actuel, cette station, juchée en pleine montagne à 50 km au sud de Clermont-Ferrand. Indépendamment des laboratoires pourvus du matériel scientifique nécessaire, on y a installé un certain nombre de chambres pour loger à bon compte les chercheurs. Parmi les plus récents travaux exécutés à liesse, signalons, entre autres les études de MUe Verrier, de Bâtisse et d’Olivier sur la flore et la faune des tourbières mont-doriennes, les originales recherches du Pr Poisson sur les Hémiptères aquatiques, celles du Pr Remy sur les Pauropodes, ces Myriapodes de taille infime qui vivent en abondance sous les feuilles mortes dans les Hêtraies et celles du Dr Heim de Balsac sur les Rongeurs des Monts Dore. Le Dr des Abbayes, de la Faculté des Sciences de Rennes, y est venu également étudier les Lichens d’Auvergne.
- « Je désire faire de Besse, nous dit le savant maître, un centre d’enseignement complémentaire des cours théoriques des Facultés. Les sciences naturelles ne s’apprennent pas seulement dans des livres et dans les laboratoires où l’on n’a à sa disposition que quelques sujets classiques très connus. Nous voulons montrer ici aux jeunes naturalistes une série d’animaux dans leurs habitats. Et quelles mines inépuisables, l’Auvergne ne nous offre-t-elle pas sous ce rapport avec le plancton de ses nombreux lacs, les faunes très variées de ses eaux douces, de ses sources de ses torrents et de ses innombrables tourbières à tous les stades d’évolution. En parcourant ce pittoresque massif, les étudiants compléteront leur instruction livresque; ils s’initieront aux
- Fig. 2. •— La station biologique de Besse.
- Un autre jour, M. Grassé nous ayant autorisés à suivre ses élèves, nous les avons vus découvrir de belles Utricu-laires sur les bords du lac de Montcineyre dont la superficie est de 38 hectares. Les eaux de ce bassin, auquel on ne connaît pas de déversoir, filtrent à travers les laves et vont sourdre dans la vallée de Compains. On le sait, les Utriculaires ou « mille-feuilles des marais » sont de curieuses plantes zoophages vivant dans l’eau sauf les rameaux florifères qui se développent dans l’air; leurs branches très ramifiées portent des feuilles divisées en lanières dont certaines ont l’aspect de petites outres couvertes par un repli de la foliole. Dans ces originales et minuscules « nasses » végétales, des Clado-cères, de petits Copépodes, des alevins de Poissons, des larves de Diptères ou autres insectes aquatiques restent souvent emprisonnés.
- Quelquefois les jeunes zoologistes et botanistes consacrent toute une journée sous la conduite de M. Grassé
- mœurs et aux cycles évolutifs des êtres vivants, à l’intérêt que présente pour la biologie ou la physiologie générale un insecte ou un protozoaire, une algue ou une mousse ».
- Voici un aperçu des travaux que les élèves naturalistes de la station ont exécutés au cours de l’été 193G.
- Un matin, le préparateur André Hollande leur explique la morphologie externe ou l’anatomie interne du Dectique, gros Orthoptère commun dans les pelouses auvergnates. L’après-midi, ils partent récolter du plancton ou des plantes. La caravane s’embarque sur un petit bateau plat. Arrivés vers le milieu d ulac, on immerge un filet de soie à bluter dont les mailles varient de dimension suivant la nature du plancton qu’on veut recueillir, puis on rame lentement et au bout d’un certain temps, l’opérateur ramène à bord le filet dont il verse le contenu dans une bouteille thermos spéciale afin d’assurer la conservation des prises jusqu’au laboratoire.
- Fig. 3. — Une prise de température de l’eau dans te lac de Bourdouzc.
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- Fig. 4. — Une pêche planclonique dans le lac de Monlcineyre.
- lui-même ou de M. le Dr Chassagne, de Lezoux (pour qui la flore d’Auvergne n’a pas de secret), à des ran-
- données diverses soit pour relever des températures lacustres avec un thermomètre à renversement, soit pour effectuer des sondages dans quelques lacs, soit pour explorer la vallée de Chaudefour ou les originales sources salées de Saint-Nectaire. En dehors des sources qui alimentent les établissements thermaux de Saint-Nectaire-le-llaut et de Saint-Neetaire-le-Bas, il en existe beaucoup d’autres, qui sourdent un peu partout aux environs dans le lit des ruisseaux où des dégagements d’acide carbonique décèlent leur présence. Sur plusieurs points, ces eaux minérales ont désagrégé les roches granitiques. A côté de l’opale, de la calcédoine et d’autres pierres cristallines qui décorent le pourtour, on y trouve une, flore à allinités marines (Plantago maritima, Triglochins, etc.) et une faunule spéciale des plus intéressantes (Pogonius, Bledius, Cyclonotum et autres Coléoptères, Conocephalus (Orthoptère), etc.) qui constituent d’excellents matériaux d’études biologiques.
- D’ordinaire, ces journées d’excursions zoologiques ou botaniques comportent chacune un parcours de 30 à 40 km dans les environs de Besse, effectué partie en automobile, partie à pied. Parfois les jeunes naturalistes, variant le sujet de leurs recherches, naviguent, par exemple, sur le lac Pavin poux y recueillir des Rotifères, des Cladocères, des Infusoires et d’autres Protozoaires. Tantôt ils montent sur le Puy de Montchalm après une promenade en barque. Tantôt ils arpentent diverses tourbières auvergnates dont la micro-faune est si riche. Tantôt ils suivent le lit des « Couzes » afin d’y rechercher les larves d’Éphémères, de Phryganes et autres insectes aquatiques.
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- Disons en terminant que le professeur Grassé voudrait bien transformer cette station estivale en un centre permanent, où l’on pourrait continuer toute l’année l’observation de la faune du Massif Central et suivre les stades biologiques des divei’ses espèces végétales. Peut-être aussi pourrait-on y aborder l’étude pratique des poissons, des tourbières, etc.
- A l’étranger, effectivement, dans toute l’Europe centrale, la limnologie a ses instituts, ses stations, ses revues spécialisées. Il existe même de gros traités didactiques allemands, polonais ou Scandinaves sur le sujet.
- En France, on ne compte guère que la station de Grenoble où le professeur Léger, malgré l’exiguïté des moyens mis à sa disposition, a su mener à bien de savantes observations limnologiques dont la pisciculture alpestre a déjà tiré d’importants bénéfices, celle de Toulouse et celle de Saint-Jean-de-Losne dépendant de l’université de Dijon.
- Les recherches dans la nature doivent être développées, mais il faut avoir les moyens matériels nécessaires pour les mener à bien.
- Fig. 5. — Recherche de larves d’insecies aquatiques dans une tourbière auvergnate, près du lac Chauvet.
- Jacques Boyer.
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- LA DESTRUCTION DE LA PIERRE
- Les pierres de construction, même celles qui paraissent les plus résistantes, sont exposées, au cours des temps, à une action destructrice plus ou moins lente, due aux causes les plus diverses. Des forces mystérieuses sont constamment mises en œuvre pour la dégradation progressive de tous les ouvrages, édifices, monuments, statues que l’art de l’architecte et du sculpteur ont su créer, souvent au prix d’efforts gigantesques, et qui paraissent de nature à durer indéfiniment. Nos magnifiques cathédrales du moyen âge subissent l’injure des intempéries, malgré d’ingénieuses restaurations. Avec le temps, les pertes peuvent devenir incalculables.
- En premier lieu, les matériaux de construction sont le plus généralement exposés à des actions physiques et chimiques, inhérentes à leur constitution naturelle, et qui nous sont relativement connues par l’étude de la géologie. Les éléments des roches de toutes origines sont, comme toute chose naturelle d’ailleurs, en voie de continuelle transformation; ils réagissent entre eux par condensation, par décomposition, par cristallisation, par échange de molécules. Ce travail interne, imperceptible, lent mais continu, peut conduire insensiblement à la désagrégation spontanée. Les pierres notamment, qui ont été soumises, peut-être pendant des siècles, à la forte pression des terres accumulées, continuent après extraction, taille et mise en place, à être le siège de mouvements, de glissements, de migrations moléculaires qui, peu à peu, en transforment la structure interne, en compromettent la stabilité et amorcent la désagrégation finale. Le mode de taille, l’orientation des couches moléculaires, le contact avec des matériaux de constitution chimique ou d’activité réactionnelle différentes, l’infiltration des sels constitutifs des mortiers, influencent la marche de ces phénomènes.
- A ces causes naturelles plus ou moins actives, qui jouent en quelque sorte le rôle de maladies organiques de la pierre, viennent s’adjoindre les agents nocifs extérieurs : la pluie plus particulièrement agressive, la neige, les alternatives brusques de froid et de chaleur, la gelée, les apports intempestifs de la gent ailée, et surtout, depuis à peu près un siècle, les méfaits de l’atmosphère moderne, de plus en plus chargée des fumées industrielles ou ménagères de la combustion de la houille, qui véhicule d’incroyables quantités d’acide carbonique ou de gaz sulfureux. Ces gaz, de forte densité, ne peuvent s’évaporer rapidement, surtout en temps de brouillards ou d’humidité, et leur accumulation aux endroits les plus exposés, souvent les plus caractéristiques, de nos édifices y cause d’irréparables dégâts. L’éminent directeur du laboratoire municipal de la ville de Paris, M. Kling, poussait récemment à cet égard, dans Les Nouvelles de la Chimie, un cri d’alarme qui réclamait l’aide des chimistes au secours des monuments médiévaux, menacés de mort.
- La marche de la destruction des pierres est d’ordre chimique et d’ordre physique. L’action successive de l’échaufîement par les rayonnements solaires et du refroidissement brusque dû, par exemple, à la pluie peut provoquer la formation de fissures entre des pierres possédant des coefficients de dilatation différents, ou entre les éléments constitutifs d’une même pierre, s’ils présentent entre eux ces différences. Cette influence peut s’aggraver par suite de la nature même de la pierre. Ainsi, par exemple, dans les blocs de trachyte qui ont fourni au moyen âge l’armature de la cathédrale gothique de Cologne, en pays rhénan, d’un style flamboyant si délicatement ajouré, on a constaté la présence de cristaux des anidine ou feldspath, de plusieurs centimètres de longueur. Par suite de la différence des coefficients de dilatation de la pierre et des cristaux, ceux-ci ont fini par se détacher de leur gangue au point qu’on peut même les retirer à la main. Ils laissent ainsi béants des
- alvéoles où pénètrent la pluie, le vent ou les fumées. Une importante gare de chemins de fer étant située tout à proximité, on voit les dégâts que ces dernières peuvent occasionner.
- Pour des pierres superposées, la dilatation peut différer dans le sens de la direction de la couche, ou perpendiculairement à celle-ci. Par humidification et séchage successifs, les pierres se comportent différemment dans les deux directions, et exercent les unes sur les autres des pressions suivies de retraits générateurs de fissures.
- Pour étudier le mécanisme de la résistance des pierres aux changements de température, un chimiste allemand, le professeur Richard Grün, a imaginé un appareil simple dans lequel on actionne, au moyen d’un mouvement d’horlogerie, un dispositif de chauffe qui porte, en 18 m, la pierre à 60° C, interrrompt ensuite brusquement la chauffe et met en marche un ventilateur qui la refroidit en 12 m. Cet appareil permet de se rendre compte de l’influence des agents physiques. Le froid, et surtout la gelée, ont sur la pierre une action nettement plus défavorable que la chaleur.
- Les méfaits de l’action chimique sont beaucoup plus accélérés. Ils sont dus principalement à l’acide carbonique qui agit par solubilisation des sels de chaux, et l’acide sulfurique, d’autre part, qui agit principalement par formation de sels.
- La dissolution par l’acide carbonique se produit sur les pierres contenant une forte proportion de carbonate de chaux servant de liant, les grès par exemple, quand la pierre est relativement poreuse. L’eau de pluie dissout la chaux transformée par l’acide carbonique en bicarbonate. Le sable mis en liberté s’enlève peu à peu par l’eau ou par le vent. La destruction de la pierre s’opère souvent par efflorescence. 11 se forme à sa surface des plaques de sels carbonatés de chaux, souvent très larges, la pierre elle-même paraissant intacte. A un moment donné, ces plaques se détachent spontanément et tombent, découvrant une couche sous-jacente pulvérulente qui se désagrège facilement. On a observé que l’attaque par dissolution, sous forme de bicarbonate, se fait surtout du côté directement exposé à la pluie.
- Au contraire, la destruction, par accumulation de sels sulfatés sous l’influence de l’acide sulfurique, est surtout sensible du côté abrité des vents, où la pierre sèche difficilement. Des analyses répétées ont permis de constater que les quantités de sulfate de chaux formées dans les parties de l’édifice situées du côté de l’est sont beaucoup plus massives que celles qui se trouvent dans les parties directement exposées à l’ouest, au vent et à la pluie. On trouve le maximum de formation de sels dans une zone située entre 40 et 45 m de hauteur. L’anhydride sulfureux de l’air, saturé de fumées se transforme rapidement, sous l’action de l’humidité, en acide sulfurique. Cet acide pénètre dans les pores de la pierre, attaque les particules fines de carbonate de chaux qui servent de liant aux grains plus gros. Par absorption d’eau, il se forme des cristaux de sulfate de chaux qui, se dilatant, provoquent la dislocation de la pierre.
- L’action chimique peut s’exercer de manières très différentes. Elle peut se produire par infiltration, soit que les solutions salines s’élèvent du sol par capillarité à travers les pores de la maçonnerie, soit qu’elles s’infiltrent d’une pierre dans l’autre. Les praticiens connaissent bien le fait que deux pierres ne se supportent pas. Le bicarbonate, formé dans les pierres fortement chargées en chaux, pénètre par infiltration dans les pierres moins riches avec lesquelles elles sont en contact, les enrichissent en sels calcaires et les rendent vulnérables. C’est ainsi que souvent se détériorent des pierres neuves de restauration au contact de pierres calcaires déjà attaquées. De même des constructions relativement modernes se trouvent rapide-
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- ment endommagées et doivent subir d’onéreuses réparations.
- Quels remèdes faut-il appliquer pour éviter ces destructions et par quels moyens pourrait-on conférer aux matériaux de construction une plus grande solidité et en assurer la durée ? La question a fait l’objet de nombreuses études, notamment en 1932 au Conservatoire des Arts et Métiers, sous la direction de M. Cellerier. On a fait appel aux ressources de la chimie, dont le rôle peut être d’une importance capitale.
- En ce qui concerne les constructions neuves et les restaurations, il importe en premier lieu d’étudier avec la plus grande attention, dans des laboratoires spécialement outillés, les caractéristiques des matériaux, de vérifier leurs qualités générales, leur constitution chimique, leurs possibilités de réaction entre eux et vis-à-vis des agents physiques ou chimiques extérieurs. Il faudrait établir pour chaque matière, pierre, béton, brique, mortier, des tables de résistance qui permettent au praticien de faire un choix judicieux, suivant les nécessités d’emploi, l’exposition, l’orientation, la destination. Ainsi, par exemple, pour les monuments exposés, on évitera la pierre poreuse qui permet à l’eau une pénétration trop profonde.
- Les grès calcaires pourront être protégés par la lluatation. Sous ce nom, on comprend le traitement des pierres naturelles, du béton et en général des surfaces extérieures par des sels solubles de l’acide fluorhydrique. Ce procédé, dû à Kessler, durcit les surfaces et les rend plus résistantes aux influences atmosphériques et à l’eau.
- On a expérimenté divers moyens d’empêcher la pénétration de l’eau dans les matériaux des façades les plus exposées. On a utilisé à cet effet, souvent au mépris de l’esthétique, des peintures à l’huile, des enduits au goudron, des revêtements en bois, en ardoise ou en zinc. Un moyen d’obtenir pour les enduits extérieurs une imperméabilité durable, sans nuire à leur aspect, paraît être l’emploi d’émulsions de paraffine, fluides à froid. Cette application satisfait aux conditions principales que l’on peut en exiger : elle ne modifie pas la teinte des surfaces traitées; l’action imperméabilisante est totale et durable; elle laisse cependant le matériau respirer. L’addition de certaines matières colloïdales à ces émulsions permet de diminuer la proportion de paraffine, en assurant une pénétration plus profonde. Si l’application est réalisée d’une manière uniforme et sous une épaisseur suffisante, elle permet d’obtenir une hydrofugation complète, et d’éviter, par conséquent, l’infiltration des sels nocifs. On peut, au surplus, utiliser
- ce procédé pour protéger, non seulement les enduits de la brique ou de la pierre, mais aussi les peintures murales dont il assure la conservation. Il est possible, dans cette voie nouvelle, d’envisager toute une technique de protection des édifices, d’une utilisation efficace.
- La question des liants et des enduits est également très importante. La chimie du ciment a fait ces dernières années des progrès considérables. En s’appuyant sur les nombreux travaux publiés, il est possible de réaliser des mélanges dont les qualités de dureté, de stabilité, de résistance aux intempéries et d’élasticité répondent à toutes les nécessités.
- En ce qui concerne les monuments anciens, la solution est plus ardue, car il s’agit le plus souvent de maladies fortement enracinées. Les restaurations les mieux comprises risquent de modifier l’aspect ou le caractère artistique. Un entretien constant s’impose, lavages, brossages fréquents pour débarrasser les pierres des amas de sels qui les rongent.
- Un moyen efficace et radical de protection serait, dit M. Kling, de supprimer de l’atmosphère la quantité excessive d’anhydride sulfureux et de fumées corrosives qui lui sont déversés par les cheminées industrielles et ménagères. A cet effet, on devrait interdire l’emploi des charbons crus et imposer l’utilisation des charbons complètement ou partiellement distillés, les cokes et les semi-cokes. La distillation des houilles appauvrit celles-ci en soufre; les résidus brûlent alors sans donner de dégagement appréciable de fumée sulfureuse. On réalise une utilisation plus complète et plus économique du combustible en même temps qu’on supprime une des causes principales de la viciation de l’air. Ajoutons la captation obligatoire des fumées et vapeurs industrielles qui, croyons-nous, a fait l’objet de dispositions réglementaires dont l’application n’est encore que partielle. A cet égard, il existe des dispositifs électriques qui peuvent rendre de très grands services. L’extension de la traction électrique supprimera, d’autre part, les fumées des chemins de fer qui apportent une importante contribution à l’acidification destructrice de l’atmosphère.
- Avec un air ainsi dégagé d’anhydride sulfureux et appauvri en acide carbonique, non seulement les monuments seront à l’abri de la destruction chimique, mais encore l’hygiène publique elle-même y trouvera largement son compte.
- ElîN. ScHRtlDT, Docteur ès sciences.
- .. : LES RÉFLEXES CONDITIONNELS =~
- ET LA DÉFENSE NATURELLE DE L’ORGANISME
- Dès sa naissance, un animal présente des réflexes innés : il tête sa mère, salive et sécrète des sucs digestifs dès qu’il ingère des aliments; il éternue par irritation des muqueuses nasales, etc. Ensuite, au cours de sa vie, il en acquiert d’autres, individuels. Par exemple, l’odeur ou la vue des aliments habituels provoque, chez le chien, une sécrétion de salive et de suc gastrique que Pavlow a appelée sécrétion psychique et qu’il a longuement étudiée.
- En associant une excitation externe, telle qu’un son, une odeur, un éclairement ou encore, le grattage, le refroidissement ou réchauffement local de la peau, à la
- vue ou à la prise d’un aliment, Pavlow a créé un lien entre les deux excitations simultanées, tel qu’après un certain nombre de répétitions, l’animal salive et sécrète du suc gastrique en réponse à une seule excitation qui n’a rien à faire cependant avec la nourriture.
- Pavlow a appelé réjlexes Conditionnels ces associations de réflexes qu’on peut créer à volonté par la répétition.
- Selon Pavlow, pour le développement d’un nouveau réflexe conditionnel, « la condition essentielle est la coïncidence dans le temps de tout agent extérieur avec la mise en activité d’une excitation innée ». (Leçons sur le travail des hémisphères du cerveau.)
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- L’excitation conditionnelle (la sonnerie, par exemple) doit précéder quelque peu l’excitation innée (la nourriture, par exemple). Si l’excitation innée précède l’autre, le réflexe conditionnel n’apparaît pas.
- « Le développement des réflexes conditionnels, dit Pavlow, exige un état actif des grands hémisphères cérébraux. Si l’animal d’expérience est somnolent, l’élaboration des réflexes conditionnels est tardive ou bien même impossible à obtenir. Cela indiquerait que la formation de nouveaux liens dans le cerveau et de nouvelles voies est fonction d’un état actif de l’animal. En second lieu, l’animal doit être sain, afin que l’état normal des hémisphères cérébraux eux-mêmes soit garanti et que l’influence d’excitations internes pathologiques, dirigées vers ces hémisphères cérébraux, soit exclue ».
- Le Dr S. Métalnikov, de l’Institut Pasteur de Paris, vient de démontrer que les réflexes conditionnels peuvent également jouer un rêde important dans l’immunité.
- Nous avons déjà exposé (n° 2975) que l’organisme réagit, quand un microbe l’envahit, par diverses réactions défensives : phagocytose, apparition d’alexine, anticorps, anatoxines, etc.
- La phagocytose est la plus aisée à observer par la variation de la formule leucocytaire. Il suffit, en effet, d’injecter à un animal une petite dose non mortelle de microbes pour provoquer une augmentation très considérable et presque immédiate des globules blancs.
- Le Dr S. Métalnikov a fait à plusieurs lapins des injections de vibrions cholériques atténués par le chauffage, associées à des excitations conditionnelles. Les lapins recevaient de 15 à 30 injections successives, à raison d’une injection par jour, et chaque injection était précédée d’une excitation externe pendant une minute environ (son d’une trompette ou grattage de l’oreille). Dix ou quinze jours après la dernière injection, quand la formule leucocytaire était redevenue normale, les lapins répondaient à l’excitation externe habituelle, sans injection de inicrobes, par une poussée leucocytaire (fig- !)•'
- Cette réaction commence ordinairement 3 à 5 h après l’excitation conditionnelle et se manifeste pendant 2 ou 3 h. Chez quelques animaux, elle peut durer pins longtemps.
- Le Dr Métalnikov étudia ensuite si les réflexes conditionnels peuvent aussi produire des réactions défensives humorales. En procédant de la même façon que pour les expériences relatives à la réaction défensive leucocytaire, et en examinant le titre de l’agglutination de microbes vivants par le sang des lapins soumis aux excitations conditionnelles seules, il observa une augmentation notable du titre agglutinant (fig. 2).
- En se basant sur ces expériences, le Dr Métalnikov pense que la phagocytose et la formation des anticorps ne sont pas des phénomènes autonomes, mais bien des phénomènes physiologiques réglés par les centres nerveux et intimement liés à la vie de l’organisme entier.
- Les expériences ultérieures du Dr Métalnikov et d’autres savants ont démontré que les excitants conditionnels peuvent aussi provoquer des phénomènes d’empoisonnement, de douleur et de malaises.
- 3 G 24
- Fig. 1. — Variations du nombre des leucocytes chez un lapin préparé [en noir) ci un témoin {en blanc), avant, puis 3, G et 24 h après une excitation conditionnelle.
- Il est possible que dans beaucoup de maladies chroniques et nerveuses (asthme, troubles cardiaques, névroses, etc.), les accès et les crises soient parfois déclenchés par des excitants conditionnels qui n’ont rien de commun avec la cause essentielle de la maladie. Cela expliquerait qu’un simple changement des habitudes ou du mode de vie puisse avoir un effet salutaire.
- Et si la parole, un simple mot, associé d’abord à un réflexe déterminé pouvait devenir un excitant conditionnel, cela n’expliquerait-il pas la psychothérapie et, par exemple, la méthode Coué qui prétend guérir de nombreuses maladies, en répétant simplement une ou quelques affirmations, toujours les mêmes, telle que : « Je n’ai plus mal. »
- W. N. Ivazeeff.
- Fig. 2. — Variations du pouvoir agglutinant du sang d’un lapin préparé {en noir) et d’un témoin {en blanc), avant, puis 9, 10, 11, 12 et 20 jours après une excitation conditionnelle.
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- LA PROJECTION STÉRÉOSCOPIQUE ET LES FILTRES POLARISEURS
- Fig. 1. —• Lunettes polarisantes Von Arderme pour la cinématographie
- stéréoscopique.
- La projection cinématographique par les anaglyphes a été notablement perfectionnée durant ces derniers temps, et nous avons, en particulier, signalé les remarquables résultats dus à M. Louis Lumière, ainsi que les débuts des projections cinématographiques en relief en France.
- Pour éviter les inconvénients dus à l’emploi de filtres colorés on a cependant proposé depuis déjà longtemps de projeter sur un écran cinématographique les deux images stéréoscopiques juxtaposées, en les différenciant au moyen de la lumière polarisée.
- On emploie alors un appareil de projection double projetant sur l’écran les deux images stéréoscopiques, à l’aide d’une source de lumière polarisée. L’image destinée à être perçue par l’œil droit du spectateur est éclairée avec de la lumière polarisée verticalement, tandis que l’image destinée à l’œil gauche est éclairée avec de la
- lumière polarisée horizontalement. Le spectateur est muni de lunettes à verres polarisants, orientés de façon à éteindre, pour chaque œil, la lumière qui ne lui est pas destinée.
- L’œil droit, par exemple, muni d’un système polari-seur vertical, ne voit que l’image en lumière polarisée verticalement. Le relief est donc perçu de la manière normale, comme avec un stéréoscope.
- Il faut évidemment que la lumière polarisée provenant des objectifs demeure polarisée après avoir frappé l’écran, lorsqu’elle revient vers les spectateurs. 11 ne faut donc pas employer un écran blanc ordinaire qui diffuse la lumière et détruit la polarisation, mais un écran métallisé produisant des effets plus satisfaisants.
- La construction des objectifs polarisants, et surtout celle des lunettes d’analyse destinées aux spectateurs,
- Fig. 2. — Comment apparaissent les images projetées sur l'écran lorsqu’on n’utilise pas les lunettes.
- Fig. 3. — Courbes de transparence des filtres polariseurs d'après les mesures de M. Von Ardenne.
- En abscisses : les longueurs d’onde des radiations en millimicrons. En ordonnées : Fraction de lumière traversant le filtre.
- a) Courbe obtenue pour les vibrations dont le plan de polarisation est
- parallèle à celui du verre polariseur de la lunette.
- b) Courbe obtenue pour les vibrations dont le plan de polarisation est perpendiculaire à celui du verre polariseur de la lunette (l’extinction
- est pratiquement complète en lumière blanche).
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- ont soulevé les plus graves difficultés du problème, et retardé la mise en application pratique de ce procédé.
- Notre collaborateur Gradenwitz a signalé ici-même, récemment, la mise au point par le Dr Haase, chez Zeiss,à léna, de verres d’optique munis d’un filtre polariseur en hérapatite, combinaison d’iode et de quinine. Une simple pellicule de ce corps, enchâssée entre deux glaces, forme un excellent polariseur; cette pellicule est constituée par une mosaïque d’innombrables et minuscules cristaux polarisants parallèles. Pour empêcher que cette mosaïque ne joue comme un verre dépoli, on lui donne la transparence nécessaire en recouvrant ses faces d’un vernis d’indice convenablement choisi.
- M. von Ardenne, le technicien allemand bien connu, dont nous avons déjà signalé les travaux, a eu l’idée de recourir à ces verres spéciaux pour les verres des lunettes polarisantes destinées à la cinématographie stéréoscopique.
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- On obtient des lunettes extrêmement légères, aussi faciles à porter que des lunettes ordinaires. Les images stéréoscopiques sont projetées sur l’écran en noir et blanc évidemment, comme le montre la photographie de la figure 2.
- La perte de lumière est très faible, semble-t-il, comme le montrent les courbes de la figure 3. On notera, en
- " . = 365 =
- particulier, que du côté du rouge, c'est-à-dire des radiations calorifiques du spectre, l’absorption par le verre des lunettes est faible, moins de 30 pour 100. 11 n’y a pas à craindre d’échauffement désagréable des verres. Le système semble donc répondre aux exigences d’une exploitation pratique.
- P. IL
- LA TRAVERSÉE DE L’ATLANTIQUE PAR UNE VEDETTE A MOTEUR
- Comme nos lecteurs l’ont appris par les informations des journaux, un magnifique exploit maritime a été accompli cet été.
- Un courageux navigateur français,
- M. Marin Marie, qui est en même temps peintre de marine réputé, a traversé l’Atlantique de New-York au Havre seul à bord de VAriette, vedette de 13 m actionnée par un moteur Diesel-Baudouin de 50-60 t'h.
- Pour qui connaît les difficultés d’une semblable entreprise, le bref résumé suivant montre éloquemment à quel point cette entreprise a été réussie.
- M. Marin Marie à quitté New-York le 23 juillet à 9 b 45, A 14 h, le même jour, il a été rejoint et dépassé au bateau feu Ambrose par les paquebots lie de France et Berengaria-, le lendemain à l’aube, VEuropa le passait à petite distance non loin du bateau-feu de Nantucket.
- Ensuite, aucune nouvelle de lui jusqu’au 7 août, date à laquelle le vapeur anglais Lornaston signalait 1 avoir rencontré, à midi, faisant route normalement vers l’Est et se trouvant alors
- si ;
- Fig. 1. — M. Marin Marie et le yacht Arielle dans le porl du Havre. (Cliché P. B.)
- L’ÉTUDE PRÉPARATOIRE
- à 760 milles, soit environ 1400 km d’Ouessant.
- Cinq jours plus tard, on apprenait qu’il venait de mouiller aux îles Chausey, terminant la traversée proprement dite de 1 Atlantique en 18 jours et 16 h, soit à la vitesse horaire moyenne d’un bateau de commerce.
- A part deux très courts arrêts volontaires motivés par la vidange et le renouvellement de l’huile de graissage, le moteur avait tourné sans arrêt. La dernière période de marche absolument ininterrompue avait été de 10 jours et 10 nuits.
- Deux jours après son arrivée aux îles Chausey, M. Marin Marie était reçu triomphalement au Havre par les représentants de la Marine Militaire, de la Compagnie Transatlantique, du Yacht Club de France, différentes notabilités, sa famille, ses amis et ses admirateurs. Il y recevait les plus chaleureux témoignages d’admiration pour la réussite de sa magnifique entreprise.
- M. Marin Marie s’était déjà signalé, il y a quelques années,exactement en 1933, par une traversée de l’Atlantique qu’il avait accomplie seul à bord d’un petit voilier de 11m. Il avait effectué cette traversée de Boulogne-surmer à New-York en 65 jours de navigation. A l’occasion de cette traversée, il avait mis au point et utilisé une très ingénieuse méthode de pilotage automatique lui permettant de disposer de périodes de repos indispensables sans arrêter la marche de son bateau. Nous verrons plus loin comment il fut conduit à étudier et comment il réussit à résoudre ingénieusement le même problème, dans le cas beaucoup plus compliqué d’une vedette à moteur.
- Une rude formation maritime, la connaissance approfondie des choses de la mer, une expérience fréquente de l’emploi des bateaux de très faible tonnage dans des parages maritimes difficiles, permettaient d’accorder la
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- 13 m 05
- Fig. 2. —• Coupe en élévation du yacht Ariello. (Chantiers navals de Sartrouville. P. Jouet et Cie.)
- M. Marin Marie a finalement décidé d’utiliser une coque ayant les caractéristiques suivantes :
- Longueur.....................13 m 05
- Largeur...................... 3 m 40
- Tirant d’eau................. 1 m 40
- Tonnage......................13 t
- L’exécution de cette coque a été réalisée par les Chantiers navals de Sartrouville.
- Comme le montre le dessin ci-dessus, le compartimentage du bateau comprenait un compartiment avant servant de soute à combustible (nous parlerons plus loin du mode de stockage adopté pour ce combustible) ; un compartiment milieu formant chambre du moteur; un compartiment arrière avec deux couchettes.
- Au-dessus du compartiment du moteur était disposé le poste de pilotage bien dégagé et communiquant directement avec le logement arrière.
- CHOIX ET CARACTÉRISTIQUES DU MOTEUR
- L’emploi d’un moteur à essence a été tout d’abord écarté pour les considérations suivantes :
- Insuffisance de rayon d’action obligeant à stocker un poids de combustible difficile à loger dans une vedette de petite dimension. Pour préciser par des chiffres l’importance de cette considération, il faut noter qu’un moteur marin à essence consomme approximativement 300 gr de combustible par ch-h, tandis qu’un moteur Diesel marin de petite puissance consomme un poids de combustible voisin de 200 gr d’huile lourde, rapporté à la même unité.
- Si donc il faut 5 t de combustible pour assurer une traversée avec un moteur Diesel, il en faudra 7 1/2 avec un moteur à essence, c’est-à-dire moitié plus. En réalité ce gain de poids n’est pas intégralement obtenu parce
- plus grande confiance à M. Marin Marie lorsqu’il mit à l’étude son projet de traversée transatlantique, seul à bord d’une embarcation à moteur.
- Toutefois, bien des problèmes nouveaux étaient posés par ce projet. ^
- CHOIX, CARACTÉRISTIQUES ET AMÉNAGEMENTS DE LA COQUE
- Le choix de la coque a fait l’objet d’une étude attentive. Il convenait de prévoir un bateau d’un tonnage suffisant pour emporter la provision de combustible sans toutefois exagérer la dimension du bateau qui serait devenu de ce fait insuffisamment maniable pour un seul homme.
- Il fallait, d’ autre part, une coque solidement membrée, de très grande stabilité et suffisamment fine pour permettre d’obtenir une bonne vitesse.
- Fig. 3. — Le moteur Diesel-Baudouin, qui équipe la vedette de M. Marin Marie. (Cliché S. M. B.)
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- que le moteur Diesel pèse plus lourd que le moteur à essence, mais le bénéfice est encore important lorsqu’il s’agit et, c’était le cas, d’une longue traversée.
- Un deuxième facteur favorable à l’emploi du moteur Diesel a été le facteur sécurité par élimination des risques d’incendie.
- Le type de machine ayant été ainsi déterminé, il s’agissait d’en fixer la marque et la puissance.
- M. Marin Marie s’est adressé à la Société des moteurs Baudouin, maison française spécialisée depuis plus d’une trentaine d’années dans la construction des moteurs de bateaux et de leurs accessoires. Il savait que de nombreux moteurs Diesel de ce constructeur étaient employés avec succès sur des bateaux de pêche où les conditions d’entre-lien sont précaires pour ne pas dire parfois inexistantes. 11 savait aussi que la Compagnie générale Transatlantique avait équipé avec ce genre de moteur les grandes vedettes de sauvetage du paquebot Normandie.
- Lorsqu’il s’est agi de déterminer la puissance utile, deux considérations opposées sont intervenues.
- Une très faible puissance aurait donné trop peu de vitesse et entraîné par la prolongation du voyage plus de fatigue et plus de consommation totale de combustible. Une trop forte puissance aurait également provoqué ce dernier inconvénient car un gain de vitesse sur l’eau s’achète très cher en puissance motrice. Rappelons que cette puissance croît comme le cube delà vitesse désirée, c’est-à-dire qu’il faut huit fois plus de puissance pour doubler la vitesse.
- Il semble bien, d’après les résultats obtenus, que M. Marin Marin ait vu particulièrement juste en prévoyant pour son bateau un moteur Diesel-Baudouin du type DB 4 M de 50-60 ch. D’aucuns pensent qu’il aurait dû sagement prévoir deux moteurs. M. Marin Marie y a été toujours formellement opposé; là encore l’expérience lui a donné raison.
- Un autre problème fondamental se posait ensuite : celui de la mise en marche facile du moteur par un seul homme. Un moteur Diesel de 50-60 ch à 4 cylindres démarre avec facilité au moyen d’air comprimé, mais la bouteille de lancement peut accidentellement se vider, une vanne peut fuir sans qu’on s’en aperçoive. Prévoir deux bouteilles constitue une mesure de prudence qui permet de remédier presque certainement à ces incidents, mais un « presque certainement » est une garantie insuffisante pour un navigateur seul au milieu de l’Océan dont l’existence est à peu près à la merci du bon fonctionnement de son moteur.
- Le lancement à la main, « à la volée », d’un moteur Diesel de 50-60 eh par un seul homme est chose pratiquement impossible.
- Pour permettre ce lancement, il faut avoir recours à un dispositif couramment employé sur les moteurs
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- Diesel-Baudouin. Ce dispositif appelé système de lancement par volant d’inertie est d’un fonctionnement essentiellement simple.
- Par une action manuelle sur la manivelle de lancement, le volant du moteur est tout d’abord débrayé de l’arbre vilebrequin. 11 tourne librement sur des roulements à billes et peut être entraîné à grande vitesse moyennant un très faible effort.
- L’arrêt de la manivelle provoque l’embrayage du volant sur l’arbre et l’énergie emmagasinée dans le volant assure le démarrage du moteur sans aucune difficulté. Comme l’énergie contenue dans un volant est proportionnelle au carré de sa vitesse de rotation, on conçoit qu’il soit possible d’obtenir un effort de démarrage puissant par la simple mise en jeu d’un effort musculaire relativement faible.
- Disons en passant, à titre documentaire, que les
- moteurs Diesel de 90 eh des vedettes de sauvetage de la Normandie possèdent ce système de démarrage manuel.
- En pratique, M. Marin Marie s’est exclusivement servi de ce mode de lancement à main et le démarrage à air comprimé dont son moteur était également muni a simplement fait office de système de secours. Les bouteilles de réserve d’air de lancement ont uniquement servi à alimenter la puissante sirène de brume dont la vedette était munie.
- La disposition du moteur dans le bateau avait été prévue pour en permettre aisément la visite. Le plancher du poste de pilotage était constitué par deux battants articulés à charnière, pouvant se relever et découvrant alors complètement la chambre du moteur.
- En service normal, ces battants étaient fermés et la surveillance de fonctionnement du moteur comportait, comme seul appareil de contrôle, un indicateur de circu-
- Fig. 5. — Arrivée au Havre du yacht Arielle, le 14 aoûl 1936, après sa traversée de VAtlantique. (Cliché P. B.)
- Comparer les dimensions du yacht avec celles du remorqueur Minolaure venu au-devant
- de lui et l’accompagnant.
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- la lion d’huile placé sous les yeux du pilote. Autrement dit, cette surveillance était limitée à très peu de chose, laissant entièrement libre l’attention du pilote pour les besoins de sa navigation.
- Les caractéristiques techniques du moteur étaient les suivantes :
- Moteur Diesel-Baudouin, type DB 4 M de construction de série fonctionnant suivant le cycle à 4 temps à simple effet, à 4 cylindres 140 X 180.
- Puissance nominale : 50-60 ch.
- Régime de vitesse : 700-750 t/mn.
- Injection mécanique du combustible comportant une pompe indépendante pour chacun des cylindres.
- Graissage sous pression avec pompe, contrôleur de circulation d’huile et double filtre.
- Régulateur centrifuge automatique contrôlant constamment le régime du moteur.
- Fig. 4. —•Arrivée du yacht Arielle au Havre, le 14 août 1936. Remarquer, à l’arrière du poste de pilotage, et un peu au-dessus, la girouette de commande automatique du deuxième gouvernail-Celui-ci est partiellement visible à l’arrière de la coque, tandis que le gouvernail principal est entièrement immergé sous la coque.
- Pompe de circulation d’eau de refroidissement et pompe de cale.
- Changement de marche à engrenages avec butée d’hélice à graissage automatique.
- Commandes du changement de marche et du réglage de la vitesse mises à portée du pilote.
- STOCKAGE DU COMBUSTIBLE
- La solution adoptée pour le stockage du combustible a consisté dans l’utilisation de fûts de 200 litres solidement arrimés dans le compartiment avant du bateau. Quelques fûts supplémentaires étaient disposés dans le compartiment du mo'ieur et dans la partie arrière du bateau. Ce fractionnement de la réserve de combustible avait pour objet d’éviter les effets dangereux de balourd du liquide qui se seraient produits avec des réservoirs de stock de* grande capacité unitaire.
- Une canalisation fixe avec raccords disposés de place en place permettait aisément de brancher une canalisation souple servant à puiser le combustible dans les fûts. Une pompe à main disposée dans le compartiment de pilotage servait à remplir deux réservoirs nourrices avec niveau pour le service journalier.
- Le remplissage de ces réservoirs nourrices, ayant chacun une capacité d’une centaine de litres, était assuré en 10 à 15 mn.
- La quantité totale de combustible emportée au départ de New-York atteignait 5 t; à l’arrivée au Havre, il y avait encore, en approvisionnement, une disponibilité d’environ 1000 litres.
- SYSTÈME DE PILOTAGE AUTOMATIQUE
- M. Marin Marie dans sa précédente traversée transatlantique avait utilisé un système automatique pour le pilotage de son voilier.
- Dans le cas d’un bateau à moteur, l’emploi d’un semblable système n’est pas moins nécessaire pour permettre au pilote de prendre un repos absolument indispensable sans arrêter la marche de son bateau.
- Si, en effet, la barre est simplement mise à O, le bateau ayant un cap déterminé, on constate que ce cap ne se maintient jamais; le bateau dévie de sa route en décrivant un cercle de plus ou moins grand rayon qui le ramène au voisinage de son point de départ, c’est-à-dire au point d’abandon de la barre.
- Le système très simple imaginé par M. Marin Marie est basé sur l’emploi d’un deuxième gouvernail indépendant du gouvernail à commande manuelle. Ce deuxième gouvernail peut être solidarisé avec une girouette qui s’oriente dans le lit du vent relatif résultant du vent réel et de la vitesse du bateau. En supposant, ce qui est conforme à la réalité, l’existence d’un vent établi et une vitesse constante du bateau, la girouette prend une orientation fixe dans l’espace. Si l’on établit à ce moment une liaison permanente entre la girouette orientée dans le lit du vent relatif et le deuxième gouvernail orienté dans l’axe du bateau, toute déviation du bateau sera automatiquement corrigée par l’action de ce gouvernail. Au moment où le gouvernail principal n’est plus utilisé, le pilote le fixe à la position zéro, quitte son poste de pilotage et va se reposer.
- Une seule objection : le système ne fonctionne que s’il y a du vent. C’est le cas le plus fréquent à la mer, mais ce n’est pas toujours le cas.
- Aussi, M. Marin Marie s’était-il volontiers prêté à l’application d’un dispositif intéressant de pilotage automatique électrique, qu’il a également expérimenté.
- La description de ce dispositif nous entraînerait trop loin et sortirait du cadre de cet article, cet appareillage très intéressant méritant à lui seul un article descriptif.
- Nous ne voulons pas terminer cet exposé sans exprimer à M. Marin Marie notre profonde admiration pour son magnifique exploit, pour la brillante démonstration qu’il a su faire, en bon Français, de la qualité d’un matériel exclusivement construit en France.
- P. Bochet.
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- L’EGEIDE ET LE COMMERCE DES METAUX
- Plus que les grandes conquêtes militaires, le commerce a joué dans l’histoire de la pensée antique un rôle prépondérant. C’est lui qui lut le véritable propagateur des idées nouvelles; se glissant d’un pays à l’autre, elles s’échangeaient avec les produits de l’agriculture et de l’artisanat. Que nous étudiions les religions, les ax-ts ou l’industrie des peuples très anciens, c’est toujours lui et sa mission civilisatrice que nous retrouvons. Ce qu’il apportait, il ne l’imposait pas par la force : il le proposait. Et des progrès, de nouvelles mœurs, de nouvelles croyances s’infiltraient ainsi dans un pays jusqu’alors barbare, s’y enracinaient peu à peu, accueillis de bon gré par la population sans méfiance devant une conquête aussi pacifique et faite pour le bien de tous. Le commerce, sous la forme primitive du troc, accompagna aussi les grandes migrations de l’antiquité; c’est probablement ainsi que la méthode de fabrication des objets en bronze fut dévoilée par l’Asie à l’Europe.
- Un des foyers anciens les plus importants au point de vue commercial fut sans aucun doute la mer Egée. Placée à l’intersection des grandes routes maritimes qui unissaient l’Asie, la Grèce, l’Egypte et les lointaines contrées occidentales, elle devait devenir et devint le centre où se rencontraient les peuples les plus dissemblables, où s’opérait le trafic des produits les plus divers. De ces races égéennes que nous commençons seulement à connaître, et encore si peu ! nous savons pourtant qu’elles donnèrent d’habiles commerçants et d’audacieux navigateurs. Bien avant le troisième millénaire avant l’ère chrétienne, leurs embarcations sillonnent déjà la mer Egée, allant d’une île à l’autre pour échanger les produils de leurs sols, trafiquer les instruments de pierre taillée et l’obsidienne de Mélos (la Milo actuelle) que les Cretois exportaient en Orient. Enfin, vers 3000 av. J.-C. vint l’âge du cuivre et avec lui commença la prospérité de la Crète qui, pendant près de 2000 ans, lit des métaux sa principale industrie.
- LE CUIVRE
- Le cuivre existe en grandes quantités sur toute la surface de la terre. 11 s’y présente sous forme d’oxydes, de sulfures, de carbonates, etc., et rarement à l’état natif. 11 est probable que les peuples de l’antiquité l’exploitèrent tout d’abord sous forme d’oxydes. Son extraction hors du minerai était ainsi plus facile, puisqu’il suffisait de mêler du charbon de bois à l’oxyde et de chauffer le tout dans un feu réducteur. Or, le cuivre ainsi obtenu ne pouvant être parfaitement pur (surtout si l’on considère les moyens primitifs dont on devait disposer à cette époque), il fondait sans aucun doute bien au-dessous de son point de fusion normal (1083°), ce qui facilitait encore l’opération.
- Les fouilles de Suse nous ont révélé que ce métal était employé en Orient dès 4000 av. J.-C. C’est également vers cette époque qu’on le suppose en usage chez les Egyptiens; on le rencontre en effet dans la vallée du Nil mêlé aux instruments néolithiques. Peut-être provenait-il des mines du Sinaï que les rois thinites exploitèrent plus tard. En -Egéide, soir commerce prit rapidement une grande extension. Les principales mines de cuivre se trouvaient à Rhodes et à Chypre ; Seriphos en produisait aussi. C’est alors que l’importance économique de la Crète se précise. Entre toutes les îles de la mer Egée, sa position géographique est particulièrement favorable et son sol fertile lui permet d’opérer des transactions importantes. Puis soudain, vers 2400, on découvre l’étain.
- L’ÉTAIN
- Comme le cuivre, l’étain se rencontre rarement à l’état
- natif, mais il est en outre beaucoup moins répandu. Les gisements les plus connus dans l’antiquité étaient ceux de la Drangiane (au sud-ouest de l’Afghanistan) où l’on croit devoir rechercher l’origine du bronze, ceux à’Espagne et des Cassi-térides (du gr. Kassiteros = étain), qui sont les îles Scilly actuelles, et ceux de Khorassan, en Perse. Il y avait également de l’étain en Étrurie et eix Bohême. Quant aux gisements de la Chine et de l’Asie centrale, on ne sait s’ils étaient connus des peuples méditerranéens (*).
- Dès que les Egéens connurent l’étain, ils comprirent tous les avantages de son alliage avec le cuivre. La connaissance de cet alliage a pu être une des conséquences de leurs contacts avec l’Asie; en effet, d’après Andersson, le bronze était en usage en Chine dès le troisième millénaire. Quoi qu’il en soit il est probable que l’Orient a précédé l’Occident dans l’usage de ce métal.
- Le procédé employé de nos jours pour extraire l’étain de la cassitérite, quoique beaucoup plus perfectionné que celui utilisé dans l’antiquité, n’en diffère pas quant aux principes. Il était à peu près semblable au procédé d’extraction du cuivre. Comme celui-ci d’ailleurs, l’étain obtenu par ces moyens pri-
- Fig. 1. — Soufflet soudanais (Musée d’Ethnographie du Trocadéro.)
- mit ifs n’était sans doute pas pur. La cassitérite devait fournir un métal mêlé d’arsenic, d’antimoine, de zinc, etc., en proportions plus ou moins importantes. Ce ne pouvait qu’accroître la résistance du bronze. En effet, le bronze moderne contient du plomb et du zinc; on en obtient un de très grande dureté par additions de 0,25 à 2,5 pour 100 de phosphore et 5 à 15 pour 100 d’étain. D’antiques haches de Hongrie ont révélé à l’analyse une teneur en arsenic de 18 pour 100, mais il se peut que ce soit la conséquence d’une extraction imparfaite hors du minerai et il ne s’ensuit pas qu’il faille accorder aux anciens de grandes connaissances en matière d’alliages. Au début de l’âge du bronze, la teneur en étain la plus répandue en Europe et en Méditerranée orientale était de 7 à 9 pour 100. Ce ne fut que vers la fin de cette époque qu’on obtint un alliage de 15 pour 100 d’étain et 85 pour 100 de cuivre. Propor-
- 1. Citons pour mémoire les principaux gisements actuels de cassitérite :
- La Malaisie fournit 30 pour 100 de l’extraction mondiale.
- Les Indes Néerlandaises 25 pour 100 — —
- La Bolivie 25 pour 100 — —
- La Nigéria environ 8 pour 100 — —
- 11 s’en trouve également en Chine, au Siam, en Australie, dans l’Union Sud-Africaine, en Cornouaille, en Espagne, etc.
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- lions assez analogues à celles employées de nos jours pour ce que l’on appelle le bronze des canons (10 pour 100 d’éiain et 90 pour 100 de cuivre). 11 est juste de dire que les canons ne se font plus en bronze, mais le nom est resté.
- LES FORGES
- Quant aux forges primitives, on peut assez bien les imaginer semblables en beaucoup de points à celles que l’on voit encore chez les indigènes africains. Le soufflet en particulier devait déjà être constitué par deux bols en bois accouplés, recouverts chacun d’une peau très lâche, et terminé par deux longs tuyaux; en pressant et en relâchant alternativement ces peaux, on créait un courant d’air continu. C’est le type classique en usage au Soudan (ffg. 1). Les premiers métallurgistes en utilisaient sans doute aussi d’analogues à ceux des anciens Égyptiens : établis sur le même principe, ces soufflets étaient actionnés au moyen des pieds, tandis qu’une ficelle attachée à chaque peau permettait de la relâcher à la main pour provoquer l’entrée de l’air (fig. 2).
- LE BRONZE
- Le bronze ne tarda pas à être partout préféré au cuivre. 11 est plus dur et d’une plus grande fusibilité. La découverte de cet alliage fut accompagnée d’un accroissement considérable
- Fig. 2. — Emploi du soufflet dans une ancienne forge égyptienne (XVIIIe dynastie). Temple de Karnak.
- de la marine crétoise et ne fut certainement pas étrangère à l’extension de l’influence des rois de Knossos sur tous les territoires égéens. Pendant des siècles, les fins bateaux de bois propagèrent le renom de la Crète et de ses hardis voyageurs non seulement dans l’Egée et dans l’Adriatique, mais encore sur les côtes d’Espagne et jusque dans le Pont-Euxin. En Égypte, en Sicile, ils exportaient leurs produits agricoles et leur céramique (autre grande industrie nationale) et importaient l’argent d’Ibérie, l’étain d’Angleterre, le cuivre de Chypre, etc. L’étain de l’Iran et de la Caspienne leur parvenait par la Syrie et les Iles; celui de Grande-Bretagne par la Gaule,
- la vallée du Pô et l’Adriatique. Mais c’était surtout l’Occident qui leur en fournissait; sitôt l’usage du bronze répandu, l’Espagne et les Cassitérides alimentèrent à elles seules tous les marchés du Nord et de la Méditerranée.
- Les Crétois étaient passés maîtres dans l’art de travailler le bronze. Leur technique imposa rapidement dans tous les pays méditerranéens leurs produits fabi'iqués. Ils connurent très tôt, vers 2000, l’usage de la soudure, importé probablement de Mésopotamie. De leui-s mains, le bronze sortait sous les formes les plus diverses : serrures et clefs, bijoux, armes, ainsi que chaudrons, pots, bassins et vases cultuels.
- LE FER
- Le fer ne fut introduit en Egéide que beaucoup plus tard, vers 1200, et îx’y fut accueilli, semble-t-il, qu’à regret. Il fallut les invasions aryennes pour répandre l’emploi du « métal noir ». Venu du Nord, terne et sans beauté, le fer ne pouvait plaii’e aux races méditeri'anéennes que l’Orient touchait de si près, vivant à demi nues sous le soleil, profondément éprises de couleurs et d’harmonieuses fantaisies.
- Comme il était facile de le prévoir, avec ce gros progrès matériel réalisé par l’emploi du métal coïncida un progrès intellectuel aussi important. Les Crétois appliquèrent à leur céramique, depuis longtemps très renommée, la technique des métaux et, parallèlement, se développèrent des idées artistiques nouvelles. En même temps, le commerce international entraînait à un emploi de plus en plus étendu de l’écriture. On a retrouvé ce que l’on suppose être des comptes, des contrats, des traités. Ainsi, ce n’était plus seulement leurs productions que les Crétois exportaient à l’étranger, mais aussi leurs coutumes, leur art, leur morale, leurs croyances. Cette pénétration égéenne, pacifique entre toutes, c’est un peu à elle que nous devons notre civilisation. C’est grâce à ces « Peuples de la Mer » encore si mystérieux pour nous, grâce à leurs marins aventureux et à leui'S « conquêtes » bienfaisantes que la Grèce classique a pu atteindre autrefois si rapidement le rang de foyer intellectuel de l’humanité.
- Peut-êti'e est-il instructif à l’heure présente de souligner le caractère brutal et destructeur des conquêtes indo-européennes en opposition avec les méthodes d’infiltration pacifique des peuples méditerranéens. Là où ces derniers avaient apporté le cuivre et le bronze, tous les éléments des arts et de la religion, les Aryens envahisseurs de la Grèce, que l’on appela plus tard les Doriens, n’apportèrent que la ruine et la désolation. Mais du contact intime de l’âme égéenne avec ces peuples du Nord, s’est formée peu à peu l’âme grecque. Ce n’est pas tant au heurt des épées de fer contre les armures de bronze qu’au commerce des peuples de l’Egéide, surtout aux Crétois et peut-être plus particulièrement au commerce des métaux, que nous devons cette éclosion magnifique. Ce qu’ils avaient semé était tombé dans une bonne terre et devait donner, quelques siècles plus tard, une riche moisson.
- N. Collins-Tenthorey.
- PRESTIDIGITATION
- L’ANTRE DE
- « Mesdames, Messieurs, nous savons qu’autreîois les sorcières, généralement d’aspect repoussant et désagréable, vivaient dans des antres sombres et lugubres. Aujourd’hui elles ont su se mettre au goût du jour comme tenue de leur personne et comme habitation. Je vais avoir le plaisir de vous
- LA SORCIÈRE
- en présenter une. Elle habite cette grande caisse formée de baguettes légères sur lesquelles ont été collées des feuilles de papier de soie. Elle est donc excessivement légère et de plus invisible; cependant, je vais la matérialiser et vous la présenter. »
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- L’expérience ainsi annoncée s’exécute au moyen de la caisse représentée üg. \. Elle mesure environ 1 m 20 de large, 1 m 20 de profondeur et 2 m de haut. La carcasse de bois est formée de planchettes légères de 0 m 15 de large. Une porte remplit une des faces. Le toit est en pointe et au centre existe une ouverture G suffisante pour passer une lampe. Comme je l’ai dit, toutes les surfaces sont recouvertes de papier de soie. L’opérateur fait éteindre ou tout au moins baisser la lumière de la scène. 11 tient à la main une forte lampe fixée à un fil souple. Faisant le tour de la caisse avec sa lampe, la promenant intérieurement et extérieurement, il montre qu’elle est bien vide car la transparence est parfaite sur toutes les faces. Sans affectation, il la fait glisser et tourner sur ses pieds à roulettes, pour bien démontrer la légèreté de l’appareil.
- 11 ferme alors la porte qui est face aux spectateurs et par l’ouverture G pratiquée au sommet du toit introduit sa lampe à l’intérieur de la caisse qui se trouve fortement éclairée comme une énorme lanterne. Après quelques simulacres d’évocation, l’opérateur s’éloigne un peu et l’on voit une main de femme projeter son ombre sur la porte. Gette ombre disparaît, puis elle est remplacée par une autre qui tient un bouquet. La porte est ouverte brusquement : la caisse est vide ! Aussitôt la porte refermée les apparitions d’ombres recommencent et cela plusieurs fois de suite. Enfin le papier de la porte se crève et de la caisse sort une jeune femme en costume oriental, qui est la sorcière moderne. Avec son opérateur elle fait différentes expériences de double vue, de vue à distance, de prévision de pensée dont l’explication fera l’objet d’une prochaine étude car elles n’ont rien à faire avec le truc de la présentation de la sorcière.
- Voici comment s’opère le mystère de la caisse en papier de soie. Rien n’est truqué sauf le plancher. De l’extérieur, l’entourage dans lequel repose le plancher comme toutes les autres parties solides de la caisse mesure 15 cm, mais à vrai dire cet
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- entourage gagne 2 cm et mesure 17 cm. Le plancher est double. Sa partie inférieure B est bombée d’une façon concave et la partie supérieure A d’une façon convexe. Cela passe inaperçu du public et la sorcière peut facilement se loger entre les deux parties du plancher. Au moment des apparitions, elle soulève l’avant du plancher et s’enlevant sur une main, pose l’autre main et son bras ou tout autre objet sur le papier de la porte. La lampe, qui est suspendue aux deux tiers de la hauteur de la caisse, donne l’ombre du bras ou des objets présentés, sans donner celle du corps. La sorcière n’a donc qu’à rentrer et sortir à demi de sa cachette pour faire les apparitions et à sortir complètement lorsqu’elle veut apparaître finalement en crevant le papier.
- Le prestidigitateur Albeh.
- Fig. ].•— Vue d'ensemble de la caisse Fig. 2. — Une apparition sur formée de baguettes el de papier de soie. le papier de soie de la porte.
- UN NOUVEL AGENT REFRIGERANT
- LE FRÉON OU DICHLORODIFLUOEOMÉTHANE
- Les machines frigorifiques, des modèles industriels comme des modèles domestiques, font toutes appel, pour produire le froid, à l’évaporation d’un liquide, phénomène qui, on le sait, ne peut se produire qu’en absorbant de la chaleur.
- Les agents les plus employés jusqu’ici ont été l’eau, l’acide carbonique, l’ammoniac, l’anhydride sulfureux, le chlorure et le bromure de méthyle.
- L’eau serait l’agent idéal; mais l’énorme volume et la faible densité de sa vapeur aux basses températures ne permettent son emploi qu’avec des éjecteurs à vapeur, ou dans des machines à absorption à acide sulfurique, corps éminemment dangereux. L’acide carbonique, ne peut être liquéfié que sous des pressions très élevées, souvent dangereuses. L’ammoniac et l’acide sulfureux sont toxiques; le chlorure et le bromure de méthyle le sont également et en outre légèrement inflammables. Tous ces agents, l’eau mise à part, comportent donc des risques qui justifient la recherche d’autres agents, dépourvus de ces défauts.
- Cette recherche a été particulièrement poussée aux Etats-Unis où les machines frigorifiques domestiques ont pris, en ces dernières années, un extraordinaire essor.
- Deux chimistes, attachés au Laboratoire de la « General Motor C°», MM. Midgley et Hernie, le premier déjà très connu par ses travaux sur les antidétonants et les anticalaminants,
- ont découvert en 1930 dans les dérivés fluorohalogénés^du méthane d’excellents agents réfrigérants. Parmi ceux-ci le dichlorodifluorométhane (C Cl2 F2) s’est révélé le plus avantageux et son emploi s’est rapidement répandu sous le nom de jréon, plus court et plus euphonique que son nom scientifique.
- C’est un gaz incolore, à peu près inodore, bouillant à — 29°8 sous pression de 760 mm de mercure; congelable à •—155°. Sa densité à l’état liquide est de 1,4. Il est très stable, et n’attaque pas les métaux aux températures usuelles d’emploi dans les machines frigorifiques.
- Il n’est pas inflammable et ses mélanges avec l’air ne sont pas explosifs . Il n’est ni irritant ni toxique. Il est sans action sur les aliments ou produits à conserver.
- Ces qualités en font un agent précieux et expliquent son rapide succès.
- On le prépare en chauffant en autoclave du trifluorure d’antimoine avec du tétrachlorure de carbone en présence d’une petite quantité de pentachlorure d’antimoine. Les gaz dégagés passent par une colonne de fractionnement et un déflegmateur; puis traversent une solution de soude qui retient les traces de phosgène, de chlore, et les dérivés de l’antimoine entraînés. Ils sont alors recueillis , liquéfiés par compression et livrés au commerce à l’état liquide dans des récipients sous pression.
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- CAUSERIE PHOTOGRAPHIQUE*1
- LE COURRIER
- Les diverses « Causeries photographiques » publiées précédemment ont engagé quelques lecteurs à nous faire part de certains aménagements ou de dispositifs réalisés dans l’installation de leur laboratoire. Avant d’aborder d’autres sujets, nous croyons donc le moment venu de décrire ici les plus pratiques d’entre eux. Avec cet exposé nous terminerons la question du laboratoire.
- Pour rendre le laboratoire obscur. — M. L. Dumser, de Sannois (Seine-et-Oise), a résolu comme suit le problème de l’obscurité au laboratoire. Son cas est fréquent : laboratoire installé sous un toit, dans une pièce éclairée par un châssis à tabatière. Il semble facile d’obturer une telle ouverture, qui n’est jamais bien grande. Mais, pour M. Dumser, le problème se compliquait du fait qu’il se livre à des études astronomiques et installe souvent une lunette permettant d’observer par 1. Voir les n“8 2967, 2972, 2974, 2979, 2981, 2983, 2985.
- DES LECTEURS
- ladite fenêtre. Il fallait donc pouvoir libérer ce châssis en quelques instants des écrans que l’on peut y placer pour faire l’obscurité, ou, au contraire, pouvoir, en un tournemain, boucher complètement l’ouverture pour réaliser un laboratoire parfaitement obscur.
- Disons tout de suite qu’avec un tel système amovible, c’est-à-dire dans lequel on ne peut faire de joints cloués ou
- collés, il est bien difficile, lorsque la lumière extérieure est très vive — par
- exemple si le soleil frappe le châssis -.-
- d’empêcher un rayon lumineux de filtrer avec un seul écran. Comme on le verra dans la légende des figures 1 et 2, un premier écran G (constitué par un cadre léger en bois recouvert d’un carton) se place à l’intérieur de l’ouverture du châssis, où il est maintenu par des clavettes s’engageant dans les trous T. Ce cadre intérieur est bordé tout autour d’un bourrelet plat en feutre, cloué sur le pourtour, et dépassant le cadre en bois de 5 mm environ. Le cadre intérieur se comporte, si l’on veut, comme un piston glissant dans l’ouverture rectangulaire du châssis à tabatière, le feutre produisant un contact tout autour, un peu à la manière des segments d’un piston ou encore du cuir d’une pompe.
- Un deuxième châssis, constitué par un cadre en bois recouvert d’un carton doublé de papier noir, et plus grand que l’ouverture totale, vient s’appliquer sur ses bords, où il est maintenu au moyen de pattes spéciales par des écrous à oreilles se vissant sur des pièces fixées, une fois pour toutes, sur le mur (pièces S, fig. 1). Un feutre est cloué à plat sur le cadre et se trouve serré par les boulons, produisant un joint à peu près hermétique. (On obtiendrait encore un meilleur résultat en augmentant le nombre des pièces S).
- Si le vasistas n’est pas exposé à une très vive lumière, ou au soleil, le second cadre, seul, est bien suffisant. Toutefois, il est prudent, quand on travaille dans la journée, de placer toujours les deux châssis pour le cas où le ciel, d’abord couvert, viendrait, brusquement à s’éclaircir, ou que, encore, le soleil se mettrait à briller au cours d’un développement, par exemple.
- Notre correspondant fait observer que le système de fixation des pièces S sur le mur, au moyen de vis type « Golo », est très solide et évite les scellements.
- Il ajoute que, quoique construit avec une armature légère en bois, le système est très maniable et peut se placer et s’enlever en moins d’une minute.
- En outre, le même système pourrait servir pour une grande fenêtre, en composant les volets d’obturation de deux ou trois éléments, munis d’un joint en chicane, entre chaque écran.
- Fig. 1. —• Dispositif réalisé par M. L. Dumser, pour faire l’obscurité dans un laboratoire
- éclairé par un châssis à tabatière.
- En haut : Vue perspective du châssis. H, clou pour maintenir relevée la barre de manœuvre du châssis; T, T, trous pour recevoir les clavettes de retenue du cadre intérieur C; S, S, S, S, pièces métalliques fixées à demeure sur le mur, recevant des écrous à oreilles qui maintiennent en place l’écran C'; P, P, P, P, papier noir en plusieurs épaisseurs, cloué avec de fines « semences » et dépassant le mur, tout autour de l’ouverture, de 15 mm environ.
- En bas : Coupe du châssis obturé. V, V, vitres; C, cadre intérieur comportant un cadre en bois B, B, sur lequel est cloué un bourrelet plat en feutre, dépassant tout autour de 5 mm, pour faire « joint »; C', écran extérieur formé d’un cadre en bois B, B sur lequel est cloué un bourrelet plat en feutre F, F. L’écran C' recouvre, à la manière du couvercle d’une boîte, la bordure en papier noir P, P.
- A droite : Détail des pièces de fixation S. Ces pièces se composent d’un rectangle métallique percé de trois trous. Le trou du milieu reçoit le boulon fileté à oreilles; les trous extrêmes, des vis du type « Golo » qui, mises en place, ne peuvent s’arracher. Ce dispositif, très solide, évite de faire des scellements dans le mur.
- Les cadres C et C', sont constitués par du carton, recouvert de papier noir, le carton étant cloué sur les châssis B, B.
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- Les ligures et les légendes accompagnant cet article permettront de construire un tel système d’obturation, sans aucune difficulté.
- Le lavage des épreuves. — - C’est là une question dont, nous avons déjà dit un mot (n° 2974, p. 328) à propos de l’évier du laboratoire. Nous avons indiqué un moyen simple pour transformer ledit évier en cuvette de lavage, au moyen d’un tube et d’un simple bouchon. Plusieurs lecteurs nous ont fait remarquer que les solutions d’byposullite, plus denses <pie l’eau, ont une tendance à se maintenir au fond de la cuvette. Cette objection ne nous avait pas échappé, mais elle est sans valeur pratique. En effet, nous utilisons le lavage par changements successifs de l’eau et, chaque fois, l’évier est vidé en entier. Donc, les couches inférieures chargées d’byposullite sont immédiatement entraînées. Nous verrons, quand nous parlerons des tirages sur papier, que l’on doit replacer les épreuves dans l’eau de lavage une par une, après avoir essoré lout le paquet en pressant dessus. Ainsi par vidange, puis par brassage, l’hyposullile ne peut se maintenir au fond.
- 11 n’en serait pas ainsi, en eiïet, si l’on se contentait de iaire couler un mince filet d’eau, une quantité équivalente de liquide s’échappant, au fur et à mesure, par la partie supérieure du tube T (de la ligure 2, p. 328).
- Voici tout (‘fois deux dispositifs pratiques permettant aux
- solutions plus denses que l’eau d’être éliminées par la partie inférieure du liquide.
- M. Léon Gimpel, à Paris, se contente de placer sur la partie plate de la bonde de son évier un tube de plomb T (fig. 3, I) dont la partie inférieure est évasée et à peu près rodée.
- Une petite quantité d’eau passe par la partie inférieure et le trop-plein par la partie supérieure.
- Cette solution implique toutefois d’avoir à sa disposition l’eau à discrétion; il faut, en effet, que l’arrivée d’eau soit toujours plus grande que les fuites par la partie inférieure du tube de plomb.
- M. L. Poulain, à Bosc-Roger-en-Roumois (Eure), a proposé la solution suivante : un tube de plomb recourbé a son extrémité T' (fig. 3, II) à quelques millimètres du fond de l’évier.
- Fig. 2. -— Détail de construction des volets C et C de la figure précédente
- En haut : Volet intérieur C. En K, K, sont deux pitons pour la manœuvre du panneau. F, F, F, F, bourrelet plat en feutre, débordant, tout autour le châssis C de 5 mm, pour faire « joint ».
- En bas : Volet extérieur G'. En A, A, A, A, pattes métalliques d’accrochage s’engageant sur l’écrou fileté des pièces S. F, F, bourrelet de feutre plat cloué sur le châssis en bois.
- Dans les deux vues ci-dessus, le fragment de gauche représente les panneaux opaques, vus de l’extérieur.
- Lorsque le liquide atteint le niveau nn', la vidange s’opère. Tel quel, si le niveau de l’eau s’élevait davantage, le tube formant siphon, viderait rapidement l’évier. Pour éviter l’amorçage, il suffira de percer un petit trou en R. On pourrait, à volonté, obturer ce trou R et l’on aurait alors un évier à vidange périodique et automatique.
- Mais quel que soit le système adopté, pour obtenir un bon lavage, comme nous le verrons plus tard, il convient de retirer les épreuves de l’évier, de les presser, puis de les remettre une à une dans l’eau propre, en répétant cette opération tous les quarts d’heure environ, et cela huit fois de suite au moins.
- Cette méthode de lavage a le grand avantage d’économiser l’eau. On a reconnu, par de nombreux essais, qu’elle fournit un lavage véritablement efficace,les moyens de contrôle pour déceler l’hyposulfite de soude dans les eaux résiduelles n’en moutrant plus aucune trace. Em. Touciiet.
- Fig. à.- - Transformation d'un évier en cuvette, pour le lavage des épreuves.
- F Dispositif utilisé par M. Léon Gimpel : T, tube de plomb évasé à la partie inférieure, simplement posé sur la bonde d’évacuation.
- ..II. Dispositif proposé par M. L. Poulain :
- T', tube de plomb recourbé et s’arrêtant à quelques millimètres du fond de l’évier; nn', niveau de l’eau, l’évier étant plein. Le tube T' forme siphon, lequel s’amorcerait si le niveau dépassait nn'. Pour éviter cet inconvénient, et avoir un écoulement correspondant à l’arrivée d’eau, un petit trou est percé en P. Ainsi, le siphon ne peut s’amorcer.
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- 4 = = LA RADIOPHONIE PRATIQUE ,..:.
- CONSEILS PRATIQUES - NOUVEAUTÉS RA DIOTECHNIQUES CONSTRUCTION D’APPAREILS SIMPLES
- DISPOSITIF DE MONTAGE PERFECTIONNÉ DES HAUT-PARLEURS
- Les haut-parleurs des récepteurs radiophoniques sont tous aujourd’hui électrodynami -ques, avec un diffuseur conique, dont le « berceau » est fixé par sa partie annulaire sur la paroi antérieure de l’ébé-nisterie.
- Les parois des ébénisteries des appareils « Midget » sont généralement assez minces ; pour éviter les vibrations, on ne fixe donc pas directement le berceau du diffuseur sur la paroi, et on intercale entre la paroi et le haut-parleur un écran formé généralement d’une planchette en bois assez épaisse; on préconise parfois, au lieu du bois, un matériau insonore : liège, celotex, etc.
- Il n’y a, d’ailleurs, pas seulement à craindre les vibrations parasites, mais aussi les sons « de tonneau » dus à des résonances sur les fréquences graves. Dans un haut-parleur électrodynamique, il se propage des ondes sonores à partir de la paroi interne et à partir de la paroi externe du diffuseur. Suivant la forme de l’ébénisterie, et surtout si l’arrière du poste est garni par un panneau peu ajouré, ces ondes, en quelque sorte parasites, peuvent causer des pressions irrégulières et donner naissance à des résonances nuisibles.
- Il convient donc en général d’éviter l’emploi de panneaux insuffisamment ajourés à l’arrière de l’ébénisterie; certains constructeurs ont proposé, en outre, pour éviter les vibrations parasites et les sons creux, de modifier le montage du haut-parleur sur l’ébénisterie.
- Un constructeur a réalisé récemment un dispositif présentant tout au moins le mérite de la simplicité et de la facilité d’emploi.
- Il comprend un bloc parallélépipédique de liège aggloméré présentant une cavité dont la section est indiquée sur la figure 1. Dans la masse du liège, est fixé un écran vertical percé de trous aux quatre coins, dans lesquels s’enfilent des baguettes le reliant au liège. Le bloc ainsi établi se place très
- rapidement dans n’importe quelle ébénisterie.
- Le haut-parleur, au lieu d’être placé sur la paroi avant du récepteur, est fixé sur le panneau vertical intérieur du système, et le bloc lui-même est appliqué contre le panneau de l’ébénisterie. Ainsi, le diffuseur du haut-parleur est placé à une certaine distance du panneau, la paroi avant du bloc jouant le rôle d’un pavillon acoustique très court.
- La paroi arrière, encadrant le diffuseur, permettrait, d’autre part, d’évi-
- Fig. 2. —• « I-Itjgroslal » protecteur des bobinages contre l’humidité.
- T Events ' d’absorption
- Chauffage
- diffuseur
- Bloc de liège
- Fig. 1. — Montage d'un haut-parieur électrodgnamique avec un bloc insonore Dehoul.
- ter les réflexions des ondes en amont de la face convexe du diffuseur.
- On pourrait ainsi supprimer les vibrations de l’ébénisterie, éviter les sons creux et les bruits de caisse, et mieux utiliser les ondes émises à l’arrière du haut-parleur.
- UN SYSTÈME ORIGINAL DE PROTECTION DES BOBINAGES
- Quels que soient les perfectionnements des bobinages, les enroulements des transformateurs, bobines de choc, bobines d’accord, etc., utilisés dans les récepteurs sont toujours sensibles à l’influence de l’humidité. Cette dernière est encore plus à craindre pour les bobinages à noyau de fer, si employés désormais en haute fréquence, ainsi que pour les petits condensateurs de compensation adoptés sur les appareils à réglage unique.
- Un moyen de protection tout naturel consiste à absorber la vapeur d’eau contenue dans l’enceinte du châssis.
- Un dispositif ingénieux, dont la construction est basée sur ce principe, a été récemment présenté. Il est renfermé dans un petit boîtier métallique de forme cylindrique que l’on fixe sur le châssis. A la partie supérieure du cylindre, se trouvent des ouvertures verticales servant à l’absorption de la vapeur d’eau; cette partie cylindrique est placée à l’intérieur du châssis comme le montre la figure 2.
- Le cylindre est recouvert d’une partie conique disposée à l’extérieur du châssis, et dans laquelle sont pratiquées une série d’ouvertures servant à l’évaporation de la vapeur d’eau absorbée à l’intérieur du châssis.
- L’absorption est assurée par des sels hygroscopiques capables d’absorber 99 pour 100 de leur poids d’eau,
- et analogues à ceux que l’on emploie pour l’assèchement des boîtes de bonbons anglais, par exemple; ces sels imprègnent une matière fibreuse.
- L’eau ainsi absorbée est ensuite vaporisée à l’extérieur pendant le fonctionnement du poste, par l’intermédiaire d’une résistance de chauffage intercalée dans le circuit de chauffage des lampes ou substituée au shunt de la lampe d’éclairage dans les postes « tous courants ». On peut, d’ailleurs, effectuer le branchement de manière à obtenir le fonctionnement avec une tension de 2,5 v, 6,5 v ou 4 v, la consommation étant de 300 milliampères. Le montage est donc très facile et son prix de revient très réduit.
- Fig. 3. — Forme de
- membrane en duralumin dite Duralu seruanl à la suspension centrale de la bobine mobile d’un haut-parleur électrodgnamique.
- SYSTÈME DE SUSPENSION POUR HAUT-PARLEUR ÉLECTRODYNAMIQUE
- L’équipage mobile des haut-parleurs électrodynamiques, constitué par le diffuseur et la bobine mobile qui en est solidaire, est fixé, d’une part, au « berceau » de l’appareil par l’anneau souple du diffuseur, et, d’autre part, par son sommet correspondant à la bobine mobile, par un système de centrage ou « spider » en matière souple et isolante : carton, fibre, etc. On emploie à cet effet du papier imprégné, du tissu bakélisé, etc.
- Le spider doit permettre un centrage satisfaisant et constant de la bobine mobile. Au point de vue acoustique, son inertie
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- doit être faible, pour ne pas déformer la courbe de réponse.
- Un fabricant a eu l’idée de remplacer le spider par une véritable membrane en duralumin, dont la forme est indiquée sur la figure 3.
- Ce système de centrage joue ainsi, non seulement un rôle mécanique, mais un rôle acoustique, et fonctionnerait comme un deuxième diffuseur de petit diamètre permettant spécialement la reproduction des notes aiguës.
- TUBES PERFECTIONNÉS A LUMINESCENCE POUR LE RÉGLAGE VISUEL
- Le tube à luminescence au néon représenté sur la figure 4 possède 4 électrodes et peut servir à réaliser un dispositif de réglage automatique visuel dilïérent de ceux qui ont été décrits au début de notre dernière chronique.
- Trois des électrodes sont utilisées pour le réglage visuel, la quatrième permet de commander l’utilisation du premier étage basse fréquence.
- La cathode est en forme de tige. L’anode principale constitue une première bague, et une électrode auxiliaire est formée par une bague inférieure. La quatrième électrode, également en forme de tige, se trouve à une distance d’environ 16 mm de l’anode et aboutit à un capuchon fixé sur le tube, du côté opposé au culot à quatre broches.
- Le système indicateur de réglage visuel fonctionne comme à l’habitude sous l’action des variations de courant plaque des lampes antifading. L’électrode auxiliaire est connectée à la tension plaque positive du récepteur, à travers une résistance d’environ 0,5 mégohms. La cathode est reliée à la masse, directement ou par l’intermédiaire d’un potentiomètre de 10 000 à 100 000 ohms, permettant de faire varier la sensibilité du système.
- Dans le circuit de plaque des lampes antifading, on intercale une résistance de 10000 à 20 000 ohms, et on relie l’anode à la plaque par l’intermédiaire d’une deuxième résistance de 10 000 «à 20 000 ohms (potentiomètre). On utilise.de plus, un condensateur de découplage de 0,5 microfarad.
- Au moment du réglage optimum du récepteur, le courant plaque des lampes antifading diminue. Il en résulte une diminution de la chute de tension dans la résistance intercalée dans le circuit de plaque. La tension au point de connexion de l’anode au tube au néon augmente et, en conséquence, la longueur de la colonne lumineuse dans le tube est maxiina. Lorsqu’il n’y a pas d’accord, la chute de tension dans la résistance augmente, la tension anodique du tube diminue, et la longueur de la colonne luminescente diminue également.
- La quatrième électrode, nous l’avons indiqué, sert pour le blocage de l’amplification basse fréquence, et on peut utiliser à cet effet deux montages différents.
- Dans le premier système, on fait varier la tension appliquée sur la grille-écran de la lampe basse fréquence. On applique la tension positive correspondante à travers le tube au néon, en reliant la grille de la première lampe basse fréquence à la quatrième électrode du tube. On connecte, d’autre part, cette grille-écran à la masse, à travers une résistance de forte valeur (fig. 5 A).
- Lorsqu’aucun signal n’agit sur le poste, la colonne lumineuse dans le tube est très réduite, comme nous l’avons expliqué précédemment.
- Cette colonne n’atteint pas la quatrième électrode, de sorte que le potentiel de la grille-écran n’est pas modifié, et demeure celui de la masse.
- Au moment d’un réglage sur une émission déterminée, la longueur de la colonne lumineuse augmente, la quatrième électrode est atteinte
- et il s’établit une liaison électrique entre la source de haute tension et la grille-écran.
- En l’absence d’émission, l’amplification basse fréquence est ainsi bloquée; au moment de la résonance, au contraire, la grille-écran est portée à la tension positive nécessaire pour son fonctionnement et l’amplification devient normale. Ce système est surtout employé pour les montages à liaison à résistance.
- On peut également faire varier la polarisation négative de la grille de commande de cette première lampe basse fréquence. On superpose à la tension négative normale une tension négative supplémentaire, à travers une résistance de commande (fig. 5 B).
- En l’absence d’émission, l’amplification est ainsi bloquée. Au moment de la résonance, la colonne lumineuse établit, comme il est indiqué précédemment, une liaison entre la cathode et la quatrième électrode. La tension négative supplémentaire est supprimée, puisque la grille est reliée directement à la masse. Seule, la tension normale de polarisation créée par la résistance intercalée dans le circuit de la cathode agit. On obtient ainsi le même phénomène que précédemment et le silence entre les positions de recherche des émissions.
- UN POSTE RÉCEPTEUR A CADRE ANTI-PARASITES
- Nous avons expliqué dans une récente chronique les avantages des cadres anti-parasites pour la réception des auditions radiophoniques. On peut, d’ailleurs, employer soit des cadres ordinaires équilibrés de dimensions plus ou moins réduites, soit des systèmes à effets compensateurs.
- Dans ces appareils, on utilise en même temps que le cadre un autre collecteur d’ondes plus ou moins de fortune, par exemple une antenne intérieure, ou même une prise de terre. Ce collecteur d’ondes n’a pas pour rôle de recueillir des signaux utiles, mais plus spécialement les perturbations parasites qu’on veut éliminer.
- Le cadre récepteur reçoit, de son côté, à la fois les signaux utiles et ces mêmes perturbations parasites. On fait agir sur le récepteur les signaux utiles recueillis par le cadre, et les signaux perturbateurs recueillis, d’une part par le cadre, d’autre part par l’antenne de fortune. On emploie un mon-
- Fig. 5. — Montages de la lampe à luminescence à réglage visuel silencieux.
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- Fig. 4. — Lampe à luminescence au néon pour réglage visuel silencieux, Igpe Osa.
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- Fig. 4. — Lampe à luminescence au néon pour réglage visuel silencieux, Igpe Osa.
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- — - -- 1 Fi fl- 6- — Poste récepteur Midgel type F. A. H. à cadre anti-parasites.
- tage tel que les actions des signaux perturbateurs recueillis par deux sources differentes soient égales mais de sens inverse, et ainsi s’annulent l’une l’autre.
- On peut réaliser des dispositifs de ce genre avec un cadre pivotant et une boîte de couplage s’adaptant à n’importe quel récepteur destiné normalement à la récept ion sur antenne.
- Dans ces conditions, la liaison entre le cadre et le circuit d’accord du poste s’effectue par capacité. Les résultats peuvent déjà être satisfaisants, mais on ne peut éviter une perte d’énergie et une diminution de la sélectivité maxima.
- Les résultats sont encore meilleurs lorsqu’on peut relier directement le cadre au circuit d’entrée du récepteur, et disposer les enroulements dans l’appareil lui-même. Il faut alors, bien entendu, déterminer spécialement l’enroulement ou les enroulements du cadre suivant les caractéristiques du circuit d’accord des récepteurs.
- L’appareil Midget de la ligure 6 renferme deux cadres rectangulaires à effets anti-parasites, dont l’un sert pour la réception des émissions sur grandes ondes, et l’autre pour celles sur petites ondes.
- Pour faire fonctionner cet appareil, on n’emploie donc pa.s d’antenne, mais simplement un collecteur d’ondes jouant un rôle anti-parasites.
- Ce collecteur d’ondes peut être constitué par une prise de terre sur un tuyau de chauffage central, un lil non isolé tendu parallèlement au réseau d’éclairage, etc., et on le choisira suivant les caractéristiques des parasites qu'on veut éliminer. Les résultats obtenus paraissent très satisfaisants dans un grand nombre de cas, et particulièrement pour la réception dos émissions sur grandes ondes. P. Hémakdinquer.
- Adresses relatives aux appareils décrits :
- Bloc de montage pour haut-parleur : Établissements Debout, 3, rue Voltaire, Mons-en-Barœul, Lille (Nord).
- Membrane de suspension : Duralu Melody-Radio, 210, rue Lecourbe, Paris (15e).
- Lampe à luminescence « Osa» : Établissements Canetti, 118, avenue Ledru-Rollin, Paris (11e).
- Poste à cadre anti-parasites : Établissements F. A. R., 13, rue Charles-Lecocq, Paris.
- COMMUNICATIONS a l ACADEMIE DES SCIENCES
- Séance du 1 septembre 1936.
- Pouvoir antiseptique des huiles essentielles. — La
- plupart des huiles essentielles sont douées d’un pouvoir antiseptique dû aux terpènes volatils qu’elles contiennent. M. Risler montre que ce pouvoir gagne en durée par la présence d’éléments moins volatils; telle serait l’explication de la longue conservation des momies égyptiennes, sans doute traitées par des huiles riches en terpènes et en fixateurs. On peut augmenter artificiellement la durée du pouvoir antiseptique des essences végétales en les additionnant de fixateurs qui peuvent être le terpinéol, l’huile de pin, l’essence de cannelle ou le benjoin. Le pouvoir bactéricide de l’essence de thym peut ainsi être porté de 28' jours à plus de quatre ans. L’addition de plusieurs essences augmente aussi le pouvoir antiseptique immédiat; c’est ainsi qu’un mélange thymol-terpinéol-essence d’amandes amères assure la disparition de colonies de Bacillus prodigiosus en 14 mn par sa dilution au vingt-millionième dans l’air.
- Séance du 14 septembre 1936.
- Emploi des tubes à mercure en aérodynamique. —
- L'étude des filets gazeux, rendus visibles par la fumée et photographiés à un rythme très rapide, nécessite un éclairage intense ne frappant qu’une tranche mince. Cet éclairage était réalisé jusqu’à ce jour par la lumière d’un arc condensée par
- un système de lentilles cylindriques. MM. Valensi et Sobiesky préfèrent utiliser des tubes à mercure à haute pression contenant des traces d’argon. Ils obtiennent ainsi avec un tube long de 40 millimètres et d’un diamètre au plus égal à 1 mm un éclairage équivalant à celui d’un arc au charbon de 50 a, et ceci sans dépasser une consommation de 3500 w. Le tube est alimenté en continu et amorcé par une self et un interrupteur à vide. Les auteurs signalent qu’ils ont obtenu d’excellents résultats en équipant un stroborama Séguin avec de pareils tubes, le diamètre intérieur du tube ne doit pas dépasser 1/4 de millimètre.
- Diagnostic de la fièvre jaune. — Le diagnostic certain de la fièvre jaune s’effectue actuellement par inoculation du sang du malade suspect au Macacus rhésus. Sur l’initiative du Médecin-Colonel Ricou, une tentative de diagnostic par inoculation intracérébrale à la souris blanche a été effectuée à l’Institut Pasteur de Dakar par M. Mathis. Les résultats ont été pleinement satisfaisants, les souris présentent des paralysies du train postérieur dès le 6e jour. La souris blanche paraît devenir l’animal de choix pour le diagnostic de la fièvre jaune; elle présente sur le singe le double avantage d’un approvisionnement plus aisé et de ne présenter aucun danger de devenir un nouveau foyer de contagion.
- L. Bertrand.
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- LIVRES NOUVEAUX
- Les atomes, par Jean Perrin. 1 vol. 320 pages, 26 fig. Félix
- Alcan, Paris, 1936. Prix : 15 francs.
- Voici une réédition d’un livre publié pour la première fois il y a 25 ans et qui fit alors sensation par la clarté et l’élégance de son exposé. Depuis lors les découvertes dans le domaine atomique se sont multipliées; les théories électriques de la matière ont fait d’immenses progrès; M. Perrin a donc été amené à remanier son chef-d’œuvre de 1910, tout en conservant les grandes lignes du plan qu’il y traçait. Après avoir rappelé comment les lois fondamentales de la chimie conduisent naturellement à l’hypothèse des atomes et molécules, il expose les preuves expérimentales de la réalité moléculaire, après quoi il aborde le domaine de la physique récente : grains d’énergie et pilotons, équivalence de la masse et de l’énergie, ondes de de Broglie, radiations et réactions chimiques; il montre ensuite comment on a été amené à voir dans l'atome non plus un élément éternel et insécable, mais un édifice d’électrons et de noyaux, eux-mêmes complexes et il condense en quelques pages remarquables l’atomistique moderne.
- Ce qu’il faut connaître du pétrole, par Victor Forbin. i vol.
- 158 p. Boivin et Cie, Paris, 1936. Prix : 8 l'r.
- Avec le talent que lui connaissent nos lecteurs, Victor Forbin a réussi ce tour de force d’exposer en quelques pages aussi vivantes et attachantes que claires et instructives, ce que tout esprit curieux désire savoir du pétrole. 11 rappelle d’abord l’histoire du pétrole, connu de toute antiquité, mais exploité industriellement depuis moins d’un siècle. Il résume les hypothèses des géologues sur l’origine de ce précieux combustible; il montre à l’œuvre, géophysiciens, prospecteurs et sondeurs. Il passe en revue les principaux gisements du monde; il explique comment on les met en valeur et au prix de quels efforts le pétrole arrive à l’état d’huiles raffinées à nos moteurs. La conquête du pétrole est une véritable épopée de notre siècle. V. Forbin a su, ici, en mettre le caractère en relief d’une façon saisissante.
- Les carburants (L’Essence), par E. Audibert. 1 vol. 181 p.,
- 44 fig. Gauthier-Villars, Paris, 1936. Prix : 45 l'r.
- Quels sont les constituants de l’essence; comment celle-ci se comporte-t-elle à la vaporisation dans le carburateur, à la combustion dans la chambre d’explosion; comment interviennent ses différents constituants et ses impuretés; quel est le mécanisme de sa distillation, celui des phénomènes de détonation ou de choc, celui de son altération avant emploi ? Telles sont les questions capitales que l’auteur se pose dans un premier chapitre et auxquelles il répond avec une précision et une clarté remarquables. 11 montre ensuite comment s’obtiennent les essences par distillation de pétroles bruts et tout d’abord dégage nettement les divers facteurs qui, au cours d’un traitement thermique, sont susceptibles d’influencer les qualités des produits obtenus; puis il décrit la technique de la fabrication : distillation fractionnée, procédés de cracking, raffinage, et, en quelques pages, donne une idée parfaitement claire des plus récents perfectionnements. Ce livre excellent est un guide parfait pour quiconque veut aborder l’étude de l’essence ou des problèmes soit techniques, soit économiques, qui se rattachent à son emploi, ou pour quiconque veut simplement se tenir au courant d’une façon générale des progrès d’une branche essentielle de l'industrie moderne.
- L’or au Canada, 1935, par A. IL a. Robinson. 1 broch. 133 p.,
- 7 fig., publié par le ministère des Mines. Ottawa, 1936. Prix :
- 0,25 dollar.
- Le Canada est aujourd’hui le troisième producteur d’or du monde, après l’Afrique du Sud et la Russie. La monographie de M. Robinson nous offre, après un résumé des propriétés de l’or et des méthodes d’extraction, un tableau complet du caractère, de l’étendue et de la production des principales mines d’or du Canada. Elle met en évidence le rapide développement de l’industrie aurifère canadienne et donne un aperçu des réserves dont elle dispose.
- L’art des mesures pratiques en T. S. F., par Lucien
- Chrétien. 1 vol. 164 pages, 78 fig. Étienne Chiron, éditeur, Paris,
- 1936. Prix : 16 fr.
- Le lecteur trouvera dans cet ouvrage, après un rappel des définitions utiles, les indications nécessaires pour effectuer, avec des appareils modestes, les mesures indispensables au contrôle d’un récepteur de T. S. F. Les appareils nécessaires sont peu nombreux.
- Beaucoup de mesures peuvent être faites avec un bon contrôleur à plusieurs sensibilités et un ondemètre hétérodyne auquel sont adjoints quelques petits accessoires. M. Chrétien donne ainsi le moyen, à chacun, de se constituer le laboratoire élémentaire indispensable à l’amateur ou au dépanneur de profession.
- Leçons de toxicologie, par René Fabre, VII et VIII. Alcaloïdes, 65 et 59 p. IX, X et XI. Toxiques minéraux : 69, 57 et 69 p. 5 broch. in-8. Actualités scientifiques et industrielles. Hermann et Cie, Paris, 1935. Prix : 12, 12, 12, 12 et 15 fr.
- Suite des cours professés à la Faculté de Pharmacie par l’auteur, donnant une exacte mise au point des propriétés, des réactifs, des effets physiologiques et toxiques de chaque groupe de corps et de chaque composé en particulier.
- Le mystère de la vie, par le Dr H. Glaser. Traduit par H. Bloch. 1 vol. in-16, 243 p. Hachette, Paris, 1936. Prix : 12 fr.
- Naître, croître, se nourrir, se reproduire, vivre en commun, penser, dormir, vieillir, mourir, autant de problèmes que l’auteur examine en donnant des exemples pittoresques et bien choisis.
- Das Werden der Tierformen, par Hans-Adam Stolte. l vol. in-8, 112 p., 71 fig. Ferdinand Ecke, Stuttgart, 1936. Prix : 7 marks.
- A côté de la dynamique et de la physiologie du développement s’est créée une théorie de la forme, non sans allure métaphysique, qui se pose au centre de tous les problèmes embryologiques. L’auteur l’expose en partant de la cellule, considérée comme un tout et comme un élément de l’organisme, puis il rappelle la différenciation de l’œuf, la fécondation, la division cellulaire. Il choisit trois exemples de développement : la larve d’oursin, l’œuf de Tubifex, l’embryon de Grenouille et discute des aspects du problème de la forme dans la métamorphose, la régénération, la transplantation, l’explantation. Partout il retrouve le principe d’organisation qui dirige l’agencement des parties.
- L’Œuf, essai de théorie de sa segmentation, par G. Mon-teil. 1 vol. in-8, 68 p., 16 pi. Gaston Doin et Cie, Paris, 1936. Prix : 18 fr.
- S’efforçant de tirer tout le parti possible d’un œuf purement théorique, l’auteur lui concède des potentialités permettant de poursuivre l’étude de la segmentation par plans conventionnels jusqu’au stade 64, et, à partir de là, de passer à l’étude de la segmentation en profondeur par plans réels, selon des épures géométriques qu’il reste à confirmer par l’observation directe.
- Remarques à propos de la mise en valeur des zones désertiques qui s’étendent sur l’Afrique du Nord et l’Ouest de l’Asie, par Robert Tournier. 1 broch. in-8, 71 p., 6 fig. Arrault et Cie, Tours, 1936. Prix : 15 fr.
- La mise en valeur de l’Afrique est une nécessité; c’est une question d’eau que l’auteur propose de résoudre par la multiplication des plans d’eau d’évaporation : chotts tunisiens reliés à la mer, canaux reliés au Nil, au Niger, au Tchad, coupure dans la presqu’île du Sinaï pour détourner les vents humides, vastes projets dont les avantages sont plaidés chaleureusement.
- La propriété rurale. Conférences organisées par l’Institut national Agronomique. 1 vol. 198 pages. Librairie de l’Institut national Agronomique, 58, rue Claude-Bernard, Paris, 1936. Prix : 20 fr.
- Les cinq belles conférences que reproduitle présent volume n’épuisent pas le vaste sujet, toujours d’actualité, auquel elles sont consacrées; mais elles donnent une idée très claire de son ampleur et de ses divers aspects : économique, technique ou social; sur bien des points elles présentent des précisions dignes d’être méditées. M. de Monicault cherche à définir l’idée de propriété rurale ; il montre le rôle économique et social qu’elle joue en France et les malaises dont elle souffre. Plus précise, la conférence de M. Caziot fait apparaître la physionomie exacte de la France rurale d’aujourd’hui; il montre, chiffres à l’appui, la chute grave de la valeur de la terre, conséquence non seulement de la crise, mais encore en certaines régions de la division extrême de la propriété, et surtout de la dépopulation. M. Roger Picard étudie l’évolution de la grande propriété rurale en Europe au XXe siècle; et comme M. Caziot l’a montré pour la France, il montre que la grande propriété dans toute l’Europe, Russie exceptée, décline au profit des petites propriétés ou exploitations. M. Berthault étudie la propriété rurale en Afrique du Nord; ici, la coexistence de propriétaires européens et indigènes, de mœurs, de conditions de vie et de besoins très différents crée une situation toute particulière. L’Afrique du Nord offre, en outre, des caractéristiques de pays neuf, audacieux, usant largement du crédit avec tous les risques qui en résultent. En un raccourci de quelques pages, M. Berthault a su tracer un tableau réellement frappant de l’état de l’agriculture en Algérie-Tunisie et au Maroc.
- Enfin M. Ferdakowski, grand chef des Associations agricoles polonaises, montre comment la Russie soviétique a traité son agriculture.
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- NOTES ET INFORMATIONS
- NÉCROLOGIE
- Henry Le Chatelier (1850-1936).
- Ce grand savant s’est éteint le 17 septembre 1936, à Miribel-les-Échelles (Isère). Il laisse dans la science contemporaine une empreinte profonde. M. Jean Perrin, à l’Académie des Sciences, a su mettre en relief les grandes lignes de son œuvre scientifique, ainsi que le caractère de l’homme dans l’éloge que nous reproduisons ci-dessous :
- « Henry Le Chatelier naquit en 1850 dans une famille où l’on avait, des deux côtés, le culte et la pratique des choses de la Science; par son père, qui inventa le procédé Martin pour la fabrication de l’acier, il entra en contact avec Sainte-Claire Deville; par son grand-père, collaborateur de Vicat, il devait s’intéresser aux problèmes des ciments. Entré le premier à l’École Polytechnique (1869), il passait ensuite à l’Ecole des Mines et, très vite, en 1877, revenait dans cette maison pour y professer la Chimie. Sa carrière fut dès lors particulièrement rapide; après un séjour au Collège de France, en 1907, il remplaça à la Sorbonne l’illustre Moissan, qu’il devait peu après remplacer ici.
- Le Chatelier fut avant tout un physicochimiste, aussi bien dans les recherches qui lui valurent son haut renom que dans la manière dont il rénova l’enseignement de la Chimie. C’est par l’heureuse combinaison de la Physique avec cette Science que sont marqués ses travaux où se côtoient, où marchent de pair la Chimie pure et la Chimie appliquée, la première lui offrant ses méthodes et ses précisions, la seconde des sujets d’étude. U a connu les ciments chez son grand-père, et donne la théorie des Portland en suivant les modifications produites par le feu; une explosion de grisou à Saint-Étienne, et il étudie la combustion des mélanges gazeux •—• par les lois de la mécanique chimique, il établit le bilan des foyers industriels •— par une série d’admirables études, il fait connaître la constitution complexe des alliages. Au surplus, que ne lui doit-on point dans l’industrie ? le galvanomètre double pour suivre la marche du refroidissement des alliages, le microscope métal-lographique pour étudier la structure des échantillons de métaux, le pyromètre thermoélectrique pour évaluer les hautes températures, etc., sans compter des méthodes pratiques pour étudier la dilatation, les résistances électriques.
- A la suite de Berthollet, de Sainte-Claire Deville et de Berthelot, Le Chatelier rattache les phénomènes chimiques aux lois de la thermo-dynamique et établit de la sorte un certain nombre de principes actuellement classiques, entre autres la loi du déplacement de l’équilibre chimique qui permet de prévoir les résultats que l’on peut obtenir en faisant varier la température ou la pression; cette loi permit à Le Chatelier de prendre un brevet pour la synthèse de l’ammoniaque, bien avant que Haber l’eût réalisée, d’après les mêmes principes, dans l’usine d’Oppau.
- Telle fut l’œuvre scientifique. Voici l’homme. Ce que Le Chatelier prise avant tout, c’est le caractère : « Dans les Sciences comme dans toutes les circonstances de la vie, écrit-il, une persévérance inlassable, une vigueur inflexible dans la lutte contre les obstacles et une affabilité non démentie avec les collaborateurs sont les éléments essentiels du succès. » Ces qualités, il les attribuait à Moissan, elles furent aussi celles de Charcot et de Le Chatelier lui-même. Ainsi s’explique l’influence puissante qu’il a exercée; aux fêtes de son cinquantenaire, en 1922, les firmes industrielles de tous pays, presque au nombre de 300, vinrent lui apporter leur hommage.
- Sa carrière fut particulièrement heureuse grâce à sa haute valeur, mais non sans chocs administratifs. Car il avait un
- culte pour la loi, dès lors pour la discipline qui est, disait-il, « le respect volontaire de la loi », et pour la liberté qui consiste « à se révolter contre toute violation de la loi ». Il était la droiture même et sut, envers et contre tous, appliquer ces principes. »
- On ne saurait, en outre, passer sous silence l’influence profonde que Le Chatelier a exercée sur l’enseignement scientifique et technique par ses beaux livres sur les fours, sur la silice et les silicates. Il y donne de brillants exemples d’applications des méthodes scientifiques les plus rigoureuses aux problèmes pratiques les plus complexes. Il y montre comment la science théorique et les applications pratiques se donnent une aide mutuelle. Il faut signaler aussi que Le Chatelier a révélé en France la méthode Taylor, et s’en est fait le vulgarisateur averti.
- 11 fut enfin, pendant toute son existence, un chef d’école qui sut créer des disciples, et toute sa vie, il resta l’animateur de la brillante phalange des savants métallurgistes français qui compte parmi elles des noms comme Léon Guillel, Portevin, Chevenard. »
- AVIATION
- Un exploit du vol à voile.
- Les Ailes signalent à juste titre comme un remarquable exploit les résultats du concours du vol à voile, organisé du 12 au 18 juin dernier en Allemagne.
- Il s’agissait d’effectuer à date fixe, un parcours de 700 km en circuit fermé, avec départ et arrivée à Darmstadt, par étapes de 90 à 200 km avec escales à Wurtzbourg, Nuremberg, Munich, Augsbourg, Stuttgart, Mannheim.
- Douze pilotes ont pris part au concours. Le départ a été donné à la date du 12 juin, fixée longtemps à l’avance. Les concurrents étaient tenus de couvrir le circuit en moins de
- 10 jours. A chaque étape, pour prendre le départ, ils pouvaient se faire remorquer par un avion, mais à une altitude ne dépassant pas 400 m. A cette altitude, ils étaient lâchés.
- Ils avaient droit à un atterrissage intermédiaire sans pénalité, chaque jour. Un deuxième atterrissage était admis, mais
- 11 était pénalisé. Le pilote qui s’était posé en pleine campagne démontait son avion et se faisait ramener par la route au dernier aérodrome qu’il avait quitté, d’où il reprenait le départ.
- Quatre pilotes ont réussi à satisfaire aux conditions de ce concours.
- Le gagnant, H. Dittmar, arrivait le jour même du départ à Nuremberg, en deux étapes d’environ 100 km chacune, séparées par l’escale officielle à Wurtzbourg. Le lendemain, gêné par une couche de nuages qui empêchait la formation d’ascendances thermiques, il passe au-dessus des nuages, continue son chemin en utilisant un front d’orage à 2800 m d’altitude et atteint Munich (330 km du départ). Après de sérieuses difficultés au-dessus de l’Alpe de Souabe, il arrivait à Darmstadt le 18, à 15 h.
- Le second bouclait le parcours en 8 jours. Deux autres réussirent à rejoindre Darmstadt en moins de 10 jours.
- HISTOIRE ET TECHNIQUE L’évolution de l’hélice propulsive.
- Un curieux chapitre de l’histoire a été évoqué en juillet dernier dans le cadre des ateliers de l’École pratique d’industrie du Havre.
- La présentation annuelle de travaux d’élèves comportant
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- au titre des spécialités régionales plusieurs hélices marines, la direction eut l’heureuse idée, pour accroître l’intérêt, d’y adjoindre une démonstration d’enseignement par l’aspect consacré à Y Evolution technique de VHélice.
- Grâce à la bienveillante collaboration de plusieurs firmes locales, du Ministère de l’Air, des Compagnies de Navigation et de quelques Héli-ciers parisiens, l’intéressante collection documentaire rassemblée constituait un film technologique rétrospectif faisant apparaître très clairement la synthèse et la filiation d’idées qui président aux diverses applications de l’hélice propulsive à la marine et à l’aviation.
- C’est, croyons-nous, la première fois qu’un tel ensemble iconographique de l’Hélice marine à l’Hélice aérienne est groupé pour la réalisation d’un « Musée de l’Hélice », suivant l'expression imagée du journal Le Petit Havre.
- La simple énumération des rubriques diverses de cette éducative exposition permet de juger des développements possibles d’un tel centre d’intérêt scientifique.
- L’hélice dans la Nature, l’invention de l’hélice.
- La technique géométrique de l’hélice.
- L’hélice marine, sa fabrication, ses applications, son rôle dans la vie du Havre. Les hélices de « Normandie ».
- Fig. ]. —La collection historique des maquettes Augustin Normand. (Cliché Photo industrielle et Maritime Le Havre.)
- Les applications de l’hélice en mécanique : Filets de vis, engrenages hélicoïdaux, vis d’Archimède, pompes hélices, turbines.
- L’hélice aérienne, les hélicoptères. La construction des hélices, de l’hélice bois à l’hélice métallique, l’hélice à pas variable, les derniers progrès de l’hélice aérienne, l’hélice à variation de pas automatique.
- Les applications diverses de l’hélice aérienne à la propulsion nautique et terrestre et à la captation de l’énergie du vent.
- Cette manifestation se devait de rappeler que les premiers essais d’hélice marine en France eurent lieu au Havre même où Sauvage put trouver un constructeur disposé à consacrer à la démonstration de son invention les crédits et les moyens matériels.
- C’est en effet en 1842 que le premier navire français à hélice, « Napoléon », était construit par les chantiers Augustin-Normand.
- Si la genèse de l’invention de l’hélice est controversée, ainsi que des antécédents chronologiques le permettent, il n’en est pas moins certain que le Havre fut le berceau de la mise au point de l’hélice marine et les belles maquettes de la collection Augustin-Normand qui figuraient à cette exposition en sont le témoignage le plus net.
- Un tableau technologique de la théorie géométrique élémen-laire de l’hélice et de l’hélicoïde ainsi que de la réalisation pratique des surfaces hélicoïdales et de leurs applications éclairait les premiers essais historiques qui furent à l’époque fort incohérents même dans l’esprit des inventeurs.
- De nombreux modèles d’hélices marines, plusieurs maquettes de navires ainsi que de nombreuses photographies d’actualité illustraient les applications de l’hélice à la navigation maritime -— et « Normandie », cela va sans dire y était à l’honneur.
- Une collection d’ouvrages historiques, de revues et de livres techniques permettait aux visiteurs de compléter de façon plus précise les suggestions et les indications visuelles avant d’aborder la section Aviation.
- Celle-ci n’était pas moins vivante : à côté, de tableaux retraçant la genèse de l’hélicoptère pour aboutir aux réalisa-
- Fig. 2. — L'hélice aérienne iripale à pas variable et son ancêtre marine (du Musée du Prieuré de Graville).
- (Cliché Photo industrielle et Maritime Le Havre.)
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- lions récentes de Bréguet-Dorand et de l’autogyre, s’échelonnaient les différentes méthodes de fabrication de l’hélice aérienne, depuis les hélices bois Ratmanolï de 1910 aux belles hélices Régy tripales actuelles et aux merveilles métalliques de Ralier et Gnome et Rhône, à pas variable en vol.
- Des maquettes d’hydravions Lioré-Olivier, de la Cie Air-France, de trimoteurs Wibault et Coussinet, du Pélican Caudron, survolaient les vitrines et les galeries de l’Exposition.
- Enfin il nous faut signaler la section consacrée aux modèles réduits où l’on pouvait admirer au milieu de plusieurs appareils de la section de F Aéro-Club du Havre un très joli panneau d’hélices des Etablissements Kruger et de nombreuses petites hélices confectionnées par des amateurs havrais et des élèves des cours professionnels.
- line semblable manifestation qui peut activement stimuler l’émulation des jeunes pour les choses de l’Air et de la Navigation et contribuer à les y initier est un exemple à retenir et à encourager.
- A regretter cependant la trop courte durée de cet éphémère musée. Souhaitons donc que cette initiative régionale soit l’embryon d’un Musée permanent de l’Hélice où jeunes et chercheurs viennent puiser avec la documentation indispensable l’enthousiasme spirituel et la foi dans la continuité du génie humain.
- MÉCANIQUE
- Paliers à coussinets bakelisés.
- Les paliers des arbres de laminoirs sont soumis à des elïorts et à des chocs violents qui rendent difficile le choix d’un bon métal de revêtement pour les coussinets.
- Les alliages antifriction usuels, en métal blanc, ont une résistance insuffisante. Aussi emploie-t-on généralement des bronzes spéciaux, notamment les bronzes au plomb. On leur reproche encore une usure trop rapide. On s’est donc tourné vers d’autres solutions. Signalons celle qui consiste à former la surface frottante du coussinet au moyen d’une substance fibreuse telle que le papier, ou un tissu imprégné d’une résine synthétique comme la bakélite.
- La Metropolitan Vickers Gazette rapporte que les paliers de ce genre rendent aujourd’hui d’excellents services pour les machines soumises à un service brutal. Ces paliers ne se graissent pas; on les fait parcourir d’une façon continue, par un courant d’eau; l’eau sert à la fois de lubrifiant et d’agent de refroidissement.
- Ces paliers économiseraient 20 à 30 pour 100 de force motrice; leur durée serait 10 fois plus grande que celle des paliers ordinaires.
- INDUSTRIES CHIMIQUES
- Un verre artificiel incassable : le Plexiglas.
- Ce nouveau produit a été récemment présenté par la Société Alsthom à la Société des Ingénieurs de l’Automobile. C’est une matière transparente, parfaitement homogène, et d’un équilibre moléculaire absolu. Elle est insensible à l’humidité, à l’ozone, aux rayons ultra-violets, aux corps gras, aux acides dilués. Elle présente une résistance remarquable aux chocs ; elle est, en outre, très flexible, qualité qui lui permet d’amortir partiellement les chocs. En cas de rupture, elle se fragmente en un très grand nombre de morceaux dont les arêtes ne sont pas plus coupantes que celles du bois ou du carton.
- C’est donc une matière qui se prête au remplacement du verre, dans l’automobile; elle a d’autres titres encore à cet emploi.
- Elle est très légère; sa densité 1,18 est environ la moitié
- de celle du verre. En raison de sa solidité, on peut, avec elle, constituer les glaces mobiles en plaques de 3 à 3,5 mm d’épaisseur au maximum. Les éléments immobiles, les lunettes arrière par exemple, peuvent être plus minces encore, et réduits à 2 mm d’épaisseur. Une petite voiture à deux places exige 20 kg de verre en glaces Securit de 7 mm d’épaisseur. En Plexiglas de 3 mm ce poids est ramené à 5 kg environ.
- On peut tirer parti de la flexibilité du Plexiglas pour le galber dans une étuve à air chaud à 125". Sa souplesse lui permet d’épouser les déformations des carrosseries.
- 11 peut s’obtenir en glaces allant jusqu’à 7 cm d’épaisseur et grâce à sa remarquable résistance, il peut servir à formelles montants de pare-brise, donnant ainsi une solution élégante au problème de la visibilité totale de la place du conducteur.
- Le Plexiglas peut se laver à grande eau comme les glaces ordinaires, mais il se raye plus facilement que le verre; il faut, donc employer des éponges douces.
- Il se tire, se fraise, se lime et se perce facilement avec les mêmes outils que ceux dont on se sert pour le travail du bois ou des métaux.
- PHOTOTÉLÉGRAPHIE
- La transmission phototélégraphique par les lignes téléphoniques.
- Nous avons indiqué les progrès de la phototélégraphie et décrit, en particulier, les nouveaux appareils Belin utilisés en France. La construction et l’emploi des appareils de phototélégraphie portatifs, pouvant être reliés à une ligne téléphonique ordinaire se répandent de plus en plus aux Etats-Unis. Le service de transmission bien connu, « Wide World » est, en particulier, doté d’une installation très complète de ce genre.
- La fréquence porteuse est de 1.800 périodes-seconde et tout l’ensemble émetteur pèse moins de 30 kilos. La batterie utilisée permet de transmettre 8 photographies.
- La principale qualité du système est son extrême simplicité. Pendant la nuit, une transmission à très longue distance à travers tout le territoire d’une photographie de 15 sur 20 cm peut être obtenue pour environ 25 dollars, et sans aucune installation particulière.
- A la rigueur, la transmission préalable de la fréquence porteuse permet de déterminer au poste récepteur les compensations nécessaires. La qualité de la transmission est non seulement suffisante pour un journal d’infonnation, mais permet même la rotogravure. P. IL
- NATATION
- Sous Veau sans masque.
- Un Marocain, M. Godon, a créé un appareil permettant de se promener sous l’eau sans masque respiratoire.
- Ce dernier est remplacé par une pince serrant le nez et une plaque souple se plaçant entre les lèvres et les gencives. Du milieu de cette plaque part le tuyau de caoutchouc dont l’autre extrémité est suspendue à un flotteur. Elle sort de l’eau verticalement mais est surmontée par une petite girouette ou plutôt par un pavillon d’instrument de musique tournant au vent ce quj empêche celui-ci d’envoyer des gouttes d’eau dans le tuyau d’aspiration.
- L’air expiré s’échappe verticalement par un petit tuyau rigide fixé près du premier.
- En cas de guerre cet appareil permettra de traverser des rivières sans grand risque d’être vu.
- En temps de paix il sera utile aux pêcheurs de mollusques qui deviendront ainsi des chasseurs de hauts-fonds.
- Pierre Larue.
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- INVENTIONS ET NOUVEAUTÉS
- D4| A
- Fig. 1. — Le brancard Peyron.
- Utilisation de tous les éléments pour monter le brancard pour blessé couché : A, tubes servant de hampes; B, ressorts d’écartement servant de pieds; C, toiles; D, ferrures rabattables; E, tube transversal G, toile support de tête.
- HYGIÈNE
- Brancard métallique démontable.
- Le transport îles blessés ou des malades, aussi bien en temps de paix qu’en temps de guerre, pose bien des problèmes. Il faut <les brancards aussi légers que possible et faciles à porter; il faut aussi qu’ils se prêtent aisément à toutes les manœuvres que comporte le transport d’un blessé et cela sans heurts et souffrances inutiles pour le patient; il faut pouvoir aisément ie poser à terre, le loger dans un véhicule, etc. Mais ce n’est pas tout : les brancards quand ils sont inutilisés, doivent être aussi peu encombrants que possible pour s’emmagasiner sans difficulté dans les postes de secours où ils sont tenus en réserve. Il faut donc qu’ils soient démontables, condition indispensable également pour permettre le nettoyage des
- Fig. 2. —• Le brancard Peyron.
- Utilisation de la moitié des éléments pour monter un brancard pour blessé assis. (La toile G sert de dossier.)
- toiles de support; et il est nécessaire que démontage et
- remontage puissent s’opé-
- Fig.3.- Les éléments d’un demi-bran- rer très rapidement. card démonté se portant à la bretelle. ffous ces problèmes ont été résolus dans le brancard métallique réalisé par M. H. Peyron; les avantages qu’il présente l’ont fait adopter notamment par la Préfecture de Police de Paris pour l’équipement des postes de secours de la capitale.
- Les organes, tous démontables, qui constituent le brancard, vont par paires; avec une moitié d’entre
- eux on peut monter un demi-brancard pour le transport d’un blessé assis; l’assemblage des deux demi-brancards donne le brancard pour blessé couché.
- Sur le schéma de la figure 1 qui représente le brancard pour blessé couché on aperçoit tous les éléments dont il est composé.
- Les deux hampes A sont formées chacune par deux tubes métalliques en acier de 30 mm de diamètre extérieur, s’emmanchant l’une sur l’autre, des poignées sont montées aux extrémités des hampes. L’écartement des hampes est assuré par deux lames d’acier B de forme spéciale, formant ressort, articulées sur l’un des tubes et saisissant l’autre par un bec recourbé. Le dégagement des tubes s’effectue facilement, par une pression exercée sur ces lames. Elles assurent en même temps la souplesse de l’ensemble et servent de pieds.
- Deux toiles identiques C sont fixées sur les hampes, en se chevauchant au milieu du brancard; elles sont agrafées sur des boutons à gorge rivés sur les tubes. Rien de plus facile, par conséquent, que de les monter ou de les démonter pour les laver et les désinfecter.
- A l’une des extrémités de chaque tube élémentaire est articulée une ferrure D rabattable sur le tube. Ces ferrures, sur le brancard monté, se trouvent placées du côté des poignées; on peut, les relever normalement aux tubes; elles se maintiennent dans cette position grâce aux encoches dont elles sont
- Fig. 4. — Transport, d'un blessé couché.
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- Fig. 5. — Transport d'un blessé assis.
- munies (fig. 4). On peut alors fixer sur elles des tubes transversaux E qui servent à surélever et à tendre une toile support de tête G.
- Deux jeux de sangles réglables complètent cet équipement pour faciliter le port du brancard par les brancardiers.
- Avec une moitié des éléments du brancard complet, on peut monter (fig. 2 et 5) un brancard pour blessé assis. La toile G suspendue par le tube li à la sangle du porteur d’arrière sert de dossier.
- Comme on le voit le montage n’exige ni écrou, ni goupilles, ni boucles.
- Démontés, les éléments se groupent par demi-brancard; maintenus les uns sur les autres par les sangles (fig. 3), on les porte comme une arme à la bretelle en utilisant comme bretelle le ressort (fig. 3).
- Chaque demi-brancard pèse 4 kg 5. Le brancard complet pèse 9 kg. Il peut porter 110 kg.
- En vente chez M. 11. Pevron, 4, rue des Mariniers, Paris (1 ée).
- OBJETS UTILES Rasoir électrique automatique.
- Simplifier et abréger les besognes quotidiennes de l’existence, même celles qui sont en apparence les plus simples, telle est l’aspiration profonde de l’homme moderne. Les inventeurs s’évertuent à lui donner satisfaction.
- L’invention des rasoirs de sûreté semblait avoir réduit au minimum les difficultés de cette petite opération de la toilette masculine.
- On veut aller plus loin encore.
- Dans le maniement du rasoir ordinaire dont le Gillette est le prototype, la main doit encore fournir l’effort de coupe. On a voulu supprimer cet effort, et créer des rasoirs qui rasent tout seuls, ne laissant à la main que le soin de guider l’outil sur le visage.
- Nous avons déjà décrit les rasoirs de sûreté à moteur électrique; mais ces engins ont le défaut d’exiger des fils conducteurs pour les brancher sur le secteur; la présence de ces fils est une gêne.
- Voici un ingénieux appareil, le Télérazor, électrique également, mais entièrement autonome.
- il est actionné par une minuscule pile placée dans l’intérieur du manche.
- Celle-ci met en mouvement un vibreur électromagnétique qui imprime au rasoir des milliers de vibrations par seconde, vibrations de très faible amplitude, imperceptibles à l’œil nu, très efficaces cependant.
- Par une double masselotte le vibreur frappe l’intérieur du manche, d’un côté puis de l’autre, parallèlement au fil de la lame qui prend ainsi un rapide mouvement de va et vient; la lame coupe le poil sans qu’il soit nécessaire d’appuyer; elle glisse avec douceur sur la peau sans l’écorcher. 11 y a lieu de remarquer que c’est l’ensemble du rasoir qui vibre, et non pas la lame seule; celle-ci est solidaire de son support, analogue à celui des rasoirs ordinaires à lames minces et dessiné suivant les derniers perfectionnements.
- La lame ne peut donc se déplacer dans la tête qui la maintient; elle garde donc toujours la position de coupe correcte que cette tête lui assigne.
- Sur la figure 6, on distingue les organes essentiels du rasoir : un manche creux D contient le mécanisme et sert de logement à la pile E.
- Le rasoir proprement dit se compose de la tête mobile A dont les tenons s’engagent dans la plaque de garde incurvée H; entre ces deux pièces on introduit la lame coupante mince; on la bloque en serrant à fond la vis moletée G.
- Pour mettre l’appareil en ordre de marche, on dévisse le capuchon E qui ferme le manche creux à la partie inférieure; on introduit la pile dans le manche et on visse le capuchon jusqu’à ce qu’un ronronnement se fasse entendre, le contact est établi, le mécanisme est en marche.
- Pour couper le contact, il suffit alors de dévisser légèrement le capuchon.
- Pour se raser, on tient le rasoir légèrement et on le guide doucement sur le visage ,‘ sans appuyer ni brusquer les passages , la lame aussi à plat que possible contre la peau, sur laquelle la tête et la garde doivent prendre constamment appui.
- Le courant de pile employé est si faible qu’il ne peut présenter aucun danger.
- En vente chez Kir-by, Beard et Cie,
- 5, rue Auber, Paris.
- Fig. — Rasoir cleclnque automatique.
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- BOITE AUX LETTRES
- QUESTIONS ET REPONSES
- Balanciers des Diptères.
- Les Diptères n’ont que deux ailes. Ils présentent en arrière, deux appendices en forme de balancier ou de massue, qui tiennent la place des ailes postérieures. On considère depuis longtemps ceux-ci comme homologues d’ailes et d’ailleurs Morgan l’a démontré, puis Koltzow a obtenu, par élevage, des Drosophiles chez lesquelles les balanciers sont remplacés par des ailes réduites, si bien que ces Diptères sont devenus des Tétraptères. Les balanciers, très mobiles, semblent être des organes d’équilibration pendant le vol; l’enlèvement d’un seul balancier provoque peu de troubles; l’enlèvement des deux supprime le vol et amène rapidement la mort. Réponse à M. R. P..., Paris.
- Plombs des filets de pêche.
- Les plombs pour lester les lllets, sphériques ou mieux en olive, se trouvent tout préparés chez les marchands d’articles de pêche. On peut en faire soi-même au moyen de vieux tuyaux qu’on découpe et façonne ou en coulant du plomb fondu dans des moules appropriés en fer, préparés en deux parties pour se déboîter.
- Bibliothèque Moüi.ahes, Tunis.
- Appareils de prothèse auditive.
- Nous avons déjà donné dans la revue, des indications nombreuses sur les appareils de prothèse auditive à conduction osseuse. Vous pouvez trouver des renseignements également sur le sujet, dans La surdité et l'acoustique moderne (Cliiron, éditeur). Ces appareils, à conduction osseuse sont de plus en plus utilisés. Ils évitent l’introduction d’un embout dans le conduit auditif, et même l’emploi de tout écouteur appliqué contre le pavillon de l’oreille. Lorsque les conditions physiologiques du sujet le permettent, ils assurent une audition plus nette avec le minimum de bruit de fond, ce qui réduit les inconvénients nerveux produits'souvent par la perception des sons aigus et intenses correspondants.
- Parmi les constructeurs d’appareils à conduction osseuse, nous pouvons vous signaler les suivants :
- Établissements Meyrowitz, 18, boulevard llaussmann, Paris.
- Établissements Porgès, 12, boulevard Magenta, Paris (10°).
- Établissements Desgrais, 140, rue du Temple, Paris.
- Réponse au Dr Zeferino Paulo, à Porto (Portugal).
- Dispositif d’amplification microphonique.
- On utilise encore les microphones à contact, en raison de leur sensibilité et de leur simplicité, dans les dispositifs de transmission simples, pour des usages d’amateurs ou semi-professionnels, pour la publicité par exemple, ou pour les annonces transmises dans les salles de cinématographie sonore, mais, toutes les fois qu’on veut obtenir une fidélité plus satisfaisante, on a recours à des microphones électrostatiques ou même électro-dynamiques. Les modèles piézoélectriques commencent à se répandre et leur emploi, tout en offrant des avantages électroacoustiques, peut paraître, dans certains cas, plus facile que celui des modèles électrostatiques.
- Les installations d’amplificateurs et de haut-parleurs destinés à l’amplification des discours, des représentations théâtrales, etc., dans des salles, ont des caractéristiques variant suivant les dimensions et les données acoustiques locales. Il .peut être quelquefois nécessaire d’apporter des corrections acoustiques à la construction intérieure de la salle pour obtenir de meilleurs résultats, quelles que soient les qualités des amplificateurs et des haut-parleurs.
- Parmi les constructeurs de microphones et de systèmes amplificateurs, nous pouvons vous signaler les suivants :
- Société Philips, 2, cité Paradis, Paris.
- Le Matériel téléphonique, 46, quaideBouIogne, Boulogne-Billancourt.
- Établissements Melodium, 296, rue Lecourbe, Paris.
- Établissements Sidley, 47, rue des Petites-Écuries, Paris.
- Réponse à Frère B., à Froyennes (Belgique).
- De tout un peu.
- M. van Velsen, à Nice. — Si les pistons de moteurs que vous avez à dégager sont en alliages légers, dans lesquels entre par conséquent l’aluminium, il est probable que vous pourrez obtenir leur décolle-
- ment en déposant sur le pourtour au moyen d’une burette neuve une solution concentrée de soude caustique (potassium des peintres) que vous laisserez plusieurs heures en contact et qui pénétrera ainsi progressivement grâce à sa viscosité.
- M. Pichegru, à Paris. —- Vous pouvez effectivement construire sans difficultés une petite glacière, au moyen de deux caissettes en bois, entrant l’une dans l’autre et dont le devant restera libre pour y placer la porte.
- A l’intérieur comme produit réfrigérant, vous mettrez dans un vase approprié soit de la glace, soit de la neige carbonique que l’on trouve aujourd’hui d’une façon courante dans le commerce (Société La Carbonique, 120, rue Thiers, à Billancourt).
- Pour éviter l’intervention trop rapide de la chaleur extérieure, remplir l’espace entre les deux caisses de sciure de bois bien sèche ou de poudre de liège.
- •N. B. — Si vous disposez de l’outillage nécessaire, construire les deux caissettes en tôle étamée et ménager à la partie supérieure un petit réservoir où sera placé la glace de telle façon que l’eau de fusion s’écoule entre les deux caisses pour gagner la porte inférieure où un robinet permettra de l’évacuer de temps en temps.
- Dans ce dernier cas, envelopper toute la partie métallique d’une caisse en bois.
- M. Cousinery, à Marseille. — Les lieux d’éclosion des mouches étant presque toujours extérieurs : fumiers, fosses d’aisances, etc., la condition primordiale dans votre région est d’empêcher la pénétration des insectes à l’intérieur des maisons en plaçant au début de l’été des cadres grillagés aux fenêtres.
- Quant à la destruction de ceux qui peuvent avoir pénétré, elle sera obtenue en brûlant des cônes fumigènes ainsi constitués :
- Poudre de pyrèthre...................... 100 grammes
- Nitrate de potasse...................... 5 —
- Eau gommée légère 9,5 pour agglomérer.
- On peut également en vue d’éloigner les mouches pulvériser dans l’appartement, une solution alcoolique à 10% d’essence d’eucalyptus.
- M. Postel, à Sceaux. — La matière plastique qui vous intéresse est à base de caoutchouc et de soufre, colorée suivant besoins par des couleurs minérales.
- Comme après emploi il est indispensable de procéder dans des appareils spéciaux à la vulcanisation (chauffage sous pression à 3 kg (145°), il s’ensuit que ces manipulations ne sont pas du domaine de l’amateur.
- M. Cauvin, à Brie-Comte-Robert. — 1° L’emploi des dépilatoires qui procèdent par arrachement est toujours douloureux, pratiquement il est impossible de concilier une fixation des poils sans adhérence à la peau. Si nous avons publié des formules de dépilatoires de ce genre, c’est uniquement parce qu’elles nous étaient demandées, mais nous préférons de beaucoup les dépilatoires aux sulfures, lesquels bien employés sont indolores et inoffensifs.
- 2° Le seul moyen d'empêcher les insectes venant de l’extérieur de pénétrer dans les pièces est de garnir les fenêtres de cadres sur lesquels on a tendu une fine toile métallique.
- Quant aux forficules (perce-oreilles) un moyen très pratique de les piéger consiste à répandre, dans les endroits obscurs et frais où ils logent, des fétus de paille coupés à une longueur de 6 à 8 cm. Les forficules s’y introduisent la nuit et il suffit au matin de brûler cette menue paille pour détruire les insectes.
- M. Ovise, à Grenoble. — Le craquelé se produit lorsque l’on superpose à une couche de vernis initial une nouvelle couche dont le solvant est très volatil.
- Comme condition essentielle, le solvant du vernis craquelant doit aussi être un solvant du vernis support, le retrait de la pellicule de surface laisse dans ces conditions apparaître le vernis de fond.
- MM. Clément et Rivière ont particulièrement étudié ces phénomènes et en ont déterminé les conditions essentielles de réalisation dans leur brevet n° 530.658, 1920.
- On peut prendre comme type d’un vernis de ce genre la formule suivante donnée par M. Renestrat dans la Revue de Chimie de novembre 1928.
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- Nitrocellulose 100/100 .................... 25 grammes
- Acétate d’étliyle.......................... 80
- — de butyle........................... 40 —
- Alcool butylique. ,........................ 20 —
- Gomme (Albertol)........................... 15 —
- Plastifiant (tricrésylphosphate)........... 10 —
- Pigment léger..............................100 —
- Benzine....................................150 —
- Vous pourrez vous procurer du vernis craquelant tout préparé chez Clément et Rivière, 42, rue Beaurepaire, à Pantin (Seine).
- IVI. le Dr Amaoua,à Maison-Carrée.—• Les préparations concentrées destinées à obtenir instantanément des boissons d’été, sont toujours à base de réglisse, soit que l’on y fasse entrer l'extrait de réglisse du commerce en magdaléons, soit que l’on emploie le principe essentiel, la glycyrrhizinc ammoniacale pharmaceutique, l’acidulation en est faite par l’acide tartrique ou l’acide citrique, auquel on adjoint suivant le goût présumé du consommateur les essences de coriandre, d’anis, de citron.
- Les proportions suivantes pourront vous servir de base pour une préparation dont la dilution sera subordonnée à l’intensité de la sapidité que l’on voudra obtenir dans la boisson finale :
- Acide citrique........................ 8 grammes
- Sucre blanc...........................125 —
- Glycyrrhizine................, . . . 2,5 —
- Essence...............................8 à 10 gouttes
- N. B. — La conservation est assurée par addition d’environ 10 à 12 % d’alcool après dilution.
- Mme L. R. — L’épilation définitive ne peut être obtenue que si elle est effectuée à la pince, des pinces spéciales à mors perpendiculaires se trouvant d’une façon courante dans le commerce.
- Cette opération, bien qu’un peu longue, n’est pas douloureuse, si on a soin de la faire précéder d’une application d’huile de cade, qui éteint la sensibilité de la peau et qui facilite l’arrachement du bulbe, il doit se faire par un coup sec et non par une traction progressive.
- S’il ne s’agit que d’un duvet, on réussit généralement à en amener la disparition par application sur la peau pendant un mois environ d’une décoction concentrée de feuilles de bouleau.
- Eviter, pendant ce temps, tout usage de pâte-ou crème sur la peau.
- Collège de Morlaix. — Comme antimites d’odeur plutôt agréable vous pouvez employer la préparation suivante :
- Poudre de pyrèthre fraîche............ 100 grammes
- Tétrachlorure de carbone.............. 1000 cm:l
- Laisser digérer une huitaine de jours, en agitant fréquemment, filtrer sur papier.
- Employer la solution au moyen d’un pulvérisateur de toilette, de façon à diriger les fines gouttelettes sur les vêtements à préserver, puis enfermer ceux-ci dans des cartons, pendant un temps suffisant pour que les vapeurs puissent atteindre œufs et larves, avant de remettre définitivement dans la penderie.
- M. Van Qeertruyden, à Bruxelles. — Ie Voici d’après Durvelle comment sont préparées les crèmes savonneuses pour le rasoir :
- Prendre :
- Stéarine............................... 1000 grammes
- Eau.................................... 8000 —
- Glycérine............................... 600 —
- Lessive de soude caustique à 15° B . . 300 —
- On fait fondre la stéarine dans une chaudière.
- Puis dans une seconde chaudière on mélange la soude, la glycérine et l’eau, on chauffe à 55°, 60° C et on incorpore à la stéarine fondue en agitant sans interruption, on obtient ainsi une matière gélatineuse transparente à laquelle on ajoute le parfum qui peut être constitué par :
- Essence de géranium Bourbou...............30 grammes
- Terpinéol.................................15 —
- Mettre en tubes ou boîtes de fer-blanc bien hermétiques.
- 2° Les savons en bâtons pour le même usage s’obtiennent en prenant :
- Savon blanc lre qualité.......................40 kg.
- Crème de savon précédente.....................10 —
- On passe à la boudineuse et enveloppe de papier d’étain ou d’aluminium.
- Si le savon sortant de la boudineuse était trop mou, on y ajouterait un peu de poudre de savon.
- Bien entendu il conviendrait de relever le parfum par addition
- d’un complément d’essences, pour compenser la dilution due û l’addition de savon non parfumé.
- M. Cantaloube, à Assier (Lot). —• 1° Vous pourrez vous procurer de petits moulins pour l’obtention ménagère de farine en vue de la fabrication d’un pain complet, aux établissements IJ. C. A. M., 3, cité Trévise, à Paris.
- 2° Pour enlever aux poissons d’étangs le goût de vase, il suffit d'introduire dans la bouche de ceux-ci aussitôt pêchés une cuillerée à café de vinaigre en ayant soin de tenir les ouïes fermées pour que le vinaigre pénètre bien dans le tube digestif du poisson.
- M. Paliers, à Orly.— Vous pourrez dans une certaine mesure augmenter beaucoup l’adhérence de votre collodion ou de la colloïdine, en appliquant la mixture sur la plaque de verre préalablement enduite d’une couche légère de silicate de potasse et parfaitement séchée, mais il serait beaucoup plus simple, ainsi que cela se pratique dans la fabrication courante des écrans colorés de teindre d'abord des feuilles de celluloïd, de cellophane ou de gélatine, puis de les occlure ensuite entre deux lames de verre mince.
- M. Geraud-Blancon, à St-Flour. — A notre avis la destruction de vos poutres doit être l’œuvre de la Vrillette damier ou Vrillelle marquetée (Anobium tessellatum) qui vit surtout dans les charpentes et les poutres des maisons; les bois de chêne et de châtaignier sont particulièrement attaqués.
- Pour une détermination précise, il vous suffira d’adresser un échantillon du bois contaminé soit au Laboratoire d’Entomologie de Rouen, soit également au Laboratoire d’Entomologie de l’Institut agronomique, 16, rue Claude-Bernard, à Paris.
- M. Loubens, à Clairvaux-d’Aveyron. — On donne habituellement de la transparence à la toile en l’imprégnant d’une mixture obtenue de la façon suivante :
- Prendre :
- Standolie.....................................100 grammes
- Térébenthine de Venise......................... 5 —
- Gomme copal blanche........................... 25 —
- Gomme sandaraque............................... 5
- Chauffer assez longuement jusqu’à homogénéité parfaite, laisser refroidir et étendre d’une quantité suffisante d’essence de térébenthine pour donner la fluidité convenable.
- N. B. — Pour que la pénétration se fasse bien, imprégner préalablement la toile de benzine, en prenant soin d’opérer loin de tout foyer et de préférence en plein jour.
- M. Severins, au Theil (Eure).-—Le vernis flatting est un vernis gras siccativé, c’est-à-dire additionné d’un siccatif au plomb ou au manganèse lui permettant de sécher en jnoins de 10 à 12 heures, l’altération que vous constatez au bout d’un certain temps, en bidon, est donc une oxydation normale au contact de l’air.
- Etant donné qu’il a dû être établi sur les bases industrielles probables :
- Gomme Congo....................................25 grammes
- Huile de lin...................................25 —
- Essence de térébenthine........................50 —
- Vous pourrez peut-être lui rendre une fluidité convenable par addition d’une légère quantité d’huile de lin non cuite puis dilution avec de l’essence de térébenthine.
- M. Meunier, à Lompnès-Hauteville (Ain). — La crème à raser se prépare de la manière suivante. Prendre :
- Acide stéarique...............................100 grammes
- Eau distillée................................ 800 —
- Glycérine..................................... 60
- Lessive de soude caustique à 15° B............. 30 —
- Faire fondre au bain-marie l’acide stéarique puis ajouter la lessive de soude, laisser quelques minutes en contact, verser ensuite la glycérine et l’eau.
- Abandonner au repos jusqu’à solidification et chauffer à nouveau
- pour obtenir de la fluidité, puis faire refroidir en battant constamment, ajouter pendant cette opération le parfum choisi par exemple :
- Héliotropine cristallisée porphyrisée..........4 grammes
- Musc artificiel................................2 —
- Glycérine, quantité suffisante pour homogénéiser. 5 Mettre en pots, recouvrir d’une feuille d’étain ou d’aluminium, fermer hermétiquement, conserver en lieu frais.
- N. B.— Le second chauffage est indispensable à une bonne densité, le battage pendant le refroidissement doit être de préférence effectué mécaniquement avec un malaxeur.
- Le Gérant : G. Masson.
- 8693. — lmp. Lahure, rue de Fleurus, 9, à Paris. — i5-ro-i936. — Published in France.
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- LA NATURE
- 1er Novembre 1936
- STALACTITES EXCENTRIQUES
- Nombre de touristes se sont extasiés devant les merveilles souterraines qui habillent les parois des grottes creusées dans le calcaire. Au plafond d’immenses voûtes pendent de longues draperies, et des milliers de cannes à sucre en cristal entourent d’épaisses colonnes se soudant aux voûtes, dans lesquelles se sont sculptées des stries très droites simulant des buffets d’orgues gigantesques.
- La chimie et la physique se sont mises d’accord pour attribuer aux petites gouttes d’eau chargées de carbonate de chaux toutes les concrétions stalagmitiques et les stalactites que l’on admire à la grotte des Demoiselles, à la grotte de llan (Belgique), au Drach, à Majorque, à l’Aven Armand, au puits de Padirac et à l’Aven d’Orgnae que nous avons récemment découvert avec M. de Joly, le 19 août 1935 (La Nature, 15 décembre 1935).
- Mais ce que le public ignore et a rarement vu, ce sont les stalactites excentriques qui poussent horizontalement, verticalement et en cercle, déliant totalement les lois delà pesanteur. Or, la science n’a pas encore donné l’explication de ces cas extraordinaires.
- C’est en Amérique, à la Wyandott-Cave (Indiana), que Collett semble les avoir signalées le premier en 1878. On les trouve un peu partout, en Australie (caverne de Jenolan, Blue Hills), en Angleterre, en Belgique, à Majorque, aux Pyrénées, dans l’Ardèche, dans l’Aveyron, dans l’Hérault, le Lot, la Dordogne, etc.
- Malgré leur diversité de formes, on pourrait tenter un classement puisque plusieurs modèles sont à peu près semblables bien que se trouvant dans des grottes différentes (1).
- 1° Gladioformes. — Longues, aplaties, sur les côtés, couteaux, glaives ou poignards avec ou sans bavures perpendiculaires (fig. 1).
- 2° Folioform.es. — En forme de feuille avec courbure et déviation de leur plan de surface.
- 3° Gargouilles. — Horizontales, de gros diamètre, munies de contreforts et de larmes (fig. 2).
- 1. N’ayant trouvé jusqu’ici aucun classement scientifique de ces concrétions, j’en ai créé un qui ne prétend pas englober tous les cas.
- 4° Angulaires. ----- En ligne brisée, sans courbures, mais avec angles (obtus ou aigus).
- 5° Annulaires. — Concrétions à section circulaire tendant à la forme du cercle, semi-circulaire ou crochets, ergots, hameçons (Mirabal-Spelunca 1934, p. 88). Anneau complet ou ovale (Ilg. 3 et 4).
- 6° V ipérif ormes. — Section circulaire à direction continue, mais formant une ou plusieurs courbures, souvent sinueuses, ou simplement droites (fig. 9 et 10).
- 7° Vrilliformes. - Concrétions à tendance de vrille, alambic ou colimaçon de gros diamètre (fig. 5 et 15).
- 8° Vermiformes. — Vers et tentacules se tordant dans toutes les directions, de diamètre minime, 1 à 3 mm environ (fig. 6).
- 9° Pôlyvermifornies. Ce sont des vermiformes qui sont collées ensemble s’enchevêtrant dans un fouillis de volutes (fig. 20).
- 10° Spirilles. — Fins capillaires, filets translucides à tendance polyver-miforme.
- 11° Aiguillettes. — Fins capillaires droits, rigides comme des aiguilles de pin. (Fraction de millimètre de diamètre.)
- Quant à leur obliquité nous avons toutes les positions angulaires depuis l’horizontale parfaite jusqu’à l’angle de 85° et plus par rapport au plan de naissance. Leurs couleurs sont variées. On passe depuis le cristal le plus translucide presque transparent, au blanc laiteux. D’autres sont rouillées de fer (FeO2) ou noircies de manganèse (MnO2).
- THÉORIE DE FORMATION
- Leur nom d’excentriques, trouvé par Martel, indique assez leur caractère. L’excentrique est une stalactite qui se forme en dehors des lois de la pesanteur, aussi n’a-t-elle pas d’axe vexiical. Leur formation très complexe met en jeu diverses lois et influences physiques et chimiques dont voici les principales :
- 1° Pression osmotique.
- 2° Influence des variations de concentration.
- 3° Lois de cohésion et morphogénisme .de cristallisation.
- Fig. 1. — Les pièces 1, 2, 3, 4 ont déjà été reproduites par La Nature du 15 décembre 1935; n° 5, uipériforme; n0B 6, 7, gla-dioformes; 8, folioforme. Ces spécimens proviennent de l’Aven d’Orgnae. Longueur 10 à 12 cm.
- (Dessins d’après nature d’A. Glory.)-
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- 4° Tension superficielle d’une couche monomoléculaire. 5° Lois de convection. Circuits de convection.
- 6° Action d’évaporation.
- 7° Poids spécifique.
- 8° Lois de capillarité.
- 9° Action de colmatage et des périodes d’alternance. 10° Action des effets de la pesanteur sur le ruissellement extérieur.
- 11° Présence de couches d’argiles ou de calcite.
- I. — PRESSION OSMOTIQUE
- Van’t Iloff, se servant des mesures données par le botaniste Pfeffer, conclut que dans une solution les matières dissoutes se comportent de même façon que les gaz. Leduc ajoute même que l’analogie entre les substances dissoutes et les gaz est complète. Les molécules d’un corps dissous dans un liquide sont aussi mobiles que les molécules des gaz. Si ces dernières tendent à occuper d’une manière homogène tout l’espace que contient le récipient, les molécules dissoutes se répandent uniformément dans le volume total du dissolvant, l’eau pour le spéléologue. Ces molécules de chaux, tout comme les molécules des gaz, exerceront sur les limites du solvant une pression centrifuge qui, suivant les mêmes lois et ayant les mêmes constantes que la pression des gaz, se nomme pression osmotique. Lorsqu’un gaz se dilate, sa température interne s’abaisse et le froid s’ensuit. Lorsqu’un corps soluble se dissout, le liquide augmente de volume et sa température propre s’abaisse. C’est ainsi que
- les lois de Boyle-Mariotte ^ — = j-j^, de Gay-Lussac, de
- Dalton, donnent exactement les mêmes constantes pour les substances dissoutes que pour les gaz.
- En conséquence la pression osmotique est la force avec laquelle les molécules de chaux et des autres sels tendent à occuper tout le volume du liquide et pressent sur les limites du solvant qui les contient.
- Cette pression a été mesurée avec un dispositif analogue à celui de Pfeffer et elle suit les lois de Mariette, de Gay-Lussac et de Dalton. Elle est toujours proportionnelle à la concentration moléculaire et croît avec l’augmentation de saturation. C’est ainsi qu’une solution de 342 gr
- Fig. 2. — Aven de la Terrasse (Gard). Campagne spéléologique 1934. Excentrique horizontale à — 40 m. On remarque les larmes el bavures dues aux eaux de ruissellement et les cornes terminales jaillissant par colmatage, osmose et capillarité. (Dessin d’après nature
- d’A. Glory.)
- de sucre par litre a une pression osmotique de 22 atm 35. Mais alors, l’eau sursaturée de calcium devrait manifester plus bruyamment sa forte pression osmotique ? Elle le ferait si la résistance des frottements des molécules entre elles qui sont extrêmement petites ne la compensait en partie (1).
- Pour qu’il y ait osmose (endosmose ou exosmose), il faut qu’il y ait membrane. L’obstruction d’une fistu-leuse est créée souvent par une mince pellicule de calcite. On a trouvé un échantillon fermé par une fine membrane cristalline autorisant néanmoins le suintement du liquide par d’infimes interstices. La cristallisation laiteuse et fibreuse de certaines vipériformes que nous étudions plus loin est particulièrement apte à faire avancer le liquide par pression osmotique.
- Or, dans la formation des excentriques, le liquide solvant est l’eau de pluie qui, s’imprégnant de l’acide carbonique (CO2) de l’atmosphère, renforcé par les acides provenant de la décomposition des déchets organiques dans la terre, se sature de calcaire à raison de 900 à 3000 parties, en traversant la couche terrestre. Cette force de dissolution a une action destructrice surprenante.
- Au cours du percement du tunnel du Simplon, de grandes venues d’eau firent irruption dans les galeries. En calculant le débit moyen de ces eaux et leur teneur en sels minéraux en fonction de leur température, Sehardt a conclu qu’annuellement, 40 000 rn3 de matières dissoutes étaient enlevées à la montagne. E. Raliir et j. du Fief ont calculé que la Lesse dissout au cours de sa traversée dans la grotte de llan (Belgique) plus de 5000 kg de matières en une journée, soit plus de 1800 tonnes par an.
- Le pouvoir dissolvant de l’eau acidulée de CO2 varie avec sa température la nature de la roche, et la teneur en CO2. Tous les carbonates sont solubles. Le calcaire (carbonate de calcium) Ca CO3, se dissout à raison de 0 gr 10 par litre d’eau pure à 10°, mais peut atteindre 1 gr 5, à 0° sous une pression de 1 kg de CO2. Dans ce dernier cas, le calcaire ne se dissout pas sous forme de C03Ca, mais partiellement en bicarbonate (CO3)2 CaH2, sel très instable qui restitue aisément le CO2 auquel il est combiné, la réaction étant réversible C03Ca -j- CO2 -j- 1I20 (CO3)2
- CaH2. Le gypse, S04Ca, 2H2O, est plus soluble que la chaux : 2 gr 17 par litre à 25°. Sans doute le travail de corrosion d’un torrent souterrain n’est pas de même nature que celui de l’eau d’infiltration, mais dans les deux cas, il y a pouvoir dissolvant.
- Cette eau saturée, en réserve derrière les parois rocheuses ou stalagmitiques des grottes, tend d’après le principe des vases communicants à s’échapper par les moindres pores du calcaire. Elle s’infiltre par ces trous
- 1. Parrot entrevoyait déjà son importance lorsqu’il écrivait : « C’est une force analogue aux forces mécaniques, force susceptible de mettre la matière en mouvement, ou d’agir à l’état statique pour produire des pressions. C’est cette force qui fait circuler la matière hétérogène dans les liquides qui lui servent de véhicule; c’est d’elle qu’émanent toutes les actions qui nous échappent par leur petitesse, et nous étonnent par leurs résultats; elle est pour les masses infiniment petites de la matière ce qu’est pour les grosses la gravitation; et dans son activité elle se joue de cette force puissante ; en dépit de la pesanteur elle déplace dans les liquides la matière aussi bien en haut qu’en bas ou dans une direction quelconque. »
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- capillaires et à l’air libre précipite latéralement le calcaire qui cristallise en calcite en faisant évaporer CO2 et H2O. Quel sera l’effet de la pression osmotique ? Elle se déduit de l’expérience suivante :
- Dans une boîte de Pétri, on dépose un fragment de chlorure de calcium sur lequel on verse une solution saturée, formée de 76 parties de carbonate de potassium, 4 parties de phosphate tribasique de potassium et 20 parties de sulfate de sodium, de façon que le liquide le recouvre à peine. On voit bientôt s’élever dans l'air au-dessus du liquide une cellule sphérique transparente qui croît de 1 à 2 cm de hauteur. Cette partie aérienne se nourrit du liquide de base en évaporant cette eau par le sommet.
- Certaines croissances aériennes ont même une ressemblance frappante avec les excentriques, en particulier « les aiguillettes ». Leur sommet s’entoure d’une couronne opaque qui pousse en formant une espèce de margelle entourant la cavité dans laquelle s’élève le liquide qui monte par capillarité de la base. Cette margelle continue à grandir comme la tige d’une plante, ajoute Leduc, la capillarité aidant la pression osmotique.
- La pression osmotique dans la formation de l’excentrique poussera le liquide à saillir du capillaire central qu’elle construit en calcite par évaporation de CO2 et 1I2(), fourreau de cristal très lin, qui s’allongera dans l’air calme de la même façon que les efflorescences de Leduc en forme de tigelles creuses poussent en petits cylindres calcaires dans le liquide nourricier.
- Nous avons vu dans la grotte de St-Marcel-d’Ardèche, sur une paroi verticale, des centaines de ces aiguilles transparentes, fines et cristallines, ténues comme des fils, qui se dressaient perpendiculairement au rocher.
- II. — INFLUENCE DE VARIATIONS DE CONCENTRATION
- Si on développe expérimentalement des efflorescences dans une solution concentrée, on obtient des tigelles minérales élancées pouvant acquérir 30 à 40 cm de hauteur. Mais si on étend cette même solution d’eau de façon à diminuer cette concentration, les tigelles auparavant droites, bifurquent, obliquent, se ramifient pour donner des formes de coraux. Si la concentration est diminuée de 100 fois, les tiges du début se couvrent d’organicules terminaux, sphériques ou coniques.
- Les variations de concentration du carbonate de calcium dans F eau qui alimente le capillaire de l’excentrique doivent produire le même effet. Car si l’eau est moins saturée, l’abaissement de sa température propre et la diminution de sa teneur en CO2 en sont la cause comme je l’ai expliqué plus haut. Il s’ensuit pour l’excentrique un nouveau morphogénisme qui expliquerait les torsions, les déviations angulaires. Très souvent les vermiformes et les polyvermiformes s’enchevêtrent en tous sens dans le fond de certaines cavités ou se soudent entre elles. Elles surgissent soudainement de la roche toutes blanches et cristallines et donnent l’impression par leurs torsions où les circuits de convection ne sont pour rien, qu’il y a eu comme opposition de l’air à l’avancement de la calcite. Les variations de saturation en sont la cause.
- Fig. 3. — Annulaire qui normalement aurail dû tomber en verticale comme l'excroissance de gauche. Grottes de la Devèze à Corniou.
- (Hérault).
- Nous en avons trouvé la preuve cette année à Orgnac et à la grotte de la Madeleine (Ardèche). Une gladioforme, dans les salles Glory, avait sur sa crête un profond canal creusé par une série de gouttes d’eau de ruissellement non saturées. L’eau complétait sa concentration en reprenant le sel quelle avait déposé des siècles auparavant.
- III. - INFLUENCE DE LA COHÉSION ET DU MORPHOGÉNISME DE CRISTALLISATION
- 1° Souvent on remarque des directions de bourgeons adjacents à l’excentrique principale ou des excentriques seules ayant une direction inattendue, tranchant sur le sens unique des voisines. Ici peut s’ajouter la loi de cohésion ou force qui réunit et agglomère les molécules chimiquement semblables. Ne trouvant aucun centre d’attraction pour se précipiter et cristalliser, les molécules en sont réduites à leurs mouvements lents de diffusion. Mais si une première molécule, sous des influences d’origine ionique (voir les travaux de Bohr) cristallise dans une orientation donnée, elle sera un centre d’attraction pour toutes les molécules suivantes qui cristal-
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- lisant dans ce sens formeront une direction continue. C'est; le phénomène bien connu de cristallo-phyllie (Ç.
- La cristallisation de la ealcite a été suffisamment traitée par W. Printz en 1908 dans les Mémoires de la Société belge de Géologie pour qu’on n’y revienne pas. Son analyse est très poussée1, mais la cristallographie est impuissante à elle seule à expliquer tous les cas de1 croissances et de formes d’excentriques.
- Retenons que la calcite qui est un minéral très riche en combinaisons cristallines (on en connaît un millier), se limite dans les grottes à quelques formes particulières. Les principales sont ; le rhomboèdre primitif p, inverse e1, contrastant e3, la base a1, le prisme hexagonal e\ le deutéro- prisme d1 et le scalénoèdre d2. La fîstuleuse perpendiculaire se courbant à sa base en hameçon remontant, les ergots greffés latéralement et à directions multiples ont tous la même orientation cristalline que le tube qui les engendre. L’influence de la stalactite mère est donc primordiale sur ses bourgeonnements (hg. 7 ).
- Cependant sans qu’il y ait changement d’orientation cristalline, l’examen optique établit que, dans certaines annu-
- Fig. -1. — Annulaires vues de profil surgissant au milieu de nombreuses vipériformes.
- (Dessin pris sous terre. Salles Glory. Aven d’Orgnoe. Expédition 1935.)
- 1. 11 faut ajouter les propriétés étudiées par Langmuir delà couche monomoléculaire qui estle point de départ de toute cristallisation. Le microscope polarisant indique que l’orientation des molécules de la pellicule liquide est la même que celle de la couche cristalline qui en résulte.
- Fig. 5. — Aven de la Terrasse (Gard). Excentrique vrilliforme à 40 ni. Campagne 1934. (Collection de Joly. Dessin d’A. Glory).
- laires et vrilliformes l’empilement se fait suivant une courbe régulière ou même suivant une partie de spire. Il y aurait comme une force physique qui aurait légèrement incliné les rhomboèdres, que nous identifions avec les circuits de convection comme nous le disons plus loin (fig. 8).
- 2° On remarque encore que certaines pièces horizontales comme les vipériformes et les gargouilles, sont formées de deux séries de clivage appartenant à deux rhomboèdres e1 accolés suivant une face de prisme e:’. Le capillaire reste dans la partie supérieure du premier clivage. La pièce recueillie dans l’Aven de la Terrasse, lors de la campagne 1934, à — 40 m, est un bel exemple
- (% -)
- Lorsque le liquide vient mouiller l’ouverture du capillaire, la cristallisation croît horizontalement, le sens du premier cristal ordonnant le sens du suivant.
- Lorsqu’il y a surpression/la goutte naît, se gonfle et coule à la barbe inférieure du bec pour former le deuxième clivage qui grossira en contrefort (pesanteur). Si le liquide est abondant, les gouttes glissent en stalactites qui, s’arrêtant vite, donnent des larmes. Lorsque le capillaire s’obstrue, il y a compression interne du liquide qui percole entre les lamelles microscopiques, trouve les points de moindre résistance, passe en osmose et capillarité et produit des ergots multiples remontant en cornes d’escargot.
- Lorsque ces types sont obliques, un clivage peut grandir aux dépens de l’autre. Le premier, ordinairement plus limpide, est séparé du second par un joint. Un capillaire s’amorce au joint et crée un ergot opalescent qui va s’incurver et se séparer de l’autre clivage qui croîtra normalement vers le bas, nourri par excès de liquide du canalicule suintant par le joint mal cicatrisé.
- 3° La plupart des coupes dans la calcite ont la transparence du cristal; mais quelques-unes révèlent une cristallisation laiteuse et feuilletée. Le capillaire avance1 par saccades, se boursouflant, s’étirant dans des zones fibreuses (fig. 11). Pour ces dernières, un fort grossissement montre un amas d’infimes canalicules, de microscopiques fistules enveloppant les cristaux et remplis d’un gaz ou d’un liquide.
- La calcite se cristallise en enveloppant les rhomboèdres de bulles gazeuses infinitésimales ou de traces de corps étrangers.
- Le bleu de méthylène ne reste pas dans le capillaire, mais envahit par capillarité la masse de l’excentrique à la manière d’un buvard s’imbibant d’encre.
- La soudaine rapidité de l’échappement du CO2 contenu dans une solution sous pression et comprimé par les canalicules et joints microscopiques peut produire cette structure fibreuse.
- 4° Lorsque, sous l’influence d’une cause physique, une fîstuleuse se rompt, le plan de clivage se couvre d’une collerette cristalline qui se contourne en se développant. D’autres font jaillir à angle droit un petit pavillon horizontal. Enfin lorsque le canal nourricier se bouche imparfaitement par un pompon de calcite, un nouveau tube en sort; parfois de cet amas se constitue un fourreau qui doublant le tube sans le toucher remonte de quelques centimètres. (Analogie avec les sels grimpants).
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- La rupture soudaine du rnorphogénisme habituel crée dans la lente croissance un trouble considérable qui rappelle l’expérience connue dans laquelle un cris-lal mutilé, ou muni artificiellement de laces autres que celle de la solution mère, est remis dans sa solution d’ori-
- Le cristal se guérit en créant des rugosités, des pointe-merrts multiples qui pour les fîstuleuses seront exagérés, étant donné la fuite de CO2 et l’absence d’un bain analogue.
- 5° La cristallographie démontre que les différentes substances ont généralement des champs différents de rnorphogénisme de cristallisation. Or, l’eau des grottes ne contient pas seulement du C03Ca, mais des traces de différents sels minéraux selon la nature des terrains traversés. Suivant que l’eau renfermera plus ou moins grande quantité des molécules de ces sels, l’excentrique
- prendra une couleur, une direction et une forme différentes de la normale en rapport avec les tendances de cristallisation des sels dissous.
- 11 en est ainsi de certaines efflorescences. La nature chimique des corps étrangers introduits dans le liquide nourricier influe sur leur forme.
- Les nitrates don nent des pointes et des épines, de même le gypse ; le chlorure d’ammonium dans une solution de fer-rocyanure de potassium produit des chatons; les chlorures alcalins provoquent la formation de croissances ver-miformes, etc.
- Supposer que les arborescences excentriques se sont formées dans un bain précipitant en solution concentrée (arbre de Saturne) serait faire preuve d’une ignorance totale de la question. Ce serait méconnaître les analyses microscopiques qui décèlent dans toutes les pièces la présence d’un capillaire qui fait grandir l’excentrique; ce serait ignorer le rnorphogénisme particulier des rhomboèdres qui se forment au fond des gours dans de 1’ eau sursaturée.
- 6° La même excentrique vermiforme peut pendant sa croissance, qui dure des siècles, changer ainsi plusieurs fois de rnorphogénisme, si l’eau qui la nourrit dissout à plusieurs reprises des sels différents. C’est ainsi que l’on rencontre des excentriques de couleur variable, translucides comme du verre, blanches comme du lait, rouillées de fer ou noircies de manganèse.
- Fig. 7. — Projection orthogonale sur une face clu prisme d1.
- IV. — CIRCUITS
- DE CONVECTION
- Martel a mesuré les différences de température qui peuvent exister dans l’Aven Armand. Le 21 septembre 1897 l’air extérieur est à 5° 5 ; à 75 m, il est à 7°; à 100 m 70 5; à 112 m 8°. Il y a donc un écart extrême de 2° 5. Le 3 octobre 1898 avec 15° au dehors, il note 8° à 75 m ; 8° 5 à 100 m pour l’eau de suintement, soit 6° 6 de différence. Les mesures faites à Orgnac, le 28 août 1935, donnent à — 100 m de profondeur 13° 5 pour l’air et 12° 5 pour l’eau; à — 140 m, l’argile avait 12°2 et l’air 12°8. Mais quelques jours après, un orage étant survenu, l’air extérieur de 20° est tombé à 19°; dans la salle Glory, vers — 58 m, il n’y avait plus que 10° 5 (r). Comme la terre et l’eau se refroidissent ou se réchauffent moins vite que l’air souterrain, il y aura presque toujours entre ces éléments un écart de température. M. de Joly a souvent même constaté un écart de 1° entre l’air et l’eau souterraine. Le 17 septembre 1936, à 10 h, je relève dans la grotte du Grand Roc pour l’eau suintante 13°, pour l’air du fond 14° 5 et pour celui du voisinage des ampoules électriques 15° 5 à 16°.
- Que l’écart soit irrégulier ou non selon les grottes ou les diverses saisons de l’année, cela importe peu puisqu’il suffit d’une différence minime de température pour donner naissance à des circuits de convection ou brassages d’air. Ces courants naissent d’abord à l’entrée des cavernes et échangent l’air intérieur contre l’air extérieur. L’air extérieur étant plus froid, l’air chaud souterrain de poids spécifique moindre, plus dilaté, tend à monter; l’air froid descend et un brassage circulaire se produit.
- Dans le cas où l’air extérieur est plus chaud, la stabilisa tion n’est pas encore complète, car la chaleur se communique de proche en proche, des couches supérieures aux couches inférieures, de manière à égaliser les deux atmosphères. La terre, ayant toujours un retard sur la température de l’air, transmettra aux masses d’air latérales qui touchent les parois
- 1. Cette salle est d'ailleurs toujours plus l'roide que les autres. La moyenne oscille autour de 11°.
- Fig. 8. — Déviation que subit l’empilement de rhomboèdres c1 dans une courbe en projection orthogonale sur une face du prisme d1 (D’après Prinz.)
- Fig. 6. — Vermiformes tapissant une niche du plafond des salles Glory à l'Aven d'Orgnac. (Dessin pris sous terre. Exploration 1935.)
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- Fig. 9. — Buisson d'excentriques vipériformes ci gladioformcs dont l’ensemble possédant la même direction serait le résultat des circuits de convection. (Photo A. Viré. Grottes deLacave.)
- Fig. 10. — Buisson de vipérifonnes croissant dans la même orientation.
- Grottes du Grand Roc-Laugerie-Basse près Les Eyzies (Dordogne).
- une température plus basse que celle de l’air central. Ce dernier, plus chaud, ayant un poids spécifique différent, tendra à gagner lentement le sommet de la salle, remplacé par appel d’air, par l’air plus frais qui descendra. Ainsi dans une atmosphère absolument calme, par le seul écart de quelques dixièmes de degré, un cycle de convection lent et continu naîtra, léchant les parois rocheuses de haut en bas.
- Ces courants de convection qu’il ne faut pas confondre avec les courants d’air (1), sont mis en évidence par la poussière cosmique qu’ils transportent et qu’ils déposent sur les stalactites (Spelunca 1934, p. 87, Grotte de Mirabal) (2) en les noircissant ou en les jaunissant. Dans l’Aven d’Orgnae, les stalagmites ayant arrêté leur croissance ont passé du blanc au gris sale par ce transport de poussière. Ce sont ces mêmes circuits de convection qui, dans une chambre bien close et à l’abri de toute perturbation, mettent en mouvement lentement les minuscules poussières de l’air, visibles dans le rayon solaire, qui se déposent ensuite sur les moindres aspérités des murs.
- On nous a même signalé que dans une chaufferie à mazout, il se formait des stalactites excentriques charbonneuses, toutes tournées selon le sens des circuits de convection lorsque le jet de flamme était mal réglé. Pour que ces circuits naissent, il faut qu’ils soient à l’abri des courants d’air qui bouleversent les cycles de températures ; les grottes en retrait au fond de longs couloirs, les cavités basses, les niches et les petites salles confinées, auront logiquement de ces brassages d’air. A notre avis l’influence de ces circuits sur la croissance et la direction de certaines excentriques est primordiale. Nous mettons à part les polyvermiformes, vermiformes, spirilles et aiguillettes qui s’expliquent sulïisamment par la pression osmotique, la variation de concentration, la loi de cohésion et le morphogénisme de cristallisation.
- Mais pour les autres, on ne peut qu’être frappé de Vuniformité de direction que prennent certains buissons de vipériformes, qui par endroits poussent par vingtaines (fig. 9 et 10). L’hypothèse des changements de sens de courants d’air, du Dr Brezina, serait tentante si malheureusement les excentriques ne se multipliaient pas dans des salles en milieu calme. Dans les Avens Longs du Causse Noir, M. de Joly me signale que toutes les stalactites non excentriques sont inclinées du même côté grâce à un courant d’air qui est même très sensible. D’autre part, les gladioformes, folioformes, annulaires ont des formes analogues qui se rencontrent un peu partout. Les unes et les autres auraient donc poussé sous l’influence du même élément que nous identifions avec les circuits de convection, sans d’ailleurs éliminer complètement le facteur de la cohésion de cristallisation qui joue toujours, mais qui est nettement influencé.
- Quand l’eau saturée a construit par pression osmotique et évaporation du CO2 un fin canalicule calcaire, ce dernier, dès qu’il a atteint la longueur de quelques
- 1. Ces courants sont très fréquents dans les grottes. Le 3 septembre 1936 un violent courant d’air froid soufflait du tunnel des Demoiselles (Mérault), le lendemain il était inversé.
- 2. Spelunca VI, 1935, p. 90.
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- millimètres, tombe dans le champ des circuits de convection.
- Nous avons examiné plusieurs coupes de gladioformes, folioformes, vipériformes et annulaires, et nous avons remarqué à divers sectionnements un lin capillaire qui les parcourt sur toute leur longueur. C’est par lui que l’eau saturée arrive et construit l’excentrique. Sa linesse est déconcertante. Pour certaines gargouilles de 10 à 15 cm de long, le capillaire primitivement lin s’est agrandi par le passage de l’eau et peut se voir à l’œil nu, ayant un diamètre de 0,1 mm; mais les spirilles ou les aiguillettes n’ont qu’un capillaire d’un diamètre de 0,005 mm et même inférieur à 0,008 mm. D’après les coupes, on voit ce canalicule, très ténu, décrire des zigzags très serrés dans une direction donnée, puis brusquement dévier en un coude, une boucle ou spirale, parce qu’il a été frappé par le circuit de convection qui lui imprime une nouvelle orientation (fig. 11).
- annulaire horizontale
- Fig. 12(à gauche). — Le circuit de convection frappant te côté B dans
- te sens des flèches cristallise plus vite que le côté A. Le capillaire ainsi déplacé fait dévier la concrétion. C couche d'épaississement due au
- ruissellement.
- Fig. 13 (à droite). —• Le capillaire primitivement au centre s'est excentré dans la courbe sous l'influence d’une cristallisation plus rapide en B, tassant tes rhomboèdres selon le schéma de la figure 8.
- Le capillaire est refoulé vers la paroi.
- Une goutte de solution de bleu de méthylène déposée à l’orifice du capillaire colore tout son parcours d’autant plus vite qu’elle y a été forcée par une compression. L’eau à la sortie du capillaire suinte très lentement et cristallise en couches successives superposées qui souvent s’enchevêtrent régulièrement les unes dans les autres. La direction du premier cristal influera sur le sens des cristallisations à venir (cristallophyllie). C’est ce qui explique la disposition régulière des rhomboèdres de calcite. Les extrémités pointues, coniques ou arrondies des concrétions se comprennent aisément puisque le capillaire avance en construisant lui-même son cône.
- Mais à mesure que l’eau l’humecte, la pellicule aqueuse a tendance à s’évaporer plus vite, donc à précipiter plus vite les cristaux du côté où le circuit de convection la frappe.
- Or, nous savons que ces courants giratoires prennent
- naissance au milieu de la salle et lèchent les parois de haut en bas.
- Le côté de l’excentrique en contact avec le circuit cristallisera plus vite et grandira aux dépens de l’autre face en faisant monter les concrétions obliquement d’autant plus vite que le capillaire est plus lin. Car la pression osmotique, la force capillaire à laquelle s’ajoute peut-être la pression hydraulique tendent à faire sortir l’eau verticalement.
- Les coupes prises dans l’ensemble des pièces par M. Priirtz confirment pleinement notre théorie. Dans tous les ergots, hameçons ou appendices, les courbes d’accroissement sont disposées de telle façon qu’il faut admettre qu’une partie du liquide après sa sortie du capillaire a fait retour en arrière. Or, il résulte de l’analyse optique que le dépôt est plus abondant vers le bas (W. Printz, opuscule cité, p. 18) endroit où la cristallisation a été plus rapide puisque le circuit de convection passe justement à cet emplacement (fig. 12). La pièce publiée par M. Maury, conservateur de la Grotte du Grand Roc, me semble des plus convaincantes. Une vipériforme isolée s’élève en biais pour éviter un petit promontoire pierreux, mais au lieu de se souder au roc comme l’exigerait la continuation de sa croissance, elle épouse sa forme, le contourne sur 2 cm et poursuit son ascension verticale (fig. 14). C’est un tracé concret et visible de la déformation que subit à cet endroit le circuit de convection qui contournant ce bec rocheux enlace sa proéminence à la partie inférieure.
- Dès lors, l’ouverture du capillaire se trouvant reportée vers le haut, la concrétion croît obliquement ou se recourbe. Comme nous l’avons dit précédemment, l’étude de l’alignement des rhomboèdres de calcite prouve bien qu’ils ont été déviés dans leur formation, comme tassés dans la partie aiguë de la courbure tout en gardant d’ailleurs la même orientation cristalline. De même à la figure 13. L’annulaire d’Orgnac que nous avons sectionnée montre à l’examen optique que le capillaire centré à la naissance se désaxe tout le long de la courbure; le côté B, cristalli-
- Fig. 11. — Cas de capillaires brusquement déviés sous l’influence d’une cause physique.
- Fig. 14. — Cas de la grotle du Grand Boc (Dordogne). La vipériforme contourne le bec rocheux sous l’influence du circuit de convection.
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- saut plus vile que A, fait dévier les rhomboèdres qui entraînent le retrait du capillaire (x).
- Mais si ces forces diminuent, la pesanteur reprend ses droits. Le circuit de convection ayant une influence moindre produira les gladioformes horizontales.
- Par le capillaire plus gros, l’eau jaillit avec plus de débit et cristallise la calcite en traînées obliques ou verticales, formant un second clivage. Aussi ces concrétions posséderont-elles souvent des bavures fîstuleuses qui pendent tout le long de l’axe horizontal, comme nous l’avons dit à propos des gargouilles. Mais nous savons aussi par les expériences aérodynamiques que la moindre aspérité sur une paroi crée des remous toujours les mêmes qui viennent contrarier et déformer le sens des filets d’air. Chaque excentrique sera donc la cause, dans le circuit de convection,
- 1. Aux grottes de Lacave et du Grand Roc des vipériformes et gladioformes sont toutes déviées en groupe au même point commun de leur croissance.
- Fig. 16. — Cas de deux stalactites colmatées ayant donné naissance à deux excentriques vipériformes. (Photo A. Viré. Grottes de Lacave.)
- d’une perturbation continuelle pour sa voisine, ce qui peut expliquer la variété des formes d’excentriques rapprochées. Chaque concrétion est donc un cas particulier qu’il faut étudier dans la salle où elle est née en observant les remous possibles. Les circuits de convection sont nombreux dans les salles à cavités et à niches multiples ou dans les galeries tortueuses et disloquées. Les annulaires (fig. 3-4) sont dues à une rotation complète du courant dans un sens horizontal ou vertical et les vril-liformes à un tourbillon du courant se déplaçant en vrille
- (fig; 5-15).
- Enfin, souvent, aux changements de direction d’une concrétion correspondent, au coude, des nodosités, sortes de plaques cristallines qui viennent s’incorporer à la masse. L’analyse optique y décèle des pyramides de calcite, sortes de kystes, dus à un point où la cristallisation a été plus rapide. Le germe a pu être apporté par les circuits de convection passant justement à cet endroit, ces derniers favorisant par évaporation la rapide cristallisation de la solution aqueuse.
- Certains spéléologues avaient pressenti dès 1908 cette explication, en invoquant l’intervention d’une cause physique.
- V. - INFLUENCE DU POIDS SPÉCIFIQUE ET DE LA CAPILLARITÉ
- Les efflorescences produites expérimentalement peuvent se diviser en deux genres : 1° les efflorescences sili-catées qui croissent et se désagrègent à l’endroit même où a été placée la substance initiale. 2° Celles grandissant dans les solutions de carbonates et phosphates triba-siques alcalins qui ont deux périodes de croissance : la première fixe, la deuxième vagabonde. L’ea% des cavernes carbonatée doit suivre le deuxième cycle. Lorsque la pression osmotique est forte, l’excentrique croît normalement en suivant son morphogénisme propre où les lois de cohésion, de cristallisation, les circuits de convection jouent leur rôle; c’est la première période. Mais à un moment donné, il y a équilibre entre la pression osmotique unie à la compression hydraulique, et la résistance à l’avancement dans les canalicules qui se colmatent, s’obstruent; la diminution du poids spécifique initial intervient aussi. C’est la deuxième période.
- De même que les efflorescences acquièrent dans le liquide une mobilité très grande et se couvrent de prolongements en forme de cils ou de nageoires garnies quelquefois d’épines cristallisées, de même l’excentrique se garnit d’une touffe de tigelles qui surgissent de tous côtés en fines ramifications. Combien de fois avons-nous remarqué sous terre des bourgeonnements terminaux à directions multiples qu’une légère baisse de température ou que tel circuit de convection aurait fait dévier dans tel ou tel sens !
- VI. — ACTION DU COLMATAGE ET DE LA CAPILLARITÉ
- Comme la croissance d’une excentrique peut s’étager sur plusieurs dizaines de siècles, son liquide nourricier subira avec les variations de concentration plusieurs différences de débit. A débit moyen et sursaturation,
- Fig. 15. •— Excentrique colimaçon posée à plat à l'angle d'un couloir des salles Glorg.
- (Dessin pris sous terre. Expédition 1935.)
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- l’excentrique croîtra plus vite, surtout lorsque le cana-lieule est de section très réduite. Mais aux périodes de sécheresse, si la liqueur arrive à dose réduite, l’extrémité de certaines spirilles se contourne en vrille et se pelotonne capricieusement; l’apport de matières étrangères se desséchant et cristallisant peut colmater le passage, dernier fait déjà signalé par Printz et de Joly. Pu nouvel envoi d’eau saturée, trouvant l’issue de son premier capillaire bouchée, travaillera lentement la calcite pour chercher un débouché. Les coupes longitudinales montrent que le capillaire s’est étendu en un faisceau de canalieules irradiés du centre à la périphérie, contournant les multiples cristaux qui leur font opposition, ce qui rend le capillaire hachuré; il s’elliloche alors en tous sens. Lorsque le capillaire principal se reforme, il a souvent l’aspect cahoteux en grains de chapelet. Ce travail se produira dans une partie faible du cristal, dans une fissure latérale de diamètre infinitésimal, et la croissance reprendra dans une direction tout autre, formant avec la première un angle allant jusqu’à 90° (fig. 16). C’est le cas des excentriques émergeant d’une concrétion horizontale on verticale (lig. 23) (stalactite fistuleuse) ou poussant obliquement à la manière d’un bourgeon (fig. 17). Mes colorations au bleu de méthylène m’ont démontré que les cristallisations de calcite à l’intérieur de la concrétion se colorent à certains endroits en tous sens, grâce à une série de ramifications presque invisibles et désordonnées. C’est ce qui explique le fouillis de certains motifs de fines excentriques jaillissant latéralement d’une stalactite ordinaire. Un exemplaire topique se trouve dans la grotte de Courniou, de calcaire dévonien (Hérault). La croix du Grand Hoc (fig. 23), très admirée du public, n’offre rien de mystérieux. La stalactite très fine a rejoint la stalagmite correspondante. L’eau de la fistule bouchée a percolé sous pression la stalactite primitive aux deux points faibles qui se faisaient face en haut et a fait naître deux gladioformes donnant par symétrie les bras d’une croix.
- Si un apport de solution nutricière apparaît de nouveau plus abondamment dans une aiguillette ou spirille à extrémité torturée, un globule cristallin s’amorce, d’abord de forme indéfinie, puis ayant l’aspect d’une clochette attachée à ce fil si menu qu’un souffle la détache. [Grotte de la Madeleine à St-Remeize (Ardèche)].
- Il faudrait répéter ici ce que nous avons dit dans le paragraphe cristallisation au sujet des nouvelles excroissances jaillissant d’un tube d’alimentation imparfaitement occlus. Le colmatage avec ses périodes d’alternance d’apparition ou de disparition de liquide est la cause d’effets imprévus, souvent inexpliqués, qui créent tout un morphogénisme nouveau.
- VII. — PESANTEUR ET RUISSELLEMENT EXTÉRIEUR
- 1° Les annulaires, vipériformes, vrilliformes, vermi-formes sont généralement de diamètre restreint et circulaire, de forme grêle, puisque c’est la solution du capillaire qui a construit et allongé la concrétion. Mais il n’en est pas de même des gladioformes, folioformes et gargouilles qui possèdent des bavures et des contre-
- Fig. 17. — Deux vipériformes ayant le même degré d'obliquité. Les eaux de ruissellement onl grossi la fisluleuse primitive.
- (Photo A. Viré. Grottes de Lacave.)
- Fig. 1S. — Cas d'une gladioforme possédant en barbe une stalactite due à la pesanteur.
- (Photo A. Viré. Grottes de Lacave.)
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- I'ig. 19. — Gladioformc avec bavures dues aux eaux de ruissellement. (Photo A. Viré. Grottes de Lacave.)
- forts dus à la cristallisation d’un deuxième clivage provenant des eaux de ruissellement qui coulent le long des parois des grottes (fig. 18). Quelquefois ces couches d’épaississement sont jaunâtres ou opaques, remplies de poussières d’argile amenées par les circuits de convection ou diluées par le ruissellement aqueux.
- Les coupes prouvent que les bavures et goitres proviennent de l’accumulation du liquide dans la partie' inférieure de la pièce, le capillaire se maintenant toujours à la partie supérieure. Pour cette raison le dos est lisse et arrondi tandis que la base présente des alignements de rhomboèdres empilés les uns dans les autres à arêtes en relief.
- L’empâtement de certaines gargouilles ou gladioformes desquelles pendent des larmes, dents ou oreilles de loup a déjà été expliqué au paragraphe cristallisation. Ces pendeloques proviennent soit d’un débordement du capillaire intérieur, soit du dégouttement de l’eau suintant des parois latérales, ou provenant de la condensation de la vapeur atmosphérique de température différente de celle du roc (fig. 19).
- 2° Souvent on constate, sur le pourtour extérieur des concrétions, de petites nodosités, sortes de plaques cristallines ovales incorporées dans la masse. Ce sont, d’après les coupes, de petites pyramides de cristal, vrais parasites qui, allant en s’élargissant, ont fini par couvrir la surface entière d’une pièce de GO cm de long. L’empilement successif de ces zones donne à cette écorce une structure libro-rayonnante. Ces grains cristallins sont, orientés différemment des cristaux des couches surajoutées provenant de la liqueur amenée par les capillaires ou par les jointures. Ces germes étrangers à l’édi-lice moléculaire du tube d’origine ont été amenés soit par les circuits de convection, soit par les eaux de ruissellement. Ces espèces de cancer étudiées par Printz produisent des troubles profonds dans la croissance normale de la stalactite à cause de leur travail rapide de cristallisation, la font dévier en certains cas, la déforment toujours dans les autres cas pour produire des bosses, des proéminences, ou des boursouflures.
- 3° Les couches d’épaississement extérieur peuvent aussi provenir de cristallisations de solution aqueuse qui monte le long de la concrétion par imbibition, humidifiant les multiples pores du cristal, en avançant de proche en proche, grâce au complexe réseau des jointures
- 4° Enfin pour certaines pièces, il y a le travail simultané des eaux du ruissellement extérieur et celui des capillaires conduisant la liqueur sursaturée à travers les infimes fissures de la calcite. La concrétion grossit par apport extérieur sous forme de tubercule à structure alvéolée à la surface duquel le liquide, occupant par capillarité et osmose les microscopiques lacunes, fait jaillir par de fins capillaires des spirilles et des vermi-f ormes nombreuses (fig. 20).
- Fig. 20. — Cas d’un morphogénisme complexe. La pression osmotique, les lois de cohésion et de cristallisation jouant en même temps que la convection et le colmatage produisent des enchevêtrements compliqués.
- (Photo Viré. Grottes de Lacave (Lot'.
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- L’action des eaux de ruissellement ou de condensation est encore prouvée par les nombreuses crevasses qui recouvrent la partie supérieure de certaines horizontales. L’eau a rongé le cristal en le lézardant profondément, le couvrant de sillons très caractéristiques, c’est le phénomène de la décalcification déjà signalé à propos des variations de concentration.
- VIII. - PRÉSENCE DE COUCHES D’ARGILE OU DE CALCITE
- M. Maury a été très frappé de la présence de l’argile concrétionnée sur laquelle croissent, comme une végétation luxuriante, des centaines d’excentriques. J’ai remarqué le même phénomène dans maintes cavités souter-
- Fig. 22. — Autre cas de morphogénisrue complexe. Exemple de polg-vermiformes. (Photo A. Viré. Grottes de Lacave.)
- raines. Une veine d’argile perpendiculaire marbrant en des sillons sinueux une couche stalagmitique fait surgir des excentriques qui s’entremêlent serrées en chevaux de frise. Souvent sous leur racine, j’ai trouvé entre la ealcite et la roche une couche argileuse interposée qui sert d’accumulateur d’humidité, pellicule à passages multiples par où percoleront les molécules d’eau. Dans d’autres grottes une rainure de calcite dans le rocher en fait naître de longues fdes; on en comprendra facilement la raison.
- CONCLUSION
- L’étonnante variété des formes de concrétions que j’ai rencontrées durant mes campagnes souterraines peut
- Fig. 21. — Le Barré de Corail du Grand Boc (Laugerie-Basse près Les Eysies (Dordogne) est un cas de morphogénisme complexe. Remarquer les nombreuses vipériformes à même orientation. Ces efflorescences découvertes en 1924 par MM. Le Bel et Maury sont, depuis 1927 éclairées à l’électricité et visitées du public.
- Fig. 23. — La Croix du Grand Boc.
- C’est le résultat de deux excentriques ayant poussé symétriquement, par colmatage d’une listuleuse.
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- Eau de pluie percolant la montagne
- Eau sous pression carbonatée de chau
- (Cal ci te
- Couche poreuse jCalcaire spongieux I [Argile cancretionée
- Loi de cohésion Y
- Tension superfic. ^ /Vaissan ce du capillaire de la couchepar cristallisation monomoléculaire
- • Pression osmotique . Fcrcedecapillarité
- Formation de l'excentrique type ordinr.e vipériforme perpendicuVEà la paroi.
- Varia t n.sde concentrât."
- „ „ débity^E^Canalicule S" » „ pressiond'amenée g Traces deselséfrang!^ d’eau
- ^ Poussières d'argiles^
- Circuits de convect ? / Evaporatnplusoumoins
- x ^/'rapide de C0Z Tube de*^Eau de ruissellem*
- calcite tTr"r ’’c°ndensat’
- /^~~*uol matage
- Kys^es parasitaires Cassures, fêlures
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- Fig. 24. •— Schéma expliquant la formation des stalactites excentriques.
- dérouter au premier abord un chercheur non averti des multiples métamorphoses cristallines. Mais tout n’est pas le caprice du hasard. La goutte d’eau est la grande fée qui régit tout le décor splendide que la nature réserve dans les cavernes vierges à ceux qui les découvrent.
- C’est la goutte qui véhicule le carbonate de calcium, qui fixe le diamètre constant des tubes, c’est elle qui fait surgir des parois poreuses ces anneaux, ces vipéri-f ormes, ces gargouilles et ces aiguillettes de cristal que l’on rencontre avec des formes analogues dans toutes les grottes du monde, c’est elle qui fait avancer le capillaire microscopique à travers le labyrinthe compliqué des rhomboèdres.
- Toute cette végétation minérale souterraine a pour origine les combinaisons moléculaires des cristaux qui suivent les lois de symétrie; leur formation obéit aux diverses lois physiques qui régissent les êtres organiques et inorganiques : la pression osmotique, la concentration des solutions, les circuits de convection, les lois de capillarité, les effets de la pesanteur, etc.
- Afin de rendre plus accessible notre théorie, traçons un schéma de synthèse en montrant la part de certitude qui ressort de ce travail ((fig. 24).
- 1° Il est scientifiquement certain que n’importe quelle sorte d’excentriques (vipériformes ou spirilles)
- de n’importe quelle forme, possède en sa masse (non pas nécessairement au centre) un fin capillaire qui, partant de sa racine et aboutissant à son sommet, est un minuscule passage d’eau. Cette goutte presque microscopique saturée de carbonate de chaux, qui percole par une paroi poreuse (calcaire, calcite ou argile) et qui grâce à sa grande surface par rapport au volume possède des propriétés spéciales, es! le liquide nourricier de la concrétion.
- 2° Le capillaire, par sa finesse, mol nécessairement en branle les forces de capillarité, d’osmose et de tension superficielle constatées en physique par maintes expériences.
- 3° La cristallographie (phénomènes de cohésion, de mouillabilité) démontre que l’excentrique-type (que du reste nous avons rencontrée le plus souvent) est la vipériforme, tube cylindrique, perpendiculaire à la base de la paroi où elle a pris naissance.
- 4° Cette vipériforme, qui selon la direction du plan d’origine peut être verticale, oblique ou horizontale, reçoit des influences intérieures par le capillaire, et extérieures sur le tube de calcite qui modifient son diamètre et volume, retardent ou accélèrent sa calcification, lui impriment des directions et formes multiples.
- 5° Les influences intérieures sur la goutte capillaire se déduisent des expériences et constatations précédentes; ce sont : les variations de débit du liquide nourricier, les variations de concentration qui entraînent changement de température et densité, les variations de pression qui retardent ou accélèrent l’échappement du CO2, la dissolution de traces de sels étrangers, l’entraînement de poussières d’argile.
- 6° Les influences extérieures, constatées par nos observations personnelles sous terre, alliées à des études microscopiques, sont : les différences de températures entraînant la formation de courants de convection très connus dans l’étude des fluides; ceux-ci augmentent l’évaporation du CO2, intensifient la cristallisation des couches monomoléculaires, d’ou la naissance des courbures (annulaires) ; le colmatage par apport intérieur ou extérieur; l’existence d’un apport extérieur vu à la loupe, superposition de couches étrangères à l’Ame de la pièce provenant des eaux de suintement des parois et des eaux de condensation; l’existence de kystes parasitaires, de cassures et fêlures accidentelles, la rencontre fortuite avec le rocher ou avec d’autres concrétions, tout cet agglomérat de phénomènes physico-chimiques se mêlant aux influences intérieures, sans oublier le facteur temps, créeront des interactions qui s’ajouteront, se contrarieront ou, en l’absence de certains facteurs laissant dominer les autres, imposeront aux concrétions les formes et les directions les plus variées (fig. 21-22).
- On le voit, la part d’hypothèses est minime et s’appuie toujours sur des expériences ou des constatations faites sous terre et dans beaucoup de grottes.
- 7° Un seul facteur néanmoins est constant, c’est la lenteur de cristallisation opérée; elle se poursuit pendant un temps très long dont on ne dispose pas au laboratoire. J’ai déjà effectué quelques mesures ; mais pour que le contrôle scientifique soit plus précis, M. Maury, à ma
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- demande, posera au Grand Roc, des témoins de croissance qui donneront, dans quelques années, des indications plus précises.
- La croissance en tout cas est extrêmement lente. Un phénomène insignifiant, comme les circuits de convection, mais répété sans arrêt pendant plusieurs siècles sur des cristallisations lentes et microscopiques doit avoir sur leur développement une action prépondérante. C’est cette part énorme du temps alliée à l’infiniment petit qui déconcerte la raison.
- Nous livrons simplement au public le fruit de nos recherches, non dans la pensée de donner une solution définitive au problème des excentriques, mais dans l’espoir que ces considérations feront naître chez les géologues
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- et surtout chez les spéléologues (x) que leur intrépidité rend souvent les seuls contemplateurs de cette rare et merveilleuse flore souterraine, le souci de collectionner les spécimens particulièrement typiques, de les décrire et de les photographier avec précision de façon à les étudier encore plus complètement.
- Abbé André Glory,
- Président de la Société Spéléologique d’Alsace
- 1. Je remercie particulièrement MM. Martel, le Dr A. Viré, de Joly, Casteret, le Comte de Lavaur, Maury, l’abbc Giry, des renseignements et documents qu’ils m’ont communiqués. Le deuxième livre de N. Casteret « Au fond des gouffres » donne un aperçu saisissant de ces excentriques souterraines. Les spéléologues qui rencontreraient des cas rem-blables, nous rendraient service en nous les signalant.
- LA “ COMMANDE CENTRALISEE ” DES AIGUILLES ET DES SIGNAUX
- La nécessité d’assurer un trafic dense et rapide, par des voies ferrées en nombre réduit, a conduit les compagnies de chemins de fer à utiliser des systèmes de sécurité automatiques tels que le « crocodile » et le block automatique, d’où l’initiative humaine soit pratiquement éliminée. Cette initiative subsiste néanmoins dans le cadre strict des possibilités autorisées par les appareils, mais elle est reportée sur des agents en nombre restreint ou même sur un agent unique, le dispatcher, qui se trouve relié directement par fils téléphoniques avec les différentes gares et postes d’aiguillages du tronçon du réseau soumis à son contrôle (fig. 1).
- Les Américains ont pu aller plus loin dans cette voie avec un système d’exploitation qu’ils appellent le « centra-lised traffic Control » ou, par abréviation, C. T. C. Dans ce système, les aiguilleurs et les chefs de gare sont supprimés; l’espacement réglementaire des trains roulant dans le même sens est assuré par le block tandis que l’impossibilité d’envoyer simultanément deux trains de sens contraire sur les voies uniques est également garantie par un block spécial; toutes les commandes des aiguilles et des signaux carrés (signaux impératifs) sont concentrées à distance entre les mains du dispatcher, qui devient ici l’agent d’exécution unique et effectif.
- Ainsi, dans le système C. T. C., le sort des trains, les manœuvres des signaux et des aiguilles sont confiés à un homme qui ne les voit pas, la position de ces trains, l’état de ces aiguilles étant simplement matérialisés sous ses yeux par des voyants lumineux. Une telle réalisation n’est possible que parce que ce vaste ensemble électromécanique : voies, trains, aiguilles, signaux, pétards, possède des enclenchements, on pourrait presque dire des «réflexes », qui s’opposent à toute manœuvre dangereuse tentée par le dispatcher.
- Au dehors des Etats-Unis, il n’existait jusqu’à l’innovation dont nous voulons parler qu’une installation de C. T. C. complète mais peu importante, celle de Stanmore,
- en Angleterre, où aboutit une ligne à double voie en cul-de-sac, longue de 7 km et venant de Wembley : les aiguilles et les signaux sont commandés de cette dernière station à l’aide d’appareils à commande centralisée.
- Sur la ligne de Chartres à Massy-Palaiseau, le réseau de l’Etat utilise depuis 1930, dans chaque gare, des carrés de départ commandés à distance par un agent régulateur
- Fig. 1. — Voici le « dispatcher » du tronçon Paris-Poissy-Mantes dans son bureau de la gare Saint-Lazare.
- A gauche, le téléphone haut-parleur à l’aide duquel le dispatcher peut se mettre directement en relations avec chaque gare, grâce au clavier de boutons visible sur la table, le tableau des graphiques réglementaires (vertical) et la feuille horizontale sur laquelle l’opérateur trace progressivement le graphique réel des trains : c’est l’outillage ordinaire d’un dispatcher. A droite, le meuble de commande centralisée pour la commande directe des aiguilles et signaux carrés de la section IJouilles-Sartrouville; on aperçoit dans le haut, le tableau à lampes de contrôle montrant l’état d’occupation des zones isolées. Au-dessous : manettes d’aiguilles, manettes de signaux, boutons d’ « aubinage », boutons de commande. (Photo communiquée par les
- chemins de fer de l’État).
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- troisième voie où le sens de circulation doit être inversé suivant l’heure et les nécessités du trafic (1).
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- Fig. 2. — Sortie de la gare de Sartrouville, côté Houilles.
- Dans la tranchée centrale, on distingue quatre voies dont la deuxième s’arrête immédiatement en butoir; il existe donc trois voies reliant Sartrouville à Houilles, la voie médiane devant pouvoir être prise alternativement dans les deux sens. A droite et à gauche, les voies de la grande Ceinture, celle de droite repassant par-dessus les voies de Houilles en « saut de mouton » ;fig. 4).
- installé à Gallardon; ce n’est là qu’une ébauche de C. T. ('..
- C’est donc une réalisation toute nouvelle en Europe que cette commande centralisée des aiguilles de la ligne Paris-Le Havre entre les gares de Houilles et de Sarlrouville, dont nous avons aujourd’hui à entretenir nos lecteurs. Réalisation d’autant plus remarquable qu’il s’agit ici d’un tronçon très chargé et comportant une
- Fig. 3. •— Carte montrant l'emplacement du tronçon Houilles-Sarirou-ville, sur la ligne Paris-Le Havre, dans le réseau de banlieue.
- UNE LIGNE A TROIS VOIES
- On sait que le service de banlieue présente ce caractère particulier de procéder par « rafales » volumineuses, l’une centripète, dirigée vers Paris le matin avant l’ouverture des bureaux et l’autre centrifuge entre 17 h 30 et 20 h. Outre ces trains principaux, possédant un de leurs terminus à Paris, il existe des trains secondaires en correspondance avec les premiers et qui desservent les rameaux transverses tels que la Grande Ceinture.
- Le développement rapide de la banlieue Ouest (1) a eu pour conséquence un accroissement du volume de ces « rafales » qui menaçait de tourner à l’embouteillage; de 1913 à 1931, le nombre des voyageurs a triplé à Houilles et presque sextuplé à Sartrouville (fig. 3) ! En 1929, un terminus important fut créé à Houilles, puis on envisagea de nouveaux trains Paris-Sartrouville ; mais il fut bientôt évident que la circulation de nouveaux trains deviendrait impossible entre ces deux gares, qui étaient reliées par deux voies seulement.
- Doubler les voies sur ce tronçon, autrement dit construire une seconde voie paire (centripète) et une seconde voie impaire (centrifuge), eût été une opération très coûteuse. Le problème ayant été mis à l’étude en 1930, on se rendit compte qu’une seule voie nouvelle pourrait suffire, à la condition de l’utiliser alternativement dans un sens et dans l’autre (fig. 2 et 4).
- Cette solution supposait une direction d’ensemble confiée à un agent régulateur unique, le « régulateur » tout désigné étant ici le « dispatcher » déjà en fonctions à la gare Saint-Lazare (fig. 1).
- Cet agent, qui contrôle depuis déjà de longues années le trafic Paris-Poissy-Mantes, était en effet bien placé pour aiguiller les trains en retard sur la voie supplémen taire. Il est évident que si les trains pouvaient suivre strictement leur « graphique » de marche, il suffirait de manœuvrer les aiguilles à heure fixe, ce qui pourrait être fait par des aiguilleurs logés sur place ou par des horloges à contact.
- Mais, seul, le dispatcher possède à chaque instant le graphique réel de chaque train, qu’il trace lui-même point par point à l’aide des renseignements reçus par téléphone et seul, par suite, il est à même de juger des manœuvres les plus favorables.
- 1. La mise en service du nouveau système de commande centralisée date de septembre 1933 (voir Revue générale des Chemins de Fer, numéro de décembre 1935.) Nous devons des remerciements à MM. Raoul Dai try, directeur du réseau et Lemonnier chef-adjoint de l’exploitation, qui ont bien voulu nous documenter sur les résultats obtenus.
- 1. Voir La Nature, n° 2967 : La région parisienne.
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- in ieceintu,
- Mantes
- Houilles
- Fi g. 1. —• Schéma des gares de Sartrouville cl de Houilles reliées par voie triple. (D'après la Revue générale des Chemins de fer).
- TÉLÉCOMMANDE PAR <c CODE »
- Une mission d’ingénieurs du réseau de l’État ayant constaté en 1931 la remarquable sécurité des appareils américains, on jugea prudent, pour un premier essai, de les utiliser sans modifications.
- Les aiguilles sont actionnées par des moteurs électriques sous carters, installés sur le terrain et contrôlés par une boîte à relais installée sur place (les relais de tout un canton peuvent être groupés dans un bâtiment unique (fig. 7). Toutes ees boîtes sont connectées à une seule ligne à deux fils qui part du bureau du régulateur. Nous avons donc affaire à un système de télécommande multiple par circuit unique; voici, en gros, comment il fonctionne.
- Chaque fois que le régulateur appuie sur un bouton, un train de 14 signaux, constitué par 7 émissions et 7 coupures de courant se trouve automatiquement envoyé dans la ligne (fig. 5), les durées de ces émissions et de ces coupures étant differentes suivant l’ordre envoyé. On a ainsi un « code » de signaux analogue à celui du téléphone automatique, avec cette différence que dans le téléphone automatique ce sont les nombres des émissions qui caractérisent les trains de signaux.
- Les relais contenus dans les boîtes, sur le terrain, sont de deux types : les uns sont des relais instantanés, les autres des relais temporisês, qui ne s’excitent et ne se désexcitent qu’au bout d’un certain délai.
- Pour nos lecteurs non électriciens, indiquons que la réalisation de tels relais est purement du domaine électrique et ne nécessite aucune complication mécanique; une self considérable s’opposera efficacement à un établissement rapide du courant, donc se traduira par une excitation temporisée. Inversement, si l’on désire une désexcitation avec délai, on utilisera un relais continuellement excité (par du courant continu), que l’on fera fonctionner en le mettant en court-circuit : le délai ainsi obtenu peut atteindre la seconde.
- On conçoit qu’en combinant des relais instantanés et des relais à temporisations différentes qui se commandent mutuellement, il soit possible de créer des ensembles qui obéissent à un train de signaux déterminé à l’exclusion de tout autre. Ainsi, chaque boîte sera mue par le train de signaux qui lui correspond et elle sera capable de répondre, également, par un train de signaux spécial qui produira dans le bureau du régulateur l’allumage d’une lampe de contrôle.
- Normalement, le fonctionnement complet depuis l’expédition du signal de commande jusqu’au retour du signal de contrôle demande de cinq à vingt secondes environ.
- ENCLENCHEMENTS AIGUILLES-SIGNAUX
- Chez le régulateur, les clefs et boutons de commande sont entièrement libres; les enclenchements électromécaniques de sécurité sont installés sur le terrain (fig. 9).
- Ces enclenchements, réalisés soit mécaniquement entre les appareils (signaux et aiguilles), soit électriquement entre leurs relais, sont les suivants :
- Contrôle impératif permanent des aiguilles. — Le signal eai'ré qui permet l’accès d’un itinéraire ne peut être ouvert si toutes les aiguilles formant cet itinéraire ou protégeant cet itinéraire ne sont pas effectivement en position convenable. Si l’une de ces aiguilles ne fonctionne pas, c’est-à-dire si l’ordre électrique envoyé par le régulateur n’est pas suivi par la réponse automatique de contrôle, le signal se ferme.
- Contrôle impératif de fermeture des signaux carrés, s’opposant à la manœuvre d’une aiguille si les signaux protecteurs ne sont pas à l’arrêt.
- Pratiquement, la coexistence de ces deux premiers enclenchements entraîne cette conséquence curieuse que le régulateur n’a pas habituellement à toucher aux commandes des signaux carrés. Dès l’instant qu’il commande la manœuvre d’une aiguille, les signaux nécessaires se ferment puis se rouvrent (du moins ceux qui doivent se rouvrir) une fois la manœuvre terminée.
- Blocage des aiguilles par zones de voie isolées. — Une aiguille ne peut bouger tant qu’un essieu se trouve sur un tronçon de voie comprenant l’aiguille elle-même et quelques mètres de rail en avant et en arrière.
- Blocage d’approche . — Une aiguille est bloquée quand un train a franchi le signal avancé ouvert et se trouve entre ce signal avancé et le signal carré protégeant l’aiguille.
- Notre fig. 4 montre le tracé de la triple voie ITouilles-Sartrouville. 11 est facile en examinant les conditions ci-dessus une à une, de vérifier qu’elles garantissent ici
- Fig. 5. — Intérieur du meuble de commande centralisée avec les relais chargés d’émellre les trains de signaux de commande et de recevoir les trains de signaux de contrôle qui provoquent l'allumage des lampes.
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- Fiç/. G. — Moteur d'aiguille A Houilles.
- A gauche, le long du rail, connexions pour circuits de voie.
- Fig. 7. — Ensemble de relais installés sur place à peu de distance des aiguilles et signaux à manœuvrer.
- Grâce à leurs « constantes d.e temps » différentes, ces relais obéissent à tels ou tels trains de signaux et mettent en marche les moteurs. On remarquera les énormes bobines des relais retardés (en haut), le curieux répertoire alphabétique et le nombre des connexions visibles à la
- partie inférieure.
- une sécurité complète; elles suffiraient du reste à n’importe quel tracé, si compliqué fût-il.
- COMMENT LE » RÉGULATEUR» TRAVAILLE
- Passons maintenant dans le bureau du régulateur. Celui-ci possède comme instruments de travail : les graphiques réglementaires tracés sur une large feuille verticale vivement éclairée, les graphiques réels, qu’il trace lui-même sur une feuille horizontale, son téléphone relie directement aux diverses gares, enfin le meuble de commande centralisée des signaux et aiguilles (fig. 1).
- A la partie supérieure de ce meuble, un tableau schématique représente l’ensemble des voies figurées par des bandes peintes divisées en sections correspondant aux zones isolées sur la voie réelle. Sur chaque section brille une lampe de contrôle, blanche si la zone correspondante est libre, rouge si elle est occupée.
- Au-dessous de ce tableau se trouve une rangée de manettes d’aiguilles qui servent à préparer la manœuvre de chaque aiguille (la manœuvre ne s'effectuera réellement que lorsque le régulateur appuiera sur le boulon de com-
- Fitj. 8. — Commande globale des lrois signaux carrés I, II et III, protégeant une aiguille A.
- La manette du dispatcher peut occuper trois positions, correspondant à la fermeture des trois signaux, à la fermeture de I ou à la fermeture sélective de II et III; dans ce dernier cas, II ou III s’ouvre quand l’aiguille est faite pour sa direction.
- mande). La position réelle de l’aiguille sur le terrain est indiquée par une lampe qui s’allume à droite ou à gauche de la manette.
- Au-dessous des manettes d’aiguilles se trouve une rangée de manettes de signaux carrés ; les unes permettent d’agir sur tel signal déterminé, d’autres sur des groupes de signaux, la position de l’aiguille protégée intervenant dans ce cas automatiquement, pour compléter l’indication globale donnée par la manette.
- Exemple : les trois signaux, I, II, III, protégeant l’aiguille A (fig. 8) sont commandés par une manette unique pouvant occuper trois positions; si cette manette est verticale, elle ferme les trois signaux; si elle est inclinée d’un côté, elle ouvre I; si elle est inclinée de l’autre, celui des deux signaux II ou III qui se trouve sur la voie pour laquelle l’aiguille est faite s’ouvrira.
- La troisième rangée est celle des boutons daubinage qui permettent de supprimer à volonté l’automatisme des signaux carrés; la sécurité des trains se suivant dans le même sens est alors assurée par les sémaphores du block de voie.
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- Fig. 9. — Bloqué! Pour pouvoir manœuvrer à la main celle aiguille, l'ingénieur est obligé de téléphoner au dispatcher qui débloquera l’aiguille tandis que les signaux se mettront d’eux-mêmes à l’arrêt.
- Quand plusieurs trains se suivent sur un même itinéraire, le régulateur n’« aubine » pas les signaux : ceux-ci ne se ferment pas au passage des trains. Quand au contraire deux trains doivent prendre en pointe une même aiguille, l’un vers la droite, l’autre vers la gauche, le régulateur aubine le signal carré de protection avant le passage du premier train; dans ces conditions, ce signal se ferme au passage de ce train, ce qui supprime le blocage d’approche (voir ci-dessus p. 399), le quatrième enclenchement; autrement dit, le régulateur aura la ^possibilité matérielle de faire l’aiguille entre les deux convois, même s’ils sont très rapprochés.
- La rangée inférieure du meuble est occupée par les boutons de commande. C’est en appuyant sur tel de ces boutons que le régulateur provoque l’émission du train de signaux préparé par la manette d’aiguille et la manette de signaux placées au-dessus.
- RÉSULTATS OBTENUS
- Le tronçon Houilles-Sartrouville a été équipé avec le block automatique à signaux lumineux (appareils Cle des signaux et entreprises électriques); la commande centralisée a été appliquée à 22 aiguilles et 14 signaux carrés (Cle générale de signalisation).
- Semblable aux peuples heureux, la nouvelle installation n’a pas d’histoire; elle a fonctionné dès le début de manière irréprochable. Pour les mécaniciens et chefs de trains, elle n’a entraîné qu’une modification insignifiante au règlement; normalement, pour dépasser un signal carré trouvé fermé, le chef de train doit exiger une autorisation écrite de l’aiguilleur; sur le tronçon Houilles-Sartrouville, il suffit d’une autorisation téléphonique demandée au dispatcher, qui est le seul aiguilleur existant pour ce tronçon. A cet effet, des postes télépho-
- niques ont été installés au pied de chaque signal (fig. 9).
- La commande centralisée a permis de réaliser de sérieuses économies, grâce à la suppression des aiguilleurs de Houilles et de Sartrouville et elle n’a conduit à aucune création d’emplois, le service de régulateur ayant été confié au dispatcher déjà en fonctions à la garé Saint-Lazare tandis que l’entretien des appareils est confié aux agents chargés de l’entretien du block.
- Pierre Devaux.
- PUBLICITE LUMINEUSE ET ILLUMINATIONS
- La publicité lumineuse est relativement récente, puisqu’elle a suivi les progrès de la technique électrique. Elle date de l’avènement de la lampe électrique à incandescence. Mais elle a pris vraiment une importance considérable avec l’invention par Georges Claude, des tubes luminescents à gaz rares.
- PUBLICITÉ PAR LAMPES A INCANDESCENCE
- Les enseignes avec lampes à incandescence peuvent être classées en enseignes à lumière directe ou avec lampes visibles, en enseignes à lumière transmise et enseignes à lumière indirecte ou réfléchie.
- Enseignes avec lampes visibles. — Dans les grandes réclames lumineuses, la lumière est généralement émise par les lettres et les figures elles-mêmes : les lampes de faible puissance sont peu espacées afin d’obtenir l’impression d’une ligne continue sans risque d’éblouissement.
- La forme et les dimensions des lettres ont une grande importance pour la lisibilité. D’autres facteurs interviennent : la transparence atmosphérique, la poussière, la fumée et le brouillard.
- Pour savoir combien de lampes doit comprendre une lettre déterminée, il suffit de calculer combien il en faut pour la lettre I prise comme base. Un tableau donne
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- ensuite le nombre cherché pour la lettre voulue en fonction du nombre trouvé pour I.
- Un autre tableau indique la dimension à adopter pour les lettres selon la distance de visibilité désirée.
- Les lampes utilisées sont des lampes spéciales à filament spiralé, robustes et durables, construites en vue d’un montage horizontal, rarement supérieures à 100 w.
- Lampes tubulaires. — Certaines enseignes sont constituées par des lampes cylindriques courbées sous forme de dessins originaux ou de lettres. Elles comprennent un filament principal hélicoïdal, traversant le tube suivant son axe et relié tous les centimètres à des fils transversaux.
- Lettres translucides éclairées par la tranche. —
- Ce sont des lames de verre, dont la tranche est éclairée à l’intérieur par des lampes.
- La lumière pénètre dans le verre et se réfléchit sur les parois qui restent sombres : seule la tranche présente une lueur verdâtre.
- Sujets animés. — Pour attirer l’attention des passants, on a d’abord imaginé d’allumer et éteindre périodiquement les motifs lumineux constituant l’enseigne. Le système le plus simple comporte une seule commutation et le principe appliqué est celui des minuteries.
- Pour réaliser des personnages lumineux faisant certains gestes, pour reproduire le fonctionnement de quelques appareils, il faut faire naturellement un grand nombre de commutations qui se suivent dans un ordre bien déterminé.
- Par exemple pour figurer un poulain qui rue, on dessine quatre positions du corps de l’animal de plus en plus élevées, la partie la plus basse s’allumant d’abord, puis
- s’éteignant, tandis que la position deux s’allume, et ainsi de suite. Grâce à la persistance de l’image sur la rétine, on a l’impression que l’animal a rué.
- Panneaux changeants. — Ce sont des panneaux de lampes sur lesquels apparaissent des motifs de publicité variables à l’infini.
- Ce système utilise des cartons perforés avec un peigne qui forme contact sur des plots dont chacun correspond à une lampe du panneau.
- Lorsqu’il s’agit de reproduire un nom ou un motif lumineux quelconque, on le compose au préalable au moyen d’un carton perforé. Celui-ci, placé sur les rangées de plots, ne permet le contact qu’avec les plots découverts par les perforations.
- Un motif reste exposé 10 sec environ, puis on éteint et l’opérateur change de carton en 5 sec environ et on rallume.
- Journal lumineux. —- Ce dispositif est directement dérivé du précédent. Les lettres lumineuses se déplacent à une certaine vitesse sur un panneau d’une assez grande longueur et les mots apparaissent successivement vers la droite, pour se diriger vers la gauche du panneau où elles disparaissent.
- Dans le journal lumineux, on prévoit un tableau comprenant 560 lampes, 80 en long, 7 en hauteur.
- On découpe dans un film de celluloïd les lettres de l’alphabet. On perfore par une série de poinçons, dont la disposition correspond à des lampes déterminées du tableau, par conséquent à des plots de la plaque.
- Si on place le film sur le tableau des plots et si l’on applique à la partie supérieure une bande garnie de fines pointes métalliques, le contact s’établit sur les plots découverts par les perforations de la bande. On reproduit ainsi sur le tableau les signes correspondants aux perforations.
- Le film se déroule sur le tableau des plots au moyen de deux tambours; les lampes éclairées se déplacent de la même manière sur le tableau.
- Le film perforé est préparé très rapidement, pour annoncer peu de temps après leur réception, les nouvelles du monde entier.
- Enseignes à lumière transmise.
- — La brillance de ces enseignes est inférieure à celle des enseignes à lampes visibles. Elles sont employées lorsqu’on recherche à la fois un effet diurne et un effet nocturne.
- Le modèle le plus simple est celui où la lettre forme elle-même un caisson fermé par une plaque de verre opalin. La partie translucide peut être placée en avant des lettres.
- On peut avoir recours à des caissons lumineux. La face avant est en verre opalin : les lettres et les divers signes sont peints avec un vernis opaque ou
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- avec des couleurs transparentes sur un verre opalin, ou sur métal. A l’intérieur du coffre, les lampes allumées font ressortir par transparence, le texte de l’annonce.
- On peut combiner ce système avec des dispositifs mécaniques.
- Enseignes à lumière réfléchie. — Certaines lettres affectent la forme d’un paraboloïde de révolution éclairé uniformément par une lampe placée au foyer de cette courbe.
- Ainsi on peut n’utiliser qu’une seule lampe pour des lettres assez grandes (de 1 m 20 à 1 m 80).
- Parfois on éclaire les lettres par des lampes dissimulées dans une gorge : le contour des lettres est alors dessiné par un ou deux listels lumineux.
- On peut aussi éclairer l’enseigne par des effets silhouettes. On utilise des lettres opaques creuses, ouvertes à leur partie postérieure, dans lesquelles sont dissimulées les lampes.
- Enfin on utilise des panneaux verticaux sur lesquels les lettres sont peintes sur un fond de couleur différente. Les panneaux sont éclairés au moyen de petits réflecteurs ou par une suite de rampes cylindro-paraboliques en forme de gouttière, en métal poli ou en verre argenté. Les grands panneaux ou les façades sont éclairés au moyen de projecteurs placés sur un bâtiment voisin.
- PUBLICITÉ PAR TUBES A DÉCHARGE ÉLECTRIQUE
- Historique. — C’est en 1912 que l’on eut l’idée d’utiliser pour les enseignes les tubes à néon que Georges Claude avait découverts deux ans auparavant.
- Le premier tube construit était un tube à décharge électrique, sans soupape, de grande durée, de grand éclat, caractérisé par la très grande pureté du néon, par une pression de ce gaz de l’ordre de 1 mm de mercure et par une surface d’électrode au moins égale à 1 dm2 5 par ampère de courant.
- Peu de temps après, Georges Claude créait le tube à mercure luminescent bleu, analogue au tube à néon, en introduisant un peu de mercure dans un tube à néon.
- Le premier éclairage en lumière blanche par tubes lumineux fut réalisé de cette façon à l’intérieur du Grand Palais, en 1912, par tubes visibles directement.
- Vers 1925 on réalisa des éclairages en lumière blanche par association de tubes à néon et de tubes à mercure dans les proportions indiquées par Claude dès 1920. Ces tubes permirent de réaliser des éclairages décoratifs colorés par la combinaison de plusieurs tubes réglés de façon à obtenir telle couleur voulue.
- La nécessité de la haute tension pour l’alimentation de ces tubes paralysait leur développement pour l’éclairage. La mise au point industrielle de tubes à néon, fonctionnant sous basse tension (voir La Nature, 15 janvier 1933), ouvrit des possibilités nouvelles. Ces tubes fonctionnent avec des intensités de courant élevées et de basses pressions qui leur assurent un rendement très élevé. On a réussi, en outre, à leur assurer des durées très grandes pouvant aller jusqu’à 8 000 h.
- Fig. 2. — Publicité par tubes luminescents.
- Tubes à décharge électrique. — Les tubes à gaz rares peuvent donc se diviser en deux grandes catégories : ceux dans lesquels les électrodes et la colonne gazeuse lumineuse restent à une température assez basse et qui exigent pour leur alimentation, une tension élevée : tubes à cathode froide. La pression à l’intérieur de ces tubes reste toujours basse pendant son fonctionnement. La grande longueur de tels tubes les rend propres à des usages publicitaires; ceux qui peuvent fonctionner sous une tension relativement faible (110 ou 220 v) sont des tubes à cathode chaude, utilisant l’émission thermionique. La pression dans ces tubes s’élève après leur mise en route par réchauffement dû au courant électrique relativement intense qui les traverse : elle atteint, en fonctionnement normal, une valeur à peu près égale à la pression atmosphérique.
- Les principaux tubes à cathode, froide comportent des tubes de verre remplis de néon, d’hélium, d’argon ou d’un mélange de ces gaz. Aux deux extrémités de chaque tube sont soudées deux électrodes qui permettent de faire passer le courant par la colonne de gaz se trouvant dans le tube.
- Teintes. — Pour obtenir les différentes teintes des tubes à cathode froide on peut, soit employée un gaz dans un tube incolore, soit un mélange de deux gaz dans un tube coloré, soit juxtaposer deux demi-tubes conte-
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- nant des gaz différents et alimentés séparément. On obtient ainsi :
- Orange, avec du néon dans un tube incolore.
- Rose clair, avec de l’hélium dans un tube incolore.
- ( Néon hélium, mercure, dans un tube incolore.
- Bleu ) Néon et argon.
- Vert j Néon, hélium, mercure, dans un tube jaune, ( brun ou vert.
- Jaune : hélium dans un tube jaune.
- La longueur du tube pour une lettre, est égale à trois fois sa hauteur, sauf I et W, bien entendu.
- Pour les lettres à double tube, il faut prendre cinq fois la hauteur pour longueur du tube, et quatre fois pour les lettres manuscrites.
- Tubes spéciaux. — Il faut citer les tubes phosphorescents. Ce sont des tubes à décharge dont les parois internes ont été enduites d’une substance phosphores-
- cente telle que le sulfure de zinc. On obtient un éclat 3 fois plus grand pour une consommation spécifique d’environ 0,15 w par bougie. On est également parvenu à rendre les parois internes fluorescentes, au moyen de substances fondues dans la pâte de verre.
- Tubes polychromes. — Ce sont des tubes comprenant une cloison longitudinale en verre, ce qui permet de les remplir de deux gaz différents : par exemple, une partie de néon, l’autre étant luminescente bleue. On peut réaliser des teintes fondantes très originales, au moyen d’une cloison médiane torsadée.
- Tubes à colonne lumineuse mobile. — Ce sont des tubes qui contiennent un mélange de gaz. Si on ajoute à un gaz rare deux sortes d’impuretés, l’une plus dense que le gaz, l’autre moins dense, les impuretés les moins denses tendent à refouler le gaz plus lourd vers le milieu
- du tube, les impuretés les plus denses se concentrant vers le milieu en refoulant le gaz vers les extrémités. Il s’ensuit que la colonne lumineuse est continuellement bouleversée par des remous.
- On observe des mouvements désordonnés dans des tubes remplis d’argon et de vapeur de mercure, avec quelques traces d’hydrogène et d’anhydride carbonique.
- De même dans les tubes à néon ou à argon on peut ajouter à l’un d’eux, deux autres gaz rares : krypton et xénon.
- Le krypton donne la teinte violette, le xénon la teinte bleu ciel.
- Tubes à décharge à basse tension. — Ce sont des tubes qui ne fonctionnent plus en régime luminescent, mais en régime d’arc.
- Les résultats remarquables obtenus avec la vapeur de mercure ont orienté les recherches dans la voie de l’utilisation des vapeurs métalliques portées à l’incandescence. Ces vapeurs sont mélangées à un gaz rare.
- Gaz rare J- vapeur de mercure . bleu — -|- vapeur de cadmium. bleu-vert
- + vapeur de sodium. . jaune -j- vapeur d’azote. . . rose-jaune
- Ils n’ont été que très peu employés dans la constitution des enseignes lumineuses.
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- La détermination des dimensions des lettres d’une enseigne peut s’effectuer comme pour les enseignes avec lampes visibles à incandescence. Pour les tubes à néon les distances de visibilité sont supérieures à celles que permet l’utilisation des lampes à incandescence.
- Si l’on réduit brusquement, dans ces tubes, le courant au 1/5 de sa valeur, on transforme la décharge en une série de disques ou de boules d’un effet très attrayant.
- Le système d’éclairage de lettres ou d’encadrements avec tube à décharge a un très bon rendement; 1 m de tube au néon de 22 mm de diamètre extérieur, ne nécessite qu’une puissance d’environ 25 w. Pour produire le même effet au moyen de lampes à incandescence, il faudrait 10 à 15 lampes de 15 w, soit au moins 150 w.
- L’économie d’énergie électrique réalisée en un an permet de payer l’installation d’une enseigne lumineuse en tubes luminescents. C’est ce qui explique que des milliers de tubes soient utilisés actuellement. Posés bout à bout, ils couvriraient la distance de Paris à Tokio.
- Grâce à eux les villes, dans le monde entier, ont pris un aspect nouveau qui nous est rapidement devenu familier. L’abondance de lumière déversée généreusement dans nos rues par des milliers d’enseignes aux colorations variées est fort appréciée par la majorité de ceux qui ont à circuler dans la rue le soir venu. On le doit aux immenses progrès réalisés par les lampes électriques de toutes espèces. Jjean Hesse.
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- E LES SCHISTES BITUMINEUX =
- ORIGINE, COMPOSITION ET TRAITEMENT
- I — EXPOSE
- Dans son numéro du 1er juillet 1936, La Nature a présenté un exposé des conditions de gisement et de trafic maritime des pétroles à travers le monde. Il est apparu, en conclusion de cette étude, qu’au cours d’hostilités éventuelles, la France et l’Angleterre seraient' exposées à perdre les sources importantes de ravitaillement en produits pétrolifères représentées par Bornéo, la Perse, l’Irak, la Roumanie et la Russie, à moins d’avoir la maîtrise absolue de la mer et de l’air, ce qui semble fort difficile.
- Conscients de leurs responsabilités, les grands chefs des armées de terre, de mer et de l’air en Angleterre n’ont pas craint, en novembre 1935, de publier des articles dans YEvening Standard, afin que la Grande-Bretagne accroisse son armement et recoure à la semi-carbonisation ainsi qu’à l’hydrogénation pour satisfaire, tout au moins partiellement, à ses besoins en hydrocarbures avec les ressources de son sol; charbon et schistes bitumineux écossais.
- Il est nécessaire, par surcroît, d’envisager l’emploi de carburants solides et gazeux de remplacement. L’Allemagne en a donné l’exemple si bien qu’elle pourra produire, dès cette année 1936, environ un million de tonnes d’essence synthétique, 220 000 t de benzol et 200 000 t d’essence obtenue par cracking du pétrole brut fourni par la région de Hanovre.
- Au cours de ces deux dernières années, La Nature a indiqué comment on utilise les carburants solides et gazeux pour l’alimentation des véhicules automobiles et quels sont les résultats obtenus jusqu’ici.
- Parmi les sources d’hydrocarbures liquides auxquelles la France peut particulièrement recourir, il convient de citer les schistes bitumineux dont les gisements sont très importants en France. Dans cette étude, nous apporterons toutes précisions utiles à ce sujet, nous indiquerons aussi l’origine des schistes bitumineux ainsi que les moyens les mieux appropriés à la production de pétrole à partir de cette substance minérale.
- II. — IMPORTANCE MONDIALE DES GISEMENTS DE SCHISTES BITUMINEUX.
- LES GISEMENTS FRANÇAIS
- Il existe de très nombreux gisements de schistes bitumineux. On évalue à 40 milliards de tonnes la réserve potentielle de pétrole qu’ils représentent (soit 200 fois environ la production mondiale de pétrole pour 1935, laquelle a atteint 226 millions de tonnes). Tandis que la houille provient de la décomposition de matières végé-
- Emplacemenl des principaux gisements français de schistes bitumineux.
- Fig. 2. —- Section verticale du schiste de Buxières-les-Mines avec écailles de poissons et coprolilhes.
- Bourges'y Autunois Aumance-ÿ^''7 /
- Guéret Clermont,
- Aurillâc
- Fig. 1.
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- Fig. 3. — Auturt. Sectionnement vertical du toit montrant le passage du boghead au schiste.
- taies, les schistes bitumineux résultent de la décomposition, dans les eaux fortement salines (saumure), de matières animales : reptiles et poissons, et de substances végétales : algues. Ils se sont formés dans des lagunes, en communication fréquente avec la mer et en bordure des zones récemment plissées. Pour ces raisons, les conditions de formation des schistes bitumineux sont beaucoup plus étendues que celles qui ont permis la formation des pétroles.
- Fig. 4. — Buxières. Schiste bitumineux rempli d’écailles de poissons.
- On rencontre des gisements de ces schistes sur tous les continents : Amérique (Etats-Unis, Brésil, Canada, Argentine, Chili); Afrique (Congo belge, Union Sud-Africaine); Asie (Chine, Japon, Arabie, Syrie); Australie; Europe (Allemagne, Angleterre, Bulgarie, Espagne, Esthonie, Italie, France, Russie, Suède, Yougoslavie).
- A eux seuls, les gisements des Etats-Unis sont évalués à quelque 400 milliards de tonnes, susceptibles de fournir 15 milliards de tonnes d’huile de schiste.
- En Europe, les gisements les plus fameux sont ceux de l’Esthonie qui s’étendent sur 800 km2. Les réserves correspondantes, évaluées à 1,5 milliard de tonnes, peuvent céder par carbonisation 225 1 d’huile par tonne, en moyenne.
- Les gisements français de schistes bitumineux, appelés aussi pyroschistes, indiqués sur la carte de la figure 1 se groupent comme suit :
- Pyroschistes houillers : Boson (Var); Faymoreau (Vendée); Vendes (Cantal).
- Pyroschistes liasiques : Creveney (Franche-Comté); Conliège, Revigny, Saint-Amour (Jura); Saint-Amand, Séverac, dans la vallée du Lot (Massif Central).
- Ajoutons-y ceux de la Lozère et de l’Aveyron qui s’étendraient sous les Causses, en constituant, dit M. Bar-lot, un immense banc de plusieurs mètres d’épaisseur.
- Pyroschistes jurassiques : Belley et Seyssel (Ain).
- Pyroschistes crétacés : Vagnas (Ardèche).
- Pyroschistes tertiaires : Manosque (Basses-Alpes) ; Menât et Boutaresse (Auvergne).
- Nos réserves les plus importantes, évaluées à plusieurs milliards de tonnes, sont constituées par les schistes liasiques qui sont visibles sur des centaines de km avec des épaisseurs atteignant jusqu’à 30 m.
- La teneur en huile des schistes est très variable, comme le montre, à titre indicatif, le tableau suivant :
- Pays. Gisements. Rendement en huile brute litres par tonne de schiste.
- Angleterre. . Ecosse .... 90
- Esthonie . . » ... 225 à 300
- Yougoslavie. Radovagne . . 80
- Bulgarie. . . Brezuick . . . 70 à 210
- Brésil.... Sao Paulo. . . 110 à 135
- / Autun 80 à 110
- \ Vagnas .... 157
- France . . . . <| Aumance . . . 80 à 110
- ! Fréjus 120 à 200
- [ Creveney . . . 40 à 70
- Etats-Unis. . ( Green River. . 264
- ( Grant Valley. . 166
- III. — CONSTITUTION DES SCHISTES BITUMINEUX
- On donne le nom de schistes bitumineux à des schistes argileux, siliceux ou marneux imprégnés de la substance insoluble, génératrice des hydrocarbures qui ne peuvent être obtenus que par carbonisation. Les schistes ne contiennent pas naturellement les hydrocarbures qu’on en tire. Ils les contiennent en puissance, sous forme de « kérogène », qui leur donne naissance en subissant, à la
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- fois une pyrogénation et une sorte de craquage. Le nom de pyroschiste qu’on a proposé de leur donner, en France, convient donc mieux que celui de schiste bitumineux. Cette notion fondamentale montre le seul mode opératoire qui convient à l’industrie du traitement des schistes bitumineux. C’est la carbonisation.
- IV. — PÉTROGRAPHIE DES SCHISTES BITUMINEUX
- Les études micrographiques permettent de distinguer deux grands groupes de schistes bitumineux. Le premier contient des algues, c’est la classe des schistes à pyrobitume figuré, tandis que la seconde classe, dite à pyrobitume non figuré, ne contient pas d’algues.
- Le type classique des schistes à pyrobitume figuré est représenté par les torbanites ou bogheads que l’on trouve en Ecosse ainsi que par les kukersites d’Esthonie. Ces derniers sont constitués par des marnes compactes d’un brun jaunâtre qui donnent par distillation de 300 à 350 1 d’huile par tonne. Le gisement esthonien est reconnu sur quelque 60 000 ha et sa puissance varie entre 1,50 et 2 m. Mentionnons aussi le gisement d’Autun.
- Les schistes à pyrobitume non figuré se rencontrent très fréquemment par rapport aux schistes à pyrobitume. De nombreux gisements en existent en France.
- Par distillation, ils donnent de 5 à 12 pour 100 d’huile.
- Grâce à la facilité avec laquelle ils se taillent, les bogheads ont été les premiers charbons dont la structure ait été bien comprise et décrite dans sa totalité.
- Ils ont donné lieu à trois découvertes remarquables.
- La première, qui remonte à un peu plus de 40 ans, est due aux professeurs David, Ch. Bertrand et B. Renault. En étudiant des bogheads réduits en lames minces, transparentes à la lumière, ils constatèrent que ces combustibles étaient constitués par une accumulation d’algues, comparables aux fleurs d’eau actuelles. C’étaient des charbons d’algues fossiles dénommées « Pila ».
- La seconde découverte est due à Potonié. En 1903, ce savant constata qu’il se forme fréquemment des gelées d’algues dans de petits lacs ou étangs. Potonié appela « sapropèle » cette gelée d’algues et admit qu’elle représentait la substance mère des bogheads. Il apportait ainsi une confirmation décisive aux idées de Bertrand et de Renault.
- La troisième découverte fut faite, en 1913-1914, par D. Zalessky qui montra que les Pila permiens ressemblaient extraordinairement aux Botryococcus, c’est-à-dire à des algues très répandues à l’époque actuelle dans les lacs de Suisse, de Russie, de Sibérie, de Java, d’Australie.
- Par ces trois découvertes, le mode de formation des bogheads s’est trouvé complètement expliqué.
- En raison des conditions de leur formation, on trouve dans les schistes bitumineux toutes sortes d’organismes, comme le montrent les figure 2 à 9 que nous devons à la très grande obligeance de M. Paul Bertrand, professeur à la Faculté des Sciences de Lille, et conservateur du Musée houiller de Lille.
- Reptiles ou amphibiens : mâchoire, omoplate de Protriton (Autun).
- Poissons : écailles, vertèbres, épines. (Schistes de Buxières).
- Fig. 5. — Schistes bitumineux d’Autun, mâchoire de Protriion.
- Crustacés (Ostracodes). Schistes d’Autun ou de Ceara.
- \
- ^ Schistes du Nord ^ de la France.
- A propos des belles microphotographies, dues à M. Paul Bertrand, que nous reproduisons et qui nous fixent sur la pétrographie des schistes bitumineux, nous rencontrons fréquemment l’expression « coprolithe ». Il importe de la préciser.
- On désigne sous le vocable de« coprolithe » un excrément pétrifié des animaux fossiles.
- Les coprolithes fournissent un moyen direct de connaître la nature du régime des animaux des temps anciens. Par eux, nous apprenons quelle était la constitution de leurs organes fondamentaux, quelles analogies générales ils présentaient avec ceux des espèces actuellement
- f Anthacomya Lamellibranches < Carbonicola f Naïdites.
- Fig. 6. — Buxières. Schiste bitumineux riche en déjections de poissons, renfermant des écailles.
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- Fig. 7. — Schistes bitumineux d'Auiun. Omoplate de Prolriton.
- vivantes, quelles étaient leurs dimensions et de quelles proies se nourrissaient ces animaux.
- C’est Buckland, l’un des plus illustres géologues de l’Angleterre, qui a, le premier, appelé l’attention sur ces nodules singuliers. Sur la côte de Lyne-Rigis les copro-lithes sont très abondants. Ils sont encore plus communs dans le lias de l’embouchure de la Severn. Les coprolithes offrent, en général, l’apparence de cailloux oblongs, dont la longueur est le plus ordinairement de quelques centimètres.
- Ces débris sont toujours en petite quantité et ne jouent manifestement qu’un rôle accidentel dans la formation du boghead.
- Le boghead renferme en outre des grains de sable très fins, à contour anguleux.
- Un ciment d’origine constitue souvent une sorte de
- Fig. 8. — Autun, Margenne. Schiste bitumineux riche en algues avec deux superbes coprolithes.
- trame entre les algues. Certains auteurs se donnent beaucoup de mal pour interpréter ce ciment. Il est clair qu’il peut avoir une origine multiple et être formé en partie par des algues décomposées, en partie par des matières d’origine animale : infusoires, résidus de la décomposition des cadavres, en partie par des substances humiques, mélangées aux eaux du lac. La nature du ciment ne peut donc modifier en rien l’appréciation sur les substances mères du boghead, telle qu’elle est due aux professeurs Ch. et P. Bertrand.
- Dans les boglieads permiens et houillers, on n’a guère trouvé que deux sortes d’algues : les Pila et les Reinschia. Il est probable que des recherches minutieuses en feront apparaître d’autres. Les Pila sont les Botryococcacés, les Reinschia sont des Volvocaccées. Ce sont des organismes unicellulaires qui prolifèrent avec une grande rapidité, chaque cellule se divise coup sur coup en deux, puis en quatre; les 4 cellules produites restent unies par la gelée dont elles s’enveloppent. Cette association de cellules constitue ce que les botanistes appellent une colonie. Après la première division la colonie compte donc 4 cellules; après la deuxième, 16 cellules; après la cinquième, 1024 ! On comprend comment ces mêmes organismes, proliférant avec intensité, arrivent au bout de quelques siècles, à combler des lacs.
- En sus de ces notions fondamentales, toutes dues à M. Paul Bertrand, mentionnons les travaux de M. Barlot. Ils font ressortir dans les schistes la présence d’une matière organique, correspondant au kérogène, dont la teneur représenterait le rendement en huile que donnerait une pyrogénation idéale. Suivant leur degré de perfectionnement, les fours industriels ne transformeraient en huile brute que 40 à 70 pour 100 de cette substance organique.
- Pour séparer cette substance organique, M. Barlot élimine entièrement le ciment qui sert de support à la substance organique dans le schiste. A cet effet, il attaque ce ciment par deux traitements successifs, l’un à l’acide chlorhydrique et l’autre à l’acide fluorhydrique.
- Les bogheads et torbanites contiendraient jusqu’à 77 pour 100 de cette matière organique, mais il n’y en aurait pas plus de 13 à 30 pour 100 dans les schistes à pyrobitume non figuré, tels que ceux d’Autun, d’Écosse, de Bourbon-Saint-Hilaire, etc...
- V. — FOURS POUR LA SEMI-CARBONISATION DES SCHISTES BITUMINEUX
- Au chapitre III, nous avons indiqué que c’est uniquement la carbonisation qui permet d’extraire les hydrocarbures liquides que les schistes bitumineux contiennent en puissance.
- D’une façon générale, on admet que la carbonisation des schistes bitumineux est terminée à la température de 450°-470°, et que l’épaisseur de la couche de schiste en cours de traitement ne doit pas excéder 9 cm. Dans les fours modernes de carbonisation, la durée de séjour du schiste dans la zone de distillation peut être très réduite. Il est possible de la limiter à une demi-heure, la température dans les carneaux de chauffage n’excédant pas 600°.
- Il est avantageux de disposer dans la chambre de carbo-
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- nisation un tube central pour l’évacuation des produits de la distillation au fur et à mesure de leur formation, en vue de les soustraire aux phénomènes de pyrogénation qui seraient inévitables si ces produits entraient en contact avec les parois chaudes des chambres.
- Il existe de très nombreux modèles de fours pour la carbonisation des schistes bitumineux. Ils sont tous à marche continue. Certains sont disposés verticalement, cas général : fours écossais, Lecocq, Ab-der-Halden, etc... Plus rarement, ils sont constitués par des cylindres horizontaux tournants : fours Petit, Davidson, respectivement employés en Franche-Comté et en Esthonie.
- A titre d’exemple, les figures 10 et 11 montrent la disposition du four Lecocq. La cornue proprement dite a 30 cm de diamètre et 3,50 m de hauteur. Elle est constituée par la superposition de viroles tronconiques en briques alumineuses. A cause des variations de section, ou décrochages qu’elles constituent, la masse de schiste est soumise à un brassage permanent qu’accentue le mouvement de l’hélice disposée axialement. Par suite, le schiste décrit de nombreux zigzags dans la section verticale de la cornue. De cette manière, on évite les colmatages et on assure l’épuisement complet du schiste en huile.
- En raison de l’épaisseur réduite de la couche de schiste en cours de distillation, on comprend l’importance du recours à un tube métallique disposé dans l’axe de la chambre (dispositifs Lecocq, Thermax, etc...). Ce tube central, auquel on donne généralement 110 mm de diamètre intérieur, est animé d’un lent mouvement de rotation. Son rôle est double. En premier lieu, il permet l’évacuation des produits gazeux de la distillation : à cet effet, il est percé de trous de 8 mm de diamètre, inclinés à 45° vers sa partie extérieure, afin d’éviter leur obstruction par les poussières. En second lieu, il est muni sur-son pourtour extérieur d’une hélice servant à briser les bourrages de schiste mettant obstacle à la descente régulière de la matière et susceptibles de provoquer un frottement considérable, entravant la rotation du tube central.
- En règle générale, les schistes bitumineux ne subissent la fusion ignée (c’est-à-dire qu’ils ne s’agglutinent au cours de leur carbonisation) que quand leur teneur en huile dépasse 15 pour 100, taux qui n’est atteint qu’excep-tionnellement pour les schistes bitumineux français.
- VI. — TRAITEMENT DES HUILES DE SCHISTE
- Cette opération doit être conduite de manière à obtenir le maximum d’essence, caria vente est toujours assurée à des cours relativement stables, sans qu’on ait à supporter les charges de publicité inhérentes, dans certains cas, aux dérivés des huiles de schiste (x).
- Par contre, la production et l’utilisation de toute la gamme des produits dérivés des huiles entraînent à des frais considérables de premier établissement et d’exploitation, spécialement en main-d’œuvre, emballage, etc... En particulier, le traitement de l’huile résiduaire, autrement dit de la fraction qui subsiste après extraction des
- 1. Cette question a été traitée en détail et expliquée par de nombreux schémas dans notre dernier ouvrage : C arburants de synthèse et de remplacement, Dunod, éditeur, Octobre 1936.
- Fig. 9.-—Boghead d'Australie, section transversale montrant l'empilement
- des algues.
- essences et pétroles, nécessite un appareillage important et une main-d’œuvre onéreuse pour le déparaffinage par filtration ou par surpercentrifugation. Ajoutons aussi un indice d’octane trop bas. Par ailleurs, si l’on veut fabriquer de la paraffine commerciale, il faut disposer d’un atelier de ressuage et de raffinage chimique. Dans cette voie, on se heurte nécessairement à la concurrence
- Fig. 10. — Coupe en élévation d'un four Lecocq pour la carbonisation des schistes bitumineux.
- Arrivée du schiste bitumineux
- \ "rp
- Brûleur;
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- Fig. 11. — Vue en plan d'une batterie de cornues constituant un four Lecocq pour la carbonisation des schistes bitumineux.
- des raffineries de pétrole qui, en raison de leur importance, travaillent dans des conditions techniques et économiques bien plus favorables. Au surplus, la valeur marchande des huiles de graissage provenant des schistes est mal définie.
- Vaut-il mieux transformer l’huile de schiste en essence par hydrogénation catalytique sous pression ou par eracking en phase liquide, ou par cracking en phase vapeur ?
- Le recours à l’hydrogénation n’est possible que si l’on peut produire l’hydrogène à un prix admissible, ce qui revient à dire que le gisement de schiste doit être proche
- d’un gisement houiller ou même y être associé (cas de Boson et de Bourbon-Saint-Hilaire).
- Dans les procédés de cracking en phase liquide, on met en jeu des températures inférieures à 500°. Ils fournissent principalement des gazolines formées d’hydrocarbures saturés et non saturés.
- Dans les procédés de cracking en phase vapeur, les températures en jeu sont supérieures à 550-580° : ils donnent des gazolines formées d’hydrocarbures non saturés et aromatiques.
- Jusqu’à présent, le cracking en phase liquide a seul été envisagé pour le traitement des huiles de schiste; mais le cracking en phase vapeur assurerait des résultats probablement meilleurs, parce qu’il permet de craquer les phénols contenus dans ces huiles. En outre, il fournit des essences douées d’un plus fort indice d’octane — 72 à 74 contre 66 à 67 — parce qu’elles contiennent davantage d’hydrocarbures aromatiques que les essences engendrées en phase liquide.
- En contre-partie, le cracking en phase vapeur fournit, aux dépens de l’huile, plus de gaz que le cracking en phase liquide. C’est ce dernier qui a été adopté à Autun et en Mandchourie pour le cracking de l’huile de schiste.
- Entre ces deux solutions, on peut prendre un moyen terme vers lequel on s’acheminera sans doute de plus en plus. Par exemple, dans une schisterie française, on a choisi un appareil de cracking Dubbs travaillant sous pression de 25 kg au lieu de 8 et 12 kg, comme on le faisait précédemment, et fonctionnant à une température d’environ 510°.
- Le rendement moyen en essence brute d’une bonne huile de schiste, non toppée, soumise au cracking, peut s’élever après raffinage à 63-65 pour 100. Il n’est possible de présenter ici que des indications générales. Chaque nature de schiste et d’huile de schiste doit faire l’objet d’une étude préliminaire.
- Ch. Berthelot.
- LE CONVERTISSEUR PHOTO-ELECTRONIQUE
- Les rayons électroniques se propageant dans l’espace, suivant des lois analogues à celles qui gouvernent les rayons lumineux, permettent, comme on sait, de projeter des images — non lumineuses, mais électroniques, — de tout objet capable d’émettre à son tour des électrons. On se sert, à cet effet, de « lentilles » électroniques, c’est-à-dire de champs électriques ou magnétiques interposés sur le trajet des rayons et qui présentent des caractéristiques comparables à celles des lentilles de verre. L’optique électronique a, comme on sait, pris une importance considérable (et toujours grandissante) dans la technique moderne, car c’est à elle qu’on doit les derniers succès de la technique télévisuelle, de celle des tubes à électrons et de l’oscillographie des rayons cathodiques. Parmi les laboratoires allemands, c’est surtout l’Institut de Recherches de l’A. E. G. qui s’est occupé de l’optique électronique géométrique, si importante par les applica-
- tions auxquelles elle se prête. C’est là qu’on a pu, par exemple, présenter la première lentille électronique capable d’une reproduction électrique ; c’est encore là qu’on a réalisé la première image électronique de la cathode à oxyde d’une lampe de T. S. F. Une vaste série de mëmoire's scientifiques fait foi des travaux de cet Institut qui, lors d’une récente démonstration, vient de rendre compte de ses dernières recherches dans le domaine de la vision dans Vobscurité, recherches dont les débuts remontent soit à des travaux hollandais, soit à des travaux de l’Institut lui-même.
- Le nouvel appareil, mis au point à l’Institut de Recherches de l’A. E. G. et qu’on désigne sous le nom de convertisseur photo-électronique, sert à la transformation des rayons lumineux. Il peut, par exemple, transformer des rayons rouges en rayons bleus ou des rayons invisibles (infra-rouges ou ultra-violets) en rayons visibles. Le
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- Fig. 1. — Les différentes parties dont se compose un convertisseur photo-électron ique.
- B, diaphragme; G, objet; L, lentille de verre; LB, image lumineuse;
- EB, image électronique; M, lentille électronique.
- convertisseur, présentant une sensibilité suffisante aux rayons infra-rouges et ultra-violets, pourra parfaitement enregistrer des images produites par ces rayons et les rendre visibles à notre œil. C’est, en quelque sorte, un œil sensible aux rayons invisibles et qui vient résoudre le problème de la vision dans l’obscurité, permettant d’y observer des objets et des personnes, sans que celles-ci s’en aperçoivent.
- La méthode dont se servent les constructeurs du convertisseur repose sur l’emploi d’un projecteur de lumière infra-rouge donnant une image invisible que le nouvel appareil rend visible à l’œil de l’observateur.
- Le convertisseur est un tube à vide très poussé, renfermant une couche photo-électrique sensible à l’infrarouge, sur laquelle une lentille projette une image infrarouge. Les électrons dégagés aux différents points de la
- Fig. 3. — Image électronique d’une cathode en oxyde de cæsium, éclairée eri infra-rouge.
- Fig. 2. — L’écran du tube électronique avec l'image électronique d’un réseau (à échelle réduite).
- couche, — en quantité plus ou moins grande suivant l’intensité lumineuse variable, — sont accélérés par une tension anodique de plusieurs milliers de volts ; une lentille électronique les concentre sur un écran lumineux, sous la forme d’une image rendue visible par l’impact des électrons sur un écran fluorescent. Le rayonnement infrarouge provient d’un projecteur normal dont la lumière visible est éliminée par un filtre en verre noir transparent aux rayons infra-rouges. La qualité des images électriques est parfaitement équivalente à celle d’une photo normale.
- L’observation à la lumière infra-rouge, grâce au nouveau convertisseur, pourra s’employer, non seulement, pour la vision dans l’obscurité, mais partout où la photographie à la lumière infra-rouge était jusqu’ici employée, par exemple, pour les observations à distance dans la brume, aussi bien qu’en microscopie et en médecine. Le convertisseur doit sa supériorité au fait qu’il permet une observation immédiate et courante, tandis que les
- Fig. 4. — A droite, image électronique-, à gauche, image optique d’un même objet-, le convertisseur fournit de images d’une parfaite netteté.
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- Fig. 5. — Un portrait obtenu au convertisseur, à partir d'un éclairement en infra-rouge.
- Fig, 6. — Image électronique d’une diapositive éclairée en infra-rouge.
- vues photographiques, pour être visibles, doivent passer par un processus de développement relativement lent et qui, dans le cas d’une observation prolongée, nécessite un nombre élevé de pellicules individuelles.
- D’une façon analogue, le convertisseur pourra s’employer pour les observations à la lumière ultra-violette.
- l)r Alfred Gradenwitz.
- L’OUTILLAGE DE NOS GRANDS CHANTIERS MODERNES : LES POMPES A BÉTON
- Sur les grands chantiers actuellement en cours d’exécution on a pu voir assurer la mise en place du béton à l’aide de pompes à béton.
- Fig. 1. — La première pompe à béton.
- La pompe Grese-Hell avec soupapes à boulets.—• A,réception du béton, — B, alimenteur. — C, piston. — D, chambre à passage. — E, réservoir à air comprimé. — F, buse de sortie. •— G, tuyauterie.
- Ce curieux procédé possède, sur tous les autres moyens employés jusqu’ici, de multiples avantages qui font que cette machine moderne d’entreprise a reçu l’accueil chaleureux de tous les grands constructeurs de béton armé.
- Les pompes à béton actuelles ne sont pas des engins nés spontanément parfaits. Pour mettre au point ces formidables machines qui absorbent, aspirent et refoulent couramment des bétons contenant des « pierres de route » ayant un diamètre de 70 et même 80 mm, il a fallu procéder par expériences successives, créer de nombreux prototypes. Depuis 1913, dans tous les pays industriels, de nombreuses recherches avaient été faites.
- Il est évident que la circulation d’un matériau tel que le béton dans un corps de pompe, puis sa propulsion dans une tuyauterie de diamètre courant, ne sont pas d’une réalisation très facile. Les premières pompes réalisées, si ingénieuses et si travaillées, n’avaient pu résoudre toutes les difficultés du problème et posséder en même temps toutes les caractéristiques nécessaires à une pompe à béton devant transporter couramment toutes les sortes de béton employées dans l’entreprise.
- La première pompe à béton mise en service normal sur un chantier, fut une pompe dont la figure 1 (en coupe), permet de comprendre le fonctionnement : le béton malaxé se trouvant dans la trémie A, était repris à la base par l’alimen-teur B, puis refoulé par celui-ci en même temps qu’aspiré par le piston C. En course descendante du piston, le boulet
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- fermant la buse d’arrivée permettait de refouler le béton dans le tuyau D, à chaque coup de piston. Le remplissage de la pipe D effectué, le béton venait remplir la buse de sortie F. De ce fait, toute nouvelle entrée de béton faisait monter la pression dans la chambre d’équilibre E. La pompe bien amorcée et le béton continuant d’arriver, le béton se trouvant déjà dans la buse de sortie F était refoulé dans la tuyauterie G, sous la pression de l’air comprimé de la chambre d’équilibre E.
- Parfaite en principe, d’une bonne réalisation mécanique, cette pompe donna lieu à de nombreux mécomptes d’utilisation par l’obstruction fréquente de la pompe, car le béton est peu facile à pomper s’il n’est pas très plastique et voisin de la liquidité, mais, lorsqu’il est liquide, il provoque par ségrégation l’obstruction de la tuyauterie.
- Il fallait aussi limiter la proportion de gravillons et leur grosseur pour passer sous les boulets d’admission et de refoulement. Egalement, pour obtenir la plasticité de passage dans la pompe, le dosage en ciment devait
- I SUo à sable 1 SU o à g ravier
- Portée horizontale 200 mètres
- Bétonnière à 'marche continue",
- a béton
- Fig. 2. — La pompe Londais, vue en coupe.
- A.. trémie de réception. — B. soupape d’admission. — C. piston. — D. chambre de passage. — E. soupape de refoulement. — F. buse de sortie. — G. tuyauterie.
- Ces pompes sont complètement différentes de la précédente pompe décrite, non seulement par leur piston horizontal, mais par leur principe de fonctionnement. Sur la figure 2, on voit les clapets-vannes d’admission et de refoulement (commandés et manœuvrés méca-
- Fig. 4. — Une pompe Londais de 10 nv’-ti.
- Fig. 3. —• Installation d'une pompe à béton.
- Ea portée pratique horizontale peut atteindre 200 m, la hauteur pratique 30 m, le débit horaire 10 à 12 m3.
- être enrichi onéreusement. Les sables devaient être choisis riches en éléments fins.
- Toutes ces multiples précautions demandaient une surveillance très attentive, faute de quoi le bouchage de la pompe ou des tuyaux provoquait l’arrêt, désorganisant la distribution sur le chantier. Malgré tous ces inconvénients, ce séduisant procédé de manutention avait montré la possibilité de pomper un matériau aussi consistant que du béton et contenant des éléments aussi durs que le gravillon. C’était un encouragement à la recherche d’une machine définitive, réellement pratique, pouvant pomper directement les bétons de toutes natures et de toutes compositions.
- LA POMPE A BÉTON LONDAIS
- Deux pompes de 10 m5-h vendues à des entreprises de la région parisienne viennent d’assurer depuis 16 mois la mise en place du béton de la ceinture d’égouts de St-Denis-Pantin-La Courneuve, une seule totalisant 20000 m3 mis en œuvre. Elles absorbent et refoulent tous les^bétons, quelle que soit leur composition et leur compacité, bétons contenant même des pierres de 100 mm.
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- «
- Fig. 5. — Distribution continue sur un chantier de béton refoulé par la pompe à béton.
- niquement en synchronisme avec les mouvements du piston) réalisés de telle manière qu’ils ne peuvent fonctionner et faire soupape si le béton est liquide et impropre à la construction.
- Grâce à cette particularité, la pompe n’admet et ne transporte le béton que s’il est parfaitement plastique, homogène, compact, comme l’exige la technique moderne du « béton armé », conformément aux instructions contenues dans les dernières circulaires ministérielles des travaux publics.
- La pompe à béton de la figure 4 a une capacité de 10 m3-h, sa portée horizontale est d’un rayon de 240 m, ou d’une portée verticale de 35 m environ. La puissance nécessaire est de 25 ch.
- Le béton refoulé dans une tuyauterie d’acier en tronçons de 3 m, joints par des brides rapides, est distribué au lieu d’utilisation d’une manière continue, on peut interrompre cette distribution pour changer le point d’arrivée ou pour toute autre cause et cela pendant 25
- ou 30 mn, puis reprendre le travail sans aucun inconvénient.
- A la lin du travail journalier la tuyauterie est vidangée automatiquement à l’air comprimé, puis lavée à l’eau sous pression. La pompe est également vidée, nettoyée et préparée pour le lendemain.
- Une installation complète est représentée sur la figure 3. Les matériaux : sable, ciment, gravier, sont stockés en silos, repris par vis et élévateurs alimentant la bétonnière où l’humidification est faite au fur et à mesure. Le béton bien malaxé est alors délivré à la pompe qui le transporte au lieu d’utilisation.
- AVANTAGES DE LA MANUTENTION DU BÉTON PAR POMPES
- En résumé, les principaux avantages de la mise en place du béton à l’aide de pompes sont :
- Rayon d’action énorme (240 m) permettant de desservir tous les chantiers.
- Localisation de la fabrication du béton en un point unique (centrale à béton) où la réception des matériaux et la fabrication du béton peuvent être organisées rationnellement et facilement surveillées.
- Simplicité d’installation et d’entretien assurant un prix de revient extrêmement bas.
- Régularité de la marche du chantier par la continuité de la distribution du béton, obligeant le personnel répartiteur à suivre la cadence d’arrivée du matériau béton apporté par la conduite.
- Contrôle automatique de la bonne qualité du béton mis en place par pompe.
- Amélioration des conditions d’emploi de la main-d’œuvre.
- Il est intéressant de remarquer que la pompe à béton actuelle est le seul moyen de transport qui soit en même temps un moyen de contrôle de la bonne qualité du béton transporté, et ce seul avantage devrait en répandre l’usage sur les chantiers.
- LARVES DE MOUCHES ET PROTIDOTHERAPIE
- La Nature a signalé, il y a quelques ans (n° 2919), le retour de la chirurgie vers une pratique ancienne, le traitement des plaies par les asticots. Ce traitement s’est révélé en outre remarquablement efficace contre l’ostéomyélite et diverses affections chirurgicales chroniques. Déjà Larrey, le célèbre chirurgien de l’armée de'Bonaparte, avait signalé les effets bienfaisants des larves de mouches bleues pour la cicatrisation des plaies; ses observations avaient été faites au cours de la campagne de Syrie. La guerre de 1914-1918 a permis des observations analogues; elles ont conduit le chirurgien américain W. S.
- Baer à introduire, d’une façon pratique, l’utilisation des asticots dans la thérapeutique. La méthode exige un choix judicieux de l’espèce de mouches à employer et une technique spéciale d’élevage aseptique des larves. C’est ainsi que le Pr Brumpt, de la Faculté de Médecine de Paris, a organisé l’élevage des Lucilia sericata Meigen, d’après une souche élevée par le Dr Blair de New-York. Depuis lors, ainsi que l’expose M. Robert Pli. Dollfus dans La Terre et La Vie, la méthode a fait de nouveaux progrès.
- On supposait au début que les larves agissaient, au moins
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- en partie, par effet mécanique. Mais on s’est aperçu que les extraits de larves obtenus par broyage dans l’eau physiologique de larves élevées aseptiquement, puis filtration, donnaient d’aussi bons résultats.
- Les larves de Lucilia, en elïet, incapables de prendre une nourriture solide, liquélient les tissus animaux dont elles se nourrissent; elles déversent sur eux un dissolvant, dont J.-II. Fabre avait déjà signalé la puissance, et où il avait soupçonné la présence d’un principe actif spécial. Dès 1932, K. S. Livingston et L. H. Prince, aux Etats-Unis, ont préparé et utilisé avec succès des extraits de larves. Ils contiennent des substances très diverses, en particulier des protides parmi lesquels des acides aminés résultant de l'hydrolyse des protéines : tryptophane et tyrosine, un sucre aminé : la glycosa-mine et un uréide : l’allantoïne. Cet extrait préparé aux Etats-Unis est alcalin et thermostabile. En France, le Dr André Maurice prépare un extrait franchement acide (pli — 5,8) qui est lui aussi thermostabile. Il est obtenu à partir de larves de Lucilia sericala. « Tout se passe, dit le Dr André Maurice, comme si le suc de larves de Lucilia sericata contenait une substance qui digère le tissu nécrosé et comme s’il modifiait chimiquement le foyer même de la suppuration, provoquant ainsi un réveil de la tonicité de la plaie. » Les protides et, en particulier, les acides aminés se sont introduits sous d’autres formes dans la thérapeutique moderne. M. Dollfus, dans son intéressante étude, rappelle l’emploi récemment introduit de Vhistidine pour le traitement des ulcères cutanés; l’application quotidienne directe d’une solution au millième a donné des résultats dont le succès a dépassé toutes les espérances. De même, l’administration par injections intramusculaires et sous-cutanées ou par voie buccale du glycocolle ou glycine (sous forme d’acétylglycocollate), de la leucine, de la lysine, du tryptophane et de l’histidine a donné des résultats favorables dans le traitement des œdèmes chroniques, de la maladie de Raynaud, de la pelade, des ulcères variqueux, de certaines anémies ou asthénies.
- ... .. - - = 415 =
- L’histidine et son chlorhydrate sont employés avec succès en dermatologie et surtout contre les ulcères gastro-duodénaux.
- M. Dollfus fait, à ce sujet, une curieuse constatation. La protidothérapie moderne n’est en somme que la renaissance de pratiques ancestrales; on la pratiquait autrefois par empirisme; pour soigner les ulcères ou les plaies, les herboristes vendaient de la racine de consoude. La grande consoude, Symphilum officinale L., est dénommée dans le langage populaire : herbe aux coupures. La racine contient 0,8 pour 100 environ d’allantoïne, substance également contenue dans l’extrait de larves de mouches.
- C’est du reste, après analyse de la racine de grande consoude que le médecin anglais Charles J. Macalister préconisa le premier, voici quelque vingt-cinq ans, l’allantoïne en solution aqueuse pour le traitement des ulcères de l’estomac et du duodénum. L’allantoïne s’apparente aux protides comme dérivant des nuclo-protéines, en passant par les purines; si, actuellement, on préfère les acides aminés plutôt que des produits plus avancés de la désintégration protéinique, les phénomènes n’en sont pas moins de même ordre; le traitement par l’allantoïne, le traitement par les larves se rattachent ainsi à cette branche, en apparence si neuve, et en fait si féconde qui a reçu le nom de protidothérapie.
- Rappelons enfin, avec M. Dollfuss, que l’allantoïne a été découverte, en 1796, par Nicolas Vauquelin et Runiva, au Muséum, dans le liquide amniotique de la vache. L’allantoïne est un uréide de l’acide glyoxilique. Produit d’excrétion des animaux et des végétaux, il résulte de'la désintégration des protéines du noyau de la cellule (nucléines) ; il se produit par oxydation des purines et en particulier de la trioxypurine ou acide urique. Celui-ci, sous l’action d’une diastase double, l’uricase, donne l’allantoïne. Le procédé le plus pratique aujourd’hui pour préparer l’allantoïne consiste à oxyder des excréments de serpents (de boa, par exemple) par le permanganate de potassium. On obtient ainsi un produit très pur, bien cristallisé et d’un prix abordable.
- L’EPERVIER
- L’épervier (Accipiter nisus) est un des rapaces les plus intéressants de nos pays. Le mâle atteint 32 cm de long, la femelle 40. On le reconnaît à son bec court, courbé, noir à base bleuâtre, ou cire jaune verdâtre, à ses pattes jaunes, à son iris jaune ou orangé. Les ailes, assez courtes, sont grises en dessus, blanc grisâtre ou roussâtre en dessous. La gorge est marquée de stries brunes longitudinales, le ventre est blanc avec des barres et des croissants bruns ou noirâtres transversaux. Le petit est entièrement couvert d’un duvet blanc, léger.
- L’épervier est un oiseau sédentaire qu’on rencontre dans toutes les régions boisées de France. On le connaît aussi dans toute l’Europe et l’ouest de l’Asie.
- Il niche généralement sur un arbre élevé où il élève un gros amas de branchages; parfois il se contente d’aménager un nid d’écureuil, de corneille ou de quelque autre gros oiseau.
- La femelle pond 4 à 6 œufs blanchâtres, verdâtres ou bleuâtres, tachés et ponctués de brun gris ou rouge.
- Agile et courageux, il est un grand destructeur de petits oiseaux. Il attaque même les perdrix et on l’a vu fondre sur des coqs et sur des lièvres. Tous les oiseaux le redoutent; ils se terrent ou se cachent à son approche et rarement ils osent le poursuivre, sauf les plus rapides, les martinets par exemple, qui alertent les alentours par leurs cris. Par contre, l’épervier est lui-même la proie des plus gros rapaces, sans parler de l’homme qui le détruit pour limiter ses déprédations.
- M. Gunnar Granberg, d’Helsingfors, qui a déjà adressé à La Nature nombre de photographies d’oiseaux prises très habilement, nous a remis les documents suivants que nos lecteurs seront certainement heureux d’examiner.
- René Merle.
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- Fig. 1 à 9. — L'épervier. — 1. Les parents construisent le nid. — 2. Les quatre œufs d'une ponte. — 3. La couvée. — 4. Les deux premiers petits. — 5. Trois jeunes et trois œufs d'une couvée de six. — 6. La becquée. — 1. La garde autour du jeune frère. — 8. Les premières
- inquiétudes dans le nid. — 9. Le moment du premier vol.
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- TASSE A VIN EN BOIS ANCIENNE
- Tout le monde connaît les tasses à vin en argent, dont il existe, à Paris et surtout à Nantes, des collections considérables. Ce sont de petites coupes à vin, pourvues d’une anse ou d’une palette, qui étaient très employées, jadis, dans les pays vinicoles (Bourgogne, Bordelais, etc.), pour la dégustation des vins.
- Dans deux mémoires (1), j’ai montré que ces coupes dérivent de la célèbre tasse de la déesse Hygie, qui était en céramique, puis qui fut faite en bronze, et qui s’est perpétuée au Moyen Age en France (xmc-xv° siècles) sous le nom de Monstrum ! Mais les tasses, bien datées du Haut. Moyen Age, sont en réalité inconnues. La plus ancienne conservée ne paraît pas être antérieure au début du xvme siècle....
- ür les tasses à vin en bois, qui, au point de vue de la technique sont sans doute les primitives, sont extraordinairement plus rares. Le relevé, que j’en ai fait, avec grand soin, ne m’a pas permis d’en trouver une dizaine d’exemplaires, disséminés dans diverses collections privées et les musées. C’est fort peu vraiment .
- Les plus intéressantes sont évidemment celles qui possèdent des décors. De celles-là, je n’ai vu que quatre ou cinq exemplaires, dont celle du Musée de Saumur, reproduite par M. Maisonneuve dans son ouvrage sur l’Anjou (2) et les deux que j’ai découvertes en Bas-Poitou, à Commequiers et à St-Maixent-sur-Vie, centre du plus célèbre vignoble de la Vendée maritime.
- Dans ma collection de tasses à vin, qui déjà comprend plus d’une cinquantaine de spécimens de divers ordres (bois, verre, étain, céramique, argent, ruolz), il n’y a d’ailleurs que deux tasses en bois.
- La première, à anse horizontale, très petite, n’est pas très décorée, car elle ne possède que de petites rosaces très simples sur son fond et sur sa paroi.
- Mais elle est d’une importance capitale, car c’est certainement la plus ancienne connue!
- En ell'et, elle porte sur son flanc sa date de fabrication: 1617, et le nom de son possesseur.
- Elle est en vieux buis, bien entendu très patiné.
- J’ai publié sa description complète et le dessin des décors dans ma seconde brochure (3) sur les tasses à vin et je ne puis que renvoyer les lecteurs à ce texte très circonstancié, s’ils désirent approfondir cette question.
- La seconde tasse en bois de ma collection a une toute autre envergure artistique, si elle est moins ancienne ! Celle-ci en eiîet ne doit guère être antérieure à 1750, si j’en juge d’après les modèles que je connais, en particulier celui du Musée de Saumur, bien daté de 1786. Mais la date de fabrication n’est pas plus inscrite sur son bord que le nom de son propriétaire : ce qui est bien regrettable.
- J’ai découvert cette tasse dans une très vieille famille de Commequiers (Vendée), bourg où l’industrie vinicole est célèbre et ancienne et où se récoltent de très bons vins blancs, utilisés avant 1914 pour la fabrication du champagne, en raison de la nature calcaire du sous-sol.
- Cette tasse, qui pèse 47 gr, n’a pas d’anse, ni horizontale ni verticale, sur son bord !
- 1. Dr Marcel Baudouin. La coupe de la Déesse Hygie et sa dérivée, la tasse à vin. Paris, 1925, in-4°, 31 pages, 25 fig. — L’évolution de la tasse à vin: Les tasses d'argent et leurs poinçons de garantie. Paris, 1929, in-4°, 52 p., 35 fig.
- 2. L’Anjou, ses vignes et ses vins. — Cette tasse a une anse.
- 3. Loc. cit., 1929, p. 267, fig. 10 et 11.
- Mais elle présente une palette, de forme triangulaire, qui sert à la saisir entre le pouce et l’index, pour éviter de mettre l’extrémité de ses doigts en contact avec le vin.... Son diamètre moyen à l’ouverture est de 80 mm; son fond n’a que 35 mm de large. La hauteur est de 25 mm.
- Elle est constituée par un bois très brun et très patiné... D’une coloration très foncée, elle semble être soit en mûrier, d’après les dires des gens du pays, soit plutôt en vieux bois de lierre, utilisé dans ce but du temps de Rabelais. Peut-être est-ce une racine de bruyère?
- Mais ce qui lui donne un caractère tout particulier, ce sont les décors qu’elle présente sur sa face extérieure, au niveau de son fond et de son bord; ceux-ci, en effet, sont bien plus riches, plus fouillés, et plus finis que ceux de la tasse du Musée de Saumur, pourtant fort jolis.
- Au lieu de nous livrer à une description minutieuse, qui nous entraînerait trop loin et ne révélerait certes pas le goût et le type, très artistiques, de cette décoration, nous préférons
- donner une photographie de la cavité intérieure, montrant l’existence de quatre cercles concentriques (fig. 1), et une photographie de la surface externe de cette tasse (fig. 2). Sur cette épreuve, on verra qu’au centre existe une rosace assez petite, à traits nombreux saillants, entourée de douze folioles et encerclée dans une circonférence à chevrons, puis une cquronne de feuillage stylisé.
- Autour de ce grand décor central, il y a une bande circulaire, où l’on notera onze fers à cheval (x) au lieu de douze, le douzième étant remplacé par une feuille d’arbre, stylisée.
- Entre ces fers et la périphérie du fond représentée par deux petits cercles concentriques, il y a, chose curieuse, dix cœurs à pointe regardant vers le centre !
- Sur toute l’étendue du bord, la grande rosace du fond est
- 1. Le centre de chaque 1er à cheval est creusé et constitue une véritable cupulette, en bois, remplaçant la sole du sabot.
- Cette cupulette est analogue à celles qu’on observe, au même-niveau, tout autour du tond dans les belles tasses en argent.
- Mais ici ces cupulettes sont des demi-ovales, au lieu d’être des cavités-bien circulaires.
- Fig. 1 (à gauche). —• Tasse à vin en bois (début du xviii0 siècle). Aspect de la caviU intérieure. Moitié grandeur nature. — A noter le décor de la palette.
- Fig. 2 (à droite). — Aspect de la surface extérieure du fond. Moitié grandeur.
- A noter surtout les fers à cheval, dont la sole est creusée en cupulette.
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- répétée sept fois et chacune de ces rosaces, plus petites, est séparée de ses voisines par une bouteille à vin, dans laquelle plonge le pédoncule d’une feuille en cœur à 3 lignes, qui est sans doute la stylisation d’une feuille de vigne !
- Le bord même est limité par une bande à nombreux chevrons. Au niveau de la palette, la huitième rosace est remplacée par un double cercle, au milieu duquel est un bouton, sculpté
- à petite spirale, correspondant à l’insertion inférieure de l’anse qui manque. Un autre bouton analogue, représentant l’insertion supérieure, se trouve au-dessous delà palette.
- Celle-ci, en dessus, montre une rosace à sept feuilles, accostée de deux chevrons en accent circonflexe, terminés par des spirales.
- Dr Marcel Baudouin.
- LE PROTELE AFRICAIN
- Le protèle ou faux loup (Proteles Cristatus), aussi appelé Loup de Terre, ressemble par ses formes, sa démarche et sa coloration générale à une petite hyène striée. Comme cette dernière, il a d’assez longues oreilles, le cou et le dos porteurs d’une forte crinière hirsute, foncée, courant tout le long de l’échine jusqu’à la queue qui est longue et épaisse. C’est d’ailleurs en raison de cette ressemblance frappante que certains auteurs lui donnent le nom, d’ailleurs erroné, d’hyène insectivore. Son aire géographique s’étend depuis la colonie du Cap jusqu’en Abyssinie. C’est surtout en Afrique australe qu’on le rencontre en assez grand nombre. Ailleurs, il est plutôt rare et ne se trouve pas en régions de forêts. Les zoologistes en reconnaissent plusieurs sous-espèces qui diffèrent entre elles, suivant les zones d’habitat, par la coloration générale qui va de la teinte gris très pâle (protèle de Nubie) au roux et au jaune orange (protèle de l’Angola) en passant par ce que l’on considère comme le type de l’espèce, le protèle gris cendré du Cap.
- Le protèle se nourrit surtout de termites, et à leur défaut d’insectes divers. Il ne semble pas, bien qu’appartenant à l’ordre des Carnassiers de par sa conformation générale, s’attaquer au gibier ordinaire; en captivité, il refuse la viande fraîche ou décomposée. Cependant, d’après les colons, dans les régions où les termites font défaut, les troupeaux de moutons auraient à subir leurs déprédations. En d’autres endroits, les propriétaires de petit bétail ne s’inquiètent nullement du voisinage des protèles, les considérant comme tout à fait inoffensifs. Ces différences dans le comportement de cette bête doivent provenir, sans aucun doute, de l’abondance ou de la carence de la nourriture préférée. Sa naissance locale mise à part, il n’en reste pas moins que le faux loup est un animal en règle générale fort utile, par la destruction intense qu’il fait des termites. 11 s’attaque aux termitières en creusant le sol à l’aide de ses fortes griffes non rétractiles, s’efforçant d’atteindre la loge royale pour dévorer d’abord la reine. Il fait ensuite un gros carnage de soldats et d’ouvrières. Dans l’estomac de nombreux protèles disséqués à ce jour,on n’a jamais trouvé autre chose que des débris d’insectes, ce qui renforce la thèse de ceux qui, avec juste raison, le considèrent comme essentiellement utile. Il n’en reste pas moins que certaines autorités le considèrent toujours comme nuisible, puisqu’au Cap on alloue encore une prime d’une demi-livre par protèle abattu. Cette pratique, on le conçoit, est grandement dommageable pour l’agriculture surtout en région ou les termites sévissent comme un véritable fléau.
- Le Loup de Terre est considéré par les naturalistes comme un carnassier qui s’est adapté au régime insectivore. Le crâne de l’animal s’est modifié profondément par un fort allongement compliqué d’un élargissement de la partie antérieure, d’où un palais osseux très étendu. La dentition est fortement atrophiée; à l’état adulte, il n’existe plus guère que vingt dents branlantes, arrondies, réduites, et complètement impropres à la mastication normale. Le jeune protèle
- possède cependant une dentition presque complète qui pour-
- , . 3 1 3 1
- rait se représenter par la iormule i — i c -> pm -, m
- 3
- 1
- 0
- en tout trente dents dont le tiers tombe prématurément.
- Le faux loup ne possède guère de moyens défensifs; c’est un piètre coureur qu’un homme ou un chien parviennent à forcer à la course. Aussi ne quitte-t-il guère son terrier durant le jour. Il habite volontiers les galeries abandonnées de l’Oryctérope, se décidant rarement à se creuser une demeure propre. C’est par colonie de quatre à douze individus qu’on les rencontre dans la brousse. Il arrive parfois que l’on trouve une cinquantaine de protèles vivant dans plusieurs repaires contigus.
- La femelle met bas de deux à six petits par portée, qui restent en compagnie des parents jusqu’à complet développement. Le jeune pi'otèle peut être apprivoisé et rendu aussi familier qu’un chien, tandis que l’adulte capturé se laisse mourir de faim.
- L’arme de défense la plus efficace de l’animal serait la sécrétion de deux glandes anales dont le liquide nauséabond déchargé violemment sur l’adversaire écarterait surtout les carnassiers.
- Au point de vue de la position systématique des protèles, les savants sont loin d’être d’accord; s’appuyant sur les ressemblances anatomiques des protèles et des civettes, ils admettent avec complaisance que le Loup de Terre n’est qu’une grande civette déguisée. Sa livrée protectrice, imitant le pelage des hyènes, le protégerait contre les attaques des carnassiers. Cette théorie mimétique, étendue d’ailleurs à bien d’autres êtres comme l’on sait, est combattue énergiquement par beaucoup de zoologistes contemporains.
- Pour d’autres, le protèle se rapprocherait des hyènes. Voici à ce propos les réflexions de M. le Dr Dersclieid : « Alors que cette famille (les Ilyaenidae) se caractérise par un nombre égal de doigts (4) aux pattes de devant et aux pattes de derrière, le protèle en possède cinq aux membres antérieurs. Le septum osseux divisant le bulbe tympanique est bien développé, tandis qu’il est rudimentaire chez les hyènes. Par contre, le canal alisphénoïdien manque, tant chez ces derniers que chez le genre protèle.
- « Si l’on admet que le protèle est une hyène, il faut y voir alors une espèce à la fois très archaïque (le nombre des doigts antérieurs étant cinq) et très évoluée (atrophie de la dentition). »
- Cette opposition entre différents caractères n’est d’ailleurs par irréductible, si l’on admet qu’il s’agit d’animaux à caractères très primitifs dont l’adaptation serait fortement évoluée.
- Il s’agit peut-être ici d’une espèce échappée à la destruction par sélection en « évitant toute compétition avec des parents plus perfectionnés » ?
- Comme l’on voit, les problèmes posés par les protèles aux zoologistes sont loin d’être résolus. Us n’en offrent d’ailleurs que plus d’intérêt. G. Pvemacle.
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- LA VOUTE CÉLESTE EN DÉCEMBRE 1936 (l)
- Le plan des anneaux de Saturne va passer par le Soleil le 29 décembre et nous allons de nouveau assister à une disparition du magnifique diadème qui entoure ce monde lointain.
- On sera bien inspiré d’observer Saturne pendant les 15 derniers jours du mois.
- Du 2 au 3 décembre et du 18 au 19, on assistera au passage de l’ombre de Titan sur le globe de Saturne. Ces passages sont <les phénomènes rares, ne se produisant que tous les 15 ans environ.
- Une belle éclipse annulaire de Soleil aura lieu le 13, réservée à nos lecteurs de l’Australie et de la Nouvelle-Zélande. Puis la série habituelle — quoique riche ce mois-ci — des occultations, conjonctions, etc.
- Et enfin, ceci comme une triste constatation du retour des choses : le début de l’hiver astronomique, le 22 !
- 1. Soleil. — La déclinaison du Soleil, en décembre, décroît du 1er au 22 pour remonter un peu à la fin du mois.
- De —21“50' le lor, elle tombera à — 23°27' le 22 et sera tic — 23°6' le 31.
- Le commencement de l’hiver astronomique (solstice d’hiver) sc produira le 22 décembre, à 0“ 26“ 38".
- Parallèlement avec la variation de la déclinaison, la durée du jour diminuera du 1er (8*> 31m) au 20-22 où elle ne sera plus <pie de 8h llm, pour augmenter un peu et atteindre 8" 16m le 31.
- Le tableau suivant donne, de deux en deux jours, le temps moyen à midi vrai ou, si l’on préfère, l’heure moyenne -quand il est vraiment midi :
- •c’est l’heure du passage du Soleil au méridien de Paris :
- Date. Heure du passage. I Date. Heure du passage.
- iécembre 1er 11» 39“ 45» Décembre 17 11» 46” 51
- — 3 11 40 31 — 19 11 47 50
- 5 11 41 20 — 21 11 48 50
- — 7 11 42 11 - — 23 11 49 50
- — 9 11 43 4 25 11 50 50
- — 11 11 43 58 07 11 51 49
- — 13 11 44 55 29 11 52 48
- 15 11 45 52 31 11 53 46
- Observations physiques. — Le tableau ci-après donne les principaux éléments permettant d’orienter les dessins et les photographies du Soleil (voir à cet effet le « Bulletin astronomique » du n° 2974, du 1er avril 1936) :
- 1. Toutes les heures données dans le présent « Bulletin astronomique » sont basées sur le Temps universel (T. U.) qui est le temps légal •en France, compté de 0» à 24h à partir de 0“ (minuit).
- Dates (0"). I* B„ Lu
- Décembre 4 + 15°,01 + 0°,40 241“,07
- 9 -f 12°,92 — 0°,24 175“,18
- 14 H- 10°,72 - 0“,88 109“,31
- 19 + 8° 42 -- 1°,51 43°,44
- •> Q -f 7°,01 -- 1“,88 3°,92
- 27 -j- 4°, 61 - 2°,50 298“,06
- Nous avons donné au « Bulletin astronomique » du n° 2968, du 1er janvier 1936, la définition des termes P, B0, L0.
- Lumière zodiacale-, lueur anti-solaire. — En décembre la lumière zodiacale devient plus difficilement visible. La pleine Lune gênera, à la fin du mois, pour la rechercher le soir.
- La lueur anti-solaire, par contre, sera favorablement placée très haut dans le ciel, pour être recherchée du 10 au 17, non
- loin de 'Ç du Taureau. Cette observation doit être faite par ciel pur, loin de toute lumière artificielle.
- Éclipse annulaire de Soleil. — Les 13-14 décembre se produira une belle éclipse annulaire de Soleil. La ligne de l’éclipse annulaire traversera toute l’Australie d’Ouest en Est et la plus boréale des îles de la Nouvelle-Zélande. Elle s’étendra ensuite sur une longue étendue de l’Océan Pacifique.
- L’éclipse générale commencera à 20“ 26m,7, le 13 décembre ; le maximum se produira à 23» 27m,7 et la fin de l’éclipse générale le 14, à 2h 28m,6.
- Grandeur maximum de l’éclipse, le diamètre du Soleil étant pris pour unité = 0,967.
- La phase annulaire aura une durée maximum de 7“ 25s, non loin de la Nouvelle-Zélande.
- L’éclipse sera visible comme éclipse partielle de la Nouvelle-Calédonie (Nouméa), des lies Marquises et de Tahiti (Papeete). Elle est totalement invisible en Europe.
- II. Lune. — Voici les dates des phases de la Lune on décembre :
- D. Q. le 5, à 18» 20“ 1 P. Q. le 21, à 11» 30“
- N. L. le 13, à 23h 25“ j P. L. le 28, à 4» 0“
- Age de la Lune, le 1er décembre, à 0» (T. U.) = 16J,8 ; le 14, à 0" = 0J,0. Pour avoir l’âge de la Lune, à 0h, à une autre date du mois, ajouter 1 jour par jour écoulé depuis le 1er ou le 14 aux nombres précédents.
- Plus grandes déclinaisons de la Lune en décembre : le 13, à 15h = — 230 29'; le 26, à 21» = + 23“ 29'. On remarquera la grande hauteur de la Lune dans le ciel le 26 décembre, vers 22» 40m, moment du passage de la Lune au méridien.
- Apogée de la Lune (plus grande distance à la Terre), le 9 décembre, à 20». Parallaxe = 54' 3". Distance = 405 695 km.
- Périgée de la Lune (plus petite distance à la Terre), le
- Fig. 1 —- Marche sur le ciel, du 2 décembre 1936 au 3 janvier 1937, de la pelile planète Vesta (4).
- (Opposition le 31 décembre 1936; magnitude : 6m,9.)
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-
-
- = 420 ................ ...........=
- 25 décembre, à 21". Parallaxe=60'19". Distance=363 551 km.
- Occultations d’étoiles par la Lune. — Le 3, occultation de Il Lion (5m,3) ; émersion à 23“ 0m,5.
- Le 10, occultation de 236 G. Vierge (5m,7); émersion à
- 6h 22m,ü.
- Le 16, occultation de 57 Sagittaire (6m,0); immersion à 17“ 10m,5.
- Le 25, occultation de A Taureau (4m,5) ; immersion à
- 20u 8m,0.
- Le 26, occultation de 192 B. Taureau (6m,2) ; immersion à 0» 9m,0.
- Le 30, occultation de 209 B. Cancer (6m,5) ; émersion à 22h 44m,0.
- Marées; mascaret. — Les plus lortes marées du mois se produiront tout à lait au début, le 1er et le 2; puis du 26 au 31, à l’époque de la pleine Lune du 28. Elles seront peu importantes, leur coefficient maximum atteignant 0,96.
- Par suite du peu d’importance des marées, le phénomène du mascaret n’est pas annoncé ce mois-ci.
- III. Planètes. — Le tableau suivant, dressé à l’aide des données fournies par l’Annuaire astronomique Flammarion, contient les renseignements les plus utiles pour rechercher et observer les principales planètes pendant le mois de décembre 1936.
- Date. Phase. Diamètre. Magnitude
- Décembre llr 0,766 14",5 - 3,5
- — 6 0,752 14 ,9 -3,6
- 11 0,737 15 ,4 — 3,6
- 16 0,721 15 ,9 -- 3,6
- 21 0,705 16 ,4 - 3,6
- 26 0,688 17 ,0 - 3,7
- 31 0,671 17 ,6 3,7
- Mars se lève de plus en plus tôt et son diamètre augmente. Les observations utiles, avec des instruments de moyenne puissance, vont pouvoir commencer. Observer de bonne heure, au petit jour, le 14 décembre, le rapprochement do Mars et de 0 Vierge et le 29 décembre, également an petit jour, le rapprochement de Mars et de m Vierge (voir plus loin, aux « Conjonctions »).
- Vesta, la petite planète n° 4, découverte par Olbcrs le 29 mars 1807, la plus brillante des petites planètes (elle atteint souvent la visibilité à l’œil nu), va se trouver en opposition avec le Soleil le 31 décembre. Cette année elle atteindra seulement la magnitude 6m,9, donc sera bien visible dans une petite jumelle.
- Voici, calculées par le Prof. G. Stracke, et reproduites d’après Y Annuaire astronomique Flammarion, ses éphémérides pour le mois de décembre.
- Date : Lever Passage au méridien Coucher Ascen- Déclinai- | Diamètre Constellation VISIBILITE
- ASTRE Décemb. à Paris. de Paris à Paris. sion droite. son. | apparent. et étoile voisine.
- 2 7“ 9 6 m 11 i 40 m 07s 151 55"’ 16È 34m 21° 59' 1 3 2'2 0 ", 6 Scorpion
- Soleil . . . ! 14 7 38 11 45 23 15 52 17 27 — 23 14 32 22,1 Scorpion »
- ! 26 7 45 11 51 20 15 58 18 20 — 23 22 32 22,4 Sagittaire
- 9 8 14 12 13 16 12 17 3 . 24 27 M 0 Scorpion l ... . .
- Mercure . . 14 8 55 12 48 16 41 18 25 25 34 5,2 7, Sagittaire , Sagittaire Le soir, a la lin du mois;
- ( 26 \ O 9 7 13 15 17 24 19 41 — 23 12 6,2 mauvaises conditions.
- 10 29 14 30 18 31 19 21 — 24 18 14,6 0 Sagittaire t
- Vénus . . . 14 \ 10 27 14 44 19 2 20 23 — 21 38 15,6 P Capricorne j1 Le soir, dans le crépuscule.
- 26 10 14 14 54 19 35 21 20 — 17 34 17,0 Capricorne '
- 2 1 57 7 48 13 38 12 40 — 9 42 4,8 v Vierge J
- Mars.... 14 1 47 7 26 13 4 13 6 — k O 22 5,0 Vierge > Le matin, avant l’aurore.
- 26 1 37 7 4 12 30 13 31 — 7 54 5,4 X Vierge '
- 2 9 0 13 6 17 12 18 0 — 23 20 29,8 Sagittaire
- Jupiter. . .< 14 8 25 12 31 16 36 18 11 — 23 19 29,6 u Sagittaire Inobservable.
- 26 7 49 11 55 16 2 18 23 — 23 15 29,6 X Sagittaire ^
- 2 12 48 18 17 23 45 23 12 — 7 33 15,8 'P Verseau \
- Saturne . . 14 12 2 17 31 23 0 23 13 — 7 21 15,4 '4 Verseau ( Première partie de la nuil.
- f \ 26 11 16 16 46 22 17 23 15 — 7 5 15,2 » Verseau \
- Uranus. . . 26 12 40 19 45 2 53 2 14 + 13 1 3,6 Bélier Dès l’arrivée de la nuit.
- Neptune . . 26 22 22 4 54 ii 21 11 21 4- 5 20 2,4 n Lion Seconde partie de la nuit.
- Mercure pourra être recherché à la fin du mois. Il arrivera à sa plus grande élongation du soir le 29 décembre, à 17h, à 19° 35' à l’Est du Soleil. Les observations seront difficiles à réaliser, Mercure ayant alors une forte déclinaison australe, et étant très bas sur l’horizon.
- Vénus devient mieux visible le soir, se couchant à la fin du mois plus de 311 et demie après le Soleil. La plus grande élongation aura lieu dans deux mois. Voici les valeurs de la phase et de la magnitude stellaire de Vénus, en décembre :
- Date (T. U.). Ascension droite. Déclinaison
- Décembre 2,0 7h
- — 10,0 7
- — 18,0 6
- 26,0 6
- 8'“,9 + 20° 27'
- 3, 4 + to O 53
- 56, 3 + 21 23
- 47, 9 + 21 54
- Notre petite carte (fig. 1) montre la marche de cette planète sur le ciel pendant la présente période d’apparition. On voit que Vesta sera fort bien placée pour les observations, elle
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-
-
- traversera la constellation des Gémeaux et, du 10 au 15 décembre, sera dans le voisinage de l’étoile 1, au Nord de celle-ci.
- Vesta présente des variations périodiques d’éclat qui lui assignent une période de rotation de 5“ 55,n.
- Iris, la petite planète n° 7 pourra encore être recherchée ce mois-ci. Nous avons public le mois dernier (« Bulletin astronomique )> du n° 2986, p. 325) la carte de sa marche apparente sur le ciel. On la trouvera au-dessous du groupe des Pléiades.
- Pour ceux de nos lecteurs qui possèdent un équatorial, voici deux positions de cette petite planète -.
- Date (T. U.). Ascension droite. Déclinaison.
- Décembre 2 3» 47»,2 + 22“ 59'
- 10 3 41, 5 + 21 56
- Jupiter va se trouver en conjonction avec le Soleil, le 27 décembre, à 16". 11 sera inobservable ce mois-ci.
- Saturne atteindra sa quadrature orientale avec le Soleil le 8 décembre, à 9". Cette planète est certainement la plus intéressante à observer ce mois-ci, par suite de la nouvelle disparition des anneaux. Les 28 et 29 juin, nous avions assisté à la première disparition des anneaux, le plan de ceux-ci passairt juste par la Terre. Cette lois, le plan des anneaux va passer les 2S-29 décembre, juste par le Soleil. Donc, le curieux anneau qdi erXoure la planète n’étant plus éclairé, ni au nord, ni au sud, il cessera d’être visible.
- Voici, d’après l’intéressante Notice publiée clans l’Annuaire astronomique Flammarion (reproduites d’après le Nautical Almanac), les hauteurs du Soleil au-dessus du plan de Panneau de Saturne.
- Le signe 4- indique que le Soleil éclaire la lace nord, le signe — la face sud.
- Hauteur ! Hauteur
- Date. du Soleil. Date. du Soleil.
- léeembre 26,0 + 0°,038 j Décembre 29,0 — 0°,006
- 27,0 + 0, 023 ! -- 30,0 — 0, 021
- 28,0 + 0, 008 I — 31,0 — 0, 036
- On voit bien, d’après ce tableau, que du 28 au 29 le Soleil passe de la face Nord à la face Sud, laquelle sera éclairée pour une période de 15 années.
- Voici, pour continuer la série habituelle, les éléments de
- l’anneau, le 16 et le 29 décembre
- 16 décembre. 29 décembre.
- Grand axe extérieur 38",78 37",96
- Petit axe extérieur Hauteur de la Terre au-dessus + 1 ' ' ,97 + 1",67
- du plan de l’anneau. . . . Hauteur du Soleil au-dessus + 2",92 + 2°,54
- du plan de l’anneau. . . . + 0°,187 — 0°,006
- En résumé, il conviendra de suivre l’anneau de Saturne à partir du 15 décembre et de l’observer chaque soir de beau temps jusqu’à la fin du mois.
- La Terre se trouvant maintenant à une hauteur suffisante au-dessus de Panneau, nous ne pouvons plus assister aux passages de Titan devant le globe de Saturne. Mais nous pourrons encore voir cette année deux passages de l’ombre de Titan sur le globe. En voici les données :
- Passage de l'ombre.
- Date. Commencement. Fin.
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- Tous ces phénomènes sont rares, ne se produisant que tous les 15 ans et l’on sera bien inspiré de ne pas les négliger.
- Uranus est encore bien visible la plus grande partie de la nuit. Pour le trouver, utiliser une bonne jumelle et la petite carte donnée au « Bulletin astronomique » du n° 2978 (1er juin 1936).
- Neptune se lève à présent avant minuit. 11 sera en quadrature occidentale avec le Soleil le 11 décembre à 4". On trouvera au n° 2970, du 1er février 1936, la carte de son mouvement sur le ciel pendant l’année. (Pour le voir, il faut une petite lunette.) Neptune sera stationnaire le 21 décembre, à 3".
- IV. Phénomènes divers. — Conjonctions :
- Le 4, à 4", Mercure en conjonct. avec 0 Ophiuchus (3“,4), à 0» T S.
- Le 6, à 10", Neptune — la Lune, à 6° 52' N.
- Le 8, à 13", Mars — — à 6° 56' N.
- Le 11, à 14", Mercure Jupiter, à 2° 17' S.
- Le 14, à 9", Mars — 0 Vierge, (4»,5), à 0° 15' S.
- Le 14, à 21", Jupiter — la Lune, à 0“ 42' S
- Le 15, à 7", Mercure — — à 3° 31' S
- Le 17, à 17", Vénus — à 6» 2' S
- Le 20, à 19", Saturne — à 8" 1' S
- Le 24, à 3", Uramis —- à 4° 36' S
- Le 29, à 9", Mars — m Vierge (5“,2), à 0°11' S
- Etoile Polaire. — Voici quelques passage au méridien de Paris :
- Date. Passage
- Heure.
- de l’Etoile Polaire
- Temps sidéral à 0" (T. U.) pour le méridien de Greenwich.
- Décembre 6 — 16 — 26
- Supérieur
- 20" 30>" 43* 19 51 16 19 11 47
- 4" 58“ 24s
- 5 37 49
- 6 17 15
- Etoiles variables. — Minima d’éclat, visibles à l’œil nu, de l’étoile Algol (p Persée), variable de 2m,2 à 3“,5 en 2* 20" 48“ : le 1er décembre, à 0"54m; le 3, à 21" 43“; le 6, à 18" 32“; le 18, à 5" 49“; le 21, à 2" 38“; le 23, à 23" 27“; le 26, à 20" 17»; le 29, à 17" 6».
- Le 25 décembre, maximum d’éclat de R Corbeau, variable de 5m,9 à 14“,0 en 323 jours.
- Le 26 décembre, maximum d’éclat de R Cassiopée, variable de 4m,8 à 13“,6 en 426 jours.
- JAoiles filantes. — Peu de radiants sont actifs en décembre. Le plus important d’entre eux est celui des Géntinides (radiant : ot. Gémeaux) qui donne, du 8 au 14, des météores rapides, à courtes trajectoires.
- V. Constellations. — Voici l’aspect de la voûte céleste le 1er décembre, à 21" ou le 15 décembre, à 20" :
- Au Zénith : Persée (Algol); Andromède; Cassiopée.
- Au Nord : La Petite Ourse; Céphée; le Dragon; la Grande Ourse.
- A l’Est : Le Cocher; le Lion; le Cancer; les Gémeaux; le Petit Chien; le Taureau; Orion.
- Au Sud : Les Poissons; le Bélier; la Baleine; l’Eridan.
- A l’Ouest : Pégase; le Cygne.
- Au Nord-Ouest, presque à l’horizon : La Lyre avec Véga.
- Décembre 2- 3 18-19
- 23" 25m 22 37
- 5" 27“ 4 44
- Em. Touchet.
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- ....~ L’AUTOMOBILE PRATIQUE =...
- NOUVEAUTÉS TECHNIQUES - CONSEILS PRATIQUES
- L’INDUSTRIE AUTOMOBILE EN ALLEMAGNE
- L’industrie automobile en Allemagne, au cours de ces dernières années, offre, par son développement rapide, un exemple de l’influence que peut avoir une politique fiscale rationnelle sur la prospérité d’une industrie.
- Le nombre des automobiles en circulation en Allemagne est encore sans doute relativement faible, si on le compare aux chiffres correspondants relevés en France, et surtout aux États-Unis, et les constructeurs sont peu nombreux; on n’en compte que 16 qui produisent 42 modèles différents. 11 n’y a guère plus d’un million de voitures en circulation.
- Comme en France, on cherche en Allemagne à réduire la consommation de carburant, et plus de la moitié des modèles ont des moteurs d’une cylindrée inférieure à 2 1; il y a beaucoup de moteurs à 6 cylindres, mais la majorité demeurent à 4 cylindres.
- Les techniciens semblent particulièrement étudier Je problème de la traction à l’avant et du moteur à l’arrière; des solutions originales ont été présentées sous ce rapport.
- C’est au commencement de 1933, que furent instaurées les mesures fiscales destinées à développer l’industrie automobile. L’impôt de circulation fut supprimé pour les voitures à usage privé; les industriels et commerçants furent, d’autre part, autorisés à déduire de leurs bénéfices imposables les sommes consacrées à l’achat de voitures automobiles; les résultats furent immédiats.
- En un an, la production des voitures augmenta de 159 pour 100; pour l’année 1935, on enregistre encore une augmentation de l’ordre de 40 pour 100 sur 1934. Une production annuelle de l’ordre de plus de 200 000 voitures permet maintenant à l’Allemagne de dépasser la France et d’occuper le troisième rang après les États-Unis et l’Angleterre.
- La circulation a augmenté également très rapidement; à la fin de 1935, elle avait dépassé le million, alors qu’elle était très faible en 1933.
- Simultanément, le nombre des ouvriers employés dans les usines d’automobiles est passé de 34 000 en 1932, à plus de 100 000 en 1935.
- L’essor de l’industrie automobile est, d’ailleurs, favorisé par un vaste programme de construction de routes, dont une grande partie sont des autostrades. Le nombre d’ouvriers employés à cette construction est, à l’heure actuelle de l’ordre de plus de 400 000; l’assistance au chômage se manifeste ainsi évidemment par des travaux d’une grande utilité, tant économiques que militaires.
- Les dégrèvements fiscaux n’ont créé, d’autre part, aucune perte pour le budget; ils se traduisent au contraire, par un bénéfice de l’ordre de plusieurs millions de marks.
- LES ACCIDENTS DE LA ROUTE EN 1935
- La gendarmerie de Seine-et-Oise a pris l’excellente habitude de dresser une statistique annuelle des accidents survenus dans le département.
- Les indications publiées pour 1935 sont fort intéressantes.
- Le total des accidents, de 2592, reste bien au-dessous du chiffre record de 1933, qui était 3388. Parmi les causes indiquées, le croisement vient en tête avec 980 accidents, soit plus du tiers.
- Les accidents au moment du dépassement, sont de 626, c’est-à-dire un peu moins du quart, mais ce sont les plus
- graves. Les dérapages comptenL pour 83, chiffre encore relativement élevé.
- Les causes diverses groupent 903 cas, soit près du tiers, et l’on peut regretter que des indications plus précises ne soient pas données dans cette catégorie.
- Le nombre des accidents mortels, qui a atteint jusqu’à o pour 100, est en légère diminution. Quant à la diminution en valeur absolue, elle provient peut-être de la diminution réelle de la circulation due à la crise économique et de l’élévation constante du prix de l’essence.
- Les mois les plus riches en accidents sont avril et juillet; c’est le début des vacances, le moment où les conducteurs sont le moins expérimentés, ou ont perdu l’habitude de la conduite.
- En semaine, il y a surtout, des accidents le samedi et le dimanche, et des minima sont constatés surtout le mercredi, le jeudi et le vendredi.
- La statistique par heure est non moins curieuse : les « pointes » de danger se trouvent vers 11 h du matin et 6 h du soir, ce qui ne correspond pas comme on le croit souvent, aux heures des repas.
- Le nombre des accidents augmente beaucoup vers 18 b, et on peut attribuer ce phénomène à la fatigue du conducteur.
- Au contraire, la fréquence s’atténue rapidement, et devient minima, vers 21 h; cela prouve sans doute surtout qu’il y a nombre de véhicules qui sont rentrés au garage avant la nuit !
- LES PROGRÈS DE LA CONSTRUCTION DES MOTEURS DIESEL
- Le prix élevé de l’essence « tourisme », dû essentiellement aux charges fiscales, attire de plus en plus l’attention des constructeurs d’automobiles sur l’intérêt des dispositifs économiseurs de carburants et sur l’emploi des carburants lourds. C’est ainsi qu’on étudie à l’heure actuelle des carburateurs au gasoil pour les moteurs à explosion ordinaires. On pousse, d’autre part, la mise au point du Diesel ou demi-Diesel, de faible cylindrée.
- Rappelons le principe du Diesel.
- Le moteur aspire et comprime, non le mélange carburant, mais de l’air pur, et c’est seulement en fin de compression qu’on injecte le combustible dans l’air comprime à l’intérieur du cylindre.
- Il n’y a pas de système d’allumage; le combustible s’enflamme spontanément par auto-allumage, au contact de l’air porté à température élevée par la forte compression qu’il a subie.
- Les petits moteurs fonctionnent généralement suivant un cycle à quatre temps, mais qui n’est pas le même que celui du moteur à essence.
- Dans le premier temps d'admission, le piston descend, la soupape d’admission est ouverte, et le cylindre se remplit d’air, de préférence filtré.
- Dans le deuxième temps de compression, le piston monte et toutes les soupapes sont fermées. En fin de course, l’air est comprimé à une forte pression qui porte la température à 500 ou 600°, la compression est de l’ordre d’une quarantaine de kilogrammes par centimètre carré.
- A ce moment, le combustible est injecté sous une pression de l’ordre de 100 legs par cm2, et s’enflamme spontanément.
- Dans le troisième temps, ou temps de détente, la combustion
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- s’elïectue; le volume gazeux enfermé dans le cylindre augmente; le piston est chassé; c’est le temps moteur.
- Enfin, pendant le quatrième temps, ou temps d’échappement, le piston remonte et les gaz bridés sont expulsés à travers la soupape d’échappement ouverte.
- Les problèmes de rapidité de combustion et, par conséquent, de forme de la culasse, jouent donc un rôle essentiel dans le fonctionnement des moteurs Diesel. Pour l’activer et la rendre complète, on a imaginé de nombreux dispositifs, notamment les antichambres dites à turbulence, dans lesquelles le combustible, avant de pénétrer dans le cylindre, prend un violent mouvement tourbillonnaire qui facilite son mélange intime avec l’air comburant.
- Voici, à titre d’exemple, l’antichambre Ricardo, utilisée sur le moteur Diesel-Berliet. C’est une cavité de forme ellipsoïdale, placée dans la culasse, et communiquant avec le fond du cylindre, constituant la chambre de compression proprement dite, par une ou deux tuyères cylindriques.
- Cette chambre de turbulence est placée de telle sorte que les tuyères tangentes à sa paroi intérieure viennent déboucher le plus près possible de la circonférence de l’alésage du cylindre. Son volume représente ainsi environ 80 pour 100 du volume total de l’air comprimé, et 20 pour 100 seulement demeurent entre le piston et le fond de la culasse. Ce piston ne présente aucune particularité et son fond est absolument plat.
- L’injecteur pulvérise du gasoil suivant un cône de 30° d’ouverture et son orifice affleure la paroi interne de la chambre de turbulence (lig. 1).
- Dans ces conditions, au moment de la compression, l’air est refoulé par le piston à travers les tuyères tangentielles et prend ainsi un violent mouvement tourbillonnant.
- Lorsque le piston arrive au voisinage du point mort supérieur, l’injecteur pulvérise avec l’avance convenable la dose de carburant qui est entraînée dans le tourbillon d’air comprimé. Chaque molécule de gasoil trouve ainsi instantanément la quantité d’air frais convenant à sa combustion.
- Pendant la détente, les gaz qui se trouvent à l'intérieur de la chambre de turbulence sont animés d’un mouvement tourbillonnaire inverse de celui créé à la compression; grâce à quoi la combustion est aussi complète que possible.
- La perfection de la combustion se traduit, toutes choses égales d’ailleurs, par une augmentation de la puissance et du rendement du moteur.
- Plus la vitesse du moteur augmente, plus la turbulence est intense et la combustion meilleure; il y a donc intérêt à augmenter la vitesse de régime et, en fait, les moteurs établis suivant ce principe ont désormais un régime de l’ordre de 2000 tours-mn (fig. 2).
- PRINCIPES ESSENTIELS DE SÉCURITÉ
- Deux principes de conduite, tout au moins, devraient être gravés dans la mémoire du conducteur prudent, sinon sur son tableau de bord; il est toujours bon de les rappeler.
- Tout d’abord, être toujours en mesure de s’arrêter dans la portion de route qu’on voit devant soi.
- Il faut penser ensuite, que les autres usagers de la route sont des imprudents, et ne pas faire fi des accidents possibles, parce qu’on est en règle avec le Code de la Route !
- Rappelons cette fantaisie des membres d’un « Motor Club » américain à l’humour un peu macabre. Ils ont fait ériger, le long de quelques routes d’outre-Atlantique, de petits monuments, sur lesquels on lit cet avertissement salutaire : « Ci-gît X... automobiliste, il avait le droit pour lui, mais il est mort quand même ».
- RESSORT DE SOUPAPE
- CULBUTEUR
- BOUCHON
- DÉCOMPRESSEUR
- FILTRE-TIGE
- RECUPERATION
- PORTE-INJECTEURÎfl .
- INJECTEUR
- CHAMBRE DE COMBUSTION
- CANAL DE COMMUNICATION
- Fig. J. —- Coupe de la culasse d'un moteur Diesel-Berliet à chambre de turbulence Ricardo.
- Les automobile-clubs ont fait installer, depuis déjà quelque temps, sur des routes fréquentées aux environs de Paris, des châssis d’automobiles accidentées, afin que la vue de ces victimes de l’imprudence rappelle les conducteurs à la sagesse.
- Un virage sans avertissement, un freinage trop brusque ou dans un tournant, le dépassement à toute vitesse dans un croisement de route, les virages « à la corde », l’éblouissement dû aux phares aveuglants, les rabattements trop brusques après le dépassement d’une voiture, la mauvaise volonté apportée à laisser la route libre, l’habitude de tenir négligemment son volant, telles sont les causes les plus fréquentes de la plupart des accidents.
- L’association des « Vieux du Volant » a rappelé, à ce sujet, sous une forme saisissante, toute une série de bons conseils dont la place est particulièrement marquée ici :
- « Avant les 5000 premiers kilomètres, le conducteur est au
- Fig. 2. — Moteur Diesel-Berliet, 6 cylindres de 110 x 150 mm i'8,6 1. de cylindrée) à culasse Ricardo.
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- rodage, comme la voiture ; l’expérience seule, et. non la théorie forme le bon conducteur. »
- « L’accident arrive toujours après une imprudence; la prudence l'ait remarquer, au contraire, le bon conducteur. »
- « Ne doublez jamais dans une côte, un virage, un carrefour; en agissant autrement, vous attirez la contravention et vous méritez l'accident. »
- « Lut ter de vitesse sur la route n’est qu’un signe de prétention, et non d’habileté. »
- « Toute voiture a une sœur qui la dépassera un jour. »
- « Ne pas tenir la droite prouve simplement le manque d'expérience du conducteur ».
- « La fatigue n’atteint pas le bon conducteur; il s’arrête avant. »
- « Un bon conducteur est toujours sur scs gardes; il imagine que tous ceux qui sillonnent les routes conduisent mal, et lui conduit bien. »
- La commission du Tourisme de l’Automobile-Club de France a également soumis à l’attention des automobilistes sages, un certain nombre de maximes non moins utiles.
- « Chauffeur prudent, laisse le fou prendre sur toi tous les droits qu’il n’a pas; tu sauves ainsi souvent des vies humaines. » « Pilote de conduite à gauche, n’encombre pas de grâce toujours le milieu, et souvent la gauche de la route. »
- « Ne dépasse que si ta gauche est libre à perte de vue. »
- « Sois muet au volant, et à jeun d’alcool en conduisant. » « Confort extrême et vitesse excessive sont incompatibles. » « Néophyte, sois sage; les plus vieux font des fautes, comment n’en commettrais-tu pas ? »
- « Sache, ô jeune qui sais tout, que le réflexe qui sauve s'acquiert, mais ne s’invente et ne s’apprend pas. »
- « Présomptueux et peureux sont les plus dangereux. »
- « Calme et bon sens en automobile font plus que force ni que rage. »
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- 0 2 4 B 8 10 12 14 16 18 20 Rapport decompi'ession
- Fig. — Variation du rendement thermique d'un moteur à explosion en fonction du taux de compression.
- LES AVANTAGES DES CULASSES EN ALUMINIUM L’augmentation du taux de compr
- Fig. 4. — Courbes de consommation <l'un même moteur muni d'une culasse en fonte ou d’une culasse en aluminium (moteur Ford.)
- Kilomètres à l’heure 16 32 48 65 81 37 113 130
- §272
- 3
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- 500 1000 1500 2000 2500 3000 3500 Moteur - Tours minute
- ession dans les moteurs à explosion, a permis d’améliorer leur rendement thermique.
- Les phénomènes d’autoallumage avec les carburants à base d’essence ordinaire, rendent très difficile l’augmentation de ce taux de compression. Au delà du taux de 5 à peu près, avec l’essence ordinaire, les à-coups violents produit s abaissent la puissance, déterminent une grande élévation de tem-pérature et peuvent devenir dangereux.
- Le phénomène de détonation observé provient de ce que les gaz plus comprimés s’enflamment plus facilement. Il suffit alors qu’ils entrent en contact avec une surface très chaude pour que se produise une explosion prématurée.
- Pour éviter cet inconvénient et reculer la limite du taux de compression, on emploie, on le sait, des mélanges dits « antidétonants »; de là, l’établissement des différents supercarburants, obtenus par l’addition à l’essence d’alcool et de benzol, et même de produits chimiques particuliers, plus ou moins nocifs, tels que le plomb tétra-éthyle.
- On peut reculer ainsi la limite de détonation, mais le supercarburant est plus coûteux, et le moteur à très forte compression ne peut plus fonctionner avec de l’essence ordinaire; de là, les recherches qui ont pour but la possibilité d’élévation du taux de compression, mais avec emploi d’essence ordinaire, par modification de la construction du moteur, et particulièrement de la culasse.
- Pour éviter la détonation, il faut supprimer, comme nous l’avons noté précédemment, la formation de zones irrégulières très chaudes dans la culasse. La chaleur qui peut s’accumuler en un point donné doit ainsi se dissiper rapidement, pour éviter l’élévation de température.
- Le métal employé doit posséder ainsi, non seulement une bonne conductibilité thermique, mais plutôt une bonne difj lisibilité.
- La conductibilité indique la facilité des échanges thermiques entre deux milieux séparés, alors que la diffusibilité est en rapport avec la vitesse de propagation de l’onde thermique; c’est en somme une conductibilité dont l’action se fait sentir rapidement.
- La paroi d’une chambre d’explosion en fonte de fer n’est pas faite d’une matière homogène, de sorte que la diffusibilité thermique est réduite; il se produit une accumulation de chaleur en des points particuliers qui deviennent incandescents et le mélange est allumé à forte compression, bien avant le moment normal de l’explosion. On constate, d’ailleurs, que le phénomène de détonation dans un moteur à forte compression ne se produit pas pendant que le moteur est froid, au début de son fonctionnement, mais uniquement pendant qu’il est chaud.
- De là, l’intérêt de l’emploi d’un alliage d’aluminium pour constituer la culasse, cet alliage pouvant posséder une diffusibilité thermique quatre fois plus grande que celle de la fonte. Cette diffusibilité augmente, d’ailleurs, avec la température alors que celle de la fonte diminue.
- Les alliages d’aluminium permettent également d’abaisser la température moyenne des fonds de culasse, surtout par l’amélioration du coefficient de convection entre la paroi et l’eau de refroidissement, le dépôt de tartre formé étant beaucoup moins important et moins tenace que dans le cas de la fonte.
- L’augmentation du taux de compression permet ainsi d’augmenter rapidement la puissance. En l’élevant de 5 à 6, la puissance est augmentée de 9 pour 100; en passant de 5 à 7, l’accroissement de puissance est de 15,5 pour 100.
- On peut ainsi, à égalité de consommation, augmenter la vitesse de la voiture en palier et monter plus facilement les côtes, ou réduire la consommation à égalité de vitesse en changeant la buse et les gicleurs du carburateur; on peut toujours obtenir le meilleur compromis entre la puissance et la consommation.
- La marche au ralenti peut être maintenue avec une consommation d’essence inférieure, par suite de l’augmentation de rendement en bas régime, qualité précieuse pour le service de ville.
- En réalité, la température du tuyau d’échappement et des
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- sièges des soupapes, et celle de l’eau de refroidissement sont diminuées ; les reprises sont plus franches et le dépôt de calamine moins important, étant donné la température moins élevée des parois.
- Il est nécessaire pourtant que la chambre d’explosion soit intérieurement très propre et très unie, des irrégularités de la surface pouvant entraîner des accumulations de chaleur localisées.
- Le danger de fêlure est moins grand en cas de gel, les allongements permanents admissibles étant plus élevés qu’avec une culasse en fonte.
- Avec une culasse en aluminium, le taux de compression peut être porté de 5 à 6,4 environ en employant de l’essence ordinaire; avec un super-carburant, on peut atteindre 7,5 et même 8.
- On a alors grand intérêt à utiliser, tout au moins pour le service de route, l’essence poids lourds dont le prix est inférieur à celui de l’essence tourisme. De nombreux constructeurs français et étrangers utilisent, d’ailleurs, depuis quelque temps, la culasse en aluminium, dont l’emploi se répand de plus en plus.
- Fig. 5. — Lampe électrique de secours placée à Vavanl de la voiture à parlée de la main du conducteur (Torche-auto Heinz.)
- UNE LAMPE ÉLECTRIQUE DE SECOURS
- Malgré les perfectionnements des installations d’éclairage électrique sur automobiles, le problème de l’éclairage de secours semble toujours devoir attirer l’attention des conducteurs prudents; de là, l’intérêt d’avoir à portée de sa main une lampe électrique portative permettant, soit d’eiïectuer de petites réparations, soit même d’obtenir un éclairage de route de fortune.
- U
- Fig.
- n constructeur a établi dans ce but une lampe électrique
- portative de forme torche, servant à 6. — Montage d'une plaque défleclrice trois usages bien dis-en arrière du ventilateur. tincts.
- Son effet sur le déplacement d’air pendant Cet appareil cy-la marche. lindrique, qui pèse
- 390 gr,d’un diamètre de 40 mm et d’une longueur de 230 mm seulement, comporte un miroir réflecteur réglable d’un diamètre de 60 mm. Le réflecteur argenté permet ainsi de modifier l’angle du faisceau lumineux, et donne à volonté un éclairage rapproché, à moyenne distance, ou même à grande distance, de l’ordre de 100 m; même en cas de panne complète de lumière, il est ainsi toujours
- possible d’avoir une lurn ière suffisante pour rentrer au garage (fig. 5).
- UN SYSTÈME D’AÉRATION SIMPLE
- Malgré l’emploi de plus en plus général de volets latéraux sur les capots d’automobiles, les jets d’air chaud produits par les ventilateurs de refroidissement du radiateur peuvent incommoder plus ou moins le conducteur, surtout pendant les temps chauds.
- Un moyen simple d’atténuer cet inconvénient consiste à adapter sur le moteur, à proximité du ventilateur, une plaque métallique déflectrice canalisant les filets d’air et assurant un appel d’air en dessous du tablier, sans gêner l’automobiliste (fig. 6).
- POUR PROTÉGER LES CULASSES EN ALUMINIUM
- Les nouvelles culasses en aluminium ont évidemment une surface moins dure et plus fragile que celles en fonte; aussi, lorsqu’on veut démonter les bougies, risque-t-on de rayer cette surface plus ou moins profondément; on peut alors la protéger avec une rondelle de caoutchouc qui entoure la base de la bougie (fig. 7).
- POUR GRAISSER LES LÈVE GLACES
- Les lève-glaces automatiques, généralement à manivelles, employés uniquement aujourd’hui, sont des systèmes très commodes.
- Malheureusement, lorsque la glace est abaissée, l’eau peut pénétrer dans le mécanisme lorsqu’il pleut; aussi faut-il de temps en temps graisser les leviers et les engrenages, si l’on veut éviter les grippages.
- Cette opération est malaisément effectuée avec une burette ordinaire et sans démontage complet souvent difficile; pour la faciliter, il suffit d’adapter à la suite du bec de la burette, un chalumeau, comme ceux qu’on utilise pour absorber les boissons glacées. On peut ainsi atteindre directement l’organe à graisser (fig. 8).
- Adresses relatives
- AUX
- APPAREILS DÉCRITS.
- Moteurs Diesel, à culasse perfectionnée :
- Automobiles Berliet, à Lyon - Vénissieux (Rhône).
- Culasses en aluminium : L’Aluminium Français, 23 bis, rue de Balzac, Paris.
- Lampe électrique de secours : Société des Accumulateurs Heinz,
- 0, place Champerret, à Paris.
- L. Picard.
- Fig. 8. — Graissage d’un lève-glace de portière.
- Burette
- Mécanisme du levier déglacé
- Rondelle de caoutchouc
- Fig. 7. — Protection d’une culasse en aluminium pour le démontage des bougies.
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- LIVRES NOUVEAUX
- Publications de VInstitut de géophysique de F Univers sité de Lwow. 8e volume de communications. 1 vol. 427 pages, 1936. Lwow.
- Cet ouvrage est consacré à des sujets assez variés traités par huit auteurs différents et allant de la climatologie au magnétisme terrestre en passant par les sujets qu’on classe aujourd’hui sous le nom de micrométéorologie et qui intéressent beaucoup le vol à voile. Parmi ces derniers travaux, nous citerons ceux de M. Koclianski sur les vols à voile à Bezmiechova et sur les courants thermiques accompagnant les cumulus; cette dernière étude est particulièrement développée et accompagnée à elle seule de 63 tables et ligures. Elle étudie autour des cumulus de beau temps, les courants ascendants (cheminées) et les courants descendants (puits). Citons au passage les chiffres de 2 à 3 m par sec pour les vitesses ascendantes au centre des cheminées accompagnant les cumulus ordinaires, de 4 m à 4 m 50 pour les cumulus bourgeonnants et de O m SO à 1 m pour les vents descendants dans les puits,, les valeurs extrêmes atteignant jusqu’à 10 m-sec dans les cheminées. L’ensemble du mémoire représente, sous une forme condensée, un gros et intéressant travail d’expérimentation.
- Manuel de charpente en bois, par E. Amanieu. l vol. 376 p. 378 iig. J.-B. Baillière et fils. Paris, 1936. Prix : 22 fr.
- Ce manuel s’efforce de mettre à la portée de tous ceux qui s'intéressent au métier de la charpente en bois, les connaissances immédiates, usuelles, pratiques, qui peuvent leur permettre de résoudre les difficultés rencontrées dans l’exécution des ouvrages courants de leur profession. De nombreux dessins donnent la clarté nécessaire aux explications du texte.
- L’album de la voiture S. I. A. 1 vol. illustré, 299 pages, édité par la Société des Ingénieurs de l’Automobile, 3, avenue de Friedland. Paris, 1936.
- On se souvient que la Société des Ingénieurs de l’Automobile a organisé un concours pour une petite voiture à deux places, satisfaisant à des conditions très précises de vitesse, de consommation, de prix. Ce concours, fort bien préparé, a suscité 102 projets émanant de 62 auteurs, dont quelques-uns sont des spécialistes connus. La plupart de ces études sont remarquables; beaucoup d’entre elles présentent des solutions fort originales et très bien étudiées. Elles sont toutes présentées d’une façon complète, descriptions, devis et dessins, dans ce luxueux album qui offre ainsi à l’ingénieur une documentation véritablement unique et qui permet d’apprécier le niveau élevé de la culture technique de nos ingénieurs.
- Fiches techniques de T. S. F., par P-.L. Courier. 1 vol. 80 p.
- illustré. ËL. Chiron, éditeur, Paris 1936. Prix : 10 fr.
- Qu’est-ce qui manque le plus aux amateurs et petits constructeurs au moment d’entreprendre le montage d’un récepteur ? Une abondante documentation technique leur permettant de faire un projet rationnel.
- Ce petit volume rassemble à ce sujet une documentation limitée sans doute, mais essentielle : abaques de calcul des éléments, caractéristiques électriques des éléments employés, caractéristiques mécaniques, encombrement et poids de ces éléments; correspondance des culots et des électrodes des lampes; schémas types, etc. Il rendra de sérieux services.
- Gaz de guerre et guerre des gaz, par Walt W. Wilm et A. Chaplet. I vol. in-16, 138 p., 18 fig. Dangevin, Paris, 1936. Prix : 10 i'r.
- Petit résumé, bien mis en ordre, de ce qu’on sait de la chimie des gaz et des moyens de protection, individuels et collectifs, agrémenté de réflexions et de citations peut-être excessives.
- Recherches analytiques sur l’arginine et l’histidine,
- par Jacques Bussit. 1 vol. in-8, 100 p. Actualités scientifiques et industrielles. Hermann et Cie, Paris, 1935. Prix : 20 fr.
- Étude critique des diverses méthodes de dosage de ces acides aminés.
- Les parentés chimiques des êtres vivants, par Paule Leleu. 1 broch. in-8, 47 p. Actualités scientifiques et industrielles. Hermann et Cie, Paris, 1935. Prix : 10 fr.
- Essai de biochimie comparée relatant les données récentes éparses encore.
- La segmentation, par René Souèges. 2 broch. in-8, 88 et 80 p., 81 lig. Actualités scientifiques et industrielles. Hermann et Cie, Paris, 1935-1936. Prix : 18 et 16 fr.
- Bonne mise au point du phénomène fondamental du développement des êtres vivants : ses caractères, les théories explicatives, les phénomènes internes cytologiques et physico-chimiques, les conditions externes de direction et de vitesse, les blastomères résultants et leurs caractéristiques.
- Régimes sans privations, par le Dr T. Malacuouski et Paul Reboux. 6 vol. in-8 à l’italienne. Institut diététique de France, 7-9, boulevard Haussmann, Paris. Prix de chacun : 12 fr.
- Un régime n’est pas une privation. Le tout est de savoir choisir* Pour conseiller les malades et leur indiquer les meilleures recettes* voici des cahiers : la table du diabétique; plus de dyspepsie; l’obésité vaincue; maladies de foie; maladies des reins; rhumatisme et arthritisme. Le médecin choisit les mets, calcule leurs calories; l’écrivain les prépare et les présente; le patient n’a qu’à choisir en se pourléchant.
- Le testicule, organe élaborateur de l'hormone sexuelle mâle, par Jacques Benoit. 1 broch. in-8, 64 p.
- L'ovaire, organe élaborateur de l’hormone sexuelle femelle, par Jacques Benoit. 1 broch. in-8, 68 p.
- « Actualités scientifiques et industrielles ». Hermann et Cie, Paris, 1936. Prix de chacune : 15 fr.
- Étude morphologique et histophysiologique des organes et de leurs sécrétions internes, avec, en appendice, la question des potentiels intersexués.
- Histoire naturelle de la connaissance chez le singe inférieur. Le concret, par Louis Verlaine. 1 broch. in-8, 55 p., 8 fig. Actualités scientifiques et industrielles. Hermann et 1935. Prix : 12 fr.
- Observations provoquées sur un bébé macaque remarquablement intelligent. Ses choix permettent d’analyser ses réactions psychologiques et l’acquisition de notions diverses de forme, de grandeur, de couleur.
- Les parathyroïdes, par Ilarald Okkels. 1 broch. in-8, 27 p., 8 lig. Actualités scientifiques et industrielles. Hermann et Cie, Paris, 1935. Prix : 10 fr.
- A la recherche du temps vécu, par R. s. Lacape. l broch. in-8, 56 ]i. Actualités scientifiques et industrielles. Hermann
- et Cie, Paris, 1935. Prix : 12 fr.
- Dissertation, à base de physiologie, de métaphysique et de sens commun, sur la discordance du temps vécu et du temps mécanique.
- Pacifique Nord=Express, par Alfred Silbert. 1 vol. 224 p. Nouvelles Editions latines. Paris 1936. Prix : 12 fr.
- Attaché au cabinet de M. Pasquier l’ancien Gouverneur général de l’Indo-Chine, l’auteur a fait escale à Singapour, à Batavia, à Bangkok, visité le Yunnan, Hong-Kong, Canton, Nankin, le Mandclioukouo, la Corée et le Japon. Les observations pénétrantes qu’il a réunies dans ce volume jettent une vive lumière sur les passions et les ambitions qui bouillonnent dans l’énorme masse des peuples jaunes, sur les problèmes redoutables que pose l’évolution rapide de l’Extrôme-Orient.
- Le destin des races blanches, par Henri Decugis. 2e édition. 1 vol. in-8, 584 p., 65 graphiques, 5 cartes. Librairie de France, Paris, 1936. Prix : 42 fr.
- L’auteur fait le bilan des grandes activités économiques : les céréales, le sucre, les boissons, les textiles, le charbon, le pétrole, l’énergie électrique, les métaux, les industries mécaniques, les produits chimiques, les transports, le commerce. Partout il observe le déclin de l’Europe, à peine sensible avant la guerre, précipité par celle-ci, ses destructions d’hommes et de richesses. Il note le crépuscule de l’influence politique,
- , de la culture, de la force financière, de la population, la décroissance :| des élites, la dégénérescence des instincts sociaux supérieurs, l’augmen-: tation du nombre des dégénérés, les difficultés de l’économie dirigée, la destruction des monnaies, la crise des croyances et des mystiques, les progrès de l’industrialisation urbaine, les régressions juridiques, le déclin de la liberté politique, la désagrégation de l’Europe. Tous ces signes, il les dégage, il les sort non par passion partisane, mais de l’examen objectif des statistiques mondiales. Et peu à peu s’en dégage l’angoissante question : la race blanche va-t-elle bientôt, pendant la génération qui grandit, perdre, passer le flambeau de la civilisation et de la puissance à d’autres races ou bien trouvera-t-elle quelque ressort caché pour se sauver ? En tout cas, cette enquête précise, froide, lumineuse, aide grandement à voir clair; elle réveille l’Européen dormant dans ses illusions.
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- NOTES ET INFORMATIONS
- ASTRONOMIE
- La comète Jackson (1936 c).
- Nous avons signalé récemment la découverte de deux comètes ; voici la troisième de l’année 1936. M. F. Baldet, astronome à l’Observatoire de Meudon, vient de donner dans la Circulaire n° 83 du « Service des Informations rapides » de la Société astronomique de France (d’après les Circulaires n° 619 et 620 de l’Union astronomique internationale), les derniers renseignements réunis sur ce petit astre.
- M. Cunningham a calculé une première orbite, dont voici les éléments :
- n°608 de l’Union Astronomique internationale de Copenhague: Date. Heure (.T. U.). Observateur. Observatoire.
- = 1936 octobre 4,79 (T. U.) = 198°38'
- (1936,0)
- = 164-18' = 12°26'
- Date du passage au périhélie. T Argument de latitude du périhélie .......................O)
- Longitude du Nœud Ascendant ...........................O
- Inclinaison....................i
- Distance périhélie...........q = 1,431 U. A.
- Demi-grand axe...............a = 3,599 U. A.
- Excentricité.................e — 0,6024
- Période de révolution. .../>=- 6,828 ans.
- La comète suit donc une orbite elliptique qu’elle parcourt en moins de 7 ans ; elle se classe, de la sorte, dans la famille des comètes de Jupiter. Elle est passée au périhélie entre le 4 et le 5 octobre.
- A l’aide de ces éléments, M. Moller a calculé une éphéméride dont nous extrayons seulement les valeurs suivantes :
- Distance
- Ascension en U. A.
- Date. droite Déclinaison au a la
- (0\ T.U.) (1936,0). (1936,0). Soleil. Terre.
- 1936 Sept, 21 23“ 0m,0 — 12°50' 1,440 0,450
- — Oct. 7 23 20, 6 — 18 7 1,431 0,483
- -- — 23 23 46, 5 — 20 20 1,445 0,552
- 1936 juin 18 11» 40m Gom i Horonobe.
- 18 16 13 G U K JE w Stalinabad.
- — 18 19 1/2 + 1 Z O N N Keratea.
- — 18 20 25 Loreta Bologne.
- — 18 20 30 Nielsen En Méditerranée.
- — 18 21 30 Wendl Félixdorf.
- — 18 21 45 Krebs Sonneberg.
- 18 21 55 Norman Bolschevvo.
- 18 22 4 Hoffmeiste r Sonneberg.
- — 18 22 10 H IM P EL Heidelberg.
- — 18 22 30 Riciiter Neubabelsberg.
- — 18 23 30 Bochnicek Modrany.
- — 19 21 0 Bern ascom Côme.
- Un est étonné, en parcourant cette liste, de voir combien
- sont nombreux les astronomes qui « possèdent leur ciel » de mémoire, au point d’y découvrir spontanément une étoile
- D’après les dernières observations, la comète U(J‘
- était de la magnitude photographique 12,0.
- Elle s’éloigne du Soleil et de la Terre, comme le montre le tableau ci-dessus et les amateurs doivent renoncer maintenant, à l’observer. Em. T.
- Découverte d'une Nova.
- Le Bureau central astronomique de Copenhague a annoncé, le 20 septembre, la découverte d’une Nova dans la constellation de l’Aigle, faite par M. Tamm, le 18 septembre, à 19“ 15m (T. U.).
- Cette étoile nouvelle brillait alors de l’éclat de la 8e magnitude. Position : ascension droite — 19 h 14 m; déclinaison = + 1° 36'. Ces coordonnées placent la Nova à environ 50' au Nord de l’étoile 21 de l’Aigle, en pleine Voie Lactée.
- (D’après la Circulaire n° 82 du Service des Informations rapides de la Société astronomique de France.)
- A propos des découvertes de Novæ, L’Astronomie (septembre 1936) nous apprend combien le ciel, malgré son étendue, est étroitement surveillé et combien il semble difficile à quelque phénomène céleste d’échapper aux regards humains. Cette Revue cite en exemple la liste suivante des « découvreurs » de la Nova Lacertæ, dont nous avons conté l’histoire ici même (n° 2981, p. 92). Cette liste a été publiée dans la circulaire
- — Lu locomotive « Double Pacific » articulée, de la ligne Tunis-Maroc.
- (Ph. Roi.)
- peu brillante comme était la Nova du Lézard lors de son apparition : on se rappelle qu’elle était alors de 3e magnitude.
- Em. T.
- MÉCANIQUE
- Locomotive articulée pour la ligne Tunis=Maroc.
- La photographie ci-dessus représente une locomotive récemment construite pour assurer le service de la grande transversale nord-africaine Tunis-Maroc. C’est une locomotive articulée, type Garratt, Double-Pacific, pour voie normale, construite par la Société franco-belge de Raismes (Nord). Son poids en ordre de marche est d’environ 215 tonnes. Elle peut développer normalement 3000 chevaux. Elle est amphi-drome, c’est-à-dire qu’elle peut rouler dans les deux sens à toutes les vitesses. Ses approvisionnements sont de 10 tonnes de charbon et 30 m3 d’eau.
- DÉMOGRAPHIE
- Les conséquences militaires de la dénatalité.
- Sous ce titre, l’Alliance nationale contre la dépopulation publie un tract qui mérite d’être médité par tous les Français.
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- Les naissances françaises vers 1910 se totalisaient par un chiffre d’environ 800.000 (contre 1 700 000 en Allemagne). Après les années creuses de la guerre où elles sont tombées en dessous de 500 000, on note un brusque relèvement au-dessus de 800000 en 1920, malheureusement suivi d’une diminution continue. En 1935 on enregistre 110 000 naissances de moins qu’en 1930.
- Il est facile, sur ces données, d’établir des prévisions certaines sur l’état économique et militaire de notre pays pour les années à venir.
- L’Alliance nationale dresse pour quelques pays, d’après un travail du Dr Burgdorfer, directeur des statistiques démographiques du Reich allemand, un tableau du nombre des hommes arrivant à l’âge de 20 ans, donc militairement incorporables, dans les années qui vont venir. Nous le reproduisons ci-dessus; les chiffres en sont si éloquents que tout commentaire serait superflu.
- Années. Allemagne. France. Italie. Japon.
- 1932 651.000 338.000 417.000 652.000
- 1936 356.000 171.000 312.000 645.000
- 1940 645.000 374.000 455.000 740.000
- 1945 560.000 341.000 439.000 729.000
- 1950 505.000 328.000 445.000 742.000
- 1955 569.000 267.000 400.000 715.000
- Il convient d’ajouter que ce n’est pas seulement sur notre puissance militaire que réagira cette insuffisance croissante de jeunesse. Elle n’affectera pas moins gravement notre situation économique et sociale.
- Songeons à toutes les charges que le législateur actuel, avec une étonnante imprévoyance, reporte sur ces générations futures sans rien tenter de sérieux pour en accroître les effectifs.
- PHONOGRAPHIE
- Un nouveau disque de phonographe.
- Les disques ordinaires de phonographe ont toujours une surface faite d’une composition à base de gomme laque, dans laquelle les sillons sont imprimés par une presse au moment du tirage des épreuves, mais l’enregistrement initial est réalisé par la gravure d’un disque en composition à base de cire relativement molle.
- On a cherché à construire des disques permettant à la fois l’enregistrement et la reproduction des sons.
- Des disques à âme métallique recouverts d’une couche très homogène d’un vernis au nitrate de celullose sont employés aujourd’hui pour des applications de plus en plus nombreuses telles que l’enseignement, la publicité, la radio-diffusion, le radio-reportage, la sonorisation des films, etc.
- Pratiquement, les procédés d'enregistrement direct sont déjà satisfaisants, mais les résultats musicaux laissent encore à désirer, du fait que la surface du disque offre à peu près la même résistance pendant l’inscription des sillons et la reproduction des sons enregistrés. Il faudrait, en principe, une matière offrant pour l’enregistrement des qualités mécaniques analogues à celles de la cire, et, pour la reproduction, des propriétés physiques plus ou moins analogues à celles de la gomme laque ordinaire.
- Le problème est difficile à résoudre. La matière employée doit durcir au cours d’une opération rapide et facile, sans que l’enregistrement perde aucune de ses qualités. Le disque doit conserver une durée de service acceptable.
- De nouvelles recherches entreprises aux Etats-Unis, après des tentatives analogues en France et en Allemagne, semblent avoir abouti à un résultat pratique.
- Les disques réalisés permettraient, en effet, d’obtenir un intervalle de puissance sonore de l’ordre de 5G décibels, d’où un gain de l’ordre de 15 décibels par rapport aux résultats précédents.
- Le disque pourrait être joué plus de omit fois sans altération de l’enregistrement.
- Le produit formé de nitro-cellulose avec une proportion élevée de résine synthétique, est coulé sur l’âme du disque en aluminium; une fabrication automatique et continue permet d’obtenir une couche homogène à l’abri de la poussière.
- La composition présente la propriété caractéristique et réversible d’être amollie sous l’action des vapeurs d’un solvant; à l’état naturel elle est aussi dure que la gomme laque.
- Avant l’enregistrement, on place le disque, enduit sur les deux faces, pendant cinq minutes dans un récipient étanche contenant une petite quantité du solvant dont les vapeurs réalisent l’amollissement nécessaire.
- La gravure est effectuée ensuite dans des conditions comparables à celles que l’on obtient avec des disques de cire ordinaires.
- Après enregistrement, la composition reste molle pendant une heure environ, lorsqu’elle est exposée à l’air; mais le durcissement peut être accéléré par un traitement de quelques minutes dans un petit four électrique.
- En raison de l’amollissement de la couche, la gravure est très facilement effectuée au moyen d’une aiguille burin en acier très dur, qui peut avoir une durée de service de l’ordre de 2 heures et demie. Il est même possible de l’aiguiser après chaque usage.
- EXPLOITATION FORESTIÈRE Essences forestières motrices.
- Tous les bois peuvent alimenter les gazogènes des moteurs à explosion.
- Il ne faut pas se faire illusion, toutefois, sur la valeur des brindilles. Non seulement elles ne supportent pas les frais de transport, par suite de leur encombrement, mais le plus souvent même, le charbon à en provenir ne paye même pas les frais de « collection » sur coupe, puisque les charbonniers les laissent.
- On admet aujourd’hui que ce sont seulement les branchages de la grosseur du poignet, avec minimum d’un pouce (2 cm 7) de diamètre, qui sont intéressés. Nous disons branchages, car il paraît que les recrues de taillis de cette grosseur sont inférieures au bois de branche des vieux arbres.
- Ceci redonnera de la valeur au branchage que l’absence de rectitude faisait renoncer à débiter pour mettre en « stères ».
- Il est vrai que la vente au poids devient plus fréquente.
- Et parmi ces branchages, les meilleurs seraient ceux du chêne vert, essence méditerranéenne; — puis de l’orme, que le charronnage abandonne au profit de la roue de camion automobile; — puis du frêne qu’on nous conseillait jadis de planter pour l’aviation; — puis du charme, essence à bois tort avec peu d’écorce; — puis du chêne rouvre, le roi des arbres en climats tempérés; — puis de l’acacia, essence légu-mineuse améliorante et de croissance très rapide; —- enfin, des résineux. Ici on ne peut guère réunir un grand volume de branches, mais on peut s’adresser aux troncs qui ont moins de valeur industrielle que ceux des essences précédentes.
- Quant aux bois « blancs » feuillus, ils doivent être réservés pour la papeterie, quand on se sera décidé à revaloriser la forêt française par protection douanière.
- En tout cas ils n’ont qu’un faible rendement dans les moteurs, eu égard à leur poids et surtout à leur volume.
- Pierre Larue.
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- INVENTIONS ET NOUVEAUTÉS
- CHAUFFAGE
- Support pour tablette de radiateur.
- La colonne d’air chaud qui se produit au-dessus des radiateurs de chauffage central détermine par la circulation d’air qu’elle entraîne un afflux de poussières, et, par suite, une détérioration plus ou moins rapide des murs et des tentures qui se trouvent à proximité. Pour éviter cet inconvénient, il suffit de disposer au-dessus du radiateur une tablette qui peut être à la rigueur en bois, ou plutôt en marbre, en glace, en dalle de verre, etc. Cette tablette doit être autant que possible facilement amovible, et elle doiL être disposée le plus près possible des éléments du radiateur; il est donc parfois assez difficile de placer les supports en équerre nécessaires.
- Un constructeur a réalisé récemment des supports-consoles décoratifs en métal fondu, chromé ou décoré de patines de bronze divers. Cette console est simplement munie à sa base d’un collier à ressort, qui se pose par simple pression sur tous les radiateurs. A l’aide de deux consoles de ce type, on peut ainsi disposer des tablettes quelconques sur tous les modèles de radiateurs. Il se produit une circulation d’air chaud entre le radiateur et la tablette, évitant les inconvénients ordinaires et, d’ailleurs, le support est réglable pour toutes largeurs de tablettes en empêchant la sortie des poussières.
- Fonderie du Croissant, 3, rue de l’Asile-Popincourt, Paris (11e).
- ÉLECTRICITÉ
- Fiche en caoutchouc pour prise de courant.
- Chacun sait avec quelle facilité on peut capter l’électricité à l’aide d’une fiche, généralement en porcelaine, en la branchant à une prise spéciale de courant qui donnera la lumière à une lampe, la chaleur à un fer à repasser ou un réchaud, et la voix à un appareil de T. S. F. Aussi, multiplie-t-on, dans une maison bien organisée, les prises de courant qu’on devrait trouver dans chaque pièce.
- Lorsque celles-ci sont installées dans l’angle de deux murs, ou près d’une porte, et à bonne hauteur, les fiches qu’on y adapte peuvent espérer une longue vie sans histoire, à moins cependant qu’un enfant turbulent, ou une personne étourdie, ne se jette sur le fil et n’arrache la fiche, qui peut tomber sur le sol et se briser. Il n’en est plus de même lorsque ces prises de courant sont posées à la partie inférieure d’un mur. Exposées aux chocs des pieds, des balais, de l’aspirateur, les fiches placées sur ces prises périssent rapidement.
- Une fiche en caoutchouc souple, « Sansoutil », présentée au Salon des Arts Ménagers, donne par contre toute sécurité, étant absolument incassable. Elle se monte, de plus, ou se démonte instantanément, sans vis, sans écrou, sans rondelle, sans aucun outil. Il suffit, pour cela, après avoir dénudé les deux fils comme à l’ordinaire (fig. 2 A), d’enfiler chaque fil dans le trou que porte chaque broche (fig. 2 B) et de l’enrouler sur cette partie de la broche (fig. 2 B), que l’on rentre ensuite dans son logement (fig. 2 C). C’est l'affaire de quelques secondes. Ilne reste plus qu’à introduire les broches dans la prise pour avoir le courant. G. L.
- Compagnie de caoutchouc manufacturé «Dynamics, 34, rue Piat, Paris (2>).
- OBJETS UTILES
- Appareil de sécurité pour les immeubles.
- L’appel au concierge, pour se faire ouvrir, la nuit, la porte d’un immeuble, est aussi désagréable pour le locataire que pour le concierge. Le premier e§t forcé de s’escrimer sur la
- Fig. 1. — Support pour tablette de radiateur.
- sonnerie, souvent pendant de longs moments; le second réclame à juste titre, le droit au sommeil.
- Voici un petit dispositif très simple et peu coûteux, qui paraît de nature à accorder, sur ce point délicat, concierges et locataires, tout en assurant la sécurité de l’immeuble. C’est simplement une serrure de sûreté commandant le
- Fig. 2. — Fiche de prise de courant en caoutchouc.
- A. Les fils dénudés prêts à être connectés aux broches.
- IL Le système de fixation des fils.
- C. L’aspect après montage.
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- contact électrique de la porte d’entrée.
- Chaque ayant droit possède une clé de très petites dimensions qu’il suffit d’introduire dans l’appareil pour obtenir le déclenchement de la porte ; au même Fig. S. — Appareil d: sécurité moment, le cou-
- pour les immeubles. cierge ou le gardien
- de l'immeuble, est
- prévenu par un coup de sonnette qu’une personne habitant l’immeuble vient de rentrer. Il faut pourtant naturellement, prévoir également le cas d’une personne étrangère à l’immeuble et qui désire y pénétrer. Un bouton analogue à ceux qui existent normalement est placé dans ce but au-dessus de l’entrée de la clé. En appuyant sur ce bouton, le concierge est averti par une sonnerie, comme dans un dispositif ordinaire; il donne alors ou refuse l’accès de l’immeuble, comme il lui plaît.
- On supprime ainsi les attentes pour les locataires. Le système est d’ailleurs inviolable et offre 22 000 combinaisons de clés absolument différentes les unes des autres. La pompe est incrochetable, robuste et indéréglable et le vol n’est pas possible; aucune vis n’est apparente. Les clés sont numérotées de façon à permettre la fourniture de nouvelles clés sans remplacer l’appareil. Le concierge n’est plus réveillé que rarement, et son attention est attirée sur les cas où le dispositif habituel agit.
- Ce système de prix réduit, d’entretien nul et de pose très simple, se fixe au lieu et place de l’ancien boulon ou poussoir extérieur, et il est entièrement logé dans le mur; il paraît donc très utile dans un grand nombre d’immeubles.
- A. Gillequin, 45, rue Ramey, Paris (18e).
- Nouvelle pince à huîtres « le Crabe ».
- Tout le monde aime les huîtres, évidemment. Qui n’aimerait pas ces délicats mollusques, recommandés aujourd’hui par tous les médecins pour les précieuses vitamines qu’ils renferment? Mais leur ouverture constitue toujours une désagréable corvée.
- Grâce au « Crabe », présenté au Salon des Arts Ménagers, cette ouverture, maintenant, s’effectuera rapidement et sans difficultés. Tout d’abord, passant la main entre les deux branches de la pince, repliant le pouce et l’index derrière la garde protectrice de cette pince, on introduit les deux pointes
- Fig. 4. —• Comment on se sert de la pince à huîtres.
- réunies entre les valves de la coquille, à l’endroit de l’articulation, en poussant en avant , et en pratiquant de légères oscillations de droite et de gauche. Il n’y a rien à craindre en cas de glissement ou de pénétration brusque, la garde de la pince venant buter contre la coquille et. former arrêt.
- Les deux pointes étant introduites ensemble entre les deux valv es, on prend en main les deux branches de la pince, et l’on appuie. La valve supérieure est soulevée facilement, proprement, et le savoureux mollusque apparaît prêt à être consommé. L’appareil, aussi puissant que simple, est en acier trempé et incassable.
- Établissement Sinel, 98, rue d’Angoulême. Paris (11e).
- Fig. 5. — Table pliante transformable G. C. adoptée pour servir à une
- personne alitée.
- Table transformable.
- Cette table transformable a l’apparence d’un simple guéridon aux lignes sobres et élégantes. Elle peut servir de table de chevet, de table à thé, de table à jeu, de support, de desserte, etc. Le plateau supérieur est articulé sur un pied métallique en tube peint ou chromé qui permet de glisser la table au-dessus d’un lit ou d’un divan, en lui conservant toute sa stabilité (fig. 5),
- Cette transformation s’effectue automatiquement, sans vis de serrage, en allongeant l’un des pieds support, comme le montre la photographie, et en faisant pivoter le plateau supérieur qui démasque ainsi un autre plateau augmentant la surface utilisable, inclinable à volonté. Grâce à son pied coulissant, le système est d’une stabilité parfaite, et, d’un simple mouvement, le sujet alité peut attirer la tablette ou l’éloigner.
- Constructeur : Table G. C., 10, rue Lasson, Paris (12e).
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- BOITE AUX LETTRES
- QUESTIONS ET REPONSES
- Écran pour la projection par transparence.
- La question de la construction des écrans pour la projection par transparence n’exigeant aucun entretien, à la fois solides et ne présentant pas de trame appréciable, est assez difficile à résoudre.
- Vous pourriez sans doute vous procurer un écran de ce genre en vous adressant aux constructeurs suivants :
- Établissements Mazo, 33, boulevard St-Martin, Paris (3e).
- Établissements Deyrolle, 46, rue du Bac, Paris (7e).
- Réponse à M. Loubens, à Clairvaux (Aveyron).
- Dispositif d’isolement phonique.
- Le médecin dont vous nous parlez a évidemment le droit de ne pas être troublé dans ses occupations professionnelles par le bruit produit par les machines d’une biscuiterie voisine. D’ailleurs, dans des conditions plus ou moins analogues, des locataires d’immeubles ont formulé des réclamations au sujet des bruits produits par des appareils industriels, projecteurs de cinématographie sonore, en particulier. Us ont généralement obtenu gain de cause, c’est-à-dire la modification des installations, et môme des dommages-intérêts importants pour troubles de jouissance.
- Pour avoir droit à réclamation, il faut évidemment que le bruit ait une intensité dépassant une certaine limite, et il existe désormais des moyens simples de mesurer cette intensité, tout au moins d’une manière approximative. Les appareils permettant d’effectuer cette mesure sont basés sur le principe de l’écoute avec écouteurs différentiels, ou bien comportent des systèmes plus complexes avec microphone, filtres, amplificateur et dispositif de redressement actionnant directement un appareil de mesure.
- Vous pouvez trouver des renseignements sur cette question, dans le petit ouvrage : Précis d’Acoustique (Eyrolles, éditeur, 61, boulevard Saint-Germain, Paris).
- Parmi les constructeurs d’appareils de ce genre, nous pouvons vous indiquer :
- Le Matériel téléphonique, 46, quai de Boulogne, Boulogne-Billancourt.
- Établissements Gautrat, 24, rue de Vintimille, Paris (9e).
- Il est souvent possible, heureusement, d’obtenir une solution à l’amiable; dans le cas contraire, il faut avoir recours à une procédure juridique qui aboutit d’abord à la nomination d’un expert.
- Dans le cas que vous nous signalez, il ne paraît pas indispensable, d’ailleurs, a priori, de déplacer le moteur déterminant la production et la transmission du bruit gênant. 11 est peut-être possible de l’isoler phoniquement plus ou moins complètement et de renforcer également l’isolement phonique du mur mitoyen à l’aide de matériaux insonores amortisseurs. Réponse au Général G., à R. (Tarn).
- Alimentation d’un récepteur sur le courant continu 200 volts.
- Un appareil récepteur de T. S. F. d’ancien modèle, à lampes à faible consommation, destiné primitivement à être alimenté par batteries, peut être modifié pour l’alimentation sur le courant continu d’un secteur, aussi bien pour le courant de 220 v que pour celui de 110 v.
- Le premier cas exige cependant une réduction de tension plus grande et, par conséquent, une consommation de courant plus importante pour le même résultat final, surtout si l’on conserve le montage ordinaire des filaments des lampes en parallèle.
- Pour le chauffage des filaments, on abaisse la tension du courant à la valeur nécessaire, à l’aide d’une résistance, et l’on évite les irrégularités au moyen d’une petite batterie d’accumulateurs-tampon constituée par un accumulateur de 4 v, même usagé, et disposé en parallèle sur les bornes d’alimentation de chauffage du récepteur.
- Cette batterie ne sert pas, en réalité, à l’alimentation, mais uniquement comme régulateur. Elle peut donc être .de faible capacité, et même en plus ou moins bon état. Comme il faut obtenir une tension de 4 v seulement avec un courant de 220 v, il y aura donc au maximum 4/220 d’énergie dépensée qui serviront au chauffage.
- La résistance servant à abaisser la tension peut être constituée au moyen de lampes d’éclairage à incandescence, associées ou non en parallèle. L’intensité du courant nécessaire pour le chauffage de
- chaque lampe étant de l’ordre de 0,06 a, la résistance nécessaire pour , 220 — 4 216
- une lampe est de ——-----= —— soit environ 3600 ohms pour une
- 0,06 0,06
- lampe à faible consommation, et l’on calculera donc la valeur de la résistance suivant le nombre de lampes, d’après cette donnée.
- On emploiera ainsi une ampoule à 50 bougies à filament métallique ou une lampe de 32 bougies à filament de charbon pour un poste à 6 lampes.
- Pour alimenter les plaques, il faut, d’autre part, un courant continu d’une tension de l’ordre de 150 v maximum, et de quelques dizaines de milliampères. On abaissera la tension à la valeur nécessaire avec une résistance du type bobiné, par exemple, et on le filtre ensuite au moyen d’une ou deux cellules composées de capacités de l’ordre de 2 micro-farads, et de bobinages à fer de 50 henrys.
- Réponse à M. Nicolas, à Melun.
- Poste émetteur récepteur de téléphonie sans fil.
- On peut établir facilement de petits modèles de postes émetteurs récepteurs de T. S. F. permettant des communications à distance réduite. On en trouve dans le commerce et l’on peut également se procurer les pièces détachées nécessaires. Nous vous signalons seulement que pour les transmissions qui doivent être effectuées en dehors d'une habitation ou d’une propriété, il est nécessaire de demander une autorisation d’installation à l’Administration des P. T. T.
- Pour l’installation d’un appareil de ce genre, consultez l’ouvrage : Les ondes courtes et ultra-courtes, par P. llémardinquer et H. Piraux (Dunod, éditeur).
- Parmi les constructeurs de postes émetteurs de ce genre, et de pièces détachées, nous pouvons vous signaler, d’autre part :
- Établissements Dyna, 34, avenue Gambetta, Paris (20e).
- Réponse à M. Lallement, à Bertincourt (P.-de-G.).
- Amélioration de la sélectivité d’un récepteur de T. S. F.
- Votre poste récepteur de T. S. F. à cadre, du type superhétérodyne, constituait à l’époque où vous l’avez acheté, un des meilleurs modèles français, et il présente encore de grandes qualités. Dans ce système, le changement de fréquence est encore obtenu pourtant au moyen d’une lampe à deux grilles; de là, le défaut de sélectivité dont vous vous plaignez et qui est surtout mis en évidence par l’augmentation du nombre et de la puissance des émissions depuis la construction de l’appareil.
- Il n’existe malheureusement guère de moyens simples d’améliorer la sélectivité d’un tel poste. 11 serait cependant possible de vérifier le réglage des transformateurs moyenne fréquence; en remplaçant la lampe bigrille changeuse de fréquence par deux lampes séparées, ou même par une lampe octode à batterie d'un modèle récent, on obtiendrait une grande amélioration. Cette transformation demande pourtant une certaine habileté et, bien entendu, il nous paraît
- inutile d’envisager des frais de transformation très élevés pour un appareil qui demeurera, malgré tout, de modèle déjà ancien.
- Réponse à M. Lavachery, à Casablanca.
- De tout un peu.
- Mme Y. Rouart, à St-Germain-en-Laye. — La préparation du Rahut-el-Holkoum (les délices du gosier) est la suivante :
- On prend :
- Sucre.................................... 1000 grammes
- Eau....................................... 300 —
- Faire un sirop épais, ajouter 5 gr. de jus de citron, puis y incorporer, préalablement délayés dans un peu d’eau froide :
- Amidon.....................................125 grammes
- Mettre le tout sur le feu, faire cuire en tournant constamment, puis lorsque la composition est devenue bien épaisse, verser dans un plat saupoudré d’amidon de façon à donner à la pâte quatre centimètres d’épaisseur.
- Couper ensuite en petits carrés.
- Habituellement cette préparation est parfumée à l’essence de roses que l’on ajoute à la fin du malaxage.
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- On peut également incorporer dans la pâte, des amandes, des pistaches, des noisettes mondées, en même temps que l’amidon avant la cuisson.
- M. David, à Lyon. — La constitution de la spécialité qui vous intéresse n’a pas été vulgarisée, mais nous pensons qu’elle doit être très voisine de la suivante :
- Acide oléique de saponification............... 200 grammes
- Alcali volatil................................ 55 cm3
- Essence de pétrole............................ 525 —
- Kaolin........................................ 200 grammes
- IV!. Saclier, à Chalon-sur-Saône. — Le craquelé se produit lorsque l’on superpose à une couche initiale une nouvelle couche dont le solvant est très volatil.
- Comme condition essentielle, le solvant de la couche craquelante doit aussi être un solvant de la couche support; le retrait de la pellicule de surface laisse alors apparaître la couche de fond.
- Vous pourrez vous procurer les éléments d’un travail de ce genre aux établissements Clément et Rivière, 42, rue Beaurepaire, à Pantin Seine).
- M. Godard, à Coëtquidan. — S’il s’agit bien de rhodamine, cette matière colorante étant très soluble dans l’alcool, il est probable que vous pourrez facilement enlever les taches en frottant légèrement avec un tampon de flanelle propre imbibé de vulgaire alcool à brûler.
- Changer plusieurs fois de tampon à mesure qu’il se chargera de couleur et placer sous le tissu à détacher une feuille de papier buvard, que vous changerez également quand il aura absorbé du colorant.
- Poursuivre l’opération jusqu’à résultat complet.
- IVI. le Dr Jallot, à Renazé. — D’après les renseignements qui nous ont été fournis, la maison qui fabriquait l’appareil Mouchet aurait disparu, mais il vous sera facile d’après les indications de la ligure que vous possédez, d’établir vous-même un. appareil analogue avec un tonnelet ordinaire en grès à robinet inférieur, la seule particularité du dispositif étant la mobilité du flotteur destiné à supporter la mère à vinaigre; pratiquement celui-ci peut être un disque en bois de chêne portant au centre une ouverture assez grande pour qu’il puisse coulisser librement sur un tube en verre au sommet duquel on place l’entonnoir.
- IVI. Mouillon, à St-Sever (Calvados). — Le liquide dont vous parlez, utilisé pour la destruction des herbes dans les allées de jardin, est simplement une dissolution de chlorate de soude de densité 1200 environ, additionnée de l/100e de lessive de soude caustique.
- Pour l’emploi, on en met 5 litres dans un hectolitre d’eau; on arrose de préférence le matin avant que le soleil ne donne sur la partie à désherber.
- La dose à employer après dilution est de 1 hectolitre pour 100 mètres carrés.
- Ce procédé réussit, paraît-il, très bien pour la destruction des orties.
- IVI. Gerbet, à Vadans (Jura). —• Pour déterminer la concentration du moût de raisin au moyen du mustimètre, il n’est nullement nécessaire d’opérer sur un liquide limpide, une simple filtration sur une toile de coton un peu serrée, type tissu croisé, est parfaitement suffisante (toile sèche bien entendu).
- Nous vous rappelons que le mustimètre ne donne pas des résultats absolus, mais seulement des renseignements sur la richesse en sucre du moût, les écarts avec la réalité pouvant parfois atteindre 8 gr. par litre.
- Ouoi qu’il en soit cet instrument donne cependant des indications très utiles.
- IVI. le Dr Calbet, à Chatou. — L’un de nos abonnés nous a fait connaître le procédé suivant, qui lui a donné toute satisfaction pour la destruction des fourmis :
- Placer un morceau de sucre sur une assiette, l’arroser goutte à goutte de liqueur de Fowler, de façon à transformer sur place le sucre en sirop, sans excès de liquide.
- Mettre l’assiette sur le trajet suivi par les fourmis, à l’obscurité (si le lieu n’est pas naturellement obscur, recouvrir en grande partie l’assiette).
- Les fourmis très friandes de ce sirop, l’absorbent très vite, au bout de peu de temps, il ne reste ni sucre ni fourmis, celles-ci étant allées mourir dans leur demeure.
- S’il restait cependant encore des fourmis, c’est que la provision de sucre, ainsi préparée était insuffisante, il n’y aurait qu’à recommencer.
- IVI. Cueillerons, à Paris. — 1 0 La composition cyanurée employée pour la réargenture est la suivante :
- Nitrate d’argent pulvérisé..................... 30 grammes
- Cyanure de potassium.......................... GO —
- Carbonate de chaux.............................180 —
- Imprégner un tampon mouillé de la préparation et en frotter quelques minutes la surface à argenter, puis rincer ù fond, car le cyanure de potassium est un poison des plus dangereux; ce qui implique également un lavage très soigné des mains après la manipulation du produit.
- 2° La spécialité en question est obtenue de toutes pièces, industriellement, mais les caractéristiques de la fabrication n’en ont pas été vulgarisées.
- 3° Les liquides du commerce, vendus pour le détachage des vêtements, sont presque toujours soit de la benzine (liquide inflammable),, soit du tétrachlorure de carbone (liquide ininflammable).
- Mlle Bèzes, à Tours. — Les insectes destructeurs qui ont attaqué vos parquets doivent bien être des termites, en l’espèce le Termite lucifuge (Ternies lucifugus) ou fourmi blanche, qui est particulier à votre région.
- Vers la lin du xvme siècle, les termites firent leur apparition dans les villes de la Charente et de la Charente-Inférieure, ils y causèrent de très grands dégâts; Rochel'ort, Saintes, Tonnay-Charente et La Rochelle furent envahis par les terribles insectes, ceux-ci pénétrèrent dans les .habitations, sans que l’on put s’apercevoir de leur présence, car ils cheminent toujours en minant le bois de façon à laisser intacte la surface externe.
- Vers 1850, l’Hôtel de laPxéfecture de La Rochelle eut foutes ses charpentes détruites, ainsi que la plus grande partie des archives. Les poutres, les boiseries, les cartons, les registres, tout fut rongé intérieurement sans que la moindre trace des dégâts parût au dehors, ce qui faillit occasionner de dangereux accidents.
- On ne peut lutter contre ces insectes qu’à l’aide du sulfure de carbone.
- Références: Le Laboratoire d’Entomologie de Rouen ou le Laboratoire également d’Entomologie de l’Institut agronomique, 16, rue Claude-Bernard, à Paris.
- M. du Plessis. — 1° La dose d’acide tartrique à ajouter aux jus de fruits pour favoriser la prise en gelée est d’environ un gramme par litre.
- 2° Pour utiliser les plaques voilées, on commence par les dépouiller du bromure en les immergeant un temps suffisant dans la solution courante d’hyposulflte, on les lave à fond puis les trempe dans une solution composée de :
- Nitrate d’argent............................... 10 grammes
- Acide citrique.................................. 5 —
- Eau distillée..................................100 cm3
- Après séchage dans l’obscurité, les plaques peuvent alors servir à tirer des positifs sur verre en les exposant à la lumière sous le négatif choisi jusqu’à apparition de l’image. Il ne reste plus qu’à iixer comme d’habitude dans l’hypo.
- 3° La teinte jaune des épreuves sur papier disparaît facilement par immersion dans une solution d’acide chlorhydrique à 1 pour 100. Rincer ensuite à fond.
- 4° L’apparition des morilles à l’emplacement recouvert par le feuillage de l’arbre abattu est simplement la conséquence de la conservation de l’humidité du sol indispensable au développement de tous les cryptogames.
- 5° L’addition d’un antiseptique dans votre mare a eu pour effet de détruire les algues sulfuraires visqueuses (Beggiatoacées) qui colmataient le fond de la dite mare, ce qui a rendu celui-ci perméable et en a déterminé l’assèchement.
- 6° La teinte verte des feuilles est due à l'association de deux matières colorantes, la phylloxanthine (jaune rougeâtre) et la pliyllo-cyanine (bleue); lorsque la première prédomine suivant les circonstances de la végétation, début au printemps ou fin à l’automne, les feuilles ont la coloration rougeâtre que vous avez observée.
- M. André, à Patras. — Le trouble du pétrole est dû à la présence de l’eau; pour l’en débarrasser, il suffit de le filtrer sur du sel marin sec. c’est-à-dire du sel ordinaire que l’on a privé de son eau d’interposition en le chauffant dans une marmite de fer, munie d’un couvercle, le décrépitage se faisant toujours avec projections qui videraient la marmite avant que le sel ne soit séché.
- J. V., à Bruxelles. — Le produit généralement employé pour imprégner les cheveux avant l’exécution des permanentes, est une solution légère de carbonate de soude et de sulfite de soude.
- Le Gérant : G. Masson.
- 875g. — lmp. Lahure, 9, rue de Fleurus, à Paris. — i-n-1936. •—Published in France,
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- N° 2989
- LA NATURE
- 15 Novembre 1936.
- = RÉCENTES DÉCOUVERTES FRANÇAISES =
- EN ÉGYPTE
- LES TEMPLES DE MÉDAMOUD ET TOD
- L’Égypte reste, après un siècle de fouilles, un champ inépuisable ouvert à l’activité des archéologues. Les recherches méthodiques faites par les savants de diverses nationalités ^permettent de préciser, chaque jour davantage*
- i Jc4>jpi^aissance de la civilisation pharaonique. Parhif, les fouilluiWles dix dernières années, le musée du
- Au milieu de la plaine se dressaient, mélancoliques près de quelques palmiers, cinq colonnes et une entrée de porte. A leurs pieds dormaient, sur une longueur de 70 m, les ruines du temple, ou plutôt des temples. Car les recherches ont prouvé qu’à MMamoud trois temples s’étaient succédé sur le même emplacement : un de }a
- Fig. 1. — Le lemple de Médamoud après les fouilles. A droite, au premier plan, le lac sacré.
- Louvre a sa part avec les découvertes faites à Médamoud et à Tôd. Ce sont les résultats principaux de celles-ci que nous allons résumer.
- Les travaux ont été dirigés par M. Bisson de la Roque, assisté du chanoine Drioton, de M. Robichon, architecte, et de plusieurs membres de l’Institut français d’Archéologie orientale du Caire. Ils ont abouti au déblaiement de deux temples de Montou, dieu de la guerre, aux environs de l’ancienne Thèbes.
- Thèbes, qui fut la capitale de l’Égypte de la XIe à la XXIIe dynastie (environ 2200 à 1000 avant J.-C.), était protégée par quatre « forteresses morales », quatre temples dédiés à Montou, élevés à Karnak et Médamoud au nord, Erment et Tôd au sud. Le premier de ces temples était bien connu, le troisième fait l’objet des travaux d’une mission anglaise. Le déblaiement total du second a été réalisé de 1924 à 1932 et les fouilles sont en cours au dernier depuis 1933.
- XIIe dynastie (vers 2000 av. J.-C.) orienté N-S, un de la XVIIIe (vers 1500 av. J.-C.) et un de l’époque des Ptolémées, ces deux derniers orientés E-W. Les débris des constructions les plus anciennes ayant servi aux plus récentes comme base des fondations, on a pu lever le plan de chaque temple.
- Les fouilles ont apporté des faits nouveaux à la fois dans le domaine de l’architecture, de l’histoire, de la religion et de l’art.
- Au point de vue architecture, on a trouvé deux nouveaux types de colonnes polygonales à huit ou seize pans datant de Ptolémée X, le plan du temple ptolé-maïque est également nouveau avec, à Carrière-temple, un espace dont une inscription a révélé le nom : le palais secret du taureau. On pense qu’il s’agit de l’étable du taureau sacré. Enfin, pour la première fois en Égypte, a été déblayé et étudié eu détail Un « lac sacré » (fig. 1), dépendance du temple qui servait à certaines céré-
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- Fig. '2. —- Le roi Amenemhal-Sebekholcp protégé par le faucon. lias-relief en calcaire (Musée du Caire).
- munies telles que la promenade de la barque du dieu.
- L’histoire de la fin du Moyen Empire (dynasties XIII à XVII) est encore fort mal connue. Les découvertes de Médamoud ont apporté de nouvelles lumières sur ces temps nébuleux. On a retrouvé des inscriptions au nom de divers rois, dont l’un complètement inconnu, et prouvé qu’à cette époque, généralement considérée comme de décadence, il y avait encore des artistes capables d’exécuter de splendides bas-reliefs (fig. 2) et des pharaons assez riches et puissants
- pour les commander. Une inscription porte la première mention d’une expédition conduite personnellement par Thoutmès III (vers 1500 av. J.-G.) en Nubie.
- Enfin une dédicace grecque a permis à M. .)oliguet, l’éminent directeur de l’Institut français du Caire, d’esquisser toute l’histoire du commerce entre la Méditerranée et l’Océan Indien, soit par la mer Rouge, soit par les déserts.
- Dans le domaine de la religion, les découverte sont été fort importantes. On a pu suivre le culte de Montou, fort peu connu, sur un espace de temps de 2500 ans. Ce dieu était représenté tantôt sous l’aspect d’un taureau, tantôt sous celui d’un faucon, tantôt sous une forme humaine à tête animale. On a retrouvé deux de ses statues ainsi que deux de Raït-Taoui, la déesse qui lui était associée. Ces quatre statues en calcaire, et d’assez bon style, sont exposées, par paires, au musée du Caire et au Louvre.
- Le long des murs du temple, on peut voir des bas-
- Fig. 3. — Tête de Sésostris III, en granit bleu. (Musée du Caire)
- reliefs d’époque romaine représentant la procession des provinces d’Égypte apportant leurs produits en offrande. Un autre relief montre l’empereur romain Trajan, en costume de pharaon, consultant le taureau sacré qui lui promet l’empire du monde.
- De longs fragments des hymnes à Montou et à Raït-Taoui ont été traduits par le chanoine Drioton. Ce sont les premiers que l’on connaisse et, en dehors de leur réel mérite littéraire, ils sont précieux par les idées religieuses qu’on y trouve exprimées.
- Dans l’enceinte du temple, on a exhumé les traces d’une église copte du ive siècle après Jésus-Christ. La religion chrétienne, ayant vaincu le paganisme, venait s’installer sur ses ruines.
- L’art de la sculpture était magnifiquement représenté à Médamoud. M. Disson de la Roque a trouvé une série de portraits du grand pharaon Sésostris III figuré jeune,, adulte et âgé. Ces portraits, d’un réalisme frappant et
- rig. 4. — Tele d'un roi inconnu, en calcaire. (Musée du (-aire)
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- d’une excellente facture, ont enrichi le musée du Caire (fig. 3) et celui du Louvre. Un autre beau portrait du même roi est gravé sur le grand linteau où l’on voit le souverain faisant l’offrande au dieu (musée du Louvre). D’autres sculptures (fig. 2 et 4) nous donnent pour la première fois les portraits de rois de la fin du Moyen Empire, révélant une nouvelle page de l’histoire de l’art égyptien.
- Devant l’importance de ces résultats, les fouilles de Tôd furent entreprises avec l’espoir de trouvailles qui compléteraient les précédentes. La réalité n’a pas déçu les espérances.
- A Tôd, le temple étant situé en plein au milieu du village (lig. 5), il a fallu exproprier plusieurs maisons. Malgré le peu de place disponible, le dégagement des ruines a été fait avec beaucoup d’adresse et le plan du temple commence à se lire nettement sur le sol.
- Comme à Médamoud plusieurs temples s’y sont succédé. Un pilier portant le nom d’Ouserkaf a été dégagé. C’est la première fois qu’on trouve dans la région thébaine un document presque contemporain des Pyramides. On a exhumé des restes appréciables du temple de la
- Fig. 6. — Fragment de la décoration de l’église copte.
- XIe dynastie et de celui de Sésostris I. Ces constructions du Moyen Empire, en calcaire, ont été considérablement agrandies, en grès, par Ptolémée Evergète IL Les parties du temple ptolémaïque subsistantes au-dessus du sol, parfois jusqu’à 8 m de haut, sont décorées de nombreux reliefs à sujets religieux et d’inscriptions hiéroglyphiques qui apporteront un complément à celles de Médamoud et permettront de préciser notre connaissance du culte de Montou.
- Ici encore, comme à Médamoud, on a relevé les traces d’une église copte, notamment des pierres sculptées caractéristiques (fig. 6).
- Si l’on n’a pas encore trouvé à Tôd de statues importantes, — mais les fouilles sont loin d’être terminées, — par contre on y a découvert une série de beaux bas-reliefs du temple de la XIe dynastie (vers 2200 avant J.-C.). Ces bas-reliefs, d’un travail très soigné et d’un caractère hautement décoratif, apportent une contribution de premier ordre à l’histoire de l’art égyptien (fig. 7). L’un d’eux représente le roi Montouhotep III entre le dieu Montou et la déesse Tanent. Il est d’une sobriété puissante. D’autres, datant de Montouhotep V, repré-
- Fig. 5. — Le temple de Tôd au début des travaux.
- Un échafaudage permet de nettoyer et copier les has-reliels et les inscriptions.
- sentent ce roi avec diverses divinités. Le dessin en est plus lin, la facture meilleure encore et les beaux hiéroglyphes d’une grande élégance. Sur certains de ces reliefs, les vêtements sont détaillés avec une minutie extrême, qui cependant ne nuit pas à l’efîet d’ensemble.
- Enfin la plus curieuse trouvaille a été faite en 1936. C’est celle d’un trésor asiatique contenu dans quatre coffres égyptiens (fig. 8). Ces coffres sont des boîtes rectangulaires en cuivre massif, de 1 cm d’épaisseur, coulés au moule d’un seul bloc. Les plus grands mesurent 0 m 455 de long et 0 m 20 de haut. Leur couvercle est à glissière et porte le nom d’Amenemhat II fils de Sésostris I (XIIe dynastie). Us contenaient dix lingots d’or (choisis comme matière précieuse mais non comme monnaie), treize lingots d’argent, (l’argent était à cette époque plus rare que l’or), des chaînes d’anneaux d’ar-
- Fig. 7. — Tête de bélier et hiéroglyphes.
- (Détail d’un des bas-reliefs du temps de Montouhotep V).
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- Fig. 8. — Les quatre coffres contenant le trésor asiatique.
- gent, une ravissante buire cylindrique en argent, une petite coupe en or et 153 autres en argent, qui, grâce à leur extrême minceur ont pu, pour la plupart, être pliées afin de tenir moins de place. Ces coupes sont décorées de motifs caractéristiques de l’art égéen.
- Il y avait encore un petit lion en argent, de style babylonien, des amulettes, des perles de colliers en pierres semi-précieuses, un agglomérat de fragments et amulettes de lapis-lazuli et enfin des cylindres décorés de divinités asiatiques et portant des inscriptions cunéiformes en langue babylonienne. Cette trouvaille illustre donc un fait historique : les relations du pharaon Ame-nernhat II avec la Babylonie à l’époque d’Hammourabi, le célèbre législateur.
- •'i:
- Par les découvertes de M. Bisson de la Roque, faites à Médamoud et à Tôd, le musée du Caire et celui du Louvre se sont enrichis de pièces très remarquables. La précision et la science avec lesquelles elles ont été étudiées nous ont ouvert des horizons nouveaux sur la civilisation de l’Égypte ancienne et contribuent au prestige de la science française.
- Henry de Morant.
- (Photos de l’Institut français du Caire communiquées par M. Bisson de la Roque.)
- COMMENT ON RECHERCHE LES PETITES
- PLANÈTES
- LA DÉCOUVERTE D’ADONIS
- Un poète prétendrait que le ciel de Belgique est particulièrement giboyeux en astéroïdes. De cette chasse fructueuse, un psychologue attribuerait — non sans raison — le mérite à l’habileté du savant et minutieux observateur qq’est M. Eugène Delporte. Pour un opticien,
- Fig. 1. — L’Observatoire de Bruxelles-Uccle.
- tout l’honneur de la récolte reviendrait à la qualité des instruments lesquels, tout neufs, apparaissent au visiteur sous l’aspect le plus séduisant. Enfin, un mathématicien ne manquerait pas de remarquer que le pourcentage des petites planètes découvertes à Uccle suit une courbe ascendante et que, d’ailleurs, la qualité va de pair avec la quantité, si l’on songe à ces deux curieuses trouvailles, dues à M. Delporte, que sont Amor, découvert en 1932 et 1936 CA, qui apparut le 12 février dernier.
- A côté des observatoires célèbres de Johannesburg, de Heidelberg, de Siméis, l’Observatoire royal de Belgique s’est, en effet, révélé depuis plusieurs années, comme l’un des principaux centres de découverte et d’étude des astéroïdes, et c’est, en grande partie, grâce à lui que certains de ces membres minuscules de la famille solaire cessèrent de se présenter comme des objets de pure spéculation pour revêtir, aux yeux des astronomes, un intérêt terrestre plus immédiat. On savait que, parcourant toute la gamme des grosseurs, depuis celle de Cérès — 767 km — jusqu’aux dimensions infimes d’un grain de poussière, les petites planètes se montrent chaque année plus nom-
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- breuses, et que M. Stroobant, prévoyant pour celles d’une magnitude déterminée un nombre double de celles de la magnitude précédente, avait abouti, en extrapolant jusqu’à la 20e magnitude, à un total de 100 000 astéroïdes. On savait aussi que si ceux-ci se trouvent surtout concentrés entre Mars et Jupiter, plusieurs d’entre eux n’hésitent point, sentinelles avancées, à franchir les orbites de leurs voisins. On savait encore que l’excentricité de leurs trajectoires et l’inclinaison du plan de celles-ci sur celui de l’écliptique sont comparables à celles des comètes et que, de plus, l’enchevêtrement de leurs orbites est tel que si, comme disait d’Arrest, elles étaient matérialisées par des cerceaux solides, il suffirait d’en prendre un au hasard pour enlever tous les autres.
- Mais là où s’accrut l’attention accordée par le monde savant à ces humbles cousins de la Terre, ce fut à la révélation d’Eros, dont la proximité de la Terre atteignait 22300000 km. Il fut cependant surpassé par la petite planète Amor qui,le 23 mars 1932, s’approcha à 16350000 km. Enfin, un troisième larron devait s’approprier cet enviable record, l’astéroïde 1936 CA, nommé prématurément Antéros, que M. Delporte baptisera probablement Adonis, et qui nous frôla, le 7 février dernier, à deux millions de km seulement.
- LA TECHNIQUE DE LA DÉCOUVERTE
- Blocs de rochers de quelques kilomètres à peine de diamètre, on comprend que seule, la photographie soit susceptible de dévoiler ces miniatures d’astres. Depuis l’inauguration par Max Wolf, en 1891, à Heidelberg, de l’emploi de la plaque sensible, la méthode a subi, pourtant, d’appréciables modifications. Elle consiste généralement, en principe, à faire suivre à l’instrument le mouvement diurne en maintenant fixe une étoile au centre du réticule de la lunette-guide, de sorte que les étoiles donnent des images ponctuelles et les astres animés d’un mouvement propre sensible, des traînées plus ou moins longues. Cette technique offre cependant quelques inconvénients, notamment le risque de confondre une traînée planétaire avec un défaut de la gélatine. Il est vrai qu’on y échappe aujourd’hui à l’aide de Y astrographe double, dans lequel deux lunettes photographiques accolées fournissent deux clichés simultanés de la même région céleste, réduisant pratiquement à zéro la probabilité d’avoir un même défaut en un même point de chacune des plaques. On conçoit néanmoins que les astéroïdes faibles ne puissent tracer qu’un trait quasi-imperceptible, tandis que des étoiles de magnitude égale présentent, par l’accumulation de la lumière, des points fort apparents. On préconisa donc la méthode inverse : animer l’appareil d’un mouvement en ascension droite et en déclinaison approximativement égal à celui de l’objet cherché, de façon qu’il s’inscrive comme un point et que les étoiles donnent des traînées. Ce fut la méthode que Trépied, directeur de l’Observatoire d’Alger, exposa avec des applications en 1894 (x), et qui est maintenant connue sous le nom de méthode Metcalf.
- Mais, que la petite planète se montre comme un point
- Fig. 2. — La coupole de l’astrographe double.
- ou comme une barre, l’astronome n’est pas moins impuissant à déduire son sens de déplacement du seul examen du cliché. C’est pourquoi M. Delporte imagina, il y a six ans, un procédé aussi simple qu’ingénieux qui, tout en interdisant la confusion entre les images d’astéroïdes et les imperfections de la couche sensible, donne le moyen de reconnaître la présence d’un astre mobile, de déterminer son sens de déplacement et de calculer sa vitesse. 11 consiste à prendre deux poses successives, tout en conservant la même étoile au centre du réticule; une planète donne alors deux petits traits dans le prolongement l’un de l’autre. L’opérateur effectue d’abord une pose longue — 45 minutes — puis laisse une intemiption d’un quart d’heure; il exécute ensuite une pose courte de 15 minutes : ainsi la longueur du trait provenant de cette seconde pose est-elle égale à la largeur du vide compris entre les deux bâtonnets. Pratiquement, en raison de la brièveté de la seconde pose, le second bâtonnet est assimilable à un point, ce qui, dans les mesures ultérieures, permet de le bissecter sans difficulté. Le sens trait-point indique le sens du mouvement. Objectera-t-on qu’il peut exister des
- Fig. 3. —Deux aspects de l'aslrographe double; à gauche, les 2 oculaires.
- 1. C. jR. de l’Ac. des Sc., 1894, tome CXVIII.
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- Fig. 4. — L'observa!ion au châssis d'examen
- objets célestes, des nébuleuses par exemple, en forme de bâtonnet, introduisant ainsi une possibilité d’erreur En fait, la chose est extrêmement rare, et la confusion aisée à éviter pour un astronome averti.
- L’instrument qui sert, à Uccle, à cette recherche, placé sous une coupole de 6 m de diamètre, est l’astrographe double Zeiss. 11 comporte deux objectifs, de 40 cm d’ouverture et de 2 ni de distance focale; ils reçoivent des plaques de 24 X 24 ou de 30 X 30, ces dernières couvrant une superficie de 72 degrés carrés. La lunette-guide a 3 m de distance focale et 20 cm d’ouverture. Cet appareil est donc destiné à l’emploi de la méthode du double cliché; celle de M. Delporte continue cependant à y être utilisée en raison de sa commodité j1).
- LE FRÈRE D’AMOR EST SUR MA PLAQUE!
- Le 1.2 février 1936, donc, M. Delporte, à l’oculaire du double astrographe, photographia une région de la constellation du Lion. 11 effectua une première pose de 6 h 28 à 7 h 15 (temps sidéral) et une seconde de 7 h 30 à 7 h 45. Le lendemain matin il développa son cliché, puis, le posa sur le châssis d’examen. Celui-ci n’est pas autre chose qu’un cadre incliné en forme de pupitre, sur lequel on dépose la plaque, gélatine en dessous, éclairé par une lampe placée derrière un verre dépoli. Une loupe, se déplaçant de gauche à droite en suivant le bord
- 1. N’exigeant qu’une seule plaque, elle a aussi un avantage économique.
- Fig. 5. — Le blink-microscope.
- d’une règle qui, elle, se meut de haut en bas, permet de scruter tous les points de la plaque. L’inventaire de celle-ci fournit à l’astronome trois traînées, dont deux appartenaient, comme il fut reconnu plus tard, aux astéroïdes connus 905 et 504. Mais la troisième était-elle la trace d’une nouvelle petite planète ou bien un simple coup d’ongle ? On connaît, pour opérer cette distinction, un moyen empirique bien simple : il suffît de passer le doigt sous le verre, de manière à masquer légèrement la lumière; un coup d’ongle se révèle alors comme un trait lumineux, une trajectoire planétaire comme un trait sombre. En l’occurrence, l’épreuve donna un trait sombre; c’est ce qui explique l’enthousiasme avec lequel l’éminent savant annonça à ses calculateurs : « Le frère d’Amor est sur ma plaque ! » et l’impatience qui les ht attendre la plaque de contrôle prise le soir de cette mémorable journée. Aussi, le lendemain matin, à onze heures, la nouvelle put-elle courir sur les fils télégraphiques du monde et alerter les observatoires.
- Ce n’est pas que de telles traînées soient faciles à dépister. 11 s’agit de rayures épaisses de 1/10® de mm, dont la longueur est fonction, naturellement, de la distance focale et de la durée de pose et qui, pour une planète ordinaire, est, à l’astrographe double, de l’ordre de 1 mm par heure. Lorsqu’on possède deux clichés, pris à deux époques différentes, de la portion céleste étudiée, il est, il est vrai, un moyen mécanique d’y déceler les astres errants : c’est celui du blink-microscope. Les deux plaques sont disposées côte à côte et leurs images parviennent à l’oculaire d’un unique microscope. Après réglage, ces deux images coïncident donc. Un dispositif à ciseaux permet alors d’escamoter l’un ou l’autre de ces clichés. Si ces derniers sont parfaitement identiques, l’œil ne constate aucun changement d’aspect; mais si une petite planète s’est glissée dans le champ, sa présence se trahit immédiatement par le déplacement, le sautillement de son image. Suivant une expression pittoresque, « les ciseaux la font gigoter »... (1).
- COMMENT ON SITUE UN ASTÉROÏDE
- Le mince bâtonnet imprimé par l’objet Delporte était donc bien dû à une planète, de magnitude 12,5. 11 restait à en définir la position. L’appareil à mesurer allait entrer en jeu.
- Cet appareil est, lui aussi, une sorte de pupitre, sur lequel le cliché est exactement encadré. Un cercle de position permet d’en modifier l’orientation au gré de l’observateur. Devant le cliché est placé un microscope grossissant 40 fois, muni d’une croisée de fils. Ce microscopes peut se déplacer dans deux directions perpendiculaires, les déplacements étant évalués par les rotations de deux vis micrométriques dont il est solidaire. Il offre donc la possibilité de mesurer la position d’un point du cliché suivant deux axes de coordonnées rectangulaires.
- Pour plus de simplicité, on oriente d’abord l’un de ces axes suivant la direction du mouvement diurne. Elle est facile à mettre en évidence si l’on a eu soin, au cours de
- 1. Le blink-microscope ou stéréo-comparateur sert aussi à la détection des mouvements propres des étoiles, à la recherche des étoiles variables et des novæ, etc...
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- la séance, d’arrêter quelques instants le mouvement de, l’équatorial, ce qui laisse les étoiles dessiner de petits traits.
- 11 s’agit donc de repérer la position du nouvel astéroïde par rapport aux étoiles. Pour cela, on amène l’une de celles-ci sous la croisée de fils, après quoi cette croisée est transportée sur l’objet X. Comme la position de l’étoile est connue, l’écart, dans les deux directions rectangulaires, fournit les coordonnées cherchées. En réalité, on ne se contente pas d’un seul repérage, et l’on utilise deux ou trois étoiles. L’objet fut ainsi situé par a = 9 h 16 m 33 s 75 et o = -f 26° 30' 33",7. La longueur de la traînée avait déjà caractérisé la rapidité de son déplacement — près de deux degrés par jour — Douze jours plus tard, il était dans le Cancer et tombé à la 14e grandeur. Seul, le grand télescope de M. Wilson put le suivre jusqu’à ce qu’il atteignît la magnitude 20,5.
- PORTRAIT D’ADONIS
- De nombreuses observations allaient alors permettre de résoudre un problème mathématique... et moral. Une fois, en effet, en possession de plusieurs observations
- Fig. 7. — La salle des mesures ; à gauche, le blinli-microscope.
- disposées à intervalles égaux, le calculateur peut établir une orbite provisoire. Il importe esssentiellement de savoir si le mondicule découvert est réellement un astre nouveau -ou bien s’il n’est pas un globe déjà connu et identifié. Cette considération oblige les astronomes à n’attribuer qu’un simple numéro à l’astre qu’ils mettent au monde, en attendant que son état civil, bien et dûment lixé, leur permette de lui octroyer un nom de leur choix. Il est même touchant de voir la sollicitude dont ces savants distingués entourent le petit îlot céleste surgi, grâce à eux, de l’inconnu et avec quel soin ils en précisent et en attendent les retours périodiques. On comprend que le Pr Watson, comme le raconte Miss Clerke, ait jadis écrit un testament en faveur « de ses 22 clients, de peur que, par manque de soins dans les calculs, ceux-ci n’en vinssent à retomber dans leur ancienne condition de proscrits ». On s’explique aussi que le nombre des astéroïdes catalogués, numérotés, assigné à un chasseur de petites planètes, soit bien inférieur au nombre des traînées planétaires décelées par lui, qui, tantôt appartenaient à un propriétaire antérieur, tantôt, faute d’observations
- Fig. 6. — M. Delporte mesure un cliché.
- suffisantes, furent tout simplement perdues. Sur quelques centaines d’astéroïdes qu’il trouva sur ses plaques, M. Delporte peut, par exemple, en revendiquer 33, numérotées et baptisées de noms charmants.
- L’objet Delporte 1936 CA devra donc attendre quelque temps avant de recevoir officiellement le nom d’Adoni ; que semble préférer son inventeur et avant de voir son orbite définitivement fixée par le calcul (1). On lui a pourtant affecté déjà une orbite provisoire, à très forte excentricité — 0,765 — inclinée de 1° 25' 43" seulement sur le plan de l’orbite terrestre, et sur laquelle sa révolution a une durée de 2, 57 années. Quand nous aurons ajouté qu’il est animé d’une vitesse du même ordre que celle de la Terre — quelques 30 km/sec --- qu’il passa, le 7 février 1936, à 2 228 000 km de notre globe, que sa magnitude absolue - - l’éclat qu’il présenterait à une distance de 10 parsecs —- est de 18,6, ce qui correspond, d’après les calculs de l’Observatoire d’Ueele, à un rayon de 0,4 km, nous aurons résumé les caractéristiques actuellement connues de ce petit monde.
- L’étrange orbite d’Adonis — dont le demi grand axe
- 1. Le Rechnen-Institut de Berlin, chargé des éphéinérides des petites planètes, semble, toutefois, disposé à les doter d’un nom sitôt après leur découverte si, à l’instar d’Adonis, elles présentent un intérêt, exceptionnel.
- Fig. 8. — Schéma de l’orbite d’Adonis.
- <o
- .Soleil
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- UNE REDOUTABLE ÉVENTUALITÉ
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- Fig. 9. — M. E. Delporle, directeur de l’Observatoire royal de Belgique
- mesure, en unités astronomiques (distance-Terre-Soleil), 1,877 — lui fait couper non seulement celle de la Terre, mais celle aussi de Vénus et s’approcher du Soleil, au périhélie, à 0,4407 unités, soit 66 millions de km (1), tandis que son aphélie est reculée à 3,3125 unités — 485 millions de km, — à mi-distance entre Mars et Jupiter, là où son éclat n’est plus que de 22e magnitude (2). Si, à cette distance, il devient invisible dans les plus puissants télescopes, il n’est guère moins inaccessible lors du passage au périhélie, sa vélocité ne le faisant se dégager du rayonnement solaire qu’un peu avant de franchir l’écliptique. Encore le rapprochement dont nous avons joui le 7 février dernier est-il une exception et faudra-t-il attendre 18 ans, nous dit M. Delporte, pour obtenir d’aussi bonnes conditions d’observation.
- 1. Le dernier passage au périhélie a eu lieu le 24 décembre 1935.
- 2. Éléments calculés par Allan Maxwell et Herbert Grosch (Publ Obs. Univ. de Michigan).
- L’instant de son passage au carrefour dangereux de son orbite et du nôtre peut toutefois être hâté ou retardé par des perturbations ou des collisions, mésaventures dont cet essaim de petits globes ne doit pas être trop chiche. Si notre planète s’y trouvait juste à ce moment, la rencontre serait évidemment intéressante à observer... de loin. Cependant, H. N. Russell calcule que, la zone dangereuse n’étant guère qu’un arc de 20 000 km de l’orbite terrestre et celle-ci étant longue de 950 millions de km, la probabilité d’un tamponnement n’est pas supérieure à 1/50 000. Notons qu’un tel événement n’est pas aussi invraisemblable qu’il le paraît : la chute, en Sibérie, le 30 juin 1908, d’un météore géant, le démontre abondamment. L’ébranlement de l’écorce terrestre se propagea dans un rayon de 1500 km et l’onde de choc fut perçue jusqu’à Londres (1). Encore sa niasse n’était-elle pas, paraît-il, supérieure à 130 tonnes. On en découvrit encore de plus impressionnants, comme celui de l’Adrar, dont la masse est de l’ordre de 1 million de tonnes, ce qui représente un volume sphérique de 35 m de rayon.
- On imagine alors les conséquences qu’aurait, pour notre pauvre sol, le choc avec un corps céleste de 400 m de rayon, pesant quelque 1500 millions de tonnes, voyageant à une vitesse minimum, par rapport à notre globe, de 22 km/sec.... Empressons-nous d’ajouter qu’une telle catastrophe ne se produira probablement pas de sitôt. Au surplus, les astronomes qui veillent dans leurs coupoles ne sont-ils pas les vigies attentives chargées de signaler aux passagers du vaisseau Terre les périls que ces étonnantes épaves font courir à sa navigation dans le grand océan de l’espace ?
- Pierre Rousseau.
- 1. Lire l’intéressant article de M. Em. Touchet dans La Nature du 15 février 1935.
- = HOTELS ET COLONIE DE VACANCES =
- EN FORME DE TOURS
- SESTRIÈRES (PIÉMONT) - MARINA DI MASSA (TOSCANE)
- Le sénateur Giovanni Agnelli, président de-la Société Fiat, a trouvé une solution élégante pour rendre plus économique la construction des colonies de vacances et des hôtels établis en haute montagne. Elle consiste à donner à ces bâtiments la forme d’une tour. De cette façon, on réduit la superficie des fondations et de la toiture. En même temps, on concentre les installations sanitaires et, s’il y a lieu, de chauffage. Le principe adopté permet de disposer les chambres le long d’une hélice intérieure à la tour, formant rampe d’accès aux locaux; le puits central, vu de bas en haut sur la figure 5, concourt à la ventilation et à l’éclairage. Un ascenseur dessert les différentes spires.
- Cette solution présente en plus, l’avantage d’offrir aux hôtes un horizon plus étendu, aucun pan de muraille ne venant le briser.
- A Sestrières (fig. 1), un premier hôtel en forme de tour, ayant 38 m de hauteur, 20 m de diamètre à la base et 18 m au sommet a été construit en 1932. Il est en communication immédiate avec la station supérieure du téléférique qui amène les touristes à 2600 m d’altitude. Il comporte 160 chambres ou cabines, réparties en 10 spires, dont le pas est de 2 m 30 seulement. Le prix de la construction, y compris les divers services, a été de 13 000 fr par chambre.
- Un second hôtel, conçu suivant le même principe, a été
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- Fig. 1. — Vue générale de Seslrières avec les deux hôtels en forme de tours.
- établi à la suite du succès de la première tour. Dans cette seconde construction, le diamètre est de 25 m et sa hauteur de 47 m; à la base se trouve un vaste hall, avec salles de jeu et de repos, et les services divers. Les chambres principales se succèdent le long de 11 spires d’hélice, dont chacune reçoit 14 chambres; les 12e et 13e spires sont occupées par des chambres plus modestes, et la 14“ renferme les chambres du personnel. Un ascenseur et un monte-bagages desservent toute la construction.
- En raison des bons résultats obtenus à Sestrières, M. le sénateur Agnelli — généreux créateur de cette station d’hiver dans les Alpes cotiennes — décida d’établir une construction similaire pour la colonie de vacances destinée à recevoir les enfants, âgés de 6 à 12 ans, du personnel de la Fiat lequel compte, aujourd’hui, environ 40 000 employés et ouvriers. Cette colonie de vacances est sise à Marina di Massa, en Toscane, au sud de Carrare, réputée par ses marbres. Elle est dans le jardin de l’Italie, au bord de la Méditerranée. Sa tour s’élance jusqu’à 54 m de hauteur, vers le doux ciel toscan, face à la chaîne austère des Apennins.
- Nous mettrons d’abord en relief les particularités de construction de cette tour, laquelle est établie pour loger simultanément, au cours de la période des vacances, environ 800 enfants, 26 maîtresses d’école, près de 30 gens de service et quatre personnes pour la direction. Ensuite, nous indiquerons les services éminents rendus par cette œuvre sociale.
- La tour a 52 m de hauteur et 25 m de diamètre. Elle est flanquée de deux ailes (fig. 2) contenant les services généraux : administration, cuisine, infirmerie.
- Le réfectoire est au rez-de-chaussée. Les tables y sont
- disposées radialement. Au premier étage, se trouve une vaste salle utilisée soit pour le service du culte, soit pour les représentations récréatives.
- Le puits central, qui a 6 m 40 de diamètre, concourt à la ventilation et à l’éclairage. Il part du deuxième étage et se prolonge jusqu’au sommet de la tour, où il se termine par une verrière que représente la figure 5. Le volume total du bâtiment est de 35000 m3 dont 20000 pour la tour.
- A partir du deuxième étage, la tour forme dortoir.
- Fig. 2. — La tour Balilla de la colonie de vacances Fiai
- à Marina di Massa.
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- Fig. 3. — Façade de la tour Balilla.
- Celui-ci se développe le long de l’hélice moyenne, laquelle a 420 m de développement et une largeur de 8 m. Le pas de l’hélice est de 2 m 60.
- Vers l’intérieur de l’hélice, la cloison ne s’élève qu’à mi-hauteur, de façon à faire participer à la ventilation du réfectoire le volume de toute la partie centrale de la tour. On a pu ainsi placer dans les treize hauteurs de plancher 800 lits; le volume de l’atmosphère de la tour est de 20 000 m3 environ, ce qui assure à chaque lit le
- Fig. 5. — Vue de bas en haut du puits central et de la rampe hélicoïdale réunissant les étages.
- Fig. 4. — La tour Balilla.
- (Détail de la rampe hélicoïdale réunissant les étages.)
- volume d’air minimum de 25 m3 imposé en Italie par la Direction générale de la Santé, pour les établissements tels qu’écoles, couvents, colonies de vacances, etc.
- Le dortoir est divisé pratiquement en 25 chambres de 30 lits, et 10 petites chambres pour les surveillantes. Dans chaque anneau, se trouvent également un groupe de lavabos et de W.-C.
- On accède aux dortoirs soit par une rampe hélicoïdale, de 420 m de longueur, que représente la figure 4, soit par un ascenseur capable de porter une équipe entière, c’est-à-dire 30 enfants et une surveillante.
- Tout cet édifice est entièrement construit en béton armé. Il n’a coûté que 3,5 millions de lires. La figure 3 en montre l’originale façade.
- ORGANISATION DE LA COLONIE DE VACANCES DE MARINA DI MASSA
- Au cours de la période 25 juin-25 août 1936, la « Torre Balilla » a reçu environ 2000 jeunes enfants, qui s’y sont succédé en deux groupes, l’un de garçons, l’autre de petites filles. Chacun d’eux a séjourné 30 jours à Marina di Massa.
- Chaque groupe est divisé en escouades de 30 enfants. Chacune d’elles est dirigée par une maîtresse d’école prenant soin de leur santé et de leurs jeux.
- Le réveil est sonné à 6 h 45. Après des exercices d’ensemble sur la plage, dirigés par un haut-parleur, se suc-
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- cèdent le déjeuner, les bains de mer et de soleil, le repas de midi, la sieste, les jeux, le goûter, une demi-heure de cours, le dîner. A 21 h, le silence et le sommeil régnent dans la « Torre Balilla ».
- Au cours d’une période de deux mois de vacances, on oonsomme à la colonie, les quantités d’aliments que voici : 21 000 kg de pain, 15 000 1 de lait, 2800 kg de viande, 2500 kg de pâtes, 2500 kg de riz, 4600 kg de légumes, 10 200 kg de fruits, 30000 œufs, 25000 portions de confitures, 26 000 portions de biscuits, beurre, cacao, etc. Grâce à ce régime, les enfants, choisis de façon qu’ils puissent s’adapter au climat marin — les autres vont en montagne — aux frais de la Société Fiat, bénéficient d’une augmentation de poids de 2 kg environ, après leurs vacances à Marina di Massa.
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- Lors de notre séjour à Marina di Massa, la direction des enfants était confiée à Mlle Mofïa, l’économe était M. Corrado, et le service de santé était assuré par Mlle la doctoresse Jona. Le prix de revient moyen de l’hébergement d’un enfant à Marina di Massa est de 7 lires par jour.
- Les lois sociales appliquées maintenant en France auront pour effet de stimuler la création d’hôtels et de colonies de vacances pratiques, élégants et économiques. C’est pour cela que nous avons voulu faire connaître les remarquables réalisations de nos amis italiens.
- Que mes chers amis Italiens soient aussi remerciés de leur accueil très cordial.
- Ch. Berthelot.
- NOTATIONS SPECTROGRAPHIQUES
- ET ASTRONOMIE
- I. — INTRODUCTION
- Toute science est une forme de langage et pour la déchiffrer il faut en posséder l’alphabet. Les différentes branches de la science ont dû se faire chacune un alphabet spécial, et tel qui lit sans difficulté un traité d’algèbre ou un livre de chimie ne peut aborder sans préparation l’étude de l’astronomie ou de l’optique. Que d’injustes reproches n’adresse-t-on pas aux savants spécialisés, qu’on accuse de garder le mystère autour de leurs études et de se refuser à la vulgarisation de leurs résultats. Autant accuser Virgile et Homère d’obscurité, parce qu’on a négligé d’apprendre un peu de grec et de latin. Les esprits curieux doivent savoir faire l’effort d’initiative qui leur est nécessaire pour s’éclairer, la seule chose qu’il soit équitable de leur fournir, c’est la clef d’un langage qui est nouveau pour eux, c’est le dictionnaire de poche qui leur permettra de comprendre et de se faire comprendre.
- La spectroscopie est une des branches de la science qui se sont développées avec le plus d’exubérance depuis vingt ans. Son domaine propre, l’étude des radiations visibles telles qu’elles sont aisément produites au laboratoire, s’est élargi d’abord du côté des radiations invisibles, infrarouges et ultraviolettes, et a gagné de proche en proche les domaines en apparence bien distincts des rayons X et des ondes hertziennes. Les succès extraordinaires qu’elle a remportés dans l’interprétation des phénomènes d’optique terrestre ont bien vite encouragé les astronomes à étendre ses vues, même les plus hardies, à la physique solaire et stellaire, de sorte que la spectroscopie est devenue actuellement l’auxiliaire constant et, si l’on peut dire, le bras droit de l’astronomie physique. Il est tout naturel qu’astronomes et physiciens se soient trouvés entraînés ainsi à une collaboration étroite, dont on ne saurait dire qui a le plus profité. Les astronomes ont fourni aux chercheurs de laboratoire l’immense moisson de leurs résultats numériques, à la fois très précis et très étendus, qu’aucune investigation à petite échelle ne saurait remplacer. En échange, les physiciens sont arrivés à créer un langage utile, qui coordonne en quelques règles simples tout un ensemble de phénomènes épars, et dont les astronomes tirent déjà grand profit dans l’interprétation de leurs idées sur l’univers. C’est la
- grammaire de ce nouveau langage que nous nous proposons d’exposer ici.
- II. — LES RAIES SPECTRALES CARACTÉRISTIQUES DE L’ATOME ÉMETTEUR
- Chacun des atomes qui constituent les éléments chimiques possède un rayonnement qui lui est propre. Ce rayonnement se manifeste en émission quand on soumet l’atome à une excitation suffisante, soit par voie électrique, soit par bombardement corpusculaire, soit par simple élévation de température. Le même rayonnement s’observe partiellement en absorption, quand on illumine les atomes du corps au moyen d’une lumière continue : les atomes soustraient à la lumière incidente des radiations qu’en d’autres circonstances ils sont capables d’émettre. C’est ainsi que le spectre solaire est, comme chacun sait, sillonné de raies noires (raies d’absorption), qui sont justement celles qui sont arrêtées par les gaz de la surface du soleil et de l’atmosphère terrestre. On appelle spectre caractéristique d’un corps l’ensemble des raies brillantes et obscures qu’il peut fournir en émission et en absorption.
- Le premier travail que la spectroscopie ait eu à faire et qui a absorbé ses efforts pendant plus d’un demi-siècle, a été un travail de reconnaissance, de mensuration et de classification. Il fallait dresser des catalogues exacts et aussi complets que possible de toutes les raies appartenant à tous les spectres. Parmi ceux-ci, il y en a quelques-uns d’assez simples (spectres de l’hydrogène, du lithium, du sodium), mais la plupart sont d’une complication extrême qui était bien propre à décourager les chercheurs. Nous devons aux spectroscopistes qui ont su venir à bout de cette besogne la même gratitude qu’aux astronomes qui ont établi les premiers catalogues d’étoiles. Par la précision de leurs mesures, par le perfectionnement de leur outillage, par les précieuses remarques que leur suggérait une observation méthodique, ils ont donné les premiers une base solide à nos connaissances sur le monde atomique. En particulier, ils ont établi avec une netteté absolue le fait fondamental de la physique atomique : les raies spectrales d’un atome n’appartiennent qu’à cet atome, et si on les a reconnues dans les radiations issues d’une source, on peut affirmer avec certitude la présence de l’atome dans la source. Comme corol-
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- = 444 .......= .....=.....
- laire, si l’on découvre une raie spectrale dont on est sûr qu’elle n’appartient à aucun corps connu, il est permis de dire qu’on a découvert un élément nouveau. Le fait s’est présenté pour l’hélium, dont la raie jaune a été trouvée dans le soleil bien avant qu’on ait découvert sur terre le gaz rare qui lui donne naissance.
- Si la spectroscopie était restée à ce stade préliminaire, elle aurait pu se passer presque complètement de notations. Il lui suffisait de caractériser chaque raie spectrale par sa longueur d’onde X, estimée, par exemple, en cent millionièmes de centimètre, c’est-à-dire en unités d’Angstrôm, et d’inscrire à côté du nombre qui mesure X le symbole chimique de l’élément à qui la raie appartient. Ainsi Na 5889,965 et Na 5895,932 désigneraient les deux composantes de ce qu’on nomme ordinairement la raie D du sodium, qui donne sa coloration jaune caractéristique à la flamme d’alcool salé et aussi aux lampes de haute puissance utilisées aujourd’hui pour l’éclairage des routes. De fait, beaucoup de tables spectroscopiques destinées surtout à l’analyse chimique ne comportent qu’un cadastre de raies classées par ordre de longueur d’onde décroissante, associées au symbole chimique de l’atome correspondant. Disons toutefois que toutes ces tables portent encore une autre indication, dont l’importance ne saurait être sous-estimée : elles mentionnent à côté de chaque raie son intensité, dont la valeur est mesurée qualitativement, par exemple par un nombre variant de 0 à 10. Bien que l’évaluation des intensités soit assez arbitraire et toute subjective, elle fournit un renseignement de première importance en permettant de rechercher d’emblée les raies essentielles de chaque spectre. Il existe aujourd’hui des méthodes quantitatives de mesure des intensités, mais il est rare qu’elles soient assez complètes pour avoir à se substituer aux données qualitatives. Celles-ci suffisent généralement aux identifications qu’on peut avoir en vue.
- III. — LES TERMES CARACTÉRISTIQUES ET LE PRINCIPE DE COMBINAISON
- De même que dans le langage ordinaire un grand nombre de mots sont formés avec les mêmes racines, de même en spectroscopie un grand nombre de raies sont fondées sur un terme commun. Voici ce qu’il faut entendre par là. Il existe dans chaque spectre des groupes ou familles de raies qui sont apparentées les unes aux autres et sans affinité avec les groupes voisins. Ces liens de parenté n’apparaissent pas tant qu’on caractérise les raies, comme nous l’avons fait jusqu’ici, par leur longueur d’onde-, ils deviennent évidents au contraire, dès qu’on remplace les longueurs d’onde X par leurs inverses, c’est-à-dire par les nombres d’onde N :
- Le nombre d’onde N est proportionnel à la fréquence v, dont il ne diffère que par un facteur égal à la vitesse de propagation de la lumière dans le vide. Notons qu’en pratique les longueurs d’onde X sont généralement mesurées dans l’air, dont l’indice est légèrement supérieur à l’unité (indice du vide); mais les fréquences v et les nombres d’onde N dont les spectrosco-pistes font usage doivent toujours être rapportés au vide. Des tables numériques permettent de trouver immédiatement N (rapporté au vide), quand on connaît X (rapporté à l’air).
- Ceci posé, on a remarqué depuis longtemps que dans chaque spectre il existe entre certains couples de raies des différences N, — N2 constantes. L’explication la plus simple de cette particularité est celle qui a été proposée par Ritz et qui porte le nom de principe de combinaison.
- Elle revient à dire que le nombre d’ondes N caractéristique
- d’une raie spectrale est toujours la différence de deux nombres pris dans une suite T1( Tj, T3, T4... Tn de termes caractéristiques de l’atome étudié. Toutes les raies du type T„ — T et du type Tt — T présenteront, quel que soit T, la différence de nombre d’onde constante T„ — T^.
- On arrive ainsi immédiatement à la conséquence suivante : les caractéristiques vraies du rayonnement de chaque atome ne sont pas les fréquences ou les nombres d’onde des raies individuelles qui lui appartiennent, ce sont les termes dont ces raies se déduisent par voie de combinaison. Au lieu de cataloguer les raies, il est suffisant et beaucoup plus simple de cataloguer les termes. Avec cent termes seulement se combinant deux à deux, nous pouvons espérer obtenir 5000 raies.
- Cette simplification arithmétique est en même temps une simplification physique. Les termes ont, en effet, une signification physique qu’il est facile de préciser. Ils représentent (avec un choix convenable des origines, des unités et des signes (x) les quantités d’énergie présentes dans un état déterminé de l’atome. Lorsque l’atome passe de l’état initial b à l’état final a, son énergie diminue de Ta — Té, et en vertu du principe de conservation de l’énergie, cette différence doit se retrouver dans l’énergie du rayonnement émis. Celui-ci, d’après l’hypothèse de Bohr, se fait par quanta égaux à Xv (v fréquence, h constante de Planck) ; on voit immédiatement pourquoi la fréquence v et le nombre d’onde N qui lui est proportionnel se mesurent toujours par une différence de termes.
- IV. - CLASSEMENT ET NUMÉROTATION DES TERMES
- Lorsque tous les termes d’un spectre sont connus, on peut les classer par ordre de grandeur croissante ou décroissante, et affecter à chacun un numéro d’ordre 1, 2, 3... n. Généralement on les classe par grandeur décroissante, en attribuant le numéro 1 au terme qui a la plus grande valeur, correspondant à l’état le plus stable de l’atome, qui est son état normal ou fondamental ; les numéros 2, 3... sont réservés aux termes dont la valeur absolue est moindre, c’est-à-dire aux états excités, la valeur 0 étant celle de l’état d’excitation maximum, qui est en même temps l’état d’ionisation, celui où l’électron optique est assez éloigné du noyau pour être entièrement soustrait à son action.
- Dans le cas de l’atome le plus simple de tous, l’atome d’hydrogène, la notation à un seul indice n qui vient d’être indiquée suffit. Mais sitôt qu’on aborde l’étude d’atomes un peu compliqués, même celle des atomes alcalins qui sont pourtant du type hydrogénoïde, on s’aperçoit que les termes ne se suivent pas fortuitement par ordre de grandeur décroissante. Il y a' dans la suite des termes, des groupes de termes rapprochés qui forment un ensemble cohérent et qui sont séparés par des intervalles bien marqués des groupes qui précèdent ou qui suivent. Il est naturel de garder pour chacun de ces groupes un nombre ordinal n bien déterminé, mais d’adjoindre à ce nombre principal un nombre secondaire l permettant de spécifier la place de chaque terme dans le groupe auquel il appartient. On groupera ensemble, par exemple, les termes voisins 3,„ 34, 32, qui possèdent tous le quantum principal 3, avec les quanta subsidiaires 0, 1, 2, et qui se séparent par de larges intervalles des termes dont le quantum principal est 2 ou 4. Physiquement, le quantum principal n (3 dans l’exemple précédent) est celui qui fixe en première approximation la valeur de l’énergie totale; le quantum subsidiaire l (qui pour des raisons historiques s’appelle aussi quantum
- 1. Le terme T est par définition égal à l’énergie changée de signe.
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- azimuthal) fixe en seconde approximation les variations d’énergie dues à l’entrée en jeu de forces secondaires. Tous les termes se trouveront désormais notés par les deux nombres n et l qui leur correspondent, c’est-à-dire par un symbole double tel que nt. On démontre d’ailleurs qu’on a nécessairement l <C n, et que par suite chaque groupe de niveaux d’ordre n se décompose en n + 1 niveaux individuels (l — 0,1, 2... n).
- V. — VARIATIONS D’ASPECT ET DÉSIGNATION DES RAIES
- Les notations scientifiques, comme le langage usuel, se règlent plus souvent sur l’habitude que sur la logique. Bien avant que la théorie des quanta ait montré la nécessité d’attacher à chaque valeur de l’énergie atomique un symbole à deux indices, tel que nh les spectroscopistes avaient trouvé par expérience que les termes caractéristiques du spectre du sodium ne sont pas tous de même espèce et donnent lieu à des raies d’aspect différent. Les raies nettes sont toutes construites sur des termes initiaux d’une famille déterminée, et il en est de même des raies principales (dont les raies D sont un exemple), ainsi que des raies diffuses, etc. Les termes correspondants ont été isolés depuis longtemps, et ont été appelés termes nets (sharp en anglais), termes principaux, termes diffus, etc., ou par abréviation termes s, p, d, etc. Nous savons ajourd’hui que les symboles s, p, d, etc., correspondent très exactement au quantum azimuthal l défini ci-dessus. Un terme s est un terme pour lequel 1 = 0; un terme p est un terme pour lequel l = 1 ; un terme d est un terme pour lequel l — 2. Les valeurs de l supérieures à 2 correspondent elles aussi à des termes spéciaux pour lesquels on a introduit les symboles /, g, h, i, j, k, etc. Et comme les habitudes sont plus fortes que la méthode, les spectroscopistes ont refusé de se servir des symboles rationnels :
- 30 32
- Ils ont continué d’employer les symboles anciens :
- 3s 3p 3d
- si bien que cette notation a pris force de loi. Le lecteur s’habituera très vite à l’étrangeté apparente des symboles s et p (au lieu de 0 et 1); à partir de d, les lettres de l’alphabet se suivent de nouveau dans l’ordre naturel. Il consentira donc sans difficulté à écrire le symbole de la raie jaune du sodium :
- Nj = 3s — 3 p
- et celui de la raie ultraviolette qui suit la raie jaune dans la série principale :
- N2 = 3s — 4p
- VI. — LES DOUBLETS
- La notation précédente n’a pas tardé à se montrer insuffisante et même incorrecte. Nous venons de parler de la raie jaune du sodium, et pourtant nous savons déjà que cette raie est double, qu’il y a en réalité deux raies jaunes très voisines, séparées par un intervalle de 6 Angstrôms environ, qui correspond dans la région spectrale envisagée à 17 unités de nombre d’onde. Il faut donc, si le terme 3s est simple, que le terme 3p soit double, et qu’il existe en réalité deux niveaux 3pl et 3p2 séparés par 17 nombres d’onde. En introduisant un troisième indice (1 ou 2) en bas et à droite du quantum l (ici égal à p), nous n’avons fait que répéter le processus déjà employé pour justifier l’introduction du quantum l lui-même : il s’agit de subdiviser un niveau d’énergie en troisième approximation, et pour cela nous employons un troisième nombre quantique. Ce nouveau nombre s’appelle parfois quantum interne (Sommerfeld) et on le dénote par la
- —...........———-......... 445 =
- lettre /. Sa signification physique est celle du moment total de la quantité de mouvement de l’atome. Dans l’évaluation de ce moment intervient nécessairement le moment propre de quantité de mouvement que possède l’électron optique par suite de sa rotation sur lui-même. C’est ce qu’on nomme par abréviation le spin de l’électron. Comme le fait voir la mécanique ondulatoire, le nombre quantique caractéristique du spin de l’électron n’est pas un nombre entier, c’est la fraction 1/2. Il en résulte que le moment total j, à la différence de n et de l, n’est pas lui non plus un nombre entier, mais un nombre semi-entier. On démontre d’ailleurs que le nombre / ne peut prendre que les deux valeurs l + 1/2 et l — 1/2. L’effet du spin de l’électron est donc de décomposer chaque terme spectral du sodium en deux termes voisins, ou, comme on dit parfois, en un terme de doublet. Les deux constituants de ce terme se dénotent par les deux valeurs précitées de /. Dans le cas d’un terme p (l = 1), ce seront 3/2 et 1/2. On notera alors le doublet jaune du sodium par la double formule D, = Ssigt — 3/>i/o D, — 0sijo —
- la raie la plus intense, que les anciens spectroscopistes appelaient la raie D, étant aussi la plus réfrangible, c’est-à-dire la seconde. Le terme 3s, qui reste simple parce que Z — 0, ne peut posséder qu’une seule valeur de /, à savoir 1/2.
- VIL — LA STRUCTURE HYPERFINE DES RAIES
- Les trois nombres quantiques n, l, j, ou les symboles correspondants tels que 3/n/s suffisent-ils à définir complètement un état ou un niveau énergétique de l’atome ? Pratiquement oui, et dans les applications astronomiques nous n’avons jamais à nous préoccuper de pousser la précision plus loin. Il est pourtant nécessaire de dire que les physiciens de laboratoire, utilisant des appareils interférentiels à pouvoir séparateur très élevé, sont arrivés à dédoubler ou à détripler certaines raies qui paraissaient simples. C’est ainsi que chacune des deux raies D1 et D2, constituant la structure fine de la raie D, possède elle-même une structure hyper fine, ce qui veut dire que les niveaux 3si/2, 3pij , 0p3ja sont eux-mêmes déeom-posables en niveaux extrêmement voisins. L’origine de cette décomposition hyperfine est aujourd’hui bien connue : elle tient à ce que les trajectoires électroniques passant au voisinage du noyau sont dédoublées par effet Zeeman, à cause de la présence, à l’intérieur même du noyau, d’aimants élémentaires. Quant à la numération des niveaux hyperfins, elle se fera naturellement suivant un quatrième nombre quantique, qui correspond à la quatrième approximation dans l’évalution de l’énergie totale.
- VIII. — CAS DES ATOMES A CONFIGURATION ÉLECTRONIQUE COMPLEXE
- Nous avons raisonné jusqu’ici comme si le rayonnement lumineux était dû aux transitions d’un seul électron optique, gravitant autour du noyau central. Ce cas n’est réalisé strictement que pour l’atome d’hydrogène, et approximativement pour les atomes monovalents (lithium, sodium, potassium, etc.) qui possèdent un électron extérieur nettement différencié du corps de l’atome. Le cas usuel est tout différent. L’atome de fer, celui de xénon, celui de mercure, possèdent un grand nombre d’électrons, ce nombre atteignant 92 dans le cas de l’uranium. Fort heureusement, tous ces électrons ne sont pas intéressés dans les transitions optiques. La plupart d’entre eux forment des couches complètes (couches K, L, M... des rayons X) qui sont totalement inac, tives au point de vue optique. Reste la couche extérieure-
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- généralement incomplète, qui comporte de 1 à 8 électrons selon la colonne envisagée dans le tableau périodique des éléments (le nombre 8 correspond à la couche complète caractéristique des gaz rares). Pour un atome non alcalin, ce n’est pas l’électron de valence, c’est la couche de valence qui change d’état lors d’une transition optique. Bien que ce soit ici encore presque toujours le saut d’un électron déterminé qui soit le point de départ de l’émission spectrale, l’énergie (ou le terme) caractéristique de l’état initial et de l’état final dépend essentiellement de la configuration réalisée par les autres électrons île la couche de valence. On doit prévoir que la notation du terme fera intervenir, outre les nombres quantiques de l’électron mobile, d’autres nombres quantiques attachés aux électrons adjoints.
- Ici se présente une difficulté théorique qu’on ne saurait cacher. Les nombres quantiques n, l, j attachés à un électron sont définis très rigoureusement dans le cas d’un centre positif autour duquel gravite un seul électron. Si plusieurs électrons gravitent ensemble dans la couche optique, il ne sera possible de leur assigner des nombres quantiques n;, fi, j\, que si on traite chacun d’eux comme indépendant des autres, c’est-à-dire si on néglige leurs répulsions mutuelles. Quelque grossière que soit cette hypothèse, elle est pratiquement valable en première approximation, parce que la charge positive très élevée du noyau est beaucoup plus active que la charge négative simple d’un électron perturbateur. Bien qu’en réalité les orbites électroniques d’un atome complexe soient très enchevêtrées par les interactions, elles conservent quelque chose de la simplicité qui correspondrait au cas abstrait sans interaction. On poux-ra donc se permettre d’attacher à chaque électron des nombres quantiques nit fi, ]\, en se rappelant que ces nombres entiers n’ont plus une signification physique rigoureuse.
- La remarque précédente était nécessaire pour permettre de comprendre le sens exact des notations spectroscopiques. Si l’on a affaire à un atome possédant par exemple, trois électrons de valence a, b, c, et si par abstraction on convient d’assigner à ces électrons les symboles qu’ils auraient dans le cas où ils seraient sans action l’un sur l’autre, on sera naturel-
- lement amené à désigner un état déterminé de l’atome, par exemple, par le symbole :
- (3si/Ja (4P1/*)* (4et,/s)* i1)
- Ce symbole compliqué se simplifie considérablement si l’on remarque d’abord qu’à cause de l’identité des électrons il est tout à fait inutile de les distinguer par les indices a, b, c. En second lieu, on supprimera aussi les nombres 3, 4, 4, cai'actéristiques du quantum principal, car la mécanique quantique montre que tous les états résultant d’une configuration électronique telle que (1) possèdent les mêmes propriétés optiques, quel que soit le quantum principal des électrons intéressés (dans l’exemple précédent les électrons b et c appartiennent à la couche 4 de valence, l’électron a appartient à la couche 3 sous-jacente). Enfin, et c’est là le point le plus important, la théorie montre que si les électrons individuels ont des quanta azimuthaux fi, Z2, fi (0, 1, 2, dans notre exemple), les divers états résultants de la configuration donnée auront aussi chacun un quantum azimuthal résultant. Appelons ce quantum L. (Les lettres majuscules servent à caractériser l’atome dans son ensemble.) Selon que L = 0, 1, 2..., le terme résultant sera dit terme S, P, D..., par analogie avec ce que nous savons déjà. Des règles précises ont été établies par Hund pour permettre de dénombrer et de noter tous les états atomiques résultant d’une configuration électronique donnée de la couche de valence. Un atome complexe possède donc lui aussi des termes S, P, D..., mais à la différence de l’atome mono-électronique il peut en posséder un grand nombre, et il sera nécessaire de distinguer les divers termes de même notation (P, par exemple), en rappelant sommairement la configuration d’où ils dérivent. Ainsi dans le cas des métaux à deux électrons de valence (alcalino-tcrreux), la configuration sp et la configuration pp (ou mieux p2) donnent naissance respectivement aux termes :
- sp S, sp P, p2S, p2 P, p2 D (2)
- Nous verrons bientôt que les termes sp P et p2 P se distinguent par une propriété essentielle : les termes qui se combinent à l’un ne peuvent se combiner à l’autre.
- (.4 suivre). Léon Bloch.
- DEUX NOUVEAUX SYSTEMES DE PHOTOTÉLÉGRAPHIE
- La phototélégraphie, qui permet la transmission des textes écrits, dessins, ou photographies à grande distance, est entrée depuis longtemps déjà dans la pratique industrielle. La plupart des grands journaux d’information et des grandes agences possèdent désormais des récepteurs phototélégraphiques ; dans les principaux bureaux de poste français, il y a des services de transmission de belinogrammes à la disposition du public.
- Ces progrès industriels ont été rendus possibles par les perfectionnements du système d’exploration des images, tant à la réception qu’à l’émission, et des dispositifs de synchronisation, et, enfin, grâce à la normalisation réalisée par des accords internationaux qui rend aisées l’émission et la réception avec des appareils de marques différentes.
- La transmission s’effectue par fil, ou encore très souvent par l’intermédiaire des ondes hertziennes. L’image à transmettre est enroulée sur un cylindre tournant à
- vitesse constante et se déplaçant d’un mouvement transversal régulier sous l’action d’un moteur synchronisé.
- Elle est explorée par un faisceau lumineux; après réflexion, la lumière modulée par chaque élément de l’image agit sur une cellule photo-électrique. On module, d’ailleurs, à fréquence constante, les courants continus provenant de la cellule en agissant sur le faisceau lumineux de balayage au moyen d’un disque tournant perforé. Le courant produit est ainsi un courant alternatif à fréquence constante, modulé suivant les différences de teintes des éléments de l’image.
- A la réception, on retranscrit les éléments de l’image avec une lampe à luminescence ou une cellule de Kerr sur une feuille sensible portée par le cylindre reproducteur actionné en synchronisme parfait; on emploie à cet effet des diapasons entretenus électriquement.
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- UN NOUVEAU SYSTÈME DE TRANSMISSION PHOTOTÉLÉGRAPHIQUE PAR T. S. F.
- Les transmissions phototélégraphiques par T. S. F. se heurtent évidemment à des difficultés qui sont dues aux irrégularités mêmes de la propagation des ondes hertziennes, et spécialement des ondes courtes, seules employées pour les transmissions à grande distance.
- En dehors des effets parasites provoqués par les perturbations atmosphériques, sinon industrielles, on constate des variations d’intensité plus ou moins rapides auxquelles on donne généralement le nom de fading, et qu’on suppose provenir des irrégularités de réflexion des ondes sur la couche ionisée qui entoure la terre. Malgré l’emploi de systèmes compensateurs, il est bien difficile d’obtenir des images phototélégraphiques de densité photographique constante.
- Les établissements Belin, constructeurs français spécialisés en la matière, et dont nous avons déjà eu l’occasion de signaler l’émetteur portatif, ont réalisé récemment un nouveau système de transmission qui semble devoir éliminer presque complètement cet inconvénient grave.
- Dans ce dispositif, on remplace à l’émission les signaux d’intensité variable modulés comme nous l’avons indiqué plus haut, par des signaux d'intensité constante, mais dont la durée est variable en fonction de cette intensité. On a ainsi, en quelque sorte, une modulation, non en intensité mais en durée, et on travaille par « tout ou rien ».
- L’intensité des signaux incidents ne doit pas cependant varier dans de trop grandes proportions; l’affaiblissement doit être inférieur à quelque 70 pour 100, pour que le courant amplifié ne tombe pas à zéro.
- Ainsi, il faut encore utiliser les dispositifs antifading dans le récepteur, de manière à réduire les affaiblissements de l’onde porteuse du transmetteur. Tous les signaux sont alors enregistrés, et c’est leur durée qui permet de se rendre compte de l’intensité du signal émis. Le document reçu se présente sous une forme tramée: c’est la grosseur de chaque point qui est fonction de la teinte du document original transmis.
- Comme dans le système classique dont nous avons rappelé le principe, le synchronisme est assuré au moyen de diapasons entretenus électriquement. Le document à transmettre est éclairé par un faisceau de lumière à fréquence constante, et le courant obtenu est amplifié par un amplificateur à transformateurs.
- Au lieu de transmettre directement le courant résultant d’intensité variable au système modulateur du poste d’émission, on le redresse et on l’envoie dans un oscillographe (fig. 1).
- Le miroir de cet oscillographe est éclairé par un faisceau lumineux concentré par un système optique, comportant un diaphragme carré de quelques millimètres de côté.
- Le faisceau lumineux vient se briser sur un miroir
- tournant à facettes qui le réfléchit, de telle sorte que l’image du diaphragme vient balayer un certain nombre de fois par seconde, une gamme de teintes réalisant la variation d’intensité.
- Le faisceau lumineux de balayage, dans son mouvement alternatif, dépasse ainsi légèrement la largeur maxima de cette bande transparente qui porte une ouverture de forme circulaire. Par son mouvement rotatif, le tambour à miroir de l’oscillographe change la direction du faisceau, et ce dernier vient ainsi, suivant la valeur du courant reçu par l’amplificateur, rencontrer cette gamme des teintes de haut en bas, de h vers h'. Le courant est, d’ailleurs, réglable pour éviter que le faisceau déborde en haut ou en bas.
- De cette manière, il se produit derrière l’échelle des teintes, des sortes d’éclairs lumineux séparés par des intervalles de temps égaux, mais dont la durée varie suivant la position du faisceau lumineux sur l’échelle; on réalise donc bien la transformation d'amplitude
- variable en durée variable. Pour retraduire électriquement le phénomène, on place une cellule photo-électrique de la manière habituelle derrière la gamme des teintes. Cette cellule est reliée à l’amplificateur à courant continu qui comrnande le fonctionnement d’une lampe hétérodyne oscillatrice produisant un courant permettant de moduler le poste d’émission.
- A la sortie de l’amplificateur, l’amplitude du courant de commande est réglée de telle sorte que le courant de modulation passe brusquement de zéro à sa valeur maxima, et la fréquence des oscillations de l’hétérodyne est suffisante pour que les points les plus fins de la trame soient traduits au moins par 3 périodes; pratiquement la fréquence adoptée pour les oscillations est de l’ordre de 4000 pér/sec.
- On choisit le sens de commande de l’amplificateur à courant continu de telle sorte que les émissions de courant à fréquence musicale correspondent aux intervalles entre les points. Les points se traduisent au contraire par des silences.
- Miroir
- Oscillographe osc/pa n t
- Cellule
- vers poste radio émetteur
- Lampe
- d'éclairage
- Amplifie iteur
- Amplificateur à courant continu
- et redres seur
- 7 !
- Si Gammes de teintes y\Miroir tournant à facettes
- Système
- optique
- Gamme des teintes
- Cylindre de
- _____fbsition du spot
- i-----Ecran
- Limite de balayage
- Balayage de la gamme des Le/nies
- Fig. 1. — Schéma du nouvel appareil phololélégraphique Belin.
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- Au poste récepteur, les courants de T. S. F. incidents sont redressés et envoyés sur un oscillographe enregistreur bifilaire de fréquence propre élevée, de l’ordre de 10 000 pér/sec. Le faisceau réfléchi par le miroir de l’oscillographe agit au repos sur une fente derrière laquelle un système optique concentre la lumière sur le papier photographique.
- Dès qu’un courant redressé agit sur l’oscillographe, le spot lumineux s’éloigne de la fente, ce qui se traduit par un blanc photographique, quelle que soit l’importance de cet éloignement, faible ou grand, et, par conséquent, l’amplitude du courant correspondant.
- L’action des parasites ne peut ainsi se traduire, même à la position de repos du spot, que par une diminution de surface du point enregistré. 11 est, d’ailleurs, possible d’inverser le sens de commande de l’oscillographe, de manière à obtenir directement, soit un positif, soit un négatif.
- Dans ces conditions, les variations d’intensité dans le rapport de 20 à 3 à la réception ne peuvent laisser aucune trace visible sur l’image enregistrée. La durée de transmission d’une épreuve avec la trame normale adoptée, constituée par des points espacés de 1 mm, est de l’ordre de 10 mn. Avec une trame plus fine, la durée est augmentée, ou inversement, elle est diminuée avec une trame plus grossière.
- Il s’agit là d’un appareil vraiment industriel prévu presque entièrement avec alimentation par le courant alternatif d’un secteur, et qui a déjà permis d’obtenir de remarquables résultats pratiques. D’ailleurs, désormais, un grand nombre des photographies transmises par T. S. F., et publiées dans les journaux quotidiens, tels que Paris-Soir, sont transmises à l’aide de ce système (fig. 2).
- UN DISPOSITIF SIMPLIFIÉ DE PHOTOTÉLÉGRAPHIE
- Dans tous les appareils industriels de phototélégraphie actuels, la réception des images est effectuée par des procédés photographiques sur papier sensible. Dans les appareils primitifs, pourtant, on employait des procédés électro-chimiques.
- On se rappelle qu’on avait tenté de réaliser en France des émissions d’amateurs avec des appareils récepteurs de ce genre, comportant un cylindre sur lequel on enrou lait un papier imprégné d’une solution de ferro-cyanure, par exemple. Une pointe métallique venait explorer toute la surface du papier au cours de sa rotation, et elle était reliée à un dispositif redressant le courant recueilli par un récepteur de T. S. F. L’électrolyse provoquait l’apparition de différentes teintes qui recomposaient l’image transmise.
- Ces essais n’ont pas eu grand succès. Les images transmises ne présentaient pour la majorité des amateurs qu’un intérêt assez faible ; le système avait en outre l’inconvénient d’exiger un papier qui demandait une préparation spéciale avant chaque réception.
- Un ingénieur américain, C. J. Young, de la R. C. A. Victor Company, a mis récemment au point un dispositif simple et ingénieux qui semble permettre la réception facile et sûre des images phototélégraphiques.
- Dans ce système, on utilise simplement du papier carbone de machine à écrire et un appareil reproducteur électromécanique actionné par le courant redressé qui appuyant sur le papier carbone, trace sur une feuille de papier enroulée sur un cylindre tournant à vitesse constante les éléments de l’image.
- L’idée est déjà ancienne, mais les dispositifs réalisés n’avaient pu donner de résultats pratiques, parce qu’ils comportaient simplement une pointe reliée au traducteur électromécanique, et qui venait appuyer plus ou moins fortement sur le papier carbone. Ce dernier se déchirait facilement, et, d’ailleurs,, l’imprécision de la surface sur laquelle s’effectuait la pression ne permettait pas d’obtenir des résultats satisfaisants.
- Dans le nouveau système de M. Young, la pointe imprimante est remplacée par un système de rouleau et de règle.
- Le rouleau est muni d’une spirale de corde à piano qui l’entoure, et qui est fixée légèrement sur sa surface. Une barre d’impression parallèle à l’axe du cylindre entraîné par uni moteur à vitesse constante en synchronisme avec le moteur de l’émetteur est parallèle à l’axe du cylindre; elle est reliée à un dispositif traducteur électromécanique connecté au récepteur. Entre la barre et le cylindre portant la spirale en fil d’acier vient s’appliquer une feuille de papier et une( feuille de carbone se déroulant d’un mouvement de translation continu de vitesse très réduite; la largeur de la bande est celle de la barre d’impression (fig. 3)
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- Lorsque le système est en mouvement, le point de contact entre la barre d’impression, la bande de papier carbone, la bande de papier blanc et l’hélice de fil d’acier varie constamment, de sorte qu’au bout d’un tour du cylindre, toute la largeur de la bande a été explorée; en même temps, la pression de la barre sur le papier carbone varie suivant l’amplitude des signaux reçus. On reconstitue ainsi par lignes l’image à transmettre, et il y aura autant de lignes reconstituées que le cylindre fait de tours.
- Le cylindre portant la corde à piano est maintenu en synchronisme avec l’appareil de transmission comportant, comme à l’habitude, un cylindre, un système d’éclairage explorateur, et une cellule photo-électrique. La bande de papier a une largeur de 21 cm et l’hélice se déplace de 3 cm par minute. Le cylindre tourne à une vitesse de 120 tours par minute de sorte que l’image comporte une quarantaine de lignes par centimètre, ce qui est suffisant pour obtenir une bonne transmission. D’ailleurs, la vitesse de transmission correspond à une vitesse de transmission télégraphique de 100 mots par minute.
- Ce système ingénieux et simple est surtout employé industriellement pour la transmission des cartes de prévisions météorologiques, entre les stations et les navires. On a pu transmettre dans de bonnes conditions une carte de ce genre entre la station américaine de Rocky-Point et un navire se trouvant dans le port du Havre.
- La réception des signaux radiotélégraphiques ordi-
- Dèplacement du papier
- Papier blanc
- ~Papier carbone
- i Barre d'imprès-vision
- Point de contact "
- Hélice ^ d'exploration
- ^Barre
- d/mpression
- Moteur agissant sur fa barre Pivot-
- Papier blanc
- / Papier carbone
- Fig. 3. — Principe de l’appareil récepleur Young.
- naires est souvent difficile par suite des troubles produits par les appareils industriels ou les parasites atmosphériques. L’inventeur a même songé à utiliser son appareil pour la radiotélégraphie dans des cas spéciaux lorsque la réception ordinaire au son est rendue difficile.
- P. H.
- LES MACHINES A PRÉDIRE LES MARÉES11
- L’ample et majestueuse oscillation périodique des marées a excité dès l’Antiquité la curiosité des savants et suscité les hypothèses les plus bizarres.
- L’idée d’une cause interne du mouvement semble avoir d’abord séduit les philosophes : la Terre était un véritable être vivant et les marées se présentaient comme la respiration de cet animal ! Platon attribuait la marée aux oscillations de masses d’eau souterraines enfermées dans des cavernes en communication avec la mer; cette opinion était encore celle de Strabon trois siècles plus tard... et Képler lui-même devait s’y rallier, découragé par l’immensité du phénomène qui ne se laissait pas enfermer dans une explication unique.
- L’illustre Pythéas de Marseille, célèbre par son périple de « Thulé », nota dès le ive siècle avant Jésus-Christ une certaine concordance entre l’amplitude des marées et les phases lunaires. Posidonius, l’un des maîtres de Cicéron, poussa même beaucoup plus loin, au Ier siècle avant Jésus-Christ, cette théorie, puisqu’il nous a laissé un tableau des concordances observées entre les varia-
- 1. Voir notamment : Fichot, Les marées el leur utilisation industrielle (Gauthier-Villars) et la publication spéciale n° 13 du « Bulletin du Bureau international et hydrographique de Monaco », par le lieutenant de vaisseau Bencker.
- tions diurnes, mensuelles et annuelles de la marée avec les mouvements de la Lune et du Soleil. Posidonius opérait sur les côtes d’Espagne et l’on s’est demandé s’il n’avait pas eu connaissance des observations de l’astronome babylonien Séleucus sur l’océan Indien.
- Le moyen âge ne nous a rien légué de bien précis sur les marées. Il est probable que les navigateurs disposaient de petits almanachs empiriques; il existe une table anglaise datant du xine siècle et donnant gros-sièremerrt l’horaire des marées à London Bridge.
- A l’aube de la Renaissance, les opinions restent divisées. Scaliger, Bacon, et même Képler qui a varié dans ses théories, optent pour une attraction de la Lune, mais Galilée tient les attractions externes pour rigoureusement inopérantes. Selon lui, le double mouvement de la Terre : rotation diurne sur elle-même, circulation annuelle autour du Soleil, suffit pour expliquer les oscillations de la masse liquide. La théorie complète de l’inertie, les notions de Coriolis étaient évidemment encore lointaines et il est assez piquant d’observer que l’explication de Galilée reste inchangée si l’on suppose le mouvement annuel rectiligne et uniforme !
- C’est à Newton, en définitive, que revient l’honneur d’avoir fixé les bases de la théorie moderne des marées, simple annexe très spéciale du grandiose système de
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- l’attraction universelle. La mécanique des fluides, toutefois, était encore trop peu avancée à cette époque, pour permettre à Newton d’en tirer toutes les conséquences : ce fut le grand Laplace, puis lord Kelvin et sir George Darwin qui devaient fournir une mise au point à peu près complète.
- Est-ce à dire que la théorie actuelle, qui fait entrer en ligne de compte les attractions différentielles des astres et les lois complexes de l’hydrodynamique, soit entièrement satisfaisante et définitive ? Non, sans doute, et nous sommes bien loin, ici, de la rigueur qui a présidé au calcul des mouvements planétaires. C’est que les astres, pour ces calculs théoriques, peuvent être supposés
- meux « problème des trois corps » dont il a apporté la solution. Mais, dans la pratique, une explication totale du phénomène des marées par le calcul dépasse infiniment les possibilités humaines : on serait conduit à une schématisation excessive du contour des océans et les résultats obtenus perdraient, avec leur précision, toute leur utilité.
- De là, dans cet étonnant problème des marées, cette abdication inattendue de l’intelligence pure qui fait que l’on préfère aujourd’hui confier la prédiction de ces marées à des machines intégrantes capables, par une extrapolation légitime, de déduire les heures et les amplitudes des marées à venir des observations d’heure et
- Fiy. 1. — La grande marée d’équinoxe à Whitley Bag, sur la côte du Northumberland.
- réduits à un point matériel occupant leur centre, tandis que l’océan se présente avec son énorme amas de molécules, fluide, dense et incompressible, réparti dans le bassin complexe des rivages et une telle réalité physique échappe à toute expression mathématique complète.
- NÉCESSITÉ DU CALCUL MÉCANIQUE
- Henri Poincaré est allé le plus loin dans cette voie; il a vaincu toutes les difficultés mathématiques et prouvé que la solution, théoriquement, existe. C’est sans surprise que l’on trouvera ici le nom de ce grand mathématicien si l’on songe que le problème de l’attraction d’une molécule d’eau par les astres se rattache étroitement au fa-
- de niveau faites, en un même lieu, sur les marées du passé.
- Mais il importe de remarquer que, seules, les études théoriques légitiment cette extrapolation comme seules elles nous enseignent que l’onde périodique, prodigieusement complexe, de la marée réelle peut être décomposée harmoniquement en un certain nombre d’ondes sinusoïdales élémentaires; ondes conformes, assurément à la série de Fourier mais conformes aussi à la réalité des causes physiques : attractions des astres, forces centrifuges provenant des rotations multiples du globe, qui interviennent pour soulever, puis laisser retomber sur nos rivages le blanchissant manteau de la mer.
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- Fig. 2. — Planisphère montrant la distribution mondiale des lignes « cotidales » le long desquelles la marée est « âgée » du même nombre d’heures.
- On aperçoit des points « ampliidromiques » dans l’Atlantique Nord, aux Falkland
- et dans l’océan Indien.
- MARÉES ET RIVAGES :
- LIGNES COTIDALES
- La simplicité relative du phénomène de la marée sur la côte Atlantique de notre pays nous masque la complexité du phénomène général étendu à toute la Terre. Nous recevons, en effet, l’onde océanique directement et de plein fouet sous la forme d’une double onde lunaire (deux marées complètes, par « jour lunaire » de 24 h 50 mn), compliquée, en ce qui concerne l’amplitude, par l’action du Soleil.
- Ailleurs, il en va tout autrement. Sait-on qu’à Doson, plage mondaine du Tonkin, il existe une seule marée par 24 h ? A Tahiti, la marée ne retarde pas, comme chez nous, d’un jour à l’autre mais reste fixée sensiblement aux mêmes heures, en sorte que l’action de la Lune paraît avoir complètement disparu devant celle du Soleil; à Finschalïen, dans l’archipel Bismarck, l’heure de la pleine mer reste sensiblement constante pendant la moitié de l’année mais saute brusquement de 12 h au voisinage de l’équinoxe.
- La distribution générale des marées sur le globe obéit à des lois très compliquées dont le planisphère de la figure 2 donne une idée. Les courbes représentent les lignes cotidales, c’est-à-dire les lieux des points où la marée est « âgée » du même nombre d’heures; on voit que la répartition en est complexe et que nous sommes loin de la distribution simple, à peu près par méridiens, qui serait celle de la marée sur un globe sans terres émergées.
- Les points de convergence, en forme d’araignées, sont particulièrement remarquables; ils sont «amphidromiques», c’est-à-dire que la marée tourne autour de ces points. A une heure donnée, on trouve autour d’un tel point tous les états de la marée, la surface de la mer étant, par suite, gauche ! Un centre amphidromique existe dans l’Atlantique nord, et d’autres dans l’océan Indien; ils sont nombreux au voisinage des pôles par suite de l’accélération centrifuge composée, dite de Coriolis.
- Les phénomènes se compliquent énormément si nous avons affaire à des nappes d’eau peu étendues telles que les lacs, où s’établissent des oscillations relativement rapides (plusieurs par heure) ou seiches. Dans les mers étroites, ces seiches locales se combinent avec les marées proprement dites, et s’il existe des détroits, les courants les plus inattendus peuvent s’établir entre des bassins qui sont le siège de variations de niveau différentes. Les Anciens ont vainement cherché à expliquer le régime extraordinaire du détroit de l’Eu-
- ripe, où le courant s’inverse quatorze fois par jour !
- Le cheminement des ondes de marée sur nos côtes est particulièrement complexe dans le couloir étroit de la Manche et de la mer du Nord. On sait que l’onde de marée arrive par le nord et par le sud des lies Britanniques, donnant naissance à un point amphidromique, donc à marée
- Fig. 3. — Photographie du Tide Predictor n° 3 de lord Kelvin, tel qu’il est employé actuellement au Service hydrographique du ministère de la Marine, à Paris.
- Le volant-manivelle visible au premier plan est entraîné par un moteur; pour le détail
- des organes, voir la figure 10.
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- DOUBLE ASPECT DU PROBLÈME
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- Fig. 4. — Formation d’une double marée par Vattraction différentielle
- de la Lune.
- La Lune et la Terre tournent autour de leur centre de gravité commun C; pour le centre de la Terre, il y a équilibre entre l’attraction lunaire et la force centrifuge, mais il n’en est pas de môme pour les masses d'eau A qui sont plus près de la Lune ni pour les masses B qui sont plus loin. Ainsi naissent deux bourrelets opposés qui sont du reste déviés obliquement par la rotation de la Terre sur elle-même.
- nulle, au large de la Hollande. Par contre, l’interférence des ondes réfléchies par les côtes et les fonds produit un « ventre » colossal à Granville où la marée est peu s’en faut record du monde, avec 15 m de dénivellation verticale. On peut cependant citer des dénivellations de 18 m au Kamtchatka et aux lies Fmley. De très fortes marées se produisent également au fond du golfe de Gascogne, et peut-être est-ce là un effet de la rencontre des ondes réfléchies par les côtes de France et d’Espagne.
- Ajoutons que les marées verticales ne constituent pas la totalité du phénomène; l’attraction des astres s’exerce aussi tangentiellement, dans le sens horizontal, sans préjudice des forces centrifuges composées (dites de Coriolis) provenant de ce que ces divers mouvements s’effectuent sur une planète en rotation.
- Cette action tangentielle prend une grande importance du fait qu’elle s’exerce sur des « colonnes d’eau » extrêmement longues, de l’ordre de plusieurs milliers de kilomètres dans les océans, contre 5000 m seulement en moyenne pour les marées verticales. Par ailleurs, il ne faut pas oublier que l’écorce terrestre elle-même subit des « marées solides », en sorte que nous n’observons que des différences entre la marée liquide vraie et celle du •sol. Dernière anomalie qui n’est point faite pour simplifier l’interprétation des phénomènes !
- Fig. 5. — Superposition des marées lunaires et solaires.
- En haut, les actions des deux astres s’ajoutenu, on a deux marées de vives eaux. En bas, les deux astres sont en quadrature; il existe quatre marées espacées de 6 h, ce qui revient à dire que les deux marées lunaires se présentent seules, mais fortement amoindries par l’influence
- du Soleil.
- Maree N?l
- Vives eaux
- Marée N?2
- Marée N°l
- Soleil
- Au total, l’étude des marées en vue de leur prévision comporte deux aspects, tous deux périodiques et dont les machines d’une part, la réalité des masses d’eau, d’autre part, se chargent d’opérer la synthèse :
- Le premier est l’aspect hydrodynamique : quelles sont les lois des oscillations naturelles, simples et composées, d’une grande masse d’eau ?
- Le second est l’aspect astronomique : à quelles fonctions harmoniques définies (finalement sinusoïdales mais sans que soit exclue l’idée d’une altération séculaire), peut-on ramener l’inlluence des astres ?
- OSCILLATIONS PROPRES DES MERS
- L’histoire mécanique d’un système matériel est entièrement déterminée lorsqu’on connaît, à l’instant initial, sa configuration géométrique et la distribution des vitesses. Encore faut-il, pour que le système soit défini, que l’on connaisse les liaisons internes et externes. C’est bien ce qui fait la difficulté des problèmes d’hydrodynamique, où le système étudié, c’est-à-dire le fluide, possède un nombre infini de degrés de liberté.
- De plus, comme l’a fait observer Cauchy, il est hors des possibilités humaines d’agir localement sur les molécules : on ne peut agir que sur les surfaces limitant le fluide. De là l’introduction de l’empirisme avec la science simplifiée de 1’ « hydraulique » qui suffit généralement aux besoins pratiques.
- Voici, en simplifiant, les principaux mouvements que la théorie assigne à une grande masse liquide soumise à des influences perturbatrices telles que celles du vent et des astres, en conjugaison avec les rotations propres de la planète.
- 11 existe tout d’abord des ondes de masse, appelées aussi ondes de profondeur parce qu’elles intéressent toute la hauteur du liquide ou ondes-marées parce que leur superposition forme les marées réelles. Un point important est que la vitesse de ces ondes dépend de la profondeur; elles ne se transportent donc pas sans déformations dans une mer de profondeur variable.
- Viennent ensuite les ondes de surface, dont le type est la houle. La vitesse de propagation, ici, n’est pas imposée, elle est proportionnelle à la racine carrée de la longueur d’onde et varie par conséquent d’une onde à l’autre. Les molécules d’eau décrivent des circonférences dans un plan vertical, le diamètre de ces circonférences diminuant rapidement (en progression géométrique) vers la profondeur. Il y a là un moyen de se mettre à l’abri, bien connu des commandants de sous-marins.
- Pour les très petites ondes, il existe une longueur d’onde critique de 1 cm 73, correspondant à une vitesse de propagation de 23 cm par seconde, et qui marque une discontinuité due à la capillarité. Au-dessous de cette dimension critique, le groupement des ondes en « trains » devient très différent et l’on dit que l’on a affaire à des rides.
- Contrairement à une opinion répandue, les « ondes de caillou », produites par une perturbation locale, telle qu’un caillou jeté dans l’eau, ne se propagent pas d’un
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- mouvement uniforme mais uniformément accéléré, avec une accélération qui est environ le tiers de g; en même temps, leur profil s’aplatit et la longueur d’onde augmente.
- Si l’on oppose à une série d’ondes telles que la houle une surface verticale, elles se réfléchissent et l’on assiste à la formation d’ondes stationnaires, qui prennent le nom de clapotis si leur amplitude est faible, et de ressac si l’énergie mise en jeu est considérable. Des effets mécaniques extrêmement violents peuvent être produits par des interférences de ce genre.
- « SEICHES » DES LACS
- Cette introduction d’un obstacle vertical nous conduit à l’étude des oscillations des masses d’eau en bassins limités, telles que les seiches que Forel a étudiées sur le lac Léman et que l’on retrouve dans les baies et détroits en communication avec l’océan.
- En gros, on peut dire, ce qui paraîtra paradoxal, qu’il peut exister des oscillations de types différents en nombre infini mais discontinu. Autrement dit, dans l’infinité des mouvements quelconques imposés à un instant déterminé par le vent, par exemple, les amplitudes de presque toutes les composantes sinusoïdales élémentaires s’annuleront par addition ne laissant subsister que certaines ondes sinusoïdales bien définies et caractéristiques de la nappe d’eau envisagée (comparez la
- lig' 7)’
- On conçoit quelle importance cette simplification spontanée des phénomènes présente pour la construction des « machines à prédire », qui ne sauraient posséder, pratiquement, qu’un nombre de coulisses assez limité.
- Sur le Léman, Forel a observé un balancement d’ensemble de toutes les eaux du lac autour d’une ligne joignant Morges à Evian, avec une période de 72 mn; d’autres oscillations présentent deux nœuds formant charnières d’oscillations, leur période étant de 35 mn. 11 existe aussi des oscillations transversales d’une période de 10 mn.
- Toute cause susceptible de déranger l’équilibre de la masse liquide peut, par sa cessation brusque, engendrer des seiches. Citons seulement les vents verticaux d’orage, les vents prolongés, les variations locales de la pression atmosphérique, les secousses sismiques, enfin les éboule-ments : on se souvient de cette catastrophe, encore récente, survenue dans un fjord, où les eaux refoulées par une chute de terrain vinrent envahir un village.
- Outre ces seiches intéressant toute la masse liquide, Forel a pu étudier, au moyen d’un appareil appelé limni-mètre, l’existence de « vibrations » de surface dont la période varie de 20 sec à 2 mn.
- Tous ces phénomènes se reproduisent dans les étendues demi-fermées telles que les baies, les détroits, les estuaires, mais avec une grande complication provenant de la superposition avec les marées générales. Fait paradoxal, il peut même se produire des seiches dans des détroits fictifs, bordés par une rive liquide; ainsi, des seiches transversales ont été constatées sur la rive japonaise du Pacifique, le courant du Kuroshivo jouant le rôle d’une barrière élastique parallèle à la côte !
- Dans le cas, très général, des portions de mer peu
- Fig. 6. — Déferlement des vagues sur des rochers à fleur d’eau. A gauche, se produit une rencontre avec une vague réfléchie.
- étendues, un phénomène capital intervient, celui de la résonance fortuite des oscillations propres avec les ondulations venant du large. 11 peut alors se produire des oscillations formidables, véritables raz de marée, dont les tsurnanis japonais offrent maints exemples.
- Les auteurs japonais et américains ont étudié les seiches des baies de llakodate, Nagasaki, San-Francisco à l’aide de modèles réduits de ces baies immergées dans un bassin rectangulaire où plonge un pendule oscillant; des photographies curieuses ont pu être prises en répandant sur l’eau de la poudre d’aluminium, ce qui fait apparaître les lignes du mouvement.
- Signalons, sans y insister, la grandiose théorie de Harris, qui vise à partager la totalité des océans en bassins séparés où existent des marées soit diurnes, soit semi-diurnes. La résonance joue ici un rôle prépondérant et l’on finit par se demander, avec Harris lui-même, si les ondes-marées, au cours des âges, n’auraient pas contribué à sculpter elles-mêmes leur domaine, les rivages actuels dessinant l’enveloppe des mouvements et des interférences de ces ondes. Il y a là, en puissance, une théorie cosmogonique grandiose et fort différente de celle de We gener sur la « dérive des continents ».
- Fig. 1. — Diagramme montrant que la superposition de deux ondes sinusoïdales peut engendrer une courbe d’aspect complexe.
- J.a courbe résultante est obtenue en faisant en tout point la somme algébrique des ordonnées des deux courbes composantes. (Comparez la disposition vectorielle de la figure 11.)
- Courbe résultante
- Composantes
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- \—Poulies
- Coulisses
- Fig. 8. — Principe des machines harmoniques à prédire les marées. Les coulisses 1, 2, 3... 6 portent des poulies mobiles sur lesquelles passe en zigzag un fil inextensible qui va s’attacher à un style enregistreur. Les coulisses étant animées de mouvements sinusoïdaux communiqués par des manivelles à engrenages, le style inscrit sur un tambour tournant la courbe résultante.
- ACTION DES ce ASTRES LAPLACIENS »
- Reste à envisager l’aspect astronomique du problème, autrement dit les attractions différentielles produites
- Fig. 9. — Détail d’une manivelle sinusoïdale dans le « Tide Prediclor ». La réglette S tourne avec la roue dentée autour du point O; elle porte le bouton A, que l’on peut déplacer à frottement dur pour faire varier le rayon du cercle décrit; ce bouton coulisse dans la glissière horizontale B'B B" rigidement fixée à la coulisse verticale C C' qui monte et descend sur la tige fixe I I'; K K', guide de la glissère B'B B".
- par les astres. Nous le ferons très brièvement afin d’éviter un encombrant appareil mathématique; du reste, l’essentiel est que ces actions astrales sont petites et périodiques, ce qui suffit à justifier l’emploi de l’analyse harmonique et par suite des machines à coulisses pour la reproduction de leurs effets.
- En gros, on peut dire ceci. La Terre et la Lune, pour nous borner à l’action de ce dernier astre, tournent autour de leur centre de gravité commun C, la vitesse de rotation et les distances CT et CL étant telles que les forces centrifuges équilibrent précisément les attractions mutuelles des deux astres (fig. 4).
- Cela est classique... mais exact seulement pour les centres L et T; pour une molécule d’eau située en A, l’attraction AF de la Lune est « trop forte », d’où formation d’un premier bourrelet liquide, et pour une molécule située en B, cette attraction BF' est « trop faible », d’où formation d’un second bourrelet.
- Ainsi s’explique qu’un seul astre puisse produire deux marées opposées. Par contre, on remarquera qu’il s’agit d’une différence d’attraction-, on a donc affaire ici à la différentielle de l’attraction newtonienne, donc à une fonction inverse du cube (et non plus du carré) de la distance. C’est pourquoi l’action lunaire l’emporte de plus du double sur l’action solaire bien que le Soleil produise des attractions beaucoup plus fortes que la Lune à la surface de notre globe.
- Pratiquement, le calcul complet du champ des forces astrales se ramène à celui d’un potentiel dans lequel figurent, par développement en série, les puissances successives d’un certain terme qui est égal, au maximum, à la parallaxe de la Lune, soit 1/60. Par suite, ces puissances décroissent très rapidement et l’on peut se borner sans inconvénient à la seconde.
- De plus, une théorie très ingénieuse (peut-être même trop hardie sur certains points), imaginée par Laplace, permet de substituer aux astres réels, dont l’action est complexe à cause de leur distance variable, de la rotation de leur périgée, etc., des astres fictifs, plus nombreux mais doués de mouvements simples et qui produiraient rigoureusement le même champ de force totale. L’action de chaque astre laplacien est harmonique, donc peut être calculée, soit la plume en main, soit par une machine à coulisse.
- Suivant une image expressive, notre planète avec ses océans tourne à l’intérieur de ce champ de forces comme le rotor d’une dynamo. Mais il ne faut pas oublier que ces forces sont simplement « perturbatrices », c’est-à-dire très faibles vis-à-vis du mouvement énorme des marées réelles que, seule, leur répétition a fini par créer : l’action maxima de la Lune sur une tonne d’eau marine ne dépasse pas 1/6 de gramme !
- DESCRIPTION DU « TIDE PREDICTOR »
- C’est en 1872, après s’être attaché pendant six ans à l’étude de l’analyse harmonique des marées, que sir William Thomson, le futur lord Kelvin, fit construire par la maison White de Glasgow son premier modèle de machine à prédire les marées. L’idée de la sommation mécanique lui aurait été suggérée, dès 1845, par un rapport
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- Contrepoids
- Manivelles
- sinusoïdales
- Engrenage
- Fig. 10. — Schéma d’ensemble du « Tide Predictor ».
- La partie droite de l’appareil (visible fig. 3), avec le tambour et le style, a été supprimée; le style est normalement suspendu à l’extrémité du fil.
- du Rev. F. Bashford, présenté à la British Association, pour la résolution numérique des équations.
- A ce premier modèle, qui opérait sur huit composantes, succéda bientôt une machine construite sous les auspices de la British Association et qui inscrivait la courbe en opérant sur dix composantes. Cet ancêtre est actuellement déposé au musée de South Kensington.
- Le British Tide Predictor n° 3 nous concerne plus particulièrement car il a été acheté par notre Service hydrographique; il est actuellement utilisé, dans les bureaux de la rue de l’Université, pour calculer les annuaires des marées destinés aux colonies des mers de Chine et de l’océan Indien, ainsi que pour prédire d’heure en heure la hauteur des marées à Saint-Malo et à Brest (fig. 3).
- La machine comporte 17 manivelles sinusoïdales reliées par des engrenages cylindriques droits montés sur des arbres gros et courts, ceci en vue d’éviter des torsions nuisibles à la précision.
- La figure 9 montre le détail d’un de ces mécanismes à manivelle sinusoïdale. La réglette S tourne avec l’axe O ; elle porte une fente médiane dans laquelle on peut déplacer à frottement dur le bouton A pour faire varier le rayon du cercle décrit. Ce bouton coulisse dans une glissière horizontale B'BB" invariablement fixée à un manchon mobile CC' qui peut monter et descendre le long de la tige fixe verticale II'. L’extrémité B” est guidée par deux montants verticaux fixes KK'; le manchon CC' se prolonge vers le haut par une tige qui porte une roue mobile à gorge sur laquelle passe le fil d’acier totalisateur.
- Reportons-nous maintenant à la figure 8 qui montre le parcours du fil inextensible disposé en zigzag sur toutes les roues mobiles et sur des poulies de renvoi. On voit que lorsqu’on fait tourner l’arbre de la machine, toutes les roues mobiles se mettent à monter et descendre suivant des fonctions sinusoïdales, le stylet qui est suspendu à l’extrémité du fil prenant un mouvement qui est à chaque instant la somme des différentes fonctions, soit :
- X = S H cos (nt — a).
- Dans cette expression, H (amplitude de l’onde élémentaire) est réglable par déplacement du bouton A avec une précision du dixième de millimètre; a (déphasage de Fonde) est également réglable en faisant pivoter la réglette sur l’axe O.
- La fréquence n de Fonde n’est pas réglable; elle est donnée par le constructeur grâce à un judicieux rapport d’engrenages de façon à approcher le plus possible la valeur réelle, qui est incommensurable : l’erreur au bout d’un an est insensible. La machine est entraînée par un petit volant à manivelle qui fait également tourner le 'tambour d’enroulement du papier; actuellement, on utilise un petit moteur électrique de 1/25 de ch... qui a remplacé un ancien moteur à gaz !
- COMMENT ON OPÈRE
- Voici les travaux successifs que nécessite la prédiction des marées pour un lieu donné.
- On commence par envoyer sur place des opérateurs, qui peuvent être des indigènes sans préparation technique, chargés de mesurer le niveau de la mer de quart d’heure en quart d’heure, durant 15 jours. Cette mesure s’opère souvent dans un puits communiquant avec la mer afin d’éviter les troubles de surface, ou à l’aide de dispositifs à tuyau donnant un niveau moyen (fig. 13). Des enregistreurs dépréssion, que l’on dépose au fond de la mer pendant huit jours, ont été établis pour mesurer les marées au large.
- Les tableaux chiffrés ainsi obtenus sont transmis au service central où l’on commence par en extraire, par le calcul, les indications nécessaires au réglage des manivelles.
- Cette opération demande environ un jour et demi de travail; on peut en donner une idée de la façon suivante
- Fig. 11. — Carie de l'estuaire delà Rance, entre Saint-Servan et Dinard, montrant Vemplacement de divers barrages projetés pour des usines marémotrices.
- C’est un des points où se produisent les plus hautes marées du globe.
- Fhojet di
- LeVeJ
- Projet Beau
- Le Minihic
- Langro/a\
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- (hg. 14). Considérons une fonction périodique composée de la superposition de deux ondes sinusoïdales. Nous pourrons représenter géométriquement cette fonction par la
- Fig. 13. — Principe de la lecture du niveau moyen d’une nappe d’eau agitée.
- On peut aussi utiliser un puits communiquant avec la nappe d’eau par un conduit de faible diamètre.
- longueur OH, projection de la résultante des deux vecteurs inégaux OP et PM qui tournent à des vitesses inégales. Si ces vitesses sont incommensurables entre elles et que nous observions le système un grand nombre de fois, à l’instant où OP se trouve dans une position déterminée, il est clair que le point M occupera toutes les positions possibles sur le petit cercle et que, par suite, la moyenne des projections de PM sera nulle. On obtiendra ainsi la projection vraie OL de OP par simple addition de plusieurs termes dont chacun contient cependant un élément étranger.
- Cette figuration géométrique, qui ne fait que concrétiser la méthode de Fourier, explique la méthode employée, qui consiste à additionner les valeurs brutes du niveau de marée relevées d’heure en heure pendant 24 h : seuls subsistent les termes commensurables entre eux, mais ceci n’est pas un inconvénient car des formules classiques permettent de séparer ce qui revient à la fonction trigonométrique fondamentale ou à ses multiples.
- La machine étant réglée, on la fait tourner durant 9 h, ce qui représente, y compris le temps des réglages et des changements de papier, environ un jour et demi. La courbe obtenue est ensuite mensurée en vue d’obtenir les Chili' res définitifs que l’on imprimera dans les Annuaires; ce dernier travail demande huit jours.
- Vingt-six jours, au total, pour prédire les marées d’une année entière, avouons qu’il n’y a là rien d’excessif ! En faisant tourner la machine un temps suffisant, il serait du reste possible de prédire les marées pour plus d’un siècle.
- On remarquera que les machines décrites fournissent la hauteur horaire des marées, non les heures correspondant aux rnaxima et minima; pour obtenir directement ces heures, il est nécessaire de donner à la machine un nouveau réglage, tel qu’elle fournisse la dérivée première de l’expression représentant la hauteur horaire de la marée.
- PRÉCISION DES PRÉDICTIONS
- 11 existe dans le monde un certain nombre de machines à prédire les marées qui, tout en étant basées sur le même principe d’analyse harmonique, diffèrent sensiblement dans le détail. Le commandant Bencker (loc. citato), en 1926, en cite douze dont une datant de 1924, au Portugal, et un « Tide Predictor » mis en service à Liverpool en 1925.
- Mention spéciale doit être faite de l’énorme « Tide Predictor » Machine n° 2 du Coast and Géodésie Survey, aux Etats-Unis. Cette machine, qui mesure 3 m 30 sur 1 m 80 et sur 0 m 60 pèse environ 1200 kg; conçue d’après le principe de la méthode de Ferrel, elle est établie pour sommer simultanément les termes en sinus et les termes en cosinus et pour tracer la courbe horaire des hauteurs
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- de la mer, qui sont les racines de l’équation obtenues en égalant à zéro la série des sinus.
- Une question que ne manquera pas de se poser le lecteur est celle de la précision des machines. Les marées « obéissent-elles » aux prédictions .’ Il faut avouer que l’on trouve entre les prédictions des dilférentes machines des différences pouvant atteindre 12 cm 5 en hauteur et 10 mil de temps... ce qui est déjà honorable; ces erreurs proviennent des constantes harmoniques différentes adoptées pour le réglage des machines, du nombre différent des ondes suivant les types de machines, des corrections supplémentaires, enfin des défauts mécaniques.
- Comme la comparaison avec les marées réelles serait illusoire à cause de l’importance des facteurs météorologiques : vent, pression atmosphérique, on a jugé que le mieux était de comparer les résultats obtenus mécaniquement à ceux que fournit le calcul plume en main. Dans ces conditions, la précision se révèle très satisfaisante, de l’ordre de 6 cm en hauteur et 1 rnn de temps et c’est là
- 0 HL
- Fig. 14. •— Possibilité d'éliminer une erreur harmonique par sommation. Une fonction périodique est représentée par OH, somme des projections de OP et PM ; on observe les valeurs de OH pour un grand nombre d’instants où OP occupe la même position; si les deux périodes des rotations sont incommensurables, M occupera successivement toutes les positions sur le petit cercle, en sorte que la moyenne des positions de li fournira précisément le point L. La fonction parasite HL se trouve ainsi éliminée.
- la meilleure justification des machines à prédire les marées. Pierre Devaux,
- Ancien élève de l’École Polytechnique
- = LE PROBLEME DE LA MESANGE REMIZ H
- Sans avoir l’art de l’araignée, qui construit comme nid une bourse de soie en Ire des bruyères, la mésange rémiz dont Fabre trace passagèrement le parallèle, nous fait réfléchir sur son architecture.
- Or ce nid décrit en trois pages documentées, le savant de Sérignan l’observe, l’analyse après l’avoir cueilli sur un rameau « de saule, de peuplier ou de verne » et transporté sur la table de son Marinas.
- « Comment s’y prend l’oiseau pour tricoter son bas ? Comment fabrique-t-il un tissu que n’obtiendrait pas l’adresse de nos doigts ? » et qui lui a valu le nom provençal de Débassaire, l’oiseau qui tricote des bas car celui de rémiz lui fut donné par l’ornithologiste polonais darocki en 1821. Plus loin, Fabre ajoute dans sa perspicace description : « Autant qu’on en peut juger d’après l’ouvrage seul — sans avoir vu travailler l’oiseau... »
- Cette bonne fortune, il ne l’a donc pas eue; et j’ose éclairer ses conjectures par des faits observés sur place, ayant eu l’aubaine d’assister, tout au début, au travail de la mésange rémiz, construisant son nid aérien, où mère et œufs seront ballottés, sans casse, durant la ponte et l’incubation, ce qui, au souffle du mistral, doit être à coup sûr gros de risques.
- Donc, le 6 juin 1929, au cours d’une randonnée d’observations ornithologiques en Camargue, je me rendis à un nid dont les constructeurs me parurent d’abord assez craintifs.
- L’endroit était une roubine boisée de tamaris sous lesquels je m’abritai pour suivre les allées et venues des mésanges commençant au nid trouvé; elles transportaient ses matériaux mêmes à un point nouveau, rameau de tamaris où pendait, à 2 m au-dessus de l’eau, tout au bout d’une branchette bifurquée, l’amorce de cette construction.
- La navette des oiseaux était d’environ 40 m, le premier nid situé à 4 m de terre contenait un jeune
- desséché, ce qui me prouvait qu’une première éclosion avait eu lieu et que ces oiseaux se préparaient à élever une nouvelle famille dans ce même printemps.
- Le début du nouveau travail avait consisté à fixer à l’extrémité du rameau des fibres souples et longues,
- Fig. L — Mésanges rémiz construisant leur nid.
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- mais il fallut qu’un geste coutumier de l’oiseau me montrât comment est tressée cette amarre, clef de voûte initiale de l’édifice.
- Des auteurs moins inquiets de la vérité ont écrit : « Le nid, suspendu par sa partie supérieure, etc. ». Mais comment suspendu ? Pas tout fait, je crois ? Alors dites plutôt que vous n’avez jamais vu.
- J’ai vu ceci : au travail, les rémiz ont une sorte de réflexe qui, à première observation, fait penser à un de ces tics que nous observons si fréquemment chez les oiseaux (haussements du corps, écart brusque des ailes, fléchissement sur les tarses). Ici c’est, chaque fois que la rémiz arrive sur la branchette pendante où elle amorce son nid, une rotation, tête en avant, comme celle de l’acrobate qui se prépare à tourner autour de son trapèze, en desserrant très légèrement les mains.
- Habitude significative par laquelle notre oiseau serrait
- V. V
- Fig. 2. — Aspect définitif de Varchitecture de la rémiz.
- une tresse de longues fibres sèches et souples, résistantes, et qui, sous l’étreinte de ses pieds, peu à peu accrue par de nouveaux matériaux, s’enroulait à chacun de ses voyages comme un câble dont l’axe rigide, l’âme en un mot, était la branchette unique de suspension.
- Le bec a pris la moindre part dans ce dispositif préalable, mais bientôt l’épissure nécessite son intervention pour former le début de l’expansion sur laquelle se développera son ouvrage.
- Et toujours, chaque fois qu’il revient, apportant des substances duveteuses comme les aigrettes de roseaux, la bourre du peuplier ou du saule, l’architecte se posera sur la branchette ligaturée sans manquer d’effectuer son petit tour de serrage avant d’aller inférieurement matelasser les intervalles laissés par les fibres libres, tapisser leur relâchement. Progressivement, se formera une sorte
- d’anse renversée vers l’eau, étrier réunissant bientôt les extrémités libres de la ramifie fourchue.
- Sur ce premier bâti qui a l’apparence d’une résille, monte une bourse ovoïde à grand axe vertical et dont la terminaison supérieure comportera longtemps encore deux issues qui se rétréciront petit à petit et dont une seule persistera pour se prolonger en un col oblique assez court et regardant vers l’eau; alternativement, je pou vais contempler le mâle ou la femelle au travail, celle-ci plus terne, lui plus éclatant. Comme les oiseaux habitant les roselières et qui sont ses voisins, le mâle a le corps manifestement roussâtre; la tête et les côtés du cou sont agrémentés de gris clair de même que la nuque avec une marque pariétale noire à là place où la mésange moustache possède, plus localisée, la macule soyeuse qui la différencie et lui vaut son nom.
- Chez la rémiz, la gorge, l’avant du cou et ses côtés blanc-jaunâtre se fondent vite dans le roussâtre des parties inférieures striées de roux plus vif. Le noir réapparaîtra à la queue bordée de blanc ocré. Le dos et particulièrement les épaulettes, tirent sur le brun-rouge. Pendant que je fixais cette description, le petit tisserand, tirant et forant du bec comme un matelassier avec son alêne, accroissait son ouvrage où des matériaux plus bruns évoquaient l’apparence d’un petit essaim d’abeilles; et je ne dis pas que l’aspect farouche ainsi constitué ne fût prémédité par le propriétaire, résolu à rester le maître de son manoir.
- Le cri de l’oiseau : psîî... psîî... est un rappel fréquent mais lorsqu’il s’approche, il se pose avec un psî viu, viu, viu rassuré, gardant pour son inquiétude un szirrr, szirrr aigu.
- A mesure que je prolongeais mon observation, je m’aperçus que l’insouciance du couple pouvait me permettre une expérience : ayant transporté le vieux nid sur la tête d’un grand chardon mort, s’élevant entre la construction nouvelle et un jeune saule qui me cachait, couché sur le dos dans l’herbe haute, je vis l’oiseau, après quelques hésitations ponctuées d’exclamations craintives, se rassurer et venir bientôt continuer à prendre la bourre du vieux nid sur son nouveau support; il s’acharna même à diviser les matériaux par lesquels je l’avais accroché au chardon, jusqu’à le laisser finalement choir dans l’herbe.
- Une ou deux fois même il plongea jusqu’à terre pour continuer son exploitation. Emerveillé par sa confiance, j’allai jusqu’à prendre à la main le chardon lui-même après y avoir à nouveau fixé le vieux nid; ayant tergiversé sur les branches environnantes, pendant que je m’immobilisais à nouveau allongé dans l’herbe, le mâle revint et becqueta longuement à plusieurs voyages, dans les matériaux que je lui tendais.
- Je pouvais contempler la fraîcheur, l’éclat de son plumage et l’élégance de ses attitudes, comme jamais ne le permettront ni la cage, ni les vitrines des musées.
- Le problème de la suspension du bas de laine de la mésange rémiz était pour moi un mystère élucidé. C’est ce complément à leurs connaissances en pareille matière que j’apporte aujourd’hui aux lecteurs de La Nature.
- Roger Reboussin.
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- LA CATASTROPHE DE KRAKATOA EN 1883
- Cinquante-trois ans se sont écoulés depuis la fameuse éruption de Krakatoa restée célèbre dans les annales des grandes commotions volcaniques et peu à peu la vie végétale et animale y reprend dans des conditions que nous croyons intéressant d’exposer.
- Par 6°,09' Sud et 105°,26' Est, dans le détroit de la Sonde qui sépare les deux grandes îles de Sumatra et Java, possessions hollandaises, se dresse Pile de Krakatoa, qu’avoisinent deux autres petites îles, volcaniques comme elle : Verlaten et Sebasi.
- A cette latitude, Krakatoa était, l’on s’en doute, couverte d’une magnifique végétation tropicale, lorsqu’en 1883 elle fut secouée par la plus violente commotion volcanique qu’on ait jamais enregistrée dans les temps modernes.
- Cette île, d’une superficie d’un peu plus de 32 km2, au relief très prononcé, avait son point culminant, le mont Rakata à 816 m de hauteur.
- C’était un cône volcanique qui n’avait pas donné de signe d’activité depuis 1860. On le considérait comme éteint.
- Or, le 20 mai 1883 un nouveau cratère apparut sur une colline haute de 120 m à la partie Nord de l’île et une violente éruption se produisit avec lancement de roches, de laves, de cendres, accompagnée de grondements qui furent entendus à des centaines de kilomètres à la ronde. Pendant plusieurs jours les mêmes phénomènes se succédèrent à de courts intervalles.
- Un nouveau volcan s’ouvrit en juin, rivalisant de violence avec le précédent.
- Le grand cône du Rakata restait toujours calme; mais le 26 août il se mit de la partie; et le lendemain eut lieu l’explosion la plus terrible qu’on puisse imaginer, faisant disparaître les deux petits volcans précédents; la moitié du Rakata s’engloutissait dans la mer tandis que plus de la moitié de l’île était réduite en cendres qui se répandaient dans l’atmosphère. Les détonations furent perçues à Ceylan, en Birmanie, à Bornéo, aux Philippines, en Nouvelle-Guinée, en Cochinchine. Les côtes voisines de Java et de Sumatra furent terriblement dévastées par les matières provenant de l’éruption qui furent même transportées jusqu’à Madagascar. La partie de Krakatoa qui restait était recouverte d’une couche de cendres de 40 m d’épaisseur, de même que l’île voisine de Verlaten dont la superficie s’augmenta d’une partie des matières lancées par l’éruption de Krakatoa.
- La commotion fut si formidable qu’elle occasionna en mer un raz de marée qui se manifesta successivement dans l’Océan Indien, le Pacifique et jusque dans l’Atlantique. D’énormes vagues ravagèrent la côte Ouest de Java, engloutissant 20 villages avec 40 000 habitants. Les ondes sismiques de translation parvinrent aux côtes de l’Atlantique au bout de 48 h. Leur vitesse de propagation jusqu’à l’île Maurice où la grande lame se produisit le 27 août, a été de 270 m par seconde. Elle
- arriva à Port-Louis 5 h 41 mn après l’effondrement principal, avec une hauteur de 1 m 50.
- Dans les îles de Krakatoa et de Verlaten, toute vie animale et végétale avait disparu. Pendant longtemps elles présentèrent l’aspect d’immenses brasiers qu’on apercevait de loin en mer; puis elles ne furent plus que des masses de cendres.
- Les nombreux naturalistes qui visitèrent ces îles, dans la suite, constatèrent l’absence de tout être organisé et la disparition des récifs qui entouraient précédemment ces îles. Seules, sur Sebasi, la plus éloignée du groupe, quelques espèces avaient échappé à la destruction.
- On eût pu croire que c’en était fait pour des siècles de la vie animale et végétale de ces tristes débris. Mais
- la nature, sous cette latitude, est si riche qu’elle devait vite reprendre le dessus ; et les hommes de science purent y faire des observations fort intéressantes qui permirent, moins de 40 ans après la catastrophe, de résoudre certains problèmes de géographie biologique relatifs à la distribution des animaux et des plantes à la surface de notre planète.
- Le principal mérite en revint au Dr Dammerman, du musée de Buitenzorg, dans le sud de Batavia, qui fit à ces îles des visites périodiques et put suivre, presque jour par jour, la progression de leur renaissance.
- La végétation réapparut en premier lieu. Toutes sortes de semences ou de germes végétaux transportés sur les ailes du vent se développèrent dans ce sol particulièrement favorable sous l’influence de la chaleur humide du climat.
- 1Q5°26'Est
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- Krakatoa OU /
- .Sébes
- .Verlaten
- 6°09 Sud
- 91 Rakata 816 T
- Peper
- 1 .du FVince ou Panaitan 4
- Fig. 1. — Carte des îles du détroit de la Sonde.
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- Et sitôt que les premiers éléments de végétation oiïrirent des possibilités de subsistance à quelques espèces animales, celles-ci, transportées par le vent ou par les courants marins, ne tardèrent pas à s’y fixer et à s’y développer suivant leurs nécessités biologiques. D’abord les espèces zoologiques qui vivent des dépôts ou détritus végétaux déposés par le vent en même temps que les germes susceptibles de fructifier; puis celles qui s’alimentent de tissus végétaux vivants; enfin les espèces voraces.
- Aujourd’hui, à Krakatoa et à Verlaten, on retrouve presque toutes les espèces animales conservées dans l’île voisine de Sebasi qui n’avait pas été complètement dévastée et avait gardé une partie de sa faune et de sa llore. Sur un peu plus de 600 espèces zoologiques distinctes, existant encore à Sebasi, on en retrouvait plus de 500 à Krakatoa et plus de 300 à Verlaten, 40 ans après la catastrophe. Comme il est naturel, la plus grande partie consistait en animaux ailés.
- L’examen des animaux sans ailes suggéra au l)r Dam-merman de très intéressantes remarques. En 1908, soit 25 ans après l’éruption, il n’y avait à Krakatoa et à Verlaten aucun mammifère terrestre; mais en 1921 les rats avaient déjà envahi ces îles. Il faut dire qu’ils abondaient dans l’île de Sebasi. Sans doute avaient-ils été transportés dans quelques-unes des embarcations circulant entre les îles.
- En 1908, deux reptiles : un serpent python et une espèce de lézard, tous deux bons nageurs et que j’ai rencontrés moi-même, dans ces parages, souvent assez loin en mer arrivèrent à Krakatoa; en 1921 deux iguanes y débarquèrent, sans doute amenés par un tronc d’arbre Ilot,tant.
- La même année on constata la présence d’insectes aptères : mille-pattes, scorpions et l’on compta plusieurs espèces d’araignées.
- De même on vit affluer des crustacés et des mollusques terrestres, de ceux qui ne supportent pas l’eau de mer, tels, par exemple, les crabes, appelés « tourlourous » à Tahiti où ils abondent.
- On peut d’après ces indices affirmer que les terres nouvellement surgies de l’Océan sont d’abord envahies par les animaux volants; puis les bois dérivant sur la mer constituent un second moyen de transport plus rare
- et plus lent, soumis aux caprices du vent et des courants marins.
- La présence d’espèces terrestres : myriapodes, araignées, crustacés, mollusques, vers, dans une île, avait jusqu’alors été considérée comme une preuve de leur existence avant que des relations fussent établies entre cette île et les grands continents et de nombreuses hypothèses relatives aux continents submergés, à l’ancienneté des terres émergées, etc., s’appuyaient sur l’existence de ces espèces terrestres dans les îles.
- Le docteur Dammerman a pu vérifier parmi les espèces récemment apportées à Krakatoa et à Verlaten quelques-unes très âgées dont la provenance n’a pu être déterminée; mais le fait qu’elles se sont présentées dans l’île en une période de moins de 40 ans vient iniirmer la théorie qui attribuait un grand âge à une île en se fondant seulement sur ce qu’elle contenait des espèces anciennes.
- Ce savant naturaliste hollandais, en suivant le développement de nouvelles espèces à Krakatoa, convient que le temps écoulé depuis le début du repeuplement est encore trop court pour qu’on puisse tirer des conclusions certaines; mais les circonstances se révèlent favorables à l’appréciation de notables effets de l’évolution des espèces.
- Le milieu ambiant créé depuis la catastrophe est neuf, et les espèces qui arrivèrent d’abord et se trouvèrent dans des conditions adéquates à leur existence et à leur développement bénéficièrent de circonstances exceptionnelles pour une rapide multiplication et pour la sélection convenable de toute variété qui pourrait surgir,' plus adaptée à ce milieu. Si, par exemple, l’île de Krakatoa continue à n’être pas habitée par l’homme et à ne pas être cultivée, le rat des champs qui s’y est beaucoup multiplié se trouvera dans des conditions très différentes de celles auxquelles cette espèce est accoutumée et, dans ce cas, il retournera au type sylvestre primitif auquel appartinrent ses ancêtres, à moins qu’il ne se forme une variété nouvelle. Dans le cas de quelques insectes, le Dr Dammerman a déjà pu constater des espèces entièrement nouvelles.
- Souhaitons qu’après les résultats déjà obtenus, les savants naturalistes hollandais puissent continuer leurs intéressants travaux et apporter, avec le temps, de nouveaux résultats de grande importance pour la science.
- E. Choupaut.
- LA CONSOLIDATION DE LA TOUR DE PISE
- La célèbre Tour penchée de Pise vient de faire l’objet de travaux de consolidation particulièrement intéressants, étant donné le caractère historique et artistique du monument. Les ingénieurs se sont, en effet, trouvés devant deux conditions sévères : ne pas altérer l’aspect de la construction et ne pas accéder sous les fondations dont on ignore encore à l’heure actuelle, si elles reposent ou non sur pilotis ! f1)
- Construite par IBonamo, également architecte de la cathédrale, la tour repose sur une couche de sable épaisse de 8 m, recouvrant elle-même une couche de glaise; c’est cette der-
- 1. Voir Schweizerische Bauzeitung du 13 juin 1933 et une étude analogue dans Technique moderne du 15 octobre.
- nière couche, dont Bonamo ignora vraisemblablement l’existence qui serait coupable des affaissements.
- Les premiers mouvements se manifestèrent dès 1174 et la crainte d’une catastrophe complète interrompit à plusieurs reprises les travaux; la cage supérieure, destinée à recevoir une cloche, fut achevée seulement en 1350, environ deux siècles après les premiers travaux.
- Cinq siècles passèrent encore et il fallut bien se rendre à l’évidence : non seulement la tour était inclinée d’environ 10 pour 100 vers le sud, mais cette inclinaison augmentait, preuve d’un inquiétant travail souterrain. Le Prof. Terraghi, à l’aide de documents d’archives, a pu tracer un diagramme
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- donnant l’inclinaison en fonction de l’âge du monument; grossièrement, c’est; une demi-parabole admettant pour axe l’axe des temps, ce qui signifie que le mouvement continue sans arrêt, bien qu’avec une certaine lenteur, depuis le xvn® siècle.
- Vers 1840, pour dégager le,socle enfoui dans le sol, on a creusé autour des fondations un fossé consolidé par des plaques horizontales et un mur de soutènement. Ce travail, exécuté au-dessous du niveau de la nappe aquifère, révéla d’importants suintements mais prouva que les entraînements de sable étaient totalement insuffisants pour expliquer l’affaissement progressif. Le problème consistait à élargir sou-terrainement la surface d’appui de façon à diminuer ta pression unitaire transmise par le sable à la glaise.
- Des mesures préliminaires extrêmement précises, exécutées avec les appareils les plus modernes, furent tout d’abord entreprises pour mesurer les déplacements de la partie supérieure de la tour sous diverses influences ; poussée du vent, dilatation du côté exposé au soleil donnant au monument une forme légèrement en arc, oscillations des cloches, poussée irrégulière des eaux souterraines, température générale suivant l’heure et la saison... et même tremblements de terre !
- La tour pèse un peu plus de 14 000 l ; elle est inclinée dans le plan nord-sud; la pression sur le bord de la fondation sud est très considérable : 10 kg par cm2. C’est là le point dangereux qu'il s’agissait de renforcer.
- Les mesures adoptées furent les suivantes : reconstruction des murs de fondation, approfondissement et renforcement du fossé; le procédé le plus souple étant de pratiquer des injections de lait de ciment mais avec de minutieuses précautions afin d’éviter des effets de « presse hydraulique » risquant de rompre le précaire équilibre de la tour.
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- Au moyen de foreuses à pointe de diamant, on perça dans la maçonnerie de fondation 361 trous inclinés, de 6 cm de diamètre. Le lait de ciment fut injecté sous la faible pression, sévèrement contrôlée d’une demi-atmosphère et jusqu’à concurrence de 932 t; l’injection fut faite d’abord par les trous débouchant à l’intérieur de la tour puis par les trous débouchant à l’extérieur. Ce lait de ciment se répandait sous la face inferieure de la fondation, imprégnant la couche sableuse qui prenait ainsi la consistance d’un monolithe.
- Dans la zone aquifère, sous le socle et autour du socle, on avait installé une série de téléhydromètres indiquant à chaque instant la pression réelle aux différents points. On conçoit que le plan des pressions, ainsi tenu à jour, permettait de connaître à chaque instant la distribution des forces de réaction du sol qui maintenaient l’équilibre du monument. La sécurité était ainsi la plus complète possible.
- On procéda ensuijte à des injections chimiques spéciales, sur une épaisseur de 50 cm, sous les plaques de fondation du fossé et derrière le parement de ce fossé. En quelques heures, on supprima ainsi toutes les venues d’eau et au bout de deux jours, les taches d’humidité disparurent. Des injections de gel sous deux atmosphères de pression dans la maçonnerie de fond de la tour permirent d’assécher également celle-ci.
- Finalement, le sol du fossé, tout autour du socle, fut recouvert par une plaque continue de béton armé, revêtue elle-même de gunite imperméable, de bitume et d’un dallage de marbre. C’est ainsi que les ingénieurs italiens surent unir les ressources de la technique la plus moderne aux aspects décoratifs indispensables dans l’illustre paysage où s’élèvent la tour, la cathédrale et le baptistère de Pise.
- P. D.
- CULTURE INDUSTRIELLE DU LAVANDIN =
- EN PROVENCE
- Le temps où le montagnard partait avant le jour vers les sommets fleuris de lavande, tirant par le licol une mule ensommeillée, nous paraît désormais fabuleux. Partout, en effet, sur les routes des grandes vallées méridionales, le touriste voit, soigneusement alignées, les belles touffes des lavanderaies artificielles, où moissonneurs et moissonneuses coupent sans effort les longs épis.
- Mais le curieux de beaux spectacles abandonne les grands itinéraires et gagne par les chemins de montagne, les sommets de la haute Drôme, du Vaucluse ou des départements alpins du Sud-Est et, du 14 juillet au 15 août, il peut encore s’extasier devant les baïassières, ces landes sauvages où seule la lavande a résisté à l’aridité du sol et à la rigueur du climat. C’est là, dans ces savanes teintes de violet, qu’il fallait, il y a vingt ans, couper les petits épis bleus sous un soleil de feu, puis redescendre les distiller au bord du plus proche ruisseau. Un cueilleur ne pouvait, guère récolter que 60 ou 80 kg de fleurs dans sa journée, maigre butin ! Mais récolte et distillation se faisant à une époque de l’année où les autres travaux agricoles ne sont point urgents, les petits profits obtenus par le concours des enfants, des femmes et des vieillards étaient accueillis avec joie, car ils arrondissaient, sans mise de fonds le maigre revenu annuel du montagnard.
- Dix ans avant la guerre, deux hommes eurent le pressentiment d’une extension possible de cette petite industrie paysanne. C’étaient MM. Lamothe, directeur d’école dans un village de la Drôme, et de Fontgalland, président de l’Union agricole du Sud-Est : ils nous intéressèrent à la question, et dès 1908 nous multipliâmes les conférences en faveur de la culture et de la distillation rationnelles de la lavande.
- Bientôt, les « baïassières » furent améliorées par des labours; des plantations méthodiques furent tentées, et à la veille du conflit international, tout était prêt pour répondre rapidement à une demande intensifiée. Déjà la production était passée de 25 000 kg d’essence en 1908 à 50 000, et les cours de 14 fr à 40 fr. Mais pendant le « boum » commercial qui suivit l’armistice, la demande atteignit 150 000 kg et les prix 300 fr le kg d’essence.
- Cultures et distilleries modernisées accomplirent ce miracle et de 2 millions de francs annuels, le revenu lavan-dier monta à 45 millions.
- Car aucune concurrence étrangère n’était possible : la lavande est une fleur française. Déjà, il y a plus de 2000 ans, cosmètes et médecins grecs faisaient venir de la celtique le nard odorant et peut-être son essence, car il ne s’agissait point, comme on l’a dit, de la rare et nauséa-
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- bonde valériane celtique, mais bien des diverses variétés de lavande et d’aspic. Les « peïrous », alambics de montagne, avaient encore, il y a trente ans, tous les dispositifs du type inventé par les alchimistes arabes et les « abstracteurs de quintessences » médiévaux.
- Depuis des temps immémoriaux on a traité, en Provence, la lavande vraie (ou petite lavande, lavande femelle), poussant au-dessus de 800 m sur les pentes des Alpes méridionales et des montagnes du Ventoux et du Lubéron (et sporadiquement des Cévennes et des Pyrénées) et la grosse lavande, lavande mâle, l’aspic, plus commun sur les plateaux calcaires du Languedoc méditerranéen.
- Il existait cependant, dans les zones intermédiaires, et surtout vers 350 m d’altitude, une grosse lavande, appelée
- Fig. 1. — Baïassière naturelle de lavande vraie.
- badasso, qui était l’hybride de ces deux espèces. Mais elle était négligée, n’existant qu’en petite quantité, et produisant une essence de qualité inférieure et peu appréciée.
- L’essence de lavande vraie (officinale, delphinensis ou fragrans) est fine, douce, fruitée, celle de l’aspic (latifolia) est âcre et camphrée; celle du « badasso » sauvage est forte et incontestablement inférieure à celle de la lavande fine.
- Mais la culture a amélioré l’hybride, et l’essence provenant des cultures n’est pas sans mérite.
- Les grandes savonneries américaines qui, il y a dix ans, adoptèrent l’essence de lavande, n’ont pas été fâchées de lui trouver un succédané économique, capable de faire illusion, au moment où, la concurrence se faisant agressive, il est utile de réduire les prix de revient.
- Fig. 2. — Lavandins sauvages auprès de Manosque.
- Depuis deux ans l’essence de « lavandin » est très demandée et les paysans provençaux, pleins d’entregent, ont entrepris la culture de l’hybride (/ragrans x latifolia) en utilisant leur expérience de la culture de la lavande véritable.
- Lamothe, nous-même, Moure, Fondard et d’autres spécialistes, avons, en effet, publié d’intéressants travaux sur la culture de la lavande et nos travaux ont 'été à l’origine de l’extension de cette industrie, mais la culture du lavandin est l’œuvre spontanée des montagnards et ils y ont parfaitement réussi.
- Les vastes plateaux accessibles aux tracteurs où l’on avait autrefois essayé la culture de la lavande, sont maintenant couverts de lavandin, aux touffes de 1 m
- Fig. 3. — Culture de lavande vraie à Sault-Ferrassières {Vaucluse),
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- de diamètre. Les lavandes, dans ce climat trop chaud, avaient péri pendant la crise de 1929-1932, le lavandin y prospère.
- Nos photographies montrent sa rapide croissance : la première année, les touffes sont séparées par 1 m de terre libre dans tous les sens, la seconde année, on
- des tiges droites de 60 cm (au lieu de 15 à 20 pour la lavande) et un diamètre de 1 m (au lieu de 30 à 40 cm) ; et ceux qui ressemblent à l’aspic : ces derniers ont une tige ramifiée, munie de deux rameaux secondaires formant un angle de 30° avec la tige principale. Les autres formes n’ont guère qu’un intérêt de curiosité.
- L’essence tirée du lavandin à faciès de lavande ne semble pas meilleure que l’autre, et jusqu’ici, les variations de qualités observées semblent plutôt être le fait du terroir, de l’exposition ou des engrais utilisés.
- On s’eflorce d’obtenir une huile essentielle se rapprochant de l’essence de lavande fine; les chimistes se basent sur le titrage en éthers de linalol. L’essence vraie en contient de 38 à 50 pour 100, parfois davantage, en haute montagne.
- L’essence d’hybride titre de 18 à 28 pour 100, celle d’aspic de 3 à 10 pour 100.
- En Crimée, au jardin botanique Nikita, de
- Fig. 4. — Culture de lavandin d'un an à Valdrôme.
- aperçoit à peine les raies, la troisième année, le sol est complètement invisible.
- L’hybride ne portant pas de graine fertile, il a été impossible de faire des semis, comme on le
- Fig. 6. — Culture de lavandin de trois ans sur le plateau de Lauris.
- fait pour la lavande : tous les pieds ont été obtenus des plants spontanés, divisés en éclat et multipliés en pépinières. Quelques champs couvrent 40 ha d’un seul tenant.
- Il existe plusieurs variétés de lavandin; on distingue surtout ceux qui ressemblent à la lavande vraie : ils ont
- Fig. 5. — Culture de lavandin de deux ans à Simiane.
- Yalta, où le gouvernement soviétique a installé une ferme de lavande, les spécialistes ont fait un gros travail de sélection et sont arrivés à multiplier des variétés très riches en essence, cette essence étant à haut titrage en éthers.
- M. Abrial, ex-jardinier de la Faculté des Sciences de Lyon, se livre actuellement à un travail du même genre sur le lavandin et ardéjà trouvé un plant donnant une essence à 32 pour 100 d’éther avec un rendement de 3 kg par 100 kg de fleurs. La multiplication d’une telle variété troublera profondément les conditions actuelles de production et le commerce de l’essence.
- Un hectare de lavande vraie contient 8 à 10 000 plants, il produit 2000 kg de fleurs qui donnent, après distillation, 13 à 18 kg d’essence valant ensemble 2300 à 2600 fr au cours actuel.
- Un hectare de lavandin ne contient que 5000 pieds, mais donne après la troisième année, 6000 à 8000 kg de
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- fleurs pour 80 à 100 kg d’essence valant de 3000 à 5000 fr. Avec le nouveau plant, l’hectare pourra fournir le double ! Ces espoirs théoriques sont (heureusement) souvent déjoués par l’expérience, niais le péril reste réel.
- La prévoyance, en France, et en Provence particulièrement, n’est pas une méthode : lorsque la vente est aisée, tout le monde plante; trois ans après, il y a surproduction, les cours fléchissent, c’est la crise et le lavandier s’adresse à son député pour faire voter des lois de protection... Puis, les plantations délaissées s’étiolent, la récolte devient insuffisante et le cycle recommence. Le lavandin introduit dans le problème de nouvelles inconnues :
- Le lavandin prend, cette année, une partie de la place de l’aspic espagnol défaillant, une partie de celle de la lavande fine, en régression depuis quatre ans (production 80 t annuelles). Il faudra toujours de la lavande vraie pour les parfums, les lotions, les eaux de Cologne et de lavande, mais le lavandin se généralisera en savonnerie.
- Comment réglementer la production pour éviter de nouvelles crises ?
- Ces éventualités ne changent rien à la magnifique réussite des lavandiers provençaux : ils ont accompli joyeusement, au chant des cigales, une oeuvre admirable,
- Fig. 7 et 8. — Distillation rustique avec alambic à feu nu [à gauche) et à la vapeur (à droite).
- il faut tenir compte de sa forte productivité à l’hectare et de sa résistance. Cette année, l’Espagne, qui distille bon an mal an, 100 à 120 t d’essence d’aspic est pratiquement hors de jeu; l’Italie a planté un peu et produit déjà pour sa propre consommation, FIJ. R. S. S. suit son plan agricole en Crimée et au Caucase... (fuels troubles introduiront ces facteurs potentiels sur le marché international des années prochaines ?
- C’est à quoi il faut, songer.
- La consommation mondiale annuelle semble s’étaler autour des chiffres suivants : essence de lavande fine, 100 à 120 t; essence d’aspic, 200 à 250 t.
- dont nos photographies ne donnent qu’une bien faible idée.
- « Il faut aller voir ça » dans les chemins où grincent les charrettes des héros de Giono, dans les grandioses paysages du Verdon, le plus beau canon d’Europe, doté d’une route sans pareille, autour des villages d’un pittoresque indescriptible, à l’ombre des cyprès noirs.
- Le « périple des lavandes » du 14 juillet au 15 août, est incontestablement le plus beau des préludes à une période de vacances au bord de la Grande Bleue.
- R.-M. Gattefossé.
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- LA RADIESTHÉSIE
- Les succès surprenants que connaît aujourd’hui la radiesthésie sont en parfaite harmonie avec l’évolution des idées et des besoins de notre temps. Pendant longtemps la sourcel-lerie se consacra essentiellement à la découverte des eaux souterraines. En un tel domaine, sa technique est fort ancienne. La première trace qu’ait laissée dans l’histoire l’art de la baguetle remonte à Moïse. 11 est bien vraisemblable qu’en fait la Bible nous a, sur ce sujet, conservé une tradition des sujets des Pharaons et sans doute, d’une façon plus générale, des vieilles populations nord-africaines. Pour les nomades des abords du Grand Désert, condamnés à vivre dans les steppes cirçasahariennes encore en voie de dessèchement à l’aurore des temps historiques, l’eau était la plus précieuse des richesses. Rien de plus naturel donc que des peuples archaïques aient sollicité l’intervention des pouvoirs surnaturels pour la découverte des eaux souterraines. Telle est certainement l’origine de la radiesthésie, origine magique qui nous reporte aux temps préhistoriques.
- Des procédés de recherches analogues furent très tôt appliqués à la découverte des matières précieuses. Parmi celles-ci ligurait notamment, aux temps antiques, en Afrique du Nord, l’ivoire fossile. Des gisements pliocènes, particulièrement riches en canines d’hippopotames, furent fouillés jadis par les sujets des Pharaons : des collections de dents fossiles ont ainsi été retrouvées dans des tombes égyptiennes, près d’Antéapolis. Or un texte de Pline nous apprend qu’au Maroc, une outre divinatoire était employée pour trouver dans le sol des défenses d’éléphants : là où l’eau s’écoulait de l’outre promenée à travers la campagne, étaient certainement enfouies des pièces d’ivoire. La découverte d’un squelette de probos-cidien est, sans doute, à la base des récits de Plutarque et de Strabon relatant la trouvaille des gigantesques restes d’Antée, à Tanger. D’une façon générale, le mythe d’Antée paraît avoir été lié à la rencontre, dans le sous-sol, d’ossements fossiles.
- L’évolution des doctrines radiesthésiques étendit peu à peu le domaine de ses recherches, de l’eau aux minerais. Dans l’Antiquité, Moïse, comme au Moyen Age les habitants de la Russie d’Europe et de l’Asie russe, et plus tard, certaines peuplades de la Malaisie et de l’Afrique, utilisaient la baguette à la recherche de l’eau : un tel usage dut même être fort répandu en Europe, puisque Luther se vit dans la nécessité de condamner solennellement la pratique de la sourcellerie en 1518.
- Cependant, en 1630 et en 1640, Jean du Chastelet, baron de Beausoleil et d’Aufïenbach, et sa femme, Martine de Berte-reau, publiaient deux livres : La véritable déclaration des mines du Royaume de France et La restitution de Pluton, où les applications de l’art des sourciers à la prospection des minerais étaient développées tout au long. Convaincus de magie, ils furent enfermés par Richelieu à la Bastille et à Vincennes.
- La radiesthésie avait ainsi désormais étendu son champ d’action aux matières précieuses recherchées avec avidité par la civilisation européenne, et non plus simplement à l’eau, rareté des steppes de l’Afrique du Nord et de l’Asie antérieure : la baguette divinatoire reprenait ainsi les fructueuses traditions de l’outre divinatoire révélatrice des gisements d’ivoire fossile.
- Je ne suivrai pas l’évolution des doctrines radiesthésiques du xvme, du xixe et du xxe siècle; je signalerai simplement l’extension de leur champ d’activité aux pratiques médicales et je rappellerai à ce propos que le pendule des sourciers fut inventé en 1798 par le Prof. Gerboin de la Faculté de Médecine de Strasbourg : de cette époque date la prétention de la radiesthésie à entrer dans le cadre des sciences.
- Bien d’autres pratiques magiques ont été le point de départ de disciplines scientifiques. L’astrologie a insensiblement
- conduit l’homme à l’étude de l’astronomie : les stades successifs du développement de l’examen astral ont été retracés déjà dans de nombreux ouvrages. Il me suffira de rappeler ici que l’habitude d’observer les astres, en vue de prévisions de l’avenir, conduisit à des constatations matérielles, sur lesquelles s’étayèrent par la suite les doctrines astronomiques. Seul, à l’origine, l’esprit d’observation des astrologues et des astronomes différait. Puis, progressivement un fossé se creusa entre la magie et la science des astres : aujourd’hui astrologie et astronomie vivent côte à côte en s’ignorant totalement, fort heureusement d’ailleurs pour la vraie science.
- Les radiesthésistes désirent vivement que leurs doctrines figurent comme une science dans notre domaine intellectuel. Examinons donc les rapports des méthodes d’emploi de la baguette (ou du pendule), avec celles des instruments de physique, réputés comparables à ceux qu’utilisent les sourciers.
- Les radiesthésistes admettent que l’équation individuelle joue un rôle important dans les résultats obtenus par eux : ceci n’est pas très troublant pour un savant, qui sait que toute mesure est soumise à un coefficient d’erreur dû à l’inégalité des facultés des expérimentateurs.
- Mais les mêmes praticiens de la radiesthésie ajoutent que les applications de la baguette et du pendule sont innombrables. Ici nous touchons une objection grave qui peut être faite a priori aux sourciers. Pour qu’un homme d’esprit objectif puisse admettre l’identité des réactions des matières les plus diverses vis-à-vis d’un même instrument, il faudrait démontrer l’identité même de ces réactions et c’est là ce que n’ont jamais pu faire les radiesthésistes.
- Le corps humain, disent ceux-ci, est un appareil récepteur-sensible à tous les mouvements provoqués par les divers courants telluriques : ces derniers subiraient, selon la nature des roches ou des accidents du sous-sol rencontrés sur leur-parcours, des modifications, qui, transmises au système nerveux, engendreraient les réactions détectées par le pendule ou la baguette.
- Il faut d’abord remarquer qu’il est toute une catégorie de courants telluriques bien connus, qui relèvent du magnétisme et sont sans action sur le corps humain. Néanmoins ces courants sont utilisés par les géophysiciens pour déceler les variations de la nature physique des roches, concurremment avec des courants artificiels provoqués par des expérimentateurs électriciens ou séismologues. L’action, sur divers appareils de physique, de masses de fer magnétique, emprisonnées dans le sous-sol, est connue depuis longtemps; jamais les hommes qui habitent de temps immémorial ces contrées ferrifères, n’ont subi par eux-mêmes l’action de telles radiations. Mettez dans les mains d’un homme quelconque une boussole et faites déplacer cette personne à la surface d’un gîte de minerai de fer magnétique, et vous verrez osciller l’aiguille de la boussole, toujours de la même manière, que l’opérateur soit ou ne soit pas radiesthésiste. Donc la radiation tellurique, qui agit sur la boussole, ne passe pas spécialement par le corps de l’homme et n’y subit en tout cas aucune modification due à un facteur individuel.
- Nous connaissons maintenant différentes méthodes physiques qui permettent de distinguer en profondeur les roches constitutives du sous-sol. Par exemple, certaines méthodes électriques sont basées sur l’inégale conductibilité des eaux souterraines, en fonction des plus faibles variations de salure de ces eaux : or, il est démontré que les moindres changements, dans la nature des roches entraînent des modifications quantitatives, très petites d’ailleurs en général, des sels tenus en, solution dans l’eau d’imprégnation des roches. De même, un ébranlement naturel ou artificiel, qui se produit ou qui est
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- provoqué en un point déterminé du sous-sol, se propage avec des vitesses quelque peu inégales, suivant la nature des roches qu’il aura dû traverser.
- Comme on le voit, ces diverses méthodes, véritablement scientifiques, de déceler les variations de nature des roches du sous-sol, ne prétendent point, à l’inverse de la radiesthésie, nous révéler directement l’espèce exacte à laquelle appartient tel ou tel élément du substratum. Par l’intermédiaire de la géologie, la géophysique peut parfois nous éclairer d’une façon précise sur la constitution des masses voisines de la surface d’un compartiment de l’écorce terrestre, mais elle n’affirme pas le faire toujours et en tout cas jamais directement.
- Au contraire, le sourcier nous assure, avec force précisions à l’appui, qu’il y a ici de l’or, là du plomb, ailleurs de l’argent, à telle profondeur et en telle quantité. De même, il détermine les propriétés des terres arables, les graines ou plants qui leur conviennent le mieux, ainsi que les engrais appropriés. Par des processus identiques, il procède à la discrimination des végétaux comestibles ou vénéneux. L’Etat trouverait dans la radiesthésie un précieux auxiliaire pour le contrôle de certains de ses services. C’est ainsi que le douanier augmenterait considérablement ses chances de dépister la fraude aux frontières en utilisant cette technique. Sans doute les lecteurs de La Nature se demanderont-ils comme moi, pourquoi les gouvernements n’utilisent pas encore largement une science aussi polyvalente ? Qu’ils ne croient pas de ma part à une exagération des qualités vantées par les adeptes de cette nouvelle foi. Je reproduis seulement ici quelques-unes des utilisations signalées dans un article publié l’an dernier, sous un nom illustre dans les annales de la radiesthésie, par une revue dont le titre semblerait apporter des garanties de prudence (numéro de janvier 1935 de la Revue du Génie militaire).
- Si les radiations qu’invoque le manieur de baguette existaient réellement, elles ne devraient pas avoir des différences de réactions limitées à certains corps. Si leur variabilité est affectée, d’une manière à peu près identique d’ailleurs, par un élément très peu dense et liquide, l’eau, par un autre liquide extrêmement visqueux et maintenu en tension dans le sous-sol par les gaz inclus en sa masse, le pétrole, et par des matières très denses, comme les minerais de matières précieuses, ou ceux simplement utilisés par l’industrie, cette variabilité devrait également se manifester pour les roches communes dans la nature. Or, jamais un baguétisant ne s’est attardé à déceler le calcaire, le grès, l’argile ou le granité. Le sourcier ne saurait se prétendre soustrait à l’influence de ces roches, parce qu’elles sont très répandues dans l’écorce terrestre ou par ce qu’elles offrent une faible densité : l’eau, qui est plus légère encore, imprègne uniformément en profondeur tous les terrains, notion géologique élémentaire heureusement ignorée des radiesthésistes, dont le système nerveux pourrait être en perpétuelle réaction.
- La radiesthésie fait donc une sélection dans l’ensemble des matériaux constitutifs de l’écorce terrestre. Le sourcier ne réagit qu’en face des matières utiles ou précieuses et reste indifférent vis-à-vis des roches communes, sans intérêt spécial. Ici la radiesthésie nous apparaît comme affectant un caractère psychique, que prétendent lui nier ses adeptes. L’autosuggestion, dont sont victimes les baguétisants, peut d’ailleurs n’entacher en rien la bonne foi des expérimentateurs. Malheureusement, il n’en est pas toujours ainsi.
- L’autosuggestion, en matière de radiesthésie, arrive parfaitement à confiner à la magie. Il arrive même qu’elle se lie à un pouvoir magique. Si ce pouvoir magique est exercé par une haute autorité, les faits qu’elle détermine auront parfois de graves conséquences. Il me suffira de rappeler le souvenir d’un de nos grands administrateurs coloniaux, très féru de
- sourcellerie, qui paralysa quelque peu le développement de la ville où il résidait : refusant tout concours scientifique pour trouver de l’eau dans la région, il recourut à des sourciers, mais n’eut point d’eau pour sa cité. Muté ailleurs, ce fonctionnaire favorisa si bien les sourciers, que l’un d’eux finit par acquérir un pouvoir local considérable, mais ne sut cependant assurer le ravitaillement promis. Dans le domaine militaire, ou en matière médico-pharmaceutique, l’emprise psychique du chef ou du praticien peut être pleine de dangers pour la collectivité : désigner à la baguette des routes d’avions ou des médicaments devant constituer un traitement, sont aujourd’hui pratiques en usage, heureusement limitées à certains milieux
- La Revue du Génie militaire, dans l’article précité, affirme qu’au cours de la Grande Guerre, des officiers ont décelé, par les méthodes radiesthésiques, la situation de chambres de mines. Pour ma part, j’ai vu le général commandant la division dont faisait partie mon régiment, convoquer dans notre secteur un capitaine sourcier, au lieu d’utiliser les services d’un de ses capitaines et d’un de ses lieutenants, géologues connus. Le résultat fut lamentable : le sourcier nous révéla, comme emplacements de vides souterrains, les endroits au-dessus desquels nous faisions des tas de craie pour tromper les aviateurs ennemis sur la position véritable de nos travaux de mines. Voilà un exemple, entre mille, qui permet de préjuger des effets de l’utilisation des officiers sourciers par le haut commandement.
- Si la généralité des données obtenues par les sourciers est déconcertante, l’indifférence de ces expérimentateurs vis-à-vis de leurs instruments n’est pas moins extraordinaire. Moïse se servait d’un bâton d’amandier; nos sourciers employaient, au temps de ma jeunesse, la baguette de coudrier. Aujourd’hui nos radiesthésistes préfèrent utiliser simplement deux brins de baleine ligaturés à une de leurs extrémités par une ficelle. Le pendule employé par eux peut être confectionné au moyen d’un poids quelconque suspendu au bout de n’importe quel fil. Branches de baleine se redressent, pendule tourne, quand l’opérateur passe sur le courant cherché, car il y a partout des courants dans le sous-sol, et seuls ceux qui intéressent le sourcier provoquent des réactions.
- C’est ce matériel simpliste que les baguétisants n’hésitent pas à comparer aux instruments de précision des physiciens, balance ou spectroscope. En admettant même que cette comparaison soit soutenable, le facteur individuel, reconnu prépondérant en matière de radiesthésie, rappelle tout à fait l’effet du coup de pouce sur le plateau de la balance, ou plutôt l’influence qu’exerce la façon de poser ou de lancer l’objet à peser sur ledit plateau, suivant le procédé de certains commerçants.
- Reprenons notre comparaison faite au début de cet article entre l’astrologie et l’astronomie, en l’appliquant au domaine de la radiesthésie et de la physique du globe. La radiesthésie peut-elle être considérée comme une discipline géophysique? Ou bien est-elle, vis-à-vis de la physique du globe, dans la situation de l’astrologie par rapport à l’astronomie ? En fait les procédés des sourciers ne cadrent avec aucun de ces cas.
- L’astrologue déterminait jadis des positions astrales avec une exactitude toute relative, comme le firent les premiers astronomes, qui ne disposaient point d’instruments précis. N’importe qui, s’il possède les connaissances suffisantes, peut vérifier les opérations de mesure faites dans un observatoire d’astronomie ou de physique du globe. Tout le monde, pourvu qu’il ait acquis une pratique satisfaisante, peut utiliser les appareils des géophysiciens.
- Or il n’en est pas du tout ainsi en matière de radiesthésie. Seuls, certains sujets se prétendent aptes à opérer dans le
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- domaine du baguétisant. Les autres sont frappés a priori <l'interdit, parce que, ne possédant pas les qualités neurostatiques nécessaires, ils ne peuvent réaliser les expériences qu’ils souhaiteraient contrôler.
- La science a, par essence, un caractère universel. Puisque certaines personnes instruites n’ont pas la possibilité de reproduire elles-mêmes les expériences faites avec la baguette ou le pendule, c’est que la radiesthésie n’est pas une science.
- Nous pouvons encore nous poser cette autre question : la radiesthésie est-elle un art ? S’il en était ainsi, les opérations des baguétisants devraient être couronnées de succès dans un grand nombre de cas. Voyons s’il en est réellement ainsi. Nous disposons pour étayer notre réponse des résultats d’enquêtes récemment effectuées par des groupements parfaitement impartiaux.
- L’article de conclusion de l’enquête de la Revue du Génie militaire, publié dans le numéro de novembre-décembre 1935, évoque les travaux de Chevreul, qui a reconnu l’inlluence de la vue sur les organes musculaires, eux-mêmes sources déterminantes de l’amplitude des oscillations de la baguette ou du pendule : nous sommes ainsi bien loin de la prospection souterraine, but par définition de la sourcellerie. Le commentateur des réponses reçues par cette revue insiste encore sur les récits de sourciers qui rappellent singulièrement les « récits de chasseurs » par leurs affirmations « extraordinaires ». Le président d’une société fondée en vue d’ « établir des faits d’une façon authentique et certaine et de fournir aux savants, sourciers ou non sourciers, une base sûre » dans leurs recherches, dut bientôt reconnaître l’impossibilité « d’établir authen-liquement des faits de radiesthésie. Chacun, dit-il, a encore présent à l’esprit l’échec total des recherches sur plan quand
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- on a voulu les contrôler sérieusement... Par contre, nous avons observé de près les choses et les gens et nous avons constaté des abus intolérables... On peut lancer des syndicats, financés par des naïfs, à la recherche du pétrole, de la potasse ou de toute autre chose qu’on ne trouve jamais; mais on dépense des centaines de mille francs, voire des millions à creuser un trou ne représentant que quelques dizaines de mille francs... Nous avons reçu des plaintes nombreuses de malades qui ont payé fort cher leur crédulité. » Ainsi parle le président P. Mazières, dans Les capteurs d’ondes, en décembre 1934.
- En somme, la radiesthésie, vieille comme l’humanité, se présente aujourd’hui comme dénuée de toute base scientifique. Les expériences contrôlées ont montré que les résultats obtenus par les radiesthésistes étaient inférieurs en succès aux chances établies d’après le calcul des probabilités. Que des radiesthésistes aient une culture scientifique, ceci ne prouve nullement que la radiesthésie est une science, contrairement à ce que pense une éminence des congrès internationaux de la matière. Qu’un chef de gouvernement omnipotent, lui-même arrivé au pinacle par la « mystique » des masses, soit président d’honneur d’un tel congrès et y convoque son chef de service géologique, ce n’est point là encore un argument bien probant aux yeux des habitants d’un pays de libre arbitre. Ce qu’il faut en France, c’est que la magie, encore fort en honneur dans certains milieux cultivés, sous les formes les plus diverses, soit définitivement bannie des disciplines scientifiques et cesse d’avoir des appuis officiels parmi les dirigeants de l’armée, de la médecine, de l’administration ou de la justice. L. Joleaud,
- Professeur à la Sorbonne.
- LE MOIS MÉTÉOROLOGIQUE
- AOUT 1936, A PARIS
- Mois assez chaud, peu pluvieux et avec insolation à peu près normale.
- La pression barométrique moyenne, ramenée au niveau de la mer, à l’Observatoire du Parc Saint-Maur a été de 765 mm 2, en excédent de 2 mm 7 sur la normale.
- La moyenne mensuelle de la température, 18° 2, est supérieure de 0° 5 à la normale; ce mois, qui dans son ensemble a été un peu plus chaud que d’habitude, s’est, en réalité, divisé en deux périodes bien distinctes; la première, fraîche et pluvieuse, s’est prolongée jusqu’au 14 inclus et a fourni la presque totalité de la hauteur mensuelle de pluie. La seconde, chaude et sèche, a débuté le 15 et s’est poursuivie jusqu’en septembre. C’est à cette dernière période qu’appar-lient le maximum absolu 28° 5 enregistré le 17 ; ce maximum, peu élevé pour la saison, est inférieur de 2° 8 au maximum absolu moyen. Le minimum absolu 10° 4, a été relevé à deux dates différentes, le 4 et le 23. Il dépasse de 2° 7 le minimum absolu moyen.
- Dans la région, le minimum le plus bas s’est produit à des dates variées, suivant les points; les chiffres extrêmes ont été, pour Paris, 9° 8 à Passy le 6, et, pour les environs, 7° 9 à Ville-preux le 30. Le maximum le plus élevé, noté généralement le 16 ou le 17, a atteint 30° 1 le 16 en ville (Jardin des Plantes, Hôpital Saint-Louis) et 31° 3 le 17 en banlieue (Choisy-le-Roi).
- Le total de la pluie recueillie au Parc Saint-Maur, 42 mm 2,
- est en déficit de 23 pour 100 sur la normale. Il a été fourni en 9 jours de pluie appréciable (normale 12) dont les 6 premiers, répartis du 1er au 11, ont donné 38 mm 6 d’eau. La journée la plus pluvieuse a été celle du 1er où les pluies, accompagnées d’orage dans l’après-midi, ont fourni une hauteur d’eau de 17 mm 7. A l’Observatoire de Montsouris, la durée totale de chute, 13 h 12 m. est inférieure de 5,2 pour 100 à la moyenne des 25 années 1898-1922. Hauteurs maxima en 24 heures : pour Paris, 22 mm 5, à l’Observatoire national, du 11 au 12 et, pour les environs, 36 mm 8, à Versailles, à la même date.
- Des orages généralement localisés et peu intenses ont été observés les 1er, 10, 11 et 21. La grêle, mélangée à la pluie, est tombée le 1er à Montsouris et à Sevran.
- Dans la région, les brouillards ont été quotidiens, mais exclusivement matinaux et peu étendus. Obscurcissement le 11, entre 9 h 10 et 9 h 30, à Brévannes et au Mont-Valé-rien.
- On a enregistré à l’Observatoire de la Tour Saint-Jacques, 238 h. 10 de soleil, durée supérieure de 7 pour 100 seulement à la normale. Il y a eu un jour sans soleil (normale 1).
- Au Parc Saint-Maur, la moyenne mensuelle de l’humidité relative a été de 78,1 pour 100, plus forte de 3,4, et celle de la nébulosité de 55 pour 100.
- On y a constaté : 2 jours de gouttes, 2 jours d’orage et tonnerre, 14 jours de brouillard, 10 jours de brume, 22 jours de rosée et 1 jour d’éclairs.
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- SEPTEMBRE
- Mois assez chaud dans son ensemble, à périodes chaudes et fraîches alternées; orageux et pluvieux avec insolation déficitaire.
- La pression barométrique moyenne, ramenée au niveau de la mer, à l’Observatoire du Parc Saint-Maur, 763 mm. 4 est égale à la normale
- La moyenne de la température, 15° 8, présente un excès de 1° 0 sur la normale et classe le mois qui vient de s’écouler parmi les mois de septembre chauds. Le temps qui était chaud dans les premiers jours, s’est rafraîchi du 6 au 9 à la suite de l’orage du 5. Un deuxième refroidissement plus marqué a succédé aux orages du 13 et du 14. Le réchauffement du 18 au 26 s’est terminé par un nouveau et violent orage et les 4 derniers jours ont été franchement froids avec des déficits sur la normale s’approchant de 5°. Le minimum absolu mensuel, 4° 1, le 29 est sensiblement normal. Le maximum absolu, 27° 1, noté le 2, est inférieur de 1° 0, au maximum absolu moyen.
- Les températures extrêmes pour la région ont été de 0° 8 à Vaucluse le 30 et de 30° 7 à Asnières le 2. La première gelée blanche de la saison a été observée le 29, sur plusieurs points de la banlieue.
- Au Parc Saint-Maur, les pluies, plus fréquentes et plus copieuses que d’ordinaire, ont coïncidé sensiblement avec les périodes de refroidissement. Elles ont fourni en 15 jours de pluie appréciable (nombre normal 12) un total de 63 mm 4, en excès de 33 pour 100 sur la normale. La chute la plus impor-
- 1936, A PARIS
- tante s’est produite le 27, et elle a donné une hauteur d’eau égale à 14 mm 5.
- A l’Observatoire de Montsouris, la durée totale de chute, 25 b 55 m, est inférieure de 13 pour 100 à la moyenne des 25 années 1898-1922.
- Haxiteurs maxima en 24 heures : pour Paris 66 mm 0 au square Louis XVI et, pour les environs, 55 mm 0, à Épinay, du 17 au 18.
- La neige, mélangée à la pluie, est tombée le 26, à Montreuil vers 13 h. Des chutes de grêle sans importance se sont produites les 5, 13, 15, 27 et 28.
- Les 4, 5, 6, 15, 20 et 28 des orages généralement faibles et localisés ont été notés sur différents points de la région; les orages les plus intenses et les plus généraux ont eu lieu les 13, 14, 18 et 26. Les brouillards ont été exclusivement matinaux et généralement localisés. Les brouillards épais ont été à peine plus fréquents que de coutume, mais il y a eu trois fois plus de brouillards moyens.
- On a enregistré à l’Observatoire de la Tour Saint-Jacques, 168 h 5 de soleil, durée inférieure de 6 pour 100 à la normale. Un jour sans soleil (normale 2).
- Au Parc Saint-Maur, la moyenne de l’humidité relative a été de 81,6 pour 100 et celle de la nébulosité de 70 pour 100. On y a constaté : 3 jours de gouttes; 7 jours d’orage et de tonnerre; 8 jours de brouillard; 11 jours de brume; 17 jours de rosée.
- Em. Rogeii.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- LAVEUR A GAZ PARFAIT ET ÉCONOMIQUE
- M. le Pr Pozzi-Escot, de la Faculté des Sciences et de l’Institut agronomique du Pérou à Lima, chimiste français, nous communique la note suivante :
- « On cherche souvent à perfectionner le lavage des gaz traversant une solution de réactif. Le simple contact des bulles à travers des liquides, même les plus actifs, est bien insuffisant. Combien de chimistes ont pu s’en rendre compte au cours de leurs analyses. Quand on veut laver ou sécher un gaz il est bien connu que le flacon de Durand, ancien flacon de Woolff perfectionné, doit être monté en longue série. C’est d’autant plus vrai qu’il s’agit d’éléments plus dilués au sein d’un autre gaz. L’acide sulfureux contenu dans l’air devrait être retenu en faisant passer celui-ci à travers une solution d’iode qui l’oxyde et le transforme en acide sulfurique et cependant si le passage n’est pas très lent et même malgré cela une grande part de l’anhydride sulfureux passe sans être capté par l’iode.
- Au cours d’études que j’ai réalisées autour d’une grande fonderie de l’Amérique du Sud, j’ai eu besoin de laveurs, les meilleurs possible; je me suis servi avec satisfaction de laveurs faits en utilisant comme diviseur du gaz, des creusets filtre en verre d'Iéna fritté, disposé comme l’indique la figure, au fond d’un tube de verre servant de flacon laveur. Certes on trouve chez les constructeurs des dispositifs analogues, mais il faut les avoir sous la main. Le creuset filtre d’Iéna en verre fritté est aujourd’hui chose courante, facile même à construire au laboratoire et la grande finesse qu’il donne aux bulles gazeuses est
- des plus favorables à une complète absorption. Le creuset filtre retourne à son usage courant après opération. Je me suis inspiré pour cette réalisation du dispositif de Stratton employant un creuset de Gooch, mais ici les ouvertures sont trop volumineuses et en dirigeant le fond du creuset vers le bas, comme l’indique cet auteur, on obtient de très grosses bulles, au lieu d’un fin brouillard. »
- CONTRE L’EMPOISONNEMENT PAR LES CHAMPIGNONS
- Si les espèces de champignons mortels sont fort peu nombreuses, les accidents dus à leur ingestion se répètent cependant chaque année, par suite de l’ignorance des amateurs qui les ramassent. En attendant que tout le monde se décide à ne cueillir que des espèces dont on soit sûr et à apprendre à distinguer sans confusion les bons et les mauvais champignons, force est de chercher des moyens curatifs de l’intoxication fungique.
- On a proposé en ces dernières années une sérothérapie spécifique et une organothérapie sous forme de mélange d’estomacs et de cervelles de lapins. Voici un nouveau remède qui a le mérite de la simplicité et qu’on peut employer sans aucune crainte.
- Le Dr Léon Binet, professeur à la Faculté de Médecine de Paris et le Dr J. Marek ont injecté à des lapins de la poudre desséchée d’amanite mortelle à la dose très faible de 10 à 20 mgr de poudre par kilog d’animal et ils ont vu, après 8 à 10 h, le lapin fléchir, s’affaisser, puis être pris de crises de convulsions au cours desquelles il meurt, au bout de 24 à 36 h. Ils ont prélevé et analysé le sang de ces lapins et ont constaté une baisse très marquée de sa teneur en sucre. Ils ont alors songé à sucrer le lapin en lui injectant dans une veine du sérum fortement glucosé, et le lapin a survécu. Des résultats du même ordre ont été obtenus chez le chien, si bien qu’on peut se demander si un des remèdes les plus efficaces de l’intoxication par les champignons chez l’homme ne serait pas l’administration de sucre à fortes doses, par la bouche, en lavements et en injections intraveineuses, MM. Binet et Marek n’ont pas encore eu l’occasion d’essayer ce traitement, mais ils recommandent de le faire aux médecins qui se trouveront en présence d’empoisonnés.
- Fig. 1. — Laveur à gaz économique.
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- = CAUSERIE PHOTOGRAPHIQUE11
- CHOIX D'UN APPAREIL : QUEL FORMAT ADOPTER ?
- Au début de ces Causeries (voir n° 2972), nous avons supposé que nous étions tous en possession d’un appareil photographique, sans d’ailleurs faire aucune hypothèse sur ses caractéristiques. Nous nous proposons aujourd’hui de commencer l’examen des conditions que doit remplir notre matériel de « prise de vues ».
- Cette question intéresse au premier chef le futur « amateur » qui ne possède pas encore d’appareil et aussi le débutant qui désire se procurer un matériel plus sérieux que celui essayé jusque-là. Leur embarras est grand pour peu qu’ils consultent — ce qui est logique •— un certain nombre de catalogues. Us sont alors « noyés », si l’on peut dire, sous le « flux» des appareils en nombre imposant, présentés avec des qualités mirifiques, et le « reflux » des formats non moins multiples.
- Mais 1’ « amateur spontané » qui, de son propre mouvement, décide, un beau matin, de se livrer à l’Art photographique, est un être assez rare. Presque toujours, le débutant a été attiré, « amorcé » si l’on peut dire, par le prêt d’un appareil que lui aura consenti un ami; ou bien il aura vu les résultats obtenus par une autre personne ou encore aura obtenu un appareil en prime, etc. Le débutant opère presque toujours avec le premier appareil venu, bien souvent choisi sans discernement; et s’il ne possède lui-même de sérieuses notions, tout au moins théoriques, de photographie, il ira au-devant de nombreux insuccès, parfois causes de découragement.
- Il convient cependant de faire remarquer ici que même « un appareil à bon marché, quand il est intelligemment manié, « permet d’obtenir des photographies aussi intéressantes qu’un « appareil de haut prix et où l’on peut mettre autant d’art;
- « la supériorité de l’appareil coûteux réside dans le fait qu’il « permet d’aborder un plus grand nombre de sujets et d’opé-« rer dans des conditions où le possesseur d’un appareil som-« maire devrait s’abstenir » (2).
- Ainsi nous avons eu plusieurs fois l’occasion de prendre des vues avec un petit appareil à pellicules du format 6x9, vendu 45 fr. Les clichés obtenus avec cette petite chambre ne sont pas rigoureusement nets, c’est vrai, car l’objectif est simple (2 verres collés) ; mais agrandis, ils donnent des paysages charmants, agréables à regarder, avec un certain flou artistique qui en fait de petits tableaux.
- Lorsque l’on désire acquérir un appareil, la question que l’on devrait tout d’abord se poser est celle-ci : « Que vais-je faire avec ? »
- Oh ! je sais bien ce que répondent les débutants, qui, la plupart du temps, s’outillent « à la va-vite » au moment de partir en vacances, par exemple :
- « Mais c’est pour prendre des vues, des paysages, des portraits, etc. » Et l’on fait l’acquisition d’un appareil très petit, léger, peu encombrant que vous recommande le vendeur. Vous voici donc engagé pour un bon temps avec un appareil inconnu, d’un format auquel vous n’avez jamais réfléchi, avec des plaques ou des pellicules de marque trop souvent étrangère et un minimum de notions qui, à votre retour, se traduira par pas mal de déboires, d’excès et surtout d’insuffisances de pose, etc.
- Chaque fois que l’on nous a demandé conseil pour l’acquisition d’un appareil, la première question que nous posons est celle du prix que l’on désire consacrer à cet achat. La seconde est celle du format que l’on voudrait utiliser. Ceci permet déjà de faire un choix parmi les innombrables appareils existants.
- 1. Voir les n°» 2967, 2972, 2974, 2979, 2981, 2983, 2985 et 2987.
- 2. L.-P. Clerc. La Technique photographique, 2e édition, p. 179.
- La question du prix ne peut être traitée ici : disons toutefois qu’il existe toute une gamme d’appareils dont le prix varie de 15 fr à 30 fr pour certains appareils-réclame à plus de 4000 fr. L’amateur a devant lui une belle marge... d’hésitation quand il veut faire un choix !
- Formats photographiques. — Les divers formats photographiques en vigueur s’échelonnent entre le minuscule 24 X 36 mm et le géant 50 X 60 cm. Tout serait pour le mieux si le nombre des formats était nettement limité. Mais tel n’est pas le cas. Nous venons de faire le relevé des divers formats utilisés en photographie et nous les avons réunis dans le tableau de la page suivante.
- Disons tout de suite que ce tableau est certainement incomplet, bien qu’il ait été dressé à l’aide des meilleurs ouvrages et des catalogues de grandes maisons de plaques et de papiers sensibles. Nous avons fait abstraction des très petits appareils pouvant utiliser le film cinématographique de 9 mm, 5 ou de 16 mm.
- Le format le plus petit est le 24 mm X 36 mm, que donnent les appareils de très haute précision (et de très haut prix) actuellement à la mode. Reconnaissons d’ailleurs que l’engouement pour les très petits formats est justifié par diverses considérations sur lesquelles nous aurons l’occasion de revenir plus tard.
- La première colonne de notre tableau donne, en caractères gras, les formats les plus usités en France et en Europe; en caractères italiques les formats stéréoscopiques. La seconde colonne indique les dimensions anglaises et américaines, en pouces. Au total, nous trouvons dans ce tableau 76 formats différents. Cette profusion de formats est stupide à tous points de vue et combien déroutante pour le débutant. Le Congrès international de Photographie, tenu à Paris du 6 au 17 août 1889, sous la présidence de l’illustre J. Janssen, membre de l’Institut, directeur de l’Observatoire de Meudon et ancien président de la Société astronomique de France et de la Société française de Photographie, avait, dans un but de simplification, tenu à limiter le nombre des formats. Il avait adopté pour unité la plaque 18 X 24, la plaque 9 X 12 étant le quart de plaque et avait arrêté son choix sur la série suivante :
- 6 x 9, 9 X 12, 12 X 18, 18 X 24, 24 x 36, 36 X 48.
- Cette succession des formats offrait les avantages suivants :
- 1° Avec la plus grande plaque 36 X 48, on pouvait débiter, sans perte, les formats inférieurs soit 2 morceaux 24 X 36,
- 4 morceaux 18 X 24, 8 morceaux 12 X 18, 16 morceaux 9 x 12, etc.;
- 2° Le rapport des dimensions était alternativement 2 à 3, puis 3 à 4, ce qui donnait le choix entre des formats « longs » et des formats se rapprochant davantage du carré, suivant le genre de travaux que l’on voulait entreprendre.
- Les décisions du Congrès de 1889 n’ont pas été toutes mises en pratique ou n’ont pas toutes survécu. Ainsi le format
- 12 X 18 ne se fait plus — ou n’a jamais été fait •— le vieux
- 13 X 18 ayant victorieusement résisté au temps. Les autres formats du Congrès figurent tous dans les catalogues actuels des fabricants de plaques.
- Cette profusion de formats présente de nombreux inconvénients. Il oblige les fabricants à avoir en stock une provision considérable de plaques ou de papiers préparés et empaquetés à l’avance pour la vente. Si l’on songe que les maisons importantes fabriquent des plaques en plusieurs émulsions (lentes, rapides, extra-rapides, orthochromatiques, panchromatiques, positives à tons noirs ou à tons chauds, sur plaques opales, etc.) et des papiers (à noircissement au jour, d’autres auto-vireurs, puis par développement en gradations : « doux », « normal »,
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- TABLEAU DES FORMATS PHOTOGRAPHIQUES (Plaques, pellicules, papiers, etc.)
- Dimensions en cm. Dimensions anglaises en pouces de 25 mm 4. Diago- nale en cm. Remarques. Dimensions en cm. Dimensions anglaises en pouces de 25 mm 4. Diago- nale en cm. Remarques. Dimensions en cm. Dimensions anglaises en pouces de 25 mm 4. Diago- nale en cm. Remarques.
- 2,4 x 3,6 4,3 Film cinéma de 6,5 X 11 12,8 Pe., Bf., Lu 10 X 12,5 (4 X 5) 16,0 Pl.
- 35 mm 7x11 13,0 Pa. 10X 15 18,0 PL, PeR., Bf
- 3x4 5,0 Pe. 7,1 X 11,5 13,5 Pa. Fi., Pa.
- 4x4 5,6 PI. 7x13 (9,1) PL, Fi. 10,1 x 12,7 4 X 5 16,2 PL, Fi.
- 4x5 6,4 Pe. 7X15 (10,2) Pl. 11X 15 18,6 PL, Fi., Pa.
- 4X5,5 6,8 Bf. 7,25 X 12,5 14,4 Pe. 12 X 16 20,0 PL, Pa.
- 4x6 7,2 Pe. 7,9 X 18,2 19,8 PL 12x16,5 434 X 6 y, 20,4 PL,PeR.,Fi. ,Pa
- 4x6,5 7,6 Pe. 8x8 11,3 PL, Fi. 12x 18 21,6 C. 1889.
- 4,4 X 5,1 i 3/*x 2 6,7 PL 8x9 12,0 PL, Fi. 12x20 23,3 Pl.
- 4,5 X 6 7,5 PL, Pe., Bf., Fi. SX 10 12,8 PL 12,7x 17,7 5 X 7 21,8 PL, Fi.
- 4,5x 10,7 (6,4) PL, Pe., PeR., 8 X 10,5 13,2 PL, Pe., PeR., 13X 18 22,2 PL, PelL, Bf
- Bf., Fi. Bf. Fi., Pa.
- 4 8X7,2 8,6 Pa. 8x 14 16,1 PL, Pe., Bf., 15x21 25,8 PL, Pa.
- 5x5 7,0 Pl. F i. 16,5x21,5 6 y. X 8 y. 27,1 PL, Fi.
- 5x7 8,6 Pa. 8x16 (11,3) PL, Bf., Fi. 18x24 30,0 C. 1889. PL
- 5x7,5 9,0 Pe. 8x18 (1 2) (12,0) Pl. PeR., Fi., Pa
- 5x8 9,4 Pa. 8,2 X 8.2 3% x 3 34 11,6 Fi. 20,3x55,4 8 X 10 32,5 PL
- 6x6 8,5 Pe. 8,2 X 10,7 3 y4 x4 y4 13,4 PL, Fi. 21 X27 34,2 PL, Pa.
- 6 X 6,5 8,8 PL, Fi. 8,5 X 10 13,1 PL, PeR., F i. 24 X 30 38,4 PL, PeR., P a.
- 6X7 9,2 8,5 X 10,7 13,5 PeR. 24 X 36 43,3 C. 1889. PL
- 6x9 10,8 C. 1889. PL, Pe., 8,5 X 11 13,9 Pa. 25,4x30,4 10 X 12 39,6 PL
- Bf., Lu., Fi., 8,5 x 14 16,3 Pc. 27X33 42,6 Pl.
- Pa. 8,5x17 (12,0) PL, Fi. 30X40 50,0 PL, Pa.
- 6X 13 (8,8) PL, Pe., PeR., 9X9 12,7 PL, Pe., Bf. 30,4X38,1 12 X 15 48,7 Pl.
- Bf., Fi. 9X12 15,0 C. 1889. PL, 31X41 51,4 Pa.
- 6,3 X 6,3 2 Yi x 2 y> 8,9 PL Pe., PeR. Bf. 35X42 54,7 Pa.
- 6,3 x 8,9 2 y2x 3 y2 10,9 PL, Pa. F i., Pa. 35x45 57,0 PL
- 6,5 X 6,5 9,2 Pa. 9X 14 3 y. x 5 /, 16,6 PL, Pa., Fi. 36x48 60,0 C. 1889. Pl.
- 6,5 X 9 11,1 PL, Pe., PeR., 9 X 14,7 17,2 Pa. 40 X 50 64,0 PL, Pa.
- Fi., Pa. 9X18 (3) (12,7) PL, Fi. 50 X 60 78,1 PL, Pa.
- Les principaux formats employés sur le continent européen sont en caractères gras, les formats stéréoscopiques en italiques.
- La diagonale du format stéréoscopique se rapporte seulement à l’une des images. Les formats adoptés par le Congrès international sont marqués C. 1889 dans la colonne « Remarques ».
- La colonne « Remarques » donne les principaux articles fabriqués actuellement dans le format correspondant : PL : Plaque; Pe. : Pellicule en bobine; PeR. : Pellicule rigide, film rigide ou encore film positif rigide; Bf. : Bloc-film ou film-pack; Fi. : « Filmcolor »; Lu. : Film en bobine pour photographie des couleurs « Lumicolor »; Pa. : Papier.
- 1. Dans certains appareils, on remplace les plaques 6 x 13 par deux plaques 6 x 6,5.
- 2. — — S x 18 — 8 x 9.
- 3. — — 9 x 18 — 9 x 9.
- « dur », « extra-dur », et sur de multiples supports : papier, carton, en variétés : brillant, demi-brillant, mat, lisse, à grain, velours ; en blanc, en chamois, en rose, en bleuté, en crème, etc.), on a peine à se représenter l’énorme stock nécessaire pour la vente courante.
- Notons encore que tous ces articles se détériorent plus ou moins avec le temps, et l’on aura ainsi une idée des causes qui grèvent lourdement le prix de vente des articles photographiques.
- Que l’on ne s’étonne pas non plus des difficultés de ravitaillement rencontrées au cours des voyages. La suppression d’un grand nombre de formats est donc souhaitable. En tout cas, la création de tout nouveau format devrait être interdite. Et cependant, il en apparaît de temps à autre, généralement adoptés dans des appareils nouveaux.
- Quelques observations s’imposent en ce qui concerne les valeurs de notre tableau. Certains formats sont carrés (4 X 4; 5x5; 6x6; 6,3 X 6,3; 6,5 X 6,5; 8x8; 9 X 9), leur allongement est de 1.
- D’autres diffèrent peu du carré (6 X 6,5; 8x9, etc.).
- D’autres, au contraire, sont très allongés (4 X 6,5, allongement 1,625; 6,5 X 11, allongement 1,69; 8 X 14, allongement 1,75, etc.).
- Considérons en particulier le format 6,5 X 11, très employé dans les appareils à pellicules. Ce format utilise bien mal le champ de l’objectif (fig. 1, à droite). La figure montre la pellicule 6,5 X 11 dans le champ de l’image nette donnée par l’objectif : on suppose ici qu’il n’y ait aucun décentrement possible. Nous ne faisons aucune hypothèse, pour le moment, sur la définition de cet objectif, et nous nous contentons de dire que la surface est bien couverte, jusqu’aux angles. La pellicule 6,5 X 11 a une diagonale de 128 mm. Si l’on calcule la surface qu’elle occupe dans le cercle de netteté de 128 mm de diamètre, pris pour unité, on trouve 0,55. Ainsi la pellicule 6,5 X 11 utilise un peu plus de la moitié de ce que peut donner l’objectif. Une plaque carrée ayant 128 mm de côté (elle correspond très sensildement au format 9x9 (fig. 1, à gauche) intercepte 0,63 du champ net, c’est le maximum possible. Le même calcul fait pour une plaque 9x12 donne 0,61 du champ de l’image nette, toujours supposé s’arrêtant aux angles de la plaque.
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- Ceci revient à dire que, comme il n’est pas possible d’utiliser des plaques circulaires, la plaque carrée est celle qui utilise au maximum (63 pour 100) le champ de netteté de l’objectil, la plaque 8 X 10 en utilise 62 pour 100; la plaque 9 X 12, 61 pour 100, la pellicule 6 1/2 X 11, 55 pour 100 et la plaque 8 X 14, 54 pour 100 seulement.
- Ainsi, la plaque carrée devrait, de préférence, être employée aussi souvent que possible.
- Il est d’ailleurs une autre considération : la mode, nous l’avons dit, est aux petits formats. Comme ils ne sont pas utilisables directement, il faut agrandir les négatifs. Cette façon de tirer les épreuves par agrandissement est, avec juste raison, de plus en plus répandue. L’image entière du cliché est projetée en général, à plat, horizontalement, au moyen d’un agrandisseur vertical, et ici intervient le goût artistique de l’amateur : il va « composer » l’image positive en choisissant dans l’image projetée telle ou telle partie du cliché, à l’exclusion de telle autre. Il fera varier l’agrandissement pour que la partie intéressante de l’image occupe utilement et artistiquement la surface de son papier. L’opérateur aura donc intérêt à utiliser le maximum possible de l’image fournie par l’objectif pour avoir du choix, et ici encore le format carré s’impose.
- On m’objectera que, dans certains cas, il est utile d’employer un format long (vues en hauteur de monuments, rues étroites, etc., ou encore vues en largeur tirées d’un panorama), et que le format carré les tronquerait plus ou moins. Le format carré avec décentrcment permet toutefois, en sacrifiant une partie du sol, d’avoir, en général, une hauteur suffisante dans la plupart des cas.
- La photographie a évolué. Autrefois, on s’ingéniait à composer un joli cliché, bien proportionné et équilibré, que l’on tirait ensuite sur un papier à noircissement direct. Alors le cliché était le but : quand il était réussi, on estimait le résultat atteint, l’épreuve sur papier étant de la cuisine photographique pure.
- Aujourd’hui, le cliché est un moyen et non un but. Le but, c’est l’épreuve finale composée, « mise en pages », au moyen des éléments que fournit le cliché. Ceci est si vrai que des clichés de valeur douteuse, grâce à l’arsenal des papiers modernes, fournissent souvent de très belles épreuves. Au temps de l’albumine et du citrate, ils auraient été « intirables ».
- Nous trouvons la confirmation des idées que nous venons de présenter dans une très intéressante étude de M. Georges Collin sur les « Petits et grands formats », parue dans la Revue française de Photographie (n° 396, 15 juin 1936) (*) : « Calculez, dit-il, les surfaces respectives du cercle de l’image « et des formats courants. Vous verrez que, pour certains, « il arrive que la moitié, ou peu s’en faut, des rayons formant « l’image ne sont pas reçus sur le cliché. Que font-ils sur « les parois de l’appareil, sur les plis du soufflet ? Ne se « réfléchissent-ils pas ? Croyez-vous qu’ils n’ont aucune « action sur la surface sensible ? »
- Et plus loin, M. Georges Collin ajoute : « Notre regard « doit pouvoir se promener librement sur tout ce qui est « devart nous, avec, pour seules limites, le cadre que lui « imposent les possibilités de notre œil. Or, ce cadre n’est « ni un rectangle, ni même un carré; mais c’est un cercle dans « lequel nous pouvons, faute de mieux, inscrire un carré.
- « Eh bien ! dans ce carré où se trouvent tant de choses, trop « de choses même, nous prendrons facilement ce qui nous « intéresse et cela seulement; mais rien ne manquera à notre « sujet, et nous n’aurons pas, ainsi qu’il arrive souvent, la « désagréable surprise de constater que tel élément essentiel « est resté en dehors de la plaque ou de la pellicule. »
- Dans les appareils bien construits figure, pour le moins, un
- 8X10
- Fig. 1. — Partie du champ d'image nette utilisée avec des plaques de
- format différent.
- On a choisi trois plaques ayant la meme diagonale (12e"’,7 ou 12c“,8). Le même objectif peut donc être employé avec ces trois plaques, l’une carrée (9 x 9), la seconde rectangulaire peu allongée (8 X 10), la troisième très allongée (6,5x11). Le cercle circonscrit aux plaques est la limite d'image nette. Nous supposons ainsi que l’appareil n’étant pas muni de décentrement, le cercle d’image nette couvre tout juste la plaque. On voit aisément que le l'oimat carré utilise la plus grande partie possible de la surlace couverte par l’objectif (0,63); le ioimat 8x10 en utilise 0,62 et le format 6,5 x 11 seulement 0,55, soit un peu
- plus de la moitié.
- décentrement en hauteur et, souvent, le décentrement dans les deux sens. Il importe donc que le champ de l’image nette soit beaucoup plus grand que le cercle circonscrit à la plaque. Considérons la figure 2 où l’on a représenté une plaque 9x12 au foyer O de l’objectif. L’appareil étant placé l’axe horizontal, pour une raison quelconque (par exemple, pour photographier un monument élevé), nous sommes amenés à décentrer au maximum, mettons 3 cm en hauteur. Nous monterons donc l’objectif de 0,n,03 et le point O viendra en O,, tel que OO, =0m,03. Les angles de la plaque se trouveront alors juste à la limife «le champ net (*).
- Si nous calculons alors la surface interceptée par la plaque dans le champ de netteté donné par l’objectif, nous trouvons que seulement 0,33 (soit 1/3) du champ sont utilisés.
- Avec le même objectif, travaillant au centre de la plaque, on pourrait couvrir une surface 12 X 16.
- La conclusion sur laquelle nous arrêterons cette « Causerie » sera donc la suivante : de préférence nous adopterons un format utilisant la plus grande partie des données fournies par l’objectif, c’est-à-dire un format se rapprochant du carré.
- Em. Touchet.
- 1. Il est souvent nécessaire de diaphragmer pour conserver la netteté dans les angles.
- Fig. 2. — Partie du champ d'image nette utilisée avec décentrement
- de l’objectif.
- Pour permettre le décentrement, le champ net de l’objectif doit être bien plus grand que la plaque, afin que les angles de celle-ci restent toujours bien couverts. La plaque figurant ici a 9 x 12, et le décentrement OO, est de 0"',03. Dans ce cas, la plaque 9 x 12 n’occupe que 0,33, soit 1/3 du champ d’image nette.
- DECENTREMENT MAXIMUM EN HAUTEUR
- 1. Paul Montel, éditeur, 189, rue Saint-Jacques, Paris.
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- LIVRES NOUVEAUX
- The study of the history of mathematics, par George Sarton. 1 vol. in-8, 113 p. Harvard University Press, Cambridge, Mass. Prix : cartonné toile, 1,50 $.
- L’auteur est bien connu comme historien des sciences et consacre à ce sujet la revue Isis. Dans une leçon inaugurale à l’université de Harvard, dont ce livre contient la substance, il explique son but, ses méthodes et donne à titre d’exemple la bibliographie de l’histoire des mathématiques, classée méthodiquement.
- La dynamo, Théorie et construction des machines électriques à courant continu, par A. Mauduit et C. Lambœuf. 1 vol. 462 p., 190 fig. J.-B. Baillière, Paris 1936. Prix broché : 80 fr.
- La dynamo à courant continu est la plus ancienne des machines électriques industrielles. Elle a provoqué déjà une abondante littérature. Mais les traités qui lui sont consacrés, même les meilleurs, ont vieilli; sans avoir évolué beaucoup au cours des dernières années, la dynamo cependant s’est perfectionnée; mais surtout l’on a acquis une connaissance plus approfondie et plus sûre des phénomènes qui s’y développent. En conséquence de grands progrès ont été apportés aux méthodes de calcul. En particulier l’on doit à l’un des auteurs, M. Mauduit, des études expérimentales qui ont éclairé le problème de la commutation.
- Le nouvel ouvrage tient compte de tous ces importants travaux : il donne un exposé complet et parfaitement clair de la théorie de la dynamo; il explique ensuite, avec tous les détails nécessaires, comment on procède en pratique pour établir un projet de dynamo. Il constitue un excellent traité qui fait honneur à notre littérature technique et rendra de grands services à l’industrie.
- Les grandeurs des unités micetlaires et leurs variations en raison géométrique, par G. Malfitano et M. Catoire, 1 broch. in-8, 61 p. Actualités scientifiques et industrielles. Hermann et Cie, Paris, 1934. Prix : 15 fr.
- Centrosomes et extrusions chromatiques chez les Angiospermes, par Pierre Gavaudan et Yu Chil-Chen. 1 broch. in-8, 48 p., 16 fig., 2 pl. Actualités scientifiques et industrielles. Hermann et Cie, Paris, 1936. Prix : 15 fr.
- Discussion cytologique... chinoise qui ne méritait pas un fascicule.
- Cultura cafeeira, visando a qualidade, par Rogerio de Camargo. 1 vol. in-8, 141 p., fig. Sào Paulo, 1933.
- En 1927, le Brésil fêtait le bicentenaire de l’introduction du caféier. Une campagne pour l’amélioration du café fut alors entreprise qui aboutit à la création d’un service technique du café au Ministère de l’Agriculture. Les résultats obtenus, que ce livre énumère, sont déjà très sensibles : sélection de races, choix et amélioration des terrains de culture, cueillette, décorticage et séchage, propagande agronomique par les écoles, un train-exposition, études biologiques sur la fermentation et les altérations, etc. Cet ouvrage est un programme et une vivante mise au point.
- Les lilas de mon jardin, par Alice Harding. 1 vol.in-16,115 p., 12 fig. Librairie agricole de la maison rustique, Paris, 1936. Prix : 12 fr.
- Grande admiratrice du lilas, habile horticultrice, l’auteur décrit les espèces à fleurs simples et à fleurs doubles, renseigne sur le sol et l’emplacement qui leur conviennent, indique la plantation, la taille, la multiplication, les semis, les greffes et les boutures et signale une greffe particulière sur troène toute récente.
- La lutte contre les parasites et maladies des plantes, par
- Solvay et Cle. 1 vol. in-18, 162 p., 38 fig., 8 pl. en couleurs. Baillière et C‘«, Paris, 1936. Prix : 20 fr.
- Énumération des produits fongicides et antiparasitaires, indication de leur préparation et des précautions d’emploi, puis liste des insectes nuisibles et des parasites des plantes cultivées, avec indication de leur mode de vie, de leurs dégâts et des traitements efficaces. Un dernier chapitre est spécialement consacré aux vins, à la cave, aux fûts, aux bouteilles.
- Les serins domestiques et exotiques, par Mme A. Feuillée-Billot. 1 broch. in-16, 60 p., 4 fig. Librairie agricole de la maison, rustique, Paris, 1936. Prix : 4 fr 50.
- Les amateurs d’oiseaux trouveront ici tout ce qu’il faut savoir des serins : races domestiques et exotiques, races de chanteurs et à beau plumage, métis, sans parler des cages, de la nourriture, des soins, de la capture et du transport.
- Comparaison entre la rythmicité des courants d’action
- cellulaire chez les végétaux et chez les animaux,
- par Daniel Auger. 1 vol. in-8, 101 p., 82 fig. Actualités scientifiques et industrielles. Hermann et Cie, Paris, 1936. Prix : 20 fr.
- Exposé des travaux récents sur les courants d’action cellulaires auxquels l’auteur ajoute ses propres expériences. Il s’en dégage une très grande analogie entre tissus animaux et végétaux.
- La détermination du sexe et l’hérédité, par Émile Guyé-not. 1 broch. in-S, 79 p., 14 fig. Actualités scientifiques et industrielles. Hermann et Cie, Paris, 1935. Prix : 20 fr.
- La détermination du sexe est due avant tout aux hétérochromosomes; elle apparaît ainsi comme un problème de génétique que l’auteur pose avec précision et dont il indique les éléments récemment acquis.
- Contribution à l’étude des propriétés antiseptiques des huiles essentielles et de leur fixation, par Jacques Risler-Coursier. 1 broch. in-8, 53 p. Omnès, Paris, 1936.
- Thèse étudiant la longue durée d’efficacité de l’essence de thym et du thymol.
- Aide=mémoire des indications de l’acupuncture chinoise,
- par le Dr Borrey. 1 broch. in-8, 86 p., 5 fig. Bosc et Riou, Lyon, 1936.
- La médecine chinoise applique depuis plusieurs millénaires l’acupuncture au traitement des maladies. Elle distingue des piqûres plus ou moins profondes et prolongées, des cautérisations, des massages sur un grand nombre de points précis des diverses parties du corps. L’auteur s’est donné la tâche d’énumérer toutes ces thérapeutiques, sans faire appel aux noms chinois ni aux explications qui les accompagnent, de les classer par groupes d’affections et de symptômes et de figurer les points efficaces sur des dessins anatomiques.
- Les hallucinations, par Pierre Quercy. 1 vol. in-16, 179 p. Nouvelle encyclopédie philosophique. Félix Alcan, Paris, 1936. Prix : 10 fr.
- L’hallucination est la perception sans objet. Elle va de tout ce qui s’ajoute à la perception des objets présents : illusions occasionnelles, associations visuelles et auditives, illusions des amputés, en passant par les déformations des souvenirs et les rêves, jusqu’aux hallucinations morbides, neurologiques, toxi-infectieuses, hystériques, délirantes, et jusqu’aux hallucinations des mystiques. L’auteur s’appuie sur ses observations, essaie de les grouper et de les classer et aboutit à orienter les recherches vers trois ordres d’études : la vision, le sens de l’espace, du réel et de la présence, les philosophies idéalistes et mystiques.
- L’imagination, par Jean-Paul Sartre. 1 vol. in-16, 163 p. Nouvelle encyclopédie philosophique. Félix Alcan, Paris 1936. Prix : 10 fr.
- L’image a été considérée comme un contenu psychique inerte d’une synthèse psychique. En fait, elle ne peut entrer dans le courant de la conscience que si elle est elle-même une synthèse ayant une forme et une structure. L’image est un acte, un certain type de conscience, et l’auteur le montre en passant en revue les grands systèmes métaphysiques, en soulignant les contradictions de la conception classique et en s’appuyant sur les travaux d’Husserl faisant de la psychologie une attitude naturelle, un réalisme spontané.
- Radiesthésie, science et morale, par le Dr Robert Rendu. 2e édition, 1 vol. in-16, 73 p. Librairie Camugli, Lyon, 1936. Prix: 5 fr.
- La Nature a déjà résumé (n° 2970) l’expérience suggestive organisée par l’auteur et qui aboutit à un fiasco retentissant. Cela n’a guère réduit jusqu’ici ni le nombre des publications enthousiastes, ni la vague de crédulité en faveur de la radiesthésie. Le voici qui revient à la charge justement et sévèrement. Il montre que dans les succès bruyamment annoncés, il n’y a rien de véritable ni de scientifique et que les radiesthésistes se refusent au contrôle des faits ou expliquent leurs pires erreurs par des raisons inconscientes ou trop faiblement conçues. Mais il y a plus grave : la radiesthésie est dangereuse pour les malades, pour la justice, pour la religion et il serait à souhaiter tout au moins que le clergé ne s’occupe plus de telles pratiques.
- La vie dictée par la science, par les Dr* Macaigne. i vol. in-16, 197 p. Amédée Legrand, Paris, 1936. Prix : 10 fr.
- Dans une forme simple et aisée à comprendre, les auteurs expliquent qu’une vie normale, saine et heureuse, exige une culture scientifique basée sur l’hygiène, conduisant à l’amélioration physique et morale. Ils y voient le programme de la future civilisation par la science.
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- COMMUNICATIONS a l ACADEMIE DES SCIENCES
- Séance du 21 septembre.
- Les punaises du blé. —M. Guillemet a examiné les conséquences de la présence dans les lots de blé de grains piqués par des punaises du genre Aelia au point de vue de la panification. La pâte obtenue avec de la farine provenant des blés contaminés devient très rapidement molle et filante; si on peut en faire du pain, celui-ci est plat et de mauvaise qualité. Ces effets sont identiques, soit que le grain ait été piqué alors que son intérieur était laiteux dans les pays chauds, soit qu’il ait été seulement perforé à l’état mûr comme cela a lieu dans les pays plus froids. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, la proportion de gluten n’est pas modifiée. Par des expériences réalisées avec l’extrait aqueux de punaises vivantes ou mortes, l’auteur a pu démontrer qu’il s’agit d’un effet du suc gastrique de ces animaux qui est injecté dans le grain piqué pour provoquer une prédigestion des tissus végétaux, phénomène qui s’accompagne d’une modification profonde des propriétés mécaniques du gluten. Au point de vue pratique, l’amoindrissement de la qualité du gluten varie avec la proportion de grains piqués; il est très sensible à partir de quelques unités pour cent et dès que la proportion de 10 pour 100 est atteinte la farine n’est plus paniûable.
- Séance du 28 septembre.
- Luminescence des solides. — Les substances solides luminescentes ont une émission qui diffère à la fois quant à l’intensité et quant au spectre, lorsque l’agent excitateur varie. Par introduction de ces substances dans un tube de Geissler, M. Servigne a pu vérifier que leur émission luminescente a lieu sous l’inlluence des rayons ultra-violets; elle ne varie pas, en particulier, par enrobage du corps dans une mince couche de silice, perméable à l’ultra-violet et formant obstacle à la pénétration des électrons lents. Si, au moyen d’une pompe, on pousse plus loin le vide dans le tube, l’émission ultraviolette diminue, la vitesse des électrons augmente et la variation du spectre de luminescence des substances étudiées, révèle que le rayonnement secondaire est alors provoqué par les électrons.
- La vitamine dans le cacao. — MM. Labbé et Heim de Balsac montrent par des expériences réalisées sur des rats femelles carencés de vitamine E que ce principe existe dans l’embryon du cacao. Les extraits gras d’embryon se sont montrés suffisants pour prévenir la stérilité sur des femelles soumises à un régime carencé en ce qui concerne ses autres éléments, mais incapables de la rétablir chez des animaux complètement carencés depuis deqx mois; ceux-ci redeviennent cependant aptes à la reproduction si on les soumet à un régime contenant l’embryon total. La vitamine E est donc présente dans l’embryon de cacao mais, contrairement aux prévisions, elle ne passe qu’en faible proportion dans l’extrait gras.
- Séance du 5 octobre 1936.
- Panachure expérimentale du radis. — Le radis, cultivé en atmosphère dosée, présente un maximum de développement pour une teneur en oxygène de 5 pour 100, si cette atmosphère contient du gaz carbonique; si ce gaz est absent et que la seule source de carbone soit une solution sucrée, le développement croît au contraire régulièrement avec la teneur de l’atmosphère en oxygène. Après avoir établi ces deux points, M. Molliard montre que dès qu’on atteint la teneur de 40 pour 100, la chlorophylle tend à disparaître, persistant en dernier lieu près des nervures. Les feuilles présentent pendant cette évolution le type « panaché doré »,
- qui était uniquement attribué jusqu’aujourd’hui à l’action d’un virus filtrant. On note en même temps une accumulation de sucre qui progresse avec la disparition de la chlorophylle. L’atmosphère voit alors sa concentration en gaz carbonique croître du fait de la respiration jusqu’à la mort de la plante, qui survient rapidement.
- Oxydation du pentane. — Après avoir montré deux faits, en apparence paradoxaux, dans l’oxydation du pentane entre 260° et 300°, qui est facilitée par l’addition de l’azote, gaz inerte, et freinée par la présence de l’hydrogène, gaz combustible, M. Pretté établit que ce dernier gaz peut être considéré dans ce cas comme inerte, car il provient en partie de l’oxydation lente du mélange; toute nouvelle addition doit être considérée comme une dilution du mélange. Son action inhibitrice propre doit être due à ce qu’il fait obstacle aux réactions de ramification des chaînes; elle est particulièrement efficace entre 260 et 280°, lorsque ces réactions commencent à se développer, mais n’ont pas acquis une intensité suffisante pour vaincre le freinage dû à l’hydrogène.
- Nitration des hydrocarbures normaux. — La nitration des carbures normaux est très difficile. MM. Urbanski et Slon la réalisent en faisant passer dans un tube chauffé un mélange gazeux du carbure et de N2 04. L’opération est très dangereuse, l’explosion du tube entraîne souvent la destruction de l’appareil. Elle conduit, pour le propane, à un mélange des dérivés mono- et di-nitrés primaires avec un rendement de 70 pour 100. Avec le méthane, on obtient la série des nitro-méthanes, mais avec un rendement très faible. Dans tous les cas, il y a formation de produits d’oxydation : aldéhydes et acides.
- Précocité acquise et héréditaire. — Par 10 années d’expériences effectuées sur le cresson alénois, M. Lesage démontre que par une culture sous châssis, ou en Afrique du Nord pendant trois générations successives au moins, la précocité est acquise et demeure héréditaire chez les plantes retransportées dans leur ancien milieu. Trois générations cultivées à Alger, suivies de sept générations à Rennes, donnent des plantes ayant conservé leur précocité par rapport à celles issues de générations uniformément reproduites à Rennes. Dans d’autres expériences effectuées à Marseille, la précocité acquise sous châssis était encore sensible après quinze générations en plein air.
- Séance du 12 octobre 1936.
- Rétrogradation du potassium. — Lorsqu’on introduit dans un sol un sel de potassium, le métal reste tout d’abord déplaçable par d’autres cations, puis, parfois, par une évolution lente, le potassium passe à un état non échangeable qui correspond naturellement à une assimilation beaucoup plus difficile par les végétaux. M. Chaminade a étudié ce phénomène, qu’il dénomme « rétrogradation du potassium ». Il montre qu’il est dû à une teneur insuffisante du sol en potassium, les sels apportés sont alors transformés en composés très stables et non permutables jusqu’à obtention d’une certaine concentration qui dépend de l’acidité ou de l’alcalinité du sol. Il existe ainsi pour chaque pH un « seuil de rétrogradation » au-dessus duquel le phénomène n’a plus lieu (4 pour 100 de K dans un sol neutre). On en peut déduire que, quand on ajoute à un sol appauvri des engrais potassiques, ceux-ci sont d’abord rendus rapidement non assimilables et ce n’est qu’en persévérant dans les apports que le seuil de rétrogradation est dépassé et que la végétation peut réellement profiter du potassium. L. Bertrand.
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- NOTES ET INFORMATIONS
- Fig. 1.— Le nouveau vêlement stratosphérique.
- AÉRONAUTIQUE
- Le vêtement stratosphérique Herrera.
- Le Ll-colonel espagnol Herrera prépare depuis un certain lemps une ascension stratosphérique. Pour éviter l’emploi de la nacelle métallique hermétiquement close, à laquelle ont eu recours le Pr Piccard et ses émules, le colonel Herrera a étudié un vêtement spécial dont se revêtira l’aéronaute. C’est une combinaison souple, caoutchoutée et hermétique, munie antérieurement de résistances chauffantes. Elle est surmontée d’un casque de scaphandrier. Nos photographies représentent l’une ce vêtement, l’autre le colonel Herrera expérimentant sur la nacelle de son futur stratostat.
- MÉTÉOROLOGIE
- Variations de la température moyenne de Vair dans la région de Paris.
- Si je reviens souvent sur ce sujet, tout en m’en excusant, c’est pour démontrer que la théorie qu’avait émise M. E. Renou, directeur de l’Observatoire du Parc Saint-Maur, décédé en avril 1902, relativement à cette question, se trouve bien confirmée par la continuité de la série des observations faites depuis lors jusqu’à maintenant.
- En 1860, il avait fait connaître que les grands hivers revenaient périodiquement, tous les 41 à 42 ans, distribués par groupes naturels de 4 à 6 autour d’un plus rigoureux (hiver central), les autres dénommés, hivers latéraux; seulement, de temps en temps, la période éprouve une perturbation, disait-il, le froid se disséminant sur un grand nombre d’hivers plus espacés, généralement moins longs ou moins rigoureux.
- Mais, en moyenne, les grands hivers occupent un espace de 20 à 22 ans et laissent un autre intervalle à peu près égal sans hivers notables.
- Les périodes troublées, telles celles de 1542,1624, 1748 et 1912 sont de ce genre, et, les hivers au lieu d’être concentrés dans un espace de 20 à 22 ans, s’allongent alors de manière à aller presque rejoindre les périodes voisines (précédente et suivante).
- En 1889, il faisait remarquer que cette période de 41 h 42 ans, qu’il disait un peu élastique, se reproduisait mieux sur des groupes d’années que sur des années isolées et il avail fait cette constatation que, les dix années 1879 à 1888 présentaient dans leur température moyenne, le même déficit (0°,3) que le groupe d’années qui les avaient précédées de 41 ans (1838-1847) et, il prévoyait dans la note qu’il adressait à l’Académie des Sciences, que cet abaissement de la température moyenne, de 1879 à 1888, serait prochainement compensé
- Fig. 2. — Le colonel Herrera examinant la future nacelle.
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- par des séries d’années chaudes, ce qui s’est effectivement réalisé depuis, comme nous allons le faire voir.
- Je donne ci-dessous le tableau de la classification par périodes de 41 ans, des groupes d’années à température moyenne normale, inférieure et supérieure, depuis 1764 jusqu’à nos jours.
- La moyenne normale annuelle de la température à Paris étant de 10°,1.
- 1789 1794-1805 12 ans 9°,8 1782-93 12 ans 9U,4 1764-81 18 ans 10°,8
- 1830 1806-1820 15 ans 9°,9 1836-47 12 ans 9°,G 1821-35 15 ans 10°,3
- 1871 1848-1861 14 ans 9°,9 1879-91 13 ans 9°,G 1862-78 17 ans 10°,3
- 1892-06 15 ans 10-.4
- 1912 moy. : 13 a. 7, 9",9 moy. : 12 a. 3, 9°,5 1907-19 13 ans 10°,2
- 1920-34 15 ans 10°,7 moy. : 15 a. 5, 10°.4
- Or, nous voyons que, depuis que nous sommes entrés dans la période troublée de 1912, la succession à peu près régulière des séries d’années chaudes et froides n’est plus la même que précédemment, puisque voilà trois séries d’années chaudes qui se succèdent (1892-1906, 1907-1919 et 1920-1934), comme l’avait, donc déjà bien prévu M. Renou, dès 1889.
- C’est ainsi que, dans cette période perturbée, la série des années qui auraient dû être les plus froides, 1920 à 1934, après celles de 1879 à 1891, a été, au contraire, une série d’années très chaudes (moyenne 10°,7) et, inversement, celle qui aurait dû présenter les années les plus chaudes, 1905 à 1919, après celles de 1862 à 1878, a précisément offert une série d’années dont la moyenne, 10° 2 n’est que très légèrement supérieure à la normale, mais est cependant la plus faible des trois depuis le début de cette période troublée.
- 11 semblerait probable maintenant qu’une série d’années froides devrait se produire prochainement, pour correspondre' ainsi à celle analogue de 1836-1847 qui la précéderait de cent ans. Km. Roger.
- MÉTALLURGIE,
- Détection des pailles par V « immersion magnétique ».
- Les méthodes magnétiques fournissent un procédé rapide d’exploration des métaux ferreux : fer, fonte, acier, qui permet de détecter et de localiser avec précision des défauts internes : soufflures, pailles, scories, inaccessibles à l’auscultation directe. Elles s’appliquent aussi bien aux produits bruts ou mi-ouvrés : rails, profilés, pièces de fonte, qu’à des pièces t erminées ou en cours d’usinage. Leur souplesse est donc extrême.
- Sous leur forme la plus répandue, ces procédés mériteraient plus justement le nom de magnéto-électriques car ils font appel à des champs variables et à l’induction. Soit, par exemple, à examiner un rail : nous le ferons passer lentement à l’intérieur d’une bobine à double enroulement formant transformateur; l’un des enroulements étant excité par un courant continu ou alternatif, quand un défaut se présentera, le changement de perméabilité magnétique se traduira par un courant induit (ou une variation de ce courant) dans le second enroulement, ce qui décèlera le défaut.
- Sur ce principe, la « Metropolitan Vickers » a construit un détecteur représenté par la fig. 3, La pièce a étant tout d’abord fortement aimantée dans un solénoïde ou sur un électro-aimant, on promène à sa surface un patin portant deux bobines identiques b et bv montées en série avec un galvanomètre d. S’il existe un défaut e, les lignes d’induction sont déformées et par suite les deux bobines subissent une variation de flux à des moments differents : le galvanomètre atteste ainsi le passage du patin au-dessus du défaut.
- Un appareil purement magnétique a également été construit, comportant un petit barreau aimanté qui se place de
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- lui-même tangentiellement. aux lignes de force. Les déplacements sont amplifiés par une aiguille ou mieux, par un miroir. L’enroulement magnétisant enveloppant simultanément la pièce et le détecteur, on a un appareil unique et maniable qui rend de grands services pour l’examen des raiïs, profilés, axes; un dispositif toroïdal est utilisé pour les roues de turbines et les bandages de locomotives.
- Mais les méthodes les plus curieuses dérivent des classiques expériences des fantômes magnétiques, qui consistent à faire apparaître matériellement au moyen de limaille de fer, les lignes de force d’un aimant. Pour manifester les défauts superficiels d’une pièce, on commence par l’aimanter, puis on place sur sa surface une feuille de papier blanc saupoudrée de limaille de fer; en tapotant la feuille, on voit la limaille se disposer en lignes qui circonscrivent les défauts.
- La Metropolitan Vickers a perfectionné cette méthode par l’emploi d’un bain spécial formé d’huile contenant en suspension une poussière de fer très fine.
- On peut aimanter la pièce avant examen ou l’aimanter dans le bain, ce qui accroît la sensibilité; un système pneumatique permet de remplir et vider rapidement le bac pour rendre la pièce visible.
- La machine se prête particulièrement à l’examen des pièces
- Fig. 3. — Délecteur magnétique pour les défauts métallurgiques de l'acier. (D’après Engineering.)
- longues et filiformes, même non rectilignes, telles que les ressorts à boudin de soupapes de moteurs ou de voitures de chemin de fer. Dans ce cas, les défauts étant d’ordinaire lonsû-
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- tudinaux, on doit avoir un champ circulaire, ce qui est obtenu très simplement en lançant dans la pièce elle-même un courant intense fourni par un transformateur. Quand on a affaire à un tuyau, on place à l’intérieur un conducteur parcouru par le courant.
- Ce procédé d’ « immersion magnétique » a l’avantage de fournir des renseignements sur la totalité de la pièce ; des fissures fines, invisibles à l’œil nu, sont révélées par des lignes noires très apparentes.
- On peut aussi employer la machine pour vérifier l’épaisseur et la régularité des couches protectrices déposées par des traitements métallurgiques.
- Sous une forme un peu différente, la méthode a été également utilisée pour le contrôle métallurgique des appareils de voie en service. Un électro-aimant à branches très écartées étant placé debout sur la pièce, on promène entre les branches une coupelle plate contenant du liquide huile-limaille; on obtient ainsi un bon contrôle de toute la zone externe, qui est celle où apparaissent les fissures les plus dangereuses.
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- INVENTIONS ET NOUVEAUTÉS
- THERMOMÉTRIE
- Thermomètre combiné perfectionné.
- La température dans une chambre chauffée n’est pas le seul facteur du bien-être des occupants. A toute température doit correspondre, en effet, un certain degré hygrométrique ; en particulier, le chauffage central a tendance à dessécher l’air d’une manière désagréable, si l’on n’emploie pas de système compensateur convenable. C’est ce qui explique l’intérêt du « conditionnement » d’air, malheureusement trop coûteux pour les appartements ordinaires. Le thermomètre ne suffit donc pas pour indiquer si les conditions de confort sont réellement réalisées. Un air trop sec provoque la sécheresse des lèvres et des voies respiratoires, l’affaiblissement général, une plus grande difficulté de travail,et même des migraines persistantes ou des dangers de congestion.
- Voici un appareil combiné dont les indications permettent de contrôler le confort d’une pièce.
- Il comporte un thermomètre à bilame et un hygromètre disposés dans un boîtier métallique cylindrique. Les aiguilles sont placées en face l’une de l’autre et se croisent, le point de croisement indique le rapport de la température à l’humidité de l’air.
- Pour que les conditions soient normales dans l’atmosphère de l’appartement, il faut ainsi que le point de croisement se trouve dans une zone déterminée repérée également sur le cadran. On peut donc déterminer le réglage à effectuer suivant le décalage constaté. Au-dessus de 70 pour 100, l’air est trop humide; au-dessous de 30 pour 100, il est trop sec. De même, la température est trop basse au-dessous de 18°, et elle est trop élevée au-dessus de 23°. Suivant les cas, on peut agir, soit par ventilation, soit par chauffage, soit par évaporation artificielle, soit par une combinaison de ces opérations.
- L’appareil est d’un emploi plus pratique que celui des thermomètres et des hygromètres séparés. Il est utile non seulement dans les appartements, les bureaux et les administrations publiques, mais encore dans tous les cas où il faut maintenir des conditions physiques bien déterminées de l’air ambiant, dans les magasins, ateliers et laboratoires, par exemple.
- Établissements Chauvin et Arnoux, 190, rue Championnet, Paris.
- ACOUSTIQUE
- Une machine automatique à enregistrer la voix.
- La voix humaine présente pour chaque
- Fig. 1.—• Thermomètre-hygromètre combiné Chauvin-Arnoux.
- individu des caractéristiques de timbre et de tonalité bien souvent aussi particulières que les traits du visage. L’enregistrement de la voix de ceux qui nous sont chers peut ainsi offrir autant d’attraits que la photographie elle-même.
- L’idée de la photographie de la voix et des « lettres parlées » faciles à transmettre par la poste mais plus « vivantes » et plus émouvantes que les lettres écrites est très ancienne, et date des débuts du phonographe. Malgré les progrès des systèmes d’enregistrement, les dispositifs les plus réduits placés à la disposition du public pour l’enregistrement de la voix sont pourtant encore en nombre très réduit, et plus ou moins pratiques et coûteux.
- Un inventeur a réussi à construire une machine à prépaiement, permettant l’enregistrement automatique de la voix; elle est analogue aux machines de photographie automatique installées dans les grands magasins ou dans les fêtes foraines.
- Il suffit de glisser une pièce de monnaie dans une fente et de parler devant un microphone, disposé comme celui d’un appareil téléphonique ordinaire et dont on tient le manche à la main, pour obtenir au bout de quelques minutes un disque de petites dimensions, très léger, portant l’enregistrement des paroles qu’on vient de prononcer.
- Le disque est en composition à base de gélatine ou de nitrate de cellulose; il ne pèse que 20 gr et peut être expédié par la poste. L’introduction de la pièce de monnaie déclenche le moteur électrique central du système. Un bras muni d’une ventouse d’aspiration se déplace, vient saisir un disque sur une pile contenue dans un magasin cylindrique, et le dépose sur un petit plateau tourne-disques. A ce moment, un signal lumineux ou sonore se déclenche, avertissant que l’enregistrement peut commencer, et le burin d’un outil graveur électromécanique s’appuie sur le disque sur la position de départ.
- Le microphone, du type piézoélectrique, est relié à un amplificateur à lampes à vide; les courants microphoniques amplifiés agissent sur le graveur électro-mécanique et l’inscription est effectuée suivant la méthode ordinaire de l’enregistrement direct. Le copeau de matière formant un filament continu produit par la gravure est aspiré par une soufflerie actionnant également la ventouse indiquée précédemment.
- Une fois l’enregistrement terminé (durée, 1 mn), l’inscripteur électro-mécanique se relève sous l’action d’une came, et il est automatiquement débrayé. L’aiguille d’un pick-up reproducteur vient alors s’appuyer sur le disque à la position de départ, et par l’intermédiaire de l’amplificateur et d’un haut-parleur, on entend la reproduction de l’enregistrement effectué. Finalement, le bras muni de la ventouse soulève le disque enregistré, le dépose par l’intermédiaire d’une fente dans une sébille extérieure, ainsi qu’une enveloppe et une aiguille de reproduction. Il ne reste plus qu’à prendre ces différentes pièces et l’appareil est de nouveau prêt pour une autre opération.
- Appareil Regislon, 23, avenue Victor-Emmanuel III, Paris (8e).
- PHOTOGRAPHIE
- Un appareil automatique pour le tirage de documents.
- Le problème de la reproduction des documents retient particulièrement l’attention dans l’industrie, le commerce, et même dans les professions libérales. De ce besoin, sont nées toutes sortes de machines à reproduire ou à recopier permettant de transcrire, de conserver et de diffuser des documents écrits ou dessinés.
- Ces machines ne permettent souvent qu’une copie plus ou moins exacte; lorsqu’il s’agit de dessins, en particulier, le trait devrait être toujours très net, et les cotes lisibles. S’il s’agit d’une lettre ou d’une pièce officielle, on doit conserver les ratures, les surcharges de l’original.
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- La photographie a permis de notables progrès dans les méthodes de reproduction, mais elle est souvent réservée à des cas particuliers, en raison du prix des clichés, et de la complexité des opérations. Les épreuves obtenues ne sont, d’ailleurs, généralement que des réductions de l’original.
- L’emploi d’un système assurant la reproduction intégrale du document par une méthode simple, en lui conservant ses dimensions normales paraît préférable. Voici un appareil automatique qui assure ce résultat.
- Il est constitué par un écran réflecteur, une glace et une source lumineuse produisant des radiations verdâtres ayant une action particulièrement actinique sur le papier au géla-tino-brumure, ce qui permet de reproduire en dimensions exactes n’importe quel document écrit d’un seul côté, et des deux côtés d’une feuille, en tenant compte des coloris.
- Quatre opérations simples suffisent pour le fonctionnement de cet appareil, qui a la forme d’une mallette de phonographe, et permet à une personne inexpérimentée de tirer en 1 h, 150 documents (fig. 3). Il suffit d’ouvrir l’appareil, de placer le document à reproduire sur la glace, de recouvrir le document d’une
- Fig. 3. — Appareil « Fac-Similé » pour la reproduction des documents en grandeur naturelle.
- feuille de papier sensible, de fermer l’appareil en appuyant une seconde sur le bouton commandant la mise en fonctionnement de l’ampoule électrique. On plonge ensuite la feuille impressionnée dans les différents bains de développement et de fixage.
- Le prix de revient du document est inférieur au prix de la main-d’œuvre indispensable pour faire une simple copie, puisque la reproduction d’une lettre de format commercial de 21 X 27 revient, par exemple, à 0 fr 75 seulement. Le prix modique et la simplicité du dispositif permettent donc son emploi dans les bureaux, au même titre que celui d’une machine à écrire.
- Facsimilé, 20, rue Mogador, Paris (9e).
- OBJETS UTILES
- Essoreuse ménagère à emplois multiples.
- Il est toujours délicat, après lavage de lingeries fines, combinaisons, dentelles, lainages de bébé, et autres tissus fragiles, que l’on ne peut tordre sans les abîmer, de les débarrasser des eaux de rinçage. Et lorsqu’on habite en appartement, il n’est pas toujours facile d’égoutter complètement les légumes, et surtout la
- salade, le panier classique étant inutilisable en raison des projections de gouttelettes d’eau sur les murs et sur le sol.
- Et l’essorage à l’aide d’une serviette,outre qu’il est insuffisant, a l’inconvénient de mouiller cette serviette, qu’il faut ensuite essorer à son tour.
- L’essoreuse ménagère permet tous ces travaux.
- Munie sur le côté d’une forte poignée, à l’aide de laquelle on la maintient solidement, elle porte à sa partie supérieure une poignée carrée qu’il suffit de manœuvrer de haut en bas pour donner au panier perforé intérieur une très grande vitesse. Et, sans fatigue, sans projection d’une seule goutte d’eau, tissus ou légumes placés à l’intérieur sont essorés très rapidement. Fi,J 4 — Essoreuse ménagère
- En métal soudé élec- “ emplois multiples.
- triquement et étamé, tous
- les organes de cet appareil sont très robustes et pratiquement incassables. Le panier perforé sorti de l’essoreuse peut être utilisé comme cuiseur pour la cuisson de tous légumes.
- Fabrication Bosle et Cie, 123, Grande-Rue de Monplaisir, Lyon.
- Les « casseroles Tandem ».
- Fig. 5. — Les « Casseroles Tandem
- La ménagère veut-elle préparer à la fois, sur un seul et unique feu, un potage et un légume, ou deux légumes, ou encore un court-bouillon et une sauce? Rien n’est plus facile. De même que le tandem porte deux cyclistes, les casseroles Tandem permettent, à la fois, la préparation de deux mets.
- Rapprochées, ces deux casseroles demi-rondes peuvent se placer sur le même feu. Elles sont d’ailleurs, à proprement parler, de véritables cocottes fondues sous pression, et par conséquent d’une durée illimitée, à becs gradués permettant le dosage des aliments, et elles comportent, à volonté, un couvercle démontable, à relevage automatique, grâce auquel il est impossible de se brûler, et d’un démontage instantané. Faisant deux cuisines à la fois sur un même feu, il s’ensuit que pour préparer le même repas, la ménagère gagnera sensiblement la moitié de son temps, en même temps qu’elle fera une grosse économie de charbon de gaz ou d’électricité, ce qui assure l’amortisse -ment du prix de ces casseroles en un temps très court.
- Casseroles « Tandem », 33, rue Benoît-Malon, Suresnes (Seine).
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- BOITE AUX LETTRES
- QUESTIONS ET RÉPONSES
- Ouvrages de radio=électricité et cinématographie sonore.
- 1° Il existe en France quelques ouvrages récents sur la télévision et de nombreux livres sur les lampes de T. S. F. Si vous désirez des études suffisamment complètes, mais accessibles sans recours aux mathématiques spéciales, nous pouvons vous indiquer :
- La télévision et ses progrès, par P. Hémardinquer (Dunod, édit.);
- Théorie et pratique des lampes de T. S. F., par Kirilol'f (Chiron, édit.);
- Les lampes de T. S. F. modernes (Chiron, édit.).
- 2° L’accompagnement sonore des images animées projetées avec les appareils de cinématographie sonore actuels, est obtenu en reproduisant les sons enregistrés sur une piste sonore photographique accolée à la bande des images sur le film lui-même. Les sons sont enregistrés sous forme d’images photographiques à élongation constante et à densité photographique variable, ou à élongation variable et à densité photographique constante.
- Pour la reproduction, un pinceau lumineux très fin traverse la piste et vient frapper une cellule photo-électrique connectée à l’amplificateur. Les modulations de lumières sont traduites par des variations de courant, transmises au haut-parleur.
- Vous trouverez des indications sur les différents systèmes d’enregistrement sonore photographique, dans l’ouvrage : Le cinématographe sonore (Eyrolles, éditeur, 61, boulevard Saint-Germain, Paris).
- Réponse à Frère B., à Rimont (Saône-et-Loire).
- Emploi d’un photomètre à cellule photoélectrique.
- Les photomètres à cellule photoélectrique du type à couche d’arrêt ne sont pas, en principe, des appareils d’une très grande précision.
- Ils rendent cependant de grands services aux amateurs de photographie et de cinématographie, grâce, d’ailleurs, à la latitude de pose des émulsions actuelles.
- Il sont bien entendu moins utiles aux amateurs très avertis auxquels une longue expérience permet une détermination pour ainsi dire « réflexe » du temps de pose.
- La cellule photoélectrique, sur laquelle viennent agir les rayons lumineux réfléchis par le sujet à photographier, est reliée directement à un galvanomètre sensible dont l’aiguille se déplace sur une graduation. On lit directement sur cette graduation le diaphragme à utiliser dans le cas d’un appareil cinématographique fonctionnant à vitesse normale avec une émulsion standard. Dans le cas général, l’aiguille indique un facteur de détermination qui permet de trouver le temps de pose au moyen d’une table ou d’un cadran, compte tenu du diaphragme à utiliser, de la sensibilité de l’émulsion et, s’il y a lieu, de la nature du sujet à photographier.
- Tous les photomètres de ce genre sont de petites dimensions, il y a des modèles spéciaux de grande sensibilité pour déterminer le temps de pose pour la photographie d’intérieur.
- Voici des adresses de fabricants auxquels vous pouvez vous adresser :
- Éts Chauvin et Arnoux, 186, rue Championnet, Paris (18°);
- Éts L. M. T., 46, quai de Boulogne, Boulogne-Billancourt (Seine);
- Éts Tiranty, 103, rue Lafayette, Paris.
- Réponse au Dr D., à Châteauroux (Indre).
- Fonctionnement d’un appareil récepteur de T. S. F. sur le courant continu.
- Les appareils récepteurs de T. S. F. dits « tous courants » fonctionnent à volonté sur le courant continu ou alternatif d’un secteur, et on ne construit plus guère de poste spécialement destiné à être alimenté par le courant continu. Par contre, un poste normalement construit pour le courant alternatif ne peut évidemment fonctionner à l’aide du courant continu.
- Depuis longtemps, on employait en vue de cette adaptation, des commutatrices, machines tournantes coûteuses, d’entretien délicat, qu’on n’adopte plus guère aujourd’hui pour cet usage, et dont on réserve l’emploi au cas où il est nécessaire d’avoir des courants de forte intensité, pour l’alimentation des amplificateurs de puissance, par exemple.
- Les systèmes statiques, à valves du genre thyratrons, très sédui-
- sants, en principe, ne peuvent pourtant encore être employés facilement lorsque l’intensité atteint une certaine valeur.
- Le procédé le plus pratique, à l’heure actuelle paraît résider dans 1 emploi d’un système a vibreur, plus ou moins analogue à celui qu’on utilise pour l’alimentation des postes sur automobiles; des indications sur ces dispositifs de petites dimensions, renfermés dans des boîtiers blindés, et comportant un filtre pour le courant alternatif à haute tension obtenu, sont données dans nos chroniques de Radiophonie pratique. La présentation des modèles réalisés en France est. d’ailleurs, très récente, puisqu’elle date du Salon de la T. S. F. de 1936.
- Vous pouvez vous adresser à ce sujet à la Société Philips, 2, cité Paradis, Paris. Réponse au lieutenant-colonel D.,
- à Toulouse (Haute-Garonne).
- Emploi d’un poste émetteur de télévision.
- 1° L’autorisation d'installer un poste émetteur de télévision d’essai doit être demandée à l’administration des P. T. T., de même que pour un poste émetteur de radio-télégraphie ou de radiophonie. Jusqu’à présent, d’ailleurs, il ne semble pas que de telles autorisations aient été accordées à des particuliers; peut-être, n’y a-t-il pas eu de demandes. Vous pouvez, en tout cas, vous adresser, à ce sujet, au ministère des P. T. T., service de la Radiodiffusion, 103, rue de Grenelle, à Paris.
- 2° Voici des adresses de constructeurs français pouvant établir des postes émetteurs de télévision :
- Société Radio-Industrie, 25, rue du Docleur-Finley, Paris (15e).
- Compagnie des Compteurs, place des États-Unis, à Montrouge (Seine).
- Établissements Saunier, 5, rue Mazet, Paris (6e).
- Etablissements L. M. T., 32, rue de Sèvres, à Boulogne-Billancourt (Seine). Réponse à M. R., à Marseille (Bouches-du-Rhône).
- Construction d’un récepteur de T. S. F. à batteries.
- Grâce aux nouvelles lampes à batteries alimentées avec un courant de chauffage d’une tension de 2 v et d’une intensité de l’ordre de 0,1 A environ, on peut réaliser des montages avec tous les perfectionnements les plus récents des postes-secteur de modèles correspondants. Il existe des lampes des modèles courants de ce genre, et aussi des types particuliers, tels que des lampes détectrices double-diodes ou double-diodes-triodes, des pentodes haute fréquence à pente fixe ou variable, des pentodes basse fréquence de sortie, et même des octodes pour le changement de fréquence.
- On trouve également, mais peut-être un peu moins facilement, cependant, les pièces détachées nécessaires pour le montage de ces appareils.
- Pour les indications sur les schémas d’appareils de ce genre, vous pouvez vous adresser à la Société Philips, 2, cité Paradis, Paris, ou à la librairie Chiron, 40, rue de Seine, Paris (6e).
- Vous pouvez trouver des pièces de montage correspondantes aux établissements Radio-Amateurs, 48, rue St-André-des-Arts, Paris (6e).
- Réponse à M. L., à Brest.
- Construction d’une antenne antiparasites.
- Une antenne antiparasites avec descente blindée ne peut permettre d’obtenir une atténuation des troubles constatés que si une gaine métallique entourant la descente est réunie à la terre et forme cage de Faraday.
- Lorsque la descente est longue et que le câble utilisé présente une trop forte capacité, il en résulte une diminution d’énergie utile qui peut être considérable, surtout à mesure que les émissions reçues ont une longueur d’onde plus courte.
- Il est donc indispensable d’employer un cable de descente spécial; nous avons donné à ce sujet de nombreux détails dans nos chroniques de « Radiophonie pratique ». Vous pouvez également consulter l’ouvrage « L’élimination des parasites en T. S. F. » par R. Singer (Librairie Eyrolles, éditeur).
- Lorsqu’on veut recevoir des stations lointaines, avec un poste récepteur qui n’est pas très sensible, il faut, en outre, que l’antenne
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- proprement dite puisse recueillir une énergie utile sullisante. La plupart du temps, sa forme est à peu près indifférente, il sufiit, dans les villes, qu’elle soit placée à une hauteur assez grande pour être au-dessus du niveau des perturbations.
- Avec les récepteurs sensibles comme on les lait aujourd hui, il suffit pourtant d’une antenne peu encombrante et d’installation lacile, telle qu’une antenne sphéroïde, verticale, en forme de tambour, de panier, etc...
- Lorsque la descente d’antenne est longue, et qu’on veut éviter tout risque d’affaiblissement de l’énergie recueillie, surtout pour la réception des ondes courtes, on peut recourir à un montage de descente d’antenne à transformateur, avec un premier transformateur d’antenne abaissant la tension des courants utiles recueillis, et un deuxième élévateur de tension placé près du poste ramenant finalement la tension à sa valeur normale.
- Cette méthode a été expliquée dans nos chroniques de « Radiophonie pratique », où nous avons décrit les systèmes les plus récents à transformateur à prises permettant de recevoir des émissions des différentes longueurs d’onde normalement considérées.
- Réponse à M. A. I., à Lorient (Morbihan).
- Vérification d'un condensateur électrolytique.
- Les condensateurs électrolytiques sont formés d’un boîtier étanche renfermant deux électrodes d’aluminium, dont l’une est recouverte d'alumine, plongées dans un électrolyte liquide ou immobilisé.
- La làme recouverte d’alumine est connectée au pôle positif, le deuxième conducteur constitue le pôle négatif. Le système est ainsi polarisé, et il doit exister entre ses bornes une tension continue de valeur définie.
- La mise hors d’usage d’un élément de condensateur électrolytique est décelée par un courant de fuite anormal, qui demeure constant pendant quelque temps.
- En pratique, les condensateurs à électrolyte liquide sont d’ailleurs « inclaquables », car ils reprennent automatiquement leurs qualités en cas de surtension accidentelle momentanée; il n’en est pas de môme des modèles à liquide immobilisé les plus courants.
- Pour vérilier le bon état des condensateurs électrolytiques à grande capacité, on peut utiliser des sources à basse tension. On met d’abord le condensateur en série avec une batterie de l’ordre de 4 v et un milliampèremètre. A la fermeture du circuit, le milliampèremètre dévie fortement, puis le courant diminue, et l’intensité tombe à une fraction de milliampère (dans le cas normal 0,1 mA par microfarad constitue une caractéristique satisfaisante).'
- Cet essai prouve que le condensateur n’est ni coupé ni claqué. Dans le premier cas le milliampèremètre de dévie pas, dans le second, le courant ne diminue pas au fur et à mesure de l’essai.
- Réponse à M. L. C., à Liège (Belgique).
- Installation d’un poste à galène.
- Le poste à galène est un appareil extrêmement simple, mais très peu sensible et très peu sélectif. Malgré tout, son emploi est encore très répandu.
- En raison de sa faible sensibilité, il exige une bonne antenne extérieure et une bonne prise de terre.
- A proximité du poste émetteur, l’antenne peut être remplacée par un système de fortune constitué par un 111 de distribution d’éclairage électrique, en mettant en série, entre la borne « antenne » du récepteur et une des douilles de la prise de courant à laquelle on relie le fil d’antenne, un petit condensateur d’un millième à 2 millièmes de microfarad; les résultats sont, d’ailleurs, variables, et ne peuvent être indiqués a priori.
- De même, le point de pression de la pointe du chercheur sur le cristal et l’intensité de cette pression doivent être soigneusement déterminés. Cette recherche peut être effectuée, même en l’absence d’émissions, au moyen d’un buzzer, ou simplement à l’aide d’une sonnette électrique ordinaire, dont on a enlevé le battant.
- Réponse à M. P. B., à Lille (Nord).
- Questions diverses sur la réception des ondes courtes.
- 1° Nous n’avons pas encore publié dans la revue de schémas de . postes émetteurs et récepteurs sur ondes courtes sur la bande de 5 m. Nous publierons un article général sur la pratique de la réception de ces ondes très courtes.
- .. ... .............=:- = 479 =====
- Vous pouvez trouver des schémas d’appareils de ce genre dans l'ouvrage « Les ondes courtes et ultra-courtes et leurs applications », par P. llémardinquer et IL Piraux, et « Les meilleurs récepteurs de T. S. F. », par P. llémardinquer (Dunod, éditeur), ou la revue Télévision Magazine, 19, rue de Belleyme, Paris.
- 2° Vous ne nous indiquez pas quel est le montage de votre récepteur destiné normalement à la réception des émissions sur la gamme ordinaire de broadcasting. En tout cas, nous ne vous conseillons pas d’en modifier le montage pour permettre la réception des émissions sur ondes courtes.
- Il est préférable de monter extérieurement, entre l’antenne et le récepteur, un dispositif adaptateur spécial alimenté d’une manière autonome, ou par les mêmes sources que le récepteur ordinaire.
- Nous avons publié une étude sur ces appareils dans nos chroniques de « Radiophonie pratique ». Vous pouvez également trouver les indications nécessaires à ce sujet dans le premier ouvrage cité plus haut.
- 3° Nous ne connaissons pas le montage de votre appareil, et vous ne nous indiquez pas avec précision le système que vous êtes obligé d’utiliser pour obtenir une audition.
- Si votre appareil est du type superhétérodyne à changement de fréquence, il est probable que l’anomalie constatée provient d'un réglage défectueux de la lampe oscillatrice, de sorte que vous recevez une même émission à la fois sur sa fréquence fondamentale et sur un harmonique.
- 4° Nous pensons que vous voulez nous signaler un inconvénient fréquent consistant dans la variation d’intensité d’audition au cours de la réception d’émissions sur ondes courtes.
- Cet inconvénient classique est dû au phénomène de propagation de ces émissions appelé « fading », et c’est pour en éviter les effets qu’on adapte sur les appareils actuels des dispositifs dits antifading. Ils augmentent la sensibilité du récepteur lorsque l’intensité de l’émission diminue, et, au contraire, la diminuent, lorsque cette dernière augmente. On a ainsi une intensité moyenne qui demeure pratiquement assez constante pour assurer une audition satisfaisante.
- Si votre poste est muni d’un dispositif antifading de principe efficace, le dérangement constaté doit provenir de la détérioration générale que vous nous signalez. Dans le cas contraire, il nous paraît peu recommandable de transformer le montage pour adjoindre un système antifading. Réponse à M. G., à Lordillon (Loiret).
- Questions concernant la cinématographie.
- 1° Parmi les ouvrages concernant la cinématographie d’amateurs, nous pouvons vous indiquer les livres suivants : « Le cinématographe sonore et le film de format réduit », par P. Hémardinquer (Eyrolles, éditeur), « La pratique de la cinématographie d’amateurs », par J. Henri Robert (Éditions Paul Montel).
- 2° Les écrans métallisés sont établis avec de la peinture à poudre d’aluminium.
- Nous croyons que vous pourrez trouver des détails sur cette question dans la publication Photo-Revue, 118 bis, rue d’Assas, Paris.
- Réponse à M. M., à Istanbul (Turquie.)
- Accessoires d’automobile.
- 1° En plaçant un petit disque en bois, muni d’un tampon de tissu très souple ou de coton, sur l’arbre d’un petit moteur électrique, on peut constituer un appareil de polissage pour carrosserie d’automobiles. Les peintres carrossiers se servent, d’ailleurs, d’appareils de ce genre pour le polissage rapide de la peinture cellulosique des carrosseries neuves et surtout à « rénover ».
- Vous pouvez trouver un appareil de ce genre chez un marchand d’accessoires d’automobiles, et, en particulier, aux établissements Mestre et Blatgé, 46, avenue de la Grande-Armée, Paris.
- 2° Nous ne connaissons pas de cadres métalliques pour l’emballage des bicyclettes. Le système serait, d’ailleurs, sans doute très lourd. On trouve des cadres en bois blanc chez les emballeurs, Ou chez les marchands d’accessoires de bicyclette.
- Nous ne connaissons pas d’ouvrage consacré spécialement à cette question. Pour des ouvrages sur la petite menuiserie d’amateurs, vous pouvez vous adresser à la librairie Dunod, 92, rue Bonaparte, Paris (6e), ou à la librairie Eyrolles, 61, boulevard Saint-Germain, Paris (5°). Réponse à M. R., à Senlis (Oise).
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- Papiers au gélatino-bromure
- k La préparation des papiers au gélatino-bromure, écrit M. L.-P. Clerc, dans La Technique photographique, p. 204, est exclusivement une opération industrielle. L’émulsion qui constitue la couche sensible est obtenue en mélangeant en conditions convenables, en présence de gélatine, des solutions de nitrate d’argent, d’une part, de bromure et d’iodure de potassium, d’autre part; il se forme ainsi de très menus grains cristallins de bromure d’argent, avec un peu d’iodure; après lavage pour l’élimination des sels solubles résiduels, l’émulsion obtenue, suspension laiteuse de ces grains cristallins dans la gélatine, est coulée sur le support choisi et livrée au public après triage, découpage et emballage convenable. »
- En ce qui concerne le papier, le même ouvrage indique (p. 508) que les « papiers photographiques positifs... sont généralement recouverts, avant émulsionnage, d’une couche mince de sulfate de baryte très divisé (grains de 0 mm 005 à 0 mm 001) avec un liant constitué le plus souvent par de la gélatine... après quoi le papier est lissé par des brosses rotatives, puis calandré, etc. » Ensuite, l’émulsion est coulée mécaniquement sur le support convenable.
- Le peu d’indications que vous venez de lire prouve qu’il ne faut pas chercher à fabriquer soi-même du papier au gélatino-bromure d’argent (pas plus qu’il ne viendrait à l’idée de fabriquer aussi le papier qui servirait de support); le prix des matières premières, le temps passé pour obtenir finalement un résultat médiocre, sinon déplorable, engagent à faire l’acquisition des excellents papiers que l’on trouve actuellement dans toutes les maisons de fournitures photographiques, à des prix très abordables.
- On trouve tous les produits nécessaires aux établissements Rhône-Poulenc, 86, rue Vieille-du-Temple, à Paris.
- En ce qui concerne votre agrandisseur, il est nécessaire que l’image de la source lumineuse donnée par le condensateur tombe sur le diaphragme de l'objectif. Ainsi, tout le faisceau lumineux fourni par le condensateur se trouve utilisé. Naturellement, faire les réglages nécessaires pour que le champ soit uniformément éclairé.
- Réponse à M. L. Feuillette, Paris.
- De tout un peu.
- M. Campolo, à Paris. — 1° Un moyen peu coûteux pour désodoriser le pétrole consiste à prendre :
- Pétrole.............................. 5 litres
- Chlorure de zinc à 40° B................100 cm3
- Agiter énergiquement puis verser le mélange dans un récipient contenant environ 50 gr. de chaux vive.
- Agiter A nouveau, laisser reposer et décanter le pétrole désodorisé, que l’on peut dessécher en le filtrant sur du sel marin décripité.
- 2° Nous ne connaissons pas la spécialité à laquelle vous faites allusion, il s’agit très probablement d’une solution alcoolique d’une couleur d’aniline.
- 3° La régénération de l’alcool dénaturé est interdite.
- M. Chabot, à Paris. — On peut obtenir des traits blancs de longue durée sur les sols de tennis en se servant d’une solution de silicate de soude du commerce plus ou moins étendue, suivant la perméabilité du terrain, dans laquelle on délaye au moment de l’emploi, de la poudre blanche de Meudon.
- M. Sait, à Hemixem-lès-Bruxelles. — La composition qui vous intéresse pour la confection des pigeons artificiels est simplement un mélange à parties égales de brai de pétrole et d’argile blanche que l’on moule à chaud, dans des moules en fonte, et que l’on cercle après refroidissement par une peinture blanche quelconque à base d’huile et white spirit.
- Lurmo Skendo, à Tirana (Albanie). — Pour débarrasser les vieilles monnaies de cuivre de la croûte de vert-de-gris qui les recouvre, il suffit généralement de les faire .tremper dans du vinaigre fort, pendant quelque temps ce qui transforme l’hydrocarbonate de cuivre an acétate de cuivre soluble.
- Si ce moyen était insuffisant, remplacer le vinaigre par une solution composée de :
- Eau ordinaire............................. 500 cm3
- Acide sulfurique........................... 15 grammes
- Acide oxalique.............................. 5 —
- Rincer ensuite à l’eau claire et polir au blanc d’Espagne.
- M. Autrique, à Bruges. — Les formules suivantes vous donne-
- ront très probablement satisfaction :
- 1° Élixir d'hémoglobine.
- Hémoglobine cristallisée Byla................... 50 grammes
- Glycérine neutre................................ 50 —
- Sirop d’écorces d’oranges amères............... 200 —
- Teinture d’écorces d’oranges amères .... 10 —
- Eau distillée, quantité suffisante pour faire un litre. Mélanger l’hémoglobine et la glycérine, ajouter le sirop additionné de la teinture.
- Mélanger d’autre part l’alcool et l’eau, verser sur la solution d’hémoglobine.
- Filtrer sur papier; mettre en llacons; pour l’usage, prendre un verre à liqueur au commencement du repas ou à la lin, si on ne prend pas
- de café.
- Tenir au frais et A l’abri de la lumière.
- 2° Vin de quinquina apéritif.
- Teinture de quinquina C.aljsaya.............. 10 grammes
- Vaniline cristallisée........................ 0,2 décigr.
- Vin blanc ordinaire............................ 300 cm8
- Vin muscat, quantité suffisante pour faire un litre. Clarifier A la colle de poisson; ne filtrer qu’au bout de quinze jours, sur papier.
- 3° Poudre diurétique dite des Voyageurs.
- Poudre de réglisse...............................20 grammes
- Poudre de racine de guimauve.....................10
- Gomme arabique...................................60 —
- Sucre de lait....................................00 —
- Nitrate de potasse...............................10 —
- Dose 10 gr. de poudre pour une bouteille d’eau.
- M. Léon, à Bucarest. — Le collage des feuilles de votre livre qui a été mouillé est dû à l’apprêt du papier, lequel est à base de fécule, cas ordinaire, ou de caséine s’il s’agit de papier couché.
- Vous obtiendrez très probablement le décollage assez facilement en faisant macérer dans une bouillie de malt à 55° C, orge germée servant à la fabrication de la bière, sans dépasser cette température pour ne pas altérer la diastase chargée de solubiliser l’amidon.
- Dans le cas du papier couché, remplacer le malt par une cuillerée d’alcali volatil pour un litre d’eau tiède, ce qui solubilisera la matière albuminoïde.
- N. B. Pour opérer convenablement, sans risquer de déchirer les feuilles, nous vous conseillons de dérelier le livre et de faire le traitement dans une grande cuvette photographique.
- M. Suinot, à Argentan. -— 1° Pour assouplir et imperméabiliser les vêtements de cuir, employer la mixture suivante :
- Huile de vaseline............................ 200 grammes
- Huile de poisson..............................100 —
- Lanoline..................................... 200 —
- S’il s’agit de cuir brun, colorer la préparation avec un peu de brun au stéarate qui est soluble dans les huiles. Pour donner l’odeur agréable du cuir de Russie, on peut également ajouter :
- Huile de bouleau.............................. 10 grammes
- 2° Enduit pour toiles et bâches ne se cassant pas au pliage. Faire dissoudre dans de l’eau chaude : d’une part 50 gr de savon noir, et d’autre part môme poids de sulfate de fer, également dans une quantité suffisante d’eau chaude; mélanger les deux solutions, ce qui donne naissance à un savon de fer, qui se précipite. On le lave à plusieurs reprises par décantation et le dessèche ensuite parfaitement puis on le dissout dans 1000 gr d’huile de lin préalablement mélangée avec 100 gr de la dissolution commerciale de caoutchouc employée pour la réparation des pneus.
- Ce mélange permet d’imperméabiliser la toile, sans qu’elle devienne cassante lors de son emploi.
- 3° La préparation des toiles huilées ne présente aucune difficulté, car il suffit d’enduire les toiles d’huile de lin siccativée, c’est-à-dire bouillie préalablement avec de la litharge ou du résinate de manganèse.
- Ces applications doivent être rejetées un certain nombre de fois, en laissant entre chacune d’elles un temps suffisant pour que l’huile sèche, comme cela se produit pour la peinture (oxydation de l’acide lino-léique qui se transforme en acide linolénique).
- Le même résultat serait obtenu avec de l’huile de lin crue, mais demanderait alors deux à trois semaines.
- Pour obtenir la teinte noire, le mieux est de teindre d’abord le tissu en noir avant application, mais on peut aussi se contenter d’incorporer à l’huile du noir de fumée.
- Le Gérant : G. Masson.
- 8857.
- lmp. Laiiure, g, rue de Fleurus, à Paris. — i5-11-xq36. —• Published in France.
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- LA NATURE '' 1936
- LES VIEUX MOULINS A PAPIER D AUVERGNE
- Beaucoup d’autres, avant nous, depuis les premiers écrits du xvne siècle, ont essayé de décrire mœurs et techniques des papetiers d’Auvergne, qui semblent avoir été les précurseurs, dès le xive siècle, de la fabrication française de ce merveilleux support de la pensée.
- Ceux de Troyes, d’ailleurs, leur contestent cet apanage en étayant leur documentation sur les pièces écrites, des Archives départementales de l’Aube, prouvant l’existence, dès 1337-1338, d’un moulin à papier, dit de la Pielle, sur la rivière la Voulzye.
- Sans doute, comme nous le disait récemment ami archiviste, existe-t-il d’autres preuves de l’existence plus lointaine de la fabrication papetière en France, mais cela nécessiterait le dépouillement de dizaines de tonnes de manuscrits et grimoires, à peine inventoriés actuellement.
- Nous laisserons donc de coté la recherche archiviste et paléographique de cette période du moyen âge, pour n’envisager ici documentaire et pittoresque de ces curieuses fabrications.
- Ayant appris qu’elles se résorbaient de plus en plus, nous sommes allés sur place les étudier et en « croquer » par l’objectif et à coup de puissant magnésium, les diverses phases et mœurs du terroir, en les ateliers souterrains du Livradois.
- C’est sur le réseau P.-L.-M., après «Bicarbonate City», alias Vichy, que s’ouvre la magnifique vallée de la Dore en laquelle s’épanouit la petite ville d’Ambert, pelotonnée au pied des monts du Livradois.
- Toute cette région a été essentiellement papetière puisque l’on y comptait autrefois, par dizaines, des moulins à papier établis à Thiers, à Chamalières près Clermont, à Saint-Remy, à Ambert et dans tous les villages et hameaux du terroir.
- En 1731, Thiers, aujourd’hui cité de la coutellerie, comptait 32 roues hydrauliques de moulins à papier.
- Seule la région proche d’Ambert et plus précisément la vallée de Lagat, a conservé aujourd’hui les trois derniers moulins à papier : à Toulouse, celui de maître Chante-lauze, à Lagat ceux des maîtres Favier et fils et Lebon. Ils y pratiquent la fabrication essentiellement manuelle, telle qu’elle était réalisée dès le xive siècle.
- LA FORCE MOTRICE
- Ces « moulins » à papier sont sis en une vallée où les ruisselets et ruisseaux abondants constituent une houille blanche naturelle et économique.
- Cette eau, très pure, sert également dans le traitement des chiffons et la fabrication de la pâte, à laquelle elle donne des qualités spéciales.
- Les ruisseaux, guidés par des rigoles ou petits canaux en bois, aboutissent à de grandes roues hydrauliques également en bois, de 3 à 6 m de diamètre, et qui sont
- construites par les maîtres papetiers eux-mêmes.
- Etendu de tout son long, un beau sapin de la forêt proche est relié à la roue hydraulique et sert, sur 8 à 10 m de longueur, de majestueux et pittoresque arbre de couche. On le change environ une fois par génération, et encore !
- De tels dispositifs peuvent donner de 8 à 12 ch de force. Mais, bien entendu, le débit de ces ruisseaux est très variable. Faible, certaines semaines d’été, il atteint en fin d’hiver une véritable furia et a, parfois, culbuté tout ou partie du moulin trop proche de son cours fantasque.
- C’est essentiellement le pur chiffon de coton ou de lin, que l’on appelait autrefois drapeaux et qui était importé en Auvergne de tout le royaume de France. C’est sans doute en souvenir de ce commerce, très florissant à l’époque, que les chiffonniers sont restés auvergnats 100 pour 100 !
- LA MATIÈRE PREMIÈRE
- Ces chiffons sont débarrassés des boutons, agrafes, portes, œillets, boucles et autres parties dures non utilisables. Les gros plis ou coutures sont découpés ou fragmentés. Puis, le tout est découpé à la main, en s’aidant d’une vieille lame de faux, pour constituer des morceaux de 15 à 25 cm2 de surface. C’est le chiffon délissé brut.
- LES PILES A MAILLETS
- Ce que le filateur et le tisserand se sont évertués à réaliser, le papetier le désagrège peu à peu pour obtenir en définitive une pâte constituée par des fibrilles cellu-
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- Fig. 2. —Le découpage avec une vieille faux fixée dans un bloc de roche.
- losiques : de lin ou de coton, ayant tout au plus quelques dixièmes de millimètre de longueur sur quelques centièmes de diamètre.
- Ce déchiquetage, soigneusement réglé, comporte le défilage, le raffinage et enfin Y affleurage pour obtenir la finesse voulue.
- Dans les moulins à papier de Lagat, cette véritable trituration méthodique se réalise dans les piles à maillets.
- La pile est une sorte d’auge en granit, percée de trous servant à l’écoulement de l’eau usée que l’on renouvelle constamment durant l’opération. Cette eau vient d’une déviation du ruisseau proche.
- Sur le fond de la pile est disposée une plaque de fonte ou platine sur laquelle viennent frapper les maillets au nombre de trois par pile. Ces maillets, en cœur de chêne, portent à leur partie inférieure 40 clous de fer, en forme de robustes coins, enfoncés dans le bois et maintenus énergiquement par une couronne ou large collier de fer appelé garlande.
- Ces maillets sont soulevés alternativement par des ergots robustes disposés sur le sapin-arbre de couche
- Fig. 4. — Le moulage des filigranes sur la forme.
- que nous avons signalé plus haut. Et leur chute provoque le déchiquetage graduel des chiffons introduits dans la pile et qui sont constamment lavés par l’eau pure de la montagne.
- Tout cet ensemble, aux lignes si pittoresques, de bois à peine équarri, de granit taillé puissamment, de ruis-selets coulant de partout, est enclos dans des ateliers souterrains où auparavant, nul ne pénétrait auprès des papetiers troglodytes. Au son du triple choc des maillets semblant dire nuit et jour : pa-pe-tier, pa-pe-tier..., répondait le chant des papetiers, toujours gais lurons :
- Si le Roi savait
- La vie que nous menons,
- Quitterait son palais,
- Se ferait compagnon.
- LA CUVE ET LA FORME
- La pâte, affleurée à souhait, est versée avec soin dans une cuve de bois doucement chauffée pour y entretenir une température de 20 à 30° C.
- Largement diluée, bien agitée, cette pâte a l’aspect
- Fig. 3. — Le dernier « formaire » d’Auvergne.
- d’une eau savonneuse et renferme en suspension les fibrilles de cellulose de pur chiffon.
- On la transforme en feuilles en la prélevant avec beaucoup de maîtrise à l’aide d’une sorte de tamis appelé forme. La forme est constituée par un cadre de bois, délicate et légère menuiserie sur laquelle est tendue une toile métallique de cuivre, constituant le tamis. Cette toile laisse égoutter l’eau et retient les fibrilles de cellulose dont l’enchevêtrement donnera la future feuille de papier.
- L’ÉGOUTTAGE-PRESSAGE
- La feuille de pâte humide est habilement renversée sur des feutres de laine qui en absorbent l’humidité. Après 100 à 200 prélèvements de pâte, on a un empilage de feutres et de papier humide, dont l’ensemble constitue
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- la porse. Celle-ci est énergiquement comprimée dans une presse dont tout l'ensemble, sauf la vis de fer, est lui aussi emprunté à la forêt voisine et ne se renouvelle guère que de demi-siècle en demi-siècle ! Cette presse, prodigieusement pittoresque dans son souterrain aux clairs-obscurs, est complétée par un cabestan qui multiplie la puissance de compression. Il faut voir les beaux gars d’Auvergne manœuvrant à pleine échine et de toute la force de leurs bras tout cet ensemble digne de l’art de la préhistoire. C’est d’une beauté artisanale vraiment émouvante dans le cadre de cette région splendide.
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- Mais aussi la production est assez irrégulière, car les journées humides ou froides sont nombreuses dans les vallées du Livradois. Il est vrai qu’entre temps, le maître-papetier va à la chasse, aux champs ou au jardin et, véritable Cincinnatus, sait toujours se contenter de l’heure présente sans trop se soucier de celle qui vient. N’est-ce pas là une formule du vrai bonheur ?
- LES PRODUCTIONS
- Autrefois, la Cour utilisait pour sa correspondance, ses pièces officielles et ses éditions, les papiers d’Auvergne.
- Fig. 5 à S. — En haut, à gauche : Le caveau des piles à maillets. — A droite : Le gesle millénaire du papetier manœuvrant la forme au-dessus de la cuve. — En bas, à gauche : La presse à égoutter le papier. — A droite : Le serrage de la presse au cabestan.
- LE SECHAGE
- La porse pressée à bloc laisse écouler la majeure partie de l’eau des feuilles humides. Celles-ci sont relevées des feutres ou flôtres et disposées dans le séchoir-étendoir à claire-voie situé à la partie supérieure du moulin à papier. Avec une sorte de té, en bois, appelé ferlet ou frelet, les femmes, généralement employées à ce travail, disposent, avec habileté, les feuilles humides sur les cordes d’aloès de l’étendoir. Sur les côtés de celui-ci, des volets à glissières permettent de régler l’admission de l’air en fonction du temps et de la température extérieure. Aucun chauffage artificiel n’est toléré car, dit-on en Auvergne, cela « casse le nerf du papier » !
- « Mais le Roi est mort et les maîtres-papetiers itou. » Henri Pourrat, après l’abbé Grivel, Henri Gazel, Marius Audin, Henri Alibaux, etc., les a magnifiés, eux et leurs productions, dans son éloquent ouvrage : L’Herbe des Trois Vallées. Fernand Roche, l’éditeur parisien, a courageusement essayé de faire revivre le Pur fil d’Auvergne. Mais il semble que le papier auvergnat d’édition soit bien somnolent pour de nombreuses années.
- A la Forie et à Lagat, seuls survivent le papier buvard, les papiers filtres épais et minces, blancs et bleutés, le papier foseph, fine mousseline cellulosique dont se délectent chimistes et pharmaciens.
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- Fig. 9. — L’élendagc des feuilles dans le séchoir.
- A joutons-y pour quelques moulins à production semi-mécanique, le papier laineux, à base de chiffons de laine gris foncé, utilisé pour les cylindres de calandres de papeterie et pour emballer les clichés d’impression typographique.
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- Symbole bien moderne, regrettable sans doute, cette production artisanale : au son des maillets, au susurrement des ruisseaux et au bruissement des feuilles en les étendoirs, disparaît devant les monstres de papeterie et cela, certainement sans espoir de retour.
- Puissions-nous avoir cependant bien œuvré pour elle, et nos bons amis d’Auvergne, en en fixant définitivement par l’image, ses derniers et glorieux vestiges.
- Georges Degaast.
- Professeur de technique du Livre.
- (Photographies originales de l’auleur).
- CANONS SANS RECUL
- Grâce aux progrès de la métallurgie et de la chimie, la puissance ries canons a pu être presque décuplée au cours des dernières cinquante années. Dès maintenant, on peut envisager des vitesses initiales île l’ordre de 2000 m par seconde, ce qui correspond à des portées utiles de 100 km environ, lies tubes canons peuvent supporter les pressions énormes nécessaires à la propulsion du projectile, sans que l’usure mécanique soit Irop importante, c’est-à-dire sans que la pièce soit mise hors de service après un petit nombre de coups tirés.
- Mais une difficulté pratique considérable se présente alors : c’est celle du recul, qui est une caractéristique absolument inévitable de toutes les pièces d’artillerie. En effet, d’après les lois de la mécanique, lorsque l’obus part, le tube-canon est lancé en sens inverse avec une vitesse telle que le centre de gravité du système obus-canon reste au même point de l’espace. C’est-à-dire que si le tube-canon pèse 100 fois plus que l’obus et que celui-ci ait une vitesse initiale de 700 m à la seconde, le tube-canon est projeté vers l’arrière avec une vitesse de 70 m à la seconde. Ceci théoriquement, et dans le vide.
- Si le tube-canon a le même poids que l’obus, il sera projeté vers l’arrière avec une vitesse initiale égale à celle de l’obus. Au contraire, si le tube-canon étant ouvert à ses deux extrémités, on y place une cartouche comprenant une charge de poudre au centre et deux obus de même masse de chaque côté, lorsque l’on tirera le coup, les deux obus partiront en directions opposées avec la même vitesse initiale et le tube-canon restera immobile.
- Ceci a été réalisé par le canon Davis qui fut monté sur avion pendant la guerre. Le projectile envoyé vers l’ennemi était un obus normal; le projectile envoyé vers l’arrière était constitué par de la cendrée de plomb qui se dispersait immédiatement dans l’air sans danger pour le tireur.
- En général, et sans rien supposer sur la valeur de la vitesse de recul, le tube-canon est animé en sens inverse du tir d’une énergie de mouvement d’autant plus considérable que le projectile est plus lourd et sa vitesse plus grande, et qu’il importe d’absorber sans que l’ensemble de la pièce subisse un choc capable de la dépointer. C’est le problème des affûts.
- Deux solutions se présentent immédiatement à l’esprit : la plus simple consiste à alourdir systématiquement les masses reculantes; si celles-ci sont doublées, l’énergie de recul est diminuée de moitié. Ce sont les canons à affûts rigides.
- Une autre solution consiste, sans alourdir le tube-canon, à absorber son énergie de recul dans des freins ou des récupérateurs. Ce sont les canons à recul sur l’aiïût, dont le canon de 75 modèle 1897 fut la première réalisation célèbre.
- Dans le 75, une partie de l’énergie de recul est emmagasinée dans un récupérateur et est ensuite utilisée pour ramener la pièce en batterie. Le recul du tube-canon est important, de l’ordre de 1 m, de sorte qu’une autre difficulté se présente : dans les canons de montagne et surtout les canons antiavions qui doivent tirer sous de grands angles et être d’un poids aussi réduit que possible, il est à craindre que dans le long recul la culasse ne vienne rencontrer le sol. Dans certains matériels (Schneider, Déport, 65 de montagne, etc.), on a alors adopté le « lancer du canon ». Il consiste à communiquer à la bouche à feu une certaine vitesse vers l’avant au moment où l’on produit la déflagration de la poudre. Naturellement, avant le tir, il faut effectuer une manœuvre à bras pour faire reculer le tube-canon et l’amener à sa position de tir en bandant les ressorts du récupérateur.
- Le problème est bien plus compliqué dans l’artillerie de marine. En effet, les pièces ont des calibres très supérieurs à ceux de l’artillerie terrestre et d’autre part, l’obligation du tir sous tourelle empêche l’emploi de freins récupérateurs à longue course. Dans ces conditions la percussion que reçoit le bateau au moment où part une bordée peut atteindre plusieurs centaines de tonnes par canon.
- On a dû, dans chaque cas particulier, chercher le compromis le plus favorable en tenant compte des trois facteurs : poids, encombrement et percussion due aux efforts de recul.
- Il semble qu’une troisième solution, à laquelle on avait pensé depuis longtemps sans pouvoir la réaliser, celle des freins de bouche, est maintenant au point, ce qui permettra un essor nouveau dans le développement de l’artillerie à grande vitesse initiale. Si l’on analyse, en effet, les phénomènes du tir, on s’aperçoit que, en plus de l’obus, il sort, du tube-canon, un second projectile, gazeux celui-là, constitué par
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- la masse des gaz produits par la combustion de la poudre à haute pression et à haute température. Pour les très gros calibres de marine, l’énergie de ce projectile gazeux est comparable à celle des masses reculantes.
- Cette quantité (l’énergie, dans les canons actuels, se trouve entièrement perdue, mais, au point de vue du recul elle s’ajoute à celle du projectile. Pour les canons tirant à très grande vitesse initiale (plus de 1000 m par seconde) l’énergie ainsi inutilisée à la bouche est plus que suffisante pour permettre l’annulation complète de l’énergie des masses reculantes.
- Si donc on pouvait résoudre les trois problèmes suivants :
- 1° Empêcher les gaz de suivre vers Pavant, le projectile métallique ;
- 2° Changer la route de ces gaz en les renvoyant vers l’arrière ;
- 3° Arrêter finalement ces gaz pour supprimer leurs elïels dangereux sur le matériel et le personnel,
- rien ne s’opposerait à la réalisation d’un canon rigoureusement sans recul.
- D’après une communication faite récemment à la Société des Ingénieurs civils de France, par M. G. Bory, il semble que ces problèmes sont actuellement résolus de la façon la plus complète. L’importance de ce résultat est d’autant plus grande que la solution trouvée s’applique aussi bien aux mitrailleuses et aux fusils qu’aux canons de marine du plus gros calibre. C’est une révolution complète qui se trouve ainsi
- amorcée et qui conduira à la réalisation de matériels entièrement nouveaux.
- En particulier, pour la marine de guerre, la percussion sur la membrure, lorsqu’une bordée est tirée, conditionne pour une grande partie la construction même de la coque.
- Avec le freinage par la bouche, on pourra donc, si on conserve les vitesses initiales actuelles, alléger les affûts et éviter les renforcements de la coque, cette économie de poids pouvant être utilisée pour augmenter la protection et la puissance des machines. Si, au contraire, on veut tirer avec des vitesses initiales plus grandes, c’est-à-dire augmenter la puissance de la bordée, il sera inutile d’augmenter parallèlement le poids de l’ensemble. Comme actuellement les accords internationaux limitent les calibres maxinia des canons, l’accroissement de la vitesse initiale conférera une supériorité incontestable à la Hotte qui, toutes choses égales d’ailleurs, tirera à 1500 m de vitesse initiale contre 000 m à la bordée ennemie.
- Dans l’artillerie terrestre, le freinage de bouche permet, poulie même poids total de la pièce, d’augmenter son calibre et sa portée.
- Dans le domaine aérien, on peut, sans utopie, concevoir maintenant un avion ou un hydravion, constituant un véritable croiseur aérien ultra-rapide, armé d’un canon de 90 à 100 mm de calibre, tirant à une vitesse initiale de 1000 m et approvisionné de 25 à 30 coups. Les missions qui pourraient être confiées à cet engin redoutable, seraient extrêmement importantes dès l’ouverture des hostilités.
- H. Vigneron.
- — LE “ DUPLEXAGE ” —.
- AU SECOURS DE L AUTOMATIQUE RURAL
- Partout, dans les plus petits bureaux de poste, se poursuit la substitution aux centraux téléphoniques manuels du téléphone automatique rural.
- Production du courant. — On sait que cette vaste réalisation, dont l’intérêt social est indéniable, se trouve soumise dans la pratique à des conditions techniques très strictes. En principe, il est indispensable que les petits centraux ruraux, qui ne comportent parfois que deux ou trois abonnés, soient équipés avec des sélecteurs automatiques capables d’aiguiller les communications vers l’abonné demandé. Par contre, ces petits centraux seront réunis à des centraux manuels, situés dans les villes plus importantes et où pourra exister un personnel permanent.
- Pour les centraux ruraux automatiques, le matériel employé devra être particulièrement robuste, car on ne disposera pas sur place d’équipes de réparation; le service étant peu chargé, le prix de ces appareils pourra d’autre part être amorti sur un temps considérable, vingt à trente années probablement.
- La question de la production du courant mériterait seule une longue étude. Si l’on emploie des batteries d’accumulateurs rechar-
- gés par le réseau avec interposition d’un redresseur oxy-métal (montage « en flottant »), les plaques posi-
- Fig. 1. — Générateur hétérodyne de courant porteur, capot enlevé. A l’avant, bobine de réglage de la longueur d’onde.
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- Fig. 2. — Une partie seulement d’onde porteuse est très suffisante pour obtenir des communications téléphoniques parfaites.
- A l’aide d’une lampe triode dont la grille est polarisée, on peut disposer de la partie I-MN de l’onde située au-dessus du voltage ZZ’, la modulation restant cependant satisfaisante. En employant des redresseurs à contacts métalliques, on utilise la demi-onde OMA à l’exclusion de l'alternance négative AM'PS qui est réservée à une autre communication.
- tives ont tendance à se désagréger par peroxydation.
- Les batteries au cadmium ou au fer-nickel donnent de bons résultats, mais sont d’un prix élevé; les batteries Féry-carbone à faible évaporation conviennent pour les centraux à 50 directions et les « accupiles » Tudor, intermédiaires entre les accumulateurs et les piles, pour les centraux à 10 directions. Les piles proprement dites, à la soude ou au sel ammoniac, donnent de bons résultats, particulièrement pour les centraux à 15 ou 20 directions.
- Multiplage et duplexage. — Un autre aspect important du problème de l’automatique rural est celui des nouveaux circuits à établir, dont le prix est très élevé. Réduire q'u minimum cette dépense en faisant passer le plus grand' nombre de communications possible par un nombre donné de circuits réels, tel est le problème technique de « multiplage » qui se pose aux ingénieurs.
- Pour Fantomatique rural seul, les dépenses relatives aux nouveaux circuits sont de l’ordre de 50 millions, dont les départements auraient à prendre leur part et il conviendrait de tripler ce chiffre pour les perfectionnements envisagés dans les services interurbains, notamment
- Fig. 3. — Tableau de triage, couvercle enlevé.
- les nouveaux modes d’exploitation « sans attente ».
- Rappelons tout d’abord les solutions classiques. Etant donnés deux circuits, soit 4 fils, on peut faire passer une troisième communication en utilisant comme conducteur d’aller les deux fils du circuit n° 1 et comme conducteur de retour les deux fils du circuit n° 2. Cette première solution, dite des « circuits fantômes », se prête à des généralisations intéressantes et à des combinaisons avec le télégraphe, mais nécessite des transformateurs spéciaux et un judicieux équilibrage des circuits.
- Une seconde solution, également classique et familière à tous depuis l’avènement de la radio, est l’emploi de courants porteurs à fréquence élevée, que l’on module au départ et que l’on démodule à l’arrivée après avoir séparé les différents courants porteurs à l’aide de circuits en résonance. Les lampes triodes interviennent ici avec toutes leurs ressources techniques pour fournir une sélectivité et une amplification parfaites.
- Pour l’automatique rural, cette dernière solution est un peu chère, car on estime qu’elle n’est réellement économique qu’à partir de 100 km. ; les circuits fantômes, non plus, ne seront pas toujours applicables, car ils exigent l’existence d’au moins deux circuits identiques et convenablement « anti-inductés ».
- Le duplexage, système Loth et Givelet (fig. 1 et 3) a des prétentions modestes, puisqu’il s’agit uniquement d’un doublage des circuits réels, mais ce doublage, il le fournit dans tous les cas sans exigences techniques spéciales.
- Le système repose sur ce que I on pourrait appeler la persistance des impressions acoustiques sur l’oreille. On emploie un courant porteur de fréquence élevée, 30 000 par exemple, et l’on supprime délibérément toutes les altei -nances négatives, qui sont réservées à une autre communication. Ainsi, tout transport d’énergie et par suite toute modulation se trouve suspendu pendant la moitié du temps, mais l’expérience prouve que, hachée à une telle fréquence, la voix reste parfaitement nette.
- Réalisations pratiques. — Les essais, à l’origine,, furent conduits à l’aide d’une lampe triode dont on alimentait la plaque en courant sinusoïdal de fréquence 30 000, la modulation s’effectuant sur la grille à l’aide d’un microphone et d’un transformateur. On put ainsi montrer qu’il n’était même pas nécessaire d’utiliser toute la moitié de Fonde porteuse, un sommet réduit suffisant largement (fig. 2).
- Les redresseurs cuproxydes ou sélénium-fer se révélèrent par la suite tout aussi efficaces, avec le grand avantage d’une robustesse à toute épreuve et d’une moindre résistance (800 ohms).
- L’ensemble des installations comporte :
- Au bureau n° 1 : un générateur hétérodyne à lampes triodes alimenté par le secteur (fig. 1), un tableau de triage comprenant transformateurs, redresseurs oxy-métal ou analogues, jacks et annonciateurs d’appel
- (fig. 3).
- Au poste n° 2 : un tableau de triage.
- Des dispositifs d’appel.
- On remarquera que le courant du secteur n’est indispensable que dans l’un des bureaux, pour l’alimentation
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- (le l’hétérodyne. Les tableaux de triage sont composés d’organes inertes, inusables et indéréglables.
- Des essais de duplexage ont été faits entre Orsay et Limours avec de bons résultats : intelligibilité parfaite, pas d’induction sur les lignes aériennes voisines, très peu de diaphonie entre abonnés reliés au même tableau. Le système se prête à l’envoi des signaux de manœuvre des sélecteurs automatiques ruraux, au maintien en service des circuits fantômes, à des combinaisons avec le télé-
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- graphe, à la téléphonie secrète. Le duplexage n’entraîne aucune modification pour les correspondants dans l’usage de leur poste.
- Ce sont là des avantages remarquables, surtout si l’on songe à la simplicité, à la robustesse des dispositifs employés, qui peuvent être mis à peu près entre toutes les mains. Ce nouveau système de téléphonie multiple semble avoir devant lui un intéressant avenir.
- Pierre Devaux.
- LA TAILLERIE DE PIERRES DE ROYAT
- Dans notre antique Auvergne au sol tourmenté, formé à sa base par des roches archéennes, ou plutôt cristallo-phylliennes, bouleversées ensuite par les venues de roches éruptives et les coulées de projections volcaniques, on peut trouver une infinité de pierres plus ou moins précieuses, plus ou moins rares, aux couleurs toujours extrêmement riches, et, notamment, des variétés de quartz (améthystes, jaspes, opales), de calcédoines, tourmalines, péridots, zircons, fibrolites, obsidiennes, serpentines, grenats, saphirs, marcassites, fluorines, hématites, etc., toutes pierres susceptibles de donner, par la taille et le polissage, les objets les plus variés de forme et de couleur, ornements et bibelots de salons et de vitrines, et les bijoux, bagues, colliers, aux tons chatoyants, parures désirables.
- CRÉATION DE CETTE INDUSTRIE
- Autrefois, ces pierres d’Auvergne étaient envoyées brutes en Allemagne, d’où elles nous revenaient sous forme de bijoux ou bibelots, vendus au prix fort. Mais, en 1900, on installa, à Royat, une taillerie de pierres où furent employés, tout d’abord, des ouvriers allemands. Ils enseignèrent les ouvriers de Royat qu’on leur adjoignit, et, qui, passés maîtres à leur tour, enseignèrent de jeunes ouvriers français qui, maintenant, prenant les pierres à l’état brut, les rendent utilisables pour la décoration ou les montent en bijoux.
- Nous avons pu, avec la bienveillante autorisation des propriétaires, MM. Staehling père et fils, visiter cette taillerie située dans le vieux Royat, sur le cours d’un ruisseau aux allures de torrent qui dévale impétueusement des hauteurs.
- Bientôt, en raison du succès obtenu par les productions de cette taillerie, l’Auvergne, prospectée par M. Staehling pour la recherche de filons d’améthyste, ne püt suffire à l’alimenter, et il fallut acheter sur les différents marchés du monde les « bruts » exotiques nécessaires. Et c’est ainsi qu’on rechercha les quartz roses et les agates aux États-Unis, au Brésil, à Madagascar; les aventurines aux Indes Anglaises; les lapis-lazuli en Afghanistan; les malachites en Russie, etc. Quantité de pierres fines plus spécialement employées en bijouterie viennent du Brésil, de Madagascar, ainsi que de l’Uruguay, de la Sibérie et des abords de la Mer Rouge.
- PIERRES A BASE DE SILICE
- La variété des minéraux utilisés à la taillerie est infinie et leur énumération serait fastidieuse. Le plus grand nombre de ces pierres, dont la composition est
- parfois fort complexe, sont à ba$e de silice, et pous citerons en premier lieu le quart^ (SiO2), et ses dérivés, Citrine, Hyacinthe, Aventurine, Œil-de-Chat, Améthyste, Opale (silice hydratée aux reflets irisés), et tous les Jaspes, pierres opaques aux mouleurs variées.
- Viennent ensuite les Calcédoines (Si02i, et leurs nombreuses variétés, Agates, Onyx, Cornalines, Sardoines, Saphirines, qu’on ne trouve qu’au Groenland, Chryso-prases, etc., les lapis-lazuli, d’un magnifique bleu d’azur, silicates d’alumine, de soude et de chaux de composition fort complexe, où entrent 40 à 45 pour 100 de Si O2.
- Les Béryls, ou Émeraudes de Limoges, qu’on trouve dans les pegmatites de la Haute-Vienne, et l’Aigue--Marine, qui n’est autre que le Béryl bleu, leur variété, le Béryl vert, appelé autrefois Aigue-Marine, Al2 GL Siu O18, les Tourmalines, et les Rubellites, Sibérites, Indico-lites, qui en sont des variétés, sont des Boro-Silicates d’alumine contenant oxydes de fer, manganèse et lithine; les Topazes, fluosilicates naturels d’alumine, Al2 Si (O, Fl2)5, et la Topaze rose, autre variété, sont des pierres
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- autres Zircons aux couleurs venant de Ceylan,. du Siam, Les Amazonites, les Jades et silicates
- Fig. 2. — Allongés sur un escabeau, les ouvriers ébauchent les pierres à la meule de grès.
- extrêmement dures rayant Émeraudes, Grenats, Quartz et Béryls.
- Les Grenats, de composition fort complexe, de couleurs variées, sont, eux aussi, des silicates doubles d’aluminium, avec calcium, fer ou magnésie, (Ca3, Fe3, Mg3) Al2 Si2 O12; les Péridots, dont l’Auvergne ne donne que de petites variétés, et leurs dérivés, Chrysolites, Forsté-rites, Olivines (Mg, Fe, Mn)2 Si O2, sont des silicates magnésiens avec présence de fer et de manganèse; les Zircons, Zr Si O4, silicates naturels de zirconium, ou Hyacinthes, assez communs aux environs du Puy, et les
- Fig. 3. — Une batterie de perceuses en action.
- les plus variées, de Gochinchine. les Néphrites, voisins des feldspaths, (Ca Fe Mg3 ) Si4 O12; les Fibrolites, silicates d’alumine, Al2 O3, Si O2; les Chrysoeoles, hydro-silicates de cuivre, H4Cu,Si O5; les Labradors, silicates doubles d’alumine et de chaux, (CaNa2) Al2 Si3 O10; les Serpentines vert jaunâtre, silicates de magnésie hydratés, H4 Mg3 Si O9, et, enfin, les Obsidiennes, ou Verre volcanique, vertes ou noires, et qui contiennent de 70 à 80 pour 100 de Si O2, composent la grande famille des pierres silicatées.
- PIERRES A BASE D’ALUMINE
- L’alumine constitue le second et important composant des minéraux utilisés à la taillerie, et nous avons déjà constaté sa présence dans les Lapis-Lazuli, Béryls, Tourmalines, Topazes, Grenats, Fibrolites et Labradors. Nous la constatons encore dans la grande famille des Corindons, Al2 O3, pierres extrêmement dures qui fournissent plusieurs variétés de bleus Saphirs, de Rubis roses, et les pierres violettes autrefois connues sous le nom d’Améthystes orientales, de Topazes orientales, jaunes et d’Émeraudes orientales, vertes, appelées aujourd’hui Saphirs violets, jaunes, verts; dans les Spinelles, de couleur pelure d’orange, rose, rouge, verte, qui sont des aluminates de magnésie, MgAl2()4; dans les Chrysobéryls, pierres rares, plus connues aujourd’hui sous le nom de Cymophanes, aluminates de glu-cine, A1203G10, et, enfin, dans les Turquoises, ou phosphates d’alumine contenant des traces de fer, calcium ou cuivre, H10 Al4 P2 O16.
- PIERRES DIVERSES
- Lorsque nous aurons cité les Malachites, carbonates naturels de cuivre, H2 Cu2 CO5, d’une belle couleur verte les Marcassites jaune d’or, bisulfures naturels de fer, FeS2, les Fluorines, fluorures de calcium, Ca Fl2, de couleur blanche, verte ou bleue, et les Hématites, sesquioxyde de fer, Fe203, nous aurons à peu près épuisé la liste des pierres qui, avec le Diamant, carbone pur, sont utilisées en bimbeloterie et bijouterie.
- DENSITÉ ET DURETÉ
- La densité de ces pierres varie entre 2, pour les plus légères, Chrysoeoles, par exemple, et 4,8 pour les Hématites, 4,9 pour certains Spinelles, les plus lourdes. Leur dureté va de 2, également pour les Chrysoeoles, à 10, pour le Diamant, le plus dur de tous les corps connus, le quartz chiffrant 7, les Topazes, 8, les Corindons, 9.
- Toutes ces pierres sont mises en œuvre à la taillerie de R oyat. Les unes, « pierres dures », pour le bibelot et la décoration, les autres, « pierres précieuses », pour la bijouterie, les méthodes employées étant entièrement différentes dans les deux cas.
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- SCIAGE DES PIERRES
- 11 faut évidemment, pour travailler ces pierres, des abrasifs d’autant plus durs que ces pierres sont dures elles-mêmes, et chacun sait qu’on ne peut user le diamant qu’avec de la poudre de diamant ou « égrisée ».
- On peut l’utiliser également pour le travail des autres minéraux, et notamment pour le sciage de ces pierres, en revêtant de poudre de diamant la circonférence, portant de faibles encoches destinées à retenir cette poudre, d’un disque de métal tendre tournant lentement dans un bain de pétrole. Mais, cette poudre, qui se détache peu à peu du disque, et qu’il est impossible de récupérer, rendant ce mode de sciage extrêmement coûteux, on la remplace le plus souvent par de la poudre de carborun-dum, carbure d’alumine fabriqué au four électrique, et dont la dureté est d’environ 9,5.
- Fig. 4. •— Une perceuse, vue seule, pour boules de colliers.
- DÉGROSSISSAGE
- Il peut arriver que le morceau de brut ait une forme se rapprochant de celle de l’objet à obtenir ou qu’on détermine l’objet à en tirer d’après sa forme. Dans ce cas, on le dégrossit simplement, soit sur une meule de carborundum, soit sur une meule de grès rouge des Basses Vosges, au grain très fin exempt de cailloux roulés, et mesurant, à la taillerie, 2 m. de diamètre sur 40 cm. d’épaisseur. Le poids de ces meules étant considérable, on fait reposer leur axe sur le sol de l’atelier, et elles tournent dans les fosses aménagées pour les recevoir. La friction exigée pour le dégrossissage produisant un énorme dégagement de chaleur, ces meules, qui tournent de haut en bas par, rapport aux ouvriers, reçoivent constamment un filet d’eau.
- Ainsi qu’il est d’usage dans les coutelleries, les ouvriers travaillent étendus sur une sorte d’escabeau qui peut basculer sur un axe, leurs pieds étant appuyés sur un barreau fixe.
- Lorsque la pression du brut sur la meule doit être considérable, l’ouvrier, s’arc-boutant sur le barreau, fait basculer l’escabeau en avant. Il applique, sur l’extrémité de cet escabeau, une tige rigide qui transmet la forte pression ainsi obtenue au brut placé à l’autre extrémité de cette tige, le maintient et le dirige avec ses mains, et le dégrossit ainsi sur la meule.
- TAILLE DES PIERRES
- Il peut donner au brut, par ce procédé, sa forme générale. Il reste encore à le tailler et à le polir. La taille s’effectue également sur la meule que l’on entaille à l’aide d’un outil en carborundum avec lequel on trace dans cette meule les cannelures appropriées à la forme à obtenir, et qui peut être plus ou moins cintrée.
- Ce travail à la grosse meule ne peut évidemment donner de surfaces brillantes. Aussi le fait-on suivre d’un polissage qui s’opère sur des rouleaux de bois tendre imprégnés de poudre à polir, ou sur des cylindres de feutre ou rie liège.
- PRÉPARATION DE BILLES ET PERÇAGE DE BOULES DE COLLIERS
- La taillerie produit notamment, en grand nombre, des billes d’agate et des boules pour colliers, et cette fabrication nécessite une technique spéciale. L’ouvrier, tout d’abord, choisissant un brut de forme convenable, lui donne au marteau la forme d’un cube, dont il rogne ensuite grossièrement les angles. Après avoir placé cette ébauche de boule à l’extrémité d’une pièce de bois dans laquelle il a creusé des crans inverses des cannelures pratiquées sur le pourtour de la meule, il présente la pierre à cette meule et, grâce à la pression, aux mouvements latéraux qu’il lui imprime, la boule prend peu à peu la forme d’une sphère régulière.
- Il faut évidemment percer les boules destinées à la confection de colliers, et ce perçage nécessite toute une batterie de petites perceuses placées sous la surveillance d’une seule ouvrière. Chacune de ces machines comporte un outil à percer, tube de cuivre d’un diamètre plus ou
- Fig. 5. — Schéma d’une perceuse pour boules.
- Foret
- percer
- -Support
- guide
- Ressort
- Tige donnant le hrement de bas en haut
- Arbre à
- •k
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- Fig. (!. - - On creuse les pierres en les présentant à la meule.
- moins grand, tournant rapidement et entraînant de la poudre de carborundum délayée dans de l’huile, ou foret en acier tournant à près de 3000 tours. Dans ce dernier cas, et afin d’éviter l’éclatement de la pierre que
- pourraient occasionner les débris arrachés par le foret, une came et un ressort donnent à cette pierre un mouvement régulier de bas en haut qui permet l’éjection de l’abrasif et des débris de pierre.
- Et il est curieux cie voir fonctionner ces petites machines qui effectuent, presque sans bruit, leur délicat travail.
- CREUSAGE DES PIERRES
- Lorsqu’il s’agit de tourner une pièce de bois ou de métal, on la place sur le tour et on lui imprime un mouvement de rotation devant l’outil qui l’entaille, pour-rait-on dire, automatiquement. 11 n’en est plus de même lorsque l’on veut creuser une pierre, travail qu’on effectue à l’aide de meules de carborundum tournant sur leur axe, à très grande vitesse, constamment arrosées, et auxquelles l’ouvrier présente la pièce à entailler. Aucun automatisme n’est possible dans ces conditions, et de véritables artistes, seuls, peuvent effectuer correctement ces minutieuses opérations.
- GRAVURE DES PIERRES
- La gravure des pierres fines et des pierres dures ne semble pas avoir fait de grands progrès depuis l’antiquité, et l’on ne saurait dépasser aujourd’hui la finesse et la délicatesse de travail qu’on peut admirer sur certains camées anciens. Avec cette seule différence que le moteur a remplacé la pédale, cette gravure, comme autrefois, se fait au touret, à l’aide d’une infinité de pointes et de molettes de toutes dimensions. Mais l’on ne grave plus guère que des armoiries et les initiales des bagues, et la mode des camées et des portraits gravés est complètement passée en France, où les derniers graveurs sur pierre disparaissent peu à peu.
- ÉBAUCHAGE DES PIERRES FINES
- La taille du diamant s’effectue dans certains ateliers,.
- suivant une technique nouvelle, à l’aide de machines américaines inventées pour obtenir la taille dite « moderne ». Ces machines ne sont pas utilisées pour les pierres de couleur. La coloration de celles-ci, le plus souvent, n’étant pas uniforme, le lapidaire doit s’efforcer de placer dans la culasse (partie pointue inférieure de la pierre taillée), la zone la plus colorée de son brut.
- Il procède alors à l’ébauchage qui est déterminé, soit par la forme de la pierre à obtenir, soit, s’il ne travaille pas en vue d’une monture existante, « au mieux de la pierre ».
- TAILLE OU FACETTAGE
- La forme générale étant ébauchée, le lapidaire procède à la taille et incline les facettes les unes par rapport aux autres de façon que la pierre taillée réfléchisse la plus grande partie des rayons lumineux qui la frappent. La réfringence particulière du diamant a permis de calculer l’orientation des facettes de telle sorte que tous les rayons incidents sont réfléchis.
- Fig. 7. La gravure des pierres se fait au touret, à l’aide de pointes et de molettes.
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- La taille se fait en deux temps. Le lapidaire, ayant fixé sa pierre au bout d’un bâtonnet au moyen d’un ciment, qui durcit en refroidissant, use la pierre sur une meule de bronze enduite d’égrisée, en commençant par la partie supérieure de son ébauche. Ce facettage terminé, la pierre passe au polissage, sans être détachée du bâtonnet, bille est alors retournée, et le travail de la culasse se poursuit, taille d’abord, polissage ensuite.
- Le plus souvent, le bâtonnet portant la pierre est enfilé dans un appareil gradué, et une sorte d’échelle fixée près de la meule permet de donner à ce bâtonnet l’inclinaison voulue. Il suffit ensuite de faire opérer un quart ou un huitième de tour à l’appareil pour obtenir des facettes parfaitement symétriques. Certains lapidaires, cependant, véritables artistes, travaillent encore à main levée, de la droite ou de la gauche, freinant, en cas de besoin, la vitesse de la meule, ou l’humectanl d’huile ou d’eau, de la main inoccupée.
- MONTAGE DES PIERRES
- Les pierres fines ainsi obtenues sont montées, à la taillerie même, dans un atelier spécial de bijouterie, sur bagues, colliers, bracelets, pendentifs, etc., si bien que les bruts aux vives couleurs, mais aux formes grossières et tourmentées, qui y sont envoyés d’Auvergne
- Fi<j. 8. La taille ou faceüage s'oblienl sur meule de bronze enduite
- d’égrisée.
- et de toutes les parties du monde, en sortent sous l’aspect de délicieux bibelots destinés à parer nos intérieurs, ou de délicats bijoux des formes et des couleurs les plus diverses, joies des yeux, plaisirs de coquetterie.
- Georges Lanorville.
- NOTATIONS SPECTROGRAPHIQUES ET ASTRONOMIE <-*)•'
- IX. — LA STRUCTURE FINE DU RAYONNEMENT DES ÉLÉMENTS A CONFIGURATION COMPLEXE
- Les symboles du type (2) demandent à être complétés si l’on veut dénoter sans ambiguïté les divers termes provenant d’une configuration complexe. D’abord l’expérience montre que dans les atomes complexes aussi bien que dans les alcalins il y a de la structure fine. Seulement au lieu que cette structure se manifeste par des groupes de raies formant des doublets (simples ou composés), elle peut se manifester aussi bien par des arrangements en triplets, quadru-plets, etc. De même que la structure des raies de doublets a été attribuée à des termes doubles, nous sommes obligés de reconnaître aussi des termes triples ou termes de triplets, de quadruplets, etc. Les termes de doublets s’expliquent, nous l’avons dit, par les petites variations d’énergie en plus et en moins causées par le couplage du mouvement orbital de l’électron avec le moment magnétique dû à sa rotation propre (spin). Nous avons introduit à cette occasion le nombre quan-lique s = 1/2 caractéristique du spin de l’électron et les valeurs / = l •— 1/2, j — l -f- 1/2, caractéristiques du moment total (quantum interne de Sommerfeld). S’il y a plusieurs électrons présents dans la couche optique, les calculs de la mécanique ondulatoire indiquent que leurs spins s vont se composer de différentes manières pour donner naissance à des nombres
- 1. La Nature, n° 2989, 15 novembre 1936, p. 443.
- quantiques résultants que nous désignerons par S (*). Par exemple, deux électrons de spin 1/2 vont donner lieu à deux-états pour lesquels S sera égal soit à 0, soit à 1. Le spin s = 1/2 donnait lieu à une multiplicité égale à 2, c’est-à-dire à 2s -j- 1. De même, les spins résultants 0 et 1 donneront naissance à des multiplicités 2S + 1, c’est-à-dire 1 et 3. On aura donc des termes de simplets et des termes de triplets. Tel est bien en effet le résultat observé dans les spectres à deux électrons de valence (calcium, baryum, mercure). Le spectre de ces atomes se décompose en un spectre de raies simples (simplets) et un spectre de triplets. On distingue les termes attachés à chacun de ces spectres en portant en haut et à gauche de la lettre capitale S, P, D,... la valeur de la multiplicité 2S -j- 1. Les termes du type (2) se dédoubleront donc en : sp 1S sp 1P, p2 1S, p2 1P, p2 1D sp 3S sp 3P, p2 3S, p2 3P, p2 3D (3)
- Pour obtenir une précision complète, il est nécessaire de discerner encore, au moins dans le cas des triplets, les valeurs de J (moment total), qui spécifient les composantes de chaque terme triple. On y arrive en inscrivant en bas et à droite de la lettre P ou de la lettre D les trois valeurs possibles de l’indice J :
- 3P 3P 3 p 1 0 1 ! 1 !
- 3Dt 3D2 31X
- 1. Les spectroscopistes n’ont pas su éviter le double emploi de la lettre S pour désigner soit le spin résultant S, soit un terme S (pour lequel L -- o). En fait le double emploi ne saurait entraîner de confusion grave.
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- = 492 ............-...... .........====
- Les termes S de triplets et tous les termes de simplets ne possèdent qu’une seule valeur de J, qu’il y a aussi lieu d’expliciter :
- 1S0 ^P, U),
- 3S,
- L’usage d’inscrire la multiplicité et le quantum J de la façon indiquée n’a naturellement qu’un fondement pratique. On peut le comparer à l’usage d’inscrire le numéro de la maison et le numéro de l’arrondissement à gauche et à droite du nom de la rue. L’important est de bien distinguer les rôles joués par les trois nombres quantiques S, L, .1, et la notation admise répond à cet objet.
- X. — LA LOI D’ALTERNANCE LES SPECTRES DES ÉLÉMENTS IONISÉS
- Nous devons remarquer que si nous passons des atomes à deux électrons (alcalino-terreux), aux atomes à trois électrons (terres proprement dites), les lois de composition posées par la mécanique ondulatoire vont conduire au résultat suivant. L’addition d’un nouvel électron de spin 1/2 va modifier la multiplicité en l’augmentant ou en la diminuant d’une unité (puisque les spins résultants S vont être augmentés de zt 1/2). En même temps les valeurs de J, qui étaient entières dans le cas des alcalino-terreux, vont redevenir semi-entières dans le cas de l’aluminium et des éléments homologues, comme elles l’étaient déjà dans le cas des alcalins. D’une façon générale, on voit poindre ici les premiers signes de la loi d’alternance, qui avait été trouvée expérimentalement bien avant que la théorie quantique en eût fourni l’explication : dans les colonnes successives du tableau périodique, les spectres sont alternativement de multiplicités paires et impaires. Lorsqu’un élément a des spectres de différentes multiplicités, ces multiplicités sont toutes paires ou toutes impaires. Les spectres de la multiplicité la plus élevée sont généralement les plus intenses pour un élément donné.
- La loi d’alternance se présente encore sous un autre aspect. Nous avons dit au début de cet article que chaque spectre est caractéristique de l’atome qui lui donne naissance. Pour que cette loi générale soit exacte, il faut en préciser l’énoncé de la façon suivante. Les atomes libres ne sont pas nécessairement à l’état neutre, c’est-à-dire dépourvus de charge électrique totale. Un atome ne demeure neutre que s’il n’a pas subi d’excitation trop forte à partir de son état normal ou fondamental. Les états dont nous avons essayé de donner la notation plus haut sont, outre l’état normal, ceux où les électrons de valence ont été portés à des niveaux d’énergie moindre, mais restent néanmoins dans la sphère d’action attractive du noyau, conservant à l’atome sa neutralité. A partir du moment où l’un des électrons de valence rompL tout lien avec le noyau atomique, il y a ionisation, tout se passe comme si cet électron était perdu pour l’atome, qui acquiert de ce fait une charge positive. L’atome est alors transformé en ion. S’il s’agit, par exemple, du mercure, Hg est transformé en Hg+. Cet ion est une individualité absolument distincte de l’atome neutre, et qui possède un spectre propre, sans aucun rapport avec celui de Hg. Nous pouvons même prévoir que, par suite du départ d’un électron, le spectre à multiplicités impaires de H g (simplets et triplets) sera remplacé par un spectre à multiplicités paires (doublets et quadruplets). Une nouvelle ionisation transformera Hg~ en Hgv_r, et ainsi de suite, avec changement alterné dans la parité des spectres. On désigne les spectres de l’atome neutre Hg et des ions successifs Hg', Hg^+ , etc., en affectant le symbole chimique du métal de chiffres romains écrits à sa droite : ainsi Hg 1 est le spectre de l’atome neutre de mercure Hg; Hg II, Hg III, etc., sont les spectres d’étincelle d’ordres successifs, ou spectres de l’ion
- simple, de l’ion double, etc. Les spectres dont le chiffre romain est pair sont de multiplicité paire quand ils se trouvent dans une colonne impaire du tableau, sinon ils sont impairs.
- D’après ce qui précède, un spectre déterminé n’est caractéristique que d’un ion déterminé. Son absence ne permet de préjuger en rien l’absence de centres homologues d’un degré d’ionisation moindre ou plus élevé. 11 faut donc faire beaucoup de réserves sur les assertions des anciens spectroscopistes qui concluaient de l’absence du spectre d’arc d’un élément dans une source donnée (par exemple, dans une étoile), à l’absence eonqdète de l’élément dans cette source. 11 se peut que les conditions physiques régnant dans certaines atmosphères stellaires soient telles que l’apparition du spectre d’arc usuel soit beaucoup moins probable que l’apparition de tel ou tel spectre d’étincelle, et si celui-ci n’est pas encore connu, la présence de l’élément échappera à l’observation. Les raies du nébulium et peut-être celles du eoronium fournissent un exemple bis t orique de cette erreur.
- L’étude des spectres d’étincelle d’ordre élevé a fourni une confirmation éclatante de la loi du déplacement spectroscopique. On aura des spectres de même multiplicité et de structure similaire en prenant une série d’éléments se suivant dans une ligne horizontale du tableau périodique, et en augmentant chaque fois d’une unité l’ordre d’ionisation envisagé, de façon à maintenir constant le nombre total des électrons groupés autour du noyau. C’est ainsi que la série des spectres « isoélectroniques » Na I, Mg II, Al III, ... a pu être poursuivie jusqu’à Co XVII et même jusqu’à Co XIX, en donnant une succession de doublets d’une régularité remarquable. Naturellement le spectre Cu XIX n’a rien de commun avec Cu XVIII, et moins encore avec le spectre d’arc Cu 1. On voit que la découverte de ces nombreux spectres d’ionisation élevée soulève bien des problèmes nouveaux concernant l’identification des « atomes » et des « ions » en astrophysique.
- XI. — NOTATIONS SPECTRALES A PARTIR DES TERMES IONIQUES
- Les niveaux énergétiques d’un atome neutre (ou d'un ion d’ordre déterminé) résultent de l’addition d’un électron de valence à une des configurations de l’atome ionisé (ou de l’ion immédiatement supérieur). Par exemple, l’état sp 3P, de Ca I peut être regardé comme provenant de l’addition d’un électron p à l’état s2Pi/2 de Ca II. Cette façon de voir est probablement conforme à la réalité des faits dans certains cas : par exemple, dans une étincelle condensée entre électrodes de calcium, étincelle très riche en ions Ca^ et en électrons libres, il est très concevable qu’un de ces électrons s’attache à un ion Ca+ pour donner un atome neutre mais excité. L’idée est donc fort naturelle de chercher à construire les termes de Ca I en partant de ceux de Ca II. L’avantage de cette conception est qu’elle nous dispense d’envisager en détail tous les électrons constitutifs de la couche optique; nous prenons l’ensemble de ces électrons moins un pour former un ou plusieurs termes de l’ion Ca II, et il suffira d’ajouter à ces termes soit un électron s, soit un électron p, d, f, etc., pour obtenir un état de l’atome neutre. Si le symbole caractéris tique de l’ion est supposé connu, les règles de Hund et les lois de la mécanique ondulatoire permettent d’écrire tout de suite les symboles caractéristiques des termes atomiques construits sur cet état particulier de l’ion. On évite ainsi d’avoir à préciser l’état individuel de tous les électrons de la couche optique; une donnée équivalente est fournie plus simplement par l’indication du terme de l’ion jointe à celle de l’électron ajouté en dernier lieu. Des notations compliquées telles que s p2 d3 f 4D peuvent être remplacés par une notation
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- plus simple telle que (3P) / 4D, où la partie entre parenthèses spécifie l’état de l’ion (3P) et la partie sans parenthèses l’état; de l’atome 4D. L’état de l’ion est une des configurations .v p2 d3; l’addition d’un électron / a transformé cet ion en un atome à l’état 4D.
- C’est sous cette forme condensée qu’on écrit actuellement le plus souvent les termes spectroscopiques. Naturellement on peut elïacer le facteur entre parenthèses dans toutes les applications où on ne s’intéresse pas à la structure de l’ion. Les Tables classiques de Bâcher et Coudsmit sont systématiquement conformes à cette notation. Celle-ci présente un double avantage. D’abord elle permet le classement des termes en familles naturelles, selon qu’ils sont construits sur l’un ou l’autre des termes fondamentaux de l’ion (ces termes sont généralement très peu nombreux, car seuls les termes ioniques les plus stables interviennent d’une façon importante dans la formation des termes atomiques). En second lieu, quand l’électron optique, un électron / dans l’exemple ci-dessus, augmente progressivement de quantum principal en passant sur des orbites 4/, 5/, 6/..., pour aboutir finalement à l’ionisation, les termes correspondants tendent vers une limite, qui est ici le terme (3P) de l’ion. Ainsi la notation adoptée renseigne immédiatement sur les limites de séries, dont chacune se rapporte à un terme constitutif de l’ion.
- XII. - SPECTRES A MULTIPLETS ISOLÉS COUPLAGE ANORMAL DES ÉLECTRONS
- Ce que nous venons de dire suffirait à peu près à donner une idée des notations spectroscopiques si nous ne tenions à signaler un vice caché inhérent à ces notations. Ce vice a passé inaperçu tant qu’on s’est borné à l’étude des spectres simples, en entendant par là ceux des atomes légers, qui occupent le coin supérieur gauche du Tableau de Mendéléef. Les progrès mêmes de la spectroscopie ont permis de débrouiller peu à peu les spectres plus complexes, non seulement le spectre du fer et des éléments de la même famille, mais aussi les spectres des atomes lourds, situés en bas et à droite du tableau. A mesure des progrès de l’analyse spectrale, on a constaté que beaucoup de spectres complexes (et cela est vrai surtout des
- LA RÉSURRECTION
- La colonisation, mieux la résurrection de la Palestine, foyer d’un peuple dispersé, pourchassé, mais dont la vitalité fait l’admiration d’écrivains catholiques comme de Vogüé, Termier, etc... est un des grands événements de notre époque. La reconstruction de la Palestine, œuvre de la volonté et de l’énergie tenace d’une minorité, est aussi une œuvre de foi et d’amour. Elle justifie le titre de « Terre d’Amour » donné par Kessel à l’un de ses plus saisissants ouvrages, lequel décrit la renaissance de la Palestine.
- Il y a bien résurrection de la Palestine par l’œuvre même du « Peuple élu de Dieu » puisque, de 1922 à 1936, la population y est passée — à l’exclusion des Bédouins, évalués à 103.000 individus, tribus nomades — de 654 000 à 1.360.000 âmes, dont environ 400 000 juifs. Elle a donc doublé.
- Alors que, sous la domination turque, la Palestine ne comptait pas une seule ville dont la population attci-
- —.............................................493 =
- spectres d’étincelle d’ordre élevé) ne se répartissent pas en longues séries de raies, mais en multiplets isolés. Ces multiplets cessent souvent d’avoir la structure régulière des multiplets classiques, ils présentent des anomalies notables d’écartement et d’intensité, au point qu’ils cessent parfois d’être reconnaissables. On a conclu de l’étude de ces spectres regardés d’abord comme anormaux, que les règles de Hund cessent de leur être applicables sous la forme ordinaire : les quanta a/.imutaux lv L, ne se composent plus pour former un quantum résultant L et de même les spins s,, sv s~ (tous égaux à 1/2) ne se composent plus pour former un spin résultant S. Ce sont les moments totaux /3 (quanta internes) qui se
- composent pour former des moments résultants J. On exprime ce fait en disant que le mode de couplage des électrons a changé. Au lieu de se faire normalement, il devient anormal, ou, pour employer le jargon spectroscopique, au lieu d’être un couplage (LS) il devient un couplage (//). Nous savons aujourd’hui par de nombreux exemples que le couplage (/'/) est aussi normal que le couplage classique, qu’on appelle parfois couplage Russell-Saunders. Il y a beaucoup de spectres, même parmi les atomes légers (néon, par exemple) dans lesquels certains termes appartiennent au couplage (LS), d’autres au coujdage (//), avec tous les intermédiaires. L’existence du couplage (//) fait naturellement obstacle à l’emploi de la notation LS, puisque ces deux nombres quantiques cessent d’avoir un sens. Une notation nouvelle serait indispensable dans ce cas; elle a été plusieurs fois proposée (1), mais n’a pas encore reçu la consécration internationale. Dans les spectres à couplage anormal, on se contente provisoirement de désigner les termes par un simple numéro d’ordre, suivi de l’indice J en bas et à droite, 10, 2V 32, etc. Quand le couplage n’est pas trop anormal, c’est-à-dire quand le terme s’écarte peu des termes Russell-Saunders homologues, on garde parfois la notation (LS), mais cette pratique n’est pas toujours exempte d’arbitraire et <l'ambiguïté. Hâtons-nous de dire que dans le domaine astrophysique les spectres franchement anormaux sont rares et que la notation Russell-Saunders s’applique généralement assez bien. (A suivre.) Léon Bloch.
- 1. V. p. ex. Eug. Bloch, Livre jubilaire de M. Brillouin.
- DE LA PALESTINE
- gnît 100 000 âmes, on en compte aujourd’hui, trois : Tel-Aviv, Jérusalem et Haïffa ayant plus de 100000 habitants.
- La plus jeune et la plus vivante de ces trois villes : Tel-Aviv (Colline du Printemps), sise au bord de la Méditerranée et au nord de Jaffa, a maintenant plus de 150 000 habitants. C’est le point d’arrivée des émigrants, c’est la ville moderne.
- Dans cet ensemble, il y a accroissement constant du nombre d’individus de race juive. De 1922 à 1935, le pourcentage des Juifs en Palestine est passé de 11,7 à 27,8 pour 100.
- Rien qu’en 1935, on a recensé 61 854 juifs immigrants. Il en est arrivé 29 407 de Pologne, 5464 d’Allemagne, 3616 de Roumanie. Les autres sont venus de Grèce, de Lithuanie, des Etats-Unis, etc... Cette foule bigarrée ne tardera pas à se fondre pour devenir, comme celles qui l’ont précédée, un peuple courageux, sachant s’adapter aux travaux manuels les plus variés.
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- Nous reviendrons un peu plus loin sur le problème de l’immigration en Palestine. Il est d’importance primordiale car le pays n’a qu’une capacité limitée d’immigration en raison de sa superficie restreinte, 2G 158 km2, bien que, de l’Irak au Yemen, la terre arable y soit de bonne qualité. En outre, il convient de réaliser un judicieux équilibre entre la population des villes et celle des campagnes.
- Légende
- Centre de colonisation juive .......
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- Fig. ]. — Carie de la Palestine montrant les centres de colonisation juive.
- LA RÉSURRECTION DE LA PALESTINE LE MANDAT BRITANNIQUE
- C’est au gouvernement français qu’en revient l’initiative :
- Par sa déclaration du 4 juin 1917, rédigée par M. Jules Cambon, secrétaire général du Ministère des Affaires Etrangères, il disait notamment que :
- « Ce serait faire œuvre de justice et de réparation que d’aider à la renaissance, sous la protection des puissances alliées, de la nationalité juive sur cette terre, d’où le peuple d’Israël a été chassé, il y a tant de siècles ».
- Puis, le 16 février 1918, M. Pichon adressa une lettre
- à M. N. Sokolov, un des chefs sionistes, décédé récemment à Londres, dans laquelle on peut lire : « Comme il a été convenu, au cours de notre entrevue le samedi 9 de ce mois, le gouvernement de la République, en vue de préciser son attitude vis-à-vis des aspirations sionistes, tendant à créer pour les Juifs en Palestine un Foyer National, a publié un communiqué dans la presse. En vous communiquant ce texte, je saisis avec empressement l’occasion de vous remercier du zèle que vous apportez à faire connaître à vos coreligionnaires, les sentiments de sympathie que leurs ell'orts éveillent dans les pays de l’Entente et notamment en France ».
- Le 2 novembre 1917, LordBalfour publiait la déclaration que voici :
- « Le Gouvernement de Sa Majesté considère favorablement l’établissement en Palestine d’un Foyer National pour le Peuple Juif et vouera ses meilleurs efforts à la réalisation de ce but; mais il reste bien entendu que rien ne sera fait qui puisse porter préjudice aux droits civils et religieux des communautés non juives existantes en Palestine, ou aux droits et au statut politique dont jouissent les Juifs en tout autre pays. »
- Le 25 avril 1920, à la Conférence de San llemo, le mandat sur la Palestine fut confié à l’Angleterre.
- En 1922, le Gouvernement britannique précisait dans un Livre Blanc la ligne de conduite qu’il se traçait dans sa politique d’immigration dont le principe essentiel était « que le peuple juif doit savoir qu’il est en Palestine en vertu de son droit, et non par tolérance ». Le texte porte : « 11 est nécessaire que la communauté juive en Palestine puisse s’accroître numériquement par voie d’immigration. Une limite doit être assignée à l’immigration par la capacité d’absorption économique du pays ».
- Telles sont les bases de la politique dans la question de l’immigration juive en Palestine.
- De nombreux pays, spécialement l’Angleterre, l’Allemagne, les Etats-Unis, etc... bénéficient du développement économique de la Palestine. En effet, de 1925 à 1935, la valeur des importations en Palestine a crû de 7,7 à 18 millions de livres palestiniennes et celle des exportations de 1,4 à 4,5 millions de livres palestiniennes. Le cours de la livre palestinienne est le même que celui de la livre sterling.
- Pourquoi le mandat sur la Palestine a-t-il été confié à l’Angleterre ?
- De l’examen de la carte, il apparaît qu’à trois points de vue distincts, la Palestine joue un rôle primordial dans le cadre de l’Empire Britannique. Elle y forme :
- Base militaire par rapport au Canal de Suez.
- Terminus du pipe line d’Irak et du chemin de fer projeté Haïffa-Bagdad, appelé à réaliser le projet historique de relier l’Europe aux Indes par voie de terre.
- Etapes et points d’appui des routes maritimes et aériennes de l’Empire sur la grande ligne de transit Europe-Indes-Australie.
- Par cette voie, T Impérial Airway et la K. L. M. (Hollande-Indes) ne mettent que six jours pour raccorder l’Angleterre et la Hollande aux Indes et, dans chaque sens, on dispose de deux coumers par semaine.
- En se représentant l’importance, dans le monde, du
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- canal de Suez, du pétrole et de l’avion, on comprendra pourquoi la Palestine est appelée à devenir le centre nerveux qui déterminera la domination politique et commerciale du Proche Orient.
- Aujourd’hui, par son mandat sur la Palestine, l’Empire Britannique est maître d’un carrefour avancé, particulièrement précieux, sur la route des Indes, au seuil de l’Asie, entre la Turquie et l’Egypte, au contact des grands royaumes arabes.
- L’ÉLAN VERS LA TERRE PROMISE LE MOUVEMENT SIONISTE
- Quel enfant n’a pas subi l’influence de l’esprit qui souffle des plateaux de Judée : Jérusalem, le Jourdain, Jéricho, les monts du Moab, Nazareth, Tibériade, fies noms prestigieux évoquent une géographie aux résonances si profondes que chacun de nous en a son être inconscient tout imprégné.
- Jérusalem, aux ruelles étroites, dallées, presque toutes couvertes (fig. 2), si bien que l’on se croirait sous les arceaux d’un temple sans bornes. Jérusalem, c’est le Mont des Oliviers (fig. 3). C’est le Mur des Pleurs « que la gloire de Dieu n’a jamais abandonné », suprême vestige du Temple, symbole d’une force victorieuse d’ordre spirituel. C’est elle qui a permis aux forces d’ordre économique et social de se développer et de faire renaître la Palestine.
- Suivant la belle image de Kessel, les larmes versées sur les ruines du Temple ont fécondé les vallées désertes de la Judée et de la Galilée.
- Deux œuvres principales le permirent :
- Le Keren Kayeineth Leisracl — Fonds national Juif;
- Le Keren Hayessod — Fonds de reconstruction de la Palestine.
- La colonisation de la Palestine est une œuvre de renaissance nationale dont la réussite représente le produit des efforts de tout le monde juif, lequel comprend environ 17 millions d’individus.
- Depuis leur fondation, ces fonds ont réuni près de dix millions de livres sterling.
- Le Keren Kayemeth Leisracl ou K. K. L. s’est donné pour but d’acquérir des terres en Palestine en propriété inaliénable du peuple juif. La terre, une fois rachetée, est remise aux colons, dans les villages et à la ville, sous forme de bail emphythéotique héréditaire. Le Fonds s’occupe aussi de l’aménagement d’eau et des travaux d’afforestation et d’amendement.
- Les acquisitions principales de ce Fonds sont :
- 1° Les terres situées dans la vallée de Jezréel (l’Emek), région qui constitue le noyau de la colonisation sioniste d’après guerre, spécialement adaptée à la culture mixte;
- 2° La plaine de Caïffa-Acre, étendue appelée
- à jouer un rôle important dans l’expansion future de la ville de Caïffa;
- 3° Une partie considérable de la plaine du Saron (dont Wadi-Hawareth), étendue précieuse pour être située au centre même de la culture de plantation. Cette région a été rachetée en partie par les juifs du Canada (50 000 hectares) et en partie par ceux d’Afrique du Sud (15 000 hectares).
- Dans les villes, de nombreux quartiers d’habitations
- Fig. 3. — Le Mont des Oliviers et son vieux cimetière juif. (Extrait du film : Terre Promise.)
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- et des quartiers ouvriers sont situés sur les terres du K. K. L. Les bâtiments publics les plus importants sont également construits sur ses terres : l’Université de Jérusalem, la Bibliothèque Nationale, la Grande Synagogue de Tel-Aviv, le lycée de Tel-Aviv et de Jérusalem, l’École d’Art Bézalol, des hôpitaux, etc...
- Bref, le Keren Kayemeth Leisraël pourvoit les juifs de terrains qu’il améliore, contribue à rendre le pays plus sain et plus agréable, encourage le développement normal des agglomérations urbaines.
- Le Keren Hayessod est le principal instrument financier de la colonisation rurale.
- La tâche du Keren Hayessod a été double, dès le début : 1° résoudre le problème de l’établissement du plus grand nombre possible de personnes sans capital, dans le délai le plus bref possible;
- 2° leur créer une vie économique, sociale et morale
- Fig. 4. — Juifs Scphardim dans les rues de Jérusalem.
- plus saine et plus assurée que celle de la Haspora. Pour atteindre au premier de ces buts, il aurait suffi de créer la ville juive palestinienne; pour réaliser le second, il fallait absolument la campagne. C’est à cette dernière tâche, la plus difficile, que s’attacha le Keren Hayessod.
- En tout état de cause, les allocations du Keren Hayessod sont consacrées, en premier lieu, à la colonisation agricole; en second lieu, à la colonisation urbaine et aux travaux publics; en troisième lieu, à l’éducation; enfin, a l’immigration et aux institutions religieuses et communales.
- Le Keren Hayessod a également permis la naissance de la Jérusalem moderne avec ses universités, ses bibliothèques, ses maisons ouvrières. Jérusalem est appelée à devenir le grand centre spirituel du judaïsme moderne.
- Sa puissance commerciale augmentera quand on intensifiera la production de sels de potasse par traitement des eaux de la Mer Morte. La figure 4 montre un aspect de la Jérusalem moderne et de la tenue de ses habitants.
- LE PROBLÈME DE L'IMMIGRATION
- Les premiers émigrants juifs arrivèrent en Palestine, avec le sentiment que cette terre leur était dévolue pour y fonder un ordre nouveau. Ils étaient une poignée. Ils trouvaient, installés et méfiants, 600 000 Arabes.
- Que voulaient ces nouveaux colons israélites ? Faire rendre le plus possible à des terrains jusqu’à présent restés en friche, combattre la malaria en asséchant les marais et en plantant des eucalyptus, établir des routes, amener en un mot la civilisation.
- A titre d’exemple, la figure 5 montre une des belles voies bordées d’arbres qui sillonnent les colonies palestiniennes.
- Les Arabes, eux-mêmes, s’aperçurent vite que l’immigration juive leur était profitable. Des terres qui semblaient sans avenir possible — sables et marécages — se couvraient de cultures et d’arbres. Leur valeur doublait, puis triplait, montant sans cesse. Les grandes agglomérations juives devenaient des centres de corisommation de plus en plus importants. Les fellahs des environs étaient heureux de leur vendre les produits de leur travail et de bénéficier des installations de toutes sortes : routes, hôpitaux, électricité, etc...
- Cependant, l’immigration sioniste mettrait évidemment en danger les privilèges médiévaux et anachroniques des grands seigneurs exerçant jusque-là sur la Palestine un régime foncièrement féodal.
- Ces grands seigneurs qui, pour la plupart, possédaient la terre, la faisaient exploiter, tant bien que mal, par des fellahs asservis de père en fils à leurs domaines, tout en menant eux-mêmes dans les grands centres urbains .de la péninsule une vie oisive où la politique et le jeu tenaient la plus grande place. La création du mandat, la pénétration rapide de la civilisation européenne, favorisée par l’expansion juive, la tendance éminemment démocratique que renferme l’obligation, imposée parle mandat à la tutelle britannique, de créer des institutions de libre gouvernement constituent pour ce cadre féodal une menace extrêmement sensible contre laquelle les dirigeants arabes entendent réagir avant qu’il soit trop tard.
- Là est l’unique cause de l’insurrection arabe dont la Palestine souffre, depuis quelque temps.
- Il est établi, en effet, que l’immigration est sévèrement réglementée en Palestine ; une partie des terres qui, possédées autrefois par les Arabes, sont devenues la propriété des colonies sionistes, n’ont été transférées aux Juifs que par voie de ventes volontaires et régulières. Seule, a joué la loi naturelle de l’offre et delà demande; seul aussi le désir de se débarrasser de certaines de leurs terres incultes, de réaliser un bénéfice considérable, naguère inespéré, a poussé les possédants musulmans à échanger, contre un capital liquide, des domaines qui, soit aridité du sol, soit incapacité ou indolence de la main-d’œuvre, étaient depuis longtemps pour la plupart
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- restés improductifs. Dans ces transactions nombreuses, le fait le plus cui'ieux et le plus significatif peut-être a été l’impatience qu’ont montrée certains propriétaires arabes à vendre leurs terres ; ce sont eux qui ont exigé et obtenu l’abrogation des lois de défense agraire, les « Land Transfer Ordinances », promulguées en 1920 et 1921, pour protéger les vendeurs en cas d’éviction. Ces derniers ont estimé que ces ordonnances avaient été conçues dans le dessein de leur susciter des difficultés dans la vente des terres aux Juifs et qu’elles étaient fort nuisibles à leurs intérêts.
- Quant à l’immigration, elle est réglée par l’Agence Juive et le Gouvernement de Palestine. Celui-ci délivre des certificats pour travailleurs et artisans d’après une évaluation de l’absorption économique du pays. D’autres catégories d’immigrants sont admis s’ils se montrent possesseurs d’un capital approprié ou d’un revenu assuré.
- Le Keren Hayessod aide les immigrants sans moyens, depuis le départ de leur pays d’origine jusqu’à leur établissement en Palestine.
- LES COLONIES JUIVES
- Le Keren Hayessod, en se constituant le pionnier de la colonisation rurale, obéit à la tradition. Le Juif des temps bibliques avait livré combat à la terre, il la garda, la fertilisa, il « l’entoura d’une haie et en ôta les pierres ».
- Il fallait revenir à cette tradition. Un mouvement de renaissance est en droit d’exiger de ses adhérents l’audace et l’abnégation, mais il ne peut pas offrir à la nation la perspective sans espoir d’une vie de pauvreté et de dévouement.
- Par suite, les colons reçoivent du Keren Hayessod des prêts leur permettant d’établir leur économie sur une base solide. Ce fonds les pourvoit des bâtiments et du cheptel.
- Les figures 6 et 7 qui se rapportent respectivement aux colonies juives de Givath Brenner, fondée par le Keren Hayessod, et à base collective de Nataniah, fondée par les fils d’anciens colons sur la base de la propriété privée, nous montrent les colonies juives.
- Sur la figure 6, on voit, au premier plan, les tentes des pionniers et au fond les immeubles, premier noyau de la nouvelle cité.
- En moyenne, la colonisation complète d’une famille revient à 700 livres (x), terrains non compris.
- Il fallait ensuite développer l’irrigation qui permet de multiplier environ par huit le rendement des terres par rapport au cas où le sol palestinien ne reçoit que de l’eau pluviale.
- C’est pourquoi l’irrigation est devenue la clef de voûte de l’économie agricole en Palestine. On évalue à 80-100 millions le nombre de mètres cubes d’eau employés, dès maintenant, pour la fertilisation du sol.
- Grâce à l’irrigation, la Palestine fournit : trèfle, luzerne, maïs vert, choux-fleurs, tomates, carottes, fraises pommes de terre, bananes, raisins de table. Un colon peut exploiter avec profit une superficie de' deux hectares environ.
- 1. Cette somme a été diminuée ces dernières années.
- Fig. 5. — Allée, de la colonie Mishma, à Haemck.
- Actuellement, la superficie des terrains exploités est d’environ 120 000 ha sur lesquels vivent 60 000 individus. 11 y a 40 ans, on ne comptait que 3000 agriculteurs cultivant quelque 10 000 ha.
- La figure 1 nous a montré la répartition des colonies juives en Palestine. Notre éminent ami : M. Audebeau
- Fig. G. •— Giua'.h Brenner, colonie coopérative juive.
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- Bey, membre de l’Institut d’Egypte, a publié comme suit ses impressions de mission dans la Vallée du Jourdain, depuis le lac de Tibériade ou de Génézareth jusqu’à la Mer Morte :
- « Le Jourdain coule presque à l’ouest de la plaine de Samakh. Sur la rive gauche, se trouvent les colonies sionistes de Dagania, partiellement irriguées pendant la saison sèche au moyen d’un moteur de 35 ch, élevant l’eau du fleuve à 10 ou 12 m de hauteur. De beaux arbres ornent la rive est dans le premier parcours du fleuve.
- « Les colonies de Dagania sont très bien cultivées. J’y ai vu de beaux vignobles, des bananeraies avec de lourds
- Fig. 7. — Nalhaniah, colonie juive au bord de la mer.
- régimes, des orangeraies, des fourrages et des légumes de toutes sortes.
- « Les pieds de vignes sont écartés entre eux de 2 m 50.
- « Ils reçoivent trois à quatre arrosages pendant la saison sèche; ces arrosages sont pratiqués sur une bande de 1 m de largeur entre les lignes. La quantité d’eau d’irrigation varie de 4 à 5000 m3 par hectare, selon les années, correspondant à une lame d’eau, de 0 m 40 à 0 m 50 d’épaisseur.
- « Les bananiers, écartés entre eux de 4 m X 2 m, sont arrosés pendant huit à neuf mois de l’année. Us reçoivent une lame d’eau de 2 m 70 à 3 m 25 d’épaisseur. Ils sont abrités contre le vent par des claies en roseaux et portent trois plants par piquet, dont deux sont en production pendant l’année.
- « Les orangeraies, irriguées pendant la même durée annuelle, reçoivent une lame d’eau de 1 m 63 à 2 m 20 d’épaisseur.
- « Les légumes divers demandent quatre à cinq arrosages, soit une lame d’eau de 0 m 65.
- « Le maïs, le trèfle d’Alexandrie, d’autres plantes fourragères, reçoivent un même nombre d’arrosages que les légumes, mais avec une lame d’eau de 0 m 65 à 0 m 87.
- « Les habitations de Dagania sont neuves. Comme dans les diverses colonies sionistes de la vallée d’Esdrelon, que j’ai visitées, les dépendances, étables et poulaillers, ont été établis et sont entretenus d’après les procédés les plus modernes ».
- La production agricole de la Palestine a pour objet de satisfaire : en premier lieu, aux besoins du pays : œufs, laitage, blé, légumes, fruits,. etc... En sec ond lieu, elle est orientée vers l’exportation d’agrumes : oranges et pamplemousses.
- Pendant la saison 1935-1936, la Palestine exporta environ 8 millions de caisses d’oranges.
- On évalue à environ 7000 et à 540 le nombre d’hectares respectivement réservés à la plantation des orangeraies et des pamplemousses.
- La qualité de l’orange de Judée est bien connue, aujourd’hui. Elle se distingue par sa forme oblongue, l’absence de pépins, sa grande quantité de jus et sa saveur.
- LE TRAITEMENT DES EAUX DE LA MER MORTE
- La Mer Morte a une étendue plus grande que le l.ac Léman; la profondeur des gouffres y est également plus accusée. Le niveau moyen de ses eaux est à 396 m 67 au-dessous de celui de la Méditerranée.
- L’eau de la Mer Morte contient en dissolution 27,5 pour 100 de sels divers. Sa saveur est horrible.
- Une société « La Palestine Potash Ltd » se propose de produire annuellement à partir des eaux de la Mer Morte : 100 000 t de chlorure de potassium, 8000 t de brome et du chlorure de magnésium. L’électrolyse de ce sel permettra d’obtenir le magnésium qui est très recherché pour la fabrication d’alliages légers : électron, duralumin.
- Actuellement, la production mondiale de magnésium est de 20 000 t par an dont 16 000 t proviennent d’Allemagne.
- CONCLUSIONS GÉNÉRALES
- Et tandis, qu’en Terre Promise, dit Kessel, une partie d’Israël se nourrit de grands souvenirs, toujours vivants, l’autre, la plus jeune, la plus hardie, et la mieux armée, répète : « Nous ferons ».
- Nous ferons de Caïffa le plus grand port du Proche-Orient;
- Nous ferons refleurir les oliviers sur les terrasses désertes de Judée;
- Nous ferons jaillir le pétrole de la Mer Morte.
- Ou plus humblement :
- Nous ferons un puits;
- Nous ferons un jardin.
- Ch. Berthelot.
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- CINÉMATOGRAPHIE ULTRA-RAPIDE =499
- UN NOUVEAU SYSTÈME DE PRISE DE VUES
- Nous avons déjà eu l’occasion d’étudier ici le problème du cinématographe ultra-rapide. Dans certains appareils, on peut obtenir une prise de vues très rapide, mais pendant un temps limité, sur une longueur de film réduite; d’autres appareils ont, au contraire, un fonctionnement continu.
- La prise de vues avec déplacement saccadé du film est difficilement praticable aux cadences très rapides. La prise de 5000 vues à la seconde, par exemple, sur le film standard normal de 35 mm, exigerait une vitesse moyenne d’environ 95 m à la seconde, et, en tenant compte de l’arrêt sur chaque vue, une vitesse intermittente de l’ordre de 190 m à la seconde. Malgré la faible masse du film, la résistance de la matière deviendrait vite inférieure aux forces d’inertie à supporter, et les organes de transmission du mouvement seraient soumis à des efforts trop grands.
- La technique classique ne permet guère qu’une cadence de l’ordre de 200 vues par seconde, et un ralenti de l’ordre de l/12e seulement environ. On peut ainsi couramment analyser au ralenti les mouvements d’un athlète, les sauts d’un cheval, etc.
- Pour l’étude des phénomènes ultra-rapides, mécaniques ou biologiques, il semble donc indispensable de recourir au déroulement continu du film, en réalisant l’éclairement du sujet à une cadence très rapide, et convenablement choisie, au moyen de contacts synchronisés avec le déroulement du film.
- On obtient ainsi, en réalité, une série de photographies à cadence très rapide; la plupart du temps, ces images sont juxtaposées en largeur et longueur. La prise de vues en est facilitée, mais la projection devient difficile.
- Les appareils à déroulement continu que nous avons étudiés, le stroborama ou celui du professeur Magnan, reposent sur l’éclairage intermittent du sujet ou utilisent un disque tournant à fentes radiales formant une sorte d’obturateur de plaque, se déplaçant devant un bloc d’objectifs.
- LES SYSTÈMES A IMAGE MOBILE
- Dans ces différents systèmes, le film se déplace par rapport à l’image, de sorte que l’impression photographique ne peut se faire que pendant un temps très court. On peut songer aussi à déplacer le film au moment de l’impression, de façon à rendre Vimage immobile par rapport au film. On peut ainsi impressionner le film pendant le temps qu’il met à se déplacer de la hauteur d’une image, et obtenir, par suite, un gain de luminosité appréciable.
- Comment réaliser ce dispositif ? On peut, tout d’abord, utiliser un disque tournant muni à sa périphérie d’une série d’objectifs équidistants. Le disque est disposé de façon que les objectifs viennent défiler au niveau d’une ouverture, derrière laquelle le film se déplace d’un mouvement continu. La hauteur de l’ouverture est suffisamment faible pour que l’arc de cercle décrit par
- Disque à objectifs
- Fig. 1. — Principe des prises de vues sur film à déroulement continu au moyen d’un disque tournant muni d’objectifs à sa périphérie.
- le centre optique de l’objectif au cours de son trajet devant l’ouverture puisse être confondu avec un segment de droite (fig. 1).
- Mais, dans ce système, l’immobilité de l’image par rapport au film n’est jamais parfaitement réalisée, et il est difficile d’obtenir, à la fois le grand nombre d’images nécessaires sur le film, et une distance convenable entre les objectifs montés sur le disque.
- Pour réaliser un enregistrement permettant une projection cinématographique normale, les images obtenues doivent être équidistantes, et se succéder à des intervalles parfaitement déterminés de 3,8 mm pour le film de 8 mm, de 7,6 mm pour celui de 16 mm et de 19 mm pour le film standard de 35 mm.
- Quelles que soient les dimensions du film, on ne peut dépasser une vitesse de déroulement supérieure à 20 ou 25 m par seconde, sans risquer de détériorer le film par des cisaillements au niveau des encoches. Les objectifs montés sur le disque ne peuvent pas pratiquement, d’autre part, avoir un diamètre inférieur à 8 mm. Pour obtenir un ralenti très élevé, on utilise évidemment le film de 8 mm, le format actuel le plus réduit; dans ce cas, les objectifs devraient être disposés à 3,8 mm les uns des
- Fig. 2. — Principe de prises de vues à l’aide d’un objectif additionnel immobile et réglable.
- Plan, fixe de
- _ Plan de la 2? ri* image réelle ^droite (plan du film)
- Objectif
- fixe
- réglable
- Objectif mobile
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- Drsgue d objectifs
- Objectif
- Platines de guidage du film
- Fig. 3. — Schéma d’un appareil de prise de vues ultra-rapide à image mobile. (Merlin et Gérin.)
- autres sur la périphérie du disque, puisque cette donnée correspond au pas du film de 8 mm; pratiquement, cette construction est évidemment impossible.
- Au contraire, si l’on donne aux objectifs des dimensions plus grandes, on perd les avantages d’un déroulement rapide, en raison de l’augmentation des dimensions des images correspondantes.
- Fig. 4. — L’appareil Merlin et Gérin.
- Vue du disque tournant muni d’objectifs à sa périphérie.
- UNE NOUVELLE SOLUTION
- Le problème est donc de projeter des images qui restent immobiles sur le film, quelle que soit la distante de l’objet à cinématographier.
- 11 a été résolu d’une façon intéressante par MM. Merlin et Gérin; ils placent en avant du disque tournant à objectifs, un objectif fixe mais réglable, dont l’axe optique coïncide avec celui de l’objectif mobile qui passe devant la fente photographique (fig. 2).
- On obtient ainsi des images parfaitement fixes par rapport au film. Etant à tirage réglable, il peut, en effet, toujours donner d’un objet placé à une distance quelconque, une première image dans un plan P,. Cette première image sert, à son tour, d’objet virtuel pour l’objectif mobile qui en donne une image réelle sur le film.
- La distance de l’objet virtuel au plan de l’objectif mobile est constante, la vitesse de l’image finale est constante, et il suffît de donner au film cette vitesse pour réaliser l’immobilité des images par rapport au film.
- Le dispositif permet, d’autre part, de prendre une vitesse de déroulement du film inférieure à la vitesse tangentielle des objectifs, en choisissant un réglage tel que le plan P, dans lequel se forment les images virtuelles soit en arrière du plan des objectifs mobiles P2, le film se trouvant alors entre ces deux plans. Un calcul que nous ne reproduirons pas, permet de démontrer l’exactitude du fait.
- La vitesse de l’image reste toujours inférieure à la vitesse de l’objectif, pour une distance focale et un réglage de l’objectif convenablement choisis. Il n’y a plus alors aucune difficulté à employer du film à format réduit de 8 mm et des objectifs mobiles de dimensions convenables.
- L’appareil Merlin et Gérin construit sur ce principe permet d’obtenir 6000 vues par seconde sur un film de 8 mm. Outre le dispositif optique que nous venons d’expliquer, il possède un dispositif mécanique qui permet de dérouler le film de façon continue. Un dispositif de synchronisation commande l’entraînement et l’arrêt du système moteur, ainsi que la production du phénomène à étudier à des intervalles de temps déterminés et, enfin, un moteur entraîne les différents mécanismes
- (fig. 3).
- Comme on le voit sur la figure 3, ce moteur entraîne en bout d’arbre un disque portant à sa périphérie 60 objectifs de 20 mm de distance focale disposés à 9,5 mm les uns des autres.
- Ces objectifs défilent en face d’une ouverture dei’rière laquelle se déroule le film. L’objectif fixe de 25 mm de distance focale est réglable au moyen d’une monture hélicoïdale.
- Le film vierge est enroulé au moyen d’une bobine, folle sur son axe, maintenue seulement par un léger frotteur, et passe ensuite entre deux platines. La platine avant présente une ouverture, et une légère rainure pour le guidage.
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- Une autre ouverture est ménagée dans la platine arrière, et permet l’encastrement cl’une lame de verre. On peut ainsi examiner au moyen du microscope les images formées sur le film, et les amener à la netteté convenable en réglant l’objectif. Une roue dentée engré-nant avec les perforations du film lui communique la vitesse uniforme désirée, et, finalement, la bande tombe en vrac dans un sac, car la vitesse très élevée de 24 m par seconde interdit l’enro ilement.
- Le moteur d’entraînement, dont la vitesse peut atteindre 6000 tours-mn, permet d’obtenir 6000 images par seconde, et la vitesse de déroulement est alors de 6000 X 0,038 = 22 m 8 par seconde.
- Si l’on ne veut pas augmenter les complications d’éclairage, il paraît dillicile de dépasser de beaucoup cette vitesse.
- Les résultats obtenus montrent la grande luminosité du dispositif optique. Si l’on cinématographie un sujet à raison de 1000 images par seconde, par exemple, les résultats photographiques obtenus sont identiques à ceux que donne un appareil photographique au 1 /1000e de seconde, avec objectif ouvert à F : 3,5 (üg. 4).
- Pour un phénomène non lumineux par lui-même, une intensité lumineuse de l’ordre de 10 000 lumens est suffisante pour un sujet situé à 1 m des projecteurs, ce qui correspond à l’emploi de 2 lampes de 1500 w seulement. L’appareil est, d’ailleurs, muni d’un support de réglage en hauteur et est orientable dans tous les azimuts; ce qui en rend l’emploi très pratique.
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- La cinématographie ultra-rapide peut rendre d’immenses services dans le domaine purement scientifique, comme dans le domaine industriel, puisqu’elle fournit un moyen puissant d’analyse des phénomènes.
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- Fig. 5. • Vue de l'appareil Merlin el Gérin, boîlier ouvert.
- Le nouvel appareil, grâce à sa commodité d’emploi met ce moyen d’investigation à la portée de tous les laboratoires.
- P. H.
- Fig. 6. — Photographies ultra-rapides sur film de S mm, obtenues avec Vappareil Merlin et Gérin.
- Ces vues sont prélevées dans la cinématographie de la coupure d’un arc alternatif (3500 images par seconde). Le phénomène dure 3/10 de sec; 1050 images ont été enregistrées. Le nombre qui accompagne chaque vue indique le numéro d’ordre de la vue.
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- DE LA GROTTE-GOUFFRE DU PARADIS (DOUBS)
- Le Paradis est enfin vaincu! Telle était notre commune pensée en sortant de cette grotte-gouffre, harassés et transis après 16 h d’exploration. Depuis plus de 40 ans, en effet, cet abîme qui s’ouvre près de l’hôpital du Gros-Bois avait résisté aux assauts successifs de plusieurs générations de spéléologues. Découvert en 1894 par M. Fournier, le grand spéléologue de Besançon, ce dernier, après plusieurs tentatives, était parvenu à la cote — 100. Une d’entre elles aurait pu d’ailleurs se terminer tragiquement par suite de la chute de l’un des explorateurs dans une étroite fissure d’où les autres, éloignés et privés soudainement de lumière, n’ont pu le sortir qu’après des heures d’efforts. Après M. Fournier, des essais isolés et occasionnels furent faits pour percer le mystère de ce gouffre, mais sans succès. Ce n’est qu’en 1930 qu’un assaut minutieusement organisé fut entrepris par le spéléologue bien connu, R. de Joly, aidé de plusieurs collaborateurs. Après avoir campé sur place pendant 4 jours, il put atteindre la cote — 164, mais sans pouvoir continuer, une pluie diluvienne ayant fait naître des cascades d’eau le long des verticales, rendant la remontée pénible et dangereuse. En 1931, à nouveau, il fut arrêté par le même inconvénient, mais aggravé, car le débit plus important que jamais les bloqua pendant de longues heures au bas des étroitures et il ne put de ce fait atteindre la cote de l’année précédente.
- Toutes ces difficultés étaient bien faites pour tenter les membres du jeune groupe de spéléologie, le Spéléo-Club de Paris, que nous venions de fonder au sein de la section de Paris du Club Alpin Français. Disposant d’un important matériel, mais de peu de temps, toutes les dispositions devaient être prises longtemps à l’avance. Après plusieurs échanges de lettres avec le délégué spéléologique de la section du Jura de notre association, M. P. Contejean, qui connaissait admirablement ce gouffre comme ayant participé aux explorations de 1930 et 1931, nous partions le samedi après-midi pour Besançon et l’Hôpital du Gros-Bois, petit village situé à 2 km de l’entrée de la grotte. La participation parisienne était restreinte; Mlle Ertaud, MM. Jean Susse et Henry P. Guérin et moi-même, mais nous attendions la venue de deux membres de Lyon : MM. P. Chevalier et IJeurli-mann, et M. P. Contejean devait emmener un de ses collègues, le D1' Bougeaud. Notre caravane serait donc composée, malgré tout, de 8 personnes, chiffre qui nous paraissait être le minimum indispensable pour entreprendre une aussi difficile descente.
- L’EXPLORATION
- Le dimanche 13 septembre, à 6 h du matin, nous faisons sur place l’inventaire de notre matériel collectif : 200 m d’échelles et 300 m de corde, puis nous disposons le tout dans de petits paquets suffisamment plats pour pouvoir les faire progresser commodément dans les étroits. Chacun, en plus de son sac personnel contenant des vivres, chandails, bougies, allumettes, piles de secours et instruments scientifiques, reçoit du chef de la caravane deux de ces colis dont il a la garde exclusive. Ayant allumé nos puissantes lampes électriques frontales, nous nous introduisons à 7 h précises dans la grotte. Celle-ci commence banalement : sol de cailloux, pente douce, pas de concrétions. La progression est facile et rapide. Nous arrivons bientôt à la première verticale de 15 m (—39), nous disposons pour la franchir une échelle de 30 m car après un replat il y a, paraît-il, un nouveau vide de 8 m. L’échelle bien amarrée après un tronc d’arbre calé horizontalement contre les parois est descendue individuellement sans assurage, pour gagner du temps. Nous avions en effet, étant tous bien habitués à cette gymnastique, décidé de n’utiliser la corde de soutien que pour les puits de plus de 20 m continus. En bas le couloir se poursuit, puis nous atteignons une première salle cir-
- Fig. 1. — Base du puits de 15 m à la cote —39. (Ph. Jousse.)
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- culaire qui semble close de toute part (•—49).
- Les difficultés commencent, paraît-il, là ; en effet, il nous faut maintenant, libérés de tout lardeau et même de tout objet encombrant dans les poches, nous insinuer dans une fissure tortueuse et étroite où la progression est des plus pénibles, elle se termine par un à pic nécessitant la pose d’une petite échelle de 10 m aboutissant à une partie plus large (— 65).
- Par une succession de relais incommodes, le matériel est à nouveau réuni. La physionomie de la marche change maintenant, nous cheminons dorénavant au fond d’une étroite fissure très haute qui décrit des méandres; une nouvelle salle puis les méandres reprennent, plus pénibles puisque souvent le fond ne peut être atteint et qu’il faut s’arc-bouter le long des parois; un nouvel à pic à 2 surplombs que nous franchissons à l’aide d’une petite échelle allongée d’une corde et nous arrivons à la salle dite du baromètre où nous sommes enfin heureux d’avoir la place de nous allonger (— 82). Après avoir repris quelques forces, nous attaquons maintenant une des plus dures parties du parcours : une longue et étroite fissure de 100 m bien polie par les eaux où, même à l’arrêt, il faut faire des efforts pour ne pas tomber vers le bas où nous serions infailliblement coincés. C’est là que le compagnon de M. Fournier a glissé et est resté plusieurs heures dans une position désespérée, nous comprenons maintenant l’horreur de sa situation. La nôtre n’est qu’à peine plus enviable; encombrés de notre sac et de deux colis, la progression est épuisante. Enfin la fissure s’élargit et on voit le fond maintenant habitable de la fissure à quelques dizaines de mètres plus bas. Pour y descendre nous fixons une échelle sur un barreau de bois coincé dans la fente, apport de M. de Joly. Nous formons des vœux pour qu’il veuille bien tenir après cinq ans d’humidité. Tous descendus sans encombre, nous recensons le matériel (— 91). Rien ne manque, il est 9 h. 1/2, nous avons bien marché et chacun est en forme pour l’assaut linal qui se rapproche. Par une fissure horizontale entre deux couches de calcites et à travers des stalactites où le casque se coïnce désagréablement nous parvenons au sommet d’une salle en bas de laquelle s’ouvre le grand puits. Autour d’une grosse concrétion, nous fixons l’échelle bien solidement, car c’est ce seul appui qui va nous permettre de descendre dorénavant de — 100 à — 151. La caravane et le matériel sont maintenant rassemblés dans une vasque agréable, plancher de la salle (— 100) ; sur le côté, par un trou noir et cylindrique, vont s’engager les différentes équipes de profondeur. M. Contejean, assuré par une corde de 100 m, descend le premier. A quarante mètres il m’appelle, j’empoigne à mon tour les barreaux, au bout de 2 m l’ensemble s’élargit, mon faisceau lumineux éclaire difficilement les parois. En plein vide, en me penchant, j’aperçois à l’extrémité de l’échelle qui fuit sous moi la petite clarté de la lampe de mon compagnon vers lequel je progresse. J’atterris sur une plate-forme confortable qui marque la fin de la
- verticale (— 144). Dorénavant la faille se resserre et nous progresserons en oblique. M. Susse nous rejoint.
- Fig. 3. — M. Conlejean dans l'étroiiure verticale de la cote — 65. (Pli. Jousse.)
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- Nous quittons alors la corde de sûreté et après avoir amarré à nouveau l’échelle sur un bec rocheux, nous descendons en appelant une autre équipe : Mlle Ertaud et Chevalier. Au bout d’une dizaine de mètres péniblement parcourus en raison de l’étroitesse de la fissure, nous parvenons à la lèvre surplombante d’un nouvel abîme (— 151). Disposant d’une vingtaine de mètres d’échelles, nous les déroulons puis descendons, assurés par M. Susse. Les premiers mètres sont difficiles car il faut s’éloigner du début de la lèvre trop étroite poulie passage d’un corps. A quinze mètres, nous touchons le fond d’une belle salle, nette et polie, et contre la paroi nous distinguons les initiales R. J. de M. R. de Joly. Nous sommes à —164 m. Le terrain vierge maintenant commence. Par les relais nous nous faisons envoyer 50 m d’échelles et 100 m de cordes; on nous prévient que nous pouvons à simple demande disposer de 20 m d’échelles supplémentaires, de 50 m de cordes et enün des singes mécaniques qui nous permettraient en dernière extrémité de pouvoir remonter toute verticale à l’aide d’un simple câble. Ces indications nous rassurent; avec les réserves dont nous disposons nous devons réussir, il n’est que 11 h 30 et nous sommes toujours bien frais et dispos. Nous équipons maintenant le puits reconnu par M. de Joly, qui s’ouvre en plein côté de la salle et en retrait, avec 40 mètres d’échelles; M. Susse vient nous assurer et M. Contejean descend. A 25 m, il me demande de le rejoindre, ce qui est fait. L’allure générale de ce gouffre est bien différente, toutes ses parois sont recouvertes de magnifiques draperies blanches et de concrétions aux formes étranges. L’aspect est celui d’une nef de cathédrale qui serait splendidement décorée. Ayant quitté la corde de sûreté, nous descendons par les rochers érodés vers le plancher de la salle. En y arrivant (— 194), nos pieds s’enfoncent dans un sol meuble que mon compagnon reconnaît comme de la marne toarcienne
- imperméable. Cela doit être la fin, les eaux ne pouvant creuser dans ce terrain. Toutefois nous distinguons un conduit oblique et descendant, nous le parcourons en rampant, après plusieurs mètres il aboutit à un petit puits de 1 m de diamètre sur 2 de profondeur comblé de boue, nous sommes à —- 204 m. Serait-ce vraiment la fin ? Nous contournons ce puits et par un même couloir nous remontons dans la salle. Minutieusement nous l’inspectons, une petite grotte annexe semble nous réserver une surprise, mais non, elle est également bouchée. Le Paradis est enfin vaincu,-—204 m, il est midi et demie. Nous échangeons une poignée de main et nous crions le résultat qui de relais en relais va prévenir de notre succès commun toute la caravane. Après un relevé sommaire et un dernier coup d’œil à ce majestueux ensemble que nul œil humain n’avait jusqu’alors contemplé, nous donnons l’ordre de la remontée.
- Celle-ci fut sans histoire jusqu’à la cote —164 où nous nous trouvons bientôt tous trois rassemblés. Pour gagner du temps, nous avions donné l’ordre à la cordée précédente de remonter jusqu’à —100, devant rejoindre par nos propres moyens le point —144 où nous retrouvions la corde d’assurage. Le surplomb de —151 devait se franchir grâce au soutien d’une corde double coulissante. Malheureusement au premier essai la corde se coince, il nous faut donc monter avec la seule aide de l’échelle. Trois fois nous essayons, mais en vain, l’échelle pend en effet du bout de la lèvre trop étroite et le vide nous empêche de nous en éloigner. Pour comble de malchance un filet d’eau coule le long des deux câbles de l’échelle, rentre dans nos manches et va se recueillir dans nos souliers. Nous sommes bientôt entièrement mouillés et transis. Nous appelons de l’aide en haut et nous voyons au bout de quelques instants apparaître au sommet du surplomb la figure sympathique de notre président Henry P. Guérin. Il décoince la corde, assure l’un de nous, mais même avec son aide, on ne peut passer. La situation devient critique, nous sentons à chaque essai nos forces diminuer et il faut cependant que nous nous sortions de là. Vainement M. Guérin cherche le bec du rocher, indiqué par M. R. de Joly, qui a dû sans doute se détacher; il trouve toutefois une minuscule aspérité qui permettra à l’échelle de s’éloigner quelque peu du bout de la lèvre, mais le surplomb nous domine toujours. Dans un effort désespéré, j’arrive enfin à passer, gagnant chaque centimètre avec une extrême peine. M. Guérin est aussi fatigué que moi par son effort de traction. Tous deux à plat ventre dans la boue nous reprenons pendant quelques minutes nos forces. Nos compagnons, avec une peine presque égale, sont respectivement sortis de ce « mauvais trou ». La remontée du grand puits avec le matériel est à nouveau très pénible, nos membres raidis par l’humidité réagissent mal. Accrochés à l’échelle pendue dans le vide, nous sommes pris à chaque instant de tremblements qui secouent dangereusement notre appui et c’est avec une réelle
- Fig. 4. — Salle dite du baromètre (cote —-82). (Ph. Jousse.)
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- Fig. 5. — Coupe du gouffre du Paradis, établie par l’auteur.
- joie que successivement en haut nous sommes saisis par des mains vigoureuses et posés comme des paquets en lieu sûr. Par une chaîne incommode, tout le matériel est petit à petit amené, puis entreposé à —91. Au cours de ce transport, l’un de nous qui remontait à l’échelle fixée par un barreau de bois voit soudain celui-ci se casser, il tombe de quelques mètres et est heureusement arrêté par la corde de soutien, mais il est contusionné et nous perdons là un aide précieux. La remontée après cet incident se poursuit, longue, interminable. La notion du temps a disparu ; environnés, dans les étroitures, de brouillard produit notamment par l’évaporation de nos vêtements, nous nous tirons, poussons, hissons l’un l’autre, nous ne sommes plus qu’une longue et même chenille à la recherche de l’air libre. A 11 heures du soir enfin, après 16 heures passées sous terre, nous revoyons les étoiles, nous foulons d’un pied boueux l’herbe rase d’une prairie, nous entendons une automobile qui sur la route se presse de regagner Besançon; ces sensations familières nous prouvent que nos peines sont bien tout à coup finies. Et nous nous hâtons maintenant vers le vêtement sec, le pain, le vin et le lit de l’Hôpital du Gros Bois qui nous permettront de mieux apprécier notre réussite.
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- Le point le plus bas du gouffre du Paradis est à la cote — 204, comme le montre la coupe de la figure 5.
- Cet abîme se classe ainsi au quatrième rang parmi les abîmes les plus profonds de France, ex æquo pour ainsi dire avec l’abîme de Hures, exploré par R. de Joly. Le plus profond des abîmes connus dans notre pays est actuellement l’abîme Martel, dans les Pyrénées, exploré par Norbert Casteret (—303 m.); vient ensuite l’abîme de Heyle
- (— 250 m), puis la grotte-gouffre de la Luire dans le Vercors (— 213 m) dont l’exploration est due également au Spéléo-Club de Paris. Raymond Gâché.
- Nota. — Nous avons repris pour toute la partie antérieurement explorée les cotes établies par M. R. de Joly. Nous avons en effet vérifié leur exactitude pour les premières verticales. Plus bas notre altimètre s’étant brisé, nous n’avons pu les apprécier que par la longueur des échelles ou par impression comparative. 11 nous a semblé que les cotes indiquées en certains points étaient un peu inférieures à la réalité, ce qui se comprendrait puisqu’elles ont été levées par baisse barométrique. Toutefois comme on a toujours une tendance à la surévaluation, nous avons préféré pour plus de sûreté les conserver.
- LE POIVRE
- Au début de l’année 1935, un krach retentissant se produisit sur le marché du poivre. Des bruits, annonçant une récolte mondiale déficitaire du précieux condiment, avaient provoqué la formation à Londres d’un syndicat qui accapara les stocks existants. Mais comme il s’agissait d’informations tendancieuses, les spéculateurs virent les milliers de tonnes d’épices accumulées leur rester sur les bras. Les cours s'effondrèrent, une vingtaine de courtiers du « Mincing Lane » burent un « bouillon » tellement « poivré » que deux d’entre eux firent faillite tandis qu’une très ancienne et très grosse firme anglaise d’importation, James and Shakespeare, dut elle-même déposer son bilan !
- L’actualité met donc en vedette l’indispensable « compagnon du sel » dans la cuisine ou sur les tables.
- Les botanistes distinguent plusieurs centaines d’espèces de poivriers appartenant à la famille des Pipéracées,
- mais une seule d’entre elles compte pour les épiciers, le Piper nigrum dont les baies, suivant qu’elles sont décortiquées ou non, se vendent sous les dénominations commerciales de poivre noir ou de poivre blanc. Cette plante grimpante, originaire des forêts de la côte de Malabar et du Travancore, se cultive, depuis longtemps, dans les Indes Anglaises, le Siam, l’Indochine, la Malaisie, l’île Maurice, le Brésil, le Guatemala, la Martinique et les Guyanes. Au xvnie siècle, l’intendant Poivre — au nom prédestiné — introduisit sa culture dans nos possessions de l’Amérique centrale et des Antilles. Aujourd’hui elle a pris surtout un assez grand développement aux Indes Néerlandaises, principalement dans les districts des Lam-pongs, d’Atjeh et de Palembang (Sumatra), qui n’exportent guère que du poivre noir, et dans l’île de Banka qui produit du poivre blanc. A Sumatra, les méthodes cul-
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- Fig. 1. — Pierre Poivre (1719-1786), naturaliste voyageur qui introduisit la culture des épices dans les colonies françaises.
- (Le fruit du Piper nigrum était, d’ailleurs, connu avant Poivre, qui ne lui a pas donné son nom).
- turales remontent à une époque très ancienne et la population malaise ne les a pas modifiées depuis la domination portugaise. Au contraire, dans l’île de Banka où les Chinois ont introduit le Piper nigrum il y a une cinquantaine d’années, sa culture se fait selon des procédés plus rationnels et plus scientifiques.
- Le poivrier se multiplie aisément par graines ou mieux par boutures. Les paysans sumatrains laissent simplement les sarments s’enrouler autour de palmiers, d’éry-thrines ou autres arbres vivants, sans labourer ni répandre d’engrais dans le sol. A Banka, on plante des boutures soigneusement sélectionnées au pied de solides échalas
- Fig. 2. — Branche de poivrier d'Amérique (Schinus molle), ses fleurs et ses graines.
- qui leur servent de supports et qu’on renouvelle de temps en temps. On travaille la terre à la houe tout en la fumant de façon copieuse. Les terrains argileux conviennent le mieux aux poivriers et, comme les cultures de Sumatra sont établies sur des basaltes désagrégés, on corrige la pauvreté de tels sols en y apportant une épaisse couverture d’humus, riche en matières nutritives. Ce dernier élément manquant dans les poivrières de Banka, une fumure intensive devient nécessaire à leur mise en valeur. Pour cela, les Chinois emploient comme engrais soit des « bsengkil » ou tourteaux de graines oléagineuses, soit du « tana bakar » obtenu en recouvrant de terre un tas de feuilles mortes et de branchages, auquel on met le feu, et qu’on laisse consumer lentement pendant plusieurs mois.
- A partir de la troisième ou quatrième année, selon les climats, la nature des terrains et les soins culturaux, les poivriers commencent à donner une récolte appréciable; ils fournissent le maximum vers 7 à 8 ans puis leur production baisse sensiblement à partir de la 15e année. D’ordinaire, vers la vingtième année, on arrache les pieds pour replanter la poivrière. D’après un spécialiste hollandais, K. W. van Gorlcom, dans la région d’Atjeh, le centre poivrier le plus réputé de Sumatra, on évalue la production d’un arbrisseau âgé de 5 ans à 1 kg 200. tandis qu’en Indochine elle serait bien moindre. En effet, selon des statistiques (se rapportant il est vrai à des lianes de tous âges) le rendement moyen atteindrait seulement 320 gr par pied.
- Dans les terrains bas et humides des Indes où le Piper nigrum croît spontanément, sa tige noueuse et ses branches touchant le sol laissent sortir des racines adventices. Les indigènes relèvent ces lianes pour les attacher aux arbres voisins autour desquels elles ne tardent pas à s’enraciner et les nouvelles tiges retombent vers le sol en se dirigeant vers les clairières afin d’y chercher les rayons solaires. Dans la présidence de Madras, les planteurs anglais s’inspirent de ce procédé sommaire pour cultiver les poivriers : dans un sol riche mais pas trop marécageux, ils plantent, avant les pluies de juin, des boutures au pied de certains arbres à écorce rugueuse que les jeunes poivriers ne tardent pas à enlacer, ils procèdent ensuite à l’élagage, coupent les rejetons et enlèvent les mauvaises herbes dans un rayon de plusieurs mètres.
- Aux Antilles, les poivrières s’établissent parfois comme annexes d’autres plantations; en particulier, on fait grimper ces lianes le long des arbres destinés à ombrager les cacaoyers. En Indochine, on les installe parfois à proximité d’une petite ferme; de hautes tiges leur servent de supports tandis qu’un entourage de palmiers les protège du vent et des trop fortes chaleurs estivales.
- Dans toutes les régions tropicales chaudes et humides, les tiges du poivrier poussent très vite. Les fleurs donnent des grappes de fruits ressemblant à de petites cerises arrondies, disposés par 20 ou 30 sur un pédoncule commun. Sur toutes les branches d’une liane, pendent ainsi des multitudes de ces grappes dont les baies vertes rougissent à maturité. Un pied en bon terrain donne généralement deux récoltes par an, une grande et une petite (pendant la saison sèche en Cochinchine). Les Javanais procèdent à la cueillette au moyen d’échelles, qu’ils
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- dressent le long des rangées de poivriers afin d’atteindre toutes les grappes dont ils remplissent des paniers de bambou. Si l’on désire du poivre noir, on recueille les baies avant leur complète maturité. Puis le lendemain, on détache les graines des tiges. O11 les fait ensuite sécher soit en les étalant sur des nattes exposées au soleil, soit
- Fig. H. — Plantation de poivriers à l’abri de palmiers, dans une culture d’Indochine.
- Fig. 5. — Séchage du poivre dans une ferme de Malaisie.
- •en les mettant sur des claies disposées au-dessus d’un feu doux. Les petites boules se rident et prennent une teinte gris noirâtre.
- Le poivre blanc provient des mêmes lianes, mais on cueille et on traite les fruits de façon différente. A Java, par exemple, les planteurs récoltent, une à une,
- les baies rouges c’est-à-dire complètement mûres ou bien ils procèdent à la cueillette, grappe par grappe, sans s’inquiéter de la maturité des fruits, auxquels ils font subir ultérieurement diverses opérations.
- La première méthode, qui fournit le plus beau poivre blanc, nécessite d’importants frais de main-d’œuvre et de grands soins d’entretien. Si, en effet, les plantations sont mal entretenues, les grains tombés, soit par suite du vent, soit au moment de la cueillette, se perdent parmi les mauvaises herbes. Mai en revanche, il suffit de piétiner les fruits pour les séparer de leur pulpe; on les sèche et on les empaquette ensuite sans autre manipulation.
- Le second procédé exige beaucoup d’eau et un matériel assez coûteux : un grand bassin destiné à servir de réservoir, plusieurs bacs de fermentation d’une capacité de 2 ni3 environ et quelques futailles vides. Immédiatement après la récolte, on étend le poivre par terre en couches de 15 cm d’épaisseur et on le laisse reposer 3 à 4 jours.
- Fig. 4. — Récolte du poivre à Sumatra.
- Après quoi on roule les grains à la main de façon à les séparer de leurs pédicelles puis on les met dans des bacs. Ceux qui surnagent sont enlevés et séchés au soleil; ils donnent du poivre noir pur, les autres restent immergés pendant 3 jours; on fait alors écouler l’eau et on les laisse fermenter à l’état sec pendant une huitaine de jours. On place ensuite les grains ainsi traités dans des tonneaux vides que l’on dispose à proximité d’un grand réservoir dont on ouvre les robinets et un coolie piétine la masse sous l’eau jusqu’au nettoyage complet du poivre devenu blanc par suite de la perte de son enveloppe pelliculaire foncée.
- Malgré ces manipulations, quelques grains ne sont pas encore entièrement décortiqués. Pour les éliminer aisément, on ajoute, après avoir asséché le tonneau, de la graisse de bœuf et le piétineur recommence sa besogne
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- jusqu’à ce que tous les grains se trouvent recouverts d’un enduit graisseux. Après vient le & lembangen qui consiste à mettre une certaine quantité des dits grains dans un tamis qu’on agite sous l’eau. Au bout de quelque temps, les poivres noirs surnagent tandis que les blancs s’enfoncent. Peu à peu, on rassemble ceux-ci dans un tonneau vide renfermant une couche de cendres de bois et on les piétine encore jusqu’à ce qu’ils ne collent plus entre eux. On enlève ensuite la cendre qui les enrobe au moyen d’un lavage à l’eau, puis on met le produit à sécher pendant un ou deux jours au soleil et on obtient finalement un fort pourcentage de joli poivre blanc très estimé. Quant aux grains séparés lors du « lembangen » on les réunit pour les faire fermenter à l’état sec jusqu’à ce que la pulpe se détache. On fait alors subir à ces grains les opérations ci-dessus décrites et on eh obtient un produit de seconde qualité.
- Dans le commerce, on classe les poivres d’après leur provenance, car le mode de récolte, de fermentation et de dessiccation, les soins apportés au triage et autres facteurs régionaux influent beaucoup sur leur valeur. Les différentes sortes de ce condiment empruntent leur nom aux ports d’exportation : Penang et Tellichery pour
- l’Inde, Saigon pour l’Indochine, Singapour, Sumatra et Java pour la presqu’île de Malaeea et les grandes îles de l’Océan Indien.
- Malgré la baisse considérable des cours, le poivre reste encore cher. Ainsi en janvier 1936, 50 kg valaient en moyenne : le Tellichery 140 fr ; le Saigon noir 180 fr et le blanc 280 fr; le Madagascar noir coûtait 180 fr et le blanc 290 fr. On conçoit qu’une telle denrée tente les falsificateurs. On mélange par exemple, avec les baies de poivrier, des fruits du Schinus molle d’Amérique, des graines sans goût et de formes approchantes, notamment celles du genévrier et de diverses légumineuses; parfois, on fabrique ce condiment de toutes pièces en agglomérant ensemble de l’argile, des semences de lin et du « poivre de Cayenne », sorte de piment de saveur violente. On enrobe aussi des graines quelconques dans une pâte poivrée ou simplement cérusée. Enfin le génie des fraudeurs se donne libre cours pour adultérer le poivre pulvérisé en y ajoutant un peu d’amidon, des fécules, de la farine de moutarde, des grignons d’olives, des noyaux de dattes broyés ou autres succédanés pulvérulents, inertes et bon marché.
- Jacques Boyer.
- LA SONORISATION DE L’EXPOSITION INTERNATIONALE DE 1937
- L’Exposition de 1937 sera, nous dit-on, une grande manifestation de la lumière et du son; aussi, la commission chargée de l’étude des installations sonores sous la direction de M. Paul Brenot, président du Syndicat professionnel des industries radio-électriques, a-t-elle mis au point un projet très complet et particulièrement intéressant.
- Onze sections sonores seraient prévues, et, dans chacune d’elles, le son serait diffusé par un grand nombre de petits haut-parleurs. Cette solution offre l’avantage d’une répartition homogène du son et d’un bon rendement musical, la faible distance séparant les haut-parleurs consécutifs évitant les effets de leur déphasage sonore.
- Le niveau sonore serait réglé à une intensité constante dans la partie centrale de chaque section, et cette intensité diminuerait progressivement vers les limites. Il faut épargner, en effet, toute gêne aux habitants riverains de l’Exposition et ne pas créer à la limite de deux sections la superposition de deux auditions différentes, dont l’effet serait désagréable. On voit qu’une diffusion aussi vaste pose de difficiles problèmes.
- En dehors de ces installations de fonctionnement régulier, d’autres installations de caractère plus spécial sont également prévues. Pour coordonner les effets sonores avec les effets lumineux au cours des fêtes de nuit, un poste de commande du son est prévu à la Tour Eiffel, avec le poste de commande de la lumière. Le poste serait relié par liaisons téléphoniques à un poste central de modulation placé dans le Pavillon de la Radio.
- Pour permettre certains effets sonores particuliers sur les pontons placés au milieu de la Seine, ces derniers seraient reliés directement au Central de modulation par deux câbles spéciaux destinés à l’alimentation de haut-parleurs, ou, au contraire, de microphones.
- La Tour Eiffel, le campanile de la place du Trocadéro et les autres campaniles de l’Exposition serviraient de centres de diffusion à grande puissance pour produire dans certaines circonstances des effets sonores particuliers, tels que retransmission de carillons, sonneries horaires, sonneries de trompettes pendant les fêtes de nuit, etc.
- Les palais et musées, les annexes de l’Exposition, seraient reliés, de la même manière, au Central de modulation.
- Ce dernier, installé au Pavillon dé la Radio, serait combiné avec le Central de la Radiodiffusion nationale; cette disposition aurait l’avantage de centraliser les différents systèmes de transmissions musicales. On pourrait ainsi diffuser dans l’Exposition toutes les manifestations organisées à l’intérieur, comme celles organisées hors de l’enceinte, les concerts de la radiodiffusion exécutés dans les studios du Pavillon de la Radio ou dans les studios de province, ou enfin de la musique enregistrée sur disques ou sur films.
- Cette vaste installation sonore n’a pas seulement un but artistique; elle assure la transmission d’instructions ou d’avis offrant un caractère d’urgence, relatifs à la sécurité de l’Exposition ou de ses visiteurs en cas d’accidents, d’incendies, de vols, etc. Des microphones reliés au Central de modulation seraient, dans ce but, installés au Commissariat général, au poste central de police, au poste de commandement des pompiers, etc., et cette diffusion serait effectuée dans toutes les sections de l’Exposition par des haut-parleurs réservés à cet usage.
- Si ce projet important est réalisé dans tous ses détails, l’équipement sonore de l’Exposition de 1937 sera un des plus importants qui aient été créés jusqu’à ce jour.
- P. H.
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- LABORATOIRE DE LA CLIMATOLOGIE DE PARIS
- PASCAL EXPÉRIMENTE LA PESANTEUR DE L’AIR
- Ce pilier gothique campé en béthyle phénicien, isolé comme un menhir gigantesque au milieu du Paris moderne, célèbre le centenaire de la date où il fut vendu le 27 avril 1836 à la ville pour 250 100 francs.
- Cette relique moyenâgeuse flanquait autrefois l’église paroissiale du quartier des bouchers, St-Jacques-la-Boueherie. En 954, s’élevait à sa place une modeste chapelle dédiée à sainte Anne ou sainte Agnès. Comme les ordonnances royales obligeaient, par mesure d’hygiène, les bouchers à se fixer le long de la Seine, ils accoururent en foule autour du sanctuaire et le remplacèrent bientôt, de leurs propres deniers, par une vaste église qui reçut le nom de leur corporation.
- En 1416, alors que les partis du duc de Bourgogne et du duc d’Orléans se disputaient Paris, les bouchers se déclarèrent pour le duc de Bourgogne qui fut vaincu. Charles VI ordonna le 13 mai 1416 de démolir et d’abattre « rcz pied, rez de terre » la Grande Boucherie, la seconde de Paris après celle de Notre-Dame.
- Autour de l’église, il ne resta plus que les petites échoppes dont quelques-unes furent occupées par des écrivains publics. Le plus célèbre fut Nicolas Flamel qui donna son nom à une rue du quartier.
- Sa boutique avait cinq pieds de long sur deux de large et ne désemplissait pas de jeunes pensionnaires auxquels Nicolas Flamel enseignait l’écritui'e. Les gens de Cour lui envoyaient leurs enfants et sa fortune augmenta si rapidement qu’il fît construire un des portails de l’église.
- Il mourut en 1417, léguant ses biens aux gens de lettres du temps, aux pauvres clercs et escoliers et maîtres-ès-arts. Quand on sut que sa fortune s’élevait à 1 500 000 écus, ce fut un étonnement général. Comment un métier si peu lucratif avait-il pu fournir tant d’or ? Comme il possédait « Le Livre d’Abraham le Juif » traitant de la fabrication de l’or, on accusa sa mémoire d’avoir participé aux sciences occultes et d’avoir pactisé avec les juifs qui chassés de France l’avaient chargé du recouvrement de leurs créances. Sa maison fut pillée pendant la nuit, mais on ne trouva ni or, ni livre d’Abraham.
- En 1479, on commence le grand portail occidental et on garnit les fenêtres de grandes verrières. Puis, en :! 505, les marguilliers et notables décident de remplacer le petit clocher latéral du xne siècle en fort mauvais état.
- Le maître architecte Jean de Félin fit venir des carrières de Vaugirard du carreau, du liais et du cliquart et en 1522 la Tour de 54 m de haut était terminée, ayant coûté près de 2000 livres.
- Elle comprend quatre étages. Le premier servait de chambre d’asile, reste des coutumes gréco-romaines. Tous ceux qui voulaient sauvegarder leur existence en danger venaient s’y réfugier.
- La Révolution lui assigna un autre usage. Par décret
- de la Constituante, l’église fut nationalisée, puis en 1797 pour la somme de 10 000 fr, elle fut louée à un industriel et enfin vendue le 26 octobre 1797 aux enchères à Jean-Baptiste Lefranc, entrepreneur, pour 411 200 fr. Par un heureux hasard, la Tour ne figurait pas sur le contrat
- Fig. 1. — La Tour Saint-Jacques. (Photo Harlingue.)
- de vente, le cahier des charges s’y opposant. Elle fut ainsi épargnée, tandis que l’église fut démolie et les matériaux vendus.
- La Tour devint la propriété d'un sieur Dubois qui y installa selon une méthode nouvelle, dite anglaise, une fonderie de plombs de chasse. Le métal en fusion s’échappait de la chaudière par des tuyaux qui se trouvaient en haut de l’édifice.
- François Arago décida le Conseil municipal de Paris
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- à l’acquérir pour en faire le principal ornement d’une grande voie publique qui devait se nommer « La rue Louis-Philippe ».
- Le 27 avril 1836 le fondeur de plomb la cédait à la ville pour 250 100 fr. Elle bénéficia par la suite des crédits considérables que Napoléon III adjugeait à l’embellissement de Paris. En 1852 on rétablit toutes les ornementations gothiques, et le sommet reçut la statue de saint Jacques remplaçant celle du xvie siècle qui avait été abattue en l’an YI.
- Enfin, en bas, à l’intersection des quatres portails en ogive remplaçant sa base éventrée on plaça la statue de Biaise Pascal, en marbre blanc, sculptée par Cavelier. Elle rappelle au monde des physiciens « la grande expérience de l’équilibre des liqueurs » qu’y fit Pascal, reproduisant l’essai du Puy de Dôme sur la pesanteur de l’air. C’était une épreuve hardie puisqu’il renversait les anciens principes du problème du vide.
- Il fallait étayer de preuves l’expérience de Torricelli. Il imagine de reproduire le fait, plusieurs fois par jour avec le même tuyau et le même mercure « tantôt en « bas, tantôt au sommet d’une montagne élevée pour le « moins de cinq à six cents toises... Il s’ensuivra néces-« sairement que la pression de l’air est la seule cause de '< la suspension du vif-argent et non pas l’horreur du vide.
- « J’ai peine à croire que la nature qui n’est pas animée,
- « ni sensible, soit susceptible d’horreur puisque les pas-« sions présupposent une âme capable de les ressentir,
- « et j’incline bien plus à imputer tous ses effets à la pesan-« teur et pression de l’air, parce que je ne considère que « comme des cas particuliers d’une proposition univer-« selle de l’équilibre des liqueurs... et puisqu’il est bien « certain qu’il y a beaucoup plus d’air qui pèse sur le « pied de la montagne que non pas sur son sommet ».
- L’expérience ne put être faite par M. Perrier, ami de Pascal, que le 19 septembre 1648 avec le succès que l’on sait. Pascal en publie aussitôt le récit, ajoutant qu’elle avait été confirmée par les observations qu’il fit lui-même « au haut en bas de la Tour St-Jacques la Boucherie « et dans une maison particulière. Cette expérience a « renversé cette croyance universelle du monde, que la « nature abhorre le vide et ouvert cette connaissance « que la pesanteur de la masse de l’air est la véritable « cause de tous les effets qu’on avait jusqu’ici attribués à « cette cause imaginaire. »
- Le principe de l’usage du baromètre pour la mesure des hauteurs était inventé. La Tour Saint-Jacques a contribué à cette gloire.
- LES INSTRUMENTS SCIENTIFIQUES DE MÉTÉOROLOGIE
- Sa position au centre de Paris, son élévation et scs quatre étages suspendus, la rendaient impropre à tout autre usage qu’un lieu d’observations célestes.
- En 1886 on y créa « le Laboratoire d’Études physiques » auquel succéda, Je 1er juillet 1891, l’Observatoire météorologique actuel, sous la direction privée de M. Jau-bert qui en assurait déjà le fonctionnement depuis quelques années.
- Pour le récompenser des services qu’il rendait à la Ville de Paris, il reçut en 1892 une subvention de 3000 fr, puis le 13 mars 1894, le Conseil Municipal la porta à 8000 fr.
- Deux années après, le Service des Études physiques et de Météorologie recevait le 1er janvier 1896 une importante modification : les deux observatoires de Montsouris et de la Tour étaient placés sous la direction de l’ancien chef de cette station, M. Joseph Jaubert. En quoi consiste ce service ?
- Pour m’en rendre compte, je suis monté au laboratoire aérien où M. L. Besson, le directeur actuel, m’a ouvert avec une amabilité des plus courtoises des horizons insoupçonnés sur le travail patient et méticuleux qu’il accomplit là, depuis de longues années, sur la climatologie de Paris et des environs.
- Dans le square du bas, ont été établis un hygromètre, un pluviomètre et des thermomètres à maxima et minima qui permettent de connaître l’humidité et la température de l’air au sol de Paris et d’en déduire la moyenne pour 24 heures. C’est la température type qui sert de base de calcul pour beaucoup de contrats, en particulier pour l’établissement d’un contrat de chauffage central.
- Un escalier en spirale mène au troisième étage de la Tour où se trouvent le bureau et les appareils enregistreurs fonctionnant en synchronisme avec les appareils extérieurs placés sur la plate-forme terminale. Nous y sommes montés, et là à 54 m. du sol ont été disposés les. divers systèmes de contrôle.
- Protégés de la pluie, sous un abri de bois, se trouvent les thermomètres à alcool, minima et maxima, baromètre enregistreur, thermomètre transmetteur à distance et un hygromètre enregistreur.
- A proximité un héliographe Campbell à boule de verre concentre en un point focal les rayons du soleil. Ce point lumineux brûle une bande de papier que l’on monte ou descend suivant le degré de l’inclinaison solaire pendant l’année. La quantité des traces de brûlure donne le temps pendant lequel l’astre a brillé j1).
- Il est contrôlé par deux coquilles Jordan cimentées sur-le rebord en pierre de la balustrade; ces boîtes demi-cylindriques laissent filtrer à travers une fente perpendiculaire un mince rayon solaire qui sensibilise un papier photographique. La longueur de bande impressionnée indique pour les divers moments de la journée la durée du rayonnement solaire.
- Deux appareils mesurent le nombre de calories. Le premier contient une pile thermo-électrique enfermée dans une ampoule de verre. Un disque d’argent couvert de noir de fumée est superposé à un disque brillant, par l’intermédiaire d’un alliage spécial.
- La différence qui s’établit entre les deux soudures est enregistrée par un milliampèremètre automatique qui perce, par un poinçon, une bande de papier mobile. L’ensemble forme une courbe pointillée comprenant quinze perforations par heure par - une belle journée d’été. En mai 1936, on avait reçu à la Tour 13 387 calories, par centimètre carré et en décembre 1935, 13 953.
- 1. Voir La Nature, 15 avril 1936, p. 372.
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- Le deuxième solarinographe est un tube bouché par une boule de verre bleu contenant de l’alcool qui se distille par l’effet des rayons solaires. En recueillant au bas de l’instrument la quantité d’alcool distillé, on calcule le nombre de calories dégagées par centimètre cube. En cas de panne le premier appareil supplée le second.
- La conclusion des observations des solarinographes qui sont en étroite relation avec les héliographes montre qu’en général, c’est la partie du ciel à l’horizon qui est à l’opposé de la direction du vent qui est la plus nébuleuse et voile le soleil.
- Deux anémomètres consignent la vitesse du vent.
- L’un, muni d’un gouvernail, fait pivoter la girouette en la plaçant dans la direction du vent et marque sa vitesse au kilomètre. L’autre, à moulinets plus petits, donne la vitesse en mètres-seconde. Les moulinets ont été tarés en chambre aérodynamique.
- Enfin toujours sur la plate-forme, dans une cabine en bois, se trouve un bureau servant à consigner le degré de visibilité de l’atmosphère de Paris. Une nomenclature indique la distance des repères en mètres à l’œil nu. Ce sont des dômes, des flèches d’églises, des monuments publics... L’aire d’observation est ordinairement asymétrique, à cause de l’orientation du vent qui entraîne avec lui vapeurs et fumées.
- A une zone nébuleuse correspond une zone limpide. Toutes les trois heures, l’aide monte à la plate-forme et relève toutes les données des instruments. Il vise aux quatre points cardinaux les repères visibles le plus loin possible, et les inscrit sur un cahier.
- Au bureau du deuxième étage, nous retrouvons les appareils enregistreurs correspondants reliés par câbles et fils électriques à ceux de l’extérieur.
- A part les baromètres enregistreurs bien connus, notons un pluviomètre automatique. Sur la plate-forme, un entonnoir collecte les gouttes de pluie; elles tombent sur une bascule, trempant dans un bain de mercure deux contacts électriques qui attirent au bureau, par un électro-aimant, un bec encré. Le moment où commence une pluie et où elle s’arrête est donc inscrit automatiquement sur une bande de papier divisée en heures et minutes. Plus loin sont notées les directions du vent en concordance avec un autre appareil qui inscrit sa vitesse. Le gouvernail vire sur lui-même en 16 orientations (les divers points de la rose des vents) passant alternativement sur 16 plots desquels partent 16 fils reliés à 16 secteurs électriques. Toutes les minutes un électroaimant met l’aiguille encrée en marche; elle s’arrête au secteur correspondant au plot touché par le gouvernail. Un trait est marqué sur une bande mobile divisée selon la rose des vents.
- Deux anémomètres inscrivent, l’un la vitesse du vent en mètres-seconde, l’autre tous les kilomètres.
- Le grave inconvénient de ces systèmes est de ne pas réagir aux sautes subites de vent qui ne durent que quelques secondes. Il faut y obvier en mettant en marche
- un anémocinémographe Richard que l’on accouple sur ces derniers. La bande se déroule très vite et la plume inscrit toutes les secondes ces rapides variations.
- STATION D’ÉTUDES CLIMATOLOGIQUES
- Enfin c’est à la Tour que s’assemblent les archives climatologiques de Paris depuis 1892. On y note jour par jour le degré de température et la hauteur d’eau de pluie tombée de 74 stations réparties en Seine et Seine-et-Oise.
- Leurs surveillants envoient quotidiennement par cartes postales leurs observations. C’est la seule partie du monde où les stations soient aussi serrées. L’ensemble des relevés permet de constituer une carte de répartition des pluies et des températures, d’étudier la marche des orages, les zones de grêle et de gelée et de noter les jours de tonnerre. Un bulletin mensuel les publie ainsi que les
- Fig.
- 2. — Le bureau de la station de climatologie où se trouvent les archives et les instruments de contrôle. (Photo Harlingue).
- Annales des Services techniques de VHygiène de la Ville de Paris. En constituant ces statistiques s’échelonnant sur 44 années d’observations, les spécialistes déduisent des conclusions d’une importance primordiale. En voici quelques-unes :
- 1° Influence de la température et des saisons sur la mortalité à Paris due au cancer, à la tuberculose et à la phtisie. Sur deux périodes d’observations, 1904-1913, 1923-1932, on remarque que les maladies inflammatoires sont les plus fortes de janvier à juin; la phtisie pulmonaire est en régression tandis que les maladies de cœur et surtout les cancers ont augmenté considérablement. La température moyenne étant de 10°, on constate que l’augmentation des décès coïncide toujours avec un écart en plus ou en moins, surtout en plus, de la moyenne;
- 2° Les nuages de poussières et de fumées de' l’atmosphère de Paris influent sur l’hygiène générale de la capitale. Depuis 1892 la transparence de l’air diminue de plus en plus.
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- (./est le vent S. W. qui en charrie le plus. Certaines de ees poussières, en augmentant l’épaisseur des nuages de vapeur d’eau, y créent des centres de condensation, et ils se résolvent en pluie. Ces particules font sentir leur action fort loin en banlieue par les vents les plus défavorables; l’atmosphère de Ville-Évrard située à 15 km de Paris est troublée de 15/100. Pour Villepinte éloignée de 18 km du centre, 21/100 de sa nébulosité sont dus à ces impuretés ;
- 3° M. Besson a établi pour les mois d’été : juin, juillet, août, septembre une statistique de la hauteur omyenne de pluie qui est tombée dans la région parisienne
- Fig. 3. - L’abri météorologique au sommet de la Tour {Photo Harlingue).
- pendant 38 ans, heure par heure, en millimètres. Cette étude sert de base aux contrats d’assurance contre la pluie à propos de l’organisation d’une fête en plein air, de la mise en marche d’un train de plaisir. Il y a même une formule : s’il est tombé tant de millimètres d’eau pendant un temps convenu à partir de telle heure initiale,
- l’assuré devra être indemnisé d’une somme de........ Le cas
- type est la représentation des « Mystères » en plein air, sur le parvis de Notre-Dame de Paris.
- 4° Les pluviomètres de la Tour et des 74 annexes servent de fondement pour trancher les différents cas litigieux de climatologie. La pluie du 6 mai 1936 était
- très forte; les canalisations des égouts se sont révélées trop étroites pour la circonstance. L’administration avait-elle trop sous estimé le volume des conduites lors de leur pose ? Car on ne peut tabler sur les débits maxima d’évacuation d’eau, mais sur une moyenne générale. Or, il appert que cette pluie du 6 mai était un cas très rare, et que les conduites avaient été bien calculées.
- Des maisons particulières, des bâtiments officiels ont été envahis par l’eau de pluie; les propriétaires ont-ils droit à une indemnité ? En consultant la Tour sur la hauteur de pluie et sa fréquence, le litige peut être dirimé. Des branches, des tuyaux de cheminées sont tombés sur des couvertures de toit; si la force du vent était normale, les propriétaires des arbres ou usines peuvent être rendus responsables; mais si une bourrasque violente et anormale a sévi à telle minute et à telle vitesse, les possesseurs n’y peuvent rien.
- Une collision d’automobiles s’est produite à telle heure et en telle rue. A ce moment et en cet endroit, y avait-il du brouillard et quelle était sa densité ?
- Le Service de nettoiement de la Ville de Paris a intérêt à ne mettre en circulation que le nombre nécessaire d’automobiles ramasseuses. Or on a constaté que pour les mêmes époques de l’année, la quantité de déchets et d’ordures augmente avec l’élévation de la température. La Ville consulte donc la Tour pour connaîti-e la température probable du lendemain et régler le nombre des voitures en conséquence.
- Si l’on voit le nombre des décès croître au delà de la moyenne prévue et calculée d’après les hausses de température, il y a un facteur morbide qui est intervenu et qu’il faut déceler. Ainsi depuis 20 ans, la diarrhée infantile d’été a fortement diminué grâce aux mesures hygiéniques et à la plus grande pureté du lait. Si soudainement les décès augmentent d’une façon anormale, il faut alerter la Direction de l’Hygiène qui en recherche la cause.
- On pourrait encore citer nombre de cas où la consultation des observations climatologiques de la Tour est une aide très précieuse. Que ceux-ci suffisent à démontrer l’utilité primordiale de ce centre de climatologie au cœur même de Paris, et le concours d’une importance jusqu’ici insoupçonnée qu’il apporte à la société et aux particuliers. Que M. Besson et ses deux collaboratrices en soient loués. On pourrait croire que la circulation intense qui règne autour de la place, un des points les plus affairés de la capitale, nuise à la bonne marche des appareils de précision.
- Il n’en est rien. Les assises stables de la base, le parfait équilibre des pierres en font un monolithe homogène.
- On pourrait peut-être rêver un observatoire de construction plus récente, mais où trouver une meilleure situation que celle de Saint-Jacques ? Les techniciens de la pierre avaient imaginé d’édifier pour l’Exposition de Paris de 1937 une Tour haute de 2000 m en béton armé (Q. Sans doute, à côté de sa rivale, notre vieille Tour Saint-Jacques aurait fait une bien piètre figure, mais elle gardera pour le Parisien, sur tous les projets futurs, l’avantage de lui rappeler qu’elle est le jalon historique qui le relie avec le passé, avec ce vieux Paris qui disparaît tous les jours un peu plus. André Glory.
- 1. La Nature, lor octobre 1934, p. 310.
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- RÉCRÉATIONS MATHÉMATIQUES
- La Nature, dans le n° 2966 du 15 décembre 1935, a publié un problème dont, la solution s’obtenait en décomposant un nombre en sommes de deux carrés. Le nombre était inconnu, mais d’après l’énoncé, on savait qu’il était inférieur à 1500 et qu’on pouvait le décomposer de quatre manières différentes en une somme de deux carrés.
- Nous avons reçu, par la suite, plusieurs notes concernant cette question; aussic royons-nous intéresser nos lecteurs en exposant sommairement la théorie qui permet d’arriver au résultat cherché dans tous les cas.
- L’identité célèbre due à Euler :
- (a2 + b2) (c2 + d2) = [ac dz bd)* + (ad qz bc)2 prouve que le produit d’un nombre somme de deux carrés, par un nombre de même forme est, et de deux manières différentes, une somme de deux carrés.
- Ainsi :
- 5 X 13 = (22 + l2) (32 -|- 22) = B2 + l2 = 72 + 42, de même :
- 25 X 13 = 325 = 182 + l2 = 172 + 62.
- Dans le dernier exemple on a également 325 = 152 + 102, mais on remarquera que les termes du second membre de la dernière égalité ne sont pas premiers entre eux; une telle représentation est dite impropre. Nous reviendrons plus loin sur ces décompositions et pour l’instant nous n’envisagerons que les décompositions propres dont les termes sont premiers entre eux.
- Dans tous les traités de Théorie des Nombres on démontre un théorème qui est la réciproque de celui exprimé par l’identité d’Euler :
- Tout nombre représentable par une somme de deux carrés n’admet que des diviseurs de même forme. Or, comme tout nombre est, en définitive, égal à un produit de facteurs premiers, il faut donc que certains nombres premiers soient décomposables en une somme de deux carrés. Nous allons montrer que seuls les nombres premiers multiples de 4 plus 1 jouissent de cette propriété.
- Soit 4 7i + 1 un nombre premier; d’après le théorème de Wilson, 4 7i + l divise l’expression :
- 1.2.3. (2 n) (2 n + 1) .. (4 n) + 1.
- Groupons les facteurs de la manière suivante :
- 1. 2........ 2/i.
- 4 n. (4 n — 1 ).... (2 n + 1).
- Chacun des facteurs correspondants, divisé par 4 n + 1 donnera, au signe près, le même reste. Ainsi le reste de 4 n est — 1, celui de 2 n + 1 est •— 2 n.
- Le produit des restes de la première ligne est (2 n) ! il est de même valeur et de même signe dans la deuxième ligne puisque les facteurs négatifs sont en nombre pair. Donc 4n + l divisant [1.2.3...(2 n)]2 + 1, qui est une somme de deux carrés, est lui-même une somme de deux carrés. Nous en concluons qu’un nombre ne peut être représenté (proprement) par une somme de 2 carrés que s’il est exclusivement composé de facteurs premiers de la forme 4 n + 1. Comme cas particulier, on a ce théorème dû à Fermât et démontré par Euler : Tout nombre premier multiple de 4 plus 1 est décom-posable d’une seule façon en somme de deux carrés.
- Cherchons maintenant de combien de manières peut s’effectuer la décomposition. Soit p le nombre de facteurs premiers différents d’un nombre N. L’identité d’Euler résout la question pour p — 2; si nous adjoignons un troisième facteur, en le multipliant par chacune des décompositions précédentes, nous obtiendrons deux décompositions de N, soit en tout 4.
- De proche en proche on voit que chaque facteur nouveau multiplie par 2 le nombre des représentations antérieures, donc le nombre total des décompositions de N est 2P_1.
- Revenons au problème proposé. Nous savons qu’il y a au moins 4 décompositions du nombre inconnu N en somme de deux carrés, N est donc le produit d’au moins 3 facteurs premiers tous multiples de 4 + 1. N étant inférieur à 1500, essayons les plus petits nombres de cette forme : 5, 13, 17. Leur produit est 1105, il est aisé de s’assurer que c’est la seule solution acceptable.
- La décomposition est immédiate :
- 5 = 22 + l2; 13 = 32 + 22; 17 = 42 + l2.
- D’où : 65 = 82 + l2 = 72 + 42
- 65 X 17 = (82 + l2) (42 + l2) = 332 + 42 = '312 + 122.
- 65 x 17 = (72 + 42) (42 + l2) = 322 + 92 = 242 + 232. Occupons-nous maintenant des décompositions impropres. Soit N, un nombre, et :
- N = (daf + (dy)*
- une décomposition de N en une somme de 2 carrés dont les termes admettent d comme plus grand commun diviseur. N est divisible par d2 et l’on a :
- N_ 2 , >
- +y'
- avec x et y premiers entre eux; il en résulte qu’à la décomposition supposée de N correspond une décomposition propre
- N , . , , . . N
- de — • Réciproquement à toute décomposition propre de —
- correspondra une décomposition de N en 2 nombres ayant d comme plus grand commun diviseur. Si nous supposons d = 1, nous retombons sur le cas précédemment examiné.
- En résumé, pour trouver toutes les décompositions, propres ou impropres de N, il faut diviser N par tous les carrés par lesquels il est divisible, l’unité comprise, puis chercher les décompositions propres de chaque quotient et multiplier les 2 termes de chaque décomposition par le carré qui a servi de diviseur.
- Soit le nombre :
- 25857 = 32.132.17
- Il est divisible par les carrés :
- l2, 32, 132, (3.13)2.
- Les quotients sont :
- 32.132.17, 132.17, 32.17, 1 7.
- Le premier et le troisième quotient ne sont pas représentables proprement puisqu’ils contiennent un facteur multiple de 4 plus 3; mais les deux autres sont décomposables et l’on obtient :
- 132.17 = (122 + 52) (42 + l2) = 532 + 82 = 432 + 322 17 = 42 + l2.
- On en déduit les trois représentations du nombre 25857. toutes trois impropres :
- 25857 = 1592 + 242 = 1292 + 962 = 1562 + 392.
- Cet exemple suffit à montrer qu’en l’absence d’une méthode rationnelle il serait pénible d’arriver, par tâtonnements, au résultat désiré. Les lecteurs qui auront pris goût à cette petite étude, élémentaire et très incomplète, se rattachant à l’importante Théorie des formes quadratiques, s’amuseront à résoudre le problème A qui est une application des considérations précédentes. Nous leur souhaitons autant de plaisir que nous en avons eu à le composer.
- Problèmes proposés.
- Problème A. — Un propriétaire désire échanger, à supei-ficies égales, un terrain rectangulaire contre deux autres de forme carrée. On lui propose plusieurs terrains de cette forme dont 4 ont des dimensions connues : 60 m, 95 m, 96 m, 121 m; il peut naturellement choisir aussi parmi les autres. La longueur et la largeur de son premier terrain s’expriment par un
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- = 514 : ==,. ::.. .........—
- nombre entier de mètres et sont telles que la clôture avait la plus petite longueur possible. Soucieux de ses intérêts il se décide pour deux nouveaux terrains après s’être assuré qu’il ne lui manquera que quelques mètres de son ancienne clôlure pour les entourer. Quelles sont les dimensions du premier terrain et des deux nouveaux ?
- Problème B. — Le nombre 142857 multiplié par tous les non-multiples de 7 supérieurs à 7, donne encore des produits à permutations circulaires à condition de supprimer le premier chiffre à gauche et de l’additionner au nombre restant. Exemple : 142 857 x 12 = 1 714 284, d’où (1) 714 284 + 1
- — 714 285. Pourquoi ? Cette loi est-elle toujours valable ? Comment la généraliser ? (D’après une suggestion de M. Samuel Marti, à Montbéliard.)
- Problème C. — Pierre et Paul jettent alternativement un dé après avoir fait les conventions suivantes : le joueur qui amène 5 ou 6 marque un point, celui qui amène 1, 2, 3 ou 4 fait marquer un point à son adversaire. Ils cessent la partie. Paul ayant joué le dernier coup, alors qu’il manque 2 points à Pierre et 3 à Paul pour gagner. Comment doivent-ils se partager les enjeux ?
- Henri Baroeet.
- = NAISSANCE ET VIE DES MARIONNETTES =
- Je disais en de précédents articles que les marionnettes étaient plus que jamais en faveur actuellement. Plusieurs sociétés d’amateurs se consacrent à ce genre de spectacle (la Branche de houx, les Vrais bonshommes, les Têtes de bois, etc.)
- Fig. 1 el 2. —• Marionnette du début du XIXe siècle. (Provenant du Théâtre Séraphin.)
- et demandent, afin de créer leurs bonshommes, l’aide de sculpteurs connus pour les figures, de couturiers célèbres pour les costumes, de décorateurs et d’électriciens renommés pour la mise en scène; le music-hall accueille assez souvent des numéros intéressants et l’on parle en ce moment d’un théâtre sinon grand, mais très bien coté à Paris, qui projetterait de donner tout son spectacle avec des marionnettes.
- Ces marionnettes seront équipées à la moderne : l’électricité, en ses ressources variées, sera employée pour l’éclairage et peut-être aussi pour la manœuvre des décors; de plus l’espace étant exigu et rempli par les animateurs, les récitants diront d’avance les textes qui seront enregistrés sur disques et reproduits pour la représentation. La première pièce jouée serait la farce de Maître Patlielin, excellent sujet pour des marionnettes, mais je doute que la parole étant donnée par des disques, les gestes des personnages soient en complète harmonie et en synchronisme parfait avec les paroles. Rien ne peut donner des mouvements aussi ajustés au texte que l’animateur parlant lui-même : on a pu le constater chaque fois que l’on a dû avoir recours à des diseurs pour faire parler les bonshommes mus par des montreurs. Comment appliquer
- dans ce cas le fameux principe que le geste doit précéder la parole, même avec un texte parfaitement répété et su.
- Cette innovation dans les théâtres des acteurs de bois ou de carton ne doit pas nous faire oublier les devanciers qui depuis Séraphin, Ottore Prandi, llolden et ses célèbres marionnettes, Piccoli, Salzbourg et son curieux théâtre, Wallon, et tant d’autres, ont créé des personnages intéressants. Pour se rendre compte de l’ingéniosité déployée par les anciens marionnettistes, il faut avoir vu la célèbre collection de M. A. Maury, malheureusement dispersée en 1908. On y pouvait admirer quantité de petits bonshommes curieux et bien imaginés tels que la femme changeant quatre fois de tête et se transformant ensuite en cartel; une autre qui se changeait en pot de fieurs; une autre qui devenait ballon, ses bras se transformant en enfants qui s’installaient dans la nacelle, et bien d’autres encore; elles dataient toutes du xvm« siècle. J’ai pu avoir deux aspects d’une marionnette du commencement du xixe siècle, danseuse d’une souplesse remarquable (fig. 1) provenant du théâtre Séraphin.
- Les marionnettistes qui autrefois ne cherchaient pas à être littéraires, mais simplement à donner de la distraction à leurs spectateurs, ont créé des quantités de personnages très heureusement mouvementés : llolden tout spécialement a été renommé pour les inventions qu’il a pu présenter, le jongleur, le jongleur avec les pieds, l’échassier, le fumeur repasseur de ciseaux et surtout le fameux squelette qui a beaucoup contribué à sa réputation. Ce squelette se désarticule en scène tout en dansant, ses membres s’envolent, et reviennent ensuite reprendre leur place sur le corps. La figure 2 nous donne l’aspect ordinaire de la marionnette lors de son entrée en scène et l’effet de sa séance de danse « désossée ».
- La principale qualité d’une marionnette est sa souplesse et sa mobilité qui permet à l’opérateur habile d’animer, de faire vivre son personnage avec le plus petit nombre de fils nécessaires. De plus, il faut que le mécanisme, s’il y en a un, soit très simple et peu sujet à se dérégler, Le plus souvent, on emploie un tirage qui dérange un membre, un accessoire, lequel revient prendre sa première position, s’il y a lieu, par son propre poids. Pour le fameux squelette ce principe a été appliqué : chacun des membres, au lieu d’être relié au corps par un lien souple mais fixe faisant charnière en tous sens, est tenu en place (fig. 5) par un fil que nous appellerons le support-glissière A et qui sans être fixé au corps passe dans une œillère au point d’attache, le membre qui est tenu en place par ce fil fait tous les mouvements nécessaires lorsqu’il est sollicité par le fil de tirage B. Lorsque l’opérateur veut faire s’envoler le membre, il lâche le fil de support-glissière A, le membre est libéré et le fil de tirage l’emporte.
- Lorsque le fil de tirage n’exerce plus son action, l’opé-
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- Fig. 3 et 4. — Le squelette de llolden.
- rateur ramène le membre en place en tirant le support-glissière.
- Pour la tête et sa remise sur la colonne vertébrale, il suffit de lâcher le fil <le tirage : le poids de la tête la ramène en place lorsque A et lt ont repris la verticale.
- Dans les anciennes marionnettes, on ne dédaignait pas d'employer certains trucs très simples de féerie, au contraire on les recherchait.. Ceci nous montre que si maintenant on veut demander aux marionnettes de fournir un spectacle
- i A Support -[glissière.x
- \du brasser
- Fig. 5. — Le mécanisme du squelette de llolden.
- littéraire qu’elles ne peuvent guère donner, on essayait tout simplement autrefois de présenter avec verve, avec esprit une distraction amusante, mais sans prétention.
- Le prestidigitateur Ai.ueu.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- CHAUFFAGE ÉCONOMIQUE
- A plusieurs reprises, notamment au cours de la guerre, La Nature a publié divers articles relatifs à des procédés de chauffage utilisant des matières en temps ordinaire jetées à la poubelle. Ces combustibles de remplacement ne prétendent pas assurément suppléer à l’emploi du charbon courant. Toutefois, par ces temps de crise où l’économie est de règle absolue, ils peuvent apporter une utile contribution au chapitre capital du chauffage domestique.
- Après de multiples essais, je crois pouvoir indiquer un procédé auquel je me suis arrêté et qui me donne entière satisfaction. Il présente l’avantage appréciable de transformer en combustible de second ordre deux déchets parfaitement indésirables : 1° le poussier qui, au bout de quelques années, encombre et salit les caves; 2° l’huile de vidange d’auto dont on cherche toujours à se débarrasser.
- Il n’est pas possible d’éviter la formation du poussier car le charbon livré est loin d’être complètement dépoussiéré. Par ailleurs les manutentions obligées et journalières finissent par désagréger une matière toujours plus ou moins friable.
- D’autre part, si l’on procède soi-même et à intervalles réguliers à la vidange des carters de sa voiture, l’on se trouve embarrassé d’une quantité d’huile usée qui a perdu presque totalement son pouvoir lubrifiant. Tout au plus l’utilisera-t-on en minime quantité pour le graissage des ressorts et des organes peu exigeants de l’auto, ainsi que pour celui des machines aratoires (si l’on vit à la campagne). Dref le carter du moteur d’une voiture de tourisme fournit à lui seul en moyenne environ 7 1 d’huile usagée et cela tous les 1500 à 2000 km, suivant l’emploi que l’on fait du véhicule. C’est donc bon an mal an, une quinzaine de litres d’huile au minimum dont on ne sait que faire. Ceci posé,nous sommes supposés posséder poussier et huile de vidange.
- Faire une pâte épaisse du premier avec de l’eau et se servir de ce mortier pour entretenir un feu de charbon dans un poêle. Tel est le procédé classique bien connu des forgerons. Il réussit si les conditions suivantes se trouvent toutes réalisées, à savoir :
- Feu bien vif;
- Tirage poussé.
- Répartition du combustible : poussier préparé, charbon, faite en lits alternés, le mortier n’étant mis que modérément chaque fois.
- Si l’on néglige l’un de ces points le feu risque fort de s’étouffer.
- Toutes choses égales d’ailleurs, la combustion s’opère dans des conditions autrement favorables si au poussier préalablement mouillé, il est incorporé une certaine quantité d’huile et que l’on malaxe bien le tout en un mortier onctueux.
- L’expérience dictera la proportion des constituants à employer. Elle est fonction de la qualité du poussier et de son état de division.
- Dans tous les cas la quantité d’huile à employer est faible, environ 1/2 1 pour un seau de 10 1.
- Enrichi par l’apport d’huile, le combustible ainsi constitué cède une quantité de calories sensiblement supérieure à celle que dégage le mélange simple. Il est plus homogène et brille plus complètement étant entendu que le tirage soit largement compris.
- Quant à l’odeur d’huile brûlée elle n’est nullement à redouter.
- F. S. A.
- HUILES ET FOURMIS
- Des fourmis ayant élu domicile dans les chambranles d’une porte et d’une fenêtre, nous nous empressâmes de colmater les fentes avec du mastic. Au bout de quelques heures, les fourmis percèrent le mastic.
- Nous eûmes recours au ciment.
- Les fourmis trouvèrent une issue ailleurs.
- Nous essayâmes l’eau bouillante, le soufre, le marc de café, les feuilles de tomate, mais inutilement.
- Nous eûmes alors l’idée d’introduire par le trou de sortie de l’huile de graissage, au moyen d’une burette. 11 ne sortit plus de fourmis. Nous ne pensons pas que l’huile ait obstrué toutes les fentes du mur. Mais les fourmis ont dû s’engluer à la sortie. Nous avons observé qu’au bout de dix centimètres de marche, une fourmi ayant reçu une goutte d’huile s’arrêtait épuisée pour mourir.
- Pierre Larue.
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- LA VOUTE CÉLESTE EN JANVIER 1937 (*)
- Beau programme céleste pour le début de 1937 ! Tout d’abord, suivre régulièrement la planète Saturne : en ce moment, la Terre est du coté nord de l’anneau et le Soleil éclaire1 la face sud. Mais, le mois prochain, le plan de l’anneau va de nouveau passer par la Terre, d’où une nouvelle disparition de ce curieux appendice. Dès maintenant, il convient de surveiller ce rare phénomène avec des instruments de moyenne puissance.
- Grand rapprochement — apparent — de Vénus et de Saturne le 24, à suivre pendant plusieurs jours.
- Puis nombreuses occultations d’étoiles par la Lune, nombreuses conjonctions de planètes; la lumière zodiacale et la bonne visibilité de la planète Vénus, le soir, dans le crépuscule, etc., etc. Remarquer la lumière cendrée de la laine du 14 au 27 : utiliser pour cette observation une jumelle lumineuse.
- I. Soleil. — Le Soleil, en janvier, s’élève assez fortement en déclinaison. Celle-ci passera de — 23° 1' le 1er à — 17° 25' le 31. Par suite de cette ascension du Soleil vers l’hémisphère nord, la durée du jour augmentera assez rapidement et atteindra 9“ 20” le 31. Elle n’était que de 8»17” le 1er. La durée du jour est celle de la présence du centre du Soleil sur l’horizon de Paris. Le tableau ci-après donne, de deux en deux joui’s, le temps moyen à midi vrai, ou l’heure du passage du Soleil au méridien de Paris :
- Lumière zodiacale; lueur anti-solaire. - - La lumière zodiacale est bien visible, le soir, après le crépuscule, au Sud-Ouest. Faire cette observation loin des lumières artificielles et naturellement en l’absence du clair de Lune. La période la plus favorable pour cette étude sera celle du 1er au 14 janvier, pendant laquelle la Lune ne gênera pas, et, à la fin du mois, du 29 au 31,
- La lueur anti-solaire pourra être recherchée par les nuits très pures et en l’absence du clair de Lune, soit du 5 janvier au 18, juste à l’opposé du Soleil, c’est-à-dire entre les constellations des Gémeaux et du Cancer.
- IL Lune. •—- Les phases de la Lune, en janvier 1937, se produiront ainsi qu’il suit :
- D.
- N.
- Q.
- L.
- 12,
- à 14" 22" à 16» 47"
- P.
- P.
- le 19,
- le 26, T. ü.)
- i 20h 2m
- » 17»15” 18J,0 ; le 13
- ie autre date du mois, par jour écoulé depuis
- Date.
- Heure du passage.
- anvier 1 “r Tl» 54” 14*
- — 3 11 55 10
- — 5 11 56 5
- -- 7 11 56 58
- — 9 11 57 49
- — 11 11 58 38
- — 13 11 59 24
- — 15 12 0 8
- — 17 12 0 50
- — 19 12 1 28
- — 21 12 2 3
- — 23 12 2 36
- — 25 12 3 5
- — 27 12 3 31
- — 29 ’ 12 3 53
- — 31 12 4 13
- Fig. 1. — Trajectoire apparente sur le Ciel de la petite planète Euterpc (27) du 16 décembre 1936 au 27 janvier 1937. Opposition le 18 janvier, magnitude : 8,7.
- Observations physiques. — Nous insistons pour que l’observation de la surface solaire soit effectuée au moins une fois chaque jour de beau temps. Dans le tableau ci-dessous, on trouvera les principaux éléments qui permettent d’orienter les dessins et les photographies du Soleil (voir à ce sujet le
- Age de la Lune, le lor janvier, à 0 à 0“ = 0J,3.
- Pour obtenir l’âge de la Lune à u ajouter aux nombres ci-dessus 1 jour le V‘v ou le 13.
- Plus grandes déclinaisons de la Lune, en janvier : le 10, à 0» = — 23° 28'; le 23 janvier, à 6» = + 23° 26'. Remarquer la grande hauteur de la Lune dans le ciel les 23 et 24 janvier (vers 21» 30m le 23 et vers 22» 30m le 24) au moment du passage au méridien.
- Apogée de la Lune (plus grande distance à la Terre) le 6 janvier, à 15». Parallaxe = 54'10". Distance : 404 820 km.
- Périgée de la Lune (plus petite distance à la Terre), le 22 janvier, à 3h, Parallaxe = 59'25". Distance=369055 km.
- Occultations d’étoiles par la Lune. — Le 1er, occultation de 14 Sextant (6m,3); émersion à 3» 10”,8.
- Le 2, occultation de 237 R. Lion (6m,3); émersion à 1» 41“,4. — Occultation de 55 Lion (6m,0) ; émersion à 3»53”,3.
- Le 6, occultation de 3785 BD. —16° ’. (6m,5); émersion à 5''55“.
- Le 15, occultation de 5727 BD. — 7° (7m,4); immersion à 17h38m,2. occultation de 4909 BD. + 3° (6m,9) ; immersion à
- « Bulletin astronomique » du n° 2974 du 1er avril 1936).
- Dates (0h). P L0
- Janvier 1er + 2°,18 E — 3», 09 232°,20
- -- 5 -F 0°,23 E — 3°,55 179»,52
- — 10 — 2°,19 O . ... 40,10 113»,68
- - 15 — 4°,57 O — 4», 61 47»,84
- - 20 — 6»,90 O - 5°,09 342» »
- - 25 - 9°,14 O — 5°, 53 276»,17
- — 30 — 11»,30 O — 5°,92 210»,34
- I. Toutes les heures données dans le présent Bulletin astronomique sont exprimées en 7'emps universel (T. U.) compté de 011 à 241', à partir, de 0» (minuit). Le Temps universel est le temps légal en France.
- Le 17,
- 19h2m,2.
- Le 20, occultation de 337 BD. + 18° (7“,5); immersion à 18» 41”,3. — Occultation de 347 BD. + 18° (7m,3); immersion à 2211 28”,2. — Occultation de 359 BD. -j- 18° (6™,6) ; immersion à 23h37m,2.
- Le 22, occultation de 539 BD. + 21° (6m,8) ; immersion à 0»5“,2. — Occultation de -r Taureau (4“,3); immersion à 17h 58”,0. Ce dernier phénomène sera particulièrement intéressant à observer. Notre satellite présentera une phase intermédiaire entre le premier quartier et la pleine Lune. L’étoile disparaîtra derrière le limbe obscur. La grande luminosité de la Lune gênera un peu les observations faites avec de petites lunettes. L’Annuaire astronomique Flammarion fait remarquer que l’étoile t Taureau a un petit compagnon de 8e magnitude situé à 62" de distance, dont il sera intéressant d’observer l’occultation si on dispose d’une lunette un peu puissante.
- Marées. — Les plus grandes marées du' mois de janvier se
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- produiront tout à fait au début du mois, puis du 13 au 18 grande élongation se produira au début du mois prochain
- (nouvelle Lune le 12) cl enfin du 26 au 31 (pleine Lune le 26). Voici la phase et la magnitud e stellaire de Vénus :
- Elles seront peu importantes, le coefficient maximum atteignant seulement 0,97 le 28 janvier. Date. Phase. Diamètre. Magnitude stellaire.
- Le mascaret n’est pas annoncé ce mois-ci, en raison de la •— — — —
- faible amplitude des marées. Janvier 1er 0,667 17",6 — 3,7
- — 6 0,648 18",4 — 3,8
- 111. Planètes. — Le tableau suivant que nous avons dressé 11 0,629 19",2 — 3,8
- à l’aide des données de l’Annuaire astronomique Flammarion (x) - 16 0,609 20",0 — 3,9
- contient les renseignements les plus utiles pour rechercher — 21 0,587 20",8 — 3,9
- et observer les principales planètes pendant le mois de janvier 26 0,565 21",8 — 4,0
- 1937. - 31 0,541 23",0 , —4,0
- ASTRE Date Janv. Lever à Paris. Passage au méridien de Paris. Coucher à Paris. Ascen- sion droite. Déclinai- son. Diamètre apparent. Constellation et étoile voisine. VISIBILITÉ
- 1 7 u 48 m Il» 54*» 14» 16“ 3“ 18“ 46 m — 23“ 1' 32'35"2 Sagittaire
- Soleil . . . ) 13 7 42 11 59 24 16 17 19 39 — 21 30 32 34, 5 Sagittaire > »
- ) 25 7 32 12 35 16 35 20 30 — 19 0 32 32, 6 Capricorne
- Mercure . . 25 8 7 6 56 37 12 13 12 10 16 11 39 17 16 15 38 45 6 20 19 19 7 53 6 — 21 — 18 — 19 o 12 32 7,2 9.8 8.8 fi Capricorne Sagittaire p Sagittaire \ ^ Inobservable, en conjonction avec le Soleil le 14.
- 1 10 5 14 58 19 52 21 48 — 15 7 17,6 o Capricorne
- Vénus . . . 13 9 42 15 2 20 23 22 40 — 9 38 19,4 t Verseau 1 Magnifique le soir.
- 25 9 15 15 3 20 51 23 27 — 3 41 21,6 Verseau Observer dès le crépuscule.
- 1 1 32 6 53 12 14 13 44 —- 9 6 5,6 a Vierge
- Mars.... ) 13 1 20 6 30 11 40 14 8 — 11 21 6,2 Vierge Vers la fin de la nuit.
- ) 25 1 7 6 7 11 7 14 33 — 13 22 6,6 7 Balance
- 1 7 31 11 38 15 44 18 29 — 23 12 29,6 Sagittaire J
- Jupiter. . . ) 13 6 55 11 2 15 10 18 41 — 23 3 29,8 Sagittaire v Inobservable. \
- 1 25 6 18 10 27 14 36 18 53 — 22 51 30,0 ; Sagittaire
- 1 10 53 16 24 21 55 23 17 — 6 55 15,0 ï, Verseau )
- Saturne. .. ) 13 10 n / 15 40 21 13 23 20 — 6 31 14,8 Verseau Dès l’arrivée de la nuit.
- ) 25 9 22 14 57 20 32 23 24 — 6 3 14,6 Verseau
- Uranus. . . 16 11 18 18 21 1 25 2 14 -f 12 58 3,4 Bélier j Première partie de la nuit.
- Neptune . . 16 21 M 3 30 9 58 11 21 + 5 25 2,4 g Lion Presque toute la nuit. i
- Pour Jupiter et Saturne, le diamètre apparent se rapporte au diamètre polaire.
- Mercure sera pratiquement inobservable ce mois-ci. Il se trouvera en conjonction inférieure avec le Soleil le 14 janvier, à 23“. Peut-être pourra-t-on le « repérer » dans le ciel du matin tout à fait à la fin du mois (sa plus grande élongation arrivera le 7 février prochain), mais il se trouvera bas sur l’horizon, dans des conditions bien défavorables d’observation.
- Voici la phase et la magnitude stellaire de Mercure :
- Date. Phase. Diamètre. Magnitude stellaire.
- Janvier 1er 0,504 7",2 — 0,1
- 6 0,270 8",4 + 0,5
- 11 0,065 9",4 + 1,7
- — 16 0,012 10",0 + 2,6
- 21 0,125 9",6 + 1,4
- — 26 0,294 8",6 + 0,2
- — 31 0,447 7”,8 + 0,4
- Vénus brille d’un grand éclat dans le crépuscule. Sa plus
- 1. Dont les épreuves me sont obligeamment communiquées par Mme Camille Flammarion, directrice de l’Observatoire de Juvisy, que je suis heureux de remercier ici. Comme chaque année l’Annuaire paraîtra vers la fin de décembre.
- Ne pas manquer d’observer le curieux rapprochement de Vénus et de Saturne, du 21 au 26 janvier.
- Mars devient de mieux en mieux visible, à la fin de la nuit cependant.
- Comme on peut le voir au tableau des Planètes, son diamètre augmente et atteindra 7 secondes environ à la fin de janvier.
- On peut donc maintenant commencer les observations avec les instruments de moyenne puissance.
- Vesta, la petite planète n° 4, dont nous avons annoncé l’opposition avec le Soleil le 31 décembre, pourra encore être observée, en utilisant la carte de son mouvement sur le ciel parue au précédent « Bulletin astronomique » (N° 2988, p. 419).
- Voici sa position le 3 janvier :
- Date = 1937 janvier 3,0. Ascension droite = 6"38m,9; déclinaison = + 22°26'. Elle sera très élevée dans le ciel, dans la constellation des Gémeaux, non loin de l’étoile s.
- Euterpe, la petite planète n° 27, va se trouver en opposition avec le Soleil le 18 janvier. Elle atteindra la magnitude 8,7. Voici quelques-unes de ses positions en janvier, calculées par M. G. Stracke :
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- Date. Ascension droite. Déclinaison.
- .Janvier 3 811 7m,6 + 21°20'
- 11 7" 59”,4 + 21°54/
- 19 7» 51”,2 J- 22° 25
- 27 7“ 44”,2 + 22° 49'
- Le 13, ù 2“, Mercure en conjonction avec la Lune à 0° 10' S
- Le 16, à 15“, Vénus .. - à 6° 27' S
- Le 17, à 4“, Saturne à 7J 52' S
- Le 20, à 0", Uranus ---- h 4° 20' S
- Le 24, à 2“, Vénus — Saturne, à 1° 56' N
- Le 30, à 3“, Neptune la Lune, à 6“ 45' N
- Comme le montre notre figure 1, Euterpe se déplacera, au moment de son opposition, entre les constellations des Cémeaux et du Cancer.
- Jupiter s’est trouvé en conjonction avec le Soleil le 27 décembre; il sera encore inobservable ce mois-ci.
- Saturne va présenter encore un grand intérêt pour l’observation. Depuis le 29 décembre dernier, la surface australe des anneaux est éclairée par le Soleil. Mais actuellement, en janvier, la Terre est encore au-dessus de l’anneau et voit la face non éclairée de celui-ci. Ce n’est que le 21 février prochain que la Terre, passant de nouveau par le plan des anneaux, verra la face australe de ceux-ci, éclairée par le Soleil.
- Voici les éléments de l’anneau pour le 17 janvier 1937 :
- Grand axe extérieur............................. 36", 94
- Petit axe extérieur............................. + 1", 15
- Hauteur de la Terre au-dessus du plan de
- l’anneau..................................... -f- 1°,789
- Hauteur du Soleil au-dessus du plan de l’anneau. — 0°,289
- On pourra encore rechercher Titan, le plus lumineux des satellites de Saturne, lors de ses élongations maxima.
- Date. Élongation. Heure
- Janvier 7 Occidentale 19h,4
- — 15 Orientale 14“,7
- Uranus est toujours bien visible, se couchant après minuit. 11 sera en quadrature orientale avec le Soleil le 26 janvier, à lh. Pour le trouver, on reportera la position que nous donnons au tableau des Planètes sur la petite carte parue au n° 2978 du 1er juin 1936.
- Uranus sera stationnaire le 13 janvier, à 19".
- Neptune s’approche de l’opposition. Il est visible presque toute la nuit. Pour le trouver, utiliser la petite carte de son mouvement sur le ciel parue au n° 2970, du 1er février 1936, sur laquelle on reportera les positions ci-après de la planète :
- Diamètre
- Date. Ascension droite. Déclinaison. apparent.
- Observer, à partir du 21, le curieux rapprochement de Vénus et de Saturne avant leur conjonction du 24.
- Etoile polaire-, Temps sidéral. —• Voici e l’Etoile polaire au méridien de Paris : quelques passages Temps sidéral à 0“ (T. U.) pour le méridien
- Date. Passage. Heure. de Greenwich.
- Janvier 5 Supérieur 18“ 32” 6 s 6“ 56“ 41
- — 15 17 52 33 7 36 6
- 25 17 12 58 8 15 32
- Etoiles varia blés. - Mini ma d’éclat, visibles à l’œil nu,
- de l’étoile Algol (|3 Persée), variable de 2”,2 à 3“,5 en 2J20“48m : le 10 janvier, à 41116111 ; le 13, à 1“ 5m; le 15, à 21“54m; le 18, à 18ll44m.
- Minitna d’éclat de [1 Lyre, variable de 3“,4 à 4“,3 en 12J,91 : le 10,9 janvier; le 23,8 janvier soit le 10 janvier vers 21h36m et le 23 janvier vers 19“12”.
- Maximum d’éclat de U Orion, variable de 5n',4 à12m,2 en 377 jours, le 17 janvier.
- Etoiles filantes. --- Quelques radiants sont actifs en janvier. En voici la liste d’après l’Annuaire du Bureau des Longitudes :
- Époque. Ascension droite. Déclinaison. Étoile voisine.
- janvier 2 119“ + 1 6° Ç Cancer
- — 2 et 3 232 r 49 p Bouvier.
- - - 4 au 11 180 35 N Chevelure.
- - 18 232 !- 36 Ç Couronne
- -- 28 236 -r 25 a Couronne.
- — mois 105 + 44 63 Cocher.
- Le radiant des Bootides (près (3 Bouvier) donne des météores rapides, à longues trajectoires, les 2 et 3 janvier.
- V. Constellations. — L’aspect de la Voûte céleste le 1or janvier à 21“30” ou le 15 janvier à 20“30” est celui-ci :
- anvier 6 ll“21m + 5°22' 2" 4
- - 16 11“21” 5°25' 9" 4 J *
- — 26 11“20” J- 5°30' 9" 4 - , X
- IV. Phénomènes divers. - — Conjonctions :
- Le 2, à 19\ Neptune en conjonction avec la Lune, à 6° 52' N. Le 6, à 411, Mars — à 6“ 4'N.
- Le 11, à 17\ Jupiter - à 1° 19' S.
- Au Zénith : Persée; le Cocher; Andromède.
- Au Nord : La Petite Ourse; Céphée; Cassiopée; le Dragon. A l’Est : Le Lion; le Cancer; les Gémeaux.
- Au Nord-Est : La Grande Ourse.
- Au Sud : Orion; le Taureau; le Bélier.
- Au Sud-Est : Le Grand Chien (Sirius la plus brillante étoile du ciel).
- A l’Ouest : Les Poissons; Pégase. La Baleine et le Cygne sont à l’horizon. Em. Touciiet.
- LES FRANÇAIS A L’ETRANGER
- h’Annuaire statistique de la France pour 1936 évalue à 540 000 le nombre des Français dans les pays étrangers en 1931.
- Ce sont les Etats-Unis qui comptent le plus grand nombre de nos concitoyens : 127 000. Viennent ensuite la Belgique et la République Argentine, chacune avec 80 000; puis la Suisse,
- 40 000; le Canada : 21 000; l’Espagne (et Canaries) : 20 000; l’Égypte : 18 000; la Grande-Bretagne : 16 000; le Brésil : 14 000; l’Allemagne (non compris la Sarre) : 13 000; Monaco : 9100; l’Italie : 9000; l’Uruguay : 8000; les Iles Anglo-Normandes et Man : 7000; le Chili : 6000; le Mexique : 6000; la Chine : 5000.
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- MOTEURS ÉLECTRIQUES SILENCIEUX = 519
- La bataille contre le bruit est engagée avec vigueur. Elle est difficile, parce que l’ennemi se présente en mille endroits. Mais toutes les bonnes volontés sont mobilisées, et, sur bien des points, on peut enregistrer de vraies victoires.
- C’est ainsi que dans le domaine de la construction électrique, les constructeurs de petits moteurs domestiques s’attachent aujourd’hui à ne fournir que des moteurs silencieux. Ce n’est pas aussi facile qu’on pourrait le croire. Les causes des bruits sont nombreuses; leur origine peut être mécanique, électrique ou magnétique. 11 faut donc les dépister toutes, en évaluer l’importance, puis trouver le moyen de les atténuer, sinon de les supprimer.
- Les moteurs domestiques usuels sont des moteurs asynchrones à cage d’écureuil. Pour qu’ils fonctionnent sans bruit, il faut que la ventilation s’opère à vitesse réduite, que l’encochage des tôles de stator et de rotor soit exécuté avec grand soin en ne laissant qu’un entrefer réduit et uniforme; il faut des paliers à grande réserve d’huile, usinés avec précision; le serrage des tôles doit être très soigné.
- L’application par pulvérisation d’une couche insonore de textile à l’intérieur des flasques a permis de réaliser une ventilation insonore.
- Jusqu’à ce jour, on a enveloppé les moteurs d’une carcasse métallique dont le rôle principal est d’assurer le serrage des tôles et d’empêcher la transmission par l’air des vibrations et des bruits internes; elle sert en même temps de support de fixation. La carcasse forme un bloc fermé qui alourdit le moteur et gêne le refroidissement.
- Fig. 1. — Les organes du moteur silencieux Japg.
- (Moteur asynchrone à cage d’écureuil.)
- Fig. 2. — Vue du moteur asynchrone silencieux Japg.
- Fig. 3. — Moteur monophasé Japg radiosilencieux.
- Les établissements Japy, guidés par le souci de la lutte contre le bruit, ont adopté une solution vraiment neuve. Us suppriment cette enveloppe; et grâce à un montage et un serrage particuliers, ils évitent la transmission du bruit, du bloc des tôles magnétiques au support de fixation.
- Le principe du moulage consiste à réaliser une cage de serrage dont les éléments sont réunis par un procédé quelconque de soudage, brasage, ou blocage autour du bloc-tôles. Ce dernier est serré à refus par un dispositif mécanique ou thermique permettant la mise en place de la cage de serrage pendant que le bloc est encore sous pression.
- Une forme de réalisation consiste pour le stator de moteurs asynchrones en une cage constituée par deux anneaux d’acier très rigides réunis par des distanceurs d’acier; ces derniers sont soudés à l’arc sur les bords extérieurs des anneaux sous une presse hydraulique (fig. 1).
- Le blocage de la tôle reste sensiblement le même, et il est plutôt augmenté par le refroidissement des soudures. Les distanceurs, en se contactant, agissent dans le même sens.
- On réalise ainsi un blocage énergique des tôles, particulièrement dans la zone périphérique qui est normalement le siège de la transmission du bruit.
- Le serrage à bloc l’empêche d’entrer en vibration
- On interpose latéralement entre le bloc-tôles et la cage de serrage et sous les distanceurs une matière plastique à base d’asphalte et d’un composé organique, destinée à absorber efficacement les vibrations des tôles et à empêcher ainsi qu’elles ne se transmettent à la cage, puisque ce sont les
- Fig. 4. —- Procédé mécanique pour assurer l’isolement acoustique de la fondation d'un moteur.
- Boulon de réglage
- Patte support — de la machine électrique
- Distanceur
- isolant
- Boulon de \ tellement fe
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- vibrations du stator qui sont la cause du ronflement (fig. 2).
- Un dispositif analogue peut être employé pour les tôles du rotor en utilisant comme cage de serrage la « cage d’écureuil » elle-même. On réalise ainsi un serrage très puissant des têtes d’encoclies, et les vibrations sont réduites au mini -mum.
- Une douille en matière plastique, disposée entre la boîte à huile et le moyeu en acier, est prévue pour absorber les vibrations propres de l’arbre et éviter leur transmission au corps même du palier en le protégeant contre toute résonance.
- Entre le dispositif de support de fixation et l’ensemble des tôles de la cage de blocage, on prévoit, d’ailleurs, un amortisseur de bruit, élastique et anti-vibrateur, et les enroulements sont étuvés et imprégnés à cœur sous vide et pression, au moyen d’un isolant plastique. On rend ainsi les enroulements rigides, et on évite la transmission des vibrations électro-magnétiques des fils d’enroulement au bloc du stator (%• 1)-
- Le montage du moteur sur sa base doit, d’ailleurs, être exécuté avec le plus grand soin. On placera, par exemple, sous la base du moteur des plaques de matériaux amortisseurs. Des dispositifs amortisseurs mécaniques à double élasticité (fig. 4) ont également été présentés pour les moteurs à puissance moyenne; des dispositifs statiques peuvent donner aussi des résultats satisfaisants.
- En voici un exemple : une dalle en béton armé est interposée sur toute la surface du sol. Cette dalle est placée librement sur une semelle isolante de constitution spéciale à base de liège, de 30 à 50 mm d’épaisseur, variable suivant le poids du groupe à isoler. Cette semelle, enfin, est placée sur une chape en béton de 30 à 40 mm de hauteur (fig. 5).
- L’ÉTUDE DES BRUITS DES MOTEURS PAR LA MÉTHODE OSCILLOGRAFHIÇUE
- Pour mettre au point des moteurs silencieux, il faut pouvoir comparer, au point de vue du bruit, les différents modèles,
- d’où la nécessité de créer un dispositif d’étude permettant un examen rapide.
- M. Van Muydcn, ingénieur en chef des établissements Japy, a réalisé dans ce but un appareillage facilement transportable, pesant à peine une douzaine de kilogs, et qui permet d’enregistrer l’intensité du bruit, d’un moteur en marche.
- L’appareil donne des enregistrements graphiques directs sur film papier; on détermine par comparaison la valeur approximative en décibels du bruit correspondant (*).
- Le dispositif comporte un système piézo-électrique jouant le rôle de sondeur microphonique, un amplificateur à courant continu à trois étages sans distorsion, et un oscillographe sans inertie, combiné avec une chambre photographique dans laquelle le film papier se déroule à une vitesse de l’ordre de 100 mm/sec (fig. 6).
- On obtient ainsi des diagrammes qui permettent de se rendre compte de façon précise de l’élongation due aux bruits magnétiques d’une part, et mécaniques de l’autre, pendant la marche normale et pendant la coupure de courant.
- Le système piézo-électrique peut, d’ailleurs, être remplacé par un microphone piézo-électrique ordinaire, qui permet de réaliser des mesures acoustiques, en indiquant la moyenne des bruits émis par la machine.
- Ce système oll’re donc un grand intérêt; il s’applique, d’ailleurs, à un grand nombre d’autres études, pour la détection et l’analyse de toutes espèces de vibrations d’ordre électrique ou mécanique, en particulier pour les opérations d’équilibrage dynamique des pièces en rotation.
- P. H ÉMARDlNQUElt.
- 1. On peut trouver des détails à ce sujet dans un article de M. Vau Muyden lui-même, paru en mai 1935, dans VElectricien.
- Fig. 6. — Principe du dispositif oscillugraphique de M. Van Muyden. pour l'élude des bruits et vibrations d’un moteur.
- Appareil de déroulement du Appareil -papier,
- photographique- . \ \
- Dispositif Piezo - électrique
- Oscillographe
- Amplificateur
- Moteur à es.*3yen
- Groupa
- convertisseur
- Socle en acier profilèi soudé à l'arc E
- Evidement rempli de béton
- Fig. 5. — Procédé statique pour assurer l’isolement acoustique de la fondation d’un moteur.
- UN PEU D’HISTOIRE DU MILLE MARIN i
- L’unité de mesure des distances à la mer, le mille marin, est de nos jours, identique à la minute de méridien sur la Terre. Les minutes réelles de latitude sur la Terre, par suite de l’aplatissement, ont une grandeur un peu différente suivant la latitude; aussi le mille marin difîèrc-t-il légèrement dans les différentes nations. Mais il est défini comme un « mille de minute ». Il n’en a pas toujours été ainsi.
- Au xve siècle, on comptait beaucoup en léguas espagnoles égales à 4 X 1480 m. On en comptait 17,5 au degré, ce qui met ce dernier à 105 1cm environ, tandis qu’en réalité il est de 111 1cm. La lieue marine française et la sea league anglaise, au xvie siècle, étaient égales à 3 X 1500 m environ; le degré en contenait 20 et était compté de 90 1cm environ. Le mille hollando-allemand (de 5500 m environ) dont on comptait
- 15 au degré mettait celui-ci à 82,5 1cm. Quand on s’aperçut que la Terre était plus grande qu’on ne l’avait supposé, on modifia également la valeur du mille. Le mille anglo-français fut porté à 5500 m et le mille hollando-allemand à 7400 m.
- Nous citerons également le mille méditerranéen, de 1230 m environ, qui était utilisé au moyen âge et était probablement d’origine grecque. Dans les cartes italiennes du moyen âge des côtes de l’Atlantique, le mille roman ou mille de mille pas, était d’un usage général et c’est ce mille qu’utilisa Christophe Colomb dans ses journaux de bord. Il était de 1480 m environ et fut employé jusqu’à la fin du xviii6 siècle, époque à laquelle on commença à en compter 75 au degré (ce qui est plus près de la vérité que le nombre 56,66 admis jusqu’alors).
- IL Vigneron.
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- LIVRES NOUVEAUX
- L'évolution des sciences mathématiques et physiques,
- par G. lloui.Kiand, Ch. Brunoed, A. Grumracii, M. Morand,
- P. Sergesm, M. Taboury, A. Turpain. 1 vol. E. Flammarion.
- Paris, 1936. Prix : 12 francs.
- Ce livre contient une série d’exposés, tous fort intéressants, dus à des savants français et étrangers. Pour la physique, M. Turpain plaide, avec une éloquence convaincante, en faveur de l’observation et de l’expérience contre la théorie pure; M. Taboury, après avoir rappelé les efforts des alchimistes pour réaliser la transmutation, montre comment les idées modernes sur la constitution de l’atome permettent aujourd’hui d’envisager le « grand œuvre ». M. Sergesm, un savant roumain, dégage les traits caractéristiques des mathématiques contemporaines en France, représentées par Picard, Poincaré, Painlevé, llorel, Darboux, Jordan, Coursât, lladamand, llaire, Lebesgue et tant d’autres. M. Bouligand retrace le rôle important de l’intuition en mathématiques et présente des réilexions ingénieuses et subtiles sur la recherche des relations causales en géométrie. M. B ru-no ld écrit un beau chapitre d’histoire sur la formation des principes de la thermodynamique. M. Grumbach montre comment les théories physiques modernes cherchent à concilier le continu et le discontinu. M. Morand aborde la question brûlante du principe de causalité en physique et reste partisan du déterminisme scientifique.
- Les systèmes oscillants, par j. Granier. i vol., 215 p., 114 fîg.
- Dunod, éditeur. Paris, 1936.
- Les phénomènes oscillatoires se manifestent dans un grand nombre de domaines physiques en apparence étrangers les uns aux autres. Cependant dans tous ces domaines, ils sont gouvernés par des lois analogues, se traduisant par des équations de même forme ; aussi les résultats acquis dans l’un des domaines peuvent-ils se transposer dans les autres. On étudie aujourd’hui les oscillations des systèmes mécaniques, en expérimentant sur leurs images électriques. Le professeur à l’Université de Besançon a donc fait œuvre utile en groupant dans un même exposé synthétique l’étude générale des systèmes oscillants, quel que soit le siège de l’oscillation : milieu matériel solide, liquide ou gazeux, ou phénomène électrique. Cette étude est conduite avec un appareil mathématique relativement élémentaire qui en rend la lecture accessible sans le secours des hautes mathématiques. Les systèmes oscillants y sont étudiés et classés, d’après les équations qui les régissent, en oscillateur à 1, à 2 et à une infinité de degrés de liberté.
- Carburants de synthèse et de remplacement, par Ch.
- Berthelot. 1 vol. 350 p., 47 fig, Dunod, éditeur, Paris 1936.
- Le problème des carburants, en raison du prodigieux développement des moteurs à combustion ou explosion, est un des plus graves parmi ceux qui se posent aujourd’hui aux techniciens et aux économistes. M. Berthelot l’étudie ici sous toutes ses faces, avec la compétence et la richesse de documentation que connaissent bien nos lecteurs. Voici d’abord les carburants de remplacement : gaz de gazogène, gaz comprimés ou liquéfiés; puis des notions précises sur les qualités des carburants liquides et la façon de les apprécier ; l’auteur étudie ensuite à fond le traitement des schistes bitumineux et examine les différents fours et les différents procédés proposés. Il met ensuite le lecteur complètement au courant de l’état actuel de l’hydrogénation des charbons; il ne se borne pas à décrire les différentes techniques aujourd’hui en usage : Fischer, Bergius, I. G., Vallette, Audibert; il analyse les phénomènes qu’elles mettent en œuvre, il dégage les éléments essentiels des prix de revient; il montre où en est cette industrie nouvelle dans les différents pays. L’hydrogénation, méthode très générale, s’applique encore à la création de carburants comme le méthanol, à l’amélioration des pétroles, à la production de lubrifiants. Aucune de ces questions n’est laissée dans l’ombre. L’emploi des huiles végétales et celui de l’alcool carburant font également l’objet d’intéressants chapitres. De ce livre si nourri se dégagent des conclusions constructives qui méritent d’être méditées par ceux qui ont mission d’organiser l’économie nationale.
- Cours de chimie industrielle, par G. Dupont. (Tome III.
- Métallurgie.) 1 vol., 357 pages, 161 iig. Gauthier-Villars, éditeur,
- Paris, 1936. Prix : 65 fr.
- Nous avons signalé les deux premiers volumes de ce cours; ils étaient consacrés aux combustibles et aux industries minérales. Le troisième volume embrasse le vaste domaine de la métallurgie. Comme il s’agit d’un ouvrage destiné aux étudiants, l’auteur s’est attaché avant tout à mettre en relief les principes généraux qui président à l’étude des métaux et de leurs alliages, à dégager les caractères essentiels des principales réactions mises en œuvre pour les extraire de leurs minerais ou pour les affiner, et à présenter sous une forme synthétique les appareils de traitement, ainsi que les méthodes de travail méca-
- nique des métaux. Ces exposés font l’objet d’un substantiel et excellent chapitre préliminaire. Les chapitres suivants sont consacrés au fer et à ses alliages, au cuivre, au plomb, au zinc, à l’étain, à l’antimoine et au bismuth, au nickel, au cobalt, au manganèse, au chrome, au tungstène et au molybdène, aux métaux radioactifs, aux métaux précieux et enfin aux métaux légers.
- Chacun de ces chapitres constitue un excellent résumé dans lequel on trouve les propriétés des métaux, leur mode de préparation, leurs applications essentielles et notamment leurs usages pour former des alliages.
- La tannerie, par Louis Meunier et Clément Vaney. 1 vol., 804
- liages, 115 fig. (Tome I). Gauthier-Villars, éditeur, Paris, 1936.
- Prix : 120 francs.
- En 1903, MM. L. Meunier et C. Vaney, l’un directeur, l’autre professeur de l’École française de tannerie de la Faculté des Sciences de Lyon ont publié sur la tannerie un ouvrage qui a fait immédiatement autorité. Depuis cette époque, la tannerie a fait d’importants progrès auxquels ont grandement contribué les recherches scientifiques et techniques de l’École de Lyon, MM. Meunier et Vaney ont été ainsi amenés à reprendre leur œuvre de 1903, avec la collaboration des professeurs de l’École. L’ouvrage dont ils offrent aujourd’hui le premier tome au public représente ainsi l’essentiel de l’enseignement de l’École de Lyon. Le premier volume est spécialement consacré aux études théoriques; on peut dire que c’est une œuvre réellement magistrale à la fois par sa documentation, par la qualité de l’exposé, et par l’esprit scientifique qui l’inspire. Il débute par des notions préliminaires de chimie physique : mesure du pH, propriétés des colloïdes et par un aperçu général sur les fermentations. Il entreprend ensuite l’étude des peaux utilisées en tannerie : anatomie, processus et putréfaction, conservation, propriétés spéciales des différentes peaux. Puis, il examine les méthodes de préparation des peaux en vue du tannage en analysant d’une façon serrée les phénomènes qui se manifestent au cours de chaque opération. Deux remarquables chapitres sont consacrés aux tanins de toute nature et à leurs méthodes de caractérisation. Ils sont suivis d’une étude approfondie des tannages de toutes catégories; le volume se termine par un chapitre consacré aux matières colorantes et à la teinture des cuirs.
- Le problème de l'alimentation, série de publications de la
- Société des Nations.
- Volume I. Rapport préliminaire du comité mixte pour le problème de l’alimentation, in-8, 106 p. 2 francs suisses :
- Volume IL Rapport sur les bases physiologiques de l’alimentation, in-8, 27 p., 50 c. suisses :
- Volume III. L’alimentation dans divers pays, in-8, 289 p., 5,50 fr suisses :
- Volume IV. Statistiques de la production, de la consommation et des prix, in-4, 118 p. 3 francs suisses.
- Dépositaire pour la France : A. Pedone, 13, rue Soufflot, Paris 5°.
- Le Comité mixte pour le problème de l’alimentation, composé d’experts en matière d’hygiène publique, d’agriculture, d’économie politique et d’assistance sociale, présente à l’assemblée de la Société des nations, lors de sa session de 1936, un rapport en quatre volumes.
- Le premier est une étude d’ensemble sur les rapports entre une alimentation rationnelle et la santé publique. Elle implique un revenu suffisant, un ajustement de l’agriculture, une politique sociale, économique et commerciale, une connaissance de la valeur nutritive des divers aliments. Le deuxième fixe les bases physiologiques de l’alimentation des diverses catégories de population et indique les recherches à entreprendre. Le troisième fait connaître les mesures récentes prises par les gouvernements dans une vingtaine de pays en faveur des mères et dis nourrissons, des écoliers, des chômeurs, des soldats, etc., les règles de contrôle de la qualité des aliments, les mesures favorisant certains consommateurs pour l’obtention de denrées à prix réduit. Enfin, le quatrième est une étude statistique préliminaire' entreprise par l’Institut international d’agriculture de Rome sur la situation des principaux pays pour lesquels on dispose d’une documentation.
- Les mammifères sauvages du Cameroun, par a. Jeannin.
- 1 vol. in-8, 250 p., 29 pl., 1 carte. Encyclopédie biologique. Leche-
- valier, Paris, 1936. Prix : 100 francs.
- L’auteur, vétérinaire du service zootechnique du Cameroun, a observé les mammifères de ce pays dont il dresse ici la liste, décrit les caractères, les mœurs, l’habitat. 11 complète ainsi vers le sud l’inventaire récemment publié dans la même collection par M. Malbrant pour la région du Tchad. Des tableaux synoptiques, d’excellentes photographies, des dessins des cornes, des dents, etc., permettent aux naturalistes, aux chasseurs, aux coloniaux d’identifier facilement les espèces qu’ils pourraient rencontrer.
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- NOTES ET INFORMATIONS
- ASTRONOMIE
- Une nouvelle Comète (1936 c).
- La troisième comèle de l’année 1936 a été découverte par M. Jackson, dans la constellation du Verseau. Son éclat était très faible (12e magnitude). La position de cette comète, le 20 septembre, à 20h llm,6 (T. U.), était :
- Ascension droite = 22u 59m,8; Déclinaison : = — 12° 47'. Mouvement en 24 heures.
- En ascension droite = -j- 1° 5'; en déclinaison = — 0° 25'.
- Au moment de sa découverte, la comète était située à peu près au milieu de la distance des étoiles o Verseau et '.JJ Verseau.
- (D’après le Bureau central astronomique de Copenhague, Circulaire n° 82, du Service des Informations rapides de la Société astronomique de France.) Em. T.
- Découverte d’une troisième Nova (1936).
- Les Novæ constituent encore, de nos jours, des phénomènes astronomiques assez rares. Ainsi, on en connaît 20, apparues entre l’an 2679 av. J.-C. et l’année 1264 de notre ère. Pour les temps modernes, on en compte 42 entre le 11 novembre 1572 et le 13 décembre 1934.
- Or, nous apprend M. F. Baldet dans la Circulaire n° 84 du « Service des Informations rapides » de la Société astronomique de France, on vient de découvrir à Tokyo, le 6 octobre 1936, une Nova de 6e magnitude, d’apparence stellaire, -à la position suivante :
- Ascension droite = 18 h 4 m 5; déclinaison = —• 34° 21'.
- Cette étoile se trouve à la partie inférieure de la constellation du Sagittaire, à 3° à l’Ouest de l’étoile s de cette constellation. Elle est visible dans une petite jumelle et même, à la limite, à l’œil nu.
- A Paris, cette région du ciel est bien basse sur l’horizon, mais dans le midi de la France, elle est très facilement observable.
- La Nova du Sagittaire, comme la plupart des autres Novæ connues, est apparue en pleine Voie Lactée. C’est la troisième Nova découverte en 1936. Ce cas de trois étoiles nouvelles découvertes la même année n’est pas unique et prouve les progrès réalisés dans la recherche astronomique et surtout dans la photographie astronomique; il s’est produit en 1905, en 1910 et en 1919 (4 Novæ). Par contre, aucune découverte de ce genre n’a été faite de 1926 à 1933. Em. T.
- La quatrième Nova de 1936.
- Elle vient d’être découverte par M. Tamin, à son observatoire privé de Kvistaberg, à Bro (Suède), le 7 octobre 1936. On était déjà redevable au même astronome de la découverte d’une première Nova dans l’Aigle, le 18 septembre dernier, ainsi que nous l’avons signalé à nos lecteurs.
- Voici les coordonnées de cette étoile :
- Ascension droite = 19h 23,n, 5; déclinaison = + 7° 25'.
- Apparence stellaire. Magnitude : 7,0, donc accessible à une jumelle.
- M. F. Baldet, en transmettant ces renseignements au Service des Informations rapides de la Société astronomique de France (Circulaire n° 85) fait remarquer que cette Nova a dû, très probablement, être retrouvée sur une plaque photographique, car l’observation, transmise par l’Observatoire de Copenhague, le 22 octobre, est datée du 7 octobre.
- Le ciel est vaste et bien des changements s’y opèrent. Mais il faut une certaine chance pour découvrir deux Novæ, comme l’a fait M. Tamm, à moins d’un mois d’intervalle. Em. T.
- RADIOPHONIE
- La Maison de la Radio à l’Exposition de 1937.
- Toutes les grandes nations possédant un réseau de radiodiffusion ont créé des « Maisons de la Radio », dans lesquelles sont centralisés les studios d’émission, et toutes les organisations techniques et administratives nécessaires. Seule, jusqu’à présent, la France en était dépourvue.
- Nous avons signalé différents projets intéressants visant à combler cette lacune, mais qui jusqu’ici n’ont pas abouti.
- Il semble probable qu’une Maison de la Radio française sera enfin inaugurée à l’Exposition de 1937; elle constituera en même temps une intéressante attraction.
- Elle sera située sur la rive droite de la Seine, en amont du pont Alexandre-III. Son entrée principale sera placée au niveau du Cours La Reine ou en contre-bas.
- Le bâtiment comprendra un grand hall avec une galerie publique, dont les parois vitrées permettront l’examen des studios. Un studio de 260 m2 sera réservé aux émissions d’orchestre, un autre de 100 m2 sera réservé aux solistes, et trois autres plus petits aux conférences, informations et communications diverses des speakers. Enfin, un très grand studio de 30 m de longueur, 18 de largeur et 15 de haut, sera réservé, au premier étage, pour les grands orchestres symphoniques et les chœurs.
- D’autres salles au rez-de-chaussée seront réservées à la présentation des modèles d’appareils récepteurs et à la démonstration des postes de télévision. Une grande salle de 100 m2 contiendra les appareils de transmission et d’amplification également visibles, et on a prévu également des bibliothèques, des salles réservées aux artistes, etc.
- Mais peu de mois nous séparent encore de l’ouverture de l’Exposition, et ce projet, pourtant modeste, pourrait, d’après des informations récentes, être encore bien réduit, pour des raisons diverses, étrangères à la technique. Nous resterons bien loin, en France, des immeubles somptueux de l’U. R. S. S. pour ne citer que ceux-là, et encore plus de la « Cité de la Radio » américaine, qui constitue, comme l’indique son nom, plus qu’un palais, une véritable ville ! P. II.
- Les émissions radiophoniques pour les colonies.
- La France, dont l’empire colonial est immense, aurait dû, semble-t-il, tenir à honneur de faire entendre par la radiophonie la voix de la mère-patrie dans tous les territoires de son empire. Toutes les grandes nations coloniales possèdent des stations à grande puissance sur ondes courtes, dont les émissions sont reçues régulièrement dans toutes les parties du monde.
- En France, seul jusqu’à présent, le poste primitif « Radio-Colonial » installé à Pontoise continue à faire entendre sa faible voix, et nous recevons constamment des lettres de lecteurs coloniaux déplorant cette insuffisance, qui les oblige à écouter uniquement les émissions étrangères.
- Les projets établis sous le gouvernement précédent, pour le développement de la radiodiffusion, comportaient l’installation d’une station coloniale à grande puissance sur ondes courtes de 120 kw, dans le centre-ouest de la France. L’emplacement était déjà choisi et même, semble-t-il, les travaux commencés, lorsque, pour une raison qui n’a pas été indiquée au public, tout a été brusquement arrêté.
- En fait, pour le moment, aucune précision ne peut être donnée sur les travaux futurs de construction d’une nouvelle station coloniale.
- Pendant ce temps, les stations à ondes courtes étrangères augmentent leur puissance. C’est ainsi que la fameuse station
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- hollandaise P. C. J. J. d’Eindhoven, transmet désormais sur 120 k\v de 0 à 3 h T. M. G. le mercredi et le jeudi, et le dimanche de 19 h à 20 h sur 31 m 28.
- On ignore de même les intentions de l’administration des P. T. T. en ce qui concerne les émissions de télévision qui auraient dû être reprises régulièrement avec le nouveau poste d’émission à grande puissance de la Tour Eiffel.
- La radiodiffusion d’État semble faire porter tout son effort sur la qualité des programmes, en les faisant évoluer dans un sens qui n’est, du reste, pas du goût de tous les auditeurs. Pour accroître le nombre des auditeurs déclarés et conserver à la radiodiffusion française un rang honorable, il paraît cependant nécessaire de songer aussi à maintenir les progrès techniques. P. H.
- ASTROPHYSIQUE Le plus grand Observatoire de France.
- Nous avons parlé ici, en son temps, de l’organisation récente de la « Recherche scientifique » et de ses buts qui, pour les chercheurs de tous ordres, doivent apporter mieux que de simples espérances. Parmi les projets dont la réalisation se poursuit activement, signalons celui qui va permettre à notre pays de se tenir au premier rang de la science astronomique. En effet, M. Jean Perrin, sous-secrétaire d’Etat à la Recherche scientifique, d’accord avec M. Jean Zay, Ministre de l’Education nationale, vient d’obtenir la signature d’un arrêté créant un « Service national d’Astropliysique » comprenant l'établissement d’un grand observatoire et d’un laboratoire d’études.
- Cet observatoire, doté de puissants instruments et d’un outillage hors pair, sera installé, à quelque 600 m d’altitude, •sur un platçau de la région de Eorcalquier, en Haute-Provence, région réunissant les conditions climatiques les plus favorables; le laboratoire de dépouillement et d’analyse des documents obtenus restera à Paris. Les plans d’édification sont à l’étude, et si rien ne vient retarder la bonne marche des travaux, on peut espérer voir l’observatoire en service dans un an. Dès maintenant doit être mise en train la construction d’un télescope de; ]Jjm 90 d’ouverture — dimension qui lui fait prendre rang immédiatement après celui de 2 m. 50, du Mont-Wilson; en attendant son achèvement, ce qui demande un assez long délai, il est prévu d’utiliser des télescopes déjà existants : celui de 80 cm fonctionnant à la Station de Eorcalquier, un àutre de 1 m 20 et deux de 80 cm, respectivement dès types Schwdrzscbild-Couder et Ritchey-Chrétien qui se trouvent à Paris, mais dont, pour les deux derniers, la monture reste à exécuter. On projette également l’établissement de deux grandes tables équatoriales et d’un astro-graphe double de 30 cm d’objectif et de 2 m de foyer. Enfin est envisagée la possibilité de réaliser ensuite le plus grand télescope du monde.
- Dans le nouvel observatoire, dirigé par M. I. Dufay, l’actuel directeur de l’Observatoire de Lyon, astronomes et physiciens viendront séjourner, ayant à leur disposition des aides techniques capables de poursuivre, en leur absence, l’obtention des documents réclamés par les travaux en cours. C’est à l’étude de cette documentation que sera affecté le Laboratoire de dépouillement situé à Paris, et où se trouveront réunis, dans les services nécessaires, tous les éléments et tout le matériel de haute précision que comportent les recherches de l’Astrophysique moderne. L. R.
- ZOOLOGIE
- « Galères » sur les côtes de France.
- Les marins appellent « galères » des Siphonophores flottants et urticants composés d’une outre oblongue, translucide,
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- parcheminée, sous laquelle pendent dans l’eau des polypes à longs filaments. Les savants les appellent pbysalies. On en rencontre, errant au gré des vents et des courants, dans toutes les mers chaudes du globe. Parfois elles viennent échouer à la côte, mais les arrivées sur nos côtes sont rarissimes. De Ouatrefages en avait signalé à La Rochelle en 1852, et Théry à Dunkerque en 1884, Caullery et Pérez en virent à Pâques 1912 entre Boulogne et Ambleteuse, puis Pérez à Guéthary, en 1919. M. Bouxin vient de signaler dans le Bulletin de la Société zoologique de France qu’il en a ramassé, de 17 à 18 cm de long, au début de l’hiver dernier, sur la côte à Concarneau.
- 11 est toujours intéressant de relever ces rencontres exceptionnelles, liées le plus souvent à des conditions océanographiques et météorologiques que nous connaissons mal encore.
- MÉDECINE
- Les prix Nobel de médecine en 1936.
- Le prix Nobel de médecine a été partagé entre sir Henry Dale et le professeur Otto Loewi pour leurs travaux de pharmacologie sur les mécanismes chimiques des actions nerveuses.
- Sir Henry Dale avait dirigé avant la guerre les laboratoires de recherches physiologiques Wellcome, où nombre d’études de science pure furent poursuivies sous l’égide d’une maison de produits pharmaceutiques. Depuis, il organisa le National Institut c for medical Research, devenu le grand centre anglais et l’un des plus actifs du monde. Cela le conduisit à presser la Société des Nations de s’occuper des étalons biologiques. 11 devint secrétaire de la Royal Society.
- Le Dr Otto Loewi est professeur de pharmacologie à la Faculté de Médecine de l’Université de Gratz, en Autriche, depuis quelques années. 11 a abordé de nombreuses questions qu’il a résolues le plus souvent avec beaucoup d’élégance et peu de complications techniques, ouvrant chaque fois des voies toutes nouvelles.
- Le prix Nobel récompense l’ensemble des recherches de ces deux savants sur les aspects chimiques de l’influx nerveux, dont on avait surtout étudié jusqu’ici les modalités électriques.
- Ceux que les progrès rapides de ces questions intéressent en trouveront un exposé détaillé dans le rapport du Dr Z. M. Bacq présenté en 1934 à Nancy, à la 8e réunion de l’Association des Physiologistes.
- Dès 1905, Elliott, étudiant l’action de l’adrénaline, avait songé à la possibilité pour les nerfs sympathiques d’agir par une libération de ce produit; Dixon, IJowell avaient recherché les substances libérées aux extrémités nerveuses pendant l’excitation du nerf vague. Peu après, Dale, étudiant les extraits d’ergot de seigle, y trouvait une substance instable comparable à la muscarine. En 1914, il l’identifiait à l’acétylcholine, lui découvrait des effets comparables à ceux de la muscarine et de la nicotine et peu à peu, cet éther de la choline devenait l’excitant-type de tout le système nerveux parasympathique. En 1921, Loewi apportait la preuve que les terminaisons nerveuses n’agissent pas directement sur la fibre musculaire ou la cellule glandulaire, mais sécrètent des substances chimiques intermédiaires, « transmetteurs »,
- « médiateurs », dont il put caractériser au moins deux par leurs effets sur le cœur. En 1929, Dale et Dudley identifièrent définitivement l’une d’elles comme acétylcholine qu’on retrouve dans tous les tissus animaux. Tout récemment, Loewi reconnut dans l’autre substance l’adrénaline.
- Cette notion de substance intermédiaire entre le nerf et les tissus, laborieusement acquise, pose sur de nouvelles bases le fonctionnement du système nerveux.
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- INVENTIONS ET NOUVEAUTÉS
- Fig. 1. — Condensateur de projection à circulation d’eau. (Système Photoscope.)
- PROJECTION
- Dispositif de sécurité pour appareil de projection.
- Les appareils de projection fixes dans lesquels on utilise des films positifs, rendent aujourd’hui les plus grands services dans l’enseignement aussi bien que pour tous les usages d’amateurs. Pour obtenir une bonne projection de grande surface, et plus spécialement pour la projection des autochromes et des préparations microscopiques, il est pourtant indispensable d’avoir un appareil très lumineux. Cette caractéristique est encore plus nécessaire pour la projection en salle éclairée.
- Mais à l’accroissement de la lumière correspond un accroissement de la chaleur dégagée; celle-ci est nuisible à la bonne tenue du film et présente de sérieux dangers d’incendie. Pour éviter les échaufîements dangereux, on utilise dans les appareils de moyenne puissance, des glaces de renvoi absorbant partiellement les rayons infra-rouges calorifiques, et réduisant ainsi l’élévation de température à la surface du film.
- L’efficacité de ce procédé n’est que partielle, la méthode ne peut s’appliquer dans les appareils de grande puissance.
- Fig. 2. — Projecteur muni du condensateur à circulation d'eau.
- Les souffleries sont plus efficaces, mais exigent un moteur encombrant, coûteux et souvent bruyant, donc difficilement admissible sur un appareil de projection fixe et ne convenant qu’à un appareil cinématographique.
- La cuve à eau classique esL adoptée depuis longtemps dans les appareils de projection.
- La masse liquide interposée entre le condensateur et la surface éclairée atténue réchauffement produit par la lampe, mais au bout d’un temps très court, dans les appareils à grande puissance, l’eau de la cuve s'échauffe et l’action réfrigérante diminue.
- Un nouveau dispositif à condensateur noyé et à circulation d’eau présente sur le système classique des avantages qui paraissent notables.
- Il permet ainsi, en particulier, d’utiliser en lumière directe une lampe de 250 w et un miroir réflecteur.
- L’eau distillée destinée à absorber la chaleur dégagée passe à travers le condensateur.
- La lumière n’est, pas diminuée dans de grandes proportions; le système optique comprend, en réalité, 5 lentilles, 3 lentilles de verre et 2 lentilles d’eau, comme on le voit sur le schéma de la figure 1.
- Le condensateur est relié à un ensemble de tubes qui font fonction de radiateur.
- A mesure que le liquide s’échauffe, il monte dans le gros tube central, et il est remplacé par le liquide refroidi dans les éléments réfrigérateurs. Le fonctionnement du système est analogue à celui des radiateurs d’automobiles à thermo-siphon (fig. 2).
- On pourrait ainsi maintenir à l’emplacement du film après une heure de projection une température de l’ordre de 47°, alors que la température à la face postérieure, du côté de la lampe, est de l’ordre de 128°.
- La Phctoscopie, 61, rue Joulïroy, à Paris.
- ACOUSTIQUE
- Un appareil pour améliorer la musique mécanique.
- Les haut-parleurs actuels, généralement électro-dynamiques, employés dans les récepteurs des T. S. F. et les machines parlantes, ne peuvent donner une reproduction absolument intégrale de la parole et de la musique avec une extension suffisante de la gamme des fréquences musicales et un intervalle de puissance sonore satisfaisant.
- Un haut-parleur à diffuseur de grand diamètre reproduit mal les notes aiguës, tandis qu’un autre à diffuseur de petit diamètre reproduit mal les sons graves; de là, l’emploi dans les appareils récents d’un ensemble de haut-parleurs de diamètres différents, ou d’un modèle portant sur une même bobine mobile deux diffuseurs distincts.
- L’avantage du haut-parleur électro-dynamique primitif comportant un diaphragme et un pavillon acoustique, et non un diffuseur, réside dans le fait que le diaphragme peut agir directement sur une masse d’air très réduite, alors que le diffuseur doit mettre en action une masse d’air relativement considérable.
- La zone ambiante considérée varie, d’ailleurs, suivant la longueur d’onde sonore, c’est-à-dire suivant la hauteur des sons à reproduire.
- Cette action directe du diffuseur sur les masses d’air voisines s’accompagne d’un effet directif plus ou moins sensible et d’une diffusion plus brutale des sons. C’est pourquoi, on préconise souvent de monter le haut-parleur dans l’ébénisterie
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- avec des systèmes de chicanes plus ou moins complexes produisant des eiï'ets de diiïusion.
- M. Lakliovsky a cherché à obtenir un elïet acoustique correctif, sans modilier le haut-parleur ou son montage, mais en plaçant devant le diffuseur et extérieurement un système séparé, d’ailleurs très simple.
- Le dispositif a la forme d’une capsule sonore de grand diamètre, très plate, et dont la face avant est fermée par une paroi perforée à travers laquelle les ondes sonores peuvent pénétrer; on obtient à la fois des effets de résonance et de réflexion des sons.
- Une partie des ondes sonores produites par le diffuseur ne peuvent plus, d’autre part, parvenir directement à l’auditeur et sont réfléchies.
- Comme on le voit sur la photographie, la capsule est montée sur un pied orientable ou sur un support fixé sur l’ébé-nisterie, de manière que son axe coïncide avec celui du diffuseur.
- En faisant varier la distance du système au haut-parleur,
- Fit). 3. —• Sléréophone Lakliovsky pour améliorer l'audition obtenue avec un haut-parleur.
- L’appareil est monté sur un récepteur de T. S. F.
- un obtient une augmentation du relief sonore et, bien entendu, ime variation de la tonalité générale de l’audition.
- OBJETS UTILES Moulinette et Moulisel.
- S’il est préférable, en général, de servir entiers les rôtis, entrecôtes et toutes viandes grillées qui entrent dans la composition des menus, il est des cas où ces viandes doivent cire données crues et hachées, à des vieillards, des malades, ou même des enfants.
- Un hachage préalable permet également d’utiliser de façon plus agréable des restes de viandes cuites, et chacun sait que les fines herbes si employées dans la cuisine sont le plus souvent hachées avant d’être mélangées aux aliments dont elles relèvent le goût et qu’elles rendent plus sapides, et que les croûtes de pain râpées donnent une chapelure très souvent utilisée.
- Personne n’ignore, enfin, les multiples usages du gruyère râpé, et tous les gourmands savourent en connaisseurs les
- Fig. 4,
- Moulinette montée.
- entremets et desserts délicieux qu’on fait avec les amandes, les noisettes, les noix, le chocolat râpés fin.
- Aussi les modèles de hachoirs sont-ils nombreux, et nous ne verrions aucun intérêt à en signaler un nouveau s’il n’était remarquable par sa simplicité.
- La « Moulinette », en effet, se compose uniquement de trois pièces : une passoire, en forme de casserole évasée, dont la partie centrale du fond compose la passoire proprement dite, à laquelle les objets à hacher sont conduits par trois chicanes placées également sur ce fond et sur le pourtour de la passoire;
- Un couteau à trois palettes horizontales, manœuvré, comme le moulin à café ordinaire, à l’aide d’une poignée qui le fait tourner à la surface de la passoire;
- Et, enfin, un écrou de serrage qui assemble couteau et passoire.
- L’instrument étant monté, l’écrou vissé bien droit et fortement serré, le couteau doit tourner à frottement doux sur la passoire. Il suffit alors de placer la moulinette sur un récipient quelconque, sur les bords duquel elle repose par sa poignée et deux tiges métalliques prévues à cet effet, et d’y déverser fines herbes, ou viandes crues ou cuites coupées en petits morceaux, et de tourner pour les réduire en parcelles minuscules.
- Il en sera de même pour les croûtes de pain, chocolat, noix, qu’on cassera tout d’abord en petits morceaux de la grosseur d’une noisette ou d’une amande qui, elles, sont mises entières dans l’appareil.
- La même maison présentait, au Salon des Arts Ménagers, un petit moulin à sel et à poivre, le « Moulisel » qui, sur la table même, et au moment de l’emploi, transforme en une poudre fine les cristaux de gros sel et les grains de poivre.
- L’avantage, pour ce dernier, est qu’il conserve ainsi tout son arôme. Et, si ce petit appareil évite l’achat de sel fin, infiniment plus cher que le gros sel, et est ainsi une source d’économies, il offre encore l’immense avantage de permettre l’emploi de sel marin, véhicule naturel du chlorure de magnésium, que le professeur Delbct a présenté comme un précieux antidote du cancer, et que le raffinage du sel élimine ; « moulinette » et «moulisel» paraissent donc des compléments fort heureux de la table et de la cuisine.
- Moulinette et Moulisel sont en vente dans tous les giands magasins et bazars.
- Fig. 5. — Les trois pièces de la moulinette.
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- BOITE AUX LETTRES
- COMMUNICATIONS
- A propos du dépôt des poussières dues au chauffage
- (nos 2983 et 29S6).
- M. le Dr Bonnet, président de la Commission de circulation de l’Automobile-Club du Rhône, nous écrit :
- « L’explication magnétique due à l’attraction des poussières électrisées par les poutres métalliques est intéressante, mais elle ne résout pas le problème dans les immeubles anciens où toutes les poutres et solives du plafond sont en bois.
- J’ai toujours observé que, dans les pièces pourvues du chauffage central par radiateurs, les poussières se déposent sur les parties du plafond comprises entre les solives, si bien que les solives (en bois) apparaissent en clair sur un fond plus ou moins gris, suivant que le plafond n’a pas été reblanchi depuis plus ou moins longtemps.
- Nous serions heureux de connaître quelle explication on peut donner à ce phénomène de répartition des poussières. *
- A propos de l’écume de la mer (n° 2987).
- Un de nos abonnés de Liège nous écrit à ce propos, pour nous signaler deux questions curieuses.
- 1° J’ai remarqué plusieurs fois, dit-il, que dans les étangs, il y a des endroits où l’eau est calme comme un miroir, à côté d’autres où elle clapote. Or, le poisson est abondant seulement aux endroits calmes. Pourrait-on contrôler et expliquer cette observation ?
- 2° Les fils des lignes téléphoniques et télégraphiques « chantent » surtout par temps calme et, généralement, trois jours après il pleul. Le fait a ôté constaté non seulement en Belgique, mais aussi dans le midi de la France. Ouelle peut être la cause de cette relation ?
- QUESTIONS ET REPONSES
- De tout un peu :
- M. L. C., Longwy. •— Sur la trempe de l'acier, vous trouverez maintes indications en parcourant la Revue de métallurgie. De nombreux traités de l’acier ont été récemment publiés à l’étranger, parmi lesquels on peut citer celui de Liddell et Doan, Principles of Metallurgy, Mc Graw-IJill, New York et Londres, 1933; Bullens, Steel and his heat treatment, John Wiley, New York, 1927, etc.
- M. M. B., Paris. — L’identification des grains de pollen a donné lieu à divers travaux de botanistes et de paléontologistes. Vous pourrez consulter : Tempère, Le micrographe préparateur, revue de micrographie, H. Fischer, Beitriige zur vergleichenden Morphologie der Pollen-Kôrner, Breslau, 1890; Lagerheim, Metoder fur Pollen-under-sokning, Bot. Notiser, 1902, Erdtman, Literature on pollen statistics, Geol. Foren. Forh., 1927, 1930, etc.
- M. Perrod, à Lyon. —• La grosseur des grains d’une émulsion, dépend plus des conditions d’obtention de celle-ci que du révélateur utilisé pour le développement. La formule qui convient le mieux pour effectuer celui-ci est celle dont le fabricant de plaques donne la constitution dans la notice toujours contenue à l’intérieur de la boîte.
- Ces réserves étant faites, voici la formule préconisée par les laboratoires Kodak pour préparer un révélateur donnant des grains fins :
- Génol..................................... 1 gramme
- Sulfite de soude anhydre..................50 —
- Hydroquinone.......................... 2,5 —
- Borax..................................... 1
- Acide borique............................. 7 —
- Eau, quantité suffisante pour faire . . . 500 cm3
- La dissolution des éléments se fait dans l’ordre indiqué, en prenant la précaution d’introduire le sulfite et le borax par petites portions en agitant sans cesse pour empêcher la production de grumeaux, difficilement solubles.
- N. B. —- La caractéristique des révélateurs pour grains fins est de contenir une forte proportion de sullite de soude qui agit comme dissolvant du bromure d’argent et de remplacer les carbonates alcalins par le borax ou le phosphate trisodique (Seyewetz).
- (VI. de La Boulaye, à Martenet. — Pour enlever les souillures de mouches sur peintures blanches, il suffit de tremper un tampon de toile dans une bouillie claire de plâtre et de frotter doucement les parties tachées. Rincer ensuite à l’eau claire tiède.
- M. CL Escot, à Champagne (Rhône). — Les tissus préparés que l’on peut laver sans les désapprêler, puis repasser à nouveau, sont des articles dans lesquels la triplure a été imprégnée préalablement d’une solution d’acétate de cellulose dans l’acétone.
- A. D., à Vélines. — Sous les noms de carbongle, carbolinéum, carbo-ninol, carbonéine, on désigne la portion de goudrons qui se dégage pendant la distillation du bois et passe vers 230° C, leur richesse en créosote les rend particulièrement aptes à l’imprégnation des bois dont on veut assurer la conservation en milieu exposé aux intempéries.
- Le meilleur solvant de ces goudrons est l’alcool ; on réussit donc facilement à enlever les taches brunes qu’ils ont pu produire en se servant
- du vulgaire alcool à brûler, en ayant soin de changer souvent le tampon de flanelle imbibé d’alcool, ainsi que la feuille de papier buvard que l’on aura soin de mettre sous l'étoffe.
- M. Bouché, à Villecresnes. — Le dépôt calcaire qui s’est produit sur le fond de votre baignoire émaillée peut être de composition variable suivant la nature de l’eau employée.
- S’il s’agit d’un dépôt constitué par du carbonate de chaux, un peu de fort vinaigre pur le dissoudra facilement; mais dans le cas de sulfate de chaux, il faudra recourir à l’acide chlorhydrique (acide muriatique du commerce) étendu de dix fois son volume d’eau.
- Rincer à l’eau pure aussitôt que le dépôt aura disparu.
- M. Destexte, à Waremme (Belgique). — 1° Le moyen le plus sûr pour détruire les vrillelles destructrices du bois, est encore d’introduire dans chaque trou, au moyen d’une pipette, quelques gouttes de sulfure de carbone, dont les vapeurs lourdes vont asphyxier les insectes dans la profondeur des galeries.
- Bien qu’à première vue, ce procédé paraisse long à appliquer, en réalité, l’opération va assez vite, notre abonné qui a bien voulu nous faire cette communication a, parait-il, obtenu toute satisfaction.
- 2° La chambre claire étant constituée par un prisme à réflexion totale, sa construction ne peut être à la portée de l’amateur; nous considérons du reste par expérience, qu’il est de beaucoup préférable de s’habituer à dessiner ce que l’on voit au microscope, sans aucun intermédiaire, comme s’il s’agissait d’un objet quelconque; cette méthode a, d’autre part, l’avantage de forcer l’esprit d dégager la caractéristique de la reproduction, sans noyer celle-ci dans des détails inutiles, qui seraient dessinés inconsciemment. Dessiner c’est d’abord comprendre, les études microscopiques ne peuvent qu’y gagner.
- M. Hublot, à Paris. — Les farts dont on fait application sur la face inférieure des skis pour en faciliter le glissement sur la neige, sont de composition très variable suivant l’état qu’elle présente et disons-le, la préférence du skieur; on connaît des farts à la cire, à la paraffine, au goudron, et des farts nationaux tels que le fart norvégien, le suédois, l'autrichien, dont la composition est gardée secrète par le fabricant.
- Ces réserves faites, nous pensons que vous pouvez prendre comme base de préparation d’un produit de ce genre, la formule suivante :
- Cire blanche..............................100 grammes
- Paraffine................................. 20 —.
- Essence minérale......................... 900 cm3
- M. Marcel et, à Nice. — Pratiquement, il ne nous est pas possible « à distance » de nous rendre compte exactement de la composition d’un produit, sur simple désignation d’emploi; tout ce que nous pouvons faire est de supposer qu’il s’agit d’un mélange de. poudre de résine et d’huile minérale.
- M. Frédéric-Moreau, à l’ile-aux-Moines. — L’emploi d’ampoules contenant du sulfure de carbone, pour détruire les parasites du sol, serait une complication inutile et coûteuse. Il est donc plus pratique de se servir du pal injecteur que l’on remplit sur place, à mesure de l’avancement sur le terrain.
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- M. Qoy, à Paris. — Nous pensons que vous pourrez facilement colorer vos asticots en rouge, sans que la coloration disparaisse dans l’eau, par la préparation suivante :
- Rouge au stéarate...................... 2 grammes
- Huile d’olives.........................100
- Ne faire de préférence l’imbibition qu’après pose de l’asticot sur l'hameçon et non dans la boîte de réserve, eu égard à la respiration trachéenne des bestioles, qui pourrait être entravée et leur ferait perdre de leur mobilité
- IV1. Allouchery, à Faucquembergues. — 1° Vous trouverez tous instruments pour l'élude de la radio-activité chez Deyrolle fils, 46, rue du Bac, Paris (7 e).
- 2° Les laboratoires suivants sont spécialisés dans l'analyse des minerais ; Daudurand et Caflin, 56, rue des Tournelles, Paris (3e) ; Caproro, 61, rue du Petit-Musc (4°); Gallois, 37, rue de Dunkerque (10°).
- IVi. Pérol, à Paris. — La guêpe frelon [Vespa crabo) est un peu plus grande que les autres guêpes, sa longueur est d’environ 3 cm 1/2, le corps est roux, parfois brun marqué de jaune sur la tête et le corselet, l’abdomen est noir et jaune. Elle établit son nid dans les troncs d’arbres pourris, les trous de vieux murs, même dans les greniers, sous les tuiles du toit.
- Les neutres et les mâles meurent à l’approche de l’automne, seules les femelles fécondées hivernent pour produire les générations suivantes, c’est donc l’époque que l’on doit choisir pour la destruction.
- Pour cela, à la tombée de la nuit, lorsque les guêpes sont rentrées dans leur nid souterrain, on y verse un tiers de litre d’essence de pétrole ou d'essence de térébenthine, puis on rebouche aussitôt l’ouverture acec un tampon d’étoupe également imbibé d'essence et on recouvre le guêpier de terre. Le lendemain on retourne le nid à la pioche.
- Lorsque le nid est aérien, après s’être préservé par un masque et des gants, on pulvérise à sa surface au moyen d’un pulvérisateur d’usage courant, du tétrachlorure de carbone, puis on remonte autour du nid, un grand sac de papier fort préparé à l’avance, dont on lie l’ouverture avec une ficelle. (Employer de préférence le papier brun d’emballage appelé papier Kraft.) A défaut de tétrachlorure, on pourrait également, pour asphyxier les guêpes, brûler en-dessous du nid une mèche soufrée, du genre de celles utilisées pour soufrer les tonneaux.
- Répéter au besoin l’opération, avant de détacher le nid, si on constatait que certains insectes ont échappé a l’asphyxie.
- M. Cantaioube, au Peyron. — A défaut du fournisseur que nous vous avions indiqué, nous pensons que la Maison Tripette et Renaud, 37, rue Jean-Jacques-Rousseau, pourra vous donner satisfaction, avec le Moulin « Monarch » spécialement établi pour l’application que vous avez en vue, étant complété par une petite bluterie qu’elle peut également fournir.
- M. Bourbier, à IMogent-sur-IVlarne. — 1° Pour mettre en évidence le colon éventuellement contenu dans un lissu mixle laine et colon, il suffit d’en placer un morceau dans une solution aqueuse contenant 6 pour 100 de soude caustique, puis de chauffer au bain-marie maintenu à l’ébullition. La laine se dissout et il ne reste que le coton, lequel après lavage et séchage à l’air libre, peut être pesé, ce qui en indique la proportion.
- 2° La colle en question a très probablement une composition très
- voisine de la suivante :
- Eau ordinaire....................... 600 grammes
- Sulforicinate d’ammoniaque .... 0,50 —.
- Dextrine............................ 400 __
- Faire dissoudre par chauffage au bain-marie, vers 80° C, puis ajouter le mélange de :
- ; Glycérine du commerce.....................40 grammes
- Gélatine blanche...........................20 —
- Liquéfier dans les mêmes conditions, la gélatine ayant été préalablement gonflée dans l’eau froide pendant 12 h puis retirée de l’eau pour la mettre dans la glycérine.
- Rendre le tout bien homogène, en assurer la conservation par quelques gouttes d’essence de girofle.
- 3° Le moyen le plus pratique pour conserver, dans une certaine mesure, la coloration des fleurs destinées à la confection d’un herbier, est de tremper celles-ci dans une solution alcoolique forte (95°) contenant 2 à 3 pour 100 d’acide salicylique, mais aucun procédé actuellement connu ne permet de conserver l’éclat qu’avaient les pétales
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- à l'état frais. Bien entendu, nous m envisageons pas une recoloration par couleur étrangère, couleur dite d’aniline, par exemple, qui ne serait qu’un artifice.
- M. le lieutenant Voisin, à Araouan. —Le beurre de Karité qui provient de l’arbre à beurre Bastia Parkii ou Bulynspermurn Parkii, est obtenu par les indigènes en abandonnant les fruits dans des fosses à une- fermentation, voire même pourriture, qui ramollit la pulpe et facilite son enlèvement, ceci explique que la matière grasse ultérieurement dégagée par ébullition dans l’eau, présente une odeur particulièrement désagréable, surtout quand on la chauffe, et une saveur répugnante.
- Nous pensons que vous pourrez grandement améliorer le produit des marchés locaux en le fondant doucement puis en y incorporant de l’argile blanche sèche en poudre, qui doit être assez répandue dans votre région; l’argile s’emparera des principes odorants, après repos et décantation, la matière grasse sera certainement devenue de meilleure présentation; au besoin un nouveau traitement pourra encore être pratiqué avec succès.
- N. B. — Au cas où vous pourriez disposer de noir animal employé toujours pulvérisé, la fixation précitée serait encore plus énergique, ainsi que la décoloration. Enfin, en dernier ressort, essayer de la braise de charbon de bois léger, utilisée en poudre, dans les mêmes conditions.
- IVI. Jacquot, à Paris. — Le Wood-Filler ou bouche-pores, employé pour obstruer les pores des bois tendres, a généralement la composition
- suivante :
- Blanc d’Espagne......................... 350 grammes
- Fécule de pommes de terre................350
- Huile de lin cuite.......................175
- Siccatif pâle............................150 —
- Le mélange est ensuite additionné d’essence de térébenthine en quantité suffisante pour en faire une pâte semi-fluide que l’on applique comme un mastic au moyen du couteau des peintres, en appuyant fortement pour bien faire pénétrer dans le bois préalablement passé au papier de verre.
- On laisse durcir 12 h au moins, puis on ponce à la pierre volcanique appelée pierre ponce, en poudre très fine, mélangée d’un peu d’huile de lin, ce qui permet d’obtenir une surface parfaitement lisse.
- Finalement on encaustique, on vernit, et on applique une peinture laquée, suivant que l’on veut conserver au bois son aspect naturel ou lui donner une couleur spéciale.
- M. Rozières, à Cruêjouls (Aveyron). — Si les larves des insectes qui ont envahi vos charpentes sont blanchâtres, c’est qu’il s'agit très probablement du Lycle canaliculé (Lyclus canaliculalus), vous pourrez en avoir une détermination précise en adressant un exemplaire, soit au Laboratoire d’Entomologie de Rouen, soit au Laboratoire d’Ento-mologie de l’Institut agronomique, 16, rue Claude-Bernard. Ces établissements vous indiqueront également le traitement à appliquer.
- IVI. de Greliny, à Fontchâteau. — 1° Le meilleur moyen pour amener la disparition des grenouilles est d’augmenter le peuplement de votre pièce d’eau en canards qui en sont très friands.
- 2° Aucun des armuriers ou fabricants d’armes que nous avons consultés, ne connaît le pistolet à réflecteur dont vous parlez, cet article n’est, paraît-il pas dans le commerce. Peut-être s’agit-il d’un modèle non encore sorti; dans ce cas vous pourriez avoir des renseignements à ce sujet en vous adressant soit à la Société des Inventions nouvelles Kratz-Boussac, 14, rue Martel, Paris (10e), ou à l’Association des Inventeurs et Petits Fabricants français, 12, rue des Filles-du-Calvaire, Paris (3e).
- M. le Dr Jallot, à Renazé. — Nous avons répondu à votre demande dans un précédent numéro, veuillez bien vous y reporter.
- M. Van Quickenborne, à Uccle-Calvoet. — 1° Les chloramine proprement dites sont les produits de substitution du chlore à l’hydrogène dans l’ammoniaque, soit la monochloramine NI42C1, la diclilo-ramine NHCl2 et la trichloramine ou chlorure d’azote NCI3.
- Dans le cas présent de l’antiseptique utilisé pour le pansement des plaies, usage externe en solution aqueuse à 0 gr 50 par litre, il s’agit de la chloramine T ou sel de sodium de l’acide toluène parasulfamide monochloré ou paratoluène sulfochloramine, qui est encore connu sous les noms d’activine, chlorazène, mianine, tolamine, toclilorine; sous ce dernier vocable, il est vendu par la Société parisienne d’expansion chimique « Specia », 86, rue Vieille-du-Temple (3 e).
- 2° A notre avis le produit employé pour obturer les fuites de radiateurs serait un mélange de tourteau de lin et de rouge d’Angleterre.
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- M. Mathoul, à Paris. — Nous n’avons pas encore eu l’occasion d’examiner particulièrement la spécialité qui vous intéresse et qui est destinée à détruire les puces du chien, mais nous pensons qu’il s’agit tout simplement d’une macération de poudre de pyrèthre fraîche dans l’alcool.
- (VI. Briam, à Paris. — Lorsque le plâtre a reçu au début une application de coaltar, les peintures que l’on veut ensuite y appliquer ne donnent que des résultats médiocres, à cause de la transsudation qui se produit de gouttelettes de goudron d’un disgracieux effet.
- En opérant de la façon suivante, l’inconvénient que nous venons de signaler peut Être évité :
- On commence par frotter vigoureusement la surface, avec un chiffon imbibé d’essence pour autos, de manière à enlever tout le goudron résiduel non absorbé par le plâtre; on laisse bien sécher pour que l’essence s’évapore complètement puis on étend au pinceau du vernis ordinaire à la gomme laque, étendu au besoin avec un peu d’alcool à brûler, car il n’est pas nécessaire que le vernis soit épais, une pellicule très mince isolante suffit en réalité.
- Dans ces conditions, après séchage parfait, on peut peindre comme sur du plâtre qui aurait reçu une première couche de peinture dite « d’impression ».
- N. B. — Au cas où on aurait déjà fait une peinture qui aurait donné lieu à une réapparition de goudron, gratter cette peinture en brûlant suivant la méthode habituelle, puis, le plâtre mis à nu, procéder comme il est dit ci-dessus.
- R. P. Vanhamme (Congo belge). — 1° L'obstruction de la tuyauterie de vos lampes à essence est effectivement due aux produits asphaltiques contenus dans l’essence pour autos que vous utilisez. Pour remédier à cet inconvénient, il vous suffira de faire passer dans ladite tuyauterie, ou d’y laisser séjourner plus ou moins longtemps, le mélange suivant :
- Pyridine....................................70 grammes
- Naphtaline..................................30 —
- Benzol......................................NO —
- Alcool à brûler.............................00 —
- 2° En ce qui concerne les explosifs employés en agriculture, veuillez vous adresser à la Maison Kinsmen, à Seyssel (Ain).
- M. de Villers, à Bruxelles. — Vous pourrez très facilement utiliser votre violet de mélluyle pour préparer une bonne encre, en prenant :
- Violet de méthyle.......................... 20 grammes
- Sucre blanc................................ 10 —
- Acide oxalique.............................. 2 —
- Eau distillée de préférence.............. 1000 cm3
- Faire dissoudre le violet dans la moitié de l'eau chaude, puis le sucre et l’acide dans l’autre moitié. Mélanger les deux solutions, laisser refroidir complètement, filtrer au papier, mettre en flacons.
- N. B. — Le mieux est d’attendre quelques jours avant de filtrer.
- M. W. Tenseu, à Bruxelles. — Le procédé le plus pratique pour
- capter les vapeurs de vernis cellulosiques et en débarrasser ainsi les ateliers, est d’utiliser les propriétés absorbantes des charbons activés.
- Vous aurez tous renseignements sur cette question, si importante, en vous adressant à la société « Acticarbone », 50 bis, rue de Lisbonne, à Paris.
- M. Dutoit, à Bordeaux. — Pour supprimer l’odeur dégagée par vos cabinets, il vous suffira de jeter de temps à autre, dans la fosse, une poignée d’un mélange à parties égales de plâtre et de sulfate de fer pulvérisés, l’hydrogène sulfuré sera ainsi fixé sous la forme inodore de sulfure de fer.
- M. Jameson, à Marseille. — La question du détartrage des radiateurs d'autos a déjà été traitée dans notre n° 2985, page 288, et nous vous prions de vous y reporter.
- Toutefois, comme vous faites allusion à certaines parties en aluminium, il conviendrait d’être très prudent eu égard à l’attaque facile de ce métal par les acides, voire même les alcalis; c’est pourquoi nous vous conseillons de vous contenter de l’intervention de la simple mélasse dont l’action est évidemment plus lente, mais en tout cas inoffensive.
- M. Brousse, à Pessac. — La parkérisation consiste à immerger les plaques ou les alliages ferreux dans une solution bouillante d’acide phosphorique et de phosphates complexes. La Société Parker, 40, rue Chance-Milly, à Clichy, vous fournira les produits tout préparés pour cette opération.
- M. A., à Casse). — 1° Pour assouplir votre corde de montagne, en
- chanvre, il vous suffira de la faire tremper pendant quelques heures dans de l’eau glycérinée à 5 pour 100, puis d’abandonner à l’air, sans lavage, bien entendu.
- 2° La formule suivante de lait d'iris vous donnera une très bonne préparation pour les soins du visage :
- Savon blanc de Marseille................ 12 grammes
- Cire blanche............................... 12 —
- Blanc de baleine........................... 12 —
- Teinture de benjoin au 1/5“................ 20 —
- Teinture de Panama......................... 20 -—
- Eau distillée de roses.........., . . 800
- Glycérine neutre.......................... 150 - -
- lonone pure................................. 1
- Essence d’ylang-ylayg................... 0,50 —
- Chauffer dans une capsule le savon, la cire et le blanc de baleine. Lorsque le mélange est devenu liquide, agiter avec un pilon dans la capsule même, continuer à chauffer et y incorporer lentement le mélange d’eau de roses et de glycérine; retirer du feu et ajouter le mélange des teintures dans lesquelles on aura fait dissoudre l’ionone; finalement, mettre en llacons que l’on aura soin de secouer au moment de faire usage de la préparation.
- 3° Le brillantage des carrosseries d’autos se fait facilement par le mélange suivant :
- Huile de vaseline..........................150 grammes
- Essence de pétrole........................ 850 —
- 4° Les taches de goudron sur carrosseries s’enlèvent également sans difficulté, en prenant :
- Savon noir................................. 50 grammes
- Eau non calcaire........................ 500 —
- Après dissolution émulsionner avec :
- Benzine................................. 1000 cm3
- Appliquer le mélange au moyen d’un tampon de flanelle, puis essuyer à sec.
- (VI. de La Boulaye, à Toulon-sur-Arroux. — La teinte jaunâtre que prend, avec le temps, ï’ébonile est due à une légère efflorescence du soufre qui entre dans sa constitution ; pour y remédier, il suffit de passer à la surface un chiffon imbibé de benzine ou mieux de sulfure de carbone, puis après repolissage à la flanelle, on étend une couche très légère de vernis à la gomme laque, dilué afin de ne pas avoir d’irrégularités. L’ébonite se trouve ainsi protégée d’une altération ultérieure.
- M. Darbilly, à Charenton. — A notre grand regret nous n’avons pu trouver l’adresse du fabricant de la spécialité en question. Le mieux serait de consulter les brevets déposés à l’Oflice national de la propriété industrielle, 26 bis, rue de Petrograd.
- M. Moret, à Aubusson. — 1° Voici quelles sont les efficacités
- comparatives des principaux calorifuges : _ . ,
- p ^ Ü1j IC clCllC
- de chaleur pour 100 absolue comparative
- Plume 6,2 93,8 100
- Coton cardé. . . . 8,1 91,9 98
- Crin 11,4 88,6 94,4
- Toile 11,7 88,3 94,1
- Jute 13,2 86,8 92,5
- Poudre de liège . . 13,6 86,4 92,1
- Sciure de bois. . . 14,2 85,8 91,5
- Magnésie calcinée . 14,7 85,3 90,9
- Plâtre 36,2 63,8 68,0
- Amiante 47,9 52,1 55,5
- Sable fin 66,3 33,6 35,8
- 2° Le procédé le plus économique pour avoir une réaction exothermique est l’imbibition aqueuse de la chaux vive, préalablement logée dans un récipient métallique.
- M. Tillier, à Gamaches (Somme). — Le procédé d’étamage que nous avons indiqué dans notre n° 2977, page 487, ne conxdent que pour l’obtention de faibles épaisseurs d’étain, pour objets non sujets à subir des frottements; ainsi qu’il est de règle, pour réaliser une bonne adhérence, il faut que les pièces soient décapées par les moyens classiques; on opère à l’ébullition dans un vase en tôle émaillée.
- Quant à la plaque de zinc elle est indispensable puisqu’il s’agit d’un déplacement de l’étain du protochlorure par ledit zinc.
- Le Gérant : G. Masson.
- 8913 — lmp. Lahure, 9, rue de Fleurus, à Paris.
- 1-12-1936. — Published in France,
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- N° 2991
- LA NATURE
- 15 Décembre 1936.
- LA MORT D’ICARE
- PILATRE DE ROZIER
- Le 30 mars 1754, le sieur Mathurin Pilastre, dit du Rosier, autrefois soldat au régiment de Picardie et présentement aubergiste à Metz, quartier de Fort-Moselle, faisait baptiser son quatrième enfant, François, né le jour même. Cet enfant devait rendre célèbre non seulement le patronyme familial mais aussi l’humble surnom que son père avait rapporté du temps passé dans les armées du roi. Dès l’adolescence il prit l’habitude de se faire appeler Pilatre-Desroziers et plus tard, ayant acquis la noblesse à la faveur de circonstances que nous rappellerons, il adopta définitivement la forme Pilatre de Rozier qui devait passer à la postérité.
- Notons tout de suite que ces différentes graphies ont toutes un point commun, l’absence d’accent circonflexe sur Va de Pilatre, n’en déplaise à de nombreux commentateurs de la gloire du premier aéronaute, qui n’hésitèrent point à embellir son nom de ce signe. Notre actuel ministre des P. T. T., ordonnant l’émission d’un timbre-poste à l’effigie de Pilatre, ne manqua pas, soit dit en passant, de respecter cette tradition sans fondement. Les légendes ont la vie dure !
- Quoi qu’il en soit le jeune Pilastre ou Pilatre, dès ses années d’adolescence, fit montre de qualités et de défauts qui devaient s’accentuer avec l’âge : intelligence vive, curiosité aiguisée, courage frisant la témérité, tout cela contrebalancé par un goût effréné de plaisir et il faut bien le dire, une absence totale de scrupules.
- Ayant pu effectuer, grâce à la protection d’un certain Violet, officier et vieux compagnon d’armes de son père, de sérieuses études d’apothicaire, le jeune homme, à la suite d’une frasque un peu forte, se brouilla avec sa famille
- et prit le chemin de Paris (r). Là, son entregent, l’aide de compatriotes en place, et l’absence de scrupules déjà signalée, lui permirent de se faire assez rapidement une situation. L’amitié de Fourcroy, habile médecin, chimiste émule de Lavoisier, mais caractère sans grandeur (2j,
- lui fut, en particulier, d’un précieux recours, mais il ne trotiva véritablement la fortune qu’au sein de la famille d’un certain Dr Weiss ('”) dont il courtisa d’abord la fille, pour le meilleur motif, puis, après la mort du digne praticien, la veuve, détentrice de l’argent. D’union légitime il ne fut cette fois plus question mais notre homme n’en obtint pas moins, grâce aux écus de sa protectrice, la charge de valet de chambre de Madame (la comtesse de Provence), charge qui apportait la noblesse. C’est en cette occasion qu’il donna à son nom la forme définitive que nous avons dite. Au reste, le titre de valet de chambre, même d’une princesse de la Maison Royale, ne sonnant pas assez bien à son gré, il ne tarda pas à le remplacer de son propre chef par celui plus vague, d'attaché à la maison de Madame, puis, non content pour si peu, il s’affubla encore de la qualité de pre-
- 1. Tous les détails biographiques qui précèdent sont empruntés à la très intéressante étude du Dr P. Dorveaux intitulée Pilaire de Rozier, publiée dans le Bulletin de la Société d’histoire de la pharmacie, septembre-décembre 1920.
- 2. Antoine, François, comte de Fourcroy, ayant, vu les temps, abandonné titre et particule, osa, en 1792, proposer à l’Académie royale des sciences de s’épurer en excluant ceux de ses membres suspects de trop d’attachement à l’état de choses ancien. La décision de la docte assemblée qui refusa, bien entendu, de pratiquer cet ostracisme est un modèle de dignité et... de courage. G. R. de l’Académie royale des sciences, tome 109, séance du samedi 25 août 1792.
- 3. P. Dorveaux, op cil.
- Fig. 1. •— Pilaire de Rozier crachant le feu.
- D’après une gravure de l’époque. Bibliothèque Nationale. Collection
- David Salomons.
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- mier apothicaire du prince de Lirnbourg (1). En bref notre homme tournait au parfait ruffian et seuls ses talents de physicien et son courage incontestable devaient le relever aux yeux de la postérité.
- De ces talents, voire de ce courage, les comptes rendus de l’Académie royale nous ont laissé de nombreux témoignages en enregistrant les communications de l’apothicaire messin relatives aux expériences de physique, qu’il menait parallèlement à ses profitables intrigues amoureuses. Donnons-en un exemple : ayant respiré de l’air inflammable (2) pour en éprouver l’innocuité, il n’hésita pas à le rejeter au contact d’une flamme, au risque de se faire éclater les poumons. C’est se livrant à cet exercice de « cracheur de feu », que le représente la gravure de l’époque reproduite ci-dessus.
- Relatant cette circonstance, les comptes rendus de l’Académie royale disent de notre homme qu’il « a mis beaucoup de courage dans plusieurs de ces expériences » (3).
- Rien à redire à cette judicieuse appréciation.
- Un esprit si curieux des choses de la physique ne pouvait manquer d’être frappé par le récit de l’expérience faite le 5 juin 1783 à Annonay par les frères Montgolfier; une âme si bien trempée ne pouvait admettre que seuls des animaux (comme lors des expériences du 19 septembre 1783) fussent confiés aux nouvelles machines aérostatiques. On sait qu’en fait, Pilaire avec le marquis d’Arlandes osèrent les premiers, à la date du 21 novembre 1783, confier leur existence à l’engin imaginé et construit par les Montgolfier. Nous ne reprendrons pas le récit de cette ascension mémorable, répété à l’envi par tous les chroniqueurs du temps, nous contentant de reproduire l’image de la machine qui servit à la réaliser et nous en autorisant pour justifier le titre de cet article.
- 1. Lequel prince n'était d’ailleurs qu’un aventurier sans terres ni titres (P. Dorveaux, op. cil.).
- 2. L’hydrogène, récemment découvert par Cavendish, qui servait d’objet aux expériences des savants du monde entier.
- 3. C. R. de l’Ac. royale des sciences, tome CI 11, séance du mercredi 5 mai 1784.
- Fig. 2. — Fac-similé de la signature de Pilaire de Rozier, d'après une lettre conservée aux Archives de VAcadémie des Sciences (dossier Pilaire de Rozier).
- Le Musée dont Pilaire s’intitule le chef est une des nombreuses créations issues de son imagination fertile. On peut y voir-la première ébauche de ce que sera, dix ans plus tard, le Conservatoire des Arts et Métiers.
- M
- C’était bien Icare, à nouveau bravant les dieux. Ceux-ci, probablement surpris, pardonnèrent cette fois aux téméraires qui regagnèrent le sol sans incidents notables.
- Inutile d’insister sur la célébrité acquise aux premiers aéronautes, célébrité qui détermina .1. de Montgolfier à demander leur aide pour collaborer à l’ascension qu’il organisait à Lyon au moyen d’une souscription publique.
- Pilaire lit une arrivée romanesque dans la cité des bords du Rhône, se présentant sous un faux nom (M. Roland) et, dès le débarquer, manifesta l’intention de tout régenter et de bouleverser ce qui avait été réalisé auparavant. Il prétendait simplement faire bouillir dans l’alun les toiles de la machine aérostatique, alors que celle-ci était déjà à peu près achevée de construire, ce qui conduisait à tout recommencer sur nouveaux frais j1). Les organisateurs de l’ascension ne tardèrent pas à être proprement exaspérés par les façons de l’intrus. Seul Joseph de Montgolfier, ravi de rencontrer un physicien avec qui il pût converser pertinemment, méprisa toutes ces contingences et fit bonne figure à Pilaire. Malgré tous ces incidents et malgré les physiciens, oserons-nous dire, l’ascension de Lyon eut lieu, le 19 janvier 1784, et, si elle obtint un succès incontestable, et déchaîna l’enthousiasme des assistants, elle fut loin de combler les vœux des promoteurs. A la suite de ces événements les relations paraissent s’être quelque peu refroidies entre la famille Montgolfier et l’aéronaute messin. Ce dernier se décida alors à voler de ses propres ailes, c’est le cas de le dire.
- Reprenant à son compte la méthode lyonnaise, d’ailleurs alors généralement employée avec succès, il ouvre une souscription publique pour tenter une expérience particulièrement spectaculaire : la traversée de la Manche en ballon. Comme, entre temps, l’émule des frères Montgolfier, le physicien Charles, avait, de son côté, réalisé de très remarquables « performances » (2) à l’aide d’un ballon gonflé à l’air inflammable, l’ingénieux Messin songe à combiner ce système et celui à air chaud. Les deux avaient en effet, chacun, des partisans que l’expérience n’avait encore pu départager. S’il fut assez vite prouvé que l’hydrogène (air inflammable) procurait, toutes choses égales d’ailleurs, une force ascensionnelle plus considérable, l’air chaud paraissait se prêter plus facilement aux manœuvres, par le réglage du foyer. Rien entendu, en prétendant emprunter aux deux procédés leurs avantages respectifs, Pilaire fit contre lui l’unanimité, chaque clan ne pouvant admettre les appels à la technique concurrente. Enfin il mit le comble à l’originalité en prétendant extraire l’air
- 1. Archives du château de Colombier le Cardinal (Ai-dèche) X, I.
- 2. Nous risquons cette expression moderne qui correspond bien à l’état d’esprit du public d’alors, lequel ne voulut voir dans l’aérostation que matière à prouesses
- (nous dirions aujourd’hui à « records »)• C’est ce qui en délinitive détermina les Montgolfier à se désintéresser du sort d’une découverte qui, dans leur esprit, devait servir à transformer et améliorer les conditions d’existence des hommes et non à des exploits de bateleurs (ces bateleurs fussent-ils de la qualité d’un Pilatre ou d’un Blanchard.)
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- inflammable « de la matière fécale qui en contient une très grande quantité ». (x)
- Les critiques n’empêchèrent point notre homme de rassembler les fonds nécessaires à son entreprise et, le 15 juin 1785, après bien des tergiversations, il prit l’air, accompagné d’un certain Romain. On n’ignore pas, que, cette fois, les dieux devaient se montrer moins cléments.
- Nous allons donner plus loin un récit des événements, d’après un témoignage contemporain inédit. Notons dès à présent que, sitôt connue la catastrophe, le chœur des « je Vavais bien dit » ne manqua point de se faire entendre. On blâma universellement une fois de plus, la folle imprudence des malheureux aéronautes, et on décrivit minutieusement les circonstances de l’accident, dû, sans conteste, à l’inflammation de l’hydrogène par le réchaud de la montgolfière.
- Il ne tarda pas à s’établir un récit type, adopté par la plupart des commentateurs et illustré par une abondante iconographie dont nous reproduisons un spécimen.
- Nous devons avouer que cette unanimité nous a inspiré quelque méfiance, car si Pilaire fut un casse-cou ce ne fut nullement un malavisé et le risque d’incendie par le réchaud était de ceux dont l’évidence ne saurait échapper à personne, et, a fortiori, à un habile physicien, qui ne pouvait manquer de chercher à s’en prémunir dans la mesure du possible.
- Par ailleurs, les Mémoires secrets de Bachaumont, qui contiennent un récit des événements du 15 juin, signalent ce fait précis : « Les deux cadavres ont été trouvés à une « lieue de Boulogne dans la garenne de Wimille ainsi « que la montgolfière qui na été ni brûlée ni déchirée « tandis qu'il ne restait pas vestige du ballon » (1 2).
- Il est pour le moins troublant de constater que la montgolfière, immédiate voisine du réchaud, a échappé à l’incendie.
- Enfin, point capital, si nous nous référons à la conduite de l’Académie des Sciences, une des premières appelée à connaître les circonstances de la catastrophe, nous constatons qu’elle se garde bien d’émettre une opinion tranchée. Plusieurs ' témoignages contradictoires lui furent soumis et, par fortune, l’un de ceux-ci est intégralement parvenu jusqu’à nous. Il émane d’un témoin oculaire, dont il est malheureusement impossible de connaître l’identité, car le récit a été recopié, sans mention de nom d’auteur, par la main de Fougeroux (3), membre de l’Académie royale et correspondant dudit témoin. Quoi qu’il en soit, cet anonyme est un homme rompu à la pratique de l’observation et de la méthode expérimentale. Bien que ce texte ait déjà été mentionné par
- 1. C. R. de l’Académie Royale des sciences, tome 103, séance du 12 juin 1784. On n’hésitait pas alors à assimiler au gaz découvert par Cavend.ish tous les gaz combustibles connus tels que le méthane (gaz des marais), l’hydrogène sulfuré, etc... L’idée étrange de Pilatre s’explique ainsi facilement.
- 2. Mémoires secrets de Bachaumont, p. 88-89. Londres, chez Adam-son, 1786, in-12.
- 3. Fougeroux de Bondaroy (Auguste, Denis), géologue, botaniste et archéologue.
- Fig. 3.— La montgolfière à bord de laquelle s'élevèrent Pilatre de Rozier et le marquis d’Arlandes, le 21 novembre 1783. Bibliothèque Nationale. Collection David Salomons.
- plusieurs auteurs, nous le croyons inédit et en donnons ci-après d’importants extraits :
- « Je vais vous entretenir du malheureux accident qui « a coûté la vie à Messieurs Pilastre (sic) de Rozier et « Romain. Les différentes relations qui ont paru ne « nous donnent que des notions fausses sur les circons-« tances les plus essentielles de cet événement et par con-« séquent (sic) aucunes lumières sur les vraies causes « ou dumoin (sic) (x) sur les plus vraysemblables qui « ont produit ce malheur.
- « Le balon (sic) de 35 pieds de diamètre était l'empli « au 3/4 d’air inflammable produit par la dissolution de « la limaille ou morceaux de fer par lacide (sic) vitrio-« lique (2). Dans une opération en grand et aussi préci-« pitée, on doit présumer qu’il fut introduit de l’air « atmosphérique qui se sera mêlé avec Pair inflammable « du ballon.
- « Au dessous du ballon était suspendue la mont-« golfîère d’une forme conique, oblongue, arrondie vers. « le sommet de l’axe. Le diamètre de la base était à « peu près de 12 pieds. Cette montgolfière était d’un « taffetas très clair, point gommé, etc... »
- 1. Nous respectons l’orthographe un peu fantaisiste du manuscrit,, ignorant d’ailleurs si celle-ci doit être imputée à Fougeroux, ou à son. correspondant.
- 2. Pilatre avait, on le voit, renoncé à son malodorant procédé, pour s’en tenir au plus classique.
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- Fig. 4. — La catastrophe du 15 juin 1785.
- Aquatinte de la Collection David Salomons. Bibliothèque Nationale.
- Cette brève description, comme on le voit, cadre sensi-bl ementavec l’image reproduite figure 3.
- Arrivons au récit de l’ascension : « Le jour du départ « la chaleur de l’atmosphère était excessive, le lende-« main on a entendu quelques coups de tonnerre. Le « ballon s’est élevé à 7 h du matin et est parvenu pro-« gressivement à une hauteur prodigieuse, que j’estime « avec presque certitude à plus de 1000 toises (J) et sur « la qu’elle (sic) hauteur vraysemblahlement M. de Rozier « ne comptait pas; douze minutes après son départ, j’ai « vu très distinctement le réchaud de la montgolfière « baissé de plusieurs brasses; la machine a paru descendre « un peu dans ce moment, cinq ou six minutes après « tous les spectateurs ont vu paraître une flamme dans la « partie supérieure du ballon.
- « Pendant quelques secondes cette partie supérieure « déchirée par lambeaux a paru brûler et être agitée « par le vent ! la chute pendant ces 1ers instants a été « assez lente, elle a ensuite augmenté prodigieusement de <( vitesse, vous savez quel a été le malheureux sort des « aéronautes. »
- Il nous semble que tout commentaire affaiblirait un .compte rendu aussi clair. Soulignons que le feu a paru débuter par le haut et, au moment où le réchaud était .écarté de la partie inférieure.
- Au reste, la suite des événements devait donner au témoin l’occasion de continuer son enquête. Nous savons
- 1. Soit 1949 m.
- déjà que l’épave fut retrouvée. Voici ce qu’il en fut d’après la suite du même texte :
- « Quelques jours après l’événement les débris de la « machine que l’on avait rassemblé (sic) avec soin ont « été apportés à Boulogne et il en a été fait un examen « auquel j’ai assisté ; la montgolfière s’est trouvée en « bon état ainsi que les appendices, même ceux qui « pendaient dans la galerie et avoisinaient le réchaud, « tout l’hémisphère inférieur du ballon était également « très sain Q) et ne présentait aucun indice qui décelât « l’action du feu. Le pôle supérieur où était placée la « soupape s’est trouvé brûlé, la soupape détachée du « reste du ballon, une calotte de cette sphère de 35 pieds « de diamètre a été également brûlée sur un dévelop-« peinent de 9 pieds dans tous les sens depuis le pôle « supérieur. Cette partie s’est trouvée découpée en quel-« que façon par le feu, percée à jour dans mille endroits. « La position (sic) du ballon qui avoisinait cette partie « consommée a été coupée par l’action du feu sur un « développement de 2 pieds à peu près, la corde attachée « à la soupape à clapet et traversant le ballon pour « aboutir à la galerie des voyageurs a été brûlée dans « la partie supérieure; la partie inférieure de cette corde « n’a point été attaquée par le feu. »
- Voilà qui est précis comme un procès-verbal d’autopsie et vient, une fois de plus, contredire la thèse traditionnelle, car si l’incendie de la partie supérieure du ballon paraît bien avoir été uniformément admis, l’auteur de l’image que nous reproduisons (qui, soit dit en passant, concorde avec toutes les gravures du temps) s’est donné bien du mal pour indiquer que le feu fut bouté par l’intermédiaire d’un des appendices voisins du réchaud, appendices dont notre témoin signale, au contraire, le bon état de conservation.
- Nous n’avons jusqu’ici évoqué qu’une attestation de faits. Passons maintenant à la partie du manuscrit où l’auteur risque une hypothèse explicative. Il commence d’abord, suivant une méthode qui lui semble chère, par une description minutieuse de la soupape, centre de l’incendie : « Cette soupape est un cercle de cuivre doublé « de pièces de baudruche et qui s’ouvre de haut en bas.
- « Elle s’applique lorsqu’elle est fermée contre une cou-« ronne circulaire de 2 pouces de largeur de même métal « également recouvert et fixée à l’enveloppe du ballon.
- « Un ressort d’acier trempé, fixé par une extrémité sur « cette couronne et par l’autre que la surface extérieure « de la soupape est destiné à rappeler la soupape dans sa « première position lorsqu’on cesse d’agir sur la corde.
- « Pendant le jeu de la soupape, le ressort entre par « conséquent dans l’intérieur du ballon. Si le réchaud « de la montgolfière avait été la lre cause de la combus-« tion en laissant échapper quelques étincelles il est « bien à présumer que la montgolfière n’aurait pas été « trouvée intacte ainsi que l’hémisphère inférieure du « ballon... »
- Nous avons déjà eu l’occasion de signaler l’opportunité de cette remarque. Passons maintenant à l’explication proprement dite proposée par notre témoin.
- 1. Ceci montre que les Mémoires de Bachaumont ont encore exagéré les effets de destruction.
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- « Le ressort d’acier trempé se sera chargé de la ma-« tière électrique répandue dans l’atmosphère pendant « l’élévation du ballon. Comme la matière qui formait « l’enveloppe du ballon n’a aucune affinité avec le lluide « électrique, ce lluide se sera concentré dans le ressort « quelques minutes après le départ ; pour opérer une « déperdition d’air inflammable ils [les aéronautes] « auront cherché à faire usage de leur soupape et c’est « peut-être dans le moment où le ressort chargé d’élee-« tricité, a été introduit dans l’intérieur du ballon que ce « ressort aura donné une étincelle qui aura mis le feu à « l’air inflammable... »
- Suivent quelques considérations sur la marche du phénomène après l’inflammation au voisinage de la soupape.
- Bien que les causes de la catastrophe doivent en définitive rester mystérieuses, nous inclinons vers l’explication proposée par notre témoin; tout d’abord parce qu’elle paraît bien cadrer avec des faits remarquablement observés, mais aussi parce que les manifestations électriques n’étaient point chose rare sur les premiers ballons, construits sans précautions spéciales (et pour cause) et qui constituaient des condensateurs sur lesquels s’accumulaient les charges statiques développées par le frottement de l’air. Une simple manœuvre de soupape pouvait
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- facilement produire une étincelle capable d’enflammer l’hydrogène sans qu’il fût même besoin qu’elle se produisît à l’intérieur de l’enveloppe.
- J. de Montgolfier, lors de ses expériences lyonnaises, avait été à même de constater fréquemment la formation de « bleuettes » électriques au contact de sa machine. 11 en avait même conclu au rôle éminent du fluide électrique dans l’ascension du ballon.
- Si vraisemblable que nous paraisse l’explication précédente, nous devons à la vérité de dire qu’elle fut controversée. L’Académie royale, comme nous l’avons signalé, reçut d’autres mémoires f1) (qui ne nous sont malheureusement pas tous parvenus) et s’abstint de conclure. Nous laissons donc au lecteur le soin de se faire une opinion.
- La besogne de l’historien ayant été ainsi accomplie, aussi loyalement que possible, il est cependant permis de donner un peu libre cours au rêve et de préférer voir le héros frappé par la foudre, instrument de la vengeance des dieux, plutôt que d’attribuer son trépas à l’emploi inconsidéré d’un pot à feu maladroitement placé.
- Charles Cabanes.
- 1. Le marquis de Condorcet lut, à la séance du 21 juin 1785, deux lettres du duc de Charost, envoyées de Boulogne et de Calais, Monsieur de la Maisonfort lit aussi un rapport qu’il envoya à l’Académie et que reproduisit le Journal de Paris, du 27 juin 1785.
- LES SOLS TOXIQUES AU SELENIUM
- En 1857, le commandant de Fort-Randall, au nord des grandes plaines du Missouri, signala dans un rapport la grave et étrange maladie qui sévissai t parmi la cavalerie de ce poste. Les chevaux croissaient mal, devenaient ternes, tristes et ne se reproduisaient plus. Les survivants perdaient les crins de leur queue tandis que leurs sabots se déformaient tellement qu’ils ne pouvaient plus marcher. Ni les soins, ni le repos n’amélioraient cet état, pour lequel on ne trouvait aucun remède. Le commandant
- Fig. 1. — Vache de hu.il ans, malade depuis deux ans.
- Madison en était fort embarrassé, car Fort-Bandall était un poste isolé, entouré d’indiens batailleurs et les blancs qui arrivaient dans leurs chariots n’étaient pas tfTus recommandables, si bien qu’une force armée et plus encore une police montée était constamment indispensable.
- Les chevaux qu’on envoya en remplacement devinrent malades à leur tour, tandis que ceux des alentours se
- Fig. 2. —• Porc jeune, atteint de déformations caradérisliques des pieds.
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- Fig. 3. — Coupe à travers le sabol d’un cheval malade.
- grandissaient peu, ne se reproduisaient pas; les œufs n’éclosaient pas ou donnaient naissance à des monstres. Impossible donc d’obtenir de la viande et des produits de ferme. Les paysans appelèrent ce mal alkali disease, sans réussir à le comprendre. Toutefois ils observèrent que les animaux malades, transportés dans des fermes lointaines, y guérissaient sans aucun traitement et que le bétail restant sur place n’avait aucun accident quand on le nourrissait de grains et de foin récoltés ailleurs. Le grain, que ce fût du blé ou du maïs, poussait très bien sur le terrain dangereux et ne montrait à l’analyse aucune différence avec celui de régions où le bétail restait sain.
- On en arriva à supposer la présence dans la terre d’un poison, non toxique pour les plantes, mais dangereux pour les animaux qui se nourrissaient de celles-ci. Quant aux hommes qui restaient indemnes, on l’expliqua par le fait qu’ils ne se nourrissaient pas exclusivement
- Fig. 4. — Sabols de la vache de la figure 1.
- portaient bien; les malades expédiés ailleurs guérissaient peu à peu, et les bien portants qu’on amenait présentaient les symptômes des chevaux de la garnison. Aucun soldat ne montrait le moindre malaise correspondant à une maladie analogue.
- Peu à peu des fermiers s’installèrent dans la région; leur bétail devint la proie de la même étrange maladie. Non seulement les chevaux furent atteints, mais aussi les bêtes à cornes, les porcs et même les poiilets. Les animaux
- Fig. 5. — Un poulel né d’un œuj malade.
- des produits de leurs champs et qu’ainsi ils n’absorbaient pas une dose suffisante de poison.
- En 1904, le Dr A. T. Peters, dans un sol empoisonné du Nebraska, découvrit un champignon du genre Fusa-rium auquel il attribua Y alkali disease. J. L. Sheldon détermina l’espèce : Fusarium moniliforme. Peters en fit des cultures qu’il mélangea à des grains de maïs et il donna ceux-ci en aliment à des porcs. La maladie ne tarda pas à apparaître, confirmant l’idée d’une infection parasitaire. Cependant l’extension du Fusarium était bien plus grande que celle de la maladie et, en outre, des rats nourris de jaunes d’œufs provenant des régions dangereuses furent atteints et moururent. Comme il est improbable qu’un champignon ou ses spores infectent les ovaires et les jaunes d’œufs, et que ceux-ci étaient durcis par une ébullition de 10 mn, l’hypothèse parasi-tologique perdait sa valeur.
- Ce n’est qu’il y a deux ans que l’explication définitive fut trouvée.
- Le Dr Kurt W. Franke, chimiste de la Station expérimentale d’agriculture du South Dakota, réussit, par une longue série d’essais, à percer le mystère.
- Il choisit pour sujets des rats qui mangent avec avidité toutes sortes de nourritures et sont très résistants; il leur donna des « porridges » de maïs. Un lot qui reçut du maïs provenant des terrains dangereux, succomba en totalité; aucun individu ne supporta plus de cent jours ce régime. Deux lots nourris de maïs récoltés en
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- terrains sains ne présentèrent aucun symptôme de maladie. A force de pousser les analyses comparatives dans les voies les plus diverses, une différence apparut enfin constante. La région septentrionale des prairies du centre des États-Unis comprend des terres impropres à la culture où le sélénium existe en association avec du sulfure ou d’autres minerais de cuivre. D’autres terres où les récoltes sont possibles contiennent, par place, du sélénium en très petites proportions. Les plantes qui y poussent ont une croissance normale, mais elles n’utilisent pas le sélénium qu’elles accumulent dans leurs feuilles et leurs graines. Si bien que les terres « alealisées » où le sélénium n’atteint qu’un ou deux millionièmes du poids du sol portent des plantes où la concentration de ce métal
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- approche d’un cent-millième. Le blé a un remarquable pouvoir de concentration, puisqu’on a trouvé des grains contenant 45 millionièmes.
- jusqu’à présent, aucun traitement n’a été trouvé. Mais c’est déjà beaucoup de savoir la cause exacte de Valkali disease.
- La maladie due au sélénium n’a pas non plus été signalée ailleurs qu’aux Etats-Unis, bien que l’on connaisse la présence du sélénium dans quelques sols européens. Mais peut-être suffit-il que l’attention soit maintenant attirée sur ce point pour qu’on découvre ailleurs qu’en Amérique des cas semblables. Le y Willy.
- Les photographies nous ont été obligeamment communiquées par le Suulh Dakola Slatc College.
- LES LIAISONS TÉLÉPHONIQUES A GRANDE DISTANCE
- Quel est l’inventeur du téléphone ? C’est Bourseul, disent les Français, car dès 1854, il publia un article sur la question; c’est Reis, disent les Allemands, car en 1861 il réalisa un appareil qu’on peut considérer comme un lointain ancêtre du téléphone; c’est Bell, disent les Américains, car il déposa le 24 février 1876, une demande de brevet à Washington, 2 h avant qu’Elisha Gray vînt déposer la sienne. Nous ne prendrons pas parti dans une question aussi controversée et qui met en jeu des amours-propres nationaux. Le seul fait certain c’est que c’est en 1876 que l’on téléphona pour la première fois en Amérique, et que c’est en 1877 que le téléphone apparut en Europe. Tout de suite il provoqua des recherches et suscita l’enthousiasme; dès ce moment on entrevit de grandes possibilités de développement, c’est ainsi que dans une lettre du 30 octobre 1877 du grand électrotechnicien allemand, Werner Siemens, celui-ci nous apprend que le directeur des Postes d’Allemagne envisageait déjà de donner à tous les Berlinois la possibilité de téléphoner entre eux.
- En France dès 1879 des concessions sont accordées à trois sociétés de téléphones qui fusionnent en 1880 dans la Société générale des Téléphones. Le trafic est alors purement urbain, en 1885 l’Etat construit le premier circuit interurbain, c’est une liaison Rouen-Le Havre; en 1889, l’Etat rachète les concessions et le téléphone devient un service public.
- En 1883, parler à 80 km de distance constituait un résultat remarquable; aujourd’hui la technique permet de, relier téléphoniquement deux points quelconques du globe et un abonné de Moscou peut appeler un abonné de San Francisco.
- Dans ce qui suit nous voudrions montrer à grands traits l’évolution suivie par la technique des communications à grande distance depuis les débuts de la téléphonie et indiquer comment la question se présente aujourd’hui.
- LES QUALITÉS
- D’UNE TRANSMISSION TÉLÉPHONIQUE
- La transmission téléphonique utilise des courants électriques d’une nature spéciale : alors que les applications industrielles de l’électricité se font en utilisant soit du courant continu soit du courant alternatif à une fréquence bien déterminée, généralement 25 ou 50 périodes, le téléphone se sert de courants alternatifs qui couvrent une bande de fréquences. C’est le plus souvent la bande de fréquences comprises entre 300 et 2500 per/sec, c’est parfois une bande de fréquences beaucoup plus élevées, par exemple 6300 à 8500 périodes lorsqu’il s’agit de la transmission par courants porteurs que nous examinerons plus loin. On voit que les fréquences utilisées sont •nettement différentes tout aussi bien de celles des courants industriels que des fréquences beaucoup plus élevées de la T. S. F. qui atteignent toujours au moins 50 000 périodes (ondes de 6000 m) et n’hésitent pas à dépasser 30 000 000 de périodes (ondes de 10 m). Aux fréquences téléphoniques la transmission du courant obéit à des lois beaucoup moins simples qu’aux fréquences des courants industriels ou aux fréquences radio-électriques.
- Pour étudier la propagation du courant téléphonique aux fréquences les plus courantes (300 à 2500 per/sec) on peut, dans la plupart des cas, se borner à étudier ce qui se passe à une fréquence moyenne, 800 ou 1000 périodes, et vérifier ensuite que les résultats obtenus aux autres fréquences ne s’écartent pas trop de ceux obtenus en premier lieu. Ces problèmes font appel aux parties les plus élevées de la science, ils ont été étudiés non seulement par les ingénieurs des télégraphes, à la têté desquels il faut citer Vaschy, mais aussi par les plus grands mathématiciens. C’est ainsi que Henri Poincaré a consacré un mémoire à la question et que, de nos jours, d’éminents
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- professeurs comme Al. Paul Lévy ou M. Julia o111 approfondi ces problèmes.
- Les grandeurs qui interviennent dans l'étude d’une ligne téléphonique sont d’une part la résistance (aussi bien la résistance des conducteurs que la résistance d’isolement), etd’autre part la self-induction et la capacité, grandeurs que la diffusion de la T. S. F. a rendues familières à beaucoup.
- La qualité d’une communication téléphonique se déliait par deux grandeurs, d’une part son affaiblissement, c’est-à-dire grosso modo la puissance de la réception, et d’autre part la netteté, c’est-à-dire la facilité de compréhension.
- L’affaiblissement d’une communication téléphonique n’est pas proportionnelle à la longueur de la ligne mais croît beaucoup plus vite, suivant une loi exponentielle : si la distance augmente suivant les termes d’une progression arithmétique, l'affaiblissement augmente suivant les termes d’une progression géométrique, autrement dit la longueur de la ligne est proportionnelle au logarithme de l’affaiblissement. Or il existe deux systèmes de logarithmes utilisés en pratique, les logarithmes népériens et les logarithmes vulgaires et on a créé deux unités d’affaiblissement. suivant que l’on a considéré l’un ou l’autre de ces systèmes : lorsqu'on part des logarithmes népériens on mesure l’affaiblissement en « népers », c’est l’unité utilisée par les téléphonistes en France; si au contraire on se sert des logarithmes vulgaires, comme le font les Américains, l’affaiblissement se mesure en « fiels » (1 néper = 0,87 bel). Une communication pour être intelligible doit avoir un affaiblissement inférieur à 4 népers.
- La netteté se définit d’une façon très simple : on prend
- deux opérateurs, l’un d’eux dicte un texte devant un microphone à son collègue qui est muni d’un récepteur; à la fin de la dictée on compare le texte lu au texte écrit sous la dictée, le rapport du nombre de syllabes correctement reproduites au nombre total de syllabes lues mesure la netteté. .Bien entendu, pour que la mesure ait un sens il faut lire des syllabes qui ne forment ni des mots ni des phrases pour éliminer le rôle de l’intelligence qui pourrait suppléer aux parties mal entendues. Comme on tient à donner une forme savante à la définition que nous venons d’indiquer on précise avec beaucoup de détails la façon de former ces listes de syllabes et on n’emploie pas le mot de syllabe que n’importe quel enfant, comprend, mais celui de « logatome » (partie insécable du langage). Une netteté de 70 pour 100 permet une très bonne communication téléphonique. Des essais de netteté sont les compléments necessaires de tout essai de téléphonie, qu’il s’agisse d'un poste, d’un central ou d’une ligne. Pratiquement la netteté est d’autant plus satisfaisante que les conditions de transmission sont plus uniformes aux différentes fréquences de la bande utilisée.
- CABLES TÉLÉPHONIQUES
- Les lignes sont aériennes, souterraines ou sous-marines; dans ces deux derniers cas les conducteurs sont placés dans des câbles alors que les lignes aériennes sont presque toujours en fil nu et quelquefois seulement en câble. L’affaiblissement d’une, ligne téléphonique croît beaucoup avec sa capacité électrostatique, par contre il varie en sens inverse de sa self-induction et décroît lorsque celle-ci croît. Or il se trouve que la capacité d’un circuit en câble est environ dix fois celle d’un circuit en fils nus et que la self-induction du circuit en câble est quatre fois inférieure à celle du circuit aérien. A affaiblissement égal la portée d’un circuit aérien sera donc beaucoup plus grande que celle d’un circuit souterrain constitué par des fils de même diamètre : avec du fil de cuivre de 2,5 mm de diamètre on peut établir une communication de 700 km en aérien et de 200 km seulement en câble, avec un affaiblissement de 4 népers environ. ; ()
- C’est pourquoi les circuits téléphoniques ont tout d’abord été aériens. Comme pour des raisons de prix et de construction il était difficile de réaliser des lignes avec un fil de cuivre de plus de 5 mm de diamètre, laOpor-tée pratique que l’on pouvait atteindre était de l’ordre de 1700 km, c’est-à-dire à pente plus que la distance Paris-Rome, et encore la communication n’était-elle possible que lorsque les circonstances atmosphériques ne réduisaient pas l’isolement du circuit.
- Pour assurer la sécurité des communications en tous temps il fallait mettre les circuits à l’abri des intempéries, c’est-à-dire les placer en câble; cela n’était possible que si on parvenait à apporter aux constantes caractéristiques des câbles des modifications telles
- Fig. 1. — Courbes indiquant la variation de la vitesse de propagation et de la fréquence de coupure pour une ligne pupinisée avec, bobines tous les 1830 m, en fonction
- de la self-induction des bobines.
- (Pour une charge nulle la vitesse de propagation est de 200 000 km par seconde environ, la fréquence de coupure est infinie.)
- 105000
- 10000
- 95000
- 85 000
- 75 000
- o 65000
- ‘B 6000
- E 55000
- w 45000 <5
- 15000
- Henrys
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- qu’on pût accroître leur portée. On ne pouvait songer pratiquement à réduire la capacité électrostatique, force était donc d’envisager d’augmenter la self-induction.
- Différents chercheurs étudièrent des solutions; la plus simple, tout au moins en théorie, était celle que proposait Krarup et qui consistait à enrouler sur le conducteur de cuivre un ruban de fer; on augmentait ainsi en chaque point la self-induction de la ligne et celle-ci restait homogène. Ce procédé n’a guère été utilisé que dans des cas assez limités, câbles sous-marins en particulier, à cause de difficultés de fabrication. Un autre procédé proposé par Pupin a, au contraire, été l’objet d’un nombre considérable d’applications : Pupin, au lieu de respecter l’homogénéité de la ligne, place de distance en distance des bobines de self-induction; on conçoit que plus ces distances seront courtes, plus cette ligne hétérogène se rapprochera d’une ligne homogène. Pratiquement des intervalles de l’ordre de 1800 m entre bobines sont suffisamment faibles.
- La pupinisation modifie assez considérablement l’état de la ligne en rompant son uniformité et il en résulte les conséquences suivantes : il y a une fréquence limite au delà de laquelle la transmission n’est plus assurée, et d’autre part la vitesse de propagation est fortement réduite. Plus la pupinisation est forte, c’est-à-dire plus la self-induction des bobines est forte, plus la vitesse de transmission est faible et plus la fréquence limite est basse. La figure 1, relative à un circuit en fil de 1,3 mm en câble fait connaître les variations de la vitesse de transmission et de la fréquence limite au fur et à mesure que la self augmente, les bobines restant à 1830 m l’une de l’autre. Nous reviendrons plus loin sur les conséquences qui résultent de ces particularités.
- Le procédé Pupin fut utilisé dès avant guerre à l’étranger sur des lignes aériennes (la ligne Rome-Berlin représentant 2500 km en fil de 5 mm fut pupinisée et des essais eurent lieu à la veille de la guerre, mais les circonstances politiques ne permirent pas sa mise en service réel) et des câbles souterrains. En France on ne pupinisa jamais les lignes aériennes des P. T. T. mais vers 1914 on parlait de réaliser un câble Paris-Lille en conducteurs de 2 mm; à la même date les Allemands achevaient la pose d’un câble de 150 km, premier tronçon d’un câble destiné à relier Berlin aux pays rhénans; la Belgique, l’Italie passaient des commandes de câbles dont la guerre empêcha la réalisation.
- La pupinisation seule permettait de réaliser des liaisons à des distances de l’ordre de 1000 km par câble souterrain, en utilisant des conducteurs de 2 à 3 mm de diamètre. On s’engageait dans le développement de cette sorte de câble quand la guerre éclata. C’est pendant la guerre que la lampe à trois électrodes fit son apparition; tout de suite on envisagea son application à l’amplification des courants téléphoniques, et grâce à elle, l’État-Major allemand put réaliser une liaison de 3000 km entre Constantinople et le front ouest, tandis que les Américains téléphonaient de New-York à San Francisco, soit à 5400 km de distance. Ces liaisons records étaient établies :sur circuits aériens.
- Pendant les années qui suivirent la guerre la mise au
- Fig. 2. — Schéma de principe d’un amplificateur téléphonique de A vers B.
- point des répéteurs, c’est ainsi que l’on appelle les amplificateurs téléphoniques, fut activement poussée dans tous les pays, particulièrement aux États-Unis et en Allemagne. On sentait que la possibilité de communications internationales à très grandes distances allait devenir une réalité de tous les jours et, sous l’impulsion du grand ingénieur français Dennery, qui était directeur de l’Ecole supérieure des P. T. T. et du service d’études, le Comité consultatif international des liaisons à grande distance était fondé et se réunissait pour la première fois à Paris, en 1923. Depuis lors les conférences internationales se sont multipliées et, alors que les règles édictées en 1923 ne s’appliquaient qu’à des liaisons de l’ordre de 1600 km au maximum, les règles actuelles qui sont réunies dans un très grand nombre de très gros volumes, envisagent les plus grandes distances possible sur le globe terrestre. C’est cette évolution et cette technique que nous allons passer en revue.
- LES RÉPÉTEURS TÉLÉPHONIQUES ET LES COMMUNICATIONS A GRANDE DISTANCE
- Nous n’insisterons pas sur le principe de la lampe à trois électrodes qui est la partie essentielle du répéteur; la T. S. F., en se répandant, a familiarisé tout le monde avec ce merveilleux instrument. La figure 2 donne le schéma d’un amplificateur téléphonique : les courants téléphoniques venant de A passent dans le primaire du transformateur T dont le secondaire fait partie du circuit de grille, ils sont amplifiés et retransmis par le transformateur T' du circuit de plaque dans la direction B. On voit ainsi que la parole sera amplifiée dans le sens de A vers B mais que le montage ne permet pas de transmission de B vers A. C’est suivant ce principe que sont réalisés les répéteurs des liaisons à grande distance sur les « circuits 4 fils » où l’on emploie deux fils pour chaque sens de communication et sur lesquels nous reviendrons plus bas.
- Dans la pratique téléphonique courante on n’employait jusqu’à l’introduction des répéteurs que des circuits à deux fils. Le problème se posait donc tout naturellement de trouver un montage d’amplificateur permettant de n’utiliser que deux fils. Ce problème a été résolu en séparant, à chaque station de répéteur, dans les circuits deux fils, le courant de chaque sens de la façon suivante (fig. 3). La ligne téléphonique à deux fils L arrive à un ensemble comprenant d’une part un transformateur différentiel à trois enroulements dont les deux enroule-
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- inents primaires P, et Ps sont identiques et, d’autre part, une ligne artificielle H, c’est-à-dire un ensemble de résistances, de sell's et de capacités reproduisant exactement les propriétés électriques de la ligne L à toutes les fréquences. Les lignes 1/, et L's aboutissent à des organes qui ne transmettent le courant que dans le sens de la ilèche. Le courant téléphonique venant de la ligne L ne peut trouver de passage vers la ligne L'., qui ne transmet pas de courant dans ce sens et il passe entièrement par le transformateur T dont le secondaire S le retransmet vers L', ; inversement, le courant téléphonique venant de LL arrive en AH, là il se partage en deux courants égaux, l’un vers L et l’autre vers R, il parcourt les enroulements P, et IL en sens opposés; comme ces enroulements sont identiques et que les courants qui les parcourent sont égaux, le flux résultant dans le transformateur est nul et par conséquent S n’est parcouru par aucun cornant et aucune partie du courant venant de L'., ne sera transmise vers I/j. Si maintenant on relie respectivement J/, et L'2 à un amplificateur du schéma de la figure 2, puis ces amplificateurs à un dispositif symétrique de la figure 3 on aura réalisé (fig. 4) un répéteur à deux fils. En pratique les conditions que nous avons supposé remplies dans l’ensemble de la figure 3, transformateur à enroulements rigoureusement équilibrés, ligne artificielle absolument identique électriquement à L à toutes les fréquences, ne sont jamais entièrement réalisées; dans ces conditions une partie du courant venant par LL est retransmise vers L', et des oscillations peuvent s’amorcer; cette possibilité d’oscillations limite l’importance de l’ampli-lication possible à chaque répéteur, elle ne dépasse guère 2 népers. De plus, si un grand nombre de répéteurs étaient en série sur la ligne, les différents déséquilibres s’ajouteraient et on ne peut pratiquement avoir plus de six répéteurs sur une ligne deux fils; ces répéteurs sont généralement distants de 75 km environ, cela donne 500 km comme limite de transmission en circuits deux fils. Les circuits deux fils sont généralement construits en fils de 0,9 mm, parfois 1,3, et une charge forte (0,177 henry par bobine, espacement des bobines 1830 m) correspondant à des affaiblissements de 2 et 1 néper aux 100 km.
- Lorsque la distance à couvrir augmente et que le circuit deux fils s’avère insuffisant on a recours aux cir-
- Fig. 3. — Schéma d'un dispositif de liaison d'un circuit deux fils, à un ensemble 4 fils
- (« termineur » dans le cas où L',, et L'a, sont les fils d’un circuit 4 fils).
- cuits quatre fils. Cette solution n’est d’ailleurs pas beaucoup plus onéreuse que la solution deux fils : en effet, il n’y a plus de réaction à craindre ni d’équilibrage rigoureux à réaliser aux stations de répéteurs, l’amplification peut donc être plus considérable et le gain atteint couramment 3,5 népers; or, le plus souvent, le gain obtenu à un répéteur doit seulement être égal à l’affaiblissement de la section qui le précède; dans le cas de circuit quatre fils cet affaiblissement peut donc être plus grand et on peut par conséquent utiliser des fils de cuivre de diamètre inférieur et réduire ainsi la dépense; toutes choses égales d’ailleurs, l’affaiblissement d’un circuit est inversement proportionnel au poids du cuivre, on aura donc des poids de cuivre à peu près égaux dans le câble avec un circuit deux fils d’affaiblissement 1 néper et avec un circuit quatre fils d’affaiblissement 2 népers.
- Le circuit quatre fils est aujourd’hui le seul utilisé pour des liaisons à quelque distance. Bien entendu on ne réalise en ce type que le circuit à grande distance lui-même; lorsqu’on le relie à des circuits de moindre importance ou à des lignes d’abonnés on interpose entre les lignes deux fils et quatre fils un ensemble analogue à celui de la figure 3 qu’on appelle termineur.
- Nous avons vu plus haut que sur les lignes pupinisées la vitesse de propagation était d’autant plus faible que la pupinisation était plus forte. Tant que l’on n’a à envisager que des liaisons à des distances ne dépassant pas 1500 km la limitation de la vitesse importe peu, il n’en est pas de même au delà. L’expérience a prouvé qu’une conversation, pour rester intelligible, exige une durée de propagation inférieure au quart de seconde. Pour une communication de 10 000 km la vitesse de propagation doit donc être d’au moins 40 000 km par seconde, la pupinisation ne peut plus se faire avec la charge forte qui conduit à une vitesse de transmission de 17 000 km mais avec une charge de l’ordre de 0,022 henry par bobine. Mais alors il se trouve que la fréquence limite qui était 2800 per/sec avec la charge forte, est devenue 8000 périodes. A ce moment-là une nouvelle possibilité se fait jour, c’est l’utilisation de la téléphonie par courants porteurs.
- Téléphoner par courants porteurs c’est, à certains égards, utiliser en téléphonie avec fil les procédés de la téléphonie sans fil : on part d’un courant de fréquence inaudible (fréquence supérieure à 4000 périodes) et on le module au moyen d’un circuit microphonique. En utilisant, par exemple, un courant porteur de 6000 périodes on transmet par modulation la bande 3500-5700 périodes; ces fréquences sont parfaitement transmises par le circuit pupinisé que nous considérons, et, à l’arrivée, on détecte et on retransforme ce courant haute fréquence en courant téléphonique normal.
- Les circuits que nous venons d’envisager permettent donc d’atteindre des distances de l’ordre de 10 000 km, mais comme on envisage des distances supérieures, il faut encore réduire la charge et c’est ainsi que l’on réalise des circuits avec une charge de 0,0028 henry par bobine. La vitesse de propagation est alors d’environ 100 000 km par seconde et permet des transmissions jusqu’à 25 000 km, c’est-à-dire à des distances supé-
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- petit nombre à côté de fils ement des communications Voici, à titre d’indication,
- rieures au demi-périmètre du globe et par conséquent à des distances supérieures aux distances possibles sur terre. La fréquence limite de tels circuits est 19 000 périodes et on peut envisager de les utiliser pour réaliser quatre communications téléphoniques simultanées. De tels circuits sont prévus dans les nouveaux câbles en cours de réalisation Paris-Houen et Paris-Metz.
- Ces circuits ne sont placés dans ces câbles que pour les communications à très grande distance qui emprunteraient ces câbles, ils se trouvent en très
- permettant l’écoulement des communications moins lointaines.
- la composition du câble Paris-Rouen 11 (nous empruntons ces renseignements à la remarquable étude de M. Simon, sur « l’état actuel de la technique des lignes téléphoniques souterraines à grande distance » publiée dans le numéro de septembre 1930 du Bulletin de la Société française des Electriciens) :
- 11.4 circuits en fil de 0,9 mm, circuits deux fds, charge 0,177 pour les relations Paris-Rouen exclusivement;
- 177 circuits en fil de 0,9 mm, circuits deux fils, charge 0,088 pour les relations à moyenne distance;
- 30 circuits en fil de 0,9 mm, circuits quatre fils, charge 0,022 pour les relations à grande distance;
- 3 circuits en fil de 1,4 mm, circuits quatre fils, charge 0,0028 pour les relations à distance illimitée;
- 4 circuits en fds de 1,4 mm charge spéciale pour la retransmission de radiodiffusion.
- Les circuits à très faihle charge ont un affaiblissement considérable et il ne serait pas intéressant économiquement, d’aller dans cette voie au delà des circuits à charge 0,0028 que nous venons de citer, en effet l’affaiblissement ainsi obtenu serait alors à peine inférieur à celui de câbles non pupinisés. On voit ainsi que la nécessité de grandes vitesses de propagation amène à concevoir l’utilisation de câbles non pupinisés transmettant toutes les fréquences.
- Par ailleurs la transmission de fréquences très élevées est indispensable pour la transmission télévisuelle, l’étude de câbles à très grande vitesse de propagation et celle de câbles transmettant des fréquences très élevées sont une seule et même étude à laquelle on a donc été conduit par des considérations de techniques assez différentes. Ces études ont été très poussées et ont conduit à concevoir des circuits sur lesquels on pourrait superposer un très grand nombre de communications téléphoniques. Les câbles qu’on envisage sont des câbles à un seul circuit, ce circuit unique est constitué par un conducteur central placé au centre d’un cylindre creux de cuivre qui sert de second conducteur. De tels câbles ont été posés ou sont en cours de pose aux Etats-Unis entre New-York et Philadelphie, ainsi qu’en Allemagne. Ils doivent pouvoir transmettre des fréquences atteignant plusieurs millions de périodes par seconde. L’affaiblissement est considérable aux fréquences élevées et il faut prévoir des répéteurs très rapprochés les uns des autres, tous les 15 km environ. Un câble laissant passer toutes les fréquences
- jusqu’à 2 000 000 de périodes permet la transmission de 600 communications téléphoniques simultanées. Dans ce modèle de câble il n’y aurait plus de bobine Pupin tous les 2 km environ, mais des répéteurs, uniques pour toutes les communications, tous les 15 km. Nous assistons là aux débuts d’une technique qui peut être appelée à changer considérablement l’aspect de la question des câbles à grande distance.
- LES LIAISONS INTERCONTINENTALES
- Nous n’avons envisagé jusqu’ici que des communications sur terre, mais nous avons prévu qu’elles pourraient faire partie de liaisons dépassant 20 000 km, de telles liaisons devront nécessairement traverser la mer.
- Les liaisons téléphoniques à travers les mers se font par câbles sous-marins ou par T. S. F. ; pratiquement, à l’heure actuelle, les liaisons à très grande distance se font par T. S. F., c’est le cas des liaisons Europe-Amérique, France-Algérie, France-Indochine. La partie sans fil de la transmission se fait en empruntant deux longueurs d’onde distinctes pour chaque sens de transmission, ce qui n’est pas sans analogie aveq les circuits quatre fils. Des dispositions spéciales doivent être prises pour éviter les difficultés bien connues en T. S. F., les parasites atmosphériques qui gênent beaucoup la transmission des ondes longues utilisées sur la liaison Londres-New-York et les évanouissements (fading) qui interviennent sur les ondes courtes telles que celles employées dans les relations France-Algérie; enfin l’affaiblissement de la partie radio-téléphonique de la communication doit rester constant. Les liaisons par téléphonie sans fil fonctionnent parfaitement mais sont cependant sujettes à des interruptions à certaines heures, du fait de circonstances atmosphériques défavorables; aussi convient-il de prévoir l’exploitation sur plusieurs ondes de façon à n’utiliser que celle qui est la mieux adaptée au moment de la journée où on en a besoin. Signalons aussi que des dispositifs spéciaux doivent être installés pour garantir le secret des communications.
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- Aux performances réalisées par la téléphonie sans fil les câbles sous-marins n’ont que peu de chose à opposer, mais la lutte technique se poursuit. On a envisagé à plusieurs reprises des câbles téléphoniques Europe-Etats-Unis et France-Algérie. Il est encore question très sérieusement de poser un câble téléphonique entre la France et la Corse. Les difficultés auxquelles on se heurte sont considérables; mentionnons-les rapidement : tout d’abord on ne peut placer de stations de répéteurs en pleine mer, la pose de bobines Pupin par grands fonds soulève des problèmes particulièrement délicats et on devrait utiliser des câbles Krarup; les fortes pressions à supporter imposent l’emploi d’isolants dérivés de la gutta qui conduisent à des valeurs de capacité très supérieures à celles des câbles souterrains où on se sert comme isolant de papier sec, etc.
- Cependant des câbles sous-marins importants ont été posés, l’un des plus récents présente des caractéristiques intéressantes à bien des égards : c’est le câble Australie-Tasmanie qui a été posé récemment et qui est le plus long câble téléphonique sous-marin actuel. On a profité pour si pose de la possibilité d’avoir un atterrissage intermédiaire à l’île King; les deux tronçons utilisés ont respectivement 79 et 82 milles marins (146 et 152 km). Ce câble est réalisé suivant le principe du câble concentrique que nous avons signalé plus haut à propos des câbles permettant la transmission télévisuelle, ici l’isolant est encore à
- base de gutta. On superpose sur ce câble des courants de fréquences atteignant 42 500 per/sec ce qui permet de réaliser simultanément :
- Deux communications téléphoniques à une seule bande de fréquences (analogues aux circuits dits deux fils) ;
- Trois communications téléphoniques à deux bandes de fréquences (analogues aux circuits dits quatre fils) ;
- Sept communications télégraphiques;
- Une communication de radiodiffusion.
- Nous n’avons voulu dans ce rapide exposé que brosser à larges traits le développement actuel de la téléphonie à grande distance; l’exploitation téléphonique pose bien d’autres problèmes : nous savons maintenant qu’il est possible de relier entre eux deux abonnés situés en deux points quelconques du globe, il resterait à voir comment cette liaison peut être pratiquement réalisée puisqu’il ne saurait être question de poser des lignes reliant tous les abonnés au téléphone deux à deux. Cela se fait en groupant les abonnés en un certain nombre de centraux, mais il faut déterminer comment on répartira ces centraux et quel procédé sera utilisé pour relier les abonnés entre eux et les centraux entre eux. Nous consacrerons des articles ultérieurs à l’examen de ces questions.
- Robert Dreyfus.
- Ancien élève de l’École Polytechnique.
- PROBLÈMES DE LA DÉFENSE ANTIAÉRIENNE
- LE REPÉRAGE DES AVIONS PAR LE SON
- Les récentes expériences de défense passive de la capitale, l’accroissement à un rythme de plus en plus accéléré des flottes aériennes de toutes les nations, l’incertitude de la situation générale dans le monde, remettent au premier plan de l’actualité le problème de la défense contre les attaques aériennes.
- Chaque nation cherche non seulement à posséder l’arme offensive la plus puissante,, mais en même temps les moyens de défense les plus efficaces. Dans ce domaine, comme dans beaucoup d’autres, il est malheureusement plus aisé de détruire que de protéger. Le problème de la défense antiaérienne est d’ailleurs extrêmement complexe et difficile à résoudre. En effet, les avions modernes de bombardement ont une vitesse qui peut atteindre a tuelle-ment 80 m/sec et l’altitude de vol dépasse 5000 m. C’est dire qu’entre le moment où l’avion aura été décelé et le moment où l’obus de défense devra pouvoir l’atteindre il ne doit pas s’écouler plus de quelques minutes.
- Sans entrer dans la partie « artillerie » du problème, c’est-à-dire dans la description des batteries antiaériennes, tirant à très grande vitesse initiale et à une cadence rapide, description que d’ailleurs le secret de la défense nationale empêcherait d’avoir tout intérêt pratique, nous expo-:S3rons les grandes lignes d’orientation des recherches pour la détection des avions et leur repérage précis.
- Dès la guerre, c’est sur l’observation du son que l’on s’est appuyé aussi bien pour déceler les sous-marins, que pour repérer les mines creusées sous les tranchées, localiser les batteries de canons tirant sur les positions, et signaler les avions volant dans la nuit ou dans les nuages les cachant à la vue. Depuis vingt ans, l’étude a été reprise plus méthodiquement et les résultats obtenus, abstraction faite de leur valeur guerrière, présentent un intérêt scientifique considérable.
- L’OUÏE ET LE SENS DE LA DIRECTION DES SONS
- Il semble que tout être vivant, possédant deux oreilles, ait la faculté de trouver la direction d’où provient un son qu’il perçoit. Si une des oreilles ne peut plus entendre, le sens de la direction est très affaibli, et celle-ci n’est trouvée qu’avec peu de précision et en se basant sur les variations de l’intensité du son lorsque l’on déplace la tête.
- Engelmann, travaillant au laboratoire du Prof. Katz, a cherché à élucider le rôle de la seconde oreille et en même temps à mesurer la précision de la détection de la direction du son.
- Quand le son est produit par une onde acoustique violente et de faible durée, comme le bruit d’un coup de canon, le mécanisme physiologique est très aisé à comprendre. Les deux oreilles sont séparées par une certaine
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- distance, que nous appellerons « base ». Si la source sonore se trouve dans une direction perpendiculaire à la ligne qui joint les deux oreilles et en son milieu, le son arrive aux deux oreilles simultanément. Si la source est en dehors du plan médian de la tête, le son arrivera à une oreille avant d’atteindre l’autre oreille. Connaissant la distance qui sépare les deux oreilles et la vitesse du son, on peut, pour chaque direction déterminer ce que Horn-bostel appelle un « intervalle de temps ». Si l’observateur est capable d’apprécier qualitativement; cet intervalle de temps, il pourra alors repérer la direction d’émission du son.
- Un exemple très net d’application de la mesure de l’intervalle de temps est celui du repérage des canons. Les oreilles sont remplacées par des microphones et la distance qui les sépare est de 500 à 1000 m. Deux microphones permettent de déterminer une direction, trois donnent deux directions dont l’intersection correspond au point d’émission du son, donc à l’emplacement de la pièce de canon. Dans la pratique, on utilise jusqu’à six microphones, ce qui fournit cinq directions qui, théoriquement, devraient toutes se rencontrer au même point, ce qui ne se réalise pas expérimentalement mais permet cependant d’augmenter la précision du repérage.
- La figure 1 représente un enregistrement par six microphones d’un coup de canon permettant de localiser exactement la position de la pièce. La précision des mesures atteint environ le 1/100 de seconde. Dans des appareils plus récents, on peut mesurer le 1/1000 de seconde.
- Si l’on considère le mécanisme physiologique humain qui permet d’apprécier les intervalles de temps, on constate qu’il est infiniment plus sensible que les dispositifs microphoniques dont nous venons de parler, même les plus perfectionnés. Les expériences ont montré que les oreilles humaines, et le mécanisme cérébral correspondant, décèlent des intervalles de temps de l’ordre du trente-millionième de seconde et leur font correspondre des orientations différentes d’environ 5°.
- Les animaux vont encore beaucoup plus loin et apprécient des différences angulaires bien inférieures, ainsi que l’ont montré les expériences de Engelmann, Keller et Brückner. Leur méthode est très ingénieuse : deux écrans identiques placés côte à côte servent à masquer une source sonore placée derrière l’un d’eux. Un chien, par exemple, était entraîné de telle façon que le choix exact de l’écran masquant la source lui valait une récompense, morceau de sucre ou autre friandise. En changeant ensuite la distance des écrans au chien, et leur distance relative, les réactions du chien dans l’identification correcte de l’écran masquant la source sonore donnaient une mesure de sa faculté de distinction de deux directions et de l’angle minimum décelable. Un chien de berger peut arriver à déterminer une direction avec une précision de 3°, correspondant à un intervalle de temps de 14 millionièmes de seconde. Un petit chien donna même des résultats meilleurs : 1°15' correspondant à un intervalle de 7 millionièmes de seconde.
- Les chats sont supérieurs aux chiens; employant comme source sonore le bruit produit par une souris .dans une cage, la précision de détection de la direction,
- Arrivée du son au microphone 1
- Arrivée du son au microphone 6
- 3
- 4
- A
- Fig. 1. — Enregistrement d'un coup de canon par six microphones. (D’après la conférence du Major W. S. Tucker, à la Royal Institution of Great Britain.)
- dans certaines expériences, atteignait 48/, correspondant à un intervalle de seulement 2,8 millionièmes de seconde !
- Avec des poulets, le bruit étant le rappel de la mère, l’intervalle de temps descend à 1,6 millionième de seconde.
- Le tableau suivant donne les résultats moyens des expériences :
- Distance entre les oreilles Précision de détection de la direction. Intervalle de temps discerna’:)) e entre les deux oreilles (en 10-° secondes).
- Jlomme. . . 14 cm 4-5° 30
- Chien (gros). 13 — 3° 14
- — (petit). 9 — 1°26' 7
- Chat. . . . 7 _ 48' 2,8
- Poulet . . . 1,5 - 2°,9 1,6
- Remarquons d’ailleurs que, dans le cas des animaux, les observateurs se sont adressés aux instincts les plus
- Fig. 2. — Principe de l'orlhophone de Claude.
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- développés de chacun d’eux : appétit pour le chien, instinct de chasse pour le chat, sentiment maternel pour le poulet. Cette remarque n’est pas sans intérêt, comme nous allons le voir. En effet, cette sensibilité vraiment extraordinaire, cette précision remarquable, même dans le cas de l’homme, dans la détermination de la direction d’origine d’un son qui ont été développées par l’atavisme, ne s’appliquent qu’aux sons émis sensiblement horizontalement, c’est-à-dire ceux que l’on rencontre dans la nature, et auxquels les animaux doivent veiller pour assurer leur subsistance ou leur protection. Si la source sonore n’est plus dans le plan horizontal, comme c’est le cas pour urt avion, la sensibilité si extraordinairement développée diminue considérablement, et même disparaît presque. Les chasseurs à l’affût ont souvent constaté qu’un gibier que le moindre bruit originaire du sol fait fuir, n’est pas troublé par le passage d’un avion même bruyant dans le ciel. Pour l’homme, le phénomène est facile à observer et si l’on veut retrouver la même sensibilité, il faut que l’observateur se couche sur le sol, son corps parallèle à la direction présumée du déplacement de l’avion.
- Une autre question se pose aussi à l’esprit. Dans tout ce qui précède, nous avons supposé que le son dont il fallait trouver la direction était discontinu : bruit du canon, par exemple. Or un avion émet un son continu, d’allure musicale. Dans ces conditions, la théorie de Uornbostel semble ne plus pouvoir s’appliquer. Cela serait exact si l’intensité du son était constante, le vent nul, les températures des couches atmosphériques situées entre l’avion et le sol rigoureusement égales. Ces conditions se trouvent parfois réalisées en mer par temps de brume épaisse et vent nul. Les marins savent combien il est
- alors difficile de localiser la direction d’un phare sonore, ou de la sirène d’un autre bateau : le son semble provenir de tout l’horizon.
- Heureusement, dans le cas des avions il n’en est jamais ainsi, et les variations d’intensité du son (dues au vent, à la température différente des couches d’air, à la variation de la ligne de vol de l’avion, etc.), jouent, pour l’observateur, le rôle des bruits, des ondes discontinues précédentes (théorie de Banister).
- DÉTECTEURS ACOUSTIQUES DE DIRECTION
- Les détecteurs acoustiques utilisés par toutes les armées pour le repérage des avions découlent des principes précédents et ne diffèrent du primitif orthophone de Claude mis en service pendant la guerre, que par des perfectionnements mécaniques et acoustiques de détail.
- L’orthophone dont la figure 2 montre le principe était constitué par deux orifices (O, et OJ remplaçant les oreilles, et les sons recueillis étaient transmis à l’observateur par des stéthoscopes. L’intervalle de temps entre l’arrivée des sons à O, et O, est multiplié par le rapport de la longueur O, (L à la distance normale de deux oreilles. Si ce rapport est par exemple 10, les bras AA' donneront la même variation apparente de la direction de la source sonore si on les tourne seulement du 1/10 de la rotation de la tête en audition normale. L’erreur de direction est donc environ le 1/10 de celle que donne l’observation naturelle à l’oreille, soit environ un demi-degré au lieu de 5. L’écartement des pavillons récepteurs est la caractéristique de tous les appareils de détection sonore. Si aux deux écouteurs situés dans un plan horizontal, et qui déterminent le plan vertical dans lequel se meut l’avion, on adjoint deux écouteurs situés dans un plan vertical, on pourra déterminer l’angle de site de l’avion et par conséquent sa direction à l’instant de l’écoute. L'est le principe du télé-sitemètre en service dans toutes les armées. La forme seule des écouteurs diffère : parabolique dans les appareils Sauter et llarlé, cellules de révolution dans les appareils Barbier-Bénard et Turenne, les appareils Maria et Brazda, exponentielle dans les appareils Sperry, etc. L’inconvénient de tous ces dispositifs est leur résonance propre et leur sensibilité à tous les bruits extérieurs. Un vent même extrêmement léger, la rumeur du monde extérieur suffisent pour créer un fond sonore qui rend plus délicate l’écoute du bruit particulier à repérer.
- Par contre, ces grands écouteurs déterminent un renforcement notable du son, de sorte que les variations, quand on déplace le plan des écouteurs, sont plus intenses et facilitent l’établissement de la position d’égalité des sons qui détermine la direction de la source sonore.
- Dans d’autres appareils, destinés surtout aux emplois pacifiques (repérage des phares sonores et des sirènes en mer), on utilise un seul écouteur de grande dimension à forme
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- parabolique, qui concentre tout le llux sonore recueilli sur un microphone placé au foyer du paraboloïde. La localisation est effectuée quand le llux recueilli est maximum.
- DÉTECTEURS ÉLECTRIQUES
- Quelque perfectionnés que soient les appareils de repérage par le son, ils font intervenir le facteur humain. 11 est vrai que l’oreille et le cerveau constituent un mécanisme ultra-sensible de détection, mais il est sujet à toutes les erreurs humaines auxquelles s’ajouterait en temps de guerre une nervosité bien compréhensible quand on songe que l’observateur ne dispose que de 2 ou 3 tnn pour effectuer la localisation de l’aéronef ennemi. Aussi a-t-on cherché à utiliser des détecteurs électriques remplaçant l’opérateur.
- On construit maintenant des microphones qui peuvent être réglés de façon à être aussi identiques dans leur fonctionnement que le sont les deux oreilles d’un observa-leur. Leurs indications sont amplifiées par des dispositifs analogues à ceux employés en T. S. F., avec également la condition supplémentaire qu’ils soient absolument identiques dans toutes leurs caractéristiques pour ne pas introduire d’erreurs de temps, ou plutôt de différence de phases. Des filtres électriques éliminent les sons parasites et suppléent à la discrimination qu'effectue automatiquement l’oreille.
- Finalement, il faut remplacer les stéthoscopes ou les téléphones, qui de nouveau feraient intervenir le facteur humain, par un dispositif supprimant totalement le recours à l’oreille. L’oscillographe à rayons cathodiques permet de résoudre la question très élégamment. La figure 0 montre le schéma du montage électrique.
- Le microphone A est relié à deux plaques aa parallèles; le second microphone B à deux plaques parallèles bb, perpendiculaires aux premières. Si le microphone A est seul excité, la trace du faisceau cathodique sur l’écran E décrira la droite cia; comme le mouvement est oscillatoire, par suite de la persistance des impressions lumineuses, l’œil verra une ligne lumineuse aa. Si c’est le microphone B qui est seul excité, l’œil verra une ligne lumineuse bb perpendiculaire à la ligne aa. Si les deux microphones fonctionnent simultanément, ce qui se produit dans l’écoute pour le repérage des avions, les deux mouvements suivant aa et b b se composeront pour donner les figures de Lissajous (ellipses d’orientation et excentricité différentes). Quand les deux microphones seront en phase, c’est-à-dire quand la source sonore sera rigoureusement à la même distance des microphones (ce qui correspond au repérage de sa direction), la figure de Lissajous se réduit alors à une droite RR inclinée à 45° sur aa et bb.
- Grâce aux perfectionnements des appareils, on peut dire qu’actuellement deux observateurs expérimentés peuvent donner la direction exacte d’un avion volant à 1500 m d’altitude, avec une précision de l’ordre de 1°.
- INTERPRÉTATION DES RÉSULTATS DONNÉS PAR LA DÉTECTION DU SON
- Il reste à savoir maintenant comment interpréter le résultat obtenu.
- Fig. 4. .. Appareil de repérage Barbier, Bénard et Turenne,
- à nid d'abeilles.
- Deux causes d’erreur interviennent, l’une tenant à la nature de l’atmosphère, l’autre à la vitesse de propagation du son. Ces deux causes d’erreur, comme nous allons le voir, font perdre, en pratique, aux résultats de l’écoute la précision obtenue avec tant de peine.
- La vitesse du son, dans l’air calme et à température constante, est une constante physique bien déterminée : 337,6 ni par seconde, à la température de 10°. Malheureusement, l’atmosphère dans laquelle évoluent les avions est rarement calme et jamais la température n’y est constante quand on s’élève. Par suite, la vitesse du son augmente ou diminue suivant que le vent souffle dans la direction de vol ou dans la direction opposée et suivant que la température augmente ou diminue dans les couches d’air traversées. Cette variation de vitesse produit une sorte de mirage acouslique. Supposons un vent de sud-ouest, qui en général augmente de vitesse avec l’altitude. Si l’on écoute un aéroplane venant de la direction du sud-ouest, on le localisera acoustiquement à un angle supérieur à l’angle réel; s’il se déplace dans la direction nord-est, l’angle déterminé sera inférieur à l’angle vrai.
- La vai'iation de la température donne des résultats analogues. En général, pendant la journée, la température diminue quand on s’élève; la nuit au contraire, l’effet inverse se produit souvent, le sol se refroidissant rapidement par radiation. La figure 7 montre l’allure générale des trajectoires sonores. On constate même
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- qu’il existe une zone de silence dans laquelle aucune détection n’est par suite possible.
- Une autre cause d’erreur très importante est due au déplacement de la source sonore dont la vitesse n’est pas négligeable par rapport à celle du son. Cette erreur, que l’on appelle le traînage du son, peut être définie comme l’angle formé par la ligne de visée optique et la direction d’écoute. Pendant que le son émis à l’instant t se propage dans l’atmosphère jusqu’aux instruments d’observation, auxquels il arrive au temps t', l’avion s’est déplacé et a parcouru une distance (t'-t)(>, v étant sa vitesse de dépla-
- Ajoutons que si l’on connaît la direction de déplacement de l’avion et sa vitesse, on peut faire la correction nécessaire avec une assez grande précision. Les appareils d’écoute et de repérage par le son sont munis de dispositifs qui effectuent la correction automatiquement et dans certains cas, la correction due à la vitesse du vent et à la température.
- Néanmoins la précision du repérage acoustique d’un avion est beaucoup moins grande que celle du repérage optique, et on a cherché à s’adresser à d’autres phénomènes.
- DÉTECTION PAR CELLULES PHOTOÉLECTRIQUES
- Fig. 5. — Appareil de repérage Goerz.
- Il est muni de collecteurs paraboliques. Le son concentré au foyer de est capté dans un conducteur elliptique dont un loyer coïncide avec parabole, l’autre avec l’oreille de l’opérateur.
- cernent. Si l’avion se déplace verticalement au-dessus de l’observateur, l’angle de traînage est approximativement
- Ç . ,
- égal à-, v étant la vitesse de l’avion, Y celle du son (en
- supposant le vent nul et la température constante). Le tableau suivant montre l’importance de cette correction.
- Vitesse de l’avion (kilomètres à l’heure). Angle de traînage.
- 100 4°6
- 200 9°
- 300 14°
- 380 18°
- Parmi les suggestions les plus intéressantes, nous citerons celle de Rawlings, qui préconise la recherche d’un détecteur sensible aux rayons infra-rouges émis par le moteur de l'avion dont certains organes, comme les tuyaux d’échappement, se trouvent portés à haute température. Evidemment si un tel détecteur pouvait être réalisé, on obtiendrait la précision des visées optiques, même de nuit, avec en plus cet avantage, que les rayons infra-rouges, grâce à leurs propriétés spéciales, pourraient être décelés même si l’avion était masqué par la brume ou des nuages peu épais.
- Cette proposition n’est peut-être pas aussi irréalisable qu’elle peut sembler à première vue car déjà, en Amérique, A. Fitzgerald est parvenu, à l’aide de cellules photo-électriques ordinaires, et sans rechercher une sensibilité particulière, à déceler des avions volant à une altitude de plus de 1000 m.
- La figure 8 montre le schéma de l’appareil. I ne paire d’objectifs L, L, donne, dans le plan focal des lentilles, les images d’objets compris dans un champ optique assez vaste (portion de ciel) où se déplace un aéroplane, dans le cas particulier qui nous occupe. Dans les plans focaux de L, et L2 sont placés deux écrans spéciaux S, S2 à travers lesquels toute la lumière tombant sur les objectifs doit passer avant d’être concentrée par deux lentilles Ct C2 sur les cellules photoélectriques P, IV
- Les deux écrans S, S, sont divisés en petites portions, alternativement transparentes et opaques; cette division, identique pour les deux écrans, peut être régulière ou non, et de différents modèles (damiers, stries parallèles équidistantes ou non, etc.), mais à toute partie opaque de S, doit correspondre une partie transparente de S, et inversement. En d’autres termes, S, est analogue à un négatif photographique et S, au positif transparent correspondant.
- On remarquera sur la figure que les écrans ont l’apparence d’échiquiers, mais à chaque carré blanc de S, correspond un carré noir de S,. Dans ces conditions, un rayon lumineux issu d’un objet situé dans le champ des objectifs donnera un rayon réfracté à travers L2 qui
- la parabole celui de la
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- traversera, par exemple, l’écran S2 et influencera la cellule photoélectrique P2 tandis que le rayon réfracté par L i sera arrêté par un noir de l’écran S, et n’atteindra pas Pj.
- En résumé, un rayon lumineux donnera deux images formées par L, et L2 mais il n’y en aura qu’une qui arrivera à une des deux cellules photoélectriques.
- Si un objet se déplaçant dans le champ des deux lentilles est à une distance et à des dimensions telles que les images formées sur les écrans S, S2 sont de l’ordre de grandeur du quadrillage, ou plus petites, ces images se formeront alternativement sur des parties transparentes et opaques des écrans. Quand l’image sera sur une partie transparente de S,, elle influencera la cellule P, seule, car l’image sur S2 tombe sur une partie opaque. Le déplacement de l’objet continuant, l’image se déplacera sur S, et se formera sur une portion opaque, tandis qu’au contraire l’image sur S, tombera sur une partie transparente. P2 sera influencé et P, ne le sera pas. Ainsi donc, tout objet se déplaçant influencera alternativement Pj et Ps, la fréquence de l’alternance dépendant de la vitesse de déplacement de l’objet et des dimensions du quadrillage des écrans.
- Remarquons que si rien ne se déplace dans le champ, quelle que soit la distribution des couleurs et des intensités lumineuses, et même si l’intensité de l’illumination générale varie (passage de nuages devant le soleil, par exemple) les actions sur P, et Ps seront équivalentes.
- Les cellules photoélectriques P, P2 sont intercalées dans un pont de Wheatstone, équilibré par les résistances R, R2. Un système amplificateur est relié à la branche d’équilibre du pont, un condensateur étant inséré dans le circuit.
- Le rôle de ce condensateur est de ne laisser l’amplificateur être influencé que par des variations alternatives de l’équilibre du pont. Dans ces conditions, une variation d’illumination du champ, la fatigue plus grande d’une cellule après un certain temps de fonctionnement, les modifications lentes du paysage (ombres plus ou moins importantes suivant la position du soleil, passage de nuages dans le ciel, etc.) seront sans action sur le système amplificateur.
- Dans les expériences de Fitzgerald, les lentilles Lx L2 étaient des lentilles ordinaires de projection du commerce; l’amplificateur, à quatre étages seulement, actionnait une sonnerie par l’intermédiaire d’un relais. Bien que la sensibilité maxima n’ait pas été cherchée pour les différents organes de l’appareil qui était simplement un appareil d’étude, le passage d’un avion à 1000 m d’altitude et à une distance horizontale de 300 m a pu être nettement décelé.
- Nul doute qu’en perfectionnant les divers éléments, en délimitant le champ par des écrans convenables, en utilisant deux appareils jumelés, on ne puisse arriver à un repérage de jour pour le moins aussi bon qu’avec les systèmes acoustiques, mais plus précis et ne nécessitant pas de corrections plus ou moins aléatoires. Pour le repérage de nuit, sur le principe de Rawlings, c’est la possibilité de
- Fig. 6. — Schéma du montage d’un détecteur à oscillographe cathodique. (D’après la conférence du Major W. S. Tucker.)
- réalisation de la cellule photoélectrique sensible au rayonnement infra-rouge de l’avion qui constitue la difficulté majeure.
- Nous ne dirons rien du repérage de nuit des avions par projecteur lumineux. Comme le faisceau ne peut balayer qu’une faible partie du ciel, il est bon de faciliter la recherche par une première détermination au son, par exemple. D’autre part, il faut que l’observateur soit aussi éloigné que possible du projecteur pour ne pas être gêné par la lueur du faisceau. Plus il sera loin et dans l’obscurité, meilleure sera la visibilité. Aussi la commande à grande distance du projecteur est-elle indispensable. L’avion repéré pourra être télémétré et les constantes de tir déterminées. Malheureusement, tout avion saisi par un projecteur cherche immédiatement à lui échapper et le pilote exécute alors toutes les manœuvres possibles : changement d’altitude, changement de route brusque, qui constituent, comme nous allons le voir, un excellent système de défense.
- LE CALCUL MÉCANIQUE DES COORDONNÉES DU TIR CONTRE AVION
- En effet, si l’avion se déplace avec une vitesse de 100 m à la seconde (360 km-h), et est repéré à une distance de
- Fig. 7. — Allure des trajectoires sonores suivies par le son provenant d’un avion. (D’après la conférence du Major W. S. Tucker.)
- 3000 m.
- Zone de silence
- 12000
- 15000
- 18000 m .
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- 6 km de la batterie, en 1 mn il sera à la verticale de la batterie, c’est-à-dire que toutes les manœuvres de la défense devront être accomplies extrêmement rapidement. Si l’avion vole à 4000 ni d’altitude, l’obus mettra 15 à 20 sec pour arriver à son altitude; pendant ce temps, il aura parcouru 1,5 à 2 km, donc il faudra pointer 2 km en avant de la position de l’avion à l’instant du tir, et avec une précision telle que l’obus n’éclate pas à plus de 50 m de l’avion pour le blesser efficacement. En d’autres termes, pendant le temps nécessaire au calcul des coordonnées du tir, au pointage de la pièce et à l’arrivée de l’obus au point d’éclatement, il faut supposer que l’avion continue son vol en ligne droite, à vitesse et à altitude constantes.
- Ce n’est que si ces conditions fondamentales sont remplies que les dispositifs dont nous allons parler permettront une défense efficace.
- Malheureusement, les pilotes connaissent également les hypothèses précédentes et par suite chercheront à les mettre en défaut. D’un autre côté, plus les avions sont puissants, rapides et lourdement chargés, plus il leur est difficile de' modifier brusquement leur ligne de vol. A 500 km à l’heure, un gros avion de bombardement est une sorte de projectile et la force centrifuge que crée tout changement de route agit dangereusement et sur le pilote et sur l’appareil. Enfin, pour qu’un bombardement soit efficace, que le but visé soit atteint, il faut que l’avion, un temps assez long avant de lâcher ses bombes, vole en ligne droite et à altitude constante.
- Fig. 8. — Le détecteur à cellule photoélectrique de M. Fitzgerald.
- Amplificateur
- On arrive donc à la conclusion assez paradoxale à première vue, qu’un avion relativement peu rapide (200 à 250 km à l’heure), mais très manœuvrier, aura plus de chances d’échapper au tir des batteries terrestres (sauf si la densité de tir est telle qu’elle forme un véritable rideau de barrage) qu’un avion très rapide mais ne pouvant changer que très lentement ses conditions de vol. Comme la tendance actuelle est justement à l’accroissement maximum de vitesse, le rôle des batteries antiavion reste très important, surtout si l’alerte a pu être donnée par des postes d’écoute suffisamment éloignés pour permettre de calculer des éléments de tir provisoires qu’il n’y aura plus qu’à rectifier quand l’avion se présentera dans le champ d’action des batteries tirantes.
- Quoi qu’il en soit, toutes les corrections doivent être faites très rapidement, et c’est pourquoi on a mis au point des appareils automatiques, véritables machines à calculer instantanées dont la figure 9 montre une réalisation.
- Supposons donc connues la direction et la vitesse de déplacement de l’avion : en multipliant la vitesse par le temps que mettra le projectile à atteindre l’altitude de l’avion, on détermine sur la trajectoire de l’avion la position vers laquelle il faudra pointer la pièce. Mais une difficulté apparente se présente immédiatement : la durée de déplacement du projectile dont on veut tenir compte est celle jusqu’à la nouvelle position de l’avion, que l’on ne connaît pas. On a besoin de ce temps pour déterminer la position future et on a besoin de la position future pour calculer le temps. Dans la pratique, une machine spéciale résout cette détermination. Elle calcule le temps de déplacement de l’obus par la position actuelle, ce qui donne une position future de l’avion qui est inexacte. Simultanément, pour cette nouvelle position, on calcule un nouveau temps de déplacement qui sert pour obtenir une position future plus exacte qui recorrige le temps de déplacement. Les deux opérations s’effectuent simultanément et le résultat final est obtenu en 2 ou 3 sec.
- Les tables de tir ont été établies pour chaque type de canon et donnent, en fonction de la distance et de l’angle de site du but, le temps que met l’obus à parcourir sa trajectoire, et c’est ce temps, lu directement ou mécaniquement sur des courbes préalablement tracées d’après les tables de tir, qui est utilisé dans l’appareil précédent.
- Un grand perfectionnement a été de déterminer la position du but, non plus en coordonnées polaires (distance et angle de site) mais en coordonnées rectangulaires. On a ainsi une courbe pour chaque altitude et, si l’avion vole à hauteur constante, on n’a plus à travailler que sur une seule courbe. Un autre perfectionnement a été l’emploi d’une came à trois dimensions. Sa forme rappelle celle d’un jambon que l’on ferait tourner autour de l’os comme axe. Cette came tourne autour de cet axe d’un angle proportionnel à l’une des coordonnées de l’avion, par exemple son angle de site; elle se déplace parallèlement à son axe d’une quantité proportionnelle à une autre coordonnée, la distance, par exemple. Une aiguille maintenue au contact et perpendioulairement à la came, et passant dans un guide fixe aura donc son extrémité qui se déplacera d’une quantité qui dépendra de la forme
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- de la came. Cette forme est telle que le déplacement de la pointe de l’aiguille donne automatiquement la mesure du temps de trajet de l’obus jusqu’à l’avion.
- La commande des mouvements de la came est elle-même automatique. L’appareil porte une lunette que l’observateur dirige sur l’avion et qui fait tourner la came par un train d’engrenages. Un télémètre commande également par l’intermédiaire d’un système mécanique le déplacement de la came suivant son axe de rotation. Les données que l’on enregistre dans la machine à calculer sont donc relatives à la position actuelle de l’avion et la came, pour fournir les renseignements utiles, doit travailler suivant la position future de l’avion. La différence entre les deux, que la machine détermine automatiquement comme nous l’avons vu plus haut, est instantanément introduite dans les commandes de la came par des trains d’engrenages différentiels.
- En réalité, l’appareil est beaucoup plus compliqué, par suite des autres facteurs dont il faut tenir compte : l’avion ne se déplace pas dans un plan vertical passant par l’observateur, sauf s’il vient droit sur lui; l’angle de visée correspondant à la position future de l’avion n’est pas l’angle de tir sous lequel doit être pointée la pièce; mais les mécanismes nécessaires pour tenir compte de ces facteurs se ramènent tous au déplacement d’une came à trois dimensions. Bien d’autres corrections doivent aussi être apportées aux indications de tir, comme dans l’artillerie terrestre : correction de vent, de densité de l’air en particulier, et les machines les effectuent automatiquement.
- Bien plus, elles commandent, par asservissement électromagnétique, la mise en batterie des pièces et le débouchage des fusées des obus d’après le temps qu’elles ont calculé, en tenant même compte du temps nécessaire (2 à 3 sec) pour enlever l’obus du débouchoir, l’introduire dans le tube-canon et actionner le tire-feu.
- Ce que nous venons de dire est suffisant pour montrer quelles merveilles de mécanique sont ces appareils dont
- = LA TULAREMIE
- NOUVELLE MALADIE INFECTIEUSE
- rait, mais la tuméfaction des ganglions persistait longtemps, n’aboutissant cependant pas à la suppuration ».
- Vers 1910, l’attention de certains praticiens américains fut attirée par une affection sévissant parmi les bergers, au commencement de l’automne. Cette affection, à allure de typhoïde prolongée, souvent accompagnée d’un engorgement ganglionnaire allant jusqu’à l’ulcération, leur parut transmise par des insectes piqueurs. C’est pourquoi ils lui donnèrent d’abord, dans certaines régions le nom de fièvre de la mouche du daim (Deer fly fever), dans d’autres, de fièvre de la mouche du bétail (Cattle fly fever).
- D’autre part, le Dr Mc Coy, entre 1908 et 1911, montra l’existence d’une pseudo-peste de certains rongeurs,
- HISTORIQUE
- La tularémie est une maladie infectieuse connue depuis très peu de temps. Cela ne veut pas dire qu’elle n’existait pas auparavant.
- Derbek, dans son histoire des épidémies de peste en Russie, décrit une épidémie pestiforme, observée à Astrakan et dans ses environs, en 1877. Cette épidémie se traduisait par une fièvre élevée montant à 40°5 ou 41°, du délire, une faiblesse générale et « une tuméfaction des ganglions lymphatiques, principalement au niveau du tiers supérieur de la cuisse, quelquefois même des ganglions axillaires, sous-maxillaires et cervicaux. La fièvre tombait très rapidement, l’état général s’amélio-
- VUj. 9. — La machine Spcrry pour le calcul mécanique des coordonnées du lir.
- la figure 9 montre un type simple créé par Sperry. Ajoutons que leur prix qui est de l’ordre de 500 000 fr à un million est seul un obstacle à la généralisation de leur emploi.
- Ainsi qu’on peut s’en rendre compte par l’exposé précédent, les problèmes que soulève la défense à partir du sol, contre les avions, sont multiples et extrêmement compliqués. Depuis la grande guerre, les perfectionnements ont été considérables, mais il semble que malgré les progrès réalisés, les résultats ne sont pas entièrement satisfaisants et bien que l’aviation seule ne puisse être le facteur déterminant dans la guerre future, elle n’en est pas moins une arme dont la puissance offensive est difficile à neutraliser directement. IL Vigneron.
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- comme les rats et les spermophiles, qu’il réussit à inoculer au cobaye. En poursuivant, en collaboration avec Chapin, l’étude bactériologique de cette maladie des rongeurs, il réussit à isoler et à cultiver le germe de la pseudopeste de l’écureuil de terre (Citellus beechevï). Ces deux savants lui donnèrent le nom de Bacterium tularense, parce que l’affection même avait été déjà baptisée tularémie, du nom de Tulare, petit comté de Californie dans lequel la plupart des écureuils infectés avaient été trouvés.
- Bientôt Chapin tomba malade d’une affection à allure de typhoïde prolongée. Convalescent, il mélangea avec son sérum le B. tularense de l’écureuil et constata l’agglutination. Les doutes n’étaient donc plus possibles : Chapin était victime d’une contamination de laboratoire et c’est bien là le premier cas dans les annales de la bactériologie où la transmission d’une nouvelle maladie infectieuse à l’homme a été démontrée par une contamination de laboratoire, confirmée par le séro-diagnostie.
- En 1925, le docteur japonais H. Ohara, qui étudiait
- Fig. 1. — Bactéries de tularémie (Bacterium tularense).
- A droite : divers aspects de bactéries, grossies 4000 fois, dans ia culture (dessin de l’auteur d’après le microscope). A gauche : bactéries dans la culture, grossies 2500 fois. (Préparation de l’auteur. Microphotographie du D' Comandon.)
- une nouvelle affection humaine dans certaines régions du Japon, constata son analogie avec une maladie du lapin sauvage sévissant par poussées tous les trois, six ou dix ans. Les observations publiées par ce savant tombèrent sous les yeux du docteur américain Francis, spécialisé dans l’étude de la tularémie, qui demanda au Dr Ohara de lui envoyer du sérum et des ganglions des malades guéris. Il identifia l’affection japonaise avec la tularémie américaine.
- Pendant ce temps le Dr Ohara et sa femme tentèrent de démontrer la possibilité de la transmission de la tularémie de l’animal à l’homme. Avec le consentement de sa femme, Ohara inocula celle-ci, par simple friction cutanée, avec le sang d’un lapin mort de tularémie. Mme Ohara fit une forme ulcéro-ganglionnaire et après la guérison son sérum agglutinait le B. tularense.
- En Russie, l’attention des bactériologistes fut attirée par des épidémies ressemblant à une peste et sévissant par poussées, surtout parmi les chasseurs de rats d’eau,
- qui en font commerce pour les fourrures. En 1926, Souvoroff, Wolfers et Voronkova isolèrent un cocco-bacille pathogène pour le cobaye, la souris, le spermophile, agglutinant le sérum des hommes et des animaux malades; ils pensèrent au B. tularense et, à la suite d’une épidémie pestiforme de 200 cas environ, survenue en 1926, le Dr Zarklii envoya à Mc Coy le germe recueilli lors d’une épidémie de 76 cas à Obdorsk (Sibérie). Mc Coy l’identifia comme étant le B. tularense. Plus tard une épidémie de 800 cas de tularémie, parmi les chasseurs de rats d’eau, a encore été constatée sur les bords du fleuve d’Oka.
- Enfin, depuis 1929, plusieurs dizaines de cas de tularémie humaine ont été constatés en Norvège et en Suède.
- Nous ne parlerons pas de trois autres cas observés en Angleterre, à l’Institut Lister, à la suite de contaminations de laboratoire, par des cultures de B. tularense reçues d’Amérique.
- La tularémie est donc devenue, depuis peu d’années et subitement, une maladie assez commune dans certaines régions.
- L’AGENT PATHOGÈNE
- Le B. tularense (fig. 1) est un bâtonnet immobile, long de 0[a3 à Op.7 et épais des deux tiers. Il est à peine visible aux plus forts grossissements. Il ressemble aux cocci, il ne prend pas le Gram et ne pousse pas sur les milieux usuels, ce qui explique qu’on l’ait si longtemps ignoré.
- Dans les cultures, les bactéries se présentent généralement en gros amas irréguliers ou en grappes (fig. 1) ; parfois, on en voit en courtes chaînettes formées de deux à quatre éléments. Assez fréquemment, les bactéries sont en deux couches superposées ; celles du fond sont peu colorées, celles du dessus le sont plus fortement. On observe parfois des corps pâles, à contours colorés, comme certaines spores.
- On peut cultiver le B. tularense sur un des deux milieux suivants :
- 1° Milieu au jaune d’œuf de Me Coy et Chapin :
- Eau salée..................... 40 pour 100
- Jaune d’œuf................... 60 —-
- 2° Milieu solide à la cystine :
- Bouillon frais de bœuf. . . . 100
- Peptone ...................... 1
- Gélose........................ 1
- NaCl.......................... 0,5
- auquel on ajoute avant l’emploi :
- Cystine....................... 0,1 pour 100
- Glucose....................... 1 —
- On met au bain-marie, et après avoir refroidi à 50° on ajoute 5 pour 100 de sérum humain ou de cheval.
- Le B. tularense conserve sa virulence pendant un mois à la température du laboratoire et pendant six mois à + 10°. C’est un aérobie strict; la température optima de culture est 37° et le pH optimum de 6,8 à 7,3. Il meurt en 10 mn à 55-58°.
- Les études bactériologiques sur la tularémie se poursuivent aux États-Unis, au Japon, en U. R. S. S., en Suède (fig. 2) et en Allemagne, avec toutes les précau-
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- (ions nécessaires pour éviter l’infection des chercheurs, les contaminations de laboratoire étant particulièrement fréquentes.
- LA MALADIE
- Après une incubation qui dure de deux à sept jours, en moyenne de trois à quatre jours, et exceptionnellement, dans un cas, après 14 h seulement, la tularémie débute brutalement par des frissons, une ascension de la température à 40°, des sueurs, de la céphalée, des douleurs lancinantes. Le malade est prostré, parfois délirant et nauséeux.
- Au deuxième jour apparaît un engorgement ganglionnaire de la région infectée. Bientôt commence la nécrose; il se produit une ulcération (fig. 3) donnant issue à un pus épais, visqueux, jaune. La pustule peut persister pendant des semaines et des mois. Le malade maigrit rapidement. La convalescence est longue : de deux à trois mois et même parfois plus.
- Quand l’œil est infecté (fig. 4), on observe, en plus des symptômes généraux, une tuméfaction rapide des paupières; la conjonctive devient rouge vif, parsemée d’ulcérations jaunes, ovalaires comme des « pois jaunes sur un morceau d’andrinople » (Vail). Les ganglions préauriculaires, parotidiens, sous-maxillaires et sous-men-taux gonflent. La guérison a lieu en cinq semaines environ; parfois elle demande une année et la maladie peut entraîner la perte de l’œil par perforation de la cornée.
- Dans les contaminations de laboratoire, déjà souvent observées, la maladie prend une forme dite « typhoïde », sans ulcérations ganglionnaires. La guérison est de règle et Francis n’a observé, sur 348 cas, que dix décès survenus chez des vieillards ou des sujets prédisposés à la septicémie, mais la tularémie rend incapable de travailler pendant de longs mois.
- LA CONTAGION
- Les animaux sensibles sont nombreux. Le cobaye, la souris, a belette, le furet, le chat domestique et même le jeune ours brun sont réceptifs expérimentalement. On a isolé le germe chez le lapin sauvage, le lièvre, le rat d’eau, l’écureuil de terre, le coyotte, le hamster, l’opossum, le campagnol, le rat commun, le rat musqué, la marmotte, le lemming (fig. 5 à 10) ; parmi les animaux domestiques chez le mouton, et parmi les oiseaux chez la caille (fig. 11).
- Enfin, des insectes ont été trouvés porteurs de germes : les taons (Chrysops discalis et Chrysops noctifer) (fig. 12 et 13), la tique des bois d’Amérique (Dermatocentor andersoni), la punaise (Cimex lectularius), le pou de lapin (.Hemodipsus ventriculosus), le pou de l’écureuil et des grouses (fig. 14), le moustique ( Anopheles maculipennis).
- Les principaux réservoirs de germes, dans les pays où la tularémie sévit sur les hommes, sont : le lapin sauvage, en particulier la variété Jack, l’écureuil de terre et l’opossum aux Etats-
- Fig. 2. — Bâtiments modernes abritant des animaux de laboratoire au Statens Bâcleriologiska Laboratorium à Stockholm; les animaux atteints d’infections dangereuses y peuvent être bien isolés.
- Unis; le lapin sauvage et le rat musqué, au .lapon; le rat d’eau, en Russie; le lemming dans les pays Scandinaves.
- La contagion a lieu par simple contact avec un animal infecté. L’expérience, citée plus haut, du docteur japonais Ohara sur sa femme et de nombreuses contaminations de laboratoire, l’ont démontré. Ce sont donc les chasseurs, les cuisiniers et les bactériologistes des laboratoires où l’on étudie cette infection, qui sont les plus exposés.
- En 1932, Crawford a signalé une contamination survenue à la suite de l’ingestion d’un lapin mal cuit. Une femme a été contaminée en touchant un poisson capturé avec un appât constitué par un morceau de lapin infecté, et, bien entendu, le pêcheur lui-même contracta la tularémie pour avoir dépouillé ce lapin. Enfin quelques cas de tularémie dus aux morsures d’animal infecté (coyotte, porc et écureuil) ont été aussi enregistrés. Aux Etats-Unis, Francis a enregistré un cas chez l’homme et Parker deux autres à la suite d’une piqûre du doigt par une esquille d’os de caille.
- La transmission de la tularémie par un insecte vecteur
- Fig. 3 et 4. — A. gauche : Ulcération ganglionnaire dans la tularémie.
- A droite : Forme, oculaire de tularémie. : ulcération de l’œil gauche et les ganglions surtout ceux sous-maxillaires gauches enflés.
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- est cependant loin d’être exclue. Lors de la récente épidémie dans le gouvernement de Saratov (U. R. S. S.), V. Fedorov et V. Sivolobov ont souvent constaté comme portes d’entrée les piqûres d’insectes sur les parties découvertes du corps et celles des tiques sous les vêtements. Ils ont également noté la fréquence des malades près d’eaux stagnantes riches en moustiques (Anopheles maculipennis), habitées par les rats aquatiques (Arvicola amphibius), qui sont les principaux porteurs de germes tularémiques en Russie. Après avoir nourri ces
- 33 cas de tularémie, 7 cas contractés lors de l’enlèvement de tiques sur des animaux domestiques.
- Francis et Lake ont réussi à transmettre la tularémie dans la proportion de 70 pour 100 à des souris, en leur faisant dévorer des punaises infectées et ils ont montré que les excréments de ces souris contiennent encore le bacille 120 jours après le repas infectant. La contamination peut être également transmise par les excréments des insectes vecteurs, leurs œufs, larves et nymphes. D’ailleurs, la tularémie présente des variations saison-
- Fig. 5 à 10. — Quelques animaux sensibles à la tularémie. — 5. Écureuil de terre d’Amérique (Citellus Beeclieyi). — 6. Lapin sauvage d’Amérique, variété Jack (Lepus Townsendi). Sa fourrure est d’un gris argenté et il est presque deux fois plus grand que le lapin de garenne de France. — 7. Hamster (Cricetus frumentarius). Petit rongeur dont la fourrure est très appréciée. — 8. Rat d’eau (Arvicola amphibius). Plus petit que le rat commun, mais de fourrure plus fine. L’U. R. S. S. livre au marché chaque année deux millions environ de ces peaux. — 9. Femelle d’opossum (Didelphis Virginiana) avec ses trois petits. — 10. Lemming (Lemmus lemmus L.). Petit rongeur des pays du Nord. Sa longueur
- moyenne est de 8 cm environ.
- moustiques avec des cultures de B. tularense émulsionnées dans l’eau glucosée, les auteurs russes ont constaté que les moustiques conservent les germes virulents pendant plus de 50 jours après le dernier repas infectant.
- D’autre part, aux Etats-Unis, Francis compte, sur 150 cas de tularémie, 14 cas dus aux piqûres de taons, et 17 à celles de tiques, et dans une autre statistique, sur
- nières qui semblent en rapport avec l’existence de l’agent vecteur. Ainsi, dans les régions où elle est transmise par les tiques, les cas s’observent surtout de mars à juin; là où elle est propagée par les mouches (taons), de juin à septembre. Enfin, dans les régions où elle est transmise par les lapins, c’est de novembre à janvier, lorsque la chasse à ces animaux est ouverte, que l’on enregistre la
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- plupart des cas. Notons aussi, que, sans être démontré indiscutablement, le rôle de la puce, comme transmetteur de l’animal à l’animal et de l’animal à l’homme est fortement soupçonné.
- THÉRAPEUTIQUE ET PROPHYLAXIE Le traitement de la tularémie est, pour ainsi dire,
- .....=.."" ' ....- 551 =
- démontré que la maladie ne confère pas une immunité durable, car de nouvelles contaminations ont été constatées, huit à dix mois après la première atteinte. C’est, peut-être à cette circonstance qu’il faut attribuer jusqu’ici l’échec de la sérothérapie. Par contre, certains auteurs russes prétendent que la première atteinte confère une immunité.
- Fig. 11 à 14. — 11. Caille (Coturnix coturnix coturnix L.). Gibier très apprécié et qui, aux États-Unis, se trouve parfois contaminé par la tularémie. — 12 et 13. Taons d’Amérique, vecteurs de la tularémie; en haut, variété Chrysops discalis et en bas, Chrysops noctiler. — 14. Grouse (Lagopus scoticus Latham). Gibier bien rare occupant une place entre le coq de bruyère et le perdreau. Ses poux sont parfois contaminés
- par la tularémie.
- encore inconnu. On soigne l’adénopathie par des pansements humides chauds; les instillations à l’argyrol ou au mercurochrome ont donné de bons résultats dans la forme oculo-ganglionnaire; par contre, la vaccinothérapie a causé parfois des aggravations. D’autre part, malgré l’agglutination du bacille par le sérum des malades ou des convalescents, les contaminations de laboratoire ont
- Etant donné l’extrême danger de contagion de la tularémie, la déclaration de cette maladie est actuellement obligatoire aux Etats-Unis, au Japon, en U. R. S. S. et dans les pays Scandinaves. L’extension zoologique des germes rend bien difficiles d’autres mesures prophylactiques. Le comité d’hygiène des Etats-Unis se borne à recommander aux chasseurs de se méfier des animaux
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- malades, se laissant approcher et faciles à tirer, et aux cuisiniers de ne dépouiller les lapins qu’avec des gants de caoutchouc.
- CONCLUSION
- Si la tularémie est une maladie rarement mortelle, elle est pourtant une maladie très facilement transmissible et grave, puisqu’elle immobilise le malade pendant de longs mois.
- Certains auteurs la considèrent comme une peste bénigne. D’ailleurs, avant la découverte de Mc Coy et Chapin, la plupart des médecins américains confondaient la tularémie des écureuils avec la peste bubonique. Actuellement il est démontré que ces deux infections sont bien distinctes, et la meilleure preuve ën est que la vaccination antipesteuse, qui confère l’immunité contre la peste, est inefficace contre la tularémie.
- D’autre part, c’est une maladie des climats tempérés; ses réservoirs et ses vecteurs sont nombreux; il y a donc toutes les raisons de craindre sa propagation dans tous les pays tempérés d’Europe. En dehors des animaux migrateurs tels que le rat d’eau ou la caille, elle peut être introduite dans un pays où elle est encore inconnue, y
- compris la France, par l’importation de gibier infecté. Il semble que la mesure sanitaire exigeant la vente obligatoire des lapins sauvages importés avec leur foie, devrait être prescrite; en effet, l’intégrité du foie est presque toujours un test de bonne santé. Par contre, la présence de granulations à la surface de cet organe peut éveiller un soupçon de tularémie.
- Enfin, pour terminer, disons que, si l’on en croyait certaines rumeurs, des esprits malfaisants, au lieu de chercher à combattre ce nouveau fléau, envisageraient la possibilité d’employer des cultures de B. tularense pour propager cette infection parmi les ennemis lors des guerres futures. Certes, il n’est guère d’autre maladie facilement transmissible par le simple dépôt de germes et par le moindre contact direct, relativement humaine, puisque, sans donner la mort, elle suffit pour mettre des hommes valides hors de toute activité pendant de longs mois. Ce n’est pas une raison pour inventer la guerre bactériologique.
- Mais la France, berceau de la bactériologie, ferait peut-être bien, pour éviter toute surprise, d’aborder dès maintenant la recherche de la vaccination antitula-rémique. W.-N. Kazeeff.
- NOTATIONS SPECTROGRAPHIQUES ET ASTRONOMIE m
- XIII. — LES RÈGLES DE SÉLECTION
- Nous avons dit au début de cet article que la connaissance des termes pouvait suppléer à la connaissance des raies, puisque toute raie a pour nombre d’onde une différence de termes. Le lecteur a même pu supposer un instant que toute différence de termes, pourvu qu’elle soit positive, représente une raie. Le moment est venu de rectifier cette erreur et de montrer que certains termes choisis peuvent seuls se combiner à certains autres, ce qui diminue considérablement la richesse des spectres qui se déduisent d’une suite de termes donnés.
- Le choix auquel nous venons de faire allusion est réglé par des lois très précises, qui ont reçu le nom de règles de sélection.
- Ces règles ne doivent pas être considérées comme des mesures de faveur privilégiant certaines combinaisons et en condamnant d’autres. Elles s’inspirent toujours de la même considération d’équité : quelle est la probabilité attachée à une transition entre deux termes donnés ? Cette probabilité variera entre 0 et 1, et peut prendre toutes les valeurs intermédiaires. Quand la probabilité est très grande (égale à 1 sous certaines conventions) l’intensité de la raie émise sera elle-même très grande; quand la probabilité est nulle, tout se passe pratiquement comme si la raie était interdite. Mais cette interdiction, comme tout résultat de calcul, n’a de valeur que sous certaines hypothèses simplificatrices. L’interdiction d’une raie, qui peut être absolue à un certain degré d’approximation, cessera d’être stricte si on sort des limites de l’approximation admise. Voilà pourquoi beaucoup de raies interdites ont été néanmoins observées soit au laboratoire, soit dans le
- 1. La Nature, n08 2989 et 2990, 15 novembre et 1er décembre 1936, pp. 443 et 491.
- domaine céleste. Nous allons rechercher si ces raies « parias » peuvent se reconnaître d’avance d’après les symboles de leurs termes et montrer l’importance toute spéciale qu’elles prennent en astronomie physique.
- XIV. - DIPOLES ET QUADRUPOLES
- Prenons un élément de volume très petit, mais de dimensions finies, tel qu’un atome. Supposons que cet élément contienne des charges électriques en mouvement et aussi des courants électriques variables, ou, ce qui revient au même, des masses électriques et des masses magnétiques mobiles. La théorie classique de Maxwell nous apprend alors que l’élément de volume devient une source de rayonnement électromagnétique. Tel est, par exemple, le cas d’une antenne de T. S. F. qu’on peut assimiler a un doublet électrique vibrant, ou celui d’un cadre de T. S. F. fermé sur lui-même, qui fonctionne comme doublet magnétique vibrant. Tous les amateurs savent d’ailleurs que le rayonnement d’un cadre est beaucoup plus faible que celui d’une antenne, et quelques-uns en connaissent la raison : le rayonnement magnétique est au rayonnement électrique à peu près comme la vitesse d’un électron est à la vitesse de la lumière.
- A l’intérieur d’un atome, il existe tout un système de charges et de courants variables, c’est-à-dire de doublets électriques et magnétiques vibrants. L’ensemble de ces doublets peut, en première approximation, être assimilé à un dipôle électrique unique (obtenu en remplaçant toutes les charges négatives par une charge résultante placée en leur centre de gravité). On démontre aisément que cette approximation est d’autant a
- meilleure que le rapport - est plus petit (a, diamètre de l’atome,
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- A longueur d'onde). Mais pour être rigoureux il faut compléter le système en ajoutant au dipôle électrique vibrant une configuration vibrante du second ordre, qui comporte à la fois un dipôle magnétique et un quadrupôle (1) électrique, sans compter les termes d'ordre supérieur (octopôles, etc.) dont heureusement il n'y a pas à se préoccuper en pratique car ils sont actuellement inaccessibles à l'expérience.
- Lorsqu’un rayonnement électromagnétique ou lumineux est émis, il est produit principalement par des changements périodiques dans le moment de dipôle électrique; mais à ce rayonnement se superpose généralement un rayonnement beaucoup plus faible dû soit au dipôle magnétique, soit au quadrupôle électrique. Si nous voulons énoncer des règles de sélection, il est donc essentiel que nous précisions le type de rayonnement auquel ces règles s'appliquent : rayonnement de dipôle électrique, rayonnement de quadrupôle, rayonnement de dipôle magnétique.
- XV. - CAS DES DIPOLES
- Les règles de sélection de beaucoup les plus importantes sont celles qui concernent le rayonnement ordinaire ou rayonnement de dipôle électrique. Ces règles ont été découvertes en grande partie bien avant le développement de Ja mécanique quantique. Mais elles ont reçu des théories nouvelles une interprétation particulièrement féconde.
- Les deux règles essentielles qui régissent les transitions de dij >ôle sont les suivantes :
- 1° Lorsqu'on passe de l'état initial à l'état final, le quantum J, s’il varie, ne peut varier que d’une unité :
- A J - 0, :± 1
- (avec exclusion supplémentaire de la transition 0 —0).
- 2° Aucune transition n’est possible entre deux termes pairs ou entre deux termes impairs, mais seulement entre termes de parité dilïérent.e. Voici comment on définit la parité d'un terme : si lv Z9, L, ... sont les quanta azirnutaux des électrons individuels de la configuration dont le terme est issu, le terme est pair si la somme lx + Zs -j- l3 -f- ... est paire, sinon il est impair. Par exemple, les deux termes P dont il a été parlé plus haut, sp P et p2P sont l'un impair (l.{ ~ 0,Zg, = 1), l'autre pair (l — 1, lv =1), et c’est la raison pour laquelle ils ne se combinent jamais à un même troisième terme.
- La première règle de sélection, que nous ne démontrons pas ici, découle des conceptions générales de la mécanique ondulatoire, qui interprète le quantum J comme caractéristique •du moment total de l'atome et ne peut admettre pour ce moment des sauts de plus d’une unité.
- La deuxième règle est une règle de symétrie. Elle exprime que tous les termes d'un même spectre se classent en deux groupes (termes pairs et termes impairs) : pendant l'émission -spectrale, la symétrie doit changer de type si l’on veut que la probabilité du rayonnement ne soit pas nulle. Une transition spectrale, comme la traversée d'une rue, mène nécessairement d'un numéro pair à un numéro impair.
- La division des termes d’un même spectre en termes pairs et termes impairs est pratiquement si importante (c'est elle qui décide si deux termes peuvent se combiner ou non), qu’on prend soin de noter dans les tables la parité des termes qui y sont classés. La notation la plus simple et la plus usitée est celle qui consiste à laisser aux termes pairs les symboles que nous leur avons attribués et à affecter, pour les termes impairs, les mêmes symboles, à droite et en haut, de l’indice 0 (impair se dit odd en anglais). Ainsi les deux termes déjà rappelés plus haut, se noteront :
- sp P° f)2P.
- 1. On désigne ainsi l’ensemble de deux dipôles parallèles et de -sens opposés.
- ==.::.==.................. ...... == 553 =
- On voit tout de suite qu'ils peuvent se combiner entre eux, mais non pas tous deux à aucun autre terme.
- XVI. - ÉTATS MÉTASTABLES
- Une première application très importante, en astronomie, de nos règles de sélection concerne les raies interdites issues d'un terme métastable. Rappelons ce qu'il faut entendre par ce mot (1). Prenons notre exemple dans le spectre O 111, qui fait partie de la série isoéleetronique des émetteurs à six électrons. La configuration la plus stable de ces six électrons est la configuration Lv2 ±s2 2p2, où l'on peut négliger les deux couches complètes 1s*2, 2s2, pour ne tenir compte (pie de la couche de valence 2 p2.
- La configuration 2p2 donne, d'après liund, naissance à trois termes : 3P, U), ]S. Le terme 3P, le plus profond de tous, représente l'état stable ou fondamental de O HL Les termes 1D et LS sont; situés un peu plus haut, et on pourrait s'attendre à des transitions 3P — 1D, 3P — 1S. Ces transitions sont interdites par notre règle de sélection, puisque tous les termes issus d'une même configuration possèdent la même parité. D’une façon générale, tous les termes issus de la configuration la plus stable d’un atome quelconque ne peuvent se combiner ni entre eux, ni avec le terme fondamental (le plus profond du groupe). On dira que ces niveaux sont métastables, puisque l'atome porté à l'un quelconque d’entre eux ne peut retomber spontanément au niveau normal par l’émission d’aucun rayonnement (de dipôle). Un atome excité à un niveau métastable ne peut quitter ce niveau que s’il y est aidé par une énergie étrangère (choc d’une molécule ou absorp-lion d’une radiation qui porte l’atome à un niveau encore plus élevé d’où les transitions au niveau normal redeviennent permises).
- Les raies 6548,1 6583,6 5754,8 ayant pour symboles :
- 3Pj — rD9 3P2 — 1D? rD —2 ]S0 sont précisément les raies interdites de O LU. Ces raies ont été observées avec certitude dans les nébuleuses. Puisqu'elles violent notre règle de sélection, nous devons conclure que ce ne sont pas des raies de dipôle, mais des raies de quadrupôle (2). Les probabilités de transition avec rayonnement de dipôle sont, en général, un million de fois plus grandes qu’avec rayonnement de quadrupôle. Ceci explique la difficulté qu'il y a à observer avec une intensité suffisante les raies de quadrupôle au laboratoire : la durée de vie d’un état qui ne peut se modifier que par émission quadrupolaire est de l'ordre de 1 à 100 sec, tandis que celle d’un état capable d’émission dipolaire est de 10-7 sec. Au laboratoire, le premier état sera détruit par des chocs moléculaires avant d’avoir pu rayonner. Dans une nébuleuse extrêmement raréfiée, où les chocs ne jouent aucun rôle, l’atome métastable aura le temps d’attendre et finira par rayonner son énergie sous forme quadrupolaire.
- Ce que nous venons de dire des raies de O UI s'applique à beaucoup d’autres atomes métastables (O 1, O H, Ne 111,
- S II, S III, etc.). On a reconnu dans les nébuleuses, dans les novæ, et dans certaines étoiles à atmosphère raréfiée, les raies interdites d’un grand nombre d’atomes et d’ions. Une liste très complète de ees raies interdites a été donnée récemment par Swings et par Bowen.
- Merrill a indentifié dans le spectre de 7] Carimo un grand nombre de raies interdites de Fe II qui n’ont jamais pu être obtenues au laboratoire, mais dont la longueur d’onde pouvait être très exactement prédite d’après la valeur des termes connus qui s’y rapportent.
- 1. Cf. La Nature, p. 101, 1930.
- 2. On pourrait songer aussi aux dipôles magnétiques. Ce cas est plus rare que celui des quadrupôles électriques et peut s'en distinguer par l’étude de l’effet Zeeman.
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- = 554 —............—:...=.:.=z:..........................
- XVII. - RÈGLE DE SÉLECTION EN COUPLAGE NORMAL
- Les règles de sélection qui ont été énoncées ci-dessus sont parfaitement générales et caractérisent le rayonnement de dipôle quel que soit le couplage mis en jeu dans l’atome (couplage Russell-Saunders, couplage (//), couplage intermédiaire).
- Dans le cas le plus important en pratique où le couplage est normal ou quasi normal, c’est-à-dire lorsqu’on peut utiliser les symboles Russell-Saunders, 2S +'Lj, de nouvelles règles de sélection apparaissent, qui limitent plus étroitement encore le choix des transitions. Ces règles, découvertes d’abord empiriquement, ont été pleinement justifiées par les résultats de la mécanique ondulatoire.
- La première d’entre elles exige que le quantum azimutal résultant L, ne varie pas de plus d’une unité :
- A L = 0, ± 1
- avec exclusion supplémentaire de la transition 0 —b 0.
- Ainsi les termes S ne peuvent se combiner qu’avec des termes P, les termes P avec S, P, ou D, les termes D avec P, D ou F, etc.
- La seconde règle exige que le spin résultant S ne change pas :
- A S = 0
- et par suite, les termes de même multiplicité sont seuls aptes à se combiner entre eux. Dans les éléments où il existe plusieurs multiplicités, les spectres correspondant à chacune de ces multiplicités sont donc absolument indépendants les uns des autres et se comportent comme les spectres d’éléments distincts. L’exemple le plus frappant de cette circonstance est fourni par l’hélium, dont le spectre de simplets et le spectre de triplets sont à ce point distincts qu’on les a attribués longtemps à des corps différents (parhélium et orthohélium).
- Les deux règles précédentes ne sont rigoureusement valables (surtout la seconds) que si le couplage Russell-Saunders est parfait, ce qui n’est jamais tout à fait le cas. Les atomes où le couplage est le plus voisin du couplage normal sont ceux dont les multiplets sont le plus étroits, c’est-à-dire ceux où l’influence énergétique du spin est le plus faible. Dans le cas des atomes très légers, où la structure fine est très serrée, les deux lois précédentes sont bien vérifiées. En particulier les raies dites à’intercombinaison, c’est-à-dire les transitions entre systèmes de multiplicité différente, sont pratiquement absentes. Tel est, par exemple, le cas pour la raie 2s 1S0 — 2p3Pt de Be I, dont l’intensité est au moins un million de fois moindre que celle des raies de triplets du même spectre d’arc. La raie de symbole homologue augmente notablement d’intensité à mesure que l’on s’éloigne du couplage normal (ce qui se reconnaît à l’envergure croissante des multiplets). Ainsi dans le cas du mercure Hg I, la raie 6s XS0 — 6p 3Pj, bien qu’elle soit une raie d’intercombinaison, devient la plus intense de tout le spectre : elle n’est autre que la raie de résonance bien connue À 2537 A.
- Quant à la règle de sélection de A L, elle est également mise en défaut sous certaines conditions, même au laboratoire, comme l’a montré Mac Lennan dans le cas du potassium. Ce physicien a observé avec intensité les raies interdites du type S — D, pour lesquelles AL = 2. Ici la violation de la règle de sélection ne semble pas provenir d’un écart par rapport au couplage normal, mais de la substitution d’un rayonnement de quadrupôle au rayonnement ordinaire de dipôle. L’étude minutieuse du phénomène de Zeeman permet de lever sur ce point toute ambiguïté.
- Bien entendu, les règles de sélection que nous avons énoncées supposent toujours que l’atome excité n’est troublé par aucune cause extérieure, et que la probabilité des change-
- ments d’état n’est régie que par les propriétés intrinsèques caractéristiques de ces états. Si l’atome est soumis à des influences perturbatrices (chocs moléculaires, champs électriques ou magnétiques intenses), les prévisions de la mécanique ondulatoire se trouvent modifiées par là même et un rayonnement interdit peut devenir plus ou moins permis. Des exemples très nets sont fournis par l’effet Stark et par l’effet Zeeman, qui, en même temps qu’ils dédoublent dos raies permises, font souvent apparaître aussi des raies satellites, qui seraient interdites en l’absence de champ. Il est parfois fort difficile de distinguer au laboratoire si une raie interdite, qui apparaît dans des conditions particulières, est une raie de quadrupôle ou une raie de dipôle forcé (par opposition au dipôle libre dont nous avons parlé jusqu’ici). L’analyse magnétique de la raie semble seule capable de renseigner à ce sujet. Les observations astronomiques sont beaucoup plus favorables à l’interprétation correcte des transitions interdites. Dans certaines sources célestes que nous avons de bonnes raisons de croire exemptes de champs perturbateurs, l’apparition d’une raie interdite peut être interprétée presque à coup sûr comme l’indice d’une transition quadrupolaire.
- Nous ne parlerons pas ici des règles de sélection en couplage (/’/), bien que ces règles soient parfaitement connues, parce qu’elles n’ont pas encore reçu d’application intéressante en astronomie.
- XVIII. — L’OBSERVATION DES RAIES INTERDITES AU LABORATOIRE ET DANS LES NÉBULEUSES
- Nous pouvons répondre maintenant à la question posée plus haut : Peut-on reconnaître au symbole même d’une raie si cette raie est permise ou interdite ? Une raie esl interdite si les deux termes qui la composent sont tous deux munis (ou tous deux démunis) de l’indice supérieur droit °: si les indices inférieurs droits J diffèrent de 2 ou de 3; si les symboles sont du type S-D, P-F, D-G, etc. ; enfin dans certains cas, s’il s’agit d’une intercombinaison. Une même raie peut d’ailleurs tomber sous plusieurs de ces interdictions; elle est alors doublement ou triplement interdite : si on l’observe exceptionnellement, ce sera toujours avec une intensité particulièrement faible.
- Il est tout à fait digne de remarque que les raies interdites au laboratoire aient été observées en grand nombre dans les nébuleuses, dans certaines novæ, dans quelques étoiles à atmosphère très étendue. Il est plus remarquable encore que beaucoup de ces raies se présentent dans ces objets célestes avec une intensité notable, tout à fait du même ordre que l’intensité des raies permises. Dans des cas extrêmes, l’intensité des raies interdites devient supérieure même à celle des raies permises : ce sont celles-ci qui s’évanouissent et se comportent comme raies interdites.
- On peut essayer de se rendre compte de ces faits en notant que l’intensité d’une raie ne dépend pas seulement de la probabilité intrinsèque attachée à la transition correspondante : elle est évidemment proportionnelle aussi à la population des états initiaux. S’il y a trop peu d’atomes dans l’état initial nécessaire à la production de la raie, celle-ci sera pratiquement invisible même en admettant qu’elle soit très probable. C’est là la raison pour laquelle les raies interdites demeurent très faibles dans toutes les expériences de laboratoire. Ainsi qu’il a été dit plus haut, l’état initial, dès qu’il dépasse un minimum de stabilité, a plus de chance d’être détruit par choc que par rayonnement. Le choc peut avoir lieu soit contre une molécule qui désactive l’état excité, soit contre un électron ou un photon qui donne à l’atome un état d’excitation encore plus grande. L’efficacité relative de ces collisions est d’autant plus marquée que l’énergie de l’électron ou le quantum du
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- phuton sont plus voisins de la valeur /tv susceptible d’être prise ou perdue par l’atome dans un changement d’état. On peut parler ici de quasi-résonance. Dans la plupart des expériences de laboratoire, la densité de la matière, celle des électrons et celle des photons sont relativement grandes et un état initial dont la durée de vie dépasse quelques millionièmes de seconde a toute chance d’être détruit, par choc, grâce à des effets de quasi-résonance.
- La même chose est vraie encore dans l’atmosphère solaire et dans l’atmosphère de beaucoup d’étoiles riches en vapeurs et en rayonnement. L’état initial d’une raie interdite de Fe II dans la chromosphère solaire serait très rapidement détruit par absorption d’un quantum /tv emprunté aux raies H et K, par exemple.
- Les phénomènes seront tout différents dans une nébuleuse extrêmement raréfiée, dont les constituants principaux sont l’hydrogène et l’hélium, et où d’autres atomes ne figurent qu’en proportion infiniment réduite. On a tout lieu de penser que si un pareil milieu est le siège de phénomènes photoélectriques, les électrons les plus rapides seront tous utilisés à la production des spectres H I et He II, qui ont un potentiel d’ionisation relativement élevé (quasi-résonance) : les électrons à vitesse réduite seront employés au contraire à l’ionisation des impuretés peu abondantes dont le potentiel d’ionisation est relativement faible. Ils créeront ainsi dans le gaz des centres métastables, qui en l’etombant à l’état normal donneront naissance à des raies interdites. Pour beaucoup des
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- impuretés ordinaires, les raies permises les plus intenses sont situées dans l’ultraviolet extrême et possèdent un quantum /tv très grand : les raies issues d’un état métastahle sont au contraire des raies peu réfrangibles dont le quantum est petit. On conçoit que les effets de quasi-résonance dus aux électrons de faible vitesse puissent être dans certains cas plus importants pour les raies interdites que pour les raies permises. Dans le cas limite où les raies permises ont un quantum trop grand pour être excitées par quasi-résonance, les raies interdites se produiront seules et paraîtront seules permises.
- Les suggestions qui précèdent, et qui ne doivent être regardées que comme des hypothèses, suffisent à faire comprendre l’intérêt qui s’attache, au point de vue astronomique, à la discrimination des raies et par suite, à leur'notation spectroscopique. Quels que soient les succès remportés jusqu’ici par la classification spectroscopique dont nous avons donné l’esquisse et par les calculs théoriques qui lui servent de base, il est bien clair que le premier rôle revient aux conditions physiques effectivement présentes soit dans les sources de laboratoire, soit dans les objets célestes. Les considérations de probabilité exprimées par les règles de sélection ne peuvent être appliquées avec fruit qu’une fois ces conditions reconnues et fixées. C’est donc à l’observation astrophysique et à l’expérimentation spectroscopique qu’il faut encore demander de guider les recherches dans ce domaine si mal exploré.
- Léon Bloch.
- LA NOUVELLE FORME DE CONSTRUCTION DE NAVIRES DE SAINT-NAZAIRE
- La Société anonyme des Ateliers et Chantiers de la Loire, à Saint-Nazaire, dans le but de pouvoir construire des navires du plus fort tonnage, dans les meilleures conditions, a adopté un nouveau dispositif présentant de très grands avantages.
- Jusqu’à ces dernières années, les navires étaient construits sur des « cales de construction ». Dans ce système, la quille repose sur une ligne de tins dont l’inclinaison est déterminée d’après les résultats de l’expérience et varie de 0,07 pour les grands navires à 0,1 pour les petits. L’arrière du bâtiment est dirigé vers la mer. Le poids du navire est réparti sur toute la longueur de la cale, d’abord par les traverses qui portent les tins, puis par des rangées d’accores qui soutiennent les murailles.
- Tant dans nos arsenaux que dans nos chantiers privés les cales sont construites assez solidement pour qu’on n’ait à craindre aucun affaissement. L’avant-cale est prolongée au-dessous de la laisse de haute mer assez loin pour que le navire reste soutenu par son plan incliné, jusqu’au moment où il flotte.
- Quand l’avancement de la coque est jugé suffisant on la lance et le navire est conduit le long d’un quai où on l’achève définitivement.
- Nous ne nous étendrons pas ici sur les opérations du lancement dont le spectacle, généralement entouré d’une certaine pompe, attire toujours de nombreux curieux qui ne ménagent pas leurs acclamations quand la coque,
- débarrassée de ses entraves, glisse majestueusement sur son plan incliné.
- Depuis quelques années, on a utilisé dans nos arsenaux et chantiers, pour la construction des navires, les bassins de radoub existants. On peut ainsi pousser plus loin la construction sans se préoccuper, autant qu’avec la cale inclinée, du poids de coque limite avant la mise à l’eau. Quand on estime la construction assez avancée, on introduit de l’eau dans le bassin jusqu’à ce que le navire flotte et on n’a plus qu’à enlever la porte dudit bassin pour sortir le navire et le remorquer à son poste d’achèvement à quai. La cérémonie est simple et ne présente pas pour la foule l’attraction du lancement sur cale.
- Le nouveau dispositif adopté à Saint-Nazaire par les Chantiers de la Loire constitue une amélioration sensible.
- La cale de lancement est encore employée le plus souvent; elle a servi à construire à Saint-Nazaire, aux Chantiers de Penhoët, le paquebot géant Normandie; elle sert encore aux mêmes chantiers pour le cuirassé rapide Strasbourg, de 26 500 t; mais elle n’est pas sans présenter, à mesure que s’accroissent les tonnages, de graves inconvénients tels que risques du lancement, coût de cette opération, sujétion de dates dues au jeu des marées, donc retards possibles.
- Joignons-y le prix d’établissement de la cale, la surélévation des navires par rapport au sol entraînant des
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- dépenses importantes dans la hauteur des échafaudages et le guindant des appareils de levage et comme conséquence des dépenses supplémentaires de manutention et de temps perdu de main-d’œuvre.
- Quant à la cale sèche ordinaire ou bassin de radoub, s’il s’agit d’un ouvrage déjà existant comme le bassin du
- ments en service; puis le risque assez peu probable, mais très grave, d’une irruption intempestive d’eau résultant d’une avarie du bateau-porte ou des vannes des aqueducs.
- Et s’il s’agit d’une nouvelle cale sèche, prix d’établissement toujours fort élevé.
- C’est en pesant les inconvénients ci-dessus résumés que les Chantiers de la Loire se sont arrêtés à la
- 12Q t. 20t
- I. Navire sur son terre
- plein de construction
- cartes
- après sa mise à flot
- + 12 m
- cartes
- m. Nav ire
- au dessus du bassin d’armement
- cartes
- W. Navire dans
- bassin
- d'armement
- cartes
- solution nouvelle que nous allons exposer et qui permet :
- a) La construction sur un terre-plein horizontal, des navires les plus grands ;
- b) Leur mise à l’eau naturelle sans lancement.
- En outre, cette même Société construit à Saint-Nazaire un « bassin des carènes » qui sera mis à la disposition de l’ensemble des chantiers français de constructions navales et grâce auquel ils cesseront d’être tributaires
- Fig. lié. — Les phases successives de la construction d’un navire sur la nouvelle forme de construction des Chantiers de la Loire.
- Fig. 5. — Plan d’ensemble de la forme de construction permettant la construction d’un navire sur terre-plein et sa mise à Veau san lancement.
- Salou, à Brest, où fut construit le Dunkerque, frère aîné du Strasbourg et où l’on travaille maintenant au premier cuirassé de 35 000 t, le Richelieu, elle écarte la plupart des inconvénients reprochés à la cale inclinée, mais elle présente celui d’être immobilisée pendant la construction de la coque, toujours assez longue, et par suite d’être inutilisable pour la réparation parfois urgente de bâti-
- de l’étranger. Ce bassin d’essai, de 320 m de long, 15 m de large et 7 m de profondeur, sera le plus grand du monde.
- Le dispositif de la forme de construction comprend essentiellement un mur, étanche et continu, formant bords de cuvette d’une enceinte à l’intérieur de laquelle se trouvent le terre-plein de construction et un bassin d’armement parallèle ainsi que le montrent les figures
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- jointes. Ce mur est élevé de 9 m 30 au-dessus du terre-plein et la porte du bassin d’armement a la hauteur et l’étanehéité voulues pour que le mur ne comporte aucune solution de continuité et qu’on puisse remplir d’eau la totalité de l’enceinte ainsi formée.
- Comme nous l’avons dit plus haut, on construit le navire sur le terre-plein (fig. 1) qui est nettement au-dessus du niveau de la mer.
- Quand la construction du navire est suffisamment
- -----------557 =
- La figure 5, en plan, montre l’espace occupé par cet ouvrage pour lequel on a dû sacrifier quatre cales. L’enceinte a 325 m de long sur 136 m de large. Sur cette largeur, 48 m 30 sont réservés au terre-plein de construction et 46 m au bassin d’armement. Entre les deux, une zone de 40 m sert de zone de montage et de zone de déplacement pour une grue tournante montée sur portique roulant (qu’on voit sur les fig. 1 et 4). Cette grue peut manœuvrer des poids de 250 t dans l’axe du navire en
- Fig. 6. — L’asped futur de la cale des Chantiers de la Loire. On voit un navire en construction, un autre en achèvement.
- avancée on remplit l’enceinte d’eau jusqu’à ce que le navire flotte (fig. 2) en opérant comme suit :
- La porte étant en position de fermeture, des pompes refoulent l’eau dans l’ensemble et quand le navire flotte on l’amène au droit du canal et on le maintient dans cette position (fig. 3) pendant que l’eau s’écoule à la mer. A noter que quand le bassin est rempli le plan d’eau est à la cote d’environ -j- 12. A mesure que l’eau s’écoule le navire descend dans le bassin d’armement (fig. 4) où aura lieu son achèvement après lequel il suffira d’ouvrir la porte du bassin pour que le navire puisse prendre le large.
- construction, qu’il soit sur cale ou au bassin d’achèvement.
- Dès à présent, on peut construire dans cette puissante cale-écluse des batiments atteignant 320 m de long, 42 m de large et 8 m 50 de tirant d’eau à la mise à flot. L’ouvrage peut être, à très peu de frais, allongé à 400 m.
- En résumé, les avantages du dispositif adopté sont les suivants pour les navires de toutes dimensions, même les plus grandes :
- a) Mise à l’eau sans lancement du navire construit;
- b) Construction sur un plan horizontal, beaucoup plus commode et économique que la même construction sur le plan incliné d’une cale de lancement;
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- == 558 —— "" —
- c) Mise à sec facile d’un bâtiment à réparer en reprenant en sens inverse les opérations de mise à l’eau.
- Ces avantages, nous l’avons vu plus haut, les bassins de radoub ordinaires les possèdent aussi, mais le nouveau dispositif des Chantiers de la Loire, on ne saurait trop le répéter, présente la grande supériorité de construire le navire sur un terre-plein au-dessus du niveau de la mer, donc en toute sécurité et à l’abri des infiltrations d’eau possibles dans un bassin de radoub.
- Remarquons qu’on peut utiliser simultanément le
- terre-plein de construction et le bassin d’achèvement, c’est-à-dire commencer et pousser la construction d’un nouveau navire tandis qu’on finit l’autre dans le bassin à côté comme le montre la photo ci-dessus.
- Enfin un tel ouvrage est d’une réalisation plus facile qu’un bassin de radoub, du point de vue génie civil; sa construction est beaucoup plus rapide et d’un prix et d’un entretien moins élevés. Sa concept ion fait honneur à nos ingénieurs.
- E. CilÜUPADT.
- LA FABRICATION INDUSTRIELLE DU KRYPTON
- Pendant longtemps, on considéra la couche gazeuse atmosphérique comme un simple mélange d’oxygène et
- l’atmosphère et viennent en modifier la composition selon les circonstances locales ou les phénomènes météorolo-
- Fig. 1. — Compresseur d'air Claude, pour 30 000 m3 à l’heure. (Usine de la Société de l’Air Liquide, à Boulogne-sur-Seine.)
- d’azote. Puis, au cours des dernières années, les chimistes y découvrirent successivement un certain nombre d’autres •éléments qu’ils dénommèrent gaz rares, car ces corps s’y rencontrent en très minimes quantités. D’après les données actuelles de la science, l’air se compose donc, en chiffres ronds de 78 pour 100 d’azote, de 21 pour 100 d’oxygène et des « gaz rares » suivants :
- Argon. ... 1 pour 100.
- Néon .... 18 pour 1 000 000 environ.
- Hélium ... 5 — —-
- Krypton. . . 1
- Xénon.... 1 pour 12 000 000 —
- Mais, en outre, divers corps gazeux se répandent dans
- giques qui s’y produisent. En particulier, les respirations animales ou végétales et les combustions minérales y amènent des traces d’acide carbonique. On y constate parfois aussi la présence du méthane et d’autres hydrocarbures dus aux décompositions organiques terrestres tandis qu’au cours des orages se forment de l’ozone et des oxydes d’azote. Toutes ces impuretés compliquent, beaucoup le délicat problème de la séparation des différents éléments de l’air et en particulier l’isolement du krypton, le seul qui nous intéresse pour l’instant. Mais avant d’aller plus loin, remarquons que ces gaz soi-disant « rares » existent en assez grande abondance dans l’immense réservoir atmosphérique pour qu’on puisse y
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- puiser, chaque jour, des milliers de tonnes de ces nouveaux fluides aux curieuses propriétés sans modifier sensiblemen' la composition de l’air ambiant.
- Les travaux de M. Georges Claude ont permis d’obtenir tous ces « gaz rares » comme sous-produits de l’extraction de l’oxygène à partir de l’air. Le principe de leur fabrication est simple : il suffit d’utiliser la différence de leur température de liquéfaction et de distiller l’air liquéfié. On comprime donc ce dernier, on le refroidit ensuite, puis on le dirige vers les échangeurs ou régénérateurs. Dans ces appareils, l’air se refroidit vers ---120° en réchauffant les gaz séparés, qui reviennent de la colonne de distillation après avoir traversé le liquéfacteur. L’air se trouve alors décomposé en deux parties : l’une restant sous haute pression se liquéfiera grâce aux gaz très froids sortant des colonnes de distillation, l’autre ira au détendeur afin de créer l’appoint de froid nécessaire pour compenser les pertes. A ce moment, on dirige la masse gazeuse dans les colonnes de distillation; elle y circule de bas en haut, au travers de plateaux perforés où elle barbote dans le liquide qui s’écoule de haut en bas s’enrichissant de xénon, de krypton et d’oxygène (dont les températures de liquéfaction sont respectivement — 109°, —152° et — 183°) tandis que l’azote se liquéfiant à — 195°, le néon à —• 246° et l’hélium à — 267°, se retrouvent vers le haut de l’appareil. Quant à l’argon dont la température de liquéfaction est de — 186°, il se concentre dans une région intermédiaire et s’évacue par les deux extrémités de la colonne.
- En résumé, on recueille en bas de l’oxygène, qui contient tout le krypton, tout le xénon et une partie de l’argon, tandis que l’azote extrait par le haut renferme le reste de l’argon, tout le néon et tout l’hélium. Comme les gaz ainsi séparés sont naturellement très froids, on les fait passer par le liquéfacteur et les échangeurs où ils se réchauffent jusqu’à la température ambiante par suite du refroidissement de l’air qui entre.
- Ces conditions théoriques générales admises, visitons maintenant l’usine de la Société de l’Air Liquide à Boulogne (Seine), où se fabrique industriellement le krypton, destiné à remplir les nouvelles lampes à incandescence d’un volume réduit, qui assurent une transformation plus complète de l’énergie électrique en une lumière ultra-blanche très pure, plus économique et d’un emploi aisé dans tous les appareils d’éclairage (’).
- Dès 1918, M. Georges Claude avait signalé l’intérêt de l’adoption de telles ampoules mais la technique de leur fabrication a exigé, pour sa mise au point, de longues recherches poursuivies au cours de ces dernières années, dans les laboratoires des Etablissements Claude-Paz et Silva, par M. André Claude et son collaborateur, M. Edouard Gomonet.
- Les quantités de krypton nécessaires pour le
- 1. Voir dans La Nature, n° 2956 (l°r juillet 1935), p. 16-17, notre article sur les Nouvelles lampes à atmosphère de krypton et de xénon.
- Fig. 2.— Appareils de liquéfaction de l’air.
- A gauche, au premier plan : le détendeur; en arrière : un des régénérateurs, l’autre étant caché par la colonne de distillation vue sur la droite.
- remplissage de ces lampes sont très supérieures à celles obtenues comme sous-produit de la préparation industrielle
- — Pelits compresseurs envoyant le krypton épuré, dans des bouteilles d'acier, pour l'expédition. (Usine de la Société de l’Air Liquide.)
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- à l’intérieur desquelles se trouvent empilées des galettes obtenues en enroulant un ruban métallique très mince de façon à avoir une grande surface de contact par unité de volume.
- L’air, débarrassé de son krypton et sortant froid de la colonne de lavage, traverse un de ees régénérateurs qu’il refroidit pendant que l’air entrant pénètre dans le second, qu’il, réchauffe. Ou intervertit ensuite la marche du courant gazeux. L’air arrivant se refroidit à son tour en empruntant au premier récipient les frigories que le mélange gazeux débarrassé du krypton y avait apportées. En môme temps, dans l’autre générateur l’air privé de ce dernier gaz se réchauffe en cédant son froid aux galettes métalliques. On inverse à nouveau et le cycle recommence. Entre les deux régénérateurs l’air traverse un détendeur pour se refroidir au point de rosée puis une colonne de distillation dans laquelle un lavage par une petite quantité d’air liquide retient le krypton.
- h'i'j. 1. --- Huilerie d'épurateurs chimiques.
- Chacun de ces appareils se compose de 1 l'ours verticaux chauffés ment, lesquels renferment, de l’oxyde de cuivre et de la tournure substances destinées à retenir les impuretés de l’air.
- de l’oxygène. Le procédé de M. Eugène Gomonet permet d'extraire maintenant ce « gaz rare » comme produit
- principal d’une in-
- F'nj. 5. — Nouvelle lampe Claude-hnjjolon de 1500 lumens.
- (I.e pointillé correspond au volume d’une ampoule électrique ordinaire de môme puissance.)
- du strie nouvelle. La méthode consiste à utiliser la grande solubilité de ce « gaz rare » dans
- l’air liquide. On lave donc une énorme masse d’air, préalablement refroidie au voisinage île son point de rosée, dans une p e t i t e q u a n t i t é d’air liquide, qui re Lient le krypton et le xénon.
- Au moyen de compresseurs Claude, on envoie par heure, dans les colonnes de distillation 30000 m3 d’air qui entrent dans l’appareil et sortent avec le minimum d’écart de température, grâce à deux régénérateurs. Ces installations sont de hautes tours cylindriques
- On doit encore veiller à ce que les impuretés électrique- contenues dans l’air atmosphérique (acide ear-dt lxmique, hydrocarbures, etc.), ne se concentrent
- pas trop dans les memes régions que le krypton car en se solidifiant elles obstrueraient les plateaux de distillation, les tuyaux d’amenée et de sortie, d’où risque d’explosion avec l’oxygène liquide. Ce sont là de délicates précautions difficiles à préciser et que seule la pratique journalière a pu enseigner aux habiles techniciens de la firme de Houlogne. Toutefois, d’une façon générale, ils ont tourné la 'difficulté en ne faisant qu’une concentration partielle dans les colonnes de distillation d’où ils extraient une mixture renfermant environ i pour 100 de krypton (autrement dit 10 000 fois plus riche que le mélange atmosphérique). La solution kryptonique subit alors une épuration avant d’être définitivement concentrée. *
- Les épurateurs chimiques, dans lesquels s’effectue cette opération, se composent chacun de quatre fours verticaux chauffés électriquement à 500° environ ; ils renferment dans leur intérieur de l’oxyde de cuivre et de la tournure de cuivre, substances qui suffisent à retenir toutes les impuretés. Enfin, une fois le krypton épuré, de petits compresseurs permettent d’en remplir des bouteilles d’acier, d’une capacité de 1 m3 et timbrées à la pression de 50 kg. Quant au contrôle de la qualité des gaz traités, il s’opère par pesées au moyen de balances de laboratoire.
- La production journalière de l’usine de l’Air Liquide atteint actuellement 30 1 de krypton et 4 1 de xénon par jour, sans compter les tonnes d’oxygène employé pour la soudure autogène, le découpage du fer ou de l’acier. Mais vu la demande sans cesse accrue de krypton et de xénon pour la fabrication des lampes à incandescence, la Société boulonnaise est en train d’agrandir ses installations.
- Ce rapide succès s’explique, en effet, car ainsi que nous-le notions rapidement ci-dessus, les ampoules remplies avec ces gaz, inertes et très rares jusqu’ici, fournissent
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- une lumière ultra-blanche, plus économique et ne fatiguant pas la vue. En outre, la faible conductibilité calorifique du krypton permet de diminuer considérablement les dimensions des lampes. Et même les Etablissements Claude-Paz et Silva envisagent actuellement une nouvelle diminution du diamètre des ampoules. Ils se proposent de placer le filament spiralé suivant une ligne brisée
- .....:.'......... ............. — 561 =
- régnant le long d’un cylindre ou d’un cône virtuel de même axe que la lampe au lieu de le mettre en arc de cercle dans un plan perpendiculaire. Cette nouvelle disposition aura surtout l’avantage d’un centrage plus parfait du foyer lumineux et par suite une brillance plus uniforme des globes dépolis ou opalescents.
- Jacques Boyer.
- CINEMATOGRAPHIE EN COULEURS D’AMATEUR
- Le problème du cinématographe en couleurs a été abordé presque dès les débuts du cinématographe. De 1res nombreuses et très ingénieuses méthodes ont été présentées, mais, jusqu’à présent, très peu d’entre elles ont obtenu la consécration de la pratique.
- Depuis quelques mois, le cinématographe en couleurs semble être entré pourtant dans la voie des résultats industriels, grâce uniquement, d’ailleurs, à l’emploi de procédés soustractifs tri-chromes. Dans ces procédés, chaque image du filin examinée en transparence possède loules les couleurs nécessaires. Les positifs élémentaires sont colorés par virages ou teintures dans chaque couleur; seules les parties colorées sont teintées, le blanc résulte* de Vabsence de toute couleur.
- Au contraire, dans les procédés additifs, dont nous avons eu l’occasion de décrire quelques exemples, les images élémentaires sur le film sont en noir et blanc. L’image en couleur sur l’écran est obtenue par la superposition, Y addition, des images élémentaires projetées au moyen de faisceaux de lumières colorées passant à travers le film ; le blanc résulte alors de Y addition des couleurs superposées sur l’écran.
- Les procédés additifs paraissent plus séduisants, en théorie, mais ils exigent 1’omploi de systèmes optiques de projection assez complexes, et de réglage délicat, alors que les lilms en couleurs réalisés par les procédés soustractifs peuvent être projetés à l’aide d’appareils ordinaires; c’est ce qui semble avoir assuré surtou I leur succès en dehors de la facilité de la reproduction des épreuves.
- L’emploi des procédés soustractifs a permis de mettre également le cinématographe en couleurs à la portée des amateurs, comme il avait rendu plus aisée la photographie en couleurs (plaques autochromes, procédés Lumieolor et Agfacolor.)
- Les conditions à remplir étaient les suivantes : permettre à l’amateur d’utiliser une caméra de prises de vues normale, sans emploi d’écrans compliqués, et dans des conditions d’éclairage faciles à calculer; lui permettre aussi d’employer un projecteur ordinaire d’amateur, sans système d’éclairage spécial. Le développement et la réalisation de la bande finale sont généralement effectués dans les laboratoires du producteur de films lui-même, car les opérations demeurent encore assez délicates. Le prix du film n’est pourtant pas prohibitif, d’autant plus que le format est réduit, et le montant des opérations de traitement nécessaires est compris au moment de la vente dans le prix total.
- LE FILM KODACHROME
- Ln des exemples les plus heureux des procédés récents-est donné par le film Kodaehrome de 16 mm, qui permet la prise de vues avec un objectif d’ouverture quelconque, et sans l’emploi d’aucun filtre dans la plupart des cas.
- Le procédé est du type soustractif trichrome, et le même film est utilisé pour la prise de vues dans un appareil cinématographique ordinaire, puis pour la projection de l’image.
- La sélection des trois couleurs élémentaires est effectuée au moyen de trois émulsions sensibles exposées simulta-
- Emulsion sensible au bleu
- Emulsion sensible_ au bleu et au vert
- Emulsion panchro-matique sensible su rouge
- Couche anti-halo
- Couche absorbant les rayons bleus
- Gélatine transparî1 Film
- support ininffam6
- Fig. 1. — Coupc schématique du film Kodaehrome. L’épaisseur relative des émulsions est très exagérée.
- némont, mais derrière (rois filtres colorés. Une fois trois négalifs obtenus, on tire trois positifs, que l’on colore avec des teintes complémentaires de celles des filtres de prises de vues. La reproduction des couleurs naturelles est déterminée par la superposition des trois positifs colorés placés dans un ordre convenable.
- Le film Kodaehrome est inversible, c’est-à-dire que le même film sert à la prise de vues et à la réalisation des positifs. Les émulsions superposées élémentaires, sensibles chacune à des couleurs primaires, sont d’abord développées, puis inversées. Les images positives sont blanchies, puis colorées en teintes complémentaires. Ces images pigmentaires élémentaires remplacent, à la fin d’opérations complexes, les images argentiques, et sont donc superposées en restituant les couleurs.
- L’épaisseur totale du film n’est pourtant que de 0 mm 125, et tout l’ensemble n’est pas plus épais que la couche d’émulsion d’un film ordinaire, pour la cinématographie en noir et blanc.
- Lors de sa fabrication, la première émulsion que reçoit le film est une émulsion panchromatique sensible au bleu et au rouge, et peu sensible au vert; puis se trouve \ine
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- W///M//////////////////////7ZZZL-------------Image jaune
- rouge magenta
- bleu isert
- sN-vN -A XX x v v>
- jFig. 2. — Représentation schématique du film positif final Kodachrome.
- couclie de gélatine transparente, une émulsion sensible au bleu et au vert, une couche de colorant absorbant le bleu et laissant passer le vert, et le rouge, et enfin une couche supérieure sensible au bleu. La face dorsale porte une couche noire anti-halo qui s’élimine au cours des traitements (fig. 1).
- ^Les couches de séparation jouent, en même temps, un rôle d’isolants chimiques en limitant la pénétration des différentes formes de traitement.
- Grâce à cette disposition des différentes couches sensibles et des écrans, la sélection des couleurs lors de la prise de vues est effectuée en profondeur.
- Le rouge n’est enregistré que par la troisième couche, le vert par celle du milieu, le bleu par la couche supérieure, le blanc par les trois couches successives et, enfin, le noir n’est pas enregistré.
- La couche extérieure des émulsions, en effet, qui n’est sensible qu’aux rayons bleus, laisse passer la lumière verte et rouge sur les^deux couches inférieures, mais la couche de colorant jaune empêche la pénétration de la lumière bleue. La deuxième couche d’émulsion est sensible au bleu et au vert, mais la lumière bleue étant déjà absorbée par le colorant jaune, elle n’est, en réalité, sensible qu’au vert. Enfin, la couche inférieure est sensible au bleu et au rouge, mais pour une raison analogue, elle n’est impressionnée que par les rayons rouges.
- Une fois l’impression obtenue, il faut développer les images latentes, et teinter les différentes images positives élémentaires par des teintes complémentaires. L’image de la couche supérieure enregistrée par l’intermédiaire sensible au bleu est ainsi colorée en jaune, celle de la couche intermédiaire obtenue par l’émulsion sensible au vert, en rouge magenta, et, enfin, celle de la couche inférieure sensible au rouge, en bleu-vert (fig. 2).
- La restitution des couleurs, lorsqu’on place le film ainsi traité dans une lanterne de projection ordinaire, est alors facile à comprendre. Lorsque la lumière blanche arrive sur une partie d’image teintée en rouge magenta, et en jaune, par exemple, les rayons complémentaires, c’est-à-dire verts et bleus ne peuvent passer, seuls les rayons rouges sont envoyés sur l’écran, ce qui correspond à une partie rouge de l’image, et il en est de même pour tous les éléments colorés.
- Les opérations diverses de traitement du film sont assez compliquées. L’amateur n’a généralament pas à les effectuer, mais il est pourtant intéressant de les connaître.
- LE TRAITEMENT DU FILM
- Après avoir été exposé, le film comporte trois couches d’émulsion non transformées avec leurs sels d’argent normaux.
- Dans une première opération, le film est développé suivant la méthode ordinaire, et on obtient une épreuve négative; tout l’argent qui a subi l’effet de la lumière est ainsi réduit.
- Au lieu d’être envoyé dans un bain de fixage ordinaire, le film est ensuite blanchi, de manière à éliminer l’argent réduit par le révélateur, et à ne laisser subsister que le métal non impressionné; la solution utilisée est la suivante : on emploie deux mélanges comportant, le premier :
- Ferro-cyanure de potassium.......... 37 gr 5
- Bromure de potassium................ 56 gr 25
- Bichromate de potassium............. 37 gr 5
- Acide acétique...................... 10 cm3
- Eau.................................. 1000 —
- La deuxième solution est une solution d’alun de potassium à 5 pour 100, et les deux solutions sont mélangées en proportions égales.
- Le film ainsi blanchi est de nouveau exposé à la lumière puis redéveloppé, avec une combinaison de révélateur réduisant les sels d’argent dans les couches d’émulsions, et leur donnant en même temps une teinte bleu-vert.
- A la fin de ce développement, le film porte alors une image positive bleu-vert.
- Dans l’opération suivante, l’image bleu-vert doit être supprimée dans la couche intermédiaire, et remplacée par une image rouge magenta et on agit, à cet effet,, sur les deux couches supérieures.
- Le film est blanchi de nouveau, mais partiellement, de sorte que le bain n’agit que sur les deux couches supérieures; l’argent de ces deux couches est remis en liberté par oxydation et transformation en chlorure d’argent, et la teinte bleu-vert est enlevée en même temps.
- Après avoir été, de nouveau, exposé à la lumière, le film passe dans un révélateur combiné, qui développe le chlorure d’argent en le réduisant, et teint en rouge magenta les deux couches supérieures. A ce moment, la couche inférieure de l’émulsion est bleu-vert, et les deux couches supérieures rouge magenta.
- Dans une troisième phase de la manipulation, on traite seulement la couche supérieure; on la blanchit par le même procédé, on réduit l’argent, on l’expose à la lumière, et on la développe à nouveau dans un révélateur combiné, de manière à déposer une teinte jaune sur la couche argen-tique. La couche inférieure est alors bleu-vert, la couche intermédiaire rouge magenta, et la couche supérieure jaune.
- Finalement, il reste à éliminer l’argent réduit qui forme les images oi’iginales sur les trois couches sensibles du film. Un dernier bain de blanchiment élimine l’argent, sans avoir d’influence sur les couleurs, et il reste donc trois images élémentaires colorées, et superposées en bleu-vert, rouge magenta, et jaune.
- UTILISATION DU FILM
- Ainsi que nous l’avons dit, il est possible d’employer pour les prises de vues avec ce film, des appareils quelconques, et les filtres ne sont nécessaires que dans des cas particuliers. On doit spécialement les adopter pour les prises de vues à grande distance, dans lesquelles le voile atmosphérique est à craindre. Le filtre absorbe alors les
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- radiations ultra-violettes invisibles à l’œil, mais qui se traduiraient par une dominante bleu-violet. Le même fdtre peut également servir pour des prises de vues à distance moyenne, mais lorsque l’atmosphère est riche en ultra-violets, par exemple, pour cinématographier des paysages de neige. L’image serait alors trop bleue.
- Un filtre compensateur bleu clair est, de même, indispensable pour les prises de vues à la lumière artificielle; il permet d’éviter les tonalités dominantes jaune et rouge produites par les lampes à filaments de tungstène, même survoltées. La sensibilité du film est environ moitié moindre que celle d’un film panchromatique ordinaire; le diaphragme à utiliser est ainsi, en général, celui qui «st immédiatement plus grand que le diaphragme exigé par le film ordinaire; on peut donc employer des ouvertures normales. Au soleil, par temps clair, une ouverture de F : 8 à F : 11 suffit en moyenne, et à l’ombre, en terrain •découvert, une ouverture de F : 3,5 à F : 5,6 demeure
- .......1 .........= 563 =
- normale; il faut seulement utiliser, de préférence, un éclairage moins contrasté que pour la cinématographie en noir et blanc.
- La latitude de pose est beaucoup plus faible que pour une émulsion ordinaire, de sorte que les indications des photomètres et particulièrement des photomètres à cellules photoélectriques, doivent être minutieusement contrôlées.
- L’apprentissage de la cinématographie en couleurs est ainsi réduit au minimum, et la projection est effectuée à l’aide d’un appareil quelconque. Les. couleurs sont immédiatement visibles sur le film, qui ne comporte aucune trame, et la perte de lumière est assez faible pour permettre des dimensions de projection égales à celles des films en noir et blanc. Les résultats obtenus seront encore sans doute améliorés et ils sont d’ailleurs très récents, puisque la production industrielle du film ne date que de juin 1936.
- P. H.
- UN MEDICAMENT QUI DONNE LA FIEVRE
- La Nature a récemment décrit (n° 2977) les propriétés •et le mode de fabrication d’un médicament, l’aspirine, qui combat la fièvre en abaissant vers la normale les températures du corps trop élevées.
- Depuis quelques années, on connaît aussi des médicaments dont l’action est inverse et qui sont hyperthermi-sants. Nous résumerons ici ce que l’on a appris depuis la .guerre de l’un d’eux, l’alpha-dinitrophénol 1-2-4, encore appelé nitrophénine, thermol, etc.
- LES NITROPHÉNOLS
- Le phénol ordinaire ou acide phénique, généralement retiré des goudrons de houille, a pour formule C° H5 OH.
- Par nitration, on le transforme en composés nitrés : mono-, di-, trinitrophénols.
- Les mononitrophénols s’obtiennent par nitration directe. Les dinitrophénols peuvent être préparés en chauffant le phénol à 130-140° en présence d’un mélange sulfonilrique, ou en traitant par la soude le chloro-dinitrobenzène. Les trinitrophénols (acide picrique) sont produits industriellement en coulant à 110° un mélange de sulfophénols sur une nappe d’acide nitrique à 28° 'Baumé additionné de nitrate de soude; les sulfophénols proviennent du contact du phénol fondu avec l’acide sulfurique mélangé d’oléum; la nitration terminée, le mélange est noyé et laissé au repos; on recueille l’acide picrique déposé qu’on sèche et qu’on tamise.
- La mélinite de Turpin n’est autre qu’un mélange de 40 % de dinitro- et 60 % de trinitrophénol ainsi obtenu et fondu. C’est un explosif très puissant, peu sensible au choc quand il est pur.
- Les nitrophénols présentent un très grand nombre •d’isomères. On connaît trois mononitrophénols, selon les positions relatives de la fonction phénol (OH) et de la fonction nitro (NO2) ; ce sont : l’ortho-, (1-2 ou 1-6), le méta-{1-3 ou 1-5) et le para- (1-4) mononitrophénols. La
- théorie prévoit six dinitrophénols qui tous ont été préparés; ce sont les 2-3, 2-4, 2-5 ou 3-6, 2-6, 3-4, 3-5 (fig. 1).
- Le 2-4 dinitrophénol est celui dont les applications industrielles sont les plus nombreuses et aussi dont les propriétés pharmacologiques sont les plus marquées.
- Il se présente sous forme de cristaux ou de paillettes, allant du jaune clair au jaune brun et son pouvoir colorant est aussi grand que celui de l’acide picrique. Il fond à 114°, et on peut le séparer ainsi du 2-6 qui fond à 64°
- Fig. 1. — Les formules du benzène, du phénol et des nitrophénols.
- Trinitrophénol
- ou acide picrique
- Benzène
- Phénol
- Qrtho
- Méta
- Mononitrophénols
- Dinitrophénols
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- = 564 : ..- '.•=
- et du 2-3 qui fond à 144°. Il est peu soluble dans l’eau froide, plus dans l’eau bouillante, plus encore dans l’alcool à froid, il se dissout dans l’alcool bouillant, la benzine, l’éther, le chloroforme. Il donne avec les bases alcalines des sels très solubles dans l’eau, insolubles dans les solvants des graisses.
- Son principal emploi est la fabrication des explosifs. Une certaine quantité sert à préparer des colorants soufrés dont le noir de soufre, quelques produits chimiques comme le diaminophénol, des colorants antieryp-togamiques et insecticides; enfin depuis peu, il est entré dans la thérapeutique, comme nous le verrons plus loin.
- DÉCOUVERTE DES PROPRIÉTÉS PHYSIQUES
- C’est au cours de la dernière guerre que les curieuses propriétés du dinitrophénol 1-2-4 sont apparues.
- Depuis longtemps, on savait préparer dans les pou-
- ___Ventilation par
- minute
- ...O2consommé par
- minute
- ---Quotient respirât ™
- ___Tempérai ^rectale
- Temps en minutes
- Fig. 2. —• Effets de l’injection sous-cutanée de solution sadique de dinitrophéuol chez un chien de 11 kg. à raison d’un dêcigramine par kilo g de poids: mort en 45 mn (d’après Magne, Mayer et Plantel'ol).
- dre rie s de grandes quantités de trinitrophénol sans graves incidents; la nitration des phénols se faisait sans intoxications sérieuses. On décida à un moment d’y adjoindre la fabrication du dinitrophénol et aussitôt apparurent chez le personnel des ateliers des accidents allant parfois jusqu’à la mort. Ils devinrent si nombreux qu’on hésita à continuer cette préparation. Une commission, présidée par M. Vieille, fut chargée d’examiner cette difficulté. M. le Dr André Mayer, aujourd’hui professeur au Collège de France, entreprit une enquête et des expériences. Avec Henri Magne et Lucien Plantefol, il reconnut que les accidents, d’abord imputés à des impuretés, sont surtout le fait du dinitrophénol 1-2-4. Les phénols mononitrés
- sont inégalement toxiques; l’ortho l’est peu, le méta plus, le para très. Le trinitrophénol est assez peu toxique. Parmi les dinitro, les plus toxiques sont 1-2-4, 1-2-5, 1-2-6; le premier provoque chez le chien une élévation de température et une accélération de la respiration; les seconds, au contraire, déterminent des vertiges, puis une torpeur invincible, un ralentissement de la respiration et un refroidissement. Ces observations sont un exemple remarquable de l’importance de la configuration moléculaire sur les propriétés physiologiques de composés ayant même formule globale. Chez tous, l’action hyper-thermisante paraît liée à la position de NO2 en para.
- La période de guerre ne se prêtait pas à de longues recherches théoriques. On se contenta de prescrire, sur la base de cette première étude, des mesures d’hygiène et de surveillance des ouvriers qui se montrèrent efficaces et permirent de continuer les fabrications.
- L’ÉTUDE PHYSIOLOGIQUE ET PHARMACOLOGIQUE
- La question méritait d’être reprise et poussée dans tous ses détails. André Mayer et ses collaborateurs s’y remirent et publièrent en 1931 et 1932, dans les Annales de physiologie et de physicochimie biologique, un ensemble de mémoires qui révélaient l’inlluenee toute particulière du dinitrophénol 1-2-4 et élucidaient complètement son mode1 d’action.
- Le dinitrophénol 1-2-4 est toxique pour l’homme et pour les animaux essayés : chien, lapin, cheval, pigeon, souris, etc. Il l’est, qu’on l’introduise par la bouche, ou par la trachée, sous la peau, ou dans une veine, ou dans le péritoine. La dose mortelle est voisine de 5 egr par kg d’animal. Les effets sont sensiblement toujours les mêmes (lig. 2) : augmentation de vitesse des mouvements respiratoires, vaso-dilatation, sueurs profuses, puis la température du corps augmente et peut atteindre 45° au moment de la mort. Celle-ci est immédiatement suivie de rigidité cadavérique. Ces symptômes indiquent que les combustions organiques sont considérablement augmentées. En effet, la consommation d’oxygène peut être plus que décuplée; on l’a vue passer chez un chien de 100 à 1200 cc par minute. Cette augmentation n’est pas sous la dépendance du système nerveux central ; on l’observe dans un bain froid, chez des animaux anesthésiés, à moelle coupée et même cararisés; elle apparaît encore après ablation de divers organes importants : le foie, les surrénales, etc., elle se manifeste dans un membre isolé et semble localisée dans les muscles. Le dinitrophénol 1-2-4 serait donc essentiellement un excitant des oxydations cellulaires et mériterait le nom de thermol1 que Magne, Mayer et Plantefol lui ont donné.
- D’ailleurs l’intoxication aiguë provoque rapidement la disparition des réserves de glycogène du foie et fait apparaître dans le sang une forte hyperglycémie. L’intoxication plus faible, non mortelle, prolongée, amène l’accoutumance; elle active cependant les échanges, augmente la ventilation pulmonaire, le métabolisme et provoque peu à peu une perte de poids.
- A peine les travaux français commencèrent-ils d’être
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- publiés que de toutes parts, on envisagea l’utilisation thérapeutique du dinitrophénol 1-2-4.
- Aux États-Unis, Cutting, Tainter et leurs collaborateurs essayèrent cliniquement ses effets sur l’homme Une simple ingestion à la dose de 3 à 5 mgr par kg augmente rapidement le métabolisme de base de 20 à 30 pour cent; il se maintient élevé pendant un jour, puis baisse lentement et redevient normal le troisième jour (fig. 3), aucun autre trouble n’apparaît; si l’on répète ces ingestions chaque jour pendant longtemps — on expérimentait pendant une à dix semaines — le métabolisme se maintient à 40 pour cent au-dessus de sa valeur antérieure et la retrouve trois jours après qu’on a cessé ce régime; pendant ce traitement, le sujet maigrit (fig. 4).
- Dans une série d’expériences sur 9 hommes, on observe une perte moyenne de 0,9 kg, et dans un cas extrême, de 9 kg.
- Dès qu’on aborde les doses de 5 à 10 mgr par kg, les patients transpirent abondamment; dès qu’on approche de 10 mgr, la respiration et la circulation s’activent, la température du corps s’élève de 3° ou même plus; on donne la fièvre.
- L’UTILISATION THÉRAPEUTIQUE
- Bientôt, on songea à utiliser le dinitrophénol 1-2-4 contre l’obésité et les essais se multiplièrent rapidement dans tous les pays.
- On en est arrivé aujourd’hui, malgré quelques discordances et quelques incidents au cours du traitement médical, à considérer que le nouveau médicament est utile dans le traitement des maladies par ralentissement de la nutrition et qu’il est digne d’entrer dans l’arsenal thérapeutique. 11 paraît particulièrement heureux pour la cure des obésités monstrueuses, souvent accompagnées d’hypertension, où il remplace avantageusement les préparations glandulaires de thyroïde.
- Son emploi doit être surveillé par le médecin, d’abord parce qu’il est mal éliminé par les malades du foie et des reins chez qui il peut s’accumuler jusqu’à dose toxique; ensuite parce que les doses qui provoquent la fièvre violente et même la mort ne doivent pas être approchées.
- Le danger est en effet d’employer le dinitrophénol avec abus, sans contrôle médical. La mode est aux tailles sveltes, aux lignes élancées; on sait combien ce désir de minceur anormale a déjà causé de troubles et de maladies; certaines femmes, entre autres, inventent des régimes alimentaires invraisemblables, s’imposent des exercices exténuants, se serrent et se compriment sans raison. Quelle tentation de maigrir et de maintenir sa silhouette grêle rien qu’en absorbant quelques pilules, de pouvoir ainsi manger copieusement et se reposer! Et comme on a envie de forcer la dose tant qu’aucun inconvénient ne se manifeste !
- C’est pourquoi beaucoup de médecins demandent aujourd’hui que le premier venu ne puisse plus se procurer un tel produit sans ordonnance, ni l’employer sans précautions.
- Métabolisme de
- Temps en jours
- Fig. 3. — Effet de T ingestion d’une seule dose de 3 mgr 5 par kilo g sur le métabolisme basal de l'homme (d’après Cutting, Mfehrtens et Tainter.)
- AUTRES HYPERTHERMISANTS
- Depuis les premiers travaux physiologiques sur le dinitrophénol, on a cherché à obtenir des effets analogues au moyen de nombreux composés voisins. On a essayé en Espagne les dinitrotoluènes, en Angleterre les dini-trocrésols, en Belgique les dinitronaphtols, dinitrothymols, dinitrocyclophénols et la [3-tétrahydronaphtylamine.
- Le bleu de méthylène, la thionine, le bleu d’azur, le bleu de toluylène élèvent aussi la température, d’après les recherches de Bouckaert, J.-F. et C. Ueymans.
- Tous ont des actions spécifiques complexes qu’on sait d’autant moins interpréter que le problème de la production de chaleur animale et de la régulation thermique reste encore fort, obscur et manque toujours des directives physiologiques essentielles.
- Aucun des corps qu’on a ainsi expérimentés ne paraît devoir supplanter pratiquement le dinitrophénol 1-2-4.
- André Bercy.
- Fig. 4. — Effet sur le métabolisme basal cl le poids de l’homme de doses de 3 mgr par kg, ingérées chaque jour. L’arrêt du traitement, au 80' jour, ramène aussitôt le métabolisme basal au-dessous de la normale (d’après Gutting, Mehrtens et Tainter).
- +40 'S® Î2 ^ +20 2*5 .«0 (0 0 U c / \ 0) / s- £ / . . jS / Dinitrophénol ^ ^/ 3 milligr. par Kgr. -X / et par jour jB [-§ . § \
- - ^ Métabolisme de base c; $ ü: 1
- <0 95 <o-S 90 c£ c 85 <b 80
- 0 20 40 60 80 Temps en jours
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- LES CRATERES METEORIQUES D’ESTHONIE
- On sait qu’il existe aux Etats-Unis, dans l’État d’Arizona, un singulier cratère qui n’a rien de volcanique et dont la formation est attribuée à la chute d’un gigantesque bloc météorique. C’est un entonnoir creusé par un projectile céleste. Le cratère de l’Arizona a été longtemps le seul accident de ce genre connu sur la surface de notre globe. En ces dernières années on en a identifié plusieurs autres en Australie, en Sibérie et en Arabie.
- L’Europe possède, elle aussi, des cratères météoriques. Ils se trouvent dans l’île de Saaremaa (ou Œsel), dans la mer Baltique; cette île appartient à l’Esthonie. Au nombre de six au moins, ils sont situés près de la ville de Kuressaare (Arensburg). Ils ont été identifiés en 1927 par M. Reinvald, ingénieur des mines de l’Etat Esthonien, qui les a étudiés d’une façon approfondie. M. Clyde Fisher, de YAmerican Muséum of Natural History, en donne une description dans la revue « Natural History ».
- Le cratère principal est un beau lac circulaire, le Kaali Jàrd, dont le diamètre est de 60 m, tandis que le diamètre de l’entonnoir, au sommet des lèvres, est de 90 m. Ces lèvres dominent de 6 m à 7 m le terrain environnant; leur talus est plus raide à l’intérieur qu’à l’extérieur; le fond du lac est à 15 m en dessous du niveau supérieur des lèvres. A côté de ce cratère principal, on trouve cinq autres dépressions plus petites, mais ayant manifestement la même origine; leurs diamètres varient de 10 m 50 à 40 m. Elles sont toutes circulaires, sauf une d’entre elles qui est ovale.
- Le plus intéressant de ces cratères est le cratère n° 4 qui se prête à des constatations particulièrement frappantes. Tout son fond, sauf une petite région centrale, est formé de dolomite dure, non altérée, disposée suivant des couches qui ont gardé leur orientation originelle. Mais la partie centrale, d’environ 5 m 50 de diamètre, est une dépression peu marquée de 0 m 40 environ, au centre de laquelle se trouve une cheminée borgne de 0 m 90 de long, 0 m 45 de large, et 0 m 45 de profondeur. Cette cheminée a été certainement creusée par
- l’impact du projectile. Sur les bords delà cheminée, les étroites bandes marneuses de la dolomite sont incurvées, alors qu’elles sont rectilignes dans la dolomite voisine, non altérée; cette incurvation met en évidence la pression que la météorite a imprimée au terrain de haut en bas au moment du choc. La dépression centrale de 5 m 50 est entourée d’une lèvre sinueuse; la dolomite en a subi des altérations : elle est craquelée, légèrement ondulée, gonflée et a un aspect brûlé. Elle est moins colorée que la dolomite environnante; elle est tendre et se coupe aisément à la bêche. Des sondages ont montré que cette altération locale s’étend jusqu’à 4 m 50 au-dessus du sommet de la cheminée; elle est manifestement le résultat de la chaleur développée par le choc de la météorite.
- Il est à noter que la dolomite est plus altérée en profondeur qu’à la surface, ce qui indique que la chaleur s’est transmise de l’intérieur de la cheminée vers l’extérieur.
- Suivant M. Reinvald, la partie principale du cratère avec sa lèvre en relief est le résultat d’une explosion, due principalement à la vaporisation rapide de l’eau du sol et de la météorite, sous l’effet de la chaleur dégagée par le choc; les dimensions du cratère indiquent la puissance de l’explosion, mais les dimensions de la météorite elle-même devaient être insignifiantes par rapport à celles du cratère.
- A la différence des cratères de l’Arizona et d’Australie on n’a retrouvé aucune trace de fer météorique autour des cratères de l’île d’Œsel. Mais la chose n’a rien de surprenant; l’île a toujours été habitée, et il suffit de voir avec quelle rapidité ont disparu les débris météoriques autour du Meteor Crater de l’Arizona depuis que les visiteurs y affluent, pour comprendre leur absence sur les bords des cratères esthoniens.
- Par leur profil, leurs dimensions, les altérations subies par la roche en place, les cratères du groupe d’Œsel olîrent de singulières ressemblances avec ceux du groupe naguère découvert à Henbury en Australie.
- M. Clyde Fisher estime à environ 2000 ans l’âge des cratères esthoniens.
- = LE CONTROLE DES TRANSMISSIONS =
- DE TÉLÉGRAMMES
- PAR LES CELLULES PHOTO-ÉLECTRIQUES
- Les cellules photo-électriques, qui reçoivent peu à peu les applications les plus variées, sont employées aujourd’hui pour le contrôle de la transmission des télégrammes au Central télégraphique de la « Western-Union » và New-York.
- Les textes à télégraphier sont envoyés vers les systèmes de transmission automatique par des appareils de transmission à fonctionnement continu à courroie sans fin, les messages étant serrés entre deux courroies, et ces dernières passant sur des poulies. Dans son trajet, le télégramme passe d’une courroie à une autre au moyen d’une sorte de pont métallique. Le transport des messages s’effectue à une vitesse de 360 m à la minute, et plus de 400 de ces systèmes de transport sont utilisés en même temps.
- Il est indispensable de se rendre compte si les transmissions s’effectuent à une vitesse normale et sans interruption.
- On emploie, à cet effet, des cellules photo-électriques sur lesquelles agissent des faisceaux lumineux réfléchis par les messages eux-mêmes ou traversant des perforations pratiquées dans les plaques métalliques servant à relier les différentes courroies. Si le système s’arrête, la perforation reste libre pendant un certain temps, le faisceau lumineux agit sur la cellule pendant un temps anormal, un signal sonore ou lumineux se déclenche.
- De même, la lumière réfléchie sur le papier portant le texte du télégramme varie suivant la couleur des supports. Dès qu’un message d’une couleur différente est placé sur le transporteur, un relais se déclenche, et le système s’arrête.
- Il est ainsi possible immédiatement de déceler tous les troubles de fonctionnement de l’installation et de localiser le défaut. P. H.
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- PHOTOGRAPHIES AU CLAIR DE LUNE = 567
- Nous avons parlé récemment (n° 2983, 15 août 1936), de l’obtention des photographies météorologiques nocturnes par l’utilisation, en guise d’objectif, d’un condensateur de lanterne de projection. Sans revenir sur ces questions nous en appliquerons les principes au présent sujet, qui est susceptible d’intéresser les nombreux amateurs de photographies pittoresques.
- Tout le monde apprécie le charme très grand des effets des paysages contemplés au clair de lune. Dans cette douce illumination, l’œil ne perçoit que des oppositions accusées, sans demi-teintes fouillant les ombres qui restent profondes, des masses volontiers simplifiées et ne se dessinant guère que par leurs contours généraux; ces caractères particuliers se différencient quelque peu de ceux des aspects auxquels il est facile de prétendre, à l’aide de photographies prises normalement en plein
- pose suffisamment longue, aurait une valeur s’apparentant à celle que permet la clarté diurne.
- Fig. 1 et 2. — Pose : 30 sec (P. L. très haute dans le ciel.) Fig. 3. — Pose : 60 sec (P. L., peu élevée.)
- Fig. 4. — Pose : 90 sec (Lune entre P. Q. et P. L., basse sur l'horizon).
- jour, et poussées au sombre par un tirage approprié. Aussi bien le but recherché ici n’est pas d’obtenir, dans ces conditions d’éclairement restreint, un cliché qui, pris avec un appareil d’usage courant et grâce à une
- Les défectueuses qualités optiques d’un condensateur, quant à la finesse des détails, constituent un élément précieux dans le cas présent. Le flou dont elles restent entachées, l’absence de détails rappellent au mieux ce qui résulte de l’impression visuelle. A cet avantage, d’ordre artistique, s’ajoute celui de la possibilité, grâce à la luminosité instrumentale, d’opérer en un temps
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- très court. Si, comme nous l’avons vu dans l’article précité, des poses de 10 sec procurent déjà de bonnes
- plus favorables, celles où la pleine lune brille dans les hauteurs d’un ciel très pur. Mais somme toute, tenant
- images du ciel, nous pouvons pour certains sujets pittoresques, obtenir des vues excellentes en triplant seulement cette durée; bien entendu dans les conditions les
- Fig. 5, <j, 9. — Pose : 2 mn, avec écran jaune (un jour avant P. L., hauteur moyenne). Fig. 7, 8. — Pose; 3 mn, avec écran jaune. (Lune entre P. Q. et P. L., hauteur moyenne).
- compte des circonstances entraînant la valeur variable de l’éclairement (phase de la Lune et élévation dans un ciel plus ou moins pur), des résultats satisfaisants seront fournis par des poses de l’ordre de la minute environ (flg. 1, 2, 3, 4). Ce qui admet la possibilité de faire figurer un personnage dans le cadre choisi, cette courte immobilisation n’ayant rien d’excessif.
- Des effets encore plus harmonieux (fig. 5, 6, 7,8, 9) sont procurés par l’emploi d’écrans jaunes qui, plus conformes à l’aspect visuel, atténuent l’éclat du ciel où se détache mieux alors l’enregistrement des étoiles brillantes et par rapport auquel s’opposent davantage les blancs, dont la note est si caractéristique de l’aspect général des paysages nocturnes. Lucien Rudaux.
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- RÉCRÉATIONS MATHÉMATIQUES 5
- SOLUTION DES PROBLÈMES PROPOSÉS DANS “ LA NATURE
- DU 1" SEPTEMBRE 1936 (N» 2984)
- Rappelons l’énoncé des problèmes proposés :
- Problème A. — Trois prés dans lesquels l’herbe est d’égale hauteur et croît d’un mouvement uniforme, mesurent 60 a, 72 a, et 96 a. Le premier a nourri 75 bœufs pendant 12 jours, et le second a nourri 81 bœufs pendant 15 jours. On demande combien de bœufs pourront être nourris pendant 18 jours dans le troisième pré [Newton],
- Problème B. — Deux stations distantes de 4 km sont reliées par une double ligne de tramways. A chaque station, les voitures partent de trois en trois minutes, et marchent avec la même vitesse sur chaque ligne. Un piéton parcourt uniformément la même ligne ; au moment où il part de la première station, il voit une voiture la quitter, une autre y arriver. De même, au moment où il atteint la seconde station, une voiture en part et l’autre y arrive. En comptant les voitures avec lesquelles il s’est trouvé à l’une et à l’autre station, le piéton en a rencontré 19 allant dans le même sens et 43 allant en sens contraire. Trouver la vitesse du piéton et celle des voitures.
- Problème C. — On écrit à la suite les uns des autres tous les nombres se terminant par 37 : 37 137 237... 163637... On demande à quel nombre appartient le 5000e chiffre 3 de la suite ?
- SOLUTIONS
- Problème A. — Le premier pré, en 12 jours, a fourni 75 X 12 = 900 rations.
- Le 2e pré, pendant le même temps, aurait donné :
- 72 X 900
- --------- = 1080 rations.
- 60
- Comme ce pré a pu produire en 15 jours 81 X 15 = 1215 rations, c’est donc que, en 3 jours, sur 72 a, il pousse une quantité d’herbe représentant :
- 1215 — 1080 = 135 rations.
- Par conséquent, 96 a en 18 jours donneront :
- 1215 X 96 ' 72
- 96 x 135 72
- = 1800 rations.
- Le 3e pré en 18 jours pourra donc nourrir 100 bœufs. Ce problème a été traité dans plusieurs ouvrages classiques, dans des livres de récréations mathématiques et dans des revues. Presque partout nous n’avons trouvé que des solutions péchant par défaut de clarté et de concision.
- La seule difficulté est de trouver l’équivalent de la quantité d’herbe qui pousse sur l’unité de surface pendant l’unité de temps. Quand on exprime cette quantité en rations journalières c’est très simple et dès la 3e égalité nous étions en possession du nombre cherché. Mais lorsqu’on veut déterminer l’équivalence avec le volume d’herbe existant sur une certaine surface, la solution est beaucoup plus longue et plus laborieuse. C’est cette dernière méthode qui a été choisie par la plupart de nos correspondants mais ils se sont ingéniés à parvenir rapidement au but désiré et beaucoup y ont réussi.
- Il est intéressant de remarquer que le problème comporte 4 inconnues : la hauteur primitive de l’herbe dans les trois prés : A ; la quantité dont l’herbe croît en un jour : v; le volume d’herbe mangé par bœuf et par jour : q\ enfin le nombre de bœufs que pourra nourrir le 3e pré : x. Comme nous n’avons que 3 équations le problème est indéterminé et, cependant,
- le raisonnement précédent montre évidemment que l’inconnue x est déterminée sans ambiguïté.
- Abandonnons l’arithmétique pure et posons les équations exprimant que l’herbe de chaque pré, depuis l’introduction des bœufs jusqu’à la fin du pâturage, a été complètement mangée par les ruminants.
- Nous obtenons les équations :
- 60 h + 60.12 v = 75.12 q.
- 72 h + 72.15 v = 81.15 q.
- 96 h + 96.18 o = x. 18 q.
- C’est un système de 3 équations homogènes, en considérant h,, v et q comme inconnues. Pour que ce système admette un ensemble de valeurs non toutes nulles des inconnues il faut et il suffit que le déterminant A des coefficients des inconnues soit nul.
- Ecrivons ce déterminant :
- 60 60.12 — 75.12
- 72 72.15 — 81.15
- 96 96.18 - — 18 x
- en l’égalant à zéro nous obtenons pour x la valeur 100.
- On voit que l’inconnue x joue un rôle particulier, tout différent de celui des autres inconnues; c’est, en réalité, un coefficient qu’il faut déterminer pour que les trois équations soient compatibles. En considérant deux équations quelconques du système précédent on calculera deux des inconnues en fonction de la troisième, nous obtiendrons ainsi une infinité de valeurs pour h, v, et q.
- Le lecteur vérifiera qu’on a, par exemple, h = 7,5 q et
- 5
- p = o ?•
- Problème B. — Supposons que le piéton arrivé à la 2e station fasse demi-tour immédiatement, et revienne à la même vitesse à son point de départ. Il aura rencontré, sur la même voie : 19 + 42 = 61 tramways, puisque à la 2e station il voit un tramway arriver en même temps que lui, mais aucun partir. Pendant son voyage aller et retour il s’est donc écoulé un temps égal à 60 intervalles de 3 mn, soit 180 mn. Le piéton met 90 mn pour parcourir 4 km. Sa vitesse horaire est de :
- 3 2
- 4 km : - = 2 km 2 3
- Il arrive à la 2e station en même temps que le 19e tramway, parti par conséquent : 3 mn X 18 = 54 mn plus tard. Donc le temps de parcours d’une voiture est de 90 mn— 54 mn = 36 mn,
- 3 2
- et la vitesse horaire des tramways est de : 4 km : - = 6 1cm -•
- 5 3
- Problème C. — Soit N un nombre de la suite. Dénombrons les 3 successivement au rang des dizaines, des centaines, etc... depuis 37 jusqu’à N inclusivement. Prenons N = 235 437, par exemple; écrivons 37 et accolons à gauche tous les nombres de 0 à 2354, nous obtenons ainsi tous les nombres se terminant par 37 et ayant un 3 aux dizaines. Donc, aux dizaines nous rencontrons le chiffre 3 : 2355 fois. Tout nombre se terminant par 337 aura un 3 aux centaines, en raisonnant comme ci-dessus nous trouverons : 236 fois le chiffre 3 à ce rang. Pour tout nombre se terminant par un des 10 nombres de 3037 à 3937 nous aurons un 3 aux unités de mille; devant chacun de ces nombres nous pouvons écrire les nombres de 0 à 23, soit en tout 24 X 10 = 240 nombres ayant un 3 aux unités de mille.
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- D’une façon générale nous obtenons les formules suivantes, en désignant, suivant la notation habituelle, le quotient entier
- de a par b par -L b
- Nombre de 3 aux dizaines Nombre de 3 aux centaines
- m
- r n
- + 'i
- Nombre de 3 aux mille 10 Nombre de 3 aux dizaines de mille 100
- 1 000
- N
- 10 000
- N
- 100 000
- j + a
- ] + *
- :]+«
- a — o ou 1 suivant que le 1er chiffre à gauche du reste de la division est <^3 ou 3,
- etc., etc.
- Dans l’exemple numérique ci-dessus il n’y a aucun 3 aux centaines de mille; si nous avions considéré 435 437, par exemple, nous aurions eu une série complète de 3 à ce rang. La formule générale s’applique toujours :
- 1000 (TiüüL] + lj = 1000 \L 1 000 000 J J
- Le quotient entier de 435 437 par 1 000 000 est 0, et le reste étant 300 000, a = 1.
- Mais si le nombre N commence par un 3 la série n’est évidemment pas complète, il faut dénombrer les 3 aux centaines de mille depuis le 1er nombre de 6 chiffres jusqu’à N. Cette remarque s’applique à tout nombre N pour ses unités les plus élevées.
- Ceci dit, le nombre de 3 aux dernières unités est grossiè-N . N
- rement égal à---pour les dizaines et à ----pour toutes les
- e 100F 1000F
- autres unités, sauf toutefois pour les plus élevées où il peut
- N
- être nul ou inférieur à----comme nous 1 avons vu.
- 1000
- Cherchons maintenant le nombre N qui contient le 5000e chiffre 3. N est inférieur à 400 000 puisque pour 400 037 nous
- 4000 et, 1000 chiffres 3 aux centaines de
- m
- mille. Il est compris entre 300 000 et 400 000 et approxima-
- tivement
- ' N '
- ÎÔÔ
- + 5
- N
- 1000
- = 5 000,
- donc N est aux environs de 330 000.
- Après quelques tâtonnements on trouve N = 345 237. On vérifie aisément que nous avons :
- Aux dizaines 345 237 + 1 = 3 453 chiffres 3
- 100
- Aux centaines “345 237” + o - 345 )î
- 1000
- Aux mille 10 ^ ”345 237 ] + ,) = / 350 ))
- 10 000
- Aux dizaines 100 ^ “345 237“] + l) = / 400 ))
- 100 000 1
- de mille
- Aux centaines de mille :
- de 3000 (37) à 3452 (37) = 453 — ))
- Total : 5 001 ))
- Donc le premier 3 du nombre :
- 345 237 est le 5000e chiffre 3 de la suite.
- Ont envoyé des solutions justes :
- Problèmes A, B, C. — MM. Tellier, instituteur à Saint-Georges-sur-Fontaine (Seine-Inférieure) ; Gaston Roux, à Port-Fouad (Egypte) ; Damien Garrigues, 30, rue de Fleurance, Toulouse; P. Rambal, Neuchâtel (Suisse) ; Van Blitz, 82, avenue Parmentier, Paris; Fournier-Misson, retraité, Charle-ville (Ardennes).
- Problèmes A, B. — MM. Capitaine Enet, 8, rue Laurent-Bonnemant, à Arles (B.-du-R.) ; Dr André Biau, médecin-dentiste, à Vabre (Tarn) ; J.-C. Mollard, instituteur, 2, rond-point des Condamines, à Versailles; Houlet, président de la Bibliothèque des Amis de l’Instruction, Epernay (Marne); Jean Dufour, 7, rue du Midi, Lausanne (Suisse); Chatain, Le Menoux (Indre).
- Problèmes A, C. — MM. Jean Cueilleron, 16, rue de la Procession, Paris; Edoin Grimlund, Malmo (Suède); L. Port, ingénieur mécanicien honoraire, Brest (Finistère) ; Jacques Bouleau, ingénieur A. et M., Oullins (Rhône).
- Problème B. — MM. V. Piatnitzky, État de Sào-Paulo (Brésil); Cl. Robert, Bussy-Valanjin, canton de Neuchâtel (Suisse) ; L. IJobé, ingénieur, 143, Diewez, Uccle (Belgique) ; E. Hibon, Blendecques (P.-de-C.).
- Problèmes B, C. — M. Rubie, 30, quai Wilson, Genève.
- Henri Barolet.
- LE CINQUANTENAIRE DE JOHANNESBURG
- LA CITÉ DE L’OR
- L’AFRIQUE DU SUD AUTREFOIS
- Au quinzième et au seizième siècle, les Portugais organisèrent plusieurs expéditions maritimes sur les côtes est et ouest d’Afrique pour retrouver l’emplacement d’Ophir où la tradition situe les mines d’or de la reine de Saba. Si Diaz et Vasco de Gama échouèrent dans leur but principal, ils firent néanmoins d’importantes découvertes géographiques : le cap de Bonne-Espérance et la route des Indes.
- Dès 1652, la Compagnie hollandaise des Indes Orientales s’installa en Afrique du Sud. Plus tard, après la révocation de l’Édit de Nantes, des calvinistes français se joignirent aux premiers colons; de la fusion des deux races européennes naquit le peuple paisible des fermiers boers qui, maintes fois, fut contraint de se déplacer avec ses troupeaux, assailli d’un
- côté par les indigènes, de l’autre par les émigrés britanniques qui le chassèrent des territoires côtiers, le contraignant à se réfugier plus au nord. Les immenses étendues dénommées par la suite gouvernement du Cap de Bonne-Espérance, du Natal, État libre d’Orange, Transvaal, dont la réunion forme aujourd’hui l’Union de l’Afrique du Sud, ne se sont développées économiquement, ne se sont peuplées d’Européens et ne se sont ouvertes à la civilisation qu’avec. une extrême lenteur pendant plusieurs siècles.
- LE DIAMANT
- Lorsque, en 1869, après onze ans d’un travail prodigieux, le canal de Suez, œuvre du génial Lesseps, fut ouvert, facilitant considérablement les relations de l’Europe avec les
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- Indes, l’Extrême-Orient et l’Australie, il put sembler que par contre-coup l’essor du Cap de Bonne-Espérance et de l’Afrique du Sud serait encore retardé. « Toute son importance, le Cap la tirait de sa station navale qui commandait la route des Indes. Cette route devant être abandonnée, la colonie n’allait plus être qu’un entrepôt de charbon, qu’un point de ravitaillement pour quelques bateaux égarés qui viendraient y chercher de la viande et des légumes frais, et, seulement en temps de guerre, si le canal de Suez était fermé, un point stratégique considérable. Mais presque au moment où Lesseps terminait son grand ouvrage et portait ainsi à la prospérité de l’Afrique du Sud un coup qui aurait dû lui être fatal, on découvrait non loin du fleuve Orange, au nord de la colonie du Cap, les fameux gîtes de diamants du « Griqualand-West ». Des prospecteurs accourus de tous les pays du monde, bientôt suivis d’ingénieurs, d’industriels et de capitalistes, organisèrent l’exploitation des mines en quelques années et créèrent Kimberley, la ville du diamant.
- La prospérité qui résulta pour l’Afrique du Sud de la présence de milliers d’étrangers occupés directement ou indirectement par les mines faiblit pourtant lorsque Cecil Rhodes, réunissant en une seule toutes les compagnies minières, constitua le trust du diamant. Les affaires languirent de nouveau et la contrée retomba en léthargie.
- DÉCOUVERTE DE L’OR ESPOIRS ET DÉCEPTIONS
- Cette léthargie dura peu car une nouvelle trouvaille, plus intéressante si possible que celle du diamant, vint à peu près au même moment, redonner de l’animation à l’Afrique du Sud, et fournir un champ d’action à l’énergie des Uitlanders (étrangers) : deux chasseurs, les frères Barber, au cours d’une excursion au Transvaal, dans la vallée de Kaap, avaient trouvé un gisement de quartz aurifère. La nouvelle se répandit aussitôt et, de toutes parts les diggers ou mineurs improvisés appartenant aux nationalités les plus diverses, accoururent en foule dans la vallée de Kaap, attirés là comme par un nouvel Eldorado. De nombreuses sociétés furent constituées pour l’exploitation des claims de Barberton, prétendus très riches par des courtiers qui s’enrichirent en vendant fort cher des terrains sans valeur aux acheteurs trop crédules.
- En réalité, ce fut pour presque tout le monde une déception, car une seule mine, la Sheba (Saba), justifia les espérances qu’on avait mises en elle. Toutes les autres compagnies dont les daims se révélèrent improductifs, firent faillite et l’affaire de Barberton laissa dans l’esprit des capitalistes un souvenir analogue à celui déplorable du canal de Panama après 1889.
- Cependant, les pionniers allaient bientôt prendre leur revanche : ils ne se découragèrent pas : « Ils savaient qu’il ne faut pas juger de l’Afrique sur ses apparences, qu’elle n’est pas une coquette cherchant à se faire valoir, qu’au contraire elle cache ses beautés ». Dès 1858 un Wurtembergeois, Karl Mauch, géologue distingué, mentionnait l’existence d’or dans la rivière des Eléphants; en 1867, Mauch visita le Wit-watersrand (rangée de l’eau blanche; par abréviation : Rand) et, véritable prophète, il déclara que la région s’avérerait très riche en or. Il mourut en 1875, trop tôt pour voir sa prédiction se réaliser.
- LE RAND, FONDATION DE JOHANNESBURG
- Avec Barberton et Pilgrim’s Rest, cet autre gisement aurifère qui eut ui}e célébrité aussi bruyante qu’éphémère, l’élan des prospecteurs était donné; à la suite de leur échec, les diggers se déplacèrent donc simplement, n’abandonnant pas leur idée et prospectèrent ailleurs, toujours aussi acharnés. On ne saurait nommer tous ceux qui contribuèrent, par
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- des trouvailles plus ou moins sensationnelles, à entretenir la foi dans le résultat final; de même ne saurait-on dire que tous ceux à qui l’on doit les plus importantes découvertes en aient retiré personnellement un bénéfice proportionnel à cette importance. Le sort n’a-t-il pas été injuste, par exemple, à l’égard de George Walker, ce digger qui trouva la fameuse veine du Main Reef et qui, pourtant, finit ses jours dans l’indigence ? Une mention spéciale est due cependant aux frères Struben qui, comme tant d’autres chercheurs d’or, avaient d’abord été chercheurs de diamants. La similitude de la formation rocheuse des terrains du Witwatersrand avec celle des filons de la Sheba les avait convaincus de l’existence du métal précieux dans le Rand. Ils achetèrent' plusieurs fermes, y firent des installations. On leur prédit qu’ils ne récupéreraient pas leurs dépenses. En initiateurs hardis ils commandèrent une broyeuse à vapeur à Ipswich, en Angleterre; le 12 décembre 1885, la broyeuse fut mise en marche pour la première fois et le 22 février 1886 Frédéric Struben put envoyer à la Standard Bank, à Pretoria, un chargement d’or d’environ 1700 gr.
- Cette même année 1886, dans le désert rocailleux et stérile du Rand, immense étendue solitaire, où de très rares fermes s’élevaient de loin en loin, surgirent une multitude de cabanes couvertes en zinc; les mineurs, au nombre d’environ 3000, campèrent au milieu de chariots et de bœufs. Johannesburg était née.
- LE DÉVELOPPEMENT DE LA CITÉ DE L’OR
- C’est à l’ingénieur hollandais Johannès Rissik que la cité de l’or doit son nom. Ce fut lui qui établit les plans, qui fit transporter tous les matériaux, tous les approvisionnements, toutes les machines par des milliers de chars à boeufs. Personne à l’époque, même parmi les gens les plus optimistes, ne pouvait prévoir que Johannesburg se développerait comme elle l’a fait : de 3000 en 1886, le nombre d’habitants passe à 26 000 en 1890, à 102 000 en 1896. Il est de 450 000 actuellement, et la ville, cette année, fête seulement son cinquantenaire. Le terrain sur lequel elle est bâtie, aurait pu être acheté en 1886 pour quelques milliers de livres sterling; sans les immeubles, il est estimé aujourd’hui plus de vingt-huit millions de livres. La superficie dépasse 87 milles carrés, et la longueur des rues 800 milles (1287 km).
- Johannesburg, cité d’Afrique la plus peuplée, après Le Caire et Alexandrie, ne connaît pas « la crise ». Encore maintenant elle continue à s’étendre, démontrant la véracité de l’adage souvent répété en France avant la guerre : « Quand le bâtiment va, tout va ». Six millions de livres environ sont en effet dépensées annuellement en constructions nouvelles dans la cité de l’or, cité extra-moderne aux gratte-ciel de dix ou quinze étages. Les beaux monuments sont nombreux et les deniers publics dans ce pays dont les finances sont extrêmement saines, n’ont pas été ménagés pour les édifier. L’Hôtel de Ville de Johannesburg a coûté 400 000 livres; l’hôtel des Postes, 450 000; le Palais de justice, 350 000; la Bibliothèque municipale, 300 000; la Bourse, 162 000. Voilà, certes, des chiffres qui laisseraient rêveurs des édiles municipaux français.
- LE RAND, BASE DE LA PROSPÉRITÉ DE JOHANNESBURG
- Mais, il ne faut pas l’oublier, l’histoire de Johannesburg est intimement liée à celle de l’industrie minière aurifère en Afrique du Sud; cette histoire qui ne s’étend que sur une période de cinquante ans est féconde en événements qui ont attiré sur la cité de l’or les regards du monde entier : en 1895, raid du Dr Jameson, dans lequel fut impliqué Cecil Rhodes; en 1899-1902 guerre anglo-boer. Dès le début de la lutte, les
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- Anglais abandonnèrent la ville, la laissant presque entièrement vide; en 1914 révolution; en 1922 grève et révolte. Comme le constatait récemment son maire, M. Maldwyn Edmund, Johannesburg est toujours sortie triomphante des plus graves vicissitudes et son avenir peut être envisagé avec confiance.
- Bien que l’Afrique du Sud ait pris un essor économique considérable qui englobe aussi bien l’industrie et le commerce que l’élevage et l’agriculture, son avenir, en ce qui concerne particulièrement Johannesburg, repose principalement sur les mines d’or. En celles-ci on peut avoir foi longtemps encore, les immenses profits qu’on en a déjà tirés étant loin d’être épuisés. Mieux, des découvertes de nouveaux gisements vont permettre de prolonger la durée des anciennes mines. Le temps
- n’est plus au scepticisme du début de l’exploitation alors que l’extraction ne s’effectuait qu’en surface : certains forages atteignent maintenant 6000 et 7000 pieds de profondeur. La valeur totale de l’or produit par le Transvaal depuis 1884 jusqu’à 1934 est de 1227 millions de livres et la moitié environ de cette somme fabuleuse est restée en Afrique du Sud. Plus de 400 tonnes d’or sont manipulées chaque année à la raffinerie de Germiston, située à neuf milles de Johannesburg. 30 000 blancs et 250 000 hommes d’autres races diverses travaillent dans les mines échelonnées pour la plupart le long du Rand, au centre duquel s’élève la cité de l’or. A l’occasion de son jubilé, celle-ci organise une très importante exposition qui s’est ouverte en septembre dernier et durera jusqu’à janvier 1937. Michel Renault.
- PRESTIDIGITATION
- LE BARIL INÉPUISABLE
- Tout le monde connaît la « Bouteille inépuisable » présentée, il y a plus de quatre-vingts ans par Robert Houdin, par Robin et par quelques autres prestidigitateurs de l’époque; toutes
- Fig. 1. — Le baril inépuisable.
- les boîtes de « Physique amusante » un peu importantes la contenaient et son explication a été donnée partout.
- On a voulu faire mieux à notre époque et l’on a créé le Baril inépuisable; seulement le truc, beaucoup plus important, demande une installation minutieuse et n’est pas portatif comme l’était celui de la célèbre bouteille.
- Sur la scène se trouve une table; on pose sur cette table un chevalet de bois supportant un baril de verre d’une contenance d’une vingtaine de litres. Au moyen d’un entonnoir de verre placé dans la bonde, on verse de l’eau en quantité suffisante pour remplir la moitié du tonneau. Le prestidigitateur tire quelques verres de cette eau au moyen du robinet placé à l’avant du tonneau et fait constater que c’est bien de l’eau pure puis il annonce qu’à son commandement, l’eau contenue dans le baril va se métamorphoser. En effet, replaçant le verre sous le robinet, il tire encore de l’eau, mais ce liquide clair n’est plus de l’eau mais de l’anisette; il continue à tirer alternativement de l’eau du vin rouge, de l’eau, de la bière, etc... puis pour enlever toute idée de truquage, il fait placer le baril à même sur un des côtés de la scène et il recommence l’expérience de l’eau et des liquides variés; enfin pour terminer, le baril est posé sur deux tabourets et là après avoir tiré succes-
- sivement de l’eau et des liquides différents, le prestidigitateur place un seau sous le robinet et vide complètement le tonneau.
- La figure 1 donne en partie l’explication du mystère : un tuyau part du robinet et passant au travers du chevalet va rejoindre la table. Dans le pied de celle-ci est un tube qui aboutit dans le dessus de la scène. L’extrémité du tuyau du chevalet s’enfonce dans une ouverture caoutchoutée du tube qui traverse le pied de la table. Lorsque le baril est changé de place et doit être posé soit sur le plateau de la scène, soit sur deux tabourets, l’extrémité de son tuyau s’enfonce comme dans la table, dans une ouverture coutchoutée exactement repérée.
- Le robinet est tout spécialement construit à double évolution. La clé tournée à droite donne sortie à l’eau; tournée à gauche, elle donne passage au liquide envoyé du dessous et qui arrive par le tube; placée de face, le robinet est fermé.
- Dans le dessous de la scène, est installé tout un jeu de pompes foulantes (fig. 2) placées dans les réservoirs des liquides que le prestidigitateur doit demander. Tout le système de pompes isolées aboutit à un tuyau unique qui vient sc raccorder sous le pied de la table, sous la scène, sous un pied du tabouret avec le tube raccordé lui-même au baril. Lorsque
- Fig. 2. — L'une des pompes qui alimentent le baril.
- le prestidigitateur annonce un liquide, l’aide presse la pompe nécessaire et le liquide arrive au robinet.
- Si l’idée est simple, l’organisation est compliquée, mais le truc a du succès. A mon avis, il eût été mieux nommé « le Baril mystérieux ». Le prestidigitateur Alber.
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- HYGIÈNE ET SANTÉ =
- LES FLEURS D’HIBISCUS SABDARIFFA
- LEUR UTILISATION EN DIÉTÉTIQUE
- Dans notre alimentation journalière, les boissons jouent un rôle important.
- Dans toutes les classes de la société, les boissons alcooliques ou excitantes sont consommées en trop grande abondance, et souvent, les médecins se voient obligés de les interdire ou tout au moins de conseiller leur restriction à un grand nombre de personnes, spécialement aux femmes et aux enfants.
- C’est pour cette raison que la consommation des jus de fruits s’est beaucoup développée dans ces dernières années et que l’usage de café décaféiné tend à supplanter les infusions de café ordinaire et de thé. Aussi, une nouvelle boisson aromatique acidulée, non excitante, rafraîchissante, agréable au goût et de couleur flatteuse, à la fois hygiénique et économique, est-elle intéressante à connaître et même à propager. C’est le thé de fleurs de Sida ou Hibiscus sabdariffa, communément appelé thé rose.
- Pendant la dernière guerre d’Abyssinie, les Italiens furent obligés de s’inquiéter de l’alimentation de leurs soldats en eau et boissons hygiéniques. Pour consommer des eaux souvent malsaines, ils utilisèrent les infusions théilormes chaudes ou froides de fleurs de karkade (nom indigène des fleurs à’Hibiscus sabdariffa) couramment employées comme boisson par les indigènes africains et dont ils purent s’approvisionner largement en Erythrée.
- Cette boisson, ayant eu l’agrément des soldats, s’est bientôt propagée en Italie, dont les habitants, à la suite des sanctions, ne voulaient plus consommer de thé anglais et sc trouvaient assez rationnés en café d’importation.
- L’usage s’en répand dans l’Europe centrale et quelque peu en France, avec l’assentiment des médecins, qui le recommandent au lieu de thé et de café, aux personnes qui ne peuvent supporter les excitants.
- Quoique cette plante soit connue depuis longtemps, son étude pharmacologique a été reprise récemment par K. Leupin (Acta pharm. helaetica 1935, p. 138) et par P. Rovesti (Far-macisla liai. 1935, III, 13-16), qui confirment entièrement les travaux antérieurs et concluent à l’adoption de cette boisson hygiénique.
- h’Hibiscus sabdariffa L. (Sida sabdariffa) est une Malvacée tropicale, originaire de l’Amérique centrale, d’où elle fut importée dans les Indes, à Java, à Ceylan et en Afrique tropicale.
- C’est une plante annuelle qui, suivant la variété et le mode de culture, peut atteindre la taille d’un arbrisseau jusque près de 5 m. La variété à tige rouge est seule cultivée pour la fleur.
- La tige porte de grandes feuilles isolées à pétiole long, découpées, à nervures palmatiformes, vert clair, glabres à leur face inférieure, veloutées à leur face supérieure.
- A l’aisselle des feuilles naissent des fleurs jaunes tachetées sur fond brun. Ces fleurs sont constituées par un calice à 5 pétales, lobés, soyeux, présentant 10 nervures, trois fois plus grandes que les sépales, constituées par de petites feuilles étroites, linéaires, ciliées de soies raides.
- A maturité, la capsule à cinq loges, qui constitue le fruit, est entourée du calice entier long de 2 à 3 cm et dont les pétales ont en partie disparu par la dessiccation, le restant et les sépales sont devenus charnus par maturation et entièrement colorés en rouge carmin foncé, non seulement en surface mais dans toute l’épaisseur des tissus.
- Commercialement, ces fleurs arrivent en Europe sous forme de débris floraux irrégulièrement fracturés, de coloration rouge foncé, très voisine de celle des roses de Provins,
- constitués par de petites languettes charnues de 2 à 3 cm de long associées par deux ou par trois, terminées en pointes assez détachées et présentant chacune un épaississement des tissus masquant une nervure; à la base se détache une petite lamelle aiguë un peu plus foncée et on constate nettement la trace non pigmentée de l’insertion sur la base du fruit, qui a disparu le plus souvent.
- Cet Hibiscus est surtout cultivé dans diverses régions comme plante à fibres textiles. Ces fibres sont connues à Madras sous le nom de Roselle, Red Sorrel, et font l’objet d’un commerce important. Il est également cultivé à la Jamaïque.
- La racine est surtout utilisée en médecine populaire comme purgatif doux. Elle renferme principalement des tartrates en forte proportion (Maiscli), qui lui confèrent son activité.
- Les indigènes consomment assez souvent les feuilles comme légumes, sous le nom d’Épinard de Guinée. D’après le Pr Jumelle, elles fourniraient dans certaines régions un agent de coagulation pour le caoutchouc par l’acidité de leur suc.
- Elles sont également utilisées en médecine populaire, dans les affections inflammatoires et biliaires.
- Les graines brunâtres, réniformes, obovales aplaties, de 2 mm de long environ, renferment un albumen huileux; torréfiées elles sont utilisées dans l’alimentation.
- De tout temps, dans les pays où elles sont récoltées, les fleurs d’Idibiscus sont utilisées de diverses manières dans les mets ou pour la préparation de boissons ou comme colorant des textiles.
- Elles doivent leur coloration à la présence d’un glucoside anthocyanique, soluble dans l’eau, la gossypéline C15Hln08, inactif au point de vue physiologique, étudié par Perkin; elles renferment également de Yhibiscine et un peu de quercé-tine. La coloration fournie par les infusions ou les extraits est rouge groseille foncé en milieu acide, leur réaction naturelle, et elle vire au bleu vert en milieu alcalin; avec le sous-acétate de plomb, on obtient une précipitation de la matière colorante en bleu céleste.
- Ces fleurs ne contiennent ni alcaloïdes ni bases puriniques ou autres, agissant sur l’organisme.
- Par contre, on y rencontre une forte proportion d’acides organiques auxquels les infusions doivent leur saveur acidulée, d’un goût exquis de citron.
- K. Leupin, qui l’année dernière les a étudiées au point de vue pharmacologique, a pu isoler environ 13 pour 100 d’acides organiques : citrique, malique et un peu d’acide tartrique.
- Elles contiennent, en outre, une certaine quantité de mucilage.
- P. Rovesti a confirmé cette composition et précisé les indications diététiques et thérapeutiques de ces fleurs.
- On les utilise pour colorer en rouge vif les sirops et liqueurs. C’est un colorant végétal naturel, inofïensif qui peut être autorisé sans réserve.
- P. Rovesti annonce que les infusions de thé rouge provoquent une diurèse abondante, soxit légèrement diaphorétiques et détermineraient une activation de la sécrétion hépatique, qu’elles diminueraient l’hyperviscosité du sang et la pression sanguine et seraient utiles dans l’artério-sclérose; que, d’autre part, elles activeraient les sécrétions digestives et les contractions intestinales et même agiraient comme antiseptique intestinal.
- Nous croyons qu’il ne faut pas exagérer et que ce thé rose n’agit que comme toutes les boissons chaudes non excitantes
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- et non irritantes, prises pendant et surtout après les repas, sur l’estomac des dyspeptiques hypersthéniques et dans le tympanisme stomaco-intestinal. Le Prof. Al. Robin insistait sur l’utilité et la valeur de ces infusions, qui relèvent la motricité de l’estomac et favorisent la digestion.
- Le thé rose est donc simplement une boisson acidulée chaude et ne doit pas être considéré comme un médicament. Cette boisson hygiénique et économique se prépare avec une cuillerée à soupe de fleurs environ, qu’on laisse infuser pendant 5 à 10 minutes, dans un litre d’eau bouillante. On peut le prendre tel quel ou additionné de sucre ; quelques-uns le corsent avec un peu de zeste de citron ou un autre aromate à volonté.
- On ne peut le mélanger avec le lait, le mélange caillerait par suite de l’acidité de l’infusion.
- On peut également se contenter d’une macération un peu plus prolongée dans l’eau froide qu’on boit froide ou même glacée pendant l’été.
- Chaud ou froid, le thé rose constitue une boisson très agréable et rafraîchissante; il calme la soif pendant les chaleurs ou à la suite de travaux pénibles ou de marches prolongées. Les malades fébricitants, les opérés chirurgicaux, les convalescents le supportent volontiers et il n’empâte pas la bouche; il est très apprécié par les enfants et les scouts.
- La culture des Hibiscus sabdarijfa dans nos colonies africaines est possible et; devrait être entreprise afin que nous puissions nous passer des importations étrangères.
- Dr J. Chevalikk.
- LE MOIS METEOROLOGIQUE
- OCTOBRE 1936, A PARIS
- Mois plutôt un peu froid dans son ensemble, sec et ensoleillé. La moyenne barométrique mensuelle, ramenée au niveau de la mer, à l’observatoire du Parc Saint-Maur, 765 mm 4, est en excédent de 3 mm 5 sur la normale et elle n’a été dépassée que 7 fois en octobre depuis 1874.
- La température moyenne, 9°,27 présente un déficit de 0°,92 dû principalement aux 14 premiers jours. Pendant cette période, toutes les moyennes journalières ont été inférieures à leurs normales respectives avec des écarts dépassant plusieurs fois 5° et très fréquemment 3°. A partir du 15, le temps est devenu plus doux et les températures journalières, sauf deux refroidissements passagers et peu accentués autour du 20 et du 29, ont présenté des écarts positifs jusqu’au 31. Le maximum absolu, 18°,4, le 15, est inférieur de 3°,4 au maximum absolu moyen; le minimum absolu, — 0°,9 le 12, est en déficit de 0°,4.
- Le nombre de jours de gelée, 2, est normal; celui de gelée blanche, 7, est en excédent de 2 unités.
- Les températures extrêmes pour la région parisienne ont été :
- —3°,6 à Villepreuxle 12, et 22°, 1 à Asnières, le 15. La première gelée sous l’abri s’est produite le 4, à Vaucluse (— 0° 7) et à Montesson (•— 1°,0).
- La hauteur totale de pluie à l’observatoire du Parc Saint-Maur, 19 mm 9, qui atteint à peine le tiers de la moyenne, classe le mois qui vient de s’écouler au 6e rang parmi les mois
- d’octobre les plus secs observés depuis 1874. Le début, du mois a été très sec; aucune pluie n’est tombée pendant les 12 premiers jours. A partir du 13, on a compté 10 jours de pluie appréciable (normale 15), dont un seul, le 26, a fourni 7 mm 0 d’eau. A l’observatoire de Montsouris, la hauteur de pluie a été de 18 mm 6, inférieure de 67 pour 100 à la normale et la durée totale de chute, 26 h 25 m, inférieure de 43 pour 100 à la moyenne des 25 années 1898-1922. Hauteurs maxima en 24 h : pour Paris, 8 mm 3 à Vaugirard, du 26 au 27; pour les environs, 12 mm 5 à Vaucluse, à la même date. On a signalé de la grêle à Villepreux, le 28 dans l’après-midi.
- Dans la région, on a signalé tous les jours des brouillards locaux, exclusivement matinaux, parfois épais. Celui du 30 s’est reformé dans la soirée entre 16 h 30 et 18 h 30, au Mont Valérien. Visibilité la plus faible : 20 m, le 14 à Colombes à 7 h et à Bry-sur-Marne de 6 h 30 à 8 h 30.
- A l’observatoire de la Tour Saint-Jacques on a enregistré 149 h 20 de soleil, durée supérieure de 20 pour 100 à la normale, 5 jours sans soleil (normale 5), tous dans la 3e décade.
- A l’observatoire du Parc Saint-Maur, la moyenne mensuelle de l’humidité relative a été de 78,2 pour 100 et celle de la nébulosité de 61 pour 100. On y a relevé : 2 jours de gouttes; 2 jours de gelée; 7 jours de gelée blanche; 14 jours de rosée; 14 jours de brouillard et 10 jours de brume.
- Em. Rogek.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- EXSICCATEUR POUR BALANCE DE PRÉCISION
- Les balances de précision sont généralement enfermées dans une cage de verre où l’on entretient une atmosphère sèche au moyen d’un récipient à large ouverture placé en permanence dans un angle et chargé d’un produit absorbant d’humidité. On préfère le chlorure de calcium desséché à la chaux trop pulvérulente et à l’acide sulfurique dangereux.
- M. Sanl'ourche, dans son récent livre sur Le contrôle analytique dans l'industrie chimique minérale (Masson, éditeur, 1936), préconise un autre déshydratant, le gel de silice granulé, dont l’usage est indéfini
- et qu’il suffit de faire passer à l’étuve à 100° quand il s’est chargé du dixième de son poids d’humidité.
- Pour connaître constamment l’état du gel de silice, M. Sanfourche donne la recette suivante : on imprègne le gel de chlorure de cobalt qui change de couleur par humidité. Pour cela on commence par exposer 24 h le gel sous une cloche humide, mais sans le mouiller car il éclaterait, puis on y pulvérise une solution concentrée de chlorure de cobalt à raison de 6 gr de sel cristallisé par 100 gr de gel et on sèche à l’étuve. Le gel devient bleu foncé et peut être mis dans l’exsiccateur de la balance. Peu à peu, en absorbant l’humidité, il change de couleur et l’on sait, quand on le voit rose, qu’il est temps de le sécher à nouveau.
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- PRATIQUE DE LA TELEVISION CATHODIQUE
- Depuis le débuL de mai 1936, un nouveau poste de télévision à haute définition, d’une puissance nominale de 20 lcw, émettant sur ondes courtes de 8 m de longueur, fonctionne à la Tour Eiffel. Ce poste doit permettre, en principe, une réception régulière dans un rayon de l’ordre de 75 km autour de l’émetteur.
- Les émissions actuelles sont ell'ectuées en télévision directe. Le studio de télévision installé au ministère des P. T. T., rue de Grenelle, a, d’ailleurs, été perfectionné. On utilise encore une caméra électro-mécanique permettant l’analyse à 180 lignes avec un disque à double spirale tournant à 3000 tours-mn, obLuré par un deuxième disque, mais la cellule photo-électrique ordinaire, d’une sensibilité de l’ordre de 100 microampères par lumen, a été remplacée par un multiplicateur électronique de Zworykin qui donne la même tension de sortie avec un nombre d’étages d’amplification réduit. On diminue ainsi le bruit de souffle, et on peut augmenter la bande de fréquences transmise jusque vers 700 000 per/sec. L’analyse est améliorée et la qualité de l’image plus satisfaisante.
- L’organisation actuelle des émissions ne doit toutefois être considérée que comme un essai de début pour la mise au point des développements futurs. L’unique émission quotidienne vers 16 h, est insuffisante, la plupart des amateurs n’étant libres que le soir.
- Le public réclame des émissions de télécinéma, les émissions actuelles offrant surtout un intérêt de curiosité.
- Enfin, le programme sonore qui accompagne les images est transmis sur l’onde ordinaire de la Tour Eiffel ; ce qui permet aux sans-fdistes de le recevoir avec un poste radiophonique quelconque; mais ce système ne peut être que provisoire.
- A l’étranger, en Allemagne et en Angleterre notamment, les sons sont transmis comme les images sur ondes très courtes.
- En Allemagne, par exemple, les images sont envoyées sur une longueur d’onde de 6 m 70 (44 750 ki-locycles) et les sons sur une longueur d’onde de 6 m 985 (42 950 kilocycles). De cette manière, il existe un écart de fréquences fixe et relativement réduit entre la fréquence porteuse des images et la fréquence porteuse des sons. On peut constituer, en conséquence, un ensemble de réception images-sons homogène et plus simple.
- La construction industrielle des récepteurs de télévision a suivi, sans tarder, la création du premier service régulier de télévision. Des appareils de maniement facile permettent aujourd’hui à tout amateur de pratiquer la télévision aussi aisément que la T. S. F. Quant aux amateurs qui ont le goût de la construction, ils peuvent monter eux-mêmes leur poste récepteur à l’aide des pièces détachées que l’on trouve aujourd’hui dans le commerce.
- Nous nous limiterons aux appareils cathodiques, les seuls qui actuellement se prêtent à la réception aisée des émissions à haute définition.
- LES DIFFÉRENTES PARTIES D’UN RÉCEPTEUR CATHODIQUE
- Laissons de côté, pour l’instant, la partie sonore du récepteur, puisque pour les émissions françaises actuelles, elle est complètement distincte du récepteur d’images.
- En principe, ce dernier comporte, tout d’abord, un récepteur
- radioélectrique pour recevoir les ondes à très haute fréquence, porteuses des images et mêlées, d’ailleurs, à des signaux de synchronisation. 11 présente des caractéristiques très particulières en rapport avec la très large bande de fréquences qu’il s’agit de recevoir.
- 11 est relié à l’oscillographe à rayons cathodiques sur l’écran duquel l’image se reconstitue. Un dispositif de filtrage assure généralement, à la sortie du récepteur, la sélection entre les signaux d'images proprement dits, envoyés sur l’électrode de modulation de l’oscillographe, et les signaux de synchronisation assurant le déplacement du spot cathodique sur l’écran en synchronisme avec celui du faisceau d’analyse du système émetteur.
- Des dispositifs de « balayage » horizontal et vertical commandent le déplacement du faisceau électronique dans le tube, et leur action est contrôlée par les signaux de synchronisation recueillis à la sortie du système de filtrage.
- Les modèles actuels d’oscillographes pour télévision sont tous du type à vide poussé, moins sensibles peut-être, mais beaucoup plus fidèles, surtout pour les phénomènes à haute fréquence, que les tubes à gaz. Très souvent ces tubes comportent une cathode à chauffage indirect, comme les lampes à
- vide de T. S. F. Leur durée est plus longue et l’émission électronique plus intense.
- La forme de la cathode diffère cependant de celle des lampes à vide. On ne cherche pas à augmenter sa surface, mais, au contraire, à obtenir une source d’émission électronique aussi concentrée que possible. Pour obtenir le « spot » sur l’écran fluorescent, on « met au point » en quelque sorte l’image de cette cathode sur l’écran, à l’aide d’un système de lentille électronique, dont nous avons déjà expliqué le rôle. Plus la source émettrice est réduite, plus il est facile de réduire les dimensions du spot.
- Pour reproduire l’image transmise par radiovision, on fait varier l’intensité du faisceau électronique sous l’action des courants recueillis par le récepteur, de manière à en traduire les variations en variations d’éclat du spot. De plus, ce spot grâce à un dispositif dénommé « base de temps » balaye l’écran, et vient, par lignes successives, droites et parallèles, et par une translation à vitesse constante dans les modèles courants, reconstituer l’image en synchronisme avec le dispositif analyseur utilisé au poste émetteur (fig. 1).
- Tous les points d’une image élémentaire doivent être reproduits dans un temps inférieur à celui de la persistance de l’impression rétinienne.
- En fait, la cadence de transmission est, à l’heure actuelle,
- Caméra é/ectromique d analyse
- Oscillographe cathodique de réception
- Oscillateur réglant la trame d'analyse
- Oscillateur réglant la
- Emetteur
- Ondes hertziennes , de liaison
- Oscillateur Amplifier Oscillateur Vimages"______________de lignes
- Récepteur
- Emette
- Fig. 1.— Schéma simplifiéd’un système émetteur et récepteur de télévision cathodique.
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- = 576 ' ' .....—-........................—
- en France, de 25 images par seconde; cadence encore trop lente, dont on cherche à atténuer les inconvénients par différents moyens, tels que l’analyse « par lignes entrelacées ».
- Les tubes des oscillographes cathodiques actuels, employés en France dans les récepteurs de télévision, ont un diamètre qui varie de 95 mm à plus de 300 mm. Les écrans produisent généralement une fluorescence vert-jaune due à l’ortho-silicate de zinc synthétique (Willemite).
- On obtient ainsi une image d’aspect discutable peut-être, mais dont la vision est la plus facile pour l’œil. On peut obtenir des colorations se rapprochant plus du blanc avec d’autres substances fluorescentes, par exemple avec du sulfure de zinc, du tungstate de cadmium; les écrans donnant une fluorescence bleu pâle ou sépia paraissent un peu moins durables que les modèles ordinaires à fluorescence verdâtre. La durée de service efficace des bons oscillographes actuels est de l’ordre de 1000 h.
- Le prix de vente d’un oscillographe dépend essentiellement de son diamètre qui détermine en même temps toutes ses autres caractéristiques. Alors qu’un oscillographe de diamètre réduit et d’un diamètre de l’ordre de 100 mm vaut quelque 700 fr, un oscillographe de grand diamètre, de 200 à 300 mm, vaut de 1700 à 2500 fr.
- Nous verrons plus loin que cette augmentation du diamètre rend en même temps beaucoup plus difficile l’emploi du tube et, par conséquent, augmente rapidement le prix de revient de l’appareil récepteur complet.
- Le récepteur cathodique se distingue essentiellement d’un récepteur de télévision électro-mécanique d’ancien modèle par son automatisme absolu. Synchronisme et cadrage sont automatiquement réalisés.
- Les récepteurs cathodiques actuels donnent des images de dimensions encore réduites et, dans les appareils d’amateurs, on est obligé de limiter les dimensions de l’oscillographe dans un but d’économie. Néanmoins, les images ont une brillance suffisante pour être observées dans une clarté atténuée, et l’observation est possible, non seulement pour un observateur individuel, mais pour une dizaine de personnes environ. Des systèmes optiques très simples permettent encoi’e de faciliter les observations.
- La projection sur un écran de grande surface, distinct de l’écran fluorescent du tube, n’est pas encore possible avec les appareils d’amateur. Elle exigerait des oscillographes de grande puissance à brillance accentuée, à tension d’alimentation extrêmement élevée, et par suite, très coûteux.
- Dès à présent, on peut distinguer des appareils récepteurs simplifiés, montés avec des tubes d’un diamètre réduit, de l’ordre de 95 à 160 mm, et donnant des images de l’ordre de 0 m 12 de côté, et des appareils de haute qualité, montés avec des tubes de l’ordre de 0 m 30 de diamètre et donnant des images de l’ordre de 0 m 25 de côté.
- LA CONSTRUCTION DU RÉCEPTEUR RADIO-ÉLECTRIQUE DE TÉLÉVISION
- La cadence de transmission actuelle étant de 25 images par seconde, et la trame d’analyse de 180 lignes, la fréquence de transmission radio-électrique est donc de l’ordre de 500 000 per/sec; avec une analyse à 240 lignes, elle est de l’ordre de 1 million à 2 millions pour une cadence de 25 à 50 images seconde.
- Dans l’état actuel des radiodiffusions, cette largeur de la bande des fréquences semble constituer un maximum; aussi s’efforce-t-on de trouver des moyens de la réduire le plus possible.
- Le récepteur radio-électrique de l’appareil de télévision
- doit, en principe, se prêter à la réception d’ondes hertziennes modulées d’une longueur de 5 à 10 m, ce qui correspond à une fréquence de 60 000 à 40 000 kilocycles, avec des bandes latérales de fréquence s’étendant depuis 25 per/sec jusqu’à 2 millions maximum, beaucoup moins en réalité dans les appareils actuels français. Les inégalités d’amplification ne doivent pourtant pas dépasser 15 pour 100 environ.
- On ne peut plus recourir aux montages usuels pour la réception des émissions radiotélégraphiques ouradiotéléphoniques sur ondes très courtes; on adopte des superhétérodynes montées suivant le principe classique, mais dont les caractéristiques sont modifiées, et ne comportant pas évidemment d’étages d’amplification haute fréquence avant le système de changement de fréquence.
- La fréquence intermédiaire est ainsi beaucoup plus élevée que pour la radiophonie, de manière à permettre l’amplification fidèle d’une bande de fréquences aussi étendue; elle est de l’ordre de 5 à 10 mégacycles au minimum et la difficulté de l’amplification est très grande. Si l’on utilise des systèmes à transformateurs, il faut que les circuits soient peu sélectifs, pour ne pas affaiblir les fréquences élevées, mais, si l’on amortit trop les circuits, l’amplification par étage diminue par suite de la diminution de l’impédance. On combat cet inconvénient par l’emploi de lampes à très forte pente, donc à très fort pouvoir amplificateur, ou en multipliant les étages en nombre suffisant, tout en veillant à ne pas augmenter la sélectivité d’une façon correspondante. Il faut donc toujours trouver un compromis admissible entre la sélectivité et Vamplification.
- Des étages à résistance-capacité peuvent également être employés pour l’amplification moyenne fréquence, puisqu’il n’est pas utile d’obtenir une sélectivité accentuée comme dans les appareils de radiophonie.
- Quant au changement de fréquence lui-même, il est réalisé au moyen d’une oscillatrice séparée, ou simplement à l’aide d’une lampe octode convenablement montée, en utilisant, s’il y a lieu, le premier harmonique de l’oscillatrice; on peut disposer toujours une lampe triode auxiliaire en parallèle sur l’élément oscillateur.
- La lampe octode a donné, en général, de très bons résultats pour la réception des émissions sur une gamme de l’ordre de 6 à 8 m, les bobinages d’accord et d’oscillation sont réalisés en employant généralement du fil de cuivre nu d’un diamètre de l’ordre de dix dixièmes de millimètre au minimum enroulé en hélice.
- L’oscillation locale à très haute fréquence doit être très stable. En outre, il faut une séparation complète entre les circuits sur lesquels agissent les ondes incidentes et ceux qui sont traversés par les ondes locales. On peut employer, dans ce but, le montage classique de la lampe octode changeuse de fréquence, mais certains constructeurs ont eu recours cependant à des dispositifs un peu différents.
- On emploie, en pratique, pour l’amplification moyenne fréquence, soit des transformateurs à circuit accordé, mais suffisamment amortis pour permettre la transmission d’une bande passante aussi large, soit des circuits-bouchons plus ou moins amortis, avec liaison par capacité-résistance, soit encore des montages mixtes composés, par exemple, d’un ou deux étages moyenne fréquence, et d’un ou deux étages à liaison par résistance-capacité.
- La tension nécessaire pour assurer la modulation sur le tube cathodique varie suivant le modèle employé; elle est en général de l’ordre de 25 v entre les tonalités extrêmes en blanc et noir; il n’est donc pas indispensable, en principe, d’obtenir une puissance de modulation comparable à celle des récepteurs radiophoniques.
- Pour la bonne qualité des images, il faut non seulement une
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- amplification très satisfaisante des fréquences élevées, mais encore assurer une traduction très exacte des fréquences très basses, d’où la nécessité d’une forte amplification en moyenne fréquence.
- Les distorsions causées par les lampes elles-mêmes sont peu à craindre; on cherche surtout des images avec le plus de demi-teintes possible, et des contrastes suffisants, mais non exagérés, d’où la nécessité d’amplifier aussi bien les signaux faibles que les signaux intenses.
- La détection s’elfectue par une double diode qui assure un redressement linéaire. Suivant le mode de montage, la phase des oscillations peut varier, et par conséquent donner les images soit en positif, soit en négatif; d’où la nécessité de modifier les caractéristiques à cet égard, suivant le système d’émission.
- Le signal de synchronisme, d’autre part, correspondant au maximum ou au minimum de l’onde porteuse, doit assurer la mise en marche du système oscillateur commandant le balayage du spot.
- Un peut donc déterminer quelquefois un déphasage de la tension détectée pour le balayage, et conserver la phase pour la modulation du faisceau cathodique déterminant les variations de tonalité des éléments de l’image.
- Dispositif de balayage
- de lignes Modulation
- Antenne pour antennes très courtes
- Oscillographe
- cathodique
- Séparation
- des
- signaux
- " Rèceptedr radioè/octri d'images
- \ Dispositif - de balayage d’images
- Alimentation
- Récepteur.
- des
- sons
- Haut-parleur
- Fig. 2. — Les organes essentiels d’un récepteur de télévision cathodique.
- Lorsque le signal de synchronisme correspond à une augmentation de la modulation, il faut un nombre impair d’étages pour assurer la synchronisation, et un nombre pair pour la modulation ; c’est ce qui a lieu pour les appareils français actuels. On peut ainsi relier le cylindre de modulation directement à la lampe détectrice, ou à la suite de deux étages basse fréquence et utiliser une lampe séparatrice supplémentaire pour faire agir les courants de balayage.
- Dans les appareils de qualité fonctionnant avec des oscillographes de grand diamètre, il faut utiliser des étages d’amplification basse fréquence et, bien entendu, ce terme ne correspond plus ici à celui d’amplification musicale ! La construction de ces étages est particulièrement délicate, et on emploie toujours évidemment la liaison à résistance capacité, avec des lampes à très forte pente.
- Un poste récepteur de télévision comporte donc, en général, une antenne apériodique ou d’un type spécial pour ondes 1res courtes, connectée à un appareil de changement de fréquence à lampe octode, et à plusieurs étages d’amplification moyenne fréquence suffisamment amortis ; une lampe détee-Irice double diode, deux étages d’amplification basse fréquence ou non, et, généralement, une lampe séparatrice agissant sur
- les dispositifs de balayage et de synchronisation (fig. 2).
- LES SYSTÈMES DE BALAYAGE
- Dans les systèmes classiques de balayage, le spot lumineux qui reconst.it ue l’image, point par point, se déplace, sur l’écran, par lignes parallèles accolées et horizontales, à vitesse linéaire constante.
- Le spot part, par exemple, du point A à l’angle gauche supérieur de l’écran, et parcourt une première ligne horizontale, puis, très rapidement, il retourne vers la gauche, mais un peu plus bas, et explore de gauche à droite, une deuxième ligne horizontale, puis ainsi de suite; il arrive, enfin, après avoir reproduit l’image complète, au point B à l’angle droit inférieur de l’écran.
- A ce moment, il doit revenir au point, initial et dans un temps liés court, avec une vitesse extrêmement élevée, de manière que ce trajet ne soit pas visible pour l’observateur (fig. 3).
- Ce mouvement du spot est obtenu au moyen de deux paires de plaques dévialrices soumises à des tensions variables et agissant sur le pinceau cathodique. La première paire, dite «de ligne», commande le déplacement horizontal; la seconde, dite d'images, commande les mouvements verticaux.
- Pour les déplacements horizontaux, il faut donc une tension croissant progressivement pendant que le spot balaye une ligne horizontale, puis tombant, brusquement à zéro, à la fin de ce trajet.
- Pour les déplacements verticaux, on crée sur la paire de plaques « d’images » une tension qui croît progressivement pendant toute la durée de l’exploration de l’image, puis revient brusquement à zéro, quand toute l’image a été explorée après un certain nombre de balayages horizontaux. Dans ces conditions, la trajectoire, du spot n’est pas formée en réalité par une série de droites horizontales, mais par des droites légèrement inclinées.
- Pour obtenir des 1 élisions avant la forme voulue, on recourt à des oscillations de relaxation dites «en dents d& scie». On les
- Fig. 3. — Trajet exécuté par le spot lumineux d’exploration dans l’analyse classique par lignes parallèles accolées.
- La ligne en traits épais est la trajectoire du spot lors de son retour rapide au point initial, en fin d’exploration d’une image.
- Fig. 4. —• Les tensions appliquées aux plaques dévialrices pour faire décrire au spot les trajectoires de balayage horizontal ou vertical sont représentées, en fonction du temps, par des courbes en dents de scie.
- Temps
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- + Ô
- Source
- continue
- -p
- Source _£T continue
- Fig. 5. — Schéma du montage d'oscillateurs à relaxation.
- A) Avec lampe à luminescence. — 15) Avec thyratron.
- produit au moyen d’un oscillateur de relaxation, constitué avec un condensateur mis en charge par une source de courant continu, et qui se décharge brusquement, de manière que la durée de retour du spot à sa position initiale ne dépasse pas 5/100 de la période totale (fig. 4).
- Les premiers oscillateurs de relaxation utilisés en télévision étaient constitués, en principe, par un condensateur G chargé à travers une résistance R au moyen d’une source de tension continue, et aux bornes duquel on plaçait une lampe au néon; dès que la tension aux bornes de la lampe correspondait à la tension d’amorçage, cette lampe provoquait très rapidement la décharge du condensateur (fig. 5).
- Le système ne donnait pas des tensions suffisantes pour les tubes de grand diamètre, et surtout la diflerence entre la tension d’amorçage et la tension d’extinction n’était pas constante.
- On a remplacé aujourd'hui la lampe à luminescence par un tube à gaz ou thyratron, et dans les appareils étrangers, par un système de lampes électroniques.
- Le thyratron est une ampoule à trois électrodes, contenant un gaz rare a faible pression, néon ou vapeur de mercure.
- Quand la grille du système est soumise à une tension négative d’une valeur suffisante, aucun courant ne passe dans l’espace filament-anode, quelle que soif la tension de l’anode, pourvu qu’elle reste inférieure à une certaine limite.
- Si dans ces conditions on augmente la tension de grille, laissant la tension d’anode constante, la décharge se produit lorsque la tension de grille atteint une valeur critique déterminée.
- Si donc l’on dispose un condensateur entre la cathode et l’anode et qu’on soumette la grille à une tension périodiquement variable, le condensateur se charge progressivement, jusqu’au moment où le potentiel de grille atteint la valeur critique (fig. 5 B).
- La lampe devient alors conductrice et le condensateur C se décharge brusquement à travers elle.
- Cette décharge achevée, le courant s’interrompt dans le thyratron qui revient à l’état initia], et le phénomène est prêt à recommencer.
- Ainsi la tension du condensateur se présente sous la forme d’une courbe en dents de scie.
- Le synchronisme est assuré par les courants de synchronisation émis par le
- Fig. 6. — Principe de la synchronisation par un oscillateur à relaxation.
- Thyratron
- ) Condensateur de déclenchement
- de T.S.F.
- poste émetteur et qui, appliqués à la grille du thyratron, permettent de déclencher instantanément la décharge du condensateur (fig. 6).
- Le dispositif ne peut cependant, en principe, donner un balayage linéaire, c’est-à-dire une vitesse constante du spot électronique au début et à la fin de la charge; cela provient de ce que la loi de charge du condensateur est exponentielle, et l’écart avec la loi linéaire est d’autant plus grand que la tension de décharge du condensateur est plus voisine de la tension d’alimentation; il y a donc intérêt à obtenir une tension de décharge relativement faible et un rapport de l’ordre de 5 au minimum entre ces deux tensions.
- On peut encore augmenter la qualité du balayage en corrigeant la déformation par des dispositifs divers à lampes ou à bobinages.
- Ces dispositifs sont assez compliqués; on ne les emploie pas dans les appareils simples. Ils ne sont, d’ailleurs, évidemment utiles que pour des tubes de grand diamètre.
- Il faut, en général, séparer, au moyen d’un filtre, les signaux de modulation et les signaux de svnchronisation.
- Dans les appareils français, le signal de synchronisation est donné par une augmentation de modulation très puissante, d’une durée de l’ordre de 1/200 000e de seconde seulement. Il suffit donc d’interposer entre la détectrice et le thyratron une lampe amplificatrice convenablement choisie. Seuls les courants de synchronisation auront une tension suffisante pour déclencher ce dernier (fig. 7).
- Comment appliquer maintenant les courants de relaxation sur les plaques déviatrices correspondantes de l'oscillographe ?
- En général, on maintient une des plaques de chaque paire à un potentiel fixe, en la reliant à l’anode principale de l’oscillographe, par l’intermédiaire ou non d’une résistance; l’autre plaque est connectée au thyratron correspondant (fig- 8A).
- Ce dispositif simplifié suffit pour un tube de faible diamètre, mais non pour un tube de grand diamètre; il se produit dans ce cas une déformation de l’image dite « trapézoïdale »; le contour de l’image au lieu d’être rectangulaire prend une forme trapézoïdale plus ou moins prononcée.
- Ce défaut est dû à une variation de sensibilité de l’oscillographe au cours du fonctionnement.
- La sensibilité de ce dernier est mesurée par la déviation
- | \ Lampe | ) séparatrice
- Vers le thyratron de lignes
- Fig. 1. —• Montage d'une lampe amplificatrice de signaux de synchronisation.
- Fig. S. — Modes de connexion entre les thyratrons et les plaques
- déviatrices.
- A) Montage ordinaire — B) Montage symétrique.
- Thyratron de lignes
- Potentiel fixe de l’anode
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- obtenue pour le spot électronique 1 o r s» qu’on fait agir sur les plaques une certaine différence de potentiel ; mais cette sensibilité n’est pas constante, elle dépend de la tension appliquée sur l’anode principale.
- Sous l’action de la variation de charge du condensateur de relaxation, la tension sur les plaques de déviation varie également, et tout se passe alors comme si la tension sur l’anode principale variait dans le même sens.
- La sensibilité diminue donc au cours d’une exploration, et en fin d’exploration, la longueur de la ligne de balayage est moins grande qu’au début; d’où la forme trapézoïdale obtenue (fig. 9).
- Pour remédier à ce défaut, au lieu de connecter une plaque à l’anode et l’autre à l’oscillateur, on fait un montage symétrique, en transmettant à chaque plaque la tension de l’oscillateur et en reliant l’anode principale à la prise médiane du système (fig. 8).
- Une augmentation de la tension de balayage sur Lune des plaques correspond ainsi à une diminution de tension sur l’autre plaque; le champ électrique entre les plaques reste constant, et dépend seulement de la tension moyenne appliquée à l’anode; la déformation est supprimée.
- De même, le montage simplifié de la figure 8 A peut créer une variation de tension sur l’anode de concentration et, par conséquent, une variation de la surface du spot et de la largeur de la ligne explorée.
- Dans les appareils à tube de grand diamètre, on utilise donc des dispositifs de balayage symétrique commandés par deux lampes en push-pull; la qualité des résultats est meilleure, mais les difficultés de construction sont plus grandes et le prix de revient plus élevé.
- LES SIGNAUX DE SYNCHRONISME FRANÇAIS
- Dans les émissions étrangères, les signaux de synchronisation sont, en général, de deux sortes, de fin de ligne et de fin
- Fig. 9. — A) Effet {1res exagéré) de la distorsion trapézoïdale provoquée par la variation de sensibilité de Voscillographe au cours du balayage horizontal. -— LS) Représentation schématique de Veffet produit sur les bords de Vimage par la variation de surface du spot cathodique.
- J1'ig. 10. — La forme des impulsions de synchronisme dans les émissions anglaises et allemandes.
- Un signal bref en fin de chaque ligne et un signal plus long en lin de chaque image. La courbe du b^s représente le courant détecté.
- Courants d’image
- Blanc
- Lignes noires
- Noir __
- Impulsions de L'in de ligne
- Courant
- Impulsion de
- d’image. Les impulsions de synchro -nisme sont dans le sens des noirs de l’image, et des diminutions de courant d’antenne, et ils ont une amplitude à peu près égale à celle du tiers du signal.
- 11 faut donc tout d’abord les séparer des signaux d’images proprement dits a u moyen d ’ u n e 1 rnipe convenable -ment polarisée travaillant en détectrice par courbure de plaque, suivant la méthode ordinaire, et ensuite séparer les impulsions de lignes des impulsions de fins d’images en se basant sur leur différence de durée et de formes (fig. 10).
- Dans les émissions françaises, il n’en est pas de même; on n’utilise qu’un seul signal de synchronisation correspondant à une augmentation très importante du courant d’antenne et aux parties noires de l’image.
- Ces « tops » très brefs ont une profondeur de modulation environ deux fois et demie plus grande que celle du signal normal; le sens de la modulation est tel qu’un noir correspond à une augmentation d’arnpiitude du signal porteur (fig. 11).
- Le « top w est envoyé à la fin de chaque ligne et il n'est pas envoyé de signal d’image.
- Pour obtenir la synchronisation d’image, on peut avoir recours au courant du secteur 50 per/sec, puisque la cadence de transmission est de 25 images-seconde. Mais, de plus, le signal de synchronisation est supprimé normalement à la fin de l’avant-de.'nière ligne de l’analyse, ce qui fait que la dernière ligne se prolonge vers la droite; on obtient ainsi, au moment de la décharge et à la fin de l'image, une tension sensiblement double et une énergie emmagasinée quadruple, l’impulsion est appliquée à la grille du thyratron d’image, ce qui le déclanche (fig. 12).
- C’est cette surtension qui provoque le retour vertical du spot et le passage à l’image suhante; la suppression du signal de l’avant-dernière ligne de balayage entraîne, il est vrai, la suppression de la dernière ligne de Limage, mais ce n’est pas un grave inconvénient; par contre, la ligne de retour du spot provoquée par une tension de ligne supérieure à la normale ne traverse plus l’écran, d’où un avantage certain.
- Les signaux de synchronisation sont très peu visibles, puisque la trace correspondante est très fine et noire.
- Le thyratron, d’ailleurs, ne fonctionne bien que si on lui applique une variation de tension suffisamment importants et rapide.
- Le système de synchronisation français permet ainsi l’emploi pratique de l’oscillateur à thyratrons qu’on a souvent, sur les appareils étrangers, remplacé par des oscillateurs à lampes plus complexes.
- (A suivre.)
- P. Hémardinquer.
- Fig. 12. — Comment se produit te balayage de l'écran dans le système de synchro n is m e des ém issions françaises.
- La dernière ligne est prolongée vers la droite.
- Queue de synchronisme
- Noirs
- Temps
- Fig. 11.
- La forme des courants haute
- fréquence dans le système d'émission Barthélemy (France).
- io : courant porteur en l'absence de modulation.
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- COMMUNICATIONS a l ACADEMIE DES SCIENCES
- Séance du 12 octobre 1936.
- Imprégnation des phosphates nord=africains.
- M. Cayeux fait remarquer que les phosphates de l’Afrique du Nord sont souvent très fortement imprégnés d’hydrocarbures. Ceux-ci parviennent parfois à former des poches liquides et des dégagements gazeux. Cette imprégnation se présente de bien des manières : grains à voile foncé ou à zones concentriques pour aller jusqu’à des globules entièrement opaques; elle est due à des carbures solides, liquides et gazeux non encore définis. Une concentration particulière s'effectue souvent dans les tout petits radiolaires du dépôt. D’après l’auteur, il faut chercher l’origine des hydrocarbures dans les mêmes organismes qui ont fourni la matière phosphatée, c’est-à-dire dans un micro-plancton.
- Le champ atmosphérique et les facteurs météorolo= giques. — Des observations recueillies à l’Observatoire de Ksara (Liban), M. Chevrier déduit que le gradient électrique de l’atmosphère diminue lorsque la pression augmente, et varie, au contraire, dans le même sens que la température. L’influence de l’humidité est complexe; quand le degré hygrométrique est très élevé les gradients sont faibles par temps calme et forts en cas de brouillard ou de vent violent. Cette influence du vent est prédominante ; si on rapporte par exemple les gradients aux diverses directions du vent, on remarque que les chilîres obtenus sont le plus élevés dans les directions habituelles des vents violents.
- La lutte contre les punaises. — La chloropicriue, à la dose de 4 à 10 gr par mètre cube, détruit la punaise des lits. Son action sur les œufs des punaises restait controversée, aucun insecticide n’étant parvenu à les détruire. MM. Gounellh et Raoul démontrent par des expériences réalisées aux doses de 5 et 10 gr par mètre cube que des œufs, reconnus aptes à l’éclosion par l’examen de témoins, sont détruits avec certitude dans un délai très court. Cette destruction esL liée à une acidification de l’intérieur des œufs dont le pli moyen passe de 5,08 à 4,56 au cours du traitement.
- Séance du 16 octobre 1936.
- Structure moléculaire de l’anhydride azotique. —
- Par l’étude des spectres Raman de l’anhydride azotique sous divers états, Mme Cieutat-Pradier et M. Ciiedin montrent qu'il est fortement polymérisé sous la forme cristalline ainsi qu'en dissolution dans l’acide sulfurique ou l’acide nitrique. La molécule correspond au contraire à la formule N2 0:: pour l’anhydride à l’état gazeux ou en dissolution dans le tétrachlorure de carbone, l’oxychlorure de phosphore ou le chloroforme.
- Extraction des aldéhydes et des cétones. — Il est de
- pratique courante d’extraire les aldéhydes et les cétones de leurs combinaisons bisulfitiques, qui permettent de les séparer des mélanges où elles se sont formées. Cette extraction se fait habituellement par les acides ou les alcalis; elle se heurte souvent à de multiples difficultés : condensation des aldéhydes, réactions d’addition sur les doubles liaisons, saponification, fixation de groupements sulfoniques. M. Barbot préfère le traitement par un petit excès de formol; il se forme de roxyméthane-sulfonate de sodium, très stable, et l’aldéhyde ou la cétone est libérée en 2 ou 3 heures si on opère au bain-marie .
- Détermination de l’aimantation des roches. — Pour déterminer la direction de l’aimantation d’une roche, M. Thel-lier amorce la séparation d’un fragment, qu’il enrobe ensuite dans une masse de plâtre sur laquelle il façonne une face plane horizontale. A partir de cette face on vise un théodolite orienté sur le soleil, on obtient ainsi la trace d’une direction bien définie géographiquement. Après séparation du fragment rocheux, les mesures effectuées à l’appareil d’induction donnent rapidement et avec précision la direction de l’aimantation.
- Origine de la pomme de terre. — Certains auteurs considèrent que la pomme de terre provient d’une mutation du Solanum Commersonii ou du Solarium Maglia. M. Ber-tuault fait observer que les plantes sauvages signalées par M. Bouget comme retournées à cet état depuis 20 ans avaient cependant leurs caractères floraux entièrement conservés. Ces plantes sont remarquablement pareilles aux échantillons de l’herbier du Muséum qui datent du début du xvme siècle et aux types américains sauvages actuels. On peut donc conclure à l’unité spécifique des variétés cultivées de la pomme de terre, les procédés culturaux ne pouvant créer que des variétés et non permettre le passage d’une espèce à une autre.
- Séance du 26 octobre 1936.
- Solubilité de l’azote dans l’eau aux ultrapressions. —
- MM. Basset et Dodé ont étudié la solubilité de l’azote dans l’eau sous des pressions allant jusqu’à 4500 kg/cm2. Le contact gaz-liquide étant maintenu pendant 80 h, temps nécessaire pour la saturation, le liquide est détendu dans un vase taré relié à une éprouvette où le gaz est recueilli (100 cm3 environ). Les auteurs ont ainsi reconnu qu’à partir de 300 kg/cm2 la solubilité de l’azote diminue, passant de 7 cm3 par cm3 d’eau sous 3000 kg/cm2 à 6 cm3 sous 4500 kg/cm2, le système azote-eau ne tendant d’ailleurs par vers la miscibilité. Ces résultats, différents de ceux de Wiebe, peuvent être l’objet de rectifications ultérieures quand il aura été possible d’éliminer complètement les traces d’huile qui persistent encore dans l’azote. Ces traces forment à la surface du liquide un film qui peut être un obstacle à la dissolution du gaz.
- Action du milieu aquatique sur la vie végétale. —
- Il était admis que le milieu aquatique influe sur la morplio-génèse végétale par la déficience de la nutrition carbonée. Mlle Gertrude a comparé la croissance sur le sol et en immersion complète de Veronica anagallis et après séparation de rameaux feuilles leurs aptitudes à fixer le carbone. Elle a constaté que si l’eau est un milieu défavorable à la photosynthèse, celle-ci est par contre activée par une plus grande aptitude des rameaux immergés à la réaliser. En fait, sur les plantes complètes, le poids total de matière carbonée élaborée est remarquablement pareil dans les deux milieux. Il faut donc rattacher à des causes encore inconnues les modifications de formes présentées par les végétaux cultivés sous l’eau.
- Formes expérimentales de la maladie des porchers. —
- MM. Durand, Giroud, Larrivé et Mestrallet ont inoculé par voie hypodermique ou intramusculaire la maladie des porchers à une série de personnes chez lesquelles l’évolution, toujours bénigne, a revêtu des formes très diverses, à la fois quant aux courbes thermiques et quant aux réactions méningées, souvent absentes. Les autres symptômes (conjonctivite, hémorragies, localisations pulmonaires) sont
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- aussi essentiellement variables malgré la souche commune de la maladie. Ce polymorphisme très accentué permet de penser que la maladie des porchers est plus fréquente qu’on ne le pense, tout en ne perdant jamais son caractère bénin. Les auteurs estiment qu’il est possible de la provoquer chez les personnes atteintes de certains troubles mentaux susceptibles d’être amendés par pyrétothérapie.
- Séance du 3 novembre 1936.
- Action de l’hydrogène sur les verres. — En opérant sur de petites perles formées sur un fil de platine, M. Foex a pu vérifier après Villahd que l’hydrogène attaque le verre à partir de 850°. Dans un tube de silice chauffé, parcouru par de l’hydrogène, il a pu constater que les pertes de poids dépendent de nombreux facteurs, mais, toutes choses égales d’ailleurs, sont proportionnelles à la surface du verre et croissent tant avec la température qu’avec la teneur du verre en alcali. Le phénomène paraît dû à une perte d’alcali et favorise la dévitrification par formation superlicielle de cristaux de wollaslonite.
- Recherche des complexes en solution. — En étudiant la variation des propriétés physiques des solutions avec les concentrations, on admet que les formes non linéaires correspondent à la formation d’un complexe. M. Tréhin a voulu vérifier s’il en est de même en présence de plusieurs complexes, tels les deux complexes formés par l’acide malique et le molybdate d’ammonium. Une étude des variations de la réfraction spécifique, de la dispersion spécifique et du pouvoir rotatoire magnétique les a montrées très compliquées. Elles ne sont pas susceptibles d’une interprétation simple et ne peuvent guère donner (pie des indications sur l’existence possible des complexes.
- Oxydation de la houille. — MM. Lefebvre et Faivre ont étudié l’oxydation de la houille (houille grasse de Bruay) à basse température. Ils ont constaté que l’oxygène pénètre très facilement dans la houille, surtout dans le vitrain, entre 150 et 300°; il y reste fixé en grande partie et la liouille évolue
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- vers une forme de plus en plus stable. Le durain se comporte à peu près comme le vitrain tandis que le fusain donne une proportion plus élevée de gaz dégagés et plus spécialement de CO2. Le processus de l’oxydation reste à peu près le même entre 20 et 300° tandis que sa vitesse croît régulièrement.
- Dimensions du virus poliomyélitique. — Par vérifications de la virulence positive ou négative des ultrafiltrats du virus poliomyélitique à travers des membranes de collo-dion, MM. Levaditi, Carl Klinc, Païc et Haber concluent à une taille d’environ 15 jj pour ses éléments.
- Séance du 9 novembre 1936. '
- Météorites du Tenezrouft. — M. Lacroix relate la découverte par M. Monod de deux météorites, brisés au cours d’une récente chute dans le Tenezrouft central. La réunion de leurs fragments montre que leurs poids devaient être voisins de 5 kg et de 325 gr. Leur densité est de 3,759. Leur composition révèle 77,55 pour 100 de silicates, des traces de phosphates et une partie d’éléments libres atteignant 22,33 pour 100. On trouve dans cette dernière surtout du fer (18,88 pour 100) sous forme de kamacite bordée de taénite, du nickel et 2 pour 100 de soufre.
- Action de l’hydrogène sur les aciers. — M. Jacqué, continuant ses recherches sur l’incidence des altérations des aciers sur leurs propriétés mécaniques, a effectué de nouvelles expériences sur l’action de l’hydrogène sous haute pression (150 kg/cm2) vers 500-550°. Il a constaté une chute de résistance croissant avec la température et parallèlement une décarburation dans presque tous les échantillons. Les aciers chrome-molybdène sont particulièrement résistants à cette altération. L’addition de nickel paraît au contraire nuisible et ne se justifie pas par la faible augmentation de la résistance initiale. L’appareillage industriel d’hydrogénation à chaud et sous haute pression doit donc être construit en aciers contenant 3 à 6 pour 100 de chrome et 0,5 pour 100 de molybdène, très pauvres en carbone et sans nickel.
- L. Bertrand.
- = L’ABIME
- LE PLUS PROFOND DE FRANCE =
- LE GOUFFRE MARTEL
- C’est à M. Norbert Casteret que l’on doit la découverte du plus profond abîme jusqu’ici connu en France.
- Dans un numéro de la Revue du Club Alpin Français, entièrement consacré à la spéléologie, le célèbre explorateur souterrain résume les caractéristiques de cet abîme, auquel il a donné le nom de gouffre Martel, légitime hommage au créateur de la spéléologie française. Le gouffre Martel s’ouvre aux flancs de la Pyramide de Serre, dans les Pyrénées arié-geoises, à l’altitude de 2170 m. Dans cette région, l’Union pyrénéenne électrique a entrepris, voici quelques années, l’aménagement hydroélectrique des eaux du cirque du Lez; celles-ci, captées dans un tunnel en hémicycle, long de 7 km et dérivées dans l’étang voisin d’Araing, vont alimenter par une conduite forcée de 1050 m une usine hydroélectrique de 40 000 ch.
- C’est en recherchant le cours souterrain d’un torrent qui échappait à ce plan de captage, que M. Casteret découvrit l'abîme Martel; au sol c’est un trou vertical de la grosseur
- d’un homme. A 40 m de profondeur, l’explorateur y retrouva le torrent cherché, surgissant d’une faille rocheuse et tombant en cascades toujours plus bas dans les entrailles de la montagne.
- En suivant cette cascade, on devine au prix de quels efforts et de quels périls, au cours d’une exploration qui prit plusieurs années, M. Casteret, accompagné de Mme Casteret, a atteint le 22 novembre 1935 la profondeur de 303 m, où il fut arrêté par un rétrécissement qu’il espère forcer un jour. Le gouffre ne s’arrête du reste pas là, et l’eau continue à tomber en cascade jusqu’à une grotte géante s’ouvrant à flanc de montagne à 1675 m d’altitude, la grotte de la Ciga-lerie, remarquable par ses stalactites et ses cristallisations de « fleurs » de gypse.
- Parmi les grottes aujourd’hui explorées, l’abîme Martel, le plus profond de France, se classe au cinquième rang, après les gouffres italiens de Prêta (637 m), Gorchia (533 m), Verio (518 m) et Montenero (495 m).
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- LIVRES NOUVEAUX
- L’état solide de la matière, 1 broch., 74 p. Hermann et Cle, Paris, 1936. Prix : 18 fr.
- Nos connaissances sur la structure d’un solide, sur l’architecture des atomes et molécules qui le constituent, sur les forces internes qui s’exercent entre les particules formant cet édifice devraient, semble-t-il, permettre de prévoir les propriétés mécaniques du solide : sa force de cohésion notamment. Mais les écarts entre les déductions théoriques et les chiffres expérimentaux sont parfois dans la proportion de 1000 à 1. Un tel désaccord pose d’intéressants problèmes et suscite aujourd’hui de nombreuses recherches. La question avait été mise à l’ordre du jour du Congrès de physique de Londres de 1934; elle y a fait l’objet de nombreuses et importantes communications qui sont résumées dans la présente brochure, ainsi que les discussions qu’elles ont provoquées. Les communications sont dues à MM. Huckel, llund, Robertson, Ewald et Renninger, Gœtz, Joffô, Orowan, Smekal, Rurger, Schmid.
- Polarimètrie et chimie, par il Pariselle. 1. vol. in-8, erp.
- Mémorial des sciences physiques, fascicule XXXII. Gauthier-Villars, Paris, 1936. Prix : 15 francs.
- Le polarimètre devient de plus en plus un instrument indispensable aux chimistes; il leur permet de vérifier par un examen rapide la dissymétrie d’une molécule et, bien souvent, fournit un procédé commode de dosage.
- L’ouvrage débute par une description sommaire des dispositifs utilisés dans les mesures polarimûtriques; il étudie ensuite la relation entre le pouvoir rotatoire et la structure moléculaire des corps; les l'act urs qui influent sur ce pouvoir rotatoire; la dispersion rotatoire et ses applications à la recherche des espèces chimiques, la polarimètrie de l’isomérie dynamique; celle des réactions chimiques et l’application aux dosages. Un index bibliographique très étendu complète l’ouvrage.
- Les rayons cosmiques. 1 brochure, 48 p., Hermann et Cie, Paris, 1936. Prix : 10 fr.
- On trouvera ici le résumé des communications, toutes d’ordre expérimental, présentées sur les rayons cosmiques, au Congrès international de Physique de Londres, en 1934, ainsi que le résumé des discussions auxquelles elles ont donné lieu. Ces communications sont dues à MM. Anderson et Neddermeyer, P. Auger et Leprince-Ringuet; Blackett; Bowen, Millikan et Neher; Compton et Bennett, Hoffmann, Rossi.
- Année polaire internationale 1932=1933 (participation française. Tome I, 1 vol. illustré, 414 pages. Gauthier-Villars, éditeur, Paris.
- On a donné le nom « d’année polaire internationale » à une entreprise scientifique internationale dont l’objet était l’étude des phénomènes géophysiques et météorologiques, dans les régions polaires. La France y a pris une large participation, organisée par l’Académie des Sciences et le Bureau des Longitudes. Elle a organisé au Scoresby Sund (Groenland), une station où travailla une importante mission dirigée par le lieutenant de vaisseau Habert et comprenant plusieurs savants distingués : physiciens, naturalistes, météorologistes. En même temps une mission météorologique était envoyée au Hoggar, une autre à Bangui (Afrique occidentale française). En outre nos observateurs métropolitains et coloniaux organisaient une campagne simultanée d’observations magnétiques.
- Le présent ouvrage publie les observations recueillies et les travaux auxquels elles ont donné lieu.
- Le premier tome contient le chapitre du magnétisme terrestre rédigé par M. Rothé, le chapitre des aurores polaires, celui de l’ozone atmosphérique et celui des rayons cosmiques, rédigés par M. A. Dau-villier. Ces deux savants faisaient partie de la mission du Scoresby Sund.
- Cours d’électricité à l’usage de l’enseignement indus= triel (courant alternatif). 1 vol. 174 p., 135 fig. Éditeurs : de Boeck, 235, rue Royale, Bruxelles, et Ch. Béranger, Paris, 1936.
- Ce cours est publié sous les auspices de l’inspection de l’Enseignement technique du Hainaut; son plan et sa méthode sont dus au directeur de la Faculté polytechnique de Mons, M. Yernaux Jobart; sa rédaction à M. Degesves. On peut dire que la théorie des machines électriques d’induction a atteint aujourd’hui un état de perfection définitif; mais son enseignement en vue de la pratique pose bien des problèmes pédagogiques; la solution adoptée à cet égard par les auteurs de cet ouvrage est fort intéressante. Dans ce volume consacré aux machines à courant alternatif : alternateurs, moteurs, transformateurs, redresseurs à mercure, chaque chapitre est traité en mettant avant tout en relief l’aspect physique des phénomènes mis en jeu; il n’est fait usage des expressions mathématiques que pour donner
- une mesure exacte des éléments envisagés. Après avoir rappelé les propriétés fondamentales des circuits alternatifs et les équations qui les régissent, l’ouvrage aborde le calcul des éléments essentiels des machines. Un point fort important est que chaque chapitre comporte des exemples numériques, des exercices et des problèmes tirés de la pratique.
- L’ouvrage dicté par une longue expérience pédagogique nous paraît répondre parfaitement aux besoins des jeunes élèves-ingénieurs qu’il faut mettre en mesure d’aborder rapidement les réalisations pratiques, sans les attarder outre mesure dans la théorie pure où ils risquent de se stériliser.
- Les meilleurs récepteurs de T. S. F. Manuel de service, par P. IIémardinquer, préface de M. P. Brenot. 1 vol. 40 pages, 27 planches, 30 fig. Dunod, éditeur, Paris 1936. Prix : 18 fr.
- La connaissance des caractéristiques des radio-récepteurs, spécialement de celles de son propre poste, est nécessaire à tout usager de la T. S. F., elle est plus indispensable encore aux praticiens.
- L’ouvrage de notre collaborateur dont voici la 2" édition répond à ce besoin et comble une lacune de notre littérature technique française Puisque seuls, jusqu’à l’apparition de la première édition, dont le succès a prouvé l’intérêt que lui portent les usagers de la T. S. F., les « service-men » de l’étranger avaient à leur disposition une documentation de cet ordre.
- Cette nouvelle édition comporte une étude générale des derniers perfectionnements apportés aux récepteurs et des indications nombreuses sur les types de lampes; une partie séparée, plus spécialement consacrée aux amateurs-constructeurs, offre un ensemble de schémas de montage choisis parmi les plus récents, pouvant être réalisés au moyen des pièces détachées du commerce.
- Ce recueil de la construction radio-électrique française, à jour des derniers perfectionnements de 1936-1937, indique immédiatement les caractéristiques détaillées des montages de l’année de nos principaux constructeurs.
- Chimie générale, par Albert Bouzat. 1 vol. in-16, 224 p., 28 fig. Collection Armand Colin, Paris, 1936. Prix : broché, 10 fr. 50 ; cartonné, 12 fr.
- L’initiation à la chimie apparaît trop souvent laborieuse, massive, confuse, à cause de l’absence de fil conducteur. L’auteur, doyen de la Faculté des Sciences de Rennes, réussit à présenter les théories dans leur état actuel qui tend vers une grande synthèse claire, précise, aux lignes harmonieuses. Entre autres, la classification périodique, la radioactivité, les découvertes récentes sur la constitution de l’atome et les genèses d’éléments font l’objet de chapitres d’un puissant intérêt. Aussi ce petit livre sera-t-il le guide précieux des élèves qui entrent dans les Facultés et écoles, des techniciens de l’industrie et de tous les curieux des idées récentes sur la matière et ses réactions.
- Le contrôle analytique dans l’industrie chimique miné= raie, par A. Sanfourche. 1 vol. in-8, 547 p., 25 fig. Masson et Cie, Paris, 1936. Prix : relié toile, 120 fr.
- Chef du laboratoire central des produits chimiques de la Compagnie de Saint-Gobain, l’auteur a dû choisir et parfois modifier ou mémo imaginer les méthodes les plus sûres, les plus simples et les plus rapides, de contrôle des très diverses fabrications de la grande industrie chimique. Aucun ouvrage récent n’existe sur ce sujet, quelque peu différent de l’analyse chimique du laboratoire, et le besoin en était grand. Dès le début, on aperçoit cette différence dans le chapitre sur la prise des échantillons représentatifs de grandes masses. Après la description des méthodes générales et un chapitre précieux sur le contrôle des combustibles, l’auteur décrit les méthodes chimiques d’analyse des principales fabrications : chlore, acide chlorhydrique,chlorures, décolorants, acide sulfurique, acide azotique, carbonate de sodium. Puis il étudie les essais en cours de préparation des engrais phosphatés, azotés et potassiques et il termine par les techniques de laboratoires, des produits plus nombreux de la petite industrie chimique : hydrogène, oxygène, composés métalloïdiques et métalliques. Partout se dégage l’importance de la vérification des matières premières. Souvent, on trouve l’indication de procédés et de tours de main inédits et fort, habiles qui font de ce manuel une œuvre vivante et personnelle.
- Les sables naturels de moulage au Canada, par Correi,. IL Treemand. 1 vol. 148 pages, 7 fig., 6 cartes, 12 ph, hors texte. Publication du Ministère des Mines. J.-O. Patenaude, Ottawo, 1936. Prix : 0,25dollar.
- Après une étude générale des sables de moulage, leur mode de gisement, l’exploitation des dépôts, les propriétés physiques de ces sables, et les méthodes d’essai, l’auteur décrit l’état de l’industrie canadienne du sable de moulage et passe en revue les différents dépôts connus au Canada.
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- L auto et l’Amérique (dates et faits), par L. Bonneville, préface de Gabriel Voisin. 1 vol., 176 pages. Éditions E. T. A. C., 7, rue Massenet. Nice, 1936. Prix : 16 i'r.
- Aux États-Unis, l’homme de la rue est, paraît-il, intimement persuadé que l’automobile est une invention et une création spécifiquement américaines. Nul ne songe à nier le prodigieux développement de l’industrie automobile aux États-Unis, ni la part des techniciens américains dans les perfectionnements modernes de la voiture. Mais les États-Unis en étaient encore aux premiers balbutiements alors que l’automobile en France avait déjà donné naissance à une industrie active et prospère, que nos constructeurs avaient su créer tous les organes essentiels de ce véhicule, et que leurs voitures sillonnaient la France et triomphaient à l’étranger. La France peut s’enorgueillir à juste titre d’avoir créé l’automobile et son industrie; à ses pionniers: Delamarre-llouteville, Forest, de l)ion-Bouton, Peugeot, Bollée, Darracq, Renault, sans parler de Cugnot, aucune antériorité n’est opposable, aux États-Unis moins que partout ailleurs. C’est ce que M. Bonneville établit d’une lagon irréfutable par un simple exposé chronologique de faits empruntés à des documents officiels ou des publications la plupart américaines. 11 fait justice aussi de certaines prétentions du célèbre constructeur Ford à la paternité de l’invention même de l’automobile.
- Les vérités historiques administrées par M. Bonneville n’atteindront sans doute pas l’homme de la rue aux États-Unis; mais il était utile de rappeler au Français moyen que l’automobile fait partie du patrimoine des créations essentiellement françaises.
- Manuel de biochimie, par Pierre Thomas. I vol. in-8, 978 p.,
- I pl. en couleurs. Masson et Cie, Paris, 1936. Prix: relié, 180 francs.
- La biochimie évolue avec une telle rapidité que les ouvrages qui en traitent sont rarement à jour et que, bien souvent, ils sont déjà dépassés quand ils paraissent. On n’en peut dire autant de ce manuel du professeur français de l’université de Cluj, en Roumanie. A vrai dire, M. Thomas s’était déjà exercé sur ce thème dans un ouvrage précédent, mais depuis il a suivi l’abondante production scientifique allemande et il a su la clarifier, l’ordonner, si bien que sa nouvelle œuvre est à la fois un modèle didactique et une très riche source de données toutes récentes, dont toutes n’avaient pas encore pénétré dans l’enseignement français.
- II débute par les fondements nécessaires pour comprendre la physico-chimie des cellules et des organismes : atomes et molécules, états gazeux, liquide et solide, état colloïdal, adsorption, tension superficielle, viscosité, pression osmotique, réactions chimiques et catalyse, constitution des corps, ions et dissociation électrolytique, rôle de l’eau, perméabilité cellulaire, enzymes ou ferments solubles. Cela posé, il devient aisé de considérer sous un jour moderne, les substances chimiques fondamentales de la cellule : protides, lipides et glucides, de suivre leurs synthèses, leurs dislocations, leur desmolyse, d’aborder convenablement les tissus et leur fonctionnement.
- Chaque chapitre est suivi de la description d’exercices pratiques heureusement choisis, souvent fort simples à exécuter, qui permettent au lecteur de pénétrer personnellement dans les problèmes qui viennent d’être exposés. C’est un livre fondamental, qu’on ne saurait trop recommander aux médecins et aux biologistes désireux de comprendre l’état actuel des données sur la chimie de la matière suivante.
- Climatologie médicale de la région parisienne, par Bernard Villaret. 1 vol. in-8, 213 p., 44 fig. Masson et Cie, Paris, 1936. Prix : 30 fr.
- La région parisienne a un climat très sain, comme le montre l’étude météorologique détaillée qui commence ce livre : température régulière, humidité suffisante, faibles pluies, vents doux et frequents. C’est le type du climat amorti, sans grands écarts, favorable à la santé et à l’activité. Malheureusement, l’atmosphère y est polluée par les fumées et les poussières et Paris subit les outres inconvénients des grands centres : bruit, surmenage, taudis. On peut donc parler d’une climatopathologie urbaine, étudier l’incidence de l’agglomération sur les enfants, les adultes, ses effets sur les maladies et les épidémies. Et cela conduit à énoncer les exigences de l’hygiène, le point de vue climatologique et médical qu’on ne peut oublier dans les plans d’aménagement et d’extension que trace l’urbanisme futur. De nombreuses cartes dues à MM. Sellier et Humery, dont nos lecteurs ont eu récemment connaissance, complètent heureusement cette étude d’un genre nouveau.
- Les méthodes manuelles de respiration artificielle, par
- D. Cordier. 1 vol. in-16, 90 p., 9 fig. Collection Médecine et Chirurgie pratiques. Masson et Cie, Paris, 1936. Prix : 14 fr.
- Aux méthodes anciennes de Silvester et de Howard, à la méthode de Schafer devenue officielle en France, on a vu récemment s’ajouter celle de Jellinek, celle de Nielsen et diverses variantes ou combinaisons, entre lesquelles il devient difficile de choisir la meilleure. L’auteur examine d’abord les procédés d’expérience dont on dispose, montre
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- leurs difficultés et leurs incertitudes, puis décrit toutes les méthodes et discute leurs avantages et leurs inconvénients.
- La connaissance sensorielle et les problèmes de la vi= sion, par Henri Piéron. 1 vol. in-8, 93 p. Actualités scientifiques et industrielles. Hermann et Cie, Paris, 1936.
- Les sciences ont toutes une origine sensorielle dont la psychologie môme ne peut se débarrasser, si bien que la physiologie des sensations apparaît comme le centre du grand carrefour de la connaissance. L’auteur, professeur au Collège de France, est le maître de ces problèmes qu’il étudie avec toutes les ressources des techniques modernes. 11 donne ici un aperçu général des bases sensorielles de la connaissance, d’après une conférence qu’il a faite à Chicago, puis il aborde quelques problèmes de méthode : les relations de l’intensité, de la fréquence et de la sensation, la discontinuité des niveaux de sensation, les relations de l’échelon différentiel avec le niveau de sensation. 11 aboutit à une notion dérivée de la physique, celle des neuroquanta. Les deux derniers chapitres reproduisent deux conférences à la Société d’Ophtaimo-logie sur le mécanisme et les théories de la vision et sur la vision de couleurs.
- Mœurs et coutumes des Bantous. La vie d’une tribu sud-africaine, par Henri A. Junod. 2 vol. in-8, 515 et 580 p., 64 fig. hors texte. Bibliothèque scientifique, Payot, Paris, 1936. Prix: 120 fr.
- L’auteur a passé toute sa vie en Afrique orientale portugaise; il a converti nombre d’indigènes et il parle leur langue; il a obtenu d’eux un grand nombre de renseignements sur leur vie mentale et sociale et il a su les comprendre avec une remarquable pénétration, une grande finesse, une rare sympathie. Bien peu nombreux sont les blancs qui ont su approcher d’aussi près l’âme noire et en rendre un aussi parfait témoignage. C’est un document de première main qui éclaire et aide à juger les théories des ethnographes et des philosophes. C’est aussi une initiation pour tous ceux, fonctionnaires, soldats, etc., qui vont vivre en Afrique. L’exposé, très méthodique, suit d’abord l’homme et la femme depuis la naissance jusqu’à la mort, puis décrit la vie de famille avec ses parentés particulières et la vie du village; il passe ensuite au clan, suiL le chef, voit la cour, le tribunal, l’armée. Le second volume dépeint la vie agricole, l’industrie, les formes d’intelligence, le folklore, la musique, les idées des Thonga sur la nature et l’homme, la religion, la magie, la moralité.
- Nueva Cronica y Buen Gobierno (Codex péruvien illustré), par Felipe Guaman Roman de Ayala. 1 vol. in-8, 1179 p. Tome XXIII de l’Institut d’Ethnologie, 191, rue Saint-Jacques Paris. Prix : cartonné toile, 250 francs.
- En 1908, Pietschmann, directeur de la bibliothèque de Gôttingen, découvrit à Copenhague un volumineux manuscrit illustré, de 1179 p., écrit par un métis péruvien, se disant « seigneur et prince », au début du xvne siècle. Le Dr Rivet vit l’ouvrage en 1926 et décida de le reproduire en fac-similé dans la collection de l’Institut d’Ethnologie. Il le mérite car on ne possédait pas encore pour le Pérou de chronique illustrée de cette importance. Écrit en un espagnol maladroit entremêlé de termes indigènes, il raconte la généalogie de l’auteur, l’histoire sainte, la théologie, la conquête espagnole, tout cela à sa manière, avec beaucoup de détails précieux sur la vie indienne à son époque. Il se lamente d’ailleurs sur les injustices et les sévices des guerriers, des prêtres et fournit, dans sa naïveté et son emphase, maints traits de lumière sur son époque. Plus intéressants encore sont les multiples dessins à l’encre, très vivants, souvent commentés par des légendes, qui expliquent mieux qu’un texte, les habits, les travaux, les outils des indigènes. Tous les Américanistes et bien d’autres seront reconnaissants à l’Institut d’Ethnologie de leur avoir fourni un si précieux instrument de travail et un si riche document.
- Annuaire statistique de la Statistique générale de la France. Volume LI, 1935, in-4, 856 p. Imprimerie nationale, Paris, 1936. Prix : 90 fr.
- Cet annuaire est l’ouvrage de base où l’on trouve tous les rensei gnements statistiques concernant notre pays : climat, territoire, population (mouvement, migrations, recrutement, instruction, état sanitaire, assistance, justice, associations et syndicats, etc.). Le mouvement économique apparaît dans la production de l’agriculture, des forêts, de la pêche, des industries, des entreprises, dans les relevés de forces motrices, des voies de communication, de la monnaie, du crédit, de la banque, du commerce. Une partie est consacrée aux propriétés, revenus, salaires, consommations, épargne, assurances, etc.; une autre au gouvernement et aux administrations; une dernière aux colonies et pays de protectorat. Des tableaux rétrospectifs pour la France et les autres pays permettent toutes les comparaisons. Pour la première fois, on trouve des données sur les assurances contre l’incendie, les assurances sociales, le trafic des lignes françaises de navigation aérienne, etc. C’est un bilan très complet que chacun devrait souvent consulter et qui ne se peut résumer.
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- NOTES ET INFORMATIONS
- NÉCROLOGIE
- Costantin.
- M. J. Costantin, membre de l’Institut, qui voulait bien publier dans La Nature les résultats de ses beaux travaux, vient de mourir. M. Jean Perrin, président de l’Académie des Sciences, a rappelé sa vie et son œuvre :
- « J’éprouve une émotion particulière à évoquer devant vous la physionomie de notre confrère et ami Julien Costantin.
- « C’est qu’en elîet il a été mon maître lors de ma première année d’études à l’Ecole Normale, et il a exercé sur moi, comme sur plusieurs d’entre vous, une grande influence par son cours d’idées et de théories générales, que nous avions désignées par le nom un peu irrévérencieux, mais expressif, de piège des naturalistes.
- « J’ai bien failli tomber dans ce « piège » et ceci vous montre quelles qualités véritables de professeur et quel don d’enthousiasme possédait Julien Costantin, sous un aspect modeste et au premier abord un peu eü'acé, parce qu’il ne s’ell'orçait pas de faire appel à une éloquence qui peut être trompeuse, et qu’il s’appuyait seulement sur la force intrinsèque des idées exprimées.
- « La théorie du transformisme était de celles qu’il nous enseignait avec prédilection, sous ses deux grands aspects : dar-Avinien et lamarckien.
- « Il était, lui, profondément lamarckien; il est toujours resté croyant à l’influence du milieu, mais en même temps aux tendances profondes des organismes, pour modifier le fonds héréditaire par « hérédité des caractères acquis ».
- « Il n’a cependant pu, pas plus que tant d’autres, établir cette théorie de l’Évolution.
- Mais, du moins, il a apporté de très importantes contributions à notre connaissance de la variabilité des formes sous l’influence du milieu souterrain, aérien, aquatique et aussi microbien, ainsi qu’à notre connaissance des conditions expérimentales dans lesquelles nous pouvons à volonté faire varier ces formes.
- « Il trouva au reste que, en opposition avec une conception trop facile de l’hérédité des caractères acquis, les caractères ainsi modifiés de façon parfois très considérable ne subsistent pas en général dans la descendance. Par exemple telle plante, croissant au bord de la mer et considérée comme une espèce spéciale, reprend les caractères d’une espèce continentale correspondante, quand on fait germer ses graines en milieu non salé. Il faut ainsi distinguer des caractères d’adaptation et des caractères proprement héréditaires; ou, si l’on préfère, le fonds héréditaire, bien plus vaste qu’on ne pensait d’abord, contient les possibilités de variation sous l’influence des circonstances extérieures, un retour élastique de la forme se produisant dès que l’on retrouve les mêmes circonstances.
- « Il faut ajouter à ces recherches celles qui concernent encore une influence du milieu qu’il a poursuivies avec une modestie scientifique remarquable, sous l’influence de découvertes dues à son élève, Noël Bernard, prématurément disparu, sur
- la symbiose des orchidées avec des champignons microscopiques, et sur les variations de caractères qui en résultent.
- « 11 a généralisé ses recherches, notamment dans le cas de la pomme de terre, a\rec la collaboration précieuse du cousin de Noël Bernard, Joseph Magrou.
- « Nommé professeur de Culture au Muséum en 1901, il a dû élargir ses recherches afin d’utiliser l’extraordinaire richesse en documents de toutes sortes, que ce grand Établissement doit, en particulier, à ses relations constantes avec nos colonies et avec les régions équatoriales.
- « II se trouvait ainsi collaborer à des recherches de but pratique, poursuivies dans nos colonies, notamment à Madagascar et en Indochine.
- « Il a ainsi apporté à la France une collaboration précieuse dans la découverte et l’ütilisation des ressources de nos domaines d’outre-mer; et cela est d’autant plus remarquable qu’il a pu diriger utilement ces recherches sans avoir lui-même quitté la métropole.
- « 11 poursuivit par ailleurs, et en même temps, ses recherches
- sur la \rariation des organismes en ce qui regarde la sensibilité aux maladies :
- « Dans son laboratoire de culture des Pyrénées, il étudia les « cures d’altitude » qui permettent pendant quelques années à une même plante transplantée sur les hauteurs, puis repiquée en plaine, de [résister pendant un temps notable à telle ou telle maladie.
- « C’est ce qui avait été empiriquement découvert à Java pour la maladie sereh qui frappe la canne à sucre, et c’est ce qu’il retrouvait, dans sa petite chambre d’ascète , pour la pomme de terre et pour diverses plantes, toujours aidé par Joseph Magrou et divers autres collaborateurs, dont il savait exciter et maintenir l’ardeur.
- Son imagination débordantes son enthousiasme de visionnaire lui ont ainsi permis des études qu’il a efficacement poursuivies jusqu’à la veille de sa mort, au sens exact du mot. »
- CHIMIE ET PHYSIQUE Les prix Nobel de chimie et de physique.
- Le prix Nobel de chimie, qui fut décerné l’an dernier à M. et Mme Joliot-Curie, est attiûbué cette fois au professeur P. Debye, de l’université de Leipzig. C’est aussi un physicien préoccupé de la structure de la matière. D’abord ingénieur, puis élè\œ du physicien Sommerfeld, Debye a apporté d’importantes contributions à l’étude des chaleurs spécifiques, des dipôles dans les gaz, à la théorie des électrolytes forts qui a conduit à la notion d’activité. Son œuvre capitale est l’examen aux rayons X des colloïdes qui l’a conduit, soit seul, soi avec son collaborateur Scherrer, à l’estimation de la grandeur et de la structure des particules. Cette méthode a réduit notablement le nombre des substances solides considérées comme amorphes dont les poudres montrent aux rayons X une structure cristalline finement dispersée.
- Le prix Nobel de physique pour 1936 est partagé entre le
- julien costantin
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- professeur Victor F. Hess, d’innsbruck, et le Dr C. 1). Anderson, de Pasadena, en Californie.
- Hess est à l’origine de la découverte des rayons cosmiques qu’il observa en ballon dès 1912. 11 reconnut que leur nombre augmente avec l’altitude, qu’on en observe le jour comme la nuit et pendant une éclipse de soleil, ce qui prouve leur origine cosmique et non solaire. Depuis il a étudié leurs variations qui sont légères, fait avec; Steinmaurer des mesures très précises qui s’accordent avec l’hypothèse de Comptoir cpie leur origine est extra-galactique.
- Anderson, photographiant les mêmes rayons pendant leur passage à travers une chambre à brouillard placée dans un champ magnétique intense, a découvert en 1932 des traces incurvées qu’il a interprétées comme dues à des particules chargées positivement, ayant, une masse comparable à celle d’un électron. Ces particules sont les positions qui confirment la théorie de Dirac sur la constitution de la matière. Anderson est probablement le plus jeune des lauréats du prix Nobel; il n’a que 31 ans.
- OPTIQUE
- Les écrans stéréoscopes.
- M. Estanave, auquel on doit de beaux travaux sur la photographie intégrale, a fait dans le même ordre d’idées d’intéressantes recherches sur la stéréoseopie à l’aide de réseaux lignés.
- 11 a étudié plusieurs modèles d’écrans stéréoscopes destinés à permettre à plusieurs personnes d’observer à la fois et sans lunettes le relief des images projetées, en opérant la synthèse et le triage des vues stéréoscopiques, d'après le principe des réseaux lignés.
- En écran stéréoscope à réseau de ce type se compose de deux réseaux lignés à lignes parallèles, alternativement opaques et transparentes, et séparées par une glace dépolie (lig. 1 et 2)..
- Les deux images stéréoscopiques sont projetées à l’aide de deux objectifs sur cet écran, disposé de façon que les lignes du réseau soient verticales et perpendiculaires à la ligne joignant les objectifs. On règle d’abord les objectifs de manière à obtenir des images qui empiètent l’une sur l’autre, et dont même certains points homologues puissent coïncider.
- Dans ces conditions, l’image obtenue par la projection du premier positif I, détermine sur la glace dépolie la formation d’une image incomplète, formée de lignes parallèles et verticales 1, 1, 1... qui sont enchevêtrées et alternées avec des lignes analogues, 2,2, 2, provenant delà projection du deuxième positif I2. Les lignes de la première catégorie n’empiètent pas sur les lignes de la seconde.
- L’observateur, dont les yeux sont placés par rapport à l’écran dans une position à peu près symétrique de celle des objectifs, voit à travers les traits du réseau une image unique avec l’impression de relief. L’œil gauche voit seulement les lignes notées 1, 1, qui correspondent au positif I4 et l’œil droit, les lignes 2, 2... qui correspondent au positif I2; les autres lignes sont cachées respectivement à chaque œil par les traits opaques du réseau.
- Bien entendu, les traits utilisés sont suffisamment fins pour que les lignes paires et impaires soient serrées et très voisines, et les images incomplètes paraissent donc continues.
- Ce système permet, d’ailleurs, d’utiliser des plaques diapositives stéréoscopiques ordinaires, et M. Estanave a fait construire à cet effet une lanterne de projection spéciale, comportant deux objectifs, dont les centres sont sur une même horizontale, et un condensateur double rassemblant sur
- les deux vues du couple stéréoscopique les faisceaux provenant de deux sources lumineuses.
- Le système optique permet l’écartement ou le rapprochement des deux objectifs, de façon que les images projetées puissent empiéter l’une sur l’autre, et même coïncider en certains points.
- La lanterne peut être également utilisée pour la projection des anaglypbes, en disposant sur les objectifs des écrans colorés avec des couleurs complémentaires. On peut obtenir un effet curieux en disposant l’écran horizontalement, et en plaçant les objecLifs de projection sur une même verticale; en projetant deux images distinctes, l’observateur verra l’une ou l’autre, suivant qu’il abaissera ou qu’il élèvera la position de ses yeux.
- Enfin, on peut même réaliser la synthèse des vues stéréoscopiques sur une plaque photographique, en disposant un châssis portant la plaque à impressionner à la place de l’écran.
- Fig. 1. — Principe de l'écran stéréoscope de M. Estanave.
- Le même système pourrait en principe servir pour la stéréo-radioscopie, en remplaçant la glace dépolie par un écran fluorescent au plat ino-cyanure de baryum, et le réseau serai t un réseau métallique opaque aux rayons X, le réseau d’observation étant toujours tracé sur verre.
- On utilise deux ampoules radiographiques et on place entre l’écran et les sources un corps ayant des parties transparentes et d’autres opaques aux rayons X.
- Bien entendu, il est indispensable d’employer de puissantes ampoules, étant donnée l’absorption de la lumière par les réseaux.
- Ce système constitue une remarquable mise en pratique des travaux de A. Berthier et Frédéric E. Thés; il n’est pas destiné évidemment à résoudre encore le problème de la projection des images animées en relief qui exigerait, comme nous l’avons montré dans des articles précédents, la réalisation d’écrans encore plus complexes n’ayant pu être obtenus jusqu’ici. Dans son état actuel, il semble pourtant, comme on le voit, se prêter déjà à des applications pratiques diverses. P. H.
- RADIOÉLECTRICITÉ
- Les liaisons par ondes courtes dans les chemins de fer.
- Nous avons déjà signalé l’utilisation des radio-communications par ondes très courtes 'dans les gares de marchandises pour assurer la liaison constante entre une machine de manœuvre et un poste de commande.
- Cette liaison, qui permet, en outre, un contrôle permanent de la machine par le poste de com-
- Fig. 2. •— Coupe schématique et vue de face de l'écran.
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- if- '-fi
- Fig. 1. — L'anlenne du poste émetteur fixe d'une liaison à ondes courtes dans une gare de chemin de fer (Appareils Radio-Industrie).
- mande, s’elïectue en téléphonie duplex sur ondes très courtes de la gamme de 6 à 8 m. L’emploi de cette gamme assure l’élimination d’une grande partie des parasites.
- Les longueurs d’onde des postes émetteurs, des récepteurs fixes et du poste monté à bord de la machine, sont réglées une lois pour toutes, de sorte que les transmissions téléphoniques sont obtenues sans aucune manœuvre. L’émission s’elïectue par microphone, la réception sur la machine et aux postes de commande, à l’aide d’un haut-parleur.
- La pratique de ces dispositifs a permis, en dehors des résultats industriels cherchés, des constatations très intéressantes sur la propagation des ondes très courtes. On pourrait croire que ces ondes ne se propagent, selon la théorie, que suivant
- Fig, 2. — Une locomotive et l'antenne de son poste à ondes courtes (Installation Radio-Industrie),
- des lois quasi optiques et peuvent difficilement franchir les obstacles; les postes émetteurs et les postes récepteurs devraient donc demeurer visibles optiquement les uns par rapport aux autres.
- Aux chemins de fer de l’Etat, les antennes d’émission et de réception sont constituées par des tubes d’environ 2 m. de long, maintenus verticalement au moyen de supports isolants. Le poste émetteur fixe a une puissance de 300 \v.
- Sur la machine, l’installation, d’encombrement réduit, est enfermée dans une boîte en aluminium, suspendue elle-même à l’aide de ressorts à l’intérieur d’un coffret. Los appareils sont ainsi à l’abri de tout déréglage, les chocs étant suffisamment amortis. L’émetteur est à montage symétrique et le récepteur du type à super-réaction.
- l^e poste émetteur avec son antenne est disposé sur le tablier, du côté droit de la machine; du même côté, sont placés les accumulateurs et le convertisseur; à gauche, le poste récepteur avec son antenne. A portée de la main du mécanicien se trouve la boîte de commande avec le microphone, et, au-dessus de sa tête, le haut-parleur.
- Pour la communication, le mécanicien n’a qu’à prendre son microphone pour répondre aux ordres qui lui parviennent du poste fixe par le haut-parleur.
- Une installation de ce genre fonctionne actuellement sur le réseau de l’Etat à Rouen; elle assure des liaisons continues entre le poste fixe et une machine évoluant sur des voies de manœuvre dans un rayon de 8 à 15 km, malgré un terrain peu propice, présentant de nombreux obstacles à la propagation des ondes très courtes, tels que batiments en ciment armé, ponts métalliques, citernes à essence, etc.
- La liaison au sol en duplex ne s’obtient pas pourtant sans difficultés.
- 11 est possible de dégager suffisamment l’antenne d’émission du poste fixe pour lui assurer un rayonnement convenable; par contre, l’antenne de la machine ne peut rayonner, du fait de sa faible hauteur, en dominant les obstacles multiples qui se présentent sur le terrain ordinaire des gares.
- La première liaison que l’on put établir fut obtenue au Mans sur 2 km environ, puis on arriva à réaliser sur le réseau de Paris-Orléans une liaison de 9 km, mais sur un terrain spécialement propice, le long d’une voie droite et bien dégagée.
- On obtint ensuite une première liaison entre l’atelier des chemins de fer de Bécon-les-Bruyères et la gare St-Lazare, rue de Londres, c’est-à-dire en plein Paris, malgré les perturbations parasites de toutes sortes.
- Ce résultat fut complété par une réception obtenue au premier étage d’un des bureaux de la Cie des chemins de fer de l’Etat, rue de Rome, des émissions de locomotives en manœuvre aux ateliers.
- Cette liaison nécessitait la propagation des ondes à travers les ponts métalliques d’Asnières et des Batignolles et tous les immeubles situés sur le parcours, l’antenne d’émission du poste de Bécon n’étant pas placée à plus de 8 m de hauteur, c’est-à-dire restant au-dessous des multiples obstacles à franchir.
- Actuellement, ces liaisons semblent établies d’une manière très sûre et toutes les difficultés sont surmontées. Elles sont employées régulièrement sur le réseau de l’Etat, notamment dans la banlieue parisienne; elles permettent de réaliser de sérieuses économies, en réduisant le temps nécessaire pour les manœuvres, et, par conséquent, le nombre total des machines nécessaires et l’encombrement.
- Elles peuvent éviter également les fausses manœuvres, les avaries et les accidents qui en peuvent résulter. P. H.
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- INVENTIONS ET NOUVEAUTÉS
- OPTIQUE
- Microscope binoculaire monobjectif Stiassnie.
- Ce microscope à un seul objectif, d’une conception entièrement nouvelle, présente de nombreuses et intéressantes particularités qui en font un remarquable et commode instrument de recherches.
- Tout d’abord, il permet de passer avec la plus grande facilité du dispositif binoculaire incliné au monoculaire incliné et au monoculaire droit pour la photo-micrographie; <n particulier la substitution des tubes porte-oculaires les uns aux autres, grâce à un ingénieux dispositif de verrouillage, s’elïectue d’une façon très rapide et très simple, sans aucun vissage ou dévissage; en même temps le centrage le plus rigoureux est assuré pendant les opérations de remplacement.
- La platine du microscope est toujours horizontale; pour permettre l’observation avec des oculaires inclinés, on place sur le trajet des rayons un prisme dévialeur inclinant l’axe o])tique des oculaires à 45°.
- Le statif, d’une forme nouvelle très stable, et extrêmement robuste, porte en partie basse la vis micrométrique de réglage de la mise au point; on supprime ainsi la fatigue de la main qui peut s’appuyer sur la table pendant le réglage.
- La platine peut recevoir un chariot mobile à mouvements rectangulaires et à commandes concentriques qui permet le déplacement systématique de la préparation sans déplacement de la main. Tous les objectifs, y compris les objectifs à immersion, peuvent être employés sur le microscope binoculaire incliné.
- Examinons maintenant les dilîérentes parties du microscope.
- Dispositif binoculaire. — Il comprend un système de prismes; la surface de l’un d’eux, platinée par bombardement cathodique, assure la division du faisceau lumineux sortant de l’objectif.
- Les prismes sont enfermés dans une boîte en métal surmontée des deux tubes porte-oculaires dont l’écartement est réglable et dont l’un est muni d’un dispositif de mise au point.
- Le réglage des prismes a été effectué avec une précision absolue de façon à permettre de garantir le parallélisme rigoureux des axes optiques. Toute difficulté dans l’accommodation et la fusion des deux images révèle chez l’observateur un défaut de la vue, facile du reste à corriger par des verres prismatiques appropriés.
- Les différentes combinaisons d’objectifs et d’oculaires employés donnent, avec le système binoculaire, des images d’une planéité parfaite.
- Mise au point rapide. — Celle-ci s’effectue au moyen d’un pignon et d’une crémaillère.
- Un dispositif de freinage réglable de ce mouvement a été adapté à la partie droite du pignon et permet d’éviter, soit la descente inopinée du corps du microscope au cours de l’observation, soit un réglage initial trop dur qui est une cause de fatigue pour la main du micrographe, et peut avoir, pour les lentilles frontales des objectifs, les plus fâcheuses conséquences.
- Réglage fin de la mise au point. — La vis micrométrique dont les boutons de commande sont placés latéralement à la partie inférieure du statif est construite pour assurer un déplacement micrométrique extrêmement lent : il est de cinq centièmes de mm par tour. On comprend que l’on peut ainsi parfaire le i*églage avec une extrême finesse et une extrême précision; c’est là un grand avantage qui, dans bien des cas, permet d’éviter des erreurs d’interprétation souvent dues à une fausse impression de relief.
- Fig. 1. — Vue d’ensemble du microscope Stiassnie, monté en binoculaire incliné.
- La vis déplace micrométriquement le tube d’observation et laisse la platine complètement fixe, condition indispensable d’une bonne observation.
- Ce nouveau microscope fait honneur à son constructeur
- Fig. 2. — A gauche, le microscope Stiassnie monté en monoculaire incliné-, à droite, en monoculaire droit.
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- Fig. 3. — Support Gymnast avec étau partiellement « oscillé » et « pivoté ».
- Fig. 4 à 6. — 2. Sciage d’une lôle dans une position confortable. — 3. Découpage biais à la scie de bijoutier. — 4. Serrage vertical d’une barre en utilisant toute la longueur des mâchoires.
- qui a su me l ire au point un instrument de construction française, remarquable par ses qualités optiques et mécaniques, par sa précision et sa commodité d’emploi.
- Constructeurs :
- Sliassnie frères, boulevard Raspail, 204, à Paris.
- OUTILLAGE
- MÉCANIQUE
- Supports oscillants“ Gymnast” pour étaux parallèles d’amateurs et professionnels.
- Les étaux d’établi à serrage parallèle, qui sont maintenant les plus répandus, présentent de grosses incommodités. Meme lorsqu’ils sont montés sur une embase permettant .leur pivotement, ce mouvement ne peut être utilisé en toutes circonstances car dès que la pièce à serrer est un peu longue, elle vient buter dans l’établi. A un autre point de vue, la forme même de la pièce à serrer ne permet: pas toujours de la prendre dans la position qui serait la plus pratique pour le travail à exécuter, notamment pour le bon éclairage des tracés qu’elle porte et qu’il est bon de pouvoir suivre constamment pendant le travail sans se livrer à une gymnastique fastidieuse, incommode et fatigante.
- Monté sur un support “ Gymnast” au contraire, c’est l’étau qui fait la gymnastique pour amener la pièce dans la position la plus aisée, qu’il s’agisse de scier, buriner, limer,
- percer, ou simplement monter des ensembles de pièces.
- Le support “ Gymnast ” est de conception très simple et de construction extrêmement robuste : un bâti fixé à l’établi et renforcé par un pied réglable porte deux broches horizontales sur lesquelles peut osciller le support oscillant proprement dit qui peut être immobilisé solidement en position désirée par deux vis à manettes placées en bout des broches et agissant sur une plaque de serrage. Le socle aménagé sur le support oscillant porte l’embase pivotante sur laquelle on fixe l’étau.
- Les avantages pratiques de ce dispositif sont :
- 1° L’étau est ramené en avant de l’établi et sa position dégagée permet d’utiliser rationnellement le pivotement de l’étau;
- 2° L’étau peut osciller jusqu’à 90° à droite ou à gauche, les mâchoires restant toujours à bonne hauteur pour le travail;
- 3° La combinaison des mouvements de pivotement de l’étau et d’oscillation de son support permet toutes les combinaisons d’orientation, notamment la position des mâchoires dans le plan horizontal, et dans tous les cas la pièce est serrée aussi énergiquement qu’il est nécessaire ;
- 4° Le support oscillant et le bâti fixé à l’établi ajoutent leurs masses à celle de l’étau lui-même, ce qui est appréciable dans les opérations de martelage, burinage, etc.;
- 5° Le pied réglable posant au sol permet de renforcer l’établi et d’augmenter la rigidité de l’ensemble;
- 6° Les manœuvres sont si simples et rapides que l’usager n’hésite pas à les exécuter, même pour une opération de courte durée, sachant combien une bonne position de la pièce et un bon éclairage des tracés qu’elle porte abrégeront l’opération à faire et la rendront moins fatigante;
- 7° Les bris d’outillage seront moins fréquents. Il n’est pas-d’amateur, d’ajusteur ou monteur qui ne doive reconnaître qu’il a souvent cassé une lame de scie, ou une mèche, ou un taraud, par le seul fait de la mauvaise position de la pièce dans l’étau, ou du mauvais serrage en résultant.
- Ajoutons que les supports “ Gymnast ” sont construits en six dimensions pour recevoir les étaux parallèles les plus divers, depuis le minuscule étau de bijoutier et les petits étaux d’amateurs jusqu’aux étaux d’établis des professionnels.
- Constructeur : P.-M. Durand. 31, rue Croix-de-Fer, Saint-Germain-en-Laye (S.-et-O.).
- ÉLECTRICITÉ
- Relais-réducteur de pertes à vide pour transformateurs.
- Nous avons eu déjà l’occasion de signaler les inconvénients des pertes à vide dans les transformateurs abaisseurs de tension. Les courants de distribution en province et dans les secteurs ruraux sont souvent à une tension élevée, de l’ordre-de 230 v. Ces tensions élevées présentent un certain danger pour les usagers, et nécessitent l’emploi d’appareils domestiques, en général, plus chers et plus fragiles. Il en est de même pour les postes radiophoniques du type « tous courants ».
- L’emploi d’un transformateur statique permettant de-réduire la tension du courant à une valeur plus faible paraît donc très logique; malheureusement, il se produit alors des pertes à vide proportionnelles à la puissance maxima du transformateur, et de l’ordre de 5 à 6 pour 100 de celle-ci.
- Un transformateur de 1 kw destiné à l’éclairage et d’un modèle courant consomme ainsi à vide 50 w. Si la durée de fonctionnement à vide varie entre 12 et 20 h par jour, avec le kilowatt à 2 fr, la dépense journalière inutile est de 600 à 1000 w, soit 1 fr 20 à 2 fr.
- Pour réduire les pertes à vide, on a eu l’idée d’employer un transformateur auxiliaire de faible puissance substitué au transformateur normal pendant les périodes de marche à vide ou à faible charge.
- La substitution du transformateur réduit au transforma-
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- leur normal est assurée par un mécanisme électrique capable « d’évaluer » cette charge, ün utilise, à cet effet, un relais-série ou relais ampèremétrique, dont le bobinage est monté en série dans la ligne et parcouru ainsi par le courant à mesure que son intensité augmente.
- L’armature du relais à l’état de repos met hors circuit le transformateur normal et le transformateur auxiliaire réduit est seul en service. Lorsque l’intensité demandée devient trop forte, l’armature fonctionne et substitue le transformateur normal au transformateur auxiliaire. Inversement, si la charge diminue, le relais rétablit, la liaison avec le transformate ur auxiliaire.
- Le bobinage du relais peut ainsi être parcouru par un courant assez intense, de l’ordre de 10 A, par exemple, et le système doit pourtant être assez sensible pour fonctionner avec une intensité réduite de l’ordre de 1/3 d’ampère. Dans ces conditions, la consommation du relais est relativement considérable; l’armature sollicitée par une force excessive peut être plus ou moins détériorée; on constate un échauff'ement du système, et, enfin, une diminution de la tension aux bornes des appareils d’utilisation.
- Le dispositif Lindet utilise un montage particulier pour éviter ces inconvénients. Le courant de ligne ne traverse plus directement le relais, mais seulement le primaire d’un transformateur, dont le secondaire alimente le relais.
- Ce transformateur possède un circuit magnétique constitué par un métal spécial, dont la perméabilité est élevée pour des champs magnétiques faibles. Le transformateur se sature ainsi pour de faibles débits d’environ 1/I0e de l’intensité maximum, et l’intensité du circuit secondaire n’augmente plus en fonction de l’intensité primaire (fig. 7).
- Pour rendre le relais plus sensible et supprimer les vibrations du courant alternatif qui peuvent détériorer les contacts, le courant secondaire est redressé par des cellules à l’oxyde de cuivre, montées comme à l’ordinaire en pont de Wheatstone.
- Le fonctionnement du relais est assuré par une puissance de l’ordre du milliwatt, de sorte que le redresseur est de dimensions très réduites; son diamètre est celui d’un crayon. Le relais est d’ailleurs bipolaire, de façon à mettre en circuit ou hors circuit le transformateur normal, en agissant simultanément sur son primaire et sur son secondaire.
- Les deux transformateurs sont reliés en série, et la mise en action du transformateur normal est obtenue en court-circuitant les enroulements du transformateur auxiliaire. Le transformateur auxiliaire a une perte à vide qui n’est que le J/20e de celle du transformateur normal; la consommation à vide n’est ainsi que de 2 ou 3 w suivant la puissance de l’installation, ce qui peut être considéré comme une dépense pratiquement nulle. Ces réducteurs sont établis en modèles
- correspondant aux
- Fig. 7.-—Montage du relais réducteur de perles puissances les plus à vide « Solor ». (Licence Lindet.) courantes : 500 w, 1,
- 2 et 3 kw, et sont prévus pour s’adapter aux transformateurs abaisseurs 230-115 v. Présentés sous forme de tableaux, ils peuvent être disposés à côté du transformateur normal dans les installations existantes.
- Etablissements Lefé-bure-Solor, 5, rue Ma-zet, Paris (6 e).
- Fig. 8. — Petit métier à lisser d'amateur.
- TRAVAUX D’AMATEUR
- Petit métier à tisser d'amateur.
- Le tissage à domicile est une industrie artisanale qui tend à disparaître en France. Par contre, le tissage d’amateur mériterait d’être davantage pratiqué, parce qu’il permet, au moyen d’un matériel simple et peu coûteux, d’exécuter bien des travaux utiles ou artistiques.
- Le tissage consiste à entrelacer des fils, fils de chaîne et iils de trame, suivant un ordre régulier.
- Les fils de chaîne sont placés en premier sur le métier, et déterminent la longueur du tissu. Le fil de trame est placé transversalement à l’aide de la navette entre les fils de, chaîne, tantôt dans un sens, tantôt dans l’autre.
- Un petit métier très facile à utiliser sans connaissances spéciales et de construction ingénieuse a été établi récemment par un constructeur français. 11 permet de tisser un lé d’environ 30 cm de large sur 80 cm de long, et, par utilisation d’une l'allonge, la longueur du lé peut être portée à 1 m 50.
- Le système comporte un cadre en hêtre, sur lequel est. enroulé le fil de chaîne qui est ici un fil continu. Le peigne en métal nickelé avec ses deux glissières sert à guider le fil de chaîne et à serrer le fil de trame.
- Knfin, le tourniquet que l’on voit au centre de la figure 8 est destiné à soulever, tantôt une partie, lantôt l’autre, des (ils de chaîne et permettre le passage de la navette portant le fil de trame dans l’écart ainsi formé.
- Le montage du métier consiste à placer des fils de chaîne sur le cadre et à les réunir convenablement au tourniquet, pour former le pas, ce qui constitue la première opération préliminaire. Cette opération est relativement longue et dure une heure environ.
- On procède ensuite au tissage proprement dit, ce qui permet le façonnage de l’étoffe.
- Le système permet de varier le travail et de l’agrémenter de toutes les manières possibles, en modifiant l’aspect, et la couleur, en intercalant des éléments de rubans, d’étoffes, ou de matières quelconques souples.
- On peut ainsi faire des tapis, tisser des cravates en biais, etc..., l’appareil se prête à mille travaux d’intérieur.
- Studio Alice Baba, 48, avenue Paul-Doumer, à Paris.
- MÉDECINE
- Stéthoscope à amplificateur.
- Depuis que Laennec a montré tout ce que l’auscultation révèle de l’état du cœur et des poumons, le praticien ne manque pas d’écouter la poitrine, le dos du malade avant de fixer son diagnostic. Il le fait, l’oreille nue appliquée sur la peau, ou mieux et plus souvent avec le cornet acoustique qu’est le stéthoscope. Mais celui-ci a ses résonances, ses déformations sonores auxquelles il faut s’habituer. En plus, l’auscultation ordinaire ne tolère aucun défaut d’oreille.
- Il était tout naturel de songer à faire bénéficier les stétho-
- Transformai !' Transformateur normal auxiliaire
- Secteur
- Cellules de redressement
- jS Relais
- Transformateur
- saturé
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- seopesdes progrès de l’acouslique et notamment des amplifications de sons si bien réalisées en T. S. F. C’est ce que vient de faire la maison Boulitle dans son ultra-stéthoscope à amplificateur.
- L’appareil rassemble dans une boîte légère un amplificateur avec ses boutons de réglage, relié d’une part à un microphone très sensible qu’on place sur la région qu’on veut explorer et d’autre part à deux écouteurs qu’on met sur les oreilles au moyen d’un casque.
- Sur le tableau de commande, un commutateur comporte les trois positions : arrêt, contrôle, marche. En tournant le bouton dans le sens des aiguilles d’une montre, on passe de l’arrêt au contrôle; on règle alors avec un deuxième bouton la tension de chauffage des lampes amplificatrices sous le contrôle d’un
- Fi;/. 0. — Stéthoscope à amplificateur.
- voltmètre dont on amène l’aiguille à l'indication : 2 volts, l'n nouveau tour de bouton met le commutateur à la position de marche et l’on peut alors écouter au casque les bruits recueillis sur le corps par le microphone.
- Constructeurs : Établissements Boulitle, 15 à 21, rue Bobillot, Paris 13e.
- OBJETS UTILES
- Porte=plume à cartouche d’encre.
- Le porte-plume à réservoir a triomphé de l’encrier dès qu’on a su le faire étanche, avec un réservoir assez grand, pour qu’on n’encre pas ses mains plus souvent que le papier. On peut aujourd’hui le mettre en poche sans crainte pour la doublure du gilet et le plastron de chemise sous-jacent. Le remplissage n’exige plus un compte-gouttes ni un évier et ne se renouvelle plus tous les jours. Cependant la simplicité, la propreté, la sécurité et la capacité du chargement d’encre réclamaient encore quelques efforts inventifs. Le dernier, réalisé par Waterman, qui n’a cessé depuis 1884 de perfectionner porte-plume à réservoir et encre pour ceux-ci, paraît résoudre définitivement la question. L’encre est placée dans un tube de verre scellé, étanche, si bien qu’elle ne s’altère pas en réserve. On se procure des paquets de cartouches d’encre partout. 11 n’y a aucun transvasement. La cartouche s’introduit dans le porte-plume comme dans un fusil; la fermeture du porte-plume la percute, la perfore et la plume se trouve encrée. Cela donne bien des avantages : aucune possibilité de se tacher pendant le chargement; réserve
- d’encre de très grande capacité et par con s é -quent de longue durée ; et, la cartouche étant 11* a n s ]> a r e n t e , possibilité de voir à tout moment la quantité d’encre dont on dispose.
- L e n o u v e a u porte-plume Waterman à cartouche d’encre est fabriqué par Jif, 6, rue Mon-signy, Paris; il est vendu dans toutes les papeteries.
- Ozoneur très simple.
- Depuis long -temps, il existe simples utilisant réseau pour pro qui transforment 1 ’ oxygène am
- lTn appareil de
- formateur pour élever la tension du courant alternatif du réseau à la valeur nécessaire. Le générateur d’ozone produit ce gaz par effluves électriques convenablement dosés, de sorte que la production de composés nitreux n’est pas à craindre. Enfin, un ventilateur peut faire circuler l’air dans le générateur d’ozone.
- Les appareils statiques les plus simples pour courant alternatif peuvent ainsi être sans inconvénient branchés en fonctionnement permanent; les modèles d’appartement ne consomment que deux watts-heure et sont d’un prix modique. Ils peuvent servir pour un volume maximum de 90 m3.
- Il est particulièrement intéressant d’associer au producteur d’ozone un ventilateur; dans l’air brassé, les colonies microbiennes, ne peuvent se développer; de plus on détruit ainsi les mauvaises odeurs de cuisine, fumées etc.
- Un inconvénient non négligeable de ces systèmes était jusqu’à présent la production de courants parasites haute fréquence déterminant des perturbations désagréables dans les récepteurs radiophoniques.
- Cet inconvénient n’existe plus avec les types récents qui sont munis de blindages et de filtres empêchant la propagation des oscillations perturbatrices autour de l’appareil.
- L. P.
- Etablissement Ozonaire,Q 1, rue de Lancry, Paris.
- Fig. 11. — Ozoneur ires simple.
- Fig. 10.
- A gauche : coupe à travers le porte-plume.
- A droite : la cartouche d'encre,
- En haut: le remplissage.
- des générateurs d’ozone très le courant électrique ordinaire du duire des effluves électriques en ozone une faible partie de biant.
- ce genre comporte donc un trans-
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- BOITE AUX LETTRES
- QUESTIONS ET REPONSES
- Emploi d’une antenne de fortune.
- 1° Le système ingénieux que vous utilisez en enroulant des spires d’un fil relié au secteur autour de l’antenne intérieure de votre poste consiste, en réalité, à relier votre poste au secteur par induction. C’est donc, en fait, un fil du secteur qui sert d’antenne de fortune essentielle, et vous pourriez obtenir, sans doute, les mêmes résultats en connectant la borne « antenne » de votre poste à un fil de distribution par l’intermédiaire d’un petit condensateur fixe. C’est le principe des petits bouclions d’adaptation dits « Intercept ».
- La qualité des résultats dépend essentiellement des conditions locales d’installation et des dispositions des fils du secteur dans l’appartement. Les résultats ne sont pas les mêmes suivant l’étage de l'immeuble, suivant la disposition du réseau de distribution aérien ou souterrain; le voisinage de machines industrielles intervient également.
- Les fils du réseau transmettent, en effet, les oscillations haute fréquence provenant des postes émetteurs, mais ils recueillent également très Lien toutes les oscillations parasites. Lorsque les perturbations sont à craindre, on ne peut utiliser un fil du réseau comme antenne, et, au contraire, il faut intercaler dans les conducteurs d’alimentation du récepteur un filtre d’arrêt laissant passage au courant d’alimentation, mais s’opposant à la transmission des oscillations baille fréquence.
- 2° Nous vous remercions 'de votre communication, et nous indiquons votre dispositif à nos lecteurs avec les remarques que nous vous signalons. Réponse à M. Voisin, à Clamart (Seine).
- Transformation d’un poste secteur sur alternatif.
- 1 ° Nous pensons que votre appareil fonctionne uniquement sur le courant alternatif du secteur et comporte, en conséquence, un transformateur d'alimentation.
- Ln général, la construction d’un appareil pour courant alternatif 110 v 50 per ne diffère pas de celle d’un poste pour courant 110 v 25 lier; les lampes sont évidemment les mêmes et les divers circuits de l’appareil n’ont pas à être modifiés. Cette modification ne doit porter que sur les circuits d’alimentation et de filtrage du courant redressé servant à l’alimentation des plaques des lampes. En particulier, il faut employer des bobinages et des capacités plus importantes pour les circuits filtres, à mesure que la fréquence diminue.
- Un transformateur pour 25 périodes doit avoir plus de tours au primaire, et, par suite, au secondaire, qu’un transformateur pour 50 périodes. D’un autre côté, plus on monte en fréquence, plus les tôles du noyau magnétique doivent être minces; ainsi, plus la fréquence utilisée est élevée, plus les dimensions du transformateur sont petites.
- On voit qu’on ne peut normalement utiliser le même transformateur pour du courant à 25 périodes et du courant à 50 périodes.
- Si l’on envoie du courant à 50 périodes dans un transformateur construit pour 25 périodes, on ne constate qu’une diminution de puissance, diminution encore accentuée dans un poste récepteur du fait que les circuits de filtrage comportent des bobines de filtre plus importantes.
- Inversement, on ne peut se servir sur le secteur à 25 périodes d’un transformateur prévu pour 50 périodes, l’impédance de ce dernier serait trop faible, et il faudrait diminuer la tension appliquée sur le primaire, ce qui diminuerait en même temps la tension recueillie au secondaire.
- 2° Nous ne pouvons vous indiquer exactement le coût de la transformation consistant ainsi à changer le transformateur d’alimentation, es bobines et condensateurs de filtrages.
- La valeur du transformateur est de l’ordre d’une centaine de francs; les bobines de filtrage valent une cinquantaine de francs. Il serait préférable, évidemment, de vous adresser au constructeur de l’appareil, pour avoir un renseignement exact.
- Nous ne voyons pas du tout l’intérêt qu’il y aurait à utiliser une commutatrice actionnée par le courant alternatif 110 v 25 périodes pour obtenir du courant alternatif 110 v 50 périodes. Les commuta-trices sont des machines délicates, coûteuses, et qu’on n’utilise que dans les cas où elle sont indispensables. La transformation de votre appareil
- est tellement facile qu’il paraît tout à fait inutile de songer à une autre solution. Réponse à M. Sevzaret, La Voulte-sur-Rhône (Ardèche).
- Construction d’un poste=secteur de petite puissance.
- Tous les appareils de T. S. F. actuels fonctionnant sur secteur comportent un haut-parleur plus ou moins puissant, mais on pourrait également établir, comme autrefois, des dispositifs simplifiés avec des écouteurs téléphoniques ou un liaut-parleur électro-magnétique de modèle réduit; un tel poste peut comporter seulement une ou deux lampes et une valve de redressement, s’il doit être alimenté sur le courant alternatif.
- On peut même employer désormais des lampes américaines à électrodes multiples combinées, assurant à la fois la réception et le filtrage du courant d’alimentation plaque, mais il n’est pas besoin d’aller si loin. Un poste-secteur à une lampe détectrice peut être constitué simplement avec une lampe triode à chauffage indirect et une valve de redressement qu’on peut même remplacer à la rigueur par une lampe triode ordinaire, dont on connecte la grille et la plaque.
- Un poste-secteur à deux lampes peut comporter, de même, une lampe détectrice triode à chauffage indirect, à condensateur shunté de grille, suivie d’une lampe basse fréquence trigrille avec une valve de redressement pour l’alimentation des plaques, et son système de circuit de filtrage simplifié.
- Au lieu d’une lampe triode comme première lampe détectrice, on peut également utiliser aussi simplement une lampe à écran, mais en modifiant alors le système de liaison basse fréquence à transformateur utilisé auparavant.
- Vous pouvez trouver des schémas de montage de postes simples de ce type dans le tome 6 de l’ouvrage « Récepteurs modernes de T. S. F. », par P. llémardinquer (Chiron, éditeur, Paris).
- Réponse à M. Replace, à Roubaix (Nord).
- Questions diverses sur les récepteurs de T. S. F.
- 1° La difficulté de conservation des batteries d’accumulateurs dépend de leur type, et surtout de leur capacité, correspondant à la surface et généralement à l’épaisseur des plaques. 11 est bien plu s facile de conserver en bon état des accumulateurs de grande capacité, et à faible tension, destinés au chauffage des filaments des lampes des postes de T. S. F. d’anciens modèles que des batteries à faible capacité et à haut e tension servant à l'alimentation plaque de ces postes.
- Il est évidemment assez gênant de continuer à charger régulièrement à intervalles périodiques ces batteries, lorsqu’on ne les utilise pas; c’est pourtant le meilleur moyen de les conserver le plus longtemps possible, et il est bien rare qu’on conserve à sec des plaques d’accumulateurs déjà usagées. Ce procédé est surtout employé pour la conservation et le transport des batteries neuves.
- Avant tout il faut faire disparaître la sulfatation anormale des plaques, si elle existe, et, dans ce cas, les plaques négatives sont blanchâtres, les plaques positives brun clair.
- Pour faire disparaître cette sulfatation, on lave les plaques à l’eau distillée et on introduit dans l’élément une solution de soude caustique de 2 à 5 pour 100. On charge ensuite, en vérifiant que l’électrolyte doit produire une réaction basique décelée par la teinte bleue du papier de tournesol; dans le cas contraire, il faudrait ajouter de la soude.
- On continue la charge jusqu’à ce que les plaques positives aient pris une teinte chocolat; on retire alors la solution de soude, on la remplace par l’électrolyte ordinaire, et on continue la charge, s’il y a lieu, au maximum
- Une fois la charge obtenue, on peut remplir les bacs d’eau distillée, laver soigneusement les plaques, puis vider les bacs et sécher les plaques.
- Les jdaques étant à sec, on peut essayer de conserver les éléments dans cet état, mais il faut, bien entendu, vérifier à intervalles réguliers que l’opération a été faite complètement, et que la sulfatation n’apparaît pas.
- 2° Votre système d’antenne anti-parasites du type doublet, avec fil de descente torsadé non blindé, transformateur d’antenne et transfor-
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- De tout un peu.
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- mateur de réception, peut donner de bons résultats, à condition évidemment que les translormateurs soient bien étudiés.
- Le fil de descente est constitué par un conducteur double torsadé qui évite l’influence des parasites locaux, par suite de l’annulation des champs parasites sur les deux brins. Le transformateur du récepteur est, d’ailleurs, muni d’un commutateur pour adapter le système, soit h la réception des émissions sur petites ondes et grandes ondes du broadcasting, soit à la réception des ondes courtes de 15 à 80 m de longueur d’onde.
- Un tel système convient particulièrement à la réception des ondes courtes avec le transformateur indiqué; il sert également pour la réception des émissions du broadcasting, en utilisant un récepteur d’une sensibilité suffisante.
- En principe, on peut adapter plusieurs récepteurs sur la même antenne, en employant pour chaque poste un transformateur élévateur de tension; cependant, comme l’antenne est, en réalité, de très courte longueur, il ne nous paraît pas recommandable de brancher un grand nombre de récepteurs en fonctionnement. Il vaut mieux alors recourir à une antenne de forme classique, mais plus longue, avec descente blindée et transformateur élévateur de tension. L'inconvénient consiste alors quelquefois en une réception moins facile sur ondes courtes.
- Réponse à M. Saugeron, à Marseille (B.-du-Rhône.)
- Adaptation d’un haut=parleur supplémentaire.
- En général, on utilise comme haut-parleur supplémentaire d’un poste de T. S. F. un haut-parleur électrodynamique à aimant permanent, ou même un haut-parleur électro-magnétique.
- Lorsqu’on veut employer un modèle électro-dynamique ordinaire, il faut prévoir un système permettant l’excitation de l’enroulement d’électro-aimant de ce haut-parleur; pour éviter toutes modifications du montage de l’appareil, il faudrait donc utiliser un dispositif d’alimentation séparé avec une valve de redressement.
- On trouve dans le commerce de très bons haut-parleurs électromagnétiques, qui ne servent plus dans les appareils modernes, mais peuvent encore rendre des services dans ce cas particulier.
- Réponse à M. B. , à Paris.
- Tirage des plans.
- Le tirage des plans industriels (calques 'au trait sur papier transparent) peut être réalisé soit à l’aide de grands châssis-presse munis d’une glace forte — si l’onne tire qu’un petit nombre de calques — soit à l’aide de tireuses spéciales à plus ou moins grand débit, continues ou non, et dont certaines même tirent à la lumière et développent simultanément.
- Divers papiers sont utilisés pour ces tirages : 10 Le papier au ferro-prussiale, fourni en rouleaux de 10 ou 20 m, qui, à l’exposition en forte lumière donne, après lavage â l’eau, des copies inversées : traits blancs sur fond bleu. 2° Le papier cpanoUjpe qui fournit, après exposition à la lumière, puis développement dans une solution de ferro-cyanure de potassium à 10 pour 100 suivi de fixage dans un bain d’acide sulfurique à 4 pour 100 (ou d’acide chlorhydrique à 10 pour 100), des copies en traits bleus sur fond blanc. 3° Le papier ferro-gallique ou héliographique, de moins en moins employé, qui donne, après développement dans une solution d’alun ordinaire et d’acide gallique, puis lavage, des épreuves à traits violet-noir sur fond clair. 4° Le papier « Ozalid », à base de diazoïques, qui présente la propriété de se développer à sec, dans une atmosphère de vapeurs ammoniacales. Ce procédé fournit des épreuves positives, traits bruns sur fond légèrement teinté. Il se répand de plus en plus, en raison surtout du temps gagné par l’absence de tout séchage.
- Pour le traitement détaillé de ces divers papiers, consultez La Technique photographique de L.-P. Clerc (2e édition) : éditeur, Paul Montel, 189, rue Saint-Jacques, Paris (Ve).
- Voici des adresses de machines à tirer les copies des calques :
- Machines à tirer les bleus : « La Verrerie scientifique », 12, avenue du Maine, Paris (XVe).
- « Tire-Plan », 60, boulevard Saint-Marcel, Paris (Ve).
- En ce qui concerne votre seconde question relative au tirage d’affiches, les procédés précédents ne sauraient s’appliquer pour cet objet. Veuillez vous adresser aux imprimeries spéciales — dont les noms figurent au « Bottin » — qui pratiquent la lithographie et la photolithographie. Pour la technique spéciale du procédé, consulter l’ouvrage cité plus haut, notamment aux pages 669, 871 et 876.
- Réponse à M. E. B., à Arcueil.
- M. Lambert, à Alger. — 1° Vous pouvez de préparation d’un vernis pour les ongles, la
- Collodion élastique. . .'..............
- Alcool à 95°...........................
- Ether sulfurique.......................
- Teinture de benjoin au 1/5e............
- 1onone.................................
- Bosinate de potasse....................
- prendre comme type formule suivante :
- 50 cm3 25
- 25 —
- 5
- 1 gramme 0,25 —
- 2° Et pour éviter la formation des envies :
- Eau distillée de roses.................
- llioxalate de potasse. . ..............
- Alcool à 95°...........................
- Parfumer à volonté si on le désire.
- 3° Pour imbiber les balais à mèches de coton des parquets, prendre :
- Huile de vaseline......................
- Essence de pétrole.....................
- 100 cm3 1 gramme 10 cm3
- servant à l’entretien
- 150 cm3 . . 850
- M. le Dr Lohéas, à Qourïn. — Ie Pour nettoyer les tableaux à l’huile, il suffit le plus souvent de les laver à l’eau pure au moyen d’une éponge line, mais, si le vernis est cause de l’obscurcissement, il faut enlever celui-ci en frottant doucement la surface avec un tampon de coton imbibé d’un mélange à parties égales d’essence de térébenthine et d’huile d’aspic (lavande commune, Lauandula spica).
- Un peu d’expérience est nécessaire pour mener à bien ce travail, c’est pourquoi nous conseillons d’opérer au début sur un objet de faible valeur. Dans certains cas un mélange d’une partie d’essence de térébenthine et deux parties d’alcool à 95° réussit également bien.
- 2° Le nellogage d’une gravure piquée comporte d’abord l’immersion au large dans un baquet rempli d’eau, puis on la relève en plaçant dessous une feuille de verre, que l’on pose ensuite bien d’aplomb.
- Alors on verse sur la gravure de l’eau oxygénée étendue de moitié d’eau et additionnée de quelques gouttes d’ammoniaque. On l’entretient humide de cette façon, une bonne heure en ayant soin que tout le papier soit imbibé. Quand le blanchiment est suffisant on rince au robinet sur la même feuille de verre, puis laisse sécher presque complètement, après quoi on met sous presse pour assurer la planéité.
- 3° Le patinage des dorures neuves s’obtient facilement en passant au pinceau doux une solution extrêmement faible de sulfohydrate d’ammoniaque (ordre de 4 à 5 gouttes pour 1 1 d’eau).
- M. Autrique, à Bruges. — La préparation d'un sirop d’orge citronné ne présente aucune difficulté, il vous suffira de faire bouillir 20 gr d’orge perlé dans une quantité d’eau suffisante pour qu’au moment où l’orge sera bien crevée il reste 11 de produit; verser alors le liquide chaud dans un récipient contenant 2 kg de sucre et deux citrons coupés en rondelles, mélanger, couvrir et laisser refroidir naturellement. Une fois froid passer à l’étamine et ajouter quelques gouttes d’acide sulfureux liquide, en ayant soin, comme nous vous l’avons déjà indiqué, que la dose ne dépasse pas 0 gr 450 de SO2 par litre, si la préparation est destinée à la vente. Mettre en bouteilles munies de bons bouchons et conserver de préférence à la cave.
- Laboratoires « Saky ». — 1° La composition employée pour la destruction des cafards est la suivante :
- Tartre stibié............................. 10 grammes
- Farine....................................100 —
- Sucre en poudre.......................... 200 —
- 2° Les cônes fumigènes employés pour chasser les mouches sont constitués par :
- Poudre de pyrètlire.......................100 grammes
- Nitrate de potasse......................... 5
- Ce mélange est délayé au moyen d’une quantité juste suffisante d’eau gommée puis on donne la forme de trochisynes qu’on laisse librement sécher à l’air.
- 3° Les blocs cubiques qui par combustion donnent de l'acide sulfureux destructeur des punaises, sont formés de :
- Fleur de soufre........................65 pour 100
- Plâtre ordinaire...........................35 —
- M. Burhydint, à Monaco. — Le pigment de l’encré de Chine étant le carbone, aucun réactif n’est susceptible de produire une décoloration; le carbone est en fait la base de toutes les encres indélébiles.
- Le Gérant : G. Masson.
- 8990. — lmp. Lahure, 9, rue de Fleurus, à Paris. — i5-i2-ig36. — Published in France.
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- LA NATURE
- SOIXANTE-QUATRIÈME ANNÉE — 1936
- DEUXIÈME SEMESTRE
- INDEX ALPHABÉTIQUE
- A
- Abeilles embaumeuses, 198.
- Abîme le plus profond de France, 5 S J.
- Académie des Sciences : résumés des communie» lions, 89, 184, ‘233, 282, 328, 370, 580.
- Accumulateurs usés : utilisation, 180.
- Acide carbonique liquide, explosif de mines, 92.
- Acide salicylique et azotobacter, 282.
- Aciers: action de l’hydrogène, 581.
- Aciers : épuration pur le carbonate de soude, 45.
- Adonis : découverte, 430.
- Aérodynamique : emploi des Lubes à mercure, 370.
- Aéronautique : centre expérimental «de Guidonia, 97.
- Aérosols, 62.
- Agglomérés de liège : industrie, 74.
- Agriculture et santé publique, 273.
- Aiguilles et signaux : commande centralisée, 397.
- Aimantation des roches, 580.
- Albumine : membranes, 181.
- Alcoolates : formation, 233.
- Aldéhydes : extraction, 580.
- Altération par la lumière. 321.
- Aluminium pour miroirs de télescope, 54.
- Aluminium : production, 328.
- Amplification de la parole pour les spectacles de plein air, 141.
- Amplification microphonique, 383.
- Analyseur de gaz, 332
- Anatoxine staphylococcique, lut».
- Anhydride azotique : structure moléculaire. 580.
- Antenne anti-parasites. 144, 288, 478. Antenne de fortune. 591.
- Antimites, 384.
- Antre de la sorcière, 370.
- Appareil photographique Rellex, 280. Argenture, 432.
- Asticots : coloration, 527.
- Astronautique : prix 1-ivyfî 4'.%
- Astronomie : bulletin, f/
- 419, 510.
- Astronomie : document Astronomie et notatiofre^Sjjectregx'aphi'qi 443,491,552, ^
- Atmosphère : champ, 58(
- Atmosphère : diffusion, 89.
- Atlantique : traversée par une vedette moteur, 365.
- Audition : prothèse, 383.
- Autogyre à envol vertical, 285. Automatique rural duplexage, 485. Automobile : accessoires, 479.
- Automobile économique, 83.
- Automobile pratique, 40, 83, 186, 231, 42: Avions modèles réduits : concours de 1.
- Nature, 81, 331.
- Azote : solubilité, 580.
- Azotobacter et acide salicylique, 282,
- B
- Bactéries : électrisation, 89.
- Baignoire : incrustation, 526. Banne-d’Ordanche, centre de vol sans moteur.
- 350.
- Baril inépuisable, 572.
- Baroscope, 240.
- Bateau de sécurité, 334.
- Benzine ininflammable, 239. liesse : station biologique, 358.
- Bétonnage par gelée au moyen du chlorure de calcium, 331.
- Beurre de Karité, 527.
- Beurre : fabrication, 330.
- Bienvenûe : nécrologie, 235.
- Blé : punaises, 473.
- Blériot : nécrologie, 235.
- Bois plastique, 94.
- Botanique et études médicales, 177. Bouche-pores, 527.
- Brancard métallique démontable, 380.
- c
- Cacao : vitamine, 473.
- Cactées : vogue, 145.
- Cafards : destruction, 592.
- Café vert décaféinisé, 336.
- Calcul mécanique, 184,
- Caléfaction, 144.
- Calorifuges, 528.
- Canons sans recul, 484.
- Caoutchouc synthétique, 189.
- Carbonate de soude : épuration des fontes et aciers, 45.
- Carburant poids lourd dans les automobiles, 239.
- Carburateurs : perfectionnement au montage, 83.
- Carrosseries : nettoyage, 528.
- Casseroles Tandem, 477.
- k
- Supplément au n* 2991 de La Nature du 15 Décembre 1936.
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- = 594 .................
- Cassiopée : variations, 282.
- Catalyseurs : préparation. 282.
- Causses, 161.
- Cétones : extraction, 580.
- Champignons : contre l’empoisonnement, 468. Champignons luminescents, 151.
- Charbon : vaccination, 184.
- Charcot : nécrologie, 330.
- Chasse : animaux auxiliaires, 289.
- Chats : traitement de la gale, 48.
- Chauffage économique, 515.
- Chaussures de daim : nettoyage, 94. Chloramines, 527.
- Chromage, 94.
- Chronométrage photo-électrique, 142. Chronométrie : application de la piézoélectri-cité, 26.
- Cigales : disparaissent-elles ? 129.
- Cigognes marocaines, 256.
- Cinématographie, 479.
- Cinématographie en couleurs d’amateur, 561. Cinématographie stéréoscopique aux Jeux olympiques, 339.
- Cinématographie ultra-rapide, 199.
- Circuit oscillant : calcul, 93.
- Cirque ambulant moderne, 141.
- Citrons de chez nous, 297.
- Cloche continue « Jardinia <>, 143.
- Colle, 527.
- Colle blanche, 144.
- Colle pour galalithe, 240.
- Colophane et dérivés, 212.
- Comète Jackson (1936c), 427, 522.
- Comète Kaho (19366), 189, 284.
- Comètes : origine, 328.
- Comète Peltier (1936 a), 44, 91, 189. Commande automatique des machines-outils, 275.
- Commande centralisée des aiguilles et signaux, 397.
- Comminges préhistorique, 116.
- Communes de France non électrifiées, 331. Complexes en solution, 581.
- Concours d’avions modèles réduits de La Nature, 81, 331.
- Condensateurs : vérification, 93, 478. Continents : dérive, 236.
- Convertisseur photo-électronique, 410. Coprolithes nord-africains, 233.
- Costantin : nécrologie, 584.
- Costume en Provence, 78.
- Coton et laine : distinction, 527.
- Couche de Beilby, 124.
- Couleurs résistant à la lumière, 144.
- Courants de décharge : mesure de l’intensité, 233.
- Cratères météoriques d’Esthonie, 566.
- Crème à raser, 384.
- Crétacé en Indochine, 89.
- Crues : statistique, 233.
- Cuir : imperméabilisation, 480.
- ( '.uivre : nouveau réactif, 282.
- Cuivre : toxicité, 93.
- Cuve photographique, 46.
- Cycle luni-solaire de 334 ans, 184.
- D
- Décalaminant, 239.
- Décharges dans un champ magnétique, 89. Défense antiaérienne, 540.
- Délustrage de vêtements, 94.
- Démarrage en côte, 85.
- Dénatalité : conséquences militaires, 427. Dépilatoire, 384.
- Dérapage et pneus à basse pression, 40. Dérive des continents, 236.
- Détartrage des radiateurs d’auto, 288. Dévernissage, 94.
- Diffusion atmosphérique, 89. Dinitropliénol, 563.
- Diptères : balanciers, 383.
- Documents : tirage automatique, 476. Dormir bien, 281.
- Duplexage et automatique rural, 485.
- E
- Eaux : déchlorage, 192.
- Eau dentifrice, 192.
- Echternach : procession dansante, 29. Eclairage du Musée du Louvre, 125.
- Écran dégradé sur mica, 94.
- Écran pour projection par transparence, 431. Écrans stéréoscopes, 585.
- Écume de la mer, 526.
- Écume de la mer : auto engloutie, 337. Égéide et commerce des métaux, 369.
- Égypte : récentes découvertes françaises, 433. Électrophorèse dans les cellules, 233. Émaillage des métaux, 192.
- Encaustique, 335.
- Encre, 528.
- Encres pour gravures sur cuivre, 335. Enfant: commence à marcher, 1.
- Engrais aériens, 52.
- Enregistrements graphiques sur plaques de verre, 180.
- Épervier, 415.
- Érable : sucre, 89.
- Escargots mangés par des rongeurs, 181. Essence de térébenthine. 169.
- Essences forestières motrices, 428.
- Essoreuse ménagère, 477.
- Étiquettes sur aluminium, 94.
- Étoile nouvelle, 92.
- Étoile nouvelle du Lézard, 235.
- Exposemètre de poche, 334.
- Exposition de 1937, 261.
- Exposition de 1937 : maison de la Radio, 522. Exposition internationale de 1937 : sonorisation, 508.
- Exsiccateur pour balance, 574.
- Extincteur à bromure de méthyle, 333.
- F
- Faraday, 120.
- Farts de skis, 526.
- Fenêtre sur la pièce d’eau, 237.
- Ferronnerie populaire des villages de la Saône, 126.
- Fers à cheval en duralumin, 232.
- Fiche en caoutchouc pour prise de courant, 429.
- Fièvre jaune : diagnostic, 376.
- Filaire de l’œil, 327.
- Filtre polariseur pour la photographie, 150.
- Foie du canard : hypertrophie expérimentale, 328.
- Forçage du muguet, 184.
- Forêts de Bonnes et de l’Esterel : travaux, 77. Forme nouvelle de construction de navires, 555.
- Four à rayons cathodiques, 356.
- Fourmis : destruction, 239.
- Fourmis et huiles, 515.
- Français à l’étranger, 518.
- Fréon, réfrigérant, 371.
- Fromage plus copieux, 180.
- Fusée Goddard, 335.
- Fusée : technique, 54.
- Fusibles Cehess, 333.
- G
- Gale des chats, 48.
- Galères sur les côtes de France, 523.
- Gazbien, stabilisateur de pression, 143. Gazes plâtrées, 336.
- Gazogènes à bois pour automobiles, 41. Générateur ionique, 89.
- Genettes : excursions, 39.
- Glace carbonique : destruction des rats, 134. Glacière domestique, 383.
- Glieyrrhizine, 384.
- Goudron-bitume : exsudât, 328.
- Gouffre Martel, 581.
- Grains ensilés : lutte contre les insectes, 10. Grotte du Paradis : première exploration, 502.
- Guêpes : destruction, 527.
- Guerre motorisée : conceptions actuelles, 202. Guidonia : centre expérimental d’aéronautique, 97.
- H
- Haut-parleur supplémentaire, 592.
- Hélice propulsive : évolution, 378.
- Herotar, 150.
- Hibiscus : Heurs, 573.
- Horloge de fleurs d’Ostende, 60.
- Horoplafon, 143.
- Houille : oxydation, 581.
- Huiles de graissage, 282.
- Huiles essentielles : pouvoir antisepti^tiê, 376. Huiles végétales : présence de carbüfès, 89. Hydrocarbures : nitration, 473.
- I
- Identification judiciaire, 64.
- Ignifugation du coton, 336.
- Illuminations et publicité lumineuse, 401. Imperméabilisation des Cuirs et toiles, 480. Imperméabilisation de tissus, 94.
- Indochine, grenier de l’Âèie, 340.
- Insectes dans les grâifis ensilés : lutte, 10. Isolement phonique* 4âl.
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- J
- Johannesburg : cinquantenaire, 570. Jupiter : tache rouge, 235.
- Jus de fruits : conservation, 240.
- K
- Krakatoa : catastrophe en 1883, 459. Krypton : fabrication industrielle, 558.
- L
- Lac Tchad : avenir, 184.
- Laine synthétique, 76.
- Lait d’iris, 240, 528.
- Larves de mouches et protidotliérapie, 4M. Lavandin : culture en Provence, 461. Laveur à gaz, 468.
- Le Chatelier : nécrologie, 378.
- Lèpre : nouveau traitement, 328.
- Lessive : formule, 93.
- Liège: industrie des agglomérés, 71.
- Limaces : destruction, 192.
- Liqueur d’oranges : clarification, 93.
- Livres nouveaux, 43, 90, 139, 185, 234, 283, 329, 377, 426, 472, 521, 582. Locomotive articulée, 427.
- Luminescence des solides, 473.
- M
- Machines à prédire les marées, 449. Machines à statistiques, 3, 108.
- Machines électrostatiques : rendement, 184. Machine frigorifique : fuite, 93. Machines-outils : commande automatique, 275.
- Maladie des porchers, 580.
- Marche de l’enfant, 1.
- Marées : machines à prédire, 449.
- Margarine végétale, 240.
- Marionnettes : naissance et vie, 514.
- Mastic, 192.
- Mathématiques: récréations, 225, 321, 513, 569.
- Médailles : photographie, 88.
- Médicament qui donne la fièvre, 563. Membranes d’albumine, 184.
- Mésange rémiz, 457.
- Métallisation à l’aluminium des miroirs de télescope, 54.
- Métaux : action photographique, 89.
- Métaux polis : surface, 124.
- Météorites du Tenezrouf, 581.
- Météorologie d’aujourd’hui, 268. Météorologie : mois ù Paris, 82, 179, 278, 467, 574.
- Meules en corindon, 94.
- Microfossiles : isolement, 328.
- 595
- Microscope binoculaire monobjectif Stiassnie, 587.
- Mille marin : histoire, 520.
- Modulateurs de lumière, 308.
- Monnaies anciennes : nettoyage, 480. Montgolfier, inventeur du moteur à combustion interne, 252.
- Moteur d’automobile : évolution, 294. Moteurs électriques silencieux, 519.
- Mouches : destruction, 383.
- Moulins à papier d’Auvergne, 481.
- Moulinette et moulisel, 525.
- Moustiques : contre les piqûres, 88. Moustiques et animaux domestiques, 33. .Muguet : forçage, 184.
- Musée du Louvre : éclairage, 125.
- N
- Nature : définition, 131.
- Navire non magnétique R. H. S. Research, 278.
- Navires : forme nouvelle de construction, 555. Nécrologie : Bienvenüe, 235.
- Nécrologie : Blériot, 235.
- Nécrologie : Charcot, 330.
- Nécrologie : Costantin, 584.
- Nécrologie : Le Chatelier, 378.
- Nécrologie : Wallerant, 189.
- Nitrophénols, 563.
- Nova : découverte, 427.
- Nova : 3° et 4“ de 1936, 522,
- O
- Observatoire nouveau en France, 523. Obstacles : détection par ondes ultra-courtes, 118.
- Ondes courtes : réception, 479.
- Ondes courtes sur chemins de 1er, 585. Ondes ultra-courtes : détection des obstacles, 118.
- Onomastique numide en Provence, 226.
- Or dans l’eau de mer, 44.
- Ostende : horloge de fleurs, 60.
- Oxygène et végétation, 233.
- Ozone atmosphérique, 245.
- Ozoneur très simple. 590.
- P
- Pailles : détection par immersion magnétique, 475.
- Palestine : résurrection, 493.
- Paliers à coussinets bakelisés, 380.
- Papiers au gélatino-bromure, 480.
- Papier: moulins d’Auvergne, 481.
- Paquebot « Oueen Mary », 45.
- Paradis : première exploration de la grotte, 502,
- Parasites radiophoniques : atténuation, 288. Paris : température moyenne de l’air, 474. Pâte à argenter, 240.
- Pâte à fourneaux, 240.
- Peintre : secret, 131.
- Peinture craquelée, 383.
- Peinture sur ciment, 93.
- Pellicules: empêcher l'enroulement, 281. Pensée : inscription, 49.
- Pentaclilorure de phosphore, 233.
- Pentane : oxydation, 473.
- Permutites, 48.
- Pétrole : désodorisation, 480.
- Pétroles : trafic maritime, 13.
- Phonographe : enregistrement direct, 288. Phonographe : nouveau disque, 428. Phonographe répétiteur automatique, 222. Phosphates nord-aïricains : imprégnation, 580.
- Photographies au clair de lune, 567. Photographie : causeries, 86, 181, 279, 372, 469.
- Photographie : détermination du temps de pose, 35.
- Photographie harmonisée, 216.
- Photographies : examen, 142.
- Photographies météorologiques noc turnes, 152. Photomètres cellule photoélectrique, 48, 478.
- Photorelais Chiiowski, 316.
- Phototélégraphie : nouveaux systèmes, 116. Pick-up originaux, 20.
- Pierre : destruction, 361.
- Piézo-électricitô : application à la chronométrie, 26.
- Pilatre de Rozier, 529.
- Pince à huîtres, 430.
- Pise : consolidation de la tour, 460.
- Plancton : répartition dans les océans, 101. Planètes : recherche, 436.
- Plans : tirage, 592.
- Plaques photographiques : séchage, 89. Plaques voilées : utilisation, 423.
- Plâtre à l’épreuve des intempéries, 192. Plâtre : peinture, 528.
- Plein air : souvenirs, 175.
- Plombs des filets de pêche, 383.
- Plongée: pour prolonger la durée, 281. Plongée sans masque, 380.
- Pneumatiques à basse pression, 40.
- Poivre, 505.
- Poliomyélite : recherches récentes, 22. Poliomyélite : virus, 581.
- Pollen : germination, 282.
- Pollen : grains, 526.
- Pomme de terre : origine, 580.
- Pompes à béton, 412.
- Porte-plume à cartouche d’encre, 590. Portrait parlé, 64.
- Poste à galène, 479.
- Poste secteur de petite puissance, 591. Potassium : rétrogradation, 473.
- Poudre à mouler, 336.
- « Pourquoi-Pas ? » : perte, 330.
- Poussières dues aux radiateurs, 192, 335, 526. Précocité acquise et héréditaire, 473. Prestidigitation, 178, 370.
- Prix Nobel de physique et de chimie, 584. Prix Nobel de médecine, 523.
- Procession dansante d’Echternach, 29. Projecteurs : étude, 184.
- Projection : dispositif de sécurité, 524. Projection en relief alternative, 284. Propulsion Budig, 312.
- Protèle africain, 418.
- Provence : costume, 78.
- Publicité lumineuse et illuminations, 401. Punaises du blé, 473.
- Punaises : lutte, 580.
- **
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- Q
- (Jueeu-Mary, 15.
- R
- Radiateurs d’auto : détartrage, 288. Radiateur d’automobile: nettoyage, 239. Radiateurs : poussières, 192, 335, 52G. Radiateur : support de tablette, 429. Radiesthésie, 465.
- Radiophonie pour les colonies, 522. Radiophonie pratique, 135, 374. Radiosondages de l’atmosphère, 268.
- Radis : panacture expérimentale, 473.
- I lahat-el-liolkoum, 431.
- Rails de chemins de 1er, 144.
- Rail et route, 241.
- Rapid’eau Jiel, 47.
- Rasoir électrique automatique, 382.
- Rats : destruction par la glace carbonique, 131. Récepteur de T. S. F. à réglage automatique, 239.
- Récepteur de T. S. F. : modifications, 239, 591.
- Récepteur de T. S. F. : sélectivité, 131. Récepteur de T. S. F. sur continu. 431. Recherche scientifique en France, 140. Réflexes conditionnels et défense de l’organisme, 352.
- Relais réducteur de perles à vide des transformateurs, 588.
- Relief hyperstéréoscopique, 158.
- Remorque d’auto, 85.
- Révélateur à grains lins, 526.
- Roches : préparations microscopiques, 335. Rochers tremblants du Sidobre, 268. Rongeurs mangeurs d’escargots, 183. Rotation terrestre : irrégularités, 233.
- Route et rail, 241.
- Royal : taillerie de pierres, 487.
- S
- Santé publique et agriculture, 273. Saturne : passage de Titan, 236. Savon anti-cambouis, 94.
- Savons de ménage à la résine, 353. Savon en paillettes, 93.
- Schistes bitumineux, 405.
- Sécurité pour immeubles, 429.
- Séismes profonds, 184.
- Séné vol : action sur les toxines, 328.
- Serpent mangeur d'œufs, 285.
- Sidérurgie : production en 1935, 236.
- Sidobre : rochers tremblants, 268.
- Silicium : oxydation, 233.
- Silos aérobies, 195.
- Sirop d’orge citronné, 592.
- Soleil : rotation différenciée, 199.
- Sols toxiques au sélénium, 533.
- Sou : enregistrement par le procédé Philips-Miller, 167.
- Sonorisation de l’exposition de 1937, 5U8. Soupapes : perfectionnement, 40. SpecLrographie : notations et astronomie, •143, 491, 552.
- Stalactites excentriques, 385.
- Staphylocoque : dissociation, 282.
- Station biologique de Resse, 358. Statistiques : machines, 3, 108.
- Stéarate d’éthyle et tuberculose, 89. Stéréophone Lakhovsky, 524.
- Stéréoscopie et filtres polariseurs, 361. Stérilisation des pansements, 336. Stéthoscope à amplificateur, 589. Stratosphère : humidité, 331.
- Stratosphère : vêtement Herrera, 174.
- Sucre d’érable, 89.
- Suidés sauvages de l’Afrique équatoriale. 36. Support de tablette pour radiateur, 129. Surdité : appareil, 238.
- T
- T. S. F. : ouvrages, 239, 478.
- T. S. F. : poste à ondes courtes pour colonies •18.
- Table transformable, 430.
- Tableaux : nettoyage, 592.
- Taillerie de pierres de Royal, 187.
- Tapis : remise en état, 330.
- Tasse à vin eu bois ancienne, 417.
- Taupes, destruction, 335.
- Téléeiuématographie et télévision, 219. Télégrammes : contrôle par cellules photoélectriques, 566.
- Téléphonie à grande distance, 535. Téléphonie sans lil : poste, 431.
- Télescope : aluminium pour miroirs, 54. Télévision, 14-4, 478, 575.
- Télévision : propagation des ondes. 282. Température de l’air à Paris, 4 74.
- Temples de Médamoud et Tôd, 433.
- Temps de pose : détermination, 35. Ténezrouf : météorites, 581.
- Tente sûre et confortable, 191,
- Termites, 432.
- Tesla : 140.
- Tétraiine, 192.
- Théâtres d’ombres, 34. Thermomètre-hygromètre combiné, 476. Thermostat de précision, 287.
- Tirage des plans, 592.
- Tirants géants en construction, 103.
- Tissage : petit métier d’amateur, 589. Titan devant Saturne, 236.
- Torticolis spasmodique : action des éclairages colorés, 282.
- Tortue terrestre à carapace molle, 285.
- Tour de l'ise : consolidation, 460. Tours-liôtels, 440.
- Tour Saint-Jacques, 509.
- Toxines : action du sulfure de carbone, 328. Transformateurs : consommation à vide, 190, .588.
- Transformateur pour T. S. F., 48, 431, 591. Transmission photo télégraphique pur téléphone, 380.
- Trempe de l’acier, 526.
- Tuberculose et stéarate d’éthyle, 89. Tularémie, 547.
- U
- Ultra-violet et enregistrement sonore, 28. Univers agrandi par la science, 301.
- Urée : hydratation, 184.
- V
- Vaccination charbonneuse, 184.
- Valets de laboratoire, 42, 131.
- Végétation et oxygène, 233.
- Végétaux : action du milieu aquatique, 580. Végétaux : dosage de traces de fer. 282. Vernis d’auto : nettoyage, 131.
- Vernis pour ongles, 592.
- Verre : action de l’hydrogène, 581.
- Verre artificiel incassable, 380.
- Virus : action des rayons X, 233.
- Vitamines dans le cacao, 473.
- Voix : enregistrement automatique, 476. Vol à voile : exploit, 378.
- Vol sans moteur à la Banne-d’Ordanche, 350. Vriheltes : destruction, 526.
- w
- Wallerant : nécrologie, 189.
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- LISTE DES AUTEURS
- PAR ORDRE ALPHABÉTIQUE
- A. (A.)- — Le prix internaiional d'astronautique Itep-Ilirscli, 44.
- A. (F. S.). — Chauffage économique, 515.
- Alger. — Les théâtres d'ombres, 34. — Les coffres indiens, 178. — L’antre de la sorcière, 370. — Naissance et vie des marionnettes, 514. — Le baril inépuisable, 572.
- Bailly (J.). — Voir Reulinger (IL).
- Barolet (Henri). -—Récréations mathématiques, 225,321,513,509.
- Baudouin (Dr Marcel). — Tasse à vin en bois ancienne, 417.
- Bercy (André). — Les silos aérobics, 195. — Un médicament qui donne la lièvre, 503.
- Bhrthelot (Ch.). — Le tralic, maritime des pétroles, 13. — Les schistes bitumineux, 405. — Hôtels et colonies de vacances en forme de tours, 440. —• La résurrection de la Palestine, 493.
- Bertrand (L.). — Résumés des communications à l’Académie des sciences, 89, 184, 233, 282, 328, 376, 473, 580.
- Bloch (Léon). —• Notations spectrographiques et astronomie, 443, 491, 552,
- Bochet (P.). — Traversée de l’Atlantique par une vedette à moteur, 365.
- Bordikr (I)r IL). — Altération par la lumière des substances médicinales, 321.
- Bouroain (André). — Nouvelle cuve photographique, 46.
- Boutaric (A.). — Recherches récentes relatives à l’inscription de la pensée, 49.
- Boyer (Jacques). —• Lutte contre les insectes des grains ensilés, 10. — L’éclairage du Musée du Louvre, 125. — La vogue des cactées, 145. •— Abeilles embaumeuses, 193. — La station biologique de Besse, 358. — Le poivre, 505. — La fabrication industrielle du krypton, 558.
- Cabanes (Charles). —• Joseph de Montgollier, inventeur du moteur à combustion interne, 252. — Pilatre de Rozier, 529.
- Cerisaie (J. de la). — Application de* In piézoélectricité à la chronométrie, 26. — Phonographe répétiteur automatique, 222. — Le centre de vol sans moteur de la Banne-d’Ordanche, 350.
- Cua.vigny (Paul). —• Enseignement de la botanique et études médicales, 177.
- Chevalier (LP J.). •— Les fleurs d’Hibiscus, 573.
- Choupaut (Comm1 E.). — La perte du « Pourquoi-Pas ? » et la mort d’un grand Français, le Dr Charcot, 330. — La catastrophe de Krakatoa en 1883, 459. — La forme nouvelle de construction de navires de Saint-Nazaire, 555.
- Claude (Georges). — L’or dans l’eau de mer, 44.
- Collins-Tenthorey. — L’Egéide et le commerce des métaux, 369.
- Coupin (Henri). — Engrais aériens, 52.
- ]>. (L.). — Commande automatique des machines-outils, 275.
- 1). (P.). — Auto engloutie par l’écume de la mer, 337.— La consolidation de la tour de Pise, 460. — Détection des pailles par l’immersion magnétique, 475.
- Dapsence (Paul). — La photographie harmonisée, 216.
- Degaast (Georges). — Les vieux moulins à papier d’Auvergne, 481.
- Devaux (Pierre). — L’identification judiciaire par le portrait parlé 64. — Les tirants géants dans les constructions statiques, 103. — Conceptions actuelles de la guerre motorisée, 202. — L’exposition de 1937, 261. — La commande centralisée des aiguilles et des signaux, 397. — Machines à prédire les marées, 449. — Le duplexage au secours de l’automatique rural, 485.
- Dreyfus ( Robert). — - Les liaisons téléphoniques à grande distance, 535.
- Dubuc: (G.). — Voir Trombe (F.).
- Ducamp (Roger). — Comment définir la nature, 131.
- Forbin (Victor). — L’Indochine, grenier de l’Asie, 340.
- G. (A.). -— La laine synthétique, 76.
- Gâché (Raymond). — Première exploration de la grotte-gouffre du Paradis, 502.
- Gattefossé (B.-M.). — Essai d’onomastique numide en Provence, 226. — Culture industrielle du lavandin en Provence, 461.
- Glory (André). — La procession dansante d’Echternach, 29. — Stalactites excentriques, 385. — La tour Saint-Jacques, 509.
- Gradenwitz (Dr Alfred). — Filtre polariseur pour la photographie, 150. — La cinématographie stéréoscopique aux Jeux olympiques, 339. — Le convertisseur photo-électronique, 410.
- IL (P.). — Enregistrement sonore par la lumière ultra-violette, 28. — L’amplification de la parole pour les spectacles de plein air, 141. — Le cirque ambulant moderne, 141. — Suppression de la consommation à vide des transformateurs, 190. — Projection en relief alternative, 285. — La projection stéréoscopique et les filtres polariseurs, 364. — Transmission photo télégraphique par lignes téléphoniques, 380.'— Deux nouveaux systèmes de téléphotographie, 446. — Cinématographie ultrarapide, 499. — Sonorisation de l’exposition internationale de 1937, 508. — La maison de la Radio a l’exposition de 1937, 522. — Émissions radiophoniques pour les colonies, 522. — Cinématographie en couleurs d’amateur, 501. —• Les écrans stéréoscopes, 585. — Les liaisons par ondes courtes dans les chemins de fer, 585.
- I Iémardinouer (P.). •— Les pick-up originaux, 20. •— Détection des obstacles par ondes ultra-courtes, 118. —• Radiophonie pratique. 135, 374. — Le procédé Philips-Miller pour l’enregistrement du son, 167. — Télécinématographie et télévision à liante définition : système Grammont, 219. •— Modulateurs de lumière, 308. — Moteurs électriques silencieux, 519. — Pratique de la télévision. 575.
- Hesse (Jean). — Publicité lumineuse et illuminations, 401.
- Hugues (Camille). — La vie dans les grands Causses, 161.
- Jeanton (G.). — La ferronnerie populaire des villages prétendus sarrasins des bords de la Saône, 126.
- Joeeaud (L.). — La radiesthésie, 465.
- Josserand (Marcel). — Les champignons luminescents, 151.
- Kazeeff (W. N.). — Les recherches récentes sur la poliomyélite, 22. — L’anatoxine staphylococcique, 106. — Les animaux auxiliaires de la chasse, 289. — Les réflexes conditionnels et la défense de l’organisme, 362. — La tularémie, 547.
- Lacaine (Jean). — Un nouveau mode de propulsion, 312.
- Lanorville (Georges). — Rapid’eau Jiel, 47. — L’industrie des agglomérés de liège, 71. — L’essence de térébenthine, 169. — La colophane et ses dérivés, 212. — Collaboration du rail et de la route, 241. •— Les savons de ménage à la résine, 353. — La taillerie de pierres de Royat, 487.
- Larije (Pierre). — Fromage plus copieux, 180. — Sous l'eau sans masque, 380. — Essences forestières motrices, 428. — Huiles et fourmis, 515.
- Lebi.ois (Général). — Comment délinir la nature, 131.
- Legendre (Dr J.). — Animaux domestiques et moustiques, 33. — L’agriculture et la santé publique, 273.
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- Magne de la Croix (P.)- — Comment, l'enfant- commence à marcher, 1.
- Merle (René). — La répartition du plancton dans les océans, 101.— L’épervier, 415.
- Monnier (Marius). •— Une fenêtre merveilleuse sur la pièce d’eau 237.
- Morand (Henry de). — Récentes découvertes françaises en Égypte, 433.
- Moreau (Dr L.-J.). — Souvenirs de plein air, 175.
- Mourgues (Marcelle). — Le costume en Provence, 78.
- P. (L.). — Chronométrage photoélectrique, 142. — Appareil pour l’examen des photographies, 142.
- Péricard (J.). — Relief hyperstéréoscopique, 158.
- Picard (L.). — L’automobile pratique, 40, 83, ISO, 231, 422.
- Prévost (Pierre). — Évolution du moteur d’automobile, 294.
- R. (G.). — Les Suidés de l’Afrique équatoriale, 36. — Rongeurs mangeurs d’escargots, 183. — Serpent mangeur d’œufs, 285. — Tortue terrestre à carapace molle, 285.
- R. (L.). — Le plus grand observatoire de France, 523.
- Reboussin (Roger). —- Le problème de la mésange rémiz, 457.
- Remacle (G.). — Excursions de genettes, 39. — La filaire de l’œil, 327. — Le protèle africain, 418.
- Remlinger (P.) et Bailly (J.). — Les cigognes marocaines, 256.
- Renault (Michel). — Le cinquantenaire de Johannesburg, 570.
- Reverchon (Léopold). — L’horloge de fleurs d’Ostende, 60.
- Rigotard (Laurent). —• La dérive des continents, 236.
- Roger (Em.). — Le mois météorologique à Paris, 82, 179, 278, 469, 574. — Variations de la température moyenne de l’air dans la région de Paris, 474.
- Rolet (Antonin). — Les cigales disparaissent-elles ? 129. — Les citrons de chez nous, 297.
- Rousseau (Pierre). -— Où en est la technique de la fusée ? 54. — Les
- radiosondages de l’atmosphère, 268. — L’univers agrandi par la science, 301. — Comment on recherche les petites planètes, 436.
- Rudaux (Lucien). — Documents astronomiques, 95. — Photographies météorologiques nocturnes, 152. — Photographies au clair de lune, 567.
- Saint-André (Comin1 de). — Les vieux accumulateurs : leur utilisation, 180.
- Schereschewsky (Pu.). — La rotation différenciée du soleil, 199.
- Schmidt (Ern.). — Les aérosols, 62. — La destruction de la pierre, 361.
- Silvestri (Armando). — Le centre expérimental d’aéronautique de Guidonia, 97.
- T. (A.). — L’acide carbonique liquide, explosif de mines, 92.
- T. (Em.). — La comète de Kaho (1936 b), 284. — La comète Jackson (1936c), 427. — Découverte d’une Nova, 427. — Une nouvelle comète (1936 c), 522. — Découverte d’une troisième Nova, 522. — Une quatrième Nova, 522.
- Touchet (Em.). — La détermination du temps de pose, 35. — Bulletin astronomique, 37, 132, 228, 325, 419, 516. — Causerie photographique, 86, 181, 279, 372, 469. — La comète Peltier (1936 a), 91. — Passages du Titan et de son ombre devant Saturne, 236.
- Troller (A.). — Le pliotorelnis Chilowski, 316. — Les cratères météoriques d’Esthonie, 566.
- Trombe (Félix). — Le four à rayons cathodiques, 356.
- Trombe (F.) et Dunuc (G.). — Comminges préhistorique, 116.
- Turpain (A.). — Michel Faraday, 120.
- V. (IJ.). — La surface des métaux polis, 124.
- Vassy (E.). — L’ozone atmosphérique, 245.
- Vigneron (H.). — Les machines à statistiques, 3, 108. — Canons sans recul, 484. — Un peu d’histoire du mille marin, 520. — Problèmes de la défense antiaérienne, 540.
- Wii.ly (Ley). — Les sols toxiques au sélénium, 533.
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-
- TABLE DES MATIERES
- L — ACADÉMIE DES SCIENCES
- Résumé des communications (L. Bertrand) 89, 184, 233, 282,
- 328, 376, 473, 580
- IL — MATHÉMATIQUES ET ASTRONOMIE
- Les machines à statistiques (H. Vigneron).................3, 108
- Application de la piézoélectricité à la chronométrie (.1. ni; la
- Cerisaie)..................................................... 20
- La nouvelle comète Peltier (14*30 «)......................44, 1.89
- Métallisation à l’aluminium des miroirs de télescope.......... 54
- La comète Peltier (1936 a) (E. Touchet)....................... 91
- Une étoile nouvelle.............................................. 92
- Calcul mécanique................................................ 184
- La comète Kalio (1936 b)..................................189 281
- La rotation différenciée du soleil (l\ Sci-iereschewsky:...... 199
- I /étoile nouvelle du Lézard.....................................235
- La tache rouge de Jupiter........................................235
- Passages de Titan et de son omhre devant Saturne (L. Tuii-
- c.het)........................................................236
- Variations de y Cassiopée........................................282
- L’univers agrandi par la science (P. Rousseau)................301
- Origine des comètes..............................................328
- La comète Jackson (193d c) (E. T.)...............................427
- Découverte d’une Nova (E. T.)....................................427
- Comment on recherche les petites planètes (P. Rousseau '. . . . 436
- Notations spectrograpliiques et astronomie (Léon Bloch) 143,191, 552
- Un peu d’histoire du mille marin (H. Vigneron)................520
- Une nouvelle comète (1936 c) (E. T.)..........................522
- Découverte d’une troisième Nova (E. T.)..........................522
- Quatrième Nova de 1936 (E. T.)...................................522
- Le plus grand observatoire de France (L. R.).....................523
- Récréations mathématiques (H. Barolet) .... 225,321,513, 569
- Bulletin astronomique (E. Touciiet) . 37, 132, 228, 325, 419, 516
- III. — SCIENCES PHYSIQUES 1. Physique.
- Décharges dans un champ magnétique.............................. 89
- La surface des métaux polis (IL V.)......................... 124
- Altération par la lumière des substances médicinales (D1 il. Bou-
- dier).........................................................321
- Le four à rayons cathodiques (F. Tro:.iuh).......................356
- Un nouvel agent réfrigérant, le fréon........................ . 371
- Le convertisseur photo-électronique (A. Grauenwttz).............410
- Luminescence des solides........................................ 473
- Aimantation des roches......................................580
- Solubilité de l’azote dans l’eau aux ultra-pressions........580
- Recherche des complexes en solution.........................581
- Les prix Nobel de physique et de chimie.....................581
- 2. Chimie.
- L’or dans l’eau de mer (G. Claude)........................... 44
- L’épuration des fontes et aciers par le carbonate de soude ... 45
- Les aérosols (E. Sciimidt)..................................... 62
- La laine synthétique (A. G.)................................... 76
- Carbures dans les huiles végétales...........'............... 89
- L’essence de térébenthine (G. Lanorville;......................169
- Membranes d’albumine...........................................184
- Hydratation de l’urée..........................................184
- Le caoutchouc synthétique.......................................189
- La colophane et ses dérivés (C. Lanorville;....................212
- Pentachlorure de phosphore.....................................233
- Oxydation du silicium..........................................233
- Formation des alcoolates.......................................233
- La production sidérurgique dans Je monde en P.>35 ............ 236
- L’acide salicylique et les azotohaoter.........................282
- Préparation des catalyseurs....................................282
- Nouveau réactif du cuivre......................................282
- La production de l’aluminium...................................328
- Exsudât des mélanges goudron-bitume............................328
- Henry Le Chatelier : nécrologie................................378
- Verre artificiel incassable....................................380
- Les schistes bitumineux (C. Berthelot).........................405
- Oxydation du pentane...........................................473
- Nitration des hydrocarbures normaux............................473
- Rétrogradation du potassium.....................................473
- Fabrication industrielle du krypton (J. Loyer).................558
- Structure moléculaire de l’anhydride azotique...................580
- Extraction des aldéhydes et des cétones.........................580
- Action de l’hydrogène sur les verres............................581
- Oxydation de la houille.........................................581
- Action de l’hydrogène sur les aciers........................... 581
- IV. — SCIENCES NATURELLES I. Géologie. — Physique du Globe.
- Diffusion atmosphérique.......................................... 89
- Découverte de crétacé en Indochine............................... 89
- Cycle luni-solaire de 334 ans................................... 184
- Séismes profonds.................................................184
- Coprolithes nord-africains.........................•..........233
- Irrégularités de la rotation terrestre...........................233
- La dérive des continents (L. Rigotard)...........................236
- L’ozone atmosphérique (E. Wassy).................................245
- p.599 - vue 603/607
-
-
-
- 600
- Les radiosondages de l’atmosphère (P. Rousseau)................268
- Isolement des microfossiles.......................................328
- L'humidité dans la stratosphère...................................331
- Auto engloutie par l’écume de la mer (P. D.)...................337
- Stalactites excentriques (A. Glory)............................. 385
- Machines à prédire les marées (P. Devaux)........................-14»
- Cratères météoriques d’Esthonie (A. Troller)......................560
- Imprégnation des phosphates nord-africains........................580
- Météorites du Tenezrouf...........................................581
- 2. Météorologie
- Photographies météorologiques nocturnes (L. Huhaux) .... Variations de la température moyenne de l’air dans la région de
- Paris (E. Roger).........................................371
- La tour Saint-Jacques (A. Glory)............................501)
- Le champ atmosphérique et les facteurs atmosphériques....... 580
- Le mois météorologique à Paris (E. Roc.er). . . 82,179, 278,467, 571
- 3. Zoologie. — Physiologie.
- Comment l’enfant commence à marcher (P. Magne un la Croix).
- Les Suidés sauvages de l’Afrique équatoriale (G. R.)...........
- Excursions de genettes (G. Remacle)............................
- Recherches récentes relatives à l’inscription de la pensée (A.
- Boutaric)...................................................
- La répartition du plancton dans les océans (R. Merle)..........
- Les cigales disparaissent-elles ? (A. Rolet)...................
- Destruction des rats par la glace carbonique...................
- Souvenirs de plein air (Dr L. J. Moreau).......................
- Rongeurs mangeurs d’escargots (G. R.)..........................
- Abeilles embaumeuses (J. Boyer)................................
- Electrophorèse dans les cellules...............................
- Les cigognes marocaines (P. Remlinger et J. Bailly)............
- Tortue terrestre à carapace molle (G. R.)......................
- Serpent mangeur d’œul's (G. R.)................................
- Les animaux auxiliaires de la chasse (W. N. Kazeeff)...........
- La station biologique de liesse (J. Boyer).....................
- L’épervier (R. Merle)..........................................
- Le protèle africain (G. Remacle)...............................
- Le problème de la mésange rémiz (R. Reboussin).................
- Galères sur les côtes de France................................
- La lutte contre les punaises...................................
- 1
- 36
- 39
- 49
- 101
- 129
- 134
- 175
- 1S3
- 193
- 233
- 256
- 285
- 285
- 289
- 358
- 415
- 418
- 457
- 523
- 580
- 4. Botanique. — Agriculture.
- Lutte contre les insectes des grains ensilés (J. Royer)....... 10
- Engrais aériens (II. Coupin)...................................... 52
- L’horloge de fleurs d’Ostende (L. Reverchon).................. 60
- Les travaux forestiers des forêts de normes et de l’Esterel. ... 77
- Sucre d’érable.................................................... 89
- La vogue des cactées (J. Royer)............................... 145
- Les champignons luminescents (M..)osskrani> )................. 151
- Forçage du muguet................................................ 184
- Les silos aérables (A. Bercy).................................... 195
- Influence de l’oxygène sur la végétation.........................233
- 1 )osage des traces de 1er dans les végétaux..................282
- Germination des grains de pollen.................................282
- Les citrons de chez nous (A. Rolet)...........................297
- Culture industrielle du lavandin en Provence ( IL M. Gattefossé). 461
- Les punaises du blé..............................................473
- Panachure expérimentale du radis................................. 473
- Précocité acquise et héréditaire.................................473
- Le poivre (J. Royer)..............................................505
- Origine de la pomme de terre......................................580
- Action du milieu aquatique sur la vie végétale................580
- Nécrologie : Costantin........................................... 584
- V . - GÉOGRAPHIE. - ETHNOGRAPHIE ARCHÉOLOGIE
- La procession dansante d’Echternaeh (A. Glory).............. 92
- Le costume en Provence (M. Mourgues)........................ 7s
- Comminges préhistorique (F. Trombe et G. Dubuc)............. 110
- La ferronnerie populaire des villages prétendus sarrasins des
- bords de la Saône (G. Jeanton)........................... 126
- La vie dans les grands Causses (C. Hugues).................. 161
- L’avenir du lac Tchad....................................... 184
- Essai d’onomastique numide en Provence (R. M. Gattefossé). . 226
- Les rochers tremblants du Sidobro...........................208
- La perte du >< Pourquoi-Pas? » et la mort d’un grand Français,
- le Dr Charcot (Coin1 Choupaut)...........................7130
- I ndoehinc, grenier de l’Asie ( V. Foruin)..................340
- 1,’Égêide et le commerce des métaux (N. Collins-Tentiiorey). . 369
- 'tasse à vin en bois ancienne (IR M. Baudouin)..............417
- Récentes découvertes françaises en Egypte (11. de Morant). . . 133
- La catastrophe de Krakatoa en 1883 (E. < jioijraut)......... 159
- La résurrection de la Palestine (C. Bertfielot)............. 193
- Première exploration de la grotte-gouffre du Paradis (R. Gâché) . 502
- Les Français à l’étranger...................................518
- Le cinquantenaire de Johannesburg (M. Renault)..............570
- L’abîme le plus profond de France...........................581
- VI. HYGIÈNE. MÉDECINE
- Les recherches récentes sur la poliomyélite (W. N. Kazeeff) . . . 22
- Animaux domestiques et moustiques (Dr ,1. Lec.enore)........ 33
- Électrisation propre des bactéries.......................... $9
- Stéarate d’éthyle et tuberculose............................ $9
- L’anatoxine staphylococcique (W. N. Kazeeff)................ 100
- Enseignement de la botanique et études médicales (P. Cha-
- VIGNY)..................................................... 177
- Vaccination charbonneuse...................................... igq
- Action des rayons N sur les virus...........................233
- L’agriculture et la santé publique (Dr ,1. Legendre)........273
- Action des éclairages colorés sur le torticolis spasmodique. . . . 282
- Dissociation du staphylocoque..................................282
- La Maire de l’œil (G. Remacle).................................327
- Hypertrophie expérimentale du foie du canard................328
- Action du sulfure de carbone sur les toxines................328
- Action des Sénévols sur les toxines......................... 328
- Nouveau traitement de la lèpre.................................328
- Les réflexes conditionnels et la défense de l’organisme (W. N.
- Kazeeff!....................................................302
- Pouvoir antiseptique des huiles essentielles...................376
- Diagnostic de la lièvre jaune.................................371,
- Sous l’eau sans masque (P. Larue)...........................330
- Larves de mouches et protidothérapie...........................414
- Vitamine dans le cacao. .......................................473
- Les prix Nobel de médecine en 1936 ......................... 523
- Les sols toxiques au sélénium (L. Willy).......................533
- Un médicament qui donne la lièvre (A. Bercy)................563
- La tularémie (VV. N. Kazeeff)..................................547
- Les fleurs d’hibiscus (DrJ. Chevalier;.........................573
- Formes expérimentales de la maladie des porchers...............580
- IHmensions du virus poliomyélitique...........................r,sl
- VIL SCIENCES APPLIQUÉES I. Mécanique. — Industrie. -- Outillage.
- L’industrie des agglomérés de liège (G. Lanorville)........... 71
- L’acide carbonique liquide, explosif de mines (A. T.)......... 92
- p.600 - vue 604/607
-
-
-
- 601
- Le cirque ambulant moderne (1*. 11.)....................... '11
- Fers à cheval en duralumin...................................‘232
- Commande automatique des machines-outils (L. L>.)..........275
- Huiles de graissage......................................... 282
- Les savons de ménage à la résine (G. Lanurvu.i.k)..........358
- Paliers ;'i coussinets bakélisés..............................380
- Les vieux moulins à papier d’Auvergne (G. Deuaast).........481
- La taillerie de pierres de Royat (G. Lanorvilee). ... • • 487
- 2. Photographie
- La détermination du temps de pose (E. Toucukt)............... 35
- L’identification judiciaire pur le portrait parlé (G . Devaux). . . 01
- Action photographique des métaux................................ 89
- Séchage des plaques photographiques............................. 89
- Filtre polariseur pour la photographie (A. Gradenwitz) .... 150
- Relief hyperstéréoscopique (J. Péricard)........................158
- La photographie harmonisée (P. Dapsence)........................210
- Projection en relief alternative (P. H.).....................285
- La cinématographie stéréoscopique aux Jeux olympiques (A.
- Gradenwitz)..................................................339
- La projection stéréoscopique et les filtres poiariseurs (P. H.). . • 304
- Deux nouveaux systèmes de téléphotographie (P. H. )..........440
- Cinématographie ultra-rapide (P. H.)............................499
- Cinématographie en couleurs d’amateur (P. IL)................501
- Photographies au clair de lune (L. FU-daux).....................507
- Les écrans stéréoscopes (P. J L)................................585
- Causerie photographique (E. Toucmet):
- Laboratoire d’amateur...................................... 80
- Comment rendre le laboratoire obscur.................181, 272
- Comment éclairer le laboratoire............................181
- Vérification de l’inactinisme de l’éclairage...............279
- Construction d’une lanterne............................... 279
- Entretien du laboratoire...................................280
- Nettoyage des ustensiles...................................281
- Lavage des épreuves........................................373
- Choix d’un appareil........................................409
- 3. Électricité.
- Les pick-up originaux (P. Hémardinouer)........................ 20
- Enregistrement sonore par la lumière ultra-violette (P. 11.). . • 28
- Générateur ionique............................................. 89
- Détection des obstacles par ondes ultra-courtes (P. ili:mardi.\-
- ouer)........................................................"8
- L’éclairage du Musée du Louvre (J. Dover)......................125
- L’amplification de la parole pour les spectacles de plein air
- (P. IL).....................................................141
- Le procédé Philips-Miller pour l’enregistrement du son (P.
- Hémardinouer)...............................................167
- Rendement des machines électrostatiques........................184
- Étude des | irojeeteurs........................................184
- Télécinématographie et télévision à haute définition : système
- Grammont(P. Hémardinouer)...................................219
- Phonographe répétiteur automatique (J. de la Cerisaie) . . • . 222
- Mesure de l’intensité des courants de décharge.................233
- Propagation des ondes de télévision............................282
- Modulateurs de lumière (P. Hémardinouer).......................308
- Le photorelais Chilowski (A. Troller)..........................310
- Les communes de France non électrifiées........................331
- Transmission photo télégraphique par lignes téléphoniques (P. il.) 380
- Publicité lumineuse et illuminations (J. Hesse)................401
- Nouveau disque de phonographe..................................428
- Détection des pailles par l’immersion magnétique (P. D. ) .... 475
- Le duplexage au secours de l’automatique rural (P. Devaux). . . 485
- Sonorisation de l’exposition internationale de 1937 (P. H.). . . . oOS
- Moteurs électriques silencieux (P. Hémardinouer). ...... 519
- La maison de la Radio à l'exposition de J937 11». IL)........522
- Emissions radiophoniques pour les colonies (P. J1.)..........522
- Contrôle des transmissions de télégrammes par cellules photoélectriques (P. H.)..............................................500
- Liaisons téléphoniques à grande distance (R. Dreyfus). .... 535
- Pratique de la télévision (P. Hémardinouer).....................575
- Radiophonie pratique (P. Mémardinouer) :
- Indicateurs de réglage cathodiques........................ 135
- Rectification automatique du réglage...................... 137
- Montage perfectionné des haut-parleurs.....................374
- Protection des bobinages...................................374
- Suspension de haut-parleur.................................374
- Tubes à luminescence pour le réglage visuel................375
- Poste récepteur à cadre anti-parasites.....................375
- 4. Travaux publics. — Arts de l’ingénieur.
- Les tirants géants dans les constructions statiques (P. Devaux). 103
- Les grandes crues................................................233
- L’exposition de 1937 (P. Devaux).................................201
- Bétonnage par gelée au moyen du chlorure de calcium...........331
- La destruction de la pierre (E. Schmidt)......................361
- Les pompes à béton...............................................412
- Hôtels et colonies de vacances en forme de fours (C. Rerthe-
- lot). . . ....................................................440
- Consolidation de ia tour de Pise (P. D.)......................460
- 5. Transports.
- Bienvenüe : nécrologie........................................235
- Collaboration du rail et de la route (G. Lanorville) ...... 241
- Évolution du moteur d’automobile (P. Prévost).................294
- Commande centralisée des aiguilles et des signaux (P. Devaux). . 397
- Locomotive articulée pour la ligne Tunis-Maroc................427
- Essences forestières motrices (P. Larue)......................428
- Les liaisons par ondes courtes dans les chemins de fer (P. 11.;. . . 585
- L’automobile pratique (L. Picard) :
- Pneumatiques à basse pression............................... 40
- Soupapes : perfectionnement................................. 40
- Gazogènes à bois............................................ 4]
- Voiture économique.......................................... 83
- Carburateurs : montage perfectionné......................... 83
- Incendies en hiver.......................................... 84
- Euites du bloc moteur....................................... 85
- Remorque.............................................85, 188
- Démarrage en côte........................................... 85
- Compression : vérification.................................. 85
- Accidents dus à la route....................................186
- Vol : précautions...........................................f87
- Freins : broutage...........................................187
- Industrie américaine et industrie française.................188
- Givre : protection des pare-brise...........................231
- Contrôleur électrique.......................................231
- Dérouleur de carte........................................ 231
- Portières ouvertes..........................................231
- Clés de serrure : protection................................232
- -— Pot d’échappement : protection................................232
- Graissage original..........................................232
- L’industrie en Allemagne....................................422
- Accidents de la route en 1935...............................422
- Diesel : progrès............................................422
- Sécurité....................................................423
- Culasses en aluminium...................................... 424
- Lampe électrique de secours.............................. 425
- Aération simple.............................................425
- Graissage des lève-glaces. . . .............................425
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-
-
-
- 602
- 6. Aviation et Aéronautique.
- Le prix international d’astronautique Rep-Hirscli (A. A.)- • • •
- Où en est la technique de la l'usée ? (P. Rousseau ).......
- Concours d’avions modèles réduits de La Nature.............SL
- Le centre expérimental d’aéronautique de Guidonia (A. Sil-
- vestri).................................................
- Louis Blériot : nécrologie.................................
- Autogyre à envol vertical..................................
- Le centre de vol sans moteur de la Banne-d’Ordanche (J. de la
- Cerisaie)...............................................
- Emploi des tubes à mercure en aérodynamique................
- Exploit du vol à voile.....................................
- Le vêtement stratosphérique Herrera........................
- 44
- 54
- 331
- 97
- 235
- 285
- 358
- 370
- 378
- 474
- 7. Querre et Marine.
- Le tralic maritime des pétroles (C. Bertiielot)............ 13
- Le grand paquebot anglais « Oueen-Mary »................... 4i>
- Conceptions actuelles de la guerre motorisée (P. Devaux). . . . 2U2 Le R. R. S. « Research », nouveau navire non magnétique . . . 278
- Un nouveau mode de propulsion (J. Lacaine).................312
- Traversée de l’Atlantique par une vedette à moteur (P. Hochet) . 365
- Évolution de l’hélice propulsive..............................378
- Conséquences militaires de la dénatalité......................427
- Canons sans recul (II. Vigneron)........................... 184
- Problèmes de la défense antiaérienne (H. Vigneron)............540
- La forme nouvelle do ecnM-ruction de navires de Saint-Nazaire
- (E. Choupaut)..............................................555
- VIII. — HISTOIRE DES SCIENCES
- Gazbien........................................................143
- Horoplafon.................................................... 143
- Cloche continue « Jardinia »...................................143
- Suppression de la consommation à vide des transformateurs. 190
- Tente sûre et confortable......................................191
- Fenêtre sur la pièce d’eau.....................................237
- Appareil contre la surdité.....................................238
- Appareil photographique Reflex. ...............................286
- Thermostat de précision........................................287
- Analyseur de gaz automatique et enregistreur...................332
- Extincteur à bromure de méthyle................................333
- Fusibles Cehess................................................333
- Bateau de sécurité.............................................334
- Exposemètre de poche...........................................334
- Brancard métallique démontable.................................381
- Rasoir électrique automatique..................................382
- Support de tablette pour radiateur.............................429
- Fiche en caoutchouc pour prise de courant......................429
- Appareil de sécurité pour immeuble.............................429
- Pince û huîtres................................................430
- Table transformable............................................430
- Thermomètre-hygromètre combiné.................................476
- Machine automatique à enregistrer la voix......................476
- Tirage automatique de documents................................470
- Essoreuse ménagère.............................................477
- Casseroles Tandem..............................................477
- Sécurité pour appareil de projection...........................524
- Stéréoplione Lakhovsky.........................................524
- Moulinette et moulisel.........................................525
- Microscope binoculaire monobjectif Stiassnie...................587
- Supports oscillants pour étaux.................................588
- Relais réducteurs de pertes à vide dans les transformateurs. . 588
- Petit métier à tisser..........................................589
- Stéthoscope à amplificateur....................................589
- Porte-plume à cartouche d’encre................................590
- Ozoneur très simple............................................590
- Un grand maître de la science électrique : Michel Faraday
- A. Turpain)................................................ 120
- Comment définir la nature (Général Leblois)................... 131
- La recherche scientifique en France............................140
- Tesla.......................................................... Mu
- Joseph de Montgolfier, inventeur du moteur à combustion interne
- (C. Cabanes)................................................252
- Pilatre de Rozier (C. Cabanes;.................................529
- IX. — VARIA
- Les théâtres d’ombres (Albeii).......................................... 34
- La radiesthésie (L. Joleaud)............................................465
- Prestidigitation (Albeii) :
- Les coffres indiens................................................178
- 2. Recettes et procédés utiles.
- Valets de laboratoire..............................42, 131
- Photographie des médailles................................ 88
- Piqûres de moustiques..................................... 88
- — Vernis cellulosiques d’autos : nettoyage................. 131
- Peintre : secret..........................................131
- _ Accumulateurs usés : utilisation..........................180
- Fromage plus copieux......................................180
- Enregistrements graphiques sur plaques de verre...........180
- Pellicules : pour empêcher l’enroulement..................281
- Dormir bien...............................................281
- Plongée : pour prolonger le temps.........................281
- Laveur à gaz..............................................46S
- Champignons : contre l’empoisonnement.....................468
- Chauffage économique......................................515
- Fourmis et huiles.........................................515
- Exsiccateur pour balance..................................574
- L’antre de la sorcière................................... 370
- Le baril inépuisable.......................................572
- Naissance et vie des marionnettes (Alber)....................... 511
- X. — RENSEIGNEMENTS PRATIQUES
- 1. Inventions et Nouveautés.
- cuve photographique....................................... 40
- Rapid’eau Jiel............................................ 47
- Chronométrage photoélectrique............................. 142
- Examen des photographies...................................142
- 3. Boite aux Lettres.
- Photomètres à cellules photoélectriques................. 48, 478
- Poste à ondes courtes pour colonies............................ 48
- Transformateur d’alimentation...................... 48, 431, 591
- Alimentation sur secteur continu : amélioration . . 48, 93, 478
- Permutites..................................................... 48
- Cale des chats................................................. 48
- Récepteur : sélectivité........................................ 93
- Circuit oscillant : calcul..................................... 93
- Condensateurs : vérification............................ 93, 478
- Machine frigorifique : fuite................................... 93
- Lessive.................................................. • 93
- Savon en paillettes............................................ 93
- Liqueur d’oranges : clarification.............................. 93
- Cuivre : toxicité.............................................. 93
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- 603
- Peinture sur ciment........................................ 93
- Chromage................................................
- Bois plastique............................................. 94
- Écran dégradé sur mica..................................... 94
- Eau : odeur de chlore.................................94, 192
- Dévernissage............................................... 94
- _— Savon anti-cambouis........................................... 94
- Eau de roses............................................... 94
- Chaussures de daim : nettoyage............................. 94
- Vêtements : délustrage..................................... 94
- Étiquettes sur aluminium................................... 94
- Meules en acier............................................ 94
- Tissu imperméabilisé....................................... 94
- Antenne antiparasites............................... 144, 478
- Télévision.......................................... 144, 478
- Caléfaction................................................144
- Rails de chemins de 1er....................................144
- Couleurs résistant à la lumière............................155
- _ Colle blanche................................................141
- Poussières dues aux radialeurs...................192,335, 526
- Émaillage des métaux.......................................192
- Mastic.....................................................192
- Plâtre résistant aux intempéries.......................... 192
- Tétraline................................................. 192
- „ Eau dentifrice.................................................192
- Limaces : destruction..................................... 192
- Carburant poids lourd dans les automobiles.................239
- Nettoyage du radiateur d’une automobile..............239, 528
- ___ Décalaminant.................................................239
- T. S. F. : ouvrages................................. 239, 478
- Récepteur de T. S. F. à réglage automatique................239
- Récepteur de T. S. F. : modifications......................239
- Benzine ininflammable......................................239
- Fourmis : destruction............................... 239, 431
- ___ Pâte à argenter............................................240
- Baroscope..................................................210
- Colle pour galalithc.......................................240
- Margarine végétale.........................................210
- .lus de fruits : conservation..............................218
- Lait d’iris..........................................21U, 528
- . Pâte à fourneaux...............................................240
- Parasites radiophoniques : atténuation.............. 288, 131
- Antenne anti-parasites.....................................288
- Détartrage des radiateurs d’auto...........................288
- Enregistrement phonographique direct.......................288
- Encre à gravure sur cuivre.................................335
- Préparations microscopiques de roches......................335
- Fusée Goddard..............................................335
- Batterie de cuisine en nickel..............................335
- Taupes : destruction.......................................335
- ---^Encaustique...............................................335
- Café vert : déeaféinisatiun................................336
- Poudre à mouler............................................336
- Tapis : remise en état.....................................336
- Beurre : fabrication.......................................330
- Ignifugation du coton......................................336
- Stérilisation des pansements...............................336
- Gazes plâtrées.............................................336
- Diptères : balanciers......................................383
- Plombs des filets de pêche.................................383
- Prothèse auditive...........................................383
- Amplification microphonique.................................383
- Glacière....................................................383
- Mouches : destruction.......................................383
- Peinture craquelée..........................................383
- Glicyrrhizine...............................................384
- Dépilatoire................................................ 384
- Antimites...................................................384
- Crèmes à raser..............................................384
- Écran pour projection par transparence......................431
- Isolement phonique..........................................431
- Récepteur de téléphonie sans lit............................431
- Rahat-el-holkoum............................................431
- Argenture...................................................432
- Termites....................................................432
- Poste à galène..............................................479
- Ondes courtes : réception...................................479
- Cinématographie.............................................479
- Automobile : accessoires....................................479
- Papiers au gélatino-bromure.................................480
- Pétrole : désodorisation....................................480
- Imperméabilisation..........................................480
- Écume de la mer.............................................526
- Trempe de l’acier...........................................526
- Grains de pollen............................................526
- Révélateur à grains lins....................................526
- Vrillettes : destruction....................................526
- Farts pour skis.............................................526
- Asticots : teinture.........................................527
- Guêpe : destruction.........................................527
- Coton et laine : distinction................................527
- Colle.......................................................527
- Beurre de karité............................................527
- Bouche-pores................................................527
- Chloramines.................................................527
- Plâtre : peinture...........................................528
- Encre.......................................................528
- Carrosseries : nettoyage....................................528
- Calorifuges.................................................528
- Antenne de fortune..........................................591
- Poste secteur de petite puissance...........................591
- Récepteurs de T. S. F.......................................591
- Haut-parleur supplémentaire.................................592
- Tirage des plans............................................592
- Vernis pour ongles..........................................592
- Tableaux : nettoyage........................................592
- Sirop d’orge citronné.......................................592
- Cafards : destruction.......................................592
- 4. Bibliographie.
- Livres nouveaux....... 43, 90, 139, 185, 234, 283, 329
- 377,426,472,521. 582
- 5. Documents photographiques.
- Documents astronomiques (L. Rudaux).............. 95
- Le Gérant : G. Masson. — Imprimerie Lahure, rue de Fleuru6, 9, à Paris. — 1936.
- Published in France.
- p.603 - vue 607/607
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